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Beau volume in-18, papier vélin. 3 fr. 50 + + _Le Vieux Neuf_. Seconde édition, refondue et considérablement + augmentée. 3 vol. gr. in-18. 15 fr. + + _L’Esprit des autres_. 5e édition refondue et considérablement + augmentée. 1 vol. in-18. (Sous presse.) + + +Imprimerie Gouverneur, G. Daupeley à Nogent-le-Rotrou. + +Caractères elzeviriens de la Librairie Daffis. + + + + +ÉPICERIES ET AUTRES DENRÉES DOMESTIQUES. + + +Pour le Bureau des Epiciers et Droguistes, voyez l’article de la matiere +Medecinale[1]. + + [1] T. I, p. 164. + +Messieurs Jourdan rue saint Denis au Cheval blanc[2], Lion rue de la +Truanderie[3], Chabouillé rue de la Poterie, Mercier rue de la Verrerie, +du Bois rue Quinquempoix, etc., tiennent magasin d’Epiceries +domestiques, de Sucre, d’Huiles, etc. + + [2] Dans l’édit. précéd., p. 31, il est qualifié «epicier + grossier»,--c’est-à-dire en gros--et nommé seul, comme faisant «gros + commerce d’huiles d’olive et des fruits de Provence». A la suite, se + trouve cet autre article omis ici: «M. Petit, Chef au Chevalier du + Guet, fait venir beaucoup de caffé, de cacao, etc.» _Chef_ se + prenoit à la cour et dans les grandes hôtelleries avec le sens qu’il + a encore. On disoit suivant Richelet: chef de gobelet, chef + d’échansonnerie, chef de panneterie, etc. + + [3] «Lion, rue Jean de l’Épine, à l’enseigne de la Ville de Tours, + tient magasin de fruits secs, d’eaux de vie, et de diverses autres + sortes de drogueries.» Édit. 1691, p. 31. + +M. Barre rue Quinquempoix[4], tient grand magasin de Sucre, rafinage de +Roüen[5]. + + [4] «Joignant la Chambre des assurances.» Édit. 1691, p. 31. Les + assurances, dont la Chambre est indiquée ici, étoient les + _assurances maritimes_, constituées en 1681, et pour lesquelles un + édit de mai 1686 avoit autorisé une compagnie. + + [5] Le sucre du raffinage de Rouen, fait avec le produit de nos îles + d’Amérique, étoit de ceux qui ne payoient pas de droits de sortie. + On en consommoit à Paris beaucoup de cette provenance, comme on le + verra plus loin.--Le sucre entroit pour une très-grande part dans le + commerce des épiciers. Les apothicaires, communauté qui leur + touchoit de très-près, le leur avoient, nous l’avons vu (t. I, p. + 164), fort longtemps disputé, comme une sorte de monopole, dont ils + pouvoient seuls disposer. Ils avoient pour eux le proverbe: «On ne + prend pas un apothicaire sans sucre», mais cela ne suffisoit pas. Il + falloit un privilége. Ce fut à qui l’auroit des deux corporations. + Un arrêt de la Cour, du 27 novembre 1652, attribua aux épiciers le + droit exclusif des confitures, sirops «restant des dites + confitures», dragées, etc. Ce ne fut pas assez. Ces sucreries + n’étoient pas le sucre, auquel prétendoit si ardemment l’épicerie. + Il y eut un procès, dont Gui Patin a parlé (anc. édit., t. I, p. 38; + II, 134). Les épiciers l’emportèrent. Nous trouvons, en effet, dans + un arrêt du 1er septembre 1689: «Défense à autres que marchands + épiciers de vendre aucun poivre, _sucre_, clous de giroffle, savon, + huile, muscade, etc., à peine de confiscation, et cinq cents francs + d’amende.» La querelle, apaisée à Paris, ne le fut pas en province. + Un siècle après, par exemple, nous l’avons dit aussi, t. I, p. 164, + elle s’étoit réveillée entre les apothicaires et les épiciers de + Chartres.--Les épiciers de Paris faisoient un tel commerce de sucre, + pour l’exportation, que le naufrage d’un navire venant de Rouen en + fit perdre à l’un d’eux pour 8000 livres, à la fin de 1660. (V. + Loret, t. III, p. 295.) + +Le Sieur Chambellan rue de Baffroy fauxbourg saint Antoine, vend en gros +du plus beau Miel blanc, du Miel commun, etc. + +La Manufacture de Savon d’Alicanthe[6] est au même Fauxbourg rue de +Charonne. + + [6] Ce savon blanc jaspé, fait avec de la soude d’Alicante, passa + jusqu’à la fin du dernier siècle pour être le meilleur de tous. En + 1655, les fruitiers s’étoient mis à en vendre. Les épiciers firent + opérer des saisies. Le 25 avril, on en faisoit une chez Henry Hue, + qui a été nommé plus haut, et qui demeuroit rue de la Cossonnerie. + Il s’agissoit de «huit pains de savon d’Alicante». + +Le Sieur Moüèvre qui demeure rue Bertin Poirée, fait et vend au cent et +au millier des Bouchons de liege[7]. + + [7] On les faisoit venir des Landes, où ils se fabriquoient au + couteau. _V._ Pomet, _Histoire des Drogues_, chap. _liége_. Pomet, + historien des drogues, étoit lui-même épicier droguiste. + +Pour les Droguistes de parfums, voyez l’article des Gantiers parfumeurs. + +Pour les Fruits de Provence, de Portugal, de la Chine, etc., voyez aux +Offices de Fruiterie. + +Pour les Drogueries, voyez l’article des matieres Medecinales. + +On tient à la Halle les Mercredis et Samedis un marché franc pour la +Chandelle, où elle n’est vendue en gros que six sols la livre. + +Il y a une manufacture de tres belle Chandelle rue Neuve saint Mederic, +où elle est vendue huit sols la livre. + +Il y a une autre manufacture de Chandelle fauxbourg saint Antoine devant +la Halle, où la plus belle Chandelle n’est qu’à sept sols la livre[8]. + + [8] Cette manufacture de chandelles étoit tenue, en 1676, par un nommé + Orléans, qui, ayant voulu joindre à la vente de ses produits celle + de l’huile d’olive, absolument interdite aux chandeliers, dut subir, + le 14 mars, une saisie, dont nous avons vu le procès-verbal + imprimé.--Il se trouvoit, au même faubourg, une autre fabrique de + chandelles tenue par les frères Brès. (_Correspondance du + Contrôleurs généraux_, nº 1177.) + +Le marché au Suif[9] se tient tous les Jeudis dans la vieille place aux +Veaux[10]. + + [9] On savoit déjà l’épurer avec une certaine perfection, et l’on + obtenoit ainsi des «chandelles de suif, façon de bougies», pour + lesquelles un valet de chambre de Monsieur avoit obtenu privilége en + 1669.--Plus tard, à la fin de mars 1728, s’ouvrit, rue Saint-Martin, + à l’Hôtel des Quatre Provinces, une fabrique de chandelles d’une + épuration plus irréprochable encore. V. un fragment des _Nouvelles à + la main_ de cette époque dans le _Bullet. des Biblioph._ 1846, p. + 860. + + [10] Elle se trouvoit entre la rue Saint-Jacques-la-Boucherie et la + rue Planche-Mibray. La famille des Saint-Yon, qui, au XIVe siècle, y + tenoit sa boucherie, lui avoit longtemps donné son nom. On l’appela + _la Vieille Place aux Veaux_ à partir de 1646, lorsqu’une nouvelle + place eut été créée pour ce marché, sur le quai des Ormes. + +Le Grenier à Sel est à l’entrée du quay de la Mégisserie et rue saint +Germain l’Auxerrois[11]. + + [11] Il étoit près de la rue de la Saunerie, qui lui devoit son nom. + +Pour les Œufs, Beurre, Fromages et Legumes, voyez l’article de ces +denrées. + +Les Chantiers où se vendent les Bois à bruler, sont à la porte saint +Antoine, à la porte saint Bernard, et à la Grenouillere[12]. + + [12] Le quai d’Orsay, aujourd’hui. Quand furent bâtis les hôtels de la + rue de Lille, les propriétaires se plaignirent de ces chantiers, qui + leur masquoient la Seine, et qui étoient, pour eux, un continuel + danger d’incendie. Ils ne purent rien obtenir. Les _mss._ légués par + Beffara à l’Hôtel de Ville contenoient à ce sujet de curieuses + pièces. Ces chantiers ont existé jusqu’à nos jours. Le palais de la + Cour des Comptes a remplacé le dernier, qui étoit immense. C’est + dans un autre plus rapproché de la rue de Bourgogne, qu’Adrienne + Lecouvreur, à qui l’Église refusoit une sépulture en terre sainte, + fut clandestinement enterrée en 1730. + +On vend aussi du Bois neuf, des Cottrets et des Fagots sur le quay de +l’Ecole[13], sur le quay de la Grève, et au Port saint Paul. + + [13] Le _Pédant joué_, de Cyrano de Bergerac (acte II, scène 4), a + rendu célèbres, nous l’avons déjà dit, les cotrets du quai de + l’École. «GRANGER. Eh! qu’allois-tu faire à l’École, + baudet?--CORBINELLI. Mon maître s’étant souvenu du commandement que + vous lui avez fait d’acheter quelque bagatelle qui fût rare à + Venise, et de peu de valeur à Paris, pour en régaler son oncle, + s’étoit imaginé qu’une douzaine de cotrets n’étant pas chers, et ne + s’en trouvant pas par toute l’Europe de mignons comme en cette + ville, il en devoit porter là bas: c’est pourquoi nous passions par + l’École pour en acheter.» + +Le Charbon se vend sur le Port de la Grève. + +On trouve quelquefois sur les Ports et dans les Chantiers du Bois de +rebut qui se donne à bon marché. + + + + +ETOFFES. + + +Le Bureau des Marchands Drapiers est dans la rue des Déchargeurs[1]. + + [1] Le portail de cette maison des Drapiers, d’un beau style dorique, + dont Piganiol (t. II, p. 176) regrette qu’on eût trop tôt gâté les + sculptures «par une couleur à l’huile», avoit été construit, avant + 1675, par Jacques Bruant. On l’a conservé, lorsque la maison fut + démolie, et il sera rétabli, tel qu’il étoit, dans l’ancien jardin + de l’hôtel Carnavalet. + +Celuy des Marchands Merciers Grossiers, qui vendent les Etoffes de soyes +et autres petites Etoffes, sera indiqué dans l’article de la Mercerie. + +Pour les petites Etoffes de l’aport de Paris, voyez l’article des +Tapisseries et Marchandises ordinaires. + +Entre les Marchands Drapiers qui ont de gros fonds et qui font de +grandes fournitures, sont dans la rue saint Honoré[2]: + + [2] «Depuis les piliers des Halles, dit Sauval (t. I, p. 142), jusqu’à + la rue d’Orléans, ce ne sont que gros marchands merciers.» + +Messieurs de Vins au Grand Loüis[3]; les frères Berny au Château +couronné; Faré et Paris au Grand Monarque, Charon au chateau de +Vincenne, Yon au Grand Turc[4], Boucher au Lion d’argent[5], le Large à +la Clef d’argent, et Forquin au Croissant d’argent, rue de l’Arbre sec, +Messieurs les frères Brochand à la Trinité[6]; près l’aport de Paris, +Messieurs Tourau[7] au Cheval noir, Revelois[8] et Arsan à la Croix de +fer, et Caron aux deux Moines rue des Fourreurs, M. Porcher, rue de +Bussy, M. Vassal[9], etc. + + [3] «Monsieur Devins, au grand Louis, rue Saint-Honoré, fournit des + draps pour les personnes royales, dont il fait d’ailleurs grand + commerce.» Édit. 1691, p. 63.--On écrivoit aussi De Vins. De 1676 à + 1683, un De Vins fut conseiller de ville et échevin. C’étoit sans + doute celui-ci. Comme drapier, et faisant par conséquent partie des + six corps, il avoit le droit d’arriver à l’échevinage et au titre de + juge-consul.--Il existe, au Cabinet des médailles, un jeton des + drapiers, avec le nom de J. de Vin, et la date de 1703 à l’exergue. + + [4] Cette enseigne du Grand Turc existoit encore, et pour le même + commerce, en 1789, rue Saint-Honoré. Buffault, que la protection de + Mad. Du Barry fit directeur des octrois de Paris, ce qui lui permit + de donner son nom à une rue nouvelle, l’avoit rendue célèbre. (_État + actuel de Paris_, 1789, in-32, _Quart. du Louvre_, p. 77.) + + [5] Au coin de la rue des Prouvaires. La boutique existe toujours avec + sa devanture en boiserie du meilleur style. Le _Lion d’argent_, qui + se voyoit encore, il y a quelques années, dans un médaillon + au-dessus de la porte, a seul disparu. + + [6] «Où sont fournies toutes les étoffes pour les livrées du Roy.» + Édit. 1691, p. 63.--Les Brochand étoient très-célèbres dans le + commerce de Paris. Plusieurs furent échevins ou juges-consuls. Ils + touchoient aux Poquelin de la branche riche, qui n’étoit pas celle à + laquelle nous devons Molière. Leur généalogie complète existe aux + _Mss._ de la Biblioth. Nat. Un d’eux, qui avoit été consul, + possédoit une magnifique maison à Fontenay-aux-Roses. (_V._ + Piganiol, t. IX, p. 241.) + + [7] Lisez Thourou. Nous trouvons son nom ainsi écrit dans un arrêt du + Conseil d’État, du 11 oct. 1687, servant de règlement entre les + drapiers et les merciers, et dénommant tous ceux de ces derniers qui + avoient opté pour la draperie et s’y étoient fait recevoir. + + [8] Il est nommé Adrien Revelois dans l’arrêt que nous venons de + citer. Celui qui suit ici, et qui sans doute étoit son associé, y + est nommé François Hersant. + + [9] Louis Vassal. + +M. Sauvage[10] rue S. Denis fait encore un grand détail de Draperie. + + [10] Pierre Sauvage l’aîné. Il étoit d’une famille de grande + considération dans le commerce parisien. On trouve dans l’épitaphier + de Saint-Jacques-la-Boucherie, un P. Sauvage qui avoit été échevin, + «et l’un des porteurs de la châsse de sainte Geneviève», ce qui + n’étoit pas un moindre honneur.--C’est surtout dans la partie de la + rue Saint-Denis qui avoisinoit celle d’Aubry-le-Boucher, et, en + face, l’église des Saints Innocents, qu’il y avoit aussi de riches + drapiers. Dans le _Bourgeois gentilhomme_, acte III, sc. 12, Mme + Jourdain dit que son père et celui de son mari «vendoient du drap + auprés de la porte Saint Innocent». + +Enfin les Marchands Drapiers qui ne vendent qu’en gros, sont Messieurs +Fayert et Feroüillac[11] rue des mauvaises Paroles, Cadeau[12], +Rousseau, de la Mothe le jeune, Mignot et Sellier au Chevalier du +Guet[13], Poncet[14] rue des Prouvaires, Bachelier rue Montorgueil, +Gaillée rue de la Truanderie, Marchand rue des Déchargeurs, etc. + + [11] L’arrêt du Conseil d’État le nomme Ferouillet, mais peut-être--ce + qui se rapprocheroit davantage du nom écrit ici--faut-il lire + Férouillard. Il y eut, en effet, un fameux marchand de draps qui + s’appeloit ainsi, et chez lequel fut commis, pendant la Fronde, un + vol considérable. (_V. le Journal des Savants_, 1854, p. 440.) + + [12] Les Cadeau étoient une des plus anciennes familles du commerce de + Paris. Il en existe encore, qui connaissent leur origine, et en sont + fiers. Un Cadeau, marchand de draps, de la rue Saint-Denis, au + _Marteau d’or_, père sans doute de celui qui est ici, fut un des + grands meneurs de la Fronde à ses commencements. Le Parlement dut + ordonner prise de corps contre lui. _V._ aux Mss. de la Biblioth. + Nat., _Remarques journalières et véritables de ce qui s’est passé + dans Paris... durant l’année 1648_, p. 10.--Marchands et courtauds + de boutique de la rue Saint-Denis avoient, du reste, la réputation + d’être tapageurs et même bretteurs: «Bon! dit M. de Colafon, dans + _Arlequin Misanthrope_, acte II, scène VIII, je suis le premier + homme du monde pour escrimer. C’est moi qui ai mis les armes à la + main aux trois quarts de la petite gendarmerie de la rue aux Fers et + de la rue Saint-Denis.»--Le magasin des Cadeau étoit si célèbre, que + le drap qu’ils vendoient n’étoit connu que par leur nom: on disoit + «le drap Cadot (_sic_)». (_Théophraste moderne_, 1701, in-12, p. + 40.) + + [13] François Mignot et François Scellier. C’est ainsi qu’ils sont + nommés dans l’arrêt du Conseil d’État de 1687. Ils étoient associés. + Mignot épousa la sœur de Scellier, et il naquit de ce mariage un + fils, Pierre-François Mignot, qui se maria, le 29 janvier 1709, avec + Catherine Arouet, sœur aînée de Voltaire, dont l’abbé Mignot et la + fameuse mad. Denis furent les enfants. Jal a retrouvé l’acte de + mariage de ce fils du marchand de draps, qui, lui, n’étoit pas dans + le commerce, mais conseiller du Roi, correcteur en sa Chambre des + Comptes. Il y est dit «fils de deffunt François Mignot et de dame + Anne Sellière (_sic_)». + + [14] Un jeton des drapiers, au Cabinet des Médailles, porte son nom à + l’exergue, avec la date de 1701. + +Ceux qui ont un grand assortiment d’Etoffes d’été, sont Messieurs +Rotisset rue des cinq Diamans, Bergeon[15] rue des Lombars, Picart rue +de la vieille Monnoye, etc. + + [15] Peut-être faut-il lire Bergeron, comme dans l’arrêt de 1687. + +Les Marchands Merciers qui vendent des Toilles peintes et autres Etoffes +de la Chine, sont près l’aport de Paris, Messieurs le Brun ainé et +cadet, Chauvin[16] et Liettier, et encore au Cloitre sainte Opportune, +M. Barroire. + + [16] Dans l’édition de 1691, chap. XII, _du Commerce des + habillements_, p. 26, il est seul nommé: «les étoffes de la Chine se + vendent chez les marchands tapissiers de la Porte de Paris, entre + lesquels M. Chauvin, à l’enseigne du Roy de la Chine, est toujours + bien assorti.» + +Les Crepes et Crepons se vendent en magasin chez Messieurs le Breton rue +des Lavandieres, Gaubas et Solicoffre au cul de sac des Bourdonnois[17]. + + [17] Jusqu’au règne d’Henri IV, les crêpes et crêpons nous venoient de + Bologne. On en dut la fabrication en France à Sully, dit Laffémas, + «à la prétieuse manufacture par lui establye dans le château de la + ville de Mantes». _Archives curieuses_, 1re série, t. XIV, p. 223. + +On vend aussi au même lieu les Treillis d’Allemagne, et encore chez M. +de la Riviere, rue des Bourdonnois[18]. + + [18] A la suite, on lit dans l’édit. de 1691, p. 25: «Au Cheval noir, + près la porte de Paris, il y a grand magasin de draperie.»--Les + treillis, selon Richelet, étoient «une sorte de grosse toile, dont + s’habillent, dit-il, les charretiers, les mariniers et autres gens + de cette manière, et dont on fait quelques sacs». + +Les Etoffes de soyes, d’or et d’argent[19], sont[20] commercées par +Messieurs Gautier[21] et Regnault, rue des Bourdonnois. + + [19] Le milannois Furato avoit, sous Henri IV, importé à Paris, hôtel + de la Macque, rue de la Tixeranderie, l’art de faire ces étoffes + d’or, ce qui fut pour le royaume une épargne de plus de douze cents + mille écus par an, suivant Laffémas. (_Loc. citat._) + + [20] «Amplement», édit. de 1691, p. 25. + + [21] C’étoit le plus en vogue. On se ruinoit surtout chez lui--du + moins pour les étoffes--en corbeilles, ou, comme on disoit alors, en + «carreaux» de mariage: «l’utile et louable pratique, dit La Bruyère, + de perdre en frais de nôces le tiers de la dot qu’une femme apporte! + de commencer par s’appauvrir, de concert, par l’amas et + l’entassement de choses superflues, et de prendre déjà sur son fonds + de quoi payer Gautier, les meubles et la toilette.» Le marquis de la + _Femme d’intrigue_, de Dancourt, «dont le revenu est en fond de + crédit», assure (acte III, sc. X) qu’il se fait des rentes avec ce + qu’il achète, pour le revendre, dans cette boutique célèbre: «Il n’y + a point d’années, dit-il, ... que je ne touche sept à huit cent + pistoles chez Gauthier, cela en étoffes.» Les gros gains de Gautier + étaient les noces de rois ou de princes, qu’il fournissoit tous. A + la fin de 1679 et au commencement de 1680, il eut, par exemple, + après le mariage du roi d’Espagne, celui du prince de Conti. Mme de + Sévigné écrivit alors à sa fille: «Gautier ne peut plus se plaindre, + il aura touché en nôces, cette année, plus d’un million.» Ce dont il + se plaignoit peut-être, c’étoit des lenteurs à payer que se + permettoit la marquise. Elle et sa fille achetoient beaucoup chez + lui, et payoient rarement. Il réclamoit, et il falloit lui écrire le + plus honnêtement du monde pour qu’il prît patience. (_V._ les + _Lettres_ de Mme de Sévigné, édit. L. Hachette, t. III, 76 et 88; + VII, 438.) + +Mr du Moütier rue Chanverrie à la ville de Hambourg tient magasin de +petites Etoffes fabrique de Paris, et M. Brulé même rue, tient magasin +de Taffetas et autres Etoffes de Tours et d’Avignon[22]. + + [22] Le taffetas d’Avignon, ou demi-armoisin, étoit le plus mince de + tous; celui de Tours, ou «petit gros de Tours», l’était un peu + moins. + +Pour les Etoffes concernant le Theâtre et le Carnaval, voyez l’article +des Passetemps et Menus Plaisirs[23]. + + [23] T. I, p. 269. + + + + +LINGES, POINTS ET DENTELLES DE FIL. + + +Messieurs Bourdet rue Troussevache, Moret rue du plat d’Etain, Thuisy +rue du Coq[1], Thuiard rue Chanverrerie, Doujat, rue Dauphine à la ville +de Bruxelle[2], etc., tiennent magasin de Toilles et de Dentelles. + + [1] Il est seul nommé dans l’édit. de 1691, p. 25. + + [2] Peut-être faut-il lire Boujat ou Bougeat, nom du marchand de + dentelles à qui l’on accusoit Richelet d’avoir dédié son _Recueil de + lettres_, vers ce temps-là. (_Sentim. crit. sur les Caract. de La + Bruyère_, p. 75-76.) Richelet, qui demeuroit rue des Boucheries (v. + t. I, p. 259), étoit presque son voisin. + +Il y a un grand nombre de magasins pour les Points et Dentelles rue des +Bourdonnois et rue saint Denis devant le Sepulcre[3]. + + [3] Dans l’édit. précédente, «la rue Betizy» est au nombre de celles + où «les points et dentelles se vendent en plusieurs boutiques et + magasins».--Il n’y a plus aujourd’hui de cet ancien commerce, dans + la rue des Bourdonnois, que des magasins de bonneterie et de toiles. + +Il y a aussi plusieurs boutiques de Lingeres qui vendent des Dentelles +et Garnitures de tête au Palais[4] sur le quay de Gesvres et sous les +galeries des Innocens[5]. + + [4] Elles étoient les plus en renom. Corneille, dans sa pièce _la + Galerie du Palais_, jouée en 1634, n’a pas oublié les scènes pour la + lingère. Ce sont les 12, 13 et 14es du IVe acte. On joua plus tard, + à la Comédie italienne, une farce, _la Lingère du Palais_, où + Arlequin, dans une scène d’invectives avec la marchande, lui dit + entre autres choses: «Tais-toi, vendeuse de points d’Angleterre + faits à Paris.» Leur réputation étoit mauvaise. Sauval, t. I, p. + 147, cite des statuts qui les assimilent aux filles. + + [5] «Et sous les charniers du cimetière des Innocents.» Édit. de 1691, + p. 25. Le reste de l’art. est identique. Deux autres le précèdent, + qui manquent ici: «les marchands qui font les garnitures de rubans, + ont leurs boutiques dans les cours, salles et galeries du + Palais.--Le sieur Le Gras est un des plus renommez, sa boutique est + devant l’escalier de la Cour des Monnoyes.» Il s’appeloit Philippe + Le Gras, et nous avons vu, t. I, p. 238, qu’il comptoit parmi les + marchands les plus renommés de Paris. Après l’édit de mars 1700 sur + les objets de luxe, sa boutique, place Dauphine, en face de la Cour + des Monnoies, fut minutieusement visitée. (_Collect._ Delamarre, nº + 21, 626, p. 70.) + +Il y a aux Halles un marché franc pour les Toilles. + +Plusieurs Marchands Lingers tiennent magasins de toutes sortes de +Toilles à la place aux Chats. + +Les Lingeres de la rue de la Lingerie, vendent toutes sortes de vieux +linges, de lits, de tables, d’enfans, etc. + +Il y a quelques Lingeres sur le Pont neuf qui vendent des Dentelles, et +qui ont quelque fois de très bon linge de hazard. + + + + +DENTELLES, POINTS, BOUTONS, ET GALONS D’OR, D’ARGENT ET DE SOYE. + + +Messieurs Foissin et le Doux rue saint Denis[1], tiennent magasin de +Dentelles et de Galons et de Boutons d’or, d’argent et de soye[2]. + + [1] Dans le curieux pasquil, la _Révolte des passements_, fait à + propos de l’Edit somptuaire du 27 novembre 1660, et que nous avons + publié, dans nos _Variétés_, t. I, p. 223, les Révoltés se + rassemblent rue Saint-Denis, au _Vase d’or_. + + [2] Ces boutons de soie et d’autres étoffes, qui se substituoient aux + boutons d’argent ou d’or, amenèrent une grosse querelle entre les + boutonniers et les rubaniers. A Lyon, cinq cents des premiers + adressèrent des plaintes à l’intendant, le 26 avril 1695, contre les + seconds «qui font, disoient-ils, des boutons avec des rubans + d’étoffe d’or, d’argent et soie». (_Correspondance des Contrôleurs + généraux_, publiée par M. de Boislisle, t. I, nº 1426.) On leur + donna raison. _V. la Correspondance administrative de Louis XIV_, à + la même date, t. III. + +Les Marchands en boutique qui font commerce de Points, Dentelles et +Galons d’or et d’argent, sont pour la plûpart rue saint Honoré, depuis +la Croix du Tiroir jusqu’à la rue de la Feronnerie[3]. + + [3] L’édit. de 1691, p. 25, diffère un peu: «les dentelles et galanz + d’or se vendent rue des Bourdonnois et rue Saint-Honoré, entre la + place aux Chats et les piliers des Halles.» La place aux Chats fut + remplacée par le cul-de-sac des Bourdonnois, qui existe encore. + +Messieurs Boucher rue des Bourdonnois, et M. Payot devant l’Hotel de la +Monnoye[4], en ont un grand assortiment. + + [4] Il étoit alors dans la rue qui en a gardé le nom de rue de la + Monnoie. + +Les Dentelles, Guipures[5] et Galons de soye, se vendent principalement +sur le petit Pont[6] et rue au Fevre, où l’on vend aussi des Galons de +livrées. + + [5] Ces guipures, qu’il ne faut pas confondre avec celles + d’aujourd’hui qui ne sont que d’anciens passements de fil, étoient + une sorte de dentelle de soie qui venoit de Flandre ou d’Angleterre, + comme on le voit par le tarif du 18 avril 1667. Il en est parlé dans + l’_École des maris_, acte II, sc. 7. + + [6] La boutique des _trois Croissants_ étoit la principale de celles + des galons d’or et d’argent, «vendus à Petit-Pont», comme on disoit. + Auprès étoient de gros marchands d’étoffes, _à la Croix d’or_, _au + Bras d’or_, _à la Tête d’Or_, _au Saint-Esprit_, _à l’Annonciation_, + _à l’Enfant Jésus_, _aux deux Anges_. Toutes ces maisons furent + brûlées à l’incendie du Petit-Pont en 1718. _V. le Mercure_, avril + 1718, p. 208-209. + +Le Sieur Guidot rue des Filles Dieu qui travaille aux Galons d’or et +d’argent, entreprend des fournitures et les passe à un mediocre gain[7]. + + [7] Il le pouvoit d’autant mieux que les ouvriers rubaniers et + passementiers, presque tous logés dans le misérable quartier du + faubourg Saint-Marceau, étoient de pauvres gens qu’on faisoit + travailler pour presque rien. La Reynie lui-même avoit conscience de + les mettre à la taxe: «Il n’a été, écrivoit-il à Colbert, le 2 août + 1675, signifié aucune taxe à aucun artisan de Paris. J’ai même pris + soin, suivant vos ordres, de faire entendre et il y a longtemps, à + cette communauté de rubaniers, qui est très-nombreuse et + très-pauvre, qu’elle n’avoit qu’à continuer de vivre, comme elle + avoit accoutumé.» Cette lettre étoit motivée par un horrible + événement: un de ces rubaniers avoit tué quatre de ses enfants, et + l’on disoit qu’il y avoit été poussé par les poursuites des + collecteurs d’impôts. V., à ce sujet, la _Lettre_ de Mme de Sévigné, + du 31 juillet 1675. + +Entre les autres Ouvriers de Galons d’or et d’argent qui font beaucoup +travailler, sont les Sieurs Mouzé rue de la Truanderie, Anduroy[8] rue +Tictonne, Pelletier rue saint Denis près le grand Cerf[9], Merlier père +et Merlier fils même rue près la fontaine du Ponceau, etc. + + [8] Il faut lire Auduroy, nom qui fut longtemps en crédit dans le + commerce de Paris et d’Orléans. + + [9] C’étoit une grande hôtellerie dont il sera reparlé, sur + l’emplacement de laquelle a été percé le passage du même nom. + + + + +MERCERIE ET QUINCAILLERIE. + + +Le Bureau des Marchands Merciers, Jouailliers, Quincailliers-Grossiers, +etc.[1], est dans la rue Quinquempoix. + + [1] Cet _et cætera_ n’est pas pour la forme. Les joailliers et les + quincailliers n’étoient pas, en effet, les seuls métiers qui + fissent, avec les merciers, proprement dits, partie du corps de la + Mercerie. Dix-sept autres en dépendoient aussi. Ce n’étoit pas le + premier des six corps, mais c’étoit le plus important. Voici, du + reste, quel en étoit l’ordre: la Draperie, l’Épicerie, la Mercerie, + la Pelleterie, la Bonneterie, l’Orfévrerie. Les libraires et les + marchands de vin, qui n’en étoient pas, mais venoient immédiatement + après, avoient des priviléges égaux: ils pouvoient être aussi + échevins et juges-consuls. + +Les Maîtres et Gardes en charge de la Marchandise de Mercerie, +Jouaillerie, etc., sont Messieurs Arlot grand Garde rue saint Germain, +Perichon rue saint Honoré, l’Evesque rue des Bourdonnois, le Doux, +Baroy, Testart et Sautereau rue saint Denis. + +Les Marchands de Fer pour le commerce desquels il y aura un article à +part, sont néanmoins du même corps. + +La Mercerie en gros se fait par un grand nombre de Marchands qui ont des +Boutiques et Magasins rue saint Denis, depuis la rue des Lombards +jusqu’à la rue du petit Lion[2], entre lesquels Mrs Maillet aux trois +Maillets[3], le Bray à la Gibecière, Bioche au Cheval d’or, Choisy à la +Lune, Deplanc à la Boëte d’or, Nique au Cheval noir, Regnault aux trois +Agneaux, Milochin, Sauvage, Marcadé[4], etc., ont un grand assortiment +de Mercerie pour les Détailleurs. + + [2] Liger, dans son _Voyageur fidèle_, p. 359, donne la même + indication. + + [3] Son article est plus détaillé dans l’édit. de 1691, p. 21: «les + marchandises qui conviennent aux savoyards et colporteurs ambulans, + se vendent chez le S. Maillet, rue S. Denis, près le Sépulcre, à + l’enseigne des Trois-Maillets.» + + [4] «Rue Saint-Denis, à la Rose-Blanche.» Édit. 1691, p. 21. Deux + lignes plus loin, il est encore question de lui: «le même M. Marcadé + et Messieurs Bellavoine, rue Saint-Denis, et Villaine, rue Bourlabé, + envoyent toutes sortes de marchandises de bijouteries dans les pays + estrangers.» Marcadé et Bellavoine étoient, comme nous l’avons + prouvé dans notre _Notice_ sur lui, des proches parents du poëte + Regnard. C’est sans doute avec l’un d’eux qu’il commença ses + voyages, dont le premier, qu’il fit de très-bonne heure, ne fut pas + moins que jusqu’à Constantinople. Gelée, dont le nom viendra un peu + plus loin, et qui, on le verra, faisoit le commerce des marchandises + d’Outre-Mer, étoit aussi de sa famille. Monteil possédoit et a + souvent cité l’inventaire d’un Bellavoine, sans doute père de celui + qui figure ici. L’acte est de 1667. + +M. du Moutier rue de la Chanverrie à la Ville d’Hambourg, tient magasin +de toutes sortes de Rubans. + +Autant en font Mrs le Clerc rue saint Denis aux Balances, et le Roy au +Chevalier du Guet. + +Il y a un grand magasin d’Evantailles chez M. Lambert derriere saint Leu +et saint Gilles, où se fournissent la plus grande part des +Détailleurs[5]. + + [5] «Les magasins d’éventails sont derrière Saint-Leu et Saint-Gilles, + au Grand-Navire, et en différents endroits de la rue Saint-Denis et + de la rue du Petit-Lion.» Édit. de 1691, p. 26. + +M. le Leu rue du petit Lion, fait le même commerce[6]. + + [6] Les éventaillistes faisoient dans le corps des merciers une + communauté à part, de même que les tablettiers, avec lesquels ils + eurent même, en juin 1701, un procès assez vif pour une affaire de + privilége. + +Mrs Gelée au Chevalier du Guet, et Guillery[7] rue de la Tabletterie, +tiennent magasin de diverses marchandises d’outremer. + + [7] Nous le retrouverons plus loin au chap. des «Marchandises des + gantiers et parfumeurs.» + +Pour les Curiositez et Bijouteries qui sont commercées par divers +Marchands du même corps, il faut recourir à l’article de ces sortes de +Marchandises. + +Les Bijouteries communes pour les Savoyards, Colporteurs[8] et autres, +sont commercées par Madame la veuve Lagny au Cloître saint Jean de +Latran. + + [8] Presque tous étoient du Dauphiné ou de la Savoie. On les y + appeloit _bizordi_, et chez nous _bisouart_, à cause de leurs habits + de grosse étoffe bise. + +Les Marchands de Soyes qui vendent en gros et en détail, sont au +quartier de la rue saint Denis et de la rue Briboucher[9], par exemple, +Mrs Vince[10], du Courroy, etc. + + [9] Le peuple prononçoit et prononce encore ainsi le nom de la rue + Aubry-le-Boucher. + + [10] C’est le même que nous avons vu tout-à-l’heure appelé De Vins au + chapitre des _Étoffes_. + +Le Sieur Avalon qui demeure dans le Temple, tient magasin de petits +Miroirs pour les Colporteurs[11]. + + [11] Le Temple, comme l’enclos de Saint-Jean de Latran, étant lieu de + franchise, les magasins où les colporteurs venoient s’y fournir, + pouvoient vendre à meilleur compte que partout ailleurs. + +Les Coffres et Miroirs d’écaille tortue[12] se fabriquent rue saint +Denis joignant le Coq croissant[13]. + + [12] Lisez «de tortue», correction des plus simples, et que Liger, + copiste de ce volume, n’a cependant pas faite pour le sien. A la + page 360 du _Voyageur fidèle_, il répète la faute. + + [13] Le commerce des miroirs étoit alors le plus en vogue. Le + Sicilien, dont nous avons déjà cité la lettre, nous en donne la + raison: «les rubans, dit-il, les miroirs et les dentelles sont trois + choses sans lesquelles les françois ne peuvent pas vivre»; et un peu + plus loin: «ceux qui ne sont pas françois ne peuvent souffrir que + les hommes se peignent publiquement dans la rue, et que les dames + portent toujours un petit miroir à la main.» + +Les Joyaux d’Orfeverie au tour, qui se vendent, par les Merciers du +Palais, sont très proprement fabriquez par le Sieur Gorin, rue saint +Louis de la Cité[14]. + + [14] «Rue Saint-Louis, quartier du Palais.» Édit. de 1691, p. 22. + +Pour les autres ouvrages d’Orfeverie, de Pierreries et de Perles, qui se +vendent par les Merciers Jouailliers, voyez l’article qui en traite. + +Mademoiselle Richard près l’Echelle du Temple[15], fait et vend des +Ecrans d’une beauté singulière. + + [15] L’ancienne échelle patibulaire, marque de la haute justice des + Templiers. Elle étoit placée au coin des rues du Temple et des + Vieilles-Haudriettes. Quelques étourdis de la noblesse du Marais + l’avoient brûlée un soir d’hiver, en 1649, ce qui avoit inspiré à + Blot une amusante complainte qu’on peut lire dans le _Recueil + Maurepas_, et dont l’air fut long-temps célèbre. + +David Laurent et David l’Escuyer qui apportent des Marchandises de +Diepe[16], logent à Paris, rue Bourlabé au Lion d’or. + + [16] C’est-à-dire toutes sortes d’objets d’ivoire et de corne + sculptés, ou faits au tour: «Dieppe, dit Piganiol, est peut-être le + lieu du monde où l’on travaille le mieux l’ivoire et la corne. On y + fait des ouvrages d’une délicatesse étonnante, et il n’y a guère de + gens plus adroits à manier le tour que les Dieppois.» _Nouveau + Voyage de France_, t. II, p. 332. + +Les Sieurs Gaudet, le Clerc et du Val rue d’Arnetal[17], vendent en gros +les Rubans étroits qu’on nomme nompareilles[18]. + + [17] Aujourd’hui la rue Grenetat, dont le nom n’est peut-être qu’une + altération de celui-ci. + + [18] «Sorte de petit ruban fort étroit», dit en effet Richelet. On en + bordoit les galons ou _galants_: + + Le beau galant de neige avec sa nompareille + + que le Gros René du _Dépit amoureux_ rend à Marinette, s’explique + ainsi. + +Les Jouailliers forains de saint Claude[19] logent rue Bourlabé au Lion +d’argent. + + [19] Ces joailliers de Saint-Claude, dans le Jura, venoient vendre à + Paris les menus objets de buis fabriqués dans leurs montagnes: «les + ouvrages de buis, dit Hesseln, sont le principal commerce de + Saint-Claude. On y travaille fort bien en ce genre.» (_Dict. univ. + de la France_, t. VI, p. 45.)--Aujourd’hui la «joaillerie de + Saint-Claude» se vend et se fabrique aussi: rue Saint-Martin, rue + Folie-Méricourt, rue Turbigo, etc. + +Les Jouailleries enfantines pour les Foires[20], se font et se vendent +chez les Sieurs Prevost rue saint Martin devant la rue aux Ours, et +Favre, rue saint Denis devant les Filles Dieu. + + [20] On appeloit ainsi ces petits ménages d’enfants faits d’étain + commun ou de plomb, et aussi quelquefois d’argent. On sait combien + la petite Françoise d’Aubigné, élevée à la prison de Niort, + regardoit avec envie le ménage d’argent de la fille de son geôlier. + +La veuve Caré même rue, et la veuve Poisson à la Pierre au lait[21], +font commerce de cette sorte de Marchandises, et vendent d’ailleurs +toutes les sortes de Boetes d’Allemagne peintes et en blanc, de Caffé et +autres. + + [21] Elle est seule nommée dans l’édit. précédente, p. 21: «la veuve + Poisson, marchande à la Pierre au Lait, tient magasin de toutes + sortes de boëttes d’Allemagne, de sapin et de bois blanc, peintes et + non peintes.» On en fait encore de pareilles dans la Forêt-Noire et + à Spa. + +Il y a un magasin de Jartieres de soye rue d’Arnetal au Signe de la +Croix[22]. + + [22] La renommée des jarretières de Paris étoit encore la même + soixante ans après, lorsque Voltaire écrivoit à Madame de Fontaine, + le 26 janvier 1758: «Madame Denis a cru qu’on ne pouvoit avoir une + jarretière bien faite sans la faire venir de Paris, à grands frais.» + +Les bonnes Epingles et les fines Eguilles se vendent rue de la Huchette +à l’Y[23], et près la Croix du Tiroir à la Coupe d’or. + + [23] C’est là, en effet, que se vendoient les «aiguilles de Paris», + dont Gros René, «avec tant de fanfare», donna un demi-cent à + Marinette. Cette maison de l’Y existe encore, avec la fameuse lettre + figurée en fer au milieu des balcons du premier étage. C’étoit une + enseigne en rébus, comme il y en avoit tant: «les grègues, ou + culottes à la grecque, dit Aimé Martin, dans une note sur _la Fable_ + 15 du livre III de La Fontaine, s’attachoient avec un nœud de ruban + nommé _un lie-grègue_, qui a longtemps servi d’enseigne aux + merciers, avec cette légende-rébus: _à l’Y_.» Plusieurs marchands + avoient pris cette enseigne, entre autres un marchand d’épingles du + Petit-Pont, dont la boutique fut brûlée par l’incendie de 1718, mais + c’est le mercier de la rue de la Huchette qui la rendit le plus + célèbre, il est parlé de sa boutique et de sa marchandise dans + l’introuvable petit poëme scarronnesque du chevalier de Loutaud, + _Plaidoyez d’Ajax et d’Ulysse..._ 1653, in-12, p. 28: + + J’avois aiguilles de Paris + De l’Y grec dedans la Huchette, + Où j’en fais toujours mon emplette. + + _V._ sur la maison où se trouve cette boutique célèbre l’abbé Le + Beuf, édit. Cocheris, t. III, p. 61. + +Le Sieur Langlois rue saint Sauveur au Fer à cheval, fait des Buscs et +Bois d’Evantails[24] d’une grande propreté[25]. + + [24] «Les buscs et bois d’éventail curieux.» Édit. de 1691, p. 23. + + [25] Les buscs, si nécessaires pour les hauts et roides corsages que + les femmes portoient alors, se façonnoient en ivoire ou en bois. Mme + de Villedieu en a fait le sujet d’une _galanterie_ assez leste, + imprimée à la suite de son poëme le plus rare, _le Carousel de + Monseigneur le Dauphin_. 1672, in-12, p. 14: + + Qu’il est heureux de tous costez + Le joly bois que vous portez, etc. + +Les Marchands qui font les Garnitures de Rubans, et qui vendent les +Coiffes, Fichus et autres Ajustemens des femmes, ont pour la pluspart +leurs boutiques au Palais, et quelques uns devant saint Mederic, rue +saint Antoine[26], et ailleurs. + + [26] Les broderies du faubourg Saint-Antoine étoient déjà célèbres en + 1660. (_Variétés hist. et litt._, t. I, p. 240.) + +Pour les Gands, voyez l’article des Gantiers Parfumeurs. + +Pour le Papier, l’Encre, la Cire d’Espagne, les Ecritoires, etc., voyez +l’article des Papetiers, Cartonniers, etc. + +Pour les Masques et Ornemens de Balets, voyez l’article des Passetemps +et Menus-Plaisirs. + +Entre les Quincailliers-Grossiers qui fournissent les Détailleurs, sont +Mrs Bioche au Cheval d’or, Gabeüil au bon Pasteur, Moreau à la Teste +d’or[27], et Menedrieux au saint Esprit rue saint Denis. + + [27] «Marceau et Nedrigan, rue Saint-Denis.» Édit. de 1691, p. 23. A + la suite, on lit encore: «Il y a aussi un magasin de quincaillerie + rue des Deux-Boules, chez un charon.» + +Il y a d’ailleurs plusieurs boutiques et magasins bien fournis de +Quincailleries[28] à l’entrée du quay de la Mégisserie[29]. + + [28] «Qui font ensemble le gros et le détail.» Édit. de 1691, p. 23. + + [29] Dans la partie qui s’appeloit plus spécialement quai de la + Ferraille, non-seulement à cause de ces quincailliers, mais parce + qu’il étoit encombré de petits marchands qui, sur le pavé même, y + étaloient leurs ferrailles. Ils y restèrent jusqu’à l’époque du + premier Empire. Piis résuma dans ce distique l’arrêté de police qui + les fit déguerpir: + + Enjoignons aux vieux ferailleurs + De vendre leur vieux fer ailleurs. + + + + +MARCHANDISES DE PAPETIERS, CARTIERS ET CARTONNIERS. + + +Entre les Marchands Papetiers qui font en gros le commerce de Papiers et +qui ont de grands magasins, sont, Mrs du Puis rue saint Jacques, Godart +et Cousin rue des deux Boules, Melun Cloitre saint Jacques de la +Boucherie, Nourry rue des trois Mores[1], etc. + + [1] Cette rue peu connue alloit de la rue Trousse-Vache à celle des + Lombards. Elle devoit son nom à l’enseigne d’un cabaret où M. de + Roquelaure mena un soir Henri IV. (_Histor._ de Tallemant, édit. P. + Paris, t. IV, p. 14 et 16.) + +M. Beaumont Cartier du Roy, demeure près la place des Victoires[2], et +M. Mathas[3] Cartier de Monsieur, près S. Roch. + + [2] «Les sieurs Beaumont, rue Neuve-des-Petits-Champs, et Langlade, + rue Platrière, font encore de très-bonnes cartes à jouer.» Édit. de + 1691, p. 60.--Sauval, t. I, p. 109, parle de cet Anglade ou + Langlade, à propos de la rue du quartier Saint-Roch, à laquelle on + croyoit qu’il avoit donné son nom: «Jean Anglade, dit-il, maître + cartier à Paris, qui met pour devise sur l’enveloppe de ses cartes: + + Jean Anglade je me nomme, + Et vous prie de jouer et n’offenser personne.» + + Les fabriques de cartes étoient moins importantes à Paris qu’à + Rouen, où toute l’Europe et l’Amérique s’en fournissoient. + (_Archives curieuses_, 2e série, t. XII, p. 230.) A la suite de la + révocation de l’Édit, les cartiers rouennais, la plupart + protestants, ayant émigré, leur industrie baissa beaucoup. + (_Segraisiana_, p. 40-41.) Il resta ceux de Paris, et ceux de Thiers + en Auvergne, célèbres depuis plus d’un siècle. Montaigne, en 1588, + visita la fabrique de Palmier, qui l’emportoit sur tous les autres. + (V. son _Voyage_, édition in-12, t. II, p. 598.) + + [3] Avant l’art. de Beaumont et Langlade, on trouve dans l’édit. + précédente: «le sieur Ouynel, cartier du Roi, demeure près des + Bâtons-Royaux.» Ensuite vient Mathan, et non Mathas, comme ici. + +M. de la Bourde rue Bourlabé, vend les Cartons dorez pour les +Reliquaires, et Mrs Culambourgt rue d’Escosse, Boissiere rue de +Versailles[4], la Ruelle rue saint Victor, vendent celuy qui sert aux +Relieurs, et d’autres pour differens usages. + + [4] L’adresse de ces deux derniers est indiquée dans l’édit. de 1691: + «près le Puits-Certain», qui étoit, en effet, situé à peu de + distance de la rue d’Écosse et de la rue de Versailles. + +Le même la Ruelle fait grand commerce de Boetes de Carte[5], et d’Estuis +de Manchons et de Chapeaux. + + [5] C’est ce que nous appelons «cartons de bureau». La préfecture de + police, avant l’incendie de 1871, en possédoit de très-anciens, ceux + entre autres qui contenoient les pièces du procès de Cartouche. Ils + avoient été vendus par les papetiers des environs du Palais: Picard, + _à la Vertu_; Gorgeret, _à la Grande Vertu_. Quand Guyot prit + l’enseigne: _à la Petite Vertu_, ce fut par concurrence à celles-ci, + qui n’étoient, au reste, qu’un rébus, comme l’Y de tout-à-l’heure. + _La Vertu_ s’y figuroit pour un V voyelle, c’est-à-dire un U, peint + en vert. + +Les Ecritoires de corne sont fabriquées en gros par les Marchands rue +Betizy et rue des deux Boules à l’Empereur, sur le quay neuf à la +Renommée, et rue saint Denis au grand Charlemagne[6]. + + [6] Cet article est différent dans l’édit. de 1691, p. 22: «les + écritoires de corne sont fabriquez par les sieurs Langlois frères, + rue Bourlabé.» Ces sortes d’encriers, en usage encore dans notre + enfance, servoient surtout aux écoliers. J.-J. Rousseau n’en eut + cependant jamais d’autres. L’abbé de Tersan possédoit celui dont il + se servoit à la fin de sa vie. Les écritoires à la mode étoient + toujours «façon d’ébène», comme du temps de Loret, t. I, p. 244. + +Les Dames Futeau, Gamet, Morand, la Bussière et quelques autres[7] qui +logent aux environs de saint Hilaire, achetent et vendent toutes sortes +de vieux Papiers et Parchemins. + + [7] Toutes ces femmes, d’après l’édit. précédente, p. 60, formoient, à + ce qu’il paroît, une sorte de Société. Quelques lignes plus loin que + leur article s’en trouve un, qui complète celui qui le précède ici. + Les mêmes marchands de la rue Bétizy, de la rue des Deux-Boules, + etc., y sont indiqués pour la vente en gros, aux marchands, de la + cire d’Espagne. On l’appeloit aussi «cire des Indes», suivant + l’_histoire des Drogues_ par Pomet, liv. VII. Son nom de cire, + soi-disant importée d’Espagne, où, par parenthèse, on ne s’en + servoit pas, paroît lui être venu de ce que le premier livre qui en + ait parlé étoit d’un Espagnol. C’est le _Traité sur les aromates et + les simples_ publié en 1563 par Garcias de Orta. + +A la Reigle d’or, place aux Chats près saint Innocent, on trouve un +grand assortiment de Papiers reiglez pour la Musique[8]. + + [8] Plusieurs manuscrits de musique à la Bibliothèque du Conservatoire + portent l’adresse de «La Reigle d’or». + +A l’Image saint François, rue saint André du coté du pont saint Michel, +il y a un Papetier renommé pour la bonne Encre[9], pour les Canifs fins +et pour les Plumes taillées. + + [9] On trouve la recette de «cette bonne encre», que le père de Mme + Dacier avoit soigneusement transcrite, dans les _Mélanges de la + Société des Bibliophiles_, 1850, in-18, p. 342. Nous ignorons le nom + de son inventeur et l’époque de l’invention, mais peut-être étoit-ce + la même que «l’encre nouvelle», dont la marchande qui en faisoit + commerce «sur le pont», figure, en 1622, parmi les commères des + _Caquets de l’accouchée_. _V._ notre édit., p. 60. + + + + +OUVRAGES ET COMMERCE DE BONNETIERS. + + +Le Bureau des Marchands Bonnetiers, Bastiers, etc., est au Cloitre saint +Jacques de la Boucherie. + +Les Maîtres et Gardes en charge des Marchands Bonnetiers sont Messieurs +Besnard rue saint Denis, Jeson le jeune au coin du Marché neuf, Lory et +Courcelle à la Halle, et Vaze rue saint Denis. + +Entre les Marchands Bonnetiers qui tiennent magasin et font commerce en +gros, sont lesdits Sieurs Besnard, Lory et Vaze, et encore Mrs +Chastelain Chevalier du Guet, Mignot rue de la Savonnerie, de la Croix +et le Comte, rue S. Denis, Banche sous les Pilliers des Halles. + +Entre les Marchands Bonnetiers tenans boutiques, qui font un fort grand +détail, sont Mrs Perdrigeon aux quatre Vents près saint Denis de la +Chartre[1], Naü à la Place Royale près la Croix du Tiroir, du Four aux +quatre Vents à petit Pont[2], de Lorme rue saint Antoine, et le Roux au +Cerf volant Pont Notre Dame. + + [1] Il est célèbre depuis les _Précieuses ridicules_, scène X, où + Mascarille demandant à Madelon: «le ruban est-il bien choisi?» + Madelon lui répond: «Furieusement bien. C’est Perdrigeon tout pur.» + Loret se sert de la même expression dans sa _Gazette_ du 3 février + 1663. Il figure comme le plus fameux vendeur de rubans dans la + _Révolte des passements_. (V. nos _Variétés_, t. I, p. + 235.)--En 1692, il est encore nommé dans la farce italienne + d’_Arlequin-Phaéton_, acte II, sc. V, et mis bien au-dessus des + médiocres marchands. Dans le _Procès-verbal de visites pour les + marchandises de luxe_, en 1700, nous trouvons, p. 65, un Jean + Perdrigeon, qui doit être ou lui, ou son fils. En 1711, cette + fameuse boutique existoit encore, avec le nom qui en avoit fait la + chalandise. Le Cabinet des Médailles possède un jeton de mercier, + qui porte cette date, avec le nom de J. Perdrigeon. + + [2] Variante de l’édit. précédente: «à la Place-Royale, près la Croix + du Tiroir, et aux Quatre-Vents, au bout du pont Notre-Dame, il y a + de gros magasins de bas de soie, de laine, de cotton, etc.» A la + suite: «les bas de toile se font par des chaussetiers, près la porte + Dauphine.»--Nous lisons dans le _Menagiana_, t. III, p. 99, une + amusante anecdote sur le bonnetier des Quatre-Vents, et un docteur: + «M. Peaucelier, y est-il dit, du collége des Cholets, achetoit une + paire de bas _aux Quatre-Vents_. Le marchand lui en donna de + plusieurs sortes, qu’il ne trouva pas à sa fantaisie. Ils n’étoient + pas assez forts, ni assez épais. Donnez-m’en, dit-il, qui soient de + _matière continue_, et non pas de matière discrète. Le tour + d’expression est d’un véritable docteur.» + +Il y a au Fauxbourg saint Marcel un grand nombre d’Ouvriers pour les Bas +drapez. + +Il se fait aussi des Bas drapez[3] de Laine de Cigovie[4] et de diverses +autres sortes de Laine et de Soye, chez plusieurs Manufacturiers du +Fauxbourg saint Antoine[5], de la Cour du Palais, Porte saint Marcel, +saint Victor, saint Denis, saint Martin, et Fauxbourg saint Germain, qui +travaillent au metier dont les Jurez sont Mrs Martin à la Villeneuve, +Tonnelier rue Darnetal, Largilliere[6] même rue, Vaudin rue... + + [3] On appeloit «bas drapés» ceux dont on épaississoit la laine, en la + tirant légèrement avec le chardon à bonnetier. + + [4] Ségovie. Les meilleures laines pour les draps fins se tirèrent + longtemps de cette ville d’Espagne. + + [5] Le 9 janvier 1683, par arrêt du Conseil d’État, permission avoit + été donnée au sieur Corrozet d’établir, au faubourg Saint-Antoine, + vingt métiers «pour faire travailler en bas et autres ouvrages de + soie au métier». Il étoit neveu de Hindret, qui, en 1656, avoit + fondé une manufacture pareille au château de Madrid. + + [6] Il étoit parent du célèbre peintre, qui n’avoit, du reste, dans sa + famille toute parisienne, que des passementiers, des boutonniers, + des chapeliers. _V._ Jal, _Dict. crit._ à son nom. + +Leur Bureau est rue des Canettes; ceux qui en font le plus grand +commerce en gros et en détail sont Mrs Mirebeau, Guyart, et Josse Cour +neuve du Palais, et Boucher Fauxbourg saint Marcel. + + + + +MARCHANDISES DES GANTIERS ET PARFUMEURS. + + +Il y a près les Peres de l’Oratoire rue saint Honoré, et dans la rue de +l’Arbre sec, des Marchands qui vendent des Gands de Rome[1], de +Grenoble[2], de Blois[3], d’Eslan, de Chamois et diverses autres sortes +de la meilleure fabrique. + + [1] On savoit déjà combien ils étoient en vogue dès le temps de la + Fronde, par quelques lettres de Poussin à M. de Chanteloup, qui le + chargeoit de lui en acheter. Un sien ami, «connoisseur en matière de + gants», faisoit l’emplette, et, lui, faisoit le paquet et l’envoi: + «Il y en a une douzaine, écrit-il, le 7 octobre 1646, la moitié pour + les hommes, et la moitié pour les femmes. Ils ont coûté une demi + pistole la paire, ce qui fait dix huit écus pour le tout.» Le 18 + octobre 1649, autre achat, mais cette fois de gants parfumés à la + frangipane. Poussin s’en est fourni, pour M. de Chanteloup, chez la + signora Maddalena, «femme fameuse pour les parfums». + + [2] Leur réputation commençoit. Sous Louis XV, elle s’étoit beaucoup + étendue: «les étrangers, dit l’abbé Jaubert, dans son _Dict. des + Arts et Métiers_, t. II, p. 313, les préfèrent à ceux d’Italie et + d’Espagne.» Pour ces derniers, il en étoit ainsi déjà sous Louis + XIII, même de la part des Espagnols. Pendant que nous recherchions + leurs gants, ils ne vouloient que des nôtres. Il existe aux + Archives, dans la partie qui vient de Simancas, une lettre de Dona + Ines Henrique de Sandobal, datée de Madrid et adressée au duc de + Monteleone à Paris, par laquelle demande lui est faite de douze + paires de gants pareils à celui qu’elle lui envoie pour modèle. Il y + est joint encore. C’est un gant de peau blanche, cousu à la diable, + comme tous les gants parisiens de ce temps-là, mais d’une très-jolie + coupe, avec son revers retombant du poignet sur la main, et les + petits rubans et les fines rosettes de couleur incarnat qui + s’entrelacent sur ce revers. + + [3] Ils étoient de peau de chevreau bien choisie, et mieux cousus que + ceux de Grenoble et de Paris, «à l’angloise», dit l’abbé Jaubert, + car c’étoit autrefois un proverbe que, pour qu’un gant fût bon et + bien fait, il falloit que trois royaumes y contribuassent: + «l’Espagne, pour en préparer la peau, la France, pour le tailler, et + l’Angleterre, pour le coudre.» C’est la souplesse des gants + espagnols qui avoit donné lieu au proverbe, aujourd’hui mutilé: + «souple comme un gant d’Espagne.» (_Francion_, 1663, in-12, p. 63.) + Il étoit de mode, sous Louis XIII, «de présenter aux dames après la + collation des bassins de gants d’Espagne». Tallemant, _Édit._ P. + Paris, t. IV, p. 209. + +Il y a d’ailleurs des Marchands Gantiers en divers quartiers de Paris +qui sont bien assortis, par exemple, Mrs Remy devant saint Mederic, en +réputation pour les bons Gands de peau de cerf, Arsan près l’Abbaye S. +Germain, Richard rue S. Denis au petit S. Jean renommé pour les Gands de +Cuir de Poules[4], et Richard rue Galande au Grand Roy qui fait grand +commerce de Gands de Daim et façon de Daim. + + [4] On appeloit «cuir de poule» l’épiderme de la peau du chevreau. Il + falloit, pour l’enlever, une délicatesse extrême qui ne se trouvoit + que chez les ouvriers de Rome et de Paris. Ces gants étoient d’une + telle finesse qu’on en faisoit tenir une paire dans une coquille de + noix. Les gants de Vendôme, dont il devroit être parlé ici, car ils + étoient depuis longtemps célèbres, avoient la même réputation de + finesse et de souplesse. Ils ne sont pas oubliés dans le petit poëme + si curieux publié en 1588, _Le Gan_ de Jean Godard, reproduit dans + nos _Variétés_, t. V, p. 180-181: + + Il est temps de parler des gans blancs de Vendosme, + Qui sont si délicats que bien souventes fois + L’ouvrier les enferme en des coques de noix; + On en parle aussi tant que leur ville gantière + Reçoit presque de là sa renommée entière. + +Mesdames de France rue de la Limace, et Charpy quay des Orfèvres, +tiennent magasins de Gands de Rome, de Grenoble et de Blois. + +Les Parfumeurs qui font grand commerce de Poudre[5] et de +Savonnettes[6], sont au bout du Pont saint Michel, à l’entrée de la rue +de la Harpe, à l’entrée de la rue d’Hurepoix, au bout du Pont au Change, +à l’entrée de la rue de Gesvres et rue Bourlabé près la Trinité. + + [5] La mode de la poudre, comme on voit, ne s’étoit jamais perdue + depuis Louis XIII. La plus célèbre, «la poudre à la maréchale», + datoit même à peu près de ce moment. Elle devoit son nom à l’une des + femmes curieuses que nous avons vues plus haut: «le nom de _poudre à + la maréchalle_, lisons-nous dans l’avertissement du _Parfumeur + françois_, n’a été donné que parce que Madame la maréchalle d’Aumont + se divertissoit à la faire.» + + [6] C’est d’Italie qu’on faisoit venir les plus renommées: «les + meilleures savonnettes sont celles de Boulogne (Bologne).» + (Richelet, _Dictionnaire_.)--On en trouve la recette dans le + _Nouveau Recueil des Secrets et Curiositez_ de l’académicien Lemery, + p. 133. + +Le Sieur Bailly rue du petit Lion près la rue Pavée, vend des +Savonnettes legères qu’il dit être de crême de savon, et meilleures que +les Savonnettes ordinaires. + +Le Sieur Adam Courier du Cabinet du Roy pour l’Italie, apporte souvent +des Essences de Rome, de Gennes, et de Nice[7]; il demeure chez M. +Crevon Marchand devant la barrière saint Honoré[8]. + + [7] «Ces essences, ajoute Liger (_Voyageur fidèle_, p. 376), sont bien + plus spiritueuses que celles de France, et par conséquent bien plus + estimées.» On étoit, lorsqu’il parloit ainsi, à la veille de la + Régence, qui fut l’époque des parfums violents. Louis XIV n’en avoit + voulu que des plus modérés, dont il faisoit même assez peu d’usage, + au grand étonnement du Sicilien, dont nous vous avons cité la + lettre. Il suffisoit de papiers trop parfumés pour lui porter à la + tête. (_Journal de la Santé_, p. 284.) Plus jeune, il veilloit + lui-même à la confection des odeurs qu’il pouvoit supporter. C’est + le gantier Martial, valet de chambre de Monsieur, que l’on connoît + par la grotesque confusion que la comtesse d’Escarbagnas fait de lui + avec le poëte Martial, qui les composoit devant lui: «le plus grand + des monarques, dit l’avertissement du _Parfumeur françois_, s’est + plu à voir souvent le sieur Martial composer dans son cabinet les + odeurs qu’il portoit sur sa sacrée personne.» + + [8] C’est-à-dire la barrière des Sergents, dont nous avons parlé. + +M. Guilleri rue de la Tabletterie, fait venir de Portugal la véritable +Eau de Cordouë[9]. + + [9] Cette eau de Cordoue, qui vient du Portugal, ne donne qu’une + médiocre confiance dans le savoir de Blegny, pour peu qu’il fût + apothicaire comme il étoit géographe. + +L’Eau de Fleurs d’Oranges et les Essences pour les cheveux et pour le +Tabac[10], sont apportées et commercées par les Provençaux au cul de sac +saint Germain l’Auxerrois[11]. + + [10] «Les essences fortes et douces à tabac et à cheveux, les vins de + liqueurs, les fromages de Roquefort, les eaux de fleurs d’oranges de + Cette, etc., se vendent en gros en différents magasins du cul de sac + des Provençaux, etc.» Édit. de 1691, p. 32.--Pour les cheveux ou + perruques, c’est l’essence de jasmin qui étoit la préférée; et, pour + le tabac, c’étoit déjà la civette, mais frelatée par un procédé que + Lémery indique dans son _Nouv. Recueil des Curiositez_, p. 122. + + [11] C’est de Grasse qu’il en venoit surtout. Antoine Artaud, + «marchand parfumeur», en faisoit là un très-grand commerce. On a son + adresse gravée en bois par Papillon. Le plus en vogue des parfumeurs + de Lyon, Jean Chabert, dont la boutique se trouvoit sur la place des + Terreaux, avoit pris pour enseigne: «au Jardin de Provence». On a + son portrait gravé avec cette indication. + +On trouve en détail de bonne Eau de Fleur d’Oranges à l’Orangerie rue de +l’Arbre sec, et à la Devise Royale, sur le quay de Nesle près la rue de +Guenegaud. + +On vend au même lieu les fines Essences pour les Tabacs, les Eaux +odoriférantes d’Anges[12] et de Mille fleurs[13], les Cassolettes +philosophiques, le Lait d’Amarante qui parfume les chambres sans blesser +les vaporeux, les Essences d’ambre, de musc, etc. + + [12] Lémery a donné aussi, p. 131, la recette de cette eau, dont la + gomme odorante, appelée _Benjoin_, l’iris et les clous de girofle + étoient la base. + + [13] C’étoit moins un parfum qu’un remède. On la devoit à la comtesse + de Daillon, et la préparation en fut longtemps faite par le médecin + Defougerais--le Défonandrès de Molière.--Plus tard, on en tira une + sorte de panacée, que recommande une brochure, aujourd’hui rare, + publiée à Lyon, en 1706: _Traité de l’Eau de Mille fleurs_. + +Le Sieur Joubert[14] qui demeure au Soulier d’or, rue des vieilles +Estuves près la Croix du Tiroir, est un Colporteur qui donne à très +grand marché des sortes de Poudres et de Savonnettes communes. + + [14] Peut-être faut-il lire Jobert. Il y eut, en effet, un peu plus + tard, un parfumeur de ce nom, rue de la Croix-des-Petits-Champs, qui + étoit célèbre pour sa «pommade au pot-pourri». Papillon a gravé son + adresse. + + + + +PELLETTERIE ET FOURRURES. + + +Le Bureau des Marchands Pelletiers et Fourreurs qui sont des six Corps +des Marchands[1], est rue de la Tabletterie ou des Fourreurs[2]. + + [1] Nous l’avons dit plus haut, c’étoit le troisième des six. + + [2] La rue des Fourreurs, étant la prolongation de la rue de la + Tabletterie, du côté de la rue de la Ferronnerie, où elle débouchoit + au carrefour de la place aux Chats, on les confondoit souvent l’une + avec l’autre. + +Les Maitres et Gardes en Charge de la Marchandise de Pelletterie, sont +Messieurs le Grand rue saint Antoine, Maillard rue saint Mederic, +Lepreux, Ferrat, Hemins et Maçon rue de la Tabletterie ou des Fourreurs. + +Les Marchands qui font grand commerce et qui tiennent magasins de peaux, +sont Messieurs Goblet, Vendretin, Mole et Julien même rue; Denis, rue +saint Honoré; Gorge rue saint Denis[3]; Loger Pont saint Michel, +Charniette rue saint Martin, etc.[4] + + [3] C’est le même qui, plus bas, est nommé Georges. + + [4] «On trouve dans ces endroits, dit Liger, p. 379, de très-beaux + manchons pour hommes et pour femmes et des plus à la mode... On y + vend aussi de très-belles aumusses à petit gris.» Il ajoute un mot + sur «les _palatines_ travaillées proprement, composées de peaux + d’animaux, tant étrangers que du pays». Madame, princesse + _Palatine_, mère du Régent, les avoit mises à la mode. Elles ont + gardé son nom. Elle en porte une de la plus belle hermine sur son + portrait peint par Largillière, qui est aujourd’hui au musée de + Genève.--Liger, en parlant des manchons, auroit pu dire qu’il s’en + tenoit au Temple une foire très-courue à la fin d’octobre. (V. + Palaprat, t. II, 2e part., p. 20, et le _Journal de Collé_, t. I, p. + 121.) + +Les boutiques des Marchands Pelletiers qui font le détail sont pour la +plupart près l’aport de Paris, rue du Crucifix saint Jacques de la +Boucherie, et rue de la Juifferie aux environs de la Magdelaine[5]. + + [5] En la Cité. + +On tire par le Messager de Niort des Peaux de Chevres et de Mouton +passées en Chamois en huille[6]. + + [6] L’édit. de 1691, p. 37, contient sur l’article des peaux de Niort, + qui sont encore célèbres aujourd’hui, un détail plus clair: «On + fabrique à Niort, en Poitou, des peaux de chèvres et de moutons + passées en chamois, en huile et en détrempe.» Un autre article suit: + «les peaux imperméables à l’eau et à l’air se vendent rue du Four, + faubourg Saint-Germain, au coin de la rue des Canettes.» + +Le Sieur Rosnel au Plat d’Etain[7] à l’entrée de la rue saint Denis fait +grand débit de toutes sortes de Peaux, et vend des Calçons et Chaussons +de vray et de faux Chamois[8]. + + [7] «Près la porte de Paris.» Édit. 1691, p. 37. C’est porte + Saint-Denis qu’il faut lire. Le _Plat d’étain_ en étoit tout proche. + + [8] L’édit. précédente ajoutoit: «et de chèvre passée en huile». + +Le Sieur l’Evêque Güaisnier[9] rue de la Coustellerie fait grand +commerce de Peaux de Chagrin. + + [9] Richelet dans son Dictionnaire donne une définition intéressante + du «gainier» de son temps: «ouvrier, dit-il, qui fait des gaînes, et + qui avec du veau, du maroquin ou du chagrin, couvre des cassettes, + des coutelières, étuis, écritoires et autres pareilles choses qu’il + figure (enjolive) avec des fers.» + +M. Santeuil[10] rue Bourlabé, tient magasin de Vaches de Roussy[11], de +Levant, de Peaux de Castors[12] et de diverses autres Peaux étrangeres. + + [10] Il étoit de la famille du poëte, une des plus importantes du + commerce parisien, et qui avoit même eu quelques-uns des siens dans + l’échevinage. + + [11] On prononçoit ainsi Russie. Ces cuirs russes servoient depuis + Louis XIII à faire les bottes à la mode. On les imitoit à Paris, + mais imparfaitement. Richelet explique le procédé dans son + _Dictionn._, t. I, p. 427, et ajoute: «M. Mérigo, l’un des plus + habiles tanneurs de Paris, m’a dit ce que j’avance ici de la vache + de Roussy.» + + [12] Notre compagnie du Canada ou de la Nouvelle-France en avoit le + privilége, mais à la condition expresse de ne les tirer que de nos + colonies pour les débiter en France. (_Correspond. des Contrôleurs + généraux_, nº 174.) Sous Louis XIII, cette compagnie, dont le + mercier Nicolas Libert étoit un des directeurs et associés, avoit + une manufacture de ces chapeaux dans l’enclos de la Trinité, rue + Saint-Denis. V. la réimpression faite pour l’Académie des + Bibliophiles, en 1867, d’un «arrêt de 1634 pour les chapeaux de + castor». + +M. George rue saint Denis près la fontaine la Reine, fait commerce de +Peaux de Lapin, de Lievres et autres pour les Chapeliers. + +M. Toupault rue Quinquempoix fait le même commerce, et vend diverses +sortes de Peaux pour les Fourreurs. + +Les Marchands Foureurs qui font le détail des Manchons des Hermines[13], +et generalement des Marchandises de Fourures, sont pour la plupart dans +la rue des Foureurs près sainte Opportune et dans la rue de la vieille +Bouclerie[14]. + + [13] «Peaux en poils.» Édit. précédente, p. 37.--L’hermine ne servoit + pas seulement aux vêtements des avocats. On en faisoit aussi des + pelisses. Voilà pourquoi, jouant sur le nom de Pelisson, Somaize, + dans le _Dictionnaire des Précieuses_, l’appelle Herminius. + + [14] On lit, à la suite, dans l’édit. de 1691: «Il y a beaucoup de + corroyeurs au faubourg Saint-Marcel, aux environs de la rivière des + Gobelins, rue Maubuée et cloître Saint-Jacques de la Boucherie.» On + sait que les corroyeurs n’ont pas encore quitté les bords de la + rivière des Gobelins. + +Il y en a d’ailleurs quelques autres rue de Gesvres, sur le quay neuf et +rue saint Antoine. + +Pour les Peaux de Buffles, voyez l’article des Armes et Bagages de +Guerre. + +Pour les Vaches de Roussy et Maroquins façon de Levant, voyez l’article +des Bureaux publics. + + + + +OUVRAGES ET MARCHANDISES DE CHEVEUX. + + +Monsieur Binet qui fait les perruques du Roy[1], demeure rue des Petits +Champs, M. le Grain qui fait celles de Monsieur, est logé au Palais +Royal dans la Cour des cuisines. + + [1] Ces perruques, dont la forme fut longtemps en vogue, s’appeloient, + à cause de lui, des _binettes_, ou _perruques-binettes_, comme dit + Salgues dans un curieux chapitre de son livre: _Paris_, 1813, in-8, + p. 352. Le mot se conserva dans le peuple, qui, de la perruque, + finit par l’appliquer à la tête. Le mot tintamarresque «une binette» + vient de là.--Le Roi avoit tout un cabinet de perruques, séparé de + sa chambre par la salle du Conseil, et qu’on appeloit soit cabinet + des perruques, soit cabinet des Termes. Il étoit, en effet, garni + tout autour de Termes ayant chacun une perruque sur la tête. Les + formes varioient suivant que le Roi alloit à la chasse, recevoit les + ambassadeurs, ou restoit dans ses appartements. Binet, qui avoit + soin de cette singulière collection, quittoit rarement la Cour. Il + comptoit parmi les cent cinq personnes, distribuées en cinq tables, + qui avoient droit de manger chez le Roi, et qui, à ce titre, comme + nous l’avons vu dans le manuscrit que possédoit Techener: _État et + menu des dépenses pour 1705_, recevoient chacune un chapon. La + consommation de cheveux choisis qu’exigeoient les perruques royales + étoit considérable. Binet n’y épargnoit rien: «Je pélerois, + disoit-il, toutes les têtes du Royaume, pour parer celle de Sa + Majesté.» Son fils François Binet eut en survivance sa charge de + premier barbier, et sa fille épousa, en 1720, le fils de Quentin, un + des barbiers ordinaires. (_Mercure_, mai 1720, p. 172.) C’est + Quentin qui, avec Binet, avoit la garde des perruques du Roi, et lui + donnoit celle du lever plus courte que les ordinaires. + +Le Bureau des deux cens Barbiers, Baigneurs, Etuvistes et Perruquiers de +Paris[2], est sur le quay des Augustins au coin de la rue Git-le-cœur. + + [2] Cette corporation des deux cents barbiers de Paris avoit été créée + le 14 décembre 1673, par déclaration royale, en exécution d’un édit + du mois de mars précédent. En décembre 1691, au moment où ce _Livre + commode_, déjà imprimé sans doute, étoit sur le point de paroître, + le nombre des barbiers avoit été augmenté de cent, et, deux mois + après, il le fut encore de cinquante; enfin, en 1701, cent nouvelles + places héréditaires furent créées. + +Les Prévots Sindics de cette Communauté, sont Messieurs Broussin rue de +Bussy, Petit rue de la Verrerie, Boudet rue saint Loüis près le Palais, +du Chemin rue Montmartre, Caquet rue Dauphine, et Daubons sous l’Orloge +du Palais. + +Entre ceux qui sont renommez pour faire les Perruques de bon air, sont +Messieurs Pascal quay de Nesle[3], Pelé rue saint André, du Pont et des +Noyers rue de Richelieu, Jordanis rue d’Orléans, l’Abbé rue des Petits +Champs, d’Angerville près le Palais Royal, Vincent quay des Augustins, +etc. + + [3] «Le sieur Pascal, au coin de la rue de Guenegaud, est fort renommé + pour les perruques.» Édit. 1691, p. 26. + +Messieurs de la Roze[4] et du Bois sont renommez pour les petites +Perruques servant aux Ecclésiastiques. + + [4] «M. De la Roze, à l’entrée de la rue Saint-André, est renommé pour + les perruques abbatiales.» Édit. 1691, p. 63. + +Messieurs Pelé et Vincent ci-devant désignez font aussi commerce de +Cheveux en gros et en détail[5]. + + [5] Ces marchands de cheveux avoient des coupeurs qu’ils envoyoient en + Normandie, en Flandre, en Hollande, etc., d’où ils leur rapportoient + à la fois, six, huit ou dix livres de cheveux, qui devoient avoir au + moins vingt-quatre à vingt-cinq pouces de long. Les meilleurs + venoient toujours du Nord. C’étoit ensuite la Normandie qui en + fournissoit le plus. Le prix varioit de quatre francs la livre pour + les cheveux communs, jusqu’à cinquante écus pour les blonds + argentés, qui étoient les plus recherchés. _V._ sur tout cela, + Jaubert, _Dictionn. des Arts et Métiers_, t. III, p. 436-437. + +Autant en font Messieurs du Mont, Potiquet et Rossignol sous la galerie +des Innocens, et encore Mesdames Lançois rue d’Orléans et Danteuil rue +Tirechappe. + +Le Sieur Thomé Clerc de la Communauté des deux cens Barbiers, demeure en +leur Bureau, c’est à luy qu’il faut s’adresser pour les privileges qui +sont à vendre ou à loüer[6]. + + [6] On a lu dans l’Introduction, t. I, p. xli, comment les privilèges, + quels qu’ils fussent, se louoient. + +Entre les Coiffeuses qui sont fort employées, sont Mesdemoiselles +Canilliat place du Palais Royal, Poitier près les Quinze Vingts, le Brun +au Palais, de Gomberville rue des bons Enfans, et d’Angerville devant le +Palais Royal[7]. + + [7] «On fait des calottes de toile jaune et de serge à mettre sous les + perruques, chez un calotier, qui a sa boutique sous la porte de la + cour neuve du Palais. Les calottes ordinaires se trouvent sur le + quay de l’Horloge du Palais.» Édit. précéd., p. 26. A l’époque de la + Terreur, le commerce des cheveux se faisoit sur ce même quai, où + l’on n’avoit vu jusqu’alors que «les perruquiers en vieux». Il + s’alimentoit des chevelures des condamnés de la Conciergerie. Le + nombre en fut si grand qu’à un moment le prix des cheveux en baissa! + Aujourd’hui le bureau de placement des garçons coiffeurs est sur le + quai des Orfèvres. + + + + +COMMERCE DES VERRIERS. + + +Le Bureau des Marchands Verriers[1] est au Renard rue saint Denis, où +l’on décharge toutes les Marchandises de leur commerce. + + [1] Dans l’édition de 1691, p. 30, il est dit que les verriers de ce + bureau étoient seulement ceux «qui font des ouvrages de feugère», + c’est-à-dire de fougère. On sait que le verre ne se faisoit alors + qu’avec la potasse extraite des cendres de cette plante. De là, les + métaphores des poëtes sur le vin qui pétille ou qui rit dans «la + fougère», comme disent Chaulieu et Boileau. + +Le Sieur Trincart rue de la Verrerie, l’Hoste porte saint Germain, Aubry +près la Comedie Françoise, et le Grand rue saint Denis, ont un grand +assortiment de Marchandises de Cristal, de Fayence et de Porcelaine[2]. + + [2] Dans l’édition de 1691, p. 30, ils ne sont tous trois mentionnés + que pour ce dernier article: «Ils tiennent, y est-il dit, magasin de + porcelaine.» + +Le Sieur Rose rue Darnetal fait le plus grand commerce de Bouteilles +couvertes[3], de Verres de tables, de Cloches de Jardins, de Vaisseaux +chimiques, etc. Il fait des fournitures en gros et à bon compte aux +détailleurs[4]. + + [3] C’est-à-dire entourées d’osier. + + [4] Son article est un peu différent dans l’édition de 1691, p. 30. + Après la mention du bureau des verriers, il y est dit: «Ce qu’on ne + trouve pas dans ce bureau, peut être recouvert et acheté en gros, à + bon compte, dans les magasins du sieur Rose, verrier, rue d’Arnetal + (Grenetat), etc.» + +On trouve des Bouteilles de Cristal taillées pour la poche chez le Sieur +le Grand le Jeune, et de Guerre Verriers, rue saint Denis[5], le Quin +Emailleur, rue saint Martin[6], Gilbert Lapidaire, rue sainte Croix de +la Cité[7], et le Seür aussi Lapidaire, rue saint Denis près le +Sepulcre. + + [5] Ils sont indiqués, dans l’édition de 1691, p. 30, comme «verriers + faisant grand négoce de bouteilles de poche à bouchons de verre». A + la suite, viennent «Grancire, rue de la Coutellerie, et Ancelin, au + cul de sac Saint-Sauveur», qui ne se retrouvent pas ici. + + [6] Il étoit de la famille de l’orfèvre Lequin, que nous trouverons à + la fin du chap. suivant. + + [7] L’édition de 1691, p. 30, le place «sur le Quai-Neuf, au Berceau + d’or». + +Il y a une Fayancerie à saint Cloud[8] où l’on peut faire exécuter tels +modèles que l’on veut. + + [8] On en connoît les principaux ouvriers à cette époque: Trou, le + potier, et Chicanneau père et fils. Ils fabriquoient une faïence à + émail stannifère, en camaïeu bleu, le plus souvent. Leur faïencerie + avoit assez d’importance pour que la duchesse de Bourgogne la + visitât, en 1709, le 3 sept. Les Chicanneau ajoutèrent à la + fabrication de la faïence celle de la porcelaine, «façon des Indes», + dont ils se disoient inventeurs. A la fin de 1696, ils adressèrent, + comme tels, un placet à l’intendant de Paris. (_Correspond. des + Contrôleurs généraux_, nº 1342.) Lister (chap. V) admira fort leurs + porcelaines. V. aussi J. Marryat, _Hist. des Poteries_, etc., trad. + franç., t. II, p. 212. + +M. de Saint Estienne Maitre de la Fayencerie de Rouen, a trouvé le +secret de la Fayence violette tachetée, et de faire en France de la +Porcelaine semblable à celle des Indes[9]. + + [9] Dans l’édition de 1691, p. 30, il n’est mentionné que pour la + porcelaine qu’il a «le secret de faire en France».--Il fabriquoit + bien réellement tout à la fois de la faïence et de la porcelaine, et + cela, par privilége, avec d’autres concessionnaires, depuis 1644. Le + 30 juin 1694, M. d’Ormesson envoya un rapport au contrôleur général + sur l’état de cette fabrique et sur le renouvellement de son + privilége. Comme on vouloit que Saint-Etienne livrât son secret pour + que la fabrication fût continuée par les Invalides, et comme il + refusa, ce renouvellement n’eut pas lieu. Le privilége obtenu en + 1673 pour la porcelaine, «façon de Chine», fut seul continué pour + vingt ans encore, mais à condition qu’au bout de ce temps le secret + de fabrication seroit livré au public. (_Correspond. des Contrôleurs + généraux_, nº 1342.) + +Les Fayences de Nevers arrivent sur le quay de la Tournelle près la +porte saint Bernard[10]. + + [10] Ces faïences de Nevers, qui avoient leurs collectionneurs, comme + on le voit par quelques vers de Sénecé dans ses _Épigrammes_ (1717, + in-12, p. 224), se fabriquoient depuis longtemps déjà, et en dernier + lieu, sous la direction d’un nommé Castelnau. + +M. Perrot Maitre de la Verrerie d’Orléans[11], a trouvé le secret de +contrefaire l’Agathe et la Porcelaine avec le Verre et les Emaux. Il a +pareillement trouvé le secret du Rouge des Anciens, et celuy de jetter +le Verre en moulle pour faire des bas reliefs et autres ornemens. Il a +son Bureau à Paris sur le quay de l’Orloge à la Couronne d’or. + + [11] Bernard Perrot étoit neveu de Castelnau que nous venons de voir à + la faïencerie de Nevers. Dès le mois de décembre 1655, il avoit + obtenu le privilége de la verrerie royale d’Orléans et de celle de + Fay-aux-Loges, qui en étoit la succursale, à six lieues de là sur le + canal. En 1666, autre brevet délivré à Perrot en faveur d’une + découverte fort importante pour l’exploitation de sa verrerie: il + tiroit d’une pierre «qui abonde en France»,--la houille + certainement--un combustible moins cher que le charbon. En 1688, + ayant perfectionné la fabrication du verre, «soit colorié, soit en + relief», et aussi «le coulage des métaux à table creuse, avec des + figures», un privilége nouveau lui fut encore accordé. Il le garda, + ainsi que les deux autres, jusqu’à sa mort, en 1710, malgré les + concurrents qui firent faire sur ses fabriques une enquête, en + février 1692, dont le résultat tourna pour lui. Deux de ses parents, + peut-être ses neveux, Jean Perrot et Jacques Jourdan lui succédèrent + avec un renouvellement de privilége en date du 2 août 1710, où il + étoit dit que les ouvrages de Perrot «égalent en beauté et en + qualité les porcelaines». La rue près des remparts Saint-Euverte, où + Perrot avoit sa verrerie à Orléans, s’appelle encore aujourd’hui + _rue des Bouteilles_. + +M. Massolat Maitre de la Verrerie de Rizancourt[12], a son Bureau à +Paris rue du Four près la Foire saint Germain chez le Sieur Feloix +Huissier[13]. + + [12] Paul de Masselai, et non Massolat. Il avoit été un des + concurrents de Perrot, et, n’ayant pu lui faire perdre le privilége + de la verrerie d’Orléans, il étoit allé en établir une à Rizaucourt, + au fond de la Champagne. + + [13] L’édition de 1691, p. 30, ajoute «au Châtelet». + +Pour le Verre blanc et le Verre des Vitriers, voyez l’article fait +exprès. + +Pour les Glaces, voyez l’article des marchandises de Miroitiers[14]. + + [14] On trouve dans l’édit. de 1691, au chap. «du Commerce du verre, + etc»., p. 30, les indications suivantes qui manquent ici: «le verre + blanc pour les mignatures et autres tableaux, se vend chez un + vitrier qui demeure rue aux Ours, devant l’image de la Vierge, et + chez un autre qui demeure vieille rue du Temple, au coin de la rue + de Bercy.» + +On dit que M. de la Motte de qui on a veü à la Foire, il y a quelques +années de si beaux ouvrages d’Emaux et de Verre façon d’Agathe et de +Porcelaine, va faire un établissement à Paris, en vertu d’un Privilege +du grand Sceau[15]. + + [15] Il obtint ce privilége, mais ce faillit être au préjudice de + Bernard Perrot, dont, comme Masselai, ce La Mothe étoit le + concurrent. Ce fut sur ses instances que le contrôleur général + écrivit, le 29 février 1692, à l’intendant d’Orléans, M. de Creil, + pour savoir où en étoit la faïencerie-vitrerie privilégiée de + Perrot, le sieur De La Mothe, disoit la lettre, demandant, lui + aussi, un privilége «pour fabriquer avec une matière vitrifiée, dont + il a le secret, des ouvrages en façon de porcelaine, d’agathe, de + jaspe, de lapis». La réponse de M. de Creil fut, à ce qu’il paroît, + favorable, car si La Mothe eut son privilége, Perrot garda le sien. + + + + +COMMERCE DE DIVERSES MATIERES METALLIQUES, ET OUVRAGES DE COUTELLIERS, +TAILLANDIERS, ETC. + + +Messieurs Hébert cul de sac de la rue Quinquempoix, Presty et Alain rue +Neuve saint Mederic, et Coquart rue Simon le Franc, font commerce +d’Etain et de Plomb d’Angleterre[1]. + + [1] L’édit. de 1691, au lieu d’Hébert, nomme Duval. Son magasin y est + indiqué «au cloître Saint-Thomas du Louvre». + +Le Fer blanc est négocié en gros par Messieurs le Doux rue Jean de +l’Epine, Fontaine rue des Lombards, et Frezan rue de la Vannerie[2]. + + [2] «Au bout de la rue de la Vannerie.» Édit. précéd., p. 22. Le fer + blanc ne se fabriquoit en France que depuis Colbert, qui en avoit + établi la première fabrique à Beaumont-la-Ferrière dans le + Nivernois. Il avoit dû pour cela faire appel aux ferblantiers + allemands. (_Correspond. administrat. de Louis XIV_, t. III, p. + 740.) + +Il y a plusieurs magasins de Cuivre et de Leton, rue Quinquempoix. + +Les Bateurs d’or qui vendent l’or en feuilles et en coquilles, sont +établis en différens quartiers de Paris, par exemple, rue du Cimetiere +saint Nicolas des Champs, rue saint Jacques, rue de Gesvres, rue saint +Denis, etc. + +Les Tireurs d’or qui vendent l’or et l’argent trait et filé, sont pour +la plupart rue saint Denis[3] au dessus de saint Jacques de +l’Hopital[4]. + + [3] «Aux environs de la rue Mauconseil.» Édit. de 1691, p. 23. + + [4] «Cet or et cet argent tirés, ajoute Liger, p. 394, s’emploient + pour les broderies, les galons et les boutons qui se débitent pour + les habits.» + +Pour l’Or et l’Argent en lingots et grenaille, voyez l’article fait +exprès. + +Pour le Plomb en balles et en graine, voyez l’article des Armes et +Bagages de Guerre et de Chasse. + +Le Sieur Guilloüet Taillandier et Ferblantier, à l’entrée de la rue de +Gesvres, a un particulier talent pour les plus beaux Ouvrages de Fer +blanc et de Leton planez[5]. + + [5] «PLANER, c’est unir la besogne à force de petits coups de + marteau». (Richelet, _Dictionn._)--A la suite de l’art. sur le sieur + Guillouet, on lit dans l’édit. de 1691, p. 111: «Le sieur Jo et + quelques autres potiers d’étain, près la porte Saint-Marcel, vendent + des grandes et petites seringues bien faites et à juste prix.»--La + vaisselle d’étain se travailloit avec le plus grand soin. On y étoit + parvenu à donner au métal la consistance et le brillant de l’argent. + _V._ Loret, t. II, p. 427-428; et Faugère, _Voyage de deux + Hollandois, à Paris_, p. 276. + +Pour les Arcs et Ressorts qui sont ouvrages de Taillandier, voyez +l’article des Chevaux et Equipages. + +Entre les Couteliers renommez pour les Couteaux et les Cizeaux sont le +Maitre de l’Eglise rue saint Martin, et le Maitre du Coutelas rue de la +Coutelerie, qui a un talent particulier pour les Lames de couteaux de +tables qui se montent sur des manches d’argent[6]. + + [6] Dans l’édition de 1691, p. 59, il n’est recommandé que pour les + rasoirs. Le coutelier «du Trèfle», rue de la Coutellerie, qui ne se + retrouve plus ici, est indiqué à la même page, comme étant «renommé + pour les couteaux».--Ce _trèfle_ étoit à la fois l’enseigne et la + marque de ce coutelier en renom. Nous l’avons vu souvent sur des + couteaux des derniers siècles. Toute marque--et chaque + coutelier-fabricant avoit la sienne--étoit une propriété qu’aucun + autre ne devoit prendre ni contrefaire. (_Lettres patentes sur le + règlement des ouvrages de quincaillerie et de coutellerie de la + ville de Thiers_, 24 déc. 1743, art. 2.) Suivant Clicquot-Blervache, + _Considérat. sur les Compagnies, Sociétés et Maîtrises_, p. 165, on + offrit jusqu’à 22,000 livres de la marque que Palme, de Thiers, + mettoit à ses couteaux: «C’étoit, dit-il, la plus accréditée.» + +Entre les Couteliers en réputation pour bien faire et bien repasser les +Lancettes, sont les Sieurs Surmont au tiers-point[7] rue saint Julien le +Pauvre, et Touyaret au Verre couronné rue de la Coutellerie[8]. + + [7] Le _tiers-point_ est un outil triangulaire, qui sert surtout aux + bourreliers. Louvel, qui l’avoit été, assassina le duc de Berry avec + un tiers-point. + + [8] Dans l’édition de 1691, p. 59, il est mentionné avec son enseigne, + pour la même spécialité des lancettes, mais n’est pas nommé. + +L’acier crud est commercé par les Marchands de Fer, et les Instrumens de +Moulins pour les Dents, par les Quincailliers, qui vendent d’ailleurs +toutes les Marchandises foraines de Coutellerie. + +Le Maitre de la Coupe rue Troussevache, est distingué pour les +Instrumens de Chirurgie. + +On peut par les Messagers de Moulins et de Langres tirer de bons +Cizeaux[9]; et par celuy de Caen, de Couteaux de poche d’une propreté et +d’une bonté singulière. + + [9] Les couteaux de Langres étoient au moins aussi renommés que ses + ciseaux. Les voleurs leur avoient même fait une réputation sinistre: + le couteau pour eux étoit un _lingre_; et, pour assassiner, ils + disoient _lingrer_. Diderot, on le sait, étoit fils d’un coutelier + de Langres. + +On fait de très bons Canifs à la Masse et au Pistolet, rue de la +Coutellerie[10]. + + [10] Dans l’édition de 1691, p. 59, c’est «le coutelier de l’Antonnoir + (_sic_), rue aux Ours», qui est recommandé pour les canifs. + +Le Sieur le Quin Orfèvre, rue de la Fromagerie[11], fabrique les +Instrumens d’argent servant aux Chirurgiens. + + [11] C’est le grand-père du tragédien Le Kain, dont le vrai nom + n’étoit ni celui qu’il prenoit, ni celui qu’on lui donne ici. Il + s’appeloit Caïn. Son acte de naissance, reproduit par Jal, à ce nom, + dans son _Dictionnaire critique_, nous le donne comme né le 3 avril + 1729, de Henri Caïn, «marchand orfèvre, rue de la Fromagerie», + lequel, ajouterons-nous, avoit succédé à son père dans la même + boutique. Pour Caïn, on prononçoit Quin, et même Le Quin, comme on + le voit ici. Le nom que prit Lekain, en se mettant au théâtre, fut + un compromis entre les deux formes. + +Le Sieur Landrieux Gaisnier près le Palais, fait très proprement les +Etuis servant aux ouvrages de Coutellerie. + + + + +DOMESTIQUES ET OUVRIERS. + + +Le Bureau d’adresse pour les Maitres qui cherchent des Serviteurs, et +pour les Serviteurs qui cherchent des Maitres, est au Marché Neuf devant +saint Germain le vieil. + +Il y a un particulier Bureau d’adresse à la Grève pour les Cuisiniers et +Garçons de cabaret. + +Les Nourrices et Servantes à louer se trouvent en des Bureaux de +Recommanderesses[1], rue de la Vannerie[2], et rue du Crucifix saint +Jacques[3]. + + [1] V. notre _Introduction_, p. x.--Dans une pièce de la fin du XVIe + siècle que M. de Montaiglon a jointe à ses anciennes poésies, t. I: + _Chambrière à louer à tout faire_, se trouve, p. 90, un passage + curieux sur ces premiers bureaux de placement des servantes: + + Pourtant me vient à souvenir + Que chez les _recommanderesses_ + Est le lieu où sont les addresses + Pour trouver servantes à louer... + + [2] Le bureau des servantes y étoit si connu, qu’au XIVe siècle on + l’appeloit moins rue de la Vannerie que rue des _Commanderesses_ ou + des _Recommanderesses_. Il en étoit de même de la rue de la + Coutellerie, où se trouvoit un bureau pareil. (_Registres crimin._ + du Châtelet 1389-1392, t. I, p. 37.) + + [3] Quand une servante avoit mérité une punition publique, c’est + devant le bureau des _Recommanderesses_ qu’on la lui infligeoit pour + l’exemple. En 1576, une chambrière ayant eu un enfant du clerc de la + maison où elle servoit, et l’ayant exposé la nuit à une porte + voisine, fut condamnée au fouet par sentence du Châtelet, le 24 + octobre, et c’est devant la maison des Recommanderesses qu’elle fut + fouettée. (Bouchel, _Bibliothèque_, au mot _Exposés_.) + +Plusieurs Laquais cherchant maitres, et qu’on peut même louer par +jour[4], se tiennent tous les matins sur les degrez de la vieille Cour +et près la petite porte du Palais. + + [4] Liger, qui donne aussi ce détail, p. 403, le relève ainsi: «l’on + voit qu’on peut, dans l’occasion, se faire suivre à Paris, et se + donner l’air d’homme à laquais, sans qu’il en coûte beaucoup.» + +Les Garçons de Métier trouvent des embauches ou adresses de boutiques[5] +aux lieux ci-après, à sçavoir: pour les Marchands, au Bureau de la rue +Quinquempoix; pour les Verriers, rue saint Denis au Renard; pour les +Drapiers, au Bureau rue des Déchargeurs; pour les Chirurgiens, chez les +Couteliers travaillant aux lancettes, et encore aux Ecoles de Chirurgie +rue des Cordeliers; pour les Apoticaires à la Lamproye rue de la +Huchette, et encore au Bureau, cloitre sainte Opportune; pour les +Droguistes Epiciers, au même Bureau; pour les Fourbisseurs au Bureau rue +de la Pelleterie; pour les Gantiers et Chapeliers, même rue; pour les +Tourneurs Tablettiers, rue de la Savonnerie; pour les Tanneurs, au +fauxbourg saint Marcel; pour les Fondeurs, près saint Nicolas des +Champs; pour les Orfèvres, en leur Bureau et Chapelle rue S. Germain +l’Auxerrois, et encore chez le Petit père cour du Palais; pour les +Patissiers, rue de la Poterie; pour les Teinturiers, rue de la Tannerie; +pour les Bonnetiers, au Bureau cloitre S. Jacques de la Boucherie; pour +les Peintres, Doreurs et Sculpteurs, aux Filles Penitentes de la rue +saint Denis tous les Dimanches au matin[6]; et pour les Menuisiers, rue +des Ecouffes. + + [5] Ces adresses imprimées, et souvent enjolivées de dessins gravés, + que se faisoient faire tous les marchands, ont eu leur mention plus + haut à propos de celles qu’illustra Papillon. Quelques-uns les + faisoient frapper en jetons. Nous en avons vu une de ce genre, en + cuivre rouge et de forme octogone, portant, d’un côté: un chiffre + entrelacé, avec la légende PIERRE. BIZET. MARCHAND. MIROITIER, et la + date de 1703, à l’exergue; de l’autre: une console drapée d’un tapis + fleurdelisé, un miroir carré surmonté d’une pendule; au fond, un + manteau retroussé, et, pour légende: AV MAGAZIN. ROYAL. RUE ST. + MARTAIN. + + [6] Ces filles pénitentes étoient les religieuses de Sainte-Catherine, + dont il est parlé dans l’_Introduction_, p. ix-x. L’Académie des + peintres avoit, au commencement du règne, loué, rue des Déchargeurs, + le second étage d’une maison qui leur appartenoit et s’y étoit + reconstituée. Elle y resta deux ans, puis alla s’établir au Louvre. + Tout lien ne fut pas rompu entre elle et les religieuses de la rue + Saint-Denis, qui se firent ses «recommanderesses», chaque dimanche, + pour les jeunes gens qui voudroient y être admis comme élèves. + +Les Cordonniers, Serruriers, Menuisiers, Tonneliers, Arquebusiers, +Rotisseurs et autres, s’embauchent par eux mêmes en se présentant dans +les boutiques. + +Les Maçons, Manœuvres, Limousins, etc., s’assemblent à la Grève[7] tous +les matins des jours ouvrables depuis quatre jusqu’à six heures, où l’on +va prendre ceux dont on a besoin pour les atteliers. + + [7] Ils y étoient tout près de la rue de la Mortellerie--aujourd’hui + de l’Hôtel de Ville--où ils habitoient, et habitent encore en grand + nombre, et qui devoit son premier nom à ces «mortelliers» ou maçons. + Ils se tiennent à présent un peu plus haut que la Grève, sur la + petite place qui se trouve entre la rue et le pont Louis-Philippe. + +Les Revendeuses, Blanchisseuses, Ravaudeuses, etc., se melent de placer +presque toutes les Servantes. + + + + +VÉRIFICATIONS ET RAPPORTS DE JUREZ. + + +Monsieur Rainsant Medecin Juré du Parlement[1], demeure Isle Notre Dame, +et M. du Tertre Chirurgien Juré de la même Cour[2] rue du Jardinet. +Madame Maillard y fait la fonction de Sage femme Jurée, et demeure près +le Palais. + + [1] Fils du savant médecin-numismatiste Rainssant, mort deux ans + auparavant. + + [2] Il a été nommé plus haut, t. I, p. 157, au chapitre des opérations + chirurgicales. + +Messieurs Chauvel et Moreau Jurez Medecins du Chatelet demeurent, +sçavoir, le premier rue saint Severin, et le deuxième rue de la +Verrerie[3]. + + [3] «M. Arlot, médecin juré du grand Conseil, demeure rue du Four, + près la Croix du Tiroir.» Édit. 1691, p. 39. Il a aussi été nommé + plus haut. + +Les Jurez Chirurgiens du Chatelet sont Messieurs Auguy près la +Magdelaine, Helot rue de la Calandre, le Dran quay de l’Orloge, et +Clerambourg rue saint Germain l’Auxerrois. + +Le Livre de M. de Blegny contenant la Doctrine et les formules des +Rapports de Chirurgie[4] se vend chez la veuve Nion. + + [4] Voici le vrai titre du livre de Blegny, qu’il abrège ici et rend + ainsi plus clair: _la Doctrine des rapports, fondée sur les maximes + d’usage, et sur la disposition des nouvelles ordonnances_. 1684, + in-12. + +Madame Bureau et Mademoiselle sa fille Jurées Sages-femmes du Chatelet, +demeurent rue saint Germain l’Auxerrois. + +M. Dozier reconnu pour le plus expert Genealogiste[5], demeure au +carrefour des trois Maries[6]. + + [5] Charles d’Hozier, fils de Pierre, qui avoit commencé la célébrité + du nom. Il fut, comme lui, juge d’armes de la noblesse de France. + + [6] Son adresse étoit ainsi donnée l’année précédente, p. 40: + «Monsieur d’Hozier, qui demeure au cloître + Saint-Germain-l’Auxerrois, chez Monsieur Desvieux, greffier du + Conseil...» + +M. de Lonchamps au bout du Pont au Change du côté du Chatelet s’occupe +pareillement à dresser et vérifier les arbres généalogiques. + +Les Maitres Ecrivains Jurez nommez et employez pour la vérification des +écritures et signatures contestées en Justice, ont leur Chambre chez M. +des Planches[7], à présent Sindic en charge de leur Communauté, rue et +devant le petit saint Antoine, tous peuvent être appellez à cette +fonction, mais les plus ordinairement employez ce sont ceux des Anciens +qui y sont occupez depuis longtemps; comme Messieurs du Houx à l’Hotel +des Ursins, le Comte rue saint Jacques, Lesgret rue du gros Chênet, et +de Blegny rue saint André, etc. + + [7] Il a été nommé déjà plus haut. + +M. de Blegny fils de l’Ecrivain[8] à l’entrée de la rue saint André, est +ordinairement nommé par Nosseigneurs de Parlement pour les Calculs et +verification de Comptes. + + [8] Il a été parlé plus haut d’un de ses livres de première éducation. + +M. Barême aussi Aritméticien[9], devant le Pont Neuf au coin de la rue +Dauphine[10], est occupé au même employ à la Chambre des Comptes[11]. + + [9] François Barrême, dont le nom est encore si populaire. Son _Livre + des Comptes faits_, auquel il doit cette popularité, avoit paru pour + la première fois en 1670, avec une dédicace à Colbert. En voici le + titre complet: «_le Livre des Comptes faits, où, sans avoir appris + l’arithmétique, on y fait toutes sortes de comptes et + multiplications les plus difficiles, quand il y auroit même des + grandes fractions. Livre très-facile, et d’une grande utilité._» + Barrême mourut en 1703. + + [10] Il donne ainsi son adresse en tête de ses livres: BARRÊME, + _arithméticien, demeurant au bout du Pont-Neuf, rue Dauphine, + enseigne briefvement l’arithmétique_. + + [11] «Il y a plusieurs écrivains déchiffreurs, qui ont leurs bureaux + au Palais.» Édit. 1691, p. 41. + +M. Penon fauxbourg saint Antoine près l’Abbaye, dresse et verifie les +Arpentages[12]. + + [12] «M. Caron, rue Saint-Antoine, devant l’hôtel de Beauvais, est + renommé pour l’arpentage.» _Ibid._ + +Les Jurez Bourgeois Expers pour le Toisé, Visite, et Estimation des +ouvrages dependantes de l’Architecture, ont leur Bureau à l’entrée de la +rue de la Verrerie, et sont compris dans les deux colonnes +suivantes[13]: + + [13] Ils avoient été créés au mois de mai 1690, sous le titre + d’experts jurés pour les bâtiments, et ne formoient qu’une + communauté avec les entrepreneurs. + + +_Expers Bourgeois[14]._ + + [14] Cette liste est plus complète ici que dans l’édit. précédente, + surtout pour les adresses, qui y manquent pour la plupart. L’auteur + s’en excuse par quelques lignes curieuses sur la création alors + toute récente de ces experts: «Il y a, dit-il, p. 40, des Jurez + bourgeois de nouvelle création pour le toisé, visite et estimation + des bâtiments de la ville, fauxbourg, prévosté et vicomté de Paris, + qui sont au nombre de cinquante ci-après dénommez, mais qui ont si + nouvellement financé qu’on n’a pu encore recouvrer les adresses que + d’un petit nombre d’entre eux; au besoin, il sera facile d’apprendre + la demeure des autres par la liste qui sera apposée au Châtelet + après la prestation du serment, après laquelle ils doivent être + divisez en deux colonnes comme ci-après.» + +Simon Lambert, quay de Nesle. + +Gabriel le Duc[15], rue saint Denis. + + [15] Fils ou neveu de l’un des architectes qui avoient travaillé au + Val-de-Grâce. Il avoit lui-même construit aux Petits-Pères la partie + des bâtiments où se trouvoit la bibliothèque. + +Nicolas de l’Epine[16], rue de Clery. + + [16] Reçu de l’Académie d’architecture, en 1699. Nous trouverons plus + loin son père Pierre-Nicolas de l’Épine parmi les entrepreneurs. + +Jacques Mazières, rue Neuve des Petits Champs[17]. + + [17] Il avoit fait beaucoup bâtir dans la rue Neuve-des-Petits-Champs, + où nous le voyons logé. C’est à lui et à Lulli qu’on en devoit les + premières maisons dans la partie qui longeoit le versant + septentrional de la butte Saint-Roch. Nous le trouverons plus bas, + avec Le Maistre qui suit, parmi les grands maçons. + +Pierre le Maistre, aux Invalides[18]. + + [18] Il fut au nombre des entrepreneurs de la place Vendôme et il y + vint loger. Nous l’y trouvons en 1702. + +Jean Boullier de Bourges, rue Montmartre. + +Rolland le Proüst, rue Bardubec. + +Michel de Mezerets, rue de la Verrerie. + +Isaac Meusnier, rue S. Martin. + +François Pageois, rue S. Bon. + +François Doucet[19], rue S. Bon. + + [19] L’Almanach royal de 1702, p. 113, lui donne son vrai nom: + Doussot. + +François le Clerc, rue de Grenelle, quartier saint Eustache. + +Claude Alexandre Voullau, rue Montmorency. + +Louis Couvers[20], rue Chapon. + + [20] Il faut lire Convers, comme dans l’_Almanach royal_. + +Charles Mollet[21], rue Champfleury. + + [21] Nous l’avons déjà vu plus haut au chapitre Jardinages, ainsi que + Michel Le Bouteux, qui suit. + +Michel le Bouteux, rue de la Magdelaine, fauxbourg saint Honoré. + +Charles François Person[22], place du Palais Royal. + + [22] Lisez Poerson, qu’on prononçoit Person. C’est l’assez médiocre + peintre Charles-François Poerson, qui fut professeur à l’Académie de + peinture, en 1695, et directeur de notre école de Rome, en 1704. + Nous le trouvons avec Mazière, nommé tout-à-l’heure, dans une + expertise d’art assez délicate pour un différend soulevé entre le + riche amateur Crozat et Boule. (_Archives de l’Art françois_, t. IV, + p. 332.) + +Jacques Piretoüy, vieille rue du Temple. + +Jean François Gobin, rue de la Parcheminerie. + +André Perravet[23], rue des Prouvaires. + + [23] Lisez Perrault. + +Jean Baillif, rue Levêque, quartier saint Roch. + +Baudouin Paul Lourdet, rue S. Thomas du Louvre. + +Nicolas le Juge, rue du Gindre, fauxbourg saint Germain. + + +_Expers-Entrepreneurs._ + +Bernard Menessier, rue des Roziers[24]. + + [24] «Près l’hôpital Saint-Gervais», ajoute l’_Almanach royal_ de + 1702. Nous le trouverons plus bas parmi les trésoriers alternatifs + des bâtiments. + +Jean Richer, rue saint Martin. + +Jacques de la Joue[25], rue sainte Avoye. + + [25] Il eut un fils qui fut reçu de l’Académie d’architecture, en + 1721. + +Claude Aubry, rue Montmartre. + +Jean Serouge[26], rue Beauregard. + + [26] Il descendoit de Toussaint Serouge, qui avoit été pour une part + dans la construction des Tuileries. + +Charles Joubert, rue de Poitou. + +Jean Bailly, rue Copeau. + +Jean Dorbay, rue Montorgeuil[27]. + + [27] Il y logeoit, selon l’_Almanach royal_, à l’enseigne des «petits + Carreaux», celle même qui donna son nom à la partie de cette rue + comprise entre la rue Saint-Sauveur et la rue de Cléry. Elle se + trouvoit en face du nº 29, et représentoit des petits carreaux à + carreler, ce qui convenoit fort bien comme enseigne, à un + entrepreneur. Jean D’Orbay l’étoit, en même temps qu’architecte. Il + fut même, en 1705, de l’Académie d’architecture, dont son père, + François D’Orbay, avoit été un des fondateurs. + +Simon Pipault, à l’Arsenal[28]. + + [28] Il étoit grand entrepreneur de maçonnerie. _V._ plus bas. + +Jacques Gabriel[29], rue S. Antoine[30]. + + [29] Premier architecte des bâtiments du Roi, reçu de l’Académie + d’architecture, en 1700. Il fut aussi premier ingénieur des + ponts-et-chaussées. On lui doit le projet du grand égout de Paris. + Il mourut en 1742. C’est son fils, plus célèbre encore que lui, qui + a construit le Garde-Meuble. + + [30] La maison que Jacques Gabriel habitoit, rue Saint-Antoine, avoit + été construite par lui-même, et ornée de sculptures par Le Hongre. + On y remarquoit surtout la statue d’Uranie, que celui-ci avoit posée + au-dessus de la porte. (_Mém. inéd. sur la vie et les ouvrages des + membres de l’Acad. de peinture_, t. I, p. 369.) + +Maurice Gabriel, rue S. Antoine. + +Jean Philippes, rue Michel le Comte. + +Nicolas Berthier, rue Neuve S. Roch[31]. + + [31] «Près la porte Gaillon», ajoute l’_Almanach royal_. + +Estienne le Roy, rue du bout du monde. + +Pierre Hacquan[32], rue Neuve saint Laurent. + + [32] L’_Almanach royal_ l’appelle «Hequan». + +Germain Guezard, rue Royale, quartier saint Roch. + +Jean Michel Poisson, rue Roiale, quartier saint Antoine. + +Pierre Levé, rue des Petits Champs. + +Noel Masson, rue du Roy de Sicile. + +Pierre Nicolas de l’Epine, rue de Richelieu[33]. + + [33] Père de celui que nous avons trouvé plus haut, rue de Cléry. Il + avoit pris une grande part à l’aplanissement de la butte que + longeoit la rue de Richelieu, et il s’y étoit fait bâtir un certain + nombre de maisons. _V._ notre _Histoire de la Butte des Moulins_. + +Jacques Guesniers, rue neuve saint Denis. + +Jean Poisson, rue Jean Beau Sire[34]. + + [34] Nous le trouverons plus bas parmi les grands entrepreneurs de + charpentes. + +Estienne Yvon, rue Montmartre[35]. + + [35] Il faisoit des grandes entreprises de toitures. _V._ plus bas. + +François Havart, rue Mauconseil. + +Martin Coulle[36], quartier de l’ancienne Estrapade. + + [36] Lisez: Caulle, comme dans l’_Almanach royal_. + +Jean Baptiste Marteau, rue Phelipeaux[37]. + + [37] Il fut, ainsi que Caulle, qui précède, expert dans l’affaire de + Boule et de Crozat, dont nous avons parlé plus haut. + +Jean Laisné, rue Gervais Laurent. + + + + +HABITS D’HOMMES ET DE FEMMES. + + +Monsieur Oultran Tailleur ordinaire du Corps du Roy et de +Monseigneur[1], demeure rue et vis à vis l’Hôtel de la Monnoye. + + [1] Il s’appeloit Barthélemy Autran, «travaillant seul, dit l’_État de + France_, pour les habits du Roy, de Monseigneur le Dauphin et de + Messieurs les princes ses enfants». + +M. Barois aussi Tailleur du Roy[2], demeure rue saint Honoré près les +Pères de l’Oratoire. + + [2] Il étoit sans doute des douze tailleurs ordinaires. L’_État de + France_ ne le nomme pas. + +Messieurs Francisques[3] et du Puis[4] Tailleurs de Monsieur et de +Monseigneur le Duc de Chartres, demeurent sçavoir le premier près le +Palais Royal, et le deuxième rue des Petits Champs. + + [3] L’_État de France_ le nomme Francisque Sérini. + + [4] François-Louis Du Puy. Son fils Gabriel avoit sa charge en + survivance. + +M. Mindy aussi Tailleur de Monsieur, demeure devant l’Hotel d’Aligre à +l’Escouvette[5]. + + [5] L’_Écouvette_, que ce découpeur de draps avoit pour enseigne, + étoit une longue brosse à manche, dont l’apprêteur se servoit, + pendant le pressage des étoffes, pour asperger d’eau les plaques + employées à les chauffer. + +Le Bureau des Maitres et Marchands Tailleurs de Paris est sur le quay de +la Mégisserie[6]. + + [6] Il n’y avoit, quai de la Mégisserie, que leur bureau. La confrérie + étoit à la Trinité. + +Les quatre Jurez en Charge de la Communauté, sont Messieurs Blin cloitre +Notre Dame, la Lande rue saint Antoine, Brigüion rue Neuve saint +Mederic, et Caubet rue de Grenelle. + +Entre les Tailleurs pour hommes qui sont d’ailleurs renommez pour bien +travailler, sont Messieurs Bonneau, Lagaru, Theveniere et la Lande +devant l’Hôtel d’Aligre, Prévost et Landault rue des Petits Champs, la +Lesse et Durant rue d’Orléans, la Borde rue du Four quartier saint +Eustache, Chapignolle et du Chesne près la Boucherie de Beauvais[7], +André rue Betizy, Guérard rue de Montmorency, Ruby rue de Guénégaud, +Bresson rue saint Martin, Bausquet, Bouret et Ferret rue des Prouvaires, +Goguet et Trallot rue de l’Arbre sec, Juste rue des Bourdonnois, Migeon +devant le Jeu de Metz, etc. + + [7] Cette boucherie, qui devoit son nom à la Halle, dont elle avoit + pris la place, et que s’étoient longtemps partagée les tisserands de + Paris et les marchands de Beauvais, se trouvoit au coin de la rue + Saint-Honoré et des piliers des Halles. + +Le Sieur Roussel Tailleur privilegié rue saint Honoré au coin des +Pilliers des Halles, tient magasin de toutes sortes d’habits pour +hommes, neufs et de rencontre. + +Il y a sous les mêmes Pilliers un grand nombre de Tailleurs Fripiers, +qui tiennent magasin d’habits de rencontre, entre lesquels le Sieur +Fournerat[8] entreprend d’entretenir un homme d’habits honnêtes pour +quatre pistoles par an[9]. + + [8] La rédaction est un peu différente dans l’édit. de 1691, p. 25: + «Le sieur Fournerat, marchand fripier, sous les piliers des Halles, + entretient bourgeoisement et honnêtement d’habits, pour quatre + pistoles par an.» Avant cet article, on y trouve celui-ci: «Il y a + une friperie aux Halles, qui s’étend jusqu’au Pont-Neuf, pour le + commerce des habits tout faits, vieux et neufs, simples et garnis, + et même pour les habits de deuil et pour ceux de théâtre et de + mascarades qu’on peut louer à tant par jour.» Le Pont-Neuf étoit + leur limite. Depuis une ordonnance de police du 9 mars 1669, ils + n’avoient sous aucun prétexte le droit d’y étaler pas plus qu’à la + place Dauphine. On les parquoit aux Halles et dans les rues + avoisinantes pour mieux pouvoir les surveiller, presque tous étant + soupçonnés d’être des recéleurs. + + [9] Fournerat eut souvent, pour son genre d’industrie, maille à partir + avec les drapiers. Il ne se conformoit pas--car il travailloit + autant sur le neuf que sur le vieux--à l’arrêt du 6 février 1616, + enjoignant aux fripiers de n’avoir que des morceaux d’étoffes de + cinq aunes au plus, et non des pièces entières. Aussi les drapiers + obtinrent-ils contre lui une condamnation, le 23 décembre 1697.--Les + drapiers étoient, au reste, très-attentifs aux intérêts de leur + commerce et, par là, très-processifs. Ils avoient eu par exemple, + pour faire valoir les droits de leur corporation, un procès en 1688 + avec les marchands de soie. Ils le gagnèrent. Regnard y fait + allusion dans sa farce _Le Divorce_, acte III, sc. 6. + +Les Frères Tailleurs[10] demeurent à présent rue saint Denis au bon +Pasteur près sainte Opportune. + + [10] C’étoit une communauté, moitié laïque, moitié religieuse, que ne + lioit aucun vœu, mais dont quelques pratiques religieuses et surtout + le travail étoient la règle. + +Il y a au bout de la rue Dauphine un Marchand Chaussetier qui fait des +bas de toiles pour hommes. + +Entre les fameux Tailleurs pour femmes[11], sont Messieurs Regnaud +devant l’Hôtel d’Aligre, Villeneuve près la place des Victoires, +Lallemand rue saint Martin, le Brun, le Maire et Bonjuste rue de +Grenelle, Chalandat rue de l’Arbre sec, Fabre rue saint Antoine au Plat +d’Etain, la Barque devant le Sepulcre, Bertrand rue des Petits Champs, +Taland vis à vis saint Germain, etc. + + [11] Ils étoient moins des tailleurs que des _Corsetiers_: «Ils + s’attachent particulièrement, dit M. de Paulmy, à faire les corps et + corsets baleinés, ce qui est vraiment un ouvrage difficile et + délicat.» (_Mélanges d’une grande Bibliothèque_, t. XXII, p. + 223.)--C’est donc comme corsetier et non autrement que Bandelet, + propriétaire de la maison de la rue de Richelieu où mourut Molière, + étoit tailleur de la reine. + +Entre les Maîtresses Couturières qui sont en réputation de bien habiller +les Dames, sont Mesdames Charpentier rue Montorgueil près saint +Eustache, Villeneuve près la place des Victoires, Remond et Prevot rue +des Petits Champs, Billard rue sainte Avoye, Bonnemain rue des fossez +saint Germain l’Auxerrois, Fauvé Port saint Landry, etc. + +M. l’Hermineau Brodeur du Roy, demeure aux Galeries du Louvre[12]. + + [12] Il occupoit ce logement des galeries depuis 1663; il y mourut en + 1694. L’abbé de Marolles, dans _Le Livre des Peintres_, etc., édit. + G. Duplessis, p. 87, accorde ce détestable vers à cet artiste de la + broderie: + + Larmino, grand brodeur, le fut aussi du Roy. + +Les autres Brodeurs qui travaillent pour Sa Majesté[13] et pour la Cour, +sont Messieurs de la Croix rue Neuve Saint Martin, Quenain rue +d’Enfer[14], etc.[15] + + [13] Le roi, outre L’Hermineau, avoit deux brodeurs ordinaires. + + [14] «M. Quenain, fameux brodeur, demeure rue d’Enfer, au faubourg + Saint-Michel.» Édit. 1691, p. 63. + + [15] Il faut placer parmi ceux que Blegny ne nomme pas, Moignon, + «excellent brodeur», comme l’écrit Duché dans une note de ses + Pensées, à la suite des _Préceptes de Phocylide_, 1693, in-12, p. + 118, après avoir dit: «Vous êtes jeune, Lisandre, bien fait, + bruyant, effronté, vous avez un habit brodé par Moignon, un carrosse + du bon faiseur...» + +Les Sieurs Thierry, Frères[16], fameux découpeurs, demeurent rue +Tirechappe, et devant saint Mederic. + + [16] «Qui découpent les étoffes en perfection.» _Id._, p. 60. + +Pour les Habits de Théatre et de Balets, voyez l’article des Passetemps +et Menus Plaisirs. + +M. du Mont près les Quinze Vingts qui fait très bien les Habits +ordinaires, travaille aussi par excellence aux Habits de Theâtre et de +Balets. + + + + +COMMERCE DE CHAPEAUX. + + +Le Bureau de la Communauté des Maîtres et Marchands Chapeliers est rue +de la Pelleterie où arrivent tous les Caudebecs[1] et autres Chapeaux +manufacturez au dehors. + + [1] Ces chapeaux étoient une fabrication toute spéciale à la ville de + Normandie qui leur avoit donné son nom. Pour les obtenir, on + feutroit la laine d’agneau ou l’agnelin, avec le poil de chameau et + le duvet d’autruche. (Savary, _Dictionn. au Commerce_, au mot + chapeau.) On en vendoit beaucoup à Paris. Les vers de Boileau, dans + sa VIe épître, sont bien connus: + + Pradon a mis au jour un livre contre vous, + Et chez le chapelier du coin de notre place, + Autour d’un _Caudebec_ j’en ai lu la préface. + +Pour les Bureaux de la Marque des Chapeaux, voyez l’article des Bureaux +publics. + +M. le Page Chapelier du Roy et qui fournit presque toute la Cour[2], +demeure rue saint Honoré près les Peres de l’Oratoire. + + [2] Il ne figure pas dans l’État de France. On n’y trouve nommé que + Edme De Jouy, chapelier de Monsieur. + +Entre les Marchands Chapeliers qui tiennent magasin, et qui font de +grosses fournitures aux troupes et aux Marchands forains, sont Messieurs +Coquelin, Halé l’ainé et Bizoret rue de la vieille Monnoye, Marie rue +des Boucheries saint Germain, Veron rue du Four, Fromentin près le +Palais Royal, Gobert rue de la Bucherie, Brisan et le Tourneur rue de +Betizy, etc. + +Les Veuves[3] qui font aussi un fort grand commerce de Chapeaux, sont +Mesdames Meralde rue Briboucher, Durant pont saint Michel, etc. + + [3] Ce sont des veuves de maîtres, qui continuoient, avec la même + maîtrise, le commerce de leur mari. Dans la librairie surtout et + l’imprimerie cette succession des veuves, à Paris du moins, étoit un + droit: «A Paris, lisons-nous dans un document du temps de la + Régence, les veuves des Libraires et Imprimeurs sont dans une + possession constante de continuer la profession de leurs maris.» + _Minutes des Lettres du Conseil_ pour 1717, p. 14, à la Biblioth. du + Ministère de l’Intérieur. + +Entre les Marchands Chapeliers qui tiennent boutique et qui font un +grand détail, sont Messieurs Herard rue saint Honoré au Grand +Mousquetaire, Vernault rue de l’Arbre sec, le Lievre et Verron place +Maubert, Buquet, le Camus et Halé cadet fauxbourg saint Marcel, le Page +et Fery Pont Notre Dame, Joffroy près l’aport de Paris, les Frères +Gasteliers Pont au Change[4], Aprin Pont Saint Michel au Loüis d’argent, +Menil rue aux Ours, Santerre rue des Juifs, etc.[5]. + + [4] Les vieux chapeaux, dont le commerce n’étoit pas moins + considérable que celui des neufs, se vendoient tout près de là: + «pour la commodité de bien des gens, dit Liger, p. 400, on vend des + vieux chapeaux repassez sous le petit Châtelet.» C’est là que se + fournissoit le poëte besogneux, dont Monteil possédoit manuscrite + une requête rimée au prince de Turenne: + + Je chercherai des nippes au hazard... + Au Châtelet, à bon marché un feutre, + Castor tout neuf est trop cher pour un pleutre. + + Il a paru dans la _Revue des Provinces_ de juin 1865; p. 531, à + l’article _Varia_, un curieux fragment inédit de l’abbé de Choisy + sur _ce que devenoient sous Louis XIV les vieux castors_. + + [5] «Il y a un grand magazin de chapeaux rue des Assis (Arcis); un + autre rue des Boucheries, faubourg Saint-Germain, et un autre rue + Saint-Denis, au grand Signe.» Édit. 1691, p. 26. + + + + +OUVRAGES ET MARCHANDISES DE CORDONNIERS. + + +La Halle aux Cuirs est au bout de la rue de la Lingerie, où arrivent +tous les Cuirs forains[1]. + + [1] On y vendoit spécialement «les cuirs à soulier», suivant l’édit. + de 1691, p. 37. + +Le Bureau de la marque des Cuirs où l’on paye le sol pour livre[2], est +rue Betizy[3]. + + [2] «Le bureau du sol pour livre pour les vendeurs de cuir.» Édit. + 1691, p. 36. + + [3] «Devant l’hôtel de Montbason.» _Id._ + +Le Bureau des Maîtres et Marchands Cordonniers, est sur le quay de la +Mégisserie près le Chatelet[4]. + + [4] A quelque distance, se trouvoit un débit de marchandises dont + parle la 1re édit., p. 37, et qui n’est mentionné nulle part dans + celle-ci: «les vrais maroquins du Levant se vendent chez divers + marchands pelletiers qui ont leurs boutiques et magasins près + l’égoût du grand Châtelet, et qui font, d’ailleurs, commerce de + buffles, de chamois et de toutes sortes de peaux.» Un peu plus haut, + se lit cet autre détail: «la manufacture des maroquins rouges, façon + du Levant, est dans la rue de Charonne, faubourg Saint-Antoine.» La + comtesse de Beuvron avoit fait accorder le privilége d’une fabrique + pareille, dont nous avons parlé t. I, p. 109, sous la condition + d’une grosse part dans les bénéfices. (_Correspondance administrat. + de Louis XIV_, t. III, Introduction, p. LV.) + +Il y a pour les Cuirs de Paris un grand nombre de Corroyeurs rue de la +Tannerie, rue Marivaux, cloitre saint Jacques de la Boucherie, et +fauxbourg saint Marcel aux environs des Gobelins. + +Il y a plusieurs Marchands Cordonniers qui vendent des souliers tous +faits aux Halles, rue Notre Dame, rue Dauphine, rue de Bussy et rue +sainte Marguerite[5]. + + [5] Ces souliers tout faits se vendoient principalement aux Halles, où + il en venoit de toute la France. Le Berry en fournissoit beaucoup, + la Flandre de même. Déjà, sous Henri IV, tout ce qu’elle avoit de + vieux souliers étoit expédié à Paris, où on les remettoit à neuf. + (Montchrestien, _Traité de l’Œconomie politique_, 1615, in-4º, p. + 108.) + +Entre les fameux Cordonniers pour hommes qui servent un grand nombre de +personnes de considération, sont les Sieurs Lucas vieille rue du Temple, +Carré rue de la vieille Bouclerie, Perrot rue de la Verrerie, des Ordres +rue saint Jacques, Raverdy rue saint André, Chiroir sur les fossez saint +Michel, Malbeau rue de la Harpe, le Breton rue Dauphine, Poiree rue des +Nonnandieres, Soyer porte saint Germain, Parent et le Basque rue de +Bussy, Loziers rue de Seine, Halloz rue Galande, etc.[6] + + [6] Dans cet _et cætera_ de Blegny il faut placer le cordonnier + Prudent que cite Coulange au premier couplet de son excellente + chanson, _Les Moines_. + +Entre les Cordonniers pour femmes qui se font distinguer par la propreté +de leurs ouvrages, sont les Sieurs Raveneau rue des Cordeliers, Vernon, +Gaborry et Couteaux rue des fossez saint Germain, Bisbot rue Dauphine, +Sulphour rue saint Severin[7], etc. + + [7] Il ne faut pas s’étonner de voir un cordonnier à la mode logé dans + une rue aussi malpropre que la rue Saint-Séverin; celui qui + chaussoit, au siècle suivant, la dernière favorite de Louis XV, ne + l’étoit pas mieux. Chantoiseau l’indique ainsi, en 1773, dans son + _Almanach général d’indication_: «Charpentier, cul de sac de la + Fosse aux Chiens, cordonnier ordinaire de Madame la Comtesse du + Baril (_sic_) et autres dames de la Cour.» + +Le Sieur des Noyers rue sainte Anne, fait des Souliers de femmes d’une +grande propreté qu’il vend un louis d’or[8]. + + [8] Le louis d’or étoit alors de 12 livres 10 sols, depuis 1689. Il + descendit à 12 livres, en avril 1692, puis à 11 livres 10 sols, en + 1693. (Dangeau, t. III, 39; IV, 61, 349.) + +Le Poitevin rue Mazarine, fait[9] des Souliers d’hommes qui résistent +fort à l’eau, et qu’il vend un demi louis d’or. + + [9] «De très-beaux et bons souliers à la cavalière, qu’il vend un + demi-louis d’or.» Édit. de 1691, p. 25-26. + +Plusieurs Cordonniers des environs du Palais[10], dont il a été parlé à +l’article des Armes et Bagages de guerre, font des Souliers de Cuir de +botte qu’ils tiennent tous faits dans leurs boutiques, et qui sont d’un +bon usage en hiver, par exemple, les Sieurs Noel, Picard, Simon, etc. + + [10] Les pantoufles de velours, autrement appelées _mules_, se + vendoient au Palais même. Les hommes s’y fournissoient surtout. + (Liger, p. 401.) Ces pantoufles du Palais furent longtemps célèbres. + +Les Frères Cordonniers logent présentement rue saint Denis au Bon +Pasteur vers sainte Opportune[11]. + + [11] Dans l’édit. précédente, p. 61, on lisoit: «les frères + cordonniers demeurent rue des Grands-Augustins.» C’étoit une + communauté pareille à celle des frères tailleurs, dont il est parlé, + p. 61, et avec laquelle, comme on voit, elle étoit venue se loger + sous l’enseigne si bien choisie du _Bon-Pasteur_. Racine s’y + fournissoit pour son fils aîné: «Vous trouverez, lui écrit-il, le 26 + janvier 1698, dans les ballots de Monsieur l’Ambassadeur: un étui, + où il y a deux chapeaux pour vous, un castor fin et un demi-castor; + vous y trouverez aussi une paire de souliers des frères.» + +Le Sieur Goubier Epicier rue de Gesvre, vend une bonne Cireure pour les +Cordonniers[12]. + + [12] Son article est plus étendu dans l’édit. précéd.: «le sieur + Goubier, apothicaire-épicier, fait et vend toutes sortes de + bijouterie de cire pour les enfants, et une bonne cire neuve pour + les cordonniers.» Richelet donne dans son _Dictionnaire_ la recette + de ce cirage primitif: «composition de cire, dit-il, de suif et de + noir de fumée, de térébentine de Venise, de blanc de plomb, et + autres ingrédiens qu’on fait bouillir, pour cirer les bottes, les + gros souliers...» + + + + +ADRESSES + +_Concernant les articles precedens, recouvertes après leur impression._ + + +Messieurs Doye et Falaiseau rue des cinq Diamans, Piogé rue du petit +Lion, et Bastonneau vieille rue du Temple[1], tiennent comptoirs pour la +Banque et les Remises de places en places. + + [1] Il étoit de la famille de ces Bastonneau, les gros marchands de + soie, dont Guy Patin a parlé (anc. édit., t. II, p. 220). Ils + étoient venus de Lyon à Paris, où, après avoir continué leur + commerce, ils s’étoient mis dans la banque. Un d’eux, Claude + Bastonneau, avoit, en 1640, été enterré à St-Eustache (Le Beuf, + _Hist. du. dioc. de Paris_, édit. Cocheris, t. I, p. 240). En 1662, + François Bastonneau et Pierre Bidal, son associé, marchands de soie, + avoient fait saisir, pour une forte somme qui leur étoit due, les + biens du baron de Blancheface. (_Archives hospitalières_, + Hôtel-Dieu, t. I, p. 172.) + +M. Bourdon qui grave pour la Taille douce et pour les Cachets, demeure +rue Dauphine, M. Garrier quay des Orfevres à la Banniere de France, est +encore distingué pour les Cachets. + +Entre les Chirurgiens renommez pour les opérations, sont Messieurs +Lartet Chirurgien du Roy par quartier[2], Isle Notre Dame sur le quay +Bourbon, et Gervais[3] premier Chirurgien de la feue Reine et +ordinairement de Monseigneur à l’Hôtel de Noüailles près saint Roch pour +la Saignée, M. du Pré rue Platrière, et pour les accouchements M. Marcel +près la porte saint Martin. + + [2] Il étoit de service chez le Roi pendant le quartier de janvier. + + [3] Il servoit pendant le quartier d’octobre. + +Madame Parfait au Pavillon des Tuilleries près la grande Ecurie[4], est +une Sage femme de distinction[5]. + + [4] Celui qui, vers le même temps, commença d’être appelé le pavillon + Marsan. + + [5] Les sages-femmes étoient peu nombreuses alors, mais d’autant plus + considérées. Plusieurs avaient marqué dans le monde, ainsi la + fameuse Mme Pilou que l’abbé de Choisy (_Mém._, coll. Petitot, 2e + _série_, t. 63, p. 515) nous dit formellement avoir été une + accoucheuse; et la grand’tante de Racine, Mme Vitart. (Mesnard, _Vie + de Racine_, p. 40.) On ne leur reprochoit que de n’être pas assez + instruites. Elles ne l’étoient pas plus à Amsterdam, mais on y avoit + avisé en leur donnant pour maître le célèbre Ruysch. V. son éloge + par Fontenelle, _Œuvres_, t. VI, p. 512. + +Messieurs Boudin[6], Poisson[7], Beaulieu[8] et Doquican[9] premiers +Apoticaires du Corps du Roy, logent quand ils sont à Paris chez M. de +Rouviere Apoticaire de Sa Majesté près saint Roch. + + [6] Philibert Boudin. Son service chez le Roi, avec un + aide-apothicaire, le sieur Damaron, étoit celui du trimestre + d’avril. + + [7] Il servoit pendant le quartier de janvier. + + [8] Son service commençoit en octobre. + + [9] Son vrai nom étoit de Hoquiquant, comme le donne l’_État de + France_. Il étoit de service pendant le quartier de juillet. + +M. Benoist qui tient le Cercle Royal rue des saints Pères, et +Mademoiselle Benoist rue saint Antoine, font très bien les Portraits en +cire[10]. + + [10] Ce Benoît fut, avec plus de perfection, le _Curtius_ du XVIIe + siècle. Il faisoit, en effet, avec la cire, des portraits d’une + ressemblance inouïe. Le plus curieux spécimen qui nous en soit + parvenu, est celui de Louis XIV, retrouvé à Versailles par Eudore + Soulié et placé aujourd’hui dans la chambre à coucher du Roi. Ses + masques, dont Saint-Simon a parlé, n’étoient pas moins étonnants: + «On avoit fait, dit-il, t. III, p, 135, pendant l’hiver précédent, + plusieurs masques de cire de personnes de la Cour, au naturel, qui + les portoient sous d’autres masques, en sorte qu’en se démasquant on + y étoit trompé en prenant le second masque pour le visage, et c’en + étoit un véritable, tout différent, qui étoit dessous; on s’amusa + fort à cette badinerie.» Ailleurs, t. II, p. 72, il nous avoit déjà + fait voir, dans un autre bal de la Cour, un masque, dont les quatre + visages de cire, représentant quatre personnes différentes, et qu’il + faisoit tourner avec la plus amusante adresse, avoient intrigué tout + le monde.