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+
+*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 75296 ***
+
+ RECONNAISSANCE
+ AU
+ =MAROC=
+
+
+ * * * * *
+ TYPOGRAPHIE FIRMIN-DIDOT. — MESNIL (EURE).
+ * * * * *
+
+
+[Illustration: Heliog. P. Albert Dujardin
+
+Challamel aine Editeur
+
+TIKIRT. — DEMEURE DU CHIKH.]
+
+
+ =VICOMTE CH. DE FOUCAULD.=
+ * * * * *
+
+ RECONNAISSANCE
+ AU
+ =MAROC=
+ 1883-1884
+
+ OUVRAGE ILLUSTRÉ DE 4 PHOTOGRAVURES ET DE 101 DESSINS
+ D’APRÈS LES CROQUIS DE L’AUTEUR
+
+ * * * * *
+ TEXTE
+ * * * * *
+
+ =PARIS=
+ CHALLAMEL ET CIE, ÉDITEURS
+ LIBRAIRIE COLONIALE
+ 5, RUE JACOB, ET RUE FURSTENBERG, 2
+ * * * * *
+ 1888
+
+
+
+
+Au moment de livrer au lecteur le récit de mon voyage, lorsque les
+événements qui l’ont rempli, les travaux qui l’ont accompagné,
+passent ensemble devant mes yeux, que de noms, que de choses, que
+de sensations montent en foule à mon esprit ! Parmi les souvenirs,
+ceux-ci agréables, ceux-là pénibles, que cet instant évoque,
+il en est un d’une douceur infinie, un devant lequel tous les
+autres s’effacent. C’est le souvenir des hommes en qui j’ai
+trouvé bienveillance, amitié, sympathie, de ceux qui m’ont
+encouragé, protégé, aidé, dans la préparation de mon voyage,
+dans son accomplissement, dans les occupations qui l’ont suivi. Les
+uns sont Français, les autres Marocains ; il en est de chrétiens,
+il en est de musulmans. Qu’ils me permettent de les unir en un
+seul groupe pour les remercier tous ensemble et les assurer d’une
+gratitude trop vive pour que je puisse l’exprimer comme je la sens.
+
+Que celui dont les savantes leçons ont préparé mon voyage,
+dont les conseils l’ont dirigé, dont la prudence en a organisé
+l’exécution, que M. O. Mac Carthy, président de la Société de
+Géographie d’Alger, protecteur-né de quiconque travaille pour
+la science ou pour la grandeur de notre colonie, reçoive le premier
+l’hommage de ma profonde reconnaissance.
+
+MM. Maunoir et Duveyrier m’ont encouragé avant mon départ,
+accueilli à mon retour. Je leur dois la brillante distinction qu’à
+peine revenu, me décernait la Société de Géographie de Paris. Je
+ne saurais assez les remercier de leur bienveillance.
+
+Ḥadj Bou Rḥim, Bel Qasem el Hamouzi, qui m’avez, au risque de
+vos jours, protégé dans le danger, vous à qui je dois la vie, vous
+dont le souvenir lointain me remplit d’émotion et de tristesse,
+où êtes-vous à cette heure ? Vivez-vous encore ? Vous reverrai-je
+jamais ? Comment vous exprimer ma reconnaissance et mon regret de ne
+pouvoir vous la prouver ?
+
+Enfin que tous ceux que je ne mentionne pas, non par oubli, mais
+parce que leur liste serait trop longue, reçoivent l’hommage de
+toute ma gratitude.
+
+ Vte CH. DE FOUCAULD.
+
+ Paris, octobre 1887.
+
+ * * * * *
+
+
+
+
+ RAPPORT
+ FAIT A LA SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE DE PARIS,
+ DANS LA SÉANCE GÉNÉRALE DU 24 AVRIL 1885,
+ PAR
+ =M. HENRI DUVEYRIER,=
+ SUR LE VOYAGE
+ DE M. LE VICOMTE CHARLES DE FOUCAULD AU MAROC.
+
+ * * * * *
+
+
+Il est un État, limitrophe d’un département français, où
+le voyageur européen en général, et le voyageur français en
+particulier, n’a jamais été très bien vu. Cet État est le
+Maroc. Nos cartes et nos manuels de géographie nous montrent bien
+un vaste territoire qu’ils attribuent comme domaine au sultan du
+Maroc. Les géographes européens ont cherché ainsi l’expression
+la plus simple pour rendre un état de choses incertain, variable,
+embrouillé ; sans s’en douter, ils ont été depuis cent et tant
+d’années les complices d’une fiction. Car le sultan du Maghreb,
+cet empereur d’Occident des musulmans, n’est pas, à beaucoup
+près, le souverain temporel de tout le pays marqué à sa couleur
+sur nos atlas. Prenons-nous, au contraire, sa souveraineté sous le
+jour du spirituel, alors non seulement les cartes ont raison, mais il
+faudrait tellement élargir les limites de son diocèse que personne,
+ni à Paris ni à Constantinople, ne consentira à reconnaître que le
+sultan du Maroc peut juger comme d’abus sur un mandement pastoral
+ou sur une décision juridique rendus à Alger, à Tunis, à Tripoli
+ou à Ben-Ghâzi, villes dont il est pourtant juge suprême et le
+pape, et où la logique voudrait que l’imâm de chaque mosquée,
+lors du service public du vendredi, appelât les bénédictions du
+ciel non pas sur le président de la République française ou sur
+le padichâh de Constantinople, mais bien sur le sultan du Maroc,
+qui est en même temps le grand imâm de tous les musulmans mâlekites.
+
+Mais le Maroc d’aujourd’hui n’est plus, à beaucoup près,
+celui d’il y a deux cent cinquante ans, alors que (de 1590 à 1660
+environ) le souverain de Fâs envoyait ses armées et dictait sa loi
+jusque sur les rives du Niger et dans le Bâguena et le Tagânt, au
+nord et assez près du Sénégal. Cette ère-là s’est évanouie, et
+quiconque connaît bien la situation actuelle du Maroc ne comprendra
+pas le rêve de son gouvernement qui songerait maintenant à faire
+valoir ses droits périmés sur Timbouktou et sur Djinni. Sans être
+resté indifférent au progrès ni insensible aux événements,
+l’héritier des souverains de Fâs, à la fin du XIXe siècle, est
+dominé par une situation, la résultante d’un long passé ; et,
+tandis que chez nous le chef de l’État sait bien qu’il commande
+non seulement aux préfets de nos quatre-vingt-dix départements,
+mais aux gouverneurs de notre Inde, de la Cochinchine, du Sénégal,
+de nos Antilles, etc., Sa Majesté chérifienne est parfois forcée
+de faire parler la poudre quand elle veut prélever l’impôt,
+et cela jusque dans des cantons qui sont visibles, sans télescope,
+de l’une quelconque de ses capitales.
+
+A côté de provinces ou de banlieues réellement soumises à
+l’administration du sultan, quelquefois même enclavées dans
+ces provinces, qui forment le _beled el makhzen_, ou « pays des
+bureaux », on trouve des territoires aussi sevrés des bienfaits
+de la bureaucratie marocaine que sont le Transvaal ou la république
+d’Andorre.
+
+Dans un État comme celui-là, inutile de parler d’ordre et de
+sécurité.
+
+C’est là pourtant qu’un jeune Français, M. le vicomte de
+Foucauld, soucieux de nous révéler ce qui touche à nos portes,
+avait résolu de faire un voyage d’exploration. Il l’a accompli,
+sans l’aide du gouvernement, à ses frais, et en faisant avec le
+sacrifice de son avenir dans la carrière militaire un autre sacrifice
+plus grand encore, si possible. Il s’est résigné à voyager sous le
+travestissement du juif, au milieu de populations qui considèrent le
+juif comme un être utile, mais inférieur. Prenant bravement ce rôle,
+il a fait abnégation absolue de son bien-être, et c’est sans tente,
+sans lit, presque sans bagages, qu’il a travaillé pendant onze mois
+chez des peuples qui, ayant plus d’une fois démasqué l’acteur,
+l’ont, à deux ou trois reprises, placé en face du châtiment
+qu’il méritait, c’est-à-dire de la mort.
+
+Nous avions déjà vu un étudiant musulman, René Caillié, et deux
+derviches musulmans, Richard Burton et Arminius Vambéry, faire de
+très beaux voyages d’exploration ; leurs cartes pourtant prêtaient
+à la discussion, parce qu’un faux étudiant ou un faux derviche
+musulman doit rester fidèle à son rôle sous peine d’expier de
+sa vie un écart, un simple oubli... Le voile qui abrite le juif
+pendant sa prière a servi à cacher le baromètre et le sextant
+de M. de Foucauld ! C’est un véritable miracle qu’il ait pu
+rencontrer partout et toujours des caravaniers aussi complaisants ou
+aussi indifférents ! Mais le fait est qu’il vient placer sous nos
+yeux des itinéraires et des observations astronomiques exécutés
+d’après les principes enseignés à l’École de guerre.
+
+Ajoutons tout de suite que le rabbin Mardokhaï Abî Souroûr,
+celui-là même dont vous connaissez déjà l’histoire et les
+travaux, a été le compagnon constant du vicomte de Foucauld. Cette
+association, qui dans l’espèce était un passe-partout nécessaire,
+a coûté à l’explorateur bien autre chose que les 270 francs de
+gages mensuels convenus ; les défauts de caractère prennent des
+proportions inouïes quand on se trouve dans l’isolement, et vous
+permettrez à votre rapporteur de déclarer, à la louange de M. de
+Foucauld, expérience faite en Seine-et-Oise, que le rabbin Mardochée
+n’est pas toujours un auxiliaire agréable et commode.
+
+Voilà donc le voyageur dans son bien humble équipage. Voyons
+maintenant où en était la connaissance géographique du Maroc au
+moment où il commençait son exploration. En 1845, un géographe
+aussi savant que consciencieux, M. Émilien Renou, avait donné une
+première carte générale du Maroc, au 1/2,000,000e, qui a encore
+sa valeur aujourd’hui ; trois ans plus tard, le capitaine Beaudoin,
+disposant de renseignements nouveaux, refaisait, pour le Dépôt de la
+guerre, le même travail à l’échelle du 1/1,500,000e. Utilisant
+tous les documents et tous les renseignements qu’ils avaient pu se
+procurer, ces deux géographes français avaient livré les modèles
+de toutes les cartes générales qui ont été publiées pendant les
+trente-cinq années suivantes. Mais le nombre des itinéraires et des
+déterminations de positions s’est accru entre temps, et le 20 juin
+1883, quand M. le vicomte de Foucauld commençait à Tanger son voyage
+d’exploration, les cartographes avaient à leur disposition 12208
+kilomètres d’itinéraires jalonnés de bien rares déterminations
+de latitude et de déterminations de longitude plus rares encore ;
+on n’avait fait de géographie astronomique que sur une vingtaine de
+points dans l’intérieur de l’empire. Ajoutons qu’ici la France
+ne s’était laissé distancer par personne et que, des vingt et un
+auteurs d’itinéraires au Maroc, seize étaient des Français ;
+que, sur le nombre des kilomètres levés, 9232 l’avaient été
+tant par nos propres compatriotes que par deux étrangers patronnés
+et subventionnés par le gouvernement français (Badia y Leblich)
+ou par la Société de géographie de Paris (Mardochée).
+
+En onze mois, du 20 juin au 23 mai 1884, un seul homme, M. le vicomte
+de Foucauld, a doublé pour le moins la longueur des itinéraires
+soigneusement levés au Maroc. Il a repris, en les perfectionnant,
+689 kilomètres des travaux de ses devanciers, et il y a ajouté 2250
+kilomètres nouveaux. Pour ce qui est de la géographie astronomique,
+il a déterminé quarante-cinq longitudes et quarante latitudes ;
+et, là où nous ne possédions que des altitudes se chiffrant par
+quelques dizaines, il nous en apporte trois mille. C’est vraiment,
+vous le comprenez, une ère nouvelle qui s’ouvre, grâce à M. de
+Foucauld, dans la connaissance géographique du Maroc, et on ne sait
+ce qu’il faut le plus admirer, ou de ces résultats si beaux et si
+utiles, ou du dévouement, du courage et de l’abnégation ascétique
+grâce auxquels ce jeune officier français les a obtenus.
+
+Jetons un coup d’œil rapide sur ces résultats, en envisageant
+séparément les travaux de M. de Foucauld au nord de la chaîne
+de l’Atlas, puis ceux qu’il a faits dans l’Atlas même, et
+enfin ce qu’il ajoute à notre connaissance des contrées au sud
+de cette chaîne.
+
+Partant de Tanger le 20 juin 1883, il fait d’abord une pointe,
+par Tétouân, au sud-ouest, jusqu’à Chichawân, où commence
+le territoire des Berbères indépendants du Rîf, populations
+guerrières dont les tendances fanatiques sont excitées, ici dans
+l’ouest du pays, par les chorfâ (pl. de cherîf) marocains. Il est
+là, déjà à 60 kilomètres de Tétouân, sur un terrain nouveau
+pour la géographie. Le projet de M. de Foucauld d’atteindre Fâs
+directement en partant de Chichawân, et en levant un itinéraire
+des plus précieux, échoue devant l’impossibilité même pour les
+indigènes musulmans de traverser les territoires de tribus pillardes
+indépendantes, les Ghezâwa, les Benî-Hamed et les Rehôma. Il
+revient à Tétouân et relie directement cette ville à El Qaçar
+El-Kebîr par un chemin nouveau, traversant un pays dont la population
+nomade, de race arabe, est assez dense.
+
+De là à Fâs et à Sefero, il ne fait que compléter les observations
+topographiques de ses devanciers.
+
+Il y a de cela quatre ans, un officier anglais, le capitaine Colville,
+accompagné de sa jeune et courageuse épouse, faisait le voyage
+de Fâs à Oudjeda et rapportait le premier itinéraire détaillé
+fait dans cette partie du Maroc qui touche à l’Algérie, car son
+prédécesseur, le célèbre Espagnol Badia y Leblich, s’était
+appliqué principalement aux déterminations astronomiques. A son tour,
+M. de Foucauld s’enfonce dans le dangereux pays à l’est de Fâs,
+et il trace jusqu’à Tâza deux itinéraires qui fixent pour la
+première fois la configuration du cours et du bassin de l’Ouâd
+Jennawen. Sans doute le voyageur voudra bien vous communiquer
+lui-même les observations qu’il a faites dans cette contrée,
+où les tribus arabes des Ghiâta et même des Hiyaïna ne laissent
+guère d’autre liberté au représentant du sultan, le gouverneur
+de Tâza, que celle de végéter prisonnier dans sa citadelle.
+
+Mentionnons pour mémoire le trajet de Fâs à Meknâs (Méquinez),
+route tant de fois parcourue qu’à peine un explorateur aussi
+sérieux pouvait-il y compléter les notions acquises.
+
+Mais à Meknâs précisément commence une des parties les plus
+nouvelles et les plus intéressantes du voyage de M. de Foucauld ;
+de là jusqu’à près de cinq degrés plus au sud, son itinéraire
+est à proprement parler celui d’un voyage de découverte dans
+la province de Tâdela (ici déjà l’expression administrative
+est illusoire), et plus au sud, dans le territoire parfaitement
+indépendant des Berbères. Pour rester fidèle à notre programme,
+nous considérerons maintenant le pays jusqu’à Qaçba Beni-Mellâl
+(aussi nommée Qaçba-Bel-Kouch), où commencent les premiers plis
+du soulèvement de l’Atlas. Il se présente d’abord avec une
+surface accidentée, puis il devient montagneux et ici les montagnes
+sont boisées. A 20 kilomètres de Boû-El-Dja’d, le voyageur
+entre dans la plaine pierreuse et aride de Tâdela, qui s’étend
+au sud, montrant des signes de fertilité quand on se rapproche
+de l’Ouâd Oumm Er-Rebîa’, sur lequel est bâtie la Qaçba de
+Tâdela, à l’intérieur des murs de laquelle le sultan est obéi
+par un qâïd si désœuvré, par suite de l’insoumission de ses
+prétendus administrés, qu’il passe ses journées à réciter
+son chapelet. Entre la Qaçba de Tâdela et la Qaçba Bel Koûch,
+ou Qaçba Benî Mellâl, bâtie au pied d’une première chaîne
+dépendant de l’Atlas, on passe dans un pays bien arrosé, couvert
+de cultures, de jardins et de villages. — Toute cette partie du
+voyage est entièrement nouvelle.
+
+Beaucoup plus à l’est, au retour, en rentrant en Algérie, M. de
+Foucauld a relevé, entre Debdou et Oudjeda, une autre partie de la
+même zone naturelle.
+
+Nous arrivons à l’Adrâr-n-Deren, à la chaîne du seul véritable
+grand Atlas, et à ses contreforts. Quiconque a jeté une fois
+seulement les yeux sur la carte d’Afrique a vu son attention
+éveillée par les forts coups d’estompe qui y accusent avec
+fermeté la chaîne de l’Atlas. Pour qui n’est pas bien au
+courant de l’histoire moderne de la géographie, la sûreté du
+dessin rassure l’esprit, et on se croit là en terrain à peu près
+sinon complètement connu. Il n’en est pourtant rien. De l’Iguîr
+Oufrâni, du cap Guîr de nos cartes, à la frontière de l’Algérie,
+le soulèvement du grand Atlas mesure, vous le savez, une longueur de
+700 kilomètres. Eh bien, sur ce long développement de la chaîne,
+les itinéraires de tous les voyageurs européens n’avaient encore
+traversé et fixé que quatre cols, en comprenant le col qui touche
+au rivage de l’Océan : Tizînt El-Rioût, Tagherot, Onq El-Djemel
+et le col sur l’Iguîr Oufrâni (cap Guîr). Après René Caillié
+et Gérard Rohlfs, M. le vicomte de Foucauld, lui aussi, a passé par
+le Tizînt El-Rioût ; il est le premier explorateur qui ait franchi
+et mesuré le Tîzi-n-Guelâwi, à l’est-sud-est de Merâkech. Ses
+observations du baromètre nous apportent donc les altitudes de deux
+cols dans l’arête maîtresse de l’Atlas ; ces chiffres sont
+les premiers que nous possédions, ni Rohlfs ni Lenz, qui avaient
+pourtant des baromètres, n’ayant fait d’observations sur les
+points culminants de leurs deux itinéraires dans le Maroc. De plus,
+sur une longueur de 300 kilomètres au moins, les itinéraires de
+M. le vicomte de Foucauld passent à une distance de l’Atlas qui
+permettait de déterminer sur la carte la direction de la chaîne.
+
+Mais à 50 kilomètres dans le nord, à 150 et à 200 kilomètres
+dans le sud, cette arête maîtresse est flanquée de chaînes
+parallèles dont le tracé sur la carte de M. de Foucauld est toute
+une révélation. Malgré le soin apporté par les géographes les
+plus habiles, aucun d’eux jusqu’ici n’avait trouvé dans les
+observations et les renseignements des voyageurs assez de données pour
+débrouiller ce qui était resté souvent un chaos, un enchevêtrement
+presque fantastique de sierras anastomosées. M. de Foucauld rectifie
+et simplifie tout cela d’après ce qu’il a vu et observé, et
+les géographes ne seront peut-être pas seuls à s’en réjouir,
+les géologues, eux aussi, en éprouveront de la satisfaction. Au
+nord de l’Atlas, court, nous le savons maintenant, une chaîne
+de 300 kilomètres, qui prend les noms de Djebel Aït Seri et de
+Djebel Benî Ouaghaïn ; au sud, c’est d’abord le petit Atlas,
+l’Anti-Atlas de la carte de Lenz, avec son prolongement oriental,
+le Djebel Sagherou, et enfin, encore plus au sud, le Djebel Bani,
+dont le rabbin Mardochée nous avait appris le nom, et que Lenz a
+coupé sans s’inquiéter de ce nom.
+
+Votre rapporteur devine que vous voudriez bien entendre aujourd’hui
+autre chose que le résumé aride des découvertes purement
+géographiques de M. de Foucauld, que l’état des populations au
+sein desquelles il a voyagé vous intéresse aussi, car l’homme
+se préoccupe toujours d’abord de son semblable. Sur ce point, la
+moisson de M. de Foucauld est extrêmement riche ; mais mieux vaut
+lui laisser, à lui qui a vu, qui a senti, qui a souffert, l’honneur
+de satisfaire votre légitime curiosité. A lui donc, dans une autre
+séance, de vous peindre les mœurs et la politique des Imazîghen,
+de ces montagnards berbères de l’Atlas, avec lesquels jusqu’à
+ce jour personne n’a fait une connaissance aussi intime. Il vous
+montrera les Aït Atta d’Amelou, et tous les Imazîghen à l’est
+de Tîzi-n-Guelâwi, vivant dans des villages dont chacun est dominé
+par un château fort où les villageois emmagasinent leurs récoltes
+(cette coutume existe aussi dans le Djebel Nefousa, en Tripolitaine,
+où j’ai pu l’observer) ; il vous montrera au contraire les
+Imazîghen de la région entre Tizî-n-Guelâwi et l’Océan
+groupant leurs villages autour d’un centre fortifié qui reçoit
+les récoltes de tout un canton. Au point de vue de l’administration
+que se sont donnée ces tribus berbères indépendantes, il vous fera
+distinguer deux groupes de population : celles du nord, organisées
+en démocraties et ennemies de la centralisation, où chaque fraction
+de tribu obéit, et obéit exclusivement, à l’assemblée de ses
+notables ; celles du sud, qui ont adopté un régime mixte entre
+celui des communes et celui de la féodalité, et qui se sont donné
+des cheïkhs héréditaires, dont quelques-uns bravent le sultan
+et pourraient fort bien s’approprier la fière devise d’un haut
+baron français du temps passé :
+
+
+ _Roi ne suis, ne duc, ne comte aussy ;_
+
+ _Je suis le sire de Coucy._
+
+
+Ces sires de Tikirt, de Tazenakht, et cætera, ont des résidences
+fortifiées, aux murs flanqués de quinze à vingt tours. Leurs
+vassaux aussi sont loin d’inspirer la pitié, car ils vivent dans
+des maisons à un ou deux étages, construites en pisé épais et
+solide, et dont les murailles extérieures sont ornées de moulures.
+
+Un peu au sud et au nord du 30e degré de latitude, l’arête
+du petit Atlas marque une division tranchée. Au nord de cette
+chaîne, nous apprend M. de Foucauld, on est encore dans la zone
+tempérée ; la flore dans ses traits généraux rappelle celle du
+midi de l’Europe. Le versant sud du petit Atlas est déjà dans la
+zone saharienne caractérisée par un climat à extrêmes. Ici, le
+dattier et les acacias à gomme remplacent le figuier, l’amandier, le
+grenadier, l’olivier et même le noyer du versant septentrional et de
+la région plus au nord. Le dattier, il est vrai, cet arbre cultivé,
+n’existe que dans les vallées que la fonte des neiges et les pluies
+de l’Atlas viennent mouiller de temps en temps ; l’acacia à gomme
+se trouve de loin en loin sur les plaines d’un sable blanc. Quant
+à l’eau, on est réduit à celle de sources cachées sous le sable.
+
+Au milieu de cette plaine M. de Foucauld trace, d’après ses
+observations, une bien singulière montagne, longue de 500 kilomètres,
+le Djebel Banî, dont je mentionnais tout à l’heure l’alignement
+parallèle avec l’Atlas. C’est, dit le voyageur, une simple arête
+rocheuse, tranchante au sommet, épaisse d’un kilomètre à la base,
+et haute de 200 à 300 mètres, au sud de laquelle court la partie
+inférieure de l’Ouâdi Dhera’a, le fleuve le plus important de
+ce que nous appelons le Maroc, si l’on ne mesure que la longueur
+du cours, mais malheureusement fleuve sans eau. Une arête rocheuse,
+un long tesson, comme le Djebel Banî, ne peut naturellement pas
+fournir une quantité appréciable d’eau à un fleuve ; aussi les
+trois affluents nord de l’Ouâdi Dhera’a, que M. de Foucauld a
+relevés, descendent-ils du petit Atlas et traversent-ils le Djebel
+Banî par autant de brèches de cette étrange digue naturelle. Au
+sud de chacune de ces brèches (le mot cassure serait peut-être plus
+exact) on trouve, sous la montagne, de belles oasis : c’est Tissint,
+c’est Tatta, c’est Aqqa, patrie du rabbin Mardochée. Et M. de
+Foucauld ne nous fait pas attendre l’explication du phénomène :
+les affluents nord de ce fleuve mort, l’Ouâdi Dhera’a, sont
+de belles rivières d’eau courant à pleins bords. Telle est
+la puissance du climat du Sahara ! Le lit de l’Ouâdi Dhera’a,
+large de 4 kilomètres, a tellement soif que l’apport permanent de
+ces rivières ne sert qu’à lui conserver de la fertilité. Pour
+que cette vallée redevienne le fleuve que les Romains ont connu
+sous le nom de Darat, lorsque venaient s’y désaltérer et s’y
+baigner les éléphants dont les figures sont gravées sur le Djebel
+Tabayoudt, excroissance dans la chaîne du Bani, il faut ou bien une
+fonte subite des neiges du Djebel Dâdès et du Djebel Guelâwi, ou
+bien des pluies torrentielles continues dans les parties de l’Atlas
+que nous venons de nommer. Alors, pendant deux ou trois jours, la
+vallée est entièrement inondée, et le voyageur assez heureux pour
+que son passage coïncide avec une de ces crues aurait sous les yeux
+un cours d’eau de 3 ou 4 kilomètres de large.
+
+Au mois de décembre 1883, le vicomte de Foucauld touchait le
+Dhera’a, au sud de Tatta. Quelque temps après, il le revoyait, loin
+dans le nord-est de ce point, dans le district de Mezguîta, et là,
+sous le Djebel Sagherou, c’est un beau et large fleuve permanent,
+coulant avec une rapidité moyenne au milieu de plantations de
+dattiers ; je ne résiste pas au plaisir de vous faire part d’une
+découverte que M. de Foucauld m’a fait faire. Son itinéraire
+reporte d’un degré plein, vers l’ouest, le tracé de cette
+partie du cours du fleuve telle qu’elle est indiquée sur la carte
+du docteur Rohlfs, et, bien que les deux voyageurs n’aient pas
+touché le même point de l’Ouâdi Dhera’a, la correction si
+importante que je signale pourra sans doute être utilisée pour
+redresser l’itinéraire même du docteur allemand.
+
+Toute la partie haute de l’Ouâdi Dhera’a est constellée de
+villages, peuplés d’Imazîghen et de subéthiopiens, de ces noirs,
+indigènes du Sahara et parlant aujourd’hui la langue berbère.
+
+Plus haut encore en remontant vers le nord, le voyageur français
+arrive dans le canton populeux de Dâdès, arrosé par un affluent
+du Dhera’a. Ici déjà on entre dans le domaine des Aït Attâ,
+l’un des deux grands groupes formant la fameuse confédération
+des Berâber, dont le nom dispense d’ajouter qu’ils sont de race
+berbère. De toutes les tribus de cette expression géographique,
+le Maroc, les Berâber sont la plus nombreuse, la plus belliqueuse et
+à la fois la plus riche, ce qui indiquerait qu’ils ne méprisent
+ni les travaux des champs et de l’industrie, ni le commerce, car
+chacun sait que la guerre et le pillage ne sont jamais les sources
+d’une fortune durable pour un peuple.
+
+Toujours en terrain neuf, M. de Foucauld continue sa route sur
+Todegha, Ferkela et Gherîs, trois oasis qui, dans son langage
+imagé, « s’allongent comme trois tronçons de serpent » dans
+les lits de cours d’eau affluents du Zîz. Il entre donc là dans
+le bassin hydrographique à l’extrémité sud duquel s’épanouit
+le Tafîlelt, le berceau de la dynastie marocaine régnante, le lieu
+d’exil pour ceux de la famille impériale qui pourraient devenir
+des prétendants, le groupe d’oasis célèbre, dans une vaste
+partie de l’Afrique, pour les cuirs qu’on y prépare avec une
+grande perfection.
+
+Plus loin encore, notre hardi et méritant explorateur atteint, à
+Qeçar Es-Soûq, le cours supérieur de l’Ouâd Ziz, séparé de
+ses premiers affluents par un désert des plus arides. Qeçar Es-Soûq
+touche l’oasis de Medghâra ou Medâghra, où M. de Foucauld tombe
+sur les traces de René Caillé et du deuxième voyage du docteur
+Rohlfs, qu’il ne quittera qu’au col de Telghemt, ou Tissint
+Er-Rioût, comme l’appelle Rohlfs, au moment où il traversera une
+dernière fois le grand Atlas. C’est ici seulement que finit dans la
+direction du nord-est le territoire des Berâber, et que commence celui
+des Aït Ou Afella, tribu d’Imazîghen que nous aurons la surprise de
+compter parmi les loyaux sujets du sultan du Maroc. Du col de Telghemt,
+où l’Atlas n’accuse que 2182 mètres d’altitude, M. de Foucauld
+peut laisser planer sa vue sur la vaste plaine de la Moloûya, de ce
+fleuve qui aurait formé une frontière si commode et si naturelle
+de l’Algérie, si l’État voisin, du côté de l’ouest, avait
+la puissance voulue pour la faire respecter de ses nationaux.
+
+M. de Foucauld touche la Moloûya à Aqçâbi Ech-Chorfâ
+(c’est-à-dire _les citadelles des cherifs_), où un qâïd marocain
+est gardé par une centaine de soldats avec deux canons. Grâce à
+cette force, le représentant du sultan se fait obéir dans un rayon
+d’une vingtaine de kilomètres, au delà desquels on retrouve,
+comme presque partout, des tribus bel et bien libres de toute attache
+gouvernementale.
+
+Avec le bassin de la Moloûya, notre vaillant explorateur trouve,
+sur le versant nord de l’Atlas, d’abord une région dont la flore
+rappelle la nature des hauts plateaux d’Algérie. Bientôt des
+groupes de villages, des forêts d’oliviers et de pommiers et de
+splendides cultures accusent une transition rapide à la région de
+Tell, autrement dit aux conditions naturelles qui font, de l’autre
+côté de la Méditerranée, la richesse de notre Provence.
+
+J’abrège, car il y a beaucoup à garder dans les résultats de
+la dernière partie du voyage, chez les Oulâd El Hâdj et de là
+à la ville algérienne de Lâlla Maghnîa en passant par Debdou et
+Oudjeda, c’est-à-dire sur un terrain qui touche aux dernières
+reconnaissances faites lors de l’expédition du général de
+Martimprey contre les Benî Senâsen (1859). Le 21 mai 1884, M. le
+vicomte de Foucauld mettait le pied en Algérie après avoir traversé
+le Maroc du nord au sud et du sud-ouest au nord-est. Sacrifiant bien
+autre chose que ses aises, ayant fait et tenu jusqu’au bout bien
+plus qu’un vœu de pauvreté et de misère, ayant renoncé, pendant
+près d’un an, aux égards qui sont les apanages de son grade dans
+l’armée, et s’étant consolé en recueillant les seuls et rares
+témoignages de bienveillance auxquels un caractère heureux pouvait
+lui donner quelque droit, même chez des peuples sauvages, il nous
+avait conquis des renseignements très nombreux, très précis, qui
+renouvellent littéralement la connaissance géographique et politique
+presque tout entière du Maroc. C’est là, disons-le hautement, un
+mérite peu ordinaire, que ne récompenserait pas trop, à l’avis
+de votre rapporteur, la plus haute distinction que nous ayons à
+décerner. Mais notre Société ne doit jamais oublier son caractère
+universel et international ; elle a dû tenir compte des mérites
+d’autres lutteurs qui venaient concourir à ses récompenses, et,
+forcée cette année-ci de ne pas choisir entre trois concurrents
+qu’elle estime être égaux en mérites, elle a transformé cette
+récompense en plusieurs médailles d’or, dont elle attribue la
+première à M. le vicomte de Foucauld.
+
+ * * * * *
+
+
+
+
+ AVANT-PROPOS.
+
+ * * * * *
+
+
+A la veille d’entreprendre mon voyage au Maroc se dressaient deux
+questions : quel itinéraire adopter ? quels moyens prendre pour
+pouvoir le suivre ?
+
+La première question se résolvait naturellement : il fallait, autant
+que possible, ne passer que par des contrées encore inexplorées et,
+parmi celles-ci, choisir les régions qui, soit par leurs accidents
+physiques, soit par leurs habitants, paraissaient devoir présenter
+le plus d’intérêt. Partant de ce principe, je me décidai pour
+l’itinéraire suivant :
+
+Tanger, Tétouan ; de là gagner Fâs par une route plus orientale que
+celles suivies jusqu’alors ; de Fâs aller au Tâdla en traversant le
+massif montagneux occupé par les Zemmour Chellaḥa et les Zaïan ;
+parcourir le Tâdla, gagner l’Ouad el Ạbid, passer à Demnât ;
+franchir le Grand Atlas à l’est des cols déjà explorés, gagner le
+Sahara Marocain et en reconnaître autant que possible la vaste portion
+encore inconnue, c’est-à-dire le versant méridional du Petit Atlas
+et la région comprise entre cette chaîne, l’Ouad Dra et le Sahel ;
+puis voir le haut bassin du Dra et les affluents de droite du Ziz ;
+de là revenir vers la frontière algérienne en franchissant une
+seconde fois le Grand Atlas et en explorant le cours de l’Ouad
+Mlouïa : comme dernières étapes, Debdou, Oudjda, Lalla Maṛnia.
+
+Tel fut le but que je me proposai. Restait la seconde question :
+quel moyen employer pour l’atteindre ? Pourrait-on voyager comme
+Européen ? Faudrait-il se servir d’un déguisement ? Il y avait
+lieu d’hésiter ; d’une part, me donner pour ce que je n’étais
+pas me répugnait ; de l’autre, les principaux explorateurs du
+Maroc, René Caillé, MM. Rohlfs et Lenz, avaient voyagé déguisés
+et déclaraient cette précaution indispensable : c’était aussi
+l’opinion de nombreux Musulmans marocains que je consultai avant mon
+départ. Je m’arrêtai au parti suivant : je partirais déguisé ;
+une fois en route, si je sentais mon travestissement nécessaire,
+je le conserverais ; sinon, je n’aurais qu’à le jeter aux orties.
+
+Ce premier point arrêté, restait à faire un choix parmi les
+déguisements qu’on pouvait prendre. Il n’y a que deux religions au
+Maroc. Il fallait à tout prix être de l’une d’elles. Serait-on
+Musulman ou Juif ? Coifferait-on le turban ou le bonnet noir ? —
+René Caillé, MM. Rohlfs et Lenz avaient tous opté pour le turban. Je
+me décidai au contraire pour le bonnet. Ce qui m’y porta surtout fut
+le souvenir des difficultés qu’avaient rencontrées ces voyageurs
+sous leur costume : l’obligation de mener la même vie que leurs
+coreligionnaires, la présence continuelle de vrais Musulmans autour
+d’eux, les soupçons même et la surveillance dont ils se trouvèrent
+souvent l’objet furent un grave obstacle à leurs travaux. Je fus
+effrayé d’un travestissement qui, loin de favoriser les études,
+pouvait y apporter beaucoup d’entraves ; je jetai les yeux sur le
+costume israélite. Il me sembla que ce dernier, en m’abaissant,
+me ferait passer plus inaperçu, me donnerait plus de liberté. Je ne
+me trompai pas. Durant tout mon voyage, je gardai ce déguisement et
+je n’eus lieu que de m’en féliciter. S’il m’attira parfois
+de petites avanies, j’en fus dédommagé, ayant toujours mes aises
+pour travailler : pendant les séjours, il m’était facile, dans
+l’ombre des mellaḥs[1], et de faire mes observations astronomiques
+et d’écrire des nuits entières pour compléter mes notes ; dans
+les marches, nul ne faisait attention, nul ne daignait parler au pauvre
+Juif qui, pendant ce temps, consultait tour à tour boussole, montre,
+baromètre, et relevait le chemin qu’on suivait ; de plus, en tous
+lieux, j’obtenais par mes « cousins », comme s’appellent entre
+eux les Juifs du Maroc, des renseignements sincères et détaillés sur
+la région où je me trouvais. Enfin j’excitais peu de soupçons :
+mon mauvais accent aurait pu en faire naître ; mais ne sait-on pas
+qu’il y a des Israélites de tous pays ? mon travestissement était
+d’ailleurs complété par la présence à mes côtés d’un Juif
+authentique : le rabbin Mardochée Abi Serour, connu par son séjour
+au Soudan. Je l’avais pris à mon service et le gardai durant tout
+mon voyage ; parti d’Alger avec moi, il y revint de même. Son office
+consistait, d’abord, à jurer partout que j’étais un rabbin, puis
+à se mettre en avant dans toutes les relations avec les indigènes,
+de manière à me laisser le plus possible dans l’ombre ; enfin à me
+trouver toujours un logis solitaire où je pusse faire mes observations
+commodément, et, en cas d’impossibilité, à forger les histoires
+les plus fantastiques pour expliquer l’exhibition de mes instruments.
+
+Malgré tant de précautions, je ne prétends pas que mon déguisement
+ait été impénétrable. Dans les quatre ou cinq points où je
+séjournai longtemps, ni mon bonnet noir, ni mes nouâḍers[2],
+ni les serments de Mardochée ne servirent de rien : la population
+juive s’aperçut tôt ou tard que j’étais un faux frère ; mais
+une seule fois, et pour des raisons toutes particulières, cela pensa
+me mettre en un sérieux péril ; en général, les Juifs marocains,
+tous commerçants, appelés fréquemment par leurs affaires soit dans
+des ports où ils trouvent nos consuls, soit en Algérie, ont avantage
+à être en bonnes relations avec les Chrétiens, surtout avec les
+Français. Aussi gardaient-ils religieusement le secret qu’ils
+avaient découvert ; rien ne transpirait hors du mellaḥ ; même
+avec moi, ils étaient fort discrets ; rien ne changeait dans leurs
+manières, sinon qu’ils devenaient plus prévenants encore et plus
+disposés à fournir tous les renseignements que je demandais. Quant
+aux Musulmans, il ne m’arriva que bien rarement de leur inspirer
+des soupçons.
+
+Il y a une portion du Maroc où l’on peut voyager sans déguisement,
+mais elle est petite. Le pays se divise en deux parties : l’une
+soumise au sultan d’une manière effective (_blad el makhzen_),
+où les Européens circulent ouvertement et en toute sécurité ;
+l’autre, quatre ou cinq fois plus vaste, peuplée de tribus
+insoumises ou indépendantes (_blad es sîba_)[3], où personne ne
+voyage en sécurité et où les Européens ne sauraient pénétrer que
+travestis. Les cinq sixièmes du Maroc sont donc entièrement fermés
+aux Chrétiens ; ils ne peuvent y entrer que par la ruse et au péril
+de leur vie. Cette intolérance extrême n’est pas causée par le
+fanatisme religieux ; elle a sa source dans un autre sentiment commun
+à tous les indigènes : pour eux, un Européen voyageant dans leur
+pays ne peut être qu’un émissaire envoyé pour le reconnaître ;
+il vient étudier le terrain en vue d’une invasion ; c’est un
+espion. On le tue comme tel, non comme infidèle. Sans doute la vieille
+antipathie de race, la superstition, y trouvent aussi leur compte ;
+mais ces sentiments ne viennent qu’en seconde ligne. On craint le
+conquérant bien plus qu’on ne hait le Chrétien.
+
+ * * * * *
+
+
+[Note 1 : Dans les localités marocaines où se trouvent des
+Israélites, ils sont confinés dans des quartiers spéciaux ;
+ces quartiers uniquement habités par des Juifs portent le nom de
+_mellaḥ_.]
+
+[Note 2 : Les _nouâder_ sont deux longues mèches de cheveux que
+les Israélites marocains laissent pousser au près des tempes.]
+
+[Note 3 : بلاد السّيبة.]
+
+
+
+
+ RECONNAISSANCE
+ AU MAROC.
+
+ * * * * *
+
+ PREMIÈRE PARTIE.
+
+ =VOYAGE.=
+
+
+ I.
+
+ DE TANGER A MEKNAS[4].
+
+
+ 1o. — DE TANGER A TÉTOUAN.
+
+
+Je débarquai à Tanger le 20 juin 1883, accompagné du rabbin
+Mardochée. N’ayant aucune chose nouvelle à voir en cette ville,
+qui est connue par maintes descriptions, j’avais hâte de la
+quitter. Ma première étape devait être Tétouan. Je m’informai,
+aussitôt arrivé, des moyens de m’y rendre. Il y avait une journée
+de marche ; de petites caravanes partaient quotidiennement de Tanger ;
+la route était sûre : inutile de prendre d’escorte. Je décidai
+le départ pour le lendemain.
+
+Malgré le peu de temps que je passai à Tanger, c’en fut assez pour
+que le ministre de France, M. Ordéga, à qui M. Tirman, gouverneur
+général de l’Algérie, avait bien voulu me recommander, me fît,
+avec une bienveillance et une bonne grâce sans égales, préparer
+des lettres pour ses agents, m’en fît donner une de Moulei Ạbd
+es Selam, le célèbre cherif d’Ouazzân, ordonnant à quiconque
+était son ami de me prêter aide et protection, enfin me munit de
+toutes les recommandations qui pouvaient m’être utiles au cours de
+mon voyage. Il n’en fut pas une qui ne me servît par la suite ;
+aussi eus-je plus d’une fois à me souvenir, avec reconnaissance,
+de la sollicitude dont j’avais été l’objet.
+
+ 21 juin 1883.
+
+Je quitte Tanger à 3 heures de l’après-midi : ma caravane se
+compose de six ou sept hommes, Israélites la plupart, et d’une
+dizaine de bêtes de somme. Nous traversons d’abord une série
+de vallons bien cultivés, séparés entre eux par des côtes
+couvertes de palmiers nains. Vers le soir, on s’engage dans la
+vallée de l’Ouad Meraḥ : nous y cheminons durant le reste de
+la journée, au milieu de superbes champs de blé qui la couvrent
+tout entière. Nous nous arrêtons à 9 heures un quart auprès de
+quelques huttes : nous passons la nuit en ce lieu. La route, sûre
+le jour, cesse de l’être au crépuscule. C’est le moment où
+les maraudeurs se mettent en campagne. Aussi ai-je vu, au coucher
+du soleil, des vedettes, armées jusqu’aux dents, se poster à
+l’entrée des villages, auprès des troupeaux, sur des tertres
+d’où elles surveillaient les récoltes. Les rôdeurs, surtout
+en _blad el makhzen_, font une terrible guerre au pauvre paysan ;
+leurs rapines d’une part, les exigences du fisc de l’autre, lui
+laissent à peine, au milieu de ces belles moissons que je viens de
+traverser, de quoi vivre misérablement.
+
+ 22 juin 1883.
+
+A 4 heures du matin on se remet en marche. Nous ne tardons pas à
+entrer dans la montagne. Nous nous élevons d’abord par des pentes
+douces couvertes de bois ou de broussailles ; ce sont surtout des
+oliviers et des lentisques ; beaucoup de gibier : lièvres, perdreaux,
+tourterelles. A partir d’un fondoq[5] devant lequel nous passons, le
+terrain change : le sol devient rocheux, les côtes raides, le chemin
+difficile ; les arbres s’éclaircissent et sont remplacés par le
+myrte et la bruyère. A 6 heures et demie, nous atteignons le col.
+
+[Illustration]
+
+Voici le profil du versant que nous venons de gravir.
+
+La descente, rocheuse d’abord, nous ramène ensuite dans une région
+boisée où la culture réapparaît dans les fonds. Peu à peu les
+ravins s’élargissent ; leurs flancs s’abaissent. Enfin nous voici
+en plaine. Jusqu’à Tétouan, ce ne sont que larges vallées toutes
+couvertes de grands champs de blé s’étendant à perte de vue ;
+au milieu, des rivières roulent paisiblement leurs eaux limpides. A
+9 heures et demie nous voyons la ville. Elle se dessine en ligne
+blanche sur un rideau de hautes montagnes bleuâtres ; à 11 heures,
+nous y entrons.
+
+Aujourd’hui comme hier, j’ai rencontré beaucoup de passants sur le
+chemin, surtout en plaine : c’étaient presque tous des piétons,
+paysans qui se rendaient aux champs ; peu étaient armés : il y
+avait un assez grand nombre de femmes ; la plupart ne se voilaient
+pas. Hier, j’ai vu une grande quantité de troupeaux, beaucoup de
+bœufs ; ces derniers m’ont frappé par leur haute taille. Dans
+toute la route, un seul passage difficile, les environs du col. Sol
+en général terreux. Un seul cours d’eau important, l’Ouad Bou
+Çfiḥa (berges escarpées de 5 à 6 mètres de haut ; eau claire et
+courante de 6 à 8 mètres de large et de 0,30 à 0,40 centimètres
+de profondeur ; lit de gravier). On le franchit sur un pont de deux
+arches en assez bon état. Il ne faudrait pas conclure de là que les
+ponts soient au Maroc le moyen de passage ordinaire des rivières :
+ils sont, au contraire, fort rares : je ne pense pas en avoir vu
+plus de cinq ou six dans mon voyage. Je citerai en leur lieu ceux que
+j’ai rencontrés. Habituellement c’est à gué qu’on traverse
+les cours d’eau.
+
+Il est inutile, je pense, de dire qu’il n’y a point de routes
+au Maroc : on n’y trouve qu’un très grand nombre de pistes qui
+s’enchevêtrent les unes dans les autres, en formant des labyrinthes
+où l’on se perd vite, à moins d’avoir une profonde connaissance
+du pays. Ces pistes sont des chemins commodes en plaine, mais très
+difficiles et souvent dangereux en montagne.
+
+Deux choses surtout m’ont frappé dans cette première journée
+de voyage : d’abord l’eau fraîche et courante qui, malgré la
+saison, coule dans la multitude de sources, de ruisseaux, de petites
+rivières que j’ai rencontrés ; puis la vigueur extraordinaire de
+la végétation : de riches cultures occupent la majeure partie du
+sol et les endroits incultes eux-mêmes sont couverts d’une verdure
+éclatante : pas de plantes chétives, pas de places sablonneuses
+ni stériles : les lieux les plus rocheux sont verts : les plantes
+percent entre les pierres et les tapissent.
+
+
+ 2o. — SÉJOUR A TÉTOUAN.
+
+
+Tétouan s’élève sur un plateau rocheux qui se détache du
+flanc gauche de la vallée du même nom et qui la barre en grande
+partie. Dominée au nord et au sud par de hautes montagnes, ayant
+à ses pieds les plus beaux jardins du monde, arrosée par mille
+sources, elle a l’aspect le plus riant qu’on puisse voir. La
+ville est assez bien construite et moins sale que la plupart des
+cités du Maroc : ses fortifications consistent en une qaçba[6],
+s’élevant au nord-ouest de la ville, et en une enceinte en briques
+de 5 mètres de haut et de 30 ou 40 centimètres d’épaisseur ;
+quelques canons hors d’usage grimacent en manière d’épouvantails
+aux abords de chaque porte. Tétouan est grande, mais les quartiers
+excentriques en sont peu habités et en partie ruinés : beaucoup de
+mosquées : pas de bâtiment remarquable, si ce n’est le massif
+donjon du mechouar. Le quartier commerçant est animé, surtout le
+mercredi, jour de marché. Il y a un grand mellaḥ, le plus propre
+et le mieux construit que j’aie vu au Maroc. Tétouan peut avoir
+20000 à 25000 habitants, dont environ 6000 Israélites. Elle a pour
+gouverneur un qaïd nommé directement par le sultan. L’autorité
+de ce magistrat s’étend sur le territoire situé entre la mer et
+les tribus indépendantes du Rif d’une part, et les provinces de
+Tanger et d’El Ạraïch de l’autre. Les environs de la ville
+sont d’une grande fertilité ; les fruits de ses immenses jardins
+sont renommés dans tout le nord du Maroc : on les exporte à El
+Qçar et à Fâs. La vallée de l’Ouad Tétouan, après s’être
+resserrée en face de la ville au point d’y former un véritable
+kheneg, reprend aussitôt au-dessous d’elle une grande largeur :
+en même temps, les montagnes qui la bordent, et qui étaient très
+hautes jusque-là, s’abaissent et deviennent des collines. Dès lors
+la vallée n’est plus, jusqu’à la mer, qu’un immense champ de
+blé semé de fermes et de jardins.
+
+[Illustration : Revers nord des monts Beni Hasan. (Vue prise à 2
+kilomètres de Tétouan, du chemin de Tanger.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Je demeurai dix jours à Tétouan ; ce n’est pas que ce long
+séjour entrât dans mes projets ; bien au contraire. Mon désir
+était de partir le plus tôt possible pour Fâs : mais je tenais
+à y aller par un chemin déterminé, passant par les territoires
+des Akhmâs, des Beni Zerouâl, des Beni Ḥamed[7]. Je me mis donc,
+dès mon arrivée, en quête d’un guide qui me conduisît par cette
+voie. Je rencontrai de graves obstacles. Les tribus dont je voulais
+traverser les terres étaient insoumises, et de plus célèbres
+par leurs brigandages ; les caravanes évitaient avec soin leurs
+territoires ; les courriers n’osaient y passer : on leur prenait
+leurs lettres et leurs vêtements ; les ṭalebs mêmes ne s’y
+aventuraient qu’à condition d’être à peu près nus. — Bref,
+malgré mes recherches, malgré mes offres, je n’avais encore, après
+huit jours, pu trouver personne qui se chargeât de me conduire. Je
+fis une dernière tentative : je m’adressai à des cherifs, à
+des marabouts de Tétouan : peut-être avaient-ils de l’influence,
+des amis, dans ces régions, et pourrait-on les traverser avec leur
+protection : partout la réponse fut négative ; mais, me disait-on en
+même temps, ce qui était impossible d’ici devenait aisé de Fâs ;
+là se trouvaient des personnages pour qui me faire voyager en ces
+tribus serait chose facile. Ces dernières paroles, que je reconnus
+plus tard être la vérité, me décidèrent à ne pas m’obstiner
+davantage. Je résolus de partir pour Fâs par le chemin ordinaire,
+celui d’El Qçar.
+
+Auparavant je consacrai deux journées à une excursion à Chechaouen,
+petite ville du Rif située à une cinquantaine de kilomètres au
+sud de Tétouan.
+
+
+ 3o. — EXCURSION A CHECHAOUEN.
+
+
+ 2 juillet.
+
+Je sors de Tétouan à 8 heures du matin ; un guide musulman est mon
+unique compagnon. D’ici à Chechaouen, nous avons à traverser les
+territoires de trois tribus, les Beni Ạouzmer, les Beni Ḥasan,
+les Akhmâs : les deux premières sont soumises : on y voyage seul en
+sécurité ; la dernière ne l’est pas : quand nous en approcherons,
+nous aviserons à prendre nos précautions.
+
+Durant toute la route le chemin est aisé. On est continuellement en
+montagne : par conséquent beaucoup de montées, beaucoup de descentes,
+un terrain généralement pierreux ; mais de passage difficile,
+point. Au début, dans la basse vallée de l’Ouad Meḥadjra, le
+pays a un aspect sauvage : la rivière est encaissée entre deux hauts
+talus tout couverts de broussailles ; myrte, bruyère, palmiers nains,
+et surtout lentisques : au delà de ces talus on ne voit, à l’ouest,
+que de longues croupes boisées se succédant les unes aux autres ;
+à l’est, que la haute muraille rocheuse qui couronne le Djebel
+Beni Ḥasan. Cette dernière se dresse toute droite au-dessus de
+nos têtes : à peine se trouve-t-il entre elle et les lentisques une
+étroite bande de cultures : quant à l’ouad, c’est un torrent aux
+eaux vertes et impétueuses. Mais après quelque temps le paysage se
+modifie : la bande de cultures s’élargit ; des troupeaux paissent
+dans les broussailles ; on rencontre des villages. On marche encore :
+la rivière prend un autre nom : un palmier solitaire croissant sur
+sa rive la fait appeler Ouad en Nekhla. A ce moment s’opère un
+changement complet : lentisques et palmiers nains disparaissent :
+les talus s’arrondissant deviennent des côtes assez douces, que
+garnissent des cultures. Le Djebel Beni Ḥasan présente maintenant un
+aspect enchanteur : des champs de blé s’étagent en amphithéâtre
+sur son flanc et, depuis les roches qui le couronnent jusqu’au fond
+de la vallée, le couvrent d’un tapis d’or : au milieu des blés,
+brillent une multitude de villages entourés de jardins : ce n’est
+que vie, richesse, fraîcheur.
+
+Des sources jaillissent de toutes parts : à chaque pas on traverse
+des ruisseaux : ils coulent en cascades parmi les fougères, les
+lauriers, les figuiers et la vigne, qui poussent d’eux-mêmes
+sur leurs bords. Nulle part je n’ai vu de paysage plus riant,
+nulle part un tel air de prospérité, nulle part une terre aussi
+généreuse ni des habitants plus laborieux.
+
+D’ici à Chechaouen, le pays reste semblable : le nom des vallées
+change, mais pareille richesse règne partout ; elle augmente même
+encore à mesure que l’on s’avance. J’arrive dans la vallée
+de l’Ouad Arezaz : les villages maintenant se succèdent sans
+interruption : le sentier, bordé d’églantiers en fleurs, ne
+sort plus des vergers ; nous cheminons à l’ombre des grenadiers,
+des figuiers, des pêchers et de la vigne, dont les rameaux couvrent
+les arbres : les ruisseaux sont si nombreux que l’on marche presque
+constamment dans l’eau. C’est ainsi que je parviens non loin du
+confluent où finit, avec le territoire des Beni Ḥasan, le _blad
+el makhzen_. Au delà commencent les Akhmâs : c’est le _blad es
+sîba_. Nous ne pouvons aller seuls plus loin. D’ailleurs il est 7
+heures du soir. Nous nous arrêtons dans un beau village où l’on
+nous donne l’hospitalité.
+
+Ici les habitations sont bien différentes des huttes que l’on
+voit près de Tétouan : ce sont des maisons, les unes de pisé,
+les autres de briques, toutes bien construites ; la plupart sont
+blanchies ; elles sont couvertes de toits, soit de chaume, soit de
+tuiles ; point de terrasses. Auprès de toute demeure est un clos de
+gazon ; des murs bas l’entourent, de vieux figuiers l’ombragent :
+là rentrent chaque soir les troupeaux qui, le jour, paissent dans la
+montagne. Des ruisseaux courent en tous les sentiers du village ; ils
+apportent l’eau devant chaque porte. Tout est propre, frais, riant.
+
+[Illustration]
+
+Toute la journée, il y avait des passants sur le chemin, dans les
+champs une foule de travailleurs. Ainsi que nous l’avons dit, la
+plupart des cultures consistent en blé ; cependant on rencontre aussi
+de l’orge et, de loin en loin, quelques champs de maïs. Deux cours
+d’eau importants : l’Ouad Tétouan (berges de terre presque à pic
+de 4 ou 5 mètres de haut ; lit de 12 mètres de large, rempli d’eau
+courante et assez claire, de 50 à 60 centimètres de profondeur ;
+fond de sable) ; et l’Ouad Meḥadjra (voici ce qu’il est dans sa
+partie inférieure : berges à peine marquées ; eaux vertes, de 6 à 8
+mètres de large et de 30 ou 40 centimètres de profondeur, serpentant
+dans un lit de galets beaucoup plus large ; courant très rapide). Le
+Djebel Beni Ḥasan est un massif extrêmement remarquable : le versant
+occidental en affecte, dans sa partie nord, la forme suivante : α ;
+dans sa région sud, celle-ci : β ; les plus hauts sommets, dont
+les cartes marines nous donnent les altitudes, 1410 mètres, 2210
+mètres, 1818 mètres, en sont invisibles du fond de la vallée ; une
+haute muraille de pierre grise, à crête dentelée, le couronne de ce
+côté et lui donne l’aspect le plus étrange : on dirait une série
+de rochers de Gibraltar juxtaposés sur un piédestal de montagnes :
+quelque chose comme ceci : γ. La crête supérieure de cette muraille
+me paraît être à une altitude à peu près uniforme pouvant varier
+entre 1200 et 1500 mètres. Au-dessus, quelques cultures entrevues en
+deux ou trois points semblent révéler l’existence d’un plateau.
+
+ 3 juillet.
+
+A 3 heures et demie du matin, nous nous mettons en route ; un jeune
+homme du village où nous avons passé la nuit nous accompagne :
+son père, qui, moyennant une faible rétribution, nous a accordé
+son ạnaïa, nous le donne pour nous servir de zeṭaṭ[8]. Il
+est sans armes, comme toutes les gens qu’on rencontre de Tétouan
+à Chechaouen. Nous descendons d’abord les dernières pentes
+du Djebel Beni Ḥasan ; puis, suivant le fond de la vallée qui
+se déroule à son pied, nous ne tardons pas à entrer sur les
+terres des Akhmâs. C’est toujours la même prospérité, la
+même richesse : l’Ouad el Ḥechaïch roule ses eaux paisibles à
+l’ombre d’oliviers séculaires ; sa vallée est couverte de beaux
+champs de blé où travaillent gaiement une foule de moissonneurs. Ce
+n’est que sur les premières pentes du Djebel Mezedjel, prolongement
+du Djebel Beni Ḥasan, trop raides ici pour recevoir de culture,
+qu’on retrouve pendant quelque temps les palmiers nains. Encore
+cela dure peu : le premier talus franchi, les côtes deviennent plus
+douces, et au milieu de champs dorés, en traversant des ruisseaux
+innombrables, je monte à Chechaouen.
+
+La ville, enfoncée dans un repli de la montagne, ne se découvre
+qu’au dernier moment : on a gravi tous les premiers échelons de
+la chaîne ; on est parvenu à la muraille rocheuse qui la couronne ;
+on en longe péniblement le pied au milieu d’un dédale d’énormes
+blocs de granit où se creusent de profondes cavernes. Tout à coup
+ce labyrinthe cesse, la roche fait un angle : à cent mètres de là,
+d’une part adossée à des montagnes à pic, de l’autre bordée
+de jardins toujours verts, apparaît la ville. Il était 6 heures
+du matin quand j’y arrivai : à cette heure, les premiers rayons
+du soleil, laissant encore dans l’ombre les masses brunes des
+hautes cimes qui la surplombent, doraient à peine le faîte de ses
+minarets : l’aspect en était féerique. Avec son vieux donjon à
+tournure féodale, ses maisons couvertes de tuiles, ses ruisseaux qui
+serpentent de toutes parts, on se serait cru bien plutôt en face de
+quelque bourg paisible des bords du Rhin que d’une des villes les
+plus fanatiques du Rif. Chechaouen, dont la population compte un grand
+nombre de cherifs[9], est en effet renommée pour son intolérance :
+on se raconte encore le supplice d’un malheureux Espagnol qui,
+il y a une vingtaine d’années, voulut y pénétrer : même les
+Juifs, qu’on tolère, sont soumis aux plus mauvais traitements ;
+parqués dans leur mellaḥ, ils ne peuvent en sortir sans être
+assaillis de coups de pierres : sur tout le territoire des Akhmâs,
+auquel appartient la ville, personne ne passa près de moi sans
+me saluer d’un _Allah iḥarraq bouk, ia el Ihoudi_[10], ou de
+quelque autre injure analogue. Chechaouen a 3 ou 4000 habitants, parmi
+lesquels une dizaine de familles israélites. Le marché s’y tient
+le dimanche. C’est une ville ouverte. Derrière elle s’élève
+à pic la haute muraille de roche qui couronne le Djebel Mezedjel ;
+en avant commencent de superbes jardins qui, s’étendant sur le
+flanc de la montagne, couvrent un espace immense ; les fruits qu’ils
+produisent, leurs raisins surtout, sont célèbres dans tout le nord du
+Maroc. Chechaouen est renommée aussi pour l’excellence de son eau.
+
+[Illustration : Heliog. P. Albert Dujardin
+
+Challamel aine Edit.
+
+CHECHAOUEN]
+
+Pendant cette dernière partie de ma route, j’ai encore rencontré
+beaucoup de personnes sur le chemin. Celui-ci ne cesse pas d’être
+bon : une seule côte un peu raide, aucun passage difficile. Sol
+terreux, peu de pierres. J’ai traversé deux cours d’eau assez
+importants : l’Ouad Arezaz (berges de terre d’un mètre ; eau
+claire et courante de 60 centimètres de profondeur ; 8 mètres de
+large ; lit de galets), et l’Ouad el Ḥechaïch (il coule à pleins
+bords dans un lit de gravier de 10 mètres de large ; eau claire
+et courante de 60 centimètres de profondeur). Le Djebel Mezedjel,
+identique au Djebel Beni Ḥasan, n’est que la continuation de
+celui-ci sous un autre nom : on le voit se prolonger bien loin encore
+dans le sud, appelé alors Djebel el Akhmâs.
+
+Vers 7 heures du matin, je quitte Chechaouen pour reprendre la
+direction de Tétouan. Le chemin qui m’a conduit me ramène. Pas
+de nouvelles remarques à faire. Je ne me lasse pas d’admirer cette
+merveilleuse quantité d’eau courante qu’on rencontre le long de
+la route : si ce n’est dans les hautes vallées de la Suisse, je
+n’ai vu nulle part un aussi grand nombre de sources, de ruisseaux
+grands et petits, tous pleins d’eau douce et limpide. La population
+sait tirer parti de tant de bienfaits ; aucune place cultivable qui
+ne soit ensemencée : on voit des champs suspendus en des points qui
+paraissent presque inaccessibles. — Chemin faisant, je rencontre un
+_ḥadj_[11], qui suit la même direction que nous ; apprenant que je
+suis étranger, il me salue en français et nous causons. J’avais
+remarqué déjà, et c’est un fait que je ne cesserai de constater
+dans la suite, que les ḥadjs étaient généralement plus polis
+et affables que les autres Musulmans. C’est à tort qu’on se
+figure parfois qu’ils reviennent de la Mecque plus fanatiques et
+intolérants qu’ils n’étaient ; le contraire se produit : leur
+long voyage, les mettant en contact avec les Européens, leur fait
+voir d’abord que ceux-ci ne sont pas les monstres qu’on leur
+avait dépeints ; ils sont surpris et reconnaissants de ne point
+trouver chez nous d’hostilité ; puis nos bateaux à vapeur, nos
+chemins de fer, les frappent d’admiration : au retour, ce n’est
+pas le souvenir de la kạba qui hante leur esprit, c’est celui
+des merveilles des pays chrétiens, celui d’Alexandrie, de Tunis,
+d’Alger. La plupart du temps, le Pèlerinage, loin d’augmenter
+leur fanatisme, les civilise et leur ouvre l’esprit.
+
+Quelle que pût être notre célérité, il n’était pas possible
+d’arriver à Tétouan le jour même : nous passâmes la nuit dans
+un village des Beni Ḥasan. Le lendemain, nous repartîmes de très
+bonne heure ; à 6 heures du matin, nous étions dans la ville.
+
+Les Beni Ḥasan, sur le territoire desquels j’avais marché pendant
+la plus grande partie de cette excursion, sont de race et de langue
+tamaziṛt. Ils sont dits Qebaïl[12]. Tout le massif montagneux auquel
+ils ont donné leur nom leur appartient. Cette tribu me paraît riche
+et nombreuse, à voir la quantité et l’importance des villages,
+la fertilité du pays, les belles cultures qu’il renferme, le
+monde qu’on y rencontre sur les routes. Elle est fort dévote,
+à en juger par la grande proportion de ḥadjs qui s’y trouve,
+par le nombre de ses qoubbas et de ses zaouïas, à en juger aussi
+par les immenses détours qu’on me faisait faire à travers champs,
+chaque fois qu’on approchait d’un de ces lieux vénérés, de
+peur de le souiller par la présence d’un Juif.
+
+Dans cette tribu, aussi bien que chez les Akhmâs, les costumes
+sont les suivants : pour les hommes de condition aisée : caleçons
+étroits s’arrêtant au-dessus du genou, courte chemise sans manches,
+en laine blanche, descendant jusqu’à mi-cuisse, enfin djelabia
+brune ; comme chaussure, la belṛa[13] jaune ; comme coiffure, une
+calotte rouge. Cette dernière se supprime souvent : dans tout le
+Maroc, les populations des campagnes ont d’habitude la tête nue,
+quelque soleil qu’il fasse, et bien que la plupart se rasent les
+cheveux. Les pauvres n’ont qu’une chemise de laine blanche et une
+djelabia ou un court bernous de même étoffe ; rien sur la tête,
+ou bien quelque chiffon blanc ou rouge noué autour, laissant le
+crâne à découvert ; les pieds nus ou chaussés de sandales. Ici,
+par exception, peu de cheveux sont rasés : on se contente de
+les porter très courts. Rien de particulier dans le costume des
+femmes : elles ont celui quelles portent dans les campagnes du Tell
+algérien ; il est uniformément en laine ou en cotonnade blanches ;
+toutes laissent leur visage découvert ; pour travailler aux champs,
+elles s’enroulent autour des jambes un épais morceau de cuir fauve
+fixé sur le devant par une agrafe : c’est quelque chose comme les
+cnémides que mettait Laërte pour jardiner.
+
+En général, les hommes sont assez beaux et surtout vigoureux,
+les femmes laides et communes. Bien que le tamaziṛt soit leur
+langue habituelle, les Beni Ḥasan savent la plupart l’arabe ;
+mais ils y mêlent diverses expressions étrangères : telle est la
+particule _d_, dont ils font précéder les noms au génitif : ainsi
+ils disent Ouad d en Nekhla, Djebel d el Akhmâs, etc. Cet emploi du
+_d_ se retrouve d’ailleurs dans le Maroc entier, avec le même sens,
+celui de notre préposition « de » ; mais nulle part avec autant
+d’excès qu’aux environs de Tétouan.
+
+
+ 4o. — DE TÉTOUAN A FAS.
+
+
+ 4 juillet.
+
+Pendant cette première journée de marche, je me borne à gagner
+le fondoq devant lequel j’étais déjà passé, entre Tanger et
+Tétouan. La route a été décrite ; je n’en reparlerai pas. J’ai
+fait prix, pour me conduire à Fâs, avec un muletier musulman :
+c’est en sa compagnie que je suis parti ce matin ; notre caravane
+est peu nombreuse : dix bêtes de somme ; le muletier, son fils
+et un domestique ; voilà, avec Mardochée et moi, tout ce qui la
+compose. D’ici à Fâs, par la route que nous allons prendre,
+il n’y a rien à craindre ; nous serons constamment en blad el
+makhzen et en pays peuplé : inutile de prendre d’escorte.
+
+Le fondoq où nous passons la nuit est une vaste enceinte carrée
+dont le pourtour est garni, à l’intérieur, d’un hangar :
+les voyageurs s’installent sous cet abri ; les animaux restent au
+centre : le maître du lieu perçoit une légère rétribution sur
+bêtes et gens ; de plus, il vend de l’orge et de la paille. Les
+établissements de ce genre, rares au Maroc dans la campagne, y
+sont très nombreux dans les villes : le hangar se surmonte alors
+d’un étage où sont disposées de petites cellules fermant à
+clef qu’on loue aux étrangers : ce sont les seules hôtelleries
+qui existent. Le fondoq où nous sommes paraît très fréquenté :
+vers le soir, près de cinquante voyageurs s’y trouvent réunis ;
+la cour est pleine : chevaux, ânes, mulets, chameaux, s’y pressent
+pêle-mêle avec des troupeaux de bœufs et de moutons.
+
+ 5 juillet.
+
+A 4 heures du matin, nous quittons le fondoq. La caravane s’augmente
+de trois personnes : un homme se rendant à Fâs ; il porte à
+la main une cage contenant six canaris ; c’est pour les vendre
+qu’il entreprend ce voyage ; il compte sur un bénéfice d’environ
+trente francs. Puis une femme et sa petite fille, allant je ne sais
+où. Aujourd’hui, la route traverse deux régions fort différentes :
+durant la première partie de la journée, je suis dans un pays
+montueux, très arrosé, souvent boisé : ce sont les dernières pentes
+du revers occidental des montagnes du Rif. Puis, vers midi, après
+avoir passé un col aux abords rocheux et difficiles, je débouche
+dans une immense plaine légèrement ondulée où je marche jusqu’au
+gîte. Cette plaine, couverte tantôt de champs de blé et de maïs,
+tantôt de pâturages, tantôt de nouara hebila[14], s’étend à
+perte de vue dans les directions de l’ouest et du sud ; au nord et à
+l’est, elle est bornée par une longue ligne de hauteurs bleuâtres,
+au flanc desquelles on distingue de blancs villages et les taches
+sombres de vergers. La nouvelle région où je viens d’entrer et
+où je demeurerai jusqu’à l’Ouad Sebou présente le contraste
+le plus complet avec celle que je quitte : là on ne voyait que des
+villages, ici presque que des tentes ; là une foule de jardins, ici
+pas un arbre ; là tous les ruisseaux, toutes les rivières avaient
+de l’eau courante, tous étaient bordés de lauriers-roses ; ici
+bien des lits sont à sec, d’autres ne contiennent qu’une eau
+croupissante et le laurier-rose a disparu. Cependant, sans être
+riante comme la première, c’est encore une riche contrée : le
+sol, terreux partout, est entièrement cultivable ; de beaux champs
+de blé, d’orge et parfois de maïs, en couvrent une grande partie
+et en prouvent la fécondité. D’ailleurs, si elle n’a pas ces
+ondes fraîches et limpides que j’admirais près de Tétouan,
+les rivières pourtant y sont nombreuses et l’eau est loin d’y
+manquer, malgré la saison.
+
+Nous nous arrêtons à 4 heures du soir, dans un douar des Bdaoua[15],
+en un lieu où se tient un marché hebdomadaire, Souq el Arbạa
+el Bdaoua. Pendant cette journée, je n’ai rencontré sur la
+route qu’un passage difficile : les environs du col signalé
+plus haut. Parmi les cours d’eau traversés, trois avaient
+quelque importance : l’Ouad el Ḥericha (berges escarpées de
+2 ou 3 mètres de haut ; 6 mètres de large ; eau claire de 50
+centimètres de profondeur, qui coule sur un lit de gros galets ;
+courant rapide) ; l’Ouad el Kharroub (berges de terre escarpées de
+2 ou 3 mètres de haut ; 5 mètres de large ; eau claire et courante
+de 50 centimètres de profondeur ; lit de gravier) ; l’Ouad Ạïcha
+(6 mètres de large ; eau de 50 à 60 centimètres de profondeur ;
+courant insensible). En général, peu de monde sur le chemin,
+mais sur quelques points beaucoup de travailleurs dans les champs :
+partout, de Tétouan à Fâs, on moissonne. Souvent les douars qu’on
+rencontre sont grands, mais ils ont l’aspect misérable : les tentes,
+petites et mauvaises, ne descendent qu’à 0,80 centimètres de terre,
+laissant un vide mal fermé par une cloison de nouara hebila. Encore
+tout n’est-il pas tentes ; celles-ci sont mêlées la plupart du
+temps de huttes en nouara hebila. Huttes et tentes sont groupées
+sans ordre, formant un ensemble qui rappelle peu le sens primitif du
+mot douar. Ainsi sont tous les campements de Tétouan à Fâs.
+
+ 6 juillet.
+
+Départ à 5 heures du matin. Toute la journée, je continue à marcher
+dans la plaine ondulée décrite hier ; rien n’y change : même
+terrain, mêmes habitants, même horizon ; seulement, à partir de 11
+heures, j’ai en vue le Djebel Sarsar. Sa croupe massive apparaît
+à l’est, dominant les hauteurs qu’on aperçoit de ce côté. El
+Qçar est située au milieu de la plaine. Nous entrons dans la ville
+à 4 heures du soir.
+
+[Illustration : El Qçar el Kebir, ses jardins, le Djebel Sarsar.
+
+(Vue prise à 2 kilomètres de la ville, du chemin de
+Tétouan.) Croquis de l’auteur.]
+
+Plus de voyageurs aujourd’hui qu’hier sur la route. Le principal
+cours d’eau traversé est l’Ouad el Mkhâzen (berges de terre
+à 1/2 de 4 à 5 mètres de haut ; 10 à 12 mètres de large ; belle
+eau courante de 50 centimètres de profondeur).
+
+Un événement se produit ce soir dans notre caravane : en entrant
+à El Qçar, l’homme aux canaris nous fait part de son mariage :
+en marche, il a fait connaissance avec notre compagne de route ;
+elle lui a plu ; il lui a offert sa main ; elle a accepté ; ils
+vont se marier à El Qçar : on vendra les canaris comme on pourra ;
+le prix en servira au don nuptial et aux frais de la noce.
+
+ 7 juillet.
+
+C’est aujourd’hui samedi : force m’est de rester ici pendant
+24 heures. De tous les ennuis auxquels m’a soumis ma condition de
+Juif, je n’en connais aucun qui approche de celui-là : perdre
+cinquante-deux jours par an. Certains Israélites du Maroc sont
+d’avis que c’est le point le plus admirable de leur religion. Je
+n’y ai rien trouvé de plus dur : on voudrait se mettre en route, on
+ne peut pas : on est en voyage, il faut s’arrêter. Encore si l’on
+pouvait profiter de ce retard pour rédiger ses notes, mais c’est
+presque toujours impossible. Se trouve-t-on seul ? On barricade sa
+porte, on bouche les fentes, et on se met au travail. Mais il est si
+difficile d’être seul ce jour-là ! Et il ne faudrait pas qu’on
+vous surprît à écrire : votre secret serait trahi ; on saurait que
+vous n’êtes pas Israélite. A-t-on jamais vu au Maroc Juif écrire
+durant le sabbat ? C’est défendu au même titre que voyager,
+faire du feu, vendre, compter de l’argent, causer d’affaires,
+que sais-je encore ? Et tous ces préceptes sont observés, avec quel
+soin ! Pour les Israélites du Maroc, toute la religion est là : les
+préceptes de morale, ils les nient ; les dix commandements sont de
+vieilles histoires bonnes tout au plus pour les enfants ; mais quant
+aux trois prières quotidiennes quant aux oraisons à dire avant et
+après les repas, quant à l’observation du sabbat et des fêtes,
+rien au monde, je crois, ne les y ferait manquer. Doués d’une foi
+très vive, ils remplissent scrupuleusement leurs devoirs envers Dieu
+et se dédommagent sur les créatures.
+
+Encore ici ne suis-je pas très à plaindre : je profiterai de cette
+journée pour visiter la ville. Celle-ci a pu mériter autrefois son
+nom de El Qçar el Kebir[16], mais aujourd’hui elle n’est plus
+ni grande ni fortifiée. Très mal construite, avec ses maisons non
+blanchies qui lui donnent un air de saleté et de tristesse, c’est la
+plus laide des villes que j’aie vues au Maroc : elle manque d’eau ;
+on est obligé d’en aller chercher dans des outres à l’Ouad el
+Qous, à près d’une demi-heure de distance. La population peut
+être de 5 ou 6000 habitants, dont un millier d’Israélites :
+ceux-ci étaient autrefois enfermés dans un mellaḥ ; comme il
+est devenu trop étroit, on leur permet aujourd’hui d’habiter
+dans toute la ville. Malgré cela, il est difficile de se loger :
+j’ai eu toutes les peines du monde à trouver une chambre, et
+quelle chambre ! Je n’aurais jamais cru qu’une telle quantité
+d’araignées et de souris pût tenir en un si petit espace. Quant
+aux anciennes fortifications, on en retrouve peu de traces : quelques
+pans de murs ruinés, de pisé extrêmement épais, se dressant çà
+et là aux abords de la ville, voilà tout ce qu’il en reste. Une
+des choses remarquables de ce lieu est la quantité innombrable des
+cigognes : point de maison sans un nid de ces oiseaux ; il y en a,
+je pense, presque autant que d’habitants. El Qçar est la résidence
+d’un gouverneur, lieutenant du qaïd d’El Ạraïch[17].
+
+Auprès de la ville, sont de grands vergers : j’y ai remarqué de
+belles plantations d’orangers, entretenues avec soin et arrosées par
+des norias. Mais ce sont des exceptions : en général, ces jardins
+sont plus vastes que florissants ; ils produisent peu de fruits ; la
+plupart de ceux qu’on consomme ici viennent de Tanger ou de Tétouan.
+
+ 8 juillet.
+
+Départ à 5 heures du matin. Je marche dans la même plaine : telle
+elle était avant-hier au nord d’El Qçar, telle elle sera encore
+toute cette journée. Il n’y a qu’une différence : la ligne de
+hauteurs qui la bordait vers l’est disparaît et fait place aux
+lourds massifs du Djebel Sarsar et du Djebel Kourt. A 3 heures de
+l’après-midi, nous arrivons à Chemmaḥa, petit douar où nous
+devons passer la nuit.
+
+[Illustration : Djebel Sarsar. (Les parties ombrées sont boisées.)
+
+(Vue prise du chemin d’El Qçar à Fâs, à 22 kilomètres d’El
+Qçar.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Djebel Kourt. (Vue prise du chemin d’El Qçar
+à Fâs, à l’ouest-sud-ouest et à environ 12 kilomètres de la
+montagne.) Croquis de l’auteur.]
+
+Je n’ai traversé aujourd’hui qu’une seule rivière, mais elle
+est importante : c’est l’Ouad el Qous (berges de terre à 1/1
+de 7 à 8 mètres de haut ; eau courante de 60 à 70 centimètres de
+profondeur et de 20 à 25 mètres de large ; lit de gravier).
+
+Une caravane qui chemine en ces pays arrive toujours plus nombreuse
+qu’elle n’était partie. En marche, elle se grossit de tous
+les isolés qu’elle rencontre et qui suivent la même route. A
+chaque gîte, elle s’accroît de quelques personnes qui profitent
+de l’occasion. _El ạmara mliḥa_, « la société est bonne »,
+dit-on : la société est une sûreté et souvent une économie. Cinq
+au départ, nous sommes déjà une douzaine : nous arriverons quinze
+ou vingt à Fâs.
+
+ 9 juillet.
+
+[Illustration]
+
+Départ à 4 heures et demie du matin. Nous reprenons notre marche au
+travers du même pays. A 2 heures, nous parvenons au bord de l’Ouad
+Ouerṛa. Le fond de la vallée, très large ici, est limité des
+deux côtés par un talus de terre presque à pic d’une dizaine de
+mètres de hauteur. L’aspect de la vallée est riant : c’est une
+grande prairie où paissent de nombreux troupeaux ; quelques bouquets
+d’arbres l’ombragent ; des jardins, des douars s’y voient en
+grand nombre. Au milieu, la rivière, large de 80 mètres, aux eaux
+vertes, coule claire et rapide sur un lit de galets. Ce lit est bordé
+de berges de terre à pic, de 4 à 5 mètres de haut ; la largeur de la
+rivière atteint près de 100 mètres au gué où nous la traversons ;
+en ce point, elle a environ 60 centimètres de profondeur ; au-dessous,
+son cours se rétrécit, mais elle devient profonde de 1m,50. Nous
+nous arrêtons sur la rive gauche de l’ouad, dans un petit douar
+ombragé de figuiers : c’est là que nous passerons la nuit.
+
+Avant d’arriver à l’Ouad Ouerṛa, j’avais franchi un cours
+d’eau assez important, l’Ouad Rḍât (berges de terre de 4 à
+5 mètres de haut ; eau claire et courante de 50 centimètres de
+profondeur ; 15 mètres de large ; lit de gravier). Aujourd’hui,
+un peu moins de monde sur le chemin que les jours derniers. Les
+cultures semblent aussi un peu moins nombreuses et moins soignées. Les
+pâturages augmentent.
+
+[Illustration : Djebel Tselfat. (Vue prise du chemin d’El Qçar
+à Fâs, à environ 16 kilomètres de la montagne.) Croquis de
+l’auteur.]
+
+D’ici on voit, tout à fait dans le lointain, bornant l’horizon
+vers l’est, une longue série de crêtes grisâtres très
+découpées ; elles paraissent appartenir à des massifs élevés ;
+un sommet se distingue par ses formes escarpées : c’est le
+Djebel Oulad Ạïssa. Plus près de moi, dans la direction du sud,
+j’aperçois le Djebel Tselfat. — L’Ouad Ouerṛa renferme
+beaucoup de poissons ; des hommes de la caravane pêchent, et en
+prennent une quantité étonnante. Il contient aussi des tortues,
+comme la plupart des cours d’eau entre Tanger et Fâs.
+
+ 10 juillet.
+
+[Illustration]
+
+Départ à 5 heures du matin. Je marche jusqu’au gîte dans la même
+plaine que les jours précédents ; mais le terrain se modifie un
+peu. Il commence à changer vers 9 heures et demie, à la frontière
+des Oulad Ạïssa. Jusque-là c’était toujours la même plaine
+à ondulations légères, succession de plateaux peu élevés,
+coupés de vallées sans profondeur. A partir de là, les rides
+se creusent, les reliefs se prononcent. Cependant les mouvements
+sont encore peu accentués, et la région d’ici à l’Ouad Sebou
+peut se considérer comme appartenant à celle où je suis entré
+le 5 juillet. Mais, par divers côtés, elle annonce la contrée
+qu’on trouvera sur la rive gauche du fleuve : déjà les flancs des
+vallées se couvrent de jardins ; déjà apparaissent sur les côtes
+des plantations d’oliviers, de vignes et de figuiers ; déjà les
+collines se couronnent de villages. De plus, la nouara hebila, plante
+curieuse qui couvre une partie de la plaine que je finis de traverser,
+et que je n’ai jamais rencontrée ailleurs, devient rare : par
+contre, le jujubier sauvage commence à se montrer ; depuis que je
+suis chez les Oulad Ạïssa, j’en vois çà et là des buissons
+poussant dans la campagne. On rencontre plus de passants qu’hier ;
+le pays paraît plus habité et plus riche. Vers 3 heures et demie,
+nous atteignons la vallée du Sebou : moins large que celle de l’Ouad
+Ouerṛa, elle est aussi nettement dessinée. Un double talus à pente
+très raide en limite le fond de chaque côté. Ce fond est en partie
+sablonneux : on y voit peu de cultures, mais il y a des pâturages avec
+plusieurs grands douars ; au milieu coule, en serpentant beaucoup,
+l’Ouad Sebou. La largeur moyenne paraît en être de 60 mètres,
+la profondeur d’un mètre ; il coule entre deux berges de terre de
+3 à 4 mètres de haut ; les eaux en sont moins claires que celles
+de l’Ouad Ouerṛa, mais le courant en est extrêmement rapide :
+nous profitons, pour le passer, d’un gué où il prend une grande
+largeur et se divise en trois bras : dans les deux premiers je trouve
+une profondeur de 50 centimètres environ ; dans le troisième, large
+de 50 mètres, une profondeur de 70 centimètres : le lit est formé
+de gros galets. Nous faisons halte dans un douar, sur la rive gauche
+du fleuve, tout près d’un rocher isolé, _Ḥadjra ech Cherifa_,
+qui donne son nom à ce lieu. Ici encore mes compagnons font une
+pêche abondante. De l’Ouad Ouerṛa à l’Ouad Sebou, je n’ai
+traversé que des ruisseaux.
+
+ 11 juillet.
+
+[Illustration : Djebel Gebgeb et Djebel Terrats. (Vue prise au
+nord-ouest de ces montagnes, du chemin d’El Qçar à Fâs.) Croquis
+de l’auteur.]
+
+Départ à 5 heures du matin. Après nous être élevés par degrés
+en franchissant une succession de côtes coupées de ravins assez
+profonds, nous arrivons à 10 heures au cœur même du massif du
+Gebgeb. Nous nous mettons à gravir cette montagne : le sol reste
+terreux, mais le chemin, en pente très raide, devient difficile. La
+fatigue de la route est compensée par la beauté du paysage : autour
+de soi on ne voit que vastes plantations de vignes et d’oliviers,
+s’étendant sur tout le flanc de la montagne et en couronnant le
+faîte ; puis, de temps en temps, on aperçoit vers la droite la haute
+cime du Terrats, ou bien, dans le lointain, la silhouette grise du
+Zerhoun. A midi, j’atteins le col, situé presque au niveau des
+sommets du massif. De là on jouit d’un spectacle merveilleux :
+à droite, le Terrats et le Zerhoun ; à gauche, l’arête rocheuse
+du Zalaṛ ; en avant, bornant toute l’étendue de l’horizon, une
+ligne confuse de montagnes lointaines que dominent la haute cime du
+Djebel Ṛiata et les crêtes neigeuses du Djebel Beni Ouaṛaïn :
+au milieu de cette ceinture grandiose, au pied même du Gebgeb,
+apparaît Fâs, émergeant comme une île blanche de la mer sombre
+de ses immenses jardins.
+
+Du col, la descente est aisée : à 2 heures, j’arrive à Bab Segma
+et j’entre dans l’antique cité de Moulei Edris.
+
+Pendant cette journée, une foule de voyageurs n’a cessé de
+sillonner le chemin : de Ḥadjra ech Cherifa à Fâs, le pays
+est d’une richesse extrême ; ce ne sont que cultures, villages,
+jardins, plantations de vignes et d’oliviers ; quelques ravins sont
+boisés ; peu de places incultes, celles qu’on voit sont couvertes
+de jujubiers sauvages et de palmiers nains : la nouara hebila a
+entièrement disparu. Peu d’eau courante, mais des sources et des
+puits. Vers 7 heures et demie, j’ai passé au milieu de l’Arbạa
+des Oulad Djemạ ; malgré l’heure matinale, il était animé :
+il s’y trouvait 300 ou 400 personnes, et on venait de toutes parts.
+
+[Illustration : Partie orientale de Fâs el Bâli. (Le reste de la
+ville est caché par des collines couvertes de vergers.) (Vue prise
+à un kilomètre du mellah de Fâs, du chemin de Sfrou.) Croquis
+de l’auteur.]
+
+ 5o. — SÉJOUR A FAS.
+
+A mon passage à Tanger, M. Benchimol, dont le nom est connu en France
+par les importants services que, depuis plus d’un siècle, sa famille
+ne cesse de rendre à notre pays, m’avait donné une lettre pour
+un des principaux négociants de Fâs, M. Samuel Ben Simhoun. Je me
+fis immédiatement conduire à la maison de ce dernier. Je reçus de
+lui le meilleur accueil. Je lui demandai aussitôt de m’aider à
+trouver les moyens de gagner le Tâdla ; il me promit de le faire,
+et il m’offrit si cordialement l’hospitalité que je n’hésitai
+pas à l’accepter. D’ailleurs je comptais ne passer que peu de
+temps à Fâs : cette ville étant décrite dans plusieurs ouvrages
+en grand détail et mieux que je n’eusse pu le faire, je n’avais
+pas à l’étudier ; il me tardait, au contraire, de la quitter pour
+entrer enfin en pays inconnu. Je priai donc M. Ben Simhoun de hâter
+mon départ pour le Tâdla : je tenais à y aller en coupant au court,
+à travers le massif inexploré qu’occupent les Zemmour Chellaḥa
+et les Zaïan.
+
+Ce que je désirais n’était pas chose aussi facile que je l’avais
+cru. Nous n’obtînmes d’abord que les renseignements les plus
+décourageants : le chemin que je voulais prendre était impraticable,
+jamais on ne le suivait ; les Zaïan et les Zemmour Chellaḥa
+étaient des tribus sauvages chez lesquelles il était impossible de
+voyager ; il ne fallait pas songer à une route pareille ; d’ailleurs
+n’en avait-on pas une autre, aussi sûre que celle-ci l’était
+peu ? celle qui se prenait toujours, et qui passait par Rebaṭ et
+Dar Beïḍa. On eut beau chercher, questionner, s’informer, ce
+fut tout ce qu’on put obtenir. Au bout de huit jours, force fut de
+s’avouer qu’il n’y avait rien à espérer à Fâs. Mon hôte fit
+alors une dernière tentative : il écrivit à Meknâs, priant un de
+ses amis d’y continuer les recherches qui jusque-là avaient si peu
+réussi. La réponse ne se fit pas attendre : il existait à Meknâs un
+cherif, homme honorable, qui connaissait le chemin que je demandais ;
+il l’avait suivi lui-même plusieurs fois : comble de bonheur, il
+avait l’intention d’aller à Bou el Djạd dans quelque temps ;
+je pourrais partir avec lui, il se faisait fort de me faire passer
+partout. Mais il ne voyagerait qu’à la fin du Ramḍân. Or le
+Ramḍân commençait à peine. Il était dur d’être arrêté un
+mois à Fâs ; d’autre part, l’occasion qui s’offrait était
+unique : il fallait ou l’attendre, ou se résigner à suivre la
+route ordinaire. Je ne balançai pas, j’acceptai la proposition
+du cherif. — Quant à mon séjour à Fâs, je m’efforcerais de
+l’employer le plus utilement possible, j’en profiterais pour
+aller visiter Tâza et Sfrou.
+
+Je ne puis dire combien de zèle montra M. Ben Simhoun en ces
+négociations. C’est lui qui fit toutes les démarches, toutes les
+recherches. Jusqu’au moment où la dernière disposition fut prise
+pour mon départ, il quitta ses occupations, négligea ses affaires,
+pour se consacrer en entier à ce que je lui avais demandé. Il
+montra en tout une intelligence, une activité, une discrétion
+dont je ne devais pas trouver d’autre exemple au Maroc parmi ses
+coreligionnaires.
+
+[Illustration : Monts Terrats, Gebgeb et Zalar et plaine du Saïs. (Vue
+prise du chemin de Sfrou à Fâs.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Djebel Terrats. (Vue prise du mellah de Fâs.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Djebel El Behalil, portion orientale du revers nord
+du Djebel Beni Mtir et plaine du Saïs. (Vue prise du mellah de Fâs.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+La population de Fâs est d’ordinaire estimée à 70000 habitants,
+dont 3000 Israélites : ces chiffres ne sont, je crois, pas loin de la
+vérité. Fâs fait un commerce considérable ; elle est le centre où
+affluent d’une part les marchandises européennes venant par Tanger,
+de l’autre les cuirs du Tafilelt, les laines, la cire et les peaux
+de chèvre des Aït Ioussi et des Beni Ouaṛaïn, parfois même les
+plumes du Soudan. Les laines, les peaux, la cire, sont expédiées
+par grandes quantités en Europe ; les plus beaux cuirs restent à
+Fâs où, travaillés par d’habiles ouvriers, ils servent à faire
+ces belṛas, ces coussins, ces ceintures, objets de luxe qu’on
+vient y acheter de tous les points du Maroc du nord[18]. Les objets
+d’origine européenne arrivant dans la ville sont nombreux : velours,
+soieries, passementeries d’or et d’argent venant de Lyon ; sucres,
+allumettes, bougies de Marseille ; pierres fines de Paris ; corail de
+Gênes ; cotonnades (_meriqan_, _sḥen_, indiennes), draps, papier,
+coutellerie, aiguilles, sucres, thés d’Angleterre ; verrerie et
+faïences d’Angleterre et de France. Une portion de ces marchandises,
+tout ce qui est passementeries, pierres fines, coutellerie, reste à
+Fâs. Le reste, c’est-à-dire la plus grande part de beaucoup, va
+alimenter des marchés de Fâs au Tafilelt. Les grands négociants de
+la capitale envoient des agents, munis de cotonnades et de belṛas,
+sur les marchés des Hiaïna et des Beni Mgild ; de plus, ils ont des
+correspondants échelonnés depuis Sfrou jusqu’au Reteb : ils leur
+expédient du sucre, du thé, des cotonnades, qui s’écoulent de là
+chez les Beni Ouaṛaïn, les Aït Ioussi, les Aït Tsegrouchen, et
+chez toutes les tribus de la haute Mlouïa et de l’Ouad Ziz. D’un
+autre côté, les caravanes qui viennent du Tafilelt, apportant des
+cuirs et des dattes, s’en retournent chargées de cotonnades, de
+sucre, de thé, de riches vêtements de drap et de belṛas fines,
+pour lesquels Fâs est renommée, et d’une pacotille de parfums, de
+papier, d’aiguilles, d’allumettes, de verres et de faïences. Fâs
+fournit ainsi non seulement une partie du Maroc central, mais encore
+la plus grande portion du Sahara oriental, toute celle qui dépend
+commercialement de l’Ouad Ziz. Un commerce aussi étendu serait la
+source de richesses immenses dans un autre pays ; mais ici plusieurs
+causes diminuent les bénéfices : d’abord le prix élevé des
+transports, tous faits à dos de chameau ou de mulet, prix que doublent
+au moins les nombreux péages établis sur les chemins du nord de
+l’Atlas et les escortes qu’il est indispensable de prendre au
+sud de la chaîne ; ensuite, dans une région dont la plus grande
+partie est peuplée de tribus indépendantes et souvent en guerre
+entre elles, dont l’autre n’est qu’à moitié soumise et se
+révolte fréquemment, il arrive sans cesse qu’une caravane est
+attaquée, qu’un convoi est pillé, qu’un agent est enlevé. Le
+commerce a donc ses risques, et plus d’un motif vient en amoindrir
+les gains. Enfin il est entravé encore par le manque de crédit
+et par l’usure. Le taux de l’intérêt atteint au Maroc des
+limites fantastiques, ou plutôt il n’en a pas. Voici le taux
+auquel prêtent à Fâs des Israélites qui se respectent : 12 %
+pour un coreligionnaire d’une solvabilité certaine ; 30 % pour
+un Musulman d’une solvabilité également assurée ; 30 % pour une
+personne de solvabilité moins sûre, mais qui fournit un gage ; 60 %
+dans les mêmes conditions sans gage[19].
+
+[Illustration : Djebel Zerhoun. (Vue prise du chemin de Fâs à Sfrou,
+à un kilomètre du mellah de Fâs.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Dans les diverses villes du Maroc que j’ai vues, le costume des
+Musulmans de condition aisée est le même ; je le décrirai ici
+une fois pour toutes : linge de coton ; comme principal vêtement,
+soit un costume de drap brodé à la mode algérienne, soit un long
+cafetan de drap de couleur très tendre, soit plus souvent encore la
+_farazia_, sorte de cafetan de coutil blanc cousu au-dessous de la
+ceinture, comme la gandoura, et se fermant du haut par une rangée
+de petits boutons de soie ; sur la tête, un large turban en étoffe
+très légère de coton blanc ; par-dessus le tout, un léger ḥaïk
+de laine blanche unie ; aux pieds, jamais de bas : de simples belṛas
+jaunes. Au Maroc, la couleur des belṛas a la plus grande importance :
+le jaune est réservé aux Musulmans, le rouge aux femmes, le noir
+aux Juifs : c’est une règle rigoureuse, observée même dans
+les campagnes les plus reculées. Les citadins portent rarement le
+bernous : il ne fait pas partie de leurs habits ordinaires ; on ne
+le met que lorsqu’il fait froid. Les marchands, les individus de
+condition secondaire, remplacent volontiers le costume algérien,
+le cafetan, la farazia, par la djelabia en laine blanche ou en drap
+bleu foncé : avec la djelabia on ne porte pas le ḥaïk. Quant aux
+pauvres, ils n’ont qu’une chemise et une djelabia grossière. Les
+Musulmans de Fâs ont la peau d’une blancheur extrême ; ils sont en
+général d’une grande beauté ; leurs traits sont très délicats,
+efféminés même, leurs mouvements pleins de grâce ; passant leur
+vie dans les bains, ils sont la plupart, même les pauvres, de cette
+propreté merveilleuse qui distingue les Musulmans des villes.
+
+Si dans les cités la mode est invariable, c’est tout le contraire
+dans les campagnes. A chaque pas, je la verrai changer. Je signalerai,
+chemin faisant, ces différences : elles sont telles qu’on peut dire,
+à la vue du costume et des armes d’un Marocain, à quelle région
+il appartient. De Tétouan à Fâs, l’habillement est uniforme :
+c’est, pour les gens dans l’aisance, une chemise de coton ou de
+laine, une djelabia blanche, un ḥaïk ; les pauvres portent des
+djelabias de couleur ou des lambeaux d’étoffe blanche dont ils
+se couvrent comme ils peuvent. Les uns et les autres sont pour la
+plupart tête nue : quelques-uns s’enroulent autour de la tête un
+turban étroit et mince qui en laisse le sommet découvert. En fait
+d’armes, on a le fusil à un coup, à pierre ; canon long, large
+crosse triangulaire de bois noirci : la crosse est très simple, sans
+autres ornements que de légères incrustations de fil d’argent. Ces
+fusils se fabriquent surtout à Tétouan. La poudre se porte dans
+des boîtes de bois en forme de poire : elles sont toutes couvertes
+de gros clous de cuivre et de sculptures coloriées. Les sabres sont
+rares dans cette région ; les cavaliers seuls en ont. Les lames en
+sont courtes (70 à 80 centimètres), droites ou peu recourbées,
+très flexibles ; les poignées, de corne ou de bois, avec gardes
+et branches de fer ; les fourreaux, de bois couvert de cuir, avec
+garnitures en cuivre : ce type de sabre est le seul en usage au
+Maroc. Enfin, ici comme ailleurs, tout le monde, hors des villes,
+porte habituellement le poignard, même étant désarmé ; il sert
+au besoin de couteau. Il y a deux modèles de poignards au Maroc :
+l’un court et à lame courbe, seul usité dans le massif du Grand
+Atlas et au sud de cette chaîne ; l’autre plus long et à lame
+droite, en usage dans le nord, où l’on rencontre aussi quelquefois,
+mais rarement, le poignard recourbé. Les harnachements des chevaux
+sont au Maroc les mêmes qu’en Algérie ; mais les housses de selles
+sont de drap rouge, au lieu d’être de cuir, et les poitrails et les
+brides sont brodés de soie d’une seule couleur, rouge d’ordinaire.
+
+[Illustration : Page 24.
+
+1. — Fusil en usage au nord du Grand Atlas.
+
+2. — Sabre.
+
+3. — Corne à poudre en usage dans les bassins de l’Oumm er Rebia,
+du Sous et du Dra, et sacs à balles.
+
+4. — sac à poudre en usage dans le bassin du Ziz et chez les
+Aït Seddrât.
+
+5. — Poignard à lame courbe.
+
+6. — Fusil en usage au sud du Grand Atlas.
+
+7. — Boîte à poudre en usage dans le Sahel marocain.]
+
+La ville et la province de Fâs sont administrées par trois bachas,
+commandant chacun à une portion de la ville et à un certain nombre
+de tribus de la campagne[20]. Il n’y a point de grand commandement
+dans le blad el makhzen. Jamais plusieurs tribus considérables,
+plusieurs villes, ne sont réunies sous l’autorité d’un seul :
+chaque tribu de quelque importance, chaque cité, chaque province
+a son qaïd, nommé directement par le sultan et ne relevant que
+de lui. Bien plus, dans les capitales, à Fâs et à Merrâkech, et
+dans les grandes tribus telles que les Ḥaḥa, les Chaouïa, etc.,
+l’autorité est répartie entre plusieurs gouverneurs. Ils portent
+le titre de bacha dans les résidences impériales, Merrâkech, Fâs,
+Meknâs, celui de qaïd partout ailleurs. Cette extrême division du
+pouvoir a pour but d’empêcher les révoltes. Le soin constant du
+sultan est de veiller à ce que personne dans ses États ne devienne
+trop riche, ne prenne trop d’influence. Il suffirait de si peu pour
+renverser son trône chancelant !
+
+
+ 6o. — VOYAGE A TAZA.
+
+
+Il y a deux chemins principaux pour aller à Tâza : l’un, plus
+court, mais que l’on ne prend jamais, remonte l’Ouad Innaouen par
+les tribus des Hiaïna et des Ṛiata ; l’autre, généralement
+suivi, traverse les Hiaïna, les Tsoul, les Miknâsa, évitant le
+plus longtemps possible le territoire des Ṛiata et n’y entrant
+qu’à la porte de Tâza. Les Hiaïna, les Tsoul, les Miknâsa font
+partie du blad el makhzen ; mais ils n’obéissent qu’à demi ;
+leur pays est peu sûr ; les caravanes y circulent sans escorte, mais
+les étrangers n’y voyagent guère isolés. Quant aux Ṛiata, sur
+le territoire desquels est Tâza, ils sont indépendants, et de plus
+célèbres par leurs violences et leurs brigandages. On ne saurait
+faire un pas sur leurs terres sans l’ạnaïa d’un membre de la
+tribu ; encore faut-il choisir un homme puissant et sûr, ce qui,
+pour un étranger surtout, n’est pas facile. Pour moi, je vais
+partir dans les conditions les plus favorables. En ces lieux où le
+sultan n’a aucun pouvoir, il est un homme tout-puissant : c’est
+le moqaddem de la grande zaouïa de Moulei Edris de Fâs, Sidi Er
+Râmi[21]. Son influence, immense sur les Hiaïna, sur les Ṛiata,
+s’étend plus loin encore ; tout le Rif, des Ṛomera aux Beni
+Iznâten, toutes les tribus entre Fâs, Tâza et la Méditerranée,
+obéissent à ses moindres volontés : ont-elles des affaires à Fâs,
+c’est lui qui s’en charge ; le sultan désire-t-il quelque chose
+de l’une d’elles, il s’adresse à lui. C’est à l’abri
+de cette puissante protection que je vais partir : à la prière de
+M. Ben Simhoun, Sidi Er Râmi me donne un de ses esclaves de confiance
+pour me conduire à Tâza ; nous prendrons le chemin le plus court,
+ce chemin que jamais on n’ose prendre : où ne passerait-on pas
+sous une pareille sauvegarde ? — Avec la même facilité, avec la
+même sécurité que je vais aller à Tâza, on pourrait, par Sidi
+Er Râmi, aller de Fâs à Chechaouen et à Tétouan par le chemin
+que j’avais voulu prendre et qui, dans le sens inverse, était si
+difficile. Ce qu’on m’avait dit à Tétouan était donc exact.
+
+ 29 juillet.
+
+[Illustration : Fâs. (Vue générale de la ville et de ses jardins,
+prise du haut d’Aqba el Djemel.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+A 8 heures du matin, je suis à la porte de Fâs ; un superbe cavalier
+noir y attend : c’est mon guide ; nous partons. Après avoir, sur
+un pont de huit arches, traversé l’Ouad Sebou, nous nous mettons
+aussitôt à gravir le flanc droit de sa vallée, haute croupe aux
+pentes assez raides, au sol jaune et nu : point de végétation, si
+ce n’est çà et là de rares et maigres cultures. D’ailleurs
+le terrain est doux, sans une pierre ; le chemin bon et facile :
+cette côte, Ạqba el Djemel, la seule qu’il y ait entre Fâs et
+Tâza, est donc un faible obstacle. Nous la franchissons à quelque
+distance du sommet, et nous descendons ensuite par son versant est :
+il est semblable à l’autre, mais en pente plus douce. A son pied
+s’étend un plateau : sol dur, terre semée de beaucoup de pierres,
+nue dans quelques parties, le plus souvent couverte de palmiers nains
+et de jujubiers sauvages ; une série de ravins parallèles, parfois
+assez profonds, le coupe. C’est là que nous cheminons jusqu’au
+moment où nous atteignons l’Ouad Innaouen. Cette rivière a ici 25
+mètres de large et 60 centimètres de profondeur moyenne : ses eaux,
+vertes et limpides, coulent sur un fond de gravier, au milieu d’un
+lit de 50 mètres dont elles n’occupent que la moitié ; le reste
+est couvert d’un fourré de lauriers-roses et de tamarix. Des berges
+de terre de 2 à 3 mètres bordent ce lit. L’Ouad Innaouen n’a
+pas un courant régulier, comme celui de l’Ouad Sebou. Tantôt ses
+eaux sont assez profondes, alors il a peu de courant ; tantôt elles
+le sont très peu, et son courant est rapide : je ne crois pas que
+leur profondeur atteigne plus d’un mètre dans les parties que je
+verrai. La rivière serpente beaucoup ; aussi, sans en quitter les
+bords, la traverserai-je un grand nombre de fois d’ici à Tâza.
+
+Nous nous engageons dans cette vallée et nous y marchons jusqu’au
+soir. Le fond, de bonne terre, inculte d’abord, se remplit ensuite,
+en partie, de champs, de jardins et de bouquets d’arbres. Les flancs,
+talus de terre brune au sud, blanche ou grise au nord, sont longtemps
+sans cultures, tantôt nus, tantôt couverts de palmiers nains ;
+ce n’est que vers la fin de la journée que quelques plantations
+nous apparaissent sur leurs pentes. A 5 heures, nous faisons halte :
+nous sommes sur la rive gauche de l’Ouad Innaouen, dans un petit
+douar où nous passerons la nuit. La rivière a ici 15 mètres de
+large et environ 50 centimètres de profondeur. Les champs qu’on
+voit dans la vallée produisent du blé, de l’orge, du maïs ;
+les jardins, des melons, des pastèques, des courges, des oignons ;
+les arbres sont des oliviers et des figuiers.
+
+L’Ouad Sebou, sous le pont où nous l’avons traversé, a 35
+mètres de large et 80 centimètres de profondeur ; il coule au milieu
+d’un lit moitié vase, moitié gravier, d’une largeur de 60 à 80
+mètres : courant extrêmement rapide ; eau jaune, chargée de beaucoup
+de terre. Le pont est jeté au-dessus d’un gué ; en amont et en
+aval, le fleuve se rétrécit et prend une profondeur plus grande. Le
+fond de la vallée est occupé partie par des cultures, partie par des
+roseaux. — Du haut d’Ạqba el Djemel, on aperçoit le pays au
+nord de l’Ouad Innaouen, jusqu’à une grande distance : c’est
+d’abord une large étendue de collines grises très ravinées ;
+puis, en arrière, dans le lointain, s’échelonne une série de
+chaînes de montagnes qui paraissent rocheuses.
+
+ 30 juillet.
+
+[Illustration : Djebel Riata.
+
+(Les parties ombrées sont boisées.)
+
+(Vue prise au confluent de l’Ouad Innaouen avec l’Ouad Amelloul.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Départ à 5 heures du matin. Nous continuons à remonter l’Ouad
+Innaouen. Le fond de la vallée reste ce qu’il était hier. Le flanc
+droit s’élève un peu sans cesser d’être calcaire ou glaiseux. Le
+flanc gauche change complètement de nature : au bout de peu de temps,
+les cultures en disparaissent, le sol s’y hérisse de pierres ;
+les pentes se raidissent, les crêtes s’élèvent et se couvrent
+d’arbres ; enfin le flanc se confond avec une haute chaîne de
+montagnes, rocheuse et boisée ; au milieu d’elles se dresse la
+cime majestueuse du Djebel Ṛiata[22].
+
+[Illustration : Coupure où passe l’Ouad Innaouen, à 17 kilomètres
+en aval de Tâza.
+
+(Vue prise au point où la rivière entre dans la coupure.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Coupure où passe l’Ouad Innaouen, à 17 kilomètres
+en aval de Tâza.
+
+(Vue prise au point où la rivière sort de la coupure.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+A 11 heures et demie, j’arrive à un accident de terrain des plus
+curieux : devant moi, la vallée est barrée par une ligne de collines,
+trait d’union entre les hauteurs de la rive droite et les monts
+Ṛiata : ces collines sont peu élevées ; un col est au milieu. La
+rivière, au lieu de s’ouvrir un passage au travers de ce faible
+obstacle, passe plus au sud, par une étroite et profonde coupure
+à hautes murailles de roc, creusée à pic dans le flanc du Djebel
+Ṛiata. Cette brèche, qui n’a au fond que la largeur du cours
+d’eau, et dont les parois sont presque aussi rapprochées dans
+le haut que dans le bas, a ses bords supérieurs bien au-dessus du
+sommet de la chaîne qui barre la vallée. Le chemin franchit cette
+chaîne en suivant une ligne elle-même remarquable : sur l’un et
+l’autre versant, on marche dans le fond d’une petite ravine dont la
+ligne de thalweg marque la place exacte où se sont rejoints les deux
+massifs pour former la digue ; à gauche de cette ligne, le terrain est
+entièrement calcaire, ce ne sont que côtes blanches s’étendant à
+perte de vue ; à droite, il est tout roche, ce ne sont qu’énormes
+blocs de grès allant se confondre avec ceux du Djebel Ṛiata.
+
+[Illustration : Tâza.
+
+(Vue de la ville prise du chemin de Fâs.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Je me retrouve dans la vallée de l’Ouad Innaouen au moment où
+celui-ci, sortant de sa coupure, y réapparaît aussi. Telle était
+la vallée ce matin, telle elle se retrouve ici et telle elle restera
+jusqu’au bout : seulement, à partir de maintenant on n’y verra
+plus ni arbres ni jardins ; par contre, les cultures la couvriront
+presque entièrement. Nous ne la quittons qu’à l’approche de
+Tâza. Nous coupons alors au court à travers les premières pentes
+des montagnes des Ṛiata : sol rocheux, sources nombreuses, bois
+d’oliviers et de figuiers, foule de jardins et de hameaux. A 3 heures
+et demie, nous atteignons un col : Tâza apparaît. Une haute falaise
+de roche noire se détachant de la montagne et s’avançant dans la
+plaine comme un cap ; sur son sommet, la ville, dominée par un vieux
+minaret ; à ses pieds, d’immenses jardins : tel est l’aspect sous
+lequel se présente ce lieu. Bientôt nous entrons dans les jardins,
+jardins superbes qu’égalent à peine les plus beaux du Maroc. Ils
+couvrent le flanc gauche et le fond du ravin de l’Ouad Tâza ;
+à l’ombre d’arbres séculaires auxquels se suspendent de longs
+rameaux de vigne, nous franchissons ce torrent et nous gravissons,
+au milieu des rochers, le chemin raide et difficile qui conduit à
+la ville. A 3 heures et demie, j’atteins la porte de la première
+enceinte : j’ôte mes chaussures et j’entre.
+
+L’Ouad Innaouen, au moment où je l’ai quitté, à une heure
+et demie de Tâza, n’avait plus que 5 à 6 mètres de large
+et environ 30 centimètres de profondeur. En aval de la coupure
+qu’il traverse, au point où il en sort, sa largeur était encore
+de 8 mètres. L’Ouad Tâza n’est qu’un torrent ; ses eaux,
+se précipitant par cascades sur un lit de roche, sont d’une
+limpidité extrême ; il a 2 mètres de large. On le franchit sur
+un pont d’une arche en fort mauvais état. De Fâs à Tâza,
+nous avons rencontré très peu de monde sur la route : point de
+caravanes ; comme voyageurs, quelques cavaliers portant tous fusil
+et sabre ; personne dans les champs ; à quatre ou cinq reprises,
+j’ai remarqué des vedettes en armes postées auprès du chemin :
+elles étaient là pour veiller sur les moissons, et à l’occasion
+pour détrousser les étrangers. Pas une personne, le long de la route,
+qui n’ait témoigné du plus profond respect pour mon guide : tous
+le saluaient, lui adressaient la parole ; la plupart lui baisaient
+la main. Le pays que nous avons traversé est peu habité et mal
+cultivé ; les tentes qu’on y rencontre sont assez belles ; mais
+les villages ont un aspect misérable, ils sont composés de huttes
+plutôt que de maisons. Dans les douars, un grand nombre de chevaux
+bien soignés, signe d’une population belliqueuse.
+
+ VILLE DE TAZA.
+
+[Illustration : Tâza. La ville et ses environs.
+
+Croquis au 1/62000.]
+
+Elle est située sur un rocher, à 83 mètres au-dessus du lit
+de l’Ouad Tâza, à 130 mètres au-dessus de celui de l’Ouad
+Innaouen. Adossée au sud à une haute chaîne de montagnes, bordée
+de précipices au nord et à l’ouest et d’un talus très raide
+au nord-est, elle n’est facilement accessible que d’un côté,
+le sud-est. Le plateau où se trouve la ville est en pente douce, vers
+l’est d’une part, vers l’ouest de l’autre. Tâza est entourée
+de murs, doubles en plusieurs endroits ; autrefois ces fortifications
+étaient plus considérables encore, témoin les ruines éparses aux
+abords de la ville. Les murailles actuelles n’ont aucune valeur
+militaire : elles sont en pisé, fort minces et très vieilles ;
+chose rare, elles sont basses. Toute la surface close par la partie
+sud de l’enceinte est occupée par des jardins ; au delà vient
+un deuxième mur, puis commence la ville proprement dite : là même
+tout n’est pas constructions ; certaines parties du plateau, vers
+l’est et vers l’ouest, sont couvertes de cultures. Tâza paraît
+avoir 3 à 4000 habitants, dont 200 Juifs fort à l’étroit dans
+un très petit mellaḥ. Il y a quatre mosquées, deux grandes et
+deux petites ; deux ou trois fondoqs spacieux et bien installés,
+mais vides et tombant en ruine. La ville est construite moitié en
+pierres, moitié en briques ; les maisons sont peintes de couleur
+brun-rouge, ce qui leur donne un aspect triste ; elles sont, comme dans
+toutes les villes que j’ai vues au Maroc, excepté Chechaouen et El
+Qçar, couvertes en terrasse. La plupart des habitations possèdent
+des citernes dont l’eau est délicieuse et glacée ; mais c’est
+insuffisant aux besoins des habitants et surtout à ceux des bestiaux :
+on va puiser ce qui manque au torrent. Des jardins superbes entourent
+Tâza de tous côtés ; l’Ouad Tâza d’une part, de l’autre
+une foule de ruisseaux descendant de la montagne les arrosent :
+c’est une épaisse forêt d’arbres fruitiers, d’une élévation
+extraordinaire, sans exemple peut-être au Maroc ; couvrant la plaine
+tout autour de la ville, ils se pressent jusque sur le raide talus
+qui la borde à l’ouest et, atteignant là le pied de ses murailles,
+ils élèvent leur haute ramure au-dessus du faîte des maisons.
+
+[Illustration : Enceinte extérieure de Tâza et campagne
+environnante. (Vue prise du mellah.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Cours de l’Ouad Innaouen et campagne au nord-est
+de Tâza. (Vue prise du mellah de la ville.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+ HABITANTS.
+
+Tâza est sous la domination nominale du sultan. De fait elle est au
+pouvoir de la puissante tribu des Ṛiata, qui en font la ville la
+plus misérable de la terre. Le sultan y entretient un qaïd et une
+centaine de mkhaznis[23] ; ils vivent enfermés dans le mechouar,
+d’où ils n’osent sortir par peur des Ṛiata. L’autorité du
+qaïd est nulle, non seulement au dehors, mais dans la ville même :
+ses fonctions se bornent à rendre la justice aux citadins et aux Juifs
+dans les différends qu’ils ont entre eux. Quant aux Ṛiata, sur le
+territoire desquels se trouve Tâza, ils traitent cette cité en pays
+conquis, y prenant de force ce qui leur plaît, tuant sur l’heure
+qui ne le leur cède pas de bonne grâce. Au dehors, ils tiennent la
+ville dans un blocus continuel ; nul n’ose sortir des murs sans être
+accompagné d’un Ṛiati : quiconque s’aventurerait sans zeṭaṭ,
+ne fût-ce qu’à 100 mètres, serait dévalisé, maltraité,
+peut-être tué : c’est au point que les habitants ne peuvent pas
+aller seuls remplir leurs cruches à l’Ouad Tâza ; les Ṛiata ont
+ainsi le monopole de l’eau, qu’ils apportent chaque jour moyennant
+salaire. Au dedans, la ville est encombrée de Ṛiata ; on en voit
+sans cesse un grand nombre flânant dans les rues, un grand nombre
+assis soit devant les portes, soit à l’intérieur des maisons, soit
+sur les terrasses : on les reconnaît à leur sabre et à leur fusil,
+qui ne les quittent pas ; ils s’installent où bon leur semble, se
+font donner à manger ; s’ils aperçoivent une chose qui leur plaise,
+ils la prennent et s’en vont. Le jour du marché, où ils sont plus
+nombreux encore que d’ordinaire, nul n’ose passer dans les rues
+avec une bête de somme, de peur de se la voir enlever. En outre,
+de temps en temps ils mettent la ville en pillage réglé ; aussi,
+dès qu’un habitant a quelque argent, il se hâte de l’envoyer en
+lieu sûr, soit à Fâs, soit à Qaçba Miknâsa. C’est un spectacle
+étrange que celui de ces hommes se promenant en armes dans la ville,
+et y agissant toute l’année comme ils pourraient faire dans une
+ville ennemie le jour de l’assaut. Il est difficile d’exprimer
+la terreur dans laquelle vit la population. Aussi ne rêve-t-elle
+qu’une chose, la venue des Français. Que de fois ai-je entendu les
+Musulmans s’écrier : « Quand les Français entreront-ils ? Quand
+nous débarrasseront-ils enfin des Ṛiata ? Quand vivrons-nous en
+paix comme les gens de Tlemsen ? » Et de faire des vœux pour que ce
+jour soit proche : l’arrivée n’en fait point de doute pour eux ;
+ils partagent à cet égard l’opinion commune à une grande partie
+de la population du Maroc oriental et à presque toute la haute classe
+de l’empire, savoir : que dans un avenir peu éloigné le Maṛreb
+el Aqça suivra le sort d’Alger et de Tunis et tombera entre les
+mains de la France. — Le commerce de Tâza est nul ; les denrées
+européennes sont à un prix double de celui de Fâs, résultat naturel
+de la difficulté des communications. — Hélas ! ces beaux jardins
+eux-mêmes, où Ali Bey se plaisait à entendre roucouler pigeons
+et tourterelles, ne sont plus aujourd’hui aux habitants qu’une
+source d’amers regrets : on les voit toujours aussi verts qu’au
+temps de Badia, les mêmes ruisseaux y murmurent, les rossignols y
+chantent encore dans les arbres, mais les Ṛiata les ont tous pris.
+
+ RIATA.
+
+Les Ṛiata sont une grande tribu tamaziṛt indépendante, occupant
+le revers nord du haut massif montagneux dont l’un des points
+culminants porte son nom, et s’étendant jusqu’à la vallée
+de l’Ouad Innaouen. Elle est bornée à l’est par les Houara,
+au nord par les Miknâsa et les Tsoul, à l’ouest par les Hiaïna,
+au sud par les Beni Ouaṛaïn. Elle se subdivise en six fractions :
+
+Ahel ed Doula (dans la montagne, du côté de la Mlouïa).
+
+Beni Bou Iaḥmed (dans la montagne, à l’ouest d’Ahel ed Doula).
+
+Beni Bou Qitoun (dans la montagne, à l’ouest des Beni Bou Iaḥmed
+et à l’est de Tâza).
+
+Beni Oujjan (dans la montagne, à l’ouest de Tâza et des Beni
+Bou Qitoun).
+
+Ahel el Ouad (dans la montagne, sur les bords de l’Ouad el
+Kḥel[24], à l’ouest des Beni Oujjan et au sud-est de la zaouïa
+de S. Ạbd er Raḥman).
+
+Ahel Ṭahar (dans la montagne, à l’ouest des Ahel el Ouad et au
+sud-ouest de la zaouïa de S. Ạbd er Raḥman).
+
+Ainsi qu’on le voit, les Ṛiata sont essentiellement montagnards. La
+partie de leur territoire située en plaine est peu habitée,
+peu cultivée même, quoique fertile : elle a d’ailleurs peu
+d’étendue, comparée à l’épais massif montagneux qui forme leur
+quartier principal : là sont leurs villages et leurs cultures, sur
+de hauts plateaux, dans de profondes vallées presque inaccessibles ;
+ces vallées sont, dit-on, d’une fécondité extrême, ombragées
+d’oliviers, et produisant de l’orge en abondance. Les flancs de
+la montagne contiennent, paraît-il, divers minerais, d’argent,
+de fer, d’antimoine et de plomb. Ce dernier métal est le seul
+qu’on sache extraire et travailler. La fabrication des balles et
+celle de la poudre sont la principale industrie de la tribu : il y
+a 80 maisons où l’on s’y livre. Les Ṛiata peuvent, je crois,
+mettre en ligne environ 3000 fantassins et 200 chevaux. C’est une
+tribu belliqueuse et jalouse de son indépendance. Ses six fractions
+sont journellement en guerre entre elles, mais elles s’unissent
+toujours contre les ennemis communs. Il y a environ sept ans,
+Moulei El Ḥasen voulut la soumettre ; il marcha contre elle à
+la tête d’une armée : ses troupes furent mises en déroute ;
+lui-même eut son cheval tué dans la mêlée ; il s’enfuit à pied
+et non sans peine du champ de bataille[25]. Depuis, il n’essaya
+pas de venger cet échec. Les Ṛiata sont fort peu dévots : « ils
+n’ont ni Dieu ni sultan ; ils ne connaissent que la poudre » ; le
+fait est devenu proverbial. Cependant nous avons vu quelle immense
+influence possède sur eux Sidi Edris ; ils ont encore, mais à un
+degré moindre, du respect pour trois ou quatre autres cherifs,
+tels que Moulei Ạbd er Raḥman et Moulei Ạbd es Selam, dont
+nous verrons au retour les zaouïas. Ils n’élisent parmi eux ni
+chikhs ni chefs d’aucune sorte ; c’est l’état démocratique
+dans toute sa force : chacun pour soi avec son fusil. Cependant,
+là comme partout, quelques hommes possèdent, par leur fortune, par
+leur courage, une influence particulière : de nos jours, l’homme
+le plus considérable des Ṛiata est un personnage du nom de Bel
+Khaḍîr, habitant le village de Negert. Les Ṛiata sont Imaziṛen
+(Chellaḥa) de race, et le tamaziṛt est leur langue habituelle ;
+mais, par suite de leur voisinage avec plusieurs tribus arabes,
+telles que les Hiaïna, les Oulad el Ḥadj, etc., un grand nombre
+d’entre eux parlent l’arabe. Ils sont de très haute taille ;
+leur costume ne diffère pas de celui que nous avons vu de Tétouan
+à Fâs, si ce n’est par la coiffure : tous ont la tête nue,
+avec un mince cordon de poil de chameau ou de coton blanc lié
+autour. Ils ne marchent jamais qu’armés, et ont sabre et fusil :
+ce dernier est de forme analogue à ceux qu’on a décrits plus
+haut, mais plus grossier ; quelques-uns ont des fusils européens à
+capsule. Les femmes ne se voilent point. On en voit un grand nombre
+en ville le jour du marché : de taille élevée, portant leur jupe
+retroussée au-dessus du genou, elles ont l’air si martial que,
+ne fût l’absence d’armes et de barbe, on pourrait les prendre
+pour des hommes. Les Ṛiata sont grands fumeurs de kif ; de plus,
+il existe chez eux une coutume que j’ai rarement vue ailleurs :
+tous, hommes et femmes, prisent. Si l’usage de fumer le kif[26]
+est, à des degrés divers, répandu dans tout le Maroc, celui de
+fumer le tabac l’est très peu et ne se trouve que dans quelques
+tribus du Sahara ; quant à celui de priser, il est encore plus rare :
+assez commun dans les villes, je ne l’ai vu aux gens de la campagne
+que chez les Ṛiata, chez les Oulad el Ḥadj et à Misour.
+
+ 6 août.
+
+C’est aujourd’hui que je quitte Tâza, cette ville si florissante
+et si heureuse, il y a quatre-vingts ans, qu’Ali Bey la trouvait
+alors la plus agréable du Maroc, et que l’anarchie a réduite
+maintenant à en être de beaucoup la plus misérable. Je n’ai plus
+pour m’en retourner ma puissante protection de l’aller, aussi
+prendrai-je un autre chemin ; voici la combinaison qui est adoptée :
+deux cavaliers Ṛiata, me servant de zeṭaṭs, me conduiront à la
+zaouïa de Moulei Ạbd er Raḥman. Là je demanderai au cherif de
+me faire mener au Tlâta Hiaïna : c’est demain mardi, je trouverai
+au marché maintes caravanes allant à Fâs ; il n’y aura qu’à
+se joindre à l’une d’elles.
+
+Départ à 7 heures du matin. Outre mes deux zeṭaṭs, un Juif
+de Tâza m’accompagne, précaution indispensable pour assurer la
+fidélité de l’escorte. A 11 heures et demie, nous parvenons à la
+zaouïa. Ici, comme dans la plus grande partie du Maroc, on étend ce
+nom à toute demeure de cherif ou de marabout un peu marquant ; telle
+est la zaouïa où nous venons d’arriver : point d’enseignement,
+point de khouan ni de corps de ṭalebs, mais une famille de cherifs,
+vénérée par les tribus environnantes, et vivant des dons à peu
+près réguliers qu’elles lui apportent et qu’au besoin elle va
+chercher. C’est ici que je passerai la nuit : demain matin, un neveu
+de Moulei Ạbd er Raḥman me conduira au Tlâta. Le hameau où je
+suis a, malgré son titre pompeux, un aspect des plus misérables :
+maisons très basses, murs de pisé ou de pierres sèches, terrasses
+grossières chargées de terre. Dans les villages des Ṛiata,
+les habitations sont couvertes en terrasse ; au contraire, chez les
+Hiaïna, ainsi qu’entre Fâs et Tanger, on voit partout des toits
+de chaume.
+
+ 7 août.
+
+[Illustration : Djebel Beni Ouaraïn.
+
+(Les parties ombrées sont couvertes de neige.)
+
+(Vue prise du col du Djebel Oulad Bou Ziân, sur le chemin de Tâza
+à Fâs.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Je pars à 4 heures du matin, escorté par le jeune cherif mon
+zeṭaṭ et deux de ses domestiques. Le chemin traverse une région
+accidentée, mais sans relief important : collines calcaires :
+peu de pierres ; les vallées et les pentes douces cultivées ; le
+reste couvert de chardons. A 5 heures, nous arrivons à la limite des
+Ṛiata. Ici notre cherif déclare à Mardochée qu’il n’ira pas
+plus loin avant d’être payé : le prix, convenu d’avance, était
+de deux reals. Mardochée les lui remet : « Donne-m’en encore
+deux autres. — Mais... — Tais-toi et donne ! — Voilà... —
+Maintenant donne un demi-real à chacun de mes domestiques. —
+Mais... — Tais-toi et donne ! — A présent, un de mes hommes va
+te mener jusqu’au marché. — Comment, après tout ce qu’on
+t’a donné, tu ne nous conduis pas toi-même ? — Accompagner
+de vilains Juifs comme vous ! A ta mère ! » A ces mots il fait
+demi-tour, et nous nous estimons heureux qu’en nous abandonnant
+il nous ait laissé un de ses serviteurs : celui-ci du moins est
+fidèle et nous amène au Tlâta. Pour y parvenir, on franchit un
+massif assez haut, le Djebel Oulad Bou Ziân. Au pied de son versant
+ouest, sur un plateau, se trouve le marché. Nous y arrivons à 9
+heures du matin. Le terrain jusque-là était calcaire ; les cultures
+consistaient en blé, orge et maïs ; les portions incultes étaient
+parfois nues, parfois couvertes de palmiers nains, le plus souvent
+de chardons. Pendant une partie du chemin, j’aperçois dans le
+lointain, à ma droite, le Djebel Beni Ouaṛaïn ; il est encore tel que
+je le vis du Gebgeb ; les mêmes sillons de neige brillent sur ses
+flancs.
+
+Le marché est animé au moment où nous arrivons ; il s’y trouve 500
+ou 600 personnes : tout le monde est armé, sabre au côté et fusil
+sur l’épaule. On vend des grains, des bêtes de somme, du bétail,
+des cotonnades, des belṛas, de l’huile, du sucre, du thé ;
+de plus, on abat sur place des bœufs, des moutons et des chèvres
+qu’on dépèce et débite à mesure au détail. Vers midi et demi,
+la dispersion commence : chacun reprend le chemin de son douar ou
+de son village. J’ai trouvé une petite caravane allant à Fâs ;
+à 1 heure, je pars avec elle. Nous marchons toute l’après-midi en
+terrain accidenté : succession de collines calcaires, de vallons,
+de ravines ; de même que ce matin, il y a de longues côtes, mais
+il est rare qu’elles soient très raides, et elles ne sont jamais
+difficiles. Pendant une grande partie de la route, on distingue le
+cours de l’Ouad Innaouen et le Djebel Ṛiata ; le Djebel Beni
+Ouaṛaïn se voit au commencement ; vers le soir, le Zalaṛ et
+le Terrats apparaissent. Peu de champs ; nous cheminons au milieu
+d’étendues incultes couvertes de palmiers nains, de jujubiers
+sauvages et de chardons ; ces plantes, si vivantes d’habitude, sont
+ici flétries et jaunies par le soleil : c’est la première fois que
+je les vois en cet état, et ce sera la dernière. A 6 heures et demie,
+nous faisons halte dans un petit village où nous passerons la nuit.
+
+Pendant la matinée, ainsi que le soir jusqu’à 2 heures et demie,
+il y avait une foule de monde sur le chemin, gens allant au marché ou
+en venant ; à partir de 2 heures et demie, nous n’avons rencontré
+presque personne. Nous n’avons traversé aujourd’hui aucun cours
+d’eau de quelque importance : l’Ouad Amelloul n’est qu’un gros
+ruisseau dont les eaux avaient à peine, au point où nous l’avons
+passé, 3 mètres de large et 20 à 30 centimètres de profondeur.
+
+ 8 août.
+
+Départ à 4 heures du matin. Nous descendons vers l’Ouad Innaouen ;
+après en avoir traversé la vallée, nous nous engageons sur le
+plateau qui forme le flanc gauche : là nous retrouvons le chemin que
+nous avons pris en venant. Nous le suivons jusqu’à Fâs, où nous
+arrivons à midi.
+
+
+ 7o. — EXCURSION A SFROU.
+
+
+La route de Fâs à Sfrou est sûre dans ce moment : il n’en est
+pas toujours ainsi. Les tribus des environs de Fâs sont tantôt
+obéissantes, tantôt en révolte : suivant ces deux états, les
+chemins de Sfrou et de Meknâs sont tantôt sans danger, tantôt
+périlleux. A l’heure qu’il est, on circule sans le moindre risque
+sur l’un et l’autre.
+
+ 20 août.
+
+[Illustration : Jardins de Sfrou et Djebel Aït Ioussi. (Vue prise
+du chemin de Fâs à Sfrou.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Départ de Fâs à 5 heures du matin. Pendant la première portion du
+trajet, je traverse la partie orientale du Saïs : plaine unie, sans
+ondulations ; sol dur, assez pierreux, couvert de palmiers nains. Vers
+8 heures, le pays change : fin du Saïs ; j’entre dans une région
+légèrement accidentée : collines très basses, à pentes douces
+séparées par des vallées peu profondes ; sol souvent pierreux,
+parfois rocheux ; terre rougeâtre ; à partir d’ici, on voit une
+foule de sources, de ruisseaux, dont les eaux, courantes et limpides,
+sont bordées de lauriers-roses. A 9 heures, je passe à hauteur
+d’un très grand village, El Behalil[27] : il porte, dit-on, ce nom
+parce que ses habitants prétendent descendre des Chrétiens. Quelle
+que soit son origine, son état actuel est prospère ; les maisons
+y sont bien construites et blanchies : autour s’étendent au loin
+de beaux et vastes vergers qui, avec ceux de Sfrou et du Zerhoun,
+forment cette riche ceinture qui entoure et nourrit Fâs. D’ici on
+voit les jardins de Sfrou, qui s’allongent à nos pieds en masse
+sombre ; une pente douce y conduit : la ville est au milieu ; mais,
+cachée dans la profondeur des grands arbres, nous ne l’apercevrons
+qu’arrivés à ses portes. A 9 heures et demie, j’entre dans
+les jardins, jardins immenses et merveilleux, comme je n’en ai vu
+qu’au Maroc : grands bois touffus dont le feuillage épais répand
+sur la terre une ombre impénétrable et une fraîcheur délicieuse,
+où toutes les branches sont chargées de fruits, où le sol toujours
+vert ruisselle et murmure de sources innombrables. Chechaouen,
+Tâza, Sfrou, Fichtâla, Beni Mellal, Demnât, autant de noms qui me
+rappellent ces lieux charmants : tous sont également beaux, mais
+le plus célèbre est Sfrou. A 10 heures, j’arrive à la ville :
+de grands murs blancs l’entourent, elle a l’aspect propre et gai.
+
+C’est surtout en la parcourant qu’on est frappé de l’air de
+prospérité qui y règne : on ne le retrouve en aucune autre ville
+du Maroc. Partout ailleurs on ne voit que traces de décadence :
+ici tout est florissant, et annonce le progrès. Point de ruines,
+point de terrains vagues, point de constructions abandonnées :
+tout est habité, tout est couvert de belles maisons de plusieurs
+étages, à extérieur neuf et propre ; la plupart sont bâties
+en briques et blanchies. Sur les terrasses qui les surmontent,
+des vignes, plantées dans les cours, grimpent et viennent former
+des tonnelles. Une petite rivière de 2 à 3 mètres de large et de
+20 à 30 centimètres de profondeur, aux eaux claires, au courant
+très rapide, traverse la ville par le milieu : trois ou quatre ponts
+permettent de la franchir. Sfrou a environ 3000 habitants, dont 1000
+Israélites. Il y a deux mosquées et une zaouïa ; celle-ci renferme
+de nombreux religieux appartenant aux descendants de Sidi El Ḥasen
+el Ioussi[28]. On remarque aussi beaucoup de turbans verts, insigne
+des Derkaoua.
+
+Sfrou tire sa richesse de plusieurs sources : ce sont : 1o le
+commerce qu’elle fait avec les tribus des environs, Aït Ioussi,
+Beni Ouaṛaïn, etc. ; elle leur vend les produits européens et prend
+en échange des peaux, et surtout de grandes quantités de laines :
+ces dernières, parmi lesquelles celles des Beni Ouaṛaïn sont les
+plus estimées, sont lavées et nettoyées à Sfrou, où ce travail
+occupe une grande partie de la population ; puis on les vend à Fâs,
+parfois même directement à Marseille ; 2o le passage des caravanes
+du Tafilelt et le commerce qu’elle fait avec Qçâbi ech Cheurfa
+et le sud ; 3o ses jardins : elle exporte à Fâs une multitude
+énorme de fruits : olives, citrons, raisins, cerises, etc. ; le
+raisin est si abondant qu’on en fait d’excellent vin à 10 francs
+l’hectolitre ; 4o les poutres et les planches qu’elle reçoit du
+Djebel Aït Ioussi et qu’elle expédie dans les villes du nord :
+elles sont toutes de bois de cèdre ; chaque tronc donne, en poutres,
+4 ou 5 charges de mulet : ces cèdres poussent sur le territoire des
+Aït Ioussi. D’autres tribus voisines, telles que les Beni Mgild[29],
+en possèdent aussi de grandes forêts, mais les exploitent peu.
+
+La ville n’est sur le territoire d’aucune tribu ; elle a un
+qaïd spécial et dépend de la province de Fâs : c’est ici que
+finit cette dernière ; au point où s’arrêtent, vers le sud,
+les jardins de Sfrou, commence le territoire des Aït Ioussi.
+
+ 21 août.
+
+Je reviens à Fâs en passant, au retour, par le même chemin qu’à
+l’aller. Aujourd’hui comme hier, je rencontre beaucoup de passants
+sur la route : âniers et chameliers conduisant des convois de fruits
+et de planches, voyageurs isolés allant à Sfrou, caravanes partant
+pour le Sahara. Personne n’est armé : les femmes ne se voilent pas.
+
+
+ 8o. — DE FAS A MEKNAS.
+
+
+Parti de Fâs le 23 août, à 5 heures du matin, j’arrive le même
+jour vers 4 heures et demie du soir à Meknâs. Entre ces deux villes
+s’étend une vaste plaine, le Saïs. Bornée au nord par les monts
+Ouṭiṭa, Zerhoun, Terrats et Zalaṛ, à l’est par le flanc droit
+de la vallée du Sebou, au sud par les monts El Behalil et Beni Mṭir,
+elle s’étend à perte de vue vers l’ouest. Cette plaine se divise
+en deux parties de niveaux différents : l’une plus basse, où est
+Fâs, l’autre plus haute, où est Meknâs ; elles sont unies par
+un talus en pente douce situé à environ moitié chemin entre les
+deux villes. Le Saïs reste le même sur toute son étendue : terrain
+très plat couvert de palmiers nains ; pas la moindre trace de culture,
+bien que le sol soit très arrosé. On traverse, outre une quantité
+de gros ruisseaux d’eau courante, quatre rivières : l’Ouad
+Nza (gué au-dessous d’un pont de 5 arches ; 10 à 12 mètres de
+large ; 40 à 50 centimètres de profondeur ; eau très claire ;
+courant rapide) ; l’Ouad Mehdouma (10 mètres de large ; 40 à 50
+centimètres de profondeur ; eau claire ; courant rapide) ; l’Ouad
+Djedida (8 mètres de large ; 30 à 40 centimètres de profondeur ;
+eau limpide et courante) ; l’Ouad Ousillin (8 mètres de large ;
+30 à 40 centimètres de profondeur ; eau claire et courante). Durant
+toute la route, nous avons soit devant nous, soit à notre droite,
+le Djebel Zerhoun : ce massif, sans autres arbres que ceux de ses
+jardins, est d’une fertilité extraordinaire ; ses pentes, ainsi que
+le plateau qui le couronne, sont couverts de vergers et de cultures ;
+il est renommé pour ses olives, ses raisins, ses oranges, ses fruits
+de toute espèce. La population y est très dense ; du chemin, on
+distingue à son flanc les masses blanches d’un grand nombre de
+villages : ceux-ci renferment, dit-on, des maisons aussi belles que
+les plus belles de Fâs. Les habitants du Zerhoun, comme les nomades
+du Saïs, ne parlent que l’arabe.
+
+[Illustration : Djebel Zerhoun, Djebel Outita et plaine du Saïs. (Vue
+prise à 13 kilomètres de Meknâs, du chemin de Fâs.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Je passe quelques jours ici, attendant que Sidi Ọmar, le cherif qui
+doit me mener à Bou el Djạd, achève ses préparatifs. Il faut de
+plus, chose aussi nécessaire pour le cherif que pour moi, chercher des
+zeṭaṭs qui nous protègent sur les territoires des Gerouân et des
+Zemmour Chellaḥa, où nous aurons à marcher dès le premier jour :
+ces tribus sont toutes deux insoumises. Le blad es sîba, pays libre,
+commence aux portes de Meknâs, et le chemin y demeurera jusqu’au
+Tâdla ; le Tâdla en fait lui-même partie. Nous quittons donc pour
+longtemps les États du sultan, le blad el makhzen, triste région où
+le gouvernement fait payer cher au peuple une sécurité qu’il ne
+lui donne pas ; où, entre les voleurs et le qaïd, riches et pauvres
+n’ont point de répit ; où l’autorité ne protège personne,
+menace les biens de tous ; où l’État encaisse toujours sans
+jamais faire une dépense pour le bien du pays ; où la justice se
+vend, où l’injustice s’achète, où le travail ne profite pas ;
+ajoutez à cela l’usure et la prison pour dettes : tel est le blad
+el makhzen. On travaille le jour, il faut veiller la nuit : ferme-t-on
+l’œil un instant, les maraudeurs enlèvent bestiaux et récoltes ;
+tant que l’obscurité dure, ils tiennent la campagne : il faut
+placer des gardiens ; on n’ose sortir du village ou du cercle des
+tentes ; toujours sur le qui-vive. A force de fatigues et de soins,
+a-t-on sauvé les moissons, les a-t-on rentrées, il reste encore à
+les dérober au qaïd : on se hâte de les enfouir, on crie misère,
+on se plaint de sa récolte. Mais des émissaires veillent : ils ont
+vu que vous alliez au marché sans y acheter de grains : donc vous en
+avez ; vous voilà signalé : un beau jour une vingtaine de mkhaznis
+arrivent ; on fouille la maison, on enlève et le blé et le reste ;
+avez-vous des bestiaux, des esclaves, on les emmène en même temps :
+vous étiez riche le matin, vous êtes pauvre le soir. Cependant il
+faut vivre, il faudra ensemencer l’année prochaine : il n’y a
+qu’une ressource, le Juif. — Si c’est un honnête homme, il
+vous prête à 60 %, sinon à bien davantage : alors c’est fini ;
+à la première année de sécheresse, viennent la saisie des terres
+et la prison ; la ruine est consommée. Telle est l’histoire qu’on
+écoute à chaque pas ; en quelque maison que l’on entre, on vous
+la répète. Tout se ligue, tout se soutient pour qu’on ne puisse
+échapper. Le qaïd protège le Juif, qui le soudoie ; le sultan
+maintient le qaïd, qui apporte chaque année un tribut monstrueux,
+qui envoie sans cesse de riches présents, et qui enfin n’amasse
+que pour son seigneur, car tôt ou tard tout ce qu’il possède sera
+confisqué, ou de son vivant, ou à sa mort. Aussi règne-t-il dans la
+population entière une tristesse et un découragement profonds : on
+hait et on craint les qaïds ; parle-t-on du sultan, _ṭemạ bezzef_,
+« Il est très cupide, » vous répond-on : c’est tout ce qu’on
+en dit, et c’est tout ce qu’on en sait. Aussi combien ai-je vu de
+Marocains, revenant d’Algérie, envier le sort de leurs voisins :
+il est si doux de vivre en paix ! qu’on ait peu ou qu’on ait
+beaucoup, il est si doux d’en jouir sans inquiétude ! Les routes
+sûres, les chemins de fer, le commerce facile, le respect de la
+propriété, paix et justice pour tous, voilà ce qu’ils ont vu par
+delà la frontière. Que leur pays, si misérable quoique si riche,
+serait heureux dans ces conditions !
+
+
+[Note 4 : Les trois villes que les Français appellent inexactement
+Fez, Mequinez et Maroc s’appellent _Fâs_, _Meknâs_ et
+_Merrâkech_. Nous écrirons tous les noms propres marocains avec
+leur orthographe véritable, à l’exception de trois auxquels nous
+conserverons celle qui depuis longtemps est adoptée en France :
+Tanger, Tétouan, Mogador.
+
+Pour la transcription des mots arabes, nous suivrons en général
+la méthode suivante : ا, a, e — ب, b — ت, t — ث, t et
+rarement ts — ج, dj — ح, ḥ — خ, kh — د, d — ذ,
+d — ر, r — ز, z — س, s — ش, ch — ص, ç — ض, ḍ,
+— ط, ṭ — ظ, ḍ — ع, ạ et quelquefois ọ — غ, ṛ —
+ف, f — ڧ, q, g — ك, k — ل, l — م, m — ن, n — ه,
+h — و, ou, o — ي, i — ة, a.
+
+Quant aux mots appartenant à la langue tamaziṛt, qui ne s’écrit
+plus au Maroc, nous nous attacherons à les reproduire comme nous les
+aurons entendus, nous servant pour cela des lettres de notre alphabet
+et de cinq lettres arabes, le ḥ, le _kh_, le ḍ, le ṭ et le ṛ.
+
+Dans les noms imaziṛen comme dans les noms arabes, toutes
+les lettres devront se prononcer : ainsi, _Selîman_, _Zaïan_,
+_Taourirt_, _Demnât_, _Ibzâzen_, etc., se liront comme s’il y
+avait, _Selimane_, _Zaïane_, _Taourirte_, _Demnâte_, _Ibzâzene_. La
+lettre _g_ sera toujours dure : ainsi on prononcera _Agerd_, _Aginan_,
+comme s’il y avait _Aguerd_, _Aguinan_.
+
+Nous nous servirons dans le courant de cette relation de plusieurs
+mots étrangers tels que _qaïd_, _ṭaleb_, _tiṛremt_, _agadir_,
+_cherif_, _qçar_, etc. : le singulier seul en sera employé, afin
+de faciliter la lecture. Pour le pluriel on se bornera à y ajouter
+une _s_. Nous dirons des _qaïds_, des _ṭalebs_, des _tiṛremts_,
+des _qçars_, et non des _qïad_, des _ṭolba_, des _tiṛrematin_,
+des _qçour_. Nous ne ferons exception à cette règle que pour trois
+mots appelés à revenir très souvent ; l’un, nom de race ; les
+deux autres, appellations par lesquelles les étrangers désignent
+des fractions de cette race : ce sont, d’abord, _Amaziṛ_ ; puis
+_Chleuḥ_, qui veut dire Amaziṛ blanc, et _Ḥarṭâni_, qui
+veut dire Amaziṛ noir. Nous dirons un _Amaziṛ_, une _Tamaziṛt_,
+des _Imaziṛen_, un _Chleuḥ_, une _Chleuḥa_, des _Chellaḥa_,
+un _Ḥarṭâni_, une _Ḥarṭania_, des _Ḥaraṭîn_.
+
+L’arabe qui se parle au Maroc est à peu de chose près celui de
+l’Algérie : il n’en diffère que par une corruption un peu plus
+grande : les mots étrangers y sont plus nombreux. L’accent présente
+quelques différences dont la plus importante et la plus générale
+est que le ج se prononce simplement J : ainsi l’on dit, _Jzaïr_,
+Alger, _Oujda_, Oudjda. Quelquefois la même lettre se prononce G ;
+exemple : _gaïz_, passant.]
+
+[Note 5 : Les _fondoq_ sont des sortes d’hôtelleries.]
+
+[Note 6 : Citadelle.]
+
+[Note 7 : Cet itinéraire est le suivant : Tétouan, Beni Ạouzmer,
+Beni Ḥasan, Akhmâs, Beni Zerouâl, Beni Ḥamed, Raḥôna,
+Cherâga, Fâs.]
+
+[Note 8 : زطاط, pluriel زطاطة. Dans toutes les tribus
+indépendantes du Maroc, ainsi que dans celles qui sont imparfaitement
+soumises, la manière de voyager est la même. On demande à un
+membre de la tribu de vous accorder son _ạnaïa_, « protection »,
+et de vous faire parvenir en sûreté à tel endroit que l’on
+désigne : il s’y engage moyennant un prix qu’on débat avec
+lui, _zeṭaṭa_ : la somme fixée, il vous conduit ou vous fait
+conduire par un ou plusieurs hommes jusqu’au lieu convenu ; là on
+ne vous laisse qu’en mains sûres, chez des amis auxquels on vous
+recommande. Ceux-ci vous mèneront ou vous feront mener plus loin
+dans les mêmes conditions : nouvelle ạnaïa, nouvelle zeṭaṭa,
+et ainsi de suite. On passe de la sorte de main en main jusqu’à
+l’arrivée au terme du voyage. Ceux qui composent l’escorte
+sont appelés _zeṭaṭ_ ; leur nombre est extrêmement variable,
+je l’indiquerai toujours : on verra qu’un seul homme suffit
+parfois, lorsque ailleurs, souvent très près, quinze ne suffisent
+pas. L’usage de l’ạnaïa, appelé aussi _mezrag_, forme une
+des principales sources de revenu des familles puissantes. C’est
+à elles, en effet, que les voyageurs s’adressent de préférence,
+la première condition chez un zeṭaṭ étant la force de faire
+respecter son protégé. Il y a une seconde qualité non moins
+essentielle qu’il faut chercher en lui : c’est la fidélité. En
+des lieux où il n’y a ni lois ni justice d’aucune sorte, où
+chacun ne relève que de soi-même, des zeṭaṭs peuvent piller,
+égorger, chemin faisant, les voyageurs qu’ils avaient promis de
+défendre ; nul n’a un mot à leur dire, nul n’a un reproche
+à leur faire ; c’est un accident contre lequel rien au monde
+ne peut garantir : une fois en route avec des zeṭaṭs, on est
+entièrement à leur merci. Aussi faut-il les choisir avec la plus
+grande prudence et, avant de demander à un homme son ạnaïa,
+s’informer minutieusement de sa réputation. D’ailleurs,
+quoiqu’on en voie un très grand nombre qui trahissent, soit
+ouvertement en vous pillant eux-mêmes, soit par stratagème en vous
+faisant dépouiller par un parti plus nombreux auquel ils donnent
+le mot ; quoiqu’il y en ait d’autres qui vous abandonnent,
+chemin faisant, après s’être fait payer d’avance, ou bien qui
+ne consentent à vous accompagner jusqu’au bout qu’à condition
+d’augmenter leur salaire, malgré ces genres divers de trahison,
+genres que j’ai expérimentés tous sans exception, on trouve
+aussi des hommes honnêtes qui, les uns par sentiment d’honneur,
+les autres pour garder intacte une réputation source de nombreux
+bénéfices, non seulement vous conduisent fidèlement jusqu’à
+la fin, mais montrent même un dévouement qui va jusqu’à risquer
+leur vie pour vous défendre.]
+
+[Note 9 : Parmi ces cherifs, se distingue au premier rang la famille
+des Oulad El Maddjich ; ils font partie de la descendance de Sidi
+Ạbd es Selam ben Mechich, célèbre saint marocain mort en 1227 de
+J.-C. et enterré non loin de Tétouan, au Djebel el Ạlam.
+
+C’est à l’obligeance de M. Pilard, ancien interprète militaire,
+qui d’ailleurs m’a, ainsi qu’on le verra, fourni la matière
+de plusieurs autres notes, que je dois ce renseignement. Le Djebel
+el Ạlam, où se trouve le mausolée de Sidi Ạbd es Selam ben
+Mechich, est situé à une journée de marche de Tétouan, dans le
+Djebel Beni Ḥasan. Il fait partie de cette chaîne. Il s’élève
+sur son versant oriental.]
+
+[Note 10 : Que Dieu fasse brûler éternellement le père qui t’a
+engendré, Juif !]
+
+[Note 11 : Musulman qui a fait le pèlerinage de la Mecque.]
+
+[Note 12 : Les expressions de _Qebaïl_, _Chellaḥa_, _Ḥaraṭîn_,
+_Berâber_, sont autant de mots employés par les Arabes pour désigner
+une race unique dont le nom national, le seul que se donnent ses
+membres, est celui d’_Amaziṛ_ (féminin _Tamaziṛt_, pluriel
+_Imaziṛen_). Au Maroc, les Arabes appellent _Qebaïl_ les Imaziṛen
+de la partie septentrionale, ceux qui habitent au nord du parallèle
+de Fâs ; ils donnent le nom de _Chellaḥa_ à tous les Imaziṛen
+blancs résidant au sud de cette ligne[a] ; celui de _Ḥaraṭîn_
+aux Imaziṛen noirs, Leucaethiopes des anciens ; enfin celui de
+_Berâber_ est réservé à la puissante tribu tamaziṛt dont il est
+proprement le nom. M. le colonel Carette ne s’était pas trompé
+en disant que le mot de Berâber, appliqué par les généalogistes
+arabes à toute la race tamaziṛt, devait être celui de quelque tribu
+importante de ce peuple, tribu dont on avait par erreur étendu le
+nom à toutes les autres. Cette tribu des Berâber existe toujours :
+c’est encore aujourd’hui la plus puissante du Maroc ; elle occupe
+toute la portion du Sahara comprise entre l’Ouad Dra et l’Ouad
+Ziz, possède presque en entier le cours de ces deux fleuves,
+et déborde en bien des points sur le flanc nord du Grand Atlas ;
+elle est jusqu’à ce jour restée compacte, et elle réunit chaque
+année en assemblée générale les chefs de ses nombreuses fractions :
+nous donnerons ailleurs sa décomposition. Dans le Sahara, dans le
+bassin de la Mlouïa, on est près de la tribu des Berâber : on la
+connaît ; on n’a garde d’appliquer son nom à d’autres qu’à
+elle. Mais qu’on s’éloigne vers le nord, qu’on aille à Fâs
+ou à Sfrou, on trouve déjà la confusion. On entend généraliser
+le nom de la célèbre tribu du sud et l’appliquer indifféremment
+à toutes celles des environs qui parlent la même langue, comme les
+Aït Ioussi, les Beni Ouaṛaïn, les Beni Mgild, les Zaïan, etc.,
+tribus que, mieux informés, les Arabes de Qçâbi ech Cheurfa ou des
+Oulad el Ḥadj auront soin de n’appeler jamais que du nom général
+de Chellaḥa. Pour nous, suivant l’exemple des tribus limitrophes
+des Berâber, nous donnerons le nom de Qebaïl aux Imaziṛen que
+l’usage fait désigner ainsi, aux autres celui de Chellaḥa ou
+de Ḥaraṭîn, réservant celui de Berâber pour la seule tribu à
+laquelle il appartient.]
+
+[Note a : En d’autres termes, et plus exactement, les Imaziṛen
+du massif Rifain sont appelés Qebaïl et ceux du massif Atlantique
+Chellaḥa. La ligne de démarcation entre les deux noms est la large
+trouée qui sépare les deux massifs, celle qui conduit de Lalla
+Maṛnia à Fâs et de là à l’Océan par la vallée du Sebou.]
+
+[Note 13 : La _belṛa_ est une sorte de pantoufle très large, en
+cuir souple, à semelle mince, sans talon. C’est la seule chaussure
+qu’on voie au Maroc.]
+
+[Note 14 : Les _nouara hebila_ sont de larges fleurs blanches
+portées par des tiges raides qui atteignent jusqu’à 1m,20 à
+1m,40 de hauteur ; elles poussent sans culture, très serrées,
+formant comme de vastes champs blancs ; les tiges ont en moyenne 1
+mètre à 1m,20 d’élévation ; elles servent, une fois sèches,
+à allumer le feu et à faire des huttes grossières. Cette plante
+n’est propre à aucun autre usage : les animaux ne la mangent point.]
+
+[Note 15 : La tribu des Bdaoua fait partie de la province d’El
+Ạraïch, province gouvernée par un qaïd résidant à El
+Ạraïch. Les Bdaoua, ainsi que toutes les populations que je
+rencontrerai d’ici à Fâs, ne parlent que l’arabe.]
+
+[Note 16 : Le grand château.]
+
+[Note 17 : Le qaïd d’El Ạraïch est le chef de la province du
+même nom. De Tanger à Fâs, je traverse cinq provinces : celles de
+Tanger, de Tétouan, d’El Ạraïch, du Ṛarb, et de Fâs. Les
+quatre premières sont gouvernées chacune par un qaïd ; dans la
+dernière l’autorité est partagée entre trois bachas. Ces sept
+fonctionnaires relèvent tous directement du sultan. La province
+du Ṛarb est très étendue : je vais y entrer, et j’y resterai
+jusqu’auprès de Fâs. Les tribus des Ṭegaga, des Hejaoua, des
+Oulad Ạïssa, des Cheraga, en font partie.]
+
+[Note 18 :
+
+[Illustration]
+
+Le Maroc se divise politiquement et commercialement en deux régions
+distinctes et presque sans rapports l’une avec l’autre : la
+première a Fâs pour centre ; on peut l’appeler Maroc du nord
+ou royaume de Fâs. La seconde a pour centre Merrâkech : elle
+peut se désigner sous le nom de Maroc méridional ou royaume de
+Merrâkech. Ces deux régions ont chacune leur capitale, chacune leurs
+ports, chacune leur commerce. Elles sont séparées par une longue
+ligne de tribus indépendantes, les Zạïr, les Zemmour Chellaḥa,
+les Zaïan, les Ichqern, les Aït Seri, les Berâber, et par les
+régions montagneuses qui s’étendent entre les bassins de l’Oumm
+er Rebiạ et du Dra d’une part, et ceux du Sebou, de la Mlouïa et
+du Ziz de l’autre. Il n’y a que deux points par où communiquent
+ces deux contrées ; ils se trouvent aux extrémités opposées de la
+ligne qui les sépare ; ce sont : au nord-ouest, le bord de la mer ;
+au sud-est, la plaine qui, par le Todṛa, le Ferkla et le Ṛeris,
+s’étend entre l’Ouad Dâdes et l’Ouad Ziz. Les deux chemins qui
+suivent, l’un cette plaine, l’autre le rivage de l’Océan, sont
+les seuls qui mettent en relation le Maroc du nord et le Maroc du sud.]
+
+[Note 19 : Il faut aussi compter parmi les obstacles au commerce
+l’absence d’un système monétaire uniforme. Il y a bien une
+unité monétaire, le _mitqal_, se divisant en dix _ouqia_. Mais
+c’est une valeur toute théorique ; il n’existe point de monnaie
+la représentant : on se sert de pièces étrangères et de quelques
+rares pièces du pays, les unes et les autres changeant de valeur
+dans chaque ville, dans chaque tribu. Les pièces en usage sont :
+
+Le _real_ (pièce de 5 francs, française ou espagnole) : il a cours
+partout ; c’est la monnaie principale, l’unité dont on se sert
+pour tous les comptes, toutes les évaluations.
+
+La _peceta_ (pièce de 1 franc ; 5 valent un real) : toutes les
+pièces d’un franc françaises ou espagnoles passent dans les grandes
+villes ; hors de là n’ont cours que les vieilles pecetas espagnoles
+du siècle dernier ou des dix premières années de celui-ci.
+
+Diverses monnaies marocaines en argent. Il y en a d’une foule de
+modèles, les unes anciennes, les autres neuves ; les plus fortes
+sont un peu plus grosses qu’une pièce de 0 fr. 50 : on ne leur
+donne pas d’autre nom que celui de leur valeur en ouqias, valeur
+qui change en chaque lieu. Elles passent dans tout le Maroc, mais
+avec une valeur relative moindre que celle des pièces européennes.
+
+Les pièces de 2 francs, de 0 fr. 50 et de 0 fr. 20, n’ont cours
+que dans les grandes villes ; il en est de même de toute la monnaie
+d’or. Les populations des campagnes et des petites localités,
+n’ayant pas le moyen de la contrôler, refusent de l’accepter,
+craignant d’en prendre de fausse.
+
+Comme monnaie de cuivre, on se sert d’une monnaie nationale dont
+l’unité est la _mouzouna_. On compte quatre mouzounas dans l’ouqia
+et 40 dans le mitqal. Cette monnaie est en usage dans tout le Maroc ;
+sa valeur y est uniforme : c’est la seule pour laquelle il en soit
+ainsi. Il n’y a pas de pièces d’une mouzouna ; il y en a de 2/3
+de mouzouna, de 1/6 de mouzouna, etc.
+
+[Illustration]
+
+La pièce de 5 francs, seule unité pratique, a une valeur qui diffère
+en chaque lieu ; de plus, en un même point, cette valeur n’est
+pas fixe, elle oscille sans cesse entre certaines limites. Voici
+ce qu’elle valait en divers endroits, aux époques où je les ai
+traversés : Tanger, Tétouan, El Qçar, Fâs, Meknâs, 10 mitqals ;
+— de Meknâs à Demnât, 8 à 9 mitqals ; — Demnât, Zaouïa Sidi
+Reḥal, 10 mitqals ; — Tazenakht, 10 à 11 mitqals ; — Zenâga,
+8 à 9 mitqals ; — Tisint, 4 mitqals 1/2 à 5 mitqals ; — Tatta,
+Aqqa, Isaffen, Ilalen, Chtouka, Agadir Iṛir, partie méridionale
+de la tribu des Ḥaḥa, tout le Sahel marocain, de 3 mitqals
+1/2 à 4 mitqals 1/2 ; — Iliṛ (sur l’Ouad S. Moḥammed ou
+Iạqob), 12 mitqals ; — Taroudant, Houara, Menâba, 12 mitqals
+1/2 ; — partie septentrionale de la tribu des Ḥaḥa, Mogador,
+12 à 13 mitqals ; — Mezgîṭa, Aït Seddrât, 11 mitqals 1/2 ;
+— Tinzoulin, 8 mitqals ; — toute la partie du pays de Dra
+située au sud du Tinzoulin, Tazarin, Todṛa, Ferkla, Tafilelt,
+4 mitqals ; — Dâdes, 4 mitqals 1/2 ; — Qçâbi ech Cheurfa,
+Misour, Ouṭat Oulad el Ḥadj, 9 mitqals ; — Debdou, 2 mitqals 1/2
+(c’est-à-dire 100 mouzounas : on a adopté cette valeur pour pouvoir
+compter d’après la règle française ; dans ces conditions chaque
+mouzouna vaut 5 centimes ; on compte à Debdou par douros, francs,
+sous). — Qaçba el Ạïoun, 3 mitqals.
+
+Ainsi qu’on le voit, la pièce de 5 francs ou real vaut de 8 à 12
+mitqals dans le nord et dans le centre du Maroc. Cette valeur baisse
+brusquement et tombe à 4 mitqals, parfois même à moins, dans le
+Sahel (nom de la région qui borde l’Océan au sud de l’Ouad Sous)
+et dans le Sahara. De même, à Debdou et aux environs de la frontière
+française, la nécessité de se rapprocher de notre système a fait,
+dans une zone restreinte, tomber le real à 2 mitqals 1/2 et 3 mitqals.
+
+Dans ces monnaies de valeur si variable, il circule beaucoup de
+pièces fausses : il en existe parmi les reals ; il en existe
+surtout parmi les pecetas espagnoles, qui sont la monnaie la plus
+commune. Ces anciennes pièces, à empreinte souvent effacée, sont
+d’une imitation facile ; aussi dans celles qui servent actuellement
+s’en trouve-t-il plus de fausses que d’authentiques. Ce sont les
+Juifs, les ṭalebs, les cherifs, qui les confectionnent, tous ceux,
+en un mot, qui ont quelque instruction : la plupart d’entre eux
+s’occupent d’alchimie et, en attendant qu’ils découvrent la
+pierre philosophale, font de la fausse monnaie. Dans ces conditions,
+on ne reçoit d’argent qu’avec les plus grandes précautions ; le
+moindre payement exige, dans les campagnes surtout, un temps infini ;
+on n’accepte une pièce qu’après l’avoir tournée, examinée,
+montrée à deux ou trois personnes, fait voir à un Juif, s’il
+s’en trouve. Quant aux monnaies d’or, on n’en veut point, tant
+on craint d’en prendre de fausses. Enfin il n’y a pas jusqu’à
+celles de cuivre qui ne soient souvent falsifiées.]
+
+[Note 20 : Voici comment ils se partagent l’autorité :
+
+1o Le bacha Sidi Ạbd Allah. Il a deux lieutenants, _khalifa_,
+nommés directement par le sultan. Relèvent de lui : Fâs Qedîm ;
+les gens du Rif habitant le Gebgeb et le Lemta ; le Djebel Zerhoun,
+avec Zaouïa Moulei Edris, dont il nomme le qaïd (il y a un qaïd
+à Zaouïa Moulei Edris, et des chikhs dans les autres villages du
+Zerhoun) ; les Oulad el Ḥadj habitant autour du pont du Sebou.
+
+2o Le bacha Ould Ba Moḥammed. Il est assisté d’un lieutenant
+nommé par le sultan. Sont sous son autorité : le mellaḥ de Fâs ;
+les Oulad Djemạ (deux marchés dans la tribu) ; les Behalil ; les
+Oulad el Ḥadj habitant sur la route de Fâs à Sfrou ; les Chedjạ
+(à quelques heures de Fâs) ; les Ḥamian, les Mhaïa, les Oulad Sidi
+Chikh, les Doui Mnia (campant tous dans le Saïs) ; les Ṛomera (près
+des Chedjạ). Toutes ces tribus sont dites de « plaine ». Voici
+maintenant les tribus de « montagne » : les Fichtâla (sur le chemin
+du Rif, à une demi-journée de Fâs ; les Beni Ouriaṛel (sur le
+chemin du Rif, au delà des Fichtâla). Dans ces diverses fractions,
+c’est le bacha qui nomme les chefs. Ceux de la plaine sont appelés
+_khalifa es souq_, « lieutenants du marché », parce que c’est
+sur les marchés qu’ils rendent la justice ; les petites tribus en
+ont un, les grandes en ont plusieurs. Dans la montagne, ils portent le
+nom de _chikh_ : les Fichtâla et les Beni Ouriaṛel en ont un chacun.
+
+3o Le bacha Ḥadj Sạïd. Son commandement se compose de Qaçba
+Cherarda, redoute faisant partie de l’enceinte de Fâs Djedid, au
+nord de Bab Segma ; Sfrou (où il nomme le qaïd ainsi que le chikh
+des Juifs) ; les gens du Sous et les nègres résidant aux environs
+de Fâs ; les Cherarda (habitant entre Fâs et Sfrou dans la partie
+appelée Bou Rejouan). Ḥadj Sạïd est secondé par un khalifa.]
+
+[Note 21 : Le chef de la zaouïa de Sidi Edris, qui porte le titre de
+moqaddem de cette zaouïa, n’est ni un descendant de Sidi Edris ni
+un cherif. C’est le chef d’une maison où la dignité de moqaddem
+de la zaouïa se perpétue de père en fils depuis un temps très
+reculé. Il y a deux principales zaouïas de Sidi Edris : l’une
+au Djebel Zerhoun, où est enseveli Sidi Edris le père, celui qui
+vint d’Orient s’établir au Maroc ; l’autre à Fâs, où est
+enterré le fils du précédent, Sidi Edris, fondateur de Fâs. Cette
+dernière est la plus importante de beaucoup. C’est là que réside
+le grand moqaddem. Un de ses parents dirige la zaouïa du Zerhoun. Le
+moqaddem est, nous venons de le voir, plus puissant en bien des lieux
+que le sultan : c’est un homme de grand poids au Maroc. Sa famille
+est depuis longtemps plus vénérée que celle des descendants mêmes
+de Moulei Edris. Cependant il donne à ces derniers une partie des
+offrandes qu’apportent les pèlerins à la zaouïa. Les cadeaux
+en nature, grains, tissus, etc., ainsi que ce qu’on lui remet
+personnellement, demeurent sa propriété particulière. Mais outre
+ces dons il existe deux troncs où les dévots glissent des offrandes :
+le contenu de ces troncs est distribué intégralement par lui entre un
+certain nombre de familles descendant de Moulei Edris. La postérité
+de ce dernier est fort nombreuse ; mais ne sont admises à participer
+à ce revenu de la zaouïa que deux classes : 1o les familles résidant
+à Fâs et à Meknâs, au nombre d’une soixantaine ; 2o celles qui
+font partie de la descendance de Moulei Ạbd es Selam ben Mechich,
+et qui demeurent soit dans les environs de Fâs, soit dans le Rif,
+soit dans la région de Tétouan. C’est le moqaddem qui remet à
+chaque maison la part à laquelle elle a droit. Le moqaddem actuel
+est un homme d’âge moyen. Il se nomme Sidi Er Râmi. Mais dans le
+peuple on ne l’appelle que Sidi Edris. Depuis longtemps on désigne
+de ce nom tous les moqaddems successifs de la zaouïa.
+
+Sur la zaouïa de Moulei Edris, voir _Ali Bey_, t. I, chap. XI.]
+
+[Note 22 : C’est ici que j’atteins pour la première fois le
+pied du massif de l’Atlas. Les chaînes que j’ai rencontrées
+jusqu’ici appartenaient toutes à un autre massif qui en est
+entièrement distinct, le massif Rifain.
+
+[Illustration]
+
+On donne le nom général d’Atlas au long dos d’inégale hauteur
+qui, tantôt montagnes, tantôt plateaux, traverse tout le Maṛreb
+de l’ouest-sud-ouest à l’est-nord-est, sortant de l’Océan
+à Agadir Iṛir, plongeant dans la Méditerranée à Tunis. Il
+se divise naturellement en trois parties : Atlas Marocain, Atlas
+Algérien, Atlas tunisien. Aux deux dernières on ne donne que
+l’appellation générale d’Atlas. Dans l’Atlas Marocain, au
+contraire, on distingue le Grand Atlas, le Moyen Atlas et le Petit
+Atlas. Ce sont trois chaînes parallèles qui forment, dans ce pays,
+la partie essentielle du massif.
+
+Le _Grand Atlas_ commence à l’Océan, dans la tribu des Ḥaḥa,
+et expire dans le Ḍahra. C’est de beaucoup la plus haute des trois
+chaînes ; c’est aussi la plus longue et c’est l’arête centrale.
+
+Le _Moyen Atlas_ est parallèle au Grand et situé au nord de
+celui-ci. Commençant non loin de Demnât, il expire dans le Ḍahra,
+à l’est de Debdou. C’est la seconde chaîne en hauteur.
+
+Le _Petit Atlas_, parallèle aux deux premiers, mais moins haut
+qu’eux, est situé au sud du Grand Atlas : il commence à l’Océan,
+entre les embouchures du Sous et du Dra, et paraît expirer entre le
+Dra et le Ziz, dans les plateaux qui avoisinent ce dernier fleuve.
+
+Telles sont les trois chaînes fondamentales de l’Atlas Marocain. Il
+y en a d’autres secondaires, toutes parallèles aux premières. Parmi
+elles, la plus importante est celle devant laquelle nous sommes :
+commençant à l’ouest d’Oulmess, elle passe au sud de Sfrou,
+a un de ses points culminants au Djebel Ṛiata et se continue par
+les monts Beni Bou Zeggou, Zekkara, etc., jusqu’en Algérie, où
+elle passe au sud de Tlemsen.
+
+Je franchirai cette dernière chaîne à Oulmess, le Moyen Atlas entre
+Qaçba Beni Mellal et Ouaouizert, le Grand Atlas à Tizi n Glaoui et
+à Tizi n Telṛemt, le Petit Atlas un grand nombre de fois.
+
+Chaque fois que je dirai : « au nord de l’Atlas », « au sud de
+l’Atlas », ce sera toujours de l’arête principale du massif
+que j’entendrai parler : il faudra donc comprendre : « au nord,
+au sud du Grand Atlas ».
+
+Le nom de Djebel Ṛiata, qu’on vient de lire plusieurs fois,
+s’emploie également pour désigner l’ensemble de la région
+montagneuse occupée par les Ṛiata et pour indiquer le pic
+remarquable qui en est le point dominant. Ce pic est célèbre à plus
+d’un titre : très élevé, il se voit d’une grande distance ;
+ses flancs passent pour renfermer des minerais de plusieurs métaux ;
+enfin son sommet est le lieu où se produit une particularité unique
+au Maroc : chaque année, après la fonte des neiges, ses plus hautes
+pentes se couvrent d’une foule de chenilles à longs poils ; elles
+sont aussi froides que la glace, et c’est, disent les indigènes, la
+neige qui les enfante. On les appelle des _iakh_ (يَخ). Les chèvres
+mangent avidement ces chenilles, qui disparaissent bientôt. Il n’y
+a d’iakhs au Maroc que sur le Djebel Ṛiata. C’est à ces insectes
+qu’il est fait allusion dans ce dicton de Fâs :
+
+ شيان عجيبان ابرد من اليَخ الشّيخ
+يتصابّا وصبي يتمشيَخ
+
+« Deux ridicules sont plus froids que l’iach : le vieillard qui
+fait le jeune, et le jeune homme qui fait le vieux. »]
+
+[Note 23 : Les mkhaznis sont des miliciens irréguliers, plutôt
+gendarmes que soldats. Ils ne forment point de corps constitués. Les
+principaux qaïds, ceux des villes surtout, en ont un certain nombre
+auprès d’eux ; ils s’en servent pour faire la police, et surtout
+pour pressurer le pays. Quand ils en ont 100, comme celui de Tâza,
+c’est beaucoup. Il y a des mkhaznis à pied et à cheval : ils se
+montent et s’arment à leurs frais et à leur fantaisie : leur solde
+est fort irrégulière ; suivant l’exemple de leurs maîtres, ils
+vivent sur le peuple en extorquant de l’argent çà et là. Je pense
+qu’en estimant à 2000 le chiffre des mkhaznis ainsi disséminés
+dans les provinces on aura un chiffre au-dessus de la vérité. Il y en
+a un plus grand nombre auprès du sultan, ne quittant pas sa personne.]
+
+[Note 24 : L’Ouad el Kḥel se jette sur la rive gauche de l’Ouad
+Innaouen : son cours, m’a-t-on assuré, est souterrain sur une
+certaine longueur ; sa vallée, très profonde, très étroite,
+d’abord très difficile, est d’une richesse extrême. Ce n’est
+qu’un long jardin où s’échelonnent des villages nombreux.]
+
+[Note 25 : Le combat eut lieu dans la montagne, sur les bords de
+l’Ouad Bou Gerba. Les Ṛiata avaient, dit-on, construit des
+barrages qu’ils rompirent tout à coup : les eaux du torrent se
+précipitèrent avec fureur et emportèrent une partie de l’armée
+du sultan.]
+
+[Note 26 : On appelle ainsi le chanvre indien, connu ailleurs sous
+le nom de ḥachich. On ne le désigne au Maroc que sous celui de
+_kif_. Il s’en fait en ce pays une grande consommation. Dans les
+villes, l’usage en est extrêmement répandu : la plus grande
+partie des classes moyenne et pauvre, les petits marchands, tout ce
+qui est mkhazni, soldat, la plupart des esclaves l’y fument. Le
+tabac est moins à la mode ; s’en sert-on, c’est presque toujours
+mélangé au kif. Les Juifs seuls ont l’habitude de la cigarette. La
+consommation du kif et du tabac est assez importante pour que le
+sultan se soit réservé le monopole de leur introduction dans les
+villes, monopole qu’il afferme soit à des compagnies, soit à des
+particuliers. A Fâs, c’est une société de vingt Israélites qui
+le possède en ce moment. Sfrou et Tâza dépendent de cette même
+société. La plus grande partie du kif et du tabac qui pénètrent
+dans ces villes vient du Rif ; plusieurs tribus y vivent presque
+exclusivement du revenu de cette culture : parmi elles on cite les
+Ketâma, petite tribu voisine des Beni Zerouâl ; ses produits sont
+les plus renommés du nord du Maroc.
+
+La difficulté de se procurer du kif dans les campagnes fait que
+l’usage de le fumer y est bien moins répandu que dans les villes :
+le prix en étant plus élevé, il y devient un luxe ; au lieu
+d’être, comme dans les cités, la consolation de la classe pauvre,
+il y devient la distraction des riches, et surtout des cherifs et des
+marabouts. Ces derniers sont à peu près les seuls qui l’y fument :
+on peut presque partout les reconnaître au double usage du kif et
+de l’eau-de-vie (_maḥia_), qui forme un de leurs caractères
+distinctifs. Quant au tabac, une fois sorti des villes, je le verrai
+disparaître complètement jusqu’au Sahara ; mais là je trouverai
+vers Tisint, Tatta, Aqqa, une vaste région où tout le monde le
+fume du matin au soir : les tabacs à la mode y sont ceux du Touat,
+du Dra, et surtout d’Ouad Noun.]
+
+[Note 27 : Les sots.]
+
+[Note 28 : Sidi El Ḥasen el Ioussi est un célèbre marabout marocain
+qui naquit dans la première moitié du XIe siècle de l’hégire
+(entre 1592 et 1640, environ). Voici quelques notes concernant sa
+personne : elles sont extraites d’un ouvrage écrit par lui-même,
+_Moḥaḍarat Chikh El Ḥasen el Ioussi_ ; elles m’ont été
+communiquées par M. Pilard, ancien interprète militaire : « Je
+suis El Ḥasen ben Mesạoud ben Moḥammed ben Ạli ben Iousef
+ben Aḥmed ben Ibrahim ben Moḥammed ben Aḥmed ben Ạli ben
+Ạmar ben Iaḥia ben Iousef (et celui-ci est l’ancêtre de la
+tribu) ben Daoud ben Idracen ben Ietatten. Voilà quelle était la
+généalogie (de Iousef) lorsqu’il vint se fixer à Ḥara Aqlal,
+bourgade du Ferkla encore bien connue aujourd’hui... Quant au
+qualificatif de Ioussi, on disait originairement el Iousfi, et ce
+nom rappelait l’ancêtre de notre tribu. Mais, dans leur idiome,
+les gens de notre pays suppriment l’F... Mon maître fut le Chikh
+el Islam Abou Ạbd Allah Sidi Moḥammed En Nacer ed Draï. »]
+
+[Note 29 : Sur le territoire des Beni Mgild se trouve, au milieu des
+forêts, une source célèbre, Ạïn el Louḥ : elle est, dit-on,
+à deux journées de marche de Sfrou, dans la direction du sud-ouest.]
+
+
+
+
+ II.
+
+ DE MEKNAS A QAÇBA BENI MELLAL.
+
+
+ 1o. — DE MEKNAS A BOU EL DJAD.
+
+
+ 27 août 1883.
+
+Enfin je quitte Meknâs. Nous partons plus nombreux que je ne pensais :
+plusieurs personnes veulent profiter de la société de mon cherif, et
+se joignent à nous : ce sont d’abord six ou huit Musulmans pauvres
+qui se rendent dans le Tâdla, puis deux Juifs de Bou el Djạd qui
+regagnent leur pays. De plus, nous faisons route jusqu’à Tlâta
+ez Zemmour avec une caravane d’une cinquantaine de marchands qui
+vont à ce marché. Nous sommes ainsi près de soixante-cinq : un
+seul zeṭaṭ nous protège tous ; c’est un homme des Zemmour,
+Moulei Ez Zạïr.
+
+Partis à 11 heures du matin, nous arrivons vers 5 heures et demie
+du soir à un petit douar où nous passerons la nuit. Le terrain ne
+présente aucune difficulté durant le chemin : on est d’abord
+en plaine ; beaucoup de cultures ; de là on passe à un terrain
+accidenté, sans reliefs importants, région très arrosée, peu
+cultivée, couverte de lentisques assez hauts, de jujubiers sauvages
+et de palmiers nains. C’est le pays des Zemmour Chellaḥa ;
+la plaine appartenait aux Gerouân. Les deux tribus sont de race
+tamaziṛt (chleuḥa) et insoumises ; nous ne tardons pas à nous
+en apercevoir. Les Gerouân ont, avec les voyageurs, le système de
+quelques tribus limitrophes du blad el makhzen : elles ne pillent ni
+ne donnent d’ạnaïa, mais, à chaque douar devant lequel on passe,
+on vous arrête et il faut payer un droit arbitraire, la zeṭaṭa :
+une troupe de cavaliers et de fantassins vient se mettre en travers du
+chemin et se la fait donner les armes à la main. En deux heures, nous
+avons eu cinq fois affaire à des députations de ce genre. Ce sont
+les seuls êtres humains que nous ayons rencontrés sur notre route.
+
+Du douar où nous campons, on ne voit de tous côtés que montagnes ;
+au sud, le haut talus formant le flanc gauche de la vallée de l’Ouad
+Beht ; partout ailleurs, des successions de croupes couvertes de
+palmiers nains ou de broussailles ; en somme, pays fort montueux :
+c’est le massif des Zemmour Chellaḥa.
+
+ 28 août.
+
+Départ à 3 heures et demie du matin. Nous traversons presque
+aussitôt l’Ouad Beht (berges basses et en pente douce ; eau
+claire de 20 mètres de large et de 50 centimètres de profondeur ;
+courant très rapide ; lit de gravier) ; puis une longue côte,
+facile mais assez raide, nous conduit au plateau où est situé le
+marché. Durant la montée, on est soit sous des bois de lentisques,
+soit dans des palmiers nains : beaucoup de gibier, perdreaux, pigeons,
+lièvres. Sur le plateau, on entre dans une région toute différente,
+aussi habitée et aussi florissante que la précédente était déserte
+et sauvage : sol couvert de cultures ; foule de ruisseaux au milieu
+des champs ; quantité de beaux douars, à l’aspect prospère,
+entourés de frais jardins. C’est au milieu de cette riche campagne,
+dont la fertilité proverbiale a fait donner au pays des Zemmour le
+surnom de Doukkala du Ṛarb[30], qu’est situé le Tlâta. Nous y
+arrivons à 7 heures du matin.
+
+Nous passons la plus grande partie de la journée au marché : il
+est très animé ; on y voit plus de 30 tentes de marchands. Les
+denrées qui se vendent sont les mêmes qu’au Tlâta Hiaïna ;
+mais il faut y ajouter des monceaux de fruits superbes, des raisins
+surtout, qu’on apporte des douars du voisinage.
+
+Vers 4 heures, nous quittons Moulei Ez Zạïr et la caravane des
+marchands, et nous nous remettons en route avec l’ạnaïa d’un
+homme des environs. A 6 heures, on fait halte ; nous sommes arrivés au
+douar de notre conducteur. En quittant le marché, nous avons d’abord
+cheminé sur le riche plateau où il se tient ; puis, arrivés au bord
+de son talus sud, nous nous sommes mis à descendre : à partir de
+là, plus de cultures ; une côte boisée de lentisques, semblable à
+celle de ce matin. Depuis Meknâs, le sol a été constamment terreux.
+
+ 29 août.
+
+Nous avons, au sortir d’ici, à traverser une région très
+dangereuse. Il nous faudra, pour la parcourir, une escorte de 6 ou
+8 cavaliers : on ne peut la trouver aujourd’hui ; les tentes sont
+vides ; toute la population est à un marché, l’Arbạa des Zemmour,
+qui se tient aux environs. Force est donc d’attendre à demain pour
+continuer la route.
+
+Le douar où nous sommes est fort riche : belles et grandes tentes ;
+auprès de la plupart, un ou deux chevaux de selle ; dans chacune
+on voit des femmes occupées à tisser flidjs, tellis, bernous et
+_tarḥalt_ (couvertes multicolores à dessins variés), ou bien
+à tresser des nattes qu’on brode ensuite de laines aux couleurs
+éclatantes. Ces nattes brodées sont, avec les tarḥalts, la
+spécialité des Zemmour, des Zaïan et des Beni Mgild. Les Zemmour,
+ainsi que les Zaïan, chez qui nous entrerons ensuite, se distinguent
+des autres tribus que j’ai vues au Maroc par le primitif de leur
+costume : hommes et femmes y sont fort peu vêtus ; leur habillement
+est le suivant : pour les hommes riches, point de chemise ni de
+caleçon, une simple farazia, et par-dessus un bernous ; les pauvres
+n’ont que le bernous : en marche, ils le plient, le jettent sur
+l’épaule, et vont nus. Les premiers ont sur la tête soit un turban
+de cotonnade blanche, soit un mouchoir blanc et rouge ; les pauvres
+sont tête nue. Les uns et les autres se rasent les cheveux ; mais,
+chose que je n’ai également vue que là, ils conservent au-dessus
+de chaque oreille une longue mèche semblable aux nouaḍer des
+Juifs[31]. Les Zemmour les portent toutes deux, les Zaïan n’en
+ont qu’une : c’est la seule différence de mode entre les deux
+tribus. Cette mèche est, pour les jeunes élégants, l’objet de
+soins minutieux : ils la peignent, la graissent, puis, la tressant,
+en forment une petite natte. Le même usage existe, m’a-t-on dit,
+chez les Chaouïa. Le costume des femmes est aussi des plus légers :
+c’est une simple pièce d’étoffe rectangulaire, de cotonnade
+ou plus souvent de laine, dont les deux extrémités sont réunies
+par une couture verticale ; il y a trois manières de le porter :
+1o en le retenant par des broches (grosses boucles d’argent,
+_khelal_) ou de simples nœuds au-dessus de chaque épaule ; 2o en
+retroussant et attachant le bord supérieur au-dessus des seins, les
+épaules et le haut de la gorge demeurant découverts ; 3o en laissant
+retomber la partie supérieure, le corps restant nu jusqu’à la
+ceinture. Dans les trois cas, le vêtement est retenu à la taille
+par une bande de laine ; il est assez court : il ne descend guère
+au-dessous du genou. On le porte de la première façon pour sortir,
+de la seconde pour travailler hors de la tente, de la troisième à
+l’intérieur. Les femmes s’entourent plus ou moins la tête de
+chiffons ; jamais elles ne se voilent.
+
+ 30 août.
+
+Départ à 5 heures du matin. Une escorte de 6 cavaliers et de
+4 fantassins Zemmour nous accompagne. Aussitôt après avoir
+franchi l’Ouad Ourjelim, qui passe au pied de notre douar, nous
+nous engageons dans une vaste région, déserte en ce moment, mais
+parcourue au printemps par les troupeaux des Zemmour ; on la nomme
+la Tafoudeït : c’est une succession de côtes et de plateaux
+s’élevant par échelons et sillonnée de nombreux ravins. Au
+début, tout est boisé : lentisques, caroubiers, pins de diverses
+espèces, forment un fourré épais ; après quelque temps les arbres
+diminuent ; laissant à nu les crêtes et les parties supérieures,
+ils se réfugient au fond des ravins et sur les premières pentes
+de leurs flancs. Plus on s’avance, plus on s’élève, plus les
+troncs deviennent rares. Le sol est terreux et jaunâtre ; nu en ce
+moment, il se couvre au printemps de riches pâturages. A 10 heures,
+nous atteignons un col : ici finit la Tafoudeït. Nous descendons
+par un chemin rocheux et difficile dans une région nouvelle : pays
+accidenté, terrain semé de gros blocs d’ardoise, sol boisé de
+grands arbres, ruisseaux qui coulent de toutes parts. C’est ainsi,
+à l’ombre de lentisques et d’oliviers séculaires, que nous
+marchons jusqu’à 1 heure ; à ce moment nous apercevons un douar,
+premier vestige d’êtres humains qui apparaisse depuis le départ :
+nous nous y arrêtons ; c’est là qu’on passera la nuit. Ces
+tentes appartiennent à un très haut personnage, Moulei El Feḍil,
+cherif profondément vénéré par les Zaïan et tout-puissant sur la
+plus grande partie de cette tribu. Je suis ici en pleine montagne :
+le douar est au fond d’un ravin étroit ; de tous côtés se dressent
+au-dessus de ma tête de hautes cimes escarpées aux flancs rocheux et
+boisés. Les panthères abondent, dit-on, dans cette région sauvage.
+
+Je n’ai traversé aujourd’hui qu’une rivière de quelque
+importance, l’Ouad Ourjelim, encore était-elle à sec (lit de galets
+de 25 mètres de large, sans eau). Pendant la route, nous n’avons
+rencontré personne, si ce n’est une troupe d’une vingtaine de
+Zaïan qui se sont joints à nous dans la Tafoudeït et nous ont suivis
+jusqu’à la frontière de leur tribu : c’étaient des pauvres ;
+la plupart n’avaient qu’un bernous pour tout vêtement, rien sur
+la tête, à la main un grand sabre de bois : ils m’ont paru gens
+fort irascibles ; à chaque instant ils se prenaient de querelle
+entre eux, et c’étaient aussitôt de grands coups de sabre ;
+ils y mirent tant d’ardeur qu’il fallut en emporter deux tout
+sanglants dans leurs bernous.
+
+ 31 août.
+
+Nous sommes ici en territoire zaïan : nous abandonnons nos
+zeṭaṭs Zemmour ; nous n’avons pas eu à nous louer d’eux :
+hier, au milieu du trajet, quand ils nous virent bien engagés dans le
+désert, ils nous déclarèrent qu’ils n’iraient pas plus loin si
+l’on n’augmentait le salaire convenu ; force fut d’en passer
+par là. Aujourd’hui un seul homme suffit pour nous escorter :
+il n’est même pas armé.
+
+On part à 5 heures du matin. Nous marchons dans un pays très
+montagneux : succession de ravins profonds et de talus escarpés ;
+chemins la plupart du temps difficiles ; une fois même, le sentier est
+si rapide qu’il faut mettre pied à terre. Sol rocheux, hérissé de
+blocs d’ardoise et entièrement boisé ; arbres élevés, serrés,
+formant une forêt épaisse ; beaucoup d’eaux courantes, bordées de
+lauriers-roses, de mûriers et parfois de vigne sauvage. Ainsi est la
+région où, tantôt montant, tantôt descendant, nous cheminons avec
+peine et lenteur jusqu’à 8 heures et demie. A cet instant, après
+avoir gravi une dernière côte, nous nous trouvons enfin au sommet du
+haut massif montagneux qui a commencé à l’Ouad Beht : un plateau
+le couronne, nous nous y engageons ; le sol y est un sable dur et nu
+semé de loin en loin de petits fragments d’ardoise ; dépouillé
+maintenant, il se tapisse, aux pluies printanières, d’une herbe
+verdoyante ; un grand nombre de sources et de ruisseaux limpides
+l’arrosent. C’est au milieu de ce plateau, appelé Oulmess, que
+nous faisons halte. Nous nous y installons, à 9 heures et demie,
+dans le douar des Aït Ọmar. Il y a plusieurs autres groupes de
+tentes dans le voisinage ; de grands troupeaux sont dispersés aux
+alentours : j’y remarque des chameaux, les premiers que je rencontre
+depuis Meknâs.
+
+Aujourd’hui, en passant sur l’ạdjib[32] de Moulei El Feḍil,
+nous avons rencontré une fraction de tribu en voyage. Les bœufs,
+chargés des tentes et des bagages, marchaient au centre, en longue
+colonne ; les femmes les poussaient : derrière leurs mères étaient
+les enfants, les plus petits juchés par trois ou quatre sur le dos des
+mulets. Sur un des côtés cheminaient moutons et chèvres, conduits
+par quelques bergers. Les hommes, à cheval, formaient l’avant-garde
+et l’arrière-garde et veillaient sur les flancs. Les troupeaux
+étaient très nombreux ; il y avait surtout une grande quantité
+de bœufs.
+
+ 1er septembre.
+
+C’est aujourd’hui sabbat ; force est de passer la journée à
+Aït Ọmar. Ce douar est de tous points semblable à celui où je
+me suis arrêté chez les Zemmour : même air de richesse, même
+luxe de tentes, même quantité de chevaux. Les Zaïan, quoiqu’ils
+ne cultivent presque pas, sont loin d’être une tribu pauvre ;
+si leur pays produit peu de moissons, il nourrit des troupeaux
+immenses, chèvres, moutons, chameaux, chevaux, et surtout bœufs
+d’une taille remarquable : l’abondance des bêtes à cornes ne se
+trouve au Maroc que dans leur tribu : de là un commerce important et
+des gains considérables. Il y a toujours ici des agents de maisons
+de Meknâs occupés à acheter des peaux et des animaux sur pied ;
+ces derniers sont ensuite expédiés sur Tanger.
+
+Les Zaïan sont nomades et de race tamaziṛt (chleuḥa). Ils forment
+une tribu très nombreuse, la plus puissante qu’il y ait au nord
+de l’Atlas. Leur territoire est borné par ceux des Zạïr, des
+Zemmour Chellaḥa, des Beni Mgild, des Ichqern et par le Tâdla.
+
+Ils se composent de quatre fractions :
+
+Beni Hessousen (campant du côté de Moulei Bou Iạzza ; ils peuvent
+mettre en ligne 3000 chevaux).
+
+Aït Ḥarkat (campant du côté des Khanifra ; 6000 chevaux).
+
+Ḥebbaren (campant du côté des Beni Zemmour ; 1000 chevaux).
+
+Aït Sidi Ạli ou Brahim (campant du côté des Beni Mgild ;
+8000 chevaux).
+
+En se réunissant, ils pourraient donc armer environ 18000
+cavaliers[33]. Les Zaïan, comme tous leurs voisins, sont libres. A la
+vérité, le sultan a un qaïd chez eux ; mais c’est un magistrat
+_in partibus_. Il est le seul de la tribu à se douter qu’il est
+qaïd et à savoir qu’il y a un sultan. Jamais ne lui viendrait
+l’idée de demander un sou d’impôt ni un soldat ; il est trop
+heureux qu’on le laisse vivre en paix. Nous trouverons souvent,
+dans les fractions les moins soumises, des qaïds de ce genre ;
+la population tolère leur présence avec la plus grande bonhomie,
+l’indifférence du mépris : on sait que ni eux ni leur maître
+ne peuvent devenir une gêne. Le personnage influent chez les Zaïan
+est le cherif dont il a déjà été parlé, Moulei El Feḍil ; son
+ạdjib, que j’ai traversé, est situé sur leur territoire, non loin
+des frontières des Zemmour Chellaḥa et des Beni Mgild : il a une
+grande puissance sur les portions de ces trois tribus voisines de sa
+résidence, mais aucune d’elles n’est tout entière dans sa main ;
+les Zaïan s’étendent très loin vers le sud-est, dans ces régions
+ils le connaissent moins. Une autre famille de cherifs possède aussi,
+mais à un degré moindre, du crédit dans cette contrée : c’est
+celle des Ạmrâni. Originaire de Fâs, elle est aujourd’hui
+dispersée en divers lieux et compte de nombreux alliés chez les
+Zaïan[34]. Le sultan a grand soin de rechercher l’amitié de ces
+redoutables maisons, qui, du haut de leurs montagnes inaccessibles,
+pourraient à tout moment précipiter des torrents d’envahisseurs
+sur le blad el makhzen, dont plusieurs sont si fortes que leur haine
+pourrait renverser son trône, leur bon vouloir le soutenir. Aussi
+n’est-il pas d’avances qu’il ne leur fasse, pas de moyens
+qu’il n’emploie pour s’assurer leur amitié : cadeaux, honneurs,
+tout est pour elles ; il leur offre jusqu’à des alliances dans sa
+famille : c’est ainsi qu’il a donné une de ses sœurs en mariage
+à S. Moḥammed el Ạmrâni, chef de la maison de ce nom. Il est
+aussi dans les meilleurs rapports avec Moulei El Feḍil. Grâce
+à cette politique, il peut, tout insoumis que soient les Zaïan,
+avoir parfois l’aide de leurs armes : ainsi, dans sa campagne
+de cette année contre le Tâdla et les Zạïr, M. El Feḍil est
+venu à son secours avec un corps assez fort. Les Zaïan, ainsi que
+les Zemmour Chellaḥa, parlent le tamaziṛt ; mais l’arabe est
+très répandu parmi eux : tout ce qui est de condition élevée a
+l’habitude de s’en servir, même les femmes et les enfants ; les
+pâtres, les gens de la dernière classe, ignorent seuls cette langue.
+
+ 2 septembre.
+
+Départ à 6 heures du matin. Un cavalier d’Aït Ọmar nous sert
+de zeṭaṭ. Nous gagnons d’abord le bord méridional du plateau
+d’Oulmess, puis commence la descente : elle est longue et difficile,
+il faut mettre pied à terre. Ce ne sont que roches entassées,
+escarpements, précipices. Les crêtes sont nues et toutes de
+pierre ; au fond des ravins et sur leurs premières pentes poussent
+quelques arbres. Il nous faut deux heures et demie pour parvenir au
+pied du talus que nous descendons. Arrivés là, nous trouvons un
+petit ruisseau ombragé de lentisques, de caroubiers et de pins ;
+après en avoir suivi quelque temps le cours, nous le laissons au
+nord et nous nous engageons sur un plateau montueux sillonné de
+ravins ; vers 11 heures, les reliefs deviennent moins accentués,
+les coupures moins profondes ; bientôt nous nous voyons dans une
+vaste plaine où nous resterons jusqu’au soir : elle est pierreuse
+et fortement ondulée ; le sol y est nu, sans autre végétation que
+de rares jujubiers sauvages ; mais, dit-on, il se couvre d’herbe au
+printemps : l’eau y est abondante ; sources et ruisseaux. A 3 heures,
+nous faisons halte : nous sommes arrivés au douar Aït Mouloud, où
+nous passerons la nuit. Mon cherif, Sidi Ọmar, m’abandonne ici ;
+en partant, il me recommande avec chaleur au principal personnage du
+douar ; celui-ci me donne l’hospitalité et se charge de me procurer
+un zeṭaṭ.
+
+Peu de temps avant d’arriver ici, j’ai traversé l’Ouad Ksiksou
+(lit de galets de 15 mètres de large, à moitié rempli d’une eau
+peu courante de 60 centimètres de profondeur) : il coule dans un petit
+ravin à flancs de roche escarpés, coupure au milieu de la plaine ;
+l’Ouad Ksiksou se jette plus bas dans l’Ouad Grou ; la réunion
+de ces deux rivières forme le Bou Regreg. Nous n’avons rencontré
+aujourd’hui personne sur la route. Comme les jours précédents,
+tout ce qui était roche se composait d’ardoises mêlées d’un peu
+de pierre blanche. Depuis le col par lequel nous sommes descendus de
+la Tafoudeït jusqu’à la crête du Djebel Ḥeçaïa, où commence
+la plaine du Tâdla, on ne rencontre que ces deux espèces de pierres.
+
+ 3 septembre.
+
+Je suis ici près de la limite des Zaïan ; à très peu de distance
+commence le Tâdla : je ne saurais aller plus loin sans un zeṭaṭ
+de ce pays ; la journée se passe à le chercher, je ne pourrai partir
+que demain.
+
+ 4 septembre.
+
+Je me mets en route à 5 heures du matin, accompagné d’un cavalier
+des Beni Zemmour, la tribu du Tâdla la plus rapprochée. Aujourd’hui
+je n’irai que jusqu’à la tente de mon zeṭaṭ, située au
+douar des Aït El Maṭi. Nous y sommes à 8 heures du matin. Le
+terrain jusque-là est toujours la plaine d’avant-hier ; cependant
+elle se modifie : ses ondulations s’accentuent et elle se couvre,
+vers les hauteurs, d’un assez grand nombre de lentisques ; le sol
+reste pierreux.
+
+Le Tâdla, où je suis entré aujourd’hui, n’est point une tribu :
+c’est une contrée, peuplée de plusieurs tribus distinctes. Elle
+est bornée : au nord, par les Zaïan et les Zạïr ; à l’est,
+par les Zaïan et les Ichqern ; au sud, par les Aït Seri, les Aït
+Atta d Amalou, les Aït Bou Zîd, les Aït Ạïad, les Aït Ạtab ;
+à l’ouest, par les Entifa, les Sraṛna, les Chaouïa. Elle se
+compose, au sud, d’une immense plaine, arrosée par l’Oumm er
+Rebiạ et s’étendant jusqu’au pied du Moyen Atlas ; au nord,
+d’une région montueuse moins vaste. Les tribus qui l’occupent sont
+au nombre de neuf : cinq se trouvent dans la partie septentrionale,
+quatre dans la portion méridionale : ce sont, en allant de l’est à
+l’ouest : au nord, les Beni Zemmour, les Smâla, les Beni Khîran,
+les Ourdiṛra, les Beni Miskin ; au sud, les Qeṭạïa, les Beni
+Mạdan, les Beni Ạmir, les Beni Mousa. Ces diverses tribus sont
+à peu près de même force, pouvant mettre, me dit-on, environ
+3000 hommes à cheval chacune. Elles parlent, les unes l’arabe,
+la plupart le tamaziṛt. Toutes sont nomades et ne vivent que sous
+la tente. Elles sont riches, possèdent d’immenses troupeaux de
+chameaux et de moutons, un grand nombre de chevaux, et cultivent
+les rives fertiles de l’Oumm er Rebiạ. Elles sont insoumises,
+à l’exception d’une seule, les Beni Miskin. Celle-ci fait partie
+du blad el makhzen ; elle est commandée par un qaïd résidant dans
+une qaçba. Les autres sont blad es sîba. Elles ne reconnaissent
+qu’une autorité, celle de Sidi Ben Daoud, le marabout de Bou el
+Djạd. L’influence de ce saint personnage s’étend même sur une
+part des Zaïan : depuis le douar des Aït Mouloud, je n’entends
+plus parler que du _Sid_.
+
+A partir d’ici, il y a une modification à noter dans les costumes :
+sans changer complètement, ils présentent quelques différences avec
+les précédents. Les hommes ne laissent plus pousser les longues
+mèches qui distinguent les Zemmour Chellaḥa, les Zaïan et les
+Chaouïa. Les femmes conservent le même vêtement, mais elles ne le
+portent que d’une manière, attaché par des broches ou des nœuds
+au-dessus des épaules ; de plus, il leur couvre les jambes jusqu’à
+la cheville. Ce costume, tel qu’on le voit ici, est celui de toutes
+les femmes du Maroc ; excepté dans les grandes villes et chez les
+Zemmour Chellaḥa et les Zaïan, nulle part je ne leur en ai vu ni
+ne leur en verrai d’autre : il peut être fait de divers tissus :
+soit de laine, comme ici, soit de cotonnade blanche, soit de guinée,
+mais partout la forme reste la même ; partout aussi les femmes ne
+portent que cette unique pièce d’étoffe pour tout vêtement :
+rien dessous, rien dessus : quelquefois un petit voile couvre la
+tête et le buste ; rien de plus.
+
+ 5 septembre.
+
+[Illustration : Djebel Heçaïa. (Vue prise d’Aït el Maṭi.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Je pars à 4 heures du matin, en compagnie de mon zeṭaṭ
+d’hier. Le terrain est légèrement accidenté ; le sol pierreux et
+nu ; on n’y voit que de petits lentisques clairsemés et quelques
+jujubiers sauvages. Au bout de deux heures de marche, nous traversons
+l’Ouad Grou : c’est, ai-je dit, le second cours d’eau dont est
+formé le Bou Regreg[35] : il n’est encore qu’une faible rivière :
+lit de galets ; 12 mètres de large ; point d’eau courante ; quelques
+flaques de distance en distance. A partir de là, nous montons, par
+une côte qui ne devient un peu raide qu’en approchant du sommet,
+vers la crête du Djebel Ḥeçaïa ; en chemin, nous franchissons
+plusieurs chaînes de collines basses, ses contreforts. Jusqu’au
+bout le sol reste le même qu’au départ, seulement les arbres sont
+plus serrés à mesure que l’on s’élève.
+
+A 10 heures et demie, j’arrive à un col ; devant moi se développe
+une immense plaine, blanche et nue, dont la côte que je viens de
+gravir n’était que le talus : cette plaine est celle du Tâdla ;
+vers l’est et vers l’ouest, elle s’étend à perte de vue ;
+au sud, dans le lointain, des montagnes majestueuses dressent haut,
+malgré la distance, leurs crêtes sombres au-dessus de l’horizon,
+et la bornent sur toute sa longueur : ces montagnes sont la première
+des trois grandes chaînes dont se compose l’Atlas. A quelques
+pas du col est une petite enceinte, Qçar Beni Zemmour. Nous nous
+arrêtons là aujourd’hui. Nous entrons en même temps qu’une
+caravane assez nombreuse, armée jusqu’aux dents, qui a fait route
+avec nous depuis l’Ouad Grou.
+
+Je ne suis ici qu’à trois heures de marche de Bou el Djạd,
+pourtant je suis loin d’être arrivé. Il y a autant de danger
+dans le peu de chemin qu’il me reste à faire qu’il y en avait
+dans toute la route que j’ai franchie jusqu’à ce jour. Ici plus
+d’ạnaïa, plus de zeṭaṭs : tout ce qui passe est pillé. Le
+pays, en cette saison surtout, est désert. Des troupes de pillards
+de toutes les tribus du Tâdla, parfois d’Ichqern, viennent s’y
+embusquer par 40 et 60 chevaux, prêtes à fondre sur quiconque s’y
+aventurerait. Les caravanes, même de 50 fusils, n’osent s’y
+hasarder. Cependant, au milieu de tant de périls, il est une voie
+de salut : ceux qui ne respectent rien respectent Sidi Ben Daoud ;
+là où les armes ne préservent point de l’attaque, le pacifique
+parasol d’un membre de la famille sainte suffit à écarter tout
+danger. Ainsi, qu’un voyageur isolé, qu’un nombreux convoi
+veuillent aller à Bou el Djạd, ils n’ont qu’un moyen :
+prier Sidi Ben Daoud de les faire chercher par un de ses fils ou
+petits-fils : cela coûte plus ou moins cher suivant le nombre de
+voyageurs et la composition de la caravane. Hâtons-nous de dire que
+les _çaliḥ_ (saints) de la zaouïa sont loin d’être exigeants :
+ils profitent avec une extrême modération de ce monopole, et
+déplorent l’état de choses qui le leur assure. Leur influence,
+quelque grande qu’elle soit, a été impuissante à le faire cesser ;
+ils ne peuvent rien contre cet antique usage de la _ṛazia_, partout
+en honneur chez les nomades.
+
+Je dépêche donc à Sidi Ben Daoud la lettre de recommandation que
+j’ai pour lui, avec prière de m’envoyer chercher. Un messager
+fait cette commission : il ne part qu’après s’être dépouillé
+de presque tous ses habits, seul moyen de passer en sûreté.
+
+Qçar Beni Zemmour est une enceinte carrée, en mauvais murs de pisé
+de 3 mètres de haut ; à l’intérieur se dressent pêle-mêle
+une trentaine de tentes, petites et misérables. Les habitants sont
+très pauvres ; ils ne vivent que du commerce de bois : le coupant
+dans le Djebel Ḥeçaïa, ils le vendent aux gens de Bou el Djạd
+qui viennent le prendre. Point d’eau au Qçar : chaque jour, à
+heure fixe, tous les hommes prennent leurs fusils et vont en troupe
+en chercher à des puits éloignés. Il est difficile d’imaginer
+une existence plus misérable. Encore la muraille qui protège ce
+lieu ne date-t-elle que de deux ans : elle est un bienfait du _Sid_,
+comme on appelle communément Sidi Ben Daoud.
+
+ 6 septembre.
+
+Mon messager revient à 10 heures et demie du matin ; un des
+petits-fils de Sidi Ben Daoud l’accompagne : c’est un beau jeune
+homme d’environ dix-neuf ans ; il arrive monté sur sa mule, le
+parasol à la main ; un seul esclave le suit. Nous partons aussitôt.
+
+D’ici à Bou el Djạd, nous marchons dans l’immense plaine
+du Tâdla, plaine à ondulations légères, tantôt nue, tantôt
+couverte de champs, en ce moment moissonnés et déserts ; çà et
+là poussent, maigres broussailles, quelques jujubiers sauvages ; le
+sol est blanchâtre, dur, pierreux. A 1 heure et demie, nous entrons
+dans la ville.
+
+
+ 2o. — SÉJOUR A BOU EL DJAD.
+
+
+[Illustration : Bou el Djad.
+
+(Vue de la ville prise du chemin de Qçar Beni Zemmour.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+« Ici, ni sultan ni makhzen ; rien qu’Allah et Sidi Ben Daoud. »
+Ces paroles, que m’adressait un Musulman à mon entrée à Bou el
+Djạd, résument l’état de la ville : Sidi Ben Daoud y est seul
+maître et seigneur absolu. Son pouvoir est une autorité spirituelle
+qui devient, quand il lui plaît, une puissance temporelle, par le
+prix qu’attachent les tribus voisines à ses bénédictions. Cette
+souveraineté s’étend à la ronde à environ deux journées de
+marche. De tous les points situés dans ce rayon, on accourt sans
+cesse à Bou el Djạd apporter une foule de présents : la ville est
+toujours remplie de pèlerins : ils viennent chercher la bénédiction
+du saint et gagnent, en échange de cadeaux, les grâces attachées
+à ses prières. C’est surtout le jeudi, jour de marché, que
+les fidèles sont nombreux ; la semaine dernière, les offrandes,
+en blé seulement, se montaient à deux cents charges de chameau ;
+la précédente, à quatre cents : de plus, il y avait eu de grands
+dons d’argent, de bétail, de chevaux. Ce ne sont pas seulement
+les particuliers qui remplissent ces pieux devoirs. Chaque année,
+les tribus environnantes arrivent, les unes après les autres,
+fraction par fraction, recevoir en masse la bénédiction du Sid
+et lui présenter leur tribut. Cette redevance régulière lui est
+servie par toutes les tribus du Tâdla, presque tous les Chaouïa,
+quelques fractions des Aït Seri, une petite portion des Ichqern.
+
+Quelle est la source de ce prestige ? Sidi Ben Daoud n’est point
+un chef d’ordre religieux ; il n’est point non plus un cherif,
+petit-fils de Mahomet ; mais son origine n’en est pas moins auguste :
+il descend du kalife Ọmar ben El Khaṭṭab. Ses ancêtres,
+établis depuis trois siècles et demi au Maroc, y acquirent vite,
+autant par leurs vertus que par leur sainte et illustre naissance,
+la vénération et la puissance dont nous voyons Sidi Ben Daoud jouir
+aujourd’hui. D’ailleurs, point d’ordre, point de khouân,
+point de prières particulières : il n’y a ici que le chef
+d’une grande et sainte famille, le rejeton d’une longue lignée
+de bienheureux, objet des grâces spéciales du ciel accordées aux
+prières de ses ancêtres. On honore en lui un sang sacré ; on a
+foi en sa bénédiction, qui en ce monde fertilise la terre et fait
+prospérer les troupeaux, et dans l’autre vie ouvre aux hommes
+les portes du paradis et leur assure, au jour du jugement dernier,
+l’intercession d’Ọmar et de tous les saints ses descendants.
+
+Voici la généalogie de Sidi Ben Daoud, depuis l’époque à laquelle
+sa maison s’est établie au Maroc :
+
+Sidi Ḥammou (c’est lui qui vint d’Orient dans ces pays),
+
+Sidi Zari ben S. Ḥammou,
+
+Sidi Bel Qasem ben S. Zari (il habitait Qaçba Tâdla, où se trouve
+son mausolée),
+
+Sidi Moḥammed Ech Chergi ben S. Bel Qasem (c’est lui qui
+fonda la ville de Bou el Djạd, à l’emplacement de laquelle ne
+s’élevaient alors que des bois),
+
+Sidi Ạbd el Qader ben S. Moḥammed Ech Chergi,
+
+Sidi Ạbd el Qader ben S. Ạbd el Qader,
+
+Sidi El Maṭi ben S. Ạbd el Qader,
+
+Sidi Çaleḥ ben S. El Maṭi,
+
+Sidi El Maṭi ben S. Çaleḥ,
+
+Sidi El Ạrbi ben S. El Maṭi,
+
+Sidi Ben Daoud ben S. El Ạrbi.
+
+Depuis la fondation de Bou el Djạd par S. Moḥammed Ech
+Chergi, cette ville n’a pas cessé d’être la résidence de ses
+descendants[36]. Sidi ben Daoud ben Sidi El Ạrbi, leur chef actuel,
+a près de quatre-vingt-dix ans ; malgré son grand âge, il jouit
+de la plénitude de ses facultés : c’est un beau vieillard, au
+visage pâle, à la longue barbe blanche ; ses traits ont une rare
+expression de douceur et de bonté. Il marche avec difficulté,
+mais circule chaque jour sur sa mule. Quelle que soit la maison
+où il se trouve, les abords en sont toujours entourés de plus de
+cent individus accroupis au pied des murs, attendant le moment de
+sa sortie pour baiser son étrier ou le pan de son ḥaïk. Il est
+non seulement vénéré, mais profondément aimé. Chacun vante sa
+justice, sa bonté, sa charité.
+
+La famille de Sidi ben Daoud est nombreuse : il a, me dit-on, au moins
+trente enfants, tant de ses femmes que de ses esclaves. L’aîné
+de ses fils s’appelle S. el Ḥadj El Ạrbi : il est en ce moment
+auprès du sultan ; le second est S. Ọmar, homme de 55 à 60 ans :
+ce dernier passe pour très intelligent et fort instruit. Outre ses
+descendants directs, il a un grand nombre de frères, de neveux :
+la ville entière n’est peuplée, à part les Juifs et quelques
+artisans, que des parents proches ou éloignés du Sid, de leurs
+esclaves et de leurs serviteurs. Tous les membres de la famille de
+Sidi ben Daoud participent à son caractère de sainteté, et cela
+à un degré d’autant plus élevé qu’ils lui tiennent de plus
+près par le sang.
+
+Qui sera l’héritier de S. Ben Daoud ? Nul ne le sait : il n’y a
+point d’ordre de succession ; chaque Sid, lorsqu’il sent la mort
+approcher, choisit un de ses enfants et, lui donnant sa bénédiction,
+fait passer par là sur sa tête les faveurs divines dont est sans
+cesse comblé le chef de la maison d’Ọmar ; l’élu recueille
+l’héritage de tous les biens spirituels et temporels de son
+père. Rien ne peut faire prévoir d’avance qui doit l’être ;
+l’ordre de naissance n’est point suivi : S. Ben Daoud était un
+des plus jeunes fils de S. El Ạrbi.
+
+Le Sid est en bonnes relations avec le sultan ; jamais, malgré leur
+puissance, ni lui ni ses ancêtres n’ont montré d’hostilité
+au gouvernement des cherifs. Moulei El Ḥasen envoie chaque année
+de riches présents à Bou el Djạd ; en échange, toutes les
+fois qu’il va de Fâs à Merrâkech, le Sid ou un de ses fils
+l’accompagne depuis Dar Beïḍa jusqu’à l’Oumm er Rebiạ
+ou l’Ouad el Ạbid. C’est ainsi que Ḥadj El Ạrbi est en ce
+moment auprès du sultan.
+
+Inutile de dire que la zaouïa est riche : chaque année y voit
+entrer des offrandes immenses, tant en argent qu’en nature, tributs
+réguliers des régions environnantes, dons apportés de loin par
+des pèlerins isolés, cadeaux envoyés de Fâs et de Merrâkech
+par les grands de l’empire. Sidi ben Daoud possède une fortune
+énorme. Les autres membres de sa famille participent aux aumônes
+des fidèles comme ils participent à leur dévotion, suivant leur
+degré de sainteté. Quelques-uns sont fort riches, d’autres le
+sont moins ; mais tous ne vivent que des offrandes qu’ils reçoivent.
+
+Les çaliḥs de Bou el Djạd sont loin d’être des hommes
+fanatiques, intolérants, d’esprit étroit. La plupart ont été
+à la Mecque : c’est dire qu’ils ont abandonné et les folles
+idées des ignorants sur la puissance et l’étendue de la religion
+musulmane et leurs préjugés ridicules contre les Européens. Tous
+sont lettrés, peu sont savants. Le Sid possède cependant une belle
+bibliothèque, mais on la consulte peu. Les saints profitent des
+biens que Dieu leur a donnés pour passer leur existence dans les
+douceurs des plaisirs licites : au reste, le Seigneur les bénit en
+toutes choses. Nulle part je n’ai vu les mulâtres aussi nombreux
+qu’à Bou el Djạd.
+
+[Illustration : Bou el Djâd.
+
+(La ville et ses environs.)
+
+1. Mosquée de M. Selîman.
+
+2. Mosquée de S. Mohammed Ech Chergi.
+
+3. Qoubbas, au nombre de 3.
+
+4. Qoubba de S. Mohammed Ech Chergi.
+
+5. Maison de Sidi Ben Daoud.
+
+6. Maison de S. Omar.
+
+7. Maison de S. Mohammed Ben Dris.
+
+8. Maison de S. el Hadj Edris.
+
+9. Maison de Mousi Alloun.
+
+10. 1er mellah.
+
+11. 2e mellah.
+
+12. 3e mellah.
+
+13. Fondoq.
+
+14. Place.
+
+15. Marché.
+
+P. Principale entrée de la ville.
+
+α. Buttes formées de décombres amoncelés.
+
+β. Jardins.
+
+δ. Petites qoubbas.
+
+ε. Puits.]
+
+
+La position de Bou el Djạd, au milieu des ondulations d’une
+immense plaine pierreuse et blanche, est triste. Il y a peu d’eau,
+peu de jardins. Sans son importance comme centre religieux, sans
+le caractère que lui donnent ses mosquées, ses grandes qoubbas
+et les riches demeures de ses çaliḥs, ce lieu ne mériterait pas
+le nom de ville : il n’a guère plus de 1700 habitants, dont 200
+Israélites. La cité est étendue, eu égard à sa population ;
+mais les maisons y sont clairsemées et entremêlées, à l’ouest,
+de jardins, à l’est, de terrains vagues et d’énormes monceaux
+d’ordures. Les demeures riches, celles des fils et des proches
+parents du Sid, sont bâties en pierres grossièrement cimentées,
+avec portails, arcades, pourtours de fenêtres en briques ; peu
+sont blanchies extérieurement ; à l’intérieur, elles sont
+ornées comme les maisons de Fâs : carrelage sur le sol ; vitres
+aux fenêtres ; plafonds de poutrelles peintes ; miḥrabs[37] à
+arabesques sculptées. Les maisons pauvres, c’est-à-dire le plus
+grand nombre, sont construites en pisé. Toutes sont couvertes en
+terrasse. La ville ne possède point d’enceinte ; mais il existe
+des portes, ou au moins des portails, à l’entrée des principales
+rues. La partie occidentale de Bou el Djạd est habitée par la
+famille immédiate du Sid, aussi porte-t-elle le nom de Ez Zaouïa ;
+les parents moins proches résident dans les autres quartiers ; les
+Juifs sont relégués au nord-est. Il y a deux grandes mosquées, et
+auprès d’elles quatre mausolées abritant les restes d’ancêtres
+de S. Ben Daoud : ce sont des tours carrées, hautes et massives,
+couronnées de toits de tuiles vertes. Point de quartier commerçant
+proprement dit. L’emplacement du marché hebdomadaire sert en même
+temps au trafic de chaque jour ; on y voit un certain nombre de niches
+alignées, faites de pisé ou de pierre sans ciment, profondes de 2
+mètres, hautes de 1m,50 : c’est là qu’artisans et commerçants
+viennent s’installer chaque matin avec leurs marchandises
+qu’ils remportent le soir : tous n’ont même pas ces abris,
+il en est qui préfèrent de simples huttes de feuillage. Le jeudi,
+grand marché, fréquenté par toutes les tribus des environs. On
+trouve dans les boutiques la plupart des produits européens en
+vente à Fâs et à Meknâs, sauf le pétrole, la coutellerie, les
+crayons. Mais ces objets abondent chez les çaliḥs qui les font
+venir directement de Dar Beïḍa. C’est par ce port que se fait
+tout le commerce de Bou el Djạd. De là viennent cotonnades, thé,
+riz, sucre, épicerie, parfumerie, vêtements de luxe ; en échange
+on y apporte des peaux, de la laine, de la cire. Il y a quatre jours
+de marche d’ici à Dar Beïḍa, deux en blad es sîba, où l’on
+ne voyage qu’avec l’escorte d’un parent du Sid, deux en blad el
+makhzen. Aucunes relations avec Merrâkech, à cause de la difficulté
+des communications : la route est très périlleuse ; on compte huit
+jours pour la parcourir, tant il faut faire de détours et changer
+souvent de zeṭaṭs. Bou el Djạd, quoique traversée par un
+ruisseau, est mal pourvue d’eau ; celle que donne le ruisseau est
+mauvaise, et ne sert qu’à abreuver les animaux et à arroser les
+vergers : quelques maisons ont des citernes, mais la plus grande
+partie de la ville n’est alimentée que par un groupe de six ou
+sept puits situés à près d’un kilomètre vers l’ouest. Avec si
+peu d’eau, il ne saurait y avoir beaucoup de jardins : ils sont en
+effet peu étendus ; on les cultive avec d’autant plus de soin. On
+y voit les arbres qui croissent à Meknâs : grenadiers, figuiers,
+oliviers, vigne ; et, poussant à leur ombre, les légumes du pays :
+citrouilles, melons, pastèques, courges et piments.
+
+[Illustration : Mosquée et mausolée de Sidi Mohammed Ech Chergi,
+à Bou el Djạd.
+
+(Vue prise de la maison de Mousi Alloun.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Deux des 3 mausolées, à Bou el Djạd.
+
+(Vue prise de la maison de Mousi Alloun.
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Campagne autour de Bou el Djạd.
+
+Qoubbas δ.
+
+(Vue prise de la maison de Mousi Alloun.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Le costume des citadins est le même ici qu’à Fâs. Celui
+des tribus voisines a été décrit au sujet des Beni Zemmour ;
+cependant, à partir de Bou el Djạd, je remarque dans l’armement
+une particularité, spéciale au Tâdla, et qui ne m’avait pas
+frappé à Aït El Maṭi : c’est l’usage de la baïonnette ;
+tous les hommes du Tâdla portent habituellement, suspendue à un
+baudrier, une longue baïonnette qui remplace sabre et poignard.
+
+
+ 3o. — DE BOU EL DJAD A QAÇBA TADLA.
+
+
+Avant de quitter Bou el Djạd je m’assure de l’escorte d’un
+des petits-fils de Sidi Ben Daoud pour tout le temps que je passerai
+encore dans le Tâdla. Sous cette protection je vais aller d’abord
+à Qaçba Tâdla, puis à Qaçba Beni Mellal.
+
+ 17 septembre.
+
+[Illustration : Qaçba Tâdla. (Vue prise du chemin de Bou el Djâd.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Départ de Bou el Djạd à 3 heures et demie du matin. Le terrain est
+toujours cette grande plaine du Tâdla, à ondulations légères, où
+j’ai déjà marché ; quant à la nature du sol, elle varie un peu :
+rocheuse pendant le premier tiers de la route, elle n’est plus que
+pierreuse au second ; à la fin c’est de la terre mêlée de petits
+cailloux. Les cultures, rares au début, augmentent à mesure que
+j’avance : ce qu’elles n’occupent pas est nu en cette saison,
+ou semé de rares jujubiers sauvages, mais se couvre, dit-on, au
+printemps, de pâturages superbes. Beaucoup de gibier : on lève un
+grand nombre de lièvres et de perdreaux ; il y a aussi, paraît-il,
+des gazelles. A 7 heures du matin, j’arrive à Qaçba Tâdla.
+
+Avant Moulei Ismạïl, le lieu où elle se dresse était,
+m’assure-t-on, désert : aucun village n’y existait. Le bourg que
+l’on voit aujourd’hui daterait du règne de ce sultan. C’est lui
+qui fonda et la qaçba et la mosquée ; à lui aussi est dû le pont de
+l’Oumm er Rebiạ, pont de 10 arches, le plus grand du monde au dire
+des habitants. Qaçba Tâdla s’élève sur la rive droite du fleuve,
+qui coule au pied même de ses murs. Les eaux ont ici 30 à 40 mètres
+de large ; le courant en est rapide, la profondeur considérable :
+on ne peut les traverser qu’en des gués peu nombreux ; hors de ces
+points, il faudrait, même dans cette saison, se mettre à la nage :
+elles sont encaissées entre des berges tantôt à 1/1, tantôt à 1/2,
+s’élevant de 12 à 15 mètres au-dessus de leur niveau. La berge
+gauche est la plupart du temps un peu plus haute que la droite :
+les berges sont parfois rocheuses ; alors le lit du fleuve l’est
+aussi : mais le plus souvent leur composition est un mélange de
+terre et de gravier.
+
+La Qaçba proprement dite, bien conservée, est de beaucoup ce que
+j’ai vu de mieux au Maroc, comme forteresse. Voici de quoi elle se
+compose : 1o d’une enceinte extérieure, en murs de pisé de 1m,20
+d’épaisseur et de 10 à 12 mètres de haut ; elle est crénelée
+sur tout son pourtour, avec une banquette le long des créneaux ;
+de grosses tours la flanquent ; 2o d’une enceinte intérieure,
+séparée de la première par une rue de 6 à 8 mètres de large. La
+muraille qui la forme est en pisé, de 1m,50 d’épaisseur ; elle est
+presque aussi haute que l’autre, mais n’a point de créneaux. Ces
+deux enceintes sont en bon état : point de brèche à la première ;
+la seconde n’en a qu’une, large, il est vrai : elle s’ouvre
+sur une place qui divise la qaçba en deux parties : à l’est,
+sont la mosquée et dar el makhzen[38] ; à l’ouest, les demeures
+des habitants : les unes et les autres tombent en ruine et paraissent
+désertes. Je ne vis, lorsque je la visitai, qu’un seul être vivant
+dans cette vaste forteresse : c’était un pauvre homme ; il était
+assis tristement devant la porte de dar el makhzen ; son chapelet
+pendait entre ses doigts ; il le disait d’un air si mélancolique
+qu’il me fit peine. Quel était cet ascète vivant dans la solitude
+et la prière ? D’où lui venait ce visage désolé ? Faisait-il,
+pécheur converti, pénitence de crimes inconnus ? Était-ce un saint
+marabout pleurant sur la corruption des hommes ? — Non, c’est
+le qaïd ; le pauvre diable n’ose sortir : dès qu’il se montre,
+on le poursuit de huées.
+
+[Illustration :
+
+1. Mosquée.
+
+2. Dar el makhzen.
+
+3. Principale porte de la 1er enceinte.
+
+4. Pont sur l’Oumm er Rebia.
+
+5. Gué de l’Oumm er Rebia.
+
+α. Faubourg.
+
+β. Marché.
+
+γ. Cimetière.
+
+δ. Maisons en ruine et désertes.
+
+Qaçba Tâdla.]
+
+Si la qaçba n’est pas habitée, elle a deux faubourgs qui le
+sont : l’un sur la rive droite, formé de maisons de pisé : les
+familles riches, les Juifs, y demeurent ; l’autre sur la rive
+gauche, composé de tentes et de huttes en branchages : c’est
+le quartier des pauvres. Qaçba Tâdla est moins peuplée que Bou
+el Djạd : elle a environ 1200 à 1400 habitants, dont 100 à 150
+Israélites. Point d’autre eau que celle de l’Oumm er Rebiạ :
+elle est claire et bonne, quoique d’un goût un peu salé. Toute
+cette région contient du sel en abondance ; j’en vois ici de belles
+dalles, d’un mètre de long, sur 60 centimètres de large et 15 à
+20 centimètres d’épaisseur : on les extrait non loin d’ici, sur
+le territoire des Beni Mousa[39]. Qaçba Tâdla ne possède point de
+jardins : pas un arbre, pas un fruit, pas un brin de verdure. C’est
+un exemple unique au Maroc. Ville, bourg ou village, je n’y ai pas
+vu d’autre lieu habité qui n’ait eu des jardins petits ou grands.
+
+
+ 4o. — DE QAÇBA TADLA A QAÇBA BENI MELLAL.
+
+
+ 19 septembre.
+
+Départ à 6 heures du matin. Je traverse l’Oumm er Rebiạ à un
+gué situé auprès du cimetière, et je marche droit vers le pied
+de la haute chaîne qui se dresse dans le sud. C’est la première
+des trois grandes arêtes dont se compose l’Atlas Marocain, celle
+que nous appelons Moyen Atlas. Elle n’a point de nom général
+parmi les indigènes : la portion que je vois d’ici est dite,
+à l’ouest, Djebel Beni Mellal, à l’est, Djebel Amhauch ;
+les flancs sont tantôt rocheux, tantôt terreux, en grande partie
+boisés : pentes fort raides dès le pied ; escarpements fréquents ;
+dans les vastes forêts le gibier abonde : à côté des perdrix,
+des lièvres, des sangliers, des singes, on y trouve le lion et la
+panthère. Tels sont ces premiers hauts massifs de l’Atlas, monts
+élevés et sauvages, au pied desquels s’arrêtent à la fois et la
+plaine et le pays du Tâdla. Là commence le territoire des Aït Seri,
+puissante tribu tamaziṛt qui couvre de ses villages et de ses tentes
+toute la chaîne qui est devant mes yeux.
+
+Du lit de l’Ouad Oumm er Rebiạ au pied de la montagne, ce n’est
+qu’une large plaine, unie comme une glace ; pas une ondulation ;
+pas une pierre ; le sol est une terre brune : des champs le couvrent
+en entier et s’étendent à perte de vue ; des ruisseaux, à eau
+claire et courante, une foule de canaux, les arrosent : ce sont les
+cultures des Qeṭạïa, l’une des tribus du Tâdla. Au bout
+de deux heures de marche, nous nous engageons au milieu de leurs
+douars ; douars immenses et superbes, composés chacun de plus de
+50 tentes, distants à peine d’un kilomètre les uns des autres :
+ils forment deux longues rangées qui s’étendent parallèlement
+au pied de la chaîne et se développent en lignes noires jusqu’à
+l’horizon. A l’entour paissent chameaux, bœufs et moutons,
+en troupeaux innombrables.
+
+[Illustration :
+
+A. Restes de l’ancienne qaçba.
+
+B. Village actuel.
+
+C. Jardins.
+
+D. Côtes couvertes d’amandiers.
+
+E. Qoubba.]
+
+A 9 heures, nous arrivons au pied des montagnes : nous le suivons
+jusqu’au gîte. La contrée est enchanteresse : point d’heure
+où l’on ne traverse un cours d’eau, point d’heure où l’on
+ne rencontre un village, des vergers. C’est d’abord l’Ouad
+Derna, que nous franchissons au milieu des jardins de Tagzirt,
+bourgade que nous laissons à notre droite ; puis c’est Fichtâla,
+avec la célèbre qaçba de ce nom, si importante naguère. déchue
+aujourd’hui ; enfin c’est l’Ouad Foum el Ạncer avec Aït
+Sạïd. Nous nous arrêtons quelques instants à Fichtâla : de la
+qaçba, construite par Moulei Ismạïl sur le modèle de celle de
+Tâdla, il ne reste que des ruines imposantes ; le village actuel y
+est adossé : il n’a pas plus de 250 à 300 habitants. Ceux-ci ne
+comptent avec aucune tribu. Cet endroit est un petit centre à part,
+siège d’une zaouïa dont les chefs, qui sont en ce moment deux
+frères, Sidi Moḥammed Ech Cherif et Sidi Ḥasan, sont souverains
+absolus du lieu. Fichtâla est située sur les premières pentes de
+la montagne, parmi des côtes ombragées d’amandiers, au pied de
+grands rochers où une foule de ruisseaux bondissant en cascades
+tracent des sillons d’argent, au milieu de jardins merveilleux
+comparables à ceux de Tâza et de Sfrou.
+
+[Illustration : Foum el Ancer et village d’Aït Sạïd.
+
+(Vue prise du chemin de Foum el Ancer à Qaçba Beni Mellal.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Un peu plus loin est Aït Sạïd ; nous y arrivons à midi : c’est
+le terme de notre marche d’aujourd’hui. Les cours d’eau que
+j’ai traversés chemin faisant sont les suivants : Ouad Oumm er
+Rebiạ, (40 mètres de large ; 90 centimètres de profondeur) ; Ouad
+Derna (torrent impétueux ; eaux limpides et vertes roulant au milieu
+de quartiers de roc dont est semé le lit : au gué où je l’ai
+passé, il avait 25 mètres de large et 70 centimètres de profondeur ;
+mais sa largeur habituelle n’est que de 15 à 20 mètres) ; Ouad
+Fichtâla (gros ruisseau ; 2 mètres de large ; 40 centimètres de
+profondeur ; descend par cascades de la montagne) ; Ouad Foum el
+Ancer (3 mètres de large ; 40 centimètres de profondeur ; prend
+sa source à une centaine de mètres en amont du village d’Aït
+Sạïd). J’ai rencontré aujourd’hui un assez grand nombre de
+personnes sur le chemin.
+
+Aït Sạïd est un gros village de 300 à 400 maisons, le principal
+de la fraction de ce nom : il est situé au bas de la montagne, à la
+bouche d’un ravin profond, Foum el Ạncer, où six sources, qui
+donnent naissance à un beau torrent, jaillissent du pied de roches
+immenses. Ces roches, murailles à pic d’une hauteur prodigieuse,
+dominent le village : vers leur partie supérieure, apparaissent les
+ouvertures béantes de cavernes creusées presque symétriquement dans
+leur flanc. Quels ouvriers ont façonné ces étranges demeures ? A
+quelles races appartenaient-ils, ceux qui escaladaient ainsi les parois
+lisses du roc par des chemins inconnus ? C’étaient sans doute des
+Chrétiens, puisque rien ne leur est impossible. Aujourd’hui nul
+n’y peut atteindre ; malheur à qui tenterait de monter vers ces
+retraites mystérieuses : des génies en défendent l’accès et
+précipiteraient le téméraire au fond de la vallée.
+
+[Illustration]
+
+A partir d’ici, je rencontrerai souvent des cavernes de ce genre ;
+je les signalerai chaque fois qu’il s’en présentera ; elles
+abondent dans la partie de l’Atlas que je vais traverser : il est
+rare d’y trouver un village auprès duquel il n’y en ait pas. La
+plupart d’entre elles sont placées en des points inaccessibles. Il
+y en a de deux sortes : les unes s’ouvrent sans ordre à la surface
+du rocher ; l’œil ne distingue que plusieurs trous sombres percés
+au hasard et isolés de leurs voisins. Les autres, au contraire, sont
+creusées sur un même alignement : en avant des ouvertures, on voit,
+le long de la muraille, une galerie taillée dans le roc qui met en
+communication les cavernes ; cette galerie est fréquemment garnie,
+à l’extérieur, d’un parapet en maçonnerie ; quand des crevasses
+se présentent et coupent la voie, les bords en sont reliés par de
+petits ponts de pierre. Souvent des rangs semblables sont étagés par
+
+deux ou trois sur une même paroi rocheuse. Ces cavernes bordent
+certaines vallées sur une grande longueur. Le petit nombre d’entre
+elles qui sont accessibles servent à emmagasiner les grains ou à
+abriter les troupeaux ; j’en ai visité quelques-unes : elles m’ont
+frappé par leur profondeur et par leur hauteur. Mais presque toutes
+sont inabordables. Aussi les légendes les plus fantastiques ont-elles
+cours à leur sujet : ces demeures extraordinaires paraissant choses
+aussi merveilleuses que les bateaux à vapeur et les chemins de fer,
+on les attribue aux mêmes auteurs : à des Chrétiens des anciens
+temps, que les Musulmans chassèrent quand ils conquirent le pays ;
+on va jusqu’à citer les noms des rois, surtout des reines à
+qui appartenaient ces forteresses aériennes. Dans leur fuite, ils
+abandonnèrent leurs trésors. Aussi pas un indigène ne doute-t-il
+que les cavernes n’en soient pleines. D’ailleurs ne les a-t-on pas
+vus ? Ici c’est un marabout, là c’est un Juif qui, se glissant
+entre les rochers, pénétrant dans les grottes profondes, a aperçu
+des monceaux d’or ; mais nul n’a pu y toucher : tantôt des génies
+les gardaient, tantôt un chameau de pierre, animé et roulant des yeux
+terribles, veillait sur eux ; ailleurs on les entrevoyait entre deux
+roches qui se refermaient d’elles-mêmes sur qui voulait franchir
+le passage. On m’a cité un lieu, Amzrou, sur l’Ouad Dra, où,
+d’après des rapports de ce genre, les habitants sont si convaincus
+de l’existence de richesses immenses dans des cavernes du voisinage,
+qu’ils y ont placé des gardiens pour qu’on ne les enlevât pas.
