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diff --git a/75206-0.txt b/75206-0.txt new file mode 100644 index 0000000..6edeb11 --- /dev/null +++ b/75206-0.txt @@ -0,0 +1,16891 @@ + +*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 75206 *** + + + + + + + LE + LIVRE COMMODE + DES ADRESSES DE PARIS + pour 1692 + + par + ABRAHAM DU PRADEL + (NICOLAS DE BLEGNY) + + Suivi d’appendices, + précédé d’une introduction, et annoté + par + ÉDOUARD FOURNIER + + Tome II + + + PARIS + Paul DAFFIS, ÉDITEUR-PROPRIÉTAIRE + DE LA BIBLIOTHÈQUE ELZEVIRIENNE + 7, rue Guénégaud + + M DCCC LXXVIII + + + + +OUVRAGES DU MÊME AUTEUR. + + + _Histoire de la Butte des Moulins_, suivie d’une étude historique sur + les demeures de Pierre Corneille à Paris, avec deux vues de la Butte + en 1551 et 1652. Beau volume in-18, papier vélin. 3 fr. 50 + + _Le Vieux Neuf_. Seconde édition, refondue et considérablement + augmentée. 3 vol. gr. in-18. 15 fr. + + _L’Esprit des autres_. 5e édition refondue et considérablement + augmentée. 1 vol. in-18. (Sous presse.) + + +Imprimerie Gouverneur, G. Daupeley à Nogent-le-Rotrou. + +Caractères elzeviriens de la Librairie Daffis. + + + + +ÉPICERIES ET AUTRES DENRÉES DOMESTIQUES. + + +Pour le Bureau des Epiciers et Droguistes, voyez l’article de la matiere +Medecinale[1]. + + [1] T. I, p. 164. + +Messieurs Jourdan rue saint Denis au Cheval blanc[2], Lion rue de la +Truanderie[3], Chabouillé rue de la Poterie, Mercier rue de la Verrerie, +du Bois rue Quinquempoix, etc., tiennent magasin d’Epiceries +domestiques, de Sucre, d’Huiles, etc. + + [2] Dans l’édit. précéd., p. 31, il est qualifié «epicier + grossier»,--c’est-à-dire en gros--et nommé seul, comme faisant «gros + commerce d’huiles d’olive et des fruits de Provence». A la suite, se + trouve cet autre article omis ici: «M. Petit, Chef au Chevalier du + Guet, fait venir beaucoup de caffé, de cacao, etc.» _Chef_ se + prenoit à la cour et dans les grandes hôtelleries avec le sens qu’il + a encore. On disoit suivant Richelet: chef de gobelet, chef + d’échansonnerie, chef de panneterie, etc. + + [3] «Lion, rue Jean de l’Épine, à l’enseigne de la Ville de Tours, + tient magasin de fruits secs, d’eaux de vie, et de diverses autres + sortes de drogueries.» Édit. 1691, p. 31. + +M. Barre rue Quinquempoix[4], tient grand magasin de Sucre, rafinage de +Roüen[5]. + + [4] «Joignant la Chambre des assurances.» Édit. 1691, p. 31. Les + assurances, dont la Chambre est indiquée ici, étoient les + _assurances maritimes_, constituées en 1681, et pour lesquelles un + édit de mai 1686 avoit autorisé une compagnie. + + [5] Le sucre du raffinage de Rouen, fait avec le produit de nos îles + d’Amérique, étoit de ceux qui ne payoient pas de droits de sortie. + On en consommoit à Paris beaucoup de cette provenance, comme on le + verra plus loin.--Le sucre entroit pour une très-grande part dans le + commerce des épiciers. Les apothicaires, communauté qui leur + touchoit de très-près, le leur avoient, nous l’avons vu (t. I, p. + 164), fort longtemps disputé, comme une sorte de monopole, dont ils + pouvoient seuls disposer. Ils avoient pour eux le proverbe: «On ne + prend pas un apothicaire sans sucre», mais cela ne suffisoit pas. Il + falloit un privilége. Ce fut à qui l’auroit des deux corporations. + Un arrêt de la Cour, du 27 novembre 1652, attribua aux épiciers le + droit exclusif des confitures, sirops «restant des dites + confitures», dragées, etc. Ce ne fut pas assez. Ces sucreries + n’étoient pas le sucre, auquel prétendoit si ardemment l’épicerie. + Il y eut un procès, dont Gui Patin a parlé (anc. édit., t. I, p. 38; + II, 134). Les épiciers l’emportèrent. Nous trouvons, en effet, dans + un arrêt du 1er septembre 1689: «Défense à autres que marchands + épiciers de vendre aucun poivre, _sucre_, clous de giroffle, savon, + huile, muscade, etc., à peine de confiscation, et cinq cents francs + d’amende.» La querelle, apaisée à Paris, ne le fut pas en province. + Un siècle après, par exemple, nous l’avons dit aussi, t. I, p. 164, + elle s’étoit réveillée entre les apothicaires et les épiciers de + Chartres.--Les épiciers de Paris faisoient un tel commerce de sucre, + pour l’exportation, que le naufrage d’un navire venant de Rouen en + fit perdre à l’un d’eux pour 8000 livres, à la fin de 1660. (V. + Loret, t. III, p. 295.) + +Le Sieur Chambellan rue de Baffroy fauxbourg saint Antoine, vend en gros +du plus beau Miel blanc, du Miel commun, etc. + +La Manufacture de Savon d’Alicanthe[6] est au même Fauxbourg rue de +Charonne. + + [6] Ce savon blanc jaspé, fait avec de la soude d’Alicante, passa + jusqu’à la fin du dernier siècle pour être le meilleur de tous. En + 1655, les fruitiers s’étoient mis à en vendre. Les épiciers firent + opérer des saisies. Le 25 avril, on en faisoit une chez Henry Hue, + qui a été nommé plus haut, et qui demeuroit rue de la Cossonnerie. + Il s’agissoit de «huit pains de savon d’Alicante». + +Le Sieur Moüèvre qui demeure rue Bertin Poirée, fait et vend au cent et +au millier des Bouchons de liege[7]. + + [7] On les faisoit venir des Landes, où ils se fabriquoient au + couteau. _V._ Pomet, _Histoire des Drogues_, chap. _liége_. Pomet, + historien des drogues, étoit lui-même épicier droguiste. + +Pour les Droguistes de parfums, voyez l’article des Gantiers parfumeurs. + +Pour les Fruits de Provence, de Portugal, de la Chine, etc., voyez aux +Offices de Fruiterie. + +Pour les Drogueries, voyez l’article des matieres Medecinales. + +On tient à la Halle les Mercredis et Samedis un marché franc pour la +Chandelle, où elle n’est vendue en gros que six sols la livre. + +Il y a une manufacture de tres belle Chandelle rue Neuve saint Mederic, +où elle est vendue huit sols la livre. + +Il y a une autre manufacture de Chandelle fauxbourg saint Antoine devant +la Halle, où la plus belle Chandelle n’est qu’à sept sols la livre[8]. + + [8] Cette manufacture de chandelles étoit tenue, en 1676, par un nommé + Orléans, qui, ayant voulu joindre à la vente de ses produits celle + de l’huile d’olive, absolument interdite aux chandeliers, dut subir, + le 14 mars, une saisie, dont nous avons vu le procès-verbal + imprimé.--Il se trouvoit, au même faubourg, une autre fabrique de + chandelles tenue par les frères Brès. (_Correspondance du + Contrôleurs généraux_, nº 1177.) + +Le marché au Suif[9] se tient tous les Jeudis dans la vieille place aux +Veaux[10]. + + [9] On savoit déjà l’épurer avec une certaine perfection, et l’on + obtenoit ainsi des «chandelles de suif, façon de bougies», pour + lesquelles un valet de chambre de Monsieur avoit obtenu privilége en + 1669.--Plus tard, à la fin de mars 1728, s’ouvrit, rue Saint-Martin, + à l’Hôtel des Quatre Provinces, une fabrique de chandelles d’une + épuration plus irréprochable encore. V. un fragment des _Nouvelles à + la main_ de cette époque dans le _Bullet. des Biblioph._ 1846, p. + 860. + + [10] Elle se trouvoit entre la rue Saint-Jacques-la-Boucherie et la + rue Planche-Mibray. La famille des Saint-Yon, qui, au XIVe siècle, y + tenoit sa boucherie, lui avoit longtemps donné son nom. On l’appela + _la Vieille Place aux Veaux_ à partir de 1646, lorsqu’une nouvelle + place eut été créée pour ce marché, sur le quai des Ormes. + +Le Grenier à Sel est à l’entrée du quay de la Mégisserie et rue saint +Germain l’Auxerrois[11]. + + [11] Il étoit près de la rue de la Saunerie, qui lui devoit son nom. + +Pour les Œufs, Beurre, Fromages et Legumes, voyez l’article de ces +denrées. + +Les Chantiers où se vendent les Bois à bruler, sont à la porte saint +Antoine, à la porte saint Bernard, et à la Grenouillere[12]. + + [12] Le quai d’Orsay, aujourd’hui. Quand furent bâtis les hôtels de la + rue de Lille, les propriétaires se plaignirent de ces chantiers, qui + leur masquoient la Seine, et qui étoient, pour eux, un continuel + danger d’incendie. Ils ne purent rien obtenir. Les _mss._ légués par + Beffara à l’Hôtel de Ville contenoient à ce sujet de curieuses + pièces. Ces chantiers ont existé jusqu’à nos jours. Le palais de la + Cour des Comptes a remplacé le dernier, qui étoit immense. C’est + dans un autre plus rapproché de la rue de Bourgogne, qu’Adrienne + Lecouvreur, à qui l’Église refusoit une sépulture en terre sainte, + fut clandestinement enterrée en 1730. + +On vend aussi du Bois neuf, des Cottrets et des Fagots sur le quay de +l’Ecole[13], sur le quay de la Grève, et au Port saint Paul. + + [13] Le _Pédant joué_, de Cyrano de Bergerac (acte II, scène 4), a + rendu célèbres, nous l’avons déjà dit, les cotrets du quai de + l’École. «GRANGER. Eh! qu’allois-tu faire à l’École, + baudet?--CORBINELLI. Mon maître s’étant souvenu du commandement que + vous lui avez fait d’acheter quelque bagatelle qui fût rare à + Venise, et de peu de valeur à Paris, pour en régaler son oncle, + s’étoit imaginé qu’une douzaine de cotrets n’étant pas chers, et ne + s’en trouvant pas par toute l’Europe de mignons comme en cette + ville, il en devoit porter là bas: c’est pourquoi nous passions par + l’École pour en acheter.» + +Le Charbon se vend sur le Port de la Grève. + +On trouve quelquefois sur les Ports et dans les Chantiers du Bois de +rebut qui se donne à bon marché. + + + + +ETOFFES. + + +Le Bureau des Marchands Drapiers est dans la rue des Déchargeurs[1]. + + [1] Le portail de cette maison des Drapiers, d’un beau style dorique, + dont Piganiol (t. II, p. 176) regrette qu’on eût trop tôt gâté les + sculptures «par une couleur à l’huile», avoit été construit, avant + 1675, par Jacques Bruant. On l’a conservé, lorsque la maison fut + démolie, et il sera rétabli, tel qu’il étoit, dans l’ancien jardin + de l’hôtel Carnavalet. + +Celuy des Marchands Merciers Grossiers, qui vendent les Etoffes de soyes +et autres petites Etoffes, sera indiqué dans l’article de la Mercerie. + +Pour les petites Etoffes de l’aport de Paris, voyez l’article des +Tapisseries et Marchandises ordinaires. + +Entre les Marchands Drapiers qui ont de gros fonds et qui font de +grandes fournitures, sont dans la rue saint Honoré[2]: + + [2] «Depuis les piliers des Halles, dit Sauval (t. I, p. 142), jusqu’à + la rue d’Orléans, ce ne sont que gros marchands merciers.» + +Messieurs de Vins au Grand Loüis[3]; les frères Berny au Château +couronné; Faré et Paris au Grand Monarque, Charon au chateau de +Vincenne, Yon au Grand Turc[4], Boucher au Lion d’argent[5], le Large à +la Clef d’argent, et Forquin au Croissant d’argent, rue de l’Arbre sec, +Messieurs les frères Brochand à la Trinité[6]; près l’aport de Paris, +Messieurs Tourau[7] au Cheval noir, Revelois[8] et Arsan à la Croix de +fer, et Caron aux deux Moines rue des Fourreurs, M. Porcher, rue de +Bussy, M. Vassal[9], etc. + + [3] «Monsieur Devins, au grand Louis, rue Saint-Honoré, fournit des + draps pour les personnes royales, dont il fait d’ailleurs grand + commerce.» Édit. 1691, p. 63.--On écrivoit aussi De Vins. De 1676 à + 1683, un De Vins fut conseiller de ville et échevin. C’étoit sans + doute celui-ci. Comme drapier, et faisant par conséquent partie des + six corps, il avoit le droit d’arriver à l’échevinage et au titre de + juge-consul.--Il existe, au Cabinet des médailles, un jeton des + drapiers, avec le nom de J. de Vin, et la date de 1703 à l’exergue. + + [4] Cette enseigne du Grand Turc existoit encore, et pour le même + commerce, en 1789, rue Saint-Honoré. Buffault, que la protection de + Mad. Du Barry fit directeur des octrois de Paris, ce qui lui permit + de donner son nom à une rue nouvelle, l’avoit rendue célèbre. (_État + actuel de Paris_, 1789, in-32, _Quart. du Louvre_, p. 77.) + + [5] Au coin de la rue des Prouvaires. La boutique existe toujours avec + sa devanture en boiserie du meilleur style. Le _Lion d’argent_, qui + se voyoit encore, il y a quelques années, dans un médaillon + au-dessus de la porte, a seul disparu. + + [6] «Où sont fournies toutes les étoffes pour les livrées du Roy.» + Édit. 1691, p. 63.--Les Brochand étoient très-célèbres dans le + commerce de Paris. Plusieurs furent échevins ou juges-consuls. Ils + touchoient aux Poquelin de la branche riche, qui n’étoit pas celle à + laquelle nous devons Molière. Leur généalogie complète existe aux + _Mss._ de la Biblioth. Nat. Un d’eux, qui avoit été consul, + possédoit une magnifique maison à Fontenay-aux-Roses. (_V._ + Piganiol, t. IX, p. 241.) + + [7] Lisez Thourou. Nous trouvons son nom ainsi écrit dans un arrêt du + Conseil d’État, du 11 oct. 1687, servant de règlement entre les + drapiers et les merciers, et dénommant tous ceux de ces derniers qui + avoient opté pour la draperie et s’y étoient fait recevoir. + + [8] Il est nommé Adrien Revelois dans l’arrêt que nous venons de + citer. Celui qui suit ici, et qui sans doute étoit son associé, y + est nommé François Hersant. + + [9] Louis Vassal. + +M. Sauvage[10] rue S. Denis fait encore un grand détail de Draperie. + + [10] Pierre Sauvage l’aîné. Il étoit d’une famille de grande + considération dans le commerce parisien. On trouve dans l’épitaphier + de Saint-Jacques-la-Boucherie, un P. Sauvage qui avoit été échevin, + «et l’un des porteurs de la châsse de sainte Geneviève», ce qui + n’étoit pas un moindre honneur.--C’est surtout dans la partie de la + rue Saint-Denis qui avoisinoit celle d’Aubry-le-Boucher, et, en + face, l’église des Saints Innocents, qu’il y avoit aussi de riches + drapiers. Dans le _Bourgeois gentilhomme_, acte III, sc. 12, Mme + Jourdain dit que son père et celui de son mari «vendoient du drap + auprés de la porte Saint Innocent». + +Enfin les Marchands Drapiers qui ne vendent qu’en gros, sont Messieurs +Fayert et Feroüillac[11] rue des mauvaises Paroles, Cadeau[12], +Rousseau, de la Mothe le jeune, Mignot et Sellier au Chevalier du +Guet[13], Poncet[14] rue des Prouvaires, Bachelier rue Montorgueil, +Gaillée rue de la Truanderie, Marchand rue des Déchargeurs, etc. + + [11] L’arrêt du Conseil d’État le nomme Ferouillet, mais peut-être--ce + qui se rapprocheroit davantage du nom écrit ici--faut-il lire + Férouillard. Il y eut, en effet, un fameux marchand de draps qui + s’appeloit ainsi, et chez lequel fut commis, pendant la Fronde, un + vol considérable. (_V. le Journal des Savants_, 1854, p. 440.) + + [12] Les Cadeau étoient une des plus anciennes familles du commerce de + Paris. Il en existe encore, qui connaissent leur origine, et en sont + fiers. Un Cadeau, marchand de draps, de la rue Saint-Denis, au + _Marteau d’or_, père sans doute de celui qui est ici, fut un des + grands meneurs de la Fronde à ses commencements. Le Parlement dut + ordonner prise de corps contre lui. _V._ aux Mss. de la Biblioth. + Nat., _Remarques journalières et véritables de ce qui s’est passé + dans Paris... durant l’année 1648_, p. 10.--Marchands et courtauds + de boutique de la rue Saint-Denis avoient, du reste, la réputation + d’être tapageurs et même bretteurs: «Bon! dit M. de Colafon, dans + _Arlequin Misanthrope_, acte II, scène VIII, je suis le premier + homme du monde pour escrimer. C’est moi qui ai mis les armes à la + main aux trois quarts de la petite gendarmerie de la rue aux Fers et + de la rue Saint-Denis.»--Le magasin des Cadeau étoit si célèbre, que + le drap qu’ils vendoient n’étoit connu que par leur nom: on disoit + «le drap Cadot (_sic_)». (_Théophraste moderne_, 1701, in-12, p. + 40.) + + [13] François Mignot et François Scellier. C’est ainsi qu’ils sont + nommés dans l’arrêt du Conseil d’État de 1687. Ils étoient associés. + Mignot épousa la sœur de Scellier, et il naquit de ce mariage un + fils, Pierre-François Mignot, qui se maria, le 29 janvier 1709, avec + Catherine Arouet, sœur aînée de Voltaire, dont l’abbé Mignot et la + fameuse mad. Denis furent les enfants. Jal a retrouvé l’acte de + mariage de ce fils du marchand de draps, qui, lui, n’étoit pas dans + le commerce, mais conseiller du Roi, correcteur en sa Chambre des + Comptes. Il y est dit «fils de deffunt François Mignot et de dame + Anne Sellière (_sic_)». + + [14] Un jeton des drapiers, au Cabinet des Médailles, porte son nom à + l’exergue, avec la date de 1701. + +Ceux qui ont un grand assortiment d’Etoffes d’été, sont Messieurs +Rotisset rue des cinq Diamans, Bergeon[15] rue des Lombars, Picart rue +de la vieille Monnoye, etc. + + [15] Peut-être faut-il lire Bergeron, comme dans l’arrêt de 1687. + +Les Marchands Merciers qui vendent des Toilles peintes et autres Etoffes +de la Chine, sont près l’aport de Paris, Messieurs le Brun ainé et +cadet, Chauvin[16] et Liettier, et encore au Cloitre sainte Opportune, +M. Barroire. + + [16] Dans l’édition de 1691, chap. XII, _du Commerce des + habillements_, p. 26, il est seul nommé: «les étoffes de la Chine se + vendent chez les marchands tapissiers de la Porte de Paris, entre + lesquels M. Chauvin, à l’enseigne du Roy de la Chine, est toujours + bien assorti.» + +Les Crepes et Crepons se vendent en magasin chez Messieurs le Breton rue +des Lavandieres, Gaubas et Solicoffre au cul de sac des Bourdonnois[17]. + + [17] Jusqu’au règne d’Henri IV, les crêpes et crêpons nous venoient de + Bologne. On en dut la fabrication en France à Sully, dit Laffémas, + «à la prétieuse manufacture par lui establye dans le château de la + ville de Mantes». _Archives curieuses_, 1re série, t. XIV, p. 223. + +On vend aussi au même lieu les Treillis d’Allemagne, et encore chez M. +de la Riviere, rue des Bourdonnois[18]. + + [18] A la suite, on lit dans l’édit. de 1691, p. 25: «Au Cheval noir, + près la porte de Paris, il y a grand magasin de draperie.»--Les + treillis, selon Richelet, étoient «une sorte de grosse toile, dont + s’habillent, dit-il, les charretiers, les mariniers et autres gens + de cette manière, et dont on fait quelques sacs». + +Les Etoffes de soyes, d’or et d’argent[19], sont[20] commercées par +Messieurs Gautier[21] et Regnault, rue des Bourdonnois. + + [19] Le milannois Furato avoit, sous Henri IV, importé à Paris, hôtel + de la Macque, rue de la Tixeranderie, l’art de faire ces étoffes + d’or, ce qui fut pour le royaume une épargne de plus de douze cents + mille écus par an, suivant Laffémas. (_Loc. citat._) + + [20] «Amplement», édit. de 1691, p. 25. + + [21] C’étoit le plus en vogue. On se ruinoit surtout chez lui--du + moins pour les étoffes--en corbeilles, ou, comme on disoit alors, en + «carreaux» de mariage: «l’utile et louable pratique, dit La Bruyère, + de perdre en frais de nôces le tiers de la dot qu’une femme apporte! + de commencer par s’appauvrir, de concert, par l’amas et + l’entassement de choses superflues, et de prendre déjà sur son fonds + de quoi payer Gautier, les meubles et la toilette.» Le marquis de la + _Femme d’intrigue_, de Dancourt, «dont le revenu est en fond de + crédit», assure (acte III, sc. X) qu’il se fait des rentes avec ce + qu’il achète, pour le revendre, dans cette boutique célèbre: «Il n’y + a point d’années, dit-il, ... que je ne touche sept à huit cent + pistoles chez Gauthier, cela en étoffes.» Les gros gains de Gautier + étaient les noces de rois ou de princes, qu’il fournissoit tous. A + la fin de 1679 et au commencement de 1680, il eut, par exemple, + après le mariage du roi d’Espagne, celui du prince de Conti. Mme de + Sévigné écrivit alors à sa fille: «Gautier ne peut plus se plaindre, + il aura touché en nôces, cette année, plus d’un million.» Ce dont il + se plaignoit peut-être, c’étoit des lenteurs à payer que se + permettoit la marquise. Elle et sa fille achetoient beaucoup chez + lui, et payoient rarement. Il réclamoit, et il falloit lui écrire le + plus honnêtement du monde pour qu’il prît patience. (_V._ les + _Lettres_ de Mme de Sévigné, édit. L. Hachette, t. III, 76 et 88; + VII, 438.) + +Mr du Moütier rue Chanverrie à la ville de Hambourg tient magasin de +petites Etoffes fabrique de Paris, et M. Brulé même rue, tient magasin +de Taffetas et autres Etoffes de Tours et d’Avignon[22]. + + [22] Le taffetas d’Avignon, ou demi-armoisin, étoit le plus mince de + tous; celui de Tours, ou «petit gros de Tours», l’était un peu + moins. + +Pour les Etoffes concernant le Theâtre et le Carnaval, voyez l’article +des Passetemps et Menus Plaisirs[23]. + + [23] T. I, p. 269. + + + + +LINGES, POINTS ET DENTELLES DE FIL. + + +Messieurs Bourdet rue Troussevache, Moret rue du plat d’Etain, Thuisy +rue du Coq[1], Thuiard rue Chanverrerie, Doujat, rue Dauphine à la ville +de Bruxelle[2], etc., tiennent magasin de Toilles et de Dentelles. + + [1] Il est seul nommé dans l’édit. de 1691, p. 25. + + [2] Peut-être faut-il lire Boujat ou Bougeat, nom du marchand de + dentelles à qui l’on accusoit Richelet d’avoir dédié son _Recueil de + lettres_, vers ce temps-là. (_Sentim. crit. sur les Caract. de La + Bruyère_, p. 75-76.) Richelet, qui demeuroit rue des Boucheries (v. + t. I, p. 259), étoit presque son voisin. + +Il y a un grand nombre de magasins pour les Points et Dentelles rue des +Bourdonnois et rue saint Denis devant le Sepulcre[3]. + + [3] Dans l’édit. précédente, «la rue Betizy» est au nombre de celles + où «les points et dentelles se vendent en plusieurs boutiques et + magasins».--Il n’y a plus aujourd’hui de cet ancien commerce, dans + la rue des Bourdonnois, que des magasins de bonneterie et de toiles. + +Il y a aussi plusieurs boutiques de Lingeres qui vendent des Dentelles +et Garnitures de tête au Palais[4] sur le quay de Gesvres et sous les +galeries des Innocens[5]. + + [4] Elles étoient les plus en renom. Corneille, dans sa pièce _la + Galerie du Palais_, jouée en 1634, n’a pas oublié les scènes pour la + lingère. Ce sont les 12, 13 et 14es du IVe acte. On joua plus tard, + à la Comédie italienne, une farce, _la Lingère du Palais_, où + Arlequin, dans une scène d’invectives avec la marchande, lui dit + entre autres choses: «Tais-toi, vendeuse de points d’Angleterre + faits à Paris.» Leur réputation étoit mauvaise. Sauval, t. I, p. + 147, cite des statuts qui les assimilent aux filles. + + [5] «Et sous les charniers du cimetière des Innocents.» Édit. de 1691, + p. 25. Le reste de l’art. est identique. Deux autres le précèdent, + qui manquent ici: «les marchands qui font les garnitures de rubans, + ont leurs boutiques dans les cours, salles et galeries du + Palais.--Le sieur Le Gras est un des plus renommez, sa boutique est + devant l’escalier de la Cour des Monnoyes.» Il s’appeloit Philippe + Le Gras, et nous avons vu, t. I, p. 238, qu’il comptoit parmi les + marchands les plus renommés de Paris. Après l’édit de mars 1700 sur + les objets de luxe, sa boutique, place Dauphine, en face de la Cour + des Monnoies, fut minutieusement visitée. (_Collect._ Delamarre, nº + 21, 626, p. 70.) + +Il y a aux Halles un marché franc pour les Toilles. + +Plusieurs Marchands Lingers tiennent magasins de toutes sortes de +Toilles à la place aux Chats. + +Les Lingeres de la rue de la Lingerie, vendent toutes sortes de vieux +linges, de lits, de tables, d’enfans, etc. + +Il y a quelques Lingeres sur le Pont neuf qui vendent des Dentelles, et +qui ont quelque fois de très bon linge de hazard. + + + + +DENTELLES, POINTS, BOUTONS, ET GALONS D’OR, D’ARGENT ET DE SOYE. + + +Messieurs Foissin et le Doux rue saint Denis[1], tiennent magasin de +Dentelles et de Galons et de Boutons d’or, d’argent et de soye[2]. + + [1] Dans le curieux pasquil, la _Révolte des passements_, fait à + propos de l’Edit somptuaire du 27 novembre 1660, et que nous avons + publié, dans nos _Variétés_, t. I, p. 223, les Révoltés se + rassemblent rue Saint-Denis, au _Vase d’or_. + + [2] Ces boutons de soie et d’autres étoffes, qui se substituoient aux + boutons d’argent ou d’or, amenèrent une grosse querelle entre les + boutonniers et les rubaniers. A Lyon, cinq cents des premiers + adressèrent des plaintes à l’intendant, le 26 avril 1695, contre les + seconds «qui font, disoient-ils, des boutons avec des rubans + d’étoffe d’or, d’argent et soie». (_Correspondance des Contrôleurs + généraux_, publiée par M. de Boislisle, t. I, nº 1426.) On leur + donna raison. _V. la Correspondance administrative de Louis XIV_, à + la même date, t. III. + +Les Marchands en boutique qui font commerce de Points, Dentelles et +Galons d’or et d’argent, sont pour la plûpart rue saint Honoré, depuis +la Croix du Tiroir jusqu’à la rue de la Feronnerie[3]. + + [3] L’édit. de 1691, p. 25, diffère un peu: «les dentelles et galanz + d’or se vendent rue des Bourdonnois et rue Saint-Honoré, entre la + place aux Chats et les piliers des Halles.» La place aux Chats fut + remplacée par le cul-de-sac des Bourdonnois, qui existe encore. + +Messieurs Boucher rue des Bourdonnois, et M. Payot devant l’Hotel de la +Monnoye[4], en ont un grand assortiment. + + [4] Il étoit alors dans la rue qui en a gardé le nom de rue de la + Monnoie. + +Les Dentelles, Guipures[5] et Galons de soye, se vendent principalement +sur le petit Pont[6] et rue au Fevre, où l’on vend aussi des Galons de +livrées. + + [5] Ces guipures, qu’il ne faut pas confondre avec celles + d’aujourd’hui qui ne sont que d’anciens passements de fil, étoient + une sorte de dentelle de soie qui venoit de Flandre ou d’Angleterre, + comme on le voit par le tarif du 18 avril 1667. Il en est parlé dans + l’_École des maris_, acte II, sc. 7. + + [6] La boutique des _trois Croissants_ étoit la principale de celles + des galons d’or et d’argent, «vendus à Petit-Pont», comme on disoit. + Auprès étoient de gros marchands d’étoffes, _à la Croix d’or_, _au + Bras d’or_, _à la Tête d’Or_, _au Saint-Esprit_, _à l’Annonciation_, + _à l’Enfant Jésus_, _aux deux Anges_. Toutes ces maisons furent + brûlées à l’incendie du Petit-Pont en 1718. _V. le Mercure_, avril + 1718, p. 208-209. + +Le Sieur Guidot rue des Filles Dieu qui travaille aux Galons d’or et +d’argent, entreprend des fournitures et les passe à un mediocre gain[7]. + + [7] Il le pouvoit d’autant mieux que les ouvriers rubaniers et + passementiers, presque tous logés dans le misérable quartier du + faubourg Saint-Marceau, étoient de pauvres gens qu’on faisoit + travailler pour presque rien. La Reynie lui-même avoit conscience de + les mettre à la taxe: «Il n’a été, écrivoit-il à Colbert, le 2 août + 1675, signifié aucune taxe à aucun artisan de Paris. J’ai même pris + soin, suivant vos ordres, de faire entendre et il y a longtemps, à + cette communauté de rubaniers, qui est très-nombreuse et + très-pauvre, qu’elle n’avoit qu’à continuer de vivre, comme elle + avoit accoutumé.» Cette lettre étoit motivée par un horrible + événement: un de ces rubaniers avoit tué quatre de ses enfants, et + l’on disoit qu’il y avoit été poussé par les poursuites des + collecteurs d’impôts. V., à ce sujet, la _Lettre_ de Mme de Sévigné, + du 31 juillet 1675. + +Entre les autres Ouvriers de Galons d’or et d’argent qui font beaucoup +travailler, sont les Sieurs Mouzé rue de la Truanderie, Anduroy[8] rue +Tictonne, Pelletier rue saint Denis près le grand Cerf[9], Merlier père +et Merlier fils même rue près la fontaine du Ponceau, etc. + + [8] Il faut lire Auduroy, nom qui fut longtemps en crédit dans le + commerce de Paris et d’Orléans. + + [9] C’étoit une grande hôtellerie dont il sera reparlé, sur + l’emplacement de laquelle a été percé le passage du même nom. + + + + +MERCERIE ET QUINCAILLERIE. + + +Le Bureau des Marchands Merciers, Jouailliers, Quincailliers-Grossiers, +etc.[1], est dans la rue Quinquempoix. + + [1] Cet _et cætera_ n’est pas pour la forme. Les joailliers et les + quincailliers n’étoient pas, en effet, les seuls métiers qui + fissent, avec les merciers, proprement dits, partie du corps de la + Mercerie. Dix-sept autres en dépendoient aussi. Ce n’étoit pas le + premier des six corps, mais c’étoit le plus important. Voici, du + reste, quel en étoit l’ordre: la Draperie, l’Épicerie, la Mercerie, + la Pelleterie, la Bonneterie, l’Orfévrerie. Les libraires et les + marchands de vin, qui n’en étoient pas, mais venoient immédiatement + après, avoient des priviléges égaux: ils pouvoient être aussi + échevins et juges-consuls. + +Les Maîtres et Gardes en charge de la Marchandise de Mercerie, +Jouaillerie, etc., sont Messieurs Arlot grand Garde rue saint Germain, +Perichon rue saint Honoré, l’Evesque rue des Bourdonnois, le Doux, +Baroy, Testart et Sautereau rue saint Denis. + +Les Marchands de Fer pour le commerce desquels il y aura un article à +part, sont néanmoins du même corps. + +La Mercerie en gros se fait par un grand nombre de Marchands qui ont des +Boutiques et Magasins rue saint Denis, depuis la rue des Lombards +jusqu’à la rue du petit Lion[2], entre lesquels Mrs Maillet aux trois +Maillets[3], le Bray à la Gibecière, Bioche au Cheval d’or, Choisy à la +Lune, Deplanc à la Boëte d’or, Nique au Cheval noir, Regnault aux trois +Agneaux, Milochin, Sauvage, Marcadé[4], etc., ont un grand assortiment +de Mercerie pour les Détailleurs. + + [2] Liger, dans son _Voyageur fidèle_, p. 359, donne la même + indication. + + [3] Son article est plus détaillé dans l’édit. de 1691, p. 21: «les + marchandises qui conviennent aux savoyards et colporteurs ambulans, + se vendent chez le S. Maillet, rue S. Denis, près le Sépulcre, à + l’enseigne des Trois-Maillets.» + + [4] «Rue Saint-Denis, à la Rose-Blanche.» Édit. 1691, p. 21. Deux + lignes plus loin, il est encore question de lui: «le même M. Marcadé + et Messieurs Bellavoine, rue Saint-Denis, et Villaine, rue Bourlabé, + envoyent toutes sortes de marchandises de bijouteries dans les pays + estrangers.» Marcadé et Bellavoine étoient, comme nous l’avons + prouvé dans notre _Notice_ sur lui, des proches parents du poëte + Regnard. C’est sans doute avec l’un d’eux qu’il commença ses + voyages, dont le premier, qu’il fit de très-bonne heure, ne fut pas + moins que jusqu’à Constantinople. Gelée, dont le nom viendra un peu + plus loin, et qui, on le verra, faisoit le commerce des marchandises + d’Outre-Mer, étoit aussi de sa famille. Monteil possédoit et a + souvent cité l’inventaire d’un Bellavoine, sans doute père de celui + qui figure ici. L’acte est de 1667. + +M. du Moutier rue de la Chanverrie à la Ville d’Hambourg, tient magasin +de toutes sortes de Rubans. + +Autant en font Mrs le Clerc rue saint Denis aux Balances, et le Roy au +Chevalier du Guet. + +Il y a un grand magasin d’Evantailles chez M. Lambert derriere saint Leu +et saint Gilles, où se fournissent la plus grande part des +Détailleurs[5]. + + [5] «Les magasins d’éventails sont derrière Saint-Leu et Saint-Gilles, + au Grand-Navire, et en différents endroits de la rue Saint-Denis et + de la rue du Petit-Lion.» Édit. de 1691, p. 26. + +M. le Leu rue du petit Lion, fait le même commerce[6]. + + [6] Les éventaillistes faisoient dans le corps des merciers une + communauté à part, de même que les tablettiers, avec lesquels ils + eurent même, en juin 1701, un procès assez vif pour une affaire de + privilége. + +Mrs Gelée au Chevalier du Guet, et Guillery[7] rue de la Tabletterie, +tiennent magasin de diverses marchandises d’outremer. + + [7] Nous le retrouverons plus loin au chap. des «Marchandises des + gantiers et parfumeurs.» + +Pour les Curiositez et Bijouteries qui sont commercées par divers +Marchands du même corps, il faut recourir à l’article de ces sortes de +Marchandises. + +Les Bijouteries communes pour les Savoyards, Colporteurs[8] et autres, +sont commercées par Madame la veuve Lagny au Cloître saint Jean de +Latran. + + [8] Presque tous étoient du Dauphiné ou de la Savoie. On les y + appeloit _bizordi_, et chez nous _bisouart_, à cause de leurs habits + de grosse étoffe bise. + +Les Marchands de Soyes qui vendent en gros et en détail, sont au +quartier de la rue saint Denis et de la rue Briboucher[9], par exemple, +Mrs Vince[10], du Courroy, etc. + + [9] Le peuple prononçoit et prononce encore ainsi le nom de la rue + Aubry-le-Boucher. + + [10] C’est le même que nous avons vu tout-à-l’heure appelé De Vins au + chapitre des _Étoffes_. + +Le Sieur Avalon qui demeure dans le Temple, tient magasin de petits +Miroirs pour les Colporteurs[11]. + + [11] Le Temple, comme l’enclos de Saint-Jean de Latran, étant lieu de + franchise, les magasins où les colporteurs venoient s’y fournir, + pouvoient vendre à meilleur compte que partout ailleurs. + +Les Coffres et Miroirs d’écaille tortue[12] se fabriquent rue saint +Denis joignant le Coq croissant[13]. + + [12] Lisez «de tortue», correction des plus simples, et que Liger, + copiste de ce volume, n’a cependant pas faite pour le sien. A la + page 360 du _Voyageur fidèle_, il répète la faute. + + [13] Le commerce des miroirs étoit alors le plus en vogue. Le + Sicilien, dont nous avons déjà cité la lettre, nous en donne la + raison: «les rubans, dit-il, les miroirs et les dentelles sont trois + choses sans lesquelles les françois ne peuvent pas vivre»; et un peu + plus loin: «ceux qui ne sont pas françois ne peuvent souffrir que + les hommes se peignent publiquement dans la rue, et que les dames + portent toujours un petit miroir à la main.» + +Les Joyaux d’Orfeverie au tour, qui se vendent, par les Merciers du +Palais, sont très proprement fabriquez par le Sieur Gorin, rue saint +Louis de la Cité[14]. + + [14] «Rue Saint-Louis, quartier du Palais.» Édit. de 1691, p. 22. + +Pour les autres ouvrages d’Orfeverie, de Pierreries et de Perles, qui se +vendent par les Merciers Jouailliers, voyez l’article qui en traite. + +Mademoiselle Richard près l’Echelle du Temple[15], fait et vend des +Ecrans d’une beauté singulière. + + [15] L’ancienne échelle patibulaire, marque de la haute justice des + Templiers. Elle étoit placée au coin des rues du Temple et des + Vieilles-Haudriettes. Quelques étourdis de la noblesse du Marais + l’avoient brûlée un soir d’hiver, en 1649, ce qui avoit inspiré à + Blot une amusante complainte qu’on peut lire dans le _Recueil + Maurepas_, et dont l’air fut long-temps célèbre. + +David Laurent et David l’Escuyer qui apportent des Marchandises de +Diepe[16], logent à Paris, rue Bourlabé au Lion d’or. + + [16] C’est-à-dire toutes sortes d’objets d’ivoire et de corne + sculptés, ou faits au tour: «Dieppe, dit Piganiol, est peut-être le + lieu du monde où l’on travaille le mieux l’ivoire et la corne. On y + fait des ouvrages d’une délicatesse étonnante, et il n’y a guère de + gens plus adroits à manier le tour que les Dieppois.» _Nouveau + Voyage de France_, t. II, p. 332. + +Les Sieurs Gaudet, le Clerc et du Val rue d’Arnetal[17], vendent en gros +les Rubans étroits qu’on nomme nompareilles[18]. + + [17] Aujourd’hui la rue Grenetat, dont le nom n’est peut-être qu’une + altération de celui-ci. + + [18] «Sorte de petit ruban fort étroit», dit en effet Richelet. On en + bordoit les galons ou _galants_: + + Le beau galant de neige avec sa nompareille + + que le Gros René du _Dépit amoureux_ rend à Marinette, s’explique + ainsi. + +Les Jouailliers forains de saint Claude[19] logent rue Bourlabé au Lion +d’argent. + + [19] Ces joailliers de Saint-Claude, dans le Jura, venoient vendre à + Paris les menus objets de buis fabriqués dans leurs montagnes: «les + ouvrages de buis, dit Hesseln, sont le principal commerce de + Saint-Claude. On y travaille fort bien en ce genre.» (_Dict. univ. + de la France_, t. VI, p. 45.)--Aujourd’hui la «joaillerie de + Saint-Claude» se vend et se fabrique aussi: rue Saint-Martin, rue + Folie-Méricourt, rue Turbigo, etc. + +Les Jouailleries enfantines pour les Foires[20], se font et se vendent +chez les Sieurs Prevost rue saint Martin devant la rue aux Ours, et +Favre, rue saint Denis devant les Filles Dieu. + + [20] On appeloit ainsi ces petits ménages d’enfants faits d’étain + commun ou de plomb, et aussi quelquefois d’argent. On sait combien + la petite Françoise d’Aubigné, élevée à la prison de Niort, + regardoit avec envie le ménage d’argent de la fille de son geôlier. + +La veuve Caré même rue, et la veuve Poisson à la Pierre au lait[21], +font commerce de cette sorte de Marchandises, et vendent d’ailleurs +toutes les sortes de Boetes d’Allemagne peintes et en blanc, de Caffé et +autres. + + [21] Elle est seule nommée dans l’édit. précédente, p. 21: «la veuve + Poisson, marchande à la Pierre au Lait, tient magasin de toutes + sortes de boëttes d’Allemagne, de sapin et de bois blanc, peintes et + non peintes.» On en fait encore de pareilles dans la Forêt-Noire et + à Spa. + +Il y a un magasin de Jartieres de soye rue d’Arnetal au Signe de la +Croix[22]. + + [22] La renommée des jarretières de Paris étoit encore la même + soixante ans après, lorsque Voltaire écrivoit à Madame de Fontaine, + le 26 janvier 1758: «Madame Denis a cru qu’on ne pouvoit avoir une + jarretière bien faite sans la faire venir de Paris, à grands frais.» + +Les bonnes Epingles et les fines Eguilles se vendent rue de la Huchette +à l’Y[23], et près la Croix du Tiroir à la Coupe d’or. + + [23] C’est là, en effet, que se vendoient les «aiguilles de Paris», + dont Gros René, «avec tant de fanfare», donna un demi-cent à + Marinette. Cette maison de l’Y existe encore, avec la fameuse lettre + figurée en fer au milieu des balcons du premier étage. C’étoit une + enseigne en rébus, comme il y en avoit tant: «les grègues, ou + culottes à la grecque, dit Aimé Martin, dans une note sur _la Fable_ + 15 du livre III de La Fontaine, s’attachoient avec un nœud de ruban + nommé _un lie-grègue_, qui a longtemps servi d’enseigne aux + merciers, avec cette légende-rébus: _à l’Y_.» Plusieurs marchands + avoient pris cette enseigne, entre autres un marchand d’épingles du + Petit-Pont, dont la boutique fut brûlée par l’incendie de 1718, mais + c’est le mercier de la rue de la Huchette qui la rendit le plus + célèbre, il est parlé de sa boutique et de sa marchandise dans + l’introuvable petit poëme scarronnesque du chevalier de Loutaud, + _Plaidoyez d’Ajax et d’Ulysse..._ 1653, in-12, p. 28: + + J’avois aiguilles de Paris + De l’Y grec dedans la Huchette, + Où j’en fais toujours mon emplette. + + _V._ sur la maison où se trouve cette boutique célèbre l’abbé Le + Beuf, édit. Cocheris, t. III, p. 61. + +Le Sieur Langlois rue saint Sauveur au Fer à cheval, fait des Buscs et +Bois d’Evantails[24] d’une grande propreté[25]. + + [24] «Les buscs et bois d’éventail curieux.» Édit. de 1691, p. 23. + + [25] Les buscs, si nécessaires pour les hauts et roides corsages que + les femmes portoient alors, se façonnoient en ivoire ou en bois. Mme + de Villedieu en a fait le sujet d’une _galanterie_ assez leste, + imprimée à la suite de son poëme le plus rare, _le Carousel de + Monseigneur le Dauphin_. 1672, in-12, p. 14: + + Qu’il est heureux de tous costez + Le joly bois que vous portez, etc. + +Les Marchands qui font les Garnitures de Rubans, et qui vendent les +Coiffes, Fichus et autres Ajustemens des femmes, ont pour la pluspart +leurs boutiques au Palais, et quelques uns devant saint Mederic, rue +saint Antoine[26], et ailleurs. + + [26] Les broderies du faubourg Saint-Antoine étoient déjà célèbres en + 1660. (_Variétés hist. et litt._, t. I, p. 240.) + +Pour les Gands, voyez l’article des Gantiers Parfumeurs. + +Pour le Papier, l’Encre, la Cire d’Espagne, les Ecritoires, etc., voyez +l’article des Papetiers, Cartonniers, etc. + +Pour les Masques et Ornemens de Balets, voyez l’article des Passetemps +et Menus-Plaisirs. + +Entre les Quincailliers-Grossiers qui fournissent les Détailleurs, sont +Mrs Bioche au Cheval d’or, Gabeüil au bon Pasteur, Moreau à la Teste +d’or[27], et Menedrieux au saint Esprit rue saint Denis. + + [27] «Marceau et Nedrigan, rue Saint-Denis.» Édit. de 1691, p. 23. A + la suite, on lit encore: «Il y a aussi un magasin de quincaillerie + rue des Deux-Boules, chez un charon.» + +Il y a d’ailleurs plusieurs boutiques et magasins bien fournis de +Quincailleries[28] à l’entrée du quay de la Mégisserie[29]. + + [28] «Qui font ensemble le gros et le détail.» Édit. de 1691, p. 23. + + [29] Dans la partie qui s’appeloit plus spécialement quai de la + Ferraille, non-seulement à cause de ces quincailliers, mais parce + qu’il étoit encombré de petits marchands qui, sur le pavé même, y + étaloient leurs ferrailles. Ils y restèrent jusqu’à l’époque du + premier Empire. Piis résuma dans ce distique l’arrêté de police qui + les fit déguerpir: + + Enjoignons aux vieux ferailleurs + De vendre leur vieux fer ailleurs. + + + + +MARCHANDISES DE PAPETIERS, CARTIERS ET CARTONNIERS. + + +Entre les Marchands Papetiers qui font en gros le commerce de Papiers et +qui ont de grands magasins, sont, Mrs du Puis rue saint Jacques, Godart +et Cousin rue des deux Boules, Melun Cloitre saint Jacques de la +Boucherie, Nourry rue des trois Mores[1], etc. + + [1] Cette rue peu connue alloit de la rue Trousse-Vache à celle des + Lombards. Elle devoit son nom à l’enseigne d’un cabaret où M. de + Roquelaure mena un soir Henri IV. (_Histor._ de Tallemant, édit. P. + Paris, t. IV, p. 14 et 16.) + +M. Beaumont Cartier du Roy, demeure près la place des Victoires[2], et +M. Mathas[3] Cartier de Monsieur, près S. Roch. + + [2] «Les sieurs Beaumont, rue Neuve-des-Petits-Champs, et Langlade, + rue Platrière, font encore de très-bonnes cartes à jouer.» Édit. de + 1691, p. 60.--Sauval, t. I, p. 109, parle de cet Anglade ou + Langlade, à propos de la rue du quartier Saint-Roch, à laquelle on + croyoit qu’il avoit donné son nom: «Jean Anglade, dit-il, maître + cartier à Paris, qui met pour devise sur l’enveloppe de ses cartes: + + Jean Anglade je me nomme, + Et vous prie de jouer et n’offenser personne.» + + Les fabriques de cartes étoient moins importantes à Paris qu’à + Rouen, où toute l’Europe et l’Amérique s’en fournissoient. + (_Archives curieuses_, 2e série, t. XII, p. 230.) A la suite de la + révocation de l’Édit, les cartiers rouennais, la plupart + protestants, ayant émigré, leur industrie baissa beaucoup. + (_Segraisiana_, p. 40-41.) Il resta ceux de Paris, et ceux de Thiers + en Auvergne, célèbres depuis plus d’un siècle. Montaigne, en 1588, + visita la fabrique de Palmier, qui l’emportoit sur tous les autres. + (V. son _Voyage_, édition in-12, t. II, p. 598.) + + [3] Avant l’art. de Beaumont et Langlade, on trouve dans l’édit. + précédente: «le sieur Ouynel, cartier du Roi, demeure près des + Bâtons-Royaux.» Ensuite vient Mathan, et non Mathas, comme ici. + +M. de la Bourde rue Bourlabé, vend les Cartons dorez pour les +Reliquaires, et Mrs Culambourgt rue d’Escosse, Boissiere rue de +Versailles[4], la Ruelle rue saint Victor, vendent celuy qui sert aux +Relieurs, et d’autres pour differens usages. + + [4] L’adresse de ces deux derniers est indiquée dans l’édit. de 1691: + «près le Puits-Certain», qui étoit, en effet, situé à peu de + distance de la rue d’Écosse et de la rue de Versailles. + +Le même la Ruelle fait grand commerce de Boetes de Carte[5], et d’Estuis +de Manchons et de Chapeaux. + + [5] C’est ce que nous appelons «cartons de bureau». La préfecture de + police, avant l’incendie de 1871, en possédoit de très-anciens, ceux + entre autres qui contenoient les pièces du procès de Cartouche. Ils + avoient été vendus par les papetiers des environs du Palais: Picard, + _à la Vertu_; Gorgeret, _à la Grande Vertu_. Quand Guyot prit + l’enseigne: _à la Petite Vertu_, ce fut par concurrence à celles-ci, + qui n’étoient, au reste, qu’un rébus, comme l’Y de tout-à-l’heure. + _La Vertu_ s’y figuroit pour un V voyelle, c’est-à-dire un U, peint + en vert. + +Les Ecritoires de corne sont fabriquées en gros par les Marchands rue +Betizy et rue des deux Boules à l’Empereur, sur le quay neuf à la +Renommée, et rue saint Denis au grand Charlemagne[6]. + + [6] Cet article est différent dans l’édit. de 1691, p. 22: «les + écritoires de corne sont fabriquez par les sieurs Langlois frères, + rue Bourlabé.» Ces sortes d’encriers, en usage encore dans notre + enfance, servoient surtout aux écoliers. J.-J. Rousseau n’en eut + cependant jamais d’autres. L’abbé de Tersan possédoit celui dont il + se servoit à la fin de sa vie. Les écritoires à la mode étoient + toujours «façon d’ébène», comme du temps de Loret, t. I, p. 244. + +Les Dames Futeau, Gamet, Morand, la Bussière et quelques autres[7] qui +logent aux environs de saint Hilaire, achetent et vendent toutes sortes +de vieux Papiers et Parchemins. + + [7] Toutes ces femmes, d’après l’édit. précédente, p. 60, formoient, à + ce qu’il paroît, une sorte de Société. Quelques lignes plus loin que + leur article s’en trouve un, qui complète celui qui le précède ici. + Les mêmes marchands de la rue Bétizy, de la rue des Deux-Boules, + etc., y sont indiqués pour la vente en gros, aux marchands, de la + cire d’Espagne. On l’appeloit aussi «cire des Indes», suivant + l’_histoire des Drogues_ par Pomet, liv. VII. Son nom de cire, + soi-disant importée d’Espagne, où, par parenthèse, on ne s’en + servoit pas, paroît lui être venu de ce que le premier livre qui en + ait parlé étoit d’un Espagnol. C’est le _Traité sur les aromates et + les simples_ publié en 1563 par Garcias de Orta. + +A la Reigle d’or, place aux Chats près saint Innocent, on trouve un +grand assortiment de Papiers reiglez pour la Musique[8]. + + [8] Plusieurs manuscrits de musique à la Bibliothèque du Conservatoire + portent l’adresse de «La Reigle d’or». + +A l’Image saint François, rue saint André du coté du pont saint Michel, +il y a un Papetier renommé pour la bonne Encre[9], pour les Canifs fins +et pour les Plumes taillées. + + [9] On trouve la recette de «cette bonne encre», que le père de Mme + Dacier avoit soigneusement transcrite, dans les _Mélanges de la + Société des Bibliophiles_, 1850, in-18, p. 342. Nous ignorons le nom + de son inventeur et l’époque de l’invention, mais peut-être étoit-ce + la même que «l’encre nouvelle», dont la marchande qui en faisoit + commerce «sur le pont», figure, en 1622, parmi les commères des + _Caquets de l’accouchée_. _V._ notre édit., p. 60. + + + + +OUVRAGES ET COMMERCE DE BONNETIERS. + + +Le Bureau des Marchands Bonnetiers, Bastiers, etc., est au Cloitre saint +Jacques de la Boucherie. + +Les Maîtres et Gardes en charge des Marchands Bonnetiers sont Messieurs +Besnard rue saint Denis, Jeson le jeune au coin du Marché neuf, Lory et +Courcelle à la Halle, et Vaze rue saint Denis. + +Entre les Marchands Bonnetiers qui tiennent magasin et font commerce en +gros, sont lesdits Sieurs Besnard, Lory et Vaze, et encore Mrs +Chastelain Chevalier du Guet, Mignot rue de la Savonnerie, de la Croix +et le Comte, rue S. Denis, Banche sous les Pilliers des Halles. + +Entre les Marchands Bonnetiers tenans boutiques, qui font un fort grand +détail, sont Mrs Perdrigeon aux quatre Vents près saint Denis de la +Chartre[1], Naü à la Place Royale près la Croix du Tiroir, du Four aux +quatre Vents à petit Pont[2], de Lorme rue saint Antoine, et le Roux au +Cerf volant Pont Notre Dame. + + [1] Il est célèbre depuis les _Précieuses ridicules_, scène X, où + Mascarille demandant à Madelon: «le ruban est-il bien choisi?» + Madelon lui répond: «Furieusement bien. C’est Perdrigeon tout pur.» + Loret se sert de la même expression dans sa _Gazette_ du 3 février + 1663. Il figure comme le plus fameux vendeur de rubans dans la + _Révolte des passements_. (V. nos _Variétés_, t. I, p. + 235.)--En 1692, il est encore nommé dans la farce italienne + d’_Arlequin-Phaéton_, acte II, sc. V, et mis bien au-dessus des + médiocres marchands. Dans le _Procès-verbal de visites pour les + marchandises de luxe_, en 1700, nous trouvons, p. 65, un Jean + Perdrigeon, qui doit être ou lui, ou son fils. En 1711, cette + fameuse boutique existoit encore, avec le nom qui en avoit fait la + chalandise. Le Cabinet des Médailles possède un jeton de mercier, + qui porte cette date, avec le nom de J. Perdrigeon. + + [2] Variante de l’édit. précédente: «à la Place-Royale, près la Croix + du Tiroir, et aux Quatre-Vents, au bout du pont Notre-Dame, il y a + de gros magasins de bas de soie, de laine, de cotton, etc.» A la + suite: «les bas de toile se font par des chaussetiers, près la porte + Dauphine.»--Nous lisons dans le _Menagiana_, t. III, p. 99, une + amusante anecdote sur le bonnetier des Quatre-Vents, et un docteur: + «M. Peaucelier, y est-il dit, du collége des Cholets, achetoit une + paire de bas _aux Quatre-Vents_. Le marchand lui en donna de + plusieurs sortes, qu’il ne trouva pas à sa fantaisie. Ils n’étoient + pas assez forts, ni assez épais. Donnez-m’en, dit-il, qui soient de + _matière continue_, et non pas de matière discrète. Le tour + d’expression est d’un véritable docteur.» + +Il y a au Fauxbourg saint Marcel un grand nombre d’Ouvriers pour les Bas +drapez. + +Il se fait aussi des Bas drapez[3] de Laine de Cigovie[4] et de diverses +autres sortes de Laine et de Soye, chez plusieurs Manufacturiers du +Fauxbourg saint Antoine[5], de la Cour du Palais, Porte saint Marcel, +saint Victor, saint Denis, saint Martin, et Fauxbourg saint Germain, qui +travaillent au metier dont les Jurez sont Mrs Martin à la Villeneuve, +Tonnelier rue Darnetal, Largilliere[6] même rue, Vaudin rue... + + [3] On appeloit «bas drapés» ceux dont on épaississoit la laine, en la + tirant légèrement avec le chardon à bonnetier. + + [4] Ségovie. Les meilleures laines pour les draps fins se tirèrent + longtemps de cette ville d’Espagne. + + [5] Le 9 janvier 1683, par arrêt du Conseil d’État, permission avoit + été donnée au sieur Corrozet d’établir, au faubourg Saint-Antoine, + vingt métiers «pour faire travailler en bas et autres ouvrages de + soie au métier». Il étoit neveu de Hindret, qui, en 1656, avoit + fondé une manufacture pareille au château de Madrid. + + [6] Il étoit parent du célèbre peintre, qui n’avoit, du reste, dans sa + famille toute parisienne, que des passementiers, des boutonniers, + des chapeliers. _V._ Jal, _Dict. crit._ à son nom. + +Leur Bureau est rue des Canettes; ceux qui en font le plus grand +commerce en gros et en détail sont Mrs Mirebeau, Guyart, et Josse Cour +neuve du Palais, et Boucher Fauxbourg saint Marcel. + + + + +MARCHANDISES DES GANTIERS ET PARFUMEURS. + + +Il y a près les Peres de l’Oratoire rue saint Honoré, et dans la rue de +l’Arbre sec, des Marchands qui vendent des Gands de Rome[1], de +Grenoble[2], de Blois[3], d’Eslan, de Chamois et diverses autres sortes +de la meilleure fabrique. + + [1] On savoit déjà combien ils étoient en vogue dès le temps de la + Fronde, par quelques lettres de Poussin à M. de Chanteloup, qui le + chargeoit de lui en acheter. Un sien ami, «connoisseur en matière de + gants», faisoit l’emplette, et, lui, faisoit le paquet et l’envoi: + «Il y en a une douzaine, écrit-il, le 7 octobre 1646, la moitié pour + les hommes, et la moitié pour les femmes. Ils ont coûté une demi + pistole la paire, ce qui fait dix huit écus pour le tout.» Le 18 + octobre 1649, autre achat, mais cette fois de gants parfumés à la + frangipane. Poussin s’en est fourni, pour M. de Chanteloup, chez la + signora Maddalena, «femme fameuse pour les parfums». + + [2] Leur réputation commençoit. Sous Louis XV, elle s’étoit beaucoup + étendue: «les étrangers, dit l’abbé Jaubert, dans son _Dict. des + Arts et Métiers_, t. II, p. 313, les préfèrent à ceux d’Italie et + d’Espagne.» Pour ces derniers, il en étoit ainsi déjà sous Louis + XIII, même de la part des Espagnols. Pendant que nous recherchions + leurs gants, ils ne vouloient que des nôtres. Il existe aux + Archives, dans la partie qui vient de Simancas, une lettre de Dona + Ines Henrique de Sandobal, datée de Madrid et adressée au duc de + Monteleone à Paris, par laquelle demande lui est faite de douze + paires de gants pareils à celui qu’elle lui envoie pour modèle. Il y + est joint encore. C’est un gant de peau blanche, cousu à la diable, + comme tous les gants parisiens de ce temps-là, mais d’une très-jolie + coupe, avec son revers retombant du poignet sur la main, et les + petits rubans et les fines rosettes de couleur incarnat qui + s’entrelacent sur ce revers. + + [3] Ils étoient de peau de chevreau bien choisie, et mieux cousus que + ceux de Grenoble et de Paris, «à l’angloise», dit l’abbé Jaubert, + car c’étoit autrefois un proverbe que, pour qu’un gant fût bon et + bien fait, il falloit que trois royaumes y contribuassent: + «l’Espagne, pour en préparer la peau, la France, pour le tailler, et + l’Angleterre, pour le coudre.» C’est la souplesse des gants + espagnols qui avoit donné lieu au proverbe, aujourd’hui mutilé: + «souple comme un gant d’Espagne.» (_Francion_, 1663, in-12, p. 63.) + Il étoit de mode, sous Louis XIII, «de présenter aux dames après la + collation des bassins de gants d’Espagne». Tallemant, _Édit._ P. + Paris, t. IV, p. 209. + +Il y a d’ailleurs des Marchands Gantiers en divers quartiers de Paris +qui sont bien assortis, par exemple, Mrs Remy devant saint Mederic, en +réputation pour les bons Gands de peau de cerf, Arsan près l’Abbaye S. +Germain, Richard rue S. Denis au petit S. Jean renommé pour les Gands de +Cuir de Poules[4], et Richard rue Galande au Grand Roy qui fait grand +commerce de Gands de Daim et façon de Daim. + + [4] On appeloit «cuir de poule» l’épiderme de la peau du chevreau. Il + falloit, pour l’enlever, une délicatesse extrême qui ne se trouvoit + que chez les ouvriers de Rome et de Paris. Ces gants étoient d’une + telle finesse qu’on en faisoit tenir une paire dans une coquille de + noix. Les gants de Vendôme, dont il devroit être parlé ici, car ils + étoient depuis longtemps célèbres, avoient la même réputation de + finesse et de souplesse. Ils ne sont pas oubliés dans le petit poëme + si curieux publié en 1588, _Le Gan_ de Jean Godard, reproduit dans + nos _Variétés_, t. V, p. 180-181: + + Il est temps de parler des gans blancs de Vendosme, + Qui sont si délicats que bien souventes fois + L’ouvrier les enferme en des coques de noix; + On en parle aussi tant que leur ville gantière + Reçoit presque de là sa renommée entière. + +Mesdames de France rue de la Limace, et Charpy quay des Orfèvres, +tiennent magasins de Gands de Rome, de Grenoble et de Blois. + +Les Parfumeurs qui font grand commerce de Poudre[5] et de +Savonnettes[6], sont au bout du Pont saint Michel, à l’entrée de la rue +de la Harpe, à l’entrée de la rue d’Hurepoix, au bout du Pont au Change, +à l’entrée de la rue de Gesvres et rue Bourlabé près la Trinité. + + [5] La mode de la poudre, comme on voit, ne s’étoit jamais perdue + depuis Louis XIII. La plus célèbre, «la poudre à la maréchale», + datoit même à peu près de ce moment. Elle devoit son nom à l’une des + femmes curieuses que nous avons vues plus haut: «le nom de _poudre à + la maréchalle_, lisons-nous dans l’avertissement du _Parfumeur + françois_, n’a été donné que parce que Madame la maréchalle d’Aumont + se divertissoit à la faire.» + + [6] C’est d’Italie qu’on faisoit venir les plus renommées: «les + meilleures savonnettes sont celles de Boulogne (Bologne).» + (Richelet, _Dictionnaire_.)--On en trouve la recette dans le + _Nouveau Recueil des Secrets et Curiositez_ de l’académicien Lemery, + p. 133. + +Le Sieur Bailly rue du petit Lion près la rue Pavée, vend des +Savonnettes legères qu’il dit être de crême de savon, et meilleures que +les Savonnettes ordinaires. + +Le Sieur Adam Courier du Cabinet du Roy pour l’Italie, apporte souvent +des Essences de Rome, de Gennes, et de Nice[7]; il demeure chez M. +Crevon Marchand devant la barrière saint Honoré[8]. + + [7] «Ces essences, ajoute Liger (_Voyageur fidèle_, p. 376), sont bien + plus spiritueuses que celles de France, et par conséquent bien plus + estimées.» On étoit, lorsqu’il parloit ainsi, à la veille de la + Régence, qui fut l’époque des parfums violents. Louis XIV n’en avoit + voulu que des plus modérés, dont il faisoit même assez peu d’usage, + au grand étonnement du Sicilien, dont nous vous avons cité la + lettre. Il suffisoit de papiers trop parfumés pour lui porter à la + tête. (_Journal de la Santé_, p. 284.) Plus jeune, il veilloit + lui-même à la confection des odeurs qu’il pouvoit supporter. C’est + le gantier Martial, valet de chambre de Monsieur, que l’on connoît + par la grotesque confusion que la comtesse d’Escarbagnas fait de lui + avec le poëte Martial, qui les composoit devant lui: «le plus grand + des monarques, dit l’avertissement du _Parfumeur françois_, s’est + plu à voir souvent le sieur Martial composer dans son cabinet les + odeurs qu’il portoit sur sa sacrée personne.» + + [8] C’est-à-dire la barrière des Sergents, dont nous avons parlé. + +M. Guilleri rue de la Tabletterie, fait venir de Portugal la véritable +Eau de Cordouë[9]. + + [9] Cette eau de Cordoue, qui vient du Portugal, ne donne qu’une + médiocre confiance dans le savoir de Blegny, pour peu qu’il fût + apothicaire comme il étoit géographe. + +L’Eau de Fleurs d’Oranges et les Essences pour les cheveux et pour le +Tabac[10], sont apportées et commercées par les Provençaux au cul de sac +saint Germain l’Auxerrois[11]. + + [10] «Les essences fortes et douces à tabac et à cheveux, les vins de + liqueurs, les fromages de Roquefort, les eaux de fleurs d’oranges de + Cette, etc., se vendent en gros en différents magasins du cul de sac + des Provençaux, etc.» Édit. de 1691, p. 32.--Pour les cheveux ou + perruques, c’est l’essence de jasmin qui étoit la préférée; et, pour + le tabac, c’étoit déjà la civette, mais frelatée par un procédé que + Lémery indique dans son _Nouv. Recueil des Curiositez_, p. 122. + + [11] C’est de Grasse qu’il en venoit surtout. Antoine Artaud, + «marchand parfumeur», en faisoit là un très-grand commerce. On a son + adresse gravée en bois par Papillon. Le plus en vogue des parfumeurs + de Lyon, Jean Chabert, dont la boutique se trouvoit sur la place des + Terreaux, avoit pris pour enseigne: «au Jardin de Provence». On a + son portrait gravé avec cette indication. + +On trouve en détail de bonne Eau de Fleur d’Oranges à l’Orangerie rue de +l’Arbre sec, et à la Devise Royale, sur le quay de Nesle près la rue de +Guenegaud. + +On vend au même lieu les fines Essences pour les Tabacs, les Eaux +odoriférantes d’Anges[12] et de Mille fleurs[13], les Cassolettes +philosophiques, le Lait d’Amarante qui parfume les chambres sans blesser +les vaporeux, les Essences d’ambre, de musc, etc. + + [12] Lémery a donné aussi, p. 131, la recette de cette eau, dont la + gomme odorante, appelée _Benjoin_, l’iris et les clous de girofle + étoient la base. + + [13] C’étoit moins un parfum qu’un remède. On la devoit à la comtesse + de Daillon, et la préparation en fut longtemps faite par le médecin + Defougerais--le Défonandrès de Molière.--Plus tard, on en tira une + sorte de panacée, que recommande une brochure, aujourd’hui rare, + publiée à Lyon, en 1706: _Traité de l’Eau de Mille fleurs_. + +Le Sieur Joubert[14] qui demeure au Soulier d’or, rue des vieilles +Estuves près la Croix du Tiroir, est un Colporteur qui donne à très +grand marché des sortes de Poudres et de Savonnettes communes. + + [14] Peut-être faut-il lire Jobert. Il y eut, en effet, un peu plus + tard, un parfumeur de ce nom, rue de la Croix-des-Petits-Champs, qui + étoit célèbre pour sa «pommade au pot-pourri». Papillon a gravé son + adresse. + + + + +PELLETTERIE ET FOURRURES. + + +Le Bureau des Marchands Pelletiers et Fourreurs qui sont des six Corps +des Marchands[1], est rue de la Tabletterie ou des Fourreurs[2]. + + [1] Nous l’avons dit plus haut, c’étoit le troisième des six. + + [2] La rue des Fourreurs, étant la prolongation de la rue de la + Tabletterie, du côté de la rue de la Ferronnerie, où elle débouchoit + au carrefour de la place aux Chats, on les confondoit souvent l’une + avec l’autre. + +Les Maitres et Gardes en Charge de la Marchandise de Pelletterie, sont +Messieurs le Grand rue saint Antoine, Maillard rue saint Mederic, +Lepreux, Ferrat, Hemins et Maçon rue de la Tabletterie ou des Fourreurs. + +Les Marchands qui font grand commerce et qui tiennent magasins de peaux, +sont Messieurs Goblet, Vendretin, Mole et Julien même rue; Denis, rue +saint Honoré; Gorge rue saint Denis[3]; Loger Pont saint Michel, +Charniette rue saint Martin, etc.[4] + + [3] C’est le même qui, plus bas, est nommé Georges. + + [4] «On trouve dans ces endroits, dit Liger, p. 379, de très-beaux + manchons pour hommes et pour femmes et des plus à la mode... On y + vend aussi de très-belles aumusses à petit gris.» Il ajoute un mot + sur «les _palatines_ travaillées proprement, composées de peaux + d’animaux, tant étrangers que du pays». Madame, princesse + _Palatine_, mère du Régent, les avoit mises à la mode. Elles ont + gardé son nom. Elle en porte une de la plus belle hermine sur son + portrait peint par Largillière, qui est aujourd’hui au musée de + Genève.--Liger, en parlant des manchons, auroit pu dire qu’il s’en + tenoit au Temple une foire très-courue à la fin d’octobre. (V. + Palaprat, t. II, 2e part., p. 20, et le _Journal de Collé_, t. I, p. + 121.) + +Les boutiques des Marchands Pelletiers qui font le détail sont pour la +plupart près l’aport de Paris, rue du Crucifix saint Jacques de la +Boucherie, et rue de la Juifferie aux environs de la Magdelaine[5]. + + [5] En la Cité. + +On tire par le Messager de Niort des Peaux de Chevres et de Mouton +passées en Chamois en huille[6]. + + [6] L’édit. de 1691, p. 37, contient sur l’article des peaux de Niort, + qui sont encore célèbres aujourd’hui, un détail plus clair: «On + fabrique à Niort, en Poitou, des peaux de chèvres et de moutons + passées en chamois, en huile et en détrempe.» Un autre article suit: + «les peaux imperméables à l’eau et à l’air se vendent rue du Four, + faubourg Saint-Germain, au coin de la rue des Canettes.» + +Le Sieur Rosnel au Plat d’Etain[7] à l’entrée de la rue saint Denis fait +grand débit de toutes sortes de Peaux, et vend des Calçons et Chaussons +de vray et de faux Chamois[8]. + + [7] «Près la porte de Paris.» Édit. 1691, p. 37. C’est porte + Saint-Denis qu’il faut lire. Le _Plat d’étain_ en étoit tout proche. + + [8] L’édit. précédente ajoutoit: «et de chèvre passée en huile». + +Le Sieur l’Evêque Güaisnier[9] rue de la Coustellerie fait grand +commerce de Peaux de Chagrin. + + [9] Richelet dans son Dictionnaire donne une définition intéressante + du «gainier» de son temps: «ouvrier, dit-il, qui fait des gaînes, et + qui avec du veau, du maroquin ou du chagrin, couvre des cassettes, + des coutelières, étuis, écritoires et autres pareilles choses qu’il + figure (enjolive) avec des fers.» + +M. Santeuil[10] rue Bourlabé, tient magasin de Vaches de Roussy[11], de +Levant, de Peaux de Castors[12] et de diverses autres Peaux étrangeres. + + [10] Il étoit de la famille du poëte, une des plus importantes du + commerce parisien, et qui avoit même eu quelques-uns des siens dans + l’échevinage. + + [11] On prononçoit ainsi Russie. Ces cuirs russes servoient depuis + Louis XIII à faire les bottes à la mode. On les imitoit à Paris, + mais imparfaitement. Richelet explique le procédé dans son + _Dictionn._, t. I, p. 427, et ajoute: «M. Mérigo, l’un des plus + habiles tanneurs de Paris, m’a dit ce que j’avance ici de la vache + de Roussy.» + + [12] Notre compagnie du Canada ou de la Nouvelle-France en avoit le + privilége, mais à la condition expresse de ne les tirer que de nos + colonies pour les débiter en France. (_Correspond. des Contrôleurs + généraux_, nº 174.) Sous Louis XIII, cette compagnie, dont le + mercier Nicolas Libert étoit un des directeurs et associés, avoit + une manufacture de ces chapeaux dans l’enclos de la Trinité, rue + Saint-Denis. V. la réimpression faite pour l’Académie des + Bibliophiles, en 1867, d’un «arrêt de 1634 pour les chapeaux de + castor». + +M. George rue saint Denis près la fontaine la Reine, fait commerce de +Peaux de Lapin, de Lievres et autres pour les Chapeliers. + +M. Toupault rue Quinquempoix fait le même commerce, et vend diverses +sortes de Peaux pour les Fourreurs. + +Les Marchands Foureurs qui font le détail des Manchons des Hermines[13], +et generalement des Marchandises de Fourures, sont pour la plupart dans +la rue des Foureurs près sainte Opportune et dans la rue de la vieille +Bouclerie[14]. + + [13] «Peaux en poils.» Édit. précédente, p. 37.--L’hermine ne servoit + pas seulement aux vêtements des avocats. On en faisoit aussi des + pelisses. Voilà pourquoi, jouant sur le nom de Pelisson, Somaize, + dans le _Dictionnaire des Précieuses_, l’appelle Herminius. + + [14] On lit, à la suite, dans l’édit. de 1691: «Il y a beaucoup de + corroyeurs au faubourg Saint-Marcel, aux environs de la rivière des + Gobelins, rue Maubuée et cloître Saint-Jacques de la Boucherie.» On + sait que les corroyeurs n’ont pas encore quitté les bords de la + rivière des Gobelins. + +Il y en a d’ailleurs quelques autres rue de Gesvres, sur le quay neuf et +rue saint Antoine. + +Pour les Peaux de Buffles, voyez l’article des Armes et Bagages de +Guerre. + +Pour les Vaches de Roussy et Maroquins façon de Levant, voyez l’article +des Bureaux publics. + + + + +OUVRAGES ET MARCHANDISES DE CHEVEUX. + + +Monsieur Binet qui fait les perruques du Roy[1], demeure rue des Petits +Champs, M. le Grain qui fait celles de Monsieur, est logé au Palais +Royal dans la Cour des cuisines. + + [1] Ces perruques, dont la forme fut longtemps en vogue, s’appeloient, + à cause de lui, des _binettes_, ou _perruques-binettes_, comme dit + Salgues dans un curieux chapitre de son livre: _Paris_, 1813, in-8, + p. 352. Le mot se conserva dans le peuple, qui, de la perruque, + finit par l’appliquer à la tête. Le mot tintamarresque «une binette» + vient de là.--Le Roi avoit tout un cabinet de perruques, séparé de + sa chambre par la salle du Conseil, et qu’on appeloit soit cabinet + des perruques, soit cabinet des Termes. Il étoit, en effet, garni + tout autour de Termes ayant chacun une perruque sur la tête. Les + formes varioient suivant que le Roi alloit à la chasse, recevoit les + ambassadeurs, ou restoit dans ses appartements. Binet, qui avoit + soin de cette singulière collection, quittoit rarement la Cour. Il + comptoit parmi les cent cinq personnes, distribuées en cinq tables, + qui avoient droit de manger chez le Roi, et qui, à ce titre, comme + nous l’avons vu dans le manuscrit que possédoit Techener: _État et + menu des dépenses pour 1705_, recevoient chacune un chapon. La + consommation de cheveux choisis qu’exigeoient les perruques royales + étoit considérable. Binet n’y épargnoit rien: «Je pélerois, + disoit-il, toutes les têtes du Royaume, pour parer celle de Sa + Majesté.» Son fils François Binet eut en survivance sa charge de + premier barbier, et sa fille épousa, en 1720, le fils de Quentin, un + des barbiers ordinaires. (_Mercure_, mai 1720, p. 172.) C’est + Quentin qui, avec Binet, avoit la garde des perruques du Roi, et lui + donnoit celle du lever plus courte que les ordinaires. + +Le Bureau des deux cens Barbiers, Baigneurs, Etuvistes et Perruquiers de +Paris[2], est sur le quay des Augustins au coin de la rue Git-le-cœur. + + [2] Cette corporation des deux cents barbiers de Paris avoit été créée + le 14 décembre 1673, par déclaration royale, en exécution d’un édit + du mois de mars précédent. En décembre 1691, au moment où ce _Livre + commode_, déjà imprimé sans doute, étoit sur le point de paroître, + le nombre des barbiers avoit été augmenté de cent, et, deux mois + après, il le fut encore de cinquante; enfin, en 1701, cent nouvelles + places héréditaires furent créées. + +Les Prévots Sindics de cette Communauté, sont Messieurs Broussin rue de +Bussy, Petit rue de la Verrerie, Boudet rue saint Loüis près le Palais, +du Chemin rue Montmartre, Caquet rue Dauphine, et Daubons sous l’Orloge +du Palais. + +Entre ceux qui sont renommez pour faire les Perruques de bon air, sont +Messieurs Pascal quay de Nesle[3], Pelé rue saint André, du Pont et des +Noyers rue de Richelieu, Jordanis rue d’Orléans, l’Abbé rue des Petits +Champs, d’Angerville près le Palais Royal, Vincent quay des Augustins, +etc. + + [3] «Le sieur Pascal, au coin de la rue de Guenegaud, est fort renommé + pour les perruques.» Édit. 1691, p. 26. + +Messieurs de la Roze[4] et du Bois sont renommez pour les petites +Perruques servant aux Ecclésiastiques. + + [4] «M. De la Roze, à l’entrée de la rue Saint-André, est renommé pour + les perruques abbatiales.» Édit. 1691, p. 63. + +Messieurs Pelé et Vincent ci-devant désignez font aussi commerce de +Cheveux en gros et en détail[5]. + + [5] Ces marchands de cheveux avoient des coupeurs qu’ils envoyoient en + Normandie, en Flandre, en Hollande, etc., d’où ils leur rapportoient + à la fois, six, huit ou dix livres de cheveux, qui devoient avoir au + moins vingt-quatre à vingt-cinq pouces de long. Les meilleurs + venoient toujours du Nord. C’étoit ensuite la Normandie qui en + fournissoit le plus. Le prix varioit de quatre francs la livre pour + les cheveux communs, jusqu’à cinquante écus pour les blonds + argentés, qui étoient les plus recherchés. _V._ sur tout cela, + Jaubert, _Dictionn. des Arts et Métiers_, t. III, p. 436-437. + +Autant en font Messieurs du Mont, Potiquet et Rossignol sous la galerie +des Innocens, et encore Mesdames Lançois rue d’Orléans et Danteuil rue +Tirechappe. + +Le Sieur Thomé Clerc de la Communauté des deux cens Barbiers, demeure en +leur Bureau, c’est à luy qu’il faut s’adresser pour les privileges qui +sont à vendre ou à loüer[6]. + + [6] On a lu dans l’Introduction, t. I, p. xli, comment les privilèges, + quels qu’ils fussent, se louoient. + +Entre les Coiffeuses qui sont fort employées, sont Mesdemoiselles +Canilliat place du Palais Royal, Poitier près les Quinze Vingts, le Brun +au Palais, de Gomberville rue des bons Enfans, et d’Angerville devant le +Palais Royal[7]. + + [7] «On fait des calottes de toile jaune et de serge à mettre sous les + perruques, chez un calotier, qui a sa boutique sous la porte de la + cour neuve du Palais. Les calottes ordinaires se trouvent sur le + quay de l’Horloge du Palais.» Édit. précéd., p. 26. A l’époque de la + Terreur, le commerce des cheveux se faisoit sur ce même quai, où + l’on n’avoit vu jusqu’alors que «les perruquiers en vieux». Il + s’alimentoit des chevelures des condamnés de la Conciergerie. Le + nombre en fut si grand qu’à un moment le prix des cheveux en baissa! + Aujourd’hui le bureau de placement des garçons coiffeurs est sur le + quai des Orfèvres. + + + + +COMMERCE DES VERRIERS. + + +Le Bureau des Marchands Verriers[1] est au Renard rue saint Denis, où +l’on décharge toutes les Marchandises de leur commerce. + + [1] Dans l’édition de 1691, p. 30, il est dit que les verriers de ce + bureau étoient seulement ceux «qui font des ouvrages de feugère», + c’est-à-dire de fougère. On sait que le verre ne se faisoit alors + qu’avec la potasse extraite des cendres de cette plante. De là, les + métaphores des poëtes sur le vin qui pétille ou qui rit dans «la + fougère», comme disent Chaulieu et Boileau. + +Le Sieur Trincart rue de la Verrerie, l’Hoste porte saint Germain, Aubry +près la Comedie Françoise, et le Grand rue saint Denis, ont un grand +assortiment de Marchandises de Cristal, de Fayence et de Porcelaine[2]. + + [2] Dans l’édition de 1691, p. 30, ils ne sont tous trois mentionnés + que pour ce dernier article: «Ils tiennent, y est-il dit, magasin de + porcelaine.» + +Le Sieur Rose rue Darnetal fait le plus grand commerce de Bouteilles +couvertes[3], de Verres de tables, de Cloches de Jardins, de Vaisseaux +chimiques, etc. Il fait des fournitures en gros et à bon compte aux +détailleurs[4]. + + [3] C’est-à-dire entourées d’osier. + + [4] Son article est un peu différent dans l’édition de 1691, p. 30. + Après la mention du bureau des verriers, il y est dit: «Ce qu’on ne + trouve pas dans ce bureau, peut être recouvert et acheté en gros, à + bon compte, dans les magasins du sieur Rose, verrier, rue d’Arnetal + (Grenetat), etc.» + +On trouve des Bouteilles de Cristal taillées pour la poche chez le Sieur +le Grand le Jeune, et de Guerre Verriers, rue saint Denis[5], le Quin +Emailleur, rue saint Martin[6], Gilbert Lapidaire, rue sainte Croix de +la Cité[7], et le Seür aussi Lapidaire, rue saint Denis près le +Sepulcre. + + [5] Ils sont indiqués, dans l’édition de 1691, p. 30, comme «verriers + faisant grand négoce de bouteilles de poche à bouchons de verre». A + la suite, viennent «Grancire, rue de la Coutellerie, et Ancelin, au + cul de sac Saint-Sauveur», qui ne se retrouvent pas ici. + + [6] Il étoit de la famille de l’orfèvre Lequin, que nous trouverons à + la fin du chap. suivant. + + [7] L’édition de 1691, p. 30, le place «sur le Quai-Neuf, au Berceau + d’or». + +Il y a une Fayancerie à saint Cloud[8] où l’on peut faire exécuter tels +modèles que l’on veut. + + [8] On en connoît les principaux ouvriers à cette époque: Trou, le + potier, et Chicanneau père et fils. Ils fabriquoient une faïence à + émail stannifère, en camaïeu bleu, le plus souvent. Leur faïencerie + avoit assez d’importance pour que la duchesse de Bourgogne la + visitât, en 1709, le 3 sept. Les Chicanneau ajoutèrent à la + fabrication de la faïence celle de la porcelaine, «façon des Indes», + dont ils se disoient inventeurs. A la fin de 1696, ils adressèrent, + comme tels, un placet à l’intendant de Paris. (_Correspond. des + Contrôleurs généraux_, nº 1342.) Lister (chap. V) admira fort leurs + porcelaines. V. aussi J. Marryat, _Hist. des Poteries_, etc., trad. + franç., t. II, p. 212. + +M. de Saint Estienne Maitre de la Fayencerie de Rouen, a trouvé le +secret de la Fayence violette tachetée, et de faire en France de la +Porcelaine semblable à celle des Indes[9]. + + [9] Dans l’édition de 1691, p. 30, il n’est mentionné que pour la + porcelaine qu’il a «le secret de faire en France».--Il fabriquoit + bien réellement tout à la fois de la faïence et de la porcelaine, et + cela, par privilége, avec d’autres concessionnaires, depuis 1644. Le + 30 juin 1694, M. d’Ormesson envoya un rapport au contrôleur général + sur l’état de cette fabrique et sur le renouvellement de son + privilége. Comme on vouloit que Saint-Etienne livrât son secret pour + que la fabrication fût continuée par les Invalides, et comme il + refusa, ce renouvellement n’eut pas lieu. Le privilége obtenu en + 1673 pour la porcelaine, «façon de Chine», fut seul continué pour + vingt ans encore, mais à condition qu’au bout de ce temps le secret + de fabrication seroit livré au public. (_Correspond. des Contrôleurs + généraux_, nº 1342.) + +Les Fayences de Nevers arrivent sur le quay de la Tournelle près la +porte saint Bernard[10]. + + [10] Ces faïences de Nevers, qui avoient leurs collectionneurs, comme + on le voit par quelques vers de Sénecé dans ses _Épigrammes_ (1717, + in-12, p. 224), se fabriquoient depuis longtemps déjà, et en dernier + lieu, sous la direction d’un nommé Castelnau. + +M. Perrot Maitre de la Verrerie d’Orléans[11], a trouvé le secret de +contrefaire l’Agathe et la Porcelaine avec le Verre et les Emaux. Il a +pareillement trouvé le secret du Rouge des Anciens, et celuy de jetter +le Verre en moulle pour faire des bas reliefs et autres ornemens. Il a +son Bureau à Paris sur le quay de l’Orloge à la Couronne d’or. + + [11] Bernard Perrot étoit neveu de Castelnau que nous venons de voir à + la faïencerie de Nevers. Dès le mois de décembre 1655, il avoit + obtenu le privilége de la verrerie royale d’Orléans et de celle de + Fay-aux-Loges, qui en étoit la succursale, à six lieues de là sur le + canal. En 1666, autre brevet délivré à Perrot en faveur d’une + découverte fort importante pour l’exploitation de sa verrerie: il + tiroit d’une pierre «qui abonde en France»,--la houille + certainement--un combustible moins cher que le charbon. En 1688, + ayant perfectionné la fabrication du verre, «soit colorié, soit en + relief», et aussi «le coulage des métaux à table creuse, avec des + figures», un privilége nouveau lui fut encore accordé. Il le garda, + ainsi que les deux autres, jusqu’à sa mort, en 1710, malgré les + concurrents qui firent faire sur ses fabriques une enquête, en + février 1692, dont le résultat tourna pour lui. Deux de ses parents, + peut-être ses neveux, Jean Perrot et Jacques Jourdan lui succédèrent + avec un renouvellement de privilége en date du 2 août 1710, où il + étoit dit que les ouvrages de Perrot «égalent en beauté et en + qualité les porcelaines». La rue près des remparts Saint-Euverte, où + Perrot avoit sa verrerie à Orléans, s’appelle encore aujourd’hui + _rue des Bouteilles_. + +M. Massolat Maitre de la Verrerie de Rizancourt[12], a son Bureau à +Paris rue du Four près la Foire saint Germain chez le Sieur Feloix +Huissier[13]. + + [12] Paul de Masselai, et non Massolat. Il avoit été un des + concurrents de Perrot, et, n’ayant pu lui faire perdre le privilége + de la verrerie d’Orléans, il étoit allé en établir une à Rizaucourt, + au fond de la Champagne. + + [13] L’édition de 1691, p. 30, ajoute «au Châtelet». + +Pour le Verre blanc et le Verre des Vitriers, voyez l’article fait +exprès. + +Pour les Glaces, voyez l’article des marchandises de Miroitiers[14]. + + [14] On trouve dans l’édit. de 1691, au chap. «du Commerce du verre, + etc»., p. 30, les indications suivantes qui manquent ici: «le verre + blanc pour les mignatures et autres tableaux, se vend chez un + vitrier qui demeure rue aux Ours, devant l’image de la Vierge, et + chez un autre qui demeure vieille rue du Temple, au coin de la rue + de Bercy.» + +On dit que M. de la Motte de qui on a veü à la Foire, il y a quelques +années de si beaux ouvrages d’Emaux et de Verre façon d’Agathe et de +Porcelaine, va faire un établissement à Paris, en vertu d’un Privilege +du grand Sceau[15]. + + [15] Il obtint ce privilége, mais ce faillit être au préjudice de + Bernard Perrot, dont, comme Masselai, ce La Mothe étoit le + concurrent. Ce fut sur ses instances que le contrôleur général + écrivit, le 29 février 1692, à l’intendant d’Orléans, M. de Creil, + pour savoir où en étoit la faïencerie-vitrerie privilégiée de + Perrot, le sieur De La Mothe, disoit la lettre, demandant, lui + aussi, un privilége «pour fabriquer avec une matière vitrifiée, dont + il a le secret, des ouvrages en façon de porcelaine, d’agathe, de + jaspe, de lapis». La réponse de M. de Creil fut, à ce qu’il paroît, + favorable, car si La Mothe eut son privilége, Perrot garda le sien. + + + + +COMMERCE DE DIVERSES MATIERES METALLIQUES, ET OUVRAGES DE COUTELLIERS, +TAILLANDIERS, ETC. + + +Messieurs Hébert cul de sac de la rue Quinquempoix, Presty et Alain rue +Neuve saint Mederic, et Coquart rue Simon le Franc, font commerce +d’Etain et de Plomb d’Angleterre[1]. + + [1] L’édit. de 1691, au lieu d’Hébert, nomme Duval. Son magasin y est + indiqué «au cloître Saint-Thomas du Louvre». + +Le Fer blanc est négocié en gros par Messieurs le Doux rue Jean de +l’Epine, Fontaine rue des Lombards, et Frezan rue de la Vannerie[2]. + + [2] «Au bout de la rue de la Vannerie.» Édit. précéd., p. 22. Le fer + blanc ne se fabriquoit en France que depuis Colbert, qui en avoit + établi la première fabrique à Beaumont-la-Ferrière dans le + Nivernois. Il avoit dû pour cela faire appel aux ferblantiers + allemands. (_Correspond. administrat. de Louis XIV_, t. III, p. + 740.) + +Il y a plusieurs magasins de Cuivre et de Leton, rue Quinquempoix. + +Les Bateurs d’or qui vendent l’or en feuilles et en coquilles, sont +établis en différens quartiers de Paris, par exemple, rue du Cimetiere +saint Nicolas des Champs, rue saint Jacques, rue de Gesvres, rue saint +Denis, etc. + +Les Tireurs d’or qui vendent l’or et l’argent trait et filé, sont pour +la plupart rue saint Denis[3] au dessus de saint Jacques de +l’Hopital[4]. + + [3] «Aux environs de la rue Mauconseil.» Édit. de 1691, p. 23. + + [4] «Cet or et cet argent tirés, ajoute Liger, p. 394, s’emploient + pour les broderies, les galons et les boutons qui se débitent pour + les habits.» + +Pour l’Or et l’Argent en lingots et grenaille, voyez l’article fait +exprès. + +Pour le Plomb en balles et en graine, voyez l’article des Armes et +Bagages de Guerre et de Chasse. + +Le Sieur Guilloüet Taillandier et Ferblantier, à l’entrée de la rue de +Gesvres, a un particulier talent pour les plus beaux Ouvrages de Fer +blanc et de Leton planez[5]. + + [5] «PLANER, c’est unir la besogne à force de petits coups de + marteau». (Richelet, _Dictionn._)--A la suite de l’art. sur le sieur + Guillouet, on lit dans l’édit. de 1691, p. 111: «Le sieur Jo et + quelques autres potiers d’étain, près la porte Saint-Marcel, vendent + des grandes et petites seringues bien faites et à juste prix.»