--Benoist ne s’en tenoit pas à l’industrie des bustes et + des masques, il faisoit aussi des personnages de grandeur naturelle. + C’est ce qu’il appeloit son _Cercle_, ou _le Cercle du Louvre_, + comme dit Robinet dans sa _Gazette_ du 23 fév. 1667, époque vers + laquelle il en commença l’exhibition. Chaque année, il l’exposoit à + la foire Saint-Germain, voisine de son logement de la rue des + Saints-Pères. Dancourt en fait une des principales curiosités de + cette foire: «LORANGE. Voyez ici, Messieurs, le Cercle nouveau des + figures parlantes, aussi hautes que le naturel.» _La foire + Saint-Germain_ (1696), scène XVIII. La Bruyère n’a pas oublié + Benoît. «B..., dit-il, s’enrichit à montrer dans un _Cercle_ des + Marionnettes.» Benoît devint riche en effet: lorsqu’il mourut, en + 1717, il l’étoit. Le Roi y avoit aidé, en lui donnant, en 1668, le + titre de son sculpteur en cire, et permission d’exposer dans tout le + royaume «les personnes de tout rang qui composoient le cercle de la + feue Reine, d’en faire même de nouveaux, et de masquer en cire à sa + convenance.» Cette permission, qui étoit de trente ans, lui fut + continuée sous forme de privilége exclusif, pour trente années + encore, en 1688. Il étoit né en 1632 à Joigny, où il avoit fondé un + lit à l’hôpital. V. _Rev. des Soc. sav._, 4e série, t. II, p. 232. + +M. Coquelin Chancelier de l’Eglise de Paris[11], demeure rue saint Louis +en l’Isle. + + [11] Il avoit, comme chancelier, le sceau du chapitre de Notre-Dame, + et une partie du soin des petites écoles lui revenoit. Il faisoit + aussi l’ouverture des conférences de l’archevêché. Ménage, qui + logeoit au cloître et en savoit toutes les histoires, en racontoit + une à ce sujet: «M. Coquelin, ayant quitté la perruque, étoit + presque méconnaissable. En ce temps-là, il fit l’ouverture d’une des + conférences archiépiscopales, fort bien à son ordinaire. M. de Vert + lui dit: Monsieur, je ne vous ai reconnu qu’à votre éloquence.» + (_Menagiana_, t. II, p. 72.) + +On recite tous les Samedis et veilles de la Vierge, des Motets en +musique à Notre Dame devant sa Chapelle après Complie. + +M. Chartrain dont on n’a pas l’adresse, est un grand maître pour le +Grec[12]. + + [12] Il étoit de la même famille que le M. Chartrain indiqué plus + haut, t. I, p. 257, comme excellent maître de géographie, histoire, + blason, etc. + +Les Medecins en leur Collège rue de la Bucherie, visitent gratuitement +les pauvres Malades tous les Samedis matin, et les Chirurgiens sous les +Charniers de S. Côme tous les premiers Lundis des mois. + +M. Gaultier enseigne en ville et chez luy rue des Petits Champs, +l’Architecture civile et militaire, et généralement les parties de +Mathématiques. + +_Nota._ Qu’outre les jours marquez pour les Audiances des Officiers du +Grenier à Sel, ils les tiennent encore tous les Lundis en Janvier, +Octobre, Novembre et Décembre. + +On vend des Truffles rue Serpente au Messager de Thoulouse[13]. + + [13] Il étoit du bel usage, selon Richelet, d’écrire et de prononcer + _truffles_. Elles étoient un régal en vogue. Les dames surtout en + étoient très-friandes. (L’abbé de Villiers, _Vérités satiriques_, p. + 199.) + +Aux environs du Temple, de la porte Mouton et de la porte saint Louis, +il y a des femmes qui fournissent aux malades du lait d’anesse[14], de +vaches et de chevres frais tiré. + + [14] C’étoit déjà, sur la recommandation des médecins galénistes, qui + l’avoient trouvé prescrit par Galien, leur maître, un des remèdes en + vogue pour les poitrines débilitées. Gui Patin dit que sa grand’mère + put vivre jusqu’à quatre-vingts ans, parce qu’elle avoit pris du + lait d’ânesse pendant soixante. (_Lettres_, édit. in-8, t. III, p. + 462-463.) + +M. Martin rue de Richelieu, est encore un fameux pour le Clavesin[15], +M. de Vizé à Luxembourg pour le Theorbe[16], Louis Horteterre près saint +Jacques de la Boucherie pour tous les Instrumens à vent[17], des +Cotteaux au fauxbourg saint Antoine, et Filbert rue saint Antoine pour +la Flute Allemande[18]. + + [15] Blegny oublie qu’il l’a déjà dit plus haut. + + [16] Il n’avoit été cité plus haut, t. I, p. 211, au chapitre des + musiciens que pour son talent sur la guitare, fort semblable du + reste au théorbe. C’est pour la guitare qu’il est surtout vanté dans + les lettres de Mad. de Sévigné, t. X, p. 352. Un autre instrument de + la même famille que le théorbe, le luth, et la guitare étoit + «l’angélique» dont jouoit «excellement», suivant Richelet, t. I, p. + 59, Lefèvre, de la même famille que celui que nous avons vu, t. I, + p. 209, parmi les fabricants d’orgues. + + [17] Il étoit de la famille de Colin et Jean, qui ont eu plus haut, t. + I, p. 212, leur mention pour la fabrication des instruments. + + [18] Blegny ne fait encore que répéter à peu près ce qu’il a déjà dit. + V. t. I, p. 212-213. + +M. Coquart rue Simon le Franc, fait commerce en gros de toutes sortes de +cannes[19]. + + [19] Nous verrons un peu plus loin, par les bois dont il faisoit + commerce, qu’il étoit tablettier. Ses cannes ne pouvoient donc être + d’un grand prix. Des arrêts, que celui du 26 avril 1700 confirma, + enjoignoient, en effet, aux tablettiers, de ne vendre qu’une seule + espèce de cannes, sans ornement d’or, d’argent ou d’acier. + +Messieurs Halin rue Jean saint Denis, indiquez[20] pour les Timballes et +Trompettes, sont aussi d’excellens Maîtres pour le Basson[21]. + + [20] _V._ plus haut, t. I, p. 215, à la suite des maîtres, pour l’art + de chanter. + + [21] C’est le _fagotto_ italien, adopté depuis peu chez nous, où on + l’avoit appelé «basson», parce qu’il y servoit surtout de basse dans + les concerts de musette, alors à la mode. (Mersenne, _Harmonie du + Monde_, liv. 5.) + +Mademoiselle Cochois rue Briboucher près saint Josse[22], est fort +stilée aux Coiffures de Toilles et de Dentelles pour les Dames[23]. + + [22] La chapelle Saint-Josse faisoit le coin de la rue + Aubry-le-Boucher et de la rue Quincampoix. + + [23] Les marchands lingers et les marchandes lingères étoient depuis + longtemps en nombre dans la rue Aubry-le-Boucher. Bodeau, le riche + linger, qui fit tant de folies pour Mlle Paulet, y logeoit. C’est là + que Lemaître, dont le fils, Antoine Lemaître, fut une des gloires de + Port-Royal, avoit sa boutique de dentelles de Flandre; enfin, c’est + rue Aubry-le-Boucher que Mme Coisnard, la grosse lingère et + dentellière, fit sa fortune. (_V._ Tallemant, _Historiettes_, édit. + P. Paris, t. I, 225; III, 16, 34, 114; VI, 116.) + +Madame Roüin devant le Collège des Plessis fait des Rabats unis par +excellence[24]. + + [24] Dans l’édit. précéd., elle est nommée avec «le sieur Des + Trapières, rue Bétizy, aux Trois-Bourses», p. 62. + +M. Ladoireau rue Tictonne fait de beaux Ouvrages d’Orfèvrerie[25]. + + [25] Pour une saisie faite chez lui, en 1693, _v._ t. I, p. 244, note + 4. + + + + +DIVERSES ADRESSES + +_Concernant des talens distinguez des articles précédens._ + + +Entre les Orlogeurs qui sont en réputation pour les Montres et Pendules, +sont Messieurs Turet aux Galeries du Louvre[1], de Mergue Cour Neuve du +Palais, Cribelin rue de Bussy, etc. + + [1] Il avoit ce logement des galeries depuis le 30 janvier 1686: + «Isaac Turet, écrit G. Brice, horloger de l’Académie des Sciences, + qui a beaucoup contribué à perfectionner la pendule.» (3e édit., t. + I, p. 73.) Il ne faut pas le confondre avec Huret «horlogeur du + Roy», gendre de Bérain. + +Le Sieur Chambon habile Guainier, demeure Cour neuve du Palais. + +Le Sieur le Sansonnier Ecrivain Juré de l’Université, a le talent de +bien dresser et de bien écrire les Placets sur quelque sujet que ce +soit, dont il garde religieusement le secret[2], son Bureau est à +l’Hôtel de la Préférence sous le Cadran de l’Eglise des Innocens. + + [2] Blegny nous surfait beaucoup l’honnêteté de l’écrivain-juré. Il + n’étoit rien moins que sûr. Il fut compromis, en 1699, avec les + prévaricateurs du commerce des blés et arrêté. Les détails de son + affaire se trouvent dans les _mss._ Delamarre, à _la Biblioth. + Nat._, nº 21,644, p. 187. + +Le Sieur le Febvre rue de Venise au quartier de la rue Quinquempoix, +vend et loue des chevaux à toutes mains. + +Nicolas le Heurteur, aporte à Paris de Fleury-la-Forest en Normandie, +toutes sortes de boettes de Liettiers[3] qu’il vend en gros à juste +prix; il vient ordinairement deux fois le mois et loge rue Montorgueil à +l’image saint Nicolas. + + [3] C’est laïettier qu’il faut lire. La «laïette» n’étoit, en effet + alors, qu’une de ces sortes de boîtes qu’on faisoit venir de + Fleury-la-Forest, près les Andelys, d’où il n’en vient plus: «petit + coffre de bois, dit Richelet, qui n’a qu’une simple serrure, et qui + n’est couvert ni de peau ni de cuir.» + +Le Bois d’Ebène et de Gayac, sont commercez en gros par M. Coquart rue +Simon le Franc. + +La Dame Passavant[4] près la Magdelaine a le talent de bien faire les +Bonnets carrez. + + [4] «Sage-femme.» Édit. 1691, p. 26. + +On fait des Calottes de toile jaune et de ratine à mettre sous les +perruques, chez un Calotier à la porte neuve du Palais. + +La Manufacture de Stuc Cuit[5] est au fauxbourg saint Antoine. + + [5] Le stuc est toujours cuit. C’est du plâtre mêlé de poudre de + marbre, qu’une forte cuisson durcit, et permet de polir. On en + faisoit alors des plafonds, sur lesquels on peignoit comme à + fresque. + +Les faiseurs de Fourneaux et de Creusets servant à la Chimie, demeurent +place de l’Hotel de Conty, rue Mazarini et au fauxbourg saint Jacques. + +Le Sieur Rohault Emailleur[6] rue saint Denis, fait des Figures et +Aigrettes d’émail. + + [6] _V._ les notes sur lui et sur Hubin, qui suit, au chapitre du + _Commerce de Curiositez_, t. I, p. 242. + +Les Yeux artificiels se font chez le même Hubin rue saint Martin et chez +le Sieur le Quin rue Dauphine. + +La Folie rue du petit Pont[7], et Thevenot rue Git le Cœur, affichent +pour le public. + + [7] Dans la première édit., p. 59, son adresse est donnée «rue de la + Huchette, aux Trois-Bources». A la suite, vient «le Comte, rue du + Petit-Pont, à la Rose-Rouge». + +Le Sieur Bara qui vend du Canepin[8] pour boucher les bouteilles, +demeure au cul de sac de la porte saint Martin[9]. + + [8] On appeloit ainsi l’épiderme de peau d’agneau ou de chevreau. Il + avoit servi, comme un vélin très-fin, pour écrire; et nous ne + serions pas surpris que le mot _calepin_ en fût venu, quoi qu’en + dise l’étymologie courante. + + [9] Les Bara étoient nombreux dans Paris et d’industries différentes. + Mme Sand, _Histoire de ma vie_, t. I, p. 19, en cite un, qui avoit + été parrain de sa mère, et dont nous avons connu le petit-fils, qui + vendoit des oiseaux, comme son aïeul, au coin de la rue Saint-Claude + et du boulevard, dans l’hôtel où avoit logé Cagliostro. Le + grand-père de Mme Sand étoit lui-même «maître oiselier» et de plus + «maître paulmier», ce qui ne nous surprend pas, les marchands + d’oiseaux faisant volontiers plusieurs métiers. Un d’eux, que Blegny + n’auroit pas dû oublier au chapitre du _Commerce de Curiositez_, + s’étoit enrichi à vendre toutes sortes de bijoux, après n’avoir + d’abord vendu que «des cages de prix et des oiseaux». On ne + l’appeloit pour cela que l’Oyselier. Son vrai nom ne nous est pas + parvenu. (_Mercure galant_, nov. 1683, p. 287.) Chevreau parle de + lui dans cette note de ses _Œuvres meslées_, 1697, in-8º, p. 200: + «L’Oiselier étoit un fameux marchand de Paris, qui vendoit à toute + la Cour toutes sortes de curiosités.» + +Le Sieur Dalesme[10] rue saint Denis près la fontaine la Reine, vend des +Plumes et Semelles d’acier de son invention, et encore un Tuyau de tolle +de fer, où l’on brule le bois sans cheminée et sans fumée. + + [10] André Dalesme, qui, de simple marchand de tuyaux fumivores, + devint membre de l’Académie des Sciences. On voit ici qu’il avoit + devancé les inventeurs de plumes d’acier. Il toucha de près aussi à + l’invention du _Thermolampe_ et à celle de la machine à vapeur. _V._ + sur lui, _le Vieux-Neuf_, 2e édit., t. II, p. 384-385. + +La bonne faiseuse de Mouches demeure rue saint Denis à la perle des +Mouches[11]. + + [11] Blegny auroit bien dû nous dire son nom. Nous aurions su + ainsi--ce qui ne manquoit pas de curiosité--si c’étoit toujours la + femme Chevalier, dont, suivant l’auteur du _Peintre-Graveur_, la + fille Madeleine avoit épousé le peintre Bernard, et étoit devenue + mère du fameux financier Samuel Bernard.--_V._ dans nos _Variétés_, + t. VII, p. 9, une pièce de 1661, _La faiseuse de mouches_. + +Les Manufactures de Toilles cirées sont dans la grande rue du fauxbourg +saint Antoine[12]. + + [12] C’est à Paris qu’il s’en fabriquoit le plus. Jusqu’à la fin du + dernier siècle, le secret de l’enduit des toiles cirées fut gardé + par ceux qui les fabriquoient. + +Les Boisseliers de la Halle au bled font[13] les tamis d’Apoticaires et +de Parfumeurs. + + [13] «Un particulier commerce de tamis à passer les poudres.» Édit. + 1691, p. 64. + +Le Sieur Barbier qui indique des Privilèges à vendre et à louer pour les +Arts et Métiers, demeure rue des Lombars au Plat d’Etain. + +Le Sieur Jo et quelques autres Potiers d’Etain près la porte saint +Marcel, font de grandes et petites Seringues qu’ils vendent aux +Marchands à juste prix. + +Le Sieur Colson fauxbourg saint Antoine devant la rue de Charonne, a un +particulier talent pour monter les Scelets[14] de toutes sortes +d’Animaux, et pour les monter en poil et en plumes. + + [14] C’est ainsi qu’on écrivoit encore squelette. L’orthographe + d’Ambroise Paré se rapproche toutefois un peu plus de cette dernière + forme: «une desquelles, dit-il, parlant d’autruches qu’on faisoit + voir à Paris, estant morte, me fut donnée, et en fis un _scelette_.» + Ailleurs, il dit un «sceletos», se rapprochant ainsi tout-à-fait du + mot grec, d’où vient squelette, et qui signifie séché. + +M. Antoine, Chevalier et Medecin Général des Hopitaux du saint +Esprit[15], logé au Collège de Boncour, se dispose à donner des preuves +publiques du secret qu’il dit avoir trouvé, pour connoitre par la +disposition des poux et des urines, les causes cachées et les crises +futures des plus extraordinaires maladies; il a une nouvelle espèce de +plante Sensitive[16] que les curieux ont veüe avec admiration. + + [15] Il n’y avoit à Paris qu’un hôpital du Saint-Esprit, celui qui + occupoit tout le côté gauche des bâtiments qu’envahit ensuite tout + entiers son voisin l’Hôtel-de-Ville. On n’y recevoit que des + orphelines légitimes et il s’appeloit aussi _Hôpital des + Enfants-Dieu_. + + [16] La Sensitive, _mimosa pudica_, bien qu’elle eût été importée + d’Amérique sous Henri IV, par Robin, avec les autres espèces du + genre acacia, n’étoit pas encore bien connue, comme on le voit ici. + L’Académie des Sciences ne s’en étoit même pas encore occupée. + Mairan n’en fit l’objet d’un premier travail qu’en 1729, puis on eut + en 1736 le mémoire plus complet de Du Fay. + +Le Sieur Lelot sur le Quay neuf[17] à la Perruque d’or, trace et peint +les Cadrans au soleil[18]. + + [17] On appela presque toujours ainsi, jusqu’au commencement du XVIIIe + siècle, comme on le voit par _le Journal_ de Barbier, édit. in-18, + t. I, p. 142, le quai voisin de la Grève, construit, en 1675, sous + la prévôté de Claude Le Pelletier, qui lui avoit donné son nom. + + [18] Il étoit rare qu’il n’y eût pas dans la cour ou le jardin de + chaque hôtel un de ces cadrans peints sur la muraille en bonne + exposition. + + + + +OMISSIONS ET CHANGEMENS. + + +On aurait dû dire à l’article des Vacations des Tribunaux. + +Que Nosseigneurs de la Cour des Aydes prennent les mêmes vacations que +le Parlement, et encore les veilles de Fêtes de Notre Dame, le lendemain +de la saint Jean, et la veille et le lendemain de la Magdelaine. + +Qu’à la Chambre des Comptes on n’entre ni les Jeudis ni les Samedis ni +les veilles de Fetes de relevée[1], et que la Chambre vaque d’ailleurs +le Jeudi de la mi-Carême, en May le neuf, en juin le onze, et encore +depuis le Vendredy qui precede la Pentecôte jusqu’au lendemain de la +Trinité; en Septembre le onze, et encore depuis le vingt dudit mois +jusqu’au lendemain de la saint Denis, en Octobre le dix huit jour de +saint Luc, et le trente et un veille de la Toussaints, en Novembre le +vingt cinq jour de sainte Catherine, en Décembre le six jour de saint +Nicolas et le vingt quatre veille de Noël, outre les veilles et Fêtes de +la Vierge, les Foires, etc. + + [1] Les fêtes de relevée étoient celles où l’on ne siégeoit pas «de + relevée», c’est-à-dire après midi. + +Qu’au Chatelet les Vacations durent depuis le 9 Septembre jusqu’à la +saint Simon et saint Jude; et qu’outre les jours de Vacations qui sont +communes à tous les Tribunaux et particulierement au Parlement; on y +vaque encore en janvier le 22 jour de S. Vincent, en May les 2, 6, 9, 10 +et 19, et les veilles de la Pentecôte, de la Fete Dieu et de l’Octave, +en Juillet le 31, et en Octobre le premier. + +La veuve Nion à l’adresse marquée à la première page, vend un traité +très curieux sur les Vapeurs du Corps humain[2] de M. Lange Medecin de +la Societé Royale; et le Medecin sincère de M. de la Haye Docteur en +Medecine. + + [2] Voici le vrai titre: _Traité des Vapeurs_, par M. Lange, 1689, + Paris, chez Nyon. + + + + +CHANGEMENS. + + +Les Fermes des Aydes et Domaines de France et droits y joints, ont été +réunies en cinq grosses Fermes. + +Le Département de Messieurs les Fermiers Généraux des Fermes Unies, pour +le service desdites Fermes, pendant l’année 1692, a été réglée comme il +s’ensuit par Monseigneur le Controlleur Général. + + +PARIS. + +I. + +Messieurs[1] + + [1] La plupart des noms qui suivent ayant figuré au chapitre des + Fermiers généraux, t. I, p. 28 et suiv., nous n’y reviendrons pas. + Nous dirons seulement quelques mots de ceux qui sont nouveaux ici et + méritent quelque attention. + +Berthelot, Turgis, de la Porte, Courchamp, Bigodet[2], Blin et Thomé: + + [2] Il devint secrétaire du Roi, et il étoit, en 1702, un des plus + considérables des Fermes. Il logeoit dans un magnifique hôtel, rue + Coquillière. + +La Regie du Bureau Général de la Douane et Droits y joints, et des +Greniers à Sel de la Ville et Généralité de Paris. + +II. + +Pelissier, Laugeois, le Maistre, Arnaud, Dapongny, Rancy[3], Henault: + + [3] Paul-Étienne Brunet de Rancy, frère des trois autres, que nous + avons vus plus haut: Brunet de Chailly, Brunet de Montferrand et + Brunet de Vauxge. Il devint secrétaire du Roi. En 1695, ayant été + envoyé en Bretagne dans l’intérêt des Fermes, les États se + plaignirent qu’il leur en avoit coûté cent mille francs + d’augmentation. (_Correspondance des Contrôleurs généraux_, nº + 1478.) C’est lui qui, après la mort de Mme de Sévigné, vint habiter + l’hôtel Carnavalet. + +La Régie de la Ferme du Tabac et dument demaine d’Occident. + +III. + +Luillier, du Ruaupallu, Turgis, Menon, de la Porte, Mouchy, Rancy et +Blin: + +Le Soin et Fournissement des Gabelles de France. + +IV. + +Laugeois, Remond, Menon, d’Apougny, le Normand, Hénault: + +La Regie des Entrées de Paris. + +Du Gros[4]. + + [4] Le «gros» étoit le revenu, le produit fixe des impôts, et, par + conséquent, le contraire du «casuel». + +Du Huitieme[5]. + + [5] Droit payé au Roi par les cabaretiers de Paris, pour chaque muid + de vin qu’ils vendoient à pot ou à assiette. + +Du Pied-Fourché[6]. + + [6] Droit d’entrée sur le bétail à pied fourchu: moutons, chèvres, + etc. L’Estoille (_Édit. du Panthéon_, t. II, p. 422) a parlé de cet + impôt déjà fort ancien de son temps. Ceux qui l’affermoient en + devoient une part à l’Hôtel-Dieu. V. _Inventaire des Archives + hospitalières_, t. I, p. 359 et 391. + +Et des Droits de Rivières et leurs Dependances. + +V. + +Luillier, le Maistre, Courchamp, le Tellier, Delpesche, Montry: + +La Régie du Papier et Parchemin Timbré de la Ville et Genéralité de +Paris. + +Des Aydes du plat Païs[7] et Versailles. + + [7] La banlieue. + +Et des grandes Entrées de Rouen, Diepe, le Hâvre, et ses dépendances. + +VI. + +Luillier, Laugeois, du Ruaupallu, le Tellier, le Maistre, Courchamp, +Arnaud, Thomé: + +Le soin de faire remettre les deniers des Provinces à la Recette +générale. + +De faire payer tous les Sous Fermiers. + +De Vérifier et Controller les Caisses. + +De faire les payemens au Trésor Royal. + +D’acquiter les Charges des Etats du Roi. + +Et des Comptes à rendre au Conseil et à la Chambre. + +VII. + +Laugeois, l’Huillier, du Ruaupallu, Arnaud, Delpesches, Romanet, Dumas, +Henault: + +La suite des Etats Alphabétiques[8]. + + [8] Ce sont les états indiqués dans la série précédente, l’état des + pensions notamment. + +L’examen des produits. + +La Verification des Passe-ports de Sa Majesté. + +Et les Arretez des Comptes des Directions et des Comptes de Societé. + +VIII. + +Pelissier, Rémond, Menon, Mouchy, de la Porte, Cormery, Dumas, Vauxge: + +Le Contrôle Général de toute la Depense de la Ferme. + +La Garde des Papiers, Registres et Titres de la Ferme. + +IX. + +Pelissier, Menon, Vallier, Lagny, Henault, Vauxge, Cormery, Douilly, le +Jariel: + +La suite des affaires du Conseil, au Parlement, à la Cour des Aydes, à +la Chambre du Trésor, et en l’Election[9], et l’Assistance à l’Assemblée +des Avocats à tenir une fois la semaine au Bureau[10] pour les affaires +de la Ferme. + + [9] Il a été dit plus haut ce qu’étoit une Élection, et sa juridiction + spéciale pour statuer sur les différends survenus à propos des aides + et des tailles. + + [10] Ce bureau étoit à l’Hôtel des Fermes, ancien hôtel du chancelier + Séguier, dont l’imprimerie Paul Dupont occupe aujourd’hui une + partie, entre la rue du Bouloi et la rue Jean-Jacques Rousseau, + alors rue de Grenelle. + +X. + +Luillier, Berthelot, de Ruaupallu, Arnaud, Turgis, Henault, Mouchy: + +La Correspondance. + +Les Achats. + +Et les Comptes du Traité des Vivres de la Marine. + + +PROVINCES. + +I. + +Messieurs + +Langlois, Vauxgé, de la Porte: + +Directions[11] de Rouen, Caën et Allençon. + + [11] La direction étoit le bureau spécial des finances pour chaque + généralité. + +II. + +De Belloy, le Tellier, Blin: + +Directions d’Amiens, Guises, Soissons[12] et l’Isle. + + [12] Les directions de Guise et de Soissons furent remplacées, peu + après, par celle de Saint-Quentin. + +III. + +Baugier, Luillier, de Turgis: + +Directions de Dijon, Langres et Franche Comté. + +IV. + +Romanet, Cormery, Laugeois: + +Directions de Chalons, Sedan, Lorraine et Alsace. + +V. + +Blin, de Lagny, Remond: + +Direction de Lyon. + +VI. + +Saint Amant, Luillier, Mouchy: + +Direction de Valence, Avignon et Marseille. + +VII. + +Le Juge, Delpesche, Berthelot: + +Directions de Montpellier et Thoulouze. + +VIII. + +Grandval, Menon, Menault: + +Directions de Bourdeaux et de Dax. + +IX. + +Germain, du Ruaupallu, Thomé: + +Directions de la Rochelle et Charante. + +X. + +De Blair[13], Vallier, le Jariel: + + [13] Melchior de Blair, d’abord simple intéressé dans les fermes. Il + étoit arrivé à être fermier général, après deux missions qu’il avoit + habilement remplies: l’une, en 1690, en Picardie; l’autre, en 1691, + en Bretagne. + +Directions d’Angers, Laval, le Mans et Bretagne. + +XI. + +Des Espoisses, Rancy, Dumas: + +Directions d’Orléans et de Tours. + +XII. + +Martin, Germery, d’Apougny: + +Directions de Bourges et Moulins, avec les Dépôts d’Auvergne, Limosin et +la Marche. + +La Manufacture Royale des Bandages de nouvelle invention[14], qui a +toujours sa principale entrée par la rue de Guénégaud, communique +d’ailleurs presentement avec la boutique de M. de Blegny le fils +Apoticaire du Roy, sur le quay de Nesle à la Devise Royale[15], où l’on +fera bien de s’adresser pour eviter la surprise de quelques imposteurs. + + [14] L’industrie des bandages avoit été la première qu’eût exploitée + Blegny. Aussi, ne manque-t-il pas d’y revenir sans cesse. _V._ plus + haut. + + [15] Il y avoit succédé, avec la même enseigne, à Delaunay, chirurgien + herniaire, dont J. Lepaute a gravé l’adresse. + +Ces Bandages ont des formes différentes selon les diverses dispositions +des Malades et de leurs incommoditez; on y trouve à ressort, à visse, à +charnieres ployantes, à champignons, à ceinture de Buffles, etc., mais +telle que soit la conformation particuliere de chacun de ces Bandages, +on y trouve cet avantage qu’ils retiennent parfaitement, et dans les +plus impetueux mouvemens, les Décentes qui n’ont pû être arrêtées par +aucune sorte de Bandages, et qu’ils conduisent à la guerison qu’on a +coutume de tenter vainement par l’usage des bandages ordinaires. + +On trouve au même lieu un livre et des mémoires curieux sur la guerison +des Decentes[16], et sur le prix des Bandages et des Remedes. + + [16] Voici le titre du livre de Blegny, donné déjà, d’ailleurs, dans + l’_Introduction_, p. xlv: _l’Art de guérir les hernies de toute + espèce dans les deux sexes, avec le remède du Roi_, in-12. La + première édition parut en 1676, la seconde en 1693. + +Messieurs l’Abbé de la Roque qui tenoit des Conférences rue de +Guénegaud[17], et Legier qui étoit censeur de la Faculté de Medecine, +sont décedez[18]. + + [17] Il a été parlé de lui plus haut, t. I, p. 128, au chapitre + _Conférences_. L’époque de sa mort, qu’on ne savoit pas, peut être + ainsi fixée à la fin de 1691. + + [18] _V._ t. I, p. 151. + +M. Frosne qui etoit Inspecteur des Batimens du Roy, a présentement un +autre employ en Cour. + +Les Droits et Bureaux des Chevaux de renvoy ont été suprimez[19]. + + [19] Ils étoient, on l’a vu, t. I, p. 108, à l’hôtel de Sens. + +Le Sieur Marseilles Marchand rue Saint Denis qui vendoit des Cuirs dorez +de Flandres, a manqué[20]. + + [20] Cette expression, pour dire faire banqueroute, commençoit à être + employée. Dancourt s’en est servi dans les _Agioteurs_ (acte III, + sc. VII), où un des personnages dit: «Son marchand est un + fripon, elle a raison; il est prêt à manquer. Ses affaires + périssent.»--D’autres reprirent le commerce mis en péril par la + banqueroute de Marseilles. Liger, en effet, dit en 1715, dans son + _Voyageur fidèle_, p. 366: «On vend des _Tapisseries de cuir doré_, + rue St-Antoine, proche de la Bastille: celles de _cuir doré de + Flandres_ se vendent dans la rue St-Denis, proche de la Sellette.» + + + + +BATIMENS DU ROY[1]. + + [1] Ici encore, nous trouverons beaucoup de noms déjà rencontrés plus + haut, au chapitre des _Vérifications et Rapports des Jurez_ et + ailleurs. Nous ne nous occuperons que des noms ou des détails + nouveaux. + + +_Sur-intendant et ordonnateur general des Batimens et Jardins du Roy, et +des Manufactures Royales des Gobelins._ + +Monsieur le Marquis de Villacerf ruë de l’Egout près la place Royal. + + +_Inspecteur Général, premier Architecte et Intendant des Batimens et +Jardins de Sa Majesté._ + +Monsieur Mansard[2] rue des Tournelles[3], et encore pour Intendans Mrs +de la Mothe, Coquart rue des Poulies, et Essein rue neuve des Petits +Champs. + + [2] Hardouin Mansard, architecte de Versailles, etc. + + [3] L’hôtel, qu’il s’y étoit fait bâtir, auprès de celui de Ninon, + existe encore en partie. + + +_Controlleurs en Charges._ + +Messieurs le Nostre aux Tuilleries, le Febvre au vieux Louvre, et +Gabriel rue de Cléry. + + +_Intendans et Controlleurs par Commission des Batimens et Maisons +Royales de Paris et de Versailles._ + +Messieurs de la Chapelle, Besse ancienne cour du Palais, et Lambert rue +neuve des Petits Champs. + + +_Architectes ordinaires des Batimens de Sa Majesté._ + +Messieurs Dorbay rue des Poulies, Buland[4] rue saint Louis du Marais, +de Coste[5] rue des Tournelles, et Perrault l’ainé place du Chevalier du +Guet. + + [4] Seroit-ce un arrière-petit-fils de Jean Bullant, architecte des + Tuileries et d’Écouen? Il n’y a rien là d’impossible. Le fils de + Bullant, Charles, fut entrepreneur de maçonnerie, et sa descendance + dut rester dans le même métier. + + [5] Robert de Cotte, qui succéda, en 1708, à Hardouin Mansart, son + maître, comme premier architecte du Roi. Il existe à la Biblioth. + Nat., cabinet des Estampes, un grand nombre de mémoires, devis, + procès-verbaux de travaux faits à Paris ou dans les environs, qui + viennent tous de Robert de Cotte. Ils furent acquis en 1821. + + +_Inspecteurs par Commission pour les Batimens des Maisons Royales de +Paris._ + +Messieurs Fossier père et fils rue des Poullies, le Court aux Invalides, +et l’Abbé au vieux Louvre. + + +_Trésoriers alternatifs des Batimens de Sa Majesté._ + +Messieurs de Mageinville rue Traversine qui est en exercice, et +Manessier rue de Cléry. + +Ceux qui entreprennent d’ailleurs pour les particuliers les plus +considérables edifices pour la Maçonnerie, sont Mrs le Maistre, Maziere, +Gabriel et Pipault ci devant désignez, Marcoult[6] rue neuve saint +Honoré, Bergeron le jeune[7] butte saint Roch rue Royale, etc. + + [6] Le _Ms._ du commis de Mansart, G. Marinier, sur les travaux de + Versailles, sous Louis XIV, et les entrepreneurs qui y furent + occupés, le nomme Gérard Marcou. + + [7] Pierre Bergeron, d’après le même _Ms._ + +Les Entrepreneurs de Sa Majesté pour les autres parties d’Architecture, +sont pour la Charpente Messieurs Malet[8] quartier saint Germain, la +Porte rue de Seine près la Pitié, Aubert à saint Germain en Laye, et +Poisson à la porte saint Antoine. + + [8] G. Marinier l’appelle Jean Mallet. Il ne nomme pas les trois + autres qui suivent. + +Pour la Menuiserie Messieurs Rivet[9] rue du gros Chenet, Remy porte +Montmartre, Verdeau cloitre saint Julien le Pauvre, Nivet quartier saint +Germain, et la veuve Dionis porte de Richelieu[10]. + + [9] Antoine Rivet, selon G. Marinier. Il nomme ensuite Louis Rivet, + sans doute son frère, dont Blegny pourroit bien avoir altéré le nom, + en l’appelant deux lignes plus loin Nivet. En 1733, un Jacques Rivet + étoit encore «menuisier ordinaire des bâtiments du Roy». Sa nièce + Geneviève Papillon avoit épousé le célèbre vernisseur Robert Martin, + dont le petit-fils fut Martin le chanteur si connu. (Jal, _Dict. + crit._, p. 845 et 846.) + + [10] Son mari, dont elle continuoit le métier, avoit fait bâtir un + certain nombre de maisons, rue de Richelieu, entre autres celle qui + touchoit à la maison du tailleur Bandelet, où mourut Molière. La + famille des Dionis ou Dyonis, à laquelle on dut plusieurs savants + célèbres du XVIIIe siècle, étoit ancienne à Paris. Plusieurs + figurent, de 1472 à 1527, dans l’Épitaphier des Saints Innocents. + (Le Beuf, _Hist. du diocèse de Paris_, édit. Cocheris, t. I, p. + 198.) + +Pour les Couvertures, M. Yvon, rue Montmartre[11]. + + [11] Dans le _Ms._ de Marinier, il est, comme ici, nommé tout seul. + C’est donc cet Étienne Yvon qui eut, sous Louis XIV, l’entreprise + générale des toitures des Palais Royaux. + +Pour la Serrurerie, Messieurs Roger[12] aux Invalides, Boutet rue +Frementeau, Haté place de Cambray, Fordrain à la Monnoye, et Lucas rue +saint Nicaise. + + [12] Pierre Roger, d’après le même _Ms._ + +Pour la Plomberie, M. Lucas[13] place du vieux Louvre. + + [13] Il eut, lui aussi, tout seul, l’entreprise de la plomberie de + Versailles et des autres palais, suivant G. Marinier, qui l’appelle + Jacques Lucas. + +Pour la Vitrerie, Messieurs Pougeois vieille rue du Temple, Gombault rue +saint Thomas du Louvre, et la veuve Janson rue de l’Arbre sec. + +Pour les Ouvrages de marbre, Messieurs Deschamps place du Carrousel, +Baudin porte Montmartre, et Ergo porte Gaillon. + +Pour les Peintures d’Ornemens, Messieurs Poisson fils à saint Germain en +Laye, et le Febvre rue de Richelieu. + +Pour la Doreure, M. des Oziers[14] à Versailles. + + [14] Guillaume Desauziers. + +Pour la Sculpture, Mrs Jouvenet rue des Jeuneurs[15], Mazeline[16] à la +Ville neuve, Dieu[17] au Palais Brion[18], Lespingola[19] rue neuve +saint Honoré, Maziere[20] place du Carrousel[21], Bonvalet à la Ville +neuve, et Carlier rue Montmartre, + + [15] Il étoit cousin du peintre célèbre, mais n’arriva pas à + l’Académie. Il travailla pour le Roi, à Versailles, avec le Hongre. + Son prénom étoit Noël. + + [16] Pierre Mazelines. G. Marinier ne l’oublie pas parmi les + sculpteurs employés à Versailles. Mazelines y travailla, lui aussi, + avec le Hongre. Il étoit de Rouen, fut reçu de l’Académie le 7 + juillet 1668, et mourut le 7 février 1708, à soixante-quinze ans. + + [17] Antoine de Dieu, né à Paris en 1653, mort en 1727. Il y avoit une + statue de lui à Saint-Germain-des-Prés, chapelle de saint Jérôme. + + [18] Nous avons dit, t. I, p. 124, ce qu’étoit cette dépendance du + Palais-Royal. + + [19] Il vint de Rome, où il étoit de l’Académie de Saint-Luc, + travailla à Versailles avec Nic. Coustou, fut reçu de l’Académie le + 29 février 1676, en fut exclu pour cause d’absence prolongée, en + 1694, et mourut le 10 juillet 1705. + + [20] Il travailla aux sculptures des Tuileries. + + [21] C’est rue des Orties-du-Louvre, derrière l’hôtel de Beringhen, + qu’il logeoit, et non sur la place même du Carrousel. (_Arch. de + l’Art françois_, t. III, p. 227.) + +Pour le Pavé Messieurs Renoult rue de Grenelle saint Germain, Aubry rue +de Seine[22], et Colin rue des Tournelles[23]. + + [22] Cet Aubry, paveur des bâtiments du Roi, étoit bien probablement + de la famille de Léonard Aubry, qui, en 1643, avoit le même titre, + et joua, ainsi que plusieurs des siens, un certain rôle dans + l’histoire de Molière. C’est lui qui mit en état, sur les fossés de + Nesle, les abords du Jeu de paume, où Molière donna ses premières + représentations; et l’un de ses fils, Jean-Baptiste Aubry, qui + s’étoit fait auteur de tragédies, _Démétrius_ et autres, qui + existent _mss._ à la Biblioth. Nat., épousa Geneviève Béjard, sœur + de Madelaine, dont Molière avoit épousé la fille. Cet Aubry, auteur + tragique, qui se faisoit appeler sieur des Carrières, n’étoit pas + moins devenu, comme son père, paveur des bâtiments du Roi. Il + l’étoit, en 1677, lorsqu’il signa au contrat du second mariage + d’Armande Béjard. Peut-être est-ce lui qui figure ici? + + [23] Ici devroit être nommé Villiard, qui eut pendant vingt-six ans + l’entreprise du pavage et des aqueducs à Versailles. Ses comptes + existent à la Bibliothèque du Ministère de l’Intérieur en 3 vol. + in-fol. sous ce titre: _Registre des Ouvriers qui ont travaillé pour + le Roy suivant les ordres du seigneur surintendant des bastiments de + Sa Majesté, sous la conduite du SIEUR VILLIARD_. Le Ier va de 1679 à + 1696; le IIe, de 1697 à 1701; et le IIIe, de 1702 à 1705. + +Les Juges établis pour connoître des matières concernant les Batimens du +Roy et les edifices publics, sont Messieurs de l’Epine rue neuve des +Petits Champs[24], et Villedo[25] rue saint Louis au Marais, qui sera en +exercice pendant les années 1692 et 1693. + + [24] De la même famille que ceux que nous avons vus plus haut parmi + les experts jurés. + + [25] Un des fils de Michel Villedot, qui fut un des entrepreneurs de + l’aplanissement de la Butte des Moulins, dont une rue a gardé son + nom. _V._ notre _Histoire_ de cette butte. + + + + +OUVRAGES EXQUIS + +_De Peinture et de Sculpture._ + + +Cet article a dû suivre celuy des Batimens du Roy, parce que presque +tous les Peintres et Sculpteurs dont on va voir les noms et les adresses +sont employez aux ouvrages de Sa Majesté, et sont membres de l’Academie +Royale de Peinture et de Sculpture, dont il a été parlé dans l’article +général des Academies. + +C’est au Palais Brion où elle se tient qu’on peut recouvrer la liste de +ceux qui la composent. Le degré de distinction dans lequel il faut +nécessairement parvenir pour y être admis, est une preuve certaine de +leur habileté; c’est pourquoy en quelque occasion que ce fût, il n’y +auroit point à balancer sur le choix, si ce n’étoit que plusieurs +d’entre eux ont des singuliers dans lesquels ils excellent +principalement, par exemple entre les Peintres. + +Pour l’Histoire Mrs Mignard[1] premier Peintre du Roy, Chancelier de +l’Academie, et Directeur des Atteliers des Gobelins[2] rue de +Richelieu[3]; Jouvenet[4] à l’un des Pavillons du Collége Mazarini[5], +Hoüasse[6] au Cabinet du Roy[7]; Coüapel père et fils[8] aux Galeries du +Louvre, Corneille l’aîné[9] rue des Petits Champs, Verdier aux +Gobelins[10], Paillet rue neuve saint Eustache[11], Blanchard cul de sac +saint Sauveur[12], Montagne rue du Vieux Colombier[13], Vernensal[14] +rue saint Honoré, Hallé[15] rue sainte Marguerite, Boulogne l’aîné[16] +rue sainte Anne, Boulogne le jeune rue des fossez Montmartre[17], Person +place du Palais Royal[18], Vignon[19], rue du Petit Lion, etc. + + [1] Pierre Mignard, trop célèbre, pour que nous ayons à dire ici autre + chose de lui, que ses noms. + + [2] Il avoit eu toutes ces charges, à quatre-vingts ans, en mars 1690, + après la mort de Le Brun. + + [3] _V._ sur cette maison, qu’il occupoit depuis longtemps, et où il + mourut le 15 mai 1695, notre _Histoire de la Butte des Moulins_, p. + 114-115. + + [4] Jean Jouvenet, dont la célébrité nous dispensera aussi de longs + détails. Né à Rouen, en 1644, il fut reçu de l’Académie le 27 mars + 1675, et mourut le 5 avril 1717. Les douze apôtres de la coupole des + Invalides sont de lui. + + [5] Il y mourut. Ce pavillon étoit celui qui touche au quai Malaquais. + L’adresse de Jouvenet est donnée ainsi sur l’acte de mort de l’une + de ses filles, le 5 juin 1680: «Sur le quai Malaquais, dans le grand + pavillon sur l’eau, au collége des Quatre-Nations.» + + [6] René-Antoine Houasse, né à Paris en 1644, reçu de l’Académie le 15 + avril 1713, mort le 27 mai 1710. Le Brun, dont il fut un des bons + élèves, l’avoit marié à une de ses parentes. Il y avoit des tableaux + de lui à Notre-Dame, Saint-Eustache, Saint-Côme, etc. + + [7] Sa véritable adresse étoit celle-ci: «rue du Coq, au cabinet des + tableaux du Roi». Il étoit garde de cette collection, première idée, + au Louvre même, du musée du Louvre. + + [8] Noël et Antoine Coypel: Noël, le père, né en 1628, reçu de + l’Académie en 1663, et mort en 1707; et Antoine le fils, né en 1661, + académicien en 1681, mort en 1722. Noël fut directeur de notre école + de Rome, en 1692; et, à la mort de Mignard, premier peintre du Roi. + Il y avoit de ses œuvres aux Invalides, au palais-Royal, à + l’Assomption, aux Tuileries, au Louvre, à Versailles, etc. Antoine, + qui avoit suivi son père à Rome, s’y perfectionna. Il devint aussi + premier peintre du Roi, et directeur de l’Académie. Un de ses + travaux les plus considérables à Paris fut la galerie d’Énée au + Palais-Royal. On a de lui vingt discours sur la peinture. + + [9] Michel Corneille, dont le père, peintre aussi, avoit eu le même + prénom. Il fut de l’Académie en 1663, et mourut le 16 août 1708, à + soixante-six ans. Il travailla aux Invalides, à Versailles, à + Meudon, à Trianon, etc. + + [10] François Verdier, qui fut de l’Académie en 1678, et mourut en + 1730, à soixante-dix-neuf ans. Le Brun qui se l’étoit attaché en lui + faisant épouser une de ses nièces, et le logeant aux Gobelins, le + fit beaucoup travailler pour lui. + + [11] Il fut de l’Académie, qu’il n’illustra guère, dès 1659, et mourut + le 30 juin 1701, à soixante-quinze ans. Séb. Boudon avoit été son + maître. On ne connoît guère de lui qu’un tableau, à Notre-Dame. + + [12] Gabriel Blanchard, reçu de l’Académie en 1663, mort en 1704, à + soixante-quinze ans. Il travailla pour Trianon, et, avec Lafosse et + Vignon, au plafond des Tuileries. Il habitoit le cul-de-sac + Saint-Sauveur depuis vingt ans. Il le quitta pour le Louvre, où il + mourut garde du cabinet des tableaux. + + [13] Nicolas de Plate-Montagne, que, par abréviation, l’on appeloit + Montagne, fut de l’Académie en 1663, et mourut en 1706, à + soixante-quinze ans. Il fit des tableaux pour les Gobelins, d’après + des dessins de Jules Romain, travailla aux peintures de la galerie + voûtée des Tuileries, et fit surtout beaucoup de portraits. Il + habitoit la rue du Vieux-Colombier depuis 1660, et il y mourut. + + [14] Guy-Louis Vernansal, qui fut reçu de l’Académie en 1688, et + mourut le 9 avril 1729, à quatre-vingt-trois ans. Il y avoit un + tableau de lui à Notre-Dame. + + [15] Claude-Guy Hallé, élève de son père Daniel Hallé, mort en 1674. + Il fut directeur de l’Académie, et mourut en 1736, à + quatre-vingt-cinq ans. Ses tableaux étoient nombreux dans + les églises de Paris. Il y en avoit à Notre-Dame, à + Saint-Jacques-de-la-Boucherie, aux Filles du Saint-Sacrement, à + Saint-Paul, à Saint-Sulpice, à Saint-André-des-Arts, etc. + + [16] Bon Boulogne, reçu à l’Académie le 27 nov. 1677, mort le 16 mai + 1717, à soixante-huit ans. Plusieurs de ses tableaux se trouvoient à + Notre-Dame, aux Invalides, aux Chartreux, à l’Assomption, aux + Petits-Pères. Le plafond de la Comédie françoise, rue des + Fossés-Saint-Germain, étoit aussi de lui. + + [17] Louis de Boulogne, frère cadet du précédent, et moins connu. Il + fut toutefois de l’Académie, et même directeur. On travailla aux + Gobelins sur des copies de Raphaël, qu’il avoit rapportées d’Italie. + Il y avoit de ses ouvrages à la chapelle de Versailles, à + Notre-Dame, aux Invalides, aux Chartreux, aux Petits-Pères. Les + Boulogne, financiers du dernier siècle, descendoient de lui. + + [18] Poerson. Nous avons parlé de lui, au chapitre des _Experts + jurés_. + + [19] Claude-François Vignon, reçu de l’Académie, le 6 décembre 1664, + mort le 17 février 1703, à soixante-neuf ans. Il marqua moins que + son père, Claude, dont il étoit l’élève, et que son frère Philippe, + dont nous parlerons tout-à-l’heure. + +Pour les Portraits Messieurs de Troyes[20], Rigault[21] et Fouché rue +neuve des Petits Champs[22], l’Argilliere rue sainte Avoye[23], le +Febvre Isle Notre Dame, le Febvre le jeune[24] rue de Richelieu, Vignon, +rue saint André des Arcs[25], etc. + + [20] François de Troy, né à Toulouse, en 1645, reçu de l’Académie le 6 + octobre 1674, mort le 1er mai 1730. Il fit de beaux portraits, + surtout de femmes, mais trop flattées, dit-on. Il n’en fut que mieux + en cour. + + [21] Hiacynthe Rigaud, le grand portraitiste du grand siècle, et du + siècle suivant, car il peignit jusqu’à son dernier jour, et ne + mourut qu’en 1743, à quatre-vingt-deux ans. + + [22] L’appartement de Rigaud se trouvoit au coin de la rue des + Petits-Champs et de la rue Louis-le-Grand. On y pouvoit voir une + belle galerie de tableaux, principalement des siens. Il y mourut, + ainsi que sa femme un an après lui. + + [23] Il a été parlé de lui plus haut, t. I, p. 239, au chapitre + _Commerce de Curiositez_. + + [24] Ces deux Lefebvre sont sans doute les fils de Claude Lefebvre, + portraitiste distingué, mort en 1675, et qui, l’un et l’autre, + quoique ses élèves, furent des peintres médiocres, sur lesquels on + ne sait rien. (Jal, _Dict. crit._, p. 758.) + + [25] Philippe Vignon, frère de Claude-François nommé plus haut, et son + aîné. Il fut reçu de l’Académie le 30 août 1686, et mourut le 7 + sept. 1701, à soixante-sept ans. Il rivalisa presque, en son temps, + de réputation avec Rigaud: «Quoique Rigaud, lisons-nous dans les + _Portraits sérieux, galants et critiques_, 1696, in-18, + _Avertissement_, soit reconnu très-habile pour le portrait, on ne + méprise pas les peintures qui sortent du cabinet de Vignon.» + +Pour les Batailles Messieurs Parrosel[26] rue du Coq, Martin[27] et le +Comte aux Gobelins[28], etc. + + [26] Joseph Parrocel, de Brignoles en Provence, reçu de l’Académie le + 16 nov. 1676, mort à cinquante-six ans, le 1er mars 1704. Il peignit + beaucoup de batailles, à grands fracas, et se vantoit d’être le + peintre qui savoit le mieux tuer son homme. On voyoit des tableaux + de lui aux Invalides, à l’hôtel de Toulouse, à Versailles. + + [27] Jean-Baptiste Martin. Élève de La Hire, il dessina pour Vauban, + travailla avec Van-Der-Meulen, et lui succéda comme «peintre des + conquêtes». Il mourut aux Gobelins, le 8 oct. 1735, à + soixante-dix-sept ans. + + [28] Sauveur Le Conte, peintre provençal, qui travailla, comme Martin, + avec Van-Der-Meulen. Le Brun l’avoit logé aux Gobelins, où il mourut + n’ayant que trente-cinq ans, le 31 décembre 1694. Son acte de mort + portoit: «peintre ordinaire des conquestes du Roy, dans l’hôtel des + manufactures roy. des Gobelins.» + +Pour les Païsages Messieurs Forest[29] et Hérault[30] place +Dauphine[31], Allegrain rue Montmartre[32], Beville rue de la +Tixeranderie[33], Armand rue Montorgueil[34]. + + [29] Jean Forest, reçu comme peintre paysagiste, le 26 mai 1674, à + l’Académie, et mort le 17 mars 1712, à soixante-seize ans. Il étoit + beau-frère de Lafosse, dont il avoit un peu la couleur aux tons + roux. Sa fille aînée épousa Largillière. + + [30] Nicolas-Antoine Hérault. Il avoit étudié à Rome, dans la manière + de Guaspre et de Salvator. Il fut de l’Académie en 1670, et mourut + en 1718, à soixante-quatorze ans passés. + + [31] Hérault y logea jusqu’à sa mort, à l’enseigne «du Buis», faisant + face au cheval de bronze. + + [32] Étienne Allegrain, né à Paris, en 1645, reçu académicien le 4 + décembre 1677, et mort le 2 avril 1736, à quatre-vingt-douze ans. Il + peignit pour le roi, en 1688, «des vues et perspectives des bosquets + et parterres du jardin de Versailles». + + [33] Charles Béville, reçu comme paysagiste à l’Académie, le 5 juillet + 1681, mourut à soixante-cinq ans, le 2 février 1716. + + [34] Charles Armand. Il étoit de Bar-le-Duc. Il fut reçu de + l’Académie, comme paysagiste, le 13 mai 1672, et mourut à + quatre-vingt-cinq ans, le 18 février 1720. + +Pour les Fleurs et les Animaux, Messieurs de Fontenay[35] près le Palais +Royal, Huliot[36] rue Bourlabé, etc. + + [35] Jean-Baptiste Belin de Fontenay, de Caen: «Il avoit, dit + d’Argenville, un vrai talent pour peindre les fleurs.» Aussi est-ce + comme peintre-fleuriste qu’il fut reçu à l’Académie, le 30 août + 1687. Il mourut le 12 février 1715, à soixante-un ans. + + [36] Claude Huilliot, de Reims, fut reçu à l’Académie, comme + peintre-fleuriste, le 7 nov. 1664, et mourut le 6 août 1702, à + soixante-dix-sept ans. + +Pour les ordres d’Architecture, Messieurs Anguerre[37] et Francart[38] +aux Gobelins, Simon rue des Petits Champs. + + [37] Guillaume Anguier, frère des deux célèbres sculpteurs normands, + François et Michel Anguier. Dans l’_Éloge_ qu’il a fait de celui-ci, + Guillet de Saint-Georges, d’accord avec Blegny, nous donne Guillaume + Anguier, comme étant «fort recherché pour les tableaux + d’architecture et les ornements». Il mourut aux Gobelins, où nous le + voyons déjà logé, le 18 juin 1708, à quatre-vingts ans. + + [38] Frère cadet de François Francart, qui avoit été le peintre des + décorations de Molière au Petit-Bourbon et au théâtre du + Palais-Royal. On le trouve lui-même qualifié «peintre des bâtiments + du Roy», en 1672. Suivant Jal, dans un de ses _Errata_, il mourut en + 1692, l’année même où Blegny le nommoit ici. + +Pour la Mignature M. Deflan[39] rue de Guénegaud, Penel rue neuve des +Petits Champs, Compardel[40] quay de la Mégisserie, Bonnet quay des +Morfondus[41], Lucet rue du Four fauxbourg S. Germain. + + [39] Abraham De Lan, et non Deflan, beau-frère du sculpteur Van-Clève, + qu’on trouvera plus bas, p. 101. Jal fait naître De Lan en 1659, et + mourir en 1722. + + [40] On le connoît par des plans d’une admirable enluminure. De Bure + en possédoit un, qu’il avoit fait du bois de Boulogne (_V._ son + _Catalogue_, p. 11). M. le marquis de Maleyssie en exposa toute une + collection: _Plans des forêts, bois et buissons du département de la + grande Maîtrise des Eaux et Forêts de l’Ile-de-France, Brie, Perche, + Picardie et pays reconquis_, 1688, à l’exposition archéologique et + artistique de Chartres, en 1858. (_Rev. des Soc. sav._, 1859, t. I, + p. 737.) Compardel fit aussi des miniatures de livres. Il passa à la + célèbre vente de M. le baron Pichon un petit volume in-16, aux armes + de la grande Mademoiselle: _Occupations de l’Ame pendant le saint + sacrifice de la Messe_, avec neuf miniatures, dont cinq étoient + signées de lui. Ce _Ms._ venoit aussi de la vente De Bure, où il + avoit été payé 1,530 francs. + + [41] Sylvain Bonnet, de Romorantin, suivant l’inscription de son + portrait gravé, ou de Blois, suivant le _Ms._ de la Bibliothèque + Nat.: _Extrait des noms des plus célèbres peintres_, 1679. Le + frontispice des _Hommes illustres_ de Perrault est de lui. En 1672, + il se qualifioit «peintre de feue Madame, duchesse d’Orléans». Alors + déjà, il logeoit quai de l’Horloge ou des Morfondus. C’est lui qui, + appelé par erreur Monet dans le _Carpentariana_, p. 79, y est + qualifié «le premier homme que nous ayons pour exceller dans les + portraits en miniature». Suivant le même livre, il avoit étudié le + dessin chez Chauveau. + +Mesdemoiselles Bonnard rue saint Jacques, et le Febvre rue de Richelieu +peignent aussi en mignature. + +Pour la Mignature en Email, Messieurs Petitot[42] rue de +l’Université[43], Perrault rue du Chantre, le Brun rue neuve des Petits +Champs[44], etc. + + [42] Jean Petitot, dont le nom nous dispense de tout détail. Au moment + même où Blegny le faisait figurer ici, il mouroit à Genève, sa ville + natale. La Révocation de l’Edit de Nantes, qui n’avoit pu le décider + à se convertir, l’avoit enfin forcé d’y retourner après quelques + années de résistance, où toutes les obsessions, même celles de + Bossuet, avoient été inutiles. + + [43] Il y logeoit en face de l’hôtel Tambonneau, que remplace + aujourd’hui, nous l’avons dit plus haut, la rue du Pré-aux-Clercs. + G. Brice, après nous avoir donné son adresse dans sa première + édition (1684, in-12, t. II, p. 202), ajoute: «C’est lui qui fait + ces beaux portraits en émail, que l’on enchasse dans des bordures de + diamants, dont on fait des présents aux ambassadeurs, ou des + bracelets qui ne sont pas ordinairement plus grands qu’une pièce de + quinze sous, et qui, souvent, sont beaucoup plus petits.» Richelet, + dans les _Remarques_ mises en tête de la 1re édition de son + _Dictionn._, parle ainsi, p. 46, de Petitot et de son émule, + Bordier, que Blegny n’auroit pas dû oublier ici: «Monsieur Bordier + et monsieur Petitot sont les plus fameux peintres en émail de Paris, + et les premiers qui ont fait des portraits en émail. On ne faisoit + avant eux que des fleurs et autres petites gentillesses.» Il ajoute + ensuite ces détails curieux: «Un portrait en émail, grand comme la + paume de la main, vaut quarante ou cinquante pistoles, quand il est + fait par un habile peintre, et les plus petits quinze et vingt + pistoles.» + + [44] Son art. dans l’édit. de 1691 est au chap. XI, p. 24. Il y figure + seul pour son genre de peinture: «Le sieur Lebrun, qui fait de beaux + portraits en émail, demeure rue Neuve-des-Petits-Champs.» + +Pour le Pastel, Messieurs Vencelin rue saint Martin[45], Viviers[46] +quay de l’Ecole, Desgranges rue Tictonne, etc. + + [45] C’est au chap. XI: _du Commerce de Curiositez_, qu’il figure, et + là, sous son vrai nom et avec son père, dans l’édit. de 1691, p. 24: + «M. Vercelin, rue Saint-Martin, _au Porcelet d’or_, a de très-beaux + tableaux, et M. son fils peint très-bien en pastel et en + mignature.»--Jacques Versellin fut reçu, comme peintre miniaturiste, + le 7 juin 1687, à l’Académie. Il mourut le 18 juin 1718, à + soixante-treize ans. + + [46] Joseph Vivien, et non Vivier, né à Lyon en 1657. Il fut reçu de + l’Académie, comme peintre au pastel, le 30 juillet 1701, et mourut à + Bonn, le 5 décembre 1735. Le meilleur portrait que l’on possède de + Fénelon est de lui. L’original se trouve à Munich. V. _Catal. de la + Pinacothèque_, p. 76, nº 398. + +Il en est de même des Sculpteurs qui pour être généralement habiles, ne +laissent pas d’avoir de particuliers talens, par exemple. + +Pour les Statües, Messieurs Girardon aux Galeries du Louvre[47], des +Jardins fauxbourg Montmartre, Coisseveaux et Baptiste aux Gobelins[48], +le Comte rue sainte Apoline[49], Renaudin aux Galeries du Louvre[50], +Vancleve à la Ville neuve[51], Lespingola[52] à la Butte saint Roch, le +Gros[53] porte de Richelieu, Tuby aux Gobelins[54], Flamand au Cabinet +du Roy[55], Mazeline à la Ville neuve, Jouvenet rue des Jeusneurs[56], +le Grand rue Montmartre, etc. + + [47] «M. Girardon, qui demeure aux Galleries du Louvre, où il a un + très-curieux cabinet de bronzes et de médailles antiques, est estimé + un des plus excellents sculpteurs de l’Europe.» Édit. 1691, p. + 113.--François Girardon, de Troyes, «Troyen», comme lui-même se + qualifioit souvent en signant ses statues. Nous nous contenterons de + dire ici qu’il fut de l’Académie, dès 1657, et qu’il mourut le 1er + septembre 1715, à quatre-vingt-huit ans. Ce que Blegny écrit sur son + cabinet des galeries du Louvre se trouve confirmé avec détails par + Brice, 3e édit., t. I, p. 73-74. + + [48] «Messieurs Coisevaux, aux Gobelins, et Des Jardins, faubourg + Montmartre, sont encore de très-habiles sculpteurs.» Édit. 1691, p. + 113.--Antoine Coysevox, né à Lyon, en 1640, reçu de l’Académie en + 1676, mort en 1720. Ce fut un des grands artistes du siècle. Les + Victoires sur des chevaux ailés qui se trouvent aux deux côtés de + l’entrée des Tuileries, sont de lui.--Martin Desjardins, né à Bréda, + dont le vrai nom, avant qu’on l’eût francisé, étoit Van den Bogaert. + Il fut de l’Académie, en 1671, et mourut n’ayant que + cinquante-quatre ans, le 2 mai 1694. Le groupe de Louis XIV et de la + Victoire du monument de la place des Victoires, et le bas-relief le + plus en vue de la porte Saint-Martin furent ses principaux ouvrages + à Paris. + + [49] Louis Le Conte, de Boulogne, près Paris, reçu de l’Académie, le 4 + janvier 1676, et mort, encore jeune, le 24 décembre 1694. Il avoit + sculpté, d’après les dessins de Le Brun, et sur l’ordre de Colbert, + nommé marguillier d’honneur, la chaire à prêcher de Saint-Eustache. + + [50] Thomas Regnaudin, de Moulins, fut reçu de l’Académie, le 7 + juillet 1657, et mourut à soixante-dix-neuf ans, le 3 juillet 1706. + Il travailla pour Versailles, où le groupe, fondu par les Keller, + _la Loire et le Loiret_, est de sa main. On lui doit aussi celui de + _Saturne enlevant Cybèle_, qui se voit, depuis le grand siècle, dans + le jardin des Tuileries, et se trouve à présent dans une des salles + du Louvre. + + [51] Corneille Van-Clève, né à Paris, en 1644, reçu de l’Académie, le + 26 avril 1681, mort à quatre-vingt-sept ans, le 31 décembre 1732. Il + y avoit beaucoup de ses ouvrages dans les différentes églises de + Paris. + + [52] «Et Cotton», édit. de 1691, p. 63. L’Espingola, dont nous avons + parlé plus haut, p. 90, s’y trouve nommé «Spingola». Quant à Cotton, + il est des moins connus. Nous savons seulement qu’il avoit eu le + second prix de sculpture en 1675, qu’il étoit élève d’Anguier, et + qu’on lui devoit, sauf le buste, qui étoit de Coysevox, les + sculptures du tombeau de Le Nôtre à Saint-Roch. Celles des tombeaux + de Lulli et de Lambert aux Petits-Pères étaient aussi de sa main. + + [53] Pierre Le Gros, de Chartres, reçu de l’Académie le 15 septembre + 1663, mort le 17 mai 1714, à quatre-vingt-six ans. Il étoit élève de + Sarrazin. Il travailla au pavillon central des Tuileries, et fit à + la porte Saint-Martin un des bas-reliefs qui regardent le faubourg. + + [54] Jean-Baptiste Tuby, né à Rome, en 1630, et pour cela surnommé _le + Romain_. Il fut reçu de l’Académie le 7 août 1663, et mourut à + soixante-dix ans, le 9 août 1700. Il avoit travaillé à l’arc de + triomphe de la porte Saint-Bernard, deux des figures du tombeau de + Colbert à St-Eustache étoient de sa main, et on lui devoit le + tombeau de Turenne, qui, de Saint-Denis, fut transféré aux + Invalides. Il l’avoit exécuté d’après des dessins de Le Brun. + + [55] Anselme Flamen, de Saint-Omer, reçu de l’Académie en 1681, mort + le 15 mai 1717, à soixante-dix ans. Le groupe de Borée et d’Orythie, + du jardin des Tuileries, est de lui en grande partie. Marsy ne + l’avoit qu’ébauché. + + [56] Pour Mazeline et Jouvenet, _voy._ plus haut, p. 90. + +Pour les Figures et Ornemens, Mrs le Febvre dans l’anclos saint Martin, +et Maniere père et fils[57] rue des Gravilliers[58]. + + [57] Laurent Magnier--dont le nom se prononçoit Manière--et son fils + Philippe. Tous deux furent de l’Académie: le père, en 1664, le fils, + en 1680. Laurent mourut à quatre-vingt-deux ans, en 1700, le fils, à + soixante-huit ans, en 1715. Laurent travailla aux sculptures des + boiseries du Louvre, de Fontainebleau et de Chambord; et il y a + quelques bons ouvrages de Philippe à Versailles. + + [58] Dans l’édit. précédente, p. 63, cet article est plus détaillé: + «Entre les sculpteurs qui ont une particulière réputation pour les + ornements, sont Messieurs Deville et Le Grand, rue Montmartre; + Briquet, près les Minimes; Charmeton, rue Saint-André; Cottin, rue + Saint-Martin; La Lande, à la Villeneuve; Ouats, au Pont-aux-Biches; + François, près le Temple; et Vilaine, rue Neuve-Saint-Médéric.»--De + tous ces inconnus, dont pas un ne fut de l’Académie, nous ne + relèverons que le nom de Christophe Charmeton, cousin du peintre + Georges Charmeton, qui eut quelque réputation; et celui de François, + dont il y avoit aux Invalides une assez bonne statue de sainte + Monique. + +Messieurs le Comte et Lespingola, sont d’ailleurs distinguez, le premier +pour les Modèles, et le second pour le dessein. + + + + +ARCHITECTURE ET MAÇONNERIE. + + +On a compris l’Architecture et la Maçonnerie en un même article, par +cette raison, que la plupart des Maitres Maçons qui sont au rang de +distinction sçavent et pratiquent l’Architecture. + +Pour les Architectes des Bâtimens du Roy, voyez l’article des Batimens +de Sa Majesté. + +Entre les Architectes de Paris dont l’habileté est généralement +reconnue, sont Messieurs le Maistre rue neuve saint Honoré[1], +Mazière[2] rue Neuve des Petits Champs, Gabriel rue saint Antoine, +Pipault à l’Arsenal[3], Thevenot rue saint Claude du Marais, de +Bourges[4] rue Montmartre, Beausire derriere saint Jean, Lambert quay de +Nesle[5], Bornac à la Pierre au Lait, Tarrade rue des Orties[6], le +Pautre[7] rue du Foin, Boffran[8] rue Beautreillis, etc. + + [1] Il fut de l’Académie d’architecture, en 1698, et son fils, l’année + suivante. La rue Neuve-Saint-Honoré, où il logeoit, étoit la partie + de la rue Saint-Honoré qui alloit du Palais-Royal à la place + Vendôme. + + [2] Il a été parlé de lui plus haut, p. 91. + + [3] Nous l’avons vu figurer plus haut, ainsi que Gabriel, parmi les + _experts-entrepreneurs_. + + [4] Boullier de Bourges. _V._ plus haut les _experts-bourgeois_. + + [5] C’est le nom que l’on donnoit encore souvent au quai Guénégaud, + qui devoit bientôt devenir le quai Conti. + + [6] Il possédoit dans cette rue de la Butte-Saint-Roch et dans les + rues environnantes un certain nombre de maisons qu’il avoit + construites lui-même après l’aplanissement. + + [7] Antoine Le Pautre, qui mourut l’année même où Blegny lui donnoit + place dans son _Livre commode_. Il avoit soixante-dix ans. C’est lui + qui avoit bâti pour la Beauvais-la-borgnesse l’hôtel qui existe + encore au nº 64 de la rue Saint-Antoine. + + [8] Germain Boffrand, de Nantes, né en 1667, du sculpteur Boffrand et + d’une nièce du poëte Quinault. Il eut pour maître et ami Hardouin + Mansart. Quand il mourut en 1755, il étoit doyen de l’Académie + d’architecture. Il construisit à Paris la porte du cloître + Notre-Dame, l’hôpital des Enfants-Trouvés, qui vient de disparoître; + l’hôtel de Duras, rue du Faubourg-Saint-Honoré; l’hôtel d’Argenson, + rue des Bons-Enfants; la maison de Le Brun, rue Saint-Victor, etc. + +M. Maübois[9] qui demeure à la place du Carrousel au magasin des +Marbres[10], est un homme incomparable pour les ouvrages du Tour sur +lequel il travaille les plus dures matières dont il fait des ornemens +d’Architecture, qui par leurs formes carrées, octogones, ovalles, etc., +sembleroient ne pouvoir estre produites par la pratique du Tour. + + [9] Jean Maubois, qui, d’après une lettre qu’il a écrite sur lui-même, + en 1699, et qui a été publiée par _la Revue des Sociétés savantes_ + (août 1868, p. 176), vint du Dauphiné à Paris, sur un ordre de + Colbert, en 1680, «pour tourner tous les ouvrages d’or et d’argent + pour S. M.» + + [10] Il y étoit installé depuis 1685. «Il tenoit du Roi, dit-il en + effet, dans sa lettre de 1699, un logement proche son palais des + Tuileries, il y a quatorze ans.» + +Son industrie a semblé si admirable à plusieurs personnes de +considération, qu’elles ont pris à tache de l’acquérir seulement pour +s’en faire un plaisir[11]; par exemple, M. le Prevôt de l’Eglise saint +Nicolas du Louvre, et Mrs de la Guyche qui demeurent rue et près la +place Royale[12]. + + [11] «Je vous diray, écrit encore Maubois, que tous les princes me + font l’honneur de me venir veoir travailler.» + + [12] Maubois eut une fille, d’autres--tels que Hulot dans son livre, + _l’Art du Tourneur_--disent une sœur, qui fut presque aussi habile + que lui. Elle apprit à tourner au comte de Clermont, à Louis XV, + encore enfant, et même, s’il faut en croire _le Mercure_ + (juin-juillet 1721, p. 121), au fils de l’ambassadeur turc. + +Les Maçons Entrepreneurs denommez dans l’article des Batimens du Roy, +entreprennent aussi pour le public. + +Entre ceux des autres Maitres Maçons qui entreprennent aussi dans le +public les plus considérables edifices, sont Messieurs Tarrade rue des +Orties, Bertier[13] rue Neuve saint Roch, Guezard rue Royalle, Macon rue +du Roy de Sicile, Tricot rue Jean Robert, Thevenot rue saint Claude du +Marais, Perdeau place des Victoires, Convers Isle Notre Dame, Rohais +quartier S. Germain, Bergeron le jeune rue Royale, butte S. Roch[14], +etc. + + [13] Nicolas Bertier. L’_Almanach royal_ de 1702 le loge près de la + porte Gaillon, c’est-à-dire à l’endroit environ où se trouve + aujourd’hui la fontaine. + + [14] Ce fut jusqu’à la Révolution le nom de la rue des Moulins, depuis + la rue des Petits-Champs jusqu’à la rue Thérèse. + +Pour les compagnons Maçons, Manœuvres, Limosins, etc., voyez l’article +des Domestiques et Ouvriers. + +A l’égard des Matéreaux[15] servans à la construction des ouvrages de +Maçonnerie, on les peut trouver aux prix et aux endroits ci-après +designez; par exemple, le muid de Chaux de Melun qui arrive au Port +saint Paul[16], coute rendu à l’attelier 48 livres. + + [15] C’est encore ainsi que prononcent beaucoup d’artisans, surtout en + province. A l’époque même de Blegny, cette prononciation passoit + pour vicieuse: «Il n’y a que ceux qui ne savent pas parler qui + disent _matéreaux_», écrit Richelet dans son _Dictionnaire_, 1688, + in-4º. + + [16] «Le pavé et la chaux se vendent au port Saint-Paul, près les + Celestins.» Édit. 1691, p. 38. + +Le muid de Ciment qui se fait sur les fossez de l’Estrapade et au +fauxbourg saint Antoine, chez le Sieur Petit à l’entrée de la rue de +Nappe[17], coûte rendu à l’atelier 20 livres. + + [17] Lisez rue de Lappe, nom qui lui venoit du maraîcher Girard Lappe, + qui avoit, par là, de grands terrains sous Louis XIII. Dans l’édit. + de 1691, p. 39, il est dit: «à l’entrée de la rue de la Roquette.» + +Le muid de Plâtre de Montmartre, de Montfaucon, de Norillon sous +Belleville, de Charonne[18], etc., coute rendu 6 livres et au plus 6 +liv. 10 sols à la mesure et choisi[19]. + + [18] «Les carrières et fours à plâtre sont, pour la plupart, au bas de + Montmartre, au bas de Belleville, à Montfaucon. On tire de ces + carrières une sorte de moellons qui est bonne pour les fondations.» + Édit. 1691, p. 38. Le plâtre de Montmartre étoit «le plus estimé», + selon Félibien, _Des principes de l’architecture_, 1676, in-4º, p. + 698. Les carrières de plâtre au bas de Belleville existent encore. + On les appelle aujourd’hui _Carrières d’Amérique_, à cause de + l’exportation d’une partie de leurs produits aux États-Unis, où le + plâtre manque. + + [19] Soixante ans après, ce prix étoit augmenté d’un tiers. Le muid de + plâtre se payoit 9 livres. (_Journal du Citoyen_, 1755, in-8, p. + 381.) + +Le tonneau de Pierre de Saint Leu contenant 14 pieds cubes coute rendu +depuis 5 jusqu’à 5 livres 10 sols à proportion de l’eloignement, et sur +le Port 4 livres 10 sols, avec cette différence que quand les morceaux +ont plus de 28 pieds cubes, le prix est augmenté selon le plus ou le +moins; c’est ce qu’on appelle Pierre d’échantillon. + +Le bel appareil de Pierre de Liais[20] coute le pied en superficie rendu +depuis 20 jusqu’à 25 sols, et celuy de la même Pierre de 13 à 14 pouces +de haut 40 à 50 sols. + + [20] «Pierre très-dure, dit Félibien, p. 66, blanche et approchant du + marbre, c’est pour cela qu’elle reçoit une espèce de poly avec le + grès et l’émeril, particulièrement celui de Senlis, qui ne se gaste + ny à la gelée ny aux autres injures du temps.» C’est avec ce liais + de Senlis, tiré d’une carrière tout près de la ville, que se firent + en grande partie, sous Louis XIV, les constructions du Louvre. Nous + reparlerons plus loin des pierres de liais. + +Le pied cube de Pierre d’Arcueil[21] d’échantillon 10 sols. + + [21] Il sera parlé, avec plus de détail, au chap. suivant, p. 111, de + la pierre d’Arcueil, dont on se servoit alors beaucoup dans les + constructions à Paris. + +Le pied carré de Pierre de saint Cloud[22] pris sur toute sa hauteur et +rendu 28 sols. + + [22] C’est avec la pierre de Saint-Cloud et avec celle de Saint-Non, + dont la carrière se trouve au bout du parc de Versailles, que furent + faites les constructions du château. La pierre de Saint-Cloud se + tiroit de la _carrière_, dite des _grès_, située à gauche en sortant + de Saint-Cloud pour aller à Versailles. C’est de la partie appelée + le _banc blanc_ que furent extraites quelques-unes des plus grandes + pierres du Louvre. Celles du fronton de la colonnade, qui ont l’une + et l’autre cinquante-deux pieds de long, ont été tirées auprès de + Meudon. (Félibien, p. 68.) + +La toise cube de Moellons de Paris et des Carriéres des fauxbourgs S. +Jacques et S. Marcel[23] rendu en toise sur le lieu 18 livres, et celle +de Moellons de plâtre depuis 16 jusqu’à 17 liv. + + [23] Blegny oublie les meilleurs: ceux des carrières de Saint-Maur et + de Vaugirard. (Félibien, p. 662.) + +Le cent de Bottes de lattes de cœur de chêne sans obier[24], coûte sur +le Port depuis 36 jusqu’à 40 livres. + + [24] L’aubier est la partie molle qui se trouve entre l’écorce du + chêne et son bois. + +Le Clou à latte 13 sols le millier. + +Le Clou de charette et de bateaux la livre 2 sols, et le cent de livres +depuis 7 jusqu’à 8 livres. + +Pour les Pots d’Aizances[25] et fouilles de terres, voyez l’article des +Vuidanges. + + [25] C’est ce qu’on appeloit, au XVe siècle, «tuyau des chambres + aisées.» _Chron. du roy Louis XI_, an. 1479. + +Pour le gros Fer, voyez l’article des Ouvriers et Marchands de Fer. + +Le prix ordinaire des Murs de fondation depuis 22 jusqu’à 28 pouces +d’épaisseur avec portes de pierres ceintrées, la toise superficielle. + +On toise ordinairement les Fondations à la toise cube dont on paye 40 à +42 livres de chaque toise reduite à 216 pieds cubes, et alors on déduit +les vuides qui s’y trouvent et même la place qu’occupe la Pierre de +taille, pour la toiser ensuite à raison de 28 à 30 livres la toise +quarrée tous paremens veus, à condition qu’elle soit des Carrières +d’Arcueil[26]. + + [26] Félibien, p. 68, énumérant les diverses sortes de pierres «qu’on + emploie à Paris», nomme celle d’Arcueil la première. Il en sera + reparlé bientôt. + +Des Voutes de caves et de fosses d’Aizances avec Arcs de Pierre de +taille dure d’Arcueil de 18 pouces de longueur de tête l’une, et 30 +pouces l’autre de 14 à 15 pouces d’epaisseur au couronnement de la +Voute; espacez à 12 pieds de distance de milieu en milieu la toise +superficielle 16 livres. + +On observe ordinairement dans le milieu desdites Voutes un trou de deux +pieds en quarré pour faciliter la vuidange desdites fosses d’Aizances, +lequel trou est garni d’un chassis de Pierre dure d’Arcueil dans lequel +se met une autre Pierre feuillée[27] de 3 pouces de largeur et renforcée +d’autant pour s’emboîter dans ledit châssis que l’on paye séparement, ou +qui est compris dans le toisé, suivant qu’il est expliqué dans le +marché. + + [27] C’est-à-dire plate, et comme en feuille. + +Les reins des dites Voutes se doivent payer au moins à 9 livres la toise +cube ou au tiers de la superficie des Voutes en berceau, ou au quart de +la superficie des Voutes en lunettes[28]; mais il faut que les dits +reins soient remplis et garnis avec moellon de la qualité des dits murs, +maçonné avec mortier de chaux et sable, et arrasez d’après le +couronnement de la dite Voute. + + [28] Les voûtes en lunettes ou à lunettes sont, selon Furetière, + celles qui s’élèvent sur les côtés pour augmenter la hauteur des + fenêtres, comme sont toutes les voûtes gothiques. + +Des murs de face de Pierre de saint Leu[29] avec trois assises de Pierre +dure d’Arcueil, dont les deux derniers faisant parement en dedans, les +dites trois assises faisant ensemble trois pieds et demi à quatre pieds +de haut, de vingt deux pouces d’epaisseur au nud avec portes, croisées, +fermetures, plinthes et entablemens de pierre de S. Leu, la toise +superficielle 45 livres. + + [29] Il ne faut pas s’étonner que le nom de la pierre de Saint-Leu + revienne continuellement ici. C’étoit une des plus employées pour + les constructions de Paris. «Elle est tendre à tailler, dit + Félibien, p. 67, mais elle durcit à l’air.» + +Des Murs metoyens[30] de vingt pouces d’épaisseur par bas avec jambes de +pierre de Taille dure sous les poutres, le restant desdits murs avec +moellon piqué et enduit des deux cotez, la toise superficielle 18 +livres. + + [30] Métoyen, pour mitoyen, étoit aussi de la prononciation populaire. + Félibien lui-même l’emploie, p. 666. + +Des Murs de refend depuis le retz chaussée en amont de quinze à seize +pouces d’épaisseur, avec une assise de pierre dure par bas, faisant +parement des deux côtez et parpins[31] entre deux quarteaux, un avec +pieds droits et fermetures de portes, de pierre de saint Leu à chaque +étage, le restant desdits murs avec moellon piqué, enduit par dessus des +deux cotez, la toise superficielle 18 livres. + + [31] Le mur de parpin, ou parpaing, est formé de pierres qui en + traversent l’épaisseur. + +Des Murs de chiffres[32] de quinze pouces d’épaisseur avec deux assises +de pierre dure par bas, et le reste de saint Leu, la toise superficielle +25 livres. + + [32] C’est-à-dire faits de pierres entrelacées, comme des chiffres ou + «entrelas». + +Des Marches moullées[33] en Pierre dure d’Arcueil pour les grands +escaliers, la toise superficielle 30 livres. + + [33] Celles qui ont une moulure, avec filet, autour du giron. + +Les Marches non moullées 25 livres. + +Et celles des descentes de caves 20 livres. + +Des Murs de chiffres desdites descentes de caves de quinze pouces +d’épaisseur avec une assise de pierre dure par bas, la toise +superficielle 12 livres. + +Des Murs de puits ayant deux assises de Pierre dure d’Arcueil cramponées +et une mardelle[34] au dessus de ladite pierre d’une seule pièce, +lesdites assises enterrées dans le retz de chaussée et levées de deux +pieds et demy de haut jusque sous ladite mardelle, le restant au dessous +jusque sur le roüet[35] avec moellon dur piqué et posé par arrases[36] +egales de dix huit pouces d’épaisseur, la toise superficielle 25 livres. + + [34] Pour margelle. Encore une mauvaise prononciation des artisans de + ce temps-là, et de quelques-uns de celui-ci. + + [35] C’est-à-dire le treuil où s’enroule la corde du puits. + + [36] Nous dirions aujourd’hui assises. + +Des souches de Cheminées de brique[37] avec plinthes et fermetures de +pierre de saint Leu sans compter de plus valeur pour ladite pierre, la +toise superficielle 14 livres. + + [37] Partie d’un corps de cheminée qui s’élève au-dessus du toit. + +Des Bornes de pierre dure de quatre pieds de long, posées en place sur +un massif d’un pied d’épaisseur, maçonnées et scellées en plâtre pur, la +pièce 11 livres. + +Des Murs de cloture de dix huit pouces d’épaisseur avec moellon dur posé +par arrases égales en mortier de chaux et sable, crepis des deux cotez, +la toise superficielle 14 livres. + +Des Murs aussi de cloture maçonnez avec pareil moellon apparent et posé +à bain de mortier de terre[38], la toise superficielle 8 livres. + + [38] C’est-à-dire en plein mortier: «les maçons, lisons-nous dans le + curieux _Manuel lexique_ de l’abbé Prévost, t. I, p. 108, disent + qu’une cour est pavée à bain de mortier, pour signifier qu’il y a du + mortier en abondance.» + +Le Pavé de pierre de taille dure posé en mortier de chaux et sable, la +toise superficielle 28 livres. + +Le Pavé noir et blanc 32 livres. + + + + +QUALITEZ ET COUPE DE LA PIERRE. + + +La Pierre dont on se sert dans les batimens à Paris, se tire des +Carrières d’Arcueil, Bagneux, fauxbourg S. Jacques, fauxbourg S. Marceau +et Vaugirard[1]; la meilleure de toutes celles que l’on tire aux +Carrières du fauxbourg S. Jacques, d’Arcueil et de Bagneux, coûte rendue +à l’atelier 10 à 12 sols le pied cube suivant la grandeur des morceaux +dont il n’y en a au plus que deux à la voye, ou sinon le prix diminue: +car les morceaux de 4, 5 ou 6 à la voye ne passent que pour libages et +se payent depuis 4 jusqu’à 5 livres la voye. + + [1] «Les meilleures espèces de pierres de taille, libages et moellons, + se tirent des carrières d’Arcueil et de Mont-Rouge.--Il y a d’autres + carrières, d’où l’on tire d’assez bonnes sortes de marchandise, vers + le Marché-aux-Chevaux et à la vallée de Fecan.» (Édit. 1691, p. 38.) + Le marché aux Chevaux étoit, où il se trouve encore, au faubourg + Saint-Marceau, près du boulevard de l’Hôpital. Quant à la vallée de + Fécamp, on appeloit ainsi une partie de la rue de Charenton à son + extrémité, dans la campagne. Les carrières de Vaugirard commençoient + presque dans Paris, derrière les Chartreux, voisins, comme on sait, + du Luxembourg. Les meilleures même étoient dans cette partie. C’est + avec le liais de la carrière des Chartreux et celui de Senlis que + fut bâti le Louvre. + +La meilleure pierre qui se tire encore auxdites Carrières du fauxbourg +S. Jacques, d’Arcueil et Bagneux, est le Liais[2], dont il y en a de +deux qualitez, sçavoir, Liais doux et Liais faraut[3], le Liais doux est +de deux bancs différens dans la Carrière; le premier est de bas +appareil[4] qui vaut 20 à 25 sols le pied carré pris sur son lit, sans +avoir égard à sa hauteur, qui n’est que de 7 à 8 pouces. + + [2] «La pierre, dit Palissy (édit. Cap, p. 294), que les Parisiens + appellent _liais_.» Buffon (_Minéral._, t. I, p. 341) en a, comme + Félibien cité tout à l’heure, vanté l’excellence et notamment la + dureté, «qui lui vient, dit-il, de ce qu’elle est surmontée de + plusieurs bancs d’autres pierres, dont elle a reçu les sucs + pétrifiants». + + [3] Les ouvriers prononçoient ainsi, mais le vrai mot est + «liais-féraut». Il résiste au feu, et c’est pour cela qu’on + l’employoit, au dernier siècle, pour faire les jambages des + cheminées. + + [4] C’est-à-dire par petits fragments, sans épaisseur. + +Et le haut appareil qui porte 12 à 13 pouces vaut 40 à 50 sols le pied +carré, le tout rendu à l’atelier. + +Cette Pierre coute 40 à 50 sols la toise pour la taille polie au grais, +et celle d’Arcueil coute 28 à 30 sols la toise coulante. + +Le Liais faraut ne coute que 20 sols le pied carré, mais on n’en employe +que rarement, parce qu’il est difficile à travailler. + +La Pierre du fauxbourg saint Marceau et Vaugirard coute 4 à 4 livres 10 +sols la voye, et coute 18 à 20 sols la toise à tailler. + +Le Moellon[5] que l’on tire dans lesdites Carrieres, coute, savoir, +celuy du Fauxbourg saint Marceau, saint Jacques, Bagneux, Pacy et +Vaugirard[6], 17 à 18 livres la toise selon l’éloignement; celuy des +Carrières d’Arcueil coute 18 à 20 livres. + + [5] Blegny donne la véritable orthographe, que n’avoit pas adoptée + Richelet, et dont on se départit au XVIIIe siècle pour la reprendre + de nos jours. L’abbé Prévost la regrettoit: «On devroit, dit-il, + écrire _moellon_, et non _moîlon_, puisqu’il vient de moelle.» + (_Manuel lexique_, t. II, p. 97.) + + [6] Celui d’Arcueil et celui de Saint-Maur, oubliés ici, passoient + pour être les meilleurs, comme on l’a vu plus haut. Celui de Passy + étoit le moins estimé. + +On employe dans les batimens beaucoup de Pierre que l’on tire des +Carrieres de saint Leu, de Serans près Chantilly; elle n’est bonne qu’à +4 ou 5 pieds de terre: c’est pourquoy on employe la Pierre dure des +Carrières précedentes au retz de chaussée et le saint Leu au dessus; on +la vend sur le port vers la porte de la Conférence[7] 4 livres 10 sols à +4 liv. 15 sols le tonneau, lequel contient 14 pieds cubes; cette Pierre +est fort tendre, facile à travailler, et devient dure en œuvre par une +croute qui se forme dessus; elle resiste à la gelée et à tous les autres +mauvais temps, elle ne coute à tailler que 8 à 9 sols la toise courante, +tous paremens veus sur un pied de haut. + + [7] On sait qu’elle étoit située entre la Seine et l’extrémité + orientale de la terrasse des Tuileries. Le port où se déchargeoient + les pierres de Saint-Leu, comme le constate aussi La Tynna, étoit au + bas. Il n’existe plus. Le port aux pierres est transféré de l’autre + côté, un peu plus en amont, au-dessous du quai d’Orsay. Les pierres + de Saint-Leu et de Senlis étoient à peu près les seules qu’on y + débarquât. Les autres étoient apportées à pied d’œuvre des carrières + mêmes qui avoisinoient Paris, «car, dit Félibien, p. 65, il semble + que la nature même ait de tout temps voulu pourvoir aux besoins de + cette grande ville, puisque toutes les choses nécessaires pour les + édifices qu’on y fait se trouvent sur le lieu même.» + +On scie les Pierres dures dont il est parlé ci-devant[8] afin de menager +la pierre et même il est indispensable de le faire pour les apuis des +croisées, seuils de portes, pavé de pierre, marelles[9], etc. On paye le +sciage toisant un seul parement des deux qui viennent de chaque trait de +scie à 4 sols, même 4 sols 6 deniers le pied carré. + + [8] On les scioit comme le marbre dans les Pyrénées, d’après le + procédé récemment inventé par Misson, avec des scies qui tournoient + et scioient le marbre ou la pierre sur place. (Félibien, p. 736.) + + [9] Lisez margelle. + +Lors que les morceaux que l’on veut scier sont trop courts, on en joint +plusieurs bout à bout de la longueur de la scie, ce qui est aussi tôt +fait que si on scioit un seul petit morceau. + +On scie aussi la Pierre de saint Leu, lorsque les morceaux sont d’une +grandeur propre à en tirer deux pour mettre en œuvre, ce qui est d’un +grand menage, parce qu’outre que cela epargne la pierre, on profite de +deux paremens qui ne sont pourtant pas de conséquence comme à la Pierre +d’Arcueil et de Liais, on donne du pied carré pour le Sciage à ne toiser +qu’un des deux paremens 9 à 12 deniers. + +On employe aussi de la pierre dure que l’on tire des Carrieres de S. +Cloud[10], elle est fort blanche et bonne, on la scie comme les +précédentes, elle coûte 14 à 15 sols le pied cube. + + [10] Il en a déjà été parlé plus haut. + +On tire desdites Carrières des pierres fort longues dont on fait des +colonnes d’une seule pièce, et qui resistent au fardeau et à la gelée. + + + + +OUVRAGES ET FOURNITURES + +DE CHARPENTE. + + +Les Charpentiers Entrepreneurs des batimens du Roy entreprennent aussi +pour le public. + +Entre les autres Maitres Charpentiers qui font des entreprises +considérables, sont Mrs Petit père et fils[1] près la porte Montmartre, +Guilbert[2] sur l’aile du Pont Marie[3], le Sage porte saint Antoine, +Guesnier, rue [4], etc. + + [1] Antoine Petit et Gaspard Petit. Ils avoient encore, en 1702, leur + chantier près la porte Montmartre. + + [2] Lisez Gilbert. + + [3] C’est l’espace, formant une espèce de port, qui est au bas du + Pont-Marie, du côté du quai des Ormes. Gilbert n’y étoit plus en + 1702. Il avoit transféré son chantier au faubourg Saint-Antoine, rue + de Lappe. + + [4] Blegny, qui ignore son adresse, ne savoit guère mieux son nom. Il + s’appeloit Jean Guemier, et demeuroit au bout de la Villeneuve, près + de la porte Saint-Denis. + +Le bois de Charpente arrive pour la plus grand’part au Port au plâtre[5] +et à l’Isle Louvier[6]. + + [5] A Bercy, près d’un cimetière de protestants. C’est aujourd’hui la + rue des Charbonniers. + + [6] Jusqu’à la fin du règne de Louis XIV, ce ne fut qu’un dépôt pour + le foin, les fruits, les bois de menuiserie et de charpente. On n’en + fit plus ensuite qu’un immense chantier de bois à brûler. + +Mrs Lion et Patissier Marchands de bois Carré, rue des fossez S. Victor, +ont beaucoup de bois de Charpente dans leurs Chantiers. + +Le prix ordinaire du cent de Bois de Charpente[7] pour combles, +planchers, cloisons, pands de bois, escalier, etc., mis en œuvre et +toisé aux us et coutume de Paris, est de 330 jusqu’à 340 livres, si ce +n’est lorsque le bois des planchers est apparent qu’il va jusqu’à 360 +livres[8]. + + [7] «A Paris, le bois de charpente se vend au cent de pièces. La pièce + doit avoir douze pieds de long et six pouces en quarré: de sorte + qu’elle contient trente-six pouces sur douze pieds de long.» + Félibien, p. 117. + + [8] Ce prix, en 1734, c’est-à-dire quarante-trois ans après, avoit + presque doublé: «Montant du cent de bois façonné... 612 livres. + _Prix de 1734._» (_Journal du Citoyen_, p. 385.) + +Les Poutres et tirants au dessus de quatre toises de longueur, et les +Solives au dessus de dix huit pieds de long, valent depuis 380 jusqu’à +400 livres le cent, et même depuis 410 jusqu’à 430 livres si les pièces +sont apparentes. + +On paye depuis 70 jusqu’à 75 livres pour le cent de vieux bois de chêne +façonné et mis en œuvre. + +Les Charpentiers tiennent compte du vieux Bois de chêne provenant des +démolitions sur le pied de 200 livres le cent, celuy de Sapin sur le +pied de 150 livres. + +_Nota_, qu’avant la démolition on toise le vieux Bois, que l’on donne en +compte aux Charpentiers, mais dans le toisé on ne comprend point le bois +au dessous de trois pieds de longueur qui demeure au profit des +bourgeois, et les Charpentiers en tiennent compte à 170 livres le cent. + +Lorsque tous les ouvrages de Charpente sont de sujettion et +d’assemblage, et qu’il n’y a aucuns planchers à faire, on les paye +depuis 450 jusqu’à 500 livres le cent. + +Le cent de Bois carré de saint Dizier[9] se vend sur les Ports du lieu +150 livres le cent, et il coute d’ailleurs 60 livres de voiture jusqu’à +Paris. + + [9] On y fait encore, par la Marne, un grand commerce de bois et + planches de sapin. + +La toise de Bois carré de 18, 20 à 21 pouces de grosseur vaut sur les +Ports de Paris[10], 11 à 12 livres. + + [10] C’est sur ces ports, dont nous avons parlé plus haut, que les + experts-jurés devoient, même à l’exclusion des maîtres, visiter les + bois à bâtir et non ouvrés. + +Le Bois carré se vend dans les Chantiers de Paris depuis 250 jusqu’à 260 +livres le cent, non compris le gros bois, si ce n’est de 15 à 18 pieds +de long. + +Le cent de Poteaux et Solives se vendent sur le Port environ 200 livres, +et dans les Chantiers depuis 230 jusqu’à 240 livres. + +Les pièces de Bois carré propre à faire des Poutres de 4 toises de long +et de 18 à 20 pouces de grosseur valent environ 100 livres, celles de 4 +à 5 toises depuis 45 jusqu’à 50 écus, et celles de 5 à 6 toises environ +200 livres. + + + + +OUVRAGES ET FOURNITURES + +DE COUVREURS. + + +Les Entrepreneurs des Couvertures des Batimens du Roy dénommez en +l’article fait exprès, entreprennent aussi pour le public. + +Entre les autres Maitres Couvreurs de Paris qui font des entreprises +considérables, sont Messieurs Rottier rue saint Joseph, Bourgoin rue +Françoise près l’Hôtel de Bourgogne[1], etc. + + [1] Il s’établit plus tard à l’apport-Paris. Ses noms étoient Pierre + Bourgoing. + +M. Bidot rue saint Martin au Colombier, tient magasin d’ardoises +d’Anjou[2]. + + [2] On ne se servoit à Paris que de ces ardoises et de celles de + Mézières, qui étoient moins estimées. + +Il y a d’ailleurs des magasins d’Ardoises sur le quay de la Tournelle[3] +et sur le quay neuf[4] où l’on vend encore Briques, Tuiles et Carreaux. + + [3] Au port des Miramionnes. On y débarquoit aussi les tuiles et les + briques, comme on verra un peu plus loin. Il en avoit pris le nom de + «port aux tuiles et ardoises». + + [4] Le quai Le Pelletier, comme on l’a vu plus haut. + +La Tuille commune se fabrique en divers endroits du fauxbourg saint +Antoine. + +Il y a au bas de Passy une Tuillerie où l’on fait une sorte de Thuille +meilleure, et plus chère[5]. + + [5] Les tuileries avoient été nombreuses de ce côté, depuis Passy + jusque bien au-delà d’Auteuil. Il en est parlé dans un titre de + 1233, à propos d’un droit qu’y percevoient les génovéfains de Paris. + Celle dont il est parlé ici fut une des dernières, du moins sous + Passy. + +La Thuille de Bourgogne se décharge sur le quay de la Tournelle, on +tient que c’est la meilleure espèce de Tuilles. + +Le bardeau de Douves de tonneau est façonné par les Menuisiers. + +Pour ce qui est des Ouvrages de couvreurs, ils se payent ordinairement +suivant le tarif qu’on va lire. + +La Toise carrée de couverture d’Ardoyses avec lattes et contrelattes de +chêne de trois pouces neuf lignes de pureau[6], se paye à neuf livres la +toise carrée, ou seulement à vingt cinq sols pour façon en fournissant +par l’entrepreneur les ardoises, clouds et lattes. + + [6] «Le _pureau_ d’une tuile, dit Félibien, est la partie qui est à + découvert et qui n’est pas cachée par les autres.» _Des principes de + l’Architecture_, 1676, in-4º, p. 711. + +La Toise carrée de couverture d’Ardoises sortes de cartelettes[7] pour +les dômes depuis deux jusqu’à trois pouces de pureau lattées comme aux +precedentes à 16 livres. + + [7] Ou petites cartelles, c’est-à-dire planchettes. + +Le millier d’Ardoises communes vaut vingt huit livres, et le millier de +fortes depuis 36 jusqu’à 40 livres. + +Les couvertures de tuille neuve du grand moule de Passy ou du fauxbourg +saint Germain[8], latées de quatre pouces de pureau ou échantillon, se +payent à sept livres la toise carrée. + + [8] Le faubourg Saint-Germain avoit eu ses tuileries, qui se + rattachoient à celles du Petit-Vaugirard et de Vaugirard. Il en + existe encore un souvenir dans le nom de _la Cour des vieilles + Tuileries_, située à l’extrémité de la rue du Cherche-Midi, qui, + elle-même, s’étoit longtemps appelée ainsi, depuis la rue du Regard, + jusqu’à la rue du Petit-Vaugirard. En 1389, il est déjà parlé des + «Tuileries près Saint-Germain des Prés». _Reg. crimin. du Châtelet_, + 1389-1392, t. I, p. 20. + +Pour façon en tout fournissant quinze sols en batimens à lucarnes, et +huit sols en simple grange. + +Les couvertures de tuilles neuves du grand moule de Passy à claire voye, +lattées comme dessus, se payent à quatre livres quinze sols la toise +carrée. + +La toise carrée de trente six pieds de superficie, se paye de quinze à +vingt sols pour les recherches. + +La couverture de tuille maniée à bout, latée de neuf, découverte et +recouverte, se paye pour chaque toise de trente six pieds de superficie +à 4 livres. + +Les recherches[9] de couvertures d’Ardoises, et raccommodement des +anciennes combles[10] dans les ouvrages neufs, à une livre cinq sols la +toise carrée. + + [9] «En termes de couvreurs et de paveurs, lisons-nous dans le Manuel + lexique de l’abbé Prévost, t. II, p. 339, on appelle _recherche de + pavé, recherche de couverture_, la réparation qui s’y fait lorsque + l’on met de nouvelles ardoises ou de nouvelles pierres à la place de + celles qui manquent.» + + [10] Ce mot avoit été d’abord du féminin, mais l’usage auquel se + conforma l’Académie lui avoit donné enfin le genre qu’il a gardé. + + + + +OUVRAGES ET BOIS + +DE MENUISERIE. + + +Les Menuisiers Entrepreneurs des Batimens du Roy, cy devant designez, +entreprennent aussi pour les particuliers les ouvrages considérables. + +Entre les autres Maîtres Menuisiers qui font de pareilles entreprises, +sont Messieurs de Sanceaux rue Royale quartier saint Roch, Girard et +Senincourt à la Ville neuve, Marteau au coin de Rome[1], Saint Blimont +devant saint Martin des Champs, du Coing rue Couture saint Gervais, etc. + + [1] On disoit aussi cul-de-sac de Rome. C’étoit une impasse de la rue + Frépillon, qui devoit son nom à l’enseigne du «puits de Rome», dont + nous ignorons l’origine, et qui se voyoit encore il y a trente ans + figuré en or sur plaque de marbre noir. + +M. Paillard Menuisier de l’Opéra fort entendu dans les machines[2], +demeure rue Fromenteau[3]. + + [2] Il existe aux Archives Nationales un manuscrit contenant un + certain nombre de ces machines de l’Opéra au XVIIe siècle. Elles ont + été reproduites en partie dans le _Magasin pittoresque_ de 1867, p. + 283, 331, 379. + + [3] Ce sont les menuisiers, et non les charpentiers, qui étoient aussi + chargés de fournir les estrades et les châssis à tentures pour les + grandes cérémonies. Monteil possédoit un manuscrit des _Menus + plaisirs_, année 1678, où on lisoit: «A Nicolas Hertier, menuisier + du Roi, la somme de 940 livres pour les menuiseries qui étoient + nécessaires à la cérémonie des cinq _Te Deum_ chantés pour les + victoires du Roi.» + +Le plus grand’ aport du bois carré pour la Menuiserie, arrive à l’Isle +Louvier[4]. + + [4] _V._ une des notes précédentes, p. 116. + +Les planches chevrons et autres bois de batteaux se trouvent à la +Grenouillière et sur le Port saint Paul. + +Il y a des Chantiers de bois de Menuiserie dans presque tous les +quartiers de Paris, où il est débité en détail aux Bourgeois et +Menuisiers. + +Le prix ordinaire des croisées à panneaux de verre avec chassis dormans +et volets brisez aboument[5], de 4 pieds à 4 pieds et demi de large + le pied courant mesuré sur la hauteur seulement. + + [5] Lisez «à bouvement». C’étoit une certaine espèce d’assemblage, + pour laquelle on employoit le bouvet, sorte de rabot. + +Les Croisées sans volets pour les escaliers de pareilles largeurs et +mesurez de même, le pied 30 à 35 sols. + +Les Croisées à carreaux de verre, avec volets brisez aboument[6] et de +pareille largeur, le petit bois orné d’un quart de rond et deux cartez à +chacun, le pied de hauteur 3 l. 5 à 3 l. 10. + + [6] Même note que la précédente. + +Les Croisées aussi à carreaux de verre sans volets comme les precedens, +le pied de hauteur 40 à 45 sols. + +Les Chassis à carreaux de verre à coulisse[7] dont le petit bois de +chêne semblable au precedent, sur 4 pieds de large, le pied de hauteur +36 à 38 sols. + + [7] C’est ce qu’on appela depuis des croisées à guillotines. Le + châssis à panneaux de verres étoit immobile et à demeure, tandis que + le châssis à carreaux de verres et à coulisse se mouvoit de bas en + haut, et _vice versâ_. + +Les Chassis à papier[8] aussi de bois de chêne à coulisse de 4 pieds de +large avec meneaux[9] arrondis comme les precedens 25 sols le pied de +hauteur. + + [8] Richelet, au mot «châssis», nous donne la définition de ce + «châssis à papier»: «Clôture de bois qu’on rabotte, et qu’on fait + par carreaux, sur laquelle on colle du papier qu’on huile, et qu’on + met ensuite aux croisées des fenêtres devant les vitres, afin que la + chambre soit plus chaude.» + + [9] C’est ce que nous appelons «les montants». + +Le Parquet[10] de bois de chêne dont le basti[11] aura un pouce et demi +d’épaisseur, les panneaux et frises un pouce, le tout en œuvre bien +assemblé et posé sur lambourdes[12] de 3 à 4 pouces de grosseur la toise +carrée 25 livres. + + [10] «Le parquet, dit Félibien, p. 682, est un assemblage de pièces de + bois qui font un compartiment en quarré, ou d’une autre manière, + pour servir au lieu de pavé dans les chambres, sales et cabinets.» + L’usage alors en étoit encore nouveau. + + [11] «Le bâti», l’encadrement. + + [12] Pièces de bois mises de distance en distance sur un plancher, + pour servir d’appui au parquet. + +Le Parquet de même bois de chêne dont les bastis de 2 pouces +d’épaisseur, les panneaux et frises un pouce et demi, le tout en œuvre +posé aussi sur même lambourdes, la toise carrée 30 à 36 livres. + +Les Planchers d’ais de chêne d’un pouce d’épaisseur en œuvre assemblez à +raineure et languette, mis en place sur lambourdes de 3 à 4 pouces de +grosseur espacées de 12 à 15 pouces de milieu en milieu, la toise carrée +12 à 13 liv. + +Les Planches d’ais[13] de chêne d’un pouce et demi d’épaisseur avec les +conditions precedentes, la toise carrée 15 à 16 liv. + + [13] «L’ais», comme on voit, n’étoit pas la planche, mais la feuille + de bois dans laquelle on tailloit la planche. + +Les Cloisons[14] d’ais de chêne de 15 lignes d’epaisseur en œuvre +dressées et rabotées des deux cotez, assemblées à reineures et +languettes[15] avec coulisses par bas, et par haut, et avec poteaux et +linteaux de 3 à 4 pouces de grosseur au droit des portes qui seront +compris dans le prix cy-après 15 livres la toise carrée. + + [14] Les cloisons ne se faisoient pas encore avec des briques et du + plâtre, mais seulement en bois; aussi les appeloit-on, selon + Félibien, p. 531, _pans de bois_ ou _colombages_. Richelet les + définit ainsi: «Séparation qu’on fait par le moyen de quelque + charpenterie dans quelque chambre et autre lieu de la maison.» + + [15] Par la languette, on assujettissoit «l’ais» dans la rainure. + +Lesdites Cloisons rabotées d’un seul coté 14 liv. la toise carrée. + +N’étant point rabotée 12 liv. + +Les Cloisons d’ais de chêne d’un pouce et demi d’epaisseur avec les +qualitez précedentes, la toise carrée 18 liv. + +Rabotées d’un coté 16 liv. + +Et non rabotées 15 liv. + +Les Cloisons d’ais de sapin d’un pouce d’épaisseur, assemblées et +rabotées des deux cotez comme cy dessus 8 livres 10 sols la toise +carrée. + +Rabotées d’un coté 8 liv. + +Et non rabotées 7 liv. + +Les Lambris à hauteur d’apuy de 3 pieds de haut ou environ de bois de +chêne, dont les bastis de quinze lignes d’épaisseur et les cadres un +pouce et demi, assemblez à reyneures et languette dans le basti, lesdits +cadres remplis de panneaux d’un pouce et demi d’épaisseur, ornez +d’astragales[16], plinthes[17], cymaises[18], et socles par bas +assemblez dans les montans du bastis, et ornez de moulures, le tout en +œuvre la toise courante 12 à 13 liv. + + [16] «L’astragale» n’étoit qu’une sorte d’ornement fort simple en + forme de «talon», comme l’indiquoit, au reste, son étymologie + grecque. Il se plaçoit en bas ou en haut des colonnes, ou servoit à + séparer le cordon de l’architrave. + + [17] «La plinthe» est, comme on sait, la bande de bois qui règne au + pied d’un lambris courant. + + [18] «La cimaise» n’étoit alors qu’une moulure mise au sommet d’une + corniche, aussi est-elle ici distinguée du socle que l’on confond + aujourd’hui avec elle. + +Lorsqu’ils excedent la hauteur d’apuy, depuis quatre pieds en sus ils se +payent à la toise courante 24 à 25 liv. + +Les Lambris à hauteur d’apuy comme les precedens, dont les paneaux sont +de sapin, la toise courante 9 liv. + +Lorsqu’ils excèdent la hauteur d’apuy[19] comme cy dessus la toise +carrée 18 à 20 liv. + + [19] C’est ce qu’ils étoient le plus ordinairement, les vrais lambris + consistant, pour les appartements sans tapisseries, «en ouvrages de + bois, écrit Félibien, p. 628, dont les chambres sont revestues tant + par les costez que par le platfond». V. au _Cabinet des Estampes_, + Hd. 9, _Nouveaux dessins de lambris, menuiseries_, etc., par le + sieur Cottard, architecte. + +Les Lambris de bois de chêne à hauteur d’apuy assemblez aboument et +ravalez[20] ou élégis[21], avec plinthe et cymaise, la toise courante 9 +liv. + + [20] Amincis, polis. + + [21] «_Elégir_», dit l’abbé Prévost dans son Manuel-Lexique, «c’est + pousser à la main un panneau ou une moulure dans une pièce de bois». + +Lorsqu’ils excedent la hauteur de quatre pieds, on les toise à la toise +carrée 18 liv. + +Les Lambris de bois de chêne dont les bastis d’un pouce et demi, les +cadres de deux pouces, et les panneaux de quinze lignes, le tout en +œuvre avec pilastres saillants et arriere corps ornez de moullures, la +toise carrée à hauteur d’apuy 16 liv. + +Lorsqu’ils excèdent 9 pieds de haut, 30 liv. la toise carrée. + +Les Portes de bois de chêne d’un pouce d’épaisseur, colées et emboitées +avec goujons, mises en œuvre 5 à 5 liv. 10 sols. + +Les Portes de bois de chêne d’un pouce et demi d’épaisseur, collées et +emboitées avec clefs[22] et languettes mises en œuvre, la pièce 7 liv. + + [22] On appeloit ainsi une sorte de tenon d’assemblage. + +Les Portes de bois de chêne comme ci dessus de quinze lignes +d’épaisseur, carderonnées[23] et ajustées sur un chassis dormant aussi +carderonnées et de trois à quatre pouces de large et d’un pouce et demi +d’épaisseur mis en œuvre, la pièce 9 à 10 liv. + + [23] Pour «cadronnées», encadrées, bordées. On disoit aussi: + «assemblées à cadre». + +Les Portes ordinaires de chêne d’un pouce et demi d’épaisseur entrantes +de toutes leurs épaisseurs dans un Chassis de deux pouces et de trois à +quatre pouces de large mises en œuvre, la pièce 9 à 10 liv. + +Les Portes de bois de chêne collées et emboitées de deux pouces +d’épaisseur mises en œuvre 10 à 11 liv. + +Les Portes à placard[24] à doubles paremens, dont l’assemblage d’un +pouce et demi d’épaisseur, les cadres de deux pouces et les panneaux +d’un pouce, le tout orné d’Architecture et mis en œuvre, 27 à 28 livres +la toise carrée. + + [24] On appeloit «porte à placard» la porte pleine et emboîtée du haut + en bas, avec tous ses ornements. On la distinguoit de la porte + brisée, ou à double manteau, qui s’ouvroit en deux. + +Les Portes à placard dont les assemblages de deux pouces, les cadres de +deux pouces et demi, et les panneaux de quinze lignes depuis sept pieds +jusqu’à sept pieds et demi, la toise carrée 36 liv. + +Depuis neuf jusqu’à dix pieds et demi 40 liv. + +Les Portes du bas des escaliers ou perrons dont les batans de six pouces +de large et trois pouces d’épaisseur; les traverses et assemblages de +trois pouces, les panneaux de deux pouces, le tout orné d’Architecture +mise en œuvre, la toise carrée 40 liv. + +Les Placards au dessus des portes et revetemens des mantaux de +cheminées[25], dont les battis d’un pouce, les batans deux pouces, et +les panneaux de neuf lignes mis en œuvre, la toise carrée sans compter +les saillies des corniches 22 liv. + + [25] En été, suivant la mode italienne, rappelée par Tallemant dans + une de ses _Historiettes_, l’on fermoit alors les hautes cheminées + avec des portes, comme «les revêtements» dont il est parlé ici. Dans + quelques hôtels, tels que celui de Chaulne, on remplaçoit ces portes + par des buissons de verdure et de fleurs. Boisrobert, _Épistres_... + 1659, in-12, p. 23. + +Les revetemens des embrazemens[26] de portes et croisées de bois de +chêne, dont les bastis d’un pouce d’épaisseur assemblez aboument[27], et +les panneaux de neuf lignes mis en œuvre, la toise carée 15 liv. + + [26] Le vrai mot est «embrasure», que, du reste, on employoit déjà. + + [27] V. une des notes précédentes. + +Les Chambranles des portes[28] de six pouces de large sur trois pouces +d’épaisseur, la toise courante depuis six jusqu’à neuf pieds de haut 50 +sols. + + [28] «C’est, dit Félibien, p. 517, l’ornement qui borde les trois + costez des portes, des fenestres et des cheminées.» Le mot ne + s’emploie plus guère que pour celles-ci. + +S’ils n’ont que deux pouces d’épaisseur, la toise carrée quarante cinq +sols. + +Depuis neuf jusqu’à douze pieds de haut, de six pouces de large et trois +pouces d’épaisseur, la toise carrée 3 liv. + +Les Chambranles de huit pouces de large sur quatre pouces d’épaisseur, +depuis neuf jusqu’à douze pieds, la toise carrée 5 liv. 10 sols. + +Les Tringles de bois de chêne pour attacher les tapisseries[29], de +trois pouces de large et un pouce et demi d’épaisseur, la toise carrée +10 sols. + + [29] On voit par là comment s’attachoient les tapisseries des + chambres, non pas clouées aux murs mêmes, mais tendues sur des + tringles assez épaisses, pour que, n’étant pas ainsi en contact avec + la muraille, elles se trouvassent à l’abri de l’humidité. + +Les Tringles de deux pouces et demi sur un pouce d’épaisseur 6 à 8 sols. + +Les Armoires pour les gardes meubles dont les montans et traverses de +six pouces de large sur un pouce et demi à deux pouces d’épaisseur, les +panneaux d’un pouce à un pouce et demi garnis de leurs fonds et cotez et +de Tabletes d’un pied et demi à deux pieds de profondeur, la toise +carrée de paremens, du devant et des cotez 25 liv. + +Les fonds, le derrière, le dessus et les tablettes, à raison de 12 +livres la toise carrée. + +Les Armoires ordinaires dont l’assemblage d’un pouce et demi, et les +panneaux de neuf lignes, le tout de bois de chêne en œuvre, la toise +carrée du devant et des cotez 15 liv. + +Le derrière, le fond, le dessus et les tablettes d’un pouce d’épaisseur, +la toise carrée 10 à 11 liv. + +Les Chambranles d’Alcoves et de cheminées depuis huit pouces jusque à un +pied de large sur trois à quatre pouces d’epaisseur, la toise courante +mise en œuvre depuis quatre jusqu’à dix pieds, 7 livres. + +Depuis dix pieds jusqu’à quinze pieds 8 liv. + +Les Chambranles de neuf pouces de largeur sur trois pouces d’épaisseur 5 +liv. + +Les Chambranles de cinq à six pouces de large, même epaisseur 3 liv. + + + + +OUVRAGES ET MARCHANDISES + +DE FER[1]. + + [1] On a plusieurs livres d’art très curieux sur la serrurerie au + XVIIe siècle: d’abord _La fidelle ouverture de l’art de serrurerie_, + etc., par Mathurin Jousse, La Flèche, 1627, in-fol.; puis les + _Diverses pièces de serrurerie_ inventées par Hugues Brisville, + maître serrurier à Paris, 1663, in-fol., consistant en 16 pièces, + dont une est le portrait de Brisville gravé par Ladame, et dont + toutes les autres, sauf trois, sont dues à J. Berain; enfin le + _Livre de serrurerie nouvellement inventé par Robert Davesne, Me + serrurier à Paris, et se vendant chez l’auteur rue neuve Montmartre + près Saint-Joseph_, 1676, in-fol. Le portrait de l’auteur est en + tête, avant la dédicace à l’architecte Bruant. + + +Les Serruriers qui entreprennent les fournitures pour les batimens du +Roy, font de pareilles entreprises pour le public. + +Entre les autres Serruriers qui font de grandes fournitures pour les +édifices considérables, sont Mrs de la Motte rue saint Honoré, rue +des Tournelles, Corneille fauxbourg saint Antoine, etc. + +Le Sieur Dunemare près le Jardin medécinal de Pincourt, fauxbourg saint +Antoine, a un particulier talent pour la fabrique des Tenailles et +Marteaux de Carossiers[2]. + + [2] Ce «sieur Dunemare» est bien probablement un des premiers gros + «feronniers» qui se soient établis dans le quartier Popincourt, où + ils se sont depuis, ainsi que les fondeurs, multipliés en si grand + nombre. + +Le gros Fer que l’on employe ordinairement dans les batimens consiste en +chaines, encres, clavettes, tirants, fantons de fer plat et fendu[3], +barres de tremies[4], manteaux de cheminées, barres de seuils de portes, +barres de linteaux pour les portes et croisées, corbeaux, grilles à +mi-mur et en saillie garnies de barreaux et traverses, barres de +contrecœur[5] et de potagers, tout lequel fer sert dans la construction +de la Maçonnerie; et à l’égard du gros Fer pour la Charpenterie, il +consiste en arpons[6], boulons, étriers, chevilles et chevillettes que +l’on paye à la pièce à raison de leur longueur, comme il sera expliqué +ci-après; le surplus de tout ledit Fer est compté pour gros Fer dont le +prix est de dix à dix livres 10 sols le cent mis en œuvre. + + [3] Le «fenton», et non fanton, est une sorte de crampon aplati qui + sert dans les tuyaux et les souches de cheminée. + + [4] «Bandes ou barres de tremie; ce sont des barres de fer qui servent + aux cheminées à porter l’âtre entre la muraille et le chevestre, + pièce de bois qui termine la largeur des tuyaux.» Félibien, p. 487, + 525. + + [5] On appeloit «contre-cœur» la partie de la cheminée où l’on mettoit + la plaque, entre les deux jambages en largeur, et l’âtre et le tuyau + en hauteur. + + [6] _Lisez_: harpons. + +Le cent pesant de Fer coute en barre chez les Marchands 6 livres 10 +sols, on donne 105 livres pour cent. + +Le Fer doux est plus cher[7], il coûte jusqu’à 10 livres le cent. + + [7] Dans un édit de février 1626, le «fer doux», qui ne casse pas + facilement, est déjà distingué du «fer aigre», très-facile à casser + au contraire. + +Le Fer de carillon[8] coûte 7 livres 10 sols à 8 livres le cent. + + [8] Fer en ferraille, qui carillonne pour peu qu’on le remue. + +Les barres de gros Fer servant de pilliers aux boutiques[9] coutent 4 à +5 sols la livre chez le Marchand, et on paye ensuite la façon à +l’ouvrier à raison de 3 à 3 liv. 10 sols le cent pesant. + + [9] L’usage de suppléer, pour avoir plus de place, aux supports en + maçonnerie par des piliers de fer ou de fonte, n’est pas nouveau, + comme on voit. C’est Louis toutefois qui, au siècle suivant, + substitua tout à fait les charpentes de fer à celles de bois. Il put + ainsi, par un véritable tour de force, établir le péristyle des + Variétés Amusantes--à présent le Théâtre François--au-dessous même + du parterre. + +Les dents de loup pour la charpente, 5 sols la douzaine[10]. + + [10] Les «dents de loup» étoient une sorte de gros clous dont on se + servoit pour attacher les fortes pièces de bois. + +Les Chevilles et les Chevillettes trois deniers le pouce de longueur. + +Les Crochets à enfaister le plomb des combles, et les Crochets à +bavette[11], deux sols pièce. + + [11] On leur donnoit ce nom parce qu’ils servoient à fixer sur le bord + des chéneaux «la bavette», sorte de bande de plomb. + + +_Les Serruriers de distinction, sont:_ + +Messieurs + +Roger à l’Hôtel Royal des Invalides. + +Boutet près le vieux Louvre rue Fromenteau. + +La Motthe rue saint Honoré. + +Corneille fauxbourg saint Antoine. + +Lucas pour les balanciers et coins de la monnoye, demeure près les +Galeries du Louvre, Hasté place de Cambray, Fordetin à la Monnoye, etc. + + +_Legers ouvrages de Serrurerie achetez chez le Marchand._ + +Les Verrouils à ressort de trois pieds de long 1 liv. 10. + +Ceux de deux pouces et demi 1 liv. 5 s. + +Les Verrouils à ressort coudez 1 liv. 5 s. + +Un Verrouil à ressort de trois pieds et demi avec sa serrure ovale à +panache garnie de toutes ses pièces 5 liv. 10 s. + +Un petit Verrouil à ressort pour armoires 3 s. + +Les Verrouils à ressort garnis de serrure comme ci devant étamez[12] et +de quatre pieds de long 6 liv. + + [12] On étamoit à la poêle, comme on le verra plus loin, verrous, + serrures, targettes, etc., pour empêcher la rouille, et pour leur + donner une apparence argentée. On les étamoit aussi à la feuille. + +Les Serrures d’armoires polies, la pièce 2 liv. + +Les Serrures communes de portes cochères 12 liv. 0. + +Les Serrures de portes cochères à deux pesles[13] et deux clefs polies +et bien travaillées 20 liv. 0. + + [13] Pesle ou pêle est l’ancienne forme du mot pêne, dont le radical + latin _pessulus_ étoit ainsi mieux indiqué. Elle étoit encore en + usage et même préférablement à l’autre, qui prévaut aujourd’hui: «On + dit _pène_ ou _pêle_, dit Richelet, mais le plus usité de ces deux + mots est pêle.» + +Les Serrures ovales de fleaux[14] à deux pesles et deux clefs 6 liv. 0. + + [14] Sortes de serrures en usage pour les anciennes portes cochères, + dont elles fermoient les deux battants à l’intérieur à l’aide d’une + forte barre transversale ou fléau. + +Les Serrures polies garnies de tout 5 liv. 0. + +Les Serrures communes[15] garnies de tout 4 liv. 0. + + [15] Ces serrures de pacotille ne se faisoient pas à Paris, mais à Eu + et dans les environs. Elles y étoient fabriquées par les gens du + pays, serruriers l’hiver, agriculteurs l’été. La Picardie n’a pas + d’ailleurs perdu cette industrie; on l’y trouve encore florissante + dans les mêmes parages, entre la Somme et la Bresle. + +Les Fortes Serrures de dix pouces 4 liv. 10 s. + +Les Serrures plus communes 2 liv. 10 s. + +Les Serrures d’armoires communes 1 liv. + +Les Clous à vis 2 s. + +Les Grands Clous à vis de porte cochère 4 s. + +Une clef pour une serrure commune 15 s. + +Une clef pour une porte cochère 1 liv. 10 s. + +Les Pattes à lambris, 45 sols le cent. + +Les Pattes en plâtre de huit à dix pouces, le cent 7 liv. 10 s. + +Les Pattes coudées de Sujettion de 8 pouces de long, le cent 8 liv. 10. + +Les Fiches de six pouces 7 sols la pièce. + +Les Fiches de guichet de porte cochère 3 liv. la pièce. + +Les Fiches à vaze de dix pouces, la pièce 17 s. + +Les Fiches de même de quatre pouces 4 s. + +Les Fiches à double nœud de cinq pouces 8 s. + +Les pareilles Fiches de trois pouces 2 s. + +Les Fiches à gond à vase de huit pouces 13 s. + +Les petites Fiches à vase de six à sept pouces 7 s. 6 d. + +Les Fiches de trois pouces, le cent 10 liv. + +Les Fiches de deux pouces et demi, le cent 6 liv. + +Les grosses Fiches à chapelet, la pièce 8 liv. + +Les Fiches à vase de quinze pouces de haut 1 liv. 15 s. + +Les Fiches à double nœud à vase de neuf à dix pouces 1 liv. 10 s. + +Un Loquet de porte étamé 1 liv. 5 s. + +Un Mantonet étamé 3 s. + +Les Locquereaux avec leurs mantonets[16] 15 s. + + [16] _Lisez_: loqueteaux.