+
+[Illustration]
+
+Pendant ma route d’aujourd’hui, j’ai remarqué, sur les pentes
+de l’Atlas, soit isolées, soit dominant des villages, un grand
+nombre de constructions semblables à de petites qaçbas, à des
+châteaux. C’est ce qu’on appelle des _tiṛremt_[40]. La forme
+ordinaire en est carrée, avec une tour à chaque angle ; les murs sont
+en pisé, d’une hauteur de 10 à 12 mètres. Ces châteaux servent de
+magasins pour les grains et les autres provisions. Ici, tout village,
+toute fraction a une ou plusieurs tiṛremts, où chaque habitant, dans
+un local particulier dont il a la clef, met en sûreté ses richesses
+et ses réserves. Des gardiens sont attachés à chacune d’elles.
+
+Cette coutume des châteaux-magasins, que je vois ici pour la
+première fois, est universellement en usage dans une région
+étendue : d’abord dans les massifs du Grand et du Moyen Atlas,
+sur les deux versants, depuis Qçâbi ech Cheurfa et depuis les Aït
+Ioussi jusqu’à Tizi n Glaoui ; puis sur les cours tout entiers
+de l’Ouad Dra et de l’Ouad Ziz, ainsi que dans la région
+comprise entre ces fleuves. A l’ouest de Tizi n Glaoui et du Dra,
+règne une autre méthode, en vigueur dans la portion occidentale
+de l’Atlas et du Sahara, de l’Ouad Dra à l’Océan : celle des
+_agadir_[41]. Là ce n’est plus le village qui réunit ses grains
+en un ou plusieurs châteaux, c’est la tribu qui emmagasine ses
+récoltes dans un ou plusieurs villages. Ces villages portent le nom
+d’agadirs. Vers Tazenakht, je les verrai, sur ma route, remplacer
+les tiṛremts. Dans la première région, chaque hameau, en temps
+d’invasion, peut opposer séparément sa résistance ; dans la
+seconde, la vie de la tribu entière dépend d’un ou deux points :
+dans l’une, j’aurai chaque jour le spectacle d’hostilités de
+village à village ; dans l’autre, ce n’est qu’entre grandes
+fractions qu’on se fait la guerre.
+
+ 20 septembre.
+
+Départ à 10 heures du matin. Le chemin continue à longer le
+pied de la montagne : sol terreux, semé de quelques pierres ; à
+gauche, l’Atlas rocheux et boisé ; à droite, la plaine du Tâdla
+s’étendant à perte de vue comme une mer ; aussi loin que l’œil
+peut distinguer, elle est couverte de cultures. A midi, j’arrive
+à Qaçba Beni Mellal, où je m’arrête.
+
+[Illustration : Village d’Ahel Sabeq.
+
+(Vue prise du chemin de Foum el Ancer à Qaçba Beni Mellal.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Zaouïa Sidi Mohammed Bel Qasem et partie
+septentrionale des jardins de Qaçba Beni Mellal.
+
+(Vue prise du chemin de Foum el Ancer à Qaçba Beni Mellal.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Qaçba Beni Mellal, qui porte aussi le nom de Qaçba Bel Kouch, est une
+petite ville d’environ 3000 habitants, dont 300 Israélites. Elle est
+construite au pied même de la montagne, sur une côte douce qui joint
+celle-ci à la plaine ; de superbes jardins tapissent cette côte ;
+vers le nord, ils s’étendent fort loin ; au sud, ils s’arrêtent
+brusquement devant une falaise de pierre qui se dresse à 1 kilomètre
+de la ville. Au pied de cette muraille jaillissent, du sein du rocher,
+les sources qui arrosent Qaçba Beni Mellal : les eaux en sont d’une
+pureté admirable et d’une abondance extrême ; on les a réparties
+en six canaux : chacun d’eux forme un ruisseau de 2 mètres de large
+et de 30 centimètres de profondeur ; ensuite elles sont distribuées
+à chaque maison, à chaque clos, par une foule de petits conduits
+courant en toutes directions. Bien que ces eaux forment un volume
+total considérable, elles se perdent dans les jardins de la ville
+et dans la plaine du Tâdla, sans atteindre l’Oumm er Rebiạ à
+leur confluent naturel. Il en est de même des divers cours d’eau
+que j’ai traversés hier, après l’Ouad Derna. Leurs eaux sont
+captées au sortir de la montagne pour les irrigations : il ne leur en
+reste plus en arrivant en plaine ; ce n’est que l’hiver que leurs
+lits se remplissent, et qu’ils gagnent : l’Ouad Foum el Ạncer,
+l’Ouad Derna ; l’Ouad Beni Mellal, l’Oumm er Rebiạ.
+
+[Illustration : Zaouïa Sidi Mohammed Bel Qasem et plaine du Tâdla.
+
+(Vue prise des premières pentes du Moyen Atlas, au sud de la zaouïa.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Les constructions de Qaçba Beni Mellal, comme toutes celles que
+j’ai vues depuis le 17 septembre, sont en pisé. Les maisons
+ont un premier étage, de même qu’à Bou el Djạd et à Qaçba
+Tâdla. Point de minaret dans la ville même ; il y en a un au milieu
+des jardins, à la zaouïa de S. Moḥammed Bel Qasem. Une vieille
+qaçba, aux murailles hautes et épaisses, mais tombant en ruine,
+quoiqu’elle ait été, dit-on, restaurée par Moulei Selîman, est
+le seul monument remarquable. Au centre du bourg, se trouve le marché,
+semblable à celui de Bou el Djạd ; les produits européens en vente
+sur ce dernier se rencontrent également ici ; ils viennent soit de
+Dar Beïḍa, soit plutôt de Merrâkech. Tous les quinze jours, une
+caravane d’une douzaine de chameaux arrive de cette capitale : elle
+ne met que quatre journées à faire le trajet. Au contraire, la route
+de Dar Beïḍa est longue : elle passe par Bou el Djạd. La ville
+a l’aspect propre et riche ; rues larges, maisons neuves et bien
+construites : elle doit sa prospérité à ses immenses vergers, dont
+les fruits s’exportent au loin. Les jardins de Qaçba Beni Mellal,
+comme ceux qui sont échelonnés dans la même situation au pied de
+l’Atlas, sont d’une richesse merveilleuse : ce qu’étaient au
+nord Chechaouen, Tâza, Sfrou, nous le retrouvons ici à Tagzirt,
+à Fichtâla, à Qaçba Beni Mellal, à Demnât. Les trois premiers
+de ces lieux, et d’autres placés plus à l’est, fournissent
+tout le Tâdla de leurs fruits. Bou el Djạd même ne mange guère
+que de ceux-là. Ces fruits consistent en raisins, figues, grenades,
+pêches, citrons et olives, aussi remarquables par la qualité que
+par l’abondance.
+
+[Illustration : Qaçba Beni Mellal et plaine du Tâdla. (Vue prise
+des premières pentes du Moyen Atlas, au sud de la Qaçba.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Deux qaïds résident ici. Ce sont des qaïds _in partibus_, comme
+ceux des Zaïan et de Qaçba Tâdla. Cependant le sultan avait en
+ce lieu, il n’y a pas longtemps, un parti assez nombreux : il
+s’était produit un fait que j’ai remarqué dans d’autres
+contrées insoumises, surtout dans celles qui étaient riches
+et commerçantes. Une partie de la population, considérant les
+obstacles que l’anarchie mettait à la prospérité du pays,
+songeant aux dévastations continuelles de leurs terres, résultat des
+guerres avec les tribus voisines, regardant combien le trafic était
+difficile à cause du peu de sûreté des routes, s’était prise
+à désirer un autre régime, à souhaiter l’annexion au blad el
+makhzen. Ces idées étaient depuis quelque temps celles d’un tiers
+des habitants de Qaçba Beni Mellal. Les autres restaient attachés
+à leur indépendance et rejetaient toute pensée de soumission. Sur
+ces entrefaites, il y a cinq mois environ, Moulei El Ḥasen, à la
+tête d’une armée, envahit le Tâdla. Il arrive devant Qaçba Beni
+Mellal : à son approche, tout ce qui lui était hostile abandonne
+la ville et se retire dans la montagne ; le parti du sultan reste,
+et lui envoie une députation l’assurer de son dévouement. Comme
+réponse, il impose les Beni Mellal de 50000 francs : les présents
+paieront pour les absents. Inutile d’ajouter qu’aujourd’hui il
+n’y a plus de parti du makhzen dans la Qaçba. J’ai dit plus haut
+que, dans d’autres portions du Maroc, j’avais trouvé des tribus
+disposées à échanger leur indépendance contre les bienfaits d’une
+administration régulière. Ainsi, en 1882, plusieurs tribus du haut
+Sous se sont, de leur propre gré, soumises au sultan. Mais partout
+le dénouement est le même : on ne tarde pas à s’apercevoir que
+le makhzen n’est rien moins que le gouvernement rêvé. Pas plus de
+sécurité qu’auparavant : les voleurs plus nombreux que jamais ;
+enfin les rapines des qaïds ruinant le pays en un an plus que ne
+l’eussent fait dix années de guerre. Aucun bien ne compense de
+grands maux. Aussi cet état ne dure-t-il pas. Après deux ou trois ans
+de patience, souvent moins, voyant qu’il n’y a rien à espérer,
+on secoue le joug et on reprend l’indépendance.
+
+
+ 5o. — CAMPAGNE DU SULTAN DANS LE TADLA, EN 1883.
+
+
+Avant de quitter le Tâdla, je vais résumer quelques renseignements
+recueillis sur la récente expédition de Moulei El Ḥasen dans
+cette contrée.
+
+Tous les ans ou tous les deux ans, le sultan se met à la tête
+d’une armée et part pour guerroyer dans quelque portion du Maroc :
+ces campagnes ont pour but tantôt d’amener à l’obéissance des
+fractions insoumises, tantôt de lever des contributions de guerre sur
+des tribus trop puissantes pour être réduites, mais trop faibles ou
+trop désunies pour pouvoir empêcher une incursion momentanée sur
+leur territoire. C’est une expédition de cette catégorie, simple
+opération financière, que Moulei El Ḥasen vient de faire dans le
+Tâdla. La méthode qu’il suit dans ces occasions est invariable :
+il marche pas à pas, de tribu en tribu, offrant à chacune, en
+arrivant à elle, le choix entre deux choses : pillage du territoire,
+ou rachat par une somme d’argent. Dans cette alternative, prenant de
+deux maux le moindre, on se décide souvent à acheter la paix au prix
+demandé ; c’est ce qu’espère le sultan. Mais parfois il éprouve
+des mécomptes. A certains endroits, on lui résiste, avec succès
+même, témoin les Ṛiata. Dans le Tâdla, on prit un troisième
+parti, qui fut pour lui la source de la plus amère déception :
+à son approche, les tribus, toutes nomades, se contentèrent de
+plier bagage et de se retirer, qui dans les montagnes de Aït Seri,
+qui dans celles des Zaïan. Là elles étaient à l’abri. Le sultan
+resta seul avec son armée, errant au milieu de la plaine déserte. Sa
+campagne fut désastreuse ; il ne put que tirer quelque argent des
+petites qaçbas éparses de loin en loin dans le pays, maigre rentrée
+pour un grand déploiement de forces. « Fatigue sans profit »,
+c’est ainsi que les habitants qualifient cette expédition.
+
+Voici quel fut l’itinéraire de Moulei El Ḥasen :
+
+Parti de Merrâkech au printemps dernier, il gagna d’abord Zaouïa
+Sidi Ben Sasi ; puis, successivement, El Qanṭra (sur l’Ouad
+Sidi Ben Sasi, affluent de la Tensift), Moulei Bou Ạzza Ạmer
+Trab ; l’Ouad Teççaout, qu’il franchit ; l’Ouad el Ạbid,
+qu’il traversa au gué de Bou Ạqba : cette dernière opération
+fut pénible ; le passage dura trois jours ; trois canons tombèrent
+au fond de la rivière, et on ne les retira qu’à grand’peine. En
+arrivant à l’ouad, le sultan avait demandé au qaïd _in partibus_
+des Beni Mousa, Ould Chlaïdi, si le gué était praticable et sans
+danger ; celui-ci avait répondu que oui ; il se trouva au contraire
+difficile, avec des eaux très hautes ; Moulei El Ḥasen fit donner
+sur l’heure la bastonnade au qaïd mal informé. De là on alla
+à Dar Ould Sidoïn (résidence d’un autre qaïd _in partibus_
+des Beni Mousa ; ils en ont trois), puis à Sidi Selîman (qoubba
+avec source dans la plaine du Tâdla, sans habitants), à Qçar Beni
+Mellal (bourg à deux heures à l’ouest de Qaçba Beni Mellal,
+dans une situation semblable, au pied de l’Atlas ; belles sources ;
+environ 2000 habitants), à Qaçba Beni Mellal, à Seṛmeṛ (qaçba
+fort ancienne, aujourd’hui déserte et ruinée, située dans la
+plaine, entre Fichtâla et Aït Sạïd, à peu de distance au nord
+du chemin que j’ai pris ; elle appartient aux Aït Sạïd), à
+Ṛarm el Ạlam (vieille qaçba inhabitée, s’élevant dans la
+plaine en face de la partie du Djebel Amhaouch occupée par les Aït
+Ouirra). Dans cette marche, le sultan avait suivi la route que j’ai
+prise moi-même, longeant le pied de l’Atlas entre les Aït Seri et
+le Tâdla. De là il se rendit à Qaçba Tâdla ; puis à Zaouïa Aït
+El Ṛouadi (chez les Semget, fraction des Qeṭạïa), à Zizouan
+(entre les Beni Zemmour et les Zaïan, à sept heures de Bou el Djạd,
+dans la direction de Moulei Bou Iạzza), à Sidi Bou Ạbbed (zaouïa
+chez les Beni Zemmour), à Sidi Moḥammed Oumbarek (Beni Zemmour), à
+Mezgîḍa (Beni Zemmour), à Bir el Ksa (Beni Zemmour), à El Ḥachia
+(frontière des Beni Zemmour et des Smâla). Sur le territoire des
+Smâla, le sultan éprouva de la résistance : une fraction de cette
+tribu, les Beraksa, dédaignant de se retirer à son approche, et
+se refusant à payer aucune contribution, l’attendit les armes à
+la main ; il les attaqua : les Beraksa lui tuèrent 500 hommes, mais
+furent vaincus ; leur qaçba fut prise, ses murs rasés ; on y coupa
+50 têtes et on en emmena 200 prisonniers. De là on passa aux Oulad
+Fennan (fraction des Smâla), puis aux Beni Khîran. Sur le territoire
+de cette tribu, Moulei El Ḥasen commença par piller Zaouïa Oulad
+Sidi Bou Ạmran : elle appartient aux cherifs de ce nom, cherifs qui
+ont une influence considérable dans la fraction des Beni Khîran où
+ils résident, celle des Oulad Bou Ṛadi, et possesseurs de grandes
+richesses ; il les dépouilla. Il dévasta ensuite le territoire des
+Oulad Fteta (rameau des Oulad Bou Ṛadi) et celui des Beni Mançour
+(fraction des Beni Khîran). Il se trouvait chez les Beni Mançour
+vers le 10 août. Il en partit pour se porter à Meris el Bioḍ, sur
+la frontière des Beni Khîran et des Zạïr. Auparavant, à Masa,
+il avait trouvé les contingents du royaume de Fâs, dont son armée
+s’était grossie. De Meris el Bioḍ, il entra dans le pays des
+Zạïr à Talemaṛt. Là s’arrêtent les renseignements qu’on
+a pu me fournir.
+
+Le sultan, dans cette campagne, avait avec lui 10000 chevaux et 10000
+hommes de pied. Sur ce nombre, les troupes régulières (ạskris)
+et les mkhaznis comptaient pour peu de chose, pour cinq ou six mille
+hommes peut-être : le reste était le contingent des tribus soumises
+du royaume de Merrâkech. S’agit-il de faire une expédition de ce
+genre ? Si l’on est à Merrâkech, on mande les qaïds du voisinage,
+chacun avec ce qu’il peut ramasser d’hommes ; leur réunion forme
+un corps qui accompagne le sultan jusqu’à son arrivée dans une
+autre capitale, Fâs ou Meknâs. Là le service de ces contingents
+est terminé : chacun rentre dans ses foyers. Si au contraire on
+était à Fâs, ce seraient les fractions fidèles du Maroc du nord
+qui composeraient l’armée. Les corps ainsi rassemblés ne peuvent
+être très forts ; les tribus les plus puissantes, étant insoumises
+ou indépendantes, ne fournissent pas un homme : telles sont, pour
+le centre seulement, celles des Ichqern, des Zaïan, des Zạïr, des
+Zemmour Chellaḥa, des Beni Mgild, des Beni Mṭir, et toutes celles
+du Tâdla, excepté les Beni Miskin. Ces noms sont ceux des tribus
+non seulement les plus nombreuses, mais aussi les plus guerrières
+de la région. Il ne reste donc au gouvernement que les populations
+des bords de la mer, populations donnant des soldats médiocres.
+
+Comment dans ces conditions Moulei El Ḥasen peut-il impunément
+ravager les territoires de tribus aussi puissantes que celles du
+Tâdla, que les Zạïr ? C’est par suite de la désunion qui règne
+partout, non seulement entre les diverses tribus, mais encore parmi
+les fractions de chacune d’elles : les discordes, les rivalités,
+les rancunes sont telles, que rien, même l’intérêt commun, ne
+peut unir les différents groupes ; seule la voix d’un cherif ou
+d’un marabout respecté de tous pourrait produire momentanément
+ce miracle ; cette voix, grâce à la politique habile du sultan,
+se tait depuis un grand nombre d’années.
+
+
+[Note 30 : Les Doukkala sont une grande tribu dont le territoire est
+célèbre par sa fertilité ; il fait partie du Maroc du sud. Celui
+des Zemmour, au contraire, est compris géographiquement dans le
+Maroc du nord, que les gens du pays appellent plus particulièrement
+Ṛarb. Le surnom qu’on lui donne signifie donc : « la province
+la plus fertile, le Doukkala, du royaume de Fâs ».]
+
+[Note 31 : Les _nouaḍer_ sont d’épaisses mèches de cheveux que
+les Israélites marocains laissent pousser au-dessus de chaque oreille,
+et qui leur pendent le long des joues jusqu’au niveau du menton ou
+de l’épaule.]
+
+[Note 32 : Le mot _ạdjib_ s’emploie au Maroc avec le sens de
+« domaine agricole ».]
+
+[Note 33 : Ce chiffre nous paraît fort : il nous a cependant été
+donné de plusieurs côtés différents.]
+
+[Note 34 : Les Ạmrâni, ainsi que M. El Feḍil, sont des cherifs
+edrissides, ou plus correctement _Drisiin_. Tous les cherifs du Maroc
+se divisent en 2 familles. 1o Les _Drisiin_, ou descendants de Moulei
+Edris, enseveli au Zerhoun. Sont Drisiin : Moulei Ạbd es Selam el
+Ouazzâni et toute la postérité de Moulei Ṭîb ; Moulei El Feḍil,
+dont nous venons de parler ; Moulei El Madani, personnage tout-puissant
+chez les Beni Mṭir, etc. 2o Les _Ạlaouïa_, ou descendants de
+Moulei Ạli, venu de Ianbô et mort au Tafilelt. Sont Ạlaouïa :
+la dynastie du sultan actuel, Chikh Moḥammed El Ạrabi el Derkaoui,
+les cherifs de Qçâbi ech Cheurfa, etc.]
+
+[Note 35 : L’Ouad Grou, qui porte ce nom dans sa portion supérieure,
+et ceux de El Amgaz et de Bou Regreg dans son cours inférieur,
+prend sa source dans la tribu des Zaïan ; de là il traverse les
+territoires des Beni Zemmour, des Smâla et enfin des Zạïr.]
+
+[Note 36 : Voici ce qu’écrivait Ali Bey, en 1804, au sujet de
+la puissance de la zaouïa de Bou el Djạd et de Sidi El Ạrbi,
+qui en était alors le chef :
+
+« Je parlerai ici des deux plus grands saints qui existent maintenant
+dans l’empire du Maroc : l’un est _Sidi Ali Benhamèt_, qui
+réside à _Wazen_ ; et l’autre, qui se nomme _Sidi Alarbi Benmàte_,
+demeure à _Tedla_.
+
+« Ces deux saints décident presque du sort de l’empire, parce
+que l’on croit que ce sont eux qui attirent les bénédictions du
+ciel sur le pays. Dans les districts où ils habitent, il n’y a
+ni pacha, ni kaïd, ni gouverneur du sultan, et on n’y paie aucune
+espèce de tribut ; le peuple est entièrement gouverné par ces deux
+saints personnages, sous une espèce de théocratie et dans une sorte
+d’indépendance. La vénération dont jouissent ces personnages est
+si grande que, lorsqu’ils visitent les provinces, les gouverneurs
+prennent leurs ordres et leurs conseils...
+
+« Je n’ai pas vu Sidi Alarbi, qui était à Tedla ; mais je connais
+un de ses neveux, qui est venu me voir en son nom. Il est fort rouge,
+et tellement gros que sa respiration est fatigante. On assure que Sidi
+Alarbi est encore plus grand et plus gras. On voit que les jeûnes et
+les macérations sont loin de porter atteinte à la vigueur et à la
+santé de nos saints. Malgré sa grosseur, on ajoute que Sidi Alarbi
+monte légèrement à cheval et qu’il tire très bien un coup de
+fusil, ce qui est une nouvelle faveur de la divinité. Malheureusement
+quelques discussions se sont élevées entre lui et le sultan Muley
+Seliman. Ce dernier ayant fait construire une mosquée dans le
+territoire de Tedla et ayant sans doute manqué à certains égards,
+Sidi Alarbi crut devoir la convertir en écurie. Muley Seliman fit
+alors présent de mille ducats à Sidi Alarbi pour l’apaiser. Le
+vénérable saint envoya en échange mille moutons au sultan. Il
+faut espérer que cet acte de repentir gagnera la miséricorde de
+Dieu par la recommandation du saint. » (_Voyages d’Ali Bey el
+Abbasi en Afrique et en Asie pendant les années_ 1803, 1804, 1805,
+1806 et 1807 ; t. 1, chap. XV.)]
+
+[Note 37 : Le _miḥrab_ est une niche orientée dans la direction
+de la Mecque.]
+
+[Note 38 : « Maison du gouvernement ».]
+
+[Note 39 : Le sel abonde au Maroc. D’autres salines très riches,
+d’où l’on tire des dalles semblables à celles des Beni Mousa,
+se trouvent sur le territoire des Imeṛrân. Les rivières salées
+sont aussi en grand nombre : j’en ai rencontré plusieurs : ce sont
+l’Ouad Oumm er Rebiạ, l’Ouad Rḍât, l’Ouad Iounil, l’Asif
+Marṛen, l’Ouad Tisint, l’Ouad Tatta, l’Ạïn Imaṛiren
+(Ḥaḥa), etc. L’Ouad Messoun, affluent de la Mlouïa, est salé
+aussi, m’a-t-on dit.]
+
+[Note 40 : Au singulier _tiṛremt_, au pluriel _tiṛrematin_.]
+
+[Note 41 : Au singulier _agadir_, au pluriel _igoudar_.]
+
+
+
+
+ III.
+
+ DE QAÇBA BENI MELLAL A TIKIRT.
+
+
+ 1o. — DE QAÇBA BENI MELLAL A OUAOUIZERT.
+
+
+ 25 septembre 1883.
+
+Départ à 6 heures et demie du matin. Trois zeṭaṭs
+m’accompagnent, un de la tribu des Beni Mellal, deux de celle des
+Aït Atta d Amalou. Ouaouizert, où je vais, est située au pied
+méridional du Moyen Atlas, qui sépare la plaine du Tâdla du cours
+de l’Ouad el Ạbid, et dont, depuis Tagzirt, j’ai longé au bas
+le versant nord. J’ai donc à franchir cette chaîne. Les pentes
+en sont généralement escarpées ; dès qu’elles deviennent
+assez douces pour être cultivées, elles se couvrent de champs
+et des habitations apparaissent ; mais ces endroits sont rares :
+presque toutes les côtes sont raides et boisées ; sauf les places
+défrichées, clairières éparses de loin en loin, les flancs du
+massif sont revêtus d’une épaisse forêt : les lentisques, les
+caroubiers et les pins y dominent ; ils atteignent une hauteur de
+5 à 6 mètres. Le sol est moitié terre, moitié roche ; celle-ci
+n’apparaît point ici sous forme de longues assises, mais en blocs
+isolés qui émergent de terre entre les arbres. Une foule de ruisseaux
+d’eau courante arrosent l’un et l’autre versant. Le chemin,
+constamment en montagne, pénible partout, est très difficile
+en deux endroits : d’abord, au sortir de Qaçba Beni Mellal, au
+passage nommé Ạqba el Kharroub ; puis à l’approche du col,
+Tizi Ouaouizert, que précède une montée fort raide. A 1 heure,
+je parviens à Ouaouizert.
+
+Point de cours d’eau important pendant la route
+d’aujourd’hui. Peu de monde sur le chemin. Les habitations
+rencontrées étaient d’aspect misérable : c’étaient tantôt de
+petites maisons de 2 mètres de haut, construites en pisé, couvertes
+en terrasse, la plupart situées à mi-côte et à demi enfoncées
+sous terre, tantôt de simples huttes de branchages ; les quelques
+douars que j’ai vus ne se composaient que de cabanes rangées en
+rond : pas une tente véritable.
+
+ SÉJOUR A OUAOUIZERT.
+
+[Illustration : Djebel Beni Mellal.
+
+(Les parties ombrées sont boisées.) (Vue prise du mellah
+d’Ouaouizert.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Premiers échelons du Grand Atlas, formant le flanc
+gauche de la vallée de l’Ouad el Abid.
+
+(Les parties ombrées sont boisées.) (Vue prise du mellah
+d’Ouaouizert.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Dès la sortie de Qaçba Beni Mellal, je suis entré chez les Aït Atta
+d Amalou, sur le territoire desquels se trouve Ouaouizert. Ils n’ont
+rien de commun avec les Aït Atta du Dra, ni avec les Berâber. C’est
+une petite tribu tamaziṛt (chleuḥa), indépendante, dont les
+frontières sont : au nord, le Tâdla ; au sud, l’Ouad el Ạbid ;
+à l’est, les Aït Seri ; à l’ouest, les Aït Bou Zîd. Sur
+l’autre rive de l’Ouad el Ạbid, habitent les Aït Messaṭ. Les
+Aït Atta d Amalou peuvent mettre en ligne environ 800 fantassins
+et 150 cavaliers. Les chevaux sont rares dans cette contrée ; en
+revanche, on y élève un grand nombre de mulets. Les Aït Atta sont
+peu riches, quoique rien ne manque à leur pays pour être prospère :
+la montagne n’est que bois et pâturages ; sur les pentes douces,
+dans les vallées, dans la plaine d’Ouaouizert, le sol est fertile :
+on y voit des jardins et des cultures florissantes ; l’eau abonde
+partout ; des minerais de fer, de cuivre, d’argent, se trouvent,
+dit-on, sur le territoire. Mais les habitants ne savent point
+extraire ces derniers, et ils négligent les travaux des champs ;
+leurs troupeaux mêmes sont peu nombreux : ils ont des moutons, des
+chèvres et quelques vaches, le tout de race médiocre. Aussi est-ce
+une tribu de pillards, dont une bonne partie ne vit que de zeṭaṭas,
+de vols, de rapines de tout genre.
+
+[Illustration : Massif situé entre l’Ouad el Abid et l’Ouad
+Ouaouizert.
+
+(Les parties ombrées sont boisées.) (Vue prise du mellah
+d’Ouaouizert.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Ouaouizert.
+
+A. Groupes d’habitations.
+
+B. Cimetière.
+
+C. Qaçba Moulei Ismaïl (ruines).
+
+D. Marché.
+
+E. Mellah.]
+
+Ouaouizert est située au pied du Djebel Beni Mellal, au seuil
+d’une petite plaine traversée par l’Ouad el Ạbid. De quelque
+côté qu’on tourne les yeux, on ne voit que hautes montagnes,
+resserrant la vallée dans une ceinture étroite. La bourgade
+s’élève sur les deux rives d’un ruisseau qui porte son nom ;
+elle se compose de trois groupes d’habitations assez éloignés
+les uns des autres, unis par des vergers. L’un d’eux est une
+zaouïa, résidence d’une famille de marabouts, dont le chef
+actuel est Sidi Moḥammed ould Moḥammed. Dans les vergers, on
+voit quelques pans d’épaisses murailles, ruines d’une qaçba
+construite jadis par Moulei Ismạïl. Les maisons sont de pisé,
+à simple rez-de-chaussée couvert d’une terrasse ; au milieu
+d’elles, ainsi que dans la campagne voisine, se dressent un grand
+nombre de tiṛremts. Les arbres des jardins sont des oliviers, des
+pêchers et des figuiers ; les légumes, des piments, des oignons
+et des citrouilles. Ouaouizert renferme 800 ou 1000 habitants, dont
+100 à 150 Israélites. Malgré son peu de population, elle a une
+réelle importance, par son marché d’abord, marché qui se tient
+le vendredi et qui est très fréquenté, ensuite et surtout par
+sa position, qui en fait une des portes du Grand Atlas et le nœud
+de plusieurs routes. Trois passages principaux s’ouvrent dans le
+Grand Atlas entre les bassins de l’Oumm er Rebiạ et du Dra :
+l’un à l’ouest, menant de Zaouïa Sidi Reḥal au Telouet ; un
+autre au centre, conduisant de Demnât aux Haskoura ; le dernier en
+face d’Ouaouizert, débouchant dans l’Oussikis. Celui-ci est le
+chemin que prennent les caravanes venant de Merrâkech allant soit
+dans le haut Ouad Dâdes, soit au Todṛa, soit au Ferkla. A l’est
+de ce col, il n’y en a plus de fréquenté dans la chaîne jusque
+auprès de Qçâbi ech Cheurfa.
+
+[Illustration : Cavernes creusées dans le flanc droit de la vallée
+de l’Ouad Ouaouizert, à 3 kilomètres en amont d’Ouaouizert.
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Les costumes sont les mêmes ici que dans le Tâdla ; mais les femmes,
+comme déjà celles des Beni Mellal, font un usage immodéré de
+henné. C’est une exception. Les Marocaines n’en mettent pas
+d’ordinaire avec excès.
+
+Dans la vallée de l’Ouad Ouaouizert, à trois kilomètres au-dessus
+du village, se trouvent beaucoup de cavernes de Troglodytes comme
+celles décrites plus haut.
+
+J’entends causer ici du voyage d’un Chrétien. Habillé en
+Musulman, il traversa, il y a trois ans et demi, le Sous, le Tazeroualt
+et Ouad Noun. Puis il se rendit à Tindouf, d’où il partit pour le
+Soudan. A Tétouan et à Fâs, on m’avait parlé du docteur Lenz ;
+cela n’avait rien de surprenant ; mais comment s’attendre à ce
+qu’ici, en ce coin perdu de l’Atlas, si éloigné du théâtre
+de ses explorations, sa renommée fût parvenue ?
+
+[Illustration : Ouaouizert et vallée de l’Ouad Ouaouizert.
+
+(Vue prise des cavernes situées à 3 kilomètres en amont du village.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+
+ 2o. — D’OUAOUIZERT AUX ENTIFA.
+
+
+ 20 septembre.
+
+Départ d’Ouaouizert à 6 heures du matin. Je vais d’abord au
+Ḥad des Aït Bou Zîd, qui se tient aujourd’hui. J’y arrive
+à 7 heures un quart. Le chemin qui y mène longe la lisière nord
+de la plaine, au milieu de terrains tantôt rocheux et incultes,
+tantôt terreux et couverts de champs de blé.
+
+Le marché est très animé ; tant qu’il dure, il ne s’y
+trouve jamais moins de 600 personnes, et c’est un va-et-vient
+continuel. Cependant les objets qu’on y vend ne présentent pas
+grande variété. On y voit surtout des fruits et des légumes,
+apportés par les Aït Bou Zîd, achetés par les Aït Atta ; puis du
+bétail : moutons, chèvres, vaches du prix de 30 à 40 francs ; des
+grains, des peaux, de la laine. Les Juifs d’Ouaouizert étalent des
+belṛas, des bijoux, des poules, des cotonnades ; quelques marchands
+musulmans, coureurs de marchés de profession, vendent du thé,
+du sucre, des allumettes. Mais ici l’affaire importante n’est
+point le trafic, c’est le « jeu des chevaux ». Tout cavalier des
+Aït Bou Zîd est tenu de venir chaque dimanche y prendre part ; une
+amende de 10 francs punit les manquants. Voici comme on procède à
+cet exercice : on se forme par pelotons de 10 à 20 ; successivement
+chacun de ces groupes prend le galop, charge, fait feu, s’arrête et
+démasque, laissant la place au suivant ; puis il recharge les armes,
+pour recommencer quand son tour reviendra.
+
+[Illustration : Entrée du long défilé où s’enfonce l’Ouad el
+Abid, au sortir de la plaine d’Ouaouizert.
+
+(Vue prise de cette plaine.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+A 4 heures, je quitte le marché sous l’escorte d’un zeṭaṭ
+des Aït Bou Zîd, sur le territoire desquels je suis à présent. Je
+continue à longer, sur un sol semblable à celui de ce matin, la
+lisière nord de la plaine ; les montagnes qui l’entourent paraissent
+fort habitées : on y entrevoit des cultures partout où les pentes ne
+sont pas trop raides, un grand nombre de tiṛremts se dressent sur
+leurs flancs. A 5 heures, j’atteins l’extrémité de la plaine,
+et en même temps les bords de l’Ouad el Ạbid. Celui-ci est
+une belle rivière, au courant impétueux, aux nombreux rapides ;
+ses eaux, vertes et claires, occupent le tiers d’un lit de 60
+mètres de large, sans berges, moitié vase, moitié gravier, semé
+de gros blocs de rochers ; il se remplit en entier durant l’hiver ;
+quatre ou cinq fois plus forte qu’elle n’est en ce moment, la
+rivière coule alors avec une violence extrême. En toute saison,
+on ne peut la passer qu’à des gués assez rares. A partir d’ici,
+j’en suis le cours, marchant tantôt le long de ses rives, tantôt
+à mi-côte de ses flancs, suivant les difficultés du terrain ; elles
+deviennent bientôt très grandes. L’Ouad el Ạbid, en sortant de
+la plaine, s’enfonce dans une gorge profonde ; le bas en a juste
+la largeur de la rivière ; les côtés sont deux murailles de grès,
+qui atteignent par endroits plus de 100 mètres de hauteur ; au-dessus,
+se dressent les massifs mi-terreux, mi-rocheux de la chaîne au travers
+de laquelle l’ouad se fraie si violemment passage. Leurs pentes,
+souvent escarpées, sont raides partout, parfois inclinées à 2/1,
+d’ordinaire à 1/1 presque jamais à 1/2. C’est avec la plus grande
+peine que l’on suit la vallée ; rarement on peut marcher au fond :
+il est occupé par les eaux ; le chemin tantôt serpente dans la
+montagne, au-dessus des parois de la gorge, tantôt est taillé dans
+le roc, au flanc même de ces parois, et surplombe la rivière. Ce
+sont des passages extrêmement difficiles, les plus difficiles que
+j’aie jamais trouvés. Ils se franchissent pourtant trop vite au
+gré du voyageur. L’œil ne se lasse pas de contempler ce large cours
+d’eau roulant ses flots torrentueux entre d’immenses murailles de
+pierre, au pied de ces montagnes sombres, dans cette région sauvage
+où le seul vestige humain est quelque tiṛremt suspendue à la
+cime d’un rocher. A l’entrée de ce long défilé, est la maison
+de mon zeṭaṭ, Dar Ibrahim. Nous y faisons halte à 5 heures et
+demie du soir. Peu de temps avant d’arriver, j’ai vu un affluent
+se jeter sur la rive gauche de l’Ouad el Ạbid : c’est l’Ouad
+Aït Messaṭ, belle rivière aux eaux vertes, au courant impétueux,
+de 12 à 15 mètres de large, venant du sud par une gorge profonde.
+
+Les Aït Bou Zîd, chez lesquels je suis, sont de race tamaziṛt
+(chleuḥa) et indépendants. Leur territoire, tout en montagne,
+occupe la portion du Moyen Atlas bornée au nord par le Tâdla, au
+sud par l’Ouad el Ạbid, à l’est par les Aït Atta d Amalou,
+à l’ouest par les Aït Ạtab et les Aït Ạïad. Ils peuvent
+armer environ 1000 fantassins et 300 cavaliers. Cette tribu est
+renommée pour sa richesse : en effet, tant que je serai sur ses
+terres, je ne cesserai d’admirer des preuves de l’intelligence
+et de l’activité des habitants ; nulle part au Maroc les cultures
+ne m’ont paru mieux soignées, les chemins aussi bien aménagés,
+dans un pays plus difficile. Toutes les portions du sol dont on a pu
+tirer parti sont plantées : ici sont des blés, là des légumes,
+ailleurs des oliviers ; ils s’étagent par gradins, une succession
+de murs en maçonnerie retenant les terres ; sur ces pentes raides,
+on ne peut labourer à la charrue : tout se travaille à la pioche. Les
+chemins sont la plupart bordés de bourrelets de pierre ; en certains
+points ; ils sont taillés dans le roc : des consoles les soutiennent,
+des ponts sont jetés au-dessus des crevasses. Les maisons n’ont
+qu’un rez-de-chaussée, mais sont bien construites ; elles sont en
+pierre cimentée, mais non taillée. Les tiṛremts sont nombreuses
+et grandes ; quelques-unes, se dressant au sommet de rocs escarpés,
+semblent presque inaccessibles. Ces ouvrages témoignent d’une
+population active et industrieuse. Les Aït Bou Zîd ont un usage qui
+leur est spécial, et que nous ne retrouverons ailleurs que loin vers
+l’ouest et dans une seule tribu, les Ḥaḥa. C’est celui de se
+disséminer, maison par maison, chacun au milieu de ses cultures,
+au lieu de se grouper par villages. Sur leur territoire, on n’en
+rencontre pas : on ne voit que demeures isolées, semées sans ordre
+au flanc de la montagne.
+
+Une légère modification se fait ici dans l’armement : plus
+de baïonnettes ; tout le monde porte le sabre. De plus, le fusil
+change : la crosse, de courte et large, devient longue et étroite ;
+elle était simple : elle se couvre d’ornements, incrustations d’os
+et de métal. Ces deux modèles sont les seuls qui existent au Maroc ;
+le premier est d’un usage universel au nord de l’Atlas ; dans
+cette chaîne et au Sahara, on le trouve quelquefois, mais rarement,
+c’est le second qui domine.
+
+Le tamaziṛt est l’idiome général des tribus que j’ai
+traversées depuis Meknâs ; mais jusqu’à Qaçba Beni Mellal tout
+le monde, dans les familles aisées, savait l’arabe. Depuis que
+je suis dans l’Atlas, il n’en est plus de même. Ici, bon nombre
+d’hommes parlent encore cette langue, mais les femmes l’ignorent
+complètement.
+
+ 1er octobre.
+
+[Illustration : Vallée de l’Ouad el Abid.
+
+Village situé sur une roche de sa rive gauche, entre Dar Ibrahim et
+Aït ou Akeddir.
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Départ à 5 heures du matin. Telle était hier soir la vallée de
+l’Ouad el Ạbid, telle elle reste aujourd’hui ; les hautes
+montagnes qu’elle traverse sont, à l’exception des places
+cultivées, entièrement boisées : oliviers sauvages, pins, mêlés
+parfois de lentisques et de caroubiers. Par instants, le fond de la
+gorge se resserre au point de n’avoir que 30 mètres de large ;
+par moments, il s’étend un peu et a jusqu’à 100 mètres : en
+ces endroits, d’autant plus fréquents qu’on avance davantage,
+les bords de l’ouad se garnissent de lauriers-roses, les parois de
+la vallée s’abaissent et s’inclinent, quelques arbres poussent
+aux fentes des rochers. La gorge, jusqu’au point où la rivière
+sort de l’Atlas, présente donc l’aspect suivant : une série
+d’étranglements très étroits unis par des défilés, lesquels,
+resserrés au début, s’élargissent peu à peu à mesure qu’on
+descend, en même temps que leurs flancs deviennent moins escarpés. Au
+bout d’une heure et demie, la muraille rocheuse s’est déjà
+beaucoup abaissée dans ces endroits ; un peu plus tard, elle fait
+par moments place à la terre, et la forêt arrive jusqu’au bord
+des eaux. A dater de 8 heures et demie, la largeur habituelle est
+100 mètres ; des trembles, des oliviers, couvrent le fond ; les
+parois de roche sont très basses ou remplacées par des talus de
+terre à 1/1 ; quelques maisons entourées de vergers apparaissent
+sur les pentes. Des étranglements resserrent encore par moments la
+vallée, mais de chacun elle sort plus large. A 9 heures et demie,
+elle a 150 mètres et se remplit de jardins ; les flancs en sont à
+1/1 ou à 1/2 ; des habitations s’y élèvent de toutes parts. Elle
+reste ainsi jusqu’à Aït ou Akeddir, où j’arrive à 10 heures
+et demie du matin.
+
+[Illustration]
+
+En chemin, j’ai traversé l’Ouad el Ạbid plusieurs fois,
+la première vers 6 heures (25 mètres de large, 70 centimètres de
+profondeur), la dernière vers 10 heures un quart (40 mètres de large,
+50 centimètres de profondeur). Partout les eaux étaient les mêmes,
+limpides, vertes, impétueuses ; partout elles coulaient sur un lit
+de gros galets, sans berges ; les blocs de roche dont était semé
+le lit au commencement avaient disparu dans la dernière partie du
+trajet. Depuis 8 heures et demie, les rives étaient garnies d’un
+grand nombre d’appareils qui servent aux habitants à traverser en
+hiver, lorsque, les eaux étant hautes, on ne peut plus franchir à
+gué ; ces machines se composent de deux fortes piles de maçonnerie
+établies l’une de chaque côté de la rivière ; en leur milieu
+sont fixés de gros troncs d’arbres, auxquels s’amarrent les cordes
+servant au passage. Le sol du fond de la vallée est partout de terre.
+
+ 2 et 3 octobre.
+
+Séjour à Aït ou Akeddir. Les Aït Ạtab, chez lesquels je suis,
+sont une tribu tamaziṛt (chleuḥa), indépendante. Leur territoire
+est limité : au nord, par les Aït Ạïad et le Tâdla ; à l’est,
+par les Aït Bou Zîd ; au sud et à l’ouest, par l’Ouad el
+Ạbid. Ils peuvent mettre en ligne environ 1200 fantassins et 300
+chevaux. Deux marchés sur leur territoire : Ḥad d’Aït Ạtab
+et Arbạa d’Ikadousen ; Ikadousen est le nom d’une de leurs
+fractions, qui habite vers le nord-ouest du point où je suis.
+
+Aït ou Akeddir est un gros village, situé sur les premières
+pentes du flanc droit de l’Ouad el Ạbid, à un coude que fait la
+rivière ; les environs de ce centre sont la portion la plus habitée
+du territoire des Aït Ạtab. Auprès de lui s’élèvent à peu
+de distance plusieurs autres groupes, parmi lesquels on distingue
+El Ḥad, où se tient le marché. En face, le flanc gauche est
+hérissé d’une foule de maisons, de tiṛremts, s’étageant en
+amphithéâtre au milieu des oliviers. Ces constructions, ainsi que
+toutes celles de la tribu, sont en pisé. La population totale de
+ces diverses agglomérations peut être de 2000 âmes, dont 200 Juifs
+répartis en deux mellaḥs. Chaque village est entouré d’arbres
+fruitiers. De grands jardins occupent le fond de la vallée, où
+l’on ne bâtit point, de peur des inondations.
+
+ 4 octobre.
+
+[Illustration : Point où l’Ouad el Abid sort de la montagne et
+entre en plaine. (Vue prise de Tabia.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Départ à 5 heures du matin. Un homme des Aït Ạtab me sert de
+zeṭaṭ. A quelque distance d’ici, l’Ouad el Ạbid s’enfonce
+de nouveau dans une gorge profonde ; il y reste enfermé jusqu’à
+Tabia, où il sort de l’Atlas et entre en plaine. Je prends un
+chemin qui passe à quelque distance de la rivière, sur un petit
+plateau couvert de cultures et semé d’amandiers ; des tiṛremts
+se dressent de toutes parts ; de grands troupeaux paissent sur les
+côtes. A 10 heures, je reviens sur les bords de l’Ouad el Ạbid au
+lieu même où, débouchant de la montagne par une brèche sauvage,
+il s’élance dans la plaine. Je le traverse et je gagne le petit
+village de Tabia, situé sur sa rive gauche. Me voici en blad el
+makhzen, pour la première fois depuis Meknâs. En passant la rivière,
+je suis entré sur le territoire des Entifa, tribu soumise. Ici,
+plus de zeṭaṭ, plus d’escorte ; on voyage seul en sûreté[42].
+
+Je repars donc aussitôt avec un simple guide pris à Tabia. Laissant
+l’Ouad el Ạbid prendre sa course vers le nord-ouest, je me
+maintiens près de la montagne. C’est toujours le Moyen Atlas ;
+j’en longe le pied par une succession de plateaux bas et de côtes
+douces : les plateaux ont un sol sablonneux, avec des pâturages
+et quelques cultures ; les coteaux, rocheux[43] et nus à la partie
+supérieure, sont terreux et garnis de villages et de jardins à leur
+pied. Vers 3 heures, j’atteins une bourgade qui sera mon gîte,
+Djemaạa Entifa.
+
+Assez nombreux voyageurs sur la route pendant cette journée. Point
+d’autre cours d’eau que l’Ouad el Ạbid ; au gué de Tabia où
+je l’ai traversé, il avait 40 mètres de large et 70 centimètres de
+profondeur. Toujours même lit de galets, même eau limpide et verte,
+même courant impétueux. Les roches au pied desquelles il coule en
+sortant de l’Atlas sont de grès, comme toutes celles de sa vallée
+depuis le point où j’y suis entré.
+
+Djemaạa Entifa ne porte point ce nom à cause d’un marché ; elle
+en possède un, mais qui se tient le lundi. Le village se compose de
+trois groupes d’habitations, distribués sur les deux rives d’un
+ruisseau. Des jardins, vraie forêt d’oliviers, les unissent et
+les entourent. La population est d’environ 1500 habitants, dont 200
+Israélites. Cette localité fait un commerce actif, d’une part avec
+Bezzou et Demnât, de l’autre avec les tribus du sud. Non loin de là
+est la demeure du qaïd des Entifa. La juridiction de ce gouverneur
+est limitée : au nord, par les Sraṛna et l’Ouad el Ạbid ;
+à l’est, par l’Ouad el Ạbid et les Aït Messaṭ ; au sud,
+par les Aït b Ougemmez et les Aït b Ououlli ; à l’ouest, par la
+province de Demnât et les Sraṛna. Elle comprend, outre les Entifa,
+Bezzou au nord, les Aït Abbes et les Aït Bou Ḥarazen au sud-est.
+
+
+ 3o. — DES ENTIFA A ZAOUIA SIDI REHAL.
+
+
+ 5 octobre.
+
+Départ à 5 heures du matin, en compagnie d’une caravane de cinq
+à six personnes ; le pays est sûr ; on est en blad el makhzen :
+point d’escorte. D’ici à Demnât, je continuerai à cheminer
+sur les premières pentes de l’Atlas, en me rapprochant de plus
+en plus de son pied. Pendant ce trajet, je passerai insensiblement
+du Moyen Atlas au grand : les deux chaînes paraissent se rejoindre
+à la trouée de la Teççaout, où serait l’extrémité de la
+première. Ma route d’aujourd’hui se divise en deux portions
+distinctes : de Djemaạa Entifa à l’Ouad Teççaout, et de
+la Teççaout à Demnât. Dans la première partie, le pays est
+accidenté, le sol pierreux, quelquefois rocheux ; il est souvent nu,
+par moments garni de palmiers nains et de taçououts, ou boisé ;
+peu d’eau ; cependant, au flanc des coteaux, au fond des ravins,
+sur les sommets, s’élèvent une foule de villages, entourés de
+grandes plantations d’oliviers, avec des haies de cactus : en somme,
+région d’aspect triste, mais fort habitée. A 9 heures et demie,
+j’arrive au bord de la Teççaout : c’est la Teççaout Fouqia,
+appelée aussi Ouad Akhḍeur « Rivière Verte ». Elle est bien
+nommée ; elle coule au milieu d’une végétation merveilleuse,
+à l’ombre de grands oliviers, dans une vallée couverte de champs
+et de vergers. A partir de la Teççaout, j’entre dans une région
+nouvelle : accidents de terrain moins sensibles ; sol terreux ; foule
+de ruisseaux ; nombreux villages ; à chaque instant jardins immenses,
+à végétation superbe, à arbres séculaires : c’est au travers
+de ce beau pays que je parviens à Demnât. J’entre dans la ville
+à midi et demi.
+
+Durant toute la journée, beaucoup de monde sur le chemin. Je n’ai
+point traversé d’autre cours d’eau important que l’Ouad
+Teççaout : il avait 15 mètres de large et 50 centimètres de
+profondeur ; eaux claires ; courant rapide ; lit de galets ; berges
+de terre, en pente douce, de 1 mètre à 1m,50 de hauteur.
+
+ 6 et 7 octobre.
+
+Séjour à Demnât. Cette ville est le siège d’un qaïd qui
+gouverne la province de Demnât ; celle-ci a pour limites : au nord,
+les Sraṛna ; à l’est, les Entifa et les Aït b Ououlli ; au sud,
+les pentes supérieures du Grand Atlas ; à l’ouest, les Glaoua et
+les Zemrân.
+
+[Illustration : Demnât.
+
+1. Enceinte de la ville.
+
+2. Enceinte de la qaçba.
+
+3. Demeure du qaïd.
+
+4. Mosquée.
+
+5. Mosquée.
+
+6. Synagogue principale.
+
+7. Place du marché.
+
+8. Vergers.]
+
+Demnât est entourée d’une enceinte rectangulaire de murailles
+crénelées, garnies d’une banquette et flanquées de tours ; le
+tout est en bon état, sans brèches ni portions délabrées. Trois
+portes donnent entrée dans la ville. La qaçba a son enceinte à part
+et est bordée de fossés ; ceux-ci, les seuls que j’aie vus au
+Maroc, ont 7 à 8 mètres de large sur 4 ou 5 de profondeur et sont
+en partie remplis d’eau. Au milieu de ce réduit, s’élèvent
+la mosquée principale et la maison du qaïd. Murailles, qaçba,
+mosquées, maisons, toutes les constructions de la ville sont en
+pisé ; rien n’est blanchi, sauf la demeure du qaïd et le minaret
+qui l’avoisine. Le reste est de la couleur brun sombre qui distingue
+les habitations depuis Bou el Djạd. L’intérieur de l’enceinte
+est aux deux tiers couvert de maisons, en bon état, quoique mal
+bâties. Le dernier tiers est occupé partie par des cultures,
+partie par la place du marché : point de terrains vagues, point de
+ruines ; en somme, air prospère. La population est d’environ 3000
+âmes, dont 1000 Israélites ; ceux-ci n’ont pas de mellaḥ ;
+ils habitent pêle-mêle avec les Musulmans, qui les traitent avec
+une exceptionnelle bonté. Demnât et Sfrou sont les deux endroits
+du Maroc où les Juifs sont le plus heureux. Il y a d’autres
+rapprochements à faire entre ces deux villes, dont les points
+de ressemblance frappent l’esprit : même situation au pied de
+l’Atlas, à la porte du Sahara ; population égale, et composée
+d’une manière semblable ; prospérité presque pareille ; même
+genre de trafic ; même caractère doux et poli des habitants ;
+même ceinture d’immenses et superbes jardins. En un mot, ce que
+Sfrou est à Fâs, Demnât l’est à Merrâkech.
+
+[Illustration : Partie occidentale de la ville et des jardins de
+Demnât. (Vue prise de la synagogue principale.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Le commerce de Demnât est le suivant : les tribus de l’Atlas et
+du Sahara (Dâdes, Todṛa) viennent s’y approvisionner de produits
+européens et d’objets fabriqués dans les villes marocaines, tels
+que cotonnades, sucre, thé, parfumerie, bijouterie, belṛas ; elles
+y cherchent aussi des grains, mais en petite quantité : en échange,
+elles apportent des peaux, des laines et des dattes, que les habitants
+de Demnât expédient à Merrâkech. Ce commerce, florissant autrefois,
+a fait la richesse de la ville : il est en décadence depuis quatre ou
+cinq ans. A cette époque, le sultan envoya un amin d’une rapacité
+telle que le trafic ne fut plus possible : tout ce qui passait les
+portes de la cité était, quelle qu’en fût la provenance, frappé
+d’un droit arbitraire si élevé que bientôt les tribus voisines
+et les caravanes du sud désertèrent ce marché, et se portèrent
+en masse sur Merrâkech, où elles se fournissent à présent.
+
+Demnât est entourée de toutes parts d’admirables vergers, les
+plus vastes du Maroc. Au milieu d’eux sont disséminés une foule
+de villages se touchant presque, qui forment comme des faubourgs de
+la ville. Ces jardins sont renommés au loin ; leur fertilité, leur
+étendue, la saveur et l’abondance de leurs fruits, les excellents
+raisins qui s’y récoltent sont légendaires.
+
+Presque contigus aux vergers de Demnât, s’en trouvent d’autres
+très célèbres, que nous avons traversés en venant : ceux d’Aït
+ou Aoudanous. Ils rappellent un triste exemple de la rapacité du
+sultan et de la malheureuse condition de ses sujets. Ces jardins,
+domaine immense et merveilleux, forêt d’oliviers séculaires et
+d’arbres fruitiers de toute espèce, arrosés par des ruisseaux
+innombrables, appartenaient, il y a quelques années, à un homme
+fameux par ses richesses et son luxe, Ben Ạli ou El Maḥsoub,
+dont la vaste demeure s’élève encore au sommet d’un mamelon qui
+les domine. Cette fortune énorme, cette ostentation, ce pouvoir,
+portèrent ombrage au sultan. Soit pure cupidité, soit crainte de
+l’influence croissante d’un homme aussi puissant, il le fit une
+nuit surprendre, saisir, emmener : on le jeta en prison dans l’île
+de Mogador. En même temps, ses biens furent confisqués et réunis à
+ceux de la couronne. J’appris plus tard à Mogador que le malheureux
+Ben Ạli, qu’on y connaissait sous le nom d’El Demnâti, avait,
+après plusieurs années de captivité, obtenu sa liberté au prix
+de tous ses biens. Mais il n’en jouit pas. Au sortir de prison,
+à la porte de Mogador, il mourut.
+
+ 8 octobre.
+
+Départ à 8 heures et demie du matin. D’ici à Zaouïa Sidi
+Reḥal, je serai encore en blad el makhzen ; région sûre ; un guide
+suffit. La route longe constamment la lisière d’une vaste plaine qui
+s’étend au pied du Grand Atlas. Sol terreux et uni. A gauche, sont
+les premières pentes de la montagne, pentes assez douces, partie nues
+ou couvertes de palmiers nains, partie boisées ; d’aucun point on
+ne distingue les crêtes. A droite, on ne voit qu’une immense plaine
+s’allongeant à perte de vue vers l’ouest ; elle est bornée à
+l’est par les masses lointaines et grises du Moyen Atlas, au nord
+par les collines éloignées des Rḥamna, qui séparent les bassins
+de l’Oumm er Rebiạ et de la Tensift. Jusqu’à la Teççaout
+Taḥtia, la plaine est couverte de pâturages, et une foule de
+villages entourés de bois d’oliviers la sèment de points sombres ;
+ces vastes étendues pleines de troupeaux, ces innombrables oasis de
+verdure, forment un beau tableau de paix et d’abondance. A partir
+de la Teççaout, les oliviers diminuent ; bientôt ils cessent :
+en même temps, les pâturages font place à des cultures. A 6 heures
+du soir, j’arrive à Zaouïa Sidi Reḥal. Au loin, dans le disque
+enflammé du soleil couchant, on aperçoit la haute tour de Djamạ
+el Koutoubia, mosquée de Merrâkech.
+
+Durant toute la journée, beaucoup de monde sur la route. Un seul
+cours d’eau important : l’Ouad Teççaout Taḥtia (eaux claires
+et courantes de 20 mètres de large et de 30 à 40 centimètres
+de profondeur, coulant sur un lit de galets trois fois plus grand,
+entre deux berges rocheuses, tantôt à 1/1, tantôt à 1/2).
+
+Zaouïa Sidi Reḥal est une bourgade du territoire des Zemrân ;
+entourée de murs bas sans prétentions militaires, bâtie en
+pisé, elle a environ 1000 habitants ; au milieu s’élèvent
+une belle qoubba, où reposent les restes de Sidi Reḥal, et une
+zaouïa, où vivent les marabouts ses descendants ; ces derniers
+sont fort vénérés dans le pays : de toutes les tribus voisines,
+des Zemrân, des Rḥamna, des Sraṛna, de Demnât, de Merrâkech
+même, on les visite, on leur apporte des offrandes. En dehors de
+l’enceinte musulmane, formant un faubourg isolé, se trouve un
+petit mellaḥ. Jardins peu étendus.
+
+
+ 4o. — DE ZAOUIA SIDI REHAL A TIKIRT.
+
+
+ 9 octobre.
+
+Quoique blad el makhzen, le pays n’est pas assez sûr pour
+marcher sans zeṭaṭ ; mais un seul homme suffit. Je trouve
+sans peine quelqu’un pour m’escorter. Départ à midi et
+demi. Un cours d’eau sort ici même du Grand Atlas. C’est
+l’Ouad Rḍât. Il prend sa source au sommet de la chaîne, à la
+dépression considérable appelée _Tizi n Glaoui_, et en descend
+dans une direction perpendiculaire aux crêtes ; cette rivière trace
+ainsi une route courte et facile pour franchir la chaîne. Je m’y
+engage. Jusqu’au Tizi, je resterai dans le bassin de l’ouad, et
+pendant la plus grande partie du trajet j’en suivrai le cours. De
+Sidi Reḥal aux environs de Zarakten, où je quitterai la vallée
+de l’Ouad Rḍât, celle-ci présente le même aspect : le fond
+n’en a jamais plus de 100 mètres de large, le plus souvent il a
+beaucoup moins ; les flancs sont habituellement des talus boisés
+à 1/1, quelquefois des murailles rocheuses presque à pic. C’est
+lorsque les pentes de ces flancs sont les plus raides que le fond
+est le plus large, lorsqu’elles sont les plus douces qu’il est le
+plus étroit. Tantôt ce dernier est couvert des galets, des blocs de
+roche qui forment le lit de la rivière : dans ces points croissent,
+entre les pierres, des lauriers-roses et des pins ; ailleurs il y a
+un peu de terre : on trouve alors des jardins, avec des figuiers et
+des oliviers. De même pour les flancs. Moitié terre, moitié grès,
+ils sont la plupart du temps escarpés et couverts de forêts où
+se mêlent les lentisques, les tiqqi, les teïda et les teceft. Mais
+aux rares endroits où les côtes sont moins abruptes, on rencontre
+des villages, et à leur pied, des cultures et des vergers. Les
+villages sont disposés en long : chacun forme plusieurs groupes,
+échelonnés dans le sens de la vallée. Les plantations s’étagent
+au-dessous, disposées par gradins ; de petits murs retiennent la
+terre. Les champs sont des champs d’orge et de maïs ; des figuiers,
+des grenadiers, des oliviers, de la vigne, et surtout une foule de
+noyers les ombragent : le noyer apparaît ici pour la première fois ;
+cet arbre abonde sur les deux versants du Grand Atlas ; je ne l’ai
+pas vu ailleurs. Telle sera la vallée de l’Ouad Rḍât jusque
+auprès de Tagmout, où je la quitterai. Le chemin tantôt en suit
+le fond, tantôt serpente sur ses flancs ; il est presque partout
+raide et pénible, difficile en peu d’endroits. Aujourd’hui,
+je fais une étape très courte : je m’arrête à Enzel, village
+de 600 habitants, où je passerai la nuit ; il n’est que 3 heures
+lorsque j’y arrive.
+
+Durant le trajet, beaucoup de monde sur la route. L’Ouad Rḍât
+avait, à Zaouïa Sidi Reḥal, 6 mètres de large et 20 centimètres
+de profondeur ; les eaux en étaient claires et courantes, légèrement
+salées ; elles coulaient au milieu d’un lit de galets de 60
+mètres, bordé de berges de terre d’un mètre. Cette rivière est,
+m’affirme-t-on, un affluent de la Tensift : elle s’y jetterait
+après avoir arrosé le territoire des Zemrân et celui des Glaoua.
+
+Cette dernière tribu est celle où je suis entré en sortant de
+Zaouïa Sidi Reḥal ; un qaïd nommé par le sultan la gouverne ; il
+réside à Imaounin, dans le Telouet : son autorité réelle s’étend
+sur les Glaoua et sur le Ouarzazât, son pays natal ; son pouvoir
+nominal va jusqu’aux Aït Zaïneb, son influence jusqu’à Tazenakht
+et jusqu’au Mezgîṭa. La première seule de ces trois régions est
+considérée comme blad el makhzen ; seule elle fournit des soldats
+et paie l’impôt : les deux autres sont blad es sîba. Cependant,
+dans la seconde, la parole du qaïd est prise en considération ; mais
+à condition qu’il ne réclame que des choses faciles, ne coûtant
+rien aux habitants ; il ne se hasarderait pas à leur en demander
+d’autres, sachant que ce serait provoquer des refus ; il ne se
+mêle en aucune façon de leur administration, de leurs différends,
+des guerres qu’ils peuvent se faire entre eux ; mais son ạnaïa
+est respectée : des gens de sa maison, esclaves ou mkhaznis, peuvent
+servir de zeṭaṭs ; on voyage en sûreté sous sa protection. Il
+n’en est plus de même dans la troisième région : la suprématie,
+même nominale, du sultan n’y est pas reconnue ; tout ce que peut
+faire le qaïd est d’entretenir des rapports d’amitié avec les
+chefs des deux grandes maisons voisines, les chikhs de Tazenakht et du
+Mezgîṭa. Il ne saurait servir de zeṭaṭ sur leurs territoires,
+mais ses lettres assureraient un bon accueil auprès d’eux. Au delà,
+ni son nom ni celui du makhzen ne sont connus.
+
+Le commerce des Glaoua est actif : il consiste presque uniquement en
+l’échange des grains du nord contre les dattes du Dra. Deux marchés
+dans la tribu : le Tenîn de Telouet et le Khemîs d’Enzel. Les
+Glaoua sont Imaziṛen de langue comme de race, ainsi que toutes
+les tribus que je verrai dans les massifs du Grand et du Petit
+Atlas : de Zaouïa Sidi Reḥal à Tisint, la première oasis que
+j’atteindrai, il n’y a pas un seul Arabe. Ici apparaît pour la
+première fois un vêtement original, d’un usage universel chez
+les Glaoua, dans le Dra, dans le bassin du Sous, dans la chaîne du
+Petit Atlas ; c’est le _khenîf_ : qu’on se figure une sorte de
+bernous court, de laine teinte en noir, avec une large tache orange,
+de forme ovale, occupant tout le bas du dos ; cette sorte de lune
+si étrangement placée est tissée dans le bernous même, et les
+bords en sont ornés de broderies de couleurs variées ; le bas du
+bernous est garni d’une longue frange, le capuchon d’un gros
+gland de laine noire. La plupart des hommes, enfants et vieillards,
+Musulmans et Juifs, portent ce vêtement ; les autres se drapent dans
+des ḥaïks de laine blanche. On garde le sommet de la tête nu,
+comme dans le reste du Maroc ; mais la bande, large ou étroite, qui
+se roule d’habitude à l’entour, au lieu d’être de cotonnade
+blanche, est de laine noire. Les belṛas se remplacent fréquemment
+par des sandales. On ne voit plus de sabres qu’aux cavaliers :
+ces armes sont donc peu nombreuses, les chevaux étant rares dans le
+Grand comme dans le Petit Atlas. On cesse de porter la poudre dans
+des poires : on la met dans des cornes. Ce sont, soit des cornes
+naturelles à armatures de cuivre, soit, plus souvent, des cornes
+en cuivre ciselé ; elles ne manquent pas de grâce ; des sachets
+de cuir pour les balles s’y attachent. Ce modèle, en usage dès
+les premières pentes septentrionales du Grand Atlas, est le seul
+employé dans cette chaîne et dans tout le sud : il n’y a que deux
+exceptions ; nous les signalerons plus tard ; l’une est vers l’est,
+dans le bassin du Ziz, l’autre vers l’ouest, dans le Sahel.
+
+ 10 octobre.
+
+[Illustration : Adrar n Iri et Tizi n Telouet. (Vue prise d’Ifsfes.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+D’Enzel à Tagmout, je suis la vallée de l’Ouad Rḍât,
+telle que je l’ai décrite hier. Parti à 5 heures du matin,
+j’arrive à 11. Chemin faisant, je passe auprès des ruines
+d’un pont attribué par les uns aux Chrétiens, par les autres
+à es Soulṭân el Akḥeul : on cite toujours ces deux noms au
+Maroc dès qu’il s’agit d’ouvrages dont on ne connaît pas les
+auteurs ; ce pont, dont il reste quatre arches en pierre, s’élève
+sur la rivière au point de jonction des chemins de Merrâkech et de
+Zaouïa Sidi Reḥal. Il me paraît d’origine musulmane. Plusieurs
+gros villages jalonnent la route : les deux principaux sont Ifsfes
+(600 habitants) et Zarakten (800 habitants). L’Ouad Ifraden, le
+seul que je traverse, est un ruisseau de 2 mètres de large ; les
+eaux en sont salées, comme toutes celles des environs : les flancs
+mêmes de la montagne sont par endroits blancs de sel. Durant cette
+matinée, de hauts massifs ne cessent de se dresser de tous côtés
+au-dessus de ma tête : vers le sud, au milieu d’une longue crête,
+j’aperçois l’échancrure du Tizi n Telouet et, à sa gauche, la
+cime rose de l’Adrar n Iri dominant toutes les autres. Du monde passe
+sur le chemin. Beaucoup de gibier ; quantité énorme de perdreaux :
+tout le long de la route, j’en vois courir à mes pieds ; ils se
+lèvent rarement ; on ne les chasse pas : quand les habitants veulent
+en manger, ils en tuent à coups de pierres.
+
+ 11, 12, 13 octobre.
+
+[Illustration : Portion supérieure de Tagmout et vallée de l’Ouad
+Adrar n Iri.
+
+(Les parties ombrées sont boisées.) (Vue prise d’un groupe de
+maisons de Tagmout situé en aval.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Adrar n Iri. (Vue prise de Tagmout.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Séjour à Tagmout. Le village a 800 ou 900 habitants. Situé sur
+le bord de l’Ouad Adrar n Iri, il est fractionné en plusieurs
+groupes qui s’espacent sur les premières pentes du flanc gauche de
+la vallée, au milieu de cultures et de jardins : ceux-ci occupent
+aussi une partie du fond, qui a ici 60 mètres de large. Tagmout
+compte parmi les Aït Robạ : cette fraction se compose de tout ce
+qui habite sur le cours de l’Ouad Adrar n Iri. Zarakten forme une
+autre fraction, Enzel une autre encore. Les villages de ce versant
+sont d’aspect misérable : les maisons, de pierre et couvertes en
+terrasse, sont mal bâties ; elles n’ont qu’un rez-de-chaussée,
+parfois à demi enfoncé dans le sol.
+
+ 14 octobre.
+
+[Illustration : Adrar n Iri et Tizi n Telouet.
+
+(Vue prise du chemin de Tagmout à ce col.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Adrar n Iri.
+
+(Les parties ombrées sont boisées.)
+
+(Vue prise du chemin de Tagmout au col de Telouet.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Village d’Ider.
+
+(Les parties ombrées sont boisées.)
+
+(Vue prise du chemin de Tagmout au col de Telouet, en amont d’Ider.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Départ à 6 heures du matin. Un zeṭaṭ m’escorte. La route
+d’aujourd’hui peut se diviser en quatre portions. 1o De Tagmout
+à Titoula Taḥtia : chemin extrêmement difficile ; montées
+très raides à travers les pierres ; région déserte ; sol rocheux,
+tantôt nu, tantôt boisé. 2o De Titoula Taḥtia à Titoula Fouqia :
+on retrouve le cours de l’Ouad Adrar n Iri, appelé aussi dans cette
+partie Ouad Titoula ; on le suit : les premières pentes et le fond de
+la vallée sont couverts de villages et de cultures ; orges et maïs,
+ombragés de noisetiers, de trembles, surtout de noyers ; ce fond de
+vallée a peu de largeur : les cultures ne s’étendent en tout que
+sur quarante mètres ; au milieu d’elles coule le ruisseau, qui ne
+cesse pas d’avoir de l’eau : les flancs sont en pente douce au
+pied, escarpés vers le sommet, rocheux partout ; plus on avance,
+plus la pierre nue apparaît, plus les arbres sont clairsemés :
+chemin facile. 3o De Titoula Fouqia au col Tizi n Telouet, où
+je franchis la crête supérieure du Grand Atlas : l’eau tarit
+dans l’ouad, les cultures cessent, les habitations ont disparu :
+désert de pierre : de tous côtés s’élèvent de hautes montagnes
+de grès ; plus un arbre, plus une plante, plus un brin de verdure ;
+tout est roche : le chemin, sans être difficile, est très raide et
+très pénible ; on monte lentement vers le col. Il est atteint à 4
+heures du soir. Je me trouve à 2634 mètres au-dessus du niveau de la
+mer. Un panorama immense s’étend devant mes yeux. Je suis frappé
+d’abord de l’aspect montagneux de la contrée que je vais aborder :
+ce ne sont que chaînes s’étageant les unes derrière les autres
+jusqu’au bout de l’horizon ; puis de son air triste et désolé :
+tout est nu ; tout est roc ; pas un grain de sable ni une motte de
+terre ; de longues côtes jaunes, des croupes d’un rouge sombre
+se succédant à l’infini, immenses solitudes pierreuses, c’est
+tout ce que distingue l’œil lorsqu’il se tourne vers le sud du
+haut du Grand Atlas. 4o J’entre ici dans la quatrième portion de
+mon trajet d’aujourd’hui : du Tizi n Telouet à Aït Baddou. On
+commence par une descente raide : c’est un passage dangereux,
+comme l’indique son nom, _Taourirt n Imakkeren_, « colline des
+brigands » ; puis on débouche dans la plaine du Telouet ; sol plat ;
+bonne terre couverte de cultures. Je m’arrête à 6 heures et demie,
+près de son extrémité sud, au petit village d’Aït Baddou.
+
+[Illustration : Vue dans la direction du sud, prise du col de Telouet.
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Col de Telouet, plaine du Telouet et village d’Aït
+Baddou. (Vue prise de la plaine du Telouet.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Peu de voyageurs sur la route pendant cette journée. Le Telouet est
+une fraction des Glaoua : il comprend un certain nombre de villages,
+semés les uns près des autres dans une petite plaine fertile ;
+l’un d’eux, Imaounin[44], est la résidence du qaïd, _el
+Glaoui_. L’extérieur des constructions annonce la prospérité :
+ce ne sont plus les huttes de l’Ouad Rḍât ; maisons hautes
+et bien bâties. Les arbres ne sont pas encore nombreux ; on en
+voit quelques-uns auprès des habitations : ce sont des trembles,
+des figuiers, des noyers ; il pousse aussi des pieds de vigne. Une
+multitude de ruisseaux descendant de la crête de l’Atlas arrosent
+le sol. Quelque riante que soit en elle-même cette verte plaine, elle
+est entourée de toutes parts de montagnes si nues et si désolées
+que son aspect en est attristé.
+
+ 15 octobre.
+
+Départ à 7 heures du matin. Je rentre en blad es sîba : m’y
+voici pour longtemps. Ici le pays ne présente pas grands dangers :
+un homme suffit aujourd’hui comme escorte. En quittant Aït Baddou,
+on achève de traverser la plaine du Telouet. Puis on entre dans la
+région la plus désolée qu’on puisse voir : tout est roche :
+au-dessus de la tête, on ne voit que murs de pierre ; aux pieds,
+ravins aux parois de grès sans eau ni verdure ; les lits à sec
+sont couverts d’une couche de sel ; nulle part la moindre trace
+de terre ni de végétation. Après trois heures de marche dans
+cette triste contrée, je débouche tout à coup dans une vallée
+qui forme avec elle le plus frappant contraste : creusée à pic au
+milieu de l’immense plateau de pierre qui règne à l’entour,
+elle présente un aspect aussi riant, aussi gai que les solitudes
+qui la bordent sont mornes et tristes. Au fond, coule un torrent
+dont les deux rives sont, sans interruption, garnies de jardins et
+de cultures ; au milieu des figuiers, des oliviers, des noyers,
+s’élèvent en foule des villages, des groupes de maisons, des
+tiṛremts : tout respire la richesse ; c’est l’Ouad Dra qui
+commence : sur ses rives seules, et sur celles des deux rivières qui
+le forment, je trouverai ces constructions élégantes et pittoresques
+qui me frapperont désormais : tiṛremts aux gracieuses tourelles,
+aux terrasses crénelées, aux balustrades à jour ; maisons aux
+murailles couvertes de dessins et de moulures ; qçars dont les
+enceintes, du pied jusqu’au faîte, ne sont qu’arabesques et
+qu’ornements. Dans ces belles contrées, même la demeure la plus
+pauvre présente l’aspect du bien-être. Le bas des bâtiments est
+en pierres cimentées, le haut en pisé ; tout est construit avec soin,
+tout semble neuf ; point d’habitation qui n’ait un premier étage ;
+un second est souvent formé par une terrasse couverte, installée
+au-dessus ; partout bonnes portes, volets façonnés et ornés comme
+aux maisons des villes ; toutefois peu de demeures sont blanchies :
+de loin en loin, quelque zaouïa ou les créneaux d’une tiṛremt ;
+le reste a la teinte brun-rouge du grès et du pisé. Les jardins et
+les cultures sont entretenus avec un soin extrême, mais ils forment
+une bande étroite : aux endroits les plus larges, ils ont 60 mètres ;
+encore ne sont-ils presque jamais en sol plat ; ils s’étagent,
+les terres soutenues par des revêtements de pierre, des deux côtés
+de la rivière : celle-ci, l’Ouad Iounil, a 4 mètres de large,
+un courant très rapide, des eaux claires, salées ; elles coulent
+sur un lit de gravier de 10 mètres, blanc de sel dans les portions à
+sec. Les flancs de la vallée sont des murailles de grès verticales,
+creusées sur toute leur longueur de séries continues de cavernes. A
+ces murailles s’adossent maisons et jardins ; dans leur flanc est
+taillé le sentier que je suis ; passage difficile : le chemin n’a
+nulle part plus de 1m,50 de large : la paroi de roc d’un côté,
+le précipice de l’autre. Telle est cette vallée, telles sont, me
+dit-on, toutes celles du voisinage, Ouad el Melḥ, Ouad Imini, Ouad
+Iriri, étroits sillons où se concentrent la végétation et la vie,
+au milieu des immenses déserts de pierre qui forment le versant sud
+du Grand Atlas. Je ne quitte plus l’Ouad Iounil jusqu’au gîte :
+un moment, je monte sur le sommet du flanc gauche ; un vaste plateau
+rocheux s’y offre à mes yeux : il s’étend à perte de vue ; le
+thym est la seule plante qui y pousse ; les gazelles sont les seuls
+êtres animés qui y vivent. A 3 heures, je m’arrête à Tizgi,
+principal village du district de ce nom.
+
+[Illustration : Village de Tizgi et vallée de l’Ouad Iounil.
+
+(Vue prise en amont de Tizgi, à mi-côte du flanc gauche de la
+vallée.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Peu de voyageurs aujourd’hui sur la route. J’ai traversé deux
+cours d’eau : l’Asif Marṛen, appelé aussi Ouad el Melḥ (lit
+de 15 mètres de large, à sec) ; l’Ouad Iounil (eaux de 4 mètres
+de large et de 30 centimètres de profondeur ; courant très rapide).
+
+[Illustration : Heliog. P. Albert Dujardin
+
+Challamel aine Editeur
+
+TIGERT. — (OUAD IOUNIL)]
+
+ 16 et 17 octobre.
+
+Séjour à Tizgi. J’ai été frappé, à mon entrée dans la vallée
+de l’Ouad Iounil, d’un des caractères qui distinguent le bassin
+du Dra : l’élégance des constructions ; j’en remarque ici
+un autre, plus important : il se rapporte à la race qui occupe
+le pays. Jusqu’à présent, je n’avais vu que des Imaziṛen
+blancs, ceux qu’on appelle _Chellaḥa_ ; désormais, une bonne
+partie de la population se composera d’Imaziṛen noirs ou bruns,
+_Ḥaraṭîn_. Dans tout le bassin du Dra, je les trouverai mêlés
+aux Chellaḥa, dans une proportion d’autant plus grande que
+j’avancerai davantage vers le sud : dans la vallée même de ce
+fleuve, ils sont si nombreux que le nom de _Draoui_ y est synonyme
+de celui de Ḥarṭâni ; sur ses affluents, ils existent aussi en
+grande quantité : c’est dans ce bassin qu’ils semblent s’être
+concentrés ; il n’y en a point dans celui du Sous, très peu
+dans celui du Ziz. Ils présentent les types les plus variés : on
+en voit qu’on confondrait avec des nègres du Soudan ; d’autres
+ont la couleur des noirs, et les traits des Européens ; ou bien les
+grosses lèvres et le nez épaté des premiers, avec la peau blanche :
+certains sont dits Ḥaraṭîn, qui, pour un étranger, ne présentent
+aucune différence avec les Chellaḥa. Les physionomies des individus
+étant aussi diverses, il est difficile d’assigner des caractères
+distinctifs à la race : on peut dire seulement qu’une couleur café
+au lait foncé avec des traits presque européens sont ce qu’on
+rencontre le plus souvent. Les Ḥaraṭîn se considèrent comme
+Imaziṛen au même titre que les Chellaḥa : ils sont mélangés
+avec eux dans le fractionnement par tribus ; ils appartiennent
+comme eux aux Seketâna ou aux Gezoula, grandes familles qui, à
+elles deux, comprennent toutes les tribus entre Sous et Dra et une
+partie de celles du Sous. Malgré cette égalité politique, malgré
+cette communauté d’origine reconnue, les Chellaḥa se regardent
+comme supérieurs aux Ḥaraṭîn, et ceux-ci ont le sentiment
+de l’infériorité. Ils cherchent à se relever en épousant des
+femmes de couleur claire. « Parle-t-on mariage ? dit un proverbe,
+l’Arabe demande : Est-elle de bonne maison ? le Chleuḥ, est-elle
+riche ? le Ḥarṭâni, est-elle blanche ? »
+
+ 18 octobre.
+
+Départ à 10 heures et demie. De Tizgi à Tikirt, on ne cesse de
+suivre le cours de l’Ouad Iounil ; une bonne partie du chemin,
+c’est dans son lit même que l’on marche : ce dernier a ici 15 à
+20 mètres de large ; la rivière y coule, tantôt en une seule masse
+de 5 mètres de large et de 30 centimètres de profondeur, tantôt
+y formant plusieurs bras, tantôt l’inondant presque en entier
+et étant alors très peu profonde. Depuis sa source jusqu’à son
+confluent avec l’Ouad Imini, elle a, quelle que soit sa force, cette
+même manière irrégulière de couler. D’ici à Tikirt, sa vallée
+peut se diviser en deux portions : l’une jusqu’à son confluent
+avec l’Asif Marṛen, l’autre au delà. Dans la première, le
+fond reste ce qu’il était au-dessus de Tizgi, large de 50 à 60
+mètres, couvert de cultures, ombragé de beaucoup d’arbres. Les
+deux flancs sont toujours de grès rouge et très hauts : cependant
+ce ne sont plus des murailles perpendiculaires, si ce n’est à
+leur partie supérieure, où se voient des cavernes ; le pied est à
+2/1 d’abord, puis à 1/1. Les flancs n’avaient, de Tiourassin à
+Tizgi, livré passage à aucun affluent. Dans cette nouvelle région,
+ils laissent accès à plusieurs ; ce sont autant de points où la
+vallée s’élargit et où les jardins s’étendent. A 1 heure et
+demie, j’atteins Tamdakht, village en face duquel l’Asif Marṛen
+se jette dans l’Ouad Iounil. La vallée change d’aspect : le fond
+s’agrandit et prend une largeur de 300 mètres : il est couvert
+de cultures ; les cultures qu’on voit d’ici à Tikirt n’ont
+aucune ressemblance avec celles d’auparavant : jusqu’à présent,
+une foule d’arbres ombrageaient les champs ; désormais on n’en
+verra plus, excepté aux abords des villages ; encore y sont-ils
+peu nombreux et parfois manquent-ils. La rivière coule dans un lit
+de 40 mètres de large, moitié vase, moitié galets, dont l’eau
+n’occupe qu’une faible partie. Les flancs, tout en restant rocheux,
+s’abaissent peu à peu, le droit surtout ; il diminue graduellement,
+et disparaît à quelque distance de Tikirt. Le flanc gauche conserve
+une hauteur minima de 150 mètres au-dessus du niveau de la vallée,
+mais ses pentes deviennent de plus en plus douces ; sa couleur change :
+il n’a plus le rose ou le rouge du grès, mais une teinte blanche
+qu’il gardera jusque auprès de Tikirt ; là, variant de nouveau,
+il deviendra noir et luisant : à partir d’ici, plus de cavernes. En
+face de Tikirt, s’étend une plaine triangulaire où confluent les
+ouads Iounil et Imini ; très plate, à sol de vase desséchée, elle
+se cultive en automne et est inondée en hiver. A l’extrémité de
+la plaine, un étroit kheneg, se creusant entre les roches noires
+des montagnes, donne passage à la rivière. Un peu plus haut, un
+spectacle nouveau réjouit mes yeux : un bois de palmiers entoure le
+village de Tazentout ; c’est le premier que je voie : on approche
+du Sahara. A 5 heures, je parviens à Tikirt, où je m’arrête.
+
+[Illustration : Djebel Anremer et village de Tazentout. (Vue prise
+du mellah de Tikirt.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Peu de voyageurs sur le chemin, quoique le pays soit très
+habité. L’Ouad Imini, que j’ai traversé avant d’arriver, a 9
+mètres de large et 30 centimètres de profondeur ; peu de courant ;
+il coule au milieu d’un lit de gros galets, large d’environ 700
+mètres. Cette rivière est moins considérable comme volume d’eau
+que l’Ouad Iounil, qui, deux heures plus haut, avait, avec un courant
+très rapide, la même profondeur que lui et une largeur de 10 mètres.
+
+
+ 5o. — SÉJOUR A TIKIRT.
+
+
+Parmi les pays indépendants, ceux du sud du Grand Atlas présentent,
+en leur organisation sociale, des différences avec ceux du nord. Dans
+ceux-ci, une seule unité, la tribu ; un seul état social, l’état
+démocratique ; aucun lien n’unit les tribus entre elles. La tribu
+est une grande famille avec ses subdivisions naturelles, tente ou
+maison, douar ou village, groupe de plusieurs centres habités, et
+ainsi de suite ; le fractionnement est d’autant plus grand que la
+tribu est plus nombreuse. Chaque groupe se gouverne à part comme
+bon lui semble, au moyen d’une assemblée où chaque famille est
+représentée, _djemaạa_ en arabe, _anfaliz_ en tamaziṛt. Quelques
+hommes y ont souvent la prépondérance, mais sans titre ni droit
+reconnu. Les affaires concernant la tribu entière se règlent
+d’après le même principe ; les petites tribus réunissent tous
+leurs membres pour délibérer ; dans les grandes, telles que les
+Zaïan, les Beni Zemmour, les Smâla, où les premières fractions
+sont elles-mêmes nombreuses et souvent peu unies entre elles, ces
+fractions se concertent et se décident séparément, s’inquiétant
+ou ne s’inquiétant pas du parti pris par les autres. Dans certaines
+tribus, telles que les Aït Ạtab, les Aït Bou Zîd, il y a des
+_qanoun_, codes de lois, auxquels les habitants sont tenus de se
+soumettre, et que l’assemblée générale fait respecter. Chez
+la plupart, cela n’existe pas ; les assemblées ne s’occupent
+point des particuliers ; tout leur est permis : s’il s’élève
+des différends, soit entre familles, soit entre fractions, elles
+les tranchent entre elles à coups de fusil. Ici, avec la liberté
+entière, la division à l’infini, la désunion complète ; là, avec
+un peu plus d’ordre et d’unité, c’est toujours la démocratie
+absolue. Les différentes tribus n’ont d’autres relations que les
+guerres et les alliances qu’elles font momentanément entre elles.
+
+Au sud du Grand Atlas, nous trouvons trois unités : la tribu, le
+village, le district ; deux liens entre elles, la confédération
+et le vasselage ; deux états sociaux, le gouvernement par des chefs
+héréditaires et le régime démocratique. La tribu se rencontre et
+parmi les Imaziṛen et parmi les Arabes, avec son fractionnement
+naturel, le même en tous lieux : tels sont les Zenâga, les Aït
+Jellal, les Aït Seddrât, les Berâber. A côté d’elle se trouvent
+des villages isolés, sans aucun lien entre eux ; ils sont habités,
+les uns par un mélange de Chellaḥa et de Ḥaraṭîn, d’autres
+par des membres de tribus diverses, d’autres par des cherifs ou des
+marabouts. Parmi ces villages, quelques-uns restent isolés, comme
+Qaçba el Djouạ, Iliṛ ; la plupart, pour résister aux invasions
+des tribus voisines, s’unissent entre eux par groupes d’un certain
+nombre ; ils forment ainsi ce que nous appellerons des districts : tels
+sont Arbạ Mia, Tizgi, Ouad Noun, Tisint. Tribus, villages isolés
+et districts s’unissent entre eux par deux sortes de liens. Le
+premier est la confédération ; elle est formée de la collection
+de plusieurs de ces unités, quelles qu’elles soient, groupées
+pour former une masse plus compacte : telle est la confédération du
+Dâdes, tels sont les nombreuses tribus et les qçars confédérés
+avec les Aït Ạmer. Inutile de dire que ces confédérations sont
+soumises à des changements : tantôt un groupe s’en détache,
+tantôt un autre s’y joint. Le second lien dont nous avons parlé
+est une sorte de vasselage : des tribus, des districts, se déclarent
+vassaux soit d’un chef, soit d’une tribu plus puissante[45] :
+les vassaux sont tenus à une redevance annuelle, le suzerain
+s’engage en retour à respecter leurs personnes et leurs biens ;
+là se bornent les obligations mutuelles : c’est ainsi que Tisint,
+Tatta, sont vassaux des Ida ou Blal, que ceux-ci le sont des Berâber.
+
+Tribus, districts, villages, vivent les uns sous le régime despotique,
+les autres sous le régime démocratique ; les premiers sont gouvernés
+par des familles où le pouvoir suprême, avec le titre de chikh[46],
+est héréditaire : tels sont les Aït Ạmer, les Zenâga, le
+Mezgîṭa. L’autorité de ces chikhs n’est pas lourde pour leurs
+sujets ; parents plus ou moins proches d’un grand nombre d’entre
+eux, force leur est de ménager ces alliés naturels ; d’ailleurs
+il est de leur intérêt de n’indisposer personne ; ils laissent
+à leurs administrés grande liberté et ne leur demandent que trois
+choses : payer une légère redevance, les suivre quand ils font
+la guerre, ne pas trop se battre, se piller ni se voler entre eux :
+ce n’est permis qu’avec les étrangers. Pour le reste, licence
+complète. Tel est, dans le sud du Maroc, ce que, faute d’autre nom,
+j’appelle le régime despotique.
+
+Quant au régime démocratique, les tribus ou districts qui l’ont
+adopté le possèdent avec les nuances les plus diverses. Chez les uns,
+tels que les Ilalen, les Iberqaqen, règne le système établi dans le
+nord : tribus, fractions, villages, se gouvernent par l’assemblée
+de tous leurs membres. Ailleurs, comme dans les qçars de Tisint, de
+Tatta, l’assemblée garde entre ses mains la puissance souveraine et
+confie le pouvoir exécutif à un chikh qu’elle élit ; quelquefois
+elle laisse ce titre longtemps dans la même maison, quelquefois
+elle le porte sans cesse de l’une à l’autre. Certaines tribus,
+telles que les Ida ou Blal, les Aït ou Mrîbeṭ, les Isaffen, se
+divisent en fractions ayant chacune à leur tête une famille où la
+dignité de chikh est héréditaire ; tantôt le pouvoir de ces chefs
+est assez grand, comme chez les Aït ou Mrîbeṭ et les Isaffen ;
+tantôt, comme chez les Ida ou Blal, leur seule prérogative est
+de conduire leurs frères dans les combats. Enfin il y a un dernier
+système, spécial aux Berâber, aux Aït Seddrât et aux Imeṛrân :
+c’est celui des _chikh el ạam_, « chikhs nommés pour un an » ;
+les tribus se gouvernent au moyen d’assemblées, mais dans chaque
+fraction, chaque district, le pouvoir exécutif est entre les mains
+d’un chikh qu’on élit chaque année.
+
+S’il existe dans ces régions une organisation politique plus
+complète que dans le nord, il ne faudrait pas en conclure qu’il
+y règne beaucoup plus d’ordre ; l’administration intérieure
+de chaque village se fait assez régulièrement, mais c’est tout ;
+de tribu à tribu, de fraction à fraction, de district à district,
+de village à village, les guerres sont continuelles ; trois motifs en
+produisent la plupart : entre sédentaires, les contestations au sujet
+des eaux et des canaux ; entre nomades, le pillage injuste de vassaux
+que l’honneur commande de venger ; entre sédentaires et nomades,
+la cupidité de ceux-ci, qui les porte à attaquer les premiers pour
+les dépouiller. Je n’ai pas été dans une seule région au sud de
+l’Atlas, sans y trouver, pour une de ces trois causes, la guerre,
+soit intestine, soit avec des voisins.
+
+Les divers territoires que j’ai traversés depuis les Glaoua,
+Assaka, Tizgi, Aït Zaïneb, appartiennent, les premiers à des
+districts isolés, le dernier à une petite tribu. Les uns et les
+autres sont indépendants de fait, mais reconnaissent la suzeraineté
+du sultan. Les marques de soumission qu’ils lui donnent se bornent
+à l’envoi annuel au Glaoui d’un présent dont la valeur varie
+entre 50 et 200 francs ; de plus, si l’on prend des voleurs, on les
+expédie à Imaounin. L’Assaka, le Tizgi, se gouvernent par leurs
+assemblées, _anfaliz_. Les Aït Zaïneb ont un chikh héréditaire,
+Chikh Moḥammed, qui réside à Tikirt ; il ne domine que sur
+une partie de sa tribu, celle qui est à l’est d’Imzouṛen ;
+le reste, Imzouṛen, Tizgzaouin, Tadoula, s’est depuis peu rangé
+volontairement sous la domination du chikh de Tazenakht, ez Zanifi :
+cela s’est fait sans guerre ; la bonne intelligence des deux chefs
+n’a pas été troublée.
+
+Ici le tamaziṛt est non seulement la langue générale, c’est
+presque la langue unique : à peine si un homme sur cinq, une femme
+sur vingt, savent l’arabe.
+
+Le costume est le même qu’à l’entrée des Glaoua ; mais les
+femmes, qui dans le nord portaient peu de bijoux, en ont une foule et,
+en outre, se peignent la figure. Jusqu’ici un fil de verroteries
+mêlées de grains de corail et de pièces d’argent suspendu
+au cou, un second placé dans les cheveux, étaient leurs seuls
+ornements. Désormais elles se couvriront d’énormes colliers
+d’ambre et de corail, de bracelets, de broches, de diadèmes,
+de pendants d’oreilles et d’autres volumineuses parures d’argent.
+
+Dans le Grand Atlas, nous avons trouvé le lait et le miel en
+abondance. Ici il en a été de même ; plus loin, ces deux choses
+seront rares. On cesse de pouvoir se procurer du savon au sud de
+Tikirt ; jusqu’ici on en fabriquait dans toutes les bourgades
+de quelque importance : c’était une spécialité lucrative des
+Juifs ; au delà des Aït Zaïneb, il ne s’en fait plus, il ne
+s’en vend plus sur les marchés. Pour laver les vêtements, on se
+sert de certaines herbes ; le blanchissage ainsi obtenu est médiocre.
+
+[Illustration]
+
+Je profite de mon séjour à Tikirt pour aller visiter les ruines de
+Tasgedlt, célèbres dans le pays et objet de mille légendes. Elles
+se composent d’une enceinte presque carrée, jadis garnie de tours
+sur tout son développement. Les murailles, épaisses, ont dû être
+en maçonnerie à la base, en pisé dans le haut. Il en reste peu
+de chose : une partie des murs s’est écroulée ; le reste, très
+écrêté, tombe chaque jour davantage. La partie sud est la mieux
+conservée ; on y voit 7 ou 8 tours ayant encore 3 à 4 mètres. A
+l’intérieur de l’enceinte, s’élèvent des monceaux de pierres
+ne présentant que des débris informes. La forteresse est construite
+en amphithéâtre sur une côte rocheuse, d’une pente de 1/2, dont
+elle couvre toute la hauteur ; dans sa portion nord, cette côte se
+transforme brusquement en une muraille verticale où s’ouvrent les
+bouches de plusieurs cavernes. Une ancienne citadelle, des cavernes,
+voilà plus qu’il n’en faut aux habitants pour voir ici une trace
+du passage des Chrétiens. D’ailleurs l’histoire n’est-elle pas
+là pour prouver la vérité de cette opinion, histoire écrite en
+des livres qu’on n’a pas pu me montrer, mais dont le contenu est
+dans la mémoire de chacun. Naguère, il y a bien des siècles, trois
+princesses, filles d’un roi chrétien, régnaient sur ces contrées :
+l’une, Doula bent Ouâd, résidait en cette forteresse de Tasgedlt ;
+une autre, Zelfa bent Ouâd, en habitait une semblable, sur les bords
+de l’Asif Marṛen, près de Teççaïout ; la troisième, Stouka
+bent Ouâd, une semblable encore à Taskoukt, sur l’Ouad Imini : en
+ces trois lieux se voient des ruines pareilles. Les Musulmans firent
+longtemps la guerre aux trois princesses chrétiennes et finirent
+par les chasser. Il est plus probable que les trois qaçbas sont
+l’œuvre d’un même sultan, celui sans doute qui construisit le
+pont de l’Ouad Rḍât.
+
+[Illustration : Ruines de Tasgedlt. (Vue d’ensemble, prise du lit
+de l’Ouad Tidili.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Ancienne porte à l’angle nord de l’enceinte de
+Tasgedlt. (Vue prise du nord-ouest.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Dans cette excursion, je passe auprès du confluent des ouads
+Iriri et Imini ; ils se réunissent dans une plaine triangulaire
+semblable à celle de Tikirt : même sol vaseux, bas et plat,
+couvert de cultures, et en hiver inondé ; pas d’arbres, si ce
+n’est quelques-uns auprès des villages ; champs d’orge, de
+blé, surtout de maïs. On laboure avec des charrues à soc de fer,
+traînées par des bœufs ; ces derniers sont assez nombreux dans
+le pays, ainsi que les moutons et les chèvres ; depuis le Telouet,
+on voit quelques chameaux. L’Ouad Imini, au-dessous du confluent,
+a peu d’eau, 1m,50, avec 40 centimètres de profondeur : ce mince
+filet court au milieu d’un lit de gros galets mesurant plus de 500
+mètres d’une rive à l’autre. Plus haut, en face de Tasgedlt,
+la même rivière a 200 mètres de large et est à sec, non par
+manque d’eau, mais parce que les habitants la font dériver pour
+arroser leurs plantations ; si je n’en rencontre pas dans l’ouad,
+je traverse plusieurs larges conduites où elle coule à pleins
+bords. Chaque tribu, chaque village, a droit à une quantité d’eau
+déterminée ; des traités, des qanouns la règlent. Les canaux sont
+une source de contestations et de querelles fréquentes entre villages
+et entre fractions. Ces démêlés se vident comme ils se vident tous,
+par la poudre : en ce moment, les gens de l’Imini et les Aït Touaïa
+sont en hostilités avec les Aït Zaïneb pour ce motif. Rarement ces
+guerres sont meurtrières ; elles se bornent la plupart du temps à
+quelques coups de fusil échangés à la frontière.
+
+[Illustration : Plaine où s’unissent les ouads Iounil, Iriri et
+Tidili. (Vue prise du chemin de Tizgzaouin à Imzouren.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+
+ 6o. — ADRAR N DEREN ET SIROUA.
+
+
+« Les montagnes tournent tout autour de notre pays, » disent les
+habitants de Tikirt. En effet, de quelque côté qu’on jette
+les yeux, on ne voit que massifs sombres. Au sud et à l’est,
+ce sont les flancs des ouads Iounil d’une part, Imini et Idermi de
+l’autre, talus rocheux de 150 à 200 mètres de haut, que nous avons
+décrits. Au nord et à l’ouest, ce sont de très hautes crêtes, la
+plupart couvertes de neige, se perdant dans les nuages. On distingue
+de Tikirt plusieurs sommets remarquables et plusieurs cols : Djebel
+Anṛemer, Tizi n Telouet, Tizi n Tichka, Tizi n Tamanat, Djebel
+Tidili, Djebel Siroua. Les premiers appartiennent à la chaîne du
+Grand Atlas, qu’on appelle ici _Adrar n Deren_[47] ; quant au Siroua,
+c’est le pic culminant d’un massif qui s’élève entre le Grand
+et le Petit Atlas et sépare le bassin du Sous de celui du Dra.
+
+Voici quelques détails sur ces différents points.
+
+_Djebel Anṛemer_. C’est de cette montagne que sort l’Ouad
+Iounil ; aussi lui donne-t-on quelquefois le nom de Djebel Ounila. A
+son sommet est un étang, toujours rempli d’eau, même par les étés
+les plus brûlants ; nul n’en connaît la profondeur ; au-dessous,
+la source de l’Ouad Iounil jaillit au milieu des rochers. Cet
+étang est un objet de vénération profonde pour les Musulmans
+des environs. Le premier jour de chaque année, ils y montent en
+pèlerinage et y immolent des brebis et des chèvres. Souffre-t-on
+de la sécheresse ? les Iounilen, les gens de l’Assaka, les Aït
+Zaïneb, se cotisent à raison d’une mouzouna par tête, achètent
+des moutons, et vont les sacrifier sur ses bords.
+
+_Tizi n Telouet_. C’est le col où j’ai franchi le Grand Atlas. Il
+fait partie du Tizi n Glaoui. On appelle ainsi la forte dépression
+qui se trouve en face d’ici dans l’Adrar n Deren, et que limitent
+à l’est le Djebel Anṛemer, à l’ouest le Djebel Tidili. Ce
+tronçon de la chaîne porte le nom général de Tizi n Glaoui ;
+il renferme trois cols, ceux de Telouet, de Tichka et de Tamanat.
+
+_Tizi n Tichka_. Col conduisant de la vallée de l’Asif Marṛen dans
+celle de l’Ouad Rḍât, à Zarakten par exemple. L’Ouad Tichka,
+qui en descend, se jette dans l’Ouad el Melḥ, à Imirṛen. Quand
+le col de Telouet est encombré par les neiges et que celui de Tichka
+est, par extraordinaire, praticable, on passe par ce dernier.
+
+_Tizi n Tamanat_. Col donnant accès de la vallée de l’Ouad Imini
+dans la tribu des Mesfioua. C’est un troisième chemin pour gagner
+Merrâkech. De ces trois routes, la plus courte est la dernière,
+mais la plus facile et de beaucoup la plus fréquentée est celle du
+Tizi n Telouet. L’Ouad Tamanat, qui descend du col, se jette dans
+l’Ouad Imini.
+
+_Djebel Tidili_. Ce mont, ainsi que ceux qui l’entourent, a le sommet
+couvert de neige ; c’est dans son flanc que l’Ouad Imini prend
+sa source. A l’ouest du Djebel Tidili, la chaîne se continue par
+une longue suite de crêtes neigeuses qui se perdent dans les nuages.
+
+_Djebel Siroua_. C’est la plus haute des montagnes voisines,
+au dire des habitants. Seul parmi elles, il a son sommet couvert de
+neiges éternelles. Sur les autres cimes visibles d’ici, tantôt la
+neige persiste l’été, tantôt elle fond, suivant que l’année
+est plus ou moins chaude. Sur les pentes du Siroua se trouve un col
+conduisant de la tribu des Aït Tedrart dans le Sous. Les flancs du
+massif renferment, dit-on, des minerais ; les habitants n’en savent
+pas tirer parti.
+
+Ces montagnes sont toutes également nues, également rocheuses ;
+point d’arbres, point de végétation, rien que des pierres. Point
+de bêtes fauves, pas d’autre gibier que des gazelles et des
+mouflons[48].
+
+Les trois cols du Tizi n Glaoui sont praticables toute l’année ;
+cependant, en hiver, il y tombe parfois une grande quantité de
+neige : lorsque la couche est trop épaisse pour qu’on puisse
+franchir la montagne, les voyageurs attendent dans les villages les
+plus rapprochés du sommet et passent à la première éclaircie. Il
+en est de même des cols qui, plus à l’est, mettent en relations
+Demnât et les Haskoura, Ouaouizert et l’Oussikis.
+
+
+ 7o. — QUELQUES MOTS SUR L’ATLAS MAROCAIN.
+
+
+[Illustration]
+
+Nous sommes ici en plein cœur de l’Atlas. Il est temps de donner
+quelques détails sur la façon dont nous comprenons le système
+montagneux du Maroc.
+
+Les montagnes du Maroc se composent pour nous de deux massifs
+distincts, séparés par une large trouée. Ce sont : d’abord
+le massif de l’Atlas, qui le traverse tout entier dans sa plus
+grande longueur, du sud-ouest au nord-est ; puis le massif Rifain
+qui, commençant vers Nemours, longeant la côte jusqu’à Ceuta,
+percé par le détroit de Gibraltar, décrit une large courbe et se
+retrouve en Espagne, dans la Sierra Nevada. Ces deux longs massifs
+aux lignes courbes, partant presque d’un point commun et allant
+en divergeant, ressemblent aux ondes d’un courant marin qui se
+diviserait vers Tlemsen en deux bras, dont le principal continuerait
+à suivre la direction générale du courant primitif en fléchissant
+un peu vers le sud, tandis que l’autre, secondaire, s’élancerait
+vers l’ouest, puis tournerait brusquement vers le nord et de
+là vers l’est. La démarcation entre les deux massifs est très
+nettement dessinée : de Lalla Maṛnia à Fâs, une large trouée
+les sépare : plaine d’Angad jusqu’à la Mlouïa, même plaine
+se prolongeant sous d’autres noms jusqu’à l’Ouad Innaouen,
+vallée de cette rivière jusque auprès de Fâs. A partir de cette
+ville, la trouée s’élargit encore ; c’est la vallée du Sebou,
+qui va en s’épanouissant jusqu’à la mer.
+
+Nous ne nous occuperons point du massif Rifain, dont nous n’avons vu
+qu’une petite portion. Il semble d’ailleurs bien représenté sur
+la carte de M. le capitaine Beaudoin, qui avait recueilli, sur cette
+contrée en particulier, un nombre considérable de renseignements. De
+plus, les levés de nos officiers d’état-major en comprennent une
+partie, s’étendant de Nemours à la Mlouïa, région qui est connue
+par conséquent avec exactitude.
+
+Quant au massif de l’Atlas, nous l’avons traversé deux fois
+dans tout son ensemble, et nous avons parcouru en quelques détails
+certaines de ses parties. Nous allons essayer de le décrire tel
+qu’il nous paraît être.
+
+Expliquons d’abord les termes dont nous nous servons. Le nom
+d’Atlas, appliqué primitivement par les anciens aux seules cimes
+neigeuses qui s’élèvent au centre du Maroc, a été étendu ensuite
+par quelques écrivains latins à l’ensemble du massif qui traverse
+le Maṛreb. On lui a conservé cette signification ; le large dos
+qui commence à l’Océan entre Mogador et l’embouchure du Dra et
+finit à la Méditerranée au cap Bon, après avoir traversé le Maroc,
+l’Algérie et la Tunisie, porte encore aujourd’hui le nom général
+d’Atlas. On peut le distinguer en Atlas Marocain, Atlas Algérien,
+Atlas Tunisien. Cette division est la seule qu’il comporte[49]. Quant
+aux termes de Grand et de Petit Atlas, ils s’appliquent uniquement
+à certaines parties de l’Atlas Marocain : ainsi l’entendait
+Ptolémée, qui s’est servi le premier de ces expressions : il les
+emploie pour désigner deux chaînes déterminées de ce massif. Nous
+nous conformerons en partie à sa nomenclature, réservant ces noms
+pour les deux chaînes du Maroc auxquelles ils paraissent le mieux
+s’appliquer.
+
+L’Atlas Marocain se compose essentiellement de trois chaînes
+parallèles : l’une très haute, presque toujours couronnée de
+neige ; elle est connue depuis longtemps sous le nom de Grand Atlas :
+nous le lui conserverons ; une autre, au sud de celle-ci, suivant une
+direction parallèle, mais moins élevée : nous l’appellerons Petit
+Atlas ; ces deux chaînes, les deux seuls hauts massifs visibles de
+la côte[50], étaient sans doute celles qu’on avait signalées à
+Ptolémée, quoique dans ses écrits il en ait interverti l’ordre ;
+la troisième, ne commençant que loin dans l’intérieur, a dû
+lui être inconnue : elle est située au nord du Grand Atlas ;
+moins élevée que ce dernier, elle l’est plus que le petit :
+nous l’appellerons Moyen Atlas, nom correspondant à sa hauteur.
+
+Il y a nécessité à donner à ces chaînes des appellations
+tirées de notre langue, aucune d’elles n’en possède dans le
+pays. Chaque sommet, chaque col, chaque vallée, a un nom spécial ;
+nulle part il n’est de nom qui désigne l’ensemble d’une
+chaîne. C’est facile à expliquer : le Marocain ne voyage pas ;
+il connaît les montagnes de son pays, mais ne connaît qu’elles ;
+il ne sait pas si elles se lient à d’autres, il ne le demande pas :
+dans ces conditions, les noms particuliers suffisent et peuvent
+seuls exister. Une seule chaîne en a un général, encore ne le
+possède-t-elle que sur une partie de sa longueur : le Grand Atlas,
+du Ḥaḥa à l’extrémité orientale du Tizi n Glaoui, porte le
+nom d’Adrar n Deren. Cette appellation s’appliquant à peine à
+la moitié de la chaîne, nous ne pouvons nous en servir. Force nous
+est d’adopter pour tout le massif des noms de convention.
+
+L’Atlas Marocain, avons-nous dit, paraît formé essentiellement
+de trois chaînes parallèles, dont l’orientation approximative
+serait de l’ouest-sud-ouest à l’est-nord-est : nous les avons
+appelées Grand Atlas, Moyen Atlas et Petit Atlas.
+
+1o _Grand Atlas_. — Des trois chaînes, c’est de beaucoup la plus
+connue : visible de Merrâkech, visitée par plusieurs voyageurs,
+explorée dans sa partie occidentale par MM. Hooker et Ball, franchie
+au nord de Taroudant par M. le docteur Lenz, auprès des sources du
+Ziz par Caillé et par M. Rohlfs, nous l’avons nous-même passée en
+trois points, vers le centre, au col des Glaoua, à son extrémité
+ouest, entre Agadir Iṛir et Mogador, et non loin du point où elle
+expire vers l’est, à hauteur de Qçâbi ech Cheurfa. De plus,
+nous en avons longé le pied sur presque toute sa longueur, le pied
+nord de Misour (Mlouïa) à Qçâbi ech Cheurfa et de Ouaouizert à
+Zaouïa Sidi Reḥal, le pied sud d’Agadir Iṛir aux Menâba et du
+Dâdes au Qçar es Souq. C’est une longue chaîne non interrompue,
+mais percée d’un grand nombre de cols (col de Bibaouan, Tizi
+n Ouichdan, Tizi n Tamejjout, etc., débouchant dans la vallée du
+Sous ; Tizi n Tamanat, Tizi n Tichka, Tizi n Telouet, Tizi n Amzoug,
+Tizi n Tarkeddit, Tizi Aït Imi, Tizi Ou Rijimt, etc., débouchant
+dans la vallée du Dra ; Tizi n Telṛemt, débouchant dans la
+vallée du Ziz ; Tizi n Tanslemt, débouchant dans la vallée du
+Gir). Les principales altitudes observées sont : 1250m (col de
+Bibaouan, M. Lenz) ; 3350m (mont Teza, M. Hooker) ; 3475m (mont
+Miltsin, Washington) ; 3500m,4 (col de Tagherot, M. Hooker) ; 2634m
+(col de Telouet, au point où nous avons franchi la chaîne chez les
+Glaoua) ; 2182m (col de Telṛemt, où nous l’avons passée près
+d’El Qçâbi). Partout, j’ai vu le faîte du Grand Atlas couvert
+de neige, excepté à la grande dépression du Tizi n Glaoui : à
+juger d’après la hauteur de la portion blanche, la partie la plus
+élevée de la chaîne serait celle qui est située au nord du Dâdes,
+du Todṛa, du Ṛeris, du pays de Ziz. Dans ce groupe, le massif du
+Djebel El Ạïachi domine de beaucoup les autres sommets. Est-il le
+point culminant du Grand Atlas ? Il le semble ; rien ne le prouve. La
+neige commence sur la chaîne, vers l’ouest, à l’orient du col
+de Bibaouan ; elle y finit, vers l’est, aux dernières pentes du
+Djebel El Ạïachi : après ce massif, il n’y en a plus trace. De
+Bibaouan à l’Océan, le Grand Atlas s’abaisse rapidement. Au
+delà du Djebel El Ạïachi, il décroît d’une façon continue
+et finit par expirer dans le Ḍahra. Où exactement ? A quelle
+distance du Djebel El Ạïachi ? Nous ne le savons pas. La crête
+du Grand Atlas paraît être une arête et non un plateau. Elle ne
+présente l’aspect d’une ligne uniforme que vers ses extrémités
+orientale et occidentale, où elle est dépourvue de neige ; partout
+ailleurs, elle se découpe en nombreuses dentelures. Le versant nord
+est en général boisé ; le versant sud est nu, pure roche, dans
+les bassins du Dra, du Ziz et du Gir, en partie boisé dans celui de
+l’Ouad Sous. Les forêts renferment, dit-on, d’abondant gibier,
+sans aucune bête féroce.
+
+2o _Moyen Atlas_. — Cette chaîne est de beaucoup la moins connue. Du
+col de Telṛemt, nous en avons entrevu une portion : c’était une
+longue crête uniforme couverte de neige, se relevant en un point
+pour former un pic, le Djebel Tsouqt, et finissant brusquement par une
+haute falaise, le Djebel Oulad Ạli. Où commence cette chaîne ? où
+finit-elle ? On ne saurait le dire d’une façon certaine. Pour nous,
+elle commence au nord de Demnât, à la trouée de la Teççaout,
+où ses dernières pentes viennent se confondre avec celles du Grand
+Atlas. C’est elle que traverse l’Ouad el Ạbid dans le long
+kheneg qu’il se creuse, c’est elle qui borne au sud la plaine
+du Tâdla et qui sépare sur toute leur longueur les bassins de
+l’Oumm er Rebiạ et de l’Ouad el Ạbid, c’est elle que nous
+avons franchie en allant de Qaçba Beni Mellal à Ouaouizert : elle
+n’avait là, au col, que 1529m d’altitude ; les sommets pouvaient
+être à 1900m. La chaîne commençait ; depuis Demnât, elle ne cesse
+de s’élever jusqu’au Djebel Tsouqt, qui paraît en être le point
+le plus haut. Où finit-elle ? S’arrête-t-elle brusquement, comme
+elle le semble, au Djebel Oulad Ạli et au Djebel Reggou ? Nous ne le
+pensons pas. Pour nous, la trouée subite qui se trouve à l’est de
+ces monts est un large kheneg que s’est percé la Mlouïa dans la
+chaîne ; les monts Debdou (1648m) seraient le prolongement naturel
+de celle-ci, et elle irait expirer avec eux sur les hauts plateaux
+du Ḍahra. Le Moyen Atlas commencerait donc au nord de Demnât,
+atteindrait son point culminant au Djebel Tsouqt, et se continuerait
+jusqu’au Ḍahra, où il viendrait mourir, comme l’a fait le Grand
+Atlas. Les deux versants sont boisés : de Demnât à Debdou, ils ne
+sont qu’immenses forêts, pleines de gibier et de bêtes sauvages,
+les seules du Maroc où il y ait des lions[51].
+
+3o _Petit Atlas_. — C’est le plus connu après le grand. M. Lenz
+l’a franchi au sud d’Iliṛ (1100m). M. Rohlfs en a suivi
+longtemps le pied nord. Enfin il a été un des principaux objets
+de mes recherches : j’en ai longé le pied méridional de Tisint
+à Aqqa, le pied septentrional d’Agadir Iṛir aux Menâba et du
+Dâdes au Ṛeris ; je l’ai traversé en six points différents,
+aux cols d’Iberqaqen, d’Azrar, de Haroun, d’Agni, de Tifernin,
+d’Iṛil n Oïṭṭôb. Il avait à ces passages : 1912m, 1934m,
+2059m, 1674m, 1872m, 2280m d’altitude ; ce sont, à peu de chose
+près, les hauteurs de la ligne culminante, car le Petit Atlas
+est couronné presque partout d’un large plateau à ondulations
+légères : ce plateau, pierreux dans la partie orientale de la chaîne
+(celle qui est à l’est du Dra et qui porte le nom de Saṛro),
+l’est moins dans la partie centrale, où le tapissent de longues
+étendues d’ḥalfa, et, vers l’ouest, se garnit d’une couche
+de bonne terre, se couvre de champs, d’amandiers et de villages,
+et forme une des plus riches contrées du Maroc. Le versant sud du
+Petit Atlas est nu et rocheux. Le versant nord l’est aussi dans les
+bassins du Dra et du Ziz ; mais il est boisé dans celui du Sous, au
+pied seulement vers l’est, en entier vers l’ouest. Peu de gibier ;
+point de bêtes féroces. La hauteur de la chaîne ne présente nulle
+part de brusques variations : la crête a partout l’aspect d’une
+ligne horizontale ; en trois endroits, à hauteur de Taroudant, aux
+environs du col d’Azrar et dans le Saṛro, j’y ai distingué
+quelques filets de neige : c’étaient d’étroits sillons à
+peine visibles. Le Petit Atlas commence auprès de l’Océan[52] :
+où finit-il ? Nous ne le savons pas. Nous supposons qu’il expire
+dans les hauts plateaux qui se trouvent à l’ouest de l’Ouad Ziz :
+la chaîne paraît s’abaisser sans cesse du Dâdes au Ṛeris ; de
+ce dernier point, on l’aperçoit se prolongeant dans le lointain et
+décroissant toujours. De Qçar es Souq, on ne la distingue plus :
+on ne voit vers le sud, le sud-ouest, le sud-est, qu’une plaine
+immense s’étendant jusqu’à l’horizon. Je conjecture donc que le
+Petit Atlas meurt avant d’atteindre les bords du Ziz. Les plateaux
+où il finit se continuent au delà de ce fleuve et se prolongent
+jusqu’en Algérie.
+
+Telles sont les trois chaînes qui forment la portion fondamentale
+de l’Atlas Marocain. Après elles, on peut en citer deux autres,
+secondaires. Les directions en sont parallèles à celle des
+premières. Elles sont situées, l’une, le Bani, au sud du Petit
+Atlas ; l’autre, dont semblent faire partie le plateau d’Oulmess
+et les monts des Ṛiata, au nord du Moyen Atlas.
+
+Le Bani est une étroite digue de roche nue, peu élevée, ayant dans
+sa partie centrale 924m d’altitude. Il commence à l’Océan,
+au sud d’Ouad Noun, et se prolonge au delà de l’Ouad Dra, qui
+le traverse au kheneg de Foum Taqqat, au-dessous de Tamegrout. Où
+finit-il ? Nous l’ignorons. Il expire sans doute, comme le Petit
+Atlas, entre le Dra et le Ziz. Nous avons franchi plusieurs fois le
+Bani, nous en avons longé le pied durant quelque temps, et sur les
+parties que nous n’avons pas vues nous possédons des renseignements
+précis. Les traits généraux de cette chaîne peuvent donc être
+considérés comme connus avec quelque certitude.
+
+Il n’en est pas de même pour l’autre, pour celle dont je
+crois voir des portions dans le plateau d’Oulmess et le Djebel
+Ṛiata. Elle semble avoir son origine entre Oulmess et l’Océan,
+passerait à quelque distance au sud de Sfrou, serait traversée par
+le Sebou à un kheneg, atteindrait la Mlouïa sous le nom de Djebel
+Ṛiata ; ce fleuve s’y fraierait un large passage au nord de la
+plaine de Tafrâta, et elle se prolongerait ensuite sans interruption
+jusqu’à Tlemsen par les monts Mergeshoum, Beni Bou Zeggou, Zekkara,
+Beni Snous. La chaîne commencerait à l’ouest d’Oulmess, aurait
+un de ses points culminants au pic des Ṛiata, et se continuerait
+jusqu’en Algérie. La partie occidentale, jusqu’à la Mlouïa, est
+couverte de grandes forêts et peuplée de fauves ; les panthères y
+abondent. La région orientale possède aussi des bois et les mêmes
+animaux sauvages, mais à un degré moindre. La chaîne a été
+franchie par Caillé sur le territoire des Aït Ioussi, par M. Rohlfs
+sur celui des Beni Mgild, par nous sur celui des Zaïan. L’altitude
+en est de 1290m à Oulmess, de 1517m à Douar S. Ạbd Allah (Rohlfs).
+
+Dans ce large massif de l’Atlas Marocain, formé de cinq chaînes
+parallèles, dont trois essentielles et deux secondaires, on voit
+qu’il y a une arête principale, le Grand Atlas, dominant de beaucoup
+tout le reste ; la plupart des fleuves du Maroc, Mlouïa, Ouad el
+Ạbid, Tensift, Sous, Dra, Ziz, Gir, y prennent leur source. Après
+lui, vient le Moyen Atlas, le second en hauteur ; deux fleuves sortent
+de son flanc : l’Oumm er Rebiạ et le Sebou. La moins élevée des
+trois chaînes principales est le Petit Atlas ; il ne donne naissance
+qu’à des rivières. Quant aux deux chaînes secondaires, seuls de
+petits cours d’eau en sortent.
+
+Ces chaînes parallèles forment entre elles trois rigoles où coulent
+bout à bout tous les fleuves marocains : Oumm er Rebiạ et Sebou
+entre le Moyen Atlas et la chaîne Oulmess-Ṛiata ; Ouad el Ạbid
+et Mlouïa, entre le Grand Atlas et le Moyen Atlas ; Sous et Dra
+supérieur, entre le Grand Atlas et le Petit Atlas. Le Dra, ayant
+percé l’un après l’autre le Petit Atlas et le Bani, coule ensuite
+au pied de ce dernier, parallèlement à la direction des crêtes. Dans
+ces rigoles, les fleuves sont séparés à leur source, tantôt par des
+plaines, si unies qu’il faut le baromètre pour trouver la ligne de
+partage des eaux, tantôt par des massifs montagneux. Au nord du Moyen
+Atlas, un plateau montueux, le Fezaz, fait la limite entre les bassins
+du Sebou et de l’Oumm er Rebiạ. Entre le Grand et le Moyen Atlas,
+les bassins de la Mlouïa et de l’Ouad el Ạbid sont divisés
+par les hautes cimes du Djebel el Ạïachi et des plateaux très
+élevés qui s’en détachent. Entre le Grand Atlas et le petit,
+le Dra est séparé du Sous par un massif montagneux que domine le
+Siroua, du Ziz par une large plaine. Du Ziz au Gir s’étendent
+également des plaines.
+
+Tel est le massif Atlantique au Maroc : tel du moins il me paraît
+être. Il faudra encore bien des voyages, bien des travaux, pour
+déterminer avec exactitude ce qu’il est. Les chaînes du Grand
+Atlas, du Petit Atlas et du Bani sont relativement connues ; mais
+celles du Moyen Atlas et d’Oulmess-Ṛiata le sont de la manière
+la plus incertaine.
+
+
+[Note 42 : Il n’en est plus ainsi maintenant. Les Entifa se sont
+révoltés. Voici ce qu’on lit à leur sujet dans le _Réveil du
+Maroc_ du 25 février 1885 : « A Entifa, le gouverneur s’est vu
+dans la nécessité de prendre la fuite à la suite de l’attaque
+dont il a été l’objet de la part de ses administrés, qui ont
+détruit et pillé son château. »]
+
+[Note 43 : Dans ces rochers, on aperçoit de loin une plante curieuse
+que, dans le cours de mon voyage, j’ai vue en quatre endroits :
+là ; dans les escarpements qui dominent le village d’Aït Sạïd
+(Tâdla) ; sur les pentes septentrionales du Petit Atlas ; dans les
+territoires des Ilalen et des Chtouka ; enfin dans les falaises
+des Ḥaḥa, au bord de l’océan Atlantique. Cette plante, la
+_taçouout_, paraît ne pousser que dans les lieux rocheux.]
+
+[Note 44 : Imaounin porte aussi le nom de Dar el Qaïd et celui de
+Dar el Glaoui. Le qaïd des Glaoua n’est point héréditaire ; il
+est nommé par le sultan et change fréquemment ; quel qu’il soit,
+on l’appelle _el Glaoui_. C’est un usage général au Maroc de
+désigner les gouverneurs du nom de leurs provinces ; on dit ainsi :
+_el Demnâti_, _el Entifi_, etc.]
+
+[Note 45 : Cet acte de vasselage est la _debiḥa_, dont nous parlerons
+en détail plus loin.]
+
+[Note 46 : _Chikh_ en arabe, _amṛar_ en tamaziṛt.]
+
+[Note 47 : _Adrar n Deren_, mot à mot « mont de Deren ». Deren est
+un nom propre, sans signification. Cette expression est universellement
+employée ici pour désigner le Grand Atlas ; dans le bassin du Sous,
+elle l’est de même ; dans le Dâdes et au delà, on ne la connaît
+plus. Elle s’applique donc à toute la portion occidentale de la
+chaîne, jusqu’au Tizi n Glaoui inclusivement.]
+
+[Note 48 : Mouflons à manchettes. C’est l’animal que les Arabes
+appellent _aroui_, et les Imaziṛen _aoudad_. Ce gibier est le seul
+qui se rencontre dans les déserts pierreux du Petit Atlas et dans le
+Bani. J’ai vu des mouflons apprivoisés à Tazenakht et à Tisint.]
+
+[Note 49 : Voir, sur ce sujet, _Géographie de l’Algérie_, par
+M. O. Mac Carthy, Préliminaires.]
+
+[Note 50 : C’est prouvé par le travail de M. le lieutenant
+W. Arlett : _Description de la côte d’Afrique depuis le cap Spartel
+jusqu’au cap Bojador_. (_Bulletin de la Société de Géographie
+de Paris_ : 1837, janvier.)]
+
+[Note 51 : Cette chaîne a été franchie par René Caillé entre
+Qçâbi ech Cheurfa et Gigo, par M. Rohlfs entre Tesfrout (Ouad Sebou)
+et Ouṭat Aït Izdeg (2085m d’altitude au col), par nous entre
+Qaçba Beni Mellal et Ouaouizert (1529m au col).]
+
+[Note 52 : Entre 29° 30′ et 29° 03′ de latitude nord. A quelque
+distance du rivage, il y a des sommets de 1190m d’altitude. Voir
+la description de la côte par le lieutenant W. Arlett, déjà citée.]
+
+
+
+
+ IV.
+
+ DE TIKIRT A TISINT.
+
+
+ 1o. — DE TIKIRT A TAZENAKHT.
+
+
+ 25 octobre 1883.
+
+Départ de Tikirt à 9 heures du matin. Je m’engage aussitôt dans
+un vaste désert qui s’étend, moucheté de loin en loin de petites
+oasis, entre les trois ouads Idermi, Aït Tigdi Ouchchen et Tazenakht ;
+l’aspect en est partout le même : terrain montueux, chemins assez
+pénibles, aucune végétation ; pas d’autres êtres vivants que les
+gazelles ; le sol est formé de roches et de pierres, grès dont la
+surface, semblant calcinée, est noire et luisante comme si elle avait
+été passée au goudron. Cette roche, la seule que je sois appelé à
+voir d’ici à Tazenakht, domine dans tout le sud. Dans les plaines,
+je la trouverai sous la forme d’une croûte de petites pierres noires
+et brillantes, sorte d’écaille qui couvre la terre ; en pays de
+montagnes, comme ici, elle se présente sous deux aspects : tantôt
+avec l’apparence d’escaliers aux degrés noircis et craquelés,
+monceau de pierres luisantes entassées, tantôt en longues tables
+unies et lisses. Telles sont les solitudes désolées que je parcours ;
+elles font songer aux déserts de pierres noires que, dans une autre
+région, S. Paulinus trouva aux abords du Grand Atlas. A 4 heures et
+demie, j’arrive à l’oasis d’Iṛels ; j’y passerai la nuit.
+
+La route d’aujourd’hui n’était pas des plus sûres : le
+frère de Chikh Moḥammed de Tikirt m’a escorté avec deux de
+ses gens jusqu’à Tagenzalt ; il me quitta là, en me confiant à
+deux hommes de ce qçar : ceux-ci me conduisirent à Iṛels. Nous
+n’avons rencontré personne pendant tout le trajet. Point de cours
+d’eau. Tagenzalt, où je me suis arrêté une demi-heure, est une
+localité indépendante, se gouvernant elle-même, mais reconnaissant
+la suzeraineté du chikh de Tikirt ; elle comprend environ cinquante
+maisons, bâties en pisé et entourées d’une enceinte ; auprès
+sont de grands et beaux jardins ; les dattiers y dominent ; on
+y voit aussi des grenadiers, des figuiers, des trembles ; à leur
+ombre sont des cultures. L’oasis est située au fond d’un vallon
+dont le flanc occidental est à cet endroit une muraille à pic ; les
+bouches d’une dizaine de cavernes s’y ouvrent. Pas de ruisseau ;
+il n’y a d’autre eau que celle d’une source. Tagenzalt est,
+avons-nous dit, entourée d’une enceinte de murailles : c’est une
+particularité que je vois pour la première fois et qu’il importe
+de signaler. Elle marque un changement dans l’état des villages :
+jusqu’ici tous étaient ouverts ; désormais, en allant vers le sud,
+je trouverai la plupart d’entre eux fortifiés. A dater de ce jour,
+il y aura donc une distinction à faire : nous appellerons _qçar_
+tout centre fortifié, réservant le nom de _village_ pour ceux qui
+ne le seront pas. Tantôt les qçars sont défendus par des murailles
+qui enveloppent les habitations, murailles d’ordinaire garnies de
+tours ; tantôt les murs des maisons, juxtaposés et ne laissant
+passage que par une ou deux portes étroites, forment eux-mêmes
+l’enceinte. Quel que soit le système adopté, les qçars sont
+très ramassés, resserrés dans le plus petit espace possible :
+l’opposé des villages.
+
+Iṛels est un beau qçar, riche et prospère, d’environ 500
+habitants. Il est très bien bâti ; point de ruines, point de maisons
+en mauvais état ; tout est neuf, tout est propre et bien entretenu ;
+le bas des constructions est en pierres, souvent taillées, toujours
+disposées régulièrement, le haut est en pisé ; des terrasses
+reposant sur de longues poutres de palmier couronnent les habitations,
+des gouttières pratiquées le long des murs amènent l’eau dans des
+citernes. Une enceinte garnie de tours protège le qçar ; elle est,
+ainsi que tous les bâtiments de ce dernier, couverte de moulures et
+de dessins à la chaux. Les jardins sont superbes : comme à Tagenzalt,
+il y a des arbres variés, mais les palmiers dominent ; à leur ombre,
+la terre, divisée en carrés, disparaît sous le maïs, le millet et
+les légumes. Une foule de canaux arrosent ces riches plantations ;
+çà et là de grands bassins maçonnés sont remplis jusqu’au
+bord d’une eau limpide. Cette végétation luxuriante, ces arbres
+superbes qui répandent une ombre épaisse sur une terre toute verte,
+ces mille canaux, ce ciel admirable, cette nature riche et riante qui,
+au milieu de la contrée la plus désolée, fait de ce séjour un
+lieu de délices, se trouveront pareillement dans les autres oasis :
+telle est Iṛels, tels seront tous les points où nous verrons
+croître le dattier : en tous même fraîcheur, en tous même calme,
+même abondance ; endroits charmants où il semble ne pouvoir exister
+que des heureux.
+
+A peu de distance d’Iṛels, est un qçar plus petit, Tamaïoust,
+également entouré de palmiers ; il forme avec Iṛels un groupe
+isolé, indépendant, compris sous le nom d’Iṛels. Population
+tamaziṛt, mélange de Chellaḥa et de Ḥaraṭîn. Iṛels,
+Tamaïoust et Tagenzalt produisent des dattes d’excellente qualité.
+
+ 26 octobre.
+
+[Illustration]
+
+Départ à 8 heures et demie. Mon escorte, de deux fusils au début,
+s’augmente de deux autres à El Bordj : ces nouveaux zeṭaṭs
+sont nécessaires pour me protéger sur le territoire des Aït Tigdi
+Ouchchen. Jusqu’à 10 heures, je chemine dans une région montueuse
+et déserte, identique à celle où j’étais hier. A 10 heures,
+j’entre dans la vallée de l’Ouad Aït Tigdi Ouchchen : le lit
+de la rivière, d’environ 60 mètres de large, en occupe tout le
+fond ; il est de sable ; au milieu, serpente un filet d’eau claire,
+au courant assez rapide, de 4 mètres de large et 15 centimètres de
+profondeur ; des deux côtés, poussent tantôt nombreux, tantôt
+clairsemés, des tamarix et des lauriers-roses. Les flancs sont de
+pure roche, grès à surface noire et luisante ; ils ont 80 à 100
+mètres de haut ; les pentes en sont raides dès le pied, et à pic
+auprès du sommet ; aucune trace de végétation n’y apparaît. Je
+m’engage dans le fond de cette vallée, et je ne la quitte pas
+jusqu’à Tafounent. D’ici là, elle reste la même, si ce n’est
+que l’eau diminue dans la rivière à mesure qu’on avance : à
+Tafounent, il n’y en a plus. Les flancs demeurent jusqu’au bout
+ce qu’ils étaient au début ; le gauche expire près de Tafounent,
+le droit continue à perte de vue. Le fond garde partout même largeur
+et même aspect ; à hauteur d’El Bordj et de Tislit seulement,
+il s’étend, et se couvre un instant de cultures. De Tafounent à
+Tazenakht, je traverse un plateau rocheux et désert, extrémité du
+massif qui s’étend entre les ouads Idermi, Aït Tigdi Ouchchen et
+Tazenakht. A 3 heures et demie du soir, j’arrive au gros village
+de Tazenakht.
+
+[Illustration : Flanc droit de la vallée de l’Ouad Aït Tigdi
+Ouchchen. (Vue prise de Tafounent.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Peu de voyageurs sur mon chemin. Je n’ai rencontré de la journée
+que trois petites caravanes. Le chef de l’une d’elles entra
+en longs pourparlers avec les gens de mon escorte : il désirait
+me piller, leur proposait de faire la chose de concert et leur
+offrait la moitié du butin. Ne leur était-ce pas plus avantageux
+que de continuer, sot métier, à faire cortège à un Juif ? Mes
+hommes, qui avaient des préjugés, repoussèrent sa demande. Aucun
+terme ne lui parut trop fort pour exprimer combien il les trouvait
+ridicules. Outre l’Ouad Aït Tigdi Ouchchen, j’ai traversé deux
+rivières : l’Ouad Iṛels (lit de galets de 15 mètres de large,
+à sec), l’Ouad Tazenakht (lit moitié galets, moitié sable,
+de 50 mètres de large, à sec). Plusieurs centres habités se
+sont trouvés sur ma route : Tagentout, composé de deux ou trois
+maisons groupées autour d’une qoubba ; El Bordj, beau et grand
+qçar, bâti sur une colline dans une situation pittoresque,
+ceint de vastes jardins ; Tislit, groupe de deux petits qçars
+s’élevant à 500 mètres l’un de l’autre, entourés de
+vergers ; Tafounent, beau village d’environ 40 feux. Aujourd’hui,
+plus de palmiers ; ils ont disparu avec Iṛels : je n’en verrai
+désormais qu’après avoir atteint le versant méridional du Petit
+Atlas. El Bordj, Tislit, Tafounent, appartiennent à la petite tribu
+tamaziṛt des Aït Tigdi Ouchchen, tribu indépendante et isolée,
+ne reconnaissant la suzeraineté de personne, ne faisant partie
+d’aucune confédération. L’organisation des Aït Tigdi Ouchchen
+est démocratique.
+
+
+ 2o. — SÉJOUR A TAZENAKHT.
+
+
+Le gros village de Tazenakht, qui porte aussi les noms de Tazenag,
+Aït Ouzanif, Dar ez Zanifi et Khemîs Aït Ạmer, est la capitale
+d’un État ; cet État est formé de plusieurs tribus, réunies dans
+la main d’un seul chef, sans être connues sous aucune dénomination
+générale. Elles en ont une cependant : la plupart des tribus et
+des districts des environs, Aït Tigdi Ouchchen, Aït Oubial, Aït
+Selîman, Tazenakht, Tasla, Iṛels, Tammasin, d’autres encore,
+sont des fractions de la grande et ancienne tribu des Aït Ạmer ;
+mais ce nom est oublié : chaque branche a un nom particulier et
+ne connaît que lui ; une seule a conservé le nom d’origine, en
+en faisant son appellation spéciale : c’est le rameau qui habite
+les bords de l’Ouad Timjijt. La souche de la race des Aït Ạmer
+fut, dit-on, une seule famille : celle dont les chefs ont pris le
+nom d’Aït Ouzanif. Ceux-ci ont gardé la prépondérance qu’ils
+avaient à l’origine ; depuis un temps immémorial, ils possèdent le
+souverain pouvoir. Le berceau de cette antique maison est la vallée
+même de l’Ouad Tazenakht, qu’on appelle aussi Ouad Ouzanif. Les
+représentants actuels en sont deux frères, Chikh Ḥamed ben Chikh
+Moḥammed et Chikh Ạbd el Ouaḥad ; ils règnent ensemble en bon
+accord ; leur résidence est le village de Tazenakht, leurs États
+propres se composent du pays de Tazenakht, de celui d’Amara et de la
+tribu des Aït Ạmer ; on désigne cet ensemble du nom d’une de ses
+parties ou de celui de ses chefs, l’appelant soit blad Aït Ạmer,
+soit blad Tazenakht, soit blad ez Zanifi ; le tout forme environ 1200
+fusils. De plus, Tammasin, les Aït Semgan, les Aït Touaïa, une
+partie des Aït Zaïneb (Imzouṛen, Tadoula, Tizgzaouin, Taselmant),
+le district d’Alougoum, les Aït ou Ḥamidi, quatre bourgades
+du Tlit, Tasla, et quelques autres qçars isolés, se sont rangés
+volontairement sous leur autorité. Celle-ci n’a rien de lourd :
+le service militaire en temps de guerre, une redevance annuelle de 2
+francs par fusil, c’est tout ce qu’ils demandent à la population ;
+encore beaucoup sont-ils dispensés de l’impôt, les uns vu leur
+parenté avec les chikhs, d’autres par leur qualité de marabout.
+
+Les Zanifi sont indépendants ; comme nous l’avons dit, ils sont
+d’ordinaire en bonnes relations avec le qaïd de Telouet : presque
+toutes les années, jusqu’à celle-ci, l’un des deux frères
+allait lui faire visite et lui apportait un cadeau de 500 à 700
+francs. Ces rapports amicaux sont sur le point de cesser : il y a
+quelques jours, Chikh Ạbd el Ouaḥad, qui, par suite du grand
+âge de son frère, s’occupe presque seul des affaires, a reçu
+des lettres de Merrâkech, écrites par des Juifs de Tazenakht en ce
+moment dans la capitale : elles lui recommandaient de ne pas aller
+comme d’habitude chez le Glaoui, celui-ci ayant reçu l’ordre
+de le jeter en prison à son premier voyage à Imaounin. Cet avis
+semble désintéressé et part de bonne source ; d’ailleurs il ne
+contient rien qui puisse surprendre : combien n’a-t-on pas vu de
+chefs indépendants, venus dans les villes du makhzen confiants dans
+l’amitié du sultan, parfois sur son invitation, y être incarcérés
+tout à coup et maintenus au cachot jusqu’à ce qu’ils aient payé
+de grosses rançons ? Simple opération financière. De même ici ;
+Moulei El Ḥasen veut faire emprisonner Chikh Ạbd el Ouaḥad :
+est-ce pour annexer ses États au blad el makhzen ? Point ; c’est
+pour lui arracher une partie de ses richesses, qu’on dit énormes. Le
+Zanifi est célèbre au Maroc pour les trésors qu’il possède,
+enfouis, dit-on, sous sa demeure ; ce ne seraient là que monceaux
+d’or, joyaux, armes merveilleuses. Le Zanifi passe pour le plus riche
+de l’empire en bijoux anciens et objets précieux de toute sorte ;
+après lui, viendrait S. El Ḥoseïn ould Ḥachera, le marabout du
+Tazeroualt ; en troisième lieu, le fameux qaïd el Genṭafi. Outre
+ces trésors, les chikhs de Tazenakht ont de grandes terres, et dans
+leur pays, et au Mezgîṭa, et chez les Aït Zaïneb. Il y a là de
+quoi tenter la cupidité proverbiale de Moulei El Ḥasen. Mais cette
+fois la trahison qu’il a projetée n’aura d’autre résultat
+que de briser le dernier lien entre lui et les Aït Ouzanif : les
+attaquer ouvertement, il n’y saurait songer ; même au temps où
+les relations étaient les plus amicales avec Tazenakht, le qaïd
+de Telouet n’osa jamais y aller. Que serait-ce aujourd’hui ? Il
+faudrait le sultan avec toute son armée. Encore rencontrerait-il une
+résistance sérieuse : les Aït Ouzanif sont unis par de nombreuses
+alliances à la maison souveraine du Mezgîṭa : ils trouveraient là
+un appui solide ; ils en ont un autre dans la personne de l’Azdifi,
+chikh héréditaire de la puissante tribu des Zenâga : en guerre
+contre lui depuis de nombreuses années, ils viennent de lui offrir
+la paix ; elle s’est conclue ces jours derniers ; une visite de
+l’Azdifi, pendant mon séjour même, a cimenté le traité : on
+lui a fait une réception splendide, et d’ennemis on est devenu
+alliés. Les nouvelles reçues de Merrâkech n’ont, dit-on, pas
+été étrangères à ce brusque accommodement.
+
+[Illustration : Massif rocheux situé entre Tazenakht et l’Ouad
+Azgemerzi, et, en arrière, flanc droit de la vallée de cette
+rivière. (Vue prise du mellah de Tazenakht.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Village d’Adreg et Djebel Siroua.
+
+(Les parties ombrées des montagnes sont couvertes de neige.)
+
+(Vue prise du marché de Tazenakht.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Tazenakht est un gros village construit dans un site triste : au nord,
+s’étendent à perte de vue les solitudes pierreuses que traverse le
+chemin de Tikirt ; à l’est et au sud, un massif escarpé de roche
+noire et luisante, auquel la bourgade est adossée, ferme l’horizon ;
+c’est vers l’ouest que le paysage est le moins désolé : de
+ce côté, on aperçoit une portion de la plaine des Zenâga et au
+delà, se dressant sur un piédestal de montagnes grises, la haute
+cime blanche du Djebel Siroua. Au pied de Tazenakht est le lit de
+la rivière du même nom, presque toujours à sec. Cette année, au
+milieu de mon séjour, une nappe d’eau de 10 mètres y a coulé
+durant 24 heures : ç’a été une joie universelle, le présage
+d’une bonne récolte ; depuis quatre ans, on n’avait pas vu
+d’eau dans l’ouad ; depuis quatre ans, il y avait disette. Le
+village est bâti en long sur la rive droite de la rivière ; les
+habitations, en pisé, sont la plupart délabrées ; vers le centre,
+s’élève la demeure des chikhs, demeure vaste, mais simple, ne
+rappelant en rien les constructions élégantes de l’Ouad Iounil et
+d’Iṛels : celles-ci ont disparu par degrés à mesure que nous
+nous sommes éloignés du Dra. L’aspect de Tazenakht est triste ;
+on ne voit que maisons à demi démolies, pans de murs croulants ;
+les ruines occupent au moins les deux tiers de la surface. C’est
+l’œuvre de la famine ; quatre années de sécheresse ont produit
+ce résultat ; il y a quatre ans, vivaient ici 300 familles, moitié
+de Musulmans, moitié d’Israélites ; un grand commerce y apportait
+la richesse ; le khemîs, marché célèbre dans le Sahara entier,
+était le rendez-vous de toutes les tribus voisines : on y venait en
+foule du Sous, du Dra, du Telouet même et des Ida ou Blal ; depuis
+quatre ans, point d’eau, point de récoltes : les ressources se sont
+épuisées, les provisions ont manqué, il a fallu émigrer ; plus de
+la moitié des habitants a déserté. Aujourd’hui la population est
+réduite à 80 familles musulmanes et 55 juives. La décadence s’est
+mise en tout : le commerce est devenu à peu près nul ; le marché,
+si animé jadis, est désert. C’est la disette de grains dans les
+tribus voisines, surtout chez les Zenâga, qui a amené ce désastre ;
+car en aucun temps Tazenakht ne peut se suffire à soi-même : nous
+avons vu que le terrain qui l’environne est rocheux ; en outre, il
+est peu arrosé : le village est alimenté par des sources ; l’eau en
+est bonne et ne tarit pas ; mais si elle suffit à l’alimentation des
+habitants, elle est trop peu abondante pour irriguer la campagne. Aussi
+y a-t-il peu de cultures : de maigres plantations de maïs, d’oignons
+et de citrouilles, s’étendant le long de la rivière ; au milieu
+d’elles, des bouquets de trembles très clairsemés ; çà et là
+quelques figuiers, quelques cognassiers ; c’est tout ce qu’on
+voit de verdure à Tazenakht. Le climat est, me dit-on, très chaud
+en été, tempéré en hiver ; il tombe quelquefois de la neige,
+mais elle fond en touchant terre.
+
+[Illustration : Ouad Tazenakht, au pied de Tazenakht. (Vue prise
+du mellah.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Maison de Chikh ez Zanifi, à Tazenakht.
+
+(Les montagnes ombrées sont couvertes de neige.) (Vue prise du
+mellah.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Tazenakht possède un marché célèbre. La situation centrale de ce
+marché entre le Sous, le Dra et le Telouet lui a donné une grande
+importance ; chaque jeudi, le Sous y apporte ses huiles, le Dra ses
+dattes, les Glaoua des grains ; là se fait l’échange des divers
+produits : les dattes sont portées vers l’ouest et le nord,
+huiles et grains prennent la direction du sud et de l’est. Les
+habitants de Tazenakht ont des relations suivies avec Maroc : leurs
+caravanes s’y rendent avec des peaux, des noix et des dattes, et
+reviennent chargées de cotonnades, de sucre, de thé, d’allumettes,
+etc. ; on emmagasine ces marchandises, et on les expose le jour du
+marché. Une industrie, la fabrication des khenîfs[53], fleurit dans
+la bourgade. Celle-ci est la patrie du khenîf, dont le tissage et le
+brodage occupent presque toute la population. Malgré ces objets de
+trafic, Tazenakht voit décliner son commerce : les tribus voisines
+y viennent encore s’approvisionner des produits d’Europe ; les
+Zenâga y apportent toujours leurs laines et leurs grains ; mais les
+caravanes du Sous, du Mezgîṭa, des Glaoua, nombreuses autrefois,
+sont aujourd’hui rares et peu importantes ; des oasis du sud on
+ne vient plus. Parfois il n’y a pas 60 étrangers sur le marché ;
+l’huile même manque souvent à Tazenakht ; on en est réduit, pour
+s’éclairer, à faire brûler péniblement un peu de graisse, ou à
+allumer une poignée d’herbes sèches. Le pays est très pauvre en
+ce moment ; les chevaux et les mulets sont rares et regardés comme
+un luxe ; peu de vaches ; point de chameaux ; il n’y a en certaine
+quantité que des ânes, des moutons et des chèvres.
+
+J’entre ici, pour l’alimentation, dans une région nouvelle :
+jusqu’à présent, les pauvres se nourrissaient de farine d’orge,
+mais tout ce qui était aisé mangeait du blé ; à partir d’ici,
+on ne voit plus de blé ; excepté les chikhs, personne ne connaît
+que l’orge ; c’est l’orge qui compose et le pain, et le
+couscoussou de chaque jour, et la _zemmita_[54] qu’on emporte en
+voyage. Les costumes sont les mêmes que chez les Aït Zaïneb ;
+mais on voit, entre les khenîfs et les ḥaïks blancs, des bernous
+gris à fines raies foncées ; je n’en trouverai de semblables
+qu’au Mezgîṭa. Population de Chellaḥa, mêlés de quelques
+Ḥaraṭîn ; ceux-ci sont moins nombreux ici qu’à Tikirt. On
+ne parle que le tamaziṛt : sur sept ou huit hommes, à peine
+en trouve-t-on un qui sache l’arabe ; aucune femme ne comprend
+cette langue ; les Juifs même ne s’en servent pas habituellement
+entre eux.
+
+
+ 3o. — DE TAZENAKHT A TISINT.
+
+
+Aller de Tazenakht à Tisint eût été chose facile autrefois,
+lorsque, chaque jeudi, des Ida ou Blal venaient ici attirés par
+le marché : on eût loué une escorte parmi eux ; le chemin,
+infesté de bandes pillardes de leur tribu, ne peut se parcourir
+que sous leur protection, ou en compagnie d’étrangers qu’ils
+respectent. Aujourd’hui Tazenakht n’a plus de relations avec
+le Sahara, on ne peut espérer l’arrivée d’Ida ou Blal. Il me
+faut chercher, comme zeṭaṭ, un homme du pays qui soit connu
+et considéré des nomades du sud. Le Zanifi et l’Azdifi sont
+dans ces conditions et pourraient me faire parvenir en sûreté ;
+mais on me détourne de m’adresser à ces seigneurs : si, me
+dit-on, ils vous jugent pauvre, ils ne vous conduiront point, n’y
+trouvant pas leur profit ; si, au contraire, ils vous croient riche,
+ils vous _mangeront_ en route, vous et ce que vous avez, y trouvant
+plus de profit ; il est imprudent de se mettre entre les mains des
+souverains : leur haute position les met trop au-dessus de tout ;
+que leur importe de passer pour loyaux ou sans foi ? il faut prendre
+pour zeṭaṭ un homme assez fort pour faire respecter son ạnaïa,
+mais non tant qu’il n’ait intérêt à garder une réputation
+intacte. Après quinze jours de recherches, je trouvai quelqu’un qui
+réunissait à ces deux conditions celle d’avoir dans le sud des
+relations lui permettant d’y aller sans trop de danger. Lui aussi
+portait le titre de chikh. Ce nom n’est point ici une expression
+désignant le chef temporaire d’un douar ou d’un qçar ; c’est
+un titre rare et respecté, qui est héréditaire et appartient aux
+seuls chefs de quelques grandes familles ; tels sont le Zanifi,
+le Mezgîṭi, Ben Ọtman, l’Azdifi, et enfin mon zeṭaṭ,
+Chikh Moḥammed ou Ạziz ould Chikh El Ḥasen. Mais celui-ci
+est un prince détrôné ; c’est pourquoi l’on peut se fier en
+lui. Chef d’une maison souveraine des Zenâga, il partageait jadis
+l’autorité dans cette tribu avec l’Azdifi ; une longue guerre
+eut lieu entre les deux familles rivales ; elle se termina, il y a
+quinze ans, par la ruine de Chikh Moḥammed ou Ạziz. Son château
+fut détruit. Il dut chercher refuge à l’étranger. C’est alors
+qu’il vint s’établir à Tazenakht. Il en est aujourd’hui un des
+hommes les plus considérés et s’y est fait une grande renommée de
+courage. Y a-t-il une expédition guerrière ? On le trouve toujours au
+premier rang, avec Chikh Ạbd el Ouaḥad. Sa maison avait de vieilles
+relations avec les tribus du sud ; les liens du sang l’unissent à
+plusieurs d’entre elles ; il n’a cessé d’entretenir ces bons
+rapports ; mieux que personne, il pourra me défendre. Tel est celui
+qui va me conduire : je n’aurai qu’à me louer de lui.
+
+ 12 novembre.
+
+Départ à 10 heures et demie. Chikh Moḥammed, monté sur une belle
+jument, et deux de ses esclaves à pied m’escortent. Après avoir,
+par un chemin pierreux, contourné le massif auquel Tazenakht est
+adossée, j’entre dans une immense plaine, dont le nord forme
+le territoire des Aït Ạmer, et dont les portions centrales et
+méridionales appartiennent aux Zenâga. Cette plaine est limitée :
+au nord, par les premières pentes du désert montueux qui s’étend
+entre les ouads Idermi et Tazenakht ; à l’est, à l’ouest
+et au sud, par un talus de grès identique à celui qui forme le
+flanc droit de l’Ouad Aït Tigdi Ouchchen : même composition,
+même pente, même élévation de 80 à 100 mètres. Vers le sud,
+le sommet de ce talus est le faîte même du Petit Atlas ; vers
+l’ouest, il est le premier échelon du Siroua, dont la haute cime
+domine toute la contrée. Dans le nord, on distingue au loin une
+longue ligne blanche : le Grand Atlas. Le sol de la plaine n’a pas
+une ondulation, il est uni comme une glace ; c’est, au début, de
+la roche couverte d’une mince couche de sable : à mesure qu’on
+avance vers le sud, on voit cette couche s’épaissir rapidement ;
+au delà de l’Ouad Timjijt, le terrain n’est plus que sable semé
+d’un peu de gravier, les plantations commencent ; à partir de
+l’Ouad Tiouiin, on rencontre à peine une pierre de loin en loin,
+le sol se couvre de cultures et se sème de villages ; enfin, au sud
+de Tamarouft, plus de pierres du tout, sable pur, on n’aperçoit
+que champs de toutes parts. En résumé, c’est une plaine très
+riche ; le sol y est d’une fertilité admirable : une partie
+seulement en est ensemencée, et les grains en alimentent toutes
+les tribus voisines ; elle pourrait se cultiver en entier. L’eau
+seule manque quelquefois ; cette terre excellente est peu arrosée :
+on y voit les lits d’un grand nombre de ruisseaux, de rivières,
+mais presque tous à sec : il faut la pluie pour féconder. Sur les
+parties laissées incultes, le thym seul pousse en cette saison ;
+en repassant au printemps, je trouverai les mêmes places couvertes
+de _seboula el far_ et d’autres herbes qui servent à la nourriture
+des troupeaux. Telle est la plaine où je marche aujourd’hui. Plus
+j’avance, plus l’aspect en devient riant. A partir de Temdaouzgez,
+on ne voit de tous côtés que travailleurs dans les champs : il vient
+de pleuvoir durant plusieurs jours ; c’est la récolte assurée :
+aussi chacun de labourer le plus qu’il peut et d’ensemencer à la
+hâte, pour profiter de cette année de prospérité qui succède à
+quatre de disette. A 4 heures, j’arrive à Tamarouft, gros village
+où je passerai la nuit.
+
+Point d’autres voyageurs que nous sur la route. J’ai traversé
+deux rivières : l’Ouad Timjijt (au point où je l’ai passé, il
+coule dans une dépression d’un kilomètre de large, de quelques
+mètres au-dessous du niveau de la plaine ; lit de vase de 30
+mètres, au milieu duquel serpentent 2 mètres d’eau claire et
+courante) ; l’Ouad Azgemerzi (il coule, au-dessous de Temdaouzgez,
+dans une dépression de 300 mètres de large et de quelques mètres de
+profondeur ; au-dessus de ce lieu, le lit est au niveau de la plaine ;
+il a 30 mètres de large ; fond de sable, avec 2 mètres d’eau
+courante ; rives bordées de tamarix). Les divers centres habités
+que nous avons rencontrés d’Asersa à Tamarouft sont des villages
+en pisé blanc, médiocrement construits, entourés de jardins bien
+cultivés, mais pauvres de végétation ; les arbres, en petit nombre,
+y sont les mêmes qu’à Tazenakht : le tremble domine. L’eau,
+peu abondante dans les rivières, se trouve à une courte profondeur,
+en creusant le sol ; on voit au milieu des plantations une grande
+quantité de puits.
+
+Les Zenâga, chez qui je me trouve ici, se font appeler, lorsqu’on
+écrit leur nom en arabe, _Cenhadja Oulḥourri_. C’est une
+tribu riche et puissante ; son territoire s’étend et sur la
+plaine où nous sommes et sur les montagnes qui la bordent : dans
+la plaine, elle a ses cultures et ses villages, ceux-ci au nombre
+d’une quarantaine ; dans la montagne paissent ses troupeaux. Les
+Zenâga sont sédentaires et Imaziṛen ; ils sont Chellaḥa ;
+pas un Ḥarṭâni parmi eux. Ils sont de beaucoup, des tribus
+que j’ai vues, celle où le tamaziṛt est employé de la façon
+la plus exclusive ; personne ici ne sait l’arabe, pas même les
+gens riches, pas même les chikhs ; jusqu’aux Juifs, dont bon
+nombre n’entendent que le tamaziṛt. Si j’avais dû trouver
+quelque part des écrits dans cette langue, c’eût été ici ; mes
+questions à ce sujet y ont été aussi infructueuses qu’ailleurs :
+non seulement on n’en possède point, mais on semble ignorer qu’il
+en ait existé. A ce caractère distinctif des Zenâga, leur langage,
+un second se joint, leur physionomie ; ils en ont une spéciale qui
+ne se retrouve pas chez d’autres : sans avoir rien des Ḥaraṭîn,
+ils ont le teint très bronzé ; leurs traits sont accentués et durs ;
+presque tous sont laids, mais grands, secs et forts[55]. C’est une
+tribu farouche, guerrière et pillarde, la crainte de ses voisins,
+l’effroi des voyageurs ; il faut l’ạnaïa d’un homme puissant
+pour qu’un étranger puisse la traverser sans péril. Elle était
+gouvernée autrefois par les deux maisons souveraines dont nous avons
+parlé plus haut ; aujourd’hui elle obéit tout entière à un seul
+chef, Chikh Ḥammou ben Chikh Moḥammed d Ida el Qaïd. Celui-ci
+a pour résidence le village d’Azdif, d’où le nom d’Azdifi,
+sous lequel il est connu. Il a un frère, Ạbd el Ouaḥad d Ida el
+Qaïd, qui porte aussi le titre de chikh et habite avec lui. Le nom
+de leur famille, _Ida el Qaïd_, vient de ce que jadis un de leurs
+ancêtres reçut le titre de qaïd d’un sultan. Duquel ? Nul ne
+peut le dire. Quand ? On l’ignore. Tout ce qu’on sait, c’est
+que, depuis un temps immémorial, cette maison règne sur les
+Zenâga. Son pouvoir s’étend plus loin ; elle a forcé plusieurs
+tribus et districts du voisinage à le reconnaître. Le Tlit lui est
+soumis. Tisint l’était autrefois, mais depuis vingt ans elle a
+secoué le joug. Inutile de dire que les Zenâga sont indépendants ;
+tout ce qui est au sud de Tazenakht l’est de la manière la plus
+complète. Voici une anecdote qui donnera l’idée du genre de
+relations qu’on a ici avec le makhzen. Au mois d’avril 1884,
+comme je repassai dans ces parages, je rencontrai, entre El Ạïn
+et Tazenakht, Chikh Ḥammou el Azdifi qui revenait du dernier point,
+où il avait passé quelques jours en visite chez le Zanifi. J’avais
+comme zeṭaṭ un esclave de Sidi Ḥamed ou Ạbd er Raḥman,
+marabout des Aït Ạmer, chef de la zaouïa de S. Ạbd Allah
+ou Mḥind. Aussitôt que les cavaliers de la suite du chikh nous
+aperçurent, ils nous prirent au col, Mardochée et moi, en réclamant
+un droit de passage, une zeṭaṭa. Leur maître s’était arrêté
+et regardait impassible la bousculade. Un des hommes nous demanda
+d’où nous étions. « De Merrâkech. — Des gens de Merrâkech,
+des sujets du sultan ! s’écria le chikh. La bonne aubaine ! Trois
+Zenâga sont en prison dans le blad el makhzen. Voici des otages
+qui arrivent à propos. Qu’on les emmène et qu’on les mette aux
+fers. Ils y resteront jusqu’à ce que Moulei El Ḥasen nous ait
+rendu nos sujets. » Lorsqu’il entendit ce langage, l’esclave du
+marabout prit la bride du chikh et lui déclara que, sujets ou non du
+sultan, nous étions sous l’ạnaïa de son maître Sidi Ḥamed,
+et que par conséquent nul n’avait droit de nous toucher. A ces
+paroles, tout change. Toucher aux protégés de Sidi Ḥamed ! Qui y
+a pensé ! Non seulement on ne nous emmène pas, mais on nous laisse
+passer sans exiger de zeṭaṭa. Tel est le prestige du sultan. On
+le regarde comme un chef de tribu éloigné, avec qui on serait en
+assez mauvais rapports.
+
+Les Zenâga comptent environ 1700 fusils ; ils ont à peine 20
+chevaux. Un seul marché sur leur territoire, l’Arbạa Taleouin.
+
+ 13 novembre.
+
+Départ à 7 heures du matin. Nous marchons d’abord dans la même
+plaine qu’hier, toujours unie, fertile, peuplée. A 9 heures et
+demie, nous sommes à son extrémité sud, au pied du talus qui la
+borne. Le sommet de ce talus forme ici la crête supérieure du Petit
+Atlas. Nous allons la franchir. Une brèche profonde se dessine en
+face de nous ; nous montons vers elle par un couloir en rampe douce. A
+10 heures un quart, nous atteignons le col, _Tizi Agni_, et la ligne
+de faîte du Petit Atlas. Devant nous, au milieu d’entassements de
+roches noires, s’ouvre un ravin : aucune largeur au fond, où un
+filet d’eau bondit par hautes cascades ; flancs très escarpés,
+souvent à pic ; pas de trace de terre ni de végétation ; tout
+est pierre, grès noir et luisant. Vers le sud, on n’aperçoit
+d’abord qu’une longue succession de croupes brunes, flancs de la
+vallée dont la source est ici, versant méridional du Petit Atlas ;
+puis, au delà, à une grande distance, une plaine blanche ; enfin,
+bornant l’horizon, une dernière chaîne de montagnes, dominée
+par un pic bleuâtre : c’est le Bani, avec le mont Taïmzouṛ,
+au pied duquel est Tisint. Nous nous mettons à descendre le ravin
+où plongent nos regards ; chemin difficile à travers les roches du
+flanc droit : du col au village d’Agni, où nous parvenons à midi,
+on ne peut marcher qu’à pied. A Agni, le sentier atteint le fond
+de la vallée ; celle-ci, en aval de ce point, change d’aspect :
+jusque-là, la rivière coulait par cascades ; la pente de son lit
+était très rapide ; les flancs étaient si escarpés, et en même
+temps si resserrés, qu’en arrivant ici j’ai vu l’ouad pour la
+première fois depuis le col. Au delà, au contraire, plus de chutes ;
+les flancs resteront hauts et raides, mais le fond de la vallée sera
+en pente douce et prendra quelque largeur.
+
+[Illustration : Vue dans la direction du sud, prise du col d’Agni.
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Ce changement n’est pas le seul qui m’attende : en approchant
+d’Agni, j’aperçois, se détachant sur le fond noir du roc,
+les panaches verts des palmiers ; ils recommencent ici : à
+l’ouest du Dra, la crête du Petit Atlas est leur limite nord ;
+je les retrouve donc pour ne pas les quitter de longtemps. Nous
+faisons halte au village d’Agni[56]. C’est un groupe de huttes
+en pierres sèches, où vivent misérablement dix ou douze familles
+de Ḥaraṭîn. Le fond de la vallée a momentanément 80 mètres de
+large ; il est couvert de cultures et ombragé de dattiers ; au milieu
+coule l’Ouad Agni, avec 3 mètres d’eau verte et courante. Les
+habitants reconnaissent l’autorité des Zenâga ; elle finit ici.
+
+A 3 heures et demie, nous nous remettons en route. Nous rentrons
+dans le désert pour y rester jusque auprès de Tisint. A présent,
+c’est dans le lit de la rivière que l’on marche ; dès la sortie
+d’Agni, il se dessèche et embrasse tout le fond de la vallée,
+large de 40 mètres ; cet espace est couvert d’une couche de
+galets, qui rendent la marche pénible ; pas d’autre végétation
+que des jujubiers sauvages, de 2 à 3 mètres d’élévation, et des
+ḥeuboubs, de 1 à 2 mètres, croissant au pied des flancs. Ceux-ci
+restent les mêmes, toujours rocheux et noirs, hauts, escarpés. Nous
+cheminons lentement dans ce couloir sauvage, en en suivant les
+mille détours. Pendant trois longues heures, la vallée demeure
+ainsi. Après ce temps, le fond s’élargit un peu. A 7 heures,
+les flancs s’abaissent et meurent : c’est la fin du Petit Atlas ;
+j’en suis arrivé au pied. Devant moi s’étend une immense plaine,
+qui apparaissait du haut du col : on l’appelle la Feïja. C’est
+un vaste désert s’étendant entre le Petit Atlas et le Bani :
+sol de sable, parfaitement plat ; un grand nombre de rivières et de
+ruisseaux, tous à sec, le sillonnent ; pas d’autre végétation
+que des gommiers de 2 à 3 mètres, nombreux au pied du Petit Atlas
+et le long des cours d’eau, d’autant plus clairsemés qu’on
+s’éloigne de ceux-ci et qu’on va vers le sud : je vois ces
+arbres pour la première fois. Il fait nuit quand nous entrons dans
+la Feïja ; Chikh Moḥammed l’avait calculé ainsi ; ce désert,
+sans cesse parcouru par les _ṛezous_[57] des Ida ou Blal, des
+Oulad Iaḥia, des Berâber, est un passage des plus dangereux :
+a-t-on à le traverser ? on s’arrange pour le faire de nuit,
+afin d’échapper, à la faveur des ténèbres, aux embuscades qui
+s’y dressent. Nous nous y engageons donc, nous dirigeant droit
+sur la cime du Taïmzouṛ, qui se détache en noir devant nous. A
+10 heures du soir, après trois heures d’une course rapide, nous
+parvenons au pied du Bani, à l’oasis de Tanziḍa. Ici, plus de
+péril ; nous circulons lentement au travers de mille canaux, entre de
+grands palmiers aux aspects fantastiques, dont les rameaux, argentés
+par la lune, jettent sur nous une ombre épaisse. J’arrive ainsi
+jusqu’au qçar : il m’apparaît tout entier, avec ses maisons de
+pisé blanc étagées au pied de la paroi luisante de la montagne,
+dont les roches polies miroitent par cette belle nuit. La lune, qui
+brille au milieu d’un ciel sans nuages, jette une clarté douce ;
+l’air est tiède, pas un souffle ne l’agite. En ce calme profond,
+au milieu de cette nature féerique, j’atteins mon premier gîte
+du Sahara. On comprend, dans le recueillement de nuits semblables,
+cette croyance des Arabes à une nuit mystérieuse, _leïla el qedr_,
+dans laquelle le ciel s’entr’ouvre, les anges descendent sur la
+terre, les eaux de la mer deviennent douces, et tout ce qu’il y a
+d’inanimé dans la nature s’incline pour adorer son Créateur.
+
+Depuis le Tizi Agni, je n’ai pas rencontré une seule personne
+sur la route. Auprès de Tanziḍa, j’ai traversé l’Ouad Agni
+(lit de sable de 30 mètres de large ; 8 mètres d’eau ; la rivière
+coule à 20 mètres environ au-dessous du niveau de la Feïja ; rives
+bordées de palmiers), et l’Ouad Tanziḍa (40 mètres de large ;
+fond de sable ; eau salée ; il n’y a que 4 mètres d’eau dans
+le lit, la plus grande partie étant détournée pour l’arrosage
+des plantations).
+
+ 14 novembre.
+
+Tanziḍa est un grand qçar peuplé surtout de Ḥaraṭîn. Il
+se gouverne à part et ne compte avec aucun district ; mais il
+reconnaît, comme tous les centres des environs, la suzeraineté des
+Ida ou Blal. La vallée, ou plutôt l’encaissement au bord duquel
+il s’élève, a environ 1000 mètres de large ; il est borné au
+sud par le Bani, et au nord par la Feïja, en contre-bas de laquelle
+il est de 20 à 25 mètres ; un talus presque à pic l’en sépare ;
+le fond, de sable blanc, est planté de palmiers.
+
+[Illustration : Chaîne du Bani, Djebel Taïmzour et Foum Tisint. (Vue
+prise de Ez Zaouïa, qçar de Tisint.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration]
+
+Départ de Tanziḍa à 8 heures et demie. Je suis le fond de la
+vallée. Il se rétrécit peu à peu et finit, près d’Aqqa Aït
+Sidi, par n’avoir plus que 200 mètres de large ; hors cela, il
+demeure le même : toujours sablonneux, toujours ombragé de dattiers,
+toujours séparé de la Feïja par une muraille verticale. A Aqqa Aït
+Sidi, changement brusque : les dattiers disparaissent ; la vallée
+se rétrécit tout à coup, de façon à ne garder qu’une largeur
+de 40 mètres, la place de la rivière ; en même temps celle-ci
+s’enfonce dans un profond kheneg. Ce défilé s’appelle Foum
+Tisint ; s’ouvrant dans le flanc du Bani, il donne issue aux eaux
+du Petit Atlas et de la Feïja. Le passage, de 150 mètres de largeur
+totale, se divise en deux parties : l’une est un plateau sur lequel
+passe le chemin ; l’autre, en contre-bas de la première, et large
+de 40 mètres, est occupée par le lit du cours d’eau ; ces deux
+portions sont séparées par un talus à 1/1 de 20 à 30 mètres
+de haut. Plateau, talus, chemin, tout n’est que pierre, comme les
+flancs de la montagne ; ceux-ci sont escarpés, et composés de cette
+roche noire et luisante que je trouve si souvent dans le sud. Le Bani
+est fort étroit ; c’est une arête aiguë, une lame qui émerge du
+sol ; quoique je le traverse obliquement, il est bientôt franchi :
+en un quart d’heure, j’atteins l’extrémité sud du kheneg. Là
+toute l’oasis de Tisint se découvre à mes yeux : immense forêt
+de palmiers, vaste étendue sombre, au milieu de laquelle brillent
+les taches blanches des qçars ; des collines basses, des talus de
+sable jaune, bordent au loin l’océan de verdure ; à mes pieds,
+la rivière, qui sort du kheneg, s’avance avec majesté, pleine
+d’une eau bleue et limpide, vers les bois de dattiers où je la
+vois bientôt s’enfoncer et disparaître. Sur sa rive droite, au
+seuil des plantations, est le grand qçar d’Agadir. J’y entre à
+10 heures du matin.
+
+Dans cette courte marche, j’ai traversé ou vu plusieurs cours
+d’eau : l’Ouad Tanziḍa (lit mi-sable, mi-gravier ; 100 mètres
+de large, avec 8 mètres d’eau, jusqu’au confluent de l’Ouad
+Aginan ; 200 mètres de large, avec 20 mètres d’eau, au-dessous de
+ce point) ; l’Ouad Aginan (je ne le vois que de loin ; sa vallée,
+ombragée de palmiers, se creuse à pic dans les sables de la Feïja ;
+elle semble identique à celle de l’Ouad Tanziḍa) ; l’Ouad Qaçba
+el Djouạ (lit moitié roche, moitié sable, de 25 mètres de large,
+avec 8 mètres d’eau claire et courante ; cette eau est douce) ;
+l’Ouad Tisint (le lit, au point où je le traverse, a 40 mètres
+de large ; il est de sable ; une eau limpide et courante, profonde
+de 70 centimètres, en occupe la moitié ; cette eau est salée,
+comme celle de l’Ouad Tanziḍa qui la compose en partie).
+
+
+[Note 53 : Au singulier, _khenîf_ ; au pluriel, _khenfân_.]
+
+[Note 54 : La _zemmita_ se compose de blé ou d’orge grillé, puis
+moulu ; elle se mange avec un peu d’eau ; suivant la quantité de
+celle-ci, on fait soit une pâte, soit une bouillie.]
+
+[Note 55 : On peut leur appliquer de tous points ces mots de
+M. Duveyrier sur les Touâreg : « En général les Touâreg
+sont de haute taille... Tous sont maigres, secs, nerveux ; leurs
+muscles semblent des ressorts d’acier. Blanche est leur peau dans
+l’enfance ; mais le soleil ne tarde pas à lui donner la teinte
+bronzée spéciale aux habitants des tropiques. » (H. DUVEYRIER,
+_Touâreg du Nord_, liv. IV, chap. IV, _Caractères physiques des
+Touâreg_.)]
+
+[Note 56 : _Agni_, pluriel _ignan_. Mot amaziṛ ayant le sens de
+brèche, tranchée, défilé très étroit.]
+
+[Note 57 : On appelle _ṛezou_ des troupes de partisans qui
+se réunissent pour exécuter des coups de main, _ṛazia_. Les
+ṛezous n’ont pour but que le pillage ; ils opèrent soit contre
+les caravanes et les voyageurs, soit contre des tribus ennemies.]
+
+
+
+
+ V.
+
+ SÉJOUR DANS LE SAHARA.
+
+
+ 1o. — TISINT.
+
+
+En arrivant à Tisint, une région nouvelle a commencé pour
+moi ; ciel, productions, habitants, costumes, tout y diffère de
+ce que j’ai vu avant ce jour. Jusqu’ici j’étais dans un
+pays montagneux ; il avait le climat et les produits du sud de
+l’Europe ; les habitants étaient des Chellaḥa, presque tous
+vêtus de laine blanche. Ce pays, le Bani en est la limite. Lorsque,
+après l’avoir traversé, on entre à Tisint, on met le pied dans
+un monde nouveau. Ici, pour la première fois, l’œil se porte
+vers le midi sans rencontrer une seule montagne : la région au
+sud du Bani est une immense plaine, tantôt blanche, tantôt brune,
+étendant à perte de vue ses solitudes pierreuses ; une raie d’azur
+la borne à l’horizon et la sépare du ciel : c’est le talus de
+la rive gauche du Dra ; au delà commence le Ḥamada. Cette plaine
+brûlée n’a d’autre végétation que quelques gommiers rabougris,
+d’autres reliefs que d’étroites chaînes de collines, rocheuses,
+entrecoupées, s’y tordant comme des tronçons de serpents. A côté
+du désert morne, sont les oasis, avec leur végétation admirable,
+leurs forêts de palmiers toujours verts, leurs qçars pleins de
+bien-être et de richesse. Travaillant dans les jardins, étendue
+nonchalamment à l’ombre des murs, accroupie aux portes des maisons
+causant et fumant, on voit une population nombreuse d’hommes au
+visage noir, Ḥaraṭîn de couleur très foncée ; leurs vêtements
+me frappent d’abord : tous sont vêtus de cotonnade indigo, étoffe
+du Soudan. Je suis dans un nouveau climat : point d’hiver ; on sème
+en décembre, on récolte en mars ; l’air n’est jamais froid ;
+au-dessus de ma tête, un ciel toujours bleu,
+
+
+ Où jamais ne flotte une nue,
+
+ S’étale implacablement pur.
+
+
+Tisint est une des plus grandes oasis du Sahara Marocain. Elle est
+située au fond d’une cuvette dont les bords sont, d’une part
+le Bani, de l’autre une ceinture de collines, rocheuses au sud,
+sablonneuses à l’est et à l’ouest. Au milieu de ce cercle,
+s’étend une plaine de sable blanc : là se trouve l’oasis,
+forêt de palmiers traversée par une belle rivière, avec qçars
+s’élevant à la lisière des plantations.
+
+L’Ouad Tisint a en toute saison beaucoup d’eau ; cette eau est
+salée ; les habitants boivent de préférence celle qui provient de
+pluie, et qui se conserve en quelques creux de rochers des environs ;
+ils n’ont pas de citernes. La rivière renferme beaucoup de
+poissons ; on en pêche qui ont 40 centimètres de longueur. Ces
+poissons, cette onde abondante et amère donnent lieu à mille
+légendes : les gens du pays ne doutent pas que l’Ouad Tisint
+ne tire ses eaux de la mer. Leur opinion tient à une croyance
+répandue dans les campagnes du Maroc. Les fleuves, les ruisseaux,
+les sources qui coulent à la surface du globe, ont deux origines
+principales : les uns, d’eau douce, viennent des nuages du ciel,
+dont la substance s’emmagasine dans la terre ; les autres, salés,
+sont produits par l’onde marine, qui s’infiltre sous le sol. Il y
+a aussi des lits qui ne s’emplissent que durant les pluies : pour
+ceux-ci, point d’hésitation sur la cause qui les forme. Enfin on
+voit des cours d’eau d’une quatrième sorte, les plus mystérieux ;
+ils coulent l’année entière, qu’il pleuve ou non, sans qu’on
+leur connaisse de source : ils ne viennent ni de la terre, ni de la
+mer, ni du ciel, mais de Dieu seul. L’Ouad Tisint passe au milieu
+des dattiers ; ils croissent sur ses bords mêmes et ombragent ses
+flots ; le lit de la rivière, presque partout rocheux, est au niveau
+des plantations et sans berges ; il a 100 à 120 mètres de large,
+dont le quart est couvert par la nappe liquide, d’ordinaire divisée
+en plusieurs bras. Au-dessus de l’oasis, le volume des eaux est
+plus considérable. A l’entrée de la forêt, en face d’Agadir,
+un barrage les arrête : il se forme à ce point un réservoir long
+et profond, d’où partent une foule innombrable de conduits qui vont
+arroser chaque clos. Des diverses oasis que je verrai au Maroc, aucune
+n’est comparable à Tisint pour la quantité des eaux courantes :
+à chaque pas, on traverse des canaux, dont plusieurs ont jusqu’à
+2 mètres de large et 40 ou 50 centimètres de profondeur.
+
+Le sol de l’oasis est tout sable. Les palmiers qui le couvrent
+sont plantés très serrés ; des murs de pisé les divisent en une
+infinité d’enclos ; peu d’autres arbres s’y mêlent, de loin en
+loin on aperçoit quelques figuiers. Point de cultures à l’ombre
+des dattiers : on réserve toute l’eau pour l’irrigation de cet
+arbre précieux. Il n’y a de champs qu’en dehors de la forêt,
+à la lisière de l’oasis ; là on cultive dans le sable des
+légumes et de l’orge ; on ne le fait que les années de pluie,
+quand l’eau du ciel féconde la terre, et que la rivière, plus
+grosse que d’habitude, fournissant plus qu’il ne faut aux palmiers,
+permet d’arroser une plus grande surface de terrain. La datte est la
+fortune de Tisint ; grâce à elle, cette dernière est un des centres
+les plus prospères du Sahara Marocain : suivant un dicton du pays,
+des trois oasis célèbres de la contrée, Tatta, Aqqa et Tisint,
+la première l’emporte en population, et la dernière en nombre de
+palmiers. Tisint produit des dattes de plusieurs espèces : _djihel_,
+_bou iṭṭôb_, _bou feggouç_, _bou sekri_, _bou souaïr_[58] ;
+les djihels y dominent de beaucoup : elles y sont très bonnes,
+tandis qu’ailleurs elles sont d’ordinaire médiocres.
+
+[Illustration : Oasis de Tisint. (Vue générale prise d’Agadir.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Oasis d’Aqqa. (Vue générale prise des coteaux
+situés au nord-est du qçar d’El Kebbaba.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Plateau des Ilalen, plaines du bas Sous, Océan
+Atlantique, Grand Atlas. (Les parties ombrées du Grand Atlas sont
+couvertes de neige.) (Vue prise d’Afikourahen.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Les qçars de Tisint sont au nombre de cinq : Agadir (500 familles),
+Aït ou Iran, Taznout, Ez Zaouïa, Bou Mousi. Agadir et Bou Mousi
+sont les deux principaux ; en temps de guerre, tout Tisint enferme ses
+biens entre leurs murs. Bou Mousi et Ez Zaouïa sont habités presque
+exclusivement par des marabouts ; à Bou Mousi, se trouve la zaouïa de
+Sidi Ạli ou Ạbd er Raḥman, dont l’influence est grande sur les
+Oulad Iaḥia ; à Ez Zaouïa, celle de Sidi Ạbd Allah ou Mḥind,
+avec le tombeau de ce saint et celui de son fils Sidi Moḥammed ou
+Bou Bekr ; cette dernière est très vénérée d’une partie des
+Berâber ; de tout le voisinage on vient visiter les mausolées des
+trois bienheureux et apporter des offrandes à leurs descendants. Il y
+a d’autres qoubbas à Tisint : telle est celle de Moulei Ismạïl,
+en face d’Agadir. Tant de saints, morts et vivants, prouvent une
+population pieuse ; en effet les Ḥaraṭîn de Tisint sont dévots,
+formant contraste en cela avec les autres Musulmans de la contrée,
+et surtout avec ces « païens » d’Arabes, comme ils appellent
+les nomades voisins. A Tatta, à Aqqa d’une part, chez les Zenâga
+de l’autre, personne ne fait le pèlerinage de la Mecque, personne
+ne sait lire, si ce n’est un petit nombre de marabouts ; personne
+ne dit régulièrement les prières, beaucoup ne les savent pas. Le
+seul acte religieux qu’on fasse est de donner quelque argent à
+des zaouïas ; encore ne le leur apporte-t-on point : il faut que
+les religieux aillent eux-mêmes quêter en chaque village. Chez
+les nomades, chez les Ida ou Blal surtout, c’est pis : on a beau
+venir chez eux, ils ne donnent rien ; si les marabouts insistent, ils
+les traitent de fainéants et les renvoient en se moquant d’eux ;
+leur parle-t-on du ḥadj ? ils répondent qu’ils ne vont qu’où
+il y a de l’argent à gagner ; quant à lire et à écrire, pas
+un homme ne le sait dans la tribu ; prier, ils n’y ont jamais
+pensé. A Tisint, au contraire, peu de gens jouissant d’un peu
+d’aisance qui ne portent le titre de ḥadj. Faire le pèlerinage
+est l’ambition de tous les habitants. Il faut 1000 ou 1500 francs
+pour cela, grosse somme dans le pays : ils travaillent sans relâche
+jusqu’à ce qu’ils l’aient acquise ; l’ont-ils ? les voilà
+partis pour Tanger, et de là pour la Mecque. Prodige plus rare,
+quelques-uns savent lire. C’est la première fois qu’en dehors
+des villes et des zaouïas je vois des Marocains lettrés. Tisint
+est une merveille au milieu de l’ignorance générale. Avec cette
+piété, il ne peut régner pour les marabouts qu’une libéralité
+et un respect extrêmes : couvents et religieux ont fleuri de toutes
+parts sur un sol si propice.
+
+A Tisint, comme partout au sud du Bani, la plupart des constructions
+sont en pisé ou en briques séchées au soleil ; quelquefois, dans
+les maisons pauvres, les parties basses sont en pierre ; les demeures
+riches sont tout en pisé. Cette dernière matière est la seule
+estimée dans le pays. Pour les charpentes, on se sert de poutres de
+palmier. Les maisons ont un rez-de-chaussée, un premier étage et
+une terrasse ; chacune possède une cour intérieure. Quelques rares
+bâtiments sont blanchis ; la chaux est en général réservée aux
+qoubbas. Les rues sont étroites, à tel point que, dans la plupart,
+les mulets ne peuvent passer chargés ; elles sont en grande partie
+couvertes.
+
+La population de Tisint, comme celle de toutes les oasis du sud
+du Bani, est un mélange de Chellaḥa et de Ḥaraṭîn ; ici
+ces derniers, en proportion bien plus forte que partout ailleurs,
+forment plus des neuf dixièmes des habitants : ainsi Tisint est
+presque entièrement peuplée de Ḥaraṭîn. En même temps,
+sans doute à cause de cela, leur couleur y est plus foncée que
+nulle part. Nous remarquerons, en tous lieux, que le teint des
+Ḥaraṭîn est d’autant plus noir qu’ils sont plus compacts,
+d’autant plus clair que les Chellaḥa auxquels ils sont mélangés
+sont plus nombreux.
+
+[Illustration : Hartania de Tisint.
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Les costumes sont les suivants. Au lieu de chemise, on porte une
+kechchaba de cotonnade indigo (_khent_)[59] : c’est un morceau
+d’étoffe, de 2 mètres à 2m,50 de long sur 1 mètre à 1m,20
+de large, au milieu duquel est pratiquée une fente longitudinale
+où l’on passe la tête ; les deux pans de la pièce tombent
+naturellement, l’un par devant, l’autre par derrière ; point de
+coutures ; on se contente de nouer ensemble les coins des pans dans
+le bas, à droite et à gauche ; le côté reste nu. La plupart du
+temps on n’a qu’une kechchaba ; quelques riches en mettent deux,
+la seconde étant en coton blanc (_sḥen_). Par-dessus ce vêtement,
+les uns portent le ḥaïk de laine blanche, d’autres le bernous,
+parfois blanc, plus souvent brun (_kheïdous_), quelques-uns le
+khenîf. On s’entoure la tête d’un étroit turban de khent ou,
+plus souvent, on reste tête nue. Aux pieds on a des belṛas jaunes,
+au bras quelque amulette, au cou un cordon de cuir où sont pendus
+quatre objets : une pipe[60] à fourneau en bois noir du Soudan,
+un poinçon pour la nettoyer, une pince pour saisir la braise et
+allumer, enfin un sachet de cuir pour le tabac ; ces sachets, appelés
+_bit_, tous du même modèle, sont apportés de Timbouktou. Le costume
+comporte une dernière pièce, qui couvre tour à tour diverses parties
+du corps : c’est le caleçon. Il est de khent et descend au-dessous
+du genou. Les riches seuls le possèdent. A l’intérieur des qçars,
+ils le portent comme se porte d’ordinaire ce vêtement. Sortent-ils,
+ont-ils une marche à faire ? ils l’ôtent, sous prétexte qu’il
+gêne les mouvements, et se l’enroulent autour de la tête comme
+renfort de turban. Tels sont les costumes et la façon de s’habiller
+des Musulmans sédentaires dans les oasis du sud du Bani, entre Dra
+et Sahel. Les vêtements des nomades de la même région diffèrent
+peu ; ils sont moins variés encore : une seule kechchaba, toujours
+de khent ; le caleçon facultatif ; un ḥaïk de laine blanche ;
+un bernous de même couleur ; rien sur la tête, chez quelques
+vieillards seuls un turban de khent ; une amulette enfermée dans un
+étui de métal et pendue soit au cou, soit au bras ; la pipe et ses
+accessoires : c’est là leur costume uniforme. Parmi eux, les Ida ou
+Blal se distinguent par leur façon de porter les cheveux : alors que
+les autres Marocains que j’ai vus les rasent ou les tiennent très
+courts, beaucoup d’Ida ou Blal les laissent pousser et gardent une
+chevelure longue de 10, 15 et 20 centimètres. Les femmes s’habillent
+d’une manière identique chez les Ḥaraṭîn, les Chellaḥa et
+les nomades. Leur vêtement est le même que dans le reste du Maroc,
+une pièce d’étoffe unique attachée sur les épaules et retenue
+à la ceinture ; le tissu, au lieu d’en être comme auparavant de
+cotonnade blanche ou de laine, est de khent. Un voile court, en khent,
+complète le costume ; elles s’en couvrent le visage devant les
+hommes, lorsque leurs pères ou leurs maris sont présents ; hors de
+la vue de ces derniers, elles ne le mettent pas. Elles se peignent
+peu la figure et ne se tatouent point ; la coutume du tatouage est
+à peu près inconnue au Maroc. Comme bijoux, elles ont de grosses
+boucles d’oreilles d’argent, des agrafes de même métal, un
+grand nombre de colliers où l’ambre domine, mêlé de mial, de
+pièces d’un et de deux francs, de grains de verre et de corail,
+puis des diadèmes argent et corail, des bracelets de corne, enfin
+quelques bagues d’argent. Pieds nus d’ordinaire, elles mettent
+pour sortir les belṛas rouges de toutes les Marocaines.
+
+Parmi les hommes de cette région, les Chellaḥa et les Ḥaraṭîn
+sont en général de taille moyenne, bien faits, forts, lestes, et
+laids de figure ; les Arabes sont presque tous petits et d’apparence
+chétive, avec de beaux traits. On trouve peu de femmes agréables chez
+les Chellaḥa ; au contraire, beaucoup de Ḥarṭaniat sont jolies ;
+elles se distinguent dans leur jeunesse par de grands yeux pleins de
+mobilité et d’expression, une physionomie ouverte et rieuse, des
+mouvements souples et gracieux. Les femmes des tribus nomades, Ida
+ou Blal, Oulad Iaḥia, etc., sont la plupart belles ; en aucun lieu
+du Maroc je n’ai vu d’aussi beaux types que parmi elles : elles
+ont la noblesse, la régularité, la grâce ; leur peau est d’une
+blancheur extrême, celle du moins de leur visage et de leurs bras ;
+car l’habitude de porter des habits indigo, jointe à celle de ne
+se jamais laver, donne à leur corps des tons foncés et bleuâtres
+différents de sa couleur naturelle.
+
+Dans cette contrée, comme dans le blad es sîba tout entier, on ne
+va jamais sans armes : tant qu’on est dans l’intérieur d’un
+qçar ou d’un douar, on ne porte que le poignard ; dès qu’on sort,
+fût-ce pour la course la plus courte, on prend son fusil. Sédentaires
+et nomades ont comme armes le fusil et le poignard à lame courbe. La
+poudre se met dans une corne de cuivre ouvragé. Les cornes et les
+poignards sont d’un modèle uniforme, déjà décrit. Les fusils
+sont de deux sortes : les uns appartiennent au type en usage chez
+les Glaoua, à Tazenakht, etc. ; les autres sont des armes à deux
+coups de fabrication européenne. Ces derniers sont des fusils de
+chasse, à pierre, de la fin du siècle dernier ou de la première
+partie de celui-ci, qu’on exporte du Sénégal ; ils en viennent
+par terre, apportés par les caravanes du Sahel[61]. Les nomades
+les recherchent, près de la moitié d’entre eux en sont armés ;
+on en voit moins parmi les sédentaires. Les cavaliers portent le
+sabre. Il y a peu de ces privilégiés. Les chevaux sont très
+rares. Les nomades eux-mêmes n’en ont pas beaucoup. Dans les
+qçars, où la difficulté de les nourrir est extrême, il s’en
+trouve au plus trois ou quatre, en moyenne ; il n’y en a pas quinze
+dans tout Tisint. Les vaches sont un luxe non moins grand ; seules,
+les quelques maisons regardées comme très riches en possèdent ;
+on n’en compte pas vingt-cinq à Tisint. Les mulets sont plus
+rares encore que les chevaux. Il existe quelques ânes et un petit
+nombre de moutons et de chèvres. On nourrit ces animaux de paille,
+et d’herbe quand on peut, ce qui n’est pas fréquent ; on donne,
+en outre, aux chevaux et aux mulets des dattes de la dernière qualité
+(bou souaïr). Le plus souvent, pour se délivrer de ces difficultés,
+les habitants des qçars font des arrangements avec des nomades et leur
+confient leurs chevaux et leurs moutons : les nomades se chargent de
+les nourrir, en ont la jouissance et, au premier signal, doivent les
+ramener au propriétaire. Quant aux nomades, ils ont des chameaux,
+des moutons, des chèvres et quelques chevaux.
+
+Dans les qçars de cette région, la nourriture des habitants est
+la suivante : le matin, au réveil, le _ḥesou_ ; vers 11 heures,
+l’_ạsida_ ; le soir, le _ṭạm_ avec des navets. Le ḥesou
+est une sorte de potage où entrent de l’eau, un peu de graisse
+ou d’huile et une poignée de farine d’orge ; il se mange à
+la cuiller[62]. L’ạsida est une bouillie épaisse ayant la
+consistance du ṭạm ; elle est faite de farine d’orge, ou de
+maïs cuite avec un peu d’eau ; au milieu, on verse de l’huile
+ou du beurre fondu. Le ṭạm est ce qu’on connaît ailleurs sous
+le nom de couscoussou ; il se fait ici avec de l’orge. La viande
+ne figure pas comme mets habituel dans les repas ; les riches même
+en goûtent rarement. Le petit nombre des heureux qui ont une vache
+remplacent le ḥesou du matin par une jarre de lait aigre qu’ils
+boivent en mangeant des dattes. L’arrivée d’hôtes transforme peu
+l’ordinaire : à leur entrée, on offre une corbeille de dattes ;
+de même avant le ṭạm du soir. Si la maison est riche et si l’on
+reçoit des gens de qualité, on sert le matin, au lieu de ḥesou,
+des galettes chaudes avec du miel de dattes[63] ; s’il y a du
+lait, on le boit vers 3 heures, en mangeant des bou iṭṭôb ou
+des bou feggouç, ce qui fait une sorte de goûter ; on fait le thé
+deux fois par jour, avant le repas du matin et avant celui du soir ;
+enfin on sert de la viande avec le couscoussou. Le thé est la grande
+friandise au Maroc[64] : c’est la seule boisson de ce genre qui
+y soit en usage ; sauf à Merrâkech, à Fâs, et dans les ports,
+le café est inconnu ; dans ces villes, on en prend peu. Le thé,
+au contraire, est répandu dans tout l’empire ; au Sahara c’est
+un coûteux régal, que se donnent seuls les qaïds, les chikhs,
+les marabouts et les Juifs. Nous venons de dire la nourriture
+des Musulmans sédentaires ; celle des nomades est la même, si
+ce n’est qu’ayant des troupeaux, le lait, de chamelle surtout,
+tient une grande place dans leur alimentation. Les uns et les autres,
+lorsqu’ils voyagent, emportent des dattes comme unique provision,
+quelle que doive être la longueur de la route[65].
+
+Tisint est le centre d’un commerce considérable : elle trafique
+avec Merrâkech, Mogador, le Sous ; elle exporte vers ces points
+des dattes, des peaux et de la gomme, et reçoit, en retour, du
+Sous les grains et les huiles, de Merrâkech et de Mogador les
+produits européens. Tisint est un grand dépôt de ces dernières
+marchandises ; Agadir surtout, où s’est concentré le commerce de
+l’oasis et où il y a marché chaque jour : les Chellaḥa voisins
+et les nomades des environs, Ida ou Blal, Oulad Iaḥia et Berâber,
+viennent s’y approvisionner, de dattes d’abord, puis de grains,
+d’huile et de choses d’Europe telles que khent, sucre, thé,
+aiguilles. Tous les principaux habitants d’Agadir se livrent au
+commerce ; ils ont leur fortune, qui chez les plus riches s’élève
+à 8000 francs, composée d’une part de dattiers (à Tisint un bon
+dattier vaut 10 francs), de l’autre d’une somme d’argent qu’ils
+emploient au trafic. Faisant eux-mêmes les transactions principales,
+ils ne s’occupent pas du détail de la vente ; pour ce service,
+chacun a chez soi un Juif à gages qui du matin au soir ne fait que
+débiter les marchandises. Il y a ainsi une dizaine d’Israélites à
+Agadir. Point de mellaḥ : ces Juifs sont seuls, sans leur famille,
+et habitent chez leurs patrons : les uns sont de Tatta et d’Aqqa,
+les autres des Zenâga. Un ou deux d’entre eux font en même temps le
+métier d’orfèvre, spécialité des Juifs du Maroc, surtout au sud
+de l’Atlas. Agadir a ce qui caractérise les marchés : l’on y abat
+chaque jour et l’on y vend à toute heure de la viande au détail et
+du pain chaud. Le marché d’Agadir est le seul de Tisint. Naguère,
+outre ce qui s’y rencontre aujourd’hui, les produits du Soudan y
+affluaient. Cuirs, étoffes, bougies de cire jaune, or, y venaient
+de Timbouktou en abondance. A présent, plus de vestige de ce
+commerce. C’est par hasard et de loin en loin qu’on voit quelque
+objet du pays des noirs. Il en est de même à Tatta et à Aqqa :
+autrefois, avant que Tindouf existât, ces oasis étaient des points
+d’arrivée de caravanes du Soudan. Depuis trente ans que Tindouf est
+fondée, tous les convois du sud s’arrêtent à cette localité ;
+de là les marchandises prennent le chemin direct de Mogador, par le
+Sahel et le Chtouka : plus rien ne passe ni à Tisint, ni à Tatta,
+ni à Aqqa. Il faut aller à Tizounin pour commencer à trouver des
+produits de la Nigritie. A partir d’ici, tout le monde connaît de
+nom le Soudan et Timbouktou, et l’on rencontre parmi les nomades
+une certaine quantité de gens y ayant été, et un grand nombre au
+courant de son trafic, de ses usages et de son état. Avec le commerce
+considérable qui anime Agadir, le qçar est sans cesse rempli d’une
+foule d’étrangers, Ida ou Blal la plupart, venus pour affaires :
+c’est pourquoi nous avons décrit dès à présent la physionomie
+des Arabes, on en voit presque autant que de Ḥaraṭîn.
+
+L’oasis de Tisint est tributaire des Ida ou Blal. Chacun des
+cinq qçars qui la composent est indépendant des autres, a son
+administration séparée et n’entretient avec ses voisins que
+les rapports rendus nécessaires par la proximité ; quelquefois
+des querelles s’élèvent entre eux, questions d’eaux le plus
+souvent ; d’ordinaire, les localités vivent en bonne intelligence :
+le danger commun les a toujours réunies ; cet accord fait en partie
+la prospérité de l’oasis ; il l’a préservée des malheurs de
+certains qçars de Tatta. Tisint est tributaire des Ida ou Blal depuis
+peu de temps. Il y a vingt ans, elle l’était non pas d’eux, mais
+des Zenâga. L’Azdifi avait une maison à Agadir, et toute l’oasis
+reconnaissait sa suprématie. Les Zenâga abusèrent de leur pouvoir ;
+ils commirent mille excès, dépouillant les habitants de leurs biens,
+les tuant au moindre propos. Ceux-ci se lassèrent d’un état qui
+était devenu la plus dure des servitudes ; ils allèrent trouver
+les Ida ou Blal, leur demandèrent secours contre leurs oppresseurs
+et, en échange, se constituèrent leurs tributaires. Les nouveaux
+protecteurs se mirent en campagne ; unis aux gens de Tisint soulevés,
+ils chassèrent les Zenâga, les forcèrent d’abandonner et l’oasis
+et la Feïja, et les refoulèrent jusqu’à Agni. Depuis ce temps,
+Tisint vit en paix sous la suzeraineté de ses libérateurs. Cette
+suzeraineté n’implique aucune immixtion dans les affaires
+intérieures ni extérieures des qçars : chacun d’eux se gouverne à
+sa guise ; elle n’implique même pas alliance : qu’ils aient des
+guerres, soit entre eux, soit avec des étrangers, cela ne regarde
+point les Ida ou Blal. Les seuls devoirs réciproques sont : pour
+les gens de Tisint, de remettre chaque année à leurs protecteurs
+un tribut consistant en la charge de dattes de vingt chameaux ;
+pour les Ida ou Blal, de s’abstenir de tout méfait envers leurs
+clients. Si Tisint ou une partie de Tisint voulait leur appui pour
+une expédition ou une guerre défensive, cela ferait l’objet
+d’un traité spécial. Le fait ne s’est pas présenté depuis
+que les Zenâga ont été chassés ; ceux-ci n’ont point tenté de
+revenir ; la paix s’est établie avec eux : ils sont aujourd’hui
+en relations amicales et avec Tisint et avec ses suzerains.
+
+Chaque qçar, avons-nous dit, est indépendant des autres. Chacun se
+gouverne par l’assemblée de ses habitants, qui remet le pouvoir
+exécutif aux mains d’un chikh élu dans son sein : tant que
+ce chikh satisfait la majorité, il garde son titre : cesse-t-il
+de plaire, on le lui enlève et on le donne à un autre. Dans les
+qçars où une famille a la prépondérance par ses richesses et sa
+considération, cette dignité est généralement son apanage ; si
+un homme, par ses qualités et sa fortune, l’emporte de beaucoup
+sur ses compatriotes, il demeure ordinairement chikh toute sa vie. A
+défaut d’influence qui s’impose, on nomme un des notables de la
+localité ; il reste jusqu’au jour où on cesse d’être content
+de lui. Le chikh veille aux affaires du qçar, en fait respecter
+les coutumes au dedans, en sauvegarde les intérêts au dehors ;
+en guerre, il marche à la tête de ses concitoyens : pour toute
+résolution importante, l’assemblée, _anfaliz_, se réunit
+et décide. Le degré de pouvoir des chikhs est très variable :
+les uns, par leurs qualités personnelles ou la puissance de leurs
+familles, possèdent une grande autorité ; d’autres, dépourvus de
+ces avantages, sont peu de chose de plus que leurs concitoyens. Dans
+certaines localités, il existe une sorte de maison commune, souvent
+distinguée par une tour ; appartenant à l’ensemble des habitants,
+elle est successivement prêtée à chaque chikh. D’ordinaire, il
+ne l’occupe pas ; il y reçoit les hôtes de distinction et les
+députés des tribus étrangères. A Agadir, on a fait une maison
+semblable de l’ancienne demeure de l’Azdifi, connue sous le nom
+de Dar ez Zenâgi. Point de famille ni d’homme prépondérants dans
+ce qçar : on y a pris pour chikh l’habitant le plus riche du lieu,
+un nommé El Touḥami. C’est un Ḥarṭâni. Tisint est le seul
+endroit où j’aie vu le titre de chikh porté par des Ḥaraṭîn,
+partout ailleurs on ne le donnait qu’à des Chellaḥa.
+
+En aucun des qçars que j’ai visités, je n’ai trouvé de
+qanouns écrits. Dans tous ceux de ces contrées, des coutumes
+se transmettent par la tradition ; un des devoirs du chikh est de
+les faire observer. Ces coutumes, les mêmes pour le fond, varient
+dans les détails à chaque localité. Elles se composent de peu
+de chose. Nous allons dire ce qui se passe, en général, en cas de
+contestation, de vol et de meurtre. Il faut savoir d’abord qu’il y
+a dans le sud un certain nombre de qaḍis : ce sont des hommes connus
+pour leur équité, ayant fait quelques études, soit dans le pays,
+soit au dehors, et appelés par la volonté des gens du voisinage à
+remplir les fonctions de juge. La plupart du temps, ils joignent à
+ce titre celui de marabout, mais ce n’est pas obligatoire[66].
+
+Un homme a-t-il une contestation avec un de ses concitoyens ? il
+lui dit : allons devant le qaḍi de tel endroit. L’autre doit
+le suivre. Le qaḍi rend un arrêt. Si ce juge n’inspire pas
+confiance à la partie citée, elle a le droit, une fois arrivée
+devant lui, de le récuser en disant : Votre justice ne me convient
+pas ; envoyez-moi à un autre. Cette volonté est exécutée : on
+désigne un qaḍi différent. Si un homme déclare ne se soumettre
+à aucun, s’il ne veut pas comparaître en justice, le plaignant
+s’adresse à l’anfaliz, lequel condamne le récalcitrant, quand
+il persiste dans son refus, à une forte amende. Ces qaḍis sont
+des gens ignorants, mais la plupart équitables et à l’abri de la
+corruption ; ils jugent plutôt selon le bon sens que d’après les
+règles du droit musulman.
+
+S’agit-il d’un vol ? Aussitôt qu’il est connu, le chikh
+fait crier dans le qçar qu’une amende de tant de réals punira
+l’individu chez qui on trouvera, à partir d’une date fixée,
+ou l’objet volé ou le voleur ; l’amende est, en général,
+égale à quatre fois la valeur de la chose dérobée. Si rien n’a
+reparu dans le délai indiqué, l’objet est perdu à jamais, car il
+a été pris par un pauvre diable qui, fuyant avec, a quitté le pays,
+ou il est recélé chez un homme riche qui n’avouera ni ne rendra
+rien. On peut, à la demande de la victime, faire des perquisitions
+dans les maisons ; ce droit se paie cher : pour toute demeure qu’on a
+fouillée sans y trouver la chose volée, il est dû au propriétaire
+une indemnité variant entre 30 et 50 réals, indemnité à la charge
+du plaignant. Dans ce pays pauvre, où les vols ne s’exercent guère
+sur des objets de valeur, on hésite à employer ce moyen. Mais il y
+a des nuances. Si le volé est un malheureux, il ne reverra jamais
+ce qu’on lui a ravi. Si c’est un homme puissant et audacieux,
+il fera ses perquisitions lui-même et, s’il trouve son bien,
+il le reprendra le fusil à la main, à la tête de ses parents et
+de ses amis. Dans le cas rare où l’on découvre un voleur par les
+moyens réguliers, il est condamné d’abord à rendre ce qu’il a
+dérobé, puis à une peine qui est déterminée par l’anfaliz ;
+cette peine peut être soit très légère, telle qu’une amende
+insignifiante, soit très rigoureuse, telle que le bannissement ;
+c’est selon la qualité du voleur, selon qu’il est soutenu,
+ou dépourvu de protections. S’il est serviteur ou client d’un
+homme considérable, s’il a des amis, il ne sera presque pas puni,
+peut-être point du tout ; si c’est un misérable sans appui, on
+lui prendra le peu qu’il a et on le jettera nu à la porte du qçar.
+
+Il faut faire la même distinction en cas de meurtre. Si un homme
+riche, audacieux, redouté, tue un malheureux, il se bornera à
+payer le prix du sang, somme minime qui varie suivant les endroits ;
+s’il est très puissant, il ne le paiera même pas : qui oserait
+le lui réclamer ? Ces sortes de meurtres sont fréquents. Les
+autres sont rares : ils entraînent toujours les résultats les plus
+graves. Un homme tue-t-il son égal, les parents du mort le vengent
+aussitôt. L’honneur leur défend aucun accommodement : ils courent
+sus au meurtrier ; celui-ci, de son côté, est soutenu par les siens :
+la guerre s’allume entre les deux familles ; elle gagne bientôt
+tout le qçar. Quand ces luttes intestines ont duré un certain temps,
+il se trouve quelquefois un homme assez sage et assez influent pour
+faire entendre des paroles de conciliation et être écouté ; ou
+bien la crainte que des voisins ne profitent de cet état produit un
+rapprochement. Trop souvent une des factions appelle l’étranger
+à son aide ; l’étranger, c’est le nomade ; alors la ruine
+est inévitable : aussitôt introduits dans la cité, les nomades
+attaquent sans différence les deux partis, font un massacre général,
+pillent tout, détruisent les maisons et s’en vont chargés de butin,
+lorsque le qçar est un monceau de ruines. Les habitants de Tisint ont
+eu la sagesse de ne jamais les mêler aux querelles, peu nombreuses
+d’ailleurs, qu’ils ont eues entre eux. Il n’en a pas été de
+même à Tatta : on y voit les vestiges de dix villages ruinés à
+diverses époques par les Ida ou Blal qui, dans la plupart, avaient
+été appelés en alliés pendant des guerres civiles.
+
+Chez les nomades, les choses se passent à peu près comme dans les
+populations sédentaires : là, plus qu’ailleurs, la loi du plus
+fort est seule respectée. Entre eux ne s’élèvent point ces mille
+contestations auxquelles les achats, les ventes, les voisinages de
+propriétés, donnent naissance parmi les habitants des oasis. Par
+contre, les vols et les meurtres sont plus fréquents.
+
+Si, dans les qçars et dans les tribus errantes, des coutumes
+protègent plus ou moins chaque individu contre ses concitoyens, rien
+nulle part ne sauvegarde l’étranger ; tout est permis contre lui. On
+peut le voler, le piller, le tuer : nul ne prendra sa défense ;
+s’il résiste, chacun lui tombera sus. Tout commerce, toutes
+relations, seraient impossibles si un usage spécial ne remédiait à
+cet état. Cet usage, de la plus haute antiquité, qui existe presque
+partout au Maroc, est ce que les anciens Arabes appelaient _djira_[67]
+et ce qu’on nomme ici _debiḥa_. La debiḥa est l’acte par
+lequel on se place sous la protection perpétuelle d’un homme ou
+d’une tribu. C’est une ạnaïa prolongée. Prenons un exemple :
+un étranger entre dans un qçar ou dans un campement de nomades : il y
+est arrivé avec un individu de la localité ou de la tribu, qui l’a
+accompagné comme zeṭaṭ, après lui avoir accordé son ạnaïa,
+aussi appelée _mezrag_[68]. Si l’étranger ne fait que passer,
+cette protection suffit pour sa sûreté ; s’il veut séjourner,
+elle cesse d’être valable : l’ạnaïa ou mezrag est une garantie
+temporaire, créée spécialement pour les voyageurs ; celui qui
+veut résider quelque temps, ne fût-ce qu’un mois, doit s’en
+assurer une autre. Il demande, à titre perpétuel, la protection
+d’un personnage de la tribu : cela s’appelle « sacrifier sur
+lui », _debeḥ ạlih_. Cette expression a pour origine l’ancien
+usage, qui n’est suivi aujourd’hui qu’en circonstances graves,
+d’immoler un mouton sur le seuil de l’homme à qui l’on demande
+son patronage. Si, comme il arrive d’habitude, la personne à qui
+on s’adresse l’accorde, on fait venir un marabout, et il écrit,
+séance tenante, un acte certifiant que le nommé un tel a sacrifié
+sur tel individu de telle tribu et qu’il est actuellement sous sa
+protection. Voici les termes dans lesquels se rédigent ces pièces. Je
+prends pour exemple une de mes debiḥas sur les Ida ou Blal. « Par la
+volonté de Dieu, le rabbin Iosef el Djezîri sacrifie sur Ḥaïmed
+ben Haïoun el Ḥarzallaoui, afin que celui-ci le protège contre
+ses frères les Mekrez ; ayant reçu du Juif le prix de la debiḥa,
+il devient responsable envers lui de tous les dommages qui lui seraient
+faits par les Mekrez ; il les prend à sa charge et lui restituera ce
+qu’on lui enlèverait. De son côté, le Juif s’engage à payer
+à Ḥaïmed ben Haïoun dix coudées de cotonnade chaque année. Ces
+conditions ont été acceptées par les deux parties. Écrit en leur
+présence, le 26 moḥarrem 1301. Le serviteur du Dieu très haut,
+Ḥamed ben Moḥammed El Ḥaddad el Ạmrani. » Cette protection se
+paie d’ordinaire, on le voit, d’une légère redevance annuelle ;
+seuls quelques grands seigneurs se font un point d’honneur de ne
+rien demander. Il ressort de la teneur de l’acte qu’une fois cette
+démarche faite, on n’a rien à craindre des concitoyens de son
+patron ; on peut circuler sans péril parmi eux : s’attaquer à vous
+serait s’attaquer à lui-même ; toutes les lois qui le sauvegardent
+vous sauvegardent aussi : on est entré sous leur protection par
+le fait de la debiḥa ; elle incorpore, en quelque sorte, à la
+tribu. Comme, à côté des coutumes, il y a la loi du plus fort,
+et que celle-ci l’emporte souvent, on a soin de prendre pour patron
+un homme considérable, d’une famille puissante, et surtout d’un
+caractère fier et intrépide, qui ne soit pas d’humeur à permettre
+qu’on lèse ses clients. Il faut choisir aussi un homme loyal,
+car si la debiḥa assure contre les concitoyens du protecteur, elle
+ne garantit pas contre lui. Il est rare qu’un patron trahisse son
+client ; celui qui le fait devient l’objet du mépris général,
+et ses frères mêmes ne le soutiendraient pas. Dans toute tribu
+ou localité où on veut séjourner un certain temps, dans celles
+où on désire soit acheter des biens soit établir des dépôts de
+marchandises, il faut faire une debiḥa : les négociants possesseurs
+d’un commerce étendu en font un très grand nombre. Dans les tribus
+nomades, on prend pour protecteurs les chefs des principales familles ;
+dans les qçars, l’usage est de s’adresser au chikh. Les actes de
+debiḥa font partie des héritages : les fils des patrons et ceux des
+clients restent liés entre eux par les engagements qui unissaient
+leurs pères. Deux choses seules peuvent annuler une debiḥa : la
+cessation du paiement de la redevance par le client, ou la trahison
+du patron.
+
+Telle qu’elle existe entre particuliers, la debiḥa existe entre
+tribus. Pour se mettre sous la protection d’une tribu, il y a deux
+moyens : sacrifier sur un de ses membres, ou sur la tribu entière :
+chaque individu étant solidaire de ses frères, les deux actes ont
+un résultat identique. D’ordinaire, les particuliers et les petits
+groupes, tels que les qçars isolés, se mettent sous la protection
+d’un seul personnage ; au contraire, les districts, les grandes
+fractions font les debiḥas sur les tribus entières. Ainsi, le
+district de Tisint est vassal de l’ensemble des Ida ou Blal, tandis
+qu’à Tatta chaque qçar isolément a pour patron[69] un membre de
+cette tribu ; la tribu des Aït Jellal s’est déclarée cliente de
+la masse des Ida ou Blal et ceux-ci, à leur tour, se sont constitués
+tributaires de l’ensemble des Berâber. Ces liens, encore que nous
+nous servions parfois des mots de suzeraineté et de vasselage pour
+les désigner, n’impliquent, nous le répétons, aucune immixtion
+dans les affaires, aucune suprématie. Les actes de debiḥa ne font
+que garantir, dans l’étendue de la tribu qui patronne, la sûreté
+des membres de la tribu cliente. Les Aït Jellal étant vassaux des
+Ida ou Blal, ceux-ci devront respecter en tous lieux les personnes et
+les biens des premiers, qui pourront voyager en sécurité sur leurs
+terres. Les Ida ou Blal, grâce à leur debiḥa sur les Berâber,
+pourront circuler sans péril dans les régions habitées par ces
+derniers. Si, par erreur, des marchandises de tribus clientes sont
+pillées par les patrons, ou réciproquement, on devra rendre ce qui a
+été pris, dès qu’on apercevra la faute commise. Ce sont surtout
+d’une part les populations commerçantes dont les caravanes ont
+à traverser les territoires ou à craindre les ṛezous de tribus
+étrangères, de l’autre les districts faibles enclavés dans les
+contrées parcourues par des voisins puissants, qui ont besoin de ces
+debiḥas. La garantie qu’elles procurent se paie par une redevance
+annuelle, plus ou moins forte suivant l’importance de la fraction
+cliente et l’étendue de ses relations avec ses patrons. Certaines
+tribus, comme certains individus, ont à la fois plusieurs suzerains
+différents.
+
+Les debiḥas rendent possibles le commerce et les voyages ; elles les
+rendraient faciles et leur enlèveraient tout risque si elles étaient
+respectées. Souvent elles ne le sont pas : entre particuliers, on
+les viole rarement ; entre tribus, on a moins de scrupules. Voici les
+cas d’infraction les plus fréquents. Le client d’un particulier
+peut être tué ou pillé par des concitoyens de son patron. Si les
+meurtriers ou les ravisseurs ont agi par ignorance, s’ils témoignent
+leurs regrets et proposent de payer le prix du sang et de rendre ce
+qu’ils ont pris, on accepte généralement ces offres, et les choses
+en restent là. Mais, dans un pays où tout le monde se connaît par
+son nom, il est rare qu’on puisse alléguer l’ignorance. On a
+presque toujours agi en connaissance de cause. L’agression constitue
+donc un outrage personnel au patron de la victime ; son honneur
+est engagé à en tirer sans retard une vengeance éclatante. Il
+réunit tous ses parents, ce qui peut s’étendre loin, et les
+prie de l’aider dans ses représailles ; s’il est puissant,
+il entraîne à sa suite une grande partie de la tribu. Au premier
+jour, il attaque et tue ceux qui l’ont outragé. Ces nouveaux morts
+demandent vengeance à leur tour : riches ou pauvres, considérés
+ou non, leurs proches, la fraction à laquelle ils appartiennent,
+ne peuvent sans honte laisser leur meurtre impuni. On prend les
+armes : une guerre civile éclate ; la tribu entière ne tarde pas
+à y prendre part. Ces guerres, courtes dans les qçars, durent des
+années parmi les nomades, et s’allument surtout chez eux. Nous
+avons choisi le cas d’un notable ayant à se venger de gens moins
+puissants. Si le patron offensé était assez fort pour réunir autour
+de lui presque toute la tribu, il châtierait de même les auteurs de
+l’attentat, mais les parents de ces derniers n’oseraient entrer
+en lutte contre lui ; ils se borneraient à demander une indemnité,
+qu’on leur accorderait sans doute, ou bien ils temporiseraient,
+épiant l’occasion de laver leur honneur en faisant tomber dans un
+guet-apens leur ennemi ou l’un des siens ; le jour venu, ils feraient
+le coup, et émigreraient, de peur des représailles. Un troisième cas
+se présente, le plus fréquent : on peut s’être attaqué au client
+d’un homme faible. Si la fraction de ce dernier est très unie,
+si les auteurs de l’agression en sont mal vus, elle considère
+l’insulte comme sienne et tout entière embrasse sa cause : on
+rentre dans le premier cas. Si au contraire son groupe est divisé,
+si ceux dont il se plaint y ont des amis, peu de gens se lèveront
+à sa voix. S’il a affaire à aussi faible que lui, il pourra se
+venger ; si son adversaire est puissant, ou bien il se résignera à
+boire sa honte, ou bien, s’il est homme de cœur, il assassinera
+par surprise son ennemi ou quelqu’un de sa famille, et prendra la
+fuite. Tels sont les faits qui se produisent lorsqu’un particulier
+est lésé par son concitoyen dans la personne d’un client ; que
+ce client soit individu, groupe ou qçar, les choses se passent de
+même. Les suzerains, à moins d’être dans l’impossibilité
+de le faire, tirent une vengeance sanglante de l’attentat commis
+contre un de leurs vassaux. Il y va de leur honneur. Pour ce motif,
+des groupes importants, des qçars, aiment mieux se mettre sous la
+protection d’un seul individu que sous celle de toute une tribu.
+
+Ceux qui ont pour patronne une tribu sont moins bien protégés. Des
+hommes, des troupes, ont-ils lésé des gens d’un groupe vassal du
+leur ? L’action est blâmable. Le devoir de l’assemblée de la
+tribu suzeraine est de faire rendre justice aux clients offensés. Mais
+là nul n’a d’intérêt personnel, nul ne prend la chose à cœur ;
+au contraire. Quel est le fait dont on se plaint ? un ṛezou a enlevé
+une caravane ? quelques hommes ont pillé un voyageur isolé ? Dans
+l’assemblée siègent plusieurs membres du ṛezou en question ;
+il leur coûte de rendre gorge, surtout si le convoi était richement
+chargé ; ceux qui n’ont point participé au profit sentent que le
+lendemain pareille chose pourra leur arriver, et craignent de demander
+à leurs concitoyens des comptes qu’à leur tour ils seront heureux
+de ne pas rendre ; enfin la prise d’une belle proie est un succès
+qui flatte l’amour-propre de toute la tribu. Quand la fraction
+plaignante est puissante, qu’on a des représailles graves à
+craindre, il faut s’exécuter ; mais on traîne les choses en
+longueur, on cherche mille prétextes pour restituer moins qu’on
+n’a pris, on donne aussi peu que possible. Si la tribu lésée est
+faible, éloignée, qu’on n’ait pas de vengeance à redouter,
+l’on ne rend qu’au bout de longtemps, et presque rien. Aussi les
+gens de fractions clientes, en voyage sur le territoire de leurs
+patrons, se font souvent accompagner, par précaution, de l’un
+d’eux comme zeṭaṭ. Lorsque, de deux tribus unies par un acte de
+debiḥa[70], l’une met trop de mauvaise volonté à remplir ses
+engagements, le pacte se rompt et une guerre s’ensuit. Elle peut
+avoir lieu entre sédentaires et nomades, ou entre nomades. Dans
+le premier cas, les nomades se réunissent en masse, marchent sur
+les qçars, les assiègent et dévastent les jardins. A moins que
+les habitants n’appellent d’autres nomades à leur secours, ils
+sont obligés, s’ils ne veulent voir détruire leurs cités, de
+demander grâce et d’acheter la paix par une rançon. Entre nomades,
+la guerre est différente : guerre peu active, toute de surprises ;
+rarement il y a de vrais engagements, on se borne à des ṛazias
+mutuelles ; on tâche de tomber à l’improviste sur les tentes,
+sur les troupeaux de ses adversaires, cherchant le butin et non le
+combat. Ces guerres-là durent souvent pendant plusieurs générations.
+
+Lorsque, dans un qçar ou une tribu, on vole, on pille ou on tue
+des membres d’une fraction limitrophe, et qu’on refuse tout
+dédommagement, la guerre en résulte ; cela ne peut être lorsque
+les lésés appartiennent à des tribus lointaines. Entre groupes
+éloignés, un usage est universel : celui des représailles. Prenons
+des exemples. Un individu du qçar de Tisenna s Amin a été tué
+par des hommes d’Agadir Tisint. Le premier habitant d’Agadir qui
+tombera entre les mains des gens de Tisenna s Amin sera mis à mort. Un
+Zenâgi, étant à Agadir Tisint, a été dupé dans un marché par
+un homme du qçar, et l’anfaliz a refusé de lui rendre justice. Le
+premier individu d’Agadir qui entrera sur le territoire des Zenâga
+sera arrêté ; on ne le laissera partir qu’après qu’il aura
+donné une somme égale à celle dont ses compatriotes ont fait tort au
+Zenâgi : s’il ne l’a pas avec lui, il devra la faire chercher, et
+restera prisonnier jusqu’à paiement complet. Ainsi du reste. C’est
+la loi du talion : chacun reprend, dès que l’occasion s’en
+présente, ce dont il a été frustré. D’après cette coutume,
+l’Azdifi ordonnait de me mettre en prison comme sujet du sultan,
+parce que des hommes de sa tribu étaient incarcérés à Merrâkech.
+
+Les habitants de Tisint et tous les sédentaires de la région
+emploient la langue tamaziṛt. La plupart d’entre eux
+possèdent, par suite de leurs rapports avec les nomades voisins,
+une teinture d’arabe. Les femmes et les enfants ne connaissent que
+le tamaziṛt. Les hommes apprennent l’arabe à mesure qu’ils
+grandissent ; ils le savent plus ou moins : les pauvres, sans cesse
+occupés de travaux manuels, peu ; les riches, davantage, grâce au
+commerce et aux affaires quotidiennes avec les nomades. Les principaux
+citoyens le parlent couramment. Pour ce motif, le tamaziṛt en usage
+est moins pur qu’il n’était à Tazenakht et chez les Zenâga ;
+des mots arabes s’y sont introduits, surtout dans la conversation des
+hommes ; les femmes ont mieux conservé les anciennes expressions. Si
+les populations sédentaires des oasis ont pour idiome le tamaziṛt,
+toutes les tribus nomades du sud du Bani, Oulad Iaḥia, Ida ou Blal,
+Aït ou Mrîbeṭ, parlent l’arabe. Femmes et enfants n’usent
+que de cette langue. Parmi les hommes, beaucoup n’en savent point
+d’autre ; ceux-là seuls que de fréquentes affaires appellent
+dans les qçars apprennent à la longue un peu de tamaziṛt ;
+ils mettent de l’amour-propre à ne s’en servir que quand leur
+interlocuteur ne comprend pas l’arabe, lorsque c’est une femme,
+par exemple. Les familles d’Oulad Iaḥia qui habitent le Zgiḍ
+et les bords du Dra, celles d’Ida ou Blal qui ont des domiciles
+à Tatta et celles d’Aït ou Mrîbeṭ fixées à Aqqa et à
+Tizounin, font exception à cette règle. Ces familles, isolées,
+en contact journalier avec les Imaziṛen, ont appris leur langue,
+bien qu’elles se servent entre elles de l’arabe.
+
+Nous nous sommes occupés à plusieurs reprises de la langue, des
+usages, des coutumes des Marocains ; nous n’avons pas dit un mot de
+leur caractère : c’est qu’il nous paraît difficile d’être
+exact sur ce sujet. Quelles qualités, quels défauts attribuer
+à un ensemble de tant d’hommes, dont chacun est différent des
+autres et de soi-même ? S’efforce-t-on de démêler des traits
+généraux ? Lorsqu’on en croit reconnaître, une foule d’exemples
+contradictoires surgissent, et, si l’on veut rester vrai, il faut
+se restreindre à des caractères peu nombreux, ou dire des choses
+si générales qu’elles s’appliquent non seulement à un peuple,
+mais à une grande partie du genre humain. Partout même mélange de
+qualités et de défauts, avec les modifications qu’apportent la
+civilisation ou la barbarie, la richesse ou la pauvreté, la liberté
+ou la servitude. Il me paraît difficile de reconnaître aujourd’hui
+à ceux qu’Ibn Khaldoun appelle Berâber le bouquet de vertus
+dont il les orne. Si une chose peut donner l’idée du caractère
+des Marocains, ce sont les ouvrages où a été décrit celui des
+Kabiles ou d’autres populations imaziṛen de l’Algérie. Une
+longue expérience, des études approfondies, ont donné à des
+hommes éminents le droit de traiter avec autorité un tel sujet. On
+ne saurait l’avoir quand on a, comme moi, passé une seule année
+dans un pays. Aussi n’entreprendrai-je point de dire ce que sont et
+ne sont pas les Marocains ; je me bornerai à signaler quelques traits
+isolés qui m’ont frappé et que j’ai retrouvés en beaucoup de
+lieux ou remarqué dans certains groupes. Je le ferai en déclarant que
+« je n’ay rien à dire entièrement, simplement, et solidement, sans
+confusion et sans meslange, ny en un mot ». Presque partout règnent
+une cupidité extrême et, comme compagnons, le vol et le mensonge sous
+toutes leurs formes. En général, le brigandage, l’attaque à main
+armée, sont considérés comme des actions honorables. Les mœurs
+sont dissolues. La condition de la femme est au Maroc ce qu’elle
+est en Algérie. D’ordinaire peu attachés à leurs épouses,
+les Marocains ont un grand amour pour leurs enfants. La plus belle
+qualité qu’ils montrent est le dévouement à leurs amis. Ils
+le poussent aux dernières limites. Ce noble sentiment fait faire
+chaque jour les plus belles actions. En blad es sîba, pas un homme
+qui n’ait bien des fois risqué sa vie pour des compagnons, pour des
+hôtes de quelques heures. La générosité, se traduisant surtout par
+l’hospitalité, n’est l’apanage particulier d’aucun groupe :
+les nomades ont l’habitude de taxer les Chellaḥa d’avarice ;
+ces derniers accusent les Ḥaraṭîn du même vice. Je ne me suis
+point aperçu qu’il y ait entre eux de distinction profonde à ce
+sujet. Partout également, m’a-t-il semblé, il y a des avares et
+des hommes généreux ; d’ordinaire, dans les contrées riches on
+reçoit avec libéralité les étrangers, dans les localités pauvres
+on ne leur donne rien ; dans tel qçar, qu’il se présente cent
+voyageurs en même temps à la mosquée, on apportera à manger pour
+tous, dans tel autre on n’offrira pas l’hospitalité à un seul. De
+même chez les nomades. Les Marocains ont, comme tous les hommes, plus
+ou moins d’amour-propre ; chez les Arabes du sud, ce sentiment est
+très développé et se change souvent en une noble fierté ; chez les
+Ḥaraṭîn, il prend volontiers la forme d’une vanité puérile ;
+les Chellaḥa l’ont moins. Inutile de dire que ces populations,
+qui passent leur existence les armes à la main, sont braves. Inutile
+de dire qu’elles sont attachées à leur indépendance : la plupart
+l’ont conquise et la défendent chaque jour au péril de leur vie,
+soit contre le sultan, soit contre leurs voisins ; les tribus du
+blad el makhzen elles-mêmes ne font que se révolter. Je n’ai pu
+juger avec mes yeux de la valeur guerrière des divers habitants du
+Maroc ; il est admis dans le pays que les peuplades les plus braves
+et les plus aguerries sont les grandes tribus nomades du sud et
+de l’est du Grand Atlas : Berâber, Aït Seddrât, Ida ou Blal,
+Oulad Iaḥia, Aït ou Mrîbeṭ d’une part ; Doui Mnia, Oulad el
+Ḥadj de l’autre. Après eux, très braves aussi, viennent les
+montagnards, les Chellaḥa du massif Atlantique et les Qebaïl du
+Rif. Les populations de plaine, cantonnées dans les basses vallées
+des fleuves et sur les bords de l’Océan, forment une troisième
+classe regardée comme au-dessous des précédentes en courage. Les
+moins estimés de tous sont les Ḥaraṭîn. Les Marocains sont
+prompts à verser le sang et ne font aucun cas de la vie des autres ;
+je n’ai vu ni entendu citer d’exemple de cruauté de leur part. En
+général, Chellaḥa et Ḥaraṭîn sont laborieux : adonnés à
+l’agriculture, ils semblent, les seconds surtout, industrieux en ce
+qui la concerne. Ils n’ont pas l’esprit vif de certains Arabes,
+tels que les Ida ou Blal et les Oulad Iaḥia : ceux-ci, malgré
+leur ignorance, ont une intelligence remarquable, sont curieux et
+comprennent vite. Ces Arabes ont des façons distinguées et de la
+politesse, tandis que les Imaziṛen sont la plupart grossiers. En
+revanche, on trouve parfois dans ceux-ci une certaine bonhomie,
+rare chez les premiers. Le Maroc, à l’exception des villes et
+de quelques districts isolés, est très ignorant. Presque partout,
+on est superstitieux et on accorde un respect et une confiance sans
+bornes à des marabouts locaux dont l’influence s’étend à une
+distance variable. Nulle part, sauf dans les villes et districts
+exceptés plus haut, on ne remplit d’une manière habituelle
+les devoirs religieux, même en ce qui concerne les pratiques
+extérieures. Il y a des mosquées dans tout qçar, village ou douar
+important ; elles sont plus fréquentées par les voyageurs pauvres,
+à qui elles servent d’abri, que par les habitants.
+
+Avant de quitter Tisint, disons qu’auprès des cinq qçars actuels,
+s’en trouvent quatre autres ruinés, trois au sommet du Djebel
+Taïmzouṛ et un à l’extrémité sud de Foum Tisint, traversé
+par le chemin. On ne sait de quelle époque date leur destruction ;
+de mémoire d’homme on les a vus ce qu’ils sont aujourd’hui ;
+leur fondation est attribuée aux Chrétiens.
+
+
+ 2o. — DE TISINT A TATTA.
+
+
+Comptant revenir plus tard à Tisint, je ne désirai pas m’y arrêter
+cette fois ; dès mon arrivée, je voulus partir pour Tatta. Deux
+zeṭaṭs Ida ou Blal, escorte suffisante, furent bientôt trouvés ;
+mais un contretemps se présenta : un ṛezou de 400 Berâber était
+signalé depuis quelques jours aux environs ; on jugea imprudent de se
+mettre en route tant que ses intentions ne seraient pas connues. Le 16,
+il tomba sur la partie occidentale des jardins de Tisint, les pilla
+et enleva des travailleurs. Son but était atteint ; il ne lui restait
+qu’à battre en retraite pour sauver son butin. Je pouvais partir.
+
+Pendant ce court séjour, je fis plusieurs connaissances. Aussitôt le
+bruit de mon arrivée répandu, tous les ḥadjs, familiers avec les
+choses et les gens des pays lointains, voulurent me voir. Une fois de
+plus, je reconnus les excellents effets du pèlerinage. Pour le seul
+fait que je venais d’Algérie, où ils avaient été bien reçus,
+tous me firent le meilleur accueil ; plusieurs, je le sus depuis,
+se doutèrent que j’étais Chrétien ; ils n’en dirent mot,
+comprenant mieux que moi peut-être les dangers où leurs discours
+pourraient me jeter. L’un d’entre eux, le Ḥadj Bou Rḥim ould
+Bou Rzaq, devint dans la suite pour moi un véritable ami, me rendit
+les services les plus signalés et me sauva des plus grands périls.
+
+ 16 novembre.
+
+Parti à midi d’Agadir, avec deux Ida ou Blal, j’arrivai à 3
+heures et demie à Qaçba el Djouạ, petite oasis où l’on devait
+passer la nuit. De Tisint à Tatta, on suit constamment le pied des
+monts Bani. Cette chaîne est un mouvement de terrain fort curieux
+et l’un des plus importants du Sahara Marocain. S’élevant
+de 200 à 300 mètres au-dessus du sol environnant, d’un à deux
+kilomètres de largeur à la base, sans aucune largeur au sommet, elle
+forme une lame rocheuse, un tranchant, émergeant de terre au seuil
+du désert. Nul contrefort, nulle chaîne, ne se rattache à cette
+digue isolée dans le Sahara. Elle est orientée de l’est-nord-est
+à l’ouest-sud-ouest, comme le cours inférieur du Dra et comme les
+chaînes de l’Atlas. La longueur en est grande : elle est traversée,
+dit-on, par le Dra au-dessous de Tamegrout et se développe, toujours
+semblable, gardant même composition, même forme et même hauteur,
+jusqu’au bord de l’Océan, où elle expire au sud du groupe de
+villages appelé Ouad Noun. Un certain nombre de khenegs la percent,
+étroites brèches par où s’écoulent vers le Dra les eaux du
+Petit Atlas. Chacun de ces passages est le point de réunion de
+quatre ou cinq rivières, et comme l’orifice d’un entonnoir. Les
+eaux se trouvant assemblées en ces points, il s’est créé à
+chacun d’eux une oasis. Les grandes oasis qui se voient entre le
+Sous, le Dra et l’Atlantique ont toutes cette origine ; toutes,
+Zgiḍ, Tisint, Tatta, Aqqa, Tizgi el Ḥaraṭîn, Icht sont à
+la bouche d’un kheneg du Bani. Le Bani est en roche, sans terre
+ni végétation : grès calciné, comme les monts de Tazenakht,
+il présente une écaille noire et brillante sur toute la surface
+de ses flancs. Ceux-ci sont en pente douce au pied, très raide
+vers le sommet. En maints endroits du Bani existent des minerais :
+cuivre, zinc, argent, or vers l’occident. Au nord de cette muraille
+s’élèvent les pentes du Petit Atlas ; commençant à son pied,
+à l’ouest, elles sont séparées d’elle par la Feïja, dans la
+portion orientale. Au sud, plus une montagne, la plaine à perte de
+vue. Tel est le Bani, la dernière chaîne avant le Grand Désert ;
+parallèle au Grand et au Petit Atlas, il est comme le ruban d’écume
+qui borde la plage en avant de ces deux vagues monstrueuses. Je suivrai
+cette chaîne remarquable jusqu’à Tatta, tantôt en longeant le
+pied, tantôt m’en tenant à peu de distance, marchant dans la Feïja
+d’abord, sur les premières pentes du Petit Atlas ensuite. Le chemin
+est facile : terrain sablonneux dans la Feïja, pierreux ailleurs,
+nu en cette saison, couvert de plantes basses les hivers pluvieux ;
+comme arbres, des gommiers de 2 à 3 mètres, d’autant plus nombreux
+qu’on se rapproche du lit de quelque ruisseau ou qu’on s’éloigne
+du Bani, au pied duquel le sol, tout de roche, ne leur permet pas de
+pousser. Point de gibier dans ces régions stériles, si ce n’est
+des mouflons ; eux seuls vivent dans les vastes solitudes du Petit
+Atlas et sur les rocs du Bani. Au sud de celui-ci, dans la plaine,
+courent de nombreuses gazelles.
+
+Depuis le kheneg de Tisint jusqu’à Qaçba el Djouạ, je n’ai
+cessé de suivre l’Ouad Qaçba el Djouạ. A hauteur d’Aqqa Aït
+Sidi, il a 12 ou 15 mètres d’eau, dans un lit de pierre de largeur
+double, que bordent deux parois rocheuses et escarpées élevées
+de 20 à 30 mètres. Deux kilomètres plus haut, l’eau courante
+disparaît ; il reste des flaques plus ou moins longues, de distance
+en distance ; lit de 50 mètres ; le fond, parfois recouvert d’une
+légère couche de sable, est de roche blanche ainsi que les parois qui
+le bordent ; celles-ci n’ont plus que 15 à 20 mètres de haut. Peu
+après, elles s’abaissent encore et se changent en talus de sable
+de 10 à 15 mètres, formant de chaque côté une ligne de dunes
+irrégulières appelées Idroumen. A partir de Trit, plus d’eau
+dans l’ouad : lit de galets au niveau de la Feïja. Dans l’oasis
+de Qaçba el Djouạ, la rivière prend une largeur extrême, mais
+reste à sec ; le lit, moitié sable, moitié gravier, se remplit de
+palmiers et, confondu avec le terrain qui l’entoure, cesse bientôt
+de se distinguer. Chemin faisant, j’ai traversé la petite oasis
+de Trit, bois de palmiers au milieu duquel s’élève un qçar
+d’environ 100 maisons, peuplé de Ḥaraṭîn vassaux des Ida
+ou Blal. Trit se gouverne à part. De Tisint à Qaçba el Djouạ,
+beaucoup de monde sur la route.
+
+[Illustration : Feïja, oasis de Qaçba el Djoua et Bani.