--La + vaisselle d’étain se travailloit avec le plus grand soin. On y étoit + parvenu à donner au métal la consistance et le brillant de l’argent. + _V._ Loret, t. II, p. 427-428; et Faugère, _Voyage de deux + Hollandois, à Paris_, p. 276. + +Pour les Arcs et Ressorts qui sont ouvrages de Taillandier, voyez +l’article des Chevaux et Equipages. + +Entre les Couteliers renommez pour les Couteaux et les Cizeaux sont le +Maitre de l’Eglise rue saint Martin, et le Maitre du Coutelas rue de la +Coutelerie, qui a un talent particulier pour les Lames de couteaux de +tables qui se montent sur des manches d’argent[6]. + + [6] Dans l’édition de 1691, p. 59, il n’est recommandé que pour les + rasoirs. Le coutelier «du Trèfle», rue de la Coutellerie, qui ne se + retrouve plus ici, est indiqué à la même page, comme étant «renommé + pour les couteaux».--Ce _trèfle_ étoit à la fois l’enseigne et la + marque de ce coutelier en renom. Nous l’avons vu souvent sur des + couteaux des derniers siècles. Toute marque--et chaque + coutelier-fabricant avoit la sienne--étoit une propriété qu’aucun + autre ne devoit prendre ni contrefaire. (_Lettres patentes sur le + règlement des ouvrages de quincaillerie et de coutellerie de la + ville de Thiers_, 24 déc. 1743, art. 2.) Suivant Clicquot-Blervache, + _Considérat. sur les Compagnies, Sociétés et Maîtrises_, p. 165, on + offrit jusqu’à 22,000 livres de la marque que Palme, de Thiers, + mettoit à ses couteaux: «C’étoit, dit-il, la plus accréditée.» + +Entre les Couteliers en réputation pour bien faire et bien repasser les +Lancettes, sont les Sieurs Surmont au tiers-point[7] rue saint Julien le +Pauvre, et Touyaret au Verre couronné rue de la Coutellerie[8]. + + [7] Le _tiers-point_ est un outil triangulaire, qui sert surtout aux + bourreliers. Louvel, qui l’avoit été, assassina le duc de Berry avec + un tiers-point. + + [8] Dans l’édition de 1691, p. 59, il est mentionné avec son enseigne, + pour la même spécialité des lancettes, mais n’est pas nommé. + +L’acier crud est commercé par les Marchands de Fer, et les Instrumens de +Moulins pour les Dents, par les Quincailliers, qui vendent d’ailleurs +toutes les Marchandises foraines de Coutellerie. + +Le Maitre de la Coupe rue Troussevache, est distingué pour les +Instrumens de Chirurgie. + +On peut par les Messagers de Moulins et de Langres tirer de bons +Cizeaux[9]; et par celuy de Caen, de Couteaux de poche d’une propreté et +d’une bonté singulière. + + [9] Les couteaux de Langres étoient au moins aussi renommés que ses + ciseaux. Les voleurs leur avoient même fait une réputation sinistre: + le couteau pour eux étoit un _lingre_; et, pour assassiner, ils + disoient _lingrer_. Diderot, on le sait, étoit fils d’un coutelier + de Langres. + +On fait de très bons Canifs à la Masse et au Pistolet, rue de la +Coutellerie[10]. + + [10] Dans l’édition de 1691, p. 59, c’est «le coutelier de l’Antonnoir + (_sic_), rue aux Ours», qui est recommandé pour les canifs. + +Le Sieur le Quin Orfèvre, rue de la Fromagerie[11], fabrique les +Instrumens d’argent servant aux Chirurgiens. + + [11] C’est le grand-père du tragédien Le Kain, dont le vrai nom + n’étoit ni celui qu’il prenoit, ni celui qu’on lui donne ici. Il + s’appeloit Caïn. Son acte de naissance, reproduit par Jal, à ce nom, + dans son _Dictionnaire critique_, nous le donne comme né le 3 avril + 1729, de Henri Caïn, «marchand orfèvre, rue de la Fromagerie», + lequel, ajouterons-nous, avoit succédé à son père dans la même + boutique. Pour Caïn, on prononçoit Quin, et même Le Quin, comme on + le voit ici. Le nom que prit Lekain, en se mettant au théâtre, fut + un compromis entre les deux formes. + +Le Sieur Landrieux Gaisnier près le Palais, fait très proprement les +Etuis servant aux ouvrages de Coutellerie. + + + + +DOMESTIQUES ET OUVRIERS. + + +Le Bureau d’adresse pour les Maitres qui cherchent des Serviteurs, et +pour les Serviteurs qui cherchent des Maitres, est au Marché Neuf devant +saint Germain le vieil. + +Il y a un particulier Bureau d’adresse à la Grève pour les Cuisiniers et +Garçons de cabaret. + +Les Nourrices et Servantes à louer se trouvent en des Bureaux de +Recommanderesses[1], rue de la Vannerie[2], et rue du Crucifix saint +Jacques[3]. + + [1] V. notre _Introduction_, p. x.--Dans une pièce de la fin du XVIe + siècle que M. de Montaiglon a jointe à ses anciennes poésies, t. I: + _Chambrière à louer à tout faire_, se trouve, p. 90, un passage + curieux sur ces premiers bureaux de placement des servantes: + + Pourtant me vient à souvenir + Que chez les _recommanderesses_ + Est le lieu où sont les addresses + Pour trouver servantes à louer... + + [2] Le bureau des servantes y étoit si connu, qu’au XIVe siècle on + l’appeloit moins rue de la Vannerie que rue des _Commanderesses_ ou + des _Recommanderesses_. Il en étoit de même de la rue de la + Coutellerie, où se trouvoit un bureau pareil. (_Registres crimin._ + du Châtelet 1389-1392, t. I, p. 37.) + + [3] Quand une servante avoit mérité une punition publique, c’est + devant le bureau des _Recommanderesses_ qu’on la lui infligeoit pour + l’exemple. En 1576, une chambrière ayant eu un enfant du clerc de la + maison où elle servoit, et l’ayant exposé la nuit à une porte + voisine, fut condamnée au fouet par sentence du Châtelet, le 24 + octobre, et c’est devant la maison des Recommanderesses qu’elle fut + fouettée. (Bouchel, _Bibliothèque_, au mot _Exposés_.) + +Plusieurs Laquais cherchant maitres, et qu’on peut même louer par +jour[4], se tiennent tous les matins sur les degrez de la vieille Cour +et près la petite porte du Palais. + + [4] Liger, qui donne aussi ce détail, p. 403, le relève ainsi: «l’on + voit qu’on peut, dans l’occasion, se faire suivre à Paris, et se + donner l’air d’homme à laquais, sans qu’il en coûte beaucoup.» + +Les Garçons de Métier trouvent des embauches ou adresses de boutiques[5] +aux lieux ci-après, à sçavoir: pour les Marchands, au Bureau de la rue +Quinquempoix; pour les Verriers, rue saint Denis au Renard; pour les +Drapiers, au Bureau rue des Déchargeurs; pour les Chirurgiens, chez les +Couteliers travaillant aux lancettes, et encore aux Ecoles de Chirurgie +rue des Cordeliers; pour les Apoticaires à la Lamproye rue de la +Huchette, et encore au Bureau, cloitre sainte Opportune; pour les +Droguistes Epiciers, au même Bureau; pour les Fourbisseurs au Bureau rue +de la Pelleterie; pour les Gantiers et Chapeliers, même rue; pour les +Tourneurs Tablettiers, rue de la Savonnerie; pour les Tanneurs, au +fauxbourg saint Marcel; pour les Fondeurs, près saint Nicolas des +Champs; pour les Orfèvres, en leur Bureau et Chapelle rue S. Germain +l’Auxerrois, et encore chez le Petit père cour du Palais; pour les +Patissiers, rue de la Poterie; pour les Teinturiers, rue de la Tannerie; +pour les Bonnetiers, au Bureau cloitre S. Jacques de la Boucherie; pour +les Peintres, Doreurs et Sculpteurs, aux Filles Penitentes de la rue +saint Denis tous les Dimanches au matin[6]; et pour les Menuisiers, rue +des Ecouffes. + + [5] Ces adresses imprimées, et souvent enjolivées de dessins gravés, + que se faisoient faire tous les marchands, ont eu leur mention plus + haut à propos de celles qu’illustra Papillon. Quelques-uns les + faisoient frapper en jetons. Nous en avons vu une de ce genre, en + cuivre rouge et de forme octogone, portant, d’un côté: un chiffre + entrelacé, avec la légende PIERRE. BIZET. MARCHAND. MIROITIER, et la + date de 1703, à l’exergue; de l’autre: une console drapée d’un tapis + fleurdelisé, un miroir carré surmonté d’une pendule; au fond, un + manteau retroussé, et, pour légende: AV MAGAZIN. ROYAL. RUE ST. + MARTAIN. + + [6] Ces filles pénitentes étoient les religieuses de Sainte-Catherine, + dont il est parlé dans l’_Introduction_, p. ix-x. L’Académie des + peintres avoit, au commencement du règne, loué, rue des Déchargeurs, + le second étage d’une maison qui leur appartenoit et s’y étoit + reconstituée. Elle y resta deux ans, puis alla s’établir au Louvre. + Tout lien ne fut pas rompu entre elle et les religieuses de la rue + Saint-Denis, qui se firent ses «recommanderesses», chaque dimanche, + pour les jeunes gens qui voudroient y être admis comme élèves. + +Les Cordonniers, Serruriers, Menuisiers, Tonneliers, Arquebusiers, +Rotisseurs et autres, s’embauchent par eux mêmes en se présentant dans +les boutiques. + +Les Maçons, Manœuvres, Limousins, etc., s’assemblent à la Grève[7] tous +les matins des jours ouvrables depuis quatre jusqu’à six heures, où l’on +va prendre ceux dont on a besoin pour les atteliers. + + [7] Ils y étoient tout près de la rue de la Mortellerie--aujourd’hui + de l’Hôtel de Ville--où ils habitoient, et habitent encore en grand + nombre, et qui devoit son premier nom à ces «mortelliers» ou maçons. + Ils se tiennent à présent un peu plus haut que la Grève, sur la + petite place qui se trouve entre la rue et le pont Louis-Philippe. + +Les Revendeuses, Blanchisseuses, Ravaudeuses, etc., se melent de placer +presque toutes les Servantes. + + + + +VÉRIFICATIONS ET RAPPORTS DE JUREZ. + + +Monsieur Rainsant Medecin Juré du Parlement[1], demeure Isle Notre Dame, +et M. du Tertre Chirurgien Juré de la même Cour[2] rue du Jardinet. +Madame Maillard y fait la fonction de Sage femme Jurée, et demeure près +le Palais. + + [1] Fils du savant médecin-numismatiste Rainssant, mort deux ans + auparavant. + + [2] Il a été nommé plus haut, t. I, p. 157, au chapitre des opérations + chirurgicales. + +Messieurs Chauvel et Moreau Jurez Medecins du Chatelet demeurent, +sçavoir, le premier rue saint Severin, et le deuxième rue de la +Verrerie[3]. + + [3] «M. Arlot, médecin juré du grand Conseil, demeure rue du Four, + près la Croix du Tiroir.» Édit. 1691, p. 39. Il a aussi été nommé + plus haut. + +Les Jurez Chirurgiens du Chatelet sont Messieurs Auguy près la +Magdelaine, Helot rue de la Calandre, le Dran quay de l’Orloge, et +Clerambourg rue saint Germain l’Auxerrois. + +Le Livre de M. de Blegny contenant la Doctrine et les formules des +Rapports de Chirurgie[4] se vend chez la veuve Nion. + + [4] Voici le vrai titre du livre de Blegny, qu’il abrège ici et rend + ainsi plus clair: _la Doctrine des rapports, fondée sur les maximes + d’usage, et sur la disposition des nouvelles ordonnances_. 1684, + in-12. + +Madame Bureau et Mademoiselle sa fille Jurées Sages-femmes du Chatelet, +demeurent rue saint Germain l’Auxerrois. + +M. Dozier reconnu pour le plus expert Genealogiste[5], demeure au +carrefour des trois Maries[6]. + + [5] Charles d’Hozier, fils de Pierre, qui avoit commencé la célébrité + du nom. Il fut, comme lui, juge d’armes de la noblesse de France. + + [6] Son adresse étoit ainsi donnée l’année précédente, p. 40: + «Monsieur d’Hozier, qui demeure au cloître + Saint-Germain-l’Auxerrois, chez Monsieur Desvieux, greffier du + Conseil...» + +M. de Lonchamps au bout du Pont au Change du côté du Chatelet s’occupe +pareillement à dresser et vérifier les arbres généalogiques. + +Les Maitres Ecrivains Jurez nommez et employez pour la vérification des +écritures et signatures contestées en Justice, ont leur Chambre chez M. +des Planches[7], à présent Sindic en charge de leur Communauté, rue et +devant le petit saint Antoine, tous peuvent être appellez à cette +fonction, mais les plus ordinairement employez ce sont ceux des Anciens +qui y sont occupez depuis longtemps; comme Messieurs du Houx à l’Hotel +des Ursins, le Comte rue saint Jacques, Lesgret rue du gros Chênet, et +de Blegny rue saint André, etc. + + [7] Il a été nommé déjà plus haut. + +M. de Blegny fils de l’Ecrivain[8] à l’entrée de la rue saint André, est +ordinairement nommé par Nosseigneurs de Parlement pour les Calculs et +verification de Comptes. + + [8] Il a été parlé plus haut d’un de ses livres de première éducation. + +M. Barême aussi Aritméticien[9], devant le Pont Neuf au coin de la rue +Dauphine[10], est occupé au même employ à la Chambre des Comptes[11]. + + [9] François Barrême, dont le nom est encore si populaire. Son _Livre + des Comptes faits_, auquel il doit cette popularité, avoit paru pour + la première fois en 1670, avec une dédicace à Colbert. En voici le + titre complet: «_le Livre des Comptes faits, où, sans avoir appris + l’arithmétique, on y fait toutes sortes de comptes et + multiplications les plus difficiles, quand il y auroit même des + grandes fractions. Livre très-facile, et d’une grande utilité._» + Barrême mourut en 1703. + + [10] Il donne ainsi son adresse en tête de ses livres: BARRÊME, + _arithméticien, demeurant au bout du Pont-Neuf, rue Dauphine, + enseigne briefvement l’arithmétique_. + + [11] «Il y a plusieurs écrivains déchiffreurs, qui ont leurs bureaux + au Palais.» Édit. 1691, p. 41. + +M. Penon fauxbourg saint Antoine près l’Abbaye, dresse et verifie les +Arpentages[12]. + + [12] «M. Caron, rue Saint-Antoine, devant l’hôtel de Beauvais, est + renommé pour l’arpentage.» _Ibid._ + +Les Jurez Bourgeois Expers pour le Toisé, Visite, et Estimation des +ouvrages dependantes de l’Architecture, ont leur Bureau à l’entrée de la +rue de la Verrerie, et sont compris dans les deux colonnes +suivantes[13]: + + [13] Ils avoient été créés au mois de mai 1690, sous le titre + d’experts jurés pour les bâtiments, et ne formoient qu’une + communauté avec les entrepreneurs. + + +_Expers Bourgeois[14]._ + + [14] Cette liste est plus complète ici que dans l’édit. précédente, + surtout pour les adresses, qui y manquent pour la plupart. L’auteur + s’en excuse par quelques lignes curieuses sur la création alors + toute récente de ces experts: «Il y a, dit-il, p. 40, des Jurez + bourgeois de nouvelle création pour le toisé, visite et estimation + des bâtiments de la ville, fauxbourg, prévosté et vicomté de Paris, + qui sont au nombre de cinquante ci-après dénommez, mais qui ont si + nouvellement financé qu’on n’a pu encore recouvrer les adresses que + d’un petit nombre d’entre eux; au besoin, il sera facile d’apprendre + la demeure des autres par la liste qui sera apposée au Châtelet + après la prestation du serment, après laquelle ils doivent être + divisez en deux colonnes comme ci-après.» + +Simon Lambert, quay de Nesle. + +Gabriel le Duc[15], rue saint Denis. + + [15] Fils ou neveu de l’un des architectes qui avoient travaillé au + Val-de-Grâce. Il avoit lui-même construit aux Petits-Pères la partie + des bâtiments où se trouvoit la bibliothèque. + +Nicolas de l’Epine[16], rue de Clery. + + [16] Reçu de l’Académie d’architecture, en 1699. Nous trouverons plus + loin son père Pierre-Nicolas de l’Épine parmi les entrepreneurs. + +Jacques Mazières, rue Neuve des Petits Champs[17]. + + [17] Il avoit fait beaucoup bâtir dans la rue Neuve-des-Petits-Champs, + où nous le voyons logé. C’est à lui et à Lulli qu’on en devoit les + premières maisons dans la partie qui longeoit le versant + septentrional de la butte Saint-Roch. Nous le trouverons plus bas, + avec Le Maistre qui suit, parmi les grands maçons. + +Pierre le Maistre, aux Invalides[18]. + + [18] Il fut au nombre des entrepreneurs de la place Vendôme et il y + vint loger. Nous l’y trouvons en 1702. + +Jean Boullier de Bourges, rue Montmartre. + +Rolland le Proüst, rue Bardubec. + +Michel de Mezerets, rue de la Verrerie. + +Isaac Meusnier, rue S. Martin. + +François Pageois, rue S. Bon. + +François Doucet[19], rue S. Bon. + + [19] L’Almanach royal de 1702, p. 113, lui donne son vrai nom: + Doussot. + +François le Clerc, rue de Grenelle, quartier saint Eustache. + +Claude Alexandre Voullau, rue Montmorency. + +Louis Couvers[20], rue Chapon. + + [20] Il faut lire Convers, comme dans l’_Almanach royal_. + +Charles Mollet[21], rue Champfleury. + + [21] Nous l’avons déjà vu plus haut au chapitre Jardinages, ainsi que + Michel Le Bouteux, qui suit. + +Michel le Bouteux, rue de la Magdelaine, fauxbourg saint Honoré. + +Charles François Person[22], place du Palais Royal. + + [22] Lisez Poerson, qu’on prononçoit Person. C’est l’assez médiocre + peintre Charles-François Poerson, qui fut professeur à l’Académie de + peinture, en 1695, et directeur de notre école de Rome, en 1704. + Nous le trouvons avec Mazière, nommé tout-à-l’heure, dans une + expertise d’art assez délicate pour un différend soulevé entre le + riche amateur Crozat et Boule. (_Archives de l’Art françois_, t. IV, + p. 332.) + +Jacques Piretoüy, vieille rue du Temple. + +Jean François Gobin, rue de la Parcheminerie. + +André Perravet[23], rue des Prouvaires. + + [23] Lisez Perrault. + +Jean Baillif, rue Levêque, quartier saint Roch. + +Baudouin Paul Lourdet, rue S. Thomas du Louvre. + +Nicolas le Juge, rue du Gindre, fauxbourg saint Germain. + + +_Expers-Entrepreneurs._ + +Bernard Menessier, rue des Roziers[24]. + + [24] «Près l’hôpital Saint-Gervais», ajoute l’_Almanach royal_ de + 1702. Nous le trouverons plus bas parmi les trésoriers alternatifs + des bâtiments. + +Jean Richer, rue saint Martin. + +Jacques de la Joue[25], rue sainte Avoye. + + [25] Il eut un fils qui fut reçu de l’Académie d’architecture, en + 1721. + +Claude Aubry, rue Montmartre. + +Jean Serouge[26], rue Beauregard. + + [26] Il descendoit de Toussaint Serouge, qui avoit été pour une part + dans la construction des Tuileries. + +Charles Joubert, rue de Poitou. + +Jean Bailly, rue Copeau. + +Jean Dorbay, rue Montorgeuil[27]. + + [27] Il y logeoit, selon l’_Almanach royal_, à l’enseigne des «petits + Carreaux», celle même qui donna son nom à la partie de cette rue + comprise entre la rue Saint-Sauveur et la rue de Cléry. Elle se + trouvoit en face du nº 29, et représentoit des petits carreaux à + carreler, ce qui convenoit fort bien comme enseigne, à un + entrepreneur. Jean D’Orbay l’étoit, en même temps qu’architecte. Il + fut même, en 1705, de l’Académie d’architecture, dont son père, + François D’Orbay, avoit été un des fondateurs. + +Simon Pipault, à l’Arsenal[28]. + + [28] Il étoit grand entrepreneur de maçonnerie. _V._ plus bas. + +Jacques Gabriel[29], rue S. Antoine[30]. + + [29] Premier architecte des bâtiments du Roi, reçu de l’Académie + d’architecture, en 1700. Il fut aussi premier ingénieur des + ponts-et-chaussées. On lui doit le projet du grand égout de Paris. + Il mourut en 1742. C’est son fils, plus célèbre encore que lui, qui + a construit le Garde-Meuble. + + [30] La maison que Jacques Gabriel habitoit, rue Saint-Antoine, avoit + été construite par lui-même, et ornée de sculptures par Le Hongre. + On y remarquoit surtout la statue d’Uranie, que celui-ci avoit posée + au-dessus de la porte. (_Mém. inéd. sur la vie et les ouvrages des + membres de l’Acad. de peinture_, t. I, p. 369.) + +Maurice Gabriel, rue S. Antoine. + +Jean Philippes, rue Michel le Comte. + +Nicolas Berthier, rue Neuve S. Roch[31]. + + [31] «Près la porte Gaillon», ajoute l’_Almanach royal_. + +Estienne le Roy, rue du bout du monde. + +Pierre Hacquan[32], rue Neuve saint Laurent. + + [32] L’_Almanach royal_ l’appelle «Hequan». + +Germain Guezard, rue Royale, quartier saint Roch. + +Jean Michel Poisson, rue Roiale, quartier saint Antoine. + +Pierre Levé, rue des Petits Champs. + +Noel Masson, rue du Roy de Sicile. + +Pierre Nicolas de l’Epine, rue de Richelieu[33]. + + [33] Père de celui que nous avons trouvé plus haut, rue de Cléry. Il + avoit pris une grande part à l’aplanissement de la butte que + longeoit la rue de Richelieu, et il s’y étoit fait bâtir un certain + nombre de maisons. _V._ notre _Histoire de la Butte des Moulins_. + +Jacques Guesniers, rue neuve saint Denis. + +Jean Poisson, rue Jean Beau Sire[34]. + + [34] Nous le trouverons plus bas parmi les grands entrepreneurs de + charpentes. + +Estienne Yvon, rue Montmartre[35]. + + [35] Il faisoit des grandes entreprises de toitures. _V._ plus bas. + +François Havart, rue Mauconseil. + +Martin Coulle[36], quartier de l’ancienne Estrapade. + + [36] Lisez: Caulle, comme dans l’_Almanach royal_. + +Jean Baptiste Marteau, rue Phelipeaux[37]. + + [37] Il fut, ainsi que Caulle, qui précède, expert dans l’affaire de + Boule et de Crozat, dont nous avons parlé plus haut. + +Jean Laisné, rue Gervais Laurent. + + + + +HABITS D’HOMMES ET DE FEMMES. + + +Monsieur Oultran Tailleur ordinaire du Corps du Roy et de +Monseigneur[1], demeure rue et vis à vis l’Hôtel de la Monnoye. + + [1] Il s’appeloit Barthélemy Autran, «travaillant seul, dit l’_État de + France_, pour les habits du Roy, de Monseigneur le Dauphin et de + Messieurs les princes ses enfants». + +M. Barois aussi Tailleur du Roy[2], demeure rue saint Honoré près les +Pères de l’Oratoire. + + [2] Il étoit sans doute des douze tailleurs ordinaires. L’_État de + France_ ne le nomme pas. + +Messieurs Francisques[3] et du Puis[4] Tailleurs de Monsieur et de +Monseigneur le Duc de Chartres, demeurent sçavoir le premier près le +Palais Royal, et le deuxième rue des Petits Champs. + + [3] L’_État de France_ le nomme Francisque Sérini. + + [4] François-Louis Du Puy. Son fils Gabriel avoit sa charge en + survivance. + +M. Mindy aussi Tailleur de Monsieur, demeure devant l’Hotel d’Aligre à +l’Escouvette[5]. + + [5] L’_Écouvette_, que ce découpeur de draps avoit pour enseigne, + étoit une longue brosse à manche, dont l’apprêteur se servoit, + pendant le pressage des étoffes, pour asperger d’eau les plaques + employées à les chauffer. + +Le Bureau des Maitres et Marchands Tailleurs de Paris est sur le quay de +la Mégisserie[6]. + + [6] Il n’y avoit, quai de la Mégisserie, que leur bureau. La confrérie + étoit à la Trinité. + +Les quatre Jurez en Charge de la Communauté, sont Messieurs Blin cloitre +Notre Dame, la Lande rue saint Antoine, Brigüion rue Neuve saint +Mederic, et Caubet rue de Grenelle. + +Entre les Tailleurs pour hommes qui sont d’ailleurs renommez pour bien +travailler, sont Messieurs Bonneau, Lagaru, Theveniere et la Lande +devant l’Hôtel d’Aligre, Prévost et Landault rue des Petits Champs, la +Lesse et Durant rue d’Orléans, la Borde rue du Four quartier saint +Eustache, Chapignolle et du Chesne près la Boucherie de Beauvais[7], +André rue Betizy, Guérard rue de Montmorency, Ruby rue de Guénégaud, +Bresson rue saint Martin, Bausquet, Bouret et Ferret rue des Prouvaires, +Goguet et Trallot rue de l’Arbre sec, Juste rue des Bourdonnois, Migeon +devant le Jeu de Metz, etc. + + [7] Cette boucherie, qui devoit son nom à la Halle, dont elle avoit + pris la place, et que s’étoient longtemps partagée les tisserands de + Paris et les marchands de Beauvais, se trouvoit au coin de la rue + Saint-Honoré et des piliers des Halles. + +Le Sieur Roussel Tailleur privilegié rue saint Honoré au coin des +Pilliers des Halles, tient magasin de toutes sortes d’habits pour +hommes, neufs et de rencontre. + +Il y a sous les mêmes Pilliers un grand nombre de Tailleurs Fripiers, +qui tiennent magasin d’habits de rencontre, entre lesquels le Sieur +Fournerat[8] entreprend d’entretenir un homme d’habits honnêtes pour +quatre pistoles par an[9]. + + [8] La rédaction est un peu différente dans l’édit. de 1691, p. 25: + «Le sieur Fournerat, marchand fripier, sous les piliers des Halles, + entretient bourgeoisement et honnêtement d’habits, pour quatre + pistoles par an.» Avant cet article, on y trouve celui-ci: «Il y a + une friperie aux Halles, qui s’étend jusqu’au Pont-Neuf, pour le + commerce des habits tout faits, vieux et neufs, simples et garnis, + et même pour les habits de deuil et pour ceux de théâtre et de + mascarades qu’on peut louer à tant par jour.» Le Pont-Neuf étoit + leur limite. Depuis une ordonnance de police du 9 mars 1669, ils + n’avoient sous aucun prétexte le droit d’y étaler pas plus qu’à la + place Dauphine. On les parquoit aux Halles et dans les rues + avoisinantes pour mieux pouvoir les surveiller, presque tous étant + soupçonnés d’être des recéleurs. + + [9] Fournerat eut souvent, pour son genre d’industrie, maille à partir + avec les drapiers. Il ne se conformoit pas--car il travailloit + autant sur le neuf que sur le vieux--à l’arrêt du 6 février 1616, + enjoignant aux fripiers de n’avoir que des morceaux d’étoffes de + cinq aunes au plus, et non des pièces entières. Aussi les drapiers + obtinrent-ils contre lui une condamnation, le 23 décembre 1697.--Les + drapiers étoient, au reste, très-attentifs aux intérêts de leur + commerce et, par là, très-processifs. Ils avoient eu par exemple, + pour faire valoir les droits de leur corporation, un procès en 1688 + avec les marchands de soie. Ils le gagnèrent. Regnard y fait + allusion dans sa farce _Le Divorce_, acte III, sc. 6. + +Les Frères Tailleurs[10] demeurent à présent rue saint Denis au bon +Pasteur près sainte Opportune. + + [10] C’étoit une communauté, moitié laïque, moitié religieuse, que ne + lioit aucun vœu, mais dont quelques pratiques religieuses et surtout + le travail étoient la règle. + +Il y a au bout de la rue Dauphine un Marchand Chaussetier qui fait des +bas de toiles pour hommes. + +Entre les fameux Tailleurs pour femmes[11], sont Messieurs Regnaud +devant l’Hôtel d’Aligre, Villeneuve près la place des Victoires, +Lallemand rue saint Martin, le Brun, le Maire et Bonjuste rue de +Grenelle, Chalandat rue de l’Arbre sec, Fabre rue saint Antoine au Plat +d’Etain, la Barque devant le Sepulcre, Bertrand rue des Petits Champs, +Taland vis à vis saint Germain, etc. + + [11] Ils étoient moins des tailleurs que des _Corsetiers_: «Ils + s’attachent particulièrement, dit M. de Paulmy, à faire les corps et + corsets baleinés, ce qui est vraiment un ouvrage difficile et + délicat.» (_Mélanges d’une grande Bibliothèque_, t. XXII, p. + 223.)--C’est donc comme corsetier et non autrement que Bandelet, + propriétaire de la maison de la rue de Richelieu où mourut Molière, + étoit tailleur de la reine. + +Entre les Maîtresses Couturières qui sont en réputation de bien habiller +les Dames, sont Mesdames Charpentier rue Montorgueil près saint +Eustache, Villeneuve près la place des Victoires, Remond et Prevot rue +des Petits Champs, Billard rue sainte Avoye, Bonnemain rue des fossez +saint Germain l’Auxerrois, Fauvé Port saint Landry, etc. + +M. l’Hermineau Brodeur du Roy, demeure aux Galeries du Louvre[12]. + + [12] Il occupoit ce logement des galeries depuis 1663; il y mourut en + 1694. L’abbé de Marolles, dans _Le Livre des Peintres_, etc., édit. + G. Duplessis, p. 87, accorde ce détestable vers à cet artiste de la + broderie: + + Larmino, grand brodeur, le fut aussi du Roy. + +Les autres Brodeurs qui travaillent pour Sa Majesté[13] et pour la Cour, +sont Messieurs de la Croix rue Neuve Saint Martin, Quenain rue +d’Enfer[14], etc.[15] + + [13] Le roi, outre L’Hermineau, avoit deux brodeurs ordinaires. + + [14] «M. Quenain, fameux brodeur, demeure rue d’Enfer, au faubourg + Saint-Michel.» Édit. 1691, p. 63. + + [15] Il faut placer parmi ceux que Blegny ne nomme pas, Moignon, + «excellent brodeur», comme l’écrit Duché dans une note de ses + Pensées, à la suite des _Préceptes de Phocylide_, 1693, in-12, p. + 118, après avoir dit: «Vous êtes jeune, Lisandre, bien fait, + bruyant, effronté, vous avez un habit brodé par Moignon, un carrosse + du bon faiseur...» + +Les Sieurs Thierry, Frères[16], fameux découpeurs, demeurent rue +Tirechappe, et devant saint Mederic. + + [16] «Qui découpent les étoffes en perfection.» _Id._, p. 60. + +Pour les Habits de Théatre et de Balets, voyez l’article des Passetemps +et Menus Plaisirs. + +M. du Mont près les Quinze Vingts qui fait très bien les Habits +ordinaires, travaille aussi par excellence aux Habits de Theâtre et de +Balets. + + + + +COMMERCE DE CHAPEAUX. + + +Le Bureau de la Communauté des Maîtres et Marchands Chapeliers est rue +de la Pelleterie où arrivent tous les Caudebecs[1] et autres Chapeaux +manufacturez au dehors. + + [1] Ces chapeaux étoient une fabrication toute spéciale à la ville de + Normandie qui leur avoit donné son nom. Pour les obtenir, on + feutroit la laine d’agneau ou l’agnelin, avec le poil de chameau et + le duvet d’autruche. (Savary, _Dictionn. au Commerce_, au mot + chapeau.) On en vendoit beaucoup à Paris. Les vers de Boileau, dans + sa VIe épître, sont bien connus: + + Pradon a mis au jour un livre contre vous, + Et chez le chapelier du coin de notre place, + Autour d’un _Caudebec_ j’en ai lu la préface. + +Pour les Bureaux de la Marque des Chapeaux, voyez l’article des Bureaux +publics. + +M. le Page Chapelier du Roy et qui fournit presque toute la Cour[2], +demeure rue saint Honoré près les Peres de l’Oratoire. + + [2] Il ne figure pas dans l’État de France. On n’y trouve nommé que + Edme De Jouy, chapelier de Monsieur. + +Entre les Marchands Chapeliers qui tiennent magasin, et qui font de +grosses fournitures aux troupes et aux Marchands forains, sont Messieurs +Coquelin, Halé l’ainé et Bizoret rue de la vieille Monnoye, Marie rue +des Boucheries saint Germain, Veron rue du Four, Fromentin près le +Palais Royal, Gobert rue de la Bucherie, Brisan et le Tourneur rue de +Betizy, etc. + +Les Veuves[3] qui font aussi un fort grand commerce de Chapeaux, sont +Mesdames Meralde rue Briboucher, Durant pont saint Michel, etc. + + [3] Ce sont des veuves de maîtres, qui continuoient, avec la même + maîtrise, le commerce de leur mari. Dans la librairie surtout et + l’imprimerie cette succession des veuves, à Paris du moins, étoit un + droit: «A Paris, lisons-nous dans un document du temps de la + Régence, les veuves des Libraires et Imprimeurs sont dans une + possession constante de continuer la profession de leurs maris.» + _Minutes des Lettres du Conseil_ pour 1717, p. 14, à la Biblioth. du + Ministère de l’Intérieur. + +Entre les Marchands Chapeliers qui tiennent boutique et qui font un +grand détail, sont Messieurs Herard rue saint Honoré au Grand +Mousquetaire, Vernault rue de l’Arbre sec, le Lievre et Verron place +Maubert, Buquet, le Camus et Halé cadet fauxbourg saint Marcel, le Page +et Fery Pont Notre Dame, Joffroy près l’aport de Paris, les Frères +Gasteliers Pont au Change[4], Aprin Pont Saint Michel au Loüis d’argent, +Menil rue aux Ours, Santerre rue des Juifs, etc.[5]. + + [4] Les vieux chapeaux, dont le commerce n’étoit pas moins + considérable que celui des neufs, se vendoient tout près de là: + «pour la commodité de bien des gens, dit Liger, p. 400, on vend des + vieux chapeaux repassez sous le petit Châtelet.» C’est là que se + fournissoit le poëte besogneux, dont Monteil possédoit manuscrite + une requête rimée au prince de Turenne: + + Je chercherai des nippes au hazard... + Au Châtelet, à bon marché un feutre, + Castor tout neuf est trop cher pour un pleutre. + + Il a paru dans la _Revue des Provinces_ de juin 1865; p. 531, à + l’article _Varia_, un curieux fragment inédit de l’abbé de Choisy + sur _ce que devenoient sous Louis XIV les vieux castors_. + + [5] «Il y a un grand magazin de chapeaux rue des Assis (Arcis); un + autre rue des Boucheries, faubourg Saint-Germain, et un autre rue + Saint-Denis, au grand Signe.» Édit. 1691, p. 26. + + + + +OUVRAGES ET MARCHANDISES DE CORDONNIERS. + + +La Halle aux Cuirs est au bout de la rue de la Lingerie, où arrivent +tous les Cuirs forains[1]. + + [1] On y vendoit spécialement «les cuirs à soulier», suivant l’édit. + de 1691, p. 37. + +Le Bureau de la marque des Cuirs où l’on paye le sol pour livre[2], est +rue Betizy[3]. + + [2] «Le bureau du sol pour livre pour les vendeurs de cuir.» Édit. + 1691, p. 36. + + [3] «Devant l’hôtel de Montbason.» _Id._ + +Le Bureau des Maîtres et Marchands Cordonniers, est sur le quay de la +Mégisserie près le Chatelet[4]. + + [4] A quelque distance, se trouvoit un débit de marchandises dont + parle la 1re édit., p. 37, et qui n’est mentionné nulle part dans + celle-ci: «les vrais maroquins du Levant se vendent chez divers + marchands pelletiers qui ont leurs boutiques et magasins près + l’égoût du grand Châtelet, et qui font, d’ailleurs, commerce de + buffles, de chamois et de toutes sortes de peaux.» Un peu plus haut, + se lit cet autre détail: «la manufacture des maroquins rouges, façon + du Levant, est dans la rue de Charonne, faubourg Saint-Antoine.» La + comtesse de Beuvron avoit fait accorder le privilége d’une fabrique + pareille, dont nous avons parlé t. I, p. 109, sous la condition + d’une grosse part dans les bénéfices. (_Correspondance administrat. + de Louis XIV_, t. III, Introduction, p. LV.) + +Il y a pour les Cuirs de Paris un grand nombre de Corroyeurs rue de la +Tannerie, rue Marivaux, cloitre saint Jacques de la Boucherie, et +fauxbourg saint Marcel aux environs des Gobelins. + +Il y a plusieurs Marchands Cordonniers qui vendent des souliers tous +faits aux Halles, rue Notre Dame, rue Dauphine, rue de Bussy et rue +sainte Marguerite[5]. + + [5] Ces souliers tout faits se vendoient principalement aux Halles, où + il en venoit de toute la France. Le Berry en fournissoit beaucoup, + la Flandre de même. Déjà, sous Henri IV, tout ce qu’elle avoit de + vieux souliers étoit expédié à Paris, où on les remettoit à neuf. + (Montchrestien, _Traité de l’Œconomie politique_, 1615, in-4º, p. + 108.) + +Entre les fameux Cordonniers pour hommes qui servent un grand nombre de +personnes de considération, sont les Sieurs Lucas vieille rue du Temple, +Carré rue de la vieille Bouclerie, Perrot rue de la Verrerie, des Ordres +rue saint Jacques, Raverdy rue saint André, Chiroir sur les fossez saint +Michel, Malbeau rue de la Harpe, le Breton rue Dauphine, Poiree rue des +Nonnandieres, Soyer porte saint Germain, Parent et le Basque rue de +Bussy, Loziers rue de Seine, Halloz rue Galande, etc.[6] + + [6] Dans cet _et cætera_ de Blegny il faut placer le cordonnier + Prudent que cite Coulange au premier couplet de son excellente + chanson, _Les Moines_. + +Entre les Cordonniers pour femmes qui se font distinguer par la propreté +de leurs ouvrages, sont les Sieurs Raveneau rue des Cordeliers, Vernon, +Gaborry et Couteaux rue des fossez saint Germain, Bisbot rue Dauphine, +Sulphour rue saint Severin[7], etc. + + [7] Il ne faut pas s’étonner de voir un cordonnier à la mode logé dans + une rue aussi malpropre que la rue Saint-Séverin; celui qui + chaussoit, au siècle suivant, la dernière favorite de Louis XV, ne + l’étoit pas mieux. Chantoiseau l’indique ainsi, en 1773, dans son + _Almanach général d’indication_: «Charpentier, cul de sac de la + Fosse aux Chiens, cordonnier ordinaire de Madame la Comtesse du + Baril (_sic_) et autres dames de la Cour.» + +Le Sieur des Noyers rue sainte Anne, fait des Souliers de femmes d’une +grande propreté qu’il vend un louis d’or[8]. + + [8] Le louis d’or étoit alors de 12 livres 10 sols, depuis 1689. Il + descendit à 12 livres, en avril 1692, puis à 11 livres 10 sols, en + 1693. (Dangeau, t. III, 39; IV, 61, 349.) + +Le Poitevin rue Mazarine, fait[9] des Souliers d’hommes qui résistent +fort à l’eau, et qu’il vend un demi louis d’or. + + [9] «De très-beaux et bons souliers à la cavalière, qu’il vend un + demi-louis d’or.» Édit. de 1691, p. 25-26. + +Plusieurs Cordonniers des environs du Palais[10], dont il a été parlé à +l’article des Armes et Bagages de guerre, font des Souliers de Cuir de +botte qu’ils tiennent tous faits dans leurs boutiques, et qui sont d’un +bon usage en hiver, par exemple, les Sieurs Noel, Picard, Simon, etc. + + [10] Les pantoufles de velours, autrement appelées _mules_, se + vendoient au Palais même. Les hommes s’y fournissoient surtout. + (Liger, p. 401.) Ces pantoufles du Palais furent longtemps célèbres. + +Les Frères Cordonniers logent présentement rue saint Denis au Bon +Pasteur vers sainte Opportune[11]. + + [11] Dans l’édit. précédente, p. 61, on lisoit: «les frères + cordonniers demeurent rue des Grands-Augustins.» C’étoit une + communauté pareille à celle des frères tailleurs, dont il est parlé, + p. 61, et avec laquelle, comme on voit, elle étoit venue se loger + sous l’enseigne si bien choisie du _Bon-Pasteur_. Racine s’y + fournissoit pour son fils aîné: «Vous trouverez, lui écrit-il, le 26 + janvier 1698, dans les ballots de Monsieur l’Ambassadeur: un étui, + où il y a deux chapeaux pour vous, un castor fin et un demi-castor; + vous y trouverez aussi une paire de souliers des frères.» + +Le Sieur Goubier Epicier rue de Gesvre, vend une bonne Cireure pour les +Cordonniers[12]. + + [12] Son article est plus étendu dans l’édit. précéd.: «le sieur + Goubier, apothicaire-épicier, fait et vend toutes sortes de + bijouterie de cire pour les enfants, et une bonne cire neuve pour + les cordonniers.» Richelet donne dans son _Dictionnaire_ la recette + de ce cirage primitif: «composition de cire, dit-il, de suif et de + noir de fumée, de térébentine de Venise, de blanc de plomb, et + autres ingrédiens qu’on fait bouillir, pour cirer les bottes, les + gros souliers...» + + + + +ADRESSES + +_Concernant les articles precedens, recouvertes après leur impression._ + + +Messieurs Doye et Falaiseau rue des cinq Diamans, Piogé rue du petit +Lion, et Bastonneau vieille rue du Temple[1], tiennent comptoirs pour la +Banque et les Remises de places en places. + + [1] Il étoit de la famille de ces Bastonneau, les gros marchands de + soie, dont Guy Patin a parlé (anc. édit., t. II, p. 220). Ils + étoient venus de Lyon à Paris, où, après avoir continué leur + commerce, ils s’étoient mis dans la banque. Un d’eux, Claude + Bastonneau, avoit, en 1640, été enterré à St-Eustache (Le Beuf, + _Hist. du. dioc. de Paris_, édit. Cocheris, t. I, p. 240). En 1662, + François Bastonneau et Pierre Bidal, son associé, marchands de soie, + avoient fait saisir, pour une forte somme qui leur étoit due, les + biens du baron de Blancheface. (_Archives hospitalières_, + Hôtel-Dieu, t. I, p. 172.) + +M. Bourdon qui grave pour la Taille douce et pour les Cachets, demeure +rue Dauphine, M. Garrier quay des Orfevres à la Banniere de France, est +encore distingué pour les Cachets. + +Entre les Chirurgiens renommez pour les opérations, sont Messieurs +Lartet Chirurgien du Roy par quartier[2], Isle Notre Dame sur le quay +Bourbon, et Gervais[3] premier Chirurgien de la feue Reine et +ordinairement de Monseigneur à l’Hôtel de Noüailles près saint Roch pour +la Saignée, M. du Pré rue Platrière, et pour les accouchements M. Marcel +près la porte saint Martin. + + [2] Il étoit de service chez le Roi pendant le quartier de janvier. + + [3] Il servoit pendant le quartier d’octobre. + +Madame Parfait au Pavillon des Tuilleries près la grande Ecurie[4], est +une Sage femme de distinction[5]. + + [4] Celui qui, vers le même temps, commença d’être appelé le pavillon + Marsan. + + [5] Les sages-femmes étoient peu nombreuses alors, mais d’autant plus + considérées. Plusieurs avaient marqué dans le monde, ainsi la + fameuse Mme Pilou que l’abbé de Choisy (_Mém._, coll. Petitot, 2e + _série_, t. 63, p. 515) nous dit formellement avoir été une + accoucheuse; et la grand’tante de Racine, Mme Vitart. (Mesnard, _Vie + de Racine_, p. 40.) On ne leur reprochoit que de n’être pas assez + instruites. Elles ne l’étoient pas plus à Amsterdam, mais on y avoit + avisé en leur donnant pour maître le célèbre Ruysch. V. son éloge + par Fontenelle, _Œuvres_, t. VI, p. 512. + +Messieurs Boudin[6], Poisson[7], Beaulieu[8] et Doquican[9] premiers +Apoticaires du Corps du Roy, logent quand ils sont à Paris chez M. de +Rouviere Apoticaire de Sa Majesté près saint Roch. + + [6] Philibert Boudin. Son service chez le Roi, avec un + aide-apothicaire, le sieur Damaron, étoit celui du trimestre + d’avril. + + [7] Il servoit pendant le quartier de janvier. + + [8] Son service commençoit en octobre. + + [9] Son vrai nom étoit de Hoquiquant, comme le donne l’_État de + France_. Il étoit de service pendant le quartier de juillet. + +M. Benoist qui tient le Cercle Royal rue des saints Pères, et +Mademoiselle Benoist rue saint Antoine, font très bien les Portraits en +cire[10]. + + [10] Ce Benoît fut, avec plus de perfection, le _Curtius_ du XVIIe + siècle. Il faisoit, en effet, avec la cire, des portraits d’une + ressemblance inouïe. Le plus curieux spécimen qui nous en soit + parvenu, est celui de Louis XIV, retrouvé à Versailles par Eudore + Soulié et placé aujourd’hui dans la chambre à coucher du Roi. Ses + masques, dont Saint-Simon a parlé, n’étoient pas moins étonnants: + «On avoit fait, dit-il, t. III, p, 135, pendant l’hiver précédent, + plusieurs masques de cire de personnes de la Cour, au naturel, qui + les portoient sous d’autres masques, en sorte qu’en se démasquant on + y étoit trompé en prenant le second masque pour le visage, et c’en + étoit un véritable, tout différent, qui étoit dessous; on s’amusa + fort à cette badinerie.» Ailleurs, t. II, p. 72, il nous avoit déjà + fait voir, dans un autre bal de la Cour, un masque, dont les quatre + visages de cire, représentant quatre personnes différentes, et qu’il + faisoit tourner avec la plus amusante adresse, avoient intrigué tout + le monde.--Benoist ne s’en tenoit pas à l’industrie des bustes et + des masques, il faisoit aussi des personnages de grandeur naturelle. + C’est ce qu’il appeloit son _Cercle_, ou _le Cercle du Louvre_, + comme dit Robinet dans sa _Gazette_ du 23 fév. 1667, époque vers + laquelle il en commença l’exhibition. Chaque année, il l’exposoit à + la foire Saint-Germain, voisine de son logement de la rue des + Saints-Pères. Dancourt en fait une des principales curiosités de + cette foire: «LORANGE. Voyez ici, Messieurs, le Cercle nouveau des + figures parlantes, aussi hautes que le naturel.» _La foire + Saint-Germain_ (1696), scène XVIII. La Bruyère n’a pas oublié + Benoît. «B..., dit-il, s’enrichit à montrer dans un _Cercle_ des + Marionnettes.» Benoît devint riche en effet: lorsqu’il mourut, en + 1717, il l’étoit. Le Roi y avoit aidé, en lui donnant, en 1668, le + titre de son sculpteur en cire, et permission d’exposer dans tout le + royaume «les personnes de tout rang qui composoient le cercle de la + feue Reine, d’en faire même de nouveaux, et de masquer en cire à sa + convenance.» Cette permission, qui étoit de trente ans, lui fut + continuée sous forme de privilége exclusif, pour trente années + encore, en 1688. Il étoit né en 1632 à Joigny, où il avoit fondé un + lit à l’hôpital. V. _Rev. des Soc. sav._, 4e série, t. II, p. 232. + +M. Coquelin Chancelier de l’Eglise de Paris[11], demeure rue saint Louis +en l’Isle. + + [11] Il avoit, comme chancelier, le sceau du chapitre de Notre-Dame, + et une partie du soin des petites écoles lui revenoit. Il faisoit + aussi l’ouverture des conférences de l’archevêché. Ménage, qui + logeoit au cloître et en savoit toutes les histoires, en racontoit + une à ce sujet: «M. Coquelin, ayant quitté la perruque, étoit + presque méconnaissable. En ce temps-là, il fit l’ouverture d’une des + conférences archiépiscopales, fort bien à son ordinaire. M. de Vert + lui dit: Monsieur, je ne vous ai reconnu qu’à votre éloquence.» + (_Menagiana_, t. II, p. 72.) + +On recite tous les Samedis et veilles de la Vierge, des Motets en +musique à Notre Dame devant sa Chapelle après Complie. + +M. Chartrain dont on n’a pas l’adresse, est un grand maître pour le +Grec[12]. + + [12] Il étoit de la même famille que le M. Chartrain indiqué plus + haut, t. I, p. 257, comme excellent maître de géographie, histoire, + blason, etc. + +Les Medecins en leur Collège rue de la Bucherie, visitent gratuitement +les pauvres Malades tous les Samedis matin, et les Chirurgiens sous les +Charniers de S. Côme tous les premiers Lundis des mois. + +M. Gaultier enseigne en ville et chez luy rue des Petits Champs, +l’Architecture civile et militaire, et généralement les parties de +Mathématiques. + +_Nota._ Qu’outre les jours marquez pour les Audiances des Officiers du +Grenier à Sel, ils les tiennent encore tous les Lundis en Janvier, +Octobre, Novembre et Décembre. + +On vend des Truffles rue Serpente au Messager de Thoulouse[13]. + + [13] Il étoit du bel usage, selon Richelet, d’écrire et de prononcer + _truffles_. Elles étoient un régal en vogue. Les dames surtout en + étoient très-friandes. (L’abbé de Villiers, _Vérités satiriques_, p. + 199.) + +Aux environs du Temple, de la porte Mouton et de la porte saint Louis, +il y a des femmes qui fournissent aux malades du lait d’anesse[14], de +vaches et de chevres frais tiré. + + [14] C’étoit déjà, sur la recommandation des médecins galénistes, qui + l’avoient trouvé prescrit par Galien, leur maître, un des remèdes en + vogue pour les poitrines débilitées. Gui Patin dit que sa grand’mère + put vivre jusqu’à quatre-vingts ans, parce qu’elle avoit pris du + lait d’ânesse pendant soixante. (_Lettres_, édit. in-8, t. III, p. + 462-463.) + +M. Martin rue de Richelieu, est encore un fameux pour le Clavesin[15], +M. de Vizé à Luxembourg pour le Theorbe[16], Louis Horteterre près saint +Jacques de la Boucherie pour tous les Instrumens à vent[17], des +Cotteaux au fauxbourg saint Antoine, et Filbert rue saint Antoine pour +la Flute Allemande[18]. + + [15] Blegny oublie qu’il l’a déjà dit plus haut. + + [16] Il n’avoit été cité plus haut, t. I, p. 211, au chapitre des + musiciens que pour son talent sur la guitare, fort semblable du + reste au théorbe. C’est pour la guitare qu’il est surtout vanté dans + les lettres de Mad. de Sévigné, t. X, p. 352. Un autre instrument de + la même famille que le théorbe, le luth, et la guitare étoit + «l’angélique» dont jouoit «excellement», suivant Richelet, t. I, p. + 59, Lefèvre, de la même famille que celui que nous avons vu, t. I, + p. 209, parmi les fabricants d’orgues. + + [17] Il étoit de la famille de Colin et Jean, qui ont eu plus haut, t. + I, p. 212, leur mention pour la fabrication des instruments. + + [18] Blegny ne fait encore que répéter à peu près ce qu’il a déjà dit. + V. t. I, p. 212-213. + +M. Coquart rue Simon le Franc, fait commerce en gros de toutes sortes de +cannes[19]. + + [19] Nous verrons un peu plus loin, par les bois dont il faisoit + commerce, qu’il étoit tablettier. Ses cannes ne pouvoient donc être + d’un grand prix. Des arrêts, que celui du 26 avril 1700 confirma, + enjoignoient, en effet, aux tablettiers, de ne vendre qu’une seule + espèce de cannes, sans ornement d’or, d’argent ou d’acier. + +Messieurs Halin rue Jean saint Denis, indiquez[20] pour les Timballes et +Trompettes, sont aussi d’excellens Maîtres pour le Basson[21]. + + [20] _V._ plus haut, t. I, p. 215, à la suite des maîtres, pour l’art + de chanter. + + [21] C’est le _fagotto_ italien, adopté depuis peu chez nous, où on + l’avoit appelé «basson», parce qu’il y servoit surtout de basse dans + les concerts de musette, alors à la mode. (Mersenne, _Harmonie du + Monde_, liv. 5.) + +Mademoiselle Cochois rue Briboucher près saint Josse[22], est fort +stilée aux Coiffures de Toilles et de Dentelles pour les Dames[23]. + + [22] La chapelle Saint-Josse faisoit le coin de la rue + Aubry-le-Boucher et de la rue Quincampoix. + + [23] Les marchands lingers et les marchandes lingères étoient depuis + longtemps en nombre dans la rue Aubry-le-Boucher. Bodeau, le riche + linger, qui fit tant de folies pour Mlle Paulet, y logeoit. C’est là + que Lemaître, dont le fils, Antoine Lemaître, fut une des gloires de + Port-Royal, avoit sa boutique de dentelles de Flandre; enfin, c’est + rue Aubry-le-Boucher que Mme Coisnard, la grosse lingère et + dentellière, fit sa fortune. (_V._ Tallemant, _Historiettes_, édit. + P. Paris, t. I, 225; III, 16, 34, 114; VI, 116.) + +Madame Roüin devant le Collège des Plessis fait des Rabats unis par +excellence[24]. + + [24] Dans l’édit. précéd., elle est nommée avec «le sieur Des + Trapières, rue Bétizy, aux Trois-Bourses», p. 62. + +M. Ladoireau rue Tictonne fait de beaux Ouvrages d’Orfèvrerie[25]. + + [25] Pour une saisie faite chez lui, en 1693, _v._ t. I, p. 244, note + 4. + + + + +DIVERSES ADRESSES + +_Concernant des talens distinguez des articles précédens._ + + +Entre les Orlogeurs qui sont en réputation pour les Montres et Pendules, +sont Messieurs Turet aux Galeries du Louvre[1], de Mergue Cour Neuve du +Palais, Cribelin rue de Bussy, etc. + + [1] Il avoit ce logement des galeries depuis le 30 janvier 1686: + «Isaac Turet, écrit G. Brice, horloger de l’Académie des Sciences, + qui a beaucoup contribué à perfectionner la pendule.» (3e édit., t. + I, p. 73.) Il ne faut pas le confondre avec Huret «horlogeur du + Roy», gendre de Bérain. + +Le Sieur Chambon habile Guainier, demeure Cour neuve du Palais. + +Le Sieur le Sansonnier Ecrivain Juré de l’Université, a le talent de +bien dresser et de bien écrire les Placets sur quelque sujet que ce +soit, dont il garde religieusement le secret[2], son Bureau est à +l’Hôtel de la Préférence sous le Cadran de l’Eglise des Innocens. + + [2] Blegny nous surfait beaucoup l’honnêteté de l’écrivain-juré. Il + n’étoit rien moins que sûr. Il fut compromis, en 1699, avec les + prévaricateurs du commerce des blés et arrêté. Les détails de son + affaire se trouvent dans les _mss._ Delamarre, à _la Biblioth. + Nat._, nº 21,644, p. 187. + +Le Sieur le Febvre rue de Venise au quartier de la rue Quinquempoix, +vend et loue des chevaux à toutes mains. + +Nicolas le Heurteur, aporte à Paris de Fleury-la-Forest en Normandie, +toutes sortes de boettes de Liettiers[3] qu’il vend en gros à juste +prix; il vient ordinairement deux fois le mois et loge rue Montorgueil à +l’image saint Nicolas. + + [3] C’est laïettier qu’il faut lire. La «laïette» n’étoit, en effet + alors, qu’une de ces sortes de boîtes qu’on faisoit venir de + Fleury-la-Forest, près les Andelys, d’où il n’en vient plus: «petit + coffre de bois, dit Richelet, qui n’a qu’une simple serrure, et qui + n’est couvert ni de peau ni de cuir.» + +Le Bois d’Ebène et de Gayac, sont commercez en gros par M. Coquart rue +Simon le Franc. + +La Dame Passavant[4] près la Magdelaine a le talent de bien faire les +Bonnets carrez. + + [4] «Sage-femme.» Édit. 1691, p. 26. + +On fait des Calottes de toile jaune et de ratine à mettre sous les +perruques, chez un Calotier à la porte neuve du Palais. + +La Manufacture de Stuc Cuit[5] est au fauxbourg saint Antoine. + + [5] Le stuc est toujours cuit. C’est du plâtre mêlé de poudre de + marbre, qu’une forte cuisson durcit, et permet de polir. On en + faisoit alors des plafonds, sur lesquels on peignoit comme à + fresque. + +Les faiseurs de Fourneaux et de Creusets servant à la Chimie, demeurent +place de l’Hotel de Conty, rue Mazarini et au fauxbourg saint Jacques. + +Le Sieur Rohault Emailleur[6] rue saint Denis, fait des Figures et +Aigrettes d’émail. + + [6] _V._ les notes sur lui et sur Hubin, qui suit, au chapitre du + _Commerce de Curiositez_, t. I, p. 242. + +Les Yeux artificiels se font chez le même Hubin rue saint Martin et chez +le Sieur le Quin rue Dauphine. + +La Folie rue du petit Pont[7], et Thevenot rue Git le Cœur, affichent +pour le public. + + [7] Dans la première édit., p. 59, son adresse est donnée «rue de la + Huchette, aux Trois-Bources». A la suite, vient «le Comte, rue du + Petit-Pont, à la Rose-Rouge». + +Le Sieur Bara qui vend du Canepin[8] pour boucher les bouteilles, +demeure au cul de sac de la porte saint Martin[9]. + + [8] On appeloit ainsi l’épiderme de peau d’agneau ou de chevreau. Il + avoit servi, comme un vélin très-fin, pour écrire; et nous ne + serions pas surpris que le mot _calepin_ en fût venu, quoi qu’en + dise l’étymologie courante. + + [9] Les Bara étoient nombreux dans Paris et d’industries différentes. + Mme Sand, _Histoire de ma vie_, t. I, p. 19, en cite un, qui avoit + été parrain de sa mère, et dont nous avons connu le petit-fils, qui + vendoit des oiseaux, comme son aïeul, au coin de la rue Saint-Claude + et du boulevard, dans l’hôtel où avoit logé Cagliostro. Le + grand-père de Mme Sand étoit lui-même «maître oiselier» et de plus + «maître paulmier», ce qui ne nous surprend pas, les marchands + d’oiseaux faisant volontiers plusieurs métiers. Un d’eux, que Blegny + n’auroit pas dû oublier au chapitre du _Commerce de Curiositez_, + s’étoit enrichi à vendre toutes sortes de bijoux, après n’avoir + d’abord vendu que «des cages de prix et des oiseaux». On ne + l’appeloit pour cela que l’Oyselier. Son vrai nom ne nous est pas + parvenu. (_Mercure galant_, nov. 1683, p. 287.) Chevreau parle de + lui dans cette note de ses _Œuvres meslées_, 1697, in-8º, p. 200: + «L’Oiselier étoit un fameux marchand de Paris, qui vendoit à toute + la Cour toutes sortes de curiosités.» + +Le Sieur Dalesme[10] rue saint Denis près la fontaine la Reine, vend des +Plumes et Semelles d’acier de son invention, et encore un Tuyau de tolle +de fer, où l’on brule le bois sans cheminée et sans fumée. + + [10] André Dalesme, qui, de simple marchand de tuyaux fumivores, + devint membre de l’Académie des Sciences. On voit ici qu’il avoit + devancé les inventeurs de plumes d’acier. Il toucha de près aussi à + l’invention du _Thermolampe_ et à celle de la machine à vapeur. _V._ + sur lui, _le Vieux-Neuf_, 2e édit., t. II, p. 384-385. + +La bonne faiseuse de Mouches demeure rue saint Denis à la perle des +Mouches[11]. + + [11] Blegny auroit bien dû nous dire son nom. Nous aurions su + ainsi--ce qui ne manquoit pas de curiosité--si c’étoit toujours la + femme Chevalier, dont, suivant l’auteur du _Peintre-Graveur_, la + fille Madeleine avoit épousé le peintre Bernard, et étoit devenue + mère du fameux financier Samuel Bernard.--_V._ dans nos _Variétés_, + t. VII, p. 9, une pièce de 1661, _La faiseuse de mouches_. + +Les Manufactures de Toilles cirées sont dans la grande rue du fauxbourg +saint Antoine[12]. + + [12] C’est à Paris qu’il s’en fabriquoit le plus. Jusqu’à la fin du + dernier siècle, le secret de l’enduit des toiles cirées fut gardé + par ceux qui les fabriquoient. + +Les Boisseliers de la Halle au bled font[13] les tamis d’Apoticaires et +de Parfumeurs. + + [13] «Un particulier commerce de tamis à passer les poudres.» Édit. + 1691, p. 64. + +Le Sieur Barbier qui indique des Privilèges à vendre et à louer pour les +Arts et Métiers, demeure rue des Lombars au Plat d’Etain. + +Le Sieur Jo et quelques autres Potiers d’Etain près la porte saint +Marcel, font de grandes et petites Seringues qu’ils vendent aux +Marchands à juste prix. + +Le Sieur Colson fauxbourg saint Antoine devant la rue de Charonne, a un +particulier talent pour monter les Scelets[14] de toutes sortes +d’Animaux, et pour les monter en poil et en plumes. + + [14] C’est ainsi qu’on écrivoit encore squelette. L’orthographe + d’Ambroise Paré se rapproche toutefois un peu plus de cette dernière + forme: «une desquelles, dit-il, parlant d’autruches qu’on faisoit + voir à Paris, estant morte, me fut donnée, et en fis un _scelette_.» + Ailleurs, il dit un «sceletos», se rapprochant ainsi tout-à-fait du + mot grec, d’où vient squelette, et qui signifie séché. + +M. Antoine, Chevalier et Medecin Général des Hopitaux du saint +Esprit[15], logé au Collège de Boncour, se dispose à donner des preuves +publiques du secret qu’il dit avoir trouvé, pour connoitre par la +disposition des poux et des urines, les causes cachées et les crises +futures des plus extraordinaires maladies; il a une nouvelle espèce de +plante Sensitive[16] que les curieux ont veüe avec admiration. + + [15] Il n’y avoit à Paris qu’un hôpital du Saint-Esprit, celui qui + occupoit tout le côté gauche des bâtiments qu’envahit ensuite tout + entiers son voisin l’Hôtel-de-Ville. On n’y recevoit que des + orphelines légitimes et il s’appeloit aussi _Hôpital des + Enfants-Dieu_. + + [16] La Sensitive, _mimosa pudica_, bien qu’elle eût été importée + d’Amérique sous Henri IV, par Robin, avec les autres espèces du + genre acacia, n’étoit pas encore bien connue, comme on le voit ici. + L’Académie des Sciences ne s’en étoit même pas encore occupée. + Mairan n’en fit l’objet d’un premier travail qu’en 1729, puis on eut + en 1736 le mémoire plus complet de Du Fay. + +Le Sieur Lelot sur le Quay neuf[17] à la Perruque d’or, trace et peint +les Cadrans au soleil[18]. + + [17] On appela presque toujours ainsi, jusqu’au commencement du XVIIIe + siècle, comme on le voit par _le Journal_ de Barbier, édit. in-18, + t. I, p. 142, le quai voisin de la Grève, construit, en 1675, sous + la prévôté de Claude Le Pelletier, qui lui avoit donné son nom. + + [18] Il étoit rare qu’il n’y eût pas dans la cour ou le jardin de + chaque hôtel un de ces cadrans peints sur la muraille en bonne + exposition. + + + + +OMISSIONS ET CHANGEMENS. + + +On aurait dû dire à l’article des Vacations des Tribunaux. + +Que Nosseigneurs de la Cour des Aydes prennent les mêmes vacations que +le Parlement, et encore les veilles de Fêtes de Notre Dame, le lendemain +de la saint Jean, et la veille et le lendemain de la Magdelaine. + +Qu’à la Chambre des Comptes on n’entre ni les Jeudis ni les Samedis ni +les veilles de Fetes de relevée[1], et que la Chambre vaque d’ailleurs +le Jeudi de la mi-Carême, en May le neuf, en juin le onze, et encore +depuis le Vendredy qui precede la Pentecôte jusqu’au lendemain de la +Trinité; en Septembre le onze, et encore depuis le vingt dudit mois +jusqu’au lendemain de la saint Denis, en Octobre le dix huit jour de +saint Luc, et le trente et un veille de la Toussaints, en Novembre le +vingt cinq jour de sainte Catherine, en Décembre le six jour de saint +Nicolas et le vingt quatre veille de Noël, outre les veilles et Fêtes de +la Vierge, les Foires, etc. + + [1] Les fêtes de relevée étoient celles où l’on ne siégeoit pas «de + relevée», c’est-à-dire après midi. + +Qu’au Chatelet les Vacations durent depuis le 9 Septembre jusqu’à la +saint Simon et saint Jude; et qu’outre les jours de Vacations qui sont +communes à tous les Tribunaux et particulierement au Parlement; on y +vaque encore en janvier le 22 jour de S. Vincent, en May les 2, 6, 9, 10 +et 19, et les veilles de la Pentecôte, de la Fete Dieu et de l’Octave, +en Juillet le 31, et en Octobre le premier. + +La veuve Nion à l’adresse marquée à la première page, vend un traité +très curieux sur les Vapeurs du Corps humain[2] de M. Lange Medecin de +la Societé Royale; et le Medecin sincère de M. de la Haye Docteur en +Medecine. + + [2] Voici le vrai titre: _Traité des Vapeurs_, par M. Lange, 1689, + Paris, chez Nyon. + + + + +CHANGEMENS. + + +Les Fermes des Aydes et Domaines de France et droits y joints, ont été +réunies en cinq grosses Fermes. + +Le Département de Messieurs les Fermiers Généraux des Fermes Unies, pour +le service desdites Fermes, pendant l’année 1692, a été réglée comme il +s’ensuit par Monseigneur le Controlleur Général. + + +PARIS. + +I. + +Messieurs[1] + + [1] La plupart des noms qui suivent ayant figuré au chapitre des + Fermiers généraux, t. I, p. 28 et suiv., nous n’y reviendrons pas. + Nous dirons seulement quelques mots de ceux qui sont nouveaux ici et + méritent quelque attention. + +Berthelot, Turgis, de la Porte, Courchamp, Bigodet[2], Blin et Thomé: + + [2] Il devint secrétaire du Roi, et il étoit, en 1702, un des plus + considérables des Fermes. Il logeoit dans un magnifique hôtel, rue + Coquillière. + +La Regie du Bureau Général de la Douane et Droits y joints, et des +Greniers à Sel de la Ville et Généralité de Paris. + +II. + +Pelissier, Laugeois, le Maistre, Arnaud, Dapongny, Rancy[3], Henault: + + [3] Paul-Étienne Brunet de Rancy, frère des trois autres, que nous + avons vus plus haut: Brunet de Chailly, Brunet de Montferrand et + Brunet de Vauxge. Il devint secrétaire du Roi. En 1695, ayant été + envoyé en Bretagne dans l’intérêt des Fermes, les États se + plaignirent qu’il leur en avoit coûté cent mille francs + d’augmentation. (_Correspondance des Contrôleurs généraux_, nº + 1478.) C’est lui qui, après la mort de Mme de Sévigné, vint habiter + l’hôtel Carnavalet. + +La Régie de la Ferme du Tabac et dument demaine d’Occident. + +III. + +Luillier, du Ruaupallu, Turgis, Menon, de la Porte, Mouchy, Rancy et +Blin: + +Le Soin et Fournissement des Gabelles de France. + +IV. + +Laugeois, Remond, Menon, d’Apougny, le Normand, Hénault: + +La Regie des Entrées de Paris. + +Du Gros[4]. + + [4] Le «gros» étoit le revenu, le produit fixe des impôts, et, par + conséquent, le contraire du «casuel». + +Du Huitieme[5]. + + [5] Droit payé au Roi par les cabaretiers de Paris, pour chaque muid + de vin qu’ils vendoient à pot ou à assiette. + +Du Pied-Fourché[6]. + + [6] Droit d’entrée sur le bétail à pied fourchu: moutons, chèvres, + etc. L’Estoille (_Édit. du Panthéon_, t. II, p. 422) a parlé de cet + impôt déjà fort ancien de son temps. Ceux qui l’affermoient en + devoient une part à l’Hôtel-Dieu. V. _Inventaire des Archives + hospitalières_, t. I, p. 359 et 391. + +Et des Droits de Rivières et leurs Dependances. + +V. + +Luillier, le Maistre, Courchamp, le Tellier, Delpesche, Montry: + +La Régie du Papier et Parchemin Timbré de la Ville et Genéralité de +Paris. + +Des Aydes du plat Païs[7] et Versailles. + + [7] La banlieue. + +Et des grandes Entrées de Rouen, Diepe, le Hâvre, et ses dépendances. + +VI. + +Luillier, Laugeois, du Ruaupallu, le Tellier, le Maistre, Courchamp, +Arnaud, Thomé: + +Le soin de faire remettre les deniers des Provinces à la Recette +générale. + +De faire payer tous les Sous Fermiers. + +De Vérifier et Controller les Caisses. + +De faire les payemens au Trésor Royal. + +D’acquiter les Charges des Etats du Roi. + +Et des Comptes à rendre au Conseil et à la Chambre. + +VII. + +Laugeois, l’Huillier, du Ruaupallu, Arnaud, Delpesches, Romanet, Dumas, +Henault: + +La suite des Etats Alphabétiques[8]. + + [8] Ce sont les états indiqués dans la série précédente, l’état des + pensions notamment. + +L’examen des produits. + +La Verification des Passe-ports de Sa Majesté. + +Et les Arretez des Comptes des Directions et des Comptes de Societé. + +VIII. + +Pelissier, Rémond, Menon, Mouchy, de la Porte, Cormery, Dumas, Vauxge: + +Le Contrôle Général de toute la Depense de la Ferme. + +La Garde des Papiers, Registres et Titres de la Ferme. + +IX. + +Pelissier, Menon, Vallier, Lagny, Henault, Vauxge, Cormery, Douilly, le +Jariel: + +La suite des affaires du Conseil, au Parlement, à la Cour des Aydes, à +la Chambre du Trésor, et en l’Election[9], et l’Assistance à l’Assemblée +des Avocats à tenir une fois la semaine au Bureau[10] pour les affaires +de la Ferme. + + [9] Il a été dit plus haut ce qu’étoit une Élection, et sa juridiction + spéciale pour statuer sur les différends survenus à propos des aides + et des tailles. + + [10] Ce bureau étoit à l’Hôtel des Fermes, ancien hôtel du chancelier + Séguier, dont l’imprimerie Paul Dupont occupe aujourd’hui une + partie, entre la rue du Bouloi et la rue Jean-Jacques Rousseau, + alors rue de Grenelle. + +X. + +Luillier, Berthelot, de Ruaupallu, Arnaud, Turgis, Henault, Mouchy: + +La Correspondance. + +Les Achats. + +Et les Comptes du Traité des Vivres de la Marine. + + +PROVINCES. + +I. + +Messieurs + +Langlois, Vauxgé, de la Porte: + +Directions[11] de Rouen, Caën et Allençon. + + [11] La direction étoit le bureau spécial des finances pour chaque + généralité. + +II. + +De Belloy, le Tellier, Blin: + +Directions d’Amiens, Guises, Soissons[12] et l’Isle. + + [12] Les directions de Guise et de Soissons furent remplacées, peu + après, par celle de Saint-Quentin. + +III. + +Baugier, Luillier, de Turgis: + +Directions de Dijon, Langres et Franche Comté. + +IV. + +Romanet, Cormery, Laugeois: + +Directions de Chalons, Sedan, Lorraine et Alsace. + +V. + +Blin, de Lagny, Remond: + +Direction de Lyon. + +VI. + +Saint Amant, Luillier, Mouchy: + +Direction de Valence, Avignon et Marseille. + +VII. + +Le Juge, Delpesche, Berthelot: + +Directions de Montpellier et Thoulouze. + +VIII. + +Grandval, Menon, Menault: + +Directions de Bourdeaux et de Dax. + +IX. + +Germain, du Ruaupallu, Thomé: + +Directions de la Rochelle et Charante. + +X. + +De Blair[13], Vallier, le Jariel: + + [13] Melchior de Blair, d’abord simple intéressé dans les fermes. Il + étoit arrivé à être fermier général, après deux missions qu’il avoit + habilement remplies: l’une, en 1690, en Picardie; l’autre, en 1691, + en Bretagne. + +Directions d’Angers, Laval, le Mans et Bretagne. + +XI. + +Des Espoisses, Rancy, Dumas: + +Directions d’Orléans et de Tours. + +XII. + +Martin, Germery, d’Apougny: + +Directions de Bourges et Moulins, avec les Dépôts d’Auvergne, Limosin et +la Marche. + +La Manufacture Royale des Bandages de nouvelle invention[14], qui a +toujours sa principale entrée par la rue de Guénégaud, communique +d’ailleurs presentement avec la boutique de M. de Blegny le fils +Apoticaire du Roy, sur le quay de Nesle à la Devise Royale[15], où l’on +fera bien de s’adresser pour eviter la surprise de quelques imposteurs. + + [14] L’industrie des bandages avoit été la première qu’eût exploitée + Blegny. Aussi, ne manque-t-il pas d’y revenir sans cesse. _V._ plus + haut. + + [15] Il y avoit succédé, avec la même enseigne, à Delaunay, chirurgien + herniaire, dont J. Lepaute a gravé l’adresse. + +Ces Bandages ont des formes différentes selon les diverses dispositions +des Malades et de leurs incommoditez; on y trouve à ressort, à visse, à +charnieres ployantes, à champignons, à ceinture de Buffles, etc., mais +telle que soit la conformation particuliere de chacun de ces Bandages, +on y trouve cet avantage qu’ils retiennent parfaitement, et dans les +plus impetueux mouvemens, les Décentes qui n’ont pû être arrêtées par +aucune sorte de Bandages, et qu’ils conduisent à la guerison qu’on a +coutume de tenter vainement par l’usage des bandages ordinaires. + +On trouve au même lieu un livre et des mémoires curieux sur la guerison +des Decentes[16], et sur le prix des Bandages et des Remedes. + + [16] Voici le titre du livre de Blegny, donné déjà, d’ailleurs, dans + l’_Introduction_, p. xlv: _l’Art de guérir les hernies de toute + espèce dans les deux sexes, avec le remède du Roi_, in-12. La + première édition parut en 1676, la seconde en 1693. + +Messieurs l’Abbé de la Roque qui tenoit des Conférences rue de +Guénegaud[17], et Legier qui étoit censeur de la Faculté de Medecine, +sont décedez[18]. + + [17] Il a été parlé de lui plus haut, t. I, p. 128, au chapitre + _Conférences_. L’époque de sa mort, qu’on ne savoit pas, peut être + ainsi fixée à la fin de 1691. + + [18] _V._ t. I, p. 151. + +M. Frosne qui etoit Inspecteur des Batimens du Roy, a présentement un +autre employ en Cour. + +Les Droits et Bureaux des Chevaux de renvoy ont été suprimez[19]. + + [19] Ils étoient, on l’a vu, t. I, p. 108, à l’hôtel de Sens. + +Le Sieur Marseilles Marchand rue Saint Denis qui vendoit des Cuirs dorez +de Flandres, a manqué[20]. + + [20] Cette expression, pour dire faire banqueroute, commençoit à être + employée. Dancourt s’en est servi dans les _Agioteurs_ (acte III, + sc. VII), où un des personnages dit: «Son marchand est un + fripon, elle a raison; il est prêt à manquer. Ses affaires + périssent.»