--Ce sont les petits loquets à ressort, qui, + mis en mouvement par une corde et en s’agençant dans le mantonnet, + servent à assujettir le haut d’un volet pour le fermer. + +Un Bouton à rozette poli 10 s. + +Les Couplets à cinq trous[17] 5 s. + + [17] Sorte de pentures à deux pièces, avec rivures et charnières, dont + on se servoit pour les portes et les fenêtres. + +Les Couplets à trois trous 3 s. + +Les Pomelles à queüe d’ironde[18] d’un pied 1 liv. 0. + + [18] On écrit plutôt «paumelle» et «queue d’aronde». La paumelle est, + comme on sait, une sorte de penture qui tourne sur un gond, à + laquelle on donnoit, lorsqu’elle étoit à queue d’aronde, la forme + triangulaire d’une queue d’hirondelle. + +Les grandes Pomelles avec les gonds 2 l. 10 s. + +Les Pivots, bourdonniers et crapaudines[19], fiches à gond, à repos, et +equairres pour les portes cochères, la livre 3 s. 6 d. + + [19] _Le bourdonnier_ est la penture à gond renversé, et _la + crapaudine_, au contraire, le fer creusé qui reçoit le gond. + +Une barre de porte, un moraillon et la serrure 1 l. 10 s. + +Les Clous de six pouces faits exprès, la pièce 2 s. + +Les Tourniquets longs étamez, la pièce 2 s. + +Les Boulons de six pouces avec leurs clavettes 2 s. + +Les Poulies de fer 8 s. + +Les Targettes, et Locquereaux polis, la pièce 10 s. + +Les Targettes étamées communes 3 s. + +Les Targettes ovales garnies de crampons 10 s. + +Les Targettes à panaches polies avec leurs crampons 1 l. 0. + +Les Targettes à panaches et fleurs de lis étamées à la poele, la pièce 5 +livres. + +Les Targettes et crampons étamez et communs, valent ensemble pris chez +le Marchand comme dit est, le cent 14 l. + +Les Crampons de targettes, le cent 50 s. + +Les Equaires étamées pour portes cochères avec fleurs de lis[20] aux +deux bouts, la pièce 3 liv. + + [20] On en mettoit alors partout. Félibien, p. 208, nous parle de + clous avec «teste en façon de fleur de lys». + +Les Roulettes 15 s. + +Les Clous pour attacher ladite serrurie, la livre 6 s. + +La serrure d’une porte à placards garnie de deux fiches à gonds de neuf +à dix pouces de haut, deux targettes à panaches[21], deux crampons, une +serrure, une gâche, un bouton, une rosette et une entrée, le tout de fer +poli, treize livres dix sols. + + [21] Félibien, pl. XXXIV, donne la figure d’une de ces targettes. + +La serrure d’une porte cochère à l’ordinaire de quatre grosses fiches à +gonds, une grosse serrure, deux grosses targettes à crampons, deux +fiches pour le guichet[22] de quatorze pouces de haut, une boucle, un +fleau[23], et à vingt-cinq livres. + + [22] C’est la petite porte pratiquée dans la grande et qui peut + s’ouvrir quand celle-ci reste fermée. + + [23] _V._ une des notes précédentes, p. 133, que cette explication de + Richelet, au mot _fléaux_, peut compléter: «barres de fer qui + tournent sur un boulon et qui servent à fermer les grandes portes.» + +La serrure d’une porte d’un pouce, deux fiches à gonds, deux targettes, +deux crampons, une serrure à tour et demi avec sa gâche et son entrée, +un bouton et une rosette, le tout étamé, à six livres quinze sols. + +La serrure d’une porte de quinze lignes garnie comme la précedente, à +cinq livres cinq sols. + +Les Fiches pour les croisées, à trois sols pièce. + +Les targettes fortes étamées à la poëlle et mises en place, cinq sols +pièce. + +Les targettes communes en ovale, étamées à la feuille et mises en place +à trois sols. + +Les serrures des portes de caves avec deux fiches à gonds et une forte +serrure, à quatre livres dix sols. + +Les serrures des portes d’aizances à trois livres cinq sols. + +Les pattes en plâtre et en bois[24] depuis six jusqu’à huit pouces de +long, à deux sols pièce; et celles depuis quatre jusqu’à six pouces à un +sol pièce. + + [24] C’est-à-dire qui se scellent dans le plâtre ou se clouent dans le + bois. + +Le cloud de toutes grandeurs à cinq sols la livre. + +Le cloud à latte, à quatorze sols le millier. + +La broquette[25], à sept sols la livre. + + [25] On disoit aussi «clous à broquette», comme nous le voyons dans + cet amusant passage d’une lettre écrite d’Uzès, le 11 novembre 1661, + par Racine à La Fontaine: «Ayant besoin, dit-il, de petits clous à + broquette pour ajuster ma chambre, j’envoyai le valet de mon oncle + en ville et lui dis de m’acheter deux ou trois cents de broquettes; + il m’apporta incontinent trois bottes d’allumettes.» Pour comprendre + la confusion, il faut savoir que le mot qui signifie allumettes dans + le patois d’Uzès se rapproche beaucoup de celui de broquettes. + +La toise simple de ferrure façonnée suivant le plus ou le moins +d’ornemens, à trente, trente cinq, quarante, soixante et soixante dix +livres le cent pesant, même jusqu’à cent cinquante livres pour les plus +enrichies. + +Les contrecœurs[26] de fonte pour les cheminées se payent à un sol la +livre. + + [26] _V._, sur ce mot, une des notes précédentes. + +Les panneaux de fil de leton se payent à huit sols le pied carré, et +ceux de fer[27] à six sols et même à cinq et à quatre pour le grand +treiliage. + + [27] Ces «treillis de laiton ou de fil de fer», comme on les appeloit + aussi, servoient pour les armoires, et surtout pour les + bibliothèques. Ils se faisoient chez les épingliers. + + + + +OUVRAGES DE VITRIERS. + + +Les Vitriers entrepreneurs des Batimens du Roy, entreprennent aussi les +ouvrages des particuliers. + +M. Pougeois l’un desd. Entrepreneurs qui demeure vieille rue du Temple, +fait grand commerce de Verre blanc pour les tableaux et estampes. + +Entre les autres Maitres Vitriers qui font de fortes entreprises, sont +Messieurs Cornu rue Dauphine, Abraham rue de l’Echarpe, Taboureux place +du Collége Mazarini, etc. + +Le Verre commun de Lorraine[1] arrive au fauxbourg saint Antoine[2] et +au Renard rue saint Denis. + + [1] Il se couloit dans les Vosges, où s’étoient réfugiés un certain + nombre des gentilshommes verriers qui, par édits royaux, ne + dérogeoient pas de leur noblesse en s’occupant de cette industrie. + Beaucoup d’ouvriers des grandes verreries lorraines de Baccarat + descendent de ces gentilshommes verriers. + + [2] «Près l’abbaye.» Édit. 1691, p. 39. + +Le prix des ouvrages de Vitrerie[3] est pour + + [3] Les prix en cela, comme en tout, varioient beaucoup, mais plutôt + pour augmenter que pour diminuer. C’est ce qui fait dire par Liger, + en 1715, dans _le Voyageur fidèle_, p. 409: «Je ne parle pas des + prix, parce qu’il est impossible de les fixer, étant sujets à + changer selon les années; c’est ce que tout le monde n’a que trop + remarqué depuis peu, à son grand désavantage.» + +Le Panneau neuf de Verre de France posé en place, le pied carré 6 s. + +Le Panneau mis en plomb[4] neuf et posé en place, le pied carré 4 s. + + [4] L’usage des panneaux de plomb, pour les vitres, duroit encore, + comme on voit. Celui des châssis de bois commençoit toutefois à se + propager de plus en plus, surtout dans les palais et les hôtels. + (_V._ Savot, _Architecture_, chap. _Verre_.) + +Le Panneau relavé et mis en place, vaut 1 s. 6 d. + +Le Pied de patron pour les panneaux 1 s. + +Les carreaux de verre blanc d’un pied en carré ou environ[5], valent +depuis cette grandeur en dessous 15 sols le pied. + + [5] C’étaient les carreaux de vitre les plus grands qu’on fît alors. + +Et au dessus d’un pied en carré 20 à 25 sols le pied. + +Le carreau de Verre de France d’un pied en carré colé avec papier[6], +vaut 7 sols, et en place 8 sols. + + [6] On n’assujettissoit pas encore les vitres autrement: quelques + pointes pour les tenir et une bande de papier collée sur chaque côté + suffisoient. C’est encore le seul procédé qu’indique, en 1735, + Savary dans son _Dictionnaire du Commerce_, art. _Vitrerie_. L’abbé + Jaubert est le premier, _Diction. des arts et métiers_, 1773, in-12, + t. IV, p. 421, qui parle du mastic, sans dire que l’emploi en fût + encore très répandu: «On peut aussi, dit-il, sans employer ni + pointes, ni papier, fixer le carreau de verre avec du lut composé de + craie et d’huile de lin cuite. On forme, avec ce lut que les + vitriers appellent _mastic_, un petit bourrelet que l’on met autour + du carreau et que l’on aplatit ensuite avec le doigt.» + +Les Lanternes ordinaires 3 livres la pièce. + +Les Lanternes mises en plomb neuf[7] 2 livres. + + [7] Les lanternes dont on éclairoit Paris, depuis leur établissement + en 1666, étoient ainsi à petits vitrages de plomb, et par conséquent + d’une clarté fort entrecoupée. Le 17 nov. 1770, des lettres + patentes, pour la communauté des vitriers chargés de leur + fabrication, permettoient qu’on les fît encore sur cet ancien + modèle. Il fallut l’invention des réverbères, par Rabiqueau, pour + les faire disparoître. + +Les Lanternes netoyées 10 sols. + +Les Verges de vitres[8] 1 sol 6 deniers le pied. + + [8] Elles se clouoient par les deux bouts aux châssis de bois, et au + milieu elles s’attachoient aux panneaux des vitres avec des liens ou + attaches de plomb. + +Un carreau de verre de quatorze à quinze pouces de haut sur dix à onze +pouces de large, vaut 7 sols 6 deniers collé avec papier, et en plomb 8 +s. 6 d. + +Un carreau relavé et mis en place grand et petit 6 d. + +Un carreau de papier fin huilé, grand ou petit un sol, ou neuf deniers +suivant sa grandeur. + +Calfeutrage de carreaux des croisées, la pièce 6 d. + + + + +OUVRAGES ET MARCHANDISES + +DE MIROITIERS. + + +Outre la Manufacture des Glaces façon de Venise établie depuis longtemps +au fauxbourg saint Antoine[1], on vient d’en établir une autre rue de +l’Université allant au Pré aux Clercs, où l’on fabrique des Glaces d’une +grandeur si extraordinaire qu’on y en trouve d’environ sept pieds de +haut[2]. + + [1] Cette manufacture des glaces étoit rue de Reuilly, au coin du + faubourg. On ne les y fabriquoit pas. Elles venoient toutes fondues + de Tourlaville, près de Cherbourg, ou de St-Gobain; on les y + polissoit seulement par un procédé qu’avoit plus ou moins inventé le + poëte Du Fresny, et dont il eut quelque temps le privilége exclusif. + Le besoin d’argent le lui fit vendre à la société qui régissoit la + manufacture. «La manufacture de glaces de la porte Saint-Antoine, + dit Lister, _Voyage à Paris_, chap. V, mérite bien d’être vue, mais + je regrettai que pour économiser sur le prix du bois on eût + transporté la fonderie à Cherbourg en Normandie... On y emploie + journellement six cents hommes, et on espère bientôt avoir de + l’ouvrage pour mille. A l’étage inférieur, on passe les glaces + brutes au grès pulvérisé... Dans les étages supérieurs, où l’on + donne le poli et la dernière main, les ouvriers sont disposés sur + trois rangs, deux hommes pour chaque glace qu’ils passent à la + sanguine détrempée dans de l’eau. On les met ensuite dans de la + potée blanche sur des tables de pierre.»--Quant aux glaces de sept + pieds de haut, dont parle ici Blegny, Lister n’en dément pas la + dimension: «J’ai vu, dit-il, toute étamée et achevée, une glace de + quatre-vingt-huit pouces sur quarante-huit, et d’un quart seulement + d’épaisseur.» + + [2] Cette manufacture des glaces de la rue de l’Université ne dut pas + réussir, quoi qu’en dise Blegny. Nous n’en trouvons trace nulle + part. Liger, qui le copie, pour presque tout le reste, n’en dit mot, + dans son _Voyageur fidèle_, de 1715, où il n’oublie pas la + manufacture de la rue de Reuilly. C’est à elle qu’il fait honneur + des glaces «d’une grandeur extraordinaire, et, ajoute-t-il, à prix + assez raisonnable». Lister s’étonne aussi du bon marché des glaces, + après avoir admiré le procédé de fabrication auquel ce bon marché + étoit dû: «On y a gagné, dit-il, d’avoir les glaces à si bas prix + qu’il n’est pas jusqu’à toutes les voitures de remise, et la plupart + des fiacres, qui par devant ne soient fermées d’une grande glace.» + +M. le Duc et ses associez se trouvent ordinairement en leur Bureau au +même lieu, où ils font débiter leurs Glaces à un prix fort modeste. + +M. Fressoy Marchand Miroitier, tient magasin de Glaces façonnées +joignant la manufacture du fauxbourg saint Antoine. + +Il y a d’ailleurs un semblable magasin au bout de la rue Dauphine, qui a +d’ailleurs une entrée rue Contrescarpe[3]. + + [3] «Les argenteurs et doreurs, qui vendent des chenets, foyers, + girandoles, vaisselles et autres ouvrages de fer et de laiton dorés + et argentés, ont leur boutique rue Dauphine et rue de la Verrerie.» + Édit. 1691, p. 36. + +On trouve des Glaces de Venise chez M. le Tellier et chez plusieurs +autres Miroitiers du Pont Notre Dame[4] et encore chez Madame la Roüe +rue saint Denis près la fontaine des Innocens, qui vend d’ailleurs des +lustres et girandoles de cristal[5]. + + [4] Les marchands de miroirs étoient, en effet, en grand nombre sur le + Pont Notre-Dame. Lorsque Louis XIV vint à Paris, après sa grande + maladie de 1686, les miroitiers du Pont par lequel il devoit passer + en allant du Palais à l’Hôtel de Ville crurent ne pouvoir faire + mieux que d’étaler sur son passage leurs plus éclatantes + marchandises. Un poète assez inconnu, nommé Viguier, fit à ce sujet + quelques vers, dont voici les derniers. Il s’adresse au Roi, en lui + parlant de Paris: + + Et comme tu devois ne lui donner qu’un jour, + Par une invention digne de son amour, + Il fit de ses miroirs un pompeux étalage, + Pour multiplier ton image. + + Dans l’Édit. de 1691, il est parlé, p. 36, des miroitiers, non du + Pont Notre-Dame, mais des alentours: «les plus fameux miroitiers + sont aux environs du Pont Notre-Dame.» + + [5] «Le sieur Vergne, rue Saint-Denis, près la fontaine + Saint-Innocent, tient magasins de lustres et girandoles de cristal.» + Édit. 1691, p. 36. C’étoit un des grands luxes du temps: «Je + connois, dit l’abbé de La Varenne, un simple particulier, qui a pour + un million de tableaux, de _lustres_ et de _girandoles_, de + porcelaines, de glaces, de bronzes, de cabinets de la Chine.» + _Amusements de l’Amitié... Recueil de lettres écrites vers la fin du + règne de Louis XIV_, 2e édit., 1741, in-12, p. 306. + +Le Sieur Lafond rue sainte Marguerite du fauxbourg saint Antoine, met +toutes sortes de Glaces au teint pour les Marchands, et racommode pour +les particuliers les miroirs et glaces des chambres qui sont gatées[6]. + + [6] L’usage de mettre des glaces au-dessus des cheminées commençoit. + Il étoit dû à Hardouin Mansard et en portoit le nom. Voy. à la + Biblioth. Nat. aux _Estampes_ Hd. 22, cheminées nouvelles _à la + Mansarde_. On les appeloit aussi _à la Royale_ et _à la Françoise_. + Dans l’_Architecture à la mode_ de Mariette, se trouvent six pièces + de P. Lepautre: _Portes cochères des plus belles maisons de Paris; + cheminées _à la Royale_, à grand miroir et tablettes_. On a aussi de + Daniel Marot: _Nouvelles cheminées à panneaux de glace, à la manière + de France_. On peut consulter encore le _Livre de cheminées_ et le + _Nouveau Livre de cheminées_ de H. Bonnard. + +On trouve au Soleil et à la Couronne d’or sur le quay de l’Orloge, des +lunettes d’aproches et communes d’Angleterre et de Paris, des +microscopes, des visières, et généralement toutes les sortes de verres +préparez pour l’optique avec toute la justesse qu’on peut désirer. + +Les Glaces du fauxbourg saint Antoine se vendent de quatorze pouces de +haut 10 livres, de seize pouces 12 livres, de dix sept pouces 14 livres, +de dix neuf pouces 20 livres, de vingt pouces 24 livres, de vingt deux +pouces 30 livres, de vingt quatre pouces 33 livres, de vingt sept pouces +55 livres, de vingt huit pouces 60 livres, de vingt neuf pouces 65 +livres, de trente pouces 80 livres, de trente six pouces 180 livres, de +trente sept pouces 225 livres, de quarante pouces 425 livres. + +Les lustres de cristal[7] sont louez[8] et raccommodez par une veuve rue +Betizy, près l’Hotel de Beauvais, et par une autre à l’aport de Paris +près le Veau qui tètte[9]. + + [7] «Les chandeliers, lustres et girandoles de cristal.» Édit. + précéd., p. 36. + + [8] Liger, p. 368-369, parle ainsi de ces lustres en location: «On en + loue aussi pour servir d’ornement dans les églises, aux fêtes + solennelles et dans plusieurs spectacles qu’on donne au public, ce + qui fait le plus bel effet du monde.» + + [9] C’est le fameux cabaret, devenu plus tard restaurant, qui n’a + disparu que de nos jours, dans les derniers remaniements et + agrandissements de la Place du Châtelet. (_V._ nos _Chroniques et + légendes des rues de Paris_, p. 151.) + + + + +PEINTURES, SCULPTURES ET DORURES + +POUR LES ORNEMENS ET DÉCORATIONS DES APPARTEMENS, BOUTIQUES, ETC. + + +Les Jurez en titre d’office des Maitres Peintres, Sculpteurs et Doreurs +sont Messieurs Maçon rue du Verbois, Béton près le Palais Royal, Rosé +rue des fossez saint Germain et de la Porte à petit Pont[1]. + + [1] On ne parloit jamais autrement pour dire «sur le Petit-Pont», qui, + on le sait, étoit alors chargé de maisons, chacune avec sa boutique. + +La Chambre où les Maitres Peintres et Sculpteurs font leurs assemblées, +est présentement rue de la Verrerie. + +Les Peintres et Sculpteurs qui travaillent pour le Roi, donnent aussi +quelque fois leur temps pour des ouvrages particuliers lorsqu’ils sont +considérables. + +Entre les Peintres renommez dans le public pour les Ornemens et +Décorations, on estime Messieurs le Moyne le Lorrain aux Galeries du +Louvre[2], le Moyne de Paris[3], cul de sac saint Sauveur, etc. + + [2] G. Brice, dans sa 3e édition (1701), t. I, p. 76, nous le montre + aussi parmi les artistes logés aux galeries: «Excellent peintre + d’ornement, dit-il, dont les ouvrages ont beaucoup d’approbation.» + + [3] Jean Le Moyne, qui dans le _Ms._ de Marinier figure parmi les + décorateurs employés à Versailles. L’Académie de peinture, qui + l’avoit fait son décorateur en 1681, le reçut cinq ans après. Il + mourut à soixante-quinze ans, le 3 avril 1703. + +Entre les Peintres renommez pour feindre le marbre, on compte Messieurs +Binois près saint Innocent, Valencé rue du Petit Lion, etc.[4] + + [4] Blegny devroit parler ici des peintres de l’Académie de Saint-Luc. + Liger, p. 313, y supplée: «Il est, dit-il, un autre genre de + peintres du dernier ordre, qu’on nomme communément _barbouilleurs_, + et qu’on trouve lorsqu’on en a besoin dans la rue du Haut-Moulin, où + est leur chapelle. On les y voit tous les dimanches et les fêtes au + sortir de la messe.» V. aussi l’abbé de Fontenay, _Dict. des + Artistes_, t. I, p. 3. + +Entre les fameux Sculpteurs pour les bas reliefs et figures moulées en +plâtre, on distingue Messieurs Cassegrain près la porte saint Martin, +François[5] rue du Temple, Bertrand[6] rue Michel le Comte, de Caen rue +de Grenelle saint Germain, etc. + + [5] Il a été parlé de lui plus haut. + + [6] Philippe Bertrand, né à Paris en 1664, selon d’Argenville, reçu de + l’Académie en 1700, mort en 1724. Le Christ en plomb de la + Samaritaine, du Pont-Neuf, étoit de lui. + +Entre les Sculpteurs renommez pour les belles bordures[7], on choisit +Messieurs le Grand rue des Jeuneurs, Renauda[8] rue du petit Lion, la +Lande rue saint Martin, et Vilaine rue neuve saint Mederic qui fait +aussi des meubles dorez. + + [7] Cadres de bois sculpté pour les portraits ou «les glaces de + miroir», comme dit Richelet. + + [8] Lisez Renaudin ou Renaudain. C’étoit un parent de celui qui + logeoit aux galeries du Louvre, et dont il a été parlé plus haut, p. + 100. + +M. des Oziers Doreur qui travaille pour le Roy[9], entreprend aussi pour +le public de grands ouvrages. + + [9] Il a déjà été parlé de lui, p. 90. Il logeoit à Versailles. + +Les bons tableaux sont netoyez[10] et revernis en perfection par les +Sieurs Vilaine à l’adresse cy-dessus, de la Pierre quay des Orfevres, et +la veuve Lange rue saint André des Arcs. + + [10] Ce mot sous cette forme n’étoit pas généralement employé. + Richelet dans son Dictionnaire écrit: «_Netteier, nettoyer_. L’un et + l’autre se dit, mais le grand usage est pour _netteier_, car pour + _nettoyer_ il ne se dit guère que par les poëtes, encore y sont-ils + obligés par la tirannie de la rime.» + +Les prix ordinaires du marbre brute et façonné, et des autres ouvrages +et fournitures des Peintres, Sculpteurs et Doreurs sont pour, + +Le pied cube de marbre noir brute 7 l. + +Et pour le Marbre jaspé brute, le pied cube 15 l. + +Mais quand un bloc de Marbre est de douze pieds et au dessus, le pied +cube se paye depuis 18 jusqu’à 25 livres. + +Le pied de parement vaut 2 l. + +Le pied de Chambranle en bois d’ornemens simples 3 l. + +A Ornemens moyens 4 l. + +A ornemens riches 6 l. + +Une figure de pierre de saint Leu grande comme nature, vaut 75 liv. + +Une pareille figure faite par un habile homme et bien finie vaut au +moins 300 l. + +Une figure de dix pieds de haut 200 l. + +Une pareille figure faite et bien finie par un habile homme 550 livres. + +Les Trophées en pierre de saint Leu de six pieds[11] de haut sur huit à +neuf pieds de large et isolées valent 150 liv. + + [11] Ces trophées étoient un des ornements les plus à la mode sur les + façades ou sur le bord des toits des palais et des hôtels: «On fait, + disoit alors Richelet dans son _Dictionnaire_, des trophées en + architecture qui représentent les véritables trophées d’armes.» + +Les Vases de même pierre et de cinq pieds de haut 30 liv. + +Les chapiteaux, pilastres ioniques de même pierre pour façon seulement +travaillez en place bien proprement et de cinq pieds de large 24 liv. + +Les chapiteaux, colomnes de même pierre et même ordre, dont le vif[12] +engagé d’un tiers dans le mur, valent 50 livres. + + [12] Le vif de la colonne, c’est-à-dire «le fût». + +Les chapiteaux colomnes isolez de même ordre et pierre 75 l. + +Les chapiteaux pilastres, corinthes[13] et composites de cinq pieds de +face façonnez en même pierre et en place 60 l. + + [13] C’est le mot dont se servoient les ouvriers pour dire + «corinthien», qui pourtant étoit déjà depuis longtemps en usage. Il + se trouve dans Montaigne, et on lit dans la _Psyché_ de La Fontaine: + + Le Dorique sans fard, l’élégant Ionique, + Et le Corinthien superbe et magnifique. + +Les mêmes ornemens bien finis par d’excellens ouvriers 120 l. + +Les chapiteaux colomnes, même ordre, pierre et grandeur, dont le vif +engagé d’un tiers dans le mur 100 liv. + +Et par de bons ouvriers, bien finis 200 liv. + +Les chapiteaux colomnes isolez même ordre, pierre et grandeur 150 liv. + +Et aux conditions précédentes 260 liv. + +Les Consolles[14] simples de 5 pieds de haut aux mêmes conditions, mais +bien travaillées 8 livres. + + [14] «La console», mot employé dans le _Théâtre d’Agriculture_ + d’Olivier de Serre avec le sens de soutien, qui «consolide», se + prenoit alors presque exclusivement pour désigner, comme le fait + Richelet, «un membre d’architecture, placé aux deux côtés de la + porte ionique pour soutenir la corniche mise au dessus». Elles + servoient aussi, selon Félibien, à porter des figures, des bustes, + des vases, etc. + +Celles plus chargées d’ornemens, 11 livres plus ou moins à proportion de +l’ouvrage. + +Les Masques façonnez sur les clefs des portes d’entrées[15] en même +Pierre de saint Leu 30 liv. + + [15] «Les masques, aux clefs des arcades», comme il est dit dans les + livres d’architecture du temps, étoient un des ornements les plus en + faveur pour les façades des hôtels. Ceux qui se voient sur la + fameuse maison de Lulli, au coin de la rue des Petits-Champs et de + la rue Sainte-Anne, en sont un des premiers et des plus curieux + spécimens. «Quelques-uns, dit Félibien, p. 650, nomment _mascarons_ + de gros masques faits de sculpture.» + +Mais étant faits par un bon ouvrier et bien finis valent depuis 45 +jusqu’à 60 livres et plus. + +Il est difficile de mettre les prix justes aux ouvrages de Sculpture et +Peinture, particulierement aux Tableaux et Statües; c’est suivant les +Maitres qui y sont employez que le prix doit estre reglé, parce que +c’est la beauté qui en regle la valeur; ainsi les curieux qui voudront +avoir du beau de l’un des deux Arts, doivent s’informer des bons +Maitres, qui ne laissent rien sortir de leurs mains que de bien fini. + +Les bas reliefs de plâtre, placez en cheminées bien finis et de moyenne +grandeur valent 8 liv. + +Le pied courant d’ornemens en plâtre 2 liv. + +Un buste en plâtre grand comme nature 6 liv. + +Une figure de ronde bosse, même figure et grandeur pour poser sur un +pied d’estail[16] depuis 36 jusqu’à 40 livres. + + [16] C’est une des premières formes du mot. Richelet la donne comme + étant employée en même temps que celle de «piédestal», et ne dit pas + quelle est celle qu’il faut préférer. On avait dit auparavant «pied + d’estrait». V. _Biblioth. de l’École des chartes_, 4e série, t. III, + p. 63. + +On trouve un grand assortiment de beaux Moulles chez M. Cassegrain à +l’adresse ci devant donnée. La beauté des Moules fait l’excellence des +figures sans en augmenter le prix. + +L’Or sculpé[17] couvert, vaut le pied carré deux livres cinq sols, l’Or +bruni[18] deux livres dix sols, l’Or bruni sculpé trois livres quinze +sols, l’Or bretelé[19] trois livres, l’Or repassé uni deux livres, l’Or +repassé sculpé deux livres dix sols, l’Or uni à découvert deux livres +cinq sols, l’Or sculpé à découvert deux livres quinze sols, la Mosaïque +trois livres. + + [17] Pour «sculpté», c’est-à-dire appliqué sur des sculptures. + + [18] C’est-à-dire «éclairci, poli» avec le brunissoir. + + [19] En croisillons ou en filets. + +L’impression[20] en huile de jaune de couleur de bois de luth[21] à deux +couches, quatre livres quinze sols la travée ayant six toises de +superficie qui montent à deux cens seize pieds. + + [20] Ce mot, dans le langage des vernisseurs et doreurs, se prenoit + pour _couche_: «Les Chinois, lisons-nous dans le _Diction. des arts + et métiers_ de l’abbé Jaubert, t. IV, p. 361, n’emploient jamais + leur vernis sur le bois qu’auparavant ils n’aient mis une couche ou + _impression_, comme font les peintres, avant de peindre.» + + [21] C’est-à-dire veiné comme le bois d’un luth, et de la même nuance. + +L’impression deux couches de blanc de ceruse avec huile de noix, sept +livres la travée. + +L’impression à deux couches de jaune et de blanc en détrempe, deux +livres cinq sols la travée. + +La toise carrée de bois veiné en huile, deux livres dix sols, et en +détrempe une livre dix sols. + +Les ornemens de cheminées marbrez et jaspez[22] en huile par un bon +œuvrier, reduits à la travée, trente six livres, et en ouvrage commun, +vingt quatre livres. + + [22] Ces imitations du jaspe par la peinture étoient déjà connues du + temps d’Henri IV. D’Aubigné, dans son _Histoire universelle_, t. II, + ch. 104, parle de piédestaux «qui estoient peints comme de jaspe.» + +Le même ouvrage en détrempe par un bon œuvrier, trente livres, et en +commun ouvrage, vingt livres. + +Le vermillon et la laque valent trois livres le pied. + +Le brun rouge vingt sols la toise. + +Le nettoyement et le rechampissage[23], deux livres dix sols la toise. + + [23] Il consiste à couvrir, avec une infusion de blanc de céruse, les + couleurs qui se sont répandues sur le fond d’un ouvrage, pour le + rendre aussi net qu’il doit l’être. + +Le Verny, même prix. + +L’Impression pour les berceaux peints en vert de montagne avec une +couche de blanc de ceruse, et deux couches de vert sur échallas espacez +de six pouces, trente cinq sols la toise[24]. + + [24] Il n’y avoit pas de plus piètre besogne pour les peintres de + l’Académie de Saint-Luc. Liger en parle ainsi: «D’autres ne sont + propres que pour les _treillages_, blanchir les murs, et donner + quelque couleur en plein à des portes ou autres pièces de + menuiserie.» + +Les Couleurs et les Pinceaux pour la Mignature, se vendent rue +d’Arnetal. + +Les Couleurs et Pinceaux ordinaires, se vendent aux environs de l’Aport +de Paris chez plusieurs Epiciers et Broyeurs[25]. + + [25] «Le verre blanc pour les mignatures et autres tableaux se vend + chez un vitrier qui demeure rue aux Ours, devant l’image de la + Vierge, et chez un autre qui demeure vieille rue du Temple, au coin + de la rue de Bercy.» Édit. 1691, p. 30. + + + + +OUVRAGES DE GRAVEURS. + + +Cet article aurait dû être placé après celuy de l’Orfevrerie, mais ayant +été quelque temps égaré à l’Imprimerie, on n’a pû luy donner une +meilleure place que celle-ci. + +Entre les fameux Graveurs au Burin, sont au quartier de la rue saint +Jacques, Messieurs Poilly l’ainé[1], Eudelink[2], Wansculpes[3], +Picart[4], Vermeulen[5], Rolet et Poilly le jeune[6], Baudet rue de +Harlay[7], etc. + + [1] François Poilly, qui fut le maître d’Edelinck: «Jamais, est-il dit + dans la Vie de celui-ci, jamais graveur au burin ne fit autant + d’élèves, et peu ont entrepris autant d’ouvrages.» + + [2] Gérard Edelinck, un des plus fameux graveurs de son temps. Il + étoit d’Anvers. L’Académie le reçut le 6 mars 1677 et il mourut à + cinquante-huit ans en 1707. + + [3] Pierre Van Schuppen, d’Anvers comme Edelinck, fut de l’Académie le + 7 août 1666 et mourut le 7 mars 1702, à soixante-quatorze ans. + + [4] Étienne Picart, dit le Romain, parce qu’il avoit travaillé à Rome + avec Carlo Maratta. Il eut pour fils Bernard Picart, plus célèbre + que lui. On l’avoit reçu de l’Académie en 1664 et il en mourut le + doyen, le 21 nov. 1721, à Amsterdam, où il s’étoit retiré; il avoit + quatre-vingt-dix ans. + + [5] Corneille Vermeulen, d’Anvers; venu à Paris, où se trouvoit la + meilleure école de gravure, il y resta. A sa mort, en 1704, il avoit + soixante ans. Il a gravé beaucoup de portraits, surtout d’après + Rigaud. + + [6] Frère de Fr. Poilly, nommé tout à l’heure, il fut reçu de + l’Académie le 26 juillet 1714 et mourut le 29 avril 1728, à soixante + ans. + + [7] Étienne Baudet, de Blois. Il étoit de l’Académie de peinture + depuis 1675. Le roi le logea aux galeries du Louvre, en 1693, et + c’est de là qu’il data quelques-unes de ses gravures des paysages du + Poussin. Il mourut le 7 juillet 1711, à soixante-treize ans. + +Rue saint Jacques sont encore Messieurs Audran[8] et Simonneau[9] qui +gravent très bien à l’Eau forte et au Burin, et encore Messieurs +Berey[10] et Roussel[11] qui s’attachent principalement à graver des +Lettres[12] qui représentent l’écriture et l’impression, en quoy M. +Berey travaille par excellence[13]. + + [8] Gérard Audran, le premier et le plus célèbre de la dynastie des + Audran. Il étoit de Lyon et mourut à Paris en 1703 à soixante-trois + ans. Il a gravé les batailles d’Alexandre, par Lebrun. + + [9] Ch. Simonneau, d’Orléans. Né en 1639, étudia chez Coypel, fut de + l’Académie en 1710, et mourut en 1728, à quatre-vingts ans. Il grava + d’après Carrache, Le Brun, etc. + + [10] Il avoit, en 1656, donné une contrefaçon du plan de Paris, par + Gomboust. Elle porte son nom, comme si c’étoit un plan nouveau. V. + sur Cl. Berey, sans doute son fils, t. I, p. 252. + + [11] C’est lui qui grava en 1704 les lettres d’un plan de Paris qui, + pour cela, porte son nom. + + [12] «Le sieur Senault, le plus fameux graveur en lettres, demeure rue + de Bussy.» Édit. 1691, p. 112. Louis Senaud, de qui l’on a des + cahiers d’écriture gravés en 1667. + + [13] «Messieurs Sylvestre et Melan, fameux graveurs, demeurent aux + galleries du Louvre.» Édit. 1691, p. 63.--Claude Mellan n’auroit pas + dû figurer même dans cette édition de 1691, puisqu’il étoit mort à + quatre-vingt-dix ans en 1688; quant à Israël Silvestre, Blegny avoit + eu raison de ne pas le faire figurer dans celle de 1692: il étoit + mort dans son logement des galeries le 11 octobre 1691, à soixante + et onze ans. V. _Bulletin de la Soc. d’archéologie lorraine_, t. + VIII, 1859, _ad fin._ + +Entre les fameux Graveurs de Médailles, sont Messieurs Rottier[14], +Chéron[15] et Moland aux galleries du Louvre[16], Bernard[17] près la +Magdelaine, Mauger place Dauphine[18], etc. + + [14] Joseph Roettier, d’Anvers, graveur en médailles, logé au Louvre + en 1679, reçu de l’Académie en 1683, mort en 1707, à soixante-huit + ans. Il y eut cinq graveurs en médailles de son nom, jusqu’en 1784, + époque où mourut le dernier. + + [15] Ch. Chéron, de Nancy, reçu de l’Académie en 1676, mort en 1698, à + cinquante-cinq ans. + + [16] Michel Molard, et non Moland, de Dieppe, où il avoit travaillé + l’ivoire. Le roi l’avoit logé au Louvre en octobre 1684. + + [17] Thomas Bernard. Reçu de l’Académie, comme graveur en médailles, + le 27 mars 1700, il mourut en 1713, à soixante-trois ans. + + [18] Jean Mauger, de Dieppe. Le roi le logea au Louvre, après la mort + de Ch. Chéron, en 1698. Il y mourut en 1722, à soixante-quatorze + ans. + +M. le Clerc aux Goblins[19], qui travaille par excellence à toutes +sortes de Gravures, a d’ailleurs le talent de faire des Desseins +originaux. + + [19] Sébastien Le Clerc, de Metz, dont la réputation nous dispense de + tous détails. Il étoit graveur ordinaire du cabinet du roi et + Colbert l’avoit logé aux Gobelins. Il mourut en 1714, à + soixante-dix-sept ans. + +Entre les Graveurs renommez pour la Vaisselle, pour les Sceaux et pour +les Cachets, sont Messieurs Thiault galleries neuves du Palais[20] à la +Pomme d’or, Chalochet, quay Pelletier, Aury à la Monnoye[21], Verien[22] +et Garrier quay des Orfèvres, Mavelot et Langlois Cour neuve du Palais, +etc. + + [20] «Place Dauphine.» Édit. de 1691, p. 59. + + [21] Pierre Aury, qui, depuis 1688, logeoit à la Monnoie comme + «graveur en acier du Roi». + + [22] «Aux armes de Mademoiselle.» Édit. 1691, p. 59. + +M. Bourdon place Dauphine qui est d’ailleurs renommé pour les Cachets, +grave aussi pour la Taille douce. + +Messieurs Richard et Maurice sur le quay de l’Orloge, ont le talent de +graver sur l’Agathe et sur les autres Pierres précieuses[23]. + + [23] «Le sieur Certain, au dessus de la porte neuve du Palais, grave + en agathe et autres pierres.» _Id._, p. 63. + +On trouve chez M. Jollain l’ainé Graveur et Marchand Imager rue saint +Jacques à la Ville de Cologne[24], les Portraits de la Cour gravez par +M. Simon[25], l’Architecture de Vignolle au Burin et diverses Cartes et +Estampes curieuses. + + [24] Fr. Jollain, à qui son fils succéda. + + [25] Pierre Simon. Ses portraits sont à l’eau-forte. + +M. Landry[26] aussi Graveur et Marchand Imager[27] même rue à l’Image +saint François de Sales, vend des Estampes de dévotion de 7 pieds de +haut et de divers autres grandeurs extraordinaires, un Scelet[28] humain +grand comme nature, et un grand nombre d’autres Estampes curieuses[29]. + + [26] Pierre Landry gravoit et vendoit des portraits au burin. + + [27] Parmi les imagers, graveurs en taille-douce, Blegny auroit pu + citer Boudan, qui grava entre autres histoires populaires toute la + suite de celle de _Lustucru_. V. nos _Variétés_, t. IX, p. 70. + Mariette, _Abecedario_, t. IX, p. 116, a dit un mot de lui. Il avoit + dessiné pour Gaignières et pour ses collections d’armoiries à des + prix dérisoires. On lit dans un mémoire de ceux dont il étoit + convenu avec le célèbre amateur: «Les armes croquées à l’encre, un + liard la pièce.» Il travailla au plan de Paris de La Caille, en + 1714. + + [28] Squelette. Sur ce mot, v. plus haut, note. + + [29] «On trouve des estampes de toutes sortes chez le portier de + l’Académie des peintres, rue de Richelieu.» Édit. 1691, p. 24. Une + singulière industrie, qui dut détruire bien des gravures, est + indiquée dans cette édition, p. 111, et omise ici: «Le sieur des + Trapières, rue Bétizy, aux trois Bources, enlève et transpose sur + verre les lignes et traits des estampes, qu’il peint ensuite d’une + façon à les prendre pour de vrais tableaux.» Poisson, en 1665, dans + l’_après-soupé des Auberges_, sc. 3, avoit déjà parlé d’estampes + découpées qu’on appliquoit derrière un verre, comme on a fait de nos + jours pour la _potichomanie_. + + + + +OUVRAGES DE PLOMBIERS + +ET DE FONTENIERS[1]. + + [1] Les plombiers et fontainiers ne formoient qu’une seule + corporation, et même assez peu nombreuse; elle ne comptoit au XVIIIe + siècle que cinquante maîtres au plus. Ses statuts, en quarante + articles, datoient de juin 1647. + + +Les Plombiers des batimens du Roy fournissent aussi plusieurs +particuliers de considération. + +Entre les autres fameux Plombiers, sont Messieurs Desgoutières près la +Comedie Françoise, le Roy rue saint Honoré, rue saint Antoine, + près la Magdelaine, rue saint Martin, etc. + +M. Denis premier Fontenier du Roy, demeure au fauxbourg saint Germain, +et Mrs ses fils, l’un du Chateau de Trianon, et l’autre de Versailles, +demeurent au même endroit. + +Entre les autres Fonteniers fameux qui travaillent pour Sa Majesté et +pour le public, sont Messieurs Dorival, Cimetiere saint Jean, et Balo +près la Croix du Tiroir. + +Les Fondeurs qui travaillent aux Robinets des tuyaux et Regards, sont +rue des Assis et rue neuve saint Mederic. + +Le Plomb est fort rencheri depuis la déclaration de la guerre avec +l’Angleterre[2]; le plus commun vaut à présent 4 sols la livre mis en +œuvre compris la soudure[3]. + + [2] Il s’agit de la guerre de 1688 qui nous avoit mis sur les bras + l’Angleterre et la Hollande. De l’une nous venoit en grande partie + ce que nous consommions de plomb, notamment le plomb laminé, et de + l’autre presque toutes les préparations plombifères. + + [3] Dans la 1re édition, p. 48, on trouve un exemple de ce + renchérissement du plomb: «Les tuyaux de fontaines soudés en long + avec joints et nœuds de soudure, depuis deux jusqu’à six pouces de + diamètre, tranchées et remplages mis en œuvre, ci devant quatorze + livres, et à présent vingt livres le cent.» + +Le Plomb blanchi, tant pour tuyaux de descentes, que cuvettes, +entonnoirs, membrons[4], chesnaux, boursaux, ennusures[5], et +enfaistemens, vaut depuis 4 sols et demi jusqu’à 5 sols la livre mis en +place compris la soudure[6]. + + [4] «Le membron» étoit une partie du «bourseau», sorte d’ornement + d’enfaîtage employé surtout dans les grands bâtiments. + + [5] Ce mot, dans la 1re édition, p. 48, est écrit «annesures». Nous + ignorons ce que, sous l’une ou l’autre forme, il signifie. + + [6] Suivant la 1re édition, p. 48, «le cent de plomb» employé pour + tous ces objets se payoit «treize livres dix sols». + +Le Plomb noir aussi y compris la soudure, vaut 18 à 20 livres le cent +mis en œuvre. + +La Soudure pour les réparations vaut quatorze à quinze sols la livre. + +Les vieux Plombs se donnoient ci-devant au Plombier trois livres pour +deux d’employées, mais à present cette évaluation seroit trop forte[7]; +mais pour plus de justesse, on peut faire remettre la même quantité en +œuvre que l’on a donné au Plombier, et luy payer 36 à 40 livres le +millier compris la soudure en œuvre. + + [7] «Pour six livres de vieux plomb, les plombiers en fournissent + trois de neuf posé en place.» Édit. de 1691, p. 48. + + + + +OUVRAGES DES PAVEURS. + + +Les Paveurs des batimens du Roy entreprennent aussi pour le public. + +Entre les autres Maîtres Paveurs qui font de grandes entreprises, sont +les Sieurs Touchay rue des Noyers, Hierosme rue de la Mortellerie, etc. + +Autant en fait la veuve Maçon près la porte saint Antoine. + +Le gros Pavé de rue[1] de 7 à 8 pouces en quarré[2] posé sur une forme +de sable[3], se paye à 9 livres la toise carrée[4]. + + [1] On l’appeloit aussi: «pavé du grand échantillon». + + [2] C’étoit encore la mesure à la fin du XVIIIe siècle. Elle avoit été + réglée par la coutume de Paris. + + [3] «La forme est le lit de sable sur lequel est posé le pavé.» L’abbé + Jaubert, _Diction. des arts et métiers_, t. III, p. 387. + + [4] «Le sable de rivière se trouve aux environs de l’Ile Louviers. On + en tire pour les paveurs entre Pincourt et la Courtille, où l’on + trouve du vieux pavé retaillé.» Édit. de 1691, p. 39. + +Le Pavé de la qualité ci dessus fendu en trois, taillé et posé avec +mortier de chaux et sable à 8 livres la toise. + +Le Pavé de 5 à 6 pouces, fendu en trois[5], et posé avec mortier 7 +livres la toise. + + [5] C’est dans l’épaisseur qu’on le fendoit, mais en deux seulement + plutôt qu’en trois. Ce «pavé fendu», comme on l’appeloit, servoit + pour les cours et les écuries. + +Le même posé avec mortier de chaux et ciment à 10 livres. + +Le vieux Pavé posé avec mortier de chaux et de sable à 2 livres la +toise. + +La pose du même Pavé avec chaux et ciment à 4 livres, et avec chaux et +sable à 30 sols, le seul Pavé fourni par l’Entrepreneur. + +Le vieux Pavé tendre qui sert à polir les Glaces se trouve dans les +Chantiers des Paveurs du Roy et de la Ville[6], ainsi que toutes autres +sortes de vieux Pavez. + + [6] Lister, ch. V, après nous avoir dit qu’on passe les glaces brutes + au grès pulvérisé, ajoute: «C’est le même dont est fait le pavé de + Paris, mais pulvérisé et tamisé très-fin.» + +Le sieur Petit à l’entrée de la rue de Nappe[7] fauxbourg saint Antoine, +fait battre du vieux Pavé tendre pour la manufacture des glaces. + + [7] Lisez de Lappe. V. plus haut, une note. + + + + +POTERIE, CARELAGE, VUIDANGES, + +NATTES ET FROTAGES DES BATIMENS. + + +Les Vuidangeurs pour curer les puits et fosses d’aisances, demeurent la +plupart au quartier de la porte saint Victor. + +Les fouilles, vuidanges et transport des terres des caves et fosses +d’aisances se payent depuis 7 jusqu’à 10 livres la toise cube à +proportion de l’éloignement du transport. + +Les vuidanges de matieres des fosses d’aisances se payent aussi aux +Vuidangeurs depuis 30 jusqu’à 40 livres aussi à proportion de +l’éloignement du transport. + +Les Potiers qui ont de grands ateliers et qui font de grosses +entreprises de Carrelage[1], sont les Sieurs du Vivier fauxbourg saint +Antoine, Harrivel fauxbourg saint Marcel, etc. + + [1] Dans leurs statuts, qui datoient de 1456, et qui avoient été + confirmés en 1607 par Henri IV, ils étoient qualifiés «maître + potiers de terre et carreleurs». + +Le prix reglé des ouvrages de Carreleurs est pour chacune toise +superficielle du petit Carreau à huit pans 3 livres 5 à 3 livres 10 +sols, et pour les grands Carreaux aussi à huit pans 4 livres 10 sols à 5 +livres la toise. + +Les Potiers vendent aux Entrepreneurs les Pots d’aizances 18 deniers le +pouce de diamettre. + +Le millier de grands Carreaux à 18 livres le millier, et le millier de +petits à 10 livres. + +Le Sieur Piton à l’entrée de la rue Briboucher[2] du coté de la rue +saint Denis met les planchers en couleur[3] et les entretient de frotage +au mois et à l’année. + + [2] Lisez Aubry le Boucher. + + [3] L’usage, qui commençoit alors, de faire mettre les carreaux en + couleur par des barbouilleurs amena pour Hiacynthe Rigaud une + amusante aventure par quiproquo, dont la conclusion fut son mariage + avec la jolie veuve Mme Le Juge. Elle avoit envoyé son laquais + chercher un peintre pour mettre sa chambre en couleur. Il alla chez + Rigaud, qui, croyant à la commande d’un portrait, ne se fit pas + attendre. L’erreur fut bien vite reconnue; la dame s’excusa avec une + grâce charmante. On se quitta fort bons amis, pour se revoir bientôt + et enfin se marier. (_Encyclopediana_, 1791, in-4º, p. 827.) + +Il y a encore plusieurs Froteurs de planchers rue sainte Placide près +les Incurables, et rue Jean Beausire près la porte saint Antoine. + +Les Planchers de parquet et ceux à carreaux mis en couleur, cirez et +frotez, se payent à 8 sols la toise carrée. + +Les Planchers seulement mis en couleur à cinq sols, et ceux qui sont +seulement cirez et frotez à quatre sols. + +Les Paillassons[4] de nattes servant à boucher les croisées en hiver se +payent à raison de trente sols la toise carrée, et les Paillassons d’été +à quatre livres dix sols, lorsqu’ils ne sont garnis de toille que d’un +seul côté, à six livres étant doublez dessus et dessous. + + [4] Richelet dit dans son _Dictionnaire_: «Paillasson ou _nate à + fenêtre_. C’est une pièce de nate couverte par dehors d’une grosse + toile, qu’on met l’été devant les fenêtres pour empêcher l’ardeur du + soleil, et qu’on hausse et baisse avec des cordes autant qu’on + veut.» + +La Natte ordinaire se paye à quarante cinq sols la toise carrée. + + + + +CARROSSES DE ROUTES[1]. + + [1] C’est le nom qu’on leur donnoit pour les distinguer des carrosses + ordinaires. On dit aussi plus tard carrosses de voiture. Marivaux, + dans _Marianne_, appelle ainsi celui qui alloit de Paris à Bordeaux. + Il partoit à jour et heures fixes, qu’il y eût ou non des voyageurs. + On fit à ce sujet une épigramme sur le _Mercure_, qui, lui aussi, se + mettoit à circuler, qu’il y eût ou non quelque chose dedans: + + C’est le carrosse de voiture, + Il faut qu’il parte vide ou plein. + + +Rue saint Nicaise sont les Carrosses de la suite de la Cour et du Pech +saint Germain, qui partent tous les jours et à toutes heures. + +Rue Contrescarpe près la rue saint André, chez Mademoiselle Blavet, +logent les Carrosses d’Orléans[2] qui vont jusqu’à Die, Chambon et +Blois[3], et qui partent tous les jours[4] l’été à cinq heures du matin, +et l’hiver à neuf[5]. + + [2] C’est la même qui avoit aussi l’entreprise des carrosses de Rouen. + V. _Correspondance des contrôleurs généraux_, nº 235. Elle + s’appeloit Anne Boucher, veuve Blavet. Ses carrosses alloient + jusqu’en Espagne. + + [3] Dans l’édition précédente, au chap. XXIV, qui a le même titre que + celui-ci, c’est de «Monsieur Blavet» qu’il est parlé, p. 51; et au + lieu d’une seule maison rue Contrescarpe, on voit qu’il en avoit une + autre «rue Saint-André, à l’Hôtel de Lion». L’an d’après, sa veuve + lui avoit succédé. + + [4] Le messager de la poste partoit aussi tous les jours. C’est ce + qu’on appeloit la Malle du Courrier. La nuit du 19 décembre 1700, + celle de Tours fut dévalisée au bout du Pont-Neuf, près de la + Samaritaine, par des filous. (_Corresp. admin. de Louis XIV_, t. II, + p. 735.) + + [5] Les «carrosses d’Orléans», qui avoient fourni à La Chapelle, en + 1680, le sujet d’une amusante comédie restée longtemps au répertoire + du Théâtre François, descendoient encore, sous la Restauration, dans + la rue Contrescarpe, aujourd’hui rue Mazet. L’auberge du Cheval + blanc d’où ils partoient existe toujours et n’a presque pas changé + de physionomie.--On lit dans l’un des 9 numéros des _Affiches_ de + Dugone pour 1716 un avis sur ces carrosses qui partoient + régulièrement tous les jours, à 5 heures 1/2 du matin, de la rue + Contrescarpe, pour aller à Orléans en deux jours et revenir de même, + «lesquels, y est-il dit, conduisent toutes sortes de personnes, + hardes et bagages, or et argent.» + +Au même lieu sont les Carrosses d’Auvergne qui partent le Mercredi et +qui passent par Chenerailles, Chasteauneuf, Ligniere, la Chatre, la +Bourance, Jarnage, le Busson Feuillentin, Guéret, Chambon, saint Amant, +Mont-Luçon, Isset, Neuvy, Rillac, Moriac, Nivdan, Aurillac, etc. + +On fait partir du même endroit et le même jour le Carrosse du Berry, +passant par Orléans, Gien, Aubigny, Bourges, etc. + +Tous les jours celuy de Normandie, passant par Rouen, Diepe, le Hâvre, +etc. + +Les Mardis celuy de Bourdeaux qui communique avec toute l’Espagne. + +Les Mercredis ceux de Chartres, de Chasteaudun, de Vendosme, etc. + +Et les Vendredis et Samedis ceux de Maintenon. + +Les Carosses de Caen qui étoient ci devant à l’Hôtel de Monbason[6] et +qui logent présentement rue du Jour près S. Eustache, partent tous les +Dimanches à dix heures du matin. + + [6] Dans l’édit. précédente, p. 52, c’est à cette adresse qu’ils sont + indiqués. «L’hôtel des ducs de Montbazon, dit Sauval, t. II, p. 124, + est à la rue de Bétizy... Ce n’est plus qu’une auberge et une maison + garnie, et pourtant toujours au dessus de la porte se lit sur du + marbre en lettres d’or, _l’Hôtel de Montbazon_.» + +Au même lieu sont les Carrosses d’Alençon pour le Maine, qui partent le +Mercredi, de Séez, d’Argentan et de Falaise, qui partent le Lundi, de +Houdan, de Dreux et de Mortagne, qui partent le Samedi, etc. + +Rue Bourlabé à l’Ecu dauphin sont les Carrosses de Boulogne, Montreuil, +Calais, saint Omer et Dunkerque qui partent le Dimanche. + +A l’entrée du quay de la Tournelle est le Bureau des Carrosses de +Montargis et de Nemours qui partent les Mardis et les Vendredis. + +Rue saint Victor[7] logent les Carrosses qui partent le Dimanche, pour +l’Auvergne, et qui passent par le Puy, Mandre, saint Flour, Issoire, +Brioude, Saintpoursaint, Gannat, Aigueperche, Riom, Clermont, etc. + + [7] «A l’entrée de la rue Saint-Victor.» Édit. de 1691, p. 52. + +Au même lieu sont les Carrosses de Languedoc qui partent le même jour, +et qui vont à Montpellier, Nimes, Beaucaire, Milhaud, Lodève, Besiers, +Narbonne, Perpignan, etc. + +Et encore ceux de Bourbonnois qui partent aussi le même jour, et qui +passent par Boni, Briard, Cosne, la Charité, saint Pierre le Moutier, +Nevers, Bourbon-les-Bains, Moulins, etc. + +Rue Jean Robert est le Bureau des Carrosses d’Allemagne[8] qui partent +les Lundis et Vendredis, qui vont à Clermont, Thionville, d’Auvilliers, +Arlon, Vuirton, Sarloüis, Vandrevanche, Sarbrike, Hombourgt et autres +Villes des trois Evechez, Comté de Chiny et places de la Sarre, et +encore à Barleduc, Ligny, Commercy, Thoul, Nancy, Pont-à-Mousson, +Lunéville, Sarbourg, Philisbourg, Saverne, Strasbourg, Benfelt, +Scelestadt, Colmart, Brissac, Fribourg, etc. + + [8] Pour ce qu’on appeloit l’Allemagne haute, il y avoit un autre + carrosse par la voie de Strasbourg, qui partoit de l’Hôtel de + Pomponne, rue de la Verrerie, en été, tous les lundis, en hiver, + tous les samedis. L’hôtel de Pomponne existe encore. + +Rue saint Antoine à l’Ours logent les Carrosses de Troyes en Champagne +qui part les Mercredis et les Samedis. + +Rue de la Verrerie[9] est le Carrosse de Sézanne en Brie qui part les +Mercredis et Vendredis. + + [9] «A la Trinité.» Édit. 1691, p. 53. + +Au même lieu sont les Carrosses de Châlons en Champagne, Vitry le +François, saint Dizier, sainte Menehout, et Joinville qui partent le +Mercredi. + +A l’Hôtel de Sens[10] près l’Ave Maria, logent les Carrosses de Lyon qui +part de deux en deux jours, et qui passent en été par la Bourgogne et en +hiver par Nevers, Moulins et Auvergne. + + [10] Il en sera parlé un peu plus loin. + +Au même lieu sont les Carrosses de Dijon et Chalons sur Saone qui +partent les Jeudis pour passer par la route de Troyes et de Chatillon, +et les Lundis pour passer par Melun, Montreau, Sens, sainte Reyne, etc. + +Et encore ceux de Chaumont, Langres et Bar sur Aube, qui partent le +Dimanche. + +Rue de la Tixeranderie[11] à la Maque[12], logent les Carosses d’Amiens, +de Clermont en Beauvoisis qui partent les Dimanches, Lundis, Mercredis +et Vendredis. + + [11] «Au Heaume.» Édit. 1691, p. 53. Le Heaume servoit d’enseigne à + plusieurs hôtelleries. La plus célèbre, qui n’a disparu que dans ces + derniers temps, se trouvoit aux Halles, rue Pirouette. Cl. Fauchet + la cite dans ses _Origines des chevaliers_, 1608, in-8º. + + [12] La Maque étoit une grande maison de la rue de la Tixéranderie, + près de la Grève. Elle devoit son nom à Thomas Lamaque, qui, en + 1527, y avoit établi une fabrique de tissus de soie. Elle étoit + ensuite devenue une auberge. On la voit figurée sur le plan + Gomboust. + +Rue Jean pain molet à la Teste noire, loge le Carrosse d’Abbeville qui +part le Mercredi. + +Rue saint Martin au Cardinal le Moine, loge le Carrosse de Reims qui +part le Vendredi. + +Au même lieu sont les Carrosses de Soissons, Laon et Notre Dame de +Liesse[13] qui partent le Jeudi. + + [13] Dans un très curieux volume publié en 1647: _Le vray thrésor de + l’histoire sainte sur le transport miraculeux de l’image de Notre + Dame de Liesse_, se trouve l’itinéraire détaillé de Paris à Laon: il + falloit trois jours pour s’y rendre «en coche». + +Rue saint Denis au grand Cerf[14], loge le Carrosse de Bruxelle, qui +part les Mercredis et Samedis, et qui passe par Senlis[15], la Ferté, +Guise, l’Isle, Tournay, Douay[16], etc.[17] + + [14] Vaste auberge, dont la cour faisoit communiquer la rue des + Deux-Portes-Saint-Sauveur avec la rue Saint-Denis. Un passage du + même nom la remplace. Il fut question, en 1763, d’y mettre la + Comédie Italienne. + + [15] Senlis avoit son coche particulier. Il fut pillé en 1652, et sept + de ses voyageurs tués. (_Mém._ de Conrart, p. 35.) + + [16] Un autre carrosse alloit par Péronne, Cambray, Valenciennes, + Mons, etc. C’est celui que prit Regnard, se rendant à Bruxelles: «Le + premier jour, avons-nous dit dans la _Vie de Regnard_, il ne va pas + plus loin que Senlis, où l’attend Fercourt, qui vient de Beauvais, + et où ils couchent, les coches ne marchant pas de nuit. Le + lendemain, tout ce qu’ils peuvent faire est de pousser jusqu’à + Péronne, et le surlendemain jusqu’à Gournay. Le jour suivant, qui + est le quatrième, ils couchent à Cambray; le cinquième à + Valenciennes, le sixième à Mons, le septième à Notre-Dame-de-Halle; + le huitième, ce terrible coche de Flandre les dépose où ils doivent + s’arrêter, et Regnard peut écrire avec soulagement: «Nous arrivâmes + enfin à Bruxelles.» + + [17] «On trouve rue Saint Germain de l’Auxerrois des carrosses de + renvoi pour Évreux et pour Caen.» Édit. 1691. + +On trouve rue saint Germain l’Auxerrois des Carosses de renvoi pour +Evreux et pour Caën. + + + + +MESSAGERIES[1]. + + [1] La différence entre le carrosse et la messagerie étoit que l’un ne + prenoit que des voyageurs et leurs hardes, tandis que l’autre + voituroit voyageurs et marchandises. Les messageries dépendoient de + l’État et s’affermoient. Elles étoient régies par un règlement + général daté de 1678. + + +Rue Contrescarpe près la rue saint André, chez Mademoiselle Blavet[2], +logent les Messagers de Bourdeaux qui partent tous les jours en été à +cinq et en hiver à neuf heures du matin. + + [2] V. plus haut, p. 161. + +Au même lieu loge le Messager d’Auvergne qui part les Mercredis et +Samedis, et qui vont à saint Amant, Aurillac, Chambon, Chasteauneuf, +Chenerailles, Paeillentin, Gueret, Jarnage, Isset, la Broutance, la +Charité, le Busson, Leguire, Luçon, Monluçon, Moriac, Neuvy, Modan, +Rillac, etc. + +Et encore les Messagers du Blaisois et du Maine, qui partent le Samedi +et qui vont à Blois, au Chasteau du Loir, à saint Calais, à Laval, etc. + +Le Messager de sainte Menehoult[3] qui ne vient que de trois en trois +semaines, et celuy de Sezanne en Brie qui ne vient que de dix en dix +jours, logent rue saint Antoine à la Trinité. + + [3] Il étoit indépendant des messageries de la Champagne, affermées + comme celles de la Lorraine par Fr. Précy. + +Même rue à la Bannière de France, logent les Messagers de Rebay, de +Tournant, de Bray sur Seine et Dannemarie, etc., qui arrivent le +Mercredy et partent le Jeudy. + +Les Messagers de Bretagne qui vont à Nantes, à Rennes, à Vannes et dans +toutes les autres Villes de cette Province, logent rue de la Harpe à la +Rose rouge[4], et partent les Jeudis et Samedis. + + [4] Rue de la Harpe, se trouvoit aussi l’hôtel de _l’Arbalête_, où + étoit longtemps descendu le coche d’Angoulême. Balzac se plaint de + ce qu’un paquet qu’on y mit pour lui y resta un mois et demi sans + partir. Lettre _inédite_ du 21 août 1645, publiée dans le recueil si + curieux et si bien annoté de M. Tamizey de La Roque. + +Rue Contrescarpe logent les Messagers d’Estampes et d’Orléans, qui +partent tous les jours. + +Près l’Ave Maria à l’Hôtel de Sens[5], logent les Messagers de Dijon[6], +Bourg en Bresse, Baune, Chalons sur Saône, Macon, Auxonne, Salins, Grey, +Dôle, Besançon, Montbéliard, Belfort, Pontarlier, Neufchastel, Sens, +Joigny, Auxerre, Noyers, saint Florentin, Ancy le Franc, Chably, +Ravière, Montbart, Autun, Semeur, Avalon, sainte Reyne, Issoudun, Bar +sur Seine, Mussy l’Evêque, la Palisse, saint Geran, Bacaudière, Rouanne, +et qui partent presque tous les jours[7]. + + [5] Rue du Figuier. Il devoit son nom aux archevêques de Sens, qui + longtemps y étoient descendus, et dont il n’avoit pas cessé d’être + la propriété. On sait qu’il existe encore. + + [6] Le carrosse de Lyon y descendoit aussi, ainsi que son messager, + qui se chargeoit de toutes les marchandises qu’on lui confioit, + affranchies ou non. Voici à ce sujet quelques lignes d’une + intéressante lettre de Fléchier: «Je n’avois pas oublié, Madame, que + je vous avois promis du miel de Narbonne... Je vous en envoie donc + un baril de vingt livres que j’ai fait donner au messager de Lyon, + pour être mis à la diligence et porté à l’hôtel de Sens, près le + port Saint-Paul. J’ai donné ordre qu’on l’affranchît de toutes + sortes de droit de port. Je vous prie de l’envoyer prendre.» Jean + Dubray et Louis Langlois, associés à M. De La Bruyère, étoient + fermiers des messageries de Paris à Lyon. + + [7] Dans l’édit. de 1691, p. 54, l’Hôtel de Sens n’est pas indiqué + comme point de départ de ces messageries. On lit seulement: «Près + l’_Ave Maria_, aux diligences de Lyon, logent les messagers de + Dijon, Bourg, etc.» Le mot _Diligence_, alors nouveau dans ce sens, + paroît ne s’être employé d’abord que pour la voiture de Lyon. + Palaprat s’en est bien moqué dans la préface de sa comédie + l’_Important_, jouée en 1694: «Me voilà parti, dit-il, me voilà + empaqueté et emballé entre deux énormes magasins dans ce char à + rouliers qui mène à Lyon, et qu’on appelle fort improprement la + _Diligence_, formidable machine dont les fermiers... n’ont pas + laissé de trouver le mouvement perpétuel; car ni leur corbillard + terrible, ni les malheureux condamnés à la roue qu’il renferme, + n’ont pas un moment de repos pendant tout le voyage.» Qui pis est, + n’y trouvoit pas de place qui vouloit. Il falloit laisser passer + d’abord les personnes recommandées par le secrétaire d’État, + administrateur de Paris et de l’Ile-de-France. C’étoit une des + conditions du privilége accordé à l’entrepreneur de ces voitures. + Seignelay écrivoit, par exemple, le 7 septembre 1688: «De par le + roy, il est ordonné au maître de la diligence de Lion, de donner au + sieur coadjuteur d’Arles cinq places dans le carrosse qui partira le + samedi xje du présent mois, et ce préférablement à toutes autres + personnes.» + +Rue de la Huchette aux Bœufs, loge le Messager de la Ferté Alais qui +part le Lundy. + +Celuy de Chatillon sur Inde, loge rue de la Harpe à la Croix de fer[8]. + + [8] Cette auberge, à l’enseigne de la Croix de Fer, rue de la Harpe, + tenoit aux ruines du Palais des Thermes. + +Rue d’Enfer fauxbourg saint Michel[9] loge le Messager de Chatre[10] +sous Montléhery, qui part les Lundis, Jeudis et Samedis. + + [9] «A la Couronne d’or.» Édit. 1691, p. 54. + + [10] On sait que c’est aujourd’hui Arpajon. Châtre n’est plus connu + sous son premier nom que par un noël très populaire. + +Rue du Four S. Germain, loge le Messager d’Espernon. + +Rue saint Victor aux Carosses d’Auvergne, logent les Messagers de +Bourbonnois passant par Bonybriart, Cône, la Charité, saint Pierre le +Moustier, Bourbon les Bains, Vichy et Moulins, qui part le Samedi. + +Au même endroit sont les Messagers du Puy, Mandre, saint Flour, Brioude, +Sainpoursain, Gannat, Aigueperche, Riom, Clermont, etc., qui partent +aussi le Samedi. + +Et encore les Messagers de Languedoc qui vont à Montpellier, Nismes, +Beaucaire, Frontignan, etc., qui partent les Dimanches, Mercredis et +Samedis. + +Rue saint Germain de l’Auxerrois au Gaillard Bois, loge le Messager de +l’Aigle qui part le Vendredi. + +Même rue à la Rose blanche, loge le Messager de Dreux et Nogent le Roy +qui part le Vendredi à midi. + +Rue Git le Cœur, loge le Messager de Tours qui part les Dimanches et les +Jeudis. + +Rue Betizy à l’Image saint Pierre, logent les Messagers de Coutance, +Breiza, Perriere, saint Sauveur, Landilin, Marigny et Basse Normandie, +qui arrivent le Jeudi au soir et partent le Samedi à midi. + +Rue Montorgeuil à l’Image saint Claude loge le Messager de Forge qui +part le Vendredi[11]. + + [11] «Au même endroit logent les messagers d’Oizemont, Honfleur, + Pont-eau-de-mer, et Pont-l’Evêque, qui partent le vendredi.» Édit. + 1691, p. 54.--A la fin du siècle suivant, c’est à _l’Image + St-Claude_ que descendoient les marchands de beurre de Pontoise. + +Même rue logent les Messagers de Diepe et de Gisors qui partent le +Mercredi. + +Rue Bourtibourg au Comte Robert, loge le Messager de Fontainebleau qui +part le Vendredi[12]. + + [12] «Rue d’Arnetal, au Mouton couronné, loge le messager de Dan-Marie + et de Bray-sur-Seine.» Édit. 1691, p. 14. + +Rue d’Arnetal à la Couronne d’or, loge le Messager de Condé qui part le +Samedi[13]. + + [13] «Rue Saint-Antoine, à la Bannière, logent les messagers de + Languedoc et de Chaumont.» _Id._, p. 55. + +Rue de la Mortellerie à la Clef d’argent, loge le Messager de Tonnerre +qui part le Lundi, et celuy de Champeau qui part le Samedi[14]. + + [14] «Rue Saint-Denis, au Grand-Cerf, logent les messagers de + Soissons, Laon et Notre-Dame de Liesse, qui partent le samedi.» + _Id._, _ibid._ + +Rue saint Denis au grand Cerf, loge le Messager de Rouen et ceux +d’Arras, de Tournay et de l’Isle en Flandres. + +Même rue à la Croix blanche, loge le Messager de la Ville d’Eu. + +Au bas de la rue de la Harpe à l’Image saint Eustache, logent les +Messagers d’Angers[15], de Nantes, de la Flèche, de Beaufort, de Saumur, +de Bourgeuil, etc., qui partent les Mercredis et Samedis. + + [15] Par un procès, qui avoit eu lieu trois ans auparavant, on sait ce + qu’il en coûtoit de Paris à Angers pour un voyageur et son bagage. + En vertu d’une sentence du Châtelet en date du 9 nov. 1689, le sieur + Bernard, bourgeois de Paris, fut condamné à payer au messager 36 + livres au lieu de 33 qu’il offroit, et en sus 3 sous de la livre + pesant de ses hardes, au lieu de 2 sous 6 deniers. + +Rue saint Jacques au Lion ferré, logent les Messagers de toutes les +Villes de Bretagne qui partent les Mercredis et Samedis. + +Rue Serpente logent les Messagers de Carcassonne, Castelnaudary, +Castres, Alby, Gaillard, Montauban, Cahors, Rhodez, Villefranche, Perat, +Sarlat, Limoges, Brives, Thul, Thoulouse, Userche, Souliac, etc., qui +partent le Mardi[16]. + + [16] C’est à l’Hôtel d’Anjou, rue Serpente, que ces messagers + logeoient. D’autres y vinrent un peu plus tard, notamment celui de + Château-du-Loir. + +Rue Jean Pain molet à la Teste noire, logent les Messagers d’Abbeville. + +Au Colombier près saint Martin des Champs, logent les Messagers de +Crespy et de Villers Cotterets, qui partent le Vendredi. + +Ceux d’Allençon, de Petiviers, de Caen, etc., qui partent le Dimanche et +qui logeoient ci-devant à l’Hôtel de Montbason, sont à présent rue du +Jour près saint Eustache. + +Ceux d’Amiens et de Mondidier logent rue de la Tixeranderie à la +Maque[17] et partent les Dimanches, Lundis, Mercredis et Vendredis. + + [17] Nous avons parlé plus haut, p. 164, de cette auberge et de + l’origine de son nom. + +Rue du Cimetière saint André logent les Messagers de Mommirel, de +Perigueux et de Rochoir qui n’ont pas de jours reglez, et ceux de +Chinon, de Loudun, de Poitiers, de Thouars, de la Rochelle, etc., qui +partent le Dimanche[18]. + + [18] Blegny oublie le messager de «Bonnétable et route», qui logeoit + quai des Augustins, à l’enseigne si curieuse de la Reine des Reines. + +Rue Montorgueil à l’Image saint Christophe, loge le Messager de Beaumont +en Picardie qui arrive le Mardi et part le Mercredi. + +Rue des Precheurs à la Pomme de pin, loge le Messager de Boine en +Gatinois qui arrive le Jeudi et part le Vendredi. + +A l’entrée du quay de la Tournelle[19] à la Corne[20], logent les +Messagers de Montargis, de Giens et autres lieux circonvoisins. + + [19] «Rue de la Tournelle, devant la rue de Bièvre.» Édit. de 1691, p. + 55. + + [20] C’étoit une très ancienne auberge, qui, de la rue des Sept-Voies, + où Érasme y avoit logé en arrivant à Paris, avoit été transférée + tout près, quai de la Tournelle. + +Rue Jean Robert aux Carrosses d’Allemagne, logent les Messagers de +Strasbourg, Fribourg, Scelestat, Colmar, Brissac, etc. + +Rue saint Denis au grand Cerf, loge le Messager du Quesnoy. + + + + +COCHES PAR TERRE ET PAR EAU[1]. + + [1] Comme les messageries et les carrosses de voiture, auxquels ils + étoient inférieurs en vitesse, et qui coûtoient plus cher, les + coches voituroient voyageurs et marchandises. Ils n’en différoient + que par le prix moins élevé, et parce qu’ils étoient des entreprises + particulières, tandis que les messageries étoient un établissement + royal, et les carrosses de voiture des établissements privilégiés. + Les _coches_, comme le prouvoit leur nom, qui sentoit son vieux + temps, les avoient précédés les uns et les autres. Ils datoient de + l’époque des premières voitures de ville, qui s’appeloient comme eux + et qui peu à peu perdirent cet ancien nom pour en prendre d’autres. + Ils le gardèrent seuls: «Les coches, écrivoit Sauval, t. I, p. 191, + en 1670, sont encore en usage pour aller d’une ville à l’autre.» + + +Rue Jean Robert aux Carosses d’Allemagne[2], logent aussi les Coches de +Metz, Verdun, Clermont, Thionville, Danvilliers, Arlon, Wirton, +Sarloüis, Vandrevanche, Sarbrik, Hambourg, Bik, la petite Pierre, +Litemberg, Marsal, et autres Villes des trois Evechez, Comté de Chiny et +places de la Sarre, Lorraine haute et basse, Barleduc, Ligny, Commercy, +Pont Amousson, Luneville, Sarbourg, Philisbourg, Benfeld, Scelestat, +Colmar, Brisac, Fribourg, etc., qui partent les Lundis et Vendredis[3]. + + [2] V. plus haut. + + [3] Dans la première édition, Blegny n’avoit pas oublié moins que le + nom de la rue et celui de l’auberge où tous ces coches descendoient. + V. p. 56. + +Rue saint Antoine à l’Ours, logent les Coches de Troyes en Champagne, +qui partent les Mardis et Vendredis. + +Celuy d’Amiens qui part de deux en deux jours, rue de la Tixeranderie à +la Maque[4]. + + [4] V. plus haut. + +Celuy de Chalons en Champagne, rue de la Verrerie, qui part les Mardis +et Vendredis. + +Rue Montorgueil à l’image saint Christophle, loge le Coche de Beaumont +qui part le Samedi. + +Rue Bourlabé à l’Ecu Dauphin, logent les Coches de Montreuil, Boulogne, +Calais, Dunkerque, etc., qui partent le Lundi. + +Rue Bourtibourg au Comte Robert, loge le Coche de Lagny qui part les +Mardis, Jeudis et Vendredis. + +Celuy de Monfort Lamaury rue du Four saint Germain, à l’enseigne de la +Ville d’Espernon, qui part les Mercredis et Samedis. + +Celuy d’Abbeville qui part le Dimanche, rue Jean Pain Molet. + +Rue saint Martin au Cardinal le Moine, logent les Coches de Rheims, qui +partent les Lundis et Vendredis et ceux de Soissons, Laon, Notre Dame de +Liesse, etc., les Lundis, Jeudis et Samedis. + +Rue saint Paul à la ville de Joigny, est le Bureau des Coches par eau +d’Auxerre[5], qui partent les Mercredis et Samedis, et qui passent par +Corbeil, Melun, Valvin, Montreau, Villeneuve le Roy, Joigny, etc. + + [5] Béranger, qui l’avoit encore pu voir dans son enfance, en a parlé + dans une de ses chansons: + + Six francs et ma layette en poche, + Belle nourrice de vingt ans + D’_Auxerre_ avec moi prit _le coche_. + +Le Bureau des Coches d’eau servant pour la diligence de Lion[6], est à +l’Hôtel de Sens près l’_Ave Maria_. + + [6] C’est-à-dire amenant de la haute et basse Seine les voyageurs pour + Lyon. A propos d’un autre coche qui, moitié par terre, moitié par + eau, vous amenoit de Lyon à Paris, v. Gui Patin, _Lettre_ du 17 nov. + 1662. + +Le Bureau des Coches par eau de Montreau, Bray et Nogent-sur-Seine, est +sur le port saint Paul d’où ils partent le Lundi seulement deux fois le +mois. + +Le Bureau des Coches par eau de Fontainebleau qui partent les Lundis à +l’ordinaire et tous les jours à l’extraordinaire pendant le séjour de la +Cour audit lieu, est sur le quay de la Tournelle à la Croix blanche[7]. + + [7] Ce chapitre, dans l’édition précédente, p. 56-57, diffère de + celui-ci par quelques détails que nous n’avons pas cru devoir + signaler. S’ils n’ont pas été reproduits par Blegny, c’est sans nul + doute que, vérification faite, il y avoit reconnu des erreurs. Pour + la même raison, nous n’en avons pas parlé. + + + + +ROULLIERS ET CHARETTES + +DE ROUTES. + + +Rue de la Harpe à la Croix de fer, logent les Charettes pour Laval, +Mayenne et Vitré en Bretagne[1]. + + [1] Ce chapitre commence autrement dans l’édit. précédente, où il est + le XXXVIIe, p. 57. On y trouve cet article qui manque ici: «Rue de + la Huchette aux Bœufs, logent les charettes pour la Ferté Alais, qui + partent le mercredi.» + +Celles de Chartres rue Contrescarpe aux Carosses d’Orléans. + +Celles de Chevreuse qui partent les Mardis et Vendredis, rue saint +Dominique du Fauxbourg saint Michel[2], à l’Ecu d’Orléans. + + [2] C’est l’ancienne rue Saint-Dominique-d’Enfer, qui alloit de la rue + d’Enfer à la rue Saint-Jacques. + +Celles de Montargis et de Nemours qui partent le Dimanche, rue du quay +de la Tournelle. + +Celles de Beny-Briard, Cone, la Charité, saint Pierre le Moutier, +Nevers, Bourbon les Bains, Vichy, Moulins, etc., qui partent le +Mercredi, rue saint Victor aux Carosses d’Auvergne, et encore celles du +Puy, Mandre, saint Flour, Issoire, Brioude, saint Poursaint, Gagnac +Aigueperche, Riom et Clermont, qui partent le Mercredi. Enfin celles de +Montpellier, Nismes, Frontignan, Baucaire, Milhaud, Lodève, Beziers, +Narbonne et Perpignan qui partent le Mercredi. + +Celles de Gournay qui partent le Vendredi, rue Montorgeuil à l’image +saint Christophle. + +Celles de Senlis, Compiègne, Noyon, Chaunis, la Fère, Ham, saint +Quentin, le Quesnoy, Maubeuge, Roye, Peronne, Cambray, Douay, +Valencienne, Tournay, Bapaume, Arras, l’Isle, Rouen, Diepe et le Havre +qui partent tous les jours, rue saint Denis au grand Cerf. + +Celles de Beaumont-Roger en Normandie qui partent le Mercredi, rue +Montmartre à la grosse Tête. + +Celles de Dijon, Bourg en Bresse, Nuis, Baune, Chalons sur Saône, Macon, +Auxonne, Salins, Grey, Bezançon, Monbelliard, Befort, Pontarlier, +Neufchastel, Sens, Joigny, Auxerre, Noyers, saint Florentin, Ancy le +Franc, Tonnerre, Chably, Bavière, Mon-bar, Autun, Semeur, Avalon, sainte +Reine, Bar sur Seine et Mussy l’Evesque, qui partent tous les jours près +l’_Ave Maria_ à la Diligence de Lion. + +Les Roüilliers[3] de Troyes et autres Villes de Champagne et de +Bourgogne, logent rue de la Verrerie à l’Image Notre Dame[4]. + + [3] Blegny écrit comme on prononçoit, et comme on prononce encore dans + quelques provinces. L’orthographe étoit déjà «roulier». Richelet + écrit ainsi, et l’exemple qu’il donne: «Il s’en va à Orléans avec + les rouliers», indique que les rouliers ne prenoient pas seulement + des marchandises dans leurs charrettes, mais des voyageurs à qui + manquoit l’argent nécessaire pour aller par le carrosse de voiture, + les messageries ou le coche. + + [4] Cette auberge existoit encore avec la même enseigne et la même + destination à la fin du XVIIIe siècle. C’est là que descendit la + fameuse Mme de La Mothe lorsqu’elle vint de Troyes à Paris pour + commencer ses intrigues, dont l’affaire du Collier fut la plus + scandaleuse. + +Ceux d’Anvers, de Lorraine et d’Allemagne, rue d’Arnétal au Chariot +d’or, qui partent le Mardi et quelquefois le Mercredi. + +Ceux de l’Isle, Tournay, Douay, Arras, Maubeuge et Guise en Picardie, +même rue au Mouton, qui partent le Jeudi. + +Et ceux de Compiègne, Peronne, la Ferre, etc., même rue à la Croix de +Lorraine, qui partent le Samedi. + +Rue saint Denis aux deux Anges, logent les Charrettes de Montmirel, de +la Ferté Gauché et du Bois Commun, qui partent le Vendredi. + + + + +AUTRES ADRESSES NOUVELLEMENT RECOUVERTES. + + +Chez les Sieurs Michallet et d’Houry rue saint Jacques, et chez la veuve +Nion à l’adresse qui est à la première page, on trouvera au commencement +de cette année 1692, le premier tome d’un livre également utile et +curieux, qui aura pour titre _les Travaux d’Esculape_, ou les +Découvertes successives des secrets de l’Art de guerir[1]. Ensuite de +quoy on y trouvera régulièrement tous les trois mois un volume nouveau +du même livre, pour satisfaire aux ordres du Roy et de Monsieur le +premier Medecin de Sa Majesté, en conformité desquels la Société Royale +de Medecine a été établie, pour travailler à la recherche et +vérification des nouvelles Découvertes qui ont été faites, qui le sont, +et qui le seront cy-après dans toutes les parties de la Medecine et dans +tous les Arts qui luy sont subordonnez. + + [1] C’est encore un livre de Blegny, qui ne pouvoit mieux finir qu’en + se faisant une réclame de plus. Il avoit déjà publié, en 1679 et + 1680, sous un titre à peu près pareil, 2 vol. du même genre, _Le + Temple d’Esculape_. Voy. notre _Introduction_, p. XLVIII. + +M. Rebel attenant au Jeu de paume de la rue Tireboudin[2], dit avoir +apporté d’Egypte une Eau qui appaise sur le champ la douleur des Dents, +qui se prend par le nez, qui fait larmoyer abondamment, et dont la +phiole de quatre prises se vend un louis d’or; mais la vertu de ce +Remede est encore inconnu à l’Auteur. + + [2] C’est aujourd’hui la rue Marie Stuart. + +Le Sieur Do Emailleur[3] rue de Harlay scelle hermétiquement des +Vaisseaux chimiques. + + [3] Il a déjà été parlé de lui. V. t. I, p. 242. + +Le Sieur le Roy à l’entrée du fauxbourg saint Antoine vis-à-vis le +Croissant, peint toutes sortes de Meubles en verni façon de la Chine[4], +et travaille d’ailleurs dans les appartemens aux ornemens de Peintures. + + [4] C’est un prédécesseur bien peu connu des Martin, si célèbres vers + le milieu du siècle suivant, mais en d’autres quartiers que le + faubourg Saint-Antoine: «La manufacture royale de MM. Martin, + lisons-nous dans l’_Esprit du Commerce_, 1748, in-8º, p. 41, est + située faubourg Saint-Martin, faubourg Saint-Denis, et une autre rue + Saint-Magloire.» + +Les Suisses qui apportent des Serains de Canarie[5], logent à l’entrée +du même faubourg[6]. + + [5] «Les Suisses, lisons-nous dans le _Diction._ de Furetière, + apportent beaucoup de serins de leurs pays, du Tyrol et des + provinces méridionales de l’Allemagne.» Le Tyrol déjà en fournissoit + surtout: «Dans une bourgade du Tyrol, nommée Imst, dit Malte-Brun, + se trouve le grand séminaire de serins, nommés encore, ajoute-t-il + ironiquement, _oiseaux des Canaries_, dans la plupart des langues + d’Europe, et qui sont exportés jusqu’à Lisbonne et peut-être jusque + dans les Iles Canaries.» + + [6] Hervieux dans son _Traité des serins de Canaries_, 1709, in-12, + chap. 23, dit qu’ils y venoient deux fois par an, et qu’ils + logeoient dans ce faubourg, à l’hôtellerie de la Boule, où ils + apportoient des serins par milliers. + +Le Sieur Quillet Sculteur à la Boule royale, grande rue du même +fauxbourg, fait des Bordures de Tableaux pour les Marchands à juste +prix. + +On vient d’établir une nouvelle Manufacture de Chandelle dans le même +fauxbourg, rue de Pincourt, près la barrière[7]. + + [7] Une note en a parlé plus haut, p. 7. + + +FIN DU LIVRE DES ADRESSES. + + + + +TABLE + +DES ARTICLES + +DU + +LIVRE DES ADRESSES DE PARIS[1]. + + [1] Nous donnerons à la fin du volume la table alphabétique de + l’édition de 1691. + + + Tome I. + + Affaires Ecclésiastiques 15 + Exercices de piété 21 + Finances Royales 26 + Trésoriers Payeurs des Gages et Rentes 40 + Conseils du Roy et Chancellerie 46 + Secretaires du Roy 54 + Scéances des Tribunaux 78 + Vacations des Tribunaux 86 + Docteurs et Licentiez en Droit 87 + Secretaires et Greffiers du Conseil, des Cours Souveraines + et des Juridictions Subalternes 93 + Contraintes Judiciaires 100 + Bureaux Publics 106 + Administration des Hospitaux 112 + Banquiers 117 + Academies et Conferences publiques 120 + Biblioteques particulières et publiques 129 + Collèges et Leçons publiques 138 + Mathematiques 146 + Medecine ordinaire 150 + Medecine empirique 156 + Opérations chirurgicales 157 + Matières Médecinales simples et composées 164 + Pension pour les Malades 178 + Bains et Etuves 182 + Impressions et Commerce de Librairie 185 + Musique 204 + Fameux Curieux des Ouvrages magnifiques 216 + Dames Curieuses 231 + Commerce de Curiositez et de Bijouteries 236 + Commerce des Ouvrages d’Or, d’Argent, de Pierreries, etc. 244 + Premieres Instructions de la Jeunesse 248 + Nobles Exercices pour la belle education 253 + Armes et Bagages de Guerre et de Chasse 261 + Chevaux et Equipages 264 + Passetemps et Menus Plaisirs 269 + Jardinages 275 + Tapisseries et Meubles ordinaires 283 + Chair et Poisson 289 + Marchandises de Beurre, Œufs, Fromages et Legumes 296 + Offices de fruiteries 300 + Panneterie et Patisserie 304 + Marchandises de Vins et d’Aprests 309 + Hostels garnis et Tables d’Auberges 316 + + Tome II. + + Epiceries et autres Denrées domestiques 5 + Etoffes 9 + Linges, Points et Dentelles de fil 15 + Dentelles, Points, Boutons et Galons d’or, d’argent et de soye 16 + Mercerie et Quincaillerie 18 + Marchandises de Papetiers, Cartiers et Cartonniers 26 + Ouvrage et Commerce de Bonnetiers 28 + Marchandises des Gantiers et Parfumeurs 31 + Pelletterie et Fourrures 35 + Ouvrages et Marchandises de Cheveux 39 + Commerce des Verriers 41 + Commerce de diverses Matières Métalliques et Ouvrages de + Couteliers, etc. 45 + Domestiques et Ouvriers 49 + Verifications et Rapports de Jurez 52 + Habits d’Hommes et de Femmes 58 + Commerce de Chapeaux 63 + Ouvrages et Marchandises de Cordonniers 65 + Adresses concernant les Articles precedens, recouvertes + après leur impression 68 + Divers Adresses concernant des talens distinguez des + articles precedens 73 + Omissions et Changemens 78 + Batimens du Roy 87 + Ouvrages exquis de Peinture et de Sculpture 92 + Architecture et Maçonnerie 102 + Qualitez et coupe de la Pierre 111 + Ouvrages et fournitures de Charpente 115 + Ouvrages et fournitures de Couvreurs 118 + Ouvrages et Bois de Menuiserie 121 + Ouvrages et Marchandises de fer 129 + Ouvrages de Vitriers 138 + Ouvrages et Marchandises de Miroitiers 140 + Peintures, Sculptures et Dorures pour les Ornemens et Decorations + des Appartemens, Boutiques, etc. 144 + Ouvrages de Graveurs 151 + Ouvrages de Plombiers et de Fonteniers 155 + Ouvrages des Paveurs 157 + Poterie, Carrelage, Vuidanges, Nattes et frotage des Batimens 158 + Carrosses de Routes 160 + Messageries 166 + Coches par terre et par eau 172 + Roulliers et Charettes de Routes 174 + Autres Adresses nouvellement recouvertes 177 + + + + +EXTRAIT DU PRIVILEGE DU ROY. + + +Par grâce et privilege du Roy, donné à Paris le 14e jour du mois de +juillet 1690, et signé par le Roy en son Conseil _De Saint Hilaire_; il +est permis à la veuve de Denis Nion, Marchand libraire à Paris, +d’imprimer ou faire imprimer un manuscrit intitulé _Les Adresses de la +Ville de Paris, avec le Trésor des Almanachs pour l’année 1692, par +Abraham Du Pradel, Astrologue Lyonnois_, pendant le temps de six années, +à compter du jour que ledit Livre aura été achevé d’imprimer pour la +première fois; avec très expresses inhibitions et défenses à tous +Imprimeurs, Libraires et autres personnes, d’imprimer, faire imprimer ou +contrefaire ledit Livre en quelque manière que ce soit, à peine de +confiscation des Exemplaires, trois mille Livres d’amande et de tous +dépens, dommages et intérests, comme il est porté plus au long par +lesdites Lettres de Privilège. + +Registré sur le Livre de la Communauté des Libraires et Imprimeurs de +Paris, le 26 juillet 1690. Signé P. Auboyn, Sindic[1]. + + [1] V. sur lui, t. I, p, 185. + +Achevé d’imprimer pour la seconde fois le 26 novembre 1691. + +De l’Imprimerie de Laurent Rondot[2]. + + [2] On a vu dans l’_Introduction_, t. I, p. lviij, que c’est chez lui + que ce même privilège fut saisi. + + + + + LE TRÉSOR + DES + ALMANACHS + POUR L’ANNÉE BISSEXTILE 1692 + + AVEC + UNE EXACTE DESCRIPTION + DE L’ŒCONOMIE UNIVERSELLE ET DES PARTIES + PRINCIPALES DU MONDE, + + Un abrégé de la science des temps, le lever et le coucher du Soleil, + le Tarif des nouvelles monnoyes, l’ordre du département des + couriers, et diverses autres pièces également utiles et curieuses. + + Par Abraham Du Pradel, Philosophe + et Mathématicien. + + + A PARIS, + chez la Veuve de Denis Nion, Marchand-Libraire + sur le quai de Nesle, devant l’Abreuvoir de + Guenegaud, à l’image Sainte Monique. + + M. DC. XCII. + Avec privilége du Roy. + + + + +AVERTISSEMENT. + + +L’auteur, qui s’étoit proposé de donner annuellement un Livre au public +de toutes les choses sujettes à mutations, et sur lesquelles on a +souvent besoin de nouvelles instructions pour se procurer les commoditez +de la vie, jugea que le Calendrier qui comprend les fêtes mobiles devoit +faire partie de ce Livre, et que par la même raison il seroit obligé d’y +comprendre la science des temps, qui pour avoir quelques Époques +certaines, ne laisse pas de varier sur les jours et sur les heures à +l’égard des apparences des Astres et des Planettes qui ont servi de +fondemens à cette science. + +Sur ces considérations il publia en 1690 une sorte d’essay qui eut pour +titre le _Trésor des Almanachs_ pour servir à toutes espèces de +négociations utiles, et gui fut seulement imprimé à Troyes[1] sur une +simple permission, avec assez de négligence: cependant, l’accueil +favorable que le public fit à cet essay, ayant fait naître à l’auteur le +dessein de le rendre plus recommandable, et de poursuivre au grand +sceau[2] la permission prohibitive[3] de le faire imprimer; il fut +publié pour la seconde fois en 1691, à la vérité avec une augmentation +considérable, mais non pas avec l’ordre et l’exactitude qu’on pouvoit +désirer, le Privilège n’ayant été obtenu que vers la fin de 1690, +c’est-à-dire dans un temps où la nécessité de le publier sans aucun +retard ne permit pas à l’Auteur de débrouiller assez parfaitement ses +idées. + + [1] On sait combien sont anciennes les imprimeries populaires de + Troyes, dont les productions avoient leur débouché naturel aux + fameuses foires de Champagne. On commença par y publier des + complaintes, des cantiques, etc., sur de grandes feuilles avec + gravures, qu’on obtenoit sans doute par le procédé des planches + xylographiques: «J’ai vu, lit-on dans les _Œuvres inédites_ de + Grosley, t. II, p. 15, j’ai vu chez Jean Fraictot, le dernier de nos + dominotiers, de ces planches qui, soit par leur état, soit par le + goût du caractère des lettres, et de la poésie des cantiques, + annonçoient plusieurs siècles d’antiquité.»--Les almanachs de Troyes + sont bien plus anciens que ceux de Liège. On a un _Calendrier des + Bergers, avec leur astrologie et autres choses profitables_, imprimé + à Troyes en 1510. Au siècle suivant, les almanachs de Larivey, de la + famille de celui dont on connoît les comédies traduites de + l’italien, y faisoient fortune. Nous citerons entre autres: + _Almanach_ de Pierre Larrivey, _avec grandes prédictions pour + l’année 1622_. Sorel, quand il dit au livre XI de _Francion_: + «N’as-tu point leu l’almanach... de Larivay le jeune Troyen», + témoigne de leur popularité. Perrault de même, disant de Boileau, si + fier du succès de ses _Œuvres_: «Il a beau se glorifier du grand + débit que l’on fait de ses Satires, ce débit n’approchera jamais de + celui du moindre des almanachs, imprimés à Troyes, au _Chapon + d’or_.» C’étoit si bien la terre promise des calendriers avec + prédictions, que le P. Placide Duval disoit dans ses _Éléments de la + Géographie de la France_: «La ville de Troyes est habitée de + plusieurs bons Marchands, et d’un bon nombre d’Astrologues.» Il en + venoit aussi des chansons, ce qui offusquoit davantage l’autorité. + On laissoit passer les almanachs, mais on arrêtoit les chansons. + (_Corresp. administ. de Louis XIV_, t. II, p. 802, 788.) Sur les + libraires qui vendoient à Paris les almanachs de Troyes, v. plus + haut, t. I, p. 193. + + [2] A la grande Chancelerie de France. Les actes qu’on y revêtoit du + grand sceau étoient exécutoires par tout le royaume. + + [3] Permission avec expresse défense pour les autres. + +Lors de cette seconde édition, ce Livre fut intitulé _Les Adresses de la +Ville de Paris et le Trésor des Almanachs_, avec cette addition de +_Livre commode en tous lieux, en tous temps et en toutes conditions_; +mais étant arrivé que dans le courant de l’année bien des gens avoient +témoigné qu’ils seroient bien aises d’avoir pour le commerce ou pour des +présens[4] des Almanachs séparez du Recueil des Adresses, et qu’au +contraire tous ceux qui avoient recherché le Recueil des Adresses, +avoient eu à gré d’y trouver l’Almanach; l’Auteur a pris le parti de +faire en même temps deux éditions distinguées, l’une sous le titre +général de _Livre commode_, qui comprend ensemble cet Almanach et le +Recueil des Adresses, l’autre sous le premier titre de _Trésor des +Almanachs_ qui se vendra séparément. + + [4] Il étoit de mode de donner, le jour de l’an, des _almanachs_ + richement reliés. De là vint la vogue de ces _Étrennes mignonnes_, + dont nous avons vu la fin. Il existe dans les poésies diverses de La + Fontaine (édit. Marty, t. V, p. 117) une pièce curieuse, qui est un + souvenir de cette mode: «PRÉDICTIONS POUR LES QUATRE SAISONS DE + L’ANNÉE, _mises dans un Almanac écrit à la main sur du vélin, garni + d’or et de diamants et présenté à Mme de Montespan par Mme de + Fontange_, le 1er jour de l’an 1680.» + +Cette complaisance de l’auteur, jointe aux peines qu’il s’est données +pour rendre son ouvrage complet, luy fait espérer l’approbation de ses +Lecteurs, qui lui tiendra lieu de récompense, et qui multipliera les +vœux qu’il fait pour leur prospérité en ce monde, et pour leur béatitude +dans l’éternité des siècles. + + + + +LE TRÉSOR + +DES ALMANACHS[5] + +POUR L’ANNÉE BISSEXTILE[6] 1692. + + [5] Dans l’édition précédente, p. 63, Blegny, au lieu de la ligne qui + suit ici, avoit mis: «pour servir à toutes espèces de négociations + utiles.» + + [6] On sait quelle est l’origine des années bissextiles. Jules César, + lorsqu’il créa le calendrier nommé à cause de lui calendrier Julien, + décida que l’année seroit de 365 jours 6 heures; et comme ces six + heures quatre fois répétées forment un jour, il ordonna que ce jour + seroit intercalé tous les quatre ans après le sixième des calendes + de mars, qui correspond au 24 février. Par cette intercalation ce + sixième jour des calendes étant doublé, on l’appela _bis sextus_, + bis sixième, ou _bissexte_, d’où année bissextile. + + + + +IDÉE + +GÉNÉRALE DU MONDE[7]. + + [7] Blegny, dans l’édition de 1691, avoit écrit avec moins d’emphase: + «Systêmes du Monde». + + +Le temps n’étant que la durée des êtres modifiez, et les saisons qui se +trouvent dans la suite des temps n’étant que des accidents qui arrivent +à ces êtres, il est de l’ordre de donner une idée générale de l’Univers, +avant que de parler de la succession des temps et des saisons: mais +comme cet Ouvrage, qui n’est qu’un simple manuel journalier, doit +fournir dans l’instant même d’un besolu[8] l’utilité qu’on en doit +attendre, et qu’il seroit par conséquent défectueux s’il exigeoit la +moindre application d’esprit, on ne trouvera ici ni dans toutes les +autres parties que des expositions si claires et si précises, qu’il +suffira de les lire pour en faire sur le champ de justes applications +dans la pratique de la vie civile. + + [8] Lisez «d’un besoin». + +Voici donc comment, sans aucun principe, chacun se pourra faire dans un +moment l’idée générale de l’univers. Il faut pour cela se représenter, +comme on le sçait communément, que la Terre, avec les Eaux qu’elle +comprend, est un globe ou rond, plein et opaque, qu’on peut comparer à +une boule quant à la forme plus générale; puis ayant imaginé que cette +boule pleine et opaque est au milieu d’une boule creuse et transparente +dont la circonscription est beaucoup plus étendue, se représenter +d’ailleurs qu’elle est soutenue au milieu de ce creux par une substance +fluide et claire qui reçoit le nom d’Air. + +Alors, après avoir donné à ce premier globe creux et transparent le nom +de _Ciel de la Lune_[9], on s’en figurera un deuxième de même nature +qu’on nommera _Ciel de Mercure_, et qu’on supposera assez grand pour +renfermer celuy-là; puis enfin, en les multipliant, on pourra en +imaginer un troisième pour _Vénus_, un quatrième pour le _Soleil_, un +cinquième pour _Mars_, un sixième pour _Jupiter_, un septième pour +_Saturne_, qui est la dernière et la plus éloignée des sept planètes, un +huitième où l’on placera le firmament ou ciel des étoiles fixes, un +neuvième qui sera le premier ciel cristalin[10], un dixième qui sera le +deuxième cristalin, et un onzième qu’on supposera être le premier mobile +des autres, après quoy ayant imaginé un carré, on s’y représentera, +suivant l’Apocalypse, la Sainte Cité[11] ou le Ciel Empirée[12] qui est +la demeure des Bienheureux. + + [9] Tout cela, ainsi que ce qui suit, est du système de Ptolémée, + celui que Blegny, comme on le verra plus loin, avoit adopté pour ne + pas se mettre mal avec l’Église. + + [10] Ceci est encore du système de Ptolémée, suivant lequel chacun des + cieux transparents qui enveloppent la terre au delà des cercles des + planètes, s’appelle «cristallin». + + [11] V. l’_Apocalypse_, chap. III, verset 12; chap. XXI, versets 2 et + 10. + + [12] C’est, dans le système de Ptolémée, le ciel des fixes, supérieur + au ciel des planètes. + + +_Considérations sur l’œconomie universelle et sur les parties +principales du monde._ + +Dans l’Astronomie la représentation de l’assemblage entier de tous les +globes simples dont il vient d’être parlé, forme un Globe composé qui a +reçu le nom de Sphère, et au milieu duquel on met un axe ou essieu sur +lequel on suppose que tous les Cieux ensemble tournent en vingt-quatre +heures d’Orient en Occident, quoique la Terre demeure fixe à leur +égard[13]. + + [13] Il est inutile de dire que le système de Ptolémée a ce principe + erroné pour base. «Il s’est, dit Ferd. Hœfer, _Hist. de + l’astronomie_, p. 209, tellement identifié avec le langage et les + idées traditionnels, que l’on dit encore aujourd’hui que le Soleil + _marche_, qu’il _se lève_, qu’il _se couche_, etc., absolument comme + si la Terre étoit immobile au centre du monde.» + +Cet axe est supposé avoir ses deux points ou terminaisons au premier +mobile[14] et traverser diamétralement toute la sphère, on imagine l’un +de ces points à la partie Septentrionale, et l’autre à la partie +Méridionale de ce Ciel, et l’on appelle le premier Pôle Artique, et le +deuxième Pôle Antartique. + + [14] On appeloit, dans l’astronomie ancienne, «premier mobile», la + première et la plus haute des sphères célestes, qui se meut et donne + le mouvement aux sphères inférieures. Le temps «du premier mobile» + est le temps qui est mesuré par le retour des étoiles au méridien. + +Ces noms qui, comme il vient d’être dit, n’appartiennent proprement +qu’aux deux terminaisons de l’axe, ne laissent pas que de servir dans la +Géographie de la Terre pour exprimer les deux points où l’on fait +commencer les Lignes qui vont à ces mêmes terminaisons. + +Ce qui a donné les noms aux sept premiers cieux[15], est ce qu’on nomme +Planettes. Ce sont des Astres qu’on distingue des Etoiles fixes du +firmament, en ce que celles-ci dans leur mouvement gardent toujours un +ordre et une distance égale, et que celles-là, au contraire, changent de +situation les unes à l’égard des autres, pendant même qu’elles sont +toutes emportées par un mouvement général d’Orient en Occident sur l’Axe +qui vient d’être supposé. + + [15] V. ce qui a été dit un peu plus haut. + +Cette variété de situations vient de ce que ce mouvement général +n’empêche pas qu’elles n’ayent chacune un mouvement particulier et +naturel d’Occident en Orient dans lequel elles sont inclinées, tantôt +vers les signes Méridionaux, tantôt vers les signes Septentrionaux, les +unes plus, les autres moins; et que d’ailleurs elles peuvent avoir +jusqu’à sept ou huit degrez de latitudes dans chaque signe, ce qui fait +qu’on les imagine comme enclavées dans un même Cercle qu’on nomme +Zodiaque[16] et qu’on fait le plus large de la Sphère. + + [16] Les signes du zodiaque servent encore pour l’astronomie moderne, + mais sans correspondre aux constellations de l’ancienne. La + découverte de la première des planètes télescopiques au commencement + du siècle prouva que ce Cercle devoit être considérablement élargi: + «La découverte de _Cerès_ par Piazzi, en 1801, lisons-nous dans + l’_Histoire de l’astronomie_ de Voiron, p. 72, a changé tout à coup + les idées reçues sur la largeur du zodiaque. L’étendue de cette zône + du ciel dans laquelle sont observés les mouvements des planètes + avoit toujours été comprise dans une largeur d’environ seize degrés; + c’étoit celle du zodiaque consacré par l’astronomie ancienne. Cérès + en a franchi les bornes et porté sa largeur jusqu’à trente-sept + degrés.» + +Il faut de cette proposition générale excepter le Soleil, en ce que dans +son mouvement particulier et annuel, aussi bien que dans le mouvement +général du premier mobile, il parcourt constamment le milieu du +Zodiaque; en sorte qu’il décrit comme une ligne étroite dans ce milieu +qu’on nomme Ecliptique, par cette raison que quand la Lune se trouve à +notre égard vis-à-vis de cette ligne, il se fait une éclipse. + +Le Zodiaque, et par conséquent l’Ecliptique qui n’est que son milieu, +aussi bien que tous les autres Cercles qu’on imagine dans la Sphère du +Monde, est divisé par les Astronomes en 360 parties qu’on nomme degrez, +chaque degrez en 60 minuttes, chaque minutte en 60 secondes, chaque +seconde en 60 tierces, etc. + +J’ai déjà dit que les Planettes faisoient ensemble le tour de la Terre +en 24 heures; je dois dire maintenant que par leurs mouvemens +particuliers et naturels, + +Saturne fait la révolution en 29 ans 155 jours, 8 heures. + +Jupiter en 7 ans, 323 jours 17 heures. + +Mars en un an 321 jours 22 heures. + +Le Soleil en 365 jours, 5 heures, 49 minuttes 16 secondes. + +Mercure en 215 jours, 21 heures 5 minuttes. + +Vénus en 583 jours, 22 heures 12 minuttes. + +La Lune en 27 jours, 7 heures et 43 minuttes[17]. + + [17] On comprend que tous ces calculs, basés sur le système de + Ptolémée, sont devenus plus ou moins faux lorsqu’on a pris pour base + celui de Copernic. Voici, avec celui-ci, à quels nouveaux chiffres + on est arrivé: la révolution de Saturne autour du Soleil se fait en + 10,758 jours, c’est-à-dire un peu plus de 29 ans; Jupiter fait la + sienne en 11 ans, 217 jours; Mercure en 87 jours, 23 heures, 14 + minutes, 30 secondes; Vénus en 224 jours. + +Quand on est dans un lieu bien découvert, et qu’on regarde toute la +Terre apparente, il semble qu’aux extrémitez de la circonférence elle +est jointe avec les Cieux, ce qui forme ce Cercle[18] qu’on appelle +Orizon, où le Soleil paroît le matin à l’Orient et disparoît le soir à +l’Occident, ce qu’on appelle lever et coucher du Soleil, et ce qui fait +aussi que la partie orientale de la Terre est nommée Levant et la partie +occidentale Couchant. + + [18] La division de la sphère en cercles: le méridien, l’équateur, + l’écliptique, les deux tropiques et l’horizon, est due à Ptolémée, + après lequel les Arabes l’adoptèrent. + +Le Cercle qu’on imagine disposé dans un sens précisément contraire à +celuy de l’Orizon, c’est-à-dire qui le coupe diamétralement, en séparant +l’Axe et la Terre en deux parties égales, est ce qu’on nomme Equateur et +ligne Equinoctiale. + +La Terre, considérée par sa division Orisontale, représente deux +hémisphères; la supérieure, que nous occupons et dont le continent de +Terre habitable renferme les trois parties qu’on nomme Europe, Asie, et +Afrique; et l’inférieure qui fait les Antipodes, et dont le continent +fait la quatrième partie de la Terre qu’on nomme Amérique ou +Nouveau-Monde. + +La division de la Terre qui se fait par l’Équateur distingue en chaque +hémisphère la partie Septentrionale de sa partie Méridionale; et pour la +diviser de l’autre sens, c’est-à-dire en partie Orientale et en partie +Occidentale, on imagine encore un autre cercle qu’on appelle Méridien, +et qui passe sur les deux pôles ou terminaisons de l’axe du Monde, mais +qui n’a pas de situation déterminée, parce qu’il doit être respectif à +chaque climat pour désigner l’endroit où le Soleil est à midi. + +Le premier mobile tournant sur l’axe, l’Equateur pourroit être considéré +comme le chemin des Astres, n’étoit que le Zodiaque, dans la largeur +duquel elles sont comprises[19], le coupe obliquement pour incliner de +23 degrez environ 30 minuttes sur notre hémisphère du côté du +Septentrion, et sur l’autre du côté du Midi, ce qui fait la diversité +des saisons, qui sont dépendantes de l’approche et de l’éloignement du +Soleil à l’égard de chaque climat ou partie de la Terre. + + [19] Nous ne savons pourquoi Blegny fait d’_astre_ un mot féminin; il + fut toujours masculin. + +Le mouvement journalier du Soleil fait qu’il n’est pas toujours au même +endroit du Zodiaque, et que changeant de situation à l’égard des parties +de ce Cercle, il se trouve dans les douze mois de l’année sous les douze +signes qui font la division de ces mêmes parties chacune de 30 degrez. + +Ces signes sont généralement divisés en Méridionaux et Septentrionaux; +les premiers, au nombre de six, sont ainsi nommez et figurez: la Balance +♎︎, le Scorpion ♏︎, le Sagittaire ♐︎, le Capricorne ♑︎, le Verseau ♒︎, +les Poissons ♓︎. Le Soleil passe dans les trois premiers en automne, et +dans les trois derniers en hiver. + +Les derniers, pareillement au nombre de six, sont aussi désignez par les +noms et par les figures suivantes: à sçavoir le Bélier ♈︎, le Taureau +♉︎, les Gémeaux ♊︎, l’Écrevisse ♋︎, le Lion ♌︎, la Vierge ♍︎. Le Soleil +passe dans les trois premiers au printemps et dans les trois autres en +été. + +Ainsi, lorsque le Soleil paraît au Capricorne, qui est vers le 22 +décembre, nous entrons en hiver, dont le premier jour, étant le plus +court de l’année, fait ce qu’on nomme Solstice d’hiver, c’est-à-dire le +temps auquel le Soleil est plus éloigné de nous. + +L’accroissement des jours se faisant par degrez depuis le Solstice +d’hiver jusqu’environ le 20 mars, il arrive enfin que leur durée devient +égale à celle des nuits, égalité qu’on nomme Équinoxe et qui fait le +commencement du printemps, où l’on voit le Soleil au Bélier. + +Depuis ce premier Equinoxe, les jours s’augmentant par degrez, nous +arrivons enfin le 21 juin au plus long jour de l’année, c’est-à-dire au +Solstice d’été, où le Soleil entre dans le signe de l’Écrevisse. + +Puis les jours étant derechef dégénérez jusqu’à une juste égalité de +durée avec celle des nuits, nous arrivons enfin à l’Équinoxe d’Automne +vers le 22 septembre, où le Soleil entre au signe de la Balance, et d’où +les jours dégénèrent encore jusqu’à l’entrée de l’hiver. + +Pour représenter précisément dans la Sphère les diverses situations des +signes où commencent les Équinoxes, et de ceux où commencent les +Solstices, on y voit deux grands Cercles qu’on nomme les Colures, qui +passent comme le Méridien sur les deux pôles, et qui, étant placez en +distances égales, séparent le Globe en coupant le Zodiaque, où ils +marquent de la sorte les endroits où le Soleil détermine le changement +des saisons[20]. + + [20] Cette définition des _colures_ est assez juste. Ce sont, en + effet, deux grands cercles qui s’entrecoupent à angles droits aux + pôles, et qui passent: l’un, le _colure_ du solstice, par les points + solsticiaux, et l’autre, le _colure_ des équinoxes, par les points + équinoxiaux de l’écliptique, déterminant ainsi les quatre grandes + divisions, qui marquent les quatre saisons de l’année. Leur nom + vient de Κολος mutilé, et οὐρὰ queue, parce que, selon Proclus, + quelques-unes de leurs parties ne sont pas visibles à la vue. + +Si on se représente un Cercle vers chaque pôle et tous deux parallelles +à l’Équateur, c’est-à-dire en égales distances, on aura compris ce que +les Astronomes nomment à la partie Septentrionale du Monde, Tropique de +Cancer, et à la partie Méridionale, Tropique de Capricorne, qui sont les +termes de la déclinaison ou oblicuité de l’Écliptique; le surplus des +parties de l’Univers et de la Sphère qui le représente sont à mon avis +d’une trop médiocre considération pour l’idée générale que je me suis +proposé de donner. Je dois dire seulement que quand on se figure un +point qui répond perpendiculairement à notre tête, on le nomme +Zénith[21] ou point Vertical, et qu’on appelle Nadir[22], celuy qui luy +est directement opposé, et qui répond à nos pieds, ce qui sert à +l’explication de quelques phœnomènes. + + [21] Ce mot, qu’on écrivoit au moyen âge _Cenith_, vient de l’arabe + _Semt_ ou _Simet_, qui signifie chemin droit, point vertical. + + [22] Mot qui vient de l’arabe _nathir_, vis-à-vis. Il désigne le point + du ciel auquel aboutiroit une ligne verticale tirée du point où nous + sommes, et passant à travers le centre de la Terre. + + + + +REMARQUES + +SUR LE SYSTÊME PRÉCÉDENT ET SUR LES AUTRES SYSTÊMES DU MONDE. + + +Ce qu’on appelle systême dans l’Astronomie est une déduction précise des +principalles dispositions de l’Univers. + +Celuy dont je viens de donner l’idée est attribué à Ptolémée Égyptien. +Il a servi à la construction de la Sphère artificielle qui sert depuis +plusieurs siècles à démontrer cette science. Thico-Brahé, Danois, qui +s’étoit proposé de le réformer, ne jugea pas à propos de détruire +l’immobilité de la Terre et se contenta de supposer que le Soleil +tournoit autour d’elle, tandis que les autres Planettes tournoient +autour du Soleil, ce qui n’a eu qu’un petit nombre d’approbateurs[23]. + + [23] C’est là, en effet, à peu près tout le système de Tycho-Brahé, + qui vouloit ainsi concilier ensemble la Bible, Ptolémée et Copernic. + Il plaçoit le soleil au centre des mouvements des planètes qu’il + faisoit tourner avec lui autour de la Terre. L’idée de ce système + mixte avoit un instant été celle de Copernic. Lorsqu’il eut songé + qu’il seroit contraire à la simplicité de la nature de faire tourner + le centre commun des planètes autour d’un centre secondaire, il y + renonça. V. à ce sujet Montucla, _Hist. des Mathémat._, t. I, p. + 661. + +Il n’en a pas été ainsi d’un troisième système proposé par Copernic, +Allemand[24]: car, quoique celui-ci soit entièrement opposé à celuy de +Ptolémée qui est celuy même des Écoles, il n’a pas laissé que d’être +trouvé probable par quelques gens, qui se sont imaginez qu’il pouvoit +mieux servir que les autres à l’explication de ces Phœnomènes, dont on +doit la découverte aux grandes lunettes d’approche qui sont maintenant +en usage. + + [24] Dans l’édition précédente, p. 71, Blegny avoit dit avec plus de + raison: «Copernic polonois». Thorn, qui est situé sur la Vistule, à + quarante lieues de Varsovie, et qui n’appartient à la Prusse que + depuis 1815, étoit, en effet, sa ville natale. L’ouvrage où il + exposa son système parut pour la première fois à Nuremberg en 1543. + C’est un in-fol. qui porte ce titre: _De revolutionibus orbium + cœlestium_. Copernic avoit alors soixante-dix ans; il mourut + quelques mois après. + +Dans ce système, on suppose le Soleil au centre du Monde, on fait de la +Terre une Planette et on la fait tourner avec toutes les autres autour +du Soleil, du moins si on en excepte la Lune qu’on croit tourner +seulement autour de la Terre, comme si elle étoit enclavée dans son +Atmosphère, c’est-à-dire dans le tourbillon d’air dont elle est +environnée, ce qui fait que ces deux corps ne sont imaginez que dans un +même ciel, qu’on fait le troisième et qu’on fait précéder par conséquent +de celuy de Mercure que l’on croit être le premier; et de celuy de Vénus +qu’on dit être le deuxième; de même que le Ciel de Mars qui suit celuy +de la Terre est réputé le quatrième, et successivement ceux de Jupiter +et de Saturne qui font le cinquième et le sixième. Mais, outre que ce +systême n’est pas approuvé par l’Église[25], je feray voir bientôt dans +un traité à part que tout ce qu’on y propose est physiquement +impossible. + + [25] Le 5 mars 1616, la congrégation de l’Index avoit condamné _donec + corrigatur_, ce qui valoit moins, disoit Képler, que _donec + explicetur_, le livre de Copernic, comme «renfermant des idées + données pour très vraies sur la situation et le mouvement de la + Terre, idées entièrement contraires à la Sainte Écriture.» En 1633, + Galilée, qui les soutenoit, fut condamné avec elles par un arrêt du + Saint-Siège qui déconcerta la science et faillit arrêter ses + progrès. Descartes en fut si frappé qu’il écrivit au P. Mersenne, le + 22 juillet 1633, le 10 janvier et le 15 mars 1634, qu’il renonçoit à + publier ses ouvrages de philosophie. En décembre 1640, le courage ne + lui étoit pas revenu. Pascal, sans se décider, car on a trouvé dans + ses fragments de pensées cette phrase: «Je trouve bon qu’on + n’approfondisse pas l’opinion de Copernic», n’attaqua pas moins très + vivement les jésuites d’avoir provoqué à Rome la condamnation du + système: «Ce fut aussi en vain, dit-il dans sa 18e Provinciale, que + vous obtîntes contre Galilée un décret de Rome qui condamnoit son + opinion touchant le mouvement de la Terre. Ce ne sera pas cela qui + prouvera qu’elle demeure en repos; et si l’on avoit des observations + constantes qui prouvassent que c’est elle qui tourne, tous les + hommes ensemble ne l’empêcheroient pas de tourner, et ne + s’empêcheroient pas de tourner aussi avec elle.» Malebranche, dans + la _Recherche de la vérité_, liv. IV, ch. 12, douze ans après la + mort de Pascal, fut plus net. Après avoir rappelé le chapitre de la + Bible sur Josué arrêtant le soleil, le seul dont l’Église se fît une + arme contre Copernic, il osa dire que la foi n’est point intéressée + à ces choses «qui sont du ressort de la raison», et qu’il faut lui + laisser son partage. La condamnation du système n’en fut pas moins + maintenue, et cela presque jusqu’à nos jours. Lorsque, le 5 mai + 1829, l’on inaugura à Varsovie la statue de Copernic par + Thorwaldsen, le clergé s’y arma encore de l’arrêt de Rome pour + refuser son concours. + + + + +ABRÉGÉ + +DE LA SCIENCE DES TEMPS. + + +Le Temps, qui n’est proprement que la durée passée, présente et future +de l’Univers, a parmi les hommes des époques et des divisions qui +servent à mesurer la subsistance des estres périssables. Ces époques et +ces divisions sont ce qui forme le Calendrier, dans lequel les parties +du temps ne sont déterminées que respectivement aux mouvements du Soleil +à l’égard de la Terre ou, comme il faudroit dire avec Copernic, aux +mouvemens de la Terre à l’égard du Soleil, ce qui ne change rien dans le +fait. + +Ainsi, comme on suppose dans l’opinion commune que le Soleil est 365 +jours, 5 heures et environ 49 minutes à parcourir tout le Zodiaque, +c’est-à-dire à faire tout le tour de la Terre, par son mouvement annuel +on fait de cette espace de temps une mesure qu’on appelle année, et qui +sert, en la multipliant, à déterminer les plus longues durées des +choses, puisque de cent années on fait un siècle, et que l’idée de +plusieurs siècles passez renvoye notre imagination jusqu’au temps de la +création du Monde. + +Mais comme on sçait que chaque année commence le 1er janvier à minuit, +qu’elle finit le dernier décembre à la même heure, et que tout cet +espace de temps n’est justement que de 365 jours, on pourroit croire que +les 5 heures et les 49 minuttes[26] dont il vient d’être parlé, +détacheroient l’ordre des saisons de celui des années dans la succession +des temps, si je ne faisois remarquer ici qu’après trois années de 365 +jours on en fait une de 366 qui est appelée bissextile[27], et dont le +jour ajouté fait que février, qui n’a que 28 jours dans les autres, en a +29 dans celle-ci et encore qu’après 135 années on retranche un jour, +pour quelques minutes qu’il y a de moins sur ce jour ajouté[28]. + + [26] C’est ce qu’on appelle en Astronomie «le Quart de jour». + + [27] V. une des notes précédentes.--Nous ajouterons ici, pour fixer + mieux l’origine de cette division du temps, qu’il paroît avéré + aujourd’hui que 2000 ans avant notre ère, les Chinois avoient une + année commune de 365 jours, et qu’ils intercaloient un jour tous les + quatre ans. V. Claudius Saunier, _le Temps_, 1858, in-12, p. 60. + + [28] Lalande, dans son _Astronomie des Dames_, édit. de 1824, in-12, + p. 83, explique avec plus de détail, et d’après les calculs + définitifs, comment on retrouve, pour qu’il n’y ait pas de lacune, + les quelques minutes qui manquent au jour supplémentaire des années + bissextiles: «il s’en faut, dit-il, de onze minutes que le quart de + jour ne soit juste, et au bout de cent ans cette erreur s’accumule + de manière qu’on a ajouté presque un jour de trop; voilà pourquoi en + 1700, 1800 et 1900 l’année est commune au lieu d’être bissextile, + comme elle devroit l’être de quatre ans en quatre ans. Mais l’an + 2000 sera bissextile; on ne supprime que trois bissextiles en 400 + ans, parce que les onze minutes d’erreur n’en exigent pas davantage. + Voilà en abrégé, ajoute-t-il, toute la règle des années solaires, + suivant la réformation faite en 1582. Les années bissextiles sont + celles dont on peut prendre le quart, comme 84, 88, 92, etc., même + les années séculaires 1600, 2000, 2400.»--Lalande, après ces + explications, rappelle spirituellement la prière du Bourgeois + gentilhomme à son Maître de philosophie pour qu’il lui apprenne + l’Almanach (acte II, scène 6), et il ajoute: «Molière savoit que ce + n’étoit pas toujours une chose facile.» + +L’espace de temps dans lequel le Soleil, par son mouvement annuel, +parvient d’un solstice à l’autre, sert à diviser l’année en deux +semestres, de même que par les deux solstices et les deux équinoxes +ensembles, on la divise en quatre trimestres ou quartiers, et chacun de +ces trimestres en trois mois, chacun desquels est mesuré par le temps +que le Soleil employe dans ce même mouvement pour passer de l’un des +signes du Zodiaque dans un autre. + +J’ai déjà dit que le Soleil, par le mouvement du premier mobile, fait +tout le tour de la Terre en 24 heures; je dois dire maintenant que cet +espace de temps est ce qu’on nomme jour naturel, c’est-à-dire la trois +cent soixante et cinquième partie d’une année qui n’est point +bissextile, laquelle comprend ensemble le temps des ténèbres qu’on +appelle nuit, et celuy de la lumière qui est nommé jour artificiel. + +Il vient d’être remarqué que février n’a ordinairement que 28 jours et +au plus 29. Quelques autres en ont 30 et la plupart même jusqu’à 31. +Cela vient de ce que les mois qui n’étoient autrefois que lunaires, +c’est-à-dire réglez sur le mouvement rétrograde de la Lune, n’étoient +qu’environ de 29 jours; et que depuis, pour ajuster les mois au circuit +annuel du Soleil, Jules César ajouta dix jours à l’année[29], ce qui fit +en même temps l’accroissement et l’inégalité des mois. + + [29] C’est ce qu’à cause de lui on appela l’année julienne, dont nous + avons déjà parlé plus haut. La réforme dont elle fut le résultat + reposoit sur une base erronée, en ce qu’on y considérait comme + exacte une longueur de l’année de 10 minutes 8 secondes plus grande + qu’elle n’est réellement, ce qui formoit tous les cent trente-quatre + ans l’excédant d’un jour presque entier. Dès le XIe siècle, lorsque + les astronomes persans eurent déterminé la longueur de l’année avec + une précision telle que l’erreur ne fut plus que d’un jour en + plusieurs milliers d’années, on se préoccupa d’une nouvelle réforme, + mais il fallut plusieurs siècles, comme on le verra, pour qu’elle + aboutît. + +Cette inégalité et le nombre de 52 semaines qui se trouvent dans le +courant de chaque année fait voir qu’elles ne peuvent pas entrer dans +une division cathégorique des temps, puisqu’on ne peut pas diviser les +mois en un nombre certain de semaines, chaque semaine n’étant que de +sept jours; aussi ne doivent-elles être considérées que comme une +ordination ecclésiastique concernant le culte divin[30]; c’est pourquoi +après avoir montré qu’un siècle est composé de cent années, que chaque +année comprend deux semestres, chaque semestre deux quartiers, chaque +quartier trois mois, chaque mois un peu moins ou un peu plus de 30 +jours, et enfin chaque jour 24 heures, y compris les diurnes et les +nocturnes; il reste seulement à dire pour l’exacte division des mesures +du temps, que chaque heure est divisée en deux demies, chaque demie en +deux quarts, chaque quart en quinze minuttes, chaque minutte en 60 +secondes, chaque seconde en 60 tierces, etc. + + [30] C’est ce qu’elle est en effet depuis l’adoption, en 325, de la + réforme julienne par le Concile de Nicée, qui supposa que + l’intercalation de dix jours ordonnée par César faisoit exactement + coïncider la longueur de l’année astronomique avec celle de l’année + civile, et établit la concordance astronomique du calendrier avec le + mouvement du Soleil. + + + + +PRÉCISIONS + +CHRONOLOGIQUES ET HISTORIQUES DES TEMPS. + + +Ces précisions sont indifféremment et généralement nommées par les +Astronomes Ères, Epoques ou points fixes des temps; ce sont ou des +dattes permanentes retenues par un consentement universel, pour +déterminer le temps des grands évènements ou des nombres +révolutaires[31] qui ne sont pas d’un moindre usage pour la Cronologie +et pour l’Histoire. + + [31] Ce mot n’est plus admis par la science. + +A l’égard des dattes permanentes, on compte depuis le commencement du +monde jusqu’à présent 5,641 années; depuis le Déluge universel 3,185; +depuis la naissance de Jésus-Christ 1692; depuis sa mort 1659 et depuis +la réformation Grégorienne du Calendrier 110[32]. + + [32] La réformation grégorienne ou correction de l’intercalation + julienne doit son nom au pape Grégoire XIII, qui la décréta en 1582, + d’après les calculs de l’astronome italien Aloïsio Lilio. + +Pour ce qui est des nombres révolutaires, ils méritent chacun une +explication particulière; le plus considérable est celuy qu’on appelle +_Nombre d’or_, parce qu’il étoit autrefois marqué dans le Calendrier en +lettre d’or. Sa première année, qui étoit en dernier lieu la précédente +1691, étoit marquée par 1. Celle-ci, qui fait sa deuxième, étoit marquée +2 et ses dattes seront ainsi continuées pendant dix-neuf années selon +l’ordre naturel des nombres; en sorte que 1710 aura 19 pour nombre d’or +et que 1710 reviendra au premier nombre[33]. + + [33] L’explication de Lalande, p. 84, est plus claire: «Les _Nombres + d’or_, dit-il, sont une suite de 19 nombres qui répondent à 19 ans, + et indiquent successivement les années qui s’écoulent avant que la + nouvelle lune revienne au 1er janvier.» Ce n’est qu’un retour au + cycle de l’athénien Méton, que, sous Alexandre, Eudoxe avoit déjà + réformé d’après les livres des prêtres d’Égypte. Champollion-Figeac, + dans son _Résumé complet de Chronologie_, petit livre si curieux et + aujourd’hui si peu commun, ne croit pas non plus à l’exactitude des + calculs qui l’ont réglé, et par conséquent n’admet pas davantage la + régularité du cycle chrétien qui en dérive: «_Le nombre d’or_ se + rapporte, dit-il p. 161, à une concordance supposée de l’année + lunaire avec l’année solaire. Au moyen d’intercalations, on crut que + 19 années de chaque espèce avoient également 6939 jours, et qu’ainsi + les nouvelles lunes revenoient, pour chaque cycle de 19 ans, aux + mêmes jours et aux mêmes heures. La réformation grégorienne corrigea + les erreurs qui résultoient de cette fausse opinion. L’on y remédia + autant qu’on le put, mais ce cycle est encore imparfait.» + +Ce nombre révolutaire a été ainsi réglé pour déterminer précisément +l’espace de temps qui se doit écouler avant que la Lune se trouve dans +le point même où elle étoit à l’égard du Soleil lors de la première +datte de ce nombre, ce qui ne se peut faire, suivant les plus exacts +observateurs, qu’en dix-neuf années, à cause que l’année lunaire est +plus courte que l’année solaire, je veux dire que le temps des douze +lunes de l’année est moindre de onze jours que celuy du circuit annuel +du Soleil. + +Le cycle solaire est encore un nombre révolutaire qui est d’un grand +usage dans le Calendrier; il est nommé solaire parce qu’il règle la +lettre Dominicale, c’est-à-dire celle qui désigne le Dimanche, que les +Romains avaient consacré au Soleil. + +La lettre dominicale est toujours une des sept premières lettres de +l’alphabet, qu’on place dans le Calendrier suivant leur ordre naturel +pour marquer les sept jours de la Semaine; mais cet ordre, qui est +observé à l’égard des jours, ne l’est pas au respect des années, dans la +suite desquelles ces Lettres ne deviennent successivement dominicales +que par un ordre contraire et rétrograde, si bien qu’il suffit de +sçavoir qu’en 1691 la lettre G était Dominicale pour conclure que nous +avions A en 1690 et que nous aurons F cette année 1692, en sorte même +que la nécessité qu’il y a cette année bissextile de changer cette +lettre à cause du jour ajouté, n’interrompra point cet ordre rétrograde, +et par conséquent qu’après le 25 février la lettre Dominicale sera +D[34]. + + [34] Pour réparer le trouble apporté dans l’ordre des _Lettres + dominicales_ par l’intercalation d’un jour à la fin de février, on a + donné aux années de cette espèce deux _lettres dominicales_, l’une + du 1er janvier à la fin de février, l’autre pour le reste de + l’année. + +Pour ne rien dire qui demande une espèce d’étude, je ne m’expliquerai +pas sur les causes de cette rétrogradation, il suffit de dire ici que +son ordre fait une si considérable variété dans la distribution de ses +sept premières lettres, qu’elles ne se retrouvent dans le premier +arrangement du sicle solaire qu’après 28 années, qui font le juste terme +de sa révolution. + +On marque l’Indiction romaine dans le Calendrier, parce qu’elle est de +quelque utilité pour l’intelligence de l’histoire des derniers siècles. +Elle ne sert que pour diviser la suite des années par quinze; ainsi +comme cette année est la quinzième de l’indiction, on recommencera à la +compter l’année suivante par le premier ordre[35]. + + [35] L’_Indiction_, révolution de quinze années, dont la première, + marquée I, est un des trois cycles de la période julienne. C’est une + division par quinzaines de toute la série des années, depuis la + première de l’ère chrétienne. Elle est encore en usage dans les + bulles du Saint-Siège. + +A l’égard de l’Épacte, il en sera parlé dans l’article suivant en +expliquant les Lunaisons. + + + + +ÉPACTE ET LUNAISONS. + + +On appelle Épacte un certain nombre par lequel, sans almanach, on trouve +le temps de la Lune[36]. Pour s’en asseurer, il faut chaque année +ajouter onze à l’Épacte de l’année précédente, et prendre pour Épacte le +produit de cette addition, pourveu néanmoins qu’il n’excède pas le +nombre de trente: car quand cela arrive de la sorte, on prend seulement +pour Épacte ce qui est au-dessus de ce nombre, ce qui se pratique +constamment de la même sorte jusqu’au terme révolutaire du nombre d’or, +après lequel on recommence à compter l’Épacte par le premier nombre; et +c’est ce qu’on a fait l’année précédente 1691, en sorte que dans la +présente année 1692 nous aurons le nombre 12 pour Épacte. + + [36] L’Épacte est la différence en jours, heures, minutes et secondes + qui existe entre une révolution solaire et douze révolutions + lunaires. On appelle cycle des épactes un espace de trente années, + après lequel les épactes reviennent à peu près dans le même ordre. + V. à ce sujet la _Métrologie_ de Saigey. Les épactes, suivant + Champollion-Figeac, sont «un moyen chronologique pour vérifier la + certitude des dates du moyen âge». _Résumé de chronologie_, p. 160. + +Lors donc qu’on veut sçavoir par l’Épacte en quel temps on est de la +Lune, il faut additionner le nombre de l’Épacte, le quantième du mois +courant, et le nombre des mois dont il a été précédé depuis celuy de +Mars; par exemple, si je veux savoir en quel temps de la Lune je serai +le 4 juillet, je dirai: 4 du mois joint à 12 d’Epacte font 16 et 4 pour +les mois de mars, avril, mai et juin font vingt, et par conséquent le 4 +juillet je serai au 20 de la Lune, ce qui n’est pas néanmoins si juste +qu’on ne s’y puisse tromper d’un jour ou d’un jour et demi. + +On appelle Lunaison le temps du mouvement propre de la Lune[37], +c’est-à-dire celuy dans lequel on voit commencer et finir le circuit +qu’elle fait autour de la Terre dans l’espace de 29 jours, 12 heures, 3 +quarts et un peu plus. + + [37] C’est le temps qui s’écoule depuis le commencement de la nouvelle + lune jusqu’à la fin du dernier quartier. Pour les paysans, les + lunaisons règlent le temps, pour les marins de même, qui appellent, + par exemple, «lunaison de vent» l’espace de temps--quinze jours + environ--pendant lequel le même vent souffle. Le principal savoir + des vieux magisters de village étoit de les bien connoître, ce qui a + fait dire au poète de _L’Homme des Champs_, chant Ier, p. 63, 1re + édit., à propos du magister qu’il y met en scène: + + . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . + Connoît _les lunaisons_, prophétise l’orage, + Et même du latin jadis eut quelque usage. + + Sur les lunaisons, et principalement sur la fameuse doctrine du + général Bugeaud, déjà pressentie dans les _Géorgiques_ de Virgile, + V. _Le Vieux-Neuf_, 2e édit., t. III, p. 555, note. + +On divise chacune des douze lunaisons de l’année en quatre parties. Le +commencement de la première s’appelle nouvelle Lune, dans lequel elle se +trouve en conjonction avec le Soleil, c’est-à-dire située dans un même +point du Ciel. Le second se nomme premier quartier, lors duquel il y a +entre elle et le Soleil un quart du Ciel. Le troisième est nommé pleine +Lune, lorsqu’étant opposée au Soleil, il y a la moitié du Ciel entre les +deux. Et le quatrième fait le dernier quartier, dont le premier jour est +le milieu de sa déclinaison. + + + + +JEUNES ET SOLEMNITEZ. + + +Par rapport aux institutions ecclésiastiques, les jours peuvent être +généralement divisez en jours libres et en jours prescrits. + +Les jours libres sont ceux dans lesquels on peut user indistinctement de +toutes sortes d’aliments, et s’occuper indifféremment à toutes espèces +de négociations et de travaux. + +Les jours prescrits sont ceux qui sont ordonnez pour les jeûnes et pour +les solemnitez. Dans les uns les viandes grasses sont prohibées, dans +les autres il faut s’abstenir du travail pour vaquer plus assiduement au +culte divin. + +De même qu’il y a des jeûnes et des solemnitez fixes dans le Calendrier, +il y en a aussi de mobiles qui changent chaque année par rapport à leurs +dattes et on peut dire même que les Dimanches sont des fêtes d’une +troisième espèce qu’on peut appeler mixtes: car si d’un côté ils peuvent +être considérés comme fixes, en cela qu’ils sont toujours solemnisez le +premier jour de la semaine, ils ont d’ailleurs ceci de commun avec les +Fêtes mobiles qu’ils changent de dattes chaque année, d’où vient qu’on +est obligé de les désigner dans le Calendrier par la lettre Dominicale, +à la différence des autres fêtes qui sont seulement désignées par des +lettres italiques, de même que les jours de jeûne. + +La plus grande fête des chrétiens est celle de Pâques, qui est d’autant +plus considérable entre les Fêtes mobiles que c’est elle qui règle +toutes les autres[38], aussi bien que les jeûnes qui sont assujettis au +changement de dattes; c’est pourquoi, quand on sçait le jour de sa +célébration pour une certaine année, on peut sçavoir en quoi le +Calendrier de cette année là peut être différent de celuy de l’année +précédente, y ayant toujours le même nombre de jours entre deux jeûnes +ou deux fêtes mobiles. + + [38] Champollion-Figeac dit à peu près de même p. 161: «On s’est + surtout proposé parmi les Chrétiens de régler la célébration de la + Pâque, de laquelle dépendent les jours de toutes les autres fêtes + mobiles.» + +Le Concile de Nicée[39] qui, entre autres choses, fut assemblé pour +régler la fête de Pâques, ordonna qu’elle seroit célébrée le premier +Dimanche d’après le 14e jour de la Lune du premier mois; en sorte +néanmoins que ce 14e jour de la Lune se trouvant être au Dimanche, elle +fut remise au Dimanche suivant, et déclara que par ce premier mois on +devoit entendre celuy dont la 14e lune tomboit au jour de l’Équinoxe du +Printemps ou immédiatement après[40]. + + [39] Nous avons, à propos de la réforme julienne qu’il adopta, parlé + déjà de ce Concile qui se tint en l’année 325. + + [40] Il sera plus clair de dire, avec M. Legoarant, qu’il fut décidé + par le Concile que Pâques seroit toujours célébré le premier + dimanche d’après la pleine Lune qui suit l’équinoxe de Printemps, + c’est-à-dire le 21 mars. «Pâques ne peut ainsi, dit-il, se trouver + plus tôt que le 22 mars, ou plus tard que le 25 avril.» + +Quelqu’un pourrait souhaiter une plus ample explication de cette +doctrine; mais, comme je l’ai déjà dit, ce n’est pas ici un livre de +science, c’est seulement un Manuel dans lequel on ne doit trouver que +l’effet de la science, c’est-à-dire une réduction précise des utilitez +qu’elle peut fournir; c’est pourquoi j’estime qu’il suffira de marquer +ici suivant la coutume les dattes des Jeûnes et des Fêtes mobiles. + +La Septuagésime, qui est le dixième Dimanche d’avant Pâques, et qui sert +à l’ordre des prières ecclésiastiques, sera cette année le 3 février. +Les Cendres, qui est le premier jour de Carême, le 20 du même mois, +Pâques le 6 avril, les Rogations le 12, l’Ascension le 15 et la +Pentecôte le 25 May, la Trinité le 1er et la Fête-Dieu le 5 juin, et le +premier Dimanche de l’Avent le 30 novembre. + +A l’égard des Quatre-Temps, en chacun desquels l’Eglise a ordonné trois +jours de jeûne, ils seront cette année en Mars les 26, 28 et 29, et en +May les 28, 30 et 31, en Septembre les 17, 19 et 20, et en Décembre les +mêmes jours. + +Les Vigiles des Fêtes mobiles, aussi bien que des autres, sont marquées +dans le Calendrier. + +Il est bon de dire ici que par le respect qu’on doit à la Fête de Pâques +et à celle de Noël, l’Eglise défend les noces depuis le jour des Cendres +jusqu’au premier Dimanche d’après Pâques qu’on nomme Quasimodo, et +depuis le premier jour de l’Avent jusqu’aux Rois. + + +JANVIER + +Ainsi nommé à cause du dieu Janus à qui son premier jour avoit été +consacré par les Romains. + + 1 Mardi La Circoncision + 2 Mercredi S. Ulric + 3 Jeudi Ste Geneviève + 4 Vendredi S. Tite év. + 5 Samedi S. Siméon + 6 _Dimanche_ _Les Rois_ + 7 Lundi Prem. Noc. + 8 Mardi S. Lucien + 9 Mercredi S. Julien + 10 Jeudi S. Guill. + 11 Vendredi S. Théod. + 12 Samedi S. Paul H. + 13 _Dimanche_ S. Hilaire + 14 Lundi S. N. de J. + 15 Mardi S. Maur + 16 Mercredi S. Marcel + 17 Jeudi S. Antoine + 18 Vendredi Ch. S. P. + 19 Samedi S. Denis P. + 20 _Dimanche_ S. Sébastien + 21 Lundi Ste Agnès + 22 Mardi S. Vincent + 23 Mercredi S. Emer + 24 Jeudi S. Timothée + 25 Vendredi Conv. S. Paul + 26 Samedi S. Polycarpe + 27 _Dimanche_ S. J. Chr. + 28 Lundi S. Charles + 29 Mardi S. Fr. de S. + 30 Mercredi Ste Batilde + 31 Jeudi S. Pierre N. + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois le jour qui sera de 8 heures 12 minuttes paraîtra +à 5 heures un quart 9 minuttes. + +La nuit qui sera de 15 heures 3 quarts 2 minuttes terminera le jour à 6 +h. 7 minuttes. + +Le Soleil qui entrera au 0 degré 37 minuttes du Capricorne et qui +déclinera au midi de 19 degrez 3 minuttes se lèvera à 7 heures 3 quarts +14 minuttes et se couchera à 4 heures 7 minuttes. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 8 h. un quart 10 m. paroîtra à 5 +h. 49 m. + +La nuit qui sera de 15 h. et demi 3 m. terminera le jour à 6 h. 12 +minuttes. + +Le Soleil qui entrera au 19 degré 9 min. du Capricorne et qui déclinera +au midi de 19 degrez 49 m. se lèvera à 7 h. 3 quarts 9 minuttes et se +couchera à 4 heures 10 minuttes. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 8 h. et demi paroîtra à 5 h. et +demi 11 minuttes. + +La nuit qui sera de 15 h. un quart 3 m. terminera le jour à 6 h. 1 quart +4 minuttes. + +Le Soleil qui entrera au 10 degré 16 min. du Verseau et qui déclinera au +midi de 18 degrez 10 m. se lèvera à 7 h. 3 quarts moins 4 m. et se +couchera à 4 h. 1 quart 6 m. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +🌑︎ Pleine lune le 4 de ce mois à 3 h. 9 minuttes du matin. + +Temps couvert et nuageux, puis serain et tempéré par les vents du +couchant, et derechef chargé de brouillard. + + * * * * * + +☾︎ Dernier quartier le 10 à 4 h. 39 min. du soir. + +Obscurité de l’air, brouillard et neige fondue pendant le jour à cause +du vent du nord, et quelque sérénité la nuit à cause des vents du midi +qui soufleront alternativement avec ceux là. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle lune le 18 à 10 h. 12 min. du matin. + +Apparence de gelée et ensuite temps variable et matinées sombres, +froides et humides, avec quelques neiges et pluies. + + * * * * * + +☽︎ Premier quartier le 26 à midi et demi 18 min. + +Temps venteux, inconstant et le plus souvent couvert, avec pluies, +neiges, gresil et frimais. + + +FÉVRIER + +Nom qui vient de Februare, qui signifie expier, à cause que le premier +jour de ce mois les Romains offroient des sacrifices d’expiation pour +les Morts. + + 1 Vendredi S. Ignace + 2 Samedi _Purification_ + 3 _Dimanche_ _Septuagésime_ + 4 Lundi S. Gilbert + 5 Mardi Ste Agathe + 6 Mercredi Ste Dorot. + 7 Jeudi S. Romual + 8 Vendredi S. Paul év. + 9 Samedi Ste Apoll. + 10 _Dimanche_ _Sexagésime_ + 11 Lundi S. Severin + 12 Mardi Ste Eulalie + 13 Mercredi S. Polyc. + 14 Jeudi S. Valent. + 15 Vendredi S. Faustin + 16 Samedi S. Lucian + 17 _Dimanche_ _Quinquag_. + 18 Lundi S. Siméon + 19 Mardi _Mardy gras_ + 20 Mercredi _Les Cendres_ + 21 Jeudi 29 Mart. + 22 Vendredi Chair S. P. + 23 Samedi _Vigile_ + 24 _Dimanche_ _Quadrag._ + 25 Lundi _S. Mathias_ + 26 Mardi S. Alexis + 27 Mercredi _4 Temps_ + 28 Jeudi S. Firmin + 29 Vendredi _S. Aven._ + +Epacte XII + +Lett. Dom. F E + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois, le jour qui sera de 9 h. un quart paroîtra à 5 h. +un quart 13 minuttes. + +La nuit qui sera de 14 heures 3 quarts terminera le jour à 6 h. et demi +2 minuttes. + +Le Soleil qui entrera au 13 degré 9 min. du Verseau et qui déclinera au +midi de 17 degrez 15 m. se lèvera à 7 h. un quart 8 m. et se couchera à +4 h. et demi 7 min. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 9 h. 43 m. paroîtra à 5 h. 1 quart +1 m. + +La nuit qui sera de 14 h. 14 m. terminera le jour à 6 h. et demi 14 m. + +Le Soleil qui sera au 21 degré 35 m. du Verseau et qui déclinera au midi +de 14 degrez 33 min. se lèvera à 7 h. 9 m. et se couchera à 4 h. 3 +quarts 6 m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 10 h. 1 quart 1 m. paroîtra à 5 h. +2 m. + +La nuit qui sera de 13 h. et demi 14 m. terminera le jour à 6 h. 3 +quarts 13 m. + +Le Soleil qui sera au 1er degré 40 m. des Poissons et qui déclinera au +midi de 10 degrez 49 m. se lèvera à 6 h. 3 quarts 7 m. et se couchera à +5 h. 8 m. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +🌑︎ Pleine Lune le 2 à 2 h. 40 m. après midi. + +Froid humide avec pluyes et neiges, principalement la nuit et le matin, +les jours étant plus tempérés par les vents du Midi. + + * * * * * + +☾︎ Dernier quartier le 9 à 5 h. 44 m. du matin. + +Temps serain, puis venteux et ensuite couvert avec quelques neiges et +brouillards. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 17 à 10 h. 40 m. du soir. + +Nuages et sérénité par intervales avec apparence de gelée, et ensuite +brouillard le matin, pluyes et neiges fondues. + + * * * * * + +☽︎ Premier Quartier le 24 à 6 h. 26 m. du matin. + +Temps venteux, nuageux et variable et ensuite quelque apparence de beau +temps. + + +MARS + +Ainsi nommé à cause du dieu Mars supposé père de Romulus, auquel il +avait été consacré comme premier mois de l’année. + + 1 Samedi S. Aubin + 2 _Dimanche_ _Reminisc._ + 3 Lundi S. Martin + 4 Mardi S. Casim. + 5 Mercredi S. Phocas + 6 Jeudi Ste Cole. + 7 Vendredi S. I. d’A. + 8 Samedi S. I. de D. + 9 _Dimanche_ _Oculi_ + 10 Lundi 40 Mart. + 11 Mardi Ste Mar. + 12 Mercredi S. Soter. + 13 Jeudi Ste Eufras. + 14 Vendredi S. Lubli + 15 Samedi Ste Mar. + 16 _Dimanche_ _Lætare_ + 17 Lundi S. Patr. + 18 Mardi S. Cyril + 19 Mercredi S. Joseph + 20 Jeudi S. Joachim + 21 Vendredi S. Leno. + 22 Samedi S. Theo. + 23 _Dimanche_ _Judica_ + 24 Lundi S. Gabr. + 25 Mardi _An. N.-D._ + 26 Mercredi Ste Victo. + 27 Jeudi S. J. d’E. + 28 Vendredi S. Gont. + 29 Samedi S. Rufe. + 30 _Dimanche_ _S. Paupin_ + 31 Lundi Ste Balbe + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois, le jour qui sera de 10 h. 5 m. paroîtra à 4 h. 3 +quarts. + +La nuit qui sera de 13 h. 9 m. terminera le jour à 7 h. 1 quart 1 m. + +Le Soleil qui entrera au 10 degré 42 m. des Poissons et qui déclinera au +midi de 7 degrez 22 m. se lèvera à 6 h. et demi 4 m. et se couchera à 5 +h. 1 quart 11 minuttes. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 11 h. 1 quart 9 min. paroîtra à 4 +h. 14 m. + +La nuit qui sera de 12 h. et demi 6 m. terminera le jour à 7 h. et demi +2 m. + +La Soleil qui entrera au 19 degré 39 m. des Poissons et qui déclinera au +midi de 3 degrez 59 m. se lèvera à 6 h. 1 quart 3 m. et se couchera à 5 +h. et demi 12 m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 12 h. paroîtra à 4 h. 7 m. + +La nuit qui sera aussi de 12 h. terminera le jour à 7 h. 3 quarts 9 m. + +Le Soleil qui entrera au 29 degré 33 m. des Poissons et qui déclinera au +midi de 4 m. se lèvera à 6 h. et se couchera le jour à pareille heure. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +🌑︎ Pleine Lune le 3 à 5 h. 8 m. du matin. + +Temps inconstant, quelquefois serain et plus souvent couvert, nuageux et +pluvieux. + + * * * * * + +☾︎ Dernier Quartier le 9 à 7 h. 40 m. du soir. + +Apparence de beau temps, puis vents humides, et souvent brouillard le +matin. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 7 à 10 h. 40 m. du soir. + +Temps sombre et nuageux suivi de grands vents qui commenceront la +sérénité, mais quelquefois interrompue par de petites pluyes. + + * * * * * + +☽︎ Premier Quartier le 25 à 1 h. 52 m. après midi. + +Froid qui sera bientôt suivi de grandes humidités et de nuages. + + +AVRIL + +D’Aperire qui signifie ouvrir, le germe des plantes commençant dans ce +mois à ouvrir le sein de la terre. + + 1 Mardi Ste M. Eg. + 2 Mercredi S. François de P. + 5 Jeudi S. Rich. + 4 Vendredi _Vendredi-Saint._ + 5 Samedi S. Vine F. + 6 _Dimanche_ _Pasques_ + 7 Lundi S. Epiph. + 8 Mardi S. Perpet. + 9 Mercredi S. Hugu. + 10 Jeudi S. Panc. + 11 Vendredi S. Léon + 12 Samedi S. Zenon + 13 _Dimanche_ _Quasimodo_ + 14 Lundi _Noces_ + 15 Mardi S. Basil. + 16 Mercredi S. Pater. + 17 Jeudi S. Theo. + 18 Vendredi S. Proco. + 19 Samedi S. Hege. + 20 _Dimanche_ S. Elut. + 21 Lundi S. Anselme + 22 Mardi Ste Opp. + 23 Mercredi S. George + 24 Jeudi S. George + 25 Vendredi S. Marcé. + 26 Samedi S. Robe. + 27 _Dimanche_ S. Anti. + 28 Lundi S. Vital + 29 Mardi S. Calix + 30 Mercredi S. Eutr. + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois, le jour qui sera de 12 h. 40 m. paroîtra à 3 h. +et demi 12 minuttes. + +La nuit qui sera de 11 heures 10 minuttes terminera le jour à 11 h. 1 +quart 3 m. + +Le Soleil qui entrera au 11 degré 21 du Bellier et qui déclinera de 4 +degrez 22 m. se lèvera à 5 h. et demi 8 m. et se couchera à 6 h. 1 quart +7 m. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 13 h. 1 quart 1 m. paroîtra à 4 h. +48 m. + +La nuit qui sera de 10 heures 3 quarts terminera le jour à 9 h. 11 m. + +Le Soleil qui entrera au 20 degré 9 m. du Bellier et qui déclinera au +nord de 7 degrez 51 m. se lèvera à 5 h. 1 quart 7 min. et se couchera à +6 heures et demi 9 m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 13 h. 3 quarts 10 m. paroîtra à 2 +h. 3 quarts 10 m. + +La nuit qui sera de 10 heures 7 m. terminera le jour à 9 heures 6 m. + +Le Soleil qui entrera au 19 degré 52 m. du Bellier et qui déclinera au +nord de 11 degrez 31 m. se lèvera à 5 h. 3 m. et se couchera à 6 h. 3 +quarts 12 m. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +🌑︎ Pleine Lune le 1 à 9 h. 3 m. du matin. + +Temps agréable mais de peu de durée, car il se couvrira encore de nuages +épais, après quoy nous aurons quelque sérénité. + + * * * * * + +☾︎ Dernier Quartier le 8 à midi et demi 2 m. + +Nuages et brouillards, puis beau temps, interrompu par quelques +brouines. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 16 à 3 h. 16 m. après midi. + +Renouvellement de beau temps mais un peu froid pour la saison, puis +nuageux et venteux. + + * * * * * + +☽︎ Premier Quartier le 30 à 5 h. 59 m. après midi. + +Temps couvert, puis grands vents qui amèneront de la sérénité. + + +MAY + +De Majores, surnom des anciens citoiens romains à qui Romulus avoit +consacré ce mois. + + 1 Jeudi S. I. S. Ph. + 2 Vendredi S. Athanase + 3 Samedi Inv. de la Ste Croix + 4 _Dimanche_ Ste Monique + 5 Lundi S. Godart + 6 Mardi S. I. P. L. + 7 Mercredi S. Stanislas + 8 Jeudi Apo. S. M. + 9 Vendredi Tr. S. Nic. + 10 Samedi S. Gord. + 11 _Dimanche_ S. Mam. + 12 Lundi _Rogations_ + 13 Mardi St Servais + 14 Mercredi S. Boniface. + 15 Jeudi Ascension + 16 Vendredi S. Honoré + 17 Samedi Ste Rest. + 18 _Dimanche_ S. Venant + 19 Lundi S. P. Cel. + 20 Mardi S. Bernard + 21 Mercredi S. Gabriel + 22 Jeudi Ste Hélène + 23 Vendredi Ste Julienne + 24 Samedi _Vigile_ + 25 _Dimanche_ Pentecostes + 26 Lundi S. Ph. N. + 27 Mardi S. Ildevert + 28 Mercredi _4 Temps_ + 29 Jeudi S. Max. + 30 Vendredi S. Félix + 31 Samedi Ste Petr. + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois, le jour qui sera de 14 h. paroîtra à 1 h. 1 quart +13 m. + +La nuit qui sera de 9 h. 10 m. terminera le jour à 9 h. et demi 4 m. + +Le Soleil qui sera au 20 degré 19 m. du Taureau et qui déclinera au nord +de 15 degrez 10 m. se lèvera à 4 h. 3 quarts 3 minuttes et se couchera à +7 h. 12 m. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 14 h. 3 quarts 12 m. paroîtra à 2 +h. 3 m. + +La nuit qui sera de 9 h. 9 m. terminera le jour à 9 h. 3 quarts 14 m. + +Le Soleil qui sera au 19 degré 8 m. du Taureau et qui déclinera au nord +de 17 degrez 30 m. se lèvera à 4 h. et demi 4 m. et se couchera à 7 h. +un quart 7 m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 15 h. 10 m. paroîtra à 1 h. et +demi après minuit. + +La nuit qui sera de 8 heures 3 quarts 6 m. terminera le jour à 10 h. 1 +quart 3 m. + +Le Soleil qui sera au 28 degré 12 m. du Taureau et qui déclinera au nord +de 19 degrez 58 min. se lèvera à 4 h. et demi 5 m. et se couchera à 7 +heures un quart 10 minuttes. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +☾︎ Dernier Quartier le 8 à 4 h. 16 min. du matin. + +Beau temps, puis vent froid mais agréable qui sera suivi de rosées +abondantes. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 16 à 5 h. 58 m. du matin. + +Obscuritez et nuages suivis de quelques pluies et après d’une agréable +sérénité. + + * * * * * + +☽︎ Premier quartier le 21 à 8 h. 58 m. du matin. + +Continuation de beau temps dont le calme sera à la fin troublé par de +grands vents. + + * * * * * + +🌑︎ Pleine Lune le 30 à 4 h. 1 m. du matin. + +Temps pluvieux et obscur qui s’éclaircira par un vent modéré de peu de +durée. + + +JUIN + +De Juniores, surnom de la jeunesse romaine à qui ce mois fut consacré +par Romulus. + + 1 _Dimanche_ _La Trinité_ + 2 Lundi S. Marce. + 3 Mardi Ste Clo. + 4 Mercredi S. Optat. + 5 Jeudi _Feste de D._ + 6 Vendredi S. Claude + 7 Samedi S. Gilles + 8 _Dimanche_ S. Médard + 9 Lundi S. Prime + 10 Mardi S. Laud + 11 Mercredi S. Barnabé + 12 Jeudi _Oct. F. D._ + 13 Vendredi S. A. de P. + 14 Samedi S. Basile + 15 _Dimanche_ S. Modeste + 16 Lundi S. Cyr + 17 Mardi S. Guy + 18 Mercredi Ste Mar. + 19 Jeudi S. G. S. P. + 20 Vendredi S. Sylv. + 21 Samedi S. Levir. + 22 _Dimanche_ S. Paulin. + 23 Lundi _Vigile_ + 24 Mardi N. S. I. B. + 25 Mercredi Tr. S. El. + 26 Jeudi S. I. S. P. + 27 Vendredi S. Ladis. + 28 Samedi _Vigile_ + 29 _Dimanche_ S. P. S. P. + 30 Lundi S. Martial + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois, le jour qui sera de 15 h. et demi 2 m. paraîtra à +5 h. 6 minuttes après minuit. + +La nuit qui sera de 8 h. 1 quart 3 m. terminera le jour à 7 heures 4 m. + +Le Soleil qui sera au 7 degré 8 m. des Gemeaux et qui déclinera au nord +de 2 degrez 59 minuttes se lèvera à 4 h. 9 m. et se couchera à 7 h. 3 +quarts 6 m. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 15 h. 51 m. paroîtra à minuit 10 +m. + +La nuit qui sera de 8 h. 9 m. terminera le jour à 7 h. 3 quarts 7 m. + +Le Soleil qui sera au 18 degré 42 m. des Gemeaux et qui déclinera au +nord de 23 degrez 2 m. se lèvera à 4 h. 3 m. et se couchera à 7 h. 3 +quarts 12 m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 15 h. 3 quarts 14 m. ne sera pas +exactement terminé par la nuit, y ayant pendant toutes les 24 h. du jour +naturel un peu de lumière sur l’horison. + +Le Soleil qui sera au 28 degré 23 m. des Gemeaux et qui déclinera au +nord de 23 degrez 29 m. se lèvera à 4 h. 1 m. et se couchera à 8 h. +moins 1 m. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +☾︎ Dernier Quartier le 6 à 9 h. 19 m. du soir. + +Beau temps, puis venteux avec quelques orages et éclairs. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 14 à 4 h. 58 m. après midi. + +Apparence de beau temps qui sera changée peu après par des nuages, +pluyes et tonnerre. + + * * * * * + +☽︎ Premier Quartier le 21 à midi et demi 7 m. + +Temps agréable avec chaleur, puis ensuite venteux et nuageux. + + * * * * * + +🌑︎ Pleine Lune le 28 à 2 h. 32 m. après midi. + +Nuages épais, auxquels succédera une agréable sérénité. + + +JUILLET + +Ainsi nommé pour honorer la naissance de Jules César, à qui il fut +consacré. + + 1 Mardi S. Thiba. + 2 Mercredi V. N. D. + 3 Jeudi S. Anato + 4 Vendredi Tr. S. Ma. + 5 Samedi Ste Elisa. + 6 _Dimanche_ Ste Lucie + 7 Lundi S. Marc + 8 Mardi S. Tholar. + 9 Mercredi S. Thibaut + 10 Jeudi 7 fr. Mart. + 11 Vendredi S. Benoist + 12 Samedi S. Prix + 13 _Dimanche_ S. Tutia. + 14 Lundi S. Bonav. + 15 Mardi S. Henry + 16 Mercredi N.-D. M. C. + 17 Jeudi S. Alexis + 18 Vendredi S. Clair + 19 Samedi S. Arsène + 20 _Dimanche_ Ste Marg. + 21 Lundi S. Victor + 22 Mardi Ste Made. + 23 Mercredi S. Apos. + 24 Jeudi _Jours canic._ + 25 Vendredi S. Iac. S. C. + 26 Samedi Tr. S. Mar. + 27 _Dimanche_ S. Pantal. + 28 Lundi Ste Anne + 29 Mardi S. Matth. + 30 Mercredi S. Abdon. + 31 Jeudi S. Germ. + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois le jour qui sera de 15 h. 3 quarts 6 m. paroîtra à +1 quart 7 min. après minuit. + +La nuit qui sera de 8 h. 8 m. terminera le jour à 7 h. et demi 9 m. + +Le Soleil qui sera au 8 degré 8 m. du Cancer et qui déclinera au nord de +13 degrez 12 m. se lèvera à 4 h. 4 m. et se couchera à 7 h. 3 quarts 7 +m. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 15 h. et demi 10 m. paroîtra à 3 +quarts 12 m. + +La nuit qui sera de 8 heures 1 quart 6 m. terminera le jour à 7 h. 4 m. + +Le Soleil qui sera au 17 degré 12 m. du Cancer et qui déclinera au nord +de 22 degrez 20 m. se lèvera à 4 h. 10 m. et se couchera à 8 h. 3 quarts +5 m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 15 h. 1 quart 5 m. paroîtra à 1 +heure et demi après minuit. + +La nuit qui sera de 8 h. et demi 8 min. terminera le jour à 10 h. et +demi 2 m. + +Le Soleil qui sera au 26 degré 44 du Cancer et qui déclinera au nord de +20 degrez 49 m. se lèvera à 4 h. 1 quart 5 m. et se couchera à 7 h. et +demi 10 m. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +☾︎ Dernier Quartier le 6 à 2 h. 14 m. après midi. + +Continuation de beau temps, puis apparence d’orage qui se dissipera. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 14 à 4 h. 35 m. du matin. + +Temps couvert, puis orage, tonnerre et pluie en abondance. + + * * * * * + +☽︎ Premier Quartier le 18 à 7 h. 56 m. du matin. + +Nuages et sérénité par intervalle et quelquefois avec vents humides. + + * * * * * + +🌑︎ Pleine Lune le 28 à 3 h. 19 m. du matin. + +Beau temps, mais qui ne sera pas de longue durée: car le ciel se +couvrira bientôt après de nuages. + + +AOUST + +D’Augustus, ainsi nommé pour honorer César par la fin des guerres +civiles. + + 1 Vendredi S. P. es L. + 2 Samedi N. D. An. + 3 _Dimanche_ Inv. S. Est. + 4 Lundi S. Domin. + 5 Mardi N. D. N. + 6 Mercredi Tr. N. S. + 7 Jeudi S. Albert + 8 Vendredi S. Cyriaq. + 9 Samedi _Vigile_ + 10 _Dimanche_ _S. Laurent_ + 11 Lundi S. Tibur. + 12 Mardi Ste Claire + 13 Mercredi S. Hypol. + 14 Jeudi _Vigile_ + 15 Vendredi Ass. N. D. + 16 Samedi S. Roch + 17 _Dimanche_ S. Iliac + 18 Lundi Ste Jame + 19 Mardi S. Eusèbe + 20 Mercredi S. Bern. + 21 Jeudi Ste Rad. + 22 Vendredi S. Simp. + 23 Samedi S. Zach. + 24 _Dimanche_ _S. Barth._ + 25 Lundi _S. Louis_ + 26 Mardi _fin des J. C._ + 27 Mercredi S. Sulpice + 28 Jeudi S. Augustin + 29 Vendredi Déc. S. I. + 30 Samedi S. Fiacre. + 31 _Dimanche_ S. Mederic + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois, le jour qui sera de 15 heures 54 m. paroîtra à 2 +h. 4 m. + +La nuit qui sera de 9 h. 6 m. terminera le jour à 8 h. 3 quarts 13 m. + +Le Soleil qui sera au 8 degré 13 m. du Lion et qui déclinera au nord de +18 degrez 4 m. se lèvera à 4 h. et demi 4 m. et se couchera à 7 h. 1 +quart 11 m. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 14 h. 1 quart 8 minuttes paroîtra +à 2 h. et demi. + +La nuit qui sera de 9 h. et demi 7 m. terminera le jour à 9 h. et demi 1 +min. + +Le Soleil qui sera au 16 degré 48 m. du Lion et qui déclinera au nord de +15 degrez 40 m. se lèvera à 4 h. 3 quarts 3 m. et se couchera à 7 h. 13 +m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 13 h. 3 quarts 9 m. paroîtra à 2 +h. 3 quarts 3 m. + +La nuit qui sera de 9 h. 6 m. terminera le jour à 9 heures 6 minuttes. + +Le Soleil qui sera au 26 degré 28 m. du Lion et qui déclinera au nord de +12 degrez 32 m. se lèvera à 5 h. 3 m. et se couchera à 6 h. 1 quart 23 +m. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +☾︎ Dernier Quartier le 3 à 6 h. 32 m. du matin. + +Temps venteux et nuageux, puis serain et agréable avec une chaleur +modérée. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 12 à 9 h. 58 m. du matin. + +Continuation du beau temps avec augmentation de chaleur et ensuite +quelques pluyes. + + * * * * * + +☽︎ Premier Quartier le 19 à 54 m. du matin. + +Continuation de chaleur et ensuite nuages, pluye, éclairs et tonnerre. + + * * * * * + +🌑︎ Pleine Lune le 28 à 6 h. 5 m. du matin. + +Brouillars et matinées sombres avec sérénité de relevée et vers le soir. + + +SEPTEMBRE + +Parce qu’autrefois l’année commençant en Mars, il étoit le septième. + + 1 Lundi S. Leu. S. G. + 2 Mardi S. Anton. + 5 Mercredi S. Serap. + 4 Jeudi Ste Rosalie + 5 Vendredi S. Victori. + 6 Samedi Ste Reine + 7 _Dimanche_ S. Cloud + 8 Lundi _Nat. N. D._ + 9 Mardi S. And. m. + 10 Mercredi S. Nic. T. + 11 Jeudi S. Prothe + 12 Vendredi Ste Bonav. + 13 Samedi S. Mar. + 14 _Dimanche_ Exal. Ste C. + 15 Lundi S. Nico. + 16 Mardi S. Cyp. + 17 Mercredi _4 Temps_ + 18 Jeudi Th. V. + 19 Vendredi S. Donat + 20 Samedi _Vigile_ + 21 _Dimanche_ _S. Mathieu_ + 22 Lundi S. Mauri + 23 Mardi S. Lin pap. + 24 Mercredi S. Gérard + 25 Jeudi S. Firmin é. + 26 Vendredi Ste Just. + 27 Samedi S. C. et S. D. + 28 _Dimanche_ S. Vinc. + 29 Lundi _S. Michel_ + 30 Mardi S. Ilier. + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois, le jour qui sera de 13 h. 10 m. paroîtra à 3 h. 1 +quart 1 m. + +La nuit qui sera de 10 heures 3 quarts 5 m. terminera le jour à 8 h. et +demi 6 m. + +Le Soleil qui sera au 8 degré 2 m. de la Vierge et qui déclinera au nord +de 8 degrez 13 m. se lèvera à 5 h. 1 quart 12 m. et se couchera à 6 h. +et demi 4 m. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 12 h. et demi 10 m. paroîtra à 3 +h. 3 quarts 1 m. + +La nuit qui sera de 7 heures 1 quart 6 m. terminera le jour à 8 h. 1 +quart. + +Le Soleil qui sera au 6 degré 48 m. de la Vierge et qui déclinera au +nord de 4 degrez 46 m. se lèvera à 5 h. et demi 10 m. et se couchera à 6 +h. 1 quart 3 m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 12 h. 4 m. paroîtra à 4 h. 6 m. + +La nuit qui sera de 7 heures 3 quarts 7 m. terminera le jour à 7 h. 3 +quarts 12 m. + +Le Soleil qui sera au 26 degré 35 m. de la Vierge et qui déclinera au +septentrion d’un degré 12 m. se lèvera à 5 h. 3 quarts 14 m. et se +couchera à 6 h. 1 m. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +☾︎ Dernier Quartier le 3 à 9 h. 14 m. du soir. + +Temps nuageux et serain par intervalle avec quelques brouillards au +matin. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 10 à 5 h. 59 m. après midi. + +Temps assez beau pour la saison, puis venteux et nuageux. + + * * * * * + +☽︎ Premier Quartier le 17 à 10 h. 14 m. du matin. + +Temps couvert et pluvieux suivi d’une plaisante sérénité, mais un peu +froid. + + * * * * * + +🌑︎ Pleine Lune le 25 à 10 h. 36 m. du matin. + +Matinées sombres et brouillards épais qui seront dissipés par des vents +froids. + + +OCTOBRE + +Ainsi nommé parce qu’en comptant par Mars il est le huitième. + + 1 Mercredi S. Remy + 2 Jeudi S. Leger + 3 Vendredi S. Ange G. + 4 Samedi S. François + 5 _Dimanche_ S. Placide + 6 Lundi S. Bruno + 7 Mardi S. Marc. + 8 Mercredi Ste Brigid. + 9 Jeudi _S. Denis_ + 10 Vendredi S. Fr. Bor. + 11 Samedi S. Nicaise + 12 _Dimanche_ S. Maxi. + 13 Lundi S. Venant + 14 Mardi S. Calixte + 15 Mercredi Ste Therrèse + 16 Jeudi S. Gal + 17 Vendredi S. Florent + 18 Samedi S. Luc é. + 19 _Dimanche_ S. Pierre Al. + 20 Lundi S. Capr. + 21 Mardi S. Hilar. + 22 Mercredi S. Melon + 23 Jeudi S. Cord. + 24 Vendredi S. Magloire + 25 Samedi S. Crespin + 26 _Dimanche_ S. Evor + 27 Lundi _Vigile_ + 28 Mardi _S. Sim. S. I._ + 29 Mercredi T. S. G. + 30 Jeudi S. Serap. + 31 Vendredi _Vigile_ + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la duré des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois, le jour qui sera de 7 h. 1 quart 1 min. paroistra +à 4 h. 1 quart 12 m. + +La nuit qui sera de 12 heures et demi 1 m. terminera le jour à 7 h. et +demi 4 m. + +Le Soleil qui sera au 27 degré des Balances et qui déclinera au midi de +3 degrez 12 m. se lèvera à 6 h. 1 quart 2 m. et se couchera à 5 h. et +demi 13 m. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 10 h. 3 quarts 10 m. paroistra à 4 +h. et demi 13 m. + +La nuit qui sera de 13 h. 6 m. terminera le jour à 7 h. 1 quart 2 m. + +Le Soleil qui sera au 6 degré 22 m. des Balances et qui déclinera au +midi de 6 degrez 42 m. se lèvera à 6 h. et demi 1 m. et se couchera à 5 +h. 1 quart 13 m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 10 h. 1 quart 6 m. paroistra à 5 +h. + +La nuit qui sera de 13 h. et demi 8 m. terminera le jour à 7 h. + +Le Soleil qui sera au 26 degré 20 m. des Balances et qui déclinera au +midi de 10 degrez 26 m. se lèvera à 6 h. 3 quarts 4 m. et se couchera à +5 h. 10 m. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +☾︎ Dernier Quartier le 3 à 10 h. 23 m. du matin. + +Continuation de brouillards et nuages, puis temps serain et agréable. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 10 à 2 h. 34 m. du matin. + +Augmentation de beau temps, mais froid et venteux, principalement les +nuits. + + * * * * * + +☽︎ Premier Quartier le 16 à 3 h. 40 m. du matin. + +Temps couvert et obscur avec pluyes douces, par reprises suivies de +sérénité. + + * * * * * + +🌑︎ Pleine Lune le 25 à 4 h. 2 m. du matin. + +Temps clair et sec, mais froid et venteux avec gelée blanche. + + +NOVEMBRE + +Encore par la raison qu’il est le neuvième de l’année martiale. + + 1 Samedi _La Touss._ + 2 _Dimanche_ S. Marcel + 3 Lundi _Les Trépassez_ + 4 Mardi S. Char. B. + 5 Mercredi S. Hubert + 6 Jeudi S. Liénar + 7 Vendredi S. Florent + 8 Samedi S. God. + 9 _Dimanche_ S. Mathur. + 10 Lundi S. Mode + 11 Mardi S. Martin + 12 Mercredi S. Mart. p. + 13 Jeudi S. René + 14 Vendredi S. Brice + 15 Samedi S. Euge + 16 _Dimanche_ S. Edmon. + 17 Lundi S. Grég. + 18 Mardi S. Odon. + 19 Mercredi S. Elisabeth + 20 Jeudi S. Man. + 21 Vendredi Pres. N. D. + 22 Samedi Ste Cecile + 23 _Dimanche_ S. Clément + 24 Lundi S. Chrys. + 25 Mardi Ste Cathe. + 26 Mercredi Ste G. Ar. + 27 Jeudi S. Severin + 28 Vendredi S. Sosthen. + 29 Samedi _Vigile_ + 30 _Dimanche_ _S. André l’Avent_ + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois, le jour qui sera de 9 h. et demi 10 m. paroistra +à 5 h. 7 m. + +La nuit qui sera de 14 h. 1 quart 6 m. terminera le jour à 6 h. et demi +12 m. + +Le Soleil qui sera au 8 degré 25 min. du Scorpion et qui déclinera au +midi de 14 degrez 35 m. se lèvera à 7 h. 10 min. et se couchera à 5 h. 3 +quarts 5 m. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 9 h. 12 m. paroistra à 5 h. et +demi. + +La nuit qui sera de 14 heures 3 quarts 13 m. terminera le jour à 6 h. et +demi. + +Le Soleil qui sera au 17 degré 31 min. du Scorpion et qui déclinera au +midi de 17 degrez 15 m. se lèvera à 7 h. 1 quart 9 m. et se couchera à 4 +h. et demi 6 m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 8 h. et demi 13 m. paroistra à 5 +h. et demi 7 m. + +La nuit qui sera de 15 heures 1 quart 3 m. terminera le jour à 9 h. 1 +quart 4 m. + +Le Soleil qui sera au 17 degré 40 min. du Scorpion et déclinera au midi +de 19 degrez 46 m. se lèvera à 7 h. et demi et se couchera à 4 h. 1 +quart 6 m. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +☾︎ Dernier Quartier le 1er à 9 h. 4 m. du soir. + +Matinées froides et humides avec quelques brouillards qui se dissiperont +de relevée. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 8 à 46 m. après midi. + +Gelées blanches assez fortes avec quelques brouillards au matin qui +seront bientôt dissipés. + + * * * * * + +☽︎ Premier quartier le 16 à 6 h. 26 m. du soir. + +Temps couvert et nuageux, puis serain avec augmentation de froidure. + + * * * * * + +🌑︎ Pleine Lune le 23 à 7 h. 56 m. du soir. + +Temps pluvieux et nuageux avec neiges fondues, après lesquelles le ciel +s’éclaircira. + + +DÉCEMBRE + +Aussi parce qu’il est le dixième de l’année Martiale. + + 1 Lundi S. Eloy + 2 Mardi Ste Bibian. + 3 Mercredi S. Franc. Xav. + 4 Jeudi Ste Barbe + 5 Vendredi S. Fabas + 6 Samedi S. Nicolas + 7 _Dimanche_ S. Ambroi. + 8 Lundi _Con. N. D._ + 9 Mardi S. Nect. + 10 Mercredi S. Merc. + 11 Jeudi S. Damase + 12 Vendredi S. Herm. + 13 Samedi Ste Luce + 14 _Dimanche_ S. Tugd. + 15 Lundi S. Eusèbe + 16 Mardi S. Adon + 17 Mercredi _4 Temps_ + 18 Jeudi S. Gratien + 19 Vendredi S. Valent. + 20 Samedi S. Philo. + 21 _Dimanche_ S. Thomas + 22 Lundi S. Zenon. + 23 Mardi Ste Vict. + 24 Mercredi _Vigile_ + 25 Jeudi _Noël_ + 26 Vendredi _S. Etienne_ + 27 Samedi S. I. évang. + 28 _Dimanche_ Les SS. Inn. + 29 Lundi S. Thom. + 30 Mardi Ste Sabe + 31 Mercredi S. Sylvestre + + +Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits. + +Le premier de ce mois, le jour qui sera de 8 h. 1 quart 4 min. paroistra +à 5 h. 3 quarts 6 m. + +La nuit qui sera de 15 h. et demi 7 min. terminera le jour à 6 h. 7 min. + +Le Soleil qui sera au 8 degré 52 m. du Sagittaire et qui déclinera au +midi de 21 degrez 52 m. se lèvera à 7 h. 3 quarts 6 m. et se couchera à +4 h. 10 m. + + * * * * * + +Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 8 h. 10 m. paroistra à 5 h. 3 +quarts 8 m. + +La nuit qui sera de 16 h. 10 m. terminera le jour à 6 h. 6 min. + +Le Soleil qui sera au 18 degré 2 m. du Sagittaire et qui déclinera au +midi de 22 degrez 18 m. se lèvera à 7 h. 3 quarts 7 m. et se couchera à +4 h. 4 m. + + * * * * * + +Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 8 h. 2 m. paroistra à 5 h. 3 +quarts 12 m. + +La nuit qui sera de 15 heures 3 quarts 13 m. terminera le jour à 6 h. 4 +m. + +Le Soleil qui sera au 28 degré 9 m. du Sagittaire et qui déclinera au +midi de 23 degrez 29 m. se lèvera à 7 h. 3 quarts 13 m. et se couchera à +4 h. 2 m. + + +Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de +l’air. + +☾︎ Dernier Quartier le 1er à 6 h. 53 m. du matin. + +Gelées blanches et brouillards, puis augmentation de froidure. + + * * * * * + +🌕︎ Nouvelle Lune le 8 à 1 h. du matin. + +Temps clair, mais froid, avec gelée assez forte et vents rudes. + + * * * * * + +☽︎ Premier Quartier le 15 à 2 h. 50 m. après midi. + +Continuation de froidure avec apparence de neige qui se dissipera. + + * * * * * + +🌑︎ Pleine lune le 23 à 2 h. 2 m. après midi. + +Temps couvert et nuageux, puis neiges fondues et menues pluyes. + + + + +REMARQUES + +SUR LA DURÉE DES JOURS ET DES NUITS. + + +Les supputations qu’on trouve dans le Calendrier sur la durée des jours +et des nuits sembleroient contradictoires à quelques personnes si +j’obmettois d’expliquer ici comment elles doivent être entendues: car +par exemple, après avoir dit que le premier du mois de décembre le jour +n’est que de 8 h. 1 quart 4 minuttes, je dis ensuite qu’il paroîtra à 5 +h. 3 quarts 6 minuttes et qu’il ne sera terminé par la nuit qu’à 6 h. 7 +minuttes; ce qui suppose qu’il doit durer onze heures 20 m. Mais, pour +ôter en cela toute l’ambiguité, il suffit de dire que la durée d’un jour +artificiel proprement pris ne s’étend que depuis le lever jusqu’au +coucher du soleil; mais que le temps de la lumière, qui est aussi +communément appellé jour, comprend tout l’espace qui est depuis la +première apparence de clarté jusqu’à la nuit fermante. + + + + +ECLIPSES. + + +Quant la Lune dérobe à la terre la lumière du Soleil et lorsque la Terre +ôte cette même lumière à la Lune, c’est ce qu’on nomme généralement +éclipses, qui se fait par une interposition de l’un de ces deux corps +entre l’autre et le Soleil. + +Pour distinguer ces deux sortes d’eclipses par le nom, on appelle la +première Eclipse de Soleil et la deuxième Eclipse de Lune. + +Nous aurons cette année une Eclipse de Lune le 2 et une Eclipse de +Soleil le 15 février, qui ne paroîtront pas ici, et une autre de Lune +qui paroîtra le 28 juillet à 1 h. 33 minutes 54 secondes du matin[41]. + + [41] On a pu remarquer que Blégny, dans son _Trésor des Almanachs_, ne + s’est permis aucune prédiction, bien que ce fût de règle pour ces + sortes de publications populaires. Képler lui-même ne s’en étoit pas + abstenu pour les _Almanachs_, dont la vente étoit son plus sûr + gagne-pain. L’astronome alors se faisoit astrologue: «Fille de + l’Astronomie, disoit-il, l’Astrologie doit nourrir sa mère.» Au + dernier siècle, les Académies pronostiquoient aussi; celle de + Berlin, par exemple, se faisoit avec ses prophéties un revenu dont + elle finit par avoir honte. Elles furent supprimées de l’almanach + qu’elle publioit. Il cessa de se vendre, et, l’an d’après, pour que + l’Académie pût vivre, ses prédictions recommencèrent (Arago, + _Astronomie populaire_, t. IV, p. 740). En France, c’est par ordre + et au nom du Roi qu’elles durent disparoître. L’art. 26 de + l’ordonnance d’Orléans, du mois de janvier 1560, les défendit + indirectement, en exigeant le _visa_ des évêques pour l’impression + de tout almanach. L’art. 36 de l’ordonnance de Blois, du mois de mai + 1579, fut plus formel. Il fit défense d’y insérer aucune prédiction + sur les affaires politiques. Le 28 janvier 1638, autre ordonnance, + signée de La Rochelle, qui confirme celle de Blois, et enfin, au + mois de juillet 1682, édit de Louis XIV qui renouvelle à son tour + l’ordonnance de La Rochelle, en ne permettant de mettre aux + almanachs «autre chose que les lunaisons, éclipses et diverses + dispositions et tempéraments de l’air et déréglements d’iceluy». + C’est du reste, les Lunaisons surtout, ce qui faisoit le fond des + almanachs et servoit de motif aux images qu’on y voyoit sur le + titre: «Imaginez-vous de voir, dit Sorel dans _Francion_, 1663, + in-12, p. 254, ces preneurs de Lune qui sont en l’almanach de + l’année passée, où les uns taschent de l’attraper avec des échelles + qui s’alongent et s’accourcissent comme l’on veut, et les autres + avec des crochets, des tenailles et des pincettes.» L’expression + «prendre la lune avec les dents» doit être venue d’une de ces + images.--Blégny, en supprimant toute prédiction de son _Trésor des + Almanachs_, tel qu’on vient de le lire, s’étoit conformé aux + ordonnances. L’année d’auparavant il y avoit mis moins de prudence, + et quelque avertissement lui avoit sans doute été donné. Dans ses + _Observations et pronostications sur les apparences solaires et + lunaires_ pour chaque mois de l’année, il avoit dit, par exemple, + sous le dernier quartier de la lune de janvier: «_Réconciliation + entre deux fameux ennemis_»; à la pleine lune de mars: «_Élévation + surprenante_»; à la nouvelle lune d’avril: «Étranges événements»; au + dernier quartier de la lune de mai: «Trahison découverte»; à la + pleine lune de juillet: «Alliances considérables», etc., etc. + C’était aller trop loin et quelque peu enfreindre l’ordonnance de + Blois, qui vouloit qu’un almanach dût s’en tenir à l’astrologie + licite «sans y comprendre les prédictions concernant les Estats et + personnes, les affaires publiques et particulières». + + + + +FABRIQUE ET TARIF + +DES NOUVELLES MONNOYES[42]. + + [42] Ce tarif, dont nous avons déjà parlé plus haut, p. 67, note 1, + avoit été établi par un édit du mois de décembre 1689. + + +FABRIQUE. + +Les Villes de l’obéissance du Roy où l’on bat Monnoye au nom et armes de +Sa Majesté, sont Paris qui marque A, Rouen B, Saint-Lo C[43], Lion D, +Tours E, Angers F, Poitiers G, Larochelle H, Limoges I, Bordeaux K, +Bayonne L, Toulouse M, Montpellier N, Rion O, Dijon P, Narbonne Q[44], +Villeneuve R[45], Troyes S[46], Arras AR, Nantes T, Amiens X, Aix et +Bourges Y, Grenoble Z, Marseille VG, Pau[47], Saint-Palais, Metz, +Tournay, Bezançon[48], Lille L, Strasbourg, Chambéry, Reims, etc., dont +on ne sait pas les marques. + + [43] L’Hôtel des Monnoies de Saint-Lô fut un peu plus tard transféré à + Caen avec la même marque. + + [44] Ce n’est plus à Narbonne, mais à Perpignan, qu’au XVIIIe siècle + on frappa les monnoies à cette marque. + + [45] La Monnoie d’Orléans, rétablie par ordonnance d’octobre 1716, + succéda à celle-ci, et les espèces y furent aussi marquées R. + + [46] Cette marque étoit celle de Reims. Troyes marquoit V. + + [47] La Monnoie de Pau avoit pour marque un M, et en outre un autre + signe qui la rendit populaire sous le nom de _monnoie à la vache_: + «J’ai vu avant la Révolution, dit Monteil, _Hist. des François des + divers États_, in-18, t. V, note, p. 62, rechercher les monnoies + frappées à Pau, au bas desquelles étoit empreinte l’effigie d’une + vache. Le peuple disoit que ces pièces portoient bonheur.» + + [48] La marque de Besançon étoit CC, celle de Lille, non pas L, comme + on le voit ici par erreur, mais W, et celle de Strasbourg BB. + + +TARIF. + +Un louis d’or de la nouvelle Fabrique vaut douze livres dix sols. + + 2 25 l. + 3 37 10 + 4 50 + 5 62 10 + 6 75 + 7 87 10 + 8 100 + 9 112 10 + 10 125 + 11 137 10 + 12 150 + 13 162 10 + 14 175 + 15 187 10 + 16 200 + 17 212 10 + 18 225 + 19 237 10 + 20 250 + 21 262 10 + 22 275 + 23 287 10 + 24 300 + 25 312 10 + 26 325 + 27 337 10 + 28 350 + 29 362 10 + 30 375 + 31 387 10 + 32 400 + 33 412 10 + 34 425 + 35 437 10 + 36 450 + 37 462 10 + 38 475 + 39 487 10 + 40 500 + 41 512 10 + 42 525 + 43 537 10 + 44 550 + 45 562 10 + 46 575 + 47 587 10 + 48 600 + 49 612 10 + 50 625 + 51 637 10 + 52 650 + 53 662 10 + 54 675 + 55 687 10 + 56 700 + 57 712 10 + 58 725 + 59 737 10 + 60 750 + 61 762 10 + 62 775 + 63 787 10 + 64 800 + 65 812 10 + 66 825 + 67 837 10 + 68 850 + 69 862 10 + 70 875 + 71 887 10 + 72 900 + 73 912 10 + 74 925 + 75 937 10 + 76 950 + 77 962 10 + 78 975 + 79 987 10 + 80 1000 + 81 1012 10 + 82 1025 + 83 1037 10 + 84 1050 + 85 1062 10 + 86 1075 + 87 1087 10 + 88 1100 + 89 1112 10 + 90 1125 + 91 1137 10 + 92 1150 + 93 1162 10 + 94 1175 + 95 1187 10 + 96 1200 + 97 1212 10 + 98 1225 + 99 1237 10 + 100 1250 + 101 1262 10 + 102 1275 + 103 1287 10 + 104 1300 + 105 1312 10 + 106 1325 + 107 1337 10 + 108 1350 + 109 1362 10 + 110 1375 + 111 1387 10 + 112 1400 + 113 1412 10 + 114 1425 + 115 1437 10 + 116 1450 + 117 1462 10 + 118 1475 + 119 1487 10 + 120 1500 + 121 1512 10 + 122 1525 + 123 1537 10 + 124 1550 + 125 1562 10 + 150 1875 + 200 2500 + 300 3750 + 400 5000 + 500 6250 + 600 7500 + 700 8750 + 800 10000 + 900 11250 + 1000 12500 + 2000 25000 + 3000 37500 + 4000 50000 + 5000 62500 + 6000 75000 + 7000 87500 + 8000 100000 + 9000 112500 + 10000 125000 + +Pour évaluer les demi louis d’or on se servira du Tarif précédent en +retranchant la moitié du nombre; par exemple pour sçavoir ce que valent +vingt demi louis d’or, il n’y a qu’à regarder ce que valent dix louis +d’or, et lorsque le nombre sera non pair, par exemple 21, on prendra +tout de même la valeur de dix louis d’or qui est 125 livres, et on y +ajoutera 6 livres 5 sols qui est la valeur d’un demi louis retranché, en +sorte qu’on sçaura tout d’un coup que 21 demi louis d’or valent 131 +livres 5 sols. + + * * * * * + +Un écu de la nouvelle Fabrique vaut 3 livres 6 sols. + + 2 6 l. 12 + 3 9 18 + 4 13 4 + 5 16 10 + 6 19 16 + 7 23 2 + 8 26 8 + 9 29 14 + 10 33 + 11 36 6 + 12 39 12 + 13 42 18 + 14 46 4 + 15 49 10 + 16 52 16 + 17 56 2 + 18 59 8 + 19 62 14 + 20 66 + 21 69 6 + 22 72 12 + 23 75 18 + 24 79 4 + 25 82 10 + 26 85 16 + 27 89 2 + 28 92 8 + 29 95 14 + 30 99 + 31 102 6 + 32 105 12 + 33 108 18 + 34 112 4 + 35 115 10 + 36 118 16 + 37 122 2 + 38 125 8 + 39 128 14 + 40 132 + 41 135 6 + 42 138 12 + 43 141 18 + 44 145 4 + 45 148 10 + 46 151 16 + 47 155 2 + 48 158 8 + 49 161 14 + 50 165 + 51 168 6 + 52 171 12 + 53 174 18 + 54 178 4 + 55 181 10 + 56 184 16 + 57 188 2 + 58 191 8 + 59 194 14 + 60 198 + 61 201 6 + 62 204 12 + 63 207 18 + 64 211 4 + 65 214 10 + 66 217 16 + 67 221 2 + 68 224 8 + 69 227 14 + 70 231 + 71 234 6 + 72 237 12 + 73 240 18 + 74 244 4 + 75 247 10 + 76 250 16 + 77 254 2 + 78 257 8 + 79 260 14 + 80 264 + 81 267 6 + 82 270 12 + 83 273 18 + 84 277 4 + 85 280 10 + 86 283 16 + 87 287 2 + 88 290 8 + 89 293 14 + 90 297 + 91 300 6 + 92 303 12 + 93 306 18 + 94 310 4 + 95 313 10 + 96 316 16 + 97 320 2 + 98 323 8 + 99 326 14 + 100 330 + 125 412 10 + 150 495 + 200 660 + 300 990 + 400 1320 + 500 1650 + 600 1980 + 700 2310 + 800 2640 + 900 2970 + 1000 3300 + 2000 6600 + 3000 9900 + 4000 13200 + 5000 16500 + 6000 19800 + 7000 23100 + 8000 26400 + 9000 29700 + 10000 33000 + +Pour évaluer les demis et les quarts d’écus blancs on fera ce qui a été +dit de l’évaluation des demi louis d’or. + + + + +EXPOSITION ALPHABÉTIQUE + +DU DÉPARTEMENT DES POSTES ET COURIERS POUR LES LIEUX ET VILLES DU +ROYAUME ET DES PAÏS ÉTRANGERS. + + +A. + +Amiens, _Tous les jours à midi_. + +Abbeville. + +Aire. + +Amboise. + +Ardre. + +Armentières. + +Arques. + +Arras. + +Argence. + +Ablis[49]. + + [49] «Tous les jours à huit heures du soir.» Édit. 1691. + +Ath. + +Avit. + +Andely. + +Aumalle. + +Aumeillerault. + +Auchy[50]. + + [50] A la suite on lit dans l’édit. précédente: «AUSBOURG, _le mardi à + dix heures du soir_. Faut payer jusqu’à Rhinhausen.» + +Angers, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Avranches[51]. + + [51] «Part les mercredis et samedis à midi.» Édit. 1691. + +Ancenies. + +Aveton. + +Argentan. + +Auvray. + +Alençon[52]. + + [52] «Partira le mardi et vendredi par Rouen.» Édit. 1691. + +Aubigny, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Agde. + +Aix. + +Apt. + +Allez. + +Arles. + +Aubusson. + +Avignon. + +Argenton, _Samedi à minuit_. + +Alby. + +Allec. + +Arnac. + +Argy. + +Auch. + +Aurillac. + +Auxerre, _Dimanche, Mercredi, Vendredi et Samedi à minuit[53]_. + + [53] «A midi.» Édit. 1691. + +Autun. + +Arnay le Duc. + +Avallon. + +Auxonne. + +Aurolle. + +Argenteüille. + +Ancy le Franc. + +Azi sous Rougemont. + +Anglure[54]. + + [54] «Lundy, Mercredy et Samedy à midy.» Édit. 1691. + +Ay. + +Avesne, _Mardi, Jeudi et Samedi à midi_. + +Arlon, _Dimanche, Mardi et Vendredi à 8 h. du soir_. + +Alexandrie, _le Lundi au soir_. + +Allemagne, _Lundi et Vendredi à midi_. + +Angleterre, _le Mercredi et Samedi à midi_. + +Auvergne, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Alsace, _Lundi et Mercredi au soir_. + + +B. + +Bourdeaux, _Lundi, Mercredi et Vendredi à 10 heures du soir_. + +Blaye. + +Barbeneuve. + +Barbézieux. + +Bossay. + +Boussay[55]. + + [55] A la suite, dans l’édit. précédente: «BASLE, lundy, mercredy et + samedy à huit heures du soir.» + +Bayonne. + +Béarn. + +Bapaume, _Tous les jours à midi_. + +Beaumon le Roger. + +Beauvais. + +Bergues. + +Bellemart. + +Bernay. + +Béthune. + +Blois. + +Boisgency. + +Biche. + +Boissy[56]. + + [56] A la suite, dans l’édit. précédente: «BEAUMONT-LE-VICOMTE, + mercredi et samedi à 8 heures du soir.» + +Brionne. + +Bourg-Daulr. + +Bourbourg. + +Boulogne. + +Boharde. + +Brionne. + +Bolbec. + +Bouchain. + +Breteuil. + +Bourtroude. + +Brie. + +Bruges. + +Bruxelles. + +Brest, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Beaugé. + +Bellesine. + +Bonnestable. + +Beaufort. + +Blavet ou Fort-Louis. + +Beaumont-le-Vicomte. + +Bourg-en-Bresse, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Bellay. + +Beaune. + +Bussy. + +Brion l’Archevêque[57]. + + [57] Dimanche, mercredi et vendredi à midi. + +Bourguil. + +Bray sur Seine. + +Bazoche. + +Basson. + +Bayeux, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +Bourbonne. + +Borbonne. + +Bar sur Aube. + +Barfleurs. + +Briquebec. + +Bourges, _Lundi, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Biarre. + +Bourbon les Bains[58]. + + [58] «Lundi, mercredi et vendredi à minuit.» Édit. 1691. + +Bourbon l’Archambault. + +Bancafort. + +Brioude. + +Bois droit. + +Boynes et tout le Gatinois. + +Beaucaire. + +Béziers. + +Bonny. + +Bonneval, _le Dimanche à 8 h. du soir_[59]. + + [59] Dans l’édit. précédente deux autres départs le mercredi et + vendredi, à cette même heure, sont indiqués. + +Brou. + +Besse. + +Bastoigne. + +Bezançon, _Lundi, Mardi à midi et Vendredi à minuit_. + +Beffort. + +Brives[60]. + + [60] «Le lundi à minuit.» Édit. 1691. + +Bausançois. + + +C. + +Caën, _Tous les jours à midi_. + +Cambray. + +Cagny. + +Calais. + +Chambort. + +Châtres sous Monlery. + +Charmont. + +Crecy. + +Cormicy. + +Conche. + +Coucy. + +Chambrais. + +Chaumont en Vexin. + +Codebecq. + +Cressenville en Auge. + +Crève Cœur en Auge. + +Clermont en Beauvoisis. + +Commine. + +Compiègne. + +Cizé. + +Corbie. + +Creil. + +Crespy en Valois. + +Chartres[61], _à 8 h. du soir_. + + [61] «Tous les jours.» Édit. 1691. + +Châlon sur Marne. + +Chasteau Tierry. + +Chaumusson. + +Coutance, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +Carentan. + +Cressy. + +Coulomniers. + +Chasteau Porcien. + +Chalme. + +Chaumont. + +Chasteau Vilain. + +Condé sur Néreau. + +Chauny. + +Chastelleraux, _Lundi, Mercredi et Vendredi à 10 h. du soir_. + +Cingé. + +Coignac. + +Caviegnac. + +Charnizé. + +Chaumuflay. + +Chasteaudun, _même jour à 10 h.[62]_ + + [62] «Lundi, mercredi et vendredi à minuit.» Édit. 1691. + +Chasteau Landon. + +Chastillon sur Loing. + +Chastillon sur Loir. + +Carpentras. + +Clermont en Auvergne. + +Cosne. + +Chambon. + +Chissy. + +Chenerailles. + +Corbeil. + +Croc. + +Cistaron. + +Charleville. + +Charly. + +Chezy. + +Claye. + +Colmard. + +Chasteau Salins. + +Chinon, _Dimanche, Mardi et Jeudi à midi_. + +Champigny. + +Chastillon sur Seine, _Lundi à midi_. + +Chasteau Regnaut, _le Dimanche_. + +Chalmont. + +Clèves. + +Courtenvaux sur Loir. + +Chasteau du Loir. + +Cousture. + +Chasteau Gontier, _Mercredi et Samedi au soir_. + +Conlie. + +Coigny. + +Craon. + +Chantonnay. + +Chateaulin. + +Courville. + +Carchiné. + +Concarneau. + +Corneré. + +Cahors, _Samedi à minuit_. + +Castres. + +Chastelnau de Monratier. + +Cominge. + +Cressensac. + +Courserans. + +Chasteau Roux. + +Chasteau Vieux. + +Chamceaux, _Dimanche, Mercredi et Samedi à midi_. + +Chablis[63]. + + [63] «Dimanche, mercredi, vendredi et samedi à midi.» Édit. 1691. + +Chalon sur Saone[64]. + + [64] «Le dimanche, mercredi et vendredi à midi.» _Id._ + +Champeaux. + +Charolle. + +Chamlay. + +Champigny sur Yonne. + +Chaumont. + +Chastel Censoy. + +Chevery. + +Coulange. + +Cisteaux. + +Cussy les Forges. + +Clamecy. + +Courtenay. + +Carcassonne, _Lundi par Bourdeaux_[65]. + + [65] «_Samedi à minuit, le lundi_ par Bordeaux.» Édit. 1691.--Quelques + lignes plus loin, sous la même rubrique: «_partira encore le samedi_ + par Montpellier.» + +Constantinople, _Lundi au soir_. Il faut payer le port jusqu’à Lion. + +Chambéry. + +Cazal, _Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Constat, _le Mercredi à 10 h. du soir_. Il faut payer le port jusqu’au +Rhin hausen. + + +D. + +Diepe, _Tous les jours à midi_. + +Dise. + +Doüay. + +Dammartin. + +Doulens. + +Dourlen. + +Dosullé. + +Dunkerque. + +Dourdan, _Tous les jours à 8 h. du soir_. + +Dreux. + +Danville. + +Dinant en Bretagne. + +Durtat. + +Douzenac, _le Samedi à minuit_. + +Du Sault. + +Dun le Roy, _Lundi, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Digne. + +Die. + +Dijon, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Ducé. + +Dannemoine. + +Dieuse, _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Dormans. + +Dame-Marie, _Lundi, Mercredi, et Samedi à midi_. + +Doullevans. + +Doucherie. + +Dinan près Liège, _Mardi, Jeudi et Samedi à midi_. + +Dol, _Mardi et Jeudi à midi, et le Vendredi à minuit_. + + +E. + +Elbeuf, _Tous les jours à midi_. + +Evreux. + +Estampes. + +Escoüis. + +Eu. + +Estrepagny. + +Espernon, _Tous les jours à 8 h. du soir_. + +Ecouché, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Essay. + +Evron. + +Ernée. + +Embrières. + +Entrame. + +Embrun, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Edonne. + +Evaux. + +Escille. + +Epinay[66], _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + + [66] Lisez «Epernay», comme dans l’édit. précédente. + +Epoisse, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Espagne, _Part tous les 15 jours à commencer le Lundi 9 janvier 1691_. + + +F. + +Fougers, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Falayse. + +Frenay. + +Foulleroute. + +Frecgefont, _le Samedi à minuit_. + +Fribourg en Briscau, _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Farmontier, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +Fontenay[67]. + + [67] A la suite, dans l’édit. précédente: «FRÉJUS, lundi, mercredi et + vendredi au soir.» + +Fontainebleau. + +Ferre en Tartanois, _Tous les jours à 8 h. du soir_. + +Fifine[68]. + + [68] Lisez Fisme, comme dans l’édit. de 1691. + +Flavigny, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Francfort, _Lundi et Mercredi à 10 h. du soir_. + +Fribourg, _le Mardi et Jeudi à midi et le Vendredi à minuit_. + +Fano, _le Lundi au soir_. + +Ferrar. + +Final. Il faut payer le port jusqu’à Lion. + +Flandres, _Tous les jours à midi_. + +Fécamp. + +Forges. + +Furnes. + +Fauville. + +Francourville. + + +G. + +Gaillon, _Tous les jours à midi_. + +Gand. + +Gisors. + +Gournay. + +Graveline. + +Grandvillier. + +Gué de Loré. + +Guisnes. + +Gaudelu, _Tous les jours à 8 h. du soir_. + +Grenoble, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Grace. + +Gueret. + +Gaillac. + +Gap. + +Gien. + +Guidgnant, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Goton[69]. + + [69] Lisez Gorron, comme dans l’édit. précédente. + +Guibray. + +Gaudene[70], _Samedi à minuit_. + + [70] Lisez Grandêve, comme dans l’autre édition. + +Gautray, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +Gandecey, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Gizy. + +Genes, _le Lundi au soir_. + +Grisons. Il faut payer jusqu’à Lion. + +Genève, _Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Gray, _Mardi et Jeudi à midi et le Vendredi à minuit_. + + +H. + +Havre de Grâce, _Tous les jours à midi_. + +Ham. + +Harfleur. + +Honfleur. + +Hedain. + +Hennebon, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Houdan. + +Hambourg, _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Hagueneau. + +Hunignen. + +Haun, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Hénault, _Tous les jours à midi_. + +Hollande, _Lundi et Vendredi à midi_. + + +I. + +Ivetot, _Tous les jours à midi_. + +Issoudun, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Issonne. + +Iardage[71]. + + [71] Lisez Jarnage, comme dans l’édit. de 1691. + +Joinville,_ Lundi, Mercredi, et Samedi à midi_. + +Joigny. + + +L. + +La Pacaudière, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit._ + +La Palisse. + +Le Puis. + +La Treille. + +La Bussière. + +La Charité. + +La Chartre. + +La Guierche. + +Lodève. + +Le Bourg Saint Andéol. + +Lorette, _le Mercredi à minuit_. + +Lionnois, _Partira tous les jours au soir à la réserve du Dimanche_. + +Lion. + +Lizieux, _Tous les jours à midi_. + +L’Ausmône. + +La Pomme d’or. + +Les Andelis. + +Lilsle bonne. + +Louviers. + +Luxembourg. + +Lion Laforest. + +Lonjumeau. + +Linas. + +Les 3 cheminées. + +Lire. + +Le Quesnoy. + +Langez. + +Laboüille. + +Langelé. + +Longchamps. + +Luzarche. + +L’ilsle en Flandre. + +Landau. + +Laon, _Tous les jours à 8 h. du soir_. + +Lagny. + +Limours. + +Louvois. + +Lizi. + +La Ferté Milon. + +Lahais Dupuis, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +La Fère. + +La Chapelle. + +Lilleul. + +Langres. + +La Ferté Gaucher. + +Le Sommevoir. + +La Flèche, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +La Loupe. + +La Ferté Vidame. + +Lavalle. + +Latugé. + +La Gravelle. + +La Siay[72]. + + [72] Lisez Lassay, comme dans l’éd. de 1691. + +Lamçalle[73]. + + [73] Lisez Lamballe. _Id._ + +La Ferté Bernard. + +Leigle. + +La Queue. + +L’Isle de Rez. + +Luçon. + +De Luce[74]. + + [74] Lisez Le Lude. _Id._ + +La Ferté Senneterre, _Samedi à minuit_. + +La Bastide. + +L’Eaigne Brion[75]. + + [75] Lisez L’Épine-Brion. _Id._ + +Le Blanc en Berry. + +La Barriolé. + +Limoges. + +Lombez. + +Leschezeaux. + +Ligny, _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Luneville. + +La petite Pierre. + +La Ferté sous Joüard. + +Liège, _Le Mardi, Jeudi et Samedi à midi._ + +Landrecy. + +Ligny le Chatelet, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Le Chatelet. + +La Ville neuve. + +Lezinne. + +La Forteresse. + +Limeil. + +La Chartre. + +Laverdon. + +La Rochelle, _Lundi, Mercredi et Vendredi à 10 h. du soir_. + +La Merci-Dieu. + +La Réolle. + +La Grolle. + +Lorson. + +La Monière[76]. + + [76] Lisez La Morinière, comme dans l’édit. de 1691. + +La Ménardie[77]. + + [77] La Menardière. _Id._ + +La Hais. + +La Roche Pezé[78]. + + [78] La Roche-Pozé. _Id._ + +Le Bouché. + +Loche. + +L’Isle d’Olleron. + +Lignevil. + +Libourne. + +L’Estang. + +L’isle Bouchard, _Dimanche, Mardi et Jeudi à midi_. + +Loudun. + +Les trois volets. + +La Balüe, _Mercredi et Jeudi[79] à midi_. + + [79] «Samedi.» Édit. 1691. + +Ligourne, _le Lundi au soir_. + +Lucques. Il faut payer jusqu’à Lion. + +Leon. + + +M. + +Mante, _Tous les jours à midi_. + +Magny. + +Meulan. + +Menat. + +Montreüil. + +Monbuisson. + +Mondidier. + +Montvilliers. + +Monl’hery. + +Montreüil. + +Mormant. + +Menin. + +Mons. + +Meaux, _Tous les jours à 8 h. du soir_. + +Maintenon. + +Marseille[80], _Mercredi et Vendredi à minuit_. + + [80] «Lundi.» Édit. 1691. + +Maringue. + +Mande. + +Mussilac. + +Monaco. + +Montpellier. + +Montargis. + +Mont Luçon. + +Moulins. + +Moulin en Gellebert. + +Mondoubleau, _Dimanche, Mardi et Jeudi à midi_. + +Mantoit[81]. + + [81] Lisez «Montoir», comme dans l’édit. 1691. + +Marçon. + +Mussi Levesque, _Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Mont Belliard, _Mardi et Jeudi à midi, et le Vendredi à minuit_. + +Malicorne, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Mayne. + +Mayene. + +Mamers. + +Mesle sur Sarre. + +Mortagne. + +Morlais. + +Montfort la Maury. + +Montaigu en Poitou. + +Magnac, _le Samedi à minuit_[82]. + + [82] «A midi.» Édit. 1691. + +Mirepois. + +Morterolle[83]. + + [83] Lisez «Monterolle». _Id._ + +Macon, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Moret. + +Melun. + +Montereau. + +Monbart. + +Monceny. + +Michery. + +Moutier St Jean. + +Marsal, _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Mets. + +Montmirel. + +Moyenvic[84]. + + [84] «Dimanche, mardi et jeudi à midi, et le vendredi à minuit.» Édit. + 1691. + +Montreüil, _Dimanche, Jeudi et Vendredi à minuit_. + +Marche. + +Montauban, _Samedi à minuit et le Lundi par Bourdeaux_. + +Mastricht, _Mardi, Jeudi et Samedi à midi_. + +Milan, _le Vendredi au soir_. + +Modenne. + +Mortain, _Mercredi et Samedi_. + +Montrichart, _Lundi, Mercredi et Vendredi au soir_. + +Marigny. + +Matizé. + +Mezier. + +Montebourg, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +Monmorel. + +Melleray. + +Mantoue, _Lundi au soir_. + +Montmeillan. + +Malte. Il faut payer jusqu’à Lion. + +Mayence, _Lundi et Mercredi à 10 h. du soir_. + + +N. + +Noyon, _Tous les jours à midi_. + +Nangi. + +Neufbourg. + +Nanteüil. + +Neuf Chastel. + +Nogent. + +Narbonne, _Lundi, Mercredi et Vendredi à 10 h. du soir_. + +Nismes. + +Neumours. + +Neuvy. + +Nevers. + +Nice. + +Niort. + +Nanteuil. + +Neulabé. + +Nantes, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Nogent-le-Rotrou. + +Nancy, _Lundi, Mercredi et Samedi à 10 h._ + +Noyers, _Dimanche, Mercredi et Vendredi[85] à midi_. + + [85] «Samedi.» Édit. 1691. + +Nuis. + +Nogent-le-Roy, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à 8 h. du soir_. + +Naple, _Lundi au soir_. Il faut payer[86] jusqu’à Lion. + + [86] «Le port.» Édit. 1691. + +Neuf Chastel en Franche Comté, _Mardi et Jeudi à midi et Vendredi à +minuit_. + + +O. + +Orléans, _Tous les jours à midi_. + +Orbec. + +Oudenarde. + +Ourque. + +Ozulé. + +Orchie. + +Ousson, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Orange. + +Olleron en Bearn, _Samedi à minuit_. + + +P. + +Pontoise, _Tous les jours à midi_. + +Ponteau de Mer. + +Pont Levesque. + +Pont Sainte Mayence. + +Pont de L’arche. + +Pont sur Seine. + +Pont Amousson. + +Provins. + +Pequigny. + +Pierre Bussière, _Samedi à minuit_. + +Pamiers. + +Payrac. + +Pont Orson, _Mercredi et Samedi à midi_. + +Poitiers, _Lundi, Mercredi et Vendredi au soir_. + +Perpignan. + +Preully. + +Poné. + +Perigueux. + +Peau en Bearn. + +Petit Pecigny. + +Panze le Viel. + +Pougues. + +Pont S. Esprit. + +Pouilly. + +Pont S. Jean Dandelis, _Mercredi au soir_[87]. + + [87] «Mercredi et samedi à dix heures du soir.» Édit. 1691. + +Peinchebray. + +Poul, _Mercredi, Vendredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Parcé. + +Pont du Cé. + +Ponance. + +Ploërmel. + +Pont Labé. + +Pré en Parhaveron. + +Précy sous Tille, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Pont Devaux. + +Pont sur Yonne. + +Pontigny. + +Plessy Praslin. + +Passy. + +Peronne, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +Periers. + +Parmes, _Vendredi[88] à midi_. + + [88] «Au soir.» Édit. 1691. + +Pavie. + +Plaisance. + +Padoue, _Mercredi au soir_. + +Pignerol, _Mercredi et Vendredi à midi_. + +Philippeville, _Mercredi, Jeudi et Samedi à midi_. + +Petiviers. + +Phalsbourg, _Lundi, Mercredi[89] à 8 h. du soir_. + + [89] «Et samedi.» Édit. 1691. + +Pontarlié, _Mardi et Jeudi à midi et Vendredi à minuit_. + + +Q. + +Quimpercorentin, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Quimperlé. + +Quintin. + + +R. + +Rion, _Lundi, Mercredi[90] et Samedi à midi_. + + [90] «Et vendredi à minuit.» Édit. 1691. + +Roanne. + +Riez. + +Rome, _Lundi au soir_. + +Rinhausen, _Lundi et Mercredi à 10 h. du soir_. + +Ratisbonne, _Mercredi à 10 h. du soir_. Il faut payer le port jusqu’au +Rhinhausen. + +Rouen, _Tous les jours à midi_. + +Richelieu, _Dimanche, Mardi et Jeudi à midi_. + +Reims, _Tous les jours à 8 h._ + +Rambouillet. + +Rodez, _le samedi à minuit_. + +Rieux. + +Razez. + +Romorantin. + +Rhetel, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +Rebais. + +Rocroy. + +Roye. + +Rozoy. + +Riblemont. + +Renne, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Rubay. + +Rospordin. + +Remiremont, _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Rozières. + +Ris. + +Rochefort, _Dimanche, Mardi et Vendredi à 8 h. du soir_. + +Ravier, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_. + + +S. + +Senlis, _Tous les jours à midi_. + +Saint Paul en Artois. + +Steignevil. + +St Quentin. + +Saint Omer. + +Saint Ore. + +Saint Pierre sur Dive. + +Saint Silvain. + +Saint Saën. + +Sainte Barbe en Auge. + +Saint Valery en Caux. + +Saint Martin du Port. + +Saint Venant. + +Saint Evrol. + +Saint Clair, _Tous les jours à 8 h._ + +Saint Arnoul. + +Soissons. + +Saint Germain en Laye, _Lundi, Mercredi et Vendredi à 10 h._ + +Saint Mexans. + +Saint Severe. + +Saint Ciran en Brenne. + +Saint Cibardeau. + +Saint Flavien. + +Saint Lo, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +Saint Sauveur le Vicomte. + +Ste Mère Eglise. + +St Pierre Eglise. + +St Dizier. + +Sezanne. + +Sables d’Olonne, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Sablé. + +St Servant. + +St Malo. + +St Brieux. + +Scés. + +Sillé. + +Ste Suzanne. + +St Benoist, _le Samedi à minuit_. + +Sarlac. + +Souflac. + +St Antonin. + +St Papoul. + +Sedan, _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Sarlouis. + +Schelestat. + +St Diez. + +St Nicolas. + +St Aubin. + +Sarbourg, _Tous les jours à midi à la réserve du Jeudi_. + +Saverne. + +Strasbourg. + +Saint Viet, _Dimanche, Mardi et Jeudi à midi_[91]. + + [91] «A huit heures du soir.» Édit. 1691. + +Saumur, _Dimanche, Mardi et Jeudi à midi_. + +Sainte Reine, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Saint Seine. + +Semur. + +St Florentin. + +St Brice. + +Seignelay. + +Sens. + +Sergines. + +Savigny sur Bray, _Mercredi et Samedi à midi_. + +Saint Hilaire du Argolt. + +Ste Menehout, _Le Dimanche, Mardi et Vendredi à 8 h. du soir_. + +Spire, _Lundi et Mercredi à 10 h. du soir_. + +Salins, _Mardi et Jeudi à midi et le Vendredi à minuit_. + +Soleurre. + +Saint-Firmin, _Lundi, Mercredi et Vendredi à midi_. + +St Brisson. + +St Fargeau. + +Sully. + +St Amand. + +St Pierre le Moutier. + +St Flour. + +St Géran. + +St Fourcain[92]. + + [92] Lisez «Saint Pourçain», comme dans l’édit. de 1691. + +St Germain Lepinasse. + +St Simphorien. + +St Etienne en Forest. + +St Papoul trois Châteaux. + +St Bonnets. + +St Cous. + +St Hipolyte. + +St Jean de Maurienne. + +Senez. + +St Calais, _Dimanche, Mardi et Jeudi à 8 h._ + +St Christophle. + +Suisse, _Lundi et Mercredi au soir_. + + +T. + +Tours, _Tous les jours à midi_. + +Troyes. + +Tilliers. + +Tournay. + +Trappe, _Tous les jours à 8 h. du soir_. + +Toulouse, _le Samedi à minuit et le Lundi par Bourdeaux_. + +Turbes[93], _le Samedi à minuit_. + + [93] «Tulle.» Édit. 1691. + +Tonnerre, _Dimanche, Mercredi, Vendredi et Samedi à midi_. + +Thionville, _Lundi à 8 h. du soir, Mercredi et Samedi à midi_. + +Tournon, _Lundi, Mercredi et Vendredi à 10 heures du soir_. + +Toullon sur Arroux, _Dimanche et Vendredi à midi_. + +Tournus. + +Tamlay. + +Tannay. + +Toussi. + +Theil. + +Thorigny, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +Tissy. + +Tournant. + +Tirol, _le Mercredi à 10 h. du soir_. Il faut payer le port des lettres +jusqu’à Rinhausen. + +Tiers, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Toulon. + +Tarrare. + +Turin, _Lundi et Mercredi à minuit_. + +Trente. + +Touars, _Dimanche, Mardi et Jeudi à midi_. + + +V. + +Ville Franche en Bajollois, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_. + +Verdun sur Saone. + +Vettamon[94]. + + [94] «Vermanton.» Édit. 1691. + +Vezelay. + +Villecien. + +Ville Vallier. + +Viteaux. + +Villefranche. + +Villeneuve la Gularde[95]. + + [95] Lisez «Ville neuve la Guiarde», comme dans l’édit. 1691. + +Ville Chasson. + +Valleri. + +Valence. + +Ville neuve St Georges. + +Vienne en Daufiné, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_. + +Varenne. + +Valt Sainte. + +Vierson. + +Vivier en Vivarés. + +Usez. + +Vence. + +Uriel. + +Uraison. + +Valence. + +Valencienne, _Tous les jours à midi_. + +Vernon. + +Verbrie. + +Vallemont. + +Vic. + +Vétheuil. + +Villers Cotterest, _Tous les soirs à 8 h._ + +Versailles. + +Vernain. + +Vannes, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + +Vitré. + +Vassé. + +Villaine. + +Verneuil au Berch[96]. + + [96] «Verneuil en Perche.» Édit. 1691. + +Vabres, _le Samedi à minuit_. + +Userche. + +Verdun, _Dimanche, Mardi et Vendredi à 10 h. du soir_. + +Vandôme, _Dimanche, Mardi et Jeudi à 8 h. du soir_. + +Ville au Clerc. + +Voil[97], _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + + [97] «Void.» Édit. 1691. + +Vertus. + +Vitry. + +Valogne, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_. + +Virre. + +Ville Dieu. + +Vendeuvres. + +Vassy. + +Villenauxe. + +Venise, _Mercredi à minuit_. + +Véronne. + +Vicence. + +Verseilles, _le Vendredi au soir_. + +Vienne, _Mercredi à 10 h. du soir_. + +Ulm. Il faut payer le port jusqu’au Rhinhausen. + +Vesoul, _Mardi, Jeudi à midi et Vendredi à minuit_. + + +X. + +Xainte, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_. + + +Y. + +Ypre, _Tous les jours à midi_. + +Yzeures, _Lundi, Mercredi et Samedi au soir_. + +Yelme. + +Ysigny, _Mercredi et Samedi à midi_. + + +Z. + +Zélande, _Lundi et Vendredi à midi_[98]. + + [98] «Le Bureau d’Angleterre est présentement à la grande Poste.» + Édit. 1691. + +Les Couriers pour la Cour partiront tous les jours à 8 h. du soir, +lorsqu’elle sera à Versailles, Saint-Germain ou Fontainebleau. Le Bureau +est rue de la Limace et rue des Déchargeurs[99]. + + [99] «Le Bureau général, où se distribuent les lettres qui sont + envoyées à Paris des Provinces et païs étrangers, est dans la rue + des Bourdonnois, où étoit autrefois l’hôtel de Villeroy. Et pour + envoyer les lettres dans les mêmes lieux le Bureau général est dans + la rue de la Limace, près la même rue des Bourdonnois.» _Id._--C’est + Pagot, fermier des Postes, qui les avoit établies dans l’hôtel de + Villeroy, dont il étoit propriétaire, depuis 1652. L’hôtel avoit une + porte rue des Bourdonnois et une autre rue de la Limace. + +Le Public sera averti de bien faire écrire le dessus des Lettres et +Paquets, s’en trouvant souvent pour des lieux hors de la route des +postes qui ne sont pas connus, ce qui est cause de la perte d’iceux; et +pour y remédier, ceux qui écriront ci-après, soit dans les bourgs, +villages ou chasteaux, écriront sur leurs lettres la Ville de la route +des Postes qui en peut être la plus proche, avec le nom de la Province. + +Et pour plus de commodité, il y a présentement six boëtes où l’on va +tous les jours lever les lettres précisément à midi et à 8 h. du soir en +hiver et en esté à 9 si exactement que lesdites heures du soir passées, +les Lettres survenues demeureront pour les Ordinaires suivans: sçavoir +une en la rue St Jacques au coin de la rue du Plâtre vis-à-vis la +vieille Poste[100]. Une au milieu de la place Maubert vis à vis la +Fontaine, à l’image St François. Une au fauxbourg St Germain au coin du +Jeu de Paulme de Metz[101]. Une ruë St Martin, au coin de la ruë aux +Ours. Et une rue St Antoine vis-à-vis l’Ours, devant la rue Geoffroy +Lasnier au petit Louvre couronné. + + [100] Sur le plan Gomboust, feuille V, la poste est indiquée rue + St-Jacques, à l’endroit marqué ici. Il étoit naturel qu’elle eût été + d’abord située au quartier de l’Université, puisqu’elle en avoit + dépendu dans l’origine, lorsque le service des Messagers, qui + mettoient les écoliers de Paris en communication avec leurs parents + de province ou de l’étranger, étoit le seul établissement de ce + genre qui existât. + + [101] Ce «jeu de Metz», comme on l’appeloit le plus ordinairement et + dont nous avons déjà plus d’une fois rencontré le nom, devoit se + trouver rue Mazarine, où les principaux jeux de paume s’étoient + groupés. C’est l’un d’eux qui servit, comme on sait, de premier + théâtre à Molière. Quelques-uns existoient encore sous la + Restauration.--Auprès du «Jeu de Metz» étoit un hôtel garni du même + nom, où mourut la femme de La Calprenède, le 14 mars 1668. + +On avertit aussi le public de payer le port des Lettres que l’on écrit +des Provinces par de là Paris, faute de quoy les Lettres ne seront pas +tenues. + + + + +ÉTAT + +DES PLUS CONSIDÉRABLES FOIRES DU ROYAUME. + + +_En Janvier._ + +Il y a Foire à Lyon le lendemain des Rois qui dure jusqu’au 26[102]. + + [102] Cette foire n’existe plus. Elle est remplacée par la foire + d’hiver qui dure du 1er au 10 décembre. + +A Laon le premier Lundi d’après le jour de l’an[103]. + + [103] Cette foire n’a pas été supprimée. + +A Saint Nicolas en Lorraine le septième[104]. + + [104] Il n’y a plus à Saint-Nicolas-du-Port que deux foires, celles + des derniers vendredis de mars et de septembre. + +A Joigny le douzième[105]. + + [105] C’est le 2 janvier que cette foire se tient à présent. + +A Provins, il y a marché franc tous les samedis. + + +_En Février._ + +A Paris, la Foire St Germain le troisième[106]. + + [106] «Elle commence le 3 février, dit Piganiol, t. I, p. 158, et ne + doit durer que quinze jours; mais elle se continue par permission du + Roi jusqu’au dimanche de la Passion. Cette prorogation est accordée + en faveur des valets de pied du Roi, auxquels les marchands donnent + une gratification pour cela.» La foire St-Germain fut supprimée à la + Révolution. Le marché du même nom est bâti sur une partie de son + emplacement. + +A Roüen le même jour. + +Le Pardon St Denis le jour St Mathias. + +A Montargis, le Lundi de devant les jours gras[107]. + + [107] Cette foire se tient maintenant le jeudi qui précède le jeudi + gras. + +A Ste Menehould, le jour de la Chaire St-Pierre[108]. + + [108] Elle se tient encore le même jour. + +A Montferrant, le Lundi de devant le Carême[109]. + + [109] On sait que la ville de Montferrand fut annexée en 1731 à celle + de Clermont qui en prit le nom de Clermont-Ferrand. La foire n’en + subsista pas moins. Elle se tient aujourd’hui le vendredi avant le + carême; elle dure trois jours. + +A Langres, le quinzième et dure huit jours[110]. + + [110] Cette foire se tient encore à la même époque. + + +_En Mars._ + +A Senlis, le 1er lundi de Carême. + +A Gien sur Loire, le second Lundi de Carême[111]. + + [111] Elle existe toujours. + +A Rheims, le premier Jeudi d’après Pâques[112]. + + [112] C’est maintenant le premier mardi après Pâques qu’elle se tient. + Elle dure huit jours. + +A Francfort le même jour. + + +_En Avril._ + +A Lyon le lendemain de la Quasimodo. + +A Clermont en Auvergne, le Jeudi Saint[113]. + + [113] Elle se tient à présent le mardi saint. + +A Chaumont en Bassigny, le lendemain des Fêtes de Pâques[114]. + + [114] C’est avant et non après Pâques qu’elle se tient maintenant. Son + jour est l’avant-dernier samedi qui précède le samedi saint. + +A Troyes en Champagne, le dernier Avril. + + +_En May._ + +A Creusi le Chastel proche Tonnerre, le premier et dure 8 jours[115]. + + [115] La foire de Cruzy-le-Châtel commence toujours le 1er mai. + +A Senlis, le deuxième[116]. + + [116] Elle commence maintenant le 25 avril. Sa durée est de 9 jours. + +A Fontenay en Brie, le premier jour. + +A Clermont en Auvergne, le neuvième[117]. + + [117] Elle se tient à la même date et dure 9 jours. + +A Chartre, Foire franche le onzième[118]. + + [118] C’est une foire de 10 jours, qui commence encore à la même + époque. + +A Niort le sixième[119]. + + [119] Elle se tient aujourd’hui le 7. + +A Meaux à la My-May[120]. + + [120] Elle existe encore et dure trois jours, les 15, 16 et 17 mai. + +A Fontainebleau le lendemain de la Trinité[121]. + + [121] Foire de trois jours, dont l’époque est restée la même. + + +_En Juin._ + +A Abbeville le deuxième. + +A St Denis le Lundi d’après la St Barnabé[122]. + + [122] Cette foire se tient à présent le jour même de la Saint-Barnabé + qui est le 11 juin. + +A Rouen le lendemain de la Pentecôte[123]. + + [123] On a maintenant avancé cette foire qui dure quinze jours. Elle + commence la veille de l’Ascension. + +A Fontenay en Poitou, le jour de la St Jean Baptiste[124]. + + [124] C’est le lendemain de la Saint-Jean qu’elle commence maintenant. + Sa durée est de deux jours, le 25 et le 26 juin. + +A Senlis, Foire franche le premier Lundi d’après la St Jean. + +A Bourges le dix neuvième et dure 8 jours[125]. + + [125] Cette foire n’a plus que deux jours: les 20 et 21 juin. + + +_En Juillet._ + +A Fontenay en Brie, Foire franche le deuxième[126]. + + [126] Elle se tient encore le même jour. + +A Lion, le quatrième, et finit le dix-neuvième[127]. + + [127] C’est à présent la foire de la Pentecôte. Elle ne dure plus que + trois jours. + +A la Royale en Bretagne, le cinq et dure 8 jours. + +A Rheims le Lundi d’avant la Magdeleine. + +A Montargis[128] et à Espernay le même jour[129]. + + [128] C’est la foire du 20 juillet, veille de la Madeleine, qui existe + encore. + + [129] L’époque de cette foire n’a pas été changée. + + +_En Aoust._ + +A Fontenoy en Poitou, le premier jour du mois, Foire franche à l’abbaye +de Jarcy[130]. + + [130] Cette foire de deux jours commence maintenant le 2 août. + +A Lion le quatrième et finit le vingt troisième. + +A Clermont en Auvergne, le sixième[131]. + + [131] Cette foire a été reportée au 15 août. + +A Paris, la Foire St Laurent, le sixième et dure le reste du mois[132]. + + [132] C’est le 10, jour de la fête du Saint, et non le 6 août, que la + foire Saint-Laurent commençait, pour durer jusqu’au 7 septembre. Les + prêtres et missionnaires de Saint-Lazarre, dont le couvent étoit + voisin du préau où elle se tenoit, l’avoient fait établir pour + bénéficier des droits à percevoir. En 1705, ces droits devinrent + plus considérables, lorsqu’ils eurent obtenu que la foire ne + commenceroit plus le 10 août, mais le 24 juillet, et dureroit + jusqu’à la Saint-Michel, c’est-à-dire jusqu’au 29 septembre: «Elle + est, dit Piganiol, t. I, p. 158, de même que celle de Saint-Germain, + franche pour toutes sortes de marchands et de marchandises.» + +A Chartre, Foire franche le 14[133]. + + [133] Elle a été reportée au 24 du même mois et dure trois jours. + +A Guibray, le Lundi de la My-Aoust, et dure huit jours[134]. + + [134] C’est la fameuse foire qui se tient encore à Falaise, dans le + faubourg de Guibray. Elle dure maintenant quinze jours. Comme on y + achète beaucoup de cadeaux, le mot guibrée, dans le patois + d’Alençon, signifie présent. + +A Creusi le Chastel proche Tonnerre le dix-septième[135]. + + [135] Elle se tient à présent le 7 septembre. + + +_En Septembre._ + +A Vitry le François, le premier jour[136]. + + [136] Elle existe encore. + +A Toul en Lorraine le sixième[137]. + + [137] On l’a avancée de trois jours maintenant. + +A Seez le Jeudi d’après la Nativité Notre Dame. + +A Provins, à l’exaltation Ste Croix jusqu’à la fin du mois. + +A Espernay, le même jour[138]. + + [138] Ce jour est le 15 septembre. C’est encore celui de la foire + d’Épernay. + +A Blangy[139] en Brie, le jour de St Mathieu apôtre. + + [139] Lisez «Blandy». La foire s’y tient encore le même jour 21 + septembre. + + +_En Octobre._ + +A Rheims, le premier jour. + +A St Denis en France le dixième jour. + +A Sens le dix septième. + +A Rouen, le vingt troisième[140]. + + [140] Elle commence encore le même jour et en dure quinze. + +A Senlis, Foire franche, le Jeudi d’après St Luc. + +A Châlons en Champagne, le Vendredi d’après St Denis[141]. + + [141] Cette foire de huit jours existe encore, mais a été reportée du + vendredi au samedi d’après la Saint-Denis, c’est-à-dire au 18 + octobre. + +A Fontenay en Brie, Foire franche le Samedi de devant la Toussaint[142]. + + [142] Elle se tient à présent le 12 octobre. + + +_En Novembre._ + +A Troye le deuxième. + +A Lion le quatrième. + +A Meaux le jour de la St Martin[143]. + + [143] C’est une foire de trois jours qui existe encore. + +A Châlons en Champagne, le Vendredi d’après St Martin[144]. + + [144] Elle a été reportée au samedi; elle dure trois jours. + +A Clermont en Auvergne le onzième. + +A Fontainebleau, le lendemain de la Ste Catherine[145]. + + [145] Cette foire de trois jours se tient encore à la même date: les + 26, 27 et 28 novembre. + +A Creusi le Chastel, le jour de St André[146] et dure 8 jours. + + [146] C’est-à-dire le 30 novembre. Elle se tient à présent le jour + suivant. + + +_En Décembre._ + +A Vitry le François le premier[147]. + + [147] Elle se tient encore le même jour. + +A Niort, le lendemain de la St André[148]. + + [148] C’est le jour même de la Saint-André, 30 novembre, qu’elle se + tient aujourd’hui. + +A Vinacour près Amiens, le même jour. + +A St Nicolas en Lorraine le sixième. + +A Poitiers le même jour. + +A Bourges le vingt septième[149]. + + [149] Elle commence à présent le 24 et dure vingt jours. + +A Chablis, le dernier jour[150]. + + [150] La date n’en a pas été changée. + + + + +APPENDICE + + + + +LISTE + +DE MESSIEURS DE L’ACADÉMIE FRANÇOISE[151] + +_en Ianvier 1676_[152]. + + [151] Ces Listes se publièrent d’abord en une brochure in-4º, comme la + première qui va suivre; puis sous forme de placard in-folio, dont un + exemplaire étoit affiché dans la salle du Louvre, où Colbert avoit + permis, en 1673, que l’Académie s’installât, lorsqu’après la mort du + chancelier Séguier elle eut quitté son hôtel, avec le roi pour + nouveau protecteur. + + [152] Ce n’est qu’à partir de 1711 que l’_Almanach Royal_ publia les + noms et les adresses des Académiciens du moment d’après ces Listes, + qui sont devenues très rares. Les deux que nous donnons, à la suite + l’une de l’autre, sont les seules que nous connaissions. + + +LE ROY, Protecteur. + +Messieurs + +1635. Henry-Louis Habert, sieur de MONTMOR, doyen des Maistres des +Requestes, rue _S. Avoye_[153]. + + [153] Il étoit de l’Académie depuis sa fondation, comme l’indique la + date de 1635, qui précède ici son nom. Il se tenoit chez lui des + conférences, mais de philosophie et de physique. Gassendi fut + quelques années son hôte, à l’époque où Chapelle, Molière et Bernier + suivoient ses leçons. Son hôtel, autrefois magnifique, «ædes + renidentes», comme dit Sorbière, existe encore dans la partie de la + rue du Temple qui s’est substituée à la rue Sainte-Avoie. Il mourut + le 21 janvier 1679. L’abbé de Lavau fut son successeur à l’Académie. + Quelques-unes des premières séances, avant qu’elle eût un + établissement fixe, s’étoient tenues chez Montmor.--Son fauteuil, le + 40e, est occupé par M. Cuvillier-Fleury, selon le _Dictionn. histor. + de la France_, par M. Lud. Lalanne, que nous prenons pour guide. + +Iean DES-MARESTS, cy-devant Controlleur General de l’Extraordinaire des +Guerres, _à la Place Royale_[154]. + + [154] Desmarests Saint-Sorlin, factotum poétique de Richelieu, pour + lequel il fit _Mirame_, et qui l’avoit mis, des premiers, de son + Académie. Il mourut cette année 1676, le 28 octobre, et eut J. J. de + Mesmes pour successeur. On lui devoit l’inscription de la statue de + Louis XIII élevée dans la place Royale, où il logeoit. Il avoit + auparavant habité l’hôtel Pelvé, qu’il avoit fait rebâtir, car il se + mêloit d’architecture, au coin des rues de Thiron et du Roi de + Sicile. Il y avoit été, dans les premiers temps, un des hôtes de + l’Académie encore sans asile.--Son fauteuil, le 39e, est occupé par + M. de Champagny. + +1639. François ESPRIT, advocat en Parlement[155]. + + [155] Son prénom étoit Jacques, et non François; Pellisson (_Hist. de + l’Acad. françoise_, édit. Ch. Livet, I, p. 288) le fait non pas + avocat, mais conseiller du roi. On a de lui: _Paraphrase de quelques + psaumes_, dont l’édition, imprimée toute en italiques, est rare. Il + fut très goûté chez La Rochefoucauld, chez Mme de Sablé et chez le + chancelier Séguier, qui contribua beaucoup à le faire recevoir de + l’Académie à la place de Philippe Habert (V. _Regist._ du 14 fév. + 1639). Si son adresse n’est pas donnée ici, c’est qu’à la suite du + prince de Conti il s’étoit retiré à Béziers, où il mourut le 6 + juillet 1678. L’archevêque de Rouen, Colbert, lui succéda.--Son + fauteuil, le 3e, est échu à M. Jules Sandeau. + +1640. Olivier PATRV, advocat en Parlement[156], _proche le +Puy-l’Hermite[157], faubourg S. Marcel_. + + [156] On sait trop la réputation qu’il se fit au barreau de Paris pour + que nous devions y insister. Il avoit succédé, comme académicien, à + Porchères d’Arbaud. Il mourut le 16 janvier 1681 et fut remplacé par + le président Potier de Novion.--Son fauteuil, le 6e, est aujourd’hui + celui de M. le duc de Noailles. + + [157] Ce puits, qui se trouvoit au carrefour formé par les rues de + l’Épée de bois, Gracieuse et Françoise, finit par donner son nom à + cette dernière. Patru logeoit encore auprès lorsqu’il mourut. (Jal, + _Dict. critique_, p. 945.) Richelet parle ainsi de sa maison: «Patru + se retira dans le plus beau quartier du faubourg Saint-Marcel, en + une petite maison assez agréable, qui avoit un jardin, une + basse-cour et toutes les commoditez des charmants réduits de la + campagne.» _Les plus belles Lettres françoises_, édit. de 1708, + in-12, 1re part., p. 57. + +1643. Claude Bazin, sieur de BEZONS, conseiller d’Estat[158], _près les +Capucins du Marais_[159]. + + [158] Il avoit été avocat général au grand Conseil, et s’y étoit fait, + «parlant éloquemment et fortement en toutes rencontres», comme dit + Chapelain, les seuls titres qu’il eût à être de l’Académie. Il y + remplaça Séguier en 1643, et, lorsqu’il mourut, le 20 mars 1684, à + 67 ans, il eut Boileau pour successeur.--Son fauteuil, le 7e, est + occupé par M. Émile Augier. + + [159] Leur couvent, construit en 1622 et supprimé en 1790, se trouvoit + à l’angle des rues d’Orléans et du Perche, où l’église, bâtie sur + l’emplacement d’un jeu de paume, existe encore sous l’invocation de + saint François d’Assise. + +1647. Pierre CORNEILLE, cy-devant Advocat General à la Table de Marbre +de Normandie, _rue de Clery_[160]. + + [160] Nous nous contenterons de dire que P. Corneille ne fut pas de + l’Académie tant que vécut Richelieu, qui lui gardoit rancune du + _Cid_. Six places s’étoient successivement trouvées vacantes: il ne + lui en laissa prendre aucune, sous prétexte qu’il habitoit Rouen. A + ce compte, Esprit, qui habitoit beaucoup plus loin, à Béziers, + aurait dû encore en être moins, et il en fut pourtant. En 1647 + seulement, sous Mazarin, Corneille fut élu à la place de + Maynard.--Nous ne dirons rien sur l’adresse qui lui est donnée ici: + _rue de Cléry_. Nous en avons parlé longuement, à propos de son + dernier logis rue d’Argenteuil, dans notre _Histoire de la Butte des + Moulins_, p. 263.--Par le plus ingénieux et le plus sensé des + hasards, il se trouve qu’aujourd’hui le fauteuil de P. Corneille, le + 9e de l’Académie, est celui de M. Victor Hugo. + +1649. François de MEZERAY, conseiller du Roy, Historiographe de +France[161], _rue Mont-Orgueil, vis-à-vis la rüe Beaurepaire_[162]. + + [161] On aurait dû ajouter--mais ce n’étoit pas l’usage--_secrétaire + perpétuel_. Il l’étoit alors depuis un an, à la place de Conrart. + Comme académicien, il avoit succédé à Voiture en 1649, et il fut + remplacé lui-même, en 1685, par l’avocat Barbier d’Aucourt.--Son + fauteuil, le 12e, est occupé par M. Jules Favre. + + [162] Son testament, signé le 11 juillet 1683, est daté de cette + adresse, mais avec la simple indication: «rue Montorgueil». + +1650. Jean DOVJAT, Docteur Regent, et premier Professeur du Roy en Droit +Canon, Conseiller et Historiographe de Sa Majesté[163], _rue St Iean de +Beauvais_[164]. + + [163] Il avoit succédé au continuateur de l’_Astrée_, Baro, dont, par + la date donnée ici pour l’entrée de Doujat à l’Académie, on connoît + approximativement l’époque de la mort, restée autrement assez + problématique. (Pellisson, _Hist. de l’Acad. franç._, édit. Livet, + t. I, p. 238.) Doujat eut pour successeur l’abbé Renaudot, en + 1689.--Son fauteuil, le 15e, vient d’échoir à M. Henri Martin, par + suite de la mort de M. Thiers. + + [164] Son titre de professeur en droit canon lui permettoit d’y + habiter les _Écoles de droit_, dont la principale entrée étoit dans + cette rue. V. plus haut, t. I, p. 33. + +1651. François CHARPENTIER[165], _rue de la Verrerie_[166]. + + [165] C’est surtout comme traducteur qu’on le reçut, en 1651, de + l’Académie; il travailla aussi à la rédaction des _Voyages_ de + Chardin.--Il occupoit le 16e fauteuil, où il avoit remplacé J. + Baudoin, et que l’évêque de Senlis, Chamillard, eut après lui, en + 1702. C’est aujourd’hui celui de M. le duc de Broglie. + + [166] Il avoit d’abord habité près du Louvre une maison, dont il étoit + le propriétaire, mais qu’il avoit dû quitter. Le roi se l’étant + réservé «pour le grand dessein du Louvre», Charpentier n’avoit pas + eu le droit d’y faire les réparations nécessaires, et c’est pour n’y + pas être écrasé sous les ruines que force lui avoit été d’en partir + avec tous ses locataires. + +François TALLEMANT, conseiller du Roy, et Premier Aumosnier de Madame, +abbé de Val-Chrestien, et prieur de S. Irenée, _rue Sainte-Anne, proche +celle de la Sourdière_[167]. + + [167] Frère cadet de Tallemant des Réaux. Il est fameux par le vers + que sa traduction de Plutarque lui valut de la part de Boileau, et + auquel un académicien du même nom et de la même famille, l’abbé Paul + Tallemant, qu’on trouvera plus loin, riposta par une lettre très + digne, très spirituelle, mais trop peu connue. Elle se trouve dans + l’édit. du Racine in-8º de 1768, t. VII, p. 254. Il avoit succédé, + en 1669, à J. de Montreuil, et il eut pour successeur, en 1693, + Simon de Laloubère.--Son fauteuil, le 13e, est aujourd’hui celui de + M. le duc d’Audiffret-Pasquier. + +1652. Armand de Cambout, duc de COASLIN, Pair de France, Lieutenant +General pour le Roy en Basse-Bretagne, Mestre de Camp General de +la Cavalerie Legere, _rue des Deux-Portes, près de la rue +Mont-Orgueil_[168]. + + [168] Petit-fils de Séguier par sa mère, il avoit été, lorsqu’il + remplaça L’Estoille, en 1652, académicien de naissance pour ainsi + dire. Son fils et son petit-fils, qui, l’un après l’autre, lui + succédèrent, le furent de même. Chapelain, lui cherchant des titres, + ne trouva qu’une harangue «courte et bonne» qu’il avoit faite, comme + président, aux États de Bretagne: «Du reste, ajoute-t-il, il se + pique plus de guerre que d’écriture.»--Son fauteuil, le 17e, est + occupé par M. Hippolyte Taine. + +1653. Paul PELLISSON Fontanier, conseiller du Roy en ses Conseils, +maistre des Requestes ordinaire de son Hostel[169], _maison abbatiale de +S. Germain des Prez_[170]. + + [169] On connoît assez Pellisson pour que nous n’ayons pas à parler de + lui. Il ajoutoit à son nom celui de Fontanier, qui étoit celui de sa + mère, pour se distinguer de son frère aîné Georges. Il avoit en 1653 + remplacé Porchères Laugier, et il eut en 1693 Fénelon pour + successeur.--Son fauteuil, le 20e, est maintenant celui de M. + Dufaure. + + [170] C’est comme administrateur de l’économat de l’abbaye qu’il + habitoit «cette maison abbatiale», dont on peut voir encore la + façade presque intacte au bout de la rue Furstemberg. V. plus haut, + t. I, p. 23. + +1654. Paul-Philippes de CHAVMONT, Evesque de Dax[171]. + + [171] On disoit alors plus communément évêque d’Acqs. Cet évêché de + Dax fut supprimé en 1802. Chaumont l’occupa de 1671 à 1684, puis + s’en démit. Étoit-ce pour être plus assidu à l’Académie? Il y avoit, + en 1654, remplacé Sérizay, et le président Cousin l’y remplaça en + 1697: «La nécessité de ses fonctions, dit-il de son prédécesseur, le + priva pendant quelque temps des avantages de votre société.» Son + fauteuil, le 18e, est occupé par M. le comte de Falloux. + +1656. Charles COTIN, abbé de Mont-Fronchel, chanoine de Bayeux, _rüe +Simon-le-Franc_[172]. + + [172] Une des plus fameuses victimes de Boileau et de Molière. L’abbé + d’Olivet croyoit qu’il n’avoit été qu’un an chanoine de Bayeux: + nommé en 1650, il auroit l’année d’après, «ne voulant pas résider à + Bayeux», résigné son canonicat. On voit que c’est une erreur + puisque, seize ans après, notre liste le lui attribue encore. Cotin + avait, en 1655, succédé à Habert de Cérizy; en janvier 1682, il eut + l’abbé de Dangeau pour successeur.--Son fauteuil, le 21e, est + aujourd’hui celui de M. Charles Blanc. + +1657. César d’ESTRÉES[173], Cardinal Evesque et Duc de Laon, Pair de +France, _rüe Barbeth_[174]. + + [173] Il n’eut de titres à l’Académie que comme homme d’État. Il en + fut pendant cinquante-six ans: depuis 1658, époque où il succéda à + Du Ryer, jusqu’en 1714. Son neveu le maréchal d’Estrées le remplaça. + C’est au cardinal d’Estrées que l’Académie française dut ses + fauteuils, dont un existe encore chez M. Camille Doucet, secrétaire + perpétuel. (V. notre _Histoire du Louvre_ dans _Paris à travers les + âges_.)--Il occupoit le 18e, échu aujourd’hui à M. V. Sardou. + + [174] Lisez Barbette. L’hôtel d’Estrées, qui fut depuis l’hôtel de + Corberon, puis une succursale de l’école de Saint-Denis, s’y + trouvoit à l’extrémité à gauche, du côté de la rue des + Trois-Pavillons. On l’a démoli sous le second empire. + +1658. Iean-Iacques Renoüard, sieur de VILLAYER, Conseiller d’Estat +ordinaire[175], _rüe Chapon_. + + [175] Il avoit remplacé Servien, et il eut pour successeur Fontenelle, + en 1691. Il n’étoit pas conseiller d’état ordinaire, comme il est + dit ici, mais par semestre.--Son fauteuil, le 22e, est occupé par M. + Caro. + +1661. Iacques CASSAIGNE, Docteur en Theologie, Prieur de S. Estienne, +_rüe d’Orléans_[176]. + + [176] C’est le prédicateur dont s’est tant moqué Boileau. N’ayant + guère que vingt-sept ans, il avoit, au commencement de 1662, succédé + à Saint-Amant. Il mourut en 1679, et fut remplacé par M. de Crécy. + L’évêque de Luçon, Nic. Colbert, lui avoit délégué sa charge de + gardien de la Bibliothèque du roi.--Il occupoit le 24e fauteuil, + celui de M. d’Haussonville aujourd’hui. + +1662. Antoine FVRETIERE, abbé de Chalivoy et Prieur de Chuisnes, _rüe de +Savoye_[177]. + + [177] Il avoit, en 1662, succédé à Boissat. La fameuse affaire du + _Dictionnaire_, qu’il recommençoit sur un plan nouveau, pendant que + l’Académie, privilégiée pour ce travail, le continuoit sans s’être + assez tôt défiée de ce que nous appellerions une concurrence + déloyale, le fit exclure le 27 janvier 1685. On ne lui donna + toutefois un successeur qu’à sa mort, en 1688; ce fut La + Chapelle.--Son fauteuil, le 25e, est occupé par M. X. Marmier. + +Iean Regnaud de SEGRAIS[178], _rüe de Vaugirard, vers le Calvaire_[179]. + + [178] Successeur de Boisrobert, en 1662, il fut remplacé en 1701 par + Campistron.--Son fauteuil, le 26e, est occupé par M. de Viel-Castel. + + [179] Il y logeoit chez Mme de La Fayette, qui l’avoit recueilli + lorsqu’il eut quitté le Luxembourg, où il étoit gentilhomme de + Mademoiselle, et qui le fit travailler à son roman de _Zayde_. Le + couvent du Calvaire n’existe plus depuis 1790. L’église, après avoir + servi de remise, a été absorbée par le palais du Sénat. Le cloître + est devenu une serre. + +Michel le CLERC, advocat en Parlement, _Place Royale_[180]. + + [180] Il n’est plus connu que par l’épigramme que fit Racine contre + son _Iphigénie_, tragédie à laquelle Boyer, qu’on trouvera plus + loin, collabora. Le Clerc avoit, en 1662, remplacé Priezac, et il + eut pour successeur Toureil, en 1692.--Son fauteuil, le 5e, est + aujourd’hui celui du savant chimiste, M. J. B. Dumas. + +1663. François de Beauvilliers, duc de SAINT-AGNAN, Pair de France, +Premier Gentilhomme de la Chambre du Roy, Gouverneur du Havre de Grace, +chevalier des Ordres de Sa Majesté[181], _près de la Grande +Escurie_[182]. + + [181] Reçu en 1663 à la place de La Mesnardière, il fut, en 1697, + remplacé par l’abbé de Choisy. En qualité de bel esprit de la cour, + il protégeoit volontiers ceux de la ville. Molière entre autres s’en + étoit bien trouvé.--Son fauteuil étoit le 11e, occupé maintenant par + M. Littré. + + [182] Il logeoit au pavillon Marsan, près duquel la grande écurie + s’étendoit jusqu’aux environs de la rue Saint-Honoré. + +1665. Roger de Rabutin, comte de BUSSY, Lieutenant General des Armées du +Roy[183]. + + [183] Il avoit en 1665 succédé à Perrot d’Ablancourt, et il eut pour + successeur, en 1693, Paul Bignon. Disgracié, comme on sait, pour son + _Histoire amoureuse des Gaules_, il habitoit sa terre de Chaseu en + Bourgogne.--Son fauteuil, le 2e, est à présent celui de M. Mignet. + +Iacques TESTU, abbé de Belval[184], _à la Place Royale_[185]. + + [184] Bautru de Serrant l’avoit précédé sur le fauteuil qu’il + occupoit, et le marquis de Saint-Aulaire l’y remplaça en + 1706.--C’est le 27e, que la mort de M. de Sacy vient de laisser + vacant. + + [185] La duchesse de Richelieu, qui l’avoit en grande amitié, l’y + logeoit dans son hôtel. + +1666. Paul TALLEMANT, Prieur de S. Albin, _rüe de Clery_[186]. + + [186] C’est lui dont nous avons cité plus haut, à propos de son parent + François Tallemant, une si verte réplique à Boileau. Successeur de + Gombaud, en 1666, à vingt-trois ans, il fut remplacé en 1712 par + Danchet.--Son fauteuil, le 29e est vacant en ce moment par suite de + la mort de M. Saint-René Taillandier. + +Claude BOYER[187], _rüe de Clery_[188]. + + [187] Autre victime de Boileau et de Racine. Il avoit eu pour + prédécesseur Giry, en 1665, et il eut pour successeur l’abbé Genest, + en 1698. Il étoit du Languedoc comme Leclerc, avec lequel il + collaboroit non-seulement pour des tragédies, mais aussi pour des + lettres politiques sur les affaires du temps, qui les firent plus + d’une fois inquiéter (_Corresp. administ. de Louis XIV_, t. II, p. + 555).--Le fauteuil de Claude Boyer, le 28e, est occupé par M. D. + Nisard. + + [188] Paul Tallemant, qui l’avoit défendu, en même temps que son + parent, dans la lettre que nous rappelions tout à l’heure, l’avoit + en grande estime et le logeoit chez lui, rue de Cléry: «Vous sçavez, + dit-il à Boileau, qu’il a toujours demeuré et est mort dans notre + maison, maison assez aimée des gens de lettres.» + +Iean-Baptiste COLBERT, conseiller du Roy en tous ses Conseils, +secretaire d’Estat, Grand Tresorier des Ordres du Roy, Controlleur +General des Finances, Surintendant et Ordonnateur General des Bastiments +du Roy, Arts et Manufactures de France[189], _rüe neuve des Petits +Champs_[190]. + + [189] C’est le grand ministre qui, par conséquent, n’aura pas beaucoup + à nous occuper ici. L’Académie l’avoit reçu, en 1660, à la place de + Silhon. Il n’y vint guère, aimant mieux, à l’occasion, faire venir + les académiciens chez lui, à Sceaux (_Mercure_, oct. 1677). Il eut, + en 1684, La Fontaine pour successeur.--Son fauteuil, le 30e, est + aujourd’hui celui de M. Duvergier de Hauranne. + + [190] Son hôtel y est remplacé par deux passages, dont l’un en a pris + le nom de «passage Colbert». + +1667. Philippes de Courcillon marquis de DANGEAV, Gouverneur de +Touraine, et Colonel du Regiment d’Infanterie du Roy[191], _rüe S. +Honoré_[192]. + + [191] L’auteur du fameux _Journal_ du grand règne. Il était de + l’Académie depuis longtemps lorsqu’il le commença. Sa réception, + comme successeur de Scudéry, date, comme on le voit ici, de 1667; + lorsqu’il mourut, en 1720, cédant la place au duc de Richelieu, il + étoit doyen.--Son fauteuil, le 14e, est aujourd’hui celui de M. + Camille Doucet. + + [192] Il y logeoit dans la partie qui dépendoit de Saint-Eustache. + C’est en effet à cette église qu’il s’étoit marié le 7 mai 1670. Il + eut plus tard son hôtel à la place Royale. + +1670. François Seraphin REGNIER des Marais[193], Prieur commendataire de +Grandmont[194], Académicien de la Crusca[195], _à l’Hostel de +Crequy_[196]. + + [193] Il étoit académicien depuis six ans, ayant été élu en 1670 pour + le fauteuil laissé vacant par Cureau de la Chambre. Il fut nommé en + 1684 secrétaire perpétuel, à la place de Mézeray, et mourut en 1713. + La Monnoie lui succéda. V. plus bas, p. 301.--Son fauteuil, le 31e, + est occupé par M. Ernest Legouvé. + + [194] Le roi lui avoit donné ce riche prieuré, lorsqu’il ne demandoit + qu’une pension, et c’est ainsi qu’il fut abbé sans l’avoir voulu, + mais sans le regretter. + + [195] Il avoit, dit-on, plus de talent en italien qu’en françois: + «S’il réussit, écrit d’Alembert, à faire passer un de ses sonnets + pour être de Pétrarque, il n’eût pas fait passer ses vers françois + sous le nom d’un grand poète.» _Éloges des Académiciens_, t. III, p. + 205. + + [196] Le duc de Créqui, dont il avoit été le secrétaire pendant son + ambassade à Rome, le logeoit chez lui. Son hôtel, auparavant hôtel + Mazarin, se trouvoit, quai Malaquais, sur l’emplacement occupé + aujourd’hui par une partie de l’école des Beaux-Arts. Il a été + démoli en avril 1845. + +Pierre Cureau de la CHAMBRE, Docteur en Theologie[197], Curé de S. +Barthelemy[198]. + + [197] Son père, médecin célèbre, avoit été de l’Académie. C’est ce qui + lui en ouvrit les portes en 1669, à la mort de Racan. La Bruyère lui + succéda en 1693.--Il occupoit le 14e fauteuil, celui de M. Auguste + Barbier aujourd’hui. + + [198] Il y fut d’un zèle de charité admirable. Pendant le rude hiver + de 1693, il vendit tout pour secourir ses paroissiens décimés par le + froid et la contagion: «il ne lui restoit plus, dit l’abbé d’Olivet, + qu’à donner sa vie.» La contagion la lui prit. Il mourut le 15 avril + suivant. + +Philippes QVINAVLT, auditeur des Comptes[199], _rüe neuve S. +Médéric_[200]. + + [199] L’auteur bien connu des opéras que la dévotion lui fit renier à + la fin de sa vie. Son mariage avec la riche veuve Mme Bonnet, qui + lui apporta cent mille écus, lui avoit permis d’acheter une charge + d’auditeur des comptes. + + [200] Il étoit né rue Grenelle-St-Honoré où, comme on sait, son père + étoit boulanger. Il se maria rue de la Grande-Truanderie, logea + quelque temps où nous le voyons ici, rue Neuve-Saint-Merry, et + s’établit enfin à l’île Saint-Louis où il mourut en 1688. Fr. de + Caillières lui succéda à l’Académie, où il avoit lui-même remplacé + Salomon en 1670.--Son fauteuil, qui porte le nº 1, est aujourd’hui + occupé par M. Ernest Renan. + +1671. François de HARLAY de Chanvallon, archevesque de Paris, duc et +Pair de France, etc.[201]. + + [201] Fait académicien en 1671, il avoit eu pour prédécesseur Hardouin + de Péréfixe, comme lui archevêque de Paris. Son successeur fut le + savant Dacier, en 1691.--Il occupoit le 19e fauteuil, celui de M. + John Lemoine aujourd’hui. + +1672. I. Benigne BOSSVET, Evesque de Condom, Precepteur de Monseigneur +le Dauphin[202]. + + [202] Il ne fut de l’Académie, à quarante-cinq ans, que lorsque sa + nomination comme précepteur du Dauphin lui permit de quitter Condom, + et d’habiter Versailles. Successeur de Hay de Chambon, en 1672, il + fut remplacé en 1704 par le cardinal de Polignac.--Son fauteuil, le + 33e, est occupé par M. Camille Rousset. + +Charles PERRAVLT, Controlleur General des Bastiments du Roy[203], _rüe +Neuve des bons Enfans_[204]. + + [203] C’est l’auteur des _Contes des fées_. La protection de Colbert + le fit entrer en 1671 à l’Académie où il avoit eu Fr. de Montigny + pour prédécesseur. Le cardinal de Rohan lui succéda en 1704. Il + occupoit le 24e fauteuil, celui de M. Mézières en ce moment. + + [204] Il y logeoit dans les dépendances du Palais-Royal, qu’il quitta, + lorsque Colbert l’eut disgracié, pour aller habiter une maison à lui + dans le faubourg Saint-Jacques. + +1673. Esprit FLECHIER, abbé de Severin[205], _rüe S. Thomas à l’hostel +de Rambouillet_[206]. + + [205] Il eut pour prédécesseur Godeau, qu’il remplaça en 1673; et pour + successeur H. de Nesmond, en 1710. L’abbaye de Séverin n’étoit pas + son seul bénéfice, il eut aussi celle de Baignes, et le prieuré de + Peyrat.--Son fauteuil, le 34e, est occupé par M. V. de Laprade. + + [206] Il y logeoit chez Montausier, qui se l’étoit attaché comme + «homme de lettres». Il y étoit déjà venu auparavant du temps de Mme + de Rambouillet, la célèbre Arthénice; et c’est comme hôte du _Salon + bleu_, où il étoit connu sous le nom de Damon, qu’il avoit pu si + bien dire, en 1671, dans l’oraison funèbre de Julie d’Angennes, + duchesse de Montausier: «Souvenez-vous de ces cabinets que l’on + regarde encore avec tant de vénération, où l’esprit se purifioit... + où se rendoient tant de personnes de qualité et de mérite.» + +Iean RACINE[207], Trésorier de France à Moulins[208], _à l’Hostel des +Ursins_[209]. + + [207] Lorsqu’il fut nommé en 1673 à la place de La Mothe Le Vayer, il + étoit au plus fort de ses succès de théâtre. Valincourt, qui avoit + été de ses meilleurs amis, lui succéda en 1699.--Son fauteuil est le + 4e, le même qui est occupé maintenant par M. Octave Feuillet. + + [208] On ne sait pas au juste à quelle date Racine eut cette charge, + qui fut pour lui la plus absolue des sinécures. On le dispensa même, + comme académicien et historiographe du roi, d’en aller prendre + possession. (_Lettres_ de Colbert, t. V, p. 524.) + + [209] Il y logeoit déjà en 1668, quand furent joués _les Plaideurs_. + V. plus haut, t. I, p, 95, note, et _Hist. de l’Académie_, édit. Ch. + Livet, t. II, p. 333. Quand il se maria, le 1er juin 1677, il y + logeoit encore, car il est donné sur l’acte comme habitant la + paroisse Saint-Landry, qui étoit celle de l’hôtel des Ursins. Il + alla demeurer peu après rue Saint-André-des-Arts, au coin de la rue + de l’Éperon. + +Iean GALLOIS, abbé de S. Martin de Cores[210], _rüe Vivien_[211]. + + [210] Académicien, comme Perrault, de la façon de Colbert, il fut élu, + en 1673, à la place de Bourzeis; l’abbé Mongin lui succéda en 1708. + L’abbaye de Saint-Martin des Cores, dont il étoit pourvu, se + trouvoit au diocèse d’Autun. On a vu plus haut, t. I, p. 142, note, + qu’il avoit travaillé au _Journal des savants_. Ajoutons qu’il aida + au rétablissement de l’Académie des sciences, dont il fut dès lors + le secrétaire.--Son fauteuil à l’Académie françoise étoit le 35e, + occupé aujourd’hui par M. Gaston Boissier. + + [211] Premier nom de la rue Vivienne, qui le devoit à Louis Vivien, + seigneur de la Grange-Batelière, dont _la censive_ s’étendoit + jusque-là. L’abbé Gallois y logeoit dans une dépendance de l’hôtel + Colbert, pour laquelle la rue qui mit en communication les rues + Vivien et de Richelieu fut percée peu après, derrière l’hôtel + Mazarin, devenu hôtel de Nevers: «On va faire, lisons-nous sous la + date du 13 avril 1682, dans les _Lettres hist. et anecd._ ms. de la + Biblioth. nat., une nouvelle rue auprès de la maison de M. Colbert + et derrière l’hôtel de Nevers, qui portera le nom de: _La rue + Colbert_.» + +1674. Isaac de BENSERADE[212], _au Palais Royal_[213]. + + [212] Il avoit succédé à Chapelain, en 1674, et eut pour successeur + Pavillon, en 1691. Il occupoit le 37e fauteuil, qui est à présent + celui de M. Émile Ollivier. + + [213] Il y mourut le 20 oct. 1691. Il avoit d’abord habité au quartier + des Écoles, dans la rue Fromentelle; puis, vers 1651, rue des + Bons-Enfants, chez Mme de La Roche-Guyon qui l’aimoit fort; ensuite + aux Tuileries, comme le prouvent ses vers: _Plaintes du cheval + Pégase aux chevaux de la petite écurie qui le veulent desloger de + son galetas des Tuileries_; et enfin au Palais-Royal, qu’il ne + quittoit, l’été, que pour sa maison d’Arcueil, dont Adam Parelle a + dessiné et gravé «le berceau de feuillage». + +Pierre Daniel HVET, Sous-Precepteur de Monseigneur le Dauphin[214], _rüe +neuve des Petits Champs_[215]. + + [214] Il avoit remplacé Gomberville en 1674, et le fut lui-même par + Boivin en 1721. Nous le retrouverons sur la liste suivante.--Son + fauteuil, le 36e, est aujourd’hui celui de Mgr le duc d’Aumale. + + [215] Il y logeoit chez un charpentier, vis-à-vis le marché aux + chevaux. (V. notre _Hist. de la butte des Moulins_, p. 104.) + +1675. Toussaints ROSE, secretaire du Cabinet, _à l’Hostel de Fleury, rue +des Bourdonnois_[216]. + + [216] C’est lui qui avoit «la plume», et qui devoit imiter, comme tel, + l’écriture du roi à s’y méprendre. Ses fonctions consistoient ainsi + à faire légalement des faux. Il avoit succédé à Conrart en 1675, et + il fut remplacé par Sacy en 1701.--Il occupoit le 38e fauteuil, + occupé maintenant par M. A. Dumas fils. + +Geraud de CORDEMOY, lecteur de Monseigneur le Dauphin, _rüe +Beaubourg_[217]. + + [217] Il avoit remplacé Ballesdens en 1675, et il le fut en 1685 par + Bergeret. V. sur ses ouvrages, t. I, p. 189, 203.--Son fauteuil, le + 10e, est occupé par M. Jules Simon. + +[Chez Pierre LE PETIT, imprimeur ordinaire du Roy et de l’Académie, _rue +Saint Jacques_, à la Croix d’or[218].] + + [218] Dans la parodie paraphrasée en vers, que fit Benserade, en 1684, + de la _Liste de messieurs de l’Académie_ pour cette année-là, pièce + des plus curieuses, citée par d’Olivet, mais publiée seulement de + nos jours par le journal _l’Intermédiaire_, 15 juin 1864, p. 110, on + trouve à la fin cette mention sur l’Imprimeur des Quarante: + + _Le Petit_, leur imprimeur, + Triste, est de mauvaise humeur + Contre _le Dictionnaire_, + Qui, ne s’en émouvant pas, + Suit toujours du même pas, + Et va son train ordinaire. + + Le Petit mourut en 1687, Coignard le remplaça. _V._ plus haut, t. I, + p. 189. + + + + +LISTE[219] + +DE L’ACADÉMIE FRANÇOISE. + + [219] Cette liste est imprimée sur un placard in-fol. à deux colonnes. + V. plus haut, p. 275. + + +LE ROY, _protecteur_. + +(1705.) + + +Messieurs + +1656. CESAR, cardinal D’ESTRÉES[220], commandeur de l’ordre du St +Esprit, doyen de l’Académie françoise[221], à l’abbaye de S. Germain des +Prez[222]. + + [220] V. la liste précédente, p. 280-281. + + [221] D’Alembert dit de l’Académie, à propos du cardinal d’Estrées: + «Elle eut le bonheur de le posséder près de soixante ans, et de le + voir longtemps à sa tête en qualité de doyen; et quand elle le + perdit, elle le pleura comme si elle venoit à peine de l’acquérir.» + _Hist. des membres de l’Acad. franç. morts depuis 1700_, etc., t. + III, p. 316. + + [222] Louis XIV lui avoit donné ce magnifique bénéfice lorsque les + intrigues de la princesse des Ursins l’eurent forcé de quitter + l’ambassade d’Espagne. Il mourut à l’abbaye. C’est à sa tolérance + que les petits théâtres et les bateleurs avoient dû de pouvoir + s’établir sur le préau de la foire Saint-Germain, tant qu’elle + duroit. Il les avoit même soutenus contre les comédiens qui, + s’autorisant de leur privilège, vouloient les faire déguerpir. + (L’abbé de la Tour, _Réflexions morales... sur le théâtre_, 1762, + in-12, t. I, p. 35-36.) + +1665. Jacques TESTU, abbé de Belval, et prieur de St Denys de la +Chartre, _rue des Lions_[223]. + + [223] V. la liste précédente, p. 282. + +1666. Paul TALLEMANT, intendant des devises et inscriptions des Edifices +royaux[224], prieur d’Ambierle et de Saint Albin[225], _rue Ste Anne_. + + [224] Il étoit, sous ce titre, qu’il devoit à Colbert, secrétaire de + l’Académie des inscriptions. + + [225] C’est encore à Colbert qu’il devoit ces bénéfices «assez + considérables», dit d’Alembert. + +1667. Philippe DE COURCILLON, marquis de Dangeau, gouverneur de +Touraine, conseiller d’Estat ordinaire, et grand maistre des Ordres +royaux et militaires de Nostre-Dame du Mont Carmel et de St Lazarre de +Jérusalem, chevalier des Ordres du Roy, chevalier d’honneur de Madame la +duchesse de Bourgogne[226], _place Royale_[227]. + + [226] V. la liste précédente, p. 284. + + [227] Il y avoit acheté le pavillon que l’intendant général des + postes, M. de Nouveau, avoit fait décorer par Le Brun et Le Sueur. + Celui-ci avoit peint deux tableaux et deux plafonds, l’autre un + plafond. (_Mém. inéd. sur l’Acad. de peinture_, t. I, p. 12 et 158.) + La perspective peinte sur un des murs du jardin étoit de Jacques + Rousseau, à qui l’on ne l’avoit pas payée moins de 4000 liv. en + 1679. (Manette, _Abecedario_, t. V, p. 53.) Lorsque Monseigneur + venoit à Paris, il descendoit volontiers à la place Royale, chez + Dangeau. V. le _Journal_ de celui-ci, t. II, p. 308. + +1670. François Séraphin RÉGNIER DESMARETS, abbé de Saint Laon de +Thouars, prieur de Grand-Mont près Chinon, académicien de la Crusca, et +Secrétaire perpétuel de l’Académie françoise. _A l’Hostel de Créquy sur +le quay Malaquest_[228]. + + [228] V. la liste précédente, p. 284, et plus bas, p. 301. + +1673. Esprit FLÉCHIER[229], Evesque de Nismes[230]. + + [229] V. la liste précédente, p. 286. + + [230] Après avoir été pendant deux ans évêque de Lavaur, le roi + l’avoit nommé à l’évêché de Nîmes, poste difficile depuis la + révocation de l’Édit, mais qui le fut moins lorsque Fléchier eut + consenti au démembrement qui permit la création d’un évêché dans les + Cévennes, celui d’Alais. + +Jean GALLOYS, ancien abbé de St Martin de Cores[231], _rue Fromentelle +derrière le Collège Royal_[232]. + + [231] V. la liste précédente, p. 287. + + [232] C’étoit bien loin de la rue Vivien, où nous l’avons vu en 1676; + mais après la mort de Colbert, devenu professeur de grec, puis + inspecteur au collège Royal, il avoit dû déménager jusque là. Il y + mourut le 19 avril 1707, à soixante-quinze ans. + +1674. Pierre Daniel HUET[233], ancien Evesque d’Avranches[234], _à la +Maison professe des Jésuites, rue St Antoine_[235]. + + [233] V. la liste précédente, p. 287. + + [234] Nommé à l’évêché de Soissons, en 1685, il l’échangea avec M. de + Sillery pour celui d’Avranches, dont il se démit après l’avoir + occupé dix ans. + + [235] En 1691, il leur avoit légué sa bibliothèque et s’étoit ainsi + créé des droits à devenir leur hôte. Malheureusement, le don qu’il + leur avoit fait fut détruit en grande partie deux ans après, + lorsqu’il étoit encore à Avranches, par l’écroulement de la maison + qu’il louoit à Paris depuis douze ans, pour que sa bibliothèque y + fût en dépôt: «la maison qui la renfermoit, écrit d’Alembert, t. + III, p. 475, étoit placée au faubourg Saint-Jacques sur des + carrières qui s’entrouvrirent.» V. à ce sujet une pièce de Santeul + dans ses _Poemata_. + +1678. Pierre Nicolas COLBERT, archevesque de Rouen[236], _à l’hostel +Colbert, rue Neuve des Petits Champs_[237]. + + [236] Fils du grand ministre, il avoit dû à l’influence de son père + d’être nommé de l’Académie en 1678, à la place de Jacques Esprit, + lorsqu’il n’avoit encore que vingt-quatre ans. C’est Racine qui le + reçut, et d’Alembert pense, avec raison, je crois, qu’il fit les + deux discours. + + [237] C’est l’hôtel de son père. Il y possédoit une bibliothèque du + meilleur choix, quoique très nombreuse. Santeul en a fait l’éloge + dans ses _Poemata_. Nicolas Colbert eut l’abbé Fraguier pour + successeur à l’Académie, en 1708. + +1679. Louis VERJUS, comte de Crécy, conseiller du Roy en ses conseils, +_rue de Richelieu_[238]. + + [238] Il fut reçu de l’Académie en 1679, n’ayant de titres que ses + ambassades. En 1710, Ant. de Mesmes lui succéda. + +1682. Louis DE COURCILLON DE DANGEAU[239], abbé de Fontaine Daniel[240], +_place Royale_[241]. + + [239] Frère du marquis, nommé plus haut, p. 284, 290. Il remplaça + l’abbé Cotin, en 1682, et fut remplacé lui-même par le comte + Fleuriau de Morville, en 1723. + + [240] C’étoit un bénéfice simple, l’abbé n’en ayant pas voulu d’autre, + afin de pouvoir mieux s’occuper des lettres. + + [241] Il y logeoit dans l’hôtel de son frère, où il tenoit tous les + mardis des conférences littéraires et grammaticales, dont il a été + parlé plus haut, t. I, p. 128, note 2. + +1684. Nicolas BOYLEAU DESPRÉAUX[242], _cloistre Notre Dame_[243]. + + [242] Le satirique s’étoit fait trop d’ennemis pour arriver de bonne + heure à l’Académie. Lorsque tant d’autres étoient reçus de + vingt-cinq à trente ans, il ne le fut, lui, qu’à plus de + quarante-huit; encore fallut-il presque un ordre du Roi. Il remplaça + Bazin de Bezons, en 1684, et eut pour successeur, en 1711, le + maréchal d’Estrées. + + [243] Il y habitoit depuis longtemps, mais en 1699 il y avoit pris, + derrière Notre-Dame, à la pointe de l’Ile, un autre logement que + celui qu’il avoit occupé d’abord: «il est, écrit son ami Vuillart, + le 9 juillet, occupé d’un déménagement. Il quitte le logis du + cloître Notre-Dame, où il étoit près du puits, pour un autre qui a + vue sur le jardin du Terrain.» C’est là qu’il mourut. + +1685. Thomas CORNEILLE[244], _rue St Hyacinthe, près les Jacobins de la +rue St Honoré_[245]. + + [244] On sait qu’il avoit succédé à son illustre frère au commencement + de 1685. La Mothe le remplaça en 1710. + + [245] C’est bien l’adresse que lui donne le président Hénault, + _Mémoires_, p. 181. Parlant de Fontenelle, son neveu, il dit: «Il + vint à Paris pour la première fois en 1687. Il demeura d’abord chez + Thomas Corneille, son oncle et son parrain, cul de sac des + Jacobins.» + +1686. François Timoléon DE CHOISY, prieur de St Lo de Rouen[246], _au +Luxembourg_[247]. + + [246] Il avoit en 1687 été reçu à la place du duc de Saint-Aignan. Il + mourut en 1724, doyen de l’Académie où Portail le remplaça. + + [247] Il y avoit été élevé chez son père, chancelier de Gaston + d’Orléans, et il y revint passer ses dernières années dans un + appartement voisin de celui qu’habitoit, dans ce grand palais alors + sans maître, madame de Caylus. V. G. Desnoiresterres, _Épicuriens et + lettrés_, 1879, in-18, p. 171. + +1688. Jean TESTU DE MAUROY, abbé de Fontaine Jean et de St Chéron, +prieur de Dampmartin, ancien aumosnier ordinaire de MADAME, _au +Palais-Royal_[248]. + + [248] Instituteur des filles de Monsieur, qui le logeoit au + Palais-Royal. Il ne fut académicien, en 1688, que par la protection + du prince qui, lorsque sa recommandation, d’ailleurs fort peu + pressante, l’eut fait nommer, fut le premier à en être surpris. Il + remplaça Jacques de Mesmes et eut pour successeur, en 1706, l’abbé + de Louvois. + +Jean DE LA CHAPPELLE, conseiller du Roy, receveur général des finances +de la Généralité de la Rochelle, _rue du Grand Chantier au Marais_[249]. + + [249] Quelques tragédies et une farce, _les Carrosses d’Orléans_, + firent beaucoup moins pour sa réception, en 1688, à la place de + Furetière, que son titre de secrétaire des commandements du prince + de Conti. Il fit aussi une sorte de roman, _les Amours de Catulle_, + dont se souvenoit La Bruyère lorsque, parlant de lui et du jeune + prince, il dit: «CATULLE et son élève...» _Caractères_, édit. + Walckn., t. I, p. 504.