+
+(Vue prise du chemin de Qaçba el Djoua à Aqqa Igiren.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+ 17 novembre.
+
+Séjour à Qaçba el Djouạ. Qaçba el Djouạ est un grand qçar,
+situé au milieu d’une belle oasis. Les constructions s’élèvent
+sur les premières pentes de la plus basse et la plus septentrionale de
+trois collines qui, se dressant près du Bani, sans s’y rattacher,
+forment un massif isolé au bord de la Feïja. L’Ouad Qaçba el
+Djouạ, plein de dattiers et confondu avec le sol de l’oasis,
+contourne ce massif. A son entrée dans les plantations, il reçoit sur
+sa rive gauche l’Ouad Ṭriq Targant[71], ainsi nommé parce que,
+pour gagner au nord-ouest le qçar de ce nom, on en remonte le cours
+un certain temps. Ici, les palmiers, moins serrés qu’à Tisint,
+ombragent des cultures. Le sol est sablonneux. Point d’eau courante ;
+l’ouad est à sec, à moins qu’il ne pleuve. Une nappe d’eau
+existe sous le sol, à peu de profondeur ; une multitude de puits sont
+creusés dans l’oasis ; par eux la Qaçba s’alimente et irrigue
+ses plantations. L’arrosage des palmiers est inutile les années de
+pluie : que l’eau coule dans l’ouad durant vingt-quatre heures,
+c’est assez pour inonder l’oasis, assez pour que la terre soit
+fécondée, assez pour que la récolte de grains et de dattes soit
+assurée. Mais il ne pleut pas tous les ans ; en voici sept que ce
+bonheur n’est arrivé : sept années de sécheresse viennent de
+passer sur la partie occidentale du bassin du Dra. Le pays s’en
+est ressenti et est fort appauvri. L’orge est hors de prix ;
+il n’y a presque plus de bétail : la misère est générale. Un
+ciel nuageux et un peu de pluie ayant signalé le commencement de ce
+mois, l’allégresse fut universelle ; on employa les dernières
+économies à acheter des grains, et chacun se mit à labourer
+avec acharnement. Tous déploient ici une activité fiévreuse ;
+pas un homme de la Qaçba qui ne soit au travail ; on voit de
+toutes parts des gens conduisant leurs charrues entre les palmiers,
+traînées par des vaches, des chevaux, des mulets, des ânes et,
+faute de mieux, des femmes : les bêtes de somme et de trait sont
+rares dans les qçars et le moment des semailles va passer ! Qaçba
+el Djouạ est vaste, prospère, et bien construite, partie en
+pisé, partie en pierre. Les habitants, Chellaḥa. contrastent,
+par leur blancheur, avec les noirs possesseurs des oasis voisines ;
+exception remarquable, ils ne reconnaissent point de suzerain, n’ont
+de debiḥa sur personne. Beaucoup d’entre eux sont cherifs, la
+plupart sont riches. Ils forment 400 fusils. Leur langue habituelle
+est le tamaziṛt, presque tous savent aussi l’arabe. Fraction des
+Aït Semmeg de la rive gauche du Sous, et depuis longtemps séparés
+de leur tribu mère, ils ont conservé de bons rapports avec elle, et
+en cas de guerre, malgré la distance, lui envoient et en reçoivent
+des secours. Ils sont en bonnes relations avec les Ida ou Blal ;
+beaucoup épousent des femmes de cette tribu. Qaçba el Djouạ est
+célèbre par l’abondance et la bonne qualité de ses dattes ;
+elle produit des bou feggouç, des djihel, des bou souaïr, des bou
+iṭṭôb et surtout des bou sekri.
+
+On distingue d’ici quatre petites oasis, situées de l’autre côté
+de la Feïja ; chacune d’elles contient un qçar dont elle porte le
+nom. De ces qçars, Aqqa Iṛen, Tiskmoudin, Ida Oulstan, Serṛina,
+le plus important est Aqqa Iṛen. On appelle les trois autres Qçour
+Beïḍin, à cause de la blancheur de leurs maisons. Tous sont
+peuplés de Chellaḥa et de Ḥaraṭîn tributaires des Ida ou Blal.
+
+ 18 novembre.
+
+Départ à 6 heures du matin. Je continue à suivre le Bani. Bientôt
+la Feïja finit et je passe dans une nouvelle région, sur
+les premières pentes du Petit Atlas, terrain pierreux, mais
+facile. Vers 10 heures, j’approche d’Aqqa Igiren : on voit
+d’une part cette petite oasis, de l’autre un kheneg dans le Bani,
+Kheneg eṭ Ṭeurfa. A cette brèche se trouvent une source et des
+dattiers, propriété des habitants d’Aqqa Igiren, mais point de
+maisons. Une rivière s’échappe par là vers le sud, l’Ouad
+Kheneg eṭ Ṭeurfa. Elle est formée de trois cours d’eau,
+l’Ouad Aqqa Izen, l’Ouad Tesatift et l’Ouad Aqqa Igiren :
+les deux premiers sont des ruisseaux et coulent dans le désert ; le
+troisième est une rivière importante ; au-dessus d’Aqqa Igiren,
+qu’il traverse et où il reçoit un affluent, il prend le nom
+d’Ouad Targant et arrose plusieurs lieux habités. Aqqa Igiren est
+une oasis peu étendue, avec deux petits qçars d’aspect misérable ;
+la moitié des constructions est en ruine et abandonnée ; les maisons
+qui restent sont en pierre, mal bâties, n’ayant la plupart qu’un
+rez-de-chaussée, ce qui est le dernier signe de pauvreté dans le
+pays. Population de Chellaḥa et de Ḥaraṭîn, tributaires des
+Ida ou Blal. Point d’eau courante ; plusieurs puits de bonne eau
+et une feggara auprès du qçar occidental.
+
+[Illustration : Kheneg et Teurfa. (Vue prise du chemin de Qaçba el
+Djoua à Aqqa Igiren.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Aqqa Igiren. (Vue prise du chemin de Qaçba el Djoua.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Vers 3 heures, j’aperçois devant moi les palmiers de Tatta. Cette
+oasis n’est pas comme Tisint une forêt compacte ; elle se compose
+d’un grand nombre de groupes distincts, les uns au nord du Bani, les
+autres au sud : dans la première région, les qçars sont rapprochés
+et leurs plantations se touchent souvent ; dans la seconde, ils sont
+isolés et dispersés un par un dans la plaine. Celui où je vais,
+Tintazart, est de ces derniers. Pour l’atteindre, je commence à
+gravir le Bani : la montée est difficile : bientôt il faut mettre
+pied à terre ; je chemine péniblement au milieu des roches. A
+3 heures 35 minutes, je parviens au sommet, arête effilée sans
+aucune largeur. Le coup d’œil, vers le sud, est admirable. Une
+immense plaine s’étend à perte de vue : c’est le désert. Il
+se déroule, indéfiniment jaune et plat, jusqu’à un double ruban
+bleu que forment à l’horizon les coteaux de la rive gauche du
+Dra et le talus du Ḥamada. Comme des taches noires sur le sable,
+apparaissent divers qçars de Tatta ; ils sont disséminés près
+du Bani, à quelque distance les uns des autres, chacun entouré de
+ses palmiers. Le col où je suis s’appelle Tizi n Tzgert[72]. La
+descente est aussi lente que la montée. Au pied du Bani, je rencontre
+un sable dur sur lequel je marche jusqu’à Tintazart. J’y arrive
+à 5 heures et demie.
+
+Personne sur la route, de toute la journée. Les cours d’eau que
+j’ai rencontrés étaient à sec ; ils avaient un lit semblable,
+à fond de gros galets, à berges de terre de 50 centimètres à 1
+mètre de haut. Aucun d’eux n’a d’importance, excepté l’Ouad
+Aqqa Igiren. Celui-ci, dans l’oasis de ce nom, a 80 mètres de
+large et des berges à pic de 2 mètres. Le long du trajet, les
+gommiers sont assez nombreux, sauf sur les flancs du Bani. Dans
+la vallée de l’Asif Oudad, ils se mêlent, au bord du ruisseau,
+de quelques tamarix. Des touffes de melbina et de kemcha sèment le
+sol. Enfantées par les pluies récentes, de petites herbes sortent
+de toutes parts. Ce qu’on voit, chemin faisant, du Petit Atlas est
+tout roche, aussi bien les pentes prochaines, noires comme le Bani,
+que les crêtes éloignées, majestueux massifs d’un rouge sombre.
+
+
+ 3o. — TATTA.
+
+
+Tintazart est un des plus grands qçars de Tatta ; elle est bâtie
+sur l’extrémité d’une petite chaîne rocheuse de 15 à 20
+mètres d’élévation, à flancs très escarpés. Cette chaîne
+fait partie de l’enchevêtrement d’arêtes de roche noire qui
+serpentent dans la plaine. Le point où est construite Tintazart
+s’appelle Irf Ouzelag, « la tête du serpent ». La localité
+se compose de trois parties : l’une, dominée par le donjon de la
+maison commune, forme le qçar actuel ; une seconde, plus petite de
+moitié, est ruinée : c’était le quartier de Chikh Ḥamed ; la
+destruction, qui date de quelques années, est l’œuvre des Mekrez,
+l’une des deux branches des Ida ou Blal, et fut cause d’une guerre
+longue et sanglante, à peine achevée, entre les Mekrez et l’autre
+moitié de la tribu, les Ḥaïan, dont Chikh Ḥamed était client. Le
+troisième quartier, plus petit que les précédents et hors des murs,
+est le mellaḥ. Les maisons sont, comme celles de Tisint, pierre à la
+base, pisé dans les parties supérieures ; elles sont uniformément
+couvertes en terrasse. Belles plantations de palmiers, arrosées de
+sources nombreuses. Toutes les eaux qui descendent du Bani et arrosent
+la plaine entre cette chaîne, Toug er Riḥ et Anṛerif, aboutissent
+à Tintazart, El Qcîba et Anṛerif et en fertilisent les terres. Dans
+les trois lieux, les jardins sont au sud des bâtiments ; au nord, on
+ne voit que le sable desséché de la plaine, l’areg. Tintazart est
+peuplée de Chellaḥa et de Ḥaraṭîn ; les premiers dominent. Elle
+se gouverne à part, comme chacun des qçars de Tatta ; comme eux,
+elle est tributaire des Ida ou Blal. L’administration y est confiée
+à un chikh élu par l’assemblée générale. Lors de mon arrivée,
+un jeune homme de dix-huit ans, Ḥamed ou Baqâder, remplissait ces
+fonctions. Pendant mon séjour, on eut sujet d’être mécontent de
+lui et on le remplaça par son cousin, El Ḥasen ould Bihi, aussi
+jeune que lui. Leurs pères ont péri de mort violente : on voit peu
+de vieillards en ce pays. Le fait qui motiva ce changement fut le
+suivant : un Chleuḥ de Tintazart, nommé Ạbd Allah, avait depuis
+trois ans une affaire en litige avec des gens d’Aqqa Izenqad, autre
+qçar de Tatta. Ceux-ci lui réclamaient une somme d’argent qu’il
+refusait de rembourser : ils s’impatientèrent, vinrent au nombre
+de 17 fusils dans sa maison, le tuèrent, prirent ce qu’ils purent
+et s’en retournèrent. Cet événement se passait à l’époque où
+j’étais là. Ḥamed ou Baqâder n’avait rien fait pour prévenir
+le meurtre et n’essaya point de le punir : il se borna à de molles
+réclamations auprès de l’assemblée d’Aqqa Izenqad. Son manque
+d’énergie mécontenta : on lui enleva son titre, et on le donna
+à son cousin.
+
+[Illustration : Kheneg d’Adis. (Vue prise de Tintazart.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Kheneg d’Adis et Ouad Toug er Rih. (Vue prise de
+Toug er Rih.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Tatta est la plus étendue des oasis situées entre le Dra et
+l’Atlantique. Elle se compose de deux parties. La première, au
+nord du Bani, comprend de nombreuses localités, échelonnées sur
+les rives de trois cours d’eau, les ouads Tatta, Toug er Riḥ et
+Adis. Ces rivières se rapprochent en arrivant au Bani, où le kheneg
+d’Adis donne passage à toutes trois et conduit dans la seconde
+région. Celle-ci est ce qu’on appelle l’_areg_, vaste plaine à
+sol sablonneux et dur, située au sud du Bani, semée, de distance en
+distance, de qçars isolés, les uns sur les bords des trois rivières,
+les autres arrosés par des sources ; l’areg est moins peuplé que
+la portion supérieure : il compte 14 lieux habités, l’autre en
+possède 22. Ces diverses localités ont une population identique,
+mélange de Ḥaraṭîn et de Chellaḥa ; le dernier élément y
+domine. Elles sont sans lien entre elles et indépendantes. Chacune en
+particulier est tributaire des Ida ou Blal ; les plus septentrionales
+ont une seconde debiḥa sur les Aït Jellal, tribu nomade cantonnée
+non loin de là, vers les pentes supérieures du Petit Atlas. Les
+principaux centres de Tatta sont Afra et Adis. L’un et l’autre
+se composent de deux qçars presque contigus. L’un et l’autre
+réunissent les deux causes d’importance d’un lieu, marché
+et zaouïa. La zaouïa d’Adis a peu de membres ; le chef en est
+S. Moḥammed d Aït Ouzeggar. Celle d’Afra, plus considérable,
+appartient à la nombreuse famille des Aït Ḥoseïn ; les religieux
+habitent Afra Fouqania, appelée aussi Aït Ḥoseïn, où est enseveli
+S. Moḥammed d Aït Ḥoseïn, leur ancêtre ; cette zaouïa jouit
+d’une grande vénération dans le pays. Une troisième existe à
+Tatta : celle de Djebaïr, fondée par S. Ạli ben Djebira, dont
+la qoubba s’élève entre Adis et Toug er Riḥ. S. Ạli ben
+Djebira descendait de S. Moḥammed ech Chergi, de Bou el Djạd ;
+sa postérité, fixée à Djebaïr, est un rameau de la famille dont
+Sidi Ben Daoud est le chef. L’un de ses rejetons, Ạli Ben Hiba,
+ayant gagné une fortune considérable dans le commerce du Soudan,
+où il a fait un long séjour, a acquis par là une grande influence ;
+peu d’hommes ont autant de poids à Tatta et dans la tribu des Ida
+ou Blal. Enfin, une quatrième puissance religieuse, celle du marabout
+S. Moḥammed Mouloud, a son siège à Tintazart. S. Moḥammed Mouloud
+est étranger : son père fut S. El Mokhtar bel Lạmech, fondateur de
+Tindouf et chef de la tribu religieuse des Tajakant. A son lit de mort,
+S. El Mokhtar partagea entre ses enfants la zone où s’étendait
+son influence : les Ida ou Blal échurent à Moḥammed Mouloud. Pour
+être près d’eux il s’établit à Tatta. Mais la tribu est des
+moins dévotes et ne lui donne ni travail ni profit. A-t-on un acte
+à dresser, quelque chose à écrire ? on s’adresse à lui ; une
+légère rémunération le gratifie. Là se bornent et ses fonctions et
+ses bénéfices. Encore lui préfère-t-on souvent son frère cadet,
+Aḥmed Digna, qui réside à Tindouf.
+
+[Illustration : Derniers palmiers de Tatta dans la direction du sud,
+areg, collines de la rive gauche de l’Ouad Dra.
+
+(Vue prise de Tintazart.) Croquis de l’auteur.
+
+Le commerce de Tatta, considérable naguère, quand y arrivaient
+les caravanes du Soudan, est presque nul aujourd’hui. On se borne
+à chercher à Merrâkech les produits européens indispensables,
+à demander au Sous son huile, à exporter des dattes. Deux marchés,
+le Tlâta d’Afra et le Khemîs d’Adis. J’ai été une fois à ce
+dernier : il se tient dans le kheneg d’Adis, sur la rive droite de
+l’Ouad Adis, en face de Tamessoult, à l’ombre des palmiers. De
+petites niches de pisé ou de pierre, adossées aux troncs, servent
+de boutiques aux marchands. Le jour où j’y fus, les produits en
+vente se réduisaient à peu de chose : des grains, du bétail, de
+l’huile, des légumes, des cotonnades blanches, beaucoup de khent,
+un peu de thé et de sucre ; il n’y avait ni allumettes, ni papier,
+ni aiguilles. Le marché était peu animé. On semblait y être
+venu plutôt par désir de distraction, afin de se voir et causer,
+que pour acheter.
+
+Tatta a de nombreux dattiers ; les bou feggouç dominent ; puis
+viennent les bou iṭṭôb, les djihel, les bou souaïr et, plus
+rares, les bou sekri. Les arbres sont, comme à Qaçba el Djouạ,
+assez espacés pour que grains et légumes se cultivent entre leurs
+intervalles. Les années de pluie, on sème de l’orge dans l’areg,
+au bord des rivières et dans le voisinage des palmiers, partout où
+l’on peut arroser.
+
+Outre la population tamaziṛt, un certain nombre d’Ida ou Blal
+vivent à Tatta, dans des qçars du sud. Des familles de la tribu
+habitent El Qcîba, Izeṛran, Toug er Riḥ. Les unes s’y sont
+établies paisiblement, la plupart y sont entrées de force à la
+faveur des divisions des habitants. Tel est le cas de Toug er Riḥ,
+lieu où ils sont le plus nombreux : au cours de querelles intestines,
+une des factions y demanda l’appui d’Ida ou Blal ; ceux-ci
+entrèrent, chassèrent une partie des habitants, s’emparèrent
+des meilleures maisons et des jardins et s’installèrent.
+
+Plusieurs localités en ruine jonchent le sol de Tatta : Qaçba el
+Makhzen et Tiiggan Qedîm sont abandonnés depuis une époque dont
+la mémoire est perdue ; cinq des qçars de Taldnount, de sept que
+comptait ce groupe, ont été, il y a trente ans, ruinés par les
+Ida ou Blal ; des quartiers de Tintazart et d’Izeṛran viennent
+d’être détruits par la même tribu.
+
+Ici comme à Tisint, le tamaziṛt est la langue générale ; mais
+presque tous les hommes savent l’arabe.
+
+Mon compagnon, le rabbin Mardochée, se trouvait à Tintazart au milieu
+de sa famille, entre un frère et une foule de parents. Il était
+juste de lui permettre de jouir de leur société. Je le laissai se
+reposer auprès des siens pendant que je faisais deux excursions,
+l’une au lit de l’Ouad Dra, l’autre à l’oasis d’Aqqa.
+
+Pour le peu de temps que je devais rester à Tintazart, je n’avais
+pas besoin de faire de debiḥa sur aucune personne du qçar ;
+ayant à séjourner davantage sur le territoire des Ida ou Blal,
+il était indispensable de m’assurer de ce côté en me munissant
+de deux patrons parmi eux : en temps ordinaire un seul eût suffi ;
+mais la longue guerre qui les a divisés finit à peine ; les membres
+d’une fraction ne garantissent pas encore contre ceux de l’autre :
+il faut avoir son protecteur dans chacune d’elles. Ce n’est
+qu’après avoir rempli ces formalités que je pus me mettre en route.
+
+
+ 4o. — EXCURSIONS AU MADER ET A AQQA.
+
+
+ I. — LE MADER.
+
+La portion du lit de l’Ouad Dra qui se trouve à l’ouest du
+méridien de Tisint est en grande partie cultivable : le fond,
+sablonneux sur presque toute son étendue, y devient fertile
+dès qu’il est arrosé. Ces parties labourables sont appelées
+_mạder_. Six principaux mạders sont situés aux confluents des six
+grands tributaires du fleuve ; on les nomme : Mạder Ida ou Blal,
+Mạder Tatta, Mạder Aqqa, Mạder Tizgi, Mạder Icht, Mạder
+Imi Ougadir. Je vais aller au premier.
+
+ 25 novembre.
+
+Parti à 10 heures du matin de Tintazart, j’arrive, à 6 heures
+et demie du soir, à 200 mètres du lit de l’Ouad Dra, dans
+un ensemble de cultures appelé Mạder Soulṭân ; ce lieu fait
+partie de la plaine de Medelles, delta sablonneux formé par l’Ouad
+Kheneg eṭ Ṭeurfa à son confluent avec le Dra. J’y passe la
+nuit. Ma route a traversé cinq régions distinctes. La première,
+de Tintazart à l’Ouad Toufasour, est l’areg, tel qu’on le voit
+jusqu’au Bani, sable uni, dur, sans une pierre et sans un arbre ;
+il est semé de touffes rares et maigres d’aggaïa, de kemcha et de
+melbina ; d’étroites arêtes de roche noire émergent çà et là
+et se tordent à sa surface. La seconde région commence à l’Ouad
+Toufasour et finit au Kheneg Zrorha ; plus de sable ; sol dur et plat,
+couvert de petites pierres et de gravier ; mêmes plantes, auxquelles
+s’ajoutent des gommiers de 3 à 4 mètres, nombreux surtout le
+long des ruisseaux ; les serpents rocheux rampent toujours sur le
+dos de la plaine, deux ou trois chaînes de collines plus hautes, de
+couleur grise et jaune, s’y mêlent. Du Kheneg Zrorha à l’Ouad
+Asgig, dans la troisième partie du trajet, tout relief cesse ;
+plus d’arêtes rocheuses ; terrain plat jusqu’au Dra : le sol,
+très dur, est couvert de cailloux noirs comme d’une écaille
+sombre et brillante ; même végétation que tout à l’heure,
+moins abondante et plus étroitement cantonnée sur les bords des
+ruisseaux. Cette plaine s’appelle Ouṭa Bouddeïr. La quatrième
+région s’étend de l’Ouad Asgig au delta de l’Ouad Kheneg
+eṭ Ṭeurfa : le sol s’adoucit, le gravier se mêle de sable ;
+celui-ci augmente à mesure que l’on avance ; la végétation garde
+la même nature, les gommiers diminuent. La cinquième est la plaine
+de Medelles, delta sablonneux formé de vase et de dunes basses, de 50
+centimètres à 1 mètre ; l’Ouad Kheneg eṭ Ṭeurfa le traverse,
+divisé en trois bras ; végétation abondante ; des bouquets de
+grands tamarix ombragent une terre verdoyante, couverte de melbina,
+d’aggaïa et de sebt[73] ; des cultures apparaissent. Plus on avance,
+plus le sol devient humide ; il est si vaseux durant les 2 derniers
+kilomètres que les animaux marchent à grand’peine et qu’on
+est forcé d’aller nu-pieds. Cette partie inférieure du Medelles
+est défrichée et labourée ; on l’appelle Mạder Soulṭân ;
+je m’y arrête à quelques pas de l’Ouad Dra. Ma nuit se passe
+là, au pied d’un bouquet de tamarix, en compagnie d’une douzaine
+d’Ida ou Blal, laboureurs au bivac.
+
+Peu de monde aujourd’hui sur ma route ; seuls, quelques cultivateurs
+revenaient du Mạder avec leurs bestiaux, après avoir terminé leurs
+labours. Les cours d’eau situés sur mon passage étaient à sec ;
+aucun n’avait d’importance. Le lit de l’Ouad Toufasour, à fleur
+de terre, se distingue à peine ; celui de l’Ouad Zrorha a un fond
+de galets large de 12 mètres et des berges de terre de 1 mètre ;
+celui de l’Ouad Asgig a 30 ou 40 mètres de large, un fond moitié
+roche, moitié galets, des berges à pic de 1 ou 2 mètres. Durant la
+dernière partie du trajet, on distinguait le mont Taïmzouṛ et le
+Kheneg eṭ Ṭeurfa ; seul relief entre eux et le chemin, un massif
+isolé, le Gelob, dressait à l’est sa double cime au milieu de
+la plaine qui s’étend du Bani au Dra. Le kheneg d’Adis était
+invisible ; les collines entre lesquelles j’ai passé au sud de
+l’Ouad Toufasour le cachaient.
+
+ 26 novembre.
+
+Départ à 6 heures 5 minutes. A 6 heures 9 minutes, je sors
+de la plaine de Medelles et je gravis un bourrelet rocheux, le
+Rist Djedeïd, qui la sépare du Dra ; à 6 heures 13 minutes,
+j’en atteins la crête ; à 6 heures 14 minutes, je suis dans le
+fleuve. Je le remonte. Le lit est de vase, sèche sur les bords,
+humide vers le milieu. De grands herbages, des fourrés de tamarix
+le recouvraient, ces jours derniers, d’une végétation touffue. A
+l’heure qu’il est, presque toute cette verdure a disparu sous
+les sillons : la majeure partie du sol est ensemencée ; on laboure
+encore sans relâche ; de toutes parts, on ne voit que charrues
+attelées de bœufs, de chevaux, de chameaux, on n’entend que les
+cris et les chants des laboureurs. Le lit de l’Ouad Dra est plat ;
+il a 3 kilomètres et demi de large ; un talus uniforme élevé de
+100 mètres, la ligne bleue qu’on voyait de Tisint et de Tatta,
+le borde à gauche ; le bourrelet rocheux d’à peine 30 mètres
+que j’ai franchi ce matin, le Rist Djedeïd, en garnit la rive
+droite. D’ordinaire, il disparaît en entier sous les hautes herbes
+et les broussailles : aux pluies d’automne, on les arrache pour
+cultiver : la moisson faite, elles l’envahissent de nouveau. En
+ce moment tout est défriché, à l’exception d’une bande de
+verdure de 500 mètres de large qui court au milieu ; là, dans
+la partie centrale du lit, le sol est si détrempé qu’il est
+impossible de labourer : les hommes, même pieds nus, y marchent
+avec peine. Lorsque, les années très pluvieuses, les eaux du haut
+Dra arrivent jusqu’ici, elles inondent tout le lit et font une
+nappe infranchissable de 3 à 4 kilomètres de large ; les cultures
+sont fécondées et la récolte assurée. S’il est tombé quelques
+pluies, mais non assez pour déterminer la venue du Dra supérieur,
+les mạders sont encore arrosés ; les rivières au confluent
+desquelles ils sont situés leur apportent leur tribut : dans ce cas,
+chaque mạder est fertilisé, mais le lit n’est pas rempli ; le
+peu d’eau qui y entre coule dans trois rigoles qui sont au milieu et
+que je verrai tout à l’heure. Enfin, si l’année est tout à fait
+sèche, l’eau ne descend nulle part, le sable reste stérile, et il
+y a famine. Plusieurs années de disette viennent de s’écouler ;
+aussi quelle joie a accueilli les premières ondées, prélude d’un
+hiver humide ! avec quelle précipitation tout le monde s’est jeté
+vers le mạder ! avec quel entrain chacun laboure le plus qu’il
+peut ! Pendant les jours que je viens de passer à Tintazart, il
+n’y avait dans le qçar ni un homme ni une bête : vaches, ânes,
+chevaux, mulets, chameaux, tout était au mạder avec les hommes ;
+les femmes seules et les petits enfants gardaient les maisons. Toute
+la population mâle de la contrée, nomade et sédentaire, est massée
+depuis quinze jours dans cette étroite bande de terre. Des habitants
+du Petit Atlas, du Sous même et du Sahel, y ont des terrains et sont
+venus les cultiver. Le lit de l’Ouad Dra, d’habitude désert,
+présente l’aspect le plus gai et le plus animé. Au lever du jour,
+une multitude de feux s’allument le long des deux rives, perçant
+le brouillard du matin : c’est le premier repas qui s’apprête
+en silence. Puis chacun quitte le bivac et se met au travail ; les
+vapeurs s’élèvent peu à peu ; au-dessous des pentes du flanc
+gauche, encore d’un violet sombre, le soleil illumine le fleuve
+dont les sables se colorent d’un rose doux : la vie renaît ; le
+lit se couvre de monde ; les laboureurs le parcourent en tous sens :
+on n’entend que les hennissements, les mugissements des animaux,
+et les cris des conducteurs qui les excitent.
+
+Après avoir remonté quelque temps le fleuve, au milieu de ce travail,
+de ce mouvement universels, je visite les trois rigoles centrales
+où est en ce moment toute l’eau du Dra. La plus septentrionale
+a 20 mètres de large et 1 mètre de profondeur ; la vase y
+est plus détrempée qu’ailleurs, mais elle ne contient point
+d’eau. La seconde, pareille, a seulement 10 mètres de large. La
+plus méridionale n’en a que 8, mais sa profondeur est double et de
+nombreuses flaques d’eau sèment le fond. L’eau du Dra est salée
+dans cette région. Les trois rigoles serpentent au milieu d’une
+végétation touffue ; au ras du sol, diverses herbes se pressent
+en tapis ; des tamarix de 3 à 4 mètres les ombragent. L’eau de
+la dernière rigole et l’humidité répandue dans le mạder ont
+été apportées par des affluents du fleuve à la suite des pluies
+récemment tombées dans la montagne ; elles suffisent pour assurer
+la moisson ; si le haut Dra ajoutait son tribut, celle-ci serait plus
+belle ; s’il venait au printemps, après cette moisson faite, on
+pourrait semer de nouveau et avoir double récolte. Les inondations
+produites par le cours supérieur durent peu de jours.
+
+Je prends au retour le même chemin qu’à l’aller, en traversant le
+Medelles plus haut que la première fois. Les trois bras de l’Ouad
+Kheneg eṭ Ṭeurfa ont l’aspect suivant : le bras oriental a 20
+mètres de large, des berges insensibles, un fond de sable en partie
+humide, point d’eau ; le bras central est très humide, large de 40
+mètres, du reste semblable au précédent ; le bras occidental est
+pareil aux deux autres, mais plus sec ; sa largeur est de 30 mètres ;
+il marque la fin des sables et la limite du Medelles.
+
+Un homme des Ida ou Blal m’a servi d’escorte dans cette
+excursion. Cet unique zeṭaṭ avait été difficile à trouver,
+tout le monde étant parti pour le Dra. Les fertiles terres
+des mạders, quelque incultes qu’elles soient la plus grande
+partie de l’année, ont toutes leurs possesseurs. Chacun d’eux
+connaît sa parcelle. Un champ au mạder se vend, s’achète,
+se loue comme un autre bien. Tant qu’il ne tombe pas de pluie,
+on ne s’en occupe pas ; à l’apparition des premiers nuages,
+le propriétaire se prépare à labourer ou se met en quête d’un
+fermier. On passe au mạder le temps du labour et des semailles, 15
+jours ou trois semaines. Les hommes seuls y vont, avec les bestiaux ;
+comme provisions, on emporte de l’orge et du maïs, parfois des
+dattes. Jamais on ne prend de tente : tout le monde bivaque, même les
+nomades. Les travaux terminés, on s’en va pour ne revenir qu’au
+moment de la récolte, en mars. Dans trois mois et demi, vers les
+premiers jours de mars 1884, je verrai moissonner ce qu’on sème
+aujourd’hui : la récolte sera superbe, quoique les eaux du haut
+Dra doivent continuer à faire défaut. A peine sera-t-elle achevée,
+ces eaux arriveront et inonderont le lit du fleuve durant plusieurs
+jours. Il est donc probable qu’on aura fait deux récoltes en 1884.
+
+Le Mạder Ida ou Blal est fort long ; il se divise en plusieurs
+portions. Celle que j’ai visitée s’appelle le Rist Djedeïd,
+du nom des hauteurs qui la bordent.
+
+ II. — AQQA.
+
+Parti de Tintazart le 28 novembre à 7 heures et demie du matin,
+j’arrivai à El Kebbaba, le plus oriental des qçars d’Aqqa,
+le même jour à 6 heures du soir. Mon escorte se composait de deux
+hommes. Obligé de marcher sur les territoires des Ida ou Blal et des
+Aït ou Mrîbeṭ, j’avais un zeṭaṭ de chaque tribu. La route de
+Tintazart à Aqqa peut se diviser en deux parties : de Tintazart au lit
+de l’Ouad Tatta, et de l’Ouad Tatta à El Kebbaba. La première
+partie est l’areg, tel que nous le connaissons, avec son sol uni,
+sablonneux et dur, ses touffes de melbina, d’aggaïa, de kemcha,
+ses gommiers rabougris de 1 à 2 mètres, ses serpents rocheux qui
+se déroulent en raies sombres à la surface blanche de la plaine ;
+de temps à autre, un qçar apparaît avec sa fraîche ceinture de
+palmiers, faisant diversion à ce monotone paysage. Deux kilomètres
+avant d’atteindre l’Ouad Tatta, on traverse une cuvette sans
+végétation appelée Imchisen ; elle est couverte d’une couche de
+5 à 15 millimètres d’_amersal_, poudre blanche ayant l’apparence
+du sel, sans aucun goût. Peu après, à un kilomètre de la rivière,
+le sable s’amollit et se couvre d’une végétation abondante :
+les touffes de melbina et d’aggaïa s’élèvent ; entre elles
+croissent des _akrass_, sortes de joncs d’un vert foncé ; des
+tamarix se mêlent aux gommiers ; au-dessus d’eux, quelques palmiers
+sauvages dressent leur tête. Cette verdure s’étend jusqu’à
+la rive gauche de l’Ouad Tatta. Elle y cesse. Là finit l’areg
+et commence la seconde partie de mon trajet. Le sol, toujours plat,
+devient gris et pierreux ; plus de serpents rocheux sortant de terre,
+çà et là des plateaux bas, des talus rocailleux ; une foule de
+lits de torrents coupent la route : tous sont à sec, avec un fond
+de gros galets de 6 à 15 mètres de large ; la végétation reste la
+même, le gommier augmentant un peu. Tel est le pays, désert absolu,
+qu’on traverse de l’Ouad Tatta à El Kebbaba.
+
+Depuis Tiiggan, dernier qçar de Tatta, je n’ai rencontré personne
+sur mon chemin. Les principales rivières que j’ai traversées sont :
+l’Ouad Adis (lit de roche large de 20 mètres, au milieu duquel
+coulent 3 mètres d’eau claire et courante ; berges insensibles) ;
+l’Ouad Tatta (il se divise en trois bras : le bras oriental a 100
+mètres de large, des berges de 1 mètre à 1/2, en galets roulants,
+un fond de roche où serpentent 3 mètres d’eau limpide et courante,
+salée ; le bras central, large de 30 mètres, est à sec ; le bras
+occidental a 60 mètres, un lit de roche et des flaques d’eau : ces
+divers bras sont séparés par des langues de terre partie sablonneuses
+et partie couvertes de gros galets, sans végétation) ; enfin
+l’Ouad Foum Meskoua (il se divise en trois ou quatre bras dont le
+plus large a 30 mètres ; tous sont à sec, ont un lit de gros galets,
+et des berges à 1/2 hautes de 2 à 3 mètres). Tel était le Bani
+à Tisint, tel je l’ai vu à Tatta, tel je le retrouve à Aqqa. De
+quelque point qu’on aperçoive cette chaîne, on n’y distingue
+aucune différence. Partout même hauteur, même composition, même
+forme, même couleur. Entre les khenegs de Tatta et d’Aqqa, elle
+présente trois points remarquables : Foum Azerftin, kheneg étroit
+et désert donnant passage à l’Ouad Azerftin, ruisseau à sec ;
+Foum Meskoua, kheneg semblable au précédent ; Tizi Aqqa, col par
+où un second chemin conduit de Tatta à Aqqa. Cette voie suit le pied
+méridional du Bani de Tatta au col, franchit la chaîne à ce passage,
+et en longe le pied septentrional jusqu’au kheneg d’Aqqa. Le Tizi
+Aqqa est peu au-dessous du niveau général des crêtes.
+
+L’oasis d’Aqqa, qu’on appelle aussi Aqqa ou Chaïb, ressemble à
+celle de Tisint. Forêt compacte de palmiers massée au sud du kheneg
+où l’Ouad Aqqa perce le Bani, elle s’étend en grande partie
+sur les bords de cette rivière. Un second cours d’eau contribue à
+l’arroser : l’Ouad Kebbaba sort du Bani à l’est de Foum Aqqa,
+coule au pied de la chaîne jusqu’au kheneg, et de là se dirige
+vers le sud en arrosant la portion orientale des plantations.
+
+Les qçars d’Aqqa, comme ceux de Tisint, s’élèvent la plupart
+à la lisière de l’oasis ; un seul se trouve au milieu. Ils sont
+au nombre de dix ; en voici les noms : Tagadirt, Taourirt, Erḥal,
+Ez Zaouïa, El Qaçba, Agadir Ouzrou, El Kebbaba, Aït Djellal, Aït
+Bou Feḍaïl, Aït Anter. Autrefois, Tagadirt était la première
+en importance : à présent, Tagadirt, Taourirt, Erḥal, Agadir
+Ouzrou, sont de même force ; El Kebbaba et El Qaçba sont un peu
+moindres ; Ez Zaouïa est la dernière : Ez Zaouïa doit son nom au
+sanctuaire de Sidi Ạbd Allah Oumbarek, qu’elle renferme. Dans la
+population, mélange de Ḥaraṭîn et de Chellaḥa, les Ḥaraṭîn
+dominent. Aqqa, jadis sans debiḥa, est, depuis 40 ans, sous la
+suzeraineté des Aït ou Mrîbeṭ. Chaque qçar a son gouvernement
+séparé et est administré par un chikh. Les chikhs d’Aqqa sont
+héréditaires, et plus puissants que ceux de Tisint et de Tatta :
+ils sont Chellaḥa et originaires de leurs localités, excepté
+celui d’El Kebbaba, qui est un des chikhs Aït ou Mrîbeṭ.
+
+Aqqa se trouve, pour le commerce, dans les mêmes conditions que
+Tatta. Naguère lieu d’arrivée des caravanes du sud, elle voyait
+affluer sur ses marchés l’or, les esclaves, les cuirs, les tissus
+du Soudan. A côté d’un trafic considérable, l’industrie locale
+s’était développée : Aqqa était célèbre pour ses bijoux
+d’or. Toutes ces sources de fortune sont taries ; plus de commerce,
+plus d’industrie, plus de relations lointaines. Il reste une oasis
+comme Tatta, comme Tisint, vivant du produit de ses dattiers. Deux
+marchés subsistent, peu fréquentés : le Ḥad de Taourirt et le
+Tlâta d’Erḥal. Le trafic qui jadis enrichissait ce lieu s’est
+transporté à Tindouf et à Tizounin.
+
+Aqqa égale et surpasse peut-être Tisint par son aspect riant et la
+beauté de sa végétation : point de fruits qu’on n’y trouve :
+à côté des dattes, bou sekri, bou iṭṭôb, djihel, bou feggouç,
+bou souaïr, elle produit en abondance figues, raisins, grenades,
+abricots, pêches, noisettes, pommes et coings. D’innombrables
+canaux arrosent ces beaux vergers. L’eau coule en toute saison et
+dans l’Ouad Aqqa et dans l’Ouad Kebbaba. On pêche des poissons
+dans le premier.
+
+D’Aqqa on voit, dans la direction du sud, deux oasis, seules au
+milieu de la plaine. L’une, proche, est Oumm el Ạleg, petit qçar
+entouré de quelques palmiers ; l’autre, lointaine, est Tizounin,
+localité importante qui apparaît comme une butte grise isolée dans
+le désert.
+
+Les Aït ou Mrîbeṭ, sur les terres desquels est Aqqa, sont
+une nombreuse tribu nomade cantonnée entre le Bani au nord,
+les Ida ou Blal à l’est, l’Ouad Dra au sud, diverses tribus
+du Sahel à l’ouest. Elle se divise en fractions, dont la plus
+puissante est celle des Aït ou Iran. Occupant la portion orientale du
+territoire, ceux-ci ont sous leur suzeraineté Aqqa, Tizounin, Tizgi el
+Ḥaraṭîn, Tizgi es Selam[74], Tadakoucht[75], Icht. Deux frères,
+Chikh Ḥamed, résidant à Tizounin, et Chikh Moḥammed, résidant
+à El Kebabba, les commandaient autrefois ; tous deux sont morts,
+et leurs enfants leur ont succédé. Une faible partie des Aït ou
+Iran habite les oasis tributaires, la plupart vivent sous la tente. Le
+groupe n’a point de mạder particulier : il possède et loue des
+terres dans les mạders Ida ou Blal, Tatta et Aqqa. Les discordes,
+fréquentes entre les diverses fractions des Aït ou Mrîbeṭ,
+sont rares dans l’intérieur de chacune d’elles. La tribu est
+indépendante, et sans relations avec le sultan.
+
+
+ 5o. — IDA OU BLAL.
+
+
+Peu après mon retour d’Aqqa, je quittai Tintazart : mes excursions
+aux environs, des insinuations perfides des Juifs avaient attiré
+l’attention sur moi et rendu mon séjour périlleux. Le Daoublali[76]
+Ḥaïan, mon patron, craignant un attentat contre son client, vint
+en hâte m’avertir des bruits qui circulaient et des dangers que
+je courais ; il me proposa de m’installer dans sa maison, à Toug
+er Riḥ. J’acceptai. Toug er Riḥ est un qçar plus petit que
+Tintazart. Il se dresse au milieu de l’areg, sur une butte isolée
+dont il couvre les pentes et couronne le sommet. Cette situation lui
+a fait donner par les nomades le nom de _Toug er Riḥ_, « fille
+du vent » ; il s’appelait primitivement Isbabaten. Les jardins en
+sont pauvres ; aucune localité de Tatta n’a moins de palmiers.
+
+Les Ida ou Blal sont une tribu nomade, se disant d’origine arabe[77],
+cantonnée entre les premières pentes du Petit Atlas au nord ; les
+Oulad Iaḥia à l’est ; les Aït ou Mrîbeṭ à l’ouest. Au sud,
+elle s’étend à plusieurs journées de marche dans le désert,
+sans limite fixe : point de tribu entre elle et le Soudan. Si les
+Ida ou Blal parcourent en maîtres ce vaste territoire, leurs tentes
+en occupent une faible portion. Par mesure de sûreté, elles ne se
+disséminent pas : le plus souvent toutes sont massées en un point ;
+elles se divisent rarement en plus de deux groupes. La majeure partie
+de l’année, la tribu se tient dans le voisinage de Tisint ou de
+Kheneg eṭ Ṭeurfa, entre le Bani et le Dra ; au printemps, elle
+passe le fleuve, appelée par les riches pâturages qui se trouvent sur
+sa rive gauche entre lui et le Ḥamada. La zone d’opérations des
+Ida ou Blal s’étend au delà de leur territoire. Ces opérations
+consistent en deux choses : escorte et pillage de caravanes :
+ạnaïa et ṛazia. De Tatta à Timbouktou, de Tatta à l’Adrar,
+dans le triangle compris entre ces trois points, dans le Sahel au sud
+de l’Ouad Dra, on les trouve tantôt par petits groupes, escortant
+des convois, tantôt par troupes de 50 à 60, battant le pays pour
+en surprendre. Principaux théâtres de leurs courses, ces régions
+ne sont pas les seules ; ils parcourent la Feïja au nord du Bani,
+poussent des pointes au sud du Dra sur les Ạrib et les Berâber,
+apparaissent avec leurs ṛezous jusqu’au Tafilelt et au Touat.
+
+
+Voici la décomposition des Ida ou Blal :
+
+ { Soualeb.
+ {
+ { Behenni.
+ {
+ { Aït El Ḥaseïn.
+ {
+ { Oulad Ạbd Allah.
+ {
+ { Aṭṭara { Mdahi.
+ { {
+ { { Oulad Bella.
+ { {
+ { { Igertat.
+ { {
+ { Ḥaïan { { Aït Mḥammed.
+ { { {
+ { { { Soukkan.
+ { {
+ { { { Ferarma.
+ { { {
+ { { Ḥaïan el Bali { Djedân.
+ { { {
+ { { Imoulaten.
+ {
+ { { Aït Mousi.
+ IDA OU BLAL { {
+ { { Aït Ḥamed.
+ { {
+ { { El Qcîbat.
+ { {
+ { { Mekrez el Ḥadjer { Meskis.
+ { { {
+ { { {
+ { { { El Khleṭ.
+ { { {
+ { { { Aït Oujana.
+ { Mekrez { {
+ { { {
+ { { { Aït Boudder.
+ {
+ { { Aït Ba Ḥaman.
+ { {
+ { Iannout { Aït Ḥarz Allah.
+ {
+ { Oulad Doudoun.
+
+Les Ida ou Blal forment environ 1800 fusils et 100 chevaux. Les
+chevaux étaient autrefois plus nombreux : la dernière guerre entre
+les Ḥaïan et les Mekrez les a décimés. Cette guerre, dont les
+rancunes ne sont pas éteintes, quoique la paix soit faite, s’est
+terminée à l’avantage des Ḥaïan. Les pertes en hommes ont été
+presque égales des deux côtés : il est mort 120 Ḥaïan et 150
+Mekrez. Nous avons dit le motif de la querelle : l’attaque par les
+Mekrez d’un Chleuḥ de Tintazart, client des Ḥaïan. Un chikh
+héréditaire commandait jadis chaque fraction des Ida ou Blal ; seul
+le titre subsiste dans les familles qui le possédaient, le pouvoir
+n’y est plus attaché : les groupes s’administrent isolément par
+l’assemblée de leurs principaux membres. Un Daoublali a une grande
+autorité sur toute la tribu et peut, sans porter de titre, en être
+regardé comme chef : il s’appelle Ạli ould Ben Nạïlat. Bien
+qu’ayant une maison à Toug er Riḥ, il habite sous la tente, avec
+l’ensemble de ses concitoyens. Ḥaïan, sa considération est aussi
+grande chez les Mekrez que parmi les siens. Hors de cette influence,
+les Ida ou Blal n’en subissent que deux, à un degré moindre :
+l’une, temporelle, celle qu’Ạli ben Hiba, de Djebaïr, s’est
+acquise par ses richesses ; l’autre, spirituelle, celle du Jakani
+Ḥamed Digna, fils d’El Mokhtar, le marabout de Tindouf.
+
+Les Ida ou Blal sont indépendants et ne reconnaissent point le
+sultan. Je demandai un jour à l’un d’eux s’ils n’avaient
+jamais eu de relations avec lui. « Si, me répondit-il, nous en
+avons eu il y a un an et demi ; voici lesquelles. Moulei el Ḥasen
+ayant, pendant sa campagne du Sahel, envoyé des secrétaires et des
+mkhaznis ramasser l’impôt dans le Ras el Ouad, nous dépêchâmes un
+ṛezou s’embusquer sur leur passage : quand les gens du gouvernement
+revinrent, avec des mulets chargés d’argent, on les attaqua, les
+mit en fuite, et l’on amena en triomphe parmi nous le tribut des
+habitants du Sous et les armes et les chevaux des mkhaznis. Telles
+furent les dernières relations de notre tribu avec le sultan. Je ne
+sache pas qu’elle en ait eu d’autres. »
+
+Chez les Ida ou Blal, comme à Tintazart, on ne voit que de jeunes
+hommes : les pères ont été moissonnés dans les guerres civiles qui
+désolèrent la tribu et dont la dernière finit à peine. Puissants
+il y a quinze ans, les Ida ou Blal sont sans force à l’heure
+présente, épuisés par ces querelles intestines. Eux, dont le nom
+faisait trembler jadis tout le Sahara, ont peine à se défendre des
+incursions des tribus voisines. Ils sont moins occupés d’envoyer
+des ṛezous que de se garder contre ceux des autres. Les Berâber
+les attaquent sans cesse. A chaque instant on en signale une troupe
+sur quelque point du territoire. Nous en avons vu une se jeter sur les
+jardins de Tisint ; quinze jours après, une autre s’abattait sur le
+mạder à l’est du Rist Djedeïd. Ces incursions sont contraires
+à toute loi, car les Ida ou Blal sont clients des Berâber. Chaque
+année, ceux-ci envoient des députés percevoir le montant du
+tribut, une ouqia par fusil ; les Ida ou Blal qui voyagent sur
+leurs terres paient, en outre, 2 ouqias par chameau, une par âne et
+une par personne. La debiḥa existe depuis un temps immémorial :
+jadis les conventions en étaient respectées des deux côtés ;
+aujourd’hui, profitant de la faiblesse de leurs vassaux, les Berâber
+font exécuter les clauses à leur bénéfice et ne tiennent pas compte
+de celles qui sauvegardent les Ida ou Blal. Tributaires des Berâber,
+les Ida ou Blal sont eux-mêmes suzerains d’une foule de tribus et
+de districts : les Aït Jellal, les qçars de l’Ounzin, des ouads
+Aginan et Aït Mançour, de Tatta, de Tisint, ceux de la Feïja, sauf
+Qaçba el Djouạ, ceux du sud du Bani situés sur leur territoire,
+sont leurs clients. Ces nombreux pactes entraînent des rapports
+continuels entre eux et les tribus voisines : en un mois et demi,
+j’ai vu plus de dix députations chez eux, toutes venues pour le
+même objet : plaintes sur des convois attaqués malgré des debiḥas,
+et demandes de restitution. Les réclamants étaient des Berâber,
+des Aït Jellal, des Chellaḥa du Petit Atlas, jusqu’à des gens
+du Tafilelt. Les Ida ou Blal sortent peu du Sahara. Quelques-uns à
+peine ont été à Mogador ou à Merrâkech, aucun à la Mecque. Ils
+connaissent admirablement leur pays et sont au courant de la région
+qui s’étend d’ici au Tafilelt, à Ouad Noun, à Timbouktou et
+à l’Adrar.
+
+Les Ida ou Blal sont en ce moment dans la dernière misère : leurs
+guerres intestines les avaient appauvris ; plusieurs années de famine
+ont mis le comble à leur détresse. En temps ordinaire, la tribu est
+riche : ses troupeaux, nuls aujourd’hui, sont d’habitude nombreux ;
+le mạder la fournit de grains ; quelques-uns de ses membres se
+livrent au commerce du Soudan ; enfin, elle a dans le Sahara une
+ressource inépuisable, par les sommes que lui vaut l’escorte des
+caravanes et le butin qu’elle fait en les pillant. Le ṛezou est,
+chez les Ida ou Blal, la première des institutions. Il s’organise
+de la façon suivante : un ou plusieurs individus, connus pour leur
+audace, annoncent qu’on va entreprendre une ṛazia et font appel aux
+hommes de bonne volonté. Des jeunes gens de la tribu se présentent ;
+souvent des Chellaḥa des qçars se joignent à eux, ou prêtent
+leurs chevaux moyennant une part de butin. Les ṛezous se composent
+de chameaux, de chevaux, ou de fantassins. Les derniers, parfois de
+400 à 500 hommes, font des expéditions de courte durée et dans
+un rayon peu étendu. Les autres ne dépassent pas 100 combattants
+et opèrent au loin. Ils emmènent des chameaux chargés de dattes,
+s’installent auprès d’un point d’eau et envoient chaque jour
+des cavaliers à la découverte ; l’un d’eux aperçoit-il un
+convoi ou des voyageurs, il vole l’annoncer. On s’élance à la
+poursuite de la proie, on s’empare des marchandises, on dépouille
+les hommes : s’ils appartiennent à des tribus éloignées, à
+des tribus faibles, ou si ce sont des Juifs, on les renvoie nus,
+mais vivants ; s’ils sont d’une fraction proche et de qui l’on
+redoute des représailles, on les tue pour sauver le secret. Puis
+on revient aux chameaux et on guette de nouveau. Tant que durent
+les dattes, on reste en embuscade dans le même lieu, ou à des
+points d’eau voisins ; lorsqu’il n’y en a plus, on s’en
+retourne. Quelquefois le ṛezou tombe à l’improviste sur des douars
+d’une tribu voisine qu’il sait isolés ou mal gardés. Les Ida ou
+Blal, ces impies qui ne veulent pas entendre parler de religieux, ne
+partent jamais pour une ṛazia sans en avoir un dans leurs rangs. Ils
+l’emmènent pour prier Dieu de rendre l’expédition fructueuse :
+chaque jour, il demande au Seigneur de favoriser le ṛezou, de faire
+tomber de nombreux voyageurs dans ses pièges, de lui inspirer les
+meilleures embuscades. On paie ses services sur les bénéfices de
+l’opération. A-t-on fait de riches captures ? Il touchera une
+part considérable. S’est-on fatigué en vain ? n’a-t-on rien
+pris ? C’est un mauvais marabout ! on l’accable de reproches ;
+on ne lui donne rien ; on ne l’emmènera pas une autre fois. Les
+ṛezous qui du Bani au Soudan sillonnent le désert en tous sens
+sont le seul danger des voyageurs dans cette région. Les grandes
+caravanes, de plusieurs centaines de personnes, n’ont rien à
+redouter ; elles sont armées et on n’ose les attaquer : telles
+sont celles qui, chaque printemps et chaque automne, traversent le
+Sahara entre Timbouktou d’une part, Tindouf, le Dra, le Tafilelt
+de l’autre. Les négociants qui, pour faire de meilleures affaires
+en devançant l’arrivée générale, essaient de franchir seuls le
+désert, ont tout à craindre. Ils s’efforcent d’échapper par
+le petit nombre et la vitesse à la vue des ṛezous. Quelquefois
+ils ont ce bonheur. C’est ainsi, presque seul, que le docteur Lenz
+traversa le Sahara. Le récit de son passage à Tindouf est ici sur
+les lèvres de chacun. Comme il était en cette oasis, à la veille
+de s’enfoncer dans le désert, on s’étonnait de son audace :
+s’aventurer seul dans ces solitudes terribles ! Et les pillards,
+les Berâber, les Oulad Deleïm, les Regibat, n’y pensait-il
+pas ? Pour réponse, il montra son fusil. « De combien d’hommes
+sont ces ṛezous dont vous voulez m’effrayer ? — De 60, 80,
+100 même. — Pas plus de 100 ? — Non. — Eh bien, regardez ! »
+Il épaule son arme et tire, sans recharger ni s’interrompre, cent
+cinquante coups de feu. Les Ida ou Blal ont des idées fort étranges
+sur les Chrétiens : ils les considèrent plutôt comme des sortes
+de génies, de magiciens, que comme des hommes ordinaires. Ils les
+croient très peu nombreux, disséminés dans quelques îles du nord,
+et doués d’un pouvoir surnaturel : les uns me demandaient s’il
+était vrai qu’ils labourassent la mer, d’autres si les Français
+étaient aussi nombreux que les Ida ou Blal. Cette dernière question
+est excusable. Ils savent de nous une seule chose : depuis trois ans,
+les gens de Figig, une poignée de Chellaḥa et de Ḥaraṭîn, nous
+font impunément la guerre sainte. Eussent-ils osé s’attaquer à
+une tribu comme la leur ? Les Ḥaraṭîn de Tisint entreraient-ils
+en lutte avec les Ida ou Blal ? Jamais. On juge notre puissance
+d’après notre conduite à Figig ; on n’en saurait avoir une
+haute idée. Notre réputation est telle dans le Sahara Marocain,
+du Sahel à l’Ouad Ziz. On n’y admet pas que notre patience à
+Figig soit respect pour Moulei El Ḥasen. Il n’est pas le maître de
+Figig. Qu’existe-t-il de commun entre lui et cette oasis ? Il n’y a
+guère plus d’ignorance, en effet, à mettre au même rang la France
+et les Ida ou Blal qu’à croire Figig soumis au sultan de Fâs.
+
+
+ 6o. — RETOUR A TISINT. MRIMIMA.
+
+
+Aqqa et le mạder étaient les limites ouest et sud que j’avais
+fixées à mon voyage. Je songeai, après quelques jours passés à
+Toug er Riḥ, à m’occuper du retour ; il devait s’effectuer par
+le Ternata ou le Mezgîṭa et le Dâdes. Tisint était la première
+étape sur cette voie. Je priai mon patron de m’y ramener.
+
+ 17 décembre.
+
+Départ à 8 heures du matin, en compagnie de trois Ida ou Blal. Je
+traverse le kheneg d’Adis, puis je m’engage dans la vallée de
+l’Asif Oudad, où je regagne mon chemin de l’aller. De Toug
+er Riḥ à l’Ouad Imi n ou Aqqa, on est dans l’areg, sable
+dur semé de rares touffes de melbina et d’aggaïa. Au delà de
+l’Ouad Imi n ou Aqqa, je retrouve la région parcourue en venant à
+Tintazart, sol pierreux avec des gommiers, nombreux surtout au bord
+des cours d’eau. J’arrive à 3 heures et demie à Aqqa Igiren,
+gîte d’aujourd’hui.
+
+J’ai vu près du kheneg d’Adis plusieurs rivières nouvelles :
+l’Ouad Toug er Riḥ (au pied de Toug er Riḥ, il a un lit de
+gravier large de 12 mètres, et est à sec ; plus haut, près de
+Tiiti, l’eau y coule) ; l’Ouad Adis (au pied de Tamessoult,
+le lit en a 20 mètres de large, dont 8 remplis d’eau claire et
+courante de 40 centimètres de profondeur ; berges de terre à 1/2,
+hautes de 5 mètres) ; l’Ouad Izourzen (40 mètres de large, à sec,
+fond de gravier avec rigole de vase humide au milieu ; hautes berges
+de sable) ; l’Ouad Imi n ou Aqqa (50 mètres de large, à sec, lit
+de gros galets, berges de sable de 1 à 2 mètres) ; l’Asif Oudad (25
+mètres de large, à sec, lit de gros galets, berges d’un mètre).
+
+ 18 décembre.
+
+Départ d’Aqqa Igiren à 8 heures du matin. Arrivée à Agadir
+Tisint à 4 heures du soir. L’aspect du pays entre Tatta et Tisint a
+changé en l’espace d’un mois : la végétation s’est modifiée ;
+la melbina, vivace à la fin de novembre, est desséchée ; de verte
+l’aggaïa est devenue jaune. On ne voyait alors que ces plantes,
+avec la kemcha : aujourd’hui une foule d’herbes, de fleurs, sont
+sorties de terre et la couvrent de verdure. On les trouve sur tout
+le parcours, ici poussant dans le sable, là se glissant entre les
+pierres, partout substituant les teintes éclatantes des fleurs et
+des feuilles à la surface grise du sol. Quelques gouttes de pluie
+ont produit cette transformation.
+
+ SÉJOUR A TISINT.
+
+En arrivant à Agadir, je descendis chez le Ḥadj Bou Rḥim qui,
+lors de mon premier passage, m’avait fait promettre d’accepter
+au retour son hospitalité. Des circonstances inattendues devaient
+m’amener à avoir cet homme pendant près de quatre mois comme
+compagnon de chaque jour. Je ne puis dire combien j’eus à me
+louer de lui, ni quelle reconnaissance je lui dois : il fut pour moi
+l’ami le plus sûr, le plus désintéressé, le plus dévoué ; en
+deux occasions, il risqua sa vie pour protéger la mienne. Il avait
+deviné au bout de peu de temps que j’étais Chrétien ; je le lui
+déclarai moi-même dans la suite : cette preuve de confiance ne fit
+qu’augmenter son attachement. Le Ḥadj Bou Rḥim est Ḥarṭâni ;
+c’est l’un des principaux habitants de Tisint.
+
+J’étais loin de prévoir, le 18 décembre, en entrant dans sa
+maison, que j’allais vivre avec lui durant plusieurs mois. Je ne
+pensais qu’à une chose : gagner le Ternata, le Mezgîṭa ou le
+Tinzoulin, et continuer rapidement ma route au nord-est. Se rendre
+d’ici au Ternata est difficile : on va sans grands dangers à
+Mḥamid el Ṛozlân avec des zeṭaṭs Berâber ; pour atteindre
+directement le Tinzoulin ou le Ternata, il faut traverser le territoire
+des Oulad Iaḥia, et ceux-ci sont en guerre avec les Ida ou Blal
+et avec Agadir ; de plus, une famine terrible, auprès de laquelle
+celle d’ici n’est rien, règne chez eux : dans cette détresse,
+tous sont brigands ; ils attaquent, pillent tout le monde ; point
+d’ạnaïa qu’ils respectent. Le Ḥadj Bou Rḥim et mon patron
+Ḥaïan réfléchissent aux moyens de me mettre en route. Deux partis
+se présentent : le premier est de s’adresser à un Daoublali ayant
+des parents parmi les Oulad Iaḥia et demeuré en bonnes relations
+avec eux malgré les hostilités, et de le prier de faire venir chez
+lui des zeṭaṭs sûrs, entre les mains de qui on me mettrait et
+qui me mèneraient au Tinzoulin : on dresserait, selon l’usage
+du Sahara pour les occasions importantes, un acte par lequel les
+zeṭaṭs se déclareraient responsables de moi envers la tribu
+des Ida ou Blal, s’engageant, en cas de malheur, à lui payer
+une somme considérable. Le second parti est d’aller à Mrimima,
+village peu éloigné d’ici, où se trouve la célèbre zaouïa
+de S. Ạbd Allah Oumbarek, la plus vénérée d’entre Sous et
+Dra après celles de Tamegrout et de S. Ḥamed ou Mousa. S. Ạbd
+Allah, chef actuel de la zaouïa, est très considéré parmi les
+Oulad Iaḥia : on lui demanderait de me faire conduire par un de ses
+propres fils jusqu’au Tinzoulin. Point de zeṭaṭ qui vaille une
+pareille protection ; et là, au moins, pas de trahison à craindre :
+les marabouts de Mrimima sont gens à qui l’on peut se fier. On
+s’arrête à ce dernier projet. Je pars pour Mrimima.
+
+ 26 décembre.
+
+Départ à 9 heures et demie du matin, en compagnie du Ḥadj et de
+trois Ida ou Blal, parmi lesquels mon patron. En sortant de l’oasis,
+auprès d’Ez Zaouïa, je trouve une plaine de sable dur, semée de
+quelques touffes d’aggaïa et de melbina. Vers 11 heures un quart,
+j’en atteins l’extrémité, et j’entre dans un défilé entre le
+Djebel Feggouçat et la Koudia Bou Mousi. Le Djebel Feggouçat est un
+serpent de roche noire étroit et bas, pareil à celui de Tintazart ;
+la Koudia Bou Mousi, plus élevée, est un lourd massif de collines
+grises aux pentes douces. Entre eux s’étend un large couloir où je
+marche. Le sol est formé de dunes de sable, hautes de 1 à 2 mètres ;
+la végétation est plus vivace qu’auparavant : l’aggaïa, plus
+haute et plus abondante, se mêle de touffes de sebt. Par places, le
+sable est humide : il disparaît alors sous la verdure et se couvre de
+ziâda, de ḥamid, d’ouḍen naja, de ṛerima el ṛzel[78]. A midi
+un quart, je quitte le défilé et franchis le Djebel Feggouçat. De sa
+crête, on voit le désert jusqu’au Dra. C’est une vaste plaine,
+sillonnée de serpents rocheux et de collines, analogue d’aspect
+à celle qui s’étend au sud de Tatta. Toutefois le terrain semble
+plus accidenté ici que là, les chaînes plus nombreuses et plus
+hautes. Les deux principales sont le Djebel Mḥeïjiba, ou Koudia
+Mrimima, et le Djebel Hamsaïlikh. La première paraît avoir 60 à
+70 mètres d’élévation au-dessus de la plaine environnante, la
+seconde davantage ; toutes deux sont de roche nue, et ont leurs flancs
+en pente douce. Le Mḥeïjiba est noir et luisant comme le Bani,
+le Hamsaïlikh d’une teinte claire ; ce dernier contient, dit-on,
+des minerais. Je vois à quelques pas du chemin un massif de verdure
+célèbre dans la contrée : il cache les sources de S. Ạbd Allah
+ou Mḥind, sources intarissables et douées de rares propriétés :
+toute personne atteinte d’une maladie scrofuleuse n’a qu’à
+aller à la qoubba de S. Ạbd Allah ou Mḥind, à Ez Zaouïa, à y
+passer trois jours en prières et en sacrifices, puis à se baigner
+ici : sa guérison est assurée. La Koudia Bou Mousi donne, plus à
+l’est, naissance à d’autres sources et ruisseaux ; un canton se
+trouve là, le Meṛder Djeld, où, quelle que soit la sécheresse,
+poussent toujours d’abondants pâturages. Les tentes des Ida ou
+Blal y sont en ce moment.
+
+De l’autre côté du Feggouçat, je franchis deux vallons
+parallèles, à fond de sable durci, où poussent quelques gommiers ;
+puis je débouche dans une plaine dont le sol, dur et couvert de
+galets, a pour seule végétation de petits gommiers qui bordent les
+lits desséchés des ruisseaux. Cette plaine se prolonge au loin :
+bornée au nord par un talus bas que perce l’Ouad Tisint au Tizi
+Igidi[79], à l’est par le Hamsaïlikh, au sud par le Mḥeïjiba,
+s’étendant à l’ouest jusqu’à la ligne uniforme et mince
+du Zouaïzel, talus plutôt que collines, elle est traversée
+par les ouads Tisint et Zgiḍ, qui s’y réunissent auprès de
+Mrimima, et en sortent pour gagner le Dra par une large trouée,
+Foum Tangarfa[80]. Cette brèche montre, dans le lointain,
+les collines bleues du Dra. Au pied du Mḥeïjiba, on voit les
+palmiers de Mrimima, vers lesquels je marche. Dans la direction du
+nord-est s’aperçoit Foum Zgiḍ, kheneg dans le Bani, semblable
+à ceux d’Aqqa et de Tatta ; là est l’oasis de Zgiḍ, et passe
+l’ouad du même nom. Quatre ou cinq mamelons isolés se dressent
+dans la plaine entre Mrimima et Foum Zgiḍ, à 6 ou 8 kilomètres
+d’ici ; on les appelle El Gelob es Sṛîr ou Gelob Mrimima ; ces
+qualificatifs les distinguent d’un autre Gelob, que j’ai vu en
+allant au mạder. Jusqu’à Mrimima, le sol reste le même, plat,
+dur, pierreux ; à mesure qu’on approche, les gommiers augmentent. A
+2 heures, j’entre dans le village.
+
+Hors l’Ouad Tisint, j’ai traversé un seul cours d’eau de
+quelque importance, Tazrout Timeloukka (lit de 20 mètres de large,
+dont 10 couverts d’eau claire et courante ; fond de roche).
+
+[Illustration : Areg au sud de Tisint et portions de la crête du
+Bani. (Vue prise de Mrimima.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+ SÉJOUR A MRIMIMA.
+
+A notre arrivée à Mrimima, mes compagnons et moi descendons
+dans une des premières demeures du village : c’est une maison
+vide appartenant à Sidi Ạbd Allah ; il en possède plusieurs
+semblables ; elles servent à loger ses hôtes au moment d’une
+foire célèbre qui se tient chaque année. Aussitôt installés,
+nous voyons venir à nous les fils du marabout : ils sont au nombre
+de quatre ; l’aîné, S. Oumbarek, est un homme de 30 à 35 ans ;
+son père lui laisse en grande partie la direction de la zaouïa ;
+les autres sont plus jeunes. On apporte une natte pour les Musulmans,
+des dattes pour tout le monde ; puis vient un plateau avec des verres
+et ce qu’il faut pour le thé, moins le sucre et le thé. C’est au
+Juif à les fournir. On s’installe. A peine est-on assis, S. Oumbarek
+se répand en plaintes contre les Ida ou Blal : « Toutes les tribus
+nous servent ; toutes nous présentent de riches offrandes : les Ida
+ou Blal seuls ne nous donnent rien ; bien plus, allons-nous chez eux
+pour prélever la redevance, non contents de ne pas la remettre, ils
+nous accueillent avec des quolibets, des plaisanteries et de mauvaises
+paroles. Je leur en veux, non pour ce qu’a souffert chez eux mon
+ventre, mais pour ce qu’ont souffert mes oreilles : gens grossiers,
+inhospitaliers, impies autant qu’avares. D’ailleurs ils ont ce
+qu’ils méritent. Ils accueillent mal les marabouts et méprisent
+leurs bénédictions ; Dieu non plus ne les bénit point : ils meurent
+de faim, et sont divisés entre eux. Autrefois, c’était une grande
+tribu ; à présent, c’est la dernière du désert. Les Berâber les
+pillent de tous côtés, les Oulad Iaḥia en font autant, jusqu’aux
+Aït Jellal qui les bravent ; dans le Sahel, dans le Dra, ils n’osent
+plus mettre les pieds. Ils sont la risée de tout le monde. Et puis,
+il n’y a plus d’hommes parmi eux : tous les braves d’autrefois
+sont morts. Aujourd’hui ce sont tous des femmes, tous des menteurs,
+tous des traîtres : pas un qui ne viole son ạnaïa. Demandait-on le
+mezrag à leurs pères, ils l’accordaient aussitôt, pour le seul
+honneur, sans rien réclamer. Le demande-t-on aux Ida ou Blal d’à
+présent ? Leur première parole est : « Combien me donnerez-vous ? »
+Et ils en marchandent le prix comme des Juifs. Aujourd’hui,
+parmi tous les Ida ou Blal, pas un qui soit brave, pas un qui
+soit généreux, pas un qui soit franc, pas un qui soit loyal ;
+et à mesure qu’ils valent moins, ils ont plus de prétentions :
+depuis quelque temps il pousse chez eux des chikhs de toutes parts :
+jadis combien de leurs pères avaient une chiakha[81] véritable,
+qui ne pensaient pas à en prendre le titre : à cette heure, dans la
+tribu entière il n’y a plus l’ombre d’une chiakha et tout le
+monde est chikh. C’est une race d’hommes cupides et traîtres ;
+il n’y a rien de bon en eux ; aussi nous ne les visitons plus. Ils
+ne veulent pas de nos bénédictions ; mais dès aujourd’hui ils
+ont visiblement le prix de leur impiété et de leur mépris pour
+les hommes du Seigneur. » Mes trois Ida ou Blal se taisent et font
+longue figure devant cette harangue qui se prolonge sur le même ton
+durant plus d’une heure. Ce que dit S. Oumbarek est vrai ; mais
+l’amertume avec laquelle le marabout leur reproche de ne point lui
+donner d’argent est aussi répugnante que leur avarice. Pour moi,
+je m’amuse à voir ces loups se mordre entre eux.
+
+Dans la soirée, on agite la question de mon départ pour le
+Tinzoulin. Sidi Oumbarek m’y conduira en personne ; il fait voir
+qu’il ne marchande pas moins son ạnaïa que les Ida ou Blal :
+c’est au bout de deux heures de discussion qu’on s’entend sur
+le prix. Enfin on tombe d’accord : je verse la somme sur l’heure :
+il est convenu qu’on partira après-demain.
+
+Le lendemain matin, 27 décembre, mes Ida ou Blal, n’ayant plus rien
+à faire ici, s’en vont ainsi que mon ami le Ḥadj. Au moment des
+adieux, j’ai toutes les peines du monde à faire accepter un cadeau
+à ce dernier ; avec les autres, au contraire, il y a un règlement
+de compte laborieux. Me voici seul à Mrimima avec Mardochée et un
+domestique israélite. Dans l’après-midi, nous recevons la visite
+de S. Ạbd Allah en personne. C’est un vieillard d’environ
+70 ans, à barbe toute blanche, tranchant sur le brun de sa peau ;
+car il est Ḥarṭâni. Il nous parle avec bienveillance, mais sa
+péroraison rappelle les discours de son fils : « Grâce à Dieu,
+vous êtes maintenant débarrassés de vos Ida ou Blal, gens impies
+et sans foi qui n’étaient venus que pour vous dépouiller. Quant
+à moi, je n’aime pas les Juifs ; mais Dieu vous a conduits ici
+dans la maison de la confiance : vous y êtes les bienvenus, et,
+quand vous voudrez partir, je vous ferai mener où vous voudrez
+en sûreté. Mais voyons, les Juifs ! vos pareils, quand ils se
+présentent, ne m’abordent que les mains pleines de toutes sortes
+de cadeaux : vous, vous ne m’avez rien donné ; tâchez de réparer
+votre faute et de m’offrir quelque chose de bien : pas de khent,
+pas de ces objets ordinaires et grossiers ; je veux quelque chose de
+bien. Je repasserai tout à l’heure : à présent, je vais parler à
+des Oulad Iaḥia avec qui je vous ferai partir. » Il nous quitte,
+va et revient au bout d’une demi-heure : « Ce que vous avez de
+mieux à faire est de passer le sabbat ici et de ne vous mettre en
+route que le lendemain. J’ai donné rendez-vous pour samedi à
+ces Oulad Iaḥia qui s’en iront dimanche avec vous. Maintenant,
+voyons ce que vous m’avez préparé de bien ! » Je lui montre ce
+que j’ai, du thé, de la cotonnade blanche, deux pains de sucre. Il
+prend le tout, et nous lui déclarons que nous sommes les gens les
+plus heureux du monde de ce qu’un grand saint comme lui ait bien
+voulu accepter ce faible don. Je ne suis pas aussi content que je
+le dis. Voici mon départ remis à plusieurs jours, car on n’est
+qu’à jeudi. Puis, que sont ces Oulad Iaḥia à qui S. Ạbd
+Allah veut me confier, alors qu’il était convenu que son fils me
+conduirait lui-même ? Ces marabouts ont moins de parole encore que
+les Ida ou Blal. Mais que faire ? Je suis à leur merci. C’est le
+cas d’être fataliste et d’attendre avec résignation. Espérant
+que cela pourrait produire quelque effet, je me recommandai du cherif
+d’Ouazzân. Jamais je ne m’étais servi de sa lettre, pour la
+meilleure raison : son nom était inconnu de ceux à qui j’avais eu
+affaire jusqu’alors, et son influence nulle dans les régions que
+j’avais traversées depuis Fâs. Ici il n’en est pas autrement,
+mais dans la zaouïa du moins son nom est connu et respecté. Je fis
+voir sa lettre à S. Ạbd Allah. Dans les premiers jours, ce fut un
+événement : on lut l’épître en pleine mosquée ; comme effets,
+il résulta qu’on me traita avec plus d’égards qu’auparavant,
+que chaque jour S. Ạbd Allah me faisait une visite et que, le soir,
+il envoyait deux de ses fils passer la nuit dans ma chambre, honneur
+et protection à la fois.
+
+Le samedi, le dimanche se passent, on ne parle point de départ. Par
+extraordinaire, S. Ạbd Allah reste invisible. Je demande
+S. Oumbarek : il est malade. Enfin, le lundi matin, je vis arriver
+ce dernier : il était impossible, disait-il, de se mettre en route :
+deux troupes de 20 fusils, l’une de Berâber, l’autre d’Ạrib,
+de passage ici, avaient appris que j’allais partir ; le bruit
+que j’étais Chrétien, venu de Tintazart, s’était répandu
+dans le pays et leur était parvenu ; de plus, on me croyait chargé
+d’or. Les deux bandes s’étaient embusquées dans la montagne et
+guettaient mon passage pour m’attaquer. Il fallait patienter. Dans
+trois ou quatre jours, quand, lasses d’attendre, elles auraient
+disparu, S. Oumbarek prendrait avec lui 30 ou 40 Ḥaraṭîn et me
+conduirait en personne à destination. Le lendemain, S. Ạbd Allah
+vint confirmer ces paroles : « Ayez confiance en moi ; je vous ferai
+partir en sûreté avec mon fils, quand tous ceux qui voudraient vous
+manger seront partis ou vous auront oubliés. Mrimima est un ventre
+de hyène, rendez-vous de tout ce qu’il y a de mauvais. Mais,
+patience ; vous en sortirez, s’il plaît à Dieu. »
+
+Deux jours après, c’est autre chose : les Ạrib sont partis ;
+mais 30 Aït Seddrât les ont remplacés : ils étaient venus acheter
+des dattes ; à la nouvelle du coup à faire, ils se sont installés
+dans le Mḥeïjiba, jurant qu’ils n’en bougeraient tant que je
+serais ici. Le jeudi, ils font mieux : ils envoient une députation
+à S. Ạbd Allah, demandant de me livrer : ils se chargent de me
+conduire au Tinzoulin. Sur son refus, ils se répandent en menaces,
+déclarent qu’ils m’enlèveront de force. Les marabouts prennent
+peur : le jour, ils placent deux hommes à ma porte, avec consigne de
+ne laisser entrer personne ; la nuit, on m’envoie plusieurs esclaves
+armés. Les deux fils cadets de S. Ạbd Allah ne me quittent plus. Les
+murs de la maison sont hauts, la porte solide, rien à redouter
+de ce côté ; mais on craint que les Aït Seddrât ne percent la
+muraille de pisé. Le lendemain, ils envoient de nouveaux émissaires,
+l’inquiétude des marabouts augmente, ma garde s’accroît. Enfin,
+le vendredi, S. Ạbd Allah vient me dire qu’il ne s’engage plus à
+me faire conduire au Dra : tout ce qu’il peut pour moi, c’est de me
+ramener à Tisint, encore faudra-t-il attendre plus d’une semaine :
+le 12 janvier sera la fête du Mouloud ; ce jour-là, S. Ạbd Allah
+fait tous les ans un pèlerinage à la qoubba de S. Ạbd Allah
+ou Mḥind, à Tisint ; il s’y rend en grand appareil, suivi de
+toute la zaouïa, de tout ce qu’il a de parents, de serviteurs et
+d’esclaves : je me joindrai à lui et, sous la protection de cette
+puissante escorte, je pourrai passer.
+
+Après une semblable déclaration, il ne me restait rien à espérer
+quant au Tinzoulin. Attendre à Mrimima n’avait plus de raison
+d’être ; il fallait revenir à Tisint : cela même était chose
+difficile et dangereuse. Le soir de ce jour, 3 janvier, j’écrivis
+à mon ami le Ḥadj Bou Rḥim : je lui peignais la situation,
+et le priais de venir me chercher. Un mendiant porta ma lettre.
+
+Le lendemain, à 7 heures du matin, grand mouvement dans le village :
+une troupe de 25 fantassins et 2 cavaliers y arrive tout à coup et
+entre droit dans ma cour. C’est le Ḥadj qui vient me prendre. Il a
+reçu mon billet cette nuit. Il s’est levé aussitôt, a couru chez
+ses frères et ses parents ; chacun s’est armé et l’a rejoint
+avec ses serviteurs ; ils se sont mis en marche, et les voici. Une
+demi-heure après, je reprenais avec eux le chemin d’Agadir. Les
+marabouts nous voyaient partir avec inquiétude : ils craignaient pour
+nous une attaque des Aït Seddrât. Ceux-ci cherchaient le pillage,
+et non le combat ; voyant la force de l’escorte, ils n’osèrent
+se présenter. A 11 heures et demie, j’étais de retour dans la
+maison du Ḥadj.
+
+ MRIMIMA.
+
+[Illustration : Mrimima. (Vue prise du chemin de Tisint.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Mrimima a l’aspect triste et pauvre. C’est un petit village en
+pisé, ensemble de constructions basses du milieu desquelles émergent
+le minaret délabré de la grande mosquée et deux autres moins hauts ;
+dans cette masse de murailles grises brillent trois petites qoubbas,
+seuls édifices blanchis du village. En dehors des habitations,
+sur leur lisière nord-ouest, se tient la foire annuelle, l’une
+des causes de célébrité de Mrimima ; ce côté est occupé par
+de grandes maisons carrées appartenant à S. Ạbd Allah ; vides en
+ce moment, elles servent de lieux de dépôt pour les marchandises,
+lors de la foire. Celle que j’ai habitée est l’une d’elles. A
+l’est et au sud-est du village s’étendent des plantations de
+dattiers de moyenne étendue ; elles produisent surtout des djihel,
+puis des bou souaïr, des bou feggouç et quelques bou sekri. Le
+long des dattiers, entre l’oasis et les roches du Mḥeïjiba,
+coule l’Ouad Zgiḍ ; c’est une large rivière, un peu plus forte
+que l’Ouad Tisint ; en toute saison elle a de l’eau courante ;
+les poissons y sont nombreux. La population de Mrimima est composée,
+d’une part de la famille proche et éloignée de S. Ạbd Allah,
+groupée autour de la _zaouïa_, demeure propre de ce dernier, de
+l’autre des nègres et Ḥaraṭîn esclaves ou serviteurs de la
+famille sainte. Tous les membres de celle-ci portent le titre de
+marabout et sont nourris ou aidés par la zaouïa. Les palmiers de
+Mrimima appartiennent la plupart à S. Ạbd Allah, les autres sont
+possédés par ses neveux ou ses parents ; quelques-uns ont pour
+propriétaires de simples Ḥaraṭîn.
+
+La zaouïa de Mrimima n’est pas très ancienne ; elle n’est
+pas ḥerra, « indépendante » : une zaouïa est ḥerra
+lorsque son chef compte au moins sept ancêtres postérieurs à la
+fondation ; les arrière-petits-fils de S. Ạbd Allah seulement
+seront indépendants. D’après cette donnée, la zaouïa compterait
+environ 150 ans d’existence. Les marabouts de Mrimima tirent leur
+origine du qçar d’Ez Zaouïa, de Tisint ; leur chikh est Sidi
+Ạbd Allah ou Mḥind, saint mort depuis plusieurs siècles, dont
+la qoubba est dans cette localité ; chaque année, à la fête du
+Mouloud, ils y font en grande pompe un pèlerinage. Ils sont donc une
+branche de la famille de religieux dont la souche est à Ez Zaouïa :
+cette famille étend au loin ses ramifications : j’en trouverai des
+membres établis à demeure dans le Ras el Ouad, dans le bas Sous,
+jusque auprès de Mogador, partout vénérés, partout vivant de
+leur titre de marabout et de leur sainte origine. Les religieux de
+Mrimima, quoique ne formant pas la branche aînée de cette race,
+en sont actuellement la plus distinguée ; les autres sont réduites
+à une influence locale, celle-ci jouit au loin d’une grande
+considération : elle perçoit des redevances dans le Dra, dans le
+Sahel, sur les deux versants du Petit Atlas ; les noms de Mrimima et
+de la zaouïa de Sidi Ạbd Allah Oumbarek sont connus en bien des
+lieux où celui de Tisint est ignoré. Cependant c’est une zaouïa
+de second ordre, qu’on ne saurait comparer à celles d’Ouazzân,
+de Bou el Djạd, ou de Tamegrout. Elle ne leur ressemble en rien,
+ni comme célébrité, ni comme influence, ni comme richesses.
+
+J’ai vu, dès mon arrivée à Mrimima, que S. Ạbd Allah et ses
+fils étaient rapaces : on ne s’en étonne pas quand on voit la
+peine qu’ils se donnent pour recueillir de l’argent. On leur en
+apporte peu : il vient des pèlerinages, même de loin ; de cette
+source ne sortent que des dons isolés : pour percevoir les redevances
+générales des tribus, il faut se rendre au milieu d’elles ;
+il faut que le marabout sanctifie les territoires par un séjour de
+quelque temps, qu’il appelle sur lui les bienfaits du Seigneur. Ces
+conditions remplies, lorsque la présence et la bénédiction de
+l’homme de Dieu ont assuré pour l’année une bonne récolte,
+de gras pâturages, des eaux abondantes, on lui remet, en échange de
+ses bons offices, la cotisation habituelle ; sinon, rien. De là des
+voyages continuels, qui constituent pour les religieux un travail
+régulier : ils appellent cela « aller bénir ». Chaque année,
+S. Ạbd Allah va en personne dans le Sahel et dans le Dra bénir
+et recueillir les tributs ; dans les autres régions qui servent la
+zaouïa, il envoie ses deux fils aînés faire la collecte : c’est,
+d’une part, dans une portion du Petit Atlas (Aït Bou Iaḥia,
+Seketâna, etc.), de l’autre, au sud du Bani (Oulad Iaḥia, Ida
+ou Blal, Aït ou Mrîbeṭ, etc.). Malgré ces revenus, la zaouïa
+ne semble pas riche : les bâtiments sont simples ; les costumes des
+marabouts n’indiquent pas une grande aisance. Sidi Ạbd Allah seul
+est habillé à la façon des villes : gros turban blanc, farazia
+et ḥaïk ; ses vêtements sont propres et frais. On ne peut en
+dire autant pour ceux de ses fils : l’aîné paraît très fier
+d’un cafetan de drap rouge râpé qu’il porte sous son ḥaïk
+(les marabouts marocains ont un goût prononcé pour les étoffes de
+couleur éclatante) ; le second, S. El Faṭmi, n’a sur sa chemise
+qu’un ḥaïk grossier et un bernous de 10 francs. Quant aux deux
+plus jeunes, leurs chemises sales et déchirées, leurs bernous troués
+me les avaient fait prendre à l’arrivée pour des mendiants ;
+l’un d’eux, S. Iaḥia, a quinze ans, l’autre, S. Ḥamed,
+en a dix. Comme mobilier, je n’ai vu que les théières et les
+verres, lesquels sont des plus communs. Pas de bougies : il n’en
+existe nulle part dans le Sahara ; on se sert de petites lampes
+à huile, qui jettent une lumière funèbre : luxe rare, Mrimima
+possède 3 ou 4 chandeliers de cuivre ; on place les lampes dessus :
+c’est très commode. Une mule est l’unique bête de somme de la
+zaouïa. Je ne crois pas que les marabouts thésaurisent ; malgré
+la simplicité de leur vie, la caisse de la maison ne doit pas être
+riche. Ils recueillent de nombreux dons, de nombreuses redevances ;
+mais ces offrandes sont presque toutes en nature : elles consistent
+en dattes, en orge, dans les tribus du Sahara ; en blé et en huile,
+dans celles de la montagne ; très peu sont de l’argent. Ces
+cadeaux s’en vont aussi vite qu’ils viennent : la zaouïa[82]
+ne se compose pas seulement de son chef et des fils de celui-ci ;
+Sidi Ạbd Allah nourrit une infinité de neveux, de cousins,
+de parents ayant les mêmes ancêtres que lui ; tous ne vivent
+que de la sainteté de leur sang ; tous mangent sur la zaouïa ;
+je veux qu’ils fassent maigre chère, il y a encore les hôtes :
+le nombre des étrangers qui reçoivent chaque jour l’hospitalité
+est considérable ; en un séjour d’un peu plus d’une semaine,
+j’ai vu passer des Berâber, des Oulad Iaḥia, des Ạrib, des
+Ida ou Blal, des Tajakant, des gens de Tafilelt, des Aït Seddrât ;
+point de jour où il n’y ait quinze à vingt hôtes à la zaouïa :
+gens du Dra qui vont acheter des dattes dans les oasis de l’ouest,
+cavaliers qui viennent de ṛazia, députations qui se rendent dans
+quelque tribu des environs, voyageurs de toutes conditions et de
+tous pays. Mrimima, par sa situation unique entre le Dra et le Bani,
+se trouve un point de passage et de ravitaillement naturel pour
+ceux qui traversent le Sahara Marocain dans sa longueur. Les uns y
+séjournent peu ; d’autres restent longtemps. J’y fus avec un homme
+des Aït Ioussa[83] qui y vivait depuis deux mois : il venait du Dra
+et n’osait rentrer dans son pays, parce que les Aït ou Mrîbeṭ,
+de qui il avait à traverser le territoire, étaient en guerre avec sa
+tribu : comme S. Ạbd Allah va tous les ans à époque fixe au Sahel,
+il attendait son départ pour passer sous sa sauvegarde. Le moment de
+ce voyage de S. Ạbd Allah est celui du Souq el Mouloud[84] ; il se
+rend chaque année à cette foire où, un grand concours de monde se
+trouvant réuni, il ramasse d’un seul coup de nombreuses offrandes.
+
+Par ces tournées, qui embrassent le bassin du Dra presque entier,
+et par les gens de toute origine qui reçoivent l’hospitalité
+à la zaouïa, le marabout de Mrimima est en relations avec toutes
+les tribus habitant entre l’Océan et le Tafilelt et sa parole est
+répandue et respectée dans cette vaste zone de pays. Il peut avoir,
+à un moment donné, une influence politique réelle.
+
+S. Ạbd Allah, quoique vieux, s’occupe des affaires de la zaouïa ;
+mais son fils aîné S. Oumbarek a en main la plus grande partie
+d’entre elles : il agit souvent sans consulter son père, son père
+ne fait rien sans son avis. S. Oumbarek a de l’autorité sur les
+tribus des alentours ; c’est lui qui reçoit les hôtes, qui fait
+une partie des tournées ; il ne s’éloigne pas longtemps de la
+zaouïa, où il est indispensable. Il forme avec ses trois frères
+et deux sœurs l’unique postérité de S. Ạbd Allah : ces six
+enfants sont nés à celui-ci de sa première femme ; elle morte,
+il en a épousé une seconde qui ne lui a point donné de rejetons ;
+il a toujours été monogame. Ses fils ont le type ḥarṭâni moins
+prononcé que lui. Les autres marabouts, ses neveux ou cousins à
+divers degrés, sont ceux-ci Ḥaraṭîn, ceux-là blancs ; les
+uns ont quelque fortune, d’autres sont pauvres ; tous portent
+au cou un gros chapelet, ce qui est d’usage ici pour les seuls
+religieux, et tous ont droit aux baisemains des Musulmans. Peu ont
+été à la Mecque : comme les Ida ou Blal, ils ne vont qu’où il
+y a de l’argent à gagner. Bien que ṭalebs, ils sont ignorants
+et grossiers d’esprit. Ne se figurèrent-ils pas qu’avec cinq ou
+six brins d’herbe qu’on m’avait vu ramasser dans le mạder
+je voulais maléficier tout l’Islam ? Je ne sais si je parvins
+à les rassurer à cet égard. Nous trouvons parmi eux le kif, cet
+apanage des cherifs et des marabouts ; ils le fument en l’arrosant
+de grands verres d’eau-de-vie, que leur fabriquent les Juifs de
+Tintazart et du Dra. A Tisint et à Tatta, quatre ou cinq personnes
+usaient de kif : c’étaient des cherifs, originaires du Tafilelt ;
+on les reconnaissait à la petite pipe spéciale qui se balançait
+à leur cou.
+
+Mrimima, célèbre par sa zaouïa, ne l’est pas moins par
+sa foire. Cette foire, annuelle, dure trois jours et est très
+fréquentée : on y vient de tout le bassin du Dra, du Sous, du Sahel,
+souvent du Tafilelt ; on y a vu, dit-on, jusqu’à des marchands
+de Figig. Trois grandes foires annuelles se tiennent dans le Sahara
+Marocain, celle de Mrimima en redjeb, celle de Sidi Ḥamed ou Mousa
+à la fin de mars[85], Souq el Mouloud en mouloud. Les unes et les
+autres attirent une foule de monde. Malgré cette affluence de gens peu
+habitués à la discipline, on n’y voit d’ordinaire aucun trouble ;
+des mesures sévères sont prises par les chefs des localités où
+elles ont lieu (ici, par S. Ạbd Allah) pour que l’ordre ne cesse de
+régner : bien plus, on garantit à ceux qui s’y rendent la sûreté
+sur le chemin. Un individu, une caravane allant à la foire ont-ils
+été pillés, maltraités en route ? on saisit, parmi les hommes
+présents au marché, ceux de la tribu coupable de l’agression,
+on les rend responsables du dommage, et on le leur fait payer sur
+l’heure. Grâce à cette méthode employée aux trois points, la
+sûreté, rare phénomène, règne à trois époques de l’année
+sur les routes de la contrée. Dans ces foires on trouve réunis
+les produits du pays, les objets fabriqués dans les villes du Maroc
+et en Europe, et les marchandises du Soudan. La plus importante est
+celle de S. Ḥamed ou Mousa ; placée sur le chemin des caravanes
+de Timbouktou, elle se tient à l’époque de leur arrivée et est
+le théâtre des transactions relatives au commerce du Soudan ;
+là se fait l’échange de l’or, des plumes d’autruche, de
+l’ivoire, des esclaves, contre les produits européens envoyés
+de Mogador. Après cette foire vient celle de Mrimima. La moins
+considérable est Souq el Mouloud.
+
+
+[Note 58 : Les principales espèces de dattes que produit le
+Sahara Marocain sont, par ordre de mérite : les bou iṭṭôb,
+les bou feggouç, les bou sekri, les djihel, les bou souaïr. Les bou
+iṭṭôb sont très petites, avec un noyau presque imperceptible ;
+le goût en est délicat : ce sont les dattes qui se conservent le
+mieux ; jamais, dit-on, les vers ne les attaquent. Les bou feggouç
+sont grosses ; elles sont aussi très bonnes et très recherchées. Les
+bou sekri sont de taille moyenne, et fort sucrées, comme l’indique
+leur nom ; elles ont une couleur particulière, d’un gris vert,
+tandis que les autres ont les tons dorés qu’on voit habituellement
+aux dattes. Les djihel sont de même dimension, à noyau assez
+gros ; elles sont beaucoup moins estimées que les trois premières
+espèces, excepté celles qui viennent de Tisint ; les dattiers
+qui les produisent ont une quantité énorme de fruits : de cette
+exubérance est venu leur nom. Les bou souaïr sont fort au-dessous
+des dattes précédentes ; elles sont petites et ont peu de chair ;
+on les mange à peine ; elles servent surtout à la nourriture des
+bestiaux. Le nom de bou souaïr s’applique d’ailleurs, dans tout
+le sud, moins à une datte spéciale qu’à toute datte de rebut,
+de mauvaise qualité ou non parvenue à maturité, et peu propre à
+l’alimentation des hommes. Ces diverses espèces sont mélangées
+dans les oasis ; dans toutes, une d’elles domine : à Tisint, ce
+sont les djihel ; à Tatta, ce sont les bou feggouç, à Aqqa les
+bou sekri, sur le versant méridional du Petit Atlas les bou souaïr,
+dans le Dra les bou feggouç, dans le bassin du Ziz les bou feggouç
+et les bou souaïr.]
+
+[Note 59 : Le _khent_, appelé en France _guinée_, est une étoffe
+de coton indigo. La plupart de celui dont on se sert au Maroc est
+fabriqué en Angleterre et vient par Mogador. C’est la contrefaçon
+d’une étoffe de même teinte, mais beaucoup meilleure, qui se
+confectionne au Soudan. Cette dernière, aussi solide comme tissu et
+comme couleur que l’autre l’est peu, a une valeur plus grande :
+l’élévation de son prix en fait un objet de luxe réservé à
+quelques chikhs et marabouts. Une kechchaba d’étoffe du Soudan se
+paie environ 60 francs ; en khent ordinaire, elle en coûte 5 ou 6.]
+
+[Note 60 : Ici tous les hommes fument, nomades et sédentaires, les
+riches dans des pipes, les pauvres dans des os creux. Trois espèces
+de tabac viennent d’Ouad Noun, du Dra et du Touat. Celle d’Ouad
+Noun est la plus estimée. Les unes et les autres se vendent par
+feuilles entières et au poids. Personne ne prise, sauf les Juifs.]
+
+[Note 61 : On nomme ici _Sahel_ la région qui borde la mer, de
+l’embouchure de l’Ouad Sous au Sénégal. La partie marocaine de
+cette longue bande se compose des bassins secondaires qui versent leurs
+eaux dans l’Océan entre l’embouchure du Sous et celle du Dra ;
+pour la distinguer du reste, nous appellerons cette portion _Sahel
+Marocain_. Ici l’on ne fait point cette différence : on parle du
+Sahel Marocain en disant « Sahel » ; jamais on ne le nomme Sous,
+comme on fait dans le nord. C’est par un effet de généralisation,
+comparable à celui qui a fait étendre à toute une race le nom
+de la tribu des Berâber, que dans les parties septentrionales du
+Maroc on a étendu le nom de Sous aux régions situées au sud du
+bassin de l’Ouad Sous, alors qu’il s’applique exclusivement à
+ce bassin. Nous conformant à la règle établie dans le pays même,
+nous emploierons le nom de Sous pour désigner le bassin de l’Ouad
+Sous tout entier, et rien que lui.]
+
+[Note 62 : Le _ḥesou_ est connu en Algérie sous le nom de
+_medechcha_.]
+
+[Note 63 : Les dattes se conservent dans de grandes jarres de terre
+d’environ 1m20 de hauteur : les couches supérieures, pesant sur
+les autres, les écrasent peu à peu ; il s’en exprime un jus très
+sucré, de la couleur et de la consistance du miel ; on le recueille
+en pratiquant au bas du récipient une petite ouverture par laquelle
+il s’échappe. C’est ce qu’on appelle le miel de dattes.]
+
+[Note 64 : Ce thé est du thé vert apporté d’Angleterre. Dans
+les ports et dans les grandes villes du Maroc, il se vend environ
+5 francs le kilogramme ; la valeur en augmente à mesure qu’on
+s’éloigne des centres ; elle est de 20 à 30 francs le kilogramme
+à Tisint. On prend le thé très faible, avec beaucoup d’eau,
+énormément de sucre, et en y ajoutant de la menthe ou d’autres
+plantes aromatiques pour en relever le parfum.]
+
+[Note 65 : La seule différence de nourriture qui existe entre les
+Musulmans du sud du Bani et ceux des massifs du Grand et du Petit
+Atlas est que, dans ces dernières contrées, la datte cesse de faire
+partie de l’alimentation, et que le lait, le beurre et le miel y
+entrent pour une part plus ou moins grande, suivant les lieux.]
+
+[Note 66 : Les qaḍis de cette région sont les suivants. A Tisint :
+Ḥadj Ḥamed à Ez Zaouïa, S. Mḥind Ạbd el Kebir à Aït ou
+Iran, S. El Ạdnani à Agadir. A Trit, Ould S. Ṭîb. A Qaçba
+el Djouạ, S. Ḥamed Abou Zeïz. A Tatta : S. Ḥamed, S. El
+Ḥanafi, S. El Madani à Aït Ḥaseïn, S. Moḥammed d Aït
+Ouzeggar à Adis. A Mrimima, S. Ạbd Allah. A Tamessoult, S. Ạbd
+er Raḥman. Pour la tribu des Ida ou Blal, deux qaḍis, Tajakant
+l’un et l’autre ; ce sont deux frères : S. Mouloud, résidant
+à Tatta, et S. Aḥmed Digna, habitant d’ordinaire Tindouf.]
+
+[Note 67 : Voir : Caussin de Perceval. _Essai sur l’histoire
+des Arabes avant l’islamisme, pendant l’époque de Mahomet et
+jusqu’à la réduction de toutes les tribus sous la loi musulmane_.]
+
+[Note 68 : _Mezrag_ signifie « lance ». Dans les tribus unies
+et compactes, celui qui a donné son ạnaïa n’accompagne pas
+lui-même ; il fait conduire par un enfant, ou se contente de
+remettre au protégé un objet connu comme sien, dont la présence
+prouve qu’on est sous sa sauvegarde. Autrefois on donnait sa lance
+à celui à qui on accordait son ạnaïa. Les deux mots sont ainsi
+devenus synonymes.]
+
+[Note 69 : Nous exprimerons la plupart du temps les rapports
+résultant de l’acte de la debiḥa soit par les mots de vassal et
+de suzerain, soit par ceux de client et de patron ; nous emploierons
+aussi quelquefois le mot de tributaire.]
+
+[Note 70 : Souvent c’est la tribu vassale qui lèse les
+suzerains. Ceux-ci s’empressent de réclamer. Les choses se passent
+toujours de même manière ; on ne cède qu’à la crainte.]
+
+[Note 71 : On l’appelle aussi parfois, par abréviation, Ouad
+Targant.]
+
+[Note 72 : _Tzgert_ est le nom d’un arbrisseau.]
+
+[Note 73 : Le _sebt_, qui porte aussi le nom de _drin_, et le _geddim_,
+dont nous parlerons plus tard, ressemblent à l’ḥalfa : ils servent
+à tous les usages de celui-ci. Ces trois plantes sont beaucoup moins
+répandues au Maroc que ne l’est la dernière en Algérie. Il y a du
+sebt en quelques places sablonneuses de la région comprise entre le
+Bani et le Dra, et une certaine quantité d’ḥalfa sur le plateau
+qui couronne la portion centrale du Petit Atlas. J’ai trouvé du
+geddim sur les pentes inférieures du Grand Atlas, au Tizi n Telṛemt,
+et sur la rive droite de la Mlouïa, au-dessous de Qçâbi ech Cheurfa,
+dans les vastes déserts de la Mlouïa et du Rekkam. Le Ḍahra est
+couvert d’ḥalfa ; ce désert est le commencement des hauts plateaux
+du Sud Oranais, auxquels il se lie et dont rien ne le distingue : même
+aspect monotone, même sol stérile, mêmes longs steppes d’ḥalfa.]
+
+[Note 74 : Qçar unique avec dattiers.]
+
+[Note 75 : Qçar entouré de dattiers, situé entre Icht et
+Tamanaṛt.]
+
+[Note 76 : Le nom arabe des Ida ou Blal est _Doui Blal_ (ذوي
+بلال) ; on l’écrit ainsi à Fâs, et ainsi sans doute il faut
+l’écrire. Dans le sud et à Mogador, on l’écrit sous la forme
+tamaziṛt Ida ou Blal (اِذا اُ بلال). Nous avons adopté
+cette dernière manière, employée par les membres de la tribu :
+ils disent _Ida ou Blal_, ou _Daoublal_ au pluriel et _Daoublali_
+au singulier.]
+
+[Note 77 : Les Ida ou Blal ont le type et les manières des Arabes,
+et parlent la langue du Koran, seuls au milieu d’une population
+tamaziṛt ; double motif d’admettre ce qu’eux-mêmes disent
+de leur origine. Les nombreuses formes imaziṛen qui figurent dans
+leurs noms de fractions m’inspirèrent pourtant des doutes à ce
+sujet. A mon retour du Maroc, j’essayai d’éclaircir la question ;
+je fus conduit à regarder les Ida ou Blal comme Arabes : un long
+contact avec les Imaziṛen a introduit chez eux les appellations
+étrangères. Parmi mes documents sur les Ida ou Blal, en voici deux
+d’un intérêt particulier : le premier m’a été fourni par
+M. Montel, chancelier du consulat de France à Mogador, l’autre
+par M. Pilard, interprète militaire en retraite.
+
+1o — « Les Ida ou Blal ont leur berceau dans le Sahara, entre les
+Tajakant et les Ạrib ; ces trois tribus sont de race arabe. Les
+Ida ou Blal se divisent aujourd’hui en trois groupes : le premier
+habite encore le territoire originaire de la tribu ; le second est
+établi dans la qaçba de Fâs Djedid et en un lieu appelé Ḍahr er
+Ramka, proche de Fâs ; le troisième est, depuis de longues années,
+installé aux environs de Merrâkech. De plus, il y a parmi les
+Ḥaḥa quelques familles connues sous le nom d’Ida ou Blal et
+regardées comme originaires de la grande tribu de ce nom ; elles
+parlent la langue tamaziṛt et sont comptées comme faisant partie
+des Ḥaḥa. »
+
+2o — « Les Ạrib, les Doui Blal et les Tajakant sont des
+Arabes Mâkil fortement mêlés de nomades Zenâga. Vers l’ouest,
+l’élément berbère semble prendre le dessus ; aussi les Doui
+Blal y sont ordinairement désignés sous l’appellation chleuḥa
+d’Ida ou Blal. Quant aux Tajakant, leur véritable nom est
+Djakâna. Au contraire, les fractions demeurées dans l’est sont
+restées purement arabes. Tels les Oulad Moulat, portion des Doui
+Blal, établis isolément dans les déserts du sud du Tafilelt ; ils
+auraient, au dire des gens des oasis, conservé encore aujourd’hui
+les flexions finales de la langue arabe[A].
+
+« Les Doui Blal sont une tribu nomade dont le territoire habituel
+est entre Tatta et Mrimima, mais ils volent sur les routes jusque
+chez les Chạanba.
+
+« Une des fractions des Doui Blal, les Oulad Moulat[B], est
+séparée du reste de la tribu et vit isolée dans l’Areg er
+Raoui. Elle peut mettre sur pied 1000 combattants montés deux à deux
+sur des meharis. Les Oulad Moulat sont nomades ; ils s’habillent
+de coton bleu foncé ; tête nue ; longs cheveux ; sabres droits à
+deux tranchants comme ceux des Touâreg. Ils sont libres ; personne
+n’exerce de commandement dans la tribu. Ils sont ennemis de tout
+le monde, sont craints des qçour du Tafilelt et ne respectent
+pas les zaouïas. Leur perfidie est telle que le mot _mitsaq Doui
+Blal_, « foi des Doui Blal », est, dans le sud, synonyme de _foi
+punique_. En 1871 ou 1872, 350 tentes environ d’entre eux, ayant
+eu une querelle avec le reste des Oulad Moulat, se sont séparées
+du gros de la fraction : elles ont émigré, 150 tentes à Timmi et
+à Tsabit, 200 chez les Aït Ounbegi, à El Mạïder, entre l’Ouad
+Ziz et l’Ouad Dra[C]. Cette querelle avait eu lieu à la suite du
+pillage, par un groupe des Oulad Moulat, d’une caravane protégée
+par l’autre groupe. Ils s’ensuivit une guerre civile qui dura
+deux ans et se termina par l’émigration du parti vaincu. Les Oulad
+Moulat, quelque impies qu’ils soient, sont serviteurs religieux
+de Sidi el Ṛazi (Tafilelt), de Sidi Aḥmed el Ḥabib (Zaouïa el
+Maṭi), et de Sidi Moḥammed ben Nacer (Tamegrout). »
+
+Ces documents, s’alliant avec les renseignements que j’ai
+rapportés, prouvent que les Ida ou Blal, ou mieux Doui Blal, sont
+une tribu nomade d’origine arabe, dont la masse principale est
+établie sur les deux rives du Dra, entre les méridiens de Tatta et de
+Mrimima. Un groupe important de la tribu, appartenant à la fraction
+des Imoulaten ou Oulad Moulat, a émigré depuis longtemps vers
+l’est, où il est cantonné au sud du Tafilelt. Un certain nombre
+de familles Doui Blal ont été transportées, de force probablement,
+par quelque puissant sultan, les unes à Merrâkech, les autres à
+Fâs, où elles ont perpétué leur nom et leur race. Quelques-unes
+enfin sont mêlées, on ne sait comment, à la tribu tamaziṛt
+des Ḥaḥa. Les premiers se sont un peu altérés au contact des
+Chellaḥa et des Ḥaraṭîn, leurs voisins ; les seconds, plus
+isolés, ont gardé leur physionomie et leur langage primitifs. Les
+troisièmes sont des Arabes dégénérés, semblables aux Arabes
+d’Algérie. Les derniers sont Imaziṛen de mœurs et de langue et
+n’ont de Doui Blal que le nom.]
+
+[Note A : Je n’ai pas remarqué ce fait chez les Ida ou Blal que
+j’ai vus, c’est-à-dire dans le gros de la tribu : on y parle,
+comme partout au Maroc, un arabe qui est, à peu de chose près,
+notre arabe vulgaire d’Algérie.]
+
+[Note B : Ils figurent sous le nom d’Imoulaten dans la décomposition
+qu’on nous a donnée à Tatta.]
+
+[Note C : Pour les noms géographiques dont il est question ici,
+voir la _Carte générale du Tafilala_ par M. le général Dastugue.]
+
+[Note 78 : La ziâda a 50 centimètres à 1 mètre de haut ; les
+autres plantes poussent au ras du sol.]
+
+[Note 79 : L’Ouad Tisint se creuse dans le plateau d’où il sort,
+à Tizi Igidi, une vallée à fond plat, profonde de 20 à 25 mètres
+et large de 800.]
+
+[Note 80 : Les pierres à fusil dont on se sert à Tisint et assez
+loin à la ronde viennent de Foum Tangarfa ; dans les hauteurs
+voisines, le silex abonde ; les nomades l’enlèvent par gros blocs
+et l’apportent à Tisint, où on le taille.]
+
+[Note 81 : Autorité de chikh.]
+
+[Note 82 : On appelle _zaouïa_, d’une part, l’ensemble de tous
+les marabouts, parents proches ou éloignés de Sid Ạbd Allah,
+qui habitent Mrimima ; de l’autre, la maison où Sidi Ạbd Allah
+demeure.]
+
+[Note 83 : Tribu voisine du district d’Ouad Noun.]
+
+[Note 84 : Le Souq el Mouloud est ainsi appelé parce qu’il a lieu
+dans le mois de mouloud (rebiạ el aoul) ; il se tient dans la tribu
+des Aït Ioussa. C’est une grande foire, qui dure plusieurs jours,
+l’une des trois foires annuelles du Sahara ; les deux autres sont
+celles de Mrimima et de S. Ḥamed ou Mousa (Tazeroualt).]
+
+[Note 85 : Le calendrier chrétien est connu et employé dans le
+Sahara Marocain. Les mois en sont désignés sous leurs noms latins. La
+foire de S. Ḥamed ou Mousa se tient au printemps et habituellement
+en mars ; en 1885, elle a commencé le 25 mars.]
+
+
+
+
+ VI.
+
+ DE TISINT A MOGADOR.
+
+
+ 1o. — DE TISINT A AFIKOURAHEN.
+
+
+Lorsque je me retrouvai à Tisint, la somme d’argent que je portais
+avait, par suite de vols successifs, diminué à tel point que je
+ne pouvais achever mon voyage avec ce qui restait. Il fallait avant
+tout me procurer des fonds. Je n’en trouverais que dans une ville
+où il y eût des Européens : la plus proche était Mogador. Je
+résolus d’en chercher dans ce port.
+
+Je m’ouvris de mon projet à mon ami le Ḥadj, et fis avec
+lui l’arrangement suivant : il me conduirait à Mogador, m’y
+attendrait, et me ramènerait à Tisint ; nous prendrions des routes
+différentes en allant et en revenant, passant la première fois
+par les Isaffen et les Ilalen[86], la seconde par le Sous, le Ras el
+Ouad et les Aït Jellal. Le Ḥadj Bou Rḥim connaissait la région
+que nous devions traverser au retour et y avait de nombreux amis ;
+pour l’aller, il emmènerait un de ses agents, nommé Moḥammed ou
+Ạddi, homme de la tribu des Ilalen, qui avait maintes fois parcouru
+le chemin que nous allions faire. Nous ne partirions qu’à nous
+trois : le rabbin Mardochée, dont je n’avais pas besoin, resterait
+à Tisint dans la maison du Ḥadj, où il attendrait mon retour.
+
+ 9 janvier.
+
+Je quittai Tisint le 9 janvier, à 10 heures et demie du soir, et pris
+la direction de Tatta, escorté par le Ḥadj et son compagnon. Nous
+voyageâmes toute la nuit. Nous avions attendu pour sortir que le qçar
+fût endormi : personne n’avait été instruit de notre voyage ;
+en s’en allant, le Ḥadj n’avait pas dit adieu à ses femmes
+et à ses enfants. Si le bruit de notre départ avait transpiré,
+il eût été à craindre que des étrangers, Berâber, Oulad Iaḥia
+ou autres, toujours en foule à Agadir, n’aient couru s’embusquer
+sur le chemin pour nous attaquer et nous piller. De là notre départ
+furtif et notre marche nocturne. Le rabbin Mardochée avait ordre de
+n’ouvrir la maison à personne le lendemain et, après deux jours,
+de déclarer que nous étions partis pour Tazenakht. Pareilles mesures
+se prennent toujours lorsqu’on doit traverser un long désert,
+un passage dangereux, que, comme nous, on est en petit nombre, et
+qu’on a des objets pouvant exciter la convoitise. Ici, il avait
+fallu redoubler de précautions ; avec ma réputation de Chrétien et
+d’homme chargé d’or, plus d’une bande se serait mise en campagne
+si mon départ avait été connu. Mes mules seules eussent suffi pour
+faire prendre les armes à bien des gens : en cette contrée pauvre
+elles constituent un capital.
+
+ 10 janvier.
+
+Ralentis dans notre marche par une pluie torrentielle qui tomba
+pendant la plus grande partie de la nuit et durant toute la matinée,
+nous arrivâmes à Tatta à la fin de la journée du 10. A 7 heures
+du soir, nous nous arrêtâmes dans le petit qçar de Taṛla, chez
+des amis du Ḥadj.
+
+La route de Tisint à Tatta n’avait rien de nouveau pour moi. Je pus
+admirer combien la végétation s’était développée depuis mon
+dernier passage : le long du moindre ruisseau, au-dessous de chaque
+gommier, s’étendait un épais tapis de verdure, tantôt d’un
+émeraude éclatant, tantôt argenté ou doré par une multitude
+de fleurs.
+
+Pour gagner Taṛla, on remonte l’Ouad Tatta à partir de Tiiti,
+dans son lit : celui-ci est large de 150 mètres et couvert de gros
+galets ; au milieu se creuse un canal de 30 mètres, où un peu
+d’eau serpente sur un fond de roche. La rivière, resserrée à
+Tiiti entre le qçar et le Bani, coule de Tiiti à Taṛla dans une
+plaine de sable, déserte sur la rive droite, couverte de palmiers
+sur la rive gauche.
+
+ 11 janvier.
+
+Séjour à Taṛla. Ce qçar est situé à la bouche méridionale
+d’un kheneg par lequel l’Ouad Tatta franchit une chaîne de
+collines parallèle au Bani. Il est petit et riche : tout y respire
+la prospérité ; les maisons sont belles ; point de ruines ; les
+habitants, Chellaḥa et Ḥaraṭîn, vivent dans l’aisance,
+grâce à leurs nombreux dattiers. Les bou feggouç dominent.
+
+ 12 janvier.
+
+Nous passons toute la journée à Taṛla sans sortir de chez
+notre hôte, à qui le Ḥadj a recommandé le secret sur notre
+présence. Nous avons, d’ici à Tizgi, notre prochain gîte,
+à traverser un long désert, très dangereux, qu’on ne peut
+franchir que de nuit et au pas de course, comme nous essaierons de le
+faire, ou en nombreuse caravane. Ce désert, qui fait un avec celui
+d’Imaouen coupé par l’Ouad Aqqa, s’étend sur les confins
+de plusieurs tribus entre lesquelles il forme un terrain neutre :
+champ commun où s’exercent leurs rapines ; des bandes pillardes
+d’Aït ou Mrîbeṭ, d’Ida ou Blal, d’Aït Jellal, d’Isaffen,
+le parcourent sans cesse.
+
+Nous partons à 9 heures du soir et marchons sans arrêt jusqu’au
+matin. A l’aurore, nous nous trouvons à l’entrée d’une gorge
+profonde, dans le lit desséché d’une rivière, à son confluent
+avec un ruisseau, l’Ouad Tanamrout. Nous faisons halte quelques
+heures à cet endroit.
+
+La contrée que j’ai parcourue de Taṛla ici se divise en deux
+portions distinctes : l’une de Taṛla à Imiṭeq, l’autre
+d’Imiṭeq au point où je suis. Celle-là se compose de larges
+vallées entre lesquelles s’élèvent des massifs mamelonnés de
+peu de hauteur ; celle-ci est formée d’une succession de plaines
+étagées, séparées par de hautes chaînes parallèles, que les
+rivières traversent par des gorges étroites. Les vallées de la
+première région ont dans leur partie inférieure un sol pierreux,
+garni de gommiers, de jujubiers sauvages et de melbina, dans leur
+partie haute, un sol rocheux avec une végétation moins abondante ;
+leurs flancs sont des coteaux de grès noir et luisant. Au delà
+d’Imiṭeq, les collines se remplacent par de hautes montagnes :
+massifs rocheux, aux pentes escarpées, ils ont une couleur jaune
+rosée, différente de ce que nous avons vu jusqu’ici ; leurs
+flancs, tourmentés, ne sont du pied à la crête que découpures
+et crevasses. Ces monts entourent comme de remparts lézardés
+des plaines unies et pierreuses, où le sol, aride d’ordinaire,
+est en cette saison couvert de verdure ; on y marche au milieu de
+jujubiers sauvages, de melbina, de hautes herbes. Entre ces plaines,
+les cours d’eau traversent les montagnes par des couloirs étroits,
+aux parois verticales, si resserrées qu’elles laissent la seule
+place de la rivière. Le gommier disparaît au nord d’Imiṭeq.
+
+[Illustration : Petite plaine entourée d’une ceinture de montagnes,
+entre Imiteq et le col de Tanamrout.
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+J’ai traversé cette nuit un grand nombre de cours d’eau, tous
+à sec, tous ayant un lit de gros galets et des berges verticales,
+mi-sable, mi-cailloux, hautes de 1 à 2 mètres. Les deux plus
+importants se réunissent pour former l’Ouad Imiṭeq ; l’un
+vient de l’est, l’autre de l’ouest ; le premier a 50 mètres
+de large, le second 40. De Taṛla ici, bien que le terrain soit
+constamment pierreux ou rocheux, le chemin n’est pas difficile :
+il a des montées, des descentes, mais jamais raides ni longues.
+
+ 13 janvier.
+
+A 1 heure de l’après-midi, nous nous remettons en marche. Nous
+quittons la vallée, lieu de notre halte, et remontons l’Ouad
+Tanamrout ; il coule dans un ravin étroit qui bientôt n’a
+aucune largeur et où le chemin, malgré de nombreux lacets, devient
+difficile. Les parois sont les montagnes de roche jaune dont nous
+étions jusqu’à présent au pied et que nous allons franchir. Près
+du torrent, la pierre laisse percer une végétation abondante :
+jujubiers sauvages, ḥeuboubs de 2 à 3 mètres, grandes herbes,
+fleurs de toute couleur. Une heure de marche pénible nous conduit
+à un col, Tizi Tanamrout, où l’ouad prend sa source. A nos pieds
+s’étend une large vallée, dont le flanc gauche est le massif
+que nous venons de gravir, et le droit un talus sombre dont la crête
+paraît un peu plus élevée que celle où nous sommes. Nous descendons
+vers le thalweg. Les pentes, si rapides sur l’autre versant, sont
+douces, le chemin aisé ; terrain rocheux ; la végétation, vivace
+sur le côté opposé, existe à peine sur celui-ci : des jujubiers
+sauvages interrompent seuls de loin en loin la monotonie du sol nu.
+
+Parvenus au fond de la vallée, nous la descendons pendant quelque
+temps ; un cours d’eau à sec, de 60 mètres de large, en occupe
+le milieu : c’est un affluent de l’Ouad Aqqa. Peu après, nous
+gagnons les bords de l’Ouad Aqqa : il forme une grande rivière,
+large de plus de 200 mètres ; le lit, ici de sable, là de gravier,
+ailleurs de gros galets, ne contient point d’eau. Nous le remontons
+jusqu’à Tizgi Ida ou Baloul[87]. Nous entrons dans ce village à
+7 heures du soir. Un ami de Ou Ạddi nous donne l’hospitalité.
+
+De Taṛla à Tizgi, personne n’a paru sur le chemin. Le seul
+vestige humain que j’aie vu a été, entre Tatta et Imiṭeq,
+une dizaine de tombes, échelonnées par groupes de deux ou trois au
+bord du sentier. Ces tombes, qui rappelaient chacune un pillage, et
+marquaient l’endroit où avaient péri des voyageurs moins heureux
+que moi, avaient, au clair de lune, au milieu de cette solitude,
+un aspect lugubre.
+
+Arrivé à Tizgi, la portion périlleuse de ma route est faite : je
+pourrai marcher désormais à la clarté du soleil. Les Marocains
+de ces régions emploient, on le voit, une méthode simple pour
+voyager : quand le pays n’est pas dangereux, ils le traversent le
+jour ; lorsqu’il l’est, au lieu de prendre des escortes, ils le
+franchissent rapidement de nuit.
+
+ 14 janvier.
+
+Séjour à Tizgi Ida ou Baloul. Tizgi est une bourgade isolée,
+d’environ 400 feux ; elle est construite en long sur les premières
+pentes du flanc gauche de l’Ouad Aqqa. Au pied du village, les bords
+et le lit du cours d’eau sont occupés par des cultures ombragées
+de palmiers (bou souaïr) ; ceux-ci ne sont pas serrés comme à
+Tisint et à Tatta : ils sont espacés, et se mêlent de trembles,
+de figuiers et d’oliviers. Le fond de la vallée est sablonneux ;
+les flancs sont de hautes parois de roche jaune, escarpées,
+s’élevant à 150 mètres au-dessus du lit de la rivière. Comme son
+nom l’indique, Tizgi est située dans une gorge resserrée entre de
+hautes montagnes, kheneg très étroit que l’Ouad Aqqa traverse en
+ce point. Le village est construit partie en pisé, partie en pierres
+grossièrement cimentées ; pas de mur d’enceinte. La rivière est
+à sec au pied des maisons et dans les jardins ; de nombreux canaux
+pleins d’eau claire et courante arrosent ces derniers.
+
+[Illustration : Tizgi Ida ou Baloul. (Vue prise d’une maison du
+village, dans la direction du sud-est.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+A partir d’ici, on ne voit plus de khent ; le costume des indigènes
+ne se compose que de laine. Les femmes sont vêtues de laine blanche
+et portent sur la tête un voile spécial au pays : c’est une pièce
+rectangulaire de laine noire ayant un mètre de long, avec un gland
+noir à chaque coin. Elles s’en couvrent le visage dès qu’elles
+aperçoivent un homme. Les femmes de cette région font montre d’une
+grande modestie : en rencontre-t-on sur les routes ? on les voit
+s’arrêter à plusieurs pas, faire un à-droite ou un à-gauche,
+et demeurer au bord du chemin, la figure voilée et le dos tourné,
+jusqu’à ce qu’on soit passé. Les hommes portent des ḥaïks de
+laine blanche ou des djelabias et, par-dessus, soit le bernous blanc,
+soit plus souvent le khenîf. Pas de modification dans les armes, sauf
+qu’il n’y a plus de fusils à deux coups. Tels sont les costumes
+à Tizgi, tels je les trouverai chez les Isaffen, les Iberqaqen et
+les Ilalen.
+
+ 15 janvier.
+
+Nous quittons Tizgi à 10 heures du matin. Notre hôte nous escorte
+jusqu’à midi : après, on peut marcher seul ; le pays n’est
+plus périlleux. En sortant de Tizgi, nous continuons à remonter
+l’Ouad Aqqa. Au bout de peu de temps, il reçoit l’Ouad Tizert
+et fait un brusque coude vers le nord. A partir de là, sa vallée
+se transforme : le fond prend 600 mètres de large ; les flancs sont
+de hauts talus rocheux, celui de droite plus élevé et à crêtes
+plus éloignées que celui de gauche. La rivière est large de 60
+mètres ; son lit desséché, où poussent de distance en distance
+des palmiers isolés, se déroule au milieu de la vallée. Le sol de
+celle-ci est de sable, tantôt durci, tantôt humide ; des champs,
+qui garnissent les rives de l’ouad, en occupent une partie. On
+entre sur le territoire des Isaffen. A peu de distance en amont de
+nous s’aperçoit un bois de dattiers ; nous marchons droit sur
+lui. Plus on avance, plus le sol devient mouillé ; dans les champs,
+les tiges vertes des orges commencent à sortir de terre ; en dehors
+poussent des tamarix et, à leur pied, du gazon. Bientôt nous
+arrivons aux palmiers ; ce sont des bou souaïr : d’ici au point
+où nous quitterons l’ouad et de là aussi loin que s’étendra
+la vue, le fond de la vallée en sera couvert. Mélangés d’autres
+arbres fruitiers, ils ombragent de vertes cultures et entourent
+une foule de villages qui s’échelonnent le long de la rivière :
+ces villages appartiennent aux Aït Tasousekht, l’une des trois
+fractions des Isaffen. Nous continuons à remonter l’Ouad Aqqa,
+tantôt à l’ombre des dattiers, tantôt en longeant la lisière,
+jusqu’au point où il reçoit l’Ouad Iberqaqen ; sur cet espace,
+la vallée reste la même, si ce n’est qu’elle se rétrécit
+peu à peu de manière à avoir en dernier lieu 200 à 300 mètres
+de large ; de plus, la proportion des palmiers diminue à mesure
+que l’on monte ; celle des autres arbres, grenadiers, caroubiers,
+amandiers, oliviers, augmente : auprès des villages inférieurs
+des Isaffen, il n’y avait guère que des dattiers ; au-dessus
+de Tamsoult, les autres essences dominent. A partir du même lieu,
+un filet d’eau courante de 1 à 2 mètres de large serpente dans
+le lit de la rivière, à sec auparavant. A 1 heure et demie, nous
+arrivons au confluent de l’Ouad Iberqaqen : nous gagnons les bords
+de ce nouveau cours d’eau et le remontons ; nous entrons en même
+temps dans la tribu qui lui a donné son nom. En quittant l’Ouad
+Aqqa, on en voit la vallée se continuer à perte de vue, toujours
+la même, long ruban vert se déroulant entre les montagnes, les
+villages des Isaffen le semant çà et là de points bruns.
+
+La vallée de l’Ouad Iberqaqen est moins importante que celle d’où
+nous sortons : étroitement encaissée entre des talus rocheux, elle
+a 50 mètres de large ; le fond est rempli de palmiers ombrageant des
+cultures qui se prolongent en escaliers sur les premières pentes des
+flancs. Le lit de l’ouad a 8 mètres de large et est couvert de
+galets ; il est à sec ; de larges canaux, pleins jusqu’au bord,
+coulent sur les deux rives, apportant l’eau de la montagne aux
+habitations et aux cultures. Des villages, qui appartiennent aux
+Iberqaqen, s’échelonnent de distance en distance, suspendus aux
+premières assises du roc. A partir de Toug el Khir, la vallée se
+rétrécit encore : elle n’a plus que 30 mètres ; en même temps
+les flancs deviennent plus escarpés : ce sont des talus de roche
+jaune très raides, hauts de 100 à 150 mètres. Les plantations
+qui s’étageaient sur leurs premières pentes disparaissent ; le
+fond seul ne cesse d’en être couvert ; les palmiers diminuent et
+font place aux oliviers et aux amandiers. Les villages sont toujours
+nombreux ; à chaque coude où la vallée s’élargit, on en voit
+un. A 3 heures et demie, nous arrivons dans celui de Tidgar où nous
+ferons gîte ; nous descendons chez un ami de Ou Ạddi.
+
+[Illustration : Haute vallée de l’Ouad Iberqaqen.
+
+(Vue prise de Tidgar, dans la direction du nord-nord-ouest.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+A Tidgar, les palmiers ont disparu de la vallée de l’Ouad
+Iberqaqen. On la voit se prolonger au loin, ligne foncée serpentant
+entre deux massifs de roche jaune : des amandiers et des oliviers en
+garnissent le fond ; des villages se distinguent sur les premières
+pentes de ses flancs. Nous avons rencontré aujourd’hui beaucoup
+de monde sur notre route.
+
+Chez les Isaffen et les Iberqaqen, les maisons sont tantôt en
+pierres grossièrement cimentées, tantôt en mauvais pisé ; chez
+les Isaffen, où le pisé domine, il forme des constructions sans
+solidité ni élégance : on est loin des gracieuses demeures des
+Aït Zaïneb. Chez les Iberqaqen, la plupart des bâtiments sont en
+pierre ; les terrasses qui les couvrent sont des plus primitives :
+on se contente de juxtaposer des pierres plates sur une rangée de
+poutrelles d’olivier, et de les maintenir par de gros cailloux
+placés en dessus, comme aux chalets.
+
+ 16 janvier.
+
+Départ à 8 heures et demie du matin. Notre hôte nous escorte
+pendant trois heures ; puis il nous laisse, le pays ne présentant
+plus de péril. Je quitte à Tidgar la vallée de l’Ouad Iberqaqen ;
+je remonte à mi-côte un ravin désert, sans espace au fond, dont les
+flancs, très escarpés, sont des parois monotones de roche jaune :
+le sentier est une longue rampe serpentant au bord du précipice ;
+taillé dans le roc, il a pour sol une pierre lisse et glissante,
+chemin aisé pour les piétons, difficile et dangereux pour les bêtes
+de somme. Pas trace de végétation : de toutes parts on ne voit que
+la surface jaune du rocher.
+
+A 10 heures, le pays change ; parvenu à l’extrémité du ravin,
+je me trouve au bord méridional d’un vaste plateau sur lequel je
+m’engage : plus de gorges à pentes abruptes ; plus de hautes cimes
+au-dessus de ma tête : devant moi s’étend un plateau ayant une
+pente très faible du nord au sud et ne présentant que des ondulations
+légères, vallées sans profondeur et collines sans élévation. Il
+couronne le Petit Atlas, et sa ligne de faîte, vers laquelle je
+marche, est le point culminant de la chaîne. Dans le lointain,
+on aperçoit le pic couvert de neige du Djebel Ida ou Ziqi, un des
+sommets du Grand Atlas. Je m’avance vers la crête supérieure du
+plateau, tantôt montant, tantôt descendant : le sol est aux deux
+tiers terreux, un tiers est rocheux ; il est en grande partie couvert
+de cultures semées d’amandiers, qui poussent au milieu des champs
+comme les pommiers en certaines régions de la France ; une multitude
+de villages apparaissent à l’horizon ; autour d’eux surtout
+les cultures sont nombreuses et les amandiers serrés. Je rencontre
+beaucoup de femmes dans la campagne ; contre l’usage ordinaire, elles
+sont occupées des travaux de la terre ; on voit les unes labourer
+avec un bœuf ou un âne, les autres bêcher. Une grande activité
+règne partout : c’est la saison des semailles. Je remarque de
+nombreuses citernes[88] ; d’ici à Mogador, j’en trouverai à
+chaque pas le long du chemin : en ces régions où il y a peu de
+rivières et peu de sources, leurs eaux sont d’ordinaire les seules
+que possèdent les habitants. A midi et demi, je parviens à la crête
+presque insensible qui forme le faîte du Petit Atlas : elle marque
+à la fois la limite du versant sud de cette chaîne et celle de la
+tribu des Iberqaqen. Le point où le chemin la franchit s’appelle
+Tizi Iberqaqen. De là, j’aperçois vers le nord une longue bande
+bleue bordée d’argent : le Grand Atlas avec ses cimes neigeuses,
+brillant dans un rayon de soleil. Je quitte ici le bassin du Dra et je
+passe dans celui du Sous ; en même temps j’entre sur le territoire
+des Ilalen. Le plateau qui couronne le Petit Atlas s’étend sur
+le sommet de son versant nord comme sur celui de son versant sud ;
+des deux côtés du Tizi Iberqaqen, le pays est semblable : même sol
+plat, même terre féconde, mêmes cultures semées d’amandiers,
+même population dense. La partie où je pénètre est encore plus
+riche que la précédente : à mesure qu’on avance, les villages
+se font plus nombreux, les champs couvrent un espace plus grand et
+finissent par envahir presque tout le sol. Celui-ci, au bout de peu
+de temps, n’est que terre, avec de rares portions pierreuses ; la
+roche disparaît. Les amandiers s’étendent par endroits à perte
+de vue et donnent à ce plateau fertile un aspect unique.
+
+A 4 heures, nous arrivons à Azaṛarad, village des Ida ou Ska,
+fraction des Ilalen. Nous nous y arrêtons chez un ami de Ou
+Ạddi. Je n’ai pas vu un seul cours d’eau pendant la marche
+d’aujourd’hui. Parmi les nombreux villages que j’ai rencontrés,
+un était fort important : Agadir Iberqaqen Fouqani ; il a 300 ou 400
+maisons : la plupart sont vides durant une portion de l’année ;
+situées dans la région où se trouvent les principales cultures
+de la tribu, elles se remplissent aux époques du labour et de la
+récolte et servent de magasins aux grains et aux amandes. Des gens
+de toutes les parties du territoire, même du bas Ouad Iberqaqen,
+y possèdent des demeures.
+
+Il existe une différence frappante entre le village d’Azaṛarad
+et ceux du versant sud de la chaîne : ces derniers étaient, on
+l’a vu, mal bâtis. Azaṛarad, au contraire, se distingue par la
+beauté de ses constructions : toutes les maisons y sont en pierres,
+non taillées, mais cimentées avec soin ; le long des murs, des
+gouttières pratiquées avec adresse conduisent l’eau de pluie dans
+des réservoirs ; chaque habitation a sa citerne ; les portes, hautes
+et larges, sont cintrées : les arcades en sont faites de pierres
+de diverses dimensions habilement ajustées ; fenêtres, crête des
+murs, gouttières sont blanchies à la chaux. Les terrasses sont
+formées de pierres plates recouvertes d’une couche de terre et
+maintenues par de gros cailloux. Sur tout le territoire des Ilalen,
+les constructions sont pareilles, toutes soignées, toutes en pierre ;
+je ne retrouverai le pisé qu’en entrant chez les Chtouka.
+
+ 17 janvier.
+
+Départ à 8 heures du matin. Nous marchons seuls : devant demeurer
+toute la journée sur le territoire des Ilalen, Ou Ạddi nous
+suffit comme protection. Nous continuons à cheminer sur le plateau
+d’hier : il ne se modifie pas ; même sol, mêmes ondulations ;
+les cultures le couvrent en entier, les amandiers l’ombragent à
+perte de vue ; plus de villages que jamais. Jusqu’à présent les
+amandiers n’avaient ni fleurs ni feuilles : je les verrai tous en
+fleur à partir du Tenîn de Touf el Ạzz. A 11 heures, j’atteins
+la limite septentrionale du plateau ; il finit de ce côté aussi
+brusquement que vers le sud. En le quittant, je descends une succession
+de ravins qui me mènent à une vallée profonde, celle de l’Ouad
+Ikhoullan. La région qu’on traverse jusque-là est montagneuse et
+boisée : côtes terreuses semées de blocs de roche, grands argans,
+pentes raides, gorges encaissées. Au fond de ces dernières sont
+des ruisseaux à sec, avec des lits de galets et parfois de roc. Sur
+les croupes, à l’ombre des argans, poussent des genêts à fleurs
+jaunes de 1 mètre de haut ; beaucoup de verdure au ras du sol ;
+entre les rochers percent des taçououts, les premiers que je voie
+depuis le Moyen Atlas. Ces forêts ne sont pas désertes ; plusieurs
+villages apparaissent sur les crêtes ou à mi-côte, et un plus grand
+nombre au fond des ravins. Chacun d’eux a sa ceinture de jardins,
+plantations en amphithéâtre où croissent amandiers, grenadiers et
+oliviers. Les chemins de cette région sont pénibles : je descends
+plusieurs rampes très rapides ; point de passage difficile.
+
+A 3 heures, je parviens à la vallée de l’Ouad Ikhoullan ; elle a
+400 mètres de large et est couverte de cultures ; les flancs en sont
+de hauts talus boisés ; plusieurs villages sont près de moi, dans
+le fond ; d’autres brillent au versant de la montagne. Au milieu
+de la vallée serpente la rivière, dont le lit à sec, tantôt
+de gravier, tantôt de galets, a 50 ou 60 mètres de large. J’en
+descends le cours durant un quart d’heure, puis je gagne le pied
+du flanc gauche. Je le gravis. Terrain semblable à celui de tout à
+l’heure, boisé de grands argans, avec gazon, genêts, taçououts,
+poussant à leur ombre ; pentes raides, sol tantôt pierreux, tantôt
+terreux, hérissé de blocs de roche. A 4 heures et demie, j’arrive
+au sommet de la côte. Je me trouve en face d’un nouveau plateau,
+analogue à celui de ce matin en fertilité, abondance de cultures
+et nombre de villages, mais plus accidenté. Nous nous y engageons et
+nous y marchons durant le reste de la journée. A 5 heures et demie,
+on fait halte : nous voici à Afikourahen, petit village, patrie
+de Ou Ạddi. Le plateau où nous sommes est cultivé sur toute son
+étendue ; on ne voit plus d’amandiers : de grands argans, arbres
+séculaires, les remplacent ; plantés symétriquement dans les champs,
+ils les couvrent à perte de vue. Ce plateau est comme un second
+échelon du Petit Atlas, celui que j’ai quitté ce matin en formant
+le premier. Je n’en traverserai plus d’autre d’ici à la vallée
+du Sous : Afikourahen domine directement celle-ci. De la maison de
+Ou Ạddi, la vue est merveilleuse : à l’ouest, dans le lointain,
+la plaine des Chtouka, et au delà une ligne bleue, l’Océan ;
+au nord, la vallée de l’Ouad Sous, bordée par la masse sombre et
+les pics neigeux du Grand Atlas ; au point où l’Atlas expire et
+où commence la mer, on distingue, à 75 kilomètres, Agadir Iṛir,
+dont les murs blancs couronnant un cône bleuâtre brillent au soleil
+comme un diadème d’argent.
+
+L’Ouad Ikhoullan est la seule rivière que j’aie vue
+aujourd’hui. J’ai rencontré beaucoup de monde sur les deux
+plateaux traversés au commencement et à la fin de la journée,
+peu dans la région montagneuse et boisée qui les sépare : sur les
+plateaux, c’étaient des travailleurs labourant les champs ; dans la
+montagne, des voyageurs isolés. En passant dans la vallée de l’Ouad
+Ikhoullan, il s’est produit un incident qui a failli être funeste
+à Ou Ạddi. Comme nous descendions la rivière, nous apercevons
+derrière nous cinq hommes, armés jusqu’aux dents, lancés à
+notre poursuite. Ou Ạddi les regarde : « Ce sont des Ikhoullan qui
+courent après moi ! » s’écrie-t-il. Échanger son long fusil
+de Chleuḥ contre le fusil à deux coups du Ḥadj, s’enfuir à
+toutes jambes vers le hameau le plus proche, est pour lui l’affaire
+de moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Le Ḥadj et moi
+restons en arrière. Les cinq Ikhoullan ne s’arrêtent pas à nous ;
+ils nous dépassent, cherchant à rejoindre notre compagnon. Bientôt
+ils disparaissent dans le village où nous l’avons vu entrer. Nous
+attendons quelque temps, très anxieux du sort de Ou Ạddi. Enfin le
+voilà qui revient, avec un notable du lieu, son ami, de qui il a eu
+le temps de prendre l’ạnaïa. D’un autre côté retournent ses
+ennemis, arrivés trop tard pour lui faire un mauvais parti. Notre
+compagnon nous rejoint : nous nous remettons aussitôt en route ;
+son sauveur nous escorte pendant une heure, jusqu’à ce que nous
+soyons en sûreté. Les hommes qui nous ont poursuivis appartiennent
+à un village devant lequel nous avons passé : ce ne sont pas des
+brigands. Ilalen comme Ou Ạddi, ils font partie de la fraction
+des Ikhoullan, tandis que notre ami est de celle d’Afra : les deux
+groupes sont en ce moment en guerre. Ou Ạddi avait été aperçu de
+ce village : aussitôt sa présence connue, cinq hommes s’étaient
+mis à sa poursuite, non pour nous voler, mais pour le tuer.
+
+
+ 2o. — D’AFIKOURAHEN A MOGADOR.
+
+
+ 18 et 19 janvier.
+
+Séjour à Afikourahen. Je suis l’hôte de Ou Ạddi. Il y a plus
+d’un an qu’il n’avait vu sa famille ; je lui accorde deux jours
+de repos auprès d’elle.
+
+Les constructions de ce pays sont soignées : tout est en pierres
+cimentées ; les habitations sont grandes et élégantes ; elles
+ont un ou deux étages, des escaliers commodes, des portes larges
+et solides. Dans les régions que j’ai parcourues depuis Tatta et
+dans celles que je traverserai d’ici à Mogador, les villages ne
+sont point entourés de murs : cependant il existe des distinctions ;
+les uns, bien qu’ouverts, sont organisés d’une façon défensive,
+les autres sont sans défense. Chez les Isaffen, les Iberqaqen, les
+Ilalen, la plupart sont aménagés de manière à pouvoir résister
+à une attaque : dans la fraction d’Afra, les murs des maisons sont
+percés de meurtrières à chaque étage et les terrasses munies
+d’un parapet crénelé. Ces précautions disparaîtront dès que
+je quitterai les Ilalen, et les hameaux présenteront l’aspect le
+plus pacifique. Jusqu’à mon entrée dans la fraction d’Afra,
+les habitations étaient réunies en villages ; d’Afra à Mogador,
+il n’en sera presque jamais ainsi : sauf rares exceptions, je
+ne rencontrerai plus de villages, mais des hameaux, ou des demeures
+disséminées seules ou par petits groupes dans la campagne ; plus rien
+de guerrier ; parfois une tour se dressera entre quelques maisons :
+ce ne sera qu’un ornement, signe de la demeure d’un riche. Dans
+cette région je cesserai de voir des jardins entourer les lieux
+habités ; adieu figuiers, grenadiers, vignes, frais bosquets,
+ceinture habituelle des villages marocains : d’ici à Mogador,
+hameaux et maisons s’élèvent tristement en plein champ, au
+milieu des labourages. Tout au plus ont-ils des haies de cactus. On
+voit d’après ce qui précède que la tiṛremt d’un modèle si
+régulier et si uniforme, que j’ai rencontrée constamment du Tâdla
+à Tazenakht, n’existe en aucune façon dans ces contrées. Je suis,
+depuis Tisint, en plein pays d’agadirs.
+
+Le costume demeure ce qu’il était à Tizgi et dans les tribus
+intermédiaires ; un détail d’équipement, la poudrière, se modifie
+chez les Ilalen. Elle consiste en une petite boîte métallique, en
+forme de cylindre très bas. Ce modèle est en usage chez les Ilalen
+et les Chtouka ; dans le reste du bassin du Sous et chez les Ḥaḥa,
+on se sert de la corne, du type connu. Le fusil et le poignard sont
+les mêmes qu’auparavant ; pas de sabres ni de baïonnettes.
+
+ 20 janvier.
+
+Départ à 10 heures et demie. Nous reprenons notre marche sur
+le plateau où nous sommes ; il est toujours couvert de cultures,
+toujours semé d’une foule de villages. A midi, je passe de la
+tribu des Ilalen dans celle des Chtouka ; le pays ne se modifie pas :
+politiquement, cette frontière est importante ; elle marque la limite
+entre le blad es sîba, d’où je sors, et le blad el makhzen,
+où j’entre. Jusqu’à 2 heures, le plateau reste tel qu’il
+était auprès d’Afikourahen, fort accidenté ; à 2 heures, il
+s’aplanit et ne présente dès lors que des ondulations légères ;
+il continue à être cultivé à perte de vue, ombragé d’argans
+et semé de villages : ceux-ci sont moins nombreux que chez les
+Ilalen. Vers 3 heures, j’arrive au bord septentrional du plateau,
+au sommet du talus qui le sépare de la plaine du Sous ; ce talus est
+analogue à celui que j’ai descendu hier, de 11 heures à 3 heures :
+côtes raides et ravinées ; terrain pierreux, avec beaucoup de
+rochers, boisé d’argans ; sous les arbres, des genêts jaunes, des
+jujubiers sauvages, des taçououts couvrent le sol. Chemin pénible,
+mais non difficile. J’entre dans la forêt et me mets à descendre ;
+vers 4 heures moins un quart, je parviens au pied du talus. Devant
+moi s’étend une plaine triangulaire, de 5 à 6 kilomètres de
+long ; un kheneg, vers lequel je me dirige, la termine ; elle est
+entourée d’une ceinture de collines basses sur les premières
+pentes desquelles brillent, comme des taches blanches, une multitude
+de hameaux. La plaine est couverte de cultures ombragées d’argans ;
+sol de sable, sans une pierre. Ici, comme chez les Ilalen, la plupart
+des groupes d’habitations sont dominés par une tour indiquant
+la demeure du chikh ; les constructions n’ont plus l’appareil
+défensif des précédentes. Elles cessent d’être de pierre et
+sont en pisé blanc. A 4 heures et demie, j’atteins l’entrée du
+kheneg ; je m’y arrête au hameau de Taourirt ou Selîman.
+
+Durant la journée, j’ai rencontré beaucoup de monde sur le chemin,
+travailleurs et voyageurs. Le seul cours d’eau de quelque importance
+que j’aie vu est l’Asif Aït Mezal (lit de gros galets de 15
+mètres de large, au milieu duquel coulent 5 mètres d’eau de 30
+centimètres de profondeur). Parmi les villages qui se sont trouvés
+sur mon chemin, il en était un d’aspect particulier : celui d’Aït
+Sạïd. Les maisons, hautes, à terrasses couronnées de créneaux, en
+sont autant de petits châteaux ; toutes sont blanchies, luxe suprême
+du pays : il n’en existe point de plus belles dans les villes. Ce
+sont les demeures de la riche famille des Aït Sạïd. Celle-ci est
+une nombreuse maison de négociants faisant le commerce entre Mogador
+d’une part, le Sahel, Aqqa, Tizounin et Tindouf de l’autre :
+elle exporte de Mogador les objets de provenance européenne et y
+importe les dattes et la gomme du Sahara, les amandes des Ilalen
+et les produits du Soudan qu’elle achète à Tindouf et dans le
+Sahel. Les Aït Sạïd ont des résidences en ce lieu qui est leur
+berceau, mais une partie d’entre eux vit à Mogador.
+
+A Taourirt ou Selîman, nous recevons l’hospitalité du chikh du
+village. Le nom de chikh, chez les Chtouka et les Ilalen, signifie
+l’homme le plus riche du hameau ; tout petit centre, fût-il de
+3 ou 4 maisons, a son chikh ; il ne s’ensuit pas que cet individu
+soit un grand personnage. Dans le blad el makhzen, ces chikhs sont
+nommés ou acceptés par les qaïds ; leur considération n’en
+est pas augmentée et ils n’ont jamais que celle, passagère,
+qui s’attache à leur fortune.
+
+Chez les Chtouka, les armes sont les mêmes que chez les Ilalen,
+mais les vêtements changent : plus de khenîf ; chaque homme porte
+une chemise de cotonnade ou de laine blanche, un petit turban blanc
+laissant à nu le sommet de la tête, un ḥaïk ou un bernous de même
+couleur ; le bernous a une forme et un nom particuliers : il est très
+court et s’appelle _selḥam_. Pour les femmes, la toilette n’offre
+pas de modification, à l’exception du voile de laine noire qui
+disparaît. Le costume des Chtouka est celui des Ksima et des Ḥaḥa.
+
+Les Chtouka, comme les Ksima, les Ḥaḥa et les diverses tribus
+que j’ai traversées depuis Tizgi Ida ou Baloul, sont Imaziṛen
+(Chellaḥa) et parlent le tamaziṛt. Celles qui habitent la montagne,
+Isaffen, Iberqaqen, Ilalen, ne savent guère que cette langue ; parmi
+celles de la côte, chez les Ksima surtout, l’arabe est répandu.
+
+ 21 janvier.
+
+Départ à 8 heures et demie. Durant toute la journée, nous
+marcherons de concert avec une caravane que nous avons rencontrée
+hier au gîte. Bien que nous soyons en blad el makhzen, il est plus
+prudent d’aller en compagnie que de cheminer seuls. Après avoir
+traversé le kheneg à l’entrée duquel je m’étais arrêté hier,
+je trouve une immense plaine où je cheminerai jusqu’au soir ; plaine
+de sable rose, unie comme une glace, sans une pierre, sans une ride,
+sans une ondulation, s’étendant depuis le pied du Petit Atlas, où
+je suis, jusqu’à la mer d’une part, au Grand Atlas de l’autre,
+et traversée par l’Ouad Sous. La portion que j’ai devant moi,
+occupée presque tout entière par les Chtouka, est d’une fécondité
+admirable ; une partie est cultivée, l’autre est en pâturages et
+en forêts. Les cultures ne sont plus semées d’argans ; aucun arbre
+ne les ombrage : ce sont des successions de champs uniformes séparés
+par des haies vives ; çà et là, on y voit des puits ; et, auprès,
+quelques figuiers ; une multitude de hameaux s’y élèvent : dans
+les portions labourées, on en a sans cesse douze ou quinze en vue :
+ils sont ouverts et sans défense, les tours y sont rares ; ce sont des
+constructions de pisé rose, sans arbres aux alentours, si ce n’est
+des figuiers de Barbarie ; ils respirent la prospérité. Ces parties
+cultivées de la plaine forment une des contrées les plus fertiles
+et les plus peuplées du Maroc. Les portions boisées présentent un
+aspect tout différent : là, plus de champs, plus d’habitations ;
+des forêts d’argans séculaires étendent leur ombre sur la surface
+unie du sol, qui se couvre d’immenses pâturages ; pas un sillon,
+pas une maison n’interrompent la monotonie de ces vastes prairies,
+sous leur dôme de feuillage : seuls habitants de ces solitudes,
+on rencontre de loin en loin des troupeaux de vaches, de moutons et
+de chameaux, paissant sous les arbres. La principale de ces forêts
+s’appelle Targant n Ououdmim ; elle est célèbre par ses serpents :
+les Ạïssaoua y viennent de loin en faire leur provision.
+
+Cheminant ainsi, tantôt à travers le recueillement des grands bois,
+tantôt au milieu de riantes cultures et d’innombrables villages,
+je parviens vers le soir non loin de l’Ouad Sous. Je m’arrête
+à 5 heures dans un hameau, à quelque distance du fleuve.
+
+Je n’ai cessé de rencontrer beaucoup de monde sur le chemin. De
+toute la journée, il ne s’est pas présenté un seul cours d’eau,
+ni rivière ni ruisseau. J’ai passé par un marché, le Tenîn des
+Ida ou Mḥammed, où j’ai fait une halte assez longue.
+
+ 22 janvier.
+
+Départ à 6 heures et demie du matin. Je me dirige vers l’Ouad
+Sous ; d’ici là ce n’est qu’un vaste jardin : champs bordés
+de cactus, ombragés d’oliviers, de figuiers et d’argans,
+semés d’une foule d’habitations ; le chemin, garni de haies,
+serpente entre les vergers et les maisons qui se succèdent sans
+interruption. Au travers de cette riche contrée, j’arrive, à
+7 heures et demie, au bord du fleuve. Je le franchis à un gué :
+le lit, de sable, a 100 mètres de large ; 75 mètres sont à sec ;
+les 25 autres sont occupés par une nappe d’eau limpide, profonde de
+50 centimètres ; courant de rapidité moyenne. En amont et en aval du
+gué, le fleuve, gardant même largeur, change d’aspect : l’eau,
+moins courante et moins haute, s’étend sur la surface du lit dont
+le fond, devenu vaseux, se garnit de roseaux. Depuis l’endroit où
+je l’ai passé jusqu’à celui où je le perdrai de vue, l’Ouad
+Sous aura la même apparence : une bande de 100 mètres couverte de
+roseaux. Je descends la rive droite ; le sol est à peine à un mètre
+au-dessus du niveau de l’eau ; c’est du sable, tapissé de gazon et
+de joncs, et ombragé de tamarix. Ce terrain bas et humide, qui forme
+un ruban de 300 mètres le long du côté droit, peut être considéré
+comme faisant partie du lit. Au Tlâta des Ksima, je quitte les bords
+du fleuve et gagne un village voisin, résidence de Sidi Ạbd Allah
+d Aït Iaḥia, marabout d’Ez Zaouïa, de Tisint, depuis longtemps
+établi en cette région. Du Tlâta à sa demeure, ce ne sont que
+cultures, jardins et villages : au milieu de la verdure se dresse,
+dominant le pays, la haute maison blanche de Ḥadj El Ạrabi, vrai
+château, avec deux énormes tours que j’aperçois depuis Taourirt
+ou Selîman. Ḥadj El Ạrabi est un simple particulier, fort riche.
+
+A 8 heures et demie, nous sommes chez S. Ạbd Allah ; c’est un
+compatriote et un ami du Ḥadj ; nous comptons sur lui pour nous
+accompagner et nous protéger dans le Ḥaḥa, où il jouit, comme
+ici, d’une grande influence. En arrivant, nous apprenons qu’il
+est absent ; nous ne trouvons que son fils. Celui-ci, beau jeune homme
+d’une vingtaine d’années, Ḥarṭâni de couleur presque noire,
+nous accueille à merveille : le Ḥadj, excellent homme aimé de tous
+ceux qui le connaissent, est reçu à bras ouverts. Il est bientôt
+convenu que nous passerons là le reste de la journée ; le lendemain
+nous nous remettrons en route, accompagnés par le jeune marabout,
+qui nous escortera jusqu’à Mogador.
+
+ 23 janvier.
+
+Départ à 9 heures. D’ici à Agadir Iṛir, la plaine où je
+suis depuis avant-hier se continue ; elle est couverte partie de
+cultures, partie de pâturages : ces derniers sont semés çà et
+là de jujubiers sauvages ; plus d’argans. A 10 heures et demie,
+le pays devient désert ; on entre dans un fourré d’arbres et
+de broussailles, petits argans et jujubiers sauvages. A 11 heures,
+après avoir franchi quelques dunes de sable de 8 à 10 mètres de
+haut, je me trouve au bord de la mer. Je longe le rivage jusqu’à
+Agadir. Le chemin passe au-dessous de cette ville, à mi-côte entre
+elle et Founti : Founti est un hameau misérable, quelques cabanes de
+pêcheurs ; Agadir, malgré son enceinte blanche qui lui donne un air
+de ville, est, me dit-on, une pauvre bourgade, dépeuplée et sans
+commerce. A partir de là, je suis la côte, cheminant à mi-hauteur
+de la falaise qui la borde ; elle n’est ni très haute ni très
+escarpée : c’est un talus pierreux, parfois rocheux, tapissé
+de broussailles basses et d’herbages ; le jujubier sauvage et la
+taçouout y dominent. Vers 2 heures moins un quart, je descends pour
+traverser, à quelques mètres de son embouchure, l’Asif Tamrakht :
+la vallée en est remplie de cultures ; plusieurs villages s’y
+voient à quelque distance. La rivière forme deux bras, larges l’un
+de 15 mètres, l’autre de 50 ; tous deux ont un lit de sable ; le
+premier est à sec, des flaques d’eau sont dans le second. Au delà
+je reprends mon chemin le long de la falaise. Vers 3 heures, celle-ci
+change d’aspect : elle devient plus rocheuse et se couvre d’argans
+de 4 à 6 mètres de haut ; je cesse de la suivre et je monte vers sa
+crête. J’y parviens à 4 heures moins un quart ; c’est la fin
+de la forêt : je suis à la lisière d’un plateau à ondulations
+légères, couvert en grande partie de cultures qu’ombragent des
+argans comme chez les Ilalen ; une multitude de bâtiments isolés,
+de groupes de maisons y apparaissent. Je fais halte à 4 heures,
+à une des premières habitations. C’est une nezala. On donne
+ici ce nom à des postes habités par des familles attachées au
+makhzen, qui ont pour devoir d’assurer la sécurité des routes
+et sont autorisées à percevoir de faibles droits de péage. Ces
+nezalas sont installées dans un petit nombre de tribus soumises :
+elles ne font régner qu’une demi-sûreté ; ici, comme ailleurs,
+les étrangers n’osent guère voyager seuls.
+
+[Illustration : Agadir Irir. (Vue prise du sud-est de la ville.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Entré dans la tribu des Ḥaḥa ce matin, à Agadir, j’y resterai
+jusqu’à mon arrivée à Mogador. Ce que j’ai aperçu de leur
+territoire donne une idée complète de ce que j’en verrai dans la
+suite. Leur pays peut se diviser en quatre portions : 1o les falaises
+du rivage, partout telles que je les ai vues ; 2o des vallées,
+à fond cultivé et semé de villages ; 3o des côtes : toutes sont
+boisées d’argans ; le sol en est partie de la terre, partie une
+roche blanche ; les pentes, assez raides, en sont sillonnées de
+ravins escarpés ; sous les argans, poussent des jujubiers sauvages
+et mille sortes d’herbes, et vivent des quantités énormes de
+gibier, perdreaux innombrables, sangliers, lièvres, lynx, etc. ; 4o
+des plateaux : ils forment la quatrième portion du territoire et la
+plus importante ; ces terrasses ressemblent à celle d’Afikourahen ;
+elles sont moins accidentées, ne présentent que des ondulations
+légères, et ne sont pas peuplées partout : la majeure partie
+de leur surface est couverte de cultures, champs d’orge et de
+blé plantés d’argans comme ceux du bas territoire des Ilalen ;
+au milieu des labours s’élèvent une foule d’habitations,
+dispersées une à une ou par deux ou trois. Chez les Ḥaḥa,
+non seulement on ne trouve pas de centre de quelque importance,
+mais on ne voit point les hameaux des Chtouka et des Ilalen ; les
+maisons se dressent isolées au milieu des champs, ou réunies par
+très petits groupes : elles sont en pisé blanc ; celles des riches
+sont bien construites, avec des encadrements de portes en pierres
+de taille et de hautes tours carrées, à angles et couronnement
+de pierre : la contrée fournit en abondance une pierre blanche,
+tendre, facile à travailler, mais peu solide, qui sert pour ces
+édifices. Les cultures, parfois serrées sur une longue étendue,
+ailleurs clairsemées, occupent les 2/3 de la surface des plateaux ;
+le reste est garni de pâturages, avec des bouquets d’argans et,
+par places, de grands genêts blancs. Je n’y ai vu qu’une forêt,
+la Ṛaba Ida ou Gerṭ, à la porte de Mogador. Le sol est de terre
+blanche mêlée de beaucoup de pierres. Ces hautes terres, où sont
+concentrées la plupart des cultures et des habitations des Ḥaḥa,
+n’ont d’autre eau que celle des medfias.
+
+ 24 janvier.
+
+Départ à 7 heures et demie du matin. Arrêté à 5 heures du soir,
+sur les bords de l’Ouad Aït Ạmer. Ma route s’est effectuée
+successivement dans les diverses régions que je viens de décrire,
+sans donner lieu à aucune remarque nouvelle. La seule chose à noter
+est la composition d’une portion de la falaise, entre la nezala où
+j’ai passé la nuit et le fondoq qui est au-dessous, sur la côte ;
+la partie supérieure de cette falaise est formée d’énormes blocs
+de coquillages agglomérés ; là, pendant quelque temps, on ne voit
+trace ni de terre ni de roche : tout le sol n’est fait que de ces
+coquillages pétrifiés ; le chemin passe sur leur surface.
+
+J’ai rencontré peu de monde aujourd’hui et n’ai traversé
+aucun cours d’eau important.
+
+ 25 janvier.
+
+Départ à 8 heures du matin. Arrêté à 4 heures du soir,
+à la maison de Ḥadj Ạbd el Malek. On voit plus de passants
+qu’hier. Traversé l’Ouad Aït Ạmer (lit de gros galets, de
+50 mètres de large, avec un filet d’eau courante de 2 mètres) ;
+cette rivière est la seule que j’aperçoive de la journée.
+
+ 26 janvier.
+
+Séjour chez Ḥadj Ạbd el Malek.
+
+ 27 janvier.
+
+Départ à 7 heures du matin. Arrêté à 6 heures du soir, chez un
+ami de notre marabout. Le pays reste tel que je l’ai décrit.
+
+J’ai traversé plusieurs petits cours d’eau : l’Asif Ida
+ou Gelloul (ruisseau desséché ; 6 mètres de large), l’Ouad
+Aït Bou Zoul (40 mètres de large ; à sec), l’Ouad Ijaṛiren
+(3 mètres de large ; à sec ; affluent de l’Ouad Aït Bou Zoul),
+l’Ouad Imaṛiren (15 mètres de large ; à sec ; le cours supérieur
+traverse des gisements de sel, non loin d’une source d’eau vive,
+Ạïn Imaṛiren, la seule que j’aie vue dans le Ḥaḥa), l’Ouad
+Ida ou Isaṛen (à sec ; 15 mètres de large près de son confluent),
+l’Ouad Tidsi (30 mètres de large ; à sec).
+
+ 28 janvier.
+
+Départ à 7 heures et demie du matin. A 8 heures, j’entre dans
+une vaste forêt ombrageant d’immenses pâturages : c’est Ṛaba
+Ida ou Gerṭ, lieu désert, célèbre par les brigandages qui s’y
+commettent. J’en sors à 11 heures et demie ; au-delà je franchis
+une petite plaine, en partie couverte de genêts ; puis des dunes de
+sable me conduisent par une pente douce au bord de la mer. A midi
+et demi, je traverse l’Ouad Ida ou Gerṭ. A 1 heure, j’entre
+à Mogador.
+
+Aussitôt arrivé, j’allai au Consulat de France. J’y fus reçu
+par le chancelier, M. Montel. Ce que fut pour moi M. Montel durant
+mon séjour à Mogador, les services de tout genre qu’il me rendit,
+rien ne saurait l’exprimer. Puisse tout voyageur, en pareille
+circonstance, rencontrer même accueil, même sympathie, même
+appui ! Heureux ceux dont le pays est représenté par des hommes
+semblables, en qui un compatriote inconnu trouve dès le premier jour,
+avec la bienveillance et la protection du magistrat, le dévouement
+d’un ami.
+
+
+[Note 86 : On dit indifféremment _Ilalen_ et _Ilala_ ; Ilala est
+la forme arabe, Ilalen la forme tamaziṛt. Dans le sud du Maroc,
+un grand nombre de noms de tribus sont également usités sous ces
+deux formes : ainsi on dit Seketâna ou Isektân, Zenâga ou Iznâgen,
+Ḥaḥa ou Iḥaḥan, Ounila ou Iounilen, Ikhzama ou Ikhzamen, etc.]
+
+[Note 87 : Tizgi Ida ou Baloul n’a rien de commun avec les Ida ou
+Blal. Il n’y a entre les deux noms qu’une similitude fortuite.]
+
+[Note 88 :
+
+[Illustration]
+
+Ces citernes portent le nom de _medfia_, au pluriel _medâfi_. Chez les
+Isaffen et surtout chez les Iberqaqen, les Ilalen, les Chtouka, les
+Ḥaḥa, on en rencontre une quantité prodigieuse ; les parties de
+ces quatre dernières tribus que je traverserai ne sont alimentées que
+par l’eau des citernes. Aussi ces constructions utiles y sont-elles
+soignées et est-on arrivé à un certain degré de perfection dans
+leur aménagement : elles sont maçonnées en pierre et quelquefois
+creusées dans le roc. Voici la coupe et la projection du modèle le
+plus usité.]
+
+
+
+
+ VII
+
+ DE MOGADOR A TISINT.
+
+
+ 1o. — DE MOGADOR A DOUAR OUMBAREK OU DEHEN.
+
+
+Mogador, dont le nom est écrit en grosses lettres sur nos cartes, est
+loin d’être le port important que nous pourrions nous figurer. Celui
+qui s’attendrait à trouver une ville en relations constantes avec
+l’Europe serait déçu. En hiver surtout, les moyens de communiquer
+sont rares et irréguliers. Au bout de 45 jours seulement, je reçus
+de Paris la réponse à des lettres expédiées le lendemain de mon
+arrivée. Cet état tient au peu de commerce que fait aujourd’hui
+Mogador : ce port n’a plus d’affaires qu’avec les Chiadma,
+les Ḥaḥa, les Chtouka, les Ilalen, le Sahel, Tindouf, et par
+là Timbouktou. Il possède le monopole de la majeure partie du
+trafic du Soudan, de celui qui se fait par les Tajakant. C’est
+le plus bel apanage qui lui reste. Quant au bassin du Sous, quant
+au Sahara occidental et central, de l’Ouad Aqqa à l’Ouad Ziz,
+ils font leurs achats à Merrâkech, et cette capitale reçoit tout
+de Djedida (Mazagan). Le grand centre commercial du Maroc est la
+ville de Merrâkech : au sud de l’Atlas, Fâs fournit le cours de
+l’Ouad Ziz et la région du Sahara qui est à l’est de ce fleuve ;
+Mogador approvisionne le Sahel et la petite portion du bassin du Dra
+située à l’ouest de l’Ouad Aqqa ; Merrâkech alimente tout le
+bassin du Sous, l’immense bassin du Dra, sauf les réserves que nous
+venons de faire, et jusqu’aux districts arrosés par les affluents
+de droite du Ziz, tels que le Todṛa et le Ferkla.
+
+Aussitôt que j’eus reçu les lettres que j’attendais de France,
+je me mis en route vers le sud pour regagner Tisint. Mon ami le
+Ḥadj m’avait attendu : cette fois je partais seul avec lui ;
+il avait renvoyé son compagnon.
+
+ Du 14 au 20 mars 1884.
+
+Partis de Mogador le 14 mars, avec le fils de S. Ạbd Allah d
+Aït Iaḥia, que son père nous avait donné comme escorte, nous
+arrivâmes à la maison des religieux, dans la tribu des Ksima,
+le 20 du même mois. Des pluies torrentielles qui étaient tombées
+pendant une partie de cette période avaient entravé notre marche ;
+c’est pourquoi nous avions mis sept jours à parcourir une distance
+qui se franchit d’ordinaire en quatre. Nous avions suivi une route
+différente de la première, mais qui n’avait donné lieu à aucune
+remarque nouvelle. Par suite des pluies, les rivières s’étaient
+grossies : là où un mois et demi auparavant je n’avais vu que des
+lits desséchés, je trouvais des torrents impétueux. L’Ouad Aït
+Ạmer, que je traversai au même point qu’à l’aller, formait
+une rivière large de 20 mètres, profonde de 70 centimètres et si
+rapide que j’eus beaucoup de peine à la passer.
+
+Aussitôt parvenus à la demeure de notre compagnon, celui-ci nous
+chercha un de ses parents, marabout originaire de Mrimima et ami du
+Ḥadj. Ce marabout, S. Iaḥia Bou Ḥebel, moins grand personnage que
+Sidi Ạbd Allah, est plus connu que lui dans la région nouvelle où
+nous allons entrer : comme S. Ạbd Allah a ses serviteurs religieux
+parmi les Ksima et les Ḥaḥa, il a les siens chez les Imseggin et
+les Houara. Il fut convenu qu’il nous escorterait jusqu’à Douar
+Oumbarek ou Dehen. Ce point se trouve sur la rive droite de l’Ouad
+Sous, à quelque distance du fleuve, au nord-est d’Igli.
+
+ 21 mars.
+
+Départ à 7 heures du matin, en compagnie de Sidi Iaḥia. Je
+remonte l’Ouad Sous, à 1 ou 2 kilomètres de sa rive droite. Je
+le verrai toute la journée, serpentant au milieu des tamarix,
+entouré de cultures, avec de grands oliviers ombrageant son cours
+et deux rangées de villages échelonnés sur ses rives. Ce qu’il
+sera aujourd’hui, il le restera jusqu’au delà d’Igli. Le
+fleuve, avec sa bordure de champs, d’arbres et d’habitations,
+forme une large bande verte se déroulant au milieu de la plaine,
+10 mètres au-dessous du niveau général. Un talus à 1/2 relie la
+dépression au sol environnant. Je marche au nord du talus, dans la
+plaine du Sous. C’est une surface immense, unie comme une glace, au
+sol de terre rouge sans une pierre ; elle s’étend entre le Grand
+et le Petit Atlas, depuis la mer jusqu’au haut du Ras el Ouad ;
+la largeur en est énorme : d’autant plus grande qu’on descend
+davantage, elle est ici de 40 kilomètres et sera encore de 12 chez
+les Menâba. La vallée du Sous demeurera la même durant les trois
+jours que je vais la remonter : plaine d’une fertilité merveilleuse,
+enfermée entre deux longues chaînes, dont l’une, moins élevée et
+à crêtes uniformes, borne au sud l’horizon d’une ligne brune,
+tandis que l’autre, s’élançant dans les nuages, élève à
+pic au-dessus de la campagne ses massifs gigantesques aux flancs
+bleuâtres, aux cimes blanches[89].
+
+La plaine du Sous, toute d’une admirable fécondité, est loin
+d’être cultivée en entier. Pendant que champs, jardins et villages
+se pressent sans interruption sur les rives du fleuve, ils sont très
+inégalement répartis dans le reste de la vallée. Le sol de celle-ci
+est occupé partie par des cultures, partie par des prairies, partie
+par des forêts ; nulle part il n’est nu ; partout cette terre
+généreuse se tapisse d’une verdure abondante. La portion que je
+traverse aujourd’hui peut se diviser en trois régions de longueurs
+inégales : dans la première, les cultures occupent un tiers du sol ;
+le reste est couvert de broussailles et de pâturages : des bouquets de
+grands argans croissent çà et là ; de nombreux troupeaux de vaches
+paissent dans les prés ; de temps à autre on rencontre un village,
+mais ils sont peu nombreux. C’est le territoire des Imseggin. La
+seconde région est une vaste forêt, faisant limite entre les
+Imseggin et les Houara : épais bois d’argans ; quelques villages
+y apparaissent de loin en loin dans des clairières ; peu de monde,
+point de troupeaux ; le sol, sec jusqu’ici, devient détrempé par
+endroits : de petites mares, des flaques d’eau le sèment ; les
+argans ont 4 à 5 mètres de haut ; ils ne rappellent, non plus que
+ceux des Ḥaḥa, les magnifiques arbres des Chtouka et des Ilalen :
+à leur ombre croît une végétation abondante, broussailles et herbe
+émaillée d’une multitude de fleurs. En sortant de la forêt, on
+entre sur le territoire des Houara ; une nouvelle région commence :
+les arbres, qui étaient si nombreux, deviennent rares ; point de
+cultures, si ce n’est aux abords des villages : une immense prairie,
+semée de flaques d’eau, s’étend de l’Ouad Sous au pied du
+Grand Atlas ; des villages, des fermes isolées sont en vue : les uns
+et les autres, comme tous les lieux habités que j’ai rencontrés
+aujourd’hui, sont entourés d’une ceinture de cactus, de quelques
+champs d’orge et de plantations d’oliviers.
+
+A 6 heures du soir, j’arrive au grand village d’Oulad Seṛeïr,
+où S. Iaḥia a une maison ; je m’y arrête.
+
+J’ai rencontré partout, excepté dans la forêt, beaucoup de gens
+sur ma route. Tous baisaient pieusement la main de mon marabout,
+reconnaissable, comme la plupart de ceux du Sous, à une longue canne
+ferrée, surmontée d’une pomme de cuivre, sorte de crosse qui
+ne le quitte pas. Mon protecteur paraît un bon homme, mais c’est
+le plus enragé fumeur de kif qui soit au monde. Peu de localités,
+sur notre passage, où il n’eût un ami, fumeur comme lui. Sitôt
+qu’on approchait d’un de ces points, il me quittait, prenait le
+pas gymnastique, entrait au village, se faisait donner une pipe, la
+fumait et me rejoignait : malgré ses soixante-huit ans, il fit plus
+de dix fois ce manège pendant le trajet. J’ai traversé deux cours
+d’eau importants : l’Ouad el Ḥamerin (il arrose, au-dessus
+d’ici, la tribu des Ḥamerin, qui, dit-on, doit ce nom à la
+couleur rouge du sol de son territoire. C’est une belle rivière :
+eau de 30 mètres de large et de 80 centimètres de profondeur ;
+courant rapide ; lit de 40 mètres, moitié sable, moitié galets ;
+berges de terre à 1/1, hautes de 3 mètres, couvertes de gazon,
+de lauriers-roses et de tamarix) ; l’Ouad Semnara (lit de sable de
+40 mètres ; berges de 3 mètres de haut à 1/1. L’eau n’a que
+3 mètres de large ; elle est limpide et courante).
+
+Durant la marche dans les diverses tribus, Ksima, Imseggin et Houara,
+dont j’ai traversé les territoires, trois choses m’ont frappé :
+l’horizontalité du sol dans cette large vallée du Sous, la richesse
+de la végétation, enfin la force des bestiaux : ce ne sont plus les
+petites vaches de l’Algérie et du Sahara Marocain, mais de beaux
+animaux comme ceux des environs de Tanger, des Zaïan et d’Europe.
+
+ 22 mars.
+
+Séjour à Oulad Seṛeïr.
+
+La tribu des Houara, dont j’ai traversé une partie avec
+l’escorte d’un pauvre marabout, est célèbre et redoutée pour
+ses brigandages. J’ai eu un rare bonheur de ne point y faire de
+mauvaise rencontre. Les pillages y sont aussi fréquents que jamais,
+bien que, depuis 1882, elle fasse partie du blad el makhzen. Elle est
+commandée par un qaïd dont l’autorité s’étend sur tout son
+territoire, comprenant les deux rives de l’Ouad Sous. La plupart des
+Houara habitent des fermes isolées ; les autres résident dans des
+villages d’une forme particulière à la tribu. Les maisons en sont
+séparées, et entourées chacune d’une haie circulaire de jujubiers
+sauvages ou de cactus. Avec cet usage, les moindres localités occupent
+une grande étendue ; il y en a d’importantes : celle où je suis
+a 120 feux. Aucun lieu habité qui ne soit environné de cultures et
+de jardins ; comme arbres, croissent des figuiers, des grenadiers,
+des oliviers. Les demeures, vastes, sont la plupart flanquées de
+deux tours ne dépassant pas en hauteur les murs du bâtiment ;
+on construit en pisé ; on couvre en terrasse.
+
+La tribu des Imseggin, que j’ai traversée hier, se divise, me
+dit-on, en onze fractions.
+
+Une grande activité commerciale règne en cette région ; témoin
+le nombre de marchés : on va d’ici à 8 marchés différents :
+Arbạa Ḥamerin, Khemîs Oulad Daḥou, Djemạa Amzou, Sebt el
+Kefifat, Ḥad Menizela, Tenîn Oulad eṭ Ṭeïma, Tlâta Ḥafaïa,
+Sebt el Gerdan.
+
+ 23 mars.
+
+Le pays à parcourir aujourd’hui est encore dangereux ; S. Iaḥia
+prend avec lui, comme renfort, un de ses fils qui demeure à Oulad
+Seṛeïr. Départ à 6 heures du matin. Les arbres recommencent ;
+on voit quelques prairies, mouchetées de bouquets d’argans : la
+majeure partie du sol, jusqu’à 10 heures et demie, est couverte
+de bois ; ces forêts sont semblables à celles d’avant-hier :
+mêmes essences, mêmes déserts ombragés, mêmes rares clairières
+où apparaît un village entouré de cultures ; le peu de prairies
+qui s’aperçoivent sont semées d’un grand nombre de fermes
+isolées ; à partir d’Oulad Seṛeïr, le terrain redevient
+sec : plus de flaques d’eau. A 10 heures et demie, forêts et
+pâturages cessent ; j’entre dans des labourages qui ne tardent
+pas à occuper toute la surface du sol ; ce sont des champs d’orge
+et de blé auxquels se mêlent des plantations d’oliviers, de plus
+en plus étendues à mesure que l’on avance. Une foule de villages
+s’élèvent de toutes parts. Bientôt apparaît une longue ligne
+noire, forêt d’oliviers d’où émerge le faîte d’un minaret :
+c’est Taroudant. A midi et demi, j’arrive au pied des murs. Je
+les longe sans entrer dans la ville. L’enceinte de Taroudant est
+construite en pisé jaune ; elle a 5 à 6 mètres de haut, et 40
+centimètres environ d’épaisseur ; elle est pleine de lézardes
+et, bien que sans brèches, en mauvais état. Pour sa portion sud,
+dont j’ai suivi les sinuosités, j’ai constaté l’exactitude du
+tracé de M. Gatell[90]. Taroudant me paraît située à un point où
+la vallée du Sous se resserre brusquement sur une courte longueur,
+à un kheneg en un mot, mais kheneg peu accentué. Il semble que
+plusieurs chaînes de hauteurs parallèles au fleuve se détachent
+en face d’ici du pied du Petit Atlas et viennent expirer, près de
+l’Ouad Sous, en collines sablonneuses boisées d’argans. Aucun
+cours d’eau n’arrose la ville ; elle est alimentée par de larges
+canaux dérivés du fleuve.
+
+A 1 heure, je quitte les murs de la capitale du bas Sous. Jusqu’à
+2 heures et demie, le chemin, entouré de haies d’églantiers,
+serpente entre des champs et des plantations d’oliviers, au
+milieu de villages. Les environs de Taroudant sont d’une richesse
+extrême. Dès qu’il est labouré, ce sol admirable de la vallée du
+Sous, dont une grande partie reste inculte, devient d’une fertilité
+merveilleuse. A 2 heures et demie, je m’arrête chez des amis de
+S. Iaḥia, dans une petite zaouïa.
+
+Peu de monde sur ma route jusqu’à 10 heures et demie, beaucoup
+depuis. J’ai traversé deux cours d’eau importants : l’Ouad
+Beni Mḥammed (au point où je le passe, il se divise en trois
+bras : le bras occidental a un lit de 40 mètres, gravier et sable,
+à sec ; berges de 75 centimètres ; le bras central est semblable
+au précédent ; le bras oriental a 60 mètres de large ; lit de
+galets ; à sec ; les deux premiers sont séparés par une langue de
+terre couverte de pâturages et de tamarix, les deux derniers par une
+surface où ne poussent que des touffes de melbina. Cette rivière
+n’a d’eau que d’une façon passagère, au moment des pluies) ;
+l’Ouad El Ouaạr (à sec ; lit de gravier de 60 mètres ; berges
+de sable, à pic, de 10 mètres de hauteur).
+
+ 24 mars.
+
+Départ à 7 heures du matin. Je continue à cheminer à quelque
+distance au nord de l’Ouad Sous, hors de la bande de plantations et
+de villages qui le bordent ; la vallée reste ce qu’elle était hier,
+toujours plate, toujours sans une pierre ; comme on l’a dit, elle se
+rétrécit par degrés. Jusqu’au territoire des Menâba, le sentier
+parcourt une succession de cultures, de pâturages, de taillis et de
+bois d’argans ; on passe auprès de nombreux hameaux ; à chaque pas
+on rencontre des troupeaux de bœufs. A partir de la frontière des
+Menâba, bois et broussailles cessent ; on trouve quelques pâturages,
+mais la majeure partie du sol est occupée par des champs d’orge
+ou de blé ; les villages sont en plus grande quantité que jamais :
+comme tous ceux de la vallée du Sous, ils sont en pisé rouge, plus
+on moins foncé ; dans quelques-uns s’élève une tour, distinguant
+la demeure d’un homme riche, d’un chikh. Ils sont bien bâtis,
+bien entretenus, non élégants ; murs nus, sans ornements. Depuis
+Taroudant, les cactus qui les entouraient chez les Houara, les
+Chtouka, les Imseggin et les Ksima, ont disparu ; une sombre ceinture
+d’oliviers les enveloppe. En marchant dans cette riche contrée, je
+parviens aux campements des Oulad Dris. Je m’y arrête à 6 heures du
+soir, dans le douar d’Oumbarek ou Dehen. Le maître de la principale
+tente, vieil ami du Ḥadj, m’offre l’hospitalité. Beaucoup de
+passants aujourd’hui sur mon chemin. Pendant les dernières heures de
+marche, j’ai franchi un grand nombre de canaux, les uns souterrains
+(feggaras), les autres à ciel ouvert ; ils apportent l’eau de la
+montagne aux cultures de la plaine. J’ai traversé trois rivières
+importantes : l’Ouad Ziad (lit de 500 mètres de large où coulent,
+sur un fond moitié gravier, moitié sable, six bras d’eau de 2
+mètres chacun ; eau claire ; courant rapide) ; l’Ouad Talkjount
+(lit de 40 mètres, moitié sable, moitié galets ; flaques d’eau au
+milieu ; berges de terre de 3 mètres de haut) ; l’Ouad Bou Srioul
+(lit de gravier de 50 mètres ; nappe d’eau courante de 3 mètres ;
+berges de terre de 3 mètres).
+
+ 25 mars.
+
+Séjour chez les Oulad Dris. Ceux-ci sont une petite tribu nomade
+isolée campant au nord-est des Menâba, entre ces derniers et les
+Talkjount. Indépendants autrefois, ils ont suivi le sort du reste
+du Ras el Ouad et, en 1882, se sont soumis au sultan. Celui-ci les
+a placés sous la dépendance du qaïd des Menâba. Les Oulad Dris
+labourent, mais leur fortune principale consiste en troupeaux de
+chameaux. Ils se disent de race arabe ; leur langue est l’arabe,
+la plupart savent aussi le tamaziṛt. Ils sont en rapports constants
+avec le sud, avec Tatta, Tisint, Aqqa, ont des alliances avec les Aït
+Jellal et les Ida ou Blal. Leur costume est plutôt celui du Sahara
+que celui du Sous : un turban de khent ceint leur tête ; comme linge,
+ils ne portent que du khent ; leurs vêtements de dessus sont soit
+le ḥaïk blanc, soit le selḥam, le kheidous ou le khenîf.
+
+Dans les autres tribus du Sous que j’ai traversées, Ksima,
+Imseggin, Houara, Oulad Iaḥia, Aït Iiggas, Menâba, ainsi que
+chez les Indaouzal, les hommes portent une chemise blanche, de
+laine ou de cotonnade, et un ḥaïk de même couleur ; ce dernier
+se remplace souvent par le selḥam ou le khenîf ; la tête reste
+nue, ou s’entoure d’un mince turban blanc. Les femmes portent le
+vêtement général des Marocaines ; il est chez la plupart en khent,
+chez les autres en laine ou cotonnade blanche ; le khent passe pour
+le plus élégant. Les armes se composent du long fusil que l’on
+connaît, à crosse large ou étroite, et du poignard recourbé,
+_qoummia_ ; on met la poudre dans des cornes de cuivre. Les chevaux,
+sans être nombreux, ne sont pas rares dans ces tribus. Bien qu’elles
+appartiennent maintenant au blad el makhzen, les usages y sont les
+mêmes qu’en blad es sîba : on n’y sort pas des villages sans
+être armé, on n’y voyage pas sans zeṭaṭ ; les fractions s’y
+font journellement la guerre entre elles, et les routes y offrent
+en certaines parties plus de périls que dans bien des régions
+insoumises : il est peu de tribus indépendantes plus dangereuses à
+traverser que les Houara. Pendant mon séjour à Oulad Seṛeïr, on se
+battait aux environs : j’entendis la fusillade toute la journée :
+deux fractions étaient aux prises ; le combat finit à la nuit,
+par la prise et la destruction d’un village.
+
+Les Ksima, les Imseggin, les Oulad Iaḥia, les Aït Iiggas, les
+Menâba et les Indaouzal parlent le tamaziṛt ; les Houara parlent
+l’arabe. Chez les premiers, la langue arabe est assez répandue,
+surtout parmi les Ksima et les Imseggin. Elle l’est très peu chez
+les seuls Indaouzal.
+
+
+ 2o. — DE DOUAR OUMBAREK OU DEHEN A TISINT.
+
+
+ 26 mars.
+
+Départ à 5 heures du matin. Notre hôte nous donne son fils pour
+nous escorter jusqu’à Iliṛ. Nous avons à traverser la vallée
+du Sous et une partie du Petit Atlas, sur le versant méridional
+duquel se trouve le qçar. La marche d’aujourd’hui se divise
+en deux parties, la première en plaine, la seconde en montagne. En
+quittant Douar Oumbarek ou Dehen, je prends la direction du sud-est,
+de façon à couper presque perpendiculairement la vallée de l’Ouad
+Sous. Jusqu’au fleuve, des pâturages et des broussailles de
+jujubier sauvage se succèdent, dominés çà et là par des bouquets
+d’argans. Je passe en vue de plusieurs villages, se distinguant à
+peine au milieu de leurs ceintures d’oliviers. Vers 6 heures un
+quart, j’arrive à l’Ouad Sous ; les deux rives sont bordées
+de cultures, de villages et de jardins, mais l’aspect du lit est
+différent de ce qu’il était plus bas. La largeur en est de près
+d’un kilomètre ; le fond est de gros galets, avec de rares places
+sablonneuses ; ni roseaux ni joncs, aucune trace de verdure. Au milieu
+de cette surface grise coule le fleuve, en trois bras : le premier
+n’a que 2 mètres d’eau ; le second en a 15 avec 40 centimètres
+de profondeur et un courant très rapide ; le troisième a 35 mètres
+de large et 1m,20 de profondeur : gonflé par des pluies récentes,
+il forme des vagues énormes, et le courant en est si impétueux
+que nous ne pouvons le franchir seuls : des habitants d’un village
+voisin viennent à notre secours, nous indiquent un gué, où les eaux,
+divisées en plusieurs canaux, n’ont au principal qu’un mètre
+de profondeur, et nous aident à traverser : c’est une opération
+longue et difficile, tant l’onde a de violence. Le gué se trouve
+en face du hameau de Tafellount. Le lit du Sous est séparé des
+plantations de ses rives par des berges de terre à pic, hautes de
+1m,50. Après avoir passé, je me remets à marcher dans la plaine ;
+elle garde un même aspect d’ici au pied du Petit Atlas : prairies
+semées de jujubiers sauvages et de rares argans ; nombreux perdreaux ;
+point de lieux habités ; il n’y a de cultures que le long du fleuve.
+
+A 9 heures un quart, j’arrive aux premières pentes du Petit
+Atlas ; à son pied se trouvent quelques champs, et à mi-côte des
+villages. J’entre dans la montagne par une plaine triangulaire que
+traverse l’Ouad Tangarfa ; elle est couverte de pâturages avec
+jujubiers sauvages et argans, semblables à ceux dont nous sortons ;
+le sol, terreux jusqu’à présent, commence à se semer de pierres
+qui bientôt deviennent nombreuses. On passe devant des medfias : il
+n’y en a point dans la vallée du Sous ; les portions de celle-ci
+qui ne sont pas alimentées par le fleuve ou ses tributaires le
+sont par des ṛedirs et des canaux : les ṛedirs servent à la
+boisson, les canaux à l’irrigation des cultures. Parvenu à
+l’extrémité de la plaine où je me suis engagé, je remonte
+la vallée de l’Ouad Tangarfa ; puis je la quitte, et je remonte
+celle d’un de ses affluents jusqu’au qçar de Tagerra. Ces deux
+vallées sont pareilles : le fond en est nu et pierreux, d’une
+largeur variant entre 30 et 150 mètres ; les flancs sont des côtes
+raides, hérissées de roches, boisées d’argans, de 200 mètres
+de hauteur ; les lits sont presque partout à sec ; parfois il y
+coule un filet d’eau large au plus de 1 mètre. Le chemin ne quitte
+pas les thalwegs et est facile. Au-dessus de Tagerra, l’étroite
+vallée que je suis devient un ravin impraticable, où un ruisseau
+bondit par cascades au milieu des rochers. Je quitte le fond à ce
+village et gravis le flanc droit ; montée difficile : le terrain
+n’est que roches, aux fentes desquelles poussent de rares argans ;
+plusieurs sources d’eau vive jaillissent du sol. Enfin j’arrive
+à la crête, et bientôt après à un col. Je me mets à descendre
+une petite vallée, celle de l’Ouad el Ạsel : elle n’a pas
+20 mètres de large ; des talus de roche rose la bordent des deux
+côtés ; ils sont peu élevés et en pente douce ; des qçars et un
+étroit ruban de cultures ombragées d’amandiers s’échelonnent sur
+leurs premières pentes, le long de l’ouad. Cette nouvelle région
+diffère de la précédente ; le col que j’ai franchi marque la
+limite entre deux portions du Petit Atlas : jusqu’à lui, toutes
+les côtes étaient boisées d’argans ; à partir d’ici, cet arbre
+disparaît : je ne le verrai plus ; du col à Tisint, les flancs des
+montagnes seront une roche nue. Autre changement : dans la plaine du
+Sous les villages étaient ouverts ; ici recommencent les qçars.
+
+Vers 4 heures, l’Ouad el Ạsel débouche dans une plaine
+verdoyante, entourée de hauteurs dénudées ; je la traverse :
+c’est une surface unie, au sol sablonneux couvert de pâturages ;
+elle s’étend entre l’Ouad el Ạsel et l’Ouad Aït el Ḥazen,
+et se prolonge jusqu’à leur confluent. J’atteins au bout d’une
+heure la dernière des deux rivières, et je la remonte jusqu’au
+grand village d’Amzoug. Là je fais halte, à 7 heures et demie
+du soir. Un ami de notre guide nous reçoit. La vallée de l’Ouad
+Aït el Ḥazen, dans la partie que j’ai parcourue, a 500 à 600
+mètres de large au fond, cultivés en entier ; les flancs sont des
+talus hauts et escarpés de grès noirci, comme celui des environs de
+Tazenakht. Dans le bas j’ai rencontré plusieurs grands villages
+ou qçars d’aspect prospère, entourés de vergers. La rivière a
+60 mètres ; lit de gros galets sans eau.
+
+La plaine que j’ai traversée de 4 à 5 heures forme limite entre
+les Aït el Ḥazen et les Indaouzal. Au sortir du territoire de
+ces derniers, j’ai quitté le blad el makhzen et suis rentré en
+blad es sîba. Les Aït el Ḥazen sont indépendants ; autrefois
+alliés des Aït Semmeg, ils le sont maintenant des Ounzin. Ils sont
+Chellaḥa comme ces deux tribus et comme les Indaouzal, et parlent le
+tamaziṛt : à peine quelques-uns d’entre eux savent-ils l’arabe.
+
+Peu de monde sur mon chemin, excepté au bord de l’Ouad Sous et
+dans les vallées des ouads el Ạsel et Aït el Ḥazen. Parmi les
+rivières que j’ai traversées, il en est une que je n’ai pas
+décrite : l’Ouad el Amdad : il a un lit de galets de 100 mètres
+de large ; au milieu coulent 15 mètres d’eau claire et courante ;
+des berges de terre à pic, de 2 mètres de haut, le bordent. Les
+villages et qçars rencontrés au sud de l’Ouad Sous sont bâtis
+mi-pierre, mi-pisé.
+
+ 27 mars.
+
+Départ à 5 heures du matin. Notre hôte de cette nuit nous
+accompagne ; il nous escortera jusqu’au col d’Azrar. Je continue à
+remonter l’Ouad Aït el Ḥazen : la vallée, qui reste d’abord
+ce qu’elle était hier, se met ensuite à se rétrécir ; puis
+les cultures cessent : au bout d’une heure et demie, c’est un
+sombre ravin dont le fond n’a d’autre largeur que celle de la
+rivière, 20 mètres ; celle-ci, qui possède à présent 7 à 8
+mètres d’eau, est devenue un vrai torrent, tantôt coulant sur un
+lit de sable, tantôt bondissant par cascades entre de gros blocs de
+rochers. La marche est pénible. Bientôt il faut quitter le fond
+du ravin pour en gravir le flanc droit : c’est un talus rocheux,
+haut, escarpé ; montée raide et difficile. J’arrive au sommet ;
+un plateau couvert de cultures le couronne ; j’y marche quelques
+minutes, puis je débouche dans une vallée peu profonde, à flancs
+rocheux et en pente douce, dont le fond et les premières côtes sont
+cultivés ; on y voit, avec des champs d’orge, des cactus et de
+nombreux amandiers. Je la remonte. Elle est près de son origine ; je
+parviens au col où elle prend naissance. Dès lors, plus de cultures,
+plus d’habitations jusqu’à la vallée de l’Ouad Azrar ; d’ici
+là, je franchis des séries de crêtes et de ravines désertes : sol
+noir et rocheux ; pas d’autre végétation que de maigres touffes
+d’ḥalfa clairsemées sur les pentes ; ce ne sont que montées
+et descentes ; chemin fatigant sans être difficile. A 11 heures, le
+terrain change : les roches font place à une couche de sable blanc,
+semé de paillettes brillantes ; une côte douce conduit à l’Ouad
+Azrar, auquel j’arrive un quart d’heure après. Ce cours d’eau
+a une large vallée ; les flancs de celle-ci sont des montagnes
+rocheuses de moyenne élévation, dont les premières pentes, peu
+rapides, sont, comme le fond, couvertes de sable blanc et garnies de
+cultures ; la rivière a un lit de 30 mètres dont 7 remplis d’eau
+claire et courante ; les rives en sont bordées d’amandiers ;
+plusieurs villages, bâtis en pierre, s’élèvent sur ses bords. Je
+remonte la vallée jusque non loin de son point d’origine ; puis,
+je gagne le flanc gauche et le gravis. D’abord pierreux et de pente
+modérée, il devient tout à coup très raide, et se change en une
+paroi à pic : passage difficile ; le chemin monte péniblement au
+milieu de grands blocs de roche noire d’où jaillissent plusieurs
+sources. A 1 heure et demie, j’atteins le sommet ; il n’a aucune
+largeur ; c’est une arête aiguë, le tranchant d’une lame : je le
+franchis à un col situé presque au niveau du reste de la crête ;
+il s’appelle Tizi Azrar. Cette arête est la ligne culminante du
+Petit Atlas : au Tizi Azrar, on passe sur son versant sud. Du col,
+j’entre dans un cirque où une rivière prend sa source ; je la
+descends : c’est l’Ouad S. Moḥammed ou Iạqob ; à son origine,
+il a un peu d’eau qui ne tarde pas à tarir. Au sortir du cirque, il
+s’enfonce dans un étroit ravin à flancs escarpés de roche jaune ;
+fond large de 30 mètres : le lit, de galets, l’occupe en entier ;
+point trace de végétation. Après avoir coulé un certain temps
+ainsi, il débouche dans une plaine pierreuse, dont le sol disparaît
+sous les hautes herbes et les genêts. Je l’y laisse poursuivre sa
+course et, passant à l’est, je m’engage dans le massif de collines
+qui borde la plaine de ce côté : endroit montueux ; terre semée de
+pierres et rayée de bandes de roches s’allongeant symétriquement
+à fleur de sol ; comme verdure, un peu de thym et quelques touffes
+d’ḥalfa. Cheminant ainsi, j’atteins une nouvelle vallée,
+celle de l’Ouad Imi n Tels : je la descends à son tour : ravin à
+flancs blanchâtres, rocheux et escarpés, d’autant plus hauts que
+j’avance davantage ; 15 mètres de large au fond, occupés par le
+lit de la rivière ; celui-ci est à sec et couvert de galets ; point
+de végétation, ni en bas ni sur les flancs. A 5 heures et demie,
+la rivière entre dans la vaste plaine d’Azaṛar Imi n Tels[91],
+qui s’étend d’ici à Iliṛ ; elle est bornée à l’est et
+à l’ouest par des collines rocheuses très basses, au sud par
+une longue ligne de hauteurs brunes et nues, à crêtes uniformes ;
+le sol est de terre, semée par endroits de beaucoup de pierres : des
+jujubiers sauvages, des genêts, diverses herbes la couvrent ; de temps
+à autre y apparaissent des champs, propriété, les uns d’habitants
+d’Iliṛ, les autres de marabouts de S. Moḥammed ou Iạqob. Pour
+ce motif, le nom d’Azaṛar Imi n Tels est remplacé quelquefois
+par celui d’Azaṛar S. Moḥammed ou Iạqob. Au milieu de cette
+plaine, nous fûmes surpris par la nuit : l’obscurité devint si
+grande que nous perdîmes le sentier ; nous errâmes quelque temps à
+l’aventure, nous accrochant aux broussailles et trébuchant dans les
+pierres : à 7 heures, quoique certains d’être près d’Iliṛ,
+mes deux guides abandonnèrent l’espoir de retrouver le chemin ;
+nous nous arrêtâmes au pied d’un buisson et y passâmes la nuit.
+
+ 28 mars.
+
+Départ à 6 heures du matin. Nous gagnons le plateau bas, nu,
+pierreux et ondulé qui forme le bord oriental de la plaine, et,
+le coupant obliquement, nous nous trouvons bientôt à une crête :
+au-dessous, apparaissent à nos pieds l’Ouad Iliṛ, ses dattiers et
+son qçar. Je retrouve les palmiers après trois mois d’absence. Une
+descente rapide à travers les rochers m’amène au fond de la
+vallée ; il est couvert de cultures ombragées de bou souaïr ;
+l’Ouad S. Moḥammed ou Iạqob, qu’on appelle aussi Ouad Iliṛ,
+coule au milieu, n’ayant que 2 mètres d’eau dans un lit de 50
+mètres. Le qçar d’Iliṛ est sur la rive gauche. J’y entre à
+8 heures du matin.
+
+[Illustration : Qçar d’Ilir et vallée de l’Ouad S. Mohammed ou
+Iaqob. (Vue prise du flanc gauche de la vallée, en amont d’Ilir.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Je m’installe à Iliṛ chez un ami du Ḥadj. Le qçar est grand
+et riche : la population, composée de Chellaḥa, en est nombreuse ;
+bien que voisine des Aït Jellal, elle est indépendante et les nomades
+ne peuvent rien sur elle. Iliṛ est bâtie partie en pierre, partie
+en pisé, ce dernier dominant.
+
+Hier, nous sommes, depuis le col d’Azrar, restés dans le désert :
+nous eussions pu, en continuant à descendre l’Ouad S. Moḥammed
+ou Iạqob, marcher en terre habitée. C’est à dessein que nous
+avons fait le contraire. Quand on est peu nombreux, qu’on n’a
+pas de zeṭaṭ du pays et de zeṭaṭ puissant, il est de règle
+d’éviter les centres ; la vue de voyageurs en petite troupe et
+mal escortés inspire à ceux devant qui ils passent la pensée
+de courir à leur poursuite et de les piller : c’est un danger
+de tous les instants en contrée peuplée. On s’y soustrait en
+échappant aux regards et en prenant les chemins déserts. C’est
+pour ce motif que, dans la vallée du Sous, au lieu d’aller de
+village en village le long les rives du fleuve, nous avons passé
+au nord, traversant tantôt des forêts, tantôt des prairies,
+nous tenant sans cesse à l’écart des centres. Du col d’Azrar
+à Iliṛ, c’est pour éviter les campements des Aït Jellal,
+situés le long de l’Ouad S. Moḥammed ou Iạqob, que nous avons
+pris par le désert d’Imi n Tels. Les Musulmans de ces contrées,
+quand ils voyagent sans ạnaïa et sans escorte ont deux principes :
+marcher de nuit dans les endroits très dangereux ; choisir toujours
+les chemins les moins fréquentés et les plus déserts.
+
+La tribu d’Azrar que j’ai traversée hier est une petite tribu
+chleuḥa indépendante.
+
+ 29 mars.
+
+Séjour à Iliṛ. Pendant la nuit que j’ai passée dans l’Azaṛar
+Imi n Tels, il est tombé, me dit-on, beaucoup de neige au Tizi
+Azrar. Ni de Tazenakht, ni d’Agni, ni du Sahara, ni de chez les
+Ilalen, je n’avais aperçu trace de neige sur le Petit Atlas ;
+depuis mon départ de Mogador, j’en ai remarqué deux fois sur ses
+crêtes : c’étaient des fils blancs à peine visibles qui rayaient
+de lignes minces deux hautes croupes, l’une en face de Taroudant,
+vue de la vallée du Sous, l’autre à l’ouest du col d’Azrar,
+distinguée avant-hier.
+
+ 30 mars.
+
+D’Iliṛ à Aqqa Iṛen, nous avons à franchir un long désert
+appelé Khela Adnan. Dangereux toujours et pour tous, il l’est en
+particulier pour le Ḥadj ; on y passe en vue du qçar de Tisenna
+s Amin, en ce moment en guerre avec Agadir Tisint. Si mon compagnon
+tombait aux mains de ses ennemis, il serait perdu. Aussi notre hôte
+fait-il appel à ses parents et amis, et c’est avec 20 fusils que
+nous gagnons Aqqa Iṛen. Cette escorte est gratuite : l’ạnaïa,
+qui se vend souvent cher aux étrangers, se donne de la manière la
+plus généreuse aux amis : dans mon voyage de Tisint à Mogador,
+et de Mogador à Tisint, grâce aux connaissances de Ou Ạddi et
+du Ḥadj, je n’ai pas eu à payer ceux qui m’ont escorté :
+accompagner son ami jusqu’au gîte suivant ou jusqu’en lieu sûr
+fait partie des devoirs de l’hospitalité. C’est chose toute
+simple qui se fait sans qu’on ait besoin de la demander.
+
+Départ à 7 heures du matin. D’Iliṛ à Aqqa Iṛen, le chemin,
+suivant d’abord le cours de l’Ouad S. Moḥammed ou Iạqob, puis
+celui de l’Ouad Aqqa Iṛen, traverse un pays uniforme : vallées
+ou plaines à sol uni, tantôt sablonneux, tantôt pierreux ; les
+unes et les autres sont enfermées entre des parois de roche noire et
+luisante, hautes, escarpées, nues. Dans les fonds, la végétation
+ne manque pas : genêts blancs et kemcha dans le bassin de l’Ouad
+S. Moḥammed ou Iạqob ; kemcha, aggaïa et melbina dans celui de
+l’Ouad Aqqa Iṛen. A Ạïoun Chikh Moḥammed Aqqa Iṛen (maison
+avec une source et quelques jardins), les gommiers apparaissent ; de
+là à Aqqa Iṛen, on les rencontre, clairsemés d’abord, puis de
+plus en plus nombreux. Les rivières sont toutes à sec ; toutes ont
+des lits de galets de 40 à 50 mètres de large. Telle est la triste
+région qu’on appelle le désert d’Adnan. A 3 heures et demie,
+j’arrive à Aqqa Iṛen.
+
+Aqqa Iṛen est une oasis aussi grande que celle de Qaçba el
+Djouạ. Elle renferme un seul village, Tabia Aqqa Iṛen ; on voit
+dans les palmiers les ruines d’une seconde localité, Agadir Aqqa
+Iṛen, aujourd’hui abandonnée. Tabia compte 500 à 600 fusils ;
+la population est composée de Chellaḥa et surtout de Ḥaraṭîn ;
+elle est vassale des Ida ou Blal. Dans cette oasis, le sable est
+mélangé de roches blanches apparaissant à fleur de sol ; le terrain
+est blanc ainsi que le pisé des maisons.
+
+Je reçois ici des nouvelles du Sahara. On a moissonné vers le
+1er mars. La récolte, au mạder comme dans les champs des oasis,
+a été superbe ; de mémoire d’homme, on n’en a vu plus belle ;
+l’abondance règne partout : la mesure d’orge, qui valait 1 fr. 50
+à mon départ, se vend 20 centimes aujourd’hui. Pour comble de
+bonheur, le mạder a été inondé, il y a quelques jours, par les
+eaux du haut Dra : on pourra avoir double moisson cette année.
+
+ 31 mars.
+
+Si l’abondance règne à Tisint, c’est le contraire dans le
+moyen cours du Dra et chez les Oulad Iaḥia : une famine terrible,
+dont la mauvaise récolte de dattes faite dans le Dra l’automne
+dernier est cause en partie, sévit dans ces régions[92]. 700 tentes
+des Aït Ạlouan (Berâber), chassées par la disette, sont venues
+s’établir entre Tisint et Mrimima. La présence de ces étrangers
+rend la Feïja moins sûre encore qu’à l’ordinaire ; ils y font
+des courses continuelles : c’est chaque jour un nouveau pillage. Nous
+reprenons notre ancienne méthode, celle des marches de nuit. A
+2 heures du matin, nous quittons Aqqa Iṛen et, traversant cette
+Feïja aujourd’hui connue, nous nous dirigeons vers Tisint. Nous
+entrons à 7 heures du matin à Agadir.
+
+Je retrouvai là le rabbin Mardochée qui m’avait fidèlement
+attendu.
+
+
+[Note 89 : Il y avait autant de neige sur ces parties du Grand Atlas
+à la fin de mars que deux mois auparavant, lorsque je les vis pour
+la première fois.]
+
+[Note 90 : _Bulletin de la Société de Géographie_, mars-avril 1871.]
+
+[Note 91 : _Azaṛar_ veut dire « terrain labourable ».]
+
+[Note 92 : En traversant le Mezgîṭa, j’apprendrai que dans tout
+le pays de Dra le qanṭar (environ 45 kilogrammes) de dattes se paie
+50 mitkals, alors que d’habitude il en vaut 8.]
+
+
+
+
+ VIII.
+
+ DE TISINT AU DADES.
+
+
+ 1o. — DE TISINT A TAZENAKHT.
+
+
+Après de nouveaux mais vains efforts pour gagner le Dra en
+passant par Zgiḍ, je me décidai à y aller par une autre voie,
+celle de Tazenakht. La route de Zgiḍ, difficile en tous temps,
+était impraticable par suite de la famine qui sévissait dans la
+contrée ; je ne trouvai personne qui voulût se charger de m’y
+escorter. Obligé de passer par Tazenakht, où j’avais déjà fait
+un long séjour, je tins à prendre, pour y retourner, un chemin
+différent de celui que j’avais suivi cinq mois auparavant. Des
+trois routes qui existent entre Tisint et Tazenakht, j’avais pris
+à l’aller la plus orientale, celle du Tizi Agni ; je choisis cette
+fois la plus à l’ouest, celle du Tizi n Haroun.
+
+ 6 avril 1884.
+
+Départ d’Agadir à minuit. Le Ḥadj, un de ses frères et un
+de ses cousins m’escortent. Mardochée est avec moi ; je ne me
+séparerai plus de lui d’ici à Lalla Maṛnia. Je traverse la
+Feïja en passant auprès des ruines d’Imazzen, qçar abandonné. Il
+ne me reste rien à dire sur cette plaine : toujours mêmes sables,
+mêmes gommiers. J’en sors en remontant l’Ouad Aginan depuis le
+point où il y débouche. Il a 100 mètres de large ; lit de galets,
+à sec. Le fond de la vallée est un sol pierreux, semé de gommiers ;
+de 400 mètres de large d’abord, il se rétrécit par degrés ; en
+même temps les flancs, talus de roche noire peu élevés au début,
+deviennent hauts et escarpés. De l’Ouad Aginan, je passe à un
+de ses affluents, l’Ouad Ikis, appelé aussi Ignan n Ikis, que je
+remonte à son tour. Vallée identique, mais plus étroite. Au bout
+de quelque temps, le fond se remplit de cultures et de dattiers :
+un filet d’eau apparaît ; c’est Tamessoult : bientôt j’arrive
+aux maisons. Je fais halte. Il est 7 heures du matin.
+
+Tamessoult est un gros village, construit en pierre à mi-côte du
+flanc gauche de l’Ouad Ikis, à une assez grande hauteur au-dessus de
+son lit. Au milieu se dresse la zaouïa de S. Ạbd er Raḥman, vaste
+bâtiment dominé par un donjon : c’est là que je suis descendu. Le
+marabout qui y réside est un homme puissant : il a pour serviteurs
+religieux les districts et les tribus de la montagne à 30 ou 40
+kilomètres à la ronde ; son influence s’étend jusque sur les
+Zenâga. Ici je me sépare de ceux qui m’ont amené d’Agadir :
+S. Ạbd er Raḥman me donne une escorte de trois hommes qui me
+conduira chez les Zenâga ; elle m’y remettra entre les mains
+d’un des grands personnages de la tribu, Ạbd Allah d Aït
+Ṭaleb. Celui-ci, pour qui on me donne une lettre, m’accompagnera
+à son tour jusqu’à Tazenakht. Je fais mes adieux au Ḥadj Bou
+Rḥim ; ce n’est pas sans émotion que je quitte cet homme, qui a
+été si bon pour moi, avec qui je viens de vivre durant trois mois,
+et que je ne reverrai peut-être jamais.
+
+Départ de Tamessoult à 10 heures. Je remonte d’abord la rive
+gauche de l’Ouad Ikis à flanc de coteau. Chemin rocheux,
+difficile. Le cours d’eau est à mes pieds : le lit, rempli
+de palmiers, a 40 mètres de large ; il occupe tout le fond de la
+vallée, et coule entre deux parois de roche verticales de 10 mètres
+d’élévation. Au-dessus apparaissent quelques cultures en escaliers,
+semées de quantité de cellules en pierre destinées aux abeilles ;
+puis s’élèvent des flancs de roche jaune, hauts, escarpés et
+nus. Au bout de 40 minutes, l’ouad sort de cette gorge et traverse
+une petite plaine déserte ; sol pierreux ; genêts blancs et seboula
+el far : cette dernière plante atteint 40 à 50 centimètres de
+hauteur. De là, la rivière rentre dans la montagne où elle coule
+dans un ravin désert : le fond en a 50 à 60 mètres de large dont
+15 occupés par le lit ; celui-ci est à sec et couvert de galets ;
+le reste est pierreux avec de rares genêts blancs ; flancs très
+élevés, très raides, de roche jaune. Je chemine le long du cours
+d’eau jusqu’à 1 heure ; à ce moment, on le voit se garnir de
+palmiers : un qçar apparaît sur sa rive droite ; c’est Ikis,
+dernier point habité de son cours. Là, le chemin quitte les bords
+de l’ouad pour gravir le flanc gauche : celui-ci est formé par
+un haut massif très escarpé connu sous le nom de Djebel Anisi ;
+il me faut deux heures pour parvenir à son sommet : c’est un des
+passages les plus pénibles que j’aie rencontrés dans mon voyage. On
+ne peut marcher qu’à pied ; le chemin, long escalier, s’élève
+en serpentant entre des précipices immenses et des parois à pic ;
+le massif est tout roche : murailles de couleur tantôt jaune,
+tantôt rosée. Bien que le sol paraisse n’être que pierre,
+une foule de petites plantes, herbes et fleurs, croissent au bord
+du chemin, entre les fissures du roc. A 3 heures, je parviens à
+une crête ; devant moi s’étend un plateau étroit et pierreux
+avec de rares touffes d’ḥalfa ; ce plateau, que je parcours,
+ne tarde pas à se changer en une côte inclinée vers le nord ; je
+descends, et je me retrouve sur les bords de l’Ouad Ikis. Il n’a
+que 20 mètres de large ; son lit, galets desséchés, occupe toute la
+largeur d’un ravin ; celui-ci a des flancs d’élévation moyenne,
+pierreux, raides, tapissés d’ḥalfa. Il coule ainsi durant quelque
+temps, puis les hauteurs s’abaissent, la vallée s’élargit,
+et tout à coup on se trouve sur un plateau. Plus de montagnes,
+plus de rochers : une surface plane, à peine ondulée, est couverte
+d’épaisses touffes d’ḥalfa. Le terrain est mi-sable, mi-pierre ;
+la rivière serpente entre des flancs en pente très douce d’une
+trentaine de mètres d’élévation ; çà et là, seuls accidents,
+des buttes rocheuses isolées, hautes de 50 ou 60 mètres, dressent
+leur tête noire au-dessus des ondulations vertes du sol. De temps à
+autre, on rencontre un campement de bergers Zenâga : ils viennent
+s’installer ici durant une partie de l’année, construisant des
+huttes de pierres sèches et faisant paître leurs troupeaux aux
+alentours. A 7 heures du soir, je m’arrête à une de ces stations
+pour y passer la nuit. Pendant la dernière portion de la route,
+l’Ouad Ikis avait 20 mètres de large ; le lit, mi-sable, mi-galets,
+en était parsemé de flaques d’eau. Durant cette journée, aucun
+voyageur ne s’est rencontré sur mon chemin.
+
+ 7 avril.
+
+[Illustration : Vue prise du Tizi n Haroun, dans la direction du
+nord. (Les montagnes ombrées sont couvertes de neige.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+[Illustration : Portion de la plaine des Zenâga.
+
+(Vue prise de Takdicht, dans la direction de l’est.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Départ à 7 heures du matin. Je chemine quelque temps sur le plateau
+où j’étais hier soir ; puis, laissant et la plaine et l’ḥalfa,
+je m’engage dans un ravin étroit, à flancs escarpés de roche noire
+et luisante : montée courte, mais raide ; à 8 heures, j’atteins
+un col, Tizi n Haroun : là passe la ligne de faîte du Petit Atlas ;
+je la franchis pour la quatrième fois. Un chemin très difficile, au
+milieu d’énormes rochers, me conduit dans un profond ravin ; je le
+descends quelques instants, d’immenses murailles noires suspendues
+au-dessus de ma tête : bientôt j’en aperçois la bouche, où
+s’élève le riant village de Takdicht : plus loin, on distingue,
+s’étendant à perte de vue, la plaine des Zenâga. A 9 heures
+et demie, j’arrive à Takdicht ; c’est la résidence d’Ạbd
+Allah d Aït Ṭaleb ; sa maison, tiṛremt aux tourelles de pisé
+découpé et couvert de moulures, rappelle les gracieuses demeures
+des environs du Dra. J’y suis bien reçu par Ạbd Allah : il ne
+me cache pas que j’ai eu un rare bonheur d’arriver jusqu’à
+lui avec une si faible escorte et des gens inconnus : si lui ou
+ses fils m’avaient rencontré en route, ils m’eussent, dit-il,
+indubitablement pillé. Maintenant que je suis entré dans sa maison
+et que je lui ai remis une lettre de S. Ạbd er Raḥman, il ne voit
+en moi qu’un hôte recommandé par son ami : je suis le bienvenu,
+et demain il me conduira en personne à destination.
+
+ 8 avril.
+
+[Illustration : Azdif. (Vue prise du chemin de Takdicht à Tazenakht.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+A 8 heures du matin, Ạbd Allah monte à cheval ; nous partons. Me
+voici traversant pour la seconde fois cette belle plaine des Zenâga ;
+rien à en dire de nouveau ; telle je l’ai vue dans sa portion
+orientale, telle je la retrouve ici : même sol uni comme une glace,
+excellente terre dont une partie est cultivée, dont la totalité
+pourrait l’être. Le talus qui borde la plaine à l’ouest est
+pareil à celui qui la limite à l’est : muraille de roche noire et
+luisante, perpendiculaire dans le haut, en pente adoucie et couverte
+de pierres vers le pied. Je passe auprès de plusieurs villages et
+qçars ; le plus remarquable est Azdif, où la résidence du chikh est
+une forteresse entourée de plusieurs enceintes, hérissée d’une
+foule de tours ; elle est en pisé, comme toutes les constructions
+des Zenâga, et ornée avec élégance. Je rencontre aussi plusieurs
+zaouïas. Mon zeṭaṭ me conduit jusqu’au delà des limites
+des Zenâga ; là s’arrête son pouvoir : sorti de sa tribu, sa
+protection cesse d’être efficace. Cependant il ne m’abandonne
+pas ; il fait honneur jusqu’au bout à la lettre de son ami : il
+m’amène à El Ạïn, va trouver S. Ḥamed ou Ạbd er Raḥman,
+marabout à qui appartient le qçar, lui demande une escorte pour moi,
+et ne quitte El Ạïn qu’après m’avoir vu partir pour Tazenakht
+accompagné par l’esclave de confiance de S. Ḥamed.
+
+D’El Ạïn à Tazenakht, une seule chose à signaler : les régions
+pierreuses qui s’étendent au nord de l’Ouad Timjijt, et que
+j’ai trouvées nues il y a cinq mois, sont aujourd’hui couvertes de
+seboula el far. C’est pendant ce trajet que je fais la rencontre de
+l’Azdifi, racontée plus haut. A 4 heures, j’arrive à Tazenakht.
+
+Sauf l’Azdifi, je n’ai vu sur la route aucun voyageur. Les
+principaux cours d’eau traversés sont : l’Ouad Tiouiin (lit,
+moitié sable, moitié gravier, de 20 mètres de large ; à sec ;
+berges de 0m,50 de hauteur) ; l’Ouad Timjijt (20 mètres de large ;
+lit de sable ; à sec).
+
+
+ 2o. — DE TAZENAKHT AU MEZGITA.
+
+
+Pas d’obstacle qui ne se dresse pour m’empêcher de gagner le
+Dra. En arrivant à Tazenakht, j’apprends que la route du Mezgîṭa
+est coupée. La guerre vient d’éclater, sur son parcours, entre
+le qçar de Tasla et les Aït Ḥammou, fraction des Oulad Iaḥia
+limitrophe du Mezgîṭa. Ces derniers firent une ṛazia de 200
+têtes de bétail sur les gens de Tasla, qui aussitôt appelèrent à
+leur secours leur allié le Zanifi ; Chikh Ạbd el Ouaḥad tomba
+ces jours-ci sur les Aït Ḥammou, leur tua 10 hommes et prit 150
+animaux. Voici Tazenakht en guerre avec la tribu qu’on traverse
+pour aller au Dra : aucun habitant ne peut me servir de zeṭaṭ
+sur ce chemin. C’est jouer de malheur, car d’ordinaire cette voie
+ne présente point de difficulté : sous la protection des chikhs de
+Tazenakht, on la prend avec sécurité ; des caravanes la sillonnent
+sans cesse. Avec les événements présents, je ne sais quand je
+pourrai partir.
+
+Après quatre jours d’attente, je trouve un zeṭaṭ ; c’est un
+homme des Aït Ḥammou qui vient d’arriver ; il se charge de me
+conduire au Mezgîṭa : lui-même est ici en pays ennemi ; il n’a
+pu entrer qu’avec une ạnaïa et ne saurait passer par Tasla : nous
+ferons un détour ; nous prendrons par le désert jusqu’au territoire
+de sa tribu, et traverserons de nuit la région la plus dangereuse.
+
+ 13 avril.
+
+Départ à 1 heure de l’après-midi. Je gagne, par le chemin connu,
+la vallée de l’Ouad Aït Tigdi Ouchchen ; je la remonte jusqu’à
+peu de distance de Tislit. Là, je la laisse et me jette dans le massif
+rocheux qui en forme le flanc droit. Pendant une heure, je chemine en
+terrain montueux, succession de ravins à sec et de côtes pierreuses,
+sans autre végétation qu’un peu de seboula el far. A 4 heures
+et demie, le pays change : un vaste plateau étend ses ondulations
+légères ; un tapis de seboula el far garnit les fonds ; les parties
+hautes sont des blocs de roche noire et luisante émergeant çà
+et là de la terre verte. Je marche sur ce plateau pendant la fin
+de la journée : il demeure le même, sol plat, pierreux, garni de
+verdure. A minuit, nous nous arrêtons. La zone dangereuse pour mon
+zeṭaṭ est passée ; nous pouvons sans inquiétude nous reposer
+jusqu’au matin. Le point où nous faisons halte est au pied d’une
+haute arête rocheuse, le Djebel Tifernin. J’ai rencontré beaucoup
+de monde dans la vallée de l’Ouad Aït Tigdi Ouchchen et dans la
+montagne : à dater de l’heure où j’ai quitté cette dernière,
+je n’ai aperçu personne ; dans les commencements, on distinguait
+un troupeau de loin en loin ; puis on n’a plus rien vu. L’Ouad
+Tazenakht avait aujourd’hui 6 mètres d’eau courante au point
+où je l’ai franchi. Sur le plateau, trois rivières de quelque
+importance. La première a un lit de sable avec de nombreuses flaques
+d’eau ; elle coule au fond d’une tranchée de 300 mètres de
+large, en contre-bas du sol environnant, séparée de lui par deux
+parois de roche verticales, hautes de 10 mètres. La seconde a son
+cours au niveau du plateau ; le lit en est sablonneux, large de 15
+mètres, avec 4 mètres d’eau. La troisième a un lit de 20 mètres,
+resserré entre deux berges de pierre de 12 mètres ; elle a 4 mètres
+d’eau courante.
+
+ 14 avril.
+
+[Illustration]
+
+Départ à 5 heures du matin. Je gravis le Djebel Tifernin, arête de
+roche nue isolée au milieu du plateau : c’est la ligne de faîte du
+Petit Atlas. J’en atteins le sommet à 5 heures et demie, et je le
+passe à un col situé peu au-dessous du niveau général des crêtes,
+Tizi Tifernin. Aucune largeur au col ; je descends l’autre versant :
+la descente est difficile, comme l’avait été la montée ; le chemin
+serpente entre de grands rochers gris. Au bout de quelque temps, les
+pentes s’adoucissent et se couvrent d’ḥalfa et de seboula el
+far ; elles me conduisent à une vallée bordée d’une petite chaîne
+rocheuse où apparaît un col. Je traverse la première et je gagne
+le col. Celui-ci, Tizi n Omrad, se trouve au fond d’une brèche
+perçant jusqu’au pied la montagne ; il est presque au niveau du
+thalweg qu’on vient de franchir. Après l’avoir passé, je descends
+par un ravin étroit et rocheux vers le qçar de Tesaouant, qui se
+voit dans le bas au milieu d’une large vallée. Chemin difficile,
+serpentant à mi-côte ; les flancs du ravin sont de roche jaune,
+très escarpés ; verdure et fleurs dans le fond. Le versant sud de
+la chaîne est beaucoup plus long que le versant nord : il me faut
+une heure pour en atteindre le pied. En y parvenant, je me trouve
+dans la vallée de l’Ouad Tamtsift. Une côte en pente douce,
+à sol pierreux couvert de seboula el far, m’amène au bord de la
+rivière, où est bâtie Tesaouant. J’entre à 8 heures un quart
+du matin dans le qçar. Mon zeṭaṭ me conduit à sa maison.
+
+[Illustration : Tesaouant. (Vue prise du nord-est.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Tesaouant est un petit qçar appartenant aux Aït Ḥammou, fraction
+importante des Oulad Iaḥia ; il est bâti suivant le modèle
+des constructions du Dra, en pisé, avec une foule de moulures et
+d’ornements couvrant ses murs, de tours et de tourelles dominant
+ses terrasses. Des plantations de dattiers, produisant des bou
+feggouç, comme celles de Tasla, l’entourent de deux côtés ;
+elles sont situées sur les rives de l’Ouad Tamtsift, qui coule à
+quelques pas de l’enceinte. La rivière est presque au niveau du
+pied des maisons ; le lit, de galets, large de 60 mètres, bordé
+de berges de 50 centimètres de haut, est à sec. Des puits et des
+canaux alimentent le qçar. En ce moment, ce dernier est désert :
+les habitants sont dispersés aux environs, vivant sous des huttes
+de roseaux et faisant paître leurs troupeaux.
+
+ 15 avril.
+
+Départ à 9 heures du matin. Jusqu’à mon arrivée au Mezgîṭa,
+je suivrai le cours de l’Ouad Tamtsift. La coupe de la vallée varie
+durant le trajet : le fond est plus ou moins large ; la rivière
+coule tantôt au pied du flanc droit, tantôt au pied du gauche ;
+mais les caractères essentiels se conservent : le flanc gauche est
+beaucoup plus élevé que le droit ; il est de roche jaune ; la pente
+générale en semble de rapidité moyenne ; on y voit de loin, çà et
+là, des bouquets de palmiers poussant au fond des ravins. Le flanc
+droit est formé de roche noire et luisante ; il n’est pas très
+raide ; de forme, de composition et de couleur, il rappelle Djebel
+Mḥeïjiba ; comme lui, il est, dit-on, riche en minerais. Entre
+ces deux talus s’étend une vallée faite de deux côtes en pente
+douce, s’allongeant des pieds des flancs aux bords de la rivière ;
+quelquefois elles ne parviennent pas jusque-là, et un espace plat les
+sépare ; cette partie centrale, lorsqu’elle existe, est un ruban
+de verdure, herbages, broussailles, tamarix et jujubiers sauvages,
+au milieu desquels serpente l’ouad ; les côtes, au contraire, sont
+pierreuses ; le sol s’y couvre de melbina, de seboula el far et de
+gerṭ ; en approchant du Mezgîṭa, on voit quelques gommiers. Je
+passe par deux lieux habités ; ils diffèrent d’importance : l’un,
+le village d’Ida ou Genad, se compose de quelques huttes en pierres
+sèches disposées sans ordre auprès d’une petite oasis ; l’autre,
+Ourika, est un qçar situé sur la rive gauche de la rivière, dont
+le lit, mais le lit seul, se remplit en ce point de palmiers. Il y a
+une autre Ourika à peu de distance au nord de celle-ci ; je n’ai
+pu la voir, cachée qu’elle était par un pli de terrain : ces
+deux localités portent le nom collectif d’Iouriken ; elles sont
+comptées du Mezgîṭa. A Ourika, l’Ouad Tamtsift, qui possédait
+déjà un peu d’eau à Ida ou Genad, a, outre plusieurs canaux,
+4 mètres d’eau courante dans son lit. D’Ourika on aperçoit
+le Mezgîṭa : ce n’est encore qu’une ligne noire de dattiers,
+s’allongeant au pied d’une haute chaîne de montagnes, et barrant
+devant moi la vallée où je marche. D’ici là, le chemin est désert
+et la végétation diminue ; plus ni tamarix ni jujubiers sauvages,
+plus même de seboula el far ; des touffes de melbina seulement,
+et de rares gommiers ; le sol cesse d’être pierreux et devient
+sablonneux et blanc.
+
+A 1 heure, j’arrive à l’Ouad Dra. La vallée apparaît comme
+une bande verte serpentant entre deux chaînes de montagnes :
+à mes yeux s’étendent des palmiers innombrables, mêlés
+de mille arbres fruitiers ; entre les branches, on aperçoit,
+de distance en distance, un ruban d’argent, les eaux du fleuve ;
+une foule de qçars, masses brunes ou roses hérissées de tourelles,
+s’échelonnent à la lisière des plantations et sur les premières
+pentes des flancs. Ceux-ci sont : à gauche, les parois tourmentées
+et escarpées, pleines de crevasses et de cavernes, du Kisan, chaîne
+nue de roche rose, de 200 à 300 mètres de hauteur ; à droite,
+un talus de pierre noire et luisante, aux crêtes uniformes, aux
+surfaces lisses, aux côtes raides ; il s’appelle Koudia Oulad
+Iaḥia ; il a 150 à 200 mètres d’élévation. Entre ces deux
+murailles s’étend le fond de la vallée, surface de 1200 à 1800
+mètres de large, couverte de sable fin, et unie comme une glace ;
+au milieu coule l’Ouad Dra, sur un lit de sable sans berges,
+presque au niveau du sol voisin, qu’il inonde dans ses crues ;
+le lit a une largeur moyenne de 150 mètres, dont 60 à 100 toujours
+remplis d’eau. Sur ses rives, le fond de la vallée est un jardin
+enchanteur : figuiers, _taqqaïout_[93], grenadiers s’y pressent ;
+ils confondent leur feuillage et répandent sur le sol une ombre
+épaisse ; au-dessus se balancent les hauts panaches des dattiers. Sous
+ce dôme, c’est un seul tapis de verdure : pas une place nue ;
+la terre n’est que cultures, que semis ; elle est divisée avec un
+ordre minutieux en une infinité de parcelles, chacune close de murs
+de pisé ; une foule de canaux la sillonnent, apportant l’eau et
+la fraîcheur. Partout éclate la fertilité de ce sol bienfaisant,
+partout se reconnaît la présence d’une race laborieuse, partout
+apparaissent les indices d’une population riche : à côté des
+céréales, des légumes poussant sous les palmiers et les arbres
+à fruits, se voient des tonnelles garnies de vigne, des pavillons
+en pisé, lieux de repos où l’on passe, dans l’ombre et la
+fraîcheur, les heures chaudes du jour. Telle est, depuis le pied
+des parois de roche qui la bordent, toute la vallée du Dra, jardin
+merveilleux de 150 kilomètres de long. Une foule innombrable de qçars
+s’échelonnent sur les premières pentes des deux flancs : peu sont
+dans la vallée, autant par économie d’un sol précieux que par
+crainte des inondations. Ils ont tous ce caractère d’élégance qui
+est particulier aux constructions du Dra ; point de murs qui ne soient
+couverts de moulures, de dessins, et percés de créneaux blanchis ;
+de hautes tiṛremts, des tours s’élèvent de toutes parts ; les
+maisons les plus pauvres même sont garnies de clochetons, d’arcades,
+de balustrades à jour. Un des principaux de ces qçars, la capitale
+du Mezgîṭa, Tamnougalt, est mon but d’aujourd’hui. J’y arrive
+à 2 heures et demie, en cheminant à l’ombre des grands arbres.
+
+[Illustration : Ouad Dra, dans le Mezgîta. (Vue prise d’Ouriz,
+dans la direction du nord.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Avant d’y entrer, j’ai traversé l’Ouad Dra ; on ne peut le
+franchir partout : il faut prendre les gués. Celui où je l’ai
+passé présentait une nappe d’eau de 120 mètres de large, avec
+60 à 70 centimètres de profondeur. Le fond était de sable, les
+eaux jaunes, fraîches et bonnes. Courant rapide.
+
+Tamnougalt est un beau qçar, résidence d’Ạbd er Raḥman ben
+El Ḥasen, chikh héréditaire du Mezgîṭa, et capitale de ce
+district. Elle est, comme tout le Dra, peuplée exclusivement de
+Ḥaraṭîn. J’y séjournerai quelques jours avant de prendre ma
+course vers le Dâdes.
+
+Le Mezgîṭa se compose de la bordure de cultures et de qçars
+qui garnit les deux rives de l’Ouad Dra dans la région où je
+me trouve ; il ne s’étend pas au delà de la vallée propre du
+fleuve. C’est une bande longue et étroite, qui n’a jamais plus
+de 2 kilomètres de large. Il en est de même des autres districts du
+Dra, sans exception : l’Aït Seddrât, l’Aït Zeri, le Tinzoulin,
+le Ternata, le Fezouata, le Qtaoua, El Mḥamid sont identiques ;
+tels d’entre eux ne se composent même que de la demi-vallée du
+fleuve. Ce sont, comme le Mezgîṭa, des tronçons plus ou moins
+grands de cette longue ligne verte qui serpente dans le Sahara,
+et qu’on appelle le pays de Dra. Celui-ci est donc une ligne : le
+nom ne s’en applique qu’à la vallée propre de l’Ouad Dra,
+c’est-à-dire aux 500 mètres de dattiers qui, du Mezgîṭa à
+El Mḥamid, bordent chaque rive. Nulle part la bande ne s’étend
+davantage. Au-dessous du Tinzoulin, les hautes montagnes qui la
+resserrent jusque-là s’écartent par degrés, et le Dra finit
+par couler en plaine ; mais le ruban de palmiers et de cultures ne
+s’élargit pas : il reste toujours ce qu’il est ici. Il y a loin
+de cette ligne aux vastes territoires marqués sur nos anciennes
+cartes. J’observerai le même fait pour les autres oasis que je
+verrai : le Todṛa, le Ferkla, le Ṛeris, les divers districts du
+Ziz, ne sont pas différents. Ce sont des lignes.
+
+[Illustration : Heliog. P. Albert Dujardin
+
+Challamel aine Editeur
+
+VALLÉE DE L’OUAD DRA. — VUE DE TAMNOUGALT.]
+
+
+ 3o. — DU MEZGITA AU DADES.
+
+
+ 20 avril.
+
+Il y a quatre chemins principaux pour aller du haut Dra à l’Ouad
+Dâdes ; ce sont :
+
+1o _Ṭriq Idili_. — Il part de Tiniṛil, qçar d’Afella n Dra,
+traverse l’Ouad Aqqa el Medfạ (se jetant dans l’Ouad Dâdes sur
+le territoire des Imeṛrân), puis l’Ouad Tanziṭ, et aboutit
+au pays des Imeṛrân : deux jours de chemin, sans cesse dans le
+désert. On passe la nuit au bord de l’Ouad Aqqa.
+
+2o _Ṭriq Anfoug_ (appelé aussi _Ṭriq Tagzart_). — Il part
+d’entre Afra et Ta n Amelloul, franchit successivement les ouads
+Aqqa el Medfạ, Tanziṭ et Aqqa n Ourellaï, et aboutit à volonté
+dans le Dâdes ou chez les Imeṛrân : deux jours de chemin, dans
+le désert. On passe la nuit au Djebel Anfoug.
+
+3o _Ṭriq Iṛil n Oïṭṭôb_. — C’est celui que je prendrai.
+
+4o _Ṭriq Tilqit_. — Il part d’Aït Ạbd Allah (Aït Seddrât),
+traverse le Khela Tilqit et débouche dans le Dâdes à Aït Aqqo
+ou Ạli (Zaouïa Sidi Dris) : deux jours de marche, sans sortir du
+désert. On franchit l’Ouad Tagmout à mi-route et on passe la nuit
+sur ses bords.
+
+Ces chemins traversent tous quatre un vaste désert montagneux,
+la haute chaîne du Saṛro. Cette chaîne n’est autre que le
+Petit Atlas, auquel on donne ce nom à l’est de l’Ouad Dra. Si
+le Saṛro n’a pas d’habitants fixes, il a une population nomade
+assez nombreuse : Imeṛrân et Aït Seddrât y plantent leurs tentes
+et y font paître leurs troupeaux.
+
+D’ici au Dâdes, ce sont les Aït Seddrât qui servent de
+zeṭaṭs ; j’ai profité du grand nombre d’hommes de cette tribu
+qui viennent ici au marché du jeudi pour m’entendre avec l’un
+d’eux : mon zeṭaṭ me prendra aujourd’hui, j’irai passer la
+nuit dans son qçar, et demain matin nous partirons pour le Dâdes.
+
+Départ de Tamnougalt à midi. Je descends la vallée du Dra,
+en suivant la ligne des qçars, à la lisière des plantations. Le
+chemin, passant sur les premières pentes des flancs, est pierreux,
+parfois rocheux. Rien à ajouter à ce que j’ai dit de la vallée :
+toujours même largeur et même aspect. A 3 heures et demie, je
+parviens à la résidence de mon zeṭaṭ, Tiṛremt Ạli Aït El
+Ḥasen. C’est le terme de mon trajet pour aujourd’hui.
+
+En route, j’ai traversé l’Ouad Dra (lit de sable de 150 mètres ;
+les eaux ont 60 mètres de large avec 90 centimètres de profondeur ;
+courant rapide).
+
+ 21 avril.
+
+[Illustration]
+
+Départ à 5 heures du matin. J’ai pour escorte mon zeṭaṭ et
+deux autres fusils. On franchit d’abord le Dra (70 mètres de large
+et 0m,80 de profondeur), puis on traverse sa vallée et on entre
+dans une plaine déserte : la haute chaîne du Kisan s’interrompt
+tout à coup, et une plaine s’étend à sa place au delà des
+plantations qui bordent le fleuve. Le Kisan reprend plus bas, longeant
+de nouveau l’ouad comme il le fait dans le Mezgîṭa ; il ne finit
+définitivement qu’à hauteur d’Ousṛeït, dans le Ternata. Chemin
+faisant, on voit très bien la chaîne, qui apparaît pendant quelque
+temps de profil : c’est une lame rocheuse isolée, s’élevant entre
+le Dra et une autre vallée, déserte et assez large, parallèle à la
+première ; elle a de l’analogie avec le Bani, mais est plus haute,
+plus large et de couleur comme de structure différentes. La base en
+est un talus, doux d’abord, de plus en plus raide ensuite ; les
+parties moyennes et supérieures sont une succession de murailles
+presque verticales s’étageant par gradins. Vers le sommet se
+trouvent des cavernes, œuvre des Chrétiens au dire des habitants ;
+on voit des restes de murs à leurs bouches. Cette portion du Kisan
+est une arête droite, commençant à hauteur d’Agdz, finissant
+ici. D’où je suis, on voit l’Ouad Dra couler longtemps encore
+dans la direction qu’il a depuis Tamnougalt. Tant qu’il la garde,
+le Kisan ne reparaît pas à sa gauche où succèdent à la plaine des
+collines sans élévation. Puis on distingue un coude très prononcé
+que fait le fleuve, dans le Tinzoulin, me dit-on. A partir de là,
+le Kisan renaît : on le voit de loin, dans une direction nouvelle,
+presque perpendiculaire à celle qu’il suivait ici, ayant même
+hauteur et même forme, et s’élevant immédiatement sur la rive
+gauche de l’ouad.