--D’autres reprirent le commerce mis en péril par la + banqueroute de Marseilles. Liger, en effet, dit en 1715, dans son + _Voyageur fidèle_, p. 366: «On vend des _Tapisseries de cuir doré_, + rue St-Antoine, proche de la Bastille: celles de _cuir doré de + Flandres_ se vendent dans la rue St-Denis, proche de la Sellette.» + + + + +BATIMENS DU ROY[1]. + + [1] Ici encore, nous trouverons beaucoup de noms déjà rencontrés plus + haut, au chapitre des _Vérifications et Rapports des Jurez_ et + ailleurs. Nous ne nous occuperons que des noms ou des détails + nouveaux. + + +_Sur-intendant et ordonnateur general des Batimens et Jardins du Roy, et +des Manufactures Royales des Gobelins._ + +Monsieur le Marquis de Villacerf ruë de l’Egout près la place Royal. + + +_Inspecteur Général, premier Architecte et Intendant des Batimens et +Jardins de Sa Majesté._ + +Monsieur Mansard[2] rue des Tournelles[3], et encore pour Intendans Mrs +de la Mothe, Coquart rue des Poulies, et Essein rue neuve des Petits +Champs. + + [2] Hardouin Mansard, architecte de Versailles, etc. + + [3] L’hôtel, qu’il s’y étoit fait bâtir, auprès de celui de Ninon, + existe encore en partie. + + +_Controlleurs en Charges._ + +Messieurs le Nostre aux Tuilleries, le Febvre au vieux Louvre, et +Gabriel rue de Cléry. + + +_Intendans et Controlleurs par Commission des Batimens et Maisons +Royales de Paris et de Versailles._ + +Messieurs de la Chapelle, Besse ancienne cour du Palais, et Lambert rue +neuve des Petits Champs. + + +_Architectes ordinaires des Batimens de Sa Majesté._ + +Messieurs Dorbay rue des Poulies, Buland[4] rue saint Louis du Marais, +de Coste[5] rue des Tournelles, et Perrault l’ainé place du Chevalier du +Guet. + + [4] Seroit-ce un arrière-petit-fils de Jean Bullant, architecte des + Tuileries et d’Écouen? Il n’y a rien là d’impossible. Le fils de + Bullant, Charles, fut entrepreneur de maçonnerie, et sa descendance + dut rester dans le même métier. + + [5] Robert de Cotte, qui succéda, en 1708, à Hardouin Mansart, son + maître, comme premier architecte du Roi. Il existe à la Biblioth. + Nat., cabinet des Estampes, un grand nombre de mémoires, devis, + procès-verbaux de travaux faits à Paris ou dans les environs, qui + viennent tous de Robert de Cotte. Ils furent acquis en 1821. + + +_Inspecteurs par Commission pour les Batimens des Maisons Royales de +Paris._ + +Messieurs Fossier père et fils rue des Poullies, le Court aux Invalides, +et l’Abbé au vieux Louvre. + + +_Trésoriers alternatifs des Batimens de Sa Majesté._ + +Messieurs de Mageinville rue Traversine qui est en exercice, et +Manessier rue de Cléry. + +Ceux qui entreprennent d’ailleurs pour les particuliers les plus +considérables edifices pour la Maçonnerie, sont Mrs le Maistre, Maziere, +Gabriel et Pipault ci devant désignez, Marcoult[6] rue neuve saint +Honoré, Bergeron le jeune[7] butte saint Roch rue Royale, etc. + + [6] Le _Ms._ du commis de Mansart, G. Marinier, sur les travaux de + Versailles, sous Louis XIV, et les entrepreneurs qui y furent + occupés, le nomme Gérard Marcou. + + [7] Pierre Bergeron, d’après le même _Ms._ + +Les Entrepreneurs de Sa Majesté pour les autres parties d’Architecture, +sont pour la Charpente Messieurs Malet[8] quartier saint Germain, la +Porte rue de Seine près la Pitié, Aubert à saint Germain en Laye, et +Poisson à la porte saint Antoine. + + [8] G. Marinier l’appelle Jean Mallet. Il ne nomme pas les trois + autres qui suivent. + +Pour la Menuiserie Messieurs Rivet[9] rue du gros Chenet, Remy porte +Montmartre, Verdeau cloitre saint Julien le Pauvre, Nivet quartier saint +Germain, et la veuve Dionis porte de Richelieu[10]. + + [9] Antoine Rivet, selon G. Marinier. Il nomme ensuite Louis Rivet, + sans doute son frère, dont Blegny pourroit bien avoir altéré le nom, + en l’appelant deux lignes plus loin Nivet. En 1733, un Jacques Rivet + étoit encore «menuisier ordinaire des bâtiments du Roy». Sa nièce + Geneviève Papillon avoit épousé le célèbre vernisseur Robert Martin, + dont le petit-fils fut Martin le chanteur si connu. (Jal, _Dict. + crit._, p. 845 et 846.) + + [10] Son mari, dont elle continuoit le métier, avoit fait bâtir un + certain nombre de maisons, rue de Richelieu, entre autres celle qui + touchoit à la maison du tailleur Bandelet, où mourut Molière. La + famille des Dionis ou Dyonis, à laquelle on dut plusieurs savants + célèbres du XVIIIe siècle, étoit ancienne à Paris. Plusieurs + figurent, de 1472 à 1527, dans l’Épitaphier des Saints Innocents. + (Le Beuf, _Hist. du diocèse de Paris_, édit. Cocheris, t. I, p. + 198.) + +Pour les Couvertures, M. Yvon, rue Montmartre[11]. + + [11] Dans le _Ms._ de Marinier, il est, comme ici, nommé tout seul. + C’est donc cet Étienne Yvon qui eut, sous Louis XIV, l’entreprise + générale des toitures des Palais Royaux. + +Pour la Serrurerie, Messieurs Roger[12] aux Invalides, Boutet rue +Frementeau, Haté place de Cambray, Fordrain à la Monnoye, et Lucas rue +saint Nicaise. + + [12] Pierre Roger, d’après le même _Ms._ + +Pour la Plomberie, M. Lucas[13] place du vieux Louvre. + + [13] Il eut, lui aussi, tout seul, l’entreprise de la plomberie de + Versailles et des autres palais, suivant G. Marinier, qui l’appelle + Jacques Lucas. + +Pour la Vitrerie, Messieurs Pougeois vieille rue du Temple, Gombault rue +saint Thomas du Louvre, et la veuve Janson rue de l’Arbre sec. + +Pour les Ouvrages de marbre, Messieurs Deschamps place du Carrousel, +Baudin porte Montmartre, et Ergo porte Gaillon. + +Pour les Peintures d’Ornemens, Messieurs Poisson fils à saint Germain en +Laye, et le Febvre rue de Richelieu. + +Pour la Doreure, M. des Oziers[14] à Versailles. + + [14] Guillaume Desauziers. + +Pour la Sculpture, Mrs Jouvenet rue des Jeuneurs[15], Mazeline[16] à la +Ville neuve, Dieu[17] au Palais Brion[18], Lespingola[19] rue neuve +saint Honoré, Maziere[20] place du Carrousel[21], Bonvalet à la Ville +neuve, et Carlier rue Montmartre, + + [15] Il étoit cousin du peintre célèbre, mais n’arriva pas à + l’Académie. Il travailla pour le Roi, à Versailles, avec le Hongre. + Son prénom étoit Noël. + + [16] Pierre Mazelines. G. Marinier ne l’oublie pas parmi les + sculpteurs employés à Versailles. Mazelines y travailla, lui aussi, + avec le Hongre. Il étoit de Rouen, fut reçu de l’Académie le 7 + juillet 1668, et mourut le 7 février 1708, à soixante-quinze ans. + + [17] Antoine de Dieu, né à Paris en 1653, mort en 1727. Il y avoit une + statue de lui à Saint-Germain-des-Prés, chapelle de saint Jérôme. + + [18] Nous avons dit, t. I, p. 124, ce qu’étoit cette dépendance du + Palais-Royal. + + [19] Il vint de Rome, où il étoit de l’Académie de Saint-Luc, + travailla à Versailles avec Nic. Coustou, fut reçu de l’Académie le + 29 février 1676, en fut exclu pour cause d’absence prolongée, en + 1694, et mourut le 10 juillet 1705. + + [20] Il travailla aux sculptures des Tuileries. + + [21] C’est rue des Orties-du-Louvre, derrière l’hôtel de Beringhen, + qu’il logeoit, et non sur la place même du Carrousel. (_Arch. de + l’Art françois_, t. III, p. 227.) + +Pour le Pavé Messieurs Renoult rue de Grenelle saint Germain, Aubry rue +de Seine[22], et Colin rue des Tournelles[23]. + + [22] Cet Aubry, paveur des bâtiments du Roi, étoit bien probablement + de la famille de Léonard Aubry, qui, en 1643, avoit le même titre, + et joua, ainsi que plusieurs des siens, un certain rôle dans + l’histoire de Molière. C’est lui qui mit en état, sur les fossés de + Nesle, les abords du Jeu de paume, où Molière donna ses premières + représentations; et l’un de ses fils, Jean-Baptiste Aubry, qui + s’étoit fait auteur de tragédies, _Démétrius_ et autres, qui + existent _mss._ à la Biblioth. Nat., épousa Geneviève Béjard, sœur + de Madelaine, dont Molière avoit épousé la fille. Cet Aubry, auteur + tragique, qui se faisoit appeler sieur des Carrières, n’étoit pas + moins devenu, comme son père, paveur des bâtiments du Roi. Il + l’étoit, en 1677, lorsqu’il signa au contrat du second mariage + d’Armande Béjard. Peut-être est-ce lui qui figure ici? + + [23] Ici devroit être nommé Villiard, qui eut pendant vingt-six ans + l’entreprise du pavage et des aqueducs à Versailles. Ses comptes + existent à la Bibliothèque du Ministère de l’Intérieur en 3 vol. + in-fol. sous ce titre: _Registre des Ouvriers qui ont travaillé pour + le Roy suivant les ordres du seigneur surintendant des bastiments de + Sa Majesté, sous la conduite du SIEUR VILLIARD_. Le Ier va de 1679 à + 1696; le IIe, de 1697 à 1701; et le IIIe, de 1702 à 1705. + +Les Juges établis pour connoître des matières concernant les Batimens du +Roy et les edifices publics, sont Messieurs de l’Epine rue neuve des +Petits Champs[24], et Villedo[25] rue saint Louis au Marais, qui sera en +exercice pendant les années 1692 et 1693. + + [24] De la même famille que ceux que nous avons vus plus haut parmi + les experts jurés. + + [25] Un des fils de Michel Villedot, qui fut un des entrepreneurs de + l’aplanissement de la Butte des Moulins, dont une rue a gardé son + nom. _V._ notre _Histoire_ de cette butte. + + + + +OUVRAGES EXQUIS + +_De Peinture et de Sculpture._ + + +Cet article a dû suivre celuy des Batimens du Roy, parce que presque +tous les Peintres et Sculpteurs dont on va voir les noms et les adresses +sont employez aux ouvrages de Sa Majesté, et sont membres de l’Academie +Royale de Peinture et de Sculpture, dont il a été parlé dans l’article +général des Academies. + +C’est au Palais Brion où elle se tient qu’on peut recouvrer la liste de +ceux qui la composent. Le degré de distinction dans lequel il faut +nécessairement parvenir pour y être admis, est une preuve certaine de +leur habileté; c’est pourquoy en quelque occasion que ce fût, il n’y +auroit point à balancer sur le choix, si ce n’étoit que plusieurs +d’entre eux ont des singuliers dans lesquels ils excellent +principalement, par exemple entre les Peintres. + +Pour l’Histoire Mrs Mignard[1] premier Peintre du Roy, Chancelier de +l’Academie, et Directeur des Atteliers des Gobelins[2] rue de +Richelieu[3]; Jouvenet[4] à l’un des Pavillons du Collége Mazarini[5], +Hoüasse[6] au Cabinet du Roy[7]; Coüapel père et fils[8] aux Galeries du +Louvre, Corneille l’aîné[9] rue des Petits Champs, Verdier aux +Gobelins[10], Paillet rue neuve saint Eustache[11], Blanchard cul de sac +saint Sauveur[12], Montagne rue du Vieux Colombier[13], Vernensal[14] +rue saint Honoré, Hallé[15] rue sainte Marguerite, Boulogne l’aîné[16] +rue sainte Anne, Boulogne le jeune rue des fossez Montmartre[17], Person +place du Palais Royal[18], Vignon[19], rue du Petit Lion, etc. + + [1] Pierre Mignard, trop célèbre, pour que nous ayons à dire ici autre + chose de lui, que ses noms. + + [2] Il avoit eu toutes ces charges, à quatre-vingts ans, en mars 1690, + après la mort de Le Brun. + + [3] _V._ sur cette maison, qu’il occupoit depuis longtemps, et où il + mourut le 15 mai 1695, notre _Histoire de la Butte des Moulins_, p. + 114-115. + + [4] Jean Jouvenet, dont la célébrité nous dispensera aussi de longs + détails. Né à Rouen, en 1644, il fut reçu de l’Académie le 27 mars + 1675, et mourut le 5 avril 1717. Les douze apôtres de la coupole des + Invalides sont de lui. + + [5] Il y mourut. Ce pavillon étoit celui qui touche au quai Malaquais. + L’adresse de Jouvenet est donnée ainsi sur l’acte de mort de l’une + de ses filles, le 5 juin 1680: «Sur le quai Malaquais, dans le grand + pavillon sur l’eau, au collége des Quatre-Nations.» + + [6] René-Antoine Houasse, né à Paris en 1644, reçu de l’Académie le 15 + avril 1713, mort le 27 mai 1710. Le Brun, dont il fut un des bons + élèves, l’avoit marié à une de ses parentes. Il y avoit des tableaux + de lui à Notre-Dame, Saint-Eustache, Saint-Côme, etc. + + [7] Sa véritable adresse étoit celle-ci: «rue du Coq, au cabinet des + tableaux du Roi». Il étoit garde de cette collection, première idée, + au Louvre même, du musée du Louvre. + + [8] Noël et Antoine Coypel: Noël, le père, né en 1628, reçu de + l’Académie en 1663, et mort en 1707; et Antoine le fils, né en 1661, + académicien en 1681, mort en 1722. Noël fut directeur de notre école + de Rome, en 1692; et, à la mort de Mignard, premier peintre du Roi. + Il y avoit de ses œuvres aux Invalides, au palais-Royal, à + l’Assomption, aux Tuileries, au Louvre, à Versailles, etc. Antoine, + qui avoit suivi son père à Rome, s’y perfectionna. Il devint aussi + premier peintre du Roi, et directeur de l’Académie. Un de ses + travaux les plus considérables à Paris fut la galerie d’Énée au + Palais-Royal. On a de lui vingt discours sur la peinture. + + [9] Michel Corneille, dont le père, peintre aussi, avoit eu le même + prénom. Il fut de l’Académie en 1663, et mourut le 16 août 1708, à + soixante-six ans. Il travailla aux Invalides, à Versailles, à + Meudon, à Trianon, etc. + + [10] François Verdier, qui fut de l’Académie en 1678, et mourut en + 1730, à soixante-dix-neuf ans. Le Brun qui se l’étoit attaché en lui + faisant épouser une de ses nièces, et le logeant aux Gobelins, le + fit beaucoup travailler pour lui. + + [11] Il fut de l’Académie, qu’il n’illustra guère, dès 1659, et mourut + le 30 juin 1701, à soixante-quinze ans. Séb. Boudon avoit été son + maître. On ne connoît guère de lui qu’un tableau, à Notre-Dame. + + [12] Gabriel Blanchard, reçu de l’Académie en 1663, mort en 1704, à + soixante-quinze ans. Il travailla pour Trianon, et, avec Lafosse et + Vignon, au plafond des Tuileries. Il habitoit le cul-de-sac + Saint-Sauveur depuis vingt ans. Il le quitta pour le Louvre, où il + mourut garde du cabinet des tableaux. + + [13] Nicolas de Plate-Montagne, que, par abréviation, l’on appeloit + Montagne, fut de l’Académie en 1663, et mourut en 1706, à + soixante-quinze ans. Il fit des tableaux pour les Gobelins, d’après + des dessins de Jules Romain, travailla aux peintures de la galerie + voûtée des Tuileries, et fit surtout beaucoup de portraits. Il + habitoit la rue du Vieux-Colombier depuis 1660, et il y mourut. + + [14] Guy-Louis Vernansal, qui fut reçu de l’Académie en 1688, et + mourut le 9 avril 1729, à quatre-vingt-trois ans. Il y avoit un + tableau de lui à Notre-Dame. + + [15] Claude-Guy Hallé, élève de son père Daniel Hallé, mort en 1674. + Il fut directeur de l’Académie, et mourut en 1736, à + quatre-vingt-cinq ans. Ses tableaux étoient nombreux dans + les églises de Paris. Il y en avoit à Notre-Dame, à + Saint-Jacques-de-la-Boucherie, aux Filles du Saint-Sacrement, à + Saint-Paul, à Saint-Sulpice, à Saint-André-des-Arts, etc. + + [16] Bon Boulogne, reçu à l’Académie le 27 nov. 1677, mort le 16 mai + 1717, à soixante-huit ans. Plusieurs de ses tableaux se trouvoient à + Notre-Dame, aux Invalides, aux Chartreux, à l’Assomption, aux + Petits-Pères. Le plafond de la Comédie françoise, rue des + Fossés-Saint-Germain, étoit aussi de lui. + + [17] Louis de Boulogne, frère cadet du précédent, et moins connu. Il + fut toutefois de l’Académie, et même directeur. On travailla aux + Gobelins sur des copies de Raphaël, qu’il avoit rapportées d’Italie. + Il y avoit de ses ouvrages à la chapelle de Versailles, à + Notre-Dame, aux Invalides, aux Chartreux, aux Petits-Pères. Les + Boulogne, financiers du dernier siècle, descendoient de lui. + + [18] Poerson. Nous avons parlé de lui, au chapitre des _Experts + jurés_. + + [19] Claude-François Vignon, reçu de l’Académie, le 6 décembre 1664, + mort le 17 février 1703, à soixante-neuf ans. Il marqua moins que + son père, Claude, dont il étoit l’élève, et que son frère Philippe, + dont nous parlerons tout-à-l’heure. + +Pour les Portraits Messieurs de Troyes[20], Rigault[21] et Fouché rue +neuve des Petits Champs[22], l’Argilliere rue sainte Avoye[23], le +Febvre Isle Notre Dame, le Febvre le jeune[24] rue de Richelieu, Vignon, +rue saint André des Arcs[25], etc. + + [20] François de Troy, né à Toulouse, en 1645, reçu de l’Académie le 6 + octobre 1674, mort le 1er mai 1730. Il fit de beaux portraits, + surtout de femmes, mais trop flattées, dit-on. Il n’en fut que mieux + en cour. + + [21] Hiacynthe Rigaud, le grand portraitiste du grand siècle, et du + siècle suivant, car il peignit jusqu’à son dernier jour, et ne + mourut qu’en 1743, à quatre-vingt-deux ans. + + [22] L’appartement de Rigaud se trouvoit au coin de la rue des + Petits-Champs et de la rue Louis-le-Grand. On y pouvoit voir une + belle galerie de tableaux, principalement des siens. Il y mourut, + ainsi que sa femme un an après lui. + + [23] Il a été parlé de lui plus haut, t. I, p. 239, au chapitre + _Commerce de Curiositez_. + + [24] Ces deux Lefebvre sont sans doute les fils de Claude Lefebvre, + portraitiste distingué, mort en 1675, et qui, l’un et l’autre, + quoique ses élèves, furent des peintres médiocres, sur lesquels on + ne sait rien. (Jal, _Dict. crit._, p. 758.) + + [25] Philippe Vignon, frère de Claude-François nommé plus haut, et son + aîné. Il fut reçu de l’Académie le 30 août 1686, et mourut le 7 + sept. 1701, à soixante-sept ans. Il rivalisa presque, en son temps, + de réputation avec Rigaud: «Quoique Rigaud, lisons-nous dans les + _Portraits sérieux, galants et critiques_, 1696, in-18, + _Avertissement_, soit reconnu très-habile pour le portrait, on ne + méprise pas les peintures qui sortent du cabinet de Vignon.» + +Pour les Batailles Messieurs Parrosel[26] rue du Coq, Martin[27] et le +Comte aux Gobelins[28], etc. + + [26] Joseph Parrocel, de Brignoles en Provence, reçu de l’Académie le + 16 nov. 1676, mort à cinquante-six ans, le 1er mars 1704. Il peignit + beaucoup de batailles, à grands fracas, et se vantoit d’être le + peintre qui savoit le mieux tuer son homme. On voyoit des tableaux + de lui aux Invalides, à l’hôtel de Toulouse, à Versailles. + + [27] Jean-Baptiste Martin. Élève de La Hire, il dessina pour Vauban, + travailla avec Van-Der-Meulen, et lui succéda comme «peintre des + conquêtes». Il mourut aux Gobelins, le 8 oct. 1735, à + soixante-dix-sept ans. + + [28] Sauveur Le Conte, peintre provençal, qui travailla, comme Martin, + avec Van-Der-Meulen. Le Brun l’avoit logé aux Gobelins, où il mourut + n’ayant que trente-cinq ans, le 31 décembre 1694. Son acte de mort + portoit: «peintre ordinaire des conquestes du Roy, dans l’hôtel des + manufactures roy. des Gobelins.» + +Pour les Païsages Messieurs Forest[29] et Hérault[30] place +Dauphine[31], Allegrain rue Montmartre[32], Beville rue de la +Tixeranderie[33], Armand rue Montorgueil[34]. + + [29] Jean Forest, reçu comme peintre paysagiste, le 26 mai 1674, à + l’Académie, et mort le 17 mars 1712, à soixante-seize ans. Il étoit + beau-frère de Lafosse, dont il avoit un peu la couleur aux tons + roux. Sa fille aînée épousa Largillière. + + [30] Nicolas-Antoine Hérault. Il avoit étudié à Rome, dans la manière + de Guaspre et de Salvator. Il fut de l’Académie en 1670, et mourut + en 1718, à soixante-quatorze ans passés. + + [31] Hérault y logea jusqu’à sa mort, à l’enseigne «du Buis», faisant + face au cheval de bronze. + + [32] Étienne Allegrain, né à Paris, en 1645, reçu académicien le 4 + décembre 1677, et mort le 2 avril 1736, à quatre-vingt-douze ans. Il + peignit pour le roi, en 1688, «des vues et perspectives des bosquets + et parterres du jardin de Versailles». + + [33] Charles Béville, reçu comme paysagiste à l’Académie, le 5 juillet + 1681, mourut à soixante-cinq ans, le 2 février 1716. + + [34] Charles Armand. Il étoit de Bar-le-Duc. Il fut reçu de + l’Académie, comme paysagiste, le 13 mai 1672, et mourut à + quatre-vingt-cinq ans, le 18 février 1720. + +Pour les Fleurs et les Animaux, Messieurs de Fontenay[35] près le Palais +Royal, Huliot[36] rue Bourlabé, etc. + + [35] Jean-Baptiste Belin de Fontenay, de Caen: «Il avoit, dit + d’Argenville, un vrai talent pour peindre les fleurs.» Aussi est-ce + comme peintre-fleuriste qu’il fut reçu à l’Académie, le 30 août + 1687. Il mourut le 12 février 1715, à soixante-un ans. + + [36] Claude Huilliot, de Reims, fut reçu à l’Académie, comme + peintre-fleuriste, le 7 nov. 1664, et mourut le 6 août 1702, à + soixante-dix-sept ans. + +Pour les ordres d’Architecture, Messieurs Anguerre[37] et Francart[38] +aux Gobelins, Simon rue des Petits Champs. + + [37] Guillaume Anguier, frère des deux célèbres sculpteurs normands, + François et Michel Anguier. Dans l’_Éloge_ qu’il a fait de celui-ci, + Guillet de Saint-Georges, d’accord avec Blegny, nous donne Guillaume + Anguier, comme étant «fort recherché pour les tableaux + d’architecture et les ornements». Il mourut aux Gobelins, où nous le + voyons déjà logé, le 18 juin 1708, à quatre-vingts ans. + + [38] Frère cadet de François Francart, qui avoit été le peintre des + décorations de Molière au Petit-Bourbon et au théâtre du + Palais-Royal. On le trouve lui-même qualifié «peintre des bâtiments + du Roy», en 1672. Suivant Jal, dans un de ses _Errata_, il mourut en + 1692, l’année même où Blegny le nommoit ici. + +Pour la Mignature M. Deflan[39] rue de Guénegaud, Penel rue neuve des +Petits Champs, Compardel[40] quay de la Mégisserie, Bonnet quay des +Morfondus[41], Lucet rue du Four fauxbourg S. Germain. + + [39] Abraham De Lan, et non Deflan, beau-frère du sculpteur Van-Clève, + qu’on trouvera plus bas, p. 101. Jal fait naître De Lan en 1659, et + mourir en 1722. + + [40] On le connoît par des plans d’une admirable enluminure. De Bure + en possédoit un, qu’il avoit fait du bois de Boulogne (_V._ son + _Catalogue_, p. 11). M. le marquis de Maleyssie en exposa toute une + collection: _Plans des forêts, bois et buissons du département de la + grande Maîtrise des Eaux et Forêts de l’Ile-de-France, Brie, Perche, + Picardie et pays reconquis_, 1688, à l’exposition archéologique et + artistique de Chartres, en 1858. (_Rev. des Soc. sav._, 1859, t. I, + p. 737.) Compardel fit aussi des miniatures de livres. Il passa à la + célèbre vente de M. le baron Pichon un petit volume in-16, aux armes + de la grande Mademoiselle: _Occupations de l’Ame pendant le saint + sacrifice de la Messe_, avec neuf miniatures, dont cinq étoient + signées de lui. Ce _Ms._ venoit aussi de la vente De Bure, où il + avoit été payé 1,530 francs. + + [41] Sylvain Bonnet, de Romorantin, suivant l’inscription de son + portrait gravé, ou de Blois, suivant le _Ms._ de la Bibliothèque + Nat.: _Extrait des noms des plus célèbres peintres_, 1679. Le + frontispice des _Hommes illustres_ de Perrault est de lui. En 1672, + il se qualifioit «peintre de feue Madame, duchesse d’Orléans». Alors + déjà, il logeoit quai de l’Horloge ou des Morfondus. C’est lui qui, + appelé par erreur Monet dans le _Carpentariana_, p. 79, y est + qualifié «le premier homme que nous ayons pour exceller dans les + portraits en miniature». Suivant le même livre, il avoit étudié le + dessin chez Chauveau. + +Mesdemoiselles Bonnard rue saint Jacques, et le Febvre rue de Richelieu +peignent aussi en mignature. + +Pour la Mignature en Email, Messieurs Petitot[42] rue de +l’Université[43], Perrault rue du Chantre, le Brun rue neuve des Petits +Champs[44], etc. + + [42] Jean Petitot, dont le nom nous dispense de tout détail. Au moment + même où Blegny le faisait figurer ici, il mouroit à Genève, sa ville + natale. La Révocation de l’Edit de Nantes, qui n’avoit pu le décider + à se convertir, l’avoit enfin forcé d’y retourner après quelques + années de résistance, où toutes les obsessions, même celles de + Bossuet, avoient été inutiles. + + [43] Il y logeoit en face de l’hôtel Tambonneau, que remplace + aujourd’hui, nous l’avons dit plus haut, la rue du Pré-aux-Clercs. + G. Brice, après nous avoir donné son adresse dans sa première + édition (1684, in-12, t. II, p. 202), ajoute: «C’est lui qui fait + ces beaux portraits en émail, que l’on enchasse dans des bordures de + diamants, dont on fait des présents aux ambassadeurs, ou des + bracelets qui ne sont pas ordinairement plus grands qu’une pièce de + quinze sous, et qui, souvent, sont beaucoup plus petits.» Richelet, + dans les _Remarques_ mises en tête de la 1re édition de son + _Dictionn._, parle ainsi, p. 46, de Petitot et de son émule, + Bordier, que Blegny n’auroit pas dû oublier ici: «Monsieur Bordier + et monsieur Petitot sont les plus fameux peintres en émail de Paris, + et les premiers qui ont fait des portraits en émail. On ne faisoit + avant eux que des fleurs et autres petites gentillesses.» Il ajoute + ensuite ces détails curieux: «Un portrait en émail, grand comme la + paume de la main, vaut quarante ou cinquante pistoles, quand il est + fait par un habile peintre, et les plus petits quinze et vingt + pistoles.» + + [44] Son art. dans l’édit. de 1691 est au chap. XI, p. 24. Il y figure + seul pour son genre de peinture: «Le sieur Lebrun, qui fait de beaux + portraits en émail, demeure rue Neuve-des-Petits-Champs.» + +Pour le Pastel, Messieurs Vencelin rue saint Martin[45], Viviers[46] +quay de l’Ecole, Desgranges rue Tictonne, etc. + + [45] C’est au chap. XI: _du Commerce de Curiositez_, qu’il figure, et + là, sous son vrai nom et avec son père, dans l’édit. de 1691, p. 24: + «M. Vercelin, rue Saint-Martin, _au Porcelet d’or_, a de très-beaux + tableaux, et M. son fils peint très-bien en pastel et en + mignature.»--Jacques Versellin fut reçu, comme peintre miniaturiste, + le 7 juin 1687, à l’Académie. Il mourut le 18 juin 1718, à + soixante-treize ans. + + [46] Joseph Vivien, et non Vivier, né à Lyon en 1657. Il fut reçu de + l’Académie, comme peintre au pastel, le 30 juillet 1701, et mourut à + Bonn, le 5 décembre 1735. Le meilleur portrait que l’on possède de + Fénelon est de lui. L’original se trouve à Munich. V. _Catal. de la + Pinacothèque_, p. 76, nº 398. + +Il en est de même des Sculpteurs qui pour être généralement habiles, ne +laissent pas d’avoir de particuliers talens, par exemple. + +Pour les Statües, Messieurs Girardon aux Galeries du Louvre[47], des +Jardins fauxbourg Montmartre, Coisseveaux et Baptiste aux Gobelins[48], +le Comte rue sainte Apoline[49], Renaudin aux Galeries du Louvre[50], +Vancleve à la Ville neuve[51], Lespingola[52] à la Butte saint Roch, le +Gros[53] porte de Richelieu, Tuby aux Gobelins[54], Flamand au Cabinet +du Roy[55], Mazeline à la Ville neuve, Jouvenet rue des Jeusneurs[56], +le Grand rue Montmartre, etc. + + [47] «M. Girardon, qui demeure aux Galleries du Louvre, où il a un + très-curieux cabinet de bronzes et de médailles antiques, est estimé + un des plus excellents sculpteurs de l’Europe.» Édit. 1691, p. + 113.--François Girardon, de Troyes, «Troyen», comme lui-même se + qualifioit souvent en signant ses statues. Nous nous contenterons de + dire ici qu’il fut de l’Académie, dès 1657, et qu’il mourut le 1er + septembre 1715, à quatre-vingt-huit ans. Ce que Blegny écrit sur son + cabinet des galeries du Louvre se trouve confirmé avec détails par + Brice, 3e édit., t. I, p. 73-74. + + [48] «Messieurs Coisevaux, aux Gobelins, et Des Jardins, faubourg + Montmartre, sont encore de très-habiles sculpteurs.» Édit. 1691, p. + 113.--Antoine Coysevox, né à Lyon, en 1640, reçu de l’Académie en + 1676, mort en 1720. Ce fut un des grands artistes du siècle. Les + Victoires sur des chevaux ailés qui se trouvent aux deux côtés de + l’entrée des Tuileries, sont de lui.--Martin Desjardins, né à Bréda, + dont le vrai nom, avant qu’on l’eût francisé, étoit Van den Bogaert. + Il fut de l’Académie, en 1671, et mourut n’ayant que + cinquante-quatre ans, le 2 mai 1694. Le groupe de Louis XIV et de la + Victoire du monument de la place des Victoires, et le bas-relief le + plus en vue de la porte Saint-Martin furent ses principaux ouvrages + à Paris. + + [49] Louis Le Conte, de Boulogne, près Paris, reçu de l’Académie, le 4 + janvier 1676, et mort, encore jeune, le 24 décembre 1694. Il avoit + sculpté, d’après les dessins de Le Brun, et sur l’ordre de Colbert, + nommé marguillier d’honneur, la chaire à prêcher de Saint-Eustache. + + [50] Thomas Regnaudin, de Moulins, fut reçu de l’Académie, le 7 + juillet 1657, et mourut à soixante-dix-neuf ans, le 3 juillet 1706. + Il travailla pour Versailles, où le groupe, fondu par les Keller, + _la Loire et le Loiret_, est de sa main. On lui doit aussi celui de + _Saturne enlevant Cybèle_, qui se voit, depuis le grand siècle, dans + le jardin des Tuileries, et se trouve à présent dans une des salles + du Louvre. + + [51] Corneille Van-Clève, né à Paris, en 1644, reçu de l’Académie, le + 26 avril 1681, mort à quatre-vingt-sept ans, le 31 décembre 1732. Il + y avoit beaucoup de ses ouvrages dans les différentes églises de + Paris. + + [52] «Et Cotton», édit. de 1691, p. 63. L’Espingola, dont nous avons + parlé plus haut, p. 90, s’y trouve nommé «Spingola». Quant à Cotton, + il est des moins connus. Nous savons seulement qu’il avoit eu le + second prix de sculpture en 1675, qu’il étoit élève d’Anguier, et + qu’on lui devoit, sauf le buste, qui étoit de Coysevox, les + sculptures du tombeau de Le Nôtre à Saint-Roch. Celles des tombeaux + de Lulli et de Lambert aux Petits-Pères étaient aussi de sa main. + + [53] Pierre Le Gros, de Chartres, reçu de l’Académie le 15 septembre + 1663, mort le 17 mai 1714, à quatre-vingt-six ans. Il étoit élève de + Sarrazin. Il travailla au pavillon central des Tuileries, et fit à + la porte Saint-Martin un des bas-reliefs qui regardent le faubourg. + + [54] Jean-Baptiste Tuby, né à Rome, en 1630, et pour cela surnommé _le + Romain_. Il fut reçu de l’Académie le 7 août 1663, et mourut à + soixante-dix ans, le 9 août 1700. Il avoit travaillé à l’arc de + triomphe de la porte Saint-Bernard, deux des figures du tombeau de + Colbert à St-Eustache étoient de sa main, et on lui devoit le + tombeau de Turenne, qui, de Saint-Denis, fut transféré aux + Invalides. Il l’avoit exécuté d’après des dessins de Le Brun. + + [55] Anselme Flamen, de Saint-Omer, reçu de l’Académie en 1681, mort + le 15 mai 1717, à soixante-dix ans. Le groupe de Borée et d’Orythie, + du jardin des Tuileries, est de lui en grande partie. Marsy ne + l’avoit qu’ébauché. + + [56] Pour Mazeline et Jouvenet, _voy._ plus haut, p. 90. + +Pour les Figures et Ornemens, Mrs le Febvre dans l’anclos saint Martin, +et Maniere père et fils[57] rue des Gravilliers[58]. + + [57] Laurent Magnier--dont le nom se prononçoit Manière--et son fils + Philippe. Tous deux furent de l’Académie: le père, en 1664, le fils, + en 1680. Laurent mourut à quatre-vingt-deux ans, en 1700, le fils, à + soixante-huit ans, en 1715. Laurent travailla aux sculptures des + boiseries du Louvre, de Fontainebleau et de Chambord; et il y a + quelques bons ouvrages de Philippe à Versailles. + + [58] Dans l’édit. précédente, p. 63, cet article est plus détaillé: + «Entre les sculpteurs qui ont une particulière réputation pour les + ornements, sont Messieurs Deville et Le Grand, rue Montmartre; + Briquet, près les Minimes; Charmeton, rue Saint-André; Cottin, rue + Saint-Martin; La Lande, à la Villeneuve; Ouats, au Pont-aux-Biches; + François, près le Temple; et Vilaine, rue Neuve-Saint-Médéric.»--De + tous ces inconnus, dont pas un ne fut de l’Académie, nous ne + relèverons que le nom de Christophe Charmeton, cousin du peintre + Georges Charmeton, qui eut quelque réputation; et celui de François, + dont il y avoit aux Invalides une assez bonne statue de sainte + Monique. + +Messieurs le Comte et Lespingola, sont d’ailleurs distinguez, le premier +pour les Modèles, et le second pour le dessein. + + + + +ARCHITECTURE ET MAÇONNERIE. + + +On a compris l’Architecture et la Maçonnerie en un même article, par +cette raison, que la plupart des Maitres Maçons qui sont au rang de +distinction sçavent et pratiquent l’Architecture. + +Pour les Architectes des Bâtimens du Roy, voyez l’article des Batimens +de Sa Majesté. + +Entre les Architectes de Paris dont l’habileté est généralement +reconnue, sont Messieurs le Maistre rue neuve saint Honoré[1], +Mazière[2] rue Neuve des Petits Champs, Gabriel rue saint Antoine, +Pipault à l’Arsenal[3], Thevenot rue saint Claude du Marais, de +Bourges[4] rue Montmartre, Beausire derriere saint Jean, Lambert quay de +Nesle[5], Bornac à la Pierre au Lait, Tarrade rue des Orties[6], le +Pautre[7] rue du Foin, Boffran[8] rue Beautreillis, etc. + + [1] Il fut de l’Académie d’architecture, en 1698, et son fils, l’année + suivante. La rue Neuve-Saint-Honoré, où il logeoit, étoit la partie + de la rue Saint-Honoré qui alloit du Palais-Royal à la place + Vendôme. + + [2] Il a été parlé de lui plus haut, p. 91. + + [3] Nous l’avons vu figurer plus haut, ainsi que Gabriel, parmi les + _experts-entrepreneurs_. + + [4] Boullier de Bourges. _V._ plus haut les _experts-bourgeois_. + + [5] C’est le nom que l’on donnoit encore souvent au quai Guénégaud, + qui devoit bientôt devenir le quai Conti. + + [6] Il possédoit dans cette rue de la Butte-Saint-Roch et dans les + rues environnantes un certain nombre de maisons qu’il avoit + construites lui-même après l’aplanissement. + + [7] Antoine Le Pautre, qui mourut l’année même où Blegny lui donnoit + place dans son _Livre commode_. Il avoit soixante-dix ans. C’est lui + qui avoit bâti pour la Beauvais-la-borgnesse l’hôtel qui existe + encore au nº 64 de la rue Saint-Antoine. + + [8] Germain Boffrand, de Nantes, né en 1667, du sculpteur Boffrand et + d’une nièce du poëte Quinault. Il eut pour maître et ami Hardouin + Mansart. Quand il mourut en 1755, il étoit doyen de l’Académie + d’architecture. Il construisit à Paris la porte du cloître + Notre-Dame, l’hôpital des Enfants-Trouvés, qui vient de disparoître; + l’hôtel de Duras, rue du Faubourg-Saint-Honoré; l’hôtel d’Argenson, + rue des Bons-Enfants; la maison de Le Brun, rue Saint-Victor, etc. + +M. Maübois[9] qui demeure à la place du Carrousel au magasin des +Marbres[10], est un homme incomparable pour les ouvrages du Tour sur +lequel il travaille les plus dures matières dont il fait des ornemens +d’Architecture, qui par leurs formes carrées, octogones, ovalles, etc., +sembleroient ne pouvoir estre produites par la pratique du Tour. + + [9] Jean Maubois, qui, d’après une lettre qu’il a écrite sur lui-même, + en 1699, et qui a été publiée par _la Revue des Sociétés savantes_ + (août 1868, p. 176), vint du Dauphiné à Paris, sur un ordre de + Colbert, en 1680, «pour tourner tous les ouvrages d’or et d’argent + pour S. M.» + + [10] Il y étoit installé depuis 1685. «Il tenoit du Roi, dit-il en + effet, dans sa lettre de 1699, un logement proche son palais des + Tuileries, il y a quatorze ans.» + +Son industrie a semblé si admirable à plusieurs personnes de +considération, qu’elles ont pris à tache de l’acquérir seulement pour +s’en faire un plaisir[11]; par exemple, M. le Prevôt de l’Eglise saint +Nicolas du Louvre, et Mrs de la Guyche qui demeurent rue et près la +place Royale[12]. + + [11] «Je vous diray, écrit encore Maubois, que tous les princes me + font l’honneur de me venir veoir travailler.» + + [12] Maubois eut une fille, d’autres--tels que Hulot dans son livre, + _l’Art du Tourneur_--disent une sœur, qui fut presque aussi habile + que lui. Elle apprit à tourner au comte de Clermont, à Louis XV, + encore enfant, et même, s’il faut en croire _le Mercure_ + (juin-juillet 1721, p. 121), au fils de l’ambassadeur turc. + +Les Maçons Entrepreneurs denommez dans l’article des Batimens du Roy, +entreprennent aussi pour le public. + +Entre ceux des autres Maitres Maçons qui entreprennent aussi dans le +public les plus considérables edifices, sont Messieurs Tarrade rue des +Orties, Bertier[13] rue Neuve saint Roch, Guezard rue Royalle, Macon rue +du Roy de Sicile, Tricot rue Jean Robert, Thevenot rue saint Claude du +Marais, Perdeau place des Victoires, Convers Isle Notre Dame, Rohais +quartier S. Germain, Bergeron le jeune rue Royale, butte S. Roch[14], +etc. + + [13] Nicolas Bertier. L’_Almanach royal_ de 1702 le loge près de la + porte Gaillon, c’est-à-dire à l’endroit environ où se trouve + aujourd’hui la fontaine. + + [14] Ce fut jusqu’à la Révolution le nom de la rue des Moulins, depuis + la rue des Petits-Champs jusqu’à la rue Thérèse. + +Pour les compagnons Maçons, Manœuvres, Limosins, etc., voyez l’article +des Domestiques et Ouvriers. + +A l’égard des Matéreaux[15] servans à la construction des ouvrages de +Maçonnerie, on les peut trouver aux prix et aux endroits ci-après +designez; par exemple, le muid de Chaux de Melun qui arrive au Port +saint Paul[16], coute rendu à l’attelier 48 livres. + + [15] C’est encore ainsi que prononcent beaucoup d’artisans, surtout en + province. A l’époque même de Blegny, cette prononciation passoit + pour vicieuse: «Il n’y a que ceux qui ne savent pas parler qui + disent _matéreaux_», écrit Richelet dans son _Dictionnaire_, 1688, + in-4º. + + [16] «Le pavé et la chaux se vendent au port Saint-Paul, près les + Celestins.» Édit. 1691, p. 38. + +Le muid de Ciment qui se fait sur les fossez de l’Estrapade et au +fauxbourg saint Antoine, chez le Sieur Petit à l’entrée de la rue de +Nappe[17], coûte rendu à l’atelier 20 livres. + + [17] Lisez rue de Lappe, nom qui lui venoit du maraîcher Girard Lappe, + qui avoit, par là, de grands terrains sous Louis XIII. Dans l’édit. + de 1691, p. 39, il est dit: «à l’entrée de la rue de la Roquette.» + +Le muid de Plâtre de Montmartre, de Montfaucon, de Norillon sous +Belleville, de Charonne[18], etc., coute rendu 6 livres et au plus 6 +liv. 10 sols à la mesure et choisi[19]. + + [18] «Les carrières et fours à plâtre sont, pour la plupart, au bas de + Montmartre, au bas de Belleville, à Montfaucon. On tire de ces + carrières une sorte de moellons qui est bonne pour les fondations.» + Édit. 1691, p. 38. Le plâtre de Montmartre étoit «le plus estimé», + selon Félibien, _Des principes de l’architecture_, 1676, in-4º, p. + 698. Les carrières de plâtre au bas de Belleville existent encore. + On les appelle aujourd’hui _Carrières d’Amérique_, à cause de + l’exportation d’une partie de leurs produits aux États-Unis, où le + plâtre manque. + + [19] Soixante ans après, ce prix étoit augmenté d’un tiers. Le muid de + plâtre se payoit 9 livres. (_Journal du Citoyen_, 1755, in-8, p. + 381.) + +Le tonneau de Pierre de Saint Leu contenant 14 pieds cubes coute rendu +depuis 5 jusqu’à 5 livres 10 sols à proportion de l’eloignement, et sur +le Port 4 livres 10 sols, avec cette différence que quand les morceaux +ont plus de 28 pieds cubes, le prix est augmenté selon le plus ou le +moins; c’est ce qu’on appelle Pierre d’échantillon. + +Le bel appareil de Pierre de Liais[20] coute le pied en superficie rendu +depuis 20 jusqu’à 25 sols, et celuy de la même Pierre de 13 à 14 pouces +de haut 40 à 50 sols. + + [20] «Pierre très-dure, dit Félibien, p. 66, blanche et approchant du + marbre, c’est pour cela qu’elle reçoit une espèce de poly avec le + grès et l’émeril, particulièrement celui de Senlis, qui ne se gaste + ny à la gelée ny aux autres injures du temps.» C’est avec ce liais + de Senlis, tiré d’une carrière tout près de la ville, que se firent + en grande partie, sous Louis XIV, les constructions du Louvre. Nous + reparlerons plus loin des pierres de liais. + +Le pied cube de Pierre d’Arcueil[21] d’échantillon 10 sols. + + [21] Il sera parlé, avec plus de détail, au chap. suivant, p. 111, de + la pierre d’Arcueil, dont on se servoit alors beaucoup dans les + constructions à Paris. + +Le pied carré de Pierre de saint Cloud[22] pris sur toute sa hauteur et +rendu 28 sols. + + [22] C’est avec la pierre de Saint-Cloud et avec celle de Saint-Non, + dont la carrière se trouve au bout du parc de Versailles, que furent + faites les constructions du château. La pierre de Saint-Cloud se + tiroit de la _carrière_, dite des _grès_, située à gauche en sortant + de Saint-Cloud pour aller à Versailles. C’est de la partie appelée + le _banc blanc_ que furent extraites quelques-unes des plus grandes + pierres du Louvre. Celles du fronton de la colonnade, qui ont l’une + et l’autre cinquante-deux pieds de long, ont été tirées auprès de + Meudon. (Félibien, p. 68.) + +La toise cube de Moellons de Paris et des Carriéres des fauxbourgs S. +Jacques et S. Marcel[23] rendu en toise sur le lieu 18 livres, et celle +de Moellons de plâtre depuis 16 jusqu’à 17 liv. + + [23] Blegny oublie les meilleurs: ceux des carrières de Saint-Maur et + de Vaugirard. (Félibien, p. 662.) + +Le cent de Bottes de lattes de cœur de chêne sans obier[24], coûte sur +le Port depuis 36 jusqu’à 40 livres. + + [24] L’aubier est la partie molle qui se trouve entre l’écorce du + chêne et son bois. + +Le Clou à latte 13 sols le millier. + +Le Clou de charette et de bateaux la livre 2 sols, et le cent de livres +depuis 7 jusqu’à 8 livres. + +Pour les Pots d’Aizances[25] et fouilles de terres, voyez l’article des +Vuidanges. + + [25] C’est ce qu’on appeloit, au XVe siècle, «tuyau des chambres + aisées.» _Chron. du roy Louis XI_, an. 1479. + +Pour le gros Fer, voyez l’article des Ouvriers et Marchands de Fer. + +Le prix ordinaire des Murs de fondation depuis 22 jusqu’à 28 pouces +d’épaisseur avec portes de pierres ceintrées, la toise superficielle. + +On toise ordinairement les Fondations à la toise cube dont on paye 40 à +42 livres de chaque toise reduite à 216 pieds cubes, et alors on déduit +les vuides qui s’y trouvent et même la place qu’occupe la Pierre de +taille, pour la toiser ensuite à raison de 28 à 30 livres la toise +quarrée tous paremens veus, à condition qu’elle soit des Carrières +d’Arcueil[26]. + + [26] Félibien, p. 68, énumérant les diverses sortes de pierres «qu’on + emploie à Paris», nomme celle d’Arcueil la première. Il en sera + reparlé bientôt. + +Des Voutes de caves et de fosses d’Aizances avec Arcs de Pierre de +taille dure d’Arcueil de 18 pouces de longueur de tête l’une, et 30 +pouces l’autre de 14 à 15 pouces d’epaisseur au couronnement de la +Voute; espacez à 12 pieds de distance de milieu en milieu la toise +superficielle 16 livres. + +On observe ordinairement dans le milieu desdites Voutes un trou de deux +pieds en quarré pour faciliter la vuidange desdites fosses d’Aizances, +lequel trou est garni d’un chassis de Pierre dure d’Arcueil dans lequel +se met une autre Pierre feuillée[27] de 3 pouces de largeur et renforcée +d’autant pour s’emboîter dans ledit châssis que l’on paye séparement, ou +qui est compris dans le toisé, suivant qu’il est expliqué dans le +marché. + + [27] C’est-à-dire plate, et comme en feuille. + +Les reins des dites Voutes se doivent payer au moins à 9 livres la toise +cube ou au tiers de la superficie des Voutes en berceau, ou au quart de +la superficie des Voutes en lunettes[28]; mais il faut que les dits +reins soient remplis et garnis avec moellon de la qualité des dits murs, +maçonné avec mortier de chaux et sable, et arrasez d’après le +couronnement de la dite Voute. + + [28] Les voûtes en lunettes ou à lunettes sont, selon Furetière, + celles qui s’élèvent sur les côtés pour augmenter la hauteur des + fenêtres, comme sont toutes les voûtes gothiques. + +Des murs de face de Pierre de saint Leu[29] avec trois assises de Pierre +dure d’Arcueil, dont les deux derniers faisant parement en dedans, les +dites trois assises faisant ensemble trois pieds et demi à quatre pieds +de haut, de vingt deux pouces d’epaisseur au nud avec portes, croisées, +fermetures, plinthes et entablemens de pierre de S. Leu, la toise +superficielle 45 livres. + + [29] Il ne faut pas s’étonner que le nom de la pierre de Saint-Leu + revienne continuellement ici. C’étoit une des plus employées pour + les constructions de Paris. «Elle est tendre à tailler, dit + Félibien, p. 67, mais elle durcit à l’air.» + +Des Murs metoyens[30] de vingt pouces d’épaisseur par bas avec jambes de +pierre de Taille dure sous les poutres, le restant desdits murs avec +moellon piqué et enduit des deux cotez, la toise superficielle 18 +livres. + + [30] Métoyen, pour mitoyen, étoit aussi de la prononciation populaire. + Félibien lui-même l’emploie, p. 666. + +Des Murs de refend depuis le retz chaussée en amont de quinze à seize +pouces d’épaisseur, avec une assise de pierre dure par bas, faisant +parement des deux côtez et parpins[31] entre deux quarteaux, un avec +pieds droits et fermetures de portes, de pierre de saint Leu à chaque +étage, le restant desdits murs avec moellon piqué, enduit par dessus des +deux cotez, la toise superficielle 18 livres. + + [31] Le mur de parpin, ou parpaing, est formé de pierres qui en + traversent l’épaisseur. + +Des Murs de chiffres[32] de quinze pouces d’épaisseur avec deux assises +de pierre dure par bas, et le reste de saint Leu, la toise superficielle +25 livres. + + [32] C’est-à-dire faits de pierres entrelacées, comme des chiffres ou + «entrelas». + +Des Marches moullées[33] en Pierre dure d’Arcueil pour les grands +escaliers, la toise superficielle 30 livres. + + [33] Celles qui ont une moulure, avec filet, autour du giron. + +Les Marches non moullées 25 livres. + +Et celles des descentes de caves 20 livres. + +Des Murs de chiffres desdites descentes de caves de quinze pouces +d’épaisseur avec une assise de pierre dure par bas, la toise +superficielle 12 livres. + +Des Murs de puits ayant deux assises de Pierre dure d’Arcueil cramponées +et une mardelle[34] au dessus de ladite pierre d’une seule pièce, +lesdites assises enterrées dans le retz de chaussée et levées de deux +pieds et demy de haut jusque sous ladite mardelle, le restant au dessous +jusque sur le roüet[35] avec moellon dur piqué et posé par arrases[36] +egales de dix huit pouces d’épaisseur, la toise superficielle 25 livres. + + [34] Pour margelle. Encore une mauvaise prononciation des artisans de + ce temps-là, et de quelques-uns de celui-ci. + + [35] C’est-à-dire le treuil où s’enroule la corde du puits. + + [36] Nous dirions aujourd’hui assises. + +Des souches de Cheminées de brique[37] avec plinthes et fermetures de +pierre de saint Leu sans compter de plus valeur pour ladite pierre, la +toise superficielle 14 livres. + + [37] Partie d’un corps de cheminée qui s’élève au-dessus du toit. + +Des Bornes de pierre dure de quatre pieds de long, posées en place sur +un massif d’un pied d’épaisseur, maçonnées et scellées en plâtre pur, la +pièce 11 livres. + +Des Murs de cloture de dix huit pouces d’épaisseur avec moellon dur posé +par arrases égales en mortier de chaux et sable, crepis des deux cotez, +la toise superficielle 14 livres. + +Des Murs aussi de cloture maçonnez avec pareil moellon apparent et posé +à bain de mortier de terre[38], la toise superficielle 8 livres. + + [38] C’est-à-dire en plein mortier: «les maçons, lisons-nous dans le + curieux _Manuel lexique_ de l’abbé Prévost, t. I, p. 108, disent + qu’une cour est pavée à bain de mortier, pour signifier qu’il y a du + mortier en abondance.» + +Le Pavé de pierre de taille dure posé en mortier de chaux et sable, la +toise superficielle 28 livres. + +Le Pavé noir et blanc 32 livres. + + + + +QUALITEZ ET COUPE DE LA PIERRE. + + +La Pierre dont on se sert dans les batimens à Paris, se tire des +Carrières d’Arcueil, Bagneux, fauxbourg S. Jacques, fauxbourg S. Marceau +et Vaugirard[1]; la meilleure de toutes celles que l’on tire aux +Carrières du fauxbourg S. Jacques, d’Arcueil et de Bagneux, coûte rendue +à l’atelier 10 à 12 sols le pied cube suivant la grandeur des morceaux +dont il n’y en a au plus que deux à la voye, ou sinon le prix diminue: +car les morceaux de 4, 5 ou 6 à la voye ne passent que pour libages et +se payent depuis 4 jusqu’à 5 livres la voye. + + [1] «Les meilleures espèces de pierres de taille, libages et moellons, + se tirent des carrières d’Arcueil et de Mont-Rouge.--Il y a d’autres + carrières, d’où l’on tire d’assez bonnes sortes de marchandise, vers + le Marché-aux-Chevaux et à la vallée de Fecan.» (Édit. 1691, p. 38.) + Le marché aux Chevaux étoit, où il se trouve encore, au faubourg + Saint-Marceau, près du boulevard de l’Hôpital. Quant à la vallée de + Fécamp, on appeloit ainsi une partie de la rue de Charenton à son + extrémité, dans la campagne. Les carrières de Vaugirard commençoient + presque dans Paris, derrière les Chartreux, voisins, comme on sait, + du Luxembourg. Les meilleures même étoient dans cette partie. C’est + avec le liais de la carrière des Chartreux et celui de Senlis que + fut bâti le Louvre. + +La meilleure pierre qui se tire encore auxdites Carrières du fauxbourg +S. Jacques, d’Arcueil et Bagneux, est le Liais[2], dont il y en a de +deux qualitez, sçavoir, Liais doux et Liais faraut[3], le Liais doux est +de deux bancs différens dans la Carrière; le premier est de bas +appareil[4] qui vaut 20 à 25 sols le pied carré pris sur son lit, sans +avoir égard à sa hauteur, qui n’est que de 7 à 8 pouces. + + [2] «La pierre, dit Palissy (édit. Cap, p. 294), que les Parisiens + appellent _liais_.» Buffon (_Minéral._, t. I, p. 341) en a, comme + Félibien cité tout à l’heure, vanté l’excellence et notamment la + dureté, «qui lui vient, dit-il, de ce qu’elle est surmontée de + plusieurs bancs d’autres pierres, dont elle a reçu les sucs + pétrifiants». + + [3] Les ouvriers prononçoient ainsi, mais le vrai mot est + «liais-féraut». Il résiste au feu, et c’est pour cela qu’on + l’employoit, au dernier siècle, pour faire les jambages des + cheminées. + + [4] C’est-à-dire par petits fragments, sans épaisseur. + +Et le haut appareil qui porte 12 à 13 pouces vaut 40 à 50 sols le pied +carré, le tout rendu à l’atelier. + +Cette Pierre coute 40 à 50 sols la toise pour la taille polie au grais, +et celle d’Arcueil coute 28 à 30 sols la toise coulante. + +Le Liais faraut ne coute que 20 sols le pied carré, mais on n’en employe +que rarement, parce qu’il est difficile à travailler. + +La Pierre du fauxbourg saint Marceau et Vaugirard coute 4 à 4 livres 10 +sols la voye, et coute 18 à 20 sols la toise à tailler. + +Le Moellon[5] que l’on tire dans lesdites Carrieres, coute, savoir, +celuy du Fauxbourg saint Marceau, saint Jacques, Bagneux, Pacy et +Vaugirard[6], 17 à 18 livres la toise selon l’éloignement; celuy des +Carrières d’Arcueil coute 18 à 20 livres. + + [5] Blegny donne la véritable orthographe, que n’avoit pas adoptée + Richelet, et dont on se départit au XVIIIe siècle pour la reprendre + de nos jours. L’abbé Prévost la regrettoit: «On devroit, dit-il, + écrire _moellon_, et non _moîlon_, puisqu’il vient de moelle.» + (_Manuel lexique_, t. II, p. 97.) + + [6] Celui d’Arcueil et celui de Saint-Maur, oubliés ici, passoient + pour être les meilleurs, comme on l’a vu plus haut. Celui de Passy + étoit le moins estimé. + +On employe dans les batimens beaucoup de Pierre que l’on tire des +Carrieres de saint Leu, de Serans près Chantilly; elle n’est bonne qu’à +4 ou 5 pieds de terre: c’est pourquoy on employe la Pierre dure des +Carrières précedentes au retz de chaussée et le saint Leu au dessus; on +la vend sur le port vers la porte de la Conférence[7] 4 livres 10 sols à +4 liv. 15 sols le tonneau, lequel contient 14 pieds cubes; cette Pierre +est fort tendre, facile à travailler, et devient dure en œuvre par une +croute qui se forme dessus; elle resiste à la gelée et à tous les autres +mauvais temps, elle ne coute à tailler que 8 à 9 sols la toise courante, +tous paremens veus sur un pied de haut. + + [7] On sait qu’elle étoit située entre la Seine et l’extrémité + orientale de la terrasse des Tuileries. Le port où se déchargeoient + les pierres de Saint-Leu, comme le constate aussi La Tynna, étoit au + bas. Il n’existe plus. Le port aux pierres est transféré de l’autre + côté, un peu plus en amont, au-dessous du quai d’Orsay. Les pierres + de Saint-Leu et de Senlis étoient à peu près les seules qu’on y + débarquât. Les autres étoient apportées à pied d’œuvre des carrières + mêmes qui avoisinoient Paris, «car, dit Félibien, p. 65, il semble + que la nature même ait de tout temps voulu pourvoir aux besoins de + cette grande ville, puisque toutes les choses nécessaires pour les + édifices qu’on y fait se trouvent sur le lieu même.» + +On scie les Pierres dures dont il est parlé ci-devant[8] afin de menager +la pierre et même il est indispensable de le faire pour les apuis des +croisées, seuils de portes, pavé de pierre, marelles[9], etc. On paye le +sciage toisant un seul parement des deux qui viennent de chaque trait de +scie à 4 sols, même 4 sols 6 deniers le pied carré. + + [8] On les scioit comme le marbre dans les Pyrénées, d’après le + procédé récemment inventé par Misson, avec des scies qui tournoient + et scioient le marbre ou la pierre sur place. (Félibien, p. 736.) + + [9] Lisez margelle. + +Lors que les morceaux que l’on veut scier sont trop courts, on en joint +plusieurs bout à bout de la longueur de la scie, ce qui est aussi tôt +fait que si on scioit un seul petit morceau. + +On scie aussi la Pierre de saint Leu, lorsque les morceaux sont d’une +grandeur propre à en tirer deux pour mettre en œuvre, ce qui est d’un +grand menage, parce qu’outre que cela epargne la pierre, on profite de +deux paremens qui ne sont pourtant pas de conséquence comme à la Pierre +d’Arcueil et de Liais, on donne du pied carré pour le Sciage à ne toiser +qu’un des deux paremens 9 à 12 deniers. + +On employe aussi de la pierre dure que l’on tire des Carrieres de S. +Cloud[10], elle est fort blanche et bonne, on la scie comme les +précédentes, elle coûte 14 à 15 sols le pied cube. + + [10] Il en a déjà été parlé plus haut. + +On tire desdites Carrières des pierres fort longues dont on fait des +colonnes d’une seule pièce, et qui resistent au fardeau et à la gelée. + + + + +OUVRAGES ET FOURNITURES + +DE CHARPENTE. + + +Les Charpentiers Entrepreneurs des batimens du Roy entreprennent aussi +pour le public. + +Entre les autres Maitres Charpentiers qui font des entreprises +considérables, sont Mrs Petit père et fils[1] près la porte Montmartre, +Guilbert[2] sur l’aile du Pont Marie[3], le Sage porte saint Antoine, +Guesnier, rue [4], etc. + + [1] Antoine Petit et Gaspard Petit. Ils avoient encore, en 1702, leur + chantier près la porte Montmartre. + + [2] Lisez Gilbert. + + [3] C’est l’espace, formant une espèce de port, qui est au bas du + Pont-Marie, du côté du quai des Ormes. Gilbert n’y étoit plus en + 1702. Il avoit transféré son chantier au faubourg Saint-Antoine, rue + de Lappe. + + [4] Blegny, qui ignore son adresse, ne savoit guère mieux son nom. Il + s’appeloit Jean Guemier, et demeuroit au bout de la Villeneuve, près + de la porte Saint-Denis. + +Le bois de Charpente arrive pour la plus grand’part au Port au plâtre[5] +et à l’Isle Louvier[6]. + + [5] A Bercy, près d’un cimetière de protestants. C’est aujourd’hui la + rue des Charbonniers. + + [6] Jusqu’à la fin du règne de Louis XIV, ce ne fut qu’un dépôt pour + le foin, les fruits, les bois de menuiserie et de charpente. On n’en + fit plus ensuite qu’un immense chantier de bois à brûler. + +Mrs Lion et Patissier Marchands de bois Carré, rue des fossez S. Victor, +ont beaucoup de bois de Charpente dans leurs Chantiers. + +Le prix ordinaire du cent de Bois de Charpente[7] pour combles, +planchers, cloisons, pands de bois, escalier, etc., mis en œuvre et +toisé aux us et coutume de Paris, est de 330 jusqu’à 340 livres, si ce +n’est lorsque le bois des planchers est apparent qu’il va jusqu’à 360 +livres[8]. + + [7] «A Paris, le bois de charpente se vend au cent de pièces. La pièce + doit avoir douze pieds de long et six pouces en quarré: de sorte + qu’elle contient trente-six pouces sur douze pieds de long.» + Félibien, p. 117. + + [8] Ce prix, en 1734, c’est-à-dire quarante-trois ans après, avoit + presque doublé: «Montant du cent de bois façonné... 612 livres. + _Prix de 1734._» (_Journal du Citoyen_, p. 385.) + +Les Poutres et tirants au dessus de quatre toises de longueur, et les +Solives au dessus de dix huit pieds de long, valent depuis 380 jusqu’à +400 livres le cent, et même depuis 410 jusqu’à 430 livres si les pièces +sont apparentes. + +On paye depuis 70 jusqu’à 75 livres pour le cent de vieux bois de chêne +façonné et mis en œuvre. + +Les Charpentiers tiennent compte du vieux Bois de chêne provenant des +démolitions sur le pied de 200 livres le cent, celuy de Sapin sur le +pied de 150 livres. + +_Nota_, qu’avant la démolition on toise le vieux Bois, que l’on donne en +compte aux Charpentiers, mais dans le toisé on ne comprend point le bois +au dessous de trois pieds de longueur qui demeure au profit des +bourgeois, et les Charpentiers en tiennent compte à 170 livres le cent. + +Lorsque tous les ouvrages de Charpente sont de sujettion et +d’assemblage, et qu’il n’y a aucuns planchers à faire, on les paye +depuis 450 jusqu’à 500 livres le cent. + +Le cent de Bois carré de saint Dizier[9] se vend sur les Ports du lieu +150 livres le cent, et il coute d’ailleurs 60 livres de voiture jusqu’à +Paris. + + [9] On y fait encore, par la Marne, un grand commerce de bois et + planches de sapin. + +La toise de Bois carré de 18, 20 à 21 pouces de grosseur vaut sur les +Ports de Paris[10], 11 à 12 livres. + + [10] C’est sur ces ports, dont nous avons parlé plus haut, que les + experts-jurés devoient, même à l’exclusion des maîtres, visiter les + bois à bâtir et non ouvrés. + +Le Bois carré se vend dans les Chantiers de Paris depuis 250 jusqu’à 260 +livres le cent, non compris le gros bois, si ce n’est de 15 à 18 pieds +de long. + +Le cent de Poteaux et Solives se vendent sur le Port environ 200 livres, +et dans les Chantiers depuis 230 jusqu’à 240 livres. + +Les pièces de Bois carré propre à faire des Poutres de 4 toises de long +et de 18 à 20 pouces de grosseur valent environ 100 livres, celles de 4 +à 5 toises depuis 45 jusqu’à 50 écus, et celles de 5 à 6 toises environ +200 livres. + + + + +OUVRAGES ET FOURNITURES + +DE COUVREURS. + + +Les Entrepreneurs des Couvertures des Batimens du Roy dénommez en +l’article fait exprès, entreprennent aussi pour le public. + +Entre les autres Maitres Couvreurs de Paris qui font des entreprises +considérables, sont Messieurs Rottier rue saint Joseph, Bourgoin rue +Françoise près l’Hôtel de Bourgogne[1], etc. + + [1] Il s’établit plus tard à l’apport-Paris. Ses noms étoient Pierre + Bourgoing. + +M. Bidot rue saint Martin au Colombier, tient magasin d’ardoises +d’Anjou[2]. + + [2] On ne se servoit à Paris que de ces ardoises et de celles de + Mézières, qui étoient moins estimées. + +Il y a d’ailleurs des magasins d’Ardoises sur le quay de la Tournelle[3] +et sur le quay neuf[4] où l’on vend encore Briques, Tuiles et Carreaux. + + [3] Au port des Miramionnes. On y débarquoit aussi les tuiles et les + briques, comme on verra un peu plus loin. Il en avoit pris le nom de + «port aux tuiles et ardoises». + + [4] Le quai Le Pelletier, comme on l’a vu plus haut. + +La Tuille commune se fabrique en divers endroits du fauxbourg saint +Antoine. + +Il y a au bas de Passy une Tuillerie où l’on fait une sorte de Thuille +meilleure, et plus chère[5]. + + [5] Les tuileries avoient été nombreuses de ce côté, depuis Passy + jusque bien au-delà d’Auteuil. Il en est parlé dans un titre de + 1233, à propos d’un droit qu’y percevoient les génovéfains de Paris. + Celle dont il est parlé ici fut une des dernières, du moins sous + Passy. + +La Thuille de Bourgogne se décharge sur le quay de la Tournelle, on +tient que c’est la meilleure espèce de Tuilles. + +Le bardeau de Douves de tonneau est façonné par les Menuisiers. + +Pour ce qui est des Ouvrages de couvreurs, ils se payent ordinairement +suivant le tarif qu’on va lire. + +La Toise carrée de couverture d’Ardoyses avec lattes et contrelattes de +chêne de trois pouces neuf lignes de pureau[6], se paye à neuf livres la +toise carrée, ou seulement à vingt cinq sols pour façon en fournissant +par l’entrepreneur les ardoises, clouds et lattes. + + [6] «Le _pureau_ d’une tuile, dit Félibien, est la partie qui est à + découvert et qui n’est pas cachée par les autres.» _Des principes de + l’Architecture_, 1676, in-4º, p. 711. + +La Toise carrée de couverture d’Ardoises sortes de cartelettes[7] pour +les dômes depuis deux jusqu’à trois pouces de pureau lattées comme aux +precedentes à 16 livres. + + [7] Ou petites cartelles, c’est-à-dire planchettes. + +Le millier d’Ardoises communes vaut vingt huit livres, et le millier de +fortes depuis 36 jusqu’à 40 livres. + +Les couvertures de tuille neuve du grand moule de Passy ou du fauxbourg +saint Germain[8], latées de quatre pouces de pureau ou échantillon, se +payent à sept livres la toise carrée. + + [8] Le faubourg Saint-Germain avoit eu ses tuileries, qui se + rattachoient à celles du Petit-Vaugirard et de Vaugirard. Il en + existe encore un souvenir dans le nom de _la Cour des vieilles + Tuileries_, située à l’extrémité de la rue du Cherche-Midi, qui, + elle-même, s’étoit longtemps appelée ainsi, depuis la rue du Regard, + jusqu’à la rue du Petit-Vaugirard. En 1389, il est déjà parlé des + «Tuileries près Saint-Germain des Prés». _Reg. crimin. du Châtelet_, + 1389-1392, t. I, p. 20. + +Pour façon en tout fournissant quinze sols en batimens à lucarnes, et +huit sols en simple grange. + +Les couvertures de tuilles neuves du grand moule de Passy à claire voye, +lattées comme dessus, se payent à quatre livres quinze sols la toise +carrée. + +La toise carrée de trente six pieds de superficie, se paye de quinze à +vingt sols pour les recherches. + +La couverture de tuille maniée à bout, latée de neuf, découverte et +recouverte, se paye pour chaque toise de trente six pieds de superficie +à 4 livres. + +Les recherches[9] de couvertures d’Ardoises, et raccommodement des +anciennes combles[10] dans les ouvrages neufs, à une livre cinq sols la +toise carrée. + + [9] «En termes de couvreurs et de paveurs, lisons-nous dans le Manuel + lexique de l’abbé Prévost, t. II, p. 339, on appelle _recherche de + pavé, recherche de couverture_, la réparation qui s’y fait lorsque + l’on met de nouvelles ardoises ou de nouvelles pierres à la place de + celles qui manquent.» + + [10] Ce mot avoit été d’abord du féminin, mais l’usage auquel se + conforma l’Académie lui avoit donné enfin le genre qu’il a gardé. + + + + +OUVRAGES ET BOIS + +DE MENUISERIE. + + +Les Menuisiers Entrepreneurs des Batimens du Roy, cy devant designez, +entreprennent aussi pour les particuliers les ouvrages considérables. + +Entre les autres Maîtres Menuisiers qui font de pareilles entreprises, +sont Messieurs de Sanceaux rue Royale quartier saint Roch, Girard et +Senincourt à la Ville neuve, Marteau au coin de Rome[1], Saint Blimont +devant saint Martin des Champs, du Coing rue Couture saint Gervais, etc. + + [1] On disoit aussi cul-de-sac de Rome. C’étoit une impasse de la rue + Frépillon, qui devoit son nom à l’enseigne du «puits de Rome», dont + nous ignorons l’origine, et qui se voyoit encore il y a trente ans + figuré en or sur plaque de marbre noir. + +M. Paillard Menuisier de l’Opéra fort entendu dans les machines[2], +demeure rue Fromenteau[3]. + + [2] Il existe aux Archives Nationales un manuscrit contenant un + certain nombre de ces machines de l’Opéra au XVIIe siècle. Elles ont + été reproduites en partie dans le _Magasin pittoresque_ de 1867, p. + 283, 331, 379. + + [3] Ce sont les menuisiers, et non les charpentiers, qui étoient aussi + chargés de fournir les estrades et les châssis à tentures pour les + grandes cérémonies. Monteil possédoit un manuscrit des _Menus + plaisirs_, année 1678, où on lisoit: «A Nicolas Hertier, menuisier + du Roi, la somme de 940 livres pour les menuiseries qui étoient + nécessaires à la cérémonie des cinq _Te Deum_ chantés pour les + victoires du Roi.» + +Le plus grand’ aport du bois carré pour la Menuiserie, arrive à l’Isle +Louvier[4]. + + [4] _V._ une des notes précédentes, p. 116. + +Les planches chevrons et autres bois de batteaux se trouvent à la +Grenouillière et sur le Port saint Paul. + +Il y a des Chantiers de bois de Menuiserie dans presque tous les +quartiers de Paris, où il est débité en détail aux Bourgeois et +Menuisiers. + +Le prix ordinaire des croisées à panneaux de verre avec chassis dormans +et volets brisez aboument[5], de 4 pieds à 4 pieds et demi de large + le pied courant mesuré sur la hauteur seulement. + + [5] Lisez «à bouvement». C’étoit une certaine espèce d’assemblage, + pour laquelle on employoit le bouvet, sorte de rabot. + +Les Croisées sans volets pour les escaliers de pareilles largeurs et +mesurez de même, le pied 30 à 35 sols. + +Les Croisées à carreaux de verre, avec volets brisez aboument[6] et de +pareille largeur, le petit bois orné d’un quart de rond et deux cartez à +chacun, le pied de hauteur 3 l. 5 à 3 l. 10. + + [6] Même note que la précédente. + +Les Croisées aussi à carreaux de verre sans volets comme les precedens, +le pied de hauteur 40 à 45 sols. + +Les Chassis à carreaux de verre à coulisse[7] dont le petit bois de +chêne semblable au precedent, sur 4 pieds de large, le pied de hauteur +36 à 38 sols. + + [7] C’est ce qu’on appela depuis des croisées à guillotines. Le + châssis à panneaux de verres étoit immobile et à demeure, tandis que + le châssis à carreaux de verres et à coulisse se mouvoit de bas en + haut, et _vice versâ_. + +Les Chassis à papier[8] aussi de bois de chêne à coulisse de 4 pieds de +large avec meneaux[9] arrondis comme les precedens 25 sols le pied de +hauteur. + + [8] Richelet, au mot «châssis», nous donne la définition de ce + «châssis à papier»: «Clôture de bois qu’on rabotte, et qu’on fait + par carreaux, sur laquelle on colle du papier qu’on huile, et qu’on + met ensuite aux croisées des fenêtres devant les vitres, afin que la + chambre soit plus chaude.» + + [9] C’est ce que nous appelons «les montants». + +Le Parquet[10] de bois de chêne dont le basti[11] aura un pouce et demi +d’épaisseur, les panneaux et frises un pouce, le tout en œuvre bien +assemblé et posé sur lambourdes[12] de 3 à 4 pouces de grosseur la toise +carrée 25 livres. + + [10] «Le parquet, dit Félibien, p. 682, est un assemblage de pièces de + bois qui font un compartiment en quarré, ou d’une autre manière, + pour servir au lieu de pavé dans les chambres, sales et cabinets.» + L’usage alors en étoit encore nouveau. + + [11] «Le bâti», l’encadrement. + + [12] Pièces de bois mises de distance en distance sur un plancher, + pour servir d’appui au parquet. + +Le Parquet de même bois de chêne dont les bastis de 2 pouces +d’épaisseur, les panneaux et frises un pouce et demi, le tout en œuvre +posé aussi sur même lambourdes, la toise carrée 30 à 36 livres. + +Les Planchers d’ais de chêne d’un pouce d’épaisseur en œuvre assemblez à +raineure et languette, mis en place sur lambourdes de 3 à 4 pouces de +grosseur espacées de 12 à 15 pouces de milieu en milieu, la toise carrée +12 à 13 liv. + +Les Planches d’ais[13] de chêne d’un pouce et demi d’épaisseur avec les +conditions precedentes, la toise carrée 15 à 16 liv. + + [13] «L’ais», comme on voit, n’étoit pas la planche, mais la feuille + de bois dans laquelle on tailloit la planche. + +Les Cloisons[14] d’ais de chêne de 15 lignes d’epaisseur en œuvre +dressées et rabotées des deux cotez, assemblées à reineures et +languettes[15] avec coulisses par bas, et par haut, et avec poteaux et +linteaux de 3 à 4 pouces de grosseur au droit des portes qui seront +compris dans le prix cy-après 15 livres la toise carrée. + + [14] Les cloisons ne se faisoient pas encore avec des briques et du + plâtre, mais seulement en bois; aussi les appeloit-on, selon + Félibien, p. 531, _pans de bois_ ou _colombages_. Richelet les + définit ainsi: «Séparation qu’on fait par le moyen de quelque + charpenterie dans quelque chambre et autre lieu de la maison.» + + [15] Par la languette, on assujettissoit «l’ais» dans la rainure. + +Lesdites Cloisons rabotées d’un seul coté 14 liv. la toise carrée. + +N’étant point rabotée 12 liv. + +Les Cloisons d’ais de chêne d’un pouce et demi d’epaisseur avec les +qualitez précedentes, la toise carrée 18 liv. + +Rabotées d’un coté 16 liv. + +Et non rabotées 15 liv. + +Les Cloisons d’ais de sapin d’un pouce d’épaisseur, assemblées et +rabotées des deux cotez comme cy dessus 8 livres 10 sols la toise +carrée. + +Rabotées d’un coté 8 liv. + +Et non rabotées 7 liv. + +Les Lambris à hauteur d’apuy de 3 pieds de haut ou environ de bois de +chêne, dont les bastis de quinze lignes d’épaisseur et les cadres un +pouce et demi, assemblez à reyneures et languette dans le basti, lesdits +cadres remplis de panneaux d’un pouce et demi d’épaisseur, ornez +d’astragales[16], plinthes[17], cymaises[18], et socles par bas +assemblez dans les montans du bastis, et ornez de moulures, le tout en +œuvre la toise courante 12 à 13 liv. + + [16] «L’astragale» n’étoit qu’une sorte d’ornement fort simple en + forme de «talon», comme l’indiquoit, au reste, son étymologie + grecque. Il se plaçoit en bas ou en haut des colonnes, ou servoit à + séparer le cordon de l’architrave. + + [17] «La plinthe» est, comme on sait, la bande de bois qui règne au + pied d’un lambris courant. + + [18] «La cimaise» n’étoit alors qu’une moulure mise au sommet d’une + corniche, aussi est-elle ici distinguée du socle que l’on confond + aujourd’hui avec elle. + +Lorsqu’ils excedent la hauteur d’apuy, depuis quatre pieds en sus ils se +payent à la toise courante 24 à 25 liv. + +Les Lambris à hauteur d’apuy comme les precedens, dont les paneaux sont +de sapin, la toise courante 9 liv. + +Lorsqu’ils excèdent la hauteur d’apuy[19] comme cy dessus la toise +carrée 18 à 20 liv. + + [19] C’est ce qu’ils étoient le plus ordinairement, les vrais lambris + consistant, pour les appartements sans tapisseries, «en ouvrages de + bois, écrit Félibien, p. 628, dont les chambres sont revestues tant + par les costez que par le platfond». V. au _Cabinet des Estampes_, + Hd. 9, _Nouveaux dessins de lambris, menuiseries_, etc., par le + sieur Cottard, architecte. + +Les Lambris de bois de chêne à hauteur d’apuy assemblez aboument et +ravalez[20] ou élégis[21], avec plinthe et cymaise, la toise courante 9 +liv. + + [20] Amincis, polis. + + [21] «_Elégir_», dit l’abbé Prévost dans son Manuel-Lexique, «c’est + pousser à la main un panneau ou une moulure dans une pièce de bois». + +Lorsqu’ils excedent la hauteur de quatre pieds, on les toise à la toise +carrée 18 liv. + +Les Lambris de bois de chêne dont les bastis d’un pouce et demi, les +cadres de deux pouces, et les panneaux de quinze lignes, le tout en +œuvre avec pilastres saillants et arriere corps ornez de moullures, la +toise carrée à hauteur d’apuy 16 liv. + +Lorsqu’ils excèdent 9 pieds de haut, 30 liv. la toise carrée. + +Les Portes de bois de chêne d’un pouce d’épaisseur, colées et emboitées +avec goujons, mises en œuvre 5 à 5 liv. 10 sols. + +Les Portes de bois de chêne d’un pouce et demi d’épaisseur, collées et +emboitées avec clefs[22] et languettes mises en œuvre, la pièce 7 liv. + + [22] On appeloit ainsi une sorte de tenon d’assemblage. + +Les Portes de bois de chêne comme ci dessus de quinze lignes +d’épaisseur, carderonnées[23] et ajustées sur un chassis dormant aussi +carderonnées et de trois à quatre pouces de large et d’un pouce et demi +d’épaisseur mis en œuvre, la pièce 9 à 10 liv. + + [23] Pour «cadronnées», encadrées, bordées. On disoit aussi: + «assemblées à cadre». + +Les Portes ordinaires de chêne d’un pouce et demi d’épaisseur entrantes +de toutes leurs épaisseurs dans un Chassis de deux pouces et de trois à +quatre pouces de large mises en œuvre, la pièce 9 à 10 liv. + +Les Portes de bois de chêne collées et emboitées de deux pouces +d’épaisseur mises en œuvre 10 à 11 liv. + +Les Portes à placard[24] à doubles paremens, dont l’assemblage d’un +pouce et demi d’épaisseur, les cadres de deux pouces et les panneaux +d’un pouce, le tout orné d’Architecture et mis en œuvre, 27 à 28 livres +la toise carrée. + + [24] On appeloit «porte à placard» la porte pleine et emboîtée du haut + en bas, avec tous ses ornements. On la distinguoit de la porte + brisée, ou à double manteau, qui s’ouvroit en deux. + +Les Portes à placard dont les assemblages de deux pouces, les cadres de +deux pouces et demi, et les panneaux de quinze lignes depuis sept pieds +jusqu’à sept pieds et demi, la toise carrée 36 liv. + +Depuis neuf jusqu’à dix pieds et demi 40 liv. + +Les Portes du bas des escaliers ou perrons dont les batans de six pouces +de large et trois pouces d’épaisseur; les traverses et assemblages de +trois pouces, les panneaux de deux pouces, le tout orné d’Architecture +mise en œuvre, la toise carrée 40 liv. + +Les Placards au dessus des portes et revetemens des mantaux de +cheminées[25], dont les battis d’un pouce, les batans deux pouces, et +les panneaux de neuf lignes mis en œuvre, la toise carrée sans compter +les saillies des corniches 22 liv. + + [25] En été, suivant la mode italienne, rappelée par Tallemant dans + une de ses _Historiettes_, l’on fermoit alors les hautes cheminées + avec des portes, comme «les revêtements» dont il est parlé ici. Dans + quelques hôtels, tels que celui de Chaulne, on remplaçoit ces portes + par des buissons de verdure et de fleurs. Boisrobert, _Épistres_... + 1659, in-12, p. 23. + +Les revetemens des embrazemens[26] de portes et croisées de bois de +chêne, dont les bastis d’un pouce d’épaisseur assemblez aboument[27], et +les panneaux de neuf lignes mis en œuvre, la toise carée 15 liv. + + [26] Le vrai mot est «embrasure», que, du reste, on employoit déjà. + + [27] V. une des notes précédentes. + +Les Chambranles des portes[28] de six pouces de large sur trois pouces +d’épaisseur, la toise courante depuis six jusqu’à neuf pieds de haut 50 +sols. + + [28] «C’est, dit Félibien, p. 517, l’ornement qui borde les trois + costez des portes, des fenestres et des cheminées.» Le mot ne + s’emploie plus guère que pour celles-ci. + +S’ils n’ont que deux pouces d’épaisseur, la toise carrée quarante cinq +sols. + +Depuis neuf jusqu’à douze pieds de haut, de six pouces de large et trois +pouces d’épaisseur, la toise carrée 3 liv. + +Les Chambranles de huit pouces de large sur quatre pouces d’épaisseur, +depuis neuf jusqu’à douze pieds, la toise carrée 5 liv. 10 sols. + +Les Tringles de bois de chêne pour attacher les tapisseries[29], de +trois pouces de large et un pouce et demi d’épaisseur, la toise carrée +10 sols. + + [29] On voit par là comment s’attachoient les tapisseries des + chambres, non pas clouées aux murs mêmes, mais tendues sur des + tringles assez épaisses, pour que, n’étant pas ainsi en contact avec + la muraille, elles se trouvassent à l’abri de l’humidité. + +Les Tringles de deux pouces et demi sur un pouce d’épaisseur 6 à 8 sols. + +Les Armoires pour les gardes meubles dont les montans et traverses de +six pouces de large sur un pouce et demi à deux pouces d’épaisseur, les +panneaux d’un pouce à un pouce et demi garnis de leurs fonds et cotez et +de Tabletes d’un pied et demi à deux pieds de profondeur, la toise +carrée de paremens, du devant et des cotez 25 liv. + +Les fonds, le derrière, le dessus et les tablettes, à raison de 12 +livres la toise carrée. + +Les Armoires ordinaires dont l’assemblage d’un pouce et demi, et les +panneaux de neuf lignes, le tout de bois de chêne en œuvre, la toise +carrée du devant et des cotez 15 liv. + +Le derrière, le fond, le dessus et les tablettes d’un pouce d’épaisseur, +la toise carrée 10 à 11 liv. + +Les Chambranles d’Alcoves et de cheminées depuis huit pouces jusque à un +pied de large sur trois à quatre pouces d’epaisseur, la toise courante +mise en œuvre depuis quatre jusqu’à dix pieds, 7 livres. + +Depuis dix pieds jusqu’à quinze pieds 8 liv. + +Les Chambranles de neuf pouces de largeur sur trois pouces d’épaisseur 5 +liv. + +Les Chambranles de cinq à six pouces de large, même epaisseur 3 liv. + + + + +OUVRAGES ET MARCHANDISES + +DE FER[1]. + + [1] On a plusieurs livres d’art très curieux sur la serrurerie au + XVIIe siècle: d’abord _La fidelle ouverture de l’art de serrurerie_, + etc., par Mathurin Jousse, La Flèche, 1627, in-fol.; puis les + _Diverses pièces de serrurerie_ inventées par Hugues Brisville, + maître serrurier à Paris, 1663, in-fol., consistant en 16 pièces, + dont une est le portrait de Brisville gravé par Ladame, et dont + toutes les autres, sauf trois, sont dues à J. Berain; enfin le + _Livre de serrurerie nouvellement inventé par Robert Davesne, Me + serrurier à Paris, et se vendant chez l’auteur rue neuve Montmartre + près Saint-Joseph_, 1676, in-fol. Le portrait de l’auteur est en + tête, avant la dédicace à l’architecte Bruant. + + +Les Serruriers qui entreprennent les fournitures pour les batimens du +Roy, font de pareilles entreprises pour le public. + +Entre les autres Serruriers qui font de grandes fournitures pour les +édifices considérables, sont Mrs de la Motte rue saint Honoré, rue +des Tournelles, Corneille fauxbourg saint Antoine, etc. + +Le Sieur Dunemare près le Jardin medécinal de Pincourt, fauxbourg saint +Antoine, a un particulier talent pour la fabrique des Tenailles et +Marteaux de Carossiers[2]. + + [2] Ce «sieur Dunemare» est bien probablement un des premiers gros + «feronniers» qui se soient établis dans le quartier Popincourt, où + ils se sont depuis, ainsi que les fondeurs, multipliés en si grand + nombre. + +Le gros Fer que l’on employe ordinairement dans les batimens consiste en +chaines, encres, clavettes, tirants, fantons de fer plat et fendu[3], +barres de tremies[4], manteaux de cheminées, barres de seuils de portes, +barres de linteaux pour les portes et croisées, corbeaux, grilles à +mi-mur et en saillie garnies de barreaux et traverses, barres de +contrecœur[5] et de potagers, tout lequel fer sert dans la construction +de la Maçonnerie; et à l’égard du gros Fer pour la Charpenterie, il +consiste en arpons[6], boulons, étriers, chevilles et chevillettes que +l’on paye à la pièce à raison de leur longueur, comme il sera expliqué +ci-après; le surplus de tout ledit Fer est compté pour gros Fer dont le +prix est de dix à dix livres 10 sols le cent mis en œuvre. + + [3] Le «fenton», et non fanton, est une sorte de crampon aplati qui + sert dans les tuyaux et les souches de cheminée. + + [4] «Bandes ou barres de tremie; ce sont des barres de fer qui servent + aux cheminées à porter l’âtre entre la muraille et le chevestre, + pièce de bois qui termine la largeur des tuyaux.» Félibien, p. 487, + 525. + + [5] On appeloit «contre-cœur» la partie de la cheminée où l’on mettoit + la plaque, entre les deux jambages en largeur, et l’âtre et le tuyau + en hauteur. + + [6] _Lisez_: harpons. + +Le cent pesant de Fer coute en barre chez les Marchands 6 livres 10 +sols, on donne 105 livres pour cent. + +Le Fer doux est plus cher[7], il coûte jusqu’à 10 livres le cent. + + [7] Dans un édit de février 1626, le «fer doux», qui ne casse pas + facilement, est déjà distingué du «fer aigre», très-facile à casser + au contraire. + +Le Fer de carillon[8] coûte 7 livres 10 sols à 8 livres le cent. + + [8] Fer en ferraille, qui carillonne pour peu qu’on le remue. + +Les barres de gros Fer servant de pilliers aux boutiques[9] coutent 4 à +5 sols la livre chez le Marchand, et on paye ensuite la façon à +l’ouvrier à raison de 3 à 3 liv. 10 sols le cent pesant. + + [9] L’usage de suppléer, pour avoir plus de place, aux supports en + maçonnerie par des piliers de fer ou de fonte, n’est pas nouveau, + comme on voit. C’est Louis toutefois qui, au siècle suivant, + substitua tout à fait les charpentes de fer à celles de bois. Il put + ainsi, par un véritable tour de force, établir le péristyle des + Variétés Amusantes--à présent le Théâtre François--au-dessous même + du parterre. + +Les dents de loup pour la charpente, 5 sols la douzaine[10]. + + [10] Les «dents de loup» étoient une sorte de gros clous dont on se + servoit pour attacher les fortes pièces de bois. + +Les Chevilles et les Chevillettes trois deniers le pouce de longueur. + +Les Crochets à enfaister le plomb des combles, et les Crochets à +bavette[11], deux sols pièce. + + [11] On leur donnoit ce nom parce qu’ils servoient à fixer sur le bord + des chéneaux «la bavette», sorte de bande de plomb. + + +_Les Serruriers de distinction, sont:_ + +Messieurs + +Roger à l’Hôtel Royal des Invalides. + +Boutet près le vieux Louvre rue Fromenteau. + +La Motthe rue saint Honoré. + +Corneille fauxbourg saint Antoine. + +Lucas pour les balanciers et coins de la monnoye, demeure près les +Galeries du Louvre, Hasté place de Cambray, Fordetin à la Monnoye, etc. + + +_Legers ouvrages de Serrurerie achetez chez le Marchand._ + +Les Verrouils à ressort de trois pieds de long 1 liv. 10. + +Ceux de deux pouces et demi 1 liv. 5 s. + +Les Verrouils à ressort coudez 1 liv. 5 s. + +Un Verrouil à ressort de trois pieds et demi avec sa serrure ovale à +panache garnie de toutes ses pièces 5 liv. 10 s. + +Un petit Verrouil à ressort pour armoires 3 s. + +Les Verrouils à ressort garnis de serrure comme ci devant étamez[12] et +de quatre pieds de long 6 liv. + + [12] On étamoit à la poêle, comme on le verra plus loin, verrous, + serrures, targettes, etc., pour empêcher la rouille, et pour leur + donner une apparence argentée. On les étamoit aussi à la feuille. + +Les Serrures d’armoires polies, la pièce 2 liv. + +Les Serrures communes de portes cochères 12 liv. 0. + +Les Serrures de portes cochères à deux pesles[13] et deux clefs polies +et bien travaillées 20 liv. 0. + + [13] Pesle ou pêle est l’ancienne forme du mot pêne, dont le radical + latin _pessulus_ étoit ainsi mieux indiqué. Elle étoit encore en + usage et même préférablement à l’autre, qui prévaut aujourd’hui: «On + dit _pène_ ou _pêle_, dit Richelet, mais le plus usité de ces deux + mots est pêle.» + +Les Serrures ovales de fleaux[14] à deux pesles et deux clefs 6 liv. 0. + + [14] Sortes de serrures en usage pour les anciennes portes cochères, + dont elles fermoient les deux battants à l’intérieur à l’aide d’une + forte barre transversale ou fléau. + +Les Serrures polies garnies de tout 5 liv. 0. + +Les Serrures communes[15] garnies de tout 4 liv. 0. + + [15] Ces serrures de pacotille ne se faisoient pas à Paris, mais à Eu + et dans les environs. Elles y étoient fabriquées par les gens du + pays, serruriers l’hiver, agriculteurs l’été. La Picardie n’a pas + d’ailleurs perdu cette industrie; on l’y trouve encore florissante + dans les mêmes parages, entre la Somme et la Bresle. + +Les Fortes Serrures de dix pouces 4 liv. 10 s. + +Les Serrures plus communes 2 liv. 10 s. + +Les Serrures d’armoires communes 1 liv. + +Les Clous à vis 2 s. + +Les Grands Clous à vis de porte cochère 4 s. + +Une clef pour une serrure commune 15 s. + +Une clef pour une porte cochère 1 liv. 10 s. + +Les Pattes à lambris, 45 sols le cent. + +Les Pattes en plâtre de huit à dix pouces, le cent 7 liv. 10 s. + +Les Pattes coudées de Sujettion de 8 pouces de long, le cent 8 liv. 10. + +Les Fiches de six pouces 7 sols la pièce. + +Les Fiches de guichet de porte cochère 3 liv. la pièce. + +Les Fiches à vaze de dix pouces, la pièce 17 s. + +Les Fiches de même de quatre pouces 4 s. + +Les Fiches à double nœud de cinq pouces 8 s. + +Les pareilles Fiches de trois pouces 2 s. + +Les Fiches à gond à vase de huit pouces 13 s. + +Les petites Fiches à vase de six à sept pouces 7 s. 6 d. + +Les Fiches de trois pouces, le cent 10 liv. + +Les Fiches de deux pouces et demi, le cent 6 liv. + +Les grosses Fiches à chapelet, la pièce 8 liv. + +Les Fiches à vase de quinze pouces de haut 1 liv. 15 s. + +Les Fiches à double nœud à vase de neuf à dix pouces 1 liv. 10 s. + +Un Loquet de porte étamé 1 liv. 5 s. + +Un Mantonet étamé 3 s. + +Les Locquereaux avec leurs mantonets[16] 15 s. + + [16] _Lisez_: loqueteaux.--Ce sont les petits loquets à ressort, qui, + mis en mouvement par une corde et en s’agençant dans le mantonnet, + servent à assujettir le haut d’un volet pour le fermer. + +Un Bouton à rozette poli 10 s. + +Les Couplets à cinq trous[17] 5 s. + + [17] Sorte de pentures à deux pièces, avec rivures et charnières, dont + on se servoit pour les portes et les fenêtres. + +Les Couplets à trois trous 3 s. + +Les Pomelles à queüe d’ironde[18] d’un pied 1 liv. 0. + + [18] On écrit plutôt «paumelle» et «queue d’aronde». La paumelle est, + comme on sait, une sorte de penture qui tourne sur un gond, à + laquelle on donnoit, lorsqu’elle étoit à queue d’aronde, la forme + triangulaire d’une queue d’hirondelle. + +Les grandes Pomelles avec les gonds 2 l. 10 s. + +Les Pivots, bourdonniers et crapaudines[19], fiches à gond, à repos, et +equairres pour les portes cochères, la livre 3 s. 6 d. + + [19] _Le bourdonnier_ est la penture à gond renversé, et _la + crapaudine_, au contraire, le fer creusé qui reçoit le gond. + +Une barre de porte, un moraillon et la serrure 1 l. 10 s. + +Les Clous de six pouces faits exprès, la pièce 2 s. + +Les Tourniquets longs étamez, la pièce 2 s. + +Les Boulons de six pouces avec leurs clavettes 2 s. + +Les Poulies de fer 8 s. + +Les Targettes, et Locquereaux polis, la pièce 10 s. + +Les Targettes étamées communes 3 s. + +Les Targettes ovales garnies de crampons 10 s. + +Les Targettes à panaches polies avec leurs crampons 1 l. 0. + +Les Targettes à panaches et fleurs de lis étamées à la poele, la pièce 5 +livres. + +Les Targettes et crampons étamez et communs, valent ensemble pris chez +le Marchand comme dit est, le cent 14 l. + +Les Crampons de targettes, le cent 50 s. + +Les Equaires étamées pour portes cochères avec fleurs de lis[20] aux +deux bouts, la pièce 3 liv. + + [20] On en mettoit alors partout. Félibien, p. 208, nous parle de + clous avec «teste en façon de fleur de lys». + +Les Roulettes 15 s. + +Les Clous pour attacher ladite serrurie, la livre 6 s. + +La serrure d’une porte à placards garnie de deux fiches à gonds de neuf +à dix pouces de haut, deux targettes à panaches[21], deux crampons, une +serrure, une gâche, un bouton, une rosette et une entrée, le tout de fer +poli, treize livres dix sols. + + [21] Félibien, pl. XXXIV, donne la figure d’une de ces targettes. + +La serrure d’une porte cochère à l’ordinaire de quatre grosses fiches à +gonds, une grosse serrure, deux grosses targettes à crampons, deux +fiches pour le guichet[22] de quatorze pouces de haut, une boucle, un +fleau[23], et à vingt-cinq livres. + + [22] C’est la petite porte pratiquée dans la grande et qui peut + s’ouvrir quand celle-ci reste fermée. + + [23] _V._ une des notes précédentes, p. 133, que cette explication de + Richelet, au mot _fléaux_, peut compléter: «barres de fer qui + tournent sur un boulon et qui servent à fermer les grandes portes.» + +La serrure d’une porte d’un pouce, deux fiches à gonds, deux targettes, +deux crampons, une serrure à tour et demi avec sa gâche et son entrée, +un bouton et une rosette, le tout étamé, à six livres quinze sols. + +La serrure d’une porte de quinze lignes garnie comme la précedente, à +cinq livres cinq sols. + +Les Fiches pour les croisées, à trois sols pièce. + +Les targettes fortes étamées à la poëlle et mises en place, cinq sols +pièce. + +Les targettes communes en ovale, étamées à la feuille et mises en place +à trois sols. + +Les serrures des portes de caves avec deux fiches à gonds et une forte +serrure, à quatre livres dix sols. + +Les serrures des portes d’aizances à trois livres cinq sols. + +Les pattes en plâtre et en bois[24] depuis six jusqu’à huit pouces de +long, à deux sols pièce; et celles depuis quatre jusqu’à six pouces à un +sol pièce. + + [24] C’est-à-dire qui se scellent dans le plâtre ou se clouent dans le + bois. + +Le cloud de toutes grandeurs à cinq sols la livre. + +Le cloud à latte, à quatorze sols le millier. + +La broquette[25], à sept sols la livre. + + [25] On disoit aussi «clous à broquette», comme nous le voyons dans + cet amusant passage d’une lettre écrite d’Uzès, le 11 novembre 1661, + par Racine à La Fontaine: «Ayant besoin, dit-il, de petits clous à + broquette pour ajuster ma chambre, j’envoyai le valet de mon oncle + en ville et lui dis de m’acheter deux ou trois cents de broquettes; + il m’apporta incontinent trois bottes d’allumettes.» Pour comprendre + la confusion, il faut savoir que le mot qui signifie allumettes dans + le patois d’Uzès se rapproche beaucoup de celui de broquettes. + +La toise simple de ferrure façonnée suivant le plus ou le moins +d’ornemens, à trente, trente cinq, quarante, soixante et soixante dix +livres le cent pesant, même jusqu’à cent cinquante livres pour les plus +enrichies. + +Les contrecœurs[26] de fonte pour les cheminées se payent à un sol la +livre. + + [26] _V._, sur ce mot, une des notes précédentes. + +Les panneaux de fil de leton se payent à huit sols le pied carré, et +ceux de fer[27] à six sols et même à cinq et à quatre pour le grand +treiliage. + + [27] Ces «treillis de laiton ou de fil de fer», comme on les appeloit + aussi, servoient pour les armoires, et surtout pour les + bibliothèques. Ils se faisoient chez les épingliers. + + + + +OUVRAGES DE VITRIERS. + + +Les Vitriers entrepreneurs des Batimens du Roy, entreprennent aussi les +ouvrages des particuliers. + +M. Pougeois l’un desd. Entrepreneurs qui demeure vieille rue du Temple, +fait grand commerce de Verre blanc pour les tableaux et estampes. + +Entre les autres Maitres Vitriers qui font de fortes entreprises, sont +Messieurs Cornu rue Dauphine, Abraham rue de l’Echarpe, Taboureux place +du Collége Mazarini, etc. + +Le Verre commun de Lorraine[1] arrive au fauxbourg saint Antoine[2] et +au Renard rue saint Denis. + + [1] Il se couloit dans les Vosges, où s’étoient réfugiés un certain + nombre des gentilshommes verriers qui, par édits royaux, ne + dérogeoient pas de leur noblesse en s’occupant de cette industrie. + Beaucoup d’ouvriers des grandes verreries lorraines de Baccarat + descendent de ces gentilshommes verriers. + + [2] «Près l’abbaye.» Édit. 1691, p. 39. + +Le prix des ouvrages de Vitrerie[3] est pour + + [3] Les prix en cela, comme en tout, varioient beaucoup, mais plutôt + pour augmenter que pour diminuer. C’est ce qui fait dire par Liger, + en 1715, dans _le Voyageur fidèle_, p. 409: «Je ne parle pas des + prix, parce qu’il est impossible de les fixer, étant sujets à + changer selon les années; c’est ce que tout le monde n’a que trop + remarqué depuis peu, à son grand désavantage.» + +Le Panneau neuf de Verre de France posé en place, le pied carré 6 s. + +Le Panneau mis en plomb[4] neuf et posé en place, le pied carré 4 s. + + [4] L’usage des panneaux de plomb, pour les vitres, duroit encore, + comme on voit. Celui des châssis de bois commençoit toutefois à se + propager de plus en plus, surtout dans les palais et les hôtels. + (_V._ Savot, _Architecture_, chap. _Verre_.) + +Le Panneau relavé et mis en place, vaut 1 s. 6 d. + +Le Pied de patron pour les panneaux 1 s. + +Les carreaux de verre blanc d’un pied en carré ou environ[5], valent +depuis cette grandeur en dessous 15 sols le pied. + + [5] C’étaient les carreaux de vitre les plus grands qu’on fît alors. + +Et au dessus d’un pied en carré 20 à 25 sols le pied. + +Le carreau de Verre de France d’un pied en carré colé avec papier[6], +vaut 7 sols, et en place 8 sols. + + [6] On n’assujettissoit pas encore les vitres autrement: quelques + pointes pour les tenir et une bande de papier collée sur chaque côté + suffisoient. C’est encore le seul procédé qu’indique, en 1735, + Savary dans son _Dictionnaire du Commerce_, art. _Vitrerie_. L’abbé + Jaubert est le premier, _Diction. des arts et métiers_, 1773, in-12, + t. IV, p. 421, qui parle du mastic, sans dire que l’emploi en fût + encore très répandu: «On peut aussi, dit-il, sans employer ni + pointes, ni papier, fixer le carreau de verre avec du lut composé de + craie et d’huile de lin cuite. On forme, avec ce lut que les + vitriers appellent _mastic_, un petit bourrelet que l’on met autour + du carreau et que l’on aplatit ensuite avec le doigt.» + +Les Lanternes ordinaires 3 livres la pièce. + +Les Lanternes mises en plomb neuf[7] 2 livres. + + [7] Les lanternes dont on éclairoit Paris, depuis leur établissement + en 1666, étoient ainsi à petits vitrages de plomb, et par conséquent + d’une clarté fort entrecoupée. Le 17 nov. 1770, des lettres + patentes, pour la communauté des vitriers chargés de leur + fabrication, permettoient qu’on les fît encore sur cet ancien + modèle. Il fallut l’invention des réverbères, par Rabiqueau, pour + les faire disparoître. + +Les Lanternes netoyées 10 sols. + +Les Verges de vitres[8] 1 sol 6 deniers le pied. + + [8] Elles se clouoient par les deux bouts aux châssis de bois, et au + milieu elles s’attachoient aux panneaux des vitres avec des liens ou + attaches de plomb. + +Un carreau de verre de quatorze à quinze pouces de haut sur dix à onze +pouces de large, vaut 7 sols 6 deniers collé avec papier, et en plomb 8 +s. 6 d. + +Un carreau relavé et mis en place grand et petit 6 d. + +Un carreau de papier fin huilé, grand ou petit un sol, ou neuf deniers +suivant sa grandeur. + +Calfeutrage de carreaux des croisées, la pièce 6 d. + + + + +OUVRAGES ET MARCHANDISES + +DE MIROITIERS. + + +Outre la Manufacture des Glaces façon de Venise établie depuis longtemps +au fauxbourg saint Antoine[1], on vient d’en établir une autre rue de +l’Université allant au Pré aux Clercs, où l’on fabrique des Glaces d’une +grandeur si extraordinaire qu’on y en trouve d’environ sept pieds de +haut[2]. + + [1] Cette manufacture des glaces étoit rue de Reuilly, au coin du + faubourg. On ne les y fabriquoit pas. Elles venoient toutes fondues + de Tourlaville, près de Cherbourg, ou de St-Gobain; on les y + polissoit seulement par un procédé qu’avoit plus ou moins inventé le + poëte Du Fresny, et dont il eut quelque temps le privilége exclusif. + Le besoin d’argent le lui fit vendre à la société qui régissoit la + manufacture. «La manufacture de glaces de la porte Saint-Antoine, + dit Lister, _Voyage à Paris_, chap. V, mérite bien d’être vue, mais + je regrettai que pour économiser sur le prix du bois on eût + transporté la fonderie à Cherbourg en Normandie... On y emploie + journellement six cents hommes, et on espère bientôt avoir de + l’ouvrage pour mille. A l’étage inférieur, on passe les glaces + brutes au grès pulvérisé... Dans les étages supérieurs, où l’on + donne le poli et la dernière main, les ouvriers sont disposés sur + trois rangs, deux hommes pour chaque glace qu’ils passent à la + sanguine détrempée dans de l’eau. On les met ensuite dans de la + potée blanche sur des tables de pierre.»