--La Chapelle eut pour successeur, en 1723, + l’abbé d’Olivet. + +1689. François DE CALLIÈRES, seigneur de la Rochechellay et de Gigny, +conseiller ordinaire du Roy en ses conseils, secrétaire du Cabinet de Sa +Majesté[250], _rue de Cléry_[251]. + + [250] Comme le comte de Crecy qu’on a trouvé plus haut, p. 292, il + étoit arrivé à l’Académie, en 1689, à la place de Quinault, par ses + services d’ambassadeur. Le cardinal de Fleury le remplaça en 1717. + + [251] Il y occupoit, comme l’abbé Tallemant, Pavillon, et plusieurs + autres, un de ces nouveaux hôtels qu’on appeloit des «Cléry», et qui + mirent, à la fin du XVIIe siècle et au commencement du XVIIIe ce + quartier à la mode. Il acheta, en 1709, à Jacques Paget, moyennant + 60,000 livres, une maison de la rue Neuve-Saint-Augustin, dont il + disposa, en faveur de l’Hôtel-Dieu de Paris, par un legs, déjà + mentionné plus haut, t. I, p. 113, note 1.--V. aussi _Inventaire des + archives hospitalières_, HÔTEL-DIEU, t. I, p. 79. + +Eusèbe RENAUDOT, prieur de Fossey[252], _rue de Richelieu_[253]. + + [252] Il étoit l’aîné des quatorze enfants de Théophraste Renaudot, + créateur de la Gazette. Ses écrits ecclésiastiques le firent + admettre en 1689, à la place de Doujat. L’abbé Roquette fut son + successeur en 1720. + + [253] Au coin de la rue Neuve-Saint-Augustin. On voit en effet par le + testament de Callières, rappelé tout à l’heure, que sa maison située + dans cette rue touchoit à celle de l’abbé Renaudot. + +1691. Bernard DE FONTENELLE, secrétaire de l’Académie des sciences[254], +_au Palais-Royal_[255]. + + [254] Reçu en 1691, à la place de Villayer, il mourut doyen de + l’Académie en 1757, et eut A. L. Séguier pour successeur. + + [255] Il avoit d’abord, comme on l’a vu plus haut, p. 293, habité chez + son oncle Th. Corneille, puis chez son ami M. des Haguais. Le duc de + Chartres, devenu duc d’Orléans en 1701, le logea au Palais-Royal, + «dans un galetas», comme il disoit lui-même, pour le dispenser de + lui en avoir de la reconnaissance. En 1730, il dut en partir, la + dévotion du nouveau duc d’Orléans ne s’accommodant pas de sa + philosophie, ce qui fit dire dans une épigramme: + + Puis le vieux normand parasite, + D’athéisme monstre infernal, + Délogé du Palais-Royal + Depuis que la vertu l’habite. + + Fontenelle prit alors un appartement, rue du Faubourg-St-Honoré, + près de l’Assomption, où il mourut le 9 janvier 1757, et dont on + peut voir la description dans les _Annonces affiches_ de 1758, p. + 41-42. + +Estienne PAVILLON[256], ci-devant avocat général au parlement de +Metz[257], _rue de Cléry_[258]. + + [256] Il eut pour prédécesseur Benserade, qu’il remplaça en 1691, et + pour successeur, en 1705, Brulard de Sillery. + + [257] Il s’étoit de bonne heure démis de cette charge et ne s’étoit + plus donné qu’au monde et aux lettres. + + [258] Il y étoit voisin de son ami Callières, et du trésorier Damon + (V. t. I, p. 38) dont la femme reçut souvent l’hommage de ses vers. + Lorsque la goutte, qui le cloua chez lui si longtemps, l’eut tout à + fait empêché de sortir, il reçut nombreuse compagnie. Le monde, où + il n’alloit plus, venoit à lui. V. à ce sujet son _Éloge_, par un + autre de ses voisins, l’abbé Tallemant, dans l’_Histoire de + l’Académie des inscriptions_. + +1692. Jacques DE TOURREIL[259], _rue des Douze Portes, près la rue St +Louis au Marais_[260]. + + [259] Il avoit succédé à Michel Le Clerc en 1692, et il fut remplacé + en 1714 par Rolland-Mallet. Pontchartrain, dont il élevoit le fils, + contribua beaucoup à son élection, comme il avoit aidé à celle de + Pavillon, son parent. + + [260] C’étoit sans doute la maison où Scarron étoit mort, et que + Crébillon devoit un peu plus tard habiter si longtemps. + +1693. François DE SALIGNAC DE FENELON, archevesque de Cambray[261]. + + [261] L’auteur de _Télémaque_ avoit succédé à Pélisson en 1693; De + Boze lui succéda en 1715. + +Jean Paul BIGNON, abbé de Saint Quentin[262], conseiller d’Estat +ordinaire[263], _rue des Bernardins_[264]. + + [262] Il succéda le 15 juin 1693 à Bussy, et eut pour successeur, en + 1743, un de ses parents, Jérôme Bignon. Il étoit aussi de l’Académie + des sciences et de celle des Inscriptions. + + [263] Il devint un peu plus tard doyen de Saint-Germain l’Auxerrois, + puis bibliothécaire du cabinet du roi, charge que Dacier lui vendit + 30,000 liv., tout en gardant les appointements de 1,200 liv., et le + logement au Louvre (_Mercure_, fév. 1720, p. 180). + + [264] V. sur l’hôtel des Bignon dans cette rue, t. I, p. 48, note 4. + Le czar Pierre le visita peu de temps après que M. de Torpane le + leur eut acheté (_Mercure_, juin 1717, p. 193). + +Simon DE LA LOUBÈRE[265]. + + [265] Encore une créature académique de Pontchartrain. Son seul titre + sérieux étoit d’avoir fait partie de l’ambassade à Siam. Il avoit + succédé en 1693 à François Tallemant, et l’abbé Sallier le remplaça + en 1729. Si son adresse manque ici, c’est qu’il s’étoit retiré de + bonne heure à Toulouse, sa ville natale, où on lui dut le + rétablissement des Jeux floraux. + +1694. Jean François Paul LEFEVRE DE CAUMARTIN, abbé de Nostre Dame de +Buzay[266], _rue Neuve St Estienne_ au faubourg St Victor. + + [266] Reçu en 1694, à la place de l’abbé de Lavau, n’ayant guère que + vingt-six ans, il eut Moncrif pour successeur en 1733. + Pontchartrain, qui avoit contribué à le faire élire, aida aussi à le + tirer de l’assez fâcheuse affaire où il s’étoit jeté en persiflant + l’évêque de Noyon, Clermont-Tonnerre, que peu de mois après sa + propre élection il avoit dû, comme directeur, recevoir académicien. + Le roi, qui s’étoit prêté d’abord à la plaisanterie, la trouva trop + forte une fois faite; il ne parloit pas moins que d’exiler Caumartin + dans son abbaye de Buzay en Bretagne, lorsque l’intervention de + Pontchartrain le sauva. (V. Saint-Simon, t. I, p. 134, et _Lettres_ + de Sévigné, édit. Hachette, t. X, p. 218.) L’abbé de Caumartin + devint plus tard évêque de Vannes, puis de Blois. + +1695. Charles CASTEL DE S. PIERRE[267], premier Aumosnier de MADAME, _au +Palais-Royal_[268]. + + [267] Élu en 1695 à la place de Bergeret, il fut exclu des séances en + 1718, à la suite d’une dénonciation du cardinal de Polignac contre + son _Discours sur la Polysydonie_, dans lequel il attaquoit vivement + le gouvernement personnel du feu roi, et demandoit qu’on y + substituât l’autorité de plusieurs conseils ou _Synodes_. On ne lui + donna toutefois un successeur qu’à sa mort, en 1743; ce fut + Maupertuis. + + [268] Ce logement au Palais-Royal, qu’il avoit comme aumônier de + Madame, mère du Régent, lui fut conservé même après son exclusion de + l’Académie. + +Jules DE CLÉRAMBAULT, abbé de Saint-Taurin, d’Evreux, de Nostre Dame du +Lieu-Dieu en Jard, et de St Savin, _rue des Bons Enfants, près le palais +Royal_[269]. + + [269] Fils du maréchal de Clérambault. Le fauteuil de La Fontaine lui + échut en 1695, et «comme il étoit contrefait, dit d’Alembert, les + mauvais plaisants prétendirent que c’étoit Ésope qui succédoit à La + Fontaine». L’abbé Massieu le remplaça en 1714. + +André DACIER, garde des livres du Cabinet du Roy, _au Louvre_[270]. + + [270] Il fut célèbre pour son érudition dans les lettres grecques, + mais moins que sa femme, dont La Bruyère demandoit l’admission à + l’Académie. Dacier y fut élu, en 1695, pour le fauteuil de + l’archevêque de Paris, M. de Harlay. Il étoit déjà garde des livres + du cabinet du Louvre, charge que le roi avoit rétablie en sa faveur + pour le récompenser de son Recueil sur les Pythagoriciens (V. à la + p. préc. l’art. sur l’abbé Bignon). Dacier mourut en 1722. Le + cardinal Dubois le remplaça. + +1696. Claude FLEURY[271], abbé du Loc-Dieu, sous-précepteur de +Messeigneurs les Enfants de France, _rue St Louis au Marais_[272]. + + [271] Auteur de l’_Histoire ecclésiastique_. Il fut, en 1696, le + successeur de La Bruyère, son ami, et fut remplacé lui-même, en + 1722, par le diplomate Adam. + + [272] Le roi lui avoit donné l’abbaye de Loc-Dieu, après l’éducation + du duc de Vermandois, il lui accorda le prieuré d’Argenteuil après + celle du duc de Bourgogne. Dès lors il résida dans ce prieuré, + beaucoup plus qu’il ne logea rue Saint-Louis. + +1699. Louis COUSIN[273], président en la Cour des Monnoyes[274], _rue +Guenegaud_. + + [273] Il avoit en 1697 succédé à l’évêque d’Acqs, M. de Chaumont. Le + marquis de Mimeure lui succéda en 1707. + + [274] V. plus haut, t. I, p. 69. Le président Cousin avoit d’abord été + directeur du _Journal des savants_ et censeur royal. Il légua ses + livres à la bibliothèque de Saint-Victor, avec un fonds de vingt + mille francs pour en augmenter le nombre. V. t. I, p. 137. + +1698. Charles Claude GENEST[275], abbé de Saint-Vilmer[276], aumosnier +ordinaire de Madame la duchesse d’Orléans[277], _cloistre Saint Honoré_. + + [275] Il avoit succédé, en 1698, à Claude Boyer, comme académicien, + pour des tragédies qui ne valoient guère mieux que les siennes. Son + fauteuil échut après lui, en 1720, à l’abbé Dubos. + + [276] Ce bénéfice, de 500 écus de rente au plus, fut tout ce qu’il put + obtenir du roi. + + [277] Mademoiselle de Blois, fille du roi et de madame de Montespan, + avoit eu l’abbé Genest pour précepteur. Devenue femme du duc + d’Orléans, futur Régent, elle le garda près d’elle comme aumônier, + et lui fit avoir, après la mort du roi, 2,000 fr. de pension sur + l’archevêché de Sens. + +1699. Jean Baptiste Henry DU TROUSSET DE VALINCOUR[278], secrétaire +général de la Marine et des Commandements de Monseigneur le comte de +Toulouze. _Cloistre Nostre-Dame_[279]. + + [278] Bel esprit plutôt qu’auteur, il succéda, en 1699, à Racine son + ami. Il eut en 1730 La Faye pour successeur. + + [279] Il quitta le Cloître un peu plus tard pour venir habiter l’hôtel + du comte de Toulouse, dont il étoit, comme il est dit ici, le + secrétaire des commandements. On sait que cet hôtel est aujourd’hui + celui de la Banque. M. de Toulouse étant amiral, on comprend que + Valincourt, qui l’avoit suivi dans quelques expéditions, et même y + avoit été blessé, pût être secrétaire général de la marine. + +1701. Louis DE SACY, avocat, _rue Beaubourg_[280]. + + [280] Il plaida peu, traduisit beaucoup et n’imagina rien. C’est la + coterie du salon de madame de Lambert qui le fit recevoir + académicien en 1701, à la place du président Rose. Montesquieu lui + succéda en 1728. + +Nicolas DE MALEZIEU[281], chancelier de Dombes, _à l’Arsenal_[282]. + + [281] Le grand amuseur de la cour de la duchesse du Maine à Paris et à + Sceaux. Le fauteuil de l’évêque de Noyon, dont il a été parlé plus + haut, lui échut en 1701. Il y fut remplacé en 1727 par le président + Bouhier. + + [282] Le duc et la duchesse du Maine tenoient leur cour à l’Arsenal, + le duc étant grand maître de l’artillerie depuis 1694, il étoit donc + naturel que Malézieux y logeât aussi. Sa charge de chancelier de + Dombes s’explique de même par la souveraineté du duc sur cette + principauté. + +Jean Galbert CAMPISTRON[283], secrétaire général des galères, _rue de +Grenelle, fauxbourg Saint Germain_[284]. + + [283] Le singe de Racine, comme on avoit dit de Silius Italicus qu’il + étoit celui de Virgile. Il avoit remplacé Segrais en 1701, et il eut + Destouches pour successeur en 1723. + + [284] La charge de secrétaire général des galères, qu’il avoit eue en + 1694 après la mort de Duché, et qui lui fut confirmée par le roi en + 1699, lui valoit 3,000 livres. Il la devoit au duc de Vendôme, qui + étoit lui-même général des galères, et auquel, après lui avoir été + présenté par Racine, il resta toujours attaché. + +1702. Jean François DE CHAMILLART[285], Evesque de Senlis[286], et +premier aumosnier de Madame la Duchesse de Bourgogne, _rue de +Richelieu_. + + [285] C’est sa parenté très proche avec le ministre Chamillart qui + l’avoit fait arriver au fauteuil laissé vacant en 1702 par la mort + de Charpentier; il l’occupa jusqu’en 1714. Le maréchal de Villars + l’y remplaça. + + [286] Il avoit eu d’abord l’évêché de Dol. + +Pierre de CAMBOUT, duc de COISLIN, pair de France[287], _à l’Hostel de +Coislin, rue de Richelieu_[288]. + + [287] Il avoit succédé, en 1702, à son père que nous avons vu sur la + liste précédente, p. 279; il eut en 1710 son fils pour successeur. + + [288] C’est l’hôtel qu’avoit fait construire le commandeur de Jars, et + qui fut un des premiers de la rue de Richelieu. Il touchoit à + l’hôtel Louvois, dont la place du même nom occupe le terrain + aujourd’hui. Le jardin de l’hôtel de Coislin avoit une porte sur la + rue Sainte-Anne, où logeoit Bossuet, ce qui lui permettoit, avec + l’agrément du duc son confrère, de venir s’y promener et même d’y + recevoir des visites. (_Journal_ de l’abbé Le Dieu, t. III, p. 14.) + +1704. Armand Gaston DE ROHAN, Evesque et prince de Strasbourg[289], _à +l’Hostel de Soubize au Marais_[290]. + + [289] Reçu à la place de Claude Perrault en 1704, il eut pour + successeur, en 1749, l’évêque de Rennes, Vauréal, qui avoit encore + moins de titres que lui. + + [290] C’est aujourd’hui, comme on sait, le palais des Archives. + +Melchior DE POLIGNAC[291], abbé de Bonport[292], _rue St Dominique, +fauxbourg St Germain_. + + [291] Auteur de l’_Anti-Lucrèce_, il fut élu en 1704 à la place de + Bossuet, et eut Giry pour successeur en 1741. + + [292] Il fut plus tard archevêque d’Auch et cardinal. + +Gaspar ABEILLE, prieur de Nostre Dame de la Mercy[293], _près la Porte +St Honoré, à l’Hostel de Luxembourg_[294]. + + [293] Quelques tragédies oubliées furent ses seuls titres à + l’Académie, où il arriva en 1704, à la place de l’abbé Boileau, et + où l’abbé Mongault lui succéda en 1718. + + [294] La rue Neuve-de-Luxembourg remplace cet hôtel. Abeille y logeoit + comme secrétaire des commandements du maréchal de Luxembourg. + +Jean Baptiste COIGNARD, imprimeur et libraire ordinaire du Roy, _rue St +Jacques, près St Yves_[295]. + + [295] V. plus haut, t. I, p. 189, et II, 288.--Quand le _Dictionnaire_ + eut été publié, le travail de Coignard pour l’Académie fut assez + restreint. Il se réduisit presque à l’impression de quelques _Avis_ + sur de petits morceaux de papier grands comme la main, dans le genre + de celui-ci, que nous copions textuellement sur l’original: + + «M. + + «Vous estes adverty de la part de Monsieur le Directeur de + l’Académie françoise, de vous trouver Samedy prochain deuxième jour + de Décembre mil sept cent treize, à l’assemblée qui se tiendra au + Louvre à trois heures précises après midy, pour le second scrutin de + l’élection d’un Académicien à la place de feu M. l’abbé Regnier des + Marais.» + + + + +LISTE + +DES + +AVIS DU BUREAU D’ADRESSE + +_Pour servir depuis le premier jour de l’an 1670[296]._ + + [296] V. pour cette liste notre _Introduction_, t. I, p. xxxiv. + + +On continuera à recevoir les avis tous les jours, jusqu’au 12 de ce mois +inclusivement, et aux heures ordinaires, pour le Livre suivant, qui se +trouvera aux Bureaux, le 16 à midy, jusqu’à la fin du mois. + +_On enseigne _gratis_ à l’ordinaire les adresses qui sont faites au +Bureau._ + +On ne se mettroit pas en peine de faire des avertissements sur l’utilité +du Bureau d’adr. si on n’avoit à faire qu’à ceux qui s’en sont servis: +mais comme le débit des Livres a fait remarquer que quantité de gens ne +font que commencer à en prendre connoissance, et qu’il les faut aussi +instruire des avantages qu’ils en peuvent tirer, il est du moins bon +d’apprendre aux derniers venus qu’il n’y a pas une voie au monde plus +seure, plus abrégée et plus comode que celle là pour trouver ce qu’on +souhaite, pour se défaire de ce qu’on ne veut point garder, et pour +sçavoir et faire sçavoir aux autres tout ce qu’il est besoin qu’on +sçache[297]. L’exemple de cette Liste fait assez voir comment elle +produit cet effet, pour apprendre à chacun comment il s’en pourra +servir. + + [297] Lorsqu’en septembre 1717 le _Bureau d’adresse_, qui prit alors + le titre de _Bureau général privilégié d’adresse et de rencontre_, + dut rouvrir rue Saint-Sauveur, «l’avis très utile au Public», qui + l’annonça dans _le Mercure_, reproduisit presque textuellement ce + qu’on lit ici. V. _le Mercure_, sept. 1717, p. 178-183. + +Mais il faut à l’occasion satisfaire icy à la plainte de quelques uns +contre ces Listes, prétendans qu’elles ne soient toutes que la même +chose, sous prétexte seulement qu’ils ont pu voir en chacune, peut-estre +10 ou 12, ou fort peu plus d’avis repétez de l’une en l’autre[298]. Il +suffiroit de répondre en un mot, que quand il y auroit quatre fois +autant de répétitions, on ne pourroit encore honnestement plaindre ce +peu qu’il en couste pour voir les autres avis nouveaux, dont on +donneroit souvent dix ou vingt fois autant pour avoir la connoissance +d’un seul. Mais de plus, ils doivent, une fois pour toutes, considérer +qu’à peine voit-on jamais trois fois de suite cinq ou six avis de choses +à vendre ou demandées, si elles ne sont d’une grande conséquence; et +qu’à l’égard de ceux qui font sçavoir leur demeure et les choses qu’ils +débitent, et de ceux qui ont coutume d’afficher, ils doivent +nécessairement estre repetez non seulement trois ou quatre fois, mais +toujours, puisqu’il y a continuellement des gens nouveaux qui ont besoin +de les connoistre. Et ainsi ce petit nombre d’avis renouvellez, outre +qu’il n’est pas considérable à proportion des nouveaux, pour faire qu’on +songe à espergner 15 deniers pour les voir[299], est même une chose +nécessaire à tout le monde, pour trouver toujours à point nommé de +certaines gens et de certaines choses dont on peut avoir affaire. + + [298] Nous aurons plusieurs fois à signaler de ces répétitions dans + les listes suivantes. + + [299] C’est-à-dire un sou trois liards. C’est ce que coûtoit, comme on + le verra plus loin, chaque exemplaire de ces _listes_. + + +_Immeubles à louer, vendre ou échanger._ + +9. Maison à porte cochère à louer présentement, rue des Poitevins, près +St. André des Arts, ayant court, remise, escurie à 4 chevaux, 3 estages +par le devant de chacun 4 pièces de plain pied, et un petit corps de +logis à 2 étages sur le derrière, le tout pour 900 livr. _Adresse_ chez +M. le Président de Mesgrigny, dans la mesme rue[300]. + + [300] Cet hôtel de Mesgrigny existe encore au bout de la rue des + Poitevins, près du retour en équerre qu’elle fait pour gagner la rue + Serpente. Il fut occupé longtemps par le libraire Panckoucke, qui en + avoit fait un véritable musée archéologique, décrit, ainsi que + l’hôtel, dans sa brochure: _Collection d’antiquités égyptiennes, + grecques, romaines, etc., etc._, 1841, in-8º.--Germain Brice, dans + l’édit. de 1684, in-12, de sa _Description de Paris_, t. II, p. 128, + a dit quelques mots de l’hôtel Mesgrigny, que le président, auquel + il doit son nom, habitoit encore à cette époque: «Il est bâti avec + beaucoup de régularité, et, quoique les appartements n’en soient pas + fort spacieux, ils ne laissent pas d’être commodes.» + +10. Petite maison à louer presentement 60 escus, ayant cuisine sous +terre, cave, chambre et anti-chambre à cheminée de plain-pied, 3 ou 4 +cabinets, et une grande terrasse. _Adr. et rue_ comme au précédent. + +11. La maison blanche proche la maison rouge[301] à louer présentement à +Chaliot, ayant 2 grands corps de logis, quantité de grandes chambres, +jardin et court, où il y a savonnerie, et des caves dans les +carrières[302]. _Adr._ chez M. La Mouche, rue de Betisi, à la ville +d’Arras. + + [301] Guinguette fort à la mode au XVIIe siècle, comme on le voit dans + _Les Pièces comiques_, 1671, pet. in-12, p. 210, 229. Les grandes + dames y alloient encore en parties fines du temps de Voltaire. + Longchamp, son valet de chambre, nous a dit dans ses _Mémoires_, t. + II, p. 126, tout le débraillé d’un souper qu’y firent Mmes du + Chatelet, du Deffand, de Mailly, de Gouvernet et de La Popelinière. + + [302] Ce sont les carrières, situées sous l’ancienne butte des + Bonshommes, dont on a tant parlé lorsqu’on a dû construire, pour + l’exposition dernière, le palais du Trocadéro. + +26. Grand Hostel à louer pour Pasques, ayant 2 corps de logis, grande +court, basse court, qui sont dans la rue des Maquignons[303], 5 ou 6 +remises, 2 escuries pour 30 chevaux, le tout pour 2,700 l. _Adr._ chez +M. le Procureur général de la Chambre des Comptes, rue de Richelieu. + + [303] Elle étoit alors nouvelle, comme le marché aux chevaux, auquel + elle conduisoit et qui avoit été transporté là quand la Butte + Saint-Roch avoit commencé d’être aplanie. On l’appeloit plus + communément _rue Maquignonne_. Au commencement de ce siècle, elle + prit le nom de rue de l’_Essai_. C’est en effet sur tout son + parcours, depuis la rue de Poliveau jusqu’au marché, que l’on + «essaie» les chevaux à vendre. + +27. Grand Hostel à louer ou à vendre présentement propre pour un grand +Seigneur, ou pour un grand Bureau ou un grand Magasin; il y a basse +court et des escuries pour 50 chevaux. _Adr._ audit lieu r. Betisi, +proche la rue S. Germain[304]. + + [304] Lisez: rue des Fossés-St-Germain-l’Auxerrois, qui en étoit le + prolongement. + +33. Maison à porte cochère à louer ou à vendre presentement, r. du +Brac[305], attenant à l’Eglise de la Mercy, ayant escurie, remises et +autres appartenances. _Adr._ chez M. le marquis d’Espinay[306], rue de +Richelieu. + + [305] Son vrai nom est rue de Braque. Elle le doit à Arnoul de Braque, + qui, en 1348, avoit fait bâtir, à l’angle qu’elle forme avec la rue + du Chaume, une chapelle devenue plus tard chapelle de la Mercy, + reconstruite au XVIIe siècle, démolie à moitié pendant la + Révolution, puis enfin remplacée depuis peu par une maison + bourgeoise, après avoir été longtemps un magasin de charbons. + + [306] François d’Espinay, marquis de Saint-Luc, petit-fils du + commandant de Paris sous Richelieu. Il mourut en 1694. + +34. Grande maison à louer pour Pasques, rue Neufve Montmartre[307]. Deux +corps de logis, un grand et un petit, chacun à trois estages, offices, +caves, trois remises, deux escuries pour quinze chevaux, une court à +tourner un carrosse à six chevaux, et un grand jardin au bout, le tout +de 1,000 livr. _Adr._ à madame Balduc Orphevresse, rue Bourg Labbé, à la +ville de Sedan. + + [307] On appeloit ainsi la partie de la rue Montmartre qui, depuis la + rue Neuve-Saint-Eustache, à l’extrémité de laquelle la porte + Montmartre avoit longtemps existé, s’étendoit jusqu’au rempart. + +78. Grande maison à louer presentement, ayant 2 corps de logis separez +avec leurs courts de mesme, l’un à porte cochère pour 1,000 l. et +l’autre à petite porte pour 550 l. dans le cul de sac de la r. S. Denis, +proche la r. aux Ours[308]. _Adr._ à mad. Ferrand aud. lieu. + + [308] C’est l’_Impasse des Peintres_, séparée par quatre ou cinq + maisons seulement du point de jonction de la rue aux Ours et de la + rue Saint-Denis. + +43. Une chambre à louer presentement, r. S. Honoré, dans la court du +Charroy[309], propre pour un homme et son valet, qu’on pourra aussi +prendre en pension au mesme estage. _Adr._ à mad. de S. Robert, r. S. +Honoré, chez M. Du Pont, proche les Jacobins. + + [309] Nous ignorons où se trouvoit cette cour, qui sans nul doute--son + nom l’indique--servoit à remiser «le charroi» des équipages. + Peut-être, comme la suite le feroit croire, se trouvoit-elle rue + Saint-Honoré près des Jacobins. + +86. Maison à louer présentement, r. Geoffroy Lasnier, louée 1,700 l. +_Adr._ à M. de la Barre, dans l’Isle Nostre Dame, sur le Quay +Daufin[310]. + + [310] C’est aujourd’hui le quai de Béthune, qu’on appela aussi quai + des Balcons. + +99. Grande maison à louer pour Noël, au Marais, r. neuve S. Claude, +ayant 2 grandes courts, 3 remises, écuries à 12 chevaux, 3 étages chacun +de 5 feux, de plein pied avec un appartement dégagé sur le derrière; le +tout fort propre pour 800 l. _Adr._ chez M. de La Tour, conseiller au +Chastellet, rue des Mauvais Garçons près le cimetière S. Jean. + +104. L’Hostel de la Bistrade[311] à louer pour Pasques, rue Pavée, près +l’hostel de Bourgogne[312], pour 2,200 l. à 2 appartements aisez à +séparer, escurie à 12 chevaux, 4 remises et un jardin. _Adr._ chez M. +Bachelier rue Mauconseil. + + [311] Il devoit son nom au conseiller du grand Conseil Jacques de la + Bistrade, mort le 30 décembre 1650, et qui avoit possédé, d’après ce + que dit Tallemant, t. II, p. 453, plusieurs maisons dans Paris. + + [312] La rue Pavée-Saint-Sauveur, qui n’est plus aujourd’hui que la + prolongation de celle du Petit-Lion, longeoit par derrière le + théâtre de l’Hôtel de Bourgogne, dont l’entrée étoit rue Mauconseil. + +1. Maison à vendre, près le Pont aux Biches[313], au bout de la rue de +la Croix, tenant au Rempart[314], à l’image de S. Charles Borromée, où +il y a 2 grands corps de logis devant et derrière, des courts au milieu +et une place à costé. _Adr._ à M. Baudry, notaire, rue des Arcis, proche +S. Jacques de la Boucherie. + + [313] C’étoit un «ponceau» jeté sur l’égout découvert près d’une + maison portant l’enseigne des Biches. + + [314] Elle commençoit rue Phélipeaux et, arrivée à la rue du + Vert-Bois, étoit continuée par celle du Pont-aux-Biches qui, + elle-même, alloit aboutir au rempart situé alors un peu plus haut + que la rue de Nazareth. Dans un titre des _Archives hospitalières_, + Hôtel-Dieu, t. I, p. 95, il est parlé, à la date de 1627, du + «rempart près le Pont-aux-Biches». Un moulin à vent s’y trouvoit + (_Registres de l’Hôtel-de-Ville pendant la Fronde_, t. I, p. 316). + +15. Une belle maison à vendre à Ruël pour 25,000 l. ayant 2 corps de +logis, grande escurie, grand jardin, un beau jet d’eau, terres +labourables, prez et vignes. _Adr._ chez M. Bonnelle, rue Plastrière. + +17. Une grande maison à vendre à trois corps de logis, deux boutiques, +quatorze à quinze feux, quatre escuries pour trente chevaux, deux +jardins, trois caves, et une carrière[315], pour 20,000 livres, rue +Mouftar au faubourg S. Marcel, près S. Medard[316]. _Adr._ à +mademoiselle Privat, au mesme logis. + + [315] On voit que les Catacombes, où l’on ne devoit déposer qu’un + siècle après les ossements provenant du cimetière des Innocents, + faisoient alors partie des propriétés sous lesquelles elles se + trouvoient. + + [316] Les maisons de ce quartier se louoient relativement à un aussi + bas prix qu’elles se vendoient. On en jugera par cette annonce du + _Journal de la Ville de Paris_ de François Colletet: «Du mercredy 26 + août 1676. _On sçait une fort jolie maison à louer que l’on peut + appeler un petit bijou, du prix de quatre cents livres, fort commode + pour deux ménages. Elle est située dans la Ville, proche le + Fauxbourg Saint-Victor: elle consiste en sale, cuisine, court, cave, + et deux beaux estages à plat fonds, carrelez, cabinets, cheminées + enjolivées, lieu pour alcôves, et autres commoditez nécessaires._» + +19. Une maison neufve r. du Colombier[317], de 1,200 l. de loyer bastie +de pierres de taille, sur rue, et décretée[318] sur celuy qui la voudra +pour 29 l. ou bien le vendeur se chargera de payer les lots et +ventes[319], en luy donnant pour le tout 30,000 l. + + [317] C’étoit l’ancien _Chemin aux Clercs_. Elle alloit de la rue de + Seine à la rue des Petits-Augustins, aujourd’hui Bonaparte. On + n’avoit commencé d’y bâtir qu’en 1640, ce qui explique que la maison + à vendre ici fût neuve. V. p. 312. + + [318] Vendue par justice. + + [319] Il faut lire «lods et ventes». Le _lod_ étoit le droit payé au + seigneur pour qu’il approuvât l’aliénation d’un bien dépendant de + son domaine. Le seigneur ici étoit l’abbé de Saint-Germain-des-Prés. + +20. LXXVI arpents et demy de terre à vendre à 100 escus l’arpent, au +village d’Ognes à 10 lieues de Paris, à 3 de Dampmartin[320], sans aucun +bastiment; les dites terres louées 918 l. à raison de 12 l. l’arpent. +_Adr._ au Bur. + + [320] Ce n’est pas Ognes, mais Longnes qu’il faut lire. Il y a en + effet un village de ce nom dans le département de Seine-et-Oise, + canton de Houdan, entre Bréval et Dammartin. Le pays est bon: il ne + faut donc pas s’étonner d’y voir l’arpent au prix de 100 écus. Dans + le Nivernais, à la même époque, d’après des titres que Monteil eut + en main, il ne valoit que 100 livres. (_Hist. des François des + divers états_, 1re édit., t. VIII, p. 516.) + +21. Maison à porte cochere à vendre au Bourg-la-Reine, à 2 lieues de +Paris: ayant grange, écurie, volière à pigeons, jardin, 4 arpens et demy +de sain foin, un arpent et demy de vignes et 7 de terres labourables, +affermées 4,000 l. _Adr._ au dit lieu, à l’Image S. Jean, à la veuve de +Fourcy, ou à Barbier, ou dans la r. de Gèvre, à M. Trie, au Jésus. + +28. Deux charges de commissaire des guerres avec 2 conduites[321] à +vendre ou à changer pour des rentes, maisons, ou autres objets. _Adr._ à +M. De Henaut, notaire rue S. Antoine au coin de S. Paul. + + [321] C’est-à-dire «directions, intendances». + +29. Deux maisons au quartier S. Benoist sur le devant, et une grande sur +le derrière, ayant 30 feux[322], écuries à 10 chevaux, remises, deux +courts, jardin, veüe en plain air[323], cheminées fort propres en +sculptures et dorures, à vendre, avec toutes les facilitez pour le +payement, ou à changer contre rentes constituées. _Adr._ au bur. + + [322] Chambres à feu. + + [323] Les maisons bâties dans les quartiers Saint-Germain et + Saint-Benoît avoient ainsi et ont même encore de grands espaces, + comme on en peut juger par les terrains de l’ancienne rue Taranne, + que les démolitions récentes ont mis à découvert pour le percement + du boulevard Saint-Germain. Le jardin de Morin, l’un des plus grands + «floristes» du XVIIe siècle, occupoit, par exemple, un de ces + terrains derrière la Charité. (Sauval, t. III, p. 4.) + +31. Maison à porte cochere à vendre pour 20,000 l. à l’entrée de la rue +des Tournelles, vis à vis la Bastille, ayant 12 feux, court, boutique et +écurie, louée 800 l. _Adr._ au Suisse de l’hostel de Lesdiguières, rue +de la Cerisaye[324]. + + [324] V. sur cet hôtel, t. I, p. 278. + +36. Maison à vendre rue des Petits Augustins, louée 900 l. toute +decrétée sur le vendeur[325], qui payera les lots et ventes[326] et +donnera le tout pour 24,000 l. _Adr._ au Bureau. + + [325] C’est-à-dire qui sera vendue sans frais pour l’acheteur, + «contrat en main», suivant l’expression d’aujourd’hui qui + correspondoit, du reste, à celle qu’on lira plus loin et que nous + trouvons aussi chez Fr. Colletet, _Journal de la ville de Paris_, + sous la date du 29 août 1676: «... _on donnera toutes les assurances + que l’on peut demander, et le décret dans la main de l’acquéreur_.» + + [326] V. une des notes précédentes, p. 309. + +79. Maison à vendre en la vallée de Montmorency, ayant court, +basse-court, jardin, colombier, foulerie[327], 10 arpens d’enclos, +espaliers, grands fruitiers, 30 arpens de terres tant labourables, que +prez, bois, vignes et cerisaye[328]: on en vendra pour 1,200 l. et +audessus, selon ce qu’on en voudra prendre. _Adr._ au bureau. + + [327] L’endroit où l’on fouloit les raisins, «le pressoir». + + [328] Verger aux cerises. La rue de ce nom, citée tout à l’heure, + s’appelle ainsi parce qu’elle occupe l’emplacement du jardin de + l’hôtel Saint-Pol, où se cultivoient les cerisiers. + +80. Maison neuve à vendre rue Jacob[329], bastie de pierres de taille +sur rue, bien peinte, l’escalier propre à rampe de fer, grande écurie, +court à tourner carrosse et louée 1,660 l. On la vendra le décret à la +main et quitte de lots et ventes pour 44,000 l. _Adr._ au bureau. + + [329] Elle faisoit suite à la rue du Colombier, et, comme elle, + n’avoit encore que des maisons neuves. + +81. Terres propres à bastir entre les rues de Clery et Bourbon, et la +porte St. Denis, jusques à 2,000 toises ou environ à vendre en tout, ou +en partie, à prix raisonnable, soit argent comptant, soit partie argent, +partie rente[330]. _Adr._ à M. Baudrant substitut, r. du Coq, qui en +donnera le plant et mémoires nécessaires. + + [330] Cette place vague est visible sur les plans du XVIIe siècle + antérieurs à 1680, et notamment sur celui de Gomboust. Elle fut + vendue par parties six ans après ce qui en est dit ici. Nous + trouvons en effet, dans un _arrêt du Conseil d’État_ de 1681, rendu + contre Drouet, «chargé de recouvrer les deniers provenant de la + vente des places, maisons, etc., dépendantes des fortifications de + Paris», mention d’un acte du 30 avril 1676, pour la vente «de + terrains entre la rue de Cléry et de Bourbon, derrière le mur du + jardin des Filles Dieu»; et d’un autre, du 7 juillet suivant, pour + une place vendue «entre le fossé de la ville et la rue de Cléry, + derrière les Filles Dieu».--C’est sur cet espace qu’un farceur du + temps de Molière, Gilles le Niais, dressoit ses tréteaux. Une + boucherie de la rue Bourbon-Villeneuve porta longtemps son nom. + (Parfaict, _Hist. du Théâtre françois_, t. VIII, p. 324.) + +88. Une terre à vendre en Normandie, près de l’Aigle, appelée Aube[331], +où il y a de beaux fiefs, seigneur et patron de la paroisse, affermée, +le domaine, 3,000 l. et la forge à fer 1,500 l., le tout en bon estat, +hormis le logis seigneurial qui va en ruine. _Adr._ à M. Menu, procureur +au Chastelet au coin de l’hostel de Bourgogne[332]. + + [331] Ne seroit-ce pas à cette terre, en Normandie, que le neveu de + Fontenelle, M. d’Aube, ce Normand aux infatigables contradictions, + si bien mis en scène par Rulhière dans son poème des _Disputes_, + auroit dû son nom? + + [332] Laigle étant, comme on sait, la ville de la ferronnerie et de la + quincaillerie, nous ne sommes pas surpris de trouver une «forge à + fer» dans une terre qui en est voisine. + +94. Maison à vendre à S. Maur, ayant un grand corps de logis à 3 +estages, grande court à porte cochère, jardin derriere le logis, grande +guerite sur la montée[333], pour 5,000 l. _Adr._ chez M. Pres de Segle, +marchand drapier r. du Petit-Pont à l’Estoille d’or. + + [333] C’est-à-dire une grande cage d’escalier, bien dégagée et bien + couverte. C’étoit un des points importants des constructions de ce + temps-là. V. _L’Architecture_ de Savot, au chap. IX: _Des mesures du + bâtiment_. + +95. Maison à vendre à S. Denis devant la grande Eglise, vis à vis la +croix de la grande place, ayant par derrière 2 corps de logis et 2 +courts, dont l’une à porte cochère sur une rue. _Adr._ comme au +précédent. + +96. Autre maison à S. Denis, ayant porte cochere, petite court et écurie +à vendre avec la precedente pour 7,000 l. _Adr._ comme au précédent. + +98. Une belle ferme à vendre à 3 lieues de Paris, au village de la +Selle[334], pour 36,000 l. _Adr._ à M. Chastellier, chez M. Gitar, rue +de Sêve, à la première maison du costé des Premontrés[335], à la 2 +chambre[336]. + + [334] La Selle-Saint-Cloud. + + [335] Les Prémontrés réformés, dont l’église et le couvent n’étoient + pas alors bâtis depuis plus de six ans. Le voisinage de la + Croix-Rouge, à l’entrée de la rue de Sèvres, les faisoit appeler + souvent Prémontrés de la Croix-Rouge. + + [336] «A la deuxième chambre», c’est-à-dire au second étage. Scarron, + lorsqu’il logeoit rue de la Tixeranderie, donnoit ainsi son adresse: + + ... Je me nomme Scarron, + Et loge en _la deuxième chambre_, + Tout vis à vis l’hôpital Saint-Gervais. + + +_Meubles meublans à vendre._ + +13. Un lit de drap du Sceau[337] gris de 4 à 5 pieds, doublé de taffetas +de la Chine à franges mêlées à vendre, avec le bois, tout garny, la +courte pointe de taffetas, 6 chaises, 6 ployants, et 2 fauteuils[338] +garnis de crain avec les housses, et le tapis de mesme drap et frange. +_Adr._ à M. Henaut de la Monnoye chez M. Barreau. + + [337] Lisez «d’Usseau». C’étoit un drap commun, dont on faisoit les + habits des laquais. V. Regnard, _Le Joueur_, acte I, sc. 1, et + _Satires_ de Furetière, p. 8. + + [338] L’étiquette étoit d’avoir, comme on le voit ici, un fauteuil + pour six chaises ou pour six pliants. Nous lisons, par exemple, dans + le _Journal_ de Colletet, à la date du 6 octobre 1676: «_On sçait + une Bourgeoise qui a _une demy douzaine de Chaises de roses et un + fauteuil_ à vendre des plus belles et des mieux nuancées qu’il y ait + à Paris, et qui sortent de dessous l’éguille. ITEM, _six autres de + point d’Angleterre avec le fauteuil_._» Plus loin, le 19 octobre, il + dit encore: «_On nous demande _demy douzaine de bois de chaises + neuves_, tournées à la mode, _avec le fauteuil_._» + +45. Tapisserie de Flandres de 25 à 26 aunes de tour sur 3 aunes de haut, +ayant quelques animaux parmy la verdure[339]. _Adr._ au Bureau, ou on en +fera voir quelques pièces. + + [339] V. plus haut, sur les tapisseries à verdure, t. I, p. 283. + +84. Plusieurs feuilles de paravent à vendre. _Adr._ au bureau. + +89. Un carreau, avec le sac[340] de velours rouge cramoisi[341], avec +trois rangs de grand gallon or et argent, tout neufs qui ont cousté 700 +l. et qu’on donnera pour moins de 400 l. _Adr._ à M. Menu, procureur au +Chastelet au coin de l’hostel de Bourgogne. + + [340] C’est-à-dire la couverture. + + [341] Comme les femmes portoient avec elles ces sortes de coussins + dans les églises pour s’agenouiller, elles les habilloient richement + ainsi de velours de couleur et de galons d’or. + +93. Une tenture de haute-lice[342], representant les travaux d’Ulisse, +presque neuve, de 19 à 20 aunes de tour, sur 3 aunes de haut, pour 3,000 +l. _Adr._ chez M. Predeseigle, marchand drapier, r. du Petit-Pont à +l’Estoille d’or. + + [342] V., sur les tapisseries de haute lisse, t. I, p. 283. + +60. Douze chaises de moquette[343] larges, bien garnies de crain, et les +bois à colonnes torses, avec le tapis et le lit de repos[344] tout +complet, le tout à vendre 10 pistolles au dernier mot. _Adr._ au bureau. + + [343] C’étoit alors déjà l’étoffe à la mode pour couvrir les chaises, + et, selon Richelet, «les formes» ou tabourets. Il est parlé, dans le + _Ballet des Romans_, p. 14, d’une «forme de moquette». On en faisoit + aussi des tapis. V. Tallemant, 1re édit., t. III, p. 69. + + [344] «Sorte de petit lit pour reposer après le dîner.» Richelet. + +69. Un lit de damas rouge cramoisi à crespine mêlée de cinq pieds et +demy de large, avec 12 ou 14 sièges. _Adr._ au bureau. + +102. Un lit de point d’Angleterre ondé de laine et de soye du prix de +900 l. _Adr._ à M. Curaud, au cloistre St. Médéric à l’hostel de +Roanez[345]. + + [345] Il étoit habité alors par Artus de Gouffier, duc de Roannez, ami + de Pascal, qui logea longtemps chez lui et faillit y être poignardé + par la concierge de l’hôtel, furieuse de ce qu’il vouloit persuader + à mademoiselle de Roannez, sœur du duc, de ne pas se marier et de se + retirer dans un couvent. V. les _Manuscrits_ de Marguerite + Périer.--C’est le duc de Roannez qui conçut avec Pascal l’idée des + carrosses à cinq sous, sorte d’omnibus du XVIIe siècle. + + +Choses Diverses. + +3. Un cachet sur un grand rubis du Temple[346], dont le manche est un +chien qui a le devant et derrière d’or émaillé, et le corps d’une grande +perle orientale à vendre 20 louis d’or au dernier mot, ou à échanger +contre quelque lit de campagne ou un cabinet de mesme prix[347]. _Adr._ +au bureau où l’on le fera voir. + + [346] Sur ces fausses pierreries dites «diamants du Temple», voy. t. + I, p. 248. + + [347] V. sur ce genre de meubles, t. I, p. 286. + +5. Un orgue à 4 jeux; sçavoir un bourdon de 4 pieds, son octave ou +flute, un flageollet et une voix humaine de la fabrique de M. Le +Prescheur[348]. _Adr._ à M. Denis ingenieur du Roy au mont St. Hilaire, +près l’Eglise au Chef S. Denis. + + [348] Ce facteur d’orgues, M. Le Prescheur, que nous n’avons pas vu + nommé ailleurs, avoit peut-être appartenu à la fabrique d’orgues de + la rue des Ménétriers, indiquée plus haut, t. I, p. 216. V., sur + Créteil, dont c’étoit aussi l’industrie, _Id._ p. 209.--Colletet, + dans son _Journal_, annonce aussi deux orgues à vendre, l’un le 22 + août 1676, l’autre, avec plus de détails, le 9 sept, suivant: «_On + sçait un fort beau Cabinet d’Orgues bien entier et bien conditionné + à huit jeux... qui peut estre fort propre pour un monastère de + Religieux ou Religieuses, petite paroisse de Paris, ou centre + considérable à la campagne, Communauté ou Collège. On le donnera + pour cinquante louis, quoiqu’il ait effectivement cousté plus de + cent pistoles._» + +6. Une basse de viole d’Angleterre[349], enrichie de filets d’ébène, un +dessus de viole, et un thuorbe de Bologne à filet et chevilles d’yvoire +à vendre. _Adr._ à M. d’Angebert[350]. R. St Honoré, proche des bastons +Royaux[351], chez mad. Ranquet. + + [349] V. sur _la basse de viole_ et ceux qui l’enseignoient, t. I, p. + 210. + + [350] Il faut lire, je crois, Denglebert, dont il a été parlé, t. I, + p. 206, comme étant des plus célèbres sur le clavecin. + + [351] Cabaret voisin de Saint-Roch. V. notre _Histoire de la Butte des + Moulins_, p. 52. + +7. De très beaux chevaux de Flandres à vendre en gros et en détail. +_Adr._ à mad. Bareilles. R. saint Honoré, près le Palais Royal, aux +Armes de Condé, proche un tapissier, à la première chambre[352]. + + [352] Au premier étage. V. plus haut p. 314. + +8. De grosses boucles d’oreille de diamants du Temple[353] très beaux, à +vendre pour 10 escus. _Adr._ au Bureau, où l’on les fera voir. + + [353] V. ci-dessus la note 2 de la p. précédente. + +14. Un corps de chaise roullante à 2 fonds pour 4 personnes, garnie de +serge grise neuve à 2 envers, avec les 2 coussins; il y a dedans 2 +coffres, ferrez et garnis de leurs serrures, le tout à vendre pour 100 +l. _Adr._ à M. Hennoyer, sellier de Mademoiselle, proche les Quinze +Vingts[354]. + + [354] La grande Mademoiselle, fille de Gaston d’Orléans, ayant + longtemps habité les Tuileries, avoit, comme on le voit, gardé ses + fournisseurs dans les environs. + +16. On vend de fort bon vin de Tonnerre pour des nopces à 6, 8 et 10 s. +la pinte dans la r. S. Martin, près la r. aux Ours, chez un faiseur de +Luth[355]. + + [355] On a vu plus haut, t. I, p. 315, que chacun pouvoit faire débit + de son vin. C’est ce qui s’appeloit «vendre à pot». Fr. Colletet, + dans son _Journal_, à la date du 5 août 1676, nous dit à ce sujet ce + que coûtoit alors le vin de Champagne: «_Un Bourgeois de Paris vend + en détail d’excellent vin de Reims en Champagne, et le donne à 12 s. + la bouteille; il en a aussi à 10 et à 8 s. la pinte. Le dit vin est + de son propre crû, et l’on enseignera au Bureau sa demeure._» + +18. Les Conciles d’impression du Louvre en 37 volumes[356], bien reliez, +à vendre. _Adr._ au Bureau, où l’on en pourra faire venir quelque volume +à voir si on le souhaite. + + [356] C’est l’édition de 1644, due en effet à l’imprimerie du Louvre, + alors à ses commencements. Elle fut réimprimée, en 1715, avec des + additions et une table excellente, par les soins du P. Hardouin. + +25. Le sieur Hermier, par privilège vérifié et exclusif à tous autres, +continue à faire les planches façon de marbre et des tables de mesme, +dont il fera voir tous les dessins qu’il a executez depuis 1643. Il loge +r. S. Marc, entre les portes Richelieu et Montmartre[357], chez le sieur +Petit Charpentier[358]. + + [357] La rue Saint-Marc, qui devoit son nom à l’une des seigneuries + des Vivien, seigneurs de la Grange-Batelière, sur le terrain de + laquelle on venoit alors de la bâtir, servoit en effet de trait + d’union entre les portes Richelieu et Montmartre, bâties l’une et + l’autre à cette hauteur dans les derniers temps de Louis XIII et + démolies ensemble en 1701. + + [358] Il est parlé de lui dans un mémoire contre Lulli: _Requeste + d’inscription de faux en forme de factum présenté au Châtelet, le 16 + juillet 1676_, par le sr Guichard, in-4º: «Le sieur Antoine Petit, + charpentier, y est-il dit, travaillant aux ouvrages de charpenterie + des maisons et de l’Opéra de J.-B. Lulli.» + +35. La grande Bible polyglotte de Londres et le Lexicon, en 7 langues +orientales, en 8 vol.[359] en blanc[360] à vendre pour 400 l. _Adr._ à +mad. Balduc orfévresse, r. Bourlabbé à la ville de Sedan. + + [359] C’est _la Bible_ de l’évêque de Chester, Walton, publiée en 1657 + à Londres, en 6 vol. in-fol., et que le _Lexicon heptaglotton_ de + Castell, qu’on y joignit en 1668, augmenta de deux volumes nouveaux. + + [360] C’est-à-dire non reliés. + +24. Un habit et manteau de moire noir, le caneçon de chamois, et les bas +de soie à vendre pour 20 escus. _Adr._ chez la Dame de Clermont au coin +de la rue des Consuls[361], chez un confiturier à la 3 chambre. + + [361] La même que la rue des Juges-Consuls aujourd’hui, dans l’ancien + cloître Saint-Merry. + +41. Un Collier double de 206 perles baroques de belle eau à vendre, au +dernier mot 15 écus. _Adr._ au Bureau où on les pourra voir. + +48. Un autre collier de perles barroques assez grosses et de belle eau à +vendre pour 360 l. _Adr._ au bureau où on les pourra voir. + +82. Il est arrivé un marchand de vin de la ville de Condrieux, qui en +vend à 16 s. la pinte dans la rue de la Tixéranderie, proche S. Jean en +Grêve. + +83. Deux chevaux de Carrosse, avec le carrosse à vendre ensemble ou +séparément. _Adr._ au Bur. + +50. On continue à débiter au bureau des Chapeaux de la manufacture de +l’Hopital Général[362], fort bons et esprouvez contre la pluye, et à +très-grand marché, à 30 sols tout garnis. + + [362] Des fabriques et manufactures avoient été établies, afin de + créer, par les bénéfices qu’elles pourroient faire, des ressources + pour l’Hôpital général. Nous verrons tout à l’heure que la fabrique, + déjà ancienne, des tapis de la Savonnerie ne travailloit plus + elle-même que pour contribuer à cette œuvre charitable. + +51. Un homme de Province, qui croit avoir démêlé les obscuritez de la +Cassandre de Licophron, mais qui ne se fie pas assez à son jugement, +pour hazarder d’en donner son travail au public, sans en avoir l’avis +des sçavants de Paris, prie tous ceux qui auront quelques belles +conjectures sur cet autheur, d’avoir la bonté de les donner au Bureau, +et s’ils y veulent bien adjouster leur nom, il ne manquera pas, en +publiant l’ouvrage, d’y marquer la reconnoissance qu’il leur devra de ce +secours[363]. + + [363] Cet appel singulier n’étonne pas, quand on sait ce qu’il y a + d’énigmatique dans ce poëme de _Cassandre_ la prophétesse, qui fit + donner à Lycophron, sorte de Nostradamus antique, le nom de «poëte + ténébreux». Nous ignorons si la traduction, pour laquelle notre + provincial réclamoit les lumières de l’érudition parisienne, a + jamais paru. + +52. Le Philosophe inconnu, arrivé depuis peu, fait toujours débiter +_l’eau catholique de Paracelse_, remede universel contre toutes les +maladies, chez le sieur d’Aiguillon de la Ferté, à 6 liv. l’once, et aux +pauvres _gratis_: Et on y instruit de son usage ceux qui en prennent, +dont il dit aussi que 6 goutes prises dans ce qu’on voudra, est un +préservatif cordial pour maintenir la santé. Il donne avis de plus, +qu’il vend de l’eau[364] des dames vénitiennes pour embellir et +entretenir le visage[365], à un écu l’once; et qu’il donne _gratis_ aux +pauvres une excellente emplastre pour les dents. Il loge au Marais rue +de Limoges, près la fontaine du Calvaire[366], à la première porte +cochère à main droite. + + [364] Ce seroit, dit-on, _l’eau de melisse_, qui se vendoit déjà dans + les premiers temps de Louis XIII et dont les Carmes de la rue de + Vaugirard finirent par accaparer le monopole. V. _Le Vieux-neuf_, 2e + édition, p. 626. + + [365] On trouve les recettes des Dames vénitiennes pour se «blondir + les cheveux» et se rajeunir le visage dans un manuscrit des archives + de Venise, _Recitario della contessa Nani_, dont MM. A. Baschet et + Feuillet de Conches ont publié une traduction: _Les femmes blondes + de l’école vénitienne_, pet. in-8º. + + [366] Appelée aussi alors fontaine de l’Échaudé, et des Comédiens du + Marais (V. p. 330). Elle se trouve au carrefour des rues de Limoges, + de Poitou et Vieille-du-Temple, vis-à-vis d’un cabaret de cette + dernière rue, qui porte encore son enseigne sur sa grille avec cette + inscription AV SOLEIL D’OR. C’est là que fut maintes fois mystifié + le petit Poinsinet. (_Poésies satyriques du XVIIIe siècle_, 1788, + in-12, t. I, p. 99.) + +53. Vingt cinq pièces de pierres de ruyne[367] très bien assorties et +disposées pour faire un grand cabinet ou un grand tabernacle. _Adr._ au +Bureau. + + [367] «On donne ce nom à certaines pierres figurées, sur lesquelles on + voit des représentations de vieilles ruines aussi naturelles que si + elles étoient l’ouvrage du pinceau.» L’abbé Prévost, _Manuel + lexique_, 1755, in-12, t. II, p. 380. + +90. Deux chevaux gris avec la chaise roulante à vendre pour 500 l. +_Adr._ chez M. Menu, procureur au Chastelet, au coin de l’hostel de +Bourgogne. + +57. L’artisan chrestien, ou la Vie du _Bon Henry_, maistre cordonnier à +Paris, instituteur et fondateur des Communautez des frères Cordonniers +et Tailleurs[368], se vend à Paris, chez G. Desprez dans la r. S. +Jacques à l’Image S. Prosper. + + [368] Son vrai nom étoit Henri-Michel Bunch. Simple garçon cordonnier, + il avoit, en 1645, établi la communauté des Frères de son métier, à + l’imitation de laquelle fut, peu après, créée celle des frères + Tailleurs. V. plus haut, sur l’une et sur l’autre, p. 61 et 67. + +62. Une montre à boîte d’argent, ovale, sonnerie et réveil, et tous les +mouvements excellents à vendre pour 10 pistoles. _Adr._ au Bur. où on la +fera voir. + +85. Le sieur Bridaut maistre diamantaire[369] continue à vendre quantité +de diamant, excellent à couper le verre, qui luy sont venus depuis peu à +prix raisonnable. _Adr._ aud. sieur Bridaut dans la Monnoye. + + [369] On appeloit ainsi l’ouvrier qui taille le diamant. + +63. La grande carte généalogique royale de France de M. Thuret[370] se +débite au cadran S. Honoré[371], chez une lingère à la 4. chambre, chez +M. Roger imager, sur le quay de l’Horloge, et chez M. Jaquinet graveur +r. S. Anthoine, vis à vis l’hostel de Sully. + + [370] Nous ne connaissons pas cette _carte généalogique_ d’Antoine + Thurel et non Thuret, qui prenoit le titre d’ancien prieur de + Notre-Dame-de-Homblières. Le plus ancien ouvrage que Guigard, + _Biblioth. héraldique_, p. 153, cite de lui est la _Table + chronologique et généalogique des rois de France_, 1687, gr. in-fol. + + [371] Ce cadran se trouvoit rue Saint-Honoré, au-dessus de la porte du + cloître. V. Segrais, _Œuvres_, t. II, p. 152. + +72. Un collier de fort belles perles de belle eau et assez grosses, +entrenettes, d’environ 1,500 l. _Adr._ chez M. Bidaux aux Galleries du +Louvre. + +75. _Les pensées de M. Paschal sur la Religion et sur d’autres sujets, +trouvées dans son Cabinet après sa mort_, sont imprimées, et se vendent +à Paris chez G. Després, r. S. Jacques, à l’Image S. Prosper[372]. + + [372] C’est la première édition des _Pensées_. L’annonce précédait la + mise en vente. L’achevé d’imprimer n’est, en effet, que du 2 + janvier, et déjà notre _Liste des avis_, datée du 1er, dit qu’elles + ont paru. + +91. Un beau cheval de selle gris pommelé à vendre. _Adr._ chez M. le +Président Tubeuf, rue Vivien[373], derrière le Palais Royal. + + [373] Le président Tubeuf, après avoir vendu à Mazarin, pour qu’il + agrandît son palais, l’hôtel situé à l’angle des rues de Richelieu + et des Petits-Champs, étoit allé habiter, rue Vivienne, celui devant + lequel fut percée la rue Colbert. + +92. Un carrosse vitré à 2 fonds de moyenne grandeur de velours rouge +cramoisi à ramages à 3 glaces[374], et le train neuf à vendre. _Adr._ +chez messieurs Tubeuf[375], r. Montmartre, vis à vis S. Joseph. + + [374] «L’usage des glaces aux carrosses nous vient d’Italie. + Bassompierre est le premier qui l’ait apporté en France.» + _Longueruana_, t. I, p. 109. + + [375] Ce sont les fils du président nommé tout à l’heure. Tallemant, + t. VII, p. 313-314, parle de l’un d’eux, Charles, conseiller au + Parlement, maître des requêtes. + +97. On continue jusqu’à la feste de la Purification[376] à vendre les +plus belles curiositez du Cabinet de M. Gosseneau[377], depuis 2 heures +après midy jusqu’à 6 heures du soir, r. et proche la Monnoye. + + [376] 2 février. + + [377] Nous croyons qu’il faut lire Gosseau, comme dans la liste des + curieux donnée par Spon en 1673. Il habitoit alors près des + Carmélites, et peut-être, lorsqu’il vendit, comme on le voit ici, + une partie de ses curiosités rue de la Monnoie, étoit-ce pour + s’épargner l’ennui de les déménager. + +59. On a perdu dès le mois d’octobre dernier une Eolipile, ou soufflet +de cuivre rouge en forme de teste qui souffle[378]. _Adr._ à M. Audry, +r. de la Ferronnerie à la Lampe. + + [378] Il a déjà, dans une de nos notes, été question de l’eolypile. + Nous n’y reviendrons que pour dire comment elle servoit à Descartes + pour expliquer l’origine du vent: «Vous demandez, écrit l’abbé de + Fleury (_Nouveaux opuscules_, p. 370), comment se fait le vent, et + vous avez recours aux trésors de Dieu. Descartes dit: je vais vous + en faire. Il prend une Eolipyle, qu’il remplit d’eau à demi, et la + met devant le feu; l’eau échauffée et raréfiée chasse l’air avec + violence, qui souffle le feu. Voilà le vent.» Mussenbrok en + possédoit plusieurs d’une grande curiosité dans son cabinet à Leyde: + «Une éolipile, par le moyen de laquelle on change l’eau en air... + Une éolipile attachée sur un petit charriot, et courant sur le pavé + d’une rapidité extraordinaire, par la vapeur qui en sort, etc.» + (_Catal. des Instrum. de physique, etc., que l’on trouve chez Jean + Van Musschenbroek_, 1725, in-8º, de 12 p., p. 7.) + +62. Celuy qui a le secret infaillible de guérir le _miserere_, demeure +toujours chez M. Le Maire, Peintre du Roy[379], r. S. Thomas du Louvre +devant l’hostel de Longueville. + + [379] François Lemaire, reçu de l’Académie de peinture en 1657. Il + mourut en 1688. + +73. Un moulin à bled portatif et aisé à placer où l’on veut, pour moudre +à la main, à une et à 2 manivelles à vendre. _Adr._ au bureau, où on le +fera voir s’il est besoin. + +100. On continue à vendre d’excellent vin de Beaune et de Volnay en gros +et en détail, r. S. Louis au Marais, au coin de la r. S. Anastase. + +101. Une personne de condition va faire vendre d’excellent vin de Volnay +et de S. Aubin en gros et en détail dans la r. de Richelieu, joignant le +logis de M. Le Roy: La Cave sera ouverte après les Roys. + +103. Un carrosse à 2 fonds, doublé de damas et velours cramoisi, avec 2 +glaces de Venise, le tout fort bon, et le train neuf à vendre à prix +raisonnable. _Adr._ au sieur de Turny à l’échelle du Temple[380], où il +faut demander Dupré, et y aller depuis 8 heures du matin jusqu’à 10 pour +le trouver. + + [380] Échelle patibulaire de la Justice du Temple, placée au coin de + la rue des Vieilles-Haudriettes, qui lui dut un de ses anciens noms, + et de la rue du Temple. Il en est parlé dans les registres du + Châtelet de 1391, et, jusqu’à l’époque de la Fronde, elle resta + intacte. Elle fut brûlée alors par quelques gentilshommes frondeurs. + Il ne resta qu’un des montants. V. dans le La Fontaine de la + Collect. Elzevirienne, t. III, p. 259, une note communiquée par + nous. + +105. Le Recueil de tous les Vers mis en chant jusqu’en 1670, en 6 +vol.[381] faisant près de 2,000 chansons: se vend ensemble ou séparément +chez C. Barbin et G. de Luines au Palais, et chez un Chandelier devant +la Croix des Petits Champs[382]; avec les livres d’airs gravez de M. +Lambert[383], in-4º et in-8º, et un traité curieux de la méthode de +chanter, le tout en gros ou en détail. + + [381] C’est le _Recueil des plus beaux vers qui ont été mis en chant_, + publié d’abord en trois parties par Charles Sercy, 1661, in-12, et + repris par Barbin et De Luynes, qui l’augmentèrent de trois parties + nouvelles en le continuant de 1661 jusqu’à 1670. Je ne crois pas + qu’ainsi complété il se trouve dans aucune bibliothèque. Brunet, du + moins, dernière édition, t. IV, col. 1167, n’en signale pas + d’exemplaire. + + [382] Ou Croix de Bon-Puits. Elle se trouvoit au carrefour des rues du + Bouloy et des Petits-Champs, qui, à cause d’elle, s’appela plus tard + et s’appelle encore rue Croix-des-Petits-Champs. + + [383] V. sur lui, t. I, p. 205. + +106. Un grand Théorbe de _Gaspar_[384], d’autres petits et 3 Luths, +portraitz de Nanteuil[385] et autres grandes Thèses à bordure[386] à +vendre ou troquer, et toutes sortes de livres à vignettes, reliez en +maroquin pour la musique et le luth, à un écu la pièce. _Adr._ chez M. +Quichardet, vis à vis la Croix des Petits Champs. + + [384] Antérieur aux Amati, il travailla de 1560 à 1610. Il marquait + ses instruments de cette étiquette: GASPAR DA SALO IN BRESCIA. + + [385] Robert Nanteuil, si célèbre comme graveur de portraits, et qui + étoit alors dans toute sa gloire. + + [386] Ce sont ses thèses à frontispice et à bordures gravés, «toujours + bonnes à garder pour l’image», comme dit la Toinette du _Malade + imaginaire_. + +115. Ceux qui voudront faire rentraire des vieilles tapisseries, et les +faire remettre en couleur, ou en raccommoder les relais, n’auront qu’à +s’adresser à M. Lourdet Tapissier du Roy à la Savonerie qui est une des +maisons de l’Hopital général[387]. + + [387] V. une des notes précédentes, p. 320. Trois ans après, la + Savonnerie était redevenue un établissement royal. Nous lisons, en + effet, dans le _Récolement des Archives de l’assistance publique_ + par M. Brièle, 1877, in-8º, p. 157: «Arrêt du Conseil du 22 août + 1673, par lequel le Roi reprend la maison de la Savonnerie, dont il + avoit fait don à l’Hôpital général, pour lequel cette maison étoit + une trop lourde charge.» + +118. _Biblia Heintenij cum figuris_[388], _Biblia Benedicti_[389] en +grand papier, et la bible des 70 en grec, avec les diverses leçons[390] +à vendre, ensemble et séparément. _Adr._ au Bureau. + + [388] C’est la Bible, préparée par Jean Henten et publiée à Francfort, + en 1566, in-fol., sous ce titre: _Biblia ad vetustissima exemplaria + nunc recens castigata_. Les figures sont au nombre de 127, gravées + sur bois. + + [389] Voici le titre de la première édition: _Biblia sacra latina, + juxta Vulgatam, cura Jo. Benedicti_, Parisiis, 1549, in-fol. + + [390] Ce doit être celle dont voici le titre: _Divinæ Scripturæ, nempe + Veteris et Novi Testamenti omnia, græce, a viro doctissimo recognita + et emendata, variisque lectionibus... aucta et illustrata_. + Francfort, 1597, in-fol. + +120. Deux jeunes chevaux entiers de carrosse, bay brun, à vendre chez M. +le Président Tubeuf, r. Vivien, derrière le Palais Royal[391]. + + [391] V. une des notes précédentes, p. 323. + + +Demandes. + +8. On demande une terre relevant du Roy[392], depuis 10 jusqu’à 30 +lieues de Paris, et depuis 100 jusqu’à 150,000 l. ou plus. _Adr._ au +bureau. + + [392] C’est-à-dire n’ayant que lui pour seigneur. + +12. On demande une maison depuis 4 jusqu’à 8 lieues de Paris, sur le +bord des rivières de Marne ou de Seine, en remontant depuis 4 jusqu’à +800 l. de revenu, bien bastie, où il y ait un jardin raisonnable, des +bois, prez et terres. _Adr._ chez M. Guerin prestre de S. Louis, dans +l’Isle Nostre Dame, rue Poultière[393]. + + [393] C’est le nom féminisé de la rue de l’Ile Saint-Louis, dont Le + Poulletier, associé de Marie pour les constructions de ce quartier, + avoit été le parrain. + +22. On demande une terre à 8, 10, 12, ou 15 lieues de Paris, de 30 +jusqu’à 40,000 l., où il y ait de l’eau. _Adr._ au bureau. + +23. On demande un carrosse à 2 fonds de velours et vitré, du prix de 4 à +500 l. _Adr._ à M. de Sêve de Plateau, dans l’Isle Nostre Dame sur le +Quay de Bourbon. + +30. Si quelqu’un a un cheval gris pommelé entier, à vendre, d’une +médiocre taille, ou si on en veut acheter un semblable pour +appareiller[394]: on pourra s’adresser chez le sieur Pecou mareschal, +rue de la Harpe, proche la rue du Foin. + + [394] Dans l’_avis_ publié par _le Mercure_ de septembre 1717, p. 181, + le nouveau directeur du Bureau d’adresse rappelle avec une certaine + satisfaction que Louis XIII avoit ainsi «appareillé» un de ses + équipages: «Ce prince, dit-il, après plusieurs recherches inutiles + pour découvrir un cheval de poil Isabelle, qui pût assortir à un de + ceux qui traînoient son petit carrosse, eut recours au Bureau + d’adresse qui luy en indiqua un. C’est ce qui engagea Louis XIII à + lire les listes du Bureau, et cette lecture a souvent mis en place + des personnes qui n’étoient redevables de leurs emplois qu’à cet + établissement.» + +30. On demande une chocolatière d’argent[395] qui n’ait guières servy. +On la payera tout ce que vaut le marc, et quelque chose de façon si elle +n’est pas mal conditionnée. _Adr._ au Bureau. + + [395] C’étoit un ustensile alors assez nouveau, l’usage du chocolat + n’ayant guère commencé à Paris que vers 1658 ou 1660. V. _Mém._ + d’Audiger, _limonadier à Paris_, nouv. édit., 1869, in-12, p. 367, + et _Correspond. administ. de Louis XIV_, t. III, Introduction, p. + LIII. + +31. Si quelqu’un a les livres suivants imparfaits, et les veut vendre; +sçavoir le 1 tome d’Horace de M. de Marolles, le 3 tome des leçons de +Canisius[396], _H. Rosvitæ opera de Sanctis Germaniæ in-fol. +Norimbergæ_, 1601[397], _Metam. Ovidii cum indice Pompeii Pasqualini_, +1614, in-8º. Il peut s’adresser au libraire du Grand Conseil dans le +Cloistre S. Germain. + + [396] Il s’agit des _Antiquæ lectiones_ de H. Canisius, 1601-1608, 7 + vol. in-4º. + + [397] Nous n’avons vu indiqué nulle part cet ouvrage de Hrosvita. + +46. On demande 6 ou 8 feuilles de paravent simples et assez honnestes. +_Adr._ au bureau. + +87. On demande un lit de 4 pieds ou environ de largeur, du Camelot de +Hollande, doublé de quelque petit satin bien propre, avec des sièges +revenans. _Adr._ chez un bourrelier, qui est au milieu de la rue des +Juifs. + +66. On demande un fauteuil renversé à cremillière[398], qui soit fort +bon et bien garny sans housse. _Adr._ au bureau. + + [398] Lisez cremaillère. Richelet, du reste, admet l’orthographe que + nous voyons ici: «chaise à _cremilière_, dit-il, ou chaise de + commodité.» Le Théâtre-François possède encore, parmi ses + accessoires, de ces vieux et énormes fauteuils dont le dossier se + renverse ou se remonte à l’aide d’une crémaillère. Molière en + possédoit un de ce genre. (Eud. Soulié, _Recherches_, p. 267.) + +119. On demande une terre en titre de comté ou de marquisat, ou fort +seigneuriale, de 40 à 50 mil écus, à 20 ou 30 lieues de Paris, du costé +de Chartres ou le Vexin françois, dans le ressort du Parlement de Paris. +_Adr._ chez M. Rautier épicier, r. Montmartre près la rue Tiquetonne. + +Nota, _qu’il ne faut point avoir d’égard au num. 69 de la pag. 8[399] +parce que, par le moyen de la communication du Registre, cet article a +esté expédié comme les autres defaillans, avant qu’on eust achevé +d’imprimer_. + + [399] Ici cet article est à la p. 315. + + +_Lieux où se trouveront tous les quinze jours les livres d’avis à quinze +deniers la pièce._ + +Il y aura un escriteau pour les remarquer. + +Rue de la Verrerie au coin de la rue de la Poterie, M. Bullot, +chandelier. + +Vieille rue du Temple, près la fontaine des petits Comédiens[400], M. +Cagnard, chandelier. + + [400] V. sur cette fontaine, p. 321. On appeloit Comédiens du Marais + ceux dont le théâtre, où Corneille fit jouer la plupart de ses + pièces, se trouvoit à peu près à l’endroit occupé aujourd’hui par le + nº 90 de la rue Vieille-du-Temple, derrière l’École centrale, + établie, comme on sait, rue de Thorigny, dans l’ancien hôtel + d’Aubert, traitant de la gabelle du Sel, auquel il avoit dû son nom + d’_Hôtel-Salé_. V. Tallemant, édit. P. Paris, 391, et IX, 451. + +Rue Grenier saint Lazare, près la rue Beaubourg, M. Macé chandelier. + +Rue Montmartre, proche la rue du Mail, M. Cazimir chandelier. + +Rue saint Honoré aux bastons Royaux[401], au Bureau des carrosses. + + [401] V. plus haut. + +Rue Taranne au fauxbourg saint Germain, au coin du carrefour saint +Benoist, M. Rossy chandelier. + +Rue S. Jacques vis à vis S. Yves, à la Toison d’or, M. Le Petit et +Michallet libraires. + +Sous la porte S. Marcel, M. de S. Denis marchand. + +Isle Nostre Dame, au carrefour de la rue des deux ponts, M. Bichebois +chandelier. + +Rue saint Antoine, près la Place Royale, au Bureau des carrosses. + +A la descente du Pont Marie, proche la Barrière, M. Pierre Paul +limonadier[402]. + + [402] Un café existe encore au même endroit. C’est un des plus + anciens, sinon le plus ancien de Paris. + +Rue de la Vieille draperie, au milieu, à la Vision de Jacob, M. Horait +chandelier. + +Grande Sale du Palais vis à vis la grand’Chambre, M. de Ligny. + +Au bout du pont S. Michel, rue de la Boucherie, M. Moet libraire à S. +Alexis. + +AU BUREAU D’ADRESSE, rue Thibault aux dez. + +_Dans tous ces bureaux on ne débitera jamais de listes vieilles, mais +seulement ceux de la Quinzaine suivante. S’il s’en trouve ailleurs, on +n’y doit point avoir d’égard._ + +Avec privilège et permission. + + + + +LISTE GÉNÉRALE + +DU + +BUREAU D’ADRESSE ET D’AVIS + +PAR PRIVILÈGE DU ROY. + +_Du 7 Aoust 1688_[403]. + + [403] V. _Introduction_, p. xlj. + + +L’on continüera à l’avenir de faire imprimer notre Liste d’avis tous les +quinze jours, afin que le public puisse avoir le temps de se +reconnoistre. + +On ne remet sur cette liste que quelques uns des articles qui estoient +sur la précédente, et dont le droit a esté payé. + +Les domestiques de l’un et l’autre sexe viennent continuellement au +Bureau, où l’on les examine avec beaucoup d’exactitude, aussi bien que +leurs repondans, pour les pouvoir produire en seureté à ceux qui en +viennent demander. + + +_A vendre._ + +1. Une tres belle maison scize rue de la Verrerie, proche S. Mery, louée +à présent à une seule personne 1800 liv. + +2. Une maison à porte cochère très bien bastie, scize à Soisy sous +Etiole[404], six lieues de Paris, proche la rivière de Seine, grand +Jardin clos de murs[405], vignes, et autres choses dont on fournira un +estat au Bureau, du prix de 10,000 liv. + + [404] C’est aujourd’hui une commune d’un millier d’habitants dans le + canton de Corbeil. + + [405] C’étoit un point très important alors, car ne faisoit pas qui + vouloit enclore de murs parc ou jardin; on en a la preuve par les + registres du Parlement, où l’on trouve par exemple, à la date du 30 + mai 1663, confirmation des lettres portant permission à Le Tellier + de faire enclore six cents arpents de terre en son parc de Chaville. + +3. Un cheval entier avec tous ses crains, poil bay, de bonne taille, âgé +de six ans, fort vigoureux, propre pour la selle et pour le manege, du +prix de quarante loüis d’or[406], avec douze jeunes chiens courants +blanc et noir entre deux tailles, bons pour le chevreuil et lièvre, du +prix de vingt quatre loüis d’or. + + [406] Ces chevaux de selle et de manège, toujours bien supérieurs + comme prix aux chevaux de labour, se vendoient quelquefois jusqu’à + quinze cents livres. V., dans les _Mémoires des Intendants_, celui + de la Généralité de Limoges, au chapitre des _Haras_. + +4. Une chaise roulante à ressorts à deux places pour un cheval, garnie +de drap gris, et d’une campanne soye[407], l’imperialle ronde[408], avec +les harnois de deux chevaux, du prix de 120 liv. + + [407] La campane étoit un ornement à franges, dont la forme étoit + celle d’une cloche (_campana_). + + [408] L’impériale, lorsqu’elle étoit ronde comme ici, faisoit sur le + dessus des carrosses et chaises l’effet d’une couronne d’empereur. + De là son nom, encore aujourd’hui en usage. + +5. Pour 60,000 liv. de rente sur l’Hôtel de Ville, en plusieurs +contracts créés au denier dix huit[409], et qu’on veut vendre au denier +vingt; l’argent sera employé en acquisition de fonds, dont on fournira +un estat à la charge du decret. + + [409] C’est-à-dire un denier d’intérêt pour dix-huit prêtés, ce qui + équivaut à un peu moins de six pour cent, comme le denier vingt à + cinq pour cent environ. + +6. Une maison à porte cochère scize à Gentilly, très belle et bien +bastie, où il y a toutes sortes de commoditez, avec un grand jardin clos +de murs, garny d’arbres fruitiers, du prix d’environ 7,000 liv. Il y a +seureté pour l’acquisition; on s’accommodera du prix pourvu qu’il y en +ait la moitié ou le tiers comptant: on aura au Bureau un estat plus au +long de la dite maison. + +7. Un lit de bois noyer de six pieds de large, garny d’un somier de +paille, matelat, lit de plume et courte pointe serge de S. Lau[410], +couleur d’ecarlatte, avec sa housse mesme serge et couleur, du prix de +120 liv. Quinze petites chaises pour la table couvertes de mocades[411] +à fleurs de plusieurs couleurs à fond vert de 3 liv. pièce. Une grande +aumoire[412] bois sapin à deux portes fermant à clef, servant de +garde-meuble, du prix de 40 liv. et une chaise bourgeoise à porteur, +garnie d’une étoffe de soye de 30 liv. Le tout bon et de hasard, et +qu’on vendra ensemble ou séparément. + + [410] Lisez Saint-Lô, dont la fabrication de la serge est encore une + des industries. + + [411] C’est une forme du mot «moquette», qui se rapprochoit davantage + de _camocas_, nom de l’étoffe bien connue au moyen âge, dont la + moquette ou mocade étoit une imitation plus moderne. V. plus haut, + p. 315. + + [412] Le peuple, qui dit «ormoire» pour armoire, se rapproche par sa + prononciation de la forme du mot, telle qu’elle est ici, et en même + temps de la racine latine, _aumarium_, lieu secret, cachette, + suivant le sens que ce mot a dans Pétrone (édit. Burmann, p. 868). + _Aumoire_ ne fut remplacé que fort tard par armoire. Il se trouve + dans le _Roman du Renard_, vers 3 et 259, et, comme on le voit ici, + il étoit encore usuel au XVIIe siècle. L’annotateur du _Catalogue + Soleinne_, t. I, p. 227, le rencontrant dans une pièce du même + temps, _Le Murmure des femmes_, croit par erreur qu’il vient + d’aumusse.--Ajoutons qu’«armoire» toutefois s’employoit déjà. On le + trouve dans le _Journal_ de Fr. Colletet, 3 sept. 1676, avec des + détails sur ce genre de meuble, tel qu’on le travailloit de son + temps: «_On sçait_, dit-il, _une belle paire d’armoires à vendre, + toute neuve, et fort bien travaillée à deux grands guichets brisez, + pour serrer des habits, du linge ou d’autres hardes: Elle est de ces + beaux bois ondoyez, et faite par un bon ouvrier: et elle pourroit + estre commode même pour serrer des livres curieux et particuliers + dans une Bibliothèque_.» + +8. Une très belle maison à porte cochere bien bastie, située au +Plessis-Chenet, paroisse du Coudray[413], sept lieues de Paris, proche +la rivière de Seine, avec jardin, clos de vingt quatre arpens, où il y a +pré, terre, vigne, bois taillis et d’haute fustaye, et plusieurs autres +belles commoditez, du prix de 12,000 liv. On aura au Bureau un estat au +long de la dite maison. + + [413] Le Plessis-Chenet est aujourd’hui un écart de la petite commune + du Coudray-Monceaux, dans le canton de Corbeil. + +9. Une charge de somier de vaicelle[414] ordinaire de chanssonnerie[415] +chez Madame la Dauphine à franc estrillé[416], qui jouit de tous les +privilèges aux gages fixes de 300 liv. par an[417], payez par quartier, +avec logement et bouche à cour[418] du prix de 4,000 livres. + + [414] Le sommier de vaisselle avoit pour office le transport sur un + cheval de somme ou _sommier_ de la vaisselle dont avoit besoin la + maison du roi, ou celles des princes et princesses quand elles se + déplaçoient. + + [415] Lisez «échançonnerie». + + [416] C’est-à-dire, affranchi de la nécessité de fournir le cheval, le + sommier. + + [417] C’était le double chez le roi. Le sommier de vaisselle touchoit + 600 l. Il en avoit même eu longtemps 660, comme le sommier de + bouteilles. + + [418] C’est-à-dire, nourri à la Cour. + +10. Deux grands chevaux de carrosse poil noir, du prix de 300 liv. + +11. Une charge de peintre à la garde robbe du Roy[419], qui jouit de +tous les privilèges, aux gages de 60 liv. par an, du prix de 1,000 liv. + + [419] Nous n’avons pas trouvé mention de cette charge, dont l’exiguïté + des appointements dit le peu d’importance, dans les _États de + France_ de cette époque. + +12. Une maison à porte cochere scize à Argenteuil, proche la rivière, en +deux corps de logis, avec cour, puis, et jardin d’un arpent clos de +murs, du prix de 4,000 liv. On donnera au Bureau un estat au long de la +dite maison. + +13. Une maison à porte cochère en cette ville, au quartier S. André des +Arcs, en trois corps de logis, grande basse cour, remise de carrosses, +et autres commoditez, du prix d’environ 40,000 liv., louée à présent +1,800 liv. + +14. Une tapisserie de verdure de Flandres, en sept pièces, de dix huit +aulnes trois quarts de tour, doublée tant plain que vuide, sur deux +aulnes deux tiers de haut, avec six soubassemens de fenestre mesme +tapisserie; un lit de six pieds de long, sa housse de tabis[420] vert, +garni d’un somier de paille, matelat, lit de plume, couverture +d’Angleterre, huit fauteuils, et quatre chaises avec leurs housses, +moitié mesme tabit, moitié d’une tapisserie à l’éguille couleur de roze, +une fontaine de cuivre, et une garniture de feu fort poly, le tout du +prix d’environ 800 liv. A vendre séparément ou ensemble. + + [420] C’étoit ce que nous appelons «moire» aujourd’hui. Nous l’avions + emprunté aux Orientaux qui le nomment _ôtabé_ et le mélangent de + coton. + +15. Une tapisserie de verdure de Flandre, neuve en six pièces, de +dix-huit aulnes et demy de tour, sur deux aulnes, deux tiers de hault, +du prix de 900 liv. + +16. La Terre et Seigneurie de la Vallée, située dans la province du +Berry, à dix lieues de Bourges et sept de Gien, entre Cosne et +Sanserre[421], à deux lieues de la rivière de Loire, le revenu de la +dite terre consistant en droits seigneuriaux, terrage, rentes, +tuillerie, estangs, garennes, six fermes, et plusieurs autres héritages +dépendant de la dite Terre, du prix de 80,000 liv. Le revenu estant de +4,000 liv. à le faire valoir par ses mains, et de 3,000 liv. de bail à +ferme. On fournira au Bureau un estat au long d’icelle. + + [421] La Vallée est aujourd’hui une petite commune du canton de Lormes + dans la Nièvre. + +17. Une maison a porte cochere, scize à Cormeil, trois lieues de Paris, +en deux corps de logis, cour, puits, et jardin derrière; attenant lequel +il y a une grange à foin; le tout du prix de 4,000 liv. On donnera au +Bureau un estat au long de la dite maison. + +18. Cinq cens arpens de bois taillis, d’environ dix ans de coupe, +scituez à une lieue du port de Nogent sur Seine, en deux coupes égales; +l’on affermera le tout, ou une seule coupe, à commencer au mois +d’octobre prochain; ou si on veut en achepter le produit tous les ans, +on le vendra, et du tout on fera bonne composition. + +19. Une charge d’ayde de Panneterie chez le Roy[422], qui jouit de tous +les privilèges aux gages fixes de 225 liv.[423] et 150 liv. de profits, +le tout payez reglement à la fin du quartier de Juillet pendant lequel +on sert[424] et est nourry, pour 5,000 liv. + + [422] Il y avoit chez le roi douze de ces aides dans la + panneterie-commun. + + [423] Ces gages avoient été longtemps de 300 livres. + + [424] Il seroit plus clair de dire que celui qui veut ici vendre sa + charge servoit pendant le quartier de juillet. + +20. Une charge de garde du Roy en la prevosté de l’hostel[425], sous la +charge de Monsieur le Marquis de Sourches, grand prevost de France[426], +qui jouit de tous les privileges, aux gages de 272 liv. 10 sols[427], à +servir pendant le quartier de Janvier, du prix de 3,050 liv. + + [425] Ces gardes étoient au nombre de cent, y compris les douze qui + portoient le titre d’exempts. + + [426] V. sur lui, t. I, p. 74. + + [427] «Ils ont, dit l’_État de France_, 1692, in-12, p. 444, qui leur + attribue les mêmes gages, 60 livres d’extraordinaires et quelques + gratifications lorsque S. M. touche les malades.» V. sur cette + cérémonie t. I, p. 21. + +21. La Terre et Seigneurie de Cléry, scize à douze lieues de Paris[428], +consistant en chasteau pour le Seigneur, et appartement séparé pour le +Fermier, clos fermé de murs, jardins, prez, terres, bois, et autres +choses en dépendant, mesmes les droits honorifiques, du prix d’environ +25,000 liv. + + [428] Il reste de cette seigneurie un hameau du canton de Marines dans + l’arrondissement de Pontoise. Les seigneurs de Cléry, qui avoient + leur importance dans cette contrée, possédoient aussi un hôtel à + Paris, rue Montmartre. C’est sur son emplacement que fut ouverte, en + 1633, la rue qui porte encore leur nom. En 1688, quand «la terre et + seigneurie» furent mises en vente, comme nous le voyons ici, Claude + de Poissy, chevalier, en étoit seigneur. + +22. Une belle maison couverte d’ardoise, à porte cochere, scize sur le +bord de la rivière entre Brie et Corbeil, tres bien bastie, et où il y a +plusieurs beaux et magnifiques logements, avec une chapelle, grande +basse cour, jardin, enclos de huit arpens fermé de murs, prez, terre, +bois taillis et haute fustaye, canal, vivier, et generalement toutes les +autres commoditez qu’on peut souhaiter, du prix d’environ 30,000 liv. On +aura au Bureau un estat au long de la dite maison. + +23. Une chaise bourgeoise de porteur[429] presque neuve, garnie de +brocatelle[430], avec une crépine de soye, d’environ 70 liv. + + [429] La chaise de porteur ou à porteur «bourgeoise» se distinguoit + des autres parce qu’elle étoit sans armoiries. + + [430] Étoffe de fil et de laine, qui se fabriquoit en Flandre et qu’on + appeloit aussi soit _mazeline_, soit _étoffe de l’apport-Paris_, à + cause du grand commerce qui s’en faisoit dans ce quartier-là. + + +_Demandes à achepter._ + +24. On demande à achetter une maison logeable en fief ou roture[431], +avec clos, jardin, prez, terres labourables d’environ 20,000 liv., mais +il ne faut pas qu’elle soit plus éloignée de 4, 5 ou 6 lieues de Paris. + + [431] C’est-à-dire, sans aucun titre ni droit seigneurial. + +25. Une tapisserie verdure, Flandre ou Auvergne[432], de dix huit +jusqu’à vingt quatre aulnes de tour plus ou moins, sur deux aulnes et +demy d’hauteur, bonne et de hazard. + + [432] Les manufactures des tapisseries d’Auvergne étoient une création + de Colbert qui faisoit une rude concurrence à celles de Felletin, + comme on le voit par un arrêt du Conseil du 21 août 1691 sur les + droits d’entrée. Jabach, qui les avoit visitées pour Colbert, en + 1688, lui en avoit rendu le meilleur compte. (_Corresp._ de Colbert, + t. V, p. 520.) + +26. On demande à achepter une terre en fief à dix ou douze lieues de +Paris, où il y ait maison logeable, clos ou jardin, terres labourables, +prez et bois, du prix d’environ 5,000 liv. + +27. Une tapisserie verdure de Flandre, ou Auvergne, qui ait depuis seize +jusqu’à dix huict aulnes de tour, plus ou moins, de l’hauteur ordinaire, +avec un bureau propre et en estat de servir à un marchand, le tout bon +et de hazard. + +28. Une charge chez le Roy de 15,000 à 16,000 liv., à condition que le +vendeur se chargera de l’agréément et reception de l’achepteur, et qu’il +luy remettra toutes les pièces nécessaires en main. + +29. Une maison en fief ou roture qui soit logeable, et où il y a clos ou +jardin, prez, terres, vignes et bois, proche la rivière de Seine en +montant, ou sur le chemin de Paris à Orléans, distante de Paris depuis +cinq jusqu’à huit lieues, et dans l’élection de Paris, d’environ 10,000 +liv. + +30. Deux garçons allemands de l’âge de vingt deux ans, qui ont fait +toutes leurs estudes, et dont l’un sçait jouer du clavessin et du +violon, demandent condition, soit valet de chambre[433], ou précepteur +pour enseigner le latin et l’allemand[434]. + + [433] A cette époque, valets de chambre ou laquais jouoient presque + tous du violon. De cette façon, lorsqu’ils avoient fini leur + service, on savoit, aux dépens de ses oreilles il est vrai, ce + qu’ils faisoient. L’Olive, le valet du _Grondeur_, joue du violon. + V. acte I, sc. 1; et aussi Lemontey, _Hist. de la Régence_, t. II, + p. 319. + + [434] Nos guerres avec l’Allemagne avoient rendu cette étude assez + ordinaire dans les grandes familles. La Bruyère, par exemple, savoit + l’allemand et l’avoit enseigné à son élève, petit-fils de Condé. + +31. Une tapisserie d’Auvergne depuis quatorze jusqu’à dix sept aulnes de +tour, plus ou moins, sur deux aulnes et demie d’hauteur, avec un miroir +glace de Venize de 25 à 30 pouces de haut, le tout bon et de hazard. + + +_Advis généraux._ + +Un particulier donne advis au public qu’il possede un secret admirable +et indubitable pour guérir toutes sortes de diarées, dissenteries, et +flux epatique, qui ne demande a estre satisfait qu’après parfaite +guérison des maladies. + +Un autre particulier guérit la goute, paralisie, ydropisie, rumatismes, +toutes sortes de fièvres, et les maux vénériens, sans qu’on soit obligé +de garder la chambre. + +Un particulier enseigne le toisé et l’arpentage, les fractions de +fractions, le négoce, et change étranger, et l’arithmétique en toutes +ses parties pour toutes sortes de professions étrangères, et autres, en +un mois de temps, lorsqu’on saura les quatre règles. Plus les rédactions +des poids et mesures étrangères, et autres, les évaluations, racine +carrée et cube, règles de canonier, de navire et autres vaisseaux, la +construction du carré magique[435] par progression géométrique en +proportion double, la carte[436], et plusieurs autres sciences, et du +tout donne des leçons par écrit. + + [435] On appeloit ainsi un carré formé de plusieurs cases, dans + lesquelles on plaçoit des nombres dont la somme prise en tous sens + étoit la même. + + [436] C’est le nom qu’on donnoit à la géographie. Pour dire qu’on + l’avoit apprise, on disoit, selon Richelet, qu’on savoit «la carte». + Il est aisé de comprendre, d’après cela, la locution populaire: + «perdre la carte». + +Ceux qui auront quelque chose à commercer, vendre, achepter, troquer, ou +loüer, prendront la peine s’ils ne veulent pas venir eux mesmes au +Bureau, d’envoyer un Laquais avec un Mémoire instructif, et on leur +donnera satisfaction. + +Ceux qui ont de grandes maisons dans Paris, ou à la campagne, et qui +faute de les rendre publiques demeurent à les louer, parce que la +pluspart des gens de qualité, et autres, ne lisent pas les affiches qui +sont au coing des rues, n’auront qu’à envoyer le mémoire au Bureau, pour +estre mis sur la liste. + +Les maistres des auberges, des académies, des écoles, des sciences, des +messageries, et autres qui souhaitent de rendre leurs establissements +publics, n’auront qu’à envoyer au Bureau leurs qualitez, leurs +enseignes, lieu et demeure, et l’on les enregistrera, pour estre dans la +suite indiquez aux estrangers, et à ceux qui viendront s’en informer au +Bureau. + +Les Huissiers qui doivent aller en campagne dans les Provinces, +viendront le déclarer au Bureau, et l’on leur envoyera les gens qui ont +à faire dans les dites provinces pour s’emboucher[437] avec eux[438]. + + [437] Pour «s’aboucher», mot qui n’avoit encore cours que chez les + gens de distinction et dans les livres. + + [438] Un passage du _Journal_ de Colletet, à la date du 3 octobre + 1676, nous donne l’explication de celui-ci sur les singuliers + trafics des Huissiers, qui, lorsque les affaires chômoient à Paris, + en achetoient en province pour s’entretenir la main: «_Comme il y + a_, dit Colletet, _des gens qui se plaisent dans la sollicitation + des affaires, et qui en acheptent mesmes quand les leurs sont finies + de peur de languir dans l’oysiveté, et pour y gagner leurs peines: + nous leur donnons avis_, notamment si ce sont des Huissiers, qui + font des courses à la campagne, _que nous leur ferons vendre à bon + compte divers billets, cédulles et promesses, dont ils pourront + faire leur profit, de particuliers encore vivants, deubs pour + nourriture, logement et entretien, au payement de quoy plusieurs + sont condamnez par sentence des Consuls_.» + +Ceux qu’ils veulent achepter ou vendre des rentes, emprunter de l’argent +et en placer, vendre des maisons et héritages, soit à Paris ou à la +campagne, s’adresseront au Bureau. + +Ceux qui ont des Bénéfices à permuter et à donner à ferme, des charges à +vendre ou à achepter, soit à Paris ou en Province, des bois à couper, +des estangs à pescher, et qui font faire des inventaires forcés ou +volontaires, prendront la peine de le venir déclarer au Bureau, ou +envoyer un Mémoire instructif, et l’on en advertira le public par la +liste. + +Ceux qui arrivent à Paris, et ceux qui en veulent partir soit pour +voyager ou autrement, et qui ont besoin de plusieurs personnes pour +faire leur trein, peuvent s’adresser au Bureau, et on leur en envoyera +sur le champ de toutes les tailles, qualité et condition qu’ils les +demanderont[439]. + + [439] Sur ces valets de louage, v. plus haut, p. 50. + +Ceux qui écriront des lettres au Bureau en acquitteront le port, faute +de quoy on ne les recevra point, parce que l’on s’en voit trop chargé +jusqu’à présent. + +Les Etrangers qui doivent arriver à Paris avec équipage, pourront +s’adresser au Bureau, mesme par lettre demander ce qu’ils ont à faire, +soit pour logement, domestiques, ou autres choses. + +Et généralement tous ceux qui veulent rendre quelque chose publique, +chercher ou indiquer, et qui d’ordinaire font mettre des affiches aux +coings des rues, qui ne sont veües que de très peu de gens, et +d’ailleurs déchirées et recouvertes les unes par les autres en peu de +temps, au lieu de faire la depense pour l’affiche, n’auront qu’à envoyer +les mémoires au Bureau, et l’on les mettra sur la liste, que l’on +imprimera régulièrement tous les quinze jours, et que l’on vendra et +distribuera de mesme que les Gazettes[440]. + + [440] Beaucoup de gens répugnoient à se voir affichés et ne devoient, + par suite, recourir qu’avec plus d’empressement aux avantages des + feuilles d’adresses. Colletet annonce dans son _Journal_ du 11 sept. + 1676 une personne qui étoit dans ce cas. «_Honneste homme_, dit-il, + _qui sçait la langue latine et l’italienne de mesme, et qui ne peut + se résoudre à voir son nom dans les affiches publiques, s’offre aux + honnestes gens qui auront des livres italiens ou manuscrits à + traduire fidèlement, d’y travailler quels que difficiles qu’ils + soient; de montrer cette Langue à quiconque désirera + l’apprendre..._» + +On sçaura au Bureau le nom des personnes qui veulent tant vendre +qu’achepter. + +_Le Bureau est dans l’enclos du Palais, Cour de la Moignon, du costé du +Quay des Morfondus._ + + + + +LISTE GÉNÉRALE + +DU + +BUREAU D’ADRESSE ET DE RENCONTRE + +ESTABLI PAR PRIVILÈGE DU ROY + +_en la Place Dauphine_. + + +_Du 1 Mars 1689[441]._ + + [441] V. notre _Introduction_, p. xlj. C’est par mégarde que nous y + avons dit que les _Listes du Bureau d’adresse_ recommencèrent à + paroître en février 1689. Ce n’est qu’au mois de mars, dont nous + reproduisons ici le numéro, qu’elles reprirent. + +Le Bureau d’adresse et de rencontre se rétablit avec tant de succès, et +devient d’une si grande utilité au Public que l’expérience fait encore +juger favorablement de ceux qui en furent les autheurs. + +En effet Paris par son immensité estant regardé comme la patrie commune +de tout le royaume, et s’y trouvant des gens de toutes les Nations +non-seulement dans le commerce general, mais dans le particulier, tout +devint également intéressé à découvrir ce qui tombe dans la nécessité du +service, et dans le dessein du commerce. + +C’est de là qu’on a pris grands soins de rétablir le Bureau d’adresse et +de rencontre, que les guerres et le mauvais usage de ceux qui en ont eu +cy-devant l’administration, avoient rendu comme odieux au Public; mais +les réglements qu’on y a faits depuis y ont étably le bon ordre, la +fidélité et le secret, de sorte qu’on y peut venir à présent de +confiance, soit pour vendre, acheter, échanger, affermer ou autrement, +soit pour le choix des gens de quelque nature et qualité qu’on les +puisse souhaiter dans le domestique, ou, pour les domestiques, pour le +choix des conditions. Les Commis du Bureau n’entrent de leur chef dans +aucune affaire, toutes leurs occupations se renferment à recevoir les +avis et déclarations de ceux qui se présenteront au Bureau, lequel n’est +estably que pour l’indication purement et simplement. + + +_A Vendre._ + +1. Six chevaux de carrosse gris blanc de six à huit ans avec leur +harnois de roussy doré[442], du prix de 3,500 liv. + + [442] Cuir de Russie. V. plus haut, p. 37. + +2. Une charge de juré aulneur et visiteur de toiles[443] de la Ville, +Fauxbourgs et Banlieue de Paris, avec les émoluments et bourse +commune[444], du prix de 12,500 liv. y compris la réception. + + [443] Son office étoit d’auner les toiles, treillis, canevas, pour + voir s’ils étoient bien de la mesure réglementaire. A chaque visite + ils touchoient un droit. V. sur ces sortes d’offices jurés, t. I, p. + 110. + + [444] Elle se formoit de ce que chaque membre de la corporation devoit + abandonner sur ce qu’il avoit perçu. Tous avoient ensuite, quel + qu’eût été leur apport, droit au partage qui se faisoit à des + époques déterminées. + +3. Une maison scize en cette Ville, rue Geoffroy-Langevin, du prix +d’environ 8,000 liv. + +4. Pour 50 à 60,000 liv. de rente en principal sur l’Hôtel de +Ville[445], en plusieurs contractz creez au denier dix huit[446]: il y a +bonnes seuretez pour l’acquisition. + + [445] V. plus haut, sur les rentes de l’Hôtel-de-Ville, t. I, p. + 42-46. + + [446] Un peu moins de six pour cent. V. une note un peu plus haut, p. + 334. + +5. Un grand carrosse couppé[447] avec ses glaces, garny de velours +cramoisi; les harnois de deux chevaux de roussi bien dorez, de mesme que +le carrosse monté sur un trein, le tout presque neuf, du prix de 1,500 +liv. + + [447] Moitié du grand carrosse que, pour cela, nous appelons encore + aujourd’hui «un coupé». + +6. Un grand carrosse à deux fonds avec ses glaces garny de velours +cramoisy fort propre, d’environ 600 liv. + +7. Une charge de garde en la connestablie de Messieurs les mareschaux de +France[448], qui jouit de tous les privilèges, aux gages fixes de 200 l. +avec les émoluments lors qu’on sert, du prix d’environ 1,800 liv. + + [448] C’est un de ces gardes qui, venant dire dans le _Misanthrope_: + + Messieurs les Maréchaux dont j’ai commandement, + + met le holà dans la dispute entre Alceste et Oronte. La Connétablie + avoit ses audiences réglées le mercredi et le samedi dans l’enclos + du Palais, à la Table de marbre. V. plus haut, t. I, p. 85. + +8. Une terre en fief située près d’Etampes, qui ne releve que du Roy, +consistant en maison à porte cochere, jardin, clos, terres labourables, +prez, bois taillis, censives, droit de chasse, et autres, du prix +d’environ 35,000 liv. + +9. Une grande maison à porte cochère, rue de la Verrerie, du prix +d’environ 40,000 liv. + +10. Deux petites maisons en cette ville, rue neuve du Ponceau[449], +louées 200 l. On les vendra sur le pied du denier vingt, argent +comptant, et échangera mesme contre quelque rente ou maison de campagne; +et s’il convient donner du retour, on le fera. + + [449] On appeloit ainsi la partie la plus récemment ouverte de la rue + du Ponceau, qui donnoit sur la rue Saint-Martin. L’autre extrémité, + où se trouvoit le petit pont sur l’égout, auquel la rue devoit son + nom, s’appeloit déjà «le ponceau Saint-Denis» en 1391. + +11. Plusieurs maisons à porte cochere bien bâties, grand jardin et terre +scize au lieu du Roulle[450], ayant veue sur la grande ruë, à vendre +ensemble ou séparément et en toutes seuretez, avec honneste composition. + + [450] Le Roule n’étoit encore qu’un village de banlieue. C’est en 1722 + seulement qu’il devint faubourg de Paris. V. _Archives + hospitalières_, Hôtel-Dieu, t. I, p. 253, nº 3271. + +12. Une fort belle et bonne Pandule sonnante[451], du prix de quinze +pistolles. + + [451] Richelet écrit «pendule», mais ajoute: «prononcez pandule». + L’invention due à Huyghens et que l’abbé Hautefeuille lui disputoit + remontait à 1657. Or Huyghens ayant alors vingt-huit ans, et + Hautefeuille dix seulement, la querelle de revendication tomboit + d’elle-même. + +13. Une charge de lieutenant des Eauës et Forests à Senlis, aux gages et +droicts y attribuez, du prix d’environ 5,000 liv. + +14. Une maison à porte cochere bâtie à neuf, size au lieu de Clamard +près Issy, jardin d’un arpent clos de murs, et autres fort belles +commoditez, du prix d’environ 4,000 liv. + +15. Plusieurs meubles, tableaux, montres, diamants et autres bijoux, +dont on fera bonne composition ensemble ou séparément. + +16. Un contract de constitution de rente de 6,000 liv. en principal, +fait à Paris, créé au denier vingt, deuë par un particulier Officier au +Parlement de Guyenne, et dont on aura bon compte. + +17. Une maison au faubourg St. Marcel, rue de l’Oursine, du prix +d’environ 6,000 liv. + +18. Un coffre fort bon et de hazard dont on fera bonne composition. + +19. Une tanture tapisserie de Flandre en sept pièces, tirant 24 aulnes +sur 3 aulnes et demie de haut, representant l’histoire de Jules César, +du prix d’environ 6,500 liv. + +20. Une autre tanture tapisserie de Flandre, tirant 23 aulnes, de la +mesme hauteur, representant l’histoire d’Alexandre, du prix d’environ +7,000 liv.[452]. + + [452] C’étoit une des tapisseries les plus à la mode. Le prix en + montoit quelquefois plus haut qu’on ne le voit ici: «J’ai, dit la + Tapissière, deux des plus belles garnitures de chambre qui se + puissent voir, il y en a pour deux grandes salles; ce sont _les + Conquestes d’Alexandre contre Darius_, sur le même modèle qu’ont été + faites celles dont le Roy a fait présent au duc de Lorraine, mais + elles nous coûtent quinze mille livres.» _L’art de plumer la poule + sans crier_, 1710, in-12, p. 82.--Nous trouvons dans le _Journal_ de + Colletet une tapisserie dont le prix est encore plus élevé: «_Nous + savons_, dit-il, à la date du 28 octobre 1676, _une superbe tenture + de tapisserie, à personnages de piété, relevée d’or et de soie: Elle + a plus de quarante aunes de tour, et plus de quatre de hauteur; on + ne la fait que vingt-cinq mille livres, quoy qu’elle en vale plus de + quarante mille..._» + +21. Une grande maison à porte cochere size en cette ville, ayant veue +sur les rues Jean Lointier[453] et des Deux Boules, du prix d’environ +trente mille liv. dont on en constituëra, s’il est convenu, la moitié, +et prendra en payement pour l’autre une charge chez le Roy convenable à +un gentilhomme ou de l’argent. Plus pour environ 25,000 écus de terre au +païs du Perche, près la ville de Belesme, dont il y en a une +seigneuriale qui ne releve que du Roy; on les échangera mesme contre +d’autres terres près de Paris, charge comme dessus, ou d’une d’auditeur +des Comptes. + + [453] C’est le vrai nom de la rue que par corruption on appela plus + tard Jean-Lantier; elle le portoit dès le XIIe siècle. + +22. Une maison à porte cochere très belle et bien bâtie, size au lieu de +Pacy[454], avec jardin d’un arpent clos de murs, et autres commoditez, +du prix de 6,000 liv. + + [454] On écrivoit ainsi le plus souvent le nom de Passy près Paris, + comme on écrit encore du reste Pacy-sur-Eure, Pacy-sur-Armançon. + +23. Une maison à porte cochère size en cette ville, rue de la +Champverrerie[455], du prix d’environ dix mil livres. Il y a bonnes +seuretez pour l’acquisition. + + [455] Lisez «de la Chanvrerie». + +24. Un grand lit bois noyer à colonnes torces, de damas cramoisy à +fleurs d’or, ses tringues[456] fer poly, la housse taffetas cramoisy, +garni d’un sommier de crain, lit de plume, matelas, couverture et +courte-pointe, avec six fauteuils et deux chaises mesme bois, couvertes +de leurs housses, mesme taffetas, et dont on fera honneste composition. + + [456] Tringles. Le mot est écrit ici comme on le prononçoit et comme + on le prononce encore chez le peuple. + +25. Une charge d’apotiquaire des Ecuries de Monsieur[457], qui jouit de +tous les privilèges, aux gages fixes de 60 liv.[458] et 200 liv. pour +les remèdes qu’on est obligé de fournir pendant les six mois qu’on sert, +avec privilège de tenir boutique ouverte à Paris ou en campagne. On se +chargera mesme du service, hors Paris, du prix de 2,500 liv. + + [457] Il y avoit deux de ces charges qui s’exerçoient par semestre, + mais qui pouvoient être tenues, l’une et l’autre, par le même + apothicaire, comme nous le voyons dans l’_État de France_ de 1692, + t. I, p. 744. + + [458] L’_État de France_ donne le même chiffre, mais sans ajouter le + détail qui suit ici à propos des remèdes. + +26. Une maison à porte cochère sise ruë de l’Esperon, du prix d’environ +38,000 liv. + +27. Une Terre en Touraine près la rivière de Loire, de l’Election +d’Amboise, seigneur de paroisse, du prix d’environ 50,000 liv. + +28. Un grand miroir de 29 pouces de haut sur 20 de large, avec sa +bordure de glace, du prix de 120 liv.[459]. + + [459] C’est la bordure de glace, à la façon de Venise, qui avoit fait + hausser le prix de ce miroir. On a vu, en effet, plus haut, p. 143, + que les miroirs de 30 pouces ne se vendoient pas plus de 80 livres. + +29. Un grand Cabinet d’ebeine fort propre garny de quantité de tiroirs, +dont on aura bon marché payant comptant[460]. + + [460] L’ébène étoit un des bois les plus employés pour les meubles à + la mode. L’ouvrier qui les fabriquoit s’appeloit, comme on le voit + dans le _Journal_ de Colletet, 24 août 1676, «menuisier en ébène», + d’où est venu notre mot ébéniste. Il faisoit surtout, comme on le + voit ici, des cabinets. Aussi en anglois le fabricant de meubles + s’appelle-t-il encore «cabinet-maker». + +30. Une douzaine Chaises bois noyer garnies et bien travaillées à la +moderne, couvertes de leurs housses point de Hongrie[461], du prix de +200 liv.[462]. + + [461] Sorte de point de fil qui n’étoit pas des plus fins; c’est + pourquoi Molière le fait figurer dans le _Mémoire_ des hardes et + nippes qu’Harpagon, en bon usurier, donne pour argent comptant à son + emprunteur: «Un lit de quatre pieds à bandes de _point de Hongrie_, + appliquées fort proprement sur un drap de couleur olive, avec six + chaises et la courtepointe de même.» _L’Avare_, acte II, sc. 1. + + [462] Ces housses se vendoient souvent sans le bois des chaises ou + fauteuils. Le _Journal_ de Colletet, 23 octobre 1676, en annonce une + douzaine et demie, aussi de point de Hongrie, «toutes frangées, + montées et prestes à mettre sur les bois... Les nuances, + ajoute-t-il, en sont fort vives et d’une belle mode.» + +31. Un cheval entier noir et blanc avec tous ses crains, à longue queuë, +de l’âge de 4 à 5 ans, fort vigoureux, du prix de 50 louïs d’or. + + +_Demandes._ + +32. On demande à achetter une tanture de tapisserie de Flandre de +verdure, d’environ 19 à 20 aulnes de tour sur l’hauteur ordinaire, qui +soit bonne et de hazard, et point passée, où l’on mettra environ 200 +louïs d’or. + +33. Une charge soit de ville ou autre, de 4, 5 ou 6,000 liv. qu’on +payera comptant. + +34. Une tanture tapisserie Damas de Luques, bonne et de hazard, +d’environ 22 aulnes de tour, bonne et point passée. + +35. Un carrosse couppé propre et de hazard. + +36. Une tapisserie d’Auvergne de 18 aulnes de tour, bonne et point +passée. + +37. Une maison en fief ou roture aux environs de Paris, où il y ait clos +ou jardin, prez, terres, bois, du prix de douze à quinze mil livres. + +38. Une charge de judicature à Paris, du prix depuis 10 jusqu’à 20,000 +liv. et plus. + +_Le sieur Mouillard, bon Praticien et Arpenteur, logé rue de la Huchette +à la Tour d’Argent, donne avis aux Seigneurs et Dames qui voudront faire +renouveler leurs papiers terriers, et avoir des plants de leurs +Seigneuries pour voir l’étenduë de leurs censives; comme aussi à ceux +qui ont des héritages à la campagne et qui en veulent avoir des cartes +avec la contenance d’iceux par figure, pour empescher les usurpations, +qu’il le fera, et pour seureté de sa conduite donnera bonne caution à +Paris._ + +_Le sieur Rolas, rue Sainte Marguerite, fauxbourg St. Germain, entre un +perruquier et un chandelier, première chambre, enseigne le toisé, +l’arpentage, les fractions, les changes, l’arithmétique en toutes ses +parties en un mois de temps, lorsqu’on saura les quatre règles, et +plusieurs autres belles sciences, par une méthode courte et très facile; +et du tout donne des leçons par escrit[463]._ + + [463] Cette annonce est reproduite dans la liste suivante, avec cette + différence pour l’adresse: «rue Sainte-Marguerite faubourg + Saint-Germain, chez le mercier qui fait le coin de la rue des + Cizeaux vis-à-vis la porte de l’Abbaye.» + +Le Bureau est à l’entrée de la Place Dauphine du costé du Pont-Neuf +entre l’epicier et le cabaretier[464]. + + [464] Cette adresse est répétée à la fin de la liste qui va suivre, + avec ce détail en plus: «à la première chambre, au-dessus du + cabaretier.» + + + + +LISTE GÉNÉRALE + +DU + +BUREAU D’ADRESSE ET DE RENCONTRE + +_estably par privilège du Roy en la place Dauphine_. + + +Du premier Avril 1689. + +Paris contenant en soy beaucoup plus de peuple que ville du monde, et +son aport y estant si grand, non seulement de tous les naturels +François, mais des Etrangers de toutes les nations, que les moyens que +tout le monde y trouve de subsister ne sçauroient estre trop connus pour +la grandeur de la ville et pour l’avantage des particuliers. + +Tous ceux dont on s’est servi jusqu’icy sur les avis qu’on a voulu +rendre publics ont esté d’un foible secours, en comparaison du Bureau +d’Adresse et de Rencontre, et des Listes qu’on a commencé de distribuer, +parce que les Affiches se couvrent par la quantité des Placards[465], +outre qu’elles ne contiennent que des avis particuliers, qu’on ne lit +pas commodément et sans une espèce de pudeur[466] pour les gens de +distinction[467]. + + [465] Le Placard, s’appliquant d’autorité, pouvoit ainsi, de droit, + couvrir les affiches. Elles-mêmes, en s’accumulant, couvroient des + _Avis_ qui valoient mieux qu’elles. Colletet s’en plaint dans son + _Journal_ du 8 août 1676: «La quantité d’affiches, dit-il, ont caché + un livre d’importance pour les curieux.»--Le placard se distinguoit + des affiches par les armes du roi figurées en tête, et qui faisoient + qu’on l’appeloit aussi «pannonceau royal». C’est par placards, et + non par affiches simples, qu’étoit annoncé tout immeuble à vendre + par décret. + + [466] Les affiches annonçant certains remèdes ne pouvoient pas, en + effet, être lues «sans une espèce de pudeur». On en peut avoir un + exemple par celle que donne Locke dans la relation de son _Voyage à + Paris_, et qu’a reproduite _Le Vieux-neuf_, 2e édit., t. II, p. 72. + + [467] Le _Journal_ de Colletet indique quelques affiches de livres; + ainsi, le 6 juillet 1676, le _Traité des maladies des femmes + grosses_, par Fr. Mauriceau, dont il a été parlé plus haut, t. I, p. + 159; et, le 1er août suivant, _Le Tailleur sincère_, avec plusieurs + figures en taille-douce: «il se vend, dit-il, chez A. de Rafflé, rue + du Petit-Pont, in-folio en parchemin 40 fr., et in-8 20 fr.» Il + oublie d’ajouter que l’auteur s’appeloit Benoist Boulay, dont le + portrait sert de frontispice. Son livre, «nécessaire, dit encore + Colletet, pour ceux qui veulent pratiquer l’épargne», est + aujourd’hui des plus rares. + +Ces considérations, celles qui regardent l’utilité publique et +l’avantage du commerce, qui depend des Rencontres et des Occasions que +les avis font naistre, ont fait les principaux objets du +r’establissement du Bureau d’Adresse et de Rencontre, et des précautions +qu’on a prises de n’en confier l’administration qu’à des conditions +portées par les Règlements, afin d’asseurer dans le Public la confiance +des particuliers, et faciliter les ventes, achapts, amodiations, traités +et conventions qui se font à l’egard des immeubles, et pour mettre dans +un plus grand commerce toutes sortes de meubles, comme Lits, +Tapisseries, Bijoux, Tableaux, Chevaux, Carrosses et autres effets, et +principalement pour donner aux gens de qualité, et à ceux qui ont besoin +de domestiques; des Aumôniers, Gentilshommes, Ecuyers, Gouverneurs, +Intendans, Receveurs, Secretaires, sous Secretaires, Hommes d’affaires, +Solliciteurs, Commis, Ecrivains, Precepteurs, Maistres d’Hostel, Vallets +de chambre, Suisses, Portiers, Concierges, Gardes-bois, Cochers, +Postillons, Pallefreniers, Chasseurs, Fauconniers, Sonneurs de Cor, +Jardiniers, Vignerons, Gens de Labour, Charretiers, Muletiers, Valets à +tout faire, Laquais à gages et à récompense[468], et généralement toutes +sortes d’autres domestiques, pour les recevoir, non seulement à leur +choix, mais avec plus de seureté et de connoissance que par le passé, le +Bureau n’estant estably que pour l’Indication. + + [468] Les «laquais à récompense» se distinguoient des «laquais à + gages» en ce qu’ils n’étoient payés pour ainsi dire que par hasard + ou fantaisie. Après avoir servi trois ou quatre ans, ils reçevoient + de leur maître trois ou quatre cents francs et n’avoient pas le + droit d’en demander davantage. La plupart des valets de Regnard et + de Dancourt sont des «laquais à récompense». + + +_A Vendre._ + +1. Une charge de Substitut de M. le Procureur général à Paris, aux Gages +et Droits y attribuez, du prix de 25,000 liv. + +2. Un Carrosse couppé avec 6 glaces de Venise garni de velours cramoisi, +le tout comme neuf, du prix d’environ 700 livres. + +3. Une charge de grand Valet de pied de Madame[469], qui jouit de tous +les privileges, aux gages et profits y joints, du prix de 3,000 liv. + + [469] Ils étoient au nombre de dix, chacun à 20 sols par jour pour + leur nourriture «outre leurs habits d’hiver et d’été». _État de + France_ pour 1692, p. 776. + +4. Deux grands chevaux de carrosse grissel[470] à longue queue, de 5 à 6 +ans, du prix de 1,000 l. + + [470] Il faut lire _gris-sale_, une des nuances du gris admises dans + les haras. + +5. Des Tablettes bois noyer avec leurs bordures noires, fermant par un +treillis de cuivre à 2 portes[471], une grande Armoire bois chesne +fermant de mesme, de 9 à 10 pieds de haut et de 8 à 9 de large, le tout +presque neuf, du prix de 160 livres. + + [471] Presque tous les corps de bibliothèque étoient disposés ainsi + dans les cabinets. Louis Racine en avoit un de ce genre, comme on le + voit par son inventaire aux _Mss._ de la Bibliothèque nationale. + +6. Un beau coureur danois, poil bay[472], sans deffaut, propre pour +l’armée, de 6 ans, du prix de 50 louis d’or. + + [472] C’est le _cob_ bai brun, trapu et à belle tête, encore recherché + aujourd’hui. Le vrai cheval _danois_ en usage au XVIIe siècle pour + les attelages de luxe étoit, au contraire, grand, haut sur jambes, + avec tête busquée et robe isabelle, pie ou tigrée. + +7. Un carrosse couppé neuf, doré aux extremités[473], garny de drap +gris, du prix d’environ 800 liv. + + [473] Cet excès de dorures pour les carrosses fut un peu plus tard + prohibé par ordre du roi. V. _Correspond. admin. de Louis XIV_, t. + II, p. 829, et _Variétés histor. et litt._, Collect. elzévir., t. X, + p. 254, note. + +8. Une terre seigneuriale en Brie, 9 lieuës de Paris, avec haute, +moyenne et basse justice, dont on aura un estat au Bureau, du prix de +120,000 liv. + +9. Un coureur à courte queue[474] de 5 à 6 ans, poil noir, du prix de +200 liv. + + [474] Richelet définit ainsi le coureur: «cheval déchargé de taille, + qui a la queue courte et coupée». + +10. Un grand lit de velours verd, ses campannes[475] et molets de +soye[476], doublé d’un satin couleur de serize avec sa courte pointe, +ciel et dossier même satin, 7 fauteuils et 6 chaises même velours, le +tout comme neuf, du prix de 1,000 livres. Une pippe satin plaint, à fond +blanc, chamarrée en rond d’haut en bas d’un point d’Espagne d’or et +couleur de feu, avec des galons de velours même couleur, garni de +campannes d’or, le tout presque neuf, du prix chacune de 120 livres. + + [475] V. une des notes précédentes, p. 333. + + [476] C’étoit une sorte d’ornement frangé que Molière, en fils de + tapissier, se garde bien de confondre avec la frange même, quand il + dit dans le _Mémoire_ de l’Avare: «Plus, un pavillon à queue, d’une + bonne serge d’Aumale rose, sèche, avec le _mollet_ et les franges de + soie.» + +11. Quantité de très beaux patrons, tapisserie de verdure en plusieurs +pièces, peints sur du carton et de la toille, dont on aura bon prix. + +12. Deux tableaux de chasse originaux de Nicasius[477], de 6 pieds de +haut sur 5 de large, l’une de Cerfs et l’autre de Chats sauvages, du +prix de 24 louis d’or. + + [477] C’est le peintre d’animaux Nicasius Bernaert, d’Anvers, élève de + Sneyders et l’un des habitués de la maison de _la Chasse_, au coin + des rues du Sépulcre et du Four, qui étoit, dit Dubois de + Saint-Gelais, «le refuge des peintres de son pays». Sa vie fut assez + nomade, si l’on en juge par les registres de l’Académie de peinture. + Reçu en 1663, il dut, pour cause d’absence, se faire recevoir une + seconde fois deux ans après et se faire réadmettre encore en 1672. + Sa vieillesse se noya dans l’ivrognerie. Il en mourut à 70 ans, le + 16 septembre 1678. Desportes fut quelque temps son élève. + +13. Un lit de garçon de 3 pieds et demy de large, Damas de Lucques +aurore et cramoisy, avec sa couverture et 2 teyes d’oreillers de +Marseille, le tout presque neuf, du prix de 200 liv. Un Cabinet de +Flandre d’écaille de Tortue et d’Ebeine à tiroir, très beau et bien +travaillé, du prix de 150 livres. + +14. Un Colier de perles rondes de belle eau, très beau et bien choisy, +du prix de 200 louïs d’or. + +15. Une tenture de tapisserie verdure de Flandre en 6 pièces, de la +hauteur et longueur ordinaire, comme neuve, du prix de 800 liv. Une +montre en Pendule faite par Martinot[478], à boëtier d’or, sa chaine de +même avec son étuit de chagrin garny de cloux d’or, du prix de 15 louïs +d’or. Plus 2 Miroirs, l’un tout de glace de Paris, dont la principale +est de 27 pouces de haut sur 21 de large, du prix de 150 livres, et +l’autre de Venize de 22 pouces de haut sur 17 de large, avec sa bordure +d’Ebeine, du prix de 80 livres. + + [478] Les Martineau formoient toute une dynastie d’horlogers, dont + l’un, Louis-Henry, étoit, en 1692, valet de chambre horloger du roi. + En 1700, une descente fut faite chez deux d’entre eux pour avoir + contrevenu à l’édit contre le luxe. L’un dut laisser saisir vingt + pendules, l’autre dix-huit. Ils logeoient sur le quai des Orfèvres. + Un Martineau, qui étoit de la Religion, partit pour Londres après la + révocation de l’Édit et s’y rendit célèbre dans son métier. C’est de + lui que descendoit miss Harriett Martineau, qui s’est fait un nom + dans les romans d’éducation. V. sur les Martineau, Wood, + _Curiosities of clocks_, 1866, in-8, p. 387. + +16. Une très belle maison à porte cochere bâtie à neuf, située près +Grosbois en Brie, Jardins, Cloz, Prez, Terres, Vignes, Bois, Glacière, +Reservoir, Canal garny de Poissons, et autres fort belles et utiles +commodités, du prix de 45 mille livres. + +17. Deux charges, l’une de Lieutenant du Prevost général de Flandre et +Haynault aux gages de 1,250 livres, payez par quartier avec privilege et +exemption de tous imposts dans Valancienne où est la résidence, du prix +d’environ 18,000 livres; et l’autre de Garde au même Pays, aux gages +fixes de 375 livres, outre quantité de profits, du prix de 2,000 livres. + +18. La charge de Lieutenant criminel d’une Ville, sise sur le bord de la +rivière de Loire, où il y a Presidial, Bailliage, Prevoté et +Gouvernance, du prix d’environ 35,000 liv.