+
+La plaine où je chemine a un sol pierreux ; des gommiers, de
+nombreuses touffes de melbina y poussent. Elle est bornée au nord
+par les premières pentes du Saṛro ; je me dirige vers elles :
+à 7 heures, je suis à leur pied ; de ce moment à celui où
+j’atteindrai l’Ouad Dâdes, je ne cesserai de marcher dans
+ce massif ; il se compose d’un haut plateau, de 2000 mètres
+d’altitude moyenne, auquel on parvient par une longue succession de
+côtes, tantôt pierreuses, tantôt rocheuses, reliées entre elles
+par des talus escarpés. Le plateau supérieur présente une vaste
+surface unie et verdoyante ; le sol, pierreux, sans une ondulation,
+y est couvert d’herbe fine. Là surtout campent les Aït Seddrât
+et les Imeṛrân ; j’y rencontrerai plusieurs groupes de tentes
+et des troupeaux de chameaux et de moutons. Les rampes qui y mènent
+forment une région très accidentée : des ravins profonds, aux flancs
+rocheux et escarpés, les coupent ; des vallées les sillonnent ;
+des arêtes, des pics les hérissent de leurs masses noires. Cette
+région, tourmentée et difficile, est d’ordinaire déserte. L’eau
+abonde dans le Saṛro. Je traverse, au fond de plusieurs ravins,
+des ruisseaux de 4 ou 5 mètres de large dont les eaux, claires et
+courantes, ne tarissent jamais ; point de rivières. La verdure ne
+fait pas défaut : non seulement le plateau supérieur en est couvert,
+les côtes douces, le fond et les premières pentes des vallées,
+sont en partie tapissés d’ḥalfa, de melbina, de seboula el far
+et d’autres herbages ; il existe des jujubiers sauvages ; au bord
+de l’eau apparaît le laurier-rose : il n’est pas jusqu’aux
+endroits les plus rocheux, flancs de ravins, surface de talus, où
+l’on ne trouve, poussant entre les fentes de la pierre, de petites
+herbes et des fleurs.
+
+Vers 1 heure, j’atteins le plateau qui couronne le Saṛro ; à 3
+heures, je fais halte auprès de quelques tentes d’Aït Seddrât. De
+la vallée du Dra à ce point, je n’ai pas rencontré un seul être
+vivant. La route, facile à la fin, a été pénible au commencement :
+il a fallu mettre pied à terre pour remonter l’Ouad Tangarfa, dont
+le lit, encombré de blocs de roc, forme un chemin difficile pour
+les animaux. A deux autres endroits, la marche a été retardée :
+à Chạba Ouin s Tlit et au profond ravin qui se trouve entre elle
+et le gîte.
+
+ 22 avril.
+
+Départ à 7 heures du matin. A 8 heures, je suis à une crête qui
+forme la limite du plateau supérieur du Saṛro et la ligne culminante
+de cette chaîne. En la passant, je franchis pour la dernière fois
+le faîte du Petit Atlas. De là apparaissent à mes yeux, au delà
+d’une longue série de croupes brunes, la vallée de l’Ouad Dâdes
+et, derrière elle, bordant l’horizon, la ligne bleue du Grand Atlas
+avec ses cimes couvertes de neige. Une descente très raide au milieu
+des rochers me ramène à la région des côtes, où je chemine,
+passant de vallée en vallée, jusqu’à 4 heures et demie. A
+ce moment je me trouve au pied du Saṛro et au bord de l’Ouad
+Dâdes : la chaîne expire à 300 mètres de la rivière. A son
+pied commencent les cultures qui remplissent le fond de la vallée ;
+elles forment une bande dont la largeur moyenne est de 1 kilomètre ;
+au milieu coule en serpentant l’Ouad Dâdes. Large de 30 mètres,
+il remplit le tiers d’un lit sablonneux et en partie couvert de
+roseaux ; c’est un torrent, au courant très rapide, aux eaux
+jaunes et glacées. Les champs qui le bordent ne rappellent en rien
+les merveilles du Dra ; ils présentent les cultures des pays hauts et
+froids. Plus un dattier ; très peu d’arbres ; point d’oliviers :
+à peine quelques rares figuiers, noyers et trembles aux alentours
+des qçars. Le reste n’est que champs d’orge et de blé, tapis
+monotone d’un vert cru, sans ombre ni gaieté. Cette végétation
+paraît triste à qui vient du sud. Les flancs sombres du Saṛro la
+bornent à gauche ; à droite règne le long de la vallée une vaste
+plaine blanche, peu élevée au-dessus de son niveau, et séparée
+d’elle par un talus doux. Cette plaine a au moins 8 kilomètres
+de large et est limitée au nord par les premières pentes du Grand
+Atlas, derrière lesquelles apparaissent les masses neigeuses qui
+couronnent la chaîne. Les cultures sont bordées de chaque côté
+par un cordon de qçars. Les qçars de l’Ouad Dâdes ont un aspect
+particulier et ne ressemblent ni à ceux que j’ai vus ni à ceux
+que je verrai. Pour le détail des constructions, ils sont pareils
+à ceux du Dra et de l’Ouad Iounil : même élégance, même pisé
+couvert d’ornements ; mais, au lieu de former un massif compact
+de maisons d’où émergent les tourelles des tiṛremts, ils
+sont composés chacun de plusieurs petits groupes d’habitations,
+séparés les uns des autres et échelonnés le long des cultures ;
+ils en comprennent jusqu’à 8 ou 10, les uns ouverts, la plupart
+fortifiés, tous ayant au moins une tiṛremt. Ces groupes se trouvant
+à 100, 200, 300 mètres les uns des autres, on voit quelle longueur
+occupe un qçar. Il résulte de là que les localités, d’autre
+part très nombreuses, sont fort rapprochées ; la distance n’est,
+la plupart du temps, pas plus grande entre les groupes limitrophes
+de centres différents qu’entre deux groupes du même : il est
+très difficile de discerner où commence et où finit chacun, dans
+ce cordon non interrompu de maisons et de tiṛremts qui garnit les
+deux rives de l’ouad. Les demeures sont, comme dans le Dra et comme
+presque partout, sur la lisière et non au milieu des cultures :
+ici aussi les inondations sont à craindre ; il n’est pas rare de
+voir les eaux de la rivière couvrir tout le fond de la vallée et
+venir battre les murailles des qçars. Ceux-ci ne sont pas les seules
+constructions de l’Ouad Dâdes. Je vois apparaître en grand nombre
+des bâtiments curieux dont j’avais remarqué quelques types chez les
+Aït Seddrât du Dra : ce sont les _ageddim_[94] ; l’usage en paraît
+spécial à l’Ouad Dâdes, au Todṛa, au Ferkla et à certains
+districts du Dra : du moins je ne les ai vus qu’en ces endroits ;
+dans les deux premières régions ils sont nombreux, on en rencontre à
+chaque pas ; dans les deux autres ils sont moins fréquents. Ici, sur
+les limites des qçars, au bord de l’ouad, au milieu des cultures,
+les ageddims se dressent en foule ; ce sont des tours isolées, de 10
+à 12 mètres de hauteur, en briques séchées au soleil, de forme
+carrée, percées de créneaux et garnies de machicoulis : elles
+sont surtout nombreuses sur les lignes formant frontière entre les
+localités ; elles s’y dressent d’ordinaire par deux, se faisant
+face, une de chaque côté. Dès qu’éclate une guerre entre qçars,
+ce qui arrive presque tous les jours (le lendemain de mon passage, une
+s’est allumée et a coûté la vie à plusieurs personnes), chaque
+parti emplit ses tours d’hommes armés, avec mission de protéger
+cultures et canaux et de tirer sur tout individu du camp opposé qui
+passe à portée ; la fusillade commence aussitôt de tour à tour,
+fusillade vive par moments, surtout quand une troupe paraît dans la
+vallée pour essayer de ravager les champs de ses adversaires. Des
+questions de conduites d’eau donnent naissance à la plupart de ces
+guerres. Elles durent parfois longtemps, mais ne sont acharnées que
+les premiers jours : dans cette période il est rare qu’il n’y
+ait du sang versé ; ensuite elles traînent en longueur et les
+hostilités se bornent à envoyer quelques coups de fusil dans le
+qçar ennemi, chaque fois qu’apparaît du monde sur une terrasse,
+dans les jardins, quand quelqu’un approche de la frontière.
+
+Je m’arrête au point où je suis sorti du Saṛro, dans le qçar
+de Timichcha, au pied duquel débouche le chemin. Il fait partie du
+district d’Aït Iaḥia, appartenant aux Aït Seddrât. Ce district,
+comme tous ceux de l’Ouad Dra et de l’Ouad Dâdes, se compose
+exclusivement de l’étroite bande de cultures et de qçars qui
+borde les rives du cours d’eau.
+
+Nulle part, excepté sur le plateau supérieur du Saṛro et aux
+approches de l’Ouad Dâdes, je n’ai rencontré de monde pendant
+cette journée. Il s’est présenté trois passages difficiles
+sur la route : la descente, après la ligne de faîte du Saṛro,
+le ravin de l’Ouad Aqqa n Ourellaï et celui qui le suit.
+
+ 23 avril.
+
+Départ à 7 heures du matin. Je remonte l’Ouad Dâdes. Sauf un court
+défilé désert qu’il traverse entre le district d’Aït Iaḥia
+et celui du Dâdes, il demeure sur mon parcours tel que je l’ai
+vu hier : mêmes cultures semées d’ageddims, mêmes cordons non
+interrompus de qçars et de maisons. Si ce n’est pendant son passage
+dans ce kheneg, on ne saurait trouver sur l’une ou l’autre de ses
+rives 200 mètres sans constructions. Rien de nouveau à signaler :
+les flancs comme le fond de la vallée restent les mêmes jusqu’à
+mon arrivée à Tiilit, où je m’arrête.
+
+[Illustration : Vallée de l’Ouad Dâdes.
+
+(Les parties ombrées des montagnes sont couvertes de neige.)
+
+(Vue prise du chemin de Timichcha à Tiilit, dans la direction du
+nord-est.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Chemin facile. Beaucoup de monde. J’ai traversé l’Ouad Dâdes ;
+il n’est pas franchissable en tous points, mais seulement en certains
+endroits où il présente des gués ; à celui où je l’ai passé,
+il avait 20 mètres de large sur 80 à 90 centimètres de profondeur ;
+courant très rapide. Des qçars que j’ai rencontrés, deux ont
+attiré mon attention : celui d’Aït Bou Ạmran (entre Azdag
+et Taourirt), où se voit une belle qoubba, et celui d’Imzouṛ,
+remarquable par l’étendue des cinq ou six groupes qui le forment
+et par l’importance de sa population.
+
+Au Mezgîṭa, dans le district d’Aït Seddrât, dans celui
+d’Aït Iaḥia, les vêtements des Musulmans sont les suivants :
+khenîfs, bernous de poil de chèvre bruns ou gris, ces derniers
+rayés de fines bandes blanches et noires, ḥaïks blancs et bruns ;
+tête nue ou ceinte, mais non couverte, de petits turbans blancs ou
+noirs ; les femmes riches sont vêtues de khent, les pauvres de laine
+blanche ou brune. Dans le Dâdes, les costumes des femmes restent
+les mêmes ; ceux des hommes sont, soit le khenîf, soit un long
+bernous de laine teinte, noir ou bleu foncé. Depuis Tazenakht, les
+armes demeurent uniformes : long fusil à crosse étroite et poignard
+recourbé. L’équipement offre une variation : à partir du district
+d’Aït Seddrât (Dra), la corne à poudre disparaît et se remplace
+par une petite gibecière de maroquin rouge couverte de broderies de
+soie ; elle se suspend au côté gauche par une bretelle de cuir :
+cet objet gracieux est d’un usage universel dans la région que
+je traverse, depuis les Aït Seddrât du Dra jusqu’à Qçâbi
+ech Cheurfa.
+
+Il y avait aujourd’hui marché à Imzouṛ, près de Tiilit. J’en
+ai profité pour faire chercher, parmi les Aït Seddrât qui s’y
+trouvaient, un zeṭaṭ sûr, qui me menât au Todṛa. On en a
+choisi un ; l’arrangement a été conclu avec lui ; il a été fait
+en forme, devant le ṭaleb présent au marché : celui-ci a dressé un
+acte en partie double constatant que le Seddrâti un tel s’engageait,
+moyennant une somme de 15 francs, payable à l’arrivée, à me
+conduire au Todṛa ; il serait responsable de tout dommage qui me
+serait fait durant le trajet et, au cas où je ne parviendrais pas à
+destination, devrait à la communauté juive de Tiilit une indemnité
+de 5000 francs. Ces formalités sont employées dans diverses régions
+du Sahara, surtout chez les Berâber et les Aït Seddrât ; dans
+ces deux tribus, il est rare qu’un Israélite se mette en route
+sans s’être, par un acte de ce genre, mis en sûreté contre son
+zeṭaṭ. Cela ne se fait pas entre Musulmans. Cette différence
+vient de ce que partout un homme serait déshonoré s’il avait
+violé l’engagement pris avec un autre Mahométan, et profité
+de sa confiance pour l’assassiner ; au contraire, dans certaines
+tribus, comme celle où je suis, qu’un Musulman promette à un
+Juif de l’escorter et de le protéger et que, chemin faisant, il
+le pille et le tue, ce sera regardé comme une peccadille ou comme
+un bon tour. Aussi prend-on des précautions spéciales.
+
+ 24 avril.
+
+Départ à 9 heures du matin. Je me mets en route avec mon zeṭaṭ
+pour gagner le qçar qu’il habite. J’y passerai la nuit, et demain
+matin on partira pour le Todṛa. Je remonte l’Ouad Dâdes, dont
+les bords demeurent ce que je les ai vus : mêmes cultures, mêmes
+cordons continus de qçars. La largeur de la vallée, qui jusqu’ici
+n’avait pas varié d’une manière sensible, diminue peu à peu :
+elle avait 1000 mètres à Tiilit ; elle en a 600 à Khemîs S. Bou
+Iaḥia, 300 à Aït Iidir. A mesure qu’on avance, les arbres,
+noyers et figuiers, augmentent. Les flancs subissent à Tiilit une
+brusque transformation. Jusque-là c’étaient le Saṛro à gauche,
+une plaine à droite ; aujourd’hui ce seront, durant toute la marche,
+à droite des côtes assez hautes, à gauche une plaine dépassant
+à peine le niveau de la vallée, la plaine d’Anbed.
+
+A 1 heure, j’arrive à Aït Iidir, qçar du haut Dâdes, résidence
+de mon zeṭaṭ. Je traverse là l’Ouad Dâdes ; il coule en deux
+bras, l’un de 12 mètres, l’autre de 20 mètres, d’une profondeur
+égale d’environ 60 centimètres ; courant très rapide.
+
+
+[Note 93 : Le _taqqaïout_ se trouve en abondance dans plusieurs
+oasis, et surtout dans celles des bassins du Dra et du Ziz. C’est
+un arbre atteignant d’assez fortes dimensions et ayant, par son
+feuillage et sa fleur, beaucoup d’analogie avec le tamarix ; le
+fruit en sert à la teinture des belles peaux qu’on prépare si bien
+dans le Sahara Marocain. J’ai toujours entendu appeler l’arbre,
+comme le fruit, taqqaïout. D’après des renseignements que m’a
+communiqués M. Pilard, ce serait un abus : selon lui, le vrai nom
+de l’arbre est _ạbda_, et en quelques points _telaïa_ ; le fruit
+seul s’appellerait _taqqaïout_, ou mieux _teggaout_.]
+
+[Note 94 : Au pluriel, on dit _igedman_.]
+
+
+
+
+ IX.
+
+ DU DADES A QÇABI ECH CHEURFA.
+
+
+ 1o. — DU DADES AU QÇAR ES SOUQ.
+
+
+ 25 avril.
+
+[Illustration]
+
+[Illustration]
+
+Départ à 5 heures du matin. Mon Seddrâti, accompagné d’un
+second fusil, m’escorte. J’abandonne l’Ouad Dâdes. Au-dessus
+d’Aït Iidir, on en voit la vallée rester la même durant 4 ou 5
+kilomètres, puis elle se resserre : la plaine qui s’étendait à sa
+gauche finit, et est remplacée par un haut talus ; la rivière, sans
+cesser d’être garnie de verdure, entre dans un défilé étroit
+où on la perd de vue. Elle s’enfonce dans le Grand Atlas. Je
+passe sur le plateau bas et uni qui la borde à l’est. J’aborde
+un mouvement de terrain des plus remarquables : le plateau où je
+m’engage est l’extrémité occidentale d’une immense plaine
+qui, commençant à l’est de l’Ouad Ziz et même de l’Ouad
+Gir, s’étend vers l’ouest jusqu’à l’Ouad Dâdes. Cette
+grande dépression sépare le Grand et le Petit Atlas, et s’enfonce
+entre les deux chaînes comme un golfe profond. Entré ici en cette
+plaine, j’y demeurerai jusqu’au Ziz. Dans toute cette région,
+elle se décompose en deux sections qu’on peut appeler supérieure
+et inférieure : la première, où je suis en ce moment, que je
+traverserai d’ici à Imiṭeṛ et du Ṛeris au Qçar es Souq, est
+la partie primitive de la plaine ; elle s’étend le long du Grand
+Atlas et a pour limites : au nord, cette chaîne ; à l’ouest,
+l’Ouad Dâdes ; au sud, le Petit Atlas du Dâdes à Imiṭeṛ,
+et au delà la section inférieure. Celle-ci, où j’entrerai à
+Imiṭeṛ pour y rester jusqu’au Ṛeris, se trouve au pied du
+Petit Atlas et est bornée : au sud, par cette chaîne ; à l’ouest
+et au nord, par la section supérieure. La seconde portion est en
+contre-bas de la première et séparée d’elle sur toute sa longueur
+par un talus uniforme. Celui-ci est comme un degré placé entre les
+deux étages de la plaine ; il est partout le même : la hauteur en
+est d’environ 100 mètres ; il est composé de roche rose et a la
+forme qu’indique la figure, à pic au sommet et en pente douce au
+pied. La section inférieure a sans doute été creusée par les eaux
+du Grand Atlas qui, se précipitant perpendiculairement de ses cimes
+dans la plaine, se sont heurtées aux masses rocheuses du Saṛro, si
+tourmentées sur ce versant, et se sont pratiqué cette excavation à
+leur pied. C’est le long des premières pentes du Petit Atlas que
+l’étage inférieur est le plus bas : là se déroulent les lits
+des cours d’eau ; là coulent et l’Ouad Imiṭeṛ et l’Ouad
+Todṛa. La ligne de thalweg entre le Grand et le Petit Atlas se
+trouve donc dans la seconde partie. L’étage supérieur comme
+l’étage inférieur présentent un sol uni, dur, souvent pierreux ;
+aucun mouvement n’interrompt l’uniformité plate du premier,
+si ce n’est des massifs rocheux au nord du Todṛa et une butte
+près de Qçar es Souq, témoins isolés au milieu de la plaine. Dans
+l’étage inférieur, comme s’il avait été moins complètement
+balayé que l’autre, les témoins sont plus nombreux et s’élèvent
+en masse plus compacte : ce sont d’abord le barrage qui se voit à
+l’est de Timaṭṛeouin, puis le massif situé entre le Todṛa, le
+Ṛeris et le Ferkla, enfin les collines isolées que je laisserai à
+droite en allant du Todṛa au Ferkla ; ces divers groupes paraissent
+d’altitude moindre que le talus qui sépare les deux étages.
+
+Ma route d’aujourd’hui se divise en deux parties : l’une
+dans la section supérieure de la plaine, d’Aït Iidir aux abords
+d’Imiṭeṛ, l’autre dans la section inférieure, d’Imiṭeṛ
+au Todṛa. Ces deux parties offrent une égale facilité ; dans
+chacune on marche en terrain plat. Dans la première, je parcours une
+plaine de plus de 15 kilomètres de large, sans une ondulation ; on
+l’appelle Ouṭa Anbed ; elle est bornée : au sud, par le Saṛro,
+longue ligne noire à reflets brillants ; au nord, par un talus brun
+de hauteur médiocre, commençant à la gorge où s’enfonce l’Ouad
+Dâdes en amont d’Aït Iidir ; à l’ouest, par la vallée de cette
+rivière ; vers l’est, rien ne limite l’horizon : tant qu’on
+marche dans la plaine, on ne voit qu’elle devant soi. On en sort
+sans s’en apercevoir, en s’engageant dans le lit d’une rivière
+dont les berges rocheuses, basses d’abord, vont en s’élevant et
+finissent par devenir les flancs d’un ravin. C’est un court passage
+d’où on débouche, à Imiṭeṛ, dans une nouvelle plaine, la
+seconde section, l’étage inférieur. Le sol de l’Ouṭa Anbed
+est uni comme une glace ; c’est un terrain sablonneux et dur,
+semé de petites pierres ; il est aux deux tiers nu ; un tiers est
+couvert de menus herbages. De rares ruisseaux le sillonnent, leurs
+lits desséchés et bordés de grands genêts blancs. Imiṭeṛ est
+un groupe de quatre qçars appartenant aux Berâber. Il se trouve à
+la bouche d’une vallée étroite, dont les flancs sont des talus
+de roche rose de 100 mètres de haut, raides, sans végétation,
+semblables à ceux qui bordent le ravin que je viens de descendre. La
+rivière qui en sort, l’Ouad Imiṭeṛ, débouche ici dans la
+plaine inférieure, où elle s’unit au cours d’eau que j’ai
+suivi. Les qçars d’Imiṭeṛ sont construits avec élégance,
+comme ceux du Dra. Quelques cultures d’orge et de blé les entourent,
+avec des figuiers et des trembles.
+
+A Imiṭeṛ commencent la seconde portion de ma route et le second
+étage de la plaine ; celui-ci est une longue surface plate gardant
+d’ici, son origine, jusqu’au Todṛa, où il est coupé par la
+bande de palmiers de l’oasis, une largeur moyenne de 3 kilomètres ;
+après le Todṛa, il s’élargit par degrés et atteint 18
+kilomètres entre le Ferkla et le Ṛeris ; au delà de ces points,
+je le verrai s’étendre à perte de vue vers l’est, avec une
+largeur qui paraîtra augmenter encore : sur toute son étendue il
+reste le même, borné au nord par le talus uniforme de roche rose qui
+le sépare de l’étage supérieur, au sud par une ligne de hauteurs
+noires et rocheuses, premières pentes du Saṛro. D’Imiṭeṛ
+au Todṛa, le sol est uni ; il consiste en un sable rose semé de
+pierres, rares au début, plus nombreuses à mesure qu’on avance vers
+l’est. On ne voit presque pas de végétation : à peine un peu de
+thym et de mousse[95]. Un seul accident de terrain coupe la monotonie
+de la plaine : une ligne de collines de 50 à 60 mètres de hauteur la
+barre vers Timaṭṛeouin, formant une digue sur toute sa largeur ;
+ces collines sont en pente douce ; le chemin qui les franchit n’offre
+aucune difficulté. Le col où on les passe, Foum el Qous n Tazoult,
+est un point important : il forme limite entre les Aït Melṛad et
+les autres fractions des Aït Iafelman ; le sol en est intéressant :
+composé moitié de roche rose, moitié de roche noire, il réunit les
+éléments du Grand et du Petit Atlas. Après l’avoir traversé,
+je me retrouve sur la plaine : dans le lointain apparaissent les
+palmiers du Todṛa, comme une ligne noire. Je les atteins à 4 heures
+du soir. A 4 heures et demie, je fais halte dans le qçar de Taourirt.
+
+L’oasis du Todṛa se compose uniquement des rives de l’Ouad
+Todṛa ; c’est un long ruban, dont la largeur varie de 800 à
+2000 mètres, couvert de plantations au milieu desquelles serpente la
+rivière. Elle est ombragée sur toute son étendue d’une multitude
+de palmiers auxquels se mêlent, surtout dans la partie nord et aux
+environs immédiats des qçars, des grenadiers, des figuiers et des
+oliviers, mi-cachés sous les rameaux grimpants de la vigne et des
+rosiers. Tel je vois le Todṛa, telles seront les oasis du Ferkla,
+du Ṛeris, du Qçar es Souq, minces serpents noirs s’allongeant
+dans la plaine.
+
+Durant la route d’aujourd’hui, je n’ai cessé de voir dans le
+lointain, vers le nord, au delà des hauteurs peu élevées bordant
+l’Ouṭa Anbed et du talus limitant l’étage inférieur, de
+hautes montagnes brunes avec des taches de neige sur leur faîte :
+ce n’étaient pas les crêtes supérieures du Grand Atlas, mais
+d’importants échelons de la chaîne. Comme rivières, j’ai
+rencontré l’Ouad Imiṭeṛ (100 mètres de large ; lit moitié
+sable, moitié gravier ; à sec ; berges de sable de 2 mètres de haut)
+et l’Ouad Todṛa (20 mètres de large, dont 15 remplis d’eau
+courante ; fond de gravier ; point de berges ; l’Ouad Todṛa a une
+eau limpide et agréable au goût ; son lit n’en manque jamais ;
+un grand nombre de canaux en dérivent, donnant en tout temps un
+arrosage abondant aux plantations qui le bordent. Pendant la partie
+de son cours où il traverse l’étage inférieur de la plaine,
+il coule au milieu d’une tranchée d’environ 1000 mètres de
+large, séparée du terrain voisin par des talus escarpés de 8
+ou 10 mètres. Le fond de la tranchée, de sable, est couvert de
+cultures et de palmiers : c’est le cœur de l’oasis ; la plupart
+du temps, dattiers et champs débordent un peu des deux côtés de
+l’encaissement ; jamais ils n’en dépassent beaucoup les bords ;
+par endroits, ils s’y arrêtent. Je verrai plus loin l’Ouad Ziz
+couler à Qçar es Souq dans une excavation semblable. Dans la partie
+où il traverse l’étage supérieur, l’Ouad Todṛa s’y creuse
+une vallée à pentes douces ayant au fond 1200 à 1500 mètres
+de large). Entre Imiṭeṛ et le Todṛa, j’ai vu deux lieux
+habités, deux petits qçars, l’un auprès duquel je suis passé,
+l’autre aperçu de loin. Le premier, Timaṭṛeouin Ignaouen,
+appartient aux Berâber (les Ignaouen sont une subdivision des Aït
+Atta) ; il est bordé de jardins et de cultures semblables à ceux
+d’Imiṭeṛ ; comme là, il n’y a pas un palmier ; un canal
+descendant des premières pentes du Grand Atlas y apporte une eau
+courante et limpide. Le second est Qcîba Aït Moulei Ḥamed. Il
+fait partie d’un groupe de trois qçars situés sur les bords de
+l’Ouad Imiṭeṛ, non loin de son confluent avec l’Ouad Todṛa ;
+tous trois sont entourés de dattiers. A l’exception des travailleurs
+dispersés dans les plantations d’Imiṭeṛ et de Timaṭṛeouin,
+je n’ai rencontré personne sur la route.
+
+ 26 et 27 avril.
+
+Séjour à Taourirt. L’oasis du Todṛa, une de sa nature, se
+divise au point de vue politique en deux portions : la première,
+le Todṛa proprement dit, se compose de la partie haute ; elle est
+habitée par des Chellaḥa indépendants ; la seconde, qui est située
+au-dessous d’elle et n’en est séparée par rien d’apparent,
+appartient aux Berâber ; ils y sont mêlés ; plusieurs fractions se
+la partagent. Dans tout le Todṛa, chaque localité est indépendante
+de ses voisines. L’oasis est fort peuplée ; elle comprend 50
+à 60 qçars, échelonnés les uns contre les autres le long des
+plantations. La plupart sont construits en des points élevés :
+ceux de l’étage inférieur de la plaine, au bord de la tranchée
+que s’y est creusée l’Ouad Todṛa, les autres au pied des flancs
+de sa vallée, comme Tiidrin et Tiṛremt, ou sur des buttes isolées
+près de ses rives, comme Taourirt et Aït Ourjedal. Cette disposition,
+que j’ai trouvée dans le Dra et le Dâdes, se prend ici pour les
+mêmes motifs qu’en ces régions ; il s’en ajoute un de plus : la
+nécessité d’avoir une position aisée à défendre. Les guerres,
+fréquentes ailleurs, sont continuelles au Todṛa ; aussi point
+de précaution qu’on ne prenne : chaque localité est resserrée
+dans un étroit mur d’enceinte : de toutes parts se dressent des
+ageddims. Durant le temps que j’ai passé à Taourirt, ce qçar
+était en guerre avec son voisin, Aït Ourjedal ; chaque jour on se
+tirait des coups de fusil ; les fenêtres, les lucarnes des maisons
+étaient bouchées ; on n’osait monter sur les terrasses de crainte
+de servir de point de mire : les deux localités sont si proches que,
+malgré le peu de portée des armes, on s’atteignait de l’une à
+l’autre. On ne se contente pas toujours de tirailler à distance ;
+il n’est pas rare de voir les habitants d’un qçar en assiéger
+un autre, le prendre d’assaut et le piller.
+
+[Illustration : Ouad Todra et qçar de Tiidrin. (Vue prise de
+Taourirt.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+La langue du Todṛa est le tamaziṛt ; beaucoup d’hommes savent
+l’arabe. Les Musulmans sont habillés de ḥaïks et de bernous de
+laine blanche, rarement de kheidous ; ils ont d’ordinaire la tête
+nue ; quelquefois ils la ceignent, sans la couvrir, d’un petit
+turban blanc. L’armement reste jusqu’au Ziz ce qu’il était au
+Dâdes. Le vêtement des femmes demeure le même ; à partir d’ici,
+il sera toujours de laine ou de cotonnade blanche : plus de khent. Pas
+de Ḥaraṭîn.
+
+[Illustration : Coiffure d’une Juive du Todra.
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+ 28 avril.
+
+Du Todṛa au bassin de la Mlouïa, je serai en plein pays des
+Berâber. D’ici à l’Ouad Ziz, la région à traverser est une
+vaste plaine déserte semée d’oasis. Elle est sans cesse parcourue
+par plusieurs fractions des Berâber, surtout par les Aït Melṛad
+et les Aït Atta. Comme la mésintelligence règne en ce moment entre
+Aït Melṛad et Aït Atta d’une part, et de l’autre entre les
+deux grandes branches des Aït Atta, les Aït Zemroui et les Aït
+Ḥachchou, il me faudra trois zeṭaṭs d’ici à Qçar es Souq :
+un des Aït Melṛad et deux des Aït Atta. Je me suis, pendant mon
+séjour à Taourirt, assuré de ceux qui me conduiront au Ferkla. Ils
+doivent me prendre aujourd’hui ; on passera la nuit au qçar de
+l’un d’eux, dans le bas Todṛa : demain matin on partira pour
+le Ferkla, en se joignant à la caravane qui y va tous les mardis.
+
+Départ de Taourirt à 4 heures du soir. Arrivée à Tadafals, mon
+gîte, à 7 heures. Je n’ai fait que longer la lisière de l’oasis,
+cheminant tout le temps dans l’étage inférieur de la plaine ;
+il ne cesse pas d’être uni ; le sol y est sablonneux en restant
+dur. A hauteur des dernières localités du Todṛa, commence sur la
+rive gauche de la rivière et assez loin d’elle un massif isolé
+de collines basses que je côtoierai pendant la marche de demain. A
+Aït Mḥammed finit l’excavation dans laquelle coulait l’Ouad
+Todṛa. A partir de là, le lit est au niveau de la plaine. Chemin
+faisant, j’ai traversé l’Ouad Imiṭeṛ (60 mètres de large ;
+lit de sable ; à sec) ; au point où je l’ai passé, une digue en
+maçonnerie barrait le cours de la rivière ; c’est l’ouvrage de
+ce genre le mieux construit que j’aie vu au Maroc.
+
+ 29 avril.
+
+Départ à 6 heures du matin. Bientôt qçars et palmiers disparaissent
+sur les rives de l’Ouad Todṛa. Le lit s’en dessèche, et je suis
+dans le désert. Je chemine dans la plaine où je me trouvais hier,
+marchant entre l’Ouad Todṛa et le massif qui s’élève à sa
+gauche ; le sol est de sable blanc, pur auprès de la rivière,
+semé de petits cailloux noirs aux abords des collines ; au pied
+de celles-ci, la terre en est couverte comme d’une écaille. Peu
+de végétation : dans les régions pierreuses, quelques touffes
+de thym ; dans le sable, qui occupe la portion la plus grande, un
+peu de melbina et de jujubiers sauvages. Je vois au sud, bornant
+la plaine, les premières pentes du Petit Atlas portant encore le
+nom de Saṛro, ligne sombre de hauteurs tourmentées, aux flancs de
+roche noire et luisante, avec de minces filets de neige apparaissant
+çà et là sur les crêtes. Vers le nord, une partie de l’étage
+inférieur et le talus rose qui le borde sont masqués pendant une
+portion du trajet par les collines dont je suis le pied : celles-ci
+forment un massif gris, aux flancs rocheux et nus, aux côtes douces,
+élevé de 30 à 40 mètres ; il s’élève isolé dans la plaine,
+occupant la partie centrale du triangle dont le Todṛa, le Ferkla
+et le Ṛeris sont les sommets. Au delà de sa ligne mince, apparaît
+dans le lointain une longue chaîne de hautes montagnes brunes : les
+premiers échelons du Grand Atlas. Tel est ici l’étage inférieur
+de la plaine, où je marche jusqu’au Ferkla. A 1 heure, j’atteins
+les premiers palmiers de l’oasis ; à 1 heure 20 m., je m’arrête
+au qçar d’Asrir. Depuis 9 heures du matin, on se croyait sans
+cesse au point d’arriver, trompé qu’on était par de continuels
+effets de mirage. C’était la première fois que j’apercevais ce
+phénomène au Maroc : il se représenta le lendemain durant presque
+tout le trajet du Ferkla au Ṛeris. Depuis je ne le vis plus.
+
+Je marchais aujourd’hui avec une nombreuse caravane, au milieu de
+laquelle me protégeaient trois zeṭaṭs ; elle se composait de 100
+à 150 personnes, moitié Aït Atta, moitié Aït Melṛad. Il y avait
+dans le nombre 60 à 70 fusils, sans un cavalier. Tout ce monde venait
+du Souq et Tenîn du Todṛa et se rendait au Ferkla. Les bêtes de
+somme, ânes et mulets, étaient 120 ou 150 ; les mulets sont très
+communs dans le pays. Je n’ai point aperçu d’autres voyageurs que
+nous sur la route. L’Ouad Todṛa, que j’ai traversé ce matin au
+sortir de l’oasis, y avait 60 mètres de large ; il était à sec ;
+le lit en était formé de gros galets et sans berges. Il reste tel
+jusqu’au Ferkla, toujours desséché et au niveau du sol : point de
+trace de végétation ni dans son lit ni sur ses rives ; rien qui de
+loin en dessine le cours à la surface blanche de la plaine. Le Ferkla
+est en tout semblable au Todṛa : c’est une bande de palmiers large
+de 1000 à 2000 mètres ; au milieu se déroule l’Ouad Todṛa, dont
+le lit s’emplit de nouveau d’une eau abondante et limpide. Il coule
+à fleur de terre ; l’oasis entière est au niveau de la plaine. Le
+Ferkla est moins grand que le Todṛa : sa longueur est moindre ; ses
+localités et ses habitants sont en nombre plus faible. Il appartient
+en partie aux Aït Melṛad, en partie à des Chellaḥa isolés :
+leurs qçars sont mélangés ; chacun de ceux-ci est indépendant,
+aussi bien ceux des Chellaḥa que ceux des Berâber. Par une exception
+unique, les Chellaḥa du Todṛa, du Ferkla et une partie de ceux
+du Ṛeris gardent une liberté absolue auprès de leurs puissants
+voisins : ils n’ont pas sur eux la moindre debiḥa. A quoi faut-il
+l’attribuer ? Sans doute à leur cohésion lorsqu’il s’agit de
+défendre la liberté commune, et à leur caractère belliqueux. A ce
+propos, il faut remarquer qu’il ne se trouve pas un seul Ḥarṭâni
+parmi eux. J’ai cessé de voir des Ḥaraṭîn dès que j’ai
+quitté l’Ouad Dâdes : dorénavant je n’en rencontrerai plus. Au
+Ferkla comme au Todṛa, je trouve les élégantes constructions du
+Dra. Les productions du sol sont les mêmes ici qu’au Todṛa, avec
+cette différence qu’en arbres il n’y a guère que des dattiers ;
+les autres essences sont rares : on voit quelques troncs de figuiers,
+de grenadiers, de pêchers, d’oliviers, et de la vigne, mais en
+petite quantité ; au contraire, les palmiers sont nombreux et beaux :
+ils sont plantés serrés et forment une forêt touffue. A leur ombre,
+entre leurs pieds, se pressent des cultures arrosées de canaux.
+
+ 30 avril.
+
+Aujourd’hui je vais au Ṛeris, autre oasis analogue à
+celle-ci. Départ à 8 heures du matin. J’ai mon escorte obligatoire
+de trois Berâber ; je marche avec une caravane d’une vingtaine
+de personnes dont la moitié est armée. Le massif de collines que
+j’ai eu à main gauche durant la marche d’hier expire entre
+le Ferkla et le Ṛeris : on en distingue les dernières côtes à
+l’ouest du chemin. Vers le nord s’aperçoit, à grande distance,
+une haute chaîne brune, aux nombreuses découpures, entre lesquelles
+brillent des croupes plus éloignées couvertes de neige : le Grand
+Atlas. L’étage inférieur de la plaine apparaît ici dans toute
+son étendue : il s’étale entre le Petit Atlas et le talus
+de roche rose au pied duquel est le Ṛeris ; plus un mouvement
+n’en plisse l’immensité plate qu’on voit s’allonger
+vers l’est à l’infini, toujours la même, aussi loin que la
+vue peut porter. C’est une surface nue et blanche se déroulant
+jusqu’à l’horizon. Là coulent les ouads Todṛa et Ṛeris ;
+là est leur confluent : dans l’éblouissante blancheur de la
+plaine, leurs lits desséchés et sans verdure ne se distinguent
+pas. Seules, paraissent quelques lointaines oasis, points noirs se
+reflétant dans les étangs et les longs lacs bleus que fait briller
+le mirage. Du Ferkla au Ṛeris, le sol est de sable dur semé çà
+et là de cailloux noirs : comme seule végétation, la mousse des
+ḥamadas, excepté en quelques points où le sable forme des dunes
+de 50 centimètres de haut, et où poussent des touffes de drin.
+
+A 1 heure et demie, j’arrive au Ṛeris. Cette oasis est, en forme
+et en productions, semblable au Todṛa et au Ferkla, au Todṛa
+surtout, auquel elle est en quelque sorte symétrique. Comme lui,
+elle est située au point où le cours d’eau qui la féconde sort du
+talus rocheux et débouche de l’étage supérieur dans le second ;
+comme lui, elle se trouve partie en deçà du talus, resserrée au
+fond d’une vallée, partie au delà, en plaine. C’est une bande de
+palmiers ombrageant des cultures au milieu desquelles coule l’ouad
+et s’élèvent de nombreux qçars. Les constructions sont faites à
+la façon de celles du Dra. Peut-être ont-elles moins de moulures
+sur les murs ; en revanche la plupart des localités possèdent des
+enceintes élevées et, auprès des portes, des tours d’une grande
+hauteur, telles que je n’en ai vu nulle part ailleurs. Comme au
+Ferkla, les palmiers forment une forêt épaisse et ont entre eux
+peu d’arbres d’essence différente. L’Ouad Ṛeris est de la
+force de l’Ouad Todṛa : il a 30 mètres de large, dont 12 remplis
+d’eau claire et courante de 60 centimètres de profondeur. Le lit est
+moitié sable, moitié gravier ; il a des berges de sable de 2 mètres
+de haut. Pendant le trajet d’aujourd’hui, je n’ai rencontré
+personne. J’ai passé à proximité de deux lieux habités : Zaouïa
+Sidi El Houari, groupe de quelques maisons entouré de grands jardins
+d’oliviers et de grenadiers, sans un palmier ; El Mkhater, petit
+qçar avec dattiers.
+
+En ce moment, le Ṛeris est fort agité. On s’attend à ce que
+les Aït Atta et les Aït Melṛad en viennent aux mains bientôt
+dans ces parages : chaque qçar se tient sur ses gardes ; chacun a
+des veilleurs sur ses tours, pour guetter et donner l’alarme en cas
+de surprise. Nous avons dit qu’Aït Atta et Aït Melṛad étaient
+en mauvaise intelligence. Au printemps dernier (1883), ils se sont
+livré une grande bataille non loin d’ici, auprès de Tilouin,
+petite oasis isolée à l’est du Ferkla. Les Aït Atta étaient au
+nombre de 8000 fantassins et 600 chevaux ; les Aït Melṛad comptaient
+12000 hommes de pied et 700 cavaliers. Les Aït Atta furent vaincus ;
+1600 périrent : la perte des Aït Melṛad fut de 400 hommes[96]. Le
+combat n’avait duré qu’une matinée. Cette sanglante rencontre
+fut suivie d’une trêve d’une année : il fut convenu qu’on
+se mesurerait de nouveau au printemps suivant. On s’attend chaque
+jour à voir commencer les hostilités. Le principal théâtre de la
+lutte sera sans doute le Ṛeris. Les Aït Atta enlevèrent, il y a
+une trentaine d’années, aux Aït Melṛad une partie des qçars
+qu’ils possédaient dans cette oasis, entre autres Gelmima, l’un
+des principaux de la contrée. Les Aït Melṛad vont, pense-t-on,
+essayer de reprendre ce dernier.
+
+Ce n’est pas sans raison qu’on considère la reprise de la guerre
+comme imminente. J’apprendrai demain, en arrivant à Qçar es Souq,
+qu’aujourd’hui même les Aït Atta ont pillé une caravane d’Aït
+Melṛad : c’est le début des hostilités.
+
+ 1er mai.
+
+Départ de Gelmima à 4 heures du matin. Je vais au Qçar es Souq,
+petit district sur l’Ouad Ziz. Point de caravane : je pars avec mes
+trois Berâber. On commence par longer le pied du talus de roche rose
+qui sépare les deux étages de la plaine. A sa base, le sable devient
+rose et se sème de pierres ; presque point de végétation : quelques
+touffes de melbina et de mousse du ḥamada. Vers 7 heures et demie,
+je cesse de suivre le talus et je le gravis. Arrivé à sa crête,
+je me trouve au bord d’un plateau ; il s’étend à perte de vue à
+l’est et à l’ouest ; il est borné au sud par le talus que j’ai
+monté ; au nord, par un premier échelon du Grand Atlas qui se dresse
+comme une muraille à 20 kilomètres de moi : c’est la première
+section de la plaine, l’étage supérieur. A mes pieds s’étend
+la partie inférieure, que je viens de quitter : immense étendue
+blanche où paraissent, comme deux points, les oasis de Tilouin et
+de Mekhtara Aït Abbou ; elle se prolonge toujours la même, bordée
+par la ligne sombre du Saṛro, aussi loin que porte la vue. A la
+surface de la section où je suis, s’aperçoit vers le nord-ouest
+un tronçon de ligne verte, portion des palmiers de Taderoucht ; ils
+apparaissent par une légère dépression de la plaine. D’un autre
+côté, au nord-est, se voit un mamelon rougeâtre dressant sa tête
+isolée au milieu du désert. Il se trouve dans la direction du Qçar
+es Souq : je marche droit sur lui. Le sol de cet étage supérieur
+est mi-pierreux, mi-rocheux sur les bords ; il devient sablonneux
+à mesure qu’on se rapproche du milieu : dans cette partie il y a
+parfois de petites dunes de 1 à 2 mètres de haut. La végétation
+se compose, dans le sable, d’un peu de thym, de mousse du ḥamada,
+de rares jujubiers sauvages. Les parties pierreuses sont plus nues :
+à peine y voit-on quelques touffes de mousse. Le terrain est uni ;
+on n’y distingue pas d’autre accident que la butte isolée qui me
+sert de signal ; elle est peu élevée : je passerai à son pied à
+2 heures ; elle me semblera avoir 60 ou 80 mètres de haut. C’est
+un mamelon de roche rouge, escarpé. Les eaux de cette partie de la
+plaine vont d’une part à l’Ouad Ziz, de l’autre à l’Ouad
+Ṛeris. Cela donne naissance à la dépression par laquelle j’ai
+aperçu une parcelle du Taderoucht.
+
+A 3 heures et demie, l’Ouad Ziz apparaît. Il est à quelque
+distance. C’est une ligne noire sortant du flanc de l’Atlas et
+s’allongeant à perte de vue dans la plaine. Aucun mouvement ne
+borne l’horizon, ni à l’est, ni à l’ouest, ni au sud : on
+ne voit en ces trois directions qu’une surface plate et blanche
+s’étendant à l’infini ; au milieu serpente la longue file des
+palmiers de l’Ouad Ziz, sans que la ligne s’en interrompe depuis
+le point où ils débouchent de la montagne jusqu’à celui où on
+les perd des yeux aux limites de l’horizon. Les districts qui se
+succèdent sur les bords du Ziz sont, comme ceux du Dra, un ruban
+étroit se déroulant au milieu du désert : comme eux, bien que
+portant des noms divers, Qçar es Souq, Metṛara, Reteb, Tizimi,
+Tafilelt, ils forment une seule oasis, bande de dattiers bordant sans
+interruption le fleuve, depuis le qçar le plus haut du Qçar es Souq
+jusqu’à la localité la plus basse du Tafilelt.
+
+A 4 heures et demie, je parviens au Qçar es Souq. Je m’arrête au
+mellaḥ. Je n’ai rencontré personne durant ma route. J’ai passé
+près d’un endroit habité, le petit qçar de Tarza, appartenant
+aux Aït Izdeg. Deux cours d’eau se réunissent au-dessus de lui et
+se dirigent vers le sud en creusant dans la plaine une vallée de 500
+mètres de large : le qçar se trouve au fond de celle-ci, entouré de
+champs, d’oliviers et de figuiers ; point de palmiers. Le principal
+des deux cours d’eau, l’Ouad Tarza, a 50 mètres de large ;
+le lit, moitié sable, moitié gravier, en est à sec.
+
+Le Qçar es Souq est un district situé sur les bords du Ziz :
+c’est l’un des plus petits de son cours et le premier après sa
+sortie du Grand Atlas ; il commence au point où le fleuve débouche
+de la montagne. La vallée du Ziz y offre une bande de palmiers
+large de 500 à 1500 mètres, au milieu de laquelle coule le fleuve
+et s’élèvent des qçars. Les constructions sont en pisé ; les
+tiṛremts, nombreuses, sont moins ornées que dans le Dra. D’ici
+à Foum Ṛiour, où l’Ouad Ziz sort de l’Atlas, le cours d’eau
+et la majeure partie des dattiers sont encaissés dans une tranchée
+profonde de plusieurs mètres, pareille à celle où coule quelque
+temps l’Ouad Todṛa ; le fond en est de sable, les parois de roche :
+en dehors sont le reste des palmiers et la plupart des qçars. L’Ouad
+Ziz a ici 40 mètres de large, 80 centimètres de profondeur, une
+eau verte au courant impétueux ; il a de nombreux rapides et ne se
+traverse qu’à des gués déterminés ; lit tantôt de gravier,
+tantôt de sable, sans berges.
+
+Le costume et les armes sont les mêmes, à peu de chose près, que
+dans les oasis précédentes. Le gracieux sac à poudre de filali
+brodé de soie se porte toujours. La seule modification est dans la
+coiffure : on garde le dessus de la tête nu ; l’étroite bande
+de coton blanc dont on se ceignait le front au Dâdes, au Todṛa et
+au Ṛeris se remplace par quelques tours de fil de poil de chameau
+ou de cordelette de soie ; celle-ci est d’ordinaire rose et de 7
+à 8 millimètres de diamètre. Il est de mode d’avoir un anneau
+d’argent à l’oreille gauche. Peu de kheidous : on ne s’habille
+que de blanc ; les bernous, de laine ou de coton, sont fréquemment
+ornés de broderies de soie aux couleurs vives. Costume et armement
+resteront les mêmes d’ici à Qçâbi ech Cheurfa.
+
+
+ 2o. — DU QÇAR ES SOUQ A QÇABI ECH CHEURFA.
+
+
+ 2 mai.
+
+Le Qçar es Souq, le Tiallalin, tous les pays que je traverserai
+d’ici au col de Telṛemt, faîte du Grand Atlas, appartiennent
+à un même rameau des Berâber, les Aït Izdeg. Je prends trois
+fusils de cette fraction pour m’escorter jusqu’au Tiallalin,
+mon gîte de ce soir. Ce district, situé sur le Ziz, se trouve
+de l’autre côté de l’épaisse chaîne rocheuse au pied de
+laquelle est le Qçar es Souq. Deux chemins y mènent : l’un longe
+le cours du fleuve, au fond d’une gorge profonde, l’autre laisse
+l’ouad de côté et gravit les crêtes de la montagne. Ce dernier
+est plein de difficultés : on le prend en cas de nécessité absolue,
+lorsque l’Ouad Ziz, que la première route traverse plusieurs fois,
+se trouve infranchissable. Bien que je sois à l’époque de la crue
+du fleuve, et que des pluies récentes en aient gonflé les eaux et
+rendu le passage difficile, je prendrai la première voie. Au sortir
+du Qçar es Souq, j’entre dans la montagne. Celle-ci est une large
+chaîne de roche nue ; elle semble former une succession de murailles
+à pic et de talus, séparés par des côtes plus ou moins raides,
+tantôt rocheuses, tantôt pierreuses. Le massif est presque en entier
+de couleur rouge vif : aux abords du Tiallalin, les flancs changent de
+ton et deviennent d’un gris bleuâtre. L’Ouad Ziz traverse cette
+chaîne par une longue gorge aux parois escarpées, qui se changent
+parfois en murailles verticales ; le fond a par endroits 300 ou 400
+mètres de large, souvent 50 ou 60. Il est sablonneux, couvert de
+cultures et jalonné de qçars sur presque toute sa longueur ; la
+partie supérieure seule, celle qui touche à la plaine du Tiallalin,
+est rocheuse, nue et déserte. L’autre forme un district séparé, El
+Kheneg. Des dattiers ne cessent d’ombrager les cultures depuis Qçar
+es Souq jusqu’au qçar de Tamerrâkecht. Là ils disparaissent : je
+n’en verrai plus d’ici à la fin de mon voyage. Dans ce défilé,
+le chemin est difficile, à cause de la quantité de fois qu’il
+faut traverser l’Ouad Ziz : quoique j’aie fait un détour dans la
+montagne pour diminuer le nombre de ces passages, je l’ai franchi
+à six reprises ; la plupart des gués avaient environ 25 mètres de
+large et 80 centimètres de profondeur ; la rapidité très grande
+du courant rendait longue chacune des traversées. Parti de Qçar es
+Souq à 7 heures du matin, je n’arrive qu’à 3 heures et demie
+à l’extrémité nord du défilé. Là je me trouve en face d’une
+plaine où je m’engage : la plaine du Tiallalin. Elle est bornée :
+au sud, par la chaîne de laquelle je sors ; au nord par une autre
+chaîne nue et rocheuse, parallèle à celle-ci ; à l’ouest, par un
+demi-cercle de hautes montagnes, un peu plus élevées que celles que
+je viens de traverser, et dont le pied, à sa plus grande distance,
+peut être à 12 ou 15 kilomètres. Vers l’est, la plaine s’étend
+jusqu’aux limites de l’horizon. Cette étendue est nue et plate ;
+le sol en est pierreux, avec quelques parties rocheuses et d’autres
+sablonneuses. L’Ouad Ziz la traverse dans sa largeur ; les deux
+rives du fleuve sont bordées d’un ruban continu de cultures et de
+villages qui se prolongent par delà la plaine, derrière la chaîne
+qui la limite au nord. C’est le Tiallalin.
+
+[Illustration : Portion méridionale du Tiallalin. (Vue prise de
+Kerrando.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Le Tiallalin a, comme végétation, l’aspect du bas Dâdes : mêmes
+cultures tristes, même apparence morne, même absence d’arbres. Les
+champs, répartis sur les deux bords de l’Ouad Ziz, forment une
+bande non interrompue d’une extrémité à l’autre du district ;
+la bande est de largeur inégale, tantôt elle a 2000 mètres,
+tantôt à peine 1000. Si par la pauvreté de la végétation le
+Tiallalin rappelle le Dâdes, il ne lui ressemble en rien en ce
+qui concerne les qçars. Depuis que j’ai quitté le bassin du
+Dra, l’architecture va en déclinant : jusqu’au Qçar es Souq
+inclus, elle avait gardé de l’élégance ; il n’y en a plus au
+Tiallalin : les bâtiments y sont de pisé sans ornement ; il existe
+des tiṛremts ; mais leurs quatre murs flanqués de tours sont d’une
+simplicité absolue : ni découpures, ni moulures. Les ageddims ont
+disparu avec les derniers palmiers du Ṛeris. Les constructions,
+d’ici à Oudjda, rappelleront celles du Tâdla, des Aït Ạtab,
+des Entifa. Au Tiallalin, elles sont non seulement moins élégantes
+qu’au Dâdes, mais aussi moins nombreuses ; elles forment une série
+de villages peu espacés, et non cette suite continue d’habitations
+qui donne au Dâdes un aspect si particulier.
+
+Je suis entré dans le Tiallalin à 4 heures ; je m’y arrête
+à 5 heures à Qcîba el Ihoud, petit village situé presque à
+l’extrémité de la plaine.
+
+ 3 et 4 mai.
+
+Séjour au Tiallalin. Une pluie continuelle, bénie par les habitants,
+peu agréable à un voyageur, m’y retient deux jours.
+
+ 5 mai.
+
+[Illustration : Vallée de l’Ouad Ziz et qçar d’Aït Khozman. (Vue
+prise de Kerrando.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Départ à 8 heures du matin. Bientôt je suis hors de la
+plaine. L’Ouad Ziz y entre par un kheneg d’environ 100 mètres de
+large, entre le Djebel Bou Qandil, haute montagne brune aux côtes
+raides, à l’est, et le Djebel Gers, longue chaîne de roche
+jaune, à l’ouest. Cette dernière est en pente faible pendant
+1 à 2 kilomètres, puis s’élève à son tour ; elle forme le
+flanc droit d’une vallée où coule l’Ouad Ziz avant de passer
+dans la plaine. Le flanc gauche en est un talus à crête uniforme,
+en rampe douce au pied, se terminant au sommet par une muraille à
+pic ; il n’est que roche et pierres sans végétation. Le fond,
+que je remonte, a un sol terreux ; la largeur moyenne en est de 1500
+mètres. Il est occupé par les cultures et les villages du Tiallalin
+et du Gers ; les deux districts s’y succèdent sans intervalle :
+ils s’étendent sur toute la longueur de la vallée, mais n’en
+embrassent pas toute la largeur, n’occupant jamais qu’une des
+rives du fleuve, l’autre restant inculte et déserte. Je traverse
+une dernière fois l’Ouad Ziz : au gué, il forme deux bras,
+de 50 mètres de large chacun ; la profondeur du premier est de 80
+centimètres, celle du second de 50 centimètres ; les eaux coulent
+sur un lit de gravier, sans berges ; le courant est très rapide. Dans
+le lointain, apparaît la cime blanche du Djebel el Ạïachi. Elle ne
+cessera de briller à mes yeux d’ici à Qçâbi ech Cheurfa, et de
+là jusqu’à Misour. Vers 11 heures, je me trouve à l’extrémité
+de la vallée : le flanc gauche s’abaisse tout à coup, et fait
+place à une plaine bornée, au nord, par une chaîne rocheuse et
+rouge qui s’élève à plusieurs kilomètres d’ici ; au sud,
+par le prolongement du Djebel Gers ; vers l’ouest et le nord-ouest,
+elle s’étend à une grande distance et est limitée par de hautes
+montagnes très éloignées : de là vient l’Ouad Ziz : on distingue
+au loin à la surface blanche de la plaine les taches noires des
+jardins qui en marquent le cours. Pour moi, je l’abandonne et
+marche droit au nord, vers la chaîne qui se dresse de ce côté ;
+jusque-là, sol pierreux, plat, sans végétation. A 1 heure moins
+un quart, j’arrive au pied du massif ; je le gravis : une montée
+d’une heure, par un ravin nu et rocheux, me conduit à un col. Là
+commence un plateau accidenté, au sol terreux, couvert de _geddim_
+(sorte d’ḥalfa) et de thym. Je le traverse ; au bout de quelque
+temps, j’atteins une crête : c’est l’extrémité nord du
+plateau. Devant moi s’étend une côte peu rapide, garnie de geddim,
+et au delà une longue plaine orientée comme celle du Tiallalin, de
+l’ouest-sud-ouest à l’est-nord-est. Elle est limitée : au sud,
+par le massif que je finis de franchir ; au nord, par le Djebel el
+Ạbbarat, haute chaîne de roche rouge, et, en avant de lui, par un
+massif de collines grises de 40 à 50 mètres de hauteur, qui s’y
+adosse, tout en en étant distinct ; à l’ouest, par un demi-cercle
+de montagnes assez élevées. Vers l’est, elle s’étend à perte
+de vue. L’Ouad Nezala la traverse dans sa largeur ; trois hameaux
+isolés apparaissent avec leur maigre verdure au milieu de sa surface
+déserte. Bientôt je suis dans la plaine ; le sol, sablonneux, est
+couvert d’herbages où le genêt domine. Je gagne l’Ouad Nezala,
+que je suivrai jusqu’au col de Telṛemt, faîte du Grand Atlas. Au
+bout de la plaine, j’entre dans le massif de collines qui précède
+le Djebel el Ạbbarat. L’Ouad Nezala s’y creuse une vallée
+de 100 mètres de large ; les flancs, terre avec quelques pierres,
+sont couverts de geddim. A 4 heures, je suis au point où finit ce
+massif et où sortent de terre les parois escarpées du Djebel el
+Ạbbarat. A droite, à gauche, sont des cols entre les coteaux et
+la montagne. En avant, s’ouvre dans le flanc de cette dernière
+une brèche étroite, Kheneg el Ạbbarat, phénomène des plus
+curieux. La chaîne où elle est percée est une digue de plus de 200
+mètres d’élévation, à crête rocheuse et à base pierreuse ;
+les crêtes vont en s’abaissant près du kheneg : elles diminuent
+d’une manière rapide et régulière, en décrivant un demi-cercle ;
+la crête supérieure elle-même semble le décrire, de façon qu’au
+fond du kheneg la muraille du faîte a l’air de s’être abaissée
+au niveau de la rivière : ainsi ce kheneg ne paraît point percé
+comme les autres par l’action des eaux ; il semble formé par un pli
+de la bande rocheuse qui compose la chaîne. Il a 100 mètres de long
+et à peine 30 mètres de large ; le fond comme les parois en sont de
+roche : je le traverse dans le lit de l’Ouad Nezala. Au sortir du
+défilé, la vallée demeure étroite ; ses flancs s’abaissent :
+ceux-ci sont les pentes septentrionales du Djebel el Ạbbarat ;
+elles étaient nues sur l’autre versant ; ici, tout en gardant
+la même nature rocheuse, elles se sèment de quelques arbres. Ce
+sont les premières côtes boisées que je voie depuis la vallée du
+Sous. Bientôt le flanc droit expire et fait place à un plateau nu,
+élevé de 10 mètres au-dessus du niveau de la rivière ; le flanc
+gauche continue à la border ; il n’a plus que 40 à 50 mètres
+de haut : c’est un talus de roche grise, en pente douce. Plusieurs
+petits qçars d’aspect misérable, sans jardins ni cultures, sont
+échelonnés le long de la vallée. Je m’arrête à l’un d’eux,
+Nezala, qui est, comme ce nom l’indique, un gîte habituel des
+voyageurs sur cette route.
+
+[Illustration]
+
+Je marche depuis ce matin avec une caravane de muletiers du Metṛara ;
+je me suis rencontré avec eux au Tiallalin ; ils feront route avec
+moi jusqu’à Qçâbi ech Cheurfa. Leur métier est de transporter
+des marchandises entre le Tafilelt et Fâs. J’ai loué, de concert
+avec eux, une escorte d’Aït Izdeg : ceux-ci sont maîtres de
+tout le pays, du Qçar es Souq au col de Telṛemt. Ils prennent,
+pour servir de zeṭaṭs du Tiallalin au col, 5 francs par mule, par
+Juif et par chameau, et la moitié pour les ânes ; les Musulmans ne
+paient pas pour leur personne : moyennant cette redevance, les Aït
+Izdeg escortent les caravanes et en garantissent la sûreté. Nos
+zeṭaṭs se composent de 3 cavaliers et 6 ou 7 fantassins.
+
+Beaucoup de monde aujourd’hui sur le chemin. J’ai croisé sept
+ou huit convois de 50 à 80 bêtes de somme chacun ; les animaux
+étaient des mulets, des ânes et des chameaux, les deux dernières
+espèces dominant. La route que je suis, voie habituelle entre Fâs
+et le Tafilelt, est toujours aussi fréquentée. Depuis l’Ouad Ziz,
+j’ai rencontré deux cours d’eau de quelque importance : l’Ouad
+Tira n Imin (au point où je l’ai passé pour la première fois, il
+avait 10 mètres d’eau limpide de 15 centimètres de profondeur ;
+courant rapide), et l’Ouad Nezala (à hauteur d’Aït Ḥammou
+ou Sạïd, le lit en avait 80 mètres de large, dont 15 remplis
+d’eau claire et courante de 60 centimètres de profondeur. A
+Nezala, le lit n’a plus que 15 mètres de large, et l’eau 6 ;
+celle-ci a 15 centimètres de profondeur). Le kheneg el Ạbbarat,
+que j’ai traversé à 4 heures, est célèbre et redouté pour
+les brigandages qu’y exercent les Aït Ḥediddou. Maintes fois ils
+ont guetté des caravanes, embusqués au col que j’y ai vu à main
+gauche, et les ont pillées.
+
+Nezala est un petit qçar délabré, élevé naguère par un sultan
+qui voulut en faire un poste d’observation et un gîte pour les
+voyageurs. Il ne sert plus qu’à ce dernier usage. C’est une
+enceinte carrée, flanquée de mauvaises tours, le tout très bas,
+en pisé gris ; à l’intérieur se trouvent quelques maisons,
+résidences de cinq ou six familles habitant ici, et un grand nombre
+de cours, d’écuries, de hangars, la plupart à demi ruinés,
+où s’installent les voyageurs.
+
+[Illustration : Tizi n Telremt et Djebel el Aïachi.
+
+(Les parties ombrées sont couvertes de neige.) (Vue prise de Qaçba
+el Makhzen.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Sur la route que j’ai parcourue aujourd’hui, il n’y a pas de
+passage difficile. Une seule côte un peu raide, vers 2 heures ;
+le reste du temps j’ai marché en plaine. Demain, durant toute la
+journée, le chemin sera plus uni encore. L’aisance extrême avec
+laquelle on franchit ici le Grand Atlas contraste avec les difficultés
+que j’ai rencontrées en le passant pour la première fois, au
+Tizi n Telouet. Aucun trait de ressemblance, hors l’altitude,
+n’existe entre l’Atlas des Glaoua et celui-ci. Là, une chaîne
+aux crêtes nues et rocheuses est formée de longs escarpements
+presque infranchissables ; les deux versants, celui du nord surtout,
+profondément ravinés par l’action des eaux, ont perdu leur
+forme primitive et se présentent sous l’aspect de contreforts
+perpendiculaires à l’arête centrale ; rocheux, tourmentés,
+ils cachent dans leurs flancs d’étroites vallées resserrées
+entre des murailles de roche, seuls refuges de la végétation et
+de la vie en cette contrée inaccessible, désolée, déserte. Ces
+vallées, comme les contreforts qui les séparent, ont leur direction
+normale à la ligne culminante de la chaîne. Ici, au contraire,
+le sommet est en partie boisé : on y arrive par un chemin d’une
+facilité extrême : le massif se compose, non d’innombrables
+montagnes couvrant tout le pays, avec l’apparence de rameaux
+perpendiculaires à un tronc, mais d’une série de chaînes[97]
+parallèles à l’arête principale et séparées entre elles par
+des plaines qui occupent la plus grande partie de la contrée. Les
+cours d’eau, auprès desquels les villages sont tantôt nombreux,
+tantôt clairsemés, s’écoulent au niveau des plaines, traversant
+les diverses lignes de montagnes par autant de khenegs qui s’y
+ouvrent comme des portes sur leur passage. Quelques-unes de ces plaines
+sont si longues que deux rivières les traversent dans leur largeur,
+à une grande distance l’une de l’autre : telle la plaine du
+Tiallalin, dont le prolongement est arrosé par l’Ouad Gir. Outre
+cette différence de nature, les deux parties du Grand Atlas que nous
+avons franchies en présentent une autre : le Tizi n Glaoui était des
+deux côtés entouré de hautes cimes presque en tout temps couvertes
+de neige : il formait une dépression au milieu de montagnes très
+élevées. Le Tizi n Telṛemt se trouve au point où la chaîne
+commence à décroître : à l’ouest du col, s’élèvent les
+hautes crêtes toujours blanches du Djebel El Ạïachi, l’un des
+massifs les plus élevés de l’Atlas ; à l’est, il n’y a plus
+trace de neige, et la chaîne s’abaisse rapidement. Je l’aurai
+longtemps sous les yeux dans le bassin de la Mlouïa. Au delà du
+Djebel El Ạïachi, elle apparaît comme un long talus brun, à
+crête uniforme, allant sans cesse en décroissant. Elle s’allonge
+vers l’est, diminuant toujours de hauteur, jusqu’au point où on
+la perd de vue aux limites de l’horizon.
+
+ 6 mai.
+
+Départ à 5 heures du matin. Jusqu’au col de Telṛemt, je resterai
+en terrain plat : sol dur, terre semée de gravier et de petites
+pierres ; une végétation maigre le recouvre à moitié : geddim,
+thym, menus herbages. D’ici au col, je traverse trois plaines unies,
+sans la moindre ondulation ; la première s’étend au loin vers
+l’ouest et le nord-ouest, bornée dans cette direction par le pied
+même du Djebel El Ạïachi, dont on voit les pentes, poudrées de
+neige à la base, se transformant peu à peu en une large masse d’un
+blanc mat, émerger de sa surface ; elle est limitée à l’est par
+un talus gris de 40 à 50 mètres de hauteur, aux côtes pierreuses,
+peu rapides, clairsemées de geddim. La seconde plaine se prolonge à
+une grande distance vers l’est, où des montagnes d’élévation
+moyenne la bordent ; elle est séparée de la précédente et limitée
+à l’ouest par des massifs de collines aux pentes douces en partie
+tapissées de geddim. Au nord, la borne en est une haute chaîne de
+montagnes, dont le nom est célèbre, le Djebel El Ạbbari. C’est
+une arête élevée, dressant ses crêtes à plus de 200 mètres
+au-dessus du niveau de la plaine : les flancs, de couleur rouge,
+en sont rocheux et escarpés, couverts de geddim dans le bas,
+d’arbres vers le sommet. Bien que le col soit plus loin, le faîte
+de cette chaîne est la ligne culminante du Grand Atlas. Par un fait
+curieux, l’Ouad Nezala, au lieu de prendre sa source sur le versant
+méridional, la prend au delà, sur le versant nord. Il traverse le
+Djebel El Ạbbari par un kheneg de 30 mètres de large. J’entre
+par ce kheneg dans la troisième plaine ; elle est petite et sans
+ressemblance avec les précédentes, en étendue ; adossée au sud
+au Djebel El Ạbbari, elle est bordée à l’est par un talus en
+contre-bas donnant sur un autre bassin, au nord par un bourrelet
+pierreux, aux pentes boisées[98], haut de 30 mètres. Au bout de
+cette petite plaine se trouve le col de Telṛemt, où je passe du
+bassin du Ziz dans celui de la Mlouïa. Je le franchis à 9 heures
+du matin ; il est à 2182 mètres d’altitude. Quant à la ligne de
+faîte générale de l’Atlas, je l’ai passée en traversant le
+Djebel El Ạbbari. Du col de Telṛemt, je gagne un ravin profond
+dont la partie inférieure, large de 20 mètres, est bordée de talus
+raides garnis de geddim dans le bas, d’arbres dans le haut. Je
+le descends ; il n’est pas long : au bout de peu de temps les
+flancs s’abaissent, s’adoucissent ; bientôt ils disparaissent :
+je suis en plaine. La plaine où j’entre porte le nom de Çaḥab
+el Geddim. Elle est unie, mais en pente prononcée vers le nord ;
+le sol, moitié terre, moitié pierres, est couvert de hautes touffes
+de geddim. Au delà de Çaḥab el Geddim, lui faisant suite, j’ai
+devant moi, en contre-bas, une seconde plaine où la Mlouïa creuse
+son lit ; cette plaine est très large ; on l’appelle Çaḥab el
+Ermes. Un long talus brun de moyenne élévation, premières pentes
+du Moyen Atlas, la borne au nord. Au delà se voient un grand nombre
+d’autres crêtes, succession de chaînes grises s’étageant les
+unes derrière les autres, puis, les dominant toutes, une bande bleue
+dont le haut est couvert de neige : c’est le faîte du Moyen Atlas,
+ligne uniforme où surgissent deux sommets en larges masses blanches :
+l’un, le Djebel Tsouqt, est au milieu de la chaîne, l’autre,
+le Djebel Oulad Ạli, à son extrémité orientale. Celui-ci termine
+le massif de la façon la plus brusque et la plus étrange ; après
+s’être élevé très haut, il tombe presque à pic au bord de la
+vallée de la Mlouïa : son versant est a l’aspect d’un talus à
+2/1 de plus de 1500 mètres d’élévation. Cette falaise énorme,
+où s’arrête court une si haute et si longue chaîne, est de
+l’effet le plus extraordinaire. Je reverrai de près le Djebel
+Oulad Ạli dans la vallée moyenne de la Mlouïa.
+
+[Illustration]
+
+De Çaḥab el Geddim, une rampe douce, de 25 mètres de hauteur,
+me conduit dans Çaḥab el Ermes. Comme la première, cette plaine
+s’étend à perte de vue vers l’est et vers l’ouest ; le sol
+est sablonneux ; de rares places sont nues, en d’autres pousse du
+thym : la plus grande partie est tapissée de la plante basse qu’on
+appelle _ermes_. On aperçoit de loin en loin de petites tiṛremts
+d’aspect misérable, isolées dans le désert. Je chemine dans
+cette plaine jusqu’à 3 heures et demie ; à ce moment s’ouvre
+à mes pieds une tranchée : elle a 1500 mètres de large ; le fond
+en est couvert de verdure et de feuillage ; à demi cachés sous la
+multitude des arbres fruitiers, plusieurs qçars y montrent leurs
+terrasses brunes ; au milieu coule un fleuve : c’est Qçâbi ech
+Cheurfa et la Mlouïa. Un talus de sable nu me conduit au fond de
+l’encaissement ; le sol y est de sable : j’y marche au milieu des
+champs et des vergers. Au bout d’un quart d’heure, je parviens
+à Qaçba el Makhzen, terme de ma route.
+
+[Illustration : Mlouïa et Qaçba el Makhzen (Qçâbi ech Cheurfa.)
+
+(Les parties ombrées des montagnes sont couvertes de neige.) (Vue
+prise du sud-ouest).
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Qçâbi ech Cheurfa se compose de localités toutes situées dans la
+tranchée où coule la Mlouïa ; elles sont unies par des cultures et
+des jardins ombragés d’une foule d’arbres, oliviers, figuiers,
+grenadiers : ces feuillages donnent au district un air de gaieté
+et de fête qui contraste avec l’aspect morne du Tiallalin et
+du Gers. Qçâbi ech Cheurfa est ainsi un ruban de cultures et de
+qçars, enfermé entre deux hautes berges, et au milieu duquel coule
+la Mlouïa.
+
+J’ai rencontré moins de monde qu’hier sur la route : les caravanes
+croisées ont été au nombre de trois, formant ensemble 150 bêtes de
+somme. Ainsi qu’il était convenu, mes zeṭaṭs m’ont abandonné
+au col de Telṛemt. Là commence le blad el makhzen : au nord du col,
+les Aït Izdeg, qui sont en mauvais termes avec le sultan, trouveraient
+du danger à s’avancer en petit nombre, et les voyageurs, étant en
+pays soumis, n’ont plus besoin d’escorte. Du col à El Qçâbi,
+on est sur le territoire des Aït ou Afella, petite tribu qui,
+formant par son origine une fraction des Aït Izdeg, est séparée
+d’eux politiquement et obéit au sultan. On y marche sans ạnaïa,
+et elle est responsable des pillages commis sur son territoire : pour
+la dédommager des bénéfices que sa soumission lui fait perdre,
+le gouvernement l’a autorisée à prélever un droit sur ce qui
+passe sur ses terres ; ce droit est de 1 franc par bête de somme et
+par Juif. Ma caravane a dû l’acquitter à deux reprises ; souvent,
+où on ne devrait payer qu’une fois, on le fait trois ou quatre ;
+voici comment : à peu de distance du col de Telṛemt, quelques hommes
+nous accostèrent ; ils demandèrent le montant de la redevance, nous
+le donnâmes ; assez loin de là, dans la plaine, nous trouvâmes une
+forte troupe installée en travers de la route ; elle déclara que nous
+ne passerions qu’après lui avoir remis cette même somme ; le chef
+de la caravane de se récrier : nous l’avions déjà donnée. « Ceux
+que vous avez rencontrés étaient des escrocs ; ils n’avaient droit
+de rien réclamer : nous seuls sommes délégués pour percevoir
+le péage. Vous n’irez que quand nous l’aurons reçu ». Comme
+la délégation se composait de quarante hommes armés, il fallut en
+passer par où elle voulut. Des faits de ce genre se reproduisent tous
+les jours : les régions du blad el makhzen où sont installés ces
+péages (qui portent le nom de _nezala_) sont souvent plus onéreuses
+à traverser que le blad es sîba ; par bonheur, elles sont rares : ce
+sont d’ordinaire des contrées dont la population, à peine soumise,
+pillerait ouvertement, sans qu’on puisse l’en empêcher, si on ne
+lui donnait cette compensation. Je n’ai connaissance de nezalas de ce
+genre qu’en deux tribus, les Aït ou Afella et les Aït Ioussi : dans
+cette dernière, elles sont nombreuses : on en compte 16, dit-on, de
+Qçâbi ech Cheurfa à Sfrou. C’est une ruine pour les commerçants.
+
+ 7 mai.
+
+Séjour à Qaçba el Makhzen. Ce lieu est une enceinte rectangulaire
+garnie de tours, de construction récente, servant de résidence au
+qaïd, à la garnison et aux Juifs. Autrefois les cherifs, possesseurs
+du sol du district, y étaient seuls maîtres et ne reconnaissaient
+aucune autorité ; aujourd’hui le pays est blad el makhzen et un
+qaïd y commande : de tout temps le district a été tributaire des
+Aït Izdeg. Il l’est encore, et ce n’est pas un spectacle peu
+curieux de voir une province du sultan vassale d’une fraction
+indépendante. C’est Moulei El Ḥasen qui, il y a sept ans,
+soumit Qçâbi ech Cheurfa. Il y envoya un qaïd et des soldats ;
+ils y achetèrent un terrain et construisirent l’enceinte où je
+suis : nul ne s’y opposa, et la suprématie du sultan s’établit
+sans résistance. La première année, elle s’étendit sur les Aït
+ou Afella, les Oulad Khaoua et les Aït Izdeg ; dès la seconde, ces
+derniers cessèrent de la reconnaître et refusèrent l’impôt. Les
+choses en restèrent là depuis lors ; l’autorité du qaïd est
+limitée au district de Qçâbi ech Cheurfa, aux Aït ou Afella et aux
+Oulad Khaoua. C’est une autorité précaire : dans le district même,
+elle est peu respectée : souvent les cherifs reçoivent à coups
+de fusil les ordres ou les demandes d’impôts. Le qaïd actuel est
+un homme de Fâs, un Bokkari. Il a avec lui une centaine de soldats
+réguliers, ạskris, et deux canons de montagne.
+
+
+[Note 95 : Mousse blanchâtre poussant par grosses touffes ; elle
+verdit en temps de pluie et sert alors de nourriture aux chameaux. On
+la rencontre, paraît-il, dans tous les ḥamadas du Sahara Marocain.]
+
+[Note 96 : Je ne puis croire à ce chiffre de 2000 morts en un combat :
+cependant il m’a été affirmé comme exact en quatre points
+différents, au Todṛa, au Ferkla, au Ṛeris, à Qçar es Souq.]
+
+[Note 97 : Nous en avons traversé cinq avant d’arriver à la
+chaîne principale.]
+
+[Note 98 : Les arbres dont il est question ici sont des arbres de
+petite taille, de 2 à 3 mètres au plus d’élévation ; ils sont
+clairsemés et en aucun point ne forment de bois compact.]
+
+
+
+
+ X.
+
+ DE QÇABI ECH CHEURFA A LALLA MARNIA.
+
+
+ 1o. — DE QÇABI ECH CHEURFA A OUTAT OULAD EL HADJ.
+
+
+ 8 mai.
+
+Départ de Qâçba el Makhzen à 6 heures du matin. La Mlouïa,
+au pied de la qaçba, a 20 mètres de large, des berges rocheuses
+et escarpées de 3 ou 4 mètres, une eau jaune et profonde. Point
+de gué en ce lieu : je traverse le fleuve un peu plus bas. Il a
+25 mètres de large, 1m,20 de profondeur, un courant assez rapide ;
+le lit est moitié sable, moitié galets. Après l’avoir franchi,
+je quitte la tranchée dans laquelle il coule et qui continue à
+être remplie de cultures ; elle est bordée à gauche par un talus
+mi-sable, mi-roche ; je le gravis : en atteignant la crête, je me
+trouve dans une longue plaine bornée au sud par la Mlouïa, au nord
+par les premières pentes du Moyen Atlas. Elle a 3 à 6 kilomètres
+de large, suivant les endroits : un coude brusque du fleuve la limite
+près d’ici, à l’ouest ; à l’est, elle s’étend jusqu’aux
+deux tiers de la distance entre El Qçâbi et Misour : là, elle se
+heurte à un massif de hautes collines rocheuses au pied duquel elle
+finit. C’est une plaine ondulée, coupée de nombreuses ravines ;
+le sol y est moitié sable, moitié gravier, la plupart du temps sans
+végétation. Elle est de couleur rouge, comme les massifs nus qui
+la bordent au nord. Je m’engage dans cette plaine, où je marche
+jusqu’à 8 heures : je redescends alors et traverse la Mlouïa : elle
+coule dans son excavation encore remplie de cultures et de qçars ;
+c’est toujours le district de Qçâbi ech Cheurfa. Le fleuve a la
+même profondeur, les mêmes eaux chargées de terre qu’au gué
+précédent ; la largeur en est de 30 mètres. Sitôt parvenu sur
+sa rive droite, je monte le talus qui borde l’encaissement de ce
+côté et je me retrouve en plaine.
+
+Près du point où je viens de passer la Mlouïa, s’élève sur ses
+bords le village d’Aït Blal. Je suis parti de Qçâbi ech Cheurfa
+avec trois zeṭaṭs, deux Chellaḥa d’Aït Blal et un Arabe des
+Oulad Khaoua. Les deux Chellaḥa se séparent ici de moi, disant
+qu’ils vont chercher dans leurs maisons du pain pour la route et
+me rejoindront plus loin : dans la suite, j’aurai beau m’arrêter
+plusieurs fois, je ne les verrai pas ; ils m’ont trompé : j’avais
+eu le tort, sur les instances des Juifs d’El Qçâbi, de les payer
+d’avance ; n’ayant plus rien à gagner, ils m’ont abandonné. Je
+continuerai dans le désert sans autre escorte que mon Arabe : c’est
+un joli jeune homme d’une quinzaine d’années ; il m’accompagnera
+fidèlement, mais, en cas de mauvaise rencontre, c’eût été une
+faible protection : son fusil n’était pas en état de servir. Je
+n’aperçus personne jusqu’à l’arrivée dans son village.
+
+La plaine où je m’engage est immense : c’est un désert blanc,
+s’étendant au nord jusqu’à la Mlouïa, au sud jusqu’au Grand
+Atlas, à l’est jusqu’au Rekkam, à l’ouest aussi loin que
+la vue peut porter. La surface en est ondulée ; le sol en est dur,
+tantôt sablonneux, tantôt pierreux ; il est couvert presque en entier
+de geddim. Le Grand Atlas est une longue chaîne brune à crête
+uniforme, qui fuit vers l’orient et s’abaisse de plus en plus ;
+à l’est du Djebel El Ạïachi, plus de trace de neige sur ses
+cimes. Le Rekkam est très éloigné ; le faîte en paraît à peine :
+c’est d’ici une ligne jaune clair qui borde l’horizon. Je le
+verrai demain plus distinctement : il se compose d’une série de
+hauteurs sablonneuses, très basses, bordant à l’est la vallée
+de la Mlouïa, entre le Grand Atlas et les monts Debdou.
+
+Vers 2 heures, l’horizon, jusqu’alors fermé vers le nord par les
+massifs s’élevant en face d’El Qçâbi, s’ouvre tout à coup :
+les montagnes cessent d’arrêter la vue et toute la vallée de la
+Mlouïa apparaît : c’est une immense plaine blanche, unie et nue,
+bordée à droite par la ligne claire, à peine visible, du Rekkam,
+à gauche par le Moyen Atlas, haute chaîne noire couronnée de neige,
+se dressant à pic, comme une muraille, au-dessus de sa surface. La
+vallée s’allonge à perte de vue vers le nord, où elle forme
+l’horizon. La largeur en est extrême ; près d’ici, elle a plus
+de 30 kilomètres. A sa surface apparaît une ligne verte : Misour,
+où j’arriverai ce soir ; on dirait le Todṛa ou le Ṛeris :
+dans cette vaste plaine de la Mlouïa, plaine plus nue et plus
+déserte qu’aucune portion du Sahara Marocain, les rares groupes
+d’habitations qui s’élèvent hors de la tranchée du fleuve ont
+de tout point l’aspect des oasis du sud : même isolement au fond du
+désert ; même richesse de végétation ; même fraîcheur délicieuse
+au milieu de la plaine aride : il ne manque que les dattiers.
+
+[Illustration : Vallée de la Mlouïa, Misour, Moyen Atlas et Rekkam.
+
+(Les parties ombrées des montagnes sont couvertes de neige.) (Vue
+prise du chemin d’El Bridja à Misour.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+A 4 heures, je me retrouve au bord de la Mlouïa : elle est dans
+l’encaissement où elle coulait plus haut : de Qçâbi ech Cheurfa
+jusqu’au delà d’Ouṭat Oulad el Ḥadj il en sera de même. Ici,
+le fond de l’excavation, toujours sablonneux, est garni de cultures :
+elles appartiennent aux Oulad Khaoua et dépendent du hameau d’El
+Bridja, résidence de mon zeṭaṭ. Je traverse le fleuve, que bordent
+de grands tamarix, et je gagne le village. J’y laisse mon jeune
+compagnon : son père monte à cheval et m’accompagne pendant le
+reste du trajet. D’El Bridja à Misour, on chemine dans la vallée de
+la Mlouïa que j’apercevais tout à l’heure : c’est une plaine
+unie comme une glace, sans une ride. Le sol est dur, il est formé
+moitié de sable, moitié de gravier. La plupart du temps, point de
+végétation ; parfois un maigre buisson de jujubier sauvage. Devant
+moi, la plaine de la Mlouïa s’étend à l’infini : à droite,
+s’allonge dans le lointain la ligne claire du Rekkam ; à gauche,
+se dressent au-dessus de ma tête les hauts massifs sombres que domine
+le Djebel Oulad Ạli. A 6 heures et demie, j’entre dans les jardins
+de Misour. Marchant par des sentiers tortueux entourés de haies ou de
+murs de pisé, au milieu d’une multitude d’oliviers, de figuiers,
+de pommiers, d’arbres de toute sorte ombrageant des cultures,
+je parviens à 7 heures au qçar de Bou Kenzt, où mon zeṭaṭ me
+confie à un marabout de ses amis. J’y passerai la nuit.
+
+Je n’ai rencontré personne sur la route, excepté aux lieux habités
+où j’ai passé, Qçâbi ech Cheurfa et El Bridja. La dernière
+fois que je l’ai traversée, la Mlouïa avait 35 mètres de large,
+1m,20 de profondeur, un courant assez rapide ; toujours même eau,
+jaune, mais de goût agréable. Hors le fleuve, je n’ai franchi
+que deux cours d’eau de quelque importance : l’Ouad Ouizert (8
+mètres de large ; 30 à 40 centimètres de profondeur ; eau claire et
+verte ; courant rapide), et une rivière qui se jette dans la Mlouïa
+immédiatement au-dessous d’El Bridja (lit de sable, à sec, de 100
+mètres de large ; deux canaux pleins d’eau coulent sur ses rives).
+
+Misour est un îlot de verdure situé au confluent de l’Ouad
+Souf ech Cherg et de la Mlouïa ; la plus grande partie de cette
+sorte d’oasis se trouve sur la rive droite de l’Ouad Souf ech
+Cherg. Les arbres fruitiers forment un massif compact ombrageant des
+cultures et entourant une dizaine de qçars ; c’est une forêt
+d’oliviers produisant une huile excellente, de pommiers dont on
+exporte les fruits jusqu’à Fâs, de grenadiers, de figuiers : ces
+beaux arbres donnent à ce lieu l’aspect le plus riant. Les jardins
+sont arrosés de nombreux canaux, saignées faites à l’Ouad Souf
+ech Cherg, dont les eaux, au-dessous des cultures, ont encore une
+largeur de 20 mètres et 50 centimètres de profondeur ; elles sont
+limpides et courantes et descendent sur un lit de gravier sans berges
+de 60 mètres de large. Les constructions de Misour sont en pisé ;
+elles sont simples : ni tiṛremts, ni tours, ni ornements.
+
+Le costume demeure le même, sauf la coiffure : le cordon de soie
+disparaît, et je vois commencer l’usage algérien de la corde de
+poil de chameau maintenant le ḥaïk sur la tête au-dessus du turban
+blanc. L’armement subit, dès Qçâbi ech Cheurfa, des modifications
+importantes : à partir de là, plus de sac à poudre de filali, ni
+de poignard recourbé. Le premier se remplace par la poire de bois
+dont on se sert à Fâs et à Tâza, le second par un poignard droit
+assez long, qu’on voit aussi du côté de Fâs. On porte donc :
+un fusil, d’ordinaire court (nombreux fusils à deux coups, à
+capsule, d’origine française ; nombreux mousquetons européens,
+à pierre), un poignard droit, une poire à poudre, souvent un sabre
+et un pistolet : on voit beaucoup de ceux-ci à capsule.
+
+En entrant à Misour, j’ai quitté le blad el makhzen. Les Oulad
+Khaoua, sur les terres desquels j’ai marché la majeure partie
+de la journée, sont soumis au sultan : c’est une soumission
+peu effective, bornée à la remise d’un léger impôt entre les
+mains du qaïd d’El Qçâbi ; du reste, la tribu se gouverne à sa
+guise. On ne peut circuler sur son territoire qu’avec un zeṭâṭ,
+bien qu’il soit compté blad el makhzen. Il finit à Misour : ce
+district est indépendant : au delà, j’entrerai sur les terres de
+la grande tribu des Oulad el Ḥadj qui l’est aussi. Je ne sortirai
+du blad es sîba qu’aux abords de Debdou. La population de Misour
+est composée, partie de marabouts, partie d’Arabes. Chaque qçar
+y est libre, sans lien avec ses voisins. Misour ne reconnaît point
+l’autorité du sultan : quelques marabouts du district vont chaque
+année en pèlerinage à Fâs lui rendre hommage, ils lui apportent
+des présents, en reçoivent en échange de plus considérables et
+reviennent : c’est une démarche privée.
+
+Un changement important s’est opéré depuis que j’ai quitté
+Qçâbi ech Cheurfa : il concerne le langage. Dans le bassin du Ziz,
+chez les Aït ou Afella, la langue universelle était le tamaziṛt. A
+El Qçâbi, les uns parlent le tamaziṛt, les autres l’arabe ;
+les deux idiomes sont en usage. Depuis mon entrée chez les Oulad
+Khaoua, on ne parle que l’arabe. Cette langue est seule employée
+à Misour et sur le territoire des Oulad el Ḥadj. Les Oulad Khaoua
+sont une fraction de cette dernière tribu, mais ils en sont séparés
+politiquement, comme les Aït ou Afella des Aït Izdeg.
+
+ 9 mai.
+
+Je me suis entendu hier soir avec le marabout mon hôte pour qu’il
+me serve de zeṭaṭ jusqu’à Ouṭat Oulad el Ḥadj. Je pars
+avec lui à 6 heures du matin. Au départ, une petite caravane avec
+laquelle nous ferons route se joint à nous. Elle se compose de six
+hommes armés et de quatre femmes : ces dernières sont des cherifas
+montées à âne ou à mulet.
+
+Le chemin d’aujourd’hui se fera dans la plaine où je suis
+entré hier. Elle demeure très large, bien qu’elle se resserre
+à mesure qu’on avance vers le nord ; elle ne cesse pas d’être
+déserte ; aucun lieu habité ne s’y distingue : il en existe
+plusieurs au fond de la tranchée où coule la Mlouïa ; rares,
+et espacés à grands intervalles, ils n’apparaissent pas à la
+surface de la plaine et restent cachés entre les talus qui bordent
+le fleuve. De Misour à El Ouṭat, aucune trace de culture ni de
+vie ne s’aperçoit dans cette vaste vallée, région la plus nue
+et la plus déserte qu’on puisse voir. Le sol est sablonneux et
+dur et prend parfois l’apparence de vase desséchée ; en certains
+endroits il est parsemé de gravier. La végétation se réduit à
+quelques touffes de thym et à de rares buissons de jujubier sauvage ;
+en un seul point, au quart du chemin entre Touggour et El Ouṭat,
+je rencontre de la verdure, genêts blancs, jujubiers sauvages, et
+çà et là des betoums ; cela dure peu : au bout de 2 kilomètres,
+la plaine devient aussi nue qu’avant. Jusqu’à l’arrivée,
+les flancs de la vallée restent ce qu’ils étaient hier, haute
+muraille sombre couronnée de neige à gauche, mince ligne jaune
+presque imperceptible à droite. A mi-côte de l’une et de l’autre,
+apparaissent de loin en loin des taches vertes, groupes de qçars et
+de jardins échelonnés sur leurs pentes. Ouṭat Oulad el Ḥadj a
+le même aspect que Misour : comme lui, c’est une ligne verte qui
+barre une partie de la plaine. Tels paraissent de loin le Todṛa, le
+Ṛeris, toutes les oasis que j’ai vues. De même qu’à Misour, il
+ne manque que les dattiers pour que la ressemblance soit complète. Je
+m’arrête à 5 heures du soir au mellaḥ d’El Ouṭat.
+
+[Illustration]
+
+Je n’ai rencontré personne sur ma route. Je n’ai pas traversé
+de cours d’eau important depuis l’Ouad Souf ech Cherg. L’eau
+manque dans la plaine. J’ai passé près de plusieurs sources
+et vu un grand nombre de ruisseaux dont les lits, de roche blanche
+ou de galets, la plupart à fleur du sol, contiennent des flaques
+d’eau. Je suis descendu un instant dans la tranchée de la Mlouïa ;
+le sol y était moitié sable, moitié gravier ; elle était déserte
+et remplie de grands tamarix à l’ombre desquels poussait du gazon :
+à un moment il s’est fait une clairière dans cette forêt ; le fond
+s’y est garni de cultures au milieu desquelles se dressaient des
+tentes, de pauvres maisons et des huttes, groupées autour d’une
+qoubba : c’était le village de Touggour. Aujourd’hui j’ai
+pu distinguer la forme du Rekkam, quoiqu’il fût encore loin. Ce
+n’est point une chaîne, mais une rampe douce s’élevant par
+degrés imperceptibles et conduisant à un plateau qui la couronne :
+on dirait une série de côtes à peine accentuées, se succédant
+par étages, séparées par des plateaux s’échelonnant les uns
+derrière les autres. La crête est fort peu élevée au-dessus du
+pied, bien qu’elle en paraisse éloignée. L’ensemble est jaune
+clair, sans arbres, et paraît sablonneux.
+
+ 10 et 11 mai.
+
+Séjour à Ouṭat Oulad el Ḥadj. Ce nom désigne un vaste îlot de
+verdure isolé au milieu de la plaine, au confluent de la Mlouïa et
+de l’Ouad Chegg el Arḍ ; il est en entier sur les bords de cette
+dernière rivière et en majeure partie sur sa rive droite. Tout ce
+qui a été dit de l’aspect de Misour lui est applicable : même
+multitude d’arbres fruitiers, même prospérité, même air riant ;
+mais El Ouṭat est plus grand : au milieu de ces superbes vergers
+ne sont pas disséminés moins de 31 qçars ; ils appartiennent aux
+Oulad el Ḥadj ; il existe dans le nombre plusieurs zaouïas.
+
+Les Oulad el Ḥadj sont une grande tribu indépendante ; ils se
+disent d’origine arabe : ayant à la fois des qçars et des tentes,
+ils sont moitié sédentaires, moitié nomades. Ils habitent les
+deux rives de la Mlouïa et la plaine au milieu de laquelle coule ce
+fleuve depuis Qçâbi ech Cheurfa jusqu’au qçar d’Oulad Ḥamid,
+et s’étendent sur le massif du Rekkam et sur une partie des monts
+Debdou ; les qçars chellaḥa du flanc gauche de la Mlouïa leur sont
+alliés ou liés par des debiḥas. Une de leurs fractions, celle des
+Oulad Khaoua, est séparée du reste de la tribu ; depuis longtemps
+elle en est détachée et compte politiquement avec les Aït Izdeg ;
+il y a quelques années, elle s’est rangée sous l’autorité du
+qaïd d’El Qçâbi.
+
+Jusqu’en 1882, les Oulad El Ḥadj en totalité reconnaissaient de
+nom le sultan. Ils avaient un qaïd, élu parmi eux, et reconnu par
+lui. Ce qaïd étant allé, il y a 5 ans, à Fâs, y fut accusé par
+un de ses cousins auprès de Moulei El Ḥasen et mis en prison avec
+un autre personnage distingué de la tribu. Le dénonciateur revint
+et prit le titre de qaïd ; il fut agréé par le sultan. Il était
+de la fraction des Oulad Ạbd el Kerim ; en 1882, il fut tué par
+des Ṭoual. Depuis lors, la tribu est sans chef et ne reconnaît
+plus M. El Ḥasen ; chaque fraction se gouverne à sa guise. Sauf
+trois, celles des Beni Ṛiis, des Ahel Rechida et des Oulad Admer,
+qui sont soumises au qaïd de Tâza, toutes sont non seulement
+indépendantes, mais en hostilité ouverte avec le gouvernement :
+aussi, à l’exception des Beni Ṛiis et des gens de Rechida et
+d’Admer, aucun individu des Oulad el Ḥadj ne peut circuler en
+blad el makhzen.
+
+
+ 2o. — D’OUTAT OULAD EL HADJ A DEBDOU.
+
+
+ 12 mai.
+
+Je me suis arrangé hier avec les zeṭaṭs qui me conduiront d’ici
+à Debdou : ce sont trois Oulad el Ḥadj, de la subdivision des
+Hamouziin. Ils seront payés au retour, par Iosef el Ạsri, Juif
+d’El Ouṭat ; j’ai remis la somme convenue entre ses mains,
+en présence des trois zeṭaṭs : il la leur donnera en échange
+d’une lettre de son fils, jeune homme qui fait ses études à Debdou,
+attestant que je suis arrivé sain et sauf dans cette localité.
+
+Mon escorte vient me prendre aujourd’hui à 4 heures du matin ;
+au moment du départ, trois Juifs pauvres se joignent à nous. Notre
+petite caravane traverse l’Ouad Chegg el Arḍ au pied du mellaḥ,
+puis s’engage au milieu de plantations d’oliviers ; bientôt des
+champs, partie cultivés, partie en friche, leur succèdent. A 4 heures
+25 minutes, je traverse le dernier des canaux qui les arrosent, et me
+voici de nouveau dans le désert. C’est toujours la plaine unie et
+nue, au sol de sable dur semé de gravier, sans autre végétation
+que, de loin en loin, un peu de thym ou de jujubier sauvage :
+telle elle était à El Bridja, à Misour, telle elle est ici ; il
+n’y a qu’une différence : elle est moins large. Chemin faisant,
+j’aperçois à ma gauche un grand îlot de verdure : El Ạrzan ;
+les arbres que je distingue entourent un groupe de qçars appartenant
+aux Oulad el Ḥadj. Je traverse pendant quelques minutes des champs
+qui en dépendent. A 6 heures du matin, j’arrive sur les bords de
+la Mlouïa ; elle coule au niveau de la plaine : plus de trace de la
+tranchée où je l’ai vue jusqu’à présent ; elle est séparée
+du sol de sa vallée par deux berges sablonneuses en pente douce,
+à 1/5, de 3 mètres de hauteur. Le lit a 120 mètres de large ;
+l’eau y occupe en général 35 à 40 mètres ; le reste est tantôt
+nu, tantôt couvert d’herbages et de tamarix. Il se trouve ici un
+gué où je franchis le fleuve : il a 50 mètres de large, 1m,20 de
+profondeur, un courant rapide ; les eaux ont la même couleur jaune que
+je leur ai vue dès Qçâbi ech Cheurfa. Je viens de les traverser pour
+la dernière fois : je quitte la Mlouïa pour ne plus la revoir. La
+marche se continue dans la vallée ; elle est toujours unie, déserte,
+sablonneuse ; sur son sol devenu doux, on ne sent plus de gravier ;
+elle demeure en grande partie nue : à peine y pousse-t-il quelques
+touffes d’herbe. J’aperçois des vols de gangas, les premiers
+que je voie au Maroc. A 8 heures, je passe non loin de Tiissaf,
+frais rideau vert cachant plusieurs qçars sous ses ombrages. A
+quelque distance de là, le sol change de nature : d’uni, il devient
+ondulé ; les pierres se mêlent au sable : c’est le commencement
+du Rekkam. J’y marche jusqu’au soir : il ne cessera d’être
+ce qu’il est maintenant : une série d’ondulations légères,
+côtes et terrasses s’étageant, succédant insensiblement à la
+plaine. Ces échelons successifs forment une rampe large et basse dont
+le sommet est un plateau s’étendant au loin. Sol tantôt sable,
+tantôt roche d’un jaune clair ; des touffes d’ḥalfa y poussent
+çà et là : c’est la seule végétation qui s’y montre.
+
+Je cheminais ainsi, lorsque se produisit un fait qui faillit mettre
+fin à mon voyage. De mes trois zeṭaṭs, l’un, nommé Bel Kasem,
+était un honnête homme ; les deux autres s’étant figuré, à la
+blancheur de mes habits, à la bonne mine de mon mulet, et, paraît-il,
+d’après les dires de Juifs d’El Ouṭat, que j’étais chargé
+d’or, ne s’étaient offerts à m’escorter que dans le but de me
+piller. Rien ne parut d’abord. A midi et demi, comme je marchais
+en tête de la caravane, prenant mes notes, je me sentis tout à
+coup tiré en arrière et jeté à bas de ma monture : puis on me
+rabattit mon capuchon sur la figure, et mes deux zeṭaṭs se mirent
+à me fouiller : l’un me tenait, pendant que l’autre me visitait
+méthodiquement. A cette vue, Bel Kasem d’accourir : il brandit son
+fusil, menace, veut empêcher le pillage ; mais il est impuissant
+à arrêter ses compagnons : tout ce qu’il peut est de prendre
+ma personne sous sa protection : il me rend la liberté et assiste,
+les larmes aux yeux, au déballage de mes effets. On m’avait pris
+ce que j’avais sur moi ; on se mit à chercher dans mon bagage :
+il était léger : on n’y trouva pas grand’chose ; mes deux
+zeṭaṭs s’emparèrent de ce que j’avais d’argent (une fort
+petite somme) et des objets qui leur parurent bons à quelque usage ;
+on me laissa comme sans valeur les seules choses auxquelles je tinsse :
+mes notes et mes instruments. Puis on me fit remonter sur mon mulet et
+on continua la route, Bel Kasem mélancolique d’avoir vu violer sous
+ses yeux son ạnaïa, mes deux voleurs mécontents de n’avoir fait
+que demi-besogne, étonnés de n’avoir pas trouvé plus d’argent
+et se reprochant de m’avoir laissé les seules choses qu’ils ne
+m’avaient pas prises, la vie et mon mulet. Durant le reste de cette
+journée et durant toute celle du lendemain, ils discutèrent ce sujet,
+pressant Bel Kasem de m’abandonner, de les laisser me dépêcher
+d’un coup de fusil, lui faisant des offres, lui promettant sa
+part. Bel Kasem fut inébranlable et déclara qu’ils n’auraient
+ma vie qu’avec la sienne ; il leur fit des raisonnements : comment
+feraient-ils au retour s’ils n’apportaient à El Ạsri la
+lettre de son fils prouvant mon arrivée à Debdou ? Ma mort connue,
+ce Juif, envers qui ils s’étaient engagés à me conduire, se
+vengerait : son seigneur était un des hommes les plus puissants
+d’une fraction des Oulad el Ḥadj beaucoup plus nombreuse que la
+leur : elle s’armerait contre eux et les ruinerait. Cette dernière
+considération, jointe à l’attitude ferme de Bel Kasem et à
+l’adresse qu’il eut de faire traîner la discussion en longueur,
+me sauva. En approchant de Beni Ṛiis, on décida qu’il ne me
+serait pas fait de mal, et qu’on me forcerait, en vue de Debdou,
+à envoyer un billet au jeune Israélite, annonçant mon arrivée,
+demandant la lettre pour son père, et déclarant que mon escorte
+avait été parfaite. Ce fut au dernier moment et en désespoir de
+cause que ce plan fut accepté : jusque-là la discussion ne cessa
+pas ; je n’en perdais pas un mot. Étrange situation d’entendre
+durant un jour et demi agiter sa vie ou sa mort par si peu d’hommes,
+et de ne rien pouvoir pour sa défense. Il n’y avait point à
+agir. J’étais sans armes : un revolver était dans mon bagage ;
+il m’avait été pris : l’eussé-je eu, il ne m’eût point
+servi : que faire seul dans le désert, au milieu de tribus où tout
+étranger est un ennemi ? Il n’y avait qu’un parti à prendre :
+la patience ; elle m’a réussi. Au moment de la bagarre, le rabbin
+Mardochée s’était bien conduit : il était venu à mon secours ;
+mais que pouvait-il ? On lui fit sentir la pointe d’un sabre et on
+l’écarta. Quant à mon domestique et aux Juifs qui s’étaient
+joints à moi, ils se sauvèrent le plus loin qu’ils purent, et on
+ne les revit que lorsque nous eûmes recommencé à marcher.
+
+[Illustration]
+
+Après cet incident, nous reprîmes notre route, continuant à cheminer
+dans le Rekkam jusqu’au soir. A 5 heures, nous arrivons à une
+crête ; à nos pieds s’ouvre un petit ravin à flancs rocheux et
+escarpés : un chemin raide nous conduit au fond ; celui-ci n’a pas
+plus de 30 mètres de large ; nous le suivons pendant un instant ;
+à 5 heures un quart, nous nous arrêtons. Nous sommes presque à
+la bouche du ravin : à quelques pas d’ici, ses flancs tombent
+brusquement et le ruisseau entre en plaine. Nous nous abritons dans
+un creux de rocher et nous y passons la nuit.
+
+[Illustration : Djebel Oulad Ali et Djebel Reggou.
+
+(Les parties ombrées des montagnes sont couvertes de neige.)
+
+(Vue prise du chemin de Outat Oulad el Hadj à Debdou, à 24
+kil. d’Outat Oulad el Hadj.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+De toute la journée, je n’ai rencontré personne sur la route. Hors
+la Mlouïa et l’Ouad Chegg el Arḍ, je n’ai traversé qu’un
+cours d’eau de quelque importance ; il coulait dans le Rekkam :
+au point où je l’ai passé, une qoubba et un cimetière se
+trouvaient sur sa rive, et une dizaine de palmiers dans son lit ;
+ce dernier avait 20 mètres de large, moitié sable, moitié roche ;
+un filet d’eau courante de 2 mètres y serpentait à l’ombre de
+lauriers-roses. Ras Rekkam est une butte isolée, de 30 à 40 mètres
+de hauteur ; elle est, comme tout le massif, moitié sable, moitié
+roche jaune : seul accident de terrain du Rekkam, elle se voit de loin
+malgré son peu d’élévation : je l’apercevais des Oulad Khaoua,
+avant d’arriver à El Bridja. Pendant la fin de la journée, j’ai
+devant les yeux un massif de montagnes sombres ; je m’y engagerai
+demain : derrière lui, est Debdou. Tout le jour, j’ai continué à
+apercevoir la vallée de la Mlouïa ; elle reste jusqu’au dernier
+moment ce qu’elle était plus haut, avec cette différence qu’elle
+se rétrécit de plus en plus ; le flanc gauche en est toujours formé
+par le Moyen Atlas qui, tout en restant élevé, décroît à partir
+du mont Reggou. Celui-ci est le dernier dont la cime soit couverte
+de neige. On n’en voit plus à l’est de ce sommet.
+
+ 13 mai.
+
+Départ à 4 heures du matin. D’ici partent deux chemins pour
+Debdou : l’un en plaine, par la vallée de la Mlouïa ; l’autre
+en montagne, par les monts Debdou, qui en forment le flanc droit. Je
+prends le dernier, le premier étant périlleux pour mes zeṭaṭs,
+dont la fraction est en guerre avec Rechida, près d’où il faudrait
+passer. Je continue à marcher dans le Rekkam, me dirigeant vers le
+massif qui se dresse devant moi ; j’arrive à son pied à 8 heures du
+matin. Je gravis une longue rampe, accidentée, coupée de vallées et
+semée de collines, sans pentes raides ; le sol est pierreux, souvent
+rocheux, en grande partie tapissé d’ḥalfa, avec quelques arbres,
+rares d’abord, de plus en plus nombreux à mesure que l’on monte. A
+midi, je parviens au sommet : le terrain cesse d’être mouvementé :
+on débouche sur un vaste plateau. Une épaisse forêt le couvre :
+elle est composée de grands arbres, ạrar, taqqa, kerrich de 6 à 8
+mètres de hauteur. Ce plateau boisé, qui couronne la chaîne, porte
+le nom de Gạda Debdou ; dans le pays, on l’appelle la Gạda. Le
+sol, tantôt pierres, tantôt terre, y est uni. Beaucoup d’eau :
+sources et mares. Sous les arbres, la terre est un tapis de gazon et
+de mousse. Il y a des clairières ; elles sont rares : les unes sont
+couvertes de gazon ; j’en traverse d’autres en partie cultivées
+appartenant aux habitants de Rechida : ce qçar est à peu de distance
+à l’ouest, sur le revers occidental du plateau.
+
+Je marche jusqu’à 3 heures dans cette forêt, l’une des plus
+belles que j’aie vues au Maroc. A 3 heures, j’arrive à une
+crête : à mes pieds se creuse un profond ravin dont les pentes
+inférieures sont garnies de cultures, les parties hautes sont
+rocheuses et boisées. Dans le bas coule un torrent, l’Ouad Beni
+Ṛiis, dont la source est ici. Je quitte le plateau et descends par un
+chemin raide et difficile vers le fond du ravin. Je l’atteins à 4
+heures et demie, à Oulad Ben el Ḥoul, village des Beni Ṛiis. Je
+fais halte à 5 heures moins un quart, chez un ami de Bel Kasem,
+en la maison de qui celui-ci se hâte de me mettre en sûreté.
+
+Toute la marche d’aujourd’hui s’est faite dans le désert :
+pas un être vivant sur le chemin. Le seul cours d’eau que j’aie
+vu est l’Ouad Beni Ṛiis ; je l’ai traversé cinq minutes avant
+de m’arrêter ; il avait 3 mètres de large, 0m,25 de profondeur,
+un courant impétueux : c’est un torrent bondissant sur un lit de
+roches et de grosses pierres.
+
+Oulad Ben el Ḥoul est un grand village appartenant aux Beni Ṛiis,
+fraction des Oulad el Ḥadj. Il est construit en long des deux côtés
+de l’Ouad Beni Ṛiis. Le ravin où il se trouve n’a aucune
+largeur au fond ; ses flancs sont couverts de maisons vers le bas,
+puis de cultures coupées de cactus ; plus haut, c’est boisé : de
+grands troupeaux de chèvres paissent dans cette dernière région ;
+très escarpés près du sommet, les flancs sont raides dès leur
+pied. Les habitations des Beni Ṛiis sont semblables à celles des
+Ṛiata : elles sont en pisé, très basses et mal construites. Les
+Beni Ṛiis sont une des trois fractions des Oulad el Ḥadj
+reconnaissant l’autorité du sultan.
+
+ 14 mai.
+
+Les Hamouziin ne peuvent aller au delà d’Oulad Ben el Ḥoul. Leur
+groupe est en démêlés avec les tribus des environs de Debdou. Bel
+Kasem me confie pour la fin du trajet à mon hôte et à trois autres
+de ses amis ; ses deux compagnons leur recommandent longuement de ne me
+laisser entrer à Debdou qu’une fois la lettre convenue entre leurs
+mains. Départ à 6 heures du matin. Je descends l’Ouad Beni Ṛiis ;
+sa vallée reste ce qu’elle était hier, couverte de champs dans
+le bas, hérissée de roches et boisée dans le haut. Au bout d’un
+quart d’heure, j’arrive au confluent de l’Ouad Beni Ṛiis avec
+l’Ouad Oulad Ọtman, petit cours d’eau de même force que lui. Je
+remonte cette nouvelle vallée : elle est identique à celle d’où je
+sors, mais plus large au début. J’en suis le fond quelque temps ;
+bientôt elle se rétrécit : elle devient enfin un ravin étroit,
+rocheux, sans trace de cultures, boisé depuis le lit du torrent
+jusqu’au sommet des flancs. Je la quitte alors ; je gravis son flanc
+droit : la montée, au milieu de grands blocs de roche, est très
+difficile. A 8 heures et demie, je parviens au sommet ; je continue
+à marcher sous bois : les forêts que je vois ce matin sont en tout
+semblables à celles que j’ai traversées hier ; ce plateau fait
+partie de la Gạda. A 9 heures moins un quart, Debdou apparaît :
+une petite ville, dominée par son minaret, étale à mes pieds ses
+maisons roses au fond d’une verte vallée ; alentour s’étendent
+des prairies et des jardins ; au-dessus s’élèvent de hautes parois
+de roc, aux crêtes boisées que couronne la Gạda. Je descends vers
+ce lieu riant. Un chemin pierreux, raide et pénible, y conduit. A
+10 heures, je suis à Debdou. Mes zeṭaṭs, qui, n’ayant pas
+été mis dans le secret de l’aventure, n’ont rien compris aux
+recommandations des Hamouziin, me laissent entrer aussitôt.
+
+J’ai rencontré beaucoup de monde sur la route. L’Ouad Oulad
+Ọtman, seul cours d’eau que j’aie traversé, avait 3 mètres
+de large, 20 centimètres de profondeur, une eau claire et courante.
+
+Debdou est située dans une position délicieuse, au pied du flanc
+droit de la vallée, qui s’élève en muraille perpendiculaire
+à 80 mètres au-dessus du fond ; il forme une haute paroi de
+roche jaune, aux tons dorés, que de longues lianes rayent de leur
+feuillage sombre. Au sommet se trouve un plateau, avec une vieille
+forteresse dressant avec majesté au bord du précipice ses tours
+croulantes et son haut minaret. Au delà du plateau, une succession
+de murailles à pic et de talus escarpés s’élève jusqu’au
+faîte du flanc. Là, à 500 mètres au-dessus de Debdou, se dessine
+une longue crête couronnée d’arbres, la Gạda. Des ruisseaux,
+se précipitant du sommet de la montagne, bondissent en hautes
+cascades le long de ces parois abruptes et en revêtent la surface
+de leurs mailles d’argent. Rien ne peut exprimer la fraîcheur
+de ce tableau. Debdou est entourée de jardins superbes : vignes,
+oliviers, figuiers, grenadiers, pêchers y forment auprès de la ville
+de profonds bosquets et au delà s’étendent en ligne sombre sur les
+bords de l’ouad. Le reste de la vallée est couvert de prairies, de
+champs d’orge et de blé se prolongeant sur les premières pentes des
+flancs. La bourgade se compose d’environ 400 maisons construites en
+pisé ; elles ont la disposition ordinaire : petite cour intérieure,
+rez-de-chaussée et premier étage ; comme à Tlemsen, bon nombre de
+cours et de rez-de-chaussée sont au-dessous du niveau du sol. Les rues
+sont étroites, mais non à l’excès comme dans les qçars. Point
+de mur d’enceinte. La localité est alimentée par un grand nombre
+de sources dont les eaux sont délicieuses et restent fraîches durant
+l’été ; l’une d’elles jaillit dans la partie basse de Debdou,
+à la limite des jardins. Le voisinage en est abondamment pourvu :
+Qaçba Debdou, la vieille forteresse qui domine la ville, en possède
+plusieurs dans son enceinte. Debdou est soumise au sultan ainsi que
+les villages de sa vallée ; la population de ces divers points est
+comprise sous le nom d’Ahel Debdou. Point de qaïd, point de chikh,
+point de dépositaire de l’autorité ; le pays se gouverne à sa
+guise, et tous les ans le qaïd de Tâza, de qui relève le district,
+ou un de ses lieutenants, y fait une tournée, règle les différends
+et perçoit l’impôt. La population de Debdou présente un fait
+curieux, les Israélites en forment les trois quarts ; sur environ
+2000 habitants, ils sont au nombre de 1500. C’est la seule localité
+du Maroc où le nombre des Juifs dépasse celui des Musulmans.
+
+[Illustration : Debdou et vallée de l’Ouad Debdou. (Les parties
+ombrées des montagnes sont boisées.)
+
+(Vue prise du flanc droit de la vallée, entre Debdou et Qaçba
+Debdou.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Debdou est le premier point que je rencontre faisant un commerce
+régulier avec l’Algérie : un va-et-vient continuel existe entre
+cette petite ville et Tlemsen. Les négociants israélites y cherchent
+les marchandises qui ailleurs viennent des capitales marocaines ou
+de la côte ; ils les emmagasinent chez eux, et les écoulent peu à
+peu sur place et dans les marchés du voisinage. Debdou a quelques
+relations avec Fâs et Melilla, mais ses seuls rapports importants
+sont avec l’Algérie ; il en sera de même des centres par lesquels
+je passerai désormais, Qaçba el Ạïoun et Oudjda.
+
+Debdou et le massif de montagnes qui porte son nom nourrissent de
+grands troupeaux de chèvres, des vaches et d’excellents mulets
+dont la race est renommée.
+
+
+ 3o. — DE DEBDOU A LALLA MARNIA.
+
+
+Arrivé à Debdou dépouillé de tout argent, sans un centime,
+j’eusse été fort embarrassé si je n’avais été près de la
+frontière. Je n’étais qu’à trois ou quatre journées de Lalla
+Maṛnia. Je vendis mes mulets : cela me fournit de quoi gagner la
+frontière française sur des animaux de louage.
+
+ 18 mai.
+
+Je me mets en route avec une nombreuse caravane de Juifs se rendant au
+tenîn du Za. On arrivera demain à Dar Ech Chaoui, lieu du marché ;
+aujourd’hui, on va à Qaçba Moulei Ismạïl, sur l’Ouad
+Za. Environ trente Israélites, montés la plupart sur des mulets,
+forment la caravane ; elle est protégée par six zeṭaṭs à pied,
+Kerarma auxquels on paie un prix convenu au départ, tant par Juif,
+tant par mulet, tant par âne.
+
+Départ à 9 heures du matin. Je descends la vallée de l’Ouad
+Debdou ; le sol en est terreux, semé de quelques pierres ; elle
+reste tout le temps ce qu’elle était au départ, si ce n’est
+que les cultures y diminuent : elles n’occupent bientôt qu’une
+partie du fond, dont le reste se couvre de hautes broussailles où
+surgissent çà et là quelques grands arbres. A 10 heures et demie,
+je suis à l’extrémité de la vallée et j’entre dans la plaine de
+Tafrâta : c’est une immense étendue déserte, unie comme une glace,
+à sol de sable ; souvent pendant plusieurs années cette surface
+reste nue, stérile, sans végétation ; à cette heure, grâce aux
+pluies de l’hiver, elle est clairsemée d’herbe tendre : cela
+lui donne un aspect verdoyant qu’elle a rarement ; en deux points
+se trouvent des ḍaïas, ou mạders, où le sol est vaseux, coupé
+de flaques d’eau et couvert de hautes herbes. La plaine s’étend
+à l’ouest jusqu’à la Mlouïa : de ce côté, on aperçoit dans
+le lointain les montagnes bleues des Ṛiata et du Rif et la ligne
+basse du Gelez dominée par la cime du Djebel Beni Bou Iaḥi ;
+à l’est, elle est bordée par un demi-cercle de montagnes grises
+moins hautes que le Djebel Debdou, auquel elles se rattachent ; au
+sud, par le Djebel Debdou s’étendant jusqu’à Rechida ; au nord,
+par les deux sommets bruns du Mergeshoum et la ligne blanche du Gelob,
+vers lequel je marche. Je franchis ce dernier à 3 heures et demie ;
+c’est un bourrelet calcaire de peu de hauteur qui se traverse en
+quelques minutes. De là je passe dans une plaine ondulée à sol
+terreux semé de pierres, presque nue ; les mêmes herbes que dans
+le désert de Tafrâta y poussent, mais rares, ne déguisant nulle
+part l’aspect jaune de son sol. Elle paraît bornée au sud par le
+Mergeshoum et le Gelob, au nord et à l’est par l’Ouad Za. J’y
+marche le reste de la journée. A 5 heures 50, je me trouve à la
+crête d’un talus : au-dessous, la vallée de l’Ouad Za s’étend
+à mes pieds, remplie de cultures, de jardins et de douars. Le talus
+est peu élevé et en pente douce ; il est composé moitié de sable,
+moitié de roche (galets roulés) : je le descends et j’entre dans
+la vallée ; au milieu d’elle se dressent, sur une butte isolée,
+les ruines imposantes d’une vieille forteresse : c’est Qaçba
+Moulei Ismạïl, détachant ses hautes murailles roses sur le fond
+vert du sol. Je marche vers elle, cheminant au milieu des champs et
+des arbres fruitiers, franchissant à chaque pas des canaux d’eau
+limpide. A 6 heures, j’y parviens : c’est le terme de ma route
+d’aujourd’hui.
+
+Je n’ai rencontré personne sur mon parcours depuis l’entrée
+dans le Tafrâta. Les deux seuls cours d’eau de quelque importance
+que j’aie traversés sont : l’Ouad Debdou (3 mètres de large,
+20 centimètres de profondeur, eau claire et courante coulant sur un
+lit de gravier ; pas de berges) et Ạïn Ḥammou (2 mètres d’eau
+coulant sur un lit large de 4 mètres, encaissé entre des berges de
+sable de 15 mètres de haut).
+
+Qaçba Moulei Ismạïl porte aussi le nom de Taourirt : on la désigne
+d’habitude dans le pays sous cette dernière appellation. Elle
+s’élève sur un mamelon isolé, dans un coude de l’Ouad Za,
+dont la vallée s’élargissant forme une petite plaine : la vallée,
+bordée à gauche par la rampe que j’ai descendue, l’est à droite
+par un talus escarpé, partie sable, partie roche jaune, de 60 à 80
+mètres de haut. Le fond présente l’aspect le plus frais et le plus
+riant ; il est tapissé de cultures et d’une multitude de bouquets
+d’arbres, oliviers, grenadiers, figuiers, taches sombres sur cette
+nappe verte. Au milieu se dressent une foule de tentes dispersées
+par petits groupes, disparaissant sous la verdure. Les rives de
+l’Ouad Za, dans cette région, présentent partout même aspect :
+elles sont d’une richesse extrême ; cette prospérité est due à
+l’abondance des eaux de la rivière ; jamais elles ne tarissent :
+c’est une supériorité du pays de Za (on appelle _blad Za_ les
+bords du cours d’eau) sur Debdou et ses environs, où les belles
+sources que j’ai vues se dessèchent en partie pendant les étés
+très chauds.
+
+Qaçba Moulei Ismạïl, ou Taourirt, est une enceinte de murailles de
+pisé, en partie écroulée, dont il reste des portions importantes ;
+les murs, bien construits, sont élevés et épais, garnis de
+banquettes, flanqués de hautes tours rapprochées ; ils sont du
+type de ceux de Meknâs et de Qaçba Tâdla. De larges brèches
+s’ouvrent dans l’enceinte, qui n’est plus défendable. Au milieu
+s’élève, sur le sommet de la butte, que les murailles ceignent
+à mi-côte, un bâtiment carré de construction récente servant
+aux Kerarma à emmagasiner leurs grains : la tribu a ici la plupart
+de ses réserves. Cette sorte de maison, neuve, mal bâtie, basse,
+contraste avec l’air de grandeur des vieilles murailles de la Qaçba.
+
+Départ à 6 heures un quart du matin. Je remonte la vallée du Za ;
+elle reste ce qu’elle était à Taourirt, couverte de cultures
+et de jardins et très peuplée. A 7 heures, une maison se dresse
+au haut de la rampe qui en forme le flanc gauche : c’est Dar Ech
+Chaoui, résidence de Chikh Ben Ech Chaoui, chikh héréditaire et
+aujourd’hui qaïd des Kerarma, tribu à laquelle appartient cette
+portion du Za. Je monte vers la maison ; au pied de ses murs, sur
+le plateau dont elle occupe le bord, se trouve le marché auquel se
+rend ma caravane, Tenîn el Kerarma. J’y fais halte. On distingue
+d’ici la vallée de l’Ouad Za à une certaine distance vers le
+sud ; jusqu’à un tournant où on la perd de vue, elle garde même
+aspect, toujours verte, toujours habitée.
+
+[Illustration : Vallée de l’Ouad Za et Djebel Mergeshoum. (Vue
+prise de Dar Ech Chaoui.)
+
+Croquis de l’auteur.]
+
+Le marché où je suis, très animé d’habitude, l’est peu
+aujourd’hui : les habitants de la rive gauche de la Mlouïa n’ont
+pu s’y rendre, le fleuve étant infranchissable depuis plusieurs
+jours. Il est toujours gros en cette saison ; c’est l’époque de
+sa crue : qu’il pleuve ou non, les eaux en sont fortes et difficiles
+ou impossibles à passer de la mi-avril à la mi-juin.
+
+Je quitte le marché à 1 heure. J’ai pris deux zeṭaṭs Chedjạ,
+qui me conduiront à Qaçba el Ạïoun, où j’arriverai demain. Je
+redescends dans la vallée du Za et je la traverse ainsi que la
+rivière ; puis je gravis le talus qui en forme le flanc droit. Parvenu
+au sommet, je me trouve dans une plaine sablonneuse ondulée. Je suis
+dans le désert d’Angad ; j’y resterai jusqu’à mon arrivée
+à Lalla Maṛnia. C’est une plaine immense ayant pour limites :
+à l’ouest, l’Ouad Za et la Mlouïa ; à l’est, les hauteurs
+qui bordent la Tafna ; au nord, le Djebel Beni Iznâten[99] ;
+au sud, les djebels Beni Bou Zeggou et Zekkara faisant suite au
+Mergeshoum. Parfaitement plate au centre, elle est ondulée sur ses
+lisières nord et sud, d’une manière d’autant plus accentuée
+qu’on se rapproche davantage des montagnes qui la bordent. Le sol
+en est sablonneux ; il est dur lorsqu’il est sec, et forme une vase
+glissante, où la marche est difficile, aussitôt qu’il pleut. Nu
+d’ordinaire, le désert d’Angad se couvre d’une herbe abondante
+après les hivers humides ; cette année, la surface en est toute
+verte : c’est un bonheur pour les tribus nomades, dont les troupeaux
+trouvent à foison la nourriture que d’habitude il faut chercher
+dans le Ḍahra. Cette bonne fortune arrive rarement : la plaine,
+si riante en ce moment, vient d’être durant cinq années nue et
+stérile, triste étendue de sable jaune sans un brin de verdure. Le
+désert d’Angad est occupé par trois tribus nomades, les Mhaïa,
+les Chedjạ et les Angad. En outre, plusieurs tribus montagnardes
+qui habitent ses limites empiètent sur lui en des endroits de sa
+lisière : ainsi le cours de l’Ouad Mesegmar est garni de cultures
+et de douars appartenant aux Beni Bou Zeggou. Cette plaine, jusqu’à
+la frontière française, est, ainsi que les montagnes qui la bordent,
+soumise au sultan ; il en est de même du pays que je traverse depuis
+Debdou. La réduction de ces contrées est complète et réelle,
+mais ne date que de 1876 ; elle est le résultat de l’expédition
+que fit alors Moulei el Ḥasen et dans laquelle il vint jusqu’à
+Oudjda. Auparavant, presque toute la contrée était insoumise. Je
+chemine dans le désert d’Angad jusqu’à 5 heures un quart ; à ce
+moment j’arrive au bord de l’Ouad Mesegmar ; je le traverse et je
+m’arrête sur sa rive droite, dans une tente où je passerai la nuit.
+
+Sur ma route, il y avait un assez grand nombre de passants ; ils
+revenaient comme moi du marché. J’ai vu peu de lieux habités,
+quelques rares douars des Beni Bou Zeggou ; ils étaient petits,
+de 6 à 8 tentes chacun, et isolés les uns des autres. L’Ouad Za,
+au point où je l’ai passé, avait un lit de sable de 80 mètres de
+large : l’eau y occupait 20 mètres ; elle avait 80 centimètres
+de profondeur et un courant rapide. De cette rivière à l’Ouad
+Mesegmar, j’ai traversé des ruisseaux sans importance, ayant
+un peu d’eau par suite des pluies récentes ; plusieurs étaient
+difficiles à franchir à cause de leurs berges escarpées, hautes
+souvent de 7 à 8 mètres, qui en faisaient de vraies coupures dans
+la plaine. L’Ouad Mesegmar a 6 mètres de large, dont 3 remplis
+d’eau courante ; il coule entre deux berges de sable à 1/1 de
+20 mètres de hauteur. Le point où je l’ai atteint est le plus
+haut de la bande de cultures qui le borde ; il n’y a pas de tentes
+au-dessus de celle où je suis. Ici et tout le long du cours d’eau,
+en le descendant, les deux rives sont garnies de champs, de jardins,
+de grands arbres et de nombreuses tentes, les unes isolées, les autres
+groupées par deux ou trois. C’est un ruban vert, moucheté de noir,
+se déroulant dans le désert.
+
+Les tentes du Za étaient en flidj, celles de l’Ouad Mesegmar sont
+en nattes grossières : toutes sont vastes. Point de maison dans le
+Za, sauf celle de Chikh Ben Ech Chaoui. Il y en a une sur l’Ouad
+Mesegmar ; elle est à quelques pas d’ici : c’est la résidence du
+qaïd des Beni Bou Zeggou. Ce dernier, Qaïd Ḥamada, était le chikh
+de la tribu avant d’en être qaïd de par le sultan ; c’était
+le plus grand pillard de la contrée avant 1876 ; à présent, au
+contraire, il est d’une sévérité extrême contre les voleurs et
+fait régner l’ordre le plus rigoureux sur son territoire.
+
+ 20 mai.
+
+Départ à 5 heures un quart du matin. Je continue à cheminer dans
+le désert d’Angad. J’arrive à 11 heures du matin à Qaçba el
+Ạïoun. La marche était difficile à cause de l’état du sol,
+détrempé par des pluies récentes. Je n’ai rencontré personne
+durant le trajet. Les cours d’eau que j’ai franchis sont au
+nombre de deux : l’Ouad Metlili (lit de 5 mètres ; 1m,50 d’eau ;
+berges de sable de 12 mètres de hauteur ; ce cours d’eau prend,
+me dit-on, sa source au Djebel Beni Iạla) ; l’Ouad el Qceb (25
+mètres de large ; lit de galets, à sec ; berges de sable, à pic,
+hautes de 15 mètres. Cette rivière prend sa source chez les Beni
+Iạla et se jette dans la Mlouïa chez les Beni Oukil ; elle reçoit,
+m’assure-t-on, l’Ouad Mesegmar sur sa rive gauche).
+
+Qaçba Ạïoun Sidi Mellouk, appelée d’ordinaire Qaçba el
+Ạïoun, s’élève isolée au milieu du désert d’Angad. Aux
+environs, apparaissent quelques cultures et un certain nombre de petits
+douars des Chedjạ. La Qaçba est une enceinte rectangulaire de
+murs de pisé ayant 4 à 5 mètres de haut et 30 à 40 centimètres
+d’épaisseur ; ni banquettes, ni fossés. A l’intérieur
+sont des maisons, la plupart en mauvais état, n’ayant qu’un
+rez-de-chaussée ; elles sont bâties par pâtés, séparés
+tantôt par de larges passages, tantôt par des places : point de
+rues proprement dites, et moins encore de ces ruelles étroites
+qu’on voit dans les qçars. Un grand nombre d’habitations
+sont blanchies. Au milieu de la Qaçba, sont creusés plusieurs
+puits qui l’alimentent. La vue intérieure de Qaçba el Ạïoun
+rappelle de loin celle de certains quartiers de Géryville : mêmes
+voies larges, mêmes demeures basses, même population de petits
+marchands. En dehors de l’enceinte, vers l’angle nord-est, se
+trouve un bouquet d’arbres et, au milieu, la qoubba de S. Mellouk ;
+auprès jaillissent plusieurs sources, donnant une eau abondante
+et bonne ; on les appelle Ạïoun S. Mellouk, d’où le nom de la
+Qaçba. Celle-ci est ancienne, mais tombait en ruine et était déserte
+lors de l’expédition de Moulei El Ḥasen en 1876. Il la restaura
+et y installa la garnison qui s’y trouve : elle se compose d’une
+centaine de réguliers (ạskris), commandés par un aṛa. Qaçba
+el Ạïoun est en outre la résidence du qaïd des Chedjạ, Chikh
+Ḥamida ech Chergi, chef suprême dans la place ; il a auprès de
+lui son lieutenant et quelques hommes du makhzen. Les autres habitants
+sont des marchands musulmans et juifs, ceux-ci originaires de Debdou
+ou de Tlemsen, qui vendent des denrées d’Europe et d’Algérie
+aux soldats et aux tribus des environs.
+
+Le sultan croit avoir ici 600 réguliers commandés par un aṛa,
+Ḥadj Moḥammed : de fait, il y possède 100 ou 150 malheureux qui
+n’ont de soldats que le nom. Il envoie 5000 fr. par mois pour la
+solde de la troupe : les hommes ne touchent rien, sont nus et meurent
+de faim ; l’aṛa et ses lieutenants gardent tout.
+
+Le commerce de Qaçba el Ạïoun a de l’importance. Les boutiques
+installées dans son enceinte sont bien approvisionnées. Chaque
+semaine, se tient au pied de ses murs un marché, le Tlâta Sidi
+Mellouk. Ce jour-là, les tribus des environs, celles de la montagne
+comme celles de la plaine, viennent en foule, apportant des laines,
+des tellis, des flidjs, des tapis, des peaux, et les échangeant
+contre des objets de provenance algérienne, cotonnades, etc. Les
+années de bonne récolte, les petits marchands de la Qaçba font
+d’excellentes affaires : ils vendent en grande quantité du café,
+de l’eau-de-vie, du vin, du thé, du sucre, du kif, des cotonnades,
+des faïences, des verres, des bougies, des belṛas, de la mercerie,
+du papier, aux soldats et aux tribus voisines, dont quelques-unes, les
+Beni Iznâten surtout, sont très riches. Quand la terre est stérile,
+que la moisson manque, qu’il y a disette, le trafic est nul :
+c’est ce qui a eu lieu ces derniers temps. Cette année, beaucoup de
+pluie est tombée au printemps ; on espère une excellente récolte ;
+depuis cinq ans on manquait d’eau, il y avait sécheresse et famine.
+
+ 21 mai.
+
+Séjour à Qaçba el Ạïoun. Une pluie torrentielle qui tombe depuis
+hier soir m’empêche de partir.
+
+On est fort enflammé ici des exploits du _Cherif_ (c’est le nom
+qu’on donne dans le Maroc au Mahdi), que la grâce de Dieu a rendu
+invulnérable et invincible, qui a chassé les Chrétiens d’Égypte
+et qui marche sur Tunis : on a reçu à Fâs plusieurs lettres de
+lui : le sultan les a fait lire dans les mosquées. Moulei El Ḥasen
+est en ce moment à Meknâs ; il a ordonné des levées de troupes
+considérables : onze corps sont prêts à l’heure qu’il est, deux
+sur le Sebou, neuf dans le Sous ; ils présentent un effectif total
+de 40,000 hommes et sont formés de contingents tirés des tribus les
+plus guerrières du royaume de Merrâkech et du Sous. C’est contre
+les Français que se font ces préparatifs. Au mois de ramḍân, le
+sultan se mettra à la tête des troupes, et en avant vers Oudjda ! —
+Ce sont les réguliers et les mkhaznis de la Qaçba qui racontent ces
+fables : ils y croient, et cette perspective de guerre leur fait faire
+la grimace. Des bruits aussi ridicules et plus encore circulent dans
+toute l’étendue du Maroc. Partout les esprits y sont occupés des
+événements du Soudan égyptien, qui grossissent dans des proportions
+fantastiques en traversant l’Afrique. A Tisint, à Tatta, dans le
+Sous, le Cherif, après avoir conquis l’Égypte, avait pris Tripoli,
+Tunis, Alger, et avait mis à mort tout ce qui était chrétien. Dans
+la vallée du Ziz, il n’était pas à Alger, mais Tunis était
+tombé en son pouvoir et les Français vaincus fuyaient devant lui. A
+Debdou, il était à Tripoli. A Qaçba el Ạïoun et à Oudjda, il
+n’a conquis que l’Égypte, avec le Caire et Alexandrie. Partout,
+aussi bien dans le sud qu’ici, chez les Ida ou Blal et dans le
+Sous comme chez les Berâber, on est curieux de ces nouvelles :
+aussitôt que j’arrivais en un lieu, la première question qu’on
+m’adressait, à titre d’étranger, était : « Quelles nouvelles
+du Cherif ? » Mais, si l’on s’occupe de lui, on paraît s’en
+occuper avec calme et attendre patiemment qu’il vienne, sans se
+soucier de prendre les armes pour lui tendre la main. En résumé, il
+excite une vive curiosité, mais peu d’enthousiasme, surtout dans les
+tribus indépendantes. Les tribus soumises, en général plus dévotes,
+plus instruites, plus fanatiques que les autres, moins occupées par
+des luttes de chaque jour avec les voisins, prêtent une attention
+plus vive et seraient plus faciles à soulever. Tel était l’état
+des esprits lors de mon voyage. Nulle part on ne désirait la guerre
+sainte ; mais l’ignorance, qu’entretient la politique craintive
+des puissances européennes, est si grande que tout peut arriver :
+malgré le calme actuel, il suffirait que soit le sultan, soit quelque
+grand chef religieux, comme Chikh Moḥammed El Ạrabi el Derkaoui,
+levât l’étendard de la guerre sainte pour réunir en quelques
+jours une armée de 50000 hommes. Cette masse, animée plutôt par
+l’espoir du pillage que par le zèle religieux, s’évanouirait
+à la première défaite, et se doublerait au moindre succès.
+
+ 22 mai.
+
+Départ à 6 heures et demie du matin. Je reprends ma route dans le
+désert d’Angad, cheminant au milieu de la plaine, avec mes deux
+chaînes monotones à droite et à gauche. Ce sont deux longues lignes
+de montagnes sombres, à peu près de même hauteur, nues l’une
+et l’autre comme tous les massifs que j’ai vus depuis le Djebel
+Debdou. Au flanc du Djebel Beni Iznâten apparaissent de nombreuses
+taches noires, villages et jardins. Le sol ne change pas : il demeure
+sablonneux et couvert d’herbages ; après Qaçba el Ạïoun, il
+est pendant trois ou quatre kilomètres semé de quelques arbres. Je
+rencontre des douars, plusieurs troupeaux de chameaux, de moutons
+et de chèvres, et, en un ou deux points, des cultures. Profitant du
+bienfait de la pluie, qui vient de fertiliser les sables de l’Angad,
+les Chedjạ se sont hâtés d’ensemencer quelques parcelles
+de terre. Durant toute la journée le pays reste très plat ; ce
+n’est qu’en approchant d’Oudjda que deux accidents de terrain
+changent l’aspect du désert. Vers le nord, une côte en pente
+douce, parallèle au Djebel Beni Iznâten, se projette en avant de
+lui dans la plaine et se termine au cours de l’Isli. Vers l’est,
+on voit la fameuse Koudia el Khoḍra, théâtre du champ de bataille
+de l’Isli ; de loin, elle apparaît comme un long talus verdoyant,
+bas, à crête uniforme, barrant toute la plaine d’Angad depuis le
+Djebel Zekkara, dont il se détache et auquel il est perpendiculaire,
+jusqu’à la côte qu’on vient de signaler : entre celle-ci et El
+Koudia el Khoḍra, se trouve une trouée où passe l’Ouad Isli. A 2
+heures 40, je parviens à cette rivière. Elle a 12 mètres de large
+et 70 centimètres de profondeur ; le courant est rapide ; le lit,
+de gros galets, est en entier couvert par les eaux ; deux berges de
+sable à 1/1, de 8 mètres de haut, l’encaissent. L’ouad coule
+au pied même de El Koudia el Khoḍra : sa berge droite se confond
+avec le versant occidental de ces hauteurs. Je commence à monter au
+sortir de la rivière : côte douce, mélange de terre et de pierres ;
+à 2 heures 50, je suis au sommet. Un plateau s’y étend, ridé
+d’ondulations légères ; il est couvert d’herbe ; le sol en est
+terreux, avec des pierres et des endroits rocheux. Je le traverse. A 3
+heures et demie, j’en atteins le bord oriental. Depuis quelque temps,
+j’aperçois Oudjda, étalant au-dessous de moi ses maisons blanches
+au milieu de grandes plantations d’oliviers. Une rampe, pareille
+à celle qui le limite à l’ouest, courte et douce, borne ici le
+plateau. Je la descends et ne tarde pas à entrer dans les jardins
+d’Oudjda : vastes et bien cultivés, ombragés d’une multitude
+d’arbres, ils sont la seule chose digne d’attention en ce lieu. Je
+m’arrête, à 4 heures un quart, dans un des fondoqs de la ville.
+
+Oudjda est située au pied de El Koudia el Khoḍra, en terrain plat,
+dans la plaine d’Angad, qui se prolonge au delà jusqu’à Lalla
+Maṛnia. C’est une fort petite ville : elle semble moins peuplée
+qu’El Qçar. La richesse et la prospérité y règnent ; la présence
+d’un qaïd, de mkhaznis, le passage des caravanes, le commerce avec
+l’Algérie, y entretiennent l’animation et y apportent la fortune.
+
+Un mkhazni à cheval m’a escorté de Qaçba el Ạïoun à Oudjda ;
+un autre m’accompagnera d’Oudjda à la frontière française. Il a
+suffi de les demander aux qaïds ; une escorte de ce genre s’accorde
+toujours, à condition de payer : le prix est modique. Le gouvernement
+concourt à fournir les zeṭaṭs dans les régions du blad el makhzen
+trop peu sûres, comme celle-ci, pour y voyager seul. Chemin faisant,
+j’ai rencontré une caravane ; elle se composait de marchands
+juifs venant de Tlemsen et allant à Debdou. Hors l’Ouad Isli,
+je n’ai traversé qu’un cours d’eau de quelque importance :
+l’Ouad Bou Rdim (6 mètres de large ; 1 mètre de profondeur ;
+courant insensible ; berges de 1m,50 d’élévation, à 1/1. Les
+eaux proviennent des pluies dernières ; la rivière, à sec toute
+l’année, se gonfle à la moindre averse et se dessèche aussi vite :
+hier elle était infranchissable).
+
+ 23 mai.
+
+Départ d’Oudjda à 7 heures du matin. A 10 heures, je passe la
+frontière et j’entre en terre française. Peu après j’arrivai
+à Lalla Maṛnia, terme de mon voyage.
+
+
+ FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE.
+
+
+[Note 99 : Les Beni Iznâten (Beni Zenâta) sont la grande tribu
+qui est désignée d’habitude sur nos cartes sous le nom de Beni
+Snassen.]
+
+
+
+
+ SECONDE PARTIE.
+
+ =RENSEIGNEMENTS.=
+
+
+ I.
+
+ BASSIN DE L’OUAD OUMM ER REBIA.
+
+
+L’Ouad Oumm er Rebiạ prend sa source sur le territoire des Beni
+Mgild, à une haute montagne d’où sort aussi la Mlouïa. De là il
+traverse les tribus des Zaïan, des Ichqern, des Qeṭạïa, des Aït
+Roubạ, des Beni Ạmir, des Beni Mousa, ces quatre dernières faisant
+partie du Tâdla. En sortant des terres des Beni Mousa, il reçoit
+l’Ouad el Ạbid, qui est la limite et de cette tribu et du pays
+de Tâdla. A partir de là, il ne cesse de couler entre des tribus
+différentes, formant frontière entre elles : d’abord entre les
+Beni Miskin au nord et les Sraṛna au sud ; puis entre les Chaouïa
+(nord) et les Rḥamna (sud) ; ensuite entre les Chaouïa (nord) et les
+Doukkala (sud) ; enfin entre les Chtouga (nord) et les Doukkala (sud).
+
+Les tribus mentionnées en aval du Tâdla sont nomades, parlent
+l’arabe et se disent de race arabe. Elles sont soumises au
+sultan. Trois d’entre elles sont regardées comme les plus
+puissantes du blad el makhzen : celles des Rḥamna, des Chaouïa et
+des Doukkala : les premiers peuvent, dit-on, mettre 11000 hommes à
+cheval, les seconds 7000, les derniers 6000.
+
+=AFFLUENTS.= — L’Ouad Oumm er Rebiạ reçoit un grand
+nombre d’affluents, parmi lesquels on remarque, en descendant
+son cours : l’Ouad Derna, l’Ouad Daï, l’Ouad el Ạbid,
+l’Ouad Teççaout. Ces quatre cours d’eau se jettent sur sa rive
+gauche. L’un d’eux, l’Ouad el Ạbid, égale en importance
+l’Oumm er Rebiạ elle-même.
+
+1o _OUAD DERNA_. — Cette rivière prend sa source dans le Djebel Aït
+Seri, arrose le grand village de Tagzirt et, à 2 heures de marche
+au-dessous de ce point, entre dans le territoire des Aït Iạïch :
+elle se jette dans l’Oumm er Rebiạ à Zidania, vieille qaçba
+qui ressemble à celle de Fichtâla et qui a été construite aussi
+par Moulei Ismạïl. Zidania est située à 5 heures de marche
+au-dessous de Qaçba Tâdla, chez les Oulad Ạbd Allah, fraction
+des Beni Ạmir. Point de ville du nom de Derna.
+
+2o _OUAD DAI_. — Cette rivière roule à peu près le même volume
+d’eau que l’Ouad Derna : elle prend sa source dans la même chaîne
+de montagnes : c’est chez les Oulad Bou Bekr, fraction des Beni
+Mellal, qu’elle entre en plaine. Elle se jette sur la rive gauche
+de l’Oumm er Rebiạ dans le territoire des Beni Mousa. Point de
+ville du nom de Daï.
+
+3o _OUAD EL ABID_. — Les sources de cette grande rivière sont, comme
+celles de l’Oumm er Rebiạ, dans une contrée sauvage, boisée,
+infestée de lions et de panthères, région peu fréquentée et que
+ne traverse aucun chemin. En remontant l’Ouad el Ạbid au-dessus
+d’Ouaouizert, on trouve les Aït Messaṭ sur sa rive gauche et les
+Aït Atta d Amalou sur sa rive droite : la rivière forme frontière
+entre les deux tribus. Puis elle entre dans celle des Aït Seri. A
+partir de là, plus de bourgades ; il n’y a que de petits villages,
+des huttes et des tentes groupées autour de tiṛremts.
+
+Au-dessous d’Ouaouizert, c’est encore la grande tribu des
+Aït Messaṭ qui occupe la rive gauche de l’ouad : les Entifa,
+puis les Sraṛna lui font suite. Sur la rive droite, on traverse
+successivement, en descendant la rivière, les Aït Atta d Amalou,
+les Aït Bou Zîd, les Aït Ạtab et enfin les Beni Mousa.
+
+L’Ouad el Ạbid a deux points de passage importants dans la portion
+inférieure de son cours :
+
+A 3 heures de marche en amont de son confluent avec l’Oumm er
+Rebiạ, se trouve le gué de Bou Ạqba, célèbre par la bataille
+qui s’y livra. En cet endroit, l’Ouad el Ạbid forme limite
+entre les Entifa et les Beni Mousa.
+
+5 heures plus haut, c’est-à-dire à 8 heures du confluent, se
+trouve un pont construit par Moulei Ismạïl et encore en bon état :
+il n’a point de nom particulier : on l’appelle _El Qanṭra_.
+
+=AFFLUENT.= — L’Ouad el Ạbid reçoit sur sa rive gauche une
+rivière importante dont nous avons aperçu le confluent entre
+Ouaouizert et Aït ou Akeddir ; c’est l’Ouad Aït Messaṭ.
+
+OUAD AIT MESSAT. — Cette rivière prend sa source dans le Grand Atlas
+un peu au-dessus de Zaouïa Aḥansal. Elle arrose sur son cours un
+grand nombre de qçars : ils appartiennent aux Aït Isḥaq, l’une
+des 5 fractions des Aït Messaṭ. Voici les principaux d’entre eux,
+dans l’ordre où on les trouve en descendant l’ouad :
+
+ Zaouïa Aḥansal (zaouïa très importante, dont le chef actuel se nomme
+ Sidi Ḥamed ou Ḥamed Aḥansal).
+
+ Aït Tamzout rive droite.
+
+ Zaouïa Aït Sidi Ạli ou Ḥaseïn rive droite.
+
+ Tillougit rive droite.
+
+ Aït Ạïssa rive droite.
+
+ Izerouan (3 qçars) rive droite.
+
+ Distances : de l’Oussikis à Zaouïa Aḥansal 1 jour.
+
+ De Zaouïa Aḥansal à Ouaouizert 2 jours.
+
+4o _OUAD TEÇÇAOUT_. — Cette rivière se jette sur la rive
+gauche de l’Oumm er Rebiạ, à 7 heures de marche au-dessous du
+confluent de ce fleuve avec l’Ouad el Ạbid. La Teççaout est
+formée de la réunion de deux cours d’eau : le premier, Teççaout
+Fouqia ou Ouad Akhḍeur, passe entre Demnât et Bezzou ; le second,
+Teççaout Taḥtia ou Teççaout Merrâkech, passe entre Demnât et El
+Qlạa. Ces deux rivières prennent leur source dans un même massif de
+montagnes et se dirigent vers le nord, l’une par l’est, l’autre
+par l’ouest : elles se réunissent en plaine entre El Qlạa et
+Bezzou, et de là vont se jeter dans l’Oumm er Rebiạ. Le chemin
+qui va en ligne directe de Demnât au Dâdes, chemin très suivi,
+remonte la Teççaout Fouqia jusqu’à sa source : de là il passe
+sur le territoire des Haskoura, dans le bassin du Dra. La Teççaout
+orientale a tout son cours supérieur occupé par la grande tribu
+tamaziṛt indépendante des Aït b Ououlli. Elle traverse ensuite
+le territoire des Aït Abbes, puis celui des Entifa, enfin celui des
+Sraṛna, sur lequel les deux Teççaout se réunissent et se jettent
+dans l’Oumm er Rebiạ.
+
+=AFFLUENTS.= — La Teççaout Fouqia reçoit plusieurs affluents
+dont le principal est l’Ouad el Ạrous, se jetant sur sa rive
+droite au point frontière entre les Aït b Ououlli et les Aït Abbes.
+
+OUAD EL AROUS. — A 2 kilomètres au-dessus de son confluent avec
+l’Ouad Teççaout, il reçoit lui-même sur sa rive droite, au
+village d’Agerd n Ouzrou, un cours d’eau important, l’Ouad
+b Ougemmez.
+
+=Ouad b Ougemmez.= — Cette rivière porte aussi le nom d’Ouad
+Aït Ouaham. Elle prend sa source dans le Grand Atlas, auprès du
+Tizi Izouṛar : le cours en appartient tout entier à la tribu des
+Aït b Ougemmez : un grand nombre de qçars s’échelonnent le long
+de ses rives : le plus rapproché de sa source est Zaouïa Aït Ouaham
+(appelé aussi Zaouïa Alonzi) ; le plus bas est Agerd n Ouzrou, où il
+se jette dans l’Ouad el Ạrous. Entre eux, il en existe d’autres,
+dont les principaux sont, en descendant : Aït Ạli, Aït Ouriad.
+
+Entre Aït Ouriad et Agerd n Ouzrou, l’Ouad b Ougemmez reçoit sur
+sa rive gauche un affluent, l’Ouad Ibakellioun.
+
+_Ouad Ibakellioun_. — Le cours en appartient aussi en entier
+aux Aït b Ougemmez : il est bordé de nombreux qçars : le plus
+considérable d’entre eux est Ibakellioun, situé non loin de la
+source de l’ouad.
+
+Cette rivière reçoit elle-même un affluent, l’Ouad Tizi Aït Imi,
+se jetant sur sa rive gauche dans la partie basse de son cours.
+
+_Ouad Tizi Aït Imi_. — Il prend sa source au col d’Aït Imi,
+dans le Grand Atlas. Le cours en appartient à la tribu des Aït b
+Ougemmez. Il arrose plusieurs qçars.
+
+Les localités situées sur les cours des ouads b Ougemmez, Ibakellioun
+et Tizi Aït Imi forment la totalité de la tribu des Aït b Ougemmez,
+tribu indépendante, de race et de langue tamaziṛt.
+
+Pas de marché chez les Aït b Ougemmez.
+
+Un mellaḥ, sur l’Ouad b Ougemmez.
+
+ Distances : de l’Oussikis à Aït forte 1/2 journée.
+ Ouaham
+
+ D’Aït Ouaham à Ḥad Aït 1 jour.
+ Ạtab
+
+ » Agerd
+ n Ouzrou 17 kilomètres.
+
+ » Demnât 2 petites
+ journées.
+
+
+ =Renseignements sur les tribus.=
+
+
+_TRIBUS DU TADLA_. — Voici la décomposition des tribus du Tâdla :
+
+ { Oulad Brahim.
+ {
+ { Oulad Bḥar el Kebar. { Gouffa.
+ { {
+ { { Beni Khelf.
+ {
+ Ourdiṛra { { Mfasis. }
+ { { } 1
+ { { Oulad Ạzzouz. }
+ { Oulad Bḥar es Sṛar. {
+ { { Oulad Smir.
+ {
+ { Beni Ḥasen.
+
+ { Oulad Bou Ṛadi.
+ {
+ Beni Khîran { Beni Mançour.
+ {
+ { Genadiz.
+
+ { Torch.
+ {
+ { Mạdna. { Beraksa.
+ { {
+ { { Ạsasga.
+ Smâla {
+ { { Houasen.
+ { {
+ { Oulad Ạïssa. { Oulad Fennan.
+ {
+ { Chraạ.
+
+ { Oulad Gaouch.
+ {
+ { Aït Çaleḥ. }
+ { } 1
+ { { Nouaser. }
+ { Oulad Iousef. {
+ { { Berachona. }
+ { { } 1
+ { { Oulad Nahr. }
+ { {
+ { { Beni Zrandil.
+ {
+ { { Ạbabsa.
+ { {
+ { { Oulad Brahim.
+ Beni Zemmour { {
+ { Beni Bataou. { Zania.
+ { {
+ { { Soual.
+ { {
+ { { Rouased.
+ {
+ { { Aït Bihi.
+ { {
+ { { Aït Mousa.
+ { Aït Iaḥi. {
+ { { Ahouraïn.
+ {
+ { Geraïat.
+
+ { Semget.
+ {
+ { Ạït Ạla. }
+ Qeṭạïa { } 1
+ { Aït Brahim. }
+ {
+ { Aït Kerkaït.
+
+ { Oulad Smạïn.
+ {
+ { Oulad Sạïd. { Oulad Iạqoub.
+ { {
+ { { Oulad Bou Iạoud.
+ {
+ { { Bezzaza.
+ { {
+ Beni Mạdan ; Aït Roubạ. { Oulad Iousef. { Oulad Iạïch.
+ { {
+ { { Oulad Mạmmer.
+ {
+ { Zouaïr.
+ {
+ { Beni Mellal.
+
+ { Oulad Assoun }
+ { }
+ { Oulad Nedjạ } 1
+ { }
+ { Oulad Ạbd Allah }
+ {
+ { Beradia }
+ { }
+ { Ahel Sous } 1
+ { }
+ { Oulad Ạli }
+ {
+ Beni Amir { Oulad Ḥasen }
+ { }
+ { Krifat }
+ { } 1
+ { Oulad Zian }
+ { }
+ { Oulad Bou Ḥerrou }
+ {
+ { Beni Chegdal }
+ { }
+ { Oulad Rejiạ } 1
+ { }
+ { Mouali el Ouad }
+
+ { Oulad Zahra.
+ {
+ { El Amgar.
+ {
+ { Oulad Zmam.
+ {
+ { Ạsara.
+ { Oulad Ạrif. {
+ { { Oulad Smida.
+ { {
+ { { Beni Ạoun.
+ { {
+ { { Oulad Meraḥ.
+ Beni Mousa { {
+ { { Krazza.
+ {
+ { Beni Oujjin.
+ {
+ { Oulad Brahim.
+ {
+ { Ahel Zerberrachi.
+
+ Beni Miskin.
+
+_AIT SERI_. — Voici la décomposition des Aït Seri, tribu tamaziṛt
+indépendante :
+
+ { Aït Ouirra
+ {
+ { Aït Mḥammed
+ {
+ { Aït Seri
+ {
+ { Imhaouchen.
+ {
+ { Aït Daoud.
+ {
+ Aït Ouirra. { Aït Mesạoud.
+ {
+ { { Aït El Ḥasen.
+ { {
+ { { Aït Ạlou ou Brahim.
+ { {
+ { { Aït ou Ạzzou.
+ { {
+ { { Aït Ousaden.
+ { {
+ { { Aït Iqqo.
+ {
+ { { Aït Ạbd es Selam.
+ { {
+ { { Aït Iạqoub.
+ { {
+ { Aït Mḥammed. { Aït Smạïn.
+ { {
+ { { Aït Ḥammi.
+ { {
+ { { Aït Bou Bekr.
+ {
+ { { Aït Ichcho.
+ { {
+ { { Mrabṭen.
+ { {
+ { { Aït Daoud.
+ Aït Seri { {
+ { Aït Ạbd el Ouali. { Aït Ousakki.
+ { {
+ { { Mḥarir.
+ { {
+ { { Aït Ạlou ou El Ḥasen.
+ { {
+ { { Aït Ioudi.
+ {
+ { Friata }
+ { }
+ { Aït Ḥebibi }
+ { } 1
+ { Aït Maḥa }
+ { }
+ { Aït Ạbd en Nour. }
+ {
+ { { Aït Ạli ou Seliman.
+ { {
+ { { Aït Ḥammou ou Sạïd.
+ { {
+ { { Aït Isḥaq.
+ { {
+ { { Iḥebaren.
+ { Aït Sạïd {
+ { { Aït Ḥammou ou Mançour.
+ {
+ { Aït Daoud ou Bou Ḥïa.
+ {
+ { Aït Daoud ou Iousef.
+ {
+ { Aït Ougrar.
+
+Les Aït Seri sont de langue comme de race tamaziṛt. Partie nomades,
+partie sédentaires, ils ont des tentes et des villages ; ces derniers
+dominent. Leur territoire nourrit peu de chevaux ; pouvant armer un
+très grand nombre de fantassins, ils n’ont presque pas de cavaliers.
+
+Deux fractions des Aït Seri, les Aït Ouirra et les Aït Mḥammed,
+sont célèbres pour leur hostilité aux Juifs : leur territoire est
+absolument interdit à cette race. Un Israélite veut-il le traverser
+quand même, il lui faut se travestir et prendre garde de ne point
+se trahir : s’il était reconnu, il n’échapperait pas à la
+mort. Tout Juif trouvé est tué, et l’horreur qu’il inspire va
+si loin qu’on ne dépouille pas son cadavre et que ses marchandises
+sont jetées au vent.
+
+_ICHQERN_. — Les Ichqern sont une tribu de race et de langue
+tamaziṛt bornée au nord par les Zaïan, à l’ouest par le
+Tâdla (Beni Zemmour et Qeṭạïa), au sud par les Aït Seri
+(Aït Ouirra). Il y a 4 heures de chemin entre Qaçba Tâdla et leur
+frontière. Ils peuvent mettre environ 8000 hommes à cheval. Ils sont
+indépendants, bien qu’un qaïd in partibus vive chez eux. Ils ont,
+en ce qui concerne les Juifs, le même usage que les Aït Ouirra et
+les Aït Mḥammed, usage qui n’existe nulle part ailleurs au Maroc.
+
+Sur la frontière nord des Ichqern, se trouve le point assez connu de
+Khanifra. Khanifra est une qaçba un peu plus grande que Fichtâla,
+située à 9 heures de marche à l’est-nord-est de Bou el Djạd ;
+sur la limite même des Ichqern et des Zaïan, elle fut longtemps
+un sujet de disputes pour ces deux tribus. Fondée par les premiers,
+elle appartient aujourd’hui aux seconds. Là habite ce malheureux
+qaïd des Zaïan dont nous avons parlé plus haut.
+
+_CHAOUIA_. — Les Chaouïa sont nomades et parlent l’arabe :
+ils forment une nombreuse tribu soumise au sultan. Voici leur
+décomposition :
+
+ { Oulad Zireg.
+ {
+ { { Oulad Chaïb.
+ { Oulad Mḥammed {
+ { (3 qaïds). {
+ { { El Khloṭ.
+ { {
+ { { Oulad Ạmama. }
+ { } 1
+ { { Oulad Bou Bekr. }
+ { {
+ { { Oulad El Ạsri.
+ { Khesasra {
+ { (1 qaïd). {
+ { { Brasiin.
+ { {
+ { { Oulad Mnisf.
+ {
+ { El Aoulad (1 qaïd).
+ {
+ { Oulad Bou Ạrif.}
+ { } (1 qaïd)
+ { Beni Imman. }
+ {
+ { { Ḥamdaoua.
+ { {
+ { { Beni Sqeten.
+ { {
+ { { El Elf.
+ { {
+ { { Beni Brahim.
+ Chaouïa { Mzab (1 qaïd) {
+ { { Mnia.
+ { {
+ { { Djemouạ.
+ { {
+ { { Oulad Fers.
+ { {
+ { { Oulad Senjej.
+ {
+ { Oulad Sidi Ben Daoud (1 qaïd).
+ {
+ { Oulad Bou Ziri (1 qaïd).
+ {
+ { Oulad Sạïd (1 qaïd).
+ {
+ { Msamsa (1 qaïd).
+ {
+ { Oulad Ḥaris. }
+ { } 1 (Réunies, ces deux fractions
+ { } forment un groupe plus nombreux
+ { } encore que les Mzab. — 1 qaïd.)
+ { Medaṛra. }
+ {
+ { Oulad Zian (1 qaïd).
+ {
+ { Mediouna (1 qaïd).
+ {
+ { Siaïda (2 qaïds).
+ {
+ { Zenata (1 qaïd).
+
+La fraction des Mzab contient un grand nombre de zaouïas ; telles
+sont : Oulad Sidi Ạïssa, Qeradma, Oulad Sidi el Ḥadj, Oulad Sidi
+Bel Qasem, El Kaouka.
+
+_ZAIR_. — Les Zạïr forment une puissante tribu indépendante, de
+race et de langue tamaziṛt. Leur territoire se trouve à l’ouest
+de celui des Zaïan et au nord-ouest du Tâdla. Quoique ce pays soit
+montagneux, ils possèdent un grand nombre de chevaux.
+
+_AIT MESSAT_. — C’est une puissante tribu chleuḥa[100],
+indépendante, qui a pour limites, au sud la crête supérieure du
+Grand Atlas, au nord l’Ouad el Ạbid, à l’est les Aït Seri et
+les Berâber, à l’ouest les ouads b Ougemmez et Teççaout. Les
+Aït Messaṭ habitent, les uns dans des qçars, les autres sous
+la tente : ceux-ci sont les plus nombreux. La tribu peut, en tout,
+armer 4000 fantassins et 300 à 500 cavaliers. Elle se décompose en
+cinq fractions.
+
+ Aït Isḥaq.
+
+ Aït Moḥammed.
+
+ Aït Ougoudid. }
+ }
+ Aït Ạbd Allah. } Atferkal.
+ }
+ Ibaraṛen }
+
+Les Aït Isḥaq forment environ 2000 fusils. Ils s’étendent entre
+la zaouïa d’Aḥansal et l’Ouad el Ạbid : tout le cours de
+l’Ouad Aït Messaṭ leur appartient : à eux encore les deux groupes
+de qçars d’Aït Maziṛ et d’Aït Issoumour. Aït Maziṛ est
+une collection de qçars répartis dans la montagne entre l’Ouad
+el Ạbid et l’Ouad Aït Messaṭ, au delà de la rive gauche
+de ce dernier. Aït Issoumour est une réunion de 3 qçars situés
+près de l’Ouad el Ạbid au-dessus d’Aït Maziṛ : on compte
+17 kilomètres d’Aït Issoumour à Ouaouizert. Les Aït Isḥaq
+sont la seule des cinq fractions des Aït Messaṭ qui possède des
+qçars. Les quatre autres n’ont que des tentes et des tiṛremts.
+
+Les Aït Moḥammed sont limitrophes des Aït Isḥaq : ils
+s’étendent entre eux, les Aït b Ougemmez, l’Ouad el Ạbid et la
+crête du Grand Atlas : à l’est des Aït b Ougemmez, ils occupent
+le vaste plateau d’Iferṛes. Pas de rivière sur leur territoire ;
+mais les sources sont nombreuses. Pays montagneux et boisé. Point
+de qçars : les Aït Moḥammed emmagasinent leurs biens dans des
+tiṛremts pendant qu’ils vivent sous la tente. Ils sont environ
+500 fusils.
+
+Les Aït Ougoudid habitent à l’ouest des Aït Moḥammed, entre
+eux et les Aït Ạbd Allah. Ils n’ont que des tentes et des
+tiṛremts. Il en sera de même des fractions suivantes : leur pays,
+comme celui des Aït Ạbd Allah et celui des Ibaraṛen, est en tout
+semblable à celui des Aït Moḥammed. Les Aït Ougoudid comptent
+500 fusils.
+
+Les Aït Ạbd Allah habitent à l’ouest des Aït Ougoudid, entre
+eux et les Ibaraṛen. Ils sont en face des Aït Ạtab. Ils peuvent
+lever 500 fusils.
+
+Les Ibaraṛen se trouvent à l’ouest des Aït Ạbd Allah, auprès
+des Entifa : ils forment environ 500 fusils.
+
+Ces trois dernières fractions portent le nom collectif d’Atferkal.
+
+Ainsi qu’on le voit, une seule rivière arrose le territoire des
+Aït Messaṭ, celle qui porte le nom de la tribu.
+
+Il existe chez les Aït Messaṭ une zaouïa dont le chef est
+tout-puissant sur eux : la zaouïa d’Aḥansal. Le pouvoir de son
+chikh est absolu sur les Aït Messaṭ, et son influence s’étend
+beaucoup plus loin. Jusqu’à Merrâkech d’une part, jusqu’au
+Dâdes et au Todṛa de l’autre, il est connu et vénéré. Un
+esclave de Sidi Ḥamed ou Ḥamed Aḥansal, chef actuel de la
+zaouïa, suffit pour conduire en sûreté une caravane du Todṛa à
+Merrâkech. A lui a recours quiconque veut voyager dans ces régions.
+
+Les Aït Messaṭ ne parlent que le tamaziṛt : très peu parmi eux
+savent l’arabe.
+
+Deux marchés sur leur territoire : Khemîs Aït Khelift (Aït Ạbd
+Allah), Arbạa Tabaroucht (Aït Isḥaq). Point de Juifs.
+
+_AIT B OUOULLI_. — C’est une nombreuse tribu chleuḥa,
+indépendante, cantonnée sur le haut cours de la Teççaout Fouqia
+et sur tout celui de l’Ouad el Ạrous. Elle n’habite que des
+qçars. Les Aït b Ououlli parlent le tamaziṛt.
+
+Point de marché sur leur territoire.
+
+Un mellaḥ.
+
+_AIT ABBES_. — Petite tribu chleuḥa cantonnée sur les rives
+de l’Ouad Teççaout au-dessous des Aït b Ououlli. Nominalement,
+elle dépend du qaïd des Entifa : de fait, elle est peu soumise. Les
+Aït Abbes n’habitent que des qçars. Ils parlent le tamaziṛt.
+
+Point de marché.
+
+Un mellaḥ.
+
+Distance : des Aït Abbes aux Aït Bou Ḥarazen comme d’Imiṭeṛ
+à Taourirt (Todṛa).
+
+_AIT BOU HARAZEN_. — Petite tribu chleuḥa située à quelque
+distance à l’est de Djemaạa Entifa. Elle fait partie du blad
+el makhzen et obéit au qaïd des Entifa. Point de rivière sur son
+territoire : celui-ci n’est arrosé que par des sources. Les Aït Bou
+Ḥarazen n’habitent que des qçars : leur langue est le tamaziṛt,
+mais beaucoup d’entre eux savent l’arabe.
+
+Un marché, l’Arbạa Bou Ḥarazen.
+
+Deux mellaḥs.
+
+Distance : d’Arbạa Bou Ḥarazen à Djemaạa Entifa comme de
+Timaṭṛeouin à Taourirt (Todṛa).
+
+_INKTO_. — Petite tribu chleuḥa au sud des Entifa. Elle appartient
+au blad el makhzen et obéit au qaïd de Demnât. Elle n’habite
+que des qçars. La langue en est le tamaziṛt. Le territoire, situé
+à l’est de l’Ouad Teççaout Fouqia, n’en est arrosé que par
+des sources : on n’y voit aucun cours d’eau.
+
+Un marché, l’Arbạa Ouaoula.
+
+Pas de Juifs.
+
+ Distances : d’Inkto à Demnât comme d’Aït Iidir (Dâdes) à Taourirt
+ (Todṛa).
+
+ » Djemaạa Entifa comme d’Aït Iidir » »
+
+_AIT AIAD_. — Tribu chleuḥa indépendante occupant les premières
+pentes du Moyen Atlas au nord-est des Aït Ạtab. La fraction
+des Aït Ạtab qui la limite de ce dernier côté s’appelle les
+Ikadousen. Les Aït Ạïad peuvent mettre en ligne environ 1000
+hommes, dont 100 cavaliers. Ils sont habituellement alliés aux
+Aït Ạtab.
+
+Un marché, le Tlâta Aït Ạïad.
+
+Un mellaḥ.
+
+
+ =Itinéraires.=
+
+
+_DE FAS A BOU EL DJAD_. — Fâs, Sfrou, Aït Ioussi, Beni Mgild,
+Ạïn el Louḥ, Akebab, Ichqern, Bou el Djạd.
+
+_DE FAS A BOU EL DJAD_. — Fâs, Sfrou, Aït Ioussi, Beni Mgild,
+Zaïan, Bou el Djạd.
+
+_DU TADLA A QÇABI ECH CHEURFA_. — Du Tâdla, un chemin remonte le
+cours de l’Ouad Oumm er Rebiạ jusqu’à sa source : de là on peut
+gagner Qçâbi ech Cheurfa. Cette route n’est point fréquentée :
+les animaux féroces, lions et panthères, qui peuplent les grandes
+forêts traversées par le haut cours de l’Oumm er Rebiạ, en sont
+cause en partie.
+
+_DE BOU EL DJAD A MOULEI BOU IAZZA_. — De Bou el Djạd à Moulei
+Bou Iạzza, on compte 10 heures de marche : chemin faisant : on
+rencontre deux lieux habités, Sidi Bou Ạbbed, situé à 4 heures de
+Bou el Djạd, et Sidi Oumbarek, qui se trouve à 7 heures de cette
+même ville. Entre Sidi Bou Ạbbed et Sidi Oumbarek, on traverse
+l’Ouad Grou, entre S. Oumbarek et Moulei Bou Iạzza, on franchit
+la frontière du Tâdla, et on passe des Beni Zemmour chez les Zaïan.
+
+Sidi Bou Ạbbed est un village de 200 maisons : au milieu
+s’élèvent la qoubba de Sidi Bou Ạbbed et une zaouïa où vivent
+ses descendants.
+
+Sidi Moḥammed Oumbarek était un cherif vénéré ; mort depuis
+très longtemps, il a laissé une postérité nombreuse qui habite
+autour de sa qoubba, dans un village de 400 maisons : ce village a
+pris son nom ; il est situé au milieu de grandes forêts.
+
+Moulei Bou Iạzza est une bourgade de 1200 à 1400 habitants. Elle
+porte le nom d’un cherif célèbre, mort là depuis des siècles. Il
+n’a laissé ni postérité ni disciples, le souvenir de ses vertus et
+son tombeau sont tout ce qui reste de lui ; son mausolée, reconstruit
+jadis par Moulei Ismạïl, est fort beau : il est du même modèle
+que ceux de Bou el Djạd. Cette qoubba est l’objet d’une grande
+vénération.
+
+_DE DEMNAT A BEZZOU_. — Une journée de marche. Chemin faisant, on
+traverse l’Ouad Teççaout Fouqia. Bezzou est une bourgade de 1500
+habitants avec un mellaḥ. Elle ressemble de tous points à Djemaạa
+Entifa. Elle est située en plaine entre l’Ouad Teççaout et
+l’Ouad el Ạbid. Elle est sous la juridiction du qaïd des Entifa.
+
+_DE DEMNAT A EL QLAA_. — Un jour et demi de marche, soit : de
+Demnât à Zaouïa Sidi Reḥal, une journée ; de Zaouïa Sidi
+Reḥal à El Qlạa, une demi-journée. Entre ces deux derniers
+points on chemine constamment en plaine et on ne traverse aucun cours
+d’eau. El Qlạa est sur le territoire des Sraṛna. C’est une
+ville de 3000 habitants, de l’importance de Demnât. Elle possède
+un grand mellaḥ. Située à l’ouest de la Teççaout Taḥtia,
+à l’est de l’Ouad Rḍât, elle n’a d’autre eau que celle
+qui lui est amenée de la Teççaout par des _feggara_[101].
+
+_DE DEMNAT AU TIZI N GLAOUI_. — Il y a deux chemins : l’un,
+plus long mais beaucoup meilleur, passant par Zaouïa Sidi Reḥal,
+Tagmout, etc. ; l’autre, plus court mais très difficile, entrant
+à Demnât dans la montagne et allant tout droit vers le col : le
+dernier est très peu fréquenté.
+
+_DE ZARAKTEN AU TELOUET_. — Il y a deux chemins : l’un est celui
+que nous avons pris ; voici l’autre : Zarakten, Ạqoub es Soulṭân
+(en tamaziṛt, Asaou n Ougellid), point de croisée du sentier venant
+de Tagmout, Tikhfar (l’Ouad Rḍât étant à main droite), Talatin
+n Ouadil, Timi Ourṛt, Amsensa, traversée de l’Ouad Amsensa,
+affluent de l’Ouad n Iri, Tanzmout (sur l’Ouad Amsensa), Ideṛ
+(sur l’Ouad n Iri). A partir de là, on reprend le chemin connu.
+
+_D’OUAOUIZERT A L’OUSSIKIS_. — D’Ouaouizert à l’Ouad el
+Ạbid, 1 heure. Jusque-là on est sur le territoire des Aït Atta
+d Amalou.
+
+De l’Ouad el Ạbid à Talmest, un jour. Talmest est sur les terres
+des Berâber. Entre l’Ouad el Ạbid et les Berâber se trouve le
+territoire des Aït Messaṭ. C’est là qu’on a marché durant
+la plus grande partie de la journée : le chemin y traverse le groupe
+de qçars d’Aït Issoumour.
+
+De Talmest à Tarḥamt, un jour. Tarḥamt est un endroit désert
+où les caravanes ont l’habitude de faire halte pour passer la nuit.
+
+De Tarḥamt à l’Oussikis, un jour. De Talmest à l’Oussikis
+on n’a cessé de marcher sur le territoire des Berâber. L’Ouad
+Dâdes, auquel on arrive dans l’Oussikis, est la première rivière
+qu’on rencontre depuis l’Ouad el Ạbid : entre ces deux cours
+d’eau ce ne sont que montagnes : point de neige sur le chemin en
+été ; à dater du mois de novembre, il y en a fréquemment.
+
+_DU TODRA AUX AIT ATAB ET A DEMNAT_. — Du Todṛa à l’Oussikis,
+une journée de marche. On passe au départ sur la rive droite de
+l’Ouad Todṛa ; puis on entre dans la montagne, où l’on reste
+jusqu’à l’Oussikis sans rencontrer de toute la route ni qçar
+ni cours d’eau. Dans ce long désert on ne trouve que des tentes
+des Aït b ou Iknifen ; encore n’y sont-elles qu’en été :
+en hiver elles se transportent sur le Saṛro.
+
+De l’Oussikis trois chemins conduisent à la plaine d’Izouṛar,
+plateau désert :
+
+ Ṭriq Aqqa (à l’est).
+
+ Ṭriq Izilal (au centre).
+
+ Ṭriq Tafrout (à l’ouest).
+
+Dans la plaine d’Izouṛar campent en été des Aït ou Allal et des
+Aït Bou Daoud. De cette plaine on passe à la vallée de l’Ouad b
+Ougemmez : un seul chemin y conduit : on franchit au Tizi Izouṛar
+une crête qui marque l’extrémité du plateau, et de là on descend
+directement dans la vallée de l’Ouad b Ougemmez : on l’atteint à
+Zaouïa Aït Ouaham. De l’Oussikis à Aït Ouaham, un piéton isolé
+met une forte demi-journée. Pour les caravanes il faut une journée.
+
+D’Aït Ouaham partent deux routes, l’une vers les Aït Ạtab,
+l’autre vers Demnât.
+
+La première monte sur le flanc droit de l’Ouad b Ougemmez,
+en face même de la zaouïa, puis franchit un col, le Tizi n
+Tiṛrist. C’est un passage difficile. De là on entre dans la
+vaste plaine d’Iferṛes. Elle est occupée par les tentes des
+Aït Moḥammed (fraction des Aït Messaṭ). On descend ensuite dans
+la vallée de l’Ouad el Ạbid. Un piéton isolé ne met qu’une
+journée pour aller d’Aït Ouaham à Ḥad Aït Ạtab.
+
+Si l’on prend la seconde voie, celle de Demnât, on descend l’Ouad
+b Ougemmez jusqu’à Agerd n Ouzrou, puis l’Ouad el Ạrous
+jusqu’à son confluent avec la Teççaout Fouqia. On remonte ensuite
+la Teççaout pendant 4 heures environ ; puis on passe sur sa rive
+gauche, on franchit le Djebel Tamatout (montée très difficile), et
+de là on se rend à Demnât. Il y a deux petites journées d’Aït
+Ouaham à Demnât. On passe la nuit dans le haut de la tribu des Aït
+b Ououlli, sur les rives de la Teççaout.
+
+_DE L’OUSSIKIS A OUAOUIZERT_. — On gagne le plateau d’Izouṛar
+par le chemin le plus oriental, Ṭriq Aqqa. On traverse le plateau,
+puis on franchit successivement le Tizi n Teṛrisin et le Tizi n
+Terboula. De là on débouche, à Zaouïa Aḥansal, dans la vallée
+de l’Ouad Aït Messaṭ. On descend cette rivière jusqu’à son
+confluent avec l’Ouad el Ạbid, et on gagne Ouaouizert. On compte
+un jour de l’Oussikis à Zaouïa Aḥansal, et deux jours de la
+zaouïa à Ouaouizert. Ce chemin a pour les caravanes l’avantage
+de passer par Zaouïa Aḥansal, résidence d’un puissant chef
+religieux de qui elles prennent l’ạnaïa. Ce marabout est la
+ressource habituelle de ceux qui voyagent chez les Aït Messaṭ.
+
+
+[Note 100 : Lorsque nous nous rapprocherons du sud, nous emploierons
+souvent le mot de Chleuh pour désigner la race à laquelle
+appartiennent les populations, afin de marquer qu’elles sont
+composées d’Imaziren blancs « Chellaha », et non d’Imaziren
+noirs « Haratîn ».]
+
+[Note 101 : On donne le nom de _feggara_ à des canaux souterrains
+offrant des jours de distance en distance : ces jours sont
+d’ordinaire très rapprochés : il est rare qu’ils aient 10
+mètres d’espace de l’un à l’autre.]
+
+
+
+
+ II.
+
+ BASSIN DE L’OUAD DRA.
+
+
+Le cours du Dra se divise en trois portions : cours supérieur,
+depuis les sources des ouads Idermi et Dâdes jusqu’au point où
+ces cours d’eau se réunissent ; cours moyen, depuis ce confluent
+jusqu’à Mḥamid el Ṛozlân ; cours inférieur de Mḥamid el
+Ṛozlân à l’Océan.
+
+Dans le cours supérieur, point de rivière portant le nom de Dra :
+deux torrents, dont la réunion formera le fleuve, roulent au pied
+de l’Atlas leurs eaux froides et impétueuses ; les rives en sont
+presque constamment bordées de villages et de cultures : région
+montagneuse ; végétation des pays froids : les crêtes du Grand Atlas
+se dessinent tout près des vallées en longue masse blanche ; dans
+les fonds, point de palmiers : des oliviers, des figuiers, des noyers.
+
+Dans son cours moyen, l’Ouad Dra, formé de la réunion des deux
+rivières précédentes, prend une nouvelle direction : il coule
+perpendiculairement à l’Atlas et s’enfonce dans le sud : c’est
+un large fleuve, au cours majestueux, faisant miroiter ses belles
+ondes, claires et paisibles, à l’ombre de palmiers innombrables :
+il coule sans interruption entre les dattiers et les villages, oasis
+longue de 40 lieues, pays le plus beau et le plus riche du Maroc. Il
+a presque toujours une eau abondante ; que, par extraordinaire, elle
+manque dans son lit, les nombreux canaux qui le bordent en restent
+pleins. La vallée est bordée de montagnes qui vont s’abaissant
+et s’écartant à mesure qu’elles s’avancent vers le sud.
+
+Dans le cours inférieur, plus un dattier, plus une maison :
+au sortir d’El Mḥamid, l’Ouad Dra entre dans le désert ;
+il y reste jusqu’à la mer. Il coule en plaine ; plus d’eau ;
+son lit à sec s’élargit démesurément ; ses bords sont aussi
+désolés qu’ils étaient riants tout à l’heure. Sa direction a
+changé : il a fait un coude brusque à angle droit, et il se dirige
+vers l’Océan parallèlement aux crêtes de l’Atlas.
+
+Nous allons nous occuper successivement de chacune de ces trois
+portions du cours de l’Ouad Dra.
+
+
+ 1o. — BASSIN SUPÉRIEUR DU DRA.
+
+
+Le bassin supérieur du Dra se compose de ceux des deux rivières
+dont la jonction forme ce fleuve : l’Ouad Dâdes et l’Ouad Idermi.
+
+Nous allons étudier séparément chacun de ces deux cours d’eau.
+
+
+ =Ouad Dâdes.=
+
+
+L’Ouad Dâdes prend sa source dans le Grand Atlas : il traverse, en
+descendant, les districts ci-dessous qui se succèdent immédiatement
+les uns aux autres : Imdras, Aït Atta, Aït Seddrât, Dâdes, Aït
+Iaḥia, Isḥiḥen, Imeṛrân, Aït Bou Delal. Au-dessous d’Aït
+Bou Delal, il s’unit à l’Ouad Idermi au kheneg de Tarea. La
+jonction des deux rivières forme l’Ouad Dra. L’Ouad Dâdes,
+par l’importance de son volume d’eau, est la principale source
+du fleuve.
+
+Le district d’_Imdras_ est formé de quelques qçars tous situés
+sur l’Ouad Dâdes : l’Imdras est habité par une fraction des
+Aït Melṛad (Berâber). Il ne se compose que d’une djemaạa,
+c’est-à-dire qu’il ne forme politiquement qu’un seul groupe.
+
+Le district d’_Aït Atta_ est aussi composé de qçars s’élevant
+tous sur les rives mêmes de l’Ouad Dâdes : il est habité par des
+Aït Atta (Berâber) ; il se divise en deux groupes ou djemaạas,
+le Semṛir et l’Oussikis, le premier en amont, le second en aval.
+
+Le district d’_Ait Seddrât_ se compose également de qçars
+situés sur les rives mêmes de l’Ouad Dâdes ; les habitants en
+sont des Aït Seddrât ; ils ont leur chikh el ạam particulier ;
+ce district ne forme qu’une djemaạa. Le principal de ses qçars
+est celui d’Aït Saoun : on appelle quelquefois de son nom tout
+le district, pour le distinguer du grand nombre d’autres régions
+peuplées d’Aït Seddrât.
+
+Le district du _Dâdes_ ne se compose, comme les précédents, que
+de qçars situés au bord même de l’Ouad Dâdes. Le Dâdes est
+habité partie de Draoua (Ḥaraṭîn), partie de Berâber, partie
+d’Aït Seddrât. Ces derniers sont les plus nombreux : Draoua,
+Berâber et Aït Seddrât sont mélangés et dans les djemaạas et
+dans les qçars ; tout le pouvoir est entre les mains des Aït Seddrât
+et des Berâber. Le Dâdes est divisé en six groupes ou djemaạas ;
+chacun d’eux a son chikh el ạam particulier : il n’y a de chikh
+supérieur, réunissant plusieurs djemaạas sous son autorité, que
+dans des cas exceptionnels, lorsque des djemaạas s’unissent pour
+une guerre. Voici les noms de ces six subdivisions du Dâdes, dans
+l’ordre où on les trouve en descendant le cours de l’ouad : Aït
+Temouted, Aït Ouniṛ, Aït Ḥammou, Aït ou Allal, Iourtegin, Arbạ
+Mia. Les chikh el ạam qui administrent chacune de ces djemaạas
+n’ont pour fonction que d’en gérer les affaires générales :
+ils ne se mêlent point du gouvernement particulier des qçars :
+chacun de ceux-ci s’administre comme il l’entend, réglant ses
+affaires à sa guise et se battant avec les localités voisines à
+tout instant. Les guerres, journalières entre qçars, sont rares
+entre djemaạas, et ne deviennent presque jamais générales. Cette
+façon de se gouverner, ces querelles intestines sont des coutumes
+invariables des Aït Seddrât : elles existent et dans toute leur
+tribu et dans les régions où, comme ici, ils dominent.
+
+Le district d’_Ait Iahia_ appartient aux Aït Seddrât : dans chaque
+qçar se trouvent, mélangés avec eux, un petit nombre de Draoua
+(Ḥaraṭîn) ; mais ils n’ont aucune part aux affaires. L’Aït
+Iaḥia ne forme qu’une djemaạa : il a son chikh el ạam
+particulier. Comme les districts précédents, celui-ci se compose
+de qçars situés sur les bords de l’Ouad Dâdes. L’Aït Iaḥia
+peut mettre sur pied environ 1500 fusils.
+
+Le district d’_Ishihen_. Les Isḥiḥen sont encore des Aït
+Seddrât. Comme les Aït Iaḥia, comme leurs frères du Dâdes et
+d’Aït Saoun, ils ne sont pas une fraction homogène de la tribu des
+Aït Seddrât, mais un mélange d’Aït Zouli et d’Aït Meḥelli,
+de tous les groupes. L’Isḥiḥen a un chikh el ạam particulier :
+il ne forme qu’une seule djemaạa. Même remarque que pour le Dâdes
+et les autres pays d’Aït Seddrât : ce chikh el ạam, apparence
+de gouvernement régulier, n’empêche pas les guerres continuelles
+de qçar à qçar. Les Isḥiḥen forment environ 200 fusils.
+
+Le district d’_Imerrân_ appartient à la grande tribu, moitié
+sédentaire, moitié nomade, qui porte ce nom. Elle possède ce
+district sur l’Ouad Dâdes, occupe une vaste région au nord de
+cette rivière et étend ses tentes sur la partie occidentale du
+Djebel Saṛro. La portion de l’Ouad Dâdes possédée par les
+Imeṛrân se divise en quatre djemaạas : ce sont, en descendant la
+rivière, celles de Taṛzout Imeṛrân, d’Imasin, de Tamesraout,
+et d’Assaka. Elles ont chacune leur chikh el ạam et se gouvernent
+séparément. Les qçars sont tous sur les rives mêmes de l’ouad.
+
+Le district d’_Aït Bou Delal_ se compose d’une douzaine de qçars
+situés sur les bords de l’Ouad Dâdes : le principal d’entre
+eux est Zaouïa Sidi Felaḥ ; on se sert quelquefois de son nom pour
+désigner tout le groupe dont il fait partie.
+
+Les districts que nous venons d’énumérer sont, ainsi que le bassin
+entier de l’Ouad Dâdes, indépendants du sultan.
+
+ =I. — District du Dâdes.=
+
+Voici les principaux qçars dont il se compose : tous sont sur les
+bords mêmes de l’Ouad Dâdes.
+
+ RIVE DROITE :
+
+ Aït Mesạoud } 30 fusils.
+ }
+ Iṛerm Melloul } 40
+ }
+ Qçar Zida } Aït Temouted. 60
+ }
+ Iṛerm n Imzil } 200
+ }
+ Tiṛremt Aït Ạli ou Iaḥia } 10
+
+ Tarmoucht Aït Ouniṛ. 30
+
+ Aït Bou Iousef (3 qçars) } 60
+ }
+ El Ḥara } 100
+ } Aït Ḥammou.
+ Tilmiouin (2 qçars) } 40
+ }
+ Aït Mezber } 100
+
+ Aït Kasi ou Ạli (3 tiṛremts) } 150
+ }
+ Khemîs Sidi Bou Iaḥia (marché) }
+ } Aït ou Allal.
+ Qoubba Sidi Bou Iaḥia (qoubba }
+ isolée) }
+ }
+ Aït b Oulman } 60
+
+ Amdnar } 40
+ }
+ Ifri } Iourtegin. 50
+ }
+ Tiilit } 60
+
+ Aït Bou Ḥeddou }
+ }
+ Imzouṛ }
+ }
+ Iṛerm n Igran }
+ }
+ Taourirt Izknasen }
+ }
+ Taourirt Izknasen }
+ }
+ Cheurfa Aït Bou Ạmran }
+ }
+ Aït Haroun } Arbạ Mia.
+ }
+ Zaouïa Aït Bou Bekr }
+ }
+ Azdag }
+ }
+ Cheurfa Aït Bou Ạmran }
+ }
+ Zaouïa el Oustia Aït Bou Ạmran }
+ }
+ Cheurfa Aït Taltmanart }
+ }
+ Cheurfa Aït Bou Ạmran }
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Aït Selîman } 50 fusils
+ }
+ Akboub } Aït Temouted. 30
+ }
+ Aït Iidir } 20
+
+ Aït Slillo } 100
+ }
+ Tiṛremt Aït Merset } Aït Ouniṛ. 10
+ }
+ Aït b Oumal } 150
+
+ Tiṛremt Ḥamed } 20
+ }
+ Aït Ḥamed } 20
+ }
+ Aït Ioud } Aït Ḥammou. 20
+ }
+ Tiṛremt Aït Mezber } 20
+ }
+ Aït Bou Bekr } 20
+
+ Aït Bou Allal } 60
+ } Aït ou Allai.
+ Aït ou Ez Zin } 50
+
+ Tagenza (Zaouïa Aït Sidi El Boṛdad) } 30
+ }
+ Iattasen } 50
+ }
+ Aserṛin } Iourtegin. 20
+ }
+ Tiṛremt Kasi } 20
+ }
+ Aït El Ḥaseïn } 50
+
+ Imzouṛ } 100
+ }
+ Zaouïa Fouqania Sidi Dris }
+ }
+ El Mạïach }
+ }
+ Zaouïa Sidi Dris }
+ }
+ Aït Aqqo ou Ạli }
+ }
+ Aït Haroun }
+ } Arbạ Mia.
+ Aït Bou Bekr }
+ }
+ Azdag }
+ }
+ Zaouïa Aït Sidi Mouloud Fouqania }
+ }
+ Zaouïa Aït Sidi Mouloud Taḥtania }
+ }
+ Aït Ioul }
+ }
+ Aït Bou Bekr }
+
+Les marchés du Dâdes sont : le Khemîs Sidi Bou Iaḥia, l’Arbạa
+Imzouṛ, l’Arbạa Aït b Oumal.
+
+Il y a au Dâdes deux mellaḥs.
+
+ =II. — District d’Aït Iahia.=
+
+Il se compose des qçars suivants, tous situés dans la vallée de
+l’Ouad Dâdes, les uns sur ses rives mêmes, les autres sur celles
+de l’Ouad Imgoun, auprès de son confluent. C’est à Tagnit Ba
+Ḥammou d Aït Ṭaleb que cette rivière se jette dans l’Ouad
+Dâdes. Les qçars de la rive droite situés au-dessous de Tagnit sont
+donc sur l’Ouad Dâdes même ; ceux qui sont au-dessus se trouvent
+sur l’Ouad Imgoun. Mais ces localités sont si rapprochées les unes
+des autres, si groupées que, bien que sur deux rivières différentes,
+elles sont toutes dans la vallée de l’Ouad Dâdes.
+
+Voici les qçars dont l’ensemble forme le district d’Aït Iaḥia,
+dans l’ordre où on les trouve en descendant la vallée :
+
+ RIVE DROITE :
+
+ Tiṛremt Ifertioun.
+
+ Aït Er Râmi.
+
+ Ibaraḥen.
+
+ Aït Abbou.
+
+ Ilouaḥen.
+
+ Ikazzour.
+
+ Tagnit Aït Moḥo.
+
+ Tagnit Ba Ḥammou d Aït Ṭaleb.
+
+ Tiṛremt Aït El Ḥasen.
+
+ Tiṛremt Ouazen.
+
+ Aït Er Ridi.
+
+ El Ḥara.
+
+ Taourirt.
+
+ Aït Tazarin.
+
+ Tirigiout.
+
+ Ikeddaren.
+
+ Aït Igmad.
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Zaouïa Ouad Zfal.
+
+ Aïlkemt.
+
+ Aït ou Addar.
+
+ Timichcha (8 qçars).
+
+Pas de marché dans le district d’Aït Iaḥia.
+
+Dans l’Aït Iaḥia, comme dans le Dâdes, les deux rives de l’ouad
+sont bordées d’un ruban non interrompu de cultures : mais elles
+sont un instant désertes entre les deux districts ; à cet endroit,
+la rivière traverse une petite gorge inculte et inhabitée de 1200
+à 1400 mètres de long : c’est la frontière.
+
+ =III. — District d’Ishihen.=
+
+Tous les qçars qui composent l’Isḥiḥen sont sur les bords de
+l’Ouad Dâdes. Celui-ci a, sur toute la longueur du district, ses
+deux rives garnies d’une bande continue de cultures. Avant d’y
+entrer, il a été quelque temps désert : entre l’Aït Iaḥia et
+l’Isḥiḥen, il a traversé une gorge inculte et inhabitée qui
+forme frontière entre eux ; la longueur de ce désert est égale
+à la distance de Taourirt à Asfalou (Todṛa). Voici les qçars
+dont se compose l’Isḥiḥen, dans l’ordre où on les trouve en
+descendant la rivière :
+
+ RIVE DROITE :
+
+ Tiṛremt Aït Sidi Ạli }
+ }
+ » Aït ou Ben Ạli }
+ }
+ » Isso ou Mḥammed }
+ }
+ » Ben Zizi }
+ } portant le nom collectif de Tiṛrematin
+ } Aït n Aglou.
+ » Ibaraḥen }
+ }
+ » Ibaraḥen Taḥtia }
+ }
+ » Isso ou Ḥamed }
+ }
+ » Ḥammou d Aït Ioub. }
+
+ Taria[102] Aït Ạmer.
+
+ Taria Aït Ạli ou Moḥa.
+
+ Taria Ben Sekri.
+
+ Tiṛremt Taria ạla sagia Imeṛrân.
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Aït Bakhous.
+
+ Tiṛremt Issoun Ben Touda.
+
+ Tiṛremt Ạli Ḥeddou.
+
+ Tiṛremt Ḥeddou Nzaha (Aït Isso).
+
+ Tiṛremt Aït el Mạllem.
+
+ Tiṛremt Aït Ḥeddou.
+
+ Aït Iqqo.
+
+ Tiṛremt Aït Ḥeddou ou Sạïd.
+
+ Tiṛremt Ousfia.
+
+ Distances : d’Aït Bakhous à Tiṛremt Ousfia, 2 fois comme de Taourirt
+ à Tinṛir (Todṛa).
+
+ Aït n Aglou est en face d’Aït Bakhous.
+
+ Tiṛremt Taria ạla sagia Imeṛrân est en face de Tiṛremt
+ Ousfia.
+
+Il n’y a dans l’Isḥiḥen ni zaouïa, ni marché, ni Juifs.
+
+ =IV. — District d’Imerran.=
+
+La portion de la grande tribu des Imeṛrân qui habite, sur l’Ouad
+Dâdes, ce district, auquel elle a donné son nom, comprend les qçars
+qu’on va lire, tous sur le cours même de la rivière. Les bords
+de celle-ci sont, dans tout le district, garnis d’une double bande
+de cultures qui ne s’interrompt qu’à un seul endroit et sur un
+très court espace, entre Tiṛremt Aït Brahim et Tiṛremt Aït
+Temoudout. Entre l’Isḥiḥen et l’Imeṛrân, la vallée est
+un instant déserte ; l’ouad y traverse une petite gorge inculte et
+inhabitée : on l’appelle Khela Igrikan ; elle forme la limite entre
+les deux districts. Ce désert a peu de longueur : autant qu’il y
+a de distance de Tamnougalt à Takatert.
+
+ RIVE DROITE :
+
+ Aït Ḥammou ou Fekou } 25 fusils.
+ }
+ Tiṛremt El Ḥasen d Aït Isso } 8
+ }
+ Tiṛremt Aït Assa } 12
+ }
+ Aït Ben Sạïd } 7
+ }
+ Talat n Tanout (Cherifs. 3 qçîbas) } 12
+ }
+ Iạraben } 8
+ } Taṛzout.
+ Ạli Aït El Ḥasen ou Sạïd } 2
+ }
+ Tiṛremt Ou Tmakecht } 3
+ }
+ Tiṛremt Sạïd d Aït Lalla } 8
+ }
+ Cheurfa Aït Moḥammed } 15
+ }
+ Iṛrem Aqdim } 20
+ }
+ Moulei Iousef d Aït Ba El Ḥasen } 20
+
+ Ifran Ạli ou Reḥo } 3
+ }
+ Tiṛremt Moulei Es Sṛîr } 30
+ }
+ Tiṛremt Aït Ạbd Allah } 15
+ } Imasin.
+ Aït Bou Mesḥaoul } 20
+ }
+ Cheurfa El Bour } 40
+ }
+ Mesgoug } 20
+
+ Tigemmi Tazouggaṛt Aït El Ḥaseïn } 15
+ }
+ Tiṛremt Aït ou Ạggoun } Tamesraout 10
+ }
+ Tiṛremt Aït Brahim } 20
+
+ Tiṛremt Aït Temoudout } 40
+ }
+ Tiṛremt Bou Ouchchan } 20
+ } Assaka.
+ Tiṛremt Aït Kelb ou Ouchchen } 20
+ }
+ Tiṛremt Azarif } 12
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Taleint Bou Ḥeddou } 70 fusils.
+ }
+ Tiṛremt Iderdar } 7
+ }
+ Tiṛremt Izeggaren } 2
+ }
+ Tiṛremt Ḥammou d Aït Ạli } 1
+ }
+ Tiṛremt Imi n Ichil } 7
+ }
+ Agerd Oumerri } 3
+ }
+ Agerd Aït Zaïneb } Taṛzout. 4
+ }
+ Amerdoul (10 tiṛremts) } 50
+ }
+ Aït Zaneṭ } 12
+ }
+ Tiṛremt Ạaraben } 8
+ }
+ Aït Gendou (4 tiṛremts) } 50
+ }
+ Bou Iqba (8 tiṛremts) } 45
+ }
+ Amerdoul Aït Imi (8 tiṛremts) } 50
+
+ Tiṛremt Aït Ḥaddou ou Ạmr } 10
+ }
+ Tiṛremt Aït Moḥammed } 20
+ }
+ Tiṛremt Idir Aït Temoudout } Assaka. 12
+ }
+ Tiṛremt Aït Iddi Ikniouin } 10
+ }
+ Tiṛremt Bou Tezouerin } 8
+
+ Distances : d’Aït Ḥammou ou Fekou à Ifran comme deux fois de Taourirt
+ à Tinṛir (Todṛa).
+
+ D’Ifran à Mesgoug comme de Tamnougalt à Asellim.
+
+ De Mesgoug à Tiṛremt Aït Brahim comme de Taourirt à
+ Tinṛir.
+
+ De Tiṛremt Aït Brahim à Tiṛremt Aït Temoudout comme deux
+ fois de Taourirt à Tinṛir.
+
+ De Tiṛremt Aït Temoudout à Tiṛremt Azarif comme de
+ Tamnougalt à Asellim.
+
+Entre Tiṛremt Aït Brahim et Tiṛremt Aït Temoudout, l’Ouad
+Dâdes traverse une petite gorge déserte : c’est le seul point de
+l’Imeṛrân où les rives en soient inhabitées.
+
+Un marché, le Ḥad Imasin, au bord de la rivière, entre Mesgoug
+et Tiṛremt Aït Ạbd Allah.
+
+Point de Juifs.
+
+ =V. — Affluents de l’Ouad Dâdes.=
+
+L’Ouad Dâdes a peu d’affluents sur sa rive gauche : ceux qu’il
+y reçoit sont peu importants et ont des cours déserts. Sur sa rive
+droite, au contraire, il en reçoit un assez grand nombre, et parmi eux
+de considérables. Beaucoup traversent des lieux habités : la région
+comprise entre l’Ouad Dâdes et le Grand Atlas est très peuplée.
+
+Voici les quelques affluents dont nous avons pu savoir les noms :
+c’est une liste fort incomplète.
+
+RIVE GAUCHE :
+
+_Ouad Tagmout_. — (Ayant son confluent dans le Dâdes ; cours
+désert.)
+
+_Ouad Aqqa el Medfa_. — (Ayant son confluent dans l’Imeṛrân ;
+cours désert.)
+
+RIVE DROITE :
+
+_Achil Sidi Bou Iahia_. — (Ayant son confluent à Qoubba Sidi Bou
+Iaḥia, dans le Dâdes.)
+
+_Ouad Imgoun_. — (Ayant son confluent à Tagnit Ba Ḥammou d Aït
+Ṭaleb. Il arrose les territoires de plusieurs tribus ; il fera
+l’objet d’un article spécial.)
+
+_Ouad Iserki_. — (Ayant son confluent dans l’Aït Bou Delal). Il
+prend sa source dans le Grand Atlas et arrose successivement les
+qçars suivants appartenant à la tribu des Imeṛrân :
+
+ Dar Aït Iaḥia.
+
+ Oumm er Remman.
+
+ Dar Aït Moulei.
+
+ Tidrest.
+
+De plus, entre Dar Aït Moulei et Tidrest, se trouvent, à une heure
+de distance de l’ouad, sur le flanc gauche de sa vallée, les quatre
+qçars suivants :
+
+ Tiflit.
+
+ Timtedit.
+
+ Iṛerm n Tizi.
+
+ Iṛerm Amellal.
+
+Ils appartiennent aussi aux Imeṛrân.
+
+ Distances : de l’Ouad Iserki à Tikirt, une petite journée de marche.
+
+ De l’Ouad Iserki à Tizgi, une petite journée de marche.
+
+Cette énumération est très incomplète : il y manque, entre autres,
+les rivières arrosant d’autres portions des Imeṛrân et celles
+de la grande tribu des Haskoura.
+
+_OUAD IMGOUN._ — Il prend naissance au Djebel Tarkeddit, dans le
+Grand Atlas : en descendant, il arrose trois tribus dont il porte
+successivement les noms pendant qu’il est sur leurs territoires : on
+l’appelle d’abord Ouad Tourza Aït Sekri, puis Ouad Aït Ḥamed,
+enfin Ouad Imgoun. Le premier district qu’il traverse est celui
+de Tourza Aït Sekri ; il se compose d’une certaine quantité de
+qçars qui appartiennent tous aux Imeṛrân : ce sont, en descendant :
+
+ Aït ou Aḥman (groupe de 7 qçars). 150 fusils.
+
+ Aït Daoud (groupe de 7 qçars). 200
+
+ Aït Mousa ou Daoud (groupe de 8 qçars). 200
+
+ Aït Toumert (groupe de 8 qçars). 150
+
+De là il passe dans la tribu des Aït Ḥamed : il y arrose un assez
+grand nombre de localités ; elles forment toute la tribu : celle-ci
+compte environ 700 fusils. Elle est isolée et indépendante.
+
+Des Aït Ḥamed, il entre dans le territoire des Imgoun : il y arrose
+successivement les qçars suivants :
+
+ Agouti rive droite.
+
+ El Ḥout rive droite.
+
+ Bou Teṛrar rive droite.
+
+ Aït Qlạa rive gauche.
+
+ Tazrout.
+
+ Azrou.
+
+ Aït Ḥammou ou Iaḥia.
+
+ Cheurfa Iifar.
+
+ Iberroussen.
+
+ Tiṛremt Izouralen d Aït Ḥammou ou Iaḥia.
+
+ Tabarkhast.
+
+ Tazrout.
+
+ Ouarsdik.
+
+ Tabaouchit.
+
+ Aït Irmaḍ d Imgoun.
+
+ El Mirna.
+
+ Zaouïa Agerd.
+
+ Talmout.
+
+ Er Reken.
+
+ El Qlạa.
+
+ Ḥara Imroudas.
+
+ Aït Meṛrar.
+
+Ces qçars, avec trois autres situés sur l’Ouad Aït Meraou,
+et dont nous parlerons plus bas, composent toute la tribu
+d’Imgoun. Au-dessous d’Aït Meṛrar, l’Ouad Imgoun n’arrose
+que les quelques localités du district d’Aït Iaḥia énumérées
+plus haut, puis il se jette dans l’Ouad Dâdes.
+
+ Distances : de l’Aït Iaḥia à Aït Meṛrar comme de Tiilit à Khemîs Sidi
+ Bou Iaḥia.
+
+ D’Aït Meṛrar à Aït Qlạa comme de Tiilit à Aït Iidir.
+
+ D’Aït Meṛrar à Bou Teṛrar comme de Tiilit à Aït Iidir.
+
+ De Bou Teṛrar à Agouti comme de Tiilit à Aït Iidir.
+
+ De Bou Teṛrar aux premiers qçars de Tourza Aït Zekri
+ comme de l’Aït Iaḥia à Aït Iidir.
+
+Il n’y a point de désert entre l’Imgoun et l’Aït Iaḥia :
+les rives de l’Ouad Imgoun sont, entre ces territoires comme dans
+chacun d’eux, bordées d’une ligne continue de cultures.
+
+Il existe deux mellaḥs sur l’Ouad Imgoun, l’un et l’autre
+dans la tribu d’Imgoun.
+
+Un marché, le Tlâta Imgoun.
+
+=AFFLUENTS.= — L’Ouad Imgoun reçoit sur sa rive gauche l’Ouad
+Aït Meraou, qui s’y jette à Aït Qlạa.
+
+OUAD AIT MERAOU. — Il prend sa source dans le Grand Atlas, puis
+arrose le territoire des Aït Meraou : cette tribu se compose d’un
+certain nombre de qçars échelonnés sur les bords de l’ouad ;
+elle compte 700 ou 800 fusils. Au-dessous des Aït Meraou, la rivière
+entre dans la tribu des Imgoun, où elle passe par les trois qçars
+suivants, avant de se jeter dans l’Ouad Imgoun :
+
+ Igourramen.
+
+ Taria Aït Meraou (très grand qçar ; 200 fusils et 50 chevaux).
+
+ Timstiggit.
+
+ =VI. — Renseignements sur quelques tribus au nord de l’Ouad
+ Dâdes.=
+
+Les pentes du Grand Atlas, au nord de l’Ouad Dâdes, sont habitées
+par une population nombreuse. Elles appartiennent à plusieurs
+tribus dont les principales sont : à l’est, divers groupes des
+Aït Melṛad (subdivision des Aït Iafelman, qui sont eux-mêmes une
+fraction des Berâber) ; à l’ouest, les Imeṛrân et les Haskoura.
+
+_IMERRAN_. — C’est une grande tribu pouvant mettre sur pied 3000
+à 3500 fusils et 150 chevaux : elle est chleuḥa et ne parle que le
+tamaziṛt ; elle est indépendante. Les Imeṛrân ont des tentes et
+surtout des qçars. Les tentes sont dans le Saṛro et sur les pentes
+méridionales du Grand Atlas. Les qçars forment un grand nombre de
+districts dont voici les principaux :
+
+_Imerrân_ (sur l’Ouad Dâdes ; les qçars en ont été énumérés
+plus haut).
+
+_Tourza Aït Sekri_ (sur l’Ouad Imgoun ; les qçars en ont été
+énumérés plus haut).
+
+_Ahel Ouad Iserki_ (sur l’Ouad Iserki ; les qçars en ont été
+énumérés plus haut).
+
+_Igernan_ (situé à 2 jours de l’Imasin, à 2 j. du Telouet,
+à 3 j. de Demnât).
+
+_Ikandoul_ (ou _Kandoula_) (à 1 jour de l’Igernan, à 3 j. du
+Telouet, à 1 j. de l’Imasin : le chemin de l’Imasin traverse le
+Tizi n Taddart).
+
+_Aït Iahia ou Ali_ (à 2 jours de l’Imasin, à 1 j. de Demnât,
+tout près du Telouet).
+
+_Aït Hammou ou Ali_ (touche à l’Aït Iaḥia ou Ạli).
+
+_Zaouïa Aït Zerrouq_ (à 2 jours de l’Imasin, à 2 j. de Demnât,
+à 2 j. 1/2 du Telouet).
+
+_Ait Outfaou_ (à 1 jour 1/2 de l’Imasin, à 2 j. du Telouet,
+à 1/2 journée de Tourza Aït Sekri).
+
+_Tirrematin Igelmouz_ (4 qçars. — A 1 petite journée de l’Imasin,
+à 1/2 j. de Tourza Aït Sekri, à 1/2 j. de l’Aït Outfaou, à 2
+j. du Telouet).
+
+_Targanada_ (à 1/2 jour de l’Imasin, à 1 j. 1/2 du Telouet,
+à 1 j. de Tourza Aït Sekri, à 1 j. de l’Ouarzazât).
+
+_Igli Aït Zarar_ (à 1 jour de l’Imasin, à 1 j. de Tourza Aït
+Sekri, à 1 j. de l’Ouarzazât).
+
+_Timicha_ (à 1 jour de l’Imasin, à 1 j. de Tourza Aït Sekri,
+à 1 j. de l’Ouarzazât ; du district de Timicha à celui d’Igli
+Aït Zarar, même distance que d’Ourika à Ouriz ; une rivière passe
+entre eux : l’Igli est sur la rive droite, le Timicha sur la gauche).
+
+_Tindout_ (sur la même rivière que le Timicha, mais plus bas :
+du Tindout au Timicha comme de Tesaouant à Ourika).
+
+Les diverses fractions des Imeṛrân se gouvernent d’une manière
+identique : elles s’unissent par groupes plus ou moins nombreux,
+et chacun d’eux élit un chikh el ạam.
+
+Il existe chez les Imeṛrân quatre mellaḥs : dans le Targanada,
+l’Igli Aït Zarar, le Timicha et le Tindout.
+
+_HASKOURA_. — Les Haskoura sont une nombreuse tribu comprenant plus
+de 200 qçars.
+
+ =VII. — Itinéraires.=
+
+1o _DE L’IMASIN A TOURZA AIT SEKRI_. — Pour aller de l’Imasin
+aux qçars de Tourza Aït Sekri, sur le haut Ouad Imgoun, on quitte
+l’Ouad Dâdes dès le départ et on gagne d’abord l’Ouad el
+Melḥ : ce dernier est une rivière qui prend sa source dans le
+désert de Timasinin, puis qui descend vers l’Imasin ; avant d’y
+parvenir et d’atteindre l’Ouad Dâdes, elle déverse ses eaux
+dans une dépression nommée Issin Imaṛiren : il se forme là un
+vaste marais qui n’a pas d’écoulement et ne communique point avec
+l’Ouad Dâdes. Lorsque ce marais se dessèche, on ramasse beaucoup
+de sel dans son lit. On remonte ensuite l’Ouad el Melḥ jusqu’au
+Khela Timasinin ; on traverse ce désert : à son extrémité se
+trouvent la vallée de l’Ouad Imgoun et les qçars de Tourza Aït
+Sekri. — Il y a une journée et demie de chemin entre l’Imasin
+et Tourza Aït Sekri ; la nuit se passe dans le désert, dans la
+plaine d’Azbed.
+
+2o _COLS DANS LE GRAND ATLAS_. — Le Grand Atlas, quoique très
+élevé et presque toujours couvert de neige entre l’Ouad Dâdes
+et le bassin de l’Oumm er Rebiạ, est percé de plusieurs cols
+praticables toute l’année ; quand les neiges couvrent l’un
+d’eux d’une couche trop épaisse, on attend huit, dix, quinze
+jours au village le plus rapproché, ou bien on essaie de passer par
+un autre : en aucune saison les relations ne sont interrompues entre
+les deux versants de la chaîne. Les quatre principaux cols sont,
+en allant de l’est à l’ouest :
+
+Tizi ou Rijimt (chemin de l’Ouad Imgoun), Tizi Aït Imi (chemin de
+l’Ouad b Ougemmez), Tizi Tarkeddit, Tizi Amzoug.
+
+
+ =Ouad Idermi.=
+
+
+ =I. — Ouad Idermi.=
+
+L’Ouad Idermi, dont la réunion avec l’Ouad Dâdes forme l’Ouad
+Dra, résulte du confluent de deux rivières : l’Ouad Iounil et
+l’Ouad Imini : ce confluent se trouve entre Tazentout et Tikirt. A
+peu de distance au-dessus de ces points, les deux cours d’eau
+avaient reçu, chacun sur leur rive droite, un tributaire d’une
+importance égale à la leur, savoir : l’Asif Marṛen, se jetant
+dans l’Ouad Iounil entre Tazleft et Tamdakht ; l’Ouad Iriri,
+se jetant dans l’Ouad Imini entre Tizgzaouin et Imzouṛen.
+
+Nous allons étudier séparément chacune de ces quatre rivières,
+puis nous passerons à l’Ouad Idermi.
+
+1o _OUAD IOUNIL_. — On l’appelle aussi quelquefois Ouad Bou
+Felfoul. Les eaux en sont douces. Il prend sa source au Djebel
+Anṛemer ; il passe d’abord par les villages de :
+
+Tirza, Zaouïa Bou Felfoul.
+
+Puis il entre dans le district d’Ounila, appelé aussi Iounilen,
+et y arrose successivement les villages de :
+
+Iṛris, Aït Sidi Ạïssa, Anmiṭer, Irounan, Timsal, Angelz,
+Tiourassin, Tiferoui[103].
+
+De là il entre dans le district d’Assaka, où il arrose :
+
+Timellilt, Tagendouzt, Tajegjit, Aït Ḥeddou, Aït Oumaziṛ,
+Bedaan, Tametkal, Zaouïa Igourramen, Aït Alla, Ida ou Tazert,
+Ạnd Aït Mesạoud[104].
+
+Ensuite il passe dans le district de Tizgi, où il arrose :
+
+Takerrat, Zaouïa Igourramen, Berda, Toṛora, Tizgi[105].
+
+De là il passe dans celui d’Aït Zaïneb, où il arrose :
+
+Tamakoucht, Achahod, Aït Fers, Tigert, Taïfst, Ouaounsemt, Tazleft,
+Tamdakht, Asfalou, Aït b Oulman, Aït Ạïssa, Itelouan, Agilan,
+Taselmant, Tabouraḥt, Tazentout[106].
+
+Sur tout son cours, depuis Zaouïa Bou Felfoul jusqu’à Tazentout,
+ses deux rives sont cultivées. Il a généralement de l’eau toute
+l’année.
+
+La réunion des deux villages de Tazleft et de Tamdakht, entre
+lesquels l’Asif Marṛen se jette dans l’Ouad Iounil, porte le
+nom de Teççaïout.
+
+Les villages de cette région ont en moyenne de 200 à 500 habitants ;
+Tizgi peut en avoir 500 ou 600 ; Tiourassin, la première Zaouïa
+Igourramen, Aït Ạïssa et Tikirt, de 600 à 800.
+
+La portion de désert s’étendant entre Itelouan (Ouad Iounil)
+et le Tammast (Ouad Idermi) porte le nom de Khela Afella Ifri.
+
+2o _ASIF MARREN_. — On l’appelle aussi Ouad el Melḥ et
+Ouad Tamdakht. Ses eaux sont douces dans son cours supérieur,
+jusqu’à Imirṛen : là elles traversent de grands gisements de
+sel et deviennent salées. Il prend sa source dans le Grand Atlas, à
+l’ouest du Djebel Anṛemer : de là il traverse d’abord la plaine
+du Telouet, y recevant sur sa rive droite plusieurs petits affluents,
+au bord desquels se trouvent la plupart des villages du district.
+
+Dans le Telouet, l’Asif Marṛen arrose successivement :
+
+Adaḥa, rive droite ; Imi n Zgi, rive droite ; Imirṛen, rive droite.
+
+Entre ces deux derniers points, il y a un court désert. Après
+Imirṛen, la rivière sort du Telouet. Elle traverse le désert
+d’Assaka Ourami.
+
+Puis ses bords se couvrent de cultures, et elle arrose :
+
+Timountout Fouqia (avec une source d’eau douce, Ạïn Amezouar),
+rive droite ; Timountout Taḥtia, rive droite.
+
+Ces deux villages forment un district séparé : au-dessous, elle
+rentre dans un désert, celui d’Aounkou. Elle arrose ensuite un
+village isolé :
+
+Tadellast, rive gauche.
+
+Nouveau désert, puis autre village isolé :
+
+Ankhessa (qoubba et zaouïa vénérées).
+
+Nouveau désert jusqu’à Teççaïout : là elle entre dans le
+district d’Aït Zaïneb, et, avec Tazleft sur sa rive gauche,
+Tamdakht sur la droite, elle se jette dans l’Ouad Iounil.
+
+L’Asif Marṛen a habituellement de l’eau dans son cours
+inférieur, d’Imirṛen à Teççaïout ; au-dessus d’Imirṛen,
+il n’en a que rarement, au moment des grandes pluies ou à celui de
+la fonte des neiges : l’eau des ruisseaux qui devraient l’alimenter
+dans cette région est retenue pour l’irrigation du Telouet.
+
+Le district du Telouet se compose des villages ci-dessous, dont trois
+sont situés sur le cours de l’Asif Marṛen, les autres sur des
+affluents de sa rive droite :
+
+Tasga, Tarilast, Aït Ḥammou ou Ạli, Aït Baddou, Tabougoumt,
+Toumjoujt, Iṛil el Abian, Tamerranist, Areg, Haïndaken, Imaounin
+(appelé aussi Dar el Glaoui et Dar el Qaïd), Aachoun, Adaḥa,
+Imi n Zgi, Imirṛen.
+
+Dans cette énumération, on a commencé par les villages du bassin
+supérieur, en descendant progressivement à ceux des affluents
+inférieurs. Entre Tarilast et Aït Ḥammou ou Ạli, se trouve la
+qoubba isolée de Sidi Mançour ou Ḥamed. A Imirṛen sont de vastes
+gisements salins : on y extrait le sel par grandes dalles semblables
+à celles du Tâdla.
+
+=AFFLUENT.= — L’Asif Marṛen ne reçoit qu’un affluent,
+encore est-il de peu d’importance : c’est l’Ouad Tichka ;
+il descend du col de ce nom et se jette sur la rive droite de la
+rivière à Imirṛen.
+
+3o _OUAD IMINI_. — On l’appelle aussi Ouad Tidili. Les eaux en
+sont douces. Il prend sa source au Djbel Tidili. Puis il entre dans
+le district de Tidili, où il arrose successivement une quinzaine de
+villages[107] dont les principaux sont :
+
+Timjdout, Sour, Dir, Igadaïn, Ilṛman, Timzrit, Timkist, Asell.
+
+Il passe de là dans le district de Tizgi n Ouzalim, où il arrose
+environ dix villages[108].
+
+Il s’engage ensuite dans le district d’Imini, où il arrose
+successivement :
+
+Iflilt, Iṛil, Tagnit, Afella Isli, Taourirt, Taskoukt, Amerzeggan,
+El Medina[109].
+
+Il entre enfin dans le district d’Aït Zaïneb, où il arrose :
+
+Tadoula, Tizgzaouin, Imzouṛen, Aït Bou Mḥind, El Mellaḥ,
+Zaouïa Sidi Ḥamed, Tikirt.
+
+Sur tout son cours, depuis Timjdout jusqu’à Tikirt, l’Ouad Imini
+est cultivé.
+
+L’Ouad Imini et l’Ouad Iriri coulent de même manière que l’Ouad
+Iounil : les villages sont exclusivement sur leurs bords, et le fond
+seul de leurs vallées est cultivé. Ces vallées sont semblables à
+celle de l’Ouad Iounil, fort étroites et fort encaissées jusque
+auprès de leur confluent, et s’élargissant à son approche. Entre
+elles, comme entre l’Ouad Iounil et l’Asif Marṛen, et comme entre
+l’Asif Marṛen et l’Ouad Imini, le désert est absolu. Le désert
+qui s’étend de l’Ouad Imini à l’Asif Marṛen s’appelle
+Khela Tamṛart.
+
+Le principal village du Tidili est Timjdout ; le principal de l’Aït
+Zaïneb est Tikirt : il n’y en a point de marquant dans l’Imini.
+
+=AFFLUENT.= — Hors l’Ouad Iriri, l’Ouad Imini ne reçoit qu’un
+affluent : l’Ouad Tamanat, petit cours d’eau sans importance
+descendant du col du même nom et se jetant sur sa rive gauche dans
+le Tidili.
+
+4o _OUAD IRIRI_. — Les eaux en sont douces. Il prend sa source
+dans le Siroua. De là il entre dans la tribu des Ikhzama, tribu
+portant aussi quelquefois le nom d’Aït ou Zgiḍ, où il arrose
+successivement les trois villages suivants :
+
+Tesakoust, Tourtit, Aït Nbdaz[110], rive droite.
+
+Puis il entre dans un désert, où il coule pendant un certain temps.
+
+De là il passe dans la tribu des Aït Ạbd Allah, où il arrose :
+
+Azreg, Tagouïamt, Tasṛekht[111].
+
+Puis il traverse le désert de Bou Izri.
+
+En sortant de là, il entre dans la tribu des Aït Touaïa, où
+il arrose :
+
+Tazeggert, Taoura, Seroub, Aït Bou Khtir, Ansekki, Zaouïa
+Iggourramen[112].
+
+De là il se jette dans l’Ouad Imini, un peu au-dessus
+d’Imzouṛen.
+
+ Distances : de Tikirt à Tazeggert (pas de désert) 3 heures.
+
+ De Tazeggert à Tasṛekht (désert) 1/2 jour.
+
+ De Tasṛekht à Azreg (pas de désert) 1/2 heure.
+
+ D’Azreg à Aït Nbdaz (désert) 4 heures.
+
+ D’Aït Nbdaz à Tesakoust (pas de désert) 3/4 d’heure.
+
+=AFFLUENTS.= — L’Ouad Iriri reçoit deux affluents, l’un et
+l’autre sur sa rive gauche. Le premier est l’Ouad Amasin, s’y
+jetant entre Tesakoust et Tourtit ; le second, l’Ouad Bou Igouldan,
+s’y jetant un peu au-dessous de Tourtit.
+
+OUAD AMASIN. — Il prend sa source au Tizi n Ougdour. Il coule dans
+le désert jusqu’au village d’Amasin, l’un des principaux des
+Ikhzama. Il reste sur le territoire de cette tribu jusqu’à son
+confluent, sans arroser d’autre lieu habité.
+
+ Distances : d’Amasin à Tesakoust 3 heures.
+
+ D’Amasin à Tizi n Ougdour 1 heure 1/2.
+
+OUAD BOU IGOULDAN. — Il prend sa source dans le désert de Bou
+Igouldan. De là il passe dans la tribu des Aït Marlif, où il arrose
+8 ou 10 villages dont les principaux sont :
+
+Aṛbar, Agdour, Almid, Tlemsen, Tagdourt n Touda, Aït Tagdourt.
+
+Puis il passe, pour n’en plus sortir, sur le territoire des Ikhzama,
+où il arrose le village d’Ourti, le seul de cette tribu qui soit
+sur son cours.
+
+Les Aït Marlif reconnaissent nominalement la suprématie de Moḥammed
+ou Ạbd Allah, l’un des chikhs des Aït Tameldou. Leur tribu ne se
+compose que des villages qu’elle possède sur l’Ouad Bou Igouldan.
+
+ Distance : de Tourtit à Aït Tagdourt (sans passer par Ourti, 1
+ qui est dans un coude de la rivière) heure
+ 1/2.
+
+=OUAD IDERMI.= — Aussitôt après le confluent des deux rivières
+qui le forment, il s’enfonce dans une gorge étroite et déserte,
+appelée Khela Assaka, ayant pour flanc droit une haute croupe rocheuse
+très escarpée, Iṛrem n Ououl. Ce défilé forme la limite entre
+le district d’Aït Zaïneb et celui d’Ouarzazât. Après l’avoir
+franchi, l’Ouad Idermi entre dans ce dernier. Pendant tout le temps
+qu’il y demeure, il coule à l’ombre des palmiers et au milieu
+de riches villages. Le Ouarzazât se décompose en 3 subdivisions :
+il les traverse l’une après l’autre.
+
+Il arrose d’abord celle de Tammast, où il baigne successivement
+les villages et les qçars de :
+
+ Tiffoultout rive gauche.
+
+ Aran rive droite.
+
+ Aït Iousef ou Talil rive gauche.
+
+ Tamasint rive gauche.
+
+ Taṛramt rive droite.
+
+ Fedragoum rive gauche.
+
+De là il passe dans celle de l’Ouarzazât proprement dit, où
+il arrose :
+
+ Zaouïa Sidi Ọtman (grand village de 300 familles) rive droite.
+
+ Tamerzast rive gauche.
+
+ Tabount rive droite.
+
+ Tigemmi Djedid rive droite.
+
+ Tadja rive droite.
+
+ Taourirt rive gauche.
+
+ Tazrout rive droite.
+
+ Tenmasla rive droite.
+
+ Qoubba Sidi Daoud (qoubba isolée, sans village) rive gauche.
+
+ Aït Kedif rive gauche.
+
+ Talet rive droite.
+
+ Aourz rive gauche.
+
+Puis il passe dans celle de Ṛalil, où il arrose :
+
+ Tademricht (grand village avec zaouïa) rive gauche.
+
+ Ḥebib rive droite.
+
+ Ṛalil rive droite.
+
+Là finit l’Ouarzazât. L’Ouad Idermi rentre dans le désert
+et y reste jusqu’au point où, s’unissant à l’Ouad Dâdes,
+il forme l’Ouad Dra. Ce désert s’appelle Khela Timikirt.
+
+Les trois subdivisions et les villages que nous venons d’énumérer
+forment la totalité de l’Ouarzazât. Ce district est soumis
+au sultan, et surtout au qaïd des Glaoua, qui, fonctionnaire du
+makhzen au Telouet, est ici chef héréditaire. Il exerce son pouvoir
+avec douceur, à la façon des chikhs de Tikirt et de Tazenakht ;
+aussi s’aperçoit-on à peine dans le Ouarzazât qu’on est en
+blad el makhzen. Au-dessous de lui, trois chikhs, dont les ressorts
+ne répondent pas tout à fait aux trois subdivisions du pays, se
+partagent l’autorité. Ce sont : Chikh El Ḥoseïn ould Amṛar
+Mḥind, résidant à Tiffoultout ; un fils du qaïd des Glaoua,
+Chikh Ḥammadi, à Taourirt ; Chikh Ḥamma Ạli, à Tenmasla.
+
+Il n’y a qu’un marché dans l’Ouarzazât : le Khemîs Sidi
+Ọtman. Les marchés sont fort rares dans ces régions : dans le
+bassin entier de l’Ouad Idermi, on n’en compte que trois, le
+tenîn de Telouet, le khemîs de Ouarzazât et le khemîs de Tazenakht.
+
+Il y a 7 mellaḥs dans l’Ouarzazât. Les Juifs sont nombreux dans
+ces contrées : il existe 44 mellaḥs dans le bassin de l’Ouad
+Idermi ; ils se répartissent de la manière suivante : Assaka
+(Ouad Iounil), 3 mellaḥs ; Tizgi (Ouad Iounil), 1 ; Aït Zaïneb,
+6 ; Telouet, 4 ; Tidili, 7 ; Imini, 4 ; Ikhzama, 2 ; Aït Touaïa,
+1 ; Aït Marlif, 2 ; Ouarzazât, 7 ; Aït Ạmer, 2 ; Zenâga, 3 ;
+Iṛels, 1 ; Tammasin, 1.
+
+ Distances : de Tikirt à Tiffoultout 2 heures.
+
+ De Tiffoultout à Taourirt 1 heure.
+
+ De Taourirt à Ṛalil 1 heure.
+
+ De Ṛalil à Afella n Dra (Ouad Dra) 1 jour.
+
+=AFFLUENT.= — L’Ouad Idermi ne reçoit qu’un affluent important,
+l’Ouad Aït Tigdi Ouchchen, se jetant sur sa rive droite au lieu
+appelé Bin el Ouidan, dans le désert de Timikirt. Cette rivière
+est presque aussi considérable que l’Ouad Idermi lui-même.
+
+ =II. — Ouad Aït Tigdi Ouchchen.=
+
+L’Ouad Aït Tigdi Ouchchen, qui se jette sur la rive droite
+de l’Ouad Idermi entre le Ouarzazât et le Dra, est formé de
+la réunion de deux rivières, l’Ouad Tazenakht et l’Ouad
+Azgemerzi. Leur confluent se trouve dans la tribu des Aït Tigdi
+Ouchchen, au village d’Assaka.
+
+1o _OUAD TAZENAKHT_. — Il est formé lui-même de la jonction,
+à Imdṛeṛ Taḥtani, de trois cours d’eau, l’Ouad Siroua,
+l’Ouad Ta n Amelloul et l’Ouad Tasṛirt : nous allons décrire
+ces trois rivières, puis nous passerons à l’Ouad Tazenakht.
+
+OUAD SIROUA. — Il prend sa source dans le mont Siroua. Il coule
+d’abord dans le désert, puis entre dans la tribu des Aït
+Ouaṛrda ; il y arrose successivement les villages suivants :
+
+Temsasar, Taloust, Imirleïn, Areg, Temouddat.
+
+Puis il passe dans le district d’Amara, dépendance de celui de
+Tazenakht, dans lequel on le confond quelquefois ; il y arrose :
+
+Imdṛeṛ Fouqani, Imdṛeṛ Taḥtani.
+
+A ce dernier point, il s’unit aux deux autres rivières pour former
+l’Ouad Tazenakht.
+
+ Distance : d’Imdṛeṛ Taḥtani à Temsasar 1/2 jour.
+
+OUAD TA N AMELLOUL. — Il prend sa source dans le désert de Ta n
+Amelloul. De là il entre dans la tribu des Aït Ouaṛrda, où il
+arrose successivement les villages de :
+
+Afella ou Asif, Tazrout, Tafrent, Tamjerjt, Nekeb Fouqani, Nekeb
+Taḥtani.
+
+Puis il passe dans le district d’Amara et coule, sans rencontrer
+de lieu habité, jusqu’à Imdṛeṛ Taḥtani, où il se réunit
+aux ouads Siroua et Tasṛirt.
+
+ Distances : d’Imdṛeṛ Taḥtani à Afella ou Asif 4 heures.
+
+ D’Imdṛeṛ Taḥtani à Tamjerjt 1 heure 1/2.
+
+OUAD TASRIRT. — Il prend sa source dans le Khela Tasṛirt. Après
+avoir coulé longtemps dans le désert, il entre dans le district
+d’Amara, où il arrose l’un après l’autre les villages de :
+
+Tamzerra (avec la qoubba de S. El Ḥasen Ạli), Ansera.
+
+En face d’Imdṛeṛ Taḥtani, il se réunit aux deux autres
+rivières.
+
+ Distances : d’Imdṛeṛ Taḥtani à Tamzerra 3 heures.
+
+ De Tamzerra au Khela Tasṛirt 1/2 jour.
+
+=OUAD TAZENAKHT.= — On lui donne aussi le nom d’Ouad Aït
+Ouzanif. Au-dessous d’Imdṛeṛ Taḥtani, il continue d’abord
+à couler dans le district d’Amara ; il y arrose successivement
+les villages de :
+
+Imṛeld, Tareddout.
+
+Puis il passe dans le district de Tazenakht, où il baigne :
+
+Taourirt, Adreg, Tagadirt Aït Daoud, Tagadirt Aït Atto, Tazenakht,
+Tazrout.
+
+De là il passe dans la tribu des Aït Tigdi Ouchchen, où il s’unit,
+à Assaka, à l’Ouad Azgemerzi.
+
+ Distances : de Tazenakht à Imdṛeṛ Taḥtani 4 heures.
+
+ De Tazenakht à Assaka 1/2 heure.
+
+Les villages du Tazenakht et de l’Amara que nous avons énumérés
+sur ces différents cours d’eau composent la totalité de ces
+districts.
+
+La tribu des Aït Ouaṛrda ne comprend qu’un village en plus
+de ceux que nous avons mentionnés : ce village est Amasin, situé
+entre les ouads Siroua et Ta n Amelloul, à 3 heures de Temsasar et
+à 1 heure et demie de Tamjerjt. Les Aït Ouaṛrda sont une tribu
+tamaziṛt (chleuḥa) indépendante. Aucun lien ne les unit à leurs
+voisins. Les plus importants de leurs villages sont Tamjerjt, Afella
+ou Asif, Tazrout.
+
+Les points où prennent leur source les trois rivières dont est formé
+l’Ouad Tazenakht demandent quelques explications. Le Djebel Siroua
+appartient, le versant est aux Aït Ouaṛrda, le versant sud aux Aït
+Oubial, le versant ouest aux Aït Tedrart. Le Khela Ta n Amelloul
+s’étend entre les Aït Ouaṛrda et les Aït Oubial, le Khela
+Tasṛirt entre les Zenâga et les Seketâna. Ces deux déserts, qui
+se font suite, s’étendent depuis le Siroua jusqu’au Petit Atlas ;
+c’est dans leurs solitudes, série de plateaux rocheux, qu’est
+la ligne de partage des eaux entre les deux bassins du Sous et du Dra.
+
+2o _OUAD AZGEMERZI_. — On lui donne aussi le nom d’Ouad
+Ifenouan. Il prend sa source dans le voisinage du col d’Agni, sur
+le territoire des Zenâga. Il arrose successivement dans cette tribu
+les villages suivants :
+
+Isil, Tazoult, El Kharbt, Terga, Tamarouft, Ifenouan.
+
+De là il passe sur le territoire des Aït Ạmer, où il arrose :
+
+Temdaouzgez, Taloust.
+
+Enfin il s’unit à l’Ouad Tazenakht un peu au-dessous d’Assaka.
+
+ Distances : de Taloust à Temdaouzgez 3 heures.
+
+ D’Assaka à Taloust 1/2 heure.
+
+=AFFLUENTS.= — L’Ouad Azgemerzi reçoit deux affluents importants,
+l’un et l’autre sur sa rive gauche : l’Ouad Tiouiin, s’y
+jetant à Temdaouzgez, et l’Ouad Timjijt, s’y jetant à quelques
+pas au-dessus de Taloust.
+
+OUAD TIOUIIN. — Il prend sa source dans le désert de Tasṛirt. Il
+y demeure jusqu’au moment où, à Kerkda, il débouche dans la plaine
+des Zenâga ; il y arrose les villages suivants, tous de cette tribu :
+
+Kerkda, Agelmim, Aït Mesri, Atres, Tiouiin.