--Quant aux glaces de sept + pieds de haut, dont parle ici Blegny, Lister n’en dément pas la + dimension: «J’ai vu, dit-il, toute étamée et achevée, une glace de + quatre-vingt-huit pouces sur quarante-huit, et d’un quart seulement + d’épaisseur.» + + [2] Cette manufacture des glaces de la rue de l’Université ne dut pas + réussir, quoi qu’en dise Blegny. Nous n’en trouvons trace nulle + part. Liger, qui le copie, pour presque tout le reste, n’en dit mot, + dans son _Voyageur fidèle_, de 1715, où il n’oublie pas la + manufacture de la rue de Reuilly. C’est à elle qu’il fait honneur + des glaces «d’une grandeur extraordinaire, et, ajoute-t-il, à prix + assez raisonnable». Lister s’étonne aussi du bon marché des glaces, + après avoir admiré le procédé de fabrication auquel ce bon marché + étoit dû: «On y a gagné, dit-il, d’avoir les glaces à si bas prix + qu’il n’est pas jusqu’à toutes les voitures de remise, et la plupart + des fiacres, qui par devant ne soient fermées d’une grande glace.» + +M. le Duc et ses associez se trouvent ordinairement en leur Bureau au +même lieu, où ils font débiter leurs Glaces à un prix fort modeste. + +M. Fressoy Marchand Miroitier, tient magasin de Glaces façonnées +joignant la manufacture du fauxbourg saint Antoine. + +Il y a d’ailleurs un semblable magasin au bout de la rue Dauphine, qui a +d’ailleurs une entrée rue Contrescarpe[3]. + + [3] «Les argenteurs et doreurs, qui vendent des chenets, foyers, + girandoles, vaisselles et autres ouvrages de fer et de laiton dorés + et argentés, ont leur boutique rue Dauphine et rue de la Verrerie.» + Édit. 1691, p. 36. + +On trouve des Glaces de Venise chez M. le Tellier et chez plusieurs +autres Miroitiers du Pont Notre Dame[4] et encore chez Madame la Roüe +rue saint Denis près la fontaine des Innocens, qui vend d’ailleurs des +lustres et girandoles de cristal[5]. + + [4] Les marchands de miroirs étoient, en effet, en grand nombre sur le + Pont Notre-Dame. Lorsque Louis XIV vint à Paris, après sa grande + maladie de 1686, les miroitiers du Pont par lequel il devoit passer + en allant du Palais à l’Hôtel de Ville crurent ne pouvoir faire + mieux que d’étaler sur son passage leurs plus éclatantes + marchandises. Un poète assez inconnu, nommé Viguier, fit à ce sujet + quelques vers, dont voici les derniers. Il s’adresse au Roi, en lui + parlant de Paris: + + Et comme tu devois ne lui donner qu’un jour, + Par une invention digne de son amour, + Il fit de ses miroirs un pompeux étalage, + Pour multiplier ton image. + + Dans l’Édit. de 1691, il est parlé, p. 36, des miroitiers, non du + Pont Notre-Dame, mais des alentours: «les plus fameux miroitiers + sont aux environs du Pont Notre-Dame.» + + [5] «Le sieur Vergne, rue Saint-Denis, près la fontaine + Saint-Innocent, tient magasins de lustres et girandoles de cristal.» + Édit. 1691, p. 36. C’étoit un des grands luxes du temps: «Je + connois, dit l’abbé de La Varenne, un simple particulier, qui a pour + un million de tableaux, de _lustres_ et de _girandoles_, de + porcelaines, de glaces, de bronzes, de cabinets de la Chine.» + _Amusements de l’Amitié... Recueil de lettres écrites vers la fin du + règne de Louis XIV_, 2e édit., 1741, in-12, p. 306. + +Le Sieur Lafond rue sainte Marguerite du fauxbourg saint Antoine, met +toutes sortes de Glaces au teint pour les Marchands, et racommode pour +les particuliers les miroirs et glaces des chambres qui sont gatées[6]. + + [6] L’usage de mettre des glaces au-dessus des cheminées commençoit. + Il étoit dû à Hardouin Mansard et en portoit le nom. Voy. à la + Biblioth. Nat. aux _Estampes_ Hd. 22, cheminées nouvelles _à la + Mansarde_. On les appeloit aussi _à la Royale_ et _à la Françoise_. + Dans l’_Architecture à la mode_ de Mariette, se trouvent six pièces + de P. Lepautre: _Portes cochères des plus belles maisons de Paris; + cheminées _à la Royale_, à grand miroir et tablettes_. On a aussi de + Daniel Marot: _Nouvelles cheminées à panneaux de glace, à la manière + de France_. On peut consulter encore le _Livre de cheminées_ et le + _Nouveau Livre de cheminées_ de H. Bonnard. + +On trouve au Soleil et à la Couronne d’or sur le quay de l’Orloge, des +lunettes d’aproches et communes d’Angleterre et de Paris, des +microscopes, des visières, et généralement toutes les sortes de verres +préparez pour l’optique avec toute la justesse qu’on peut désirer. + +Les Glaces du fauxbourg saint Antoine se vendent de quatorze pouces de +haut 10 livres, de seize pouces 12 livres, de dix sept pouces 14 livres, +de dix neuf pouces 20 livres, de vingt pouces 24 livres, de vingt deux +pouces 30 livres, de vingt quatre pouces 33 livres, de vingt sept pouces +55 livres, de vingt huit pouces 60 livres, de vingt neuf pouces 65 +livres, de trente pouces 80 livres, de trente six pouces 180 livres, de +trente sept pouces 225 livres, de quarante pouces 425 livres. + +Les lustres de cristal[7] sont louez[8] et raccommodez par une veuve rue +Betizy, près l’Hotel de Beauvais, et par une autre à l’aport de Paris +près le Veau qui tètte[9]. + + [7] «Les chandeliers, lustres et girandoles de cristal.» Édit. + précéd., p. 36. + + [8] Liger, p. 368-369, parle ainsi de ces lustres en location: «On en + loue aussi pour servir d’ornement dans les églises, aux fêtes + solennelles et dans plusieurs spectacles qu’on donne au public, ce + qui fait le plus bel effet du monde.» + + [9] C’est le fameux cabaret, devenu plus tard restaurant, qui n’a + disparu que de nos jours, dans les derniers remaniements et + agrandissements de la Place du Châtelet. (_V._ nos _Chroniques et + légendes des rues de Paris_, p. 151.) + + + + +PEINTURES, SCULPTURES ET DORURES + +POUR LES ORNEMENS ET DÉCORATIONS DES APPARTEMENS, BOUTIQUES, ETC. + + +Les Jurez en titre d’office des Maitres Peintres, Sculpteurs et Doreurs +sont Messieurs Maçon rue du Verbois, Béton près le Palais Royal, Rosé +rue des fossez saint Germain et de la Porte à petit Pont[1]. + + [1] On ne parloit jamais autrement pour dire «sur le Petit-Pont», qui, + on le sait, étoit alors chargé de maisons, chacune avec sa boutique. + +La Chambre où les Maitres Peintres et Sculpteurs font leurs assemblées, +est présentement rue de la Verrerie. + +Les Peintres et Sculpteurs qui travaillent pour le Roi, donnent aussi +quelque fois leur temps pour des ouvrages particuliers lorsqu’ils sont +considérables. + +Entre les Peintres renommez dans le public pour les Ornemens et +Décorations, on estime Messieurs le Moyne le Lorrain aux Galeries du +Louvre[2], le Moyne de Paris[3], cul de sac saint Sauveur, etc. + + [2] G. Brice, dans sa 3e édition (1701), t. I, p. 76, nous le montre + aussi parmi les artistes logés aux galeries: «Excellent peintre + d’ornement, dit-il, dont les ouvrages ont beaucoup d’approbation.» + + [3] Jean Le Moyne, qui dans le _Ms._ de Marinier figure parmi les + décorateurs employés à Versailles. L’Académie de peinture, qui + l’avoit fait son décorateur en 1681, le reçut cinq ans après. Il + mourut à soixante-quinze ans, le 3 avril 1703. + +Entre les Peintres renommez pour feindre le marbre, on compte Messieurs +Binois près saint Innocent, Valencé rue du Petit Lion, etc.[4] + + [4] Blegny devroit parler ici des peintres de l’Académie de Saint-Luc. + Liger, p. 313, y supplée: «Il est, dit-il, un autre genre de + peintres du dernier ordre, qu’on nomme communément _barbouilleurs_, + et qu’on trouve lorsqu’on en a besoin dans la rue du Haut-Moulin, où + est leur chapelle. On les y voit tous les dimanches et les fêtes au + sortir de la messe.» V. aussi l’abbé de Fontenay, _Dict. des + Artistes_, t. I, p. 3. + +Entre les fameux Sculpteurs pour les bas reliefs et figures moulées en +plâtre, on distingue Messieurs Cassegrain près la porte saint Martin, +François[5] rue du Temple, Bertrand[6] rue Michel le Comte, de Caen rue +de Grenelle saint Germain, etc. + + [5] Il a été parlé de lui plus haut. + + [6] Philippe Bertrand, né à Paris en 1664, selon d’Argenville, reçu de + l’Académie en 1700, mort en 1724. Le Christ en plomb de la + Samaritaine, du Pont-Neuf, étoit de lui. + +Entre les Sculpteurs renommez pour les belles bordures[7], on choisit +Messieurs le Grand rue des Jeuneurs, Renauda[8] rue du petit Lion, la +Lande rue saint Martin, et Vilaine rue neuve saint Mederic qui fait +aussi des meubles dorez. + + [7] Cadres de bois sculpté pour les portraits ou «les glaces de + miroir», comme dit Richelet. + + [8] Lisez Renaudin ou Renaudain. C’étoit un parent de celui qui + logeoit aux galeries du Louvre, et dont il a été parlé plus haut, p. + 100. + +M. des Oziers Doreur qui travaille pour le Roy[9], entreprend aussi pour +le public de grands ouvrages. + + [9] Il a déjà été parlé de lui, p. 90. Il logeoit à Versailles. + +Les bons tableaux sont netoyez[10] et revernis en perfection par les +Sieurs Vilaine à l’adresse cy-dessus, de la Pierre quay des Orfevres, et +la veuve Lange rue saint André des Arcs. + + [10] Ce mot sous cette forme n’étoit pas généralement employé. + Richelet dans son Dictionnaire écrit: «_Netteier, nettoyer_. L’un et + l’autre se dit, mais le grand usage est pour _netteier_, car pour + _nettoyer_ il ne se dit guère que par les poëtes, encore y sont-ils + obligés par la tirannie de la rime.» + +Les prix ordinaires du marbre brute et façonné, et des autres ouvrages +et fournitures des Peintres, Sculpteurs et Doreurs sont pour, + +Le pied cube de marbre noir brute 7 l. + +Et pour le Marbre jaspé brute, le pied cube 15 l. + +Mais quand un bloc de Marbre est de douze pieds et au dessus, le pied +cube se paye depuis 18 jusqu’à 25 livres. + +Le pied de parement vaut 2 l. + +Le pied de Chambranle en bois d’ornemens simples 3 l. + +A Ornemens moyens 4 l. + +A ornemens riches 6 l. + +Une figure de pierre de saint Leu grande comme nature, vaut 75 liv. + +Une pareille figure faite par un habile homme et bien finie vaut au +moins 300 l. + +Une figure de dix pieds de haut 200 l. + +Une pareille figure faite et bien finie par un habile homme 550 livres. + +Les Trophées en pierre de saint Leu de six pieds[11] de haut sur huit à +neuf pieds de large et isolées valent 150 liv. + + [11] Ces trophées étoient un des ornements les plus à la mode sur les + façades ou sur le bord des toits des palais et des hôtels: «On fait, + disoit alors Richelet dans son _Dictionnaire_, des trophées en + architecture qui représentent les véritables trophées d’armes.» + +Les Vases de même pierre et de cinq pieds de haut 30 liv. + +Les chapiteaux, pilastres ioniques de même pierre pour façon seulement +travaillez en place bien proprement et de cinq pieds de large 24 liv. + +Les chapiteaux, colomnes de même pierre et même ordre, dont le vif[12] +engagé d’un tiers dans le mur, valent 50 livres. + + [12] Le vif de la colonne, c’est-à-dire «le fût». + +Les chapiteaux colomnes isolez de même ordre et pierre 75 l. + +Les chapiteaux pilastres, corinthes[13] et composites de cinq pieds de +face façonnez en même pierre et en place 60 l. + + [13] C’est le mot dont se servoient les ouvriers pour dire + «corinthien», qui pourtant étoit déjà depuis longtemps en usage. Il + se trouve dans Montaigne, et on lit dans la _Psyché_ de La Fontaine: + + Le Dorique sans fard, l’élégant Ionique, + Et le Corinthien superbe et magnifique. + +Les mêmes ornemens bien finis par d’excellens ouvriers 120 l. + +Les chapiteaux colomnes, même ordre, pierre et grandeur, dont le vif +engagé d’un tiers dans le mur 100 liv. + +Et par de bons ouvriers, bien finis 200 liv. + +Les chapiteaux colomnes isolez même ordre, pierre et grandeur 150 liv. + +Et aux conditions précédentes 260 liv. + +Les Consolles[14] simples de 5 pieds de haut aux mêmes conditions, mais +bien travaillées 8 livres. + + [14] «La console», mot employé dans le _Théâtre d’Agriculture_ + d’Olivier de Serre avec le sens de soutien, qui «consolide», se + prenoit alors presque exclusivement pour désigner, comme le fait + Richelet, «un membre d’architecture, placé aux deux côtés de la + porte ionique pour soutenir la corniche mise au dessus». Elles + servoient aussi, selon Félibien, à porter des figures, des bustes, + des vases, etc. + +Celles plus chargées d’ornemens, 11 livres plus ou moins à proportion de +l’ouvrage. + +Les Masques façonnez sur les clefs des portes d’entrées[15] en même +Pierre de saint Leu 30 liv. + + [15] «Les masques, aux clefs des arcades», comme il est dit dans les + livres d’architecture du temps, étoient un des ornements les plus en + faveur pour les façades des hôtels. Ceux qui se voient sur la + fameuse maison de Lulli, au coin de la rue des Petits-Champs et de + la rue Sainte-Anne, en sont un des premiers et des plus curieux + spécimens. «Quelques-uns, dit Félibien, p. 650, nomment _mascarons_ + de gros masques faits de sculpture.» + +Mais étant faits par un bon ouvrier et bien finis valent depuis 45 +jusqu’à 60 livres et plus. + +Il est difficile de mettre les prix justes aux ouvrages de Sculpture et +Peinture, particulierement aux Tableaux et Statües; c’est suivant les +Maitres qui y sont employez que le prix doit estre reglé, parce que +c’est la beauté qui en regle la valeur; ainsi les curieux qui voudront +avoir du beau de l’un des deux Arts, doivent s’informer des bons +Maitres, qui ne laissent rien sortir de leurs mains que de bien fini. + +Les bas reliefs de plâtre, placez en cheminées bien finis et de moyenne +grandeur valent 8 liv. + +Le pied courant d’ornemens en plâtre 2 liv. + +Un buste en plâtre grand comme nature 6 liv. + +Une figure de ronde bosse, même figure et grandeur pour poser sur un +pied d’estail[16] depuis 36 jusqu’à 40 livres. + + [16] C’est une des premières formes du mot. Richelet la donne comme + étant employée en même temps que celle de «piédestal», et ne dit pas + quelle est celle qu’il faut préférer. On avait dit auparavant «pied + d’estrait». V. _Biblioth. de l’École des chartes_, 4e série, t. III, + p. 63. + +On trouve un grand assortiment de beaux Moulles chez M. Cassegrain à +l’adresse ci devant donnée. La beauté des Moules fait l’excellence des +figures sans en augmenter le prix. + +L’Or sculpé[17] couvert, vaut le pied carré deux livres cinq sols, l’Or +bruni[18] deux livres dix sols, l’Or bruni sculpé trois livres quinze +sols, l’Or bretelé[19] trois livres, l’Or repassé uni deux livres, l’Or +repassé sculpé deux livres dix sols, l’Or uni à découvert deux livres +cinq sols, l’Or sculpé à découvert deux livres quinze sols, la Mosaïque +trois livres. + + [17] Pour «sculpté», c’est-à-dire appliqué sur des sculptures. + + [18] C’est-à-dire «éclairci, poli» avec le brunissoir. + + [19] En croisillons ou en filets. + +L’impression[20] en huile de jaune de couleur de bois de luth[21] à deux +couches, quatre livres quinze sols la travée ayant six toises de +superficie qui montent à deux cens seize pieds. + + [20] Ce mot, dans le langage des vernisseurs et doreurs, se prenoit + pour _couche_: «Les Chinois, lisons-nous dans le _Diction. des arts + et métiers_ de l’abbé Jaubert, t. IV, p. 361, n’emploient jamais + leur vernis sur le bois qu’auparavant ils n’aient mis une couche ou + _impression_, comme font les peintres, avant de peindre.» + + [21] C’est-à-dire veiné comme le bois d’un luth, et de la même nuance. + +L’impression deux couches de blanc de ceruse avec huile de noix, sept +livres la travée. + +L’impression à deux couches de jaune et de blanc en détrempe, deux +livres cinq sols la travée. + +La toise carrée de bois veiné en huile, deux livres dix sols, et en +détrempe une livre dix sols. + +Les ornemens de cheminées marbrez et jaspez[22] en huile par un bon +œuvrier, reduits à la travée, trente six livres, et en ouvrage commun, +vingt quatre livres. + + [22] Ces imitations du jaspe par la peinture étoient déjà connues du + temps d’Henri IV. D’Aubigné, dans son _Histoire universelle_, t. II, + ch. 104, parle de piédestaux «qui estoient peints comme de jaspe.» + +Le même ouvrage en détrempe par un bon œuvrier, trente livres, et en +commun ouvrage, vingt livres. + +Le vermillon et la laque valent trois livres le pied. + +Le brun rouge vingt sols la toise. + +Le nettoyement et le rechampissage[23], deux livres dix sols la toise. + + [23] Il consiste à couvrir, avec une infusion de blanc de céruse, les + couleurs qui se sont répandues sur le fond d’un ouvrage, pour le + rendre aussi net qu’il doit l’être. + +Le Verny, même prix. + +L’Impression pour les berceaux peints en vert de montagne avec une +couche de blanc de ceruse, et deux couches de vert sur échallas espacez +de six pouces, trente cinq sols la toise[24]. + + [24] Il n’y avoit pas de plus piètre besogne pour les peintres de + l’Académie de Saint-Luc. Liger en parle ainsi: «D’autres ne sont + propres que pour les _treillages_, blanchir les murs, et donner + quelque couleur en plein à des portes ou autres pièces de + menuiserie.» + +Les Couleurs et les Pinceaux pour la Mignature, se vendent rue +d’Arnetal. + +Les Couleurs et Pinceaux ordinaires, se vendent aux environs de l’Aport +de Paris chez plusieurs Epiciers et Broyeurs[25]. + + [25] «Le verre blanc pour les mignatures et autres tableaux se vend + chez un vitrier qui demeure rue aux Ours, devant l’image de la + Vierge, et chez un autre qui demeure vieille rue du Temple, au coin + de la rue de Bercy.» Édit. 1691, p. 30. + + + + +OUVRAGES DE GRAVEURS. + + +Cet article aurait dû être placé après celuy de l’Orfevrerie, mais ayant +été quelque temps égaré à l’Imprimerie, on n’a pû luy donner une +meilleure place que celle-ci. + +Entre les fameux Graveurs au Burin, sont au quartier de la rue saint +Jacques, Messieurs Poilly l’ainé[1], Eudelink[2], Wansculpes[3], +Picart[4], Vermeulen[5], Rolet et Poilly le jeune[6], Baudet rue de +Harlay[7], etc. + + [1] François Poilly, qui fut le maître d’Edelinck: «Jamais, est-il dit + dans la Vie de celui-ci, jamais graveur au burin ne fit autant + d’élèves, et peu ont entrepris autant d’ouvrages.» + + [2] Gérard Edelinck, un des plus fameux graveurs de son temps. Il + étoit d’Anvers. L’Académie le reçut le 6 mars 1677 et il mourut à + cinquante-huit ans en 1707. + + [3] Pierre Van Schuppen, d’Anvers comme Edelinck, fut de l’Académie le + 7 août 1666 et mourut le 7 mars 1702, à soixante-quatorze ans. + + [4] Étienne Picart, dit le Romain, parce qu’il avoit travaillé à Rome + avec Carlo Maratta. Il eut pour fils Bernard Picart, plus célèbre + que lui. On l’avoit reçu de l’Académie en 1664 et il en mourut le + doyen, le 21 nov. 1721, à Amsterdam, où il s’étoit retiré; il avoit + quatre-vingt-dix ans. + + [5] Corneille Vermeulen, d’Anvers; venu à Paris, où se trouvoit la + meilleure école de gravure, il y resta. A sa mort, en 1704, il avoit + soixante ans. Il a gravé beaucoup de portraits, surtout d’après + Rigaud. + + [6] Frère de Fr. Poilly, nommé tout à l’heure, il fut reçu de + l’Académie le 26 juillet 1714 et mourut le 29 avril 1728, à soixante + ans. + + [7] Étienne Baudet, de Blois. Il étoit de l’Académie de peinture + depuis 1675. Le roi le logea aux galeries du Louvre, en 1693, et + c’est de là qu’il data quelques-unes de ses gravures des paysages du + Poussin. Il mourut le 7 juillet 1711, à soixante-treize ans. + +Rue saint Jacques sont encore Messieurs Audran[8] et Simonneau[9] qui +gravent très bien à l’Eau forte et au Burin, et encore Messieurs +Berey[10] et Roussel[11] qui s’attachent principalement à graver des +Lettres[12] qui représentent l’écriture et l’impression, en quoy M. +Berey travaille par excellence[13]. + + [8] Gérard Audran, le premier et le plus célèbre de la dynastie des + Audran. Il étoit de Lyon et mourut à Paris en 1703 à soixante-trois + ans. Il a gravé les batailles d’Alexandre, par Lebrun. + + [9] Ch. Simonneau, d’Orléans. Né en 1639, étudia chez Coypel, fut de + l’Académie en 1710, et mourut en 1728, à quatre-vingts ans. Il grava + d’après Carrache, Le Brun, etc. + + [10] Il avoit, en 1656, donné une contrefaçon du plan de Paris, par + Gomboust. Elle porte son nom, comme si c’étoit un plan nouveau. V. + sur Cl. Berey, sans doute son fils, t. I, p. 252. + + [11] C’est lui qui grava en 1704 les lettres d’un plan de Paris qui, + pour cela, porte son nom. + + [12] «Le sieur Senault, le plus fameux graveur en lettres, demeure rue + de Bussy.» Édit. 1691, p. 112. Louis Senaud, de qui l’on a des + cahiers d’écriture gravés en 1667. + + [13] «Messieurs Sylvestre et Melan, fameux graveurs, demeurent aux + galleries du Louvre.» Édit. 1691, p. 63.--Claude Mellan n’auroit pas + dû figurer même dans cette édition de 1691, puisqu’il étoit mort à + quatre-vingt-dix ans en 1688; quant à Israël Silvestre, Blegny avoit + eu raison de ne pas le faire figurer dans celle de 1692: il étoit + mort dans son logement des galeries le 11 octobre 1691, à soixante + et onze ans. V. _Bulletin de la Soc. d’archéologie lorraine_, t. + VIII, 1859, _ad fin._ + +Entre les fameux Graveurs de Médailles, sont Messieurs Rottier[14], +Chéron[15] et Moland aux galleries du Louvre[16], Bernard[17] près la +Magdelaine, Mauger place Dauphine[18], etc. + + [14] Joseph Roettier, d’Anvers, graveur en médailles, logé au Louvre + en 1679, reçu de l’Académie en 1683, mort en 1707, à soixante-huit + ans. Il y eut cinq graveurs en médailles de son nom, jusqu’en 1784, + époque où mourut le dernier. + + [15] Ch. Chéron, de Nancy, reçu de l’Académie en 1676, mort en 1698, à + cinquante-cinq ans. + + [16] Michel Molard, et non Moland, de Dieppe, où il avoit travaillé + l’ivoire. Le roi l’avoit logé au Louvre en octobre 1684. + + [17] Thomas Bernard. Reçu de l’Académie, comme graveur en médailles, + le 27 mars 1700, il mourut en 1713, à soixante-trois ans. + + [18] Jean Mauger, de Dieppe. Le roi le logea au Louvre, après la mort + de Ch. Chéron, en 1698. Il y mourut en 1722, à soixante-quatorze + ans. + +M. le Clerc aux Goblins[19], qui travaille par excellence à toutes +sortes de Gravures, a d’ailleurs le talent de faire des Desseins +originaux. + + [19] Sébastien Le Clerc, de Metz, dont la réputation nous dispense de + tous détails. Il étoit graveur ordinaire du cabinet du roi et + Colbert l’avoit logé aux Gobelins. Il mourut en 1714, à + soixante-dix-sept ans. + +Entre les Graveurs renommez pour la Vaisselle, pour les Sceaux et pour +les Cachets, sont Messieurs Thiault galleries neuves du Palais[20] à la +Pomme d’or, Chalochet, quay Pelletier, Aury à la Monnoye[21], Verien[22] +et Garrier quay des Orfèvres, Mavelot et Langlois Cour neuve du Palais, +etc. + + [20] «Place Dauphine.» Édit. de 1691, p. 59. + + [21] Pierre Aury, qui, depuis 1688, logeoit à la Monnoie comme + «graveur en acier du Roi». + + [22] «Aux armes de Mademoiselle.» Édit. 1691, p. 59. + +M. Bourdon place Dauphine qui est d’ailleurs renommé pour les Cachets, +grave aussi pour la Taille douce. + +Messieurs Richard et Maurice sur le quay de l’Orloge, ont le talent de +graver sur l’Agathe et sur les autres Pierres précieuses[23]. + + [23] «Le sieur Certain, au dessus de la porte neuve du Palais, grave + en agathe et autres pierres.» _Id._, p. 63. + +On trouve chez M. Jollain l’ainé Graveur et Marchand Imager rue saint +Jacques à la Ville de Cologne[24], les Portraits de la Cour gravez par +M. Simon[25], l’Architecture de Vignolle au Burin et diverses Cartes et +Estampes curieuses. + + [24] Fr. Jollain, à qui son fils succéda. + + [25] Pierre Simon. Ses portraits sont à l’eau-forte. + +M. Landry[26] aussi Graveur et Marchand Imager[27] même rue à l’Image +saint François de Sales, vend des Estampes de dévotion de 7 pieds de +haut et de divers autres grandeurs extraordinaires, un Scelet[28] humain +grand comme nature, et un grand nombre d’autres Estampes curieuses[29]. + + [26] Pierre Landry gravoit et vendoit des portraits au burin. + + [27] Parmi les imagers, graveurs en taille-douce, Blegny auroit pu + citer Boudan, qui grava entre autres histoires populaires toute la + suite de celle de _Lustucru_. V. nos _Variétés_, t. IX, p. 70. + Mariette, _Abecedario_, t. IX, p. 116, a dit un mot de lui. Il avoit + dessiné pour Gaignières et pour ses collections d’armoiries à des + prix dérisoires. On lit dans un mémoire de ceux dont il étoit + convenu avec le célèbre amateur: «Les armes croquées à l’encre, un + liard la pièce.» Il travailla au plan de Paris de La Caille, en + 1714. + + [28] Squelette. Sur ce mot, v. plus haut, note. + + [29] «On trouve des estampes de toutes sortes chez le portier de + l’Académie des peintres, rue de Richelieu.» Édit. 1691, p. 24. Une + singulière industrie, qui dut détruire bien des gravures, est + indiquée dans cette édition, p. 111, et omise ici: «Le sieur des + Trapières, rue Bétizy, aux trois Bources, enlève et transpose sur + verre les lignes et traits des estampes, qu’il peint ensuite d’une + façon à les prendre pour de vrais tableaux.» Poisson, en 1665, dans + l’_après-soupé des Auberges_, sc. 3, avoit déjà parlé d’estampes + découpées qu’on appliquoit derrière un verre, comme on a fait de nos + jours pour la _potichomanie_. + + + + +OUVRAGES DE PLOMBIERS + +ET DE FONTENIERS[1]. + + [1] Les plombiers et fontainiers ne formoient qu’une seule + corporation, et même assez peu nombreuse; elle ne comptoit au XVIIIe + siècle que cinquante maîtres au plus. Ses statuts, en quarante + articles, datoient de juin 1647. + + +Les Plombiers des batimens du Roy fournissent aussi plusieurs +particuliers de considération. + +Entre les autres fameux Plombiers, sont Messieurs Desgoutières près la +Comedie Françoise, le Roy rue saint Honoré, rue saint Antoine, + près la Magdelaine, rue saint Martin, etc. + +M. Denis premier Fontenier du Roy, demeure au fauxbourg saint Germain, +et Mrs ses fils, l’un du Chateau de Trianon, et l’autre de Versailles, +demeurent au même endroit. + +Entre les autres Fonteniers fameux qui travaillent pour Sa Majesté et +pour le public, sont Messieurs Dorival, Cimetiere saint Jean, et Balo +près la Croix du Tiroir. + +Les Fondeurs qui travaillent aux Robinets des tuyaux et Regards, sont +rue des Assis et rue neuve saint Mederic. + +Le Plomb est fort rencheri depuis la déclaration de la guerre avec +l’Angleterre[2]; le plus commun vaut à présent 4 sols la livre mis en +œuvre compris la soudure[3]. + + [2] Il s’agit de la guerre de 1688 qui nous avoit mis sur les bras + l’Angleterre et la Hollande. De l’une nous venoit en grande partie + ce que nous consommions de plomb, notamment le plomb laminé, et de + l’autre presque toutes les préparations plombifères. + + [3] Dans la 1re édition, p. 48, on trouve un exemple de ce + renchérissement du plomb: «Les tuyaux de fontaines soudés en long + avec joints et nœuds de soudure, depuis deux jusqu’à six pouces de + diamètre, tranchées et remplages mis en œuvre, ci devant quatorze + livres, et à présent vingt livres le cent.» + +Le Plomb blanchi, tant pour tuyaux de descentes, que cuvettes, +entonnoirs, membrons[4], chesnaux, boursaux, ennusures[5], et +enfaistemens, vaut depuis 4 sols et demi jusqu’à 5 sols la livre mis en +place compris la soudure[6]. + + [4] «Le membron» étoit une partie du «bourseau», sorte d’ornement + d’enfaîtage employé surtout dans les grands bâtiments. + + [5] Ce mot, dans la 1re édition, p. 48, est écrit «annesures». Nous + ignorons ce que, sous l’une ou l’autre forme, il signifie. + + [6] Suivant la 1re édition, p. 48, «le cent de plomb» employé pour + tous ces objets se payoit «treize livres dix sols». + +Le Plomb noir aussi y compris la soudure, vaut 18 à 20 livres le cent +mis en œuvre. + +La Soudure pour les réparations vaut quatorze à quinze sols la livre. + +Les vieux Plombs se donnoient ci-devant au Plombier trois livres pour +deux d’employées, mais à present cette évaluation seroit trop forte[7]; +mais pour plus de justesse, on peut faire remettre la même quantité en +œuvre que l’on a donné au Plombier, et luy payer 36 à 40 livres le +millier compris la soudure en œuvre. + + [7] «Pour six livres de vieux plomb, les plombiers en fournissent + trois de neuf posé en place.» Édit. de 1691, p. 48. + + + + +OUVRAGES DES PAVEURS. + + +Les Paveurs des batimens du Roy entreprennent aussi pour le public. + +Entre les autres Maîtres Paveurs qui font de grandes entreprises, sont +les Sieurs Touchay rue des Noyers, Hierosme rue de la Mortellerie, etc. + +Autant en fait la veuve Maçon près la porte saint Antoine. + +Le gros Pavé de rue[1] de 7 à 8 pouces en quarré[2] posé sur une forme +de sable[3], se paye à 9 livres la toise carrée[4]. + + [1] On l’appeloit aussi: «pavé du grand échantillon». + + [2] C’étoit encore la mesure à la fin du XVIIIe siècle. Elle avoit été + réglée par la coutume de Paris. + + [3] «La forme est le lit de sable sur lequel est posé le pavé.» L’abbé + Jaubert, _Diction. des arts et métiers_, t. III, p. 387. + + [4] «Le sable de rivière se trouve aux environs de l’Ile Louviers. On + en tire pour les paveurs entre Pincourt et la Courtille, où l’on + trouve du vieux pavé retaillé.» Édit. de 1691, p. 39. + +Le Pavé de la qualité ci dessus fendu en trois, taillé et posé avec +mortier de chaux et sable à 8 livres la toise. + +Le Pavé de 5 à 6 pouces, fendu en trois[5], et posé avec mortier 7 +livres la toise. + + [5] C’est dans l’épaisseur qu’on le fendoit, mais en deux seulement + plutôt qu’en trois. Ce «pavé fendu», comme on l’appeloit, servoit + pour les cours et les écuries. + +Le même posé avec mortier de chaux et ciment à 10 livres. + +Le vieux Pavé posé avec mortier de chaux et de sable à 2 livres la +toise. + +La pose du même Pavé avec chaux et ciment à 4 livres, et avec chaux et +sable à 30 sols, le seul Pavé fourni par l’Entrepreneur. + +Le vieux Pavé tendre qui sert à polir les Glaces se trouve dans les +Chantiers des Paveurs du Roy et de la Ville[6], ainsi que toutes autres +sortes de vieux Pavez. + + [6] Lister, ch. V, après nous avoir dit qu’on passe les glaces brutes + au grès pulvérisé, ajoute: «C’est le même dont est fait le pavé de + Paris, mais pulvérisé et tamisé très-fin.» + +Le sieur Petit à l’entrée de la rue de Nappe[7] fauxbourg saint Antoine, +fait battre du vieux Pavé tendre pour la manufacture des glaces. + + [7] Lisez de Lappe. V. plus haut, une note. + + + + +POTERIE, CARELAGE, VUIDANGES, + +NATTES ET FROTAGES DES BATIMENS. + + +Les Vuidangeurs pour curer les puits et fosses d’aisances, demeurent la +plupart au quartier de la porte saint Victor. + +Les fouilles, vuidanges et transport des terres des caves et fosses +d’aisances se payent depuis 7 jusqu’à 10 livres la toise cube à +proportion de l’éloignement du transport. + +Les vuidanges de matieres des fosses d’aisances se payent aussi aux +Vuidangeurs depuis 30 jusqu’à 40 livres aussi à proportion de +l’éloignement du transport. + +Les Potiers qui ont de grands ateliers et qui font de grosses +entreprises de Carrelage[1], sont les Sieurs du Vivier fauxbourg saint +Antoine, Harrivel fauxbourg saint Marcel, etc. + + [1] Dans leurs statuts, qui datoient de 1456, et qui avoient été + confirmés en 1607 par Henri IV, ils étoient qualifiés «maître + potiers de terre et carreleurs». + +Le prix reglé des ouvrages de Carreleurs est pour chacune toise +superficielle du petit Carreau à huit pans 3 livres 5 à 3 livres 10 +sols, et pour les grands Carreaux aussi à huit pans 4 livres 10 sols à 5 +livres la toise. + +Les Potiers vendent aux Entrepreneurs les Pots d’aizances 18 deniers le +pouce de diamettre. + +Le millier de grands Carreaux à 18 livres le millier, et le millier de +petits à 10 livres. + +Le Sieur Piton à l’entrée de la rue Briboucher[2] du coté de la rue +saint Denis met les planchers en couleur[3] et les entretient de frotage +au mois et à l’année. + + [2] Lisez Aubry le Boucher. + + [3] L’usage, qui commençoit alors, de faire mettre les carreaux en + couleur par des barbouilleurs amena pour Hiacynthe Rigaud une + amusante aventure par quiproquo, dont la conclusion fut son mariage + avec la jolie veuve Mme Le Juge. Elle avoit envoyé son laquais + chercher un peintre pour mettre sa chambre en couleur. Il alla chez + Rigaud, qui, croyant à la commande d’un portrait, ne se fit pas + attendre. L’erreur fut bien vite reconnue; la dame s’excusa avec une + grâce charmante. On se quitta fort bons amis, pour se revoir bientôt + et enfin se marier. (_Encyclopediana_, 1791, in-4º, p. 827.) + +Il y a encore plusieurs Froteurs de planchers rue sainte Placide près +les Incurables, et rue Jean Beausire près la porte saint Antoine. + +Les Planchers de parquet et ceux à carreaux mis en couleur, cirez et +frotez, se payent à 8 sols la toise carrée. + +Les Planchers seulement mis en couleur à cinq sols, et ceux qui sont +seulement cirez et frotez à quatre sols. + +Les Paillassons[4] de nattes servant à boucher les croisées en hiver se +payent à raison de trente sols la toise carrée, et les Paillassons d’été +à quatre livres dix sols, lorsqu’ils ne sont garnis de toille que d’un +seul côté, à six livres étant doublez dessus et dessous. + + [4] Richelet dit dans son _Dictionnaire_: «Paillasson ou _nate à + fenêtre_. C’est une pièce de nate couverte par dehors d’une grosse + toile, qu’on met l’été devant les fenêtres pour empêcher l’ardeur du + soleil, et qu’on hausse et baisse avec des cordes autant qu’on + veut.» + +La Natte ordinaire se paye à quarante cinq sols la toise carrée. + + + + +CARROSSES DE ROUTES[1]. + + [1] C’est le nom qu’on leur donnoit pour les distinguer des carrosses + ordinaires. On dit aussi plus tard carrosses de voiture. Marivaux, + dans _Marianne_, appelle ainsi celui qui alloit de Paris à Bordeaux. + Il partoit à jour et heures fixes, qu’il y eût ou non des voyageurs. + On fit à ce sujet une épigramme sur le _Mercure_, qui, lui aussi, se + mettoit à circuler, qu’il y eût ou non quelque chose dedans: + + C’est le carrosse de voiture, + Il faut qu’il parte vide ou plein. + + +Rue saint Nicaise sont les Carrosses de la suite de la Cour et du Pech +saint Germain, qui partent tous les jours et à toutes heures. + +Rue Contrescarpe près la rue saint André, chez Mademoiselle Blavet, +logent les Carrosses d’Orléans[2] qui vont jusqu’à Die, Chambon et +Blois[3], et qui partent tous les jours[4] l’été à cinq heures du matin, +et l’hiver à neuf[5]. + + [2] C’est la même qui avoit aussi l’entreprise des carrosses de Rouen. + V. _Correspondance des contrôleurs généraux_, nº 235. Elle + s’appeloit Anne Boucher, veuve Blavet. Ses carrosses alloient + jusqu’en Espagne. + + [3] Dans l’édition précédente, au chap. XXIV, qui a le même titre que + celui-ci, c’est de «Monsieur Blavet» qu’il est parlé, p. 51; et au + lieu d’une seule maison rue Contrescarpe, on voit qu’il en avoit une + autre «rue Saint-André, à l’Hôtel de Lion». L’an d’après, sa veuve + lui avoit succédé. + + [4] Le messager de la poste partoit aussi tous les jours. C’est ce + qu’on appeloit la Malle du Courrier. La nuit du 19 décembre 1700, + celle de Tours fut dévalisée au bout du Pont-Neuf, près de la + Samaritaine, par des filous. (_Corresp. admin. de Louis XIV_, t. II, + p. 735.) + + [5] Les «carrosses d’Orléans», qui avoient fourni à La Chapelle, en + 1680, le sujet d’une amusante comédie restée longtemps au répertoire + du Théâtre François, descendoient encore, sous la Restauration, dans + la rue Contrescarpe, aujourd’hui rue Mazet. L’auberge du Cheval + blanc d’où ils partoient existe toujours et n’a presque pas changé + de physionomie.--On lit dans l’un des 9 numéros des _Affiches_ de + Dugone pour 1716 un avis sur ces carrosses qui partoient + régulièrement tous les jours, à 5 heures 1/2 du matin, de la rue + Contrescarpe, pour aller à Orléans en deux jours et revenir de même, + «lesquels, y est-il dit, conduisent toutes sortes de personnes, + hardes et bagages, or et argent.» + +Au même lieu sont les Carrosses d’Auvergne qui partent le Mercredi et +qui passent par Chenerailles, Chasteauneuf, Ligniere, la Chatre, la +Bourance, Jarnage, le Busson Feuillentin, Guéret, Chambon, saint Amant, +Mont-Luçon, Isset, Neuvy, Rillac, Moriac, Nivdan, Aurillac, etc. + +On fait partir du même endroit et le même jour le Carrosse du Berry, +passant par Orléans, Gien, Aubigny, Bourges, etc. + +Tous les jours celuy de Normandie, passant par Rouen, Diepe, le Hâvre, +etc. + +Les Mardis celuy de Bourdeaux qui communique avec toute l’Espagne. + +Les Mercredis ceux de Chartres, de Chasteaudun, de Vendosme, etc. + +Et les Vendredis et Samedis ceux de Maintenon. + +Les Carosses de Caen qui étoient ci devant à l’Hôtel de Monbason[6] et +qui logent présentement rue du Jour près S. Eustache, partent tous les +Dimanches à dix heures du matin. + + [6] Dans l’édit. précédente, p. 52, c’est à cette adresse qu’ils sont + indiqués. «L’hôtel des ducs de Montbazon, dit Sauval, t. II, p. 124, + est à la rue de Bétizy... Ce n’est plus qu’une auberge et une maison + garnie, et pourtant toujours au dessus de la porte se lit sur du + marbre en lettres d’or, _l’Hôtel de Montbazon_.» + +Au même lieu sont les Carrosses d’Alençon pour le Maine, qui partent le +Mercredi, de Séez, d’Argentan et de Falaise, qui partent le Lundi, de +Houdan, de Dreux et de Mortagne, qui partent le Samedi, etc. + +Rue Bourlabé à l’Ecu dauphin sont les Carrosses de Boulogne, Montreuil, +Calais, saint Omer et Dunkerque qui partent le Dimanche. + +A l’entrée du quay de la Tournelle est le Bureau des Carrosses de +Montargis et de Nemours qui partent les Mardis et les Vendredis. + +Rue saint Victor[7] logent les Carrosses qui partent le Dimanche, pour +l’Auvergne, et qui passent par le Puy, Mandre, saint Flour, Issoire, +Brioude, Saintpoursaint, Gannat, Aigueperche, Riom, Clermont, etc. + + [7] «A l’entrée de la rue Saint-Victor.» Édit. de 1691, p. 52. + +Au même lieu sont les Carrosses de Languedoc qui partent le même jour, +et qui vont à Montpellier, Nimes, Beaucaire, Milhaud, Lodève, Besiers, +Narbonne, Perpignan, etc. + +Et encore ceux de Bourbonnois qui partent aussi le même jour, et qui +passent par Boni, Briard, Cosne, la Charité, saint Pierre le Moutier, +Nevers, Bourbon-les-Bains, Moulins, etc. + +Rue Jean Robert est le Bureau des Carrosses d’Allemagne[8] qui partent +les Lundis et Vendredis, qui vont à Clermont, Thionville, d’Auvilliers, +Arlon, Vuirton, Sarloüis, Vandrevanche, Sarbrike, Hombourgt et autres +Villes des trois Evechez, Comté de Chiny et places de la Sarre, et +encore à Barleduc, Ligny, Commercy, Thoul, Nancy, Pont-à-Mousson, +Lunéville, Sarbourg, Philisbourg, Saverne, Strasbourg, Benfelt, +Scelestadt, Colmart, Brissac, Fribourg, etc. + + [8] Pour ce qu’on appeloit l’Allemagne haute, il y avoit un autre + carrosse par la voie de Strasbourg, qui partoit de l’Hôtel de + Pomponne, rue de la Verrerie, en été, tous les lundis, en hiver, + tous les samedis. L’hôtel de Pomponne existe encore. + +Rue saint Antoine à l’Ours logent les Carrosses de Troyes en Champagne +qui part les Mercredis et les Samedis. + +Rue de la Verrerie[9] est le Carrosse de Sézanne en Brie qui part les +Mercredis et Vendredis. + + [9] «A la Trinité.» Édit. 1691, p. 53. + +Au même lieu sont les Carrosses de Châlons en Champagne, Vitry le +François, saint Dizier, sainte Menehout, et Joinville qui partent le +Mercredi. + +A l’Hôtel de Sens[10] près l’Ave Maria, logent les Carrosses de Lyon qui +part de deux en deux jours, et qui passent en été par la Bourgogne et en +hiver par Nevers, Moulins et Auvergne. + + [10] Il en sera parlé un peu plus loin. + +Au même lieu sont les Carrosses de Dijon et Chalons sur Saone qui +partent les Jeudis pour passer par la route de Troyes et de Chatillon, +et les Lundis pour passer par Melun, Montreau, Sens, sainte Reyne, etc. + +Et encore ceux de Chaumont, Langres et Bar sur Aube, qui partent le +Dimanche. + +Rue de la Tixeranderie[11] à la Maque[12], logent les Carosses d’Amiens, +de Clermont en Beauvoisis qui partent les Dimanches, Lundis, Mercredis +et Vendredis. + + [11] «Au Heaume.» Édit. 1691, p. 53. Le Heaume servoit d’enseigne à + plusieurs hôtelleries. La plus célèbre, qui n’a disparu que dans ces + derniers temps, se trouvoit aux Halles, rue Pirouette. Cl. Fauchet + la cite dans ses _Origines des chevaliers_, 1608, in-8º. + + [12] La Maque étoit une grande maison de la rue de la Tixéranderie, + près de la Grève. Elle devoit son nom à Thomas Lamaque, qui, en + 1527, y avoit établi une fabrique de tissus de soie. Elle étoit + ensuite devenue une auberge. On la voit figurée sur le plan + Gomboust. + +Rue Jean pain molet à la Teste noire, loge le Carrosse d’Abbeville qui +part le Mercredi. + +Rue saint Martin au Cardinal le Moine, loge le Carrosse de Reims qui +part le Vendredi. + +Au même lieu sont les Carrosses de Soissons, Laon et Notre Dame de +Liesse[13] qui partent le Jeudi. + + [13] Dans un très curieux volume publié en 1647: _Le vray thrésor de + l’histoire sainte sur le transport miraculeux de l’image de Notre + Dame de Liesse_, se trouve l’itinéraire détaillé de Paris à Laon: il + falloit trois jours pour s’y rendre «en coche». + +Rue saint Denis au grand Cerf[14], loge le Carrosse de Bruxelle, qui +part les Mercredis et Samedis, et qui passe par Senlis[15], la Ferté, +Guise, l’Isle, Tournay, Douay[16], etc.[17] + + [14] Vaste auberge, dont la cour faisoit communiquer la rue des + Deux-Portes-Saint-Sauveur avec la rue Saint-Denis. Un passage du + même nom la remplace. Il fut question, en 1763, d’y mettre la + Comédie Italienne. + + [15] Senlis avoit son coche particulier. Il fut pillé en 1652, et sept + de ses voyageurs tués. (_Mém._ de Conrart, p. 35.) + + [16] Un autre carrosse alloit par Péronne, Cambray, Valenciennes, + Mons, etc. C’est celui que prit Regnard, se rendant à Bruxelles: «Le + premier jour, avons-nous dit dans la _Vie de Regnard_, il ne va pas + plus loin que Senlis, où l’attend Fercourt, qui vient de Beauvais, + et où ils couchent, les coches ne marchant pas de nuit. Le + lendemain, tout ce qu’ils peuvent faire est de pousser jusqu’à + Péronne, et le surlendemain jusqu’à Gournay. Le jour suivant, qui + est le quatrième, ils couchent à Cambray; le cinquième à + Valenciennes, le sixième à Mons, le septième à Notre-Dame-de-Halle; + le huitième, ce terrible coche de Flandre les dépose où ils doivent + s’arrêter, et Regnard peut écrire avec soulagement: «Nous arrivâmes + enfin à Bruxelles.» + + [17] «On trouve rue Saint Germain de l’Auxerrois des carrosses de + renvoi pour Évreux et pour Caen.» Édit. 1691. + +On trouve rue saint Germain l’Auxerrois des Carosses de renvoi pour +Evreux et pour Caën. + + + + +MESSAGERIES[1]. + + [1] La différence entre le carrosse et la messagerie étoit que l’un ne + prenoit que des voyageurs et leurs hardes, tandis que l’autre + voituroit voyageurs et marchandises. Les messageries dépendoient de + l’État et s’affermoient. Elles étoient régies par un règlement + général daté de 1678. + + +Rue Contrescarpe près la rue saint André, chez Mademoiselle Blavet[2], +logent les Messagers de Bourdeaux qui partent tous les jours en été à +cinq et en hiver à neuf heures du matin. + + [2] V. plus haut, p. 161. + +Au même lieu loge le Messager d’Auvergne qui part les Mercredis et +Samedis, et qui vont à saint Amant, Aurillac, Chambon, Chasteauneuf, +Chenerailles, Paeillentin, Gueret, Jarnage, Isset, la Broutance, la +Charité, le Busson, Leguire, Luçon, Monluçon, Moriac, Neuvy, Modan, +Rillac, etc. + +Et encore les Messagers du Blaisois et du Maine, qui partent le Samedi +et qui vont à Blois, au Chasteau du Loir, à saint Calais, à Laval, etc. + +Le Messager de sainte Menehoult[3] qui ne vient que de trois en trois +semaines, et celuy de Sezanne en Brie qui ne vient que de dix en dix +jours, logent rue saint Antoine à la Trinité. + + [3] Il étoit indépendant des messageries de la Champagne, affermées + comme celles de la Lorraine par Fr. Précy. + +Même rue à la Bannière de France, logent les Messagers de Rebay, de +Tournant, de Bray sur Seine et Dannemarie, etc., qui arrivent le +Mercredy et partent le Jeudy. + +Les Messagers de Bretagne qui vont à Nantes, à Rennes, à Vannes et dans +toutes les autres Villes de cette Province, logent rue de la Harpe à la +Rose rouge[4], et partent les Jeudis et Samedis. + + [4] Rue de la Harpe, se trouvoit aussi l’hôtel de _l’Arbalête_, où + étoit longtemps descendu le coche d’Angoulême. Balzac se plaint de + ce qu’un paquet qu’on y mit pour lui y resta un mois et demi sans + partir. Lettre _inédite_ du 21 août 1645, publiée dans le recueil si + curieux et si bien annoté de M. Tamizey de La Roque. + +Rue Contrescarpe logent les Messagers d’Estampes et d’Orléans, qui +partent tous les jours. + +Près l’Ave Maria à l’Hôtel de Sens[5], logent les Messagers de Dijon[6], +Bourg en Bresse, Baune, Chalons sur Saône, Macon, Auxonne, Salins, Grey, +Dôle, Besançon, Montbéliard, Belfort, Pontarlier, Neufchastel, Sens, +Joigny, Auxerre, Noyers, saint Florentin, Ancy le Franc, Chably, +Ravière, Montbart, Autun, Semeur, Avalon, sainte Reyne, Issoudun, Bar +sur Seine, Mussy l’Evêque, la Palisse, saint Geran, Bacaudière, Rouanne, +et qui partent presque tous les jours[7]. + + [5] Rue du Figuier. Il devoit son nom aux archevêques de Sens, qui + longtemps y étoient descendus, et dont il n’avoit pas cessé d’être + la propriété. On sait qu’il existe encore. + + [6] Le carrosse de Lyon y descendoit aussi, ainsi que son messager, + qui se chargeoit de toutes les marchandises qu’on lui confioit, + affranchies ou non. Voici à ce sujet quelques lignes d’une + intéressante lettre de Fléchier: «Je n’avois pas oublié, Madame, que + je vous avois promis du miel de Narbonne... Je vous en envoie donc + un baril de vingt livres que j’ai fait donner au messager de Lyon, + pour être mis à la diligence et porté à l’hôtel de Sens, près le + port Saint-Paul. J’ai donné ordre qu’on l’affranchît de toutes + sortes de droit de port. Je vous prie de l’envoyer prendre.» Jean + Dubray et Louis Langlois, associés à M. De La Bruyère, étoient + fermiers des messageries de Paris à Lyon. + + [7] Dans l’édit. de 1691, p. 54, l’Hôtel de Sens n’est pas indiqué + comme point de départ de ces messageries. On lit seulement: «Près + l’_Ave Maria_, aux diligences de Lyon, logent les messagers de + Dijon, Bourg, etc.» Le mot _Diligence_, alors nouveau dans ce sens, + paroît ne s’être employé d’abord que pour la voiture de Lyon. + Palaprat s’en est bien moqué dans la préface de sa comédie + l’_Important_, jouée en 1694: «Me voilà parti, dit-il, me voilà + empaqueté et emballé entre deux énormes magasins dans ce char à + rouliers qui mène à Lyon, et qu’on appelle fort improprement la + _Diligence_, formidable machine dont les fermiers... n’ont pas + laissé de trouver le mouvement perpétuel; car ni leur corbillard + terrible, ni les malheureux condamnés à la roue qu’il renferme, + n’ont pas un moment de repos pendant tout le voyage.» Qui pis est, + n’y trouvoit pas de place qui vouloit. Il falloit laisser passer + d’abord les personnes recommandées par le secrétaire d’État, + administrateur de Paris et de l’Ile-de-France. C’étoit une des + conditions du privilége accordé à l’entrepreneur de ces voitures. + Seignelay écrivoit, par exemple, le 7 septembre 1688: «De par le + roy, il est ordonné au maître de la diligence de Lion, de donner au + sieur coadjuteur d’Arles cinq places dans le carrosse qui partira le + samedi xje du présent mois, et ce préférablement à toutes autres + personnes.» + +Rue de la Huchette aux Bœufs, loge le Messager de la Ferté Alais qui +part le Lundy. + +Celuy de Chatillon sur Inde, loge rue de la Harpe à la Croix de fer[8]. + + [8] Cette auberge, à l’enseigne de la Croix de Fer, rue de la Harpe, + tenoit aux ruines du Palais des Thermes. + +Rue d’Enfer fauxbourg saint Michel[9] loge le Messager de Chatre[10] +sous Montléhery, qui part les Lundis, Jeudis et Samedis. + + [9] «A la Couronne d’or.» Édit. 1691, p. 54. + + [10] On sait que c’est aujourd’hui Arpajon. Châtre n’est plus connu + sous son premier nom que par un noël très populaire. + +Rue du Four S. Germain, loge le Messager d’Espernon. + +Rue saint Victor aux Carosses d’Auvergne, logent les Messagers de +Bourbonnois passant par Bonybriart, Cône, la Charité, saint Pierre le +Moustier, Bourbon les Bains, Vichy et Moulins, qui part le Samedi. + +Au même endroit sont les Messagers du Puy, Mandre, saint Flour, Brioude, +Sainpoursain, Gannat, Aigueperche, Riom, Clermont, etc., qui partent +aussi le Samedi. + +Et encore les Messagers de Languedoc qui vont à Montpellier, Nismes, +Beaucaire, Frontignan, etc., qui partent les Dimanches, Mercredis et +Samedis. + +Rue saint Germain de l’Auxerrois au Gaillard Bois, loge le Messager de +l’Aigle qui part le Vendredi. + +Même rue à la Rose blanche, loge le Messager de Dreux et Nogent le Roy +qui part le Vendredi à midi. + +Rue Git le Cœur, loge le Messager de Tours qui part les Dimanches et les +Jeudis. + +Rue Betizy à l’Image saint Pierre, logent les Messagers de Coutance, +Breiza, Perriere, saint Sauveur, Landilin, Marigny et Basse Normandie, +qui arrivent le Jeudi au soir et partent le Samedi à midi. + +Rue Montorgeuil à l’Image saint Claude loge le Messager de Forge qui +part le Vendredi[11]. + + [11] «Au même endroit logent les messagers d’Oizemont, Honfleur, + Pont-eau-de-mer, et Pont-l’Evêque, qui partent le vendredi.» Édit. + 1691, p. 54.--A la fin du siècle suivant, c’est à _l’Image + St-Claude_ que descendoient les marchands de beurre de Pontoise. + +Même rue logent les Messagers de Diepe et de Gisors qui partent le +Mercredi. + +Rue Bourtibourg au Comte Robert, loge le Messager de Fontainebleau qui +part le Vendredi[12]. + + [12] «Rue d’Arnetal, au Mouton couronné, loge le messager de Dan-Marie + et de Bray-sur-Seine.» Édit. 1691, p. 14. + +Rue d’Arnetal à la Couronne d’or, loge le Messager de Condé qui part le +Samedi[13]. + + [13] «Rue Saint-Antoine, à la Bannière, logent les messagers de + Languedoc et de Chaumont.» _Id._, p. 55. + +Rue de la Mortellerie à la Clef d’argent, loge le Messager de Tonnerre +qui part le Lundi, et celuy de Champeau qui part le Samedi[14]. + + [14] «Rue Saint-Denis, au Grand-Cerf, logent les messagers de + Soissons, Laon et Notre-Dame de Liesse, qui partent le samedi.» + _Id._, _ibid._ + +Rue saint Denis au grand Cerf, loge le Messager de Rouen et ceux +d’Arras, de Tournay et de l’Isle en Flandres. + +Même rue à la Croix blanche, loge le Messager de la Ville d’Eu. + +Au bas de la rue de la Harpe à l’Image saint Eustache, logent les +Messagers d’Angers[15], de Nantes, de la Flèche, de Beaufort, de Saumur, +de Bourgeuil, etc., qui partent les Mercredis et Samedis. + + [15] Par un procès, qui avoit eu lieu trois ans auparavant, on sait ce + qu’il en coûtoit de Paris à Angers pour un voyageur et son bagage. + En vertu d’une sentence du Châtelet en date du 9 nov. 1689, le sieur + Bernard, bourgeois de Paris, fut condamné à payer au messager 36 + livres au lieu de 33 qu’il offroit, et en sus 3 sous de la livre + pesant de ses hardes, au lieu de 2 sous 6 deniers. + +Rue saint Jacques au Lion ferré, logent les Messagers de toutes les +Villes de Bretagne qui partent les Mercredis et Samedis. + +Rue Serpente logent les Messagers de Carcassonne, Castelnaudary, +Castres, Alby, Gaillard, Montauban, Cahors, Rhodez, Villefranche, Perat, +Sarlat, Limoges, Brives, Thul, Thoulouse, Userche, Souliac, etc., qui +partent le Mardi[16]. + + [16] C’est à l’Hôtel d’Anjou, rue Serpente, que ces messagers + logeoient. D’autres y vinrent un peu plus tard, notamment celui de + Château-du-Loir. + +Rue Jean Pain molet à la Teste noire, logent les Messagers d’Abbeville. + +Au Colombier près saint Martin des Champs, logent les Messagers de +Crespy et de Villers Cotterets, qui partent le Vendredi. + +Ceux d’Allençon, de Petiviers, de Caen, etc., qui partent le Dimanche et +qui logeoient ci-devant à l’Hôtel de Montbason, sont à présent rue du +Jour près saint Eustache. + +Ceux d’Amiens et de Mondidier logent rue de la Tixeranderie à la +Maque[17] et partent les Dimanches, Lundis, Mercredis et Vendredis. + + [17] Nous avons parlé plus haut, p. 164, de cette auberge et de + l’origine de son nom. + +Rue du Cimetière saint André logent les Messagers de Mommirel, de +Perigueux et de Rochoir qui n’ont pas de jours reglez, et ceux de +Chinon, de Loudun, de Poitiers, de Thouars, de la Rochelle, etc., qui +partent le Dimanche[18]. + + [18] Blegny oublie le messager de «Bonnétable et route», qui logeoit + quai des Augustins, à l’enseigne si curieuse de la Reine des Reines. + +Rue Montorgueil à l’Image saint Christophe, loge le Messager de Beaumont +en Picardie qui arrive le Mardi et part le Mercredi. + +Rue des Precheurs à la Pomme de pin, loge le Messager de Boine en +Gatinois qui arrive le Jeudi et part le Vendredi. + +A l’entrée du quay de la Tournelle[19] à la Corne[20], logent les +Messagers de Montargis, de Giens et autres lieux circonvoisins. + + [19] «Rue de la Tournelle, devant la rue de Bièvre.» Édit. de 1691, p. + 55. + + [20] C’étoit une très ancienne auberge, qui, de la rue des Sept-Voies, + où Érasme y avoit logé en arrivant à Paris, avoit été transférée + tout près, quai de la Tournelle. + +Rue Jean Robert aux Carrosses d’Allemagne, logent les Messagers de +Strasbourg, Fribourg, Scelestat, Colmar, Brissac, etc. + +Rue saint Denis au grand Cerf, loge le Messager du Quesnoy. + + + + +COCHES PAR TERRE ET PAR EAU[1]. + + [1] Comme les messageries et les carrosses de voiture, auxquels ils + étoient inférieurs en vitesse, et qui coûtoient plus cher, les + coches voituroient voyageurs et marchandises. Ils n’en différoient + que par le prix moins élevé, et parce qu’ils étoient des entreprises + particulières, tandis que les messageries étoient un établissement + royal, et les carrosses de voiture des établissements privilégiés. + Les _coches_, comme le prouvoit leur nom, qui sentoit son vieux + temps, les avoient précédés les uns et les autres. Ils datoient de + l’époque des premières voitures de ville, qui s’appeloient comme eux + et qui peu à peu perdirent cet ancien nom pour en prendre d’autres. + Ils le gardèrent seuls: «Les coches, écrivoit Sauval, t. I, p. 191, + en 1670, sont encore en usage pour aller d’une ville à l’autre.» + + +Rue Jean Robert aux Carosses d’Allemagne[2], logent aussi les Coches de +Metz, Verdun, Clermont, Thionville, Danvilliers, Arlon, Wirton, +Sarloüis, Vandrevanche, Sarbrik, Hambourg, Bik, la petite Pierre, +Litemberg, Marsal, et autres Villes des trois Evechez, Comté de Chiny et +places de la Sarre, Lorraine haute et basse, Barleduc, Ligny, Commercy, +Pont Amousson, Luneville, Sarbourg, Philisbourg, Benfeld, Scelestat, +Colmar, Brisac, Fribourg, etc., qui partent les Lundis et Vendredis[3]. + + [2] V. plus haut. + + [3] Dans la première édition, Blegny n’avoit pas oublié moins que le + nom de la rue et celui de l’auberge où tous ces coches descendoient. + V. p. 56. + +Rue saint Antoine à l’Ours, logent les Coches de Troyes en Champagne, +qui partent les Mardis et Vendredis. + +Celuy d’Amiens qui part de deux en deux jours, rue de la Tixeranderie à +la Maque[4]. + + [4] V. plus haut. + +Celuy de Chalons en Champagne, rue de la Verrerie, qui part les Mardis +et Vendredis. + +Rue Montorgueil à l’image saint Christophle, loge le Coche de Beaumont +qui part le Samedi. + +Rue Bourlabé à l’Ecu Dauphin, logent les Coches de Montreuil, Boulogne, +Calais, Dunkerque, etc., qui partent le Lundi. + +Rue Bourtibourg au Comte Robert, loge le Coche de Lagny qui part les +Mardis, Jeudis et Vendredis. + +Celuy de Monfort Lamaury rue du Four saint Germain, à l’enseigne de la +Ville d’Espernon, qui part les Mercredis et Samedis. + +Celuy d’Abbeville qui part le Dimanche, rue Jean Pain Molet. + +Rue saint Martin au Cardinal le Moine, logent les Coches de Rheims, qui +partent les Lundis et Vendredis et ceux de Soissons, Laon, Notre Dame de +Liesse, etc., les Lundis, Jeudis et Samedis. + +Rue saint Paul à la ville de Joigny, est le Bureau des Coches par eau +d’Auxerre[5], qui partent les Mercredis et Samedis, et qui passent par +Corbeil, Melun, Valvin, Montreau, Villeneuve le Roy, Joigny, etc. + + [5] Béranger, qui l’avoit encore pu voir dans son enfance, en a parlé + dans une de ses chansons: + + Six francs et ma layette en poche, + Belle nourrice de vingt ans + D’_Auxerre_ avec moi prit _le coche_. + +Le Bureau des Coches d’eau servant pour la diligence de Lion[6], est à +l’Hôtel de Sens près l’_Ave Maria_. + + [6] C’est-à-dire amenant de la haute et basse Seine les voyageurs pour + Lyon. A propos d’un autre coche qui, moitié par terre, moitié par + eau, vous amenoit de Lyon à Paris, v. Gui Patin, _Lettre_ du 17 nov. + 1662. + +Le Bureau des Coches par eau de Montreau, Bray et Nogent-sur-Seine, est +sur le port saint Paul d’où ils partent le Lundi seulement deux fois le +mois. + +Le Bureau des Coches par eau de Fontainebleau qui partent les Lundis à +l’ordinaire et tous les jours à l’extraordinaire pendant le séjour de la +Cour audit lieu, est sur le quay de la Tournelle à la Croix blanche[7]. + + [7] Ce chapitre, dans l’édition précédente, p. 56-57, diffère de + celui-ci par quelques détails que nous n’avons pas cru devoir + signaler. S’ils n’ont pas été reproduits par Blegny, c’est sans nul + doute que, vérification faite, il y avoit reconnu des erreurs. Pour + la même raison, nous n’en avons pas parlé. + + + + +ROULLIERS ET CHARETTES + +DE ROUTES. + + +Rue de la Harpe à la Croix de fer, logent les Charettes pour Laval, +Mayenne et Vitré en Bretagne[1]. + + [1] Ce chapitre commence autrement dans l’édit. précédente, où il est + le XXXVIIe, p. 57. On y trouve cet article qui manque ici: «Rue de + la Huchette aux Bœufs, logent les charettes pour la Ferté Alais, qui + partent le mercredi.» + +Celles de Chartres rue Contrescarpe aux Carosses d’Orléans. + +Celles de Chevreuse qui partent les Mardis et Vendredis, rue saint +Dominique du Fauxbourg saint Michel[2], à l’Ecu d’Orléans. + + [2] C’est l’ancienne rue Saint-Dominique-d’Enfer, qui alloit de la rue + d’Enfer à la rue Saint-Jacques. + +Celles de Montargis et de Nemours qui partent le Dimanche, rue du quay +de la Tournelle. + +Celles de Beny-Briard, Cone, la Charité, saint Pierre le Moutier, +Nevers, Bourbon les Bains, Vichy, Moulins, etc., qui partent le +Mercredi, rue saint Victor aux Carosses d’Auvergne, et encore celles du +Puy, Mandre, saint Flour, Issoire, Brioude, saint Poursaint, Gagnac +Aigueperche, Riom et Clermont, qui partent le Mercredi. Enfin celles de +Montpellier, Nismes, Frontignan, Baucaire, Milhaud, Lodève, Beziers, +Narbonne et Perpignan qui partent le Mercredi. + +Celles de Gournay qui partent le Vendredi, rue Montorgeuil à l’image +saint Christophle. + +Celles de Senlis, Compiègne, Noyon, Chaunis, la Fère, Ham, saint +Quentin, le Quesnoy, Maubeuge, Roye, Peronne, Cambray, Douay, +Valencienne, Tournay, Bapaume, Arras, l’Isle, Rouen, Diepe et le Havre +qui partent tous les jours, rue saint Denis au grand Cerf. + +Celles de Beaumont-Roger en Normandie qui partent le Mercredi, rue +Montmartre à la grosse Tête. + +Celles de Dijon, Bourg en Bresse, Nuis, Baune, Chalons sur Saône, Macon, +Auxonne, Salins, Grey, Bezançon, Monbelliard, Befort, Pontarlier, +Neufchastel, Sens, Joigny, Auxerre, Noyers, saint Florentin, Ancy le +Franc, Tonnerre, Chably, Bavière, Mon-bar, Autun, Semeur, Avalon, sainte +Reine, Bar sur Seine et Mussy l’Evesque, qui partent tous les jours près +l’_Ave Maria_ à la Diligence de Lion. + +Les Roüilliers[3] de Troyes et autres Villes de Champagne et de +Bourgogne, logent rue de la Verrerie à l’Image Notre Dame[4]. + + [3] Blegny écrit comme on prononçoit, et comme on prononce encore dans + quelques provinces. L’orthographe étoit déjà «roulier». Richelet + écrit ainsi, et l’exemple qu’il donne: «Il s’en va à Orléans avec + les rouliers», indique que les rouliers ne prenoient pas seulement + des marchandises dans leurs charrettes, mais des voyageurs à qui + manquoit l’argent nécessaire pour aller par le carrosse de voiture, + les messageries ou le coche. + + [4] Cette auberge existoit encore avec la même enseigne et la même + destination à la fin du XVIIIe siècle. C’est là que descendit la + fameuse Mme de La Mothe lorsqu’elle vint de Troyes à Paris pour + commencer ses intrigues, dont l’affaire du Collier fut la plus + scandaleuse. + +Ceux d’Anvers, de Lorraine et d’Allemagne, rue d’Arnétal au Chariot +d’or, qui partent le Mardi et quelquefois le Mercredi. + +Ceux de l’Isle, Tournay, Douay, Arras, Maubeuge et Guise en Picardie, +même rue au Mouton, qui partent le Jeudi. + +Et ceux de Compiègne, Peronne, la Ferre, etc., même rue à la Croix de +Lorraine, qui partent le Samedi. + +Rue saint Denis aux deux Anges, logent les Charrettes de Montmirel, de +la Ferté Gauché et du Bois Commun, qui partent le Vendredi. + + + + +AUTRES ADRESSES NOUVELLEMENT RECOUVERTES. + + +Chez les Sieurs Michallet et d’Houry rue saint Jacques, et chez la veuve +Nion à l’adresse qui est à la première page, on trouvera au commencement +de cette année 1692, le premier tome d’un livre également utile et +curieux, qui aura pour titre _les Travaux d’Esculape_, ou les +Découvertes successives des secrets de l’Art de guerir[1]. Ensuite de +quoy on y trouvera régulièrement tous les trois mois un volume nouveau +du même livre, pour satisfaire aux ordres du Roy et de Monsieur le +premier Medecin de Sa Majesté, en conformité desquels la Société Royale +de Medecine a été établie, pour travailler à la recherche et +vérification des nouvelles Découvertes qui ont été faites, qui le sont, +et qui le seront cy-après dans toutes les parties de la Medecine et dans +tous les Arts qui luy sont subordonnez. + + [1] C’est encore un livre de Blegny, qui ne pouvoit mieux finir qu’en + se faisant une réclame de plus. Il avoit déjà publié, en 1679 et + 1680, sous un titre à peu près pareil, 2 vol. du même genre, _Le + Temple d’Esculape_. Voy. notre _Introduction_, p. XLVIII. + +M. Rebel attenant au Jeu de paume de la rue Tireboudin[2], dit avoir +apporté d’Egypte une Eau qui appaise sur le champ la douleur des Dents, +qui se prend par le nez, qui fait larmoyer abondamment, et dont la +phiole de quatre prises se vend un louis d’or; mais la vertu de ce +Remede est encore inconnu à l’Auteur. + + [2] C’est aujourd’hui la rue Marie Stuart. + +Le Sieur Do Emailleur[3] rue de Harlay scelle hermétiquement des +Vaisseaux chimiques. + + [3] Il a déjà été parlé de lui. V. t. I, p. 242. + +Le Sieur le Roy à l’entrée du fauxbourg saint Antoine vis-à-vis le +Croissant, peint toutes sortes de Meubles en verni façon de la Chine[4], +et travaille d’ailleurs dans les appartemens aux ornemens de Peintures. + + [4] C’est un prédécesseur bien peu connu des Martin, si célèbres vers + le milieu du siècle suivant, mais en d’autres quartiers que le + faubourg Saint-Antoine: «La manufacture royale de MM. Martin, + lisons-nous dans l’_Esprit du Commerce_, 1748, in-8º, p. 41, est + située faubourg Saint-Martin, faubourg Saint-Denis, et une autre rue + Saint-Magloire.» + +Les Suisses qui apportent des Serains de Canarie[5], logent à l’entrée +du même faubourg[6]. + + [5] «Les Suisses, lisons-nous dans le _Diction._ de Furetière, + apportent beaucoup de serins de leurs pays, du Tyrol et des + provinces méridionales de l’Allemagne.» Le Tyrol déjà en fournissoit + surtout: «Dans une bourgade du Tyrol, nommée Imst, dit Malte-Brun, + se trouve le grand séminaire de serins, nommés encore, ajoute-t-il + ironiquement, _oiseaux des Canaries_, dans la plupart des langues + d’Europe, et qui sont exportés jusqu’à Lisbonne et peut-être jusque + dans les Iles Canaries.» + + [6] Hervieux dans son _Traité des serins de Canaries_, 1709, in-12, + chap. 23, dit qu’ils y venoient deux fois par an, et qu’ils + logeoient dans ce faubourg, à l’hôtellerie de la Boule, où ils + apportoient des serins par milliers. + +Le Sieur Quillet Sculteur à la Boule royale, grande rue du même +fauxbourg, fait des Bordures de Tableaux pour les Marchands à juste +prix. + +On vient d’établir une nouvelle Manufacture de Chandelle dans le même +fauxbourg, rue de Pincourt, près la barrière[7]. + + [7] Une note en a parlé plus haut, p. 7. + + +FIN DU LIVRE DES ADRESSES. + + + + +TABLE + +DES ARTICLES + +DU + +LIVRE DES ADRESSES DE PARIS[1]. + + [1] Nous donnerons à la fin du volume la table alphabétique de + l’édition de 1691. + + + Tome I. + + Affaires Ecclésiastiques 15 + Exercices de piété 21 + Finances Royales 26 + Trésoriers Payeurs des Gages et Rentes 40 + Conseils du Roy et Chancellerie 46 + Secretaires du Roy 54 + Scéances des Tribunaux 78 + Vacations des Tribunaux 86 + Docteurs et Licentiez en Droit 87 + Secretaires et Greffiers du Conseil, des Cours Souveraines + et des Juridictions Subalternes 93 + Contraintes Judiciaires 100 + Bureaux Publics 106 + Administration des Hospitaux 112 + Banquiers 117 + Academies et Conferences publiques 120 + Biblioteques particulières et publiques 129 + Collèges et Leçons publiques 138 + Mathematiques 146 + Medecine ordinaire 150 + Medecine empirique 156 + Opérations chirurgicales 157 + Matières Médecinales simples et composées 164 + Pension pour les Malades 178 + Bains et Etuves 182 + Impressions et Commerce de Librairie 185 + Musique 204 + Fameux Curieux des Ouvrages magnifiques 216 + Dames Curieuses 231 + Commerce de Curiositez et de Bijouteries 236 + Commerce des Ouvrages d’Or, d’Argent, de Pierreries, etc. 244 + Premieres Instructions de la Jeunesse 248 + Nobles Exercices pour la belle education 253 + Armes et Bagages de Guerre et de Chasse 261 + Chevaux et Equipages 264 + Passetemps et Menus Plaisirs 269 + Jardinages 275 + Tapisseries et Meubles ordinaires 283 + Chair et Poisson 289 + Marchandises de Beurre, Œufs, Fromages et Legumes 296 + Offices de fruiteries 300 + Panneterie et Patisserie 304 + Marchandises de Vins et d’Aprests 309 + Hostels garnis et Tables d’Auberges 316 + + Tome II. + + Epiceries et autres Denrées domestiques 5 + Etoffes 9 + Linges, Points et Dentelles de fil 15 + Dentelles, Points, Boutons et Galons d’or, d’argent et de soye 16 + Mercerie et Quincaillerie 18 + Marchandises de Papetiers, Cartiers et Cartonniers 26 + Ouvrage et Commerce de Bonnetiers 28 + Marchandises des Gantiers et Parfumeurs 31 + Pelletterie et Fourrures 35 + Ouvrages et Marchandises de Cheveux 39 + Commerce des Verriers 41 + Commerce de diverses Matières Métalliques et Ouvrages de + Couteliers, etc. 45 + Domestiques et Ouvriers 49 + Verifications et Rapports de Jurez 52 + Habits d’Hommes et de Femmes 58 + Commerce de Chapeaux 63 + Ouvrages et Marchandises de Cordonniers 65 + Adresses concernant les Articles precedens, recouvertes + après leur impression 68 + Divers Adresses concernant des talens distinguez des + articles precedens 73 + Omissions et Changemens 78 + Batimens du Roy 87 + Ouvrages exquis de Peinture et de Sculpture 92 + Architecture et Maçonnerie 102 + Qualitez et coupe de la Pierre 111 + Ouvrages et fournitures de Charpente 115 + Ouvrages et fournitures de Couvreurs 118 + Ouvrages et Bois de Menuiserie 121 + Ouvrages et Marchandises de fer 129 + Ouvrages de Vitriers 138 + Ouvrages et Marchandises de Miroitiers 140 + Peintures, Sculptures et Dorures pour les Ornemens et Decorations + des Appartemens, Boutiques, etc. 144 + Ouvrages de Graveurs 151 + Ouvrages de Plombiers et de Fonteniers 155 + Ouvrages des Paveurs 157 + Poterie, Carrelage, Vuidanges, Nattes et frotage des Batimens 158 + Carrosses de Routes 160 + Messageries 166 + Coches par terre et par eau 172 + Roulliers et Charettes de Routes 174 + Autres Adresses nouvellement recouvertes 177 + + + + +EXTRAIT DU PRIVILEGE DU ROY. + + +Par grâce et privilege du Roy, donné à Paris le 14e jour du mois de +juillet 1690, et signé par le Roy en son Conseil _De Saint Hilaire_; il +est permis à la veuve de Denis Nion, Marchand libraire à Paris, +d’imprimer ou faire imprimer un manuscrit intitulé _Les Adresses de la +Ville de Paris, avec le Trésor des Almanachs pour l’année 1692, par +Abraham Du Pradel, Astrologue Lyonnois_, pendant le temps de six années, +à compter du jour que ledit Livre aura été achevé d’imprimer pour la +première fois; avec très expresses inhibitions et défenses à tous +Imprimeurs, Libraires et autres personnes, d’imprimer, faire imprimer ou +contrefaire ledit Livre en quelque manière que ce soit, à peine de +confiscation des Exemplaires, trois mille Livres d’amande et de tous +dépens, dommages et intérests, comme il est porté plus au long par +lesdites Lettres de Privilège. + +Registré sur le Livre de la Communauté des Libraires et Imprimeurs de +Paris, le 26 juillet 1690. Signé P. Auboyn, Sindic[1]. + + [1] V. sur lui, t. I, p, 185. + +Achevé d’imprimer pour la seconde fois le 26 novembre 1691. + +De l’Imprimerie de Laurent Rondot[2]. + + [2] On a vu dans l’_Introduction_, t. I, p. lviij, que c’est chez lui + que ce même privilège fut saisi. + + + + + LE TRÉSOR + DES + ALMANACHS + POUR L’ANNÉE BISSEXTILE 1692 + + AVEC + UNE EXACTE DESCRIPTION + DE L’ŒCONOMIE UNIVERSELLE ET DES PARTIES + PRINCIPALES DU MONDE, + + Un abrégé de la science des temps, le lever et le coucher du Soleil, + le Tarif des nouvelles monnoyes, l’ordre du département des + couriers, et diverses autres pièces également utiles et curieuses. + + Par Abraham Du Pradel, Philosophe + et Mathématicien. + + + A PARIS, + chez la Veuve de Denis Nion, Marchand-Libraire + sur le quai de Nesle, devant l’Abreuvoir de + Guenegaud, à l’image Sainte Monique. + + M. DC. XCII. + Avec privilége du Roy. + + + + +AVERTISSEMENT. + + +L’auteur, qui s’étoit proposé de donner annuellement un Livre au public +de toutes les choses sujettes à mutations, et sur lesquelles on a +souvent besoin de nouvelles instructions pour se procurer les commoditez +de la vie, jugea que le Calendrier qui comprend les fêtes mobiles devoit +faire partie de ce Livre, et que par la même raison il seroit obligé d’y +comprendre la science des temps, qui pour avoir quelques Époques +certaines, ne laisse pas de varier sur les jours et sur les heures à +l’égard des apparences des Astres et des Planettes qui ont servi de +fondemens à cette science. + +Sur ces considérations il publia en 1690 une sorte d’essay qui eut pour +titre le _Trésor des Almanachs_ pour servir à toutes espèces de +négociations utiles, et gui fut seulement imprimé à Troyes[1] sur une +simple permission, avec assez de négligence: cependant, l’accueil +favorable que le public fit à cet essay, ayant fait naître à l’auteur le +dessein de le rendre plus recommandable, et de poursuivre au grand +sceau[2] la permission prohibitive[3] de le faire imprimer; il fut +publié pour la seconde fois en 1691, à la vérité avec une augmentation +considérable, mais non pas avec l’ordre et l’exactitude qu’on pouvoit +désirer, le Privilège n’ayant été obtenu que vers la fin de 1690, +c’est-à-dire dans un temps où la nécessité de le publier sans aucun +retard ne permit pas à l’Auteur de débrouiller assez parfaitement ses +idées. + + [1] On sait combien sont anciennes les imprimeries populaires de + Troyes, dont les productions avoient leur débouché naturel aux + fameuses foires de Champagne. On commença par y publier des + complaintes, des cantiques, etc., sur de grandes feuilles avec + gravures, qu’on obtenoit sans doute par le procédé des planches + xylographiques: «J’ai vu, lit-on dans les _Œuvres inédites_ de + Grosley, t. II, p. 15, j’ai vu chez Jean Fraictot, le dernier de nos + dominotiers, de ces planches qui, soit par leur état, soit par le + goût du caractère des lettres, et de la poésie des cantiques, + annonçoient plusieurs siècles d’antiquité.»