[479]. + + [479] A la suite de cet article 18, nous en supprimons huit qui ne + sont que la reproduction d’articles déjà insérés dans la liste + précédente. Le 19e de celle-ci, liste d’avril, se trouve le 2e de + celle de mars; le 20e, le 8e; le 21e, le 10e; le 22e, le 11e; le + 23e, le 13e; le 24e, le 21e; le 26e, le 32e; et le 28e, le 37e. Nous + ne conservons que les nos 25 et 29, qui ne figurent pas dans l’autre + liste. + +25. Deux grandes Maisons à porte cochere sises en cette Ville à louer +presentement moyennant 900 livres chacune, l’une rue S. Martin, près la +rue aux Ours, vis à vis le cul de sac de la rue S. Julien[480]; et +l’autre sise rue des Gravilliers, avec un grand et beau jardin, dans +lesquelles il y a toutes sortes de commoditez. + + [480] C’est la rue ou ruelle Saint-Julien, qui devoit son nom au + voisinage de l’église de St-Julien-des-Ménétriers. Elle prit ensuite + le nom de rue du Maure. + + +_Demandes._ + +29. Une Terre en fief, distant depuis 6 jusqu’à 18 lieues de Paris, +près, s’il se peut, de quelque petite Ville ou Bourg, où il y ait maison +logeable, jardin, cloz, prez, terres et bois, du prix de 50 à 60,000 +livres. + +Le sieur Macard continue à faire debiter les instruments de +Mathématiques du defunt Sr Sevin dans sa boutique sur le Quay des +Morfondus, à l’Astrolabe[481]. + + [481] V. pour les ouvriers en instruments de mathématiques, t. I, p. + 148. + +Le sieur Legeret, maistre menuisier à Paris, rue Saint Loüis, Isle +Notre-Dame, donne avis qu’il fait et vend une machine fort légère et +portative, par luy depuis peu inventée, qui coupe la paille aussi menue +qu’est l’avoine, ce qui fait que les chevaux la mangent plus facilement, +surtout lorsqu’on y mêle un peu d’avoine. + + + + +LISTE GÉNÉRALE + +DU + +BUREAU D’ADRESSE ET DE RENCONTRE + +_estably par privilège du Roy en la place Dauphine._ + + +Premier May 1689. + +Pendant que toute l’Europe armée contre la France travaille à porter la +gloire du Roy jusqu’à l’Immortalité[482], pendant que son nom seul fait +trembler l’Univers, et qu’il porte la Terreur et la Crainte jusque sur +les Trosnes et jusqu’au Cœur des Armées les plus nombreuses, l’amour au +dedans arme ses sujets et luy donne chaque jour de nouvelles marques de +sa grandeur, on la voit en effet portée à un point où l’espérance même +des autres Roys n’estoit jamais parvenuë, non seulement dans ses forces, +dans la protection de ses alliés, dans la magnificence de son règne, +dans les vertus du Siècle et de la Religion; mais encore dans ses +Estats, Paris n’est pas seullement la Capitale du Royaume; mais celle du +Monde ou pour mieux dire un monde entier où ce qu’il y a de sublime dans +la politique, dans les Sciences et les Arts, de libre dans la politesse, +de bon dans les mœurs, de grand dans les cœurs, d’heureux et de fidelle +dans le commerce, y rassemble les peuples les plus esloignez pour en +composer une Ville de tous les Habitans du monde, où l’ordre dans la +confusion fournit égallement à tous les moyens de subcister, et où le +Bureau d’adresse et de rencontre rétably par les Ordonnances du Roy pour +l’indication seulement, donne à ce monde entier les avis, les ouvertures +et la facilité pour vendre, achepter, échanger et affermer soit charges, +seigneuries, terres, maisons, rentes, meubles, tableaux, chevaux, +carrosses et generallement tout ce qui tombe en commerce; les Maîtres de +quelques conditions qu’ils soient y trouveront toutes sortes de +domestiques avec les informations toutes faites pour les prendre avec +une confiance égalle, et les Domestiques des conditions suivant qu’ils +en sont plus ou moins capables. + + [482] On étoit alors sous le coup direct des menaces de la Ligue + d’Augsbourg, qui réunissoit contre nous l’Empire, l’Espagne, la + Suède, la Bavière, la Saxe et, par surcroît, la Hollande et + l’Angleterre, depuis que l’expulsion de Jacques II avoit eu pour + conséquence l’avènement du prince d’Orange, son gendre, sous le nom + de Guillaume III. + + +_A vendre._ + +1. Une charge de Ville de Cinquantenier[483], qui exempte de tutelle, +curatelle, logement de gens de guerre et plusieurs autres[484], +d’environ 500 l. + + [483] Le cinquantenier étoit, en effet, un officier de ville. Chaque + quartenier, ou officier de quartier, en avoit deux sous son + commandement, auxquels il transmettoit les ordres de la ville pour + qu’ils les fissent savoir aux bourgeois. + + [484] Ces espèces de charges n’avoient pour bénéfices que des + exemptions. On n’y étoit payé que par ce qu’on ne payoit pas. + +2. Deux charges aux Siège présidial et Baillage de Vitry le François en +Champagne, l’une de Président aux gages de 330 livres, et l’autre de +Conseiller aux gages de 50 livres, dont les émoluments sont de 150 +livres, plus un droit de deux sols pour livre sur les émoluments qui se +lèvent aux dits sieges, qui est de 60 livres de rente, et du tout on +fera bonne composition. + +3. Une chaise roulante à ressorts sur deux roues[485], garnie d’un petit +velours rouge et blanc, dont on aura bon compte. + + [485] Ces sortes de chaises, que traînoit un valet, furent très + longtemps en usage. On s’en servoit encore en province au + commencement de ce siècle. Il y en avoit d’autres, découvertes, + qu’on appeloit «chaises à parasol», qui n’étoient employées que pour + promener les dames dans les jardins ou les parcs. Seignelay les + avoit mises à la mode, lorsqu’il avoit reçu le roi à Sceaux au mois + de juillet 1685: «Ce fut là, dit l’abbé Le Beuf, qu’on vit les + premières chaises tirées par des hommes pour se promener dans les + jardins. On les connoissoit à Versailles, mais elles étoient plus + simples. Les chaises de Sceaux étoient à quatre personnes et quatre + parasols. Les hommes qui les conduisoient ne marchoient pas devant, + mais de chaque côté.» _Hist. du diocèse de Paris_, t. IX, p. 379. A + Marly, le roi fit établir dans les grandes allées un système de + rainures de fer, pour que le mouvement de ces chaises roulantes y + fût plus facile et moins cahoté. Ce sont nos premiers tramways. V. + le bel ouvrage de M. Guillaumot, _Monographie du château de + Marly-le-Roi_, gr. in-fol. + +4. Un carrosse couppé comme neuf à six glaces, garny de velours rouge +avec ses ressorts, harnois et testières garnis de cloux dorez[486] du +prix d’environ 1,000 livres. + + [486] La Bruyère, lorsqu’il s’est indigné du luxe de ces carrosses, + n’a oublié aucun des détails qui sont ici: «les rangs de clous + parfaitement dorés, les doubles soupentes, les ressorts, etc.» + +5. Deux grands chevaux de carrosse poil noir à longue queue, de 4 à 5 +ans, du prix de 1,100 livres. + +6. Une maison à porte cochere, size à Vanvre, où il y a toutes sortes de +commodités avec un clos de 4 arpens, du prix de 6,000 liv. + +7. Une Maison à porte cochere, size au lieu d’Antoni, Clos et Jardin +derrière de 6 arpens, avec 6 arpens de pré, du prix de 1,500 liv. + +8. Une Maison à porte cochere size à Montreuil, cloz de dix arpens, où +il y a parterre, jardin, potager, bois d’haute fustaye et autres choses +avec quantité d’eaue, et dans une très belle veue, dont on aura bonne +composition. + +9. Une terre en Fief et Seigneurie, size près Mauleon en Poictou, +affermée 4,200 livres, qu’on aura à bon prix. + +10. Une Maison à porte cochere size sur le chemin de Chartres, 10 lieues +de Paris, jardins, clos de deux arpens, sept arpens de pré, et 130 +arpens de terre, le tout près et attenant la maison et du prix de 13,000 +liv. + +11. Une Maison à porte cochere, quartier de la Porte S. Michel, rue des +Francs Bourgeois, du prix d’environ 30,000 liv. + +12. Un grand lit de tapisserie à petit point de toutes sortes de fleurs +en broderie sur un drap d’Espagne couleur de musc brun doublé d’un satin +de la Chine[487], sa courte-pointe, ciel et dossier même satin, 4 pommes +même Drap et tapisserie avec leurs bouquets de plumes et egrettes, un +Tapy de Table à 4 pans, trois fauteüils même tapisserie et point, 12 +chaises à dossiers et 8 sieges pliants aussi tapisserie, et du tout on +fera bon prix. + + [487] L’accoutrement de ce lit rappelle un des habits que Molière + portoit à la ville: «un juste au corps de drap de Hollande musc, + avec une veste de satin de la Chine.» Soulié, _Recherches sur + Molière_, p. 278. + +13. Une Maison à porte cochere size au lieu de Maisons, près Charenton, +avec Jardin de deux arpens clos de murs et autres commodités, à vendre +pour 6,000 livres ou à louër[488]. + + [488] Les articles qui suivent étant les mêmes que quelques-uns de + ceux de la liste précédente, nous nous contenterons de renvoyer à + celle-ci, en indiquant à quels numéros ceux que nous supprimons + correspondent. Le nº 14 de la présente liste reproduit textuellement + le nº 1 de celle d’avril; le 15 est le 5; le 16, le 8; le 17, le 10; + le 18, le 11; le 19, le 12; le 20, le 25; le 21, le 14; le 22, le + 15, avec cette simple addition: «et du tout on fera bon prix.» Le 23 + est le 16; le 24, le 17; le 25, le 18; le 26, le 19; le 27, le 29; + le 29, le 31. + + +_Demandes._ + +28. On demande à achetter une tenture tapisserie de Damas cramoisi de +Lion ou Gennes. + +On indiquera au Bureau un homme de Lettres pour composer Factums, +Placets, Lettres, Mémoires, Préambules, Discours publics ou autres +ouvrages où l’on voudra un stile net, concis, juste et une diction pure +et éloquente[489]. + + [489] Ces sortes d’écrits, notamment les _factums_ ou _mémoires_ sur + procès, étoient quelquefois l’œuvre des écrivains les plus + distingués. Racine ne dédaigna pas d’en rédiger pour M. de + Luxembourg dans un procès des plus importants: «Le célèbre Racine, + dit Saint-Simon, édit. Hachette, in-18, t. I, p. 91, si connu par + ses pièces de théâtre..., prêta sa belle plume pour polir les + factums de M. de Luxembourg et en réparer la sécheresse de la + matière par un style agréable et orné.» + + + + +LISTE DES AVIS + +DU + +JOURNAL GÉNÉRAL + +DE FRANCE, + +OU BUREAU DE RENCONTRE; + +_Pour servir au Public depuis le Mercredy 18 Novembre, jusqu’au Mercredy +2e Décembre 1693_. + +On recevra les avis tous les jours, et on donnera tous les Mercredys, de +quinze jours en quinze jours, des Listes nouvelles. + +_Par permission du Roy contenuë en ses Brevets, Arrests de son Conseil +d’Estat, Déclaration, Privilege, Confirmation, Arrests de la Cour de +Parlement, Sentences et Jugements donnez en consequence._ + + +A PARIS, + +Au Bureau d’Adresse et de Rencontre étably dans le Marché Neuf, chez un +Serrurier, attenant la Barriere des Sergens. + +_Le Tableau où est le Privilege du Roy sert d’Enseigne._ + +_Avec permission._ + +_M. DC. XCIII._ + + + + +LISTE DES AVIS + +DU JOURNAL GÉNÉRAL + +DE FRANCE + +OU BUREAU DE RENCONTRE. + + +_Plusieurs personnes viennent au Bureau pour s’informer de quelle +maniere il faut dresser leurs Mémoires, et d’autres en envoyent qui ne +sont pas assez instructifs; comme il faudroit bien du temps pour +instruire tous ceux qui y viennent les uns après les autres, on a jugé à +propos pour satisfaire à ce que plusieurs ont demandé de dresser +quelques articles, et de continuer dans les Listes suivantes, jusqu’à ce +qu’on aye parlé de tous ceux qui peuvent y estre employez. En voici +quelques-uns qui peuvent servir de Modèles._ + +_Si quelqu’un est dans le dessein de vendre une Terre, voicy comme il en +doit dresser le Mémoire._ + +_La Terre de ... qui est à ... lieues de Paris, et située à ... est à +vendre. Elle consiste en plusieurs pavillons, ou bien en un corps de +logis dans le fonds de la cour, avec deux ailes ou non sur les côtez, et +contient tant d’appartements, tant de chambres, tant de greniers, +offices, cuisines, caves, écuries, celliers, colombiers et granges. Il +faut marquer de quoy le tout est couvert, la grandeur de la court, s’il +y a des espaliers autour des murs de la dite court, si les murs sont +percez par des portes ou balustrades, qui donnent entrée aux jardins. +S’il y a des fleurs, des fruits, des legumes, des jets d’eaux, des +vignes, des bois, des bleds, du S. foin, et généralement tout ce qui +peut faire du revenu ou servir à l’embellissement; on doit ajouter si la +maison est en belle veuë, et si la riviere passe auprès, et à combien de +distance; on ne doit pas oublier s’il y a des fossez, une basse court, +s’il y a quantité de terres labourables, s’il y a des terres +seigneuriales, si cette terre a droit de haute, basse et moyenne +justice, si la Cure ou quelques autres bénéfices en dépendent, et tous +les autres droits qu’elle peut avoir, si elle a titre de Baronnie, de +Vicomté, ou autre, si l’on est Seigneur entier d’une ou deux paroisses, +s’il y a des fiefs, s’il y a des estangs, combien la Terre est affermée, +avec ou sans réserve, si on la veut échanger, si l’on veut toute la +somme en argent comptant, des rentes, ou quelque autre chose, et quelles +seuretez on donnera. On peut faire un détail à proportion pour les +grandes et petites Maisons de Campagne, et pour les grandes et petites +maisons à vendre ou à loüer à Paris; On y peut ajouter les commoditez, +les dégagements, les cheminées et alcôves, avec leurs ornements, les +dorures et peintures, et marquer combien on veut loüer ou vendre les +Maisons, combien elles sont louées, et s’il y a des escaliers separez, +et plusieurs sorties, afin que celui qui se chargera de toute la Maison +puisse connoistre par là s’il en peut facilement reloüer les +Appartements. Comme chaque particulier sait mieux l’estat de son bien et +de ses affaires que les plus intelligens, ces articles pourront estre +encore mieux dressez sur l’idée que l’on en donne. Voicy un Model d’un +article pour une charge à vendre._ + +_On veut vendre une Charge, il faut marquer si elle est chez le Roy, ou +de judicature, et si elle est unique à la Cour ou dans son siège; il +faut mettre si elle est de Paris, ou à combien de Paris, dans quelle +Province, et dans quelle Ville, il faut dire quels en sont les +Privilèges, combien elle a de gages, si elle a droit de +commissions[490], si elle exempte de Taille et de Tutelle, combien on la +veut vendre, et si l’on veut toute la somme en argent comptant._ + + [490] Privilège très envié, surtout lorsque c’étoit le droit de + _committimus_ au grand sceau, parce qu’il donnoit droit à ne plaider + que devant certains juges, et ainsi à n’évoquer les causes que là où + elles avoient intérêt. Les membres de l’Académie françoise en + jouissoient, ce qui donna occasion à l’abbé de Villiers d’écrire ces + quelques lignes dans le XXXIe dialogue de ses _Vérités satyriques_, + p. 266: + + «CRITAS. Je sçai que vous avez des procès... + + «PROTAS. Eh bien! en faut-il davantage pour être de l’Académie? Cela + me donnera droit de _committimus_ au grand sceau; n’est-ce rien pour + un homme qui a des procès? + + «CRITAS. Je n’y faisois pas réflexion, et cette raison ne m’étoit + pas venue dans l’esprit. Rien n’est mieux pensé, rien n’est mieux + imaginé que de se faire de l’Académie pour plaider à son aise, + c’est-à-dire tant qu’on voudra, et partout où l’on voudra.» + + +AVIS. + +_Comme l’expérience fait voir qu’il y a de l’incommodité à prendre des +Domestiques de la main de ses amis, que l’on ne peut lorsqu’ils +déplaisent congédier sans les offenser, et qui sont autant d’Espions +domestiques qui leur reportent tout ce qui se fait chez vous, et en cas +de malversation on ne poursuit pas en justice les Amis qu’on ne fait +point obliger devant notaire; ces considerations devroient engager un +chacun d’avoir plus volontiers recours au Bureau, où l’on n’en reçoit +aucuns qui n’aient de bonnes cautions, gens solvables et non attitrez._ + + +VOICY LE DÉTAIL + +_des domestiques que l’on trouve au Bureau_. + +Sçavoir, + + Aumôniers. + Precepteurs. + Escuyers. + Maistres d’hostels. + Secrétaires. + Hommes d’affaires. + Receveurs. + Concierges. + Commis. + Hommes de Chambres. + Chasseurs. + Garde-bois. + Cochers. + Portiers. + Laquais. + Postillons. + Palfreniers. + Et autres ayant tous de bons répondants. + + +IMMEUBLES. + +On veut vendre une maison à huit lieues de Paris, size le long de la +rivière d’Oize, entre Beaumont[491] et l’Isle Adam; Elle consiste en un +corps de logis et deux Pavillons, dans les quels il y a plusieurs +appartements, salle, chambre, cabinets, cuisine, office, garde-manger, +cave, greniers, grange, écurie, remise de carrosse, foulerie, et autres +commoditez; il y a aussi un Coulombier, qui rapporte en pigeonneaux et +en fumier 100 livres de rente; il y a des Jardins et enclos où il y a +quantité de bons arbres fruitiers, on vend pour 200 livres de fruits +tous les ans, on recueille aussi sept à huit cent de bon foin qui sert +dans la maison, on peut aussi faire venir à Paris ce que l’on veut par +la Rivière, qui n’est qu’a 200 pas de la dite Maison; on en donnera une +plus ample explication aux personnes qui voudront l’acheter, et on en +fera un prix raisonnable. _Adresse au Bureau._ + + [491] Beaumont-sur-Oise, canton de l’Isle-Adam. + +On veut vendre une Maison size au faubourg S. Germain, le terrain fait +face sur la rue de Grenelle et sur la rue S. Dominique, d’environ huit à +neuf toises sur 106 à 107 de longueur, fermé de bons murs dans l’Enclos +du Marais; il y a plusieurs arbres fruitiers, des espaliers le long des +murs par un treillage d’echalats de cœur de chesne, avec deux puits, une +petite Maison pour le Jardinier et une petite serre à costé[492]. Plus, +un corps de logis bati en pavillon de trois estages en carrez; dans +chaque estage il y a plusieurs chambres, cabinets, galletas, cuisine, +cave, et autres commoditez, la dite maison est en bon estat; on en +donnera une plus ample explication aux Personnes qui la voudront +acheter, et on en fera un prix raisonnable. _Adresse au Bureau._ + + [492] On voit qu’une maison au faubourg Saint-Germain, rue de + Grenelle, étoit en 1693 une véritable habitation champêtre. On peut + se le figurer encore mieux par la gravure qu’a donnée Israël + Sylvestre de la maison du président Le Coigneux,--aujourd’hui + Ministère de l’Instruction publique,--avec son entourage de terrains + vagues et ses vastes jardins, au milieu desquels le pavillon «de + structure solide», dit Brice, se dressoit comme en pleine campagne. + C’est du reste, selon Tallemant, ce qu’avoit voulu le président. «Il + alla, dit-il, bastir une grande maison au bout du Pré-aux-Clercs, + pour avoir un grand jardin où se promener, comme on lui avoit + ordonné de respirer l’air tout à son aise.» Auprès, sur + l’emplacement occupé aujourd’hui par la mairie du VIIe + arrondissement, un ancien premier commis de M. de Lionne, nommé + Thoinier, avoit une maison du même genre et des jardins que M. Le + Coigneux auroit bien voulu joindre aux siens. Il ne put jamais + l’obtenir de son voisin à cause d’une magnifique treille qui lui + donnoit le meilleur muscat de Paris: «Il me disoit là-dessus, dit le + faux Vigneul-Marville, que M. Le Coigneux étoit le seul qui ne + trouvoit pas bon ce muscat.» _Mélanges_, t. I, p. 265. + +On veut vendre une grande Maison size a Boissy S. Leger[493], près +Creteil, a trois lieues de Paris, consistant par bas en grandes caves, +offices, salle, fournil, plusieurs belles chambres et cabinets, et dans +la plus belle veue qu’on puisse voir, de beaux greniers et chambres pour +les Domestiques, grande cour verte entourée d’un très beau espalier de +Peschers et d’Abricotiers, écurie à mettre quinze chevaux, une petite +court basse; le tout attenant est un logement entier pour un Jardinier +et un Vigneron dépendant de la susdite Maison, beau jardin en terrasse, +au bas du quel il y a un petit bois de haute-fustaye rempli d’allées +couvertes, on entre de plein pied du jardin dans une grande galerie +peinte, qui donne en perspective au bois, et de la galerie on entre dans +les chambres vis à vis la dite maison. Il y a un Enclos de 25 à 30 +arpens de Terre, dont il y en a trois plantez en vignes qui sont en +leurs cinquièmes feüilles, des Terres labourables et le reste en foin, +le tout garny de beaux Espaliers de fruits à noyaux et poiriers, enclos +de murs et de hayes vives; il y a aussi un fief qui a 60 arpens +d’etenduë sur quoy l’on dixme[494], et haute, moyenne et basse justice; +le tout est à vendre, a loüer ou a échanger. _Adresse au Bureau._ + + [493] On sait que c’est aujourd’hui un chef-lieu de canton de + l’arrondissement de Corbeil. + + [494] On prend la dîme. + +On veut vendre une grande Maison size ruë de Vaugirard, elle est +composée d’une grande court, deux remises de carrosse, deux écuries dans +les quelles il tient beaucoup de chevaux, un grand jardin de six arpens, +un appartement bas, deux autres grands appartements et quantité d’autres +chambres pour des Domestiques, de grandes caves, des cuisines et +offices, et une belle chapelle; elle est de 2500 livres de loyer. +_Adresse au Bureau._ + +On veut vendre une Maison size dans la rue des Prescheurs, où a logé en +dernier lieu Monsieur Gelée[495]; la dite maison est à porte cochere, +bien batie de pierres de taille, la court est commune avec une autre +Maison qui perce dans la rue de la Champverrerie, salle, cuisine en bas, +petite écurie, remise sous la porte cochere, trois estages l’un sur +l’autre, et grenier au dessus chaque estage, composé de chambres, +antichambres, cabinets, et deux autres petites chambres, le tout de +plain pied; le premier et second estage ayant les principales chambres +peintes, dorées et parquetées, belles cheminées, et plusieurs tableaux +non communs; il y a trois cheminées à chaque estage, de belles et +grandes caves, et doubles caves. La dite Maison est louée 900 livres par +le dernier bail. Ceux qui la voudront voir trouveront des personnes qui +montreront les Appartemens. Il faut s’adresser pour le prix à Monsieur +de la Ville-Dieu, qui loge rue Traversine, dans la Maison de Madame +Francine[496], on en fera un prix raisonnable. + + [495] V. sur ce parent du poète Regnard, t. I, p. 295, note 3. Son + adresse y est donnée rue de la Chanvrerie, mais on voit que la + maison indiquée ici, ayant une cour commune et deux entrées, + appartenoit à cette rue aussi bien qu’à celle des Prescheurs. + + [496] Veuve de Francine, ou plutôt Francini, car il étoit Italien, + «intendant des eaux et fontaines des maisons royales et entrepreneur + privilégié des chaises roulantes». Mêlé à toutes sortes d’affaires, + comme le fut plus encore son fils, gendre de Lulli, et, après lui, + directeur de l’Opéra, Francine avoit fait bâtir, tout des premiers, + sur les terrains de la butte Saint-Roch, lorsqu’on l’eut aplanie. + D’après un manuscrit en notre possession, il avoit été propriétaire + de quatre maisons dans la rue Traversine ou Traversière, indiquée + ici, et appelée rue Molière aujourd’hui. A sa mort, comme on le + voit, il en étoit resté une à sa veuve, qui sans doute y logeoit. + +On veut vendre une charge d’avocat au Conseil, la Personne qui s’en veut +défaire en fera un prix raisonnable, et mesme la donnera a crédit, +pourvû qu’on luy donne des seuretez bonnes et solvables. Il prendra en +payement des billets sur des officiers et autres personnes pourvu qu’ils +soient en estat de payer, et autres accommodements. _Adresse au Bureau._ + +On veut vendre une Maison size au village de Cüeilly près Champigny sur +Marne, à trois lieües de Paris, consistant en un grand Corps de logis, +chambres, antichambre, cabinets, court, jardin, un demy arpent de vignes +donné à loyer pour la somme de quarante escus par an. _Adresse au +Bureau._ + +On veut vendre une grande Maison à petit Champ, paroisse S. Medard, +fauxbourg S. Marceau[497], consistant en six boutiques, caves, jardin, +deux petites salles, huit chambres à cheminées à chaque Estage, y ayant +trois Estages et quatre greniers au dessus, l’Escalier au milieu, y +ayant des corridors pour aller aux dites chambres, estant toutes +séparées. + + [497] Le _Petit champ_ du faubourg Saint-Marcel, qui devint au siècle + dernier le _Champ d’Albiac_, du nom de son propriétaire, se trouvoit + à peu de distance de la rue de _l’Épée de bois_, qui pour cette + raison est appelée sur d’anciens plans rue du _Petit-Champ_. + +Plus, une autre petite Maison au coin du dit jardin, consistant aussi à +trois Estages, deux chambres et cabinets à chaque Estage, grenier au +dessus, avec deux salles basses, et deux caves, le tout à vendre. On les +donnera à 18,000 livres, mesme quand on n’auroit pas toute la Somme, on +ne laissera pas de s’accommoder. _Adresse au Bureau._ + +On veut vendre un Office de Changeur d’Especes d’or et d’argent de la +Ville de Paris, avec faculté d’exercer la Banque à vendre; Elle est à +present d’un Exercice continuel de grand rapport, elle est propre à tous +banquiers, caissiers et de finances; l’on en sçaura le prix et condition +qui sont faciles et raisonnables. _Adresse au Bureau._ + + +MEUBLES. + +2. On veut vendre un petit Cabinet, dans lequel il y a cinq cents +médailles d’argent, toutes pièces antiques et fort curieuses[498], on le +fait cinq cents Escus. _Adresse au Bureau._ + + [498] Pour le goût des médailles, qui étoit alors un des plus + répandus, v. t. I, p. 221, 223, 225, 227, 228, 229, 230. + +On veut vendre un carrosse coupé presque tout neuf, garni d’un veloux +vert plein, trois belles glaces, une devant, et une à chaque costé, avec +un trapontin[499]; on veut aussi vendre les chevaux, ils sont entiers, +noirs, à courte queue, âgez de cinq à six ans, et de bonne taille, avec +les harnois, le tout en bon estat n’ayant qu’à monter dedans; on fait +les chevaux et le carrosse 1300 livres. _Adresse au Bureau._ + + [499] Lisez _strapontin_, mot que l’on croiroit beaucoup plus moderne, + mais qui se trouve déjà dans les _Caractères_ avec le sens qu’il a + ici. V. _La Comédie de La Bruyère_, 2e édit., 1872, in-18, t. I, p. + 87. + + +_Demandes._ + +3. On demande une Maison à acheter du prix de dix ou douze mille livres, +à deux ou trois lieues de Paris, on n’est point attaché en quel endroit +elle soit, pourvu qu’elle soit jolie et en bon estat; on veut un jardin, +des écuries, remise de carrosse, greniers et basse court; on ne se +soucie pas qu’elle soit en fief ou en roture. _Adresse au Bureau._ + +On demande une belle housse avec sa garniture, une douzaine de chaises, +et six fauteüils avec des housses, et que les bois soient à la mode; une +autre douzaine de chaises de tapisserie propres à mettre dans une salle, +on ne se soucie pas qu’elles soient tout à fait à la mode; un miroir de +glace de moyenne grandeur. _Adresse au Bureau._ + +On demande six chevaux pour labourer et mettre à la charrette, on les +veut d’hazard de quelque personne qui vienne de campagne, afin qu’ils +soient tous dressez, on y mettra jusqu’à mil ou douze cens livres; on +demande aussi leurs équipages, qu’on paiera comptant. _Adresse au +Bureau._ + +On donne avis à ceux qui cherchent une Personne qui sache les Langues +pour les accompagner dans leurs voyages aux Païs estrangers, qu’il y en +a un qui s’offre en quelque qualité que l’on voudra. C’est un homme de +40 à 42 ans, bien fait de sa personne, honneste homme de Profession, qui +en donnera des preuves suffisantes aux personnes qui luy feront +l’honneur de le vouloir employer. _Adresse au Bureau._ + +On demande un manteau de camelot gris d’azard, et qu’il y aye un petit +galon d’or, et qui soit propre. _Adresse au Bureau._ + +On demande une armoire de bois de noyer propre et faite à la mode, avec +une belle ferrure. _Adresse au Bureau._ + +On demande un colier de perles entrenet d’une belle eau; on le veut du +prix de cinquante escus ou deux cents francs. _Adresse au Bureau._ + +On veut vendre une Croix de Diamans, composée de sept diamans avec son +coulant, les Diamans sont fort nets et fort beaux, bien mis en œuvre. +Elle a coûté trente louis d’or, on la donnera pour un prix raisonnable. +_Adresse au Bureau._ + +Il y a un carrosse coupé tenant quatre ou cinq personnes à l’aise, garni +de Damas cramoisi, trois glaces, une devant et une à chaque portiere, +bien suspendu le train et les roues, le tout en bon estat, sans harnois +de chevaux, environ de quatre cents livres. Il y a aussi un cheval pour +Mousquetaire, propre à deux mains. _Adresse au Bureau._ + + * * * * * + +_L’adresse pour ecrire est à Mr du Manuel Me du Bureau d’adresse et de +rencontre où l’on recevra tous les jours des Avis. Il faut acquitter le +port des Lettres._ + +_On prie qu’on dise le dernier mot des choses dont on se veut défaire. +On les vendroit plus aisément, par ce que ceux qui le souhaitent estant +souvent étonnez du prix, ne les vont pas voir._ + +_Quoy que la pluspart de ceux qui font des Demandes au Public par les +Listes qui se distribuent tous les Mercredys, laissent leur adresse, ils +sont avertis de passer souvent au Bureau, pour y estre instruits de ce +qui s’y passera, sur les avis qu’ils auront donnez._ + +Chaque Journal se vendra trois sols. + +_Le Bureau pour recevoir les avis est au Marché-Neuf, chez un serrurier, +attenant la Bariere des Sergents. Le Tableau où est le Privilege du Roy_ +sert d’enseigne. + +AVEC PERMISSION. + + +FIN DES APPENDICES. + + + + +TABLE ALPHABÉTIQUE + +DES PRINCIPALES + +MATIÈRES CONTENUES EN CET OUVRAGE[500]. + + [500] Afin de continuer à reproduire aussi exactement que possible le + livre de Blegny, nous nous sommes conformé pour cette table, comme + disposition, texte et orthographe, à celle qu’il a donnée dans sa + première édition et qui--nous ignorons pourquoi--ne se retrouve pas + dans la seconde. Nous nous sommes contenté d’y faire les additions + nécessaires. + + +A. + +Abrégé de la science des temps, II, 205. + +Académies, I, 120. + +Académie de découvertes, I, xlv, xlix, 9. + +Académie Françoise (Listes de 1676 et 1705), II, 275, 289. + +Accouchements, I, 159 et II, 69. + +Adresses casuelles de la ville de Paris, I, xlij. + +Affaires ecclésiastiques, I, 15. + +Adresses recouvertes après l’impression, II, 68. + +Adresses diverses, II, 73. + +Adresses (autres) nouvellement recouvertes, II, 177. + +Affiches, I, vj, xxxij, xxxiv; II, 345, 357. + +Affiches (petites), I, 10. + +Afficheurs, II, 75. + +Agneaux, I, 292. + +Aiguilles, II, 24. + +Alimens, I, 289. + +Almanachs, I, 193; II, 190. + +Almanach spirituel, I, 26. + +Amirauté, I, 70. + +Andouilles, I, 293-294. + +Anchois, I, 302-303. + +Animaux, I, 289. (Chair et poisson.) + +Apoticaires, II, 69. + +Architecture et Maçonnerie, II, 102. + +Arcs de carosses, I, 47, 267. + +Ardoises, II, 118. + +Argenteurs, I, 287. + +Armes et Bagages de guerre et de chasse, I, 261. + +Armoires, II, 344. + +Asnes, I, 264. + +Auberges (tables d’Auberges) et Hostels garnis, I, 316. + +Avis du Bureau d’adresse (Liste des), II, 302. + +Avis généraux, II, 341. + +Avis du journal général de France (Liste des), II, 373. + + +B. + +Bailliage du Palais, I, 77. + +-- du Temple, I, 86. + +-- de Saint-Jean de Latran, I, 86. + +Bains et Etuves, I, 182. + +Balliveaux, II, 122. + +Bandages, I, 13. + +Banquiers, I, 117. + +Banquiers expéditionnaires en cour de Rome, I, 18 et II, 68. + +Baromètres, I, 242. + +Bas, II, 30. + +Bateaux (gardes), I, 111. + +Bateurs d’or, II, 46. + +Bâtimens du Roy, II, 87. + +Bénéfices et Bénéficiers, I, 19. + +Bêtes azines, I, 264. + +Beurre (Marchandises de), œufs, fromages et légumes, I, 296. + +Bible polyglotte, II, 319. + +Bibliothèques, I, 129. + +Bijouteries, I, 237. + +Bijouterie de cire, II, 68. + +Billards, I, 274. + +Biscuits, I, 301. + +Boëtes d’Allemagne, II, 23. + +Bœufs, I, 291. + +Bois de taillis à vendre, II, 338. + +Bonneterie (Ouvrage et Commerce de), II, 28. + +Bonnets carrés, II, 75. + +Bottes, II, 65. + +Bouchons de liège, II, 7. + +Boucles d’oreilles, II, 317. + +Boulangers, I, 306. + +Boules à jouer, I, 274. + +Bois à brûler, II, 8. + +-- à bâtir. + +Boudin blanc, I, 294. + +Bouquetières, I, 165. + +Bouteilles de poche, II, 42. + +Brefs et Bréviaires, I, 192. + +Bureau d’Adresses (Listes générales du), II, 332-346, 356, 364. + +Bureau des Indes Orientales et Occidentales, I, 108-109. + +Bureau d’adresses ou de rencontre, I, xx, xxiv et II, 302. + +Bureau des Merciers, II, 18. + +Bureaux publics, I, 106. + +Buscs et bois d’Evantails, II, 24. + + +C. + +Cabarets. V. _Traiteurs_. + +Cabinets d’ébeine, II, 353, 382. + +Cabinets, I, xxxiv. + +Café et cacao, I, 303. + +Caffé et chocolat, I, 303. + +Caisses de jardin, I, 282. + +Calçons et chaussons de chamois, II, 37. + +Calendrier, II, 218. + +Calottes, II, 75. + +Cancers, I, 170. + +Canepin, II, 75. + +Canifs, II, 48. + +Caractères d’imprimerie, I, 194. + +Caractères des signes et planètes, II, 200. + +Carrafons, I, 303. + +Carrières, II, 112, 113. + +Carosses de louage, remises, I, 266. + +Carosses de route, II, 160. + +Carrosses à vendre, II, 323, 325, 348, 359, 367. + +Cartes à jouer, I, 274. + +Carte généalogique de France, II, 322. + +Cartons, II, 27. + +Cassolettes philosophiques, I, 243 et II, 35. + +Catherinettes, I, x, xij. + +Cerisaies à Montmorency, II, 311. + +Chair et poisson, I, 289. + +Chaircutiers, I, 293. + +Chaises de moquette, II, 315, 353. + +Chaises de porteur, II, 339. + +Chaises roulantes, II, 317, 333, 366. + +Chaisnetiers, I, 296. + +Chambre des comptes, I, 64. + +Chambre souveraine des décimes, I, 85. + +Chambre du Trésor, I, 75. + +Chancellerie, I, 146; II, 348. + +Changements, I, 79. + +Chapeaux (Commerce de), II, 38, 63. + +Chapeaux à vendre, II, 320. + +Charbon de terre, charbon de bois, II, 9. + +Charges à vendre, II, 310, 338, 347, 348, 350, 352, 359, 362, 366. + +Charrettes de routes, I, 263; II, 174. + +Charité (directrices de), I, 23. + +Châtelet, I, 70. + +Chaux, II, 105. + +Chevaux et équipages, I, 264. + +Chevaux à vendre, II, 317, 319, 321, 323, 327, 333, 347, 353, 359, 360, +367. + +Cheveux (Ouvrages et Marchandises de), II, 39. + +Chiens, I, 273. + +Chinoiseries, V. _Lachinage_. + +Chirurgiens, II, 68. + +Choses diverses à vendre, II, 316. + +Cicle solaire, II, 211. + +Ciment, II, 105. + +Cireure (cirage) de cordonniers, II, 67. + +Citrons, I, 302. + +Clavecins, I, 205; II, 72. + +Clouds, II, 137. + +Coches par terre et par eaux, II, 172. + +Cochons, I, 292. + +Coffres, I, 239. + +Coiffeuses, I, 271; II, 41, 73. + +Collèges, I, 138. + +Colliers de perles à vendre, II, 319, 322, 361. + +Commerce des Ouvrages d’or, d’argent, de pierreries, de perles, I, 244. + +_Committimus_ (droit de), II, 375. + +Conférences, I, 127; II, 86. + +Connétablie, I, 75. + +Confiseurs, I, 300. + +Confituriers I, xxxiij. + +Conseils du Roi et Chancellerie, I, 46. + +Conserves balsamiques, I, 170. + +Consuls, I, 76. + +Consultations chirurgicales, I, 158. + +Consultations médicinales, I, 151; II, 77. + +Contraintes judiciaires, I, 100; II, 343. + +Coquillages, I, 236. + +Cordes à instruments, I, 215. + +Cordonnerie (Ouvrages et Marchandises de), II, 65. + +Courriers, II, 249. + +Cours des Aides, I, 63; II, 78. + +Cours des Monnoyes, I, 69. + +Courtiers, Couratiers, I, xij, 10. + +Couteliers, Couteaux, II, 47. + +Craquelins, Biscuits, Macarons, etc., I, 301. + +Crêpes et Crêpons, II, 13. + +Creusets, II, 75. + +Cristal minéral, I, 175. + +Cuirs et vendeurs de cuirs, II, 86. + +Cuivre, II, 46. + +Curé d’Evry, empirique, I, 156. + +Curieuses (Dames), I, 231. + +Curieux (Fameux) des Ouvrages magnifiques, I, 216. + +Curiosités (Commerce de) et de bijouterie, I, 236. + + +D. + +Damasquinerie, I, 240. + +Danse, I, 124, 126. + +Déclarations du Roy, I, 190. + +Découpeurs, I, 62. + +Demandes pour acheter, II, 327, 340, 354, 368, 382. + +Dents malades, I, 170-172; II, 178. + +Dentelles, Points, Boutons, Galons d’or, II, 16-17. + +Département des courriers, II, 249. + +Descentes (Bandages), I, 12, 173 et II, 85. + +Diamants du Temple, I, 248; II, 316. + +Diamants à vendre, II, 322. + +Docteurs et Licentiez en droit, I, 87. + +Domestiques, I, vj; II, 49, 344, 358, 376. + +Doreurs, Argenteurs, I, 287. + +Draperies, II, 11, 314. + +Drogueries, I, 165. + +Drogueries chimiques, I, 175. + +Drogueries étrangères et de Montpellier, I, 175. + +Durée des jours et des nuits, II, 242. + + +E. + +Eau catholique de Paracelse, II, 320-321. + +Eau de Cordoue, I, 172; II, 34. + +Eaux distillées, I, 175. + +Eaux et forêts, I, 76. + +Eau histerique, I, 172. + +Eau rouge de la reine d’Hongrie, I, 172. + +Eaux minérales, I, 175. + +Eaux de vie, I, 176. + +Echets, I, 274. + +Ecoles (petites), I, 18. + +Ecole médicinale, I, 141. + +Ecrans, II, 22. + +Eclipses, II, 242. + +Ecritoires, II, 27. + +Ecrivains jurés, I, 249; II, 53. + +Edits et déclarations du Roy, I, 190. + +Eolipiles, II, 324. + +Eguilles et Epingles, II, 24. + +Election, I, 77. + +Emailleurs, I, 242. + +Emplâtre de la manufacture royale, I, 13. + +Epacte et Lunaisons, II, 213. + +Epiciers, I, xxxiij, 302; II, 5-6. + +Epiceries et autres denrées domestiques, II, 5. + +Essences de Rome et de Gènes, II, 33. + +Essence végétale, I, 14, 172. + +Estampes et tableaux, I, 239. + +Etoffes à meubler, I, 284. + +Etoffes indiennes, II, 13. + +Etoffes d’Italie, II, 13. + +Etoffes de soie d’or et d’argent, I, 272 et II, 13. + +Etoffes de l’Apport-Paris, II, 339. + +Etuves ordinaires, I, 182. + +Evantails, II, 20. + +Exercices (Nobles) pour la belle éducation, I, 253. + +Exercices de piété, I, 21. + +Experts Ecrivains, II, 53. + +-- Arithméticiens, II, 54. + +-- Maçons, Charpentiers, II, 54. + +-- Couvreurs, II, 54. + +-- Généalogistes, II, 53. + + +F. + +Fabrique des Monnoyes, II, 245. + +Fayences, I, 283; II, 43. + +Fer (Ouvrages et Marchandises de), II, 129. + +Fer blanc, II, 46, 131. + +Fermiers généraux, I, 28, 32; II, 79. + +Ferme à vendre, II, 313. + +Ferrailles, II, 129. + +Fêtes mobiles, II, 217. + +Feux d’artifices, I, 272. + +Figures de plâtre bronzées, I, 241. + +Fileurs d’or, II, 46. + +Finances royales, I, 26, 33. + +Flûtes et Flageollets, I, 212. + +Foires (Etat des plus considérables), II, 266. + +Fontainiers, II, 155. + +Fourneaux, II, 75. + +Fourrures, II, 35, 38. + +Frère Ange, empirique, I, 157. + +Frères cordonniers, II, 67, 322. + +Frères tailleurs, II, 61. + +Friperie, II, 60. + +Fromages, I, 297. + +Fruiterie (offices de), I, 300. + +Fruits secs I, 302. + + +G. + +Gants (marchandises des gantiers et parfumeurs), II, 31. + +Garçons de métier, II, 50. + +Garçons de cuisine et de cabaret, II, 49. + +Garnitures de rubans, II, 24. + +Gazettes, I, xvij, xxix, 193. + +Généalogies, II, 53. + +Gibecières, I, 273. + +Gobelins, II, 92-93. + +Glaces de miroirs, II, 141, 142. + +Grand Conseil, I, 61. + +Grains balsamiques, I, 13, 171. + +Grains dépuratifs du sang, I, 172. + +Graines de jardins, I, 282. + +Graveurs en taille douce, II, 68. + +Graveurs de médailles, II, 153. + +Graveurs en lettres, II, 152. + +Graveurs en pierre, II, 153. + +Greffiers du Parlement, I, 94. + +Grenailles, I, 248. + +Grenier à sels, I, 79. + +Guainiers, II, 37, 49, 74. + +Guinguettes, II, 305. + +Guipures, II, 17. + +Guitarre, I, 211. + + +H. + +Habillements (habits d’hommes et de femmes), II, 58. + +Habits et manteaux à vendre, II, 319. + +Habits faits de théâtre et de mascarade à quatre pistoles par an, I, 271 +et II, 62. + +Hameçons, I, 296. + +Harans, I, 295. + +Hautbois, I, 212. + +Herbages, I, 165. + +Hôtel de Ville, I, 75. + +Heures, I, 192. + +Horlogers. V. _Orlogeurs_. + +Hospitaux (Administration des), I, 112. + +Hostels garnis et tables d’Auberges, I, 316. + +Huile d’amandes et autres tirées sans feu, I, 175. + +Huile d’olive, II, 5. + +Huissiers, I, 100. + +Hydromètres, I, 242. + +Hypocras, I, xxxiij. + + +I. + +Immeubles à louer, à vendre, à échanger, II, 304. + +Indiction romaine, II, 212. + +Instructions (premières) de la jeunesse, I, 248. + +Instruments mathématiques et de chirurgie, II, 48. + +Instruments à vents, I, 212; II, 72. + + +J. + +Jambons, I, 293. + +Jardin médicinal, I, 26. + +Jardin Royal, II, 87. + +Jardinages, I, 275. + +Jartières, II, 23. + +Jeûnes et solemnitez, II, 215. + +Jurés bourgeois, II, 54. + +Jouailleries, II, 23. + +Juges et Consuls, I, 76. + +_Journal des avis et affaires de Paris_, I, xxxv. + +_Journal des Savants_, I, 191. + +_Journal du Bureau de rencontre_, I, xxxix. + +Juridiction des Poudres et Salpêtres, I, 79. + +-- des Garennes, _ibid._ + +-- du Chantre Notre-Dame, I, 17, 20. + + +L. + +Laboratoire du sieur de Blégny, I, 169. + +Lachinage, I, 239. + +Lait d’anesses, de chèvres ou de vaches, II, 72. + +Lancettes, II, 47. + +Lapins, I, 273. + +Laquais, II, 50, 344, 358, 376. + +Lard, I, 293. + +Leçons particulières, I, 138. + +Leton, II, 46. + +Lettre Dominicale, II, 211. + +Librairie (impressions et Commerce de), I, 19, 185. + +Lieux où se trouveront tous les quinze jours les livres d’avis, II, 330. + +Linges, points et dentelles, II, 15. + +Lingots d’or et d’argent, I, 248. + +Lits, I, 284, 285. + +Lits à vendre, II, 314, 315, 334, 352, 360, 361, 368. + +Litières, I, 267. + +Livres d’avis, II, 330. + +Livres de Mathématiques, I, 190. + +Livres de Médecine, I, 162, 163, 190. + +Livres de piété et d’église, I, 20, 26. + +Lods et ventes, II, 309. + +Loupes, I, 174. + +Lustres et girandoles, II, 143. + +Luths, I, 211. + + +M. + +Macarons, I, 301. + +Machinistes, II, 121. + +Maçonnerie (lieutenant général de la), I, 78; II, 102. + +Maçons et Manœuvres, II, 102. + +Magistrats (principaux), I, 55. + +Maisons à louer, II, 305-308, 333, 362. + +Maisons à vendre, II, 308-313, 334-337, 349, 351, 367, 368. + +Maladies vénériennes, I, 171. + +Maladies des yeux et des oreilles, I, 174. + +Marchandises d’Outre-Mer, II, 20. + +-- de Dieppe, II, 22. + +-- de Saint-Claude, II, 23. + +Maréchaussée, I, 75. + +Marionnettes et Manequins, I, 272. + +Marqueterie, I, 286. + +Manufactures des ouvrages du Roy, II, 87. + +Maroquins, I, 109; II, 38. + +Masques, I, 271. + +Matériaux à bâtir, II, 105. + +Mathématiques, I, 146, 254 et II, 71. + +Matières métalliques (Commerce de diverses matières), II, 45. + +Matières médicinales, I, 164. + +Médailles, I, 130, 221, 223, 225, 227, 230; II, 382. + +Médecine et Médecins, I, 150. + +Médecine ordinaire, I, 150. + +Médecine empirique, I, 156. + +Médecins jurés, II, 52. + +Melons, I, 303. + +Menus Plaisirs, I, 269. + +Menuiserie, II, 121. + +Menuisiers en ébène, II, 353. + +Mercerie, Quincaillerie (Commerce de), II, 18. + +_Mercure galant_, I, 193. + +Mercure d’or, I, 13. + +Messageries, II, 166. + +Meubles à vendre, II, 314. + +Meubles de la Chine, I, 236, 240. + +Meubles ordinaires et Tapisseries, I, 283. + +Meubles d’orfévrerie, II, 73. + +Meubles vieux, I, 287. + +Migniatures, II, 97, 98. + +Miroirs, II, 21, 140, 353, 361. + +Mirouettiers, II, 21, 140, 353, 361. + +Moëllons, II, 107, 113. + +Monnoies (Fabrique des nouvelles), II, 244. + +Montres à vendre, II, 322, 361. + +Morrhues, I, 295. + +Mouches, II, 76. + +Moulin à blé à vendre, II, 324. + +Moutons, I, 291. + +Mulets, I, 264. + +Musettes, I, 212. + +Musique, I, 204. + + +N. + +Nombre d’or, II, 210. + +Nomenclateurs, I, vj, 7. + +Nourrices, II, 49. + +Nourriture, I, 289. + + +O. + +Œufs, I, 296. + +Officialité, I, 16, 18, 21. + +Officiers nouveaux, Metteurs à bord et gardes bateaux, I, 111. + +Olives, I, 303. + +Omissions et changements, I, 79. + +Opérations chirurgicales, I, 157 et II, 68. + +Opérateurs pour la pierre, la cataracte, les dents, I, 160. + +Orlogeurs, II, 73, 349, 361. + +Oranges, I, 302. + +Ordonnances (Nouvelles), I, 186. + +Orgues, I, 205, 206; II, 316. + +Orvietan, I, 169. + +Ouvrages exquis de peinture et de sculpture, II, 92. + +Ouvrages et bois de Menuiserie, II, 121. + +Ouvrages et fournitures de Charpente, II, 115. + +Ouvrages et fournitures de Couvreurs, II, 118. + +Ouvrages d’or, d’argent, de pierreries, de perles, etc. (Commerce des), +I, 244. + + +P. + +Panneterie et Patisserie, I, 304. + +Paniers à fruits, I, 301. + +Papetiers (Marchandises de), II, 26. + +Parfumeurs (Marchandises des), II, 31. + +Parlement, I, 86. + +Parties casuelles, I, 38, 108. + +Pastel, II, 99. + +Patissiers, I, 300, 304. + +Paveurs (Ouvrage des), II, 157. + +Peaux pour les chapeliers, II, 38. + +-- pour les foureurs, II, 38. + +Peaux de mouton en chamois, II, 36. + +-- de chagrin, II, 37. + +Peintures, sculptures, dorures, II, 144. + +Peintres, II, 178; ouvrages de peinture, II, 92, 144. + +Pelleterie et fourrure, II, 35. + +Penitencier (grand), I, 17. + +Pendules à vendre, II, 349. + +Pension pour les malades, I, 178. + +Pensions et répétitions pour les écoliers, I, 138, 249. + +Perles, I, 248; II, 319, 322, 361. + +Perruques, I, xxxiij; II, 40. + +Philosophes, I, 123. + +Pieds de porc à la Sainte-Menehould, I, 294. + +Pierre (qualité et coupe de la), II, 111, 114, 115. + +Pierreries, I, 247. + +Pigeons, I, 273. + +Pistaches, I, 304. + +Placages (meubles de), I, 286. + +Plâtre, II, 105. + +Plomb en balles et grains, II, 46. + +Plomberies (Ouvrages de), II, 155. + +Planches de Bateaux, I, 121, 122. + +Plumes d’acier, II, 76. + +Points, II, 17. + +Poissons, I, 294, 295. + +Police, I, 186. + +Portraits en cire, II, 69. + +Porcelaines, I, 239 et II, 42. + +Porcs, I, 292. + +Poteries, Carrelage, Vuidange, II, 158. + +Poulmoniques (Conserve et liqueur pour les), I, 170. + +Précisions chronologiques et historiques des temps, II, 209. + +Prévôté de l’Hôtel du Roy et de la Ville, I, 74. + +Prévôt des Marchands, I, 75. + +Prieur médecin, I, lv, 157. + +Prisonniers (pauvres), I, 24. + +Privilégiez, Privileges à vendre, II, 77. + +Prix des Ouvrages de Maçonnerie, II, 105. + +-- de Charpente, II, 116. + +-- de Menuiserie, II, 122. + +-- de Couvreurs, II, 119. + +-- des marchandises de fer, II, 131. + +-- des Glaces, II, 143. + +-- des Pavés, II, 157, 158. + +-- des Ouvrages de Sculpture, peinture et dorure, II, 146. + +-- des Plombs, II, 156. + +-- des Nattes et Frottages, II, 156, 160. + +-- des Vitres, II, 138, 139, 140. + +Proxenêtes (courtiers antiques), I, vij, viij. + + +Q. + +Quincailliers, II, 25. + + +R. + +Rabats, II, 73. + +Recommanderesses, I, x; II, 49. + +Recueil de vers, II, 325. + +Remarques sur la durée des jours et des nuits, II, 242. + +-- sur les systèmes du monde, II, 203. + +Remèdes pour les chevaux, I, 69. + +Remèdes du Roi, I, 170. + +Rentes de l’Hôtel de Ville, I, 42. + +Répétitions pour les écoliers, I, 138, 249. + +Requestes de l’Hôtel du Roy, I, 78. + +-- du Palais, I, 78. + +Rocfort, fromage, I, 299. + +Roulliers et charrettes de routes, II, 174. + +Rubans, II, 20. + + +S. + +Sable, II, 157. + +Sages femmes jurées, II, 69. + +Saignée, I, 159. + +Savons, II, 7, 33. + +Savoyards, II, 21. + +Science des Temps, II, 205. + +Sculpteurs, II, 92, 145. + +Sculpture (Ouvrages de), II, 145. + +Séances des Tribunaux, I, 78. + +Secret pour guérir le _Miserere_, II, 324. + +Secrétaires du Roy, I, 54. + +Secrétaires et Greffiers, I, 93. + +Sel policreste, I, 169. + +Sergens, I, 100. + +Seringues, II, 77. + +Sermons, I, 200, 201. + +Serrures, II, 136. + +Servantes, I, x; II, 49. + +Sirop de vanille, I, 177. + +-- de thé, febrifuge, I, 177. + +Soies, II, 9. + +Souliers, II, 67. + +Squelettes, II, 77. + +Sucres, II, 6. + +Suif, II, 8. + +Supputation des Epoques, II, 210. + +Systêmes du monde, II, 203. + + +T. + +Table de Marbre (juridiction de la), I, 78. + +Tableaux, I, 239. + +Tableaux à vendre, II, 360. + +Tablettes à vendre, II, 359. + +Tablettes d’Alary, I, 177. + +Tablettes de poche, I, 243. + +Taillandiers, II, 47. + +Tailleurs, II, 59, 60, 61. + +Tambours, I, 263. + +Tamis, II, 77. + +Tapisseries à vendre, II, 314, 336, 350, 361. + +Tapissiers fripiers, I, 287; II, 326. + +Tapisseries et Meubles ordinaires, I, 283. + +Tapisseries de cuir doré, I, 286. + +-- d’Auvergne, II, 340. + +-- de la Savonnerie, II, 320, 326. + +-- de Flandres, I, 283. + +-- de Beauvais, I, 283. + +-- d’Aubusson, I, 283. + +-- de Bergame et de Rouen, I, 284. + +Tarif des nouvelles monnoyes, II, 244. + +Temporalité, I, 79. + +Tentes et pavillons de guerre, I, 262. + +Tentures de haute lice, I, 283; II, 315. + +Terre cizellée, I, 240. + +Théorbes, I, 210; II, 326. + +Terres, fiefs et seigneuries à vendre, II, 337, 338, 349, 360, 363, 367. + +Thériaque de Rouvière, I, 167. + +Thermomètres, I, 242. + +Tireurs d’or, II, 46. + +Toiles cirées, II, 76. + +Tontine, I, 44. + +Tourneurs, II, 51, 103-104. + +Traiteurs, I, 314, 315, 319. + +Treillis d’Allemagne, II, 13. + +Trésor des Almanachs, II, 193. + +Trésor d’Esculape, II, 177. + +Trésor Royal (Gardes du), I, 28. + +Trésoriers, I, 38, 53. + +Tribunaux, I, 78. + +Triquetracts, I, 274. + +Trompettes et timbales, I, 215; II, 73. + +Truffles, II, 71. + +Tuiles, II, 119. + +Tuyaux de tolle de fer à brûler du bois sans fumée, II, 76. + + +V. + +Vacations des Tribunaux, I, 86. + +Vaches de Roussy, II, 37, 38. + +Volailles, I, 292. + +Vapeurs, I, 171; II, 79. + +Veaux, I, 291. + +Verre (Vitriers), II, 44, 138. + +Verrerie (Commerce des Verriers), II, 41. + +Vérifications et rapports de jurez, II, 52. + +Vins de liqueurs, I, 301. + +Vins (Marchandises et aprest de), I, 309 et II, 318, 324. + +Violle et Viollon, I, 209, 210 et II, 317. + +Vieux papiers et parchemins, II, 28. + +Vitriers (Ouvrage des), II, 138. + +Voyer, I, 109. + + +Y. + +Yeux artificiels, II, 75. + + + + +TABLE DU TOME II. + + + Pages. + Suite du _Livre commode_ 5 + Table générale des Articles 181 + Trésor des Almanachs pour l’année bissextile 1692 187 + + Appendice. + Liste de Messieurs de l’Académie françoise en janvier 1676 275 + Liste de l’Académie françoise (1705) 289 + Liste des avis du Bureau d’adresse (janvier 1670) 302 + Liste générale du Bureau d’adresse et d’avis (7 aoust 1688) 332 + Liste générale du Bureau d’adresse et de rencontre + (1 mars 1689) 346 + Liste générale du Bureau d’adresse et de rencontre + (1 avril 1689) 356 + Liste générale du Bureau d’adresse et de rencontre (1 may 1689) 364 + Liste des avis du Journal général de France (18 novembre 1693) 371 + + Table alphabétique des matières contenues dans les deux Volumes 387 + + +FIN. + + + +*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 75206 *** diff --git a/75206-h/75206-h.htm b/75206-h/75206-h.htm new file mode 100644 index 0000000..875121c --- /dev/null +++ b/75206-h/75206-h.htm @@ -0,0 +1,21070 @@ +<!DOCTYPE html> +<html lang="fr"> +<head> + <meta charset="UTF-8"> + <title>Le livre commode des adresses de Paris | Project Gutenberg</title> + <link rel="icon" href="images/cover.jpg" type="image/x-cover"> + <style> + +p { text-align: justify; line-height: 1.2em; text-indent: 1.5em; + margin: .3em 0; clear: right; } +p.noindent { text-indent: 0; } + +h1 { text-align: center; line-height: 1.5em; margin: 1em 0; } +h2 { text-align: center; line-height: 1.5em; margin: 4em 0 2em 0; } +h3 { text-align: center; line-height: 1.5em; margin: 3em 0 1.5em 0; } +h4 { text-align: center; line-height: 1.5em; margin: 2.5em 0 1.5em 0; } + +div.c, p.c { text-align: center; line-height: 1.5em; text-indent: 0; + margin: 1em 0; } + +.large { font-size: 130%; } +.small { font-size: 90%; } +.xsmall, small { font-size: 80%; } + +.i { font-style: italic; } +.i i, .i em, .rm { font-style: normal; } + +.sc { font-variant: small-caps; } + +.poetry { text-align: left; margin: 1em 0 1em 5%; } +.verse { padding-left: 3em; text-indent: -3em; } +.i3 { text-indent: 0; } + +.ind { margin-left: 2em; } +p.drap { text-indent: -1.5em; padding-left: 1.5em; margin: 0 0; } +p.drap2 { text-indent: -4.5em; padding-left: 4.5em; } +p.drap3 { text-indent: -1.5em; padding-left: 4.5em; 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} +.break, .chapter { margin-top: 4em; } +.ugap { margin-top: 1em; } + +.pagenum { position: absolute; right: 1%; font-style: normal; + text-align: right; color: #555; text-indent: 0; +} + +img { max-width: 100%; } + +@media screen { + body { max-width: 40em; width: 80%; margin: 0 auto; } + img { max-height: 700px; } +} + +.x-ebookmaker .break, .x-ebookmaker .chapter { page-break-before: always; } +.top2em { padding-top: 2em; } +.top4em { padding-top: 4em; } +.nobreak { page-break-before: avoid; } + + </style> +</head> +<body> +<div style='text-align:center'>*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 75206 ***</div> +<div class="x-ebookmaker-drop c"><img src="images/cover.jpg" alt=""></div> +<div class="x-ebookmaker-drop break"></div> +<h1 class="top2em"><span class="xsmall">LE</span><br> +<span class="large">LIVRE COMMODE</span><br> +DES ADRESSES DE PARIS<br> +<span class="small">pour 1692</span></h1> + +<p class="c">par<br> +ABRAHAM DU PRADEL<br> +(<span class="small">NICOLAS DE BLEGNY</span>)</p> + +<p class="c"><i>Suivi d’appendices,<br> +précédé d’une introduction, et annoté</i><br> +par<br> +<span class="large">ÉDOUARD FOURNIER</span></p> + +<p class="c large"><span class="sc">Tome</span> II</p> + + +<p class="c gap"><span class="large">PARIS</span><br> +<span class="sc">Paul DAFFIS</span>, <span class="small">ÉDITEUR-PROPRIÉTAIRE</span><br> +<span class="xsmall">DE LA BIBLIOTHÈQUE ELZEVIRIENNE</span><br> +7, rue Guénégaud</p> + +<p class="c small">M DCCC LXXVIII</p> + +<div class="break"></div> + +<p class="c top2em">OUVRAGES DU MÊME AUTEUR.</p> + + +<p class="drap"><i>Histoire de la Butte des Moulins</i>, suivie d’une étude historique +sur les demeures de Pierre Corneille à Paris, +avec deux vues de la Butte en 1551 et 1652. Beau +volume in-18, papier vélin. +<span class="fl">3 fr. 50</span></p> + +<p class="drap"><i>Le Vieux Neuf.</i> Seconde édition, refondue et considérablement +augmentée. 3 vol. gr. in-18. +<span class="fl">15 fr.</span></p> + +<p class="drap"><i>L’Esprit des autres.</i> 5<sup>e</sup> édition refondue et considérablement +augmentée. 1 vol. in-18. (Sous presse.)</p> + + +<p class="c gap">Imprimerie Gouverneur, G. Daupeley à Nogent-le-Rotrou.<br> +Caractères elzeviriens de la Librairie Daffis.</p> + +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p5">-5-</span></p> + +<h2 class="nobreak" title="Suite du Livre commode"> </h2> + +<h3 id="c1">ÉPICERIES<br> +<span class="small">ET AUTRES DENRÉES DOMESTIQUES.</span></h3> + + +<p>Pour le Bureau des Epiciers et Droguistes, +voyez l’article de la matiere Medecinale<a id="FNanchor_1" href="#Footnote_1" class="fnanchor">[1]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1" href="#FNanchor_1"><span class="label">[1]</span></a> T. I, p. 164.</p> +</div> +<p>Messieurs Jourdan rue saint Denis au Cheval +blanc<a id="FNanchor_2" href="#Footnote_2" class="fnanchor">[2]</a>, Lion rue de la Truanderie<a id="FNanchor_3" href="#Footnote_3" class="fnanchor">[3]</a>, Chabouillé +rue de la Poterie, Mercier rue de la Verrerie, du +Bois rue Quinquempoix, etc., tiennent magasin +d’Epiceries domestiques, de Sucre, d’Huiles, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_2" href="#FNanchor_2"><span class="label">[2]</span></a> Dans l’édit. précéd., p. 31, il est qualifié « epicier +grossier », — c’est-à-dire en gros — et nommé seul, +comme faisant « gros commerce d’huiles d’olive et des fruits +de Provence ». A la suite, se trouve cet autre article omis +ici : « M. Petit, Chef au Chevalier du Guet, fait venir +beaucoup de caffé, de cacao, etc. » <i>Chef</i> se prenoit à la +cour et dans les grandes hôtelleries avec le sens qu’il a encore. +On disoit suivant Richelet : chef de gobelet, chef +d’échansonnerie, chef de panneterie, etc.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_3" href="#FNanchor_3"><span class="label">[3]</span></a> « Lion, rue Jean de l’Épine, à l’enseigne de la Ville +de Tours, tient magasin de fruits secs, d’eaux de vie, et de +diverses autres sortes de drogueries. » Édit. 1691, p. 31.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p6">-6-</span> M. Barre rue Quinquempoix<a id="FNanchor_4" href="#Footnote_4" class="fnanchor">[4]</a>, tient grand +magasin de Sucre, rafinage de Roüen<a id="FNanchor_5" href="#Footnote_5" class="fnanchor">[5]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_4" href="#FNanchor_4"><span class="label">[4]</span></a> « Joignant la Chambre des assurances. » Édit. 1691, +p. 31. Les assurances, dont la Chambre est indiquée ici, +étoient les <i>assurances maritimes</i>, constituées en 1681, et +pour lesquelles un édit de mai 1686 avoit autorisé une +compagnie.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_5" href="#FNanchor_5"><span class="label">[5]</span></a> Le sucre du raffinage de Rouen, fait avec le produit +de nos îles d’Amérique, étoit de ceux qui ne payoient pas +de droits de sortie. On en consommoit à Paris beaucoup +de cette provenance, comme on le verra plus loin. — Le +sucre entroit pour une très-grande part dans le commerce +des épiciers. Les apothicaires, communauté qui +leur touchoit de très-près, le leur avoient, nous l’avons +vu (t. I, p. 164), fort longtemps disputé, comme une sorte +de monopole, dont ils pouvoient seuls disposer. Ils avoient +pour eux le proverbe : « On ne prend pas un apothicaire +sans sucre », mais cela ne suffisoit pas. Il falloit un privilége. +Ce fut à qui l’auroit des deux corporations. Un +arrêt de la Cour, du 27 novembre 1652, attribua aux +épiciers le droit exclusif des confitures, sirops « restant des +dites confitures », dragées, etc. Ce ne fut pas assez. Ces +sucreries n’étoient pas le sucre, auquel prétendoit si ardemment +l’épicerie. Il y eut un procès, dont Gui Patin a parlé +(anc. édit., t. I, p. 38 ; II, 134). Les épiciers l’emportèrent. +Nous trouvons, en effet, dans un arrêt du +1<sup>er</sup> septembre 1689 : « Défense à autres que marchands +épiciers de vendre aucun poivre, <i>sucre</i>, clous de giroffle, +savon, huile, muscade, etc., à peine de confiscation, et cinq +cents francs d’amende. » La querelle, apaisée à Paris, ne +le fut pas en province. Un siècle après, par exemple, +nous l’avons dit aussi, t. I, p. 164, elle s’étoit réveillée entre +les apothicaires et les épiciers de Chartres. — Les épiciers +de Paris faisoient un tel commerce de sucre, pour l’exportation, +que le naufrage d’un navire venant de Rouen en fit +perdre à l’un d’eux pour 8000 livres, à la fin de 1660. +(V. Loret, t. III, p. 295.)</p> +</div> +<p>Le Sieur Chambellan rue de Baffroy fauxbourg +saint Antoine, vend en gros du plus beau Miel +blanc, du Miel commun, etc.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p7">-7-</span> La Manufacture de Savon d’Alicanthe<a id="FNanchor_6" href="#Footnote_6" class="fnanchor">[6]</a> est au +même Fauxbourg rue de Charonne.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_6" href="#FNanchor_6"><span class="label">[6]</span></a> Ce savon blanc jaspé, fait avec de la soude d’Alicante, +passa jusqu’à la fin du dernier siècle pour être le meilleur +de tous. En 1655, les fruitiers s’étoient mis à en vendre. +Les épiciers firent opérer des saisies. Le 25 avril, on en +faisoit une chez Henry Hue, qui a été nommé plus haut, et +qui demeuroit rue de la Cossonnerie. Il s’agissoit de « huit +pains de savon d’Alicante ».</p> +</div> +<p>Le Sieur Moüèvre qui demeure rue Bertin +Poirée, fait et vend au cent et au millier des +Bouchons de liege<a id="FNanchor_7" href="#Footnote_7" class="fnanchor">[7]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_7" href="#FNanchor_7"><span class="label">[7]</span></a> On les faisoit venir des Landes, où ils se fabriquoient +au couteau. <i>V.</i> Pomet, <i>Histoire des Drogues</i>, chap. <i>liége</i>. +Pomet, historien des drogues, étoit lui-même épicier droguiste.</p> +</div> +<p>Pour les Droguistes de parfums, voyez l’article +des Gantiers parfumeurs.</p> + +<p>Pour les Fruits de Provence, de Portugal, de +la Chine, etc., voyez aux Offices de Fruiterie.</p> + +<p>Pour les Drogueries, voyez l’article des matieres +Medecinales.</p> + +<p>On tient à la Halle les Mercredis et Samedis +un marché franc pour la Chandelle, où elle n’est +vendue en gros que six sols la livre.</p> + +<p>Il y a une manufacture de tres belle Chandelle +rue Neuve saint Mederic, où elle est vendue huit +sols la livre.</p> + +<p>Il y a une autre manufacture de Chandelle +fauxbourg saint Antoine devant la Halle, où la +plus belle Chandelle n’est qu’à sept sols la +livre<a id="FNanchor_8" href="#Footnote_8" class="fnanchor">[8]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_8" href="#FNanchor_8"><span class="label">[8]</span></a> Cette manufacture de chandelles étoit tenue, en 1676, +par un nommé Orléans, qui, ayant voulu joindre à la vente +de ses produits celle de l’huile d’olive, absolument interdite +aux chandeliers, dut subir, le 14 mars, une saisie, dont +nous avons vu le procès-verbal imprimé. — Il se trouvoit, +au même faubourg, une autre fabrique de chandelles tenue +par les frères Brès. (<i>Correspondance du Contrôleurs généraux</i>, +n<sup>o</sup> 1177.)</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p8">-8-</span> Le marché au Suif<a id="FNanchor_9" href="#Footnote_9" class="fnanchor">[9]</a> se tient tous les Jeudis +dans la vieille place aux Veaux<a id="FNanchor_10" href="#Footnote_10" class="fnanchor">[10]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_9" href="#FNanchor_9"><span class="label">[9]</span></a> On savoit déjà l’épurer avec une certaine perfection, +et l’on obtenoit ainsi des « chandelles de suif, façon de +bougies », pour lesquelles un valet de chambre de Monsieur +avoit obtenu privilége en 1669. — Plus tard, à la fin de +mars 1728, s’ouvrit, rue Saint-Martin, à l’Hôtel des Quatre +Provinces, une fabrique de chandelles d’une épuration plus +irréprochable encore. V. un fragment des <i>Nouvelles à la +main</i> de cette époque dans le <i>Bullet. des Biblioph.</i> 1846, +p. 860.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_10" href="#FNanchor_10"><span class="label">[10]</span></a> Elle se trouvoit entre la rue Saint-Jacques-la-Boucherie +et la rue Planche-Mibray. La famille des Saint-Yon, qui, +au <small>XIV</small><sup>e</sup> siècle, y tenoit sa boucherie, lui avoit longtemps +donné son nom. On l’appela <i>la Vieille Place aux Veaux</i> à +partir de 1646, lorsqu’une nouvelle place eut été créée pour +ce marché, sur le quai des Ormes.</p> +</div> +<p>Le Grenier à Sel est à l’entrée du quay de la +Mégisserie et rue saint Germain l’Auxerrois<a id="FNanchor_11" href="#Footnote_11" class="fnanchor">[11]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_11" href="#FNanchor_11"><span class="label">[11]</span></a> Il étoit près de la rue de la Saunerie, qui lui devoit +son nom.</p> +</div> +<p>Pour les Œufs, Beurre, Fromages et Legumes, +voyez l’article de ces denrées.</p> + +<p>Les Chantiers où se vendent les Bois à bruler, +sont à la porte saint Antoine, à la porte saint +Bernard, et à la Grenouillere<a id="FNanchor_12" href="#Footnote_12" class="fnanchor">[12]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_12" href="#FNanchor_12"><span class="label">[12]</span></a> Le quai d’Orsay, aujourd’hui. Quand furent bâtis les +hôtels de la rue de Lille, les propriétaires se plaignirent de +ces chantiers, qui leur masquoient la Seine, et qui étoient, +pour eux, un continuel danger d’incendie. Ils ne purent +rien obtenir. Les <i>mss.</i> légués par Beffara à l’Hôtel de Ville +contenoient à ce sujet de curieuses pièces. Ces chantiers ont +existé jusqu’à nos jours. Le palais de la Cour des Comptes +a remplacé le dernier, qui étoit immense. C’est dans un +autre plus rapproché de la rue de Bourgogne, qu’Adrienne +Lecouvreur, à qui l’Église refusoit une sépulture en terre +sainte, fut clandestinement enterrée en 1730.</p> +</div> +<p>On vend aussi du Bois neuf, des Cottrets et +<span class="pagenum" id="p9">-9-</span> des Fagots sur le quay de l’Ecole<a id="FNanchor_13" href="#Footnote_13" class="fnanchor">[13]</a>, sur le quay +de la Grève, et au Port saint Paul.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_13" href="#FNanchor_13"><span class="label">[13]</span></a> Le <i>Pédant joué</i>, de Cyrano de Bergerac (acte II, +scène 4), a rendu célèbres, nous l’avons déjà dit, les cotrets +du quai de l’École. « <span class="sc">Granger.</span> Eh ! qu’allois-tu +faire à l’École, baudet ? — <span class="sc">Corbinelli.</span> Mon maître s’étant +souvenu du commandement que vous lui avez fait d’acheter +quelque bagatelle qui fût rare à Venise, et de peu de +valeur à Paris, pour en régaler son oncle, s’étoit imaginé +qu’une douzaine de cotrets n’étant pas chers, et ne s’en +trouvant pas par toute l’Europe de mignons comme en +cette ville, il en devoit porter là bas : c’est pourquoi nous +passions par l’École pour en acheter. »</p> +</div> +<p>Le Charbon se vend sur le Port de la Grève.</p> + +<p>On trouve quelquefois sur les Ports et dans +les Chantiers du Bois de rebut qui se donne à +bon marché.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c2">ETOFFES.</h3> + + +<p>Le Bureau des Marchands Drapiers est dans +la rue des Déchargeurs<a id="FNanchor_14" href="#Footnote_14" class="fnanchor">[1]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_14" href="#FNanchor_14"><span class="label">[1]</span></a> Le portail de cette maison des Drapiers, d’un beau +style dorique, dont Piganiol (t. II, p. 176) regrette qu’on +eût trop tôt gâté les sculptures « par une couleur à l’huile », +avoit été construit, avant 1675, par Jacques Bruant. On +l’a conservé, lorsque la maison fut démolie, et il sera +rétabli, tel qu’il étoit, dans l’ancien jardin de l’hôtel Carnavalet.</p> +</div> +<p>Celuy des Marchands Merciers Grossiers, qui +vendent les Etoffes de soyes et autres petites +Etoffes, sera indiqué dans l’article de la Mercerie.</p> + +<p>Pour les petites Etoffes de l’aport de Paris, +<span class="pagenum" id="p10">-10-</span> voyez l’article des Tapisseries et Marchandises +ordinaires.</p> + +<p>Entre les Marchands Drapiers qui ont de gros +fonds et qui font de grandes fournitures, sont +dans la rue saint Honoré<a id="FNanchor_15" href="#Footnote_15" class="fnanchor">[2]</a> :</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_15" href="#FNanchor_15"><span class="label">[2]</span></a> « Depuis les piliers des Halles, dit Sauval (t. I, p. 142), +jusqu’à la rue d’Orléans, ce ne sont que gros marchands +merciers. »</p> +</div> +<p>Messieurs de Vins au Grand Loüis<a id="FNanchor_16" href="#Footnote_16" class="fnanchor">[3]</a> ; les frères +Berny au Château couronné ; Faré et Paris au +Grand Monarque, Charon au chateau de Vincenne, +Yon au Grand Turc<a id="FNanchor_17" href="#Footnote_17" class="fnanchor">[4]</a>, Boucher au Lion +d’argent<a id="FNanchor_18" href="#Footnote_18" class="fnanchor">[5]</a>, le Large à la Clef d’argent, et Forquin +au Croissant d’argent, rue de l’Arbre sec, +Messieurs les frères Brochand à la Trinité<a id="FNanchor_19" href="#Footnote_19" class="fnanchor">[6]</a> ; +<span class="pagenum" id="p11">-11-</span> près l’aport de Paris, Messieurs Tourau<a id="FNanchor_20" href="#Footnote_20" class="fnanchor">[7]</a> au +Cheval noir, Revelois<a id="FNanchor_21" href="#Footnote_21" class="fnanchor">[8]</a> et Arsan à la Croix de +fer, et Caron aux deux Moines rue des Fourreurs, +M. Porcher, rue de Bussy, M. Vassal<a id="FNanchor_22" href="#Footnote_22" class="fnanchor">[9]</a>, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_16" href="#FNanchor_16"><span class="label">[3]</span></a> « Monsieur Devins, au grand Louis, rue Saint-Honoré, +fournit des draps pour les personnes royales, dont il +fait d’ailleurs grand commerce. » Édit. 1691, p. 63. — On +écrivoit aussi De Vins. De 1676 à 1683, un De Vins fut +conseiller de ville et échevin. C’étoit sans doute celui-ci. +Comme drapier, et faisant par conséquent partie des six +corps, il avoit le droit d’arriver à l’échevinage et au titre +de juge-consul. — Il existe, au Cabinet des médailles, un +jeton des drapiers, avec le nom de J. de Vin, et la date de +1703 à l’exergue.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_17" href="#FNanchor_17"><span class="label">[4]</span></a> Cette enseigne du Grand Turc existoit encore, et pour +le même commerce, en 1789, rue Saint-Honoré. Buffault, +que la protection de Mad. Du Barry fit directeur des octrois +de Paris, ce qui lui permit de donner son nom à une rue +nouvelle, l’avoit rendue célèbre. (<i>État actuel de Paris</i>, +1789, in-32, <i>Quart. du Louvre</i>, p. 77.)</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_18" href="#FNanchor_18"><span class="label">[5]</span></a> Au coin de la rue des Prouvaires. La boutique existe +toujours avec sa devanture en boiserie du meilleur style. +Le <i>Lion d’argent</i>, qui se voyoit encore, il y a quelques +années, dans un médaillon au-dessus de la porte, a seul +disparu.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_19" href="#FNanchor_19"><span class="label">[6]</span></a> « Où sont fournies toutes les étoffes pour les livrées +du Roy. » Édit. 1691, p. 63. — Les Brochand étoient très-célèbres +dans le commerce de Paris. Plusieurs furent échevins +ou juges-consuls. Ils touchoient aux Poquelin de la +branche riche, qui n’étoit pas celle à laquelle nous devons +Molière. Leur généalogie complète existe aux <i>Mss.</i> de la +Biblioth. Nat. Un d’eux, qui avoit été consul, possédoit +une magnifique maison à Fontenay-aux-Roses. (<i>V.</i> Piganiol, +t. IX, p. 241.)</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_20" href="#FNanchor_20"><span class="label">[7]</span></a> Lisez Thourou. Nous trouvons son nom ainsi écrit +dans un arrêt du Conseil d’État, du 11 oct. 1687, servant +de règlement entre les drapiers et les merciers, et dénommant +tous ceux de ces derniers qui avoient opté pour la +draperie et s’y étoient fait recevoir.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_21" href="#FNanchor_21"><span class="label">[8]</span></a> Il est nommé Adrien Revelois dans l’arrêt que nous +venons de citer. Celui qui suit ici, et qui sans doute étoit +son associé, y est nommé François Hersant.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_22" href="#FNanchor_22"><span class="label">[9]</span></a> Louis Vassal.</p> +</div> +<p>M. Sauvage<a id="FNanchor_23" href="#Footnote_23" class="fnanchor">[10]</a> rue S. Denis fait encore un grand +détail de Draperie.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_23" href="#FNanchor_23"><span class="label">[10]</span></a> Pierre Sauvage l’aîné. Il étoit d’une famille de grande +considération dans le commerce parisien. On trouve dans +l’épitaphier de Saint-Jacques-la-Boucherie, un P. Sauvage +qui avoit été échevin, « et l’un des porteurs de la châsse +de sainte Geneviève », ce qui n’étoit pas un moindre +honneur. — C’est surtout dans la partie de la rue Saint-Denis +qui avoisinoit celle d’Aubry-le-Boucher, et, en face, +l’église des Saints Innocents, qu’il y avoit aussi de riches +drapiers. Dans le <i>Bourgeois gentilhomme</i>, acte III, sc. 12, +M<sup>me</sup> Jourdain dit que son père et celui de son mari « vendoient +du drap auprés de la porte Saint Innocent ».</p> +</div> +<p>Enfin les Marchands Drapiers qui ne vendent +qu’en gros, sont Messieurs Fayert et Feroüillac<a id="FNanchor_24" href="#Footnote_24" class="fnanchor">[11]</a> +<span class="pagenum" id="p12">-12-</span> rue des mauvaises Paroles, Cadeau<a id="FNanchor_25" href="#Footnote_25" class="fnanchor">[12]</a>, Rousseau, +de la Mothe le jeune, Mignot et Sellier au Chevalier +du Guet<a id="FNanchor_26" href="#Footnote_26" class="fnanchor">[13]</a>, Poncet<a id="FNanchor_27" href="#Footnote_27" class="fnanchor">[14]</a> rue des Prouvaires, +Bachelier rue Montorgueil, Gaillée rue de la +Truanderie, Marchand rue des Déchargeurs, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_24" href="#FNanchor_24"><span class="label">[11]</span></a> L’arrêt du Conseil d’État le nomme Ferouillet, mais +peut-être — ce qui se rapprocheroit davantage du nom +écrit ici — faut-il lire Férouillard. Il y eut, en effet, un +fameux marchand de draps qui s’appeloit ainsi, et chez +lequel fut commis, pendant la Fronde, un vol considérable. +(<i>V. le Journal des Savants</i>, 1854, p. 440.)</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_25" href="#FNanchor_25"><span class="label">[12]</span></a> Les Cadeau étoient une des plus anciennes familles du +commerce de Paris. Il en existe encore, qui connaissent +leur origine, et en sont fiers. Un Cadeau, marchand de +draps, de la rue Saint-Denis, au <i>Marteau d’or</i>, père sans +doute de celui qui est ici, fut un des grands meneurs de +la Fronde à ses commencements. Le Parlement dut ordonner +prise de corps contre lui. <i>V.</i> aux Mss. de la Biblioth. +Nat., <i>Remarques journalières et véritables de ce qui s’est +passé dans Paris… durant l’année 1648</i>, p. 10. — Marchands +et courtauds de boutique de la rue Saint-Denis +avoient, du reste, la réputation d’être tapageurs et même +bretteurs : « Bon ! dit M. de Colafon, dans <i>Arlequin Misanthrope</i>, +acte II, scène VIII, je suis le premier homme du +monde pour escrimer. C’est moi qui ai mis les armes à la +main aux trois quarts de la petite gendarmerie de la rue aux +Fers et de la rue Saint-Denis. » — Le magasin des Cadeau +étoit si célèbre, que le drap qu’ils vendoient n’étoit connu +que par leur nom : on disoit « le drap Cadot (<i>sic</i>) ». +(<i>Théophraste moderne</i>, 1701, in-12, p. 40.)</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_26" href="#FNanchor_26"><span class="label">[13]</span></a> François Mignot et François Scellier. C’est ainsi qu’ils +sont nommés dans l’arrêt du Conseil d’État de 1687. Ils +étoient associés. Mignot épousa la sœur de Scellier, et il +naquit de ce mariage un fils, Pierre-François Mignot, qui +se maria, le 29 janvier 1709, avec Catherine Arouet, sœur +aînée de Voltaire, dont l’abbé Mignot et la fameuse mad. +Denis furent les enfants. Jal a retrouvé l’acte de mariage +de ce fils du marchand de draps, qui, lui, n’étoit pas dans le +commerce, mais conseiller du Roi, correcteur en sa Chambre +des Comptes. Il y est dit « fils de deffunt François +Mignot et de dame Anne Sellière (<i>sic</i>) ».</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_27" href="#FNanchor_27"><span class="label">[14]</span></a> Un jeton des drapiers, au Cabinet des Médailles, porte +son nom à l’exergue, avec la date de 1701.</p> +</div> +<p>Ceux qui ont un grand assortiment d’Etoffes +d’été, sont Messieurs Rotisset rue des cinq Diamans, +<span class="pagenum" id="p13">-13-</span> Bergeon<a id="FNanchor_28" href="#Footnote_28" class="fnanchor">[15]</a> rue des Lombars, Picart rue de +la vieille Monnoye, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_28" href="#FNanchor_28"><span class="label">[15]</span></a> Peut-être faut-il lire Bergeron, comme dans l’arrêt +de 1687.</p> +</div> +<p>Les Marchands Merciers qui vendent des +Toilles peintes et autres Etoffes de la Chine, +sont près l’aport de Paris, Messieurs le Brun +ainé et cadet, Chauvin<a id="FNanchor_29" href="#Footnote_29" class="fnanchor">[16]</a> et Liettier, et encore au +Cloitre sainte Opportune, M. Barroire.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_29" href="#FNanchor_29"><span class="label">[16]</span></a> Dans l’édition de 1691, chap. XII, <i>du Commerce des +habillements</i>, p. 26, il est seul nommé : « les étoffes de la +Chine se vendent chez les marchands tapissiers de la Porte +de Paris, entre lesquels M. Chauvin, à l’enseigne du Roy +de la Chine, est toujours bien assorti. »</p> +</div> +<p>Les Crepes et Crepons se vendent en magasin +chez Messieurs le Breton rue des Lavandieres, +Gaubas et Solicoffre au cul de sac des Bourdonnois<a id="FNanchor_30" href="#Footnote_30" class="fnanchor">[17]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_30" href="#FNanchor_30"><span class="label">[17]</span></a> Jusqu’au règne d’Henri IV, les crêpes et crêpons nous +venoient de Bologne. On en dut la fabrication en France +à Sully, dit Laffémas, « à la prétieuse manufacture par +lui establye dans le château de la ville de Mantes ». <i>Archives +curieuses</i>, 1<sup>re</sup> série, t. XIV, p. 223.</p> +</div> +<p>On vend aussi au même lieu les Treillis d’Allemagne, +et encore chez M. de la Riviere, rue des +Bourdonnois<a id="FNanchor_31" href="#Footnote_31" class="fnanchor">[18]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_31" href="#FNanchor_31"><span class="label">[18]</span></a> A la suite, on lit dans l’édit. de 1691, p. 25 : « Au +Cheval noir, près la porte de Paris, il y a grand magasin +de draperie. » — Les treillis, selon Richelet, étoient « une +sorte de grosse toile, dont s’habillent, dit-il, les charretiers, +les mariniers et autres gens de cette manière, et dont on +fait quelques sacs ».</p> +</div> +<p>Les Etoffes de soyes, d’or et d’argent<a id="FNanchor_32" href="#Footnote_32" class="fnanchor">[19]</a>, sont<a id="FNanchor_33" href="#Footnote_33" class="fnanchor">[20]</a> +<span class="pagenum" id="p14">-14-</span> commercées par Messieurs Gautier<a id="FNanchor_34" href="#Footnote_34" class="fnanchor">[21]</a> et Regnault, +rue des Bourdonnois.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_32" href="#FNanchor_32"><span class="label">[19]</span></a> Le milannois Furato avoit, sous Henri IV, importé à +Paris, hôtel de la Macque, rue de la Tixeranderie, l’art de +faire ces étoffes d’or, ce qui fut pour le royaume une +épargne de plus de douze cents mille écus par an, suivant +Laffémas. (<i>Loc. citat.</i>)</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_33" href="#FNanchor_33"><span class="label">[20]</span></a> « Amplement », édit. de 1691, p. 25.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_34" href="#FNanchor_34"><span class="label">[21]</span></a> C’étoit le plus en vogue. On se ruinoit surtout chez +lui — du moins pour les étoffes — en corbeilles, ou, comme +on disoit alors, en « carreaux » de mariage : « l’utile et +louable pratique, dit La Bruyère, de perdre en frais de nôces +le tiers de la dot qu’une femme apporte ! de commencer par +s’appauvrir, de concert, par l’amas et l’entassement de +choses superflues, et de prendre déjà sur son fonds de quoi +payer Gautier, les meubles et la toilette. » Le marquis de +la <i>Femme d’intrigue</i>, de Dancourt, « dont le revenu est en +fond de crédit », assure (acte III, sc. X) qu’il se fait des +rentes avec ce qu’il achète, pour le revendre, dans cette +boutique célèbre : « Il n’y a point d’années, dit-il, … que +je ne touche sept à huit cent pistoles chez Gauthier, cela en +étoffes. » Les gros gains de Gautier étaient les noces de +rois ou de princes, qu’il fournissoit tous. A la fin de 1679 et +au commencement de 1680, il eut, par exemple, après le mariage +du roi d’Espagne, celui du prince de Conti. M<sup>me</sup> de +Sévigné écrivit alors à sa fille : « Gautier ne peut plus se +plaindre, il aura touché en nôces, cette année, plus d’un +million. » Ce dont il se plaignoit peut-être, c’étoit des lenteurs +à payer que se permettoit la marquise. Elle et sa +fille achetoient beaucoup chez lui, et payoient rarement. Il +réclamoit, et il falloit lui écrire le plus honnêtement du +monde pour qu’il prît patience. (<i>V.</i> les <i>Lettres</i> de M<sup>me</sup> de +Sévigné, édit. L. Hachette, t. III, 76 et 88 ; VII, 438.)</p> +</div> +<p>Mr du Moütier rue Chanverrie à la ville de +Hambourg tient magasin de petites Etoffes fabrique +de Paris, et M. Brulé même rue, tient +magasin de Taffetas et autres Etoffes de Tours +et d’Avignon<a id="FNanchor_35" href="#Footnote_35" class="fnanchor">[22]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_35" href="#FNanchor_35"><span class="label">[22]</span></a> Le taffetas d’Avignon, ou demi-armoisin, étoit le plus +mince de tous ; celui de Tours, ou « petit gros de Tours », +l’était un peu moins.</p> +</div> +<p>Pour les Etoffes concernant le Theâtre et le +Carnaval, voyez l’article des Passetemps et Menus +Plaisirs<a id="FNanchor_36" href="#Footnote_36" class="fnanchor">[23]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_36" href="#FNanchor_36"><span class="label">[23]</span></a> T. I, p. 269.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p15">-15-</span></p> + +<h3 id="c3">LINGES, POINTS ET DENTELLES<br> +<span class="small">DE FIL.</span></h3> + + +<p>Messieurs Bourdet rue Troussevache, Moret +rue du plat d’Etain, Thuisy rue du Coq<a id="FNanchor_37" href="#Footnote_37" class="fnanchor">[1]</a>, Thuiard +rue Chanverrerie, Doujat, rue Dauphine à la ville +de Bruxelle<a id="FNanchor_38" href="#Footnote_38" class="fnanchor">[2]</a>, etc., tiennent magasin de Toilles et +de Dentelles.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_37" href="#FNanchor_37"><span class="label">[1]</span></a> Il est seul nommé dans l’édit. de 1691, p. 25.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_38" href="#FNanchor_38"><span class="label">[2]</span></a> Peut-être faut-il lire Boujat ou Bougeat, nom du marchand +de dentelles à qui l’on accusoit Richelet d’avoir dédié +son <i>Recueil de lettres</i>, vers ce temps-là. (<i>Sentim. crit. sur +les Caract. de La Bruyère</i>, p. 75-76.) Richelet, qui demeuroit +rue des Boucheries (v. t. I, p. 259), étoit presque son +voisin.</p> +</div> +<p>Il y a un grand nombre de magasins pour les +Points et Dentelles rue des Bourdonnois et rue +saint Denis devant le Sepulcre<a id="FNanchor_39" href="#Footnote_39" class="fnanchor">[3]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_39" href="#FNanchor_39"><span class="label">[3]</span></a> Dans l’édit. précédente, « la rue Betizy » est au +nombre de celles où « les points et dentelles se vendent en +plusieurs boutiques et magasins ». — Il n’y a plus aujourd’hui +de cet ancien commerce, dans la rue des Bourdonnois, +que des magasins de bonneterie et de toiles.</p> +</div> +<p>Il y a aussi plusieurs boutiques de Lingeres +qui vendent des Dentelles et Garnitures de tête +au Palais<a id="FNanchor_40" href="#Footnote_40" class="fnanchor">[4]</a> sur le quay de Gesvres et sous les +galeries des Innocens<a id="FNanchor_41" href="#Footnote_41" class="fnanchor">[5]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_40" href="#FNanchor_40"><span class="label">[4]</span></a> Elles étoient les plus en renom. Corneille, dans sa pièce +<i>la Galerie du Palais</i>, jouée en 1634, n’a pas oublié les +scènes pour la lingère. Ce sont les 12, 13 et 14<sup>es</sup> du +IV<sup>e</sup> acte. On joua plus tard, à la Comédie italienne, une +farce, <i>la Lingère du Palais</i>, où Arlequin, dans une scène +d’invectives avec la marchande, lui dit entre autres choses : +« Tais-toi, vendeuse de points d’Angleterre faits à Paris. » +Leur réputation étoit mauvaise. Sauval, t. I, p. 147, cite +des statuts qui les assimilent aux filles.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_41" href="#FNanchor_41"><span class="label">[5]</span></a> « Et sous les charniers du cimetière des Innocents. » +Édit. de 1691, p. 25. Le reste de l’art. est identique. Deux +autres le précèdent, qui manquent ici : « les marchands +qui font les garnitures de rubans, ont leurs boutiques dans +les cours, salles et galeries du Palais. — Le sieur Le Gras +est un des plus renommez, sa boutique est devant l’escalier +de la Cour des Monnoyes. » Il s’appeloit Philippe Le Gras, +et nous avons vu, t. I, p. 238, qu’il comptoit parmi les +marchands les plus renommés de Paris. Après l’édit de +mars 1700 sur les objets de luxe, sa boutique, place Dauphine, +en face de la Cour des Monnoies, fut minutieusement +visitée. (<i>Collect.</i> Delamarre, n<sup>o</sup> 21, 626, p. 70.)</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p16">-16-</span> Il y a aux Halles un marché franc pour les +Toilles.</p> + +<p>Plusieurs Marchands Lingers tiennent magasins +de toutes sortes de Toilles à la place aux +Chats.</p> + +<p>Les Lingeres de la rue de la Lingerie, vendent +toutes sortes de vieux linges, de lits, de tables, +d’enfans, etc.</p> + +<p>Il y a quelques Lingeres sur le Pont neuf qui +vendent des Dentelles, et qui ont quelque fois +de très bon linge de hazard.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c4">DENTELLES, POINTS, BOUTONS,<br> +<span class="small">ET GALONS D’OR, D’ARGENT ET DE SOYE.</span></h3> + + +<p>Messieurs Foissin et le Doux rue saint Denis<a id="FNanchor_42" href="#Footnote_42" class="fnanchor">[1]</a>, +tiennent magasin de Dentelles et de Galons et +de Boutons d’or, d’argent et de soye<a id="FNanchor_43" href="#Footnote_43" class="fnanchor">[2]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_42" href="#FNanchor_42"><span class="label">[1]</span></a> Dans le curieux pasquil, la <i>Révolte des passements</i>, +fait à propos de l’Edit somptuaire du 27 novembre 1660, +et que nous avons publié, dans nos <i>Variétés</i>, t. I, p. 223, +les Révoltés se rassemblent rue Saint-Denis, au <i>Vase d’or</i>.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_43" href="#FNanchor_43"><span class="label">[2]</span></a> Ces boutons de soie et d’autres étoffes, qui se substituoient +aux boutons d’argent ou d’or, amenèrent une grosse +querelle entre les boutonniers et les rubaniers. A Lyon, cinq +cents des premiers adressèrent des plaintes à l’intendant, le +26 avril 1695, contre les seconds « qui font, disoient-ils, +des boutons avec des rubans d’étoffe d’or, d’argent et soie ». +(<i>Correspondance des Contrôleurs généraux</i>, publiée par M. de +Boislisle, t. I, n<sup>o</sup> 1426.) On leur donna raison. <i>V. la +Correspondance administrative de Louis XIV</i>, à la même +date, t. III.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p17">-17-</span> Les Marchands en boutique qui font commerce +de Points, Dentelles et Galons d’or et d’argent, +sont pour la plûpart rue saint Honoré, depuis la +Croix du Tiroir jusqu’à la rue de la Feronnerie<a id="FNanchor_44" href="#Footnote_44" class="fnanchor">[3]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_44" href="#FNanchor_44"><span class="label">[3]</span></a> L’édit. de 1691, p. 25, diffère un peu : « les dentelles +et galanz d’or se vendent rue des Bourdonnois et rue +Saint-Honoré, entre la place aux Chats et les piliers des +Halles. » La place aux Chats fut remplacée par le cul-de-sac +des Bourdonnois, qui existe encore.</p> +</div> +<p>Messieurs Boucher rue des Bourdonnois, et +M. Payot devant l’Hotel de la Monnoye<a id="FNanchor_45" href="#Footnote_45" class="fnanchor">[4]</a>, en +ont un grand assortiment.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_45" href="#FNanchor_45"><span class="label">[4]</span></a> Il étoit alors dans la rue qui en a gardé le nom de +rue de la Monnoie.</p> +</div> +<p>Les Dentelles, Guipures<a id="FNanchor_46" href="#Footnote_46" class="fnanchor">[5]</a> et Galons de soye, se +vendent principalement sur le petit Pont<a id="FNanchor_47" href="#Footnote_47" class="fnanchor">[6]</a> et rue +au Fevre, où l’on vend aussi des Galons de +livrées.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_46" href="#FNanchor_46"><span class="label">[5]</span></a> Ces guipures, qu’il ne faut pas confondre avec celles +d’aujourd’hui qui ne sont que d’anciens passements de fil, +étoient une sorte de dentelle de soie qui venoit de Flandre +ou d’Angleterre, comme on le voit par le tarif du 18 avril +1667. Il en est parlé dans l’<i>École des maris</i>, acte II, sc. 7.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_47" href="#FNanchor_47"><span class="label">[6]</span></a> La boutique des <i>trois Croissants</i> étoit la principale de +celles des galons d’or et d’argent, « vendus à Petit-Pont », +comme on disoit. Auprès étoient de gros marchands +d’étoffes, <i>à la Croix d’or</i>, <i>au Bras d’or</i>, <i>à la Tête d’Or</i>, <i>au +Saint-Esprit</i>, <i>à l’Annonciation</i>, <i>à l’Enfant Jésus</i>, <i>aux deux +Anges</i>. Toutes ces maisons furent brûlées à l’incendie du +Petit-Pont en 1718. <i>V. le Mercure</i>, avril 1718, p. 208-209.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p18">-18-</span> Le Sieur Guidot rue des Filles Dieu qui travaille +aux Galons d’or et d’argent, entreprend +des fournitures et les passe à un mediocre gain<a id="FNanchor_48" href="#Footnote_48" class="fnanchor">[7]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_48" href="#FNanchor_48"><span class="label">[7]</span></a> Il le pouvoit d’autant mieux que les ouvriers rubaniers et +passementiers, presque tous logés dans le misérable quartier +du faubourg Saint-Marceau, étoient de pauvres gens +qu’on faisoit travailler pour presque rien. La Reynie lui-même +avoit conscience de les mettre à la taxe : « Il n’a +été, écrivoit-il à Colbert, le 2 août 1675, signifié aucune +taxe à aucun artisan de Paris. J’ai même pris soin, suivant +vos ordres, de faire entendre et il y a longtemps, à cette +communauté de rubaniers, qui est très-nombreuse et très-pauvre, +qu’elle n’avoit qu’à continuer de vivre, comme elle +avoit accoutumé. » Cette lettre étoit motivée par un horrible +événement : un de ces rubaniers avoit tué quatre de +ses enfants, et l’on disoit qu’il y avoit été poussé par les +poursuites des collecteurs d’impôts. V., à ce sujet, la <i>Lettre</i> +de M<sup>me</sup> de Sévigné, du 31 juillet 1675.</p> +</div> +<p>Entre les autres Ouvriers de Galons d’or et +d’argent qui font beaucoup travailler, sont les +Sieurs Mouzé rue de la Truanderie, Anduroy<a id="FNanchor_49" href="#Footnote_49" class="fnanchor">[8]</a> +rue Tictonne, Pelletier rue saint Denis près le +grand Cerf<a id="FNanchor_50" href="#Footnote_50" class="fnanchor">[9]</a>, Merlier père et Merlier fils même +rue près la fontaine du Ponceau, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_49" href="#FNanchor_49"><span class="label">[8]</span></a> Il faut lire Auduroy, nom qui fut longtemps en crédit +dans le commerce de Paris et d’Orléans.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_50" href="#FNanchor_50"><span class="label">[9]</span></a> C’étoit une grande hôtellerie dont il sera reparlé, +sur l’emplacement de laquelle a été percé le passage du +même nom.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c5">MERCERIE ET QUINCAILLERIE.</h3> + + +<p>Le Bureau des Marchands Merciers, Jouailliers, +Quincailliers-Grossiers, etc.<a id="FNanchor_51" href="#Footnote_51" class="fnanchor">[1]</a>, est dans la +rue Quinquempoix.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_51" href="#FNanchor_51"><span class="label">[1]</span></a> Cet <i>et cætera</i> n’est pas pour la forme. Les joailliers et +les quincailliers n’étoient pas, en effet, les seuls métiers qui +fissent, avec les merciers, proprement dits, partie du corps +de la Mercerie. Dix-sept autres en dépendoient aussi. Ce +n’étoit pas le premier des six corps, mais c’étoit le plus +important. Voici, du reste, quel en étoit l’ordre : la Draperie, +l’Épicerie, la Mercerie, la Pelleterie, la Bonneterie, +l’Orfévrerie. Les libraires et les marchands de vin, qui +n’en étoient pas, mais venoient immédiatement après, avoient +des priviléges égaux : ils pouvoient être aussi échevins et +juges-consuls.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p19">-19-</span> Les Maîtres et Gardes en charge de la Marchandise +de Mercerie, Jouaillerie, etc., sont +Messieurs Arlot grand Garde rue saint Germain, +Perichon rue saint Honoré, l’Evesque rue des +Bourdonnois, le Doux, Baroy, Testart et Sautereau +rue saint Denis.</p> + +<p>Les Marchands de Fer pour le commerce desquels +il y aura un article à part, sont néanmoins +du même corps.</p> + +<p>La Mercerie en gros se fait par un grand +nombre de Marchands qui ont des Boutiques et +Magasins rue saint Denis, depuis la rue des +Lombards jusqu’à la rue du petit Lion<a id="FNanchor_52" href="#Footnote_52" class="fnanchor">[2]</a>, entre +lesquels M<sup>rs</sup> Maillet aux trois Maillets<a id="FNanchor_53" href="#Footnote_53" class="fnanchor">[3]</a>, le Bray +à la Gibecière, Bioche au Cheval d’or, Choisy à +la Lune, Deplanc à la Boëte d’or, Nique au +Cheval noir, Regnault aux trois Agneaux, Milochin, +Sauvage, Marcadé<a id="FNanchor_54" href="#Footnote_54" class="fnanchor">[4]</a>, etc., ont un grand +assortiment de Mercerie pour les Détailleurs.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_52" href="#FNanchor_52"><span class="label">[2]</span></a> Liger, dans son <i>Voyageur fidèle</i>, p. 359, donne la +même indication.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_53" href="#FNanchor_53"><span class="label">[3]</span></a> Son article est plus détaillé dans l’édit. de 1691, +p. 21 : « les marchandises qui conviennent aux savoyards +et colporteurs ambulans, se vendent chez le S. Maillet, rue +S. Denis, près le Sépulcre, à l’enseigne des Trois-Maillets. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_54" href="#FNanchor_54"><span class="label">[4]</span></a> « Rue Saint-Denis, à la Rose-Blanche. » Édit. 1691, +p. 21. Deux lignes plus loin, il est encore question de lui : +« le même M. Marcadé et Messieurs Bellavoine, rue Saint-Denis, +et Villaine, rue Bourlabé, envoyent toutes sortes de +marchandises de bijouteries dans les pays estrangers. » +Marcadé et Bellavoine étoient, comme nous l’avons prouvé +dans notre <i>Notice</i> sur lui, des proches parents du poëte +Regnard. C’est sans doute avec l’un d’eux qu’il commença +ses voyages, dont le premier, qu’il fit de très-bonne heure, +ne fut pas moins que jusqu’à Constantinople. Gelée, dont le +nom viendra un peu plus loin, et qui, on le verra, faisoit +le commerce des marchandises d’Outre-Mer, étoit aussi de +sa famille. Monteil possédoit et a souvent cité l’inventaire +d’un Bellavoine, sans doute père de celui qui figure ici. +L’acte est de 1667.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p20">-20-</span> M. du Moutier rue de la Chanverrie à la Ville +d’Hambourg, tient magasin de toutes sortes de +Rubans.</p> + +<p>Autant en font M<sup>rs</sup> le Clerc rue saint Denis +aux Balances, et le Roy au Chevalier du Guet.</p> + +<p>Il y a un grand magasin d’Evantailles chez +M. Lambert derriere saint Leu et saint Gilles, +où se fournissent la plus grande part des Détailleurs<a id="FNanchor_55" href="#Footnote_55" class="fnanchor">[5]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_55" href="#FNanchor_55"><span class="label">[5]</span></a> « Les magasins d’éventails sont derrière Saint-Leu et +Saint-Gilles, au Grand-Navire, et en différents endroits de +la rue Saint-Denis et de la rue du Petit-Lion. » Édit. de +1691, p. 26.</p> +</div> +<p>M. le Leu rue du petit Lion, fait le même +commerce<a id="FNanchor_56" href="#Footnote_56" class="fnanchor">[6]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_56" href="#FNanchor_56"><span class="label">[6]</span></a> Les éventaillistes faisoient dans le corps des merciers +une communauté à part, de même que les tablettiers, avec +lesquels ils eurent même, en juin 1701, un procès assez vif +pour une affaire de privilége.</p> +</div> +<p>M<sup>rs</sup> Gelée au Chevalier du Guet, et Guillery<a id="FNanchor_57" href="#Footnote_57" class="fnanchor">[7]</a> +rue de la Tabletterie, tiennent magasin de diverses +marchandises d’outremer.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_57" href="#FNanchor_57"><span class="label">[7]</span></a> Nous le retrouverons plus loin au chap. des « <a href="#c8">Marchandises +des gantiers et parfumeurs.</a> »</p> +</div> +<p>Pour les Curiositez et Bijouteries qui sont +commercées par divers Marchands du même +<span class="pagenum" id="p21">-21-</span> corps, il faut recourir à l’article de ces sortes de +Marchandises.</p> + +<p>Les Bijouteries communes pour les Savoyards, +Colporteurs<a id="FNanchor_58" href="#Footnote_58" class="fnanchor">[8]</a> et autres, sont commercées par Madame +la veuve Lagny au Cloître saint Jean de +Latran.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_58" href="#FNanchor_58"><span class="label">[8]</span></a> Presque tous étoient du Dauphiné ou de la Savoie. On +les y appeloit <i>bizordi</i>, et chez nous <i>bisouart</i>, à cause de +leurs habits de grosse étoffe bise.</p> +</div> +<p>Les Marchands de Soyes qui vendent en gros +et en détail, sont au quartier de la rue saint +Denis et de la rue Briboucher<a id="FNanchor_59" href="#Footnote_59" class="fnanchor">[9]</a>, par exemple, +M<sup>rs</sup> Vince<a id="FNanchor_60" href="#Footnote_60" class="fnanchor">[10]</a>, du Courroy, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_59" href="#FNanchor_59"><span class="label">[9]</span></a> Le peuple prononçoit et prononce encore ainsi le nom +de la rue Aubry-le-Boucher.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_60" href="#FNanchor_60"><span class="label">[10]</span></a> C’est le même que nous avons vu tout-à-l’heure appelé +De Vins au chapitre des <i><a href="#c2">Étoffes</a></i>.</p> +</div> +<p>Le Sieur Avalon qui demeure dans le Temple, +tient magasin de petits Miroirs pour les Colporteurs<a id="FNanchor_61" href="#Footnote_61" class="fnanchor">[11]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_61" href="#FNanchor_61"><span class="label">[11]</span></a> Le Temple, comme l’enclos de Saint-Jean de Latran, +étant lieu de franchise, les magasins où les colporteurs +venoient s’y fournir, pouvoient vendre à meilleur compte +que partout ailleurs.</p> +</div> +<p>Les Coffres et Miroirs d’écaille tortue<a id="FNanchor_62" href="#Footnote_62" class="fnanchor">[12]</a> se +fabriquent rue saint Denis joignant le Coq +croissant<a id="FNanchor_63" href="#Footnote_63" class="fnanchor">[13]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_62" href="#FNanchor_62"><span class="label">[12]</span></a> Lisez « de tortue », correction des plus simples, et que +Liger, copiste de ce volume, n’a cependant pas faite pour +le sien. A la page 360 du <i>Voyageur fidèle</i>, il répète la +faute.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_63" href="#FNanchor_63"><span class="label">[13]</span></a> Le commerce des miroirs étoit alors le plus en vogue. +Le Sicilien, dont nous avons déjà cité la lettre, nous en +donne la raison : « les rubans, dit-il, les miroirs et les +dentelles sont trois choses sans lesquelles les françois ne +peuvent pas vivre » ; et un peu plus loin : « ceux qui ne +sont pas françois ne peuvent souffrir que les hommes se +peignent publiquement dans la rue, et que les dames portent +toujours un petit miroir à la main. »</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p22">-22-</span> Les Joyaux d’Orfeverie au tour, qui se vendent, +par les Merciers du Palais, sont très proprement +fabriquez par le Sieur Gorin, rue saint +Louis de la Cité<a id="FNanchor_64" href="#Footnote_64" class="fnanchor">[14]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_64" href="#FNanchor_64"><span class="label">[14]</span></a> « Rue Saint-Louis, quartier du Palais. » Édit. de 1691, +p. 22.</p> +</div> +<p>Pour les autres ouvrages d’Orfeverie, de +Pierreries et de Perles, qui se vendent par les +Merciers Jouailliers, voyez l’article qui en traite.</p> + +<p>Mademoiselle Richard près l’Echelle du Temple<a id="FNanchor_65" href="#Footnote_65" class="fnanchor">[15]</a>, +fait et vend des Ecrans d’une beauté singulière.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_65" href="#FNanchor_65"><span class="label">[15]</span></a> L’ancienne échelle patibulaire, marque de la haute +justice des Templiers. Elle étoit placée au coin des rues du +Temple et des Vieilles-Haudriettes. Quelques étourdis de la +noblesse du Marais l’avoient brûlée un soir d’hiver, en 1649, +ce qui avoit inspiré à Blot une amusante complainte qu’on +peut lire dans le <i>Recueil Maurepas</i>, et dont l’air fut long-temps +célèbre.</p> +</div> +<p>David Laurent et David l’Escuyer qui apportent +des Marchandises de Diepe<a id="FNanchor_66" href="#Footnote_66" class="fnanchor">[16]</a>, logent à Paris, rue +Bourlabé au Lion d’or.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_66" href="#FNanchor_66"><span class="label">[16]</span></a> C’est-à-dire toutes sortes d’objets d’ivoire et de corne +sculptés, ou faits au tour : « Dieppe, dit Piganiol, est peut-être +le lieu du monde où l’on travaille le mieux l’ivoire et +la corne. On y fait des ouvrages d’une délicatesse étonnante, +et il n’y a guère de gens plus adroits à manier le tour que +les Dieppois. » <i>Nouveau Voyage de France</i>, t. II, p. 332.</p> +</div> +<p>Les Sieurs Gaudet, le Clerc et du Val rue +d’Arnetal<a id="FNanchor_67" href="#Footnote_67" class="fnanchor">[17]</a>, vendent en gros les Rubans étroits +qu’on nomme nompareilles<a id="FNanchor_68" href="#Footnote_68" class="fnanchor">[18]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_67" href="#FNanchor_67"><span class="label">[17]</span></a> Aujourd’hui la rue Grenetat, dont le nom n’est peut-être +qu’une altération de celui-ci.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_68" href="#FNanchor_68"><span class="label">[18]</span></a> « Sorte de petit ruban fort étroit », dit en effet Richelet. +On en bordoit les galons ou <i>galants</i> :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">Le beau galant de neige avec sa nompareille</div> +</div> + +</div> +<p class="noindent">que le Gros René du <i>Dépit amoureux</i> rend à Marinette, +s’explique ainsi.</p> +</div> +<p>Les Jouailliers forains de saint Claude<a id="FNanchor_69" href="#Footnote_69" class="fnanchor">[19]</a> logent +rue Bourlabé au Lion d’argent.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_69" href="#FNanchor_69"><span class="label">[19]</span></a> Ces joailliers de Saint-Claude, dans le Jura, venoient +vendre à Paris les menus objets de buis fabriqués dans leurs +montagnes : « les ouvrages de buis, dit Hesseln, sont le +principal commerce de Saint-Claude. On y travaille fort +bien en ce genre. » (<i>Dict. univ. de la France</i>, t. VI, +p. 45.) — Aujourd’hui la « joaillerie de Saint-Claude » +se vend et se fabrique aussi : rue Saint-Martin, rue Folie-Méricourt, +rue Turbigo, etc.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p23">-23-</span> Les Jouailleries enfantines pour les Foires<a id="FNanchor_70" href="#Footnote_70" class="fnanchor">[20]</a>, se +font et se vendent chez les Sieurs Prevost rue +saint Martin devant la rue aux Ours, et Favre, +rue saint Denis devant les Filles Dieu.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_70" href="#FNanchor_70"><span class="label">[20]</span></a> On appeloit ainsi ces petits ménages d’enfants faits +d’étain commun ou de plomb, et aussi quelquefois d’argent. +On sait combien la petite Françoise d’Aubigné, élevée à la +prison de Niort, regardoit avec envie le ménage d’argent de +la fille de son geôlier.</p> +</div> +<p>La veuve Caré même rue, et la veuve Poisson +à la Pierre au lait<a id="FNanchor_71" href="#Footnote_71" class="fnanchor">[21]</a>, font commerce de cette +sorte de Marchandises, et vendent d’ailleurs +toutes les sortes de Boetes d’Allemagne peintes +et en blanc, de Caffé et autres.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_71" href="#FNanchor_71"><span class="label">[21]</span></a> Elle est seule nommée dans l’édit. précédente, p. 21 : +« la veuve Poisson, marchande à la Pierre au Lait, tient +magasin de toutes sortes de boëttes d’Allemagne, de sapin +et de bois blanc, peintes et non peintes. » On en fait encore +de pareilles dans la Forêt-Noire et à Spa.</p> +</div> +<p>Il y a un magasin de Jartieres de soye rue +d’Arnetal au Signe de la Croix<a id="FNanchor_72" href="#Footnote_72" class="fnanchor">[22]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_72" href="#FNanchor_72"><span class="label">[22]</span></a> La renommée des jarretières de Paris étoit encore la +même soixante ans après, lorsque Voltaire écrivoit à Madame +de Fontaine, le 26 janvier 1758 : « Madame Denis +a cru qu’on ne pouvoit avoir une jarretière bien faite sans +la faire venir de Paris, à grands frais. »</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p24">-24-</span> Les bonnes Epingles et les fines Eguilles se +vendent rue de la Huchette à l’Y<a id="FNanchor_73" href="#Footnote_73" class="fnanchor">[23]</a>, et près la +Croix du Tiroir à la Coupe d’or.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_73" href="#FNanchor_73"><span class="label">[23]</span></a> C’est là, en effet, que se vendoient les « aiguilles de +Paris », dont Gros René, « avec tant de fanfare », donna un +demi-cent à Marinette. Cette maison de l’Y existe encore, +avec la fameuse lettre figurée en fer au milieu des balcons +du premier étage. C’étoit une enseigne en rébus, comme il y +en avoit tant : « les grègues, ou culottes à la grecque, dit +Aimé Martin, dans une note sur <i>la Fable</i> 15 du livre III de +La Fontaine, s’attachoient avec un nœud de ruban nommé +<i>un lie-grègue</i>, qui a longtemps servi d’enseigne aux merciers, +avec cette légende-rébus : <i>à l’Y</i>. » Plusieurs marchands +avoient pris cette enseigne, entre autres un marchand +d’épingles du Petit-Pont, dont la boutique fut brûlée par +l’incendie de 1718, mais c’est le mercier de la rue de la +Huchette qui la rendit le plus célèbre, il est parlé de sa +boutique et de sa marchandise dans l’introuvable petit +poëme scarronnesque du chevalier de Loutaud, <i>Plaidoyez +d’Ajax et d’Ulysse…</i> 1653, in-12, p. 28 :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">J’avois aiguilles de Paris</div> +<div class="verse">De l’Y grec dedans la Huchette,</div> +<div class="verse">Où j’en fais toujours mon emplette.</div> +</div> + +</div> +<p><i>V.</i> sur la maison où se trouve cette boutique célèbre +l’abbé Le Beuf, édit. Cocheris, t. III, p. 61.</p> +</div> +<p>Le Sieur Langlois rue saint Sauveur au Fer à +cheval, fait des Buscs et Bois d’Evantails<a id="FNanchor_74" href="#Footnote_74" class="fnanchor">[24]</a> d’une +grande propreté<a id="FNanchor_75" href="#Footnote_75" class="fnanchor">[25]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_74" href="#FNanchor_74"><span class="label">[24]</span></a> « Les buscs et bois d’éventail curieux. » Édit. de 1691, +p. 23.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_75" href="#FNanchor_75"><span class="label">[25]</span></a> Les buscs, si nécessaires pour les hauts et roides corsages +que les femmes portoient alors, se façonnoient en ivoire +ou en bois. M<sup>me</sup> de Villedieu en a fait le sujet d’une <i>galanterie</i> +assez leste, imprimée à la suite de son poëme le plus +rare, <i>le Carousel de Monseigneur le Dauphin</i>. 1672, in-12, +p. 14 :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">Qu’il est heureux de tous costez</div> +<div class="verse">Le joly bois que vous portez, etc.</div> +</div> + +</div></div> +<p>Les Marchands qui font les Garnitures de +Rubans, et qui vendent les Coiffes, Fichus et +<span class="pagenum" id="p25">-25-</span> autres Ajustemens des femmes, ont pour la pluspart +leurs boutiques au Palais, et quelques uns +devant saint Mederic, rue saint Antoine<a id="FNanchor_76" href="#Footnote_76" class="fnanchor">[26]</a>, et +ailleurs.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_76" href="#FNanchor_76"><span class="label">[26]</span></a> Les broderies du faubourg Saint-Antoine étoient déjà +célèbres en 1660. (<i>Variétés hist. et litt.</i>, t. I, p. 240.)</p> +</div> +<p>Pour les Gands, voyez l’article des Gantiers +Parfumeurs.</p> + +<p>Pour le Papier, l’Encre, la Cire d’Espagne, +les Ecritoires, etc., voyez l’article des Papetiers, +Cartonniers, etc.</p> + +<p>Pour les Masques et Ornemens de Balets, +voyez l’article des Passetemps et Menus-Plaisirs.</p> + +<p>Entre les Quincailliers-Grossiers qui fournissent +les Détailleurs, sont M<sup>rs</sup> Bioche au +Cheval d’or, Gabeüil au bon Pasteur, Moreau +à la Teste d’or<a id="FNanchor_77" href="#Footnote_77" class="fnanchor">[27]</a>, et Menedrieux au saint Esprit +rue saint Denis.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_77" href="#FNanchor_77"><span class="label">[27]</span></a> « Marceau et Nedrigan, rue Saint-Denis. » Édit. de +1691, p. 23. A la suite, on lit encore : « Il y a aussi un +magasin de quincaillerie rue des Deux-Boules, chez un +charon. »</p> +</div> +<p>Il y a d’ailleurs plusieurs boutiques et magasins +bien fournis de Quincailleries<a id="FNanchor_78" href="#Footnote_78" class="fnanchor">[28]</a> à l’entrée du +quay de la Mégisserie<a id="FNanchor_79" href="#Footnote_79" class="fnanchor">[29]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_78" href="#FNanchor_78"><span class="label">[28]</span></a> « Qui font ensemble le gros et le détail. » Édit. de +1691, p. 23.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_79" href="#FNanchor_79"><span class="label">[29]</span></a> Dans la partie qui s’appeloit plus spécialement quai +de la Ferraille, non-seulement à cause de ces quincailliers, +mais parce qu’il étoit encombré de petits marchands qui, +sur le pavé même, y étaloient leurs ferrailles. Ils y restèrent +jusqu’à l’époque du premier Empire. Piis résuma dans ce +distique l’arrêté de police qui les fit déguerpir :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">Enjoignons aux vieux ferailleurs</div> +<div class="verse">De vendre leur vieux fer ailleurs.</div> +</div> + +</div></div> +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p26">-26-</span></p> + +<h3 id="c6">MARCHANDISES DE PAPETIERS,<br> +<span class="small">CARTIERS ET CARTONNIERS.</span></h3> + + +<p>Entre les Marchands Papetiers qui font en +gros le commerce de Papiers et qui ont de +grands magasins, sont, M<sup>rs</sup> du Puis rue saint +Jacques, Godart et Cousin rue des deux Boules, +Melun Cloitre saint Jacques de la Boucherie, +Nourry rue des trois Mores<a id="FNanchor_80" href="#Footnote_80" class="fnanchor">[1]</a>, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_80" href="#FNanchor_80"><span class="label">[1]</span></a> Cette rue peu connue alloit de la rue Trousse-Vache à +celle des Lombards. Elle devoit son nom à l’enseigne d’un +cabaret où M. de Roquelaure mena un soir Henri IV. +(<i>Histor.</i> de Tallemant, édit. P. Paris, t. IV, p. 14 et 16.)</p> +</div> +<p>M. Beaumont Cartier du Roy, demeure près +la place des Victoires<a id="FNanchor_81" href="#Footnote_81" class="fnanchor">[2]</a>, et M. Mathas<a id="FNanchor_82" href="#Footnote_82" class="fnanchor">[3]</a> Cartier +de Monsieur, près S. Roch.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_81" href="#FNanchor_81"><span class="label">[2]</span></a> « Les sieurs Beaumont, rue Neuve-des-Petits-Champs, +et Langlade, rue Platrière, font encore de très-bonnes cartes +à jouer. » Édit. de 1691, p. 60. — Sauval, t. I, p. 109, +parle de cet Anglade ou Langlade, à propos de la rue du +quartier Saint-Roch, à laquelle on croyoit qu’il avoit donné +son nom : « Jean Anglade, dit-il, maître cartier à Paris, +qui met pour devise sur l’enveloppe de ses cartes :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse i3">Jean Anglade je me nomme,</div> +<div class="verse">Et vous prie de jouer et n’offenser personne. »</div> +</div> + +</div> +<p>Les fabriques de cartes étoient moins importantes à +Paris qu’à Rouen, où toute l’Europe et l’Amérique s’en +fournissoient. (<i>Archives curieuses</i>, 2<sup>e</sup> série, t. XII, p. 230.) +A la suite de la révocation de l’Édit, les cartiers rouennais, +la plupart protestants, ayant émigré, leur industrie baissa +beaucoup. (<i>Segraisiana</i>, p. 40-41.) Il resta ceux de Paris, +et ceux de Thiers en Auvergne, célèbres depuis plus d’un +siècle. Montaigne, en 1588, visita la fabrique de Palmier, +qui l’emportoit sur tous les autres. (V. son <i>Voyage</i>, édition +in-12, t. II, p. 598.)</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_82" href="#FNanchor_82"><span class="label">[3]</span></a> Avant l’art. de Beaumont et Langlade, on trouve dans +l’édit. précédente : « le sieur Ouynel, cartier du Roi, demeure +près des Bâtons-Royaux. » Ensuite vient Mathan, et +non Mathas, comme ici.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p27">-27-</span> M. de la Bourde rue Bourlabé, vend les Cartons +dorez pour les Reliquaires, et M<sup>rs</sup> Culambourgt +rue d’Escosse, Boissiere rue de Versailles<a id="FNanchor_83" href="#Footnote_83" class="fnanchor">[4]</a>, +la Ruelle rue saint Victor, vendent celuy qui sert +aux Relieurs, et d’autres pour differens usages.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_83" href="#FNanchor_83"><span class="label">[4]</span></a> L’adresse de ces deux derniers est indiquée dans l’édit. +de 1691 : « près le Puits-Certain », qui étoit, en effet, +situé à peu de distance de la rue d’Écosse et de la rue de +Versailles.</p> +</div> +<p>Le même la Ruelle fait grand commerce de +Boetes de Carte<a id="FNanchor_84" href="#Footnote_84" class="fnanchor">[5]</a>, et d’Estuis de Manchons et +de Chapeaux.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_84" href="#FNanchor_84"><span class="label">[5]</span></a> C’est ce que nous appelons « cartons de bureau ». La +préfecture de police, avant l’incendie de 1871, en possédoit +de très-anciens, ceux entre autres qui contenoient les pièces +du procès de Cartouche. Ils avoient été vendus par les papetiers +des environs du Palais : Picard, <i>à la Vertu</i> ; Gorgeret, +<i>à la Grande Vertu</i>. Quand Guyot prit l’enseigne : <i>à +la Petite Vertu</i>, ce fut par concurrence à celles-ci, qui +n’étoient, au reste, qu’un rébus, comme l’Y de tout-à-l’heure. +<i>La Vertu</i> s’y figuroit pour un V voyelle, c’est-à-dire +un U, peint en vert.</p> +</div> +<p>Les Ecritoires de corne sont fabriquées en +gros par les Marchands rue Betizy et rue des +deux Boules à l’Empereur, sur le quay neuf à la +Renommée, et rue saint Denis au grand Charlemagne<a id="FNanchor_85" href="#Footnote_85" class="fnanchor">[6]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_85" href="#FNanchor_85"><span class="label">[6]</span></a> Cet article est différent dans l’édit. de 1691, p. 22 : +« les écritoires de corne sont fabriquez par les sieurs Langlois +frères, rue Bourlabé. » Ces sortes d’encriers, en usage +encore dans notre enfance, servoient surtout aux écoliers. +J.-J. Rousseau n’en eut cependant jamais d’autres. L’abbé +de Tersan possédoit celui dont il se servoit à la fin de +sa vie. Les écritoires à la mode étoient toujours « façon +d’ébène », comme du temps de Loret, t. I, p. 244.</p> +</div> +<p>Les Dames Futeau, Gamet, Morand, la Bussière +<span class="pagenum" id="p28">-28-</span> et quelques autres<a id="FNanchor_86" href="#Footnote_86" class="fnanchor">[7]</a> qui logent aux environs +de saint Hilaire, achetent et vendent toutes sortes +de vieux Papiers et Parchemins.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_86" href="#FNanchor_86"><span class="label">[7]</span></a> Toutes ces femmes, d’après l’édit. précédente, p. 60, +formoient, à ce qu’il paroît, une sorte de Société. Quelques +lignes plus loin que leur article s’en trouve un, qui complète +celui qui le précède ici. Les mêmes marchands de la +rue Bétizy, de la rue des Deux-Boules, etc., y sont indiqués +pour la vente en gros, aux marchands, de la cire +d’Espagne. On l’appeloit aussi « cire des Indes », suivant +l’<i>histoire des Drogues</i> par Pomet, liv. VII. Son nom de +cire, soi-disant importée d’Espagne, où, par parenthèse, on +ne s’en servoit pas, paroît lui être venu de ce que le premier +livre qui en ait parlé étoit d’un Espagnol. C’est le +<i>Traité sur les aromates et les simples</i> publié en 1563 par +Garcias de Orta.</p> +</div> +<p>A la Reigle d’or, place aux Chats près saint +Innocent, on trouve un grand assortiment de +Papiers reiglez pour la Musique<a id="FNanchor_87" href="#Footnote_87" class="fnanchor">[8]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_87" href="#FNanchor_87"><span class="label">[8]</span></a> Plusieurs manuscrits de musique à la Bibliothèque du +Conservatoire portent l’adresse de « La Reigle d’or ».</p> +</div> +<p>A l’Image saint François, rue saint André du +coté du pont saint Michel, il y a un Papetier +renommé pour la bonne Encre<a id="FNanchor_88" href="#Footnote_88" class="fnanchor">[9]</a>, pour les Canifs +fins et pour les Plumes taillées.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_88" href="#FNanchor_88"><span class="label">[9]</span></a> On trouve la recette de « cette bonne encre », que le +père de M<sup>me</sup> Dacier avoit soigneusement transcrite, dans les +<i>Mélanges de la Société des Bibliophiles</i>, 1850, in-18, p. 342. +Nous ignorons le nom de son inventeur et l’époque de l’invention, +mais peut-être étoit-ce la même que « l’encre +nouvelle », dont la marchande qui en faisoit commerce +« sur le pont », figure, en 1622, parmi les commères des +<i>Caquets de l’accouchée</i>. <i>V.</i> notre édit., p. 60.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c7">OUVRAGES ET COMMERCE<br> +<span class="small">DE BONNETIERS.</span></h3> + + +<p>Le Bureau des Marchands Bonnetiers, Bastiers, +<span class="pagenum" id="p29">-29-</span> etc., est au Cloitre saint Jacques de la +Boucherie.</p> + +<p>Les Maîtres et Gardes en charge des Marchands +Bonnetiers sont Messieurs Besnard rue +saint Denis, Jeson le jeune au coin du Marché +neuf, Lory et Courcelle à la Halle, et Vaze rue +saint Denis.</p> + +<p>Entre les Marchands Bonnetiers qui tiennent +magasin et font commerce en gros, sont lesdits +Sieurs Besnard, Lory et Vaze, et encore +M<sup>rs</sup> Chastelain Chevalier du Guet, Mignot rue +de la Savonnerie, de la Croix et le Comte, rue +S. Denis, Banche sous les Pilliers des Halles.</p> + +<p>Entre les Marchands Bonnetiers tenans boutiques, +qui font un fort grand détail, sont +M<sup>rs</sup> Perdrigeon aux quatre Vents près saint +Denis de la Chartre<a id="FNanchor_89" href="#Footnote_89" class="fnanchor">[1]</a>, Naü à la Place Royale +près la Croix du Tiroir, du Four aux quatre +Vents à petit Pont<a id="FNanchor_90" href="#Footnote_90" class="fnanchor">[2]</a>, de Lorme rue saint Antoine, +<span class="pagenum" id="p30">-30-</span> et le Roux au Cerf volant Pont Notre +Dame.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_89" href="#FNanchor_89"><span class="label">[1]</span></a> Il est célèbre depuis les <i>Précieuses ridicules</i>, scène X, +où Mascarille demandant à Madelon : « le ruban est-il bien +choisi ? » Madelon lui répond : « Furieusement bien. C’est +Perdrigeon tout pur. » Loret se sert de la même expression +dans sa <i>Gazette</i> du 3 février 1663. Il figure comme le +plus fameux vendeur de rubans dans la <i>Révolte des passements</i>. +(V. nos <i>Variétés</i>, t. I, p. 235.) — En 1692, il est +encore nommé dans la farce italienne d’<i>Arlequin-Phaéton</i>, +acte II, sc. V, et mis bien au-dessus des médiocres marchands. +Dans le <i>Procès-verbal de visites pour les marchandises +de luxe</i>, en 1700, nous trouvons, p. 65, un Jean Perdrigeon, +qui doit être ou lui, ou son fils. En 1711, cette +fameuse boutique existoit encore, avec le nom qui en avoit +fait la chalandise. Le Cabinet des Médailles possède un jeton +de mercier, qui porte cette date, avec le nom de J. Perdrigeon.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_90" href="#FNanchor_90"><span class="label">[2]</span></a> Variante de l’édit. précédente : « à la Place-Royale, +près la Croix du Tiroir, et aux Quatre-Vents, au bout du +pont Notre-Dame, il y a de gros magasins de bas de soie, +de laine, de cotton, etc. » A la suite : « les bas de toile se +font par des chaussetiers, près la porte Dauphine. » — Nous +lisons dans le <i>Menagiana</i>, t. III, p. 99, une amusante +anecdote sur le bonnetier des Quatre-Vents, et un docteur : +« M. Peaucelier, y est-il dit, du collége des Cholets, +achetoit une paire de bas <i>aux Quatre-Vents</i>. Le marchand +lui en donna de plusieurs sortes, qu’il ne trouva pas à sa +fantaisie. Ils n’étoient pas assez forts, ni assez épais. +Donnez-m’en, dit-il, qui soient de <i>matière continue</i>, et non +pas de matière discrète. Le tour d’expression est d’un +véritable docteur. »</p> +</div> +<p>Il y a au Fauxbourg saint Marcel un grand +nombre d’Ouvriers pour les Bas drapez.</p> + +<p>Il se fait aussi des Bas drapez<a id="FNanchor_91" href="#Footnote_91" class="fnanchor">[3]</a> de Laine de +Cigovie<a id="FNanchor_92" href="#Footnote_92" class="fnanchor">[4]</a> et de diverses autres sortes de Laine +et de Soye, chez plusieurs Manufacturiers du +Fauxbourg saint Antoine<a id="FNanchor_93" href="#Footnote_93" class="fnanchor">[5]</a>, de la Cour du Palais, +Porte saint Marcel, saint Victor, saint +Denis, saint Martin, et Fauxbourg saint Germain, +qui travaillent au metier dont les Jurez +sont M<sup>rs</sup> Martin à la Villeneuve, Tonnelier rue +Darnetal, Largilliere<a id="FNanchor_94" href="#Footnote_94" class="fnanchor">[6]</a> même rue, Vaudin rue…</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_91" href="#FNanchor_91"><span class="label">[3]</span></a> On appeloit « bas drapés » ceux dont on épaississoit la +laine, en la tirant légèrement avec le chardon à bonnetier.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_92" href="#FNanchor_92"><span class="label">[4]</span></a> Ségovie. Les meilleures laines pour les draps fins se +tirèrent longtemps de cette ville d’Espagne.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_93" href="#FNanchor_93"><span class="label">[5]</span></a> Le 9 janvier 1683, par arrêt du Conseil d’État, permission +avoit été donnée au sieur Corrozet d’établir, au faubourg +Saint-Antoine, vingt métiers « pour faire travailler +en bas et autres ouvrages de soie au métier ». Il étoit neveu +de Hindret, qui, en 1656, avoit fondé une manufacture +pareille au château de Madrid.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_94" href="#FNanchor_94"><span class="label">[6]</span></a> Il étoit parent du célèbre peintre, qui n’avoit, du reste, +dans sa famille toute parisienne, que des passementiers, des +boutonniers, des chapeliers. <i>V.</i> Jal, <i>Dict. crit.</i> à son nom.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p31">-31-</span> Leur Bureau est rue des Canettes ; ceux qui +en font le plus grand commerce en gros et en +détail sont M<sup>rs</sup> Mirebeau, Guyart, et Josse Cour +neuve du Palais, et Boucher Fauxbourg saint +Marcel.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c8">MARCHANDISES DES GANTIERS<br> +<span class="small">ET PARFUMEURS.