+
+De Tiouiin, les bords en sont inhabités jusqu’à Temdaouzgez,
+où il entre dans le territoire des Aït Ạmer et se jette dans
+l’Ouad Azgemerzi.
+
+ Distances : de Kerkda à Aït Mesri 1 heure 1/2.
+
+ D’Aït Mesri à Atres 3 heures.
+
+ D’Atres à Tiouiin 1 heure 1/2.
+
+ De Tiouiin à Temdaouzgez 8 heures.
+
+OUAD TIMJIJT. — Il prend sa source dans le désert de Tasṛirt. En
+sortant de là, il entre dans la plaine des Zenâga, où il arrose
+d’abord les villages suivants, qui font partie de leur territoire :
+
+Igjgan, Tilsekht, Itkhisen, El Ạïn Aït Ḥamed, Zaouïa Sidi
+El Ḥoseïn.
+
+Puis il passe sur les terres des Aït Ạmer, où il arrose
+successivement :
+
+Zaouïa Sidi Ạbd Allah ou Mḥind, El Ạïn Igourramen, Aït Ạli
+ou Ious, Agdal, Aït ou Ansera, Aït Allioun, Tizi, Asersa, Talmodat.
+
+Enfin il se jette dans l’Ouad Azgemerzi.
+
+Les quatre villages d’Aït Ạli ou Ious, Agdal, Aït ou Ansera,
+Aït Allioun, sont compris sous la dénomination collective de Timjijt.
+
+ Distances : de Taloust à Aït Allioun 2 heures.
+
+ D’Aït Ạli ou Ious à Igjgan 4 heures.
+
+=REMARQUES SUR LES TRIBUS.= — Les deux principales tribus du bassin
+de l’Ouad Azgemerzi sont les Aït Ạmer et les Zenâga.
+
+AIT AMER. — Leur territoire comprend uniquement des villages
+que nous avons énumérés plus haut. Parmi eux se remarque une
+zaouïa fort influente dans la contrée, celle de Sidi Ạbd Allah
+ou Mḥind. Le chef actuel en est Sidi Ḥamed ou Ạbd er Raḥman,
+descendant du saint. Il possède, outre le village de la zaouïa,
+celui d’El Ạïn Igourramen.
+
+ZENAGA. — Cette tribu se compose des villages mentionnés sur les
+ouads Azgemerzi, Tiouiin, Timjijt, et d’un certain nombre d’autres
+situés entre ces cours d’eau. Ceux-ci sont la plupart sur de petits
+affluents des trois rivières principales, ou sur des canaux qui en
+dérivent. Tous se trouvent dans la grande plaine des Zenâga. Les
+principaux d’entre eux sont :
+
+Azdif, Taleouin (entre Azdif et Aït Mesri), Ougins (à 3 heures
+d’Azdif), Toudma (à 4 heures d’Ougins), Aït Ersal (à 3 heures
+de Toudma, sur un ruisseau tributaire de l’Ouad Azgemerzi), Bettal
+(à 1 heure et demie d’Aït Ersal), Aït Khouzoud (à quelque
+distance de Tazoult), Angalf (à l’ouest de Tazoult).
+
+De ces villages, le plus important est Azdif.
+
+3o =OUAD AIT TIGDI OUCHCHEN.= — Dès le point où il se trouve
+formé, par la réunion des ouads Tazenakht et Azgemerzi, il entre
+dans la tribu des Aït Tigdi Ouchchen : il y arrose successivement
+les villages de :
+
+Assaka, Tafounent, Tislit Aït Tigdi Ouchchen, El Bordj[113].
+
+Puis il sort de cette tribu : un peu plus loin il arrose Tagentout.
+
+Au delà, on ne trouve plus qu’un seul point habité sur son cours :
+c’est Fint, village isolé, reconnaissant la suzeraineté du qaïd
+de l’Ouarzazât. A Fint, les palmiers reparaissent.
+
+=AFFLUENTS.= — L’Ouad Aït Tigdi Ouchchen a deux affluents
+principaux ; il les reçoit l’un et l’autre sur sa rive gauche ;
+ce sont : l’Ouad Aït Semgan, s’y jetant à Tislit ; l’Ouad
+Iṛels, s’y jetant à Fint.
+
+OUAD AIT SEMGAN. — Il prend sa source au Siroua ; il s’engage
+d’abord dans le district des Aït Semgan, où il arrose
+successivement les villages de Aït Iṛmor, Idrar, Aït Tigga.
+
+De là il passe dans celui de Tammasin, où il baigne : Tinzalin,
+Ḥelouqt, Tislit Tammasin.
+
+Au-dessous de Tislit, il entre dans le désert d’Iseldeï, où il
+reste jusqu’à son confluent avec l’Ouad Aït Tigdi Ouchchen.
+
+ Distances : les 3 villages des Aït Semgan sont groupés au
+ pied même du Siroua.
+
+ Des Aït Semgan à Tinzalin 4 heures.
+
+ De Tinzalin à Ḥelouqt 1 heure.
+
+ De Ḥelouq à Tislit Tammasin 3 heures.
+
+ De Tislit Tammasin à Tislit Aït Tigdi Ouchchen 6 heures.
+
+AFFLUENTS. — L’Ouad Aït Semgan a deux affluents : l’Ouad
+Bachkoum, se jetant sur sa rive droite à Ḥelouqt, et l’Ouad
+Asdṛem, se jetant sur sa rive gauche à Tislit Tammasin.
+
+=Ouad Bachkoum.= — Il prend sa source dans le Khela Bachkoum et
+se jette dans l’Ouad Aït Semgan sans avoir arrosé un seul lieu
+habité. Il reste tout le long de son cours dans le désert.
+
+ Distance : de Ḥelouqt au Khela Bachkoum 4 heures
+
+=Ouad Asdrem.= — Il prend sa source dans le désert d’Asdṛem ; il
+arrose successivement les villages suivants, du district de Tammasin :
+Tamaziṛt, Tamellakout, Ez Zaouïa, Aït Mekraz, Enzel.
+
+De là il se jette à Tislit dans l’Ouad Aït Semgan.
+
+ Distances : du Khela Asdṛem à Tamaziṛt 1 heure.
+
+ De Tamaziṛt à Tislit Tammasin 3 heures.
+
+OUAD IRELS. — Il prend sa source sur le territoire des Ikhzama,
+dans les montagnes qui forment le flanc droit de l’Ouad Iriri. De
+là il entre dans le désert de Tazga Asdṛem, situé au nord de
+celui d’Asdṛem. Après l’avoir traversé, il passe dans le
+district de Tammasin, où il arrose le village de Indiout.
+
+De là il rentre dans le désert, où il reste jusqu’au groupe isolé
+d’Iṛels ; il en arrose les deux qçars : Iṛels et Tamaïoust.
+
+Puis il coule de nouveau dans le désert ; il y demeure jusqu’à
+Fint, où il se jette dans l’Ouad Aït Tigdi Ouchchen.
+
+A Iṛels commencent les dattiers : il n’y en a point dans le
+district de Tammasin. Celui-ci se compose exclusivement des villages
+mentionnés sur une partie des cours des ouads Aït Semgan, Asdṛem
+et Iṛels ; il reconnaît l’autorité du Zanifi.
+
+ Distances : de la frontière des Ikhzama à Indiout 3 heures 1/2.
+
+ D’Indiout à Iṛels 1/2 jour.
+
+ D’Iṛels à Fint 1 heure 1/2.
+
+ =III. — Itinéraires.=
+
+1o _DE L’OUAD IOUNIL A L’ASIF MARREN_. — Un chemin conduit de
+Zaouïa Bou Felfoul à Tabougoumt (Telouet).
+
+ Distance : 2 heures de marche dans le désert.
+
+2o _DU TELOUET A TIKIRT_. — On peut faire ce trajet en descendant
+le cours de l’Asif Marṛen : ce chemin est un peu plus court que
+celui de l’Ouad Iounil ; mais les déserts qu’il traverse le
+rendent plus dangereux : aussi est-il beaucoup moins fréquenté.
+
+3o _DE TAZENAKHT AUX AIT MARLIF_. — Le chemin est le suivant :
+
+ De Tazenakht au Tammasin 8 heures.
+
+ Du Tammasin à Tesakoust (Ouad Iriri) 5 heures.
+
+ De Tesakoust à Tourtit 1/2 heure.
+
+ De Tourtit à Tagdourt n Touda (Aït Marlif) 1 heure 1/2.
+
+4o _DE TIKIRT A TAZENAKHT_. — Au départ de Tikirt, on s’engage
+dans le désert de Tilziṛ. On y reste jusqu’à :
+
+ Tilziṛ (qçar isolé) 1 heure.
+
+De là on rentre dans le désert, où on demeure jusqu’à :
+
+ Tisili (qçar isolé) 2 heures.
+
+On y reste de nouveau jusqu’à :
+
+ Tislit Tammasin 3 heures.
+
+De là on passe dans le désert de Bachkoum, puis dans celui de Tala
+qui lui fait suite : une source d’eau vive sert de borne entre eux.
+
+On aboutit à : Adreg (sur l’Ouad Tazenakht).
+
+ Distance : de Tislit Tammasin à Tazenakht 1 jour.
+
+5o _DE TIKIRT AU MEZGITA_. — Il y a trois chemins principaux :
+
+A. — En quittant Tikirt, on descend le cours de l’Ouad Idermi
+jusqu’à l’extrémité sud du Ouarzazât. A Ṛalil, on s’en
+écarte un peu et on le longe dès lors à quelque distance, dans le
+désert de Taria. On y marche durant toute une journée : au bout de
+ce temps, on arrive à l’Ouad Dra, aux villages d’Afella n Dra.
+
+C’est le nom d’une subdivision du Mezgîṭa.
+
+B. — En quittant Tikirt, on descend le cours de l’Ouad Idermi
+jusqu’à Tenmasla (Ouarzazât). Là on le quitte et, sans rencontrer
+aucun lieu habité, on traverse successivement trois déserts, ceux
+d’Iṛir el Ḥadj, d’Ạïn n Zeggert et d’Izezgir. Puis
+on arrive à Aït Saoun (village isolé, allié au Mezgîṭa. Les
+dattiers n’y apparaissent pas encore).
+
+De la on traverse l’un après l’autre deux déserts, ceux d’Irf n
+Isli et d’Ouaourmest : au bout de celui-ci, on trouve le Mezgîṭa,
+où on débouche à Agdz.
+
+ Distances : de Tenmasla à Aït Saoun 1 jour.
+
+ D’Aït Saoun à Agdz 2 heures.
+
+C. — De Tikirt à Tagenzalt. Là on s’engage dans le Khela
+Tifernin, où l’on marche durant une journée entière. Au bout de
+ce temps on arrive à Aït Semgan (qçar unique de 400 familles ; il
+est isolé ; il n’a aucun rapport avec la tribu qui habite l’Ouad
+Aït Semgan. Beaucoup de dattiers).
+
+De là on passe successivement par : Tesaouant (des Aït Ḥammou),
+Zaouïa Ouzdiin, Iouriken (groupe de deux villages appelés chacun
+Ourika, situés l’un sur l’Ouad Tamtsift, l’autre à quelque
+distance de cette rivière, dans les collines formant le flanc gauche
+de sa vallée).
+
+Enfin on parvient à l’Ouad Dra à Agdz (Mezgîṭa).
+
+ Distance : d’Aït Semgan à Iouriken 1/2 jour.
+
+6o _DE TAZENAKHT AU MEZGITA_. — Au sortir de Tazenakht, on entre dans
+le Khela Isidan ; désert pierreux ; pas de rivières : il fait partie
+du territoire du Zanifi. On y marche durant un jour. Puis on parvient
+au qçar de Tarokht (sur l’Ouad Tamtsift ; zaouïa ; dattiers).
+
+On suit le cours de l’Ouad Tamtsift : on arrive à :
+
+ Tasla Aït Brahim (dattiers) 1 heure.
+
+Jusque-là on est resté sur le territoire du Zanifi : on le quitte
+ici ainsi que l’Ouad Tamtsift. On atteint :
+
+ Aït Semgan (qçar isolé ; dattiers) 1 heure.
+
+Puis on revient à l’Ouad Tamtsift, qu’on retrouve au qçar de
+Tesaouant (appartenant aux Aït Ḥammou, fraction des Oulad Iaḥia).
+
+De là on suit l’Ouad Tamtsift jusqu’à son confluent avec le Dra,
+entre Agdz et Ouriz (Mezgîṭa). On passe, chemin faisant, par deux
+points habités, Ida ou Genad et Ourika. En dehors de la route, à
+2 ou 3 heures au sud d’Ida ou Genad, se trouve, dans la montagne,
+le grand qçar d’El Feggara : il appartient aux Oulad Iaḥia.
+
+7o _DE TAZENAKHT A TISINT_. — Il y a trois chemins entre ces deux
+points :
+
+Le premier, à l’est, franchissant le Petit Atlas au Tizi Agni ;
+
+Le second, à l’ouest, le franchissant au Tizi n Haroun ;
+
+Le troisième, entre les deux précédents, le franchissant au Tizi
+n Baroukh.
+
+
+ 2o. — BASSIN MOYEN DU DRA.
+
+
+La réunion des ouads Dâdes et Idermi au Kheneg Tarea forme le fleuve
+connu sous le nom d’Ouad Dra. Le cours en est d’abord resserré
+entre les flancs du Petit Atlas qu’il traverse ; puis la vallée
+s’élargit ; au-dessous de Tamegrout, il perce une dernière chaîne
+de montagnes, le Bani ; ensuite il entre en plaine. Jusqu’au Bani,
+la direction du Dra est du nord-ouest au sud-est. Au delà elle paraît
+être de l’E.-N.-E à l’O.-S.-O. Du Kheneg Tarea au Bani, les
+bords du fleuve sont, sans interruption, couverts de palmiers et de
+qçars. Ils sont divisés en plusieurs districts, chacun uniquement
+composé des rives de l’ouad ; ce sont : le Mezgîṭa, l’Aït
+Seddrât, l’Aït Zeri, le Tinzoulin, le Ternata, le Fezouata. Au
+delà du Bani les bords du Dra se garnissent encore à deux reprises
+de dattiers et d’habitations : il s’y forme ainsi deux derniers
+districts, le Qtaoua et El Mḥamid, semblables aux précédents,
+mais séparés d’eux et isolés l’un de l’autre par de courts
+déserts. Au delà d’El Mḥamid, l’Ouad Dra est désert jusqu’à
+son embouchure dans l’Océan. C’est dans cette vaste portion
+inhabitée de son cours qu’il traverse le Debạïa et forme les
+mạders dont nous parlerons plus bas. L’ensemble des parties
+peuplées de ses rives, composé des huit districts énumérés
+ci-dessus, porte le nom de _Blad Dra_ ou _Dra_. C’est de cette
+région que nous allons nous occuper.
+
+Dans le Mezgîṭa, l’Ouad Dra coule en une vallée étroite, de
+1500 mètres de largeur moyenne, encaissée entre deux flancs élevés
+et rocheux. Dans l’Aït Seddrât, l’Aït Zeri et le Tinzoulin,
+la vallée est la même qu’au Mezgîṭa : elle demeure ainsi
+jusqu’à El Douirat (Ternata). A partir de là, elle s’élargit :
+le flanc droit reste contre le fleuve ; mais le flanc gauche s’en
+écarte beaucoup. De Beni Zouli à Mançouria, il y a entre les
+deux flancs la distance de Tamnougalt à Tesaouant. Les qçars et
+les cultures sont toujours uniquement au bord de l’ouad : dans la
+vallée ainsi élargie, le désert seul règne entre le fleuve et
+le flanc gauche. Dans tout le Dra il en est de même : l’ouad au
+milieu ; dans son lit, cultures et palmiers, ainsi que sur ses rives ;
+en dehors des plantations, à leur lisière, les qçars ; au delà,
+le désert. Au-dessous de Mançouria, la vallée s’étend encore : le
+flanc droit s’éloigne à son tour. A Tamegrout, les deux flancs sont
+fort loin, à une demi-journée de marche chacun. Après Tamegrout,
+le fleuve entre dans un désert appelé El Kheneg : il y a ses rives
+incultes et inhabitées, pour la première fois depuis sa naissance :
+point de qçars, point de cultures, point de palmiers, même dans son
+lit. Ce désert a une longueur double de la distance de Tamnougalt
+à Ourika. Il est borné au sud par le Bani, que le Dra traverse par
+un passage étroit, Foum Taqqat. Au-dessous du Bani, le fleuve entre
+en plaine et y reste jusqu’au Debạïa : plus de montagne en vue,
+ni à l’est, ni à l’ouest, ni au sud.
+
+Nous avons décrit le Mezgîṭa au cours de notre voyage : tout le
+Dra a le même aspect enchanteur : partout même fraîcheur, même
+abondance d’eau, même végétation luxuriante. Cependant il n’y
+existe pas de lieu où l’eau ne tarisse jamais dans le fleuve :
+certains étés, des parties de son lit se dessèchent ; mais les
+années où cela arrive sont rares, et, même alors, les canaux qui
+servent à l’alimentation et à l’arrosage ne cessent pas de couler
+à pleins bords. Dans le Dra, les inondations sont plus fréquentes
+que les sécheresses : il n’est pas rare de voir, en hiver, le
+fleuve envahir toute la vallée et venir battre les murailles des
+qçars. L’eau de l’Ouad Dra, quoiqu’un peu jaune, est agréable
+à boire. Parmi les arbres innombrables qui ombragent le cours du
+fleuve, partout les dattiers dominent : ils sont, du Kheneg Tarea à
+Tamegrout, des espèces suivantes : bou feggouç, bou sekri, djihel,
+bou souaïr, timikelt (qualité inférieure) ; au sud de Tamegrout,
+il n’y a plus que des djihels avec quelques bou feggouç. Dans tout
+le Dra, on trouve aussi bon nombre de takkaïouts, sortes de grands
+tamarix dont on se sert pour donner la couleur rouge aux peaux : ils
+forment une des fortunes du pays : les peaux du Dra sont, avec celles
+du Tafilelt, les plus renommées du Maroc. Nous avons vu qu’à
+Tamnougalt il y avait une grande quantité d’arbres fruitiers,
+figuiers, grenadiers, pêchers, vigne, etc. ; ils sont très nombreux
+entre Tamnougalt et Akhellouf. En dehors de ce tronçon, il n’y a
+guère que des dattiers. Dans tout le pays de Dra, les abeilles sont
+nombreuses et le miel abonde.
+
+La population du Dra est mêlée. Celle du Mezgîṭa est formée de
+Draoua ; celle de l’Aït Seddrât, de Draoua et d’Aït Seddrât ;
+celle de l’Aït Zeri, d’Oulad Iaḥia ; celle du Tinzoulin, de
+Draoua ; celle du Ternata, de Draoua, de Roḥa, d’Oulad Iaḥia,
+les Roḥa dominant, les Oulad Iaḥia étant en minorité ; celle du
+Fezouata, du Qtaoua, d’El Mḥamid, de Draoua, sous la domination des
+Aït Atta. Les Aït Seddrât, les Oulad Iaḥia, les Roḥa, sont des
+tribus séparées dont nous avons déjà eu occasion de parler ou dont
+nous parlerons plus tard. Les Aït Atta sont une fraction de la tribu
+des Berâber. Quant aux Draoua, ce sont ceux qu’ailleurs on appelle
+Ḥaraṭîn. Ici, Draoui et Ḥarṭâni sont synonymes. Les Draoua
+forment la partie de beaucoup la plus grande de la population du Dra ;
+ils passent pour les représentants de la race primitive du pays. Ils
+ne parlent que le tamaziṛt, peu d’entre eux savent l’arabe ;
+on les dit bonnes gens, mais lâches et mous de caractère. Dans le
+Mezgîṭa seul, ils ont gardé leur indépendance ; partout ailleurs
+ils sont tributaires.
+
+
+ =I. — Mezgîta.=
+
+
+Le Mezgîta est un district qui comprend les rives de l’Ouad Dra,
+depuis le point où elles commencent à être habitées, au sud du
+Kheneg Tarea, jusqu’au district de l’Aït Seddrât. Il se compose,
+en descendant la vallée, des qçars suivants :
+
+ RIVE DROITE :
+
+ Tizgi } 50 fusils.
+ }
+ Incheï. } Ras Dra. 80
+ }
+ Taṛrout. } 40
+
+ Rebaṭ. 200
+
+ Zaouïa Griourin (Zaouïa Sidi Bou Bekr, 100
+ appelée aussi Zaouïa Aït Ben Nacer,
+ dépendant de celle de Tamegrout).
+
+ Tarmast. 50
+
+ Asellim Agdz. 200
+
+ Agdz. 200
+
+ Ḥara Agdz. 50
+
+ Ouriz. 75
+
+ Takatert. 100
+
+ Aremd. 40
+
+ Tassourt. 30
+
+ Aït el Khrodj. 15
+
+ El Kebbaba. 15
+
+ Roudat. 20
+
+ El Bordj. 100
+
+ Tigit. 100
+
+ Zekak. 10
+
+ Igmoden. 30
+
+ Argioun. 50
+
+ Timidert. 300
+
+ Iriṛer. 150
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Tanamrout. } 40 fusils
+ }
+ Sefala. } 200
+ }
+ Arbalou. } 20
+ } Ras Dra.
+ Tiniṛil. } 60
+ }
+ El Ḥara. } 40
+ }
+ Intliten } 30
+
+ Taleouin. 40
+
+ Tafergalt. 60
+
+ Tamnougalt (résidence de Chikh el Mezgîṭi). 100
+
+ Asellim. 40
+
+ Zouaoui (Zaouïa es Sagia ; Mrabṭin Aït 20
+ Sidi Mouloud).
+
+ Asellim Taḥtani. 20
+
+ Zaouïa es Souq. 20
+
+ Qaçba Aït Ạli. 40
+
+ Talmzit. 40
+
+ Ibousas. 30
+
+ Taourirt Ibousas. 10
+
+ Talat Aït Iaḥia. 30
+
+ Zaouïa Mrabṭin Sidi Ech Chergi. 15
+
+ Aït el Qaïd El Ạmer. 20
+
+ Takatert Aït Ikhelf. 30
+
+ Zaouïa Sidi Moḥammed ou Ạbd Allah. 15
+
+ Distances : du Kheneg Tarea à Tizgi comme d’Ourika à Tesaouant.
+
+ De Tizgi à Taṛrout comme d’Ourika à Tesaouant.
+
+ De Taṛrout à Tamnougalt comme d’Ourika à Tesaouant.
+
+ De Tamnougalt à Iṛir Azeggar comme de Tamnougalt à Agdz.
+
+ Iṛir Azeggar fait face à Iriṛer.
+
+ Intliten est à peu près en face de Rebaṭ, un peu plus
+ haut que lui.
+
+De Tizgi à Iriṛer, pas de désert, tout est palmiers.
+
+Les trois premiers qçars de la rive droite et les six premiers de la
+rive gauche portent le nom collectif de Ras Dra, ou Ras Mezgîṭa,
+ou Afella n Asif, ou Afella n Dra.
+
+Le Mezgîṭa est un district indépendant. Sa population,
+exclusivement composée de Draoua (Ḥaraṭîn), est gouvernée
+par un chikh héréditaire. Ce chikh, ou plutôt ce qaïd, car tel
+est le titre qu’il prend, est actuellement Qaïd Ạbd er Raḥman
+ben El Ḥasen ; il réside à Tamnougalt ; il est blanc ainsi que
+ses enfants : ceux-ci sont fils d’une sœur du Zanifi, chikh de
+Tazenakht. Sa famille a le pouvoir suprême dans le Mezgîṭa depuis
+plusieurs siècles ; elle est originaire du Tazarin. Il ne reconnaît
+le sultan que comme autorité spirituelle et, de fait, n’admet point
+sa suprématie. Il lui envoie chaque année un cadeau consistant en
+deux qanṭars de henné et un ou deux chevaux de bât. Il est fort
+riche, a de grandes propriétés et lève un impôt annuel de 55000
+francs ; 50000 francs sont payés par ses sujets musulmans, 5000 par
+les Juifs. Un ordre sévère règne sur son territoire : tout voleur
+est puni de mort : c’est la seule peine qu’il connaisse. Aussi,
+quoique ses États n’aient aucun rapport avec le sultan, dit-on
+qu’ils sont « blad el makhzen », allusion à la sûreté et à
+l’ordre qui y règnent. Le Mezgîṭa, le district d’Aït Zeri et
+le Tinzoulin sont les seuls lieux du Maroc qui, bien qu’indépendants
+du sultan, soient dits « blad el makhzen », façon d’exprimer la
+régularité de leur gouvernement.
+
+En dehors du Mezgîṭa proprement dit, dont nous venons de parler,
+on compte comme en faisant partie les deux petits qçars d’Ourika
+(Iouriken), dans la vallée de l’Ouad Tamtsift.
+
+Il y a à peine 7 ou 8 chevaux dans le Mezgîṭa : le qaïd en
+possède 4.
+
+Le Mezgîṭa a deux marchés : le Ḥad Agdz et le Khemîs Tamnougalt.
+
+Il contient 5 mellaḥs.
+
+
+ =II. — Aït Seddrât.=
+
+
+Le district de l’Aït Seddrât fait suite à celui du Mezgîṭa :
+il se compose des rives de l’Ouad Dra, de la limite du Mezgîṭa
+à celles de l’Aït Zeri et du Tinzoulin. On passe du Mezgîṭa
+dans l’Aït Seddrât sans s’en apercevoir, en marchant toujours à
+l’ombre des palmiers. Voici les qçars dont se compose ce district,
+dans l’ordre où on les rencontre en descendant le fleuve :
+
+ RIVE DROITE :
+
+ Aït Ougzi. 20 fusils.
+
+ Zaouïa Tamkasselt. 40
+
+ Aït Iaïsi. 20
+
+ Tamkasselt el Hara. 40
+
+ Tansikht. 200
+
+ Abernous. 40
+
+ Tanzmout. 40
+
+ El Ḥad. 30
+
+ Aït Ạïssa. 20
+
+ Qaçba Aït Ạrbi. 40
+
+ Irsig. 60
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Iṛir n Azeggar. 30 fusils.
+
+ Aït Ḥammou ou Sạïd. 80
+
+ El Ḥara. 50
+
+ Aït Melekt. 60
+
+ Imjdoudar. 20
+
+ Aït Isḥaq. 80
+
+ Aït Khelfoun. 60
+
+ Aït Ạbd Allah. 50
+
+ Tizi n Isekfan. 30
+
+ Zaouïa Sidi Dris. 10
+
+ Azagour. 50
+
+ Aït Sakt. 20
+
+ Taaqilt. 100
+
+ Distances : d’Iriṛer à Aït Ougzi connue de Tamnougalt à Ouriz.
+
+ Aït Ḥammou ou Sạïd fait face à Aït Ougzi.
+
+ D’Aït Ḥammou ou Sạïd à Taaqilt comme de Tesaouant à
+ Tamnougalt.
+
+ Irsig fait face à Taaqilt.
+
+Les Aït Seddrât sont une nombreuse tribu tamaziṛt, partie
+sédentaire, partie nomade, possédant des qçars et des tentes. Les
+qçars sont sur l’Ouad Dra et l’Ouad Dâdes, les tentes entre
+ces deux cours d’eau, dans le massif du Saṛro. Ils se divisent
+en deux groupes, les Aït Zouli et les Aït Meḥelli. Chacun d’eux
+compte environ 2000 fusils. Voici la décomposition des Aït Seddrât :
+
+ { { Aït Ạli ou Ḥaseïn.
+ { {
+ { { Aït Iidir.
+ { {
+ { Aït Zouli. { Aït Sakt.
+ { {
+ { { Imzdouder.
+ { {
+ Aït Seddrât { { Aït Bou Taḥammart.
+ {
+ { { Aït Isḥaq.
+ { {
+ { { Aït Oudinar.
+ { Aït Meḥelli {
+ { { Aït Ouffi.
+ { {
+ { { Aït Ạrbi.
+
+Les différentes fractions des Aït Seddrât ne vivent pas groupées :
+elles sont disséminées et mélangées entre elles, aussi bien dans
+les qçars du Dra que dans ceux de l’Ouad Dâdes. Voici comment
+la tribu se gouverne : ceux qui sont dans le Dra élisent un chikh
+pour une année ; un an, il est pris parmi les Aït Zouli, un an
+parmi les Aït Meḥelli. Ceux de l’Ouad Dâdes font de même. Les
+nomades se réunissent pour cette élection, qui à ceux du Dra, qui
+à ceux de l’Ouad Dâdes. Ces chikhs nommés pour une année, que
+nous avons vus apparaître la première fois sur l’Ouad Dâdes, sont
+appelés _chikh el ạam_. L’usage des chikh el ạam est spécial,
+dans le Maroc, aux trois tribus des Aït Seddrât, des Imeṛrân et
+des Berâber. Ces derniers, dans toute l’étendue de leur immense
+territoire et dans leurs innombrables subdivisions, ont cette méthode
+uniforme de gouvernement, qui est un de leurs caractères particuliers.
+
+Les Aït Seddrât sont blancs, mais bronzés. Ils sont très braves :
+leur réputation de courage s’étend au loin. Ils ne parlent que
+le tamaziṛt.
+
+Les Aït Seddrât n’ont aucune relation avec le sultan. Ils sont,
+comme toutes les tribus de l’Ouad Dra et comme le pays de Dra,
+entièrement indépendants.
+
+Le district de l’Aït Seddrât est habité par des Draoua et par des
+Aït Seddrât : le gouvernement est entre les mains de ces derniers. Il
+y a environ 30 chevaux dans le district.
+
+Un marché, le Tlâta Tanzmout.
+
+Un mellaḥ.
+
+
+ =III. — Aït Zeri et Tinzoulin.=
+
+
+Au-dessous du district d’Aït Seddrât, lui faisant suite, se
+trouvent : sur la rive droite, le district de l’Aït Zeri, puis celui
+du Tinzoulin, réunis sous l’autorité d’un seul chef, Chikh El
+Ạrabi ben Ọtman ; sur la rive gauche, d’abord deux qçars, l’un
+indépendant, l’autre sous le pouvoir de Chikh ben Ọtman ; puis le
+commencement du grand district du Ternata. Cette portion du Ternata
+qui fait face à l’Aït Zeri et au Tinzoulin a un nom spécial,
+Ras Ternata. Nous en parlerons plus tard en même temps que du Ternata.
+
+En quittant l’Aït Seddrât, on trouve donc sur l’Ouad Dra :
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Ifriouin (zaouïa indépendante habitée par des 30 fusils.
+ marabouts).
+
+ Timesla (soumise à Chikh El Ạrabi ben Ọtman). 150
+
+Puis on entre dans Ras Ternata.
+
+ RIVE DROITE :
+
+ { Qçîba Chikh El Ạrabi ben Ọtman (porte 50 fusils
+ { aussi le nom d’Aït Ọtman).
+ {
+ { Tinegza. 20
+ {
+ { Ouriz Oulad Megeddem. 60
+ Aït Zeri {
+ { Oulad Mousa. 50
+ {
+ { Igdaoun. 150
+ {
+ { Aqebt. 30
+
+ { Oulad Mesạd. 100
+ {
+ { Zaouïa Amadaṛ. 30
+ {
+ { El Ḥara. 10
+ {
+ { Qaçba el Makhzen. 100
+ {
+ { Aït Reḥou. 30
+ {
+ { El Ḥaddan. 40
+ Tinzoulin {
+ { Rebaṭ. 200
+ {
+ { Amerdoul. 30
+ {
+ { Aït el Ḥadj El Ḥasen. 100
+ {
+ { Idderb. 30
+ {
+ { Timskalt. 50
+ {
+ { Zaouïa el Feggouç. 20
+
+ Distances : d’Irsig à Qcîba Chikh El Ạrabi comme de Tamnougalt à
+ Ourika.
+
+ D’Ifriouin à Taaqilt comme d’Ouriz à Tamnougalt.
+
+ De Qcîba Chikh el Ạrabi à Aqebt comme de Tesaouant à
+ Ourika.
+
+ D’Aqebt à Zaouïa el Feggouç comme de Tesaouant à
+ Tamnougalt.
+
+Pas de marché dans l’Aït Zeri. Deux marchés dans le Tinzoulin :
+le tenîn et le khemîs de Rebaṭ.
+
+Un mellaḥ dans l’Aït Zeri, et deux dans le Tinzoulin.
+
+Les Aït Zeri sont une fraction des Oulad Iaḥia, grande tribu
+nomade dont nous parlerons plus loin. Chikh El Ạrabi ben Ọtman
+appartient à cette tribu, à la tête de laquelle est depuis
+longtemps sa famille : les États de Chikh El Ạrabi sont formés
+de tous les Oulad Iaḥia, aussi bien les nomades, ceux du Zgiḍ,
+etc., que ceux qui habitent le Ternata et que les Aït Zeri, puis
+du Tinzoulin et de Timesla. Timesla et le Tinzoulin sont peuplés
+de Draoua, l’Aït Zeri d’Oulad Iaḥia. Chikh ben Ọtman a un
+pouvoir despotique sur ses sujets des bords de l’Ouad Dra, et une
+autorité très limitée sur les autres.
+
+Il y a une trentaine de chevaux parmi les Oulad Iaḥia des bords de
+l’Ouad Dra ; il n’y en a que deux ou trois dans le Tinzoulin.
+
+
+ =IV. — Ternata.=
+
+
+Au-dessous du Tinzoulin, se trouve le district du Ternata : nous avons
+vu que sur la rive gauche il commence plus haut, après Timesla : le
+Ternata se compose donc de deux portions, l’une où il s’étend sur
+les deux rives du Dra, c’est le Ternata proprement dit ; l’autre
+où il n’en occupe que la rive gauche, c’est Ras Ternata. Les
+divers qçars du Ternata sont, en descendant le fleuve à partir
+de Timesla :
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Aït Ạbd Allah ou Mimoun } 200 fusils.
+ }
+ Akhellouf } 300
+ }
+ Bou Nạnạ } 150
+ } Ras Ternata.
+ Zergan } 75
+ }
+ Tiggint } 75
+ }
+ El Douirat } 50
+
+ Imi Ougni. 50
+
+ Aṛlal Fouqani. 30
+
+ Qaçba Foum Tazenakht (appelée aussi Tafroust). 60
+
+ Beni Zouli. 300
+
+ Takhelil. 200
+
+ Tanagamt. 40
+
+ Ḥara el Khoubz. 40
+
+ El Ḥara. 40
+
+ Tinegdid. 40
+
+ Iṛerdaïn. 100
+
+ Asouḥad. 40
+
+ Aderbaz. 40
+
+ Astour. 300
+
+ Bou Zergan. 200
+
+ Tidsi. 60
+
+ Bir Chạt. 80
+
+ Qçar Djedid. 50
+
+ Zaouïa Sidi Ben Nacer. 15
+
+ El Mançouria. 150
+
+ Bou Khelal. 200
+
+ Tamzout. 30
+
+ Tamaziṛt. 80
+
+ Oulad el Ḥadj (2 petits qçars : Qçîba 100
+ Oulad el Ạgid et Qçîba Oulad el Bacha).
+
+ Zaouïa el Qlạa (appelée aussi Zaouïa 40
+ el Ftaḥ).
+
+ RIVE DROITE :
+
+ Afra Oulad es Soulṭân. 150 fusils.
+
+ El Kạba (Oulad Ioub) (2 qçars). 400
+
+ Zaouïa Oulad Ioub. 20
+
+ Taṛzout. 80
+
+ El Meqaṭra (2 qçars). 150
+
+ Melal. 200
+
+ Oulad Ousạ. 300
+
+ Qçîba Oulad Ousạ. 30
+
+ Rebạt el Ḥadjer. 80
+
+ Zaouïa Ạmer ou Ạbd er Raḥman. 100
+
+ Tisergat. 200
+
+ Tiṛzert. 80
+
+ El Kherraza. 60
+
+ Tigit Oulad Chạouf. 200
+
+ Tigit Aït b Oulman. 70
+
+ Arla ou Asif. 50
+
+ Qçîba Sidi Oumbarek. 40
+
+ Qçîba el Mqadra. 50
+
+ Qçîba Berda. 60
+
+ El Ạroumiat. 300
+
+ Asrir Ilemsan (ce qçar est compté du 80
+ Fezouata).
+
+ Iqoubban (zaouïa). 30
+
+ Mehdia. 100
+
+ Tanziṭa (2 qçars, le plus haut habité 200
+ par des cherifs).
+
+ Zaouïa Tanziṭa (porte aussi le nom de 30
+ Zaouïa el Baraka).
+
+ Distances : d’Ifriouin à Beni Zouli 1 fois et demie comme de
+ Tamnougalt à Tesaouant.
+
+ De Beni Zouli à Astour comme de Tamnougalt à Ourika.
+
+ D’Astour à Mançouria comme de Tamnougalt à Ourika.
+
+ De Mançouria à Zaouïa el Qlạa comme de Tamnougalt à Ouriz.
+
+ De Zaouïa el Feggouç à Afra Oulad es Soulṭân comme de
+ Tamnougalt à Agdz.
+
+ D’Afra Oulad es Soulṭân à El Ạroumiat comme de Tamnougalt
+ à Tesaouant.
+
+ D’El Ạroumiat à Zaouïa Tanziṭa comme de Tamnougalt à Agdz.
+
+ Afra Oulad es Soulṭân est immédiatement au-dessous de
+ Zaouïa el Feggouç.
+
+ Bou Nạnạ est en face de Zaouïa el Feggouç.
+
+ Beni Zouli est en face de Melal et d’Oulad Ousạ.
+
+ Tisergat est en face d’Astour.
+
+ Mançouria est en face d’El Ạroumiat.
+
+ Mehdia est en face de Zaouïa el Qlạa.
+
+ Zaouïa el Baraka est en face d’Amzrou (Fezouata).
+
+Le Ternata n’est pas un État compact comme le Mezgîṭa, l’Aït
+Seddrât, l’Aït Zeri et le Tinzoulin. C’est une réunion de qçars
+appartenant à deux tribus différentes, sans qu’aucune autorité
+supérieure, assemblée ou chikh, les unisse jamais. Les habitants du
+Ternata sont : des Draoua, disséminés dans toutes les localités,
+mais n’en possédant aucune, les Roḥa et des Oulad Iaḥia. Ces
+deux dernières tribus se partagent tous les qçars ; voici comment :
+
+Les _Roha_ possèdent : 1o la portion du Ternata située sur la rive
+gauche de l’Ouad Dra (Ras Ternata compris) ; 2o sur la rive droite :
+Afra, El Meqaṭra, et ce qui est au-dessous de Tigit Aït b Oulman,
+ainsi que ce dernier qçar, moins Asrir Ilemsan.
+
+Les _Oulad Iahia_ possèdent le reste de la rive droite.
+
+Enfin, un des qçars du Ternata, Asrir Ilemsan, appartient aux Berâber
+et est compté du Fezouata.
+
+Les Roḥa forment une tribu à part. Ils se disent d’origine arabe
+et ne parlent qu’arabe. Ils n’habitent que des qçars ; les seuls
+qu’ils aient sont ceux du Ternata. Là se trouve massée toute leur
+tribu. Chez eux, point de chikh, point de chef ni héréditaire ni
+temporaire : chaque localité se gouverne à sa fantaisie et a une
+existence politique isolée de celle de ses voisins. Les Roḥa sont
+aussi indépendants que les Berâber eux-mêmes, et ne sont vassaux
+de personne. Ils ont environ 50 chevaux.
+
+Les marchés du Ternata sont : l’Arbạa Akhellouf, le Khemîs Beni
+Zouli, le Ḥad Astour, le Tenîn El Ạroumiat, le Djemạa Tisergat.
+
+Il y a au Ternata 6 mellaḥs.
+
+
+ =V. — Fezouata.=
+
+
+Au district du Ternata succède, immédiatement au-dessous de lui,
+celui du Fezouata, appelé aussi Tagmadart. Le Fezouata comprend les
+deux rives de l’Ouad Dra ; il est limité dans sa partie inférieure
+par le désert d’El Kheneg.
+
+Voici les qçars dont il se compose, dans l’ordre où on les trouve
+en descendant le fleuve :
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Amzrou (debiḥa sur les Imsouffa). 300 fusils.
+
+ Qcîba Aït Aqqo (debiḥa sur les Imsouffa). 20
+
+ Chareṭ (debiḥa sur les Imsouffa). 150
+
+ Aït Kheddou (debiḥa sur les Imsouffa). 40
+
+ Asrir Ignaouen (debiḥa sur les Aït Ạïssa ou Brahim). 70
+
+ Qcîba Ilemsan (debiḥa sur les Ilemsan). 50
+
+ Beni Ọtman (debiḥa sur les Imsouffa). 30
+
+ Arla Oudrar (debiḥa sur les Imsouffa). 500
+
+ Agrour (debiḥa sur les Imsouffa). 50
+
+ Timtig (2 qçars habités par des cherifs (debiḥa sur 80
+ les Imsouffa).
+
+ Beni Khallouf (debiḥa sur les Ignaouen). 150
+
+ Oulad Bou Ious (debiḥa sur les Aït Isfoul). 100
+
+ Tamegrout Aït Ben Nacer (Zaouïa Sidi Ben Nacer ; le 1000
+ chef de la famille et de la zaouïa est aujourd’hui
+ Sidi Moḥammed ou Bou Bekr).
+
+ Sefalat (pas de debiḥa sur les Berâber. Les Sefalat 800
+ sont des Roḥa indépendants).
+
+ Qçâbi Izligen (debiḥa sur les Izligen). 100
+
+ RIVE DROITE :
+
+ Oulad Brahim (debiḥa sur les Aït Isfoul). 300 fusils.
+
+ El Megarba (debiḥa sur les Izakenniouen). 80
+
+ Agni (debiḥa sur les Ignaouen). 60
+
+ Tazrout (debiḥa sur les Aït b ou Iknifen). 100
+
+ Tinfou (debiḥa sur les Izligen). 100
+
+ Zaouïa Sidi Bou Nou. 100
+
+ Distances : d’Amzrou à Tamegrout comme de Tamnougalt à Tesaouant.
+
+ De Timtig à Tamegrout comme de Tamnougalt à Iouriken.
+
+ De Tamegrout à Qçâbi Izligen comme de Tamnougalt à
+ Tesaouant.
+
+ Oulad Brahim est à hauteur de Tamegrout.
+
+On voit qu’entre Amzrou et Tamegrout il n’y a point de qçar
+sur la rive droite. Cependant les deux bords et une partie du lit du
+fleuve ne cessent sur cette étendue d’être couverts de palmiers.
+
+Au Fezouata appartient encore le qçar d’Asrir Ilemsan, situé sur
+le territoire du Ternata.
+
+Fezouata ou Tagmadart est, comme Ternata, le nom d’une région et non
+celui d’une tribu. Ici non plus, ni assemblée ni chikh ne gouverne
+tout le district. Chaque localité vit isolée et s’administre à
+sa guise. Les qçars appartiennent à leurs habitants, qui sont des
+Draoua : chacun est indépendant des autres, et a, séparément,
+sa debiḥa sur une fraction des Berâber. De même que les Draoua
+du nord sont soumis qui aux Aït Seddrât, qui aux Oulad Iaḥia,
+qui aux Roḥa, ceux du Fezouata et des districts situés au sud
+du Fezouata, c’est-à-dire du Qtaoua et d’El Mḥamid, sont
+soumis aux Berâber. Cette sujétion diffère, par ses conditions,
+de celle du nord. Là, les Draoua, enveloppés dans une population
+étrangère souvent plus nombreuse qu’eux, partout mélangés avec
+elle, n’ont aucune part à l’administration et ne sont comptés
+pour rien. A partir d’ici, ils sont les seuls habitants fixes ; mais,
+comme les qçars de Tatta, et bien plus qu’eux, ils sont obligés,
+pour être à l’abri de la puissante tribu nomade qui les entoure,
+d’avoir chacun leur debiḥa sur une de ses fractions. En raison
+de la faiblesse des Draoua et de la puissance de leurs voisins, les
+Aït Atta (l’un des deux grands groupes des Berâber), les charges
+du vasselage sont lourdes pour les trois districts du bas Dra. Nous
+avons indiqué plus haut sur quelle fraction des Aït Atta chaque
+qçar du Fezouata a sa debiḥa.
+
+La population du Fezouata se compose donc d’abord des habitants
+fixes, les Draoua, qui se gouvernent eux-mêmes, chaque qçar
+séparément, comme les gens de Tisint et de Tatta ; puis de Berâber
+de passage : ceux-ci ont dans les qçars des maisons où ils déposent
+leurs provisions, mais où ils n’habitent pas, vivant d’ordinaire
+sous la tente.
+
+Point de chevaux chez les Draoua du Fezouata, ni chez ceux du Qtaoua
+et d’El Mḥamid.
+
+Deux marchés dans le Fezouata : l’Arbạa Amzrou et le Sebt
+Tamegrout.
+
+Un mellaḥ.
+
+Entre Zaouïa el Qlạa et Amzrou, sont les ruines d’une ville
+autrefois la plus peuplée et la plus puissante du Dra, Zegoura.
+
+Tamegrout est le siège d’une des plus grandes zaouïas du
+Maroc. C’est l’une des cinq dont l’influence politique aussi
+bien que religieuse s’étend au loin et peut acquérir par les
+circonstances une importance énorme : ces cinq zaouïas sont : celle
+d’Ouazzân (Moulei Ạbd es Selam), celle de Bou el Djạd (Sidi Ben
+Daoud), celle du Metṛara (Chikh Moḥammed el Ạrabi el Derkaoui),
+celle de Tamegrout (Sidi Moḥammed ou Bou Bekr), celle du Tazeroualt
+(Sidi El Ḥoseïn). En ce moment, l’influence des quatre premières
+est surtout religieuse, celle de la cinquième surtout politique. Le
+pouvoir de Sidi Ben Nacer est immense dans toute la vallée de
+l’Ouad Dra, dans celle du Sous, dans celles des ouads Dâdes et
+Idermi ; il s’étend jusqu’à Tatta et Agadir Iṛir à l’ouest,
+jusqu’à moitié chemin du Tafilelt à l’est. Cette zone, qui
+comprend une grande partie de la tribu des Berâber, presque tout
+le groupe des Aït Atta, est entièrement à sa dévotion. On vient
+en pèlerinage à Tamegrout de bien plus loin encore, de Mogador,
+du Sahel, du Tafilelt : le nom de Sidi Moḥammed ou Bou Bekr est
+connu et vénéré dans tout le Maroc. Le sultan marque en toute
+occasion le plus grand respect pour ce saint.
+
+
+ =VI. — Qtaoua.=
+
+
+En sortant du Fezouata, l’Ouad Dra entre dans un désert appelé
+_El Kheneg_ : plus de cultures, plus de palmiers, ni dans son
+lit ni sur ses bords : le désert est absolu ; mais il n’est
+pas long. La longueur en est égale à deux fois la distance de
+Tamnougalt à Ourika. C’est à l’extrémité de ce désert que
+le fleuve traverse le Bani : il perce la chaîne au kheneg appelé
+Foum Taqqat. Cette trouée par laquelle l’Ouad Dra débouche dans
+le Sahara proprement dit, au sud de la digue si étrange du Bani,
+a une grande célébrité chez les Berâber. Ils la regardent comme
+le lieu de leur origine première, comme leur berceau commun, et y
+font chaque année des pèlerinages et des sacrifices. Après avoir
+passé Foum Taqqat, on arrive bientôt au district du Qtaoua.
+
+Le Qtaoua, qu’on appelle aussi _El Azrar_, est borné au nord par le
+petit désert d’El Kheneg et au sud par celui de Bou Selman. Il se
+compose des qçars suivants, situés sur les bords de l’Ouad Dra :
+voici leur énumération, en descendant le fleuve :
+
+ RIVE DROITE :
+
+ Beni Semgin (debiḥa sur les Ignaouen). 100 fusils
+
+ Qçâbi Oulad Bou Ḥerira (debiḥa sur les Ignaouen). 40
+
+ Regba (debiḥa sur les Ignaouen). 60
+
+ Insrad (debiḥa sur les Ignaouen). 1000
+
+ Beni Ḥaïoun (debiḥa sur les Ignaouen). 600
+
+ Qaçba er Remla (debiḥa sur les Ilemsan). 50
+
+ Ikhchouan (debiḥa sur les Ilemsan). 200
+
+ Beni Henaït (debiḥa sur les Aït b ou Iknifen). 200
+
+ Zaouïa Sidi Çaleḥ.
+
+ Beni Sbiḥ (debiḥa sur les Aït b ou Iknifen). 400
+
+ Aït Rebạ (debiḥa sur les Ignaouen). 80
+
+ Zaouïa Sidi Ạbd el Ạli.
+
+ Zaouïa el Berrania.
+
+ Distances : de Qçâbi Izligen à Beni Semgin comme de Tamnougalt à
+ Tesaouant.
+
+ De Beni Semgin à Insrad comme de Tamnougalt à Ouriz.
+
+ D’Insrad à Beni Ḥaïoun comme de Tamnougalt à Takatert.
+
+ De Beni Ḥaïoun à Beni Sbiḥ comme de Tamnougalt à Ouriz.
+
+ De Beni Sbiḥ à Zaouïa el Berrania comme de Tamnougalt à
+ Ouriz.
+
+La population du Qtaoua est la même et se trouve dans les
+mêmes conditions que celle du Fezouata. Elle se compose de Draoua
+(Ḥaraṭîn) se gouvernant à leur fantaisie dans leurs murs, mais
+tributaires des Berâber : un certain nombre de ces derniers habitent
+parmi eux, à titre d’étrangers ; ils ont des maisons dans les
+qçars, y vivent une partie de l’année, et l’autre errent sous
+la tente. En dehors des Draoua et des Berâber, il y a une troisième
+classe de personnes : celle des cherifs et des marabouts : ils sont,
+comme presque partout, indépendants.
+
+Il existe trois très grands qçars dans le Qtaoua : Insrad, Beni
+Ḥaïoun et Beni Sbiḥ.
+
+Insrad est remarquable par l’instruction et la piété de sa
+population : presque tous les hommes sont ṭalebs ou ḥadjs. Le qçar
+est administré par un chikh : le chikh actuel s’appelle Er Rijel ;
+c’est un Draoui des plus noirs. Insrad n’a qu’une seule porte ;
+quiconque pénètre dans la ville y dépose ses armes en entrant.
+
+Beni Ḥaïoun est gouverné par son chikh, El Bechra ould
+Mellouk. C’est l’homme le plus puissant du Qtaoua. Il a sous son
+autorité plusieurs autres qçars : Beni Henaït, Ikhchouan, Qaçba
+er Remla, Zaouïa Sidi Çaleḥ. Beni Ḥaïoun, sa résidence, forme
+ainsi la capitale d’une petite confédération : c’est pourquoi
+on donne parfois à ce qçar le nom d’El Qtaoua. Chikh El Bechra
+est, comme ses voisins, vassal des Berâber. Il est célèbre par
+ses richesses et son luxe ; il possède un immense jardin où sont
+enfermés des mouflons, des gazelles, des autruches et d’autres
+animaux du désert. Outre ses marchés hebdomadaires, Beni Ḥaïoun
+a un marché permanent au milieu du qçar.
+
+Beni Sbiḥ est un grand qçar, rival de Beni Ḥaïoun et souvent en
+guerre avec lui ; il a pour chikh un Draoui, Chikh El Ạziz. Beni
+Sbiḥ possède six mosquées et un marché permanent. L’enceinte
+du qçar n’a que deux portes.
+
+Les marchés du Qtaoua sont, outre les marchés permanents
+mentionnés : le ḥad et le khemîs de Beni Ḥaïoun, le ḥad et
+le khemîs de Beni Sbiḥ.
+
+Deux mellaḥs, l’un à Beni Ḥaïoun, l’autre à Beni Sbiḥ.
+
+
+ =VII. — El Mhamid.=
+
+
+El Mḥamid, ou, comme on l’appelle pour le distinguer d’autres
+lieux du même nom, Mḥamid el Ṛozlân, est le dernier district
+du pays de Dra. Entre le Qtaoua et lui se trouve un court désert,
+Khela Bou Selman. Le fleuve le traverse, les rives stériles. Il
+en sort pour entrer dans El Mḥamid, où ses bords se couvrent de
+nouveau de palmiers et de qçars ; voici les noms de ces derniers,
+dans l’ordre où on les rencontre en descendant le fleuve :
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Oulad Dris (debiḥa sur les Aït Bou Daoud). 400 fusils.
+
+ Bou Nou (debiḥa sur les Aït Ạlouan). 80
+
+ Tleḥa (debiḥa sur les Aït Bou Daoud). 100
+
+ El Mḥarza (debiḥa sur les Ignaouen). 50
+
+ Qcîba Aït Ạïssa ou Brahim (Aït Ạïssa ou Brahim). 100
+
+ Oulad Ḥamed (debiḥa sur les Ignaouen). 300
+
+ El Beṭḥa (debiḥa sur les Aït Bou Daoud). 80
+
+ Cendouga (debiḥa sur les Ignaouen). 40
+
+ Oulad Mhiia (debiḥa sur les Aït Ạlouan). 200
+
+ Qcîba Chiadma (pas de debiḥa. Les Chiadma sont 200
+ Arabes et indépendants).
+
+ Qcîba Sidi Zaoui (debiḥa sur les Aït Ạlouan). 100
+
+ Distances : de Zaouïa el Berrania à El Beṭḥa comme de Tamnougalt à
+ Tesaouant.
+
+ D’El Beṭḥa à Oulad Ḥamed 600 mètres.
+
+ D’Oulad Ḥamed à Cendouga comme de Tamnougalt à Takatert.
+
+ De Cendouga à Qcîba Chiadma 800 mètres.
+
+ D’Oulad Ḥamed à Oulad Dris comme de Tamnougalt à Ouriz.
+
+ D’Oulad Dris à El Beṭḥa comme de Tamnougalt à Ouriz.
+
+ D’Oulad Mhiia à Cendouga 800 mètres.
+
+La population d’El Mḥamid est semblable à celle du Qtaoua et du
+Fezouata et se trouve dans les mêmes conditions : Draoua tributaires
+des Berâber, possédant les qçars, et se gouvernant dans chacun
+d’eux isolément et à leur guise ; Berâber de passage ; cherifs
+indépendants.
+
+Point d’autre marché que le marché permanent d’Oulad Ḥamed.
+
+Un mellaḥ.
+
+Au sortir d’El Mḥamid, l’Ouad Dra s’enfonce dans le désert :
+il y reste jusqu’à l’Océan.
+
+
+ =VIII. — Affluents de l’Ouad Dra.=
+
+
+Voici les noms de quelques-uns des affluents de l’Ouad Dra, entre
+le Kheneg Tarea et El Mḥamid. Affluents de la rive droite :
+
+_Ouad Imider._ — Il a son confluent au-dessus de Rebaṭ
+(Mezgîṭa). Il ne traverse que le désert.
+
+_Ouad Tamtsift._ — Il a son confluent au-dessus d’Ouriz. Il arrose
+successivement la qoubba de Tarourt, Tasla Aït Brahim, Aït Semgan
+(appelé aussi Amenrirka), Tesaouant, Ourika. A Ourika, se jette sur
+sa rive gauche un ruisseau prenant sa source à Aïnach, zaouïa avec
+dattiers et cultures située à quelque distance dans la montagne.
+
+_Ouad Agni Ouremd._ — Il a son confluent au-dessus d’Aremd ;
+il ne traverse que le désert.
+
+_Ouad Bou Lougeïn._ — Il a son confluent à Argioun. Cette localité
+est à égale distance de Tamnougalt et d’Ourika.
+
+_Ouad Alemt._ — Il a son confluent au-dessus de Tamkasselt ; il
+ne traverse que le désert : c’est un cours d’eau d’une assez
+grande longueur.
+
+_Ouad Tansikht._ — Il a son confluent au-dessus d’Aït Oussiḥi ;
+c’est un cours d’eau assez long, mais ne traversant que le désert.
+
+_Ouad Alemta._ — Il a son confluent au-dessus de Rebaṭ Aït
+Mimoun ; il ne traverse que le désert, bien qu’assez long. Alemta
+est le nom d’une montagne d’où descendent plusieurs rivières.
+
+_Ouad Tasminert._ — Il a son confluent entre Aqebt et Oulad
+Mesạd. Il vient du Khela Tasminert et demeure pendant tout son
+cours dans le désert.
+
+_Ouad. . . . ._ — Il a son confluent au-dessus de Zaouïa Amadaṛ ;
+il ne traverse que le désert.
+
+_Ouad Mhit._ — Il a son confluent au-dessus de Timskalt. Il ne
+traverse que le désert.
+
+_Ouad. . . . . ._ — Il a son confluent sous Zaouïa el Feggouç. Il
+ne traverse que le désert.
+
+_Ouad Nfid._ — Il a son confluent sous Qaçba el Kạba. Il ne
+traverse que le désert.
+
+_Ouad El Betha el Beïda._ — Il a son confluent au-dessus de
+Taṛzout. Il ne traverse que le désert.
+
+_Ouad Grenzar._ — Il a son confluent au-dessus d’El Meqaṭra. Il
+ne traverse que le désert.
+
+_Ouad Abd Allah._ — Il a son confluent au-dessus de Rebaṭ el
+Ḥadjer. Il ne traverse que le désert.
+
+_Ouad Mergou._ — Il a son confluent au-dessus d’El Ạroumiat. Il
+ne traverse que le désert.
+
+_Ouad el Feïja._ — Il a son confluent au-dessous de Zaouïa el
+Baraka : c’est un cours d’eau long, mais désert.
+
+_Ouad el Miet._ — Il a son confluent au-dessous d’Oulad Brahim. Il
+ne traverse que le désert.
+
+_Ouad Zerri._ — Il a son confluent au-dessus d’Anagam. Il ne
+traverse que le désert.
+
+Affluents de la rive gauche :
+
+_Ouad Idili._ — Il a son confluent au-dessous de Tiniṛil. Il
+prend sa source dans le Saṛro : le cours en est désert.
+
+_Ouad Tara Melloul_. — Il a son confluent au-dessous de Taleouin. Le
+cours en est désert.
+
+_Ouad Abdi._ — Il a son confluent au-dessus de Talat : il ne
+traverse que le désert. Il prend sa source dans le Djebel Kisan et
+n’est qu’un ravin très court : au contraire, les cours d’eau
+précédents sont longs.
+
+_Ouad Aït Aïssa ou Daoud._ — Il a son confluent au-dessous d’Aït
+Khelfoun ; il ne traverse que le désert.
+
+_Ouad Tangarfa._ — Il a son confluent au-dessous d’Aït Khelfoun :
+il ne traverse que le désert, et se jette au-dessous du cours
+d’eau précédent.
+
+_Ouad Ousreït._ — Il a son confluent au-dessous d’Abernous ;
+il ne traverse que le désert.
+
+_Ouad Tamellalt._ — Il a son confluent au-dessous de Zaouïa Sidi
+Dris ; il ne traverse que le désert.
+
+_Ouad. . . . . ._ — Il a son confluent entre Taaqilt et Ifriouin ;
+il ne traverse que le désert.
+
+_Ouad. . . . . ._ — Il a son confluent entre Ifriouin et Timesla ;
+il ne traverse que le désert.
+
+_Chaba Moulei Iaqob._ Il — a son confluent au-dessus d’Aït Ạbd
+Allah ou Mimoun ; il ne traverse que désert.
+
+_Chaba Moulei Bou Fers._ — Il a son confluent au-dessus
+d’Akhellouf ; il ne traverse que le désert.
+
+_Chaba. . . . . . . ._ — Il a son confluent au-dessus d’El
+Douirat. Il ne traverse que le désert. Ce cours d’eau, ainsi que
+les quatre précédents, prend sa source dans le Khela Bou Zeroual.
+
+_Chaba. . . . . . . ._ — Il a son confluent sous Tafroust ; il ne
+traverse que le désert. On appelle Tazenakht l’endroit où il se
+jette dans le fleuve.
+
+_Ouad el Miet._ — Il a son confluent sous Bou Zergan : c’est une
+rivière longue ; elle ne traverse que le désert.
+
+_Ouad el Farer._ — Il a son confluent entre Zegoura et Zaouïa el
+Ftaḥ. Il prend sa source à Foum Tenia Tafilelt. Il ne traverse
+que le désert.
+
+La plupart des rivières que nous venons d’énumérer sont presque
+toujours à sec.
+
+
+ 3o. — BASSIN INFÉRIEUR DU DRA.
+
+
+L’Ouad Dra, des derniers palmiers d’El Mḥamid à l’Océan,
+coule dans le désert. Sur sa rive droite, c’est une plaine
+ondulée s’étendant jusqu’au Bani, plaine rayée par endroit
+de collines basses, et partout telle que nous l’avons vue au sud
+de Tintazart. Sur la rive gauche, on trouve, après avoir gravi
+un talus, une plaine semblable à celle de droite : sol ondulé,
+avec de petits cours d’eau, et de la végétation au printemps. On
+appelle ces deux plaines les _Feïja_. La dernière a, en moyenne,
+une journée de marche en profondeur ; un nouveau talus, visible de
+Tatta, la borne au sud. Si l’on monte sur ce talus, on trouve le
+ḥamada, vaste plateau où rien ne borne plus l’horizon : sol plat,
+dur et pierreux, sans eau ni végétation. Le ḥamada s’étend au
+loin vers le sud : c’est le commencement du grand désert.
+
+Si les bords du fleuve ne sont pas habités, les trois déserts qui
+l’entourent servent de terrains de parcours à diverses tribus
+nomades ; ce sont :
+
+Les _Tajakant_, tribu religieuse, dont tous les membres sont
+marabouts. Elle est établie dans le ḥamada, au sud des Ida ou Blal
+et des Aït ou Mrîbeṭ ; elle a des tentes, et un qçar, Tindouf.
+
+Les _Arib_, tribu nomade possédant un qçar, Zạïr, et des tentes :
+leurs campements s’étendent parfois fort loin, dans le ḥamada
+à l’est des Tajakant, dans la Feïja méridionale en face des
+Berâber, et dans le désert compris entre le sud du Tafilelt et le
+sud du Dra : d’ordinaire ils sont massés au sud du Debạïa. Cette
+tribu, jadis considérable, est déchue aujourd’hui de son antique
+puissance. Les Ạrib se disent Arabes : ils sont blancs de peau et
+ne parlent que l’arabe.
+
+Les _Berâber_, ou du moins certaines parcelles d’entre eux, surtout
+des portions des Aït Ạlouan (les Aït Ạlouan font partie des
+Aït Atta) ; ils campent dans la Feïja septentrionale, en face de la
+région occupée par les Ạrib ; ils ont pour limites : au nord le
+Bani, à l’est et au sud l’Ouad Dra, à l’ouest les Ida ou Blal.
+
+Les _Ida ou Blal_ ; ils occupent les deux Feïja, celle de la rive
+gauche comme celle de la rive droite, entre les Ạrib et les Berâber
+à l’est et les Aït ou Mrîbeṭ à l’ouest.
+
+Les _Aït ou Mrîbet_ ; ils occupent aussi les deux Feïja, entre
+les Ida ou Blal d’une part, et de l’autre des tribus du Sahel
+sur lesquelles je n’ai pu recueillir de renseignements.
+
+Au milieu de ces tribus nomades, on ne trouve que cinq qçars,
+isolés dans le désert ; ce sont :
+
+_Tindouf_, sur le ḥamada, au sud de l’Ouad Dra. Ce qçar, de
+fondation récente, appartient aux Tajakant. Il est important comme
+centre religieux et plus encore comme point de départ et d’arrivée
+de caravanes annuelles du Soudan.
+
+_Zaïr_, sur la rive gauche du Dra, à quelque distance de son lit. Ce
+qçar a été construit, il y a peu d’années, par les Ạrib. La
+population, appartenant toute à cette tribu, en est d’environ 500
+fusils. Il est arrosé par des sources et possède quelques plantations
+de dattiers. Sa distance au lit du Dra est celle de Tamnougalt à
+Ouriz ; sa distance au qçar le plus méridional d’El Mḥamid est
+celle de Tesaouant à Ouriz.
+
+_Qçar Khsa_, situé sur la rive droite du Dra, à 3 ou 4 heures
+de son lit. Il appartient aux Khsa, fraction des Oulad Iaḥia ;
+la population en est d’environ 400 fusils ; il est arrosé par un
+canal qui lui apporte l’eau du Dra ; point de dattiers. Sa distance
+à Zạïr est deux fois celle de Tamnougalt à Ourika ; sa distance
+à l’Ouad Dra est à peu près la même.
+
+_El Mhazel_, sur la rive droite du Dra, à une certaine distance
+de son lit. C’est un grand qçar de 400 feux habité par les Aït
+Sidi Ạbd en Nebi, marabouts descendant du saint de ce nom, dont la
+qoubba est dans le qçar : la zaouïa est importante. El Mḥazel est
+arrosée par des sources ; point de dattiers. Elle est au sud-ouest
+de Qçar Khsa, à une distance qui est une fois et un tiers celle de
+Tesaouant à Tamnougalt.
+
+_Mrimima_, où nous avons séjourné.
+
+A côté de ces tribus nomades et de ces quelques qçars, se trouvent
+deux petits groupes de marabouts vivant côte à côte sous la tente,
+en des lieux invariables, au nord du Debạïa : avec eux finit la
+liste des populations qui occupent les déserts du Dra inférieur. Ces
+deux groupes sont :
+
+_Oulad Sidi Amer_, marabouts campant à quelque distance au nord du
+Debạïa, dans les collines de Soussia.
+
+_Mrabtin Hamirin_, marabouts campant non loin des précédents,
+dans les mêmes collines de Soussia.
+
+Ainsi que nous l’avons dit en parlant des mạders, l’Ouad Dra est
+presque toujours à sec dans son cours inférieur : certaines années
+seulement, ses eaux dépassent El Mḥamid et s’écoulent jusqu’à
+la mer ; encore cette crue ne dure-t-elle que quelques jours. En dehors
+de ces rares périodes, il n’a point d’eau, sauf le peu que lui
+apportent en temps de pluie ses principaux affluents. Son lit est, dans
+cette portion, presque partout sablonneux : ce fond, lorsqu’il est
+arrosé, devient très fertile : il produit une végétation abondante
+et, si on l’ensemence, de superbes récoltes. Ces parties cultivables
+du Dra sont, d’abord, le Debạïa ; puis, plus bas, différents
+tronçons portant le nom de mạder. Le Debạïa et les mạders
+sont seuls labourables dans le Dra inférieur : le reste est stérile.
+
+Le _DEBAIA_. — Le Debạïa est une plaine de sable, longue de
+2 jours de marche et large de 1 jour 1/2. L’Ouad Dra passe au
+milieu, la traversant dans sa longueur. Une partie de cette plaine
+se cultive chaque année : les tribus voisines s’en sont partagé
+les terres ; tous les automnes, elles viennent y passer deux ou
+trois semaines, arrosent au moyen de canaux dérivés du Dra, et
+labourent ce qu’elles peuvent. Si l’année est pluvieuse et la
+crue forte, les eaux du fleuve couvrent tout le Debạïa durant
+plusieurs jours : sinon, les canaux seuls s’emplissent : enfin,
+s’il a fait très sec, l’eau manque entièrement et la semence
+est perdue. Les tribus qui cultivent dans le Debạïa sont : les
+Ạrib, les Aït Ạlouan (Aït Atta), les Khsa (Oulad Iaḥia),
+les Oulad Chaouf (Oulad Iaḥia), les Nesasda (Oulad Iaḥia), les
+Aït Ạbd en Nebi, les Oulad Sidi Ạmer, les Mrabṭîn Ḥamirin.
+
+Le Debạïa a son extrémité orientale à hauteur de Zạïr.
+
+Les _MADER_. — Il y a une grande différence entre le Debạïa
+et les mạders : le premier est une plaine traversée par le Dra,
+les seconds sont le lit même du fleuve ; l’un est arrosé par
+les eaux propres du Dra, les autres ne le sont habituellement que
+par celles de ses affluents ; le Dra forme celui-là, les rivières
+qui s’y jettent produisent ceux-ci. Le Debạïa est situé de
+telle façon qu’il reçoit tout l’excédant des eaux du Dra. Les
+mạders sont chacun au confluent d’un tributaire du fleuve et se
+fertilisent du surplus de leurs eaux. Point de cours d’eau important
+se jetant dans le Dra qui n’y forme un mạder ; point de mạder
+qui ait une origine différente. Plus la rivière est forte, plus la
+portion arrosée est considérable, plus le mạder est grand. Ces
+différents mạders sont séparés entre eux et du Debạïa par des
+portions stériles ; parfois, dans les grands mạders, les cultures
+sont entrecoupées de courts tronçons impropres au labourage.
+
+Nous n’avons plus à décrire les mạders, auxquels nous avons fait
+une visite racontée plus haut : les eaux du haut Dra, arrêtées au
+Debạïa, y viennent rarement : on ne compte point sur elles pour la
+récolte, la terre s’arrosant assez par l’eau qu’y déversent
+les rivières qui les forment. On y cultive de l’orge, un peu de
+blé et du maïs. Ce dernier devient d’une taille prodigieuse :
+les tiges en sont, dit-on, plus hautes qu’un cavalier monté ;
+les épis en ont près d’une coudée de long. Les années 1878,
+1879, 1880, on a cultivé les mạders ; on ne l’a point fait en
+1881 ni en 1882 : on n’ensemence que quand des nuages apparaissent
+en automne, donnant l’espoir d’un hiver pluvieux, non qu’on
+ait besoin de pluie dans les mạders mêmes, mais il faut qu’il
+en tombe dans la montagne pour remplir les rivières qui les arrosent.
+
+Il y a six mạders : le Mạder Ida ou Blal, le Mạder Tatta,
+le Mạder Aqqa, le Mạder Tizgi, le Mạder Icht, le Mạder Imi
+Ougadir ; ces mạders sont séparés entre eux par des portions
+stériles plus ou moins longues. Le premier est arrosé par les
+ouads Zgiḍ et Kheneg eṭ Ṭeurfa, les cinq derniers par les
+rivières qui leur ont donné à chacun leur nom. Les Ida ou Blal et
+les habitants de Tisint labourent le Mạder Ida ou Blal ; les Ida ou
+Blal, les gens de Tatta et les Aït ou Mrîbeṭ, le Mạder Tatta ;
+les Aït ou Mrîbeṭ et les gens d’Aqqa, le Mạder Aqqa ; les Aït
+ou Mrîbeṭ et les gens des oasis voisines, les trois derniers. Dans
+le Mạder Ida ou Blal, le terrain est imprégné de sel ; l’eau,
+quand il y en a, est salée ; si l’on creuse des puits, c’est
+de l’eau salée qu’on trouve. Le meilleur des six mạders,
+comme terrain, est le Mạder Aqqa ; le plus vaste de beaucoup est
+le Mạder Ida ou Blal. Ce dernier se divise en plusieurs portions
+ayant des noms distincts et séparées entre elles par de courts
+espaces stériles : voici ces portions dans l’ordre où elles se
+présentent lorsqu’on descend le fleuve :
+
+ Zbar[114]
+ } entre eux est un espace stérile long comme la
+ } distance de Tisint à Aqqa Iṛen.
+ Zouaïa
+ } entre eux est un espace stérile long comme la
+ } distance de Tisint à Aqqa Igiren.
+ Bou Ḥalg
+ } entre eux est un espace stérile long comme la
+ } distance de Tisint à Trit.
+ Tingaï
+ } entre eux est un espace stérile long comme la
+ } distance de Tisint à Trit.
+ Steïla
+ } entre eux est un espace stérile long comme la
+ } distance de Qaçba el Djouạ à Trit.
+ Djemạ
+ } entre eux est un espace stérile long comme la
+ } distance de Qaçba el Djouạ à Tisint.
+ Bel Lebḥan
+ } entre eux est un espace stérile long comme la
+ } distance de Qaçba el Djouạ à Trit.
+ Bou Ṛioul
+ } entre eux est un espace stérile long comme la
+ } distance de Tisint à Aqqa Aït Sidi.
+ Chelkha Djedeïd
+ } id.
+ Rist Djedeïd
+ } id.
+ Bou Arbạïn
+ } id.
+ Ḥedeb Bou Naïla
+ } id.
+ Khrouf
+ } id.
+ Bou Ạbd Allah
+ } id.
+ Ta Bou Ạbd Allah
+ } id.
+ Ṭiba Maṛnia
+ } id.
+ Qçar Chạïr
+ } id.
+ Lebdia
+
+ Distances : de Zbar à Tingaï comme de Tintazart à Qaçba el Djouạ.
+
+ de Tingaï à Rist Djedeïd comme de Tintazart à Aqqa Igiren.
+
+ de Rist Djedeïd à Lebdia comme de Tintazart à Qoubba Sidi
+ El Ḥoseïn.
+
+ de Tisint à Tingaï comme de Tisint à Kheouïa.
+
+ de Tisint à Zbar comme de Tisint à Kheouïa.
+
+Quant au Mạder Tatta, il est d’une pièce et n’est coupé
+d’aucune place stérile : la longueur en est égale à la distance
+de Qaçba el Djouạ à Tisint. Il est séparé de Lebdia, dernier
+point du Mạder Ida ou Blal, par un désert : il faut, pour parcourir
+ce dernier, le même temps que pour aller de Tisint à Aqqa Igiren.
+
+=AFFLUENTS.= — D’El Mḥamid au Sahel, l’Ouad Dra reçoit
+successivement un grand nombre d’affluents dont les principaux sont
+les suivants :
+
+Affluents de la rive droite :
+
+_Ouad Hamsaïlikh._
+
+_Ouad Zgid_, s’y jetant à Tingaï (Mạder Ida ou Blal).
+
+_Ouad Bou Tamat_, s’y jetant à Tingaï (Mạder Ida ou Blal).
+
+_Ouad Henina_, s’y jetant à Rist Djedeïd (Mạder Ida ou Blal).
+
+_Ouad el Qcib_, s’y jetant à Rist Djedeïd (Mạder Ida ou Blal).
+
+_Ouad Kheneg et Teurfa_, s’y jetant à Bou Arbạïn (Mạder Ida
+ou Blal).
+
+_Ouad Bent en Nas_, s’y jetant à Khrouf (Mạder Ida ou Blal).
+
+_Ouad Tatta_, s’y jetant à Areg Souir (Mạder Tatta).
+
+_Ouad Meskaou_, s’y jetant à Souekh (Mạder Tatta).
+
+_Ouad Aqqa_, s’y jetant à Qoubba Sidi Ạmara (Mạder Aqqa).
+
+_Ouad Tizgi el Haratîn_, s’y jetant à Mạder Tizgi.
+
+_Ouad Icht_, s’y jetant à Mạder Icht.
+
+_Ouad Imi Ougadir_, s’y jetant à Mạder Imi Ougadir.
+
+Affluent de la rive gauche :
+
+_Ouad Tangarfa_, s’y jetant à Bel Lebḥan (Mạder Ida ou Blal) :
+cette rivière prend sa source dans le ḥamada : sur ses bords,
+déserts aujourd’hui, on voit les ruines d’un qçar depuis
+longtemps abandonné ; une légende prétend que les habitants en
+ont été chassés par les moustiques. Pas d’eau dans l’ouad,
+mais des puits d’eau douce en son lit.
+
+Nous allons étudier séparément les divers cours d’eau tributaires
+de droite du Dra.
+
+
+ =I. — Ouad Hamsaïlikh.=
+
+
+Ce n’est qu’un ruisseau, prenant sa source entre le Djebel
+Hamsaïlikh et le Djebel Mḥeïjiba et se jetant dans l’Ouad Dra
+un peu plus haut que l’Ouad Zgiḍ. Il ne coule que dans le désert.
+
+
+ =II. — Ouad Zgid.=
+
+
+L’Ouad Zgiḍ est formé de deux rivières, l’Ouad Aṛlal et
+l’Ouad El Qabia : il ne prend son nom qu’à partir du confluent
+de ces deux cours d’eau, confluent situé un peu en amont du qçar
+de Smira. Il se jette dans l’Ouad Dra au Mạder Ida ou Blal, à
+Tingaï. Nous étudierons séparément l’Ouad Aṛlal, l’Ouad El
+Qabia et l’Ouad Zgiḍ.
+
+1o _OUAD ARLAL_. — Il porte aussi, dans son cours supérieur, le
+nom d’Ouad El Gloạ. Il prend sa source dans le Petit Atlas et
+coule d’abord dans une vallée étroite, resserrée dans les flancs
+de cette chaîne. Il y arrose successivement les qçars suivants,
+qui appartiennent aux Oulad Iaḥia et forment la région appelée
+El Kheneg : ce sont, en descendant :
+
+ Bou er Rebiạ 40 fusils.
+
+ El Merjạ 50 —
+
+ Oulad Ḥammou
+
+ Oulad Ạḍim
+
+ El Geddara
+
+ El Gloạ 200 fusils.
+
+(C’est jusqu’ici que l’Ouad Aṛlal porte souvent le nom d’Ouad
+El Gloạ ; au-dessous, on ne l’appelle qu’Ouad Aṛlal.)
+
+ Asemlil Qedîm
+
+ Asemlil Djedid
+
+ Assaka 30 fusils.
+
+ Agenf 30 —
+
+ Tagemt 30 —
+
+ Aṛlal 60 —
+
+A Aṛlal, l’Ouad Aṛlal sort du Petit Atlas et entre dans la
+Feïja : cette Feïja est le prolongement de celle que nous avons
+traversée avant d’arriver à Tanziḍa, vaste étendue plate et
+sablonneuse, déserte, bornée au nord par les premières pentes du
+Petit Atlas, au sud par le Bani. La rivière y coule dans le désert
+jusqu’auprès de Smira, où elle s’unit à l’Ouad el Qabia.
+
+Sur tous les cours d’eau du bassin de l’Ouad Zgiḍ, sans
+exception, on trouve des dattiers à chaque point habité : pas
+un village, pas un qçar, si petit qu’il soit, qui n’ait ses
+plantations de palmiers. Ces rivières sont aussi les mêmes en ce
+qui concerne leurs eaux : elles en ont aux lieux habités et rarement
+ailleurs.
+
+ Distances : de Smira à Aṛlal comme de Mrimima à Agadir Tisint.
+
+ de Smira à El Gloạ comme de Tazenakht à Iṛels.
+
+2o _OUAD EL QABIA_. — Il porte aussi les noms d’Ouad Ouinjgal et
+d’Ouad Alougoum. Il prend sa source dans le désert de Tarouni. Ce
+désert a une longueur d’une journée de marche : il commence à
+Tazenakht et finit à Ouinjgal ; le sol en est rocheux et pierreux,
+sans aucune végétation. La vallée de l’ouad est d’abord
+encaissée entre les pentes du Petit Atlas et étroite : on trouve
+successivement sur son cours, en le descendant, les qçars suivants :
+
+Ouinjgal, Ouagginekht, Taouinekht (2 qçars), Zaouïa Sidi Blal,
+Tagergint, Amazzer, Aït Ạïssa, Aït Mrabeṭ, Talat, Tastift, Foum
+el Ouad, Talilt, Aït Ṭaleb, Tiṛremt (Aït Ṭaleb et Tiṛremt
+ont ensemble 200 fusils).
+
+Les premiers qçars, jusqu’à Foum el Ouad inclus, forment le
+territoire des Aït ou Ḥamidi ; les trois derniers forment celui
+d’Alougoum ; tous ensemble sont ce qu’on appelle le pays de
+Qabia. La population d’El Qabia, après avoir été longtemps
+alliée aux Oulad Iaḥia, s’est mise de sa propre volonté
+sous l’autorité du Zanifi ; cette région est donc regardée
+aujourd’hui comme faisant partie des États de ce dernier.
+
+A Tiṛremt, l’Ouad El Qabia sort du Petit Atlas et entre dans
+la Feïja : il y demeure, dans le désert, jusqu’au point où il
+s’unit à l’Ouad Aṛlal.
+
+D’Ouinjgal à Tiṛremt, les bords de l’ouad sont garnis de
+cultures, d’habitations et de dattiers formant une bande continue
+qui s’interrompt en un seul endroit, entre Taouinekht et Zaouïa Sidi
+Blal. Entre ces points, les deux rives sont stériles et inhabitées :
+c’est un désert d’une heure de longueur.
+
+Pas de marché dans le Qabia.
+
+ Distances : de Tazenakht à Ouinjgal 1 jour.
+
+ d’Ouinjgal à Tastift 1/2 jour.
+
+ de Tastift à Tiṛremt 1 heure
+ 1/2.
+
+ d’El Mḥamid à El Qabia comme de Tisint à
+ Mrimima
+
+ d’Oulad Djerrar à El Qabia (par Smira) 1 jour.
+
+ d’El Mḥamid à l’Alougoum (en coupant au court 1/2 jour.
+ par la Feïja)
+
+3o =OUAD ZGID.= — Il coule d’abord dans la Feïja. A hauteur du
+confluent dont il résulte se trouvent trois petits qçars entourés
+chacun de nombreux palmiers, massés en un seul groupe, à 4 ou 5
+kilomètres de distance de son lit, sur sa rive gauche : ce sont,
+en descendant :
+
+ Oulad Meraḥ 70 fusils.
+
+ El Kheouïa
+
+ Nkheïla 150 fusils.
+
+Ces trois qçars appartiennent aux Oulad Iaḥia (fraction des Oulad
+Ḥellal).
+
+A quelques pas au-dessous du confluent où il prend naissance, l’Ouad
+Zgiḍ entre dans l’oasis de Zgiḍ : il y arrose successivement
+les qçars suivants :
+
+ Smira rive 70 fusils.
+ gauche
+
+ Oulad Ḥammou rive
+ gauche
+
+ Oulad Ḥamida rive
+ gauche
+
+ Oulad Djemạ rive
+ gauche
+
+ El Mḥaroug rive 20 fusils.
+ gauche
+
+ Oulad Bou rive
+ Qdir gauche
+
+ El Ṛouanem rive
+ gauche
+
+ Amzou rive 50 fusils.
+ gauche
+
+ El Mḥamid rive 150 —
+ droite
+
+ Agroud rive
+ gauche
+
+ Tamzaourout rive 30 fusils.
+ droite
+
+ Amzaourou rive 30 —
+ droite
+
+ Aqqa rive
+ droite
+
+ Bou Delal rive 30 fusils.
+ gauche
+
+ Mḥinch rive 400 —
+ droite
+
+ Bou Gir rive 40 —
+ gauche
+
+ Oulad Belqas rive
+ droite
+
+ Oulad Djerrar rive
+ gauche
+
+ Tabia en }
+ Nkheïla }
+ } compris sous le nom de rive 150 fusils.
+ } Tabia n Boro gauche
+ Tabia Djedida }
+
+Ces qçars sont échelonnés dans la Feïja au bord même de l’ouad ;
+de Smira à Tabia en Nkheïla, les rives de celui-ci sont, sans
+interruption, bordées de dattiers. L’oasis de Zgiḍ ne comprend
+pas d’autres qçars que ceux qui viennent d’être mentionnés :
+elle appartient à deux fractions des Oulad Iaḥia, les Oulad Ḥellal
+possédant tout ce qui est sur la rive gauche, l’Ahel El Mḥamid
+possédant tout ce qui est sur la rive droite. L’oasis de Zgiḍ se
+trouve, comme celles de Tisint, de Tatta, d’Aqqa, au pied du Bani,
+auprès d’un kheneg par où s’écoule la rivière qui l’arrose ;
+mais, au lieu d’être au sud du Bani comme Tisint et Aqqa, elle
+est au nord comme Tanziḍa, comme une partie de Tatta. Pas un seul
+qçar du Zgiḍ n’est au sud de la chaîne.
+
+Un marché dans le Zgiḍ, le tenîn de Smira.
+
+Immédiatement au-dessous de Tabia en Nkheïla, la Feïja finit,
+et l’Ouad Zgiḍ traverse le Bani au kheneg dit Foum Zgiḍ. De
+là, il entre dans une vaste plaine déserte où il coule jusqu’au
+village isolé de Mrimima. De ce point à son confluent avec le Dra,
+à Tingaï, son cours se continue dans la même plaine, aussi unie
+et aussi déserte qu’auparavant ; à l’approche de l’Ouad Dra,
+elle prend le nom de Ṭerf eḍ Ḍel et devient sablonneuse :
+dans cette partie, les eaux de l’Ouad Zgiḍ la fertilisent et
+elle produit de belles moissons. Cette plaine de Ṭerf eḍ Ḍel
+est analogue à celle de Medelles, que nous avons visitée, et est,
+comme elle, séparée du lit du Dra par un mince bourrelet rocheux.
+
+ Distances : de Mrimima à Oulad Djerrar. 1 jour.
+
+ de Tisint à Tabia n Boro (par la Feïja) 3/4 de jour.
+
+ de Tabia n Boro à Mḥinch 3/4 d’heure.
+
+ de Mḥinch à El Mḥamid 1/2 heure.
+
+ d’El Mḥamid à Tabia en Nkheïla 3 heures.
+
+Il y a deux mellaḥs dans le bassin de l’Ouad Zgiḍ ; l’un dans
+le Zgiḍ, l’autre dans l’Alougoum.
+
+=AFFLUENTS.= — L’Ouad Zgiḍ a trois affluents principaux, tous
+sur sa rive droite ; ce sont : l’Ouad Tlit, s’y jetant à El
+Mḥamid ; l’Ouad el Feïja, s’y jetant aussi à El Mḥamid,
+quelques pas plus bas ; l’Ouad Tisint, s’y jetant à environ 2
+kilomètres au-dessous de Mrimima.
+
+OUAD TLIT. — L’Ouad Tlit prend sa source dans le Khela Ikis,
+désert montagneux, rocheux, sans végétation : sa vallée, enfermée
+entre les pentes du Petit Atlas, est d’abord fort étroite : il y
+arrose successivement les qçars suivants :
+
+Amdzgin, Tafrouqt (Zaouïa Sidi Merri), Argemmi, Tagadirt, Taourirt n
+Ouzenag, Seroub (marabouts), Qioud, Taourirt n Tilles, Agred, Imi n
+Tlit, Aoufelgach.
+
+Ces qçars, avec ceux que nous mentionnerons plus loin sur
+l’Ouad Temgissin, forment tout le territoire du Tlit. Il est sous
+l’autorité du Zenâgi, à l’exception d’Argemmi, de Tagadirt
+et d’Aoufelgach qui se sont rangés sous celle du Zanifi.
+
+A Aoufelgach, l’Ouad Tlit sort de la montagne et entre dans la
+Feïja : il y coule dans le désert jusqu’à son confluent avec
+l’Ouad Zgiḍ, à El Mḥamid.
+
+Point de marché dans le Tlit. Une zaouïa importante, celle de
+Sidi Merri, à Tafrouqt : là se trouve le tombeau de ce saint ;
+il est très vénéré : c’est tout ce qui reste de Sidi Merri ;
+il n’existe plus de descendant de lui dans la zaouïa.
+
+ Distances : de Temdaouzgez au désert d’Ikis (à travers le 3 heures.
+ désert d’Ifenouan)
+
+ longueur du désert d’Ikis 3 heures.
+
+ de Temdaouzgez au Tlit 1/2 jour.
+
+ d’Amdzgin à Imi n Tlit 3 heures.
+
+ d’Imi n Tlit à Aoufelgach 1 heure.
+
+ d’Aoufelgach à El Mḥamid 1/2 jour.
+
+AFFLUENTS. — L’Ouad Tlit a un affluent, l’Ouad Temgissin,
+se jetant sur sa rive droite à Imi n Tlit.
+
+=Ouad Temgissin.= — Il coule entre les pentes du Petit Atlas. Dans
+son cours inférieur, il arrose successivement les trois qçars que
+voici ; ils font partie du Tlit :
+
+Temgissin, Aït Maouas, Imaraten.
+
+Le premier reconnaît l’autorité du Zanifi ; le dernier, celui de
+l’Azdifi ; quant à Aït Maouas, c’est un qçar de marabouts :
+il est indépendant.
+
+ Distance : d’Imi n Tlit à Temgissin 3 heures.
+
+OUAD EL FEIJA. — Il prend sa source dans la Feïja, entre Tanziḍa
+et Zgiḍ. Un seul point habité sur son cours, le qçar d’Erḥal.
+
+OUAD TISINT. — Cette rivière, aussi importante que l’Ouad Zgiḍ
+lui-même, fera l’objet d’un article spécial.
+
+=REMARQUE SUR LA TRIBU DES OULAD IAHIA.= — La vaste région
+comprise entre le Bani au sud, le Dra à l’est, les abords du
+Ouarzazât au nord, les Aït Tigdi Ouchchen, les Aït Ạmer, les
+Zenâga, les Ida ou Blal à l’ouest, forme le territoire des
+Oulad Iaḥia : on voit que presque tout le bassin de l’Ouad
+Zgiḍ y est renfermé. Les Oulad Iaḥia sont une nombreuse et
+puissante tribu de nomades, habitant la plupart sous la tente,
+mais ayant aussi un certain nombre de qçars : ces qçars sont,
+les uns dans le bassin de l’Ouad Zgiḍ, les autres plus au nord,
+sur de petits affluents du Dra, enfin un certain nombre sur le Dra
+(Aït Zeri, Ternata). Ils se disent de race arabe. Leur langue est
+l’arabe, mais beaucoup d’entre eux savent le tamaziṛt. Ils sont
+très blancs de peau ; leur type ressemble à celui des Ida ou Blal ;
+leurs femmes sont d’une beauté remarquable. Dans leurs vêtements,
+ils se rapprochent plutôt des Chellaḥa que des Ida ou Blal : moins
+de khent, moins de bernous blancs que ces derniers : des khenîfs,
+des bernous gris et bruns, des haïks rayés de diverses couleurs. Les
+femmes ont le costume qu’on porte à Tisint et chez les Ida ou Blal.
+
+Les Oulad Iaḥia réunis forment environ 3000 à 3500 fusils. Ils
+sont sous le commandement d’un chikh unique, Chikh El Ạrabi ben
+Ọtman, dont la famille exerce depuis un temps immémorial le pouvoir
+suprême sur toute la tribu. Chikh Ben Ọtman réside sur les bords
+du Dra dans le qçar appelé indifféremment Qcîba Chikh El Ạrabi,
+ou Aït Ọtman (Aït Zeri). Chikh El Ạrabi est indépendant et
+n’a aucune relation avec le sultan. Son pouvoir est très efficace
+sur des rives du Dra : il va s’affaiblissant à mesure qu’on
+s’éloigne d’elles. Le chikh est en ce moment en paix avec
+ses voisins ; c’est une exception : il est presque toujours en
+guerre avec eux, surtout avec le Zanifi et le Mezgîṭi. Chikh El
+Ạrabi a sous son autorité non seulement tous les Oulad Iaḥia,
+mais encore le district du Tinzoulin et le grand qçar de Timesla,
+peuplés l’un et l’autre de Draoua.
+
+Trois centres religieux ont une grande influence sur les Oulad
+Iaḥia : ce sont les zaouïas de Mrimima (Zaouïa Sidi Ạbd Allah
+Oumbarek), de Tamegrout (Zaouïa Sidi Ben Nacer) et de Bou Mousi
+(Sidi Ạli ou Ạbd er Raḥman). Les marabouts de Bou Mousi sont
+ceux qu’ils vénèrent d’une façon spéciale, ceux auxquels ils
+remettent chaque année leur principale redevance religieuse.
+
+Les Oulad Iaḥia se décomposent en :
+
+Oulad Bechiḥ (habitant l’Ouad Dra : les Aït Zeri en sont une
+fraction) ;
+
+El Kạba (qçars dans le Tinzoulin et désert) ;
+
+Oulad Kerzab (qçar de Melal dans le Ternata et désert) ;
+
+Nesasda (Rebaṭ el Ḥadjer, Qaçba Ạli ou Mousa, Cheradna dans
+le Ternata et désert) ;
+
+Oulad Chaouf (Tignit dans le Ternata et désert) ;
+
+Khsa (Tansiṭa Fouqania, Qçar Khsa et désert) ;
+
+Oulad Ạïssa (qçars de l’Ouad El Gloạ et autres, et désert) ;
+
+Kerazba Tleuḥ (Iliṛ, El Kheouïa, Ansig et désert) ;
+
+Nesoula (désert entre Tisint et Zgiḍ) ;
+
+Oulad Ḥellal (Zgiḍ et désert) ;
+
+Ahel El Mḥamid (Zgiḍ et désert) ;
+
+Aït Ḥammou (qçars d’Ouzdiin, de Tesaouant, d’El Feggara
+et désert).
+
+=ITINÉRAIRES.= — 1o DE MRIMIMA AU TINZOULIN. — De Mrimima
+à Zgiḍ ; de Zgiḍ à Aït Ṭaleb (Alougoum), en passant par
+Smira ; puis Aṛlal, Agenf, Assaka, Asemlil, El Gloạ, El Merjạ,
+Bou er Rebiạ. De là on gagne Ijdouin[115] (zaouïa ; 60 feux),
+Aïnach (zaouïa ; 30 feux), El Feggara (qçar des Aït Ḥammou ;
+400 fusils) ; enfin on arrive au Tinzoulin. On met en général 4
+jours 1/2 pour faire ce chemin.
+
+2o DE MRIMIMA A AIT OTMAN. — De Mrimima à Oulad Djerrar, 1 jour ;
+d’Oulad Djerrar à El Qabia (en passant par Smira), 1 jour ; d’El
+Qabia à Asemlil, 1 jour ; d’Asemlil à El Feggara, 1 jour ; d’El
+Feggara à Aït Ọtman, 1 grande demi-journée. On met donc, par ce
+chemin, qui est à peu près le même que le précédent, 4 jours 1/2 :
+c’est calculé à raison d’une marche de vitesse moyenne.
+
+3o DE TAZENAKHT AU TLIT. — De Tazenakht, on gagne Temdaouzgez sur
+l’Ouad Azgemerzi. On passe sur la rive droite de cette rivière
+et on s’engage dans le désert d’Ifenouan, portion de la plaine
+des Zenâga, sol terreux où on laboure les années pluvieuses ; du
+Khela Ifenouan, on entre dans le Khela Ikis, en gravissant le talus
+rocheux qui limite la plaine des Zenâga. Le Khela Ikis est un désert
+pierreux, montagneux ; terrain difficile, point de végétation. On y
+marche jusqu’à Amdzgin, qçar le plus haut du Tlit. — On compte
+une 1/2 journée de marche de Temdaouzgez à Amdzgin, la moitié de
+la route s’effectuant dans le désert d’Ifenouan, l’autre dans
+celui d’Ikis.
+
+4o DISTANCES DE MRIMIMA AU DRA. — En marchant bien, on va de Mrimima
+à Mḥamid el Ṛozlân en 2 jours 1/2, et de Mrimima à Qcîba Chikh
+Ben Ọtman (par le Zgiḍ) en 3 jours 1/2. De Mḥamid el Ṛozlân
+à Qcîba Chikh Ben Ọtman, on compte deux fortes journées.
+
+
+ =III. — Ouad Tisint.=
+
+
+L’Ouad Tisint est un cours d’eau résultant de la jonction de
+trois rivières qui s’unissent au pied du Bani, à la porte du
+kheneg de Tisint. Ces trois rivières sont : 1o l’Ouad Tanziḍa,
+2o l’Ouad Aginan, qui se joint au premier auprès d’un groupe de
+palmiers appelé Tamjerjt, à 700 mètres en amont d’Aqqa Aït Sidi,
+3o l’Ouad Qaçba el Djouạ s’unissant aux deux précédents peu
+au-dessous de leur confluent, à Aqqa Aït Sidi.
+
+Nous allons étudier séparément ces trois cours d’eau ; puis nous
+passerons à l’Ouad Tisint.
+
+1o _OUAD TANZIDA_. — Cette rivière prend sa source dans la Feïja
+et n’a d’autre localité sur son cours que le qçar de Tanziḍa.
+
+L’Ouad Tanziḍa, ainsi que tous les cours d’eau du bassin de
+l’Ouad Tisint, n’a d’eau qu’aux approches des lieux habités.
+
+=AFFLUENTS.= — Il reçoit quatre affluents : l’un sur sa rive
+droite : c’est l’Ouad Agni, s’y jetant à Tanziḍa ; les trois
+autres sur sa rive gauche : ce sont les ouads Asengar, Agmour, Adres.
+
+OUAD AGNI. — Il prend sa source au Tizi Agni et baigne le village
+d’Agni ; celui-ci est le seul point habité de son cours.
+
+OUAD ASENGAR. — OUAD AGMOUR. — OUAD ADRES. — Ces trois rivières
+se jettent dans l’Ouad Tanziḍa dans l’ordre où nous les nommons,
+la première en amont, la dernière en aval, la seconde entre les
+deux autres. Les cours en ont très peu de longueur. Elles descendent
+toutes trois du Bani, et ont chacune sur leurs rives un qçar du même
+nom qu’elles, avec des plantations de palmiers : ces trois qçars
+sont des zaouïas ; ils sont indépendants et en dehors de toute tribu.
+
+ Distances : de Tanziḍa à Adres comme de Tisint à Qaçba el Djouạ.
+
+ d’Adres à Agmour comme de Tisint à Qaçba el Djouạ.
+
+ d’Agmour à Asengar comme de Tisint à Qaçba el Djouạ.
+
+2o _OUAD AGINAN_. — Il prend sa source dans le désert de
+Tasṛirt. Puis il entre dans la tribu d’Ounzin : il y arrose
+successivement les qçars suivants :
+
+Tamdrart (célèbre pour ses poteries ; on l’appelle aussi, à
+cause de cela, Qçar el Qdour).
+
+Igerda, Taltgmout el Ḥaraṭîn, Lemdint.
+
+Jusqu’ici il n’y avait pas de palmiers : au-dessous de Lemdint,
+il y en a en tous les lieux habités de la rivière :
+
+Aseṛrar, Iṛil.
+
+L’ouad sort après Iṛil de la tribu d’Ounzin et passe dans le
+district d’Aginan, où il arrose :
+
+Doutourirt, Iferd Aginan (appelée aussi Fiirir), Azegza.
+
+Ces trois qçars forment tout l’Aginan. Au-dessous d’eux, la
+rivière entre dans la tribu des Aït Bou Iaḥia ; elle en arrose
+deux des qçars, Kiriout, Timzourit.
+
+Puis elle coule dans le désert et y reste jusqu’au point où elle
+s’unit à l’Ouad Tanziḍa.
+
+Le territoire des Aït Bou Iaḥia se compose des deux qçars
+mentionnés et de quelques autres que nous énumérerons plus loin :
+celui du district d’Aginan ne comprend que les trois qui viennent
+d’être cités : celui de l’Ounzin en contient un grand nombre
+d’autres qui seront l’objet d’une mention spéciale : ces
+trois territoires ont pour population des Imaziṛen sédentaires,
+mélange de Ḥaraṭîn et de Chellaḥa, les derniers dominant :
+la langue y est le tamaziṛt. Les Aït Bou Iaḥia, l’Aginan et
+l’Ounzin sont tous vassaux des Ida ou Blal.
+
+ Distances : de Tisint aux Aït Bou Iaḥia comme de Tisint à Aqqa
+ Izenqad.
+
+ des Aït Bou Iaḥia à l’Aginan comme de Tisint à Aqqa Aït
+ Sidi.
+
+ de l’Aginan à Aseṛrar comme de Tisint à Trit.
+
+ d’Aseṛrar à Lemdint comme de Trit à Qaçba el Djouạ.
+
+ de Lemdint à Igerda comme de Tisint à Aqqa Aït Sidi.
+
+ d’Igerda à Tamdrart comme de Tisint à Trit.
+
+=AFFLUENT.= — L’Ouad Aginan reçoit un affluent, l’Ouad Ignan
+n Ikis, se jetant sur sa rive gauche à quelque distance au-dessous
+de Timzourit.
+
+OUAD IGNAN N IKIS. — Il prend sa source au Tizi n Haroun, dans le
+désert, sur le territoire des Zenâga. Il arrose en descendant trois
+qçars qui forment le reste du territoire des Aït Bou Iaḥia ;
+ce sont :
+
+Ikis, Atrs n Ouafil, Tamessoult (Zaouïa Sidi Ạbd er Raḥman).
+
+Il y a des palmiers en chacun de ces trois endroits, seuls lieux
+habités de la rivière.
+
+ Distance : d’Atrs n Ouafil à l’Aginan 1/2 journée.
+
+3o _OUAD QAÇBA EL DJOUA_. — Il prend sa source dans le défilé
+qui se trouve entre le massif des Koudia Bou Tizen et le Bani ;
+il arrose trois qçars :
+
+Qaçba el Djouạ, Trit, Aqqa Aït Sidi.
+
+=AFFLUENTS.= — L’Ouad Qaçba el Djouạ reçoit trois affluents,
+tous sur sa rive gauche ; ce sont : l’Ouad Anbed Tesatift, s’y
+jetant à quelque distance au-dessus de Qaçba el Djouạ ; l’Ouad
+Ṭriq Targant, s’y jetant à Qaçba el Djouạ ; l’Ouad Aqqa
+Iṛen, s’y jetant à Trit.
+
+OUAD ANBED TESATIFT. — Il prend sa source au col appelé Kheneg
+Tesatift et coule sans cesse dans le désert.
+
+OUAD TRIQ TARGANT. — Il prend sa source à un col situé entre son
+bassin et celui de l’Ouad Targant ; le cours en est désert.
+
+OUAD AQQA IREN. — Il prend sa source dans le Khela Tasṛirt. Il
+arrose ensuite un groupe de deux qçars faisant partie de la tribu
+d’Ounzin : ce groupe de deux qçars s’appelle Aït Mançour.
+
+Après Aït Mançour, il sort du territoire des Ounzin et entre dans
+le désert, où il demeure jusqu’à Aqqa Iṛen.
+
+D’Aqqa Iṛen, le cours, traversant la Feïja, est de nouveau
+désert jusqu’à Trit.
+
+A Trit, Aqqa Iṛen, Aït Mançour, il y a des dattiers.
+
+Toutes les tribus ou fractions cantonnées sur cette rivière sont
+vassales des Ida ou Blal.
+
+ Distances : de Trit à Aqqa Iṛen comme de Tisint à Qaçba el Djouạ.
+
+ d’Aqqa Iṛen à Aït Mançour comme de Tisint à Kheneg
+ Tesatift.
+
+4o =OUAD TISINT.= — Nous connaissons déjà le cours de l’Ouad
+Tisint qui, commençant à Aqqa Aït Sidi, traverse aussitôt après
+le kheneg appelé Foum Tisint, puis arrose l’oasis de Tisint ; des
+5 qçars de celle-ci, un seul, Agadir, est sur ses rives mêmes. En
+sortant des palmiers de Tisint, la rivière entre dans le désert et y
+reste jusqu’au moment où elle se jette dans l’Ouad Zgiḍ. Auprès
+de son confluent, dans le voisinage de Mrimima, l’aspect en est
+le suivant : 150 mètres de largeur ; lit de galets et de sable ; au
+milieu est une bande verte, large de 50 mètres, tamarix et gazon :
+là serpente d’habitude un peu d’eau : au mois de janvier 1884,
+la nappe avait 10 mètres de large et 20 centimètres de profondeur ;
+de plus, en divers endroits, se trouvaient des ṛedirs : berges en
+pente douce de 3 à 4 mètres de haut.
+
+Il n’y a point d’Israélites dans le bassin de l’Ouad Tisint.
+
+=REMARQUE SUR LA TRIBU D’OUNZIN.= — La tribu d’Ounzin, qu’on
+appelle aussi quelquefois Iounzioun, compte environ 1,200 feux :
+ils sont répartis en un grand nombre de villages situés sur les
+deux versants du Petit Atlas. Ces villages sont :
+
+Sur le versant sud, ceux que nous avons énumérés sur les cours des
+ouads Aginan et Aqqa Iṛen, et un, Tisfrioui, sur l’Ouad Targant.
+
+Sur le versant nord (bassin du Sous) :
+
+Tamda Aïtbir, El Ạïn Ounzin (appelé aussi Imi el Ạïn),
+Iṛanim, El Ḥouaïdj Imersi (2 qçars), Imoula (grand qçar),
+Anisi (ou Inisi), Agouidir, Anamer, Ioulioul, Ould Faṭma Ḥammou,
+Tamellakout, Tamjerjt, Agerd n Oulili, Aït Ḥamed, Taïfst.
+
+Nous avons énuméré ces qçars en commençant par les plus
+septentrionaux et en finissant par les méridionaux. Aucune rivière
+ne les arrose ; ils ne sont alimentés que par des sources.
+
+Pas de marché dans l’Ounzin : les habitants vont à l’Arbạa
+Ammeïn et au Ḥad Imtaoun.
+
+Point de Juifs.
+
+Cette tribu se trouve sur la route menant des Zagmouzen à Tisint. Elle
+est limitée au nord par les Seketâna, au sud par l’Aginan et les
+Aït Bou Iaḥia.
+
+=ITINÉRAIRES.= — 1o DES ZAGMOUZEN A L’AGINAN. — On va
+d’abord au ḥad des Seketâna : de là, on gagne le territoire des
+Imadiden. Des Imadiden on entre dans le désert de Talaṛt Imadid,
+long d’une heure de marche ; puis on passe dans la tribu d’Ounzin
+à Tamda : de Tamda, on va à El Ạïn. Entre El Ạïn et l’Ouad
+Aginan s’étend le désert de Tasṛirt, long d’une journée :
+on le traverse. En en sortant, on aboutit à Taltgmout, qçar des
+Ounzin sur l’Ouad Aginan : on descend ce cours d’eau jusqu’à
+l’Aginan.
+
+2o DE L’AGINAN A TAMDA AITBIR (OUNZIN). — On remonte l’Ouad
+Aginan jusqu’à Tamdrart. Puis on le laisse et on gravit le flanc
+droit de sa vallée : après une forte montée, on parvient à un
+plateau, Areg Igni n Imerraden. C’est un désert. On le parcourt
+et on passe dans un autre appelé Tougdin, puis dans un troisième du
+nom de Taznout. Ces trois déserts font partie du Khela Tasṛirt. A
+l’extrémité du dernier se trouve le qçar d’El Ạïn Ounzin :
+de là, on gagne Tamda. Point de rivière depuis l’Ouad Aginan. El
+Ạïn est dans le bassin du Sous.
+
+3o DE TISINT A TINFAT. — De Tisint, on va rejoindre l’Ouad
+Aginan et on le remonte jusqu’à Tamdrart. De là, on gagne le qçar
+d’Argoummi, puis celui d’Iṛri, puis un groupe de plusieurs qçars
+appelé Tinfat ; Argoummi, Iṛri et Tinfat font partie de la fraction
+d’Imskal de la tribu des Seketâna. Ils sont dans le bassin du Sous.
+
+ Distances : de Tamdrart à Argoummi comme de Tisint à Kheneg Tesatift.
+
+ d’Argoummi à Iṛri comme de Tisint à Qaçba el Djouạ.
+
+ d’Iṛri à Tinfat comme de Tisint à Trit.
+
+4o DE TISINT A TAZOULI. — On va à Aqqa Iṛen : de là, on remonte
+l’Ouad Aqqa Iṛen jusqu’à Aït Mançour. On quitte la rivière
+et on gagne successivement les qçars suivants : Taïfst, Inisi, Imi
+el Ạïn, Tamda, Madida (groupe de plusieurs qçars), Ifri Madida,
+Imtaoun (groupe de 4 qçars) et Tazouli (groupe de 7 qçars) : tous
+sont dans le bassin de l’Ouad Sous ; tous, sauf ceux de Tazouli,
+ne sont arrosés que par des sources : depuis Aït Mançour, on ne
+rencontre aucun cours d’eau sur le chemin jusqu’à Tazouli :
+là on trouve une rivière, l’Ouad Tazouli, venant du pays des
+Zenâga et se jetant dans l’Ouad Aït Semmeg.
+
+Taïfst, Inisi, Imi el Ạïn, Tamda font partie de la tribu
+d’Ounzin. Madida et Ifri Madida font partie de la fraction des
+Imadiden, de la tribu des Seketâna. Toutes ces localités, jusqu’à
+Tazouli, sont tributaires des Ida ou Blal.
+
+ Distances : d’Aït Mançour à Taïfst comme de Tisint à Qaçba el Djouạ.
+
+ de Taïfst à Inisi comme de Tisint à Trit.
+
+ d’Inisi à Imi el Ạïn comme de Tisint à Aqqa Iṛen.
+
+ d’Imi el Ạïn à Tamda comme de Tisint à Aqqa Aït Sidi.
+
+ de Tamda à Madida comme de Trit à Aqqa Aït Sidi.
+
+ de Madida à Ifri Madida comme de Tisint à Aqqa Aït Sidi.
+
+ d’Ifri Madida à Imtaoun comme de Tisint à Trit.
+
+ d’Imtaoun à Tazouli comme de Tisint à Qaçba el Djouạ.
+
+
+ =IV. — Ouads Bou Tamat, Henina, el Qcib, Kheneg et Teurfa, Bent
+ en Nas.=
+
+
+1o _OUAD BOU TAMAT_. — Il prend naissance à l’ouest de Tisint,
+sur le versant sud du Bani : près de sa source, il passe à Qoubba
+Sidi Ạli ou Ạzza, mausolée entouré de palmiers : un cherif,
+gardien du sanctuaire, habite seul ce lieu. De là, l’Ouad Bou
+Ṭamat va se jeter dans le Dra à Tingaï.
+
+ Distance : de Sidi Ạli ou Ạzza à Agadir Tisint comme d’Agadir
+ Tisint à Trit.
+
+2o _OUAD HENINA_. — La source en est à l’ouest de celle de
+l’Ouad Bou Ṭamat, sur les pentes méridionales du Bani. Le cours en
+est parallèle à celui de l’Ouad Bou Ṭamat, mais ne traverse que
+le désert. L’Ouad Ḥenina se jette dans le Dra à Rist Djedeïd.
+
+Aux environs de leurs sources, les ouads Ḥenina et Bou Ṭamat sont
+éloignés comme Tisint l’est de Trit.
+
+3o _OUAD EL QCIB_. — Il prend naissance sur le versant sud du
+Bani, à l’ouest de l’Ouad Ḥenina. Entre les sources de ces
+deux rivières se trouve la distance d’Agadir Tisint à Aqqa Aït
+Sidi. L’Ouad el Qcib a son cours désert et se jette dans le Dra
+à Rist Djedeïd.
+
+4o _OUAD KHENEG ET TEURFA_. — Il est formé de trois cours d’eau
+se réunissant à la porte du Kheneg eṭ Ṭeurfa ; ce sont :
+l’Ouad Aqqa Izen, l’Ouad Tesatift et l’Ouad Aqqa Igiren. Nous
+étudierons séparément ces trois rivières, puis nous passerons à
+l’Ouad Kheneg eṭ Ṭeurfa :
+
+OUAD AQQA IZEN. — Cours d’eau sans importance ne traversant que
+le désert. Il prend sa source au Kheneg Aqqa Izen.
+
+OUAD TESATIFT. — Cours d’eau sans importance, sans cesse dans le
+désert. Il sort du Kheneg Tesatift.
+
+OUAD AQQA IGIREN. — Cette rivière ne porte en général ce nom
+qu’entre Aqqa Igiren et le Kheneg eṭ Ṭeurfa ; au-dessus, dans
+tout son cours supérieur, on l’appelle Ouad Targant. Elle prend
+sa source aux crêtes du Petit Atlas et arrose en descendant les
+qçars de Tisfrioui, Tisenna s Amin, Targant, Aqqa Igiren (groupe de
+deux qçars).
+
+Toutes ces localités sont entourées de dattiers. La première
+compte comme faisant partie de l’Ounzin ; Tisenna s Amin, Targant,
+Aqqa Igiren sont isolées. Dans trois de ces lieux, la population est
+la même, mélange de Ḥaraṭîn et de Chellaḥa vassaux des Ida
+ou Blal. A Targant seule il n’en est pas ainsi : ce point, habité
+par des marabouts, est indépendant : Targant n’est d’ailleurs
+qu’un petit qçar, fort misérable.
+
+L’Ouad Aqqa Igiren, comme tous ceux qui prennent leur source sur
+le versant sud du Petit Atlas, est partout à sec, si ce n’est aux
+points habités.
+
+ Distance : d’Aqqa Igiren à Targant 4 heures.
+
+AFFLUENTS. — L’Ouad Aqqa Igiren ou Ouad Targant reçoit entre
+Tisenna s Amin et Targant, sur sa rive droite, un affluent important,
+l’Ouad Sidi Moḥammed ou Iạqob.
+
+=Ouad Sidi Mohammed ou Iaqob.= — On l’appelle aussi Ouad Iliṛ :
+prenant sa source à la crête du Petit Atlas, non loin du col
+d’Azrar, il traverse d’abord, en descendant, les déserts où
+campent les Aït Jellal ; puis il arrose les qçars suivants :
+
+Sidi Moḥammed ou Iạqob (zaouïa), Fedoukkes, Reken, Iliṛ.
+
+Les deux derniers sont entourés de dattiers ; les premiers n’en
+ont point. Ces divers qçars sont isolés les uns des autres. Sidi
+Moḥammed ou Iạqob se trouve sur la rive gauche de l’ouad :
+c’est une zaouïa qu’habitent les descendants de Sidi Moḥammed
+ou Iạqob ; le tombeau de ce saint se trouve là. Les marabouts
+sont au nombre d’environ 80 ; on vient les visiter de fort loin. Ce
+point est un lieu de pèlerinage fréquenté par les gens de Tisint,
+de Tatta et d’Aqqa, et par les Zenâga.
+
+ Distances : de Toug er Riḥ à Iliṛ comme de Toug er Riḥ à Foum Asgig.
+
+ d’Iliṛ à Reken comme de Tisint à Trit.
+
+ de Reken à Fedoukkes comme 2 fois de Tisint à Aqqa Aït
+ Sidi.
+
+ de Fedoukkes à S. Moḥammed ou Iạqob comme de Tisint à
+ Aqqa Iṛen.
+
+=OUAD KHENEG ET TEURFA.= — Il passe, après sa sortie du Kheneg
+eṭ Ṭeurfa à El Meḥagen (bas coteaux) ; puis à Ạïn Delal
+(bouquets de palmiers, sans habitations) ; à Ạïn Chebar (source) ;
+ensuite il entre dans la plaine semée de gommiers d’El Kheroua,
+à l’extrémité de laquelle il traverse le Kheneg el Gerzim :
+il descend de là à Gerzima (plaine de sable avec du sebt), puis
+arrose la plaine de Medelles et enfin se jette dans le Dra, dans la
+portion du Mạder Ida ou Blal appelée Bou Arbạïn.
+
+AFFLUENTS. — L’Ouad Kheneg eṭ Ṭeurfa a trois principaux
+affluents, deux sur sa rive droite et un sur sa rive gauche. Les
+premiers sont l’Ouad Toufasour, s’y jetant au Kheneg el Gerzim,
+et l’Ouad Asgig, s’y jetant au point même où il finit, à Bou
+Arbạïn. Celui de gauche est l’Ouad Djedari, s’y jetant au sud
+du Gelob, au pied de ce mont.
+
+=Ouad Toufasour.= — Il prend sa source dans l’areg, au sud du Bani,
+à Aoumasin (bouquets de palmiers sans habitations), puis passe à
+Toufasour (quelques palmiers sans maisons) ; de là, il entre dans
+la plaine d’El Kheroua, où il se jette, au Kheneg el Gerzim,
+dans l’Ouad Kheneg eṭ Ṭeurfa. Le cours en est désert.
+
+=Affluent.= — L’Ouad Toufasour reçoit un affluent, l’Ouad
+Mezarreb, se jetant sur sa rive gauche dans la plaine d’El Kheroua.
+
+_Ouad Mezarreb_. — Il prend sa source aux collines d’El Mezarreb,
+au sud du Bani ; le cours en est désert.
+
+=Ouad Asgig.= — Il prend sa source dans les collines qui sont au
+sud de Tatta ; le cours en est désert.
+
+=Ouad el Djedari.= — Il prend sa source dans le flanc sud du Bani,
+entre l’Ouad el Qcib et le Kheneg eṭ Ṭeurfa. Le cours en est
+désert. Il se jette dans l’Ouad Kheneg eṭ Ṭeurfa au pied
+du Gelob, montagne nue, déserte et isolée qu’on voit de Rist
+Djedeïd : le massif du Gelob se trouve entre les deux rivières qui
+coulent, l’une contre son flanc est, l’autre contre son flanc
+ouest, et se réunissent à son extrémité sud. Le Gelob contient
+des mines d’antimoine.
+
+5o _OUAD BENT EN NAS_. — L’Ouad Bent en Nạs, qu’on appelle
+aussi dans son haut cours Ouad Kheneg Zrorha, prend sa source un
+peu au nord du Kheneg Zrorha, traverse ce kheneg, s’engage dans la
+plaine de Bouddeïr, en sort par le Kheneg Bent en Nạs et enfin se
+jette dans le Dra au Khrouf. Le cours en est désert.
+
+=AFFLUENTS.= — Il reçoit deux affluents, l’Ouad Ạïn es Seka,
+se jetant sur sa rive droite, et l’Ouad el Bouir, se jetant sur sa
+rive gauche.
+
+OUAD AIN ES SEKA. — Il prend sa source dans la plaine de Bouddeïr,
+passe à Ạïn es Seka (source et bouquets de palmiers, sans
+habitations), puis à Arf el Mamoun (lieu désert), et enfin se jette
+dans l’Ouad Bent en Nạs.
+
+OUAD EL BOUIR. — Il prend sa source à des puits situés à l’est
+de l’Ouad Bent en Nạs. Le cours en est désert.
+
+=REMARQUE SUR LA TRIBU DES AIT JELLAL.= — Les Aït Jellal,
+qu’on appelle aussi quelquefois Oulad Jellal, sont une tribu nomade
+installée au nord des Ida ou Blal, avec qui ils sont presque toujours
+en guerre, quoiqu’ils leur paient une debiḥa. Ils sont, avec
+les Oulad Iaḥia, la seule tribu nomade campant sur le versant sud
+du Petit Atlas. Encore les Oulad Iaḥia ne sont-ils nomades qu’à
+demi et ont-ils bon nombre de qçars ; les Aït Jellal, au contraire,
+n’en possèdent pas un seul et ne vivent que sous la tente. Ils
+peuvent lever 800 à 900 fusils ; leurs campements habituels sont
+sur les bords de l’Ouad Sidi Moḥammed ou Iạqob, au-dessus de
+la zaouïa. Leurs limites sont : au nord la crête supérieure du
+Petit Atlas, à l’ouest les Isaffen, à l’est l’Ounzin, au
+sud les Ida ou Blal ; jamais ils ne descendent au-dessous d’Afra
+sur l’Ouad Tatta, d’Iliṛ sur l’Ouad Sidi Moḥammed ou
+Iạqob ; ils ne sortent pas de la montagne, où ils vivent du
+produit de leurs moutons et de leurs chameaux. Les Aït Jellal ne
+parlent qu’arabe. Comme les Ounzin, comme toutes les tribus de ces
+régions, ils sont indépendants. Les debiḥas comme les leurs ne
+sont en aucune façon des marques de dépendance.
+
+=ITINÉRAIRE D’AQQA IGIREN A EL HOUAIDJ IMERSI.= — On part d’Aqqa
+Igiren ; on remonte l’Ouad Targant en passant par Targant, Tisenna
+s Amin et Tisfrioui, puis on le quitte et, continuant à marcher
+sur le territoire d’Ounzin où l’on est entré à Tisfrioui,
+on y traverse successivement les qçars d’Ould Faṭma Ḥammou,
+d’Agouidir, d’Imoula (très grand qçar) ; de là, on parvient
+à El Ḥouaïdj Imersi (2 qçars). Ces derniers qçars appartiennent
+à la tribu d’Ounzin ; ils ne sont arrosés que par des sources et
+n’ont point de dattiers ; ils sont dans le bassin du Sous.
+
+
+ =V. — Ouad Tatta.=
+
+
+L’Ouad Tatta prend naissance à la crête du Petit Atlas, dans la
+tribu des Ida ou Kensous : cette tribu occupe la portion du plateau
+supérieur de la chaîne située au nord de cette rivière, les sources
+de celle-ci et son cours supérieur. L’Ouad Tatta arrose d’abord un
+certain nombre de villages des Ida ou Kensous, puis il passe dans la
+tribu de Tagmout ; il y baigne les qçars dont elle se compose. Là
+commencent les dattiers. Le Tagmout succède immédiatement aux
+Ida ou Kensous : point de désert entre eux. Au-dessous du Tagmout,
+au contraire, il y a un désert assez long. L’ouad le traverse et
+ensuite entre dans l’oasis de Tatta ; il y arrose successivement
+les qçars suivants :
+
+Afra (qui se prononce aussi Ofra ; elle est formée de deux qçars :
+l’un, appelé Agadir Afra, ou Agadir el Hena, est sur le bord
+de la rivière ; l’autre est situé à quelque distance, sur les
+premières pentes du flanc droit : il porte le nom d’Afra Fouqania,
+ou d’Aït Ḥoseïn. C’est dans ce dernier que se trouve la qoubba
+de Sidi Moḥammed d Aït Ḥoseïn).
+
+ Aït Iasin (formée de deux qçars)
+
+ Taṛla rive droite.
+
+ Tiiti rive gauche.
+
+ Qaçba el Makhzen (ruines d’une qaçba depuis longtemps, rive droite.
+ déserte)
+
+ Tigiselt rive gauche.
+
+ Agerzaggen rive gauche.
+
+ Tiiggan (à quelque distance de l’ouad, sur sa rive gauche)
+
+Au-dessous de Tiiggan, l’ouad entre dans une vaste plaine, Areg
+Bou Ạjaj : à partir de là, il coule dans le désert et y reste
+jusqu’à son confluent avec le Dra, dans le Mạder Tatta, à
+l’Areg Souir.
+
+En tous les points habités du Tagmout et de Tatta, il y a des
+palmiers. Entre les divers qçars du Tagmout, point de portion
+déserte ; il y a un désert assez long entre le Tagmout et Afra ;
+il y en a d’autres plus courts entre Afra et Aït Iasin, entre Aït
+Iasin et Taṛla, entre Tiiti et Qaçba el Makhzen, entre Qaçba el
+Makhzen et Tigiselt, entre Tigiselt et Agerzaggen, entre Agerzaggen
+et Tiiggan. Ce n’est qu’entre Taṛla et Tiiti qu’il n’y en
+a point : encore les plantations ne s’y prolongent-elles que sur la
+rive gauche de la rivière. C’est à hauteur de Tiiti que l’Ouad
+Tatta franchit le Bani, au Kheneg Adis : il passe contre le flanc
+ouest du kheneg, le long de la montagne dont il baigne le pied ;
+à ce point, il est étroitement enfermé entre la paroi du Bani
+d’une part, les murs de Tiiti de l’autre.
+
+De sa source à Aït Iasin, l’Ouad Tatta coule dans une vallée
+étroite et profonde, encaissée entre les pentes du Petit Atlas ;
+d’Aït Iasin à Tiiti, il descend par une série de plaines, _areg_,
+s’étageant entre des lignes de collines rocheuses de 60 à 100
+mètres de hauteur, toutes parallèles au Bani. Taṛla est située
+au pied méridional de la dernière de ces chaînes avant le Bani. La
+région montagneuse que traverse la rivière entre le Tagmout et Afra
+s’appelle Bou Oudi.
+
+ Distances : de Qaçba el Makhzen à Taṛla comme de Qaçba el Djouạ à
+ Trit.
+
+ de Taṛla à Aït Iasin comme d’Agadir Tisint à Trit.
+
+ d’Aït Iasin à Afra comme d’Adis à Toug er Riḥ.
+
+ de Toug er Riḥ au Tagmout comme de Toug er Riḥ à Kheneg
+ Tesatift.
+
+=AFFLUENTS.= — L’Ouad Tatta reçoit quatre affluents principaux :
+trois sur sa rive droite, un sur sa rive gauche. Ce sont : sur sa rive
+droite : l’Ouad Sidi Nacer, s’y jetant dans le désert entre le
+Tagmout et Tatta, à un point appelé Iṛir Igidi ; l’Ouad Asmerdan,
+s’y jetant entre Taṛla et Aït Iasin ; l’Ouad Azerftin, s’y
+jetant dans le désert non loin de Tiiggan : sur sa rive gauche :
+l’Ouad Adis, s’y jetant dans le désert, en un point appelé Beka
+Chikh en Nahr.
+
+OUAD SIDI NACER. — Je n’ai pu avoir aucun renseignement sur lui.
+
+OUAD ASMERDAN. — Il prend sa source dans un massif de montagnes
+appelé Asmerdan. Il arrose en descendant deux qçars, faisant partie
+de Tatta ; ce sont :
+
+Aïgou, Agellouz, l’un et l’autre entourés de dattiers.
+
+ Distances : de Taṛla à Agellouz comme d’Aqqa Izenqad à Aqqa Izen.
+
+ d’Agellouz à Aïgou comme de Tintazart à Toug er Riḥ.
+
+OUAD AZERFTIN. — Il prend sa source sur les premières pentes du
+Petit Atlas, traverse le Bani au Kheneg Azerftin, puis se jette dans
+l’Ouad Tatta. Le cours en est désert.
+
+OUAD ADIS. — Il prend sa source dans le Petit Atlas, où il traverse
+un kheneg du nom d’Imi n ou Aqqa. Le cours en est désert jusqu’au
+point où il entre dans l’oasis de Tatta, à Aqqa Izenqad :
+jusque-là il est appelé Ouad Imi n ou Aqqa ; c’est à partir
+d’Aqqa Izenqad qu’il porte le nom d’Ouad Adis. Il arrose en
+descendant :
+
+Aqqa Izenqad ;
+
+Adis (2 qçars, Tamessoult sur la rive gauche de la rivière, Aït
+ou Aḥman du même côté, mais à quelque distance du bord) ;
+
+Zaouïa Aït Ben Nacer ;
+
+Qoubba Sidi Ạli ben Djebira ;
+
+Djerf el Ḥammam (bouquets de palmiers ; point d’habitations) ;
+
+Tazoult ;
+
+Eufriin (bouquets de palmiers et sources ; point d’habitations).
+
+Depuis Tazoult, il coule dans le désert, jusqu’au point où il se
+jette dans l’Ouad Tatta.
+
+Il franchit le Bani au Kheneg Adis, dans la partie est de ce passage,
+au pied de Tamessoult dont il baigne les murs.
+
+AFFLUENTS. — L’Ouad Adis reçoit quatre affluents principaux,
+deux sur sa rive droite et deux sur sa rive gauche. Ceux de droite
+sont : l’Ouad Izourzen, s’y jetant à Aqqa Izenqad ; l’Ouad Toug
+er Riḥ, s’y jetant entre la qoubba de Sidi Ạli ben Djebira et
+Djerf el Ḥammam. Ceux de gauche sont : l’Asif Oudad, s’y jetant
+un peu au-dessus d’Aqqa Izenqad ; l’Ouad Djebaïr, s’y jetant
+à Eufriin.
+
+=Ouad Izourzen.= — Il prend sa source dans la région moyenne du
+Petit Atlas ; le cours en est désert.
+
+=Affluent.= — L’Ouad Izourzen reçoit sur sa rive droite, tout
+près d’Aqqa Izenqad, l’Ouad Bou Chaked.
+
+_Ouad Bou Chaked_. — Il prend sa source au puits de Bou Chaked ;
+le cours en est désert.
+
+=Ouad Toug er Rih.= — Cette rivière importante porte un grand
+nombre d’autres noms : on l’appelle aussi Ouad Bou Herhour, Ouad
+Tiṛremt, Ouad Ijja. Elle prend sa source dans le massif montagneux
+d’Azegga ; elle entre ensuite dans l’oasis de Tatta où elle
+arrose successivement les qçars que voici :
+
+ Tifrest
+
+ Serṛina }
+ }
+ Aït Ijja } compris sous le nom d’Aït Zouli ;
+ }
+ Tazoulit }
+
+Tiṛremt (composée de 3 ou 4 qçars) ;
+
+Agjgal (appelée aussi Raḥba) (à hauteur et non loin d’Afra sur
+l’Ouad Tatta) ;
+
+Imtfian (à hauteur et près d’Aït Iasin sur l’Ouad Tatta) ;
+
+Tigzmert (sur la rive droite de l’ouad, à quelque distance de
+son lit) ;
+
+Taldnount (se compose de 2 qçars, Aglagal et Tammast : Taldnount
+en comprenait autrefois 7, mais les 5 autres ont été détruits,
+il y a trente ans, par les Ida ou Blal ; les ruines qu’on voit au
+point nommé Ras Iṛir en faisaient partie. — Aglagal et Tammast
+sont sur la rive gauche de l’ouad ;
+
+El Qçâbi (appelé aussi El Qcîbat et El Qaçbat ; c’est un seul
+qçar formé de deux quartiers, Tiṛremt et Aït Jellal, compris
+dans une même enceinte) ;
+
+Tiiti ;
+
+Toug er Riḥ (appelé aussi Isbabaten).
+
+Auprès de ce dernier qçar, la rivière se jette dans l’Ouad Adis.
+
+Elle traverse le Bani au kheneg d’Adis, passant au milieu du
+défilé, entre l’Ouad Tatta et l’Ouad Adis.
+
+Tous les points habités de l’Ouad Toug er Riḥ ont des palmiers.
+
+ Distances : d’El Qçâbi à Tigzmert comme de Toug er Riḥ à Adis.
+
+ de Tigzmert à Imtfian comme de Toug er Riḥ à Adis.
+
+ d’Imtfian à Agjgal comme de Toug er Riḥ à El Qçâbi.
+
+ d’Agjgal à Tiṛremt comme d’El Qçâbi à Adis.
+
+ de Tiṛremt à Tazoulit comme de Toug er Riḥ à Adis.
+
+=Asif Oudad.= — Il prend sa source sur les pentes inférieures du
+Petit Atlas, aux collines d’Anamelloul, et se jette dans l’Ouad Imi
+n ou Aqqa, peu au-dessous d’Aqqa Izenqad : le cours en est désert ;
+on y trouve, dans la montagne, le puits Ḥasi El Ḥasen Moḥammed,
+creusé en son lit.
+
+=Affluent.= — L’Asif Oudad reçoit au pied du Bani un affluent,
+l’Ouad Kheouïa, qui se jette sur sa rive gauche.
+
+_Ouad Kheouïa_. — Il prend sa source dans les pentes inférieures
+du Petit Atlas, aux collines de Kheouïa. Le cours en est désert.
+
+=Ouad Djebaïr.= — Il prend sa source à Anṛerif, puis passe
+à Djebaïr, ensuite à Sidi El Medaoui (bouquets de palmiers sans
+habitations), puis à Eufriin, où il se jette sur la rive gauche de
+l’Ouad Adis.
+
+=REMARQUE SUR LES TRIBUS.= — Ainsi qu’on le voit, les eaux du
+bassin de l’Ouad Tatta n’arrosent que trois territoires, ceux
+des Ida ou Kensous, du Tagmout et de Tatta. Les Ida ou Kensous et
+le Tagmout sont des tribus. Tatta est un district dont les qçars
+ne sont unis entre eux par aucun lien. Nous connaissons Tatta :
+nous nous occuperons ici des Ida ou Kensous et du Tagmout.
+
+IDA OU KENSOUS. — Ils s’étendent sur une partie du haut plateau
+qui couronne les deux versants du Petit Atlas, et occupent les sources
+de l’Ouad Tatta et le cours supérieur de cette rivière. Leur
+territoire a pour limites, à l’ouest les Ida ou Zkri, au sud le
+Tagmout et les Aït Jellal, à l’est la tribu d’Azrar. Leurs
+terres prolongent celles des Ida ou Zkri et sont dans une situation
+analogue : ces deux territoires se touchent, et on passe d’une
+tribu à l’autre sans sortir des villages et des cultures. La
+famille des chikhs héréditaires des Ida ou Kensous s’étant
+éteinte il y a quelque temps, ceux-ci se sont placés d’eux-mêmes
+sous l’autorité de Ḥadj Moḥammed Amerri, chikh héréditaire
+des Ida ou Zkri : c’est lui qui les gouverne à présent. Ils ne
+reconnaissent pas le sultan. Leur pays renferme un très grand nombre
+de qçars. Ils forment plus de 2,500 fusils. C’est une tribu riche et
+industrieuse : elle est renommée pour ses belles maisons et pour ses
+ouvriers en cuivre et autres métaux ; elle fabrique les plus beaux
+poignards, les plus beaux fusils, les plus belles cornes à poudre du
+sud du Maroc. Les Ida ou Kensous ont trois ou quatre agadirs. Pas de
+marché. Ils vont à ceux de Tatta, des Isaffen, des Ida ou Zkri. Pas
+de Juifs. Point de dattiers ni d’oliviers chez eux, mais un très
+grand nombre d’amandiers. L’Ouad Tatta est la seule rivière qui
+arrose leur territoire. La plupart de leurs qçars ne sont alimentés
+que par des citernes.
+
+Les Ida ou Kensous sont Chellaḥa et ne parlent que le tamaziṛt. Ils
+sont sédentaires.
+
+En ce moment, les Ida ou Kensous sont en guerre avec Qaçba el Djouạ.
+
+TAGMOUT. — Cette tribu ne comprend qu’une douzaine de qçars,
+tous situés sur les rives mêmes de l’Ouad Tatta, immédiatement
+au-dessous de ceux des Ida ou Kensous. Les Aït Tagmout forment
+environ 700 fusils. Ils n’ont pas de chikh ; ils se gouvernent
+démocratiquement par une djemaạa. Point d’agadir. Pas de marché
+ni de Juifs. Les Aït Tagmout sont Chellaḥa et sédentaires et
+ne parlent que le tamaziṛt. Ils ont des palmiers et aussi des
+amandiers : ce dernier arbre disparaît au-dessous de leur territoire.
+
+Dans les montagnes des environs de Tagmout, il y a du minerai
+d’argent.
+
+
+ =VI. — Ouad Meskaou.=
+
+
+L’Ouad Meskaou prend sa source sur les premières pentes du Petit
+Atlas entre Tatta et Aqqa, traverse le Bani au kheneg appelé Foum
+Meskoua, et se jette dans le Dra au Mạder Tatta, dans la partie
+nommée Souekh. Le cours en est désert.
+
+
+ =VII. — Ouad Aqqa.=
+
+
+L’Ouad Aqqa, qui, dans son haut cours, est appelé souvent Ouad
+Isaffen, prend naissance à la crête supérieure du Petit Atlas, dans
+la tribu des Ida ou Zkri : cette dernière occupe le haut plateau qui
+couronne la chaîne au nord de la rivière, les sources de celle-ci
+et tout son cours supérieur, qu’elle garnit de ses qçars. En
+sortant des Ida ou Zkri, l’Ouad Aqqa entre chez les Isaffen :
+ces deux tribus se font suite sans qu’aucun désert les sépare ;
+point de désert non plus entre les divers villages ou qçars de
+chacune d’elles : depuis les sources jusqu’au point le plus bas
+des Isaffen, les bords de l’ouad ne sont, sans interruption, que
+qçars et que cultures : oliviers, figuiers, amandiers surtout, chez
+les Ida ou Zkri ; oliviers, figuiers et palmiers chez les Isaffen et
+au-dessous d’eux. En quittant les Isaffen, l’Ouad Aqqa traverse
+un court espace désert, puis arrose le grand village de Tizgi
+Ida ou Baloul. De là, il entre dans le vaste désert d’Imaouen,
+où il reste jusqu’au Bani : il traverse cette chaîne à Foum
+Aqqa ; ensuite il entre dans l’oasis d’Aqqa ; il en arrose les
+plantations, et passe au pied de plusieurs de ses qçars : Ez Zaouïa,
+Erḥal, Aït Bou Feḍaïl, Aït Djellal, Aït Anter sont sur ses
+bords. Au sortir d’Aqqa, l’ouad rentre dans le désert, où il
+demeure jusqu’à son confluent avec le Dra, auprès de la qoubba
+de Sidi Ạmara, dans le Mạder Aqqa. Sur tout son cours, il n’a
+d’eau d’une manière habituelle qu’aux points où il est habité.
+
+=AFFLUENTS.= — L’Ouad Aqqa reçoit quatre affluents principaux,
+deux sur sa rive droite et deux sur sa rive gauche ; les deux de
+droite sont : l’Ouad Iberqaqen, s’y jetant chez les Isaffen, en
+un point qui forme la limite entre deux fractions de cette tribu, les
+Aït Tasousekht au sud et les Aït Ouagrou au nord ; l’Ouad Tizert,
+s’y jetant dans le petit désert qui sépare les Isaffen de Tizgi
+Ida ou Baloul. Les deux affluents de gauche sont : l’Ouad Imiṭeq,
+s’y jetant dans le désert d’Imaouen ; l’Ouad Kebbaba, s’y
+jetant dans le désert au sud d’Aqqa.
+
+OUAD IBERQAQEN. — Il descend des crêtes supérieures du
+Petit Atlas. Le cours en appartient en entier à la tribu des
+Iberqaqen. Cette rivière a, sur toute sa longueur, ses bords peuplés
+et cultivés : le fond de la vallée, très étroit et très encaissé,
+est partout couvert de qçars et de jardins, oliviers et figuiers
+dans la portion supérieure, palmiers dans la partie basse.
+
+OUAD TIZERT. — Comme la rivière précédente, il reste tout le long
+de son cours enfermé entre les pentes du Petit Atlas, qui encaissent
+profondément sa vallée. Il arrose une dizaine de qçars alignés
+les uns auprès des autres sur ses bords et formant un seul groupe
+appelé Tizert.
+
+OUAD IMITEQ. — Il prend sa source aux pentes moyennes du Petit Atlas,
+arrose le qçar d’Imiṭeq (qçar isolé entouré de palmiers,
+habité par des Chellaḥa et des Ḥaraṭîn), puis se jette dans
+l’Ouad Aqqa dans le désert d’Imaouen.
+
+OUAD KEBBABA. — Il coule à l’est de l’Ouad Aqqa, longe la
+lisière orientale de l’oasis d’Aqqa, où il arrose les deux qçars
+d’Agadir Ouzrou et d’El Kebbaba, puis se jette dans l’Ouad Aqqa
+dans le désert.
+
+AFFLUENT. — L’Ouad Kebbaba reçoit un affluent, l’Ouad Defalia,
+se jetant sur sa rive gauche au-dessous d’Aqqa, dans le désert.
+
+=Ouad Defalia.= — Il prend sa source sur le flanc sud du Bani et
+arrose le petit qçar d’Oumm el Ạleg (se composant de 30 maisons
+divisées en deux quartiers ; il appartient aux Aït ou Mrîbeṭ). Le
+reste du cours est désert et à sec.
+
+=REMARQUES SUR LES TRIBUS.= — Le bassin de l’Ouad Aqqa appartient
+en entier, à l’exception des qçars d’Imiṭeq et de Tizgi
+Ida ou Baloul, qui sont isolés, à 5 tribus : les Ida ou Zkri,
+les Isaffen, les Iberqaqen, les Aït Tizert, les Aït ou Mrîbeṭ ;
+sur le territoire de ces derniers se trouve l’oasis d’Aqqa. Nous
+avons déjà parlé et d’Aqqa et des Aït ou Mrîbeṭ. Nous allons
+dire quelques mots des quatre autres tribus.
+
+IDA OU ZKRI. — Cette tribu habite le haut plateau qui couronne le
+Petit Atlas au nord de l’Ouad Aqqa, les sources de cette rivière,
+sa vallée supérieure jusqu’aux Isaffen, et les plateaux qui,
+en cette partie de son cours, s’étendent des deux côtés de sa
+vallée. Elle est tout entière gouvernée par un seul chikh, Ḥadj
+Moḥammed Amerri ; ce chikh est très puissant : plusieurs tribus
+voisines se sont, par des debiḥas, constituées ses vassales. Les
+Ida ou Zkri ne reconnaissent point le sultan. Ils ont un marché,
+le Djemạa Izalaṛen, qu’on appelle aussi Djemạa Amerri parce
+qu’il se tient près de la demeure du chikh. Leur pays renferme un
+grand nombre de qçars ; ils ont trois ou quatre agadirs ; ils peuvent
+lever 2000 fusils. Leur sol est très fertile : les bords de l’Ouad
+Aqqa sont couverts d’oliviers ; le plateau qui forme la plus grande
+partie de leur territoire, et qui s’étend sur le haut des deux
+versants du Petit Atlas, n’est que champs et qu’amandiers. Les
+Ida ou Zkri sont Chellaḥa et sédentaires. Comme famille, ils sont
+frères des Ilalen, tout en étant une tribu séparée. Ils ont
+pour limites : à l’est les Ida ou Kensous, au sud les Isaffen,
+à l’ouest les Iberqaqen et les Ilalen.
+
+ Distances : de Taroudant à la maison de Chikh Amerri 1 jour.
+
+ de Tizgi Ida ou Baloul à la maison de Chikh 1 jour.
+ Amerri
+
+ISAFFEN. — Cette tribu, appelée aussi Aït Isaffen, n’habite que
+la vallée même de l’Ouad Aqqa ; elle est limitée, au nord par
+les Ida ou Zkri, au sud par un petit désert qui la sépare de Tizgi
+Ida ou Baloul. Point de désert entre les Isaffen et les Ida ou Zkri ;
+on passe d’une tribu dans l’autre sans sortir des jardins et des
+cultures. Les Isaffen se subdivisent en trois fractions ; ce sont,
+en descendant l’Ouad Aqqa :
+
+Les Ida ou Tints (sur les bords de l’Ouad Aqqa, au-dessous des Ida
+ou Zkri et au-dessus des Aït Ouagrou. Ils sont gouvernés par un
+chikh héréditaire, Chikh Bel Ạïd Eṭ Ṭaleb).
+
+Les Aït Ouagrou (sur les bords de l’Ouad Aqqa, au-dessous des Ida
+ou Tints. Ils sont gouvernés par un chikh héréditaire, Ould el
+Ḥadj Iaḥia).
+
+Les Aït Tasousekht (sur les bords de l’Ouad Aqqa, au-dessus des
+Aït Ouagrou. Ils sont gouvernés par un chikh héréditaire, Ou
+Ben Ḥamed. Cette fraction est celle que nous avons traversée en
+allant à Mogador. Le point où nous avons quitté l’Ouad Aqqa,
+le confluent de l’Ouad Iberqaqen, en est la limite nord).
+
+Comme on le voit, les Isaffen sont gouvernés par trois chikhs
+héréditaires. C’est une tribu sédentaire et chleuḥa : point de
+Ḥaraṭîn, on n’y parle que le tamaziṛt ; cependant quelques
+hommes savent l’arabe.
+
+Un marché, le Khemîs Isaffen ; il se tient au pied de Qaçba Chikh
+Ould el Ḥadj Iaḥia.
+
+Les Isaffen ont la plus mauvaise réputation auprès des étrangers :
+voleurs, pillards, ils rançonnaient impitoyablement, il y a peu
+de temps encore, les voyageurs et les caravanes qui traversaient
+leur territoire : le chef de la zaouïa d’Aït Haroun Isaffen se
+distinguait entre tous, et on ne pouvait passer devant la maison de
+Dieu sans être dévalisé ; aussi, depuis 1877[116], les convois
+de Mogador à Aqqa et à Tizounin ne prenaient plus leur route
+habituelle par le territoire des Isaffen (celle que j’ai prise
+moi-même en allant à Mogador) : ils passaient par l’ouad et la
+tribu de Tizert et débouchaient de là sur Tizgi, quoique ce chemin
+soit très difficile pour les bêtes de somme. Depuis une année
+environ, les caravanes reprennent leur ancienne voie. Le chef de la
+zaouïa d’Aït Haroun a été longtemps absent et est revenu plus
+calme : les autres Isaffen ont décidé de même qu’à l’avenir
+les voyageurs passeraient en paix ; ce changement s’est produit
+après un châtiment que Dieu leur a infligé : ils ont été maudits
+par un marabout à cause de leurs brigandages, leur rivière s’est
+desséchée et il y a eu une famine épouvantable ; les eaux ne sont
+revenues que lorsqu’ils se furent amendés.
+
+IBERQAQEN. — Cette tribu habite d’une part le haut plateau qui
+couronne le versant sud du Petit Atlas, de l’autre la vallée
+de l’Ouad Iberqaqen. Elle ne forme qu’un seul groupe : une
+seule djemaạa la gouverne. Point de chikh. Elle a trois agadirs,
+portant l’un le nom de Tidgar, les deux autres ceux d’Agadir
+Iberqaqen (Fouqani et Taḥtani). Les Iberqaqen sont Chellaḥa et
+sédentaires. Leur langue est le tamaziṛt. Peu parmi eux comprennent
+l’arabe. Point de marché sur leur territoire : ils vont au Khemîs
+Isaffen et au Djemạa Amerri. Les Iberqaqen sont une tribu nombreuse
+et puissante, moins cependant que leurs voisins les Isaffen avec
+lesquels ils sont souvent en guerre.
+
+TIZERT. — Cette tribu comprend environ douze qçars, échelonnés
+sur l’Ouad Tizert et unis entre eux par des jardins. De plus, Tizgi
+Ida ou Baloul, sur l’Ouad Aqqa, est quelquefois comptée comme
+faisant partie de Tizert. Point de chikh : une djemaạa gouverne la
+tribu. Les Aït Tizert sont Chellaḥa et sédentaires. Leur langue
+est le tamaziṛt. Pas de marché : on va au Khemîs Isaffen.
+
+Point de Juifs. Il n’y a qu’un mellaḥ dans le bassin de l’Ouad
+Aqqa, celui qui se trouve dans l’oasis d’Aqqa.
+
+
+ =VIII. — Ouad Tizgi el Haratîn.=
+
+
+Il est appelé aussi Ouad Tizgi Iṛiren. Il prend sa source dans
+le Petit Atlas et traverse le Bani à un kheneg où se trouvent
+deux qçars : l’un, Aït Oumendil, est au milieu même du kheneg,
+l’autre, Tizgi el Ḥaraṭîn, est immédiatement au-dessous :
+l’un et l’autre s’élèvent sur les bords mêmes de la rivière ;
+leurs jardins se touchent et entre eux les rives de l’ouad ne cessent
+d’être ombragées de dattiers. Après avoir traversé cette oasis,
+l’ouad rentre dans le désert où il reste jusqu’à son confluent
+avec le Dra, au Mạder Tizgi.
+
+Tizgi el Ḥaraṭîn est un grand qçar de 150 feux, formé de deux
+quartiers compris en une même enceinte. Il s’y tient un marché
+permanent, comme à Agadir Tisint. La population y est un mélange de
+Chellaḥa et de Ḥaraṭîn, ceux-ci dominant ; elle est tributaire
+des Aït ou Mrîbeṭ (fraction d’Idgich). Tizgi el Ḥaraṭîn,
+qu’on appelle aussi Tizgi Iṛiren, est située, comme Tisint,
+à la bouche d’un kheneg du Bani.
+
+Aït Oumendil qui se trouve, comme Tiiti, au milieu même du kheneg,
+est un qçar de 100 feux, peuplé de Chellaḥa et de Ḥaraṭîn,
+sous la suzeraineté des Aït ou Mrîbeṭ (fraction d’Idgich).
+
+ Distances : de Tizounin à Tizgi el Ḥaraṭîn comme d’Agadir Tisint à
+ Mrimima.
+
+ d’Aït Oumendil à Tizgi el Ḥaraṭîn comme d’Agadir Tisint à
+ Aït ou Iran.
+
+=AFFLUENTS.= — L’Ouad Tizgi el Ḥaraṭîn reçoit un affluent,
+l’Ouad Tizounin, se jetant sur sa rive gauche dans le désert,
+entre Tizgi et l’Ouad Dra.
+
+OUAD TIZOUNIN. — C’est un cours d’eau sans importance. Il prend
+sa source sur le flanc sud du Bani, puis arrose successivement les
+deux qçars de Tizounin et d’Igdi.
+
+Ils sont séparés l’un de l’autre par un désert de plusieurs
+kilomètres. Au-dessous d’Igdi, la rivière coule dans le désert
+jusqu’à son confluent avec l’Ouad Tizgi el Ḥaraṭîn.
+
+Tizounin est un grand qçar, isolé dans la plaine, appartenant aux
+Aït ou Mrîbeṭ. C’est là que résident les chikhs de cette tribu,
+ou du moins ceux de la fraction des Aït ou Iran, qui a aujourd’hui
+environ quinze chikhs. Les Aït ou Mrîbeṭ forment la grande
+majorité de la population de Tizounin ; les autres habitants sont
+quelques Ḥaraṭîn pauvres. Les belles maisons, les jardins sont
+aux chikhs. Outre l’ouad, qui est peu important, il y a plusieurs
+sources ; les vergers produisent de bonnes dattes, mais sont peu
+étendus. Pas de mellaḥ ; quelques Juifs isolés viennent trafiquer
+comme à Agadir Tisint et comme à Tizgi el Ḥaraṭîn. Marché
+permanent comme dans ces deux localités. Tizounin contient 400 à
+500 maisons ; celles des chikhs sont les seules qui soient toujours
+habitées : les autres appartiennent à des nomades de leur fraction
+qui y emmagasinent leurs grains, y viennent de temps en temps,
+mais passent la plus grande partie de l’année sous la tente. Le
+premier des chikhs de Tizounin est Chikh Ḥamed. C’est le seul
+qui ait de l’autorité : les autres chikhs sont ses cousins, qui,
+par la noblesse de leur naissance, ont droit au titre de chikh,
+sans pour cela partager le pouvoir avec leur aîné. En effet, parmi
+les familles où le titre de chikh est héréditaire, il y en a, et
+c’est le plus grand nombre, où le chef seul porte ce titre ; mais
+il y en a d’autres, comme celle-ci, où, soit plusieurs frères,
+soit même toute une génération de cousins, le prennent également.
+
+Igdi est un petit qçar entouré de quelques dattiers : il appartient
+à la fraction d’Idgich des Aït ou Mrîbeṭ.
+
+ Distance : de Tizounin à Igdi comme d’Agadir Tisint à Bou Mousi.
+
+
+ =IX. — Ouad Icht.=
+
+
+C’est un cours d’eau peu important prenant sa source dans une
+plaine située au nord du Bani, entre cette chaîne et le Petit Atlas :
+il traverse le Bani au Kheneg Icht et, immédiatement au-dessous,
+à sa bouche même, arrose l’oasis qui lui donne son nom. De là,
+il rentre dans le désert, et y reste jusqu’à son confluent avec
+le Dra au Mạder Icht.
+
+L’oasis d’Icht ne renferme qu’un qçar, situé sur la rive
+gauche de l’ouad, et entouré de vastes plantations de palmiers
+s’étendant des deux côtés de la rivière jusqu’au pied du
+Bani. Ce qçar, d’environ 200 maisons, est peuplé de Chellaḥa
+mêlés de quelques Ḥaraṭîn ; il est gouverné par un chikh, El
+Ḥoseïn ; il reconnaît la suzeraineté des Aït ou Mrîbeṭ. Icht
+est riche, prospère, puissante. Marché permanent comme à Agadir
+Tisint, Tizounin et Tizgi Iṛiren. L’Ouad Icht est presque toujours
+à sec, même dans l’oasis ; mais il y a un grand nombre de sources,
+aussi bien dans les jardins qu’à l’intérieur du qçar. Les
+dattiers sont nombreux, mais d’espèces médiocres : ce sont des
+bou souaïr.
+
+ Distance : de Tizgi el Ḥaraṭîn à Icht comme de Qaçba el
+ Djouạ à Tatta.
+
+
+ =X. — Ouad Imi Ougadir.=
+
+
+L’Ouad Imi Ougadir porte aussi le nom d’Ouad Tamanaṛt : il
+prend sa source dans la tribu des Aït Imejjat et reçoit les eaux
+de celle d’Ifran et d’une partie de celle d’Id Brahim. Après
+avoir traversé une portion du territoire des Aït Imejjat, il
+arrose l’oasis de Tamanaṛt : les quatre qçars qui la composent
+se trouvent sur ses rives : ce sont, en descendant :
+
+ Agerd.
+
+ Qaçba Aït Ḥerbil rive droite.
+
+ Iṛir rive gauche.
+
+ Igouïaz rive gauche.
+
+Entre ces quatre qçars les bords de l’ouad sont, sans interruption,
+bordés de dattiers. Au-dessous de Tamanaṛt, la rivière entre dans
+le désert et y reste jusqu’au Bani : elle traverse cette chaîne
+au Kheneg Imi Ougadir. La longueur de ce passage est égale ou un
+peu moindre à celle du kheneg de Tisint : palmiers au milieu : à
+la bouche sud se trouve un grand qçar entouré de dattiers : c’est :
+
+Imi Ougadir.
+
+En sortant d’Imi Ougadir, l’ouad rentre dans le désert et y
+demeure jusqu’à l’Ouad Dra, où il se jette au Mạder Imi
+Ougadir.
+
+Ce mạder, comme ceux d’Icht et de Tizgi, produit des moissons
+superbes : tous trois sont cultivés surtout par les Aït ou
+Mrîbeṭ. Les habitants des oasis voisines et ceux du Petit Atlas
+y labourent aussi : on y voit venir jusqu’à des Isaffen et des
+Iberqaqen.
+
+Imi Ougadir est un grand qçar de 400 maisons, où neuf ou dix groupes
+des Aït ou Mrîbeṭ possèdent des demeures et emmagasinent grains
+et dattes. Quelques habitants chellaḥa s’y trouvent, mais ils sont
+en petit nombre : ce lieu est avant tout un grand agadir des Aït
+ou Mrîbeṭ. Marché permanent au milieu du qçar, comme à Agadir
+Tisint. Juifs commerçants comme dans cette dernière localité,
+mais pas de mellaḥ.
+
+ Distances : de Tamanaṛt à Icht comme d’Agadir Tisint à Mrimima.
+
+ d’Agerd à Qaçba Aït Ḥerbil comme d’Agadir Tisint à Bou
+ Mousi.
+
+ de Qaçba Aït Ḥerbil à Iṛir comme d’Agadir Tisint à Ez
+ Zaouïa.
+
+ d’Iṛir à Igouïaz comme d’Agadir Tisint à Foum Tisint.
+
+ de Tamanaṛt à Imi Ougadir comme d’Agadir Tisint à
+ Mrimima.
+
+ d’Imi Ougadir à Icht comme d’Agadir Tisint à Trit.
+
+=REMARQUES SUR LES TRIBUS.= — La partie méridionale du cours de
+l’Ouad Imi Ougadir, de même que tout ce qui est situé au sud du
+Bani dans les bassins des ouads Icht, Tizgi el Ḥaraṭîn, Aqqa
+et Meskaou, fait partie du territoire des Aït ou Mrîbeṭ. Le haut
+bassin de l’Ouad Imi Ougadir appartient à trois tribus, les Aït
+Imejjat, les Ifran, les Id Brahim. Le cours moyen en est occupé par
+le district isolé de Tamanaṛt.
+
+AIT IMEJJAT. — Ils peuvent former 3000 fusils. C’est une puissante
+tribu sédentaire, possédant de nombreux qçars. Les Aït Imejjat
+sont Chellaḥa : leur langue est le tamaziṛt. Ils ont vaincu, il y a
+quelques années, Sidi El Ḥoseïn ben Ḥachem, le célèbre marabout
+du Tazeroualt. Auparavant ils étaient ses sujets : aujourd’hui
+il n’a plus d’autorité sur eux. Indépendants du sultan depuis
+un temps immémorial, les Aït Imejjat se sont soumis à Moulei El
+Ḥasen en 1882, en même temps que la plupart des tribus du Sahel,
+lors de son expédition dans le bas Sous et le Sahel Marocain. Le
+sultan leur a donné deux qaïds. L’un d’eux est Chikh Moḥammed,
+d’Agerd (Tamanaṛt).
+
+IFRAN. — On les appelle aussi Ofran. C’est une tribu chleuḥa et
+sédentaire située au sud-ouest des Aït Imejjat : ils sont soumis
+au sultan depuis la même époque et dans les mêmes conditions que
+ces derniers. Moulei El Ḥasen les a réunis, avec le Tazeroualt et
+les Ida ou Semlal, sous le qaïdat de Ḥadj Ṭahar, fils de Sidi El
+Ḥoseïn ben Ḥachem. Les Ifran sont une tribu de moyenne importance.
+
+ID BRAHIM. — Grande tribu, soumise au sultan de la même manière que
+les précédentes ; son territoire, au sud de celui des Ifran et de
+celui des Aït Imejjat, s’étend au loin vers l’ouest. Moulei El
+Ḥasen l’a mise avec Tamanaṛt sous le commandement d’un qaïd
+unique, Ḥadj Ḥamed El Manaṛi, chikh héréditaire de Qaçba
+Aït Ḥerbil à Tamanaṛt. Les Id Brahim sont comptés, ainsi que
+les Ifran et les Aït Imejjat, comme appartenant au Sahel : en effet,
+la plus grande partie des territoires de ces trois tribus se trouve
+dans le bassin de l’Océan, et non dans celui du Dra. Les Id Brahim
+sont Chellaḥa et sédentaires : leur langue est le tamaziṛt. Ils
+se décomposent en :
+
+Ida ou Leggan, Aït Ḥerbil, Aït Ouadaï, Aït Illoul, Aït Mousa
+ou Daoud, Aït Bou Ạchra, Aït Zkri, Aït Bouhou.
+
+TAMANART. — C’est une oasis composée de quatre qçars, Agerd,
+Qaçba Aït Ḥerbil, Iṛir, Igouïaz. Ces quatre localités
+sont enveloppées dans une longue bande de dattiers : les fruits
+que produisent ces derniers sont abondants, mais de qualité
+médiocre : ce sont des bou souaïr. Avant leur récente soumission
+au sultan, la guerre régnait presque toujours entre les qçars de
+Tamanaṛt. Agerd était en hostilité à peu près perpétuelle
+avec ses trois sœurs : les tribus voisines se mêlaient à ces
+querelles ; les Aït Imejjat et d’autres tribus du nord venaient
+au secours d’Agerd, les Aït ou Mrîbeṭ prêtaient leur appui
+aux trois autres localités. Aujourd’hui Tamanaṛt vit en paix :
+l’oasis a fait sa soumission en 1882, en même temps que les Aït
+Imejjat et les Id Brahim : le chikh de Qaçba Aït Ḥerbil a été
+nommé qaïd de l’oasis et des Id Brahim par Moulei El Ḥasen. Là
+s’arrête l’autorité de ce dernier[117] : toutes les tribus qui
+sont au sud et à l’est des Aït Imejjat, de Tamanaṛt et des Id
+Brahim, telles que les Aït ou Mrîbeṭ, etc., ne la reconnaissent
+plus. Agerd se compose de 200 maisons et a un marché, dont on ne
+peut me désigner le jour, seul marché de Tamanaṛt ; Qaçba Aït
+Ḥerbil a 200 maisons, Iṛir n’en a que 50, et Igouïaz que
+15. Entre Agerd et Qaçba Aït Ḥerbil, sur une colline, se trouve
+une tour toujours gardée par une quinzaine de fusils de Qaçba Aït
+Ḥerbil, surveillant le pays et dominant Agerd. La population est
+chleuḥa avec quelques Ḥaraṭîn. Un mellaḥ à Agerd, le seul
+du bassin de l’Ouad Imi Ougadir. Il n’y a d’Israélites ni chez
+les Aït Imejjat, ni chez les Ifran, ni chez les Id Brahim.
+
+
+ =Itinéraire de Tisint à Ouad Noun.=
+
+
+=1er jour.= — _De Tisint à Aqqa Igiren_.
+
+=2e jour.= — _D’Aqqa Igiren à Tiiggan_.
+
+=3e jour.= — _De Tiiggan à Tizounin_.
+
+On passe par Oumm el Ạleg, et de là on va à Tizounin : beaucoup
+de gazelles dans la plaine, autour de Tizounin : c’est le seul lieu
+où l’on trouve du gibier. Dans la même région, on rencontre aussi
+un grand nombre de moufflons, mais en montagne, dans le Bani. Entre
+Oumm el Ạleg et Tizounin, désert à sol dur et plat avec quelques
+gommiers.
+
+ Distance : d’Oumm el Ạleg à Tizounin comme d’El Feggouçat
+ à Mrimima.
+
+=4e jour.= — _De Tizounin à Tizgi el Haratîn_.
+
+On traverse un désert pierreux ; sol plat, sans autre végétation
+que des jujubiers sauvages et quelques gommiers. Le chemin ne passe
+par aucun lieu habité, mais on distingue à main gauche le qçar
+d’Igdi, pendant la première partie de la route.
+
+ Distance : de Tizounin à Tizgi el Ḥaraṭîn comme d’Agadir
+ Tisint à Mrimima.
+
+=5e jour.= — _De Tizgi el Haratîn à Icht_.
+
+Entre Tizgi et Icht, on continue à longer le pied méridional du
+Bani, en l’ayant toujours à main droite (au nord). Pas de kheneg
+dans la chaîne entre ces deux points. Pendant la première moitié
+du chemin, on marche au milieu d’un _areg_, plaine sablonneuse avec
+des gommiers : à mi-route, on rencontre, descendant des crêtes du
+Bani, le lit desséché d’un ruisseau, au milieu duquel se trouvent
+des puits (point de palmiers ni de végétation auprès d’eux). A
+partir de là, le terrain reste toujours plat, mais les gommiers
+se mêlent de quelques rares troncs d’argans. De Tizgi à Icht,
+le pays est désert.
+
+En arrivant à Icht, on voit d’abord, à la lisière de l’oasis,
+une qoubba ; c’est auprès d’elle qu’on entre sous les palmiers :
+on chemine quelque temps à leur ombre, en remontant l’Ouad Icht :
+les dattiers en bordent les deux rives, mais il n’y en a point dans
+son lit : on parvient ainsi au qçar d’Icht.
+
+ Distance : de Tizgi el Ḥaraṭîn à Icht comme de Qaçba el
+ Djouạ à Tatta.
+
+=6e jour.= — _D’Icht à Tamanart_.
+
+Icht est situé, comme Tisint, à la bouche sud d’un kheneg du
+Bani. Pour aller à Tamanaṛt, on traverse le kheneg et on passe au
+nord de la chaîne : de là à Ouad Noun, le Bani restera toujours
+au sud du chemin. En allant d’Icht à Tamanaṛt, on l’a, durant
+toute la route, en arrière et à gauche. Chemin plat et désert,
+tantôt sablonneux, tantôt pierreux ; beaucoup de gommiers.
+
+Le premier qçar auquel on arrive est Igouïaz, puis on gagne celui
+d’Iṛir.
+
+ Distance : d’Icht à Tamanaṛt comme d’Agadir Tisint à
+ Mrimima.
+
+=7e jour.= — _De Tamanart à Tarjijt_.
+
+Entre ces deux points, le chemin traverse une plaine unie et déserte,
+un areg. Sol pierreux, avec quelques gommiers. On se tient sans cesse
+au nord du Bani, qu’on distingue pendant tout le trajet à une
+certaine distance dans le sud. On ne traverse ni ne voit aucun lieu
+habité jusqu’à Tarjijt. A partir du point où l’on est sorti
+de Tamanaṛt, on marche sur le territoire des Id Brahim. Tarjijt est
+un groupe de plusieurs qçars faisant partie d’une des fractions de
+cette tribu ; une petite rivière y passe : les eaux s’en écoulent,
+comme toutes celles de cette contrée, vers l’ouest ou le sud-ouest
+pour aller aboutir à Tiṛmert qu’elles arrosent. Tarjijt a un grand
+nombre de palmiers, bou souaïr et rares bou feggouç. De Tarjijt on
+voit le Bani ; il en est à la même distance que le mont Taïmzouṛ
+de Mrimima.
+
+ Distance : de Tamanaṛt à Tarjijt comme d’Idroumen (dunes de
+ sable) à Tatta.
+
+=8e jour.= — _De Tarjijt à Tirmert_.
+
+Entre ces deux points, le chemin traverse un pays accidenté, mais
+sans passage difficile. On franchit quelques ruisseaux ; on voit à
+droite et à gauche des qçars ; je n’ai pu en savoir les noms. Au
+sortir de Tarjijt on quitte la tribu des Id Brahim et on entre dans
+celle des..... C’est une tribu nombreuse, se disant d’origine
+arabe, habitant en partie la tente, en partie des qçars. Celui de
+Tiṛmert est sur son territoire : il est la résidence de son qaïd,
+Ould Ḥamed ou Saloum.
+
+ Distance : de Tarjijt à Tiṛmert comme de Tatta à Tizgi Ida
+ ou Baloul.
+
+=9e jour.= — _De Tirmert à Aougelmim_.
+
+Aougelmim est le principal des qçars qui composent le district
+d’Ouad Noun et la résidence de son chikh, El Ḥabib ould
+Beïrouk. De Tiṛmert à ce point, ce n’est qu’une plaine unie
+et déserte, sans un cours d’eau, sans un gommier.
+
+ Distance : de Tiṛmert à Aougelmim comme d’Agadir Tisint
+ à Mrimima.
+
+
+ =Seketâna et Gezoula.=
+
+
+Toutes les populations habitant entre l’Ouad Sous, l’Ouad Dra et
+le Sahel sont divisées en deux grandes familles, les _Seketâna_
+et les _Gezoula_. Personne dans toute cette région, les marabouts
+exceptés, qui n’entre dans une de ces deux familles : les quelques
+tribus se disant d’origine arabe en font partie au même titre que
+les Imaziṛen reconnus, les Ḥaraṭîn au même titre que les
+Chellaḥa. Les marabouts, les cherifs et les Juifs restent seuls
+en dehors de cette division ; encore l’exception n’est-elle pas
+absolue pour les marabouts ni pour les cherifs : quelques zaouïas
+sont Seketâna ou Gezoula. Les tribus sont entièrement de l’une
+ou de l’autre famille : il ne saurait en être différemment. Mais
+les districts, les oasis, comme Tisint, Tatta, etc., où les divers
+qçars n’ont aucun lien entre eux, sont presque toujours mélangés :
+telle localité est Gezoula, telle autre voisine Seketâna ; on voit
+même des qçars mi-Seketâna, mi-Gezoula.
+
+La région où les populations sont ainsi divisées en Seketâna et
+Gezoula est, en résumé, celle qui est arrosée par les affluents de
+gauche de l’Ouad Sous d’une part, par les affluents de droite du
+Dra d’autre part, c’est-à-dire le massif presque entier du Petit
+Atlas. Au nord de cette contrée, sur la rive droite du Sous, on ne
+m’a plus paru connaître la classification en Gezoula et Seketâna ;
+au sud, il n’y a que le désert ; à l’ouest se trouvent les
+tribus du Sahel, parmi lesquelles cette division n’existe pas ;
+à l’est, sur la rive gauche du Dra, sont les Berâber : ceux-ci ne
+sont ni Gezoula ni Seketâna, ils ne sont que Berâber : leur tribu,
+avec ses nombreuses fractions, est, en population comme en étendue de
+territoire, égale, sinon supérieure aux Gezoula ou aux Seketâna :
+c’est un troisième peuple, mais qui a gardé jusqu’à ce jour
+son homogénéité, son fractionnement naturel, son organisation
+régulière et son groupement compact, choses que les deux autres
+ont perdues depuis un temps déjà lointain dont ils n’ont pas
+souvenance.
+
+La classification en Seketâna et Gezoula n’est pas seulement un
+souvenir généalogique : c’est, encore à présent, une division
+réelle : un qçar, une tribu Seketâna a-t-elle une guerre contre un
+qçar ou une tribu Gezoula, c’est toujours parmi les fractions de
+sa race qu’elle cherchera des alliés. Les Seketâna se prêtent
+secours entre eux, même à une grande distance, et les Gezoula
+de même. Ainsi, il y a quelques jours, les habitants de Qaçba el
+Djouạ ont été jusque dans le bassin du Sous porter aide à une
+fraction des Aït Semmeg qui avait réclamé leur assistance. De même,
+pendant mon séjour à Tintazart, il était parti 60 Chellaḥa et
+Ḥaraṭîn de Tatta pour secourir leurs frères dans le voisinage
+de l’Ouad Isaffen. Cela n’empêche pas cependant les querelles et
+guerres entre membres d’une des deux familles : bien plus, il arrive
+parfois, bien que rarement, qu’un qçar ou une fraction, appartenant
+d’origine à l’une des deux races, change de camp à la suite de
+querelles intestines et se range du côté de l’autre : on la compte
+dès lors comme faisant partie de cette dernière. C’est ainsi que
+les Indaouzal, tout en n’étant d’origine qu’une seule tribu,
+sont comptés aujourd’hui mi-Seketâna, mi-Gezoula.
+
+Dans le bassin du Sous, on remplace souvent les appellations de
+Seketâna et de Gezoula par celles d’Aït Semmeg et d’Oulad
+Iaḥia : les Aït Semmeg sont Seketâna, et les Oulad Iaḥia
+Gezoula ; cela revient donc au même.
+
+Deux tribus ont, comme nom propre, l’une celui de Seketâna,
+l’autre celui de Gezoula. Toutes deux habitent le bassin de l’Ouad
+Sous ; la première est sur la rive gauche, au sud des Zagmouzen,
+dans le Petit Atlas ; la seconde est sur un des affluents de droite
+du fleuve, dans le Grand Atlas. Nous manquons de détails sur cette
+dernière. Quant à la première, c’est une tribu importante,
+comptée comme Seketâna et entourée de tous côtés de Seketâna :
+les Zenâga, les Ounzin, les Aït Semmeg, qui l’avoisinent à
+l’est, au sud et à l’ouest, sont tous Seketâna. On pourrait
+peut-être considérer cette tribu, qui a gardé en propre le nom
+générique de toute la famille, comme en étant en quelque sorte
+le noyau.
+
+Voici comment sont répartis les Seketâna et les Gezoula :
+
+ Oulad Iaḥia (du bassin du Sous) Gezoula.
+
+ Indaouzal mi-Gezoula,
+ mi-Seketâna.
+
+ Aït Semmeg Seketâna.
+
+ Seketâna »
+
+ Aït Ạmer »
+
+ Zenâga »
+
+ Tagmout (Ouad Tatta) »
+
+ Ida ou Kensous Gezoula.
+
+ Aït Jellal »
+
+ Iliṛ (Ouad Sidi Moḥammed ou Iạqob) »
+
+ Reken Gezoula.
+
+ Fedoukkes »
+
+ Tazouli Seketâna.
+
+ Imtaoun »
+
+ Ounzin »
+
+ Aginan »
+
+ Aït Bou Iaḥia »
+
+ Aqqa Iṛen Gezoula.
+
+ Qçour Beïḍin Seketâna et
+ Gezoula
+ mélangés.
+
+ Qaçba el Djouạ Seketâna.
+
+ Trit Gezoula.
+
+ Tanziḍa Seketâna.
+
+ { Agadir Seketâna.
+ {
+ { Aït ou Iran Gezoula.
+ {
+ { Bou Mousi n’est d’aucune
+ { famille.
+ Tisint {
+ { Taznout Seketâna.
+ {
+ { { Aït Sidi Seketâna.
+ { { Mḥind
+ { Ez Zaouïa {
+ { { Aït Sidi Gezoula.
+ { { Ạli
+
+ Aqqa Igiren Seketâna.
+
+ { Tintazart Seketâna.
+ {
+ { Anṛerif »
+ {
+ { Adis »
+ {
+ { Tiiti »
+ {
+ { Aqqa Izenqad »
+ {
+ { Tiṛremt »
+ {
+ { Isbabaten (Toug er Riḥ) Gezoula.
+ Tatta {
+ { Tigiselt »
+ {
+ { Taldnount »
+ {
+ { Imtfian »
+ {
+ { Aït Iasin »
+ {
+ { Agjgal »
+ {
+ { Aït Sidi El Ḥoseïn »
+ {
+ { Aït Zouli mi-Seketâna,
+ { mi-Gezoula.
+
+ Aqqa Seketâna et
+ Gezoula
+ mélangés.
+
+ Oulad Iaḥia (du bassin du Dra) Gezoula.
+
+ Ida ou Blal Seketâna.
+
+ Aït ou Mrîbeṭ Gezoula.
+
+
+[Note 102 : _Taria_ veut dire château ; ce mot a le même sens que
+celui de tirremt.]
+
+[Note 103 : Ces villages forment la totalité du district d’Ounila.]
+
+[Note 104 : Ces villages forment la totalité du district d’Assaka.]
+
+[Note 105 : Ces villages forment la totalité du district de Tizgi.]
+
+[Note 106 : Le district d’Aït Zaïneb se compose : 1o des villages
+que nous venons d’énumérer, 2o de ceux que nous mentionnerons
+plus loin sur le cours de l’Ouad Imini.]
+
+[Note 107 : Composant la totalité du district.]
+
+[Note 108 : Composant la totalité de ce district.]
+
+[Note 109 : Ces villages forment la totalité de l’Imini.]
+
+[Note 110 : Le territoire des Ikhzama s’étend sur une partie du
+cours de trois rivières, savoir : l’Ouad Iriri, l’Ouad Amasin,
+l’Ouad Bou Igouldan.]
+
+[Note 111 : Ces villages forment la totalité de la tribu.]
+
+[Note 112 : Ces villages forment la totalité de la tribu.]
+
+[Note 113 : Ces villages forment la totalité de la tribu.]
+
+[Note 114 : A Zbar se trouve, dit-on, au bord même du Dra, une
+hauteur rocheuse dont les flancs sont couverts d’inscriptions que
+nul n’a pu déchiffrer : point de dessins, point de figures, rien
+que des caractères d’écriture.]
+
+[Note 115 : Sans doute la même que la zaouïa d’Ouzdiin.]
+
+[Note 116 : 1877-1878 ou 1295, appelé dans le langage usuel l’an
+95 ; cette année est tristement célèbre dans le sud du Maroc,
+à cause de la famine terrible qui la signala.]
+
+[Note 117 : On m’a assuré que, depuis mon voyage, la plupart des
+tribus soumises par le sultan en cette expédition, tant celles du
+Sahel que celles du bas Sous et du Ras el Ouad, s’étaient soulevées
+et avaient repris leur indépendance. Ces faits se seraient passés
+en automne 1884.]
+
+
+
+
+ III.
+
+ BASSIN DE L’OUAD SOUS.
+
+
+L’Ouad Sous porte en son cours supérieur le nom d’Ouad Tifnout :
+il ne prend celui de Sous qu’à partir de son confluent avec l’Ouad
+Zagmouzen. Cette rivière, presque aussi considérable que lui, se
+jette sur sa rive gauche au village de Tinmekkoul (Iouzioun). Nous
+étudierons séparément l’Ouad Tifnout, l’Ouad Zagmouzen et
+l’Ouad Sous.
+
+
+ 1o. — OUAD TIFNOUT.
+
+
+L’Ouad Tifnout, avant sa jonction avec l’Ouad Zagmouzen,
+reçoit sur sa rive gauche, entre Tabia et Taïssa, un autre affluent
+important, l’Ouad Aït Tameldou. Nous nous occuperons successivement
+de ces deux rivières.
+
+=1o OUAD TIFNOUT.= — On l’appelle souvent dans son cours inférieur
+Ouad Iouzioun. Il sort du flanc du Grand Atlas à un point nommé
+Tinzer (narine). Ce lieu est ainsi appelé parce qu’il s’y
+trouve deux ouvertures juxtaposées comme des narines : l’une est
+bouchée, à l’intérieur, par un poisson monstrueux ; de l’autre
+jaillit l’Ouad Tifnout. Cette source merveilleuse est célèbre
+à plus d’un titre : elle a, dit-on, des propriétés médicales
+extraordinaires. Au-dessous de Tinzer, l’Ouad Tifnout entre dans la
+tribu des Aït Tameldou ; il y arrose d’abord un groupe de quatre
+villages appelé
+
+Tizgi n Taqqaïn ;
+
+puis, restant toujours dans la même tribu, il passe successivement
+par un grand nombre de villages dont voici les principaux :
+
+ Imelil.
+
+ Taagnit.
+
+ Ouaounzourt.
+
+ Mezgemmat.
+
+ Asareg.
+
+ Tasoult.
+
+ Amzarko.
+
+ Imi n Amoumen.
+
+ Tizourin.
+
+ Aït Iṛmor.
+
+ Aït Skri. }
+ } Ces quatre villages sont compris sous le nom
+ Askaoun. } d’Aït Ouṛeld.
+ }
+ Moumalou. }
+
+ Dar Ougadir.
+
+ Ḥeloud.
+
+ Dou Ougadir.
+
+ Agerd n Ougadir.
+
+ Ạnd Aït Dra.
+
+ Igidi.
+
+ Aṛled Fouqani.
+
+ Timiṭeṛ.
+
+ Aṛled Taḥtani.
+
+ Mzi.
+
+ Tilkit.
+
+ Tarneouin.
+
+ Tabia.
+
+Ici l’Ouad Tifnout sort du territoire des Aït Tameldou et entre
+sur celui des Iouzioun. Il y arrose successivement les villages de :
+
+ Taïssa.
+
+ Takherri.
+
+ Tamararsent.
+
+ Toug el Khir.
+
+ Agaouz.
+
+ Tinksif.
+
+ Agdz Igourramen.
+
+ Taouarsout.
+
+ Ichakoukf.
+
+ Idergan.
+
+ Asoul.
+
+ Taṛrat.
+
+ Ibergnat.
+
+ Asaoun.
+
+ Tabia.
+
+ Agdz Aït ou Asṛar.
+
+ Aoufour.
+
+ Toug el Khir Taḥtani.
+
+ Anmid.
+
+ Tinmekkoul.
+
+A ce village, l’Ouad Tifnout s’unit à l’Ouad Zagmouzen :
+là commence l’Ouad Sous.
+
+L’Ouad Tifnout a de l’eau durant l’année entière sur toute
+l’étendue de son cours. Les bords en sont d’une richesse
+extrême : de la source de la rivière au confluent où elle finit,
+ils ne sont qu’un long jardin. Les eaux ne cessent de couler au
+milieu des cultures et à l’ombre des arbres fruitiers. Noyers,
+grenadiers, oliviers se pressent sur les rives ; la vigne court le long
+de leurs branches ; blés, orges, maïs font un tapis à leurs pieds.
+
+ Distances : de Tinzer à Tabia 1 jour.
+
+ de Tinzer à Tizgi n Taqqaïn 3 heures.
+
+ de Tizgi n Taqqaïn à Imelil 1 heure.
+
+ de Imelil à Ouaounzourt 3/4 d’heure.
+
+ de Ouaounzourt à Imi n Amoumen 1 h. 1/2.
+
+ de Imi n Amoumen à Agerd n Ougadir 1 h. 1/2.
+
+ de Agerd n Ougadir à Dou Ougadir 1/2 heure.
+
+ de Dou Ougadir à Timiṭeṛ 1 heure.
+
+ de Timiṭeṛ à Dar Ougadir 1 h. 1/2.
+
+ de Imelil à Tabia fort 1/2 jour.
+
+ de Tabia à Taïssa 1 heure.
+
+=AFFLUENTS.= — L’Ouad Tifnout reçoit un grand nombre
+d’affluents ; ce sont :
+
+ RIVE DROITE :
+
+ Ouad Amoumen, s’y jetant à Imi n Amoumen.
+
+ Ouad Idikel, s’y jetant à Dar Ougadir.
+
+ Ouad Izgrouzen, s’y jetant à Dou Ougadir.
+
+ Ouad Ikis, s’y jetant à Agerd n Ougadir.
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Ouad Inmarakht, s’y jetant à Ouaounzourt.
+
+ Ouad Saksad, s’y jetant à Dar Ougadir.
+
+ Ouad Msount, s’y jetant à Timiṭeṛ.
+
+ Ouad Tizgi n Mousi, s’y jetant à Mzi.
+
+OUAD AMOUMEN. — Il prend sa source dans le Grand Atlas, traverse
+le territoire des Aït ou Amoumen (composé de 9 villages, tous sur
+son cours), et se jette dans l’Ouad Tifnout. Les Aït ou Amoumen
+sont une fraction des Aït Tameldou.
+
+L’Ouad Amoumen a de l’eau sur tout son cours et en toute saison.
+
+ Distances : de l’Adrar n Deren aux Aït ou Amoumen 1/2 jour.
+
+ des Aït ou Amoumen à Imi n Amoumen 1 heure.
+
+OUAD IDIKEL. — Il prend sa source au Djebel Idikel. De là il
+traverse, en descendant, d’abord le district d’Idikel (composé
+de 14 villages, tous sur son cours) ; puis, au-dessous, celui de
+Talat n Ig (4 villages). L’un et l’autre sont des fractions des
+Aït Tameldou.
+
+L’Ouad Idikel n’a d’eau que pendant la saison des pluies.
+
+ Distances : de l’Idikel au Talat n Ig 5 heures.
+
+ du Talat n Ig à Dar Ougadir 1 h. 1/2.
+
+ du Talat n Ig à Aṛled Fouqani (route dans le 3 heures.
+ désert)
+
+OUAD IZGROUZEN. — Il prend sa source au Tizi n Tamejjout. Il passe
+d’abord par le village de Tamejjout, puis il traverse le territoire
+des Izgrouzen, composé de 21 villages, tous sur son cours. De là il
+se jette dans l’Ouad Tifnout. Tamejjout, ainsi que les Izgrouzen,
+fait partie de la tribu des Aït Tameldou.
+
+L’Ouad Izgrouzen n’a d’eau que pendant la saison des pluies.
+
+Le Tizi n Tamejjout est traversé par un chemin allant des Izgrouzen
+à Agoundis : d’Agoundis on peut gagner Dar El Genṭafi, et de
+là Merrâkech.
+
+ Distances : du Tizi n Tamejjout à Tamejjout 1 heure.
+
+ de Tamejjout aux Izgrouzen 1 heure.
+
+ des Izgrouzen à Dou Ougadir 1 h. 1/2.
+
+ des Izgrouzen à Agoundis fort 1/2 jour.
+
+ d’Agoundis à Dar El Genṭafi fort 1/2 jour.
+
+OUAD IKIS. — Il prend sa source dans le Grand Atlas et traverse
+ensuite le territoire d’Ikis (composé de 14 villages, tous sur
+son cours) ; de là il se jette dans l’Ouad Tifnout. L’Ikis est
+une fraction des Aït Tameldou.
+
+Cette rivière n’a d’eau que dans la saison des pluies.
+
+ Distances : de l’Adrar n Deren à l’Ikis 1/2 jour.
+
+ de l’Ikis à Agerd n Ougadir 1/2 jour.
+
+OUAD INMARAKHT. — Il traverse d’abord la fraction d’Inmarakht
+(composée de 7 villages tous sur son cours) ; de là il passe dans
+celle des Aït Leti (composée de 15 villages, tous sur son cours),
+puis dans celle d’Asif n Sous (3 villages) ; de là il se jette dans
+l’Ouad Tifnout. Les divers groupes que traverse l’Ouad Inmarakht
+font tous partie des Aït Tameldou.
+
+Cette rivière a de l’eau en abondance sur tout son cours, pendant
+l’année entière.
+
+ Distances : d’Inmarakht aux Aït Leti 1 heure 1/2.
+
+ des Aït Leti à Asif n Sous 1 heure.
+
+ d’Asif n Sous à Ouaounzourt 1 heure.
+
+OUAD SAKSAD. — Il prend sa source au Djebel Saksad ; de là il
+arrose successivement les deux villages d’Ifergan et d’Ạnd
+Imzilen. L’un et l’autre font partie des Aït Iṛmor, fraction
+des Aït Tameldou.
+
+Il y a toujours de l’eau dans l’Ouad Saksad, et sur tout son cours.
+
+ Distances : du Djebel Saksad à Ifergan 1 heure.
+
+ d’Ifergan à Dar Ougadir 1 heure.
+
+OUAD MSOUNT. — Il prend sa source dans le Khela Tamzernit (forêt
+de teceft). Au sortir de ce désert, il entre sur le territoire des
+Aït Msount, fraction des Aït Tameldou ; il y arrose successivement
+les villages de Isḥerin, Izoukennan, Aït Ḥedin, Aït ou Allal,
+Tidirmit, Imi n Msount.
+
+De là il gagne Timiṭeṛ, où il se jette dans l’Ouad Tifnout.
+
+Il n’a d’eau que dans la saison des pluies.
+
+ Distances : du Khela Tamzernit à Isḥerin 1 heure.
+
+ d’Isḥerin à Timiṭeṛ 1 heure.
+
+AFFLUENT. — L’Ouad Msount en reçoit un, l’Ouad Aït Mesri,
+se jetant sur sa rive gauche à Isḥerin.
+
+=Ouad Aït Mesri.= — Il traverse le territoire des Aït Mesri
+(7 villages, tous sur son cours), fraction des Aït Tameldou.
+
+Il n’a d’eau que durant la saison des pluies.
+
+ Distance : des Aït Mesri à Isḥerin 1/2 jour.
+
+OUAD TIZGI N MOUSI. — On l’appelle aussi Ouad Izgern. La source
+en est dans le désert, peu au-dessus de Tizgi n Mousi. Il passe
+d’abord par le village de Tizgi n Mousi, puis par l’Amzaourou
+(6 villages, tous sur son cours) ; de là il traverse le territoire
+des Izgern (9 villages) ; il rentre ensuite dans le désert, où il
+reste jusqu’à son confluent avec l’Ouad Tifnout. Les villages
+et fractions situés sur son cours font partie des Aït Tameldou.
+
+Il n’a d’eau que durant la saison des pluies.
+
+ Distances : de Mial (Ouad Aït Tameldou) à Tizgi n Mousi 3 heures.
+ (désert)
+
+ de Tizgi n Mousi à l’Amzaourou 1 heure.
+
+ de l’Amzaourou aux Izgern 3 heures.
+
+ des Izgern à Mzi (Ouad Tifnout) 1/2 jour.
+
+=REMARQUES SUR LES TRIBUS.= — Le territoire des Iouzioun se compose
+exclusivement des villages que nous avons énumérés sur le cours
+de l’Ouad Tifnout. Les Iouzioun forment une tribu séparée ; ils
+sont indépendants du sultan, mais reconnaissent la suprématie des
+deux puissants chikhs des Aït Tameldou : chacun de ces chefs a la
+moitié d’entre eux sous son autorité. Les Iouzioun sont de race
+et de langue tamaziṛt. Ils sont Chellaḥa. C’est une tribu riche
+et commerçante. Un marché, le Tlâta Tabia. Deux mellaḥs.
+
+2o _OUAD AIT TAMELDOU_. — On lui donne aussi parfois le nom d’Ouad
+Tittal. Il prend sa source dans le désert d’Igisel. De là il entre
+dans la tribu des Aït Tameldou, où il reste pendant tout son cours ;
+il y arrose successivement les villages suivants :
+
+Tittal, Mial, Tazoult, Aban, Bou Tizi, Aït Melloul, Ikouchoden,
+Id Marmouch, Inmezzen, Igourzan, Ida ou Amṛar, Talat n Ougnal,
+Arbalou, Iṛil, Tammarouin, Aït Qedni.
+
+Ce village est le dernier de l’Ouad Aït Tameldou, qui de là
+se jette sur la rive gauche de l’Ouad Tifnout, un peu au-dessous
+de Taïssa.
+
+L’Ouad Aït Tameldou a toujours beaucoup d’eau dans son lit,
+tout le long de son cours.
+
+ Distances : de Tizi n Ougdour à Tittal 5 heures.
+
+ de Tittal à Mial 1 heure.
+
+ de Mial à Tazoult 1 heure.
+
+ de Tazoult à Aït Melloul 1 heure.
+
+ d’Aït Melloul à Arbalou 2 h. 1/2.
+
+ d’Arbalou à Aït Qedni 1 h. 1/2.
+
+ d’Aït Qedni à Taïssa 1 h. 1/2.
+
+=AFFLUENTS.= — L’Ouad Aït Tameldou reçoit plusieurs affluents ;
+ce sont :
+
+ RIVE DROITE :
+
+ Ouad Amzarou, s’y jetant à Tazoult.
+
+ Ouad Igemran, s’y jetant à Aït Melloul.
+
+ Ouad Mançour, s’y jetant à Arbalou.
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Ouad Achakski, s’y jetant à Mial.
+
+ Ouad Aoullous.
+
+OUAD AMZAROU. — Il prend sa source au désert d’Ifenouan. Tout
+le cours en est sur le territoire des Aït Tameldou. Il arrose
+successivement les villages de Tagrioualt, Ạraben, Assaka, Ida El
+Ḥasen Ạli, Aït Ouahou, Anrouz, Tazoult.
+
+A ce dernier point, il se jette dans l’Ouad Aït Tameldou.
+
+L’Ouad Amzarou a de l’eau pendant toute l’année et sur tout
+son cours.
+
+ Distances : du Khela Ifenouan à Tagrioualt 3 heures.
+
+ de Tagrioualt à Assaka 1/2 heure.
+
+ d’Assaka à Tazoult 1 heure.
+
+AFFLUENT. — L’Ouad Amzarou reçoit un affluent, l’Ouad Tasoukt,
+se jetant sur sa rive gauche à Assaka.
+
+=Ouad Tasoukt.= — Il prend sa source dans le désert de Tiddes. Tout
+le cours en est sur le territoire des Aït Tameldou ; il y arrose
+d’abord un groupe de 3 villages appelé Aït Ouartasa puis
+successivement, Akchtim, Aït Iferd, Assaka, où est son confluent
+avec l’Ouad Amzarou.
+
+Il a de l’eau en toute saison sur tout son cours.
+
+ Distances : du Khela Tiddes à Aït Ouartasa faible 1/2 jour.
+
+ d’Aït Ouartasa à Assaka 1 heure.
+
+OUAD IGEMRAN. — Il prend sa source au Djebel Agendi, montagne
+boisée, couverte de grandes forêts de teceft. Tout le cours en est
+sur le territoire des Aït Tameldou : il y arrose successivement les
+villages suivants :
+
+Igemran (formée de 2 villages), Tizgi n Ouḥakki, Tamjerjt (très
+grand village), Aït Melloul.
+
+Il n’a d’eau que pendant la saison des pluies.
+
+ Distances : du Djebel Agendi à Igemran 1/2 heure.
+
+ d’Igemran à Tamjerjt 1/2 heure.
+
+ de Tamjerjt à Aït Melloul 1/2 heure.
+
+AFFLUENT. — L’Ouad Igemran reçoit l’Ouad Aït Tougda, se jetant
+sur sa rive droite un peu au-dessus d’Aït Melloul.
+
+=Ouad Aït Tougda.= — Il prend sa source au Djebel Agendi. Tout
+le cours en est sur le territoire des Aït Tameldou. Il arrose
+successivement les villages suivants :
+
+Aït Ouzaṛar, Aït Tougda.
+
+Puis il se jette dans l’Ouad Igemran.
+
+Il n’a d’eau que pendant la saison des pluies.
+
+ Distances : du Djebel Agendi à Aït Ouzaṛar 1 heure.
+
+ d’Aït Ouzaṛar à Aït Melloul 1/2 heure.
+
+OUAD MANÇOUR. — Il prend sa source au désert de Timoures. Tout
+le cours en est sur le territoire des Aït Tameldou. Il arrose
+successivement les villages suivants :
+
+Mançour, Tlzoui, Amazzer, Agerd n Zarar, Tagadirt, Taṛeroucht,
+Iloukous, Ilemsen, Taourirt, Imoula, Timiṭeṛ, Ouaouzgert, Arbalou.
+
+A ce dernier village est le confluent de l’Ouad Mançour et de
+l’Ouad Aït Tameldou.
+
+La rivière a de l’eau sur tout son cours et pendant toute
+l’année.
+
+ Distances : du Khela Timoures à Mançour 1 heure.
+
+ de Mançour à Tlzoui 1/2 heure.
+
+ de Tlzoui à Arbalou 1 h. 1/2.
+
+AFFLUENT. — L’Ouad Mançour reçoit l’Ouad Tizgi, qui se jette
+sur sa rive droite à Tlzoui.
+
+=Ouad Tizgi.= — Il prend sa source au désert d’Ifenouan. Tout
+le cours en est sur le territoire des Aït Tameldou. Il arrose
+successivement :
+
+Tizgi, Talmoudat, Igourdan, Tichki, Ida Ạli ou Ḥammou, Imskal,
+Timgdal, Tlzoui.
+
+A ce dernier point est son confluent avec l’Ouad Mançour.
+
+Il a toujours de l’eau dans son lit, sur tout son cours et en
+toute saison.
+
+ Distances : du Khela Ifenouan à Tizgi 1 heure.
+
+ de Tizgi à Tlzoui 1 heure.
+
+OUAD ACHAKSKI. — On l’appelle aussi Ouad Mial. Il prend sa source
+au Djebel Achakski. Pas un seul lieu habité sur son cours.
+
+Il n’a d’eau que pendant la saison des pluies.
+
+OUAD AOULLOUS. — On l’appelle aussi Ouad Aït Tedrart. Il prend sa
+source dans le Siroua : il arrose sur son cours les villages suivants,
+appartenant tous aux Aït Tedrart :
+
+Tadmamt, Aoullous, Tamalout, Azgaour, Adṛeṛ, Tamalout Aït Ạmer
+ou Ạli, Asif Zimer, Agerd n Oudrer, Aglagal, Askaoun.
+
+De là, plus de lieu habité sur son cours jusqu’à son confluent
+avec l’Ouad Aït Tameldou.
+
+Les Aït Tedrart sont une fraction de la tribu des Aït Selîman.
+
+ Distances : de Tadmamt à Askaoun 2 heures.
+
+ d’Aoullous à Amasin (Ikhzama) 1/2 jour.
+
+ d’Agerd n Oudrer à Iṛil n Oro (en traversant 1/2 jour.
+ le désert de Teddref)
+
+ d’Agerd n Oudrer à Taïssa 3 h. 1/2.
+
+AFFLUENT. — L’Ouad Aoullous reçoit à Askaoun l’Ouad Id ou
+Illoun, qui se jette sur sa rive gauche.
+
+=Ouad Id ou Illoun.= — Il reste pendant tout son cours sur le
+territoire des Id ou Illoun, où il arrose successivement les
+villages de :
+
+Tinzert, Iferṛan, Agni, Almessa, Aouzrout.
+
+Les Id ou Illoun sont une fraction de la tribu des Aït Selîman.
+
+ Distances : de Tinzert à Aouzrout 1 heure.
+
+ d’Agni à Aglagal (Ouad Aoullous) 1 heure.
+
+ d’Agni à Outoura (Ouad Zagmouzen) 2 heures.
+
+=REMARQUES SUR LES TRIBUS.= — Nous avons rencontré sur les
+cours d’eau que nous venons d’étudier trois tribus : les
+Iouzioun, dont il a déjà été parlé, les Aït Selîman et les
+Aït Tameldou. Toutes trois sont indépendantes et de race comme
+de langue tamaziṛt. Elles sont Chellaḥa : il n’existe point
+de Ḥaraṭîn dans le bassin du Sous. Elles sont sédentaires :
+le bassin du Sous ne renferme à peu près point de nomades.
+
+AIT SELIMAN. — Tribu se subdivisant en deux fractions,
+les Aït Tedrart et les Id ou Illoun. La première est la plus
+nombreuse. Chacune se compose d’une certaine quantité de villages,
+les uns sur les cours d’eau, où nous les avons mentionnés, les
+autres dans la montagne, alimentés par des sources. Les Aït Selîman
+sont gouvernés par un chikh, dont le pouvoir est héréditaire : le
+chikh actuel s’appelle Ạbd Allah Aït Ạli ou Ious : la maison des
+Aït Ạli ou Ious réside à Aoullous ; elle n’a aucune relation
+ni avec le sultan ni avec le Telouet. Pas de marché chez les Aït
+Selîman. Deux mellaḥs.
+
+AIT TAMELDOU. — Ils sont indépendants et gouvernés par leurs chikhs
+héréditaires : ceux-ci sont au nombre de deux : voici comment ils
+se partagent le pouvoir.
+
+A Tamjerjt réside la famille de chikhs des Id ou Mḥind ; le chef
+en est en ce moment Moḥammed ou Ḥammou ; il a sous son autorité
+une partie de l’Ouad Tifnout, une partie de l’Ouad Inmarakht,
+l’Ouad Amoumen, la moitié de l’Ouad Idikel, la moitié de l’Ouad
+Izgrouzen, l’Ouad Ikis, l’Ouad Msount, l’Ouad Tizgi n Mousi,
+l’Ouad Amzarou, l’Ouad Igemran, l’Ouad Aït Tougda, l’Ouad
+Mançour, la moitié de l’Ouad Tizgi. De plus, en dehors des Aït
+Tameldou, sa suprématie est reconnue d’une part par la moitié
+des Iouzioun, de l’autre par les Ikhzama (bassin de l’Ouad Iriri).
+
+A Aït Iferd réside la seconde famille de chikhs ; c’est une branche
+de la maison des Aït Ouzanif. Le chef actuel en est Moḥammed ou
+Ạbd Allah ; il a sous son pouvoir le reste de l’Ouad Tifnout
+(les Aït Iṛmor), les Aït Leti sur l’Ouad Inmarakht, la moitié
+de l’Ouad Idikel (Talat n Ig), l’Ouad Saksad, la moitié de
+l’Ouad Izgrouzen, l’Ouad Aït Tameldou, l’Ouad Achakski,
+l’Ouad Tasoukt, la moitié de l’Ouad Tizgi. Il faut y joindre,
+hors des Aït Tameldou, le reste des Iouzioun et les Aït Marlif
+(bassin de l’Ouad Iriri).
+
+Ces deux puissantes familles entretiennent avec le qaïd du Telouet
+des relations analogues à celles qu’a avec lui le Zânifi :
+c’est leur seul lien avec le makhzen.
+
+Les principaux produits de la tribu sont les noix et les olives, qui
+abondent sur tout son territoire. On récolte aussi des raisins et
+des grenades sur les rives de l’Ouad Tifnout. La vallée de cette
+rivière est la partie la plus riche du pays des Aït Tameldou. Peu
+d’abeilles. De grands troupeaux de moutons et de bœufs ; beaucoup
+d’ânes et de mulets ; des chevaux et des chameaux.
+
+Les Aït Tameldou sortent peu de chez eux pour faire le commerce ;
+mais on se rend en leur pays de Tazenakht, de l’Aït Zaïneb,
+du Telouet, des bords de l’Ouad Sous, pour acheter des grains et
+des fruits ; on en exporte ainsi du blé, de l’orge, des fèves,
+des noix, de l’huile.
+
+Le centre le plus important de la tribu est Ạraben (120 familles
+musulmanes et 3 familles israélites).
+
+Minerai de fer dans le désert d’Ifenouan.
+
+Un seul marché chez les Aït Tameldou, le Ḥad Tamjerjt.
+
+Les Israélites sont nombreux sur leur territoire : ils y ont seize
+mellaḥs.
+
+
+ 2o. — OUAD ZAGMOUZEN.
+
+
+On l’appelle aussi quelquefois Ouad Aït Oubial et Ouad Aït
+Ọtman. Il prend sa source au mont Siroua. De là, il coule pendant
+quelque temps dans le désert, puis il entre dans la tribu des Aït
+Oubial ; il y arrose successivement les villages suivants :
+
+Aït ou Alman, Aït Sin, Assaka, Tagouïamt.
+
+De là il passe immédiatement dans la tribu des Aït Ọtman, où
+il arrose :
+
+Aït Sin d Aït Ọtman, Tammenout, Outoura, Aït Sạd, Takchtamt,
+Aït Ạïcht, Tagmout (murailles rocheuses avec cavernes inaccessibles
+et restes de constructions).
+
+Là finissent les Aït Ọtman : la rivière s’engage dans le long
+désert de Tifergin, où elle reste durant plusieurs heures ; elle
+entre ensuite sur le territoire des Zagmouzen, où elle baigne :
+
+Arfaman, Tagjdit, Anammer, Ikerouan, Tifourt, Irzi, Timicht, Taserga,
+Agadir Zagmouzen, Armed Zagmouzen, Iṛil n Oro (très grand village),
+Tabia, Taltnezourt, Taourirt, Tirest, Iṛil Mechtiggil, Dou Ouzrou,
+Taleouin, Tabia n Boro, Tagergoust, Bou Oulga, Timellilt.
+
+De là, l’ouad, sans que les cultures s’interrompent sur ses rives,
+passe dans la tribu des Aït Semmeg ; il y arrose de nombreux villages,
+dont voici les principaux :
+
+ Imjijouin.
+
+ Targa n Mimoun rive droite.
+
+ Ez Zaouïa (en face de Targa n Mimoun) rive gauche.
+
+ Tazdeṛt Fouqani.
+
+ Tazdeṛt Taḥtani.
+
+ Tagenza.
+
+Puis il passe dans la tribu des Aït Iaḥia, où il baigne un grand
+nombre de villages, dont les principaux sont :
+
+ Imi n Ougni.
+
+ Taourirt el Ḥad rive droite.
+
+ Arfaman.
+
+ Tazarin.
+
+ Tastift.
+
+ Amzaourou.
+
+ Bitgan.
+
+ Imiḍeṛ.
+
+ Imirgel.
+
+A Imirgel finissent les Aït Iaḥia. Quelques pas plus bas, la
+rivière se réunit à l’Ouad Tifnout, au village de Tinmekkoul,
+sur le territoire des Iouzioun.
+
+Au-dessous d’Aït Ạïcht, l’Ouad Zagmouzen a toujours de l’eau,
+quelle que soit la saison. Plus haut, il est quelquefois à sec.
+
+ Distances : d’Aït Oubial à Tagmout 1/2 jour.
+
+ de Tagmout à Iṛil n Oro 1/2 jour.
+
+ d’Iṛil n Oro à Imirgel 1 jour.
+
+ d’Imirgel à Tinmekkoul 1/2 heure.
+
+ d’Arfaman (Aït Iaḥia) à Tinksif 1/2 jour.
+
+ de Tinksif à Tasdṛemt (Aït Ououlouz) 1 heure.
+
+=AFFLUENTS.= — L’Ouad Zagmouzen reçoit deux affluents, l’un
+et l’autre sur sa rive gauche ; ce sont : l’Ouad Amaliz, s’y
+jetant à Timicht (Zagmouzen), et l’Ouad Aït Semmeg, s’y jetant
+à Tagenza (Aït Semmeg).
+
+OUAD AMALIZ. — Il prend sa source dans le désert Talaṛt Imadid. De
+là il traverse le territoire des Imadiden, fraction des Seketâna,
+puis il entre sur celui des Aït Ạbd el Ouirt, où il arrose
+successivement les villages de Miggar el Ḥedid et d’Amaliz,
+séparés l’un de l’autre par le désert d’Igidi n Oumaliz. Les
+jardins d’Amaliz touchent à ceux de Timicht, où la rivière se
+jette dans l’Ouad Zagmouzen.
+
+Les Aït Ạbd el Ouirt sont une tribu à part, habituellement
+alliée aux Imadiden ; elle ne se compose que des deux villages
+que nous venons de citer et de deux autres, Tafrent et Tasṛent,
+situés dans la montagne, à peu de distance des premiers.
+
+L’Ouad Amaliz a de l’eau sur tout son cours et en toute saison.
+
+ Distance : d’Amaliz au désert Talaṛt Imadid 3 heures.
+
+AFFLUENT. — L’Ouad Amaliz reçoit un affluent, l’Ouad Sidi
+Ḥaseïn, se jetant sur sa rive droite à Amaliz.
+
+=Ouad Sidi Haseïn.= — Il prend sa source dans le Khela Tasṛirt,
+passe au pied de la qoubba de Sidi Ḥaseïn, puis entre sur le
+territoire des Seketâna, dans la fraction des Imskal. Il y arrose
+d’abord Iṛri, puis Tinfat, et se jette dans l’Ouad Amaliz au
+village d’Amaliz.
+
+OUAD AIT SEMMEG. — C’est une rivière importante, qui presque
+partout a de l’eau : elle prend sa source dans le Petit Atlas,
+reçoit divers affluents et arrose sur son cours supérieur plusieurs
+tribus (on ne peut me donner de renseignements sur cette portion) ;
+puis elle entre sur le territoire des Aït Semmeg ; elle y arrose
+successivement un grand nombre de villages, dont voici les principaux :
+
+Asedmer, Timichcha, Agadir Djedid, Ammeïn (groupe de plusieurs
+qçars), Doutourirt, Imzil, Taṛzout.
+
+ Distance : d’Asedmer à Tagenza 4 heures.
+
+=REMARQUES SUR LES TRIBUS.= — Les tribus que nous avons mentionnées
+sur l’Ouad Zagmouzen et ses affluents sont toutes indépendantes
+et toutes de race et de langue tamaziṛt. D’ailleurs le bassin de
+l’Ouad Sous tout entier, sauf une ou deux exceptions insignifiantes,
+n’est peuplé que de Chellaḥa, et la langue tamaziṛt y est
+partout l’idiome en usage. Parmi les tribus du bassin de l’Ouad
+Zagmouzen, les unes, telles que les Aït Oubial, les Aït Ọtman, les
+Zagmouzen, les Aït Iaḥia, les Aït Ạbd el Ouirt, ne possèdent que
+les villages que nous avons énumérés et d’autres intercalés entre
+eux, et ne s’étendent pas en dehors des vallées des rivières ;
+deux, au contraire, les Aït Semmeg et les Seketâna, sont de grandes
+tribus dont nous n’avons mentionné qu’une faible portion.
+
+Les Aït Oubial n’ont point de marché. Ils sont renommés pour
+l’excellent safran qui se récolte sur leur territoire ; on en
+trouve dans la plus grande partie du haut Sous, mais celui de leur
+pays est réputé le meilleur.
+
+Les Aït Ọtman ont un marché, le Tenîn Aït Sin.
+
+Les Zagmouzen en ont un aussi, le Khemîs Iṛil n Oro. On trouve,
+dit-on, du minerai d’argent sur leur territoire.
+
+Les Aït Iaḥia possèdent un marché, le Tenîn Taourirt el
+Ḥad. Ils sont gouvernés par un chikh héréditaire résidant
+à Arfaman.
+
+Pas de marché dans la petite tribu des Aït Ạbd el Ouirt.
+
+Les Juifs sont nombreux dans ces régions : il y a douze mellaḥs
+dans le bassin de l’Ouad Zagmouzen.
+
+SEKETANA. — Toutes les populations du bassin du Sous et toutes celles
+comprises entre Sous et Dra, à l’exception du Sahel, se divisent
+en deux grandes familles : les Gezoula et les Seketâna. Nous avons
+énuméré plus haut les tribus et les groupes divers dont se composent
+l’une et l’autre. Dans le bassin du Sous, deux noyaux séparés
+ont conservé l’un le nom de Gezoula, l’autre celui de Seketâna,
+et se les sont attribués comme dénominations particulières : nous
+parlerons plus loin des Gezoula, quand nous en serons à l’Ouad
+Sous proprement dit ; ici, dans le bassin de l’Ouad Zagmouzen,
+se trouve la tribu dite des Seketâna.
+
+Les Seketâna sont cantonnés dans le Petit Atlas, sur la rive
+gauche de l’Ouad Zagmouzen, à environ 6 ou 8 kilomètres de ce
+cours d’eau, à peu près à hauteur de la tribu des Zagmouzen. La
+plupart de leurs villages sont alimentés par des sources : les deux
+rivières qui traversent leur territoire, l’Ouad Amaliz et l’Ouad
+Sidi Ḥaseïn, n’arrosent qu’un petit nombre de localités. Les
+Seketâna possèdent en outre, à proximité de l’Ouad Zagmouzen,
+un gros village isolé, Ihoukern. Il s’élève à 2 kilomètres au
+sud de la rivière, entre Tagmout et Aït Ạïcht. Quoique presque
+enclavé dans les Aït Ọtman, c’est aux Seketâna qu’il
+appartient.
+
+Ceux-ci se divisent en trois fractions : Seketâna proprement dits,
+Imadiden, Imskal. Les premiers habitent la portion ouest du territoire,
+les seconds le centre, les derniers l’est.
+
+_Seketâna proprement dits._ — Voici leurs principaux villages :
+Tizgi, Tirikiou, Allegou, Tanfekht, Aouirst, Imgoun, Taglaout,
+Taourirt, Aït Abbou, Iṛil n Ouaman, Aït Delḥa, Agdz, Tabadricht,
+Aït Ḥeddou, Tilioua, Aït Roḥou.
+
+_Imadiden._ — Voici leurs principaux villages : Aderdour, Iṛil
+n Tefraout, Ṭaddart, Tazga, Aït Roḥou, Ifri Imadiden.
+
+_Imskal._ — Voici leurs principaux villages : Argoummi, Iṛri,
+Gounin, Ifran, Imṛid, Tazoult, Tizi n Tifourt, Imi n Ougni,
+Tamskourt, Agoudal, Timasinin, Timersit. Les cinq derniers portent
+le nom collectif de Tinfat. Le village isolé d’Ihoukern compte
+avec les Imskal.
+
+Ces trois fractions sont à peu de distance les unes des autres,
+surtout les deux dernières : dans chacune, les villages sont fort
+rapprochés et se touchent entre eux par leurs cultures.
+
+Les principaux centres sont Imgoun, Aouirst, Tanfekht. Un marché,
+le Ḥad Tirikiou.
+
+Chacune des trois fractions des Seketâna est gouvernée séparément
+par son chikh héréditaire.
+
+Les principales productions du pays sont les olives, les noix, les
+figues, et surtout le safran.
+
+AIT SEMMEG. — C’est une puissante tribu, atteignant les bords de
+l’Ouad Zagmouzen et s’étendant au loin sur les pentes du Petit
+Atlas, qui forme le flanc gauche de la vallée de cette rivière. Elle
+se divise en nombreuses fractions ; plusieurs cours d’eau en arrosent
+le territoire. Elle est sous l’autorité d’un chikh héréditaire
+résidant à Tagenza. Le chikh actuel s’appelle Ould Aḥmed ou
+Aḥman. Un marché, l’Arbạa Doutourirt, qu’on appelle aussi
+Arbạa Ammeïn.
+
+
+ 3o. — OUAD SOUS JUSQU’A TAROUDANT.
+
+
+La portion de la vallée de l’Ouad Sous comprise entre Tinmekkoul,
+où il commence à prendre ce nom, et Taroudant s’appelle Ras el
+Ouad. Cette dénomination est vague : tantôt elle ne s’applique
+qu’à la plaine au milieu de laquelle coule le fleuve, tantôt on
+y comprend les versants des montagnes qui la bordent.
+
+L’Ouad Sous, l’Asif n Sous, comme on l’appelle le plus souvent,
+est très habité sur tout son cours ; pas un seul point désert sur
+ses rives : depuis Tinmekkoul jusqu’à la mer, elles sont couvertes
+de cultures et de villages se succédant sans interruption. Le fleuve
+coule au milieu d’une plaine très unie qui prend bientôt une
+grande largeur ; cette largeur augmente sans cesse à mesure qu’on
+s’avance vers la mer. C’est partout un sol d’une fertilité
+admirable ; mais une partie seulement en est cultivée, le reste est
+laissé en pâturages et en forêts. Plusieurs tribus habitent sur
+le cours du Sous : les unes s’étendent sur ses deux rives, comme
+les Rḥala ; les autres sur une seule, comme les Menâba ou les
+Indaouzal ; les unes ne possèdent que les bords mêmes du fleuve :
+tels les Rḥala et les Menâba ; d’autres s’enfonçent au loin
+dans les terres : tels les Oulad Iaḥia, les Indaouzal.
+
+Au-dessous de Tinmekkoul, l’Ouad Sous entre immédiatement dans la
+tribu des Rḥala. Elle se compose de trois fractions : Ida ou Gemmed,
+Aït Ououlouz, Ida ou Tift. Les Ida ou Gemmed sont sur la rive droite,
+les deux autres groupes en face d’eux sur la rive gauche ; les Aït
+Ououlouz sont en amont, les Ida ou Tift en aval.
+
+Tous les villages des Rḥala se trouvent sur les bords mêmes du
+fleuve ; voici les principaux d’entre eux :
+
+Sur la rive droite : fraction des Ida ou Gemmed :
+
+ Iṛanimin.
+
+ Koulat.
+
+ Sidi Ọmar.
+
+ Tir.
+
+ Tasḥmoumt en face d’Amerli.
+
+ Ikhfri en face de Tloussa.
+
+ Tagenza.
+
+ Aderdour en face de Tloussa 120 fusils
+
+ Zaouïa Sidi Ious en face d’Aït Oumbarek.
+
+ Tagadirt n Tafoukt en face de Tasserlit.
+
+ Zaouïa el Ferfar en face de Tigider.
+
+ El Ferfar en face de Timikert.
+
+ Tigemmi n Talaṛt en face de Taḥalla.
+
+ Igedad.
+
+ Tiourza (appelé aussi Aourz) en face de Taḥalla.
+
+ Aourir en face d’Imilan.
+
+ Imilan en face de Bouour.
+
+ Aoumselart en face de Tassoumat.
+
+ Aougeddim entre Tassoumat et Assaka.
+
+ Irk.
+
+ Taṛlemt.
+
+ Tagadirt Aït Ḥamed ou Ḥoummou en face de Taḥalla.
+
+ Agdour en face de Bouour.
+
+ Aït Selîman.
+
+ Tiflit en face de Louleïza.
+
+ Tagendout.
+
+ Aït Ouasạou.
+
+ Tinnikt.
+
+ Talat n Tiout.
+
+Sur la rive gauche : d’abord la fraction des Aït Ououlouz :
+
+ Tasdṛemt.
+
+ Agerd.
+
+ Tamgout.
+
+ Agadir n Ousekti.
+
+ Agadir n Iblaz.
+
+ Zaouïa Moulei Ạli.
+
+ El Qaçba.
+
+ Adouz.
+
+ Tamdrart.
+
+ Aourir.
+
+ Tagergoust.
+
+Ces huit derniers villages sont compris sous le nom collectif
+d’Aoulouz.
+
+Viennent ensuite ceux des Ida ou Tift :
+
+ Amerli 300 fusils.
+
+ Iferd n Khalifa.
+
+ Igedad 150 fusils.
+
+ Amari.
+
+ Tagoust.
+
+ Agadir Aït Ḥaseïn.
+
+ Tloussa.
+
+ Zaouïa Sidi Mḥind ou Iạqob.
+
+ Aït Oumbarek.
+
+ Taserlit.
+
+ Tigider.
+
+ Timikert.
+
+ Imejjat.
+
+ Bouour.
+
+ Tagadirt n Ououddiz.
+
+A Bouour, en face des derniers villages des Ida ou Gemmed, commence,
+sur la rive gauche, le territoire des Indaouzal. Au-dessous de
+Tinzert, on entre, sur la rive droite, dans celui des Menâba. Le
+fleuve forme la frontière entre les deux tribus. Voici les villages
+qu’il arrose :
+
+Rive droite : Menâba :
+
+ Tinzert 150 fusils.
+
+ Ida ou Qaïs (groupe compact de 7 villages) 120 fusils.
+
+ Zaouïa Moulei Ạbd el Qader.
+
+ Ạïn n Ougeïḍa.
+
+ Igoudar.
+
+ Aït Ioub 150 fusils.
+
+ Oulad Ḥasen 150 fusils.
+
+ Tamast (sur la rive gauche de l’ouad ; seul village 300 fusils.
+ des Menâba dans cette situation)
+
+ Oulad Brahil en face de Tamast.
+
+ Ạïn el Ạsid.
+
+ Souaṭat 120 fusils.
+
+ Zrabia.
+
+ El Bordj.
+
+ Oulad Brahim.
+
+ Agedal.
+
+ Dir.
+
+ Sama.
+
+ Ida ou Gouilal 150 fusils.
+
+ Igli 200 fusils.
+
+ Erzagna.
+
+ Aït Ạïssa.
+
+ Zaouïa Ben Abbou.
+
+ Agadir er Remel.
+
+Rive gauche : Indaouzal :
+
+ Tassoumat.
+
+ Assaka.
+
+ Louleïza 120 fusils.
+
+ Tafellount.
+
+ Tirkt.
+
+ Agadir el Bour.
+
+ Aït Merras.
+
+ Sidi Malek.
+
+A Sidi Malek finit la portion occupée par les Indaouzal ; ils sont
+suivis par les Oulad Iaḥia, à qui appartient toute la rive gauche
+du fleuve depuis là jusqu’à Taroudant : le long de cet espace, ce
+n’est qu’une série non interrompue de villages ; voici seulement
+les noms des principaux :
+
+ Tamast (appartenant aux Menâba, quoique sur la rive
+ gauche).
+
+ Taouraṛt.
+
+ Tezzart.
+
+ El Mḥara.
+
+ Timdouin 400 feux.
+
+ Arazan 120 feux.
+
+ Taqṭrant.
+
+ Agadir n Abbou.
+
+ Oulad Bou Ṛis 120 feux.
+
+ Freïja.
+
+Au-dessous des Menâba, sur la rive droite, se trouvent d’abord
+les Aït Iiggas, bordant l’ouad de leurs villages ; puis les
+Oulad Iaḥia, qui, à partir de là, occupent les deux rives du
+fleuve jusqu’à Taroudant. Ce n’est, dans ces deux tribus, que
+succession constante de jardins, de hameaux et de bourgades tout
+le long du cours d’eau : le principal centre, sur la rive droite,
+est le village de Ben Sifer.
+
+L’Ouad Sous a toujours de l’eau dans son lit.
+
+Nous avons dit le nombre de fusils des localités les plus
+importantes : les autres ont en général de 30 à 60 familles.
+
+ Distances : de Tinmekkoul à Aoulouz 3 heures.
+
+ de Tinmekkoul à Tasdṛemt 1 h. 1/2.
+
+ d’Aoulouz à Tir Le fleuve seul les
+ sépare.
+
+ de Tir à Tinzert 3 heures.
+
+ de Tinzert à Igli 3 heures.
+
+ de Tir à Ida ou Qaïs 4 heures.
+
+ d’Aoulouz à Iferd n Khalifa Leurs jardins se
+ touchent.
+
+ d’Iferd n Khalifa à Tagadirt n 2 heures.
+ Ououddiz
+
+ d’Iṛil n Oro à Aderdour (en coupant fort 1/2 jour.
+ au court)
+
+ d’Iṛil n Oro à Aoulouz (en coupant fort 1/2 jour.
+ au court)
+
+ d’Iṛil n Oro à Igli 1 jour 1/3.
+
+ d’Iṛil n Oro à Tinmekkoul (en forte journée.
+ longeant l’ouad)
+
+ d’Igli à Ida ou Gouilal Ils se touchent.
+
+ d’Igoudar à Ida ou Gouilal 2 heures.
+
+ d’Igoudar à Igli 2 heures.
+
+ d’Igoudar à la frontière des Rḥala 1 heure.
+
+ de Zaouïa Ben Abbou à Agadir er Les jardins se
+ Remel touchent.
+
+ d’Aït Ạïssa à Agadir er Remel Les jardins se
+ touchent.
+
+ de Tinnikt à Oulad Ḥasen 1 h. 1/2.
+
+ de Tinnikt à Aourz 3 h. 1/2.
+
+ de Tasdṛemt à Tirkt (en coupant au 3 h. 1/2.
+ court)
+
+ de Tasdṛemt à Bouour (en suivant 3 heures.
+ l’ouad)
+
+ de Tirkt à Bouour (en suivant 2 heures.
+ l’ouad)
+
+ de Tirkt à Oulad Bou Ṛis 1 jour.
+
+ d’Oulad Bou Ṛis à Freïja 1 h. 1/2.
+
+ d’Oulad Ḥasen à Taroudant 1 jour.
+
+De l’examen de ces distances il ressort deux choses : la première,
+c’est que l’Ouad Sous fait un coude considérable auprès
+d’Aoulouz ; la seconde, que l’Ouad Zagmouzen décrit un long
+circuit avant de se jeter dans l’Ouad Tifnout.
+
+On ne met en effet que 3 heures et demie pour aller de Tasdṛemt à
+Tirkt : on laisse le fleuve à gauche, on coupe au court à travers
+un désert, le Khela Aït Ouasạou, et on ne retrouve l’Ouad Sous
+qu’à Tirkt. Si on voulait faire le même trajet en longeant le
+fleuve, au milieu des villages et des cultures, il faudrait 5 heures
+de temps.
+
+De même, pour se rendre d’Iṛil n Oro à Aoulouz, il suffit
+d’une forte demi-journée. On descend l’Ouad Zagmouzen jusqu’à
+Taourirt el Ḥad : là on le quitte et on coupe au court à
+travers les montagnes du flanc gauche. On monte d’abord par le
+désert Timezgiḍa n Izrar ; puis on arrive à la qoubba de Sidi
+Bou Reja, située au col même où se franchit le massif : ce col,
+fort célèbre, s’appelle Tizi n Sous. De là on passe dans un
+nouveau désert, la forêt de Dou Ouzrou Zouggaṛ, célèbre par
+les brigandages qui s’y commettent : non loin de là se trouve le
+village d’Agni n Fad, qui reste en dehors de la route. Après deux
+heures de marche dans cette solitude, on débouche chez les Rḥala
+à Aourir, village du groupe d’Aoulouz. Ce chemin est ce qu’on
+appelle le chemin de Tizi n Sous. Quoique en montagne, il n’est pas
+très pénible. Il se fait en une demi-journée. On mettrait deux
+fois plus de temps en suivant le fond des vallées : en effet, on
+compte une forte journée pour aller d’Iṛil n Oro à Tinmekkoul,
+et il y a encore deux ou trois heures de ce point à Aoulouz.
+
+Nous avons dit plus haut que, si les bords du Sous sont cultivés
+partout, il n’en est pas de même de la large plaine formant le fond
+de la vallée : elle n’est cultivée qu’en partie : le reste est
+couvert de bois et de pâturages. Les principales forêts sont : sur
+la rive droite, celle de Bou Taddout (Aït Iiggas et Oulad Iaḥia) ;
+sur la rive gauche, celle de Briouga (Oulad Iaḥia, entre Timdouin et
+Taroudant) ; au milieu de cette dernière se trouve le grand village
+de Tiout, situé à mi-distance entre Igli et Taroudant.
+
+=REMARQUES SUR LES TRIBUS.= — Les habitants du Sous, sauf un ou
+deux petits groupes d’Arabes de quelques tentes seulement, comme
+celui des Oulad Dris, groupes jetés on ne sait comment et noyés
+au milieu du reste de la population, sont tous de race tamaziṛt
+(chleuḥa) et de mœurs sédentaires. La langue usuelle y est
+partout le tamaziṛt. Dans le haut Sous, au-dessus du Ras el Ouad,
+et dans les chaînes du Grand et du Petit Atlas, cette langue est à
+peu près la seule connue. Mais à mesure qu’on descend le cours du
+fleuve et qu’on se rapproche du fond de sa vallée, le nombre des
+individus sachant l’arabe augmente. A partir des Menâba, il est
+peu d’hommes, au bord de l’ouad, qui ne connaissent cette langue.
+
+L’état politique des tribus du Ras el Ouad a traversé depuis
+quelque temps diverses vicissitudes : durant de longues années,
+ces tribus ont été insoumises, sans aucune relation avec le
+makhzen. Récemment, pendant l’été de 1882, Moulei El Ḥasen
+fit une campagne dans le bas Sous et le nord du Sahel Marocain, et en
+profita pour inviter les habitants du Ras el Ouad à l’obéissance :
+c’était dans un moment de famine ; les populations, pauvres
+et affaiblies, ne voulurent pas entrer en lutte ; d’ailleurs une
+portion d’entre elles, fatiguée d’une longue anarchie, souhaitait
+un gouvernement régulier : elles se soumirent. On donna le titre de
+qaïd à leurs chikhs héréditaires : ceux-ci furent chargés de
+collectionner l’impôt et de lever des soldats pour le compte du
+sultan : au reste, point de garnisons, point d’hommes du makhzen,
+pas un seul fonctionnaire étranger. Tel était l’état du pays
+au moment de mon voyage. On était soumis au sultan, mais celui-ci
+n’exigeait que fort peu ; trop cependant, au gré de ces tribus
+jalouses de leur liberté : même ceux qui naguère avaient désiré
+ce régime en étaient lassés : il est vrai qu’ils n’y avaient
+point trouvé le bien qu’ils en attendaient. Aussi cet état de
+choses n’a, paraît-il, pas duré longtemps. Dès la première
+année d’abondance, la révolte a été générale : en automne
+1884, toutes les tribus ont, dit-on, refusé argent et soldats ;
+en quelques lieux où les qaïds avaient abusé de leur autorité
+ou voulu maintenir l’ordre établi, elles les ont chassés, en
+détruisant leurs demeures. Depuis lors toutes vivent de nouveau dans
+une complète indépendance, sans aucun rapport avec Moulei El Ḥasen.
+
+Celui-ci avait divisé le Ras el Ouad en six provinces,
+_ạmel_. Chacune d’elles se composait d’une des tribus ou
+fractions de tribus principales, que gouvernait son chikh avec
+le titre de qaïd : ce magistrat avait de plus dans son ressort,
+surtout en ce qui concernait leurs rapports avec le sultan, les
+tribus voisines moins considérables, ou celles dont la dépendance
+n’était pas complète. C’est ainsi que le qaïd des Menâba
+avait dans son ạmel les Aït Iiggas et les Talkjount d’une part,
+les Indaouzal de l’autre. Les six ạmels étaient :
+
+1o Rḥala (Ida ou Gemmed).
+
+2o Rḥala (Aït Ououlouz et Ida ou Tift).
+
+3o Menâba.
+
+4o Oulad Iaḥia.
+
+5o Aït Semmeg (sur l’Ouad el Amdad ; versant sud du Grand Atlas).
+
+6o Mentaga (dans le massif du Grand Atlas).
+
+RHALA. — Tribu occupant les deux rives de l’Ouad Sous. Tous les
+villages en sont sur les bords mêmes du fleuve. Elle se divise, comme
+nous l’avons vu, en Ida ou Gemmed, Aït Ououlouz, Ida ou Tift. Deux
+chikhs héréditaires, portant aujourd’hui le titre de qaïd, les
+gouvernent : ce sont le qaïd Ḥaïda ould El Ḥasen ou Aḥman,
+résidant à Tagenza : il a sous son autorité les Ida ou Gemmed ;
+le qaïd Ọmar el Aoulouzi, demeurant à Agadir n Iblaz : il commande
+aux Aït Ououlouz et aux Ida ou Tift. Deux marchés chez les Rḥala,
+le Ḥad Aoulouz et l’Arbạa Aoulouz. Cinq mellaḥs.
+
+MENABA. — Tribu occupant la rive droite de l’Ouad Sous ; elle
+forme une bande étroite le long du fleuve et ne s’étend pas dans
+l’intérieur de la vallée. Elle est gouvernée par Qaïd El Ạrbi,
+résidant à Igli ; la maison de celui-ci, vaste demeure avec grandes
+dépendances, s’appelle El Mkhatir. Trois marchés dans la tribu,
+Ḥad Igli, Djemạa Tinzert et Tlâta Aït Ioub : ce dernier, connu
+sous le nom de Tlâta Menâba, est le marché le plus important du
+Ras el Ouad. Il y a 12 mellaḥs chez les Menâba.
+
+INDAOUZAL. — C’est une grande et puissante tribu située sur la
+rive gauche de l’Ouad Sous ; sur les bords immédiats du fleuve,
+elle n’occupe qu’une faible longueur ; mais au delà elle
+s’étend au loin, bornée à l’est par les Aït Iaḥia et les
+Aït Semmeg, au nord par les Rḥala et les Menâba, à l’ouest par
+les Oulad Iaḥia, au sud et au sud-ouest par diverses petites tribus
+indépendantes : toute la plaine qui s’étend au sud des Menâba
+et des Rḥala lui appartient, ainsi que les premières pentes du
+Petit Atlas sur une assez grande profondeur ; le Tizi n Sous est
+sur son territoire. Elle a deux chikhs héréditaires résidant,
+l’un à Akchtim, l’autre dans un village appelé de son nom,
+Ould Sidi Malek. De plus, les localités des Indaouzal limitrophes
+des Aït Iaḥia se sont rangées sous l’autorité du chef de ces
+derniers, le chikh d’Arfaman. Pour leurs rapports avec le sultan,
+les Indaouzal dépendent du qaïd El Ạrbi, d’Igli. Cette tribu,
+en paix en ce moment, a été longtemps désolée par des querelles
+intestines : depuis une époque très ancienne, elle est divisée
+en deux partis, presque toujours en guerre l’un contre l’autre ;
+dans ces luttes, chaque parti eut constamment pour soutien son voisin,
+l’un les Aït Semmeg, l’autre les Oulad Iaḥia. A la longue
+ils prirent les noms de ces alliés, en sorte qu’aujourd’hui une
+moitié des Indaouzal est dite Aït Semmeg, l’autre Oulad Iaḥia.
+
+La tribu est chleuḥa et sédentaire ; elle possède un grand nombre
+de villages : nous en avons cité quelques-uns sur l’Ouad Sous ;
+ce sont presque les seuls qui soient arrosés par une rivière ;
+la plupart des autres n’ont que des sources ou des citernes ;
+voici les noms des principaux :
+
+Tidnes, Agni n Fad, Kouilal, Tabia n Imaoun, Taourirt el Mrabṭin,
+Aït Ious, Aït Djamạ, Akchtim, Amalou, Assaïn, Aït Bazmad,
+Aït Bou Iạzza, Tamalalt, Amari, Es Sebt, Imi el Ạïn.
+
+ Distances : d’Arfaman (Aït Iaḥia) à Tidnes 1 h. 1/2.
+
+ de Tidnes à Agni n Fad (forêt de Dou Ouzrou) 3 heures.
+
+ d’Agni n Fad à Assaïn 1 heure.
+
+ d’Assaïn à Tassoumat 3/4
+ d’heure.
+
+ Aït Bazmad, Aït Bou Iạzza, Tamallalt,
+ Amari, Es Sebt, Imi el Ạïn sont groupés autour
+ d’Assaïn.
+
+Deux marchés : l’un se tient le samedi, au village appelé pour ce
+motif Es Sebt ; l’autre est l’Arbạa Aït Ạbd Allah ou Mḥind.
+
+Deux mellaḥs.
+
+OULAD IAHIA. — Très grande tribu, la plus considérable du bassin
+du Sous. Elle s’étend sur la rive droite du fleuve de Taroudant aux
+Aït Iiggas, sur sa rive gauche de Tamast à Taroudant. Sur toute cette
+longueur, la vaste plaine située entre le Grand Atlas d’une part,
+le Petit Atlas de l’autre, lui appartient. Elle occupe la vallée
+dans toute sa largeur, au lieu de ne comprendre, comme les Rḥala
+et les Menâba, que les bords de l’ouad. Elle est gouvernée par
+un chikh héréditaire, portant aujourd’hui le titre de qaïd ; il
+se nomme Ould El Djeïdli ; sa résidence est Timdouin : c’est un
+homme riche et puissant. Il y a quelques années, avant la soumission
+du Ras el Ouad, ayant eu l’imprudence d’aller à Taroudant, il
+y fut saisi et incarcéré par ordre du sultan : moyen de lui faire
+donner une partie de ses richesses. Il demeura près de 6 ans en
+prison, et ne fut relâché que sur les instances de Sidi Moḥammed
+ou Bou Bekr, chef de la zaouïa de Tamegrout, lors d’un voyage que
+ce saint personnage fit à Taroudant.
+
+Le principal marché de la tribu est le Tenîn Timdouin. Trois
+mellaḥs.
+
+MENTAGA. — Tribu soumise au sultan, que gouverne, avec le titre de
+qaïd, son chikh héréditaire, Ạli ou Malek. Il réside à Sidi
+Mousa. Les Mentaga habitent sur les pentes du Grand Atlas. Une seule
+rivière, à laquelle ils donnent leur nom, arrose leur territoire :
+elle prend sa source à la crête même de la chaîne ; on ne peut
+me dire où elle se jette. Deux marchés, le Tlâta et l’Arbạa
+Mentaga.
+
+=AFFLUENTS.= — L’Ouad Sous en a un grand nombre : voici les
+principaux : l’Ouad Tazioukt, s’y jetant à Tasdṛemt ; l’Ouad
+el Amdad, s’y jetant à Ida ou Qaïs ; l’Ouad Bou Srioul, s’y
+jetant à Oulad Ḥasen ; l’Ouad Talkjount, s’y jetant à Igli. Il
+reçoit tous ces cours d’eau sur sa rive droite.
+
+OUAD TAZIOUKT. — Il sort du désert d’Iger n Znar, qui s’étend
+entre son cours et le district d’Ouneïn. Il arrose successivement
+les villages suivants :
+
+Tagoulemt, Tanfit, Agersaf, Takemmou, Bou Maziṛ, Iḥouzin,
+Tlemkaïa.
+
+Leur ensemble forme le district de Tazioukt ; il dépend du qaïd
+d’Aoulouz.
+
+L’Ouad Tazioukt a de l’eau sur tout son cours et en toute saison.
+
+ Distance : de Tasdṛemt à Tagoulemt 3 heures.
+
+ Largeur du désert d’Iger n Znar 3 heures.
+
+OUAD EL AMDAD. — Dans son haut cours, on l’appelle souvent
+Ouad Ouneïn. Il prend sa source aux crêtes du Grand Atlas ; en
+descendant, il entre d’abord dans le district d’Ouneïn : il y
+arrose un grand nombre de villages, dont les principaux sont :
+
+Adouz, Irazin, Anzi, Taleouin.
+
+De là il passe dans la tribu des Aït Semmeg ; il y arrose
+successivement beaucoup de villages : les principaux sont :
+
+Sidi ou Ạziz, Aït Bou Bekr (groupe de plusieurs villages),
+Aouftout, Touloua.