--Les almanachs de Troyes + sont bien plus anciens que ceux de Liège. On a un _Calendrier des + Bergers, avec leur astrologie et autres choses profitables_, imprimé + à Troyes en 1510. Au siècle suivant, les almanachs de Larivey, de la + famille de celui dont on connoît les comédies traduites de + l’italien, y faisoient fortune. Nous citerons entre autres: + _Almanach_ de Pierre Larrivey, _avec grandes prédictions pour + l’année 1622_. Sorel, quand il dit au livre XI de _Francion_: + «N’as-tu point leu l’almanach... de Larivay le jeune Troyen», + témoigne de leur popularité. Perrault de même, disant de Boileau, si + fier du succès de ses _Œuvres_: «Il a beau se glorifier du grand + débit que l’on fait de ses Satires, ce débit n’approchera jamais de + celui du moindre des almanachs, imprimés à Troyes, au _Chapon + d’or_.» C’étoit si bien la terre promise des calendriers avec + prédictions, que le P. Placide Duval disoit dans ses _Éléments de la + Géographie de la France_: «La ville de Troyes est habitée de + plusieurs bons Marchands, et d’un bon nombre d’Astrologues.» Il en + venoit aussi des chansons, ce qui offusquoit davantage l’autorité. + On laissoit passer les almanachs, mais on arrêtoit les chansons. + (_Corresp. administ. de Louis XIV_, t. II, p. 802, 788.) Sur les + libraires qui vendoient à Paris les almanachs de Troyes, v. plus + haut, t. I, p. 193. + + [2] A la grande Chancelerie de France. Les actes qu’on y revêtoit du + grand sceau étoient exécutoires par tout le royaume. + + [3] Permission avec expresse défense pour les autres. + +Lors de cette seconde édition, ce Livre fut intitulé _Les Adresses de la +Ville de Paris et le Trésor des Almanachs_, avec cette addition de +_Livre commode en tous lieux, en tous temps et en toutes conditions_; +mais étant arrivé que dans le courant de l’année bien des gens avoient +témoigné qu’ils seroient bien aises d’avoir pour le commerce ou pour des +présens[4] des Almanachs séparez du Recueil des Adresses, et qu’au +contraire tous ceux qui avoient recherché le Recueil des Adresses, +avoient eu à gré d’y trouver l’Almanach; l’Auteur a pris le parti de +faire en même temps deux éditions distinguées, l’une sous le titre +général de _Livre commode_, qui comprend ensemble cet Almanach et le +Recueil des Adresses, l’autre sous le premier titre de _Trésor des +Almanachs_ qui se vendra séparément. + + [4] Il étoit de mode de donner, le jour de l’an, des _almanachs_ + richement reliés. De là vint la vogue de ces _Étrennes mignonnes_, + dont nous avons vu la fin. Il existe dans les poésies diverses de La + Fontaine (édit. Marty, t. V, p. 117) une pièce curieuse, qui est un + souvenir de cette mode: «PRÉDICTIONS POUR LES QUATRE SAISONS DE + L’ANNÉE, _mises dans un Almanac écrit à la main sur du vélin, garni + d’or et de diamants et présenté à Mme de Montespan par Mme de + Fontange_, le 1er jour de l’an 1680.» + +Cette complaisance de l’auteur, jointe aux peines qu’il s’est données +pour rendre son ouvrage complet, luy fait espérer l’approbation de ses +Lecteurs, qui lui tiendra lieu de récompense, et qui multipliera les +vœux qu’il fait pour leur prospérité en ce monde, et pour leur béatitude +dans l’éternité des siècles. + + + + +LE TRÉSOR + +DES ALMANACHS[5] + +POUR L’ANNÉE BISSEXTILE[6] 1692. + + [5] Dans l’édition précédente, p. 63, Blegny, au lieu de la ligne qui + suit ici, avoit mis: «pour servir à toutes espèces de négociations + utiles.» + + [6] On sait quelle est l’origine des années bissextiles. Jules César, + lorsqu’il créa le calendrier nommé à cause de lui calendrier Julien, + décida que l’année seroit de 365 jours 6 heures; et comme ces six + heures quatre fois répétées forment un jour, il ordonna que ce jour + seroit intercalé tous les quatre ans après le sixième des calendes + de mars, qui correspond au 24 février. Par cette intercalation ce + sixième jour des calendes étant doublé, on l’appela _bis sextus_, + bis sixième, ou _bissexte_, d’où année bissextile. + + + + +IDÉE + +GÉNÉRALE DU MONDE[7]. + + [7] Blegny, dans l’édition de 1691, avoit écrit avec moins d’emphase: + «Systêmes du Monde». + + +Le temps n’étant que la durée des êtres modifiez, et les saisons qui se +trouvent dans la suite des temps n’étant que des accidents qui arrivent +à ces êtres, il est de l’ordre de donner une idée générale de l’Univers, +avant que de parler de la succession des temps et des saisons: mais +comme cet Ouvrage, qui n’est qu’un simple manuel journalier, doit +fournir dans l’instant même d’un besolu[8] l’utilité qu’on en doit +attendre, et qu’il seroit par conséquent défectueux s’il exigeoit la +moindre application d’esprit, on ne trouvera ici ni dans toutes les +autres parties que des expositions si claires et si précises, qu’il +suffira de les lire pour en faire sur le champ de justes applications +dans la pratique de la vie civile. + + [8] Lisez «d’un besoin». + +Voici donc comment, sans aucun principe, chacun se pourra faire dans un +moment l’idée générale de l’univers. Il faut pour cela se représenter, +comme on le sçait communément, que la Terre, avec les Eaux qu’elle +comprend, est un globe ou rond, plein et opaque, qu’on peut comparer à +une boule quant à la forme plus générale; puis ayant imaginé que cette +boule pleine et opaque est au milieu d’une boule creuse et transparente +dont la circonscription est beaucoup plus étendue, se représenter +d’ailleurs qu’elle est soutenue au milieu de ce creux par une substance +fluide et claire qui reçoit le nom d’Air. + +Alors, après avoir donné à ce premier globe creux et transparent le nom +de _Ciel de la Lune_[9], on s’en figurera un deuxième de même nature +qu’on nommera _Ciel de Mercure_, et qu’on supposera assez grand pour +renfermer celuy-là; puis enfin, en les multipliant, on pourra en +imaginer un troisième pour _Vénus_, un quatrième pour le _Soleil_, un +cinquième pour _Mars_, un sixième pour _Jupiter_, un septième pour +_Saturne_, qui est la dernière et la plus éloignée des sept planètes, un +huitième où l’on placera le firmament ou ciel des étoiles fixes, un +neuvième qui sera le premier ciel cristalin[10], un dixième qui sera le +deuxième cristalin, et un onzième qu’on supposera être le premier mobile +des autres, après quoy ayant imaginé un carré, on s’y représentera, +suivant l’Apocalypse, la Sainte Cité[11] ou le Ciel Empirée[12] qui est +la demeure des Bienheureux. + + [9] Tout cela, ainsi que ce qui suit, est du système de Ptolémée, + celui que Blegny, comme on le verra plus loin, avoit adopté pour ne + pas se mettre mal avec l’Église. + + [10] Ceci est encore du système de Ptolémée, suivant lequel chacun des + cieux transparents qui enveloppent la terre au delà des cercles des + planètes, s’appelle «cristallin». + + [11] V. l’_Apocalypse_, chap. III, verset 12; chap. XXI, versets 2 et + 10. + + [12] C’est, dans le système de Ptolémée, le ciel des fixes, supérieur + au ciel des planètes. + + +_Considérations sur l’œconomie universelle et sur les parties +principales du monde._ + +Dans l’Astronomie la représentation de l’assemblage entier de tous les +globes simples dont il vient d’être parlé, forme un Globe composé qui a +reçu le nom de Sphère, et au milieu duquel on met un axe ou essieu sur +lequel on suppose que tous les Cieux ensemble tournent en vingt-quatre +heures d’Orient en Occident, quoique la Terre demeure fixe à leur +égard[13]. + + [13] Il est inutile de dire que le système de Ptolémée a ce principe + erroné pour base. «Il s’est, dit Ferd. Hœfer, _Hist. de + l’astronomie_, p. 209, tellement identifié avec le langage et les + idées traditionnels, que l’on dit encore aujourd’hui que le Soleil + _marche_, qu’il _se lève_, qu’il _se couche_, etc., absolument comme + si la Terre étoit immobile au centre du monde.» + +Cet axe est supposé avoir ses deux points ou terminaisons au premier +mobile[14] et traverser diamétralement toute la sphère, on imagine l’un +de ces points à la partie Septentrionale, et l’autre à la partie +Méridionale de ce Ciel, et l’on appelle le premier Pôle Artique, et le +deuxième Pôle Antartique. + + [14] On appeloit, dans l’astronomie ancienne, «premier mobile», la + première et la plus haute des sphères célestes, qui se meut et donne + le mouvement aux sphères inférieures. Le temps «du premier mobile» + est le temps qui est mesuré par le retour des étoiles au méridien. + +Ces noms qui, comme il vient d’être dit, n’appartiennent proprement +qu’aux deux terminaisons de l’axe, ne laissent pas que de servir dans la +Géographie de la Terre pour exprimer les deux points où l’on fait +commencer les Lignes qui vont à ces mêmes terminaisons. + +Ce qui a donné les noms aux sept premiers cieux[15], est ce qu’on nomme +Planettes. Ce sont des Astres qu’on distingue des Etoiles fixes du +firmament, en ce que celles-ci dans leur mouvement gardent toujours un +ordre et une distance égale, et que celles-là, au contraire, changent de +situation les unes à l’égard des autres, pendant même qu’elles sont +toutes emportées par un mouvement général d’Orient en Occident sur l’Axe +qui vient d’être supposé. + + [15] V. ce qui a été dit un peu plus haut. + +Cette variété de situations vient de ce que ce mouvement général +n’empêche pas qu’elles n’ayent chacune un mouvement particulier et +naturel d’Occident en Orient dans lequel elles sont inclinées, tantôt +vers les signes Méridionaux, tantôt vers les signes Septentrionaux, les +unes plus, les autres moins; et que d’ailleurs elles peuvent avoir +jusqu’à sept ou huit degrez de latitudes dans chaque signe, ce qui fait +qu’on les imagine comme enclavées dans un même Cercle qu’on nomme +Zodiaque[16] et qu’on fait le plus large de la Sphère. + + [16] Les signes du zodiaque servent encore pour l’astronomie moderne, + mais sans correspondre aux constellations de l’ancienne. La + découverte de la première des planètes télescopiques au commencement + du siècle prouva que ce Cercle devoit être considérablement élargi: + «La découverte de _Cerès_ par Piazzi, en 1801, lisons-nous dans + l’_Histoire de l’astronomie_ de Voiron, p. 72, a changé tout à coup + les idées reçues sur la largeur du zodiaque. L’étendue de cette zône + du ciel dans laquelle sont observés les mouvements des planètes + avoit toujours été comprise dans une largeur d’environ seize degrés; + c’étoit celle du zodiaque consacré par l’astronomie ancienne. Cérès + en a franchi les bornes et porté sa largeur jusqu’à trente-sept + degrés.» + +Il faut de cette proposition générale excepter le Soleil, en ce que dans +son mouvement particulier et annuel, aussi bien que dans le mouvement +général du premier mobile, il parcourt constamment le milieu du +Zodiaque; en sorte qu’il décrit comme une ligne étroite dans ce milieu +qu’on nomme Ecliptique, par cette raison que quand la Lune se trouve à +notre égard vis-à-vis de cette ligne, il se fait une éclipse. + +Le Zodiaque, et par conséquent l’Ecliptique qui n’est que son milieu, +aussi bien que tous les autres Cercles qu’on imagine dans la Sphère du +Monde, est divisé par les Astronomes en 360 parties qu’on nomme degrez, +chaque degrez en 60 minuttes, chaque minutte en 60 secondes, chaque +seconde en 60 tierces, etc. + +J’ai déjà dit que les Planettes faisoient ensemble le tour de la Terre +en 24 heures; je dois dire maintenant que par leurs mouvemens +particuliers et naturels, + +Saturne fait la révolution en 29 ans 155 jours, 8 heures. + +Jupiter en 7 ans, 323 jours 17 heures. + +Mars en un an 321 jours 22 heures. + +Le Soleil en 365 jours, 5 heures, 49 minuttes 16 secondes. + +Mercure en 215 jours, 21 heures 5 minuttes. + +Vénus en 583 jours, 22 heures 12 minuttes. + +La Lune en 27 jours, 7 heures et 43 minuttes[17]. + + [17] On comprend que tous ces calculs, basés sur le système de + Ptolémée, sont devenus plus ou moins faux lorsqu’on a pris pour base + celui de Copernic. Voici, avec celui-ci, à quels nouveaux chiffres + on est arrivé: la révolution de Saturne autour du Soleil se fait en + 10,758 jours, c’est-à-dire un peu plus de 29 ans; Jupiter fait la + sienne en 11 ans, 217 jours; Mercure en 87 jours, 23 heures, 14 + minutes, 30 secondes; Vénus en 224 jours. + +Quand on est dans un lieu bien découvert, et qu’on regarde toute la +Terre apparente, il semble qu’aux extrémitez de la circonférence elle +est jointe avec les Cieux, ce qui forme ce Cercle[18] qu’on appelle +Orizon, où le Soleil paroît le matin à l’Orient et disparoît le soir à +l’Occident, ce qu’on appelle lever et coucher du Soleil, et ce qui fait +aussi que la partie orientale de la Terre est nommée Levant et la partie +occidentale Couchant. + + [18] La division de la sphère en cercles: le méridien, l’équateur, + l’écliptique, les deux tropiques et l’horizon, est due à Ptolémée, + après lequel les Arabes l’adoptèrent. + +Le Cercle qu’on imagine disposé dans un sens précisément contraire à +celuy de l’Orizon, c’est-à-dire qui le coupe diamétralement, en séparant +l’Axe et la Terre en deux parties égales, est ce qu’on nomme Equateur et +ligne Equinoctiale. + +La Terre, considérée par sa division Orisontale, représente deux +hémisphères; la supérieure, que nous occupons et dont le continent de +Terre habitable renferme les trois parties qu’on nomme Europe, Asie, et +Afrique; et l’inférieure qui fait les Antipodes, et dont le continent +fait la quatrième partie de la Terre qu’on nomme Amérique ou +Nouveau-Monde. + +La division de la Terre qui se fait par l’Équateur distingue en chaque +hémisphère la partie Septentrionale de sa partie Méridionale; et pour la +diviser de l’autre sens, c’est-à-dire en partie Orientale et en partie +Occidentale, on imagine encore un autre cercle qu’on appelle Méridien, +et qui passe sur les deux pôles ou terminaisons de l’axe du Monde, mais +qui n’a pas de situation déterminée, parce qu’il doit être respectif à +chaque climat pour désigner l’endroit où le Soleil est à midi. + +Le premier mobile tournant sur l’axe, l’Equateur pourroit être considéré +comme le chemin des Astres, n’étoit que le Zodiaque, dans la largeur +duquel elles sont comprises[19], le coupe obliquement pour incliner de +23 degrez environ 30 minuttes sur notre hémisphère du côté du +Septentrion, et sur l’autre du côté du Midi, ce qui fait la diversité +des saisons, qui sont dépendantes de l’approche et de l’éloignement du +Soleil à l’égard de chaque climat ou partie de la Terre. + + [19] Nous ne savons pourquoi Blegny fait d’_astre_ un mot féminin; il + fut toujours masculin. + +Le mouvement journalier du Soleil fait qu’il n’est pas toujours au même +endroit du Zodiaque, et que changeant de situation à l’égard des parties +de ce Cercle, il se trouve dans les douze mois de l’année sous les douze +signes qui font la division de ces mêmes parties chacune de 30 degrez. + +Ces signes sont généralement divisés en Méridionaux et Septentrionaux; +les premiers, au nombre de six, sont ainsi nommez et figurez: la Balance +♎︎, le Scorpion ♏︎, le Sagittaire ♐︎, le Capricorne ♑︎, le Verseau ♒︎, +les Poissons ♓︎. Le Soleil passe dans les trois premiers en automne, et +dans les trois derniers en hiver. + +Les derniers, pareillement au nombre de six, sont aussi désignez par les +noms et par les figures suivantes: à sçavoir le Bélier ♈︎, le Taureau +♉︎, les Gémeaux ♊︎, l’Écrevisse ♋︎, le Lion ♌︎, la Vierge ♍︎. Le Soleil +passe dans les trois premiers au printemps et dans les trois autres en +été. + +Ainsi, lorsque le Soleil paraît au Capricorne, qui est vers le 22 +décembre, nous entrons en hiver, dont le premier jour, étant le plus +court de l’année, fait ce qu’on nomme Solstice d’hiver, c’est-à-dire le +temps auquel le Soleil est plus éloigné de nous. + +L’accroissement des jours se faisant par degrez depuis le Solstice +d’hiver jusqu’environ le 20 mars, il arrive enfin que leur durée devient +égale à celle des nuits, égalité qu’on nomme Équinoxe et qui fait le +commencement du printemps, où l’on voit le Soleil au Bélier. + +Depuis ce premier Equinoxe, les jours s’augmentant par degrez, nous +arrivons enfin le 21 juin au plus long jour de l’année, c’est-à-dire au +Solstice d’été, où le Soleil entre dans le signe de l’Écrevisse. + +Puis les jours étant derechef dégénérez jusqu’à une juste égalité de +durée avec celle des nuits, nous arrivons enfin à l’Équinoxe d’Automne +vers le 22 septembre, où le Soleil entre au signe de la Balance, et d’où +les jours dégénèrent encore jusqu’à l’entrée de l’hiver. + +Pour représenter précisément dans la Sphère les diverses situations des +signes où commencent les Équinoxes, et de ceux où commencent les +Solstices, on y voit deux grands Cercles qu’on nomme les Colures, qui +passent comme le Méridien sur les deux pôles, et qui, étant placez en +distances égales, séparent le Globe en coupant le Zodiaque, où ils +marquent de la sorte les endroits où le Soleil détermine le changement +des saisons[20]. + + [20] Cette définition des _colures_ est assez juste. Ce sont, en + effet, deux grands cercles qui s’entrecoupent à angles droits aux + pôles, et qui passent: l’un, le _colure_ du solstice, par les points + solsticiaux, et l’autre, le _colure_ des équinoxes, par les points + équinoxiaux de l’écliptique, déterminant ainsi les quatre grandes + divisions, qui marquent les quatre saisons de l’année. Leur nom + vient de Κολος mutilé, et οὐρὰ queue, parce que, selon Proclus, + quelques-unes de leurs parties ne sont pas visibles à la vue. + +Si on se représente un Cercle vers chaque pôle et tous deux parallelles +à l’Équateur, c’est-à-dire en égales distances, on aura compris ce que +les Astronomes nomment à la partie Septentrionale du Monde, Tropique de +Cancer, et à la partie Méridionale, Tropique de Capricorne, qui sont les +termes de la déclinaison ou oblicuité de l’Écliptique; le surplus des +parties de l’Univers et de la Sphère qui le représente sont à mon avis +d’une trop médiocre considération pour l’idée générale que je me suis +proposé de donner. Je dois dire seulement que quand on se figure un +point qui répond perpendiculairement à notre tête, on le nomme +Zénith[21] ou point Vertical, et qu’on appelle Nadir[22], celuy qui luy +est directement opposé, et qui répond à nos pieds, ce qui sert à +l’explication de quelques phœnomènes. + + [21] Ce mot, qu’on écrivoit au moyen âge _Cenith_, vient de l’arabe + _Semt_ ou _Simet_, qui signifie chemin droit, point vertical. + + [22] Mot qui vient de l’arabe _nathir_, vis-à-vis. Il désigne le point + du ciel auquel aboutiroit une ligne verticale tirée du point où nous + sommes, et passant à travers le centre de la Terre. + + + + +REMARQUES + +SUR LE SYSTÊME PRÉCÉDENT ET SUR LES AUTRES SYSTÊMES DU MONDE. + + +Ce qu’on appelle systême dans l’Astronomie est une déduction précise des +principalles dispositions de l’Univers. + +Celuy dont je viens de donner l’idée est attribué à Ptolémée Égyptien. +Il a servi à la construction de la Sphère artificielle qui sert depuis +plusieurs siècles à démontrer cette science. Thico-Brahé, Danois, qui +s’étoit proposé de le réformer, ne jugea pas à propos de détruire +l’immobilité de la Terre et se contenta de supposer que le Soleil +tournoit autour d’elle, tandis que les autres Planettes tournoient +autour du Soleil, ce qui n’a eu qu’un petit nombre d’approbateurs[23]. + + [23] C’est là, en effet, à peu près tout le système de Tycho-Brahé, + qui vouloit ainsi concilier ensemble la Bible, Ptolémée et Copernic. + Il plaçoit le soleil au centre des mouvements des planètes qu’il + faisoit tourner avec lui autour de la Terre. L’idée de ce système + mixte avoit un instant été celle de Copernic. Lorsqu’il eut songé + qu’il seroit contraire à la simplicité de la nature de faire tourner + le centre commun des planètes autour d’un centre secondaire, il y + renonça. V. à ce sujet Montucla, _Hist. des Mathémat._, t. I, p. + 661. + +Il n’en a pas été ainsi d’un troisième système proposé par Copernic, +Allemand[24]: car, quoique celui-ci soit entièrement opposé à celuy de +Ptolémée qui est celuy même des Écoles, il n’a pas laissé que d’être +trouvé probable par quelques gens, qui se sont imaginez qu’il pouvoit +mieux servir que les autres à l’explication de ces Phœnomènes, dont on +doit la découverte aux grandes lunettes d’approche qui sont maintenant +en usage. + + [24] Dans l’édition précédente, p. 71, Blegny avoit dit avec plus de + raison: «Copernic polonois». Thorn, qui est situé sur la Vistule, à + quarante lieues de Varsovie, et qui n’appartient à la Prusse que + depuis 1815, étoit, en effet, sa ville natale. L’ouvrage où il + exposa son système parut pour la première fois à Nuremberg en 1543. + C’est un in-fol. qui porte ce titre: _De revolutionibus orbium + cœlestium_. Copernic avoit alors soixante-dix ans; il mourut + quelques mois après. + +Dans ce système, on suppose le Soleil au centre du Monde, on fait de la +Terre une Planette et on la fait tourner avec toutes les autres autour +du Soleil, du moins si on en excepte la Lune qu’on croit tourner +seulement autour de la Terre, comme si elle étoit enclavée dans son +Atmosphère, c’est-à-dire dans le tourbillon d’air dont elle est +environnée, ce qui fait que ces deux corps ne sont imaginez que dans un +même ciel, qu’on fait le troisième et qu’on fait précéder par conséquent +de celuy de Mercure que l’on croit être le premier; et de celuy de Vénus +qu’on dit être le deuxième; de même que le Ciel de Mars qui suit celuy +de la Terre est réputé le quatrième, et successivement ceux de Jupiter +et de Saturne qui font le cinquième et le sixième. Mais, outre que ce +systême n’est pas approuvé par l’Église[25], je feray voir bientôt dans +un traité à part que tout ce qu’on y propose est physiquement +impossible. + + [25] Le 5 mars 1616, la congrégation de l’Index avoit condamné _donec + corrigatur_, ce qui valoit moins, disoit Képler, que _donec + explicetur_, le livre de Copernic, comme «renfermant des idées + données pour très vraies sur la situation et le mouvement de la + Terre, idées entièrement contraires à la Sainte Écriture.» En 1633, + Galilée, qui les soutenoit, fut condamné avec elles par un arrêt du + Saint-Siège qui déconcerta la science et faillit arrêter ses + progrès. Descartes en fut si frappé qu’il écrivit au P. Mersenne, le + 22 juillet 1633, le 10 janvier et le 15 mars 1634, qu’il renonçoit à + publier ses ouvrages de philosophie. En décembre 1640, le courage ne + lui étoit pas revenu. Pascal, sans se décider, car on a trouvé dans + ses fragments de pensées cette phrase: «Je trouve bon qu’on + n’approfondisse pas l’opinion de Copernic», n’attaqua pas moins très + vivement les jésuites d’avoir provoqué à Rome la condamnation du + système: «Ce fut aussi en vain, dit-il dans sa 18e Provinciale, que + vous obtîntes contre Galilée un décret de Rome qui condamnoit son + opinion touchant le mouvement de la Terre. Ce ne sera pas cela qui + prouvera qu’elle demeure en repos; et si l’on avoit des observations + constantes qui prouvassent que c’est elle qui tourne, tous les + hommes ensemble ne l’empêcheroient pas de tourner, et ne + s’empêcheroient pas de tourner aussi avec elle.» Malebranche, dans + la _Recherche de la vérité_, liv. IV, ch. 12, douze ans après la + mort de Pascal, fut plus net. Après avoir rappelé le chapitre de la + Bible sur Josué arrêtant le soleil, le seul dont l’Église se fît une + arme contre Copernic, il osa dire que la foi n’est point intéressée + à ces choses «qui sont du ressort de la raison», et qu’il faut lui + laisser son partage. La condamnation du système n’en fut pas moins + maintenue, et cela presque jusqu’à nos jours. Lorsque, le 5 mai + 1829, l’on inaugura à Varsovie la statue de Copernic par + Thorwaldsen, le clergé s’y arma encore de l’arrêt de Rome pour + refuser son concours. + + + + +ABRÉGÉ + +DE LA SCIENCE DES TEMPS. + + +Le Temps, qui n’est proprement que la durée passée, présente et future +de l’Univers, a parmi les hommes des époques et des divisions qui +servent à mesurer la subsistance des estres périssables. Ces époques et +ces divisions sont ce qui forme le Calendrier, dans lequel les parties +du temps ne sont déterminées que respectivement aux mouvements du Soleil +à l’égard de la Terre ou, comme il faudroit dire avec Copernic, aux +mouvemens de la Terre à l’égard du Soleil, ce qui ne change rien dans le +fait. + +Ainsi, comme on suppose dans l’opinion commune que le Soleil est 365 +jours, 5 heures et environ 49 minutes à parcourir tout le Zodiaque, +c’est-à-dire à faire tout le tour de la Terre, par son mouvement annuel +on fait de cette espace de temps une mesure qu’on appelle année, et qui +sert, en la multipliant, à déterminer les plus longues durées des +choses, puisque de cent années on fait un siècle, et que l’idée de +plusieurs siècles passez renvoye notre imagination jusqu’au temps de la +création du Monde. + +Mais comme on sçait que chaque année commence le 1er janvier à minuit, +qu’elle finit le dernier décembre à la même heure, et que tout cet +espace de temps n’est justement que de 365 jours, on pourroit croire que +les 5 heures et les 49 minuttes[26] dont il vient d’être parlé, +détacheroient l’ordre des saisons de celui des années dans la succession +des temps, si je ne faisois remarquer ici qu’après trois années de 365 +jours on en fait une de 366 qui est appelée bissextile[27], et dont le +jour ajouté fait que février, qui n’a que 28 jours dans les autres, en a +29 dans celle-ci et encore qu’après 135 années on retranche un jour, +pour quelques minutes qu’il y a de moins sur ce jour ajouté[28]. + + [26] C’est ce qu’on appelle en Astronomie «le Quart de jour». + + [27] V. une des notes précédentes.--Nous ajouterons ici, pour fixer + mieux l’origine de cette division du temps, qu’il paroît avéré + aujourd’hui que 2000 ans avant notre ère, les Chinois avoient une + année commune de 365 jours, et qu’ils intercaloient un jour tous les + quatre ans. V. Claudius Saunier, _le Temps_, 1858, in-12, p. 60. + + [28] Lalande, dans son _Astronomie des Dames_, édit. de 1824, in-12, + p. 83, explique avec plus de détail, et d’après les calculs + définitifs, comment on retrouve, pour qu’il n’y ait pas de lacune, + les quelques minutes qui manquent au jour supplémentaire des années + bissextiles: «il s’en faut, dit-il, de onze minutes que le quart de + jour ne soit juste, et au bout de cent ans cette erreur s’accumule + de manière qu’on a ajouté presque un jour de trop; voilà pourquoi en + 1700, 1800 et 1900 l’année est commune au lieu d’être bissextile, + comme elle devroit l’être de quatre ans en quatre ans. Mais l’an + 2000 sera bissextile; on ne supprime que trois bissextiles en 400 + ans, parce que les onze minutes d’erreur n’en exigent pas davantage. + Voilà en abrégé, ajoute-t-il, toute la règle des années solaires, + suivant la réformation faite en 1582. Les années bissextiles sont + celles dont on peut prendre le quart, comme 84, 88, 92, etc., même + les années séculaires 1600, 2000, 2400.»--Lalande, après ces + explications, rappelle spirituellement la prière du Bourgeois + gentilhomme à son Maître de philosophie pour qu’il lui apprenne + l’Almanach (acte II, scène 6), et il ajoute: «Molière savoit que ce + n’étoit pas toujours une chose facile.» + +L’espace de temps dans lequel le Soleil, par son mouvement annuel, +parvient d’un solstice à l’autre, sert à diviser l’année en deux +semestres, de même que par les deux solstices et les deux équinoxes +ensembles, on la divise en quatre trimestres ou quartiers, et chacun de +ces trimestres en trois mois, chacun desquels est mesuré par le temps +que le Soleil employe dans ce même mouvement pour passer de l’un des +signes du Zodiaque dans un autre. + +J’ai déjà dit que le Soleil, par le mouvement du premier mobile, fait +tout le tour de la Terre en 24 heures; je dois dire maintenant que cet +espace de temps est ce qu’on nomme jour naturel, c’est-à-dire la trois +cent soixante et cinquième partie d’une année qui n’est point +bissextile, laquelle comprend ensemble le temps des ténèbres qu’on +appelle nuit, et celuy de la lumière qui est nommé jour artificiel. + +Il vient d’être remarqué que février n’a ordinairement que 28 jours et +au plus 29. Quelques autres en ont 30 et la plupart même jusqu’à 31. +Cela vient de ce que les mois qui n’étoient autrefois que lunaires, +c’est-à-dire réglez sur le mouvement rétrograde de la Lune, n’étoient +qu’environ de 29 jours; et que depuis, pour ajuster les mois au circuit +annuel du Soleil, Jules César ajouta dix jours à l’année[29], ce qui fit +en même temps l’accroissement et l’inégalité des mois. + + [29] C’est ce qu’à cause de lui on appela l’année julienne, dont nous + avons déjà parlé plus haut. La réforme dont elle fut le résultat + reposoit sur une base erronée, en ce qu’on y considérait comme + exacte une longueur de l’année de 10 minutes 8 secondes plus grande + qu’elle n’est réellement, ce qui formoit tous les cent trente-quatre + ans l’excédant d’un jour presque entier. Dès le XIe siècle, lorsque + les astronomes persans eurent déterminé la longueur de l’année avec + une précision telle que l’erreur ne fut plus que d’un jour en + plusieurs milliers d’années, on se préoccupa d’une nouvelle réforme, + mais il fallut plusieurs siècles, comme on le verra, pour qu’elle + aboutît. + +Cette inégalité et le nombre de 52 semaines qui se trouvent dans le +courant de chaque année fait voir qu’elles ne peuvent pas entrer dans +une division cathégorique des temps, puisqu’on ne peut pas diviser les +mois en un nombre certain de semaines, chaque semaine n’étant que de +sept jours; aussi ne doivent-elles être considérées que comme une +ordination ecclésiastique concernant le culte divin[30]; c’est pourquoi +après avoir montré qu’un siècle est composé de cent années, que chaque +année comprend deux semestres, chaque semestre deux quartiers, chaque +quartier trois mois, chaque mois un peu moins ou un peu plus de 30 +jours, et enfin chaque jour 24 heures, y compris les diurnes et les +nocturnes; il reste seulement à dire pour l’exacte division des mesures +du temps, que chaque heure est divisée en deux demies, chaque demie en +deux quarts, chaque quart en quinze minuttes, chaque minutte en 60 +secondes, chaque seconde en 60 tierces, etc. + + [30] C’est ce qu’elle est en effet depuis l’adoption, en 325, de la + réforme julienne par le Concile de Nicée, qui supposa que + l’intercalation de dix jours ordonnée par César faisoit exactement + coïncider la longueur de l’année astronomique avec celle de l’année + civile, et établit la concordance astronomique du calendrier avec le + mouvement du Soleil. + + + + +PRÉCISIONS + +CHRONOLOGIQUES ET HISTORIQUES DES TEMPS. + + +Ces précisions sont indifféremment et généralement nommées par les +Astronomes Ères, Epoques ou points fixes des temps; ce sont ou des +dattes permanentes retenues par un consentement universel, pour +déterminer le temps des grands évènements ou des nombres +révolutaires[31] qui ne sont pas d’un moindre usage pour la Cronologie +et pour l’Histoire. + + [31] Ce mot n’est plus admis par la science. + +A l’égard des dattes permanentes, on compte depuis le commencement du +monde jusqu’à présent 5,641 années; depuis le Déluge universel 3,185; +depuis la naissance de Jésus-Christ 1692; depuis sa mort 1659 et depuis +la réformation Grégorienne du Calendrier 110[32]. + + [32] La réformation grégorienne ou correction de l’intercalation + julienne doit son nom au pape Grégoire XIII, qui la décréta en 1582, + d’après les calculs de l’astronome italien Aloïsio Lilio. + +Pour ce qui est des nombres révolutaires, ils méritent chacun une +explication particulière; le plus considérable est celuy qu’on appelle +_Nombre d’or_, parce qu’il étoit autrefois marqué dans le Calendrier en +lettre d’or. Sa première année, qui étoit en dernier lieu la précédente +1691, étoit marquée par 1. Celle-ci, qui fait sa deuxième, étoit marquée +2 et ses dattes seront ainsi continuées pendant dix-neuf années selon +l’ordre naturel des nombres; en sorte que 1710 aura 19 pour nombre d’or +et que 1710 reviendra au premier nombre[33]. + + [33] L’explication de Lalande, p. 84, est plus claire: «Les _Nombres + d’or_, dit-il, sont une suite de 19 nombres qui répondent à 19 ans, + et indiquent successivement les années qui s’écoulent avant que la + nouvelle lune revienne au 1er janvier.» Ce n’est qu’un retour au + cycle de l’athénien Méton, que, sous Alexandre, Eudoxe avoit déjà + réformé d’après les livres des prêtres d’Égypte. Champollion-Figeac, + dans son _Résumé complet de Chronologie_, petit livre si curieux et + aujourd’hui si peu commun, ne croit pas non plus à l’exactitude des + calculs qui l’ont réglé, et par conséquent n’admet pas davantage la + régularité du cycle chrétien qui en dérive: «_Le nombre d’or_ se + rapporte, dit-il p. 161, à une concordance supposée de l’année + lunaire avec l’année solaire. Au moyen d’intercalations, on crut que + 19 années de chaque espèce avoient également 6939 jours, et qu’ainsi + les nouvelles lunes revenoient, pour chaque cycle de 19 ans, aux + mêmes jours et aux mêmes heures. La réformation grégorienne corrigea + les erreurs qui résultoient de cette fausse opinion. L’on y remédia + autant qu’on le put, mais ce cycle est encore imparfait.» + +Ce nombre révolutaire a été ainsi réglé pour déterminer précisément +l’espace de temps qui se doit écouler avant que la Lune se trouve dans +le point même où elle étoit à l’égard du Soleil lors de la première +datte de ce nombre, ce qui ne se peut faire, suivant les plus exacts +observateurs, qu’en dix-neuf années, à cause que l’année lunaire est +plus courte que l’année solaire, je veux dire que le temps des douze +lunes de l’année est moindre de onze jours que celuy du circuit annuel +du Soleil. + +Le cycle solaire est encore un nombre révolutaire qui est d’un grand +usage dans le Calendrier; il est nommé solaire parce qu’il règle la +lettre Dominicale, c’est-à-dire celle qui désigne le Dimanche, que les +Romains avaient consacré au Soleil. + +La lettre dominicale est toujours une des sept premières lettres de +l’alphabet, qu’on place dans le Calendrier suivant leur ordre naturel +pour marquer les sept jours de la Semaine; mais cet ordre, qui est +observé à l’égard des jours, ne l’est pas au respect des années, dans la +suite desquelles ces Lettres ne deviennent successivement dominicales +que par un ordre contraire et rétrograde, si bien qu’il suffit de +sçavoir qu’en 1691 la lettre G était Dominicale pour conclure que nous +avions A en 1690 et que nous aurons F cette année 1692, en sorte même +que la nécessité qu’il y a cette année bissextile de changer cette +lettre à cause du jour ajouté, n’interrompra point cet ordre rétrograde, +et par conséquent qu’après le 25 février la lettre Dominicale sera +D[34]. + + [34] Pour réparer le trouble apporté dans l’ordre des _Lettres + dominicales_ par l’intercalation d’un jour à la fin de février, on a + donné aux années de cette espèce deux _lettres dominicales_, l’une + du 1er janvier à la fin de février, l’autre pour le reste de + l’année. + +Pour ne rien dire qui demande une espèce d’étude, je ne m’expliquerai +pas sur les causes de cette rétrogradation, il suffit de dire ici que +son ordre fait une si considérable variété dans la distribution de ses +sept premières lettres, qu’elles ne se retrouvent dans le premier +arrangement du sicle solaire qu’après 28 années, qui font le juste terme +de sa révolution. + +On marque l’Indiction romaine dans le Calendrier, parce qu’elle est de +quelque utilité pour l’intelligence de l’histoire des derniers siècles. +Elle ne sert que pour diviser la suite des années par quinze; ainsi +comme cette année est la quinzième de l’indiction, on recommencera à la +compter l’année suivante par le premier ordre[35]. + + [35] L’_Indiction_, révolution de quinze années, dont la première, + marquée I, est un des trois cycles de la période julienne. C’est une + division par quinzaines de toute la série des années, depuis la + première de l’ère chrétienne. Elle est encore en usage dans les + bulles du Saint-Siège. + +A l’égard de l’Épacte, il en sera parlé dans l’article suivant en +expliquant les Lunaisons. + + + + +ÉPACTE ET LUNAISONS. + + +On appelle Épacte un certain nombre par lequel, sans almanach, on trouve +le temps de la Lune[36]. Pour s’en asseurer, il faut chaque année +ajouter onze à l’Épacte de l’année précédente, et prendre pour Épacte le +produit de cette addition, pourveu néanmoins qu’il n’excède pas le +nombre de trente: car quand cela arrive de la sorte, on prend seulement +pour Épacte ce qui est au-dessus de ce nombre, ce qui se pratique +constamment de la même sorte jusqu’au terme révolutaire du nombre d’or, +après lequel on recommence à compter l’Épacte par le premier nombre; et +c’est ce qu’on a fait l’année précédente 1691, en sorte que dans la +présente année 1692 nous aurons le nombre 12 pour Épacte. + + [36] L’Épacte est la différence en jours, heures, minutes et secondes + qui existe entre une révolution solaire et douze révolutions + lunaires. On appelle cycle des épactes un espace de trente années, + après lequel les épactes reviennent à peu près dans le même ordre. + V. à ce sujet la _Métrologie_ de Saigey. Les épactes, suivant + Champollion-Figeac, sont «un moyen chronologique pour vérifier la + certitude des dates du moyen âge». _Résumé de chronologie_, p. 160. + +Lors donc qu’on veut sçavoir par l’Épacte en quel temps on est de la +Lune, il faut additionner le nombre de l’Épacte, le quantième du mois +courant, et le nombre des mois dont il a été précédé depuis celuy de +Mars; par exemple, si je veux savoir en quel temps de la Lune je serai +le 4 juillet, je dirai: 4 du mois joint à 12 d’Epacte font 16 et 4 pour +les mois de mars, avril, mai et juin font vingt, et par conséquent le 4 +juillet je serai au 20 de la Lune, ce qui n’est pas néanmoins si juste +qu’on ne s’y puisse tromper d’un jour ou d’un jour et demi. + +On appelle Lunaison le temps du mouvement propre de la Lune[37], +c’est-à-dire celuy dans lequel on voit commencer et finir le circuit +qu’elle fait autour de la Terre dans l’espace de 29 jours, 12 heures, 3 +quarts et un peu plus. + + [37] C’est le temps qui s’écoule depuis le commencement de la nouvelle + lune jusqu’à la fin du dernier quartier. Pour les paysans, les + lunaisons règlent le temps, pour les marins de même, qui appellent, + par exemple, «lunaison de vent» l’espace de temps--quinze jours + environ--pendant lequel le même vent souffle. Le principal savoir + des vieux magisters de village étoit de les bien connoître, ce qui a + fait dire au poète de _L’Homme des Champs_, chant Ier, p. 63, 1re + édit., à propos du magister qu’il y met en scène: + + . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . + Connoît _les lunaisons_, prophétise l’orage, + Et même du latin jadis eut quelque usage. + + Sur les lunaisons, et principalement sur la fameuse doctrine du + général Bugeaud, déjà pressentie dans les _Géorgiques_ de Virgile, + V. _Le Vieux-Neuf_, 2e édit., t. III, p. 555, note. + +On divise chacune des douze lunaisons de l’année en quatre parties. Le +commencement de la première s’appelle nouvelle Lune, dans lequel elle se +trouve en conjonction avec le Soleil, c’est-à-dire située dans un même +point du Ciel. Le second se nomme premier quartier, lors duquel il y a +entre elle et le Soleil un quart du Ciel. Le troisième est nommé pleine +Lune, lorsqu’étant opposée au Soleil, il y a la moitié du Ciel entre les +deux. Et le quatrième fait le dernier quartier, dont le premier jour est +le milieu de sa déclinaison. + + + + +JEUNES ET SOLEMNITEZ. + + +Par rapport aux institutions ecclésiastiques, les jours peuvent être +généralement divisez en jours libres et en jours prescrits. + +Les jours libres sont ceux dans lesquels on peut user indistinctement de +toutes sortes d’aliments, et s’occuper indifféremment à toutes espèces +de négociations et de travaux. + +Les jours prescrits sont ceux qui sont ordonnez pour les jeûnes et pour +les solemnitez. Dans les uns les viandes grasses sont prohibées, dans +les autres il faut s’abstenir du travail pour vaquer plus assiduement au +culte divin. + +De même qu’il y a des jeûnes et des solemnitez fixes dans le Calendrier, +il y en a aussi de mobiles qui changent chaque année par rapport à leurs +dattes et on peut dire même que les Dimanches sont des fêtes d’une +troisième espèce qu’on peut appeler mixtes: car si d’un côté ils peuvent +être considérés comme fixes, en cela qu’ils sont toujours solemnisez le +premier jour de la semaine, ils ont d’ailleurs ceci de commun avec les +Fêtes mobiles qu’ils changent de dattes chaque année, d’où vient qu’on +est obligé de les désigner dans le Calendrier par la lettre Dominicale, +à la différence des autres fêtes qui sont seulement désignées par des +lettres italiques, de même que les jours de jeûne. + +La plus grande fête des chrétiens est celle de Pâques, qui est d’autant +plus considérable entre les Fêtes mobiles que c’est elle qui règle +toutes les autres[38], aussi bien que les jeûnes qui sont assujettis au +changement de dattes; c’est pourquoi, quand on sçait le jour de sa +célébration pour une certaine année, on peut sçavoir en quoi le +Calendrier de cette année là peut être différent de celuy de l’année +précédente, y ayant toujours le même nombre de jours entre deux jeûnes +ou deux fêtes mobiles. + + [38] Champollion-Figeac dit à peu près de même p. 161: «On s’est + surtout proposé parmi les Chrétiens de régler la célébration de la + Pâque, de laquelle dépendent les jours de toutes les autres fêtes + mobiles.» + +Le Concile de Nicée[39] qui, entre autres choses, fut assemblé pour +régler la fête de Pâques, ordonna qu’elle seroit célébrée le premier +Dimanche d’après le 14e jour de la Lune du premier mois; en sorte +néanmoins que ce 14e jour de la Lune se trouvant être au Dimanche, elle +fut remise au Dimanche suivant, et déclara que par ce premier mois on +devoit entendre celuy dont la 14e lune tomboit au jour de l’Équinoxe du +Printemps ou immédiatement après[40]. + + [39] Nous avons, à propos de la réforme julienne qu’il adopta, parlé + déjà de ce Concile qui se tint en l’année 325. + + [40] Il sera plus clair de dire, avec M. Legoarant, qu’il fut décidé + par le Concile que Pâques seroit toujours célébré le premier + dimanche d’après la pleine Lune qui suit l’équinoxe de Printemps, + c’est-à-dire le 21 mars. «Pâques ne peut ainsi, dit-il, se trouver + plus tôt que le 22 mars, ou plus tard que le 25 avril.» + +Quelqu’un pourrait souhaiter une plus ample explication de cette +doctrine; mais, comme je l’ai déjà dit, ce n’est pas ici un livre de +science, c’est seulement un Manuel dans lequel on ne doit trouver que +l’effet de la science, c’est-à-dire une réduction précise des utilitez +qu’elle peut fournir; c’est pourquoi j’estime qu’il suffira de marquer +ici suivant la coutume les dattes des Jeûnes et des Fêtes mobiles. + +La Septuagésime, qui est le dixième Dimanche d’avant Pâques, et qui sert +à l’ordre des prières ecclésiastiques, sera cette année le 3 février. +Les Cendres, qui est le premier jour de Carême, le 20 du même mois, +Pâques le 6 avril, les Rogations le 12, l’Ascension le 15 et la +Pentecôte le 25 May, la Trinité le 1er et la Fête-Dieu le 5 juin, et le +premier Dimanche de l’Avent le 30 novembre. + +A l’égard des Quatre-Temps, en chacun desquels l’Eglise a ordonné trois +jours de jeûne, ils seront cette année en Mars les 26, 28 et 29, et en +May les 28, 30 et 31, en Septembre les 17, 19 et 20, et en Décembre les +mêmes jours. + +Les Vigiles des Fêtes mobiles, aussi bien que des autres, sont marquées +dans le Calendrier. + +Il est bon de dire ici que par le respect qu’on doit à la Fête de Pâques +et à celle de Noël, l’Eglise défend les noces depuis le jour des Cendres +jusqu’au premier Dimanche d’après Pâques qu’on nomme Quasimodo, et +depuis le premier jour de l’Avent jusqu’aux Rois. + + +JANVIER + +Ainsi nommé à cause du dieu Janus à qui son premier jour avoit été +consacré par les Romains. + + 1 Mardi La Circoncision + 2 Mercredi S. Ulric + 3 Jeudi Ste Geneviève + 4 Vendredi S. Tite év. + 5 Samedi S. Siméon + 6 _Dimanche_ _Les Rois_ + 7 Lundi Prem. Noc. + 8 Mardi S. Lucien + 9 Mercredi S. Julien + 10 Jeudi S. Guill. + 11 Vendredi S. Théod. + 12 Samedi S. Paul H. + 13 _Dimanche_ S. Hilaire + 14 Lundi S. N. de J. + 15 Mardi S. Maur + 16 Mercredi S. Marcel + 17 Jeudi S. Antoine + 18 Vendredi Ch. S. P. + 19 Samedi S. Denis P. + 20 _Dimanche_ S. Sébastien + 21 Lundi Ste Agnès + 22 Mardi S. Vincent + 23 Mercredi S. Emer + 24 Jeudi S. Timothée + 25 Vendredi Conv. S. Paul + 26 Samedi S. Polycarpe + 27 _Dimanche_ S. J. Chr. + 28 Lundi S. Charles + 29 Mardi S. Fr. de S. + 30 Mercredi Ste Batilde + 31 Jeudi S. Pierre N. + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois le jour qui sera de 8 heures 12 minuttes paraîtra +à 5 heures un quart 9 minuttes. + +La nuit qui sera de 15 heures 3 quarts 2 minuttes terminera le jour à 6 +h. 7 minuttes. + +Le Soleil qui entrera au 0 degré 37 minuttes du Capricorne et qui +déclinera au midi de 19 degrez 3 minuttes se lèvera à 7 heures 3 quarts +14 minuttes et se couchera à 4 heures 7 minuttes. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 8 h. un quart 10 m. paroîtra à 5 +h. 49 m. + +La nuit qui sera de 15 h. et demi 3 m. terminera le jour à 6 h. 12 +minuttes. + +Le Soleil qui entrera au 19 degré 9 min. du Capricorne et qui déclinera +au midi de 19 degrez 49 m. se lèvera à 7 h. 3 quarts 9 minuttes et se +couchera à 4 heures 10 minuttes. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 8 h. et demi paroîtra à 5 h. et +demi 11 minuttes. + +La nuit qui sera de 15 h. un quart 3 m. terminera le jour à 6 h. 1 quart +4 minuttes. + +Le Soleil qui entrera au 10 degré 16 min. du Verseau et qui déclinera au +midi de 18 degrez 10 m. se lèvera à 7 h. 3 quarts moins 4 m. et se +couchera à 4 h. 1 quart 6 m. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +🌑︎ Pleine lune le 4 de ce mois à 3 h. 9 minuttes du matin. + +Temps couvert et nuageux, puis serain et tempéré par les vents du +couchant, et derechef chargé de brouillard. + + * * * * * + +☾︎ Dernier quartier le 10 à 4 h. 39 min. du soir. + +Obscurité de l’air, brouillard et neige fondue pendant le jour à cause +du vent du nord, et quelque sérénité la nuit à cause des vents du midi +qui soufleront alternativement avec ceux là. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle lune le 18 à 10 h. 12 min. du matin. + +Apparence de gelée et ensuite temps variable et matinées sombres, +froides et humides, avec quelques neiges et pluies. + + * * * * * + +☽︎ Premier quartier le 26 à midi et demi 18 min. + +Temps venteux, inconstant et le plus souvent couvert, avec pluies, +neiges, gresil et frimais. + + +FÉVRIER + +Nom qui vient de Februare, qui signifie expier, à cause que le premier +jour de ce mois les Romains offroient des sacrifices d’expiation pour +les Morts. + + 1 Vendredi S. Ignace + 2 Samedi _Purification_ + 3 _Dimanche_ _Septuagésime_ + 4 Lundi S. Gilbert + 5 Mardi Ste Agathe + 6 Mercredi Ste Dorot. + 7 Jeudi S. Romual + 8 Vendredi S. Paul év. + 9 Samedi Ste Apoll. + 10 _Dimanche_ _Sexagésime_ + 11 Lundi S. Severin + 12 Mardi Ste Eulalie + 13 Mercredi S. Polyc. + 14 Jeudi S. Valent. + 15 Vendredi S. Faustin + 16 Samedi S. Lucian + 17 _Dimanche_ _Quinquag_. + 18 Lundi S. Siméon + 19 Mardi _Mardy gras_ + 20 Mercredi _Les Cendres_ + 21 Jeudi 29 Mart. + 22 Vendredi Chair S. P. + 23 Samedi _Vigile_ + 24 _Dimanche_ _Quadrag._ + 25 Lundi _S. Mathias_ + 26 Mardi S. Alexis + 27 Mercredi _4 Temps_ + 28 Jeudi S. Firmin + 29 Vendredi _S. Aven._ + +Epacte XII + +Lett. Dom. F E + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois, le jour qui sera de 9 h. un quart paroîtra à 5 h. +un quart 13 minuttes. + +La nuit qui sera de 14 heures 3 quarts terminera le jour à 6 h. et demi +2 minuttes. + +Le Soleil qui entrera au 13 degré 9 min. du Verseau et qui déclinera au +midi de 17 degrez 15 m. se lèvera à 7 h. un quart 8 m. et se couchera à +4 h. et demi 7 min. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 9 h. 43 m. paroîtra à 5 h. 1 quart +1 m. + +La nuit qui sera de 14 h. 14 m. terminera le jour à 6 h. et demi 14 m. + +Le Soleil qui sera au 21 degré 35 m. du Verseau et qui déclinera au midi +de 14 degrez 33 min. se lèvera à 7 h. 9 m. et se couchera à 4 h. 3 +quarts 6 m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 10 h. 1 quart 1 m. paroîtra à 5 h. +2 m. + +La nuit qui sera de 13 h. et demi 14 m. terminera le jour à 6 h. 3 +quarts 13 m. + +Le Soleil qui sera au 1er degré 40 m. des Poissons et qui déclinera au +midi de 10 degrez 49 m. se lèvera à 6 h. 3 quarts 7 m. et se couchera à +5 h. 8 m. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +🌑︎ Pleine Lune le 2 à 2 h. 40 m. après midi. + +Froid humide avec pluyes et neiges, principalement la nuit et le matin, +les jours étant plus tempérés par les vents du Midi. + + * * * * * + +☾︎ Dernier quartier le 9 à 5 h. 44 m. du matin. + +Temps serain, puis venteux et ensuite couvert avec quelques neiges et +brouillards. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 17 à 10 h. 40 m. du soir. + +Nuages et sérénité par intervales avec apparence de gelée, et ensuite +brouillard le matin, pluyes et neiges fondues. + + * * * * * + +☽︎ Premier Quartier le 24 à 6 h. 26 m. du matin. + +Temps venteux, nuageux et variable et ensuite quelque apparence de beau +temps. + + +MARS + +Ainsi nommé à cause du dieu Mars supposé père de Romulus, auquel il +avait été consacré comme premier mois de l’année. + + 1 Samedi S. Aubin + 2 _Dimanche_ _Reminisc._ + 3 Lundi S. Martin + 4 Mardi S. Casim. + 5 Mercredi S. Phocas + 6 Jeudi Ste Cole. + 7 Vendredi S. I. d’A. + 8 Samedi S. I. de D. + 9 _Dimanche_ _Oculi_ + 10 Lundi 40 Mart. + 11 Mardi Ste Mar. + 12 Mercredi S. Soter. + 13 Jeudi Ste Eufras. + 14 Vendredi S. Lubli + 15 Samedi Ste Mar. + 16 _Dimanche_ _Lætare_ + 17 Lundi S. Patr. + 18 Mardi S. Cyril + 19 Mercredi S. Joseph + 20 Jeudi S. Joachim + 21 Vendredi S. Leno. + 22 Samedi S. Theo. + 23 _Dimanche_ _Judica_ + 24 Lundi S. Gabr. + 25 Mardi _An. N.-D._ + 26 Mercredi Ste Victo. + 27 Jeudi S. J. d’E. + 28 Vendredi S. Gont. + 29 Samedi S. Rufe. + 30 _Dimanche_ _S. Paupin_ + 31 Lundi Ste Balbe + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois, le jour qui sera de 10 h. 5 m. paroîtra à 4 h. 3 +quarts. + +La nuit qui sera de 13 h. 9 m. terminera le jour à 7 h. 1 quart 1 m. + +Le Soleil qui entrera au 10 degré 42 m. des Poissons et qui déclinera au +midi de 7 degrez 22 m. se lèvera à 6 h. et demi 4 m. et se couchera à 5 +h. 1 quart 11 minuttes. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 11 h. 1 quart 9 min. paroîtra à 4 +h. 14 m. + +La nuit qui sera de 12 h. et demi 6 m. terminera le jour à 7 h. et demi +2 m. + +La Soleil qui entrera au 19 degré 39 m. des Poissons et qui déclinera au +midi de 3 degrez 59 m. se lèvera à 6 h. 1 quart 3 m. et se couchera à 5 +h. et demi 12 m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 12 h. paroîtra à 4 h. 7 m. + +La nuit qui sera aussi de 12 h. terminera le jour à 7 h. 3 quarts 9 m. + +Le Soleil qui entrera au 29 degré 33 m. des Poissons et qui déclinera au +midi de 4 m. se lèvera à 6 h. et se couchera le jour à pareille heure. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +🌑︎ Pleine Lune le 3 à 5 h. 8 m. du matin. + +Temps inconstant, quelquefois serain et plus souvent couvert, nuageux et +pluvieux. + + * * * * * + +☾︎ Dernier Quartier le 9 à 7 h. 40 m. du soir. + +Apparence de beau temps, puis vents humides, et souvent brouillard le +matin. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 7 à 10 h. 40 m. du soir. + +Temps sombre et nuageux suivi de grands vents qui commenceront la +sérénité, mais quelquefois interrompue par de petites pluyes. + + * * * * * + +☽︎ Premier Quartier le 25 à 1 h. 52 m. après midi. + +Froid qui sera bientôt suivi de grandes humidités et de nuages. + + +AVRIL + +D’Aperire qui signifie ouvrir, le germe des plantes commençant dans ce +mois à ouvrir le sein de la terre. + + 1 Mardi Ste M. Eg. + 2 Mercredi S. François de P. + 5 Jeudi S. Rich. + 4 Vendredi _Vendredi-Saint._ + 5 Samedi S. Vine F. + 6 _Dimanche_ _Pasques_ + 7 Lundi S. Epiph. + 8 Mardi S. Perpet. + 9 Mercredi S. Hugu. + 10 Jeudi S. Panc. + 11 Vendredi S. Léon + 12 Samedi S. Zenon + 13 _Dimanche_ _Quasimodo_ + 14 Lundi _Noces_ + 15 Mardi S. Basil. + 16 Mercredi S. Pater. + 17 Jeudi S. Theo. + 18 Vendredi S. Proco. + 19 Samedi S. Hege. + 20 _Dimanche_ S. Elut. + 21 Lundi S. Anselme + 22 Mardi Ste Opp. + 23 Mercredi S. George + 24 Jeudi S. George + 25 Vendredi S. Marcé. + 26 Samedi S. Robe. + 27 _Dimanche_ S. Anti. + 28 Lundi S. Vital + 29 Mardi S. Calix + 30 Mercredi S. Eutr. + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois, le jour qui sera de 12 h. 40 m. paroîtra à 3 h. +et demi 12 minuttes. + +La nuit qui sera de 11 heures 10 minuttes terminera le jour à 11 h. 1 +quart 3 m. + +Le Soleil qui entrera au 11 degré 21 du Bellier et qui déclinera de 4 +degrez 22 m. se lèvera à 5 h. et demi 8 m. et se couchera à 6 h. 1 quart +7 m. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 13 h. 1 quart 1 m. paroîtra à 4 h. +48 m. + +La nuit qui sera de 10 heures 3 quarts terminera le jour à 9 h. 11 m. + +Le Soleil qui entrera au 20 degré 9 m. du Bellier et qui déclinera au +nord de 7 degrez 51 m. se lèvera à 5 h. 1 quart 7 min. et se couchera à +6 heures et demi 9 m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 13 h. 3 quarts 10 m. paroîtra à 2 +h. 3 quarts 10 m. + +La nuit qui sera de 10 heures 7 m. terminera le jour à 9 heures 6 m. + +Le Soleil qui entrera au 19 degré 52 m. du Bellier et qui déclinera au +nord de 11 degrez 31 m. se lèvera à 5 h. 3 m. et se couchera à 6 h. 3 +quarts 12 m. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +🌑︎ Pleine Lune le 1 à 9 h. 3 m. du matin. + +Temps agréable mais de peu de durée, car il se couvrira encore de nuages +épais, après quoy nous aurons quelque sérénité. + + * * * * * + +☾︎ Dernier Quartier le 8 à midi et demi 2 m. + +Nuages et brouillards, puis beau temps, interrompu par quelques +brouines. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 16 à 3 h. 16 m. après midi. + +Renouvellement de beau temps mais un peu froid pour la saison, puis +nuageux et venteux. + + * * * * * + +☽︎ Premier Quartier le 30 à 5 h. 59 m. après midi. + +Temps couvert, puis grands vents qui amèneront de la sérénité. + + +MAY + +De Majores, surnom des anciens citoiens romains à qui Romulus avoit +consacré ce mois. + + 1 Jeudi S. I. S. Ph. + 2 Vendredi S. Athanase + 3 Samedi Inv. de la Ste Croix + 4 _Dimanche_ Ste Monique + 5 Lundi S. Godart + 6 Mardi S. I. P. L. + 7 Mercredi S. Stanislas + 8 Jeudi Apo. S. M. + 9 Vendredi Tr. S. Nic. + 10 Samedi S. Gord. + 11 _Dimanche_ S. Mam. + 12 Lundi _Rogations_ + 13 Mardi St Servais + 14 Mercredi S. Boniface. + 15 Jeudi Ascension + 16 Vendredi S. Honoré + 17 Samedi Ste Rest. + 18 _Dimanche_ S. Venant + 19 Lundi S. P. Cel. + 20 Mardi S. Bernard + 21 Mercredi S. Gabriel + 22 Jeudi Ste Hélène + 23 Vendredi Ste Julienne + 24 Samedi _Vigile_ + 25 _Dimanche_ Pentecostes + 26 Lundi S. Ph. N. + 27 Mardi S. Ildevert + 28 Mercredi _4 Temps_ + 29 Jeudi S. Max. + 30 Vendredi S. Félix + 31 Samedi Ste Petr. + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois, le jour qui sera de 14 h. paroîtra à 1 h. 1 quart +13 m. + +La nuit qui sera de 9 h. 10 m. terminera le jour à 9 h. et demi 4 m. + +Le Soleil qui sera au 20 degré 19 m. du Taureau et qui déclinera au nord +de 15 degrez 10 m. se lèvera à 4 h. 3 quarts 3 minuttes et se couchera à +7 h. 12 m. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 14 h. 3 quarts 12 m. paroîtra à 2 +h. 3 m. + +La nuit qui sera de 9 h. 9 m. terminera le jour à 9 h. 3 quarts 14 m. + +Le Soleil qui sera au 19 degré 8 m. du Taureau et qui déclinera au nord +de 17 degrez 30 m. se lèvera à 4 h. et demi 4 m. et se couchera à 7 h. +un quart 7 m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 15 h. 10 m. paroîtra à 1 h. et +demi après minuit. + +La nuit qui sera de 8 heures 3 quarts 6 m. terminera le jour à 10 h. 1 +quart 3 m. + +Le Soleil qui sera au 28 degré 12 m. du Taureau et qui déclinera au nord +de 19 degrez 58 min. se lèvera à 4 h. et demi 5 m. et se couchera à 7 +heures un quart 10 minuttes. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +☾︎ Dernier Quartier le 8 à 4 h. 16 min. du matin. + +Beau temps, puis vent froid mais agréable qui sera suivi de rosées +abondantes. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 16 à 5 h. 58 m. du matin. + +Obscuritez et nuages suivis de quelques pluies et après d’une agréable +sérénité. + + * * * * * + +☽︎ Premier quartier le 21 à 8 h. 58 m. du matin. + +Continuation de beau temps dont le calme sera à la fin troublé par de +grands vents. + + * * * * * + +🌑︎ Pleine Lune le 30 à 4 h. 1 m. du matin. + +Temps pluvieux et obscur qui s’éclaircira par un vent modéré de peu de +durée. + + +JUIN + +De Juniores, surnom de la jeunesse romaine à qui ce mois fut consacré +par Romulus. + + 1 _Dimanche_ _La Trinité_ + 2 Lundi S. Marce. + 3 Mardi Ste Clo. + 4 Mercredi S. Optat. + 5 Jeudi _Feste de D._ + 6 Vendredi S. Claude + 7 Samedi S. Gilles + 8 _Dimanche_ S. Médard + 9 Lundi S. Prime + 10 Mardi S. Laud + 11 Mercredi S. Barnabé + 12 Jeudi _Oct. F. D._ + 13 Vendredi S. A. de P. + 14 Samedi S. Basile + 15 _Dimanche_ S. Modeste + 16 Lundi S. Cyr + 17 Mardi S. Guy + 18 Mercredi Ste Mar. + 19 Jeudi S. G. S. P. + 20 Vendredi S. Sylv. + 21 Samedi S. Levir. + 22 _Dimanche_ S. Paulin. + 23 Lundi _Vigile_ + 24 Mardi N. S. I. B. + 25 Mercredi Tr. S. El. + 26 Jeudi S. I. S. P. + 27 Vendredi S. Ladis. + 28 Samedi _Vigile_ + 29 _Dimanche_ S. P. S. P. + 30 Lundi S. Martial + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois, le jour qui sera de 15 h. et demi 2 m. paraîtra à +5 h. 6 minuttes après minuit. + +La nuit qui sera de 8 h. 1 quart 3 m. terminera le jour à 7 heures 4 m. + +Le Soleil qui sera au 7 degré 8 m. des Gemeaux et qui déclinera au nord +de 2 degrez 59 minuttes se lèvera à 4 h. 9 m. et se couchera à 7 h. 3 +quarts 6 m. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 15 h. 51 m. paroîtra à minuit 10 +m. + +La nuit qui sera de 8 h. 9 m. terminera le jour à 7 h. 3 quarts 7 m. + +Le Soleil qui sera au 18 degré 42 m. des Gemeaux et qui déclinera au +nord de 23 degrez 2 m. se lèvera à 4 h. 3 m. et se couchera à 7 h. 3 +quarts 12 m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 15 h. 3 quarts 14 m. ne sera pas +exactement terminé par la nuit, y ayant pendant toutes les 24 h. du jour +naturel un peu de lumière sur l’horison. + +Le Soleil qui sera au 28 degré 23 m. des Gemeaux et qui déclinera au +nord de 23 degrez 29 m. se lèvera à 4 h. 1 m. et se couchera à 8 h. +moins 1 m. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +☾︎ Dernier Quartier le 6 à 9 h. 19 m. du soir. + +Beau temps, puis venteux avec quelques orages et éclairs. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 14 à 4 h. 58 m. après midi. + +Apparence de beau temps qui sera changée peu après par des nuages, +pluyes et tonnerre. + + * * * * * + +☽︎ Premier Quartier le 21 à midi et demi 7 m. + +Temps agréable avec chaleur, puis ensuite venteux et nuageux. + + * * * * * + +🌑︎ Pleine Lune le 28 à 2 h. 32 m. après midi. + +Nuages épais, auxquels succédera une agréable sérénité. + + +JUILLET + +Ainsi nommé pour honorer la naissance de Jules César, à qui il fut +consacré. + + 1 Mardi S. Thiba. + 2 Mercredi V. N. D. + 3 Jeudi S. Anato + 4 Vendredi Tr. S. Ma. + 5 Samedi Ste Elisa. + 6 _Dimanche_ Ste Lucie + 7 Lundi S. Marc + 8 Mardi S. Tholar. + 9 Mercredi S. Thibaut + 10 Jeudi 7 fr. Mart. + 11 Vendredi S. Benoist + 12 Samedi S. Prix + 13 _Dimanche_ S. Tutia. + 14 Lundi S. Bonav. + 15 Mardi S. Henry + 16 Mercredi N.-D. M. C. + 17 Jeudi S. Alexis + 18 Vendredi S. Clair + 19 Samedi S. Arsène + 20 _Dimanche_ Ste Marg. + 21 Lundi S. Victor + 22 Mardi Ste Made. + 23 Mercredi S. Apos. + 24 Jeudi _Jours canic._ + 25 Vendredi S. Iac. S. C. + 26 Samedi Tr. S. Mar. + 27 _Dimanche_ S. Pantal. + 28 Lundi Ste Anne + 29 Mardi S. Matth. + 30 Mercredi S. Abdon. + 31 Jeudi S. Germ. + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois le jour qui sera de 15 h. 3 quarts 6 m. paroîtra à +1 quart 7 min. après minuit. + +La nuit qui sera de 8 h. 8 m. terminera le jour à 7 h. et demi 9 m. + +Le Soleil qui sera au 8 degré 8 m. du Cancer et qui déclinera au nord de +13 degrez 12 m. se lèvera à 4 h. 4 m. et se couchera à 7 h. 3 quarts 7 +m. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 15 h. et demi 10 m. paroîtra à 3 +quarts 12 m. + +La nuit qui sera de 8 heures 1 quart 6 m. terminera le jour à 7 h. 4 m. + +Le Soleil qui sera au 17 degré 12 m. du Cancer et qui déclinera au nord +de 22 degrez 20 m. se lèvera à 4 h. 10 m. et se couchera à 8 h. 3 quarts +5 m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 15 h. 1 quart 5 m. paroîtra à 1 +heure et demi après minuit. + +La nuit qui sera de 8 h. et demi 8 min. terminera le jour à 10 h. et +demi 2 m. + +Le Soleil qui sera au 26 degré 44 du Cancer et qui déclinera au nord de +20 degrez 49 m. se lèvera à 4 h. 1 quart 5 m. et se couchera à 7 h. et +demi 10 m. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +☾︎ Dernier Quartier le 6 à 2 h. 14 m. après midi. + +Continuation de beau temps, puis apparence d’orage qui se dissipera. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 14 à 4 h. 35 m. du matin. + +Temps couvert, puis orage, tonnerre et pluie en abondance. + + * * * * * + +☽︎ Premier Quartier le 18 à 7 h. 56 m. du matin. + +Nuages et sérénité par intervalle et quelquefois avec vents humides. + + * * * * * + +🌑︎ Pleine Lune le 28 à 3 h. 19 m. du matin. + +Beau temps, mais qui ne sera pas de longue durée: car le ciel se +couvrira bientôt après de nuages. + + +AOUST + +D’Augustus, ainsi nommé pour honorer César par la fin des guerres +civiles. + + 1 Vendredi S. P. es L. + 2 Samedi N. D. An. + 3 _Dimanche_ Inv. S. Est. + 4 Lundi S. Domin. + 5 Mardi N. D. N. + 6 Mercredi Tr. N. S. + 7 Jeudi S. Albert + 8 Vendredi S. Cyriaq. + 9 Samedi _Vigile_ + 10 _Dimanche_ _S. Laurent_ + 11 Lundi S. Tibur. + 12 Mardi Ste Claire + 13 Mercredi S. Hypol. + 14 Jeudi _Vigile_ + 15 Vendredi Ass. N. D. + 16 Samedi S. Roch + 17 _Dimanche_ S. Iliac + 18 Lundi Ste Jame + 19 Mardi S. Eusèbe + 20 Mercredi S. Bern. + 21 Jeudi Ste Rad. + 22 Vendredi S. Simp. + 23 Samedi S. Zach. + 24 _Dimanche_ _S. Barth._ + 25 Lundi _S. Louis_ + 26 Mardi _fin des J. C._ + 27 Mercredi S. Sulpice + 28 Jeudi S. Augustin + 29 Vendredi Déc. S. I. + 30 Samedi S. Fiacre. + 31 _Dimanche_ S. Mederic + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois, le jour qui sera de 15 heures 54 m. paroîtra à 2 +h. 4 m. + +La nuit qui sera de 9 h. 6 m. terminera le jour à 8 h. 3 quarts 13 m. + +Le Soleil qui sera au 8 degré 13 m. du Lion et qui déclinera au nord de +18 degrez 4 m. se lèvera à 4 h. et demi 4 m. et se couchera à 7 h. 1 +quart 11 m. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 14 h. 1 quart 8 minuttes paroîtra +à 2 h. et demi. + +La nuit qui sera de 9 h. et demi 7 m. terminera le jour à 9 h. et demi 1 +min. + +Le Soleil qui sera au 16 degré 48 m. du Lion et qui déclinera au nord de +15 degrez 40 m. se lèvera à 4 h. 3 quarts 3 m. et se couchera à 7 h. 13 +m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 13 h. 3 quarts 9 m. paroîtra à 2 +h. 3 quarts 3 m. + +La nuit qui sera de 9 h. 6 m. terminera le jour à 9 heures 6 minuttes. + +Le Soleil qui sera au 26 degré 28 m. du Lion et qui déclinera au nord de +12 degrez 32 m. se lèvera à 5 h. 3 m. et se couchera à 6 h. 1 quart 23 +m. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +☾︎ Dernier Quartier le 3 à 6 h. 32 m. du matin. + +Temps venteux et nuageux, puis serain et agréable avec une chaleur +modérée. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 12 à 9 h. 58 m. du matin. + +Continuation du beau temps avec augmentation de chaleur et ensuite +quelques pluyes. + + * * * * * + +☽︎ Premier Quartier le 19 à 54 m. du matin. + +Continuation de chaleur et ensuite nuages, pluye, éclairs et tonnerre. + + * * * * * + +🌑︎ Pleine Lune le 28 à 6 h. 5 m. du matin. + +Brouillars et matinées sombres avec sérénité de relevée et vers le soir. + + +SEPTEMBRE + +Parce qu’autrefois l’année commençant en Mars, il étoit le septième. + + 1 Lundi S. Leu. S. G. + 2 Mardi S. Anton. + 5 Mercredi S. Serap. + 4 Jeudi Ste Rosalie + 5 Vendredi S. Victori. + 6 Samedi Ste Reine + 7 _Dimanche_ S. Cloud + 8 Lundi _Nat. N. D._ + 9 Mardi S. And. m. + 10 Mercredi S. Nic. T. + 11 Jeudi S. Prothe + 12 Vendredi Ste Bonav. + 13 Samedi S. Mar. + 14 _Dimanche_ Exal. Ste C. + 15 Lundi S. Nico. + 16 Mardi S. Cyp. + 17 Mercredi _4 Temps_ + 18 Jeudi Th. V. + 19 Vendredi S. Donat + 20 Samedi _Vigile_ + 21 _Dimanche_ _S. Mathieu_ + 22 Lundi S. Mauri + 23 Mardi S. Lin pap. + 24 Mercredi S. Gérard + 25 Jeudi S. Firmin é. + 26 Vendredi Ste Just. + 27 Samedi S. C. et S. D. + 28 _Dimanche_ S. Vinc. + 29 Lundi _S. Michel_ + 30 Mardi S. Ilier. + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois, le jour qui sera de 13 h. 10 m. paroîtra à 3 h. 1 +quart 1 m. + +La nuit qui sera de 10 heures 3 quarts 5 m. terminera le jour à 8 h. et +demi 6 m. + +Le Soleil qui sera au 8 degré 2 m. de la Vierge et qui déclinera au nord +de 8 degrez 13 m. se lèvera à 5 h. 1 quart 12 m. et se couchera à 6 h. +et demi 4 m. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 12 h. et demi 10 m. paroîtra à 3 +h. 3 quarts 1 m. + +La nuit qui sera de 7 heures 1 quart 6 m. terminera le jour à 8 h. 1 +quart. + +Le Soleil qui sera au 6 degré 48 m. de la Vierge et qui déclinera au +nord de 4 degrez 46 m. se lèvera à 5 h. et demi 10 m. et se couchera à 6 +h. 1 quart 3 m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 12 h. 4 m. paroîtra à 4 h. 6 m. + +La nuit qui sera de 7 heures 3 quarts 7 m. terminera le jour à 7 h. 3 +quarts 12 m. + +Le Soleil qui sera au 26 degré 35 m. de la Vierge et qui déclinera au +septentrion d’un degré 12 m. se lèvera à 5 h. 3 quarts 14 m. et se +couchera à 6 h. 1 m. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +☾︎ Dernier Quartier le 3 à 9 h. 14 m. du soir. + +Temps nuageux et serain par intervalle avec quelques brouillards au +matin. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 10 à 5 h. 59 m. après midi. + +Temps assez beau pour la saison, puis venteux et nuageux. + + * * * * * + +☽︎ Premier Quartier le 17 à 10 h. 14 m. du matin. + +Temps couvert et pluvieux suivi d’une plaisante sérénité, mais un peu +froid. + + * * * * * + +🌑︎ Pleine Lune le 25 à 10 h. 36 m. du matin. + +Matinées sombres et brouillards épais qui seront dissipés par des vents +froids. + + +OCTOBRE + +Ainsi nommé parce qu’en comptant par Mars il est le huitième. + + 1 Mercredi S. Remy + 2 Jeudi S. Leger + 3 Vendredi S. Ange G. + 4 Samedi S. François + 5 _Dimanche_ S. Placide + 6 Lundi S. Bruno + 7 Mardi S. Marc. + 8 Mercredi Ste Brigid. + 9 Jeudi _S. Denis_ + 10 Vendredi S. Fr. Bor. + 11 Samedi S. Nicaise + 12 _Dimanche_ S. Maxi. + 13 Lundi S. Venant + 14 Mardi S. Calixte + 15 Mercredi Ste Therrèse + 16 Jeudi S. Gal + 17 Vendredi S. Florent + 18 Samedi S. Luc é. + 19 _Dimanche_ S. Pierre Al. + 20 Lundi S. Capr. + 21 Mardi S. Hilar. + 22 Mercredi S. Melon + 23 Jeudi S. Cord. + 24 Vendredi S. Magloire + 25 Samedi S. Crespin + 26 _Dimanche_ S. Evor + 27 Lundi _Vigile_ + 28 Mardi _S. Sim. S. I._ + 29 Mercredi T. S. G. + 30 Jeudi S. Serap. + 31 Vendredi _Vigile_ + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la duré des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois, le jour qui sera de 7 h. 1 quart 1 min. paroistra +à 4 h. 1 quart 12 m. + +La nuit qui sera de 12 heures et demi 1 m. terminera le jour à 7 h. et +demi 4 m. + +Le Soleil qui sera au 27 degré des Balances et qui déclinera au midi de +3 degrez 12 m. se lèvera à 6 h. 1 quart 2 m. et se couchera à 5 h. et +demi 13 m. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 10 h. 3 quarts 10 m. paroistra à 4 +h. et demi 13 m. + +La nuit qui sera de 13 h. 6 m. terminera le jour à 7 h. 1 quart 2 m. + +Le Soleil qui sera au 6 degré 22 m. des Balances et qui déclinera au +midi de 6 degrez 42 m. se lèvera à 6 h. et demi 1 m. et se couchera à 5 +h. 1 quart 13 m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 10 h. 1 quart 6 m. paroistra à 5 +h. + +La nuit qui sera de 13 h. et demi 8 m. terminera le jour à 7 h. + +Le Soleil qui sera au 26 degré 20 m. des Balances et qui déclinera au +midi de 10 degrez 26 m. se lèvera à 6 h. 3 quarts 4 m. et se couchera à +5 h. 10 m. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +☾︎ Dernier Quartier le 3 à 10 h. 23 m. du matin. + +Continuation de brouillards et nuages, puis temps serain et agréable. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 10 à 2 h. 34 m. du matin. + +Augmentation de beau temps, mais froid et venteux, principalement les +nuits. + + * * * * * + +☽︎ Premier Quartier le 16 à 3 h. 40 m. du matin. + +Temps couvert et obscur avec pluyes douces, par reprises suivies de +sérénité. + + * * * * * + +🌑︎ Pleine Lune le 25 à 4 h. 2 m. du matin. + +Temps clair et sec, mais froid et venteux avec gelée blanche. + + +NOVEMBRE + +Encore par la raison qu’il est le neuvième de l’année martiale. + + 1 Samedi _La Touss._ + 2 _Dimanche_ S. Marcel + 3 Lundi _Les Trépassez_ + 4 Mardi S. Char. B. + 5 Mercredi S. Hubert + 6 Jeudi S. Liénar + 7 Vendredi S. Florent + 8 Samedi S. God. + 9 _Dimanche_ S. Mathur. + 10 Lundi S. Mode + 11 Mardi S. Martin + 12 Mercredi S. Mart. p. + 13 Jeudi S. René + 14 Vendredi S. Brice + 15 Samedi S. Euge + 16 _Dimanche_ S. Edmon. + 17 Lundi S. Grég. + 18 Mardi S. Odon. + 19 Mercredi S. Elisabeth + 20 Jeudi S. Man. + 21 Vendredi Pres. N. D. + 22 Samedi Ste Cecile + 23 _Dimanche_ S. Clément + 24 Lundi S. Chrys. + 25 Mardi Ste Cathe. + 26 Mercredi Ste G. Ar. + 27 Jeudi S. Severin + 28 Vendredi S. Sosthen. + 29 Samedi _Vigile_ + 30 _Dimanche_ _S. André l’Avent_ + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois, le jour qui sera de 9 h. et demi 10 m. paroistra +à 5 h. 7 m. + +La nuit qui sera de 14 h. 1 quart 6 m. terminera le jour à 6 h. et demi +12 m. + +Le Soleil qui sera au 8 degré 25 min. du Scorpion et qui déclinera au +midi de 14 degrez 35 m. se lèvera à 7 h. 10 min. et se couchera à 5 h. 3 +quarts 5 m. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 9 h. 12 m. paroistra à 5 h. et +demi. + +La nuit qui sera de 14 heures 3 quarts 13 m. terminera le jour à 6 h. et +demi. + +Le Soleil qui sera au 17 degré 31 min. du Scorpion et qui déclinera au +midi de 17 degrez 15 m. se lèvera à 7 h. 1 quart 9 m. et se couchera à 4 +h. et demi 6 m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 8 h. et demi 13 m. paroistra à 5 +h. et demi 7 m. + +La nuit qui sera de 15 heures 1 quart 3 m. terminera le jour à 9 h. 1 +quart 4 m. + +Le Soleil qui sera au 17 degré 40 min. du Scorpion et déclinera au midi +de 19 degrez 46 m. se lèvera à 7 h. et demi et se couchera à 4 h. 1 +quart 6 m. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +☾︎ Dernier Quartier le 1er à 9 h. 4 m. du soir. + +Matinées froides et humides avec quelques brouillards qui se dissiperont +de relevée. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 8 à 46 m. après midi. + +Gelées blanches assez fortes avec quelques brouillards au matin qui +seront bientôt dissipés. + + * * * * * + +☽︎ Premier quartier le 16 à 6 h. 26 m. du soir. + +Temps couvert et nuageux, puis serain avec augmentation de froidure. + + * * * * * + +🌑︎ Pleine Lune le 23 à 7 h. 56 m. du soir. + +Temps pluvieux et nuageux avec neiges fondues, après lesquelles le ciel +s’éclaircira. + + +DÉCEMBRE + +Aussi parce qu’il est le dixième de l’année Martiale. + + 1 Lundi S. Eloy + 2 Mardi Ste Bibian. + 3 Mercredi S. Franc. Xav. + 4 Jeudi Ste Barbe + 5 Vendredi S. Fabas + 6 Samedi S. Nicolas + 7 _Dimanche_ S. Ambroi. + 8 Lundi _Con. N. D._ + 9 Mardi S. Nect. + 10 Mercredi S. Merc. + 11 Jeudi S. Damase + 12 Vendredi S. Herm. + 13 Samedi Ste Luce + 14 _Dimanche_ S. Tugd. + 15 Lundi S. Eusèbe + 16 Mardi S. Adon + 17 Mercredi _4 Temps_ + 18 Jeudi S. Gratien + 19 Vendredi S. Valent. + 20 Samedi S. Philo. + 21 _Dimanche_ S. Thomas + 22 Lundi S. Zenon. + 23 Mardi Ste Vict. + 24 Mercredi _Vigile_ + 25 Jeudi _Noël_ + 26 Vendredi _S. Etienne_ + 27 Samedi S. I. évang. + 28 _Dimanche_ Les SS. Inn. + 29 Lundi S. Thom. + 30 Mardi Ste Sabe + 31 Mercredi S. Sylvestre + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois, le jour qui sera de 8 h. 1 quart 4 min. paroistra +à 5 h. 3 quarts 6 m. + +La nuit qui sera de 15 h. et demi 7 min. terminera le jour à 6 h. 7 min. + +Le Soleil qui sera au 8 degré 52 m. du Sagittaire et qui déclinera au +midi de 21 degrez 52 m. se lèvera à 7 h. 3 quarts 6 m. et se couchera à +4 h. 10 m. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 8 h. 10 m. paroistra à 5 h. 3 +quarts 8 m. + +La nuit qui sera de 16 h. 10 m. terminera le jour à 6 h. 6 min. + +Le Soleil qui sera au 18 degré 2 m. du Sagittaire et qui déclinera au +midi de 22 degrez 18 m. se lèvera à 7 h. 3 quarts 7 m. et se couchera à +4 h. 4 m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 8 h. 2 m. paroistra à 5 h. 3 +quarts 12 m. + +La nuit qui sera de 15 heures 3 quarts 13 m. terminera le jour à 6 h. 4 +m. + +Le Soleil qui sera au 28 degré 9 m. du Sagittaire et qui déclinera au +midi de 23 degrez 29 m. se lèvera à 7 h. 3 quarts 13 m. et se couchera à +4 h. 2 m. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +☾︎ Dernier Quartier le 1er à 6 h. 53 m. du matin. + +Gelées blanches et brouillards, puis augmentation de froidure. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 8 à 1 h. du matin. + +Temps clair, mais froid, avec gelée assez forte et vents rudes. + + * * * * * + +☽︎ Premier Quartier le 15 à 2 h. 50 m. après midi. + +Continuation de froidure avec apparence de neige qui se dissipera. + + * * * * * + +🌑︎ Pleine lune le 23 à 2 h. 2 m. après midi. + +Temps couvert et nuageux, puis neiges fondues et menues pluyes. + + + + +REMARQUES + +SUR LA DURÉE DES JOURS ET DES NUITS. + + +Les supputations qu’on trouve dans le Calendrier sur la durée des jours +et des nuits sembleroient contradictoires à quelques personnes si +j’obmettois d’expliquer ici comment elles doivent être entendues: car +par exemple, après avoir dit que le premier du mois de décembre le jour +n’est que de 8 h. 1 quart 4 minuttes, je dis ensuite qu’il paroîtra à 5 +h. 3 quarts 6 minuttes et qu’il ne sera terminé par la nuit qu’à 6 h. 7 +minuttes; ce qui suppose qu’il doit durer onze heures 20 m. Mais, pour +ôter en cela toute l’ambiguité, il suffit de dire que la durée d’un jour +artificiel proprement pris ne s’étend que depuis le lever jusqu’au +coucher du soleil; mais que le temps de la lumière, qui est aussi +communément appellé jour, comprend tout l’espace qui est depuis la +première apparence de clarté jusqu’à la nuit fermante. + + + + +ECLIPSES. + + +Quant la Lune dérobe à la terre la lumière du Soleil et lorsque la Terre +ôte cette même lumière à la Lune, c’est ce qu’on nomme généralement +éclipses, qui se fait par une interposition de l’un de ces deux corps +entre l’autre et le Soleil. + +Pour distinguer ces deux sortes d’eclipses par le nom, on appelle la +première Eclipse de Soleil et la deuxième Eclipse de Lune. + +Nous aurons cette année une Eclipse de Lune le 2 et une Eclipse de +Soleil le 15 février, qui ne paroîtront pas ici, et une autre de Lune +qui paroîtra le 28 juillet à 1 h. 33 minutes 54 secondes du matin[41]. + + [41] On a pu remarquer que Blégny, dans son _Trésor des Almanachs_, ne + s’est permis aucune prédiction, bien que ce fût de règle pour ces + sortes de publications populaires. Képler lui-même ne s’en étoit pas + abstenu pour les _Almanachs_, dont la vente étoit son plus sûr + gagne-pain. L’astronome alors se faisoit astrologue: «Fille de + l’Astronomie, disoit-il, l’Astrologie doit nourrir sa mère.» Au + dernier siècle, les Académies pronostiquoient aussi; celle de + Berlin, par exemple, se faisoit avec ses prophéties un revenu dont + elle finit par avoir honte. Elles furent supprimées de l’almanach + qu’elle publioit. Il cessa de se vendre, et, l’an d’après, pour que + l’Académie pût vivre, ses prédictions recommencèrent (Arago, + _Astronomie populaire_, t. IV, p. 740). En France, c’est par ordre + et au nom du Roi qu’elles durent disparoître. L’art. 26 de + l’ordonnance d’Orléans, du mois de janvier 1560, les défendit + indirectement, en exigeant le _visa_ des évêques pour l’impression + de tout almanach. L’art. 36 de l’ordonnance de Blois, du mois de mai + 1579, fut plus formel. Il fit défense d’y insérer aucune prédiction + sur les affaires politiques. Le 28 janvier 1638, autre ordonnance, + signée de La Rochelle, qui confirme celle de Blois, et enfin, au + mois de juillet 1682, édit de Louis XIV qui renouvelle à son tour + l’ordonnance de La Rochelle, en ne permettant de mettre aux + almanachs «autre chose que les lunaisons, éclipses et diverses + dispositions et tempéraments de l’air et déréglements d’iceluy». + C’est du reste, les Lunaisons surtout, ce qui faisoit le fond des + almanachs et servoit de motif aux images qu’on y voyoit sur le + titre: «Imaginez-vous de voir, dit Sorel dans _Francion_, 1663, + in-12, p. 254, ces preneurs de Lune qui sont en l’almanach de + l’année passée, où les uns taschent de l’attraper avec des échelles + qui s’alongent et s’accourcissent comme l’on veut, et les autres + avec des crochets, des tenailles et des pincettes.» L’expression + «prendre la lune avec les dents» doit être venue d’une de ces + images.