</span></h3> + + +<p>Il y a près les Peres de l’Oratoire rue saint +Honoré, et dans la rue de l’Arbre sec, des Marchands +qui vendent des Gands de Rome<a id="FNanchor_95" href="#Footnote_95" class="fnanchor">[1]</a>, de +Grenoble<a id="FNanchor_96" href="#Footnote_96" class="fnanchor">[2]</a>, de Blois<a id="FNanchor_97" href="#Footnote_97" class="fnanchor">[3]</a>, d’Eslan, de Chamois et +<span class="pagenum" id="p32">-32-</span> diverses autres sortes de la meilleure fabrique.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_95" href="#FNanchor_95"><span class="label">[1]</span></a> On savoit déjà combien ils étoient en vogue dès le temps +de la Fronde, par quelques lettres de Poussin à M. de Chanteloup, +qui le chargeoit de lui en acheter. Un sien ami, +« connoisseur en matière de gants », faisoit l’emplette, et, +lui, faisoit le paquet et l’envoi : « Il y en a une douzaine, +écrit-il, le 7 octobre 1646, la moitié pour les hommes, et +la moitié pour les femmes. Ils ont coûté une demi pistole la +paire, ce qui fait dix huit écus pour le tout. » Le 18 octobre +1649, autre achat, mais cette fois de gants parfumés +à la frangipane. Poussin s’en est fourni, pour M. de Chanteloup, +chez la signora Maddalena, « femme fameuse pour les +parfums ».</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_96" href="#FNanchor_96"><span class="label">[2]</span></a> Leur réputation commençoit. Sous Louis XV, elle s’étoit +beaucoup étendue : « les étrangers, dit l’abbé Jaubert, dans +son <i>Dict. des Arts et Métiers</i>, t. II, p. 313, les préfèrent à +ceux d’Italie et d’Espagne. » Pour ces derniers, il en étoit +ainsi déjà sous Louis XIII, même de la part des Espagnols. +Pendant que nous recherchions leurs gants, ils ne vouloient +que des nôtres. Il existe aux Archives, dans la partie qui +vient de Simancas, une lettre de Dona Ines Henrique de +Sandobal, datée de Madrid et adressée au duc de Monteleone +à Paris, par laquelle demande lui est faite de douze +paires de gants pareils à celui qu’elle lui envoie pour modèle. +Il y est joint encore. C’est un gant de peau blanche, +cousu à la diable, comme tous les gants parisiens de ce +temps-là, mais d’une très-jolie coupe, avec son revers retombant +du poignet sur la main, et les petits rubans et les +fines rosettes de couleur incarnat qui s’entrelacent sur ce revers.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_97" href="#FNanchor_97"><span class="label">[3]</span></a> Ils étoient de peau de chevreau bien choisie, et mieux +cousus que ceux de Grenoble et de Paris, « à l’angloise », +dit l’abbé Jaubert, car c’étoit autrefois un proverbe que, +pour qu’un gant fût bon et bien fait, il falloit que trois +royaumes y contribuassent : « l’Espagne, pour en préparer +la peau, la France, pour le tailler, et l’Angleterre, pour le +coudre. » C’est la souplesse des gants espagnols qui avoit +donné lieu au proverbe, aujourd’hui mutilé : « souple +comme un gant d’Espagne. » (<i>Francion</i>, 1663, in-12, +p. 63.) Il étoit de mode, sous Louis XIII, « de présenter +aux dames après la collation des bassins de gants d’Espagne ». +Tallemant, <i>Édit.</i> P. Paris, t. IV, p. 209.</p> +</div> +<p>Il y a d’ailleurs des Marchands Gantiers en +divers quartiers de Paris qui sont bien assortis, +par exemple, M<sup>rs</sup> Remy devant saint Mederic, +en réputation pour les bons Gands de peau de +cerf, Arsan près l’Abbaye S. Germain, Richard +rue S. Denis au petit S. Jean renommé pour les +Gands de Cuir de Poules<a id="FNanchor_98" href="#Footnote_98" class="fnanchor">[4]</a>, et Richard rue Galande +au Grand Roy qui fait grand commerce de +Gands de Daim et façon de Daim.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_98" href="#FNanchor_98"><span class="label">[4]</span></a> On appeloit « cuir de poule » l’épiderme de la peau +du chevreau. Il falloit, pour l’enlever, une délicatesse extrême +qui ne se trouvoit que chez les ouvriers de Rome et +de Paris. Ces gants étoient d’une telle finesse qu’on en faisoit +tenir une paire dans une coquille de noix. Les gants +de Vendôme, dont il devroit être parlé ici, car ils étoient +depuis longtemps célèbres, avoient la même réputation de +finesse et de souplesse. Ils ne sont pas oubliés dans le +petit poëme si curieux publié en 1588, <i>Le Gan</i> de Jean +Godard, reproduit dans nos <i>Variétés</i>, t. V, p. 180-181 :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">Il est temps de parler des gans blancs de Vendosme,</div> +<div class="verse">Qui sont si délicats que bien souventes fois</div> +<div class="verse">L’ouvrier les enferme en des coques de noix ;</div> +<div class="verse">On en parle aussi tant que leur ville gantière</div> +<div class="verse">Reçoit presque de là sa renommée entière.</div> +</div> + +</div></div> +<p><span class="pagenum" id="p33">-33-</span> Mesdames de France rue de la Limace, et +Charpy quay des Orfèvres, tiennent magasins +de Gands de Rome, de Grenoble et de Blois.</p> + +<p>Les Parfumeurs qui font grand commerce de +Poudre<a id="FNanchor_99" href="#Footnote_99" class="fnanchor">[5]</a> et de Savonnettes<a id="FNanchor_100" href="#Footnote_100" class="fnanchor">[6]</a>, sont au bout du +Pont saint Michel, à l’entrée de la rue de la +Harpe, à l’entrée de la rue d’Hurepoix, au bout +du Pont au Change, à l’entrée de la rue de +Gesvres et rue Bourlabé près la Trinité.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_99" href="#FNanchor_99"><span class="label">[5]</span></a> La mode de la poudre, comme on voit, ne s’étoit +jamais perdue depuis Louis XIII. La plus célèbre, « la poudre +à la maréchale », datoit même à peu près de ce moment. +Elle devoit son nom à l’une des femmes curieuses que nous +avons vues plus haut : « le nom de <i>poudre à la maréchalle</i>, +lisons-nous dans l’avertissement du <i>Parfumeur françois</i>, n’a +été donné que parce que Madame la maréchalle d’Aumont +se divertissoit à la faire. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_100" href="#FNanchor_100"><span class="label">[6]</span></a> C’est d’Italie qu’on faisoit venir les plus renommées : +« les meilleures savonnettes sont celles de Boulogne (Bologne). » +(Richelet, <i>Dictionnaire</i>.) — On en trouve la recette +dans le <i>Nouveau Recueil des Secrets et Curiositez</i> de +l’académicien Lemery, p. 133.</p> +</div> +<p>Le Sieur Bailly rue du petit Lion près la rue +Pavée, vend des Savonnettes legères qu’il dit +être de crême de savon, et meilleures que les +Savonnettes ordinaires.</p> + +<p>Le Sieur Adam Courier du Cabinet du Roy +pour l’Italie, apporte souvent des Essences de +Rome, de Gennes, et de Nice<a id="FNanchor_101" href="#Footnote_101" class="fnanchor">[7]</a> ; il demeure chez +<span class="pagenum" id="p34">-34-</span> M. Crevon Marchand devant la barrière saint +Honoré<a id="FNanchor_102" href="#Footnote_102" class="fnanchor">[8]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_101" href="#FNanchor_101"><span class="label">[7]</span></a> « Ces essences, ajoute Liger (<i>Voyageur fidèle</i>, p. 376), +sont bien plus spiritueuses que celles de France, et par conséquent +bien plus estimées. » On étoit, lorsqu’il parloit +ainsi, à la veille de la Régence, qui fut l’époque des parfums +violents. Louis XIV n’en avoit voulu que des plus +modérés, dont il faisoit même assez peu d’usage, au grand +étonnement du Sicilien, dont nous vous avons cité la lettre. +Il suffisoit de papiers trop parfumés pour lui porter à la +tête. (<i>Journal de la Santé</i>, p. 284.) Plus jeune, il veilloit +lui-même à la confection des odeurs qu’il pouvoit supporter. +C’est le gantier Martial, valet de chambre de Monsieur, +que l’on connoît par la grotesque confusion que la comtesse +d’Escarbagnas fait de lui avec le poëte Martial, qui les composoit +devant lui : « le plus grand des monarques, dit +l’avertissement du <i>Parfumeur françois</i>, s’est plu à voir +souvent le sieur Martial composer dans son cabinet les +odeurs qu’il portoit sur sa sacrée personne. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_102" href="#FNanchor_102"><span class="label">[8]</span></a> C’est-à-dire la barrière des Sergents, dont nous avons +parlé.</p> +</div> +<p>M. Guilleri rue de la Tabletterie, fait venir de +Portugal la véritable Eau de Cordouë<a id="FNanchor_103" href="#Footnote_103" class="fnanchor">[9]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_103" href="#FNanchor_103"><span class="label">[9]</span></a> Cette eau de Cordoue, qui vient du Portugal, ne +donne qu’une médiocre confiance dans le savoir de Blegny, +pour peu qu’il fût apothicaire comme il étoit géographe.</p> +</div> +<p>L’Eau de Fleurs d’Oranges et les Essences +pour les cheveux et pour le Tabac<a id="FNanchor_104" href="#Footnote_104" class="fnanchor">[10]</a>, sont apportées +et commercées par les Provençaux au cul +de sac saint Germain l’Auxerrois<a id="FNanchor_105" href="#Footnote_105" class="fnanchor">[11]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_104" href="#FNanchor_104"><span class="label">[10]</span></a> « Les essences fortes et douces à tabac et à cheveux, +les vins de liqueurs, les fromages de Roquefort, les eaux de +fleurs d’oranges de Cette, etc., se vendent en gros en différents +magasins du cul de sac des Provençaux, etc. » +Édit. de 1691, p. 32. — Pour les cheveux ou perruques, +c’est l’essence de jasmin qui étoit la préférée ; et, pour le +tabac, c’étoit déjà la civette, mais frelatée par un procédé +que Lémery indique dans son <i>Nouv. Recueil des Curiositez</i>, +p. 122.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_105" href="#FNanchor_105"><span class="label">[11]</span></a> C’est de Grasse qu’il en venoit surtout. Antoine Artaud, +« marchand parfumeur », en faisoit là un très-grand commerce. +On a son adresse gravée en bois par Papillon. Le +plus en vogue des parfumeurs de Lyon, Jean Chabert, dont +la boutique se trouvoit sur la place des Terreaux, avoit +pris pour enseigne : « au Jardin de Provence ». On a son +portrait gravé avec cette indication.</p> +</div> +<p>On trouve en détail de bonne Eau de Fleur +<span class="pagenum" id="p35">-35-</span> d’Oranges à l’Orangerie rue de l’Arbre sec, et à +la Devise Royale, sur le quay de Nesle près la +rue de Guenegaud.</p> + +<p>On vend au même lieu les fines Essences pour +les Tabacs, les Eaux odoriférantes d’Anges<a id="FNanchor_106" href="#Footnote_106" class="fnanchor">[12]</a> et +de Mille fleurs<a id="FNanchor_107" href="#Footnote_107" class="fnanchor">[13]</a>, les Cassolettes philosophiques, +le Lait d’Amarante qui parfume les chambres +sans blesser les vaporeux, les Essences d’ambre, +de musc, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_106" href="#FNanchor_106"><span class="label">[12]</span></a> Lémery a donné aussi, p. 131, la recette de cette eau, +dont la gomme odorante, appelée <i>Benjoin</i>, l’iris et les clous +de girofle étoient la base.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_107" href="#FNanchor_107"><span class="label">[13]</span></a> C’étoit moins un parfum qu’un remède. On la devoit à +la comtesse de Daillon, et la préparation en fut longtemps +faite par le médecin Defougerais — le Défonandrès de Molière. — Plus +tard, on en tira une sorte de panacée, que +recommande une brochure, aujourd’hui rare, publiée à +Lyon, en 1706 : <i>Traité de l’Eau de Mille fleurs</i>.</p> +</div> +<p>Le Sieur Joubert<a id="FNanchor_108" href="#Footnote_108" class="fnanchor">[14]</a> qui demeure au Soulier +d’or, rue des vieilles Estuves près la Croix du +Tiroir, est un Colporteur qui donne à très grand +marché des sortes de Poudres et de Savonnettes +communes.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_108" href="#FNanchor_108"><span class="label">[14]</span></a> Peut-être faut-il lire Jobert. Il y eut, en effet, un peu +plus tard, un parfumeur de ce nom, rue de la Croix-des-Petits-Champs, +qui étoit célèbre pour sa « pommade au +pot-pourri ». Papillon a gravé son adresse.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c9">PELLETTERIE ET FOURRURES.</h3> + + +<p>Le Bureau des Marchands Pelletiers et Fourreurs +qui sont des six Corps des Marchands<a id="FNanchor_109" href="#Footnote_109" class="fnanchor">[1]</a>, +est rue de la Tabletterie ou des Fourreurs<a id="FNanchor_110" href="#Footnote_110" class="fnanchor">[2]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_109" href="#FNanchor_109"><span class="label">[1]</span></a> Nous l’avons dit plus haut, c’étoit le troisième des six.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_110" href="#FNanchor_110"><span class="label">[2]</span></a> La rue des Fourreurs, étant la prolongation de la rue +de la Tabletterie, du côté de la rue de la Ferronnerie, où +elle débouchoit au carrefour de la place aux Chats, on les +confondoit souvent l’une avec l’autre.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p36">-36-</span> Les Maitres et Gardes en Charge de la Marchandise +de Pelletterie, sont Messieurs le Grand +rue saint Antoine, Maillard rue saint Mederic, +Lepreux, Ferrat, Hemins et Maçon rue de la +Tabletterie ou des Fourreurs.</p> + +<p>Les Marchands qui font grand commerce et +qui tiennent magasins de peaux, sont Messieurs +Goblet, Vendretin, Mole et Julien même rue ; +Denis, rue saint Honoré ; Gorge rue saint Denis<a id="FNanchor_111" href="#Footnote_111" class="fnanchor">[3]</a> ; +Loger Pont saint Michel, Charniette rue +saint Martin, etc.<a id="FNanchor_112" href="#Footnote_112" class="fnanchor">[4]</a></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_111" href="#FNanchor_111"><span class="label">[3]</span></a> C’est le même qui, plus bas, est nommé Georges.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_112" href="#FNanchor_112"><span class="label">[4]</span></a> « On trouve dans ces endroits, dit Liger, p. 379, de +très-beaux manchons pour hommes et pour femmes et des +plus à la mode… On y vend aussi de très-belles aumusses +à petit gris. » Il ajoute un mot sur « les <i>palatines</i> travaillées +proprement, composées de peaux d’animaux, tant +étrangers que du pays ». Madame, princesse <i>Palatine</i>, mère +du Régent, les avoit mises à la mode. Elles ont gardé +son nom. Elle en porte une de la plus belle hermine sur +son portrait peint par Largillière, qui est aujourd’hui au +musée de Genève. — Liger, en parlant des manchons, +auroit pu dire qu’il s’en tenoit au Temple une foire très-courue +à la fin d’octobre. (V. Palaprat, t. II, 2<sup>e</sup> part., p. +20, et le <i>Journal de Collé</i>, t. I, p. 121.)</p> +</div> +<p>Les boutiques des Marchands Pelletiers qui +font le détail sont pour la plupart près l’aport +de Paris, rue du Crucifix saint Jacques de la +Boucherie, et rue de la Juifferie aux environs de +la Magdelaine<a id="FNanchor_113" href="#Footnote_113" class="fnanchor">[5]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_113" href="#FNanchor_113"><span class="label">[5]</span></a> En la Cité.</p> +</div> +<p>On tire par le Messager de Niort des Peaux +de Chevres et de Mouton passées en Chamois +en huille<a id="FNanchor_114" href="#Footnote_114" class="fnanchor">[6]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_114" href="#FNanchor_114"><span class="label">[6]</span></a> L’édit. de 1691, p. 37, contient sur l’article des peaux +de Niort, qui sont encore célèbres aujourd’hui, un détail +plus clair : « On fabrique à Niort, en Poitou, des peaux de +chèvres et de moutons passées en chamois, en huile et en +détrempe. » Un autre article suit : « les peaux imperméables +à l’eau et à l’air se vendent rue du Four, faubourg Saint-Germain, +au coin de la rue des Canettes. »</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p37">-37-</span> Le Sieur Rosnel au Plat d’Etain<a id="FNanchor_115" href="#Footnote_115" class="fnanchor">[7]</a> à l’entrée +de la rue saint Denis fait grand débit de toutes +sortes de Peaux, et vend des Calçons et Chaussons +de vray et de faux Chamois<a id="FNanchor_116" href="#Footnote_116" class="fnanchor">[8]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_115" href="#FNanchor_115"><span class="label">[7]</span></a> « Près la porte de Paris. » Édit. 1691, p. 37. C’est +porte Saint-Denis qu’il faut lire. Le <i>Plat d’étain</i> en étoit +tout proche.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_116" href="#FNanchor_116"><span class="label">[8]</span></a> L’édit. précédente ajoutoit : « et de chèvre passée en +huile ».</p> +</div> +<p>Le Sieur l’Evêque Güaisnier<a id="FNanchor_117" href="#Footnote_117" class="fnanchor">[9]</a> rue de la Coustellerie +fait grand commerce de Peaux de Chagrin.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_117" href="#FNanchor_117"><span class="label">[9]</span></a> Richelet dans son Dictionnaire donne une définition +intéressante du « gainier » de son temps : « ouvrier, dit-il, +qui fait des gaînes, et qui avec du veau, du maroquin ou +du chagrin, couvre des cassettes, des coutelières, étuis, +écritoires et autres pareilles choses qu’il figure (enjolive) +avec des fers. »</p> +</div> +<p>M. Santeuil<a id="FNanchor_118" href="#Footnote_118" class="fnanchor">[10]</a> rue Bourlabé, tient magasin de +Vaches de Roussy<a id="FNanchor_119" href="#Footnote_119" class="fnanchor">[11]</a>, de Levant, de Peaux de +Castors<a id="FNanchor_120" href="#Footnote_120" class="fnanchor">[12]</a> et de diverses autres Peaux étrangeres.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_118" href="#FNanchor_118"><span class="label">[10]</span></a> Il étoit de la famille du poëte, une des plus importantes +du commerce parisien, et qui avoit même eu quelques-uns +des siens dans l’échevinage.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_119" href="#FNanchor_119"><span class="label">[11]</span></a> On prononçoit ainsi Russie. Ces cuirs russes servoient +depuis Louis XIII à faire les bottes à la mode. On les imitoit +à Paris, mais imparfaitement. Richelet explique le +procédé dans son <i>Dictionn.</i>, t. I, p. 427, et ajoute : +« M. Mérigo, l’un des plus habiles tanneurs de Paris, m’a +dit ce que j’avance ici de la vache de Roussy. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_120" href="#FNanchor_120"><span class="label">[12]</span></a> Notre compagnie du Canada ou de la Nouvelle-France +en avoit le privilége, mais à la condition expresse +de ne les tirer que de nos colonies pour les débiter en +France. (<i>Correspond. des Contrôleurs généraux</i>, n<sup>o</sup> 174.) +Sous Louis XIII, cette compagnie, dont le mercier Nicolas +Libert étoit un des directeurs et associés, avoit une manufacture +de ces chapeaux dans l’enclos de la Trinité, rue +Saint-Denis. V. la réimpression faite pour l’Académie des +Bibliophiles, en 1867, d’un « arrêt de 1634 pour les chapeaux +de castor ».</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p38">-38-</span> M. George rue saint Denis près la fontaine la +Reine, fait commerce de Peaux de Lapin, de +Lievres et autres pour les Chapeliers.</p> + +<p>M. Toupault rue Quinquempoix fait le même +commerce, et vend diverses sortes de Peaux +pour les Fourreurs.</p> + +<p>Les Marchands Foureurs qui font le détail des +Manchons des Hermines<a id="FNanchor_121" href="#Footnote_121" class="fnanchor">[13]</a>, et generalement des +Marchandises de Fourures, sont pour la plupart +dans la rue des Foureurs près sainte Opportune +et dans la rue de la vieille Bouclerie<a id="FNanchor_122" href="#Footnote_122" class="fnanchor">[14]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_121" href="#FNanchor_121"><span class="label">[13]</span></a> « Peaux en poils. » Édit. précédente, p. 37. — L’hermine +ne servoit pas seulement aux vêtements des avocats. +On en faisoit aussi des pelisses. Voilà pourquoi, jouant sur +le nom de Pelisson, Somaize, dans le <i>Dictionnaire des Précieuses</i>, +l’appelle Herminius.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_122" href="#FNanchor_122"><span class="label">[14]</span></a> On lit, à la suite, dans l’édit. de 1691 : « Il y a beaucoup +de corroyeurs au faubourg Saint-Marcel, aux environs +de la rivière des Gobelins, rue Maubuée et cloître Saint-Jacques +de la Boucherie. » On sait que les corroyeurs +n’ont pas encore quitté les bords de la rivière des Gobelins.</p> +</div> +<p>Il y en a d’ailleurs quelques autres rue de +Gesvres, sur le quay neuf et rue saint Antoine.</p> + +<p>Pour les Peaux de Buffles, voyez l’article des +Armes et Bagages de Guerre.</p> + +<p>Pour les Vaches de Roussy et Maroquins façon +de Levant, voyez l’article des Bureaux publics.</p> + +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p39">-39-</span></p> + +<h3 id="c10">OUVRAGES ET MARCHANDISES<br> +<span class="small">DE CHEVEUX.</span></h3> + + +<p>Monsieur Binet qui fait les perruques du Roy<a id="FNanchor_123" href="#Footnote_123" class="fnanchor">[1]</a>, +demeure rue des Petits Champs, M. le Grain qui +fait celles de Monsieur, est logé au Palais Royal +dans la Cour des cuisines.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_123" href="#FNanchor_123"><span class="label">[1]</span></a> Ces perruques, dont la forme fut longtemps en vogue, +s’appeloient, à cause de lui, des <i>binettes</i>, ou <i>perruques-binettes</i>, +comme dit Salgues dans un curieux chapitre de +son livre : <i>Paris</i>, 1813, in-8, p. 352. Le mot se conserva +dans le peuple, qui, de la perruque, finit par l’appliquer à +la tête. Le mot tintamarresque « une binette » vient de là. — Le +Roi avoit tout un cabinet de perruques, séparé de sa +chambre par la salle du Conseil, et qu’on appeloit soit cabinet +des perruques, soit cabinet des Termes. Il étoit, en +effet, garni tout autour de Termes ayant chacun une perruque +sur la tête. Les formes varioient suivant que le Roi alloit +à la chasse, recevoit les ambassadeurs, ou restoit dans ses +appartements. Binet, qui avoit soin de cette singulière collection, +quittoit rarement la Cour. Il comptoit parmi les +cent cinq personnes, distribuées en cinq tables, qui avoient +droit de manger chez le Roi, et qui, à ce titre, comme +nous l’avons vu dans le manuscrit que possédoit Techener : +<i>État et menu des dépenses pour 1705</i>, recevoient chacune +un chapon. La consommation de cheveux choisis qu’exigeoient +les perruques royales étoit considérable. Binet n’y +épargnoit rien : « Je pélerois, disoit-il, toutes les têtes du +Royaume, pour parer celle de Sa Majesté. » Son fils François +Binet eut en survivance sa charge de premier barbier, et sa +fille épousa, en 1720, le fils de Quentin, un des barbiers +ordinaires. (<i>Mercure</i>, mai 1720, p. 172.) C’est Quentin qui, +avec Binet, avoit la garde des perruques du Roi, et lui +donnoit celle du lever plus courte que les ordinaires.</p> +</div> +<p>Le Bureau des deux cens Barbiers, Baigneurs, +Etuvistes et Perruquiers de Paris<a id="FNanchor_124" href="#Footnote_124" class="fnanchor">[2]</a>, est sur le +<span class="pagenum" id="p40">-40-</span> quay des Augustins au coin de la rue Git-le-cœur.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_124" href="#FNanchor_124"><span class="label">[2]</span></a> Cette corporation des deux cents barbiers de Paris +avoit été créée le 14 décembre 1673, par déclaration royale, +en exécution d’un édit du mois de mars précédent. En +décembre 1691, au moment où ce <i>Livre commode</i>, déjà +imprimé sans doute, étoit sur le point de paroître, le +nombre des barbiers avoit été augmenté de cent, et, deux +mois après, il le fut encore de cinquante ; enfin, en 1701, +cent nouvelles places héréditaires furent créées.</p> +</div> +<p>Les Prévots Sindics de cette Communauté, +sont Messieurs Broussin rue de Bussy, Petit +rue de la Verrerie, Boudet rue saint Loüis près +le Palais, du Chemin rue Montmartre, Caquet +rue Dauphine, et Daubons sous l’Orloge du +Palais.</p> + +<p>Entre ceux qui sont renommez pour faire les +Perruques de bon air, sont Messieurs Pascal +quay de Nesle<a id="FNanchor_125" href="#Footnote_125" class="fnanchor">[3]</a>, Pelé rue saint André, du Pont +et des Noyers rue de Richelieu, Jordanis rue +d’Orléans, l’Abbé rue des Petits Champs, d’Angerville +près le Palais Royal, Vincent quay des +Augustins, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_125" href="#FNanchor_125"><span class="label">[3]</span></a> « Le sieur Pascal, au coin de la rue de Guenegaud, +est fort renommé pour les perruques. » Édit. 1691, p. 26.</p> +</div> +<p>Messieurs de la Roze<a id="FNanchor_126" href="#Footnote_126" class="fnanchor">[4]</a> et du Bois sont renommez +pour les petites Perruques servant aux Ecclésiastiques.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_126" href="#FNanchor_126"><span class="label">[4]</span></a> « M. De la Roze, à l’entrée de la rue Saint-André, est +renommé pour les perruques abbatiales. » Édit. 1691, +p. 63.</p> +</div> +<p>Messieurs Pelé et Vincent ci-devant désignez +font aussi commerce de Cheveux en gros et en +détail<a id="FNanchor_127" href="#Footnote_127" class="fnanchor">[5]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_127" href="#FNanchor_127"><span class="label">[5]</span></a> Ces marchands de cheveux avoient des coupeurs qu’ils +envoyoient en Normandie, en Flandre, en Hollande, etc., +d’où ils leur rapportoient à la fois, six, huit ou dix livres +de cheveux, qui devoient avoir au moins vingt-quatre à +vingt-cinq pouces de long. Les meilleurs venoient toujours +du Nord. C’étoit ensuite la Normandie qui en fournissoit +le plus. Le prix varioit de quatre francs la livre pour les +cheveux communs, jusqu’à cinquante écus pour les blonds +argentés, qui étoient les plus recherchés. <i>V.</i> sur tout cela, +Jaubert, <i>Dictionn. des Arts et Métiers</i>, t. III, p. 436-437.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p41">-41-</span> Autant en font Messieurs du Mont, Potiquet +et Rossignol sous la galerie des Innocens, et +encore Mesdames Lançois rue d’Orléans et Danteuil +rue Tirechappe.</p> + +<p>Le Sieur Thomé Clerc de la Communauté des +deux cens Barbiers, demeure en leur Bureau, +c’est à luy qu’il faut s’adresser pour les privileges +qui sont à vendre ou à loüer<a id="FNanchor_128" href="#Footnote_128" class="fnanchor">[6]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_128" href="#FNanchor_128"><span class="label">[6]</span></a> On a lu dans l’Introduction, t. I, p. xli, comment les +privilèges, quels qu’ils fussent, se louoient.</p> +</div> +<p>Entre les Coiffeuses qui sont fort employées, +sont Mesdemoiselles Canilliat place du Palais +Royal, Poitier près les Quinze Vingts, le Brun +au Palais, de Gomberville rue des bons Enfans, +et d’Angerville devant le Palais Royal<a id="FNanchor_129" href="#Footnote_129" class="fnanchor">[7]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_129" href="#FNanchor_129"><span class="label">[7]</span></a> « On fait des calottes de toile jaune et de serge à +mettre sous les perruques, chez un calotier, qui a sa boutique +sous la porte de la cour neuve du Palais. Les calottes +ordinaires se trouvent sur le quay de l’Horloge du Palais. » +Édit. précéd., p. 26. A l’époque de la Terreur, le commerce +des cheveux se faisoit sur ce même quai, où l’on +n’avoit vu jusqu’alors que « les perruquiers en vieux ». +Il s’alimentoit des chevelures des condamnés de la Conciergerie. +Le nombre en fut si grand qu’à un moment le +prix des cheveux en baissa ! Aujourd’hui le bureau de placement +des garçons coiffeurs est sur le quai des Orfèvres.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c11">COMMERCE DES VERRIERS.</h3> + + +<p>Le Bureau des Marchands Verriers<a id="FNanchor_130" href="#Footnote_130" class="fnanchor">[1]</a> est au +<span class="pagenum" id="p42">-42-</span> Renard rue saint Denis, où l’on décharge toutes +les Marchandises de leur commerce.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_130" href="#FNanchor_130"><span class="label">[1]</span></a> Dans l’édition de 1691, p. 30, il est dit que les verriers +de ce bureau étoient seulement ceux « qui font des ouvrages +de feugère », c’est-à-dire de fougère. On sait que le verre +ne se faisoit alors qu’avec la potasse extraite des cendres +de cette plante. De là, les métaphores des poëtes sur le +vin qui pétille ou qui rit dans « la fougère », comme +disent Chaulieu et Boileau.</p> +</div> +<p>Le Sieur Trincart rue de la Verrerie, l’Hoste +porte saint Germain, Aubry près la Comedie +Françoise, et le Grand rue saint Denis, ont un +grand assortiment de Marchandises de Cristal, +de Fayence et de Porcelaine<a id="FNanchor_131" href="#Footnote_131" class="fnanchor">[2]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_131" href="#FNanchor_131"><span class="label">[2]</span></a> Dans l’édition de 1691, p. 30, ils ne sont tous trois +mentionnés que pour ce dernier article : « Ils tiennent, y +est-il dit, magasin de porcelaine. »</p> +</div> +<p>Le Sieur Rose rue Darnetal fait le plus grand +commerce de Bouteilles couvertes<a id="FNanchor_132" href="#Footnote_132" class="fnanchor">[3]</a>, de Verres de +tables, de Cloches de Jardins, de Vaisseaux chimiques, +etc. Il fait des fournitures en gros et à +bon compte aux détailleurs<a id="FNanchor_133" href="#Footnote_133" class="fnanchor">[4]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_132" href="#FNanchor_132"><span class="label">[3]</span></a> C’est-à-dire entourées d’osier.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_133" href="#FNanchor_133"><span class="label">[4]</span></a> Son article est un peu différent dans l’édition de 1691, +p. 30. Après la mention du bureau des verriers, il y est dit : +« Ce qu’on ne trouve pas dans ce bureau, peut être recouvert +et acheté en gros, à bon compte, dans les magasins +du sieur Rose, verrier, rue d’Arnetal (Grenetat), etc. »</p> +</div> +<p>On trouve des Bouteilles de Cristal taillées +pour la poche chez le Sieur le Grand le Jeune, +et de Guerre Verriers, rue saint Denis<a id="FNanchor_134" href="#Footnote_134" class="fnanchor">[5]</a>, le Quin +Emailleur, rue saint Martin<a id="FNanchor_135" href="#Footnote_135" class="fnanchor">[6]</a>, Gilbert Lapidaire, +<span class="pagenum" id="p43">-43-</span> rue sainte Croix de la Cité<a id="FNanchor_136" href="#Footnote_136" class="fnanchor">[7]</a>, et le Seür aussi +Lapidaire, rue saint Denis près le Sepulcre.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_134" href="#FNanchor_134"><span class="label">[5]</span></a> Ils sont indiqués, dans l’édition de 1691, p. 30, comme +« verriers faisant grand négoce de bouteilles de poche à +bouchons de verre ». A la suite, viennent « Grancire, rue de +la Coutellerie, et Ancelin, au cul de sac Saint-Sauveur », +qui ne se retrouvent pas ici.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_135" href="#FNanchor_135"><span class="label">[6]</span></a> Il étoit de la famille de l’orfèvre Lequin, que nous +trouverons à la fin du chap. suivant.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_136" href="#FNanchor_136"><span class="label">[7]</span></a> L’édition de 1691, p. 30, le place « sur le Quai-Neuf, +au Berceau d’or ».</p> +</div> +<p>Il y a une Fayancerie à saint Cloud<a id="FNanchor_137" href="#Footnote_137" class="fnanchor">[8]</a> où l’on +peut faire exécuter tels modèles que l’on veut.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_137" href="#FNanchor_137"><span class="label">[8]</span></a> On en connoît les principaux ouvriers à cette époque : +Trou, le potier, et Chicanneau père et fils. Ils fabriquoient +une faïence à émail stannifère, en camaïeu bleu, le plus +souvent. Leur faïencerie avoit assez d’importance pour que +la duchesse de Bourgogne la visitât, en 1709, le 3 sept. +Les Chicanneau ajoutèrent à la fabrication de la faïence +celle de la porcelaine, « façon des Indes », dont ils se +disoient inventeurs. A la fin de 1696, ils adressèrent, comme +tels, un placet à l’intendant de Paris. (<i>Correspond. des Contrôleurs +généraux</i>, n<sup>o</sup> 1342.) Lister (chap. V) admira fort +leurs porcelaines. V. aussi J. Marryat, <i>Hist. des Poteries</i>, +etc., trad. franç., t. II, p. 212.</p> +</div> +<p>M. de Saint Estienne Maitre de la Fayencerie +de Rouen, a trouvé le secret de la Fayence violette +tachetée, et de faire en France de la Porcelaine +semblable à celle des Indes<a id="FNanchor_138" href="#Footnote_138" class="fnanchor">[9]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_138" href="#FNanchor_138"><span class="label">[9]</span></a> Dans l’édition de 1691, p. 30, il n’est mentionné que +pour la porcelaine qu’il a « le secret de faire en France ». — Il +fabriquoit bien réellement tout à la fois de la faïence +et de la porcelaine, et cela, par privilége, avec d’autres concessionnaires, +depuis 1644. Le 30 juin 1694, M. d’Ormesson +envoya un rapport au contrôleur général sur l’état +de cette fabrique et sur le renouvellement de son privilége. +Comme on vouloit que Saint-Etienne livrât son secret pour +que la fabrication fût continuée par les Invalides, et comme +il refusa, ce renouvellement n’eut pas lieu. Le privilége +obtenu en 1673 pour la porcelaine, « façon de Chine », fut +seul continué pour vingt ans encore, mais à condition +qu’au bout de ce temps le secret de fabrication seroit livré +au public. (<i>Correspond. des Contrôleurs généraux</i>, n<sup>o</sup> 1342.)</p> +</div> +<p>Les Fayences de Nevers arrivent sur le quay +de la Tournelle près la porte saint Bernard<a id="FNanchor_139" href="#Footnote_139" class="fnanchor">[10]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_139" href="#FNanchor_139"><span class="label">[10]</span></a> Ces faïences de Nevers, qui avoient leurs collectionneurs, +comme on le voit par quelques vers de Sénecé dans +ses <i>Épigrammes</i> (1717, in-12, p. 224), se fabriquoient depuis +longtemps déjà, et en dernier lieu, sous la direction +d’un nommé Castelnau.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p44">-44-</span> M. Perrot Maitre de la Verrerie d’Orléans<a id="FNanchor_140" href="#Footnote_140" class="fnanchor">[11]</a>, a +trouvé le secret de contrefaire l’Agathe et la +Porcelaine avec le Verre et les Emaux. Il a +pareillement trouvé le secret du Rouge des +Anciens, et celuy de jetter le Verre en moulle +pour faire des bas reliefs et autres ornemens. Il +a son Bureau à Paris sur le quay de l’Orloge à +la Couronne d’or.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_140" href="#FNanchor_140"><span class="label">[11]</span></a> Bernard Perrot étoit neveu de Castelnau que nous +venons de voir à la faïencerie de Nevers. Dès le mois de +décembre 1655, il avoit obtenu le privilége de la verrerie +royale d’Orléans et de celle de Fay-aux-Loges, qui en +étoit la succursale, à six lieues de là sur le canal. En +1666, autre brevet délivré à Perrot en faveur d’une découverte +fort importante pour l’exploitation de sa verrerie : il +tiroit d’une pierre « qui abonde en France », — la houille +certainement — un combustible moins cher que le charbon. +En 1688, ayant perfectionné la fabrication du verre, « soit +colorié, soit en relief », et aussi « le coulage des métaux +à table creuse, avec des figures », un privilége nouveau +lui fut encore accordé. Il le garda, ainsi que les deux +autres, jusqu’à sa mort, en 1710, malgré les concurrents +qui firent faire sur ses fabriques une enquête, en février 1692, +dont le résultat tourna pour lui. Deux de ses parents, peut-être +ses neveux, Jean Perrot et Jacques Jourdan lui succédèrent +avec un renouvellement de privilége en date du 2 +août 1710, où il étoit dit que les ouvrages de Perrot +« égalent en beauté et en qualité les porcelaines ». La +rue près des remparts Saint-Euverte, où Perrot avoit sa +verrerie à Orléans, s’appelle encore aujourd’hui <i>rue des +Bouteilles</i>.</p> +</div> +<p>M. Massolat Maitre de la Verrerie de Rizancourt<a id="FNanchor_141" href="#Footnote_141" class="fnanchor">[12]</a>, +a son Bureau à Paris rue du Four près +<span class="pagenum" id="p45">-45-</span> la Foire saint Germain chez le Sieur Feloix +Huissier<a id="FNanchor_142" href="#Footnote_142" class="fnanchor">[13]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_141" href="#FNanchor_141"><span class="label">[12]</span></a> Paul de Masselai, et non Massolat. Il avoit été un des +concurrents de Perrot, et, n’ayant pu lui faire perdre le +privilége de la verrerie d’Orléans, il étoit allé en établir +une à Rizaucourt, au fond de la Champagne.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_142" href="#FNanchor_142"><span class="label">[13]</span></a> L’édition de 1691, p. 30, ajoute « au Châtelet ».</p> +</div> +<p>Pour le Verre blanc et le Verre des Vitriers, +voyez l’article fait exprès.</p> + +<p>Pour les Glaces, voyez l’article des marchandises +de Miroitiers<a id="FNanchor_143" href="#Footnote_143" class="fnanchor">[14]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_143" href="#FNanchor_143"><span class="label">[14]</span></a> On trouve dans l’édit. de 1691, au chap. « du Commerce +du verre, etc »., p. 30, les indications suivantes qui +manquent ici : « le verre blanc pour les mignatures et autres +tableaux, se vend chez un vitrier qui demeure rue aux Ours, +devant l’image de la Vierge, et chez un autre qui demeure +vieille rue du Temple, au coin de la rue de Bercy. »</p> +</div> +<p>On dit que M. de la Motte de qui on a veü à +la Foire, il y a quelques années de si beaux ouvrages +d’Emaux et de Verre façon d’Agathe et +de Porcelaine, va faire un établissement à Paris, +en vertu d’un Privilege du grand Sceau<a id="FNanchor_144" href="#Footnote_144" class="fnanchor">[15]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_144" href="#FNanchor_144"><span class="label">[15]</span></a> Il obtint ce privilége, mais ce faillit être au préjudice +de Bernard Perrot, dont, comme Masselai, ce La Mothe +étoit le concurrent. Ce fut sur ses instances que le contrôleur +général écrivit, le 29 février 1692, à l’intendant d’Orléans, +M. de Creil, pour savoir où en étoit la faïencerie-vitrerie +privilégiée de Perrot, le sieur De La Mothe, disoit la +lettre, demandant, lui aussi, un privilége « pour fabriquer +avec une matière vitrifiée, dont il a le secret, des ouvrages +en façon de porcelaine, d’agathe, de jaspe, de lapis ». La +réponse de M. de Creil fut, à ce qu’il paroît, favorable, car +si La Mothe eut son privilége, Perrot garda le sien.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c12">COMMERCE DE DIVERSES MATIERES<br> +<span class="small">METALLIQUES, ET OUVRAGES DE COUTELLIERS, +TAILLANDIERS, ETC.</span></h3> + + +<p>Messieurs Hébert cul de sac de la rue Quinquempoix, +Presty et Alain rue Neuve saint +Mederic, et Coquart rue Simon le Franc, font +<span class="pagenum" id="p46">-46-</span> commerce d’Etain et de Plomb d’Angleterre<a id="FNanchor_145" href="#Footnote_145" class="fnanchor">[1]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_145" href="#FNanchor_145"><span class="label">[1]</span></a> L’édit. de 1691, au lieu d’Hébert, nomme Duval. +Son magasin y est indiqué « au cloître Saint-Thomas du +Louvre ».</p> +</div> +<p>Le Fer blanc est négocié en gros par Messieurs +le Doux rue Jean de l’Epine, Fontaine +rue des Lombards, et Frezan rue de la Vannerie<a id="FNanchor_146" href="#Footnote_146" class="fnanchor">[2]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_146" href="#FNanchor_146"><span class="label">[2]</span></a> « Au bout de la rue de la Vannerie. » Édit. précéd., +p. 22. Le fer blanc ne se fabriquoit en France que depuis +Colbert, qui en avoit établi la première fabrique à Beaumont-la-Ferrière +dans le Nivernois. Il avoit dû pour cela +faire appel aux ferblantiers allemands. (<i>Correspond. administrat. +de Louis XIV</i>, t. III, p. 740.)</p> +</div> +<p>Il y a plusieurs magasins de Cuivre et de +Leton, rue Quinquempoix.</p> + +<p>Les Bateurs d’or qui vendent l’or en feuilles +et en coquilles, sont établis en différens quartiers +de Paris, par exemple, rue du Cimetiere saint +Nicolas des Champs, rue saint Jacques, rue de +Gesvres, rue saint Denis, etc.</p> + +<p>Les Tireurs d’or qui vendent l’or et l’argent +trait et filé, sont pour la plupart rue saint Denis<a id="FNanchor_147" href="#Footnote_147" class="fnanchor">[3]</a> +au dessus de saint Jacques de l’Hopital<a id="FNanchor_148" href="#Footnote_148" class="fnanchor">[4]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_147" href="#FNanchor_147"><span class="label">[3]</span></a> « Aux environs de la rue Mauconseil. » Édit. de 1691, +p. 23.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_148" href="#FNanchor_148"><span class="label">[4]</span></a> « Cet or et cet argent tirés, ajoute Liger, p. 394, +s’emploient pour les broderies, les galons et les boutons +qui se débitent pour les habits. »</p> +</div> +<p>Pour l’Or et l’Argent en lingots et grenaille, +voyez l’article fait exprès.</p> + +<p>Pour le Plomb en balles et en graine, voyez +l’article des Armes et Bagages de Guerre et de +Chasse.</p> + +<p>Le Sieur Guilloüet Taillandier et Ferblantier, +à l’entrée de la rue de Gesvres, a un particulier +<span class="pagenum" id="p47">-47-</span> talent pour les plus beaux Ouvrages de Fer blanc +et de Leton planez<a id="FNanchor_149" href="#Footnote_149" class="fnanchor">[5]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_149" href="#FNanchor_149"><span class="label">[5]</span></a> « <span class="sc">Planer</span>, c’est unir la besogne à force de petits +coups de marteau ». (Richelet, <i>Dictionn.</i>) — A la suite de +l’art. sur le sieur Guillouet, on lit dans l’édit. de 1691, +p. 111 : « Le sieur Jo et quelques autres potiers d’étain, près +la porte Saint-Marcel, vendent des grandes et petites +seringues bien faites et à juste prix. » — La vaisselle +d’étain se travailloit avec le plus grand soin. On y étoit +parvenu à donner au métal la consistance et le brillant de +l’argent. <i>V.</i> Loret, t. II, p. 427-428 ; et Faugère, <i>Voyage +de deux Hollandois, à Paris</i>, p. 276.</p> +</div> +<p>Pour les Arcs et Ressorts qui sont ouvrages +de Taillandier, voyez l’article des Chevaux et +Equipages.</p> + +<p>Entre les Couteliers renommez pour les Couteaux +et les Cizeaux sont le Maitre de l’Eglise +rue saint Martin, et le Maitre du Coutelas rue de +la Coutelerie, qui a un talent particulier pour les +Lames de couteaux de tables qui se montent sur +des manches d’argent<a id="FNanchor_150" href="#Footnote_150" class="fnanchor">[6]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_150" href="#FNanchor_150"><span class="label">[6]</span></a> Dans l’édition de 1691, p. 59, il n’est recommandé +que pour les rasoirs. Le coutelier « du Trèfle », rue de la +Coutellerie, qui ne se retrouve plus ici, est indiqué à la +même page, comme étant « renommé pour les couteaux ». — Ce +<i>trèfle</i> étoit à la fois l’enseigne et la marque de ce +coutelier en renom. Nous l’avons vu souvent sur des couteaux +des derniers siècles. Toute marque — et chaque +coutelier-fabricant avoit la sienne — étoit une propriété +qu’aucun autre ne devoit prendre ni contrefaire. (<i>Lettres +patentes sur le règlement des ouvrages de quincaillerie et de +coutellerie de la ville de Thiers</i>, 24 déc. 1743, art. 2.) +Suivant Clicquot-Blervache, <i>Considérat. sur les Compagnies, +Sociétés et Maîtrises</i>, p. 165, on offrit jusqu’à 22,000 livres +de la marque que Palme, de Thiers, mettoit à ses couteaux : +« C’étoit, dit-il, la plus accréditée. »</p> +</div> +<p>Entre les Couteliers en réputation pour bien +faire et bien repasser les Lancettes, sont les +<span class="pagenum" id="p48">-48-</span> Sieurs Surmont au tiers-point<a id="FNanchor_151" href="#Footnote_151" class="fnanchor">[7]</a> rue saint Julien +le Pauvre, et Touyaret au Verre couronné rue +de la Coutellerie<a id="FNanchor_152" href="#Footnote_152" class="fnanchor">[8]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_151" href="#FNanchor_151"><span class="label">[7]</span></a> Le <i>tiers-point</i> est un outil triangulaire, qui sert surtout +aux bourreliers. Louvel, qui l’avoit été, assassina le +duc de Berry avec un tiers-point.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_152" href="#FNanchor_152"><span class="label">[8]</span></a> Dans l’édition de 1691, p. 59, il est mentionné avec +son enseigne, pour la même spécialité des lancettes, mais +n’est pas nommé.</p> +</div> +<p>L’acier crud est commercé par les Marchands +de Fer, et les Instrumens de Moulins pour les +Dents, par les Quincailliers, qui vendent d’ailleurs +toutes les Marchandises foraines de Coutellerie.</p> + +<p>Le Maitre de la Coupe rue Troussevache, est +distingué pour les Instrumens de Chirurgie.</p> + +<p>On peut par les Messagers de Moulins et de +Langres tirer de bons Cizeaux<a id="FNanchor_153" href="#Footnote_153" class="fnanchor">[9]</a> ; et par celuy de +Caen, de Couteaux de poche d’une propreté et +d’une bonté singulière.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_153" href="#FNanchor_153"><span class="label">[9]</span></a> Les couteaux de Langres étoient au moins aussi renommés +que ses ciseaux. Les voleurs leur avoient même +fait une réputation sinistre : le couteau pour eux étoit un +<i>lingre</i> ; et, pour assassiner, ils disoient <i>lingrer</i>. Diderot, on +le sait, étoit fils d’un coutelier de Langres.</p> +</div> +<p>On fait de très bons Canifs à la Masse et au +Pistolet, rue de la Coutellerie<a id="FNanchor_154" href="#Footnote_154" class="fnanchor">[10]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_154" href="#FNanchor_154"><span class="label">[10]</span></a> Dans l’édition de 1691, p. 59, c’est « le coutelier de +l’Antonnoir (<i>sic</i>), rue aux Ours », qui est recommandé pour +les canifs.</p> +</div> +<p>Le Sieur le Quin Orfèvre, rue de la Fromagerie<a id="FNanchor_155" href="#Footnote_155" class="fnanchor">[11]</a>, +fabrique les Instrumens d’argent servant +aux Chirurgiens.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_155" href="#FNanchor_155"><span class="label">[11]</span></a> C’est le grand-père du tragédien Le Kain, dont le vrai +nom n’étoit ni celui qu’il prenoit, ni celui qu’on lui donne +ici. Il s’appeloit Caïn. Son acte de naissance, reproduit par +Jal, à ce nom, dans son <i>Dictionnaire critique</i>, nous le donne +comme né le 3 avril 1729, de Henri Caïn, « marchand +orfèvre, rue de la Fromagerie », lequel, ajouterons-nous, avoit +succédé à son père dans la même boutique. Pour Caïn, on +prononçoit Quin, et même Le Quin, comme on le voit ici. +Le nom que prit Lekain, en se mettant au théâtre, fut un +compromis entre les deux formes.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p49">-49-</span> Le Sieur Landrieux Gaisnier près le Palais, +fait très proprement les Etuis servant aux ouvrages +de Coutellerie.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c13">DOMESTIQUES ET OUVRIERS.</h3> + + +<p>Le Bureau d’adresse pour les Maitres qui +cherchent des Serviteurs, et pour les Serviteurs +qui cherchent des Maitres, est au Marché Neuf +devant saint Germain le vieil.</p> + +<p>Il y a un particulier Bureau d’adresse à la +Grève pour les Cuisiniers et Garçons de cabaret.</p> + +<p>Les Nourrices et Servantes à louer se trouvent +en des Bureaux de Recommanderesses<a id="FNanchor_156" href="#Footnote_156" class="fnanchor">[1]</a>, rue de +la Vannerie<a id="FNanchor_157" href="#Footnote_157" class="fnanchor">[2]</a>, et rue du Crucifix saint Jacques<a id="FNanchor_158" href="#Footnote_158" class="fnanchor">[3]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_156" href="#FNanchor_156"><span class="label">[1]</span></a> V. notre <i>Introduction</i>, p. x. — Dans une pièce de la +fin du <small>XVI</small><sup>e</sup> siècle que M. de Montaiglon a jointe à ses +anciennes poésies, t. I : <i>Chambrière à louer à tout faire</i>, +se trouve, p. 90, un passage curieux sur ces premiers +bureaux de placement des servantes :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">Pourtant me vient à souvenir</div> +<div class="verse">Que chez les <i>recommanderesses</i></div> +<div class="verse">Est le lieu où sont les addresses</div> +<div class="verse">Pour trouver servantes à louer…</div> +</div> + +</div></div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_157" href="#FNanchor_157"><span class="label">[2]</span></a> Le bureau des servantes y étoit si connu, qu’au +<small>XIV</small><sup>e</sup> siècle on l’appeloit moins rue de la Vannerie que rue +des <i>Commanderesses</i> ou des <i>Recommanderesses</i>. Il en étoit +de même de la rue de la Coutellerie, où se trouvoit un +bureau pareil. (<i>Registres crimin.</i> du Châtelet 1389-1392, +t. I, p. 37.)</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_158" href="#FNanchor_158"><span class="label">[3]</span></a> Quand une servante avoit mérité une punition publique, +c’est devant le bureau des <i>Recommanderesses</i> qu’on la lui +infligeoit pour l’exemple. En 1576, une chambrière ayant +eu un enfant du clerc de la maison où elle servoit, et l’ayant +exposé la nuit à une porte voisine, fut condamnée au fouet +par sentence du Châtelet, le 24 octobre, et c’est devant la +maison des Recommanderesses qu’elle fut fouettée. (Bouchel, +<i>Bibliothèque</i>, au mot <i>Exposés</i>.)</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p50">-50-</span> Plusieurs Laquais cherchant maitres, et qu’on +peut même louer par jour<a id="FNanchor_159" href="#Footnote_159" class="fnanchor">[4]</a>, se tiennent tous les +matins sur les degrez de la vieille Cour et près +la petite porte du Palais.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_159" href="#FNanchor_159"><span class="label">[4]</span></a> Liger, qui donne aussi ce détail, p. 403, le relève +ainsi : « l’on voit qu’on peut, dans l’occasion, se faire suivre +à Paris, et se donner l’air d’homme à laquais, sans qu’il en +coûte beaucoup. »</p> +</div> +<p>Les Garçons de Métier trouvent des embauches +ou adresses de boutiques<a id="FNanchor_160" href="#Footnote_160" class="fnanchor">[5]</a> aux lieux ci-après, à +sçavoir : pour les Marchands, au Bureau de la +rue Quinquempoix ; pour les Verriers, rue saint +Denis au Renard ; pour les Drapiers, au Bureau +rue des Déchargeurs ; pour les Chirurgiens, chez +les Couteliers travaillant aux lancettes, et encore +aux Ecoles de Chirurgie rue des Cordeliers ; pour +les Apoticaires à la Lamproye rue de la Huchette, +et encore au Bureau, cloitre sainte Opportune ; +pour les Droguistes Epiciers, au même Bureau ; +<span class="pagenum" id="p51">-51-</span> pour les Fourbisseurs au Bureau rue de la Pelleterie ; +pour les Gantiers et Chapeliers, même +rue ; pour les Tourneurs Tablettiers, rue de la +Savonnerie ; pour les Tanneurs, au fauxbourg +saint Marcel ; pour les Fondeurs, près saint +Nicolas des Champs ; pour les Orfèvres, en leur +Bureau et Chapelle rue S. Germain l’Auxerrois, +et encore chez le Petit père cour du Palais ; pour +les Patissiers, rue de la Poterie ; pour les Teinturiers, +rue de la Tannerie ; pour les Bonnetiers, +au Bureau cloitre S. Jacques de la Boucherie ; +pour les Peintres, Doreurs et Sculpteurs, aux +Filles Penitentes de la rue saint Denis tous les +Dimanches au matin<a id="FNanchor_161" href="#Footnote_161" class="fnanchor">[6]</a> ; et pour les Menuisiers, +rue des Ecouffes.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_160" href="#FNanchor_160"><span class="label">[5]</span></a> Ces adresses imprimées, et souvent enjolivées de dessins +gravés, que se faisoient faire tous les marchands, ont +eu leur mention plus haut à propos de celles qu’illustra +Papillon. Quelques-uns les faisoient frapper en jetons. Nous +en avons vu une de ce genre, en cuivre rouge et de forme +octogone, portant, d’un côté : un chiffre entrelacé, avec la +légende <span class="sc">Pierre. Bizet. Marchand. Miroitier</span>, et la date +de 1703, à l’exergue ; de l’autre : une console drapée d’un +tapis fleurdelisé, un miroir carré surmonté d’une pendule ; +au fond, un manteau retroussé, et, pour légende : <span class="sc">Av +Magazin. Royal. Rue St. Martain</span>.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_161" href="#FNanchor_161"><span class="label">[6]</span></a> Ces filles pénitentes étoient les religieuses de Sainte-Catherine, +dont il est parlé dans l’<i>Introduction</i>, p. ix-x. +L’Académie des peintres avoit, au commencement du règne, +loué, rue des Déchargeurs, le second étage d’une maison +qui leur appartenoit et s’y étoit reconstituée. Elle y resta +deux ans, puis alla s’établir au Louvre. Tout lien ne fut +pas rompu entre elle et les religieuses de la rue Saint-Denis, +qui se firent ses « recommanderesses », chaque +dimanche, pour les jeunes gens qui voudroient y être admis +comme élèves.</p> +</div> +<p>Les Cordonniers, Serruriers, Menuisiers, Tonneliers, +Arquebusiers, Rotisseurs et autres, s’embauchent +par eux mêmes en se présentant dans +les boutiques.</p> + +<p>Les Maçons, Manœuvres, Limousins, etc., +s’assemblent à la Grève<a id="FNanchor_162" href="#Footnote_162" class="fnanchor">[7]</a> tous les matins des +<span class="pagenum" id="p52">-52-</span> jours ouvrables depuis quatre jusqu’à six heures, +où l’on va prendre ceux dont on a besoin pour +les atteliers.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_162" href="#FNanchor_162"><span class="label">[7]</span></a> Ils y étoient tout près de la rue de la Mortellerie — aujourd’hui +de l’Hôtel de Ville — où ils habitoient, et habitent +encore en grand nombre, et qui devoit son premier +nom à ces « mortelliers » ou maçons. Ils se tiennent à présent +un peu plus haut que la Grève, sur la petite place qui +se trouve entre la rue et le pont Louis-Philippe.</p> +</div> +<p>Les Revendeuses, Blanchisseuses, Ravaudeuses, +etc., se melent de placer presque toutes +les Servantes.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c14">VÉRIFICATIONS ET RAPPORTS<br> +<span class="small">DE JUREZ.</span></h3> + + +<p>Monsieur Rainsant Medecin Juré du Parlement<a id="FNanchor_163" href="#Footnote_163" class="fnanchor">[1]</a>, +demeure Isle Notre Dame, et M. du +Tertre Chirurgien Juré de la même Cour<a id="FNanchor_164" href="#Footnote_164" class="fnanchor">[2]</a> rue +du Jardinet. Madame Maillard y fait la fonction +de Sage femme Jurée, et demeure près le Palais.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_163" href="#FNanchor_163"><span class="label">[1]</span></a> Fils du savant médecin-numismatiste Rainssant, mort +deux ans auparavant.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_164" href="#FNanchor_164"><span class="label">[2]</span></a> Il a été nommé plus haut, t. I, p. 157, au chapitre +des opérations chirurgicales.</p> +</div> +<p>Messieurs Chauvel et Moreau Jurez Medecins +du Chatelet demeurent, sçavoir, le premier rue +saint Severin, et le deuxième rue de la Verrerie<a id="FNanchor_165" href="#Footnote_165" class="fnanchor">[3]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_165" href="#FNanchor_165"><span class="label">[3]</span></a> « M. Arlot, médecin juré du grand Conseil, demeure +rue du Four, près la Croix du Tiroir. » Édit. 1691, p. 39. +Il a aussi été nommé plus haut.</p> +</div> +<p>Les Jurez Chirurgiens du Chatelet sont Messieurs +Auguy près la Magdelaine, Helot rue de +la Calandre, le Dran quay de l’Orloge, et Clerambourg +rue saint Germain l’Auxerrois.</p> + +<p>Le Livre de M. de Blegny contenant la Doctrine +et les formules des Rapports de Chirurgie<a id="FNanchor_166" href="#Footnote_166" class="fnanchor">[4]</a> +se vend chez la veuve Nion.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_166" href="#FNanchor_166"><span class="label">[4]</span></a> Voici le vrai titre du livre de Blegny, qu’il abrège ici +et rend ainsi plus clair : <i>la Doctrine des rapports, fondée +sur les maximes d’usage, et sur la disposition des nouvelles +ordonnances</i>. 1684, in-12.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p53">-53-</span> Madame Bureau et Mademoiselle sa fille Jurées +Sages-femmes du Chatelet, demeurent rue +saint Germain l’Auxerrois.</p> + +<p>M. Dozier reconnu pour le plus expert Genealogiste<a id="FNanchor_167" href="#Footnote_167" class="fnanchor">[5]</a>, +demeure au carrefour des trois +Maries<a id="FNanchor_168" href="#Footnote_168" class="fnanchor">[6]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_167" href="#FNanchor_167"><span class="label">[5]</span></a> Charles d’Hozier, fils de Pierre, qui avoit commencé +la célébrité du nom. Il fut, comme lui, juge d’armes de +la noblesse de France.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_168" href="#FNanchor_168"><span class="label">[6]</span></a> Son adresse étoit ainsi donnée l’année précédente, +p. 40 : « Monsieur d’Hozier, qui demeure au cloître Saint-Germain-l’Auxerrois, +chez Monsieur Desvieux, greffier du +Conseil… »</p> +</div> +<p>M. de Lonchamps au bout du Pont au Change +du côté du Chatelet s’occupe pareillement à dresser +et vérifier les arbres généalogiques.</p> + +<p>Les Maitres Ecrivains Jurez nommez et employez +pour la vérification des écritures et signatures +contestées en Justice, ont leur Chambre +chez M. des Planches<a id="FNanchor_169" href="#Footnote_169" class="fnanchor">[7]</a>, à présent Sindic en +charge de leur Communauté, rue et devant le +petit saint Antoine, tous peuvent être appellez à +cette fonction, mais les plus ordinairement employez +ce sont ceux des Anciens qui y sont +occupez depuis longtemps ; comme Messieurs +du Houx à l’Hotel des Ursins, le Comte rue +saint Jacques, Lesgret rue du gros Chênet, et de +Blegny rue saint André, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_169" href="#FNanchor_169"><span class="label">[7]</span></a> Il a été nommé déjà plus haut.</p> +</div> +<p>M. de Blegny fils de l’Ecrivain<a id="FNanchor_170" href="#Footnote_170" class="fnanchor">[8]</a> à l’entrée de +<span class="pagenum" id="p54">-54-</span> la rue saint André, est ordinairement nommé +par Nosseigneurs de Parlement pour les Calculs +et verification de Comptes.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_170" href="#FNanchor_170"><span class="label">[8]</span></a> Il a été parlé plus haut d’un de ses livres de première +éducation.</p> +</div> +<p>M. Barême aussi Aritméticien<a id="FNanchor_171" href="#Footnote_171" class="fnanchor">[9]</a>, devant le +Pont Neuf au coin de la rue Dauphine<a id="FNanchor_172" href="#Footnote_172" class="fnanchor">[10]</a>, est +occupé au même employ à la Chambre des +Comptes<a id="FNanchor_173" href="#Footnote_173" class="fnanchor">[11]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_171" href="#FNanchor_171"><span class="label">[9]</span></a> François Barrême, dont le nom est encore si populaire. +Son <i>Livre des Comptes faits</i>, auquel il doit cette popularité, +avoit paru pour la première fois en 1670, avec une dédicace +à Colbert. En voici le titre complet : « <i>le Livre des Comptes +faits, où, sans avoir appris l’arithmétique, on y fait toutes +sortes de comptes et multiplications les plus difficiles, quand +il y auroit même des grandes fractions. Livre très-facile, et +d’une grande utilité.</i> » Barrême mourut en 1703.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_172" href="#FNanchor_172"><span class="label">[10]</span></a> Il donne ainsi son adresse en tête de ses livres : +<span class="sc">Barrême</span>, <i>arithméticien, demeurant au bout du Pont-Neuf, +rue Dauphine, enseigne briefvement l’arithmétique</i>.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_173" href="#FNanchor_173"><span class="label">[11]</span></a> « Il y a plusieurs écrivains déchiffreurs, qui ont leurs +bureaux au Palais. » Édit. 1691, p. 41.</p> +</div> +<p>M. Penon fauxbourg saint Antoine près l’Abbaye, +dresse et verifie les Arpentages<a id="FNanchor_174" href="#Footnote_174" class="fnanchor">[12]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_174" href="#FNanchor_174"><span class="label">[12]</span></a> « M. Caron, rue Saint-Antoine, devant l’hôtel de Beauvais, +est renommé pour l’arpentage. » <i>Ibid.</i></p> +</div> +<p>Les Jurez Bourgeois Expers pour le Toisé, +Visite, et Estimation des ouvrages dependantes +de l’Architecture, ont leur Bureau à l’entrée de +la rue de la Verrerie, et sont compris dans les +deux colonnes suivantes<a id="FNanchor_175" href="#Footnote_175" class="fnanchor">[13]</a> :</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_175" href="#FNanchor_175"><span class="label">[13]</span></a> Ils avoient été créés au mois de mai 1690, sous le +titre d’experts jurés pour les bâtiments, et ne formoient +qu’une communauté avec les entrepreneurs.</p> +</div> + +<p class="c"><i>Expers Bourgeois<a id="FNanchor_176" href="#Footnote_176" class="fnanchor">[14]</a>.</i></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_176" href="#FNanchor_176"><span class="label">[14]</span></a> Cette liste est plus complète ici que dans l’édit. précédente, +surtout pour les adresses, qui y manquent pour la plupart. +L’auteur s’en excuse par quelques lignes curieuses sur la +création alors toute récente de ces experts : « Il y a, dit-il, +p. 40, des Jurez bourgeois de nouvelle création pour le +toisé, visite et estimation des bâtiments de la ville, fauxbourg, +prévosté et vicomté de Paris, qui sont au nombre +de cinquante ci-après dénommez, mais qui ont si nouvellement +financé qu’on n’a pu encore recouvrer les adresses +que d’un petit nombre d’entre eux ; au besoin, il sera facile +d’apprendre la demeure des autres par la liste qui sera apposée +au Châtelet après la prestation du serment, après +laquelle ils doivent être divisez en deux colonnes comme +ci-après. »</p> +</div> +<p class="drap">Simon Lambert, quay de Nesle.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p55">-55-</span> Gabriel le Duc<a id="FNanchor_177" href="#Footnote_177" class="fnanchor">[15]</a>, rue saint Denis.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_177" href="#FNanchor_177"><span class="label">[15]</span></a> Fils ou neveu de l’un des architectes qui avoient travaillé +au Val-de-Grâce. Il avoit lui-même construit aux +Petits-Pères la partie des bâtiments où se trouvoit la +bibliothèque.</p> +</div> +<p class="drap">Nicolas de l’Epine<a id="FNanchor_178" href="#Footnote_178" class="fnanchor">[16]</a>, rue de Clery.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_178" href="#FNanchor_178"><span class="label">[16]</span></a> Reçu de l’Académie d’architecture, en 1699. Nous +trouverons plus loin son père Pierre-Nicolas de l’Épine +parmi les entrepreneurs.</p> +</div> +<p class="drap">Jacques Mazières, rue Neuve des Petits Champs<a id="FNanchor_179" href="#Footnote_179" class="fnanchor">[17]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_179" href="#FNanchor_179"><span class="label">[17]</span></a> Il avoit fait beaucoup bâtir dans la rue Neuve-des-Petits-Champs, +où nous le voyons logé. C’est à lui et à +Lulli qu’on en devoit les premières maisons dans la partie +qui longeoit le versant septentrional de la butte Saint-Roch. +Nous le trouverons plus bas, avec Le Maistre qui suit, +parmi les grands maçons.</p> +</div> +<p class="drap">Pierre le Maistre, aux Invalides<a id="FNanchor_180" href="#Footnote_180" class="fnanchor">[18]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_180" href="#FNanchor_180"><span class="label">[18]</span></a> Il fut au nombre des entrepreneurs de la place Vendôme +et il y vint loger. Nous l’y trouvons en 1702.</p> +</div> +<p class="drap">Jean Boullier de Bourges, rue Montmartre.</p> + +<p class="drap">Rolland le Proüst, rue Bardubec.</p> + +<p class="drap">Michel de Mezerets, rue de la Verrerie.</p> + +<p class="drap">Isaac Meusnier, rue S. Martin.</p> + +<p class="drap">François Pageois, rue S. Bon.</p> + +<p class="drap">François Doucet<a id="FNanchor_181" href="#Footnote_181" class="fnanchor">[19]</a>, rue S. Bon.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_181" href="#FNanchor_181"><span class="label">[19]</span></a> L’Almanach royal de 1702, p. 113, lui donne son vrai +nom : Doussot.</p> +</div> +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p56">-56-</span> François le Clerc, rue de Grenelle, quartier saint +Eustache.</p> + +<p class="drap">Claude Alexandre Voullau, rue Montmorency.</p> + +<p class="drap">Louis Couvers<a id="FNanchor_182" href="#Footnote_182" class="fnanchor">[20]</a>, rue Chapon.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_182" href="#FNanchor_182"><span class="label">[20]</span></a> Il faut lire Convers, comme dans l’<i>Almanach royal</i>.</p> +</div> +<p class="drap">Charles Mollet<a id="FNanchor_183" href="#Footnote_183" class="fnanchor">[21]</a>, rue Champfleury.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_183" href="#FNanchor_183"><span class="label">[21]</span></a> Nous l’avons déjà vu plus haut au chapitre Jardinages, +ainsi que Michel Le Bouteux, qui suit.</p> +</div> +<p class="drap">Michel le Bouteux, rue de la Magdelaine, fauxbourg +saint Honoré.</p> + +<p class="drap">Charles François Person<a id="FNanchor_184" href="#Footnote_184" class="fnanchor">[22]</a>, place du Palais Royal.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_184" href="#FNanchor_184"><span class="label">[22]</span></a> Lisez Poerson, qu’on prononçoit Person. C’est l’assez +médiocre peintre Charles-François Poerson, qui fut professeur +à l’Académie de peinture, en 1695, et directeur de +notre école de Rome, en 1704. Nous le trouvons avec +Mazière, nommé tout-à-l’heure, dans une expertise d’art +assez délicate pour un différend soulevé entre le riche amateur +Crozat et Boule. (<i>Archives de l’Art françois</i>, t. IV, +p. 332.)</p> +</div> +<p class="drap">Jacques Piretoüy, vieille rue du Temple.</p> + +<p class="drap">Jean François Gobin, rue de la Parcheminerie.</p> + +<p class="drap">André Perravet<a id="FNanchor_185" href="#Footnote_185" class="fnanchor">[23]</a>, rue des Prouvaires.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_185" href="#FNanchor_185"><span class="label">[23]</span></a> Lisez Perrault.</p> +</div> +<p class="drap">Jean Baillif, rue Levêque, quartier saint Roch.</p> + +<p class="drap">Baudouin Paul Lourdet, rue S. Thomas du +Louvre.</p> + +<p class="drap">Nicolas le Juge, rue du Gindre, fauxbourg saint +Germain.</p> + + +<p class="c"><i>Expers-Entrepreneurs.</i></p> + +<p class="drap">Bernard Menessier, rue des Roziers<a id="FNanchor_186" href="#Footnote_186" class="fnanchor">[24]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_186" href="#FNanchor_186"><span class="label">[24]</span></a> « Près l’hôpital Saint-Gervais », ajoute l’<i>Almanach +royal</i> de 1702. Nous le trouverons plus bas parmi les trésoriers +alternatifs des bâtiments.</p> +</div> +<p class="drap">Jean Richer, rue saint Martin.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p57">-57-</span> Jacques de la Joue<a id="FNanchor_187" href="#Footnote_187" class="fnanchor">[25]</a>, rue sainte Avoye.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_187" href="#FNanchor_187"><span class="label">[25]</span></a> Il eut un fils qui fut reçu de l’Académie d’architecture, +en 1721.</p> +</div> +<p class="drap">Claude Aubry, rue Montmartre.</p> + +<p class="drap">Jean Serouge<a id="FNanchor_188" href="#Footnote_188" class="fnanchor">[26]</a>, rue Beauregard.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_188" href="#FNanchor_188"><span class="label">[26]</span></a> Il descendoit de Toussaint Serouge, qui avoit été pour +une part dans la construction des Tuileries.</p> +</div> +<p class="drap">Charles Joubert, rue de Poitou.</p> + +<p class="drap">Jean Bailly, rue Copeau.</p> + +<p class="drap">Jean Dorbay, rue Montorgeuil<a id="FNanchor_189" href="#Footnote_189" class="fnanchor">[27]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_189" href="#FNanchor_189"><span class="label">[27]</span></a> Il y logeoit, selon l’<i>Almanach royal</i>, à l’enseigne des +« petits Carreaux », celle même qui donna son nom à la +partie de cette rue comprise entre la rue Saint-Sauveur et +la rue de Cléry. Elle se trouvoit en face du n<sup>o</sup> 29, et représentoit +des petits carreaux à carreler, ce qui convenoit +fort bien comme enseigne, à un entrepreneur. Jean D’Orbay +l’étoit, en même temps qu’architecte. Il fut même, en 1705, +de l’Académie d’architecture, dont son père, François D’Orbay, +avoit été un des fondateurs.</p> +</div> +<p class="drap">Simon Pipault, à l’Arsenal<a id="FNanchor_190" href="#Footnote_190" class="fnanchor">[28]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_190" href="#FNanchor_190"><span class="label">[28]</span></a> Il étoit grand entrepreneur de maçonnerie. <i>V.</i> plus bas.</p> +</div> +<p class="drap">Jacques Gabriel<a id="FNanchor_191" href="#Footnote_191" class="fnanchor">[29]</a>, rue S. Antoine<a id="FNanchor_192" href="#Footnote_192" class="fnanchor">[30]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_191" href="#FNanchor_191"><span class="label">[29]</span></a> Premier architecte des bâtiments du Roi, reçu de +l’Académie d’architecture, en 1700. Il fut aussi premier ingénieur +des ponts-et-chaussées. On lui doit le projet du grand +égout de Paris. Il mourut en 1742. C’est son fils, plus +célèbre encore que lui, qui a construit le Garde-Meuble.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_192" href="#FNanchor_192"><span class="label">[30]</span></a> La maison que Jacques Gabriel habitoit, rue Saint-Antoine, +avoit été construite par lui-même, et ornée de +sculptures par Le Hongre. On y remarquoit surtout la statue +d’Uranie, que celui-ci avoit posée au-dessus de la porte. +(<i>Mém. inéd. sur la vie et les ouvrages des membres de +l’Acad. de peinture</i>, t. I, p. 369.)</p> +</div> +<p class="drap">Maurice Gabriel, rue S. Antoine.</p> + +<p class="drap">Jean Philippes, rue Michel le Comte.</p> + +<p class="drap">Nicolas Berthier, rue Neuve S. Roch<a id="FNanchor_193" href="#Footnote_193" class="fnanchor">[31]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_193" href="#FNanchor_193"><span class="label">[31]</span></a> « Près la porte Gaillon », ajoute l’<i>Almanach royal</i>.</p> +</div> +<p class="drap">Estienne le Roy, rue du bout du monde.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p58">-58-</span> Pierre Hacquan<a id="FNanchor_194" href="#Footnote_194" class="fnanchor">[32]</a>, rue Neuve saint Laurent.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_194" href="#FNanchor_194"><span class="label">[32]</span></a> L’<i>Almanach royal</i> l’appelle « Hequan ».</p> +</div> +<p class="drap">Germain Guezard, rue Royale, quartier saint +Roch.</p> + +<p class="drap">Jean Michel Poisson, rue Roiale, quartier saint +Antoine.</p> + +<p class="drap">Pierre Levé, rue des Petits Champs.</p> + +<p class="drap">Noel Masson, rue du Roy de Sicile.</p> + +<p class="drap">Pierre Nicolas de l’Epine, rue de Richelieu<a id="FNanchor_195" href="#Footnote_195" class="fnanchor">[33]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_195" href="#FNanchor_195"><span class="label">[33]</span></a> Père de celui que nous avons trouvé plus haut, rue de +Cléry. Il avoit pris une grande part à l’aplanissement de la +butte que longeoit la rue de Richelieu, et il s’y étoit fait +bâtir un certain nombre de maisons. <i>V.</i> notre <i>Histoire de +la Butte des Moulins</i>.</p> +</div> +<p class="drap">Jacques Guesniers, rue neuve saint Denis.</p> + +<p class="drap">Jean Poisson, rue Jean Beau Sire<a id="FNanchor_196" href="#Footnote_196" class="fnanchor">[34]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_196" href="#FNanchor_196"><span class="label">[34]</span></a> Nous le trouverons plus bas parmi les grands entrepreneurs +de charpentes.</p> +</div> +<p class="drap">Estienne Yvon, rue Montmartre<a id="FNanchor_197" href="#Footnote_197" class="fnanchor">[35]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_197" href="#FNanchor_197"><span class="label">[35]</span></a> Il faisoit des grandes entreprises de toitures. <i>V.</i> plus +bas.</p> +</div> +<p class="drap">François Havart, rue Mauconseil.</p> + +<p class="drap">Martin Coulle<a id="FNanchor_198" href="#Footnote_198" class="fnanchor">[36]</a>, quartier de l’ancienne Estrapade.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_198" href="#FNanchor_198"><span class="label">[36]</span></a> Lisez : Caulle, comme dans l’<i>Almanach royal</i>.</p> +</div> +<p class="drap">Jean Baptiste Marteau, rue Phelipeaux<a id="FNanchor_199" href="#Footnote_199" class="fnanchor">[37]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_199" href="#FNanchor_199"><span class="label">[37]</span></a> Il fut, ainsi que Caulle, qui précède, expert dans l’affaire +de Boule et de Crozat, dont nous avons parlé plus +haut.</p> +</div> +<p class="drap">Jean Laisné, rue Gervais Laurent.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c15">HABITS D’HOMMES<br> +<span class="small">ET DE FEMMES.</span></h3> + + +<p>Monsieur Oultran Tailleur ordinaire du Corps +<span class="pagenum" id="p59">-59-</span> du Roy et de Monseigneur<a id="FNanchor_200" href="#Footnote_200" class="fnanchor">[1]</a>, demeure rue et vis +à vis l’Hôtel de la Monnoye.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_200" href="#FNanchor_200"><span class="label">[1]</span></a> Il s’appeloit Barthélemy Autran, « travaillant seul, dit +l’<i>État de France</i>, pour les habits du Roy, de Monseigneur +le Dauphin et de Messieurs les princes ses enfants ».</p> +</div> +<p>M. Barois aussi Tailleur du Roy<a id="FNanchor_201" href="#Footnote_201" class="fnanchor">[2]</a>, demeure +rue saint Honoré près les Pères de l’Oratoire.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_201" href="#FNanchor_201"><span class="label">[2]</span></a> Il étoit sans doute des douze tailleurs ordinaires. +L’<i>État de France</i> ne le nomme pas.</p> +</div> +<p>Messieurs Francisques<a id="FNanchor_202" href="#Footnote_202" class="fnanchor">[3]</a> et du Puis<a id="FNanchor_203" href="#Footnote_203" class="fnanchor">[4]</a> Tailleurs +de Monsieur et de Monseigneur le Duc de +Chartres, demeurent sçavoir le premier près le +Palais Royal, et le deuxième rue des Petits +Champs.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_202" href="#FNanchor_202"><span class="label">[3]</span></a> L’<i>État de France</i> le nomme Francisque Sérini.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_203" href="#FNanchor_203"><span class="label">[4]</span></a> François-Louis Du Puy. Son fils Gabriel avoit sa charge +en survivance.</p> +</div> +<p>M. Mindy aussi Tailleur de Monsieur, demeure +devant l’Hotel d’Aligre à l’Escouvette<a id="FNanchor_204" href="#Footnote_204" class="fnanchor">[5]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_204" href="#FNanchor_204"><span class="label">[5]</span></a> L’<i>Écouvette</i>, que ce découpeur de draps avoit pour +enseigne, étoit une longue brosse à manche, dont l’apprêteur +se servoit, pendant le pressage des étoffes, pour asperger +d’eau les plaques employées à les chauffer.</p> +</div> +<p>Le Bureau des Maitres et Marchands Tailleurs +de Paris est sur le quay de la Mégisserie<a id="FNanchor_205" href="#Footnote_205" class="fnanchor">[6]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_205" href="#FNanchor_205"><span class="label">[6]</span></a> Il n’y avoit, quai de la Mégisserie, que leur bureau. +La confrérie étoit à la Trinité.</p> +</div> +<p>Les quatre Jurez en Charge de la Communauté, +sont Messieurs Blin cloitre Notre Dame, +la Lande rue saint Antoine, Brigüion rue Neuve +saint Mederic, et Caubet rue de Grenelle.</p> + +<p>Entre les Tailleurs pour hommes qui sont +d’ailleurs renommez pour bien travailler, sont +Messieurs Bonneau, Lagaru, Theveniere et la +Lande devant l’Hôtel d’Aligre, Prévost et Landault +rue des Petits Champs, la Lesse et Durant +<span class="pagenum" id="p60">-60-</span> rue d’Orléans, la Borde rue du Four quartier +saint Eustache, Chapignolle et du Chesne près +la Boucherie de Beauvais<a id="FNanchor_206" href="#Footnote_206" class="fnanchor">[7]</a>, André rue Betizy, +Guérard rue de Montmorency, Ruby rue de +Guénégaud, Bresson rue saint Martin, Bausquet, +Bouret et Ferret rue des Prouvaires, Goguet et +Trallot rue de l’Arbre sec, Juste rue des Bourdonnois, +Migeon devant le Jeu de Metz, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_206" href="#FNanchor_206"><span class="label">[7]</span></a> Cette boucherie, qui devoit son nom à la Halle, dont +elle avoit pris la place, et que s’étoient longtemps partagée +les tisserands de Paris et les marchands de Beauvais, se +trouvoit au coin de la rue Saint-Honoré et des piliers des +Halles.</p> +</div> +<p>Le Sieur Roussel Tailleur privilegié rue saint +Honoré au coin des Pilliers des Halles, tient +magasin de toutes sortes d’habits pour hommes, +neufs et de rencontre.</p> + +<p>Il y a sous les mêmes Pilliers un grand nombre +de Tailleurs Fripiers, qui tiennent magasin d’habits +de rencontre, entre lesquels le Sieur Fournerat<a id="FNanchor_207" href="#Footnote_207" class="fnanchor">[8]</a> +entreprend d’entretenir un homme d’habits +honnêtes pour quatre pistoles par an<a id="FNanchor_208" href="#Footnote_208" class="fnanchor">[9]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_207" href="#FNanchor_207"><span class="label">[8]</span></a> La rédaction est un peu différente dans l’édit. de +1691, p. 25 : « Le sieur Fournerat, marchand fripier, +sous les piliers des Halles, entretient bourgeoisement et +honnêtement d’habits, pour quatre pistoles par an. » +Avant cet article, on y trouve celui-ci : « Il y a une friperie +aux Halles, qui s’étend jusqu’au Pont-Neuf, pour le +commerce des habits tout faits, vieux et neufs, simples et +garnis, et même pour les habits de deuil et pour ceux de +théâtre et de mascarades qu’on peut louer à tant par jour. » +Le Pont-Neuf étoit leur limite. Depuis une ordonnance de +police du 9 mars 1669, ils n’avoient sous aucun prétexte +le droit d’y étaler pas plus qu’à la place Dauphine. On +les parquoit aux Halles et dans les rues avoisinantes pour +mieux pouvoir les surveiller, presque tous étant soupçonnés +d’être des recéleurs.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_208" href="#FNanchor_208"><span class="label">[9]</span></a> Fournerat eut souvent, pour son genre d’industrie, +maille à partir avec les drapiers. Il ne se conformoit +pas — car il travailloit autant sur le neuf que sur le +vieux — à l’arrêt du 6 février 1616, enjoignant aux fripiers +de n’avoir que des morceaux d’étoffes de cinq aunes au +plus, et non des pièces entières. Aussi les drapiers obtinrent-ils +contre lui une condamnation, le 23 décembre 1697. — Les +drapiers étoient, au reste, très-attentifs aux intérêts +de leur commerce et, par là, très-processifs. Ils avoient +eu par exemple, pour faire valoir les droits de leur corporation, +un procès en 1688 avec les marchands de soie. Ils +le gagnèrent. Regnard y fait allusion dans sa farce <i>Le +Divorce</i>, acte III, sc. 6.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p61">-61-</span> Les Frères Tailleurs<a id="FNanchor_209" href="#Footnote_209" class="fnanchor">[10]</a> demeurent à présent rue +saint Denis au bon Pasteur près sainte Opportune.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_209" href="#FNanchor_209"><span class="label">[10]</span></a> C’étoit une communauté, moitié laïque, moitié religieuse, +que ne lioit aucun vœu, mais dont quelques pratiques +religieuses et surtout le travail étoient la règle.</p> +</div> +<p>Il y a au bout de la rue Dauphine un Marchand +Chaussetier qui fait des bas de toiles +pour hommes.</p> + +<p>Entre les fameux Tailleurs pour femmes<a id="FNanchor_210" href="#Footnote_210" class="fnanchor">[11]</a>, sont +Messieurs Regnaud devant l’Hôtel d’Aligre, Villeneuve +près la place des Victoires, Lallemand +rue saint Martin, le Brun, le Maire et Bonjuste +rue de Grenelle, Chalandat rue de l’Arbre sec, +Fabre rue saint Antoine au Plat d’Etain, la +Barque devant le Sepulcre, Bertrand rue des +Petits Champs, Taland vis à vis saint Germain, +etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_210" href="#FNanchor_210"><span class="label">[11]</span></a> Ils étoient moins des tailleurs que des <i>Corsetiers</i> : « Ils +s’attachent particulièrement, dit M. de Paulmy, à faire les +corps et corsets baleinés, ce qui est vraiment un ouvrage +difficile et délicat. » (<i>Mélanges d’une grande Bibliothèque</i>, +t. XXII, p. 223.) — C’est donc comme corsetier et non +autrement que Bandelet, propriétaire de la maison de la rue +de Richelieu où mourut Molière, étoit tailleur de la reine.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p62">-62-</span> Entre les Maîtresses Couturières qui sont en +réputation de bien habiller les Dames, sont +Mesdames Charpentier rue Montorgueil près +saint Eustache, Villeneuve près la place des +Victoires, Remond et Prevot rue des Petits +Champs, Billard rue sainte Avoye, Bonnemain +rue des fossez saint Germain l’Auxerrois, Fauvé +Port saint Landry, etc.</p> + +<p>M. l’Hermineau Brodeur du Roy, demeure +aux Galeries du Louvre<a id="FNanchor_211" href="#Footnote_211" class="fnanchor">[12]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_211" href="#FNanchor_211"><span class="label">[12]</span></a> Il occupoit ce logement des galeries depuis 1663 ; il +y mourut en 1694. L’abbé de Marolles, dans <i>Le Livre des +Peintres</i>, etc., édit. G. Duplessis, p. 87, accorde ce détestable +vers à cet artiste de la broderie :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">Larmino, grand brodeur, le fut aussi du Roy.</div> +</div> + +</div></div> +<p>Les autres Brodeurs qui travaillent pour Sa +Majesté<a id="FNanchor_212" href="#Footnote_212" class="fnanchor">[13]</a> et pour la Cour, sont Messieurs de la +Croix rue Neuve Saint Martin, Quenain rue +d’Enfer<a id="FNanchor_213" href="#Footnote_213" class="fnanchor">[14]</a>, etc.<a id="FNanchor_214" href="#Footnote_214" class="fnanchor">[15]</a></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_212" href="#FNanchor_212"><span class="label">[13]</span></a> Le roi, outre L’Hermineau, avoit deux brodeurs ordinaires.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_213" href="#FNanchor_213"><span class="label">[14]</span></a> « M. Quenain, fameux brodeur, demeure rue d’Enfer, +au faubourg Saint-Michel. » Édit. 1691, p. 63.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_214" href="#FNanchor_214"><span class="label">[15]</span></a> Il faut placer parmi ceux que Blegny ne nomme pas, +Moignon, « excellent brodeur », comme l’écrit Duché dans +une note de ses Pensées, à la suite des <i>Préceptes de Phocylide</i>, +1693, in-12, p. 118, après avoir dit : « Vous êtes jeune, +Lisandre, bien fait, bruyant, effronté, vous avez un habit +brodé par Moignon, un carrosse du bon faiseur… »</p> +</div> +<p>Les Sieurs Thierry, Frères<a id="FNanchor_215" href="#Footnote_215" class="fnanchor">[16]</a>, fameux découpeurs, +demeurent rue Tirechappe, et devant +saint Mederic.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_215" href="#FNanchor_215"><span class="label">[16]</span></a> « Qui découpent les étoffes en perfection. » <i>Id.</i>, p. 60.</p> +</div> +<p>Pour les Habits de Théatre et de Balets, +voyez l’article des Passetemps et Menus Plaisirs.</p> + +<p>M. du Mont près les Quinze Vingts qui fait +<span class="pagenum" id="p63">-63-</span> très bien les Habits ordinaires, travaille aussi +par excellence aux Habits de Theâtre et de +Balets.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c16">COMMERCE DE CHAPEAUX.</h3> + + +<p>Le Bureau de la Communauté des Maîtres et +Marchands Chapeliers est rue de la Pelleterie où +arrivent tous les Caudebecs<a id="FNanchor_216" href="#Footnote_216" class="fnanchor">[1]</a> et autres Chapeaux +manufacturez au dehors.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_216" href="#FNanchor_216"><span class="label">[1]</span></a> Ces chapeaux étoient une fabrication toute spéciale à +la ville de Normandie qui leur avoit donné son nom. Pour +les obtenir, on feutroit la laine d’agneau ou l’agnelin, avec +le poil de chameau et le duvet d’autruche. (Savary, <i>Dictionn. +au Commerce</i>, au mot chapeau.) On en vendoit beaucoup à +Paris. Les vers de Boileau, dans sa VI<sup>e</sup> épître, sont bien +connus :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">Pradon a mis au jour un livre contre vous,</div> +<div class="verse">Et chez le chapelier du coin de notre place,</div> +<div class="verse">Autour d’un <i>Caudebec</i> j’en ai lu la préface.</div> +</div> + +</div></div> +<p>Pour les Bureaux de la Marque des Chapeaux, +voyez l’article des Bureaux publics.</p> + +<p>M. le Page Chapelier du Roy et qui fournit +presque toute la Cour<a id="FNanchor_217" href="#Footnote_217" class="fnanchor">[2]</a>, demeure rue saint Honoré +près les Peres de l’Oratoire.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_217" href="#FNanchor_217"><span class="label">[2]</span></a> Il ne figure pas dans l’État de France. On n’y trouve +nommé que Edme De Jouy, chapelier de Monsieur.</p> +</div> +<p>Entre les Marchands Chapeliers qui tiennent +magasin, et qui font de grosses fournitures aux +troupes et aux Marchands forains, sont Messieurs +Coquelin, Halé l’ainé et Bizoret rue de la vieille +Monnoye, Marie rue des Boucheries saint Germain, +Veron rue du Four, Fromentin près le +Palais Royal, Gobert rue de la Bucherie, Brisan +et le Tourneur rue de Betizy, etc.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p64">-64-</span> Les Veuves<a id="FNanchor_218" href="#Footnote_218" class="fnanchor">[3]</a> qui font aussi un fort grand +commerce de Chapeaux, sont Mesdames Meralde +rue Briboucher, Durant pont saint Michel, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_218" href="#FNanchor_218"><span class="label">[3]</span></a> Ce sont des veuves de maîtres, qui continuoient, avec +la même maîtrise, le commerce de leur mari. Dans la +librairie surtout et l’imprimerie cette succession des veuves, +à Paris du moins, étoit un droit : « A Paris, lisons-nous +dans un document du temps de la Régence, les veuves des +Libraires et Imprimeurs sont dans une possession constante +de continuer la profession de leurs maris. » <i>Minutes des +Lettres du Conseil</i> pour 1717, p. 14, à la Biblioth. du +Ministère de l’Intérieur.</p> +</div> +<p>Entre les Marchands Chapeliers qui tiennent +boutique et qui font un grand détail, sont Messieurs +Herard rue saint Honoré au Grand Mousquetaire, +Vernault rue de l’Arbre sec, le Lievre +et Verron place Maubert, Buquet, le Camus et +Halé cadet fauxbourg saint Marcel, le Page et +Fery Pont Notre Dame, Joffroy près l’aport de +Paris, les Frères Gasteliers Pont au Change<a id="FNanchor_219" href="#Footnote_219" class="fnanchor">[4]</a>, +Aprin Pont Saint Michel au Loüis d’argent, +Menil rue aux Ours, Santerre rue des Juifs, etc.<a id="FNanchor_220" href="#Footnote_220" class="fnanchor">[5]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_219" href="#FNanchor_219"><span class="label">[4]</span></a> Les vieux chapeaux, dont le commerce n’étoit pas +moins considérable que celui des neufs, se vendoient tout +près de là : « pour la commodité de bien des gens, dit +Liger, p. 400, on vend des vieux chapeaux repassez sous +le petit Châtelet. » C’est là que se fournissoit le poëte besogneux, +dont Monteil possédoit manuscrite une requête +rimée au prince de Turenne :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">Je chercherai des nippes au hazard…</div> +<div class="verse">Au Châtelet, à bon marché un feutre,</div> +<div class="verse">Castor tout neuf est trop cher pour un pleutre.</div> +</div> + +</div> +<p>Il a paru dans la <i>Revue des Provinces</i> de juin 1865 ; p. 531, +à l’article <i lang="la" xml:lang="la">Varia</i>, un curieux fragment inédit de l’abbé de +Choisy sur <i>ce que devenoient sous Louis XIV les vieux castors</i>.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_220" href="#FNanchor_220"><span class="label">[5]</span></a> « Il y a un grand magazin de chapeaux rue des +Assis (Arcis) ; un autre rue des Boucheries, faubourg Saint-Germain, +et un autre rue Saint-Denis, au grand Signe. » +Édit. 1691, p. 26.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p65">-65-</span></p> + +<h3 id="c17">OUVRAGES ET MARCHANDISES<br> +<span class="small">DE CORDONNIERS.</span></h3> + + +<p>La Halle aux Cuirs est au bout de la rue de la +Lingerie, où arrivent tous les Cuirs forains<a id="FNanchor_221" href="#Footnote_221" class="fnanchor">[1]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_221" href="#FNanchor_221"><span class="label">[1]</span></a> On y vendoit spécialement « les cuirs à soulier », +suivant l’édit. de 1691, p. 37.</p> +</div> +<p>Le Bureau de la marque des Cuirs où l’on +paye le sol pour livre<a id="FNanchor_222" href="#Footnote_222" class="fnanchor">[2]</a>, est rue Betizy<a id="FNanchor_223" href="#Footnote_223" class="fnanchor">[3]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_222" href="#FNanchor_222"><span class="label">[2]</span></a> « Le bureau du sol pour livre pour les vendeurs de +cuir. » Édit. 1691, p. 36.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_223" href="#FNanchor_223"><span class="label">[3]</span></a> « Devant l’hôtel de Montbason. » <i>Id.</i></p> +</div> +<p>Le Bureau des Maîtres et Marchands Cordonniers, +est sur le quay de la Mégisserie près le +Chatelet<a id="FNanchor_224" href="#Footnote_224" class="fnanchor">[4]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_224" href="#FNanchor_224"><span class="label">[4]</span></a> A quelque distance, se trouvoit un débit de marchandises +dont parle la 1<sup>re</sup> édit., p. 37, et qui n’est mentionné +nulle part dans celle-ci : « les vrais maroquins du Levant +se vendent chez divers marchands pelletiers qui ont leurs +boutiques et magasins près l’égoût du grand Châtelet, et qui +font, d’ailleurs, commerce de buffles, de chamois et de toutes +sortes de peaux. » Un peu plus haut, se lit cet autre détail : +« la manufacture des maroquins rouges, façon du Levant, +est dans la rue de Charonne, faubourg Saint-Antoine. » La +comtesse de Beuvron avoit fait accorder le privilége d’une +fabrique pareille, dont nous avons parlé t. I, p. 109, +sous la condition d’une grosse part dans les bénéfices. +(<i>Correspondance administrat. de Louis XIV</i>, t. III, Introduction, +p. <small>LV</small>.)</p> +</div> +<p>Il y a pour les Cuirs de Paris un grand nombre +de Corroyeurs rue de la Tannerie, rue Marivaux, +cloitre saint Jacques de la Boucherie, et fauxbourg +saint Marcel aux environs des Gobelins.</p> + +<p>Il y a plusieurs Marchands Cordonniers qui +vendent des souliers tous faits aux Halles, rue +<span class="pagenum" id="p66">-66-</span> Notre Dame, rue Dauphine, rue de Bussy et rue +sainte Marguerite<a id="FNanchor_225" href="#Footnote_225" class="fnanchor">[5]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_225" href="#FNanchor_225"><span class="label">[5]</span></a> Ces souliers tout faits se vendoient principalement +aux Halles, où il en venoit de toute la France. Le Berry +en fournissoit beaucoup, la Flandre de même. Déjà, sous +Henri IV, tout ce qu’elle avoit de vieux souliers étoit +expédié à Paris, où on les remettoit à neuf. (Montchrestien, +<i>Traité de l’Œconomie politique</i>, 1615, in-4<sup>o</sup>, p. 108.)</p> +</div> +<p>Entre les fameux Cordonniers pour hommes +qui servent un grand nombre de personnes de +considération, sont les Sieurs Lucas vieille rue +du Temple, Carré rue de la vieille Bouclerie, +Perrot rue de la Verrerie, des Ordres rue saint +Jacques, Raverdy rue saint André, Chiroir sur +les fossez saint Michel, Malbeau rue de la Harpe, +le Breton rue Dauphine, Poiree rue des Nonnandieres, +Soyer porte saint Germain, Parent et +le Basque rue de Bussy, Loziers rue de Seine, +Halloz rue Galande, etc.<a id="FNanchor_226" href="#Footnote_226" class="fnanchor">[6]</a></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_226" href="#FNanchor_226"><span class="label">[6]</span></a> Dans cet <i lang="la" xml:lang="la">et cætera</i> de Blegny il faut placer le cordonnier +Prudent que cite Coulange au premier couplet de +son excellente chanson, <i>Les Moines</i>.</p> +</div> +<p>Entre les Cordonniers pour femmes qui se +font distinguer par la propreté de leurs ouvrages, +sont les Sieurs Raveneau rue des Cordeliers, +Vernon, Gaborry et Couteaux rue des +fossez saint Germain, Bisbot rue Dauphine, +Sulphour rue saint Severin<a id="FNanchor_227" href="#Footnote_227" class="fnanchor">[7]</a>, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_227" href="#FNanchor_227"><span class="label">[7]</span></a> Il ne faut pas s’étonner de voir un cordonnier à la +mode logé dans une rue aussi malpropre que la rue Saint-Séverin ; +celui qui chaussoit, au siècle suivant, la dernière +favorite de Louis XV, ne l’étoit pas mieux. Chantoiseau +l’indique ainsi, en 1773, dans son <i>Almanach général d’indication</i> : +« Charpentier, cul de sac de la Fosse aux Chiens, +cordonnier ordinaire de Madame la Comtesse du Baril (<i>sic</i>) +et autres dames de la Cour. »</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p67">-67-</span> Le Sieur des Noyers rue sainte Anne, fait +des Souliers de femmes d’une grande propreté +qu’il vend un louis d’or<a id="FNanchor_228" href="#Footnote_228" class="fnanchor">[8]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_228" href="#FNanchor_228"><span class="label">[8]</span></a> Le louis d’or étoit alors de 12 livres 10 sols, depuis +1689. Il descendit à 12 livres, en avril 1692, puis à 11 +livres 10 sols, en 1693. (Dangeau, t. III, 39 ; IV, 61, 349.)</p> +</div> +<p>Le Poitevin rue Mazarine, fait<a id="FNanchor_229" href="#Footnote_229" class="fnanchor">[9]</a> des Souliers +d’hommes qui résistent fort à l’eau, et qu’il +vend un demi louis d’or.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_229" href="#FNanchor_229"><span class="label">[9]</span></a> « De très-beaux et bons souliers à la cavalière, qu’il +vend un demi-louis d’or. » Édit. de 1691, p. 25-26.</p> +</div> +<p>Plusieurs Cordonniers des environs du Palais<a id="FNanchor_230" href="#Footnote_230" class="fnanchor">[10]</a>, +dont il a été parlé à l’article des Armes et Bagages +de guerre, font des Souliers de Cuir de botte +qu’ils tiennent tous faits dans leurs boutiques, +et qui sont d’un bon usage en hiver, par exemple, +les Sieurs Noel, Picard, Simon, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_230" href="#FNanchor_230"><span class="label">[10]</span></a> Les pantoufles de velours, autrement appelées <i>mules</i>, +se vendoient au Palais même. Les hommes s’y fournissoient +surtout. (Liger, p. 401.) Ces pantoufles du Palais furent +longtemps célèbres.</p> +</div> +<p>Les Frères Cordonniers logent présentement +rue saint Denis au Bon Pasteur vers sainte Opportune<a id="FNanchor_231" href="#Footnote_231" class="fnanchor">[11]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_231" href="#FNanchor_231"><span class="label">[11]</span></a> Dans l’édit. précédente, p. 61, on lisoit : « les frères +cordonniers demeurent rue des Grands-Augustins. » C’étoit +une communauté pareille à celle des frères tailleurs, dont il +est parlé, p. 61, et avec laquelle, comme on voit, elle étoit +venue se loger sous l’enseigne si bien choisie du <i>Bon-Pasteur</i>. +Racine s’y fournissoit pour son fils aîné : « Vous trouverez, +lui écrit-il, le 26 janvier 1698, dans les ballots de Monsieur +l’Ambassadeur : un étui, où il y a deux chapeaux pour +vous, un castor fin et un demi-castor ; vous y trouverez +aussi une paire de souliers des frères. »</p> +</div> +<p>Le Sieur Goubier Epicier rue de Gesvre, vend +une bonne Cireure pour les Cordonniers<a id="FNanchor_232" href="#Footnote_232" class="fnanchor">[12]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_232" href="#FNanchor_232"><span class="label">[12]</span></a> Son article est plus étendu dans l’édit. précéd. : « le +sieur Goubier, apothicaire-épicier, fait et vend toutes sortes +de bijouterie de cire pour les enfants, et une bonne cire +neuve pour les cordonniers. » Richelet donne dans son +<i>Dictionnaire</i> la recette de ce cirage primitif : « composition +de cire, dit-il, de suif et de noir de fumée, de térébentine +de Venise, de blanc de plomb, et autres ingrédiens qu’on +fait bouillir, pour cirer les bottes, les gros souliers… »</p> +</div> +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p68">-68-</span></p> + +<h3 id="c18">ADRESSES<br> +<i>Concernant les articles precedens, recouvertes +après leur impression.</i></h3> + + +<p>Messieurs Doye et Falaiseau rue des cinq +Diamans, Piogé rue du petit Lion, et Bastonneau +vieille rue du Temple<a id="FNanchor_233" href="#Footnote_233" class="fnanchor">[1]</a>, tiennent comptoirs +pour la Banque et les Remises de places en +places.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_233" href="#FNanchor_233"><span class="label">[1]</span></a> Il étoit de la famille de ces Bastonneau, les gros marchands +de soie, dont Guy Patin a parlé (anc. édit., t. II, +p. 220). Ils étoient venus de Lyon à Paris, où, après avoir +continué leur commerce, ils s’étoient mis dans la banque. +Un d’eux, Claude Bastonneau, avoit, en 1640, été enterré +à St-Eustache (Le Beuf, <i>Hist. du. dioc. de Paris</i>, édit. +Cocheris, t. I, p. 240). En 1662, François Bastonneau et +Pierre Bidal, son associé, marchands de soie, avoient fait +saisir, pour une forte somme qui leur étoit due, les biens +du baron de Blancheface. (<i>Archives hospitalières</i>, Hôtel-Dieu, +t. I, p. 172.)</p> +</div> +<p>M. Bourdon qui grave pour la Taille douce +et pour les Cachets, demeure rue Dauphine, +M. Garrier quay des Orfevres à la Banniere de +France, est encore distingué pour les Cachets.</p> + +<p>Entre les Chirurgiens renommez pour les opérations, +sont Messieurs Lartet Chirurgien du Roy +par quartier<a id="FNanchor_234" href="#Footnote_234" class="fnanchor">[2]</a>, Isle Notre Dame sur le quay Bourbon, +<span class="pagenum" id="p69">-69-</span> et Gervais<a id="FNanchor_235" href="#Footnote_235" class="fnanchor">[3]</a> premier Chirurgien de la feue +Reine et ordinairement de Monseigneur à l’Hôtel +de Noüailles près saint Roch pour la Saignée, +M. du Pré rue Platrière, et pour les accouchements +M. Marcel près la porte saint Martin.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_234" href="#FNanchor_234"><span class="label">[2]</span></a> Il étoit de service chez le Roi pendant le quartier de +janvier.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_235" href="#FNanchor_235"><span class="label">[3]</span></a> Il servoit pendant le quartier d’octobre.</p> +</div> +<p>Madame Parfait au Pavillon des Tuilleries +près la grande Ecurie<a id="FNanchor_236" href="#Footnote_236" class="fnanchor">[4]</a>, est une Sage femme de +distinction<a id="FNanchor_237" href="#Footnote_237" class="fnanchor">[5]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_236" href="#FNanchor_236"><span class="label">[4]</span></a> Celui qui, vers le même temps, commença d’être +appelé le pavillon Marsan.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_237" href="#FNanchor_237"><span class="label">[5]</span></a> Les sages-femmes étoient peu nombreuses alors, +mais d’autant plus considérées. Plusieurs avaient marqué +dans le monde, ainsi la fameuse M<sup>me</sup> Pilou que l’abbé de +Choisy (<i>Mém.</i>, coll. Petitot, 2<sup>e</sup> <i>série</i>, t. 63, p. 515) nous +dit formellement avoir été une accoucheuse ; et la grand’tante +de Racine, M<sup>me</sup> Vitart. (Mesnard, <i>Vie de Racine</i>, p. 40.) +On ne leur reprochoit que de n’être pas assez instruites. +Elles ne l’étoient pas plus à Amsterdam, mais on y avoit +avisé en leur donnant pour maître le célèbre Ruysch. +V. son éloge par Fontenelle, <i>Œuvres</i>, t. VI, p. 512.</p> +</div> +<p>Messieurs Boudin<a id="FNanchor_238" href="#Footnote_238" class="fnanchor">[6]</a>, Poisson<a id="FNanchor_239" href="#Footnote_239" class="fnanchor">[7]</a>, Beaulieu<a id="FNanchor_240" href="#Footnote_240" class="fnanchor">[8]</a> et +Doquican<a id="FNanchor_241" href="#Footnote_241" class="fnanchor">[9]</a> premiers Apoticaires du Corps du +Roy, logent quand ils sont à Paris chez M. de +Rouviere Apoticaire de Sa Majesté près saint +Roch.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_238" href="#FNanchor_238"><span class="label">[6]</span></a> Philibert Boudin. Son service chez le Roi, avec un +aide-apothicaire, le sieur Damaron, étoit celui du trimestre +d’avril.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_239" href="#FNanchor_239"><span class="label">[7]</span></a> Il servoit pendant le quartier de janvier.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_240" href="#FNanchor_240"><span class="label">[8]</span></a> Son service commençoit en octobre.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_241" href="#FNanchor_241"><span class="label">[9]</span></a> Son vrai nom étoit de Hoquiquant, comme le donne +l’<i>État de France</i>. Il étoit de service pendant le quartier de +juillet.</p> +</div> +<p>M. Benoist qui tient le Cercle Royal rue des +saints Pères, et Mademoiselle Benoist rue saint +Antoine, font très bien les Portraits en cire<a id="FNanchor_242" href="#Footnote_242" class="fnanchor">[10]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_242" href="#FNanchor_242"><span class="label">[10]</span></a> Ce Benoît fut, avec plus de perfection, le <i>Curtius</i> +du <small>XVII</small><sup>e</sup> siècle. Il faisoit, en effet, avec la cire, des +portraits d’une ressemblance inouïe. Le plus curieux spécimen +qui nous en soit parvenu, est celui de Louis XIV, +retrouvé à Versailles par Eudore Soulié et placé aujourd’hui +dans la chambre à coucher du Roi. Ses masques, +dont Saint-Simon a parlé, n’étoient pas moins étonnants : +« On avoit fait, dit-il, t. III, p, 135, pendant +l’hiver précédent, plusieurs masques de cire de personnes +de la Cour, au naturel, qui les portoient sous d’autres +masques, en sorte qu’en se démasquant on y étoit trompé +en prenant le second masque pour le visage, et c’en étoit +un véritable, tout différent, qui étoit dessous ; on s’amusa +fort à cette badinerie. » Ailleurs, t. II, p. 72, il nous avoit +déjà fait voir, dans un autre bal de la Cour, un masque, +dont les quatre visages de cire, représentant quatre personnes +différentes, et qu’il faisoit tourner avec la plus amusante +adresse, avoient intrigué tout le monde. — Benoist +ne s’en tenoit pas à l’industrie des bustes et des masques, +il faisoit aussi des personnages de grandeur naturelle. C’est +ce qu’il appeloit son <i>Cercle</i>, ou <i>le Cercle du Louvre</i>, comme +dit Robinet dans sa <i>Gazette</i> du 23 fév. 1667, époque vers +laquelle il en commença l’exhibition. Chaque année, il l’exposoit +à la foire Saint-Germain, voisine de son logement de +la rue des Saints-Pères. Dancourt en fait une des principales +curiosités de cette foire : « <span class="sc">Lorange</span>. Voyez ici, Messieurs, +le Cercle nouveau des figures parlantes, aussi hautes que le +naturel. » <i>La foire Saint-Germain</i> (1696), scène XVIII. La +Bruyère n’a pas oublié Benoît. « B…, dit-il, s’enrichit à +montrer dans un <i>Cercle</i> des Marionnettes. » Benoît devint +riche en effet : lorsqu’il mourut, en 1717, il l’étoit. Le Roi +y avoit aidé, en lui donnant, en 1668, le titre de son sculpteur +en cire, et permission d’exposer dans tout le royaume +« les personnes de tout rang qui composoient le cercle de +la feue Reine, d’en faire même de nouveaux, et de masquer +en cire à sa convenance. » Cette permission, qui étoit de +trente ans, lui fut continuée sous forme de privilége +exclusif, pour trente années encore, en 1688. Il étoit né +en 1632 à Joigny, où il avoit fondé un lit à l’hôpital. +V. <i>Rev. des Soc. sav.</i>, 4<sup>e</sup> série, t. II, p. 232.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p70">-70-</span> M. Coquelin Chancelier de l’Eglise de Paris<a id="FNanchor_243" href="#Footnote_243" class="fnanchor">[11]</a>, +demeure rue saint Louis en l’Isle.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_243" href="#FNanchor_243"><span class="label">[11]</span></a> Il avoit, comme chancelier, le sceau du chapitre de +Notre-Dame, et une partie du soin des petites écoles lui +revenoit. Il faisoit aussi l’ouverture des conférences de l’archevêché. +Ménage, qui logeoit au cloître et en savoit toutes +les histoires, en racontoit une à ce sujet : « M. Coquelin, +ayant quitté la perruque, étoit presque méconnaissable. En +ce temps-là, il fit l’ouverture d’une des conférences archiépiscopales, +fort bien à son ordinaire. M. de Vert lui dit : +Monsieur, je ne vous ai reconnu qu’à votre éloquence. » +(<i>Menagiana</i>, t. II, p. 72.)</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p71">-71-</span> On recite tous les Samedis et veilles de la +Vierge, des Motets en musique à Notre Dame +devant sa Chapelle après Complie.</p> + +<p>M. Chartrain dont on n’a pas l’adresse, est +un grand maître pour le Grec<a id="FNanchor_244" href="#Footnote_244" class="fnanchor">[12]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_244" href="#FNanchor_244"><span class="label">[12]</span></a> Il étoit de la même famille que le M. Chartrain indiqué +plus haut, t. I, p. 257, comme excellent maître de +géographie, histoire, blason, etc.</p> +</div> +<p>Les Medecins en leur Collège rue de la Bucherie, +visitent gratuitement les pauvres Malades +tous les Samedis matin, et les Chirurgiens sous +les Charniers de S. Côme tous les premiers Lundis +des mois.</p> + +<p>M. Gaultier enseigne en ville et chez luy rue +des Petits Champs, l’Architecture civile et militaire, +et généralement les parties de Mathématiques.</p> + +<p><i>Nota.</i> Qu’outre les jours marquez pour les +Audiances des Officiers du Grenier à Sel, ils les +tiennent encore tous les Lundis en Janvier, Octobre, +Novembre et Décembre.</p> + +<p>On vend des Truffles rue Serpente au Messager +de Thoulouse<a id="FNanchor_245" href="#Footnote_245" class="fnanchor">[13]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_245" href="#FNanchor_245"><span class="label">[13]</span></a> Il étoit du bel usage, selon Richelet, d’écrire et de +prononcer <i>truffles</i>. Elles étoient un régal en vogue. Les +dames surtout en étoient très-friandes. (L’abbé de Villiers, +<i>Vérités satiriques</i>, p. 199.)</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p72">-72-</span> Aux environs du Temple, de la porte Mouton +et de la porte saint Louis, il y a des femmes qui +fournissent aux malades du lait d’anesse<a id="FNanchor_246" href="#Footnote_246" class="fnanchor">[14]</a>, de +vaches et de chevres frais tiré.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_246" href="#FNanchor_246"><span class="label">[14]</span></a> C’étoit déjà, sur la recommandation des médecins galénistes, +qui l’avoient trouvé prescrit par Galien, leur +maître, un des remèdes en vogue pour les poitrines débilitées. +Gui Patin dit que sa grand’mère put vivre jusqu’à +quatre-vingts ans, parce qu’elle avoit pris du lait d’ânesse +pendant soixante. (<i>Lettres</i>, édit. in-8, t. III, p. 462-463.)</p> +</div> +<p>M. Martin rue de Richelieu, est encore un +fameux pour le Clavesin<a id="FNanchor_247" href="#Footnote_247" class="fnanchor">[15]</a>, M. de Vizé à Luxembourg +pour le Theorbe<a id="FNanchor_248" href="#Footnote_248" class="fnanchor">[16]</a>, Louis Horteterre près +saint Jacques de la Boucherie pour tous les Instrumens +à vent<a id="FNanchor_249" href="#Footnote_249" class="fnanchor">[17]</a>, des Cotteaux au fauxbourg +saint Antoine, et Filbert rue saint Antoine pour +la Flute Allemande<a id="FNanchor_250" href="#Footnote_250" class="fnanchor">[18]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_247" href="#FNanchor_247"><span class="label">[15]</span></a> Blegny oublie qu’il l’a déjà dit plus haut.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_248" href="#FNanchor_248"><span class="label">[16]</span></a> Il n’avoit été cité plus haut, t. I, p. 211, au chapitre +des musiciens que pour son talent sur la guitare, fort +semblable du reste au théorbe. C’est pour la guitare qu’il +est surtout vanté dans les lettres de Mad. de Sévigné, +t. X, p. 352. Un autre instrument de la même famille que +le théorbe, le luth, et la guitare étoit « l’angélique » dont +jouoit « excellement », suivant Richelet, t. I, p. 59, Lefèvre, +de la même famille que celui que nous avons vu, +t. I, p. 209, parmi les fabricants d’orgues.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_249" href="#FNanchor_249"><span class="label">[17]</span></a> Il étoit de la famille de Colin et Jean, qui ont eu +plus haut, t. I, p. 212, leur mention pour la fabrication +des instruments.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_250" href="#FNanchor_250"><span class="label">[18]</span></a> Blegny ne fait encore que répéter à peu près ce qu’il +a déjà dit. V. t. I, p. 212-213.</p> +</div> +<p>M. Coquart rue Simon le Franc, fait commerce +en gros de toutes sortes de cannes<a id="FNanchor_251" href="#Footnote_251" class="fnanchor">[19]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_251" href="#FNanchor_251"><span class="label">[19]</span></a> Nous verrons un peu plus loin, par les bois dont il +faisoit commerce, qu’il étoit tablettier. Ses cannes ne pouvoient +donc être d’un grand prix. Des arrêts, que celui du +26 avril 1700 confirma, enjoignoient, en effet, aux tablettiers, +de ne vendre qu’une seule espèce de cannes, sans +ornement d’or, d’argent ou d’acier.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p73">-73-</span> Messieurs Halin rue Jean saint Denis, indiquez<a id="FNanchor_252" href="#Footnote_252" class="fnanchor">[20]</a> +pour les Timballes et Trompettes, sont +aussi d’excellens Maîtres pour le Basson<a id="FNanchor_253" href="#Footnote_253" class="fnanchor">[21]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_252" href="#FNanchor_252"><span class="label">[20]</span></a> <i>V.</i> plus haut, t. I, p. 215, à la suite des maîtres, +pour l’art de chanter.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_253" href="#FNanchor_253"><span class="label">[21]</span></a> C’est le <i lang="it" xml:lang="it">fagotto</i> italien, adopté depuis peu chez nous, +où on l’avoit appelé « basson », parce qu’il y servoit +surtout de basse dans les concerts de musette, alors à la +mode. (Mersenne, <i>Harmonie du Monde</i>, liv. 5.)</p> +</div> +<p>Mademoiselle Cochois rue Briboucher près +saint Josse<a id="FNanchor_254" href="#Footnote_254" class="fnanchor">[22]</a>, est fort stilée aux Coiffures de +Toilles et de Dentelles pour les Dames<a id="FNanchor_255" href="#Footnote_255" class="fnanchor">[23]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_254" href="#FNanchor_254"><span class="label">[22]</span></a> La chapelle Saint-Josse faisoit le coin de la rue Aubry-le-Boucher +et de la rue Quincampoix.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_255" href="#FNanchor_255"><span class="label">[23]</span></a> Les marchands lingers et les marchandes lingères +étoient depuis longtemps en nombre dans la rue Aubry-le-Boucher. +Bodeau, le riche linger, qui fit tant de folies pour +M<sup>lle</sup> Paulet, y logeoit. C’est là que Lemaître, dont le fils, +Antoine Lemaître, fut une des gloires de Port-Royal, avoit +sa boutique de dentelles de Flandre ; enfin, c’est rue Aubry-le-Boucher +que M<sup>me</sup> Coisnard, la grosse lingère et dentellière, +fit sa fortune. (<i>V.</i> Tallemant, <i>Historiettes</i>, édit. P. +Paris, t. I, 225 ; III, 16, 34, 114 ; VI, 116.)</p> +</div> +<p>Madame Roüin devant le Collège des Plessis +fait des Rabats unis par excellence<a id="FNanchor_256" href="#Footnote_256" class="fnanchor">[24]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_256" href="#FNanchor_256"><span class="label">[24]</span></a> Dans l’édit. précéd., elle est nommée avec « le sieur +Des Trapières, rue Bétizy, aux Trois-Bourses », p. 62.</p> +</div> +<p>M. Ladoireau rue Tictonne fait de beaux Ouvrages +d’Orfèvrerie<a id="FNanchor_257" href="#Footnote_257" class="fnanchor">[25]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_257" href="#FNanchor_257"><span class="label">[25]</span></a> Pour une saisie faite chez lui, en 1693, <i>v.</i> t. I, p. 244, +note 4.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c19">DIVERSES ADRESSES<br> +<i>Concernant des talens distinguez des articles +précédens.</i></h3> + + +<p>Entre les Orlogeurs qui sont en réputation +<span class="pagenum" id="p74">-74-</span> pour les Montres et Pendules, sont Messieurs +Turet aux Galeries du Louvre<a id="FNanchor_258" href="#Footnote_258" class="fnanchor">[1]</a>, de Mergue Cour +Neuve du Palais, Cribelin rue de Bussy, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_258" href="#FNanchor_258"><span class="label">[1]</span></a> Il avoit ce logement des galeries depuis le 30 janvier +1686 : « Isaac Turet, écrit G. Brice, horloger de l’Académie +des Sciences, qui a beaucoup contribué à perfectionner +la pendule. » (3<sup>e</sup> édit., t. I, p. 73.) Il ne faut pas le confondre +avec Huret « horlogeur du Roy », gendre de Bérain.</p> +</div> +<p>Le Sieur Chambon habile Guainier, demeure +Cour neuve du Palais.</p> + +<p>Le Sieur le Sansonnier Ecrivain Juré de l’Université, +a le talent de bien dresser et de bien +écrire les Placets sur quelque sujet que ce soit, +dont il garde religieusement le secret<a id="FNanchor_259" href="#Footnote_259" class="fnanchor">[2]</a>, son Bureau +est à l’Hôtel de la Préférence sous le Cadran +de l’Eglise des Innocens.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_259" href="#FNanchor_259"><span class="label">[2]</span></a> Blegny nous surfait beaucoup l’honnêteté de l’écrivain-juré. +Il n’étoit rien moins que sûr. Il fut compromis, en +1699, avec les prévaricateurs du commerce des blés et +arrêté. Les détails de son affaire se trouvent dans les <i>mss.</i> +Delamarre, à <i>la Biblioth. Nat.</i>, n<sup>o</sup> 21,644, p. 187.</p> +</div> +<p>Le Sieur le Febvre rue de Venise au quartier +de la rue Quinquempoix, vend et loue des chevaux +à toutes mains.</p> + +<p>Nicolas le Heurteur, aporte à Paris de Fleury-la-Forest +en Normandie, toutes sortes de boettes +de Liettiers<a id="FNanchor_260" href="#Footnote_260" class="fnanchor">[3]</a> qu’il vend en gros à juste prix ; il +vient ordinairement deux fois le mois et loge +rue Montorgueil à l’image saint Nicolas.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_260" href="#FNanchor_260"><span class="label">[3]</span></a> C’est laïettier qu’il faut lire. La « laïette » n’étoit, en +effet alors, qu’une de ces sortes de boîtes qu’on faisoit venir +de Fleury-la-Forest, près les Andelys, d’où il n’en vient +plus : « petit coffre de bois, dit Richelet, qui n’a qu’une +simple serrure, et qui n’est couvert ni de peau ni de cuir. »</p> +</div> +<p>Le Bois d’Ebène et de Gayac, sont commercez +en gros par M. Coquart rue Simon le Franc.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p75">-75-</span> La Dame Passavant<a id="FNanchor_261" href="#Footnote_261" class="fnanchor">[4]</a> près la Magdelaine a le +talent de bien faire les Bonnets carrez.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_261" href="#FNanchor_261"><span class="label">[4]</span></a> « Sage-femme. » Édit. 1691, p. 26.</p> +</div> +<p>On fait des Calottes de toile jaune et de ratine +à mettre sous les perruques, chez un Calotier à +la porte neuve du Palais.</p> + +<p>La Manufacture de Stuc Cuit<a id="FNanchor_262" href="#Footnote_262" class="fnanchor">[5]</a> est au fauxbourg +saint Antoine.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_262" href="#FNanchor_262"><span class="label">[5]</span></a> Le stuc est toujours cuit. C’est du plâtre mêlé de +poudre de marbre, qu’une forte cuisson durcit, et permet +de polir. On en faisoit alors des plafonds, sur lesquels on +peignoit comme à fresque.</p> +</div> +<p>Les faiseurs de Fourneaux et de Creusets servant +à la Chimie, demeurent place de l’Hotel de +Conty, rue Mazarini et au fauxbourg saint +Jacques.</p> + +<p>Le Sieur Rohault Emailleur<a id="FNanchor_263" href="#Footnote_263" class="fnanchor">[6]</a> rue saint Denis, +fait des Figures et Aigrettes d’émail.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_263" href="#FNanchor_263"><span class="label">[6]</span></a> <i>V.</i> les notes sur lui et sur Hubin, qui suit, au chapitre +du <i>Commerce de Curiositez</i>, t. I, p. 242.</p> +</div> +<p>Les Yeux artificiels se font chez le même +Hubin rue saint Martin et chez le Sieur le Quin +rue Dauphine.</p> + +<p>La Folie rue du petit Pont<a id="FNanchor_264" href="#Footnote_264" class="fnanchor">[7]</a>, et Thevenot rue +Git le Cœur, affichent pour le public.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_264" href="#FNanchor_264"><span class="label">[7]</span></a> Dans la première édit., p. 59, son adresse est donnée +« rue de la Huchette, aux Trois-Bources ». A la suite, vient +« le Comte, rue du Petit-Pont, à la Rose-Rouge ».