+
+Durant tout ce temps, il reste en montagne. Ensuite il débouche
+en plaine par le kheneg d’Imi n ou Asif : il entre là dans la
+vallée du Sous ; il y traverse, dans sa partie orientale, la tribu
+des Talkjount ; puis il sert de limite pendant quelque temps entre
+les Rḥala et les Menâba, et enfin il se jette dans l’Ouad Sous,
+entre Ida ou Qaïs et Ạïn n Ougeïḍa.
+
+A Imi n ou Asif se trouve un grand village avec marché, Khemîs Sidi
+Moḥammed ou Iạqob.
+
+L’Ouad el Amdad a de l’eau sur tout son cours et en toute saison.
+
+ Distance : d’Aderdour à Ouneïn 1 jour.
+
+Le district d’Ouneïn est fort peuplé ; il se compose non seulement
+des villages arrosés par l’Ouad el Amdad, mais encore de plusieurs
+autres à proximité : il est gouverné par un chikh. Ce district a
+fait sa soumission en même temps que tout le Ras el Ouad : auparavant
+le Genṭafi s’était efforcé à plusieurs reprises de le réduire
+sous son autorité : il n’avait jamais pu y réussir. Un mellaḥ
+dans l’Ouneïn.
+
+Les Aït Semmeg sont une nombreuse tribu habitant les bords de l’Ouad
+el Amdad et la région voisine : ils n’ont rien de commun avec
+les Aït Semmeg de l’Ouad Zagmouzen. Ceux que nous trouvons ici
+forment un des 6 ạmels du Ras el Ouad. Ils sont gouvernés par le
+qaïd Ọmar ben Bacha, résidant à Aouftout. Un mellaḥ sur leur
+territoire. Deux marchés : le Khemîs Sidi ou Ạziz et le Tenîn
+Aït Bou Bekr.
+
+Ce nom d’Aït Bou Bekr rappelle une triste histoire. En août 1880,
+un jeune Autrichien, M. Joseph Ladeïn, quittait Merrâkech avec
+l’intention de gagner Taroudant par l’Atlas : c’est une route
+ordinairement sûre : il ne prit pas de travestissement, n’emmena
+point d’escorte, se pensant assez protégé en se joignant à une
+caravane. Un domestique israélite le suivait. Il remonta l’Ouad
+Nfis, traversa l’Ouneïn, entra chez les Aït Semmeg : jusque-là
+tout allait bien. Mais le malheureux ne devait pas dépasser les
+Aït Bou Bekr : cheminant sur leur territoire, il arriva au village
+d’Hierk, chez les Aït Ben Mançour, non loin de la zaouïa de Sidi
+Bou Nega. Il voulut s’y arrêter quelques instants et demanda à
+boire : on lui tendit un vase d’eau : au moment où il le portait
+à ses lèvres, on se jeta sur lui et on l’égorgea. Dans la suite,
+les Aït Ben Mançour furent, dit-on, condamnés à une forte amende
+pour ce crime. Quel en avait été le mobile ? Ce n’était point
+le vol : le voyageur n’avait que des effets de peu de valeur ;
+rien dans son équipage ne dénotait qu’il fût riche. Tous ceux
+qui me racontèrent le fait me dirent qu’on l’avait tué parce
+qu’il était chrétien.
+
+OUAD BOU SRIOUL. — Il prend sa source aux crêtes du Grand Atlas,
+non loin de celle de l’Ouad el Genṭafi, auprès du Djebel
+Aṛbar. Il passe d’abord dans diverses fractions, puis entre sur
+le territoire des Gezoula : c’est une nombreuse tribu, restée
+insoumise au sultan ; de là, la rivière débouche en plaine et
+traverse successivement les terres des Talkjount et celles des Menâba.
+
+L’Ouad Bou Srioul a toujours de l’eau dans son lit.
+
+ Distance : d’Oulad Ḥasen au Djebel Aṛbar 1 jour.
+
+OUAD TALKJOUNT. — Il prend sa source au Djebel Titouga ; puis il
+entre chez les Ida ou Zeddaṛ, grande tribu soumise au makhzen :
+de là il débouche en plaine, et traverse d’abord le territoire
+des Talkjount, puis celui des Menâba.
+
+L’Ouad Talkjount a de l’eau pendant la plus grande partie de
+l’année.
+
+ Distance : d’Igli au Djebel Titouga 1 jour.
+
+
+ 4o. — ITINÉRAIRES.
+
+
+1o _DE L’OUAD TIFNOUT AU TELOUET_. — Un chemin mène de l’un à
+l’autre : on remonte l’Ouad Tifnout jusqu’auprès de sa source ;
+de là, une côte douce conduit à un col et au bassin opposé. Point
+de pentes raides ; route facile.
+
+2o _DE TAZENAKHT AUX AIT OUBIAL_. — La distance est d’un jour de
+marche. De Tazenakht, on remonte d’abord l’ouad du même nom, puis
+l’Ouad Ta n Amelloul jusqu’à sa source. On franchit le désert
+de Ta n Amelloul ; celui-ci s’étend entre les Aït Ouaṛrda et
+les Aït Oubial ; on se trouve à cette dernière tribu dès qu’on
+l’a traversé.
+
+ Distances : de Tazenakht à Imdṛeṛ 3 heures.
+
+ d’Imdṛeṛ au Khela Ta n Amelloul 3 heures.
+
+ Traversée du Khela Ta n Amelloul 1 h. 1/2.
+
+3o _DE TAZENAKHT AUX AIT TEDRART_. — On gagne les Aït Oubial,
+puis les Aït Ọtman ; là on laisse l’Ouad Zagmouzen à Outoura,
+et on monte vers le nord dans les montagnes qui en forment le flanc
+droit : elles s’appellent à ce point Djebel Ḥeddi et forment
+un désert dangereux. On y chemine jusqu’aux Id ou Illoun : il y
+a 2 heures entre leur territoire et Outoura. On traverse l’Ouad
+Id ou Illoun ; on entre dans un nouveau désert, celui de Teddref :
+après l’avoir franchi, on se trouve à l’Ouad Aït Tedrart. Une
+heure entre les Id ou Illoun et Aglagal.
+
+4o _DE TAZENAKHT AUX AIT TAMELDOU_. — Il y a deux chemins
+principaux ; les voici :
+
+I. — Gagner d’abord le territoire des Id ou Illoun, puis celui des
+Aït Tedrart ; de là passer aux Aït Tameldou, qui n’en sont qu’à
+1 heure de distance. On marche tout le temps en pleine montagne.
+
+II. — De Tazenakht, on gagne les Ikhzama à Tesakoust (Ouad
+Iriri). De là on va à Amasin (Ikhzama) et on remonte l’ouad de
+ce nom jusqu’à sa source, au Tizi n Ougdour. On franchit ce col :
+c’est un passage facile ; il forme la limite entre les bassins du
+Dra et du Sous. De là on s’engage dans le désert d’Igisel,
+où l’on marche durant 5 heures, jusqu’au village de Tittal,
+le premier des Aït Tameldou.
+
+5o _DE TAMAROUFT A TINFAT (SEKETANA)_. — On compte 1 jour de marche
+entre ces deux points. On gagne le Khela Tasṛirt en passant par
+Aït Mesri : on marche une demi-journée dans ce désert : on en sort
+à Iṛri, sur l’Ouad Sidi Ḥaseïn. Iṛri n’est qu’à une
+demi-heure de marche de Tinfat.
+
+ Distance : de Tamarouft au Khela Tasṛirt 4 heures.
+
+6o _D’IRIL N ORO AUX SEKETANA_. — On suit les rives de l’Ouad
+Zagmouzen jusqu’à Iṛil Mechtiggil (Zagmouzen). Là on le quitte
+et, marchant vers le sud, on s’engage dans le Petit Atlas. Au bout
+d’une heure de marche, on atteint le territoire des Seketâna : on
+passe d’abord à Tizgi, puis aussitôt après on trouve Tirikiou. De
+là, si on veut se rendre chez les Seketâna proprement dits, on prend
+à l’ouest ; si on veut gagner soit les Imadiden, soit les Imskal,
+on se dirige vers l’est. Ces deux fractions sont en face l’une
+de l’autre, du même côté et presque à même distance de Tirikiou.
+
+ Distances : d’Iṛil n Oro à Iṛil Mechtiggil 3/4 d’heure.
+
+ d’Iṛil Mechtiggil à Tirikiou 1 h. 1/4.
+
+7o _DES AIT IAHIA (OUAD ZAGMOUZEN) A TATTA_. — Il y a un chemin
+partant du territoire des Aït Iaḥia, remontant l’Ouad Aït Semmeg
+jusqu’à sa source, puis gagnant Tatta.
+
+8o _D’IRIL N ORO A MERRAKECH_. — On compte 5 jours et demi
+de marche :
+
+_1er jour._ — D’Iril n Oro à Tinmekkoul, en descendant l’Ouad
+Zagmouzen.
+
+_2e jour._ — On gagne Tlemkaïa sur l’Ouad Tazioukt ; on remonte
+cette rivière jusqu’à Tanfit. Là on la quitte, et on s’engage
+dans le désert d’Iger n Znar qui s’étend au delà de sa rive
+droite. On y marche durant trois heures ; puis on atteint à Taleouin
+(district d’Ouneïn) l’Ouad el Amdad : on le remonte jusqu’à
+Adouz.
+
+_3e jour._ — On quitte l’Ouad el Amdad à Adouz : on s’engage
+dans une vaste plaine ; au bout de 3 heures, on atteint un groupe
+formé de 2 villages : le premier est Tamsellount, le second
+Tamdroust : ils comptent dans le district d’Ouneïn. En sortant de
+Tamdroust, on entre dans le désert montagneux d’Ouichdan : côtes
+raides, chemin parfois difficile : au milieu de ce désert est le col
+où l’on franchit la crête supérieure du Grand Atlas. On chemine
+dans le Khela Ouichdan jusqu’à la fin de la journée : le soir,
+on parvient au village d’Alla où l’on s’arrête : on y entre
+sur le territoire des Genṭafa. Alla est sur l’Ouad El Genṭafi,
+qui, à quelques pas plus bas, s’unit à l’Ouad Agoundis. La
+jonction de ces deux cours d’eau forme l’Ouad Nfis.
+
+_4e jour._ — D’Alla on gagne, à très peu de distance, Dar El
+Genṭafi, où se trouve le confluent des deux rivières. Dar El
+Genṭafi, appelée aussi Tagentaft, est un gros village, résidence
+du qaïd des Genṭafa. A partir de là, on descend le cours de
+l’Ouad Nfis : jusqu’au soir, on ne cesse d’en longer les
+bords. C’est une vallée très encaissée, ressemblant à celle
+de l’Ouad Iounil : les flancs en sont des murailles à pic presque
+partout infranchissables : on ne peut passer qu’au fond ; là, pas
+un point désert : tout est couvert de cultures et de villages ; voici
+les principaux de ceux qu’on traverse successivement : Imeṛraoun,
+Takherri, Iḥenneïn, Targa Aït Iraṭ, Iger n Kouris, Toug el Khir,
+Tigourramin, Talat n As, Imidel, Imgdal, Tagadirt el Bour, Ouirgan,
+Imaṛiren. On passe la nuit à Imaṛiren. Là s’arrêtent le
+territoire des Genṭafa et l’autorité de leur puissant qaïd.
+
+_5e jour._ — On quitte l’Ouad Nfis, on gravit le flanc gauche de
+sa vallée, et on sort de celle-ci. Au bout de 3 heures de marche,
+on atteint un village, Asdṛem Kik : on entre là sur un nouveau
+territoire, soumis au qaïd El Gergouri ; on passe ensuite à Agdour
+Kik, Ouizil, Tigzit : ces quatre villages font partie de la fraction
+de Kik, portion de la tribu où nous sommes. Au delà, on en traverse
+encore deux du ressort d’El Gergouri, Agergour et Fres. A Fres
+s’arrête son autorité et commence la juridiction du bacha de
+Merrâkech. Jusqu’au soir, on continue à cheminer en rencontrant
+de fréquents villages : les principaux sont Tala Moumen, Toukhribin,
+Agadir Aït Teççaout, Akreïch. C’est dans ce dernier qu’on passe
+la nuit. De toute la journée, on n’a pas aperçu une seule rivière
+sur la route. (D’Asdṛem Kik à Agergour, 2 heures. — Agergour
+et Fres se touchent. — De Fres à Tala Moumen, 1 heure. — De Tala
+Moumen à Agadir, 1 heure. — D’Agadir à Akreïch, 2 heures.)
+
+_6e jour._ — D’Akreïch à Merrâkech il n’y a que 4 heures
+de marche : durant tout ce temps on est en plaine et sous bois :
+cet espace entier est occupé par une forêt de grands arbres, lieu
+désert et dangereux, d’ordinaire infesté de brigands.
+
+9o _DE L’OUAD TIFNOUT A MERRAKECH_. — On gagne Dou Ougadir : de
+là on remonte l’Ouad Izgrouzen jusqu’à sa source. Celle-ci se
+trouve à la crête du Grand Atlas, au Tizi n Tamejjout. On franchit
+la chaîne à ce col et on débouche dans la vallée de l’Ouad
+Agoundis. On en descend le cours en traversant un grand nombre de
+villages, dont voici les principaux : Tizi n Idikel, Tizi n Glouli,
+Igisel, Iṛal n Ṛbar, Iberziz, Azgrouz, Agoundis, Taourbart, Dar
+el Mrabṭin, Ijjoukak, Dar El Genṭafi. De là on suit la vallée
+de l’Ouad Nfis : le reste de l’itinéraire est le même qu’à
+l’article précédent.
+
+Le cours de l’Ouad Agoundis est sous l’autorité de Qaïd El
+Genṭafi. Ce personnage, dans la famille de qui le pouvoir est
+héréditaire depuis de longues générations, est célèbre dans
+tout le Maroc par ses immenses richesses : plusieurs légendes ont
+cours sur leur origine : les uns disent qu’il existe une mine
+d’or sous son château, d’autres prétendent qu’il a trouvé
+la pierre philosophale. Pendant longtemps le Genṭafi a été
+insoumis. Il y a quelques années, Moulei El Ḥasen résolut de
+faire une expédition contre lui. Le Genṭafi n’osa résister ;
+il préféra désarmer le sultan par des présents : à son approche,
+il alla au-devant de lui, se faisant précéder par des cadeaux dont
+voici l’énumération : 100 nègres, 100 négresses, 100 chevaux,
+100 vaches avec leurs veaux, 100 chamelles avec leurs petits. Devant
+de tels dons, Moulei El Ḥasen se tint pour satisfait. Il reçut
+la soumission du chikh et lui laissa son pouvoir, en lui donnant le
+titre de qaïd. Seulement il emmena deux de ses filles, dont il fit
+ses épouses : le Genṭafi a ainsi l’honneur d’être beau-père
+du sultan. Mais, de son côté, celui-ci a des otages précieux qui
+lui répondent de la fidélité du puissant qaïd. Lorsque ce dernier
+vient à Merrâkech, il y est fort bien reçu, mais il ne lui est
+permis ni de voir ni d’entretenir ses filles.
+
+10o _DE TINTAZART (TATTA) A MERRAKECH_. — Tintazart, Afra, Imi
+n ou Aqqa (kheneg désert), Ti n Iargouten (qçar des Aït Ḥamid,
+Chellaḥa vassaux des Aït Jellal) ; Aït el Ḥazen (tribu formée de
+plusieurs villages situés sur la rivière du même nom ; versant nord
+du Petit Atlas) ; Arbạa Ammeïn (village avec marché le mercredi ;
+il fait partie d’Ammeïn, groupe de plusieurs villages situés sur
+l’Ouad Aït Semmeg) ; Tizi n Sous (c’est le col dont nous avons
+parlé plus haut, celui où se trouve la qoubba de Sidi Bou Reja) ;
+Aoulouz ; on gravit la montagne d’Aougeddimt, et on gagne le village
+de Taleouin ; on traverse l’Ouneïn ; de l’Ouneïn on entre dans
+le désert, où l’on franchit le mont Ouichdan, très haut massif
+dont le sommet est presque toujours couronné de neige. De là on
+passe à l’Ouad Nfis : on le descend assez longtemps, puis on gagne
+successivement Tagadirt el Bour, Kik, Ouizil, Akreïch, Merrâkech.
+
+ Distances : de Tintazart à Imi n ou Aqqa comme de Tintazart à Foum
+ Meskoua.
+
+ d’Imi n ou Aqqa à Talella comme de Tintazart à Foum
+ Meskoua.
+
+ de Talella aux Aït Ḥamid comme de Tintazart à Tiiggan.
+
+ des Aït Ḥamid aux Aït el Ḥazen comme de Tintazart à
+ l’Ouad Tatta (sur la route d’Aqqa).
+
+ des Aït el Ḥazen à Arbạa Ammeïn comme de Tintazart à Foum
+ Meskoua.
+
+ d’Arbạa Ammeïn à Tizi n Sous comme de Tintazart à Foum
+ Meskoua.
+
+ de Tizi n Sous à Aoulouz comme de Tintazart à Foum
+ Meskoua.
+
+ d’Aoulouz à Taleouin comme de Tintazart à Aqqa.
+
+ de Taleouin à Djebel Ouichdan comme de Tizi n Tzgert à
+ l’Ouad Tatta (sur la route d’Aqqa).
+
+ de Tagadirt el Bour à Kik comme de Tintazart à Aqqa.
+
+ de Kik à Ouizil comme de Tintazart à Adis.
+
+ d’Ouizil à Akreïch comme de Tintazart à Adis.
+
+ d’Akreïch à Merrâkech comme de Tintazart à Foum Meskoua.
+
+
+
+
+ IV.
+
+ SAHEL.
+
+
+ =Tribu des Haha.=
+
+
+Le pays des Ḥaḥa est merveilleux de fertilité et encore assez
+riche, bien qu’après avoir été pressuré par Ould Bihi (le dernier
+d’une famille de qaïds héréditaires qui a longtemps été à
+la tête de la tribu), désolé par Anflous (serviteur d’Ould Bihi
+qui usurpa le pouvoir après que ce dernier eut été empoisonné par
+le sultan, et qui fut, lui aussi, pris par trahison et mis à mort),
+il soit aujourd’hui horriblement opprimé par le makhzen. A chaque
+pas, on voit des ruines, des maisons détruites, des tours à demi
+renversées : ce sont les traces qu’a laissées la courte domination
+d’Anflous. A chaque pas, on entend les plaintes des habitants sur les
+déprédations des représentants actuels du sultan : un homme a-t-il
+quelque bien, on le dépouille aussitôt. Aussi beaucoup de Ḥaḥa
+(on dit Ḥaḥa en arabe, et Iḥaḥan en tamaziṛt) cherchent-ils
+à obtenir la protection de consuls chrétiens de Mogador. Malgré
+tant de maux, le pays est assez prospère : demeures nombreuses ;
+beaux troupeaux ; vastes cultures. Mais le terrain labourable qui
+reste inculte occupe une immense étendue : on pourrait ensemencer
+une surface presque double de celle qu’on cultive.
+
+Les Ḥaḥa se divisent en 12 fractions, auxquelles M. El Ḥasen,
+depuis leur soumission récente (après avoir été longtemps
+indépendants, ils viennent d’être en révolte durant plusieurs
+années), a préposé 4 qaïds. Ces qaïds ont sous leurs ordres
+des chikhs et des ạamels. Les chikhs sont ici les gouverneurs des
+fractions : il y en a un pour chacune des douze ; les ạamels sont
+chargés de percevoir les impôts pour le sultan : ils sont en plus
+grand nombre.
+
+Les 12 fractions sont :
+
+Ida ou Gerṭ, Ikenafen, Ida ou Isaṛen, Ida ou Gelloul, Ida ou
+Tromma, Aït Ạmer, Ida ou Ạïssi, Ida ou Zenzen, Ida ou Khelf,
+Ida ou Bou Zia, Ida ou Mada.....[118].
+
+Les quatre premières sont les plus importantes.
+
+Les Ḥaḥa sont serviteurs de plusieurs marabouts : ils paient
+des redevances aux Geraga et à Sidi Ạbd Allah d Aït Iaḥia :
+nous avons dit que celui-ci était originaire d’Ez Zaouïa, à
+Tisint. Quant aux Geraga, c’est une célèbre famille de religieux,
+originaire du Chiadma, où elle a encore sa principale zaouïa,
+entre Mogador et Safi.
+
+La tribu des Ḥaḥa est sédentaire ; elle parle le tamaziṛt,
+mais l’arabe y est assez répandu[119].
+
+Pas de Juifs chez les Ḥaḥa en dehors des deux villes qui sont
+sur leur territoire sans appartenir à leur tribu, Mogador et Agadir
+Iṛir.
+
+
+ =District de Tidsi.=
+
+
+Le district de Tidsi se compose de 3 grands villages : Tidsi (300
+fusils), El Qaçba (200 fusils), Oumsedikht (700 fusils) ; ils sont à
+peu de distance les uns des autres. Le Tidsi est gouverné par un seul
+chikh, en même temps marabout ; il s’appelle Sidi El Ḥanafi. Le
+Tidsi reconnaît le sultan, mais n’est point administré par lui :
+les mkhaznis n’y entrent point, et il n’y a ni qaïd ni ạamel
+nommé par Moulei El Ḥasen ; mais le chikh héréditaire, tout en
+ne tenant son autorité que de son sang et de la volonté de ses
+concitoyens, reconnaît le sultan et va chaque année apporter un
+tribut à Taroudant.
+
+Pas de Juifs. Un marché, d’une grande importance, le Khemîs Tidsi,
+se tenant dans le village de Tidsi. Ce village est quelquefois appelé
+Ez Zaouïa parce que c’est là qu’est la zaouïa, résidence du
+chikh. Terrain fertile : blé, orge, maïs, lentilles, olives. Pas
+de rivière ; le pays est arrosé par des sources. Il est en plaine,
+au pied du versant septentrional du Petit Atlas. Les gens du Tidsi
+sont Chellaḥa et parlent le tamaziṛt.
+
+ Distances : du Tidsi à Taroudant comme d’Aqqa Igiren à Trit.
+
+ du Tidsi à Afikourahen comme d’Aqqa Igiren à Tatta.
+
+
+ =Tribu des Ilalen.=
+
+
+Les Ilalen sont une nombreuse tribu tamaziṛt se divisant en 18
+fractions, savoir :
+
+_Ida ou Ska_ (450 fusils ; nous avons traversé leur territoire).
+
+_Aït Touf el Azz_ (300 fusils ; nous avons traversé leur territoire).
+
+_Isendalen_ (1600 fusils ; nous les avons laissés au sud).
+
+_Aït Toufaout_ (1500 fusils ; nous les avons laissés au sud : nous
+avons passé près de leurs frontières en sortant des Aït Touf
+el Ạzz).
+
+_Tazalart_ (200 fusils ; leur territoire contient de grandes mines de
+cuivre. Les ouvriers, s’habillant de vêtements de cuir, descendent
+l’extraire à 200 ou 300 coudées au-dessous de la surface du sol).
+
+_Aït Ạbd Allah_ (1600 fusils ; nous les avons laissés au sud :
+ils sont voisins des Aït Tazalaṛt).
+
+_In Timmelt_ (2000 fusils ; nous les avons laissés au sud ; cette
+fraction habite les bords de l’Ouad In Timmelt, affluent de l’Ouad
+Oulṛass).
+
+_Amzaourou_ (100 fusils).
+
+_Tasdmit_ (200 fusils ; cette fraction est située, par rapport
+à Afikourahen, au delà de celle d’Amzaourou et dans la même
+direction).
+
+_Aït Ouassou_ (600 fusils ; ils habitent les bords de l’Ouad
+Ikhoullan, immédiatement au-dessus des Ikhoullan).
+
+_Aït Ali_ (1200 fusils ; ils habitent sur l’Ouad Ikhoullan,
+immédiatement au-dessus des Aït Ouassou).
+
+_Ikhoullan_ (300 fusils. Nous avons traversé leur territoire).
+
+_Mezdaggen_ (320 fusils. Sur l’Ouad Ikhoullan, immédiatement
+au-dessous des Ikhoullan).
+
+_Ida ou Ska_ (450 fusils. Cette seconde fraction d’Ida ou Ska est
+sur l’Ouad Ikhoullan, immédiatement au-dessous des Mezdaggen).
+
+_Afra_ (360 fusils. Nous avons traversé ce territoire).
+
+_Tazgelt_ (1100 fusils. Nous avons traversé cette fraction).
+
+_Ida ou Genadif_ (1700 fusils. Ils occupent la vallée de l’Ouad
+Aït Mezal, immédiatement au-dessus des Aït Mezal).
+
+_Irer_ (300 fusils. Fraction habitant sur l’Ouad Aït Mezal,
+immédiatement au-dessus des Ida ou Genadif).
+
+Les Ilalen ne reconnaissent point le sultan ; ils sont
+indépendants. Chacune de leurs 18 fractions a son administration
+séparée : point de chikhs héréditaires, si ce n’est dans une
+seule fraction, les Aït Ạbd Allah : ceux-ci ont un chikh, Ḥadj
+Ḥammou ; mais là même il y a plutôt un titre qu’un pouvoir,
+Ḥadj Ḥammou ne fait que les volontés de la djemaạa. Chaque
+fraction est gouvernée par sa djemaạa, qu’on appelle ici anfaliz :
+cette assemblée se compose de délégués de toutes les familles
+de la fraction ; chacune en envoie un : l’ensemble de ces chefs de
+famille forme l’anfaliz, qui règle toutes les affaires du groupe.
+
+Chaque fraction a au moins un agadir ; quelques-unes en ont deux
+ou trois. L’agadir, village où chaque famille a sa chambre ou sa
+maison renfermant ses grains, ses provisions de toute sorte, ses objets
+précieux, est le magasin général de la fraction et son réduit en
+temps de guerre. C’est aussi là que s’assemble l’anfaliz.
+
+Pas de grande zaouïa chez les Ilalen. Mais chacune des 18 fractions
+en possède une petite où elle entretient un ṭaleb : il est chargé
+de faire les écrits dont on a besoin et d’enseigner à lire à ceux
+qui voudraient apprendre. Il est pourvu aux frais de cette zaouïa
+de la façon suivante : à l’entrée des grains dans l’agadir,
+on en prélève la dîme, c’est-à-dire exactement un dixième ;
+un tiers de cette dîme est donné à la zaouïa, les deux autres
+sont distribués aux pauvres.
+
+Les cultures se composent de beaucoup d’orge, d’un peu de blé
+et de lentilles : mais la richesse des Ilalen est surtout dans leurs
+amandes et leur huile d’argan. Pas de Juifs sur leur territoire. Les
+marchés de la tribu sont :
+
+Tlâta Aït Toufaout.
+
+Arbạa Aït Ạbd Allah.
+
+Khemîs Aït Ạli.
+
+Tenîn Aït Touf el Ạzz.
+
+Djemạa Ida ou Genadif.
+
+Les rivières qui l’arrosent sont au nombre de trois : l’Ouad
+Ikhoullan (affluent du Sous), l’Ouad Aït Mezal et l’Ouad In
+Timmelt.
+
+Comme nous l’avons vu de nos yeux, les diverses fractions des Ilalen
+sont souvent en guerre entre elles.
+
+Les Ilalen sont Chellaḥa et sédentaires : ils ne parlent que le
+tamaziṛt ; très peu d’entre eux savent l’arabe.
+
+
+ =Itinéraire d’Afikourahen au Tazeroualt.=
+
+
+D’Afikourahen on gagne la fraction des Aït Mezal ; on la traverse,
+et on entre dans celle des Aït Ilougaïm : c’est la première
+journée. De là on franchit l’Ouad Oulṛass, et on arrive dans
+la tribu de Zarar Ida Oultit ; on y passe la nuit dans un village,
+le plus souvent dans celui de Bou el Ḥanna : c’est le deuxième
+jour. De là on part de grand matin et on parvient le lendemain, de
+bonne heure, après 3 jours 1/2 de marche, à la qoubba de Sidi Ḥamed
+ou Mousa, c’est-à-dire à la zaouïa de Sidi El Ḥoseïn. On est
+au cœur du Tazeroualt.
+
+AIT ILOUGAIM. — Ils forment une fraction des Chtouka : ce sont donc
+des Chellaḥa sédentaires parlant le tamaziṛt. Comme tous les
+Chtouka, ils sont soumis au makhzen et sous la juridiction du qaïd
+Ould Ben Dleïmi. Ils comprennent une centaine de villages. Pas
+d’agadir (il n’y en a nulle part en blad el makhzen :
+chacun y enfouit ses grains dans des silos, qu’on appelle ici
+_maṭmora_). Pas de chikh général ni de djemaạa collective :
+chaque village a soit son chikh local, soit sa djemaạa. Un marché,
+le Tenîn Ilougaïm, à Tamaliḥt ; il forme un centre commercial
+important. Dans le village de Tamaliḥt, il y a 80 familles juives,
+les seules de la tribu.
+
+Pas de rivière chez les Aït Ilougaïm. Mais non loin de là coule
+l’Ouad Oulṛass, où ils ont de nombreux ḥeïouan (on donne
+ce nom aux terres qu’on possède sur le territoire de tribus
+étrangères). Les Aït Ilougaïm sont riches ; ils ont beaucoup
+de chevaux. A partir des Aït Mezal, et jusqu’au Tazeroualt, les
+tribus qu’on rencontre en possèdent un grand nombre : il n’y
+en a au contraire à peu près point dans la portion du Petit Atlas
+située à l’est des Chtouka.
+
+Quand on vient des Ilalen, on passe d’habitude la nuit dans le
+groupe des Aït Ilougaïm portant le nom d’Aït ou Adrim. De chez
+eux on gagne les
+
+AIT OULRASS. — Ils habitent les bords de l’Ouad Oulṛass. Fraction
+importante des Chtouka, ils sont soumis au sultan et sous l’autorité
+d’Ould Ben Dleïmi. Point de chikh ni de djemaạa : ils sont
+en cela dans les mêmes conditions que les Aït Ilougaïm. Ils ont
+environ 100 villages.
+
+Pas de marché, ni de Juifs.
+
+La vallée de l’Ouad Oulṛass est très riche : quelques palmiers,
+mais ne donnant que de mauvaises dattes, arbres fruitiers et céréales
+en abondance. L’Ouad Oulṛass se jette dans la mer, après avoir,
+au-dessous des Aït Oulṛass, traversé la tribu de Massa, qu’on
+appelle aussi Mast.
+
+Des Aït Oulṛass, on entre dans la tribu de
+
+ZARAR IDA OULTIT. — Grande tribu qui habite au sud des Aït
+Oulṛass, au delà du flanc gauche de la vallée de l’Ouad
+Oulṛass. Elle est blad el makhzen depuis l’expédition du sultan
+dans le Sous et le Sahel, et appartient à la juridiction d’Is
+Oublaṛ, qaïd des Ida ou Garsmouk : pas de chikh héréditaire ;
+un anfaliz règle les affaires de la tribu. Les Zarar Ida Oultit sont
+une tribu chleuḥa et sédentaire, parlant le tamaziṛt. Beaucoup
+de qçars ; le principal est Ouizzân, qui se prononce aussi Ouzzân
+et Oujjân. Nombreux chevaux. Point de rivière : des sources et
+des citernes.
+
+Un marché, très fréquenté, le tlâta d’Ouizzân. Un mellaḥ
+dans la même localité.
+
+De cette tribu, on passe dans celle des
+
+IDA OU BAAQIL. — Grande tribu, autrefois libre comme la précédente,
+nominalement soumise au sultan depuis l’expédition de 1882. Elle
+a été placée, avec plusieurs autres, sous le qaïdat de Ḥadj
+Ṭahar, fils de Sidi El Ḥoseïn, le marabout du Tazeroualt. Tribu
+riche et puissante. Jadis elle faisait souvent la guerre à Sidi
+El Ḥoseïn, qui ne l’apaisait qu’à prix d’argent. Les Ida
+ou Baạqil sont Chellaḥa et sédentaires. Leur langue est le
+tamaziṛt. Beaucoup de qçars et beaucoup de chevaux.
+
+Point de marché ni de Juifs sur leur territoire. Celui-ci n’est
+arrosé par aucune rivière.
+
+De là on passe dans le district de
+
+TAZEROUALT. — Le Tazeroualt est un grand district traversé par
+l’Ouad Tazeroualt.
+
+L’Ouad Tazeroualt vient du territoire des Aït Imejjat : de là
+il entre dans le Tazeroualt ; il y arrose d’abord Agadir Sidi El
+Ḥoseïn, puis Zaouïa Sidi Ḥamed ou Mousa (connue aussi sous le nom
+de Zaouïa Sidi El Ḥoseïn et sous celui de Tallent Sidi Ḥachem),
+enfin Iliṛ. Du Tazeroualt il passe chez les Aït Bou Ạmran,
+où il reste jusqu’à son embouchure dans l’Océan. C’est,
+disent les indigènes, à l’embouchure de cette rivière que des
+chrétiens sont venus en 1882 vendre des grains et diverses denrées :
+c’est, ajoutent-ils, en partie pour empêcher qu’ils ne reviennent
+sur la côte et que pareil fait ne se renouvelle que le sultan est
+venu aussitôt après dans le pays, qu’il en a obtenu la soumission
+nominale et qu’il y a investi des qaïds. Il a même laissé chez
+les Aït Bou Ạmran un camp de 1200 à 2000 soldats qui depuis lors
+y sont en permanence.
+
+Le Tazeroualt est riche et fait un grand commerce. Là se tient,
+deux fois par an, l’une en mars et l’autre à la fin d’octobre,
+la fameuse foire de Sidi Ḥamed ou Mousa, célèbre dans le Sahel,
+dans le Sahara et dans le Sous, où l’on vient en foule de Mogador
+et même de Merrâkech. Outre ces foires, les pareilles de celle
+de Mrimima et de Souq el Mouloud, le Tazeroualt a un marché chaque
+semaine, le ḥad d’Iliṛ. Il existe à Iliṛ un grand mellaḥ,
+le seul du district.
+
+Le Tazeroualt est depuis un temps immémorial gouverné par des
+marabouts qui descendent de Sidi Ḥamed ou Mousa. Le chef de la
+zaouïa et chikh du pays est en ce moment Sidi El Ḥoseïn ou
+Ḥachem. Il a trois résidences principales : 1o _Iliṛ_, grand
+et riche qçar, le plus important du Tazeroualt et l’un des plus
+peuplés de tout le sud : là est son habitation principale, avec la
+plupart de ses femmes et de ses négresses ; c’est sa demeure la plus
+somptueuse et la plus agréable, celle où il vit habituellement ; il y
+a une garde de 200 cavaliers nègres, ses esclaves. 2o _Ez Zaouïa_ ;
+ainsi que l’indique ce nom, c’est le sanctuaire religieux de
+la famille : là sont les qoubbas de Sidi Ḥachem, père de Sidi El
+Ḥoseïn, de Sidi Ḥamed ou Mousa, son ancêtre, de tous ses aïeux ;
+là habitent les marabouts de sa race, ses cousins, ses neveux. On
+appelle aussi Ez Zaouïa de divers autres noms, Tallent Sidi Ḥachem,
+Zaouïa Sidi Ḥamed ou Mousa, Zaouïa Sidi El Ḥoseïn. 3o _Agadir
+Sidi El Ḥoseïn_ ; c’est une forteresse bâtie sur le roc au
+sommet d’un mont escarpé. Sidi El Ḥoseïn y a entassé toutes
+ses richesses, et a accumulé les défenses de tout genre pour les
+protéger : l’agadir, situé à la frontière est du territoire,
+est dans une position telle qu’on ne peut y monter que par un long
+chemin en escalier, creusé dans le roc et faisant mille lacets ;
+les murs de la forteresse sont d’une épaisseur extrême ; les
+tours en sont garnies de canons ; elle est sans cesse gardée par une
+forte garnison d’esclaves dévoués : c’est là que le marabout
+s’était enfermé en 1882, à l’approche du sultan.
+
+Ainsi que nous l’avons dit, l’ancêtre des puissants chefs du
+Tazeroualt est Sidi Ḥamed ou Mousa : sa qoubba s’élève auprès
+d’Ez Zaouïa. Ce n’était qu’un mendiant à qui Dieu, en
+récompense de ses mérites, accorda ses grâces, grâces qui de son
+vivant même se manifestèrent par de nombreux miracles. L’époque
+à laquelle vivait ce saint est très reculée ; il laissa des
+descendants à qui il légua la bénédiction divine, qui se
+perpétua en eux jusqu’à ce jour. Mais s’il fut le fondateur de
+leur grandeur religieuse, il ne fut point celui de leur puissance
+temporelle. Celle-ci n’échut à sa maison qu’après plusieurs
+générations : ce fut l’un de ses successeurs, Sidi Ạli Bou Dmia,
+qui l’établit, à une époque elle-même très lointaine. Sidi Ạli
+Bou Dmia, à la fois marabout et guerrier, étendit au loin le pouvoir
+de la zaouïa de Tazeroualt et acquit une grande célébrité : les
+ruines imposantes de son palais subsistent encore à peu de distance
+de la zaouïa actuelle. Depuis sa mort, bien des générations
+se sont succédé : la puissance de sa dynastie, tout en restant
+considérable, a subi des phases diverses. Sidi Ḥachem, père du
+marabout actuel, avait donné un grand éclat à sa maison. Brave et
+guerrier, il avait marché sur les traces de Sidi Ạli Bou Dmia, et,
+payant sans cesse de sa personne, n’avait pas tardé à se faire
+un grand renom de valeur dans les régions environnantes. Grâce
+à cette réputation, à l’admiration et à la crainte qu’il
+inspirait, il était parvenu à grouper autour de lui toutes les
+tribus du voisinage. Pendant sa vie, elles lui restèrent soumises,
+moitié de gré, moitié de force. Cet édifice s’écroula en
+partie à sa mort. Sidi El Ḥoseïn, son fils et son successeur,
+âgé de 70 ans aujourd’hui, fut orphelin de bonne heure ; un
+certain nombre de tribus en profitèrent pour s’émanciper : il ne
+montra dans la suite aucune des qualités belliqueuses de son père ;
+aussi n’est-il plus réellement maître que du Tazeroualt. Mais il
+est très riche ; ses trésors sont immenses ; l’autorité que ne
+lui a pas donnée son caractère, son or la lui procure quand il le
+veut ; il arme à prix d’argent les tribus des environs et peut
+ainsi réunir à son gré autour de lui tous les fusils du Sahel :
+c’est ce qu’on lui a vu faire il y a quelques années. Aussi Sidi
+El Ḥoseïn est-il aujourd’hui encore le plus grand pouvoir qui
+existe de l’océan Atlantique au pays de Dra. Il peut mettre en armes
+tout le Sahel, Chtouka compris, et se faire envoyer des contingents de
+diverses tribus du bassin inférieur du Dra. Son influence religieuse
+est considérable. Son nom est connu dans tout le Maroc, dont Sidi
+Ḥamed ou Mousa est un des saints les plus vénérés. Une grande
+partie des zaouïas du Sahel, du Sous et du Sahara, entre Sous et Dra,
+appartient à des rameaux de la famille dont il est le chef. Par sa
+célébrité, son influence religieuse, ses richesses, sa puissance,
+l’étendue de son autorité, la zaouïa de Sidi Ḥamed ou Mousa peut
+être comptée comme une des cinq grandes zaouïas du Maroc, allant
+de pair avec celles d’Ouazzân, de Bou el Djạd, de Tamegrout,
+du Metṛara (Sidi Moḥammed El Ạrabi el Derkaoui).
+
+ Distances : d’Agadir Sidi El Ḥoseïn à Ez Zaouïa comme d’Agadir Tisint
+ à Ạïoun S. Ạbd Allah ou Mḥind.
+
+ d’Ez Zaouïa à Iliṛ comme d’Agadir Tisint à Trit.
+
+
+ =Campagne de Moulei El Hasen dans le Sous en 1882.=
+
+
+Un événement considérable s’est passé récemment dans le
+bas Sous et dans le Sahel : le sultan y a fait une expédition et
+a reçu la soumission d’un grand nombre de tribus qui étaient
+indépendantes depuis un temps immémorial. Ce fait est l’objet de
+tous les entretiens dans le Sahara, dans le Sous et dans les contrées
+voisines : voici le résumé de ce que j’ai entendu dire, aussi bien
+à Tatta et à Mrimima que dans le Sous, le Sahel et chez les Ḥaḥa.
+
+Au commencement de l’été de 1882, Moulei El Ḥasen traversa
+l’Ouad Sous, auprès de son embouchure, à la tête d’une armée
+puissante : il avait assemblé tous les contingents de son empire,
+ceux des tribus de Fâs comme ceux des tribus de Merrâkech : tout ce
+qu’il avait pu lever, il l’avait emmené : cette armée pouvait
+être, au début de l’expédition, de 40000 hommes ; une fois
+en marche, ce chiffre tomba assez vite par suite des nombreuses
+désertions. Avec ces forces imposantes, le sultan s’avança
+jusqu’aux limites du Tazeroualt : il s’y arrêta à une localité
+du nom de Tiznit. Il convoqua alors tous les chikhs ou notables des
+tribus voisines et en premier lieu les deux principaux personnages
+du pays, Sidi El Ḥoseïn, chef du Tazeroualt, et El Ḥabib ould
+Beïrouk, chikh du district d’Ouad Noun. Sidi El Ḥoseïn avait
+des motifs graves de se défier du sultan : d’une part, il avait
+toujours témoigné à Moulei El Ḥasen une hostilité extrême ;
+de l’autre, il passait pour le seigneur le plus riche du Maroc : il
+était fort probable que s’il se rendait à l’invitation du sultan,
+celui-ci, le tenant entre ses mains, le mettrait à mort, autant
+par rancune que par cupidité. Aussi, malgré les mille instances de
+Moulei El Ḥasen, malgré les protestations d’amitié qu’il lui
+prodigua, se garda-t-il de se rendre à sa convocation ; mais il se
+fit représenter auprès de lui, pendant que de sa personne il allait
+s’enfermer, à l’abri de ses canons, dans son agadir. Quant aux
+autres chefs mandés, ils vinrent trouver le sultan. Celui-ci leur
+tint ce langage : « Vous voyez les Chrétiens installés au sud
+d’Ouad Noun ; d’autres veulent s’établir à Ifni, d’autres
+ailleurs. Cela vous plaît-il ? Non, je veux le croire. Qui peut
+l’empêcher ? Est-ce vous ? Vous n’en avez pas la force. Et-ce
+moi ? A mes observations, ils répondent que le pays n’est point
+sous mon autorité. Il n’y a qu’un moyen de s’opposer à
+leurs empiétements : reconnaissez mon pouvoir : je vous promets
+que non seulement il ne vous sera pas lourd, mais même il vous sera
+profitable. Que les Chrétiens, quand ils viendront sur ces rivages,
+ne trouvent que des sujets de Moulei El Ḥasen : il suffit ; vous
+n’aurez plus rien à craindre de leur côté ; et pour ce qui est
+de moi, vous ne serez pas longtemps sans éprouver les bienfaits
+de mon alliance. » Il sortit de là l’arrangement suivant : tous
+les chikhs présents reconnurent l’autorité du sultan ; celui-ci
+les nomma qaïds dans leurs tribus ou leurs districts et les renvoya
+avec des présents : il était sous-entendu que le pouvoir du sultan
+ne serait que nominal, mais qu’il allait l’affirmer et en donner
+une preuve visible aux yeux des Chrétiens en construisant une ville
+au cœur de la région qui venait de se ranger sous ses lois.
+
+La contrée qui fit ainsi, en été 1882, sa soumission à Moulei
+El Ḥasen, est celle qui est comprise entre l’Ouad Sous au nord,
+l’Océan à l’ouest, l’Ouad Dra au sud, les Aït ou Mrîbeṭ
+au sud-est. Cette dernière tribu est restée indépendante : à
+elle s’arrête le blad el makhzen. Mais il ne faut pas oublier
+que ce blad el makhzen ne l’est que _bel kedeb_, « d’une façon
+mensongère », comme disent les indigènes, et de nom seulement :
+c’est une domination qui coûte beaucoup plus au sultan, en
+cadeaux pour entretenir l’alliance, qu’elle ne lui rapporte en
+impôts. Cette domination, Moulei El Ḥasen voulut, avons nous dit, en
+donner une preuve en élevant une ville dans la contrée : il choisit
+l’emplacement de Tiznit, où il avait campé, et convint avec les
+chikhs des environs, désormais qaïds, qu’ils y construiraient
+pour lui une ville dont il leur donnerait les plans : il paierait
+leur travail. En effet, peu de jours après le départ de l’armée,
+arrivèrent plans et architectes : on commença aussitôt : on se mit
+à construire une cité avec ses mosquées, sa qaçba, son mellaḥ,
+ses fondoqs ; on fit une vaste enceinte carrée avec des murs de cinq
+largeurs de main d’épaisseur et avec 36 tours sur chaque côté. La
+ville n’est pas éloignée de la mer : le sultan veut en faire une
+sorte d’entrepôt où viennent commercer les Européens.
+
+Des Chrétiens sont récemment venus par mer sur cette côte,
+cherchant un lieu favorable à l’établissement d’un port. Ils
+ont visité Aglou, Ifni et d’autres points. Ifni, dans la tribu des
+Aït Bou Ạmran, a paru leur plaire. On ne sait pas autre chose de
+leurs entreprises.
+
+C’est la première fois que les contrées qui viennent de
+reconnaître le sultan font acte de soumission ; mais ce n’est pas
+la première fois que Moulei El Ḥasen a affaire à elles. Il y a
+plusieurs années, du vivant de Sidi Moḥammed, Moulei El Ḥasen, son
+fils aîné, fit une campagne de ce côté. Il s’avança jusqu’à
+l’Ouad Oulṛass ; mais là il se trouva face à face avec Sidi El
+Ḥoseïn ould Ḥachem qui lui barrait le passage à la tête d’une
+armée : le marabout lui envoya un message, lui donnant trois jours
+pour battre en retraite : au delà de ce délai, il l’y forcerait les
+armes à la main. Moulei El Ḥasen, ne se trouvant pas en force, se
+retira ; en partant, il répondit à la lettre de Sidi El Ḥoseïn :
+« Vous m’avez donné trois jours pour me retirer ; je vous donne
+trois ans pour vous soumettre. » Peu après, Sidi Moḥammed mourut
+et Moulei El Ḥasen monta sur le trône : depuis ce temps, on se
+disait chaque année dans le Tazeroualt et dans l’Ouad Noun :
+« C’est cette année qu’il va venir. » Enfin il est venu en
+1882. Dès que Sidi El Ḥoseïn eut connaissance de son approche,
+il fit transporter tout ce qu’il avait de plus précieux dans son
+agadir, y accumula des provisions énormes et s’y enferma avec sa
+famille et son armée d’esclaves. Puis il envoya au-devant du sultan
+un messager, chargé de présents et d’une lettre fort humble :
+il priait Moulei El Ḥasen de lui pardonner, de le ménager ;
+il n’était qu’un simple religieux, uniquement consacré à
+Dieu, n’ayant ni le pouvoir ni la volonté de s’opposer à ses
+desseins. Moulei El Ḥasen lui répondit qu’il suffisait qu’il
+ait eu peur, qu’il ait déménagé à son approche et qu’il se
+soit humilié ; à présent qu’il était soumis, il ne voyait plus
+en lui qu’un marabout, descendant d’un saint, et en conséquence
+il lui envoyait des cadeaux, hommage à son caractère sacré. En
+même temps il l’engageait à venir auprès de lui. Nous avons vu
+comment Sidi El Ḥoseïn eut la sagesse de ne pas se rendre à cette
+invitation, quelques instances que fît dans la suite le sultan. Mais
+s’il refusa de se présenter lui-même, il envoya à Moulei El
+Ḥasen un de ses fils qui fut fort bien reçu.
+
+Telle fut, selon les indigènes, cette campagne dans laquelle le
+sultan reçut la soumission de la partie du Sahel dont nous avons
+donné les limites plus haut et en même temps de la vallée de
+l’Ouad Sous, depuis l’embouchure de ce fleuve jusqu’au haut du
+Ras el Ouad. L’expédition fut de courte durée : le 6 juin 1882,
+Moulei El Ḥasen passait avec son armée à proximité de Mogador ;
+le 2 juillet, il arrivait chez les Massa, tribu habitant le bas cours
+de l’Ouad Oulṛass et comptant environ 1500 maisons (le plus grand
+village des Massa est Agoubalou, près de l’embouchure de la rivière
+dans l’Océan) ; le 26 juillet, le sultan écrivait dans les villes
+de son empire que la campagne était terminée et avait eu plein
+succès : on célébra à cette occasion des réjouissances publiques.
+
+Voici, pour un certain nombre de tribus du Sahel, comment le sultan
+a réparti les qaïds :
+
+ Ksima 1 qaïd.
+
+ Chtouka 1 qaïd (Ould Ben Dleïmi).
+
+ Assaka 1 qaïd.
+
+ Ouizzân 1 qaïd.
+
+ Aït Jerrar 1 qaïd.
+
+ Ida ou Semlal 1 qaïd.
+
+ Tazeroualt }
+ }
+ Ifran } réunis sous le qaïdat de Ḥadj Ṭahar ben Sidi
+ } El Ḥoseïn.
+ Tiznit (ville }
+ nouvelle). }
+
+ Assa 1 qaïd.
+
+ Aït Bou Ạmran 1 qaïd.
+
+ Aglou 1 qaïd.
+
+ Aït Imejjat 1 qaïd.
+
+ El Akhsas 1 qaïd.
+
+ Aït Brahim 1 qaïd.
+
+ Aït Ạbd Allah 1 qaïd.
+
+ Isbouïa 1 qaïd.
+
+ Tamanaṛt 1 qaïd.
+
+ { Ida ou Leggan }
+ { }
+ { Aït Ḥerbil }
+ { }
+ { Aït Ouadaï }
+ { }
+ { Aït Illoul }
+ Id Brahim { } réunis sous le qaïdat de Ḥadj
+ { } Ḥamed el Manaṛi.
+ { Aït Mousa ou }
+ { Daoud. }
+ { }
+ { Aït Bou Ạchra }
+ { }
+ { Aït Zkri }
+ { }
+ { Aït Bouhou }
+
+ { Aït Ḥamed }
+ { }
+ { Aït Mesạoud }
+ { }
+ Aït Bella { Aït Azouafid } 1 qaïd.
+ { }
+ { Aït Iasin }
+ { }
+ { Aït Bou }
+ { Hioualat }
+
+ { Aït Mousa ou }
+ { Ạli }
+ { }
+ { Aït Cheggout }
+ { }
+ { Aït El Ḥasen }
+ { }
+ { Aït El Ḥaseïn }
+ { }
+ { Aït Chergouout }
+ Aït { } 1 qaïd.
+ Djemel. { }
+ { Aït Mejjat }
+ { }
+ { Aït Tedrarin }
+ { }
+ { Oulad Bou Ạïṭa }
+ { }
+ { Oulad Izenqad }
+ { }
+ { Oulad Taoubbalt }
+
+ Ouad Noun 1 qaïd.
+
+Ainsi qu’on le voit, l’expédition de Moulei El Ḥasen dans
+le Sous et le Sahel avait sans doute un double objet : l’un
+d’affirmer aux yeux des Chrétiens sa suprématie sur ces contrées ;
+l’autre de s’emparer de la personne de Sidi El Ḥoseïn, contre
+qui il nourrissait une vieille rancune et de qui les trésors
+lui offraient une riche proie. Les instances sans nombre qu’il
+fit auprès du marabout pour l’attirer dans son camp prouvent le
+prix qu’il attachait à sa capture. De ces deux buts, c’était,
+je crois, le second que le sultan avait le plus à cœur. Il ne put
+l’atteindre. Le premier au contraire fut rempli sans difficulté. Si
+l’on s’étonne qu’un si grand nombre de tribus aient aisément
+consenti à se soumettre, que ni elles ni Sidi El Ḥoseïn n’aient
+tenté aucune résistance, on trouvera la principale cause de cette
+conduite dans la famine épouvantable qui régnait alors en ces
+régions. Le pays était affaibli ; chacun était obligé d’aller
+chercher des vivres au loin ; on n’avait plus de bestiaux, plus de
+provisions, on avait dû vendre les chevaux, enfin on était dans de
+très mauvaises conditions pour faire la guerre. Il parut sage de
+se soumettre, quitte à se révolter quand, l’abondance revenue,
+on serait en état de lutter. On m’a assuré que c’était déjà
+fait. Lors de mon voyage (hiver et printemps 1884), le pays était
+encore en l’état où l’avait laissé le sultan. Mais il paraît
+que, 5 ou 6 mois après, la récolte ayant été excellente et la
+richesse régnant partout, on s’est soulevé de tous les côtés
+à la fois et que la plus grande partie des tribus du Sahel, du Ras
+el Ouad et même du bas Sous, les Chtouka entre autres, ont secoué
+le joug.
+
+
+ =Notes diverses sur le Sahel.=
+
+
+1o _DAR BEN DLEIMI_ est un grand village situé au bord de la mer,
+à un jour de marche au sud d’Agadir Iṛir. Il se trouve sur le
+territoire des Chtouka et est la résidence du qaïd de cette tribu,
+Ould Ben Dleïmi.
+
+2o _OUAD NOUN_ n’est ni le nom d’une rivière ni celui d’une
+ville, mais celui d’un petit district formé de la réunion de
+plusieurs qçars ; ceux-ci s’élèvent au milieu d’une plaine nue
+et stérile ; autour d’eux, ni palmiers, ni jardins, ni labourages :
+ils se dressent isolés dans l’areg. L’Ouad Noun a un chikh
+héréditaire, El Ḥabib ould Beïrouk ; c’est un personnage peu
+aimé, mais puissant et craint aux environs. Le sultan a nommé son
+frère, Daḥman, qaïd du district.
+
+3o _REGIBAT, OULAD DELEIM_. — Ce sont deux tribus nomades ayant
+leurs campements dans le Sahel, au sud du Maroc, entre l’Ouad Noun
+et l’Adrar. Leurs ṛezous écument le Sahara entre Timbouktou et
+Tindouf et apparaissent parfois sur le cours inférieur du Dra.
+
+4o _CHQARNA_. — Tribu nomade errant dans le Sahel, au sud du
+Maroc. Elle comptait, il y a 20 ans, 500 ou 600 combattants montés à
+chameau ; c’est à peine si elle en possède 200 aujourd’hui. Les
+Chqarna n’ont point de chevaux, le chameau est leur seule monture.
+
+
+[Note 118 : On n’a pu me dire le nom de la douzième fraction.]
+
+[Note 119 : Une légende qui a cours dans le pays veut que les Haha
+soient Arabes d’origine et que ce soit par leur long séjour au
+milieu d’Imaziren qu’ils aient pris les mœurs et la langue de
+ces derniers.]
+
+
+
+
+ V
+
+ BASSIN DE L’OUAD ZIZ.
+
+
+ 1o. — OUAD ZIZ.
+
+
+L’Ouad Ziz prend sa source aux crêtes supérieures du Grand Atlas,
+dans la grande fraction des Aït Ḥediddou. Il coule pendant quelque
+temps sur leur territoire ; cette partie de son cours prend le nom
+de district des Aït Ḥediddou ; des qçars nombreux sont sur ses
+bords ; sa vallée est dominée par de hautes montagnes. En sortant
+des Aït Ḥediddou, il reste désert un certain temps ; puis il
+entre dans le district du Ziz. Le Ziz se compose de 25 à 30 qçars,
+tous sur les rives du fleuve ; il appartient aux Aït Izdeg. Après
+avoir arrosé le Ziz, l’ouad traverse un court passage désert et
+entre dans le Gers. C’est un nouveau district ; il le traverse,
+en baigne tous les qçars, et de là passe immédiatement dans le
+Tiallalin. En sortant du Tiallalin, le fleuve se trouve de nouveau,
+mais pour la dernière fois, dans le désert ; après y avoir coulé
+pendant quelque temps, il s’engage dans le district d’El Kheneg,
+où commencent les palmiers : à partir de là, il ne cesse d’en
+avoir son cours ombragé, et il se déroule jusqu’au Tafilelt
+entre deux rubans continus de dattiers et de qçars ; ses rives,
+devenues un des endroits les plus riches du Maroc, s’appellent alors
+successivement districts de Qçar es Souq, du Metṛara, de Reṭeb,
+de Tizimi et du Tafilelt.
+
+Nous allons examiner une partie de ces districts.
+
+Nous nous occuperons ensuite des affluents de l’Ouad Ziz.
+
+
+ =I. — District des Aït Hediddou.=
+
+
+C’est le premier qu’on rencontre sur le haut cours de l’Ouad
+Ziz. Il se compose d’un certain nombre de qçars appartenant
+aux Aït Ḥediddou et échelonnés sur les deux rives du fleuve :
+ces qçars, avec quelques autres situés sur l’Ouad Sidi Ḥamza,
+sont les seuls que possèdent les Aït Ḥediddou, fraction très
+nombreuse des Aït Iafelman, mais composée surtout de nomades. En
+voici l’énumération, dans l’ordre où on les trouve en descendant
+l’ouad :
+
+ RIVE DROITE :
+
+ Aït Bou Ouzellif (2 qçars). 50 fusils.
+
+ Sountat. 100
+
+ Toulgdit. 20
+
+ Aït Ouazerf. 100
+
+ Aqdim. 100
+
+ Imtras. 300
+
+ Aït Ạmer. 30
+
+ Taberracht. 60
+
+ Aït Ạli ou Iqqo. 50
+
+ Tarribant. 20
+
+ Aït Ạmer. 50
+
+ Igli. 200
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Imelouan 50 fusils.
+
+ Aït Ạmer 150
+
+ Aït Ạli ou Iqqo 30
+
+Igli, Aït Ạmer, Tarribant forment un groupe distinct, séparé
+du reste du district par un long kheneg. La réunion de ces trois
+qçars se nomme Aït Sạïd ou Ḥeddou. Les autres portent le nom
+collectif de Qçour Asif Melloul : l’Ouad Ziz, au nord du kheneg,
+s’appelle Asif Melloul.
+
+Plus de qçar sur l’Asif Melloul au-dessus de ceux que nous venons
+de nommer. Ce sont les plus hauts de l’Ouad Ziz.
+
+Les Aït Ḥediddou, maîtres de ce pays, en sont les seuls
+habitants. Ils sont indépendants. Point de relations avec le makhzen.
+
+Langue tamaziṛt.
+
+Deux marchés : tenîn et khemîs à Aqdim.
+
+Pas de Juifs.
+
+ Distances : de Mezizelt à Igli comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Ọtman.
+
+ d’Aït Bou Ouzellif à Igli comme de Mellaḥ Tiallalin à
+ Qçar es Souq.
+
+ de Tarribant à Aït Ạli ou Iqqo comme de Mellaḥ Tiallalin
+ à Tamerrakecht.
+
+ Aït Ạli ou Iqqo (de la rive gauche) est en face de
+ Taberracht.
+
+ Imelouan est en face de Toulgdit.
+
+ Il y a un espace désert entre Tarribant et Aït Ạli ou
+ Iqqo ; les autres qçars sont les uns près des autres,
+ unis par leurs cultures.
+
+
+ =II. — Ziz.=
+
+
+Le district du Ziz se compose d’un certain nombre de qçars
+échelonnés sur les deux rives de l’Ouad Ziz ; en voici
+l’énumération, dans l’ordre où on les rencontre en descendant
+le fleuve :
+
+ RIVE DROITE :
+
+ Mezizelt. 20 fusils.
+
+ Zaouïa Sidi Bou Qil (2 qçars) 500
+
+ Tabia }
+ } Tabia 300
+ El Ḥara }
+
+ Aït Sạïd.
+
+ Aït Zebbour. 20
+
+ Aït Ḥammou el Ḥadj. 15
+
+ Tirezdet. 80
+
+ Aït Mousa ou Ạli. 70
+
+ Irezd (cherifs ; 3 qçars). 150
+
+ Aït el Ḥadj Sạïd. 10
+
+ Aït Kharroub. 4
+
+ Ibzazen }
+ }
+ Aït Bou el Khial } Aït Iaḥia ou Khalifa. 150
+ }
+ Izouṛar }
+
+ Rich. 20
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Tamagourt. 100 fusils.
+
+ Gafaï. 100
+
+ Tasiset. 18
+
+ Tabarkaït. 25
+
+ Ou Allal. 60
+
+ Izebban. 15
+
+ Izebban. 80
+
+ Tagersift. 100
+
+Le pays de Ziz appartient aux Aït Izdeg et n’est habité que par
+eux. Les Aït Izdeg sont une fraction des Aït Iafelman. Ils sont
+indépendants.
+
+Langue tamaziṛt.
+
+Deux marchés : tenîn et khemîs à Zaouïa Sidi Bou Qil.
+
+Pas de Juifs.
+
+ Distances : de Tiṛilasin à Rich comme de Souq Tiallalin à Mellaḥ
+ Tiallalin.
+
+ de Rich à Mezizelt comme de Tamerrakecht à Mellaḥ
+ Tiallalin.
+
+ de Tamagourt à Igli (Aït Ḥediddou) comme d’Aït Ọtman à
+ Mellaḥ Tiallalin.
+
+ Désert entre Tamagourt et Igli.
+
+ Pas de désert entre Rich et Mezizelt, sur les rives de
+ l’ouad.
+
+ Tamagourt est en face de Mezizelt.
+
+ Tagersift est en face d’Aït Iaḥia ou Khalifa.
+
+
+ =III. — Gers.=
+
+
+Le district du Gers se compose d’un certain nombre de qçars situés
+sur les bords de l’Ouad Ziz et tous sur sa rive droite : en face
+d’eux, la rive gauche est déserte. Voici les noms des qçars du
+Gers, dans l’ordre où on les trouve en descendant l’Ouad Ziz :
+
+ RIVE DROITE :
+
+ Tiṛilasin Qedîm } 15 fusils.
+ } Tiṛilasin
+ Aït Tikkert } 40
+
+ Kherzouza. 40
+
+ Qcîra Aït Ạouda. 25
+
+ Amalou. 60
+
+ El Ḥaïn. 150
+
+ Aït El Feqih. 50
+
+ Qcîra Alibou (Alibou est le chikh el
+ ạam de toute la fraction des Aït
+ Izdeg, cette année). 20
+
+ Cedouqa. 30
+
+De plus, entre Amalou et El Ḥaïn, on voit les ruines de Douar,
+grand qçar détruit.
+
+Le district du Gers appartient aux Aït Izdeg. La population y est
+un mélange d’Aït Izdeg et de Qebala[120].
+
+Langue tamaziṛt.
+
+Point de marché.
+
+Pas de Juifs. Mellaḥ ruiné à Douar.
+
+ Distances : Cedouqa est en face d’Aït Khozman, sur la rive opposée de
+ l’ouad.
+
+ de Cedouqa à Aït Tikkert comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït
+ Çaleḥ.
+
+
+ =IV. — Tiallalin.=
+
+
+Le Tiallalin se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés
+sur les deux rives de l’Ouad Ziz. En voici l’énumération,
+dans l’ordre où on les trouve en descendant le fleuve :
+
+ RIVE DROITE :
+
+ Kerrando. 50 fusils.
+
+ Qcîra el Ihoud (appelée aussi Mellaḥ Tiallalin).
+
+ Iserdan. 30
+
+ Bousam. 20
+
+ Tadaout. 20
+
+ Qcîra Aït Aḥa. 10
+
+ Aït ou Alil. 50
+
+ Aït Ḥaḥou. 15
+
+ Aït Ạmer. 4
+
+ Aït Çaleḥ. 30
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Aït Khozman. 40 fusils.
+
+ Aït Ḥeqqou. 20
+
+ Aït ou Isaden. 20
+
+ Aït ou Innou. 20
+
+ Aït Zaïa. 15
+
+ Bou Idiren. 60
+
+ Qcîr Cherif. 15
+
+ Qcîr Sidi Ọmar. 50
+
+ Izabouben. 10
+
+ Aït Iaḥia ou Khalifa. 10
+
+ Aït Brahim. 10
+
+ Aït Attou. 30
+
+ El Qçar el Kebir. 20
+
+ Tamdafelt. 12
+
+ Taouaḥit. 80
+
+ Imazan. 60
+
+ Tamazount. 15
+
+ Izerraḥen. 15
+
+ Isaffen. 6
+
+ Aït Iaḥia. 50
+
+ Timṛirt. 12
+
+ Imri. 30
+
+Le Tiallalin appartient aux Aït Izdeg et n’est peuplé que
+d’eux. Chez les Aït Izdeg, chaque district, pour les sédentaires,
+chaque campement, pour les nomades, se gouverne à sa fantaisie, sans
+chikh, ni à l’année, ni autre : quelquefois on en nomme, mais pour
+quelques mois, pour la durée d’une guerre par exemple. Ces jours-ci,
+on en a élu ; voici pourquoi : le sultan a prié les Aït Izdeg de
+lui envoyer leurs chikhs : après délibération, ils y ont consenti,
+en ont nommé et les lui ont envoyés. Mais ils ne dépendent point de
+Moulei El Ḥasen ; ils ne lui paient rien et n’ont, disent-ils,
+que de la poudre à lui donner. S’ils n’ont pas de chikhs
+permanents dans leurs diverses subdivisions, ils en ont toujours un
+pour l’ensemble des Aït Izdeg : c’est un chikh el ạam, qui
+est nommé chaque année par l’assemblée des diverses djemaạas.
+
+Langue tamaziṛt.
+
+Trois marchés à Aït ou Alil, le ḥad, le tlâta, le khemîs.
+
+Un mellaḥ.
+
+ Distances : Qcîr Sidi Ọmar est juste en face de Qcîra el Ihoud.
+
+
+ =V. — El Kheneg.=
+
+
+On appelle de ce nom le district formé par les qçars échelonnés
+sur les deux rives de l’Ouad Ziz dans le long défilé qu’il
+traverse entre Foum Jabel et Foum Ṛiour. Voici les noms de ces
+qçars, dans l’ordre où on les rencontre en descendant le fleuve :
+
+ RIVE DROITE :
+
+ Asbarou. 20 fusils.
+
+ Aït Ọtman. 200
+
+ Qcîra el Mehenni. 30
+
+ Oul Itgir. 60
+
+ Serṛin. 40
+
+ Cheba. 20
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Tamerrakecht (3 petits qçars). 40 fusils
+
+ Ifri (3 petits qçars). 40
+
+ Aït Isfa ou Daoud. 30
+
+ Amzou. 300
+
+ Ingbi. 30
+
+ Tingbit. 40
+
+ Beni Iffous. 50
+
+ Aït Moulei Moḥammed. 100
+
+ Timzourin (2 qçars). 40
+
+El Kheneg appartient aux Aït Izdeg et n’est peuplé que d’eux.
+
+Langue tamaziṛt.
+
+Pas de marché.
+
+Pas de Juifs.
+
+
+ =VI. — Qçar es Souq.=
+
+
+Le district du Qçar es Souq se compose d’un certain nombre
+de qçars échelonnés sur les rives de l’Ouad Ziz ; en voici
+l’énumération, dans l’ordre où on les trouve en descendant
+le fleuve.
+
+ RIVE DROITE :
+
+ Tazouqa. 200 fusils.
+
+ Tagnit. 40
+
+ Qçar es Souq (composée de 5 qçars : Mouskellal, Qcîba 300
+ Aït Moḥa ou Ạli, El Ḥaraṭîn, Agaouz, Azrou ; ils
+ forment un cercle au milieu duquel sont le marché et
+ le mellaḥ).
+
+ Tisgedlt. 100
+
+ Taṛzout (2 qçars). 100
+
+ Azemmour. 150
+
+ Targa (2 qçars). 150
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Tiṛiourin. 150 fusils.
+
+ Beni Ouaṛaïn (3 qçars). 100
+
+ Er Raḥba. 60
+
+ Qçar Djedid Aït Ḥammou (3 qçars). 60
+
+Le Qçar es Souq est peuplé d’Aït Izdeg et de cherifs. Ceux-ci
+sont indépendants des premiers. Point de djemaạa ni de chikh
+pour l’ensemble du district. Chaque qçar a sa djemaạa et son
+gouvernement à part ; ils ne s’unissent entre eux qu’en cas
+de guerre.
+
+Langue tamaziṛt.
+
+Un marché, à Qçar es Souq.
+
+Un mellaḥ.
+
+ Distances : de Mellaḥ Qçar es Souq à Targa comme de Mellaḥ Tiallalin
+ à Aït Çaleḥ.
+
+ Qçar Djedid Aït Ḥammou est en face de Taṛzout.
+
+ Tiṛiourin est en face de Tazouqa.
+
+
+ =VII. — Metrara.=
+
+
+Le district se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés sur
+les bords de l’Ouad Ziz. En voici l’énumération, dans l’ordre
+où on les rencontre en descendant le cours du fleuve :
+
+ RIVE DROITE :
+
+ Tisgedlt. 40 fusils.
+
+ Beni Meḥelli. 100
+
+ Asrir. 200
+
+ Mediouna. 20
+
+ El Ḥibous. 400
+
+ Qaçba Qedîma. 400
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Oulad el Ḥadj. 300 fusils.
+
+ Qçar Dekhlani. 150
+
+ El Ṛrouch. 40
+
+ Qçar Djedid. 100
+
+ Zaouïa Moulei Ạbd Allah. 20
+
+ Qçar Berrani. 100
+
+ Taourirt. 100
+
+ Sidi Bou Ạbd Allah. 300
+
+ Ṭitaf. 200
+
+ Qaçba Djedida. 200
+
+ Beni Mousi. 300
+
+ Geri Ourgaz. 4
+
+ Gaouz. 100
+
+ Tazenagt. 400
+
+Le Metṛara n’est habité que par des cherifs et des Qebala :
+les premiers sont les plus nombreux et ont la prépondérance. Ils
+sont seuls maîtres du pays. Ils sont libres, n’obéissent pas au
+sultan et ne sont sous la dépendance d’aucune tribu : ni Berâber
+ni autres n’ont droit de parler dans le Metṛara. Cherifs et
+Qebala sont mélangés dans les divers qçars. Point de chikh ni de
+djemaạa administrant l’ensemble du district. Chaque qçar a son
+existence isolée, se gouverne au moyen de sa djemaạa et ne s’unit
+à d’autres qu’en cas de guerre.
+
+On ne parle que l’arabe.
+
+Quatre marchés : tenîn et khemîs à Qaçba Qedîma ; tenîn et
+khemîs à Sidi Bou Ạbd Allah.
+
+Pas de Juifs.
+
+Un homme est tout-puissant dans le Metṛara et a en sa main tout
+le district, c’est Chikh Moḥammed El Ạrabi el Derkaoui. Ce
+chef religieux, qui réside à Gaouz, est extrêmement influent :
+chaque année, le sultan lui envoie sa part de dîme ; il y a deux
+ans, il lui a expédié 40 qanṭars (le _qanṭar_ vaut ici 1250
+francs). Sidi Moḥammed El Ạrabi avait, à la fin de 1881, appelé
+les Berâber à la guerre sainte contre les Français ; mais peu après
+il les contremanda. Son pouvoir est énorme sur tous les Berâber,
+Aït Atta comme Aït Iafelman. D’un mot, il peut les armer. Par le
+nombre et la valeur guerrière de ces tribus, tout à sa dévotion,
+il est un des cinq chefs religieux les plus puissants du Maroc. Il
+compte au même rang que Moulei Ạbd es Selam el Ouazzâni, Sidi
+Ben Daoud, Sidi Moḥammed ou Bou Bekr et Sidi El Ḥoseïn.
+
+ Distances : point de désert entre le Qçar es Souq et le Metṛara.
+
+ d’Oulad el Ḥadj à Tazenagt comme de Mellaḥ Tiallalin à
+ Tamerrakecht.
+
+ de Qçar Djedid Aït Ḥammou à Oulad el Ḥadj comme de Mellaḥ
+ Tiallalin à Aït Çaleḥ.
+
+ de Tisgedlt à Targa comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.
+
+ Beni Mousi est en face de Qaçba Qedîma.
+
+
+ =VIII. — Districts inférieurs.=
+
+
+Les trois districts les plus bas de l’Ouad Ziz se composent chacun,
+comme les précédents, d’une double ligne de qçars échelonnés
+sur les deux rives du fleuve.
+
+Le Reṭeb comprend 30 ou 40 qçars : population mélangée, cherifs,
+marabouts, Qebala. Langue arabe. Un mellaḥ.
+
+Le Tizimi se compose de 30 à 40 qçars. Deux mellaḥs.
+
+Le Tafilelt, d’environ 360 qçars. Cinq mellaḥs.
+
+
+ =IX. — Affluents de l’Ouad Ziz.=
+
+
+L’Ouad Ziz reçoit divers affluents ; voici quelques-uns d’entre
+eux :
+
+1o L’Ouad Aït Iaḥia, se jetant sur sa rive gauche à Igli
+(Aït Ḥediddou).
+
+2o L’Ouad Zaouïa Sidi Ḥamza, se jetant sur sa rive gauche à
+Tagersift (district du Ziz).
+
+3o L’Ouad Todṛa, se jetant sur sa rive droite au-dessous du
+Reṭeb, dans un des districts de son cours inférieur.
+
+1o OUAD AIT IAHIA. — Il prend sa source dans le Grand Atlas
+et se jette sur la rive gauche de l’Ouad Ziz à Igli (Aït
+Ḥediddou). Voici les qçars que l’on rencontre sur son cours,
+en le descendant :
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Tazarin. 90 fusils.
+
+ Izloufa. 20
+
+ Tabouạrbit. 50
+
+ Anfergal. 150
+
+ El Bordj. 10
+
+Ces qçars appartiennent aux Aït Iaḥia, fraction des Aït
+Iafelman. Les Aït Iahia sont très nombreux, mais presque
+tous nomades ; ils ne possèdent pas d’autres qçars que les
+5 précédents. Ils sont indépendants et passent pour grands
+pillards. Leurs quelques qçars n’ont point de chikh spécial.
+
+Langue tamaziṛt.
+
+Ni marché, ni Juifs.
+
+ Distances : d’El Bordj à Igli comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou
+ Alil.
+
+ d’El Bordj à Tazarin comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït
+ Çaleḥ.
+
+ Point de désert entre ces deux derniers points.
+
+2o OUAD SIDI HAMZA. — Il prend sa source au Djebel El Ạïachi et
+se jette sur la rive gauche de l’Ouad Ziz à Tagersift (Ziz). Voici
+les qçars qu’il arrose, dans l’ordre où on les trouve en le
+descendant :
+
+ RIVE DROITE :
+
+ Tazrouft (marabouts). 200 fusils
+
+ Zaouïa Sidi Ḥamza (marabouts). 300
+
+ Aït ou Allou (2 qçars) (Aït Izdeg). 100
+
+ Aït Iạqob (Aït Ḥediddou). 600
+
+ Tanṛerift (Ait Ḥediddou). 50
+
+ Toullist (4 qçars) (Aït Izdeg). 200
+
+Langue tamaziṛt.
+
+Pas de marché.
+
+Deux Juifs à Zaouïa Sidi Ḥamza.
+
+ Distances : de Tagersift à Tanṛerift comme de Mellaḥ Tiallalin à Qçar
+ es Souq.
+
+ Défilé désert assez long entre ces deux points, appelé
+ Kheneg Tarq.
+
+ de Tanṛerift à Aït Iạqob comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït
+ ou Alil.
+
+ Désert entre ces deux points.
+
+ d’Aït Iạqob à Aït ou Allou comme de Mellaḥ Tiallalin à
+ Qçar es Souq.
+
+ Désert entre ces deux points.
+
+ d’Aït ou Allou à Zaouïa Sidi Ḥamza comme de Mellaḥ
+ Tiallalin à Aït Ọtman.
+
+ Désert entre ces deux points.
+
+ de Zaouïa Sidi Ḥamza à Tazrouft comme de Mellaḥ Tiallalin
+ à Aït ou Alil.
+
+ Désert entre ces deux points.
+
+ de Toullist à Tagersift comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït
+ ou Alil.
+
+L’Ouad Zaouïa Sidi Ḥamza reçoit un affluent, l’Ouad Nezala,
+se jetant sur sa rive gauche à Toullist.
+
+=Ouad Nezala.= — Il prend sa source au Djebel El Ạbbari ; voici
+les qçars qui se trouvent sur son cours, dans l’ordre où on les
+trouve en le descendant :
+
+ Ibabaḥen rive droite, 6 fusils.
+
+ Ạbbari rive gauche, 40
+
+ Qcîra ou Ba El Ḥasen rive gauche, 20
+
+ Bou Seroual rive droite, 20
+
+ Nezala rive droite, 20
+
+ Tiffitra rive droite, 8
+
+ Semlal rive gauche, 10
+
+ Tazalaṛt rive gauche, 30
+
+Tous ces qçars appartiennent aux Aït Izdeg.
+
+Langue tamaziṛt.
+
+Ni marché, ni Juifs.
+
+ Distances : de Toullist à Tazalaṛt comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït
+ Çaleḥ.
+
+ Désert entre ces deux points.
+
+ de Tazalaṛt à Semlal comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït
+ Çaleḥ.
+
+ Désert entre ces deux points.
+
+ de Semlal à Tiffitra comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou
+ Alil.
+
+ Désert entre ces deux points.
+
+ de Tiffitra à Nezala comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït
+ Ọtman.
+
+ Désert Taqqat Nezala entre ces deux points.
+
+ de Nezala à Ibabaḥen comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou
+ Alil.
+
+3o OUAD TODRA. — L’Ouad Todṛa, d’une grande importance, et
+par lui-même, et par son affluent l’Ouad Ṛeris, fera l’objet
+d’un article spécial.
+
+
+ 2o. — OUAD TODRA.
+
+
+ =I. Ouad Todra.=
+
+
+L’Ouad Todṛa prend sa source à peu de distance de l’oasis
+du Todṛa, dans les hauts massifs qu’on en aperçoit vers le
+nord-ouest. Le mont d’où il sort s’appelle Aqqa Tizgi ; c’est
+une muraille rocheuse du pied de laquelle jaillissent des sources
+abondantes qui forment l’Ouad Todṛa. De là il va arroser la
+longue bande du Todṛa, où il a toujours de l’eau, été et
+hiver. Au sortir de cette oasis, le lit s’en dessèche et les
+bords en deviennent déserts jusqu’au Ferkla. Il arrose le Ferkla,
+puis rentre dans le désert : du point où il sort du Ferkla à celui
+où il se jette dans le Ziz, on ne trouve plus sur ses rives aucune
+grande oasis, mais seulement de loin en loin quelque qçar isolé
+entouré de dattiers, simple tache dans la plaine. Dans la portion
+inférieure de son cours, il porte souvent le nom d’Ouad Ferkla.
+
+Nous allons étudier successivement le Todṛa, le Ferkla et les
+qçars au-dessous de Ferkla.
+
+1o _TODRA_. — L’oasis du Todra se compose de deux parties :
+d’abord le Todṛa proprement dit, formé des qçars appartenant à
+la tribu chleuḥa des Todṛa, en second lieu une série de qçars
+appartenant aux Berâber. Tous sont sur le cours même de l’Ouad
+Todṛa, ceux-ci au-dessous des premiers. Une longue bande de palmiers,
+courant sans interruption sur les bords de la rivière, enveloppe les
+uns et les autres ; aucune frontière apparente n’existe entre ceux
+des Todṛa et ceux des Berâber.
+
+TODRA PROPREMENT DIT. — Voici les noms des qçars qui le composent,
+dans l’ordre où on les rencontre en descendant l’Ouad Todṛa :
+
+ Aït Baḥa } rive 20 fusils.
+ } gauche,
+ }
+ Aït Ousal (Zaouïa Sidi } Tizgi rive 120
+ Ạbd el Ạli) } droite,
+ }
+ Tabia } rive 30
+ } gauche,
+
+ Aït Ạchcha rive 25
+ droite,
+
+ Aït Sidi ou Brahim rive 100
+ gauche,
+
+ Aït Zakri } rive }
+ } gauche, }
+ } }
+ Aït Segmounni } rive }
+ } gauche, }
+ } }
+ Aït Ismen } rive }
+ } gauche, }
+ } Aït Senan } 300
+ Aït Çaïb ou Ọtman } rive }
+ } gauche, }
+ } }
+ Iḥedzamen } rive }
+ } gauche, }
+ } }
+ Zaouïa Iḥedzamen } rive }
+ } gauche, }
+
+ Aït Ạriṭan rive 100
+ droite,
+
+ Aït Ijjou rive 15
+ droite,
+
+ Aït Barra rive 40
+ droite,
+
+ Aït Ouzana rive 100
+ droite,
+
+ Asfalou rive 50
+ gauche,
+
+ Aït Zilal rive 30
+ gauche,
+
+ Tagounsa rive 35
+ gauche,
+
+ Aït Bou Oujjan rive 120
+ gauche,
+
+ Ismarin rive 40
+ droite,
+
+ Tikoutar rive 100
+ gauche,
+
+ Tiidrin rive 80
+ gauche,
+
+ Taourirt rive 150
+ droite,
+
+ Aït Ourjedal rive 40
+ droite,
+
+ Afanour rive 200
+ gauche,
+
+ Tiṛremt rive 50
+ droite,
+
+ Tinṛir rive 200
+ droite,
+
+ Imousas rive 30
+ gauche,
+
+ Ilougan (Zaouïa Oulad rive 30
+ Sidi Ḥamed Ben Ạbd eç gauche,
+ Çadoq)
+
+ Ḥelloul rive 70
+ gauche,
+
+ Tamasint rive 50
+ gauche,
+
+ Aït b Oulman rive 25
+ droite,
+
+ Azrou rive 25
+ droite,
+
+ Tagoummast sur les 200
+ deux
+ rives,
+
+ Ifri rive 20
+ gauche,
+
+ Aït El Ḥasen ou Ạli rive 30
+ droite,
+
+ Aït El Qaṭi rive 20
+ droite,
+
+ Iạdouan rive 60
+ droite,
+
+ Aït Iaḥia rive 10
+ droite,
+
+ Aït Moḥammed rive 150
+ gauche,
+
+ Aït Iạla rive 50
+ droite,
+
+ Ikhba }
+ }
+ Aït Bou Iaḥia } Amzaourou rive 200
+ } gauche,
+ }
+ Aït Ḥammi }
+
+ Ḥara Imziouan }
+ } El Ḥara rive 600
+ } droite,
+ Ḥara Mrabṭin (Zaouïa }
+ Sidi el Ḥadj Ạmer) }
+
+Les qçars que nous venons d’énumérer composent toute la tribu
+des Todṛa. Les Todṛa sont Chellaḥa ; ils se subdivisent en deux
+fractions, Aït Çaleḥ et Aït Genad : tel qçar appartient à telle
+fraction ; dans certains, les deux fractions sont mélangées. Chaque
+qçar a son gouvernement à part et vit isolé des autres, ne s’en
+rapprochant qu’en cas de guerre ; leur organisation à tous est
+identique : ils se nomment chacun un chikh el ạam tous les premiers
+de l’an. En temps ordinaire, aucun lien entre les différents
+qçars : on ne se concerte, on ne se réunit que s’il y a guerre. Les
+Todṛa sont indépendants. Ils n’ont de debiḥa sur personne,
+pas même sur leurs puissants voisins les Berâber. Leur nombre et
+surtout leur caractère belliqueux ont sauvé leur indépendance.
+
+Les Todṛa ont un qaḍi, Sidi Ḥamed d Aït Sidi Ạïssa,
+habitant Tinṛir.
+
+Langue tamaziṛt.
+
+Deux marchés, tenîn et khemîs de Tinṛir.
+
+Quatre mellaḥs.
+
+ Distances : de Tinṛir à El Ḥara comme de Tinṛir à Tizgi, ou quelques
+ centaines de mètres de plus.
+
+ de Taourirt à Asfalou 2 fois 1/2 comme de Taourirt à
+ Tinṛir.
+
+ d’Asfalou à Tizgi 4 fois comme de Taourirt à Tinṛir.
+
+De Tizgi à El Ḥara, tout l’ouad n’est que cultures et dattiers
+(bou feggouç et bou souaïr) ; pas de désert.
+
+QÇARS DES BERABER FAISANT PARTIE DE L’OASIS. — Voici leur
+énumération, dans l’ordre où on les rencontre en descendant
+l’ouad ; ils font suite immédiatement aux précédents :
+
+ Taria Ilemsan rive 40 fusils
+ droite,
+
+ Tiṛremt Aït b ou Iknifen rive 20
+ droite,
+
+ Ignaouen rive 50
+ droite,
+
+ Tiṛremt Aït Iạzza rive 50
+ gauche,
+
+ Aït el Miskin (zaouïa) rive 30
+ gauche,
+
+ Tiṛrematin Aït Aïssa ou Brahim (2 qçars : rive 100
+ Tiṛremt Fouqania, Tiṛremt Taḥtania) gauche,
+
+ Tachbacht Aït Isfoul rive 50
+ gauche,
+
+Ces qçars, bien que se touchant, sont indépendants les uns des
+autres ; ils appartiennent, l’un à telle fraction des Berâber,
+l’autre à telle autre, et suivent le sort de leurs propriétaires.
+
+ Distances : de El Ḥara à Taria Ilemsan comme de Taourirt à Asfalou.
+
+ de Taria à Tiṛremt Aït b ou Iknifen comme de Taourirt à
+ Asfalou.
+
+ de Tiṛremt Aït b ou Iknifen à Ignaouen comme de Taourirt
+ à Asfalou.
+
+ de Tiṛremt Aït Iạzza à T. Aït Aïssa ou Brahim comme de
+ Taourirt à Tinṛir.
+
+ de T. Aït Aïssa ou Brahim à Tachbacht Aït Isfoul comme de
+ Taourirt à Asfalou.
+
+ Ignaouen et Tiṛremt Aït Iạzza se font face.
+
+2o _FERKLA_. — L’oasis du Ferkla se compose d’un certain nombre
+de qçars, échelonnés sur les deux rives de l’Ouad Todṛa,
+au milieu d’une bande de palmiers qui les enveloppe tous. Voici
+l’énumération de ces qçars, dans l’ordre où on les rencontre
+en descendant l’ouad :
+
+ RIVE DROITE :
+
+ El Khorbat (Aït Melṛad). 400 fusils.
+
+ Chạt (2 qçars) (Aït Melṛad). 200
+
+ Aït Ben Nacer (marabouts). 30
+
+ Aït Ạsem (Aït Melṛad). 200
+
+ Tirdouin (Ahel Ferkla). 120
+
+ Gardmit (Aït Melṛad). 200
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Asrir (Ahel Ferkla). 600 fusils.
+
+ Cheurfa Taïrza (cherifs). 50
+
+ Talalt (Ahel Ferkla). 50
+
+ Tiṛfert (Ḥaraṭîn). 200
+
+ Aït Sidi El Houari (marabouts). 400
+
+ Oulad Mạmmer (Ahel Ferkla). 150
+
+La population du Ferkla est composée partie d’Aït Melṛad, partie
+d’Ahel Ferkla, partie de Ḥaraṭîn, partie de marabouts. Les uns
+et les autres sont indépendants. Les Ahel Ferkla sont des Chellaḥa ;
+les qçars que nous venons de mentionner comme leur appartenant,
+forment toute leur tribu ; ils sont libres et n’ont de debiḥa
+sur personne : les Aït Melṛad mêmes, leurs puissants voisins,
+ne sont pas plus indépendants qu’eux. Les Ḥaraṭîn et les
+marabouts ont su également conserver leur liberté.
+
+Les divers qçars du Ferkla vivent isolés les uns des autres, chacun
+avec son gouvernement particulier ; ce gouvernement est le même dans
+tous : celui d’un chikh el ạam. Aucun lien commun n’unit les
+qçars entre eux.
+
+Les dattes du Ferkla sont des bou feggouç et des bou souaïr.
+
+Langue tamaziṛt.
+
+Deux marchés, ḥad et khemîs d’Asrir.
+
+Un mellaḥ.
+
+ Distances : d’El Khorbat à Oulad Mạmmer comme de Tinṛir (Todṛa) à Aït
+ Moḥammed.
+
+ Gardmit est en face d’Oulad Mạmmer.
+
+3o _QÇARS AU-DESSOUS DU FERKLA_. — Il existe un chemin direct du
+Todṛa au Tafilelt, par le cours de l’Ouad Todṛa. Le voici :
+
+On quitte le Ferkla et l’on s’engage dans le désert en descendant
+la rive droite de l’Ouad Todṛa. On arrive d’abord à :
+
+_Izelf Aït Melrad_, qçar de 50 fusils, entouré de dattiers ; il
+est à quelque distance de l’Ouad Todṛa et n’est alimenté que
+par des sources.
+
+ Distance : du Ferkla à Izelf comme d’Imiṭeṛ à
+ Timaṭṛeouin.
+
+De là on gagne :
+
+_Igli Aït Khelifa_, grand qçar de 300 fusils, entouré de dattiers,
+habité par une population de marabouts (Oulad Sidi El Houari),
+de Ḥaraṭîn et d’Aït Khelifa (Aït Atta). Il est aussi à
+quelque distance de la rivière, sur sa rive droite ; il est arrosé
+par des sources.
+
+ Distance : d’Izelf à Igli comme 2 fois de Taourirt (Todṛa)
+ à Asfalou.
+
+Puis on passe à :
+
+_Mellạb Aït Iạzza_, qçar de 100 fusils, entouré de
+dattiers. Mellạb se trouve sur la rive gauche de l’Ouad
+Todṛa. Chemin faisant, on a traversé la rivière à mi-route entre
+Igli et Mellạb.
+
+ Distance : d’Igli à Mellạb comme deux fois de Taourirt
+ à Asfalou.
+
+On continue à descendre la rive gauche du cours d’eau et on
+arrive à :
+
+_Oul Touroug_, qçar de 150 fusils, entouré de dattiers, appartenant
+aux Aït Iạzza et aux Aït Khelifa. Il est situé sur le bord même
+de l’ouad (rive gauche).
+
+ Distance : de Mellạb à Oul Touroug comme de Taourirt (Todṛa)
+ à Foum el Qous n Tazoult.
+
+De là on continue à descendre l’Ouad Todṛa, qui, peu au-dessous
+d’Oul Touroug, reçoit sur sa rive gauche l’Ouad Ṛeris. Puis
+on parvient à :
+
+_Tilouin_, grand qçar, entouré de dattiers, situé sur le bord
+de la rivière (rive gauche). C’est auprès de Tilouin qu’eut
+lieu, en 1883, une grande bataille entre les Aït Atta et les Aït
+Melṛad. Le qçar appartient actuellement aux Aït Melṛad.
+
+ Distance : d’Oul Touroug à Tilouin comme de Mellạb à Oul
+ Touroug.
+
+De Tilouin, en descendant toujours l’Ouad Todṛa, on arrive à :
+
+_Fezna_, qçar de 300 fusils, entouré de dattiers, s’élevant au
+bord du cours d’eau (rive gauche). Il appartient aux Aït Iafelman.
+
+ Distance : de Tilouin à Fezna comme de Taourirt (Todṛa)
+ à Imiṭeṛ.
+
+Peu au-dessous de Fezna, l’Ouad Todṛa se jette, dit-on, dans
+l’Ouad Ziz : ce confluent se trouverait non loin d’El Djerf sur
+le Ziz.
+
+
+ =II. — Ouad Imiter.=
+
+
+L’Ouad Todṛa reçoit deux affluents importants : l’Ouad
+Imiṭeṛ, se jetant sur sa rive droite dans la portion inférieure
+de l’oasis du Todṛa, au-dessous du qçar d’Aït Iaḥia, en
+face de celui d’Aït Moḥammed ; l’Ouad Ṛeris, se jetant sur
+sa rive gauche à quelque distance au-dessous d’Oul Touroug.
+
+Nous allons les étudier l’un après l’autre.
+
+L’Ouad Imiṭeṛ prend sa source dans les massifs qui s’élèvent
+au nord de la plaine d’Anbed. Il arrose successivement sur son
+cours :
+
+ Imiṭeṛ (groupe de quatre qçars contigus : Aït Brahim,
+ Iṛir, Taouaḥmant, Aït Moḥammed, appartenant tous aux
+ Aït b ou Iknifen). 150 fusils.
+
+ Timaṭṛeouin Ignaouen. 50
+
+ Qcîba Aït Moulei Ḥamed rive }
+ gauche }
+ }
+ Qcîba Moulei Brahim rive } 50
+ droite }
+ }
+ Qcîba Imougar rive }
+ gauche }
+
+Les jardins de ces trois derniers qçars se touchent ; ceux-ci ne
+forment qu’un seul groupe ; deux d’entre eux appartiennent à des
+cherifs, le dernier à des Aït Atta (les Imougar sont une subdivision
+des Aït Isfoul).
+
+De là, l’Ouad Imiṭeṛ passe à
+
+ Tilouin Aït Isfoul rive droite, 20 fusils.
+
+Puis il va se jeter dans l’Ouad Todṛa, en face d’Aït Moḥammed.
+
+Des trois qcîbas à Tilouin, comme de Tilouin à Aït Moḥammed,
+il n’y a que le désert.
+
+ Distances : de Qcîba Imougar à Tilouin comme de Timaṭṛeouin à Foum
+ el Qous.
+
+ de Tilouin à Aït Moḥammed comme de Timaṭṛeouin à Foum el
+ Qous.
+
+
+ =III. — Ouad Reris.=
+
+
+L’Ouad Ṛeris prend sa source sur le versant méridional du Grand
+Atlas. Le premier endroit habité qu’il arrose est le district
+d’Amtrous. Après l’avoir traversé, il rentre dans le désert ;
+puis on trouve successivement sur son cours, en le descendant : une
+réunion de 5 qçars appartenant aux Aït Melṛad, un désert,
+le district de Semgat, un désert, un groupe de 4 qçars des
+Aït Melṛad, un désert, l’oasis de Taderoucht, un désert,
+le Ṛeris. Au sortir du Ṛeris, il rentre dans le désert et y
+demeure jusqu’à son confluent avec l’Ouad Todṛa, à peu de
+distance d’Oul Touroug.
+
+_AMTROUS_. — Le district d’Amtrous se compose d’un certain
+nombre de qçars, situés sur l’Ouad Ṛeris ; en voici les noms,
+dans l’ordre où on les trouve en descendant la rivière :
+
+ Toumlilin rive droite, 30 fusils
+
+ Aït Daoud ou Ạzzi rive gauche, 70
+
+ Taadadats rive gauche, 50
+
+ Timoula rive gauche, 50
+
+ Igedman rive droite, 40
+
+ Aït Hani rive gauche, 50
+
+ Tizeggarin rive gauche, 30
+
+ Asing rive gauche, 100
+
+ Tiidrin rive gauche, 100
+
+Le district d’Amtrous est habité partie d’Aït Melṛad, partie
+d’Aït Ḥediddou. Ces deux fractions se partagent les différents
+qçars.
+
+Ni marché, ni Juifs.
+
+ Distance : d’Aroraï à Tiidrin comme de Taourirt à El Ḥara (Todṛa).
+
+_AIT MELRAD_. — Au-dessous de ce district, se trouvent, séparés
+de lui par un désert assez court, 5 qçars unis en un seul groupe,
+appartenant aux Aït Melṛad ; ce sont, dans l’ordre où on les
+trouve en descendant la rivière :
+
+ Aroraï. 100 fusils.
+
+ Achoul Sidi Bou Iạqob. 100
+
+ Aït Sidi Moḥammed ou Iousef. 20
+
+ Aït er Riban. 30
+
+ Amougger. 100
+
+Ni marché, ni Juifs.
+
+ Distance : d’Imiṭeṛ à Amougger comme de Tinṛir à El Ḥara.
+
+ Les cinq qçars se touchent.
+
+_SEMGAT_. — Au-dessous de ces cinq qçars, sur le cours de l’Ouad
+Ṛeris, se trouve, séparé d’eux par un court désert, le district
+de Semgat. Il se compose des qçars suivants, échelonnés sur les
+bords de la rivière ; les voici, dans l’ordre où on les rencontre
+en la descendant :
+
+ Imiṭeṛ (2 qçars : Aït Brahim, El Qçar el rive 100 fusils.
+ Kebir) gauche,
+
+ Aït Ouahi rive 30
+ gauche,
+
+ Aït Selîman rive 50
+ gauche,
+
+ Aït Ioub rive 80
+ gauche,
+
+ Aït Bou Izzem rive 30
+ droite,
+
+ Imelouan rive 50
+ gauche,
+
+ Amellagou rive 40
+ gauche,
+
+Le district de Semgat appartient aux Aït Melṛad et n’est peuplé
+que d’eux.
+
+Ni marché, ni Juifs.
+
+ Distances : de Taḥamdount au Semgat comme de Tizgi à El Ḥara (Todṛa).
+
+ d’Amellagou à Imiṭeṛ comme de Taourirt à Tinṛir.
+
+_AIT MELRAD_. — Au-dessous du Semgat, séparé de lui par un désert
+assez court, se trouve, sur l’Ouad Ṛeris, un groupe de 4 qçars
+appartenant aux Aït Melṛad. Ce sont, dans l’ordre où on les
+voit en descendant la rivière :
+
+ Taḥamdount rive droite, 30 fusils.
+
+ Qçar Kebir Aït Brahim rive droite, 30
+
+ Qçar Aït Brahim rive gauche, 30
+
+ Timzgit (2 qçars) sur les deux rives, 50
+
+Ces localités sont toutes entourées de dattiers ; ce sont les
+premières de l’Ouad Ṛeris qui en possèdent ; plus haut,
+cet arbre ne croît pas : au-dessus de Taḥamdount, les oliviers,
+les grenadiers, les figuiers sont les seules essences qui poussent
+sur les bords de la rivière : au-dessous de ce qçar, pas un lieu
+habité où il n’y ait des palmiers.
+
+Ni Juifs, ni marché.
+
+ Distances : de Timzgit au Taderoucht comme d’Asfalou à Aït Moḥammed.
+
+ de Timzgit à Aït Brahim comme de Taourirt à Tinṛir.
+
+ Qçar Kebir Aït Brahim fait face à Qçar Aït Brahim.
+
+ De Qçar Kebir Aït Brahim à Taḥamdount, 400 mètres.
+
+_TADEROUCHT_. — Au-dessous de ces 4 qçars, séparée d’eux
+par un court désert, se trouve, sur l’Ouad Ṛeris, l’oasis
+de Taderoucht ; elle se compose d’un certain nombre de qçars
+échelonnés sur les deux rives du cours d’eau, au milieu d’une
+bande continue de palmiers. Voici les noms de ces localités, dans
+l’ordre où on les trouve en descendant la rivière :
+
+ Moui (Qebala) rive droite, 200 fusils.
+
+ Aourir (marabouts) rive gauche, 50
+
+ Iṛerm n Cherif (Qebala) rive gauche, 20
+
+ El Ḥara (marabouts et Qebala) rive gauche, 60
+
+ Qcîrat Sidi Ạbd Allah ou Ạli (marabouts) rive gauche, 10
+
+ Taziat (Berâber) rive gauche, 80
+
+ Zenba (marabouts) rive gauche, 30
+
+ El Bordj (marabouts) rive gauche, 50
+
+Aucun lien n’existe en temps habituel entre les divers qçars du
+Taderoucht. Chacun vit isolément, administré par son chikh el ạam.
+
+Langue tamaziṛt.
+
+Pas de marché.
+
+Un mellaḥ.
+
+ Distances : du Ṛeris au Taderoucht comme de Tinṛir à El Ḥara (Todṛa).
+
+ d’El Bordj à Moui comme de Taourirt à Tinṛir.
+
+_RERIS_. — Au-dessous du Taderoucht, séparée de lui par un court
+désert, se trouve, sur le cours de la même rivière, la grande
+oasis du Ṛeris. C’est une longue ligne de qçars échelonnés sur
+les bords de l’Ouad Ṛeris, au milieu d’un ruban d’épaisses
+plantations de dattiers. Voici l’énumération de ces qçars,
+dans l’ordre où on les trouve en descendant le cours d’eau ;
+ils sont tous sur la rive droite :
+
+ Maggaman (Berâber). 30 fusils.
+
+ Aït Iaḥia ou Ọtman (Berâber). 400
+
+ Gelmima (Berâber). 250
+
+ Kherraza (Berâber). 50
+
+ Aït Mouch (Chellaḥa indépendants). 50
+
+ Takatirt (Berâber). 40
+
+ Bou Tnefit (Chellaḥa indépendants). 150
+
+ Sidi Moḥammed ou El Ḥasen (marabouts). 30
+
+ Gaouz Aït Sidi Ạmer (marabouts). 25
+
+ Aït Sidi Ạmer (marabouts). 50
+
+ Cheurfa Aqqa (cherifs). 50
+
+ Ifsaḥen (Chellaḥa indépendants). 100
+
+ Aït Iạqob (Chellaḥa indépendants). 40
+
+ Aït Sidi Ạli (marabouts). 30
+
+ Aït Sidi Ạmer (marabouts). 30
+
+ Amtoz (Chellaḥa indépendants). 40
+
+ Aït Mouḥ ou Iaḥia (Chellaḥa indépendants). 80
+
+ Khelil (Chellaḥa indépendants). 50
+
+ Tourza (marabouts).
+
+Tous ces qçars sont au bord même de l’ouad, arrosés par la
+conduite dite sagia taḥtia, « canal inférieur ». Il y a encore 5
+localités, situées à quelques centaines de mètres du cours d’eau,
+sur la même rive, alimentées par un autre canal, sagia fouqania,
+« canal supérieur ». Elles sont unies en un seul groupe et fort
+rapprochées les unes des autres ; elles se trouvent vis-à-vis
+d’Aït Iaḥia ou Ọtman et de Gelmima. En voici les noms :
+
+ Ireṛrer (Chellaḥa indépendants). 50 fusils.
+
+ Tiouanin (Chellaḥa indépendants). 40
+
+ Zerrara (Chellaḥa indépendants). 40
+
+ Aït Ketto (Chellaḥa indépendants). 100
+
+ Aït Ḥarṭ (Chellaḥa indépendants).
+
+Les habitants du Ṛeris sont indépendants ; chaque qçar appartient
+à ceux qui l’habitent. Tous s’administrent isolément, comme
+dans le Ferkla. L’organisation en est uniforme : ils ont chacun
+leur chikh el ạam. Aucun lien ne les unit entre eux ; ils ne se
+joignent qu’en cas de guerre.
+
+Les dattiers du Ṛeris produisent des bou feggouç et des bou souaïr.
+
+Langue tamaziṛt.
+
+Deux marchés : tenîn et khemîs à Aït Iaḥia ou Ọtman.
+
+Deux mellaḥs.
+
+ Distance : de Maggaman à Tourza comme d’Asfalou à Iạdouan (Todṛa).
+
+
+ =IV. — Localités entre les ouads Todra et Reris.=
+
+
+Entre les ouads Todṛa et Ṛeris, se trouvent trois petites
+localités ; ce sont, dans l’ordre où on les trouve en allant du
+Todṛa à Oul Touroug :
+
+_Taddart n Oumira_. — Petit qçar situé entre le Todṛa et le
+Ṛeris, à quelque distance au sud du talus de roche rose qui borde le
+nord de la plaine entre ces deux oasis. Population mélangée d’Aït
+Atta et d’Aït Melṛad. 40 fusils. Point de cours d’eau ; les
+jardins sont arrosés par des sources. On laisse ce qçar à main
+gauche en allant du Ferkla au Ṛeris et on ne l’aperçoit pas
+du chemin.
+
+ Distances : de Ṭaddart n Oumira au Ferkla comme d’El Khorbat à Oulad
+ Mạmmer.
+
+ de Ṭaddart n Oumira au Ferkla comme 2 fois de Taourirt
+ (Todṛa) à Asfalou (Todṛa).
+
+ de Ṭaddart n Oumira au Todṛa comme 2 fois de Taourirt
+ (Todṛa) à Aït Iidir (Dâdes).
+
+ de Ṭaddart n Oumira au Ṛeris comme 2 fois de Taourirt
+ (Todṛa) à Timaṭṛeouin.
+
+_El Mkhater_. — Petit qçar entouré de palmiers situé, entre le
+Ferkla et le Ṛeris, près de Ṭaddart n Oumira.
+
+_Zaouïa Sidi El Houari_. — Petite zaouïa située au milieu de la
+plaine, entourée de jardins sans palmiers ; l’eau qui l’alimente
+provient des sources de Ṭaddart n Oumira et est amenée par des
+canaux. On passe auprès d’elle en allant du Ferkla au Ṛeris.
+
+
+ =V. — Qçars du Sarro.=
+
+
+Toute la région s’étendant au nord du Todṛa, de cette oasis
+à l’Oussikis, est inhabitée. C’est une contrée montagneuse
+et déserte.
+
+Au sud du Todṛa, au contraire, dans le Petit Atlas qui porte encore
+le nom de Saṛro, il existe plusieurs localités.
+
+Le Saṛro, qui s’étend du Mezgîṭa au Dâdes et qui se prolonge
+jusque auprès du Ferkla, ne va pas plus loin vers l’est. Au delà
+du Ferkla, ou, comme je le crois, le Petit Atlas expire, ou du moins
+il cesse de porter le nom de Saṛro. Il existe plusieurs qçars dans
+les flancs de cette chaîne : on les appelle les qçars du Saṛro ;
+en voici les noms :
+
+_Tagdielt Aït Bou Daoud_. — Ce sont trois tiṛremts qui ne
+sont point habitées d’une manière continue, et où les Aït Bou
+Daoud emmagasinent leurs biens tandis qu’eux-mêmes vivent sous
+la tente. Tagdielt est arrosée par des sources ; elle se trouve
+à la lisière sud de la vaste plaine d’Anbed, dans un repli de
+la montagne.
+
+ Distances : de Tagdielt à Imiṭeṛ comme de Taourirt à Timaṭṛeouin.
+
+ de Tagdielt à Tiilit comme de Taourirt à Timaṭṛeouin.
+
+_Aït Merset_. — Une seule qaçba appartenant aux Aït Merset,
+fraction des Aït Ouniṛ. Elle est arrosée par des sources. Elle
+est située dans un fond, sur les premières pentes du Saṛro.
+
+ Distances : d’Aït Merset à Tagdielt comme d’Imiṭeṛ à Timaṭṛeouin.
+
+ d’Aït Merset à Imiṭeṛ comme d’Imiṭeṛ à Foum el Qous.
+
+ d’Aït Merset à Tiilit comme d’Imiṭeṛ à Taourirt.
+
+_Qçîbat Ilemsan_. — Elles se composent de 4 tiṛremts. Des
+sources les alimentent ; un cours d’eau se trouve auprès, mais il
+n’a d’eau que lorsqu’il pleut.
+
+ Distances : de Qcîbat Ilemsan à Aït Merset comme de Taourirt à Foum
+ el Qous.
+
+ de Qcîbat Ilemsan à Imiṭeṛ comme de Taourirt à Foum el
+ Qous.
+
+ de Qcîbat Ilemsan à Taourirt comme 2 fois de Taourirt à
+ Timaṭṛeouin.
+
+ de Qcîbat Ilemsan à Tiilit comme 2 fois de Taourirt à
+ Timaṭṛeouin.
+
+_Ti n Iourkan_. — Elle est formée d’un grand qçar et
+de 4 tiṛremts. Elle appartient à des Aït Atta de diverses
+fractions, Ignaouen, Aït b ou Iknifen, Aït Iạzza. Des sources
+l’alimentent. De là part un chemin qui se rend au Dra, par le
+Tazarin : deux jours de marche de Ti n Iourkan au Tazarin, deux autres
+de Tazarin au Qtaoua.
+
+ Distances : de Ti n Iourkan à Qcîbat Ilemsan comme de Taourirt à Foum
+ el Qous.
+
+ de Ti n Iourkan à Tiilit comme de Taourirt à Aït Iidir
+ (Dâdes).
+
+ de Ti n Iourkan à Taourirt comme de Taourirt à Imiṭeṛ.
+
+_Irerman Azdar_. — Elle est formée de 4 tiṛremts et habitée,
+comme Ti n Iourkan, par des Aït Atta de diverses fractions. Des
+sources l’alimentent.
+
+ Distances : d’Iṛerman Azdaṛ à Ti n Iourkan comme 2 fois de Taourirt à
+ Asfalou.
+
+ d’Iṛerman Azdaṛ à Taourirt comme de Taourirt à Imiṭeṛ.
+
+ d’Iṛerman Azdaṛ à Qcîbat Ilemsan comme de Taourirt à Foum
+ el Qous.
+
+Point de dattiers dans le Saṛro ; à tous les qçars que nous venons
+de citer, il y a pour toute verdure quelques cultures de céréales
+et de maigres jardins, comme à Imiṭeṛ.
+
+Pas de marché, ni de Juifs.
+
+
+ 3o. — BERABER.
+
+
+Les Berâber, dont le nom est si célèbre, sont une grande tribu,
+la plus puissante du Maroc. Elle couvre de ses tentes le vaste
+quadrilatère compris entre l’Ouad Ziz, l’Ouad Dâdes et l’Ouad
+Dra, possède une foule de qçars sur ces trois cours d’eau et,
+dépassant ces limites, s’étend au nord sur des portions du versant
+septentrional du Grand Atlas. Au sud, aucune tribu ne la borne :
+ses campements s’avancent jusqu’au seuil du Grand Désert, ses
+ṛezous, terreur du Sahara, le parcourent jusqu’au Soudan. Comme
+les Ida ou Blal, les Berâber font métier d’escorter et de piller
+les caravanes sur la route de Timbouktou. A l’est et à l’ouest,
+ils débordent en quelques points au delà des fleuves qui leur
+servent de frontières naturelles, et s’étendent au nord-est sur
+le haut cours du Gir, au sud-ouest jusqu’aux Ida ou Blal.
+
+Les Berâber sont Imaziṛen et ne parlent que le tamaziṛt. Un
+certain nombre sont sédentaires ; la plupart, de beaucoup, sont
+nomades. Ils se divisent en deux grandes branches, les Aït Atta et
+les Aït Iafelman ; chacune d’elles se subdivise elle-même en de
+nombreuses fractions. En temps ordinaire, ces fractions se gouvernent
+isolément, tout petit groupe, tout qçar ayant son chikh el ạam,
+magistrat élu, se renouvelant chaque année, possesseur d’une
+autorité fort limitée. En cas d’affaire grave, on se concerte,
+soit dans les différentes parties d’une fraction, soit plusieurs
+fractions ensemble, soit tout un groupe, soit la totalité des
+Berâber : alors on s’assemble partout, on nomme des députés qui
+se réunissent en djemaạa générale, délibèrent et décident. En
+1882, l’assemblée générale des Berâber s’est, dit-on, réunie ;
+elle était composée de délégués de toutes les fractions et
+formait un total de près de 1000 personnes. Ce fait a lieu rarement,
+car presque toujours la discorde règne parmi les Berâber : lors de
+mon passage, Aït Atta et Aït Iafelman étaient en hostilités, et les
+Aït Atta étaient divisés entre eux. En cas de guerre générale, les
+Berâber élisent un chikh unique dont l’autorité est illimitée ;
+dans les guerres particulières, chaque parti agit de même.
+
+Voici la décomposition des Berâber :
+
+ { Aït b ou Iknifen
+ { (Dra, Oussikis,
+ { Tazarin, désert) 1500 fusils.
+ {
+ { Ilemsan (Ternata,
+ { Dâdes, désert) 300
+ {
+ { Aït Zemroui { Ignaouen (Qtaoua,
+ { { Dâdes, désert) 500
+ { {
+ { { Aït Ạïssa ou Brahim
+ { { (auxquels
+ { { appartiennent les
+ { { Izknasen) (Fezouata,
+ { { Dâdes, désert) 500
+ { {
+ { { Aït Ouniṛ (Dra,
+ { { Dâdes, désert) 800
+ {
+ { { Aït Isfoul
+ { { (Fezouata, Dâdes,
+ { { désert) 1000
+ { {
+ { { Aït Bou Daoud
+ { { (Qtaoua, Dâdes,
+ { { Tazarin, désert) 500
+ { {
+ { Aït Atta { { Aït Khelifa (Igli,
+ { { { Oul Touroug,
+ { { { au-dessous du Ferkla) 150
+ { { {
+ { { { Ouchchan (aux
+ { { { environs du Tafilelt) 200
+ { { {
+ { { { Aït El Fersi
+ { { { (au-dessous du Todṛa) 30
+ { { {
+ { { Aït Ḥachchou { Aït Ounbegi (ils
+ { { portent aussi le nom
+ { { d’Aït Khebbach (ou
+ { { Khebbas) (Dra,
+ { { Reṭeb, désert) 2000
+ { {
+ { { Aït Iạzza (qçar au
+ { { sud du Todṛa, désert) 1500
+ { {
+ { { Aït ou Allal
+ { { (desquels font
+ { { partie les Aït
+ { { Ạlouan, les Aït b
+ { { Oulman, les Imsouffa) 2000
+ { {
+ { { Izligen (Qtaoua) 80
+ {
+ { { Aït Brahim } Les Aït Ḥediddou
+ { { } n’ont pas d’autres
+ Berâber { { Aït Ḥediddou { Aït Ạmer } qçars que ceux qui
+ { { { } ont été mentionnés
+ { { { Aït Iạzza } plus haut ; très
+ { { { } grand nombre de
+ { { { } tentes ; 3000
+ { { { } fantassins et
+ { { { } 600 chevaux.
+ { {
+ { { Aït Iaḥia (ils ne possèdent comme qçars que ceux
+ { { qui ont été mentionnés plus haut, mais ont un
+ { { très grand nombre de tentes. Ils s’étendent
+ { { jusqu’aux Aït Seri et jusque près des Ichqern,
+ { { sur les pentes nord de l’Atlas. Leur territoire
+ { { est tout entier en montagne. 4000 fantassins et
+ { { 40 chevaux).
+ { {
+ { { { Aït Mḥammed } Les Aït Melṛad
+ { { { } habitent le haut
+ { { { Aït Ạmer } cours de l’Ouad
+ { { { ou Mançour } Dâdes, tout l’Ouad
+ { { { } Ṛeris, les déserts
+ { { Aït Melṛad { Aït Ioub } montagneux avoisinant
+ { { { } cette rivière
+ { Aït { { Aït Mesri } et le Ferkla ;
+ { Iafelman { { } leur limite sud
+ { { Irbiben } est presque partout
+ { { } le talus de roche
+ { { } rose qu’on voit
+ { { } d’Imiṭeṛ au Todṛa
+ { { } et de là au Ṛeris.
+ { { } Les Aït Melṛad sont
+ { { } très nombreux.
+ {
+ { Aït Ạli ou Brahim (campant vers Tounfid).
+ {
+ { Aït Izdeg (ils possèdent en qçars ceux qui ont
+ { été mentionnés et ceux qui le seront plus bas
+ { dans les bassins du Gir et de la Mlouïa ; de
+ { plus, ils ont un très grand nombre de tentes.
+ { 3000 fantassins et 500 chevaux).
+ {
+ { Aït Ạïssa bou Ḥamar (résidant sur l’Ouad Gir et
+ { dans ses environs ; qçars et tentes ; 2000
+ { fantassins et 200 chevaux).
+ {
+ { Aït Kratikhsen (habitant vers le Ferkla et vers
+ { Asif Melloul).
+ {
+ { Aït Ạïach (ils ont des qçars sur l’Ouad Aït Ạïach
+ { et des tentes auprès de cette rivière, de l’Ouad
+ { Ouṭat Aït Izdeg et de la Mlouïa. Ils sont
+ { limitrophes des Beni Mgild. 800 fantassins et
+ { 40 chevaux).
+
+
+ 4o. — ITINÉRAIRES.
+
+
+I. — _DU TADEROUCHT AU ZIZ_. — Il existe un chemin menant du
+Taderoucht au district du Ziz. Du Taderoucht on gagne El Haroun
+(qçar isolé, sans palmiers, appartenant aux Aït Melṛad ; 30
+fusils). D’El Haroun on passe à El Bordj (qçar isolé, sans
+palmiers, appartenant aux Aït Melṛad ; 20 fusils). D’El Bordj
+on va à Zaouïa Sidi Bou Qil, dans le district du Ziz. Entre ces
+divers points, la région qu’on traverse est montagneuse et déserte.
+
+ Distances : du Taderoucht à El Haroun comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït
+ Ọtman.
+
+ d’El Haroun à El Bordj comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït
+ Ọtman.
+
+ d’El Bordj à Zaouïa S. Bou Qil comme de Mellaḥ Tiallalin
+ à Tamerrakecht.
+
+II. — _DU TODRA AU DRA PAR LE TAZARIN_. — Il y a 5 jours de
+route. Voici l’itinéraire qu’on suit :
+
+_1er jour._ — Du Todṛa au Saṛro. On fait gîte dans un des
+qçars du Saṛro, Ti n Iourkan ou Iṛerman Azdaṛ, par exemple. On
+a marché jusque-là dans le désert.
+
+_2e jour._ — Du qçar où l’on a passé la nuit à Foum Aserts. On
+donne ce nom à un kheneg désert où campent en hiver des Aït
+Atta. Une rivière le traverse ; elle a habituellement de l’eau
+dans son lit ; aucun lieu habité n’est sur son cours. Ce second
+jour encore, on marche sans cesse dans le désert.
+
+_3e jour._ — De Foum Aserts au Tazarin. Chemin désert toute la
+journée.
+
+Le Tazarin est une longue oasis, plus grande et plus peuplée que le
+Todṛa, mais lui ressemblant d’ailleurs de tout point : une double
+chaîne de qçars s’échelonne sur les deux bords d’une rivière,
+au milieu d’un ruban de palmiers. Une partie des localités du
+Tazarin appartient à des Chellaḥa indépendants, l’autre à
+des Aït Atta de diverses fractions, Aït Bou Daoud, Aït ou Allal,
+Aït b ou Iknifen.
+
+Les principaux qçars du Tazarin sont, en descendant l’ouad :
+Ikhf n Oṛri, Aït Sạïd, Qcîba Aït Bou Daoud, Qcîba Ignaouen,
+Aït Abbarioul, Tamda, Aït Sidi Msạd, Aït Gennoun, Ida Khennioun.
+
+Langue tamaziṛt.
+
+Marché permanent à Aït Abbarioul. C’est le seul.
+
+Pas de Juifs. Mellaḥ détruit à Aït Abbarioul.
+
+_4e jour._ — Du Tazarin à Foum Tizi n Dra. Il n’y a pas un lieu
+habité sur le chemin du Tazarin au Dra ; tout le trajet se fait
+dans le désert. On n’est plus ici dans la chaîne du Saṛro ;
+on en est sorti au Tazarin. Foum Tizi n Dra est un point d’eau :
+pas de rivière, mais une source : ce lieu est fréquenté en hiver
+par des Aït Atta nomades ; le reste de l’année, il est désert.
+
+_5e jour._ — De Foum Tizi n Dra au Qtaoua.
+
+ Distances : de Ti n Iourkan à Foum Aserts comme deux fois de Taourirt
+ à Timaṭṛeouin.
+
+ de Foum Aserts au Tazarin comme deux fois de Taourirt à
+ Timaṭṛeouin.
+
+ de Foum Tizi n Dra au Qtaoua comme de Taourirt à Aït
+ Iidir.
+
+
+ 5o. — SOURCES DE L’OUAD GIR.
+
+
+=OUAD GIR.= — L’Ouad Gir prend naissance au Djebel Chouf Agmar,
+près du Djebel El Ạbbari. Voici les premiers qçars qu’on
+rencontre sur son cours, en le descendant à partir de sa source :
+
+ RIVE DROITE :
+
+ Tiouzzagin (Aït Izdeg). 30 fusils.
+
+ Tit n Ạli (Qebala). 200
+
+ Mogger (Qebala). 200
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Talḥarit (Qebala). 60 fusils
+
+ El Ḥeri (Qebala). 100
+
+ Tagrirt (Qebala). 300
+
+ Tizgi n Gerrama (Aït Izdeg). 400
+
+ Toulal (Aït Izdeg). 600
+
+ Mellaḥa (Aït Izdeg). 400
+
+ Batnou (Aït Ạïssa Bou Ḥamar). 150
+
+ Iṛara (Qebala). 50
+
+ Keddoucha (Aït Ạïssa Bou Ḥamar). 60
+
+ El Geraan (Aït Ạïssa Bou Ḥamar). 100
+
+La réunion de ces qçars forme ce qu’on appelle le Gir. Ce district
+n’a aucune unité politique : chaque qçar en appartient à ses
+habitants, Qebala, Aït Izdeg ou Aït Ạïssa.
+
+Langue tamaziṛt.
+
+Pas de marché.
+
+Deux mellaḥs.
+
+ Distances : de Tiouzzagin à Mogger comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou
+ Alil.
+
+ de Talḥarit à El Geraan comme de Mellaḥ Tiallalin à Qçar
+ es Souq.
+
+ de Talḥarit à Mogger, quelques centaines de mètres.
+
+De Mellaḥ Tiallalin on peut aller directement à Talḥarit. Entre
+ces deux points s’étend une vaste plaine déserte que nous avions à
+notre droite en traversant le district du Tiallalin ; elle s’étend
+jusqu’à l’Ouad Gir et porte le nom d’Ouṭa n Sema.
+
+ Distance : de Mellaḥ Tiallalin à Talḥarit comme de Mellaḥ
+ Tiallalin à Aït Ọtman.
+
+Il y a un chemin conduisant du district du Gir à Misour, en remontant
+la vallée de l’Ouad Gir.
+
+=AFFLUENT.= — Parmi ses affluents, l’Ouad Gir en reçoit un dont
+la source n’est pas éloignée de la sienne : c’est l’Ouad Beni
+Mesri. Nous allons dire quelques mots de son cours supérieur.
+
+OUAD BENI MESRI. — Il prend sa source aux crêtes du Grand Atlas. Il
+arrose plusieurs qçars dans la partie haute de son cours ; voici
+les principaux, dans l’ordre où on les trouve en descendant :
+
+ El Bour (Qebala) rive droite, 100 fusils.
+
+ Aït Iaḥia ou Ạïssa (marabouts) rive droite, 100
+
+ Aït Ạïssa ou Ạli (Qebala) rive gauche, 30
+
+ Takhoualt (Qebala) rive droite, 120
+
+ Aït Ḥeddou (Aït Ạïssa) (Berâber) rive droite, 50
+
+ Aït Moḥammed (Aït Ạïssa) rive droite, 100
+
+ Bou Chiba (Aït Ạïssa) rive gauche, 30
+
+ Tirza (Aït Ạïssa) rive droite, 60
+
+ Beni Tzit (Qebala) rive gauche, 300
+
+ Aït Iatin (Qebala) rive droite, 80
+
+Ces divers qçars n’ont entre eux aucun lien politique : chacun
+appartient à ses habitants, Qebala, marabouts ou Aït Ạïssa. Ceux
+qui sont compris entre Aït Iaḥia ou Ạïssa et Tirza, ces deux
+localités incluses, portent le nom collectif de Beni Mesri.
+
+Langue tamaziṛt.
+
+Marché permanent à Beni Tzit.
+
+Un mellaḥ.
+
+Pour se rendre de Qçâbi ech Cheurfa à El Bour, on gagne d’abord
+Tanslemt ; puis on franchit l’Atlas et on descend à El Bour.
+
+ Distances : de Tanslemt à El Bour comme d’Aït Çaleḥ au Gers.
+
+ de Aït Iatin à Ạïn Chạïr 2 jours.
+
+
+[Note 120 : C’est en approchant de l’Ouad Ziz que j’ai entendu
+ce nom pour la première fois. Il est employé sur tout le cours
+du Ziz et dans le bassin supérieur de la Mlouïa. Il ne désigne
+point une race, mais l’état d’une partie de la population. Une
+portion des Imaziren sédentaires de cette contrée n’a pas
+su conserver son indépendance et a été réduite par des tribus
+nomades voisines à l’état de tributaire : ce sont ces tributaires
+qu’on appelle _Qebala_. Ils sont presque tous Chellaha, de même
+race, par conséquent, et de même couleur que la plupart de leurs
+dominateurs. Par extension, on désigne quelquefois du nom de Qebala
+des Chellaha sédentaires, même indépendants, lorsque ces Chellaha
+vivent isolés, sans aucun lieu avec personne. Ainsi les Chellaha
+du Reris et de quelques autres oasis sont souvent dits Qebala, bien
+que libres.]
+
+
+
+
+ VI.
+
+ BASSIN DE L’OUAD MLOUIA.
+
+
+ 1o. — COURS DE LA MLOUIA.
+
+
+La Mlouïa prend sa source dans le désert appelé Khela Mlouïa, sur
+le territoire des Beni Mgild. Puis elle coule durant assez longtemps
+en arrosant les terres de cette tribu.
+
+Elle les quitte au point où elle reçoit l’Ouad Ouṭat Aït Izdeg ;
+ce confluent est la limite entre les Beni Mgild d’une part, les Aït
+Ioussi et les Aït ou Afella de l’autre : ceux-ci possèdent la
+rive droite du fleuve, ceux-là ont la gauche. Dans cette partie de
+son cours, la Mlouïa se déroule au milieu d’une large plaine ;
+elle a déjà beaucoup d’eau, mais ses rives sont à peu près
+désertes : des tribus entre lesquelles elle coule, la première
+n’a aucun établissement sur ses bords, ni même dans sa vallée,
+et ne vient que rarement planter ses tentes ou faire paître ses
+troupeaux le long de ses eaux ; la seconde, peu nombreuse, possède
+quelques qçars dans la vallée, mais n’en a qu’un sur les rives
+mêmes du fleuve ; ce qçar, Aḥouli (50 fusils ; rive droite),
+est situé à peu de distance au-dessous du confluent de l’Ouad
+Ouṭat Aït Izdeg. Aḥouli est le seul point habité du cours de
+la Mlouïa entre ce confluent et Qçâbi ech Cheurfa.
+
+Au-dessous d’Aḥouli, après avoir coulé dans le désert, en
+formant limite entre les Aït Ioussi et les Aït ou Afella, la Mlouïa
+se borde subitement de cultures, de jardins et de qçars : c’est
+le district de Qçâbi ech Cheurfa. A cet endroit le fleuve coule
+au fond d’une tranchée, profonde d’environ 40 mètres et large
+de 1500. C’est cette tranchée qui, remplie sans interruption de
+plantations et de jardins sur une longueur de plus de 15 kilomètres
+et semée de nombreux qçars, forme le district de Qçâbi ech
+Cheurfa. Celui-ci ne s’étend pas ailleurs et se compose des seules
+rives du fleuve, sans déborder dans sa vallée. Des deux côtés du
+district, la vallée, de plus en plus plate et de plus en plus large,
+est occupée par les mêmes tribus qu’un peu plus haut. Aït Ioussi
+à gauche, Aït ou Afella à droite. Le district les sépare comme
+les séparaient auparavant les eaux du fleuve.
+
+Après être sortie de Qçâbi ech Cheurfa, et avant d’entrer
+dans le désert, la Mlouïa arrose encore deux qçars : ils font
+suite au district d’El Qçâbi, mais n’en dépendent pas ; ce
+sont, d’abord Tamdafelt (rive gauche ; 120 fusils), puis plus bas
+Izeṛran (rive droite ; 30 fusils). Le premier appartient aux Aït
+ou Afella, le second aux Aït Izdeg. Les rives du fleuve, au fond de
+l’encaissement où il coule, ne cessent pas un instant, entre Qçâbi
+ech Cheurfa et Tamdafelt, comme entre Tamdafelt et Izeṛran, d’être
+garnies de cultures. Quant à la vallée, elle appartient toujours,
+d’un côté aux Aït Ioussi, de l’autre aux Aït ou Afella.
+
+Au-dessous d’Izeṛran, la Mlouïa rentre dans le désert ;
+elle continue à couler entre deux tribus : les Aït Ioussi sont
+encore à gauche ; mais ce sont les Oulad Khaoua qui occupent à
+présent la rive droite : ils succèdent ici aux Aït ou Afella. La
+Mlouïa est toujours dans sa tranchée, de même largeur et de même
+profondeur qu’à Qçâbi ech Cheurfa, mais déserte ; les riantes
+cultures y sont remplacées par d’épais taillis de tamarix au
+milieu desquels serpentent, avec mille détours, les eaux jaunes du
+fleuve. D’Izeṛran à Misour, la Mlouïa coule ainsi, entre les
+deux mêmes tribus. Sur ce long espace, sa vallée, immense plaine,
+est habituellement déserte du côté des Aït Ioussi, semée de
+quelques campements du côté des Oulad Khaoua. Son cours n’a
+que deux points habités, deux qçars situés assez loin l’un de
+l’autre, isolés chacun sur ses bords, où ils coupent un instant le
+long ruban de tamarix ; tous deux appartiennent aux Oulad Khaoua ;
+ils se nomment, l’un Megdoul, l’autre El Bridja. Le premier
+est le plus haut, il est situé sur la rive droite et se compose
+de 40 maisons ; El Bridja est à onze kilomètres plus bas, sur la
+rive gauche ; elle a à peine 15 ou 20 feux. Le bois de tamarix qui
+remplit l’encaissement du fleuve porte, entre Megdoul et El Bridja,
+le nom de Ṛaba Oumm el Lefạ.
+
+Ainsi coule la Mlouïa jusqu’à Misour. Ce lieu est un groupe de 10
+à 12 qçars entourés d’admirables jardins, situé au confluent
+de la Mlouïa et de l’Ouad Souf ech Cherg, tributaire de sa rive
+gauche. Les qçars de Misour sont tous sur l’Ouad Souf ech Cherg,
+à l’exception d’un seul, Igli, qui se trouve sur la Mlouïa. Il
+s’élève sur sa rive gauche, un peu au-dessous du confluent ;
+c’est une localité importante, pouvant lever 300 fusils. Elle est
+située au bord même du fleuve, au fond de la tranchée où il a
+coulé jusqu’ici et où il continuera à être jusqu’à Ouṭat
+Oulad el Ḥadj.
+
+A hauteur de Misour finissent les territoires des Aït Ioussi et des
+Oulad Khaoua. En les quittant, la Mlouïa entre sur celui des Oulad
+el Ḥadj ; cette puissante tribu occupe tout le fond de sa vallée,
+sur les deux rives : la vallée est ici une plaine immense, nue et
+déserte, triste région rappelant les Hauts Plateaux d’Algérie. Le
+fleuve coule au milieu, caché au fond de son encaissement, que
+remplissent toujours des tamarix touffus. Il demeure ainsi de Misour à
+Ouṭat Oulad el Ḥadj. Sur cette portion de son cours, il baigne un
+seul lieu habité, Touggour, petit village situé sur sa rive même,
+du côté gauche : le hameau se compose d’environ 50 habitations,
+occupées par des cherifs, descendants de Moulei Iạqob ben Selîman,
+et d’une qoubba, mausolée de ce saint. Touggour est située à peu
+près à mi-distance de Misour à Ouṭat Oulad el Ḥadj. Elle coupe
+ainsi la longue ligne de tamarix qui, au-dessus et au-dessous d’elle,
+garnit l’excavation du fleuve, en deux parties presque égales. Elles
+ont chacune leur nom : de Misour à Touggour, c’est Ṛaba Sidi
+Ạbd el Ouaḥad, ainsi appelée d’une qoubba qui s’y trouve ;
+de Touggour à Ouṭat Oulad el Ḥadj, c’est Ṛaba el Ạrich.
+
+Ouṭat Oulad el Ḥadj est un groupe d’environ 30 qçars unis
+entre eux et enveloppés par de superbes jardins ; il est situé au
+confluent de la Mlouïa et de l’Ouad Chegg el Arḍ, son tributaire
+de gauche. Les jardins de cette sorte d’oasis touchent au fleuve,
+mais aucune localité n’est sur son cours ; toutes sont sur l’Ouad
+Chegg el Arḍ.
+
+Au-dessous d’Ouṭat Oulad el Ḥadj, la Mlouïa demeure encore
+longtemps sur le territoire des Oulad el Ḥadj. La vallée
+tout entière leur appartient jusqu’au petit centre d’Oulad
+Ḥamid. Dans cette nouvelle portion, la vallée et les rives
+de la Mlouïa sont un peu différentes de ce qu’elles étaient
+auparavant. La vallée est toujours une vaste plaine, mais elle est
+moins large : elle avait plus de 30 kilomètres à hauteur de Misour,
+elle n’en a que 20 à El Ouṭat et ne cesse de se rétrécir
+jusqu’à Oulad Ḥamid. Elle reste déserte, avec çà et là
+de rares campements de nomades. Quant au fleuve, à partir d’El
+Ouṭat, il n’est plus encaissé et coule au niveau de la plaine ;
+plus de tamarix sur ses bords. Encore désert pendant une grande partie
+de son cours, il se garnit de qçars de distance en distance ; ces
+qçars sont, en le descendant : Oulad Jerrar (rive droite ; 20 fusils),
+Baṛdad (rive gauche ; 40 fusils), Oulad El Ḥasen (rive droite ; 40
+fusils), Ez Zaouïa (rive droite ; 40 fusils), Oulad Sidi Ben Ạïada
+(rive gauche ; 30 fusils), Zerzaïa (rive gauche ; 80 fusils), Oulad
+Sidi Bou Iạqob (rive droite ; 30 fusils), Oulad Ḥamid (petite
+qaçba entourée de tentes et de huttes réparties sur les deux rives
+du fleuve ; 200 fusils). Il y a environ 17 kilomètres d’El Ouṭat
+à Oulad Jerrar. Les autres localités s’échelonnent au-dessous,
+ayant tantôt peu, tantôt beaucoup de distance entre elles. Les
+qçars d’Oulad Sidi Ben Ạïada et d’Oulad Sidi Bou Iạqob
+sont peuplés de marabouts, celui de Zerzaïa de Qebala, les autres
+d’Oulad el Ḥadj. Tous appartiennent à cette tribu. Les espaces
+qui les séparent sont déserts, excepté d’Oulad Sidi Bou Iạqob
+à Oulad Ḥamid ; entre ces deux points, les bords du fleuve sont
+sans interruption garnis de cultures.
+
+En sortant du territoire des Oulad el Ḥadj, la Mlouïa passe à
+Refoula. C’est une petite qaçba entourée d’un certain nombre
+de tentes qui, comme celles d’Oulad Ḥamid, comme celles du Za,
+de l’Ouad Mesegmar, sont là constamment, aussi fixes que des
+maisons. Refoula appartient aux Ḥallaf, bien que le gros de cette
+tribu soit plus bas, séparé d’elle par les Houara. D’Oulad
+Ḥamid à Refoula, les bords du fleuve ne cessent d’être couverts
+de cultures.
+
+De Refoula, la Mlouïa entre sur le territoire des Houara. Cette tribu
+en occupe les deux rives et parcourt la vaste plaine au milieu de
+laquelle elle coule. La vallée, après s’être beaucoup rétrécie
+aux environs d’Oulad Ḥamid, resserrée entre les monts des Ṛiata
+et les monts Debdou, s’élargit ensuite subitement : les montagnes
+font place à d’immenses plaines, le Tafrâta, l’Angad, le Jell, le
+Ṛaret ; le fleuve coule à leur niveau ; on ne voit plus de limite à
+sa vallée. C’est dans ces plaines, sur les deux rives de l’ouad,
+que campent les Houara. Nomades, ils n’ont que deux établissements
+fixes au bord du fleuve ; ce sont deux qaçbas, Gersif (ou Agersif) et
+Oulad Ḥammou ou Mousa. La première, très ancienne, mais délabrée
+aujourd’hui, commande un gué important ; elle appartient à la
+fraction des Oulad Mesạoud ; la seconde est à une certaine distance
+au-dessous de la première ; toutes deux sont sur la rive gauche. A
+défaut d’habitations fixes sur la Mlouïa, les Houara y ont un
+certain nombre de tentes et beaucoup de cultures. Ils ont divisé le
+cours du fleuve entre leurs diverses fractions ; chacune en possède
+un tronçon, où elle laboure au bord de l’eau et où elle campe
+pendant une partie de l’année ; voici, en descendant l’ouad,
+en quel ordre les fractions des Houara s’y succèdent : Ạtamna,
+Oulad Sedira, Mezarcha, Zergan, Oulad Mesạoud, Oulad Ḥammou ou
+Mousa. Tant que la Mlouïa est sur le territoire des Houara, et depuis
+Refoula, les deux côtés ne cessent d’en être garnis de cultures.
+
+Des Houara, la Mlouïa passe chez les Ḥallaf ; ce sont encore des
+nomades ; ils occupent les deux rives du fleuve et les plaines qui
+le bordent. Chez eux, pas une seule construction sur son cours ;
+mais il ne cesse d’être garni de cultures tout le temps qu’il
+demeure sur leur territoire. Celui-ci succédant immédiatement au
+territoire des Houara, les plantations ne s’interrompent pas entre
+les deux tribus : ainsi depuis Oulad Sidi Bou Iạqob, chez les Oulad
+el Ḥadj, jusqu’au point le plus bas des Ḥallaf, les deux rives de
+la Mlouïa sont constamment cultivées. Comme les Houara, les Ḥallaf
+ont partagé le cours du fleuve entre leurs diverses fractions ; voici,
+en le descendant, dans quel ordre elles s’y suivent : Oulad Reḥou,
+Medafra, Oulad Sidi Moḥammed bel Ḥoseïn (cherifs), Oulad Mahdi,
+El Arbạ, Oulad Selîman.
+
+En sortant de chez les Ḥallaf, la Mlouïa entre chez les Beni
+Oukil. C’est une tribu de marabouts, n’ayant que des tentes, mais
+installés toujours aux mêmes lieux et ne quittant pas les bords du
+fleuve dont ils possèdent les deux rives. Ils se divisent en trois
+fractions : chacune d’elles campe groupée en un point déterminé
+du cours de la Mlouïa. Ces trois points sont espacés à environ
+13 kilomètres les uns des autres ; on n’a pu me dire le nom de
+la fraction qui est le plus haut, la seconde s’appelle El Khorb,
+la plus basse Oulad el Bacha. Entre ces trois groupes, comme entre
+le premier et la frontière des Ḥallaf, le fleuve est désert ;
+plus de cultures sur ses bords.
+
+Au-dessous des Beni Oukil, la Mlouïa coule dans le désert jusqu’à
+son embouchure dans la Méditerranée ; dans cet espace, ni lieu
+habité ni plantations sur ses rives. Cette dernière portion de son
+cours est étroitement resserrée entre deux chaînes de montagnes,
+l’une à droite habitée par les Beni Iznâten, l’autre à gauche
+occupée par les Kebdana.
+
+ Distances : de Qaçba el Makhzen (Qçâbi ech Cheurfa) au confluent de
+ la Mlouïa et de l’Ouad Ouṭat Aït Izdeg comme de Kerrando
+ à Nezala.
+
+ de Qaçba el Makhzen (Qçâbi ech Cheurfa.) au qçar le plus
+ haut du district comme d’Aït Çaleḥ à Mellaḥ Tiallalin.
+
+ de Qaçba el Makhzen (Qçâbi ech Cheurfa) au qçar le plus
+ bas du district comme 2 fois d’Aït Çaleḥ à Mellaḥ
+ Tiallalin.
+
+ de Qaçba el Makhzen (Qçâbi ech Cheurfa) à Aḥouli comme
+ d’Aït Çaleḥ au Gers.
+
+ de Qaçba el Makhzen (Qçâbi ech Cheurfa) à Megdoul comme
+ d’Aït Ọtman à Mellaḥ Tiallalin.
+
+ de Qçâbi ech Cheurfa à Izeṛran comme d’Aït ou Alil à
+ Mellaḥ Tiallalin.
+
+ de Megdoul à El Bridja comme d’El Bridja à Misour.
+
+ du confluent de la Mlouïa et de l’Ouad Souf ech Cherg à
+ Igli comme d’Aït ou Alil à Mellaḥ Tiallalin.
+
+ d’Igli à Touggour comme du Gers à Nezala.
+
+ de Touggour à Ouṭat Oulad el Ḥadj comme du Gers à Nezala.
+
+ d’El Ạrzan à Oulad Jerrar comme d’Aït Ọtman à Qçar es
+ Souq.
+
+ d’Oulad Jerrar à Baṛdad comme d’Aït Çaleḥ à Mellaḥ
+ Tiallalin.
+
+ Oulad El Ḥasen est en face de Baṛdad.
+
+ Ez Zaouïa touche Oulad El Ḥasen.
+
+ de Reggou à Oulad Sidi Ben Ạïada comme de Qçar es Souq à
+ Aït Ọtman.
+
+ de Feggouç à Zerzaïa comme d’Aït Ọtman à Tamerrakecht.
+
+ de Zerzaïa à Oulad Ḥamid comme d’El Bridja à Misour.
+
+ d’Oulad Sidi Bou Iạqob à Oulad Ḥamid, la moitié de la
+ distance d’Oudjda à Lalla Maṛnia.
+
+ d’Oulad Sidi Bou Iạqob à Gersif comme du Za à Qaçba el
+ Ạïoun.
+
+ de Debdou à Gersif comme du Za à Qaçba el Ạïoun.
+
+ d’Oulad Selîman au groupe le plus haut des Beni Oukil, la
+ moitié de la distance d’Oudjda à Lalla Maṛnia.
+
+ du groupe le plus haut des Beni Oukil à El Khorb, la
+ moitié de la distance d’Oudjda à Lalla Maṛnia.
+
+ d’El Khorb à Oulad el Bacha, la moitié de la distance
+ d’Oudjda à Lalla Maṛnia.
+
+Après avoir décrit dans son ensemble le cours de la Mlouïa, nous
+allons étudier séparément les trois importants groupes de qçars
+qui se trouvent l’un sur ses rives mêmes, les deux autres tout
+près d’elles : Qçâbi ech Cheurfa, Misour, Ouṭat Oulad el Ḥadj.
+
+
+ =Qçâbi ech Cheurfa.=
+
+
+Ce district se compose d’un certain nombre de qçars, tous situés
+sur les rives de la Mlouïa ; en voici les noms, dans l’ordre où
+on les rencontre en descendant le fleuve :
+
+ Oulad Ṭeïr (Qebala) rive droite, 30 fusils.
+
+ Taṛzout (cherifs et Ḥaraṭîn) rive droite, 120
+
+ Oulad Ạrzin (cherifs et Ḥaraṭîn) rive droite, 25
+
+ Qçar Djedid (cherifs et Ḥaraṭîn) rive droite, 60
+
+ El Qçâbi (cherifs et Ḥaraṭîn) rive droite, 150
+
+ Chegg el Ouad (cherifs et Ḥaraṭîn) rive gauche, 30
+
+ El Mektoufa (cherifs et Ḥaraṭîn) rive gauche, 20
+
+ Sạïda (Aït Tseṛrouchen) rive droite, 50
+
+ Aït Blal (Aït Izdeg) rive droite, 50
+
+ Akhsab (Aït Izdeg) rive gauche, 30
+
+Le district appartient aux cherifs qui l’habitent : eux seuls y
+possèdent la terre et ont part à l’administration. Dans quelques
+endroits, tels que Sạïda et Aït Blal, ils louent la terre à des
+étrangers, mais sans l’aliéner. Jadis indépendants du sultan, ils
+se sont soumis à lui sans résistance en 1877. Depuis ce temps, ils
+ont un qaïd, résidant à El Qçâbi, dans une qaçba appelée Qaçba
+el Makhzen. Mais celui-ci ne s’ingère point dans leurs affaires
+locales ; il est peu respecté des cherifs, qui plus d’une fois
+ont répondu à ses demandes par des coups de fusil. De tout temps le
+district a eu une debiḥa sur les Aït Izdeg : il l’a aujourd’hui
+encore et continue, bien que blad el makhzen, à leur payer tribut.
+
+Les cherifs de Qçâbi ech Cheurfa sont originaires du Tafilelt ;
+ils appartiennent à deux rameaux de la branche des Ạlaouïa,
+ceux des Oulad Moulei Ḥachem et des Oulad Moulei Ạli.
+
+L’arabe et le tamaziṛt sont également en usage dans le
+district. La plupart des habitants parlent les deux langues.
+
+Marché permanent dans la localité d’El Qçâbi ; c’est le seul
+du district.
+
+Un mellaḥ.
+
+
+ =Misour.=
+
+
+Misour est un district indépendant, formé d’un certain nombre de
+qçars qui s’élèvent auprès du confluent de l’Ouad Souf ech
+Cherg et de la Mlouïa ; il est divisé en deux parties distinctes,
+l’une située sur les rives de l’Ouad Souf ech Cherg, l’autre
+sur celles de la Mlouïa. La première, Misour proprement dit,
+est de beaucoup la plus considérable ; elle se compose de tous les
+qçars du district à l’exception d’un. La seconde est formée de
+la seule localité d’Igli. Nous avons déjà indiqué la position
+d’Igli ; nous ne parlerons donc que de la portion de Misour placée
+sur l’Ouad Souf ech Cherg. Celle-ci ne forme qu’un seul îlot
+de verdure où sont disséminés les neuf qçars qui la composent ;
+voici les noms de ces derniers, dans l’ordre où on les trouve en
+descendant la rivière :
+
+ Oulad Bou Ḥafra rive 15 fusils.
+ droite,
+
+ Oulad Bou Jejia rive 60
+ droite,
+
+ Oulad Selîman rive 80
+ droite,
+
+ El Gara (ce sont 3 tours construites sur une rive
+ éminence : on les emplit de tireurs en temps droite,
+ de guerre ; elles sont inhabitées pendant la
+ paix)
+
+ Oulad Seṛeïr (située sur une colline) rive 100 fusils.
+ droite,
+
+ Gebdour rive 50
+ droite,
+
+ El Ḥarsa rive 30
+ droite,
+
+ Bou Kenzt rive 300
+ droite,
+
+ Oulad Sidi Bou el Ạlam rive 50
+ droite,
+
+Les cinq premiers qçars sont très rapprochés les uns des autres ;
+ils portent le nom collectif d’Oulad Abbad. Les 4 derniers sont
+plus espacés ; ils portent le nom d’Oulad Bou Ṭîb.
+
+Misour est indépendant et du sultan et des tribus voisines. Chaque
+qçar s’y administre isolément, sans aucun lien avec les autres.
+
+La population de Misour se compose partie d’Arabes, partie de
+marabouts. On n’y parle que l’arabe.
+
+Pas de marché.
+
+Un mellaḥ.
+
+ Distances : d’Oulad Bou Ḥafra à l’Ouad Souf ech Cherg comme d’Aït ou
+ Alil à Kerrando.
+
+ d’Oulad Bou Jejia à l’Ouad Souf ech Cherg comme d’Aït ou
+ Alil à Kerrando.
+
+ d’Oulad Selîman à l’Ouad Souf ech Cherg comme d’Aït ou
+ Alil à Kerrando.
+
+ d’El Gara à l’Ouad Souf ech Cherg, 200 mètres de plus que
+ d’Aït ou Alil à Kerrando.
+
+ d’Oulad Seṛeïr à l’Ouad Souf ech Cherg, 200 mètres de
+ plus que d’Aït ou Alil à Kerrando.
+
+ d’Oulad Bou Ḥafra à Oulad Bou Jejia, 500 mètres.
+
+ d’Oulad Bou Jejia à Oulad Selîman, 200 mètres.
+
+ d’Oulad Bou Jejia à El Gara, 200 mètres.
+
+ d’Oulad Selîman à Oulad Seṛeïr, 200 mètres.
+
+ d’El Gara à Oulad Seṛeïr, 200 mètres.
+
+ d’Oulad Bou Ḥafra à Oulad Selîman, 700 mètres.
+
+ de Gebdour à l’Ouad Souf ech Cherg comme d’Aït ou Alil à
+ Kerrando.
+
+ d’El Ḥarsa à l’Ouad Souf ech Cherg comme d’Aït ou Alil à
+ Kerrando.
+
+ de Bou Kenzt à l’Ouad Souf ech Cherg comme d’Aït ou Alil
+ à Kerrando.
+
+ Oulad Sidi Bou el Ạlam est sur la rive même de l’Ouad
+ Souf ech Cherg.
+
+ d’Oulad Selîman à Gebdour, 1000 mètres.
+
+ de Gebdour à El Ḥarsa, 1500 mètres.
+
+ d’El Ḥarsa à Bou Kenzt, 600 mètres.
+
+ d’El Ḥarsa à Oulad Sidi Bou el Ạlam, 2000 mètres.
+
+ d’Oulad Bou Ḥafra à l’Ouad Mlouïa comme de Tamerrakecht à
+ Aït Çaleḥ.
+
+ d’Oulad S. Bou el Ạlam à Igii comme d’Aït Çaleḥ au Gers.
+
+
+ =Outat Oulad El Hadj.=
+
+
+Ouṭat Oulad el Ḥadj, ou El Ouṭat, comme on l’appelle le plus
+souvent, est un groupe d’une trentaine de qçars situés sur les
+rives de l’Ouad Chegg el Arḍ auprès de son confluent avec la
+Mlouïa. Ces qçars sont enveloppés et unis par de superbes vergers
+qui font du groupe un seul îlot de verdure. El Ouṭat appartient
+aux Oulad el Ḥadj, sur le territoire desquels elle est située, et
+n’est peuplée que d’eux, à l’exception de quelques localités
+habitées par des marabouts. Voici les qçars qui la composent, dans
+l’ordre où on les trouve en descendant l’Ouad Chegg el Arḍ :
+
+ Oulad El Feḍil rive 6 fusils.
+ droite,
+
+ Oulad Ạbd el Malek rive 20
+ gauche,
+
+ Mellaḥ el Ihoud rive 30
+ droite,
+
+ Oulad El Bekri rive 20
+ gauche,
+
+ El Angab (2 qçars) rive 30
+ droite,
+
+ El Hamouziin rive 30
+ droite,
+
+ Zaouïa Sidi Ạbd el Ouaḥad rive 40
+ gauche,
+
+ El Ḥarar rive 50
+ droite,
+
+ Oulad Mellouk (groupe de 12 qçars) rive 300
+ droite,
+
+ Cheurfa Qouareṭ (Oulad Moulei Iạqob ; 3 rive 50
+ qçars) droite,
+
+ Cheurfa Touggour (Oulad Moulei Iạqob ; 3 rive 50
+ qçars) droite,
+
+ Zaouïa Sidi Ạbd el Ouaḥad rive 40
+ gauche,
+
+ Zaouïa Sidi Oumbarek (marabouts de rive
+ Kenadsa) gauche,
+
+ Kechchacha (2 qçars) rive 30
+ droite,
+
+ Beni Bou Ḥi rive 150
+ gauche,
+
+Ces localités sont toutes situées sur la rivière même ou très
+près d’elle, à l’exception d’Oulad Mellouk ; les 12 qçars
+qui composent ce groupe, presque contigus les uns aux autres,
+s’élèvent à environ 2 kilomètres de la rivière et des autres
+qçars ; ils leur sont unis par des jardins et sont compris dans
+l’îlot général d’El Ouṭat. Oulad Mellouk est alimentée par
+des canaux dérivés de l’Oulad Chegg el Arḍ.
+
+El Ouṭat, étant aux Oulad el Ḥadj, suit leur sort, et chaque qçar
+suit celui de la fraction à laquelle il appartient. En ce moment,
+la tribu est insoumise au sultan. Les Oulad el Ḥadj sont de race et
+de langue arabe ; mais beaucoup d’habitants d’El Ouṭat savent
+aussi le tamaziṛt.
+
+Point de marché à Ouṭat Oulad el Ḥadj.
+
+Un mellaḥ.
+
+On considère souvent comme faisant partie d’Ouṭat Oulad el Ḥadj
+le groupe isolé d’El Ạrzan : il se compose d’environ 10 qçars
+(300 fusils) entourés de jardins. C’est un îlot, séparé de celui
+d’El Ouṭat et distant de lui de 5 kilomètres ; il appartient
+aussi aux Oulad el Ḥadj et est de tout point analogue à celui dont
+on le regarde comme un complément.
+
+ Distances : d’Oulad El Feḍil à Kechchacha comme de Mellaḥ Tiallalin
+ au Gers.
+
+ d’El Ạrzan à l’Ouad Chegg el Arḍ comme d’Aït Çaleḥ à Aït
+ ou Alil.
+
+ d’El Ạrzan à Kechchacha comme d’Aït Çaleḥ à Kerrando.
+
+ Zaouïa Sidi Ạbd el Ouaḥad est en face d’El Hamouziin.
+
+ Beni Bou Ḥi est en face de Kechchacha.
+
+
+ 2o. — VALLÉE DE LA MLOUIA.
+
+
+La vallée de la Mlouïa est en général très large ; voici les
+aspects qu’elle prend successivement.
+
+Nous ne savons point ce qu’elle est dans sa partie haute, chez les
+Beni Mgild.
+
+Du confluent de l’Ouad Ouṭat Aït Izdeg à El Bridja, elle a
+une largeur uniforme d’environ 16 kilomètres. C’est une vaste
+plaine, unie au milieu, en pente légère sur les deux bords, bornée
+à gauche par le pied du Moyen Atlas, à droite par le Grand Atlas.
+
+A El Bridja, la vallée s’élargit beaucoup ; à Misour, elle
+atteint sa plus grande largeur, environ 32 kilomètres. De là à Oulad
+Ḥamid, c’est une immense plaine, unie et nue, appelée du nom du
+fleuve, _Mlouïa_ ; elle est bornée à gauche par le Moyen Atlas,
+haute muraille sombre aux crêtes neigeuses ; à droite par le Rekkam,
+mouvement de terrain à peine sensible apparaissant comme une ligne
+jaune à l’horizon : le Rekkam est une succession de côtes très
+douces et de plateaux très bas, formant dans leur ensemble une longue
+rampe ondulée, de pente très faible, au sommet de laquelle commence,
+sous le nom de Ḍahra, la vaste région des Hauts Plateaux. Le Rekkam
+a son origine au Grand Atlas, se dirige à peu près du sud au nord,
+et se prolonge jusqu’aux monts Debdou. De Misour à Oulad Ḥamid,
+la vallée va en se rétrécissant d’une façon insensible,
+mais continue. A Ouṭat Oulad el Ḥadj, elle n’a plus que 20
+kilomètres ; à Oulad Ḥamid, elle est beaucoup plus étroite. Aux
+environs de ce point, le fleuve traverse un kheneg. C’est la trouée
+par laquelle il perce le Moyen Atlas ; là, le Rekkam a disparu :
+des deux côtés du fleuve, s’élèvent les hautes murailles de
+la chaîne où il se fraie un passage, après en avoir si longtemps
+longé le pied. A droite du kheneg, le Moyen Atlas porte le nom de
+Djebel Debdou. A sa gauche, il n’a pas de nom spécial ; c’est
+la partie de la chaîne occupée, à quelque distance du fleuve,
+par les Beni Ouaṛaïn.
+
+A cet étranglement de la vallée succède une plaine : sur la rive
+droite, c’est le vaste désert de Tafrâta, commençant près
+d’Oulad Ḥamid et se prolongeant jusqu’au pays de Za ; sur la
+rive gauche, c’est la vallée de l’Ouad Melillo : celui-ci coule
+entre le Moyen Atlas et la chaîne des Ṛiata et se jette dans la
+Mlouïa à Gersif.
+
+Cette plaine est suivie d’une autre, qui est séparée de la
+première par une ligne de coteaux très bas unissant le Djebel Ṛiata
+à la chaîne des monts Mergeshoum, Beni Bou Zeggou et Zekkara, son
+prolongement ; le fleuve perce ces hauteurs presque insensibles vers
+les confins des Houara et des Ḥallaf, et entre dans la nouvelle
+plaine qui porte à droite le nom d’Angad, à gauche ceux de
+Jell d’abord, de Ṛaret ensuite : la plaine de Jell et celle de
+Ṛaret sont séparées par une chaîne de collines peu élevées,
+le Gelez. L’Angad, le Tafrâta, le Jell, le Ṛaret sont de vastes
+surfaces unies et désertes s’étendant très loin à l’est et
+à l’ouest, et bornées dans ces directions par des mouvements de
+terrain peu élevés qu’on n’aperçoit pas de la Mlouïa ; rien,
+pendant que le fleuve parcourt ces plaines, ne détermine les limites
+de sa vallée.
+
+L’Angad et le Ṛaret finissent au-dessous des dernières tentes des
+Beni Oukil. Là le fleuve rentre en montagne. Sa vallée, jusqu’à
+la mer, demeure resserrée entre les flancs d’une haute chaîne
+au milieu de laquelle il s’est percé un passage ; cette chaîne,
+prenant les noms des tribus qui l’habitent, s’appelle, à droite
+de la Mlouïa, Djebel Beni Iznâten, à gauche Djebel Kebdana.
+
+Après avoir dessiné à grands traits la vallée de la Mlouïa,
+nous allons énumérer les qçars qui s’y trouvent, situés dans le
+fond ou sur les flancs, sans être sur le cours du fleuve ni sur ceux
+de ses affluents. Il y en a fort peu dans le fond, mais un certain
+nombre sur les premières pentes des chaînes qui le bordent. Nous
+les diviserons en cinq classes :
+
+1o Qçars des Aït ou Afella.
+
+2o Qçars au pied du Grand Atlas.
+
+3o Qçars du Rekkam.
+
+4o Qçars des premières pentes du flanc gauche de la vallée
+(Moyen Atlas).
+
+5o Qçars du Djebel Debdou (Moyen Atlas).
+
+
+ =1o Qçars des Aït ou Afella.=
+
+
+Ils sont au nombre de trois, tous situés dans le fond de la vallée,
+entre le Grand Atlas et la Mlouïa : ce sont :
+
+ _Zebzat._ 200 fusils.
+
+ _Bou Aïach_ (arrosée par un ruisseau sortant du 30
+ Djebel Aldoun dans le Grand Atlas).
+
+ _Entrit_ (arrosée par des sources). 15
+
+Nous les avons vus tous trois en allant du col de Telṛemt à Qçâbi
+ech Cheurfa ; les deux premiers étaient à l’ouest de notre route,
+le dernier à l’est.
+
+ Distances : de Qaçba el Makhzen (El Qçâbi) à Entrit comme d’Aït Çaleḥ
+ à Kerrando.
+
+ d’Entrit à Bou Ạïach comme d’Aït Çaleḥ à Kerrando.
+
+ de Qaçba el Makhzen à Zebzat comme d’Aït Ọtman à Mellaḥ
+ Tiallalin.
+
+
+ =2o Qçars au pied du Grand Atlas.=
+
+
+Voici leurs noms, dans l’ordre où on les rencontre en longeant le
+pied du Grand Atlas, de l’ouest à l’est :
+
+ _Zriouila_ (Aït Tseṛrouchen et Aït Izdeg). 20 fusils.
+
+ _Bertat_ (Aït Izdeg). 200
+
+Ces localités sont arrosées par des sources ; elles appartiennent
+aux tribus que nous venons de citer. Dans chacune, la population
+se compose partie d’individus de la tribu qui possède le qçar,
+partie de Qebala.
+
+Ni marché, ni Juifs en aucun de ces points.
+
+ Distances : de Qaçba el Makhzen (El Qçâbi) à Zriouila comme d’Aït
+ Çaleḥ au Gers.
+
+ de Zriouila à Bertat comme d’Aït Çaleḥ à Mellaḥ Tiallalin.
+
+ de Bertat à Ạïat (Ouad Ouizert) comme d’Aït Ọtman à
+ Mellaḥ Tiallalin.
+
+ d’Ạïat à Bou Sellam comme d’Aït Çaleḥ au Gers.
+
+ de Bou Sellam à Tagenza comme du Gers à Nezala.
+
+ de Tagenza à Azdad comme d’Aït Ọtman à Aït Çaleḥ.
+
+ de Qaçba el Makhzen à Azdad, un jour 1/2 de marche.
+
+ de Tagenza à Tanslemt comme d’Aït Ọtman à Qçar es Souq.
+
+ de Tanslemt à Talsit comme de Qçar es Souq à Mellaḥ
+ Tiallalin.
+
+ de Talsit à Anoual comme de Nezala à Qçâbi ech Cheurfa.
+
+Les cinq points d’Azdad, de Talsit, d’Anoual, de Tagenza et de
+Tanslemt, dont il est parlé ici, sont des localités du Ḍahra ou du
+pied du Grand Atlas. Azdad est un groupe de 5 qçars appartenant aux
+Aït Tseṛrouchen : 200 fusils. Talsit est un groupe indépendant
+de 3 qçars contigus, habités par des marabouts de Sidi Ben Ạbd
+Allah ; il est situé sur une rivière de même nom que lui, dont
+le reste du cours est à sec et désert : 300 fusils. Anoual est un
+qçar de 60 fusils, peuplé d’Aït Tseṛrouchen et de marabouts ;
+il compte dans le Ḍahra[121]. Tagenza est un qçar de 80 fusils,
+peuplé moitié d’Aït Izdeg, moitié d’Aït Tseṛrouchen, et
+dépendant des deux tribus ; il est situé sur un petit cours d’eau
+de même nom que lui dont le reste du cours est désert. Tanslemt
+est un qçar isolé de 100 fusils, habité par des Qebala ; ceux-ci,
+comme les autres Qebala de la région, sont vassaux des puissantes
+tribus voisines et indépendants du sultan ; Tanslemt est sur une
+petite rivière dont le reste du cours est désert.
+
+
+ =3o Qçars du Rekkam.=
+
+
+Ils sont au nombre de quatre, contigus les uns aux autres, et
+enveloppés dans une même ceinture de jardins. Ce groupe se nomme :
+
+ _Tiissaf._ 300 fusils.
+
+La population de Tiissaf est composée de marabouts des Oulad Sidi
+Ạïssa ; ces religieux sont regardés comme formant une des fractions
+des Oulad el Ḥadj.
+
+Une grande ḍaïa alimente ce lieu.
+
+ Distances : de Tiissaf au lit de la Mlouïa comme d’Aït Çaleḥ au Gers.
+
+ Tiissaf est à peu près en face de Tirnest par rapport à
+ la Mlouïa.
+
+ =4o Qçars sur les premières pentes du flanc gauche de la vallée.=
+
+Ils forment cinq groupes, situés sur les premières pentes du Moyen
+Atlas, dans la région de cette chaîne comprise entre Misour et
+Oulad Ḥamid. En voici les noms, dans l’ordre où on les trouve
+en suivant les premières pentes du Moyen Atlas du sud au nord :
+
+ Almis (un seul village ; Chellaḥa). 250 fusils.
+
+ Tirnest (10 qçars ; Oulad el Ḥadj). 600
+
+ Reggou (5 qçars ; Chellaḥa). 400
+
+ Qçar el Mạllemin (1 qçar ; Chellaḥa). 12
+
+ Feggouç (2 qçars ; marabouts des Oulad Sidi Iạqob). 80
+
+Tous ces points sont arrosés par des sources et entourés de jardins
+fertiles. Tirnest, Reggou, Feggouç ont chacun leurs qçars contigus
+et groupés au milieu d’un seul îlot de verdure, comme Misour
+et El Ouṭat. Almis et Reggou, bien que peuplés de Chellaḥa,
+sont constamment alliés aux Oulad el Ḥadj. Qçar el Mạllemin
+dépend des Oulad el Ḥadj. A Tirnest, ils forment la majorité des
+habitants et sont les maîtres. Ni marché, ni Juifs dans aucune de
+ces localités.
+
+Almis est fort riche ; ce village possède à lui seul 100 chevaux.
+
+ Distances : d’Almis à Ouṭat Oulad el Ḥadj comme d’Ouṭat Oulad el Ḥadj
+ à Misour.
+
+ d’Almis à Misour comme de Megdoul à Misour.
+
+ d’Almis à Tiouant comme de Megdoul à Misour.
+
+ de Tirnest à Mellaḥ el Ihoud (Ouṭat Oulad el Ḥadj) comme
+ de Megdoul à Misour.
+
+ de Tirnest à El Ạrzan comme d’Aït Çaleḥ à Kerrando.
+
+ de Tirnest à Oulad Ạli (Ouad Chegg el Arḍ) comme de Qçâbi
+ ech Cheurfa à Megdoul.
+
+ de Tirnest à Reggou comme de Megdoul à Misour.
+
+ de Reggou à Oulad Jerrar comme d’El Bridja à Misour.
+
+ de Reggou à l’Ouad Mlouïa comme de Qçar es Souq à Aït
+ Ọtman.
+
+ de Reggou à Oulad S. Ben Ạïada comme de Qçar es Souq à
+ Aït Ọtman.
+
+ de Reggou à Qçar el Mạllemin comme de Kerrando au Gers.
+
+ de Qçar el Mạllemin à l’Ouad Mlouïa comme d’Aït Çaleḥ au
+ Gers.
+
+ de Qçar el Mạllemin à Feggouç comme d’Aït Çaleḥ à
+ Kerrando.
+
+ de Feggouç à Reggou comme de Megdoul à Misour.
+
+ de Feggouç à l’Ouad Mlouïa comme d’Aït Çaleḥ à Kerrando.
+
+
+ =5o Qçars du Djebel Debdou.=
+
+
+On appelle _Djebel Debdou_ la portion du Moyen Atlas qui s’étend
+de Sidi Ạli ben Ạbd er Raḥman d Admer à Sidi Ạli ben Samaḥ
+d Oulad Ạmer, c’est-à-dire de la Mlouïa à l’Ouad Za.
+
+Ce massif renferme un assez grand nombre de qçars et de villages ;
+on leur donne le nom général de Haouz Debdou. Ils peuvent se diviser
+en trois groupes :
+
+I. Villages de la vallée de l’Ouad Debdou.
+
+II. Rechida et qçars voisins.
+
+III. Villages des Beni Ṛiis.
+
+Nous allons dire un mot des deux premiers groupes ; le troisième
+est situé sur un affluent de la Mlouïa dont il sera parlé plus bas.
+
+I. _VILLAGES DE LA VALLÉE DE L’OUAD DEBDOU_. — L’Ouad Debdou
+n’est qu’un ruisseau qui se perd dans le désert de Tafrâta,
+sans atteindre la Mlouïa. Les villages de sa vallée se composent
+d’abord de ceux qui sont situés au fond ; ce sont, en descendant :
+
+ _Debdou_ (300 familles israélites et rive droite, 100 fusils.
+ 100 musulmanes)
+
+ _Qaçba Debdou_ rive droite, 50
+
+ _Qoubbouin_ rive droite, 15
+
+ _El Mesalla_ rive gauche, 100
+
+ _Bou Aïach_ rive gauche, 10
+
+ensuite de ceux qui se trouvent à mi-côte des flancs ; ce sont,
+en descendant la vallée :
+
+ _Sellaout_ flanc droit, 50 fusils.
+
+ _Flouch_ flanc gauche, 30
+
+Ces 7 villages, avec les deux groupes de tentes des Beni Fachat
+(contigu à Sellaout ; flanc droit ; 150 fusils) et des Beni Ouchgel
+(en aval du précédent ; flanc droit ; 30 fusils), groupes qui,
+situés auprès de sources, de jardins, de cultures, sont aussi
+invariables dans leurs positions que des villages, forment ce qu’on
+appelle le pays de Debdou, _El Debdou_.
+
+Le Debdou est soumis au sultan et dépend du qaïd de Tâza (en ce
+moment Ạbd Allah Ech Cherradi) ; mais celui-ci n’y a placé ni
+lieutenant, ni mkhaznis, ni aucun représentant de l’autorité ;
+il se borne à venir en tournée tous les ans ou tous les deux ans,
+et à envoyer de temps en temps quelques mkhaznis lever l’impôt
+sur les Musulmans. Chose curieuse, le qaïd de Tâza n’a sous ses
+ordres directs que les Musulmans du Debdou ; les Israélites, fort
+nombreux dans le district, dépendent non de lui, mais d’un des
+bachas de Fâs, Ould Ba Moḥammed ; c’est à ce dernier qu’ils
+remettent tous les ans le montant de leur tribut.
+
+Les habitants du Debdou s’administrent donc eux-mêmes et, pour
+les difficultés, s’en réfèrent à Tâza. On les désigne sous
+le nom d’Ahel Debdou. Ce semble être une population mêlée,
+Arabes et Chellaḥa, ces derniers dominant. La langue est pour les
+uns l’arabe, pour les autres le tamaziṛt.
+
+Marché permanent au village de Debdou et, de plus, souq el khemîs
+dans la même localité.
+
+Un mellaḥ.
+
+II. _RECHIDA ET QÇARS VOISINS_. — Ce second groupe se compose
+d’un certain nombre de qçars isolés les uns des autres, situés
+ceux-ci sur les pentes, ceux-là au pied du revers occidental du
+Djebel Debdou ; ils sont beaucoup plus près de la Mlouïa que les
+précédents et sont situés sur le flanc même de sa vallée. Voici
+leurs noms, dans l’ordre où on les rencontre en descendant
+celle-ci :
+
+ _Admer_ (marabouts de Sidi Ạli ben Ạbd er 100 fusils.
+ Raḥman).
+
+ _Beni Khelften._ 150
+
+ _Rechida_ (marabouts). 200
+
+ _Alouana._ 30
+
+Les habitants de Rechida et d’Admer sont marabouts. Ils font partie,
+ainsi que les gens de Beni Khelften, des Oulad el Ḥadj, dont les Ahel
+Rechida et les Oulad Admer sont deux fractions. Mais en ce moment ils
+sont en guerre avec le reste de leur tribu. Celle-ci est insoumise ;
+eux obéissent au sultan ; d’où querelle.
+
+Rechida est un grand et beau qçar, situé à mi-côte du Djebel
+Debdou, dans un lieu escarpé. Sources abondantes, grands jardins,
+beaux oliviers.
+
+Beni Khelften est au pied de Rechida, dans la position de Debdou par
+rapport à Qaçba Debdou.
+
+Admer est au sud de Beni Khelften ; des sources l’arrosent.
+
+Ạlouana se trouve dans un repli de la montagne, au nord-ouest
+de Debdou.
+
+Admer, Beni Khelften, Rechida, Ạlouana, sont soumis au sultan et
+dépendent du qaïd de Tâza.
+
+ Distances : d’Admer à Beni Khelften, le tiers de la distance de Lalla
+ Maṛnia à Oudjda.
+
+ d’Admer à Oulad Sidi Bou Iạqob, la moitié de la distance
+ de Lalla Maṛnia à Oudjda.
+
+ de Rechida à la Mlouïa, la distance de Lalla Maṛnia à
+ Oudjda.
+
+ de Rechida à Beni Ṛiis, la moitié de la distance de Lalla
+ Maṛnia à Oudjda.
+
+ de Debdou à Beni Ṛiis, la moitié de la distance de Lalla
+ Maṛnia à Oudjda.
+
+ Beni Khelften est au pied de Rechida.
+
+
+ 3o. — AFFLUENTS DE LA MLOUIA.
+
+
+La Mlouïa reçoit un grand nombre d’affluents. Voici les principaux
+d’entre eux, dans l’ordre où on les rencontre en descendant
+le fleuve :
+
+ Ouad Ouṭat Aït Izdeg, se jetant sur sa rive droite aux confins
+des Beni Mgild et des Aït ou Afella.
+
+ Ouad Ouizert, se jetant sur sa rive droite entre Megdoul et
+El Bridja.
+
+ Ouad Souf ech Cherg, se jetant sur sa rive gauche à quelques
+mètres au-dessus d’Igli.
+
+ Ouad Tiddarin, se jetant sur sa rive droite à 1000 mètres
+au-dessous d’Igli.
+
+ Ouad Tiouant, se jetant sur sa rive gauche entre Touggour et
+Ouṭat Oulad el Ḥadj.
+
+ Ouad Medfạ Keddou, se jetant sur sa rive droite entre Touggour
+et Ouṭat Oulad el Ḥadj.
+
+ Ouad Chegg el Arḍ, se jetant sur sa rive gauche à Ouṭat
+Oulad el Ḥadj.
+
+ Ouad Beni Ṛiis, se jetant sur sa rive droite dans la fraction
+des Ạtamna (Houara).
+
+ Ouad Melillo, se jetant sur sa rive gauche à Gersif.
+
+ Ouad Messoun, se jetant sur sa rive gauche dans la fraction des
+Oulad Reḥou (Ḥallaf).
+
+ Ouad Za, se jetant sur sa rive droite dans la plus haute des 3
+fractions des Beni Oukil.
+
+ Ouad el Qceb, se jetant sur sa rive droite chez les Beni Oukil,
+au-dessous du Za.
+
+_OUAD OUTAT AIT IZDEG_. — Cette rivière prend sa source dans le
+Grand Atlas au Djebel El Ạïachi. Elle arrose sur son cours le
+district d’Ouṭat Aït Izdeg ; le reste du temps, elle coule dans
+le désert. Voici les qçars dont se compose Ouṭat Aït Izdeg,
+dans l’ordre où on les trouve en descendant l’ouad :
+
+ RIVE DROITE :
+
+ Tatteouin. 60 fusils.
+
+ Afelilou (2 qçars). 150
+
+ Tissouit. 20
+
+ Asellim (2 qçars). 150
+
+ Aït ou Afella (3 qçars). 100
+
+ Ikher Imzioun. 60
+
+ RIVE GAUCHE :
+
+ Berrom. 100 fusils.
+
+ Tabnattout. 50
+
+ Semmoura. 60
+
+ Bou Zmella. 60
+
+ Aït Ọtman ou Mousa. 150
+
+ Teççaouit. 100
+
+Ces divers qçars ne forment qu’un seul groupe et sont, sur chaque
+rive, unis entre eux par des cultures. Ils appartiennent aux Aït
+Izdeg. Ceux-ci en sont la seule population. La localité d’Aït ou
+Afella dépend de la fraction de ce nom.
+
+Le district étant la propriété des Aït Izdeg, il va de soi qu’il
+est indépendant du sultan et qu’on y parle le tamaziṛt.
+
+Marché permanent (le samedi excepté) à Bou Zmella. C’est le seul
+d’Ouṭat Aït Izdeg.
+
+Deux mellaḥs.
+
+ Distances : de Tatteouin à Ikher Imzioun comme de Mellaḥ Tiallalin à
+ Aït ou Alil.
+
+ Berrom est en face d’Asellim.
+
+ Ikher Imzioun est en face d’Aït Ọtman ou Mousa.
+
+ d’Ouṭat Aït Izdeg au confluent de l’Ouad Ouṭat Aït Izdeg
+ et de la Mlouïa comme de Mellaḥ Tiallalin à Qçar es Souq.
+
+=AFFLUENT.= — L’Ouad Ouṭat Aït Izdeg reçoit un affluent,
+l’Ouad Aït Ạïach, se jetant sur sa rive gauche à une certaine
+distance au-dessous du district d’Ouṭat Aït Izdeg.
+
+OUAD AIT AIACH. — Il prend sa source au Djebel El Ạïachi et
+arrose en descendant quatre qçars appartenant aux Aït Ạïach ;
+le reste de son cours est désert. Voici les quatre qçars, dans
+l’ordre où on les trouve en descendant la rivière :
+
+ Aït Tiferraḥin rive droite, 50 fusils.
+
+ Aït Tourast rive droite, 50
+
+ Aït Ben Ạli rive gauche, 50
+
+ Ansegmir rive gauche, 150
+
+Les deux derniers qçars sont en face des deux premiers ; ils ne
+forment tous quatre qu’un seul groupe ; les jardins sont unis sur
+chaque rive du cours d’eau.
+
+Les Aït Ạïach sont une fraction des Aït Iafelman. C’est dire
+qu’ils sont indépendants et parlent le tamaziṛt. Ils composent
+la seule population des 4 qçars de l’Ouad Aït Ạïach.
+
+Ni marché, ni Juifs dans aucun d’eux.
+
+ Distances : du confluent de la Mlouïa et de l’Ouad Ouṭat Aït Izdeg à
+ celui de l’Ouad Ouṭat Aït Izdeg et de l’Ouad Aït Ạïach
+ comme de Qçar es Souq à Aït Ọtman.
+
+ de Qaçba el Makhzen (El Qçâbi) à Ansegmir comme de Nezala
+ à El Qçâbi.
+
+_OUAD OUIZERT_. — Il prend sa source dans le Grand Atlas, au sommet
+appelé Ikhf n Iṛir (Djebel Gir). Plusieurs qçars se trouvent
+sur son cours ; les voici, dans l’ordre où on les rencontre en
+le descendant :
+
+ Ạïat (3 petits qçars : Qcîra Cheurfa ; Qcîra 60 fusils.
+ Aït Attou ; Qcîra Sidi Ben Ḥachem).
+
+ Bou Sellam (5 petits qçars : Qçar Ṭoual, rive 200
+ gauche ; Qcîra Sidi Moḥammed bel Bachir, rive
+ gauche ; Qcîra ech Cheurfa, rive gauche ;
+ Qçar Oulad Moulei El Ḥasen, rive droite ;
+ Qçar Ousebri, rive droite).
+
+ Tisana rive 10
+ gauche,
+
+ Tikoutamin (2 qçars : Ḥaselfa ; Oulad Deḥou). 50
+
+ Ouizert (3 qçars : Oulad Deḥou ; Oulad Ious ; rive 150
+ Oulad Abbou) droite,
+
+Ces localités sont échelonnées sur la rivière, assez loin les
+unes des autres. Aucun lien ne les unit. Entre elles, au-dessus et
+au-dessous, le cours de l’ouad est désert.
+
+Ạïat est peuplée de cherifs et d’Aït Tseṛrouchen, Bou Sellam
+de Qebala, Tisana de Qebala, Tikoutamin et Ouizert d’Oulad Khaoua.
+
+ Distances : d’Ạïat à Bou Sellam comme d’Aït Çaleḥ au Gers.
+
+ de Bou Sellam à Tisana comme d’Aït Çaleḥ au Gers.
+
+ de Tisana à Tikoutamin comme d’Aït Çaleḥ à Aït ou Alil.
+
+ de Tikoutamin à Ouizert comme d’Aït Çaleḥ à Aït ou Alil.
+
+ d’Ouizert à Megdoul comme d’Aït Çaleḥ à Aït ou Alil.
+
+ d’Ouizert à Megdoul comme de Mellaḥ Tiallalin au Gers.
+
+ d’Ouizert au confluent de l’Ouad Ouizert et de la Mlouïa
+ comme d’Aït Çaleḥ à Kerrando.
+
+ d’Ouizert à Igli comme d’Aït Ọtman au Gers.
+
+ de Megdoul au confluent de l’Ouad Ouizert et de la Mlouïa
+ comme d’Aït Ọtman au Gers.
+
+_OUAD SOUF ECH CHERG_. — Il prend sa source dans le Moyen Atlas,
+sur le territoire des Aït Ioussi. Il arrose deux qçars avant
+d’arriver à Misour ; ce sont, en descendant la rivière :
+
+ Qcîra Aït Ḥamed ou Selîman. 40 fusils.
+
+ El Kseạt. 40
+
+De là il passe à Misour, qui a été décrit plus haut.
+
+Qcîra Aït Ḥamed ou Selîman et El Kseạt sont habités par des
+Aït Ioussi et appartiennent à cette tribu. Ces deux qçars sont
+isolés l’un de l’autre ; entre eux, au-dessus et au-dessous,
+le cours de la rivière est désert.
+
+ Distances : de Misour à El Kseạt comme d’Aït Ọtman à Kerrando.
+
+ d’El Kseạt à Qcîra Aït Ḥamed ou Selîman comme du Gers à
+ Aït Çaleḥ.
+
+_OUAD TIDDARIN_. — Il prend sa source dans le Grand Atlas. Tout le
+cours en est désert.
+
+_OUAD TIOUANT_. — Il prend sa source dans le Moyen Atlas, au Djebel
+Tiouant. Cette montagne, où l’on trouve du sel, est située, par
+rapport à la Mlouïa, au-dessus de Touggour. A son pied, la rivière
+arrose quelques villages qui composent le district de Tiouant. Ce
+sont les seuls lieux habités de son cours, qui tout le reste du
+temps est désert. Voici les noms de ces villages, dans l’ordre
+où on les rencontre en descendant l’ouad :
+
+ Bou Ḥennoun rive 80 fusils.
+ droite,
+
+ Aït Ḥammou rive 150
+ gauche,
+
+ Aït Ạïssa rive 80
+ gauche,
+
+ Aït Baroukh rive 120
+ gauche,
+
+ Aït ou Iaḥian (2 petits villages se faisant 150
+ face, l’un sur la rive droite, l’autre sur
+ la rive gauche)
+
+Ces localités ne forment qu’un seul groupe ; leurs cultures se
+touchent sur les deux rives du cours d’eau. A elles cinq, elles
+composent tout le district de Tiouant.
+
+Les gens du Tiouant sont toujours alliés aux Oulad el Ḥadj. Ils
+sont Chellaḥa et sédentaires. Leur langue est le tamaziṛt. Point
+de relations avec le sultan.
+
+Ni marché, ni Juifs sur leur territoire.
+
+L’Ouad Tiouant a toujours de l’eau dans son lit.
+
+ Distances : de la Mlouïa à Aït ou Iaḥian 1/2 jour de chemin.
+
+ de la Mlouïa à Aït ou Iaḥian comme d’Aït Ọtman à Kerrando.
+
+ d’Aït Ḥammou à Aït ou Iaḥian comme de Mellaḥ Ouṭat Oulad
+ el Ḥadj à Kechchacha.
+
+ Aït Ḥammou et Bou Ḥennoun se font face.
+
+_OUAD MEDFA KEDDOU_. — Il prend naissance dans le Ḍahra. Tout le
+cours en est désert. De sa source à son confluent avec la Mlouïa,
+il y a environ 2 jours de marche.
+
+_OUAD CHEGG EL ARD_. — La source en est dans le Moyen Atlas. Avant
+d’arriver à Ouṭat Oulad el Ḥadj, il arrose plusieurs
+villages. En voici les noms, dans l’ordre où on les trouve en
+descendant la rivière :
+
+ Oulad Bou Ṛilas (bien qu’isolé, ce village rive
+ compte avec les Beni Ḥassan). droite,
+
+ Beni Ḥassan (4 villages ; 1 sur la rive 600 fusils.
+ gauche, 3 sur la rive droite)
+
+ Oulad Ạli (4 villages) rive 200
+ gauche,
+
+ Beni Ḥaïoun (2 villages) rive 200
+ droite,
+
+ Oulad Sạïd rive 30
+ gauche,
+
+De là il descend à Ouṭat Oulad el Ḥadj.
+
+Ces diverses localités sont espacées, à distance les unes des
+autres ; entre elles, le cours de la rivière est désert.
+
+Des villages situés sur l’Ouad Chegg el Arḍ au-dessus d’Ouṭat
+Oulad el Ḥadj, quatre, Beni Ḥassan, Oulad Ạli, Beni Ḥaïoun,
+Oulad Sạïd, ont chacun leur organisation séparée et n’ont
+aucun lien entre eux. Oulad Bou Ṛilas est peuplée de gens de
+Beni Ḥassan et dépend de cette localité. Ces divers centres ont
+pour habitants des Chellaḥa sédentaires n’appartenant à aucune
+tribu. Ils sont la plupart du temps, mais non toujours, alliés aux
+Oulad el Ḥadj. Leur position géographique les met, pour certaines
+choses, dans la dépendance de cette tribu. Elle est la seule avec
+laquelle ils puissent faire le commerce : d’elle leur viennent et
+les huiles et les grains. Il y a bien, à travers la montagne, des
+chemins vers Fâs et vers Tâza ; mais ils sont très difficiles et on
+ne les prend pas. Cependant ces villages n’ont pas de debiḥa sur
+les Oulad el Ḥadj : ils ne sont vassaux d’aucune tribu. Au temps
+où les Oulad el Ḥadj étaient soumis au sultan, ils s’étaient
+rangés sous l’autorité de leur qaïd. Depuis que les Oulad el
+Ḥadj ont secoué le joug, eux aussi ont repris leur indépendance.
+
+Ni marché, ni Juifs dans aucune de ces localités.
+
+Langue tamaziṛt.
+
+La rivière a en toute saison de l’eau jusqu’à Ouṭat Oulad el
+Ḥadj ; au printemps et au moment des pluies, les eaux atteignent
+la Mlouïa ; le reste de l’année, elles sont absorbées par les
+irrigations d’El Ouṭat.
+
+ Distances : d’Ouṭat Oulad el Ḥadj à Oulad Sạïd comme d’Aït Blal à
+ Megdoul.
+
+ d’Oulad Sạïd à Beni Ḥaïoun comme de Mellaḥ El Ouṭat à
+ Kechchacha.
+
+ de Beni Ḥaïoun à Oulad Ạli comme de Megdoul à Misour.
+
+ d’Oulad Ạli à Beni Ḥassan comme d’El Bridja à Misour.
+
+ de Beni Ḥassan à Oulad Bou Ṛilas comme de El Bridja à
+ Misour.
+
+_OUAD BENI RIIS_. — Il prend sa source dans le Djebel Debdou. Sur
+son cours se trouve le grand village de :
+
+ Oulad Ben el Ḥoul, sur les 2 rives de l’ouad ; 400 fusils.
+
+Cette localité appartient aux Beni Ṛiis, fraction des Oulad el
+Ḥadj. Nous l’avons traversée en allant à Debdou. C’est le
+seul lieu habité qui soit sur la rivière ; le reste de son cours
+est désert.
+
+=AFFLUENT.= — L’Ouad Beni Ṛiis reçoit un affluent, l’Ouad
+Oulad Ọtman, se jetant sur sa rive droite à 1 kilomètre environ
+au-dessous d’Oulad Ben el Ḥoul.
+
+OUAD OULAD OTMAN. — Il prend sa source dans le Djebel Debdou. Sur
+ses bords se trouvent trois petits villages très rapprochés entre
+eux, portant le nom collectif de :
+
+ Oulad Ọtman rive droite, 200 fusils.
+
+Pas d’autre lieu habité sur cette rivière. Le reste de son cours
+est désert. Oulad Ọtman, comme Oulad Ben el Ḥoul, appartient
+aux Beni Ṛiis. Les habitants de ces deux endroits composent toute
+la fraction. Les Beni Ṛiis sont soumis au sultan et dépendent du
+qaïd de Tâza.
+
+Nous avons traversé Oulad Ọtman en allant à Debdou.
+
+_OUAD MELILLO_. — Il prend sa source dans le Djebel Beni Ouaṛaïn
+et se jette dans la Mlouïa à Gersif.
+
+_OUAD MESSOUN_. — Il prend sa source dans le Rif, du côté des
+Gezennaïa ; puis il traverse le Fḥama, plateau ondulé s’étendant
+entre les monts du Rif et ceux des Ṛiata ; ensuite il entre dans
+la plaine de Jell, où il reste jusqu’à son confluent avec la
+Mlouïa. Un seul établissement fixe sur ses bords : c’est Qaçba
+Messoun, située dans le Fḥama et appartenant aux Houara. Tout
+le reste de son cours est désert ou occupé passagèrement par des
+nomades. Les eaux de l’Ouad Messoun sont salées.
+
+ Distances : de Qaçba Messoun à Tâza comme de Lalla Maṛnia à Oudjda.
+
+ de Qaçba Messoun à Gersif comme de Taourirt (Ouad Za) à
+ Qaçba el Ạïoun.
+
+_OUAD ZA_. — Il prend sa source dans la partie du Ḍahra parcourue
+par les Aït Bou Ouchchaouen, auprès d’un groupe de puits appelé
+Tisreïn. Pendant plusieurs journées, son cours se poursuit dans le
+Ḍahra, c’est-à-dire sur un immense plateau désert.
+
+Il y reste jusqu’à Tegafeït. De sa source à ce point, il n’a
+qu’un seul lieu habité sur ses bords,
+
+ Qaçba Ras el Ạïn Beni Matar. 100 fusils.
+
+Sauf ce petit qçar, isolé dans la plaine solitaire, l’Ouad Za est
+désert jusqu’à Tegafeït. Là il change brusquement d’aspect. Le
+Ḍahra cesse ; la rivière entre dans une étroite vallée, resserrée
+entre le Djebel Beni Bou Zeggou à droite, le Djebel Oulad Ạmer
+et le Djebel Mergeshoum à gauche. Les bords, arides jusque-là,
+se couvrent de champs et de jardins, et resteront tels jusqu’au
+confluent de la rivière avec la Mlouïa ; de Tegafeït à ce point,
+l’Ouad Za n’est qu’un long verger : c’est cette riche partie de
+son cours qu’on appelle _blad Za_. Elle se divise en deux portions :
+la première, de Tegafeït à Qaçba Beni Qoulal ; l’Ouad Za reste en
+montagne, resserré entre les deux massifs que nous avons nommés ;
+la deuxième, de Beni Qoulal à la Mlouïa ; il coule en plaine,
+ruban vert se déroulant le long des sables de l’Angad.
+
+Tant qu’il est en montagne, l’Ouad Za, bien que garni de
+superbes cultures, n’est pas très peuplé. Les tribus auxquelles
+appartiennent champs et jardins, tribus qui ne vivent que sous la
+tente, habitent le flanc de sa vallée et non le fond. Nous parlerons
+plus tard de ces tribus. Dans cette partie, le Za n’a que quelques
+tentes dispersées au milieu des cultures, et deux villages :
+
+ Tegafeït. 100 fusils.
+
+ Qaçba Beni Qoulal. 50
+
+Mais aussitôt qu’il entre en plaine, il devient très habité. Les
+Kerarma, qui possèdent cette dernière partie de son cours,
+résident sur ses rives mêmes, leurs tentes disséminées au milieu
+des cultures. Ils n’ont point de maisons ; il n’existe que deux
+constructions dans cette portion du Za :
+
+ Dar Chikh Ech Chaoui.
+
+ Taourirt (appelée aussi Qaçba Moulei Ismạïl).
+
+On voit donc que le cours de l’Ouad Za se divise en deux parties
+distinctes : l’une, de sa source à Tegafeït, aride, inculte,
+déserte ; l’autre, de Tegafeït à son confluent avec la Mlouïa,
+cultivée, garnie de jardins, aussi riche que la précédente était
+désolée, aussi verdoyante qu’elle était aride. Ces deux portions
+sont si différentes l’une de l’autre que les indigènes donnent à
+chacune un nom particulier. De Tisreïn à Ras el Ạïn Beni Matar,
+ils appellent la rivière Ouad Charef ; de Ras el Ạïn Beni Matar
+à la Mlouïa, ils la nomment Ouad Za. Ils n’étendent jamais la
+signification de ces deux termes et n’emploient pas l’un pour
+l’autre. Le point de Ras el Ạïn Beni Matar, qu’ils ont choisi
+comme marquant le lieu de changement dans la manière d’être de
+l’ouad, est remarquable à un double titre : c’est le premier
+lieu habité qui se trouve sur le cours de la rivière depuis sa
+source, et c’est à partir de là que l’Ouad Za a de l’eau
+d’une façon permanente ; au-dessus de ce point, il n’a que des
+ṛedirs qui se remplissent au moment des pluies ; au-dessous, il a
+de l’eau partout, en toutes saisons. De ce dernier fait vient le
+nom de Ras el Ạïn donné à la qaçba des Beni Matar.
+
+ Distances : de Tisreïn à Ras el Ạïn Beni Matar comme de Misour à
+ Debdou.
+
+ de Tisreïn à Debdou comme de Taourirt, (Kerarma) à Lalla
+ Maṛnia.
+
+ de Ras el Ạïn Beni Matar à Tegafeït comme de Dar Ech
+ Chaoui à Qaçba el Ạïoun.
+
+ de Tegafeït à Qaçba Beni Qoulal comme de Qaçba el Ạïoun à
+ Oudjda.
+
+ de Qaçba Beni Qoulal à Taourirt (Kerarma) comme la 1/2
+ distance de Lalla Maṛnia à Oudjda.
+
+ de Taourirt (Kerarma) au confluent de l’Ouad Za et de la
+ Mlouïa comme de Lalla Maṛnia à Oudjda.
+
+=POINTS HABITÉS DU COURS DU ZA.= — Voici quelques détails sur
+ces localités, déjà énumérées, et au nombre de 5 seulement :
+
+_Ras el Aïn Beni Matar_ est une qaçba appartenant par moitié
+aux Beni Matar et aux Mhaïa. Elle est sur la rive de l’ouad, au
+milieu du désert, en plein Ḍahra. Il s’y trouve une source très
+abondante et ne tarissant jamais, dont les eaux forment l’Ouad Za.
+
+_Tegafeït_ est un village appartenant à un marabout qui l’habite,
+Ould Sidi Ḥamza.
+
+_Qaçba Beni Qoulal._ Elle se compose d’une enceinte où
+les Beni Qoulal serrent leurs grains et d’un certain nombre
+d’habitations. Elle appartient aux Beni Qoulal.
+
+_Dar Chikh Ech Chaoui._ C’est une maison unique, demeure de Chikh
+Ben Ech Chaoui, qaïd des Kerarma.
+
+_Taourirt._ C’est une qaçba construite par Moulei Ismạïl ;
+elle est en partie ruinée et sert aux Kerarma à emmagasiner leurs
+grains. Nous avons vu Taourirt, ainsi que Dar Chikh Ech Chaoui,
+en allant de Debdou à Qaçba el Ạïoun.
+
+=TRIBUS DU COURS DE L’OUAD ZA.= — De sa source à Ras el Ạïn
+Beni Matar, l’Ouad Za, coulant dans le Ḍahra, traverse les terres
+de parcours de toutes les tribus qui fréquentent ce désert, mais
+n’arrose en particulier aucune d’elles. Nous ne parlerons pas ici
+de ces tribus, dont il sera question plus bas en même temps que du
+Ḍahra. Les tribus possédant des terres sur les rives de l’Ouad
+Za sont les suivantes, dans l’ordre où on les trouve en descendant
+la rivière : Oulad Ạmer, Beni Chebel, Oulad el Mîdi, Beni Qoulal,
+Kerarma. Les quatre premières habitent dans le massif du Djebel Oulad
+Ạmer et du Djebel Mergeshoum ; la portion de l’Ouad Za comprise
+entre Tegafeït et Qaçba Beni Qoulal leur appartient. La dernière
+possède les rives du Za de Qaçba Beni Qoulal à la Mlouïa, et les
+habite. Toutes cinq, bien que sédentaires, vivent sous la tente. Pas
+de Juifs dans aucune d’elles. Deux marchés : Souq el Arbạa Beni
+Qoulal et Souq et Tenîn Kerarma. Ce dernier, qui se tient à Dar
+Ech Chaoui, est fort important.
+
+_Oulad Amer._ — Tribu séparée, soumise au sultan, du ressort du
+qaïd Ḥamada des Beni Bou Zeggou. Elle habite le massif du Djebel
+Oulad Ạmer, situé à gauche de l’Ouad Za. Langue tamaziṛt. 1000
+fusils. 50 chevaux.
+
+ Distance : de Debdou aux Oulad Ạmer comme d’Oudjda à Lalla Maṛnia.
+
+_Beni Chebel._ — Tribu séparée, soumise au sultan, sous
+l’autorité du qaïd Ḥamada des Beni Bou Zeggou. Elle habite
+le Djebel Mergeshoum situé à gauche de l’Ouad Za. Langue
+tamaziṛt. 70 fusils.
+
+_Oulad el Midi._ — Tribu séparée, soumise au sultan, dépendant
+du qaïd Ḥamada des Beni Bou Zeggou. Elle habite le Djebel
+Mergeshoum. Langue tamaziṛt. 200 fusils.
+
+_Beni Qoulal._ — Tribu séparée, soumise au sultan, du ressort du
+qaïd Ḥamada des Beni Bou Zeggou. Elle habite le Djebel Mergeshoum
+et les rives du Za, où elle possède Qaçba Beni Qoulal. Langue
+tamaziṛt. 150 fusils.
+
+_Kerarma._ — Tribu séparée. Elle est soumise au sultan, qui lui
+a donné pour qaïd son propre chikh héréditaire, Ben Ech Chaoui,
+résidant à Dar Chikh Ech Chaoui. Elle habite les bords de l’Ouad
+Za entre le confluent de cette rivière avec la Mlouïa et Qaçba Beni
+Qoulal. Dar Chikh Ech Chaoui et Taourirt lui appartiennent. Langue
+arabe. 500 fusils.
+
+=AFFLUENT.= — L’Ouad Za, au-dessus de Ras el Ạïn Beni Matar,
+dans la portion de son cours où on l’appelle Ouad Charef, reçoit
+l’Ouad el Ạououdj venant de l’est et se jetant sur sa rive
+droite. Cet affluent est une rivière sans eau, comme l’Ouad Charef.
+
+_OUAD EL QCEB_. — Il prend sa source dans le Djebel Beni Iạla,
+perce la chaîne des Beni Bou Zeggou et des Zekkara, traverse le
+désert d’Angad, où il passe auprès de Qaçba el Ạïoun, et
+enfin se jette dans la Mlouïa. Cette rivière n’a d’eau que les
+années pluvieuses et pendant quelques jours.
+
+ Distances : de Qaçba el Ạïoun au Djebel Beni Iznâten comme de Lalla
+ Maṛnia à Oudjda ou un peu moins.
+
+ de Qaçba el Ạïoun au Djebel Beni Iạla comme de Qaçba el
+ Ạïoun à Oudjda.
+
+ de Qaçba el Ạïoun au Djebel Beni Bou Zeggou, 5 heures de
+ marche.
+
+ de Qaçba el Ạïoun au Djebel Zekkara, 5 heures de marche.
+
+Le Djebel Beni Iạla, où l’Ouad el Qceb prend sa source, est
+au sud des djebels Beni Bou Zeggou et Zekkara, à hauteur du milieu
+environ de la chaîne.
+
+=AFFLUENT.= — L’Ouad el Qceb reçoit un affluent, l’Ouad
+Mesegmar, prenant sa source dans le Djebel Beni Bou Zeggou et se
+jetant sur sa rive gauche.
+
+
+ 4o. — TRIBUS DE LA VALLÉE DE LA MLOUIA.
+
+
+Les tribus qui occupent ou parcourent la vallée de la Mlouïa sont,
+en la descendant : les Beni Mgild, les Aït Ạïach, les Aït ou
+Afella, les Oulad Khaoua, les Aït Ioussi, les Aït Tseṛrouchen,
+les Oulad el Ḥadj, les Houara, les Ḥallaf et les Beni Oukil. Nous
+allons dire un mot de chacune d’elles.
+
+_BENI MGILD_. — Puissante tribu limitée au nord par les Beni
+Mṭir, à l’est par les Aït Ioussi, à l’ouest par les Zaïan
+et les Akebab, au sud par trois fractions des Aït Iafelman, les
+Aït Iaḥia, les Aït Ạïach et les Aït Izdeg. Les Beni Mgild
+sont indépendants ; ils sont de race et de langue tamaziṛt.
+
+_AIT AIACH_. — Ils sont Berâber et forment une des fractions des
+Aït Iafelman. Ils sont limités au nord par le Djebel El Ạïachi,
+à l’est par Aït Izdeg et les Aït ou Afella, à l’ouest par les
+Aït Iaḥia (autre fraction des Aït Iafelman) et les Beni Mgild, au
+sud par les Beni Mgild. Les Aït Ạïach sont partie sédentaires,
+partie nomades, ces derniers étant les plus nombreux. Ils ne
+possèdent que 4 qçars et des tentes.
+
+Les 4 qçars sont ceux qui se trouvent sur l’Ouad Aït Ạïach ;
+la population en est de 300 fusils.
+
+Les tentes sont dans la vallée de l’Ouad Aït Ạïach, sur l’Ouad
+Ouṭat Aït Izdeg au-dessous du confluent des deux rivières, et
+parfois sur la Mlouïa au-dessous du confluent de l’Ouad Ouṭat
+Aït Izdeg.
+
+Les Aït Ạïach forment 800 fusils et 40 chevaux.
+
+Ils sont indépendants.
+
+Langue tamaziṛt, comme tous les Berâber.
+
+Ni marché, ni Juifs.
+
+_AIT OU AFELLA_. — Les Aït ou Afella sont une subdivision des
+Aït Izdeg. Ils sont bornés au nord par la crête supérieure du
+Grand Atlas, au sud par la Mlouïa et le district de Qçâbi ech
+Cheurfa, à l’est par les Oulad Khaoua et les Aït Tseṛrouchen,
+à l’ouest par le district d’Ouṭat Aït Izdeg, les Aït Ạïach
+et les Beni Mgild.
+
+Les Aït ou Afella sont sédentaires et n’habitent que des qçars ;
+leurs principaux qçars sont :
+
+Dans la plaine entre le Grand Atlas et la Mlouïa : Zebzat, Bou
+Ạïach, Entrit.
+
+Sur la Mlouïa : Aḥouli et Tamdafelt.
+
+Sur l’Ouad Ouṭat Aït Izdeg : Aït ou Afella.
+
+Ces six qçars contiennent environ 460 fusils : les Aït ou Afella
+en forment 600. Point de chevaux.
+
+Bien que fraction des Aït Izdeg, les Aït ou Afella ne comptent pas
+actuellement avec eux. Ils en sont séparés politiquement. Depuis
+l’installation d’un qaïd à Qçâbi ech Cheurfa, les Aït ou
+Afella sont soumis au sultan. Le reste des Aït Izdeg est resté
+indépendant. De là, séparation et hostilités.
+
+Ni marché, ni Juifs.
+
+_OULAD KHAOUA_. — Ils sont une fraction des Oulad el Ḥadj ;
+mais, comme les Aït ou Afella, et depuis plus longtemps qu’eux,
+ils sont séparés de leur tribu d’origine. Ils sont bornés au
+nord par la Mlouïa et les Oulad el Ḥadj, et à l’ouest par les
+Aït ou Afella ; au sud et à l’est, ils s’étendent jusqu’au
+pied du Grand Atlas et du Rekkam, où commencent les terres des Aït
+Tseṛrouchen : cette tribu, qui occupe ces deux massifs, les limite
+ainsi de deux côtés.
+
+Les Oulad Khaoua sont partie sédentaires, partie nomades ; ceux-ci
+sont les plus nombreux.
+
+Leurs qçars sont au nombre de quatre : deux sur la Mlouïa, Megdoul
+et El Bridja ; deux sur l’Ouad Ouizert, Tikoutamin et Ouizert. A
+eux quatre, ils contiennent 250 à 260 fusils.
+
+Leurs tentes sont dispersées dans la plaine, au sud de la Mlouïa
+et près de l’Ouad Ouizert.
+
+Ils forment 600 à 700 fusils. Ils ont environ 30 chevaux.
+
+Appartenant aux Oulad el Ḥadj, les Oulad Khaoua sont de race et de
+langue arabe. Politiquement, ils sont, avons-nous dit, séparés de
+leur tribu. Cette séparation date de très loin. Il y a bien des
+années, les Oulad Khaoua, ayant eu des querelles avec les autres
+fractions des Oulad el Ḥadj, les abandonnèrent et s’allièrent aux
+Aït Izdeg ; leur union avec les Aït Izdeg dure toujours depuis cette
+époque ; aujourd’hui encore, bien que d’origine étrangère, ils
+comptent comme faisant partie de cette tribu. Lors de l’installation
+d’un qaïd à Qçâbi ech Cheurfa, ils ont fait leur soumission au
+sultan ; depuis ce temps, ils sont blad el makhzen ; le qaïd d’El
+Qçâbi les a, ainsi que les Aït ou Afella, dans son ressort. Le fait
+de leur soumission, contrairement à ce qui est arrivé pour les Aït
+ou Afella, ne les a point brouillés avec les Aït Izdeg. Ils leur
+sont toujours étroitement unis.
+
+Ni marché, ni Juifs.
+
+_AIT IOUSSI_. — C’est une grande tribu chleuḥa occupant toute
+la région qui s’étend entre Qçâbi ech Cheurfa et Sfrou. Elle
+est bornée au nord par Sfrou, au sud par la Mlouïa, à l’ouest
+par les Beni Mgild, à l’est par les Beni Ouaṛaïn, les Aït
+Tseṛrouchen et les Oulad el Ḥadj.
+
+Les Aït Ioussi se divisent en trois fractions à peu près d’égale
+force :
+
+Reṛraba (au sud de Sfrou).
+
+Aït Ḥelli (au sud des Reṛraba).
+
+Aït Mesạoud ou Ạli (au sud des Aït Ḥelli, entre la Mlouïa
+et le Djebel Oumm Djeniba).
+
+Ils sont soumis au sultan et ont trois qaïds, un pour chaque
+fraction. Ils sont de race et de langue tamaziṛt. Partie
+sédentaires, partie nomades, ils ont des villages et des tentes.
+
+Ni marché, ni Juifs sur leur territoire.
+
+Les Aït Ioussi sont une tribu de montagne : ils possèdent à la
+vérité une grande plaine, la moitié de la vallée de la Mlouïa
+sur une longue étendue ; mais ils n’y descendent presque jamais :
+de loin en loin, on y voit apparaître quelques-uns de leurs douars ou
+de leurs troupeaux ; mais ils ne font que passer et bientôt regagnent
+les hauteurs. Tout le reste de leur territoire est montagneux ;
+les diverses chaînes qui le traversent sont nommées indifféremment
+Djebel Aït Ioussi. Les principales d’entre elles sont le Moyen Atlas
+et celle que nous appelons chaîne Oulmess-Ṛiata. On y remarque
+aussi le plateau montueux du Fezaz, qui sépare les Aït Ioussi des
+Beni Mgild.
+
+_Moyen Atlas._ — Cette haute chaîne, dont nous avons vu au mois
+de mai presque toute la crête couverte de neige, commence au sud du
+Tâdla et se prolonge par les monts Debdou jusqu’aux Hauts Plateaux
+où elle expire. Dans sa portion comprise entre les Beni Mgild et
+la Mlouïa, on y remarque trois sommets principaux : à l’ouest,
+le Djebel Tsouqt, sur le territoire des Aït Ioussi ; à l’est, le
+Djebel Oulad Ạli (portant aussi les noms de Djebel Beni Ḥassan,
+de Djebel Tirnest et de Djebel Oulad el Ḥadj), occupé partie
+par de petits groupes isolés de Chellaḥa, partie par les Oulad
+el Ḥadj ; entre les deux, le Djebel Oumm Djeniba, dont le versant
+ouest est habité par les Aït Ioussi, le versant est par les Aït
+Tseṛrouchen. Entre le Djebel Tsouqt et le Djebel Oumm Djeniba, la
+chaîne est toute sur le territoire des Aït Ioussi ; du Djebel Oumm
+Djeniba au Djebel Oulad Ạli, le versant septentrional en appartient
+aux Beni Ouaṛaïn, le versant méridional aux Aït Tseṛrouchen.
+
+Le chemin de Qçâbi ech Cheurfa à Fâs, par Sfrou, passe entre le
+Djebel Tsouqt et le Djebel Oumm Djeniba. Sur cette route se remarque
+la ḍaïa d’Ifraḥ, grand étang situé dans la montagne.
+
+_Chaîne Oulmess-Riata._ — Commençant à l’ouest d’Oulmess,
+se continuant dans le Djebel Ṛiata et se prolongeant jusqu’en
+Algérie par les monts Beni Bou Zeggou et Zekkara, cette chaîne
+traverse le territoire des Aït Ioussi au nord de la précédente,
+à laquelle elle est à peu près parallèle. Entre les Aït Ioussi et
+la Mlouïa, elle appartient, le versant nord aux Ṛiata, le versant
+sud aux Beni Ouaṛraïn.
+
+_Fezaz._ — C’est un plateau élevé, montueux, allant du Moyen
+Atlas à la chaîne Oulmess-Ṛiata ; sa direction est perpendiculaire
+à celle de ces deux chaînes entre lesquelles il est comme un trait
+d’union. Il forme limite entre les Aït Ioussi et les Beni Mgild.
+
+_AIT TSERROUCHEN_. — Les Aït Tseṛrouchen sont une puissante tribu
+tamaziṛt composée de deux grandes fractions, l’une sédentaire,
+l’autre nomade. Les Aït Tseṛrouchen sont connus sous trois noms :
+on les appelle indifféremment Aït Tseṛrouchen, Mermoucha, et Oulad
+Moulei Ạli ben Ạmer ; ils se font donner ce dernier nom parce
+qu’ils prétendent descendre du cherif Moulei Ạli ben Ạmer qui
+serait leur souche commune[122].
+
+Particularité rare, les deux fractions des Aït Tseṛrouchen vivent
+complètement isolées l’une de l’autre, sans aucune relation
+ensemble, leurs territoires séparés par d’autres tribus. L’une
+d’elles habite le versant sud du Moyen Atlas, la seconde le
+revers nord du Grand Atlas et le Ḍahra. Toute la vallée de la
+Mlouïa, avec ses vastes plaines et les tribus qui les occupent,
+les séparent. Ces deux fractions ne sont pas moins différentes
+de mœurs qu’isolées de territoires : la première est composée
+de montagnards sédentaires, la seconde de nomades. Nous allons les
+étudier l’une après l’autre.
+
+Les _Aït Tserrouchen du nord_ sont bornés : à l’ouest, par les
+Aït Ioussi ; au sud, par la plaine déserte, appartenant aux Aït
+Ioussi, qui forme la vallée de la Mlouïa de Qçâbi ech Cheurfa
+à Misour ; à l’est, par les groupes isolés de Chellaḥa qui,
+d’Almis à Feggouç, occupent les dernières pentes du Moyen
+Atlas, le long de la vallée de la Mlouïa ; au nord, par les Beni
+Ouaṛaïn : la ligne de faîte du Moyen Atlas forme frontière entre
+cette dernière tribu et les Aït Tseṛrouchen du nord. Ceux-ci
+sont donc entièrement cantonnés dans le massif montagneux que forme
+le versant sud du Moyen Atlas et que limite à l’est et au sud la
+vallée de la Mlouïa. Cette fraction est sédentaire et n’habite
+que des villages. Elle peut lever environ 2000 fusils. Point de Juifs
+sur ses terres.
+
+Les _Aït Tserrouchen du sud_ occupent le revers septentrional du
+Grand Atlas au nord des Oulad Khaoua, les deux versants de la chaîne
+à l’est de cette tribu, et une partie du Ḍahra. La plupart
+d’entre eux sont nomades ; cependant ils possèdent un certain
+nombre de qçars. Ces qçars sont : Azdad (5 qçars) et El Kaf, sur
+le revers nord du Grand Atlas, Taoura, non loin de Tanslemt, qui leur
+appartiennent en entier ; Zriouila, Ạïat, Tagenza, situés dans la
+même région, qu’ils habitent en commun avec d’autres tribus ;
+de plus ils résident dans la localité de Sạïda, dans le district
+de Qçâbi ech Cheurfa, et ont quelques individus dispersés dans
+les qçars de Beni Mesri.
+
+Voici la décomposition des Aït Tseṛrouchen du sud :
+
+ Aït Sạïd (nomades, vivant habituellement entre Beni 200 fusils.
+ Tzit et Talsit).
+
+ Aït Bou Ouchchaouen (ou Aït Bou Oussaouen) (nomades, 1000
+ vivant habituellement près d’Anoual, dans le Ḍahra).
+
+ Aït Sạïd ou El Ḥasen (nomades, vivant dans le Ḍahra). 200
+
+ Aït Ḥeddou ou Bel Ḥasen (nomades, vivant dans le 200
+ Ḍahra).
+
+ Aït Bou Mariem (mi-sédentaires, mi-nomades, 600
+ possèdent Azdad et ont des tentes).
+
+ Aït Ạli Bou Mariem (mi-sédentaires, mi-nomades, 80
+ quelques-uns d’entre eux sont dispersés dans les
+ qçars de Beni Mesri. Les autres vivent sous la
+ tente).
+
+ Aït Ben Ouedfel (mi-sédentaires, mi-nomades, 120
+ possèdent le qçar de Taoura et des tentes).
+
+ Aït Ḥaseïn (nomades, vivant aux environs de l’Ouad 800
+ Gir).
+
+ Aït Ḥammou Bel Ḥasen (nomades, vivant dans le Ḍahra). 60
+
+Point de marché, ni de Juifs chez eux.
+
+Tous les Aït Tseṛrouchen sont indépendants et sans relation
+avec le sultan. On a cru quelquefois que les Aït Tseṛrouchen
+étaient une fraction des Aït Iafelman ; c’est une erreur : les
+Aït Tseṛrouchen ne sont point des Berâber. Ils forment une tribu
+à part. Ils sont Chellaḥa. Leur langue est le tamaziṛt.
+
+_OULAD EL HADJ_. — Puissante tribu arabe, moitié nomade, moitié
+sédentaire ; elle occupe les deux rives de la Mlouïa et la vaste
+plaine qui en forme la vallée depuis Misour jusqu’à Oulad
+Ḥamid. Plusieurs des qçars situés sur les premières pentes du
+Moyen Atlas lui appartiennent ; les autres sont ses alliés. Enfin
+elle possède le Rekkam et une partie du Djebel Debdou. Les Oulad el
+Ḥadj sont Arabes de race et de langue. Autrefois ils étaient, de
+nom plutôt que de fait, soumis au sultan et avaient un qaïd nommé
+par lui. Depuis 1882, ils ne reconnaissent plus ni sultan ni qaïd
+et sont indépendants.
+
+Voici leur décomposition :
+
+ Ṭoual (nomades) 100 fantassins. 30 cavaliers.
+
+ Oulad Bou Qaïs (nomades, toujours unis 100 fantassins. 40 cavaliers.
+ aux Ṭoual)
+
+ Oulad Sidi Aïssa (marabouts sédentaires, 300 fantassins.
+ habitant Tiissaf)
+
+ Oulad Ḥamid (nomades et sédentaires ; 300 fantassins. 40 cavaliers.
+ ces derniers habitent Oulad Ḥamid sur la
+ Mlouïa)
+
+ Ahel Tirnest (sédentaires, habitant le 600 fantassins.
+ groupe de qçars de ce nom)
+
+ Oulad Jerrar (nomades et sédentaires ; 800 fantassins. 60 cavaliers.
+ ces derniers habitent divers qçars de la
+ Mlouïa)
+
+ Oulad Daoud (nomades, ils campent dans 200 fantassins. 30 cavaliers.
+ le voisinage de Debdou)
+
+ Beni Ṛiis (sédentaires, habitant des 600 fantassins.
+ villages dans le Djebel Debdou)
+
+ Ahel Rechida (marabouts sédentaires, 350 fantassins.
+ habitant Rechida et Beni Khelften).
+
+ Oulad Admer (marabouts sédentaires, 100 fantassins.
+ habitant Admer)
+
+ Oulad El Bekri (nomades et sédentaires 120 fantassins. 30 cavaliers.
+ habitant à Ouṭat Oulad el Ḥadj)
+
+ Oulad Ạbd el Kerim (sédentaires, 90 fantassins.
+ habitant dans les qçars d’Oulad El
+ Feḍil, Oulad Ạbd el Malek, El Angab, El
+ Hamouziin, etc.)
+
+ El Ạrzan (sédentaires, habitant le 250 fantassins. 50 cavaliers.
+ groupe de qçars de ce nom)
+
+ Oulad Mellouk (sédentaires, habitant les 300 fantassins.
+ qçars de ce nom)
+
+ Beni Bou Ḥi (sédentaires, habitant Ouṭat 150 fantassins.
+ Oulad el Ḥadj)
+
+ El Ḥarar (sédentaires, habitant le qçar 50 fantassins.
+ de ce nom à Ouṭat Oulad el Ḥadj).
+
+ El Kechchacha (sédentaires, résidant 30 fantassins.
+ dans la localité de ce nom à El Ouṭat).
+
+enfin, et pour mémoire seulement :
+
+ Oulad Khaoua 650 fantassins. 30 cavaliers.
+
+Cette dernière fraction des Oulad el Ḥadj s’est séparée de
+ses frères et n’a plus de commun avec eux que l’origine ; elle
+compte depuis longtemps avec les Aït Izdeg.
+
+Trois autres fractions, les Beni Ṛiis, les Ahel Rechida et les
+Oulad Admer, sont en ce moment en dehors du concert des Oulad el
+Ḥadj. Pendant que ceux-ci sont insoumis, elles reconnaissent le
+sultan et obéissent au qaïd de Tâza.
+
+Il n’y a qu’un mellaḥ chez les Oulad el Ḥadj, celui d’El
+Ouṭat.
+
+Deux marchés, tous deux à Oulad Ḥamid, tlâta et djemạa.
+
+_HOUARA_. — Tribu nomade se disant de race arabe. La langue en
+est l’arabe. La principale installation et les cultures les plus
+importantes en sont sur les deux rives de la Mlouïa, entre Refoula
+et le gros des Ḥallaf. Elle cultive aussi dans le Fḥama. Ce sont
+les seuls labourages qu’elle possède. Quant à ses troupeaux,
+elle les fait paître dans l’Angad, dans le Fḥama, dans le Jell
+et jusque dans le Ḍahra.
+
+Les Houara ne vivent que sous la tente, mais ils ont trois qaçbas
+qui leur servent de magasins ; ce sont : Gersif (ou Agersif), sur
+la Mlouïa.
+
+Qaçba Oulad Ḥammou ou Mousa, sur la Mlouïa.
+
+Qaçba Messoun, sur l’Ouad Messoun.
+
+Les Houara sont une forte tribu, ils peuvent lever 1500 fantassins
+et 500 chevaux. Ils se décomposent en 6 fractions :
+
+Ạtamna, Oulad Sedira, Mezarcha, Zergan, Oulad Mesạoud, Oulad
+Ḥammou ou Mousa.
+
+Les Houara sont soumis au sultan et ont quatre qaïds ; ceux-ci sont
+en ce moment :
+
+Ạli El Ḥamar, gouvernant les Ạtamna.
+
+Mḥammed bel Ḥadj El Korradi, gouvernant les Oulad Sedira et
+les Mezarcha.
+
+Chikh Ṭîb El Ḥafi, gouvernant les Zergan et les Oulad Mesạoud.
+
+Mḥammed ould Qaddour ben Djilali, gouvernant les Oulad Ḥammou
+ou Mousa.
+
+Deux marchés, le khemîs et le ḥad de Gersif. Point de mellaḥ ;
+des Israélites de Debdou viennent, sans emmener leur famille, passer
+une partie de l’année dans la tribu pour trafiquer.
+
+_HALLAF_. — Tribu nomade, de race et de langue arabe. Elle se
+divise en deux groupes : les Ahel Refoula et les Ḥallaf proprement
+dits. Les premiers ont une qaçba sur la Mlouïa, Refoula, et habitent
+à l’entour sous la tente. Ils forment environ 100 fusils.
+
+Les seconds, qu’on désigne seuls lorsqu’on prononce le nom de
+Ḥallaf, occupent les deux rives de la Mlouïa entre les Houara et
+les Beni Oukil : là sont toutes leurs cultures et leurs tentes ;
+leurs troupeaux paissent dans les plaines voisines. Ils ne possèdent
+aucune construction. Cette tribu peut lever 400 fantassins et 100
+chevaux. Elle se décompose en 6 fractions, savoir :
+
+Oulad Reḥou, Medafra, Oulad Sidi Mḥammed bel Ḥoseïn (cherifs),
+Oulad Mahdi, El Arbạ, Oulad Selîman.
+
+Les Ahel Refoula et les Ḥallaf proprement dits forment toute la
+tribu des Ḥallaf. Toutefois les Kerarma (tribu de l’Ouad Za) sont
+considérés comme frères des Ḥallaf et comme Ḥallaf d’origine ;
+en cas de guerre, ils leur sont toujours alliés.
+
+Les Ḥallaf, ceux de Refoula comme les autres, sont soumis au
+sultan. Ils n’ont point de qaïd particulier. Tous dépendent du
+qaïd des Kerarma.
+
+Point de marché. Quelques Juifs de Debdou viennent trafiquer dans
+la tribu, mais il n’y a point de mellaḥ.
+
+_BENI OUKIL_. — Tribu de marabouts. Ils sont de mœurs sédentaires,
+bien que vivant sous la tente. Ils habitent trois points du cours
+de la Mlouïa entre les Ḥallaf et l’embouchure du fleuve. Leurs
+campements sont en des lieux invariables, au milieu de leurs cultures
+et de leurs jardins. Aucune construction. Ils forment environ 200
+familles ; point de chevaux ni de fusils chez eux ; ils ne possèdent
+que des chapelets.
+
+Ils se divisent en 3 fractions. On n’a pu me dire le nom de la
+première ; les 2 autres s’appellent :
+
+El Khorb, Oulad El Bacha.
+
+Les Beni Oukil reconnaissent le sultan, mais, en qualité de marabouts,
+n’ont point de qaïd et ne paient pas d’impôt.
+
+Ni marché, ni Juifs chez eux.
+
+
+ 5o. — PLAINES ENTRE LA MLOUIA ET FAS.
+
+
+Une des choses remarquables de la géographie du Maroc oriental est
+la large trouée qui forme une voie naturelle entre l’Algérie et
+Fâs. De Lalla Maṛnia à cette capitale, le chemin est constamment
+en sol uni. C’est une succession de plaines que la Mlouïa coupe en
+deux parties. Nous allons donner quelques renseignements sur chacune
+d’elles, en commençant par la contrée comprise entre la Mlouïa
+et Fâs.
+
+La région plate s’étendant entre la Mlouïa et Fâs se compose
+d’abord de deux plaines désertes, celle de Jell et celle de Ṛaret,
+situées l’une et l’autre sur la rive du fleuve, la première au
+sud de la seconde ; puis d’un plateau bas et ondulé, le Fḥama,
+servant de ligne de partage entre le bassin de la Mlouïa et celui
+du Sebou ; enfin de la vallée de l’Ouad Innaouen, affluent du Sebou.
+
+JELL. — C’est une plaine déserte que parcourent en hiver et au
+printemps les troupeaux des Houara. Elle a pour limites : au nord,
+le Gelez, ligne de collines très basses qui la sépare du Ṛaret ;
+à l’est, la Mlouïa ; à l’ouest, le plateau du Fḥama ; au
+sud, la chaîne des monts Ṛiata, fort abaissée en ce point et qui,
+aux environs de la Mlouïa, disparaît complètement pour reprendre
+plus loin avec un autre nom sur la rive droite du fleuve.
+
+Le Jell est arrosé par l’Ouad Messoun, qui y entre au-dessous de
+Qaçba Messoun et y demeure jusqu’à son confluent avec la Mlouïa.
+
+RARET. — Plaine déserte ayant pour limites : au nord, le Djebel
+Qelaïa et le Djebel Kebdana ; à l’est, la Mlouïa ; à l’ouest,
+le Djebel Metalsa ; au sud, les collines du Gelez qui la séparent
+du Jell. Dans le désert de Ṛaret campe la tribu nomade des Beni
+Bou Iaḥia.
+
+Le Djebel Metalsa est situé à l’ouest de Qaçba Iselouan.
+
+Le Djebel Qelaïa se trouve au nord de Qaçba Iselouan et à l’ouest
+du Djebel Kebdana.
+
+Les Beni Bou Iaḥia, appelés aussi Beni Bou Iaḥi, sont une tribu
+nomade ne quittant point le désert de Ṛaret. Ils comptent 800
+fantassins et 60 chevaux. Ils sont soumis au sultan et gouvernés
+par un qaïd nommé par lui, Moḥammed bel Ḥirch. Leur langue est
+le tamaziṛt.
+
+FHAMA. — Plateau ondulé, désert la plus grande partie de
+l’année, cultivé en quelques points par les Houara et parcouru
+par leurs troupeaux. Il a pour bornes : au nord, les montagnes du Rif
+(massifs des Gezennaïa et des Metalsa) ; à l’est, la plaine du
+Jell ; à l’ouest, le confluent de l’Ouad Bou el Djerf et de
+l’Ouad el Arbạ, dont la réunion forme l’Innaouen ; au sud,
+les monts des Ṛiata.
+
+Le peu d’élévation de ce plateau en rend l’accès et le parcours
+si faciles qu’il prolonge plutôt qu’il ne coupe les plaines
+voisines. Ce n’est qu’un dos peu accentué séparant les bassins
+de la Mlouïa et du Sebou.
+
+Il est arrosé par deux cours d’eau, l’Ouad Bou el Djerf, l’une
+des sources de l’Innaouen, et l’Ouad Messoun, tributaire de
+la Mlouïa.
+
+Qaçba Messoun, localité appartenant aux Houara, est située dans
+le Fḥama.
+
+OUAD INNAOUEN. — Cette rivière, dont nous avons parcouru et
+décrit la vallée entre Tâza et Fâs, se jette dans le Sebou un peu
+au-dessus de Ḥadjra ech Cherifa. Elle est formée de la jonction
+de deux cours d’eau, l’Ouad Bou el Djerf et l’Ouad el Arbạ,
+qui se réunissent à 2 heures de marche au-dessus du confluent de
+l’Ouad Tâza et de l’Ouad Innaouen.
+
+=Ouad Bou el Djerf.= — Il prend sa source dans la portion orientale
+des monts Ṛiata, traverse ensuite le Fḥama et se joint enfin à
+l’Ouad el Arbạ à peu de distance de Tâza.
+
+=Ouad el Arba.= — La source s’en trouve dans les montagnes du Rif,
+au massif du Djebel Brânes, ainsi nommé de la tribu des Brânes qui
+l’habite. Il arrose les terres de cette tribu, puis entre dans celle
+des Miknâsa. C’est après l’avoir traversée qu’il s’unit
+à l’Ouad Bou el Djerf.
+
+AFFLUENTS DE L’OUAD INNAOUEN. — En outre des affluents que nous
+avons mentionnés dans notre itinéraire, l’Ouad Innaouen reçoit
+les quatre suivants :
+
+Ouad Bou Ḥelou, se jetant sur sa rive gauche à Ạdjib ech Cherif,
+point situé chez les Hiaïna, à l’extrémité du Djebel Ṛiata.
+
+Ouad Bou Zemlal, se jetant sur sa rive gauche au-dessous du
+précédent, dans la tribu des Hiaïna.
+
+Ouad Leben, se jetant sur sa rive droite au-dessous des deux premiers,
+dans la tribu des Hiaïna.
+
+Ouad El Ḥaḍar, se jetant sur sa rive droite à peu de distance
+de son confluent avec le Sebou.
+
+=Ouad Bou Helou.= — Rivière assez considérable descendant du
+Djebel Beni Ouaṛaïn et arrosant le territoire des Ṛiata.
+
+=Ouad Bou Zemlal.= — Cours d’eau peu important, prenant sa source
+dans le Djebel Beni Ouaṛaïn.
+
+=Ouad Leben.= — Assez grande rivière descendant des montagnes du
+Rif, et ayant presque tout son cours sur le territoire des Hiaïna.
+
+=Ouad El Hadar.= — Assez grande rivière qui prend sa source dans
+le Djebel Brânes. Elle arrose la tribu des Brânes, puis, laissant
+les Miknâsa au sud, entre dans le territoire des Tsoul qu’elle
+traverse. De là elle passe chez les Hiaïna et, au point où elle
+se jette dans l’Ouad Innaouen, forme frontière entre eux et les
+Oulad Djemạ.
+
+Ainsi qu’on le voit, cette longue bande plane s’étendant entre
+la Mlouïa et Fâs, et formée du Jell, du Ṛaret, du Fḥama et
+de la vallée de l’Ouad Innaouen, est bordée au nord et au sud
+par deux chaînes de montagnes : monts du Rif au nord, monts des
+Ṛiata au sud. L’une et l’autre sont habitées, et la population
+y est même, dit-on, très dense. Les monts du Rif sont occupés par
+plusieurs tribus, d’importance diverse, de mœurs sédentaires,
+toutes Imaziṛen de langue et de race, quelques-unes soumises,
+la plupart indépendantes. Les monts des Ṛiata sont habités, sur
+leur versant nord par les Ṛiata, sur leur versant sud par les Beni
+Ouaṛaïn. Nous allons dire un mot de cette dernière tribu.
+
+_Beni Ouaraïn._ — Grande tribu chleuḥa limitée, au nord, par
+les Ṛiata et les Hiaïna ; à l’ouest, par les Aït Ioussi ; à
+l’est, par les petits groupes isolés de Chellaḥa qui garnissent
+la vallée de la Mlouïa au pied de son flanc gauche ; au sud,
+par les Aït Tseṛrouchen. Les Beni Ouaṛaïn ne parlent que le
+tamaziṛt. De mœurs sédentaires, ils habitent tous des villages. Ils
+vivent indépendants au fond de leurs montagnes, sans avoir eu,
+depuis un temps immémorial, aucune relation avec les sultans.
+
+Point de marché, ni de Juifs sur leur territoire : ils font peu de
+commerce ; cependant ils ont d’excellentes laines, que les marchands
+de Sfrou vont acheter chez eux.
+
+On compte plus d’une journée de marche pour aller de Sfrou aux
+Beni Ouaṛaïn.
+
+
+ 6o. — PLAINES ENTRE LA MLOUIA ET LALLA MARNIA.
+
+
+Ces plaines sont au nombre de deux : celle de Tafrâta et celle
+d’Angad. L’une et l’autre touchent à la Mlouïa ; la première
+est au sud de la seconde. Voici quelques indications sur chacune
+d’elles.
+
+TAFRATA. — Vaste plaine déserte ayant pour limites : au nord,
+l’Ouad Za ; à l’est, les monts Mergeshoum et Oulad Ạmer ;
+à l’ouest, la Mlouïa ; au sud, les monts Debdou. Le désert de
+Tafrâta n’appartient à aucune tribu ; mais Houara, Chedjạ,
+Ḥallaf, et parfois même Oulad el Ḥadj, viennent y faire paître
+leurs troupeaux lorsque la verdure, après les pluies, y apparaît
+sur le sol nu d’ordinaire. Aucune rivière n’arrose le Tafrâta ;
+on y trouve quelques ḍaïas, de très rares sources, des lits
+de ruisseaux.
+
+ANGAD. — Vaste plaine déserte ayant pour limites : au nord,
+le Djebel Beni Iznâten ; à l’est, les hauteurs qui bordent la
+Tafna ; à l’ouest, la Mlouïa et l’Ouad Za ; au sud, le Djebel
+Beni Bou Zeggou et le Djebel Zekkara. Ce désert, le plus étendu de
+ceux dont nous venons de parler, est sillonné d’un grand nombre
+de cours d’eau ; souvent desséchés pendant plusieurs années,
+de grandes pluies en font durant quelques heures des torrents
+impétueux. Plaine aride et nue la plupart du temps, l’Angad se
+couvre, dans les périodes pluvieuses, d’une végétation abondante,
+pâturages précieux pour les nomades.
+
+Il n’existe que deux lieux construits dans le désert d’Angad :
+Oudjda et Qaçba el Ạïoun. Mais trois tribus nomades y ont leurs
+campements, les Mhaïa, les Chedjạ et les Angad.
+
+=Mhaïa.= — Tribu nomade, parlant l’arabe. Les tentes et les
+troupeaux en sont partie dans le Ḍahra, partie dans l’Angad. Les
+Mhaïa sont continuellement en mouvement, circulant dans l’Angad,
+dans le Ḍahra, allant de l’un à l’autre ; la stérilité de
+ces contrées les force à des changements incessants pour nourrir
+leurs troupeaux.
+
+Les Mhaïa peuvent lever environ 2000 fusils. Ils sont soumis au
+sultan depuis la campagne que fit celui-ci en 1876. Un qaïd, qui
+leur fut donné alors, les gouverne ; il s’appelle Bou Bekr, a une
+maison à Oudjda, et vit habituellement sous la tente dans l’Angad.
+
+Ni marché, ni Juifs.
+
+=Chedja.= — Petite tribu nomade, de race et de langue arabe. Elle
+ne compte pas plus de 400 fusils. Comme les Mhaïa, et pour les mêmes
+motifs, elle est constamment en voyage, parcourant tantôt l’Angad,
+tantôt le Tafrâta, tantôt le Ḍahra. Son quartier général
+est l’Angad ; c’est là qu’elle est le plus souvent. Jadis
+indépendante, elle s’est soumise au sultan lors de l’expédition
+de 1876. Elle a depuis ce temps un qaïd, Si Ḥamida, qui réside
+à Qaçba el Ạïoun.
+
+Ni marché, ni Juifs.
+
+=Angad.= — Petite tribu nomade, parlant l’arabe. Comme les
+précédentes, elle est presque toujours errante, mais ses terrains de
+parcours ne s’étendent guère au delà de l’Angad. Elle peut lever
+environ 400 fusils. Autrefois libre et renommée pour ses brigandages,
+ainsi d’ailleurs que les Chedjạ et les Mhaïa, elle est, depuis
+l’expédition de 1876, soumise au sultan et gouvernée par un qaïd ;
+son qaïd actuel s’appelle Ould Bou Ṭerfas et vit dans la tribu.
+
+Les Angad se décomposent en quatre fractions :
+
+Oulad Seṛir.
+
+Mezaouir.
+
+Oulad Ạli ben Ṭelḥa.
+
+Houara Angad.
+
+Ni marché, ni Juifs.
+
+Le désert d’Angad est, avons-nous vu, bordé au nord et au sud par
+deux longues chaînes de montagnes. Prenant les noms des tribus qui les
+habitent, elles s’appellent, l’une Djebel Beni Iznâten, l’autre,
+d’abord Djebel Beni Bou Zeggou, puis Djebel Zekkara. Nous allons
+dire un mot des Beni Iznâten, des Beni Bou Zeggou et des Zekkara.
+
+_Beni Iznâten._ — Riche et puissante tribu habitant la chaîne de
+montagnes qui s’étend entre l’Angad et la Méditerranée, de la
+frontière algérienne à la Mlouïa. Elle est citée dans la plupart
+des ouvrages français sous le nom altéré de Beni Snassen. C’est
+une tribu sédentaire, de race et de langue tamaziṛt. Elle a été
+longtemps libre et était, il y a quelques années encore, gouvernée
+en toute indépendance par son chikh héréditaire. Le dernier fut
+Ḥadj Mimoun ben El Bachir, célèbre et encore populaire dans
+toute la contrée par sa puissance, ses richesses, et par la justice
+de son gouvernement. Dans une des premières années de son règne,
+Moulei El Ḥasen, avec l’aide du moqaddem de la zaouïa de Moulei
+Edris de Fâs, s’empara par trahison de sa personne et le jeta en
+prison. Il espérait amener par là la soumission des Beni Iznâten ;
+mais elle ne se fit pas : ils vécurent dans l’anarchie jusqu’au
+moment où le sultan, en 1876, vint avec son armée à Oudjda. Ils
+se décidèrent alors à le reconnaître. Il les subdivisa en quatre
+commandements ; à la tête de chacun fut placé un qaïd à qui ils
+obéissent depuis tant bien que mal.