--Blégny, en supprimant toute prédiction de son _Trésor des + Almanachs_, tel qu’on vient de le lire, s’étoit conformé aux + ordonnances. L’année d’auparavant il y avoit mis moins de prudence, + et quelque avertissement lui avoit sans doute été donné. Dans ses + _Observations et pronostications sur les apparences solaires et + lunaires_ pour chaque mois de l’année, il avoit dit, par exemple, + sous le dernier quartier de la lune de janvier: «_Réconciliation + entre deux fameux ennemis_»; à la pleine lune de mars: «_Élévation + surprenante_»; à la nouvelle lune d’avril: «Étranges événements»; au + dernier quartier de la lune de mai: «Trahison découverte»; à la + pleine lune de juillet: «Alliances considérables», etc., etc. + C’était aller trop loin et quelque peu enfreindre l’ordonnance de + Blois, qui vouloit qu’un almanach dût s’en tenir à l’astrologie + licite «sans y comprendre les prédictions concernant les Estats et + personnes, les affaires publiques et particulières». + + + + +FABRIQUE ET TARIF + +DES NOUVELLES MONNOYES[42]. + + [42] Ce tarif, dont nous avons déjà parlé plus haut, p. 67, note 1, + avoit été établi par un édit du mois de décembre 1689. + + +FABRIQUE. + +Les Villes de l’obéissance du Roy où l’on bat Monnoye au nom et armes de +Sa Majesté, sont Paris qui marque A, Rouen B, Saint-Lo C[43], Lion D, +Tours E, Angers F, Poitiers G, Larochelle H, Limoges I, Bordeaux K, +Bayonne L, Toulouse M, Montpellier N, Rion O, Dijon P, Narbonne Q[44], +Villeneuve R[45], Troyes S[46], Arras AR, Nantes T, Amiens X, Aix et +Bourges Y, Grenoble Z, Marseille VG, Pau[47], Saint-Palais, Metz, +Tournay, Bezançon[48], Lille L, Strasbourg, Chambéry, Reims, etc., dont +on ne sait pas les marques. + + [43] L’Hôtel des Monnoies de Saint-Lô fut un peu plus tard transféré à + Caen avec la même marque. + + [44] Ce n’est plus à Narbonne, mais à Perpignan, qu’au XVIIIe siècle + on frappa les monnoies à cette marque. + + [45] La Monnoie d’Orléans, rétablie par ordonnance d’octobre 1716, + succéda à celle-ci, et les espèces y furent aussi marquées R. + + [46] Cette marque étoit celle de Reims. Troyes marquoit V. + + [47] La Monnoie de Pau avoit pour marque un M, et en outre un autre + signe qui la rendit populaire sous le nom de _monnoie à la vache_: + «J’ai vu avant la Révolution, dit Monteil, _Hist. des François des + divers États_, in-18, t. V, note, p. 62, rechercher les monnoies + frappées à Pau, au bas desquelles étoit empreinte l’effigie d’une + vache. Le peuple disoit que ces pièces portoient bonheur.» + + [48] La marque de Besançon étoit CC, celle de Lille, non pas L, comme + on le voit ici par erreur, mais W, et celle de Strasbourg BB. + + +TARIF. + +Un louis d’or de la nouvelle Fabrique vaut douze livres dix sols. + + 2 25 l. + 3 37 10 + 4 50 + 5 62 10 + 6 75 + 7 87 10 + 8 100 + 9 112 10 + 10 125 + 11 137 10 + 12 150 + 13 162 10 + 14 175 + 15 187 10 + 16 200 + 17 212 10 + 18 225 + 19 237 10 + 20 250 + 21 262 10 + 22 275 + 23 287 10 + 24 300 + 25 312 10 + 26 325 + 27 337 10 + 28 350 + 29 362 10 + 30 375 + 31 387 10 + 32 400 + 33 412 10 + 34 425 + 35 437 10 + 36 450 + 37 462 10 + 38 475 + 39 487 10 + 40 500 + 41 512 10 + 42 525 + 43 537 10 + 44 550 + 45 562 10 + 46 575 + 47 587 10 + 48 600 + 49 612 10 + 50 625 + 51 637 10 + 52 650 + 53 662 10 + 54 675 + 55 687 10 + 56 700 + 57 712 10 + 58 725 + 59 737 10 + 60 750 + 61 762 10 + 62 775 + 63 787 10 + 64 800 + 65 812 10 + 66 825 + 67 837 10 + 68 850 + 69 862 10 + 70 875 + 71 887 10 + 72 900 + 73 912 10 + 74 925 + 75 937 10 + 76 950 + 77 962 10 + 78 975 + 79 987 10 + 80 1000 + 81 1012 10 + 82 1025 + 83 1037 10 + 84 1050 + 85 1062 10 + 86 1075 + 87 1087 10 + 88 1100 + 89 1112 10 + 90 1125 + 91 1137 10 + 92 1150 + 93 1162 10 + 94 1175 + 95 1187 10 + 96 1200 + 97 1212 10 + 98 1225 + 99 1237 10 + 100 1250 + 101 1262 10 + 102 1275 + 103 1287 10 + 104 1300 + 105 1312 10 + 106 1325 + 107 1337 10 + 108 1350 + 109 1362 10 + 110 1375 + 111 1387 10 + 112 1400 + 113 1412 10 + 114 1425 + 115 1437 10 + 116 1450 + 117 1462 10 + 118 1475 + 119 1487 10 + 120 1500 + 121 1512 10 + 122 1525 + 123 1537 10 + 124 1550 + 125 1562 10 + 150 1875 + 200 2500 + 300 3750 + 400 5000 + 500 6250 + 600 7500 + 700 8750 + 800 10000 + 900 11250 + 1000 12500 + 2000 25000 + 3000 37500 + 4000 50000 + 5000 62500 + 6000 75000 + 7000 87500 + 8000 100000 + 9000 112500 + 10000 125000 + +Pour évaluer les demi louis d’or on se servira du Tarif précédent en +retranchant la moitié du nombre; par exemple pour sçavoir ce que valent +vingt demi louis d’or, il n’y a qu’à regarder ce que valent dix louis +d’or, et lorsque le nombre sera non pair, par exemple 21, on prendra +tout de même la valeur de dix louis d’or qui est 125 livres, et on y +ajoutera 6 livres 5 sols qui est la valeur d’un demi louis retranché, en +sorte qu’on sçaura tout d’un coup que 21 demi louis d’or valent 131 +livres 5 sols. + + * * * * * + +Un écu de la nouvelle Fabrique vaut 3 livres 6 sols. + + 2 6 l. 12 + 3 9 18 + 4 13 4 + 5 16 10 + 6 19 16 + 7 23 2 + 8 26 8 + 9 29 14 + 10 33 + 11 36 6 + 12 39 12 + 13 42 18 + 14 46 4 + 15 49 10 + 16 52 16 + 17 56 2 + 18 59 8 + 19 62 14 + 20 66 + 21 69 6 + 22 72 12 + 23 75 18 + 24 79 4 + 25 82 10 + 26 85 16 + 27 89 2 + 28 92 8 + 29 95 14 + 30 99 + 31 102 6 + 32 105 12 + 33 108 18 + 34 112 4 + 35 115 10 + 36 118 16 + 37 122 2 + 38 125 8 + 39 128 14 + 40 132 + 41 135 6 + 42 138 12 + 43 141 18 + 44 145 4 + 45 148 10 + 46 151 16 + 47 155 2 + 48 158 8 + 49 161 14 + 50 165 + 51 168 6 + 52 171 12 + 53 174 18 + 54 178 4 + 55 181 10 + 56 184 16 + 57 188 2 + 58 191 8 + 59 194 14 + 60 198 + 61 201 6 + 62 204 12 + 63 207 18 + 64 211 4 + 65 214 10 + 66 217 16 + 67 221 2 + 68 224 8 + 69 227 14 + 70 231 + 71 234 6 + 72 237 12 + 73 240 18 + 74 244 4 + 75 247 10 + 76 250 16 + 77 254 2 + 78 257 8 + 79 260 14 + 80 264 + 81 267 6 + 82 270 12 + 83 273 18 + 84 277 4 + 85 280 10 + 86 283 16 + 87 287 2 + 88 290 8 + 89 293 14 + 90 297 + 91 300 6 + 92 303 12 + 93 306 18 + 94 310 4 + 95 313 10 + 96 316 16 + 97 320 2 + 98 323 8 + 99 326 14 + 100 330 + 125 412 10 + 150 495 + 200 660 + 300 990 + 400 1320 + 500 1650 + 600 1980 + 700 2310 + 800 2640 + 900 2970 + 1000 3300 + 2000 6600 + 3000 9900 + 4000 13200 + 5000 16500 + 6000 19800 + 7000 23100 + 8000 26400 + 9000 29700 + 10000 33000 + +Pour évaluer les demis et les quarts d’écus blancs on fera ce qui a été +dit de l’évaluation des demi louis d’or. + + + + +EXPOSITION ALPHABÉTIQUE + +DU DÉPARTEMENT DES POSTES ET COURIERS POUR LES LIEUX ET VILLES DU +ROYAUME ET DES PAÏS ÉTRANGERS. + + +A. + +Amiens, _Tous les jours à midi_. + +Abbeville. + +Aire. + +Amboise. + +Ardre. + +Armentières. + +Arques. + +Arras. + +Argence. + +Ablis[49]. + + [49] «Tous les jours à huit heures du soir.» Édit. 1691. + +Ath. + +Avit. + +Andely. + +Aumalle. + +Aumeillerault. + +Auchy[50]. + + [50] A la suite on lit dans l’édit. précédente: «AUSBOURG, _le mardi à + dix heures du soir_. Faut payer jusqu’à Rhinhausen.» + +Angers, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Avranches[51]. + + [51] «Part les mercredis et samedis à midi.» Édit. 1691. + +Ancenies. + +Aveton. + +Argentan. + +Auvray. + +Alençon[52]. + + [52] «Partira le mardi et vendredi par Rouen.» Édit. 1691. + +Aubigny, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Agde. + +Aix. + +Apt. + +Allez. + +Arles. + +Aubusson. + +Avignon. + +Argenton, _Samedi à minuit_. + +Alby. + +Allec. + +Arnac. + +Argy. + +Auch. + +Aurillac. + +Auxerre, _Dimanche, Mercredi, Vendredi et Samedi à minuit[53]_. + + [53] «A midi.» Édit. 1691. + +Autun. + +Arnay le Duc. + +Avallon. + +Auxonne. + +Aurolle. + +Argenteüille. + +Ancy le Franc. + +Azi sous Rougemont. + +Anglure[54]. + + [54] «Lundy, Mercredy et Samedy à midy.» Édit. 1691. + +Ay. + +Avesne, _Mardi, Jeudi et Samedi à midi_. + +Arlon, _Dimanche, Mardi et Vendredi à 8 h. du soir_. + +Alexandrie, _le Lundi au soir_. + +Allemagne, _Lundi et Vendredi à midi_. + +Angleterre, _le Mercredi et Samedi à midi_. + +Auvergne, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Alsace, _Lundi et Mercredi au soir_. + + +B. + +Bourdeaux, _Lundi, Mercredi et Vendredi à 10 heures du soir_. + +Blaye. + +Barbeneuve. + +Barbézieux. + +Bossay. + +Boussay[55]. + + [55] A la suite, dans l’édit. précédente: «BASLE, lundy, mercredy et + samedy à huit heures du soir.» + +Bayonne. + +Béarn. + +Bapaume, _Tous les jours à midi_. + +Beaumon le Roger. + +Beauvais. + +Bergues. + +Bellemart. + +Bernay. + +Béthune. + +Blois. + +Boisgency. + +Biche. + +Boissy[56]. + + [56] A la suite, dans l’édit. précédente: «BEAUMONT-LE-VICOMTE, + mercredi et samedi à 8 heures du soir.» + +Brionne. + +Bourg-Daulr. + +Bourbourg. + +Boulogne. + +Boharde. + +Brionne. + +Bolbec. + +Bouchain. + +Breteuil. + +Bourtroude. + +Brie. + +Bruges. + +Bruxelles. + +Brest, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Beaugé. + +Bellesine. + +Bonnestable. + +Beaufort. + +Blavet ou Fort-Louis. + +Beaumont-le-Vicomte. + +Bourg-en-Bresse, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Bellay. + +Beaune. + +Bussy. + +Brion l’Archevêque[57]. + + [57] Dimanche, mercredi et vendredi à midi. + +Bourguil. + +Bray sur Seine. + +Bazoche. + +Basson. + +Bayeux, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +Bourbonne. + +Borbonne. + +Bar sur Aube. + +Barfleurs. + +Briquebec. + +Bourges, _Lundi, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Biarre. + +Bourbon les Bains[58]. + + [58] «Lundi, mercredi et vendredi à minuit.» Édit. 1691. + +Bourbon l’Archambault. + +Bancafort. + +Brioude. + +Bois droit. + +Boynes et tout le Gatinois. + +Beaucaire. + +Béziers. + +Bonny. + +Bonneval, _le Dimanche à 8 h. du soir_[59]. + + [59] Dans l’édit. précédente deux autres départs le mercredi et + vendredi, à cette même heure, sont indiqués. + +Brou. + +Besse. + +Bastoigne. + +Bezançon, _Lundi, Mardi à midi et Vendredi à minuit_. + +Beffort. + +Brives[60]. + + [60] «Le lundi à minuit.» Édit. 1691. + +Bausançois. + + +C. + +Caën, _Tous les jours à midi_. + +Cambray. + +Cagny. + +Calais. + +Chambort. + +Châtres sous Monlery. + +Charmont. + +Crecy. + +Cormicy. + +Conche. + +Coucy. + +Chambrais. + +Chaumont en Vexin. + +Codebecq. + +Cressenville en Auge. + +Crève Cœur en Auge. + +Clermont en Beauvoisis. + +Commine. + +Compiègne. + +Cizé. + +Corbie. + +Creil. + +Crespy en Valois. + +Chartres[61], _à 8 h. du soir_. + + [61] «Tous les jours.» Édit. 1691. + +Châlon sur Marne. + +Chasteau Tierry. + +Chaumusson. + +Coutance, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +Carentan. + +Cressy. + +Coulomniers. + +Chasteau Porcien. + +Chalme. + +Chaumont. + +Chasteau Vilain. + +Condé sur Néreau. + +Chauny. + +Chastelleraux, _Lundi, Mercredi et Vendredi à 10 h. du soir_. + +Cingé. + +Coignac. + +Caviegnac. + +Charnizé. + +Chaumuflay. + +Chasteaudun, _même jour à 10 h.[62]_ + + [62] «Lundi, mercredi et vendredi à minuit.» Édit. 1691. + +Chasteau Landon. + +Chastillon sur Loing. + +Chastillon sur Loir. + +Carpentras. + +Clermont en Auvergne. + +Cosne. + +Chambon. + +Chissy. + +Chenerailles. + +Corbeil. + +Croc. + +Cistaron. + +Charleville. + +Charly. + +Chezy. + +Claye. + +Colmard. + +Chasteau Salins. + +Chinon, _Dimanche, Mardi et Jeudi à midi_. + +Champigny. + +Chastillon sur Seine, _Lundi à midi_. + +Chasteau Regnaut, _le Dimanche_. + +Chalmont. + +Clèves. + +Courtenvaux sur Loir. + +Chasteau du Loir. + +Cousture. + +Chasteau Gontier, _Mercredi et Samedi au soir_. + +Conlie. + +Coigny. + +Craon. + +Chantonnay. + +Chateaulin. + +Courville. + +Carchiné. + +Concarneau. + +Corneré. + +Cahors, _Samedi à minuit_. + +Castres. + +Chastelnau de Monratier. + +Cominge. + +Cressensac. + +Courserans. + +Chasteau Roux. + +Chasteau Vieux. + +Chamceaux, _Dimanche, Mercredi et Samedi à midi_. + +Chablis[63]. + + [63] «Dimanche, mercredi, vendredi et samedi à midi.» Édit. 1691. + +Chalon sur Saone[64]. + + [64] «Le dimanche, mercredi et vendredi à midi.» _Id._ + +Champeaux. + +Charolle. + +Chamlay. + +Champigny sur Yonne. + +Chaumont. + +Chastel Censoy. + +Chevery. + +Coulange. + +Cisteaux. + +Cussy les Forges. + +Clamecy. + +Courtenay. + +Carcassonne, _Lundi par Bourdeaux_[65]. + + [65] «_Samedi à minuit, le lundi_ par Bordeaux.» Édit. 1691.--Quelques + lignes plus loin, sous la même rubrique: «_partira encore le samedi_ + par Montpellier.» + +Constantinople, _Lundi au soir_. Il faut payer le port jusqu’à Lion. + +Chambéry. + +Cazal, _Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Constat, _le Mercredi à 10 h. du soir_. Il faut payer le port jusqu’au +Rhin hausen. + + +D. + +Diepe, _Tous les jours à midi_. + +Dise. + +Doüay. + +Dammartin. + +Doulens. + +Dourlen. + +Dosullé. + +Dunkerque. + +Dourdan, _Tous les jours à 8 h. du soir_. + +Dreux. + +Danville. + +Dinant en Bretagne. + +Durtat. + +Douzenac, _le Samedi à minuit_. + +Du Sault. + +Dun le Roy, _Lundi, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Digne. + +Die. + +Dijon, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Ducé. + +Dannemoine. + +Dieuse, _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Dormans. + +Dame-Marie, _Lundi, Mercredi, et Samedi à midi_. + +Doullevans. + +Doucherie. + +Dinan près Liège, _Mardi, Jeudi et Samedi à midi_. + +Dol, _Mardi et Jeudi à midi, et le Vendredi à minuit_. + + +E. + +Elbeuf, _Tous les jours à midi_. + +Evreux. + +Estampes. + +Escoüis. + +Eu. + +Estrepagny. + +Espernon, _Tous les jours à 8 h. du soir_. + +Ecouché, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Essay. + +Evron. + +Ernée. + +Embrières. + +Entrame. + +Embrun, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Edonne. + +Evaux. + +Escille. + +Epinay[66], _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + + [66] Lisez «Epernay», comme dans l’édit. précédente. + +Epoisse, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Espagne, _Part tous les 15 jours à commencer le Lundi 9 janvier 1691_. + + +F. + +Fougers, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Falayse. + +Frenay. + +Foulleroute. + +Frecgefont, _le Samedi à minuit_. + +Fribourg en Briscau, _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Farmontier, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +Fontenay[67]. + + [67] A la suite, dans l’édit. précédente: «FRÉJUS, lundi, mercredi et + vendredi au soir.» + +Fontainebleau. + +Ferre en Tartanois, _Tous les jours à 8 h. du soir_. + +Fifine[68]. + + [68] Lisez Fisme, comme dans l’édit. de 1691. + +Flavigny, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Francfort, _Lundi et Mercredi à 10 h. du soir_. + +Fribourg, _le Mardi et Jeudi à midi et le Vendredi à minuit_. + +Fano, _le Lundi au soir_. + +Ferrar. + +Final. Il faut payer le port jusqu’à Lion. + +Flandres, _Tous les jours à midi_. + +Fécamp. + +Forges. + +Furnes. + +Fauville. + +Francourville. + + +G. + +Gaillon, _Tous les jours à midi_. + +Gand. + +Gisors. + +Gournay. + +Graveline. + +Grandvillier. + +Gué de Loré. + +Guisnes. + +Gaudelu, _Tous les jours à 8 h. du soir_. + +Grenoble, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Grace. + +Gueret. + +Gaillac. + +Gap. + +Gien. + +Guidgnant, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Goton[69]. + + [69] Lisez Gorron, comme dans l’édit. précédente. + +Guibray. + +Gaudene[70], _Samedi à minuit_. + + [70] Lisez Grandêve, comme dans l’autre édition. + +Gautray, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +Gandecey, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Gizy. + +Genes, _le Lundi au soir_. + +Grisons. Il faut payer jusqu’à Lion. + +Genève, _Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Gray, _Mardi et Jeudi à midi et le Vendredi à minuit_. + + +H. + +Havre de Grâce, _Tous les jours à midi_. + +Ham. + +Harfleur. + +Honfleur. + +Hedain. + +Hennebon, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Houdan. + +Hambourg, _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Hagueneau. + +Hunignen. + +Haun, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Hénault, _Tous les jours à midi_. + +Hollande, _Lundi et Vendredi à midi_. + + +I. + +Ivetot, _Tous les jours à midi_. + +Issoudun, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Issonne. + +Iardage[71]. + + [71] Lisez Jarnage, comme dans l’édit. de 1691. + +Joinville,_ Lundi, Mercredi, et Samedi à midi_. + +Joigny. + + +L. + +La Pacaudière, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit._ + +La Palisse. + +Le Puis. + +La Treille. + +La Bussière. + +La Charité. + +La Chartre. + +La Guierche. + +Lodève. + +Le Bourg Saint Andéol. + +Lorette, _le Mercredi à minuit_. + +Lionnois, _Partira tous les jours au soir à la réserve du Dimanche_. + +Lion. + +Lizieux, _Tous les jours à midi_. + +L’Ausmône. + +La Pomme d’or. + +Les Andelis. + +Lilsle bonne. + +Louviers. + +Luxembourg. + +Lion Laforest. + +Lonjumeau. + +Linas. + +Les 3 cheminées. + +Lire. + +Le Quesnoy. + +Langez. + +Laboüille. + +Langelé. + +Longchamps. + +Luzarche. + +L’ilsle en Flandre. + +Landau. + +Laon, _Tous les jours à 8 h. du soir_. + +Lagny. + +Limours. + +Louvois. + +Lizi. + +La Ferté Milon. + +Lahais Dupuis, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +La Fère. + +La Chapelle. + +Lilleul. + +Langres. + +La Ferté Gaucher. + +Le Sommevoir. + +La Flèche, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +La Loupe. + +La Ferté Vidame. + +Lavalle. + +Latugé. + +La Gravelle. + +La Siay[72]. + + [72] Lisez Lassay, comme dans l’éd. de 1691. + +Lamçalle[73]. + + [73] Lisez Lamballe. _Id._ + +La Ferté Bernard. + +Leigle. + +La Queue. + +L’Isle de Rez. + +Luçon. + +De Luce[74]. + + [74] Lisez Le Lude. _Id._ + +La Ferté Senneterre, _Samedi à minuit_. + +La Bastide. + +L’Eaigne Brion[75]. + + [75] Lisez L’Épine-Brion. _Id._ + +Le Blanc en Berry. + +La Barriolé. + +Limoges. + +Lombez. + +Leschezeaux. + +Ligny, _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Luneville. + +La petite Pierre. + +La Ferté sous Joüard. + +Liège, _Le Mardi, Jeudi et Samedi à midi._ + +Landrecy. + +Ligny le Chatelet, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Le Chatelet. + +La Ville neuve. + +Lezinne. + +La Forteresse. + +Limeil. + +La Chartre. + +Laverdon. + +La Rochelle, _Lundi, Mercredi et Vendredi à 10 h. du soir_. + +La Merci-Dieu. + +La Réolle. + +La Grolle. + +Lorson. + +La Monière[76]. + + [76] Lisez La Morinière, comme dans l’édit. de 1691. + +La Ménardie[77]. + + [77] La Menardière. _Id._ + +La Hais. + +La Roche Pezé[78]. + + [78] La Roche-Pozé. _Id._ + +Le Bouché. + +Loche. + +L’Isle d’Olleron. + +Lignevil. + +Libourne. + +L’Estang. + +L’isle Bouchard, _Dimanche, Mardi et Jeudi à midi_. + +Loudun. + +Les trois volets. + +La Balüe, _Mercredi et Jeudi[79] à midi_. + + [79] «Samedi.» Édit. 1691. + +Ligourne, _le Lundi au soir_. + +Lucques. Il faut payer jusqu’à Lion. + +Leon. + + +M. + +Mante, _Tous les jours à midi_. + +Magny. + +Meulan. + +Menat. + +Montreüil. + +Monbuisson. + +Mondidier. + +Montvilliers. + +Monl’hery. + +Montreüil. + +Mormant. + +Menin. + +Mons. + +Meaux, _Tous les jours à 8 h. du soir_. + +Maintenon. + +Marseille[80], _Mercredi et Vendredi à minuit_. + + [80] «Lundi.» Édit. 1691. + +Maringue. + +Mande. + +Mussilac. + +Monaco. + +Montpellier. + +Montargis. + +Mont Luçon. + +Moulins. + +Moulin en Gellebert. + +Mondoubleau, _Dimanche, Mardi et Jeudi à midi_. + +Mantoit[81]. + + [81] Lisez «Montoir», comme dans l’édit. 1691. + +Marçon. + +Mussi Levesque, _Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Mont Belliard, _Mardi et Jeudi à midi, et le Vendredi à minuit_. + +Malicorne, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Mayne. + +Mayene. + +Mamers. + +Mesle sur Sarre. + +Mortagne. + +Morlais. + +Montfort la Maury. + +Montaigu en Poitou. + +Magnac, _le Samedi à minuit_[82]. + + [82] «A midi.» Édit. 1691. + +Mirepois. + +Morterolle[83]. + + [83] Lisez «Monterolle». _Id._ + +Macon, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Moret. + +Melun. + +Montereau. + +Monbart. + +Monceny. + +Michery. + +Moutier St Jean. + +Marsal, _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Mets. + +Montmirel. + +Moyenvic[84]. + + [84] «Dimanche, mardi et jeudi à midi, et le vendredi à minuit.» Édit. + 1691. + +Montreüil, _Dimanche, Jeudi et Vendredi à minuit_. + +Marche. + +Montauban, _Samedi à minuit et le Lundi par Bourdeaux_. + +Mastricht, _Mardi, Jeudi et Samedi à midi_. + +Milan, _le Vendredi au soir_. + +Modenne. + +Mortain, _Mercredi et Samedi_. + +Montrichart, _Lundi, Mercredi et Vendredi au soir_. + +Marigny. + +Matizé. + +Mezier. + +Montebourg, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +Monmorel. + +Melleray. + +Mantoue, _Lundi au soir_. + +Montmeillan. + +Malte. Il faut payer jusqu’à Lion. + +Mayence, _Lundi et Mercredi à 10 h. du soir_. + + +N. + +Noyon, _Tous les jours à midi_. + +Nangi. + +Neufbourg. + +Nanteüil. + +Neuf Chastel. + +Nogent. + +Narbonne, _Lundi, Mercredi et Vendredi à 10 h. du soir_. + +Nismes. + +Neumours. + +Neuvy. + +Nevers. + +Nice. + +Niort. + +Nanteuil. + +Neulabé. + +Nantes, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Nogent-le-Rotrou. + +Nancy, _Lundi, Mercredi et Samedi à 10 h._ + +Noyers, _Dimanche, Mercredi et Vendredi[85] à midi_. + + [85] «Samedi.» Édit. 1691. + +Nuis. + +Nogent-le-Roy, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à 8 h. du soir_. + +Naple, _Lundi au soir_. Il faut payer[86] jusqu’à Lion. + + [86] «Le port.» Édit. 1691. + +Neuf Chastel en Franche Comté, _Mardi et Jeudi à midi et Vendredi à +minuit_. + + +O. + +Orléans, _Tous les jours à midi_. + +Orbec. + +Oudenarde. + +Ourque. + +Ozulé. + +Orchie. + +Ousson, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Orange. + +Olleron en Bearn, _Samedi à minuit_. + + +P. + +Pontoise, _Tous les jours à midi_. + +Ponteau de Mer. + +Pont Levesque. + +Pont Sainte Mayence. + +Pont de L’arche. + +Pont sur Seine. + +Pont Amousson. + +Provins. + +Pequigny. + +Pierre Bussière, _Samedi à minuit_. + +Pamiers. + +Payrac. + +Pont Orson, _Mercredi et Samedi à midi_. + +Poitiers, _Lundi, Mercredi et Vendredi au soir_. + +Perpignan. + +Preully. + +Poné. + +Perigueux. + +Peau en Bearn. + +Petit Pecigny. + +Panze le Viel. + +Pougues. + +Pont S. Esprit. + +Pouilly. + +Pont S. Jean Dandelis, _Mercredi au soir_[87]. + + [87] «Mercredi et samedi à dix heures du soir.» Édit. 1691. + +Peinchebray. + +Poul, _Mercredi, Vendredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Parcé. + +Pont du Cé. + +Ponance. + +Ploërmel. + +Pont Labé. + +Pré en Parhaveron. + +Précy sous Tille, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Pont Devaux. + +Pont sur Yonne. + +Pontigny. + +Plessy Praslin. + +Passy. + +Peronne, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +Periers. + +Parmes, _Vendredi[88] à midi_. + + [88] «Au soir.» Édit. 1691. + +Pavie. + +Plaisance. + +Padoue, _Mercredi au soir_. + +Pignerol, _Mercredi et Vendredi à midi_. + +Philippeville, _Mercredi, Jeudi et Samedi à midi_. + +Petiviers. + +Phalsbourg, _Lundi, Mercredi[89] à 8 h. du soir_. + + [89] «Et samedi.» Édit. 1691. + +Pontarlié, _Mardi et Jeudi à midi et Vendredi à minuit_. + + +Q. + +Quimpercorentin, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Quimperlé. + +Quintin. + + +R. + +Rion, _Lundi, Mercredi[90] et Samedi à midi_. + + [90] «Et vendredi à minuit.» Édit. 1691. + +Roanne. + +Riez. + +Rome, _Lundi au soir_. + +Rinhausen, _Lundi et Mercredi à 10 h. du soir_. + +Ratisbonne, _Mercredi à 10 h. du soir_. Il faut payer le port jusqu’au +Rhinhausen. + +Rouen, _Tous les jours à midi_. + +Richelieu, _Dimanche, Mardi et Jeudi à midi_. + +Reims, _Tous les jours à 8 h._ + +Rambouillet. + +Rodez, _le samedi à minuit_. + +Rieux. + +Razez. + +Romorantin. + +Rhetel, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +Rebais. + +Rocroy. + +Roye. + +Rozoy. + +Riblemont. + +Renne, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Rubay. + +Rospordin. + +Remiremont, _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Rozières. + +Ris. + +Rochefort, _Dimanche, Mardi et Vendredi à 8 h. du soir_. + +Ravier, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_. + + +S. + +Senlis, _Tous les jours à midi_. + +Saint Paul en Artois. + +Steignevil. + +St Quentin. + +Saint Omer. + +Saint Ore. + +Saint Pierre sur Dive. + +Saint Silvain. + +Saint Saën. + +Sainte Barbe en Auge. + +Saint Valery en Caux. + +Saint Martin du Port. + +Saint Venant. + +Saint Evrol. + +Saint Clair, _Tous les jours à 8 h._ + +Saint Arnoul. + +Soissons. + +Saint Germain en Laye, _Lundi, Mercredi et Vendredi à 10 h._ + +Saint Mexans. + +Saint Severe. + +Saint Ciran en Brenne. + +Saint Cibardeau. + +Saint Flavien. + +Saint Lo, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +Saint Sauveur le Vicomte. + +Ste Mère Eglise. + +St Pierre Eglise. + +St Dizier. + +Sezanne. + +Sables d’Olonne, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Sablé. + +St Servant. + +St Malo. + +St Brieux. + +Scés. + +Sillé. + +Ste Suzanne. + +St Benoist, _le Samedi à minuit_. + +Sarlac. + +Souflac. + +St Antonin. + +St Papoul. + +Sedan, _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Sarlouis. + +Schelestat. + +St Diez. + +St Nicolas. + +St Aubin. + +Sarbourg, _Tous les jours à midi à la réserve du Jeudi_. + +Saverne. + +Strasbourg. + +Saint Viet, _Dimanche, Mardi et Jeudi à midi_[91]. + + [91] «A huit heures du soir.» Édit. 1691. + +Saumur, _Dimanche, Mardi et Jeudi à midi_. + +Sainte Reine, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Saint Seine. + +Semur. + +St Florentin. + +St Brice. + +Seignelay. + +Sens. + +Sergines. + +Savigny sur Bray, _Mercredi et Samedi à midi_. + +Saint Hilaire du Argolt. + +Ste Menehout, _Le Dimanche, Mardi et Vendredi à 8 h. du soir_. + +Spire, _Lundi et Mercredi à 10 h. du soir_. + +Salins, _Mardi et Jeudi à midi et le Vendredi à minuit_. + +Soleurre. + +Saint-Firmin, _Lundi, Mercredi et Vendredi à midi_. + +St Brisson. + +St Fargeau. + +Sully. + +St Amand. + +St Pierre le Moutier. + +St Flour. + +St Géran. + +St Fourcain[92]. + + [92] Lisez «Saint Pourçain», comme dans l’édit. de 1691. + +St Germain Lepinasse. + +St Simphorien. + +St Etienne en Forest. + +St Papoul trois Châteaux. + +St Bonnets. + +St Cous. + +St Hipolyte. + +St Jean de Maurienne. + +Senez. + +St Calais, _Dimanche, Mardi et Jeudi à 8 h._ + +St Christophle. + +Suisse, _Lundi et Mercredi au soir_. + + +T. + +Tours, _Tous les jours à midi_. + +Troyes. + +Tilliers. + +Tournay. + +Trappe, _Tous les jours à 8 h. du soir_. + +Toulouse, _le Samedi à minuit et le Lundi par Bourdeaux_. + +Turbes[93], _le Samedi à minuit_. + + [93] «Tulle.» Édit. 1691. + +Tonnerre, _Dimanche, Mercredi, Vendredi et Samedi à midi_. + +Thionville, _Lundi à 8 h. du soir, Mercredi et Samedi à midi_. + +Tournon, _Lundi, Mercredi et Vendredi à 10 heures du soir_. + +Toullon sur Arroux, _Dimanche et Vendredi à midi_. + +Tournus. + +Tamlay. + +Tannay. + +Toussi. + +Theil. + +Thorigny, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +Tissy. + +Tournant. + +Tirol, _le Mercredi à 10 h. du soir_. Il faut payer le port des lettres +jusqu’à Rinhausen. + +Tiers, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Toulon. + +Tarrare. + +Turin, _Lundi et Mercredi à minuit_. + +Trente. + +Touars, _Dimanche, Mardi et Jeudi à midi_. + + +V. + +Ville Franche en Bajollois, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Verdun sur Saone. + +Vettamon[94]. + + [94] «Vermanton.» Édit. 1691. + +Vezelay. + +Villecien. + +Ville Vallier. + +Viteaux. + +Villefranche. + +Villeneuve la Gularde[95]. + + [95] Lisez «Ville neuve la Guiarde», comme dans l’édit. 1691. + +Ville Chasson. + +Valleri. + +Valence. + +Ville neuve St Georges. + +Vienne en Daufiné, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Varenne. + +Valt Sainte. + +Vierson. + +Vivier en Vivarés. + +Usez. + +Vence. + +Uriel. + +Uraison. + +Valence. + +Valencienne, _Tous les jours à midi_. + +Vernon. + +Verbrie. + +Vallemont. + +Vic. + +Vétheuil. + +Villers Cotterest, _Tous les soirs à 8 h._ + +Versailles. + +Vernain. + +Vannes, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Vitré. + +Vassé. + +Villaine. + +Verneuil au Berch[96]. + + [96] «Verneuil en Perche.» Édit. 1691. + +Vabres, _le Samedi à minuit_. + +Userche. + +Verdun, _Dimanche, Mardi et Vendredi à 10 h. du soir_. + +Vandôme, _Dimanche, Mardi et Jeudi à 8 h. du soir_. + +Ville au Clerc. + +Voil[97], _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + + [97] «Void.» Édit. 1691. + +Vertus. + +Vitry. + +Valogne, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +Virre. + +Ville Dieu. + +Vendeuvres. + +Vassy. + +Villenauxe. + +Venise, _Mercredi à minuit_. + +Véronne. + +Vicence. + +Verseilles, _le Vendredi au soir_. + +Vienne, _Mercredi à 10 h. du soir_. + +Ulm. Il faut payer le port jusqu’au Rhinhausen. + +Vesoul, _Mardi, Jeudi à midi et Vendredi à minuit_. + + +X. + +Xainte, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + + +Y. + +Ypre, _Tous les jours à midi_. + +Yzeures, _Lundi, Mercredi et Samedi au soir_. + +Yelme. + +Ysigny, _Mercredi et Samedi à midi_. + + +Z. + +Zélande, _Lundi et Vendredi à midi_[98]. + + [98] «Le Bureau d’Angleterre est présentement à la grande Poste.» + Édit. 1691. + +Les Couriers pour la Cour partiront tous les jours à 8 h. du soir, +lorsqu’elle sera à Versailles, Saint-Germain ou Fontainebleau. Le Bureau +est rue de la Limace et rue des Déchargeurs[99]. + + [99] «Le Bureau général, où se distribuent les lettres qui sont + envoyées à Paris des Provinces et païs étrangers, est dans la rue + des Bourdonnois, où étoit autrefois l’hôtel de Villeroy. Et pour + envoyer les lettres dans les mêmes lieux le Bureau général est dans + la rue de la Limace, près la même rue des Bourdonnois.» _Id._--C’est + Pagot, fermier des Postes, qui les avoit établies dans l’hôtel de + Villeroy, dont il étoit propriétaire, depuis 1652. L’hôtel avoit une + porte rue des Bourdonnois et une autre rue de la Limace. + +Le Public sera averti de bien faire écrire le dessus des Lettres et +Paquets, s’en trouvant souvent pour des lieux hors de la route des +postes qui ne sont pas connus, ce qui est cause de la perte d’iceux; et +pour y remédier, ceux qui écriront ci-après, soit dans les bourgs, +villages ou chasteaux, écriront sur leurs lettres la Ville de la route +des Postes qui en peut être la plus proche, avec le nom de la Province. + +Et pour plus de commodité, il y a présentement six boëtes où l’on va +tous les jours lever les lettres précisément à midi et à 8 h. du soir en +hiver et en esté à 9 si exactement que lesdites heures du soir passées, +les Lettres survenues demeureront pour les Ordinaires suivans: sçavoir +une en la rue St Jacques au coin de la rue du Plâtre vis-à-vis la +vieille Poste[100]. Une au milieu de la place Maubert vis à vis la +Fontaine, à l’image St François. Une au fauxbourg St Germain au coin du +Jeu de Paulme de Metz[101]. Une ruë St Martin, au coin de la ruë aux +Ours. Et une rue St Antoine vis-à-vis l’Ours, devant la rue Geoffroy +Lasnier au petit Louvre couronné. + + [100] Sur le plan Gomboust, feuille V, la poste est indiquée rue + St-Jacques, à l’endroit marqué ici. Il étoit naturel qu’elle eût été + d’abord située au quartier de l’Université, puisqu’elle en avoit + dépendu dans l’origine, lorsque le service des Messagers, qui + mettoient les écoliers de Paris en communication avec leurs parents + de province ou de l’étranger, étoit le seul établissement de ce + genre qui existât. + + [101] Ce «jeu de Metz», comme on l’appeloit le plus ordinairement et + dont nous avons déjà plus d’une fois rencontré le nom, devoit se + trouver rue Mazarine, où les principaux jeux de paume s’étoient + groupés. C’est l’un d’eux qui servit, comme on sait, de premier + théâtre à Molière. Quelques-uns existoient encore sous la + Restauration.--Auprès du «Jeu de Metz» étoit un hôtel garni du même + nom, où mourut la femme de La Calprenède, le 14 mars 1668. + +On avertit aussi le public de payer le port des Lettres que l’on écrit +des Provinces par de là Paris, faute de quoy les Lettres ne seront pas +tenues. + + + + +ÉTAT + +DES PLUS CONSIDÉRABLES FOIRES DU ROYAUME. + + +_En Janvier._ + +Il y a Foire à Lyon le lendemain des Rois qui dure jusqu’au 26[102]. + + [102] Cette foire n’existe plus. Elle est remplacée par la foire + d’hiver qui dure du 1er au 10 décembre. + +A Laon le premier Lundi d’après le jour de l’an[103]. + + [103] Cette foire n’a pas été supprimée. + +A Saint Nicolas en Lorraine le septième[104]. + + [104] Il n’y a plus à Saint-Nicolas-du-Port que deux foires, celles + des derniers vendredis de mars et de septembre. + +A Joigny le douzième[105]. + + [105] C’est le 2 janvier que cette foire se tient à présent. + +A Provins, il y a marché franc tous les samedis. + + +_En Février._ + +A Paris, la Foire St Germain le troisième[106]. + + [106] «Elle commence le 3 février, dit Piganiol, t. I, p. 158, et ne + doit durer que quinze jours; mais elle se continue par permission du + Roi jusqu’au dimanche de la Passion. Cette prorogation est accordée + en faveur des valets de pied du Roi, auxquels les marchands donnent + une gratification pour cela.» La foire St-Germain fut supprimée à la + Révolution. Le marché du même nom est bâti sur une partie de son + emplacement. + +A Roüen le même jour. + +Le Pardon St Denis le jour St Mathias. + +A Montargis, le Lundi de devant les jours gras[107]. + + [107] Cette foire se tient maintenant le jeudi qui précède le jeudi + gras. + +A Ste Menehould, le jour de la Chaire St-Pierre[108]. + + [108] Elle se tient encore le même jour. + +A Montferrant, le Lundi de devant le Carême[109]. + + [109] On sait que la ville de Montferrand fut annexée en 1731 à celle + de Clermont qui en prit le nom de Clermont-Ferrand. La foire n’en + subsista pas moins. Elle se tient aujourd’hui le vendredi avant le + carême; elle dure trois jours. + +A Langres, le quinzième et dure huit jours[110]. + + [110] Cette foire se tient encore à la même époque. + + +_En Mars._ + +A Senlis, le 1er lundi de Carême. + +A Gien sur Loire, le second Lundi de Carême[111]. + + [111] Elle existe toujours. + +A Rheims, le premier Jeudi d’après Pâques[112]. + + [112] C’est maintenant le premier mardi après Pâques qu’elle se tient. + Elle dure huit jours. + +A Francfort le même jour. + + +_En Avril._ + +A Lyon le lendemain de la Quasimodo. + +A Clermont en Auvergne, le Jeudi Saint[113]. + + [113] Elle se tient à présent le mardi saint. + +A Chaumont en Bassigny, le lendemain des Fêtes de Pâques[114]. + + [114] C’est avant et non après Pâques qu’elle se tient maintenant. Son + jour est l’avant-dernier samedi qui précède le samedi saint. + +A Troyes en Champagne, le dernier Avril. + + +_En May._ + +A Creusi le Chastel proche Tonnerre, le premier et dure 8 jours[115]. + + [115] La foire de Cruzy-le-Châtel commence toujours le 1er mai. + +A Senlis, le deuxième[116]. + + [116] Elle commence maintenant le 25 avril. Sa durée est de 9 jours. + +A Fontenay en Brie, le premier jour. + +A Clermont en Auvergne, le neuvième[117]. + + [117] Elle se tient à la même date et dure 9 jours. + +A Chartre, Foire franche le onzième[118]. + + [118] C’est une foire de 10 jours, qui commence encore à la même + époque. + +A Niort le sixième[119]. + + [119] Elle se tient aujourd’hui le 7. + +A Meaux à la My-May[120]. + + [120] Elle existe encore et dure trois jours, les 15, 16 et 17 mai. + +A Fontainebleau le lendemain de la Trinité[121]. + + [121] Foire de trois jours, dont l’époque est restée la même. + + +_En Juin._ + +A Abbeville le deuxième. + +A St Denis le Lundi d’après la St Barnabé[122]. + + [122] Cette foire se tient à présent le jour même de la Saint-Barnabé + qui est le 11 juin. + +A Rouen le lendemain de la Pentecôte[123]. + + [123] On a maintenant avancé cette foire qui dure quinze jours. Elle + commence la veille de l’Ascension. + +A Fontenay en Poitou, le jour de la St Jean Baptiste[124]. + + [124] C’est le lendemain de la Saint-Jean qu’elle commence maintenant. + Sa durée est de deux jours, le 25 et le 26 juin. + +A Senlis, Foire franche le premier Lundi d’après la St Jean. + +A Bourges le dix neuvième et dure 8 jours[125]. + + [125] Cette foire n’a plus que deux jours: les 20 et 21 juin. + + +_En Juillet._ + +A Fontenay en Brie, Foire franche le deuxième[126]. + + [126] Elle se tient encore le même jour. + +A Lion, le quatrième, et finit le dix-neuvième[127]. + + [127] C’est à présent la foire de la Pentecôte. Elle ne dure plus que + trois jours. + +A la Royale en Bretagne, le cinq et dure 8 jours. + +A Rheims le Lundi d’avant la Magdeleine. + +A Montargis[128] et à Espernay le même jour[129]. + + [128] C’est la foire du 20 juillet, veille de la Madeleine, qui existe + encore. + + [129] L’époque de cette foire n’a pas été changée. + + +_En Aoust._ + +A Fontenoy en Poitou, le premier jour du mois, Foire franche à l’abbaye +de Jarcy[130]. + + [130] Cette foire de deux jours commence maintenant le 2 août. + +A Lion le quatrième et finit le vingt troisième. + +A Clermont en Auvergne, le sixième[131]. + + [131] Cette foire a été reportée au 15 août. + +A Paris, la Foire St Laurent, le sixième et dure le reste du mois[132]. + + [132] C’est le 10, jour de la fête du Saint, et non le 6 août, que la + foire Saint-Laurent commençait, pour durer jusqu’au 7 septembre. Les + prêtres et missionnaires de Saint-Lazarre, dont le couvent étoit + voisin du préau où elle se tenoit, l’avoient fait établir pour + bénéficier des droits à percevoir. En 1705, ces droits devinrent + plus considérables, lorsqu’ils eurent obtenu que la foire ne + commenceroit plus le 10 août, mais le 24 juillet, et dureroit + jusqu’à la Saint-Michel, c’est-à-dire jusqu’au 29 septembre: «Elle + est, dit Piganiol, t. I, p. 158, de même que celle de Saint-Germain, + franche pour toutes sortes de marchands et de marchandises.» + +A Chartre, Foire franche le 14[133]. + + [133] Elle a été reportée au 24 du même mois et dure trois jours. + +A Guibray, le Lundi de la My-Aoust, et dure huit jours[134]. + + [134] C’est la fameuse foire qui se tient encore à Falaise, dans le + faubourg de Guibray. Elle dure maintenant quinze jours. Comme on y + achète beaucoup de cadeaux, le mot guibrée, dans le patois + d’Alençon, signifie présent. + +A Creusi le Chastel proche Tonnerre le dix-septième[135]. + + [135] Elle se tient à présent le 7 septembre. + + +_En Septembre._ + +A Vitry le François, le premier jour[136]. + + [136] Elle existe encore. + +A Toul en Lorraine le sixième[137]. + + [137] On l’a avancée de trois jours maintenant. + +A Seez le Jeudi d’après la Nativité Notre Dame. + +A Provins, à l’exaltation Ste Croix jusqu’à la fin du mois. + +A Espernay, le même jour[138]. + + [138] Ce jour est le 15 septembre. C’est encore celui de la foire + d’Épernay. + +A Blangy[139] en Brie, le jour de St Mathieu apôtre. + + [139] Lisez «Blandy». La foire s’y tient encore le même jour 21 + septembre. + + +_En Octobre._ + +A Rheims, le premier jour. + +A St Denis en France le dixième jour. + +A Sens le dix septième. + +A Rouen, le vingt troisième[140]. + + [140] Elle commence encore le même jour et en dure quinze. + +A Senlis, Foire franche, le Jeudi d’après St Luc. + +A Châlons en Champagne, le Vendredi d’après St Denis[141]. + + [141] Cette foire de huit jours existe encore, mais a été reportée du + vendredi au samedi d’après la Saint-Denis, c’est-à-dire au 18 + octobre. + +A Fontenay en Brie, Foire franche le Samedi de devant la Toussaint[142]. + + [142] Elle se tient à présent le 12 octobre. + + +_En Novembre._ + +A Troye le deuxième. + +A Lion le quatrième. + +A Meaux le jour de la St Martin[143]. + + [143] C’est une foire de trois jours qui existe encore. + +A Châlons en Champagne, le Vendredi d’après St Martin[144]. + + [144] Elle a été reportée au samedi; elle dure trois jours. + +A Clermont en Auvergne le onzième. + +A Fontainebleau, le lendemain de la Ste Catherine[145]. + + [145] Cette foire de trois jours se tient encore à la même date: les + 26, 27 et 28 novembre. + +A Creusi le Chastel, le jour de St André[146] et dure 8 jours. + + [146] C’est-à-dire le 30 novembre. Elle se tient à présent le jour + suivant. + + +_En Décembre._ + +A Vitry le François le premier[147]. + + [147] Elle se tient encore le même jour. + +A Niort, le lendemain de la St André[148]. + + [148] C’est le jour même de la Saint-André, 30 novembre, qu’elle se + tient aujourd’hui. + +A Vinacour près Amiens, le même jour. + +A St Nicolas en Lorraine le sixième. + +A Poitiers le même jour. + +A Bourges le vingt septième[149]. + + [149] Elle commence à présent le 24 et dure vingt jours. + +A Chablis, le dernier jour[150]. + + [150] La date n’en a pas été changée. + + + + +APPENDICE + + + + +LISTE + +DE MESSIEURS DE L’ACADÉMIE FRANÇOISE[151] + +_en Ianvier 1676_[152]. + + [151] Ces Listes se publièrent d’abord en une brochure in-4º, comme la + première qui va suivre; puis sous forme de placard in-folio, dont un + exemplaire étoit affiché dans la salle du Louvre, où Colbert avoit + permis, en 1673, que l’Académie s’installât, lorsqu’après la mort du + chancelier Séguier elle eut quitté son hôtel, avec le roi pour + nouveau protecteur. + + [152] Ce n’est qu’à partir de 1711 que l’_Almanach Royal_ publia les + noms et les adresses des Académiciens du moment d’après ces Listes, + qui sont devenues très rares. Les deux que nous donnons, à la suite + l’une de l’autre, sont les seules que nous connaissions. + + +LE ROY, Protecteur. + +Messieurs + +1635. Henry-Louis Habert, sieur de MONTMOR, doyen des Maistres des +Requestes, rue _S. Avoye_[153]. + + [153] Il étoit de l’Académie depuis sa fondation, comme l’indique la + date de 1635, qui précède ici son nom. Il se tenoit chez lui des + conférences, mais de philosophie et de physique. Gassendi fut + quelques années son hôte, à l’époque où Chapelle, Molière et Bernier + suivoient ses leçons. Son hôtel, autrefois magnifique, «ædes + renidentes», comme dit Sorbière, existe encore dans la partie de la + rue du Temple qui s’est substituée à la rue Sainte-Avoie. Il mourut + le 21 janvier 1679. L’abbé de Lavau fut son successeur à l’Académie. + Quelques-unes des premières séances, avant qu’elle eût un + établissement fixe, s’étoient tenues chez Montmor.--Son fauteuil, le + 40e, est occupé par M. Cuvillier-Fleury, selon le _Dictionn. histor. + de la France_, par M. Lud. Lalanne, que nous prenons pour guide. + +Iean DES-MARESTS, cy-devant Controlleur General de l’Extraordinaire des +Guerres, _à la Place Royale_[154]. + + [154] Desmarests Saint-Sorlin, factotum poétique de Richelieu, pour + lequel il fit _Mirame_, et qui l’avoit mis, des premiers, de son + Académie. Il mourut cette année 1676, le 28 octobre, et eut J. J. de + Mesmes pour successeur. On lui devoit l’inscription de la statue de + Louis XIII élevée dans la place Royale, où il logeoit. Il avoit + auparavant habité l’hôtel Pelvé, qu’il avoit fait rebâtir, car il se + mêloit d’architecture, au coin des rues de Thiron et du Roi de + Sicile. Il y avoit été, dans les premiers temps, un des hôtes de + l’Académie encore sans asile.--Son fauteuil, le 39e, est occupé par + M. de Champagny. + +1639. François ESPRIT, advocat en Parlement[155]. + + [155] Son prénom étoit Jacques, et non François; Pellisson (_Hist. de + l’Acad. françoise_, édit. Ch. Livet, I, p. 288) le fait non pas + avocat, mais conseiller du roi. On a de lui: _Paraphrase de quelques + psaumes_, dont l’édition, imprimée toute en italiques, est rare. Il + fut très goûté chez La Rochefoucauld, chez Mme de Sablé et chez le + chancelier Séguier, qui contribua beaucoup à le faire recevoir de + l’Académie à la place de Philippe Habert (V. _Regist._ du 14 fév. + 1639). Si son adresse n’est pas donnée ici, c’est qu’à la suite du + prince de Conti il s’étoit retiré à Béziers, où il mourut le 6 + juillet 1678. L’archevêque de Rouen, Colbert, lui succéda.--Son + fauteuil, le 3e, est échu à M. Jules Sandeau. + +1640. Olivier PATRV, advocat en Parlement[156], _proche le +Puy-l’Hermite[157], faubourg S. Marcel_. + + [156] On sait trop la réputation qu’il se fit au barreau de Paris pour + que nous devions y insister. Il avoit succédé, comme académicien, à + Porchères d’Arbaud. Il mourut le 16 janvier 1681 et fut remplacé par + le président Potier de Novion.--Son fauteuil, le 6e, est aujourd’hui + celui de M. le duc de Noailles. + + [157] Ce puits, qui se trouvoit au carrefour formé par les rues de + l’Épée de bois, Gracieuse et Françoise, finit par donner son nom à + cette dernière. Patru logeoit encore auprès lorsqu’il mourut. (Jal, + _Dict. critique_, p. 945.) Richelet parle ainsi de sa maison: «Patru + se retira dans le plus beau quartier du faubourg Saint-Marcel, en + une petite maison assez agréable, qui avoit un jardin, une + basse-cour et toutes les commoditez des charmants réduits de la + campagne.» _Les plus belles Lettres françoises_, édit. de 1708, + in-12, 1re part., p. 57. + +1643. Claude Bazin, sieur de BEZONS, conseiller d’Estat[158], _près les +Capucins du Marais_[159]. + + [158] Il avoit été avocat général au grand Conseil, et s’y étoit fait, + «parlant éloquemment et fortement en toutes rencontres», comme dit + Chapelain, les seuls titres qu’il eût à être de l’Académie. Il y + remplaça Séguier en 1643, et, lorsqu’il mourut, le 20 mars 1684, à + 67 ans, il eut Boileau pour successeur.--Son fauteuil, le 7e, est + occupé par M. Émile Augier. + + [159] Leur couvent, construit en 1622 et supprimé en 1790, se trouvoit + à l’angle des rues d’Orléans et du Perche, où l’église, bâtie sur + l’emplacement d’un jeu de paume, existe encore sous l’invocation de + saint François d’Assise. + +1647. Pierre CORNEILLE, cy-devant Advocat General à la Table de Marbre +de Normandie, _rue de Clery_[160]. + + [160] Nous nous contenterons de dire que P. Corneille ne fut pas de + l’Académie tant que vécut Richelieu, qui lui gardoit rancune du + _Cid_. Six places s’étoient successivement trouvées vacantes: il ne + lui en laissa prendre aucune, sous prétexte qu’il habitoit Rouen. A + ce compte, Esprit, qui habitoit beaucoup plus loin, à Béziers, + aurait dû encore en être moins, et il en fut pourtant. En 1647 + seulement, sous Mazarin, Corneille fut élu à la place de + Maynard.--Nous ne dirons rien sur l’adresse qui lui est donnée ici: + _rue de Cléry_. Nous en avons parlé longuement, à propos de son + dernier logis rue d’Argenteuil, dans notre _Histoire de la Butte des + Moulins_, p. 263.--Par le plus ingénieux et le plus sensé des + hasards, il se trouve qu’aujourd’hui le fauteuil de P. Corneille, le + 9e de l’Académie, est celui de M. Victor Hugo. + +1649. François de MEZERAY, conseiller du Roy, Historiographe de +France[161], _rue Mont-Orgueil, vis-à-vis la rüe Beaurepaire_[162]. + + [161] On aurait dû ajouter--mais ce n’étoit pas l’usage--_secrétaire + perpétuel_. Il l’étoit alors depuis un an, à la place de Conrart. + Comme académicien, il avoit succédé à Voiture en 1649, et il fut + remplacé lui-même, en 1685, par l’avocat Barbier d’Aucourt.--Son + fauteuil, le 12e, est occupé par M. Jules Favre. + + [162] Son testament, signé le 11 juillet 1683, est daté de cette + adresse, mais avec la simple indication: «rue Montorgueil». + +1650. Jean DOVJAT, Docteur Regent, et premier Professeur du Roy en Droit +Canon, Conseiller et Historiographe de Sa Majesté[163], _rue St Iean de +Beauvais_[164]. + + [163] Il avoit succédé au continuateur de l’_Astrée_, Baro, dont, par + la date donnée ici pour l’entrée de Doujat à l’Académie, on connoît + approximativement l’époque de la mort, restée autrement assez + problématique. (Pellisson, _Hist. de l’Acad. franç._, édit. Livet, + t. I, p. 238.) Doujat eut pour successeur l’abbé Renaudot, en + 1689.--Son fauteuil, le 15e, vient d’échoir à M. Henri Martin, par + suite de la mort de M. Thiers. + + [164] Son titre de professeur en droit canon lui permettoit d’y + habiter les _Écoles de droit_, dont la principale entrée étoit dans + cette rue. V. plus haut, t. I, p. 33. + +1651. François CHARPENTIER[165], _rue de la Verrerie_[166]. + + [165] C’est surtout comme traducteur qu’on le reçut, en 1651, de + l’Académie; il travailla aussi à la rédaction des _Voyages_ de + Chardin.--Il occupoit le 16e fauteuil, où il avoit remplacé J. + Baudoin, et que l’évêque de Senlis, Chamillard, eut après lui, en + 1702. C’est aujourd’hui celui de M. le duc de Broglie. + + [166] Il avoit d’abord habité près du Louvre une maison, dont il étoit + le propriétaire, mais qu’il avoit dû quitter. Le roi se l’étant + réservé «pour le grand dessein du Louvre», Charpentier n’avoit pas + eu le droit d’y faire les réparations nécessaires, et c’est pour n’y + pas être écrasé sous les ruines que force lui avoit été d’en partir + avec tous ses locataires. + +François TALLEMANT, conseiller du Roy, et Premier Aumosnier de Madame, +abbé de Val-Chrestien, et prieur de S. Irenée, _rue Sainte-Anne, proche +celle de la Sourdière_[167]. + + [167] Frère cadet de Tallemant des Réaux. Il est fameux par le vers + que sa traduction de Plutarque lui valut de la part de Boileau, et + auquel un académicien du même nom et de la même famille, l’abbé Paul + Tallemant, qu’on trouvera plus loin, riposta par une lettre très + digne, très spirituelle, mais trop peu connue. Elle se trouve dans + l’édit. du Racine in-8º de 1768, t. VII, p. 254. Il avoit succédé, + en 1669, à J. de Montreuil, et il eut pour successeur, en 1693, + Simon de Laloubère.--Son fauteuil, le 13e, est aujourd’hui celui de + M. le duc d’Audiffret-Pasquier. + +1652. Armand de Cambout, duc de COASLIN, Pair de France, Lieutenant +General pour le Roy en Basse-Bretagne, Mestre de Camp General de +la Cavalerie Legere, _rue des Deux-Portes, près de la rue +Mont-Orgueil_[168]. + + [168] Petit-fils de Séguier par sa mère, il avoit été, lorsqu’il + remplaça L’Estoille, en 1652, académicien de naissance pour ainsi + dire. Son fils et son petit-fils, qui, l’un après l’autre, lui + succédèrent, le furent de même. Chapelain, lui cherchant des titres, + ne trouva qu’une harangue «courte et bonne» qu’il avoit faite, comme + président, aux États de Bretagne: «Du reste, ajoute-t-il, il se + pique plus de guerre que d’écriture.»--Son fauteuil, le 17e, est + occupé par M. Hippolyte Taine. + +1653. Paul PELLISSON Fontanier, conseiller du Roy en ses Conseils, +maistre des Requestes ordinaire de son Hostel[169], _maison abbatiale de +S. Germain des Prez_[170]. + + [169] On connoît assez Pellisson pour que nous n’ayons pas à parler de + lui. Il ajoutoit à son nom celui de Fontanier, qui étoit celui de sa + mère, pour se distinguer de son frère aîné Georges. Il avoit en 1653 + remplacé Porchères Laugier, et il eut en 1693 Fénelon pour + successeur.--Son fauteuil, le 20e, est maintenant celui de M. + Dufaure. + + [170] C’est comme administrateur de l’économat de l’abbaye qu’il + habitoit «cette maison abbatiale», dont on peut voir encore la + façade presque intacte au bout de la rue Furstemberg. V. plus haut, + t. I, p. 23. + +1654. Paul-Philippes de CHAVMONT, Evesque de Dax[171]. + + [171] On disoit alors plus communément évêque d’Acqs. Cet évêché de + Dax fut supprimé en 1802. Chaumont l’occupa de 1671 à 1684, puis + s’en démit. Étoit-ce pour être plus assidu à l’Académie? Il y avoit, + en 1654, remplacé Sérizay, et le président Cousin l’y remplaça en + 1697: «La nécessité de ses fonctions, dit-il de son prédécesseur, le + priva pendant quelque temps des avantages de votre société.» Son + fauteuil, le 18e, est occupé par M. le comte de Falloux. + +1656. Charles COTIN, abbé de Mont-Fronchel, chanoine de Bayeux, _rüe +Simon-le-Franc_[172]. + + [172] Une des plus fameuses victimes de Boileau et de Molière. L’abbé + d’Olivet croyoit qu’il n’avoit été qu’un an chanoine de Bayeux: + nommé en 1650, il auroit l’année d’après, «ne voulant pas résider à + Bayeux», résigné son canonicat. On voit que c’est une erreur + puisque, seize ans après, notre liste le lui attribue encore. Cotin + avait, en 1655, succédé à Habert de Cérizy; en janvier 1682, il eut + l’abbé de Dangeau pour successeur.--Son fauteuil, le 21e, est + aujourd’hui celui de M. Charles Blanc. + +1657. César d’ESTRÉES[173], Cardinal Evesque et Duc de Laon, Pair de +France, _rüe Barbeth_[174]. + + [173] Il n’eut de titres à l’Académie que comme homme d’État. Il en + fut pendant cinquante-six ans: depuis 1658, époque où il succéda à + Du Ryer, jusqu’en 1714. Son neveu le maréchal d’Estrées le remplaça. + C’est au cardinal d’Estrées que l’Académie française dut ses + fauteuils, dont un existe encore chez M. Camille Doucet, secrétaire + perpétuel. (V. notre _Histoire du Louvre_ dans _Paris à travers les + âges_.)--Il occupoit le 18e, échu aujourd’hui à M. V. Sardou. + + [174] Lisez Barbette. L’hôtel d’Estrées, qui fut depuis l’hôtel de + Corberon, puis une succursale de l’école de Saint-Denis, s’y + trouvoit à l’extrémité à gauche, du côté de la rue des + Trois-Pavillons. On l’a démoli sous le second empire. + +1658. Iean-Iacques Renoüard, sieur de VILLAYER, Conseiller d’Estat +ordinaire[175], _rüe Chapon_. + + [175] Il avoit remplacé Servien, et il eut pour successeur Fontenelle, + en 1691. Il n’étoit pas conseiller d’état ordinaire, comme il est + dit ici, mais par semestre.--Son fauteuil, le 22e, est occupé par M. + Caro. + +1661. Iacques CASSAIGNE, Docteur en Theologie, Prieur de S. Estienne, +_rüe d’Orléans_[176]. + + [176] C’est le prédicateur dont s’est tant moqué Boileau. N’ayant + guère que vingt-sept ans, il avoit, au commencement de 1662, succédé + à Saint-Amant. Il mourut en 1679, et fut remplacé par M. de Crécy. + L’évêque de Luçon, Nic. Colbert, lui avoit délégué sa charge de + gardien de la Bibliothèque du roi.--Il occupoit le 24e fauteuil, + celui de M. d’Haussonville aujourd’hui. + +1662. Antoine FVRETIERE, abbé de Chalivoy et Prieur de Chuisnes, _rüe de +Savoye_[177]. + + [177] Il avoit, en 1662, succédé à Boissat. La fameuse affaire du + _Dictionnaire_, qu’il recommençoit sur un plan nouveau, pendant que + l’Académie, privilégiée pour ce travail, le continuoit sans s’être + assez tôt défiée de ce que nous appellerions une concurrence + déloyale, le fit exclure le 27 janvier 1685. On ne lui donna + toutefois un successeur qu’à sa mort, en 1688; ce fut La + Chapelle.--Son fauteuil, le 25e, est occupé par M. X. Marmier. + +Iean Regnaud de SEGRAIS[178], _rüe de Vaugirard, vers le Calvaire_[179]. + + [178] Successeur de Boisrobert, en 1662, il fut remplacé en 1701 par + Campistron.--Son fauteuil, le 26e, est occupé par M. de Viel-Castel. + + [179] Il y logeoit chez Mme de La Fayette, qui l’avoit recueilli + lorsqu’il eut quitté le Luxembourg, où il étoit gentilhomme de + Mademoiselle, et qui le fit travailler à son roman de _Zayde_. Le + couvent du Calvaire n’existe plus depuis 1790. L’église, après avoir + servi de remise, a été absorbée par le palais du Sénat. Le cloître + est devenu une serre. + +Michel le CLERC, advocat en Parlement, _Place Royale_[180]. + + [180] Il n’est plus connu que par l’épigramme que fit Racine contre + son _Iphigénie_, tragédie à laquelle Boyer, qu’on trouvera plus + loin, collabora. Le Clerc avoit, en 1662, remplacé Priezac, et il + eut pour successeur Toureil, en 1692.--Son fauteuil, le 5e, est + aujourd’hui celui du savant chimiste, M. J. B. Dumas. + +1663. François de Beauvilliers, duc de SAINT-AGNAN, Pair de France, +Premier Gentilhomme de la Chambre du Roy, Gouverneur du Havre de Grace, +chevalier des Ordres de Sa Majesté[181], _près de la Grande +Escurie_[182]. + + [181] Reçu en 1663 à la place de La Mesnardière, il fut, en 1697, + remplacé par l’abbé de Choisy. En qualité de bel esprit de la cour, + il protégeoit volontiers ceux de la ville. Molière entre autres s’en + étoit bien trouvé.--Son fauteuil étoit le 11e, occupé maintenant par + M. Littré. + + [182] Il logeoit au pavillon Marsan, près duquel la grande écurie + s’étendoit jusqu’aux environs de la rue Saint-Honoré. + +1665. Roger de Rabutin, comte de BUSSY, Lieutenant General des Armées du +Roy[183]. + + [183] Il avoit en 1665 succédé à Perrot d’Ablancourt, et il eut pour + successeur, en 1693, Paul Bignon. Disgracié, comme on sait, pour son + _Histoire amoureuse des Gaules_, il habitoit sa terre de Chaseu en + Bourgogne.--Son fauteuil, le 2e, est à présent celui de M. Mignet. + +Iacques TESTU, abbé de Belval[184], _à la Place Royale_[185]. + + [184] Bautru de Serrant l’avoit précédé sur le fauteuil qu’il + occupoit, et le marquis de Saint-Aulaire l’y remplaça en + 1706.--C’est le 27e, que la mort de M. de Sacy vient de laisser + vacant. + + [185] La duchesse de Richelieu, qui l’avoit en grande amitié, l’y + logeoit dans son hôtel. + +1666. Paul TALLEMANT, Prieur de S. Albin, _rüe de Clery_[186]. + + [186] C’est lui dont nous avons cité plus haut, à propos de son parent + François Tallemant, une si verte réplique à Boileau. Successeur de + Gombaud, en 1666, à vingt-trois ans, il fut remplacé en 1712 par + Danchet.--Son fauteuil, le 29e est vacant en ce moment par suite de + la mort de M. Saint-René Taillandier. + +Claude BOYER[187], _rüe de Clery_[188]. + + [187] Autre victime de Boileau et de Racine. Il avoit eu pour + prédécesseur Giry, en 1665, et il eut pour successeur l’abbé Genest, + en 1698. Il étoit du Languedoc comme Leclerc, avec lequel il + collaboroit non-seulement pour des tragédies, mais aussi pour des + lettres politiques sur les affaires du temps, qui les firent plus + d’une fois inquiéter (_Corresp. administ. de Louis XIV_, t. II, p. + 555).--Le fauteuil de Claude Boyer, le 28e, est occupé par M. D. + Nisard. + + [188] Paul Tallemant, qui l’avoit défendu, en même temps que son + parent, dans la lettre que nous rappelions tout à l’heure, l’avoit + en grande estime et le logeoit chez lui, rue de Cléry: «Vous sçavez, + dit-il à Boileau, qu’il a toujours demeuré et est mort dans notre + maison, maison assez aimée des gens de lettres.» + +Iean-Baptiste COLBERT, conseiller du Roy en tous ses Conseils, +secretaire d’Estat, Grand Tresorier des Ordres du Roy, Controlleur +General des Finances, Surintendant et Ordonnateur General des Bastiments +du Roy, Arts et Manufactures de France[189], _rüe neuve des Petits +Champs_[190]. + + [189] C’est le grand ministre qui, par conséquent, n’aura pas beaucoup + à nous occuper ici. L’Académie l’avoit reçu, en 1660, à la place de + Silhon. Il n’y vint guère, aimant mieux, à l’occasion, faire venir + les académiciens chez lui, à Sceaux (_Mercure_, oct. 1677). Il eut, + en 1684, La Fontaine pour successeur.--Son fauteuil, le 30e, est + aujourd’hui celui de M. Duvergier de Hauranne. + + [190] Son hôtel y est remplacé par deux passages, dont l’un en a pris + le nom de «passage Colbert». + +1667. Philippes de Courcillon marquis de DANGEAV, Gouverneur de +Touraine, et Colonel du Regiment d’Infanterie du Roy[191], _rüe S. +Honoré_[192]. + + [191] L’auteur du fameux _Journal_ du grand règne. Il était de + l’Académie depuis longtemps lorsqu’il le commença. Sa réception, + comme successeur de Scudéry, date, comme on le voit ici, de 1667; + lorsqu’il mourut, en 1720, cédant la place au duc de Richelieu, il + étoit doyen.--Son fauteuil, le 14e, est aujourd’hui celui de M. + Camille Doucet. + + [192] Il y logeoit dans la partie qui dépendoit de Saint-Eustache. + C’est en effet à cette église qu’il s’étoit marié le 7 mai 1670. Il + eut plus tard son hôtel à la place Royale. + +1670. François Seraphin REGNIER des Marais[193], Prieur commendataire de +Grandmont[194], Académicien de la Crusca[195], _à l’Hostel de +Crequy_[196]. + + [193] Il étoit académicien depuis six ans, ayant été élu en 1670 pour + le fauteuil laissé vacant par Cureau de la Chambre. Il fut nommé en + 1684 secrétaire perpétuel, à la place de Mézeray, et mourut en 1713. + La Monnoie lui succéda. V. plus bas, p. 301.--Son fauteuil, le 31e, + est occupé par M. Ernest Legouvé. + + [194] Le roi lui avoit donné ce riche prieuré, lorsqu’il ne demandoit + qu’une pension, et c’est ainsi qu’il fut abbé sans l’avoir voulu, + mais sans le regretter. + + [195] Il avoit, dit-on, plus de talent en italien qu’en françois: + «S’il réussit, écrit d’Alembert, à faire passer un de ses sonnets + pour être de Pétrarque, il n’eût pas fait passer ses vers françois + sous le nom d’un grand poète.» _Éloges des Académiciens_, t. III, p. + 205. + + [196] Le duc de Créqui, dont il avoit été le secrétaire pendant son + ambassade à Rome, le logeoit chez lui. Son hôtel, auparavant hôtel + Mazarin, se trouvoit, quai Malaquais, sur l’emplacement occupé + aujourd’hui par une partie de l’école des Beaux-Arts. Il a été + démoli en avril 1845. + +Pierre Cureau de la CHAMBRE, Docteur en Theologie[197], Curé de S. +Barthelemy[198]. + + [197] Son père, médecin célèbre, avoit été de l’Académie. C’est ce qui + lui en ouvrit les portes en 1669, à la mort de Racan. La Bruyère lui + succéda en 1693.--Il occupoit le 14e fauteuil, celui de M. Auguste + Barbier aujourd’hui. + + [198] Il y fut d’un zèle de charité admirable. Pendant le rude hiver + de 1693, il vendit tout pour secourir ses paroissiens décimés par le + froid et la contagion: «il ne lui restoit plus, dit l’abbé d’Olivet, + qu’à donner sa vie.» La contagion la lui prit. Il mourut le 15 avril + suivant. + +Philippes QVINAVLT, auditeur des Comptes[199], _rüe neuve S. +Médéric_[200]. + + [199] L’auteur bien connu des opéras que la dévotion lui fit renier à + la fin de sa vie. Son mariage avec la riche veuve Mme Bonnet, qui + lui apporta cent mille écus, lui avoit permis d’acheter une charge + d’auditeur des comptes. + + [200] Il étoit né rue Grenelle-St-Honoré où, comme on sait, son père + étoit boulanger. Il se maria rue de la Grande-Truanderie, logea + quelque temps où nous le voyons ici, rue Neuve-Saint-Merry, et + s’établit enfin à l’île Saint-Louis où il mourut en 1688. Fr. de + Caillières lui succéda à l’Académie, où il avoit lui-même remplacé + Salomon en 1670.--Son fauteuil, qui porte le nº 1, est aujourd’hui + occupé par M. Ernest Renan. + +1671. François de HARLAY de Chanvallon, archevesque de Paris, duc et +Pair de France, etc.[201]. + + [201] Fait académicien en 1671, il avoit eu pour prédécesseur Hardouin + de Péréfixe, comme lui archevêque de Paris. Son successeur fut le + savant Dacier, en 1691.--Il occupoit le 19e fauteuil, celui de M. + John Lemoine aujourd’hui. + +1672. I. Benigne BOSSVET, Evesque de Condom, Precepteur de Monseigneur +le Dauphin[202]. + + [202] Il ne fut de l’Académie, à quarante-cinq ans, que lorsque sa + nomination comme précepteur du Dauphin lui permit de quitter Condom, + et d’habiter Versailles. Successeur de Hay de Chambon, en 1672, il + fut remplacé en 1704 par le cardinal de Polignac.--Son fauteuil, le + 33e, est occupé par M. Camille Rousset. + +Charles PERRAVLT, Controlleur General des Bastiments du Roy[203], _rüe +Neuve des bons Enfans_[204]. + + [203] C’est l’auteur des _Contes des fées_. La protection de Colbert + le fit entrer en 1671 à l’Académie où il avoit eu Fr. de Montigny + pour prédécesseur. Le cardinal de Rohan lui succéda en 1704. Il + occupoit le 24e fauteuil, celui de M. Mézières en ce moment. + + [204] Il y logeoit dans les dépendances du Palais-Royal, qu’il quitta, + lorsque Colbert l’eut disgracié, pour aller habiter une maison à lui + dans le faubourg Saint-Jacques. + +1673. Esprit FLECHIER, abbé de Severin[205], _rüe S. Thomas à l’hostel +de Rambouillet_[206]. + + [205] Il eut pour prédécesseur Godeau, qu’il remplaça en 1673; et pour + successeur H. de Nesmond, en 1710. L’abbaye de Séverin n’étoit pas + son seul bénéfice, il eut aussi celle de Baignes, et le prieuré de + Peyrat.--Son fauteuil, le 34e, est occupé par M. V. de Laprade. + + [206] Il y logeoit chez Montausier, qui se l’étoit attaché comme + «homme de lettres». Il y étoit déjà venu auparavant du temps de Mme + de Rambouillet, la célèbre Arthénice; et c’est comme hôte du _Salon + bleu_, où il étoit connu sous le nom de Damon, qu’il avoit pu si + bien dire, en 1671, dans l’oraison funèbre de Julie d’Angennes, + duchesse de Montausier: «Souvenez-vous de ces cabinets que l’on + regarde encore avec tant de vénération, où l’esprit se purifioit... + où se rendoient tant de personnes de qualité et de mérite.» + +Iean RACINE[207], Trésorier de France à Moulins[208], _à l’Hostel des +Ursins_[209]. + + [207] Lorsqu’il fut nommé en 1673 à la place de La Mothe Le Vayer, il + étoit au plus fort de ses succès de théâtre. Valincourt, qui avoit + été de ses meilleurs amis, lui succéda en 1699.--Son fauteuil est le + 4e, le même qui est occupé maintenant par M. Octave Feuillet. + + [208] On ne sait pas au juste à quelle date Racine eut cette charge, + qui fut pour lui la plus absolue des sinécures. On le dispensa même, + comme académicien et historiographe du roi, d’en aller prendre + possession. (_Lettres_ de Colbert, t. V, p. 524.) + + [209] Il y logeoit déjà en 1668, quand furent joués _les Plaideurs_. + V. plus haut, t. I, p, 95, note, et _Hist. de l’Académie_, édit. Ch. + Livet, t. II, p. 333. Quand il se maria, le 1er juin 1677, il y + logeoit encore, car il est donné sur l’acte comme habitant la + paroisse Saint-Landry, qui étoit celle de l’hôtel des Ursins. Il + alla demeurer peu après rue Saint-André-des-Arts, au coin de la rue + de l’Éperon. + +Iean GALLOIS, abbé de S. Martin de Cores[210], _rüe Vivien_[211]. + + [210] Académicien, comme Perrault, de la façon de Colbert, il fut élu, + en 1673, à la place de Bourzeis; l’abbé Mongin lui succéda en 1708. + L’abbaye de Saint-Martin des Cores, dont il étoit pourvu, se + trouvoit au diocèse d’Autun. On a vu plus haut, t. I, p. 142, note, + qu’il avoit travaillé au _Journal des savants_. Ajoutons qu’il aida + au rétablissement de l’Académie des sciences, dont il fut dès lors + le secrétaire.--Son fauteuil à l’Académie françoise étoit le 35e, + occupé aujourd’hui par M. Gaston Boissier. + + [211] Premier nom de la rue Vivienne, qui le devoit à Louis Vivien, + seigneur de la Grange-Batelière, dont _la censive_ s’étendoit + jusque-là. L’abbé Gallois y logeoit dans une dépendance de l’hôtel + Colbert, pour laquelle la rue qui mit en communication les rues + Vivien et de Richelieu fut percée peu après, derrière l’hôtel + Mazarin, devenu hôtel de Nevers: «On va faire, lisons-nous sous la + date du 13 avril 1682, dans les _Lettres hist. et anecd._ ms. de la + Biblioth. nat., une nouvelle rue auprès de la maison de M. Colbert + et derrière l’hôtel de Nevers, qui portera le nom de: _La rue + Colbert_.» + +1674. Isaac de BENSERADE[212], _au Palais Royal_[213]. + + [212] Il avoit succédé à Chapelain, en 1674, et eut pour successeur + Pavillon, en 1691. Il occupoit le 37e fauteuil, qui est à présent + celui de M. Émile Ollivier. + + [213] Il y mourut le 20 oct. 1691. Il avoit d’abord habité au quartier + des Écoles, dans la rue Fromentelle; puis, vers 1651, rue des + Bons-Enfants, chez Mme de La Roche-Guyon qui l’aimoit fort; ensuite + aux Tuileries, comme le prouvent ses vers: _Plaintes du cheval + Pégase aux chevaux de la petite écurie qui le veulent desloger de + son galetas des Tuileries_; et enfin au Palais-Royal, qu’il ne + quittoit, l’été, que pour sa maison d’Arcueil, dont Adam Parelle a + dessiné et gravé «le berceau de feuillage». + +Pierre Daniel HVET, Sous-Precepteur de Monseigneur le Dauphin[214], _rüe +neuve des Petits Champs_[215]. + + [214] Il avoit remplacé Gomberville en 1674, et le fut lui-même par + Boivin en 1721. Nous le retrouverons sur la liste suivante.--Son + fauteuil, le 36e, est aujourd’hui celui de Mgr le duc d’Aumale. + + [215] Il y logeoit chez un charpentier, vis-à-vis le marché aux + chevaux. (V. notre _Hist. de la butte des Moulins_, p. 104.) + +1675. Toussaints ROSE, secretaire du Cabinet, _à l’Hostel de Fleury, rue +des Bourdonnois_[216]. + + [216] C’est lui qui avoit «la plume», et qui devoit imiter, comme tel, + l’écriture du roi à s’y méprendre. Ses fonctions consistoient ainsi + à faire légalement des faux. Il avoit succédé à Conrart en 1675, et + il fut remplacé par Sacy en 1701.--Il occupoit le 38e fauteuil, + occupé maintenant par M. A. Dumas fils. + +Geraud de CORDEMOY, lecteur de Monseigneur le Dauphin, _rüe +Beaubourg_[217]. + + [217] Il avoit remplacé Ballesdens en 1675, et il le fut en 1685 par + Bergeret. V. sur ses ouvrages, t. I, p. 189, 203.--Son fauteuil, le + 10e, est occupé par M. Jules Simon. + +[Chez Pierre LE PETIT, imprimeur ordinaire du Roy et de l’Académie, _rue +Saint Jacques_, à la Croix d’or[218].] + + [218] Dans la parodie paraphrasée en vers, que fit Benserade, en 1684, + de la _Liste de messieurs de l’Académie_ pour cette année-là, pièce + des plus curieuses, citée par d’Olivet, mais publiée seulement de + nos jours par le journal _l’Intermédiaire_, 15 juin 1864, p. 110, on + trouve à la fin cette mention sur l’Imprimeur des Quarante: + + _Le Petit_, leur imprimeur, + Triste, est de mauvaise humeur + Contre _le Dictionnaire_, + Qui, ne s’en émouvant pas, + Suit toujours du même pas, + Et va son train ordinaire. + + Le Petit mourut en 1687, Coignard le remplaça. _V._ plus haut, t. I, + p. 189. + + + + +LISTE[219] + +DE L’ACADÉMIE FRANÇOISE. + + [219] Cette liste est imprimée sur un placard in-fol. à deux colonnes. + V. plus haut, p. 275. + + +LE ROY, _protecteur_. + +(1705.) + + +Messieurs + +1656. CESAR, cardinal D’ESTRÉES[220], commandeur de l’ordre du St +Esprit, doyen de l’Académie françoise[221], à l’abbaye de S. Germain des +Prez[222]. + + [220] V. la liste précédente, p. 280-281. + + [221] D’Alembert dit de l’Académie, à propos du cardinal d’Estrées: + «Elle eut le bonheur de le posséder près de soixante ans, et de le + voir longtemps à sa tête en qualité de doyen; et quand elle le + perdit, elle le pleura comme si elle venoit à peine de l’acquérir.» + _Hist. des membres de l’Acad. franç. morts depuis 1700_, etc., t. + III, p. 316. + + [222] Louis XIV lui avoit donné ce magnifique bénéfice lorsque les + intrigues de la princesse des Ursins l’eurent forcé de quitter + l’ambassade d’Espagne. Il mourut à l’abbaye. C’est à sa tolérance + que les petits théâtres et les bateleurs avoient dû de pouvoir + s’établir sur le préau de la foire Saint-Germain, tant qu’elle + duroit. Il les avoit même soutenus contre les comédiens qui, + s’autorisant de leur privilège, vouloient les faire déguerpir. + (L’abbé de la Tour, _Réflexions morales... sur le théâtre_, 1762, + in-12, t. I, p. 35-36.) + +1665. Jacques TESTU, abbé de Belval, et prieur de St Denys de la +Chartre, _rue des Lions_[223]. + + [223] V. la liste précédente, p. 282. + +1666. Paul TALLEMANT, intendant des devises et inscriptions des Edifices +royaux[224], prieur d’Ambierle et de Saint Albin[225], _rue Ste Anne_. + + [224] Il étoit, sous ce titre, qu’il devoit à Colbert, secrétaire de + l’Académie des inscriptions. + + [225] C’est encore à Colbert qu’il devoit ces bénéfices «assez + considérables», dit d’Alembert. + +1667. Philippe DE COURCILLON, marquis de Dangeau, gouverneur de +Touraine, conseiller d’Estat ordinaire, et grand maistre des Ordres +royaux et militaires de Nostre-Dame du Mont Carmel et de St Lazarre de +Jérusalem, chevalier des Ordres du Roy, chevalier d’honneur de Madame la +duchesse de Bourgogne[226], _place Royale_[227]. + + [226] V. la liste précédente, p. 284. + + [227] Il y avoit acheté le pavillon que l’intendant général des + postes, M. de Nouveau, avoit fait décorer par Le Brun et Le Sueur. + Celui-ci avoit peint deux tableaux et deux plafonds, l’autre un + plafond. (_Mém. inéd. sur l’Acad. de peinture_, t. I, p. 12 et 158.) + La perspective peinte sur un des murs du jardin étoit de Jacques + Rousseau, à qui l’on ne l’avoit pas payée moins de 4000 liv. en + 1679. (Manette, _Abecedario_, t. V, p. 53.) Lorsque Monseigneur + venoit à Paris, il descendoit volontiers à la place Royale, chez + Dangeau. V. le _Journal_ de celui-ci, t. II, p. 308. + +1670. François Séraphin RÉGNIER DESMARETS, abbé de Saint Laon de +Thouars, prieur de Grand-Mont près Chinon, académicien de la Crusca, et +Secrétaire perpétuel de l’Académie françoise. _A l’Hostel de Créquy sur +le quay Malaquest_[228]. + + [228] V. la liste précédente, p. 284, et plus bas, p. 301. + +1673. Esprit FLÉCHIER[229], Evesque de Nismes[230]. + + [229] V. la liste précédente, p. 286. + + [230] Après avoir été pendant deux ans évêque de Lavaur, le roi + l’avoit nommé à l’évêché de Nîmes, poste difficile depuis la + révocation de l’Édit, mais qui le fut moins lorsque Fléchier eut + consenti au démembrement qui permit la création d’un évêché dans les + Cévennes, celui d’Alais. + +Jean GALLOYS, ancien abbé de St Martin de Cores[231], _rue Fromentelle +derrière le Collège Royal_[232]. + + [231] V. la liste précédente, p. 287. + + [232] C’étoit bien loin de la rue Vivien, où nous l’avons vu en 1676; + mais après la mort de Colbert, devenu professeur de grec, puis + inspecteur au collège Royal, il avoit dû déménager jusque là. Il y + mourut le 19 avril 1707, à soixante-quinze ans. + +1674. Pierre Daniel HUET[233], ancien Evesque d’Avranches[234], _à la +Maison professe des Jésuites, rue St Antoine_[235]. + + [233] V. la liste précédente, p. 287. + + [234] Nommé à l’évêché de Soissons, en 1685, il l’échangea avec M. de + Sillery pour celui d’Avranches, dont il se démit après l’avoir + occupé dix ans. + + [235] En 1691, il leur avoit légué sa bibliothèque et s’étoit ainsi + créé des droits à devenir leur hôte. Malheureusement, le don qu’il + leur avoit fait fut détruit en grande partie deux ans après, + lorsqu’il étoit encore à Avranches, par l’écroulement de la maison + qu’il louoit à Paris depuis douze ans, pour que sa bibliothèque y + fût en dépôt: «la maison qui la renfermoit, écrit d’Alembert, t. + III, p. 475, étoit placée au faubourg Saint-Jacques sur des + carrières qui s’entrouvrirent.» V. à ce sujet une pièce de Santeul + dans ses _Poemata_. + +1678. Pierre Nicolas COLBERT, archevesque de Rouen[236], _à l’hostel +Colbert, rue Neuve des Petits Champs_[237]. + + [236] Fils du grand ministre, il avoit dû à l’influence de son père + d’être nommé de l’Académie en 1678, à la place de Jacques Esprit, + lorsqu’il n’avoit encore que vingt-quatre ans. C’est Racine qui le + reçut, et d’Alembert pense, avec raison, je crois, qu’il fit les + deux discours. + + [237] C’est l’hôtel de son père. Il y possédoit une bibliothèque du + meilleur choix, quoique très nombreuse. Santeul en a fait l’éloge + dans ses _Poemata_. Nicolas Colbert eut l’abbé Fraguier pour + successeur à l’Académie, en 1708. + +1679. Louis VERJUS, comte de Crécy, conseiller du Roy en ses conseils, +_rue de Richelieu_[238]. + + [238] Il fut reçu de l’Académie en 1679, n’ayant de titres que ses + ambassades. En 1710, Ant. de Mesmes lui succéda. + +1682. Louis DE COURCILLON DE DANGEAU[239], abbé de Fontaine Daniel[240], +_place Royale_[241]. + + [239] Frère du marquis, nommé plus haut, p. 284, 290. Il remplaça + l’abbé Cotin, en 1682, et fut remplacé lui-même par le comte + Fleuriau de Morville, en 1723. + + [240] C’étoit un bénéfice simple, l’abbé n’en ayant pas voulu d’autre, + afin de pouvoir mieux s’occuper des lettres. + + [241] Il y logeoit dans l’hôtel de son frère, où il tenoit tous les + mardis des conférences littéraires et grammaticales, dont il a été + parlé plus haut, t. I, p. 128, note 2. + +1684. Nicolas BOYLEAU DESPRÉAUX[242], _cloistre Notre Dame_[243]. + + [242] Le satirique s’étoit fait trop d’ennemis pour arriver de bonne + heure à l’Académie. Lorsque tant d’autres étoient reçus de + vingt-cinq à trente ans, il ne le fut, lui, qu’à plus de + quarante-huit; encore fallut-il presque un ordre du Roi. Il remplaça + Bazin de Bezons, en 1684, et eut pour successeur, en 1711, le + maréchal d’Estrées. + + [243] Il y habitoit depuis longtemps, mais en 1699 il y avoit pris, + derrière Notre-Dame, à la pointe de l’Ile, un autre logement que + celui qu’il avoit occupé d’abord: «il est, écrit son ami Vuillart, + le 9 juillet, occupé d’un déménagement. Il quitte le logis du + cloître Notre-Dame, où il étoit près du puits, pour un autre qui a + vue sur le jardin du Terrain.» C’est là qu’il mourut. + +1685. Thomas CORNEILLE[244], _rue St Hyacinthe, près les Jacobins de la +rue St Honoré_[245]. + + [244] On sait qu’il avoit succédé à son illustre frère au commencement + de 1685. La Mothe le remplaça en 1710. + + [245] C’est bien l’adresse que lui donne le président Hénault, + _Mémoires_, p. 181. Parlant de Fontenelle, son neveu, il dit: «Il + vint à Paris pour la première fois en 1687. Il demeura d’abord chez + Thomas Corneille, son oncle et son parrain, cul de sac des + Jacobins.» + +1686. François Timoléon DE CHOISY, prieur de St Lo de Rouen[246], _au +Luxembourg_[247]. + + [246] Il avoit en 1687 été reçu à la place du duc de Saint-Aignan. Il + mourut en 1724, doyen de l’Académie où Portail le remplaça. + + [247] Il y avoit été élevé chez son père, chancelier de Gaston + d’Orléans, et il y revint passer ses dernières années dans un + appartement voisin de celui qu’habitoit, dans ce grand palais alors + sans maître, madame de Caylus. V. G. Desnoiresterres, _Épicuriens et + lettrés_, 1879, in-18, p. 171. + +1688. Jean TESTU DE MAUROY, abbé de Fontaine Jean et de St Chéron, +prieur de Dampmartin, ancien aumosnier ordinaire de MADAME, _au +Palais-Royal_[248]. + + [248] Instituteur des filles de Monsieur, qui le logeoit au + Palais-Royal. Il ne fut académicien, en 1688, que par la protection + du prince qui, lorsque sa recommandation, d’ailleurs fort peu + pressante, l’eut fait nommer, fut le premier à en être surpris. Il + remplaça Jacques de Mesmes et eut pour successeur, en 1706, l’abbé + de Louvois. + +Jean DE LA CHAPPELLE, conseiller du Roy, receveur général des finances +de la Généralité de la Rochelle, _rue du Grand Chantier au Marais_[249]. + + [249] Quelques tragédies et une farce, _les Carrosses d’Orléans_, + firent beaucoup moins pour sa réception, en 1688, à la place de + Furetière, que son titre de secrétaire des commandements du prince + de Conti. Il fit aussi une sorte de roman, _les Amours de Catulle_, + dont se souvenoit La Bruyère lorsque, parlant de lui et du jeune + prince, il dit: «CATULLE et son élève...» _Caractères_, édit. + Walckn., t. I, p. 504.--La Chapelle eut pour successeur, en 1723, + l’abbé d’Olivet. + +1689. François DE CALLIÈRES, seigneur de la Rochechellay et de Gigny, +conseiller ordinaire du Roy en ses conseils, secrétaire du Cabinet de Sa +Majesté[250], _rue de Cléry_[251]. + + [250] Comme le comte de Crecy qu’on a trouvé plus haut, p. 292, il + étoit arrivé à l’Académie, en 1689, à la place de Quinault, par ses + services d’ambassadeur. Le cardinal de Fleury le remplaça en 1717. + + [251] Il y occupoit, comme l’abbé Tallemant, Pavillon, et plusieurs + autres, un de ces nouveaux hôtels qu’on appeloit des «Cléry», et qui + mirent, à la fin du XVIIe siècle et au commencement du XVIIIe ce + quartier à la mode. Il acheta, en 1709, à Jacques Paget, moyennant + 60,000 livres, une maison de la rue Neuve-Saint-Augustin, dont il + disposa, en faveur de l’Hôtel-Dieu de Paris, par un legs, déjà + mentionné plus haut, t. I, p. 113, note 1.--V. aussi _Inventaire des + archives hospitalières_, HÔTEL-DIEU, t. I, p. 79. + +Eusèbe RENAUDOT, prieur de Fossey[252], _rue de Richelieu_[253]. + + [252] Il étoit l’aîné des quatorze enfants de Théophraste Renaudot, + créateur de la Gazette. Ses écrits ecclésiastiques le firent + admettre en 1689, à la place de Doujat. L’abbé Roquette fut son + successeur en 1720. + + [253] Au coin de la rue Neuve-Saint-Augustin. On voit en effet par le + testament de Callières, rappelé tout à l’heure, que sa maison située + dans cette rue touchoit à celle de l’abbé Renaudot. + +1691. Bernard DE FONTENELLE, secrétaire de l’Académie des sciences[254], +_au Palais-Royal_[255]. + + [254] Reçu en 1691, à la place de Villayer, il mourut doyen de + l’Académie en 1757, et eut A. L. Séguier pour successeur. + + [255] Il avoit d’abord, comme on l’a vu plus haut, p. 293, habité chez + son oncle Th. Corneille, puis chez son ami M. des Haguais. Le duc de + Chartres, devenu duc d’Orléans en 1701, le logea au Palais-Royal, + «dans un galetas», comme il disoit lui-même, pour le dispenser de + lui en avoir de la reconnaissance. En 1730, il dut en partir, la + dévotion du nouveau duc d’Orléans ne s’accommodant pas de sa + philosophie, ce qui fit dire dans une épigramme: + + Puis le vieux normand parasite, + D’athéisme monstre infernal, + Délogé du Palais-Royal + Depuis que la vertu l’habite. + + Fontenelle prit alors un appartement, rue du Faubourg-St-Honoré, + près de l’Assomption, où il mourut le 9 janvier 1757, et dont on + peut voir la description dans les _Annonces affiches_ de 1758, p. + 41-42. + +Estienne PAVILLON[256], ci-devant avocat général au parlement de +Metz[257], _rue de Cléry_[258]. + + [256] Il eut pour prédécesseur Benserade, qu’il remplaça en 1691, et + pour successeur, en 1705, Brulard de Sillery. + + [257] Il s’étoit de bonne heure démis de cette charge et ne s’étoit + plus donné qu’au monde et aux lettres. + + [258] Il y étoit voisin de son ami Callières, et du trésorier Damon + (V. t. I, p. 38) dont la femme reçut souvent l’hommage de ses vers. + Lorsque la goutte, qui le cloua chez lui si longtemps, l’eut tout à + fait empêché de sortir, il reçut nombreuse compagnie. Le monde, où + il n’alloit plus, venoit à lui. V. à ce sujet son _Éloge_, par un + autre de ses voisins, l’abbé Tallemant, dans l’_Histoire de + l’Académie des inscriptions_. + +1692. Jacques DE TOURREIL[259], _rue des Douze Portes, près la rue St +Louis au Marais_[260]. + + [259] Il avoit succédé à Michel Le Clerc en 1692, et il fut remplacé + en 1714 par Rolland-Mallet. Pontchartrain, dont il élevoit le fils, + contribua beaucoup à son élection, comme il avoit aidé à celle de + Pavillon, son parent. + + [260] C’étoit sans doute la maison où Scarron étoit mort, et que + Crébillon devoit un peu plus tard habiter si longtemps. + +1693. François DE SALIGNAC DE FENELON, archevesque de Cambray[261]. + + [261] L’auteur de _Télémaque_ avoit succédé à Pélisson en 1693; De + Boze lui succéda en 1715. + +Jean Paul BIGNON, abbé de Saint Quentin[262], conseiller d’Estat +ordinaire[263], _rue des Bernardins_[264]. + + [262] Il succéda le 15 juin 1693 à Bussy, et eut pour successeur, en + 1743, un de ses parents, Jérôme Bignon. Il étoit aussi de l’Académie + des sciences et de celle des Inscriptions. + + [263] Il devint un peu plus tard doyen de Saint-Germain l’Auxerrois, + puis bibliothécaire du cabinet du roi, charge que Dacier lui vendit + 30,000 liv., tout en gardant les appointements de 1,200 liv., et le + logement au Louvre (_Mercure_, fév. 1720, p. 180). + + [264] V. sur l’hôtel des Bignon dans cette rue, t. I, p. 48, note 4. + Le czar Pierre le visita peu de temps après que M. de Torpane le + leur eut acheté (_Mercure_, juin 1717, p. 193). + +Simon DE LA LOUBÈRE[265]. + + [265] Encore une créature académique de Pontchartrain. Son seul titre + sérieux étoit d’avoir fait partie de l’ambassade à Siam. Il avoit + succédé en 1693 à François Tallemant, et l’abbé Sallier le remplaça + en 1729. Si son adresse manque ici, c’est qu’il s’étoit retiré de + bonne heure à Toulouse, sa ville natale, où on lui dut le + rétablissement des Jeux floraux. + +1694. Jean François Paul LEFEVRE DE CAUMARTIN, abbé de Nostre Dame de +Buzay[266], _rue Neuve St Estienne_ au faubourg St Victor. + + [266] Reçu en 1694, à la place de l’abbé de Lavau, n’ayant guère que + vingt-six ans, il eut Moncrif pour successeur en 1733. + Pontchartrain, qui avoit contribué à le faire élire, aida aussi à le + tirer de l’assez fâcheuse affaire où il s’étoit jeté en persiflant + l’évêque de Noyon, Clermont-Tonnerre, que peu de mois après sa + propre élection il avoit dû, comme directeur, recevoir académicien. + Le roi, qui s’étoit prêté d’abord à la plaisanterie, la trouva trop + forte une fois faite; il ne parloit pas moins que d’exiler Caumartin + dans son abbaye de Buzay en Bretagne, lorsque l’intervention de + Pontchartrain le sauva. (V. Saint-Simon, t. I, p. 134, et _Lettres_ + de Sévigné, édit. Hachette, t. X, p. 218.) L’abbé de Caumartin + devint plus tard évêque de Vannes, puis de Blois. + +1695. Charles CASTEL DE S. PIERRE[267], premier Aumosnier de MADAME, _au +Palais-Royal_[268]. + + [267] Élu en 1695 à la place de Bergeret, il fut exclu des séances en + 1718, à la suite d’une dénonciation du cardinal de Polignac contre + son _Discours sur la Polysydonie_, dans lequel il attaquoit vivement + le gouvernement personnel du feu roi, et demandoit qu’on y + substituât l’autorité de plusieurs conseils ou _Synodes_. On ne lui + donna toutefois un successeur qu’à sa mort, en 1743; ce fut + Maupertuis. + + [268] Ce logement au Palais-Royal, qu’il avoit comme aumônier de + Madame, mère du Régent, lui fut conservé même après son exclusion de + l’Académie. + +Jules DE CLÉRAMBAULT, abbé de Saint-Taurin, d’Evreux, de Nostre Dame du +Lieu-Dieu en Jard, et de St Savin, _rue des Bons Enfants, près le palais +Royal_[269]. + + [269] Fils du maréchal de Clérambault. Le fauteuil de La Fontaine lui + échut en 1695, et «comme il étoit contrefait, dit d’Alembert, les + mauvais plaisants prétendirent que c’étoit Ésope qui succédoit à La + Fontaine». L’abbé Massieu le remplaça en 1714. + +André DACIER, garde des livres du Cabinet du Roy, _au Louvre_[270]. + + [270] Il fut célèbre pour son érudition dans les lettres grecques, + mais moins que sa femme, dont La Bruyère demandoit l’admission à + l’Académie. Dacier y fut élu, en 1695, pour le fauteuil de + l’archevêque de Paris, M. de Harlay. Il étoit déjà garde des livres + du cabinet du Louvre, charge que le roi avoit rétablie en sa faveur + pour le récompenser de son Recueil sur les Pythagoriciens (V. à la + p. préc. l’art. sur l’abbé Bignon). Dacier mourut en 1722. Le + cardinal Dubois le remplaça. + +1696. Claude FLEURY[271], abbé du Loc-Dieu, sous-précepteur de +Messeigneurs les Enfants de France, _rue St Louis au Marais_[272]. + + [271] Auteur de l’_Histoire ecclésiastique_. Il fut, en 1696, le + successeur de La Bruyère, son ami, et fut remplacé lui-même, en + 1722, par le diplomate Adam. + + [272] Le roi lui avoit donné l’abbaye de Loc-Dieu, après l’éducation + du duc de Vermandois, il lui accorda le prieuré d’Argenteuil après + celle du duc de Bourgogne. Dès lors il résida dans ce prieuré, + beaucoup plus qu’il ne logea rue Saint-Louis. + +1699. Louis COUSIN[273], président en la Cour des Monnoyes[274], _rue +Guenegaud_. + + [273] Il avoit en 1697 succédé à l’évêque d’Acqs, M. de Chaumont. Le + marquis de Mimeure lui succéda en 1707. + + [274] V. plus haut, t. I, p. 69. Le président Cousin avoit d’abord été + directeur du _Journal des savants_ et censeur royal. Il légua ses + livres à la bibliothèque de Saint-Victor, avec un fonds de vingt + mille francs pour en augmenter le nombre. V. t. I, p. 137. + +1698. Charles Claude GENEST[275], abbé de Saint-Vilmer[276], aumosnier +ordinaire de Madame la duchesse d’Orléans[277], _cloistre Saint Honoré_. + + [275] Il avoit succédé, en 1698, à Claude Boyer, comme académicien, + pour des tragédies qui ne valoient guère mieux que les siennes. Son + fauteuil échut après lui, en 1720, à l’abbé Dubos. + + [276] Ce bénéfice, de 500 écus de rente au plus, fut tout ce qu’il put + obtenir du roi. + + [277] Mademoiselle de Blois, fille du roi et de madame de Montespan, + avoit eu l’abbé Genest pour précepteur. Devenue femme du duc + d’Orléans, futur Régent, elle le garda près d’elle comme aumônier, + et lui fit avoir, après la mort du roi, 2,000 fr. de pension sur + l’archevêché de Sens. + +1699. Jean Baptiste Henry DU TROUSSET DE VALINCOUR[278], secrétaire +général de la Marine et des Commandements de Monseigneur le comte de +Toulouze. _Cloistre Nostre-Dame_[279]. + + [278] Bel esprit plutôt qu’auteur, il succéda, en 1699, à Racine son + ami. Il eut en 1730 La Faye pour successeur. + + [279] Il quitta le Cloître un peu plus tard pour venir habiter l’hôtel + du comte de Toulouse, dont il étoit, comme il est dit ici, le + secrétaire des commandements. On sait que cet hôtel est aujourd’hui + celui de la Banque. M. de Toulouse étant amiral, on comprend que + Valincourt, qui l’avoit suivi dans quelques expéditions, et même y + avoit été blessé, pût être secrétaire général de la marine. + +1701. Louis DE SACY, avocat, _rue Beaubourg_[280]. + + [280] Il plaida peu, traduisit beaucoup et n’imagina rien. C’est la + coterie du salon de madame de Lambert qui le fit recevoir + académicien en 1701, à la place du président Rose. Montesquieu lui + succéda en 1728. + +Nicolas DE MALEZIEU[281], chancelier de Dombes, _à l’Arsenal_[282]. + + [281] Le grand amuseur de la cour de la duchesse du Maine à Paris et à + Sceaux. Le fauteuil de l’évêque de Noyon, dont il a été parlé plus + haut, lui échut en 1701. Il y fut remplacé en 1727 par le président + Bouhier. + + [282] Le duc et la duchesse du Maine tenoient leur cour à l’Arsenal, + le duc étant grand maître de l’artillerie depuis 1694, il étoit donc + naturel que Malézieux y logeât aussi. Sa charge de chancelier de + Dombes s’explique de même par la souveraineté du duc sur cette + principauté. + +Jean Galbert CAMPISTRON[283], secrétaire général des galères, _rue de +Grenelle, fauxbourg Saint Germain_[284]. + + [283] Le singe de Racine, comme on avoit dit de Silius Italicus qu’il + étoit celui de Virgile. Il avoit remplacé Segrais en 1701, et il eut + Destouches pour successeur en 1723. + + [284] La charge de secrétaire général des galères, qu’il avoit eue en + 1694 après la mort de Duché, et qui lui fut confirmée par le roi en + 1699, lui valoit 3,000 livres. Il la devoit au duc de Vendôme, qui + étoit lui-même général des galères, et auquel, après lui avoir été + présenté par Racine, il resta toujours attaché. + +1702. Jean François DE CHAMILLART[285], Evesque de Senlis[286], et +premier aumosnier de Madame la Duchesse de Bourgogne, _rue de +Richelieu_. + + [285] C’est sa parenté très proche avec le ministre Chamillart qui + l’avoit fait arriver au fauteuil laissé vacant en 1702 par la mort + de Charpentier; il l’occupa jusqu’en 1714. Le maréchal de Villars + l’y remplaça. + + [286] Il avoit eu d’abord l’évêché de Dol. + +Pierre de CAMBOUT, duc de COISLIN, pair de France[287], _à l’Hostel de +Coislin, rue de Richelieu_[288]. + + [287] Il avoit succédé, en 1702, à son père que nous avons vu sur la + liste précédente, p. 279; il eut en 1710 son fils pour successeur. + + [288] C’est l’hôtel qu’avoit fait construire le commandeur de Jars, et + qui fut un des premiers de la rue de Richelieu. Il touchoit à + l’hôtel Louvois, dont la place du même nom occupe le terrain + aujourd’hui. Le jardin de l’hôtel de Coislin avoit une porte sur la + rue Sainte-Anne, où logeoit Bossuet, ce qui lui permettoit, avec + l’agrément du duc son confrère, de venir s’y promener et même d’y + recevoir des visites. (_Journal_ de l’abbé Le Dieu, t. III, p. 14.) + +1704. Armand Gaston DE ROHAN, Evesque et prince de Strasbourg[289], _à +l’Hostel de Soubize au Marais_[290]. + + [289] Reçu à la place de Claude Perrault en 1704, il eut pour + successeur, en 1749, l’évêque de Rennes, Vauréal, qui avoit encore + moins de titres que lui. + + [290] C’est aujourd’hui, comme on sait, le palais des Archives. + +Melchior DE POLIGNAC[291], abbé de Bonport[292], _rue St Dominique, +fauxbourg St Germain_. + + [291] Auteur de l’_Anti-Lucrèce_, il fut élu en 1704 à la place de + Bossuet, et eut Giry pour successeur en 1741. + + [292] Il fut plus tard archevêque d’Auch et cardinal. + +Gaspar ABEILLE, prieur de Nostre Dame de la Mercy[293], _près la Porte +St Honoré, à l’Hostel de Luxembourg_[294]. + + [293] Quelques tragédies oubliées furent ses seuls titres à + l’Académie, où il arriva en 1704, à la place de l’abbé Boileau, et + où l’abbé Mongault lui succéda en 1718. + + [294] La rue Neuve-de-Luxembourg remplace cet hôtel. Abeille y logeoit + comme secrétaire des commandements du maréchal de Luxembourg. + +Jean Baptiste COIGNARD, imprimeur et libraire ordinaire du Roy, _rue St +Jacques, près St Yves_[295]. + + [295] V. plus haut, t. I, p. 189, et II, 288.--Quand le _Dictionnaire_ + eut été publié, le travail de Coignard pour l’Académie fut assez + restreint. Il se réduisit presque à l’impression de quelques _Avis_ + sur de petits morceaux de papier grands comme la main, dans le genre + de celui-ci, que nous copions textuellement sur l’original: + + «M. + + «Vous estes adverty de la part de Monsieur le Directeur de + l’Académie françoise, de vous trouver Samedy prochain deuxième jour + de Décembre mil sept cent treize, à l’assemblée qui se tiendra au + Louvre à trois heures précises après midy, pour le second scrutin de + l’élection d’un Académicien à la place de feu M. l’abbé Regnier des + Marais.» + + + + +LISTE + +DES + +AVIS DU BUREAU D’ADRESSE + +_Pour servir depuis le premier jour de l’an 1670[296]._ + + [296] V. pour cette liste notre _Introduction_, t. I, p. xxxiv. + + +On continuera à recevoir les avis tous les jours, jusqu’au 12 de ce mois +inclusivement, et aux heures ordinaires, pour le Livre suivant, qui se +trouvera aux Bureaux, le 16 à midy, jusqu’à la fin du mois. + +_On enseigne _gratis_ à l’ordinaire les adresses qui sont faites au +Bureau._ + +On ne se mettroit pas en peine de faire des avertissements sur l’utilité +du Bureau d’adr. si on n’avoit à faire qu’à ceux qui s’en sont servis: +mais comme le débit des Livres a fait remarquer que quantité de gens ne +font que commencer à en prendre connoissance, et qu’il les faut aussi +instruire des avantages qu’ils en peuvent tirer, il est du moins bon +d’apprendre aux derniers venus qu’il n’y a pas une voie au monde plus +seure, plus abrégée et plus comode que celle là pour trouver ce qu’on +souhaite, pour se défaire de ce qu’on ne veut point garder, et pour +sçavoir et faire sçavoir aux autres tout ce qu’il est besoin qu’on +sçache[297]. L’exemple de cette Liste fait assez voir comment elle +produit cet effet, pour apprendre à chacun comment il s’en pourra +servir. + + [297] Lorsqu’en septembre 1717 le _Bureau d’adresse_, qui prit alors + le titre de _Bureau général privilégié d’adresse et de rencontre_, + dut rouvrir rue Saint-Sauveur, «l’avis très utile au Public», qui + l’annonça dans _le Mercure_, reproduisit presque textuellement ce + qu’on lit ici. V. _le Mercure_, sept. 1717, p. 178-183. + +Mais il faut à l’occasion satisfaire icy à la plainte de quelques uns +contre ces Listes, prétendans qu’elles ne soient toutes que la même +chose, sous prétexte seulement qu’ils ont pu voir en chacune, peut-estre +10 ou 12, ou fort peu plus d’avis repétez de l’une en l’autre[298]. Il +suffiroit de répondre en un mot, que quand il y auroit quatre fois +autant de répétitions, on ne pourroit encore honnestement plaindre ce +peu qu’il en couste pour voir les autres avis nouveaux, dont on +donneroit souvent dix ou vingt fois autant pour avoir la connoissance +d’un seul. Mais de plus, ils doivent, une fois pour toutes, considérer +qu’à peine voit-on jamais trois fois de suite cinq ou six avis de choses +à vendre ou demandées, si elles ne sont d’une grande conséquence; et +qu’à l’égard de ceux qui font sçavoir leur demeure et les choses qu’ils +débitent, et de ceux qui ont coutume d’afficher, ils doivent +nécessairement estre repetez non seulement trois ou quatre fois, mais +toujours, puisqu’il y a continuellement des gens nouveaux qui ont besoin +de les connoistre. Et ainsi ce petit nombre d’avis renouvellez, outre +qu’il n’est pas considérable à proportion des nouveaux, pour faire qu’on +songe à espergner 15 deniers pour les voir[299], est même une chose +nécessaire à tout le monde, pour trouver toujours à point nommé de +certaines gens et de certaines choses dont on peut avoir affaire. + + [298] Nous aurons plusieurs fois à signaler de ces répétitions dans + les listes suivantes. + + [299] C’est-à-dire un sou trois liards. C’est ce que coûtoit, comme on + le verra plus loin, chaque exemplaire de ces _listes_. + + +_Immeubles à louer, vendre ou échanger._ + +9. Maison à porte cochère à louer présentement, rue des Poitevins, près +St. André des Arts, ayant court, remise, escurie à 4 chevaux, 3 estages +par le devant de chacun 4 pièces de plain pied, et un petit corps de +logis à 2 étages sur le derrière, le tout pour 900 livr. _Adresse_ chez +M. le Président de Mesgrigny, dans la mesme rue[300]. + + [300] Cet hôtel de Mesgrigny existe encore au bout de la rue des + Poitevins, près du retour en équerre qu’elle fait pour gagner la rue + Serpente. Il fut occupé longtemps par le libraire Panckoucke, qui en + avoit fait un véritable musée archéologique, décrit, ainsi que + l’hôtel, dans sa brochure: _Collection d’antiquités égyptiennes, + grecques, romaines, etc., etc._, 1841, in-8º.--Germain Brice, dans + l’édit. de 1684, in-12, de sa _Description de Paris_, t. II, p. 128, + a dit quelques mots de l’hôtel Mesgrigny, que le président, auquel + il doit son nom, habitoit encore à cette époque: «Il est bâti avec + beaucoup de régularité, et, quoique les appartements n’en soient pas + fort spacieux, ils ne laissent pas d’être commodes.» + +10. Petite maison à louer presentement 60 escus, ayant cuisine sous +terre, cave, chambre et anti-chambre à cheminée de plain-pied, 3 ou 4 +cabinets, et une grande terrasse. _Adr. et rue_ comme au précédent. + +11. La maison blanche proche la maison rouge[301] à louer présentement à +Chaliot, ayant 2 grands corps de logis, quantité de grandes chambres, +jardin et court, où il y a savonnerie, et des caves dans les +carrières[302]. _Adr._ chez M. La Mouche, rue de Betisi, à la ville +d’Arras. + + [301] Guinguette fort à la mode au XVIIe siècle, comme on le voit dans + _Les Pièces comiques_, 1671, pet. in-12, p. 210, 229. Les grandes + dames y alloient encore en parties fines du temps de Voltaire. + Longchamp, son valet de chambre, nous a dit dans ses _Mémoires_, t. + II, p. 126, tout le débraillé d’un souper qu’y firent Mmes du + Chatelet, du Deffand, de Mailly, de Gouvernet et de La Popelinière. + + [302] Ce sont les carrières, situées sous l’ancienne butte des + Bonshommes, dont on a tant parlé lorsqu’on a dû construire, pour + l’exposition dernière, le palais du Trocadéro. + +26. Grand Hostel à louer pour Pasques, ayant 2 corps de logis, grande +court, basse court, qui sont dans la rue des Maquignons[303], 5 ou 6 +remises, 2 escuries pour 30 chevaux, le tout pour 2,700 l. _Adr._ chez +M. le Procureur général de la Chambre des Comptes, rue de Richelieu. + + [303] Elle étoit alors nouvelle, comme le marché aux chevaux, auquel + elle conduisoit et qui avoit été transporté là quand la Butte + Saint-Roch avoit commencé d’être aplanie. On l’appeloit plus + communément _rue Maquignonne_. Au commencement de ce siècle, elle + prit le nom de rue de l’_Essai_. C’est en effet sur tout son + parcours, depuis la rue de Poliveau jusqu’au marché, que l’on + «essaie» les chevaux à vendre. + +27. Grand Hostel à louer ou à vendre présentement propre pour un grand +Seigneur, ou pour un grand Bureau ou un grand Magasin; il y a basse +court et des escuries pour 50 chevaux. _Adr._ audit lieu r. Betisi, +proche la rue S. Germain[304]. + + [304] Lisez: rue des Fossés-St-Germain-l’Auxerrois, qui en étoit le + prolongement. + +33. Maison à porte cochère à louer ou à vendre presentement, r. du +Brac[305], attenant à l’Eglise de la Mercy, ayant escurie, remises et +autres appartenances. _Adr._ chez M. le marquis d’Espinay[306], rue de +Richelieu. + + [305] Son vrai nom est rue de Braque. Elle le doit à Arnoul de Braque, + qui, en 1348, avoit fait bâtir, à l’angle qu’elle forme avec la rue + du Chaume, une chapelle devenue plus tard chapelle de la Mercy, + reconstruite au XVIIe siècle, démolie à moitié pendant la + Révolution, puis enfin remplacée depuis peu par une maison + bourgeoise, après avoir été longtemps un magasin de charbons. + + [306] François d’Espinay, marquis de Saint-Luc, petit-fils du + commandant de Paris sous Richelieu. Il mourut en 1694. + +34. Grande maison à louer pour Pasques, rue Neufve Montmartre[307]. Deux +corps de logis, un grand et un petit, chacun à trois estages, offices, +caves, trois remises, deux escuries pour quinze chevaux, une court à +tourner un carrosse à six chevaux, et un grand jardin au bout, le tout +de 1,000 livr. _Adr._ à madame Balduc Orphevresse, rue Bourg Labbé, à la +ville de Sedan. + + [307] On appeloit ainsi la partie de la rue Montmartre qui, depuis la + rue Neuve-Saint-Eustache, à l’extrémité de laquelle la porte + Montmartre avoit longtemps existé, s’étendoit jusqu’au rempart. + +78. Grande maison à louer presentement, ayant 2 corps de logis separez +avec leurs courts de mesme, l’un à porte cochère pour 1,000 l. et +l’autre à petite porte pour 550 l. dans le cul de sac de la r. S. Denis, +proche la r. aux Ours[308]. _Adr._ à mad. Ferrand aud. lieu. + + [308] C’est l’_Impasse des Peintres_, séparée par quatre ou cinq + maisons seulement du point de jonction de la rue aux Ours et de la + rue Saint-Denis. + +43. Une chambre à louer presentement, r. S. Honoré, dans la court du +Charroy[309], propre pour un homme et son valet, qu’on pourra aussi +prendre en pension au mesme estage. _Adr._ à mad. de S. Robert, r. S. +Honoré, chez M. Du Pont, proche les Jacobins. + + [309] Nous ignorons où se trouvoit cette cour, qui sans nul doute--son + nom l’indique--servoit à remiser «le charroi» des équipages. + Peut-être, comme la suite le feroit croire, se trouvoit-elle rue + Saint-Honoré près des Jacobins. + +86. Maison à louer présentement, r. Geoffroy Lasnier, louée 1,700 l. +_Adr._ à M. de la Barre, dans l’Isle Nostre Dame, sur le Quay +Daufin[310]. + + [310] C’est aujourd’hui le quai de Béthune, qu’on appela aussi quai + des Balcons. + +99. Grande maison à louer pour Noël, au Marais, r. neuve S. Claude, +ayant 2 grandes courts, 3 remises, écuries à 12 chevaux, 3 étages chacun +de 5 feux, de plein pied avec un appartement dégagé sur le derrière; le +tout fort propre pour 800 l. _Adr._ chez M. de La Tour, conseiller au +Chastellet, rue des Mauvais Garçons près le cimetière S. Jean. + +104. L’Hostel de la Bistrade[311] à louer pour Pasques, rue Pavée, près +l’hostel de Bourgogne[312], pour 2,200 l. à 2 appartements aisez à +séparer, escurie à 12 chevaux, 4 remises et un jardin. _Adr._ chez M. +Bachelier rue Mauconseil. + + [311] Il devoit son nom au conseiller du grand Conseil Jacques de la + Bistrade, mort le 30 décembre 1650, et qui avoit possédé, d’après ce + que dit Tallemant, t. II, p. 453, plusieurs maisons dans Paris. + + [312] La rue Pavée-Saint-Sauveur, qui n’est plus aujourd’hui que la + prolongation de celle du Petit-Lion, longeoit par derrière le + théâtre de l’Hôtel de Bourgogne, dont l’entrée étoit rue Mauconseil. + +1. Maison à vendre, près le Pont aux Biches[313], au bout de la rue de +la Croix, tenant au Rempart[314], à l’image de S. Charles Borromée, où +il y a 2 grands corps de logis devant et derrière, des courts au milieu +et une place à costé. _Adr._ à M. Baudry, notaire, rue des Arcis, proche +S. Jacques de la Boucherie. + + [313] C’étoit un «ponceau» jeté sur l’égout découvert près d’une + maison portant l’enseigne des Biches. + + [314] Elle commençoit rue Phélipeaux et, arrivée à la rue du + Vert-Bois, étoit continuée par celle du Pont-aux-Biches qui, + elle-même, alloit aboutir au rempart situé alors un peu plus haut + que la rue de Nazareth. Dans un titre des _Archives hospitalières_, + Hôtel-Dieu, t. I, p. 95, il est parlé, à la date de 1627, du + «rempart près le Pont-aux-Biches». Un moulin à vent s’y trouvoit + (_Registres de l’Hôtel-de-Ville pendant la Fronde_, t. I, p. 316). + +15. Une belle maison à vendre à Ruël pour 25,000 l. ayant 2 corps de +logis, grande escurie, grand jardin, un beau jet d’eau, terres +labourables, prez et vignes. _Adr._ chez M. Bonnelle, rue Plastrière. + +17. Une grande maison à vendre à trois corps de logis, deux boutiques, +quatorze à quinze feux, quatre escuries pour trente chevaux, deux +jardins, trois caves, et une carrière[315], pour 20,000 livres, rue +Mouftar au faubourg S. Marcel, près S. Medard[316]. _Adr._ à +mademoiselle Privat, au mesme logis. + + [315] On voit que les Catacombes, où l’on ne devoit déposer qu’un + siècle après les ossements provenant du cimetière des Innocents, + faisoient alors partie des propriétés sous lesquelles elles se + trouvoient. + + [316] Les maisons de ce quartier se louoient relativement à un aussi + bas prix qu’elles se vendoient. On en jugera par cette annonce du + _Journal de la Ville de Paris_ de François Colletet: «Du mercredy 26 + août 1676. _On sçait une fort jolie maison à louer que l’on peut + appeler un petit bijou, du prix de quatre cents livres, fort commode + pour deux ménages. Elle est située dans la Ville, proche le + Fauxbourg Saint-Victor: elle consiste en sale, cuisine, court, cave, + et deux beaux estages à plat fonds, carrelez, cabinets, cheminées + enjolivées, lieu pour alcôves, et autres commoditez nécessaires._» + +19. Une maison neufve r. du Colombier[317], de 1,200 l. de loyer bastie +de pierres de taille, sur rue, et décretée[318] sur celuy qui la voudra +pour 29 l. ou bien le vendeur se chargera de payer les lots et +ventes[319], en luy donnant pour le tout 30,000 l. + + [317] C’étoit l’ancien _Chemin aux Clercs_. Elle alloit de la rue de + Seine à la rue des Petits-Augustins, aujourd’hui Bonaparte. On + n’avoit commencé d’y bâtir qu’en 1640, ce qui explique que la maison + à vendre ici fût neuve. V. p. 312. + + [318] Vendue par justice. + + [319] Il faut lire «lods et ventes». Le _lod_ étoit le droit payé au + seigneur pour qu’il approuvât l’aliénation d’un bien dépendant de + son domaine. Le seigneur ici étoit l’abbé de Saint-Germain-des-Prés. + +20. LXXVI arpents et demy de terre à vendre à 100 escus l’arpent, au +village d’Ognes à 10 lieues de Paris, à 3 de Dampmartin[320], sans aucun +bastiment; les dites terres louées 918 l. à raison de 12 l. l’arpent. +_Adr._ au Bur. + + [320] Ce n’est pas Ognes, mais Longnes qu’il faut lire. Il y a en + effet un village de ce nom dans le département de Seine-et-Oise, + canton de Houdan, entre Bréval et Dammartin. Le pays est bon: il ne + faut donc pas s’étonner d’y voir l’arpent au prix de 100 écus. Dans + le Nivernais, à la même époque, d’après des titres que Monteil eut + en main, il ne valoit que 100 livres. (_Hist. des François des + divers états_, 1re édit., t. VIII, p. 516.) + +21. Maison à porte cochere à vendre au Bourg-la-Reine, à 2 lieues de +Paris: ayant grange, écurie, volière à pigeons, jardin, 4 arpens et demy +de sain foin, un arpent et demy de vignes et 7 de terres labourables, +affermées 4,000 l. _Adr._ au dit lieu, à l’Image S. Jean, à la veuve de +Fourcy, ou à Barbier, ou dans la r. de Gèvre, à M. Trie, au Jésus. + +28. Deux charges de commissaire des guerres avec 2 conduites[321] à +vendre ou à changer pour des rentes, maisons, ou autres objets. _Adr._ à +M. De Henaut, notaire rue S. Antoine au coin de S. Paul. + + [321] C’est-à-dire «directions, intendances». + +29. Deux maisons au quartier S. Benoist sur le devant, et une grande sur +le derrière, ayant 30 feux[322], écuries à 10 chevaux, remises, deux +courts, jardin, veüe en plain air[323], cheminées fort propres en +sculptures et dorures, à vendre, avec toutes les facilitez pour le +payement, ou à changer contre rentes constituées. _Adr._ au bur. + + [322] Chambres à feu. + + [323] Les maisons bâties dans les quartiers Saint-Germain et + Saint-Benoît avoient ainsi et ont même encore de grands espaces, + comme on en peut juger par les terrains de l’ancienne rue Taranne, + que les démolitions récentes ont mis à découvert pour le percement + du boulevard Saint-Germain. Le jardin de Morin, l’un des plus grands + «floristes» du XVIIe siècle, occupoit, par exemple, un de ces + terrains derrière la Charité. (Sauval, t. III, p. 4.) + +31. Maison à porte cochere à vendre pour 20,000 l. à l’entrée de la rue +des Tournelles, vis à vis la Bastille, ayant 12 feux, court, boutique et +écurie, louée 800 l. _Adr._ au Suisse de l’hostel de Lesdiguières, rue +de la Cerisaye[324]. + + [324] V. sur cet hôtel, t. I, p. 278. + +36. Maison à vendre rue des Petits Augustins, louée 900 l. toute +decrétée sur le vendeur[325], qui payera les lots et ventes[326] et +donnera le tout pour 24,000 l. _Adr._ au Bureau. + + [325] C’est-à-dire qui sera vendue sans frais pour l’acheteur, + «contrat en main», suivant l’expression d’aujourd’hui qui + correspondoit, du reste, à celle qu’on lira plus loin et que nous + trouvons aussi chez Fr. Colletet, _Journal de la ville de Paris_, + sous la date du 29 août 1676: «... _on donnera toutes les assurances + que l’on peut demander, et le décret dans la main de l’acquéreur_.» + + [326] V. une des notes précédentes, p. 309. + +79. Maison à vendre en la vallée de Montmorency, ayant court, +basse-court, jardin, colombier, foulerie[327], 10 arpens d’enclos, +espaliers, grands fruitiers, 30 arpens de terres tant labourables, que +prez, bois, vignes et cerisaye[328]: on en vendra pour 1,200 l. et +audessus, selon ce qu’on en voudra prendre. _Adr._ au bureau. + + [327] L’endroit où l’on fouloit les raisins, «le pressoir». + + [328] Verger aux cerises. La rue de ce nom, citée tout à l’heure, + s’appelle ainsi parce qu’elle occupe l’emplacement du jardin de + l’hôtel Saint-Pol, où se cultivoient les cerisiers. + +80. Maison neuve à vendre rue Jacob[329], bastie de pierres de taille +sur rue, bien peinte, l’escalier propre à rampe de fer, grande écurie, +court à tourner carrosse et louée 1,660 l. On la vendra le décret à la +main et quitte de lots et ventes pour 44,000 l. _Adr._ au bureau. + + [329] Elle faisoit suite à la rue du Colombier, et, comme elle, + n’avoit encore que des maisons neuves. + +81. Terres propres à bastir entre les rues de Clery et Bourbon, et la +porte St. Denis, jusques à 2,000 toises ou environ à vendre en tout, ou +en partie, à prix raisonnable, soit argent comptant, soit partie argent, +partie rente[330]. _Adr._ à M. Baudrant substitut, r. du Coq, qui en +donnera le plant et mémoires nécessaires. + + [330] Cette place vague est visible sur les plans du XVIIe siècle + antérieurs à 1680, et notamment sur celui de Gomboust. Elle fut + vendue par parties six ans après ce qui en est dit ici. Nous + trouvons en effet, dans un _arrêt du Conseil d’État_ de 1681, rendu + contre Drouet, «chargé de recouvrer les deniers provenant de la + vente des places, maisons, etc., dépendantes des fortifications de + Paris», mention d’un acte du 30 avril 1676, pour la vente «de + terrains entre la rue de Cléry et de Bourbon, derrière le mur du + jardin des Filles Dieu»; et d’un autre, du 7 juillet suivant, pour + une place vendue «entre le fossé de la ville et la rue de Cléry, + derrière les Filles Dieu».--C’est sur cet espace qu’un farceur du + temps de Molière, Gilles le Niais, dressoit ses tréteaux. Une + boucherie de la rue Bourbon-Villeneuve porta longtemps son nom. + (Parfaict, _Hist. du Théâtre françois_, t. VIII, p. 324.) + +88. Une terre à vendre en Normandie, près de l’Aigle, appelée Aube[331], +où il y a de beaux fiefs, seigneur et patron de la paroisse, affermée, +le domaine, 3,000 l. et la forge à fer 1,500 l., le tout en bon estat, +hormis le logis seigneurial qui va en ruine. _Adr._ à M. Menu, procureur +au Chastelet au coin de l’hostel de Bourgogne[332]. + + [331] Ne seroit-ce pas à cette terre, en Normandie, que le neveu de + Fontenelle, M. d’Aube, ce Normand aux infatigables contradictions, + si bien mis en scène par Rulhière dans son poème des _Disputes_, + auroit dû son nom? + + [332] Laigle étant, comme on sait, la ville de la ferronnerie et de la + quincaillerie, nous ne sommes pas surpris de trouver une «forge à + fer» dans une terre qui en est voisine. + +94. Maison à vendre à S. Maur, ayant un grand corps de logis à 3 +estages, grande court à porte cochère, jardin derriere le logis, grande +guerite sur la montée[333], pour 5,000 l. _Adr._ chez M. Pres de Segle, +marchand drapier r. du Petit-Pont à l’Estoille d’or. + + [333] C’est-à-dire une grande cage d’escalier, bien dégagée et bien + couverte. C’étoit un des points importants des constructions de ce + temps-là. V. _L’Architecture_ de Savot, au chap. IX: _Des mesures du + bâtiment_. + +95. Maison à vendre à S. Denis devant la grande Eglise, vis à vis la +croix de la grande place, ayant par derrière 2 corps de logis et 2 +courts, dont l’une à porte cochère sur une rue. _Adr._ comme au +précédent. + +96. Autre maison à S. Denis, ayant porte cochere, petite court et écurie +à vendre avec la precedente pour 7,000 l. _Adr._ comme au précédent. + +98. Une belle ferme à vendre à 3 lieues de Paris, au village de la +Selle[334], pour 36,000 l. _Adr._ à M. Chastellier, chez M. Gitar, rue +de Sêve, à la première maison du costé des Premontrés[335], à la 2 +chambre[336]. + + [334] La Selle-Saint-Cloud. + + [335] Les Prémontrés réformés, dont l’église et le couvent n’étoient + pas alors bâtis depuis plus de six ans. Le voisinage de la + Croix-Rouge, à l’entrée de la rue de Sèvres, les faisoit appeler + souvent Prémontrés de la Croix-Rouge. + + [336] «A la deuxième chambre», c’est-à-dire au second étage. Scarron, + lorsqu’il logeoit rue de la Tixeranderie, donnoit ainsi son adresse: + + ... Je me nomme Scarron, + Et loge en _la deuxième chambre_, + Tout vis à vis l’hôpital Saint-Gervais. + + +_Meubles meublans à vendre._ + +13. Un lit de drap du Sceau[337] gris de 4 à 5 pieds, doublé de taffetas +de la Chine à franges mêlées à vendre, avec le bois, tout garny, la +courte pointe de taffetas, 6 chaises, 6 ployants, et 2 fauteuils[338] +garnis de crain avec les housses, et le tapis de mesme drap et frange. +_Adr._ à M. Henaut de la Monnoye chez M. Barreau. + + [337] Lisez «d’Usseau». C’étoit un drap commun, dont on faisoit les + habits des laquais. V. Regnard, _Le Joueur_, acte I, sc. 1, et + _Satires_ de Furetière, p. 8. + + [338] L’étiquette étoit d’avoir, comme on le voit ici, un fauteuil + pour six chaises ou pour six pliants. Nous lisons, par exemple, dans + le _Journal_ de Colletet, à la date du 6 octobre 1676: «_On sçait + une Bourgeoise qui a _une demy douzaine de Chaises de roses et un + fauteuil_ à vendre des plus belles et des mieux nuancées qu’il y ait + à Paris, et qui sortent de dessous l’éguille. ITEM, _six autres de + point d’Angleterre avec le fauteuil_._» Plus loin, le 19 octobre, il + dit encore: «_On nous demande _demy douzaine de bois de chaises + neuves_, tournées à la mode, _avec le fauteuil_._» + +45. Tapisserie de Flandres de 25 à 26 aunes de tour sur 3 aunes de haut, +ayant quelques animaux parmy la verdure[339]. _Adr._ au Bureau, ou on en +fera voir quelques pièces. + + [339] V. plus haut, sur les tapisseries à verdure, t. I, p. 283. + +84. Plusieurs feuilles de paravent à vendre. _Adr._ au bureau. + +89. Un carreau, avec le sac[340] de velours rouge cramoisi[341], avec +trois rangs de grand gallon or et argent, tout neufs qui ont cousté 700 +l. et qu’on donnera pour moins de 400 l. _Adr._ à M. Menu, procureur au +Chastelet au coin de l’hostel de Bourgogne. + + [340] C’est-à-dire la couverture. + + [341] Comme les femmes portoient avec elles ces sortes de coussins + dans les églises pour s’agenouiller, elles les habilloient richement + ainsi de velours de couleur et de galons d’or. + +93. Une tenture de haute-lice[342], representant les travaux d’Ulisse, +presque neuve, de 19 à 20 aunes de tour, sur 3 aunes de haut, pour 3,000 +l. _Adr._ chez M. Predeseigle, marchand drapier, r. du Petit-Pont à +l’Estoille d’or. + + [342] V., sur les tapisseries de haute lisse, t. I, p. 283. + +60. Douze chaises de moquette[343] larges, bien garnies de crain, et les +bois à colonnes torses, avec le tapis et le lit de repos[344] tout +complet, le tout à vendre 10 pistolles au dernier mot. _Adr._ au bureau. + + [343] C’étoit alors déjà l’étoffe à la mode pour couvrir les chaises, + et, selon Richelet, «les formes» ou tabourets. Il est parlé, dans le + _Ballet des Romans_, p. 14, d’une «forme de moquette». On en faisoit + aussi des tapis. V. Tallemant, 1re édit., t. III, p. 69. + + [344] «Sorte de petit lit pour reposer après le dîner.» Richelet. + +69. Un lit de damas rouge cramoisi à crespine mêlée de cinq pieds et +demy de large, avec 12 ou 14 sièges. _Adr._ au bureau. + +102. Un lit de point d’Angleterre ondé de laine et de soye du prix de +900 l. _Adr._ à M. Curaud, au cloistre St. Médéric à l’hostel de +Roanez[345]. + + [345] Il étoit habité alors par Artus de Gouffier, duc de Roannez, ami + de Pascal, qui logea longtemps chez lui et faillit y être poignardé + par la concierge de l’hôtel, furieuse de ce qu’il vouloit persuader + à mademoiselle de Roannez, sœur du duc, de ne pas se marier et de se + retirer dans un couvent. V. les _Manuscrits_ de Marguerite + Périer.--C’est le duc de Roannez qui conçut avec Pascal l’idée des + carrosses à cinq sous, sorte d’omnibus du XVIIe siècle. + + +Choses Diverses. + +3. Un cachet sur un grand rubis du Temple[346], dont le manche est un +chien qui a le devant et derrière d’or émaillé, et le corps d’une grande +perle orientale à vendre 20 louis d’or au dernier mot, ou à échanger +contre quelque lit de campagne ou un cabinet de mesme prix[347]. _Adr._ +au bureau où l’on le fera voir. + + [346] Sur ces fausses pierreries dites «diamants du Temple», voy. t. + I, p. 248. + + [347] V. sur ce genre de meubles, t. I, p. 286. + +5. Un orgue à 4 jeux; sçavoir un bourdon de 4 pieds, son octave ou +flute, un flageollet et une voix humaine de la fabrique de M. Le +Prescheur[348]. _Adr._ à M. Denis ingenieur du Roy au mont St. Hilaire, +près l’Eglise au Chef S. Denis. + + [348] Ce facteur d’orgues, M. Le Prescheur, que nous n’avons pas vu + nommé ailleurs, avoit peut-être appartenu à la fabrique d’orgues de + la rue des Ménétriers, indiquée plus haut, t. I, p. 216. V., sur + Créteil, dont c’étoit aussi l’industrie, _Id._ p. 209.--Colletet, + dans son _Journal_, annonce aussi deux orgues à vendre, l’un le 22 + août 1676, l’autre, avec plus de détails, le 9 sept, suivant: «_On + sçait un fort beau Cabinet d’Orgues bien entier et bien conditionné + à huit jeux... qui peut estre fort propre pour un monastère de + Religieux ou Religieuses, petite paroisse de Paris, ou centre + considérable à la campagne, Communauté ou Collège. On le donnera + pour cinquante louis, quoiqu’il ait effectivement cousté plus de + cent pistoles._» + +6. Une basse de viole d’Angleterre[349], enrichie de filets d’ébène, un +dessus de viole, et un thuorbe de Bologne à filet et chevilles d’yvoire +à vendre. _Adr._ à M. d’Angebert[350]. R. St Honoré, proche des bastons +Royaux[351], chez mad. Ranquet. + + [349] V. sur _la basse de viole_ et ceux qui l’enseignoient, t. I, p. + 210. + + [350] Il faut lire, je crois, Denglebert, dont il a été parlé, t. I, + p. 206, comme étant des plus célèbres sur le clavecin. + + [351] Cabaret voisin de Saint-Roch. V. notre _Histoire de la Butte des + Moulins_, p. 52. + +7. De très beaux chevaux de Flandres à vendre en gros et en détail. +_Adr._ à mad. Bareilles. R. saint Honoré, près le Palais Royal, aux +Armes de Condé, proche un tapissier, à la première chambre[352]. + + [352] Au premier étage. V. plus haut p. 314. + +8. De grosses boucles d’oreille de diamants du Temple[353] très beaux, à +vendre pour 10 escus. _Adr._ au Bureau, où l’on les fera voir. + + [353] V. ci-dessus la note 2 de la p. précédente. + +14. Un corps de chaise roullante à 2 fonds pour 4 personnes, garnie de +serge grise neuve à 2 envers, avec les 2 coussins; il y a dedans 2 +coffres, ferrez et garnis de leurs serrures, le tout à vendre pour 100 +l. _Adr._ à M. Hennoyer, sellier de Mademoiselle, proche les Quinze +Vingts[354]. + + [354] La grande Mademoiselle, fille de Gaston d’Orléans, ayant + longtemps habité les Tuileries, avoit, comme on le voit, gardé ses + fournisseurs dans les environs. + +16. On vend de fort bon vin de Tonnerre pour des nopces à 6, 8 et 10 s. +la pinte dans la r. S. Martin, près la r. aux Ours, chez un faiseur de +Luth[355]. + + [355] On a vu plus haut, t. I, p. 315, que chacun pouvoit faire débit + de son vin. C’est ce qui s’appeloit «vendre à pot». Fr. Colletet, + dans son _Journal_, à la date du 5 août 1676, nous dit à ce sujet ce + que coûtoit alors le vin de Champagne: «_Un Bourgeois de Paris vend + en détail d’excellent vin de Reims en Champagne, et le donne à 12 s. + la bouteille; il en a aussi à 10 et à 8 s. la pinte. Le dit vin est + de son propre crû, et l’on enseignera au Bureau sa demeure._» + +18. Les Conciles d’impression du Louvre en 37 volumes[356], bien reliez, +à vendre. _Adr._ au Bureau, où l’on en pourra faire venir quelque volume +à voir si on le souhaite. + + [356] C’est l’édition de 1644, due en effet à l’imprimerie du Louvre, + alors à ses commencements. Elle fut réimprimée, en 1715, avec des + additions et une table excellente, par les soins du P. Hardouin. + +25. Le sieur Hermier, par privilège vérifié et exclusif à tous autres, +continue à faire les planches façon de marbre et des tables de mesme, +dont il fera voir tous les dessins qu’il a executez depuis 1643. Il loge +r. S. Marc, entre les portes Richelieu et Montmartre[357], chez le sieur +Petit Charpentier[358]. + + [357] La rue Saint-Marc, qui devoit son nom à l’une des seigneuries + des Vivien, seigneurs de la Grange-Batelière, sur le terrain de + laquelle on venoit alors de la bâtir, servoit en effet de trait + d’union entre les portes Richelieu et Montmartre, bâties l’une et + l’autre à cette hauteur dans les derniers temps de Louis XIII et + démolies ensemble en 1701. + + [358] Il est parlé de lui dans un mémoire contre Lulli: _Requeste + d’inscription de faux en forme de factum présenté au Châtelet, le 16 + juillet 1676_, par le sr Guichard, in-4º: «Le sieur Antoine Petit, + charpentier, y est-il dit, travaillant aux ouvrages de charpenterie + des maisons et de l’Opéra de J.-B. Lulli.» + +35. La grande Bible polyglotte de Londres et le Lexicon, en 7 langues +orientales, en 8 vol.[359] en blanc[360] à vendre pour 400 l. _Adr._ à +mad. Balduc orfévresse, r. Bourlabbé à la ville de Sedan. + + [359] C’est _la Bible_ de l’évêque de Chester, Walton, publiée en 1657 + à Londres, en 6 vol. in-fol., et que le _Lexicon heptaglotton_ de + Castell, qu’on y joignit en 1668, augmenta de deux volumes nouveaux. + + [360] C’est-à-dire non reliés. + +24. Un habit et manteau de moire noir, le caneçon de chamois, et les bas +de soie à vendre pour 20 escus. _Adr._ chez la Dame de Clermont au coin +de la rue des Consuls[361], chez un confiturier à la 3 chambre. + + [361] La même que la rue des Juges-Consuls aujourd’hui, dans l’ancien + cloître Saint-Merry. + +41. Un Collier double de 206 perles baroques de belle eau à vendre, au +dernier mot 15 écus. _Adr._ au Bureau où on les pourra voir. + +48. Un autre collier de perles barroques assez grosses et de belle eau à +vendre pour 360 l. _Adr._ au bureau où on les pourra voir. + +82. Il est arrivé un marchand de vin de la ville de Condrieux, qui en +vend à 16 s. la pinte dans la rue de la Tixéranderie, proche S. Jean en +Grêve. + +83. Deux chevaux de Carrosse, avec le carrosse à vendre ensemble ou +séparément. _Adr._ au Bur. + +50. On continue à débiter au bureau des Chapeaux de la manufacture de +l’Hopital Général[362], fort bons et esprouvez contre la pluye, et à +très-grand marché, à 30 sols tout garnis. + + [362] Des fabriques et manufactures avoient été établies, afin de + créer, par les bénéfices qu’elles pourroient faire, des ressources + pour l’Hôpital général. Nous verrons tout à l’heure que la fabrique, + déjà ancienne, des tapis de la Savonnerie ne travailloit plus + elle-même que pour contribuer à cette œuvre charitable. + +51. Un homme de Province, qui croit avoir démêlé les obscuritez de la +Cassandre de Licophron, mais qui ne se fie pas assez à son jugement, +pour hazarder d’en donner son travail au public, sans en avoir l’avis +des sçavants de Paris, prie tous ceux qui auront quelques belles +conjectures sur cet autheur, d’avoir la bonté de les donner au Bureau, +et s’ils y veulent bien adjouster leur nom, il ne manquera pas, en +publiant l’ouvrage, d’y marquer la reconnoissance qu’il leur devra de ce +secours[363]. + + [363] Cet appel singulier n’étonne pas, quand on sait ce qu’il y a + d’énigmatique dans ce poëme de _Cassandre_ la prophétesse, qui fit + donner à Lycophron, sorte de Nostradamus antique, le nom de «poëte + ténébreux». Nous ignorons si la traduction, pour laquelle notre + provincial réclamoit les lumières de l’érudition parisienne, a + jamais paru. + +52. Le Philosophe inconnu, arrivé depuis peu, fait toujours débiter +_l’eau catholique de Paracelse_, remede universel contre toutes les +maladies, chez le sieur d’Aiguillon de la Ferté, à 6 liv. l’once, et aux +pauvres _gratis_: Et on y instruit de son usage ceux qui en prennent, +dont il dit aussi que 6 goutes prises dans ce qu’on voudra, est un +préservatif cordial pour maintenir la santé. Il donne avis de plus, +qu’il vend de l’eau[364] des dames vénitiennes pour embellir et +entretenir le visage[365], à un écu l’once; et qu’il donne _gratis_ aux +pauvres une excellente emplastre pour les dents. Il loge au Marais rue +de Limoges, près la fontaine du Calvaire[366], à la première porte +cochère à main droite. + + [364] Ce seroit, dit-on, _l’eau de melisse_, qui se vendoit déjà dans + les premiers temps de Louis XIII et dont les Carmes de la rue de + Vaugirard finirent par accaparer le monopole. V. _Le Vieux-neuf_, 2e + édition, p. 626. + + [365] On trouve les recettes des Dames vénitiennes pour se «blondir + les cheveux» et se rajeunir le visage dans un manuscrit des archives + de Venise, _Recitario della contessa Nani_, dont MM. A. Baschet et + Feuillet de Conches ont publié une traduction: _Les femmes blondes + de l’école vénitienne_, pet. in-8º. + + [366] Appelée aussi alors fontaine de l’Échaudé, et des Comédiens du + Marais (V. p. 330). Elle se trouve au carrefour des rues de Limoges, + de Poitou et Vieille-du-Temple, vis-à-vis d’un cabaret de cette + dernière rue, qui porte encore son enseigne sur sa grille avec cette + inscription AV SOLEIL D’OR. C’est là que fut maintes fois mystifié + le petit Poinsinet. (_Poésies satyriques du XVIIIe siècle_, 1788, + in-12, t. I, p. 99.) + +53. Vingt cinq pièces de pierres de ruyne[367] très bien assorties et +disposées pour faire un grand cabinet ou un grand tabernacle. _Adr._ au +Bureau. + + [367] «On donne ce nom à certaines pierres figurées, sur lesquelles on + voit des représentations de vieilles ruines aussi naturelles que si + elles étoient l’ouvrage du pinceau.» L’abbé Prévost, _Manuel + lexique_, 1755, in-12, t. II, p. 380. + +90. Deux chevaux gris avec la chaise roulante à vendre pour 500 l. +_Adr._ chez M. Menu, procureur au Chastelet, au coin de l’hostel de +Bourgogne. + +57. L’artisan chrestien, ou la Vie du _Bon Henry_, maistre cordonnier à +Paris, instituteur et fondateur des Communautez des frères Cordonniers +et Tailleurs[368], se vend à Paris, chez G. Desprez dans la r. S. +Jacques à l’Image S. Prosper. + + [368] Son vrai nom étoit Henri-Michel Bunch. Simple garçon cordonnier, + il avoit, en 1645, établi la communauté des Frères de son métier, à + l’imitation de laquelle fut, peu après, créée celle des frères + Tailleurs. V. plus haut, sur l’une et sur l’autre, p. 61 et 67. + +62. Une montre à boîte d’argent, ovale, sonnerie et réveil, et tous les +mouvements excellents à vendre pour 10 pistoles. _Adr._ au Bur. où on la +fera voir. + +85. Le sieur Bridaut maistre diamantaire[369] continue à vendre quantité +de diamant, excellent à couper le verre, qui luy sont venus depuis peu à +prix raisonnable. _Adr._ aud. sieur Bridaut dans la Monnoye. + + [369] On appeloit ainsi l’ouvrier qui taille le diamant. + +63. La grande carte généalogique royale de France de M. Thuret[370] se +débite au cadran S. Honoré[371], chez une lingère à la 4. chambre, chez +M. Roger imager, sur le quay de l’Horloge, et chez M. Jaquinet graveur +r. S. Anthoine, vis à vis l’hostel de Sully. + + [370] Nous ne connaissons pas cette _carte généalogique_ d’Antoine + Thurel et non Thuret, qui prenoit le titre d’ancien prieur de + Notre-Dame-de-Homblières. Le plus ancien ouvrage que Guigard, + _Biblioth. héraldique_, p. 153, cite de lui est la _Table + chronologique et généalogique des rois de France_, 1687, gr. in-fol. + + [371] Ce cadran se trouvoit rue Saint-Honoré, au-dessus de la porte du + cloître. V. Segrais, _Œuvres_, t. II, p. 152. + +72. Un collier de fort belles perles de belle eau et assez grosses, +entrenettes, d’environ 1,500 l. _Adr._ chez M. Bidaux aux Galleries du +Louvre. + +75. _Les pensées de M. Paschal sur la Religion et sur d’autres sujets, +trouvées dans son Cabinet après sa mort_, sont imprimées, et se vendent +à Paris chez G. Després, r. S. Jacques, à l’Image S. Prosper[372]. + + [372] C’est la première édition des _Pensées_. L’annonce précédait la + mise en vente. L’achevé d’imprimer n’est, en effet, que du 2 + janvier, et déjà notre _Liste des avis_, datée du 1er, dit qu’elles + ont paru. + +91. Un beau cheval de selle gris pommelé à vendre. _Adr._ chez M. le +Président Tubeuf, rue Vivien[373], derrière le Palais Royal. + + [373] Le président Tubeuf, après avoir vendu à Mazarin, pour qu’il + agrandît son palais, l’hôtel situé à l’angle des rues de Richelieu + et des Petits-Champs, étoit allé habiter, rue Vivienne, celui devant + lequel fut percée la rue Colbert. + +92. Un carrosse vitré à 2 fonds de moyenne grandeur de velours rouge +cramoisi à ramages à 3 glaces[374], et le train neuf à vendre. _Adr._ +chez messieurs Tubeuf[375], r. Montmartre, vis à vis S. Joseph. + + [374] «L’usage des glaces aux carrosses nous vient d’Italie. + Bassompierre est le premier qui l’ait apporté en France.» + _Longueruana_, t. I, p. 109. + + [375] Ce sont les fils du président nommé tout à l’heure. Tallemant, + t. VII, p. 313-314, parle de l’un d’eux, Charles, conseiller au + Parlement, maître des requêtes. + +97. On continue jusqu’à la feste de la Purification[376] à vendre les +plus belles curiositez du Cabinet de M. Gosseneau[377], depuis 2 heures +après midy jusqu’à 6 heures du soir, r. et proche la Monnoye. + + [376] 2 février. + + [377] Nous croyons qu’il faut lire Gosseau, comme dans la liste des + curieux donnée par Spon en 1673. Il habitoit alors près des + Carmélites, et peut-être, lorsqu’il vendit, comme on le voit ici, + une partie de ses curiosités rue de la Monnoie, étoit-ce pour + s’épargner l’ennui de les déménager. + +59. On a perdu dès le mois d’octobre dernier une Eolipile, ou soufflet +de cuivre rouge en forme de teste qui souffle[378]. _Adr._ à M. Audry, +r. de la Ferronnerie à la Lampe. + + [378] Il a déjà, dans une de nos notes, été question de l’eolypile. + Nous n’y reviendrons que pour dire comment elle servoit à Descartes + pour expliquer l’origine du vent: «Vous demandez, écrit l’abbé de + Fleury (_Nouveaux opuscules_, p. 370), comment se fait le vent, et + vous avez recours aux trésors de Dieu. Descartes dit: je vais vous + en faire. Il prend une Eolipyle, qu’il remplit d’eau à demi, et la + met devant le feu; l’eau échauffée et raréfiée chasse l’air avec + violence, qui souffle le feu. Voilà le vent.» Mussenbrok en + possédoit plusieurs d’une grande curiosité dans son cabinet à Leyde: + «Une éolipile, par le moyen de laquelle on change l’eau en air... + Une éolipile attachée sur un petit charriot, et courant sur le pavé + d’une rapidité extraordinaire, par la vapeur qui en sort, etc.» + (_Catal. des Instrum. de physique, etc., que l’on trouve chez Jean + Van Musschenbroek_, 1725, in-8º, de 12 p., p. 7.) + +62. Celuy qui a le secret infaillible de guérir le _miserere_, demeure +toujours chez M. Le Maire, Peintre du Roy[379], r. S. Thomas du Louvre +devant l’hostel de Longueville. + + [379] François Lemaire, reçu de l’Académie de peinture en 1657. Il + mourut en 1688. + +73. Un moulin à bled portatif et aisé à placer où l’on veut, pour moudre +à la main, à une et à 2 manivelles à vendre. _Adr._ au bureau, où on le +fera voir s’il est besoin. + +100. On continue à vendre d’excellent vin de Beaune et de Volnay en gros +et en détail, r. S. Louis au Marais, au coin de la r. S. Anastase. + +101. Une personne de condition va faire vendre d’excellent vin de Volnay +et de S. Aubin en gros et en détail dans la r. de Richelieu, joignant le +logis de M. Le Roy: La Cave sera ouverte après les Roys. + +103. Un carrosse à 2 fonds, doublé de damas et velours cramoisi, avec 2 +glaces de Venise, le tout fort bon, et le train neuf à vendre à prix +raisonnable. _Adr._ au sieur de Turny à l’échelle du Temple[380], où il +faut demander Dupré, et y aller depuis 8 heures du matin jusqu’à 10 pour +le trouver. + + [380] Échelle patibulaire de la Justice du Temple, placée au coin de + la rue des Vieilles-Haudriettes, qui lui dut un de ses anciens noms, + et de la rue du Temple. Il en est parlé dans les registres du + Châtelet de 1391, et, jusqu’à l’époque de la Fronde, elle resta + intacte. Elle fut brûlée alors par quelques gentilshommes frondeurs. + Il ne resta qu’un des montants. V. dans le La Fontaine de la + Collect. Elzevirienne, t. III, p. 259, une note communiquée par + nous. + +105. Le Recueil de tous les Vers mis en chant jusqu’en 1670, en 6 +vol.[381] faisant près de 2,000 chansons: se vend ensemble ou séparément +chez C. Barbin et G. de Luines au Palais, et chez un Chandelier devant +la Croix des Petits Champs[382]; avec les livres d’airs gravez de M. +Lambert[383], in-4º et in-8º, et un traité curieux de la méthode de +chanter, le tout en gros ou en détail. + + [381] C’est le _Recueil des plus beaux vers qui ont été mis en chant_, + publié d’abord en trois parties par Charles Sercy, 1661, in-12, et + repris par Barbin et De Luynes, qui l’augmentèrent de trois parties + nouvelles en le continuant de 1661 jusqu’à 1670. Je ne crois pas + qu’ainsi complété il se trouve dans aucune bibliothèque. Brunet, du + moins, dernière édition, t. IV, col. 1167, n’en signale pas + d’exemplaire. + + [382] Ou Croix de Bon-Puits. Elle se trouvoit au carrefour des rues du + Bouloy et des Petits-Champs, qui, à cause d’elle, s’appela plus tard + et s’appelle encore rue Croix-des-Petits-Champs. + + [383] V. sur lui, t. I, p. 205. + +106. Un grand Théorbe de _Gaspar_[384], d’autres petits et 3 Luths, +portraitz de Nanteuil[385] et autres grandes Thèses à bordure[386] à +vendre ou troquer, et toutes sortes de livres à vignettes, reliez en +maroquin pour la musique et le luth, à un écu la pièce. _Adr._ chez M. +Quichardet, vis à vis la Croix des Petits Champs. + + [384] Antérieur aux Amati, il travailla de 1560 à 1610. Il marquait + ses instruments de cette étiquette: GASPAR DA SALO IN BRESCIA. + + [385] Robert Nanteuil, si célèbre comme graveur de portraits, et qui + étoit alors dans toute sa gloire. + + [386] Ce sont ses thèses à frontispice et à bordures gravés, «toujours + bonnes à garder pour l’image», comme dit la Toinette du _Malade + imaginaire_. + +115. Ceux qui voudront faire rentraire des vieilles tapisseries, et les +faire remettre en couleur, ou en raccommoder les relais, n’auront qu’à +s’adresser à M. Lourdet Tapissier du Roy à la Savonerie qui est une des +maisons de l’Hopital général[387]. + + [387] V. une des notes précédentes, p. 320. Trois ans après, la + Savonnerie était redevenue un établissement royal. Nous lisons, en + effet, dans le _Récolement des Archives de l’assistance publique_ + par M. Brièle, 1877, in-8º, p. 157: «Arrêt du Conseil du 22 août + 1673, par lequel le Roi reprend la maison de la Savonnerie, dont il + avoit fait don à l’Hôpital général, pour lequel cette maison étoit + une trop lourde charge.» + +118. _Biblia Heintenij cum figuris_[388], _Biblia Benedicti_[389] en +grand papier, et la bible des 70 en grec, avec les diverses leçons[390] +à vendre, ensemble et séparément. _Adr._ au Bureau. + + [388] C’est la Bible, préparée par Jean Henten et publiée à Francfort, + en 1566, in-fol., sous ce titre: _Biblia ad vetustissima exemplaria + nunc recens castigata_. Les figures sont au nombre de 127, gravées + sur bois. + + [389] Voici le titre de la première édition: _Biblia sacra latina, + juxta Vulgatam, cura Jo. Benedicti_, Parisiis, 1549, in-fol. + + [390] Ce doit être celle dont voici le titre: _Divinæ Scripturæ, nempe + Veteris et Novi Testamenti omnia, græce, a viro doctissimo recognita + et emendata, variisque lectionibus... aucta et illustrata_. + Francfort, 1597, in-fol. + +120. Deux jeunes chevaux entiers de carrosse, bay brun, à vendre chez M. +le Président Tubeuf, r. Vivien, derrière le Palais Royal[391]. + + [391] V. une des notes précédentes, p. 323. + + +Demandes. + +8. On demande une terre relevant du Roy[392], depuis 10 jusqu’à 30 +lieues de Paris, et depuis 100 jusqu’à 150,000 l. ou plus. _Adr._ au +bureau. + + [392] C’est-à-dire n’ayant que lui pour seigneur. + +12. On demande une maison depuis 4 jusqu’à 8 lieues de Paris, sur le +bord des rivières de Marne ou de Seine, en remontant depuis 4 jusqu’à +800 l. de revenu, bien bastie, où il y ait un jardin raisonnable, des +bois, prez et terres. _Adr._ chez M. Guerin prestre de S. Louis, dans +l’Isle Nostre Dame, rue Poultière[393]. + + [393] C’est le nom féminisé de la rue de l’Ile Saint-Louis, dont Le + Poulletier, associé de Marie pour les constructions de ce quartier, + avoit été le parrain. + +22. On demande une terre à 8, 10, 12, ou 15 lieues de Paris, de 30 +jusqu’à 40,000 l., où il y ait de l’eau. _Adr._ au bureau. + +23. On demande un carrosse à 2 fonds de velours et vitré, du prix de 4 à +500 l. _Adr._ à M. de Sêve de Plateau, dans l’Isle Nostre Dame sur le +Quay de Bourbon. + +30. Si quelqu’un a un cheval gris pommelé entier, à vendre, d’une +médiocre taille, ou si on en veut acheter un semblable pour +appareiller[394]: on pourra s’adresser chez le sieur Pecou mareschal, +rue de la Harpe, proche la rue du Foin. + + [394] Dans l’_avis_ publié par _le Mercure_ de septembre 1717, p. 181, + le nouveau directeur du Bureau d’adresse rappelle avec une certaine + satisfaction que Louis XIII avoit ainsi «appareillé» un de ses + équipages: «Ce prince, dit-il, après plusieurs recherches inutiles + pour découvrir un cheval de poil Isabelle, qui pût assortir à un de + ceux qui traînoient son petit carrosse, eut recours au Bureau + d’adresse qui luy en indiqua un. C’est ce qui engagea Louis XIII à + lire les listes du Bureau, et cette lecture a souvent mis en place + des personnes qui n’étoient redevables de leurs emplois qu’à cet + établissement.» + +30. On demande une chocolatière d’argent[395] qui n’ait guières servy. +On la payera tout ce que vaut le marc, et quelque chose de façon si elle +n’est pas mal conditionnée. _Adr._ au Bureau. + + [395] C’étoit un ustensile alors assez nouveau, l’usage du chocolat + n’ayant guère commencé à Paris que vers 1658 ou 1660. V. _Mém._ + d’Audiger, _limonadier à Paris_, nouv. édit., 1869, in-12, p. 367, + et _Correspond. administ. de Louis XIV_, t. III, Introduction, p. + LIII. + +31. Si quelqu’un a les livres suivants imparfaits, et les veut vendre; +sçavoir le 1 tome d’Horace de M. de Marolles, le 3 tome des leçons de +Canisius[396], _H. Rosvitæ opera de Sanctis Germaniæ in-fol. +Norimbergæ_, 1601[397], _Metam. Ovidii cum indice Pompeii Pasqualini_, +1614, in-8º. Il peut s’adresser au libraire du Grand Conseil dans le +Cloistre S. Germain. + + [396] Il s’agit des _Antiquæ lectiones_ de H. Canisius, 1601-1608, 7 + vol. in-4º. + + [397] Nous n’avons vu indiqué nulle part cet ouvrage de Hrosvita. + +46. On demande 6 ou 8 feuilles de paravent simples et assez honnestes. +_Adr._ au bureau. + +87. On demande un lit de 4 pieds ou environ de largeur, du Camelot de +Hollande, doublé de quelque petit satin bien propre, avec des sièges +revenans. _Adr._ chez un bourrelier, qui est au milieu de la rue des +Juifs. + +66. On demande un fauteuil renversé à cremillière[398], qui soit fort +bon et bien garny sans housse. _Adr._ au bureau. + + [398] Lisez cremaillère. Richelet, du reste, admet l’orthographe que + nous voyons ici: «chaise à _cremilière_, dit-il, ou chaise de + commodité.» Le Théâtre-François possède encore, parmi ses + accessoires, de ces vieux et énormes fauteuils dont le dossier se + renverse ou se remonte à l’aide d’une crémaillère. Molière en + possédoit un de ce genre. (Eud. Soulié, _Recherches_, p. 267.) + +119. On demande une terre en titre de comté ou de marquisat, ou fort +seigneuriale, de 40 à 50 mil écus, à 20 ou 30 lieues de Paris, du costé +de Chartres ou le Vexin françois, dans le ressort du Parlement de Paris. +_Adr._ chez M. Rautier épicier, r. Montmartre près la rue Tiquetonne. + +Nota, _qu’il ne faut point avoir d’égard au num. 69 de la pag. 8[399] +parce que, par le moyen de la communication du Registre, cet article a +esté expédié comme les autres defaillans, avant qu’on eust achevé +d’imprimer_. + + [399] Ici cet article est à la p. 315. + + +_Lieux où se trouveront tous les quinze jours les livres d’avis à quinze +deniers la pièce._ + +Il y aura un escriteau pour les remarquer. + +Rue de la Verrerie au coin de la rue de la Poterie, M. Bullot, +chandelier. + +Vieille rue du Temple, près la fontaine des petits Comédiens[400], M. +Cagnard, chandelier. + + [400] V. sur cette fontaine, p. 321. On appeloit Comédiens du Marais + ceux dont le théâtre, où Corneille fit jouer la plupart de ses + pièces, se trouvoit à peu près à l’endroit occupé aujourd’hui par le + nº 90 de la rue Vieille-du-Temple, derrière l’École centrale, + établie, comme on sait, rue de Thorigny, dans l’ancien hôtel + d’Aubert, traitant de la gabelle du Sel, auquel il avoit dû son nom + d’_Hôtel-Salé_. V. Tallemant, édit. P. Paris, 391, et IX, 451. + +Rue Grenier saint Lazare, près la rue Beaubourg, M. Macé chandelier. + +Rue Montmartre, proche la rue du Mail, M. Cazimir chandelier. + +Rue saint Honoré aux bastons Royaux[401], au Bureau des carrosses. + + [401] V. plus haut. + +Rue Taranne au fauxbourg saint Germain, au coin du carrefour saint +Benoist, M. Rossy chandelier. + +Rue S. Jacques vis à vis S. Yves, à la Toison d’or, M. Le Petit et +Michallet libraires. + +Sous la porte S. Marcel, M. de S. Denis marchand. + +Isle Nostre Dame, au carrefour de la rue des deux ponts, M. Bichebois +chandelier. + +Rue saint Antoine, près la Place Royale, au Bureau des carrosses. + +A la descente du Pont Marie, proche la Barrière, M. Pierre Paul +limonadier[402]. + + [402] Un café existe encore au même endroit. C’est un des plus + anciens, sinon le plus ancien de Paris. + +Rue de la Vieille draperie, au milieu, à la Vision de Jacob, M. Horait +chandelier. + +Grande Sale du Palais vis à vis la grand’Chambre, M. de Ligny. + +Au bout du pont S. Michel, rue de la Boucherie, M. Moet libraire à S. +Alexis. + +AU BUREAU D’ADRESSE, rue Thibault aux dez. + +_Dans tous ces bureaux on ne débitera jamais de listes vieilles, mais +seulement ceux de la Quinzaine suivante. S’il s’en trouve ailleurs, on +n’y doit point avoir d’égard._ + +Avec privilège et permission. + + + + +LISTE GÉNÉRALE + +DU + +BUREAU D’ADRESSE ET D’AVIS + +PAR PRIVILÈGE DU ROY. + +_Du 7 Aoust 1688_[403]. + + [403] V. _Introduction_, p. xlj. + + +L’on continüera à l’avenir de faire imprimer notre Liste d’avis tous les +quinze jours, afin que le public puisse avoir le temps de se +reconnoistre. + +On ne remet sur cette liste que quelques uns des articles qui estoient +sur la précédente, et dont le droit a esté payé. + +Les domestiques de l’un et l’autre sexe viennent continuellement au +Bureau, où l’on les examine avec beaucoup d’exactitude, aussi bien que +leurs repondans, pour les pouvoir produire en seureté à ceux qui en +viennent demander. + + +_A vendre._ + +1. Une tres belle maison scize rue de la Verrerie, proche S. Mery, louée +à présent à une seule personne 1800 liv. + +2. Une maison à porte cochère très bien bastie, scize à Soisy sous +Etiole[404], six lieues de Paris, proche la rivière de Seine, grand +Jardin clos de murs[405], vignes, et autres choses dont on fournira un +estat au Bureau, du prix de 10,000 liv. + + [404] C’est aujourd’hui une commune d’un millier d’habitants dans le + canton de Corbeil. + + [405] C’étoit un point très important alors, car ne faisoit pas qui + vouloit enclore de murs parc ou jardin; on en a la preuve par les + registres du Parlement, où l’on trouve par exemple, à la date du 30 + mai 1663, confirmation des lettres portant permission à Le Tellier + de faire enclore six cents arpents de terre en son parc de Chaville. + +3. Un cheval entier avec tous ses crains, poil bay, de bonne taille, âgé +de six ans, fort vigoureux, propre pour la selle et pour le manege, du +prix de quarante loüis d’or[406], avec douze jeunes chiens courants +blanc et noir entre deux tailles, bons pour le chevreuil et lièvre, du +prix de vingt quatre loüis d’or. + + [406] Ces chevaux de selle et de manège, toujours bien supérieurs + comme prix aux chevaux de labour, se vendoient quelquefois jusqu’à + quinze cents livres. V., dans les _Mémoires des Intendants_, celui + de la Généralité de Limoges, au chapitre des _Haras_. + +4. Une chaise roulante à ressorts à deux places pour un cheval, garnie +de drap gris, et d’une campanne soye[407], l’imperialle ronde[408], avec +les harnois de deux chevaux, du prix de 120 liv. + + [407] La campane étoit un ornement à franges, dont la forme étoit + celle d’une cloche (_campana_). + + [408] L’impériale, lorsqu’elle étoit ronde comme ici, faisoit sur le + dessus des carrosses et chaises l’effet d’une couronne d’empereur. + De là son nom, encore aujourd’hui en usage. + +5. Pour 60,000 liv. de rente sur l’Hôtel de Ville, en plusieurs +contracts créés au denier dix huit[409], et qu’on veut vendre au denier +vingt; l’argent sera employé en acquisition de fonds, dont on fournira +un estat à la charge du decret. + + [409] C’est-à-dire un denier d’intérêt pour dix-huit prêtés, ce qui + équivaut à un peu moins de six pour cent, comme le denier vingt à + cinq pour cent environ. + +6. Une maison à porte cochère scize à Gentilly, très belle et bien +bastie, où il y a toutes sortes de commoditez, avec un grand jardin clos +de murs, garny d’arbres fruitiers, du prix d’environ 7,000 liv. Il y a +seureté pour l’acquisition; on s’accommodera du prix pourvu qu’il y en +ait la moitié ou le tiers comptant: on aura au Bureau un estat plus au +long de la dite maison. + +7. Un lit de bois noyer de six pieds de large, garny d’un somier de +paille, matelat, lit de plume et courte pointe serge de S. Lau[410], +couleur d’ecarlatte, avec sa housse mesme serge et couleur, du prix de +120 liv. Quinze petites chaises pour la table couvertes de mocades[411] +à fleurs de plusieurs couleurs à fond vert de 3 liv. pièce. Une grande +aumoire[412] bois sapin à deux portes fermant à clef, servant de +garde-meuble, du prix de 40 liv. et une chaise bourgeoise à porteur, +garnie d’une étoffe de soye de 30 liv. Le tout bon et de hasard, et +qu’on vendra ensemble ou séparément. + + [410] Lisez Saint-Lô, dont la fabrication de la serge est encore une + des industries. + + [411] C’est une forme du mot «moquette», qui se rapprochoit davantage + de _camocas_, nom de l’étoffe bien connue au moyen âge, dont la + moquette ou mocade étoit une imitation plus moderne. V. plus haut, + p. 315. + + [412] Le peuple, qui dit «ormoire» pour armoire, se rapproche par sa + prononciation de la forme du mot, telle qu’elle est ici, et en même + temps de la racine latine, _aumarium_, lieu secret, cachette, + suivant le sens que ce mot a dans Pétrone (édit. Burmann, p. 868). + _Aumoire_ ne fut remplacé que fort tard par armoire. Il se trouve + dans le _Roman du Renard_, vers 3 et 259, et, comme on le voit ici, + il étoit encore usuel au XVIIe siècle. L’annotateur du _Catalogue + Soleinne_, t. I, p. 227, le rencontrant dans une pièce du même + temps, _Le Murmure des femmes_, croit par erreur qu’il vient + d’aumusse.--Ajoutons qu’«armoire» toutefois s’employoit déjà. On le + trouve dans le _Journal_ de Fr. Colletet, 3 sept. 1676, avec des + détails sur ce genre de meuble, tel qu’on le travailloit de son + temps: «_On sçait_, dit-il, _une belle paire d’armoires à vendre, + toute neuve, et fort bien travaillée à deux grands guichets brisez, + pour serrer des habits, du linge ou d’autres hardes: Elle est de ces + beaux bois ondoyez, et faite par un bon ouvrier: et elle pourroit + estre commode même pour serrer des livres curieux et particuliers + dans une Bibliothèque_.» + +8. Une très belle maison à porte cochere bien bastie, située au +Plessis-Chenet, paroisse du Coudray[413], sept lieues de Paris, proche +la rivière de Seine, avec jardin, clos de vingt quatre arpens, où il y a +pré, terre, vigne, bois taillis et d’haute fustaye, et plusieurs autres +belles commoditez, du prix de 12,000 liv. On aura au Bureau un estat au +long de la dite maison. + + [413] Le Plessis-Chenet est aujourd’hui un écart de la petite commune + du Coudray-Monceaux, dans le canton de Corbeil. + +9. Une charge de somier de vaicelle[414] ordinaire de chanssonnerie[415] +chez Madame la Dauphine à franc estrillé[416], qui jouit de tous les +privilèges aux gages fixes de 300 liv. par an[417], payez par quartier, +avec logement et bouche à cour[418] du prix de 4,000 livres. + + [414] Le sommier de vaisselle avoit pour office le transport sur un + cheval de somme ou _sommier_ de la vaisselle dont avoit besoin la + maison du roi, ou celles des princes et princesses quand elles se + déplaçoient. + + [415] Lisez «échançonnerie». + + [416] C’est-à-dire, affranchi de la nécessité de fournir le cheval, le + sommier. + + [417] C’était le double chez le roi. Le sommier de vaisselle touchoit + 600 l. Il en avoit même eu longtemps 660, comme le sommier de + bouteilles. + + [418] C’est-à-dire, nourri à la Cour. + +10. Deux grands chevaux de carrosse poil noir, du prix de 300 liv. + +11. Une charge de peintre à la garde robbe du Roy[419], qui jouit de +tous les privilèges, aux gages de 60 liv. par an, du prix de 1,000 liv. + + [419] Nous n’avons pas trouvé mention de cette charge, dont l’exiguïté + des appointements dit le peu d’importance, dans les _États de + France_ de cette époque. + +12. Une maison à porte cochere scize à Argenteuil, proche la rivière, en +deux corps de logis, avec cour, puis, et jardin d’un arpent clos de +murs, du prix de 4,000 liv. On donnera au Bureau un estat au long de la +dite maison. + +13. Une maison à porte cochère en cette ville, au quartier S. André des +Arcs, en trois corps de logis, grande basse cour, remise de carrosses, +et autres commoditez, du prix d’environ 40,000 liv., louée à présent +1,800 liv. + +14. Une tapisserie de verdure de Flandres, en sept pièces, de dix huit +aulnes trois quarts de tour, doublée tant plain que vuide, sur deux +aulnes deux tiers de haut, avec six soubassemens de fenestre mesme +tapisserie; un lit de six pieds de long, sa housse de tabis[420] vert, +garni d’un somier de paille, matelat, lit de plume, couverture +d’Angleterre, huit fauteuils, et quatre chaises avec leurs housses, +moitié mesme tabit, moitié d’une tapisserie à l’éguille couleur de roze, +une fontaine de cuivre, et une garniture de feu fort poly, le tout du +prix d’environ 800 liv. A vendre séparément ou ensemble. + + [420] C’étoit ce que nous appelons «moire» aujourd’hui. Nous l’avions + emprunté aux Orientaux qui le nomment _ôtabé_ et le mélangent de + coton. + +15. Une tapisserie de verdure de Flandre, neuve en six pièces, de +dix-huit aulnes et demy de tour, sur deux aulnes, deux tiers de hault, +du prix de 900 liv. + +16. La Terre et Seigneurie de la Vallée, située dans la province du +Berry, à dix lieues de Bourges et sept de Gien, entre Cosne et +Sanserre[421], à deux lieues de la rivière de Loire, le revenu de la +dite terre consistant en droits seigneuriaux, terrage, rentes, +tuillerie, estangs, garennes, six fermes, et plusieurs autres héritages +dépendant de la dite Terre, du prix de 80,000 liv. Le revenu estant de +4,000 liv. à le faire valoir par ses mains, et de 3,000 liv. de bail à +ferme. On fournira au Bureau un estat au long d’icelle. + + [421] La Vallée est aujourd’hui une petite commune du canton de Lormes + dans la Nièvre. + +17. Une maison a porte cochere, scize à Cormeil, trois lieues de Paris, +en deux corps de logis, cour, puits, et jardin derrière; attenant lequel +il y a une grange à foin; le tout du prix de 4,000 liv. On donnera au +Bureau un estat au long de la dite maison. + +18. Cinq cens arpens de bois taillis, d’environ dix ans de coupe, +scituez à une lieue du port de Nogent sur Seine, en deux coupes égales; +l’on affermera le tout, ou une seule coupe, à commencer au mois +d’octobre prochain; ou si on veut en achepter le produit tous les ans, +on le vendra, et du tout on fera bonne composition. + +19. Une charge d’ayde de Panneterie chez le Roy[422], qui jouit de tous +les privilèges aux gages fixes de 225 liv.