+
+_Beni Bou Zeggou._ — Tribu sédentaire bien que n’ayant que des
+tentes. Celles-ci sont, comme chez les Kerarma, installées au milieu
+de cultures, en des lieux invariables. Les Beni Bou Zeggou habitent
+la chaîne de montagnes à laquelle ils ont donné leur nom, entre le
+Ḍahra et l’Angad ; de plus, ils s’étendent à son pied sur la
+lisière de l’Angad et occupent dans cette plaine le cours entier
+de l’Ouad Mesegmar. C’est une tribu tamaziṛt, de langue comme
+de race. Elle compte 1200 fantassins et 120 chevaux. Indépendante
+jusqu’en 1876, elle s’est à cette époque soumise au sultan,
+au moment de l’expédition d’Oudjda. Moulei El Ḥasen donna le
+titre de qaïd à son chikh héréditaire, Ḥamada. Celui-ci la
+gouverne depuis lors, réprimant le vol et le brigandage avec une
+ardeur extrême, qu’égale seulement, dit-on, celle qu’il mettait,
+avant sa soumission, à les pratiquer lui-même.
+
+Point de Juifs chez les Beni Bou Zeggou.
+
+_Zekkara._ — Petite tribu sédentaire. Elle vit dans des
+villages. C’est une tribu de montagne tout entière cantonnée dans
+le tronçon de chaîne qu’elle occupe et auquel elle a donné son
+nom. Elle ne compte que 200 fantassins et n’a point de chevaux. Elle
+est tamaziṛt de langue comme de race. Les Zekkara sont soumis au
+sultan depuis la campagne de 1876. Ils sont gouvernés par un chikh
+qui dépend du qaïd d’Oudjda.
+
+
+ 7o. — DAHRA.
+
+
+Ḍahra est le nom que porte la région des Hauts Plateaux dans sa
+partie marocaine. Le Ḍahra est limité, au nord, par les monts
+Debdou et Oulad Ạmer et par un long talus montagneux qui le sépare
+de l’Angad, talus dont les djebels Beni Bou Zeggou et Zekkara sont
+les degrés inférieurs ; à l’est, par la frontière algérienne ;
+à l’ouest, par le Rekkam ; au sud, par les dernières pentes du
+Grand Atlas et le bassin du Gir.
+
+De tout point pareil aux Hauts Plateaux de la province d’Oran,
+le Ḍahra est une vaste étendue déserte, au sol uni, dure sans
+être pierreuse, aride, sans autre végétation que l’ḥalfa qui
+la couvre en entier, sans autre eau que celle de rares puits creusés
+à grands intervalles, souvent à plus d’une journée de marche
+l’une de l’autre. Encore les puits sont-ils fréquemment à
+sec ou comblés, et si l’on y trouve de l’eau, elle est presque
+toujours saumâtre. Tels sont ces steppes désolés où cependant,
+comme dans ceux d’Algérie, vivent des tribus nomades. Elles n’y
+ont point de territoire fixe : toujours en mouvement, changeant
+constamment de place pour donner de nouveaux pâturages à leurs
+troupeaux, elles parcourent le Ḍahra en tous sens, tantôt groupées,
+tantôt éparpillées, tantôt côte à côte, tantôt loin les unes
+des autres. Cependant certaines tribus sont plus souvent au sud,
+d’autres se tiennent généralement dans le nord. Les premières
+sont celles qui ont leurs qçars et leurs dépôts de grains au pied
+du Grand Atlas, les secondes celles dont les magasins sont près du
+revers septentrional du plateau, ou dans l’Angad.
+
+Les tribus du sud sont :
+
+Aït Tseṛrouchen, Beni Gil, Oulad Sidi Ạli Bou Chnafa, Oulad Sidi
+Mḥammed ben Ḥamed.
+
+Celles du nord sont :
+
+Beni Matar, Mhaïa, Chedjạ.
+
+Les deux dernières n’y sont qu’une partie de l’année et
+n’y ont qu’une portion de leurs tentes ; elles vont et viennent,
+se partageant entre le Ḍahra et l’Angad.
+
+Ces sept tribus, les unes imaziṛen, les autres arabes, sont toutes
+nomades. Celles du sud sont indépendantes, celles du nord sont
+soumises au sultan.
+
+Les _Beni Matar_ forment une très petite tribu : ils ne comptent que
+150 fusils. Ils sont nomades, mais possèdent, de moitié avec les
+Mhaïa, un qçar où ils serrent leurs grains, Qaçba Ras el Ạïn
+Beni Matar (Ouad Za). Ils sont soumis au sultan et dépendent du
+qaïd des Mhaïa.
+
+Les Beni Matar parlent l’arabe. Point de Juifs chez eux.
+
+Le Ḍahra est sillonné par plusieurs rivières ; mais ces rivières
+ne coulent jamais ; elles n’ont que des ṛedirs qui se remplissent
+à la saison des pluies.
+
+Il existe quelques qçars dans la région méridionale de ce désert,
+auprès des dernières pentes du Grand Atlas et vers les sources
+des affluents du Gir. Mais ils sont peu nombreux. Ce sont, soit
+des zaouïas, soit des dépôts de grains appartenant à des tribus
+nomades du Ḍahra. Les plus connus sont Talsit, Anoual, et surtout
+Ạïn Chạïr.
+
+
+ 8o. — ITINÉRAIRES.
+
+
+1o _DE TAZA A DEBDOU_. — De Tâza à Qaçba Messoun, 3 heures et
+demie de marche. De Qaçba Messoun à Gersif, une demi-journée. De
+Gersif à Debdou, un jour.
+
+2o _DE DEBDOU A SEBDOU_. — On monte sur le sommet du Djebel Debdou :
+il est couronné par un vaste plateau pierreux, couvert de grands
+arbres, arrosé de nombreuses sources ; ce plateau s’appelle Gạda
+Debdou. On y marche un espace égal à la distance de Lalla Maṛnia
+à Oudjda ; sol uni, dur, boisé. On se trouve alors à la limite du
+plateau : on quitte la Gạda et on entre dans le Ḍahra. La forêt
+cesse et fait place aux longs steppes couverts d’ḥalfa. Après 3
+journées et demie de marche faites dans le Ḍahra et 3 nuits passées
+dans ce désert, on arrive à Sebdou, le soir du quatrième jour.
+
+3o _DE DEBDOU A MELILLA_. — De Debdou à Taourirt (Ouad Za), 1
+jour. De Taourirt à Mouâzen Sidi Bel Khîr, 1 jour. De Mouâzen
+Sidi Bel Khîr à Melilla, une forte demi-journée.
+
+_1er jour._ — Cette partie du trajet a été faite par nous et
+décrite plus haut.
+
+_2e jour._ — On traverse la Mlouïa entre Taourirt et Mouâzen
+Sidi Bel Khîr. Elle est à une distance de ce dernier point égale
+à celle qui sépare Oudjda de Lalla Maṛnia. De Taourirt au fleuve,
+on est dans le désert d’Angad, du fleuve à Mouâzen Sidi Bel Khîr
+dans celui de Ṛaret. Mouâzen Sidi Bel Khîr est un lieu inhabité,
+simple point d’eau dans la plaine.
+
+_3e jour._ — Entre Mouâzen Sidi Bel Khîr et Melilla, à mi-distance
+entre les deux points, se trouve sur le chemin une localité, Qaçba
+Iselouan. Jusque-là on a continué à marcher dans le Ṛaret. Cette
+qaçba en marque la fin. On est désormais au bord de la mer et dans
+la tribu des Qelaïa. Qaçba Iselouan est à une demi-heure de la
+mer. De ce point à Melilla, on longe le rivage en ayant constamment
+la Méditerranée à main droite et le Djebel Qelaïa à main gauche.
+
+Qaçba Iselouan est la résidence du qaïd des Qelaïa ; elle est
+arrosée par un petit cours d’eau, le seul que l’on traverse de
+la journée : il s’appelle Ouad Chlouk et se jette près de là
+dans la mer. Les eaux en sont salées.
+
+Les Qelaïa sont une tribu tamaziṛt sédentaire ; ils sont soumis
+au sultan. Leur territoire est voisin de celui des Kebdana, tribu de
+même race et de mœurs semblables ; les Kebdana sont soumis et ont
+un qaïd, Ould Harfouf.
+
+ Distance : de Mouâzen Sidi Bel Khîr à Melilla comme d’Oudjda
+ à Lalla Maṛnia.
+
+4o _D’OUDJDA A FAS_. — Des cavaliers bien montés mettent cinq
+journées pour aller d’Oudjda à Fâs.
+
+_1er jour._ — D’Oudjda à Qaçba el Ạïoun.
+
+_2e jour._ — De Qaçba el Ạïoun à Gersif. (On traverse, sans
+s’y arrêter, le pays de Za.)
+
+_3e jour._ — De Gersif à Qaçba Miknâsa. (C’est une petite
+qaçba fort mal construite. On passe, chemin faisant, sous les murs
+de Qaçba Messoun.)
+
+_4e jour._ — De Qaçba Miknâsa aux Hiaïna.
+
+_5e jour._ — Des Hiaïna à Fâs.
+
+
+ FIN DE LA SECONDE PARTIE.
+
+
+[Note 121 : « Anoual, ou Zaouïa Anoual se compose de 50 à 60
+maisons habitées par des cheurfa des Oulad Moulei Ali ben Amer
+(Idrissin) appartenant aux Aït Tserrouchen. Ils descendent, comme
+les marabouts de Kenadsa, de Moulei Abd Allah el Rezouani (enterré
+à Merrâkech). Mais ils sont berbérisés et parlent tamazirt plus
+qu’arabe. Ils ont quelques maigres cultures dans les pierres,
+arrosées par des fontaines et par l’ouad dit des Oulad Ali. Cette
+rivière tombe dans l’Ouad Aït Aïssa à Kheneg Gro, à environ
+8 kilomètres au sud de la zaouïa. » (Renseignement fourni par
+M. Pilard.)]
+
+[Note 122 : « Les Aït Tserrouchen sont entièrement à la dévotion
+des marabouts de Kenadsa, qui ont chez eux plusieurs zaouïas et
+dont les grandes familles de la tribu disent être parentes. »
+(Renseignement fourni par M. Pilard.) On a vu par une note précédente
+que les descendants de Moulei Ali ben Amer et les marabouts de Kenadsa
+avaient une origine commune.]
+
+
+
+
+ APPENDICE.
+
+
+ APPENDICE.
+
+ =LES ISRAÉLITES AU MAROC.=
+
+
+Les Israélites du Maroc se divisent en deux classes : ceux des
+régions soumises au sultan, Juifs de blad el makhzen ; ceux des
+contrées indépendantes, Juifs de blad es sîba.
+
+Les premiers, protégés des puissances européennes, soutenus par le
+sultan, qui voit en eux un élément nécessaire à la prospérité
+commerciale de son empire et à sa propre richesse, tiennent par la
+corruption les magistrats, auxquels ils parlent fort haut, tout en
+leur baisant les mains, acquièrent de grandes fortunes, oppriment
+les Musulmans pauvres, sont respectés des riches, et parviennent
+à résoudre le problème difficile de contenter à la fois leur
+avarice, leur orgueil et leur haine de ce qui n’est pas juif. Ils
+vivent grassement, sont paresseux et efféminés, ont tous les vices
+et toutes les faiblesses de la civilisation, sans en avoir aucune des
+délicatesses. Sans qualités et sans vertus, plaçant le bonheur dans
+la satisfaction des sens et ne reculant devant rien pour l’atteindre,
+ils se trouvent heureux et se croient sages. Les Juifs de blad es
+sîba ne sont pas moins méprisables, mais ils sont malheureux :
+attachés à la glèbe, ayant chacun leur seigneur musulman, dont
+ils sont la propriété, pressurés sans mesure, se voyant enlever au
+jour le jour ce qu’ils gagnent avec peine, sans sécurité ni pour
+leurs personnes ni pour leurs biens, ils sont les plus infortunés
+des hommes. Paresseux, avares, gourmands, ivrognes, menteurs, voleurs,
+haineux surtout, sans foi ni bonté, ils ont tous les vices des Juifs
+de blad el makhzen, moins leur lâcheté. Les périls qui les menacent
+à toute heure leur ont donné une énergie de caractère inconnue
+à ceux-ci, et qui dégénère parfois en sauvagerie sanguinaire[123].
+
+
+ =I. — Israélites de blad el makhzen.=
+
+
+Le Juif se reconnaît à sa calotte et à ses pantoufles noires : il
+ne lui est pas permis de les porter d’une autre couleur. Dans la
+campagne, il peut aller à âne et à mulet, mais s’il rencontre
+un religieux ou une chapelle, il met pied à terre ou fait un
+détour. Aux péages et aux portes, il est soumis à une taxe comme
+les bêtes de somme. En ville, il se déchausse et marche à pied ;
+les rues voisines de certains sanctuaires lui sont interdites. Il
+demeure hors du contact des Musulmans, avec ses coreligionnaires,
+dans un quartier spécial appelé mellaḥ : le mellaḥ est entouré
+de murs ; une ou deux portes lui donnent entrée ; on les ferme à 8
+heures du soir. Dans le mellaḥ, le Juif est chez lui : en y entrant,
+il remet ses chaussures, et le voilà qui s’enfonce dans un dédale
+de ruelles sombres et sales ; il trotte au milieu des immondices,
+il trébuche contre des légumes pourris, il se heurte à un âne
+malade qui lui barre le chemin ; toutes les mauvaises odeurs lui
+montent au nez ; des sons discordants le frappent de toutes parts ;
+des femmes se disputent d’une voix aigre dans les maisons voisines,
+des enfants psalmodient d’un ton nasillard à la synagogue. Il arrive
+au marché : de la viande, des légumes, beaucoup d’eau-de-vie,
+quelques denrées communes, tels sont les objets qu’on y trouve ;
+les belles choses sont dans la ville musulmane. Le Juif fait ses achats
+et, reprenant sa route, il gagne sa maison ; s’il est pauvre, il se
+glisse dans une chambrette où grouillent, assis par terre, des femmes
+et des enfants : un réchaud, une marmite forment tout le mobilier ;
+quelques légumes la semaine, des tripes, des œufs durs et un peu
+d’eau-de-vie le samedi, nourrissent la famille. Mais notre Juif est
+riche. Au moment où il pousse la porte noire, surmontée de mains
+pour préserver du mauvais œil, qui ferme sa demeure, il pénètre
+dans un monde nouveau. Voici le jour, la propreté, la fraîcheur, la
+gaieté. Il entre dans une cour carrée entourée de deux étages de
+galeries donnant accès aux chambres. Le ciel apparaît, d’un bleu
+ardent. Les derniers rayons du soleil font briller comme des miroirs,
+au faite de la maison, les faïences coloriées dont tout est revêtu,
+murs, colonnes, sol de la cour, plancher des chambres. Une odeur de
+bois de cèdre remplit et parfume la demeure. Des enfants rentrant
+de l’école jouent et crient. Des femmes, bras nus et poitrine
+découverte, vêtues d’une jupe de couleur éclatante et d’une
+petite veste de velours brodée d’or, un mouchoir de soie sur la
+tête, se délassent et causent, assises dans la cour. Au fond des
+chambres, des vieillards, à figure pâle, à longue barbe blanche,
+attendent, le livre à la main, l’heure de la prière du soir. Dans
+les galeries, des servantes, accroupies près des réchauds, apprêtent
+le repas. Il y a trois ou quatre pièces à chaque étage : elles sont
+immenses, très élevées, à plafonds de bois de cèdre, à grands
+murs blancs garnis dans le bas de faïences ou de tentures ; portes,
+placards, plafonds, toutes les boiseries sont peintes d’or et de
+couleurs éclatantes. Peu de meubles : deux vastes armoires tenant la
+largeur entière de la chambre à ses deux extrémités ; au-dessus
+de chacune, un lit de fer ; à terre des matelas, des tapis, des
+coussins ; sur les murs, quatre ou cinq pendules dont aucune ne marche
+et autant de grandes glaces couvertes de rideaux de mousseline pour
+les protéger. Dans chacune de ces pièces vit une famille entière, le
+père, ses épouses, ses enfants non mariés, ses hôtes. C’est une
+animation, un bourdonnement continuel ; ce sont aussi, entre femmes,
+des disputes de toute heure. « La femme querelleuse, » dit Salomon,
+« est semblable à un toit d’où l’eau dégoutte sans cesse au
+temps d’une grosse pluie ». Il faut avoir habité avec des Juifs
+pour bien comprendre ce proverbe. Tout à coup le silence se fait,
+les femmes parlent bas, les enfants se taisent. Le soleil vient de
+se coucher. Chaque homme se lève et, se plaçant devant un mur,
+récite, en se balançant, sa prière : tantôt il remue les lèvres
+en silence, tantôt il psalmodie à mi-voix ; le voici qui fait une
+inclination profonde, la prière est finie ; les causeries éclatent
+de nouveau : à table, le dîner est prêt. Le Juif a un hôte ; il
+s’assied avec lui sur un tapis ou sur des coussins, le reste de la
+famille mange à part, dans un coin. On place une petite table devant
+les deux hommes, on apporte le thé ; il y a du thé à l’ambre,
+à la verveine, à la menthe ; on en boit trois tasses, puis se
+succèdent un potage très épicé, des quartiers de mouton bouilli,
+des boulettes de viande hachée au piment, des tripes et du foie au
+piment, un poulet, des fruits confits dans le vinaigre, d’autres
+frais ; c’est un repas distingué. Une carafe pleine d’un liquide
+incolore est entre les deux Juifs ; ils s’en versent de grands
+verres et, tout en mangeant, en boivent un litre à eux deux ; on
+pourrait croire que c’est de l’eau : c’est de l’eau-de-vie. Au
+milieu du dîner entrent trois musiciens ; deux sont des Juifs ; ils
+portent, le premier, une flûte, l’autre, une sorte de guitare ;
+le dernier est musulman, il chante. Les chansons sont si légères
+qu’on n’en peut rien dire, pas même les titres. Les instruments
+accompagnent. Les femmes et les enfants répètent les refrains et
+battent des mains en cadence. Le bruit attire les voisins ; bientôt on
+est vingt-cinq ou trente en cercle autour des artistes. Quel contraste
+entre ce pauvre chanteur musulman et les Juifs qui l’entourent ! lui,
+beau, la figure éveillée, spirituelle, grands yeux expressifs, dents
+superbes, cheveux bien plantés et rasés, barbe courte, bien fait,
+souple, mains et pieds charmants, et, quoique misérable, brillant
+de propreté. Eux, laids, à l’air endormi, presque tous louchant,
+boiteux ou borgnes, crevant de graisse ou maigres comme des squelettes,
+chauves, la barbe longue et crasseuse, mains énormes et velues,
+jambes grêles et arquées, pas de dents, et, même les riches,
+d’une saleté révoltante.
+
+Les Juifs sont très laids au Maroc. Les femmes, avec des traits
+réguliers, ont si peu de physionomie, des yeux si éteints, le
+visage si pâle, qu’il n’en est guère d’agréables, même
+de quatorze à dix-huit ans. Les hommes, quelquefois bien dans
+leur extrême jeunesse, sont affligés de bonne heure de mille
+infirmités et sont vieillards avant d’avoir atteint l’âge
+mûr. Les difformes, borgnes, boiteux ou autres, sont si nombreux,
+dans les villes surtout, qu’ils y forment le quart peut-être de
+la population. A quoi attribuer une laideur et une décrépitude
+à ce point générales et excessives ? Est-ce à une malpropreté
+extrême, à une hygiène défectueuse, à des mariages prématurés
+et entre proches ? La nourriture est insuffisante chez les pauvres,
+immodérée et composée uniquement de viandes chez les riches. Tout
+le monde fait un usage démesuré d’alcool ; on en boit en mangeant
+et entre les repas ; un litre par jour est la moyenne d’un grand
+nombre[124]. Les femmes mêmes en prennent plus ou moins. Le samedi
+surtout, on en absorbe une quantité prodigieuse : il faut en avaler
+assez au déjeuner pour dormir ensuite d’un trait jusqu’à la
+prière de 4 heures. Le Juif marche peu, ne se promène point ; il ne
+sort du mellaḥ que pour aller à la ville vaquer à ses affaires
+et ne voyage que pour un motif grave. S’il n’est obligé de
+gagner sa vie par un travail assidu, il se couche à 11 heures, se
+lève à 10, et fait souvent la sieste dans la journée. On se marie
+entre aussi proches parents que l’on peut. Un Israélite qui a des
+neveux dont l’âge convient à celui de ses filles ferait injure
+à son frère et tort à lui-même en ne les demandant pas comme
+gendres. Les unions sont d’une précocité presque incroyable,
+surtout dans les villes de l’intérieur ; les jeunes filles, ou
+plutôt les petites filles, s’y marient entre six et huit ans,
+les garçons vers quatorze ans. A qui demande la cause d’un tel
+usage, on répond qu’un homme de quatorze ans a besoin de se marier
+et que, pour lui appareiller sa compagne, il faut la prendre très
+jeune ; d’ailleurs, pour les filles c’est chose indifférente :
+qu’est-ce qu’une femme ? « _Kerch, chouïa djeld itmetted._ »
+Si la manière de vivre des Juifs est peu propre à leur conserver la
+santé, malades ils se soignent d’une façon déplorable. J’ai vu
+régner à Fâs une épidémie de rougeole qui, dans le seul mellaḥ,
+enlevait quatre et cinq enfants par jour. On ne séparait pas les
+enfants sains des malades ; tous étaient atteints les uns après les
+autres. On les nourrissait de melons et de pastèques : puisqu’ils
+avaient la fièvre, il fallait les rafraîchir. Heureusement, point
+de remèdes. J’en vis pourtant administrer quelquefois. Un jour,
+à Demnât, un pauvre Israélite avait ses cinq enfants malades, il
+était inquiet, la fièvre était ardente ; à tout prix, il fallait
+tenter de la calmer. Il possédait dans une vieille caisse divers
+paquets contenant des remèdes variés de provenance européene ;
+ils étaient de dix ou douze sortes ; il sortit ces médicaments,
+prit un peu de chacun, mêla le tout, en fit cinq parts égales et
+les distribua à ses enfants. Ils n’en sont pas morts !
+
+Les Israélites, qui, aux yeux des Musulmans, ne sont pas des
+hommes, à qui les chevaux, les armes sont interdits, ne peuvent
+être qu’artisans ou commerçants. Les Juifs pauvres exercent
+divers métiers ; ils sont surtout orfèvres et cordonniers ;
+ils travaillent aussi le fer et le cuivre, sont marchands forains,
+crieurs publics, changeurs, domestiques dans le mellaḥ. Les riches
+sont commerçants, et surtout usuriers. En ce pays troublé, les
+routes sont peu sûres, le commerce présente bien des risques ;
+ceux qui s’y livrent n’y aventurent qu’une portion de leur
+fortune. Les Israélites préfèrent en abandonner aux Musulmans les
+chances, les travaux et les gains, et se contentent pour eux des
+bénéfices sûrs et faciles que donne l’usure. Ici ni peine ni
+incertitude. Capitaux et intérêts rentrent toujours. Un débiteur
+est-il lent à payer ? On saisit ses biens. N’est-ce pas assez ? On
+le met en prison. Meurt-il ? On y jette son frère. Il suffit pour
+cela de posséder les bonnes grâces du qaïd ; elles s’acquièrent
+aisément : donnez un léger cadeau de temps en temps, fournissez à
+vil prix les tapis, les étoffes dont a besoin le magistrat, peu de
+chose en somme, et faites toutes les réclamations, fondées ou non ;
+vous êtes écouté sur l’heure. Il ne reste alors qu’à prendre
+le titre de _rebbi_, à demeurer longtemps au lit et longtemps à
+table, et à encaisser tranquillement l’argent des _goui_, en
+rendant grâce au Dieu d’Israël.
+
+Les Juifs de blad el makhzen dépendent des seuls gouverneurs du sultan
+et leur paient un impôt. Ceux qui ont quelque fortune sont sous la
+protection d’une puissance européenne ; les uns l’obtiennent
+par un séjour vrai ou fictif en Algérie, la plupart l’achètent
+des agents indigènes que les nations possèdent dans les villes de
+l’intérieur. Ces agents, peu ou point soldés, se font souvent de
+gros revenus par de mauvais moyens.
+
+Les Israélites du Maroc parlent l’arabe. Dans les contrées
+où le tamaziṛt est en usage, ils le savent aussi ; en certains
+points le tamaziṛt leur est plus familier que l’arabe, mais
+nulle part ce dernier idiome ne leur est inconnu. Tous les Juifs
+lisent et écrivent les caractères hébreux ; ils ne connaissent
+point la langue, épellent leurs prières sans les comprendre, et
+écrivent de l’arabe avec les lettres hébraïques. Les rabbins
+seuls ont appris la grammaire et le sens des mots et, en lisant,
+entendent plus ou moins. Les rabbins sont nombreux ; sur cinq ou
+six Juifs, il y en a un. Ils se distinguent par leur coiffure :
+ils s’enveloppent la tête d’un long mouchoir bleu qui encadre
+leur figure et dont la pointe retombe sur leurs épaules. Le titre
+de rabbin équivaut à celui de bachelier ; sur dix rabbins, un à
+peine peut officier ; le rabbin officiant, ou rabbin _sacrificateur_,
+a pour principal service d’égorger suivant le rite les animaux
+destinés à la nourriture des fidèles ; puis il dit les prières
+à la synagogue, apprend à lire aux enfants, dresse les actes. On
+lui donne une légère rétribution et des morceaux déterminés des
+animaux qu’il tue. Les villes renferment plusieurs synagogues et
+de nombreux officiants. Il n’est pas de village ayant six ou sept
+familles israélites qui n’ait sa synagogue et son rabbin. Les
+Juifs qui n’ont point de sacrificateur sont soumis à diverses
+privations, telles que celle de ne pouvoir manger de viande. Ceux qui
+vont isolément trafiquer parmi les Musulmans s’en passent parfois
+durant six ou huit mois. Les Israélites du Maroc observent avec la
+dernière rigueur les pratiques extérieures du culte. Mais, comme
+nous l’avons dit, ils ne se conforment en rien aux devoirs de morale
+que prescrit leur religion : non seulement ils ne les suivent pas,
+mais ils les nient. Ils appellent sagesse la ruse, le mensonge, la
+violation des serments ; justice la vengeance, la haine, la calomnie ;
+prudence l’avarice et la lâcheté ; la paresse, la gourmandise,
+l’ivrognerie sont d’heureuses facultés données par Dieu aux
+mortels pour leur faire supporter les peines de la vie. Les Juifs
+sont les enfants bien-aimés du Seigneur : qu’ils lui rendent les
+hommages dus, qu’ils prient, qu’ils jeûnent, qu’ils observent
+le sabbat et les fêtes, qu’ils mangent seulement la nourriture
+licite, qu’ils se lavent et se baignent quand il faut, et ils seront
+toujours chéris de Dieu ; ils peuvent, pour les autres choses, se
+permettre ce qui leur plaît. Haï soit le reste des hommes ! Il est
+maudit pour l’éternité. Le jour n’est pas loin où le Messie,
+tant de fois annoncé, viendra et mettra le monde sous les pieds du
+peuple d’Israël. Que dis-je ? Le voici peut-être. Rebbi Abnir,
+grand rabbin de Fâs, a reçu des lettres d’Égypte : le prétendu
+mahdi, annoncent-elles, n’est point musulman, mais juif ; c’est
+le Messie ; il chasse les chrétiens comme l’aquilon dissipe la
+pluie. « Qu’ainsi périssent, ô Seigneur, tous vos ennemis :
+mais que ceux qui vous aiment brillent comme le soleil lorsque ses
+rayons éclatent au matin. »
+
+
+ =II. — Israélites de blad es sîba.=
+
+
+Tout Juif de blad es sîba appartient corps et biens à son seigneur,
+son _sid_. Si sa famille est établie depuis longtemps dans le pays,
+il lui est échu par héritage, comme une partie de son avoir, suivant
+les règles du droit musulman ou les coutumes imaziṛen. Si lui-même
+est venu se fixer au lieu qu’il occupe, il a dû, aussitôt arrivé,
+se constituer le Juif de quelqu’un : son hommage rendu, il est lié
+pour toujours, lui et sa postérité, à celui qu’il a choisi. Le
+sid protège son Juif contre les étrangers comme chacun défend son
+bien. Il use de lui comme il gère son patrimoine, suivant son propre
+caractère. Le Musulman est-il sage, économe ? Il ménage son Juif,
+il ne prend que le revenu de ce capital ; une redevance annuelle,
+calculée d’après les gains de la saison, est tout ce qu’il
+lui demande ; il se garde d’exiger trop, il ne veut pas appauvrir
+son homme ; il lui facilite au contraire le chemin de la fortune :
+plus le Juif sera riche, plus il rapportera. Il ne le moleste pas
+dans sa famille, ne lui prend ni sa femme ni sa fille, afin qu’il
+ne cherche pas à échapper à la servitude par la fuite. Ainsi le
+bien du sid s’accroît de jour en jour, comme une ferme sagement
+administrée. Mais que le seigneur soit emporté, prodigue, il mange
+son Juif comme on gaspille un héritage : il lui demande des sommes
+excessives ; le Juif dit ne pas les avoir ; le sid prend sa femme en
+otage, la garde chez lui jusqu’à ce qu’il ait payé. Bientôt
+c’est un nouvel ordre et une nouvelle violence ; le Juif mène la
+vie la plus pauvre et la plus misérable, il ne peut gagner un liard
+qui ne lui soit arraché, on lui enlève ses enfants. Finalement, on
+le conduit lui-même sur le marché, on le met aux enchères et on
+le vend, ainsi que cela se fait en certaines localités du Sahara,
+mais non partout ; ou bien on pille et on détruit sa maison et
+on le chasse nu avec les siens. On voit des villages dont tout un
+quartier est désert. Le passant étonné apprend qu’il y avait là
+un mellaḥ et qu’un jour les sids, d’un commun accord, ont tout
+pris à leurs Juifs et les ont expulsés. Rien au monde ne protège
+un Israélite contre son seigneur ; il est à sa merci. Veut-il
+s’absenter, il lui faut son autorisation. Elle ne lui est pas
+refusée, parce que les voyages du Juif sont nécessaires à son
+commerce ; mais sous aucun prétexte il n’emmènera sa femme ni ses
+enfants ; sa famille doit rester auprès du sid pour répondre de son
+retour. Veut-il unir sa fille à un étranger qui la conduira dans son
+pays, force est au fiancé de la racheter du seigneur au prix qu’il
+plaira à ce dernier de fixer ; la rançon varie suivant la fortune
+du jeune homme et la beauté de la jeune fille. J’ai vu à Tikirt
+une jolie Juive qui venait de l’Ouarzazât ; pour l’emmener,
+son mari avait payé 400 francs, grosse somme en un mellaḥ où
+l’homme le plus riche possède en tout 1500 francs. Le Juif, tout
+enchaîné qu’il est, peut s’affranchir et quitter le pays,
+si son sid l’autorise à se racheter ; le plus souvent celui-ci
+repousse sa requête ; si parfois il consent, c’est lorsque le Juif,
+par suite d’opérations commerciales, a la majeure partie de sa
+fortune hors de son atteinte. Il fixe alors le prix du rachat, soit en
+bloc pour toute la famille, soit pour chaque membre en particulier :
+la somme exigée est la plus grande partie de la fortune présumée
+du Juif. Le marché conclu, la rançon payée, le Juif est libre ;
+il déménage avec les siens sans être inquiété et va s’établir
+où bon lui semble. S’il ne veut ou ne peut donner ce qu’on lui
+demande, si toute proposition est rejetée de parti pris, et s’il a
+la ferme volonté de s’en aller coûte que coûte, il ne lui reste
+qu’un moyen, la fuite. Il la prépare d’avance, l’exécute dans
+le plus grand secret. Une nuit sombre, il sort à pas de loup suivi
+de sa famille ; tout dort : on ne l’a pas vu. Il arrive à la porte
+du village. Des bêtes de somme, une escorte de Musulmans étrangers
+l’attendent. On monte, on part, on fuit à toute vitesse. Courant la
+nuit, se cachant le jour, évitant les lieux habités, choisissant les
+chemins détournés et déserts, on gagne d’un pas rapide la limite
+du blad el makhzen ; là enfin on respire : on n’est en sûreté
+complète qu’arrivé dans une grande ville. Le Juif qui se sauve
+est en danger mortel. Son seigneur, dès qu’il apprend son départ,
+se jette à sa poursuite ; s’il le rejoint, il le tue comme un
+voleur qui lui emporte son bien. Lorsque la fuite a réussi, le Juif
+évitera, lui et ses descendants, pendant plusieurs générations,
+d’approcher même de loin de son ancienne résidence ; il s’en
+tiendra au moins à trois ou quatre journées, et là même il sera
+inquiet. J’ai vu des Israélites de plus de cinquante ans, dont le
+père s’était enfui de Mḥamid el Ṛozlân avant leur naissance,
+regarder comme périlleux de passer à Tanziḍa et à Mrimima,
+où ils pouvaient, disaient-ils, rencontrer des Berâber et être
+pris par eux. En quelque endroit qu’un sid retrouve son Juif ou
+un rejeton de celui-ci, il met la main sur lui. Il est des exemples
+d’Israélites dont l’aïeul s’était sauvé et qui, à plus
+de quatre-vingts ans de distance, ont été ramenés enchaînés au
+pays de leurs ancêtres par le descendant de leur seigneur. Ce droit
+permet parfois d’étranges choses. Un jour arrivèrent au Dâdes
+deux rabbins quêteurs de Jérusalem. Comme ils passaient sur un
+marché, un Musulman leur saute à la gorge : « Ce sont mes Juifs,
+s’écrie-t-il. Je les reconnais. Il y a quarante ans, tout
+jeunes encore, ils s’enfuirent avec leur père. Enfin Dieu me les
+rend ! Qu’il soit loué ! » Les pauvres rabbins de se récrier :
+depuis dix générations leurs familles habitaient Jérusalem. Jamais
+eux-mêmes n’avaient quitté la ville sainte avant cette année,
+et plût au ciel qu’ils n’en fussent jamais sortis ! « Que Dieu
+maudisse votre voleur de père ! Je jure que je vous reconnais et
+que vous êtes mes Juifs. » Et il les emmène chez lui. Il ne leur
+rendit la liberté qu’au prix de 800 francs, que paya pour eux la
+communauté de Tiilit.
+
+Dans les tribus dont l’organisation est démocratique, chez les
+Berâber par exemple, chaque Israélite a un seigneur différent. Dans
+celles qui sont gouvernées par un chef absolu, comme le Mezgîṭa,
+le Tazeroualt, les Juifs appartiennent tous au chikh et n’ont pas
+d’autre sid que lui. Aux lieux où le chikh existe, mais avec une
+autorité limitée, à Tazenakht, chez les Zenâga, le Juif lui doit
+un tribut annuel, ne peut déménager sans se racheter de lui, mais
+n’en appartient pas moins à un seigneur particulier qui a sur lui
+les droits ordinaires.
+
+La contrée où j’ai vu les Israélites les plus maltraités et les
+plus misérables est la vallée de l’Ouad el Ạbid, d’Ouaouizert
+à Tabia. J’y ai trouvé des Juives enfermées depuis trois mois
+chez leur seigneur parce que le mari ne pouvait payer certaine
+somme. Là les coutumes fixent à 30 francs l’amende du Musulman
+qui a tué un Juif. Il les doit au sid du mort, et n’a d’autre
+peine ni d’autre dommage. Dans cette région, les Israélites ne
+font point de commerce : dès qu’ils possèdent quelque chose,
+on le leur arrache ; ils ne peuvent être orfèvres : l’argent
+manque ; tous sont cordonniers. Traités comme des brutes, le
+malheur en a fait des êtres sauvages et féroces ; ils se battent,
+se blessent, se tuent journellement ; à Aït ou Akeddir, j’ai
+vu un matin entrer à la synagogue un homme qui venait d’égorger
+son neveu dans une querelle et s’en vantait ; personne ne lui fit
+de reproche, la chose était commune. Moi-même, j’ai, deux fois
+en quinze jours, failli être assassiné dans cette contrée, par
+des Juifs d’Ouaouizert entre ce village et Qaçba Beni Mellal,
+par des Juifs d’Aït ou Akeddir dans leur mellaḥ même. La
+première fois, j’étais parti avec un zeṭaṭ musulman et
+une caravane d’Israélites d’Ouaouizert. Bientôt je vis mon
+Musulman donner des signes d’inquiétude ; il me prit à part et me
+rapporta que les Juifs tenaient entre eux des propos inquiétants et
+semblaient comploter ; ils s’obstinaient, malgré lui, à vouloir
+prendre un chemin désert qui ne pouvait nous conduire qu’à une
+embuscade. Tout à coup se profila, au sommet d’une croupe, la
+silhouette de plusieurs cavaliers. « Ce sont des Aït Seri ennemis
+de ma tribu ! Les Juifs nous ont trahis. » Je tourne bride. Les
+Israélites veulent me retenir. Mais ils n’osent employer la
+force en présence de mon Musulman. Je reprends à toute vitesse,
+avec lui, la direction de Qaçba Beni Mellal. A peine étais-je
+dans la bourgade, que j’appris, par des parents de mon zeṭaṭ,
+que les Juifs de la caravane avaient fait pacte la veille avec des
+Aït Seri : ceux-ci devaient attaquer et tuer le zeṭaṭ, pendant
+qu’eux-mêmes m’égorgeraient et me pilleraient. Je ne partis
+que plus tard de Qaçba Beni Mellal, avec une escorte de Musulmans,
+et sans Juifs du pays. La seconde fois, on s’ameuta contre moi à
+Aït ou Akeddir, et la majorité du mellaḥ demanda à grands cris ma
+tête. Une scène tumultueuse eut lieu à la synagogue, on jura que
+je ne sortirais pas vivant du lieu. Le sang-froid et la fermeté de
+mon hôte me sauvèrent. Il se montra prêt à me défendre les armes
+à la main et empêcha les violences immédiates. Il y eut encore des
+scènes orageuses dans la journée : on me croyait chargé d’or et
+il semblait que ma mort dût enrichir le mellaḥ entier ; cette idée
+affolait tous ces misérables. Mon hôte me fit évader le lendemain
+avant le jour avec un Musulman de confiance. Ce ne fut qu’en ces
+deux points, à Bou el Djạd et à Tatta, que les Israélites me
+firent courir de graves dangers. A Bou el Djạd et à Tatta, ils me
+devinèrent, me trahirent et excitèrent contre moi les Musulmans,
+par flatterie pour ces derniers, sans me menacer eux-mêmes. Sur
+l’Ouad el Ạbid, ils n’avaient pas soupçonné ma religion ;
+j’étais un frère étranger et riche qu’ils voulaient faire
+disparaître pour prendre son bien. Il n’y a aucune peine ni pour le
+meurtre ni pour le vol. Une nuit que j’étais à Ouaouizert, couché
+à la synagogue[125] avec dix ou douze autres personnes, un voleur
+m’éveilla en fouillant dans mon bagage, je parvins à le saisir,
+on apporta de la lumière ; je demandai ce qu’on allait faire du
+prisonnier : « Le lâcher ; » puis on alluma les lampes et l’on
+chanta des prières pour se tenir éveillé. Dans ces pays, les Juifs
+d’un village ont-ils une querelle avec ceux d’un autre, on s’arme
+des deux côtés, on prend rendez-vous et on se livre bataille.
+
+
+ =III. — Répartition des Juifs au Maroc.=
+
+
+Les Juifs sont répartis d’une manière inégale dans les diverses
+parties du Maroc. Ils semblent être cantonnés surtout, d’une part
+dans les ports et les grandes villes du blad el makhzen, de l’autre
+dans le massif du Grand Atlas et sur les cours d’eau qui descendent
+du versant méridional de cette chaîne.
+
+Il y a très peu d’Israélites dans le Rif ; ils y étaient nombreux
+autrefois ; de mauvais traitements les ont chassés dans ce siècle,
+les uns vers Fâs, les autres vers Tlemsen et Debdou. Les deux
+principaux mellaḥs du Rif sont à cette heure ceux de Tafersit et
+de Chechaouen.
+
+De Tanger à Agadir Iṛir, point de port sur l’Océan où les
+Juifs ne forment une partie importante de la population.
+
+Sur les divers cours d’eau qui se jettent dans l’Atlantique au
+nord du Sebou, un seul mellaḥ, celui d’El Qçar.
+
+_Bassin de l’Ouad Sebou._ — Il n’y existe d’Israélites qu’en
+cinq points, à Fâs (800 familles), à Meknâs (400 familles), à
+Sfrou (250 familles), à Tâza (50 familles), à Qaçba Miknâsa (15
+familles). Dans les grandes tribus qui occupent le cours supérieur
+du fleuve et de ses affluents, Beni Mṭir, Beni Mgild, Aït Ioussi,
+Beni Ouaṛaïn, il n’y en a point.
+
+_Bassin de l’Ouad Bou Regreg._ — Il ne renferme aucun mellaḥ. Pas
+de Juifs, ni chez les Zaïan, ni chez les Zemmour Chellaḥa, ni chez
+les Zạïr.
+
+_Bassin de l’Ouad Oumm er Rebiạ._ — Très peu d’établissements
+israélites sur la rive droite du fleuve : un grand nombre sur les
+affluents de gauche qui prennent leur source dans le Grand Atlas. Les
+principaux sont :
+
+ { Bou el Djạd 50 fam.
+ {
+ Tâdla { Qaçba Tâdla 30
+ {
+ { Qaçba Beni Mellal 75
+
+ { Takiout 20
+ Doukkala {
+ { El Arbạa 20
+
+ Aït Atta d Amalou. — Ouaouizert 35
+
+ { Aït ou Akeddir 50
+ {
+ Aït Ạtab { Ḥad Aït Ạtab 20
+ {
+ { Ikadousen 30
+
+ Aït Ạïad 20
+
+ { Djemaạa Entifa 50
+ {
+ { Bezzou 20
+ {
+ Entifa { Tisoukennatin[126] 15
+ {
+ { Desra[127] 10
+ {
+ { Tabia 10
+
+ Aït b Ououlli. — Aït Brahim 30
+
+ B Ougemmez. — Aït Ouriad 15
+
+ Aït Abbes 30
+
+ { Aït Tagella 20
+ Bou Ḥarazen {
+ { Bou Ḥarazen 20
+
+ { Demnât 250
+ {
+ { Idili 30
+ Demnât {
+ { Aït Mazzen 20
+ {
+ { El Ḥamedna[128] 20
+
+ Sraṛna. — El Qlạa 120
+
+ { Zaouïa Sidi Reḥal 25
+ Zemrân {
+ { Oulad Mançour 15
+
+ { Tagmout 30
+ {
+ Glaoua { Zarakten 15
+ {
+ { Enzel 20
+
+_Bassin de l’Ouad Tensift._ — Les Juifs y ont peu de centres sur
+la rive droite, mais ils en possèdent sur les affluents de gauche
+du fleuve. Voici quelques-uns d’entre eux :
+
+ Merrâkech 600 fam.
+
+ Rḥamna. — Tamellalt 20
+
+ { Tasremout (Aït Taggant) 30
+ {
+ { Tamazzens 25
+ Mesfioua {
+ { Igni s Neïn 20
+ {
+ { Debra 30
+
+ { Tahennaout 40
+ Ṛiraïa {
+ { Tassellount 30
+
+ { Dar El Genṭafi 30
+ Genṭafa {
+ { Tagadirt el Bour 16
+
+ Gergoura. — Fres 20
+
+ Amsmiz.— Amsmiz 100
+
+ Tisgin. — Tisgin 30
+
+ Asif el Mal 20
+
+_Bassin de l’Ouad Sous._ — Les bords de ce fleuve sont une des
+contrées du Maroc où les Israélites sont les plus nombreux. Sur ses
+affluents de droite il s’en trouve aussi, mais moins. Il n’en
+existe à peu près point sur les affluents de gauche. Voici la
+plupart des mellaḥs de ce bassin :
+
+ { Ouaounzourt 10
+ {
+ { Mezgemmat 10
+ {
+ { Asareg 30
+ {
+ { Amzarko 40
+ {
+ { Igidi 10
+ {
+ { Arled 10
+ {
+ Aït Tameldou { Aït Ouartasa 2
+ {
+ { Tamjerjt 20
+ {
+ { Aït Tougda 3
+ {
+ { Igourdan 4
+ {
+ { Ạraben 3
+ {
+ { Inmarakht 20
+ {
+ { Aït Leti 15
+
+ { Idergan 20
+ Iouzioun {
+ { Tabia 10
+
+ { Aoullous 5
+ Aït Tedrart {
+ { Tamalout 2
+
+ { Aït Sin 3
+ Aït Oubial {
+ { Tagouïamt 4
+
+ Aït Ọtman. — Tagmout 8
+
+ { Iṛil n Oro 50
+ Zagmouzen {
+ { Taourirt 10
+
+ { Taourirt el Ḥad 10
+ Aït Iaḥia {
+ { Arfaman 12
+
+ { Argoummi 2
+ {
+ { Imi n Ougni 10
+ Seketâna {
+ { Timasinin 2
+ {
+ { Timersit 2
+
+ { Aoulouz 30
+ {
+ { Amerli 20
+ {
+ Rḥala { Igedad 4
+ {
+ { Aderdour 20
+ {
+ { Aït Oumbarek 2
+
+ { Aït Ioub 15
+ {
+ { Oulad Ḥasen 15
+ {
+ { Oulad Brahil 15
+ {
+ { Souaṭat 5
+ {
+ { Oulad Brahim 4
+ {
+ { Agedal 10
+ Menâba {
+ { Ida ou Gouilal 10
+ {
+ { Igli 40
+ {
+ { Ida ou Qaïs 15
+ {
+ { Tinzert 20
+ {
+ { Tamast 10
+ {
+ { Ạïn n Ougeïḍa 5
+
+ { Asseïn 3
+ Indaouzal {
+ { Louleiza 15
+
+ { Timdouin 20
+ {
+ Oulad Iaḥia { Arazan 20
+ {
+ { Oulad Bou Ṛis 10
+
+ Aït Semmeg (Ouad el Amdad). — Touloua 10
+
+ Ouneïn. — Adouz 20
+
+ Taroudant 300
+
+_Sahel Marocain._ — Peu de Juifs. Ils sont groupés en quelques
+points clairsemés dont voici les principaux :
+
+ { Dar Ben Dleïmi 30
+ Chtouka {
+ { Tamaliḥt 60
+
+ Zarar Ida Oultit. — Ouizzân 50
+
+ Tazeroualt. — Iliṛ 70
+
+ Ouad Noun 40
+
+_Bassin de l’Ouad Dra._ — Les Israélites sont en grand nombre
+dans la vallée du fleuve et dans celles de ses affluents supérieurs ;
+il y en a peu dans le reste du bassin. Voici la plupart des mellaḥs :
+
+ { Iṛris 8
+ {
+ Assaka (Ouad Iounil). { Timsal 20
+ {
+ { Angelz 30
+
+ Tizgi (Ouad Iounil). — Tizgi 25
+
+ { Tazleft 2
+ {
+ { Aït Ạïssa 8
+ {
+ { Tadoula 12
+ Aït Zaïneb {
+ { Imzouṛen 10
+ {
+ { El Mellaḥ 2
+ {
+ { Tikirt 20
+
+ { Aït Ḥammou ou Ạli 6
+ {
+ { Aït Baddou 1
+ Telouet {
+ { Tabougoumt 20
+ {
+ { Imaounin 15
+
+ { Timjdout 15
+ {
+ { Sour 10
+ {
+ { Dir 8
+ {
+ Tidili { Igadaïn 6
+ {
+ { Ilṛman 5
+ {
+ { Timzrit 2
+ {
+ { Asell 3
+
+ { Iṛil 8
+ {
+ { Tagnit 2
+ Imini {
+ { Afella Isli 6
+ {
+ { Taskoukt 5
+
+ { Tourtit 2
+ Ikhzama {
+ { Amasin 8
+
+ Aït Touaïa. — Taoura 2
+
+ { Almid 15
+ Aït Marlif {
+ { Tagdourt n Touda 7
+
+ { Tamasint 18
+ {
+ { Zaouïa Sidi Ọtman 5
+ {
+ { Tabount 6
+ {
+ Ouarzazât { Tigemmi Djedid 2
+ {
+ { Taourirt 15
+ {
+ { Tenmasla 20
+ {
+ { Aït Kedif 10
+
+ { Tazenakht 55
+ Aït Ạmer {
+ { Aït Ạli ou Ious 2
+
+ { Aït Mesri 25
+ {
+ Zenâga { Tamarouft 19
+ {
+ { Azdif 18
+
+ Tammasin. — Enzel 2
+
+ Iṛels. — Iṛels 2
+
+ { Tiilit 60
+ Dâdes {
+ { Aït ou Ez Zîn 20
+
+ { Tiṛremt Izouralen Aït
+ { Ḥammou ou Iaḥia 15
+ Imgoun {
+ { Iberrousen 8
+
+ { Targanada 10
+ {
+ { Igli Aït Zarar 8
+ Imeṛrân {
+ { Timicha 4
+ {
+ { Tindout 40
+
+ { Rebaṭ 6
+ {
+ { Asellim Agdz 6
+ {
+ Mezgîṭa { Agdz 20
+ {
+ { Tamnougalt 40
+ {
+ { Asellim 10
+
+ Aït Seddrât. — El Ḥara 3
+
+ Aït Zeri. — Timesla 8
+
+ { Qaçba el Makhzen 30
+ Tinzoulin {
+ { Rebaṭ 20
+
+ { Akhellouf 10
+ {
+ { Beni Zouli 20
+ {
+ { Taṛrelil 10
+ Ternata {
+ { Astour 15
+ {
+ { El Mançouria 30
+ {
+ { El Ạroumiat 20
+
+ Fezouâta. — Amzrou 20
+
+ { Beni Ḥaïoun 40
+ Qtaoua {
+ { Beni Sbiḥ 50
+
+ Mḥamid el Ṛozlân. — Oulad Ḥamed 40
+
+ Alougoum. — Tiṛremt 6
+
+ Zgiḍ. — El Mḥamid 2
+
+ Tatta. — Tintazart 14
+
+ Aqqa. — Tagadirt 12
+
+ Tamanaṛt. — Agerd 20
+
+_Bassin de l’Ouad Ziz._ — Voici l’énumération des
+principaux mellaḥs qui s’y trouvent :
+
+ Tiallalin. — Qcîra el Ihoud 30
+
+ Qçar es Souq. — Qçar es Souq 60
+
+ Reṭeb (un mellaḥ) 30
+
+ Tizimi (2 mellaḥs) 45
+
+ Tafilelt (5 mellaḥs) 200
+
+ Zaouïa Sidi Ḥamza (Ouad Zaouïa Sidi Ḥamza) 2
+
+ { Asfalou 100
+ {
+ { Taourirt 30
+ Todṛa {
+ { Aït Ourjedal 10
+ {
+ { Tinṛir 30
+
+ Ferkla. — Asrir 50
+
+ { Bou Tnefit 12
+ Ṛeris {
+ { Gelmima 30
+
+ Taderoucht.— El Ḥara 20
+
+_Haut bassin de l’Ouad Gir._ — On y rencontre quelques Juifs :
+
+ Tit n Ạli 25
+
+ Tizgi n Gerrama 30
+
+ Beni Tzit 20
+
+_Bassin de l’Ouad Mlouïa._ — Très peu d’Israélites ; il
+n’y en a qu’aux six endroits suivants :
+
+ { Bou Zmella 30
+ Ouṭat Aït Izdeg {
+ { Aït Ọtman ou Mousa 80
+
+ Qçâbi ech Cheurfa. — El Qçâbi 60
+
+ Misour. — Oulad Bou Jejia 10
+
+ Ouṭat Oulad el Ḥadj. — Mellaḥ el Ihoud 30
+
+ Debdou. — Debdou 300
+
+Entre le bassin de la Mlouïa et la frontière algérienne, un seul
+mellaḥ, celui d’Oudjda.
+
+ * * * * *
+
+
+[Note 123 : J’écris des Juifs du Maroc moins de mal que je n’en
+pense ; parler d’eux favorablement serait altérer la vérité. Mes
+observations s’appliquent à la masse du peuple : dans le mal
+général, il existe d’heureuses exceptions. A Fâs, à Sfrou,
+à Meknâs, à Tâza, à Tazenakht, à Debdou, en d’autres lieux
+encore, j’ai vu des Israélites donner l’exemple de la vertu. Le
+grand rabbin de Fâs était, aux yeux des Musulmans mêmes, un des
+hommes les plus justes de son temps. Mais ces modèles sont rares et
+on les imite peu.]
+
+[Note 124 : Les Juifs fabriquent eux-mêmes cette eau-de-vie, qu’ils
+appellent _mahia_ ; ils la font, dans le nord, de cire ou de raisins
+secs ; dans la montagne, de figues ; dans le Sahara, de dattes. Dans
+les villes, la mahia s’achète par carafes au marché ; dans les
+campagnes, chaque maison distille tous les jeudis ce qu’il lui faut
+pour la semaine.]
+
+[Note 125 : Dans tout le Maroc, les grandes villes exceptées, les
+synagogues servent d’auberge : on y dort, on y mange, on s’y
+enivre, on y tue des poulets, on y fait la cuisine ; on y trafique
+et on y vend comme au marché.]
+
+[Note 126 : Village situé au pied du Grand Atlas à 1 heure et demie
+de Tabia. Dans mon itinéraire je l’ai laissé à main gauche.]
+
+[Note 127 : Petit village entre Bezzou et Tabia.]
+
+[Note 128 : Village situé au pied du Grand Atlas, entre Idili et
+Demnât.]
+
+
+
+
+ LISTE
+ DES
+ OBSERVATIONS ASTRONOMIQUES
+ FAITES AU MAROC AU COURS DU VOYAGE
+ (Juin 1883-Mai 1884)
+
+ ET
+ TABLEAU DES LATITUDES ET LONGITUDES
+ DES POINTS DÉTERMINÉS ASTRONOMIQUEMENT PAR CES OBSERVATIONS.
+
+ * * * * *
+
+
+ =I. — Liste des Observations.=
+
+
+ TÉTOUAN. — 24 juin 1883, 5 h. soir.
+
+ Maison de Jacob Danan (mellaḥ). Angle hor. du soleil.
+
+ Chronomètre : 4h 19m 20s Hauteur : 53° 48′ 00″
+
+ 21 02 53 07 10
+
+ 22 31 52 30 00
+
+ 24 01 51 55 40
+
+ 25 35 51 18 20
+
+ Erreur instrumentale : bord supérieur + 0° 31′ 50″
+
+ bord inférieur − 0 31 00
+
+
+ TÉTOUAN. — 24 juin, 10 h. soir.
+
+ Maison de Jacob Danan. Hauteur de la Polaire.
+
+ Chronomètre : 9h 29m Hauteur : 69° 18′ 30″
+
+ 42 69 25 10
+
+ 55 69 32 00
+
+
+ TÉTOUAN. — 25 juin, 7 h. 1/4 matin.
+
+ Maison de Jacob Danan. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 6h 45m 54s Hauteur : 57° 20′ 40″
+
+ 48 19 58 19 30
+
+ 50 02 59 01 00
+
+ 51 36 59 38 10
+
+ 53 33 60 25 50
+
+
+ TÉTOUAN. — 26 juin, 7 h. matin.
+
+ Maison de Jacob Danan. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 6h 38m 43s Hauteur : 54° 25′ 40″
+
+ 40 30 55 07 30
+
+ 41 50 55 40 10
+
+ 43 09 56 11 20
+
+ 44 41 56 48 20
+
+
+ TÉTOUAN. — 26 juin, 5 h. 1/2 soir.
+
+ Maison de Jacob Danan. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 4h 51m 51s Hauteur : 40° 55′ 40″
+
+ 53 41 40 12 30
+
+ 55 07 39 38 40
+
+ 56 35 39 04 10
+
+ 58 10 38 27 20
+
+
+ TÉTOUAN. — 27 juin, 7 h. 1/2 matin.
+
+Maison de Jacob Danan. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 6h 52m 36s Hauteur : 59° 53′ 30″
+
+ 54 42 60 47 30
+
+ 56 16 61 25 50
+
+ 58 09 62 09 00
+
+ 59 35 62 44 00
+
+
+ TÉTOUAN. — 27 juin, 5 h. soir.
+
+ Maison de Jacob Danan. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 4h 29m 11s Hauteur : 49° 51′ 50″
+
+ 30 53 49 11 20
+
+ 32 18 48 36 40
+
+ 33 40 48 04 30
+
+ 35 18 47 26 00
+
+
+ TÉTOUAN. — 1er juillet, 7 h. 1/2 matin.
+
+ Maison de Jacob Danan. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 7h 01m 50s Hauteur : 63° 21′ 40″
+
+ 03 37 64 05 40
+
+ 05 15 64 44 20
+
+ 06 46 65 21 30
+
+ 08 45 66 10 00
+
+ 12 39 67 45 05
+
+ 14 14 68 23 00
+
+ 15 32 68 55 10
+
+ 17 05 69 32 00
+
+ 18 19 70 03 00
+
+
+ TÉTOUAN. — 1er juillet, 4 h. 1/2 soir.
+
+ Maison de Jacob Danan. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 3h 46m 23s Hauteur : 66° 54′ 40″
+
+ 48 51 65 54 50
+
+ 50 54 65 06 00
+
+ 52 34 64 25 10
+
+ 53 43 63 56 40
+
+ 58 43 61 55 50
+
+ 4h 00 00 61 24 30
+
+ 01 33 60 47 40
+
+ 03 10 60 09 30
+
+ 04 19 59 41 20
+
+
+ TÉTOUAN. — 2 juillet, arrêt du Chronomètre.
+
+
+ FAS. — 26 juillet, 7 h. matin.
+
+ Maison de Samuel Ben Simhoun (mellaḥ). Angle h. du s.
+
+ Chronomètre : 5h 14m 45s Hauteur : 45° 04′ 20″
+
+ 16 32 45 47 20
+
+ 18 00 46 23 50
+
+ 20 29 47 24 40
+
+ 22 42 48 20 00
+
+ 25 26 49 26 40
+
+
+ FAS. — 27 juillet, 4 h. 1/2 soir.
+
+ Maison de S. Ben Simhoun. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 3h 02m 31s Hauteur : 51° 21′ 50″
+
+ 03 55 50 46 10
+
+ 05 14 50 14 45
+
+ 06 46 49 36 40
+
+ 08 33 48 52 40
+
+ 10 22 48 08 50
+
+ 11 27 47 40 40
+
+ Erreur instrumentale : + 0° 31′ 45″
+
+ − 0° 31 00
+
+
+ FAS. — 28 juillet, 8 h. 1/4 matin.
+
+ Maison de S. Ben Simhoun. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 6h 48m 41s Hauteur : 83° 27′ 00″
+
+ 51 39 84 42 00
+
+ 54 20 85 47 20
+
+ 56 31 86 43 20
+
+ 58 39 87 34 30
+
+
+ FAS. — 28 juillet, 4 h. 1/2 soir.
+
+ Maison de S. Ben Simhoun. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 2h 46m 54s Hauteur : 57° 32′ 00″
+
+ 49 35 56 25 50
+
+ 52 04 55 24 30
+
+ 56 22 53 36 45
+
+
+ TAZA. — 1er août, arrêt du Chronomètre.
+
+
+ TAZA. — 5 août, 3 h. matin.
+
+ Maison de Bou Douma (mellaḥ). Hauteur de la Polaire.
+
+ Chronomètre : 1h 34m Hauteur : 71° 02′ 30″
+
+ 46 71 04 30
+
+ 2h 06 71 07 00
+
+
+ FAS. — 12 août, 7 h. 3/4 matin.
+
+ Maison de S. Ben Simhoun. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 6h 10m 40s Hauteur : 70° 20′ 40″
+
+ 12 37 70 43 10
+
+ 14 08 71 20 15
+
+ 16 09 72 11 50
+
+ 17 28 72 43 00
+
+ 18 38 73 12 50
+
+
+ FAS. — 13 août, 8 h. 1/4 matin.
+
+ Maison de S. Ben Simhoun. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 6h 04m 21s Hauteur : 67° 12′ 40″
+
+ 05 49 67 49 50
+
+ 07 54 68 41 50
+
+ 09 34 69 24 10
+
+ 11 15 70 04 10
+
+ 12 52 70 39 40
+
+ 14 23 71 23 00
+
+ 15 38 71 53 20
+
+ 16 56 72 25 15
+
+ 18 18 72 59 50
+
+ Erreur instrumentale : + 0° 32′ 00″
+
+ − 0° 31 30
+
+
+ FAS. — 13 août, 4 h. 1/4 soir.
+
+ Maison de S. Ben Simhoun. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 2h 37m 15s Hauteur : 50° 42′ 55″
+
+ 39 21 49 49 40
+
+ 41 26 48 59 00
+
+ 42 39 48 28 30
+
+ 44 00 47 54 30
+
+ 45 41 47 12 30
+
+ 46 54 46 43 05
+
+ 49 55 45 28 00
+
+ 51 27 44 50 40
+
+ 52 58 44 12 05
+
+
+ FAS. — 19 août, 8 h. 1/4 matin.
+
+ Maison de S. Ben Simhoun. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 6h 05m 45s Hauteur : 66° 42′ 30″
+
+ 07 48 67 35 30
+
+ 09 21 68 13 40
+
+ 11 07 68 57 40
+
+ 12 52 69 41 20
+
+ 16 09 71 01 50
+
+ 21 11 73 04 10
+
+ 22 41 73 42 40
+
+ 23 55 74 10 50
+
+ 24 59 74 39 00
+
+ 26 45 75 21 00
+
+
+ FAS. — 19 août, 3 h. 1/2 soir.
+
+ Maison de S. Ben Simhoun. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 2h 00m 38s Hauteur : 62° 58′ 40″
+
+ 02 48 62 02 10
+
+ 04 14 61 29 20
+
+ 05 45 60 49 40
+
+ 07 31 60 10 00
+
+ 08 40 59 39 10
+
+ 10 03 59 03 30
+
+ 11 12 58 33 30
+
+ 12 41 57 56 50
+
+ 14 06 57 23 00
+
+ 15 46 56 41 50
+
+ Erreur instrumentale : + 0° 31′ 55″
+
+ − 0° 31 20
+
+
+ SFROU. — 20 août, 4 h. soir.
+
+ Maison de David Aoulil. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 1h 56m 08s Hauteur : 64° 03′ 10″
+
+ 57 42 63 24 10
+
+ 58 50 62 56 20
+
+ 2h 00 05 62 24 30
+
+ 01 10 61 58 20
+
+ 02 13 61 33 00
+
+ 03 30 61 00 30
+
+ 04 21 60 39 20
+
+ Erreur instrumentale : + 0° 32′ 00″
+
+ − 0° 31 30
+
+
+ FAS. — 21 août, arrêt du Chronomètre.
+
+
+ FAS. — 22 août, 7 h. 3/4 matin.
+
+ Maison de S. Ben Simhoun. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 4h 10m 11s Hauteur : 62° 01′ 10″
+
+ 11 09 62 24 30
+
+ 12 10 62 49 40
+
+ 13 17 63 17 20
+
+ 14 42 63 52 40
+
+ 16 15 64 30 30
+
+ 17 14 64 54 40
+
+ 18 11 65 18 10
+
+ 19 50 65 58 10
+
+ 23 38 67 27 30
+
+ 24 31 67 53 40
+
+ 25 28 68 16 50
+
+ 26 35 68 43 40
+
+ 29 06 69 45 20
+
+ 29 59 70 07 10
+
+ 30 52 70 28 50
+
+ 31 54 70 53 40
+
+ 34 33 71 59 00
+
+ 35 43 72 27 10
+
+ 36 49 72 54 30
+
+ 37 52 73 19 30
+
+ Erreur instrumentale : + 0° 32′ 00″
+
+ − 0° 31 30
+
+
+ FAS. — 22 août, 3 h. 1/2 soir.
+
+ Maison de S. Ben Simhoun. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 11h 57m 25s Hauteur : 68° 38′ 30″
+
+ 58 40 68 08 00
+
+ 59 40 67 43 00
+
+ 12h 00 28 67 23 40
+
+ 01 33 66 56 20
+
+ 05 32 65 18 40
+
+ 06 37 64 52 00
+
+ 07 41 64 26 00
+
+ 08 38 64 02 10
+
+ 10 12 63 23 40
+
+ 11 37 62 48 40
+
+ 12 53 62 17 20
+
+ 13 52 61 53 00
+
+ 15 43 61 07 15
+
+ 16 35 60 45 50
+
+ 18 09 60 07 10
+
+ 19 14 59 40 30
+
+ 20 40 59 05 10
+
+ 21 33 58 43 00
+
+ 22 18 58 24 20
+
+ 23 15 58 00 50
+
+
+ OULMESS. — 2 septembre, arrêt du Chronomètre.
+
+
+ BOU EL DJAD. — 7 septembre, 9 h. matin.
+
+ Maison de Mousi Alloun. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 1h 35m 55s Hauteur : 78° 13′ 05″
+
+ 37 58 79 02 10
+
+ 39 31 79 38 10
+
+ 41 07 80 14 20
+
+ 42 14 80 41 10
+
+ 44 00 81 22 50
+
+
+ BOU EL DJAD. — 7 septembre, 3 h. 1/2 soir.
+
+ Maison de Mousi Alloun. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 8h 16m 04s Hauteur : 67° 43′ 05″
+
+ 17 32 67 07 00
+
+ 18 38 66 40 50
+
+ 19 57 66 08 35
+
+ 21 16 65 36 20
+
+ Erreur instrumentale : + 0° 32′ 00″
+
+ − 0° 31 40
+
+
+ BOU EL DJAD. — 9 septembre, 1 h. matin.
+
+ Maison de Mousi Alloun. Hauteur de la Polaire.
+
+ Chronomètre : 5h 11m Hauteur : 67° 58′ 20″
+
+ 22 68 02 00
+
+ 36 68 04 30
+
+ 46 68 08 30
+
+ 6h 02 68 10 30
+
+ 15 68 12 10
+
+ 29 68 13 30
+
+
+ BOU EL DJAD. — 12 septembre, 8 h. 1/4 matin.
+
+ Maison de Mousi Alloun. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 1h 10m 40s Hauteur : 66° 59′ 20″
+
+ 11 58 67 30 00
+
+ 13 11 67 59 00
+
+ 14 22 68 27 35
+
+ 15 30 68 53 40
+
+ 16 57 69 29 00
+
+ Erreur instrumentale : + 0° 32′ 00″
+
+ − 0° 31 25
+
+
+ BOU EL DJAD. — 12 septembre, 3 h. 1/2 soir.
+
+ Maison de Mousi Alloun. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 8h 31m 04s Hauteur : 58° 22′ 10″
+
+ 32 01 57 58 45
+
+ 33 14 57 29 20
+
+ 35 09 56 43 00
+
+ 36 45 56 06 30
+
+
+ OUAOUIZERT. — 29 septembre, arrêt du Chronomètre.
+
+
+ DEMNAT. — 5 octobre, 3 h. 3/4 soir.
+
+ Grande synagogue. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 6h 28m 29s Hauteur : 49° 55′ 30″
+
+ 30 13 49 16 50
+
+ 31 06 48 56 00
+
+ 32 12 48 30 00
+
+ 33 20 48 03 10
+
+ Erreur instrumentale : + 0° 32′ 20″
+
+ − 0° 31 40
+
+
+ DEMNAT. — 7 octobre, 3 h. 1/2 soir.
+
+ Grande synagogue. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 6h 16m 00s Hauteur : 53° 28′ 10″
+
+ 17 11 53 01 15
+
+ 18 38 52 28 40
+
+ 19 36 52 06 20
+
+ 20 45 51 39 30
+
+ 22 05 51 08 45
+
+ 23 24 50 39 00
+
+
+ ZAOUIA SIDI REHAL. — 9 octobre, 9 h. 1/4 matin.
+
+ Synagogue. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 11h 53m 43s Hauteur : 69° 41′ 00″
+
+ 56 08 70 30 25
+
+ 57 10 70 51 50
+
+ 58 11 71 12 20
+
+ 59 15 71 33 55
+
+ 12h 01 19 72 15 50
+
+ 02 18 72 35 30
+
+
+ ZAOUIA SIDI REHAL. — 9 octobre.
+
+ Synagogue. Hauteurs circumméridiennes du soleil.
+
+ Chronomètre : 2h 25m 14s Hauteur : 103° 21′ 30″
+
+ 26 36 24 40
+
+ 27 30 27 20
+
+ 29 12 30 20
+
+ 30 40 33 40
+
+ 31 59 35 30
+
+ 32 52 36 50
+
+ 33 48 37 50
+
+ 36 25 41 00
+
+ 39 30 42 35
+
+ 46 17 41 15
+
+ 49 40 36 00
+
+ 51 25 32 10
+
+ 52 40 29 30
+
+
+ TAGMOUT (Glaoua). — 10 octobre, 3 h. soir.
+
+ Synagogue. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 5h 52m 50s Hauteur : 61° 00′ 50″
+
+ 54 05 60 32 30
+
+ 54 55 60 14 15
+
+ 56 18 59 43 50
+
+ 57 34 59 15 50
+
+ 59 05 58 41 40
+
+ 6h 00 18 58 14 40
+
+ 01 17 57 52 40
+
+ Erreur instrumentale : + 0° 32′ 30″
+
+ − 0° 32 00
+
+
+ TAGMOUT. — 12 octobre.
+
+ Synagogue. Hauteurs circumméridiennes du soleil.
+
+ Chronomètre : 2h 26m 23s Hauteur : 101° 37′ 40″
+
+ 27 45 40 35
+
+ 29 24 43 35
+
+ 31 04 45 50
+
+ 32 57 48 35
+
+ 34 20 49 55
+
+ 37 38 51 25
+
+ 40 25 51 10
+
+ 41 38 50 30
+
+ 43 07 49 15
+
+ 44 27 48 20
+
+ 45 42 47 00
+
+ 46 51 45 10
+
+ 48 10 43 30
+
+ 49 48 40 10
+
+ 51 28 36 05
+
+ 52 58 32 40
+
+ 54 18 29 10
+
+
+ TIKIRT (Aït Zaïneb). — 19 octobre.
+
+ Maison de Mousi Ammer. Hautrs circummérid. du s.
+
+ Chronomètre : 2h 15m 28s Hauteur : 97° 06′ 55″
+
+ 17 46 14 15
+
+ 19 34 18 50
+
+ 21 32 23 50
+
+ 23 18 27 50
+
+ 26 12 32 35
+
+ 29 10 36 10
+
+ 32 55 39 00
+
+ 37 35 38 50
+
+ 40 28 36 30
+
+ 42 48 35 00
+
+ 44 22 32 20
+
+ 45 48 29 40
+
+ 47 14 27 20
+
+ 49 36 21 50
+
+ 52 03 15 20
+
+ 53 52 08 50
+
+ Erreur instrumentale : + 0° 32′ 35″
+
+ − 0° 32 10
+
+
+ TIKIRT. — 19 octobre, 2 h. 3/4 soir.
+
+ Maison de Mousi Ammer. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 5h 35m 43s Hauteur : 61° 27′ 55″
+
+ 37 09 60 56 55
+
+ 38 32 60 28 40
+
+ 40 08 59 54 40
+
+ 41 41 59 21 30
+
+
+ TIKIRT. — 24 octobre, 9 h. 1/4 matin.
+
+ Maison de Mousi Ammer. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 11h 59m 00s Hauteur : 66° 28′ 50″
+
+ 12h 00 07 66 49 20
+
+ 01 19 67 12 25
+
+ 02 48 67 39 40
+
+ 03 43 67 56 00
+
+ 04 43 68 14 10
+
+ 05 48 68 35 00
+
+
+ TAZENAKHT. — 28 octobre, 9 h. matin.
+
+ Maison d’Abraham Ben Oukhkha. Angle horaire du s.
+
+ Chronomètre : 12h 04m 04s Hauteur : 66° 36′ 10″
+
+ 05 16 66 57 55
+
+ 06 58 67 28 45
+
+ 08 06 67 49 05
+
+ 09 23 68 12 10
+
+ 10 28 68 31 00
+
+ 18 27 70 49 25
+
+ 20 01 71 16 40
+
+ 21 38 71 44 25
+
+ 22 51 72 04 45
+
+ 24 16 72 28 10
+
+ 25 11 72 43 40
+
+ 26 25 73 04 05
+
+
+ TAZENAKHT. — 28 octobre, 8 h. soir.
+
+ Maison d’Abraham Ben Oukhkha. Hauteur de la Polaire.
+
+ Chronomètre : 10h 49m Hauteur : 63° 07′ 30″
+
+ 11h 02 12 55
+
+ 16 19 10
+
+ 31 25 10
+
+ 46 30 30
+
+ 59 34 30
+
+ 12h 17 39 20
+
+ 36 43 00
+
+
+ TAZENAKHT. — 29 octobre, 9 h. 1/4 matin.
+
+ Maison d’Abraham Ben Oukhkha. Angle horaire du s.
+
+ Chronomètre : 11h 55m 16s Hauteur : 63° 27′ 00″
+
+ 56 43 63 53 50
+
+ 57 40 64 11 35
+
+ 58 44 64 31 40
+
+ 59 33 64 47 20
+
+ 12h 00 32 65 05 05
+
+ 01 42 65 26 40
+
+ 02 35 65 42 15
+
+ 03 18 65 55 45
+
+ 04 05 66 09 40
+
+ 05 48 66 40 25
+
+ 07 33 67 12 35
+
+ 08 22 67 27 20
+
+ 09 35 67 48 30
+
+ 11 05 68 15 05
+
+ 12 20 68 36 55
+
+ 13 21 68 55 15
+
+ Erreur instrumentale : + 0° 32′ 30″
+
+ − 0° 32 05
+
+
+ TAZENAKHT. — 29 octobre.
+
+ Maison d’Abraham Ben Oukhkha. Hautrs circum. du s.
+
+ Chronomètre : 2h 25m 07s Hauteur : 91° 24′ 25″
+
+ 27 42 25 55
+
+ 31 28 28 10
+
+ 33 10 28 10
+
+ 34 05 28 10
+
+ 35 32 27 30
+
+ 37 36 26 10
+
+ 39 18 24 15
+
+ 40 35 23 00
+
+ 41 23 21 55
+
+
+ TAZENAKHT. — 30 octobre, 9 h. matin.
+
+ Maison d’A. Ben Oukhkha. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 11h 59m 08s Hauteur : 64° 11′ 40″
+
+ 12h 00 40 64 40 00
+
+ 03 01 65 23 00
+
+ 04 44 65 53 55
+
+ 06 32 66 26 00
+
+ 07 15 66 38 50
+
+ 08 35 67 02 30
+
+ 09 43 67 22 30
+
+ 11 00 67 45 00
+
+ 11 42 67 57 40
+
+ 14 19 68 42 45
+
+ 16 33 69 21 05
+
+ 17 20 69 34 45
+
+
+ TAZENAKHT. — 31 octobre, 9 h. matin.
+
+ Maison d’A. Ben Oukhkha. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 12h 01m 03s Hauteur : 64° 20′ 10″
+
+ 02 46 64 51 25
+
+ 03 36 65 06 55
+
+ 04 36 65 24 50
+
+ 05 54 65 47 50
+
+ 07 05 66 08 15
+
+ 08 26 66 32 30
+
+ 09 21 66 48 50
+
+ 10 42 67 12 45
+
+ 11 32 67 26 30
+
+ 12 36 67 45 15
+
+ 13 39 68 03 00
+
+ 14 43 68 22 00
+
+ 15 53 68 42 00
+
+ 16 40 68 55 10
+
+ 17 32 69 10 00
+
+ 19 03 69 35 40
+
+
+ TAZENAKHT. — 1er novembre. 9 h. matin.
+
+ Maison d’A. Ben Oukhkha. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 11h 57m 35s Hauteur : 62° 50′ 10″
+
+ 59 15 63 20 00
+
+ 59 58 63 33 15
+
+ 12h 00 55 63 50 50
+
+ 02 47 64 24 10
+
+ 03 41 64 40 35
+
+ 04 40 64 58 35
+
+ 05 22 65 11 25
+
+ 06 16 65 27 30
+
+ 07 03 65 41 05
+
+ 07 43 65 53 00
+
+ 08 26 66 05 10
+
+ 09 35 66 25 20
+
+ 10 17 66 37 45
+
+ 12 04 67 08 00
+
+ 12 52 67 22 10
+
+
+ TAZENAKHT. — 5 novembre, 9 h. 1/2 matin.
+
+ Maison d’A. Ben Oukhkha. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 12h 00m 45s Hauteur : 62° 00′ 20″
+
+ 01 50 62 19 00
+
+ 02 42 62 34 30
+
+ 03 42 62 52 30
+
+ 04 52 63 13 05
+
+ 05 55 63 30 10
+
+ 07 08 63 53 05
+
+ 08 13 64 10 45
+
+ 09 06 64 26 20
+
+ 10 09 64 44 40
+
+ 10 57 64 58 10
+
+ 12 25 65 22 40
+
+ 13 32 65 42 20
+
+ 14 34 66 01 00
+
+ 15 49 66 18 50
+
+ 16 49 66 36 00
+
+ 18 08 66 54 50
+
+ 20 03 67 29 30
+
+ 21 13 67 48 40
+
+ 22 08 68 04 20
+
+ 23 22 68 24 00
+
+ 24 30 68 41 10
+
+ 25 35 68 58 30
+
+ 26 30 69 13 50
+
+ 27 50 69 34 00
+
+
+ TAZENAKHT. — 9 novembre, 9 h. 1/2 matin.
+
+ Maison d’A. Ben Oukhkha. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 12h 12m 23s Hauteur : 63° 31′ 20″
+
+ 14 13 64 01 30
+
+ 16 06 64 31 30
+
+ 17 18 64 50 50
+
+ 18 22 65 09 00
+
+ 19 48 65 31 40
+
+ 21 13 65 53 45
+
+ 22 35 66 15 55
+
+ 24 06 66 39 50
+
+ 25 22 66 59 50
+
+ 26 56 67 24 05
+
+ 28 20 67 44 20
+
+ 29 50 68 07 20
+
+ 31 16 68 28 35
+
+ 32 35 68 49 00
+
+ 34 40 69 20 20
+
+ 36 19 69 43 50
+
+ 37 31 70 00 55
+
+
+ AGADIR TISINT. — 15 novembre, 2 h. 1/2 soir.
+
+ Maison dite Dar ez Zenâgi. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 4h 52m 20s Hauteur : 62° 26′ 20″
+
+ 53 17 62 10 20
+
+ 54 30 61 50 10
+
+ 55 35 61 32 00
+
+ 56 36 61 14 35
+
+ 57 30 60 59 25
+
+
+ TINTAZART (Tatta). — 20 novembre, 10 h. matin.
+
+ Maison de Nessim Abi Serour (mellaḥ). Angle hor. du s.
+
+ Chronomètre : 12h 21m 03s Hauteur : 61° 58′ 20″
+
+ 22 57 62 27 35
+
+ 24 23 62 49 45
+
+ 25 31 63 07 15
+
+ 26 49 63 27 05
+
+ 27 55 63 43 35
+
+ 29 30 64 07 30
+
+ 31 18 64 33 20
+
+ 32 17 64 48 15
+
+ 33 15 65 02 45
+
+ 34 31 65 21 10
+
+ Erreur instrumentale : + 0° 32′ 45″
+
+ − 0° 32 20
+
+
+ TINTAZART. — 20 novembre.
+
+ Maison de N. Abi Serour. Hautrs circummérid. du s.
+
+ Chronomètre : 2h 25m 55s Hauteur : 80° 44′ 35″
+
+ 28 20 46 25
+
+ 30 27 47 50
+
+ 31 43 48 55
+
+ 33 20 49 20
+
+ 34 35 49 20
+
+ 36 35 48 05
+
+ 38 10 47 10
+
+ 39 15 45 50
+
+ 40 38 44 45
+
+ 41 45 43 05
+
+ 43 17 41 30
+
+
+ TINTAZART. — 20 novembre, 2 h. soir.
+
+ Maison de N. Abi Serour. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 4h 40m 50s Hauteur : 64° 23′ 10″
+
+ 42 50 63 53 00
+
+ 44 12 63 32 00
+
+ 45 17 63 15 20
+
+ 46 16 62 59 55
+
+ 47 12 62 45 00
+
+ 48 11 62 29 50
+
+ 49 40 62 06 05
+
+ 50 50 61 47 20
+
+ 51 47 61 31 40
+
+ 53 01 61 11 50
+
+
+ MADER SOULTAN. — 26 novembre, 2 h. matin.
+
+ Hauteur de la Polaire.
+
+ Chronomètre : 4h 57m Hauteur : 59° 19′ 50″
+
+ 5h 13 59 10 20
+
+ 24 59 03 20
+
+
+ TINTAZART. — 30 novembre. 3 h. soir.
+
+ Maison de N. Abi Serour. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 5h 55m 17s Hauteur : 39° 41′ 20″
+
+ 56 23 39 20 05
+
+ 57 11 39 04 00
+
+ 58 06 38 45 30
+
+ 59 16 38 22 40
+
+ 6 00 14 38 03 35
+
+ Erreur instrumentale : + 0° 32′ 40″
+
+ − 0° 32 05
+
+
+ AGADIR TISINT. — 19 décembre, 9 h. 1/2 soir.
+
+ Maison de Ḥadj Iselman. Hauteur de la Polaire.
+
+ Chronomètre : 11h 44m Hauteur : 62° 12′ 40″
+
+ 57 62 09 00
+
+ 12h 16 62 03 00
+
+ 36 61 54 50
+
+ 49 30s 61 48 40
+
+ 1h 02 61 42 30
+
+ 17 61 35 00
+
+
+ AGADIR TISINT. — 20 décembre, 10 h. 3/4 matin.
+
+ Maison de Ḥadj Iselman. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 1h 17m 22s Hauteur : 66° 11′ 30″
+
+ 18 50 66 25 55
+
+ 19 55 66 35 35
+
+ 21 09 66 47 05
+
+ 24 32 67 18 30
+
+ 25 28 67 27 15
+
+ 26 20 67 34 55
+
+ 27 28 67 44 35
+
+ 33 25 68 33 20
+
+ 34 23 68 41 05
+
+ 35 32 68 49 50
+
+ 36 26 68 56 30
+
+ 37 28 69 04 40
+
+ 38 52 69 14 40
+
+ Erreur instrumentale : + 0° 32′ 50″
+
+ − 0° 32 20
+
+
+ AGADIR TISINT. — 20 décembre, 1 h. 1/4 soir.
+
+ Maison de Ḥadj Iselman. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 3h 39m 33s Hauteur : 69° 46′ 35″
+
+ 42 41 69 21 30
+
+ 43 28 69 14 40
+
+ 44 21 69 09 00
+
+ 46 13 68 51 35
+
+ 4h 03 13 66 11 30
+
+ 04 50 65 53 10
+
+ 05 36 65 45 35
+
+ 06 35 65 35 15
+
+ 07 50 65 22 50
+
+ 08 40 65 11 45
+
+ 09 28 65 03 35
+
+
+ AGADIR TISINT. — 25 décembre, 10 h. 1/2 matin.
+
+ Maison de Ḥadj Iselman. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 1h 10m 48s Hauteur : 64° 51′ 40″
+
+ 12 32 65 09 40
+
+ 14 35 65 30 45
+
+ 15 34 65 40 30
+
+ 16 46 65 52 50
+
+ 17 35 66 01 00
+
+ 18 42 66 11 30
+
+
+ AGADIR TISINT. — 25 décembre, 2 h. soir.
+
+ Maison de Ḥadj Iselman. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 4h 31m 10s Hauteur : 61° 05′ 50″
+
+ 33 15 60 39 00
+
+ 34 13 60 25 35
+
+ 35 20 60 11 00
+
+ 35 56 60 02 45
+
+ 36 46 59 51 30
+
+ 37 55 59 37 10
+
+ 38 55 59 22 10
+
+ 39 44 59 11 00
+
+
+ AFIKOURAHEN (Ilalen). — 18 janvier 1884, 10 h. matin.
+
+ Maison de Moḥammed ou Ạddi. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 12h 45m 15s Hauteur : 61° 05′ 45″
+
+ 46 43 61 27 50
+
+ 47 40 61 41 50
+
+ 49 00 62 01 30
+
+ 50 29 62 23 05
+
+ 56 36 63 39 25
+
+ 58 11 64 11 35
+
+ 59 15 64 26 50
+
+ 1h 00 42 64 56 35
+
+ Erreur instrumentale : + 0° 33′ 00″
+
+ − 0° 32 25
+
+
+ AFIKOURAHEN. — 18 janvier.
+
+ Maison de M. ou Ạddi. Hautrs circummérid. du soleil.
+
+ Chronomètre : 2h 32m 26s Hauteur : 77° 41′ 30″
+
+ 34 04 77 46 05
+
+ 36 08 77 51 10
+
+ 38 08 77 55 25
+
+ 40 15 77 59 20
+
+ 42 39 78 02 30
+
+ 45 14 78 05 40
+
+ 47 40 78 07 25
+
+ 49 49 78 09 15
+
+ 52 55 78 09 45
+
+ 55 36 78 08 35
+
+ 57 57 78 07 05
+
+ 00 35 78 05 10
+
+ 02 25 78 02 25
+
+ 05 33 77 57 40
+
+ 08 38 77 51 10
+
+ 13 34 77 38 50
+
+ 15 12 77 33 50
+
+ 17 12 77 27 00
+
+
+ AFIKOURAHEN. — 18 janvier, 2 h. soir.
+
+ Maison de M. ou Ạddi. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 4h 50m 48s Hauteur : 64° 22′ 35″
+
+ 52 03 64 04 15
+
+ 53 03 63 50 40
+
+ 54 22 63 31 35
+
+ 55 31 63 15 10
+
+ 56 32 63 00 25
+
+ 57 42 62 43 30
+
+ 58 45 62 27 30
+
+ 59 58 62 09 20
+
+ 5h 01 27 61 47 20
+
+ 02 17 61 34 40
+
+ 03 26 61 17 20
+
+ 04 47 60 56 15
+
+
+ MOGADOR. — 30 janvier, 9 h. 1/4 matin.
+
+ Hôtel Sadia. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 12h 41m 32s Hauteur : 61° 39′ 20″
+
+ 42 43 61 57 55
+
+ 44 23 62 23 15
+
+ 45 33 62 41 55
+
+ 46 55 63 02 50
+
+ 48 39 63 29 30
+
+ 49 50 63 47 35
+
+ 50 55 64 03 55
+
+ 52 06 64 21 40
+
+ 53 25 64 40 45
+
+
+ MOGADOR. — 7 février, 9 h. 3/4 matin.
+
+ Hôtel Sadia. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 12h 20m 45s Hauteur : 59° 44′ 10″
+
+ 22 30 60 14 50
+
+ 26 43 61 29 30
+
+ 28 54 62 07 50
+
+ 31 28 62 51 25
+
+ 32 48 63 14 40
+
+ 33 52 63 32 15
+
+ 34 48 63 47 45
+
+ 36 24 64 14 45
+
+ 37 39 64 35 40
+
+ 39 36 65 07 45
+
+ 41 21 65 36 30
+
+ 42 28 65 54 45
+
+ 45 30 66 42 40
+
+ 47 25 67 13 50
+
+ 48 28 67 30 30
+
+ 49 48 67 51 20
+
+ 51 02 68 10 45
+
+ Erreur instrumentale : + 0° 32′ 40″
+
+ − 0° 32 15
+
+
+ MOGADOR. — 7 février, 2 h. 1/4 soir.
+
+ Hôtel Sadia. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 4h 59m 08s Hauteur : 69° 46′ 20″
+
+ 5h 02 30 68 53 50
+
+ 05 04 68 14 05
+
+ 06 46 67 47 10
+
+ 09 36 67 01 35
+
+ 11 33 66 29 00
+
+ 14 05 65 47 40
+
+ 16 18 65 10 35
+
+ 19 30 64 16 20
+
+ 23 21 63 11 00
+
+
+ MOGADOR. — 13 février, 9 h. 1/4 matin.
+
+ Hôtel Sadia. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 12h 09m 22s Hauteur : 59° 31′ 45″
+
+ 10 48 59 58 40
+
+ 12 00 60 20 55
+
+ 13 05 60 41 35
+
+ 14 30 61 08 30
+
+ 15 57 61 35 25
+
+ 17 07 61 56 50
+
+ 18 05 62 15 00
+
+ 19 23 62 38 30
+
+ 21 13 63 11 55
+
+ 23 01 63 45 00
+
+ 25 59 64 38 05
+
+ 27 15 65 00 40
+
+ 28 19 65 19 55
+
+ 29 45 65 45 05
+
+ 31 12 66 10 25
+
+ Erreur instrumentale : + 0° 32′ 40″
+
+ − 0° 32 30
+
+
+ MOGADOR. — 13 février, 2 h. 1/2 soir.
+
+ Hôtel Sadia. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 5h 17m 08s Hauteur : 67° 49′ 05″
+
+ 18 26 67 27 35
+
+ 19 43 67 04 45
+
+ 20 55 66 43 05
+
+ 22 19 66 18 30
+
+ 23 32 65 57 30
+
+ 25 08 65 28 30
+
+ 26 18 65 06 15
+
+ 27 32 64 45 00
+
+ 32 25 63 14 55
+
+ 33 36 62 52 55
+
+ 34 40 62 33 20
+
+ 36 05 62 06 50
+
+ 37 18 61 44 10
+
+
+ MOGADOR. — 25 février, 9 h. matin.
+
+ Hôtel Sadia. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 12h 05m 48s Hauteur : 65° 46′ 55″
+
+ 07 24 66 19 00
+
+ 08 42 66 45 00
+
+ 09 56 67 09 30
+
+ 15 32 68 58 15
+
+ 17 17 69 31 15
+
+ 18 16 69 51 20
+
+ 19 11 70 08 45
+
+
+ MOGADOR. — 25 février, 3 h. soir.
+
+ Hôtel Sadia. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 5h 58m 20s Hauteur : 59° 54′ 20″
+
+ 59 46 59 23 25
+
+ 6h 01 09 58 54 20
+
+ 02 40 58 22 10
+
+ 08 01 56 26 50
+
+ 09 01 56 05 45
+
+ 10 30 55 33 25
+
+ 11 51 55 04 20
+
+
+ MOGADOR. — 9 mars, 9 h. matin.
+
+ Hôtel Sadia. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 12h 08m 00s Hauteur : 75° 24′ 40″
+
+ 09 45 76 00 35
+
+ 11 28 76 35 40
+
+ 13 30 77 17 25
+
+ 15 19 77 54 55
+
+ 17 04 78 29 50
+
+ 18 20 78 55 25
+
+ 20 40 79 42 45
+
+
+ MOGADOR. — 9 mars, 3 h. 1/2 soir.
+
+ Hôtel Sadia. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 5h 58m 58s Hauteur : 64° 42′ 45″
+
+ 6 00 35 64 08 40
+
+ 01 41 63 42 40
+
+ 03 00 63 13 10
+
+ 04 48 62 31 00
+
+ 06 11 62 01 25
+
+ 07 57 61 20 40
+
+ 09 33 60 43 10
+
+
+ MOGADOR. — 10 mars, arrêt du Chronomètre.
+
+
+ AGADIR TISINT. — 2 avril, 8 h. matin.
+
+ Maison de Ḥadj Bou Rḥim. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 3h 17m 21s Hauteur : 63° 57′ 45″
+
+ 18 42 64 32 00
+
+ 19 40 64 56 10
+
+ 20 35 65 19 20
+
+ 21 40 65 47 05
+
+
+ AGADIR TISINT. — 2 avril, 5 h. soir.
+
+ Maison de Ḥadj Bou Rḥim. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 11h 23m 40s Hauteur : 47° 12′ 25″
+
+ 24 41 46 45 40
+
+ 25 41 46 19 50
+
+ 26 27 46 01 05
+
+ 27 41 45 28 45
+
+
+ AGADIR TISINT. — 5 avril, 9 h. matin.
+
+ Maison de Ḥadj Bou Rḥim. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 4h 08m 31s Hauteur : 87° 00′ 00″
+
+ 09 51 87 32 30
+
+ 10 48 87 55 00
+
+ 11 50 88 19 45
+
+ 12 50 88 44 20
+
+ 14 00 89 12 00
+
+
+ AGADIR TISINT. — 5 avril, 2 h. 1/2 soir.
+
+ Maison de Ḥadj Bou Rḥim. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 9h 40m 22s Hauteur : 90° 56′ 25″
+
+ 41 32 90 29 30
+
+ 42 35 90 04 05
+
+ 43 40 89 37 35
+
+ 45 35 88 50 35
+
+ 46 45 88 22 40
+
+ 47 45 87 57 55
+
+ 48 52 87 31 30
+
+
+ TAZENAKHT. — 9 avril, 4 h. 3/4 soir.
+
+ Maison d’Abraham Ben Oukhkha. Angle horaire du s.
+
+ Chronomètre : 11h 45m 41s Hauteur : 38° 35′ 45″
+
+ 46 49 38 07 05
+
+ 47 49 37 40 55
+
+ 49 00 37 10 20
+
+ 50 02 36 43 25
+
+ 51 05 36 16 20
+
+
+ TAZENAKHT. — 10 avril, 7 h. 1/2 matin.
+
+ Maison d’A. Ben Oukhkha. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 2h 45m 54s Hauteur : 55° 21′ 05″
+
+ 47 21 55 58 20
+
+ 48 27 56 26 40
+
+ 49 35 56 55 50
+
+ 50 34 57 20 50
+
+ 51 43 57 50 10
+
+
+ TAZENAKHT. — 10 avril, 4 h. 1/2 soir.
+
+ Maison d’A. Ben Oukhkha. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 11h 17m 23s Hauteur : 50° 54′ 25″
+
+ 18 51 50 16 55
+
+ 19 43 49 54 55
+
+ 21 06 49 19 10
+
+ 21 57 48 57 10
+
+ 22 49 48 35 00
+
+
+ TAZENAKHT. — 12 avril, 7 h. 3/4 matin.
+
+ Maison d’A. Ben Oukhkha. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 2h 55m 21s Hauteur : 60° 30′ 40″
+
+ 56 30 60 59 40
+
+ 57 11 61 17 30
+
+ 57 45 61 32 40
+
+ 58 20 61 47 15
+
+ 59 11 62 08 20
+
+
+ TAZENAKHT. — 12 avril, 4 h. 3/4 soir.
+
+ Maison d’A. Ben Oukhkha. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 11h 25m 58s Hauteur : 47° 34′ 00″
+
+ 27 11 47 02 40
+
+ 27 55 46 44 20
+
+ 28 43 46 23 20
+
+ 29 23 46 06 05
+
+ 30 18 45 42 45
+
+
+ TAMNOUGALT (Mezgîṭa). — 15 avril, 5 h. 1/4 soir.
+
+ Mellaḥ. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 11h 49m 23s Hauteur : 36° 35′ 50″
+
+ 50 23 36 10 40
+
+ 50 58 35 55 35
+
+ 51 58 35 29 30
+
+ 52 36 35 13 40
+
+
+ TAMNOUGALT. — 18 avril, 1 h. 1/4 matin.
+
+ Mellaḥ. Hauteur de la Polaire.
+
+ Chronomètre : 8h 00m Hauteur : 59° 00′ 50″
+
+ 08 59 04 10
+
+ 17 59 07 35
+
+ 23 59 09 40
+
+ 29 59 11 40
+
+ 35 59 13 45
+
+
+ TAMNOUGALT. — 18 avril, 7 h. 1/2 matin.
+
+ Mellaḥ. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 2h 48m 13s Hauteur : 62° 02′ 40″
+
+ 49 09 62 26 55
+
+ 50 02 62 49 50
+
+ 50 45 63 08 15
+
+ 51 45 63 33 25
+
+ 52 30 63 53 20
+
+
+ TAMNOUGALT. — 18 avril, 5 h. soir.
+
+ Mellaḥ. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 11h 36m 44s Hauteur : 42° 31′ 00″
+
+ 37 48 42 03 20
+
+ 38 34 41 43 30
+
+ 39 26 41 21 30
+
+ 40 04 41 04 30
+
+ 40 48 40 46 10
+
+ 41 30 40 28 15
+
+ Erreur instrumentale : + 0° 32′ 00″
+
+ − 0° 31 45
+
+
+ TAMNOUGALT. — 20 avril, 7 h. matin.
+
+ Mellaḥ. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 2h 11m 20s Hauteur : 47° 14′ 40″
+
+ 12 01 47 32 15
+
+ 12 37 47 47 50
+
+ 13 11 48 02 10
+
+ 13 47 48 18 00
+
+ 14 23 48 32 35
+
+
+ TIILIT (Dâdes). — 23 avril, 4 h. 1/2 soir.
+
+ Mellaḥ. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 11h 13m 37s Hauteur : 52° 39′ 15″
+
+ 14 27 52 17 40
+
+ 15 16 51 56 40
+
+ 15 59 21 38 25
+
+ 16 37 51 22 10
+
+ 17 22 51 02 55
+
+
+ TIILIT (Dâdes). — 24 avril, 7 h. matin.
+
+ Mellaḥ. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 2h 13m 55s Hauteur : 50° 48′ 20″
+
+ 14 40 51 07 45
+
+ 15 15 51 22 45
+
+ 15 49 51 37 15
+
+ 16 19 51 49 50
+
+ 16 53 52 04 30
+
+
+ TAOURIRT (Todṛa). — 27 avril, 3 h. 1/2 matin.
+
+ Mellaḥ. Hauteur de la Polaire.
+
+ Chronomètre : 10h 01m 00s Hauteur : 61° 59′ 40″
+
+ 08 30 62 05 45
+
+ 17 30 62 11 20
+
+ 26 00 62 16 50
+
+ 33 00 62 22 00
+
+ 43 30 62 29 00
+
+
+ TAOURIRT (Todṛa). — 27 avril, 8 h. matin.
+
+ Mellaḥ. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 3h 05m 05s Hauteur : 74° 49′ 20″
+
+ 07 07 75 41 00
+
+ 07 55 76 01 10
+
+ 08 50 76 24 10
+
+ 09 52 76 50 30
+
+ 10 45 77 12 50
+
+ 11 47 77 38 55
+
+ Erreur instrumentale : + 0° 32′ 15″
+
+ − 0° 31 35
+
+
+ TAOURIRT (Todṛa). — 27 avril, 4 h. 1/2 soir.
+
+ Mellaḥ. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 11h 13m 31s Hauteur : 52° 28′ 30″
+
+ 14 32 52 03 05
+
+ 15 23 51 41 00
+
+ 16 05 51 23 20
+
+ 16 45 51 07 40
+
+ 17 29 50 47 45
+
+ 18 09 50 30 50
+
+
+ ASRIR (Ferkla). — 30 avril, 7 h. matin.
+
+ Mellaḥ. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 2h 14m 55s Hauteur : 55° 30′ 50″
+
+ 16 22 56 08 15
+
+ 17 06 56 26 30
+
+ 17 45 56 43 20
+
+ 18 19 56 58 20
+
+ 19 25 57 25 40
+
+
+ GELMIMA (Ṛeris). — 30 avril, 5 h. 1/2 soir.
+
+ Mellaḥ. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 12h 08m 26s Hauteur : 28° 49′ 35″
+
+ 10 03 28 08 20
+
+ 10 46 27 50 25
+
+ 12 56 26 56 40
+
+ 14 09 26 25 50
+
+ 15 14 25 58 35
+
+
+ GELMIMA (Ṛeris). — 30 avril, 10 h. soir.
+
+ Mellaḥ Hauteur de la Polaire.
+
+ Chronomètre : 4h 43m 00s Hauteur : 60° 49′ 40″
+
+ 54 30 49 30
+
+ 5h 09 00 48 50
+
+ 18 30 48 40
+
+ 30 00 48 00
+
+
+ MELLAH TIALLALIN. — 4 mai, 5 h. 1/4 soir.
+
+ Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 11h 49m 35s Hauteur : 36° 40′ 00″
+
+ 50 25 36 19 10
+
+ 51 26 35 53 45
+
+ 52 15 35 33 40
+
+ 52 53 35 17 05
+
+
+ MELLAH TIALLALIN. — 5 mai, 3 h. 1/2 matin.
+
+ Hauteur de la Polaire.
+
+ Chronomètre : 10h 18m 00s Hauteur : 64° 03′ 05″
+
+ 26 30 08 45
+
+ 50 00 24 05
+
+
+ QAÇBA EL MAKHZEN (Qçâbi ech Cheurfa). — 6 mai, 5 h. s.
+
+ Maison du qaïd. Angle horaire du soleil.
+
+ Chronomètre : 11h 20m 42s Hauteur : 49° 16′ 25″
+
+ 21 45 48 49 50
+
+ 22 19 48 35 50
+
+ 22 51 48 22 25
+
+ 23 24 48 09 10
+
+
+ =II. — Tableau des latitudes et longitudes.=
+
+
+ +--------------------------------+----------------+------------------+
+ | NOMS DES LIEUX. | LATITUDE NORD. | LONGITUDE OUEST. |
+ +--------------------------------+----------------+------------------+
+ | Tétouan | 35° 34′ 12″ | |
+ | | | |
+ | Tâza | 34 12 54 | |
+ | | | |
+ | Sfrou | | 7° 04′ 30″ |
+ | | | |
+ | Demnât | | 9 11 15 |
+ | | | |
+ | Zaouïa Sidi Reḥal | 31° 38′ 45″ | 9 33 45 |
+ | | | |
+ | Tagmout (Glaoua) | 31 25 07 | 9 25 00 |
+ | | | |
+ | Tikirt (Aït Zaïneb) | 30 57 00 | 9 09 45 |
+ | | | |
+ | Tazenakht | 30 34 40 | 9 18 45 |
+ | | | |
+ | Agadir Tisint | 29 54 08 | 9 28 30 |
+ | | | |
+ | Tintazart (Tatta) | 29 38 12 | 9 58 30 |
+ | | | |
+ | Mạder Soulṭân | 29 22 16 | |
+ | | | |
+ | Afikourahen (Ilalen) | 30 04 50 | 11° 17′ 30″ |
+ | | | |
+ | Tamnougalt (Mezgîṭa) | 30 40 43 | 8 26 00 |
+ | | | |
+ | Taourirt (Todṛa) | 31 32 00 | 7 33 00 |
+ | | | |
+ | Gelmima (Ṛeris) | 31 41 05 | 6 58 00 |
+ | | | |
+ | Mellaḥ Tiallalin | 32 15 06 | 6 24 45 |
+ | | | |
+ | Qaçba el Makhzen | 32 50 14 | 6 27 30 |
+ | (Qçâbi ech Cheurfa) | | |
+ | | | |
+ | Ouṭat Oulad el Ḥadj | 33 21 28 | |
+ +--------------------------------+----------------+------------------+
+
+Les latitudes et longitudes de ce tableau ont été calculées par
+M. de Villedeuil, calculateur du ministère de la guerre, qui a bien
+voulu me rendre ce service.
+
+Les observations astronomiques faites au cours du voyage ont
+été exécutées avec un sextant, un horizon à huile et un
+chronomètre. Le sextant avait été construit par M. Lorieux ;
+l’erreur instrumentale, insignifiante au départ, ne varia pas
+sensiblement. Le chronomètre était de M. Bréguet ; la marche en
+demeura régulière, les résultats qu’il fournit furent bons ; mais
+sa délicatesse même le rendait fragile : des mouvements violents
+de ma montre l’arrêtèrent plusieurs fois.
+
+ * * * * *
+
+
+
+
+ =TABLEAU=
+ DES
+ =OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES=
+ FAITES AU MAROC AU COURS DU VOYAGE
+ (Juin 1883-Mai 1884).
+
+
+ [HAUT. BARO. : HAUTEURS BAROMÉTRIQUES.
+ ALT. : ALTITUDES.
+ HA. THR. : HAUTEURS THERMOMÉTRIQUES.
+ NU. : NUAGES.]
+
+ +-------------+------+-------+-----+-----+----+------+---+-------------+
+ | NOMS DES | | |HAUT.| | HA.| | | |
+ | LIEUX. |DATES.|HEURES.|BARO.| ALT.|THR.| CIEL.|NU.|OBSERVATIONS.|
+ +-------------+------+-------+-----+-----+----+------+---+-------------+
+ |Port de |19 |5h S |763.1| 0m| | | | |
+ |Gibraltar |Juin | | | | | | | |
+ |(pont du |1883 | | | | | | | |
+ |paquebot). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Tanger. |21 |9h M | | |21°7|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Tanger à | » |3h35m S|763.7|[129]| | | | |
+ |Tétouan. | | | | 2| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h15 |763.1| 5| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h45 |758.2| 63| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |759.9| 42| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h35 |755 | 98| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |759 | 53| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h20 |756 | 88| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h35 |755 | 99| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h20 |756.2| 85| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h40 |760 | 44| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |22 |4h50 M |754.8| 114| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h05 |753 | 135| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h37 |743 | 260| | | |Fondoq. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h45 |744.3| 240| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h06m M|735 | 355| | | |Col du |
+ | | | | | | | | |Fondoq. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h15 |739.7| 292| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h12 |755 | 114| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h55 |760 | 60| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h35 |761 | 50| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h03 |765 | 10| | | |Pont de |
+ | | | | | | | | |l’Ouad Bou |
+ | | | | | | | | |Çfiha. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h20 |765.3| 10| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Tétouan | » |1h S |759.4| 60|23°8|nébul.| 4| |
+ |(mellah ; 1er| | | | | | | | |
+ |étage). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |759.2| » |21°5|nébul.| 9| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |23 |nuit | | » |19° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h M |759.4| » |20°7|nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |759.2| » |22° |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |758.5| » |21° |nébul.| 7| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |24 |nuit | | » |19° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h M |757.8| » |20°7|nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |757 | » |23°3|pur. | 3| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h30m |756.9| » |21°3|pur. |0.5| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |25 |nuit | | » |16°2| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h M |758.2| » |25° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |757.6| » |29°5|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h30m |757.4| » |22°5|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |26 |nuit | | » |14° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h M |757.5| » |31° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |757.2| » |32° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |757.4| » |26° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |27 |nuit | | » |13°5| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h M |758.2| » |26°3|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |758.4| » |27°6|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |758.2| » |25° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |28 |nuit | | » |14° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h M |758.7| » |26° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h30m S|757.9| » |26°5|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |757.9| » |23° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |29 |nuit | | » |14° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h30m M|759.1| » |24°3|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |759 | » |27°2|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |759.1| » |23° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |30 |nuit | | » |14° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h M |760 | » |28° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |759 | » |31° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |758.3| » |25°6|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |1er |nuit | | » |19°2| | | |
+ | |Juill.| | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h M | | » | |couvt.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |758.7| » |24°5|assez | 3| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |757.6| » |25° |assez |0.5| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |756.5| » |21°2|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |2 |nuit | | » |19° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h M | | » | |couvt.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h30m |755.8| » |21°2| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Tétouan à | » |8h30m |762 | 5| |pur. | 0| |
+ |Chechaouen. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h25 |750.2| 129| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h25 |734.2| 317| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h13 |745.6| 185| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h42 |738 | 273| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h39 S|742 | 226| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h |725.8| 421| |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h50 |706.4| 657| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h03 |702 | 713| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h10 |707 | 651| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h55 |708.5| 634| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h S |712 | 591| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h50m |712 | 591| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h35 |721.8| 468| |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Chechaouen|3 |6h10 M |709.6| 620| |pur. | 0| |
+ |à Tétouan. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h30 |705 | 684| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h35 |738.7| 279| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h30 |738 | 288| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h53 |736.6| 304| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |723.3| 468| |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Tétouan à |4 |10h50 M|762.3| 10| |pur. | 0|Pont de |
+ |El Qçar. | | | | | | | |l’Ouad Bou |
+ | | | | | | | | |Çfiha (déjà |
+ | | | | | | | | |passé). |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h34 S |734.2| 355| | | |Col du Fondoq|
+ | | | | | | | | |(déjà passé).|
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h |740.6| 260| | | |Fondoq (déjà |
+ | | | | | | | | |rencontré). |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |pur. | 0|Même lieu. |
+ | | | | | | | | |Température |
+ | | | | | | | | |de la source |
+ | | | | | | | | |du Fondoq : |
+ | | | | | | | | |17°. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |5 |3h45 M |740.3| » |16°1|couvt.| 10|Même lieu. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h24 |754.8| 96| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h45 |747 | 190|18°5|assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h33 |753.2| 120| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h43 |759 | 60| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h10 |762 | 28| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h53 |762.3| 25| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h05 |754 | 120| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h08 S|762.8| 20| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h |764.1| » | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h15 |762 | 28| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h57 |762.3| 25| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h02 |756.2| 90| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h45 |756.8| 80| |assez | 7| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |6 |5h03 M |758 | 65| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h30 |756.1| 90| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h57 |760.4| 40| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |759 | 60| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h10 |762.3| 20|22°8|pur. | 3| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h15 |763.8| 6| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h50 S|760.9| 35|27° |pur. | 4| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h45 |762.9| 10| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h55 |761.3| 30| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |El Qçar | » |5h |762.4| 20| |pur. | 0| |
+ |(centre de la| | | | | | | | |
+ |ville ; rez- | | | | | | | | |
+ |de-chaussée).| | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |7 |11h30 M|761.6| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h S |760.9| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h30 |763.7| » | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |8 |4h M |762 | » | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |D’El Qçar à | » |5h20 |763.2| 9| | | | |
+ |Fâs. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h10 |761.3| 29| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h40 |756 | 90| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h10 |755 | 100| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h40 |755.6| 95|28°5|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h20 |753 | 125| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h07 |750.7| 150| | | |Température |
+ | | | | | | | | |d’une source |
+ | | | | | | | | |: 23°. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h45 S|755 | 100|33°5|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h45 |756.8| 80| | | |Chemmaha. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h10 |754 | 108| | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h | | » |25°3|pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |9 |4h M |754.8| » |18°7| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h45 |759.6| 40| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h40 |758 | 67| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h55 |760.1| 43| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h30 |756 | 90|27° |pur. |9.5| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h25m M|752.3| 130| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h43 |762.1| 20| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h30 |758.2| 65| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h20 |756 | 90| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h35 S |761 | 30| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h05 |760.2| 35|35° |très | 8|Douar près de|
+ | | | | | | |pur. | |l’Ouad |
+ | | | | | | | | |Ouerra. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h | | » |24°8|pur. | 8|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |10 |5h M |762 | » | |assez | 10|Même lieu. |
+ | | | | | | |nébul.| |Pluie fine. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h40 |760.7| 45| | | |La pluie |
+ | | | | | | | | |cesse. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h18 |754.8| 110| |pur. | 6| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h25 |753.3| 123| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h40 |757 | 81| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h10 |756 | 92| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h45 |753.8| 118|27°2|pur. | 9| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h34 |757.8| 71| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h30 S|743 | 242| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h05 |752 | 129|31°2|pur. | 5| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h42 |752.5| 133| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h27 |756 | 92| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h47 |758.1| 68| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h04 |757.7| 70| | | |Douar sur |
+ | | | | | | | | |l’Ouad Sebou.|
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h | | » |26°3|pur. | 2|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |11 |4h30 M |759.1| » |19°5| | 10|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h15 |755 | 108| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h10 |749.7| 170| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h42 |745.8| 217| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h30 |732.3| 379| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h57 |725.3| 461| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h38 |734.8| 349| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h45 |733 | 369|25° |assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h08 |720 | 526| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h37 |705.3| 712| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h15 S|718.7| 546| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h05 |735.9| 331| |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h30 |726.7| 440| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h40 |730 | 387| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Fâs (centre |12 |1h30 S |727.1| 390| |très | 0| |
+ |du mellah ; | | | | | |pur. | | |
+ |1er étage). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |13 |1h S | | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |14 |8h M |731.4| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h S |731 | » | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |15 |8h15 M |731 | » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h S |731.7| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |16 |nuit | | » |22°5| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |732 | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |731.2| » |35°5|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |732.9| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |17 |nuit | | » |22°9| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h M |733.3| » |29°3|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |732 | » |35°3|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h |731 | » |33°3|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |18 |nuit | | » |23°3| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |731.4| » |28°3|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |730.3| » |35°2|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |728.7| » |33° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |19 |nuit | | » |21°7| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |729.2| » |26°5|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |727.3| » |30°2|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |726.3| » |34°1|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |725.6| » |30°8|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |727.8| » |25° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |20 |nuit | | » |18°3| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |728.7| » |21° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |728.7| » |26°2|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |728.2| » |29° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |727.9| » |28°4|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |21 |nuit | | » |18°6| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |730.8| » |22°3|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |729.9| » |29°1|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |730.1| » |27°1|très |0.5| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |732.2| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |22 |nuit | | » |18°9| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |733.1| » |20° |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |733.2| » |22°3|assez | 3| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h S |732 | » |25°9|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |731.2| » |25°8|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |23 |nuit | | » |18°1| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |732.9| » |19°1|nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |732.8| » |21°2|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |730.6| » |26°5|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h30m | | | | | |Température |
+ | | | | | | | | |d’Aïn et |
+ | | | | | | | | |Touta |
+ | | | | | | | | |(source) : |
+ | | | | | | | | |18°5. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |729.2| » |26°2|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |24 |7h M | | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |très | 2| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |25 |10h M |728 | » |26°3|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |727.3| » |33°5|pur. | 3| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |727.1| » |33°2|pur. | 7| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |729.4| » |28°1|pur. | 2| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |26 |nuit | | » |22°8| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h30 M |728.8| » |27° |un peu| 2| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |729.6| » |32° |assez | 6| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |729 | » |36° |nébul.| 5| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |736 | » |32° |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |27 |nuit | | » |25°2| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h M |730.8| » |32°5|nébul.| 1| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |730 | » |37° |nébul.| 4| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |729 | » |35° |un peu|1.5| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |731.4| » |32° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |28 |nuit | | » |25° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h30 M |731.3| » |26°5|très | 2| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |731.8| » |29°7|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |731 | » |33°5|pur. | 2| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |730.3| » |31°4|pur. | 6| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |731.9| » |26°3|pur. | 2| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |29 |6h30 M |731 | » |18°5|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Fâs à | » |7h15 |736.8| 318| | | | |
+ |Tâza. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h15 |748.2| 180| | | |Pont de |
+ | | | | | | | | |l’Ouad Sebou.|
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |719.5| 526| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h20 |731.4| 380| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |738.7| 293| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h25 |737 | 313| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h50 |744.7| 217| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h55 |743 | 235| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h55 |741 | 257| |très | 0|Gîte. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |30 |5h M |741 | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h18 |742 | 245| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h50 |731 | 366| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |738 | 283| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h36 |733.2| 340| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h25m |712.3| 600| | | | |
+ | | |S | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h55 |726.4| 420| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h25 |726.6| 418| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h51 |709.8| 623| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h15 |713.8| 573| |assez | 10| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h25 |716 | 548| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h |709.2| 631| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Tâza (mellah | » |6h |710 | 620| |assez | 10| |
+ |; 1er étage).| | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |31 |7h M | | » | |pur. | 2| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h | | » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |assez | 8| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | |assez | 10|Tonnerre et |
+ | | | | | | |pur. | |pluie légère |
+ | | | | | | | | |de 3 heures à|
+ | | | | | | | | |4 heures S. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h | | » | |assez | 10| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |1 |7h M | | » | |pur. | 0| |
+ | |Août. | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h | | » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h S | | » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |2 |7h M | | » | |assez | 10| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h | | » | |assez | 5| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |assez | 8| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | |assez | 10| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h | | » | |assez | 10| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |3 |8h M | | » | |pur. | 6| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h | | » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |4 |6h M | | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |5 |7h M | | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |712.5| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |6 |4h30 M |713.4| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Tâza à | » |11h25 |729 | 401| | | | |
+ |Fâs. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |7 |4h12 M |728 | 413| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h30 |732 | 365| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h36 |712 | 608| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h01 |703.2| 720| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h39 |726 | 437| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h57 |721.2| 497| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h25 S |716.5| 559| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h51 |726.3| 436| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h15 |725 | 449| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h53 |736 | 317| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h05 |724.3| 461| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h39 |736 | 317| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h08 |726 | 436| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h17 |730 | 389| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h25 |726 | 437| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h | | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |8 |4h08 M |713 | 419| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Fâs (centre | » |1h30 S |730.2| 390| |pur. | 0| |
+ |du mellah ; | | | | | | | | |
+ |1er étage). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h30 |730.2| » |31°8|assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |9 |nuit | | » |21°3| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h M |730 | » |29°2|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |728.3| » |34°3|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |727 | » |33°3|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |728.2| » |28°3|un peu| 2| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |10 |nuit | | » |22° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |727.7| » |25° |assez | 2| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |726.5| » |29° |assez | 6| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |725.7| » |33°5|assez | 8| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |726.3| » |30°3|nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |11 |nuit | | » |23°4| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |727.9| » |28° |assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |726.7| » |32°8|un peu| 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h |725.7| » |37° |assez | 8| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |727.3| » |34° |assez | 6| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |12 |nuit | | » |26°2| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h30m M|730 | » |31°5|très | 2| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |729.7| » |36°8|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h S |729.7| » |38°8|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |729 | » |37°8|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |729.6| » |33° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |13 |nuit | | » |28° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |730.9| » |31°2|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |730.3| » |38° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h S | | » |38° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h | | » |39°2| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h40 | | » |39°7| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h45 |728.9| » |38° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h30 |730.7| » |29° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |14 |nuit | | » |23°2| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |731.9| » |28° |légèrt| 0| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |731.1| » |34° |nébul.| 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |730.5| » |36° |nébul.| 1| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |730 | » |34°2|assez | 1| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |731.9| » |28° |nébul.| 6| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |15 |nuit | | » |22°8| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h30 M |731.9| » |25°3|nébul.| 2| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |730.2| » |33°7|nébul.| 2| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |729.3| » |35° |nébul.| 1| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h |731.1| » |29°7|assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |16 |nuit | | » |20°3| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |731.8| » |22°7|assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |731.2| » |30°4|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h30 S |729.9| » |32°3|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h30 |729.9| » |26°9|pur. | 3| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |730.2| » |23°3|pur. | 1| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |17 |nuit | | » |18°2| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h M |729.7| » |23°3|légèrt| 0| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |728.9| » |30°2|légèrt| 0| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h30 S |727.8| » |32°3|légèrt| 0| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |726.9| » |32°2|légèrt| 0| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |18 |nuit | | » |22° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |728.1| » |24°2|nébul.| 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h30 |727.3| » |31°7|nébul.| 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h30 S |726.7| » |33°1|nébul.| 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |726.2| » |32°2|nébul.| 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |728.1| » |25°6|légèrt| 1| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |19 |nuit | | » |22°3| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |728.4| » |23°8| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |727.7| » |34° |légèrt| 0| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h |726.9| » |35°2|légèrt| 0| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h30 |726.7| » |34°5|légèrt| 0| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h |728.7| » |30° |légèrt| 0| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |20 |nuit | | » |23° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Fâs à | » |4h53 M |732.9| 330| | | |Pont de |
+ |Sfrou. | | | | | | | |l’Ouad el |
+ | | | | | | | | |Adam. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h58m M|726.5| 402| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h05 |720.6| 476| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h20 |710.3| 599| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h22 |705 | 686| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h40 |698 | 761| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |692.9| 825| | | |Porte de |
+ | | | | | | | | |Sfrou. |
+ | | | | | | | | | |
+ |Sfrou (mellah| » |12h30 S|691.9| 837| |pur. | 0| |
+ |; rez-de- | | | | | | | | |
+ |chaussée). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |21 |nuit | | » |24°3| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Sfrou à | » |4h30 M |691.6| 825| |légèrt| 0|Porte de |
+ |Fâs. | | | | | |nébul.| |Sfrou (passée|
+ | | | | | | | | |préced.). |
+ | | | | | | | | | |
+ |Fâs (centre | » |9h30 |728.3| 390| | | | |
+ |du mellah ; | | | | | | | | |
+ |1er étage). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |727.8| » |35°4|légèrt| 0| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h S |726.3| » |37° |nébul.| 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |726.8| » |35°7|nébul.| 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h30 |729.6| » |29° |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |22 |nuit | | » |24°1| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h M |729.7| » |26°7|légèrt| 3| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |729.1| » |30°5|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |727.3| » |34° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |727.8| » |32°9|pur. | 2| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h30 |727.3| » | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Fâs au | » |5h45 |731.5| 330| | | |Pont de |
+ |pont de | | | | | | | |l’Ouad el |
+ |l’Ouad el | | | | | | | |Adam (déjà |
+ |Adam. | | | | | | | |passé). |
+ | | | | | | | | | |
+ |Fâs (centre | » |8h30 |729.7| 390|28°2|pur. | 0| |
+ |du mellah ; | | | | | | | | |
+ |1er étage). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |23 |nuit | | » |22°4| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h M |729.1| » | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Fâs à | » |5h |729.3| 387| |très | 0| |
+ |Meknâs. | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |717 | 560| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Meknâs | » |5h |718.8| 535| |très | 0| |
+ |(mellah ; | | | | | |pur. | | |
+ |rez-de- | | | | | | | | |
+ |chaussée). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |24 |nuit | | » |17°7| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h30 M|718.7| » |27°7|légèrt| 0| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |717.3| » |31° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |717.6| » |25°6|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |25 |nuit | | » |16°8| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h30 M |718.4| » |20°6|légèrt| 1| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |718.2| » |28° |légèrt| 9| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h30 S |718.1| » |30°6|légèrt| 8| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h |719 | » |24°5|nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |26 |nuit | | » |21°3| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |720.1| » |25°2|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |719.3| » |33°2|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |27 |6h M |719.2| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h30 |720.7| » | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Meknâs à | » |11h10 |719.2| 535| |pur. | 0| |
+ |Bou el Djâd. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h25 S |716.5| 560| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h20 |728.9| 413| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h |735.2| 341| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h |738.3| 305| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h30 |746 | 210| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h35 |746.3| 207| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h | | | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |28 |5h50 M |723.2| 486| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h05 |724 | 480| |nébul.| 10|Souq et Tlâta|
+ | | | | | | | | |ez Zemmour. |
+ | | | | | | | | |Quelques |
+ | | | | | | | | |gouttes de |
+ | | | | | | | | |pluie dans la|
+ | | | | | | | | |matinée. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S | | » | |nébul.| 10|Même lieu. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h |721.6| » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h S |719.7| 523| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |740.6| 269| |nébul.| 10|Moulei Ez |
+ | | | | | | | | |Zaqi. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |29 |5h M |741.2| » | |assez | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S | | » | |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |30 |5h M |740.3| » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h30m |743.7| 234| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h45 |712 | 621| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h15 |690.7| 885| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |696 | 822| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h15 |690 | 898| | | |Moulei Abd el|
+ | | | | | | | | |Ouahad. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |31 |4h50 M |690 | » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h35 |677.7| 1053| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h05 |672 | 1131| |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h40 |686 | 949| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h58 |669.5| 1157| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h20 |665 | 1250| | | |Aït Omar. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h | | » | |pur. | 1|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h S | | » | |pur. | 4|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |1 |7h M | | » | |pur. | 0|Id. |
+ | |Sept. | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |pur. | 1|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |pur. | 3|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |2 |4h30 M |662 | » |13°5| | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h45 |660 | 1290| |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h30 |700 | 778| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h55 |704.4| 728| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h38 |678 | 1057| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h18 |674 | 1108| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h43 |678 | 1057| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h25 |670.3| 1160| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h15 S |678 | 1057| |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h20 |693 | 854| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h |686.2| 955| | | |Aït Mouloud. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |3 |5h M |686.3| » | |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h | | » | |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h S | | » | |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |4 |5h M |689.3| » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h25 |685 | 990| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h |698 | 825| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h10 |696.5| 851| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h |691 | 914| | | |Aït El Mati. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h | | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h S | | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |5 |5h30 M |708 | 690| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h50 |710 | 665| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |700 | 789| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h25 |684 | 991| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |682 | 1025| |pur. | 1|Qçar Beni |
+ | | | | | | | | |Zemmour. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h S | | » | |pur. | 1|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |6 |nuit | | » |13° | | |Id. |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h25 M|678.8| » | |assez | 1|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h07 |689 | 904| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Bou el Djâd | » |4h S |698 | 803| |assez | 1| |
+ |(mellah ; 1er| | | | | |pur. | | |
+ |étage). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |7 |nuit | | » |21° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h45 M |699.2| » |25°6|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h S |698.2| » |31°4|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |8 |nuit | | » |20° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h M |701.3| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2 S |701.1| » |32°3|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h S |700.8| 803|32°7|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |9 |7h M |703 | » |26° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |701.7| » |31°5|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |700.7| » |31°8|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |10 |nuit | | » |21°1| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h30m M|703.8| » |28°1|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |702.5| » |31°8|pur. | 1| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |702.8| » |32°4|pur. | 2| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |11 |nuit | | » |20°7| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |704.1| » |27°3|assez | 3| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h30 S |702.9| » |33°9|pur. | 3| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h30 |703.8| » |32° |pur. | 4| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |12 |nuit | | » |22° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |704.2| » |27°2|légèrt| 4| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |702.8| » |32°5|pur. | 4| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h |702.5| » |31°5|pur. | 1| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |13 |nuit | | » |19° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |702.9| » |24° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |701.7| » |28°2|très | 4| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |700.8| » |28°1|très | 6| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |14 |nuit | | » |19° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h M |701.2| » |24°7|très | 1| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h S |694 | » |29°3|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h30 |700.8| » |23°3|très | 2| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |15 |nuit | | » |19° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h45 M |702.2| » |26° |nébul.| 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h15 S |701 | » |28° |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h |701 | » |27° |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |16 |6h M |702.9| » |22°3|légèrt| 0| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |703.8| » |26°5|assez | 2| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |17 |3h15 M |704.5| » | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Bou el | » |5h20 |712.2| 675| | | | |
+ |Djâd à Qaçba | | | | | | | | |
+ |B. Mellal. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h29 |718 | 601| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h33 |721.3| 565| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h59 |722.5| 553| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h02 |721.5| 554| | | |Qaçba Tâdla. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |721.4| » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h | | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h S | | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |18 |7h M |720.9| » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h | | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h S |719 | » | |très | 3|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |719.1| » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |19 |5h30 M |719.9| » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h15 |722 | 528| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h07 |717 | 579| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h15 |716 | 591| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h35 |714.5| 616| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |709 | 677| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h26 S|711 | 653| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h12 |709.3| 677| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h53 |708 | 690| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h15 |702.5| 753| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h58 |703.5| 741| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h05 |701.9| 753| | | |Aït Saïd. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |20 |9h M |683.5| 1004| | | |Montagne |
+ | | | | | | | | |dominant Aït |
+ | | | | | | | | |Saïd. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |702.9| 753| |très | 0|Aït Saïd. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h12 |707 | 702| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |715 | 567| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Qaçba Beni | » |12h45m |715.8| 566| |très | 0| |
+ |Mellal (rez- | |S | | | |pur. | | |
+ |de-chaussée).| | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |21 |7h M | | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h S | | » |28°2|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |717.4| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |22 |7h M |719.2| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |717.3| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h |717.3| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |718.7| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |23 |7h30 M |719.2| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |717.6| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |24 |7h M |718.9| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |717.6| » |28°5|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |716.3| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |718.3| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |25 |6h M |717.8| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Qaçba B. | » |6h58 |712 | 652| | | | |
+ |Mellal à | | | | | | | | |
+ |Ouaouizert. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h17 |700.7| 788| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h30 |705 | 738| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h20 |704 | 750| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h50 |698 | 826| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h37 |666.2| 1236| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h47 |669 | 1196| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h43 |650 | 1448| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h06 |644.4| 1529| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h40 |663 | 1275| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h30 S|686 | 977| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h52 |689 | 950| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Ouaouizert | » |12h56 |684.7| 1007| | | | |
+ |(mellah ; | | | | | | | | |
+ |rez-de- | | | | | | | | |
+ |chaussée). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |très | 6| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |26 |7h M |687.3| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h S |684.4| » | |pur. | 6| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |27 |7h M |687.4| » | |nébul.| 3| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |683.9| » | |nébul.| 2| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |683.7| » | |légèrt| 1| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |28 |7h M |685.1| » | |nébul.| 5| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |683.5| » | |nébul.| 8| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h S |683.2| » | |légèrt| 4| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |29 |7h M |683.7| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |681.8| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |681.7| » | |pur. | 1| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |30 |5h53 M |681.9| » | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Ouaouizert| » |6h |686.3| 950| |assez | 1| |
+ |à Demnât. | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h12 |684 | 970| | | |Souq el Had |
+ | | | | | | | | |Aït Bou Zîd. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h55 |682.9| » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h50 |695.7| 805| | | |Lit de l’Ouad|
+ | | | | | | | | |el Abid. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h25 |689.5| 880| |pur. | 0|Dar Ibrahim. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |1 Oct.|5h M |690.7| » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h50 |698 | 790| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h |688 | 917| |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h30 |701.6| 753| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h22 |702.2| 745| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h40 |700.7| 725| |pur. | 0|Aït ou |
+ | | | | | | | | |Akeddir. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h S | | » | |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |2 |nuit | | » |10° | | |Id. |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h M |702.6| » | |nébul.| 6|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h S |702.1| » | |nébul.| 10|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |3 |nuit | | » |8°5 | | |Id. |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h S |706.2| » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h30m |706.4| » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |707.8| » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |4 |nuit | | » |6°5 | | |Id. |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h52 M |707.5| » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h35 |699 | 892| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h25 |702.4| 857| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h12 |701.3| 868| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h10 |717.3| 680| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h45 |722 | 622| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h52 |718.5| 668| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h07 |717.2| 670| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |705 | 805| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h12 |698.5| 884| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h45 |695.2| 912| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h55 |697.5| 876| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h |696 | 900| | | |Djemaaa |
+ | | | | | | | | |Entifa. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |5 |5h07 M |696 | » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h13 |674.3| 1160| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h47 |685 | 1020| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h30 |707 | 728| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h45 |701 | 795| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |695 | 864| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h15 |686.3| 972| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h40 |690.4| 923| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Demnât | » |1h30 |682.3| 1015| | | | |
+ |(mellah ; | | | | | | | | |
+ |rez-de- | | | | | | | | |
+ |chaussée). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h30 |682.7| » |21° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |6 |nuit | | » |7°5 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |681 | » | |très | 3| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |678.7| » | |très | 1| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |677.8| » | |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |7 |nuit | | » |10° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h M |676.3| » |11°7|très | 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |675.3| » |16°5|très | 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h30 |674 | » |18°2|nébul.| 4| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h |674.6| » |15° |pur. | 8| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |8 |nuit | | » |10° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h M |675 | » | |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h |675.6| » | |nébul.| 9| |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Demnât à | » |8h50 |684.8| 896| | | | |
+ |Tikirt. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h55 |686.5| 873| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |688 | 860| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h35 S|691 | 823| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h03 |695.8| 762| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h23 |693.7| 775| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |698.4| 715| |pur. | 9|Zaouïa S. |
+ | | | | | | | | |Rehal. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |9 |8h30 M |701.3| » | |pur. | 6|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |701.5| » | |légèrt| 7|Id. |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h40 |701.5| » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h58 |702 | 701| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h45 |692 | 822| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h |689.4| 870| | | |Enzel. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |690.3| » | |pur. | 5|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |10 |5h M |688.7| » | |pur. | 8|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h15 |688.7| » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h18 |686.7| 894| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h30 |660.5| 1219| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h45 |652 | 1334| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h15m |666.5| 1143| | | | |
+ | | |M | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h15 |651.2| 1368| | | |Tagmout. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h30 |651.2| » | |très | 2|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h S |651 | » | |pur. | 1|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |11 |7h M | | » | |assez | 5|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |nébul.| 7|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |nébul.| 8|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |12 |3h M |650.6| » |10° |nébul.| 6|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h45 |651 | » |10°5|nébul.| 6|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |649.3| » | |légèrt| 1|Id. |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h30 |650.7| » | |assez | 1|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |13 |7h M | | » | |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |651.3| » |12° |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |14 |5h15 M |650.9| » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h32 |618 | 1818| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h05 |627.5| 1683| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h25 |627.3| 1684| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h08 S |598.2| 2081| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h23 |585 | 2281| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h13 |560.4| 2634| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h45 |670 | 2330| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h |604 | 2011| |pur. | 1|Aït Baddou. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |15 |6h35 M |604 | » | |assez | 4|Id. |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h44 |609 | 1942| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h25 |600.2| 2067| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h10 S|627 | 1697| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h |622 | 1764| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h55 |621.8| 1766| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h |634.3| 1570| | | |Tizgi. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h30 |634.5| » | |nébul.| 9|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |16 |7h M |636.8| » | |nébul.| 8|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |637.5| » | |nébul.| 10|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |637.3| » |19°2|nébul.| 9|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |638.1| » | |assez | 6|Id. De 2h à |
+ | | | | | | |nébul.| |4h S, forte |
+ | | | | | | | | |pluie. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |17 |7h M |641.3| » |10°4|assez | 0|Même lieu. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |640.8| » |19°8|assez | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h30 S |639.8| » |20° |assez | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |18 |2h M |640.6| » |12° |assez | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h |640.7| » |12°2|pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h30 |641.6| » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |648 | 1463| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h05 |654.8| 1362| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h05 |660 | 1303| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h35 |661.4| 1272| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Tikirt | » |4h45 |660 | 1313| |pur. | 2| |
+ |(mellah ; 1er| | | | | | | | |
+ |étage). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |19 |9h M |661.7| » | |assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h S |658.3| » |23°7|assez | 2| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | | | 10|De 5h a 5h |
+ | | | | | | | | |3/4, pluie |
+ | | | | | | | | |légère et |
+ | | | | | | | | |quelques |
+ | | | | | | | | |coups de |
+ | | | | | | | | |tonnerre |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |661.3| » | |nébul.| 10|De 8h à 10h, |
+ | | | | | | | | |quelques |
+ | | | | | | | | |gouttes de |
+ | | | | | | | | |pluie. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |20 |nuit | | » |9°8 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |659 | » |11° |assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h30 |658.2| » |22°7|assez | 1| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h S |656.3| » |19°2|assez | 3| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » |18°3|assez | 8| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h30 |658.4| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |21 |nuit | | » |8°2 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h30 M |657.2| » |12°4|légèrt| 0| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |655.9| » |24°5|légèrt| 0| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h S |654.2| » |24°2|assez | 0| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |655.6| » |15° |assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |22 |nuit | | » |7°5 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h45m M|655.4| » |8°7 |assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h30 |655.4| » |21°1|nébul.| 9| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h30 S |657.2| » | |nébul.| 10|De 3 à 4h S, |
+ | | | | | | | | |pluie légère.|
+ | | | | | | | | | |
+ | » |23 |nuit | | » |8°5 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h45 M |659 | » |12° |assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |657.3| » |26°7|assez | 7| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |658.7| » |21°5|légèrt| 2|De 1h à 3h, |
+ | | | | | | |nébul.| |quelques |
+ | | | | | | | | |gouttes de |
+ | | | | | | | | |pluie. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h30 | | » |15°9|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |24 |nuit | | » |8°2 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h M |662.1| » |13° |nébul.| 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |660 | » |24°8|nébul.| 9| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |660 | » |23°2|très | 9|De 1h à 5h, |
+ | | | | | | |nébul.| |quelques |
+ | | | | | | | | |gouttes de |
+ | | | | | | | | |pluie. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |660.7| » | |assez | 1| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |25 |nuit | | » |10° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h30 M |660 | » |12° |nébul.| 9| |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Tikirt à | » |9h15 |651 | 1358| | | | |
+ |Tazenakht. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h30 |651.5| 1345| | | |Tagenzalt. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |650.9| » |24° |nébul.| 10|Id. De 12h30 |
+ | | | | | | | | |à 1h, pluie |
+ | | | | | | | | |légère. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h25 |646 | 1423| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h05 |641.3| 1486| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h10 |630 | 1635| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h55 |642 | 1476| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h30 |647.3| 1410| | | |Irels. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h30 |647.2| » |20° |nébul.| 6|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |26 |7h30 M |647.5| » |15° |légèrt| 2|Id. |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h30 |648.3| » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h50 |648.8| 1373| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h25 |637.5| 1517| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h20 |650.8| 1347| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h35 S |646.3| 1412| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h38 |643.8| 1438| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Tazenakht | » |5h | | 1502| |légèrt| 9| |
+ |(mellah, 2e | | | | | |nébul.| | |
+ |étage). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |27 |8h M | | » | |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |643.3| » |21°4|nébul.| 10|De 11h à 12h,|
+ | | | | | | | | |quelques |
+ | | | | | | | | |gouttes de |
+ | | | | | | | | |pluie. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h |642.4| » |19°3|nébul.| 8|De 3 à 3h |
+ | | | | | | | | |1/2, pluie |
+ | | | | | | | | |abondante. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h | | » | |nébul.| 10|Pendant la |
+ | | | | | | | | |soirée, il |
+ | | | | | | | | |tombe de |
+ | | | | | | | | |temps en |
+ | | | | | | | | |temps |
+ | | | | | | | | |quelques |
+ | | | | | | | | |gouttes de |
+ | | | | | | | | |pluie. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h | | » | |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |28 |2h M |642.8| » | |très | 10|Quelques |
+ | | | | | | |nébul.| |gouttes de |
+ | | | | | | | | |pluie. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |nuit | | » |13°8| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h30 |643.8| » |17° |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |643 | » |22°5|très | 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |642.4| » |20°2|nébul.| 3| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h30 |643 | » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |29 |nuit | | » |8° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |642.5| » |12° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |641.7| » |23°1|assez | 5| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |641 | » |19°2|assez | 5| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |641.3| » | |pur. | 1| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |30 |nuit | | » |11°7| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |639.9| » |12°8|assez | 2| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |639.6| » | |nébul.| 8| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |638.8| » |21°2|légèrt| 5| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h S |638.6| » |17°2|nébul.| 8|De 3 à 5h, |
+ | | | | | | | | |quelques |
+ | | | | | | | | |gouttes de |
+ | | | | | | | | |pluie. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | |9h |639 | » | |nébul.| 6| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |31 |nuit | | » |11°6| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |639 | » |12°6|assez | 9|Quelques |
+ | | | | | | |nébul.| |gouttes de |
+ | | | | | | | | |pluie de |
+ | | | | | | | | |temps à |
+ | | | | | | | | |autre. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |638.8| » |17° |assez | 2| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |assez | 2| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |636.7| » |16° |légèrt| 2| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |638.4| » | |nébul.| 8|De 6h à 7h |
+ | | | | | | | | |1/2, forte |
+ | | | | | | | | |pluie. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |1 Nov.|nuit | | » |8°5 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |638.4| » |10°5|pur. | 1| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |638.7| » | |très | 1| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |636.7| » |17°8|assez | 7|Vers 1h, |
+ | | | | | | |pur. | |quelques |
+ | | | | | | | | |coups de |
+ | | | | | | | | |tonnerre. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |638.2| » |11° |nébul.| 10|De 4h 30m à |
+ | | | | | | | | |5h 30m, pluie|
+ | | | | | | | | |fine. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |639.1| » | |assez | 3| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |2 |nuit | | » |6°4 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |638.7| » |9°8 |assez | 4| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |638.9| » | |légèrt| 9| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |636.8| » |16° |assez | 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » |15°3|légèrt| 7| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h | | » | |nébul.| 8| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |3 |nuit | | » |7°3 | | |Très forte |
+ | | | | | |Min.| | |pluie de 1h |
+ | | | | | | | | |1/2 à 2h 1/4 |
+ | | | | | | | | |M. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |637.6| » |10°2|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |638 | » | |très | 1| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |636.6| » |17°7|assez | 7| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |636.1| » |13°8|nébul.| 10|Petite averse|
+ | | | | | | | | |de 5h à 5h |
+ | | | | | | | | |1/4. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |636.4| » | |assez | 4| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |4 |nuit | | » |9° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |637.3| » |11°1|très | 9|Pluie fine de|
+ | | | | | | |nébul.| |1h à 8h M. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |637.5| » | |très | 8| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |638.1| » |11°3|très | 8|De 1 à 5h, |
+ | | | | | | |nébul.| |plusieurs |
+ | | | | | | | | |courtes |
+ | | | | | | | | |averses avec |
+ | | | | | | | | |quelques |
+ | | | | | | | | |grêlons. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |639.3| » | |très | 10|Pluie fine de|
+ | | | | | | |nébul.| |5h à 9h ; |
+ | | | | | | | | |fréquentes et|
+ | | | | | | | | |fortes |
+ | | | | | | | | |averses. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |5 |nuit | | » |5°5 | | |Pluie |
+ | | | | | |Min.| | |abondante de |
+ | | | | | | | | |10h S à 10h |
+ | | | | | | | | |M. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |642.5| » |7°3 |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h | | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |642.7| » |17° |pur. | 6| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | |très | 1| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |643 | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |6 |nuit | | » |7°8 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |642.5| » |9°1 |très | 10|Pluie fine. |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |644.3| » | |très | 10|Pluie fine ; |
+ | | | | | | |nébul.| |n’a pas cessé|
+ | | | | | | | | |depuis le |
+ | | | | | | | | |matin. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |643 | » |14°3|très | 10|La pluie a |
+ | | | | | | |nébul.| |cessé à 11h. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |642.2| » | |très | 10|De 1h à 6h, |
+ | | | | | | |nébul.| |pluie fine |
+ | | | | | | | | |avec |
+ | | | | | | | | |fréquentes |
+ | | | | | | | | |interrup. et |
+ | | | | | | | | |reprises. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |641.7| » | |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |7 |nuit | | » |9°9 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |641.3| » |11° |assez | 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h | | » | |assez | 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |640.7| » |14°4|assez | 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |640 | » |11°7|très | 10|Pluie fine |
+ | | | | | | |nébul.| |depuis 5h du |
+ | | | | | | | | |soir. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |640.4| » | |très | 10|Forte pluie |
+ | | | | | | |nébul.| |depuis 5h. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |8 |nuit | | » |7°9 | | |Forte pluie |
+ | | | | | |Min.| | |de 9h du S à |
+ | | | | | | | | |3h M. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |640.3| » |9°1 |pur. | 5| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h M |641 | » |12° |très | 3| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |639.5| » |16°8|pur. | 4| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |640.7| » |14°8|très |0.5| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |641.3| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |9 |nuit | | » |8°3 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |642.7| » |10°5|pur. |1.5| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h30m | | » | |pur. | 2| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |641.4| » |17° |pur. | 3| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |641.4| » |16°2|très |0.5| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h | | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |10 |nuit | | » |9° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |643.2| » |11°5|nébul.| 9| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |642.1| » |16° |assez | 5| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |642.8| » |14°7|pur. | 2| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |642.9| » | |pur. |0.5| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |11 |nuit | | » |6° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |643.8| » |9° |assez | 1| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |644.3| » | |très | 1| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |643.4| » |16°9|pur. | 3| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |643 | » |14°8|assez | 2| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |644.2| » | |pur. | 1| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |12 |nuit | | » |6° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |642.7| » |7°5 |très | 4| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |643.2| » | |assez | 5| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Tazenakht | » |11h15 |641 | 1511| | | | |
+ |à Tisint. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h45 |640.2| 1524| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h55 |642 | 1498| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h08 S|640.3| 1523| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h55 |640 | 1527| |assez | 5| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h58 |637.5| 1550| | | |Tamarouft. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | |assez | 5|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h | | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |13 |7h M |636.3| » | |pur. | 1|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h07 |635.7| 1555| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h45 |634.9| 1568| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h35 |631.7| 1608| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h50 |626.7| 1674| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h15 S|670.9| 1104| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h | | | |légèrt| 5| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h45 |680.5| 979| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h35 |698 | 770| |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h45 |704 | 665| |très | 0|Tanzida |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |14 |7h M |705.5| » | |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |709.1| 614| | | |Niveau de |
+ | | | | | | | | |l’Ouad |
+ | | | | | | | | |Tisint. |
+ | | | | | | | | | |
+ |Tisint | » |9h55 |709.1| 614| | | | |
+ |(Agadir ; 1er| | | | | | | | |
+ |étage). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h |707.7| » | |légèrt| 7| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h | | » | |assez | 6| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |15 |7h M | | » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h S |708.5| » | |pur. | 2| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |708 | » |19°4|assez | 5| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |709.9| » |19° |assez | 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |16 |nuit | | » |14°8| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |709 | » |15°3|assez | 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h30 |710.9| » | |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Tisint à | » |10h |708 | 626| | | | |
+ |Tatta. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h25 |706.7| 638| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h35 |709.5| 602| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h17 S|704.7| 661| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h08 |703.7| 673| |très | 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h27m S|701.7| 720| | | |Qaçba el |
+ | | | | | | | | |Djoua. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | |très | 10|Id. |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |17 |4h M | | » | |très | 10|Id. Pluie |
+ | | | | | | |nébul.| |fine de 3h30m|
+ | | | | | | | | |à 5h M. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h |702 | » | |pur. | 0|Même lieu. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |700.7| » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h | | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |18 |5h30 M |703.4| » | |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h50 |703.4| » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h05 |703.8| 707| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h |702.3| 718| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h55 |695.8| 803| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h45 |705 | 694| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h15 |706.5| 670| |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h09 |703 | 718| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h53 |697.5| 778| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h40 S|697 | 790| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h14 |695 | 815| |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h34 |693.2| 844| | | |Col Aqqa |
+ | | | | | | | | |Izen. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h44 |695.2| 815| | | |Ligne de |
+ | | | | | | | | |partage des |
+ | | | | | | | | |eaux. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h35 |686 | 924| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h25 |702.5| 718| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h50 |707 | 671| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Tatta | » |5h20 |709 | 625| |pur. | 0| |
+ |(Tintazart ; | | | | | | | | |
+ |mellah ; 1er | | | | | | | | |
+ |étage). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |709.7| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |19 |7h M |712.1| » |13°5|assez | 1| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h30 |714 | » | |assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |712.5| » |21°4|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |712.3| » |19° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |713.8| » | |pur. | 1| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |20 |nuit | | » |9° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |715.8| » |11° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |716.7| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |714.6| » |21°2|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |714.6| » |18°6|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |716.1| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |21 |nuit | | » |9° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |715.1| » |10°5|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |716.3| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |715.1| » |21° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |714 | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |715.2| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |22 |nuit | | » |10° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |715.7| » |12°7|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Tintazart | » |9h26 |714.6| 651| | | | |
+ |à Adis et | | | | | | | | |
+ |retour. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h46 |713.9| 663| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Tatta | » |4h S |714.8| 625| | | | |
+ |(Tintazart ; | | | | | | | | |
+ |mellah ; 1er | | | | | | | | |
+ |étage). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |714.2| » |17°6|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |23 |nuit | | » |10° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |714.7| » |12° |assez | 3| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |715.7| » | |nébul.| 9| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |713 | » |19°3|nébul.| 9| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |712.3| » | |assez | 6| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |24 |nuit | | » |10° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |712.7| » |12° |nébul.| 8| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | |assez | 2| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h | | » | |assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |25 |nuit | | » |10°2| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |711.7| » |12° |nébul.| 9| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h35m |711.7| » | |assez | 8| |
+ | | |M | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Tatta au | » |11h58 |712.5| 630| | | | |
+ |Mâder et | | | | | | | | |
+ |retour. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h28 S|714 | 615| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h35 |716.5| 578| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h06 |719.7| 544| |assez | 8| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h40 |721.4| 520| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h58 |721.7| 516| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h55 |725.2| 472| |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h | | | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |26 |2h M | | | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |729.1| 423| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h22 |730 | 416| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h30 |729.8| 420| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h12 |729.3| 430| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Tatta | » |5h50 S |710.4| 625| |assez | 9| |
+ |(Tintazart ; | | | | | |pur. | | |
+ |mellah ; 1er | | | | | | | | |
+ |étage). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h | | » | |assez | 9| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |27 |7h M |713.3| » | |assez | 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |715 | » | |assez | 9| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Tatta à | » |2h15 S |712.4| 625| | | | |
+ |Aqqa et | | | | | | | | |
+ |retour. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h45 |713.3| 613| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h52 |714.9| 602| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h02 |712.8| 625| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h14 |714.6| 605| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h27 |713.6| 610| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h17 |716.7| 577| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h10 |718.2| 561| | | |Ouad Tatta. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h | | | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |28 |2h M | | | |légèrt| 8| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h |716.7| 570| |nébul.| 10|Aqqa. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h02 |718.2| 555| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h50 |720.5| 524| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h45 |716.5| 573| |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |720 | 530| |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h02 |717.8| 561| | | |Ouad Tatta, |
+ | | | | | | | | |au même point|
+ | | | | | | | | |que hier. |
+ | | | | | | | | | |
+ |Tatta | » |5h55 |711.1| 625| |nébul.| 10| |
+ |(Tintazart ; | | | | | | | | |
+ |mellah ; 1er | | | | | | | | |
+ |étage). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |712 | » | |assez | 6| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |29 |7h M |712.8| » | |assez | 3| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |713.7| » | |assez | 7| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |712.7| » |20°4|nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |712.8| » | |nébul.| 8| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |714 | » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |30 |nuit | | » |11°5| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |715.3| » |14°7|pur. | 5| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |714.6| » |20°4|pur. | 3| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |713.5| » |18°6|pur. | 3| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |714.3| » | |pur. | 1| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |1 Déc.|nuit | | » |9° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |715.6| » |10°2|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |714.2| » |22° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |713.7| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |2 |nuit | | » |8°7 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |712 | » |10° |assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |708.5| » | |assez | 0| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |706.8| » | |assez | 2| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |3 |7h M |711.6| » | |assez | 0| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |710.7| » | |assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |713.8| » | |assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |4 |7h M |715.8| » | |assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |713.9| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |714.4| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |5 |7h M |713.9| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |713.4| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |712.8| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |6 |7h M |712.8| » |11° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |712 | » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |711.8| » |19°5|assez | 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |711 | » | |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |709.7| » |9°5 |assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |708.7| » | |légèrt| 1| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |706.5| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |706.3| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |8 |7h M | | » | |nébul.| 9| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |705 | » | |nébul.| 9| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | |assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |9 |7h M |712.7| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |712.2| » |11°8|pur | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |711.2| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h |710.4| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ |Tatta (Toug | » |4h12m |707 | 665| | | | |
+ |er Rih ; 1er | | | | | | | | |
+ |étage). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |10 |7h M |712.3| » | |assez | 5| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |711.5| » | |nébul.| 9| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |711.3| » | |assez | 6| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |712.2| » | |nébul.| 9| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |11 |nuit | | » |7° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |712.6| » |7°2 |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |713.8| » |11° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |712.3| » |13°4|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |712.1| » |12°7|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |713.3| » |10°3|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |12 |nuit | | » |7°6 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |714 | » |8° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |714.2| » |13° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |713 | » | |assez | 3| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |712.3| » |13°3|assez | 3| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |713 | » | |assez | 8| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |13 |nuit | | » |9°5 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |713.3| » |9°9 |assez | 6| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |714.3| » |13°4|légèrt| 3| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |712.4| » |15°4|assez | 7| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |711.5| » |13°4|nébul.| 8| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |712.2| » |11°8|assez | 4| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |14 |nuit | | » |10°4| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |712.2| » |11°8|nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |713.2| » |14°7|nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |711.5| » |16°2|nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |711.7| » | |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |712.2| » |15° |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |15 |nuit | | » |11° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |712.3| » |12° |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |711.3| » |18° |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |712.1| » |16°4|nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |16 |nuit | | » |12° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |710.1| » |13° |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |710.3| » |18°2|assez | 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |708 | » |20° |assez | 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |707 | » |18° |assez | 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |17 |7h M |705 | » | |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Tatta à | » |7h53m |706.7| 647| | | | |
+ |Tisint. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h20 |704 | 682| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h10 |702.7| 695| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h13 |697 | 767| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h22 S|692.6| 815| | | |Ligne de |
+ | | | | | | | | |partage des |
+ | | | | | | | | |eaux (passée |
+ | | | | | | | | |déjà le 18 |
+ | | | | | | | | |Novembre). |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h35 |690.3| 844| | | |Col Aqqa Izen|
+ | | | | | | | | |(passé déjà |
+ | | | | | | | | |le 18 |
+ | | | | | | | | |Novembre). |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |18 |12h50 S|695.7| 720| | | |Qaçba el |
+ | | | | | | | | |Djoua. Une |
+ | | | | | | | | |pluie fine |
+ | | | | | | | | |tombe sans |
+ | | | | | | | | |cesse depuis |
+ | | | | | | | | |8h M. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h05 |697.3| 674| | | |Trit. La |
+ | | | | | | | | |pluie fine |
+ | | | | | | | | |continue |
+ | | | | | | | | |jusqu’à 2h S |
+ | | | | | | | | |; à 2h, elle |
+ | | | | | | | | |se change en |
+ | | | | | | | | |pluie |
+ | | | | | | | | |abondante. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |697.4| » |12° |très | 10|Même lieu. |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Tisint |19 |11h50 M|703.3| 614| | | | |
+ |(Agadir ; 1er| | | | | | | | |
+ |étage). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |703.4| » |12°5|nébul.| 7| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |704.3| » |10°8|assez | 2| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |705.3| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |20 |nuit | | » |5°6 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |706.6| » |6° |pur. | 2| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |706.3| » |11°6|pur. | 3| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |705.4| » |13°1|pur. | 5| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |705.9| » |11°5|pur. | 3| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |21 |nuit | | » |6°6 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |707.5| » |6°7 |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |708.7| » |11° |très | 2| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |707.5| » |13°4|pur. | 8| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |707.2| » |12°8|pur. | 3| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |22 |nuit | | » |8° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |709.2| » |8°6 |légèrt| 6| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |709 | » |13°3|assez | 6| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |711.1| » |12°5|pur. | 3| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |23 |nuit | | » |8° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |711.2| » |8°5 |très |0.5| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |712.7| » |11°5|pur. | 4| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |711.4| » |14°3|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |711.9| » |14°4|assez | 9| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |24 |nuit | | » |9° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |713.9| » |9°8 |assez | 2| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |714.1| » |13°2|légèrt| 7| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |712.7| » |15°8|assez | 9| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |712.8| » |15°5|assez | 8| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |713.6| » | |assez | 9| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |25 |nuit | | » |9°6 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |715.3| » |10°5|pur. | 3| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |715.5| » |15°3|très | 1| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h S |714.6| » |15°7|très | 2| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |714.7| » |15°2|très | 2| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |715 | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |26 |7h M |716.8| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Tisint à | » |9h30 |718 | 600| | | | |
+ |Mrimima. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h02 |719.4| 584| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h22 |718.8| 598| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h10 S|719.7| 584| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h18 |716.9| 621| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h35 |710 | 704| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h52 |721.4| 563| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Mrimima (rez-| » |2h05 |722.3| 508| |très | 0| |
+ |de-chaussée).| | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |27 |7h M |723 | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |722.1| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |721 | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |721.2| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |28 |7h M |721.9| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |720.9| » | |assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |721.2| » | |assez | 3| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |29 |7h M |722.2| » | |assez | 9| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |720.5| » | |assez | 7| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |720.2| » | |légèrt| 9| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |720.9| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |30 |7h M |720.4| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |721.3| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |718.8| » | |pur. | 6| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |718.3| » | |assez | 9| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |31 |7h M |721.3| » | |assez | 9| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |720.5| » | |assez | 10|Quelques |
+ | | | | | | |nébul.| |gouttes de |
+ | | | | | | | | |pluie tombent|
+ | | | | | | | | |depuis midi |
+ | | | | | | | | |1/2. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |721.6| » | |nébul.| 10|Pluie |
+ | | | | | | | | |violente |
+ | | | | | | | | |depuis 2h S. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |1 |7h M |723.9| » | |assez | 9|La pluie a |
+ | |Janv. | | | | |pur. | |duré toute la|
+ | |1884 | | | | | | |soirée d’hier|
+ | | | | | | | | |et toute la |
+ | | | | | | | | |nuit jusqu’à |
+ | | | | | | | | |6h 1/2 M. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |724.1| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |722.8| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |722.5| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |2 |7h M |725 | » | |assez | 7| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |723.3| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |722.9| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |3 |7h M |723.8| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |723.3| » | |assez | 5| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |722.2| » | |pur. | 3| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |722.2| » |18°7|pur. | 1| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |4 |8h M |724.2| » |11° |assez | 8| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Tisint | » |2h15m S|715.7| 614| | | | |
+ |(Agadir ; | | | | | | | | |
+ |rez-de- | | | | | | | | |
+ |chaussée). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |715.3| » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |5 |7h M | | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |pur. | 4| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |716. | » | |assez | 9| |
+ | | | |4 | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |6 |7h M |719 | » | |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |716 | » | |légèrt| 8| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |716.7| » |17°1|nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |717 | » | |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |7 |7h M |716.7| » | |assez | 5| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |715.7| » |17° |assez | 8| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |715.4| » |16°5|assez | 10| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |8 |8h M |716.9| » | |assez | 4| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |715 | » |18° |pur. | 2| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |714.8| » |17° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |715.4| » | |assez | 9| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |9 |nuit | | » |11° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h M |716 | » |11°9|nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |715.2| » |17° |assez | 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |714.7| » |15°8|nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Tisint à | » |9h | | | | | |Une pluie |
+ |Afikourahen. | | | | | | | |fine commence|
+ | | | | | | | | |et dure |
+ | | | | | | | | |jusqu’à 10h |
+ | | | | | | | | |S. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h | | | | | |La pluie fine|
+ | | | | | | | | |se change en |
+ | | | | | | | | |pluie |
+ | | | | | | | | |violente, qui|
+ | | | | | | | | |dure jusqu’à |
+ | | | | | | | | |3h M. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |10 |7h M | | | |nébul.| 10|La pluie, qui|
+ | | | | | | | | |avait cessé |
+ | | | | | | | | |depuis 3h M, |
+ | | | | | | | | |reprend, mais|
+ | | | | | | | | |légère. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h | | | |nébul.| 10|La pluie |
+ | | | | | | | | |cesse. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | | |assez | 3| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | | |assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h | | | |assez | 0|Tarla. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |11 |9h M |712.7| 675| |légèrt| 10|Id. |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |710.4| » | |assez | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |710.7| » | |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |12 |8h M |712.5| » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |711.7| » | |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |711.4| » | |pur. | 5|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h50m |711.3| » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h55 |709 | 700| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h50 |704.5| 742| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |13 |12h M |693.8| 874| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h20 |695 | 862| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h |692.2| 897| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h09 |691.3| 907| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h35 |693.6| 874| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h25 |695 | 863| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h55 |689.8| 923| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h | | | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h20 |681 | 1040| | | |Lieu d’une |
+ | | | | | | | | |halte. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h15 S|679.8| » | |très | 0|Même lieu. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h |681 | 1034| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h25 |659.2| 1310| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h20 |668.8| 1182| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h25 |676 | 1094| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h37 |676 | 1094| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h30 |682 | 1021| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h50 |680 | 1043| | | |Tizgi Ida ou |
+ | | | | | | | | |Baloul. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |14 |9h M |681.2| » |9° |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |679.8| » |13°4|très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |679.3| » |12° |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |15 |7h M |680.2| » |5°6 |assez | 9|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h20 |681.2| 1070| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h25 S |668 | 1230| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h25 |654 | 1400| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h45 |650 | 1448| | | |Tidgar. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | |pur. | 3|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |16 |7h M |649.9| » | |pur. | 1|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h |617.3| 1873| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h30 |621 | 1833| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h55 |621.4| 1819| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h20 S|618.9| 1860| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h46 |614.7| 1912| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h52 |625 | 1772| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h05 |634.9| 1637| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h52 |638.2| 1586| | | |Azararad. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |17 |7h M |639.4| » |4°6 |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h16 |640.5| 1543| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h35 |645 | 1494| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h45 |643 | 1516| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h25 |651.8| 1400| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h25 |655.8| 1349| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h07 |664 | 1247| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h45 S|671.5| 1146| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h09 |654 | 1375| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h20 |698 | 826| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h30 |708 | 706| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h37 |687.6| 947| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Afikourahen | » |5h55 |688.2| 967| |très | 0| |
+ |(1er étage). | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |18 |7h M |689 | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |688.8| » |15° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |688.5| » |11° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |19 |7h M |689.7| » |7°3 |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |688.7| » |14°7|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |689.4| » |10° |très |0.5| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |20 |7h M |690.2| » |8°2 |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |D’Afikourahen| » |10h45m |705.5| 772| | | | |
+ |à Mogador. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h06 |693 | 930| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |710.7| 713| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h52 |715.7| 655| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h33 |717 | 643| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h15 |722 | 584| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h55 |742.7| 344| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h20 |744.6| 321| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h40 |740.5| 354| |très | 0|Taourirt ou |
+ | | | | | | |pur. | |Selîman. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |21 |7h M |742.9| » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h30 |742.9| » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h55 |750.9| 264| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h15 |756 | 208| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h35 |758 | 186| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h20 S |761.3| 142| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h10 |767 | 75| |très | 0|Gîte. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |22 |6h35 M |769.8| » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h30 |771.8| 10| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h35 |771.2| 21| | | |Dar Sidi Abd |
+ | | | | | | | | |Allah. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |23 |9h05 M |770.8| » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |772.4| 0| | | |Au niveau de |
+ | | | | | | | | |la mer. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h05 S |766 | 73| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h35 |748 | 276| | | |Gîte. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |24 |7h20 M |747.8| » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h25 |770.4| 0| | | |Au niveau de |
+ | | | | | | | | |la mer. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h30 S |723 | 530| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |« |5h05 |765.3| 34| |très | 0|Gîte. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |25 |7h45 M |766.4| » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h55 |747.2| 245| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |740 | 336| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |734 | 420| |très | 0|Dar Hadj Abd |
+ | | | | | | |pur. | |el Malek. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |26 |toute | | » | |très | 0|Id. |
+ | | |la | | | |pur. | | |
+ | | |journée| | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |27 |7h05 M |738 | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h35 |747 | 277| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h05 |760.2| 120| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |753 | 210| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h35 |736.5| 390| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h30 |733 | 436| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h |747 | 277| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h17 |750.7| 232| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |760 | 131| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |749 | 242| |très | 0|Gîte. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |28 |7h35 M |750 | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h15 |756 | 175| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h10 |764.2| 87| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h35 |766 | 65| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Mogador (1er | » |6h S | | 10| |très | 0| |
+ |étage). | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |29 |toute | | » | |très | 0| |
+ | | |la | | | |pur. | | |
+ | | |journée| | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |30 |nuit | | » |8°3 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |767.6| » |9°5 |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |767.2| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |767.2| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |31 |7h M |767.8| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |767.7| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |767.9| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |1 Fév.|nuit | | » |11°8| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |767.7| » |13°3|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |767.6| » |17° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |767.3| » |15°7|pur. | 2| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |2 |nuit | | » |10°7| | |Il a plu un |
+ | | | | | |Min.| | |peu pendant |
+ | | | | | | | | |la nuit. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h M |767.3| » |13° |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |765.6| » |14°2|assez |3.5| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |764.8| » |14° |assez | 8| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |3 |nuit | | » |7°3 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h M |762.4| » |10°4|pur. | 1| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |761.2| » |15° |pur. | 1| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |760.9| » |14° |assez | 2| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |4 |nuit | | » |9°4 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h M |761 | » |11°5|nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |758.8| » |17°4|très | 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |757.7| » |15°1|très | 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |5 |nuit | | » |11°5| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h M |760 | » |12° |très | 10|Il pleut à |
+ | | | | | | |nébul.| |torrents |
+ | | | | | | | | |depuis 3h M. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |760.5| » |12°3|très | 10|La pluie |
+ | | | | | | |nébul.| |continue ; |
+ | | | | | | | | |elle n’a pas |
+ | | | | | | | | |cessé depuis |
+ | | | | | | | | |8h M. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |760.9| » |12°3|nébul.| 9|La pluie a |
+ | | | | | | | | |continué |
+ | | | | | | | | |jusqu’à 3h. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |6 |nuit | | » |10°8| | |Pluie de |
+ | | | | | |Min.| | |minuit à 3h |
+ | | | | | | | | |M. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h M |760.7| » |11°9|assez | 3| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |759.9| » |17°2|assez | 8| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |759.8| » |15°7|assez | 8| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |7 |nuit | | » |11° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h M |760.9| » |13° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |760.3| » |16° |très | 2| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |8 |nuit | | » |10°5| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h M |763.1| » |12°5|assez | 7| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |763.5| » |18° |légèrt| 6| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |764.7| » |16° |assez | 3| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |9 |nuit | | » |11° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |764.6| » |13° |assez | 7| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |764.8| » |20° |nébul.| 5| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |764.2| » |18°4|nébul.| 5| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |10 |nuit | | » |13°7| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |764 | » |15°3|très | 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |762.9| » |18°7|très | 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |762.1| » |15°8|nébul.| 8| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |11 |nuit | | » |13°8| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |761 | » |14°8|très | 6|Brume épaisse|
+ | | | | | | |nébul.| |durant la |
+ | | | | | | | | |matinée |
+ | | | | | | | | |jusqu’à 11h. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |760 | » |17° |très | 4| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |759.7| » |15°8|très | 10| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |12 |nuit | | » |11°7| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |761 | » |14° |assez | 8| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |761.4| » |16°8|légèrt| 2| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |761.7| » |14°5|nébul.| 1| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |13 |nuit | | » |9°1 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |763.7| » |9°3 |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |763.9| » |16°8|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |763.9| » |14°3|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |14 |nuit | | » |8°7 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |763.7| » |9°5 |assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h S |761.3| » |15°3|légèrt| 8| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |15 |nuit | | » |12°6| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h M |759.4| » |15°3|nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |757.3| » |17°9|nébul.| 8| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |756.5| » |13°7|nébul.| 7| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |16 |nuit | | » |12°1| | |Il a plu |
+ | | | | | |Min.| | |pendant une |
+ | | | | | | | | |grande partie|
+ | | | | | | | | |de la nuit. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |753.2| » |12°8|nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |752.1| » |16°8|nébul.| 8| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |751.7| » |12°8|nébul.| 10|Pluie légère |
+ | | | | | | | | |depuis 4h 1/2|
+ | | | | | | | | |S ; elle dure|
+ | | | | | | | | |jusqu’à 6h S.|
+ | | | | | | | | | |
+ | » |17 |nuit | | » |9°4 | | |Il a plu |
+ | | | | | |Min.| | |pendant une |
+ | | | | | | | | |grande partie|
+ | | | | | | | | |de la nuit. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |750.7| » |9°7 |très | 10|Pluie fine. |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |752.8| » |14°7|nébul.| 7|Il a plu |
+ | | | | | | | | |pendant une |
+ | | | | | | | | |grande partie|
+ | | | | | | | | |de la |
+ | | | | | | | | |matinée. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |755 | » |12°8|assez | 2| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |18 |nuit | | » |7°7 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |757.9| » |7°9 |très | 1| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |757.7| » |17°4|très | 1| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |757.7| » |14° |très | 1| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |19 |nuit | | » |12° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |760.7| » |12° |très | 10|Une pluie |
+ | | | | | | |nébul.| |fine tombe |
+ | | | | | | | | |depuis 2h M. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |763 | » |17°7|très | 10|La pluie a |
+ | | | | | | |nébul.| |cessé à 10h |
+ | | | | | | | | |M. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |763.4| » |14°7|très | 9| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |20 |nuit | | » |10° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |765 | » |11° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |toute | | » | |très | 0| |
+ | | |la | | | |pur. | | |
+ | | |journée| | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |21 |nuit | | » |9°5 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |764.7| » |10°5|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |763.8| » |17° |assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |763.8| » |14°9|assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |22 |nuit | | » |11° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h M |763.2| » |12°5|pur. | 1| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |763.3| » |18°9|pur. | 1| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |763.3| » |15°8|légèrt| 1| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |23 |nuit | | » |10°2| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |764.2| » |10°8|légèrt| 1| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |764.7| » |15°8|assez | 0| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |764.7| » |15° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |24 |nuit | | » |11° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |765.6| » |12°2|assez | 8| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |765.5| » |18°3|assez | 7| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |765.4| » |15°7|légèrt| 1| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |25 |nuit | | » |9° | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |765.1| » |9°2 |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |764.9| » |18° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |764.8| » |15°8|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |26 |nuit | | » |9°1 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |764.5| » |12°4|nébul.| 9| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |764.2| » |19°5|nébul.| 6| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |764.4| » |16° |assez | 5| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |27 |nuit | | » |11°3| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |763.2| » |12°4|pur. | 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h S | | » |16° |pur. | 8| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |28 |nuit | | » |10°8| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |760.8| » |13°4|assez | 7| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h S | | » |16° |assez | 8|Forte averse |
+ | | | | | | |pur. | |de 2h à 2h |
+ | | | | | | | | |1/2 S. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |29 |nuit | | » |10°5| | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |762.2| » |18°5|assez | 1| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |762.1| » |14° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |5 Mars|toute | | » | |très | 10|Il pleut à |
+ | | |la | | | |nébul.| |torrents |
+ | | |journée| | | | | |pendant toute|
+ | | | | | | | | |la journée. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |13 |toute | | » | |pur. | 0| |
+ | | |la | | | | | | |
+ | | |journée| | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Mogador à |14 |6h S | | | |pur. | 5| |
+ |Tisint | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |15 |toute | | | |pur. | 3| |
+ | | |la | | | | | | |
+ | | |journée| | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |16 |toute | | | |assez | 5| |
+ | | |la | | | |nébul.| | |
+ | | |matinée| | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |toute | | | | | 10|Forte pluie |
+ | | |l’après| | | | | |toute |
+ | | |-midi | | | | | |l’après-midi |
+ | | | | | | | | |et toute la |
+ | | | | | | | | |soirée. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |17 |toute | | | | | 10|Forte pluie |
+ | | |la nuit| | | | | |toute la |
+ | | | | | | | | |nuit. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |toute | | | | | 10|Forte pluie |
+ | | |la | | | | | |toute la |
+ | | |matinée| | | | | |matinée. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h40m |735 | 420| | | |Dar Hadj Abd |
+ | | |S | | | | | |el Malek |
+ | | | | | | | | |(lieu déjà |
+ | | | | | | | | |traversé). |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h05 |731 | 330| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h33 |737.7| 240| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |732 | 330| | | 8|Zaouïa S. |
+ | | | | | | | | |Mhind ou |
+ | | | | | | | | |Ouchchen |
+ | | | | | | | | |Plusieurs |
+ | | | | | | | | |averses |
+ | | | | | | | | |pendant |
+ | | | | | | | | |l’après-midi.|
+ | | | | | | | | | |
+ | » |18 |toute | | » | | | 10|Même lieu. |
+ | | |la nuit| | | | | |Forte pluie |
+ | | | | | | | | |toute la |
+ | | | | | | | | |nuit. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h15 M|731.7| » | | | 10|Même lieu. |
+ | | | | | | | | |Forte pluie |
+ | | | | | | | | |toute la |
+ | | | | | | | | |matinée. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h S |731 | » | |nébul.| 6|Même lieu. |
+ | | | | | | | | |Pluie jusqu’à|
+ | | | | | | | | |4h S. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |19 |7h M |733 | » | |assez | 2|Même lieu. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h40 |733.8| » | | | |Même lieu. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h12 |739 | 268| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h50 |732.1| 337| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h55 |747.4| 233| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h05 S|762 | 0| |assez | 5|Au niveau de |
+ | | | | | | |pur. | |la mer. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h45 |760 | 33| |assez | 5|Fondoq. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |20 |5h M | | | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h | | | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h S | | | |pur. | 0|Dar Sidi |
+ | | | | | | | | |Iahia. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |21 |7h M |760.8| 22| |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h55 |760.7| 23| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h20 |757.2| 55| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h23 S |752.7| 111| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h22 |752.5| 113| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h15 |751.9| 120| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |750.4| 145| |pur. | 0|Oulad Segeïr.|
+ | | | | | | | | | |
+ | » |22 |7h M | | » | |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h | | » | |assez | 4|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h S | | » | |assez | 8|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |23 |5h40 M |746.4| » | |nébul.| 8|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h15 |745 | 168| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h35 |744.8| 170| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h30 |741 | 213| |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h35 S |736.7| 258| | | |Gîte. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | |nébul.| 10|Id. Pluie |
+ | | | | | | | | |violente de |
+ | | | | | | | | |11h 1/4 M à |
+ | | | | | | | | |4h S. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |24 |6h M |736.7| » | |assez | 10|Même lieu. |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h50 |730 | 340| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h56 S |724.5| 396| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h55 |718 | 478| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h50 |715 | 513| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h05m S|710 | 572| |assez | 5|Douar |
+ | | | | | | |nébul.| |Oumbarek ou |
+ | | | | | | | | |Dehen. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |25 |toute | | » | |assez | 4|Id. |
+ | | |la | | | |nébul.| | |
+ | | |journée| | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |26 |5h05 M |710 | » | |assez | 3|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h52 |714 | 525| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h15 |713.8| 527| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h50 |709 | 584| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h12 |694 | 765| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h40 S|683 | 899| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h30 |674.3| 998| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h54 |667 | 1098| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h50 |644 | 1394| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h30 |655 | 1251| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h35 |660 | 1293| |pur. | 0|Amzoug. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |27 |4h50 M |660 | » | |assez | 4|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h45 |656.2| 1226| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h07 |636 | 1500| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h20 |631.8| 1552| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |622.5| 1673| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h35 |610.2| 1849| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h35 |632.5| 1539| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |617 | 1755| |assez | 6| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h20 |604 | 1934| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h10 |616.3| 1755| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h15 |624 | 1660| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h49 |623 | 1673| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h30 |630.7| 1566| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h30 |639 | 1459| |assez | 8| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |28 |6h55 M |645 | 1394| |assez | 5| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h50 |652.3| 1283| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h03 |651.2| 1297| | | |Ilir. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |assez | 5|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | |assez | 6|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |29 |toute | | » | |assez | 5|Id. |
+ | | |la | | | |pur. | | |
+ | | |journée| | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |30 |7h15 M | | » | |assez | 3|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |653.5| 1260| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h30 |666.5| 1090| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |668.6| 1063| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h15 |669.4| 1050| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h36 |666.6| 1080| |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h15 |675 | 980| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h45 |676.7| 950| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h30 |681.8| 880| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |31 |3h M | | | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ |Tisint | » |11h | | 614| |pur. | 0| |
+ |(Agadir ; | | | | | | | | |
+ |rez-de- | | | | | | | | |
+ |chaussée). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h S | | » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |1 |toute | | » | |très | 0| |
+ | |Avril |la | | | |pur. | | |
+ | | |journée| | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |2 |toute | | » | |très | 0| |
+ | | |la | | | |pur. | | |
+ | | |journée| | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |3 |toute | | » | |très | 0| |
+ | | |la | | | |pur. | | |
+ | | |journée| | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |4 |toute | | » | |très | 0| |
+ | | |la | | | |pur. | | |
+ | | |journée| | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |5 |toute | | » | |très | 0| |
+ | | |la | | | |pur. | | |
+ | | |journée| | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h05 S|706.2| » | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Tisint à |6 |5h25 M |684 | 906| |pur. | 0| |
+ |Tazenakht. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h M |679.3| 954| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h33m |675.8| 1007| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h45 |668.7| 1090| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |670 | 1079| |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h |636.3| 1511| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h40 |619 | 1755| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h |622 | 1715| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h52 |606 | 1935| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h25 |618.7| 1759| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h30 |615 | 1814| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h |612 | 1857| |pur. | 0|Gîte. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |7 |7h05 M |611.2| » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h10 |598 | 2059| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h07 |614 | 1835| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h25 |616.5| 1797| | | |Takdicht. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h | | » | |pur. | 2|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h S | | » | |pur. | 1|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |8 |8h M |615.8| » | |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h45 |621.5| 1725| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h12 |621.6| 1715| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h15 |623.9| 1685| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h37 |628.8| 1618| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h30 S|632 | 1577| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h |632 | 1577| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h37 |635 | 1537| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h48 |636.3| 1511| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Tazenakht | » |4h20 |638 | 1502| |pur. | 2| |
+ |(1er étage). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |9 |nuit | | » |9°3 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |636.5| » |14° |pur. | 9| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |II |1h S |635.7| » |23°5|pur. | 7| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |635.3| » |20°5|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |10 |nuit | | » |6°7 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |637.6| » |9°7 |très | 2| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |637.4| » |23°7|assez | 7| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |637.3| » |20°7|légèrt| 9| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |11 |nuit | | » |8°6 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |637.7| » |11°5|nébul.| 7| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |636.3| » |24°4|très | 6| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |635.5| » |20°7|très | 5| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |12 |nuit | | » |8°8 | | | |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h M |633.8| » |11°4|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |632.7| » |17°6|pur. | 1| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |632.9| » |12°7|pur. | 1| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |13 |7h M |634.7| » |6° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |636 | » | |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Tazenakht | » |2h52 |639.3| 1410| | | | |
+ |à Tamnougalt.| | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h41 |636.4| 1455| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h05 |631 | 1538| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h35 |628 | 1586| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h03 |635.3| 1484| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h30 |630.4| 1556| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h18 |630.7| 1552| |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |14 |2h02 M |622.8| 1696| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h48 |610.6| 1872| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h38 |622 | 1725| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h43 |621 | 1738| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h20 |660.8| 1208| | | |Tesaouant. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h | | » | |pur. | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h S |661 | » |16°7|très | |Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |15 |7h M |660.4| » | |pur. | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h10 |661.3| » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h07m M|663.2| 1169| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h38 |670.3| 1080| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h10 S|671.5| 1068| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h01 |673 | 1055| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h |673.9| 1043| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Tamnougalt | » |2h40 |671.8| 1079| | | | |
+ |(1er étage). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |671.6| » |19°2|très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |16 |7h M |671.6| » |12°3|pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h S |670.8| » |18°7|pur. | 3| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |17 |1h S |670 | » |22°5|assez | 5| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |670.3| » |17°5|assez | 6| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |18 |10h M | | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h S |672 | » |19° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |19 |6h M |673 | » |10° |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |672.8| » |27° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |672.3| » |23° |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |20 |7h M |675 | » |13° |assez | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Tamnougalt| » |1h57 S |675.5| 1050| | | | |
+ |au Todra. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h25 |677.2| 1023| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h48 |675.7| 1041| |pur. | 0|Tirremt Ali d|
+ | | | | | | | | |Aït El Hasen.|
+ | | | | | | | | | |
+ | » |21 |5h15 M |675.7| » | |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h35 |677.6| 1019| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h53 |670.3| 1130| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h08 |668 | 1174| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h55 |621 | 1794| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h40 |618 | 1835| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h20 |605.5| 2002| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h06 S|608 | 1974| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h30 |609.4| 1946| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h |603 | 2045| |assez | 5| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h40 |597 | 2137| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h07 |592.4| 2179| | | |Gîte. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | |nébul.| 10|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h | | » | |assez | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |22 |6h M |591.5| » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h15 |592.1| » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h18 |584.3| 2280| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h13 |620 | 1786| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h24 |617.5| 1814| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h31 |621 | 1772| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h52 |618 | 1814| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h |620 | 1786| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h09 |618.5| 1800| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h31 |627 | 1690| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h04 S|620.5| 1772| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h17 |624.4| 1731| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h15 |618.9| 1800| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h33 |621.2| 1772| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h58 |619.1| 1798| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h06 |627.4| 1677| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h31 |632 | 1623| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h47 |632 | 1623| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h47 |636.7| 1532| |très | 0|Timichcha. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |23 |6h M |638.4| » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h30 |635.3| 1558| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h57 |632.5| 1616| | | |Tiilit. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |assez | 4|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | |assez | 10|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |24 |nuit | | » |5°4 | | |Id. |
+ | | | | | |Min.| | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h M |629.7| » |7° |assez | 4|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h33m M|629.9| » | | | |Tiilit. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h40 |629 | 1630| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h20 S|624.9| 1685| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h25 |623.6| 1693| |pur. | 0|Aït Iidir. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |25 |4h50 M |624.6| » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h58 |620.2| 1750| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h26 |625.7| 1680| |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h56 |632 | 1612| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h35 |634.3| 1581| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h20 |637.8| 1526| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h05 |638.4| 1517| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h30 S|638 | 1522| |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h07 |641 | 1483| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h53 |643.6| 1476| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Todra | » |4h28 |641 | 1466| |très | 0| |
+ |(Taourirt; | | | | | |pur. | | |
+ |1er étage). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |26 |toute | | » | |très | 0| |
+ | | |la | | | |pur. | | |
+ | | |journée| | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |27 |toute | | » | |très | 0| |
+ | | |la | | | |pur. | | |
+ | | |journée| | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |28 |6h M |648.3| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |pur. | 8| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h20 |644.3| » | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Du Todra au | » |6h47 |652.8| 1427| |pur. | 4|Tadafals. |
+ |Tiallalin. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |29 |6h15 M |652.2| » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h40 |654.3| 1389| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h22 |655.8| 1375| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h |657.3| 1349| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h15 |663.6| 1271| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h27 S |665.7| 1239| |très | 0|Asrir. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |30 |6h M |669 | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h55 |669.3| » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h59 |669.8| 1226| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h53 |668 | 1252| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h37 S |667.9| 1249| |très | 0|Gelmima. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |1 Mai |4h10 M |670 | » | |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h19 |670.7| 1236| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h57 |671.7| 1222| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h08 |672 | 1219| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h55 |670.7| 1236| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h35 |663 | 1339| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h25 |667 | 1288| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h50 |669.7| 1249| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h23 |670.8| 1236| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h16 S|670.6| 1238| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h30 |665 | 1314| |pur. | 2| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h21 |667 | 1288| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h58 |666.9| 1265| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h20 |666.8| 1260| | | |Qçar es Souq.|
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | |légèrt| 10|Id. |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |2 |6h45 M |669.6| » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h33 |670 | 1255| | | |Pluie fine de|
+ | | | | | | | | |6h à 7h M. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h33 |668.8| 1273| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h05 |642 | 1629| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h45 S |660.5| 1377| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h20 |657.4| 1416| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Tiallalin | » |5h05 |653.8| 1469| |assez | 4| |
+ |(Qçîba el | | | | | |pur. | | |
+ |Ihoud). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |3 |toute | | » | | | 10|Pluie |
+ | | |la | | | | | |violente. |
+ | | |journée| | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |4 |toute | | » | | | 10|Pluie |
+ | | |la nuit| | | | | |violente. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |jusqu’à| | » | | | 10|Pluie |
+ | | |4h S | | | | | |violente ; |
+ | | | | | | | | |elle s’arrête|
+ | | | | | | | | |à 4h. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h S | | » | |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | |assez | 5| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |5 |5h30m M|650.3| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Du Tiallalin | » |9h20 |650.4| 1468| | | | |
+ |à Qçâbi ech | | | | | | | | |
+ |Cheurfa. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h12 |645 | 1544| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h15 S |635 | 1694| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h36 |628.8| 1762| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h55 |632.2| 1707| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h30 |630.5| 1735| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h10 |628 | 1775| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h40 |625.5| 1801| |très | 0|Nezala. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |6 |4h30 M |627 | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h15 |622.1| 1870| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h28 |607.6| 2067| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h47 |603.8| 2125| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h08 |608.5| 2053| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h15 |600 | 2182| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h45 |617 | 1940| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h40 |630.5| 1740| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h02 S|644.8| 1542| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h06 |647 | 1515| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h50 |652.6| 1423| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h37 |659.6| 1435| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h38 |663.5| 1260| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h47 |667.6| 1208| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Qçâbi ech | » |4h |667.8| 1211| | | | |
+ |Cheurfa | | | | | | | | |
+ |(Qaçba el | | | | | | | | |
+ |Makhzen). | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |7 |7h M |671 | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |669.7| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h |669.5| » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |8 |5h M |672 | » | |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h50 |672 | » | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Qçâbi ech | » |6h05 |672.7| 1199| | | | |
+ |Cheurfa à | | | | | | | | |
+ |Debdou. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h49 |671.7| 1211| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h21 |675 | 1186| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h22 |675.4| 1181| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h05 |677.5| 1134| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h15 S|672.5| 1199| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h57 |674.4| 1173| |pur. | 3| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h57 |674.7| 1169| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h04 |679.5| 1109| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h33 |679.1| 1114| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h38 |681.1| 1089| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h55 |679.7| 1106| |assez | 9| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h25 |683 | 1070| | | |Misour (Bou |
+ | | | | | | | | |Kenzt). |
+ | | | | | | | | |Quelques |
+ | | | | | | | | |gouttes de |
+ | | | | | | | | |pluie entre |
+ | | | | | | | | |5h 1/2 et 6h |
+ | | | | | | | | |S. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |9 |4h55 M |683 | » | | | |Même lieu. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h17 |684 | 1058| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h45 |684 | 1058| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h17 |685.9| 1033| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h30 |688 | 1008| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h15 |689 | 995| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h03 S|690 | 982| |très | 0| |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h16 |688.7| 995| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h40 |688.2| 1001| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h40 |686.5| 1010| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h10m S|687.4| 989| |très | 0|Outat Oulad |
+ | | | | | | |pur. | |el Hadj (El |
+ | | | | | | | | |Mellah). |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |10 |7h M |689 | » | |très | 0|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |pur. | 3|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | |assez | 8|Id. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h | | » | |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |11 |6h M |687.2| » | |pur. | 0|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |pur. | 4|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | |pur. | 5|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |12 |3h58 M |686 | » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h48 |689.7| 938| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h33 |692.3| 901| |pur. | 0| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h54 |693.8| 888| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h15 |689.8| 939| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h25 |689.2| 947| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h37 |689.2| 947| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h25 |683 | 1026| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h22 S|682.3| 1035| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h12 |683.4| 1021| |pur. | 4| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h08 |684.8| 1001| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h04 |688 | 963| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h05 |698 | 838| |assez | 10|Gîte. |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |13 |4h55 M |693 | 878| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h45 |690.6| 903| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h02 |678 | 1067| |nébul.| 4| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h45 |644.7| 1499| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |12h S |640 | 1566| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h25 |648 | 1459| |nébul.| 10|Une pluie |
+ | | | | | | | | |fine tombe |
+ | | | | | | | | |depuis midi. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h05 |633.5| 1648| | | |De midi à |
+ | | | | | | | | |3h30 S, pluie|
+ | | | | | | | | |fine avec |
+ | | | | | | | | |courtes |
+ | | | | | | | | |interrup. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h15 |679.7| 1049| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h20 |678 | 1069| |nébul.| 10|Oulad Ben el |
+ | | | | | | | | |Houl. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |14 |6h12 M |678 | » | | | |Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h50 |677 | 1080| |nébul.| 8| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |8h30 |637 | 1608| | | |Pluie légère |
+ | | | | | | | | |de 8h à 9h M.|
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h28 |670.3| 1157| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Debdou (rez- | » |10h |674.7| 1134| | | | |
+ |de-chaussée).| | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |nébul.| 8| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | |assez | 5| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |15 |7h M |674.3| » | |nébul.| 10|Température |
+ | | | | | | | | |de la source |
+ | | | | | | | | |principale de|
+ | | | | | | | | |Debdou : |
+ | | | | | | | | |13°5. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | | | 10|La pluie |
+ | | | | | | | | |commence à 8h|
+ | | | | | | | | |M et dure |
+ | | | | | | | | |toute la |
+ | | | | | | | | |journée. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | | | 10|La pluie |
+ | | | | | | | | |continue |
+ | | | | | | | | |toute la |
+ | | | | | | | | |soirée. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |16 |7h M |672.3| » | |nébul.| 10|Pluie. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | | | 10|Depuis le |
+ | | | | | | | | |matin, il |
+ | | | | | | | | |tombe de |
+ | | | | | | | | |fréquentes |
+ | | | | | | | | |averses. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | | | 10|La pluie |
+ | | | | | | | | |continue |
+ | | | | | | | | |toute la |
+ | | | | | | | | |journée avec |
+ | | | | | | | | |des interrup.|
+ | | | | | | | | | |
+ | » |17 |7h M | | » | |nébul.| 10|Quelques |
+ | | | | | | | | |gouttes de |
+ | | | | | | | | |pluie. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |nébul.| 8|Une ou deux |
+ | | | | | | | | |courtes |
+ | | | | | | | | |averses |
+ | | | | | | | | |pendant la |
+ | | | | | | | | |matinée. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h | | » | |nébul.| 6| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |18 |7h30 M |670.9| » | |assez | 4| |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ |De Debdou à | » |8h33 |681.2| 994| | | | |
+ |Oudjda. | | | | | | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h02 |692.5| 895| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h08 |693.9| 842| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h03 S |700.4| 755| |pur. | 2| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h10 |705 | 707| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h33m S|703.5| 719| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h51 |710 | 645| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |4h50 |720 | 524| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h31 |721.8| 500| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h50 |721 | 512| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h55 |724 | 476| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h03 |723 | 495| |assez | 3|Taourirt. |
+ | | | | | | |pur. | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |19 |5h M |724.3| » | |assez | 10|Id. |
+ | | | | | | |nébul.| | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h |720.8| 515| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h15 S |723.2| 464| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h30 |719 | 525| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h05 |706 | 683| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h51 |703 | 720| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h22 |704 | 708| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h26 |702 | 732| |nébul.| 10|Gîte. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |20 |5h15 M |701.3| » | | | |Id. De 6h S à|
+ | | | | | | | | |5h M pluie |
+ | | | | | | | | |fine. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h10 |699.9| 745| |nébul.| 10| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h40 |692.2| 832| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h13 |703.7| 696| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h32 |698 | 744| | | |Qaçba el |
+ | | | | | | | | |Aïoun. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S | | » | |nébul.| 10|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |5h | | » | |nébul.| 10|Id. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |21 |nuit | | » | | | |Même lieu. Il|
+ | | | | | | | | |a plu à |
+ | | | | | | | | |torrents |
+ | | | | | | | | |durant toute |
+ | | | | | | | | |la nuit, |
+ | | | | | | | | |depuis 6h S. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |6h M |695 | » | | | |Même lieu. Il|
+ | | | | | | | | |pleut avec |
+ | | | | | | | | |violence. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h S |696 | » | | | |Même lieu. Il|
+ | | | | | | | | |pleut avec |
+ | | | | | | | | |force depuis |
+ | | | | | | | | |le matin. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h |697 | » | |nébul.| 10|Même lieu. La|
+ | | | | | | | | |pluie a cessé|
+ | | | | | | | | |à 6h S. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » |22 |6h27 M |700.9| » | | | |Même lieu. |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |7h33 |702.2| 729| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |9h25 |697 | 794| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |10h15 |697 | 794| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |11h30 |697 | 794| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h07 S |693.4| 831| |nébul.| 6| |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |1h38 |700 | 756| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h42 |703 | 719| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |2h52 |701.3| 732| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ | » | » |3h10 |699.8| 759| | | | |
+ | | | | | | | | | |
+ |Oudjda. | » |4h21 |706 | 683| |nébul.| 10| |
+ +-------------+------+-------+-----+-----+----+------+---+-------------+
+
+
+[Note 129 : Les altitudes ont été calculées par M. Raymond, à
+qui je dois de vifs remerciements pour ce travail. Voici, sur la
+manière dont il a procédé, les éléments qui lui ont servi et
+l’approximation obtenue, une note qu’il a composée.
+
+« Pour la détermination des altitudes, on a fait usage d’un petit
+baromètre anéroïde construit avec soin et compensé des variations
+de la température. Cet instrument a été considéré comme exact au
+départ, mais il est résulté de comparaisons faites par le voyageur,
+avec deux autres baromètres, que vers le milieu d’août 1883 il
+a éprouvé un dérangement qui lui a fait marquer 2mm en plus ;
+cette erreur instrumentale s’est conservée jusqu’à la fin du
+voyage. On a tenu compte de cette correction, ainsi que de celle due
+à l’oscillation diurne du baromètre, que l’on a supposée être
+de 2mm, dans les régions explorées.
+
+« Les calculs des altitudes ont été faits en employant la formule
+de Laplace et en négligeant les décimales peu importantes.
+
+« La détermination de la pression au niveau de la mer, à chacune
+des observations, a constitué une des difficultés principales pour
+l’exactitude des calculs. Pour avoir les hauteurs du baromètre au
+niveau de la mer, on a fait usage des observations relatées dans le
+Bulletin météorologique du gouvernement de l’Algérie et dans le
+Bulletin météorologique international.
+
+« Tant que le voyageur a été dans le voisinage des côtes, les
+données des Bulletins ont pu être utilisées avec profit, mais
+dans l’intérieur du Maroc la tâche a été plus difficile et les
+valeurs obtenues pour certains jours se sont peut-être éloignées de
+la vérité de plusieurs millimètres. Du reste, quelques altitudes
+ont pu être vérifiées et, dans les localités où le voyageur
+a passé plusieurs fois, on a pris des moyennes qui, dans certains
+cas, ont servi à corriger les hauteurs des points voisins qui ont
+paru défectueuses.
+
+« Nous ferons aussi remarquer que, pendant le cours de ce voyage, la
+pression au niveau de la mer a presque toujours été bien au-dessus
+de 762mm, nombre admis pour la hauteur barométrique de ce pays au
+niveau de la mer.
+
+« Nous pensons que les erreurs principales proviendront de la
+difficulté de se rendre compte de la pression atmosphérique au
+niveau de la mer, et de la correction (_a_/1.000)2 (_t_ + _t′_)
+de la formule de Laplace, qui a été laissée le plus souvent à
+l’appréciation du calculateur, la température n’ayant pu être
+notée aussi souvent que les hauteurs barométriques. »
+
+Les observations de température ont été faites avec des
+thermomètres fronde et des thermomètres à minima construits par
+M. Tonnelot.]
+
+
+
+
+ NOTE
+ SUR LES MATÉRIAUX QUI ONT SERVI A DRESSER L’ITINÉRAIRE DU VOYAGE.
+
+
+Les matériaux qui ont servi à tracer l’itinéraire de mon voyage
+sont :
+
+1o Les positions de Tanger, d’Agadir Iṛir et de Mogador, données
+par les cartes marines ; la position d’El Qçar, déterminée
+astronomiquement par MM. François et de La Porte ; la position de
+Fâs, déterminée astronomiquement par Ali Bey et vérifiée par
+MM. François et de La Porte ; la position d’Oudjda, fournie par
+la carte de l’Algérie dressée en France, en 1876, au Dépôt de
+la Guerre ; la longitude de Tétouan, donnée par Tofiña.
+
+2o Les points dont j’ai moi-même déterminé astronomiquement les
+positions, savoir :
+
+En latitude et en longitude : Zaouïa Sidi Reḥal, Tagmout (Glaoua),
+Tikirt, Tazenakht, Agadir Tisint, Tintazart, Afikourahen, Tamnougalt,
+Taourirt (Todṛa), Gelmima, Qcîra el Ihoud (Tiallalin), Qaçba el
+Makhzen (Qçâbi ech Cheurfa). En latitude : Tétouan, Tâza, Mạder
+Soulṭân, Ouṭat Oulad el Ḥadj. En longitude : Sfrou et Demnât.
+
+3o Mon cheminement et mes tours d’horizon faits à la boussole. (Tout
+mon itinéraire a été relevé à la boussole.)
+
+Sur deux points, je suis en désaccord avec les observations faites
+avant moi. Je n’admets ni la latitude de Tétouan proposée par
+Tofiña, ni la position de Tâza donnée par Ali Bey.
+
+J’adopte pour Tétouan la latitude fournie par mes observations
+astronomiques, latitude qui concorde avec mon levé à la boussole
+et avec ceux de M. Tissot.
+
+Pour Tâza, la longitude déterminée astronomiquement par Ali
+Bey place, selon moi, la ville trop à l’est ; elle la met à une
+distance de Fâs qui me paraît exagérée et inadmissible. L’erreur
+me sembla évidente dès mon arrivée à Tâza ; j’y pris
+plusieurs angles horaires du soleil, dans l’espoir de la corriger ;
+malheureusement, des arrêts du chronomètre rendirent ces observations
+inutiles. De retour, la construction de mon itinéraire montra que
+je ne m’étais pas trompé : Tâza d’Ali Bey était trop vers
+l’est ; jamais, placée ainsi, je n’eusse pu y parvenir dans
+le temps que je mis. En relisant Ali Bey, je vis que sa longitude
+avait été observée dans des conditions peu favorables, le même
+jour qu’une latitude où il reconnut dans la suite une erreur de
+21′. En outre, l’erreur que je crois exister dans la longitude de
+Tâza a été trouvée, égale et de même sens, dans celle d’Oudjda,
+qu’Ali Bey détermina quelques jours plus tard. Je rejette donc cette
+longitude et j’adopte provisoirement celle que fournit mon levé.
+
+Ali Bey détermina aussi la latitude de Tâza. Il y fit, à peu de
+distance, deux observations qui présentent un écart de 21′. Cette
+différence jette des doutes sur leur exactitude. J’ai pris à
+Tâza plusieurs hauteurs de l’étoile polaire ; les résultats
+qu’elles ont fournis concordent entre eux et avec mon itinéraire
+à la boussole. J’adopte comme latitude celle qui ressort de mes
+observations astronomiques.
+
+ * * * * *
+
+
+
+
+ INDEX
+ DES NOMS GÉOGRAPHIQUES
+ CONTENUS
+ DANS LE VOLUME ET DANS L’ATLAS.
+
+ * * * * *
+
+
+ A |
+ | Cartes.
+ |
+ Aachoun. 278. |
+ |
+ Aban. 324. |
+ |
+ Abernous. 288. 296. |
+ |
+ Achahod. 277. |7. 8.
+ |
+ Achakski. 326. |
+ |
+ Achil Sidi Bou Iaḥia. 274. |15.
+ |
+ Achlach. |14.
+ |
+ Achoul Sidi Bou Iạqob. 359. |
+ |
+ Adaḥa. 278. |
+ |
+ Aderbaz. 291. |
+ |
+ Aderdour (Ida ou Gemmed). 330. 332. 335. 402. |
+ |
+ (Ilalen). |11. 12.
+ |
+ (Imadiden). 329. |
+ |
+ Adis (kheneg). 143. 145. 147. 158. 310. 311. |10.
+ |
+ (qçar). 128. 143. 144. 145. 310. 311. 320. 338. 433. |10.
+ |
+ Admer. 243. 375. 376. 384. |
+ |
+ Adnan. 199. 200. |10.
+ |
+ Adouz (Aït Ououlouz). 330. |
+ |
+ (Houara). |12.
+ |
+ (Ouneïn). 335. 337. 402. |
+ |
+ Adrar (oasis du Sahel méridional). 154. 156. 346. |
+ |
+ Adrar n Deren. 95. 96. 98. 323. |21.
+ |
+ n Iri. 82. 83. 84. |7. 21.
+ |
+ Adreg. 108. 281. 284. |8.
+ |
+ Adres. 304. |
+ |
+ Adṛeṛ. 326. |
+ |
+ Afanour. 355. |16.
+ |
+ Afelilou. 376. |
+ |
+ Afella n Asif (Aït Ouaṛrda). 281. |
+ |
+ n Asif Mezgîṭa). 287. |
+ |
+ n Dra. 211. 280. 284. 287. |
+ |
+ Ifri (désert). 277. |
+ |
+ Isli. 278. 402. |
+ |
+ Afikourahen. 120. 179. 180. 181. 185. 341. 411. 412. 415. |11. 12.
+ 437. 438. 439. 450. |21.
+ |
+ Afra (Ilalen). 180. 340. |11. 12.
+ |
+ (Mezgîṭa). 211. |
+ |
+ (Tatta). 144. 145. 309. 310. 311. 338. |
+ |
+ Fouqania. 144. 309. |
+ |
+ Oulad es Soulṭân. 291. 292. |
+ |
+ Aftis. |17.
+ |
+ Agadir n Abbou. 332. |
+ |
+ Afra. 309. |
+ |
+ Aït Ḥaseïn. 331. |
+ |
+ Aït Teççaout. 337. |
+ |
+ Aqqa Iṛen. 200. |
+ |
+ el Bour. 331. |
+ |
+ Djedid. 328. |
+ |
+ el Hena. 309. |
+ |
+ Iberqaqen Fouqani. 178. 314. |11.
+ |
+ Iberqaqen Taḥtani. 314. |11.
+ |
+ n Iblaz. 330. 334. |
+ |
+ Ida ou Ska. |11.
+ |
+ Iṛir. 22. 28. 99. 100. 120. 179. 184. 185. 293. 339. |12. 21.
+ 346. 401. 450. |
+ |
+ n Ousekti. 330. |
+ |
+ Ouzrou. 120. 151. 313. |10.
+ |
+ er Remel. 331. 332. |
+ |
+ Sidi El Ḥoseïn. 342. 343. |
+ |
+ Tisint. 117. 120. 121. 126. 127. 128. 134. 137. 158. |9. 21.
+ 159. 165. 171. 200. 201. 202. 203. 300. 306. 307. 310. 315. |
+ 316. 317. 318. 320. 343. 410. 411. 413. 415. 432. 436. 437. |
+ 443. 450. |
+ |
+ Zagmouzen. 327. |
+ |
+ Agaouz (Ouad Tifnout). 322. |
+ |
+ (Qçar es Souq). 351. |
+ |
+ Agdal. 282. |
+ |
+ Agdour (Aït Marlif). 279. |
+ |
+ (Ida ou Gemmed). 330. |
+ |
+ Kik. 337. |
+ |
+ Agdz (Mezgîṭa). 212. 284. 285. 287. 288. 291. 403. |
+ |
+ (Seketâna). 329. |
+ |
+ Aït ou Asṛar. 322. |
+ |
+ Igouramen. 322. |
+ |
+ Agedal. 331. 402. |
+ |
+ Agellouz. 310. |
+ |
+ Agelmim. 282. |9.
+ |
+ Agendi. 325. |
+ |
+ Agenf. 300. 304. |
+ |
+ Agerd (Aït Ououlouz). 330. |
+ |
+ (Tamanart). 316. 317. 403. |
+ |
+ (zaouïa). 275. |
+ |
+ Aït Zaïneb. 273. |
+ |
+ n Oudrer. 326. |
+ |
+ n Ougadir. 321. 322. 323. |
+ |
+ n Oulili. 306. |
+ |
+ Oumerri. 273. |
+ |
+ n Ouzrou. 260. 261. 267. |
+ |
+ n Zarar. 325. |
+ |
+ Agergour. 337. |
+ |
+ Agersaf. 335. |
+ |
+ Agersif. 368. 369. 372. 376. 379. 385. 390. 391. |
+ |
+ Agerzaggen. 309. 310. |
+ |
+ Agilan. 277. |
+ |
+ Aginan (district). 305. 306. 320. |
+ |
+ (Aït Zaïneb). |8.
+ |
+ Agjgal. 311. 320. |
+ |
+ Aglagal (Ouad Aoullous). 326. 336. |
+ |
+ (Tatta). 311. |
+ |
+ Aglou. 344. 345. |
+ |
+ Agmour. 304. |
+ |
+ Agna. |11.
+ |
+ Agni (Fezouata). 293. |
+ |
+ (Id ou Illoun). 326. |
+ |
+ (Ouad Agni). 114. 115. 127. 199. 304. |9. 21.
+ |
+ (col). 100. 114. 115. 116. 202. 282. 304. |9. 21.
+ |
+ n Fad. 333. 334. |
+ |
+ Agoubalou. 345. |
+ |
+ Agoudal. 329. |
+ |
+ Agouidir. 306. 309. |
+ |
+ Agoundis. 323. 338. |
+ |
+ Agouti. 275. |
+ |
+ Agred. 302. |
+ |
+ Agroud. 301. |
+ |
+ Agrour. 292. |
+ |
+ Ahel Debdou. 249. 375. |
+ |
+ Ed Doula. 33. |
+ |
+ Ferkla. 356. |
+ |
+ Kechchacha v. Kechchacha. |
+ |
+ El Mḥamid. 302. 304. |
+ |
+ el Ouad. 33. |
+ |
+ Ouad Iserki. 276. |
+ |
+ Rechida. 243. 375. 384. 385. |
+ |
+ Refoula. 385. |
+ |
+ Sabeq. 62. |6.
+ |
+ Sous. 262. |
+ |
+ Ṭahar. 33. |
+ |
+ Tirnest. 384. |
+ |
+ Zerberrachi. 262. |
+ |
+ Ahouraïn. 261. |
+ |
+ Aḥansal. 260. 264. 267. |
+ |
+ Aḥouli. 366. 368. 382. |
+ |
+ Aïgou. 310. |
+ |
+ Aïlkemt. 271. |15.
+ |
+ Aïnach. 295. 304. |
+ |
+ Aït Abbarioul. 364. |
+ |
+ Abbes. 76. 260. 265. 401. |
+ |
+ Abbou (Ouad Dâdes). 271. |15.
+ |
+ (Seketâna). 329. |
+ |
+ Aḥa. 350. |17.
+ |
+ Alla. 277. |7.
+ |
+ Allioun. 282. |
+ |
+ Anter. 120. 151. 312. |10.
+ |
+ Aqqo (Fezouata). 292. |
+ |
+ Aqqo ou Ạli. 211. 271. |15.
+ |
+ Atta (fraction des Berâber). 69. 221. 223. 224. 226. |
+ 269. 286. 293. 297. 298. 352. 357. 358. 361. 362. 363. 364. |
+ |
+ Atta (district de l’Ouad Dâdes). 268. 269. |
+ |
+ Atta d Amalou. 49. 68. 69. 71. 72. 259. 260. 266. 401. |6. 21.
+ |
+ Attou. 350. |17.
+ |
+ Azouafiḍ. 346. |
+ |
+ Ạbd Allah (tribu du Sahel). 345. |
+ |
+ (Aït Messaṭ). 264. 265. |
+ |
+ (Aït Seddrât). 211. 288. |8. 15.
+ |
+ (Ilalen). 340. 341. |
+ |
+ (Menâba). |14.
+ |
+ (Ouad Iriri). 279. |
+ |
+ ou Mḥind. 334. |14.
+ |
+ ou Mimoun. 290. 296. |
+ |
+ Ạbd en Nour. 262. |
+ |
+ Ạbd el Ouali (fraction). 262. |6.
+ |
+ (village). |6.
+ |
+ Ạbd el Ouirt. 328. |
+ |
+ Ạbd es Selam. 262. |
+ |
+ Ạchcha. 355. |
+ |
+ Ạïach. 363. 377. 381. 382. |
+ |
+ Ạïad. 49. 73. 74. 265. 401. |6.
+ |
+ Ạïcht. 327. 329. |
+ |
+ Ạïssa (Aït Seddrât). 288. |
+ |
+ (Aït Zaïneb). 277. 402. |8.
+ |
+ (Menâba). 331. 332. |
+ |
+ (Ouad Aït Messaṭ). 260. |
+ |
+ (Ouad El Qabia). 301. |
+ |
+ (Tiouant). 378. |
+ |
+ Bou Ḥamar. 363. 364. 365. |
+ |
+ ou Ạli. 365. |
+ |
+ ou Brahim (fraction des Aït Atta). 292. 295. 363. |
+ |
+ ou Brahim (qçar). 295. |
+ |
+ Ạla. 261. |
+ |
+ Ạli (Aït b Ougemmez). 260. |
+ |
+ (Ilalen). 340. 341. |
+ |
+ (qaçba). 287. |8.
+ |
+ Bou Mariem. 384. |
+ |
+ ou Brahim. 363. |
+ |
+ ou Ḥaseïn. 289. |
+ |
+ ou Iaḥia. 270. |15.
+ |
+ ou Ious. 282. 403. |
+ |
+ ou Iqqo. 347. 348. |
+ |
+ ou Selîman. 263. |
+ |
+ Ạlou ou Brahim. 262. |
+ |
+ El Ḥasen. 262. |
+ |
+ Ạlouan. 201. 295. 297. 298. 363. |
+ |
+ Ạmer (confédération). 91. 106. 111. 114. 280. 282. 303. |8. 9. 21.
+ 319. 403. |
+ |
+ (tribu). 106. |
+ |
+ (fraction des Aït Ḥediddou). 363. |
+ |
+ (fraction des Ḥaḥa). 339. |13.
+ |
+ (qçar des Aït Ḥediddou). 347. 348. |
+ |
+ (Tiallalin). 350. |17.
+ |
+ ou Mançour. 363. |
+ |
+ Ạouda. 349. |
+ |
+ Ạrbi. 289. |
+ |
+ Ạrbi (qaçba). 288. |
+ |
+ Ạriṭan. 355. |
+ |
+ Ạsem. 356. |
+ |
+ Ạtab. 49. 73. 74. 75. 90. 230. 260. 264. 265. 267. 401. |6. 21.
+ |
+ b ou Iknifen. 267. 293. 294. 358. 362. 363. 364. |
+ |
+ b Ougemmez. 76. 260. 261. 264. 401. |
+ |
+ b Oulman (fraction des Aït ou Allal). 363. |
+ |
+ (Aït Zaïneb). 277. |8.
+ |
+ (Dâdes). 270. |15.
+ |
+ (Todṛa). 355. |16.
+ |
+ b Oumal. 270. 271. |15.
+ |
+ b Ououlli. 76. 77. 260. 265. 267. 401. |
+ |
+ Ba Ḥaman. 154. |
+ |
+ Baddou. 85. 86. 278. 402. 429. |7.
+ |
+ Baḥa. 355. |
+ |
+ Baḥa ou Bihi. |12.
+ |
+ Bakhous. 272. |
+ |
+ Baroukh. 378. |
+ |
+ Barra. 355. |
+ |
+ Bazmad. 334. |
+ |
+ Bella. 346. |
+ |
+ Ben Ạli. 377. |
+ |
+ Mançour. 336. |
+ |
+ Nacer (Ferkla). 356. |
+ |
+ Nacer (Tatta). 310. |
+ |
+ Ouedfel. 384. |
+ |
+ Sạïd. 273. |
+ |
+ Bihi. 261. |
+ |
+ Blal. 238. 369. 379. |18.
+ |
+ Bou Allal. 270. |15.
+ |
+ Ạchra. 317. 345. |
+ |
+ Ạmran (tribu). 342. 344. 345. |
+ |
+ Ạmran (zaouïa). 216. 270. |15. 21.
+ |
+ Ạmran (zaouïa). 270. |15.
+ |
+ Bekr (Aït Semmeg). 335. 336. |
+ |
+ Bekr (Aït Seri). 262. |
+ |
+ Bekr (Dâdes. Aït Ḥammou). 270. |15.
+ |
+ Bekr (Dâdes. Arbạ Mia). 271. |15.
+ |
+ Bekr (Dâdes. Arbạ Mia). 271. |15.
+ |
+ Bekr (zaouïa). 270. |15.
+ |
+ Daoud (fraction des Aït Atta). 267. 295. 361. 363. |
+ 364. |
+ |
+ Daoud (Ilalen). |11.
+ |
+ Daoud (Tazarin). 364. |
+ |
+ Delal. 268. 269. 274. |
+ |
+ Feḍaïl. 120. 151. 312. |10.
+ |
+ Hioualat. 346. |
+ |
+ Ḥarazen. 76. 265. 401. |
+ |
+ Ḥeddou. 270. |15.
+ |
+ Iaḥia (tribu). 167. 305. 306. 320. |9. 21.
+ |
+ Iaḥia (Todṛa). 355. |16.
+ |
+ Iạzza. 334. |
+ |
+ Iousef. 270. |15.
+ |
+ Izzem. 359. |
+ |
+ el Khial. 348. |
+ |
+ Khtir. 279. |
+ |
+ Mariem. 384. |
+ |
+ Mesḥaoul. 273. |
+ |
+ Mḥind. 94. 278. |8.
+ |
+ Ouchchaouen. 379. 384. |
+ |
+ Oujjan. 355. |
+ |
+ Oussaouen. 384. |
+ |
+ Ouzellif. 347. 348. |
+ |
+ Taḥammart. 389. |
+ |
+ Zid. 49. 69. 71. 72. 73. 74. 90. 260. 427. |6. 21.
+ |
+ Boudder. 154. |
+ |
+ Bouhou. 317. 345. |
+ |
+ Brahim (tribu du Sahel). 345. |
+ |
+ (fraction des Aït Ḥediddou). 363. |
+ |
+ (fraction des Qeṭạïa). 261. |
+ |
+ (Aït b Ououlli). 401. |
+ |
+ (Aït Melṛad). 359. |
+ |
+ (Imiṭeṛ). 358. |15.
+ |
+ (Semgat). 359. |
+ |
+ (Tiallalin). 350. |17.
+ |
+ Çaïb ou Ọtman. 355. |
+ |
+ Çaleḥ (subdivis. des Beni Zemmour). 261. |
+ |
+ (Tiallalin). 349. 350. 351. 352. 353. 354. 365. |17.
+ 368. 369. 370. 371. 373. 374. 377. 378. |
+ |
+ (Todṛa). 355. |
+ |
+ Cheggout. 346. |
+ |
+ Chergouout. 346. |
+ |
+ Chiama. |14.
+ |
+ Daoud (Aït Ạbd el Ouali). 262. |
+ |
+ (Aït Ouirra). 262. |
+ |
+ (Imeṛrân). 274. |
+ |
+ ou Ạzzi. 358. |
+ |
+ ou Bou Ḥïa. 263. |
+ |
+ ou Iousef. 263. |
+ |
+ Delḥa. 329. |
+ |
+ Djamạ. 334. |
+ |
+ Djellal. 120. 151. 312. |10.
+ |
+ Djemel. 346. |
+ |
+ Ersal. 283. |
+ |
+ El Feqih. 349. |
+ |
+ Fers. 277. |7. 8.
+ |
+ El Fersi. 363. |
+ |
+ Genad. 355. |
+ |
+ Gendou. 273. |
+ |
+ Gennoun. 364. |
+ |
+ Hani. 358. |
+ |
+ Haroun (Dâdes). 270. 271. |15.
+ |
+ Isaffen. 314. |11.
+ |
+ Ḥachchou. 223. 363. |
+ |
+ el Ḥadj El Ḥasen. 290. |
+ |
+ el Ḥadj Sạïd. 348. |
+ |
+ Ḥaḥou. 350. |17.
+ |
+ Ḥamed (Aït Bella). 346. |
+ |
+ (Dâdes). 270. |15.
+ |
+ (Ida ou Blal). 154. |
+ |
+ (Ouad Imgoun). 275. |
+ |
+ (Ounzin). 306. |
+ |
+ ben Ạmara. |12.
+ |
+ ou Selîman. 377. 378. |
+ |
+ Ḥamid. 338. |
+ |
+ Ḥammi (Aït Seri). 262. |
+ |
+ (Todṛa). 355. |16.
+ |
+ Ḥammou (Dâdes). 269. 270. |15.
+ |
+ (Oulad Iaḥia du Dra). 206. 207. 284. 285. 304. |
+ |
+ (Tiouant). 378. |
+ |
+ Bel Ḥasen. 384. |
+ |
+ el Ḥadj. 348. |
+ |
+ ou Ạli (Imeṛrân). 276. |
+ |
+ ou Ạli (Telouet). 278. 402. |
+ |
+ ou Fekou. 273. |
+ |
+ ou Iaḥia. 275. |
+ |
+ ou Mançour. 263. |
+ |
+ ou Sạïd (Aït Seddrât). 288. 289. |8.
+ |
+ ou Sạïd (Aït Seri). 263. |
+ |
+ ou Sạïd (Ouad Nezala). 232. |17.
+ |
+ Ḥarkat. 47. |
+ |
+ Ḥarṭ. 360. |
+ |
+ Ḥarz Allah. 154. |
+ |
+ El Ḥaseïn (Aït Djemel). 346. |
+ |
+ Ḥaseïn (Aït Tseṛrouchen). 384. |
+ |
+ El Ḥaseïn (Ida ou Blal). 154. |
+ |
+ (Dâdes). 270. |15.
+ |
+ El Ḥasen (Aït Djemel). 346. |
+ |
+ (Aït Iaḥia). 271. |
+ |
+ (Aït Seri). 262. |
+ |
+ ou Ạli. 355. |16.
+ |
+ Ḥasen ou Daoud. |8. 15.
+ |
+ el Ḥazen. 196. 338. |10. 14.
+ |21.
+ |
+ Ḥebibi. 262. |6.
+ |
+ Ḥeddou (Assaka). 277. |7.
+ |
+ (Ouad Beni Mesri). 365. |
+ |
+ (Seketâna). 329. |
+ |
+ ou Bel Ḥasen. 384. |
+ |
+ Ḥediddou (fraction des Aït Iafelman). 232. 347. 348. |
+ 358. 363. |
+ |
+ (district). 347. 353. |
+ |
+ Ḥedin. 323. |
+ |
+ Ḥelli. 383. |
+ |
+ Ḥeqqou. 350. |
+ |
+ Ḥerbil (Id Brahim). 317. 345. |
+ |
+ (Tamanaṛt). 316. 317. |
+ |
+ Ḥoseïn. 128. 144. 309. 320. |
+ |
+ Iafelman. 220. 276. 347. 349. 352. 353. 357. 362. 363. |
+ 377. 381. 384. |
+ |
+ Iaḥi. 261. |
+ |
+ Iaḥia (tribu). 327. 328. 334. 337. 402. |
+ |
+ (fraction des Aït Iafelman). 353. 363. 381. |
+ |
+ (Ouad Dâdes). 215. 216. 268. 269. 271. 272. 275. |15. 21.
+ |
+ (Tiallalin). 350. |17.
+ |
+ (Todṛa). 355. 358. |16.
+ |
+ ou Ạïssa. 365. |
+ |
+ Ạli. 276. |
+ |
+ Khalifa (Tiallalin). 350. |17.
+ |
+ Khalifa (Ziz). 348. 349. |
+ |
+ Ọtman. 360. |
+ |
+ Iasin (Aït Bella). 346. |
+ |
+ (Tatta). 309. 310. 311. 320. |
+ |
+ Iatin. 365. |
+ |
+ Iạïch. 259. |
+ |
+ Iạla. 355. |16.
+ |
+ Iạqob (Ouad Zaouïa Sidi Ḥamza). 353. 354. |
+ |
+ (Ṛeris). 360. |
+ |
+ Iạqoub (Aït Seri). 262. |
+ |
+ Iạzza (fraction des Aït Atta). 357. 362. 363. |
+ |
+ (fraction des Aït Ḥediddou). 363. |
+ |
+ Ichcho. 262. |
+ |
+ Iferd. 325. 326. |
+ |
+ Igmad. 271. |15.
+ |
+ Iidir (fraction des Aït Seddrât). 289. |
+ |
+ (Dâdes). 217. 218. 219. 265. 270. 275. 361. 362. |15. 21.
+ 364. 446. |
+ |
+ Iiggas. 194. 332. 333. 334. |14. 21.
+ |
+ Ijja. 311. |
+ |
+ Ijjou. 355. |
+ |
+ Illoul. 317. 345. |
+ |
+ Ilougaïm. 341. |
+ |
+ Imejjat. 316. 317. 342. 345. |
+ |
+ Imi. 99. 261. 277. |21.
+ |
+ Ioub (fraction des Aït Melṛad). 363. |
+ |
+ (Menâba). 331. 334. 402. |
+ |
+ (Semgat). 359. |
+ |
+ Ioud. 270. |15.
+ |
+ Ioudi. 262. |
+ |
+ Ioul. 271. |15.
+ |
+ Ious. 334. |
+ |
+ Iousef ou Talil. 280. |
+ |
+ Ioussa. 168. |
+ |
+ Ioussi (tribu). 10. 20. 21. 38. 39. 62. 101. 237. 265. |18. 21.
+ 366. 367. 377. 378. 381. 382. 383. 387. 401. |
+ |
+ (monts). 39. 383. |4.
+ |
+ Iqqo (Aït Seri). 262. |
+ |
+ (Isḥiḥen). 272. |
+ |
+ Irmaḍ d Imgoun. 275. |
+ |
+ Iṛmor (fraction des Aït Tameldou). 323. |
+ |
+ (Ouad Aït Semgan). 283. |
+ |
+ (Ouad Tifnout). 321. 326. |
+ |
+ Isaffen. 313. |
+ |
+ Isfa ou Daoud. 351. |17.
+ |
+ Isfoul. 292. 358. 363. |
+ |
+ Isḥaq (fraction des Aït Seddrât). 289. |
+ |
+ (Aït Messaṭ). 260. 264. 265. |
+ |
+ (Aït Seri). 263. |
+ |
+ (qçar de l’Aït Seddrât). 388. |8. 15.
+ |
+ Ismen. 355. |
+ |
+ Issoumour. 264. 266. |
+ |
+ Izdeg. 227. 228. 232. 236. 237. 241. 243. 347. 349. 350.|17.
+ 351. 353. 354. 363. 364. 366. 369. 373. 376. 381. 382. 385. |
+ |
+ Jellal (tribu). 90. 132. 144. 156. 162. 170. 172. 193. |10. 21.
+ 199. 308. 309. 311. 319. 338. |
+ |
+ (El Qçâbi. Tatta). 331. |
+ |
+ Jerrar. 345. |
+ |
+ Kasi ou Ạli. 270. |15.
+ |
+ Kedif. 280. 402. |
+ |
+ Kerkaït. 261. |
+ |
+ Ketto. 360. |
+ |
+ Kratikhsen. 363. |
+ |
+ Kharroub. 348. |
+ |
+ Khebbach. 363. |
+ |
+ Khebbas. 363. |
+ |
+ Kheddou. 292. |
+ |
+ Khelfoun. 288. 296. |8. 15.
+ |
+ Khelifa. 357. 363. |
+ |
+ Khelift. 265. |
+ |
+ Khouzoud. 283. |
+ |
+ Khozman (qçar). 230. 349. 350. |17.
+ |
+ (mont). |17.
+ |
+ El Khrodj. 287. |
+ |
+ Leti. 323. 326. 402. |
+ |
+ Maḥa. 262. |
+ |
+ Mançour. 305. 306. 307. |
+ |
+ Maouas. 303. |
+ |
+ Marlif. 279. 280. 284. 326. 402. |
+ |
+ El Maṭi. 49. 50. 56. 425. |5.
+ |
+ Maziṛ. 264. |
+ |
+ Mazzen. 401. |7.
+ |
+ Meḥelli. 269. 289. |
+ |
+ Mejjat. 346. |
+ |
+ Mekraz. 283. |
+ |
+ Melekt. 288. |8. 15.
+ |
+ Melloul (Ouad Aït Tameldou). 324. |
+ |
+ (Ouad Igemran). 325. |
+ |
+ Melṛad (fraction des Aït Iafelman). 220. 223. 224. 226. |
+ 269. 276. 356. 357. 358. 358. 361. 363. |
+ |
+ (district au-dessus du Semgat). 358. |
+ |
+ (district au-dessous du Semgat). 358. 359. |
+ |
+ Meraou. 275. |
+ |
+ Merras. 331. |
+ |
+ Merset. 270. 361. |15.
+ |
+ Meṛrar. 275. |
+ |
+ Mesạoud (Aït Bella). 346. |
+ |
+ (Aït Seri). 262. |
+ |
+ (Dâdes). 270. |
+ |
+ (Ouad Iounil). 277. |7.
+ |
+ ou Ạli. 383. |
+ |
+ Mesri (fraction des Aït Melṛad). 363. |
+ |
+ (Aït Tameldou). 324. |
+ |
+ (Zenâga). 282. 283. 336. 403. |9.
+ |
+ Messaṭ. 69. 76. 259. 260. 264. 265. 266. 267. |6. 21.
+ |
+ Mezal. 340. 341. |11. 12.
+ |
+ Mezber. 270. |15.
+ |
+ Mḥammed (Aït Melṛad). 363. |
+ |
+ (fraction des Aït Seri). |6.
+ |
+ (village des Aït Seri). 262. 263. |6. 21.
+ |
+ (Ida ou Blal). 154. |
+ |
+ Mimoun. |14.
+ |
+ El Miskin. 356. |16.
+ |
+ Moḥa ou Ạli. 351. |
+ |
+ Moḥammed (Aït Messaṭ). 264. 267. |
+ |
+ (Imiṭeṛ). 358. |15.
+ |
+ (Ouad Beni Mesri). 365. |
+ |
+ (Todṛa). 223. 355. 357. 358. 359. |16.
+ |
+ (zaouïa) v. Cheurfa. |
+ |
+ Mouch. 360. |
+ |
+ Mouḥ ou Iaḥia. 360. |
+ |
+ Moulei Ḥamed. 221. 358. |
+ |
+ Moḥammed. 351. |17.
+ |
+ Mouloud. 48. 49. 425. |5.
+ |
+ Mousa. 261. |
+ |
+ Mousa el Ḥadj. |14.
+ |
+ ou Ạli (Aït Djemel). 346. |
+ |
+ ou Ạli (district du Ziz). 348. |
+ |
+ ou Daoud (Id Brahim). 317. 345. |
+ |
+ ou Daoud (Ouad Imgoun). 274. |
+ |
+ Mousi. 154. |
+ |
+ Mrabeṭ. 301. |
+ |
+ Msount. 323. |
+ |
+ Nbdaz. 279. |
+ |
+ Ọmar. 46. 48. 425. |5.
+ |
+ Ọtman (tribu). 327. 328. 329. 336. 402. |
+ |
+ (Aït Zeri). 290. 303. 304. |
+ |
+ (El Kheneg). 348. 349. 351. 354. 363. 365. 368. |17. 21.
+ 369. 373. 374. 377. 378. |
+ |
+ ou Mousa. 376. 377. 403. |
+ |
+ ou Addar. 271. |15.
+ |
+ Adrim. 341. |
+ |
+ Afella (tribu). 236. 237. 241. 366. 372. 373. 376. |17. 18.
+ 381. 382. |
+ |
+ Afella (qçar). 376. 382. |
+ |
+ Aḥman (Adis). 143. 310. |10.
+ |
+ Aḥman (Imeṛrân). 274. |
+ |
+ Akeddir. 74. 75. 260. 400. 401. 427. 428. |6.
+ |
+ Alil. 350. 353. 354. 365. 368. 370. 371. 377. |17.
+ |
+ Allal (Aït Atta). 267. 363. 364. |
+ |
+ (Dâdes). 269. 270. |15.
+ |
+ (Ouad Msount). 323. |
+ |
+ Allou. 353. 354. |
+ |
+ Alman. 327. |
+ |
+ Amoumen. 323. |
+ |
+ Ansera. 282. |
+ |
+ Aoudanous. 78. |7.
+ |
+ Ạzzou. 262. |
+ |
+ Ḥamidi. 106. 301. |
+ |
+ Iaḥian. 378. |
+ |
+ Innou. 350. |
+ |
+ Iran (Aït ou Mrîbeṭ). 152. 315. |
+ |
+ (Tisint). 120. 121. 128. 315. 320. |9.
+ |
+ Isaden. 350. |
+ |
+ Mrîbeṭ. 91. 92. 135. 136. 150. 151. 152. 154. 167. |10. 21.
+ 168. 172. 297. 298. 299. 313. 315. 316. 317. 320. 344. |
+ |
+ Zgiḍ. 279. |
+ |
+ Ez Zin. 270. 403. |15.
+ |
+ Ouadaï. 317. 345. |
+ |
+ Ouagrou. 313. 314. |
+ |
+ Ouaham. 260. 261. 267. |
+ |
+ Ouahi (Semgat). 359. |
+ |
+ Ouahou (Ouad Amzarou). 325. |
+ |
+ Ouartasa. 325. 402. |
+ |
+ Ouaṛrda. 281. 282. 336. |
+ |
+ Ouasạou (désert). 332. |
+ |
+ (Ida ou Gemmed). 330. |
+ |
+ Ouassou. 340. |
+ |
+ Ouazerf. 347. |
+ |
+ Oubial. 106. 282. 327. 328. 336. 402. |
+ |
+ Oudinar. 289. |
+ |
+ Ouffi. 289. |
+ |
+ Ougoudid. 264. |
+ |
+ Ougrar. 263. |
+ |
+ Ougzi. 288. 289. |
+ |
+ Ouirra. 66. 262. 263. |6. 21.
+ |
+ Oujana. 154. |
+ |
+ Oujjin. |8. 15.
+ |
+ Oulṛass. 341. 342. |
+ |
+ Oumaziṛ. 277. |7.
+ |
+ Oumbarek. 330. 331. 402. |
+ |
+ Oumendil. 314. 315. |
+ |
+ Ounbegi. 153. 363. |
+ |
+ Ouniṛ (fraction des Aït Atta). 361. 363. |
+ |
+ (Dâdes). 269. 270. |15.
+ |
+ Ououlouz. 330. 333. 334. |
+ |
+ Ouriad. 260. 401. |
+ |
+ Ourjedal. 222. 355. 403. |16.
+ |
+ Ouṛeld. 321. |
+ |
+ Ousaden. 262. |
+ |
+ Ousakki. 262. |
+ |
+ Ousal. 355. |
+ |
+ Oussiḥi. 296. |
+ |
+ Outfaou. 276. |
+ |
+ Ouzana. 355. |
+ |
+ Ouzanif. 106. |
+ |
+ Ouzaṛar. 325. |
+ |
+ Qaïd El Ạmer. 287. |8. 15.
+ |
+ El Qaṭi. 355. |16.
+ |
+ Qedni. 324. |
+ |
+ Qlạa. 275. |
+ |
+ Er Râmi. 271. |15.
+ |
+ Rebạ (Qtaoua). 294. |
+ |
+ Reḥou (Tinzoulin). 290. |
+ |
+ Er Riban. 359. |
+ |
+ Er Ridi. 271. |15.
+ |
+ Robạ (Glaoua). 83. |7.
+ |
+ Roḥou (Imadiden). 329. |
+ |
+ Roḥou (Seketâna proprement dits). 329. |
+ |
+ Roubạ. 259. 262. |
+ |
+ El Ṛouadi. 66. |
+ |
+ Sakt (fraction des Aït Seddrât). 289. |
+ |
+ (qçar de l’Aït Seddrât). 288. |
+ |
+ Saoun (Ouad Dâdes). 269. |
+ |
+ (près du Mezgîṭa). 284. |
+ |
+ Sạd. 327. |6.
+ |
+ Sạïd (fraction des Aït Seri). 66. 263. |
+ |
+ (Aït Tseṛrouchen). 384. |
+ |
+ (Chtouka). 182. |11. 12.
+ |21.
+ |
+ (Tazarin). 364. |
+ |
+ (Ziz). 348. |
+ |
+ (village des Aït Seri). 60. 66. 426. |6.
+ |
+ ou El Ḥasen. 384. |
+ |
+ ou Ḥeddou. 348. |
+ |
+ Seddrât (tribu). 24. 90. 92. 136. 164. 165. 211. 213. |8. 15.
+ 214. 215. 216. 269. 286. 289. 293. |21.
+ |
+ (district du Dra). 22. 210. 214. 216. 285. 286. |8. 15.
+ 288. 289. 292. 403. |21.
+ |
+ (district de l’O. Dâdes). 268. 269. |
+ |
+ Segmounni. 355. |15.
+ |
+ Selîman (tribu). 106. 326. |
+ |
+ (Dâdes). 270. |
+ |
+ (Ida ou Gemmed). 330. |
+ |
+ (Semgat). 359. |
+ |
+ Semgan (district). 106. 283. |
+ |
+ (qçar). 284. 285. 295. |
+ |
+ Semmeg (tribu. Od Aït Semmeg). 140. 196. 319. 327. 328. |
+ 329. 334. 335. |
+ |
+ (tribu. Od el Amdad). 334. 335. 402. |
+ |
+ Senan. 355. |
+ |
+ Seri (tribu). 21. 49. 52. 59. 65. 66. 69. 259. 262. 263.|
+ 264. 363. 400. |
+ |
+ (village des Aït Ạtab). |6. 21.
+ |
+ Sidi Ạbd en Nebi. 297. 298. |6.
+ |
+ Ạïssa. 277. |
+ |
+ Ạli (Ṛeris). 360. |
+ |
+ (Tisint). 320. |
+ |
+ ou Brahim. 47. |
+ |
+ ou Ḥaseïn. 260. |
+ |
+ Ạmer (Ṛeris). 360. |
+ |
+ (Ṛeris). 360. |
+ |
+ El Boṛdad. 270. |
+ |
+ El Houari. 356. |15.
+ |
+ El Ḥoseïn (Tatta). 128. 144. 309. 320. |
+ |
+ (Zenâga). v. Sidi El Ḥoseïn. |
+ |
+ Mḥind. 320. |
+ |
+ Moḥammed ou Iousef. 359. |
+ |
+ Mouloud (Dâdes). 271. |
+ |
+ (Mezgîṭa). 287. |
+ |
+ Msạd. 364. |
+ |
+ ou Brahim. 355. |
+ |
+ Sin. 327. 328. 402. |
+ |
+ Sin d Aït Ọtman. 327. |
+ |
+ Skri. 321. |
+ |
+ Slillo. 270. |15.
+ |
+ Smaïn. 262. |
+ |
+ Tagdourt. 279. |
+ |
+ Tagella. 401. |
+ |
+ Taggant. 401. |
+ |
+ Tagmout. 312. |
+ |
+ Taltmanart. 270. |15.