[423] et 150 liv. de profits, +le tout payez reglement à la fin du quartier de Juillet pendant lequel +on sert[424] et est nourry, pour 5,000 liv. + + [422] Il y avoit chez le roi douze de ces aides dans la + panneterie-commun. + + [423] Ces gages avoient été longtemps de 300 livres. + + [424] Il seroit plus clair de dire que celui qui veut ici vendre sa + charge servoit pendant le quartier de juillet. + +20. Une charge de garde du Roy en la prevosté de l’hostel[425], sous la +charge de Monsieur le Marquis de Sourches, grand prevost de France[426], +qui jouit de tous les privileges, aux gages de 272 liv. 10 sols[427], à +servir pendant le quartier de Janvier, du prix de 3,050 liv. + + [425] Ces gardes étoient au nombre de cent, y compris les douze qui + portoient le titre d’exempts. + + [426] V. sur lui, t. I, p. 74. + + [427] «Ils ont, dit l’_État de France_, 1692, in-12, p. 444, qui leur + attribue les mêmes gages, 60 livres d’extraordinaires et quelques + gratifications lorsque S. M. touche les malades.» V. sur cette + cérémonie t. I, p. 21. + +21. La Terre et Seigneurie de Cléry, scize à douze lieues de Paris[428], +consistant en chasteau pour le Seigneur, et appartement séparé pour le +Fermier, clos fermé de murs, jardins, prez, terres, bois, et autres +choses en dépendant, mesmes les droits honorifiques, du prix d’environ +25,000 liv. + + [428] Il reste de cette seigneurie un hameau du canton de Marines dans + l’arrondissement de Pontoise. Les seigneurs de Cléry, qui avoient + leur importance dans cette contrée, possédoient aussi un hôtel à + Paris, rue Montmartre. C’est sur son emplacement que fut ouverte, en + 1633, la rue qui porte encore leur nom. En 1688, quand «la terre et + seigneurie» furent mises en vente, comme nous le voyons ici, Claude + de Poissy, chevalier, en étoit seigneur. + +22. Une belle maison couverte d’ardoise, à porte cochere, scize sur le +bord de la rivière entre Brie et Corbeil, tres bien bastie, et où il y a +plusieurs beaux et magnifiques logements, avec une chapelle, grande +basse cour, jardin, enclos de huit arpens fermé de murs, prez, terre, +bois taillis et haute fustaye, canal, vivier, et generalement toutes les +autres commoditez qu’on peut souhaiter, du prix d’environ 30,000 liv. On +aura au Bureau un estat au long de la dite maison. + +23. Une chaise bourgeoise de porteur[429] presque neuve, garnie de +brocatelle[430], avec une crépine de soye, d’environ 70 liv. + + [429] La chaise de porteur ou à porteur «bourgeoise» se distinguoit + des autres parce qu’elle étoit sans armoiries. + + [430] Étoffe de fil et de laine, qui se fabriquoit en Flandre et qu’on + appeloit aussi soit _mazeline_, soit _étoffe de l’apport-Paris_, à + cause du grand commerce qui s’en faisoit dans ce quartier-là. + + +_Demandes à achepter._ + +24. On demande à achetter une maison logeable en fief ou roture[431], +avec clos, jardin, prez, terres labourables d’environ 20,000 liv., mais +il ne faut pas qu’elle soit plus éloignée de 4, 5 ou 6 lieues de Paris. + + [431] C’est-à-dire, sans aucun titre ni droit seigneurial. + +25. Une tapisserie verdure, Flandre ou Auvergne[432], de dix huit +jusqu’à vingt quatre aulnes de tour plus ou moins, sur deux aulnes et +demy d’hauteur, bonne et de hazard. + + [432] Les manufactures des tapisseries d’Auvergne étoient une création + de Colbert qui faisoit une rude concurrence à celles de Felletin, + comme on le voit par un arrêt du Conseil du 21 août 1691 sur les + droits d’entrée. Jabach, qui les avoit visitées pour Colbert, en + 1688, lui en avoit rendu le meilleur compte. (_Corresp._ de Colbert, + t. V, p. 520.) + +26. On demande à achepter une terre en fief à dix ou douze lieues de +Paris, où il y ait maison logeable, clos ou jardin, terres labourables, +prez et bois, du prix d’environ 5,000 liv. + +27. Une tapisserie verdure de Flandre, ou Auvergne, qui ait depuis seize +jusqu’à dix huict aulnes de tour, plus ou moins, de l’hauteur ordinaire, +avec un bureau propre et en estat de servir à un marchand, le tout bon +et de hazard. + +28. Une charge chez le Roy de 15,000 à 16,000 liv., à condition que le +vendeur se chargera de l’agréément et reception de l’achepteur, et qu’il +luy remettra toutes les pièces nécessaires en main. + +29. Une maison en fief ou roture qui soit logeable, et où il y a clos ou +jardin, prez, terres, vignes et bois, proche la rivière de Seine en +montant, ou sur le chemin de Paris à Orléans, distante de Paris depuis +cinq jusqu’à huit lieues, et dans l’élection de Paris, d’environ 10,000 +liv. + +30. Deux garçons allemands de l’âge de vingt deux ans, qui ont fait +toutes leurs estudes, et dont l’un sçait jouer du clavessin et du +violon, demandent condition, soit valet de chambre[433], ou précepteur +pour enseigner le latin et l’allemand[434]. + + [433] A cette époque, valets de chambre ou laquais jouoient presque + tous du violon. De cette façon, lorsqu’ils avoient fini leur + service, on savoit, aux dépens de ses oreilles il est vrai, ce + qu’ils faisoient. L’Olive, le valet du _Grondeur_, joue du violon. + V. acte I, sc. 1; et aussi Lemontey, _Hist. de la Régence_, t. II, + p. 319. + + [434] Nos guerres avec l’Allemagne avoient rendu cette étude assez + ordinaire dans les grandes familles. La Bruyère, par exemple, savoit + l’allemand et l’avoit enseigné à son élève, petit-fils de Condé. + +31. Une tapisserie d’Auvergne depuis quatorze jusqu’à dix sept aulnes de +tour, plus ou moins, sur deux aulnes et demie d’hauteur, avec un miroir +glace de Venize de 25 à 30 pouces de haut, le tout bon et de hazard. + + +_Advis généraux._ + +Un particulier donne advis au public qu’il possede un secret admirable +et indubitable pour guérir toutes sortes de diarées, dissenteries, et +flux epatique, qui ne demande a estre satisfait qu’après parfaite +guérison des maladies. + +Un autre particulier guérit la goute, paralisie, ydropisie, rumatismes, +toutes sortes de fièvres, et les maux vénériens, sans qu’on soit obligé +de garder la chambre. + +Un particulier enseigne le toisé et l’arpentage, les fractions de +fractions, le négoce, et change étranger, et l’arithmétique en toutes +ses parties pour toutes sortes de professions étrangères, et autres, en +un mois de temps, lorsqu’on saura les quatre règles. Plus les rédactions +des poids et mesures étrangères, et autres, les évaluations, racine +carrée et cube, règles de canonier, de navire et autres vaisseaux, la +construction du carré magique[435] par progression géométrique en +proportion double, la carte[436], et plusieurs autres sciences, et du +tout donne des leçons par écrit. + + [435] On appeloit ainsi un carré formé de plusieurs cases, dans + lesquelles on plaçoit des nombres dont la somme prise en tous sens + étoit la même. + + [436] C’est le nom qu’on donnoit à la géographie. Pour dire qu’on + l’avoit apprise, on disoit, selon Richelet, qu’on savoit «la carte». + Il est aisé de comprendre, d’après cela, la locution populaire: + «perdre la carte». + +Ceux qui auront quelque chose à commercer, vendre, achepter, troquer, ou +loüer, prendront la peine s’ils ne veulent pas venir eux mesmes au +Bureau, d’envoyer un Laquais avec un Mémoire instructif, et on leur +donnera satisfaction. + +Ceux qui ont de grandes maisons dans Paris, ou à la campagne, et qui +faute de les rendre publiques demeurent à les louer, parce que la +pluspart des gens de qualité, et autres, ne lisent pas les affiches qui +sont au coing des rues, n’auront qu’à envoyer le mémoire au Bureau, pour +estre mis sur la liste. + +Les maistres des auberges, des académies, des écoles, des sciences, des +messageries, et autres qui souhaitent de rendre leurs establissements +publics, n’auront qu’à envoyer au Bureau leurs qualitez, leurs +enseignes, lieu et demeure, et l’on les enregistrera, pour estre dans la +suite indiquez aux estrangers, et à ceux qui viendront s’en informer au +Bureau. + +Les Huissiers qui doivent aller en campagne dans les Provinces, +viendront le déclarer au Bureau, et l’on leur envoyera les gens qui ont +à faire dans les dites provinces pour s’emboucher[437] avec eux[438]. + + [437] Pour «s’aboucher», mot qui n’avoit encore cours que chez les + gens de distinction et dans les livres. + + [438] Un passage du _Journal_ de Colletet, à la date du 3 octobre + 1676, nous donne l’explication de celui-ci sur les singuliers + trafics des Huissiers, qui, lorsque les affaires chômoient à Paris, + en achetoient en province pour s’entretenir la main: «_Comme il y + a_, dit Colletet, _des gens qui se plaisent dans la sollicitation + des affaires, et qui en acheptent mesmes quand les leurs sont finies + de peur de languir dans l’oysiveté, et pour y gagner leurs peines: + nous leur donnons avis_, notamment si ce sont des Huissiers, qui + font des courses à la campagne, _que nous leur ferons vendre à bon + compte divers billets, cédulles et promesses, dont ils pourront + faire leur profit, de particuliers encore vivants, deubs pour + nourriture, logement et entretien, au payement de quoy plusieurs + sont condamnez par sentence des Consuls_.» + +Ceux qu’ils veulent achepter ou vendre des rentes, emprunter de l’argent +et en placer, vendre des maisons et héritages, soit à Paris ou à la +campagne, s’adresseront au Bureau. + +Ceux qui ont des Bénéfices à permuter et à donner à ferme, des charges à +vendre ou à achepter, soit à Paris ou en Province, des bois à couper, +des estangs à pescher, et qui font faire des inventaires forcés ou +volontaires, prendront la peine de le venir déclarer au Bureau, ou +envoyer un Mémoire instructif, et l’on en advertira le public par la +liste. + +Ceux qui arrivent à Paris, et ceux qui en veulent partir soit pour +voyager ou autrement, et qui ont besoin de plusieurs personnes pour +faire leur trein, peuvent s’adresser au Bureau, et on leur en envoyera +sur le champ de toutes les tailles, qualité et condition qu’ils les +demanderont[439]. + + [439] Sur ces valets de louage, v. plus haut, p. 50. + +Ceux qui écriront des lettres au Bureau en acquitteront le port, faute +de quoy on ne les recevra point, parce que l’on s’en voit trop chargé +jusqu’à présent. + +Les Etrangers qui doivent arriver à Paris avec équipage, pourront +s’adresser au Bureau, mesme par lettre demander ce qu’ils ont à faire, +soit pour logement, domestiques, ou autres choses. + +Et généralement tous ceux qui veulent rendre quelque chose publique, +chercher ou indiquer, et qui d’ordinaire font mettre des affiches aux +coings des rues, qui ne sont veües que de très peu de gens, et +d’ailleurs déchirées et recouvertes les unes par les autres en peu de +temps, au lieu de faire la depense pour l’affiche, n’auront qu’à envoyer +les mémoires au Bureau, et l’on les mettra sur la liste, que l’on +imprimera régulièrement tous les quinze jours, et que l’on vendra et +distribuera de mesme que les Gazettes[440]. + + [440] Beaucoup de gens répugnoient à se voir affichés et ne devoient, + par suite, recourir qu’avec plus d’empressement aux avantages des + feuilles d’adresses. Colletet annonce dans son _Journal_ du 11 sept. + 1676 une personne qui étoit dans ce cas. «_Honneste homme_, dit-il, + _qui sçait la langue latine et l’italienne de mesme, et qui ne peut + se résoudre à voir son nom dans les affiches publiques, s’offre aux + honnestes gens qui auront des livres italiens ou manuscrits à + traduire fidèlement, d’y travailler quels que difficiles qu’ils + soient; de montrer cette Langue à quiconque désirera + l’apprendre..._» + +On sçaura au Bureau le nom des personnes qui veulent tant vendre +qu’achepter. + +_Le Bureau est dans l’enclos du Palais, Cour de la Moignon, du costé du +Quay des Morfondus._ + + + + +LISTE GÉNÉRALE + +DU + +BUREAU D’ADRESSE ET DE RENCONTRE + +ESTABLI PAR PRIVILÈGE DU ROY + +_en la Place Dauphine_. + + +_Du 1 Mars 1689[441]._ + + [441] V. notre _Introduction_, p. xlj. C’est par mégarde que nous y + avons dit que les _Listes du Bureau d’adresse_ recommencèrent à + paroître en février 1689. Ce n’est qu’au mois de mars, dont nous + reproduisons ici le numéro, qu’elles reprirent. + +Le Bureau d’adresse et de rencontre se rétablit avec tant de succès, et +devient d’une si grande utilité au Public que l’expérience fait encore +juger favorablement de ceux qui en furent les autheurs. + +En effet Paris par son immensité estant regardé comme la patrie commune +de tout le royaume, et s’y trouvant des gens de toutes les Nations +non-seulement dans le commerce general, mais dans le particulier, tout +devint également intéressé à découvrir ce qui tombe dans la nécessité du +service, et dans le dessein du commerce. + +C’est de là qu’on a pris grands soins de rétablir le Bureau d’adresse et +de rencontre, que les guerres et le mauvais usage de ceux qui en ont eu +cy-devant l’administration, avoient rendu comme odieux au Public; mais +les réglements qu’on y a faits depuis y ont étably le bon ordre, la +fidélité et le secret, de sorte qu’on y peut venir à présent de +confiance, soit pour vendre, acheter, échanger, affermer ou autrement, +soit pour le choix des gens de quelque nature et qualité qu’on les +puisse souhaiter dans le domestique, ou, pour les domestiques, pour le +choix des conditions. Les Commis du Bureau n’entrent de leur chef dans +aucune affaire, toutes leurs occupations se renferment à recevoir les +avis et déclarations de ceux qui se présenteront au Bureau, lequel n’est +estably que pour l’indication purement et simplement. + + +_A Vendre._ + +1. Six chevaux de carrosse gris blanc de six à huit ans avec leur +harnois de roussy doré[442], du prix de 3,500 liv. + + [442] Cuir de Russie. V. plus haut, p. 37. + +2. Une charge de juré aulneur et visiteur de toiles[443] de la Ville, +Fauxbourgs et Banlieue de Paris, avec les émoluments et bourse +commune[444], du prix de 12,500 liv. y compris la réception. + + [443] Son office étoit d’auner les toiles, treillis, canevas, pour + voir s’ils étoient bien de la mesure réglementaire. A chaque visite + ils touchoient un droit. V. sur ces sortes d’offices jurés, t. I, p. + 110. + + [444] Elle se formoit de ce que chaque membre de la corporation devoit + abandonner sur ce qu’il avoit perçu. Tous avoient ensuite, quel + qu’eût été leur apport, droit au partage qui se faisoit à des + époques déterminées. + +3. Une maison scize en cette Ville, rue Geoffroy-Langevin, du prix +d’environ 8,000 liv. + +4. Pour 50 à 60,000 liv. de rente en principal sur l’Hôtel de +Ville[445], en plusieurs contractz creez au denier dix huit[446]: il y a +bonnes seuretez pour l’acquisition. + + [445] V. plus haut, sur les rentes de l’Hôtel-de-Ville, t. I, p. + 42-46. + + [446] Un peu moins de six pour cent. V. une note un peu plus haut, p. + 334. + +5. Un grand carrosse couppé[447] avec ses glaces, garny de velours +cramoisi; les harnois de deux chevaux de roussi bien dorez, de mesme que +le carrosse monté sur un trein, le tout presque neuf, du prix de 1,500 +liv. + + [447] Moitié du grand carrosse que, pour cela, nous appelons encore + aujourd’hui «un coupé». + +6. Un grand carrosse à deux fonds avec ses glaces garny de velours +cramoisy fort propre, d’environ 600 liv. + +7. Une charge de garde en la connestablie de Messieurs les mareschaux de +France[448], qui jouit de tous les privilèges, aux gages fixes de 200 l. +avec les émoluments lors qu’on sert, du prix d’environ 1,800 liv. + + [448] C’est un de ces gardes qui, venant dire dans le _Misanthrope_: + + Messieurs les Maréchaux dont j’ai commandement, + + met le holà dans la dispute entre Alceste et Oronte. La Connétablie + avoit ses audiences réglées le mercredi et le samedi dans l’enclos + du Palais, à la Table de marbre. V. plus haut, t. I, p. 85. + +8. Une terre en fief située près d’Etampes, qui ne releve que du Roy, +consistant en maison à porte cochere, jardin, clos, terres labourables, +prez, bois taillis, censives, droit de chasse, et autres, du prix +d’environ 35,000 liv. + +9. Une grande maison à porte cochère, rue de la Verrerie, du prix +d’environ 40,000 liv. + +10. Deux petites maisons en cette ville, rue neuve du Ponceau[449], +louées 200 l. On les vendra sur le pied du denier vingt, argent +comptant, et échangera mesme contre quelque rente ou maison de campagne; +et s’il convient donner du retour, on le fera. + + [449] On appeloit ainsi la partie la plus récemment ouverte de la rue + du Ponceau, qui donnoit sur la rue Saint-Martin. L’autre extrémité, + où se trouvoit le petit pont sur l’égout, auquel la rue devoit son + nom, s’appeloit déjà «le ponceau Saint-Denis» en 1391. + +11. Plusieurs maisons à porte cochere bien bâties, grand jardin et terre +scize au lieu du Roulle[450], ayant veue sur la grande ruë, à vendre +ensemble ou séparément et en toutes seuretez, avec honneste composition. + + [450] Le Roule n’étoit encore qu’un village de banlieue. C’est en 1722 + seulement qu’il devint faubourg de Paris. V. _Archives + hospitalières_, Hôtel-Dieu, t. I, p. 253, nº 3271. + +12. Une fort belle et bonne Pandule sonnante[451], du prix de quinze +pistolles. + + [451] Richelet écrit «pendule», mais ajoute: «prononcez pandule». + L’invention due à Huyghens et que l’abbé Hautefeuille lui disputoit + remontait à 1657. Or Huyghens ayant alors vingt-huit ans, et + Hautefeuille dix seulement, la querelle de revendication tomboit + d’elle-même. + +13. Une charge de lieutenant des Eauës et Forests à Senlis, aux gages et +droicts y attribuez, du prix d’environ 5,000 liv. + +14. Une maison à porte cochere bâtie à neuf, size au lieu de Clamard +près Issy, jardin d’un arpent clos de murs, et autres fort belles +commoditez, du prix d’environ 4,000 liv. + +15. Plusieurs meubles, tableaux, montres, diamants et autres bijoux, +dont on fera bonne composition ensemble ou séparément. + +16. Un contract de constitution de rente de 6,000 liv. en principal, +fait à Paris, créé au denier vingt, deuë par un particulier Officier au +Parlement de Guyenne, et dont on aura bon compte. + +17. Une maison au faubourg St. Marcel, rue de l’Oursine, du prix +d’environ 6,000 liv. + +18. Un coffre fort bon et de hazard dont on fera bonne composition. + +19. Une tanture tapisserie de Flandre en sept pièces, tirant 24 aulnes +sur 3 aulnes et demie de haut, representant l’histoire de Jules César, +du prix d’environ 6,500 liv. + +20. Une autre tanture tapisserie de Flandre, tirant 23 aulnes, de la +mesme hauteur, representant l’histoire d’Alexandre, du prix d’environ +7,000 liv.[452]. + + [452] C’étoit une des tapisseries les plus à la mode. Le prix en + montoit quelquefois plus haut qu’on ne le voit ici: «J’ai, dit la + Tapissière, deux des plus belles garnitures de chambre qui se + puissent voir, il y en a pour deux grandes salles; ce sont _les + Conquestes d’Alexandre contre Darius_, sur le même modèle qu’ont été + faites celles dont le Roy a fait présent au duc de Lorraine, mais + elles nous coûtent quinze mille livres.» _L’art de plumer la poule + sans crier_, 1710, in-12, p. 82.--Nous trouvons dans le _Journal_ de + Colletet une tapisserie dont le prix est encore plus élevé: «_Nous + savons_, dit-il, à la date du 28 octobre 1676, _une superbe tenture + de tapisserie, à personnages de piété, relevée d’or et de soie: Elle + a plus de quarante aunes de tour, et plus de quatre de hauteur; on + ne la fait que vingt-cinq mille livres, quoy qu’elle en vale plus de + quarante mille..._» + +21. Une grande maison à porte cochere size en cette ville, ayant veue +sur les rues Jean Lointier[453] et des Deux Boules, du prix d’environ +trente mille liv. dont on en constituëra, s’il est convenu, la moitié, +et prendra en payement pour l’autre une charge chez le Roy convenable à +un gentilhomme ou de l’argent. Plus pour environ 25,000 écus de terre au +païs du Perche, près la ville de Belesme, dont il y en a une +seigneuriale qui ne releve que du Roy; on les échangera mesme contre +d’autres terres près de Paris, charge comme dessus, ou d’une d’auditeur +des Comptes. + + [453] C’est le vrai nom de la rue que par corruption on appela plus + tard Jean-Lantier; elle le portoit dès le XIIe siècle. + +22. Une maison à porte cochere très belle et bien bâtie, size au lieu de +Pacy[454], avec jardin d’un arpent clos de murs, et autres commoditez, +du prix de 6,000 liv. + + [454] On écrivoit ainsi le plus souvent le nom de Passy près Paris, + comme on écrit encore du reste Pacy-sur-Eure, Pacy-sur-Armançon. + +23. Une maison à porte cochère size en cette ville, rue de la +Champverrerie[455], du prix d’environ dix mil livres. Il y a bonnes +seuretez pour l’acquisition. + + [455] Lisez «de la Chanvrerie». + +24. Un grand lit bois noyer à colonnes torces, de damas cramoisy à +fleurs d’or, ses tringues[456] fer poly, la housse taffetas cramoisy, +garni d’un sommier de crain, lit de plume, matelas, couverture et +courte-pointe, avec six fauteuils et deux chaises mesme bois, couvertes +de leurs housses, mesme taffetas, et dont on fera honneste composition. + + [456] Tringles. Le mot est écrit ici comme on le prononçoit et comme + on le prononce encore chez le peuple. + +25. Une charge d’apotiquaire des Ecuries de Monsieur[457], qui jouit de +tous les privilèges, aux gages fixes de 60 liv.[458] et 200 liv. pour +les remèdes qu’on est obligé de fournir pendant les six mois qu’on sert, +avec privilège de tenir boutique ouverte à Paris ou en campagne. On se +chargera mesme du service, hors Paris, du prix de 2,500 liv. + + [457] Il y avoit deux de ces charges qui s’exerçoient par semestre, + mais qui pouvoient être tenues, l’une et l’autre, par le même + apothicaire, comme nous le voyons dans l’_État de France_ de 1692, + t. I, p. 744. + + [458] L’_État de France_ donne le même chiffre, mais sans ajouter le + détail qui suit ici à propos des remèdes. + +26. Une maison à porte cochère sise ruë de l’Esperon, du prix d’environ +38,000 liv. + +27. Une Terre en Touraine près la rivière de Loire, de l’Election +d’Amboise, seigneur de paroisse, du prix d’environ 50,000 liv. + +28. Un grand miroir de 29 pouces de haut sur 20 de large, avec sa +bordure de glace, du prix de 120 liv.[459]. + + [459] C’est la bordure de glace, à la façon de Venise, qui avoit fait + hausser le prix de ce miroir. On a vu, en effet, plus haut, p. 143, + que les miroirs de 30 pouces ne se vendoient pas plus de 80 livres. + +29. Un grand Cabinet d’ebeine fort propre garny de quantité de tiroirs, +dont on aura bon marché payant comptant[460]. + + [460] L’ébène étoit un des bois les plus employés pour les meubles à + la mode. L’ouvrier qui les fabriquoit s’appeloit, comme on le voit + dans le _Journal_ de Colletet, 24 août 1676, «menuisier en ébène», + d’où est venu notre mot ébéniste. Il faisoit surtout, comme on le + voit ici, des cabinets. Aussi en anglois le fabricant de meubles + s’appelle-t-il encore «cabinet-maker». + +30. Une douzaine Chaises bois noyer garnies et bien travaillées à la +moderne, couvertes de leurs housses point de Hongrie[461], du prix de +200 liv.[462]. + + [461] Sorte de point de fil qui n’étoit pas des plus fins; c’est + pourquoi Molière le fait figurer dans le _Mémoire_ des hardes et + nippes qu’Harpagon, en bon usurier, donne pour argent comptant à son + emprunteur: «Un lit de quatre pieds à bandes de _point de Hongrie_, + appliquées fort proprement sur un drap de couleur olive, avec six + chaises et la courtepointe de même.» _L’Avare_, acte II, sc. 1. + + [462] Ces housses se vendoient souvent sans le bois des chaises ou + fauteuils. Le _Journal_ de Colletet, 23 octobre 1676, en annonce une + douzaine et demie, aussi de point de Hongrie, «toutes frangées, + montées et prestes à mettre sur les bois... Les nuances, + ajoute-t-il, en sont fort vives et d’une belle mode.» + +31. Un cheval entier noir et blanc avec tous ses crains, à longue queuë, +de l’âge de 4 à 5 ans, fort vigoureux, du prix de 50 louïs d’or. + + +_Demandes._ + +32. On demande à achetter une tanture de tapisserie de Flandre de +verdure, d’environ 19 à 20 aulnes de tour sur l’hauteur ordinaire, qui +soit bonne et de hazard, et point passée, où l’on mettra environ 200 +louïs d’or. + +33. Une charge soit de ville ou autre, de 4, 5 ou 6,000 liv. qu’on +payera comptant. + +34. Une tanture tapisserie Damas de Luques, bonne et de hazard, +d’environ 22 aulnes de tour, bonne et point passée. + +35. Un carrosse couppé propre et de hazard. + +36. Une tapisserie d’Auvergne de 18 aulnes de tour, bonne et point +passée. + +37. Une maison en fief ou roture aux environs de Paris, où il y ait clos +ou jardin, prez, terres, bois, du prix de douze à quinze mil livres. + +38. Une charge de judicature à Paris, du prix depuis 10 jusqu’à 20,000 +liv. et plus. + +_Le sieur Mouillard, bon Praticien et Arpenteur, logé rue de la Huchette +à la Tour d’Argent, donne avis aux Seigneurs et Dames qui voudront faire +renouveler leurs papiers terriers, et avoir des plants de leurs +Seigneuries pour voir l’étenduë de leurs censives; comme aussi à ceux +qui ont des héritages à la campagne et qui en veulent avoir des cartes +avec la contenance d’iceux par figure, pour empescher les usurpations, +qu’il le fera, et pour seureté de sa conduite donnera bonne caution à +Paris._ + +_Le sieur Rolas, rue Sainte Marguerite, fauxbourg St. Germain, entre un +perruquier et un chandelier, première chambre, enseigne le toisé, +l’arpentage, les fractions, les changes, l’arithmétique en toutes ses +parties en un mois de temps, lorsqu’on saura les quatre règles, et +plusieurs autres belles sciences, par une méthode courte et très facile; +et du tout donne des leçons par escrit[463]._ + + [463] Cette annonce est reproduite dans la liste suivante, avec cette + différence pour l’adresse: «rue Sainte-Marguerite faubourg + Saint-Germain, chez le mercier qui fait le coin de la rue des + Cizeaux vis-à-vis la porte de l’Abbaye.» + +Le Bureau est à l’entrée de la Place Dauphine du costé du Pont-Neuf +entre l’epicier et le cabaretier[464]. + + [464] Cette adresse est répétée à la fin de la liste qui va suivre, + avec ce détail en plus: «à la première chambre, au-dessus du + cabaretier.» + + + + +LISTE GÉNÉRALE + +DU + +BUREAU D’ADRESSE ET DE RENCONTRE + +_estably par privilège du Roy en la place Dauphine_. + + +Du premier Avril 1689. + +Paris contenant en soy beaucoup plus de peuple que ville du monde, et +son aport y estant si grand, non seulement de tous les naturels +François, mais des Etrangers de toutes les nations, que les moyens que +tout le monde y trouve de subsister ne sçauroient estre trop connus pour +la grandeur de la ville et pour l’avantage des particuliers. + +Tous ceux dont on s’est servi jusqu’icy sur les avis qu’on a voulu +rendre publics ont esté d’un foible secours, en comparaison du Bureau +d’Adresse et de Rencontre, et des Listes qu’on a commencé de distribuer, +parce que les Affiches se couvrent par la quantité des Placards[465], +outre qu’elles ne contiennent que des avis particuliers, qu’on ne lit +pas commodément et sans une espèce de pudeur[466] pour les gens de +distinction[467]. + + [465] Le Placard, s’appliquant d’autorité, pouvoit ainsi, de droit, + couvrir les affiches. Elles-mêmes, en s’accumulant, couvroient des + _Avis_ qui valoient mieux qu’elles. Colletet s’en plaint dans son + _Journal_ du 8 août 1676: «La quantité d’affiches, dit-il, ont caché + un livre d’importance pour les curieux.»--Le placard se distinguoit + des affiches par les armes du roi figurées en tête, et qui faisoient + qu’on l’appeloit aussi «pannonceau royal». C’est par placards, et + non par affiches simples, qu’étoit annoncé tout immeuble à vendre + par décret. + + [466] Les affiches annonçant certains remèdes ne pouvoient pas, en + effet, être lues «sans une espèce de pudeur». On en peut avoir un + exemple par celle que donne Locke dans la relation de son _Voyage à + Paris_, et qu’a reproduite _Le Vieux-neuf_, 2e édit., t. II, p. 72. + + [467] Le _Journal_ de Colletet indique quelques affiches de livres; + ainsi, le 6 juillet 1676, le _Traité des maladies des femmes + grosses_, par Fr. Mauriceau, dont il a été parlé plus haut, t. I, p. + 159; et, le 1er août suivant, _Le Tailleur sincère_, avec plusieurs + figures en taille-douce: «il se vend, dit-il, chez A. de Rafflé, rue + du Petit-Pont, in-folio en parchemin 40 fr., et in-8 20 fr.» Il + oublie d’ajouter que l’auteur s’appeloit Benoist Boulay, dont le + portrait sert de frontispice. Son livre, «nécessaire, dit encore + Colletet, pour ceux qui veulent pratiquer l’épargne», est + aujourd’hui des plus rares. + +Ces considérations, celles qui regardent l’utilité publique et +l’avantage du commerce, qui depend des Rencontres et des Occasions que +les avis font naistre, ont fait les principaux objets du +r’establissement du Bureau d’Adresse et de Rencontre, et des précautions +qu’on a prises de n’en confier l’administration qu’à des conditions +portées par les Règlements, afin d’asseurer dans le Public la confiance +des particuliers, et faciliter les ventes, achapts, amodiations, traités +et conventions qui se font à l’egard des immeubles, et pour mettre dans +un plus grand commerce toutes sortes de meubles, comme Lits, +Tapisseries, Bijoux, Tableaux, Chevaux, Carrosses et autres effets, et +principalement pour donner aux gens de qualité, et à ceux qui ont besoin +de domestiques; des Aumôniers, Gentilshommes, Ecuyers, Gouverneurs, +Intendans, Receveurs, Secretaires, sous Secretaires, Hommes d’affaires, +Solliciteurs, Commis, Ecrivains, Precepteurs, Maistres d’Hostel, Vallets +de chambre, Suisses, Portiers, Concierges, Gardes-bois, Cochers, +Postillons, Pallefreniers, Chasseurs, Fauconniers, Sonneurs de Cor, +Jardiniers, Vignerons, Gens de Labour, Charretiers, Muletiers, Valets à +tout faire, Laquais à gages et à récompense[468], et généralement toutes +sortes d’autres domestiques, pour les recevoir, non seulement à leur +choix, mais avec plus de seureté et de connoissance que par le passé, le +Bureau n’estant estably que pour l’Indication. + + [468] Les «laquais à récompense» se distinguoient des «laquais à + gages» en ce qu’ils n’étoient payés pour ainsi dire que par hasard + ou fantaisie. Après avoir servi trois ou quatre ans, ils reçevoient + de leur maître trois ou quatre cents francs et n’avoient pas le + droit d’en demander davantage. La plupart des valets de Regnard et + de Dancourt sont des «laquais à récompense». + + +_A Vendre._ + +1. Une charge de Substitut de M. le Procureur général à Paris, aux Gages +et Droits y attribuez, du prix de 25,000 liv. + +2. Un Carrosse couppé avec 6 glaces de Venise garni de velours cramoisi, +le tout comme neuf, du prix d’environ 700 livres. + +3. Une charge de grand Valet de pied de Madame[469], qui jouit de tous +les privileges, aux gages et profits y joints, du prix de 3,000 liv. + + [469] Ils étoient au nombre de dix, chacun à 20 sols par jour pour + leur nourriture «outre leurs habits d’hiver et d’été». _État de + France_ pour 1692, p. 776. + +4. Deux grands chevaux de carrosse grissel[470] à longue queue, de 5 à 6 +ans, du prix de 1,000 l. + + [470] Il faut lire _gris-sale_, une des nuances du gris admises dans + les haras. + +5. Des Tablettes bois noyer avec leurs bordures noires, fermant par un +treillis de cuivre à 2 portes[471], une grande Armoire bois chesne +fermant de mesme, de 9 à 10 pieds de haut et de 8 à 9 de large, le tout +presque neuf, du prix de 160 livres. + + [471] Presque tous les corps de bibliothèque étoient disposés ainsi + dans les cabinets. Louis Racine en avoit un de ce genre, comme on le + voit par son inventaire aux _Mss._ de la Bibliothèque nationale. + +6. Un beau coureur danois, poil bay[472], sans deffaut, propre pour +l’armée, de 6 ans, du prix de 50 louis d’or. + + [472] C’est le _cob_ bai brun, trapu et à belle tête, encore recherché + aujourd’hui. Le vrai cheval _danois_ en usage au XVIIe siècle pour + les attelages de luxe étoit, au contraire, grand, haut sur jambes, + avec tête busquée et robe isabelle, pie ou tigrée. + +7. Un carrosse couppé neuf, doré aux extremités[473], garny de drap +gris, du prix d’environ 800 liv. + + [473] Cet excès de dorures pour les carrosses fut un peu plus tard + prohibé par ordre du roi. V. _Correspond. admin. de Louis XIV_, t. + II, p. 829, et _Variétés histor. et litt._, Collect. elzévir., t. X, + p. 254, note. + +8. Une terre seigneuriale en Brie, 9 lieuës de Paris, avec haute, +moyenne et basse justice, dont on aura un estat au Bureau, du prix de +120,000 liv. + +9. Un coureur à courte queue[474] de 5 à 6 ans, poil noir, du prix de +200 liv. + + [474] Richelet définit ainsi le coureur: «cheval déchargé de taille, + qui a la queue courte et coupée». + +10. Un grand lit de velours verd, ses campannes[475] et molets de +soye[476], doublé d’un satin couleur de serize avec sa courte pointe, +ciel et dossier même satin, 7 fauteuils et 6 chaises même velours, le +tout comme neuf, du prix de 1,000 livres. Une pippe satin plaint, à fond +blanc, chamarrée en rond d’haut en bas d’un point d’Espagne d’or et +couleur de feu, avec des galons de velours même couleur, garni de +campannes d’or, le tout presque neuf, du prix chacune de 120 livres. + + [475] V. une des notes précédentes, p. 333. + + [476] C’étoit une sorte d’ornement frangé que Molière, en fils de + tapissier, se garde bien de confondre avec la frange même, quand il + dit dans le _Mémoire_ de l’Avare: «Plus, un pavillon à queue, d’une + bonne serge d’Aumale rose, sèche, avec le _mollet_ et les franges de + soie.» + +11. Quantité de très beaux patrons, tapisserie de verdure en plusieurs +pièces, peints sur du carton et de la toille, dont on aura bon prix. + +12. Deux tableaux de chasse originaux de Nicasius[477], de 6 pieds de +haut sur 5 de large, l’une de Cerfs et l’autre de Chats sauvages, du +prix de 24 louis d’or. + + [477] C’est le peintre d’animaux Nicasius Bernaert, d’Anvers, élève de + Sneyders et l’un des habitués de la maison de _la Chasse_, au coin + des rues du Sépulcre et du Four, qui étoit, dit Dubois de + Saint-Gelais, «le refuge des peintres de son pays». Sa vie fut assez + nomade, si l’on en juge par les registres de l’Académie de peinture. + Reçu en 1663, il dut, pour cause d’absence, se faire recevoir une + seconde fois deux ans après et se faire réadmettre encore en 1672. + Sa vieillesse se noya dans l’ivrognerie. Il en mourut à 70 ans, le + 16 septembre 1678. Desportes fut quelque temps son élève. + +13. Un lit de garçon de 3 pieds et demy de large, Damas de Lucques +aurore et cramoisy, avec sa couverture et 2 teyes d’oreillers de +Marseille, le tout presque neuf, du prix de 200 liv. Un Cabinet de +Flandre d’écaille de Tortue et d’Ebeine à tiroir, très beau et bien +travaillé, du prix de 150 livres. + +14. Un Colier de perles rondes de belle eau, très beau et bien choisy, +du prix de 200 louïs d’or. + +15. Une tenture de tapisserie verdure de Flandre en 6 pièces, de la +hauteur et longueur ordinaire, comme neuve, du prix de 800 liv. Une +montre en Pendule faite par Martinot[478], à boëtier d’or, sa chaine de +même avec son étuit de chagrin garny de cloux d’or, du prix de 15 louïs +d’or. Plus 2 Miroirs, l’un tout de glace de Paris, dont la principale +est de 27 pouces de haut sur 21 de large, du prix de 150 livres, et +l’autre de Venize de 22 pouces de haut sur 17 de large, avec sa bordure +d’Ebeine, du prix de 80 livres. + + [478] Les Martineau formoient toute une dynastie d’horlogers, dont + l’un, Louis-Henry, étoit, en 1692, valet de chambre horloger du roi. + En 1700, une descente fut faite chez deux d’entre eux pour avoir + contrevenu à l’édit contre le luxe. L’un dut laisser saisir vingt + pendules, l’autre dix-huit. Ils logeoient sur le quai des Orfèvres. + Un Martineau, qui étoit de la Religion, partit pour Londres après la + révocation de l’Édit et s’y rendit célèbre dans son métier. C’est de + lui que descendoit miss Harriett Martineau, qui s’est fait un nom + dans les romans d’éducation. V. sur les Martineau, Wood, + _Curiosities of clocks_, 1866, in-8, p. 387. + +16. Une très belle maison à porte cochere bâtie à neuf, située près +Grosbois en Brie, Jardins, Cloz, Prez, Terres, Vignes, Bois, Glacière, +Reservoir, Canal garny de Poissons, et autres fort belles et utiles +commodités, du prix de 45 mille livres. + +17. Deux charges, l’une de Lieutenant du Prevost général de Flandre et +Haynault aux gages de 1,250 livres, payez par quartier avec privilege et +exemption de tous imposts dans Valancienne où est la résidence, du prix +d’environ 18,000 livres; et l’autre de Garde au même Pays, aux gages +fixes de 375 livres, outre quantité de profits, du prix de 2,000 livres. + +18. La charge de Lieutenant criminel d’une Ville, sise sur le bord de la +rivière de Loire, où il y a Presidial, Bailliage, Prevoté et +Gouvernance, du prix d’environ 35,000 liv.[479]. + + [479] A la suite de cet article 18, nous en supprimons huit qui ne + sont que la reproduction d’articles déjà insérés dans la liste + précédente. Le 19e de celle-ci, liste d’avril, se trouve le 2e de + celle de mars; le 20e, le 8e; le 21e, le 10e; le 22e, le 11e; le + 23e, le 13e; le 24e, le 21e; le 26e, le 32e; et le 28e, le 37e. Nous + ne conservons que les nos 25 et 29, qui ne figurent pas dans l’autre + liste. + +25. Deux grandes Maisons à porte cochere sises en cette Ville à louer +presentement moyennant 900 livres chacune, l’une rue S. Martin, près la +rue aux Ours, vis à vis le cul de sac de la rue S. Julien[480]; et +l’autre sise rue des Gravilliers, avec un grand et beau jardin, dans +lesquelles il y a toutes sortes de commoditez. + + [480] C’est la rue ou ruelle Saint-Julien, qui devoit son nom au + voisinage de l’église de St-Julien-des-Ménétriers. Elle prit ensuite + le nom de rue du Maure. + + +_Demandes._ + +29. Une Terre en fief, distant depuis 6 jusqu’à 18 lieues de Paris, +près, s’il se peut, de quelque petite Ville ou Bourg, où il y ait maison +logeable, jardin, cloz, prez, terres et bois, du prix de 50 à 60,000 +livres. + +Le sieur Macard continue à faire debiter les instruments de +Mathématiques du defunt Sr Sevin dans sa boutique sur le Quay des +Morfondus, à l’Astrolabe[481]. + + [481] V. pour les ouvriers en instruments de mathématiques, t. I, p. + 148. + +Le sieur Legeret, maistre menuisier à Paris, rue Saint Loüis, Isle +Notre-Dame, donne avis qu’il fait et vend une machine fort légère et +portative, par luy depuis peu inventée, qui coupe la paille aussi menue +qu’est l’avoine, ce qui fait que les chevaux la mangent plus facilement, +surtout lorsqu’on y mêle un peu d’avoine. + + + + +LISTE GÉNÉRALE + +DU + +BUREAU D’ADRESSE ET DE RENCONTRE + +_estably par privilège du Roy en la place Dauphine._ + + +Premier May 1689. + +Pendant que toute l’Europe armée contre la France travaille à porter la +gloire du Roy jusqu’à l’Immortalité[482], pendant que son nom seul fait +trembler l’Univers, et qu’il porte la Terreur et la Crainte jusque sur +les Trosnes et jusqu’au Cœur des Armées les plus nombreuses, l’amour au +dedans arme ses sujets et luy donne chaque jour de nouvelles marques de +sa grandeur, on la voit en effet portée à un point où l’espérance même +des autres Roys n’estoit jamais parvenuë, non seulement dans ses forces, +dans la protection de ses alliés, dans la magnificence de son règne, +dans les vertus du Siècle et de la Religion; mais encore dans ses +Estats, Paris n’est pas seullement la Capitale du Royaume; mais celle du +Monde ou pour mieux dire un monde entier où ce qu’il y a de sublime dans +la politique, dans les Sciences et les Arts, de libre dans la politesse, +de bon dans les mœurs, de grand dans les cœurs, d’heureux et de fidelle +dans le commerce, y rassemble les peuples les plus esloignez pour en +composer une Ville de tous les Habitans du monde, où l’ordre dans la +confusion fournit égallement à tous les moyens de subcister, et où le +Bureau d’adresse et de rencontre rétably par les Ordonnances du Roy pour +l’indication seulement, donne à ce monde entier les avis, les ouvertures +et la facilité pour vendre, achepter, échanger et affermer soit charges, +seigneuries, terres, maisons, rentes, meubles, tableaux, chevaux, +carrosses et generallement tout ce qui tombe en commerce; les Maîtres de +quelques conditions qu’ils soient y trouveront toutes sortes de +domestiques avec les informations toutes faites pour les prendre avec +une confiance égalle, et les Domestiques des conditions suivant qu’ils +en sont plus ou moins capables. + + [482] On étoit alors sous le coup direct des menaces de la Ligue + d’Augsbourg, qui réunissoit contre nous l’Empire, l’Espagne, la + Suède, la Bavière, la Saxe et, par surcroît, la Hollande et + l’Angleterre, depuis que l’expulsion de Jacques II avoit eu pour + conséquence l’avènement du prince d’Orange, son gendre, sous le nom + de Guillaume III. + + +_A vendre._ + +1. Une charge de Ville de Cinquantenier[483], qui exempte de tutelle, +curatelle, logement de gens de guerre et plusieurs autres[484], +d’environ 500 l. + + [483] Le cinquantenier étoit, en effet, un officier de ville. Chaque + quartenier, ou officier de quartier, en avoit deux sous son + commandement, auxquels il transmettoit les ordres de la ville pour + qu’ils les fissent savoir aux bourgeois. + + [484] Ces espèces de charges n’avoient pour bénéfices que des + exemptions. On n’y étoit payé que par ce qu’on ne payoit pas. + +2. Deux charges aux Siège présidial et Baillage de Vitry le François en +Champagne, l’une de Président aux gages de 330 livres, et l’autre de +Conseiller aux gages de 50 livres, dont les émoluments sont de 150 +livres, plus un droit de deux sols pour livre sur les émoluments qui se +lèvent aux dits sieges, qui est de 60 livres de rente, et du tout on +fera bonne composition. + +3. Une chaise roulante à ressorts sur deux roues[485], garnie d’un petit +velours rouge et blanc, dont on aura bon compte. + + [485] Ces sortes de chaises, que traînoit un valet, furent très + longtemps en usage. On s’en servoit encore en province au + commencement de ce siècle. Il y en avoit d’autres, découvertes, + qu’on appeloit «chaises à parasol», qui n’étoient employées que pour + promener les dames dans les jardins ou les parcs. Seignelay les + avoit mises à la mode, lorsqu’il avoit reçu le roi à Sceaux au mois + de juillet 1685: «Ce fut là, dit l’abbé Le Beuf, qu’on vit les + premières chaises tirées par des hommes pour se promener dans les + jardins. On les connoissoit à Versailles, mais elles étoient plus + simples. Les chaises de Sceaux étoient à quatre personnes et quatre + parasols. Les hommes qui les conduisoient ne marchoient pas devant, + mais de chaque côté.» _Hist. du diocèse de Paris_, t. IX, p. 379. A + Marly, le roi fit établir dans les grandes allées un système de + rainures de fer, pour que le mouvement de ces chaises roulantes y + fût plus facile et moins cahoté. Ce sont nos premiers tramways. V. + le bel ouvrage de M. Guillaumot, _Monographie du château de + Marly-le-Roi_, gr. in-fol. + +4. Un carrosse couppé comme neuf à six glaces, garny de velours rouge +avec ses ressorts, harnois et testières garnis de cloux dorez[486] du +prix d’environ 1,000 livres. + + [486] La Bruyère, lorsqu’il s’est indigné du luxe de ces carrosses, + n’a oublié aucun des détails qui sont ici: «les rangs de clous + parfaitement dorés, les doubles soupentes, les ressorts, etc.» + +5. Deux grands chevaux de carrosse poil noir à longue queue, de 4 à 5 +ans, du prix de 1,100 livres. + +6. Une maison à porte cochere, size à Vanvre, où il y a toutes sortes de +commodités avec un clos de 4 arpens, du prix de 6,000 liv. + +7. Une Maison à porte cochere, size au lieu d’Antoni, Clos et Jardin +derrière de 6 arpens, avec 6 arpens de pré, du prix de 1,500 liv. + +8. Une Maison à porte cochere size à Montreuil, cloz de dix arpens, où +il y a parterre, jardin, potager, bois d’haute fustaye et autres choses +avec quantité d’eaue, et dans une très belle veue, dont on aura bonne +composition. + +9. Une terre en Fief et Seigneurie, size près Mauleon en Poictou, +affermée 4,200 livres, qu’on aura à bon prix. + +10. Une Maison à porte cochere size sur le chemin de Chartres, 10 lieues +de Paris, jardins, clos de deux arpens, sept arpens de pré, et 130 +arpens de terre, le tout près et attenant la maison et du prix de 13,000 +liv. + +11. Une Maison à porte cochere, quartier de la Porte S. Michel, rue des +Francs Bourgeois, du prix d’environ 30,000 liv. + +12. Un grand lit de tapisserie à petit point de toutes sortes de fleurs +en broderie sur un drap d’Espagne couleur de musc brun doublé d’un satin +de la Chine[487], sa courte-pointe, ciel et dossier même satin, 4 pommes +même Drap et tapisserie avec leurs bouquets de plumes et egrettes, un +Tapy de Table à 4 pans, trois fauteüils même tapisserie et point, 12 +chaises à dossiers et 8 sieges pliants aussi tapisserie, et du tout on +fera bon prix. + + [487] L’accoutrement de ce lit rappelle un des habits que Molière + portoit à la ville: «un juste au corps de drap de Hollande musc, + avec une veste de satin de la Chine.» Soulié, _Recherches sur + Molière_, p. 278. + +13. Une Maison à porte cochere size au lieu de Maisons, près Charenton, +avec Jardin de deux arpens clos de murs et autres commodités, à vendre +pour 6,000 livres ou à louër[488]. + + [488] Les articles qui suivent étant les mêmes que quelques-uns de + ceux de la liste précédente, nous nous contenterons de renvoyer à + celle-ci, en indiquant à quels numéros ceux que nous supprimons + correspondent. Le nº 14 de la présente liste reproduit textuellement + le nº 1 de celle d’avril; le 15 est le 5; le 16, le 8; le 17, le 10; + le 18, le 11; le 19, le 12; le 20, le 25; le 21, le 14; le 22, le + 15, avec cette simple addition: «et du tout on fera bon prix.» Le 23 + est le 16; le 24, le 17; le 25, le 18; le 26, le 19; le 27, le 29; + le 29, le 31. + + +_Demandes._ + +28. On demande à achetter une tenture tapisserie de Damas cramoisi de +Lion ou Gennes. + +On indiquera au Bureau un homme de Lettres pour composer Factums, +Placets, Lettres, Mémoires, Préambules, Discours publics ou autres +ouvrages où l’on voudra un stile net, concis, juste et une diction pure +et éloquente[489]. + + [489] Ces sortes d’écrits, notamment les _factums_ ou _mémoires_ sur + procès, étoient quelquefois l’œuvre des écrivains les plus + distingués. Racine ne dédaigna pas d’en rédiger pour M. de + Luxembourg dans un procès des plus importants: «Le célèbre Racine, + dit Saint-Simon, édit. Hachette, in-18, t. I, p. 91, si connu par + ses pièces de théâtre..., prêta sa belle plume pour polir les + factums de M. de Luxembourg et en réparer la sécheresse de la + matière par un style agréable et orné.» + + + + +LISTE DES AVIS + +DU + +JOURNAL GÉNÉRAL + +DE FRANCE, + +OU BUREAU DE RENCONTRE; + +_Pour servir au Public depuis le Mercredy 18 Novembre, jusqu’au Mercredy +2e Décembre 1693_. + +On recevra les avis tous les jours, et on donnera tous les Mercredys, de +quinze jours en quinze jours, des Listes nouvelles. + +_Par permission du Roy contenuë en ses Brevets, Arrests de son Conseil +d’Estat, Déclaration, Privilege, Confirmation, Arrests de la Cour de +Parlement, Sentences et Jugements donnez en consequence._ + + +A PARIS, + +Au Bureau d’Adresse et de Rencontre étably dans le Marché Neuf, chez un +Serrurier, attenant la Barriere des Sergens. + +_Le Tableau où est le Privilege du Roy sert d’Enseigne._ + +_Avec permission._ + +_M. DC. XCIII._ + + + + +LISTE DES AVIS + +DU JOURNAL GÉNÉRAL + +DE FRANCE + +OU BUREAU DE RENCONTRE. + + +_Plusieurs personnes viennent au Bureau pour s’informer de quelle +maniere il faut dresser leurs Mémoires, et d’autres en envoyent qui ne +sont pas assez instructifs; comme il faudroit bien du temps pour +instruire tous ceux qui y viennent les uns après les autres, on a jugé à +propos pour satisfaire à ce que plusieurs ont demandé de dresser +quelques articles, et de continuer dans les Listes suivantes, jusqu’à ce +qu’on aye parlé de tous ceux qui peuvent y estre employez. En voici +quelques-uns qui peuvent servir de Modèles._ + +_Si quelqu’un est dans le dessein de vendre une Terre, voicy comme il en +doit dresser le Mémoire._ + +_La Terre de ... qui est à ... lieues de Paris, et située à ... est à +vendre. Elle consiste en plusieurs pavillons, ou bien en un corps de +logis dans le fonds de la cour, avec deux ailes ou non sur les côtez, et +contient tant d’appartements, tant de chambres, tant de greniers, +offices, cuisines, caves, écuries, celliers, colombiers et granges. Il +faut marquer de quoy le tout est couvert, la grandeur de la court, s’il +y a des espaliers autour des murs de la dite court, si les murs sont +percez par des portes ou balustrades, qui donnent entrée aux jardins. +S’il y a des fleurs, des fruits, des legumes, des jets d’eaux, des +vignes, des bois, des bleds, du S. foin, et généralement tout ce qui +peut faire du revenu ou servir à l’embellissement; on doit ajouter si la +maison est en belle veuë, et si la riviere passe auprès, et à combien de +distance; on ne doit pas oublier s’il y a des fossez, une basse court, +s’il y a quantité de terres labourables, s’il y a des terres +seigneuriales, si cette terre a droit de haute, basse et moyenne +justice, si la Cure ou quelques autres bénéfices en dépendent, et tous +les autres droits qu’elle peut avoir, si elle a titre de Baronnie, de +Vicomté, ou autre, si l’on est Seigneur entier d’une ou deux paroisses, +s’il y a des fiefs, s’il y a des estangs, combien la Terre est affermée, +avec ou sans réserve, si on la veut échanger, si l’on veut toute la +somme en argent comptant, des rentes, ou quelque autre chose, et quelles +seuretez on donnera. On peut faire un détail à proportion pour les +grandes et petites Maisons de Campagne, et pour les grandes et petites +maisons à vendre ou à loüer à Paris; On y peut ajouter les commoditez, +les dégagements, les cheminées et alcôves, avec leurs ornements, les +dorures et peintures, et marquer combien on veut loüer ou vendre les +Maisons, combien elles sont louées, et s’il y a des escaliers separez, +et plusieurs sorties, afin que celui qui se chargera de toute la Maison +puisse connoistre par là s’il en peut facilement reloüer les +Appartements. Comme chaque particulier sait mieux l’estat de son bien et +de ses affaires que les plus intelligens, ces articles pourront estre +encore mieux dressez sur l’idée que l’on en donne. Voicy un Model d’un +article pour une charge à vendre._ + +_On veut vendre une Charge, il faut marquer si elle est chez le Roy, ou +de judicature, et si elle est unique à la Cour ou dans son siège; il +faut mettre si elle est de Paris, ou à combien de Paris, dans quelle +Province, et dans quelle Ville, il faut dire quels en sont les +Privilèges, combien elle a de gages, si elle a droit de +commissions[490], si elle exempte de Taille et de Tutelle, combien on la +veut vendre, et si l’on veut toute la somme en argent comptant._ + + [490] Privilège très envié, surtout lorsque c’étoit le droit de + _committimus_ au grand sceau, parce qu’il donnoit droit à ne plaider + que devant certains juges, et ainsi à n’évoquer les causes que là où + elles avoient intérêt. Les membres de l’Académie françoise en + jouissoient, ce qui donna occasion à l’abbé de Villiers d’écrire ces + quelques lignes dans le XXXIe dialogue de ses _Vérités satyriques_, + p. 266: + + «CRITAS. Je sçai que vous avez des procès... + + «PROTAS. Eh bien! en faut-il davantage pour être de l’Académie? Cela + me donnera droit de _committimus_ au grand sceau; n’est-ce rien pour + un homme qui a des procès? + + «CRITAS. Je n’y faisois pas réflexion, et cette raison ne m’étoit + pas venue dans l’esprit. Rien n’est mieux pensé, rien n’est mieux + imaginé que de se faire de l’Académie pour plaider à son aise, + c’est-à-dire tant qu’on voudra, et partout où l’on voudra.» + + +AVIS. + +_Comme l’expérience fait voir qu’il y a de l’incommodité à prendre des +Domestiques de la main de ses amis, que l’on ne peut lorsqu’ils +déplaisent congédier sans les offenser, et qui sont autant d’Espions +domestiques qui leur reportent tout ce qui se fait chez vous, et en cas +de malversation on ne poursuit pas en justice les Amis qu’on ne fait +point obliger devant notaire; ces considerations devroient engager un +chacun d’avoir plus volontiers recours au Bureau, où l’on n’en reçoit +aucuns qui n’aient de bonnes cautions, gens solvables et non attitrez._ + + +VOICY LE DÉTAIL + +_des domestiques que l’on trouve au Bureau_. + +Sçavoir, + + Aumôniers. + Precepteurs. + Escuyers. + Maistres d’hostels. + Secrétaires. + Hommes d’affaires. + Receveurs. + Concierges. + Commis. + Hommes de Chambres. + Chasseurs. + Garde-bois. + Cochers. + Portiers. + Laquais. + Postillons. + Palfreniers. + Et autres ayant tous de bons répondants. + + +IMMEUBLES. + +On veut vendre une maison à huit lieues de Paris, size le long de la +rivière d’Oize, entre Beaumont[491] et l’Isle Adam; Elle consiste en un +corps de logis et deux Pavillons, dans les quels il y a plusieurs +appartements, salle, chambre, cabinets, cuisine, office, garde-manger, +cave, greniers, grange, écurie, remise de carrosse, foulerie, et autres +commoditez; il y a aussi un Coulombier, qui rapporte en pigeonneaux et +en fumier 100 livres de rente; il y a des Jardins et enclos où il y a +quantité de bons arbres fruitiers, on vend pour 200 livres de fruits +tous les ans, on recueille aussi sept à huit cent de bon foin qui sert +dans la maison, on peut aussi faire venir à Paris ce que l’on veut par +la Rivière, qui n’est qu’a 200 pas de la dite Maison; on en donnera une +plus ample explication aux personnes qui voudront l’acheter, et on en +fera un prix raisonnable. _Adresse au Bureau._ + + [491] Beaumont-sur-Oise, canton de l’Isle-Adam. + +On veut vendre une Maison size au faubourg S. Germain, le terrain fait +face sur la rue de Grenelle et sur la rue S. Dominique, d’environ huit à +neuf toises sur 106 à 107 de longueur, fermé de bons murs dans l’Enclos +du Marais; il y a plusieurs arbres fruitiers, des espaliers le long des +murs par un treillage d’echalats de cœur de chesne, avec deux puits, une +petite Maison pour le Jardinier et une petite serre à costé[492]. Plus, +un corps de logis bati en pavillon de trois estages en carrez; dans +chaque estage il y a plusieurs chambres, cabinets, galletas, cuisine, +cave, et autres commoditez, la dite maison est en bon estat; on en +donnera une plus ample explication aux Personnes qui la voudront +acheter, et on en fera un prix raisonnable. _Adresse au Bureau._ + + [492] On voit qu’une maison au faubourg Saint-Germain, rue de + Grenelle, étoit en 1693 une véritable habitation champêtre. On peut + se le figurer encore mieux par la gravure qu’a donnée Israël + Sylvestre de la maison du président Le Coigneux,--aujourd’hui + Ministère de l’Instruction publique,--avec son entourage de terrains + vagues et ses vastes jardins, au milieu desquels le pavillon «de + structure solide», dit Brice, se dressoit comme en pleine campagne. + C’est du reste, selon Tallemant, ce qu’avoit voulu le président. «Il + alla, dit-il, bastir une grande maison au bout du Pré-aux-Clercs, + pour avoir un grand jardin où se promener, comme on lui avoit + ordonné de respirer l’air tout à son aise.» Auprès, sur + l’emplacement occupé aujourd’hui par la mairie du VIIe + arrondissement, un ancien premier commis de M. de Lionne, nommé + Thoinier, avoit une maison du même genre et des jardins que M. Le + Coigneux auroit bien voulu joindre aux siens. Il ne put jamais + l’obtenir de son voisin à cause d’une magnifique treille qui lui + donnoit le meilleur muscat de Paris: «Il me disoit là-dessus, dit le + faux Vigneul-Marville, que M. Le Coigneux étoit le seul qui ne + trouvoit pas bon ce muscat.» _Mélanges_, t. I, p. 265. + +On veut vendre une grande Maison size a Boissy S. Leger[493], près +Creteil, a trois lieues de Paris, consistant par bas en grandes caves, +offices, salle, fournil, plusieurs belles chambres et cabinets, et dans +la plus belle veue qu’on puisse voir, de beaux greniers et chambres pour +les Domestiques, grande cour verte entourée d’un très beau espalier de +Peschers et d’Abricotiers, écurie à mettre quinze chevaux, une petite +court basse; le tout attenant est un logement entier pour un Jardinier +et un Vigneron dépendant de la susdite Maison, beau jardin en terrasse, +au bas du quel il y a un petit bois de haute-fustaye rempli d’allées +couvertes, on entre de plein pied du jardin dans une grande galerie +peinte, qui donne en perspective au bois, et de la galerie on entre dans +les chambres vis à vis la dite maison. Il y a un Enclos de 25 à 30 +arpens de Terre, dont il y en a trois plantez en vignes qui sont en +leurs cinquièmes feüilles, des Terres labourables et le reste en foin, +le tout garny de beaux Espaliers de fruits à noyaux et poiriers, enclos +de murs et de hayes vives; il y a aussi un fief qui a 60 arpens +d’etenduë sur quoy l’on dixme[494], et haute, moyenne et basse justice; +le tout est à vendre, a loüer ou a échanger. _Adresse au Bureau._ + + [493] On sait que c’est aujourd’hui un chef-lieu de canton de + l’arrondissement de Corbeil. + + [494] On prend la dîme. + +On veut vendre une grande Maison size ruë de Vaugirard, elle est +composée d’une grande court, deux remises de carrosse, deux écuries dans +les quelles il tient beaucoup de chevaux, un grand jardin de six arpens, +un appartement bas, deux autres grands appartements et quantité d’autres +chambres pour des Domestiques, de grandes caves, des cuisines et +offices, et une belle chapelle; elle est de 2500 livres de loyer. +_Adresse au Bureau._ + +On veut vendre une Maison size dans la rue des Prescheurs, où a logé en +dernier lieu Monsieur Gelée[495]; la dite maison est à porte cochere, +bien batie de pierres de taille, la court est commune avec une autre +Maison qui perce dans la rue de la Champverrerie, salle, cuisine en bas, +petite écurie, remise sous la porte cochere, trois estages l’un sur +l’autre, et grenier au dessus chaque estage, composé de chambres, +antichambres, cabinets, et deux autres petites chambres, le tout de +plain pied; le premier et second estage ayant les principales chambres +peintes, dorées et parquetées, belles cheminées, et plusieurs tableaux +non communs; il y a trois cheminées à chaque estage, de belles et +grandes caves, et doubles caves. La dite Maison est louée 900 livres par +le dernier bail. Ceux qui la voudront voir trouveront des personnes qui +montreront les Appartemens. Il faut s’adresser pour le prix à Monsieur +de la Ville-Dieu, qui loge rue Traversine, dans la Maison de Madame +Francine[496], on en fera un prix raisonnable. + + [495] V. sur ce parent du poète Regnard, t. I, p. 295, note 3. Son + adresse y est donnée rue de la Chanvrerie, mais on voit que la + maison indiquée ici, ayant une cour commune et deux entrées, + appartenoit à cette rue aussi bien qu’à celle des Prescheurs. + + [496] Veuve de Francine, ou plutôt Francini, car il étoit Italien, + «intendant des eaux et fontaines des maisons royales et entrepreneur + privilégié des chaises roulantes». Mêlé à toutes sortes d’affaires, + comme le fut plus encore son fils, gendre de Lulli, et, après lui, + directeur de l’Opéra, Francine avoit fait bâtir, tout des premiers, + sur les terrains de la butte Saint-Roch, lorsqu’on l’eut aplanie. + D’après un manuscrit en notre possession, il avoit été propriétaire + de quatre maisons dans la rue Traversine ou Traversière, indiquée + ici, et appelée rue Molière aujourd’hui. A sa mort, comme on le + voit, il en étoit resté une à sa veuve, qui sans doute y logeoit. + +On veut vendre une charge d’avocat au Conseil, la Personne qui s’en veut +défaire en fera un prix raisonnable, et mesme la donnera a crédit, +pourvû qu’on luy donne des seuretez bonnes et solvables. Il prendra en +payement des billets sur des officiers et autres personnes pourvu qu’ils +soient en estat de payer, et autres accommodements. _Adresse au Bureau._ + +On veut vendre une Maison size au village de Cüeilly près Champigny sur +Marne, à trois lieües de Paris, consistant en un grand Corps de logis, +chambres, antichambre, cabinets, court, jardin, un demy arpent de vignes +donné à loyer pour la somme de quarante escus par an. _Adresse au +Bureau._ + +On veut vendre une grande Maison à petit Champ, paroisse S. Medard, +fauxbourg S. Marceau[497], consistant en six boutiques, caves, jardin, +deux petites salles, huit chambres à cheminées à chaque Estage, y ayant +trois Estages et quatre greniers au dessus, l’Escalier au milieu, y +ayant des corridors pour aller aux dites chambres, estant toutes +séparées. + + [497] Le _Petit champ_ du faubourg Saint-Marcel, qui devint au siècle + dernier le _Champ d’Albiac_, du nom de son propriétaire, se trouvoit + à peu de distance de la rue de _l’Épée de bois_, qui pour cette + raison est appelée sur d’anciens plans rue du _Petit-Champ_. + +Plus, une autre petite Maison au coin du dit jardin, consistant aussi à +trois Estages, deux chambres et cabinets à chaque Estage, grenier au +dessus, avec deux salles basses, et deux caves, le tout à vendre. On les +donnera à 18,000 livres, mesme quand on n’auroit pas toute la Somme, on +ne laissera pas de s’accommoder. _Adresse au Bureau._ + +On veut vendre un Office de Changeur d’Especes d’or et d’argent de la +Ville de Paris, avec faculté d’exercer la Banque à vendre; Elle est à +present d’un Exercice continuel de grand rapport, elle est propre à tous +banquiers, caissiers et de finances; l’on en sçaura le prix et condition +qui sont faciles et raisonnables. _Adresse au Bureau._ + + +MEUBLES. + +2. On veut vendre un petit Cabinet, dans lequel il y a cinq cents +médailles d’argent, toutes pièces antiques et fort curieuses[498], on le +fait cinq cents Escus. _Adresse au Bureau._ + + [498] Pour le goût des médailles, qui étoit alors un des plus + répandus, v. t. I, p. 221, 223, 225, 227, 228, 229, 230. + +On veut vendre un carrosse coupé presque tout neuf, garni d’un veloux +vert plein, trois belles glaces, une devant, et une à chaque costé, avec +un trapontin[499]; on veut aussi vendre les chevaux, ils sont entiers, +noirs, à courte queue, âgez de cinq à six ans, et de bonne taille, avec +les harnois, le tout en bon estat n’ayant qu’à monter dedans; on fait +les chevaux et le carrosse 1300 livres. _Adresse au Bureau._ + + [499] Lisez _strapontin_, mot que l’on croiroit beaucoup plus moderne, + mais qui se trouve déjà dans les _Caractères_ avec le sens qu’il a + ici. V. _La Comédie de La Bruyère_, 2e édit., 1872, in-18, t. I, p. + 87. + + +_Demandes._ + +3. On demande une Maison à acheter du prix de dix ou douze mille livres, +à deux ou trois lieues de Paris, on n’est point attaché en quel endroit +elle soit, pourvu qu’elle soit jolie et en bon estat; on veut un jardin, +des écuries, remise de carrosse, greniers et basse court; on ne se +soucie pas qu’elle soit en fief ou en roture. _Adresse au Bureau._ + +On demande une belle housse avec sa garniture, une douzaine de chaises, +et six fauteüils avec des housses, et que les bois soient à la mode; une +autre douzaine de chaises de tapisserie propres à mettre dans une salle, +on ne se soucie pas qu’elles soient tout à fait à la mode; un miroir de +glace de moyenne grandeur. _Adresse au Bureau._ + +On demande six chevaux pour labourer et mettre à la charrette, on les +veut d’hazard de quelque personne qui vienne de campagne, afin qu’ils +soient tous dressez, on y mettra jusqu’à mil ou douze cens livres; on +demande aussi leurs équipages, qu’on paiera comptant. _Adresse au +Bureau._ + +On donne avis à ceux qui cherchent une Personne qui sache les Langues +pour les accompagner dans leurs voyages aux Païs estrangers, qu’il y en +a un qui s’offre en quelque qualité que l’on voudra. C’est un homme de +40 à 42 ans, bien fait de sa personne, honneste homme de Profession, qui +en donnera des preuves suffisantes aux personnes qui luy feront +l’honneur de le vouloir employer. _Adresse au Bureau._ + +On demande un manteau de camelot gris d’azard, et qu’il y aye un petit +galon d’or, et qui soit propre. _Adresse au Bureau._ + +On demande une armoire de bois de noyer propre et faite à la mode, avec +une belle ferrure. _Adresse au Bureau._ + +On demande un colier de perles entrenet d’une belle eau; on le veut du +prix de cinquante escus ou deux cents francs. _Adresse au Bureau._ + +On veut vendre une Croix de Diamans, composée de sept diamans avec son +coulant, les Diamans sont fort nets et fort beaux, bien mis en œuvre. +Elle a coûté trente louis d’or, on la donnera pour un prix raisonnable. +_Adresse au Bureau._ + +Il y a un carrosse coupé tenant quatre ou cinq personnes à l’aise, garni +de Damas cramoisi, trois glaces, une devant et une à chaque portiere, +bien suspendu le train et les roues, le tout en bon estat, sans harnois +de chevaux, environ de quatre cents livres. Il y a aussi un cheval pour +Mousquetaire, propre à deux mains. _Adresse au Bureau._ + + * * * * * + +_L’adresse pour ecrire est à Mr du Manuel Me du Bureau d’adresse et de +rencontre où l’on recevra tous les jours des Avis. Il faut acquitter le +port des Lettres._ + +_On prie qu’on dise le dernier mot des choses dont on se veut défaire. +On les vendroit plus aisément, par ce que ceux qui le souhaitent estant +souvent étonnez du prix, ne les vont pas voir._ + +_Quoy que la pluspart de ceux qui font des Demandes au Public par les +Listes qui se distribuent tous les Mercredys, laissent leur adresse, ils +sont avertis de passer souvent au Bureau, pour y estre instruits de ce +qui s’y passera, sur les avis qu’ils auront donnez._ + +Chaque Journal se vendra trois sols. + +_Le Bureau pour recevoir les avis est au Marché-Neuf, chez un serrurier, +attenant la Bariere des Sergents. Le Tableau où est le Privilege du Roy_ +sert d’enseigne. + +AVEC PERMISSION. + + +FIN DES APPENDICES. + + + + +TABLE ALPHABÉTIQUE + +DES PRINCIPALES + +MATIÈRES CONTENUES EN CET OUVRAGE[500]. + + [500] Afin de continuer à reproduire aussi exactement que possible le + livre de Blegny, nous nous sommes conformé pour cette table, comme + disposition, texte et orthographe, à celle qu’il a donnée dans sa + première édition et qui--nous ignorons pourquoi--ne se retrouve pas + dans la seconde. Nous nous sommes contenté d’y faire les additions + nécessaires. + + +A. + +Abrégé de la science des temps, II, 205. + +Académies, I, 120. + +Académie de découvertes, I, xlv, xlix, 9. + +Académie Françoise (Listes de 1676 et 1705), II, 275, 289. + +Accouchements, I, 159 et II, 69. + +Adresses casuelles de la ville de Paris, I, xlij. + +Affaires ecclésiastiques, I, 15. + +Adresses recouvertes après l’impression, II, 68. + +Adresses diverses, II, 73. + +Adresses (autres) nouvellement recouvertes, II, 177. + +Affiches, I, vj, xxxij, xxxiv; II, 345, 357. + +Affiches (petites), I, 10. + +Afficheurs, II, 75. + +Agneaux, I, 292. + +Aiguilles, II, 24. + +Alimens, I, 289. + +Almanachs, I, 193; II, 190. + +Almanach spirituel, I, 26. + +Amirauté, I, 70. + +Andouilles, I, 293-294. + +Anchois, I, 302-303. + +Animaux, I, 289. (Chair et poisson.) + +Apoticaires, II, 69. + +Architecture et Maçonnerie, II, 102. + +Arcs de carosses, I, 47, 267. + +Ardoises, II, 118. + +Argenteurs, I, 287. + +Armes et Bagages de guerre et de chasse, I, 261. + +Armoires, II, 344. + +Asnes, I, 264. + +Auberges (tables d’Auberges) et Hostels garnis, I, 316. + +Avis du Bureau d’adresse (Liste des), II, 302. + +Avis généraux, II, 341. + +Avis du journal général de France (Liste des), II, 373. + + +B. + +Bailliage du Palais, I, 77. + +-- du Temple, I, 86. + +-- de Saint-Jean de Latran, I, 86. + +Bains et Etuves, I, 182. + +Balliveaux, II, 122. + +Bandages, I, 13. + +Banquiers, I, 117. + +Banquiers expéditionnaires en cour de Rome, I, 18 et II, 68. + +Baromètres, I, 242. + +Bas, II, 30. + +Bateaux (gardes), I, 111. + +Bateurs d’or, II, 46. + +Bâtimens du Roy, II, 87. + +Bénéfices et Bénéficiers, I, 19. + +Bêtes azines, I, 264. + +Beurre (Marchandises de), œufs, fromages et légumes, I, 296. + +Bible polyglotte, II, 319. + +Bibliothèques, I, 129. + +Bijouteries, I, 237. + +Bijouterie de cire, II, 68. + +Billards, I, 274. + +Biscuits, I, 301. + +Boëtes d’Allemagne, II, 23. + +Bœufs, I, 291. + +Bois de taillis à vendre, II, 338. + +Bonneterie (Ouvrage et Commerce de), II, 28. + +Bonnets carrés, II, 75. + +Bottes, II, 65. + +Bouchons de liège, II, 7. + +Boucles d’oreilles, II, 317. + +Boulangers, I, 306. + +Boules à jouer, I, 274. + +Bois à brûler, II, 8. + +-- à bâtir. + +Boudin blanc, I, 294. + +Bouquetières, I, 165. + +Bouteilles de poche, II, 42. + +Brefs et Bréviaires, I, 192. + +Bureau d’Adresses (Listes générales du), II, 332-346, 356, 364. + +Bureau des Indes Orientales et Occidentales, I, 108-109. + +Bureau d’adresses ou de rencontre, I, xx, xxiv et II, 302. + +Bureau des Merciers, II, 18. + +Bureaux publics, I, 106. + +Buscs et bois d’Evantails, II, 24. + + +C. + +Cabarets. V. _Traiteurs_. + +Cabinets d’ébeine, II, 353, 382. + +Cabinets, I, xxxiv. + +Café et cacao, I, 303. + +Caffé et chocolat, I, 303. + +Caisses de jardin, I, 282. + +Calçons et chaussons de chamois, II, 37. + +Calendrier, II, 218. + +Calottes, II, 75. + +Cancers, I, 170. + +Canepin, II, 75. + +Canifs, II, 48. + +Caractères d’imprimerie, I, 194. + +Caractères des signes et planètes, II, 200. + +Carrafons, I, 303. + +Carrières, II, 112, 113. + +Carosses de louage, remises, I, 266. + +Carosses de route, II, 160. + +Carrosses à vendre, II, 323, 325, 348, 359, 367. + +Cartes à jouer, I, 274. + +Carte généalogique de France, II, 322. + +Cartons, II, 27. + +Cassolettes philosophiques, I, 243 et II, 35. + +Catherinettes, I, x, xij. + +Cerisaies à Montmorency, II, 311. + +Chair et poisson, I, 289. + +Chaircutiers, I, 293. + +Chaises de moquette, II, 315, 353. + +Chaises de porteur, II, 339. + +Chaises roulantes, II, 317, 333, 366. + +Chaisnetiers, I, 296. + +Chambre des comptes, I, 64. + +Chambre souveraine des décimes, I, 85. + +Chambre du Trésor, I, 75. + +Chancellerie, I, 146; II, 348. + +Changements, I, 79. + +Chapeaux (Commerce de), II, 38, 63. + +Chapeaux à vendre, II, 320. + +Charbon de terre, charbon de bois, II, 9. + +Charges à vendre, II, 310, 338, 347, 348, 350, 352, 359, 362, 366. + +Charrettes de routes, I, 263; II, 174. + +Charité (directrices de), I, 23. + +Châtelet, I, 70. + +Chaux, II, 105. + +Chevaux et équipages, I, 264. + +Chevaux à vendre, II, 317, 319, 321, 323, 327, 333, 347, 353, 359, 360, +367. + +Cheveux (Ouvrages et Marchandises de), II, 39. + +Chiens, I, 273. + +Chinoiseries, V. _Lachinage_. + +Chirurgiens, II, 68. + +Choses diverses à vendre, II, 316. + +Cicle solaire, II, 211. + +Ciment, II, 105. + +Cireure (cirage) de cordonniers, II, 67. + +Citrons, I, 302. + +Clavecins, I, 205; II, 72. + +Clouds, II, 137. + +Coches par terre et par eaux, II, 172. + +Cochons, I, 292. + +Coffres, I, 239. + +Coiffeuses, I, 271; II, 41, 73. + +Collèges, I, 138. + +Colliers de perles à vendre, II, 319, 322, 361. + +Commerce des Ouvrages d’or, d’argent, de pierreries, de perles, I, 244. + +_Committimus_ (droit de), II, 375. + +Conférences, I, 127; II, 86. + +Connétablie, I, 75. + +Confiseurs, I, 300. + +Confituriers I, xxxiij. + +Conseils du Roi et Chancellerie, I, 46. + +Conserves balsamiques, I, 170. + +Consuls, I, 76. + +Consultations chirurgicales, I, 158. + +Consultations médicinales, I, 151; II, 77. + +Contraintes judiciaires, I, 100; II, 343. + +Coquillages, I, 236. + +Cordes à instruments, I, 215. + +Cordonnerie (Ouvrages et Marchandises de), II, 65. + +Courriers, II, 249. + +Cours des Aides, I, 63; II, 78. + +Cours des Monnoyes, I, 69. + +Courtiers, Couratiers, I, xij, 10. + +Couteliers, Couteaux, II, 47. + +Craquelins, Biscuits, Macarons, etc., I, 301. + +Crêpes et Crêpons, II, 13. + +Creusets, II, 75. + +Cristal minéral, I, 175. + +Cuirs et vendeurs de cuirs, II, 86. + +Cuivre, II, 46. + +Curé d’Evry, empirique, I, 156. + +Curieuses (Dames), I, 231. + +Curieux (Fameux) des Ouvrages magnifiques, I, 216. + +Curiosités (Commerce de) et de bijouterie, I, 236. + + +D. + +Damasquinerie, I, 240. + +Danse, I, 124, 126. + +Déclarations du Roy, I, 190. + +Découpeurs, I, 62. + +Demandes pour acheter, II, 327, 340, 354, 368, 382. + +Dents malades, I, 170-172; II, 178. + +Dentelles, Points, Boutons, Galons d’or, II, 16-17. + +Département des courriers, II, 249. + +Descentes (Bandages), I, 12, 173 et II, 85. + +Diamants du Temple, I, 248; II, 316. + +Diamants à vendre, II, 322. + +Docteurs et Licentiez en droit, I, 87. + +Domestiques, I, vj; II, 49, 344, 358, 376. + +Doreurs, Argenteurs, I, 287. + +Draperies, II, 11, 314. + +Drogueries, I, 165. + +Drogueries chimiques, I, 175. + +Drogueries étrangères et de Montpellier, I, 175. + +Durée des jours et des nuits, II, 242. + + +E. + +Eau catholique de Paracelse, II, 320-321. + +Eau de Cordoue, I, 172; II, 34. + +Eaux distillées, I, 175. + +Eaux et forêts, I, 76. + +Eau histerique, I, 172. + +Eau rouge de la reine d’Hongrie, I, 172. + +Eaux minérales, I, 175. + +Eaux de vie, I, 176. + +Echets, I, 274. + +Ecoles (petites), I, 18. + +Ecole médicinale, I, 141. + +Ecrans, II, 22. + +Eclipses, II, 242. + +Ecritoires, II, 27. + +Ecrivains jurés, I, 249; II, 53. + +Edits et déclarations du Roy, I, 190. + +Eolipiles, II, 324. + +Eguilles et Epingles, II, 24. + +Election, I, 77. + +Emailleurs, I, 242. + +Emplâtre de la manufacture royale, I, 13. + +Epacte et Lunaisons, II, 213. + +Epiciers, I, xxxiij, 302; II, 5-6. + +Epiceries et autres denrées domestiques, II, 5. + +Essences de Rome et de Gènes, II, 33. + +Essence végétale, I, 14, 172. + +Estampes et tableaux, I, 239. + +Etoffes à meubler, I, 284. + +Etoffes indiennes, II, 13. + +Etoffes d’Italie, II, 13. + +Etoffes de soie d’or et d’argent, I, 272 et II, 13. + +Etoffes de l’Apport-Paris, II, 339. + +Etuves ordinaires, I, 182. + +Evantails, II, 20. + +Exercices (Nobles) pour la belle éducation, I, 253. + +Exercices de piété, I, 21. + +Experts Ecrivains, II, 53. + +-- Arithméticiens, II, 54. + +-- Maçons, Charpentiers, II, 54. + +-- Couvreurs, II, 54. + +-- Généalogistes, II, 53. + + +F. + +Fabrique des Monnoyes, II, 245. + +Fayences, I, 283; II, 43. + +Fer (Ouvrages et Marchandises de), II, 129. + +Fer blanc, II, 46, 131. + +Fermiers généraux, I, 28, 32; II, 79. + +Ferme à vendre, II, 313. + +Ferrailles, II, 129. + +Fêtes mobiles, II, 217. + +Feux d’artifices, I, 272. + +Figures de plâtre bronzées, I, 241. + +Fileurs d’or, II, 46. + +Finances royales, I, 26, 33. + +Flûtes et Flageollets, I, 212. + +Foires (Etat des plus considérables), II, 266. + +Fontainiers, II, 155. + +Fourneaux, II, 75. + +Fourrures, II, 35, 38. + +Frère Ange, empirique, I, 157. + +Frères cordonniers, II, 67, 322. + +Frères tailleurs, II, 61. + +Friperie, II, 60. + +Fromages, I, 297. + +Fruiterie (offices de), I, 300. + +Fruits secs I, 302. + + +G. + +Gants (marchandises des gantiers et parfumeurs), II, 31. + +Garçons de métier, II, 50. + +Garçons de cuisine et de cabaret, II, 49. + +Garnitures de rubans, II, 24. + +Gazettes, I, xvij, xxix, 193. + +Généalogies, II, 53. + +Gibecières, I, 273. + +Gobelins, II, 92-93. + +Glaces de miroirs, II, 141, 142. + +Grand Conseil, I, 61. + +Grains balsamiques, I, 13, 171. + +Grains dépuratifs du sang, I, 172. + +Graines de jardins, I, 282. + +Graveurs en taille douce, II, 68. + +Graveurs de médailles, II, 153. + +Graveurs en lettres, II, 152. + +Graveurs en pierre, II, 153. + +Greffiers du Parlement, I, 94. + +Grenailles, I, 248. + +Grenier à sels, I, 79. + +Guainiers, II, 37, 49, 74. + +Guinguettes, II, 305. + +Guipures, II, 17. + +Guitarre, I, 211. + + +H. + +Habillements (habits d’hommes et de femmes), II, 58. + +Habits et manteaux à vendre, II, 319. + +Habits faits de théâtre et de mascarade à quatre pistoles par an, I, 271 +et II, 62. + +Hameçons, I, 296. + +Harans, I, 295. + +Hautbois, I, 212. + +Herbages, I, 165. + +Hôtel de Ville, I, 75. + +Heures, I, 192. + +Horlogers. V. _Orlogeurs_. + +Hospitaux (Administration des), I, 112. + +Hostels garnis et tables d’Auberges, I, 316. + +Huile d’amandes et autres tirées sans feu, I, 175. + +Huile d’olive, II, 5. + +Huissiers, I, 100. + +Hydromètres, I, 242. + +Hypocras, I, xxxiij. + + +I. + +Immeubles à louer, à vendre, à échanger, II, 304. + +Indiction romaine, II, 212. + +Instructions (premières) de la jeunesse, I, 248. + +Instruments mathématiques et de chirurgie, II, 48. + +Instruments à vents, I, 212; II, 72. + + +J. + +Jambons, I, 293. + +Jardin médicinal, I, 26. + +Jardin Royal, II, 87. + +Jardinages, I, 275. + +Jartières, II, 23. + +Jeûnes et solemnitez, II, 215. + +Jurés bourgeois, II, 54. + +Jouailleries, II, 23. + +Juges et Consuls, I, 76. + +_Journal des avis et affaires de Paris_, I, xxxv. + +_Journal des Savants_, I, 191. + +_Journal du Bureau de rencontre_, I, xxxix. + +Juridiction des Poudres et Salpêtres, I, 79. + +-- des Garennes, _ibid._ + +-- du Chantre Notre-Dame, I, 17, 20. + + +L. + +Laboratoire du sieur de Blégny, I, 169. + +Lachinage, I, 239. + +Lait d’anesses, de chèvres ou de vaches, II, 72. + +Lancettes, II, 47. + +Lapins, I, 273. + +Laquais, II, 50, 344, 358, 376. + +Lard, I, 293. + +Leçons particulières, I, 138. + +Leton, II, 46. + +Lettre Dominicale, II, 211. + +Librairie (impressions et Commerce de), I, 19, 185. + +Lieux où se trouveront tous les quinze jours les livres d’avis, II, 330. + +Linges, points et dentelles, II, 15. + +Lingots d’or et d’argent, I, 248. + +Lits, I, 284, 285. + +Lits à vendre, II, 314, 315, 334, 352, 360, 361, 368. + +Litières, I, 267. + +Livres d’avis, II, 330. + +Livres de Mathématiques, I, 190. + +Livres de Médecine, I, 162, 163, 190. + +Livres de piété et d’église, I, 20, 26. + +Lods et ventes, II, 309. + +Loupes, I, 174. + +Lustres et girandoles, II, 143. + +Luths, I, 211. + + +M. + +Macarons, I, 301. + +Machinistes, II, 121. + +Maçonnerie (lieutenant général de la), I, 78; II, 102. + +Maçons et Manœuvres, II, 102. + +Magistrats (principaux), I, 55. + +Maisons à louer, II, 305-308, 333, 362. + +Maisons à vendre, II, 308-313, 334-337, 349, 351, 367, 368. + +Maladies vénériennes, I, 171. + +Maladies des yeux et des oreilles, I, 174. + +Marchandises d’Outre-Mer, II, 20. + +-- de Dieppe, II, 22. + +-- de Saint-Claude, II, 23. + +Maréchaussée, I, 75. + +Marionnettes et Manequins, I, 272. + +Marqueterie, I, 286. + +Manufactures des ouvrages du Roy, II, 87. + +Maroquins, I, 109; II, 38. + +Masques, I, 271. + +Matériaux à bâtir, II, 105. + +Mathématiques, I, 146, 254 et II, 71. + +Matières métalliques (Commerce de diverses matières), II, 45. + +Matières médicinales, I, 164. + +Médailles, I, 130, 221, 223, 225, 227, 230; II, 382. + +Médecine et Médecins, I, 150. + +Médecine ordinaire, I, 150. + +Médecine empirique, I, 156. + +Médecins jurés, II, 52. + +Melons, I, 303. + +Menus Plaisirs, I, 269. + +Menuiserie, II, 121. + +Menuisiers en ébène, II, 353. + +Mercerie, Quincaillerie (Commerce de), II, 18. + +_Mercure galant_, I, 193. + +Mercure d’or, I, 13. + +Messageries, II, 166. + +Meubles à vendre, II, 314. + +Meubles de la Chine, I, 236, 240. + +Meubles ordinaires et Tapisseries, I, 283. + +Meubles d’orfévrerie, II, 73. + +Meubles vieux, I, 287. + +Migniatures, II, 97, 98. + +Miroirs, II, 21, 140, 353, 361. + +Mirouettiers, II, 21, 140, 353, 361. + +Moëllons, II, 107, 113. + +Monnoies (Fabrique des nouvelles), II, 244. + +Montres à vendre, II, 322, 361. + +Morrhues, I, 295. + +Mouches, II, 76. + +Moulin à blé à vendre, II, 324. + +Moutons, I, 291. + +Mulets, I, 264. + +Musettes, I, 212. + +Musique, I, 204. + + +N. + +Nombre d’or, II, 210. + +Nomenclateurs, I, vj, 7. + +Nourrices, II, 49. + +Nourriture, I, 289. + + +O. + +Œufs, I, 296. + +Officialité, I, 16, 18, 21. + +Officiers nouveaux, Metteurs à bord et gardes bateaux, I, 111. + +Olives, I, 303. + +Omissions et changements, I, 79. + +Opérations chirurgicales, I, 157 et II, 68. + +Opérateurs pour la pierre, la cataracte, les dents, I, 160. + +Orlogeurs, II, 73, 349, 361. + +Oranges, I, 302. + +Ordonnances (Nouvelles), I, 186. + +Orgues, I, 205, 206; II, 316. + +Orvietan, I, 169. + +Ouvrages exquis de peinture et de sculpture, II, 92. + +Ouvrages et bois de Menuiserie, II, 121. + +Ouvrages et fournitures de Charpente, II, 115. + +Ouvrages et fournitures de Couvreurs, II, 118. + +Ouvrages d’or, d’argent, de pierreries, de perles, etc. (Commerce des), +I, 244. + + +P. + +Panneterie et Patisserie, I, 304. + +Paniers à fruits, I, 301. + +Papetiers (Marchandises de), II, 26. + +Parfumeurs (Marchandises des), II, 31. + +Parlement, I, 86. + +Parties casuelles, I, 38, 108. + +Pastel, II, 99. + +Patissiers, I, 300, 304. + +Paveurs (Ouvrage des), II, 157. + +Peaux pour les chapeliers, II, 38. + +-- pour les foureurs, II, 38. + +Peaux de mouton en chamois, II, 36. + +-- de chagrin, II, 37. + +Peintures, sculptures, dorures, II, 144. + +Peintres, II, 178; ouvrages de peinture, II, 92, 144. + +Pelleterie et fourrure, II, 35. + +Penitencier (grand), I, 17. + +Pendules à vendre, II, 349. + +Pension pour les malades, I, 178. + +Pensions et répétitions pour les écoliers, I, 138, 249. + +Perles, I, 248; II, 319, 322, 361. + +Perruques, I, xxxiij; II, 40. + +Philosophes, I, 123. + +Pieds de porc à la Sainte-Menehould, I, 294. + +Pierre (qualité et coupe de la), II, 111, 114, 115. + +Pierreries, I, 247. + +Pigeons, I, 273. + +Pistaches, I, 304. + +Placages (meubles de), I, 286. + +Plâtre, II, 105. + +Plomb en balles et grains, II, 46. + +Plomberies (Ouvrages de), II, 155. + +Planches de Bateaux, I, 121, 122. + +Plumes d’acier, II, 76. + +Points, II, 17. + +Poissons, I, 294, 295. + +Police, I, 186. + +Portraits en cire, II, 69. + +Porcelaines, I, 239 et II, 42. + +Porcs, I, 292. + +Poteries, Carrelage, Vuidange, II, 158. + +Poulmoniques (Conserve et liqueur pour les), I, 170. + +Précisions chronologiques et historiques des temps, II, 209. + +Prévôté de l’Hôtel du Roy et de la Ville, I, 74. + +Prévôt des Marchands, I, 75. + +Prieur médecin, I, lv, 157. + +Prisonniers (pauvres), I, 24. + +Privilégiez, Privileges à vendre, II, 77. + +Prix des Ouvrages de Maçonnerie, II, 105. + +-- de Charpente, II, 116. + +-- de Menuiserie, II, 122. + +-- de Couvreurs, II, 119. + +-- des marchandises de fer, II, 131. + +-- des Glaces, II, 143. + +-- des Pavés, II, 157, 158. + +-- des Ouvrages de Sculpture, peinture et dorure, II, 146. + +-- des Plombs, II, 156. + +-- des Nattes et Frottages, II, 156, 160. + +-- des Vitres, II, 138, 139, 140. + +Proxenêtes (courtiers antiques), I, vij, viij. + + +Q. + +Quincailliers, II, 25. + + +R. + +Rabats, II, 73. + +Recommanderesses, I, x; II, 49. + +Recueil de vers, II, 325. + +Remarques sur la durée des jours et des nuits, II, 242. + +-- sur les systèmes du monde, II, 203. + +Remèdes pour les chevaux, I, 69. + +Remèdes du Roi, I, 170. + +Rentes de l’Hôtel de Ville, I, 42. + +Répétitions pour les écoliers, I, 138, 249. + +Requestes de l’Hôtel du Roy, I, 78. + +-- du Palais, I, 78. + +Rocfort, fromage, I, 299. + +Roulliers et charrettes de routes, II, 174. + +Rubans, II, 20. + + +S. + +Sable, II, 157. + +Sages femmes jurées, II, 69. + +Saignée, I, 159. + +Savons, II, 7, 33. + +Savoyards, II, 21. + +Science des Temps, II, 205. + +Sculpteurs, II, 92, 145. + +Sculpture (Ouvrages de), II, 145. + +Séances des Tribunaux, I, 78. + +Secret pour guérir le _Miserere_, II, 324. + +Secrétaires du Roy, I, 54. + +Secrétaires et Greffiers, I, 93. + +Sel policreste, I, 169. + +Sergens, I, 100. + +Seringues, II, 77. + +Sermons, I, 200, 201. + +Serrures, II, 136. + +Servantes, I, x; II, 49. + +Sirop de vanille, I, 177. + +-- de thé, febrifuge, I, 177. + +Soies, II, 9. + +Souliers, II, 67. + +Squelettes, II, 77. + +Sucres, II, 6. + +Suif, II, 8. + +Supputation des Epoques, II, 210. + +Systêmes du monde, II, 203. + + +T. + +Table de Marbre (juridiction de la), I, 78. + +Tableaux, I, 239. + +Tableaux à vendre, II, 360. + +Tablettes à vendre, II, 359. + +Tablettes d’Alary, I, 177. + +Tablettes de poche, I, 243. + +Taillandiers, II, 47. + +Tailleurs, II, 59, 60, 61. + +Tambours, I, 263. + +Tamis, II, 77. + +Tapisseries à vendre, II, 314, 336, 350, 361. + +Tapissiers fripiers, I, 287; II, 326. + +Tapisseries et Meubles ordinaires, I, 283. + +Tapisseries de cuir doré, I, 286. + +-- d’Auvergne, II, 340. + +-- de la Savonnerie, II, 320, 326. + +-- de Flandres, I, 283. + +-- de Beauvais, I, 283. + +-- d’Aubusson, I, 283. + +-- de Bergame et de Rouen, I, 284. + +Tarif des nouvelles monnoyes, II, 244. + +Temporalité, I, 79. + +Tentes et pavillons de guerre, I, 262. + +Tentures de haute lice, I, 283; II, 315. + +Terre cizellée, I, 240. + +Théorbes, I, 210; II, 326. + +Terres, fiefs et seigneuries à vendre, II, 337, 338, 349, 360, 363, 367. + +Thériaque de Rouvière, I, 167. + +Thermomètres, I, 242. + +Tireurs d’or, II, 46. + +Toiles cirées, II, 76. + +Tontine, I, 44. + +Tourneurs, II, 51, 103-104. + +Traiteurs, I, 314, 315, 319. + +Treillis d’Allemagne, II, 13. + +Trésor des Almanachs, II, 193. + +Trésor d’Esculape, II, 177. + +Trésor Royal (Gardes du), I, 28. + +Trésoriers, I, 38, 53. + +Tribunaux, I, 78. + +Triquetracts, I, 274. + +Trompettes et timbales, I, 215; II, 73. + +Truffles, II, 71. + +Tuiles, II, 119. + +Tuyaux de tolle de fer à brûler du bois sans fumée, II, 76. + + +V. + +Vacations des Tribunaux, I, 86. + +Vaches de Roussy, II, 37, 38. + +Volailles, I, 292. + +Vapeurs, I, 171; II, 79. + +Veaux, I, 291. + +Verre (Vitriers), II, 44, 138. + +Verrerie (Commerce des Verriers), II, 41. + +Vérifications et rapports de jurez, II, 52. + +Vins de liqueurs, I, 301. + +Vins (Marchandises et aprest de), I, 309 et II, 318, 324. + +Violle et Viollon, I, 209, 210 et II, 317. + +Vieux papiers et parchemins, II, 28. + +Vitriers (Ouvrage des), II, 138. + +Voyer, I, 109. + + +Y. + +Yeux artificiels, II, 75. + + + + +TABLE DU TOME II. + + + Pages. + Suite du _Livre commode_ 5 + Table générale des Articles 181 + Trésor des Almanachs pour l’année bissextile 1692 187 + + Appendice. + Liste de Messieurs de l’Académie françoise en janvier 1676 275 + Liste de l’Académie françoise (1705) 289 + Liste des avis du Bureau d’adresse (janvier 1670) 302 + Liste générale du Bureau d’adresse et d’avis (7 aoust 1688) 332 + Liste générale du Bureau d’adresse et de rencontre + (1 mars 1689) 346 + Liste générale du Bureau d’adresse et de rencontre + (1 avril 1689) 356 + Liste générale du Bureau d’adresse et de rencontre (1 may 1689) 364 + Liste des avis du Journal général de France (18 novembre 1693) 371 + + Table alphabétique des matières contenues dans les deux Volumes 387 + + +FIN. + + + +*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 75206 *** |