+ |
+ Tameldou. 279. 321. 322. 323. 324. 325. 326. 327. 336. |
+ 402. |
+ |
+ Tamzout. 260. |
+ |
+ Tarat. |8. 15.
+ |
+ Tasousekht. 175. 313. 314. |
+ |
+ Tazarin. 271. |15.
+ |
+ Tedrarin. 346. |
+ |
+ Tedrart. 96. 282. 326. 336. 402. |
+ |
+ Temouted. 269. 270. |15.
+ |
+ Tiferraḥin. 377. |
+ |
+ Tigdi Ouchchen. 105. 106. 281. 283. 303. |8. 21.
+ |
+ Tigga. 283. |
+ |
+ Tikkert. 349. |
+ |
+ Tizert. 313. 314. |
+ |
+ Tots. |6.
+ |
+ Touaïa. 95. 106. 279. 280. 402. |8.
+ |
+ Touf el Ạzz. 340. 341. |11.
+ |
+ Toufaout. 340. 341. |
+ |
+ Tougda. 325. 402. |
+ |
+ Toumert. 274. |
+ |
+ Tourast. 377. |
+ |
+ Tsegrouchen. v. Aït Tseṛrouchen. |
+ |
+ Tseṛrouchen. 21. 369. 373. 377. 381. 382. 383. 384. 387.|17. 18.
+ 390. |21.
+ |
+ Ṭaleb. 301. 304. |
+ |
+ Zaïa. 350. |
+ |
+ Zaïneb. 81. 92. 93. 95. 106. 107. 110. 176. 277. 278. |7. 8. 21.
+ 279. 280. 327. 402. |
+ |
+ Zakri (Todṛa). 355. |
+ |
+ Zaneṭ. 273. |
+ |
+ Zebbour. 348. |
+ |
+ Zemroui. 223. 363. |
+ |
+ Zeri. 210. 285. 286. 288. 289. 290. 292. 303. 403. |
+ |
+ Zerrouq. 276. |
+ |
+ Zilal. 355. |
+ |
+ Zkri (Id Brahim). 317. 345. |
+ |
+ Zouli (subdivision des Aït Seddrât). 269. 289. |
+ |
+ (Tatta). 311. 320. |
+ |
+ Akboub. 270. |
+ |
+ Akchtim (Indaouzal). 334. |
+ |
+ (Ouad Tasoukt). 325. |
+ |
+ Akebab. 265. 381. |
+ |
+ Akreïch. 337. 338. |
+ |
+ Akhellouf. 286. 290. 292. 296. 403. |
+ |
+ Akherrou. |17.
+ |
+ Akhmâs (tribu). 5. 6. 8. 9. 11. |1. 21.
+ |
+ Akhmâs (mont). 9. 11. |
+ |
+ Akhsab. 369. |18.
+ |
+ El Akhsas. 345. |
+ |
+ Aldoun. 373. |
+ |
+ Alemta. 296. |
+ |
+ Alibou. 349. |
+ |
+ Alla. 337. |
+ |
+ Allegou. 329. |
+ |
+ Almessa. 326. |
+ |
+ Almid. 279. |
+ |
+ Almis. 374. 384. |18.
+ |
+ Alonzi. 260. |
+ |
+ Alougoum. 106. 301. 302. 304. 403. |
+ |
+ Amadaṛ. 290. 296. |
+ |
+ Amaliz. 328. |
+ |
+ Amalou (Gers). 349. |
+ |
+ (Indaouzal). 334. |
+ |
+ Amami. |17.
+ |
+ Amara. 106. 281. |
+ |
+ Amara (désert). |8.
+ |
+ Amari (Indaouzal). 334. |
+ |
+ (Rḥala). 331. |
+ |
+ Amasin (Aït Ouaṛrda). 281. |
+ |
+ (Ikhzama). 279. 326. 336. 402. |
+ |
+ Amazzer (Ouad Mançour). 325. |
+ |
+ Amazzer (Ouad El Qabia). 301. |
+ |
+ Amdnar. 270. |15.
+ |
+ Amdzgin. 302. 304. |
+ |
+ Amellagou. 359. |
+ |
+ Amenrirka. 295. |
+ |
+ Amerdoul (Ouad Dâdes). 273. |
+ |
+ (Ouad Dra). 290. |
+ |
+ Aït Imi. 273. |
+ |
+ Amerli. 330. 402. |
+ |
+ Amerzeggan. 278. |
+ |
+ El Amgar. 262. |
+ |
+ Amhaouch (monts). 59. 66. |6. 21.
+ |
+ Ammeïn. 306. 328. 329. 338. |
+ |
+ Amougger. 359. |
+ |
+ Amsensa. 266. |
+ |
+ Amsmiz (tribu). 401. |
+ |
+ (village). 401. |
+ |
+ Amtoz. 360. |
+ |
+ Amtrous. 358. |
+ |
+ Amzaourou (Ilalen). 340. |11. 12.
+ |
+ (Ouad Tizgi n Mousi). 324. |
+ |
+ (Ouad Zagmouzen). 327. |
+ |
+ (Todṛa). 355. |16.
+ |
+ (Zgiḍ). 301. |
+ |
+ Amzarko. 321. 402. |
+ |
+ Amzou (Houara). 191. |12.
+ |
+ (El Kheneg). 351. |
+ |
+ (Zgiḍ). 301. |
+ |
+ Amzoug (col). 99. 277. |21.
+ |
+ (village). 196. 443. |14.
+ |
+ Amzrou. 61. 292. 293. 403. |
+ |
+ Anagam. 296. |
+ |
+ Anamelloul. 311. |
+ |
+ Anamer (Ounzin). 306. |
+ |
+ Anammer (Ouad Zagmouzen). 327. |
+ |
+ Anbed (plaine). 217. 219. 221. 358. 361. |15. 21.
+ |
+ Anfergal. 353. |
+ |
+ Anfoug. 211. |
+ |
+ El Angab. 371. 385. |
+ |
+ Angad (plaine). 97. 253. 254. 256. 257. 368. 372. 379. 381. |20. 21.
+ 385. 388. 389. 390. |
+ |
+ (tribu). 253. 388. |20. 21.
+ |
+ Angalf. 283. |9.
+ |
+ Angelz. 277. 402. |
+ |
+ Anisi. 203. 306. |9. 21.
+ |
+ Ankhessa. 278. |
+ |
+ Anmid. 322. |
+ |
+ Anmiṭer. 277. |
+ |
+ Anoual. 373. 384. 390. |
+ |
+ Anrouz. 325. |
+ |
+ Anṛemer. 89. 95. 96. 277. 278. |7.
+ |
+ Anṛerif. 142. 311. 320. |10.
+ |
+ Ansegmir. 377. |
+ |
+ Ansekki. 279. |
+ |
+ Ansera. 281. |
+ |
+ Ansig. 303. |
+ |
+ Anzi. 335. |
+ |
+ Aoufelgach. 302. |
+ |
+ Aoufour. 322. |
+ |
+ Aouftout. 335. |
+ |
+ Aougeddim. 330. |
+ |
+ Aougeddimt. 338. |
+ |
+ Aougelmim. 318. |
+ |
+ Aouirst. 329. |
+ |
+ El Aoulad. 263. |
+ |
+ Aoullous. 326. 402. |
+ |
+ Aoulouz. 330. 332. 333. 334. 335. 338. 402. |
+ |
+ Aoumasin. 308. |
+ |
+ Aoumselart. 330. |
+ |
+ Aounkou. 278. |
+ |
+ Aourir (Aït Ououlouz). 330. 333. |
+ |
+ (Ida ou Gemmed). 330. |
+ |
+ (Taderoucht). 359. |
+ |
+ Aourz (Ida ou Gemmed). 330. 332. |
+ |
+ (Ouarzazât). 280. |
+ |
+ Aouzrout. 326. |
+ |
+ Aqdim. 347. 348. |
+ |
+ Aqebt. 290. 296. |
+ |
+ Aqqa (oasis). 22. 35. 100. 120. 121. 126. 135. 138. 145. |10. 21.
+ 150. 151. 152. 158. 182. 193. 299. 301. 302. 308. 312. 313. |
+ 314. 320. 338. 403. 434. |
+ |
+ (kheneg). 120. 151. 161. 312. |10.
+ |
+ (col). 151. |10.
+ |
+ (Ṛeris). 360. |
+ |
+ (Zgiḍ). 301. |
+ |
+ v. Ṭriq Aqqa. |
+ |
+ Aït Sidi. 117. 138. 299. 304. 305. 306. 307. 308. |9.
+ |
+ Igiren. 139. 140. 141. 158. 299. 307. 308. 309. 317. |10. 21.
+ 320. 340. |
+ |
+ Iṛen. 140. 199. 200. 201. 299. 305. 306. 307. 308. 320.|9. 21.
+ |
+ Izen. 307. 310. 433. 436. |10.
+ |
+ Izen (kheneg). |10.
+ |
+ Izenqad. 143. 305. 310. 311. 320. |10.
+ |
+ ou Chaïb. 151. |10.
+ |
+ Tizgi. 354. |
+ |
+ Aran. 280. |
+ |
+ Arazan. 332. 402. |
+ |
+ Arbalou (Mezgîṭa). 287. |
+ |
+ (Ouad Aït Tameldou). 324. |
+ |
+ (Ouad Mançour). 325. |
+ |
+ El Arbạ (Ḥallaf). 368. 385. |
+ |
+ Arbạ Mia. 91. 269. 270. 271. |15.
+ |
+ El Arbạa (Doukkala). 401. |
+ |
+ Arbạa Aït Ạbd Allah. 341. |
+ |
+ Aït Ạbd Allah ou Mḥind. 334. |14.
+ |
+ Aït b Oumal. 271. |
+ |
+ Aït Iiggas. |14.
+ |
+ Akhellouf. 292. |
+ |
+ Ammeïn. 306. 329. 338. |
+ |
+ Amzrou. 293. |
+ |
+ Aoulouz. 334. |
+ |
+ Bdaoua. 13. |1.
+ |
+ Beni Qoulal. 381. |
+ |
+ Bou Ḥarazen. 265. |
+ |
+ Doutourirt. 329. |
+ |
+ Ḥamerin. 191. |
+ |
+ Ikadousen. 75. |
+ |
+ Imzouṛ. 271. |15.
+ |
+ Mentaga. 335. |
+ |
+ Ouaoula. 265. |
+ |
+ Oulad Djemạ. 18. |2. 3.
+ |
+ Tabaroucht. 265. |
+ |
+ Taleouin. 114. |
+ |
+ ez Zemmour. 43. |
+ |
+ Areg (Aït Ouaṛrda). 281. |
+ |
+ (Telouet). 278. |
+ |
+ Bou Ạjaj. 309. |
+ |
+ Igni n Imerraden. 306. |
+ |
+ er Raoui. 153. |
+ |
+ Souir. 299. 309. |
+ |
+ Tamesraout. |9.
+ |
+ Aremd. 287. 296. |
+ |
+ Arf el Mamoun. 309. |
+ |
+ Arfaman (Aït Iaḥia). 327. 328. 334. |
+ |
+ (Zagmouzen). 327. 402. |
+ |
+ Argemmi (Ouad Tlit). 302. |
+ |
+ Argioun. 287. 296. |
+ |
+ Argoummi (Imskal). 306. 329. 402. |
+ |
+ Arla ou Asif. 291. |
+ |
+ Oudrar. 292. |
+ |
+ Arled. 402. |
+ |
+ Armed Zagmouzen. 327. |
+ |
+ Aroraï. 358. 359. |
+ |
+ Aṛbar (mont). 336. |
+ |
+ (qçar). 279. |
+ |
+ Aṛlal. 300. 304. |
+ |
+ Aṛlal Fouqani. 290. |
+ |
+ Aṛled Fouqani. 321. 323. |
+ |
+ Taḥtani. 322. |
+ |
+ Asaou n Ougellid. 266. |
+ |
+ Asaoun. 322. |
+ |
+ Asareg. 321. 402. |
+ |
+ Asbarou. 351. |17.
+ |
+ Asdṛem (désert). 283. |
+ |
+ Kik. 337. |
+ |
+ Asedmer. 328. |
+ |
+ Asell. 278. 402. |
+ |
+ Asellim (Mezgîṭa). 273. 287. 403. |8.
+ |
+ (Ouad Ouṭat Aït Izdeg). 376. 377. |
+ |
+ Agdz. 287. 403. |8.
+ |
+ Taḥtani. 287. |
+ |
+ Asemlil Djedid. 300. 304. |
+ |
+ Qedîm. 300. 304. |
+ |
+ Asengar. 304. |
+ |
+ Aserif. |1. 21.
+ |
+ Aserṛin. 270. |15.
+ |
+ Asersa. 112. 282. |8. 9.
+ |
+ Aserts. 364. |
+ |
+ Aseṛrar. 305. |
+ |
+ Asfalou (Aït Zaïneb). 277. |8.
+ |
+ (Todṛa). 272. 355. 356. 357. 359. 360. 361. 362. |
+ 403. |
+ |
+ Asgig. 308. |10.
+ |
+ Asif Adrar n Iri. |7.
+ |
+ Aït Ạmer. |13. 21.
+ |
+ Aït Bou Zoul. |13. 21.
+ |
+ Aït Mezal. 182. 340. 341. |11. 12.
+ |21.
+ |
+ n Ḥamerin. 190. |12. 21.
+ |
+ Ida ou Gelloul. 187. |13. 21.
+ |
+ el Mal. 401. |
+ |
+ Marṛen. 58. 87. 88. 89. 93. 96. 277. 278. 279. 284. |7. 8. 21.
+ |
+ Melloul. 348. 363. |
+ |
+ n Mousi. |9.
+ |
+ Oudad. 142. 158. 310. 311. |10.
+ |
+ n Oumaï. |7.
+ |
+ n Sous (fleuve). 329. |
+ |
+ (district). 323. |
+ |
+ Tamrakht. 185. |12. 21.
+ |
+ Zimer. 326. |
+ |
+ Asing. 358. |
+ |
+ Askaoun (Ouad Aoullous). 326. |
+ |
+ (Ouad Tifnout). 321. |
+ |
+ Asmerdan. 310. |
+ |
+ Asouḥad. 291. |
+ |
+ Asoul. 322. |
+ |
+ Asrir (Ferkla). 224. 356. 357. 403. 414. 446. |16. 21.
+ |
+ (Metṛara). 352. |
+ |
+ Ignaouen. 292. |
+ |
+ Ilemsan. 291. 292. 293. |
+ |
+ Assa. 345. |
+ |
+ Assaïn. 334. 402. |
+ |
+ Assaka (tribu du Sahel). 345. |
+ |
+ (Aït Oubial). 327. |
+ |
+ (Imeṛrân). 269. 273. |
+ |
+ (Indaouzal). 330. 331. |
+ |
+ (Ouad Aït Tigdi Ouchchen). 281. 282. 283. |8.
+ |
+ (Ouad Amzarou). 325. |
+ |
+ (Ouad El Gloạ). 300. 304. |
+ |
+ (Ouad Idermi). 279. |
+ |
+ (Ouad Iounil). 92. 95. 277. 280. 402. |7. 21.
+ |
+ Ourami. 278. |
+ |
+ Astour. 291. 292. 403. |
+ |
+ Atferkal. 264. |
+ |
+ Atlas. 21. 27. 28. 46. 50. 59. 60. 61. 62. 64. 66. 71. 73. |
+ 74. 75. 76. 78. 86. 92. 97. 98. 138. 188. 227. 234. 268. |
+ 335. 363. 365. |
+ |
+ Atlas (Grand). 10. 24. 28. 62. 69. 70. 76. 77. 79. 80. 82. |6. 7. 12.
+ 84. 85. 87. 90. 93. 95. 96. 98. 99. 100. 102. 103. 112. 120.|14. 15.
+ 126. 136. 138. 147. 177. 179. 183. 189. 190. 213. 214. 218. |16. 17.
+ 219. 220. 221. 224. 225. 226. 228. 231. 233. 239. 260. 261. |18. 21.
+ 264. 268. 274. 275. 276. 277. 278. 319. 321. 323. 333. 334. |
+ 335. 336. 337. 338. 347. 353. 358. 362. 365. 372. 373. 376. |
+ 377. 378. 382. 383. 384. 389. 390. 401. |
+ |
+ (Moyen). 28. 49. 59. 62. 63. 64. 68. 72. 75. 76. 79. |6. 18.
+ 98. 99. 100. 101. 102. 179. 235. 238. 239. 242. 246. 265. |19. 21.
+ 372. 374. 377. 378. 383. 384. |
+ |
+ (Petit). 28. 81. 82. 95. 96. 98. 100. 101. 102. 106. |8. 9. 10.
+ 112. 114. 115. 116. 117. 121. 126. 138. 140. 142. 144. 147. |11. 12.
+ 148. 154. 156. 166. 167. 177. 179. 183. 189. 192. 194. 195. |14. 15.
+ 196. 197. 199. 204. 207. 211. 213. 218. 219. 220. 223. 225. |21.
+ 282. 285. 300. 301. 302. 303. 306. 307. 308. 309. 310. 311. |
+ 312. 313. 314. 315. 316. 319. 328. 329. 333. 334. 337. 338. |
+ 340. 341. 361. |
+ |
+ Algérien. 28. 98. |
+ |
+ Marocain. 28. 59. 98. 101. 102. |
+ |
+ Tunisien. 28. 98. |
+ |
+ Atres. 282. |
+ |
+ Atrs n Ouafil. 305. |9.
+ |
+ Aṭṭara. 154. |
+ |
+ Azagour. 288. |
+ |
+ Azaṛar Imi n Tels. 198. 199. |10.
+ |
+ Sidi Moḥammed ou Iạqob. 198. |
+ |
+ Azaṛarad. 178. 438. |11.
+ |
+ Azbed. 276. |
+ |
+ Azdad. 373. 384. |
+ |
+ Azdag. 216. 270. 271. |15.
+ |
+ Azdif. 113. 205. 283. 403. |9. 21.
+ |
+ Azegga. 311. |
+ |
+ Azegza. 305. |
+ |
+ Azemmour. 351. |17.
+ |
+ Azerftin (kheneg). 151. 310. |10.
+ |
+ Azgaour. 326. |
+ |
+ Azger Amṛar. |8.
+ |
+ Azgrouz. 338. |
+ |
+ Azrar (tribu). 199. 311. |10. 14.
+ |21.
+ |
+ (col). 100. 196. 197. 199. 308. |10. 21.
+ |
+ Azreg. 279. |
+ |
+ Azrou (Imgoun). 275. |
+ |
+ (Qçar es Souq). 351. |
+ |
+ (Todṛa). 355. |16.
+ |
+ Azzouz (ruines). |8.
+ |
+ Ạ |
+ |
+ Ạbabsa. 261. |
+ |
+ El Ạbbarat (mont). 231. 232. |17. 21.
+ |
+ (défilé). 231. 232. |17.
+ |
+ Ạbbari (qçar). 354. |
+ |
+ El Ạbbari (mont). 234. 354. 364. |21.
+ |
+ Ạdjib ech Cherif. 387. |
+ |
+ Moulei El Feḍil. 46. 47. |5. 21.
+ |
+ El Ạïachi (mont). 99. 102. 231. 233. 234. 239. 353. 376. |17. 21.
+ 377. 381. |
+ |
+ Ạïat. 373. 377. 384. |
+ |
+ El Ạïn (Aït Ạmer). 114. 205. |9.
+ |
+ Aït Ḥamed. 282. |
+ |
+ Ạïn Amezouar. 278. |
+ |
+ Asgig. |10.
+ |
+ el Ạsid. 331. |
+ |
+ Chạïr. 365. 390. |
+ |
+ Chebar. 308. |
+ |
+ Delal. 308. |
+ |
+ el Fikroun. |1.
+ |
+ Gramo. |1.
+ |
+ Gramo. |1.
+ |
+ Ḥammou. 251. |20.
+ |
+ el Ḥasin. |1.
+ |
+ El Ạïn Igouramen. v. El Ạïn (Aït Ạmer). |
+ |
+ Ạïn Imaṛiren. 58. 187. |13.
+ |
+ el Louḥ. 39. 265. |
+ |
+ el Melḥaï. |1.
+ |
+ Oufra. |13.
+ |
+ n Ougeïḍa. 331. 335. 402. |
+ |
+ El Ạïn Ounzin. 306. |
+ |
+ Ạïn es Seka. 308. |
+ |
+ Skhoun. |3.
+ |
+ Ṭîb. |10.
+ |
+ n Zeggert. 284. |
+ |
+ El Ạïoun (Oumm el Bordj). |10.
+ |
+ Ạïoun Chikh Moḥammed Aqqa Iṛen. 200. |9. 10.
+ |
+ el Djemạa. |14.
+ |
+ Sidi Ạbd Allah ou Mḥind. 160. 343. |9.
+ |
+ Sidi Mellouk. 254. 255. |
+ |
+ et Tîn. |4.
+ |
+ El Ạlam (mont). 9. |
+ |
+ Ạli d Aït El Ḥasen. 212. 445. |8. 15.
+ |
+ Ạli Aït El Ḥasen ou Sạïd. 273. |
+ |
+ Ạli ou Mousa. 303. |
+ |
+ Ạlouana. 375. 376. |
+ |
+ Ạmer ou Ạbd er Raḥman. 291. |
+ |
+ Ạnd Aït Mesạoud. 277. |7.
+ |
+ Ạnd Imzilen. 323. |
+ |
+ Ạqba el Djemel. 18. 26. 27. |4.
+ |
+ Izan. |5.
+ |
+ el Kharroub. 68. |6.
+ |
+ Ạqoub es Soulṭân. 266. |
+ |
+ Ạraben. 325. 327. 402. |
+ |
+ El Ạraïch (ville). 13. 15. |
+ |
+ (province). 4. 13. 15. |
+ |
+ Ạrib. 153. 154. 164. 167. 297. 298. |
+ |
+ El Ạrich (forêt). 367. |18.
+ |
+ El Ạroumiat. 291. 292. 296. 403. |
+ |
+ El Ạrzan. 244. 369. 371. 374. 385. |19. 21.
+ |
+ Ạsara. 262. |
+ |
+ Ạsasga. 261. |
+ |
+ Ạtamna. 368. 376. 385. |
+ |
+ El Ạzrar. 294. |
+ |
+ |
+ B |
+ |
+ B Ougemmez. 76. 260. 261. 264. 401. |
+ |
+ Bachkoum. 283. 284. |
+ |
+ Bani. 96. 101. 102. 114. 115. 116. 117. 119. 120. 122. 123. |9. 10.
+ 126. 135. 138. 139. 140. 141. 142. 143. 144. 146. 147. 151. |21.
+ 152. 154. 156. 160. 161. 167. 168. 171. 219. 285. 286. 294. |
+ 297. 300. 302. 303. 304. 305. 307. 308. 310. 311. 312. 313. |
+ 314. 315. 316. 317. 318. |
+ |
+ Baṛdad. 367. 369. |
+ |
+ Batnou. 364. |
+ |
+ Bdaoua. 13. |1. 21.
+ |
+ Bedaan. 277. |7.
+ |
+ El Behalil (village). 20. 24. 37. |4.
+ |
+ (mont). 20. 39. |4.
+ |
+ Behenni. 154. |
+ |
+ Beka Chikh en Nahr. 310. |
+ |
+ Bel Lebḥan. 299. 300. |
+ |
+ Ben Abbou. 331. 332. |14.
+ |
+ Dleïmi. 346. 402. |
+ |
+ Sifer. v. Oulad Ben Sifer. |
+ |
+ Beni Ạmir. 49. 259. 262. |
+ |
+ Ạoun. 262. |
+ |
+ Ạouzmer. 5. |1. 21.
+ |
+ Bataou. 261. |
+ |
+ Bou Ḥi (fraction des Oulad el Ḥadj). 385. |
+ |
+ (qçar d’Ouṭat Oulad el Ḥadj). 371. |
+ |
+ Bou Iaḥi. 251. 386. |
+ |
+ Bou Iaḥia (tribu). 386. |
+ |
+ (monts). 251. |
+ |
+ Bou Iaḥmed. 33. |
+ |
+ Qitoun. 33. |
+ |
+ Zeggou (tribu). 253. 254. 381. 389. |20. 21.
+ |
+ (monts). 28. 101. 253. 372. 379. 381. 383. |20. 21.
+ 388. 389. |
+ |
+ Brahim. 263. |
+ |
+ Chebel. 380. 381. |
+ |
+ Chegdal. 262. |
+ |
+ Fachat. 375. |
+ |
+ Gil. 390. |
+ |
+ Henaït. 294. |
+ |
+ Hessousen. 47. |
+ |
+ Ḥaïoun (Dra). 294. 295. 403. |
+ |
+ Ḥaïoun (Ouad Chegg el Arḍ). 378. 379. |
+ |
+ Ḥamed. 5. |
+ |
+ Ḥasan (tribu du Rif). 5. 6. 10. 11. |1. 21.
+ |
+ (monts). 4. 6. 7. 8. 9. |1. 21.
+ |
+ Ḥasen. 261. |
+ |
+ Ḥassan (Ouad Chegg el Arḍ). 378. 379. |
+ |
+ (mont). 383. |
+ |
+ Iạla (tribu). 254. |
+ |
+ (monts). 254. 381. |
+ |
+ Iffous. 351. |17.
+ |
+ Imman. 263. |
+ |
+ Iznâten (tribu). 25. 253. 255. 368. 372. 389. |20.
+ |
+ (monts). 253. 257. 368. 372. 381. 388. 389. |20. 21.
+ |
+ Khallouf. 292. |
+ |
+ Khelf. 261. |
+ |
+ Khelften. 375. 376. 384. |
+ |
+ Khîran. 49. 66. 261. |
+ |
+ Mançour. 66. 261. |
+ |
+ Matar. 380. 390. |
+ |
+ Mạdan. 49. 262. |5. 6. 21.
+ |
+ Meḥelli. 352. |
+ |
+ Mellal (fraction des Beni Mạdan). 64. 68. 70. 259. 262.|
+ |
+ (bourgade). 28. 38. 57. 62. 63. 64. 66. 68. 69. |6. 21.
+ 73. 100. 400. 401. 426. 427. |
+ |
+ (qçar). 66. |
+ |
+ (mont). 59. 69. |6. 21.
+ |
+ Mesri. 365. 384. |
+ |
+ Mgild. 10. 21. 39. 44. 46. 47. 67. 101. 259. 265. 363. |
+ 366. 371. 376. 381. 382. 383. 401. |
+ |
+ Miskin. 49. 67. 259. 262. |
+ |
+ Mousa. 49. 58. 65. 66. 259. 260. 262. |
+ |
+ Mousi. 352. |
+ |
+ Mṭir (tribu). 47. 67. 381. 401. |3. 21.
+ |
+ (monts). 20. 39. |3. 21.
+ |
+ Ọtman. 292. |
+ |
+ Ouaṛaïn (tribu). 10. 20. 21. 33. 39. 372. 382. 383. |21.
+ 384. 387. 401. |
+ |
+ (monts). 18. 36. 372. 379. 383. 387. |
+ |
+ (Qçar es Souq). 351. |
+ |
+ Ouchgel. 375. |
+ |
+ Oujjan. 33. |
+ |
+ Oujjin. 262. |
+ |
+ Oukil. 254. 368. 369. 372. 376. 381. 385. 386. |
+ |
+ Ouriaṛel. 24. |
+ |
+ Qoulal (tribu). 380. 381. |
+ |
+ (qaçba). 379. 380. 381. |
+ |
+ Ṛiis. 243. 245. 247. 248. 375. 376. 379. 384. 385. |19.
+ |
+ Sbiḥ. 294. 295. 403. |
+ |
+ Semgin. 294. |
+ |
+ Snassen. 253. 389. |
+ |
+ Snous. 101. |
+ |
+ Sqeten. 263. |
+ |
+ Tzit. 365. 384. 403. |
+ |
+ Zemmour (tribu). 47. 49. 56. 66. 90. 261. 263. 266. |5. 21.
+ |
+ (qçar). 50. 51. 52. 425. |5. 21.
+ |
+ Zerouâl. 5. 35. |
+ |
+ Zouli. 285. 290. 291. 292. 403. |
+ |
+ Zrandil. 261. |
+ |
+ El Benian. |1.
+ |
+ Bent en Nạs. 144. 308. |10.
+ |
+ Berâber. 10. 21. 69. 90. 91. 92. 116. 121. 124. 126. 132. |15. 16.
+ 135. 136. 137. 154. 155. 156. 157. 159. 162. 164. 167. 171. |17. 21.
+ 201. 216. 221. 223. 224. 225. 226. 228. 256. 264. 266. 269. |
+ 276. 286. 289. 292. 293. 294. 295. 297. 319. 352. 354. 355. |
+ 356. 359. 360. 362. 363. 365. 381. 382. 384. 399. 400. |
+ |
+ Berachona. 261. |
+ |
+ Beradia. 262. |
+ |
+ Beraksa. 66. 261. |
+ |
+ Berda. 277. |7.
+ |
+ Berda (Ternata). 291. |
+ |
+ Berrom. 376. 377. |
+ |
+ Bertat. 373. |
+ |
+ Bettal. 283. |
+ |
+ Bettal Aït Bou Daoud. |9.
+ |
+ Aït Sạïd. |9.
+ |
+ El Beṭḥa. 295. |
+ |
+ Bezzaza. 262. |
+ |
+ Bezzou. 76. 260. 266. 401. |
+ |
+ Bibaouan. 99. 120. |21.
+ |
+ Bin el Ouidan. 281. |
+ |
+ Bir Chạt. 291. |
+ |
+ el Ksa. 66. |
+ |
+ Bitgan. 327. |
+ |
+ Blad Dra. 285. |
+ |
+ Za. 252. 379. |20.
+ |
+ El Bordj (Aït Iaḥia). 353. |
+ |
+ (Aït Melṛad). 363. |
+ |
+ (Aït Tigdi Ouchchen). 104. 105. 106. 283. |8. 21.
+ |
+ (Menâba). 331. |
+ |
+ (Mezgîṭa). 287. |
+ |
+ (Taderoucht). 359. 360. |
+ |
+ Bou Arbạïn. 299. 308. |
+ |
+ Ạbd Allah. 299. |
+ |
+ Ạïach (Aït ou Afella). 373. 382. |
+ |
+ (Ed Debdou). 375. |
+ |
+ Ạjaj. 309. |
+ |
+ Ạqba. 65. 260. |
+ |
+ Chaked. 311. |
+ |
+ Chiba. 365. |
+ |
+ Delal. 301. |
+ |
+ el Djạd. 19. 40. 42. 49. 50. 51. 52. 53. 54. 55. 56. 57.|5. 21.
+ 58. 63. 66. 77. 144. 166. 263. 265. 266. 293. 343. 400. 401.|
+ 407. 408. 424. 425. 426. |
+ |
+ Felfoul. 277. 284. |
+ |
+ Gir. 302. |
+ |
+ Ḥalg. 299. |
+ |
+ Ḥallal. |1.
+ |
+ el Ḥanna. 341. |
+ |
+ Ḥarazen. 76. 265. 401. |
+ |
+ Ḥennoun. 378. |
+ |
+ Idiren. 350. |
+ |
+ Igouldan. 279. |
+ |
+ Iougi. |17.
+ |
+ Iqba. 273. |
+ |
+ Izri. 279. |
+ |
+ Jejia. 370. |18.
+ |
+ Kenzt. 240. 370. 447. |18.
+ |
+ Khelal. 291. |
+ |
+ Maziṛ. 335. |
+ |
+ Mousi (qçar). 121. 303. 315. 316. 320. |9.
+ |
+ (collines). 120. 160. 161. |9.
+ |
+ Nạnạ. 290. 291. |
+ |
+ Nou. 295. |
+ |
+ Oudi. 310. |
+ |
+ Oulga. 327. |
+ |
+ Qandil. 230. |17.
+ |
+ er Rebiạ. 300. 304. |
+ |
+ Rejouan. 24. |
+ |
+ Ṛioul. 299. |
+ |
+ Sellam. 373. 377. |
+ |
+ Selman. 294. 295. |
+ |
+ Seroual. 354. |17.
+ |
+ Taddout. 333. |
+ |
+ Teṛrar. 275. |
+ |
+ Tizen. 305. |9.
+ |
+ Tizi. 324. |
+ |
+ Tnefit. 360. 403. |
+ |
+ Zergan. 291. 296. |
+ |
+ Zeroual. 296. |
+ |
+ Zmella. 376. 377. 403. |
+ |
+ Bouddeïr. 146. 308. |10.
+ |
+ Bouour. 330. 331. 332. |
+ |
+ El Bour (Ouad Beni Mesri). 365. |
+ |
+ (Ouad Ouizert). |18.
+ |
+ (zaouïa). 273. |
+ |
+ Bousam. 350. |17.
+ |
+ Brânes (tribu). 387. |
+ |
+ (mont). 387. |
+ |
+ Brasiin. 263. |
+ |
+ El Bridja. 239. 240. 244. 246. 367. 368. 369. 371. 372. 374.|18. 21.
+ 376. 379. 382. |
+ |
+ Briouga. 333. |
+ |
+ |
+ C |
+ |
+ Çaḥab el Ermes. 235. |17.
+ |
+ el Geddim. 235. |17.
+ |
+ Cedouqa. 349. |
+ |
+ Cendouga. 295. |
+ |
+ Cenhadja (mont). |4. 21.
+ |
+ Oulḥourri. 113. |
+ |
+ Ceuta. 97. |
+ |
+ Chaouïa. 24. 44. 49. 52. 259. 263. |
+ |
+ Chareṭ. 292. |
+ |
+ Chạanba. 153. |
+ |
+ Chạba Aït Bou Bekr. |15.
+ |
+ Moulei Bou Fers. 296. |
+ |
+ Iạqob. 296. |
+ |
+ Ouin s Tlit. 213. |8. 15.
+ |
+ Tizza. |18.
+ |
+ Chạt. 356. |
+ |
+ Chạt. v. Bir Chạt. |
+ |
+ Cheba. 351. |17.
+ |
+ Chechaouen. 5. 6. 8. 9. 26. 31. 38. 64. 401. 418. 419. |1. 21.
+ |
+ Chedjạ (tribu de la plaine d’Angad). 252. 253. 254. 255. |20. 21.
+ 257. 388. 390. |
+ |
+ (environs de Fâs). 24. |3.
+ |
+ Chegg el Ouad. 369. |17. 18.
+ |
+ Chelkha Djedeïd. 299. |
+ |
+ Chemmaḥa. 15. 419. |2. 21.
+ |
+ Cheradna. 303. |
+ |
+ Cheraga. 5. 15. |2. 21.
+ |
+ Cherarda. 24. |3. 4.
+ |
+ Cheurfa Aït Bou Ạmran. 270. |
+ |
+ Moḥammed. 273. |
+ |
+ Taltmanart. 270. |15.
+ |
+ Aqqa. 360. |
+ |
+ El Bour. 273. |
+ |
+ Iifar. 275. |
+ |
+ Qouareṭ. 371. |
+ |
+ Taïrza. 356. |
+ |
+ Touggour. 371. |
+ |
+ Chiadma (tribu). 188. 339. |
+ |
+ (Mḥamid el Ṛozlân). 295. |
+ |
+ Chikh Aït Oulcheger. |14.
+ |
+ Amerri. 313. 314. |
+ |
+ El Ạrabi ben Ọtman. 290. 303. 304. |
+ |
+ Ech Chaoui. 250. 252. 254. 380. 381. |20. 21.
+ |
+ Kerroum. |14.
+ |
+ Moḥammed. |5.
+ |
+ Ould el Ḥadj Iaḥia. 314. |11. 21.
+ |
+ Chouf Agmar. 364. |
+ |
+ Chqarna. 346. |
+ |
+ Chraạ. 261. |
+ |
+ Chtouga. 259. |
+ |
+ Chtouka. 22. 126. 177. 178. 179. 181. 182. 183. 186. 188. |12. 21.
+ 190. 193. 341. 343. 345. 346. 402. |
+ |
+ |
+ D |
+ |
+ Dâdes. 22. 78. 91. 95. 99. 100. 101. 158. 210. 211. 215. |15. 21.
+ 216. 217. 222. 223. 228. 229. 230. 260. 265. 268. 269. 270. |
+ 271. 274. 361. 363. 399. 403. |
+ |
+ Dar Aït Iaḥia. 274. |
+ |
+ Aït Moulei. 274. |
+ |
+ Beïḍa. 19. 54. 56. 63. |
+ |
+ Ben Dleïmi. 346. 402. |
+ |
+ Ech Chaoui. 250. 252. 254. 380. 381. |20. 21.
+ |
+ Chikh Amerri. 313. 314. |
+ |
+ Ech Chaoui. v. Dar Ech Chaoui. |
+ |
+ El Genṭafi. 323. 337. 338. 401. |
+ |
+ El Glaoui. 85. 278. |
+ |
+ Ḥadj Ạbd el Malek. 186. 439. 442. |13.
+ |
+ Ḥadj El Ạrabi. 184. |12.
+ |
+ Ibrahim. 72. 427. |6.
+ |
+ Ijadiden. |13.
+ |
+ El Mrabṭin. 338. |
+ |
+ Ougadir. 321. 322. 323. |
+ |
+ Ould Sidoïn. 66. |
+ |
+ el Qaïd (Ḥaḥa). |13.
+ |
+ (Telouet). 85. 278. |
+ |
+ Qaïd Ḥamada. 254. |
+ |
+ Sidi Ạbd Allah. 184. 439. |12.
+ |
+ Sidi Iaḥia. 442. |
+ |
+ Ez Zanifi. 106. |
+ |
+ Debạïa. 285. 286. 297. 298. |
+ |
+ Ed Debdou (district). 375. 403. |19. 21.
+ |
+ Debdou (bourgade). 22. 28. 100. 241. 243. 244. 245. 246. |19. 21.
+ 247. 248. 249. 250. 253. 255. 256. 258. 269. 375. 376. 379. |
+ 380. 381. 384. 385. 386. 390. 395. 401. 403. 447. 448. 449. |
+ |
+ (mont). 100. 239. 243. 247. 251. 257. 368. 372. 374. |19. 21.
+ 375. 379. 383. 384. 388. 389. 390. |
+ |
+ Debra. 401. |
+ |
+ Demnât (ville). 22. 28. 38. 64. 70. 76. 77. 78. 79. 96. 100.|7. 21.
+ 260. 261. 265. 266. 267. 276. 401. 408. 415. 427. 428. 429. |
+ 450. |
+ |
+ (province). 76. 77. 401. |7.
+ |
+ Desra. 401. |
+ |
+ Dir (Menâba). 331. |
+ |
+ Dir (Tidili). 278. 402. |
+ |
+ Dou Ougadir. 321. 322. 323. 338. |
+ |
+ Ouzrou. 327. |
+ |
+ Ouzrou Zouggaṛ. 333. 334. |
+ |
+ Douar (Gers). 349. |
+ |
+ Oumbarek ou Dehen. 189. 193. 194. 443. |14.
+ |
+ Sidi Ạbd Allah. 101. |
+ |
+ Doui Blal. 152. 153. 154. 155. |
+ |
+ Mniạ (tribu du Ḍahra). 136. |
+ |
+ Mniạ (environs de Fâs). 24. |3.
+ |
+ Ed Douirat. 285. 290. 296. |
+ |
+ Doukkala. 43. 259. 401. |
+ |
+ Doutourirt (Aginan). 305. |
+ |
+ (Aït Semmeg). 328. 329. |
+ |
+ Dra (contrée). 22. 35. 69. 81. 109. 121. 123. 162. 164. 166.|
+ 167. 168. 169. 201. 202. 206. 207. 210. 211. 214. 216. 220. |
+ 222. 224. 225. 281. 285. 286. 289. 293. 295. 297. 298. 303. |
+ 304. 343. 362. 363. 364. |
+ |
+ (village du Demnât). |7.
+ |
+ Draoua. 88. 286. |
+ |
+ DJ |
+ |
+ Djebaïr. 144. 155. 311. |10.
+ |
+ Djebel Achakski. 326. |
+ |
+ Agendi. 325. |
+ |
+ Aït Ioussi. 39. 383. |4.
+ |
+ Aït Khozman. |17.
+ |
+ Aït Seri. 259. |
+ |
+ Akhmâs. 9. 11. |
+ |
+ Aldoun. 373. |
+ |
+ Alemta. 296. |
+ |
+ Amhaouch. 59. 66. |6. 21.
+ |
+ Anfoug. 211. |
+ |
+ Anisi. 203. |9. 21.
+ |
+ Anṛemer. 89. 95. 96. 277. 278. |7.
+ |
+ Aougeddimt. 338. |
+ |
+ Aqqa Tizgi. 354. |
+ |
+ Aṛbar. 336. |
+ |
+ Asmerdan. 310. |
+ |
+ Azegga. 311. |
+ |
+ el Ạbbarat. 231. 232. |17. 21.
+ |
+ El Ạbbari. 234. 354. 364. |21.
+ |
+ El Ạïachi. 99. 102. 231. 233. 234. 239. 353. 376. |17. 21.
+ 377. 381. |
+ |
+ el Ạlam. 9. |
+ |
+ Bani. 96. 101. 102. 114. 115. 116. 117. 119. 120. |9. 10.
+ 122. 123. 126. 135. 138. 139. 140. 141. 142. 143. 144. 146. |21.
+ 147. 151. 152. 154. 156. 160. 161. 167. 168. 171. 285. 286. |
+ 294. 297. 300. 302. 303. 304. 305. 307. 308. 310. 311. 312. |
+ 313. 314. 315. 316. 317. 318. |
+ |
+ El Behalil. 20. 39. |4.
+ |
+ Beni Bou Iaḥi. 251. |
+ |
+ Bou Zeggou. 28. 101. 253. 372. 379. 381. 383. |20. 21.
+ 388. 389. |
+ |
+ Ḥasan. 4. 6. 7. 8. 9. |1. 21.
+ |
+ Ḥassan. 383. |
+ |
+ Iạla. 254. 381. |
+ |
+ Iznâten. 253. 257. 368. 372. 381. 388. 389. |20. 21.
+ |
+ Mellal. 59. 69. |6. 21.
+ |
+ Mṭir. 20. 39. |3. 21.
+ |
+ Ouaṛaïn. 18. 36. 372. 379. 387. |
+ |
+ Snous. 101. |
+ |
+ Bou Qandil. 230. |17.
+ |
+ Brânes. 387. |
+ |
+ Cenhadja. |4. 21.
+ |
+ Chouf Agmar. 364. |
+ |
+ Debdou. 100. 239. 243. 247. 251. 257. 368. 372. 374. |19.
+ 375. 379. 383. 384. 388. 389. 390. |
+ |
+ el Feggouçat. 120. 160. 161. |9.
+ |
+ Gebgeb. 17. 18. 20. 36. |3. 4. 21.
+ |
+ Gelez. 251. 372. 386. |
+ |
+ Gers. 230. 231. |17.
+ |
+ Gezennaïa. 386. |
+ |
+ Gir. 377. |
+ |
+ Hamsaïlikh. 120. 160. 161. 300. |9.
+ |
+ Ḥeçaïa. 48. 50. 51. |5.
+ |
+ Ḥeddi. 336. |
+ |
+ Ida ou Ziqi. 120. 177. |21.
+ |
+ Idikel. 323. |
+ |
+ Ikhf n Iṛir. 377. |
+ |
+ Kebdana. 368. 372. 386. |
+ |
+ Kisan. 209. 212. 296. |8. 15.
+ |
+ Kourṭ. 15. |2. 21.
+ |
+ Megzer. |1.
+ |
+ Mergeshoum. 101. 249. 251. 252. 253. 372. 379. 381. |20. 21.
+ 388. |
+ |
+ Metalsa. 386. |
+ |
+ Mezedjel. 8. 9. |1.
+ |
+ Mḥeïjiba. 160. 161. 164. 166. 208. 300. |9.
+ |
+ Miltsin. 99. |
+ |
+ Ouichdan. 338. |
+ |
+ Oulad Ạïssa. 16. |2.
+ |
+ Ạli. 99. 100. 235. 239. 240. 246. 383. |21.
+ |
+ Ạmer. 379. 380. 381. 388. 389. |
+ |
+ Bou Zian. |4.
+ |
+ el Ḥadj. 383. |
+ |
+ Oumm Djeniba. 383. |
+ |
+ Ounila. 95. |21.
+ |
+ Ouṭiṭa. 39. 40. |3. 21.
+ |
+ Qelaïa. 386. 390. |
+ |
+ Reggou. 100. 246. |21.
+ |
+ Ṛiata. 18. 27. 28. 29. 31. 33. 36. 101. 102. 251. |4. 21.
+ 368. 372. 379. 383. 386. 387. |
+ |
+ Saksad. 323. |
+ |
+ Sarsar. 13. 15. |1. 21.
+ |
+ Saṛro. 100. 211. 212. 213. 214. 215. 217. 218. 219. |8. 15.
+ 220. 223. 227. 267. 269. 276. 289. 296. 361. 364. |16. 21.
+ |
+ Siroua. 95. 96. 102. 108. 112. 204. 279. 281. 282. |21.
+ 283. 326. 327. |
+ |
+ Taïmzouṛ. 114. 115. 116. 117. 137. 139. 147. 161. |9.
+ 318. |
+ |
+ Tamatout. 267. |
+ |
+ Tarkeddit. 274. |
+ |
+ Tefraout. |7.
+ |
+ Terrats. 18. 20. 26. 37. 39. |3. 21.
+ |
+ Teza. 99. |
+ |
+ Tidili. 95. 96. 278. |7. 21.
+ |
+ Tifernin. 206. 207. |8.
+ |
+ Tiouant. 378. |
+ |
+ Tirnest. 383. |
+ |
+ Titouga. 336. |
+ |
+ Tselfat. 16. |2. 21.
+ |
+ Tsoul. |4. 21.
+ |
+ Tsouqt. 99. 100. 235. 383. |18. 21.
+ |
+ Zalaṛ. 18. 20. 37. 39. |3. 4. 21.
+ |
+ Zekkara. 28. 101. 253. 257. 372. 381. 383. 388. 389. |20. 21.
+ |
+ Zerhoun. 18. 21. 24. 25. 26. 38. 39. 40. 47. |3. 21.
+ |
+ Djedân. 154. |
+ |
+ Djedida. 188. |
+ |
+ Djemaạa Entifa. 76. 265. 266. 401. 428. |7. 21.
+ |
+ Djemạ (Mạder Ida ou Blal). 299. |
+ |
+ Djemạa Amerri. 313. 314. |
+ |
+ Amzou. 191. |
+ |
+ Houara. |12.
+ |
+ Ida ou Genadif. 341. |
+ |
+ Izalaṛen. 313. |
+ |
+ Oulad Ḥamid. 385. |
+ |
+ Oulad Iaḥia. |14.
+ |
+ Tinzert. 334. |14.
+ |
+ Tisergat. 292. |
+ |
+ Djemouạ. 263. |
+ |
+ Djerada ech Cheurfa. |14.
+ |
+ El Djerf. 357. |
+ |
+ Djerf el Ḥammam. 310. |
+ |
+ Ḍ |
+ |
+ Ḍahr er Ramka. 153. |
+ |
+ Ḍahra. 28. 99. 100. 147. 253. 372. 373. 378. 379. 380. 383. |
+ 384. 385. 388. 389. 390. |
+ |
+ Ḍaïa Ifraḥ. 383. |
+ |
+ |
+ E |
+ |
+ El Elf. 263. |
+ |
+ Emmigerdan. |10.
+ |
+ Entifa. 49. 75. 76. 77. 230. 260. 264. 265. 266. 401. |6. 7. 21.
+ |
+ Entrit. 373. 382. |
+ |
+ Enzel (Glaoua). 80. 82. 83. 401. 428. |7. 21.
+ |
+ (Ouad Asdṛem). 283. 403. |
+ |
+ Erḥal (Aqqa). 120. 151. 312. |10.
+ |
+ (Ouad el Feïja). 303. |
+ |
+ Erzagna. 331. |
+ |
+ Eufriin. 310. 311. |10.
+ |
+ |
+ F |
+ |
+ Fâs (ville). 1. 4. 5. 10. 12. 13. 15. 16. 18. 19. 20. 21. |3. 4. 21.
+ 22. 23. 24. 25. 26. 29. 30. 32. 33. 34. 35. 36. 37. 38. 39. |
+ 40. 43. 47. 54. 55. 56. 66. 67. 70. 78. 97. 125. 152. 153. |
+ 155. 158. 164. 188. 232. 237. 241. 243. 250. 255. 265. 344. |
+ 375. 378. 383. 386. 387. 389. 391. 395. 398. 401. 406. 407. |
+ 419. 420. 421. 422. 423. 424. 450. |
+ |
+ (province). 15. 24. |
+ |
+ Fedoukkes. 308. 320. |
+ |
+ Fedragoum. 280. |
+ |
+ El Feggara. 285. 304. |
+ |
+ Feggouç (bassin de la Mlouïa). 369. 374. 384. |19. 21.
+ |
+ El Feggouç (Tinzoulin). 290. 291. 296. |
+ |
+ El Feggouçat. 120. 160. 161. 317. |9.
+ |
+ El Feïja. 115. 116. 117. 118. 127. 138. 139. 140. 154. 156. |9. 21.
+ 201. 202. 297. 300. 301. 302. 303. 304. 305. |
+ |
+ Ferarma. 154. |
+ |
+ El Ferfar (qçar). 330. |
+ |
+ (zaouïa). 330. |
+ |
+ Ferkla. 21. 22. 38. 70. 188. 211. 214. 218. 219. 220. 223. |16. 21.
+ 224. 225. 226. 354. 356. 357. 360. 361. 363. 403. |
+ |
+ Fezaz. 102. 383. |
+ |
+ Fezna. 357. |
+ |
+ Fezouata. 210. 285. 286. 291. 292. 293. 294. 295. 363. 403. |
+ |
+ Fḥama. 379. 385. 386. 387. |
+ |
+ Fichtâla (qaçba). 38. 59. 60. 64. 66. 259. 263. |6. 21.
+ |
+ (environs de Fâs). 24. |
+ |
+ Figig. 157. 158. 169. |
+ |
+ Fiirir. 305. |
+ |
+ Fint. 283. |
+ |
+ Flouch. 375. |19.
+ |
+ Foum Aqqa. 120. 151. 161. 312. |10.
+ |
+ Aserts. 364. |
+ |
+ Asgig. 308. |10.
+ |
+ Azerftin. 151. |10.
+ |
+ el Ạncer. 60. 62. |6.
+ |
+ el Djir. |20.
+ |
+ Jabel. 229. 350. |17.
+ |
+ Meskoua. 151. 312. 338. |10.
+ |
+ el Ouad. 301. |19.
+ |
+ el Qous n Tazoult. 220. 357. 358. 361. 362. |15. 16.
+ |
+ Ṛiour. 228. 350. |17.
+ |
+ Tangarfa (bassin infér. du Dra). 161. |9.
+ |
+ Taqqat. 101. 286. 294. |
+ |
+ Tazenakht. 290. |
+ |
+ Tenia Tafilelt. 296. |
+ |
+ Timeloukka. |9.
+ |
+ Timṛart. 120. |9.
+ |
+ Tisint. 117. 137. 138. 304. 306. 316. |9.
+ |
+ Tizi n Dra. 364. |
+ |
+ Zgiḍ. 161. 302. |9. 21.
+ |
+ Founti. 185. |12. 21.
+ |
+ Freïja. 332. |14.
+ |
+ Fres. 337. 401. |
+ |
+ Friata. 262. |6.
+ |
+ |
+ G |
+ |
+ Gafaï. 348. |
+ |
+ Gaouz. 352. |
+ |
+ Gaouz Aït Sidi Ạmer. 360. |
+ |
+ El Gara. 370. |
+ |
+ Gardmit. 356. 357. |
+ |
+ Gạda Debdou. 247. 248. 249. 390. |19. 21.
+ |
+ Gebdour. 370. |
+ |
+ Gebgeb. 17. 18. 20. 24. 36. |3. 4. 21.
+ |
+ El Geddara. 300. |
+ |
+ Gelez. 251. 372. 386. |
+ |
+ Gelmima. 226. 360. 403. 415. 446. 450. |16. 21.
+ |
+ El Gelob (près de l’Ouad Za). 251. |20. 21.
+ |
+ (au sud du Bani). 147. 161. 308. |10. 21.
+ |
+ Gelob Mrimima. 161. |9. 21.
+ |
+ El Gelob es Sṛir. 161. |9. 21.
+ |
+ Genadiz. 261. |
+ |
+ Genṭafa. 337. 401. |
+ |
+ El Genṭafi. 323. 337. 338. 401. |
+ |
+ El Geraan. 364. 365. |
+ |
+ Geraga. 339. |
+ |
+ Geraïat. 261. |
+ |
+ El Gerdan. 191. |
+ |
+ Gergoura. 401. |
+ |
+ Geri Ourgaz. 352. |
+ |
+ Gerouân. 40. 42. |3. 21.
+ |
+ Gers (district). 230. 236. 347. 349. 365. 368. 369. 370. |17. 21.
+ 371. 373. 374. 377. 378. |
+ |
+ (monts). 230. 231. |17.
+ |
+ Gersif. 368. 369. 372. 376. 379. 385. 390. 391. |
+ |
+ Géryville. 254. |
+ |
+ El Gerzim. 308. |
+ |
+ Gerzima. 308. |
+ |
+ Gezennaïa (tribu). 379. |
+ |
+ (monts). 386. |
+ |
+ Gezoula (famille). 88. 318. 319. 320. 328. 329. |
+ |
+ (tribu). 319. 329. 336. |
+ |
+ Gigo. 100. |
+ |
+ Gir (district). 364. 365. |
+ |
+ (mont). 377. |
+ |
+ Glaoua. 77. 81. 85. 92. 99. 109. 110. 124. 233. 280. 401. |7. 21.
+ |
+ Glercha. |12. 14.
+ |21.
+ |
+ El Gloạ. 300. 304. |
+ |
+ Gouffa. 261. |
+ |
+ Gounin. 329. |
+ |
+ Griourin. 286. |
+ |
+ Gro. 373. |
+ |
+ |
+ H |
+ |
+ Haïndaken. 278. |
+ |
+ Hamouziin (subdivision des Oulad el Ḥadj). 243. 248. |
+ |
+ El Hamouziin (qçar d’Ouṭat Oulad el Ḥadj). 371. 385. |
+ |
+ Hamsaïlikh. 120. 160. 161. 300. |9.
+ |
+ Haouz Debdou. 375. |
+ |
+ El Haroun. 363. |
+ |
+ Haskoura. 70. 96. 260. 274. 276. |
+ |
+ Hejaoua. 15. |2. 21.
+ |
+ Hiaïna. 21. 25. 33. 34. 36. 387. 391. |4. 21.
+ |
+ Hierk. 336. |
+ |
+ Houara (Mlouïa). 33. 368. 372. 376. 379. 381. 385. 386. 387.|
+ 388. |
+ |
+ (Sous). 22. 189. 190. 191. 193. 194. |12. 14.
+ |21.
+ |
+ Houara Angad. 388. |
+ |
+ Houasen. 261. |
+ |
+ Ḥ |
+ |
+ El Ḥachia. 66. |
+ |
+ El Ḥad (Aït Ạtab). 75. 401. |6.
+ |
+ El Ḥad (Aït Seddrât). 288. |
+ |
+ Ḥad Agdz. 288. |
+ |
+ Aït Ạtab. 75. 261. 267. 401. |6.
+ |
+ Aït Bou Zid. 71. 427. |6.
+ |
+ Aït Mezal. |11. 12.
+ |
+ Aït ou Alil. 350. |
+ |
+ Aoulouz. 334. |
+ |
+ Asrir. 357. |
+ |
+ Astour. 292. |
+ |
+ Beni Ḥaïoun. 295. |
+ |
+ Beni Sbiḥ. 295. |
+ |
+ Gersif. 385. |
+ |
+ Ida ou Isaṛen. |13.
+ |
+ Igli. 334. |14.
+ |
+ Iliṛ. 342. |
+ |
+ Imasin. 274. |
+ |
+ Imtaoun. 306. |
+ |
+ Menizela. 191. |
+ |
+ Seketâna. 306. |
+ |
+ Tamjerjt. 327. |
+ |
+ Taourirt. 151. |
+ |
+ Tirikiou. 329. |
+ |
+ El Ḥaddan. 299. |
+ |
+ Ḥadj Ạbd el Malek. 186. 439. 442. |13.
+ |
+ Ḥadj El Ạrabi. 184. |12.
+ |
+ Ḥadjra ech Cherifa. 17. 18. 387. |2. 21.
+ |
+ El Ḥadjra El Kaḥela. |4.
+ |
+ Ḥafaïa. 191. |
+ |
+ Ḥaḥa. 22. 24. 28. 58. 73. 98. 153. 155. 170. 177. 181. 182. |12. 13.
+ 184. 185. 186. 187. 188. 189. 190. 339. 343. |21.
+ |
+ Ḥaïan. 142. 152. 154. 155. 159. |
+ |
+ Ḥaïan el Bali. 154. |
+ |
+ El Ḥaïn. 349. |
+ |
+ Ḥallaf. 368. 372. 376. 381. 385. 386. 388. |
+ |
+ Ḥallaf proprement dits. 385. |
+ |
+ Ḥamada. 119. 142. 154. 297. |
+ |
+ Ḥamdaoua. 263. |
+ |
+ El Ḥamedna. 401. |
+ |
+ Ḥamerin. 190. 191. |12. 21.
+ |
+ Ḥamian. 24. |3.
+ |
+ El Ḥara (Aït Iaḥia. Ouad Dâdes). 271. |15.
+ |
+ (Aït Seddrât). 288. 403. |8.
+ |
+ (Dâdes). 270. |15.
+ |
+ (Mezgîṭa). 287. |
+ |
+ (Taderoucht). 359. 403. |
+ |
+ (Ternata). 291. |
+ |
+ (Tinzoulin). 290. |
+ |
+ (Todṛa). 355. 356. 358. 359. 360. |16.
+ |
+ (Ziz). 348. |
+ |
+ Ḥara Agdz. 287. |
+ |
+ Aqlal. 38. |
+ |
+ Imroudas. 275. |
+ |
+ Imziouan. 355. |
+ |
+ el Khoubz. 291. |
+ |
+ Mrabṭin. 355. |
+ |
+ Tamkasselt. 288. |8. 15.
+ |
+ El Ḥarar (fraction des Oulad el Ḥadj). 385. |
+ |
+ (qçar). 371. 385. |
+ |
+ El Ḥaraṭîn. 351. |
+ |
+ El Ḥarsa. 370. |
+ |
+ Ḥaselfa. 377. |
+ |
+ El Ḥasen Moḥammed. 311. |
+ |
+ Ḥasi El Ḥasen Moḥammed. 311. |
+ |
+ Ḥebbaren. 47. |
+ |
+ Ḥebib. 280. |
+ |
+ Ḥeçaïa. 48. 50. 51. |5.
+ |
+ Ḥeddi. 336. |
+ |
+ Ḥedeb Bou Nạïla. 299. |
+ |
+ Ḥelloul. 355. |16.
+ |
+ Ḥeloud. 321. |
+ |
+ Ḥelouqt. 283. |
+ |
+ El Ḥeri. 364. |
+ |
+ El Ḥibous. 352. |
+ |
+ El Ḥoch. |19.
+ |
+ El Ḥouaïdj Imersi. 306. 309. |
+ |
+ El Ḥout. 275. |
+ |
+ |
+ I |
+ |
+ Iannout. 154. |
+ |
+ Iattasen. 270. |15.
+ |
+ Iạdouan. 355. 360. |16.
+ |
+ Iạraben. 273. |
+ |
+ Ibabaḥen. 354. |
+ |
+ Ibakellioun. 261. |
+ |
+ Ibaraḥen. 271. |
+ |
+ Ibaraṛen. 264. |
+ |
+ Ibergnat. 322. |
+ |
+ Iberqaqen (tribu). 91. 174. 176. 177. 180. 182. 313. 314. |11. 21.
+ 316. |
+ |
+ (col). 100. 177. |11. 21.
+ |
+ Iberroussen. 275. 403. |
+ |
+ Iberziz. 338. |
+ |
+ Ibousas. 287. |8.
+ |
+ Ibzazen. 348. |
+ |
+ Ichakoukf. 322. |
+ |
+ Ichqern. 21. 46. 49. 51. 52. 67. 259. 263. 265. 363. |
+ |
+ Icht (qçar). 138. 152. 315. 316. 317. 318. |
+ |
+ (kheneg). 315. 318. |
+ |
+ Ichtouken. v. Chtouka. |
+ |
+ Id Brahim. 316. 317. 318. 345. |
+ |
+ Marmouch. 324. |
+ |
+ ou Illoun. 326. 336. |
+ |
+ Ida Ạli ou Ḥammou. 325. |
+ |
+ Ida El Ḥasen Ạli. 325. |
+ |
+ Khennioun. 364. |
+ |
+ ou Amrar. 324. |
+ |
+ Ạïssi. 339. |
+ |
+ Baạqil. 342. |
+ |
+ Blal. 91. 92. 108. 110. 111. 116. 121. 123. 124. 126.|9. 10.
+ 127. 128. 130. 131. 132. 135. 136. 137. 139. 140. 141. 142. |21.
+ 143. 144. 145. 146. 147. 149. 150. 152. 153. 154. 155. 156. |
+ 157. 158. 159. 160. 161. 162. 163. 167. 168. 172. 173. 193. |
+ 200. 256. 297. 298. 303. 305. 306. 307. 309. 311. 320. 362. |
+ |
+ Bou Zia. 339. |
+ |
+ Garsmouk. 342. |
+ |
+ Gelloul. 339. |13.
+ |
+ Gemmed. 330. 331. 333. 334. |
+ |
+ Genad. 208. 285. |8.
+ |
+ Genadif. 340. 341. |
+ |
+ Gerṭ. 186. 187. 339. |13. 21.
+ |
+ Gouilal. 331. 332. 402. |
+ |
+ Isaṛen. 339. |13.
+ |
+ Kensous. 309. 311. 312. 313. 319. |
+ |
+ Khelf. 339. |
+ |
+ Leggan. 317. 345. |
+ |
+ Mada. 339. |
+ |
+ Mḥammed. 183. |12. 21.
+ |
+ Qaïs. 331. 332. 335. 402. |14. 21.
+ |
+ Semlal. 316. 345. |
+ |
+ Ska (fraction des Ilalen). 178. 340. |11.
+ |
+ Ska (autre fraction des Ilalen, sur l’O. Ikhoullan). 340. |
+ |
+ Tazert. 277. |7.
+ |
+ Tift. 330. 333. 334. |
+ |
+ Tints. 313. 314. |
+ |
+ Tromma. 339. |
+ |
+ Zeddaṛ. 336. |
+ |
+ Zenzen. 339. |
+ |
+ Ziqi. 120. 177. |21.
+ |
+ Zkri. 311. 312. 313. |
+ |
+ Ida Oulstan. 140. |9. 10.
+ |
+ Oultit. v. Zarar Ida Oultit. |
+ |
+ Idderb. 290. |
+ |
+ Idergan. 322. 402. |
+ |
+ Ideṛ. 84. 266. |7.
+ |
+ Idgich. 315. |
+ |
+ Idikel (district). 323. |
+ |
+ (mont). 323. |
+ |
+ (village). v. Tizi n Idikel. |
+ |
+ Idili (Demnât). 401. |7.
+ |
+ (Saṛro). 211. |
+ |
+ Idrar. 283. |
+ |
+ Idroumen. 139. 318. |9.
+ |
+ Ifenouan (qçar). 282. |9.
+ |
+ (désert du bassin du Sous). 324. 325. 327. |
+ |
+ (désert du bassin de l’Ouad Aït Tigdi Ouchchen). |
+ 302. 304. |
+ |
+ Iferd Aginan. 305. |
+ |
+ n Khalifa. 331. 332. |
+ |
+ Ifergan (Ouad Saksad). 323. |
+ |
+ Iferṛan (Id ou Illoun). 326. |
+ |
+ Iferṛes. 264. 267. |
+ |
+ Ifertioun. 271. |
+ |
+ Iflilt. 278. |
+ |
+ Ifni. 344. |
+ |
+ Ifraḥ. 383. |
+ |
+ Ifran (tribu). 316. 317. 345. |
+ |
+ (Imskal). 329. |
+ |
+ Ạli ou Reḥo. 273. |
+ |
+ Ifri (Dâdes). 270. |15.
+ |
+ (El Kheneg). 351. |17.
+ |
+ (Todṛa). 355. |16.
+ |
+ Imadiden. 329. |
+ |
+ Madida. 307. |
+ |
+ Ifriouin. 289. 290. 291. 296. |
+ |
+ Ifsaḥen. 360. |
+ |
+ Ifsfes. 82. |7.
+ |
+ Igadaïn. 278. 402. |
+ |
+ Igdaoun. 290. |
+ |
+ Igdi (Ouad Tizounin). 315. 317. |
+ |
+ Igedad (Ida ou Gemmed). 330. 402. |
+ |
+ (Ida ou Tift). 331. |
+ |
+ Igedman. 358. |
+ |
+ Igelmouz. 276. |
+ |
+ Igemran. 325. |
+ |
+ Iger n Kouris. 337. |
+ |
+ n Znar. 335. 337. |
+ |
+ Igerda. 305. |
+ |
+ Igernan. 276. |
+ |
+ Igertat. 154. |
+ |
+ Igezoulen. v. Gezoula. |
+ |
+ Igidar Aït Ioub. v. Tlâta Menâba. |14.
+ |
+ Igidar et Tlâta. v. Tlâta Menâba. |
+ |
+ Igidat. |12.
+ |
+ Igidi (Ouad Tifnout). 402. |
+ |
+ (kheneg). 161. |9.
+ |
+ n Oumaliz. 328. |
+ |
+ Igisel (Ouad Agoundis). 338. |
+ |
+ (désert). 324. 336. |
+ |
+ Igjgan. 282. |
+ |
+ Igli (Aït Ḥediddou). 347. 348. 349. 353. |
+ |
+ (Glaoua). |7.
+ |
+ (Menâba). 189. 331. 332. 333. 334. 335. 336. 402. |14. 21.
+ |
+ (Mlouïa). 367. 368. 369. 370. 376. 377. |18.
+ |
+ Aït Khelifa. 357. 363. |
+ |
+ Aït Zarar. 276. 403. |
+ |
+ Igmoden. 287. |
+ |
+ Ignan n Ikis. 202. 305. |9.
+ |
+ Ignaouen (fraction des Aït Atta). 221. 292. 293. 294. 295. |
+ 362. 363. |
+ |
+ (qçar du Todṛa). 356. |
+ |
+ (qçar du Tazarin). 364. |
+ |
+ Igni n Imerraden (désert). 306. |
+ |
+ Igni s Neïn. 401. |
+ |
+ Igoudar. 331. 332. |
+ |
+ Igouïaz. 316. 317. 318. |
+ |
+ Igouramen (Imgoun). 275. |
+ |
+ Igourdan. 325. 402. |
+ |
+ Igourzan. 324. |
+ |
+ Igrikan. 272. |
+ |
+ Ihoukern. 329. |
+ |
+ Iḥaḥan. 170. 339. |
+ |
+ Iḥebaren. 263. |
+ |
+ Iḥedzamen. 355. |
+ |
+ Iḥenneïn. 337. |
+ |
+ Iḥouzin. 335. |
+ |
+ Iifar. 275. |
+ |
+ Ijdouin. 304. |
+ |
+ Ijjoukak. 338. |
+ |
+ Ikadousen. 75. 265. 401. |
+ |
+ Ikandoul. 276. |
+ |
+ Ikazzour. 271. |
+ |
+ Ikeddaren. 271. |15.
+ |
+ Ikenafen. 339. |
+ |
+ Ikerouan. 327. |
+ |
+ Ikis (district). 323. |
+ |
+ (qçar sur l’Ouad Ignan n Ikis). 203. 305. |9.
+ |
+ (désert). 302. 304. |
+ |
+ Ikouchoden. 324. |
+ |
+ Ikounka. |12.
+ |
+ Ikhba. 355. |16.
+ |
+ Ikhchouan. 294. |
+ |
+ Ikher Imzioun. 376. 377. |
+ |
+ Ikhf n Iṛir. 377. |
+ |
+ Ikhf n Oṛri. 364. |
+ |
+ Ikhfri. 330. |
+ |
+ Ikhoullan. 179. 180. 340. |11. 12.
+ |
+ Ikhzama. 170. 279. 280. 283. 326. 336. 402. |
+ |
+ Ikhzamen. 170. |
+ |
+ Ilala. 170. |
+ |
+ Ilalen. 22. 91. 120. 170. 174. 177. 178. 180. 181. 182. 185.|11. 12.
+ 186. 188. 190. 199. 313. 340. 341. |21.
+ |
+ Ilemsan (fraction des Aït Atta). 292. 294. 363. |
+ |
+ (qçar du Saṛro). 361. 362. |
+ |
+ (qçar du Fezouata). 292. |
+ |
+ Ilemsen (Ouad Mançour). 325. |
+ |
+ Iliṛ (Ouad S. Moḥammed ou Iạqob). 22. 91. 194. 198. 199. |10. 21.
+ 200. 308. 309. 319. 443. |
+ |
+ (Oulad Iaḥia). 303. |
+ |
+ (Tazeroualt). 100. 342. 343. 402. |
+ |
+ Iliz. |11.
+ |
+ Ilouaḥen. 271. |
+ |
+ Ilougan. 355. |16.
+ |
+ Iloukous. 325. |
+ |
+ Ilṛman. 278. 402. |
+ |
+ Imadiden. 306. 307. 328. 329. 337. |
+ |
+ Imaouen. 172. 312. 313. |10. 11.
+ |21.
+ |
+ Imaounin. 81. 85. 92. 107. 278. 402. |
+ |
+ Imaraten. 303. |
+ |
+ Imaṛiren (Genṭafa). 337. |
+ |
+ (Ḥaḥa). 187. |13.
+ |
+ Imasin (Imeṛrân). 269. 273. 274. 276. |
+ |
+ Imazan (Tiallalin). 350. |17.
+ |
+ Imazzen (ruines dans la Feïja). 202. |9.
+ |
+ Imchisen. 150. |
+ |
+ Imdras. 268. |
+ |
+ Imdṛeṛ Fouqani. 281. 336. |
+ |
+ Taḥtani. 281. 336. |
+ |
+ Imejjat. 331. |
+ |
+ Imelil. 321. 322. |
+ |
+ Imelouan (Aït Ḥediddou). 348. |
+ |
+ (Semgat). 359. |
+ |
+ Imentagen. v. Mentaga. |
+ |
+ Imeṛrân (tribu). 58. 92. 211. 213. 269. 272. 274. 276. 403. |8. 15.
+ |21.
+ |
+ (district de l’O. Dâdes). 211. 268. 269. 272. 273. |21.
+ 274. 276. 289. 403. |
+ |
+ Imeṛraoun. 337. |
+ |
+ Imgdal. 337. |
+ |
+ Imgoun (Ouad Imgoun). 275. 403. |
+ |
+ (Seketâna). 329. |
+ |
+ Imhaouchen. 262. |
+ |
+ Imi n Amoumen. 321. 322. 323. |
+ |
+ el Ạïn (Indaouzal). 334. |
+ |
+ el Ạïn (Ounzin). 306. 307. |
+ |
+ n Dra. |8.
+ |
+ n Msount. 323. |
+ |
+ n ou Aqqa. 310. 338. |
+ |
+ Asif. 335. |
+ |
+ Ougadir (qçar). 316. |
+ |
+ Ougadir (kheneg). 316. |
+ |
+ n Ougni (Imskal). 329. 402. |
+ |
+ (Ouad Zagmouzen). 327. |
+ |
+ Ougni (Ternata). 290. |
+ |
+ n Tels. 198. 199. |
+ |
+ n Tlit. 302. 303. |
+ |
+ n Zgi. 278. |
+ |
+ Imidel. 337. |
+ |
+ Imiḍeṛ. 327. |
+ |
+ Imilan. 330. |
+ |
+ Imini. 95. 278. 279. 280. 402. |8.
+ |
+ Imirgel. 327. 328. |
+ |
+ Imirleïn. 281. |
+ |
+ Imirṛen. 96. 277. 278. |
+ |
+ Imiṭeq. 172. 173. 313. |10. 11.
+ |21.
+ |
+ Imiṭeṛ (Ouad Imiṭeṛ). 218. 219. 220. 221. 265. 357. 358. |15. 21.
+ 359. 361. 362. 363. |
+ |
+ (Semgat). 359. |
+ |
+ Imjdoudar (fraction). 289. |
+ |
+ (qçar). 288. |8. 15.
+ |
+ Imjijouin. 327. |
+ |
+ Imougar (fraction des Aït Isfoul). 358. |
+ |
+ (qçar). 358. |
+ |
+ Imoula (Ouad Mançour). 325. |
+ |
+ (Ounzin). 306. 309. |
+ |
+ Imoulaten. 153. 154. |
+ |
+ Imousas. 355. |16.
+ |
+ Imraḍen. |8. 15.
+ |
+ Imri. 350. |17.
+ |
+ Imṛeld. 281. |
+ |
+ Imṛid. 329. |
+ |
+ Imseggin. 189. 190. 191. 193. 194. |12. 21.
+ |
+ Imskal (fraction des Seketâna). 306. 328. 329. 337. |
+ |
+ (Aït Tameldou). 325. |
+ |
+ Imsouffa. 292. 363. |
+ |
+ Imtaoun. 306. 307. 320. |
+ |
+ Imtfian. 311. 320. |
+ |
+ Imtras. 347. |
+ |
+ Imzdouder (pour Imjdoudar). 289. |
+ |
+ Imzid Iberqaqen. |11.
+ |
+ Imzil. 328. |
+ |
+ Imzouṛ (Dâdes). 216. 270. 271. |15. 21.
+ |
+ Imzouṛen. 92. 94. 106. 277. 278. 279. 402. |8.
+ |
+ In Timmelt. 340. |
+ |
+ Incheï. 286. |
+ |
+ Indaouzal. 194. 196. 319. 330. 331. 333. 334. 402. |14. 21.
+ |
+ Indiout. 283. |
+ |
+ Ingbi. 351. |
+ |
+ Inisi (Ounzin). 306. 307. |
+ |
+ Inkto. 265. |
+ |
+ Inmarakht. 323. 402. |
+ |
+ Inmezzen. 324. |
+ |
+ Insrad. 294. |
+ |
+ Intliten. 287. |
+ |
+ Ioulioul. 306. |
+ |
+ Iounilen. 95. 170. 277. |7.
+ |
+ Iounzioun. 306. |
+ |
+ Iouriken. 208. 284. 285. 288. 293. |
+ |
+ Iourtegin. 269. 270. |15.
+ |
+ Iouzioun. 321. 322. 324. 326. 327. 402. |
+ |
+ Iqoubban. 291. |
+ |
+ Irazin. 335. |
+ |
+ Irbiben. 363. |
+ |
+ Ireṛrer. 360. |
+ |
+ Irezd. 348. |
+ |
+ Irf n Iṛir. v. Ikhf n Iṛir. |
+ |
+ Irf n Isli. 284. |
+ |
+ Irf Ouzelag. 142. |
+ |
+ Iriṛer. 287. 288. |8. 15.
+ |
+ Irk. 330. |
+ |
+ Irounan. 277. |
+ |
+ Irsig. 288. 289. 290. |
+ |
+ Irzi. 327. |
+ |
+ Iṛal n Ṛbar. 338. |
+ |
+ Iṛanim. 306. |
+ |
+ Iṛanimin. 330. |
+ |
+ Iṛara. 364. |
+ |
+ Iṛels. 103. 104. 106. 108. 280. 283. 300. 403. |8. 21.
+ |
+ Iṛer (Ilalen). 340. |
+ |
+ Iṛerdaïn. 291. |
+ |
+ Iṛerm Amellal. 274. |
+ |
+ n Cherif. 359. |
+ |
+ n Igran. 270. |15.
+ |
+ n Imzil. 270. |
+ |
+ Melloul. 270. |
+ |
+ n Tizi. 274. |
+ |
+ Iṛerman Azdaṛ. 362. 364. |
+ |
+ Iṛil (Imini). 278. 402. |
+ |
+ (Ouad Aginan). 305. |
+ |
+ (Ouad Aït Tameldou). 324. |
+ |
+ el Abian. 278. |
+ |
+ Mechtiggil. 327. 337. |
+ |
+ n Oïṭṭôb. 100. 211. |8. 15.
+ |
+ n Oro. 326. 327. 328. 332. 333. 337. 402. |
+ |
+ n Ouaman. 329. |
+ |
+ n Tefraout. 329. |
+ |
+ Iṛir (Glaoua). |7.
+ |
+ (Imiṭeṛ). 358. |15.
+ |
+ (Tamanaṛt). 316. 317. 318. |
+ |
+ n Azeggar. 287. 288. |8. 15.
+ |
+ el Ḥadj. 284. |
+ |
+ Igidi. 310. |
+ |
+ Menougar. |8. 15.
+ |
+ Iṛrem Aqdim. 273. |
+ |
+ n Ououl. 279. |
+ |
+ Iṛri (Imskal). 306. 328. 329. 336. |
+ |
+ Iṛris. 277. 402. |
+ |
+ Isaffen (tribu). 22. 91. 92. 170. 172. 174. 175. 176. 177. |11. 21.
+ 180. 182. 309. 312. 313. 314. 310. |
+ |
+ (Tiallalin). 350. |17.
+ |
+ Isbabaten. 153. 311. 320. |
+ |
+ Isbouïa. 345. |
+ |
+ Isektân. 170. |
+ |
+ Iseldeï. 283. |8.
+ |
+ Iselouan. 386. 390. |
+ |
+ Isemdaï. |7.
+ |
+ Isendalen. 340. |
+ |
+ Iserdan. 350. |17.
+ |
+ Isḥerin. 323. 324. |
+ |
+ Isḥiḥen. 268. 269. 272. |15. 21.
+ |
+ Isidan. 285. |
+ |
+ Isil. 282. |9.
+ |
+ Ismarin. 355. |
+ |
+ Issin Imaṛiren. 276. |
+ |
+ Itelouan. 277. |8.
+ |
+ Itkhisen (Zenâga). 282. |
+ |
+ Izabouben. 350. |17.
+ |
+ Izakenniouen. 292. |
+ |
+ Izebban. 348. |
+ |
+ Izelf Aït Melṛad. 357. |
+ |
+ Izerouan. 260. |
+ |
+ Izerraḥen. 350. |17.
+ |
+ Izeṛran (Mlouïa). 366. 368. |
+ |
+ (Tatta). 145. |10.
+ |
+ Izezgir. 284. |
+ |
+ Izgern. 324. |
+ |
+ Izgrouzen. 323. |
+ |
+ Izilal. v. Ṭriq Izilal. |
+ |
+ Izknasen. 270. 363. |15.
+ |
+ Izligen (fraction des Aït Atta). 292. 293. 363. |
+ |
+ (qçar). 292. 293. 294. |
+ |
+ Izloufa. 353. |
+ |
+ Iznâgen. 170. |
+ |
+ Izoukennan. 323. |
+ |
+ Izouralen Aït Ḥammou. 275. 403. |
+ |
+ Izouṛar (plaine). 267. |
+ |
+ (col). 260. 267. |
+ |
+ (qçar). 348. |
+ |
+ |
+ J |
+ |
+ Jabel. 229. 350. |17.
+ |
+ Jakana. v. Tajakant. |
+ |
+ Jell. 368. 372. 379. 385. 386. 387. |
+ |
+ |
+ K |
+ |
+ El Kaf. 384. |
+ |
+ Kandoula. 276. |
+ |
+ El Kaouka. 264. |
+ |
+ El Kạba (Oulad Iaḥia). 303. |
+ |
+ (Ternata). 291. 296. |
+ |
+ El Kebbaba (Aqqa). 120. 150. 151. 152. 313. |10.
+ |
+ (Mezgîṭa). 287. |
+ |
+ Kebdana (tribu). 368. 372. 391. |
+ |
+ (monts). 368. 372. 386. |
+ |
+ Kechchacha. 371. 378. 379. 385. |
+ |
+ Keddoucha. 364. |
+ |
+ El Kefifat. 191. |
+ |
+ Kenadsa. 371. 373. 383. |
+ |
+ Kerarma. 250. 252. 380. 381. 385. 389. |20.
+ |
+ Kerazba Ṭleuḥ. 303. |
+ |
+ Kerkda. 282. |9.
+ |
+ Kerrando. 229. 230. 349. 368. 370. 371. 373. 374. 377. 378. |17.
+ |
+ Ketâma. 35. |
+ |
+ Kik. 337. 338. |
+ |
+ Kiriout. 305. |
+ |
+ Kisan. 209. 212. 296. |8. 15.
+ |
+ Koudia Bou Mousi. 120. 160. 161. |
+ |
+ Bou Tizen. 305. |9.
+ |
+ Khoḍra. 257. |20.
+ |
+ El Mezarreb. 308. |
+ |
+ Mrimima. 160. |
+ |
+ Oulad Iaḥia. 209. |8. 15.
+ |
+ Kouilal. 334. |
+ |
+ Koulat. 330. |
+ |
+ Kourṭ. 15. |2. 21.
+ |
+ Krazza. 262. |
+ |
+ Krifat. 262. |
+ |
+ El Kseạt. 377. 378. |
+ |
+ Ksima. 182. 184. 188. 189. 191. 193. 194. 345. |12. 21.
+ |
+ KH |
+ |
+ Khanifra. 47. 263. |
+ |
+ El Kharbt. 282. |9.
+ |
+ Khela Adnan. 199. 200. |10.
+ |
+ Afella Ifri. 277. |
+ |
+ Aït Ouasạou. 332. |
+ |
+ Amara. |8.
+ |
+ Angad. 253. 254. 256. 257. 368. 372. 379. 381. 385. |20. 21.
+ 388. 389. 390. |
+ |
+ Aounkou. 278. |
+ |
+ Asdṛem. 283. |
+ |
+ Assaka. 279. |
+ |
+ Assaka Ourami. 278. |
+ |
+ Azger Amṛar. |8.
+ |
+ Ạïn n Zeggert. 284. |
+ |
+ Bachkoum. 283. 284. |
+ |
+ Bou Igouldan. 279. |
+ |
+ Bou Izri. 279. |
+ |
+ Bou Selman. 294. 295. |
+ |
+ Bou Zeroual. 296. |
+ |
+ Dou Ouzrou Zouggaṛ. 333. 334. |
+ |
+ Ifenouan (bassin de l’Ouad Aït Tigdi Ouchchen). 302. |
+ 304. |
+ |
+ Ifenouan (bassin de l’Ouad Sous). 324. 325. 327. |
+ |
+ Iger n Znar. 335. 337. |
+ |
+ Igidi n Oumaliz. 328. |
+ |
+ Igisel. 324. 336. |
+ |
+ Igni n Imerraden. 306. |
+ |
+ Igrikan. 272. |
+ |
+ Ikis. 302. 304. |
+ |
+ Imaouen. 172. 312. 313. |10. 11.
+ |21.
+ |
+ Imi n Tels. 199. |
+ |
+ Irf n Isli. 284. |
+ |
+ Iṛir el Ḥadj. 284. |
+ |
+ Iseldeï. 283. |8.
+ |
+ Isidan. 285. |
+ |
+ Izezgir. 284. |
+ |
+ Jell. 368. 372. 379. 385. 386. 387. |
+ |
+ el Kheneg. 292. 294. |
+ |
+ Manouïl. |8.
+ |
+ Mlouïa. 366. |
+ |
+ Ouaourmest. 284. |
+ |
+ Ouichdan. 337. 338. |
+ |
+ Ouirṛân. |8.
+ |
+ Ṛaret. 368. 372. 386. 387. 390. |
+ |
+ Ta n Amelloul. 281. 282. 336. |
+ |
+ Tafrâta. 101. 250. 251. 368. 372. 375. 388. |19. 20.
+ |21.
+ |
+ Tala. 284. |
+ |
+ Talaṛt Imadid. 306. 328. |
+ |
+ Tamṛart. 279. |
+ |
+ Tamzernit. 323. 324. |
+ |
+ Taqqat Nezala. 354. |
+ |
+ Taria. 284. |
+ |
+ Tarouni. 300. |
+ |
+ Tasminert. 296. |
+ |
+ Tasṛirt. 281. 282. 305. 306. 328. 336. 337. |9.
+ |
+ Tazga Asdṛem. 283. |
+ |
+ Taznout. 306. |
+ |
+ Teddref. 326. 336. |
+ |
+ Tiddes. 325. |
+ |
+ Tifergin. 327. |
+ |
+ Tifernin. 284. |
+ |
+ Tilqit. 211. |
+ |
+ Tilziṛ. 284. |
+ |
+ Timasinin. 276. |
+ |
+ Timezgiḍa n Izrar. 332. |
+ |
+ Timikirt. 280. 281. |
+ |
+ Timoures. 325. |
+ |
+ Tougdin. 306. |
+ |
+ Khelil. 360. |
+ |
+ Khemîs Adis. 145. |
+ |
+ Aït Ạli. 341. |
+ |
+ Ạmer. 106. |
+ |
+ Iaḥia ou Ọtman. 360. |
+ |
+ Khelift. 265. |
+ |
+ ou Alil. 350. |
+ |
+ Aqdim. 348. |
+ |
+ Asrir. 357. |
+ |
+ Beni Ḥaïoun. 295. |
+ |
+ Beni Sbiḥ. 295. |
+ |
+ Beni Zouli. 292. |
+ |
+ Debdou. 375. |
+ |
+ Enzel. 81. |
+ |
+ Gersif. 385. |
+ |
+ Iṛil n Oro. 328. |
+ |
+ Isaffen. 314. |
+ |
+ Oulad Daḥou. 191. |
+ |
+ Qaçba Qedîma. 352. |
+ |
+ Rebaṭ. 290. |
+ |
+ Sidi Bou Ạbd Allah. 352. |
+ |
+ Sidi Bou Iaḥia. 217. 270. 271. 275. |15.
+ |
+ Sidi Moḥammed ou Iạqob. 335. |
+ |
+ Sidi Ọtman. 280. |
+ |
+ Sidi ou Ạziz. 335. |
+ |
+ Tamnougalt. 288. |
+ |
+ Tazenakht. 108. 109. 110. 280. |
+ |
+ Tidsi. 340. |
+ |
+ Tinṛir. 356. |
+ |
+ Zaouïa Sidi Bou Qil. 349. |
+ |
+ El Kheneg (Ouad Aṛlal). 300. |
+ |
+ (Ouad Dra). 286. 292. 294. |
+ |
+ (Ouad Ziz). 229. 347. 350. 351. |17. 21.
+ |
+ Kheneg Adis. 143. 145. 147. 158. 310. 311. |10.
+ |
+ Aqqa Izen. 307. |10.
+ |
+ Azerftin. 151. 310. |10.
+ |
+ el Ạbbarat. 231. 232. |17.
+ |
+ Bent en Nạs. 144. 308. |10.
+ |
+ el Gerzim. 308. |
+ |
+ Gro. 373. |
+ |
+ Icht. 315. 318. |
+ |
+ Imi n ou Aqqa. 310. 338. |
+ |
+ Imi n ou Asif. 335. |
+ |
+ Imi Ougadir. 316. |
+ |
+ Jabel. 229. 350. |
+ |
+ Meṛder Djeld. |9.
+ |
+ Tarea. 268. 285. 286. 287. 295. |8.
+ |
+ Tarq. 353. |
+ |
+ Tesatift. 305. 306. 307. 310. |9.
+ |
+ eṭ Ṭeurfa. 140. 141. 147. 154. 307. 308. |10. 21.
+ |
+ Zrorha. 146. 308. |10.
+ |
+ Kheouïa (collines). 299. 311. |10.
+ |
+ El Kheouïa (Ouad Zgiḍ). 301. 303. |
+ |
+ El Kheroua. 308. |
+ |
+ Kherraza (Ṛeris). 360. |
+ |
+ El Kherraza (Ternata). 291. |
+ |
+ Kherzouza. 349. |
+ |
+ Khesasra. 263. |
+ |
+ El Khleṭ (Ida ou Blal). 154. |
+ |
+ El Khloṭ (Chaouïa). 263. |
+ |
+ El Khorb (Beni Oukil). 368. 369. 386. |
+ |
+ El Khorbat (Ferkla). 356. 357. 361. |
+ |
+ Khrouf. 299. 308. |
+ |
+ Khsa (fraction des Oulad Iaḥia). 297. 298. 303. |
+ |
+ (qçar). 297. 303. |
+ |
+ |
+ L |
+ |
+ Lalla Maṛnia. 10. 97. 202. 250. 257. 258. 369. 376. 379. |21.
+ 380. 381. 386. 388. 390. 391. |
+ |
+ Lebbou. |17.
+ |
+ Lebdia. 299. |
+ |
+ Lemdint. 305. |
+ |
+ Lemta. 24. |3.
+ |
+ Louleïza. 330. 331. 402. |
+ |
+ |
+ M |
+ |
+ Madida. 307. |
+ |
+ Maggaman. 360. |
+ |
+ Mançour. 325. |
+ |
+ Mançouria. 285. 286. 291. 292. 403. |
+ |
+ Manouïl (désert). |8.
+ |
+ Maroc (ville). 1. |
+ |
+ Masa (Beni Khîran). 66. |
+ |
+ Massa. 342. 345. |
+ |
+ Mast. 342. 345. |
+ |
+ Mazagan. 21. 188. |
+ |
+ Mạder Aqqa. 146. 152. 298. 299. 300. 312. |
+ |
+ Icht. 146. 298. 300. 315. 316. |
+ |
+ Ida ou Blal. 146. 150. 152. 298. 299. 300. 308. |10.
+ |
+ Imi Ougadir. 146. 298. 300. 316. |
+ |
+ Soulṭân. 146. 147. 411. 415. 434. 450. |10.
+ |
+ Tafrâta Taḥtani. |19. 20.
+ |
+ Tatta. 146. 152. 298. 299. 309. 312. |
+ |
+ Tizgi. 146. 298. 300. 314. 316. |
+ |
+ Mạdna. 261. |
+ |
+ El Mạïach. 271. |15.
+ |
+ El Mạïder. 153. |
+ |
+ Mdahi. 154. |
+ |
+ Mechra el Bacha. |2.
+ |
+ Mechra Ḥadjra ech Cherifa. 17. |2. 21.
+ |
+ Medafra. 368. 385. |
+ |
+ Medaṛra (Chaouïa). 264. |
+ |
+ Medelles. 146. 147. 149. 302. 308. |10.
+ |
+ El Medina (Imini). 278. |
+ |
+ Mediouna (Chaouïa). 264. |
+ |
+ (Metṛara). 352. |
+ |
+ El Megarba. 292. |
+ |
+ Megdoul. 367. 368. 374. 376. 377. 379. 382. |
+ |
+ Mehdia. 291. 292. |
+ |
+ El Mehenni. 351. |
+ |
+ El Meḥagen. 308. |
+ |
+ Meknâs. 1. 19. 22. 24. 25. 37. 39. 40. 42. 43. 46. 56. 67. |3. 21.
+ 73. 75. 252. 256. 395. 401. 424. 425. |
+ |
+ Mekrez. 131. 142. 154. 155. |
+ |
+ Mekrez el Ḥadjer. 154. |
+ |
+ El Mektoufa. 369. |
+ |
+ Mekhtara Aït Abbou. 227. |16. 21.
+ |
+ Melal. 291. 292. 303. |
+ |
+ Melilla. 250. 390. 391. |
+ |
+ El Mellaḥ (Aït Zaïneb). 94. 278. 402. |8.
+ |
+ El Mellaḥ (Ouṭat Oulad el Ḥadj). 242. 371. 374. 378. 379. |18. 19.
+ 403. 448. |
+ |
+ Mellaḥ el Ihoud (Ouṭat Oulad el Ḥadj). v. El Mellaḥ. |
+ |
+ Qçar es Souq. 351. |
+ |
+ Tiallalin. v. Qcîra el Ihoud. Mellaḥa. 364. |
+ |
+ Mellạb Aït Iạzza. 357. |
+ |
+ Menâba. 22. 99. 100. 189. 193. 194. 329. 330. 331. 332. 333.|14. 21.
+ 334. 335. 336. 402. |
+ |
+ Menizela. 191. |
+ |
+ Mentaga. 334. 335. |
+ |
+ El Meqaṭra. 291. 292. 296. |
+ |
+ Mergeshoum. 101. 249. 251. 252. 253. 372. 379. 381. 388. |20. 21.
+ |
+ Meris el Bioḍ. 66. |
+ |
+ El Merjạ. 300. 304. |
+ |
+ Mermoucha. 383. |
+ |
+ Merrâkech. 1. 21. 22. 24. 54. 56. 63. 65. 66. 70. 78. 79. |7. 21.
+ 82. 96. 98. 107. 114. 125. 126. 134. 145. 153. 155. 156. |
+ 188. 256. 265. 323. 335. 337. 338. 342. 344. 373. 401. |
+ |
+ Meṛder Djeld. 160. |9.
+ |
+ El Mesalla. 375. |19.
+ |
+ Mesfioua. 96. 401. |
+ |
+ Mesgoug. 273. 274. |
+ |
+ Meskis. 154. |
+ |
+ Meskoua. 151. |10.
+ |
+ Messaout. |6. 7.
+ |
+ Messoun. 379. 385. 386. 387. 390. 391. |
+ |
+ Metalsa. 386. |
+ |
+ Metṛara. 227. 232. 293. 343. 347. 352. |17. 21.
+ |
+ Mezaouir. 388. |
+ |
+ Mezarcha. 368. 385. |
+ |
+ El Mezarreb. 308. |
+ |
+ Mezdaggen. 340. |
+ |
+ Mezedjel. 8. 9. |1.
+ |
+ Mezgemmat. 321. 402. |
+ |
+ Mezgiḍa (Beni Zemmour). 66. |
+ |
+ Mezgîṭa. 22. 81. 91. 107. 110. 158. 159. 201. 206. 208. 209.|8. 15.
+ 210. 211. 212. 216. 284. 285. 286. 287. 288. 292. 361. 400. |21.
+ 403. |
+ |
+ Mezizelt. 348. 349. |
+ |
+ Mfasis. 261. |
+ |
+ Mhaïa (tribu de la plaine d’Angad). 253. 380. 388. 390. |20. 21.
+ |
+ (environs de Fâs). 24. |3.
+ |
+ El Mḥamid (Dra). 295. |
+ |
+ (Zgiḍ). 301. 302. 403. |
+ |
+ Mḥamid el Ṛozlân. 159. 210. 211. 268. 285. 286. 293. 295. |
+ 297. 298. 299. 304. 399. 403. |
+ |
+ El Mḥara (Oulad Iaḥia). 332. |
+ |
+ Mḥarir. 262. |
+ |
+ El Mḥaroug. 301. |
+ |
+ El Mḥarza. 295. |
+ |
+ Mḥaser. |7.
+ |
+ El Mḥazel. 297. |
+ |
+ Mḥeïjiba. 160. 161. 164. 166. 208. 300. |9.
+ |
+ Mḥinch (Zgiḍ). 301. 302. |
+ |
+ Mial. 324. |
+ |
+ Miggar el Ḥedid. 328. |
+ |
+ Miknâsa (tribu). 25. 33. 387. |
+ |
+ (qaçba). 32. 391. 401. |
+ |
+ Miltsin. 99. |
+ |
+ El Mirna. 275. |
+ |
+ Misour. 22. 35. 99. 231. 238. 239. 240. 241. 242. 243. 244. |18. 21.
+ 365. 366. 367. 368. 369. 370. 372. 374. 377. 378. 379. 380. |
+ 383. 384. 403. 447. |
+ |
+ El Mkhater (entre le Ferkla et le Ṛeris). 226. 361. |16.
+ |
+ El Mkhatir (Menâba). 334. |
+ |
+ Mlouïa (désert). 366. |
+ |
+ (plaine). 239. 240. 372. |
+ |
+ Mnia. 263. |
+ |
+ Mogador. 1. 21. 22. 79. 98. 99. 122. 126. 152. 153. 156. |13. 21.
+ 166. 169. 170. 177. 180. 181. 182. 184. 185. 186. 187. 188. |
+ 199. 200. 293. 314. 342. 412. 413. 439. 440. 441. 442. 443. |
+ 450. |
+ |
+ Mogger. 364. 365. |
+ |
+ Mouali el Ouad. 262. |
+ |
+ Mouâzen Sidi Bel Khîr. 390. 391. |
+ |
+ Moui. 359. 360. |
+ |
+ Moulei Ạbd Allah. 352. |
+ |
+ Ạbd el Ouaḥad (douar). 425. |5.
+ |
+ Ạbd el Qader. 331. |
+ |
+ Ạbd er Raḥman. 33. 35. |4. 21.
+ |
+ Ạbd es Selam. |4. 21.
+ |
+ Ạli. 330. |
+ |
+ Bakkan. |1.
+ |
+ Bou Ạzza Ạmer Trab. 65. |
+ |
+ Bou Fers. 296. |
+ |
+ Bou Iạzza. 47. 66. 266. |
+ |
+ Brahim. 358. |
+ |
+ Edris. 24. 25. 389. |
+ |
+ El Feḍil (ạdjib). 46. 47. |5.
+ |
+ Iạqob (ravin). 296. |
+ |
+ Iạqob ben Selîman. 367. |18.
+ |
+ Iousef d Aït Ba El Ḥasen. 273. |
+ |
+ Ismạïl (qaçba). 250. 251. 252. 379. 380. 381. 390. |20. 21.
+ 449. |
+ |
+ Ez Zaqi (douar). 425. |3.
+ |
+ Moumalou. 321. |
+ |
+ Mouskellal. 351. |
+ |
+ El Mqadra. 291. |
+ |
+ Mrabṭen. 262. |
+ |
+ Mrabṭin Aït Sidi Mouloud. 287. |
+ |
+ Ḥamirin. 298. |
+ |
+ Sidi Ech Chergi. 287. |
+ |
+ Mrimima. 128. 153. 154. 159. 160. 161. 163. 164. 165. 166. |9. 21.
+ 167. 168. 169. 189. 201. 297. 300. 301. 302. 303. 304. 306. |
+ 315. 316. 317. 318. 339. 342. 343. 399. 436. 437. |
+ |
+ Msamsa. 263. |
+ |
+ Mzab. 263. 264. |
+ |
+ Mzi. 322. 323. 324. |
+ |
+ |
+ N |
+ |
+ Negert. 34. |
+ |
+ Nekeb Fouqani. 281. |
+ |
+ Taḥtani. 281. |
+ |
+ Nesasda. 298. 303. |
+ |
+ Nesoula. 303. |
+ |
+ Nezala. 232. 354. 368. 369. 373. 377. 447. |17. 21.
+ |
+ Nkheïla. 301. |
+ |
+ Nouaser. 261. |
+ |
+ |
+ O |
+ |
+ Ofra. 309. |
+ |
+ Ofran. 316. |
+ |
+ Ou Allal. 348. |
+ |
+ Rijimt. 99. 277. |21.
+ |
+ Ouad Achakski. 324. 326. |
+ |
+ Adis. 143. 145. 150. 158. 310. 311. |10.
+ |
+ Adrar n Iri. 83. 266. |7.
+ |
+ Adres. 304. |
+ |
+ Agennoun. |5.
+ |
+ Aginan. 117. 156. 202. 304. 305. 306. |9.
+ |
+ Agmour. 304. |
+ |
+ Agni. 115. 116. 304. |9.
+ |
+ Agni Ouremd. 296. |
+ |
+ Agoundis. 337. 338. |
+ |
+ Agraz. |1.
+ |
+ Aït Ạïach. 363. 377. 382. |
+ |
+ Ạïssa. 373. |
+ |
+ Ạïssa ou Daoud. 296. |8. 15.
+ |
+ Ạmer. 186. 189. |
+ |
+ Bou Zoul. 187. |
+ |
+ Ḥamed. 274. |
+ |
+ el Ḥazen. 196. 338. |10. 14.
+ |21.
+ |
+ Iaḥia. 353. |
+ |
+ Mançour. 156. |10.
+ |
+ Meraou. 275. |
+ |
+ Mesri. 324. |
+ |
+ Messaṭ. 72. 260. 264. 267. |6. 21.
+ |
+ Mezal. 182. 340. 341. |11. 12.
+ |21.
+ |
+ Ọtman. 327. |
+ |
+ Ouaham. 260. |
+ |
+ Oubial. 327. |
+ |
+ Ouzanif. 281. |
+ |
+ Semgan. 283. 284. |8.
+ |
+ Semmeg (afft de l’Od. Zagmouzen). 307. 328. 337. |
+ 338. |
+ |
+ Tameldou. 321. 324. 325. 326. |
+ |
+ Tedrart. 326. 336. |
+ |
+ Tigdi Ouchchen. 103. 105. 112. 206. 281. 283. |8. 21.
+ |
+ Tougda. 325. 326. |
+ |
+ Akhḍeur. 77. 260. |7.
+ |
+ Alemta (inférieur). 296. |
+ |
+ (supérieur). 296. |
+ |
+ Alougoum. 301. |
+ |
+ Amaliz. 328. 329. |
+ |
+ Amasin. 279. 336. |
+ |
+ el Amdad. 196. 335. 337. |14. 21.
+ |
+ Amelloul. 27. 37. |4.
+ |
+ el Amgaz. 50. |
+ |
+ Amoumen. 322. 323. 326. |
+ |
+ Amsensa. 266. |
+ |
+ Amzarou. 324. 325. 326. |
+ |
+ Anbed Tesatift. 305. |9.
+ |
+ Aoullous. 324. 326. |
+ |
+ Aqqa. 151. 152. 172. 173. 174. 175. 188. 300. 312. 313.|10. 11.
+ 314. 316. |21.
+ |
+ Aqqa Igiren. 141. 142. 307. 308. |10.
+ |
+ Iṛen. 300. 305. 306. |9.
+ |
+ Izen. 141. 307. |10.
+ |
+ el Medfạ. 211. 274. |
+ |
+ n Ourellaï. 211. 215. |15.
+ |
+ el Arbạ. 386. 387. |
+ |
+ Arezaz. 6. 9. |1.
+ |
+ Aṛlal. 300. 301. |
+ |
+ Asdṛem. 283. |
+ |
+ Asengar. 304. |
+ |
+ Asgig. 146. 147. 308. |10.
+ |
+ Asmerdan. 310. |
+ |
+ Azerftin. 151. 310. |10.
+ |
+ Azgemerzi. 108. 112. 281. 282. 283. 304. |8. 9.
+ |
+ Azrar. 197. |10. 14.
+ |21.
+ |
+ Ạbd Allah. 296. |
+ |
+ Ạbdi. 296. |
+ |
+ el Ạbid. 54. 65. 68. 69. 70. 72. 73. 74. 75. 76. 100. |6. 21.
+ 102. 259. 260. 264. 266. 267. 400. 427. |
+ |
+ el Ạḍam. 423. 424. |3.
+ |
+ Ạïcha. 13. |1. 21.
+ |
+ Ạïn es Seka. 308. |
+ |
+ el Ạououdj. 381. |
+ |
+ el Ạrous. 260. 265. 267. |
+ |
+ el Ạsel. 196. |14.
+ |
+ b Ougemmez. 260. 261. 264. 267. 277. |
+ |
+ Bachkoum. 283. |
+ |
+ Beht. 42. 43. 46. |3. 21.
+ |
+ Beni Mellal. 63. |
+ |
+ Mesri. 365. |
+ |
+ Mḥammed. 192. |12. 21.
+ |
+ Ṛiis. 247. 248. 376. 379. |19. 21.
+ |
+ el Benian. |1. 21.
+ |
+ Bent en Nạs. 299. 307. 308. 309. |
+ |
+ El Betḥa el Beïḍa. 296. |
+ |
+ Bou el Aouam. |1.
+ |
+ Çfiḥa. 3. 418. 419. |1. 21.
+ |
+ Chaked. 311. |
+ |
+ el Djerf. 386. 387. |
+ |
+ Fekran. |3.
+ |
+ Felfoul. 277. |
+ |
+ Gerba. 34. |
+ |
+ Herhour. 311. |
+ |
+ Ḥelou. 387. |
+ |
+ Igouldan. 279. |
+ |
+ Lougeïn. 296. |
+ |
+ Rdim. 258. |20.
+ |
+ Regreg. 48. 50. 401. |
+ |
+ Rzab. |19.
+ |
+ Srioul. 193. 335. 336. |14. 21.
+ |
+ Ṭamat. 299. 307. |
+ |
+ Zemlal. 387. |
+ |
+ el Bouir. 308. 309. |
+ |
+ Charef. 380. 381. |
+ |
+ Chechaouen. |1.
+ |
+ Chegg el Arḍ. 243. 244. 246. 367. 371. 377. 378. |18. 21.
+ |
+ ech Cheurfa. |1.
+ |
+ Chlouk. 391. |
+ |
+ Dâdes. 21. 70. 211. 213. 214. 215. 216. 217. 218. 219. |15. 21.
+ 224. 266. 268. 269. 270. 271. 272. 273. 274. 275. 276. 277. |
+ 280. 285. 289. 293. 362. 363. |
+ |
+ Daï. 259. |
+ |
+ Debdou. 249. 250. 251. 375. |19.
+ |
+ Defalia. 313. |10.
+ |
+ Derna. 59. 60. 63. 259. |6. 21.
+ |
+ Dra. 10. 21. 24. 28. 61. 62. 70. 86. 87. 88. 95. 98. |8. 10.
+ 99. 100. 101. 102. 108. 115. 119. 124. 135. 138. 140. 141. |15. 21.
+ 143. 144. 145. 146. 147. 148. 149. 152. 153. 154. 157. 160. |
+ 161. 168. 177. 188. 200. 205. 206. 207. 209. 210. 211. 212. |
+ 213. 214. 215. 216. 224. 227. 228. 230. 260. 268. 277. 280. |
+ 281. 282. 284. 285. 286. 288. 289. 290. 292. 293. 294. 295. |
+ 297. 298. 299. 300. 302. 303. 307. 308. 309. 312. 314. 315. |
+ 316. 317. 318. 319. 328. 336. 343. 344. 346. 362. 402. |
+ |
+ Djebaïr. 310. 311. |
+ |
+ Djedari. 308. |
+ |
+ Djedida. 40. |3. 21.
+ |
+ Fareṛ (affluent du Dra). 296. |
+ |
+ Fareṛ (affluent du Sous). |14.
+ |
+ Fâs. |3.
+ |
+ el Feïja (affluent du Dra). 296. |
+ |
+ (affluent de l’Ouad Zgiḍ). 302. 303. |
+ |
+ Ferkla. 354. |
+ |
+ Fichtâla. 60. |6.
+ |
+ el Fondoq. |1.
+ |
+ Foum el Ạncer. 60. 63. |6.
+ |
+ Meskoua. v. Ouad Meskaou. |
+ |
+ El Genṭafi. 336. 337. |
+ |
+ Gir. 21. 99. 102. 108. 233. 362. 363. 364. 365. 384. |
+ 389. 390. 403. |
+ |
+ El Gloạ. 300. 303. |
+ |
+ Grenzar. 296. |
+ |
+ Grou. 48. 50. 266. |5. 21.
+ |
+ Hamsaïlikh. 299. 300. |
+ |
+ el Ḥaḍar. 387. |
+ |
+ el Ḥamerin. 190. |12.
+ |
+ el Ḥechaïch. 8. 9. |1.
+ |
+ Ḥenina. 299. 307. |
+ |
+ el Ḥericha. 13. |1. 21.
+ |
+ Ibakellioun. 260. 261. |
+ |
+ Iberqaqen. 175. 176. 178. 312. 313. 314. |11. 21.
+ |
+ Icht. 300. 315. 316. 318. |
+ |
+ Id ou Illoun. 326. 336. |
+ |
+ Ida ou Gert. 187. |13. 21.
+ |
+ ou Isaṛen. 187. |13.
+ |
+ ou Tromma. |13. 21.
+ |
+ Idermi. 94. 95. 103. 105. 112. 268. 277. 279. 280. 281.|8. 21.
+ 284. 285. 293. |
+ |
+ Idikel. 322. 323. 326. |
+ |
+ Idili. 296. |
+ |
+ Ifenouan. 282. |
+ |
+ Ifraden. 82. |7.
+ |
+ Igemran. 324. 325. 326. |
+ |
+ Ignan n Ikis. 202. 305. |9.
+ |
+ Ijaṛiren. 187. |
+ |
+ Ijja. 311. |
+ |
+ Ikis (bassin du Dra). 202. 203. 204. |
+ |
+ (bassin du Sous). 322. 323. 326. |
+ |
+ Ikhoullan. 178. 179. 340. 341. |11. 12.
+ |
+ Iliṛ. 198. 199. 308. |
+ |
+ Imaṛiren. 187. |
+ |
+ Imgoun. 271. 274. 275. 276. 277. |15. 21.
+ |
+ Imi n ou Aqqa. 158. 310. 311. |10.
+ |
+ Ougadir. 300. 316. 317. |
+ |
+ n Tels. 198. |10.
+ |
+ Imiḍer. 295. |
+ |
+ Imini. 87. 88. 89. 94. 95. 96. 277. 278. 279. |
+ |
+ Imiṭeq. 173. 313. |10.
+ |
+ Imiṭeṛ. 219. 220. 221. 223. 357. 358. |15. 16.
+ |21.
+ |
+ In Timmelt. 340. 341. |
+ |
+ Inmarakht. 322. 323. 326. |
+ |
+ Innaouen. 25. 26. 27. 29. 30. 31. 33. 36. 37. 97. 386. |4. 21.
+ 387. |
+ |
+ Iounil. 58. 87. 88. 89. 90. 94. 95. 108. 214. 277. 278.|7. 8. 21.
+ 279. 284. 337. |
+ |
+ Iouzioun. 321. |
+ |
+ n Iri. v. Ouad Adrar n Iri. |
+ |
+ Iriṛi. 87. 94. 277. 278. 279. 283. 284. 326. 336. |8. 21.
+ |
+ Iṛels. 105. 283. |8.
+ |
+ Isaffen. 312. 319. |
+ |
+ Iserki. 274. 276. |
+ |
+ Isli. 257. 258. |20. 21.
+ |
+ Isoumaten. |1. 21.
+ |
+ Izgern. 324. |
+ |
+ Izgrouzen. 322. 323. 326. 338. |
+ |
+ Izourzen. 158. 310. 311. |10.
+ |
+ Kebbaba. 120. 151. 152. 313. |10.
+ |
+ el Kerm. |18.
+ |
+ el Kḥel. 33. |
+ |
+ Ksiksou. 48. |5. 21.
+ |
+ el Kharroub (entre Tanger et Fâs). 13. |1. 21.
+ |
+ (entre Meknâs et Oulmess). |3.
+ |
+ Kheneg eṭ Ṭeurfa. 141. 146. 147. 149. 298. 299. 307. |10.
+ 308. |
+ |
+ Zrorha. 147. 308. |10.
+ |
+ Kheouïa. 311. |
+ |
+ Kholkhal. |5.
+ |
+ Landra. |1.
+ |
+ Leben. 387. |
+ |
+ Mançour. 324. 325. 326. |
+ |
+ Medfạ Keddou. 376. 378. |
+ |
+ Mehdouma. 40. |3.
+ |
+ Meḥadjra. 4. 5. 7. |1.
+ |
+ el Melḥ (Asif Marṛen). 87. 96. 277. |7.
+ |
+ (bassin de l’Ouad Dâdes). 276. |7.
+ |
+ (affluent de l’Ouad Rḍât). |7.
+ |
+ Melillo. 372. 376. 379. |
+ |
+ Mentaga. 335. |
+ |
+ Meraḥ. 2. |1. 21.
+ |
+ Mergou. 296. |
+ |
+ Mesegmar. 253. 254. 367. 368. 381. 389. |20.
+ |
+ Meskaou. 151. 299. 312. 316. |10.
+ |
+ Messoun. 58. 376. 379. 385. 386. 387. |
+ |
+ Metlili. 254. |20.
+ |
+ Mezarreb. 308. |
+ |
+ Mgerouel. |1.
+ |
+ Mḥit. 296. |
+ |
+ Mial. 326. |
+ |
+ el Miet (affluent de droite du Dra). 296. |
+ |
+ el Miet (affluent de gauche du Dra). 296. |
+ |
+ el Mkhâzen. 14. |1. 21.
+ |
+ Mlouïa. 10. 21. 33. 58. 97. 99. 100. 101. 102. 147. |17. 18.
+ 223. 234. 235. 336. 338. 339. 240. 242. 243. 244. 246. 247. |19. 21.
+ 251. 252. 258. 254. 259. 349. 363. 366. 367. 368. 369. 370. |
+ 371. 372. 373. 374. 375. 376. 377. 378. 379. 380. 381. 382. |
+ 383. 384. 385. 386. 387. 388. 389. 390. 403. |
+ |
+ Mṛira. |1.
+ |
+ Msount. 323. 324. 326. |
+ |
+ en Nekhla. 6. 7. 11. |1. 21.
+ |
+ Nezala. 231. 232. 234. 354. |17. 21.
+ |
+ Nfiḍ. 296. |
+ |
+ Nfis. 335. 337. 338. |
+ |
+ Noun (district). 35. 70. 91. 101. 123. 138. 156. 317. |
+ 318. 344. 345. 346. 402. |
+ |
+ Nza. 40. |3. 21.
+ |
+ El Ouaạr. 192. |14.
+ |
+ Ouaouizert. 70. 71. |6.
+ |
+ Ouarour. |1. 21.
+ |
+ Ouerṛa. 16. 17. 420. |2. 21.
+ |
+ Ouinjgal. 301. |
+ |
+ Ouizert. 240. 373. 376. 377. 382. |18. 21.
+ |
+ Oulad Ạli. 373. |
+ |
+ Oulad Djouat. |14.
+ |
+ Oulad Ọtman. 248. 379. |
+ |
+ Oulṛass. 340. 341. 342. 344. 345. |
+ |
+ Oumm er Rebiạ. 21. 24. 49. 54. 57. 58. 59. 60. 63. 70. |6. 21.
+ 79. 100. 102. 259. 260. 265. 266. 277. 401. |
+ |
+ Ouneïn. 335. |
+ |
+ Ourjelim. 44. |3. 21.
+ |
+ Ouseddan. |20.
+ |
+ Ousillin. 40. |3.
+ |
+ Ousṛeït. 296. |
+ |
+ Ouṭat Aït Izdeg. 363. 366. 368. 371. 376. 377. 382. |
+ |
+ Ouzanif. 106. |
+ |
+ El Qabia. 300. 301. |
+ |
+ Qaçba el Djouạ. 118. 138. 139. 304. 305. |9.
+ |
+ el Qceb (bassin de la Mlouïa). 254. 376. 381. |20.
+ |
+ el Qcib (affluent du Dra). 299. 307. 308. |
+ |
+ el Qous. 14. 15. |1. 21.
+ |
+ Rḍât (entre Tanger et Fâs). 16. |2. 21.
+ |
+ (entre Demnât et Merrâkech). 58. 80. 82. 86. 94. |7. 21.
+ 96. 266. |
+ |
+ Ṛeris. 225. 227. 354. 357. 358. 359. 360. 361. 363. |16. 21.
+ |
+ Samsa. |1.
+ |
+ Saksad. 323. 326. |
+ |
+ Sebou. 10. 12. 17. 21. 24. 26. 27. 39. 97. 100. 101. |2. 4. 21.
+ 102. 256. 386. 387. 401. 420. 421. |
+ |
+ Semnara. 191. |12. 21.
+ |
+ Sfrou. |4.
+ |
+ Sidi Ben Sasi. 65. |
+ |
+ Bou Iaḥia. v. Achil Sidi Bou Iaḥia. |
+ |
+ Ḥamza. v. Ouad Zaouïa S. Ḥamza. |
+ |
+ Ḥaseïn. 328. 329. 336. |
+ |
+ Moḥammed el Ḥadj. |1.
+ |
+ Moḥammed ou Iạqob. 22. 197. 199. 200. 308. 309. |10. 21.
+ |
+ Nacer. 310. |
+ |
+ Rejjou. |9.
+ |
+ Siroua. 281. |
+ |
+ Souf ech Cherg. 240. 242. 367. 368. 370. 376. 377. |18. 21.
+ |
+ Souir. |1.
+ |
+ Sous. 22. 24. 28. 81. 88. 95. 99. 100. 102. 108. 124. |12. 14.
+ 138. 140. 160. 177. 179. 181. 183. 184. 188. 189. 190. 191. |21.
+ 192. 193. 194. 195. 196. 199. 232. 282. 293. 306. 307. 309. |
+ 316. 317. 318. 319. 321. 322. 326. 327. 328. 329. 330. 332. |
+ 333. 334. 335. 336. 341. 343. 344. 345. 346. 401. |
+ |
+ Ta n Amelloul. 281. 336. |
+ |
+ Tafna. 253. 388. |
+ |
+ Tagmout (affluent de l’Od Rḍât). v. Ouad Adrar n Iri. |
+ |
+ (affluent de l’Od Dâdes). 211. 274. |
+ |
+ Taïfi. |1.
+ |
+ Talkjount. 193. 335. 336. |14. 21.
+ |
+ Tamanaṛt. 316. |
+ |
+ Tamanat. 96. 279. |
+ |
+ Tamdakht. 277. |
+ |
+ Tamellalt. 296. |
+ |
+ Tamtsift. 207. 208. 285. 288. 295. |8.
+ |
+ Tanamrout. 172. 173. |
+ |
+ Tangarfa (affluent du Dra moyen). 213. 296. |8. 15.
+ |
+ (affluent du Dra inférieur). 300. |
+ |
+ (affluent du Sous). 195. |14.
+ |
+ Tansikht. 296. |
+ |
+ Tanziḍa. 116. 117. 118. 304. 305. |9.
+ |
+ Tanziṭ. 211. |
+ |
+ Tara Melloul. 296. |
+ |
+ Targant (affluent de l’Ouad Kheneg eṭ Ṭeurfa). 141. |10.
+ 305. 306. 307. 308. 309. |
+ |
+ Targant (affluent de l’Ouad Qaçba el Djouạ). 139. |
+ |
+ Tarza. 227. |16. 17.
+ |21.
+ |
+ Tasminert. 296. |
+ |
+ Tasoukt. 325. 326. |
+ |
+ Tasṛirt. 281. |
+ |
+ Tatta. 58. 143. 150. 171. 299. 309. 310. 311. 312. 338.|10. 21.
+ 434. |
+ |
+ Tâza. 29. 30. 31. 32. 387. |4.
+ |
+ Tazarin. 364. |
+ |
+ Tazenakht. 103. 105. 106. 108. 109. 112. 206. 281. 282.|8.
+ 283. 304. |
+ |
+ Tazeroualt. 342. |
+ |
+ Tazioukt. 335. 337. |
+ |
+ Tazouli. 307. |
+ |
+ Tazrout Timeloukka. 161. |9.
+ |
+ Teççaout. 65. 76. 100. 259. 260. 264. 265. 266. |
+ |
+ Teççaout Fouqia. 77. 260. 265. 266. 267. |7. 21.
+ |
+ Merrâkech. 260. |
+ |
+ Taḥtia. 79. 260. 266. |7. 21.
+ |
+ Temgissin. 302. 303. |
+ |
+ et Tenîn. |1.
+ |
+ Tensift. 65. 79. 81. 102. 401. |
+ |
+ Tesatift. 141. 307. |9. 10.
+ |
+ Tétouan. 4. 7. |1. 21.
+ |
+ Tichka. 96. 278. |
+ |
+ Tiddarin. 376. 378. |
+ |
+ Tidili. 93. 94. 278. |8. 21.
+ |
+ Tidsi. 187. |13. 21.
+ |
+ Tifnout. 321. 322. 323. 324. 326. 327. 332. 336. 338. |
+ |
+ Timjijt. 106. 112. 205. 282. |8. 9.
+ |
+ Tiouant. 376. 378. |
+ |
+ Tiouiin. 112. 205. 282. |9.
+ |
+ Tira n Imin. 232. |17.
+ |
+ Tiranekht. |1.
+ |
+ Tiṛremt. 311. |
+ |
+ Tisint. 58. 117. 118. 120. 161. 166. 302. 303. 304. |9.
+ 306. 432. |
+ |
+ Titoula. 83. |
+ |
+ Tittal. 324. |
+ |
+ Tizert. 175. 313. 314. |11. 21.
+ |
+ Tizgi. 325. 326. |
+ |
+ Tizgi el Ḥaraṭîn. 300. 314. 315. 316. |
+ |
+ Iṛiren. 314. |
+ |
+ n Mousi. 323. 324. 326. |
+ |
+ Tizi Aït Imi. 260. |
+ |
+ Aqqa. |10.
+ |
+ Tizounin. 315. |
+ |
+ Tlit. 302. 303. |
+ |
+ Todṛa. 219. 220. 221. 222. 223. 224. 225. 228. 267. |16. 21.
+ 353. 354. 355. 356. 357. 358. 361. |
+ |
+ Toufasour. 146. 147. 308. |10.
+ |
+ Toug er Riḥ. 143. 158. 310. 311. |10.
+ |
+ Tourza Aït Sekri. 274. |
+ |
+ Ṭriq Targant. 139. 305. |9.
+ |
+ Za. 250. 251. 252. 253. 367. 374. 376. 379. 380. 381. |20. 21.
+ 385. 388. 390. |
+ |
+ Zagmouzen. 321. 322. 326. 327. 328. 329. 332. 335. 336.|
+ 337. |
+ |
+ Zaouïa Sidi Ḥamza. 347. 353. 354. 403. |
+ |
+ Zerri. 296. |
+ |
+ Zfal (zaouïa). 271. |
+ |
+ Zgiḍ. 161. 166. 298. 299. 300. 301. 302. 303. 306. |9. 21.
+ |
+ Ziad. 193. |14.
+ |
+ Ziz. 10. 21. 24. 28. 62. 82. 88. 99. 100. 101. 102. |17. 21.
+ 121. 153. 158. 188. 209. 211. 218. 221. 222. 223. 226. 227. |
+ 228. 229. 230. 231. 232. 234. 256. 347. 348. 349. 350. 351. |
+ 352. 353. 354. 357. 362. 403. |
+ |
+ Zrorha. v. Ouad Kheneg Zrorha. |
+ |
+ Ouagginekht. 301. |
+ |
+ Ouaouizert (village). 28. 68. 69. 70. 71. 72. 96. 99. 100. |6. 21.
+ 259. 260. 264. 266. 267. 400. 401. 408. 427. 428. |
+ |
+ (col). 68. 100. |6. 21.
+ |
+ Ouaoula. 265. |
+ |
+ Ouaounsemt. 277. |8.
+ |
+ Ouaounzourt. 321. 322. 323. 402. |
+ |
+ Ouaourmest. 284. |
+ |
+ Ouaouzgert. 325. |
+ |
+ Ouarsdik. 275. |
+ |
+ Ouarzazât. 81. 276. 279. 280. 281. 283. 284. 303. 399. 402. |
+ |
+ Ouarzazât proprement dit. 280. |
+ |
+ Ouazen. 271. |
+ |
+ Ouazzân. 2. 53. 163. 166. 293. 343. |
+ |
+ Ouchchan. 363. |
+ |
+ Oudjda. 230. 250. 253. 256. 257. 258. 369. 376. 379. 380. |20. 21.
+ 381. 388. 389. 390. 391. 403. 448. 449. 450. |
+ |
+ Ougdour. 279. 324. 336. |
+ |
+ Ougemmez. v. B Ougemmez. |
+ |
+ Ougins. 283. |
+ |
+ Ouichdan. 99. 337. 338. |
+ |
+ Ouin s Tlit. 213. |8. 15.
+ |
+ Ouinjgal. 301. |
+ |
+ Ouirgan. 337. |
+ |
+ Ouirṛân (désert). |8.
+ |
+ Ouizert. 377. 382. |18. 21.
+ |
+ Ouizil. 337. 338. |
+ |
+ Ouizzân. 342. 345. 402. |
+ |
+ Oujjân. 342. |
+ |
+ Oul Itgir. 351. |
+ |
+ Touroug. 357. 358. 361. 363. |
+ |
+ Oulad Abbad. 370. |
+ |
+ Abbou. 377. |
+ |
+ Admer. 243. 375. 384. 385. |
+ |
+ Assoun. 262. |
+ |
+ Ạbd Allah (Beni Ạmir). 259. 262. |
+ |
+ (Ida ou Blal). 154. |
+ |
+ Ạbd el Kerim. 243. 385. |
+ |
+ Ạbd el Malek. 371. 385. |
+ |
+ Ạḍim. 300. |
+ |
+ El Ạgid. 291. |
+ |
+ Ạïssa (tribu). 15. 17. |2. 21.
+ |
+ (monts). 16. |2.
+ |
+ (Oulad Iaḥia). 303. |
+ |
+ (Smâla). 261. |
+ |
+ Ạli (Beni Ạmir). 262. |
+ |
+ (Ouad Chegg el Arḍ). 374. 378. 379. |
+ |
+ (mont). 99. 100. 235. 239. 240. 241. 246. 383. |21.
+ |
+ ben Ṭelḥa. 388. |
+ |
+ Ạmama. 263. |
+ |
+ Ạmer (tribu). 380. 381. |20.
+ |
+ (monts). 379. 380. 381. 388. 389. |
+ |
+ Ạrif. 262. |
+ |
+ Ạrzin. 369. |
+ |
+ El Ạsri. 263. |
+ |
+ Ạzzouz (Ourdiṛra). 261. |
+ |
+ El Bacha (fraction des Beni Oukil). 368. 369. 386. |
+ |
+ (qçar). 291. |
+ |
+ Bechiḥ. 303. |
+ |
+ El Bekri (fraction des Oulad el Ḥadj). 384. |
+ |
+ El Bekri (localité d’Ouṭat Oulad el Ḥadj). 371. |
+ |
+ Bel Qas. 302. |
+ |
+ Bella. 154. |
+ |
+ Ben el Ḥoul. 247. 248. 379. 448. |19. 21.
+ |
+ Sifer. 332. |14. 21.
+ |
+ Bḥar el Kebar. 261. |
+ |
+ Bḥar es Sṛar. 261. |
+ |
+ Bou Ạïṭa. 346. |
+ |
+ Ạrif. 263. |
+ |
+ Bekr (Beni Mellal). 259. |
+ |
+ (Chaouïa). 263. |
+ |
+ Ḥafra. 370. |
+ |
+ Ḥerira. 294. |
+ |
+ Ḥerrou. 262. |
+ |
+ Iạoud. 262. |
+ |
+ Ious. 292. |
+ |
+ Jejia. 370. 403. |18.
+ |
+ Qaïs. 384. |
+ |
+ Qdir. 301. |
+ |
+ Ṛadi. 66. 261. |
+ |
+ Ṛilas. 378. 379. |
+ |
+ Ṛis. 332. 402. |
+ |
+ Ṭîb. 370. |
+ |
+ Ziân (monts). 36. |4.
+ |
+ Ziri. 263. |
+ |
+ Brahil. 331. 402. |
+ |
+ Brahim (Beni Mousa). 262. |
+ |
+ (Beni Zemmour). 261. |
+ |
+ (Fezouata.) 292. 293. 295. |
+ |
+ (Menâba). 331. 402. |
+ |
+ (Ourdiṛra). 261. |
+ |
+ Chaïb. 263. |
+ |
+ Chaouf. 298. 303. |
+ |
+ Daḥou (Sous). 191. |
+ |
+ Daoud. 384. |
+ |
+ Deḥou (Ouizert). 377. |
+ |
+ (Tikoutamin). 377. |
+ |
+ Deleïm. 157. 346. |
+ |
+ Doudoun. 154. |
+ |
+ Dris (El Mḥamid). 295. |
+ |
+ (vallée du Sous). 193. 333. |14. 21.
+ |
+ Djemạ (tribu). 18. 24. 387. |2. 3. 21.
+ |
+ (Zgiḍ). 301. |
+ |
+ Djerrar (Zgiḍ). 301. 302. 304. |
+ |
+ Djouat. |14.
+ |
+ El Feḍil. 371. 385. |
+ |
+ Fennan. 66. 261. |
+ |
+ Fers. 263. |
+ |
+ Fteta. 66. |
+ |
+ Gaouch. 261. |
+ |
+ el Ḥadj (tribu). 10. 34. 35. 136. 241. 243. 244. 245. |18. 19.
+ 247. 248. 367. 368. 371. 374. 375. 378. 379. 381. 382. 383. |21.
+ 384. 385. 388. |
+ |
+ (environs de Fâs). 24. |4.
+ |
+ (mont). 383. |
+ |
+ (Metṛara). 352. |
+ |
+ (Ternata). 291. |
+ |
+ Ḥamed (El Mḥamid). 295. 403. |
+ |
+ Ḥamid (fraction des Oulad el Ḥadj). 384. |
+ |
+ (localité sur la Mlouïa). 243. 367. 368. 369. |
+ 372. 374. 384. 385. |
+ |
+ Ḥamida (Zgiḍ). 301. |
+ |
+ Ḥammou (Ouad Aṛlal). 300. |
+ |
+ (Zgiḍ). 301. |
+ |
+ Ḥammou ou Mousa (fraction des Houara). 368. 385. |
+ |
+ Ḥammou ou Mousa (qaçba). 368. 385. |
+ |
+ Ḥaris. 264. |
+ |
+ Ḥasen (Beni Ạmir). 262. |
+ |
+ (Menâba). 331. 332. 335. 336. 402. |
+ |
+ El Ḥasen (Mlouïa). 367. 369. |
+ |
+ Ḥellal. 301. 302. 304. |
+ |
+ Iaḥia (tribu du Dra). 116. 121. 124. 126. 135. 136. |8. 9. 21.
+ 154. 159. 160. 162. 163. 167. 171. 201. 206. 207. 285. 286. |
+ 290. 292. 293. 297. 298. 300. 301. 302. 303. 309. 319. 320. |
+ |
+ (tribu du Sous). 194. 319. 330. 331. 332. 333. |14. 21.
+ 334. 402. |
+ |
+ (collines). 209. |8. 15.
+ |
+ Iạïch (Beni Mạdan). 262. |
+ |
+ Iạqoub. 262. |
+ |
+ Ioub (Ternata). 291. |
+ |
+ (zaouïa). 291. |
+ |
+ Ious. 377. |
+ |
+ Iousef (Beni Mạdan). 262. |
+ |
+ (Beni Zemmour). 261. |
+ |
+ Izenqad. 346. |
+ |
+ Jellal (tribu). v. Aït Jellal. |
+ |
+ Jerrar (fraction des Oulad el Ḥadj). 384. |
+ |
+ (localité sur la Mlouïa). 367. 369. 374. |
+ |
+ Kerzab. 303. |
+ |
+ Khaoua. 237. 238. 240. 241. 243. 246. 366. 367. 377. |17. 18.
+ 381. 382. 384. 385. |
+ |
+ Mahdi. 368. 385. |
+ |
+ Mançour. 401. |7.
+ |
+ Mạmmer (Beni Mạdan). 262. |
+ |
+ (Ferkla). 356. 357. 361. |
+ |
+ Mellouk (frac. des Oulad el Ḥadj). 385. |
+ |
+ (localité d’Ouṭat Oulad el Ḥadj). 371. |18. 19.
+ |
+ Meraḥ (Beni Mousa). 262. |
+ |
+ (Ouad Zgiḍ). 301. |
+ |
+ Mesạd. 290. 296. |
+ |
+ Mesạoud. 368. 385. |
+ |
+ Mhiia. 295. |
+ |
+ Mḥammed. 263. |
+ |
+ El Mîdi. 380. 381. |
+ |
+ Mnisf. 263. |
+ |
+ Moulat. 153. 154. |
+ |
+ Moulei Ạli ben Ạmer (Aït Tseṛrouchen). 373. 383. |
+ |
+ (Anoual). 373. |
+ |
+ Moulei Iạqob. 371. |
+ |
+ Mousa. 290. |
+ |
+ Nahr. 261. |
+ |
+ Nedjạ. 262. |
+ |
+ Ọtman. 379. |19.
+ |
+ Ousạ. 291. 292. |
+ |
+ Reḥou. 368. 376. 385. |
+ |
+ Rejiạ. 262. |
+ |
+ Sạïd (Beni Mạdan). 262. |
+ |
+ (Chaouïa). 263. |
+ |
+ (Houara). |12. 21.
+ |
+ (Ouad Chegg el Arḍ). 378. 379. |
+ |
+ Sedira. 368. 385. |
+ |
+ Selîman (Ḥallaf). 368. 369. 385. |
+ |
+ (Misour). 370. |
+ |
+ Senjej. 263. |
+ |
+ Segeïr. v. Oulad Seṛeïr. |
+ |
+ Seṛeïr (Misour). 370. |
+ |
+ (Ouad Sous). 190. 191. 192. 194. 442. |12. 21.
+ |
+ Seṛir (Angad). 388. |
+ |
+ Sidi Ạïssa (Chaouïa). 264. |
+ |
+ Ạïssa (Tiissaf). 374. 384. |
+ |
+ Ạli Bou Chnafa. 390. |
+ |
+ Ạmer. 298. |
+ |
+ Bel Qasem. 264. |
+ |
+ Ben Ạbd Allah. 373. |
+ |
+ Ạïada. 367. 369. 374. |
+ |
+ Daoud. 263. |
+ |
+ Bou el Ạlam. 370. |
+ |
+ Ạmran. 66. |
+ |
+ Iạqob. 367. 368. 369. 376. |
+ |
+ Chikh (environs de Fâs). 24. |
+ |
+ El Houari. 357. |
+ |
+ el Ḥadj. 264. |
+ |
+ Ḥamed ben Ạbd eç Çadoq. 355. |16.
+ |
+ Iạqob. 374. |
+ |
+ Mḥammed bel Ḥoseïn. 368. 385. |
+ |
+ Mḥammed ben Ḥamed. 390. |
+ |
+ Smaïn. 262. |
+ |
+ Smida. 262. |
+ |
+ Smir. 261. |
+ |
+ Taoubbalt. 346. |
+ |
+ eṭ Ṭeïma. 191. |
+ |
+ Ṭeïr. 369. |
+ |
+ Zahra. 262. |
+ |
+ Zian (Beni Ạmir). 262. |
+ |
+ (Chaouïa). 264. |
+ |
+ Zireg. 263. |
+ |
+ Zmam. 262. |
+ |
+ Ould Faṭma Ḥammou. 306. 309. |
+ |
+ Sidi Malek. 331. 334. |
+ |
+ Sidoïn. 66. |
+ |
+ Oulmess. 28. 46. 48. 101. 102. 383. 407. |5. 21.
+ |
+ Oumbarek ou Dehen. 189. 193. 194. 443. |14.
+ |
+ Oumm el Ạleg. 152. 313. 317. |10.
+ |
+ el Bordj. 144. |10.
+ |
+ Djeniba. 383. |
+ |
+ el Lefạ. 367. |
+ |
+ er Remman. 274. |
+ |
+ Oumsedikht. 339. |
+ |
+ Ouneïn. 335. 337. 338. 402. |
+ |
+ Ounila. 95. 170. 277. |21.
+ |
+ Ounzin. 156. 196. 305. 306. 307. 309. 319. 320. |
+ |
+ Ourdiṛra. 49. 261. |
+ |
+ Ourika. 208. 276. 285. 286. 287. 288. 290. 291. 294. 295. |8.
+ 296. 297. |
+ |
+ Ouriz. 209. 276. 285. 287. 288. 290. 291. 294. 295. 297. |8.
+ |
+ Ouriz Oulad Megeddem. 290. |
+ |
+ Ourti. 279. |
+ |
+ Ousṛeït. 212. |
+ |
+ Oussikis. 70. 96. 260. 261. 266. 267. 269. 361. 363. |6.
+ |
+ Outoura. 227. 326. |
+ |
+ Ouṭa Aftis. |17.
+ |
+ Anbed. 217. 219. 221. 358. 361. |15. 21.
+ |
+ Angad. 97. 253. 254. 256. 257. 368. 372. 379. 381. 385.|20. 21.
+ 388. 389. 390. |
+ |
+ Azbed. 276. |
+ |
+ Bou Iougi. |17.
+ |
+ Bouddeïr. 146. 308. |
+ |
+ Iferṛes. 264. 267. |
+ |
+ Izouṛar. 267. |
+ |
+ Jell. 368. 372. 379. 385. 386. 387. |
+ |
+ Mlouïa. 372. |
+ |
+ Ṛaret. 368. 372. 386. 387. 390. |
+ |
+ n Sema. 365. |
+ |
+ Tafrâta. 101. 250. 251. 368. 372. 375. 388. |19. 20.
+ |21.
+ |
+ Tiallalin. 229. 231. |17. 21.
+ |
+ El Ouṭat (pour Ouṭat Oulad el Ḥadj). 371. |
+ |
+ Ouṭat Aït Izdeg. 100. 376. 377. 382. 403. |
+ |
+ Oulad el Ḥadj. 22. 240. 241. 242. 243. 244. 246. 367. |18. 19.
+ 369. 371. 372. 374. 376. 378. 379. 384. 385. 403. 415. 448. |21.
+ 450. |
+ |
+ Ouṭiṭa. 39. 40. |3. 21.
+ |
+ Ouzdiin. 284. 304. |
+ |
+ Ouzzân. 342. |
+ |
+ |
+ Q |
+ |
+ El Qabia. 301. 304. |
+ |
+ El Qaçba (Aït Ououlouz). 330. |
+ |
+ (Aqqa). 120. 151. |10.
+ |
+ (Tidsi). 339. |
+ |
+ Qaçba Aït Ạli. 287. |8.
+ |
+ Ạrbi. 288. |
+ |
+ Ḥerbil. 316. 317. |
+ |
+ el Ạïoun. 22. 250. 253. 254. 255. 256. 257. 369. 379. |20. 21.
+ 380. 381. 388. 391. 449. |
+ |
+ Ạïoun Sidi Mellouk. v. Qaçba el Ạïoun. |
+ |
+ Ạli ou Mousa. 303. |
+ |
+ Bel Kouch. 63. |
+ |
+ Beni Mellal. 28. 57. 60. 62. 63. 64. 66. 68. 69. 73. |6. 21.
+ 100. 400. 401. 426. 427. |
+ |
+ Qoulal. 379. 380. 381. |
+ |
+ Cherarda. 24. |
+ |
+ Chikh Ould el Ḥadj Iaḥia. 314. |11. 21.
+ |
+ Debdou. 249. 375. 376. |19.
+ |
+ Djedida. 352. |
+ |
+ el Djouạ. 91. 128. 137. 138. 139. 140. 141. 145. 156. |9. 21.
+ 200. 299. 304. 305. 306. 307. 310. 312. 315. 318. 319. 320. |
+ 433. 436. |
+ |
+ Foum el Ouad. |19.
+ |
+ Fichtâla. 38. 59. 60. 64. 66. 259. 263. |6. 21.
+ |
+ Foum Tazenakht. 290. |
+ |
+ Iselouan. 386. 390. |
+ |
+ el Kạba. 296. |
+ |
+ el Makhzen (Qçâbi ech Cheurfa). 233. 235. 236. 237. |17. 18.
+ 238. 368. 369. 373. 377. 415. 447. 450. |21.
+ |
+ (Tatta). 143. 145. 309. 310. |10.
+ |
+ (Tinzoulin). 290. 403. |
+ |
+ Messoun. 379. 385. 386. 387. 390. 391. |
+ |
+ Miknâsa. 32. 391. 401. |
+ |
+ Moulei Ismạïl. 250. 251. 252. 379. 380. 381. 390. 449.|20. 21.
+ |
+ Oulad Ḥammou ou Mousa. 368. 385. |
+ |
+ Qedîma. 352. |
+ |
+ Ras el Ạïn Beni Matar. 379. 380. 390. |
+ |
+ er Remla. 294. |
+ |
+ Tâdla. 53. 57. 58. 60. 63. 64. 66. 252. 259. 263. 401.|6. 21.
+ 426. |
+ |
+ Tadoula. |8.
+ |
+ El Qaçbat. 311. |
+ |
+ Qaïd Faraji. |12.
+ |
+ Sạïd ould Bel Ạïd. |12. 14.
+ |
+ El Qanṭra. 260. |
+ |
+ (Ouad Sidi Ben Sasi). 65. |
+ |
+ El Qçâbi (pour Qçâbi ech Cheurfa). (localité de Qçâbi ech |17. 18.
+ Cheurfa). 238. 239. 241. 243. 369. 373. 377. 382. 403. |
+ |
+ (Tatta). 311. |
+ |
+ Qçâbi ech Cheurfa. 10. 22. 39. 47. 62. 70. 99. 100. 147. |17. 18.
+ 216. 228. 231. 232. 235. 236. 237. 238. 240. 241. 243. 244. |21.
+ 265. 365. 366. 368. 369. 373. 374. 382. 383. 384. 403. 447. |
+ 448. |
+ |
+ Izligen. 292. 293. 294. |
+ |
+ Oulad Bou Ḥerira. 294. |
+ |
+ El Qçar (ville). 4. 5. 13. 14. 15. 16. 18. 22. 31. 257. 401.|1. 21.
+ 419. 420. 450. |
+ |
+ Qçar Aït Brahim. 359. |
+ |
+ Beni Mellal. 66. |
+ |
+ Beni Zemmour. 50. 51. 52. 425. |5. 21.
+ |
+ Berrani. 352. |
+ |
+ Chạïr. 299. |
+ |
+ Dekhlani. 352. |
+ |
+ Djedid (Metṛara). 352. |
+ |
+ (Qçâbi ech Cheurfa). 369. |
+ |
+ (Ternata). 291. |
+ |
+ Aït Ḥammou. 351. 352. |
+ |
+ El Qçar el Kebir (ville). v. El Qçar. |
+ |
+ (Semgat). 359. |
+ |
+ (Tiallalin). 350. |17.
+ |
+ Kebir Aït Brahim. 359. |
+ |
+ Khsa. 297. 303. |
+ |
+ el Mạllemin. 374. |19. 21.
+ |
+ Oulad Moulei El Ḥasen. 377. |
+ |
+ Ousebri. 377. |
+ |
+ el Qdour. 305. |
+ |
+ es Souq (district). 99. 101. 218. 220. 221. 226. 227. |17. 21.
+ 228. 229. 230. 232. 347. 351. 352. 403. |
+ |
+ (qçar). 219. 223. 226. 229. 348. 351. 353. 354.|17. 21.
+ 365. 369. 373. 374. 377. 403. 446. |
+ |
+ Ṭoual. 377. |
+ |
+ Zida. 270. |
+ |
+ El Qcîba. 142. 145. |10.
+ |
+ Qcîba Aït Aqqo. 292. |
+ |
+ Ạïssa ou Brahim. 295. |
+ |
+ Bou Daoud. 364. |
+ |
+ Moḥa ou Ạli. 351. |
+ |
+ Moulei Ḥamed. 221. 358. |
+ |
+ Tarat. |8. 15.
+ |
+ Berda. 291. |
+ |
+ Chiadma. 295. |
+ |
+ Chikh El Ạrabi ben Ọtman. 290. 303. 304. |
+ |
+ Ignaouen. 364. |
+ |
+ el Ihoud. v. Qcîra el Ihoud. |
+ |
+ Imougar. 358. |
+ |
+ Moulei Brahim. 358. |
+ |
+ el Mqadra. 291. |
+ |
+ Oulad El Ạgid. 291. |
+ |
+ Oulad El Bacha. 291. |
+ |
+ Oulad Ousạ. 291. |
+ |
+ Sidi Oumbarek. 291. |
+ |
+ Sidi Zaoui. 295. |
+ |
+ El Qcîbat (Ida ou Blal). 154. |
+ |
+ El Qcîbat (Tatta). 311. |10.
+ |
+ Qcîbat Ilemsan. 361. 362. |
+ |
+ Qcîr ech Cherif. 350. |
+ |
+ Sidi Ọmar. 350. |17.
+ |
+ Qcîra Aït Aḥa. 350. |17.
+ |
+ Attou. 377. |
+ |
+ Ạouda. 349. |
+ |
+ Ḥamed ou Selîman. 377. 378. |
+ |
+ Alibou. 349. |
+ |
+ ech Cheurfa (Ạïat). 377. |
+ |
+ ech Cheurfa (Bou Sellam). 377. |
+ |
+ el Ihoud (Tiallalin). 230. 348. 349. 350. 351. 352. |17.
+ 353. 354. 363. 365. 368. 369. 371. 373. 377. 403. 415. 446. |
+ 447. 450. |
+ |
+ El Mehenni. 351. |
+ |
+ ou Ba El Ḥasen. 354. |
+ |
+ Sidi Ben Ḥachem. 377. |
+ |
+ Sidi Moḥammed bel Bachir. 377. |
+ |
+ Tizi n Isekfan. |8. 15.
+ |
+ Qcîrat Sidi Ạbd Allah ou Ạli. 359. |
+ |
+ Qçour Asif Melloul. 348. |
+ |
+ Beïḍin. 140. 320. |9. 10.
+ |
+ Qebala. 349. |
+ |
+ Qelaïa (tribu). 390. 391. |
+ |
+ (monts). 386. 390. |
+ |
+ Qeradma. 364. |
+ |
+ Qeṭạïa. 49. 59. 66. 259. 261. 263. |5. 6. 21.
+ |
+ Qioud. 302. |
+ |
+ El Qlạa (ville). 260. 266. 401. |7.
+ |
+ (Imgoun). 275. |
+ |
+ (zaouïa). 291. 292. 293. |
+ |
+ Qouareṭ. 371. |
+ |
+ Qoubba Moulei Iạqob ben Selîman. 367. |18.
+ |
+ Moulei Ismạïl. 120. 121. |9.
+ |
+ Sidi Ạbd Allah ou Djafer. |8.
+ |
+ Ạbd el Ouaḥad. 367. |
+ |
+ Ạïad (Aït Iiggas). |14.
+ |
+ Ạïad (Menâba). |14.
+ |
+ Ạli bel Qasem. |19.
+ |
+ Ạli ben Djebira. 143. 144. 310. |10.
+ |
+ Ạli ou Ạzza. 307. |
+ |
+ Ạmara. 300. 312. |
+ |
+ Bou el Ạlam. |18.
+ |
+ Iaḥia. 270. 274. |15.
+ |
+ Reja. 332. 333. 338. |
+ |
+ Sekri. |13.
+ |
+ Daoud. 280. |
+ |
+ Daoud Tagoummast. |16.
+ |
+ Ḥaseïn (Ouad Sidi Ḥaseïn). 328. |
+ |
+ El Ḥasen Ạli. 281. |
+ |
+ El Ḥoseïn (Tatta). 144. 299. 309. |10.
+ |
+ Ismạïl. v. Qoubba Moulei Ismạïl. |
+ |
+ Mançour ou Ḥamed. 278. |
+ |
+ Mellouk. 255. |20.
+ |
+ Moḥammed d Aït Ḥoseïn. 144. 309. |
+ |
+ ou Bel Qasem. |8. 15.
+ |
+ el Ḥadj. |1.
+ |
+ ou Dris. |8.
+ |
+ Mousa n Ḥamerin. |12.
+ |
+ Sạïd. |12.
+ |
+ Selîman. 66. |
+ |
+ Tarourt. 295. |
+ |
+ Qoubbouin. 375. |
+ |
+ Qtaoua. 210. 285. 286. 293. 294. 295. 362. 363. 364. 403. |
+ |
+ |
+ R |
+ |
+ Er Raḥba (Qçar es Souq). 351. |
+ |
+ Raḥba (Tatta). 311. |
+ |
+ Raḥôna. 5. |
+ |
+ Ras el Ạïn Beni Matar. 379. 380. 381. 390. |
+ |
+ Dra. 286. 287. |
+ |
+ Iṛir. 311. |10. 21.
+ |
+ Mezgîṭa. 287. |
+ |
+ el Ouad. 155. 166. 170. 189. 193. 317. 329. 333. 334. |14. 21.
+ 335. |
+ |
+ Rekkam. 239. 246. |19.
+ |
+ Ternata. 289. 290. 292. |
+ |
+ Rebaṭ (port de mer). 19. 21. |
+ |
+ (Mezgîṭa). 286. 287. 295. 403. |
+ |
+ (Tinzoulin). 290. 403. |
+ |
+ Aït Mimoun. 296. |
+ |
+ el Ḥadjer. 291. 296. 303. |
+ |
+ Rechida. 243. 247. 251. 375. 376. 384. |19.
+ |
+ Refoula. 367. 368. 385. |
+ |
+ Regba. 294. |
+ |
+ Reggou (groupe de qçars). 369. 374. |19. 21.
+ |
+ (mont). 100. 246. |21.
+ |
+ Regibat. 157. 346. |
+ |
+ Er Reken (Ouad Imgoun). 275. |
+ |
+ Reken (Ouad Sidi Moḥammed ou Iạqob). 308. 320. |
+ |
+ Rekkam. 147. 239. 240. 242. 243. 244. 246. 247. 372. 374. |18. 19.
+ 382. 384. 389. |21.
+ |
+ Reṛraba. 382. 383. |
+ |
+ Reṭeb. 21. 227. 347. 353. 363. 403. |
+ |
+ Rḥala. 329. 330. 332. 333. 334. 335. 402. |
+ |
+ Rḥamna. 79. 259. 401. |21.
+ |
+ Rich. 348. 349. |
+ |
+ Rif. 4. 5. 8. 12. 24. 25. 35. 136. 251. 379. 386. 387. 401. |
+ |
+ Rist Djedeïd. 147. 148. 150. 156. 299. 307. 308. |10.
+ |
+ Roḥa. 286. 292. 293. |
+ |
+ Rouased. 261. |
+ |
+ Roudat. 287. |
+ |
+ Ṛ |
+ |
+ Ṛaba el Ạrich. 367. |18.
+ |
+ Ida ou Gerṭ. 186. 187. |13. 21.
+ |
+ Oumm el Lefạ. 367. |
+ |
+ Sidi Ạbd el Ouaḥad. 367. |18.
+ |
+ Ṛalil (district). 280. |
+ |
+ (qçar). 280. 284. |
+ |
+ Ṛarb. 15. 43. |2. 21.
+ |
+ Ṛaret. 368. 372. 386. 387. 390. |
+ |
+ Ṛarm el Ạlam. 66. |
+ |
+ Ṛeris. 21. 99. 100. 101. 211. 218. 219. 220. 224. 225. 226. |16. 21.
+ 228. 230. 239. 242. 349. 358. 360. 361. 363. 403. |
+ |
+ Ṛiata (tribu). 25. 29. 31. 32. 33. 34. 35. 36. 65. 248. 383.|4. 21.
+ 387. |
+ |
+ (monts). 18. 27. 28. 29. 31. 33. 36. 101. 102. 251. |4. 21.
+ 368. 372. 379. 383. 386. 387. |
+ |
+ Ṛiour. 228. 350. |17.
+ |
+ Ṛiraïa. 401. |
+ |
+ Ṛomera (Rif). 25. |
+ |
+ (environs de Fâs). 24. |3.
+ |
+ El Ṛouanem. 301. |
+ |
+ El Ṛrouch. 352. |
+ |
+ |
+ S |
+ |
+ Safi. 339. |
+ |
+ Sahel. 22. 24. 82. 123. 124. 126. 148. 152. 154. 155. 158. |
+ 162. 166. 167. 168. 169. 182. 188. 293. 297. 299. 316. 317. |
+ 318. 319. 328. 333. 339. 342. 343. 345. 346. 402. |
+ |
+ Saïs. 20. 24. 37. 39. 40. |3. 21.
+ |
+ Saksad. 323. |
+ |
+ Sama (Menâba). 331. |
+ |
+ Sarsar. 13. 15. |1. 21.
+ |
+ Saṛro. 100. 211. 212. 213. 214. 215. 217. 218. 219. 220. |8. 15.
+ 223. 227. 267. 269. 276. 289. 296. 361. 364. |16. 21.
+ |
+ Sạïda. 369. 384. |
+ |
+ Sebdou. 390. |
+ |
+ Es Sebt (Indaouzal). 334. |
+ |
+ Sebt el Gerdan. 191. |
+ |
+ el Kefifat. 191. |
+ |
+ Tamegrout. 293. |
+ |
+ Sefala (Mezgîṭa). 287. |
+ |
+ Sefalat (Fezouata). 292. |
+ |
+ Seketâna (famille). 88. 318. 319. 320. 328. 329. |
+ |
+ (tribu). 167. 170. 282. 306. 307. 319. 328. 329. |
+ 336. 337. 402. |
+ |
+ proprement dits (fraction de la tribu). 329. 337. |
+ |
+ Sellaout. 375. |
+ |
+ Sema (plaine). 365. |
+ |
+ Semgat (district). 358. 359. |
+ |
+ Semget. 66. 261. |
+ |
+ Semlal. 354. |
+ |
+ Semmoura. 376. |
+ |
+ Semṛir. 269. |
+ |
+ Sénégal. 124. |
+ |
+ Seroub (Ouad Iriri). 279. |
+ |
+ (Ouad Tlit). 302. |
+ |
+ Serṛin. 351. |17.
+ |
+ Serṛina (Qçour Beïḍin). 140. |10.
+ |
+ (Tatta). 311. |
+ |
+ Seṛmeṛ. 66. |
+ |
+ Sfrou. 10. 18. 19. 20. 21. 24. 28. 35. 37. 38. 39. 60. 64. |4. 21.
+ 78. 101. 237. 265. 382. 383. 387. 395. 401. 407. 415. 423. |
+ 424. 450. |
+ |
+ Siaïda. 264. |
+ |
+ Sidi Ạbd Allah. 184. 439. |12.
+ |
+ (douar). 101. |
+ |
+ ou Ạli. 359. |
+ |
+ ou Djafer. |8.
+ |
+ ou Mḥind (Aït Ạmer). 114. 282. |9.
+ |
+ ou Mḥind (Tisint). 121. 160. 164. 343. |9.
+ |
+ Oumbarek (Aqqa). 151. |
+ |
+ Oumbarek (Mrimima). 159. 166. 167. 303. |9.
+ |
+ Ạbd el Ạli (Qtaoua). 294. |
+ |
+ (Todṛa). 355. |
+ |
+ Ạbd el Ouaḥad (qoubba). 367. |
+ |
+ (forêt). 367. |18.
+ |
+ (zaouïa). 371. |
+ |
+ Ạbd er Raḥman. v. Moulei Ạbd er Raḥman. |
+ |
+ Ạbd er Raḥman (Tamessoult). 203. |9.
+ |
+ Ạïad (Aït Iiggas). |14.
+ |
+ Ạïad (Menâba). |14.
+ |
+ Ạli bel Qasem. |19.
+ |
+ ben Ạbd er Raḥman d Admer. 374. 375. |
+ |
+ ben Djebira. 143. 144. 310. |10.
+ |
+ ben Samaḥ d Oulad Ạmer. 374. |
+ |
+ ech Chergi. |8. 15.
+ |
+ ou Ạbd er Raḥman. 121. 303. |
+ |
+ ou Ạzza. 307. |
+ |
+ Ạmara. 300. 312. |
+ |
+ Ben Ạbd Allah. 373. |
+ |
+ Nacer (Tamegrout). 292. 303. |
+ |
+ Nacer (Ternata). 291. |
+ |
+ Sasi. 65. |
+ |
+ Blal. 301. |
+ |
+ Bou Ạbbed. 66. 266. |
+ |
+ Ạbd Allah. 352. |
+ |
+ el Ạlam. |18.
+ |
+ Bekr. |5.
+ |
+ Iaḥia. 127. 270. 271. 274. 275. |15.
+ |
+ Nega. 336. |
+ |
+ Nou. 293. |
+ |
+ Qil. 348. 349. 363. |
+ |
+ Reja. 332. 333. 338. |
+ |
+ Sekri. |13.
+ |
+ Çaleḥ. 294. |
+ |
+ Daoud. 280. |
+ |
+ Daoud Tagoummast. |16.
+ |
+ Dris (Aït Seddrât). 288. 296. |
+ |
+ (Dâdes). 211. 271. |15.
+ |
+ Felaḥ. 269. |
+ |
+ El Houari. 226. 361. |16.
+ |
+ el Ḥadj Ạmer. 355. |
+ |
+ Ḥamed (Aït Zaïneb. 278. |8.
+ |
+ Ḥamed ou Mousa. 160. 168. 169. 341. 342. 343. |
+ |
+ Ḥamza. 353. 354. 403. |
+ |
+ Ḥaseïn (Ouad Sidi Ḥaseïn). 328. |
+ |
+ Ḥaseïn ou Mḥind. |13. 21.
+ |
+ El Ḥasen Ạli. 281. |
+ |
+ El Ḥoseïn (Tatta). 144. 299. 309. |10.
+ |
+ (Tazeroualt). 341. 342. 343. |
+ |
+ (Zenâga). 282. |9.
+ |
+ Iaḥia (village). |7.
+ |
+ (Dar). 442. |
+ |
+ Ious. 330. |
+ |
+ Ismạïl. |9.
+ |
+ Malek. 331. 334. |
+ |
+ Mançour ou Ḥamed. 278. |
+ |
+ El Medaoui. 311. |
+ |
+ Mellouk. 255. |20.
+ |
+ Merri. 302. |
+ |
+ Mḥind ou Iạqob. 331. |
+ |
+ ou Ouchchen. 442. |13.
+ |
+ Moḥammed d Aït Ḥoseïn. 144. 309. |
+ |
+ bel Qasem. 62. 63. |6.
+ |
+ el Ḥadj. |1.
+ |
+ ou Ạbd Allah. 287. |8. 15.
+ |
+ ou Bel Qasem. |8. 15.
+ |
+ ou Bou Bekr (Tisint). 121. |
+ |
+ ou Dris. |8.
+ |
+ ou El Ḥasen. 360. |
+ |
+ ou Iạqob (Ouad S. Moḥammed ou Iạqob). 198. |
+ 308. 309. |
+ |
+ ou Iạqob (Ouad el Amdad). 335. |
+ |
+ Mouloud (zaouïa). |15.
+ |
+ Mousa. 335. |
+ |
+ Mousa n Ḥamerin. |12.
+ |
+ Ọmar (Ida ou Gemmed). 330. |
+ |
+ (Tiallalin). 350. |17.
+ |
+ Ọtman. 280. 402. |
+ |
+ ou Ạziz. 335. |
+ |
+ Oumbarek (Ouṭat Oulad el Ḥadj). 371. |
+ |
+ (Tâdla). 266. |
+ |
+ (Ternata). 291. |
+ |
+ Reḥal. 22. 70. 79. 80. 81. 82. 99. 266. 401. 408. 415. |7. 21.
+ 428. 450. |
+ |
+ El Ṛazi. 153. |
+ |
+ Sạïd. |12.
+ |
+ Selîman. 66. |
+ |
+ Zaoui. 295. |
+ |
+ Siroua. 95. 96. 102. 108. 112. 204. 279. 281. 282. 283. 326.|21.
+ 327. |
+ |
+ Smâla. 49. 66. 90. 261. |
+ |
+ Smira. 300. 301. 302. 304. |
+ |
+ Soual. 261. |
+ |
+ Soualeb. 154. |
+ |
+ Souaṭat. 331. 402. |
+ |
+ Souekh. 299. 312. |
+ |
+ Souir. 299. 309. |
+ |
+ Soukkan. 154. |
+ |
+ Sountat. 347. |
+ |
+ Souq el Arbạa Aït Iiggas. |14.
+ |
+ Bdaoua. 13. |1.
+ |
+ Beni Qoulal. 381. |
+ |
+ Oulad Djemạ. 18. |2. 3.
+ |
+ el Djemạa Houara. |12.
+ |
+ Oulad Ḥamid. 385. |
+ |
+ Oulad Iaḥia. |14.
+ |
+ el Ḥad Aït Ạtab. 75. 261. 267. 401. |6.
+ |
+ Aït Bou Zîd. 71. 427. |6.
+ |
+ Aït Mezal. |11. 12.
+ |
+ Ida ou Isaṛen. |13.
+ |
+ el Mouloud. 168. 169. 342. |
+ |
+ Mrimima. 168. 169. 342. |
+ |
+ S. Ḥamed ou Mousa. 168. 169. 342. |
+ |
+ et Tenîn Ida ou Mḥammed. 183. |12. 21.
+ |
+ Kerarma. 250. 252. 381. |20.
+ |
+ Oulad eṭ Ṭeïma. 191. |12.
+ |
+ Todṛa. 224. 356. |16.
+ |
+ Touf el Ạzz. 178. 341. |11. 21.
+ |
+ Tiallalin. 349. |
+ |
+ et Tlâta Hiaïna. 35. 36. 43. |4.
+ |
+ Ksima. 184. |12.
+ |
+ Oulad Ḥamid. 385. |
+ |
+ ez Zemmour. 42. 43. 424. |3. 21.
+ |
+ et Todṛa. 224. 356. |16.
+ |
+ ez Za. 250. 252. 381. |20.
+ |
+ Sour. 278. 402. |
+ |
+ Sous. 24. 70. 96. 109. 110. 120. 124. 126. |
+ |
+ 145. 148. 155. 166. 169. 170. 181. 189. 190. 192. 193. 194. |
+ 196. 256. 316. 317. 328. 333. 342. 343. 346. |
+ |
+ Soussia. 298. |
+ |
+ Sraṛna. 49. 76. 77. 79. 259. 260. 266. 401. |7. 21.
+ |
+ Steïla. 299. |
+ |
+ |
+ T |
+ |
+ Ta n Amelloul (Mezgîṭa). 211. |
+ |
+ n Amelloul (désert). 281. 282. 336. |
+ |
+ Bou Ạbd Allah. 299. |
+ |
+ Taadadats. 358. |
+ |
+ Taagnit. 321. |
+ |
+ Taaqilt. 288. 289. 290. 296. |
+ |
+ Tabadricht. 329. |
+ |
+ Tabaouchit. 275. |
+ |
+ Tabarkaït. 348. |
+ |
+ Tabarkhast. 275. |
+ |
+ Tabaroucht. 265. |
+ |
+ Taberracht. 347. 348. |
+ |
+ Tabia (Aït Tameldou). 321. 322. |
+ |
+ (Iouzioun). 322. 324. 402. |
+ |
+ (Ouad el Ạbid). 75. 76. 400. 401. |6. 21.
+ |
+ (Todṛa). 355. |
+ |
+ (Zagmouzen). 327. |
+ |
+ (Ziz). 348. |
+ |
+ Aqqa Iṛen. 200. |
+ |
+ n Boro (Ouad Zagmouzen). 327. |
+ |
+ n Boro (Ouad Zgiḍ). 302. |
+ |
+ Djedida. 302. |
+ |
+ n Imaoun. 334. |
+ |
+ en Nkheïla. 302. |
+ |
+ Tabnattout. 376. |
+ |
+ Tabouạrbit. 353. |
+ |
+ Tabougoumt. 278. 284. 402. |7.
+ |
+ Tabount. 280. 402. |
+ |
+ Tabouraḥt. 277. |8.
+ |
+ Tachbacht Aït Isfoul. 356. |16.
+ |
+ Tachdirt. |14.
+ |
+ Tadafals. 223. 446. |16.
+ |
+ Tadakoucht. 152. |
+ |
+ Tadaout (Tiallalin). 350. |17.
+ |
+ Taddart. 276. |
+ |
+ Tadellast. 278. |
+ |
+ Tademricht. 280. |
+ |
+ Taderost (pour Taderoucht). |
+ |
+ Taderoucht. 227. 358. 359. 360. 363. 403. |16. 21.
+ |
+ Tâdla (contrée). 19. 40. 42. 46. 47. 48. 49. 50. 51. 52. 53.|5. 6. 21.
+ 56. 57. 59. 62. 63. 64. 65. 66. 67. 68. 69. 70. 72. 74. 100.|
+ 181. 230. 259. 261. 263. 264. 265. 266. 278. 383. 401. |
+ |
+ (qaçba). 53. 57. 58. 60. 63. 64. 66. 252. 259. 263. |6. 21.
+ 401. 426. |
+ |
+ Tadmamt. 326. |
+ |
+ Tadoula. 92. 106. 278. 402. |8.
+ |
+ Tadja. 280. |
+ |
+ Tafellount. 195. 331. |14. 21.
+ |
+ Tafergalt. 287. |
+ |
+ Tafersit. 401. |
+ |
+ Tafilelt. 20. 21. 22. 39. 47. 153. 154. 156. 157. 167. 168. |
+ 169. 227. 232. 286. 293. 297. 347. 353. 357. 363. 369. 403. |
+ |
+ Tafoudeït. 44. 45. 48. |3.
+ |
+ Tafounent. 105. 106. 283. |8.
+ |
+ Tafraout. |14.
+ |
+ Tafraout n Iraden. |9.
+ |
+ Tafrâta. 101. 250. 251. 368. 372. 375. 388. |19. 20.
+ |21.
+ |
+ Tafrent (Aït Ạbd el Ouirt). 328. |
+ |
+ Tafrent (Aït Ouaṛrda). 281. |
+ |
+ Tafrouqt. 302. |
+ |
+ Tafroust. 290. 296. |
+ |
+ Tafrout. v. Ṭriq Tafrout. |
+ |
+ Tagadirt (Aqqa). 120. 151. 403. |10.
+ |
+ (Imseggin). |12.
+ |
+ (Ouad Mançour). 325. |
+ |
+ (Ouad Tlit). 302. |
+ |
+ Aït Atto. 281. |
+ |
+ Aït Daoud. 281. |
+ |
+ Aït Ḥamed ou Ḥoummou. 330. |
+ |
+ el Bour. 337. 338. 401. |
+ |
+ n Ououddiz. 331. 332. |
+ |
+ n Tafoukt. 330. |
+ |
+ Tagdielt Aït Bou Daoud. 361. |
+ |
+ Tagdourt n Touda. 279. 284. 402. |
+ |
+ Tagemt. 300. |
+ |
+ Tagendout. 330. |
+ |
+ Tagendouzt. 277. |7.
+ |
+ Tagentout (Ouad Aït Tigdi Ouchchen). 103. 283. |8.
+ |
+ Tagenṭaft. 337. |
+ |
+ Tagenza (Dâdes). 270. |15.
+ |
+ (Ḍahra). 373. 384. |
+ |
+ (Ida ou Gemmed). 330. 334. |
+ |
+ (Ouad Zagmouzen). 327. 328. 329. |
+ |
+ Tagenzalt. 103. 104. 284. 430. |8. 21.
+ |
+ Tagergint. 301. |
+ |
+ Tagergoust (Aït Ououlouz). 330. |
+ |
+ (Zagmouzen). 327. |
+ |
+ Tagerra. 195. |14.
+ |
+ Tagersift. 348. 349. 353. 354. |
+ |
+ Tagherot. 99. |
+ |
+ Tagjdit. 327. |
+ |
+ Taglaout. 329. |
+ |
+ Tagmadart. 292. 293. |
+ |
+ Tagmout (Aït Ọtman). 327. 328. 329. 402. |
+ |
+ (Glaoua). 80. 82. 83. 84. 266. 401. 408. 415. 429. |7. 21.
+ 450. |
+ |
+ (Isaffen). |11.
+ |
+ (Ouad Tatta). 309. 310. 311. 312. 319. |
+ |
+ Tagnit (Imini). 278. 402. |
+ |
+ (Qçar es Souq). 351. |17.
+ |
+ Aït Moḥo. 271. |15.
+ |
+ Ba Ḥammou d Aït Ṭaleb. 271. 274. |15.
+ |
+ Tagouïamt (Aït Oubial). 327. 402. |
+ |
+ (Ouad Iriri). 279. |
+ |
+ Tagoulemt. 335. |
+ |
+ Tagoummast. 355. |16.
+ |
+ Tagounsa. 355. |
+ |
+ Tagoust. 331. |
+ |
+ Tagrioualt. 325. |
+ |
+ Tagrirt. 364. |
+ |
+ Tagzart. 211. |
+ |
+ Tagzirt. 59. 64. 68. 259. |6.
+ |
+ Tahennaout. 401. |
+ |
+ Taḥalla. 330. |14.
+ |
+ Taḥamdount. 359. |
+ |
+ Taïfst (Aït Zaïneb). 277. |8.
+ |
+ (Ounzin). 306. 307. |
+ |
+ Taïmzouṛ. 114. 115. 116. 117. 137. 139. 147. 161. 318. |9.
+ |
+ Taïrza. 356. |
+ |
+ Taïssa. 321. 322. 324. 326. |
+ |
+ Tajakant. 144. 153. 167. 188. 297. |
+ |
+ Tajegjit. 277. |7.
+ |
+ Takatert (rive droite du Dra). 272. 287. 294. 295. |8.
+ |
+ Aït Ikhelf (rive gauche du Dra). 287. |8. 15.
+ |
+ Takatirt (Ṛeris). 360. |
+ |
+ Takchtamt. 327. |
+ |
+ Takdicht. 204. 205. 444. |9.
+ |
+ Takemmou. 335. |
+ |
+ Takerrat. 277. |7.
+ |
+ Takiout. 401. |
+ |
+ Taksit. |7.
+ |
+ Takhelil. 291. |
+ |
+ Takherri (Genṭafa). 337. |
+ |
+ (Ouad Tifnout). 322. |
+ |
+ Takhoualt. 365. |
+ |
+ Tala. 284. |
+ |
+ Tala Moumen. 337. |
+ |
+ Talalt. 356. |
+ |
+ Talaṛt Imadid. 306. 328. |
+ |
+ Talat (Ouad El Qabia). 301. |
+ |
+ Aït Iaḥia (Mezgîṭa). 287. 296. |8. 15.
+ |
+ n As. 337. |
+ |
+ n Ig. 323. 326. |
+ |
+ n Ougnal. 324. |
+ |
+ n Tanout (Imeṛrân). 273. |
+ |
+ n Tiout. 330. |
+ |
+ Talatin n Ouadil. 266. |
+ |
+ Taldnount. 145. 311. 320. |
+ |
+ Taleint Bou Ḥeddou. 273. |
+ |
+ Talella. 338. |
+ |
+ Talemaṛt. 66. |
+ |
+ Talemt. |10. 14.
+ |
+ Taleouin (Mezgîṭa). 287. 296. |8.
+ |
+ (Ouneïn). 335. 337. 338. |
+ |
+ (Zagmouzen). 327. |
+ |
+ (Zenâga). 114. 283. |
+ |
+ Talesmant. |8.
+ |
+ Talet. 280. |
+ |
+ Talet Tefraout. |8.
+ |
+ Talḥarit. 364. 365. |
+ |
+ Talilt. 301. |
+ |
+ Talkjount. 193. 333. 335. 336. |14. 21.
+ |
+ Tallent Sidi Ḥachem. 342. |
+ |
+ Talmest. 266. |
+ |
+ Talmist. |20.
+ |
+ Talmodat (Ouad Timjijt). 282. |
+ |
+ Talmoudat (Ouad Tizgi). 325. |
+ |
+ Talmout. 275. |
+ |
+ Talmzit. 287. |8.
+ |
+ Taloust (Aït Ạmer). 282. |
+ |
+ (Aït Ouaṛrda). 281. |
+ |
+ Talsit. 373. 384. 390. |
+ |
+ Taltgmout el Ḥaraṭîn. 305. 306. |
+ |
+ Taltnezourt. 327. |
+ |
+ Tamagourt. 348. 349. |
+ |
+ Tamaïoust. 104. 283. |8.
+ |
+ Tamakoucht. 277. |7. 8.
+ |
+ Tamalalt. 334. |
+ |
+ Tamaliḥt. 341. 402. |
+ |
+ Tamalout (Ouad Aoullous). 326. 402. |
+ |
+ Aït Ạmer ou Ạli. 326. |
+ |
+ Tamanaṛt. 152. 316. 317. 318. 345. 403. |
+ |
+ Tamanat (col). 95. 96. 99. |7. 21.
+ |
+ Tamararsent. 322. |
+ |
+ Tamarouft. 112. 282. 336. 337. 403. 432. |9. 21.
+ |
+ Tamasint (Ouarzazât). 280. 402. |
+ |
+ (Todṛa). 355. |16.
+ |
+ Tamast. 331. 332. 334. 402. |
+ |
+ Tamatout. 267. |
+ |
+ Tamaziṛt (Ouad Asdṛem). 283. |
+ |
+ (Ternata). 291. |
+ |
+ Tamazount. 350. |17.
+ |
+ Tamazzens. 401. |
+ |
+ Tamda (Tazarin). 364. |
+ |
+ Aïtbir. 306. 307. |
+ |
+ Tamdafelt (Mlouïa). 366. 382. |
+ |
+ (Tiallalin). 350. |17.
+ |
+ Tamdakht (Aït Seddrât). |8. 15.
+ |
+ (Aït Zaïneb). 89. 277. 278. |8.
+ |
+ Tamdrart (Aït Ououlouz). 330. |
+ |
+ (Ounzin). 305. 306. |
+ |
+ Tamdroust. 337. |
+ |
+ Tamedint. |10.
+ |
+ Tamegrout. 101. 138. 153. 160. 166. 285. 286. 287. 292. 293.|
+ 303. 335. 343. |
+ |
+ Tamejjout. 99. 323. 338. |
+ |
+ Tamellakout (Ouad Asdṛem). 283. |
+ |
+ (Ounzin). 306. |
+ |
+ Tamellalt. 401. |
+ |
+ Tamerrakecht. 229. 348. 349. 351. 352. 363. 369. 370. |17. 21.
+ |
+ Tamerranist. 278. |
+ |
+ Tamerzast. 280. |
+ |
+ Tamesraout. 269. 273. |
+ |
+ Tamesraout (plaine). |9.
+ |
+ Tamessoult (Adis). 143. 145. 158. 310. |10.
+ |
+ (Ouad Ignan n Ikis). 128. 202. 203. 305. |9. 21.
+ |
+ Tametkal. 277. |7.
+ |
+ Tamgout. 330. |
+ |
+ Tamjerjt (Aït Ouaṛrda). 281. |
+ |
+ (Ouad Igemran). 325. 326. 327. 402. |
+ |
+ (Ouad Tanziḍa). 304. |
+ |
+ (Ounzin). 306. |
+ |
+ Tamkasselt. 288. 296. |8. 15.
+ |
+ Tamkasselt el Ḥara. v. Ḥara Tamkasselt. |
+ |
+ Tammarouin. 324. |
+ |
+ Tammasin (district). 106. 280. 283. 284. 403. |
+ |
+ Tammast (Ouarzazât). 277. 280. |
+ |
+ (Tatta). 311. |
+ |
+ Tammenout. 327. |
+ |
+ Tamnougalt. 210. 212. 272. 273. 285. 286. 287. 288. 289. |8. 21.
+ 290. 291. 293. 294. 295. 296. 297. 403. 414. 415. 444. 445. |
+ 446. 450. |
+ |
+ Tamṛart. 279. |
+ |
+ Tamsellount. 337. |
+ |
+ Tamskourt. 329. |
+ |
+ Tamskrat. |7.
+ |
+ Tamsoult (Ouad Aqqa). 175. |11.
+ |
+ (Ouad Aqqa). |11.
+ |
+ Tamzaourout. 301. |
+ |
+ Tamzernit. 323. 324. |
+ |
+ Tamzerra. 281. |
+ |
+ Tamzout. 291. |
+ |
+ Tanagamt. 291. |
+ |
+ Tanamrout (col). 172. 173. |11.
+ |
+ (Mezgîṭa). 287. |
+ |
+ Tanfekht. 329. |
+ |
+ Tanfit. 335. 337. |
+ |
+ Tangarfa. v. Foum Tangarfa. |
+ |
+ Tanger (ville). 1. 2. 4. 11. 15. 16. 19. 20. 21. 22. 36. 46.|1. 21.
+ 122. 191. 401. 417. 418. 450. |
+ |
+ (province). 4. 15. |
+ |
+ Tanṛerift. 353. |
+ |
+ Tansikht. 288. |
+ |
+ Tansiṭa Fouqania. 303. |
+ |
+ Tanslemt (qçar). 365. 373. 384. |
+ |
+ (col). 99. |
+ |
+ Tanziḍa. 116. 117. 300. 302. 303. 304. 320. 399. 432. |9. 21.
+ |
+ Tanziṭa (Ternata). 291. |
+ |
+ Tanzmout (Aït Seddrât). 288. 289. |
+ |
+ (Glaoua). 266. |
+ |
+ Taouaḥit. 350. |17.
+ |
+ Taouaḥmant. 358. |15.
+ |
+ Taouarsout. 322. |
+ |
+ Taouinekht. 301. |
+ |
+ Taoura (Aït Tseṛrouchen). 384. |
+ |
+ (Ouad Iriri). 279. 402. |
+ |
+ Taouraṛt. 332. |
+ |
+ Taourbart. 338. |
+ |
+ Taourirt (Aït Iaḥia. Ouad Dâdes). 216. 271. |15.
+ |
+ (Aqqa). 120. 151. |10.
+ |
+ (Azrar). |10. 14.
+ |
+ (Imini). 278. |
+ |
+ (Indaouzal). |14.
+ |
+ (Metṛara). 352. |
+ |
+ (Ouad Mançour). 325. |
+ |
+ (Ouad Za). 250. 251. 252. 379. 380. 381. 390. 449. |20. 21.
+ |
+ (Ouarzazât). 280. 402. |
+ |
+ (Seketâna). 329. |
+ |
+ (Tazenakht). 281. |
+ |
+ (Todṛa). 220. 221. 222. 223. 265. 272. 273. 355. |16. 21.
+ 356. 357. 358. 359. 360. 361. 362. 364. 403. 414. 415. 450. |
+ |
+ (Zagmouzen). 327. 402. |
+ |
+ el Ḥad. 327. 332. 402. |
+ |
+ Ibousas (Mezgîṭa). 287. |8. 15.
+ |
+ n Imakkeren. 85. |7.
+ |
+ Izknasen. 270. |15.
+ |
+ el Mrabṭin. 334. |
+ |
+ ou Selîman. 182. 184. 439. |12.
+ |
+ n Ouzenag. 302. |
+ |
+ n Tilles. 302. |
+ |
+ Taqqat. 101. 286. 294. |
+ |
+ Taqqat Nezala. 354. |
+ |
+ Taqṭrant. 332. |
+ |
+ Tarea. 268. 285. 286. 287. 295. |8.
+ |
+ Tareddout. 281. |
+ |
+ Targa (Qçar es Souq). 351. 352. |
+ |
+ Aït Iraṭ. 337. |
+ |
+ n Mimoun. 327. |
+ |
+ Targanada. 276. 403. |
+ |
+ Targant. 307. 308. 309. |
+ |
+ Targant Ida ou Gerṭ. 186. 187. |13. 21.
+ |
+ n Ououdmim. 183. |12. 21.
+ |
+ Tarḥamt. 263. |
+ |
+ Taria (désert). 284. |
+ |
+ Aït Ạli ou Moḥa. 272. |
+ |
+ Aït Ạmer. 272. |
+ |
+ Aït Meraou. 275. |
+ |
+ ạla sagia Imeṛrân. 272. |
+ |
+ Ben Sekri. 272. |
+ |
+ Ilemsan. 356. |16.
+ |
+ Tarir n Imiṭeṛ. |15.
+ |
+ Tarjijt. 318. |
+ |
+ Tarkeddit. 99. 274. 277. |21.
+ |
+ Tarmast. 287. |
+ |
+ Tarmoucht. 270. |15.
+ |
+ Tarneouin. 322. |
+ |
+ Tarokht. 285. |
+ |
+ Taroudant. 22. 99. 100. 192. 193. 199. 313. 329. 331. 332. |14. 21.
+ 333. 334. 335. 340. 402. |
+ |
+ Tarouni. 301. |
+ |
+ Tarourt. 295. |
+ |
+ Tarq. 353. |
+ |
+ Tarribant. 347. 348. |
+ |
+ Tarza. 227. |16. 17.
+ |21.
+ |
+ Taṛeroucht. 325. |
+ |
+ Taṛilast. 278. |
+ |
+ Taṛla. 171. 172. 173. 309. 310. 438. |10.
+ |
+ Taṛlemt. 330. |
+ |
+ Taṛramt. 280. |
+ |
+ Taṛrat. 322. |
+ |
+ Taṛrelil. 403. |
+ |
+ Taṛrout (Mezgîṭa). 286. 287. |
+ |
+ (col). 99. |
+ |
+ Taṛzout (Ouad Aït Semmeg). 328. |
+ |
+ (Qçâbi ech Cheurfa). 369. |
+ |
+ (Qçar es Souq). 351. |
+ |
+ (Ternata). 291. 296. |
+ |
+ Imeṛrân. 269. 273. |
+ |
+ Tasdmit. 340. |
+ |
+ Tasdṛemt (Aït Ououlouz). 328. 330. 332. 335. |
+ |
+ Taselmant. 106. 277. |
+ |
+ Taserga. 327. |
+ |
+ Taserlit. 330. 331. |
+ |
+ Tasga. 278. |
+ |
+ Tasgedlt. 93. 94. |8.
+ |
+ Tasgelt. |11. 12.
+ |
+ Tasḥmoumt. 330. |
+ |
+ Tasiset. 348. |
+ |
+ Taskoukt. 93. 94. 278. 402. |
+ |
+ Tasla Aït Brahim. 106. 206. 208. 285. 295. |8. 21.
+ |
+ Tasminert. 296. |
+ |
+ Tasoult. 321. |
+ |
+ Tasremout. 401. |
+ |
+ Tasṛekht. 279. |
+ |
+ Tasṛent. 328. |
+ |
+ Tasṛirt. 281. 282. 305. 306. 328. 336. 337. |9.
+ |
+ Tassellount. 401. |
+ |
+ Tassoumat. 330. 331. 334. |
+ |
+ Tassourt. 287. |8.
+ |
+ Tastift (Ouad El Qabia). 301. |
+ |
+ (Ouad Zagmouzen). 327. |
+ |
+ Tatta (oasis). 22. 35. 91. 120. 121. 126. 127. 128. 130. |10. 21.
+ 132. 135. 137. 138. 141. 142. 143. 144. 145. 148. 150. 151. |
+ 153. 154. 156. 158. 160. 168. 170. 171. 173. 174. 180. 193. |
+ 256. 293. 297. 298. 302. 308. 309. 310. 311. 312. 315. 318. |
+ 319. 320. 337. 338. 340. 343. 400. 403. 432. 433. 434. 435. |
+ 436. |
+ |
+ (kheneg). 151. 161. |10.
+ |
+ Tatteouin. 376. 377. |
+ |
+ Tâza. 19. 25. 26. 29. 30. 31. 32. 33. 35. 38. 60. 64. 241. |4. 21.
+ 249. 375. 376. 378. 379. 385. 387. 390. 395. 401. 406. 415. |
+ 421. 422. 450. |
+ |
+ Tazalaṛt (Ilalen). 340. |
+ |
+ (Ouad Nezala). 354. |
+ |
+ Tazarin (district). 22. 288. 362. 363. 364. |
+ |
+ (Aït Iaḥia). 353. |
+ |
+ (Ouad Zagmouzen). 327. |
+ |
+ Tazdeṛt Fouqani. 327. |
+ |
+ Taḥtani. 327. |
+ |
+ Tazeggert. 279. |
+ |
+ Tazenag. 106. |
+ |
+ Tazenagt (Metṛara). 352. |
+ |
+ Tazenakht (district). 106. 281. |8. 9.
+ |
+ (village). 22. 62. 81. 92. 96. 103. 105. 106. 107.|8. 21.
+ 108. 109. 110. 111. 113. 114. 124. 135. 138. 171. 181. 196. |
+ 199. 202. 203. 205. 206. 216. 280. 281. 284. 285. 288. 300. |
+ 301. 304. 327. 336. 395. 400. 403. 409. 410. 413. 414. 415. |
+ 430. 431. 432. 443. 444. 445. 450. |
+ |
+ (Ouad Dra). 296. |
+ |
+ Tazentout. 89. 94. 277. |8.
+ |
+ Tazeroualt (district du Sahel). 70. 107. 168. 293. 316. 341.|
+ 342. 343. 344. 345. 400. 402. |
+ |
+ (village). |6.
+ |
+ Tazga (Imadiden). 329. |
+ |
+ Asdṛem. 283. |
+ |
+ Tazgelt. 340. |
+ |
+ Taziat. 359. |
+ |
+ Tazioukt. 335. |
+ |
+ Tazleft. 277. 278. 402. |8.
+ |
+ Taznout (Tisint). 120. 121. 320. |9.
+ |
+ (désert). 306. |
+ |
+ Tazouli. 306. 307. 320. |
+ |
+ Tazoulit. 311. |
+ |
+ Tazoult (Imskal). 329. |
+ |
+ (Ouad Aït Tameldou). 324. |
+ |
+ (Ouad Amzarou). 325. |
+ |
+ (Tatta). 310. |10.
+ |
+ (Zenâga). 282. 283. |9.
+ |
+ Tazouqa. 351. |17.
+ |
+ Tazrouft. 353. 354. |
+ |
+ Tazrout (Aït Ouaṛrda). 281. |
+ |
+ (Ouarzazât). 280. |
+ |
+ (Tazenakht). 281. |8.
+ |
+ (Fezouâta). 293. |
+ |
+ Fouqania (Imgoun). 275. |
+ |
+ Taḥtania (Imgoun). 275. |
+ |
+ Timeloukka. 161. |9.
+ |
+ Taztout el Qaḍi. |5.
+ |
+ n Saṛro. |15.
+ |
+ Teççaïout. 93. 277. 278. |8.
+ |
+ Teççaouit. 376. |
+ |
+ Teççaout Aït Mazzen. |7.
+ |
+ Teddref. 326. 336. |
+ |
+ Tefraout (mont). |7.
+ |
+ (désert). |8.
+ |
+ Tegafeït (Ouad Za). 379. 380. 381. |
+ |
+ Telouet (district). 70. 81. 85. 86. 94. 107. 108. 109. 266. |7. 21.
+ 276. 278. 280. 284. 326. 327. 336. 402. |
+ |
+ (col). 82. 84. 85. 95. 96. 99. 233. |7. 21.
+ |
+ Telṛemt (col). 28. 99. 147. 228. 231. 232. 233. 234. 326. |17. 21.
+ 373. |
+ |
+ Temdaouzgez. 112. 282. 302. 304. |9.
+ |
+ Temgissin. 303. |
+ |
+ Temouddat. 281. |
+ |
+ Temsasar. 281. |
+ |
+ Temraṛerin. |9.
+ |
+ Tenîn Aït Bou Bekr. 335. |
+ |
+ Aït Iaḥia ou Ọtman. 360. |
+ |
+ Aït Sin. 328. |
+ |
+ Aït Touf el Ạzz. 178. 341. |11.
+ |
+ Aqdim. 348. |
+ |
+ El Ạroumiat. 292. |
+ |
+ Ida ou Mḥammed. 183. |12. 21.
+ |
+ Ilougaïm. 341. |
+ |
+ Kerarma. 250. 252. 381. |20.
+ |
+ Oulad eṭ Ṭeïma. 191. |12.
+ |
+ Qaçba Qedîma. 352. |
+ |
+ Rebaṭ. 290. |
+ |
+ Sidi Bou Ạbd Allah. 352. |
+ |
+ Smira. 302. |
+ |
+ Taourirt el Ḥad. 328. |
+ |
+ Telouet. 81. |
+ |
+ Timdouin. 335. |
+ |
+ Tinṛir. 224. 356. |16.
+ |
+ Todṛa. v. Tenîn Tinṛir. |
+ |
+ Touf el Ạzz. 178. 341. |11. 21.
+ |
+ ez Za. v. Tenîn Kerarma. |
+ |
+ Zaouïa Sidi Bou Qil. 349. |
+ |
+ Tenmasla. 280. 284. 402. |
+ |
+ Terboula. 267. |
+ |
+ Terga. 282. |9.
+ |
+ Ternata. 158. 159. 210. 212. 285. 286. 289. 290. 292. 293. |
+ 303. 363. 403. |
+ |
+ Terrats. 18. 20. 26. 37. 39. |3. 21.
+ |
+ Tertara. |5.
+ |
+ Teṛrisin. 267. |
+ |
+ Tesakoust. 279. 284. 336. |
+ |
+ Tesaouant. 207. 276. 284. 285. 287. 289. 290. 291. 293. 294.|8. 21.
+ 295. 297. 304. 444. |
+ |
+ Tesatift. 305. 306. 307. 310. |9.
+ |
+ Tesfrout. 100. |
+ |
+ Tesla Aït Brahim. v. Tasla Aït Brahim. |
+ |
+ Tétouan (ville). 1. 3. 4. 5. 6. 7. 9. 10. 11. 13. 15. 22. |1. 21.
+ 23. 24. 25. 26. 34. 70. 405. 406. 415. 417. 418. 419. 450. |
+ |
+ (province). 4. 15. |
+ |
+ Teza (mont). 99. |
+ |
+ Tezzart. 332. |
+ |
+ Ti n Iargouten. 338. |
+ |
+ n Iourkan. 362. 364. |
+ |
+ Tiallalin (district). 228. 229. 230. 232. 233. 236. 347. |17. 21.
+ 349. 350. 365. 403. 446. 447. |
+ |
+ (plaine). 229. 231. |17. 21.
+ |
+ Tichgach. |11.
+ |
+ Tichka. 95. 96. 99. 278. |7. 21.
+ |
+ Tichki. 325. |
+ |
+ Tiddes. 325. |
+ |
+ Tidgar. 176. 314. 438. |11.
+ |
+ Tidili (district sur l’Ouad Imini). 278. 279. 280. 402. |
+ |
+ (mont). 95. 96. 278. |7. 21.
+ |
+ Tidirmit. 323. |
+ |
+ Tidnes. 334. |
+ |
+ Tidrest. 274. |
+ |
+ Tidsi (district). 339. 340. |
+ |
+ (village du Tidsi). 339. 340. |
+ |
+ (Ternata). 291. |
+ |
+ Tifergin. 327. |
+ |
+ Tifernin (mont). 206. 207. |8.
+ |
+ (col). 100. 207. |8. 21.
+ |
+ (désert). 284. |
+ |
+ Tiferoui. 277. |7.
+ |
+ Tiffitra. 354. |17.
+ |
+ Tiffoultout. 280. |
+ |
+ Tifirt n Zarakten. |7.
+ |
+ Tiflit (Ouad Iserki). 274. |
+ |
+ (Ouad Sous). 330. |
+ |
+ Tifourt (Zagmouzen). 327. |
+ |
+ (Seketâna. v. Tizi). 329. |
+ |
+ Tifrest. 311. |
+ |
+ Tigemmi Djedid. 280. 402. |
+ |
+ n Talaṛt. 330. |
+ |
+ Tazouggaṛt Aït El Ḥaseïn. 273. |
+ |
+ Tigert. 277. |7. 8.
+ |
+ Tiggint. 290. |
+ |
+ Tigider. 330. 331. |
+ |
+ Tigiselt. 143. 309. 310. 320. |10.
+ |
+ Tigit (Mezgîṭa). 287. |
+ |
+ Aït b Oulman. 291. 292. |
+ |
+ Oulad Chạouf. 291. |
+ |
+ Tigouramin. 337. |
+ |
+ Tigzit. 337. |
+ |
+ Tigzmert. 311. |
+ |
+ Tiidrin (Amtrous). 358. |
+ |
+ Tiidrin (Todṛa). 222. 355. |16.
+ |
+ Tiiggan. 150. 309. 310. 317. 338. |10.
+ |
+ Tiiggan Qedîm. 145. |10.
+ |
+ Tiilit. 215. 216. 217. 270. 275. 361. 362. 399. 403. 414. |15. 21.
+ 445. 446. |
+ |
+ Tiissaf. 244. 374. 384. |19. 21.
+ |
+ Tiiti. 143. 158. 171. 309. 310. 311. 315. 320. |10.
+ |
+ Tikirt. 88. 89. 92. 93. 94. 95. 103. 108. 110. 274. 277. |8. 21.
+ 278. 279. 280. 284. 399. 402. 408. 409. 415. 428. 429. 430. |
+ 450. |
+ |
+ Tikoutamin. 377. 382. |
+ |
+ Tikoutar. 355. |
+ |
+ Tikhfar. 266. |
+ |
+ Tilioua. 329. |
+ |
+ Tillougit. 260. |
+ |
+ Tilmiouin. 270. |15.
+ |
+ Tilouin (Ouad Todṛa). 226. 227. 357. |16. 21.
+ |
+ Aït Isfoul. 338. |16.
+ |
+ Tilqit. 211. 322. |
+ |
+ Tilsekht. 282. |
+ |
+ Tilziṛ (qçar). 284. |
+ |
+ (désert). 284. |
+ |
+ Timasinin (Imskal). 329. 402. |
+ |
+ (désert). 276. |
+ |
+ Timaṭṛeouin Ignaouen. 219. 220. 221. 265. 357. 358. 361. |15. 16.
+ 364. |
+ |
+ Timbouktou. 123. 126. 127. 154. 156. 157. 169. 188. 346. |
+ 362. |
+ |
+ Timdouin. 332. 333. 334. 335. 402. |
+ |
+ Timekkit. |10. 21.
+ |
+ Timellilt (Ouad Iounil). 277. |7.
+ |
+ (Ouad Zagmouzen). 327. |
+ |
+ Timeloukka. |9.
+ |
+ Timersit. 329. 402. |
+ |
+ Timesla. 289. 290. 296. 303. 403. |
+ |
+ Timezgiḍa n Izrar. 332. |
+ |
+ Timgdal. 325. |
+ |
+ Timi Ourṛt. 266. |
+ |
+ Timicha (Imeṛrân). 276. 403. |
+ |
+ Timichcha (Aït Iaḥia). 215. 271. 445. |15. 21.
+ |
+ (Ouad Aït Semmeg). 328. |
+ |
+ Timicht. 327. 328. |
+ |
+ Timidert. 287. |8. 15.
+ |
+ Timikert (Ida ou Tift). 330. 331. |
+ |
+ Timikirt (désert). 280. 281. |
+ |
+ Timiṭeṛ (Ouad Mançour). 325. |
+ |
+ (Ouad Tifnout). 322. 323. 324. |
+ |
+ Timjdout. 278. 279. 402. |
+ |
+ Timjijt. 282. |8. 9.
+ |
+ Timkist. 278. |
+ |
+ Timmi. 153. |
+ |
+ Timoula. 358. |
+ |
+ Timountout Fouqia. 278. |
+ |
+ Taḥtia. 278. |
+ |
+ Timoures. 325. |
+ |
+ Timṛart. 120. |9.
+ |
+ Timṛirt. 350. |17.
+ |
+ Timsal. 277. 402. |
+ |
+ Timskalt. 290. 296. |
+ |
+ Timstiggit. 275. |
+ |
+ Timtedit. 274. |
+ |
+ Timtig. 292. 293. |
+ |
+ Timzgit. 359. |
+ |
+ Timzourin. 351. |17.
+ |
+ Timzourit. 305. |
+ |
+ Timzrit. 278. 402. |
+ |
+ Tindouf. 70. 126. 128. 144. 145. 152. 155. 157. 182. 188. |
+ 297. 316. |
+ |
+ Tindout. 276. 403. |
+ |
+ Tinegdid. 291. |
+ |
+ Tinegza. 290. |
+ |
+ Tinfat. 306. 328. 329. 336. |
+ |
+ Tinfou. 293. |
+ |
+ Tingaï. 299. 300. 302. 307. |
+ |
+ Tingbit. 351. |
+ |
+ Tiniṛil. 211. 287. 296. |
+ |
+ Tinksif. 322. 328. |
+ |
+ Tinmekkoul. 321. 322. 327. 328. 329. 330. 332. 333. 337. |
+ |
+ Tinnikt. 330. 332. |
+ |
+ Tinṛir. 272. 273. 355. 356. 357. 359. 360. 403. |16. 21.
+ |
+ Tintazart. 141. 142. 143. 144. 145. 146. 148. 150. 152. 153.|10. 21.
+ 155. 158. 160. 164. 168. 297. 299. 310. 319. 320. 338. 403. |
+ 410. 411. 415. 433. 434. 435. 450. |
+ |
+ Tinzalin. 283. |
+ |
+ Tinzats. |20.
+ |
+ Tinzer. 321. 322. |
+ |
+ Tinzert (Id ou Illoun). 326. |14.
+ |
+ (Menâba). 331. 332. 334. 402. |
+ |
+ Tinzoulin. 22. 159. 160. 163. 164. 165. 210. 211. 212. 285. |11.
+ 286. 288. 289. 290. 292. 303. 304. 403. |
+ |
+ Tiouaïourt. |
+ |
+ Tiouanin. 360. |
+ |
+ Tiouant (district). 374. 378. |
+ |
+ (mont). 378. |
+ |
+ Tiouiin. 282. |7.
+ |
+ Tiourassin. 89. 277. |
+ |
+ Tiourza. 330. |
+ |
+ Tiout. 333. |
+ |
+ Tiouzzagin. 364. 365. |
+ |
+ Tir. 330. 332. |
+ |
+ Tirdouin. 356. |
+ |
+ Tirest. 327. |
+ |
+ Tirezdet. 348. |14.
+ |
+ Tirga. |15.
+ |
+ Tirigiout. 271. |
+ |
+ Tirikiou. 329. 337. |11.
+ |
+ Tirikht. |14.
+ |
+ Tirit. |
+ |
+ Tirkt. 331. 332. |19. 21.
+ |
+ Tirnest (groupe de qçars). 374. 384. |
+ |
+ (mont). 383. |
+ |
+ Tirza (Ouad Beni Mesri). 365. |
+ |
+ (Ouad Iounil). 277. |
+ |
+ Tiṛfert. 356. |
+ |
+ Tiṛilasin (Gers). 349. |
+ |
+ Qedîm. 349. |
+ |
+ Tiṛiourin. 351. |
+ |
+ Tiṛmert. 318. |
+ |
+ Tiṛrematin Aït n Aglou. 272. |
+ |
+ Aït Ạïssa ou Brahim. 356. |16.
+ |
+ Igelmouz. 276. |
+ |
+ Tiṛremt (Ouad El Qabia). 301. 403. |
+ |
+ (El Qçâbi. Tatta). 311. |
+ |
+ (Tatta). 311. 320. |
+ |
+ (Todṛa). 222. 355. |16.
+ |
+ Aït Assa. 273. |
+ |
+ Aït Ạbd Allah. 273. 274. |
+ |
+ Aït Ạli ou Iaḥia. 270. |15.
+ |
+ Aït b ou Iknifen. 356. |
+ |
+ Aït Brahim. 272. 273. |
+ |
+ Aït Ḥaddou ou Ạmr. 273. |
+ |
+ Aït El Ḥasen (Aït Iaḥia). 271. |
+ |
+ Aït Ḥasen ou Daoud. |8. 15.
+ |
+ Aït Ḥeddou. 272. |
+ |
+ Aït Ḥeddou ou Sạïd. 272. |
+ |
+ Aït Iạzza. 356. |16.
+ |
+ Aït Iddi Ikniouin. 273. |
+ |
+ Aït Kelb ou Ouchchen. 273. |
+ |
+ Aït el Mạllem. 272. |
+ |
+ Aït Merset. 270. |15.
+ |
+ Aït Mezber. 270. |15.
+ |
+ Aït Moḥammed. 273. |
+ |
+ Aït ou Ạggoun. 273. |
+ |
+ Aït ou Ben Ạli. 272. |
+ |
+ Aït Oujjin. |8. 15.
+ |
+ Aït Sidi Ạli. 272. |
+ |
+ Aït Temoudout. 272. 273. |
+ |
+ Azarif. 273. |
+ |
+ Ạaraben. 273. |
+ |
+ Ạli d Aït El Ḥasen. 212. 445. |8. 15.
+ |
+ Ạli Ḥeddou. 272. |
+ |
+ Ben Zizi. 272. |
+ |
+ Bou Ouchchan. 273. |
+ |
+ Bou Tezouerin. 273. |
+ |
+ Fouqania. 356. |
+ |
+ Ḥamed. 270. |15.
+ |
+ Ḥammou d Aït Ạli. 273. |
+ |
+ Ioub. 272. |
+ |
+ El Ḥasen d Aït Isso. 273. |
+ |
+ Ḥeddou Nzaha (d Aït Isso). 272. |
+ |
+ Ibaraḥen. 272. |
+ |
+ Ibaraḥen Taḥtia. 272. |
+ |
+ Iderdar. 273. |
+ |
+ Idir Aït Temoudout. 273. |
+ |
+ Ifertioun. 271. |
+ |
+ Imi n Ichil. 273. |
+ |
+ Isso ou Ḥamed. 272. |
+ |
+ Isso ou Mḥammed. 272. |
+ |
+ Issoun ben Touda. 272. |
+ |
+ Izeggaren. 273. |
+ |
+ Izouralen Aït Ḥammou. 275. 403. |
+ |
+ Moulei Es Sṛir. 273. |
+ |
+ Ou Tmakecht. 273. |
+ |
+ Ouazen. 271. |
+ |
+ Ousfia. 272. |
+ |
+ Qasi. 270. |15.
+ |
+ Sạïd d Aït Lalla. 273. |
+ |
+ Taḥtania. 356. |
+ |
+ Taria ạla sagia Imeṛrân. 272. |
+ |
+ Tiṛrist. 267. |
+ |
+ Tiṛzert. 291. |
+ |
+ Tisana. 377. |
+ |
+ Tisenna s Amin. 200. 307. 308. 309. |10.
+ |
+ Tisergat (Mezgîṭa). |8. 15.
+ |
+ Tisergat (Ternata). 291. 292. |
+ |
+ Tisfrioui. 306. 307. 309. |
+ |
+ Tisgedlt (Metṛara). 352. |
+ |
+ (Qçar es Souq). 351. |
+ |
+ Tisgin (tribu). 401. |
+ |
+ (village). 401. |
+ |
+ Tisili. 284. |
+ |
+ Tisint (oasis). 22. 35. 81. 91. 96. 100. 110. 113. 114. 115.|9. 21.
+ 117. 119. 120. 121. 122. 123. 125. 126. 127. 128. 130. 132. |
+ 134. 137. 138. 139. 141. 142. 145. 146. 148. 151. 152. 154. |
+ 156. 158. 159. 161. 164. 165. 166. 168. 170. 171. 174. 181. |
+ 184. 188. 193. 196. 200. 201. 202. 256. 285. 293. 298. 299. |
+ 301. 302. 303. 304. 305. 306. 307. 308. 315. 317. 318. 319. |
+ 320. 339. 432. 433. 436. 437. 438. 442. 443. 444. |
+ |
+ (kheneg). 117. 137. 138. 304. 306. 316. |9.
+ |
+ Tiskmoudin. 140. |9. 10.
+ |
+ Tislit Aït Tigdi Ouchchen. 105. 106. 206. 283. |8. 21.
+ |
+ Tammasin. 283. 284. |
+ |
+ Tisoukennatin. 401. |
+ |
+ Tisreïn. 379. 380. |
+ |
+ Tissouit. 376. |
+ |
+ Tit n Ạli. 364. 403. |
+ |
+ Titouga. 336. |
+ |
+ Titoula Fouqia. 83. 84. |7.
+ |
+ Taḥtia. 83. |7.
+ |
+ Tittal. 324. 336. |
+ |
+ Tizeggarin. 358. |
+ |
+ Tizert. 313. 314. |
+ |
+ Tizgelt. |11.
+ |
+ Tizgi (Mezgîṭa). 286. 287. |
+ |
+ (Ouad Iounil. District). 87. 91. 92. 277. 280. 402. |7. 21.
+ |
+ (Ouad Iounil. Village). 87. 88. 89. 274. 277. 402. |7.
+ 429. |
+ |
+ (Ouad Tizgi). 325. |
+ |
+ (Seketâna). 329. 337. |
+ |
+ (Todṛa). 355. 356. 359. |
+ |
+ n Gerrama. 364. 403. |
+ |
+ el Ḥaraṭîn. 138. 152. 314. 315. 317. 318. |
+ |
+ Ida ou Baloul. 171. 173. 174. 175. 181. 182. 312. 313.|11. 21.
+ 318. 438. |
+ |
+ Iṛiren. 315. |
+ |
+ n Mousi. 324. |
+ |
+ n Ouḥakki. 325. |
+ |
+ n Ouzalim. 278. |
+ |
+ es Selam. 152. |
+ |
+ n Taqqaïn. 321. 322. |
+ |
+ Tizgzaouin. 92. 94. 106. 277. 278. |8.
+ |
+ Tizi (Aït Ạmer). 282. |
+ |
+ Agni. 100. 114. 115. 116. 202. 282. 285. 304. |9. 21.
+ |
+ Aït Imi. 99. 261. 277. |21.
+ |
+ n Amzoug. 99. 277. |21.
+ |
+ Aqqa. 151. |10.
+ |
+ Azrar. 100. 196. 197. 199. 308. |10. 21.
+ |
+ n Baroukh. 285. |
+ |
+ n Dra. 364. |
+ |
+ n Glaoui. 28. 62. 80. 82. 84. 95. 96. 98. 99. 233. 266.|7. 21.
+ |
+ n Glouli (village). 338. |
+ |
+ n Haroun. 100. 202. 204. 285. 305. |9. 21.
+ |
+ el Ḥad. |11. 12.
+ |
+ Iberqaqen. 100. 177. |11. 21.
+ |
+ n Idikel (village). 338. |
+ |
+ Igidi. 161. |9.
+ |
+ n Isekfan (qçar). 288. |8. 15.
+ |
+ Izouṛar. 260. 267. |
+ |
+ n Omrad. 207. |8.
+ |
+ Ou Rijimt. 99. 277. |21.
+ |
+ Ouaouizert. 68. 100. |6. 21.
+ |
+ n Ougdour. 279. 324. 336. |
+ |
+ n Ouichdan. 99. |
+ |
+ n Ououlli. |17.
+ |
+ n Sous. 333. 334. 338. |
+ |
+ n Taddart. 276. |
+ |
+ n Tamanat. 95. 96. 99. |7. 21.
+ |
+ n Tamejjout. 99. 323. 338. |
+ |
+ Tanamrout. 172. 173. |11.
+ |
+ n Tanslemt. 99. |
+ |
+ n Tarkeddit. 99. 277. |21.
+ |
+ Taṛrout. 99. |
+ |
+ n Telouet. 82. 84. 85. 95. 96. 99. 233. |7. 21.
+ |
+ n Telṛemt. 28. 99. 147. 228. 231. 232. 233. 234. 236. |17. 21.
+ 373. |
+ |
+ n Terboula. 267. |
+ |
+ n Teṛrisin. 267. |
+ |
+ n Tichka. 95. 96. 99. 278. |7. 21.
+ |
+ Tifernin. 100. 207. |8. 21.
+ |
+ n Tifourt. 329. |
+ |
+ n Tiṛrist. 267. |
+ |
+ n Tzgert. 142. 338. |10.
+ |
+ Ṭriq Iṛil n Oïṭṭôb. 100. |8. 15.
+ |21.
+ |
+ Tizimi. 227. 347. 353. 403. |
+ |
+ Tizimout. |6. 21.
+ |
+ Tiznit. 344. 345. |
+ |
+ Tizounin. 126. 135. 152. 182. 314. 315. 317. |10. 21.
+ |
+ Tizourin. 321. |
+ |
+ Tizza (ruisseau). v. Chạba. |
+ |
+ Tlâta Afra. 145. |
+ |
+ Aït Ạïad. 265. |
+ |
+ Aït Ioub. 334. |14. 21.
+ |
+ Aït ou Alil. 350. |
+ |
+ Aït Toufaout. 341. |
+ |
+ Erḥal. 151. 152. |
+ |
+ Hiaïna. 35. 36. 43. |4. 21.
+ |
+ Ḥafaïa. 191. |
+ |
+ Imgoun. 275. |
+ |
+ Ksima. 184. |12.
+ |
+ Menâba. 334. |14. 21.
+ |
+ Mentaga. 335. |
+ |
+ Ouizzân. 342. |
+ |
+ Oulad Ḥamid. 385. |
+ |
+ Sidi Mellouk. 255. |
+ |
+ Tabia. 324. |
+ |
+ Tanzmout. 289. |
+ |
+ ez Zemmour. 42. 43. 424. |3. 21.
+ |
+ Tleḥa. 295. |
+ |
+ Tlemkaïa. 335. 337. |
+ |
+ Tlemsen (Algérie). 28. 32. 97. 101. 249. 250. 255. 258. 401.|21.
+ |
+ (Ouad Bou Igouldan). 279. |
+ |
+ Tlit. 106. 113. 302. 303. 304. |
+ |
+ Tloussa. 330. 331. |
+ |
+ Tlzoui. 325. |
+ |
+ Todṛa (oasis). 21. 22. 70. 78. 99. 188. 211. 214. 216. 217. |16. 21.
+ 218. 219. 220. 221. 222. 223. 224. 228. 239. 242. 265. 267. |
+ 354. 355. 357. 358. 361. 363. 364. 403. 445. 446. |
+ |
+ (tribu). 354. 355. 356. |
+ |
+ proprement dit. 221. 354. 355. |16.
+ |
+ Torch. 261. |
+ |
+ Toṛora. 277. |7.
+ |
+ Touat. 35. 123. 154. |
+ |
+ Toudma. 283. |
+ |
+ Touf el Ạzz (fraction). 340. |11.
+ |
+ (village). 178. 341. |11. 21.
+ |
+ Toufasour. 308. |
+ |
+ Toug el Khîr (Genṭafa). 337. |
+ |
+ (Iberqaqen). 176. |11.
+ |
+ (Iouzioun). 322. |
+ |
+ Taḥtani. 322. |
+ |
+ Toug er Riḥ. 142. 143. 144. 145. 153. 155. 158. 308. 310. |10.
+ 311. 320. 435. 436. |
+ |
+ Tougdin. 306. |
+ |
+ Touggour (village isolé). 242. 367. 369. 376. 378. |18.
+ |
+ (Ouṭat Oulad el Ḥadj). 371. |
+ |
+ Toukhribin. 337. |
+ |
+ Toulal. 364. |
+ |
+ Toulgdit. 347. 348. |
+ |
+ Toullist. 353. 354. |
+ |
+ Touloua. 335. 402. |
+ |
+ Toumjoujt. 278. |
+ |
+ Toumlilin. 358. |
+ |
+ Tounfid. 363. |
+ |
+ Touroug. 357. 358. 361. 363. |
+ |
+ Tourtit. 279. 284. 402. |
+ |
+ Tourza (Ṛeris). 360. |
+ |
+ Aït Sekri. 274. 275. 276. |
+ |
+ Trit. 128. 139. 299. 305. 306. 307. 308. 310. 316. 320. 340.|9.
+ 343. 436. |
+ |
+ Tsabit. 153. |
+ |
+ Tselfat. 16. |2. 21.
+ |
+ Tsoul. 25. 33. 387. |4. 21.
+ |
+ Tsouqt. 99. 100. 235. 383. |18. 21.
+ |
+ Tzgert. 142. 338. |10.
+ |
+ Ṭ |
+ |
+ Ṭaddart (Imadiden). 329. |
+ |
+ Ṭaddart n Oumira. 361. |
+ |
+ Ṭalạt n Tarfaqt. |13.
+ |
+ Ṭegaga. 15. |1. 2. 21.
+ |
+ Ṭerf eḍ Ḍel. 302. |
+ |
+ Eṭ Ṭeurfa. 140. 141. 147. 154. 307. 308. |10. 21.
+ |
+ Ṭiba Maṛnia. 299. |
+ |
+ Ṭitaf. 352. |
+ |
+ Ṭoual. 243. 384. |
+ |
+ Ṭriq Anfoug. 211. |
+ |
+ Aqqa. 267. |
+ |
+ Idili. 200. |
+ |
+ Iṛil n Oïṭṭôb. 100. 211. |8. 15.
+ |21.
+ |
+ Izilal. 267. |
+ |
+ Tafrout. 267. |
+ |
+ Tagzart. 211. |
+ |
+ Tilqit. 211. |
+ |
+ |
+ Z |
+ |
+ Za. 250. 252. 254. 367. 369. 372. 379. 391. |20.
+ |
+ Zagmouzen. 306. 319. 327. 328. 329. 402. |
+ |
+ Zaïan. 10. 19. 21. 44. 45. 46. 47. 48. 49. 65. 66. 67. 90. |5.
+ 101. 191. 259. 263. 264. 265. 266. 381. 401. |
+ |
+ Zalaṛ. 18. 20. 37. 39. |3. 4. 21.
+ |
+ Zania. 261. |
+ |
+ Ez Zaouïa (Aït el Ḥazen). |14.
+ |
+ (Aqqa). 120. 151. 312. |10.
+ |
+ (Assaka). |7.
+ |
+ (Mlouïa). 367. 369. |
+ |
+ (Ouad Zagmouzen). 327. |
+ |
+ (Tammasin). 283. |
+ |
+ (Tatta). |10.
+ |
+ (Tazeroualt). 342. 343. |
+ |
+ (Tidsi). 340. |
+ |
+ (Tisint). 117. 121. 128. 160. 166. 184. 316. 320. |9.
+ 339. |
+ |
+ (Tizgi). |7.
+ |
+ Zaouïa Agerd. 275. |
+ |
+ Aḥansal. 260. 264. 267. |
+ |
+ Aïnach. 295. 304. |
+ |
+ Aït Ben Nacer (Ferkla). 356. |
+ |
+ (Mezgîṭa). 287. |
+ |
+ (Tatta). 310. |
+ |
+ Aït Bou Ạmran. 270. |15. 21.
+ |
+ Aït Bou Bekr. 270. |15.
+ |
+ Aït Haroun Isaffen. 314. |11.
+ |
+ Aït El Miskin. 356. |16.
+ |
+ Aït Ouaham. 260. 267. |
+ |
+ Aït El Ṛouadi. 66. |
+ |
+ Aït Sidi Ạli ou Ḥaseïn. 260. |
+ |
+ Aït Sidi El Boṛdad. 270. |15.
+ |
+ Aït Sidi El Ḥoseïn. v. Zaouïa S. El Ḥoseïn. |
+ |
+ Aït Sidi Mouloud. 271. |
+ |
+ Aït Zerrouq. 276. |
+ |
+ Alonzi. 260. |
+ |
+ Amadaṛ. 290. 296. |
+ |
+ Ankhessa. 278. |
+ |
+ Anoual. 373. 384. 390. |
+ |
+ Ạmer ou Ạbd er Raḥman. 291. |
+ |
+ el Baraka. 291. 292. 296. |
+ |
+ Ben Abbou. 331. 332. |14.
+ |
+ el Berrania. 294. 295. |
+ |
+ Bou Felfoul. 277. 284. |
+ |
+ el Feggouç. 290. 291. 296. |
+ |
+ el Ferfar. 330. |
+ |
+ Fouqania Sidi Dris. |15.
+ |
+ el Ftaḥ. 291. 296. |
+ |
+ Griourin. 286. |
+ |
+ Igouramen (Aït Touaïa). 279. |
+ |
+ (Ouad Iounil. Assaka). 277. |7.
+ |
+ (Ouad Iounil. Tizgi). 277. |7.
+ |
+ Iḥezdamen. 355. |
+ |
+ El Kaouka. 264. |
+ |
+ El Maṭi. 153. |
+ |
+ Moulei Ạbd Allah. 352. |
+ |
+ Ạbd el Qader. 331. |
+ |
+ Ạbd er Raḥman. 33. 35. |4. 21.
+ |
+ Ạbd es Selam. |4. 21.
+ |
+ Ạli. 330. |
+ |
+ Bakkan. |1.
+ |
+ Edris (Fâs). 25. 389. |
+ |
+ (Zerhoun). 24. 25. |
+ |
+ Mrabṭin Sidi Ech Chergi. 287. |
+ |
+ Ouad Zfal. 271. |
+ |
+ Oulad Ioub. 291. |
+ |
+ Sidi Ạïssa. 264. |
+ |
+ Bel Qasem. 264. |
+ |
+ Ben Ạïada. 367. 369. 374. |
+ |
+ Bou Ạmran. 66. |
+ |
+ Bou Iạqob. 367. 368. 369. 376. |
+ |
+ el Ḥadj. 264. |
+ |
+ Ḥamed ben Ạbd eç Çadoq. 335. |16.
+ |
+ Ouzdiin. 284. |
+ |
+ Qeradma. 264. |
+ |
+ el Qlạa. 291. 292. 293. |
+ |
+ es Sagia. 287. |
+ |
+ Sidi Ạbd Allah ou Mḥind (A. Ạmer). 114. 282. |9.
+ |
+ (Tisint). 121. 160. 164. |
+ |
+ Ạbd Allah Oumbarek (Aqqa). 151. |
+ |
+ (Mrimima). 159. 166. 167. |9.
+ 303. |
+ |
+ Ạbd el Ạli (Qtaoua). 294. |
+ |
+ (Todṛa). 355. |
+ |
+ Ạbd el Ouaḥad. 371. |
+ |
+ Ạbd er Raḥman. v. Zaouïa Moulei Ạbd er Raḥman. |
+ |
+ Ạbd er Raḥman. (Tamessoult). 203. 305. |9.
+ |
+ Ạïad. |14.
+ |
+ Ạli ou Ạbd er Raḥman. 121. 303. |
+ |
+ Ạli ech Chergi. |8. 15.
+ |
+ Ben Nacer (Tamegrout). 292. 303. |
+ |
+ (Ternata). 291. |
+ |
+ Ben Sasi. 65. |
+ |
+ Blal. 301. |
+ |
+ Bou Bekr (Mezgîṭa). 286. |
+ |
+ Bou Nega. 336. |
+ |
+ Bou Nou. 293. |
+ |
+ Bou Qil. 348. 349. 363. |
+ |
+ Çaleḥ. 294. |
+ |
+ Dris (Aït Seddrât). 288. 296. |
+ |
+ (Dâdes). 211. 271. |15.
+ |
+ Felaḥ. 269. |
+ |
+ El Houari (Ferkla). |16.
+ |
+ (entre Ferkla et Ṛeris). 226. 361. |16.
+ |
+ el Ḥadj Ạmer. 355. |
+ |
+ Ḥamed (Aït Zaïneb). 278. |8.
+ |
+ Ḥamed ou Mousa. 160. 168. 169. 341. 342. 343. |
+ |
+ Ḥamza. 353. 354. 403. |
+ |
+ Ḥaseïn ou Mḥind. |13. 21.
+ |
+ El Ḥasen el Ioussi. 38. |
+ |
+ El Ḥoseïn (Tazeroualt). 341. 342. 343. |
+ |
+ (Zenâga). 282. |9.
+ |
+ Ious. 330. |
+ |
+ Merri. 302. |
+ |
+ Mḥind ou Iạqob. 331. |
+ |
+ Mḥind ou Ouchchen. 442. |13.
+ |
+ Moḥammed bel Qasem. 62. 63. |6.
+ |
+ Moḥammed ou Ạbd Allah. 287. |8. 15.
+ |
+ Moḥammed ou Iạqob. 198. 308. 309. |
+ |
+ Mouloud Fouqania. |15.
+ |
+ Mouloud Taḥtania. |15.
+ |
+ Ọtman. 280. 402. |
+ |
+ Oumbarek. 371. |
+ |
+ Reḥal. 22. 70. 79. 80. 81. 82. 99. 266. 401. |7. 21.
+ 408. 415. 428. 450. |
+ |
+ es Souq. 287. |8.
+ |
+ Tamkasselt. 288. |8. 15.
+ |
+ Tanziṭa. 291. |
+ |
+ Zarakten. 80. 82. 83. 96. 266. 401. |7. 21.
+ |
+ Zarar Ida Oultit. 341. 342. 402. |
+ |
+ Zạïr (tribu). 21. 46. 47. 49. 66. 67. 264. 401. |
+ |
+ (qçar). 297. 298. |
+ |
+ Zbar. 299. |
+ |
+ Zebzat. 373. 382. |
+ |
+ Zegoura. 293. 296. |
+ |
+ Zekak. 287. |
+ |
+ Zekkara (tribu). 389. |
+ |
+ (monts). 28. 101. 253. 257. 372. 381. 383. 388. 389.|20. 21.
+ |
+ Zemmour Chellaḥa. 19. 21. 40. 42. 43. 44. 45. 46. 47. 48. |3. 5. 21.
+ 49. 67. 401. |
+ |
+ Zemrân. 77. 79. 81. 401. |7. 21.
+ |
+ Zenâga. 22. 90. 91. 107. 108. 109. 110. 111. 112. 113. 114. |9. 21.
+ 115. 121. 126. 127. 134. 135. 170. 203. 204. 205. 280. 282. |
+ 303. 304. 305. 307. 308. 319. 400. 403. |
+ |
+ Zenata. 264. |
+ |
+ Zenba. 359. |
+ |
+ Zergan (Houara). 368. 385. |
+ |
+ (Ternata). 290. |
+ |
+ Zerhoun. 18. 21. 24. 25. 26. 38. 39. 40. 47. |
+ |
+ Zerrara. 360. |3. 21.
+ |
+ Zerzaïa. 367. 369. |
+ |
+ Zgiḍ (oasis). 135. 138. 161. 202. 290. 301. 302. 303. 304. |
+ 403. |
+ |
+ (kheneg). 161. 302. |9. 21.
+ |
+ Zida. 270. |
+ |
+ Zidania. 259. |
+ |
+ Ziz (district). 99. 347. 348. 349. 353. 363. |
+ |
+ Zizouan. 66. |
+ |
+ Zouaïa. 299. |
+ |
+ Zouaïr. 262. |
+ |
+ Zouaïzel. 161. |9.
+ |
+ Zouaoui. 287. |
+ |
+ Zrabia. 331. |
+ |
+ Zriouila. 373. 384. |
+ |
+ Zrorha. 146. 308. |10.
+ |
+
+ * * * * *
+
+
+
+
+ =TABLE DES MATIÈRES.=
+
+ * * * * *
+
+
+ Pages.
+
+ Rapport fait à la Société de Géographie de Paris par
+ M. Henri Duveyrier sur le voyage du Vicomte Charles de
+ Foucauld au Maroc VII
+
+ PREMIÈRE PARTIE.
+
+ =Voyage.=
+
+ AVANT-PROPOS XIII
+
+ I. De Tanger à Meknâs 1
+
+ II. De Meknâs à Qaçba Beni Mellal 42
+
+ III. De Qaçba Beni Mellal à Tikirt 68
+
+ IV. De Tikirt à Tisint 103
+
+ V. Séjour dans le Sahara 119
+
+ VI. De Tisint à Mogador 170
+
+ VII. De Mogador à Tisint 188
+
+ VIII. De Tisint au Dâdes 202
+
+ IX. Du Dâdes à Qçâbi ech Cheurfa 218
+
+ X. De Qçâbi ech Cheurfa à Lalla Maṛnia 238
+
+ SECONDE PARTIE.
+
+ =Renseignements.=
+
+ I. Bassin de l’Ouad Oumm er Rebiạ 259
+
+ II. Bassin de l’Ouad Dra 268
+
+ III. Bassin de l’Ouad Sous 321
+
+ IV. Sahel 339
+
+ V. Bassin de l’Ouad Ziz 347
+
+ VI. Bassin de l’Ouad Mlouïa 366
+
+ APPENDICE.
+
+ Les Israélites au Maroc 395
+
+ Liste des observations astronomiques faites au Maroc au
+ cours du voyage et tableau des latitudes et longitudes
+ déterminées astronomiquement par ces observations 405
+
+ Tableau des observations météorologiques faites au Maroc
+ au cours du voyage 417
+
+ Note sur les matériaux qui ont servi à dresser
+ l’itinéraire du voyage 450
+
+ Index des noms géographiques contenus dans le volume
+ et dans l’atlas 451
+
+ [=Photogravures.=]
+
+ Tikirt. — Demeure du chikh 1
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+ Chechaouen 8
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+ Tigert (Ouad Iounil) 86
+
+ Vallée de l’Ouad Dra. — Vue prise de Tamnougalt 210
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+ FIN.
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+ ERRATA.
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+ * * * * *
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+ TEXTE.
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+ Page 70, 1er croquis. Au lieu de Ouad el Abip, _lisez_
+ Ouad el Ạbid.
+
+ Page 78, ligne 30. Au lieu de Ben Ạli ou El aMḥsoub, _lisez_
+ Ben Ạli ou El Maḥsoub.
+
+ Page 134, lignes 22 et 23. Au lieu de Imi n Tels, _lisez_
+ Tisenna s Amin.
+
+ Page 144, lignes 13, 14 et 15. Au lieu de Aït Ḥaseïn, _lisez_
+ Aït Ḥoseïn.
+
+ Page 175, ligne 4. Au lieu de Tinzert, _lisez_ Tizert.
+
+ Page 211, ligne 15. Au lieu de Tanziṭ el Aqqa n Ourellaï, _lisez_
+ Tanziṭ et Aqqa n Ourellaï.
+
+ Page 211, ligne 20. Au lieu de Aït Aqqa ou Ạli, _lisez_
+ Aït Aqqo ou Ạli.
+
+ Page 264, ligne 31. Au lieu de Ifeṛres, _lisez_ Iferṛes.
+
+ Page 267, ligne 4. Au lieu de Aït Bou Iknifen, _lisez_ Aït b ou
+ Iknifen.
+
+ Page 267, ligne 17. Au lieu de Ifeṛres, _lisez_ Iferṛes.
+
+ Page 270, ligne 44. Au lieu de Aït Ouzzin, _lisez_ Aït ou Ez Zin.
+
+ Page 278, ligne 5. Au lieu de Adḥaa, _lisez_ Adaḥa.
+
+ Page 278, ligne 40. Au lieu de Sidi Aḥmed, _lisez_ Sidi Ḥamed.
+
+ Page 287, lignes 46 et 47. Au lieu de Iṛerm Azeggar, _lisez_
+ Iṛir n Azeggar.
+
+ Page 287, ligne 24. Au lieu de Ras Dras, _lisez_ Ras Dra.
+
+ Page 290, ligne 40. Au lieu de Bou Nạn, _lisez_ Bou Nạnạ.
+
+ Page 291, ligne 30. Au lieu de Zaouïa Ạmrou ou Ạbd er Raḥman,
+ _lisez_ Zaouïa Ạmer ou Ạbd er Raḥman.
+
+ Page 293, ligne 2. Au lieu de Aït Bou Iknifen, _lisez_
+ Aït b ou Iknifen.
+
+ Page 294, lignes 19 et 21. Au lieu de Aït Bou Iknifen, _lisez_
+ Aït b ou Iknifen.
+
+ Page 299, ligne 15. Au lieu de Chebka Djedeïd, _lisez_
+ Chelkha Djedeïd.
+
+ Page 306, ligne 21. Au lieu de Tamjejrt, _lisez_ Tamjerjt.
+
+ Page 307, lignes 38 et 41. Au lieu de Tisennasamin, _lisez_
+ Tisenna s Amin.
+
+ Page 308, ligne 4. Au lieu de Tisennasamin, _lisez_ Tisenna s Amin.
+
+ Page 309, ligne 18. Au lieu de Tisennasamin, _lisez_ Tisenna s Amin.
+
+ Page 324, ligne 29. Au lieu de Inmerzen, _lisez_ Inmezzen.
+
+ Page 326, ligne 17. Au lieu de Ifeṛran, _lisez_ Iferṛan.
+
+ Page 329, ligne 16. Au lieu de Tiliona, _lisez_ Tilioua.
+
+ Page 330, ligne 23. Au lieu de Igedda, _lisez_ Igedad.
+
+ Page 334, ligne 37. Au lieu de Assoumat, _lisez_ Tassoumat.
+
+ Page 337, ligne 32. Au lieu de Targa, Aït Iraṭ, _lisez_
+ Targa Aït Iraṭ.
+
+ Page 339, ligne 19. Au lieu de Aït Ạmir, _lisez_ Aït Ạmer.
+
+ Page 355, ligne 46. Au lieu de Ikhb, _lisez_ Ikhba.
+
+ Page 402, ligne 9. Au lieu de Aït Ouartasat, _lisez_
+ Aït Ouartasa.
+
+ Page 402, ligne 42. Au lieu de Ida Gouilal, _lisez_
+ Ida ou Gouilal.
+
+ Page 402, ligne 47. Au lieu de Aït n Ougeïda, _lisez_
+ Ạïn n Ougeïḍa.
+
+ Page 402, ligne 30. Au lieu de Timjoujt, _lisez_ Timjdout.
+
+ ATLAS.
+
+ Feuille 14. Au lieu de Aït Tiggas, _lisez_ Aït Iiggas.
+
+ Feuille 14. Au lieu de Ouad Bou Seroual, _lisez_ Ouad Bou Srioul.
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+ * * * * *
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+
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+
+Note du transcripteur :
+
+
+ Les changements dans l’ERRATA ont été aportés.
+
+ Page IX, " ou Qabça Benî Mellâl " a été remplacé par " Qaçba "
+
+ Page 13, note 15, " résidant à El Araïch " a été remplacé par
+ " El Ạraïch "
+
+ Page 23, " chemise de coton on de laine " a été remplacé par " ou "
+
+ Page 81, " Glaoua et sur le Ouarzazat " a été remplacé par
+ " Ouarzazât "
+
+ Page 81, " c’est le _khenif_ " a été remplacé par " _khenîf_ "
+
+ Page 81, " enfants et veillards " a été remplacé par " vieillards "
+
+ Page 82, " D’Enzel à Tagmont " a été remplacé par " Tagmout "
+
+ Page 83, " compte parmi les Ait Robạ " a été remplacé par " Aït "
+
+ Page 92, " Imzouren, Tizgzaouin, Tadoula " a été remplacé par
+ " Imzouṛen "
+
+ Page 137, " habituelle les devoirs religeux " a été remplacé par
+ " religieux "
+
+ Page 144, " s’élève entre Adis et Toug et Riḥ " a été remplacé par
+ " Toug er Riḥ "
+
+ Page 147, note 73, " pentes inférieures du Grand Altas " a été
+ remplacé par " Atlas "
+
+ Page 152, " tous deux sont morts, et leur enfants " a été remplacé
+ par " leurs "
+
+ Page 169, " Ḥamed au Mousa " a été remplacé par " ou "
+
+ Page 186, " le foudoq qui est au-dessous " a été remplacé par
+ " fondoq "
+
+ Page 193, " plus on moins foncé " a été remplacé par " ou "
+
+ Page 257, " un des foudoqs de la ville " a été remplacé par
+ " fondoqs "
+
+ Page 280, " le Khemîs Sidi Otman " a été remplacé par " Ọtman "
+
+ Page 292, " cherifs ; debiḥa sur " a été remplacé par
+ " cherifs (debiḥa sur "
+
+ Page 292, " pas de ḍebiḥa sur les Berâber " a été remplacé par
+ " debiḥa "
+
+ Page 296, " _Onad Tangarfa._ " a été remplacé par " _Ouad_ "
+
+ Page 296, " _Chaba Moulei Iaqob._ Il — a son confluent " a été
+ remplacé par " — Il a son confluent "
+
+ Page 299, " _Ouad et Qcib_ " a été remplacé par " _el_ "
+
+ Page 303, " des khenifs, des bernous " a été remplacé par
+ " khenîfs "
+
+ Page 307, " Imi et Ạïn " a été remplacé par " el "
+
+ Page 313, " L’Ouab Kebbaba reçoit " a été remplacé par " L’Ouad "
+
+ Page 316, " Moulei El Hasen les a réunis " a été remplacé par
+ " Ḥasen "
+
+ Page 327, " le terrritoire des Zagmouzen " a été remplacé par
+ " territoire "
+
+ Page 328, " d’Arfaman (Ait Iaḥia) à Tinksif " a été remplacé par
+ " Aït "
+
+ Page 335, " Ida ou Qaïs et Aïn n Ougeïḍa " a été remplacé par
+ " Ạïn "
+
+ Page 338, " quelqnes années, Moulei " a été remplacé par
+ " quelques "
+
+ Page 346 (x2), " Sidi El Ḥosein " a été remplacé par " Ḥoseïn "
+
+ Page 355, Ajouté ")" après "(Zaouïa Sidi Ạbd el Ạli"
+
+ Page 364, " _1er our._ — Du Todṛa au Saṛro. " a été remplacé par
+ " _jour_ "
+
+ Page 368, " droite habitée par les Beni Iznaten " a été remplacé par
+ " Iznâten "
+
+ Page 374, " comme de Qçabi ech Cheurfa " a été remplacé par
+ " Qçâbi "
+
+ Page 375, " II. _RECHIDA ET QCARS VOISINS_ " a été remplacé par
+ " _QÇARS_ "
+
+ Page 376, " Oulad Reḥou (Hallaf) " a été remplacé par " Ḥallaf "
+
+ Page 396, " c’est un repas distingné " a été remplacé par
+ " distingué "
+
+ Page 402, " dont voici les prinpaux " a été remplacé par
+ " principaux "
+
+ Page 455, " [Aït Jellal] (El Qcâbi. Tatta) " a été remplacé par
+ " Qçâbi "
+
+ Page 478, " [Ouad] Tazenakht. [...] 204. " a été remplacé par
+ " 304. "
+
+ Page 479, " [Oulad Ạli] (mont). [...] 393. " a été remplacé par
+ " 383. "
+
+ Page 484, " [Sidi Ạbd el Ạli] (Toḍra) " a été remplacé par " Todṛa "
+
+ Page 492, " [Tizi] n Isekan (qçar) " a été remplacé par " Isekfan "
+
+ Page 494, " [Zaouïa] Sidi Ạbd Ạllah ou Mḥind " a été remplacé par
+ " Allah "
+
+ Dans le « Tableau des observations météorologiques »,
+ quelques abréviations ont été faites.
+
+ De plus, quelques changements mineurs de ponctuation et
+ d’orthographe ont été apportés.
+
+ Les différentes sections du texte qui utilisent peu ou pas de signes
+ diacritiques ont été laissées telles quelles.
+
+
+
+*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 75296 ***