</p> +</div> +<p>Le Sieur Bara qui vend du Canepin<a id="FNanchor_265" href="#Footnote_265" class="fnanchor">[8]</a> pour boucher +les bouteilles, demeure au cul de sac de la +porte saint Martin<a id="FNanchor_266" href="#Footnote_266" class="fnanchor">[9]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_265" href="#FNanchor_265"><span class="label">[8]</span></a> On appeloit ainsi l’épiderme de peau d’agneau ou de +chevreau. Il avoit servi, comme un vélin très-fin, pour +écrire ; et nous ne serions pas surpris que le mot <i>calepin</i> +en fût venu, quoi qu’en dise l’étymologie courante.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_266" href="#FNanchor_266"><span class="label">[9]</span></a> Les Bara étoient nombreux dans Paris et d’industries +différentes. M<sup>me</sup> Sand, <i>Histoire de ma vie</i>, t. I, p. 19, en +cite un, qui avoit été parrain de sa mère, et dont nous +avons connu le petit-fils, qui vendoit des oiseaux, comme +son aïeul, au coin de la rue Saint-Claude et du boulevard, +dans l’hôtel où avoit logé Cagliostro. Le grand-père de +M<sup>me</sup> Sand étoit lui-même « maître oiselier » et de plus +« maître paulmier », ce qui ne nous surprend pas, les +marchands d’oiseaux faisant volontiers plusieurs métiers. +Un d’eux, que Blegny n’auroit pas dû oublier au chapitre +du <i>Commerce de Curiositez</i>, s’étoit enrichi à vendre toutes +sortes de bijoux, après n’avoir d’abord vendu que « des +cages de prix et des oiseaux ». On ne l’appeloit pour cela +que l’Oyselier. Son vrai nom ne nous est pas parvenu. +(<i>Mercure galant</i>, nov. 1683, p. 287.) Chevreau parle de lui +dans cette note de ses <i>Œuvres meslées</i>, 1697, in-8<sup>o</sup>, p. 200 : +« L’Oiselier étoit un fameux marchand de Paris, qui vendoit +à toute la Cour toutes sortes de curiosités. »</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p76">-76-</span> Le Sieur Dalesme<a id="FNanchor_267" href="#Footnote_267" class="fnanchor">[10]</a> rue saint Denis près la +fontaine la Reine, vend des Plumes et Semelles +d’acier de son invention, et encore un Tuyau de +tolle de fer, où l’on brule le bois sans cheminée +et sans fumée.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_267" href="#FNanchor_267"><span class="label">[10]</span></a> André Dalesme, qui, de simple marchand de tuyaux +fumivores, devint membre de l’Académie des Sciences. On +voit ici qu’il avoit devancé les inventeurs de plumes d’acier. +Il toucha de près aussi à l’invention du <i>Thermolampe</i> et à +celle de la machine à vapeur. <i>V.</i> sur lui, <i>le Vieux-Neuf</i>, +2<sup>e</sup> édit., t. II, p. 384-385.</p> +</div> +<p>La bonne faiseuse de Mouches demeure rue +saint Denis à la perle des Mouches<a id="FNanchor_268" href="#Footnote_268" class="fnanchor">[11]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_268" href="#FNanchor_268"><span class="label">[11]</span></a> Blegny auroit bien dû nous dire son nom. Nous aurions +su ainsi — ce qui ne manquoit pas de curiosité — si +c’étoit toujours la femme Chevalier, dont, suivant l’auteur +du <i>Peintre-Graveur</i>, la fille Madeleine avoit épousé le peintre +Bernard, et étoit devenue mère du fameux financier Samuel +Bernard. — <i>V.</i> dans nos <i>Variétés</i>, t. VII, p. 9, une pièce +de 1661, <i>La faiseuse de mouches</i>.</p> +</div> +<p>Les Manufactures de Toilles cirées sont dans +la grande rue du fauxbourg saint Antoine<a id="FNanchor_269" href="#Footnote_269" class="fnanchor">[12]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_269" href="#FNanchor_269"><span class="label">[12]</span></a> C’est à Paris qu’il s’en fabriquoit le plus. Jusqu’à la +fin du dernier siècle, le secret de l’enduit des toiles cirées +fut gardé par ceux qui les fabriquoient.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p77">-77-</span> Les Boisseliers de la Halle au bled font<a id="FNanchor_270" href="#Footnote_270" class="fnanchor">[13]</a> les +tamis d’Apoticaires et de Parfumeurs.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_270" href="#FNanchor_270"><span class="label">[13]</span></a> « Un particulier commerce de tamis à passer les +poudres. » Édit. 1691, p. 64.</p> +</div> +<p>Le Sieur Barbier qui indique des Privilèges à +vendre et à louer pour les Arts et Métiers, demeure +rue des Lombars au Plat d’Etain.</p> + +<p>Le Sieur Jo et quelques autres Potiers d’Etain +près la porte saint Marcel, font de grandes et +petites Seringues qu’ils vendent aux Marchands +à juste prix.</p> + +<p>Le Sieur Colson fauxbourg saint Antoine devant +la rue de Charonne, a un particulier talent +pour monter les Scelets<a id="FNanchor_271" href="#Footnote_271" class="fnanchor">[14]</a> de toutes sortes d’Animaux, +et pour les monter en poil et en plumes.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_271" href="#FNanchor_271"><span class="label">[14]</span></a> C’est ainsi qu’on écrivoit encore squelette. L’orthographe +d’Ambroise Paré se rapproche toutefois un peu plus +de cette dernière forme : « une desquelles, dit-il, parlant +d’autruches qu’on faisoit voir à Paris, estant morte, me fut +donnée, et en fis un <i>scelette</i>. » Ailleurs, il dit un « sceletos », +se rapprochant ainsi tout-à-fait du mot grec, d’où vient +squelette, et qui signifie séché.</p> +</div> +<p>M. Antoine, Chevalier et Medecin Général +des Hopitaux du saint Esprit<a id="FNanchor_272" href="#Footnote_272" class="fnanchor">[15]</a>, logé au Collège +de Boncour, se dispose à donner des preuves +publiques du secret qu’il dit avoir trouvé, pour +connoitre par la disposition des poux et des +urines, les causes cachées et les crises futures +des plus extraordinaires maladies ; il a une nouvelle +<span class="pagenum" id="p78">-78-</span> espèce de plante Sensitive<a id="FNanchor_273" href="#Footnote_273" class="fnanchor">[16]</a> que les curieux +ont veüe avec admiration.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_272" href="#FNanchor_272"><span class="label">[15]</span></a> Il n’y avoit à Paris qu’un hôpital du Saint-Esprit, +celui qui occupoit tout le côté gauche des bâtiments qu’envahit +ensuite tout entiers son voisin l’Hôtel-de-Ville. On +n’y recevoit que des orphelines légitimes et il s’appeloit +aussi <i>Hôpital des Enfants-Dieu</i>.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_273" href="#FNanchor_273"><span class="label">[16]</span></a> La Sensitive, <i lang="la" xml:lang="la">mimosa pudica</i>, bien qu’elle eût été +importée d’Amérique sous Henri IV, par Robin, avec les +autres espèces du genre acacia, n’étoit pas encore bien +connue, comme on le voit ici. L’Académie des Sciences ne +s’en étoit même pas encore occupée. Mairan n’en fit l’objet +d’un premier travail qu’en 1729, puis on eut en 1736 le +mémoire plus complet de Du Fay.</p> +</div> +<p>Le Sieur Lelot sur le Quay neuf<a id="FNanchor_274" href="#Footnote_274" class="fnanchor">[17]</a> à la Perruque +d’or, trace et peint les Cadrans au soleil<a id="FNanchor_275" href="#Footnote_275" class="fnanchor">[18]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_274" href="#FNanchor_274"><span class="label">[17]</span></a> On appela presque toujours ainsi, jusqu’au commencement +du <small>XVIII</small><sup>e</sup> siècle, comme on le voit par <i>le Journal</i> +de Barbier, édit. in-18, t. I, p. 142, le quai voisin de la +Grève, construit, en 1675, sous la prévôté de Claude Le +Pelletier, qui lui avoit donné son nom.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_275" href="#FNanchor_275"><span class="label">[18]</span></a> Il étoit rare qu’il n’y eût pas dans la cour ou le jardin +de chaque hôtel un de ces cadrans peints sur la muraille +en bonne exposition.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c20">OMISSIONS ET CHANGEMENS.</h3> + + +<p>On aurait dû dire à l’article des Vacations des +Tribunaux.</p> + +<p>Que Nosseigneurs de la Cour des Aydes prennent +les mêmes vacations que le Parlement, et +encore les veilles de Fêtes de Notre Dame, le +lendemain de la saint Jean, et la veille et le lendemain +de la Magdelaine.</p> + +<p>Qu’à la Chambre des Comptes on n’entre ni +les Jeudis ni les Samedis ni les veilles de Fetes +de relevée<a id="FNanchor_276" href="#Footnote_276" class="fnanchor">[1]</a>, et que la Chambre vaque d’ailleurs +le Jeudi de la mi-Carême, en May le neuf, en +juin le onze, et encore depuis le Vendredy qui +<span class="pagenum" id="p79">-79-</span> precede la Pentecôte jusqu’au lendemain de la +Trinité ; en Septembre le onze, et encore depuis +le vingt dudit mois jusqu’au lendemain de la +saint Denis, en Octobre le dix huit jour de saint +Luc, et le trente et un veille de la Toussaints, +en Novembre le vingt cinq jour de sainte Catherine, +en Décembre le six jour de saint Nicolas +et le vingt quatre veille de Noël, outre les veilles +et Fêtes de la Vierge, les Foires, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_276" href="#FNanchor_276"><span class="label">[1]</span></a> Les fêtes de relevée étoient celles où l’on ne siégeoit +pas « de relevée », c’est-à-dire après midi.</p> +</div> +<p>Qu’au Chatelet les Vacations durent depuis +le 9 Septembre jusqu’à la saint Simon et saint +Jude ; et qu’outre les jours de Vacations qui sont +communes à tous les Tribunaux et particulierement +au Parlement ; on y vaque encore en janvier +le 22 jour de S. Vincent, en May les 2, 6, +9, 10 et 19, et les veilles de la Pentecôte, de la +Fete Dieu et de l’Octave, en Juillet le 31, et en +Octobre le premier.</p> + +<p>La veuve Nion à l’adresse marquée à la première +page, vend un traité très curieux sur les +Vapeurs du Corps humain<a id="FNanchor_277" href="#Footnote_277" class="fnanchor">[2]</a> de M. Lange Medecin +de la Societé Royale ; et le Medecin sincère +de M. de la Haye Docteur en Medecine.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_277" href="#FNanchor_277"><span class="label">[2]</span></a> Voici le vrai titre : <i>Traité des Vapeurs</i>, par M. Lange, +1689, Paris, chez Nyon.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> + +<h3>CHANGEMENS.</h3> + + +<p>Les Fermes des Aydes et Domaines de France +et droits y joints, ont été réunies en cinq grosses +Fermes.</p> + +<p>Le Département de Messieurs les Fermiers +Généraux des Fermes Unies, pour le service +<span class="pagenum" id="p80">-80-</span> desdites Fermes, pendant l’année 1692, a été +réglée comme il s’ensuit par Monseigneur le +Controlleur Général.</p> + + +<p class="c"><span class="sc">Paris.</span></p> + +<p class="c small">I.</p> + +<p class="ind">Messieurs<a id="FNanchor_278" href="#Footnote_278" class="fnanchor">[1]</a></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_278" href="#FNanchor_278"><span class="label">[1]</span></a> La plupart des noms qui suivent ayant figuré au chapitre +des Fermiers généraux, t. I, p. 28 et suiv., nous n’y +reviendrons pas. Nous dirons seulement quelques mots de +ceux qui sont nouveaux ici et méritent quelque attention.</p> +</div> +<p>Berthelot, Turgis, de la Porte, Courchamp, +Bigodet<a id="FNanchor_279" href="#Footnote_279" class="fnanchor">[2]</a>, Blin et Thomé :</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_279" href="#FNanchor_279"><span class="label">[2]</span></a> Il devint secrétaire du Roi, et il étoit, en 1702, un +des plus considérables des Fermes. Il logeoit dans un magnifique +hôtel, rue Coquillière.</p> +</div> +<p>La Regie du Bureau Général de la Douane et +Droits y joints, et des Greniers à Sel de la Ville +et Généralité de Paris.</p> + +<p class="c small">II.</p> + +<p>Pelissier, Laugeois, le Maistre, Arnaud, Dapongny, +Rancy<a id="FNanchor_280" href="#Footnote_280" class="fnanchor">[3]</a>, Henault :</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_280" href="#FNanchor_280"><span class="label">[3]</span></a> Paul-Étienne Brunet de Rancy, frère des trois autres, +que nous avons vus plus haut : Brunet de Chailly, Brunet +de Montferrand et Brunet de Vauxge. Il devint secrétaire +du Roi. En 1695, ayant été envoyé en Bretagne dans +l’intérêt des Fermes, les États se plaignirent qu’il leur en +avoit coûté cent mille francs d’augmentation. (<i>Correspondance +des Contrôleurs généraux</i>, n<sup>o</sup> 1478.) C’est lui qui, +après la mort de M<sup>me</sup> de Sévigné, vint habiter l’hôtel +Carnavalet.</p> +</div> +<p>La Régie de la Ferme du Tabac et dument +demaine d’Occident.</p> + +<p class="c small">III.</p> + +<p>Luillier, du Ruaupallu, Turgis, Menon, de la +Porte, Mouchy, Rancy et Blin :</p> + +<p><span class="pagenum" id="p81">-81-</span> Le Soin et Fournissement des Gabelles de +France.</p> + +<p class="c small">IV.</p> + +<p>Laugeois, Remond, Menon, d’Apougny, le +Normand, Hénault :</p> + +<p>La Regie des Entrées de Paris.</p> + +<p>Du Gros<a id="FNanchor_281" href="#Footnote_281" class="fnanchor">[4]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_281" href="#FNanchor_281"><span class="label">[4]</span></a> Le « gros » étoit le revenu, le produit fixe des impôts, +et, par conséquent, le contraire du « casuel ».</p> +</div> +<p>Du Huitieme<a id="FNanchor_282" href="#Footnote_282" class="fnanchor">[5]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_282" href="#FNanchor_282"><span class="label">[5]</span></a> Droit payé au Roi par les cabaretiers de Paris, pour +chaque muid de vin qu’ils vendoient à pot ou à assiette.</p> +</div> +<p>Du Pied-Fourché<a id="FNanchor_283" href="#Footnote_283" class="fnanchor">[6]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_283" href="#FNanchor_283"><span class="label">[6]</span></a> Droit d’entrée sur le bétail à pied fourchu : moutons, +chèvres, etc. L’Estoille (<i>Édit. du Panthéon</i>, t. II, p. 422) +a parlé de cet impôt déjà fort ancien de son temps. Ceux +qui l’affermoient en devoient une part à l’Hôtel-Dieu. +V. <i>Inventaire des Archives hospitalières</i>, t. I, p. 359 et 391.</p> +</div> +<p>Et des Droits de Rivières et leurs Dependances.</p> + +<p class="c small">V.</p> + +<p>Luillier, le Maistre, Courchamp, le Tellier, +Delpesche, Montry :</p> + +<p>La Régie du Papier et Parchemin Timbré de +la Ville et Genéralité de Paris.</p> + +<p>Des Aydes du plat Païs<a id="FNanchor_284" href="#Footnote_284" class="fnanchor">[7]</a> et Versailles.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_284" href="#FNanchor_284"><span class="label">[7]</span></a> La banlieue.</p> +</div> +<p>Et des grandes Entrées de Rouen, Diepe, le +Hâvre, et ses dépendances.</p> + +<p class="c small">VI.</p> + +<p>Luillier, Laugeois, du Ruaupallu, le Tellier, +le Maistre, Courchamp, Arnaud, Thomé :</p> + +<p><span class="pagenum" id="p82">-82-</span> Le soin de faire remettre les deniers des Provinces +à la Recette générale.</p> + +<p>De faire payer tous les Sous Fermiers.</p> + +<p>De Vérifier et Controller les Caisses.</p> + +<p>De faire les payemens au Trésor Royal.</p> + +<p>D’acquiter les Charges des Etats du Roi.</p> + +<p>Et des Comptes à rendre au Conseil et à la +Chambre.</p> + +<p class="c small">VII.</p> + +<p>Laugeois, l’Huillier, du Ruaupallu, Arnaud, +Delpesches, Romanet, Dumas, Henault :</p> + +<p>La suite des Etats Alphabétiques<a id="FNanchor_285" href="#Footnote_285" class="fnanchor">[8]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_285" href="#FNanchor_285"><span class="label">[8]</span></a> Ce sont les états indiqués dans la série précédente, +l’état des pensions notamment.</p> +</div> +<p>L’examen des produits.</p> + +<p>La Verification des Passe-ports de Sa Majesté.</p> + +<p>Et les Arretez des Comptes des Directions et +des Comptes de Societé.</p> + +<p class="c small">VIII.</p> + +<p>Pelissier, Rémond, Menon, Mouchy, de la +Porte, Cormery, Dumas, Vauxge :</p> + +<p>Le Contrôle Général de toute la Depense de +la Ferme.</p> + +<p>La Garde des Papiers, Registres et Titres de +la Ferme.</p> + +<p class="c small">IX.</p> + +<p>Pelissier, Menon, Vallier, Lagny, Henault, +Vauxge, Cormery, Douilly, le Jariel :</p> + +<p>La suite des affaires du Conseil, au Parlement, +à la Cour des Aydes, à la Chambre du +<span class="pagenum" id="p83">-83-</span> Trésor, et en l’Election<a id="FNanchor_286" href="#Footnote_286" class="fnanchor">[9]</a>, et l’Assistance à l’Assemblée +des Avocats à tenir une fois la semaine +au Bureau<a id="FNanchor_287" href="#Footnote_287" class="fnanchor">[10]</a> pour les affaires de la Ferme.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_286" href="#FNanchor_286"><span class="label">[9]</span></a> Il a été dit plus haut ce qu’étoit une Élection, et sa +juridiction spéciale pour statuer sur les différends survenus +à propos des aides et des tailles.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_287" href="#FNanchor_287"><span class="label">[10]</span></a> Ce bureau étoit à l’Hôtel des Fermes, ancien hôtel du +chancelier Séguier, dont l’imprimerie Paul Dupont occupe +aujourd’hui une partie, entre la rue du Bouloi et la rue +Jean-Jacques Rousseau, alors rue de Grenelle.</p> +</div> +<p class="c small">X.</p> + +<p>Luillier, Berthelot, de Ruaupallu, Arnaud, +Turgis, Henault, Mouchy :</p> + +<p>La Correspondance.</p> + +<p>Les Achats.</p> + +<p>Et les Comptes du Traité des Vivres de la +Marine.</p> + + +<p class="c"><span class="sc">Provinces.</span></p> + +<p class="c small">I.</p> + +<p class="ind">Messieurs</p> + +<p>Langlois, Vauxgé, de la Porte :</p> + +<p>Directions<a id="FNanchor_288" href="#Footnote_288" class="fnanchor">[11]</a> de Rouen, Caën et Allençon.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_288" href="#FNanchor_288"><span class="label">[11]</span></a> La direction étoit le bureau spécial des finances pour +chaque généralité.</p> +</div> +<p class="c small">II.</p> + +<p>De Belloy, le Tellier, Blin :</p> + +<p>Directions d’Amiens, Guises, Soissons<a id="FNanchor_289" href="#Footnote_289" class="fnanchor">[12]</a> et +l’Isle.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_289" href="#FNanchor_289"><span class="label">[12]</span></a> Les directions de Guise et de Soissons furent remplacées, +peu après, par celle de Saint-Quentin.</p> +</div> +<p class="c small">III.</p> + +<p>Baugier, Luillier, de Turgis :</p> + +<p><span class="pagenum" id="p84">-84-</span> Directions de Dijon, Langres et Franche +Comté.</p> + +<p class="c small">IV.</p> + +<p>Romanet, Cormery, Laugeois :</p> + +<p>Directions de Chalons, Sedan, Lorraine et +Alsace.</p> + +<p class="c small">V.</p> + +<p>Blin, de Lagny, Remond :</p> + +<p>Direction de Lyon.</p> + +<p class="c small">VI.</p> + +<p>Saint Amant, Luillier, Mouchy :</p> + +<p>Direction de Valence, Avignon et Marseille.</p> + +<p class="c small">VII.</p> + +<p>Le Juge, Delpesche, Berthelot :</p> + +<p>Directions de Montpellier et Thoulouze.</p> + +<p class="c small">VIII.</p> + +<p>Grandval, Menon, Menault :</p> + +<p>Directions de Bourdeaux et de Dax.</p> + +<p class="c small">IX.</p> + +<p>Germain, du Ruaupallu, Thomé :</p> + +<p>Directions de la Rochelle et Charante.</p> + +<p class="c small">X.</p> + +<p>De Blair<a id="FNanchor_290" href="#Footnote_290" class="fnanchor">[13]</a>, Vallier, le Jariel :</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_290" href="#FNanchor_290"><span class="label">[13]</span></a> Melchior de Blair, d’abord simple intéressé dans les +fermes. Il étoit arrivé à être fermier général, après deux +missions qu’il avoit habilement remplies : l’une, en 1690, +en Picardie ; l’autre, en 1691, en Bretagne.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p85">-85-</span> Directions d’Angers, Laval, le Mans et Bretagne.</p> + +<p class="c small">XI.</p> + +<p>Des Espoisses, Rancy, Dumas :</p> + +<p>Directions d’Orléans et de Tours.</p> + +<p class="c small">XII.</p> + +<p>Martin, Germery, d’Apougny :</p> + +<p>Directions de Bourges et Moulins, avec les +Dépôts d’Auvergne, Limosin et la Marche.</p> + +<p class="ugap">La Manufacture Royale des Bandages de nouvelle +invention<a id="FNanchor_291" href="#Footnote_291" class="fnanchor">[14]</a>, qui a toujours sa principale +entrée par la rue de Guénégaud, communique +d’ailleurs presentement avec la boutique de +M. de Blegny le fils Apoticaire du Roy, sur +le quay de Nesle à la Devise Royale<a id="FNanchor_292" href="#Footnote_292" class="fnanchor">[15]</a>, où l’on +fera bien de s’adresser pour eviter la surprise +de quelques imposteurs.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_291" href="#FNanchor_291"><span class="label">[14]</span></a> L’industrie des bandages avoit été la première qu’eût +exploitée Blegny. Aussi, ne manque-t-il pas d’y revenir +sans cesse. <i>V.</i> plus haut.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_292" href="#FNanchor_292"><span class="label">[15]</span></a> Il y avoit succédé, avec la même enseigne, à Delaunay, +chirurgien herniaire, dont J. Lepaute a gravé l’adresse.</p> +</div> +<p>Ces Bandages ont des formes différentes selon +les diverses dispositions des Malades et de leurs +incommoditez ; on y trouve à ressort, à visse, à +charnieres ployantes, à champignons, à ceinture +de Buffles, etc., mais telle que soit la conformation +particuliere de chacun de ces Bandages, +on y trouve cet avantage qu’ils retiennent parfaitement, +et dans les plus impetueux mouvemens, +les Décentes qui n’ont pû être arrêtées +par aucune sorte de Bandages, et qu’ils conduisent +à la guerison qu’on a coutume de tenter +<span class="pagenum" id="p86">-86-</span> vainement par l’usage des bandages ordinaires.</p> + +<p>On trouve au même lieu un livre et des mémoires +curieux sur la guerison des Decentes<a id="FNanchor_293" href="#Footnote_293" class="fnanchor">[16]</a>, +et sur le prix des Bandages et des Remedes.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_293" href="#FNanchor_293"><span class="label">[16]</span></a> Voici le titre du livre de Blegny, donné déjà, d’ailleurs, +dans l’<i>Introduction</i>, p. xlv : <i>l’Art de guérir les +hernies de toute espèce dans les deux sexes, avec le remède +du Roi</i>, in-12. La première édition parut en 1676, la seconde +en 1693.</p> +</div> +<p>Messieurs l’Abbé de la Roque qui tenoit des +Conférences rue de Guénegaud<a id="FNanchor_294" href="#Footnote_294" class="fnanchor">[17]</a>, et Legier qui +étoit censeur de la Faculté de Medecine, sont +décedez<a id="FNanchor_295" href="#Footnote_295" class="fnanchor">[18]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_294" href="#FNanchor_294"><span class="label">[17]</span></a> Il a été parlé de lui plus haut, t. I, p. 128, au +chapitre <i>Conférences</i>. L’époque de sa mort, qu’on ne savoit +pas, peut être ainsi fixée à la fin de 1691.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_295" href="#FNanchor_295"><span class="label">[18]</span></a> <i>V.</i> t. I, p. 151.</p> +</div> +<p>M. Frosne qui etoit Inspecteur des Batimens +du Roy, a présentement un autre employ en +Cour.</p> + +<p>Les Droits et Bureaux des Chevaux de renvoy +ont été suprimez<a id="FNanchor_296" href="#Footnote_296" class="fnanchor">[19]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_296" href="#FNanchor_296"><span class="label">[19]</span></a> Ils étoient, on l’a vu, t. I, p. 108, à l’hôtel de Sens.</p> +</div> +<p>Le Sieur Marseilles Marchand rue Saint Denis +qui vendoit des Cuirs dorez de Flandres, a +manqué<a id="FNanchor_297" href="#Footnote_297" class="fnanchor">[20]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_297" href="#FNanchor_297"><span class="label">[20]</span></a> Cette expression, pour dire faire banqueroute, commençoit +à être employée. Dancourt s’en est servi dans les +<i>Agioteurs</i> (acte III, sc. VII), où un des personnages dit : +« Son marchand est un fripon, elle a raison ; il est prêt à +manquer. Ses affaires périssent. » — D’autres reprirent le +commerce mis en péril par la banqueroute de Marseilles. +Liger, en effet, dit en 1715, dans son <i>Voyageur fidèle</i>, +p. 366 : « On vend des <i>Tapisseries de cuir doré</i>, rue St-Antoine, +proche de la Bastille : celles de <i>cuir doré de +Flandres</i> se vendent dans la rue St-Denis, proche de la +Sellette. »</p> +</div> +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p87">-87-</span></p> + +<h3 id="c21" title="BATIMENS DU ROY.">BATIMENS DU ROY<a id="FNanchor_298" href="#Footnote_298" class="fnanchor">[1]</a>.</h3> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_298" href="#FNanchor_298"><span class="label">[1]</span></a> Ici encore, nous trouverons beaucoup de noms déjà +rencontrés plus haut, au chapitre des <i>Vérifications et Rapports +des Jurez</i> et ailleurs. Nous ne nous occuperons que +des noms ou des détails nouveaux.</p> +</div> + +<p class="c"><i>Sur-intendant et ordonnateur general des Batimens +et Jardins du Roy, et des Manufactures +Royales des Gobelins.</i></p> + +<p>Monsieur le Marquis de Villacerf ruë de l’Egout +près la place Royal.</p> + + +<p class="c"><i>Inspecteur Général, premier Architecte et Intendant +des Batimens et Jardins de Sa Majesté.</i></p> + +<p>Monsieur Mansard<a id="FNanchor_299" href="#Footnote_299" class="fnanchor">[2]</a> rue des Tournelles<a id="FNanchor_300" href="#Footnote_300" class="fnanchor">[3]</a>, et +encore pour Intendans M<sup>rs</sup> de la Mothe, Coquart +rue des Poulies, et Essein rue neuve des Petits +Champs.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_299" href="#FNanchor_299"><span class="label">[2]</span></a> Hardouin Mansard, architecte de Versailles, etc.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_300" href="#FNanchor_300"><span class="label">[3]</span></a> L’hôtel, qu’il s’y étoit fait bâtir, auprès de celui de +Ninon, existe encore en partie.</p> +</div> + +<p class="c"><i>Controlleurs en Charges.</i></p> + +<p>Messieurs le Nostre aux Tuilleries, le Febvre +au vieux Louvre, et Gabriel rue de Cléry.</p> + + +<p class="c"><i>Intendans et Controlleurs par Commission des +Batimens et Maisons Royales de Paris et de +Versailles.</i></p> + +<p>Messieurs de la Chapelle, Besse ancienne cour +du Palais, et Lambert rue neuve des Petits +Champs.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p88">-88-</span></p> + +<p class="c"><i>Architectes ordinaires des Batimens de Sa Majesté.</i></p> + +<p>Messieurs Dorbay rue des Poulies, Buland<a id="FNanchor_301" href="#Footnote_301" class="fnanchor">[4]</a> +rue saint Louis du Marais, de Coste<a id="FNanchor_302" href="#Footnote_302" class="fnanchor">[5]</a> rue des +Tournelles, et Perrault l’ainé place du Chevalier +du Guet.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_301" href="#FNanchor_301"><span class="label">[4]</span></a> Seroit-ce un arrière-petit-fils de Jean Bullant, architecte +des Tuileries et d’Écouen ? Il n’y a rien là d’impossible. +Le fils de Bullant, Charles, fut entrepreneur de +maçonnerie, et sa descendance dut rester dans le même +métier.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_302" href="#FNanchor_302"><span class="label">[5]</span></a> Robert de Cotte, qui succéda, en 1708, à Hardouin +Mansart, son maître, comme premier architecte du Roi. Il +existe à la Biblioth. Nat., cabinet des Estampes, un grand +nombre de mémoires, devis, procès-verbaux de travaux +faits à Paris ou dans les environs, qui viennent tous de +Robert de Cotte. Ils furent acquis en 1821.</p> +</div> + +<p class="c"><i>Inspecteurs par Commission pour les Batimens +des Maisons Royales de Paris.</i></p> + +<p>Messieurs Fossier père et fils rue des Poullies, +le Court aux Invalides, et l’Abbé au vieux +Louvre.</p> + + +<p class="c"><i>Trésoriers alternatifs des Batimens de Sa Majesté.</i></p> + +<p>Messieurs de Mageinville rue Traversine qui +est en exercice, et Manessier rue de Cléry.</p> + +<p class="ugap">Ceux qui entreprennent d’ailleurs pour les +particuliers les plus considérables edifices pour +la Maçonnerie, sont M<sup>rs</sup> le Maistre, Maziere, +Gabriel et Pipault ci devant désignez, Marcoult<a id="FNanchor_303" href="#Footnote_303" class="fnanchor">[6]</a> +rue neuve saint Honoré, Bergeron le +jeune<a id="FNanchor_304" href="#Footnote_304" class="fnanchor">[7]</a> butte saint Roch rue Royale, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_303" href="#FNanchor_303"><span class="label">[6]</span></a> Le <i>Ms.</i> du commis de Mansart, G. Marinier, sur les +travaux de Versailles, sous Louis XIV, et les entrepreneurs +qui y furent occupés, le nomme Gérard Marcou.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_304" href="#FNanchor_304"><span class="label">[7]</span></a> Pierre Bergeron, d’après le même <i>Ms.</i></p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p89">-89-</span> Les Entrepreneurs de Sa Majesté pour les +autres parties d’Architecture, sont pour la Charpente +Messieurs Malet<a id="FNanchor_305" href="#Footnote_305" class="fnanchor">[8]</a> quartier saint Germain, +la Porte rue de Seine près la Pitié, Aubert à +saint Germain en Laye, et Poisson à la porte +saint Antoine.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_305" href="#FNanchor_305"><span class="label">[8]</span></a> G. Marinier l’appelle Jean Mallet. Il ne nomme pas +les trois autres qui suivent.</p> +</div> +<p>Pour la Menuiserie Messieurs Rivet<a id="FNanchor_306" href="#Footnote_306" class="fnanchor">[9]</a> rue du +gros Chenet, Remy porte Montmartre, Verdeau +cloitre saint Julien le Pauvre, Nivet quartier +saint Germain, et la veuve Dionis porte de Richelieu<a id="FNanchor_307" href="#Footnote_307" class="fnanchor">[10]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_306" href="#FNanchor_306"><span class="label">[9]</span></a> Antoine Rivet, selon G. Marinier. Il nomme ensuite +Louis Rivet, sans doute son frère, dont Blegny pourroit +bien avoir altéré le nom, en l’appelant deux lignes plus +loin Nivet. En 1733, un Jacques Rivet étoit encore « menuisier +ordinaire des bâtiments du Roy ». Sa nièce Geneviève +Papillon avoit épousé le célèbre vernisseur Robert +Martin, dont le petit-fils fut Martin le chanteur si connu. +(Jal, <i>Dict. crit.</i>, p. 845 et 846.)</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_307" href="#FNanchor_307"><span class="label">[10]</span></a> Son mari, dont elle continuoit le métier, avoit fait +bâtir un certain nombre de maisons, rue de Richelieu, entre +autres celle qui touchoit à la maison du tailleur Bandelet, +où mourut Molière. La famille des Dionis ou Dyonis, à +laquelle on dut plusieurs savants célèbres du <small>XVIII</small><sup>e</sup> siècle, +étoit ancienne à Paris. Plusieurs figurent, de 1472 à 1527, +dans l’Épitaphier des Saints Innocents. (Le Beuf, <i>Hist. du +diocèse de Paris</i>, édit. Cocheris, t. I, p. 198.)</p> +</div> +<p>Pour les Couvertures, M. Yvon, rue Montmartre<a id="FNanchor_308" href="#Footnote_308" class="fnanchor">[11]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_308" href="#FNanchor_308"><span class="label">[11]</span></a> Dans le <i>Ms.</i> de Marinier, il est, comme ici, nommé +tout seul. C’est donc cet Étienne Yvon qui eut, sous +Louis XIV, l’entreprise générale des toitures des Palais +Royaux.</p> +</div> +<p>Pour la Serrurerie, Messieurs Roger<a id="FNanchor_309" href="#Footnote_309" class="fnanchor">[12]</a> aux +Invalides, Boutet rue Frementeau, Haté place +<span class="pagenum" id="p90">-90-</span> de Cambray, Fordrain à la Monnoye, et Lucas +rue saint Nicaise.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_309" href="#FNanchor_309"><span class="label">[12]</span></a> Pierre Roger, d’après le même <i>Ms.</i></p> +</div> +<p>Pour la Plomberie, M. Lucas<a id="FNanchor_310" href="#Footnote_310" class="fnanchor">[13]</a> place du vieux +Louvre.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_310" href="#FNanchor_310"><span class="label">[13]</span></a> Il eut, lui aussi, tout seul, l’entreprise de la plomberie +de Versailles et des autres palais, suivant G. Marinier, +qui l’appelle Jacques Lucas.</p> +</div> +<p>Pour la Vitrerie, Messieurs Pougeois vieille +rue du Temple, Gombault rue saint Thomas du +Louvre, et la veuve Janson rue de l’Arbre sec.</p> + +<p>Pour les Ouvrages de marbre, Messieurs Deschamps +place du Carrousel, Baudin porte Montmartre, +et Ergo porte Gaillon.</p> + +<p>Pour les Peintures d’Ornemens, Messieurs +Poisson fils à saint Germain en Laye, et le +Febvre rue de Richelieu.</p> + +<p>Pour la Doreure, M. des Oziers<a id="FNanchor_311" href="#Footnote_311" class="fnanchor">[14]</a> à Versailles.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_311" href="#FNanchor_311"><span class="label">[14]</span></a> Guillaume Desauziers.</p> +</div> +<p>Pour la Sculpture, M<sup>rs</sup> Jouvenet rue des Jeuneurs<a id="FNanchor_312" href="#Footnote_312" class="fnanchor">[15]</a>, +Mazeline<a id="FNanchor_313" href="#Footnote_313" class="fnanchor">[16]</a> à la Ville neuve, Dieu<a id="FNanchor_314" href="#Footnote_314" class="fnanchor">[17]</a> au +Palais Brion<a id="FNanchor_315" href="#Footnote_315" class="fnanchor">[18]</a>, Lespingola<a id="FNanchor_316" href="#Footnote_316" class="fnanchor">[19]</a> rue neuve saint Honoré, +<span class="pagenum" id="p91">-91-</span> Maziere<a id="FNanchor_317" href="#Footnote_317" class="fnanchor">[20]</a> place du Carrousel<a id="FNanchor_318" href="#Footnote_318" class="fnanchor">[21]</a>, Bonvalet à +la Ville neuve, et Carlier rue Montmartre,</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_312" href="#FNanchor_312"><span class="label">[15]</span></a> Il étoit cousin du peintre célèbre, mais n’arriva pas à +l’Académie. Il travailla pour le Roi, à Versailles, avec le +Hongre. Son prénom étoit Noël.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_313" href="#FNanchor_313"><span class="label">[16]</span></a> Pierre Mazelines. G. Marinier ne l’oublie pas parmi les +sculpteurs employés à Versailles. Mazelines y travailla, lui +aussi, avec le Hongre. Il étoit de Rouen, fut reçu de l’Académie +le 7 juillet 1668, et mourut le 7 février 1708, à +soixante-quinze ans.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_314" href="#FNanchor_314"><span class="label">[17]</span></a> Antoine de Dieu, né à Paris en 1653, mort en 1727. +Il y avoit une statue de lui à Saint-Germain-des-Prés, chapelle +de saint Jérôme.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_315" href="#FNanchor_315"><span class="label">[18]</span></a> Nous avons dit, t. I, p. 124, ce qu’étoit cette dépendance +du Palais-Royal.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_316" href="#FNanchor_316"><span class="label">[19]</span></a> Il vint de Rome, où il étoit de l’Académie de Saint-Luc, +travailla à Versailles avec Nic. Coustou, fut reçu de +l’Académie le 29 février 1676, en fut exclu pour cause +d’absence prolongée, en 1694, et mourut le 10 juillet 1705.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_317" href="#FNanchor_317"><span class="label">[20]</span></a> Il travailla aux sculptures des Tuileries.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_318" href="#FNanchor_318"><span class="label">[21]</span></a> C’est rue des Orties-du-Louvre, derrière l’hôtel de +Beringhen, qu’il logeoit, et non sur la place même du Carrousel. +(<i>Arch. de l’Art françois</i>, t. III, p. 227.)</p> +</div> +<p>Pour le Pavé Messieurs Renoult rue de Grenelle +saint Germain, Aubry rue de Seine<a id="FNanchor_319" href="#Footnote_319" class="fnanchor">[22]</a>, et +Colin rue des Tournelles<a id="FNanchor_320" href="#Footnote_320" class="fnanchor">[23]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_319" href="#FNanchor_319"><span class="label">[22]</span></a> Cet Aubry, paveur des bâtiments du Roi, étoit bien +probablement de la famille de Léonard Aubry, qui, en +1643, avoit le même titre, et joua, ainsi que plusieurs des +siens, un certain rôle dans l’histoire de Molière. C’est lui +qui mit en état, sur les fossés de Nesle, les abords du +Jeu de paume, où Molière donna ses premières représentations ; +et l’un de ses fils, Jean-Baptiste Aubry, qui s’étoit +fait auteur de tragédies, <i>Démétrius</i> et autres, qui existent +<i>mss.</i> à la Biblioth. Nat., épousa Geneviève Béjard, sœur de +Madelaine, dont Molière avoit épousé la fille. Cet Aubry, +auteur tragique, qui se faisoit appeler sieur des Carrières, +n’étoit pas moins devenu, comme son père, paveur des +bâtiments du Roi. Il l’étoit, en 1677, lorsqu’il signa au +contrat du second mariage d’Armande Béjard. Peut-être +est-ce lui qui figure ici ?</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_320" href="#FNanchor_320"><span class="label">[23]</span></a> Ici devroit être nommé Villiard, qui eut pendant +vingt-six ans l’entreprise du pavage et des aqueducs à +Versailles. Ses comptes existent à la Bibliothèque du Ministère +de l’Intérieur en 3 vol. in-fol. sous ce titre : <i>Registre +des Ouvriers qui ont travaillé pour le Roy suivant les ordres +du seigneur surintendant des bastiments de Sa Majesté, +sous la conduite du <span class="sc">sieur Villiard</span></i>. Le I<sup>er</sup> va de 1679 à +1696 ; le II<sup>e</sup>, de 1697 à 1701 ; et le III<sup>e</sup>, de 1702 à 1705.</p> +</div> +<p>Les Juges établis pour connoître des matières +concernant les Batimens du Roy et les edifices +publics, sont Messieurs de l’Epine rue neuve +des Petits Champs<a id="FNanchor_321" href="#Footnote_321" class="fnanchor">[24]</a>, et Villedo<a id="FNanchor_322" href="#Footnote_322" class="fnanchor">[25]</a> rue saint Louis +<span class="pagenum" id="p92">-92-</span> au Marais, qui sera en exercice pendant les +années 1692 et 1693.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_321" href="#FNanchor_321"><span class="label">[24]</span></a> De la même famille que ceux que nous avons vus plus +haut parmi les experts jurés.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_322" href="#FNanchor_322"><span class="label">[25]</span></a> Un des fils de Michel Villedot, qui fut un des entrepreneurs +de l’aplanissement de la Butte des Moulins, dont +une rue a gardé son nom. <i>V.</i> notre <i>Histoire</i> de cette butte.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c22">OUVRAGES EXQUIS<br> +<i>De Peinture et de Sculpture.</i></h3> + + +<p>Cet article a dû suivre celuy des Batimens du +Roy, parce que presque tous les Peintres et +Sculpteurs dont on va voir les noms et les +adresses sont employez aux ouvrages de Sa +Majesté, et sont membres de l’Academie Royale +de Peinture et de Sculpture, dont il a été parlé +dans l’article général des Academies.</p> + +<p>C’est au Palais Brion où elle se tient qu’on +peut recouvrer la liste de ceux qui la composent. +Le degré de distinction dans lequel il faut nécessairement +parvenir pour y être admis, est +une preuve certaine de leur habileté ; c’est pourquoy +en quelque occasion que ce fût, il n’y auroit +point à balancer sur le choix, si ce n’étoit +que plusieurs d’entre eux ont des singuliers dans +lesquels ils excellent principalement, par exemple +entre les Peintres.</p> + +<p>Pour l’Histoire M<sup>rs</sup> Mignard<a id="FNanchor_323" href="#Footnote_323" class="fnanchor">[1]</a> premier Peintre +du Roy, Chancelier de l’Academie, et Directeur +des Atteliers des Gobelins<a id="FNanchor_324" href="#Footnote_324" class="fnanchor">[2]</a> rue de Richelieu<a id="FNanchor_325" href="#Footnote_325" class="fnanchor">[3]</a> ; +<span class="pagenum" id="p93">-93-</span> Jouvenet<a id="FNanchor_326" href="#Footnote_326" class="fnanchor">[4]</a> à l’un des Pavillons du Collége Mazarini<a id="FNanchor_327" href="#Footnote_327" class="fnanchor">[5]</a>, +Hoüasse<a id="FNanchor_328" href="#Footnote_328" class="fnanchor">[6]</a> au Cabinet du Roy<a id="FNanchor_329" href="#Footnote_329" class="fnanchor">[7]</a> ; Coüapel +père et fils<a id="FNanchor_330" href="#Footnote_330" class="fnanchor">[8]</a> aux Galeries du Louvre, Corneille +l’aîné<a id="FNanchor_331" href="#Footnote_331" class="fnanchor">[9]</a> rue des Petits Champs, Verdier +aux Gobelins<a id="FNanchor_332" href="#Footnote_332" class="fnanchor">[10]</a>, Paillet rue neuve saint Eustache<a id="FNanchor_333" href="#Footnote_333" class="fnanchor">[11]</a>, +<span class="pagenum" id="p94">-94-</span> Blanchard cul de sac saint Sauveur<a id="FNanchor_334" href="#Footnote_334" class="fnanchor">[12]</a>, +Montagne rue du Vieux Colombier<a id="FNanchor_335" href="#Footnote_335" class="fnanchor">[13]</a>, Vernensal<a id="FNanchor_336" href="#Footnote_336" class="fnanchor">[14]</a> +rue saint Honoré, Hallé<a id="FNanchor_337" href="#Footnote_337" class="fnanchor">[15]</a> rue sainte Marguerite, +Boulogne l’aîné<a id="FNanchor_338" href="#Footnote_338" class="fnanchor">[16]</a> rue sainte Anne, Boulogne le +jeune rue des fossez Montmartre<a id="FNanchor_339" href="#Footnote_339" class="fnanchor">[17]</a>, Person place +<span class="pagenum" id="p95">-95-</span> du Palais Royal<a id="FNanchor_340" href="#Footnote_340" class="fnanchor">[18]</a>, Vignon<a id="FNanchor_341" href="#Footnote_341" class="fnanchor">[19]</a>, rue du Petit Lion, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_323" href="#FNanchor_323"><span class="label">[1]</span></a> Pierre Mignard, trop célèbre, pour que nous ayons à +dire ici autre chose de lui, que ses noms.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_324" href="#FNanchor_324"><span class="label">[2]</span></a> Il avoit eu toutes ces charges, à quatre-vingts ans, +en mars 1690, après la mort de Le Brun.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_325" href="#FNanchor_325"><span class="label">[3]</span></a> <i>V.</i> sur cette maison, qu’il occupoit depuis longtemps, +et où il mourut le 15 mai 1695, notre <i>Histoire de la Butte +des Moulins</i>, p. 114-115.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_326" href="#FNanchor_326"><span class="label">[4]</span></a> Jean Jouvenet, dont la célébrité nous dispensera aussi +de longs détails. Né à Rouen, en 1644, il fut reçu de +l’Académie le 27 mars 1675, et mourut le 5 avril 1717. +Les douze apôtres de la coupole des Invalides sont de lui.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_327" href="#FNanchor_327"><span class="label">[5]</span></a> Il y mourut. Ce pavillon étoit celui qui touche au quai +Malaquais. L’adresse de Jouvenet est donnée ainsi sur l’acte +de mort de l’une de ses filles, le 5 juin 1680 : « Sur le +quai Malaquais, dans le grand pavillon sur l’eau, au collége +des Quatre-Nations. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_328" href="#FNanchor_328"><span class="label">[6]</span></a> René-Antoine Houasse, né à Paris en 1644, reçu de +l’Académie le 15 avril 1713, mort le 27 mai 1710. Le +Brun, dont il fut un des bons élèves, l’avoit marié à une de +ses parentes. Il y avoit des tableaux de lui à Notre-Dame, +Saint-Eustache, Saint-Côme, etc.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_329" href="#FNanchor_329"><span class="label">[7]</span></a> Sa véritable adresse étoit celle-ci : « rue du Coq, au +cabinet des tableaux du Roi ». Il étoit garde de cette collection, +première idée, au Louvre même, du musée du +Louvre.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_330" href="#FNanchor_330"><span class="label">[8]</span></a> Noël et Antoine Coypel : Noël, le père, né en 1628, +reçu de l’Académie en 1663, et mort en 1707 ; et Antoine +le fils, né en 1661, académicien en 1681, mort en 1722. +Noël fut directeur de notre école de Rome, en 1692 ; et, à +la mort de Mignard, premier peintre du Roi. Il y avoit de +ses œuvres aux Invalides, au palais-Royal, à l’Assomption, +aux Tuileries, au Louvre, à Versailles, etc. Antoine, qui +avoit suivi son père à Rome, s’y perfectionna. Il devint +aussi premier peintre du Roi, et directeur de l’Académie. +Un de ses travaux les plus considérables à Paris fut la +galerie d’Énée au Palais-Royal. On a de lui vingt discours +sur la peinture.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_331" href="#FNanchor_331"><span class="label">[9]</span></a> Michel Corneille, dont le père, peintre aussi, avoit eu +le même prénom. Il fut de l’Académie en 1663, et mourut +le 16 août 1708, à soixante-six ans. Il travailla aux Invalides, +à Versailles, à Meudon, à Trianon, etc.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_332" href="#FNanchor_332"><span class="label">[10]</span></a> François Verdier, qui fut de l’Académie en 1678, et +mourut en 1730, à soixante-dix-neuf ans. Le Brun qui se +l’étoit attaché en lui faisant épouser une de ses nièces, et +le logeant aux Gobelins, le fit beaucoup travailler pour lui.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_333" href="#FNanchor_333"><span class="label">[11]</span></a> Il fut de l’Académie, qu’il n’illustra guère, dès 1659, et +mourut le 30 juin 1701, à soixante-quinze ans. Séb. Boudon +avoit été son maître. On ne connoît guère de lui qu’un +tableau, à Notre-Dame.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_334" href="#FNanchor_334"><span class="label">[12]</span></a> Gabriel Blanchard, reçu de l’Académie en 1663, mort +en 1704, à soixante-quinze ans. Il travailla pour Trianon, +et, avec Lafosse et Vignon, au plafond des Tuileries. Il habitoit +le cul-de-sac Saint-Sauveur depuis vingt ans. Il le +quitta pour le Louvre, où il mourut garde du cabinet des +tableaux.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_335" href="#FNanchor_335"><span class="label">[13]</span></a> Nicolas de Plate-Montagne, que, par abréviation, l’on +appeloit Montagne, fut de l’Académie en 1663, et mourut +en 1706, à soixante-quinze ans. Il fit des tableaux pour les +Gobelins, d’après des dessins de Jules Romain, travailla aux +peintures de la galerie voûtée des Tuileries, et fit surtout +beaucoup de portraits. Il habitoit la rue du Vieux-Colombier +depuis 1660, et il y mourut.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_336" href="#FNanchor_336"><span class="label">[14]</span></a> Guy-Louis Vernansal, qui fut reçu de l’Académie en +1688, et mourut le 9 avril 1729, à quatre-vingt-trois ans. +Il y avoit un tableau de lui à Notre-Dame.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_337" href="#FNanchor_337"><span class="label">[15]</span></a> Claude-Guy Hallé, élève de son père Daniel Hallé, +mort en 1674. Il fut directeur de l’Académie, et mourut en +1736, à quatre-vingt-cinq ans. Ses tableaux étoient nombreux +dans les églises de Paris. Il y en avoit à Notre-Dame, +à Saint-Jacques-de-la-Boucherie, aux Filles du Saint-Sacrement, +à Saint-Paul, à Saint-Sulpice, à Saint-André-des-Arts, +etc.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_338" href="#FNanchor_338"><span class="label">[16]</span></a> Bon Boulogne, reçu à l’Académie le 27 nov. 1677, +mort le 16 mai 1717, à soixante-huit ans. Plusieurs de ses +tableaux se trouvoient à Notre-Dame, aux Invalides, aux +Chartreux, à l’Assomption, aux Petits-Pères. Le plafond de +la Comédie françoise, rue des Fossés-Saint-Germain, étoit +aussi de lui.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_339" href="#FNanchor_339"><span class="label">[17]</span></a> Louis de Boulogne, frère cadet du précédent, et moins +connu. Il fut toutefois de l’Académie, et même directeur. +On travailla aux Gobelins sur des copies de Raphaël, qu’il +avoit rapportées d’Italie. Il y avoit de ses ouvrages à la +chapelle de Versailles, à Notre-Dame, aux Invalides, aux +Chartreux, aux Petits-Pères. Les Boulogne, financiers du +dernier siècle, descendoient de lui.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_340" href="#FNanchor_340"><span class="label">[18]</span></a> Poerson. Nous avons parlé de lui, au chapitre des +<i>Experts jurés</i>.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_341" href="#FNanchor_341"><span class="label">[19]</span></a> Claude-François Vignon, reçu de l’Académie, le 6 décembre +1664, mort le 17 février 1703, à soixante-neuf ans. +Il marqua moins que son père, Claude, dont il étoit +l’élève, et que son frère Philippe, dont nous parlerons +tout-à-l’heure.</p> +</div> +<p>Pour les Portraits Messieurs de Troyes<a id="FNanchor_342" href="#Footnote_342" class="fnanchor">[20]</a>, Rigault<a id="FNanchor_343" href="#Footnote_343" class="fnanchor">[21]</a> +et Fouché rue neuve des Petits Champs<a id="FNanchor_344" href="#Footnote_344" class="fnanchor">[22]</a>, +l’Argilliere rue sainte Avoye<a id="FNanchor_345" href="#Footnote_345" class="fnanchor">[23]</a>, le Febvre Isle +Notre Dame, le Febvre le jeune<a id="FNanchor_346" href="#Footnote_346" class="fnanchor">[24]</a> rue de Richelieu, +Vignon, rue saint André des Arcs<a id="FNanchor_347" href="#Footnote_347" class="fnanchor">[25]</a>, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_342" href="#FNanchor_342"><span class="label">[20]</span></a> François de Troy, né à Toulouse, en 1645, reçu de +l’Académie le 6 octobre 1674, mort le 1<sup>er</sup> mai 1730. Il fit +de beaux portraits, surtout de femmes, mais trop flattées, +dit-on. Il n’en fut que mieux en cour.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_343" href="#FNanchor_343"><span class="label">[21]</span></a> Hiacynthe Rigaud, le grand portraitiste du grand +siècle, et du siècle suivant, car il peignit jusqu’à son +dernier jour, et ne mourut qu’en 1743, à quatre-vingt-deux +ans.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_344" href="#FNanchor_344"><span class="label">[22]</span></a> L’appartement de Rigaud se trouvoit au coin de la +rue des Petits-Champs et de la rue Louis-le-Grand. On y +pouvoit voir une belle galerie de tableaux, principalement +des siens. Il y mourut, ainsi que sa femme un an après lui.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_345" href="#FNanchor_345"><span class="label">[23]</span></a> Il a été parlé de lui plus haut, t. I, p. 239, au chapitre +<i>Commerce de Curiositez</i>.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_346" href="#FNanchor_346"><span class="label">[24]</span></a> Ces deux Lefebvre sont sans doute les fils de Claude +Lefebvre, portraitiste distingué, mort en 1675, et qui, l’un +et l’autre, quoique ses élèves, furent des peintres médiocres, +sur lesquels on ne sait rien. (Jal, <i>Dict. crit.</i>, +p. 758.)</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_347" href="#FNanchor_347"><span class="label">[25]</span></a> Philippe Vignon, frère de Claude-François nommé +plus haut, et son aîné. Il fut reçu de l’Académie le 30 +août 1686, et mourut le 7 sept. 1701, à soixante-sept ans. +Il rivalisa presque, en son temps, de réputation avec Rigaud : +« Quoique Rigaud, lisons-nous dans les <i>Portraits +sérieux, galants et critiques</i>, 1696, in-18, <i>Avertissement</i>, +soit reconnu très-habile pour le portrait, on ne méprise pas +les peintures qui sortent du cabinet de Vignon. »</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p96">-96-</span> Pour les Batailles Messieurs Parrosel<a id="FNanchor_348" href="#Footnote_348" class="fnanchor">[26]</a> rue du +Coq, Martin<a id="FNanchor_349" href="#Footnote_349" class="fnanchor">[27]</a> et le Comte aux Gobelins<a id="FNanchor_350" href="#Footnote_350" class="fnanchor">[28]</a>, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_348" href="#FNanchor_348"><span class="label">[26]</span></a> Joseph Parrocel, de Brignoles en Provence, reçu de +l’Académie le 16 nov. 1676, mort à cinquante-six ans, le +1<sup>er</sup> mars 1704. Il peignit beaucoup de batailles, à grands +fracas, et se vantoit d’être le peintre qui savoit le mieux +tuer son homme. On voyoit des tableaux de lui aux Invalides, +à l’hôtel de Toulouse, à Versailles.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_349" href="#FNanchor_349"><span class="label">[27]</span></a> Jean-Baptiste Martin. Élève de La Hire, il dessina +pour Vauban, travailla avec Van-Der-Meulen, et lui succéda +comme « peintre des conquêtes ». Il mourut aux Gobelins, +le 8 oct. 1735, à soixante-dix-sept ans.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_350" href="#FNanchor_350"><span class="label">[28]</span></a> Sauveur Le Conte, peintre provençal, qui travailla, +comme Martin, avec Van-Der-Meulen. Le Brun l’avoit logé +aux Gobelins, où il mourut n’ayant que trente-cinq ans, le +31 décembre 1694. Son acte de mort portoit : « peintre +ordinaire des conquestes du Roy, dans l’hôtel des manufactures +roy. des Gobelins. »</p> +</div> +<p>Pour les Païsages Messieurs Forest<a id="FNanchor_351" href="#Footnote_351" class="fnanchor">[29]</a> et Hérault<a id="FNanchor_352" href="#Footnote_352" class="fnanchor">[30]</a> +place Dauphine<a id="FNanchor_353" href="#Footnote_353" class="fnanchor">[31]</a>, Allegrain rue Montmartre<a id="FNanchor_354" href="#Footnote_354" class="fnanchor">[32]</a>, +Beville rue de la Tixeranderie<a id="FNanchor_355" href="#Footnote_355" class="fnanchor">[33]</a>, Armand +rue Montorgueil<a id="FNanchor_356" href="#Footnote_356" class="fnanchor">[34]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_351" href="#FNanchor_351"><span class="label">[29]</span></a> Jean Forest, reçu comme peintre paysagiste, le 26 +mai 1674, à l’Académie, et mort le 17 mars 1712, à +soixante-seize ans. Il étoit beau-frère de Lafosse, dont il +avoit un peu la couleur aux tons roux. Sa fille aînée +épousa Largillière.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_352" href="#FNanchor_352"><span class="label">[30]</span></a> Nicolas-Antoine Hérault. Il avoit étudié à Rome, dans +la manière de Guaspre et de Salvator. Il fut de l’Académie +en 1670, et mourut en 1718, à soixante-quatorze ans +passés.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_353" href="#FNanchor_353"><span class="label">[31]</span></a> Hérault y logea jusqu’à sa mort, à l’enseigne « du +Buis », faisant face au cheval de bronze.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_354" href="#FNanchor_354"><span class="label">[32]</span></a> Étienne Allegrain, né à Paris, en 1645, reçu académicien +le 4 décembre 1677, et mort le 2 avril 1736, à quatre-vingt-douze +ans. Il peignit pour le roi, en 1688, « des +vues et perspectives des bosquets et parterres du jardin de +Versailles ».</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_355" href="#FNanchor_355"><span class="label">[33]</span></a> Charles Béville, reçu comme paysagiste à l’Académie, le +5 juillet 1681, mourut à soixante-cinq ans, le 2 février 1716.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_356" href="#FNanchor_356"><span class="label">[34]</span></a> Charles Armand. Il étoit de Bar-le-Duc. Il fut reçu de +l’Académie, comme paysagiste, le 13 mai 1672, et mourut +à quatre-vingt-cinq ans, le 18 février 1720.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p97">-97-</span> Pour les Fleurs et les Animaux, Messieurs de +Fontenay<a id="FNanchor_357" href="#Footnote_357" class="fnanchor">[35]</a> près le Palais Royal, Huliot<a id="FNanchor_358" href="#Footnote_358" class="fnanchor">[36]</a> rue +Bourlabé, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_357" href="#FNanchor_357"><span class="label">[35]</span></a> Jean-Baptiste Belin de Fontenay, de Caen : « Il avoit, +dit d’Argenville, un vrai talent pour peindre les fleurs. » +Aussi est-ce comme peintre-fleuriste qu’il fut reçu à l’Académie, +le 30 août 1687. Il mourut le 12 février 1715, à +soixante-un ans.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_358" href="#FNanchor_358"><span class="label">[36]</span></a> Claude Huilliot, de Reims, fut reçu à l’Académie, +comme peintre-fleuriste, le 7 nov. 1664, et mourut le 6 août +1702, à soixante-dix-sept ans.</p> +</div> +<p>Pour les ordres d’Architecture, Messieurs Anguerre<a id="FNanchor_359" href="#Footnote_359" class="fnanchor">[37]</a> +et Francart<a id="FNanchor_360" href="#Footnote_360" class="fnanchor">[38]</a> aux Gobelins, Simon rue +des Petits Champs.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_359" href="#FNanchor_359"><span class="label">[37]</span></a> Guillaume Anguier, frère des deux célèbres sculpteurs +normands, François et Michel Anguier. Dans l’<i>Éloge</i> qu’il a +fait de celui-ci, Guillet de Saint-Georges, d’accord avec Blegny, +nous donne Guillaume Anguier, comme étant « fort +recherché pour les tableaux d’architecture et les ornements ». +Il mourut aux Gobelins, où nous le voyons déjà logé, le +18 juin 1708, à quatre-vingts ans.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_360" href="#FNanchor_360"><span class="label">[38]</span></a> Frère cadet de François Francart, qui avoit été le +peintre des décorations de Molière au Petit-Bourbon et au +théâtre du Palais-Royal. On le trouve lui-même qualifié +« peintre des bâtiments du Roy », en 1672. Suivant Jal, +dans un de ses <i>Errata</i>, il mourut en 1692, l’année même +où Blegny le nommoit ici.</p> +</div> +<p>Pour la Mignature M. Deflan<a id="FNanchor_361" href="#Footnote_361" class="fnanchor">[39]</a> rue de Guénegaud, +<span class="pagenum" id="p98">-98-</span> Penel rue neuve des Petits Champs, +Compardel<a id="FNanchor_362" href="#Footnote_362" class="fnanchor">[40]</a> quay de la Mégisserie, Bonnet quay +des Morfondus<a id="FNanchor_363" href="#Footnote_363" class="fnanchor">[41]</a>, Lucet rue du Four fauxbourg +S. Germain.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_361" href="#FNanchor_361"><span class="label">[39]</span></a> Abraham De Lan, et non Deflan, beau-frère du sculpteur +Van-Clève, qu’on trouvera plus bas, p. 101. Jal fait +naître De Lan en 1659, et mourir en 1722.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_362" href="#FNanchor_362"><span class="label">[40]</span></a> On le connoît par des plans d’une admirable enluminure. +De Bure en possédoit un, qu’il avoit fait du bois de +Boulogne (<i>V.</i> son <i>Catalogue</i>, p. 11). M. le marquis de +Maleyssie en exposa toute une collection : <i>Plans des forêts, +bois et buissons du département de la grande Maîtrise des +Eaux et Forêts de l’Ile-de-France, Brie, Perche, Picardie et +pays reconquis</i>, 1688, à l’exposition archéologique et artistique +de Chartres, en 1858. (<i>Rev. des Soc. sav.</i>, 1859, t. I, +p. 737.) Compardel fit aussi des miniatures de livres. Il passa à +la célèbre vente de M. le baron Pichon un petit volume in-16, +aux armes de la grande Mademoiselle : <i>Occupations de l’Ame +pendant le saint sacrifice de la Messe</i>, avec neuf miniatures, +dont cinq étoient signées de lui. Ce <i>Ms.</i> venoit aussi de la +vente De Bure, où il avoit été payé 1,530 francs.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_363" href="#FNanchor_363"><span class="label">[41]</span></a> Sylvain Bonnet, de Romorantin, suivant l’inscription +de son portrait gravé, ou de Blois, suivant le <i>Ms.</i> de la +Bibliothèque Nat. : <i>Extrait des noms des plus célèbres +peintres</i>, 1679. Le frontispice des <i>Hommes illustres</i> de Perrault +est de lui. En 1672, il se qualifioit « peintre de feue +Madame, duchesse d’Orléans ». Alors déjà, il logeoit quai +de l’Horloge ou des Morfondus. C’est lui qui, appelé par +erreur Monet dans le <i>Carpentariana</i>, p. 79, y est qualifié +« le premier homme que nous ayons pour exceller dans +les portraits en miniature ». Suivant le même livre, il avoit +étudié le dessin chez Chauveau.</p> +</div> +<p>Mesdemoiselles Bonnard rue saint Jacques, et +le Febvre rue de Richelieu peignent aussi en +mignature.</p> + +<p>Pour la Mignature en Email, Messieurs Petitot<a id="FNanchor_364" href="#Footnote_364" class="fnanchor">[42]</a> +rue de l’Université<a id="FNanchor_365" href="#Footnote_365" class="fnanchor">[43]</a>, Perrault rue du Chantre, +<span class="pagenum" id="p99">-99-</span> le Brun rue neuve des Petits Champs<a id="FNanchor_366" href="#Footnote_366" class="fnanchor">[44]</a>, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_364" href="#FNanchor_364"><span class="label">[42]</span></a> Jean Petitot, dont le nom nous dispense de tout détail. +Au moment même où Blegny le faisait figurer ici, il +mouroit à Genève, sa ville natale. La Révocation de l’Edit +de Nantes, qui n’avoit pu le décider à se convertir, l’avoit +enfin forcé d’y retourner après quelques années de résistance, +où toutes les obsessions, même celles de Bossuet, +avoient été inutiles.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_365" href="#FNanchor_365"><span class="label">[43]</span></a> Il y logeoit en face de l’hôtel Tambonneau, que remplace +aujourd’hui, nous l’avons dit plus haut, la rue du Pré-aux-Clercs. +G. Brice, après nous avoir donné son adresse +dans sa première édition (1684, in-12, t. II, p. 202), +ajoute : « C’est lui qui fait ces beaux portraits en émail, +que l’on enchasse dans des bordures de diamants, dont on +fait des présents aux ambassadeurs, ou des bracelets qui ne +sont pas ordinairement plus grands qu’une pièce de quinze +sous, et qui, souvent, sont beaucoup plus petits. » Richelet, +dans les <i>Remarques</i> mises en tête de la 1<sup>re</sup> édition de +son <i>Dictionn.</i>, parle ainsi, p. 46, de Petitot et de son +émule, Bordier, que Blegny n’auroit pas dû oublier ici : +« Monsieur Bordier et monsieur Petitot sont les plus +fameux peintres en émail de Paris, et les premiers qui ont +fait des portraits en émail. On ne faisoit avant eux que des +fleurs et autres petites gentillesses. » Il ajoute ensuite ces +détails curieux : « Un portrait en émail, grand comme la +paume de la main, vaut quarante ou cinquante pistoles, +quand il est fait par un habile peintre, et les plus petits +quinze et vingt pistoles. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_366" href="#FNanchor_366"><span class="label">[44]</span></a> Son art. dans l’édit. de 1691 est au chap. XI, p. 24. +Il y figure seul pour son genre de peinture : « Le sieur +Lebrun, qui fait de beaux portraits en émail, demeure rue +Neuve-des-Petits-Champs. »</p> +</div> +<p>Pour le Pastel, Messieurs Vencelin rue saint +Martin<a id="FNanchor_367" href="#Footnote_367" class="fnanchor">[45]</a>, Viviers<a id="FNanchor_368" href="#Footnote_368" class="fnanchor">[46]</a> quay de l’Ecole, Desgranges +rue Tictonne, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_367" href="#FNanchor_367"><span class="label">[45]</span></a> C’est au chap. XI : <i>du Commerce de Curiositez</i>, qu’il +figure, et là, sous son vrai nom et avec son père, dans +l’édit. de 1691, p. 24 : « M. Vercelin, rue Saint-Martin, +<i>au Porcelet d’or</i>, a de très-beaux tableaux, et M. son fils +peint très-bien en pastel et en mignature. » — Jacques +Versellin fut reçu, comme peintre miniaturiste, le 7 juin +1687, à l’Académie. Il mourut le 18 juin 1718, à soixante-treize +ans.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_368" href="#FNanchor_368"><span class="label">[46]</span></a> Joseph Vivien, et non Vivier, né à Lyon en 1657. Il fut +reçu de l’Académie, comme peintre au pastel, le 30 juillet 1701, +et mourut à Bonn, le 5 décembre 1735. Le meilleur portrait +que l’on possède de Fénelon est de lui. L’original se trouve +à Munich. V. <i>Catal. de la Pinacothèque</i>, p. 76, n<sup>o</sup> 398.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p100">-100-</span> Il en est de même des Sculpteurs qui pour +être généralement habiles, ne laissent pas d’avoir +de particuliers talens, par exemple.</p> + +<p>Pour les Statües, Messieurs Girardon aux +Galeries du Louvre<a id="FNanchor_369" href="#Footnote_369" class="fnanchor">[47]</a>, des Jardins fauxbourg +Montmartre, Coisseveaux et Baptiste aux Gobelins<a id="FNanchor_370" href="#Footnote_370" class="fnanchor">[48]</a>, +le Comte rue sainte Apoline<a id="FNanchor_371" href="#Footnote_371" class="fnanchor">[49]</a>, Renaudin +aux Galeries du Louvre<a id="FNanchor_372" href="#Footnote_372" class="fnanchor">[50]</a>, Vancleve à la Ville +<span class="pagenum" id="p101">-101-</span> neuve<a id="FNanchor_373" href="#Footnote_373" class="fnanchor">[51]</a>, Lespingola<a id="FNanchor_374" href="#Footnote_374" class="fnanchor">[52]</a> à la Butte saint Roch, le +Gros<a id="FNanchor_375" href="#Footnote_375" class="fnanchor">[53]</a> porte de Richelieu, Tuby aux Gobelins<a id="FNanchor_376" href="#Footnote_376" class="fnanchor">[54]</a>, +Flamand au Cabinet du Roy<a id="FNanchor_377" href="#Footnote_377" class="fnanchor">[55]</a>, Mazeline à la +Ville neuve, Jouvenet rue des Jeusneurs<a id="FNanchor_378" href="#Footnote_378" class="fnanchor">[56]</a>, le +Grand rue Montmartre, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_369" href="#FNanchor_369"><span class="label">[47]</span></a> « M. Girardon, qui demeure aux Galleries du Louvre, +où il a un très-curieux cabinet de bronzes et de médailles +antiques, est estimé un des plus excellents sculpteurs de +l’Europe. » Édit. 1691, p. 113. — François Girardon, de Troyes, +« Troyen », comme lui-même se qualifioit souvent en signant +ses statues. Nous nous contenterons de dire ici qu’il fut de +l’Académie, dès 1657, et qu’il mourut le 1<sup>er</sup> septembre 1715, +à quatre-vingt-huit ans. Ce que Blegny écrit sur son cabinet +des galeries du Louvre se trouve confirmé avec détails +par Brice, 3<sup>e</sup> édit., t. I, p. 73-74.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_370" href="#FNanchor_370"><span class="label">[48]</span></a> « Messieurs Coisevaux, aux Gobelins, et Des Jardins, +faubourg Montmartre, sont encore de très-habiles sculpteurs. » +Édit. 1691, p. 113. — Antoine Coysevox, né à +Lyon, en 1640, reçu de l’Académie en 1676, mort en 1720. +Ce fut un des grands artistes du siècle. Les Victoires sur +des chevaux ailés qui se trouvent aux deux côtés de l’entrée +des Tuileries, sont de lui. — Martin Desjardins, né à Bréda, +dont le vrai nom, avant qu’on l’eût francisé, étoit Van den +Bogaert. Il fut de l’Académie, en 1671, et mourut n’ayant +que cinquante-quatre ans, le 2 mai 1694. Le groupe de +Louis XIV et de la Victoire du monument de la place des +Victoires, et le bas-relief le plus en vue de la porte Saint-Martin +furent ses principaux ouvrages à Paris.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_371" href="#FNanchor_371"><span class="label">[49]</span></a> Louis Le Conte, de Boulogne, près Paris, reçu de +l’Académie, le 4 janvier 1676, et mort, encore jeune, le +24 décembre 1694. Il avoit sculpté, d’après les dessins de +Le Brun, et sur l’ordre de Colbert, nommé marguillier +d’honneur, la chaire à prêcher de Saint-Eustache.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_372" href="#FNanchor_372"><span class="label">[50]</span></a> Thomas Regnaudin, de Moulins, fut reçu de l’Académie, +le 7 juillet 1657, et mourut à soixante-dix-neuf +ans, le 3 juillet 1706. Il travailla pour Versailles, où le +groupe, fondu par les Keller, <i>la Loire et le Loiret</i>, est de +sa main. On lui doit aussi celui de <i>Saturne enlevant Cybèle</i>, +qui se voit, depuis le grand siècle, dans le jardin des Tuileries, +et se trouve à présent dans une des salles du Louvre.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_373" href="#FNanchor_373"><span class="label">[51]</span></a> Corneille Van-Clève, né à Paris, en 1644, reçu de +l’Académie, le 26 avril 1681, mort à quatre-vingt-sept +ans, le 31 décembre 1732. Il y avoit beaucoup de ses ouvrages +dans les différentes églises de Paris.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_374" href="#FNanchor_374"><span class="label">[52]</span></a> « Et Cotton », édit. de 1691, p. 63. L’Espingola, +dont nous avons parlé plus haut, p. 90, s’y trouve nommé +« Spingola ». Quant à Cotton, il est des moins connus. Nous +savons seulement qu’il avoit eu le second prix de sculpture +en 1675, qu’il étoit élève d’Anguier, et qu’on lui devoit, +sauf le buste, qui étoit de Coysevox, les sculptures du +tombeau de Le Nôtre à Saint-Roch. Celles des tombeaux de +Lulli et de Lambert aux Petits-Pères étaient aussi de sa main.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_375" href="#FNanchor_375"><span class="label">[53]</span></a> Pierre Le Gros, de Chartres, reçu de l’Académie le +15 septembre 1663, mort le 17 mai 1714, à quatre-vingt-six +ans. Il étoit élève de Sarrazin. Il travailla au pavillon +central des Tuileries, et fit à la porte Saint-Martin un des +bas-reliefs qui regardent le faubourg.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_376" href="#FNanchor_376"><span class="label">[54]</span></a> Jean-Baptiste Tuby, né à Rome, en 1630, et pour +cela surnommé <i>le Romain</i>. Il fut reçu de l’Académie le +7 août 1663, et mourut à soixante-dix ans, le 9 août 1700. +Il avoit travaillé à l’arc de triomphe de la porte Saint-Bernard, +deux des figures du tombeau de Colbert à St-Eustache +étoient de sa main, et on lui devoit le tombeau +de Turenne, qui, de Saint-Denis, fut transféré aux Invalides. +Il l’avoit exécuté d’après des dessins de Le Brun.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_377" href="#FNanchor_377"><span class="label">[55]</span></a> Anselme Flamen, de Saint-Omer, reçu de l’Académie +en 1681, mort le 15 mai 1717, à soixante-dix ans. Le +groupe de Borée et d’Orythie, du jardin des Tuileries, est +de lui en grande partie. Marsy ne l’avoit qu’ébauché.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_378" href="#FNanchor_378"><span class="label">[56]</span></a> Pour Mazeline et Jouvenet, <i>voy.</i> plus haut, p. <a href="#p90">90</a>.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p102">-102-</span> Pour les Figures et Ornemens, M<sup>rs</sup> le Febvre +dans l’anclos saint Martin, et Maniere père et +fils<a id="FNanchor_379" href="#Footnote_379" class="fnanchor">[57]</a> rue des Gravilliers<a id="FNanchor_380" href="#Footnote_380" class="fnanchor">[58]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_379" href="#FNanchor_379"><span class="label">[57]</span></a> Laurent Magnier — dont le nom se prononçoit Manière — et +son fils Philippe. Tous deux furent de l’Académie : +le père, en 1664, le fils, en 1680. Laurent mourut +à quatre-vingt-deux ans, en 1700, le fils, à soixante-huit +ans, en 1715. Laurent travailla aux sculptures des boiseries +du Louvre, de Fontainebleau et de Chambord ; et il y a +quelques bons ouvrages de Philippe à Versailles.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_380" href="#FNanchor_380"><span class="label">[58]</span></a> Dans l’édit. précédente, p. 63, cet article est plus +détaillé : « Entre les sculpteurs qui ont une particulière +réputation pour les ornements, sont Messieurs Deville et +Le Grand, rue Montmartre ; Briquet, près les Minimes ; +Charmeton, rue Saint-André ; Cottin, rue Saint-Martin ; +La Lande, à la Villeneuve ; Ouats, au Pont-aux-Biches ; +François, près le Temple ; et Vilaine, rue Neuve-Saint-Médéric. » — De +tous ces inconnus, dont pas un ne fut +de l’Académie, nous ne relèverons que le nom de Christophe +Charmeton, cousin du peintre Georges Charmeton, qui eut +quelque réputation ; et celui de François, dont il y avoit +aux Invalides une assez bonne statue de sainte Monique.</p> +</div> +<p>Messieurs le Comte et Lespingola, sont d’ailleurs +distinguez, le premier pour les Modèles, et +le second pour le dessein.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c23">ARCHITECTURE ET MAÇONNERIE.</h3> + + +<p>On a compris l’Architecture et la Maçonnerie +en un même article, par cette raison, que la +plupart des Maitres Maçons qui sont au rang de +distinction sçavent et pratiquent l’Architecture.</p> + +<p>Pour les Architectes des Bâtimens du Roy, +voyez l’article des Batimens de Sa Majesté.</p> + +<p>Entre les Architectes de Paris dont l’habileté +est généralement reconnue, sont Messieurs le +<span class="pagenum" id="p103">-103-</span> Maistre rue neuve saint Honoré<a id="FNanchor_381" href="#Footnote_381" class="fnanchor">[1]</a>, Mazière<a id="FNanchor_382" href="#Footnote_382" class="fnanchor">[2]</a> rue +Neuve des Petits Champs, Gabriel rue saint +Antoine, Pipault à l’Arsenal<a id="FNanchor_383" href="#Footnote_383" class="fnanchor">[3]</a>, Thevenot rue +saint Claude du Marais, de Bourges<a id="FNanchor_384" href="#Footnote_384" class="fnanchor">[4]</a> rue Montmartre, +Beausire derriere saint Jean, Lambert +quay de Nesle<a id="FNanchor_385" href="#Footnote_385" class="fnanchor">[5]</a>, Bornac à la Pierre au Lait, +Tarrade rue des Orties<a id="FNanchor_386" href="#Footnote_386" class="fnanchor">[6]</a>, le Pautre<a id="FNanchor_387" href="#Footnote_387" class="fnanchor">[7]</a> rue du Foin, +Boffran<a id="FNanchor_388" href="#Footnote_388" class="fnanchor">[8]</a> rue Beautreillis, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_381" href="#FNanchor_381"><span class="label">[1]</span></a> Il fut de l’Académie d’architecture, en 1698, et son +fils, l’année suivante. La rue Neuve-Saint-Honoré, où il +logeoit, étoit la partie de la rue Saint-Honoré qui alloit +du Palais-Royal à la place Vendôme.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_382" href="#FNanchor_382"><span class="label">[2]</span></a> Il a été parlé de lui plus haut, p. 91.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_383" href="#FNanchor_383"><span class="label">[3]</span></a> Nous l’avons vu figurer plus haut, ainsi que Gabriel, +parmi les <i>experts-entrepreneurs</i>.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_384" href="#FNanchor_384"><span class="label">[4]</span></a> Boullier de Bourges. <i>V.</i> plus haut les <i>experts-bourgeois</i>.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_385" href="#FNanchor_385"><span class="label">[5]</span></a> C’est le nom que l’on donnoit encore souvent au +quai Guénégaud, qui devoit bientôt devenir le quai Conti.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_386" href="#FNanchor_386"><span class="label">[6]</span></a> Il possédoit dans cette rue de la Butte-Saint-Roch et +dans les rues environnantes un certain nombre de maisons +qu’il avoit construites lui-même après l’aplanissement.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_387" href="#FNanchor_387"><span class="label">[7]</span></a> Antoine Le Pautre, qui mourut l’année même où +Blegny lui donnoit place dans son <i>Livre commode</i>. Il +avoit soixante-dix ans. C’est lui qui avoit bâti pour la +Beauvais-la-borgnesse l’hôtel qui existe encore au n<sup>o</sup> 64 +de la rue Saint-Antoine.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_388" href="#FNanchor_388"><span class="label">[8]</span></a> Germain Boffrand, de Nantes, né en 1667, du sculpteur +Boffrand et d’une nièce du poëte Quinault. Il eut +pour maître et ami Hardouin Mansart. Quand il mourut +en 1755, il étoit doyen de l’Académie d’architecture. Il +construisit à Paris la porte du cloître Notre-Dame, l’hôpital +des Enfants-Trouvés, qui vient de disparoître ; l’hôtel +de Duras, rue du Faubourg-Saint-Honoré ; l’hôtel d’Argenson, +rue des Bons-Enfants ; la maison de Le Brun, rue +Saint-Victor, etc.</p> +</div> +<p>M. Maübois<a id="FNanchor_389" href="#Footnote_389" class="fnanchor">[9]</a> qui demeure à la place du Carrousel +<span class="pagenum" id="p104">-104-</span> au magasin des Marbres<a id="FNanchor_390" href="#Footnote_390" class="fnanchor">[10]</a>, est un homme +incomparable pour les ouvrages du Tour sur +lequel il travaille les plus dures matières dont il +fait des ornemens d’Architecture, qui par leurs +formes carrées, octogones, ovalles, etc., sembleroient +ne pouvoir estre produites par la pratique +du Tour.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_389" href="#FNanchor_389"><span class="label">[9]</span></a> Jean Maubois, qui, d’après une lettre qu’il a écrite +sur lui-même, en 1699, et qui a été publiée par <i>la Revue +des Sociétés savantes</i> (août 1868, p. 176), vint du Dauphiné +à Paris, sur un ordre de Colbert, en 1680, « pour +tourner tous les ouvrages d’or et d’argent pour S. M. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_390" href="#FNanchor_390"><span class="label">[10]</span></a> Il y étoit installé depuis 1685. « Il tenoit du Roi, +dit-il en effet, dans sa lettre de 1699, un logement proche +son palais des Tuileries, il y a quatorze ans. »</p> +</div> +<p>Son industrie a semblé si admirable à plusieurs +personnes de considération, qu’elles ont pris à +tache de l’acquérir seulement pour s’en faire un +plaisir<a id="FNanchor_391" href="#Footnote_391" class="fnanchor">[11]</a> ; par exemple, M. le Prevôt de l’Eglise +saint Nicolas du Louvre, et M<sup>rs</sup> de la Guyche +qui demeurent rue et près la place Royale<a id="FNanchor_392" href="#Footnote_392" class="fnanchor">[12]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_391" href="#FNanchor_391"><span class="label">[11]</span></a> « Je vous diray, écrit encore Maubois, que tous les +princes me font l’honneur de me venir veoir travailler. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_392" href="#FNanchor_392"><span class="label">[12]</span></a> Maubois eut une fille, d’autres — tels que Hulot +dans son livre, <i>l’Art du Tourneur</i> — disent une sœur, +qui fut presque aussi habile que lui. Elle apprit à tourner +au comte de Clermont, à Louis XV, encore enfant, et +même, s’il faut en croire <i>le Mercure</i> (juin-juillet 1721, +p. 121), au fils de l’ambassadeur turc.</p> +</div> +<p>Les Maçons Entrepreneurs denommez dans +l’article des Batimens du Roy, entreprennent +aussi pour le public.</p> + +<p>Entre ceux des autres Maitres Maçons qui entreprennent +aussi dans le public les plus considérables +edifices, sont Messieurs Tarrade rue des +Orties, Bertier<a id="FNanchor_393" href="#Footnote_393" class="fnanchor">[13]</a> rue Neuve saint Roch, Guezard +<span class="pagenum" id="p105">-105-</span> rue Royalle, Macon rue du Roy de Sicile, Tricot +rue Jean Robert, Thevenot rue saint Claude du +Marais, Perdeau place des Victoires, Convers +Isle Notre Dame, Rohais quartier S. Germain, +Bergeron le jeune rue Royale, butte S. Roch<a id="FNanchor_394" href="#Footnote_394" class="fnanchor">[14]</a>, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_393" href="#FNanchor_393"><span class="label">[13]</span></a> Nicolas Bertier. L’<i>Almanach royal</i> de 1702 le loge +près de la porte Gaillon, c’est-à-dire à l’endroit environ +où se trouve aujourd’hui la fontaine.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_394" href="#FNanchor_394"><span class="label">[14]</span></a> Ce fut jusqu’à la Révolution le nom de la rue des Moulins, +depuis la rue des Petits-Champs jusqu’à la rue Thérèse.</p> +</div> +<p>Pour les compagnons Maçons, Manœuvres, +Limosins, etc., voyez l’article des Domestiques +et Ouvriers.</p> + +<p>A l’égard des Matéreaux<a id="FNanchor_395" href="#Footnote_395" class="fnanchor">[15]</a> servans à la construction +des ouvrages de Maçonnerie, on les peut +trouver aux prix et aux endroits ci-après designez ; +par exemple, le muid de Chaux de Melun +qui arrive au Port saint Paul<a id="FNanchor_396" href="#Footnote_396" class="fnanchor">[16]</a>, coute rendu à +l’attelier 48 livres.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_395" href="#FNanchor_395"><span class="label">[15]</span></a> C’est encore ainsi que prononcent beaucoup d’artisans, +surtout en province. A l’époque même de Blegny, +cette prononciation passoit pour vicieuse : « Il n’y a que +ceux qui ne savent pas parler qui disent <i>matéreaux</i> », +écrit Richelet dans son <i>Dictionnaire</i>, 1688, in-4<sup>o</sup>.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_396" href="#FNanchor_396"><span class="label">[16]</span></a> « Le pavé et la chaux se vendent au port Saint-Paul, +près les Celestins. » Édit. 1691, p. 38.</p> +</div> +<p>Le muid de Ciment qui se fait sur les fossez +de l’Estrapade et au fauxbourg saint Antoine, +chez le Sieur Petit à l’entrée de la rue de Nappe<a id="FNanchor_397" href="#Footnote_397" class="fnanchor">[17]</a>, +coûte rendu à l’atelier <span class="fl">20 livres.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_397" href="#FNanchor_397"><span class="label">[17]</span></a> Lisez rue de Lappe, nom qui lui venoit du maraîcher +Girard Lappe, qui avoit, par là, de grands terrains +sous Louis XIII. Dans l’édit. de 1691, p. 39, il est dit : +« à l’entrée de la rue de la Roquette. »</p> +</div> +<p>Le muid de Plâtre de Montmartre, de Montfaucon, +de Norillon sous Belleville, de Charonne<a id="FNanchor_398" href="#Footnote_398" class="fnanchor">[18]</a>, +etc., coute rendu 6 livres et au plus +6 liv. 10 sols à la mesure et choisi<a id="FNanchor_399" href="#Footnote_399" class="fnanchor">[19]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_398" href="#FNanchor_398"><span class="label">[18]</span></a> « Les carrières et fours à plâtre sont, pour la plupart, +au bas de Montmartre, au bas de Belleville, à Montfaucon. +On tire de ces carrières une sorte de moellons qui +est bonne pour les fondations. » Édit. 1691, p. 38. Le +plâtre de Montmartre étoit « le plus estimé », selon +Félibien, <i>Des principes de l’architecture</i>, 1676, in-4<sup>o</sup>, +p. 698. Les carrières de plâtre au bas de Belleville existent +encore. On les appelle aujourd’hui <i>Carrières d’Amérique</i>, +à cause de l’exportation d’une partie de leurs +produits aux États-Unis, où le plâtre manque.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_399" href="#FNanchor_399"><span class="label">[19]</span></a> Soixante ans après, ce prix étoit augmenté d’un tiers. +Le muid de plâtre se payoit 9 livres. (<i>Journal du Citoyen</i>, +1755, in-8, p. 381.)</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p106">-106-</span> Le tonneau de Pierre de Saint Leu contenant +14 pieds cubes coute rendu depuis 5 jusqu’à +5 livres 10 sols à proportion de l’eloignement, +et sur le Port 4 livres 10 sols, avec cette différence +que quand les morceaux ont plus de 28 +pieds cubes, le prix est augmenté selon le plus +ou le moins ; c’est ce qu’on appelle Pierre +d’échantillon.</p> + +<p>Le bel appareil de Pierre de Liais<a id="FNanchor_400" href="#Footnote_400" class="fnanchor">[20]</a> coute le +pied en superficie rendu depuis 20 jusqu’à 25 +sols, et celuy de la même Pierre de 13 à 14 +pouces de haut 40 à 50 sols.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_400" href="#FNanchor_400"><span class="label">[20]</span></a> « Pierre très-dure, dit Félibien, p. 66, blanche et +approchant du marbre, c’est pour cela qu’elle reçoit une +espèce de poly avec le grès et l’émeril, particulièrement +celui de Senlis, qui ne se gaste ny à la gelée ny aux +autres injures du temps. » C’est avec ce liais de Senlis, +tiré d’une carrière tout près de la ville, que se firent en +grande partie, sous Louis XIV, les constructions du Louvre. +Nous reparlerons plus loin des pierres de liais.</p> +</div> +<p>Le pied cube de Pierre d’Arcueil<a id="FNanchor_401" href="#Footnote_401" class="fnanchor">[21]</a> d’échantillon +10 sols.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_401" href="#FNanchor_401"><span class="label">[21]</span></a> Il sera parlé, avec plus de détail, au chap. suivant, +p. <a href="#c24">111</a>, de la pierre d’Arcueil, dont on se servoit alors +beaucoup dans les constructions à Paris.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p107">-107-</span> Le pied carré de Pierre de saint Cloud<a id="FNanchor_402" href="#Footnote_402" class="fnanchor">[22]</a> pris +sur toute sa hauteur et rendu 28 sols.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_402" href="#FNanchor_402"><span class="label">[22]</span></a> C’est avec la pierre de Saint-Cloud et avec celle +de Saint-Non, dont la carrière se trouve au bout du parc +de Versailles, que furent faites les constructions du château. +La pierre de Saint-Cloud se tiroit de la <i>carrière</i>, +dite des <i>grès</i>, située à gauche en sortant de Saint-Cloud +pour aller à Versailles. C’est de la partie appelée le <i>banc +blanc</i> que furent extraites quelques-unes des plus grandes +pierres du Louvre. Celles du fronton de la colonnade, qui +ont l’une et l’autre cinquante-deux pieds de long, ont été +tirées auprès de Meudon. (Félibien, p. 68.)</p> +</div> +<p>La toise cube de Moellons de Paris et des +Carriéres des fauxbourgs S. Jacques et S. Marcel<a id="FNanchor_403" href="#Footnote_403" class="fnanchor">[23]</a> +rendu en toise sur le lieu 18 livres, et celle de +Moellons de plâtre depuis 16 jusqu’à 17 liv.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_403" href="#FNanchor_403"><span class="label">[23]</span></a> Blegny oublie les meilleurs : ceux des carrières de +Saint-Maur et de Vaugirard. (Félibien, p. 662.)</p> +</div> +<p>Le cent de Bottes de lattes de cœur de chêne +sans obier<a id="FNanchor_404" href="#Footnote_404" class="fnanchor">[24]</a>, coûte sur le Port depuis 36 jusqu’à +40 livres.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_404" href="#FNanchor_404"><span class="label">[24]</span></a> L’aubier est la partie molle qui se trouve entre l’écorce +du chêne et son bois.</p> +</div> +<p>Le Clou à latte 13 sols le millier.</p> + +<p>Le Clou de charette et de bateaux la livre 2 +sols, et le cent de livres depuis 7 jusqu’à 8 livres.</p> + +<p>Pour les Pots d’Aizances<a id="FNanchor_405" href="#Footnote_405" class="fnanchor">[25]</a> et fouilles de terres, +voyez l’article des Vuidanges.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_405" href="#FNanchor_405"><span class="label">[25]</span></a> C’est ce qu’on appeloit, au <small>XV</small><sup>e</sup> siècle, « tuyau des +chambres aisées. » <i>Chron. du roy Louis XI</i>, an. 1479.</p> +</div> +<p>Pour le gros Fer, voyez l’article des Ouvriers +et Marchands de Fer.</p> + +<p>Le prix ordinaire des Murs de fondation depuis +22 jusqu’à 28 pouces d’épaisseur avec portes +de pierres ceintrées, la toise superficielle.</p> + +<p>On toise ordinairement les Fondations à la +<span class="pagenum" id="p108">-108-</span> toise cube dont on paye 40 à 42 livres de chaque +toise reduite à 216 pieds cubes, et alors on déduit +les vuides qui s’y trouvent et même la place +qu’occupe la Pierre de taille, pour la toiser ensuite +à raison de 28 à 30 livres la toise quarrée +tous paremens veus, à condition qu’elle soit des +Carrières d’Arcueil<a id="FNanchor_406" href="#Footnote_406" class="fnanchor">[26]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_406" href="#FNanchor_406"><span class="label">[26]</span></a> Félibien, p. 68, énumérant les diverses sortes de +pierres « qu’on emploie à Paris », nomme celle d’Arcueil +la première. Il en sera reparlé bientôt.</p> +</div> +<p>Des Voutes de caves et de fosses d’Aizances +avec Arcs de Pierre de taille dure d’Arcueil de +18 pouces de longueur de tête l’une, et 30 pouces +l’autre de 14 à 15 pouces d’epaisseur au +couronnement de la Voute ; espacez à 12 pieds de +distance de milieu en milieu la toise superficielle <span class="fl">16 livres.</span></p> + +<p>On observe ordinairement dans le milieu desdites +Voutes un trou de deux pieds en quarré +pour faciliter la vuidange desdites fosses d’Aizances, +lequel trou est garni d’un chassis de +Pierre dure d’Arcueil dans lequel se met une +autre Pierre feuillée<a id="FNanchor_407" href="#Footnote_407" class="fnanchor">[27]</a> de 3 pouces de largeur et +renforcée d’autant pour s’emboîter dans ledit +châssis que l’on paye séparement, ou qui est +compris dans le toisé, suivant qu’il est expliqué +dans le marché.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_407" href="#FNanchor_407"><span class="label">[27]</span></a> C’est-à-dire plate, et comme en feuille.</p> +</div> +<p>Les reins des dites Voutes se doivent payer +au moins à 9 livres la toise cube ou au tiers de +la superficie des Voutes en berceau, ou au quart +de la superficie des Voutes en lunettes<a id="FNanchor_408" href="#Footnote_408" class="fnanchor">[28]</a> ; mais il +<span class="pagenum" id="p109">-109-</span> faut que les dits reins soient remplis et garnis +avec moellon de la qualité des dits murs, +maçonné avec mortier de chaux et sable, et +arrasez d’après le couronnement de la dite +Voute.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_408" href="#FNanchor_408"><span class="label">[28]</span></a> Les voûtes en lunettes ou à lunettes sont, selon Furetière, +celles qui s’élèvent sur les côtés pour augmenter +la hauteur des fenêtres, comme sont toutes les voûtes +gothiques.</p> +</div> +<p>Des murs de face de Pierre de saint Leu<a id="FNanchor_409" href="#Footnote_409" class="fnanchor">[29]</a> avec +trois assises de Pierre dure d’Arcueil, dont les +deux derniers faisant parement en dedans, les +dites trois assises faisant ensemble trois pieds et +demi à quatre pieds de haut, de vingt deux +pouces d’epaisseur au nud avec portes, croisées, +fermetures, plinthes et entablemens de pierre de +S. Leu, la toise superficielle <span class="fl">45 livres.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_409" href="#FNanchor_409"><span class="label">[29]</span></a> Il ne faut pas s’étonner que le nom de la pierre de +Saint-Leu revienne continuellement ici. C’étoit une des plus +employées pour les constructions de Paris. « Elle est tendre +à tailler, dit Félibien, p. 67, mais elle durcit à l’air. »</p> +</div> +<p>Des Murs metoyens<a id="FNanchor_410" href="#Footnote_410" class="fnanchor">[30]</a> de vingt pouces d’épaisseur +par bas avec jambes de pierre de Taille +dure sous les poutres, le restant desdits murs +avec moellon piqué et enduit des deux cotez, la +toise superficielle <span class="fl">18 livres.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_410" href="#FNanchor_410"><span class="label">[30]</span></a> Métoyen, pour mitoyen, étoit aussi de la prononciation +populaire. Félibien lui-même l’emploie, p. 666.</p> +</div> +<p>Des Murs de refend depuis le retz chaussée +en amont de quinze à seize pouces d’épaisseur, +avec une assise de pierre dure par bas, faisant +parement des deux côtez et parpins<a id="FNanchor_411" href="#Footnote_411" class="fnanchor">[31]</a> entre deux +quarteaux, un avec pieds droits et fermetures de +portes, de pierre de saint Leu à chaque étage, +le restant desdits murs avec moellon piqué, +<span class="pagenum" id="p110">-110-</span> enduit par dessus des deux cotez, la toise superficielle +<span class="fl">18 livres.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_411" href="#FNanchor_411"><span class="label">[31]</span></a> Le mur de parpin, ou parpaing, est formé de pierres +qui en traversent l’épaisseur.</p> +</div> +<p>Des Murs de chiffres<a id="FNanchor_412" href="#Footnote_412" class="fnanchor">[32]</a> de quinze pouces d’épaisseur +avec deux assises de pierre dure par bas, +et le reste de saint Leu, la toise superficielle <span class="fl">25 livres.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_412" href="#FNanchor_412"><span class="label">[32]</span></a> C’est-à-dire faits de pierres entrelacées, comme des +chiffres ou « entrelas ».</p> +</div> +<p>Des Marches moullées<a id="FNanchor_413" href="#Footnote_413" class="fnanchor">[33]</a> en Pierre dure d’Arcueil +pour les grands escaliers, la toise superficielle <span class="fl">30 livres.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_413" href="#FNanchor_413"><span class="label">[33]</span></a> Celles qui ont une moulure, avec filet, autour du +giron.</p> +</div> +<p>Les Marches non moullées <span class="fl">25 livres.</span></p> + +<p>Et celles des descentes de caves <span class="fl">20 livres.</span></p> + +<p>Des Murs de chiffres desdites descentes de +caves de quinze pouces d’épaisseur avec une +assise de pierre dure par bas, la toise superficielle <span class="fl">12 livres.</span></p> + +<p>Des Murs de puits ayant deux assises de Pierre +dure d’Arcueil cramponées et une mardelle<a id="FNanchor_414" href="#Footnote_414" class="fnanchor">[34]</a> au +dessus de ladite pierre d’une seule pièce, lesdites +assises enterrées dans le retz de chaussée et +levées de deux pieds et demy de haut jusque +sous ladite mardelle, le restant au dessous jusque +sur le roüet<a id="FNanchor_415" href="#Footnote_415" class="fnanchor">[35]</a> avec moellon dur piqué et posé +par arrases<a id="FNanchor_416" href="#Footnote_416" class="fnanchor">[36]</a> egales de dix huit pouces d’épaisseur, +la toise superficielle <span class="fl">25 livres.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_414" href="#FNanchor_414"><span class="label">[34]</span></a> Pour margelle. Encore une mauvaise prononciation +des artisans de ce temps-là, et de quelques-uns de celui-ci.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_415" href="#FNanchor_415"><span class="label">[35]</span></a> C’est-à-dire le treuil où s’enroule la corde du puits.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_416" href="#FNanchor_416"><span class="label">[36]</span></a> Nous dirions aujourd’hui assises.</p> +</div> +<p>Des souches de Cheminées de brique<a id="FNanchor_417" href="#Footnote_417" class="fnanchor">[37]</a> avec +<span class="pagenum" id="p111">-111-</span> plinthes et fermetures de pierre de saint Leu +sans compter de plus valeur pour ladite pierre, +la toise superficielle <span class="fl">14 livres.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_417" href="#FNanchor_417"><span class="label">[37]</span></a> Partie d’un corps de cheminée qui s’élève au-dessus +du toit.</p> +</div> +<p>Des Bornes de pierre dure de quatre pieds de +long, posées en place sur un massif d’un pied +d’épaisseur, maçonnées et scellées en plâtre pur, +la pièce <span class="fl">11 livres.</span></p> + +<p>Des Murs de cloture de dix huit pouces +d’épaisseur avec moellon dur posé par arrases +égales en mortier de chaux et sable, crepis des +deux cotez, la toise superficielle <span class="fl">14 livres.</span></p> + +<p>Des Murs aussi de cloture maçonnez avec +pareil moellon apparent et posé à bain de mortier +de terre<a id="FNanchor_418" href="#Footnote_418" class="fnanchor">[38]</a>, la toise superficielle <span class="fl">8 livres.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_418" href="#FNanchor_418"><span class="label">[38]</span></a> C’est-à-dire en plein mortier : « les maçons, lisons-nous +dans le curieux <i>Manuel lexique</i> de l’abbé Prévost, +t. I, p. 108, disent qu’une cour est pavée à bain de mortier, +pour signifier qu’il y a du mortier en abondance. »</p> +</div> +<p>Le Pavé de pierre de taille dure posé en +mortier de chaux et sable, la toise superficielle <span class="fl">28 livres.</span></p> + +<p>Le Pavé noir et blanc <span class="fl">32 livres.</span></p> + +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c24">QUALITEZ ET COUPE DE LA PIERRE.</h3> + + +<p>La Pierre dont on se sert dans les batimens à +Paris, se tire des Carrières d’Arcueil, Bagneux, +fauxbourg S. Jacques, fauxbourg S. Marceau et +Vaugirard<a id="FNanchor_419" href="#Footnote_419" class="fnanchor">[1]</a> ; la meilleure de toutes celles que +<span class="pagenum" id="p112">-112-</span> l’on tire aux Carrières du fauxbourg S. Jacques, +d’Arcueil et de Bagneux, coûte rendue à l’atelier +10 à 12 sols le pied cube suivant la grandeur +des morceaux dont il n’y en a au plus que +deux à la voye, ou sinon le prix diminue : car +les morceaux de 4, 5 ou 6 à la voye ne passent +que pour libages et se payent depuis 4 jusqu’à +5 livres la voye.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_419" href="#FNanchor_419"><span class="label">[1]</span></a> « Les meilleures espèces de pierres de taille, libages +et moellons, se tirent des carrières d’Arcueil et de Mont-Rouge. — Il +y a d’autres carrières, d’où l’on tire d’assez +bonnes sortes de marchandise, vers le Marché-aux-Chevaux +et à la vallée de Fecan. » (Édit. 1691, p. 38.) Le marché +aux Chevaux étoit, où il se trouve encore, au faubourg +Saint-Marceau, près du boulevard de l’Hôpital. Quant à la +vallée de Fécamp, on appeloit ainsi une partie de la rue +de Charenton à son extrémité, dans la campagne. Les +carrières de Vaugirard commençoient presque dans Paris, +derrière les Chartreux, voisins, comme on sait, du Luxembourg. +Les meilleures même étoient dans cette partie. +C’est avec le liais de la carrière des Chartreux et celui +de Senlis que fut bâti le Louvre.</p> +</div> +<p>La meilleure pierre qui se tire encore auxdites +Carrières du fauxbourg S. Jacques, d’Arcueil et +Bagneux, est le Liais<a id="FNanchor_420" href="#Footnote_420" class="fnanchor">[2]</a>, dont il y en a de deux +qualitez, sçavoir, Liais doux et Liais faraut<a id="FNanchor_421" href="#Footnote_421" class="fnanchor">[3]</a>, le +Liais doux est de deux bancs différens dans la +Carrière ; le premier est de bas appareil<a id="FNanchor_422" href="#Footnote_422" class="fnanchor">[4]</a> qui +vaut 20 à 25 sols le pied carré pris sur son lit, +sans avoir égard à sa hauteur, qui n’est que de +7 à 8 pouces.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_420" href="#FNanchor_420"><span class="label">[2]</span></a> « La pierre, dit Palissy (édit. Cap, p. 294), que les +Parisiens appellent <i>liais</i>. » Buffon (<i>Minéral.</i>, t. I, p. 341) +en a, comme Félibien cité tout à l’heure, vanté l’excellence +et notamment la dureté, « qui lui vient, dit-il, de +ce qu’elle est surmontée de plusieurs bancs d’autres pierres, +dont elle a reçu les sucs pétrifiants ».</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_421" href="#FNanchor_421"><span class="label">[3]</span></a> Les ouvriers prononçoient ainsi, mais le vrai mot est +« liais-féraut ». Il résiste au feu, et c’est pour cela qu’on +l’employoit, au dernier siècle, pour faire les jambages des +cheminées.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_422" href="#FNanchor_422"><span class="label">[4]</span></a> C’est-à-dire par petits fragments, sans épaisseur.</p> +</div> +<p>Et le haut appareil qui porte 12 à 13 pouces +<span class="pagenum" id="p113">-113-</span> vaut 40 à 50 sols le pied carré, le tout rendu à +l’atelier.</p> + +<p>Cette Pierre coute 40 à 50 sols la toise pour +la taille polie au grais, et celle d’Arcueil coute +28 à 30 sols la toise coulante.</p> + +<p>Le Liais faraut ne coute que 20 sols le pied +carré, mais on n’en employe que rarement, parce +qu’il est difficile à travailler.</p> + +<p>La Pierre du fauxbourg saint Marceau et +Vaugirard coute 4 à 4 livres 10 sols la voye, et +coute 18 à 20 sols la toise à tailler.</p> + +<p>Le Moellon<a id="FNanchor_423" href="#Footnote_423" class="fnanchor">[5]</a> que l’on tire dans lesdites Carrieres, +coute, savoir, celuy du Fauxbourg saint +Marceau, saint Jacques, Bagneux, Pacy et Vaugirard<a id="FNanchor_424" href="#Footnote_424" class="fnanchor">[6]</a>, +17 à 18 livres la toise selon l’éloignement ; +celuy des Carrières d’Arcueil coute 18 à +20 livres.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_423" href="#FNanchor_423"><span class="label">[5]</span></a> Blegny donne la véritable orthographe, que n’avoit +pas adoptée Richelet, et dont on se départit au <small>XVIII</small><sup>e</sup> siècle +pour la reprendre de nos jours. L’abbé Prévost la regrettoit : +« On devroit, dit-il, écrire <i>moellon</i>, et non <i>moîlon</i>, +puisqu’il vient de moelle. » (<i>Manuel lexique</i>, t. II, p. 97.)</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_424" href="#FNanchor_424"><span class="label">[6]</span></a> Celui d’Arcueil et celui de Saint-Maur, oubliés ici, +passoient pour être les meilleurs, comme on l’a vu plus haut. +Celui de Passy étoit le moins estimé.</p> +</div> +<p>On employe dans les batimens beaucoup de +Pierre que l’on tire des Carrieres de saint Leu, +de Serans près Chantilly ; elle n’est bonne qu’à +4 ou 5 pieds de terre : c’est pourquoy on employe +la Pierre dure des Carrières précedentes +au retz de chaussée et le saint Leu au dessus ; +on la vend sur le port vers la porte de la Conférence<a id="FNanchor_425" href="#Footnote_425" class="fnanchor">[7]</a> +4 livres 10 sols à 4 liv. 15 sols le +<span class="pagenum" id="p114">-114-</span> tonneau, lequel contient 14 pieds cubes ; cette +Pierre est fort tendre, facile à travailler, et +devient dure en œuvre par une croute qui se +forme dessus ; elle resiste à la gelée et à tous +les autres mauvais temps, elle ne coute à tailler +que 8 à 9 sols la toise courante, tous paremens +veus sur un pied de haut.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_425" href="#FNanchor_425"><span class="label">[7]</span></a> On sait qu’elle étoit située entre la Seine et l’extrémité +orientale de la terrasse des Tuileries. Le port où se +déchargeoient les pierres de Saint-Leu, comme le constate +aussi La Tynna, étoit au bas. Il n’existe plus. Le port aux +pierres est transféré de l’autre côté, un peu plus en amont, +au-dessous du quai d’Orsay. Les pierres de Saint-Leu et +de Senlis étoient à peu près les seules qu’on y débarquât. +Les autres étoient apportées à pied d’œuvre des carrières +mêmes qui avoisinoient Paris, « car, dit Félibien, p. 65, +il semble que la nature même ait de tout temps voulu +pourvoir aux besoins de cette grande ville, puisque toutes +les choses nécessaires pour les édifices qu’on y fait se +trouvent sur le lieu même. »</p> +</div> +<p>On scie les Pierres dures dont il est parlé +ci-devant<a id="FNanchor_426" href="#Footnote_426" class="fnanchor">[8]</a> afin de menager la pierre et même il +est indispensable de le faire pour les apuis des +croisées, seuils de portes, pavé de pierre, marelles<a id="FNanchor_427" href="#Footnote_427" class="fnanchor">[9]</a>, +etc. On paye le sciage toisant un seul +parement des deux qui viennent de chaque trait +de scie à 4 sols, même 4 sols 6 deniers le pied +carré.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_426" href="#FNanchor_426"><span class="label">[8]</span></a> On les scioit comme le marbre dans les Pyrénées, +d’après le procédé récemment inventé par Misson, avec +des scies qui tournoient et scioient le marbre ou la pierre +sur place. (Félibien, p. 736.)</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_427" href="#FNanchor_427"><span class="label">[9]</span></a> Lisez margelle.</p> +</div> +<p>Lors que les morceaux que l’on veut scier +sont trop courts, on en joint plusieurs bout à +bout de la longueur de la scie, ce qui est aussi +tôt fait que si on scioit un seul petit morceau.</p> + +<p>On scie aussi la Pierre de saint Leu, lorsque +<span class="pagenum" id="p115">-115-</span> les morceaux sont d’une grandeur propre à en +tirer deux pour mettre en œuvre, ce qui est d’un +grand menage, parce qu’outre que cela epargne +la pierre, on profite de deux paremens qui ne +sont pourtant pas de conséquence comme à la +Pierre d’Arcueil et de Liais, on donne du pied +carré pour le Sciage à ne toiser qu’un des deux +paremens 9 à 12 deniers.</p> + +<p>On employe aussi de la pierre dure que l’on +tire des Carrieres de S. Cloud<a id="FNanchor_428" href="#Footnote_428" class="fnanchor">[10]</a>, elle est fort +blanche et bonne, on la scie comme les précédentes, +elle coûte 14 à 15 sols le pied cube.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_428" href="#FNanchor_428"><span class="label">[10]</span></a> Il en a déjà été parlé plus haut.</p> +</div> +<p>On tire desdites Carrières des pierres fort +longues dont on fait des colonnes d’une seule +pièce, et qui resistent au fardeau et à la gelée.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c25">OUVRAGES ET FOURNITURES<br> +<span class="small">DE CHARPENTE.</span></h3> + + +<p>Les Charpentiers Entrepreneurs des batimens +du Roy entreprennent aussi pour le public.</p> + +<p>Entre les autres Maitres Charpentiers qui font +des entreprises considérables, sont M<sup>rs</sup> Petit père +et fils<a id="FNanchor_429" href="#Footnote_429" class="fnanchor">[1]</a> près la porte Montmartre, Guilbert<a id="FNanchor_430" href="#Footnote_430" class="fnanchor">[2]</a> sur +l’aile du Pont Marie<a id="FNanchor_431" href="#Footnote_431" class="fnanchor">[3]</a>, le Sage porte saint Antoine, +Guesnier, rue <a id="FNanchor_432" href="#Footnote_432" class="fnanchor">[4]</a>, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_429" href="#FNanchor_429"><span class="label">[1]</span></a> Antoine Petit et Gaspard Petit. Ils avoient encore, +en 1702, leur chantier près la porte Montmartre.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_430" href="#FNanchor_430"><span class="label">[2]</span></a> Lisez Gilbert.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_431" href="#FNanchor_431"><span class="label">[3]</span></a> C’est l’espace, formant une espèce de port, qui est +au bas du Pont-Marie, du côté du quai des Ormes. Gilbert +n’y étoit plus en 1702. Il avoit transféré son chantier au +faubourg Saint-Antoine, rue de Lappe.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_432" href="#FNanchor_432"><span class="label">[4]</span></a> Blegny, qui ignore son adresse, ne savoit guère mieux +son nom. Il s’appeloit Jean Guemier, et demeuroit au bout +de la Villeneuve, près de la porte Saint-Denis.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p116">-116-</span> Le bois de Charpente arrive pour la plus +grand’part au Port au plâtre<a id="FNanchor_433" href="#Footnote_433" class="fnanchor">[5]</a> et à l’Isle Louvier<a id="FNanchor_434" href="#Footnote_434" class="fnanchor">[6]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_433" href="#FNanchor_433"><span class="label">[5]</span></a> A Bercy, près d’un cimetière de protestants. C’est +aujourd’hui la rue des Charbonniers.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_434" href="#FNanchor_434"><span class="label">[6]</span></a> Jusqu’à la fin du règne de Louis XIV, ce ne fut qu’un +dépôt pour le foin, les fruits, les bois de menuiserie et de +charpente. On n’en fit plus ensuite qu’un immense chantier +de bois à brûler.</p> +</div> +<p>M<sup>rs</sup> Lion et Patissier Marchands de bois +Carré, rue des fossez S. Victor, ont beaucoup +de bois de Charpente dans leurs Chantiers.</p> + +<p>Le prix ordinaire du cent de Bois de Charpente<a id="FNanchor_435" href="#Footnote_435" class="fnanchor">[7]</a> +pour combles, planchers, cloisons, pands +de bois, escalier, etc., mis en œuvre et toisé +aux us et coutume de Paris, est de 330 jusqu’à +340 livres, si ce n’est lorsque le bois des planchers +est apparent qu’il va jusqu’à 360 livres<a id="FNanchor_436" href="#Footnote_436" class="fnanchor">[8]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_435" href="#FNanchor_435"><span class="label">[7]</span></a> « A Paris, le bois de charpente se vend au cent de +pièces. La pièce doit avoir douze pieds de long et six +pouces en quarré : de sorte qu’elle contient trente-six +pouces sur douze pieds de long. » Félibien, p. 117.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_436" href="#FNanchor_436"><span class="label">[8]</span></a> Ce prix, en 1734, c’est-à-dire quarante-trois ans +après, avoit presque doublé : « Montant du cent de bois +façonné… 612 livres. <i>Prix de 1734.</i> » (<i>Journal du Citoyen</i>, +p. 385.)</p> +</div> +<p>Les Poutres et tirants au dessus de quatre +toises de longueur, et les Solives au dessus de +dix huit pieds de long, valent depuis 380 jusqu’à +400 livres le cent, et même depuis 410 +jusqu’à 430 livres si les pièces sont apparentes.</p> + +<p>On paye depuis 70 jusqu’à 75 livres pour le +cent de vieux bois de chêne façonné et mis en +œuvre.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p117">-117-</span> Les Charpentiers tiennent compte du vieux +Bois de chêne provenant des démolitions sur le +pied de 200 livres le cent, celuy de Sapin sur le +pied de 150 livres.</p> + +<p><i>Nota</i>, qu’avant la démolition on toise le vieux +Bois, que l’on donne en compte aux Charpentiers, +mais dans le toisé on ne comprend point +le bois au dessous de trois pieds de longueur +qui demeure au profit des bourgeois, et les +Charpentiers en tiennent compte à 170 livres le +cent.</p> + +<p>Lorsque tous les ouvrages de Charpente sont +de sujettion et d’assemblage, et qu’il n’y a aucuns +planchers à faire, on les paye depuis 450 +jusqu’à 500 livres le cent.</p> + +<p>Le cent de Bois carré de saint Dizier<a id="FNanchor_437" href="#Footnote_437" class="fnanchor">[9]</a> se +vend sur les Ports du lieu 150 livres le cent, et +il coute d’ailleurs 60 livres de voiture jusqu’à +Paris.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_437" href="#FNanchor_437"><span class="label">[9]</span></a> On y fait encore, par la Marne, un grand commerce +de bois et planches de sapin.</p> +</div> +<p>La toise de Bois carré de 18, 20 à 21 pouces +de grosseur vaut sur les Ports de Paris<a id="FNanchor_438" href="#Footnote_438" class="fnanchor">[10]</a>, 11 à +12 livres.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_438" href="#FNanchor_438"><span class="label">[10]</span></a> C’est sur ces ports, dont nous avons parlé plus haut, +que les experts-jurés devoient, même à l’exclusion des +maîtres, visiter les bois à bâtir et non ouvrés.</p> +</div> +<p>Le Bois carré se vend dans les Chantiers de +Paris depuis 250 jusqu’à 260 livres le cent, non +compris le gros bois, si ce n’est de 15 à 18 +pieds de long.</p> + +<p>Le cent de Poteaux et Solives se vendent sur +le Port environ 200 livres, et dans les Chantiers +depuis 230 jusqu’à 240 livres.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p118">-118-</span> Les pièces de Bois carré propre à faire des +Poutres de 4 toises de long et de 18 à 20 pouces +de grosseur valent environ 100 livres, celles de +4 à 5 toises depuis 45 jusqu’à 50 écus, et celles +de 5 à 6 toises environ 200 livres.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c26">OUVRAGES ET FOURNITURES<br> +<span class="small">DE COUVREURS.</span></h3> + + +<p>Les Entrepreneurs des Couvertures des Batimens +du Roy dénommez en l’article fait exprès, +entreprennent aussi pour le public.</p> + +<p>Entre les autres Maitres Couvreurs de Paris +qui font des entreprises considérables, sont Messieurs +Rottier rue saint Joseph, Bourgoin rue +Françoise près l’Hôtel de Bourgogne<a id="FNanchor_439" href="#Footnote_439" class="fnanchor">[1]</a>, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_439" href="#FNanchor_439"><span class="label">[1]</span></a> Il s’établit plus tard à l’apport-Paris. Ses noms étoient +Pierre Bourgoing.</p> +</div> +<p>M. Bidot rue saint Martin au Colombier, tient +magasin d’ardoises d’Anjou<a id="FNanchor_440" href="#Footnote_440" class="fnanchor">[2]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_440" href="#FNanchor_440"><span class="label">[2]</span></a> On ne se servoit à Paris que de ces ardoises et de +celles de Mézières, qui étoient moins estimées.</p> +</div> +<p>Il y a d’ailleurs des magasins d’Ardoises sur +le quay de la Tournelle<a id="FNanchor_441" href="#Footnote_441" class="fnanchor">[3]</a> et sur le quay neuf<a id="FNanchor_442" href="#Footnote_442" class="fnanchor">[4]</a> où +l’on vend encore Briques, Tuiles et Carreaux.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_441" href="#FNanchor_441"><span class="label">[3]</span></a> Au port des Miramionnes. On y débarquoit aussi les +tuiles et les briques, comme on verra un peu plus loin. Il +en avoit pris le nom de « port aux tuiles et ardoises ».</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_442" href="#FNanchor_442"><span class="label">[4]</span></a> Le quai Le Pelletier, comme on l’a vu plus haut.</p> +</div> +<p>La Tuille commune se fabrique en divers endroits +du fauxbourg saint Antoine.</p> + +<p>Il y a au bas de Passy une Tuillerie où l’on +fait une sorte de Thuille meilleure, et plus +chère<a id="FNanchor_443" href="#Footnote_443" class="fnanchor">[5]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_443" href="#FNanchor_443"><span class="label">[5]</span></a> Les tuileries avoient été nombreuses de ce côté, depuis +Passy jusque bien au-delà d’Auteuil. Il en est parlé +dans un titre de 1233, à propos d’un droit qu’y percevoient +les génovéfains de Paris. Celle dont il est parlé ici fut +une des dernières, du moins sous Passy.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p119">-119-</span> La Thuille de Bourgogne se décharge sur le +quay de la Tournelle, on tient que c’est la meilleure +espèce de Tuilles.</p> + +<p>Le bardeau de Douves de tonneau est façonné +par les Menuisiers.</p> + +<p>Pour ce qui est des Ouvrages de couvreurs, +ils se payent ordinairement suivant le tarif qu’on +va lire.</p> + +<p>La Toise carrée de couverture d’Ardoyses avec +lattes et contrelattes de chêne de trois pouces +neuf lignes de pureau<a id="FNanchor_444" href="#Footnote_444" class="fnanchor">[6]</a>, se paye à neuf livres la +toise carrée, ou seulement à vingt cinq sols pour +façon en fournissant par l’entrepreneur les ardoises, +clouds et lattes.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_444" href="#FNanchor_444"><span class="label">[6]</span></a> « Le <i>pureau</i> d’une tuile, dit Félibien, est la partie qui +est à découvert et qui n’est pas cachée par les autres. » +<i>Des principes de l’Architecture</i>, 1676, in-4<sup>o</sup>, p. 711.</p> +</div> +<p>La Toise carrée de couverture d’Ardoises sortes +de cartelettes<a id="FNanchor_445" href="#Footnote_445" class="fnanchor">[7]</a> pour les dômes depuis deux jusqu’à +trois pouces de pureau lattées comme aux precedentes +à 16 livres.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_445" href="#FNanchor_445"><span class="label">[7]</span></a> Ou petites cartelles, c’est-à-dire planchettes.</p> +</div> +<p>Le millier d’Ardoises communes vaut vingt +huit livres, et le millier de fortes depuis 36 jusqu’à +40 livres.</p> + +<p>Les couvertures de tuille neuve du grand +moule de Passy ou du fauxbourg saint Germain<a id="FNanchor_446" href="#Footnote_446" class="fnanchor">[8]</a>, +latées de quatre pouces de pureau ou +<span class="pagenum" id="p120">-120-</span> échantillon, se payent à sept livres la toise +carrée.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_446" href="#FNanchor_446"><span class="label">[8]</span></a> Le faubourg Saint-Germain avoit eu ses tuileries, qui +se rattachoient à celles du Petit-Vaugirard et de Vaugirard. +Il en existe encore un souvenir dans le nom de <i>la +Cour des vieilles Tuileries</i>, située à l’extrémité de la rue +du Cherche-Midi, qui, elle-même, s’étoit longtemps appelée +ainsi, depuis la rue du Regard, jusqu’à la rue du Petit-Vaugirard. +En 1389, il est déjà parlé des « Tuileries près +Saint-Germain des Prés ». <i>Reg. crimin. du Châtelet</i>, 1389-1392, +t. I, p. 20.</p> +</div> +<p>Pour façon en tout fournissant quinze sols en +batimens à lucarnes, et huit sols en simple +grange.</p> + +<p>Les couvertures de tuilles neuves du grand +moule de Passy à claire voye, lattées comme +dessus, se payent à quatre livres quinze sols la +toise carrée.</p> + +<p>La toise carrée de trente six pieds de superficie, +se paye de quinze à vingt sols pour les recherches.</p> + +<p>La couverture de tuille maniée à bout, latée +de neuf, découverte et recouverte, se paye pour +chaque toise de trente six pieds de superficie à +4 livres.</p> + +<p>Les recherches<a id="FNanchor_447" href="#Footnote_447" class="fnanchor">[9]</a> de couvertures d’Ardoises, et +raccommodement des anciennes combles<a id="FNanchor_448" href="#Footnote_448" class="fnanchor">[10]</a> dans +les ouvrages neufs, à une livre cinq sols la toise +carrée.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_447" href="#FNanchor_447"><span class="label">[9]</span></a> « En termes de couvreurs et de paveurs, lisons-nous +dans le Manuel lexique de l’abbé Prévost, t. II, p. 339, on +appelle <i>recherche de pavé, recherche de couverture</i>, la réparation +qui s’y fait lorsque l’on met de nouvelles ardoises +ou de nouvelles pierres à la place de celles qui manquent. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_448" href="#FNanchor_448"><span class="label">[10]</span></a> Ce mot avoit été d’abord du féminin, mais l’usage +auquel se conforma l’Académie lui avoit donné enfin le +genre qu’il a gardé.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p121">-121-</span></p> + +<h3 id="c27">OUVRAGES ET BOIS<br> +<span class="small">DE MENUISERIE.</span></h3> + + +<p>Les Menuisiers Entrepreneurs des Batimens +du Roy, cy devant designez, entreprennent +aussi pour les particuliers les ouvrages considérables.</p> + +<p>Entre les autres Maîtres Menuisiers qui font +de pareilles entreprises, sont Messieurs de Sanceaux +rue Royale quartier saint Roch, Girard et +Senincourt à la Ville neuve, Marteau au coin de +Rome<a id="FNanchor_449" href="#Footnote_449" class="fnanchor">[1]</a>, Saint Blimont devant saint Martin des +Champs, du Coing rue Couture saint Gervais, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_449" href="#FNanchor_449"><span class="label">[1]</span></a> On disoit aussi cul-de-sac de Rome. C’étoit une impasse +de la rue Frépillon, qui devoit son nom à l’enseigne +du « puits de Rome », dont nous ignorons l’origine, et +qui se voyoit encore il y a trente ans figuré en or sur +plaque de marbre noir.</p> +</div> +<p>M. Paillard Menuisier de l’Opéra fort entendu +dans les machines<a id="FNanchor_450" href="#Footnote_450" class="fnanchor">[2]</a>, demeure rue Fromenteau<a id="FNanchor_451" href="#Footnote_451" class="fnanchor">[3]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_450" href="#FNanchor_450"><span class="label">[2]</span></a> Il existe aux Archives Nationales un manuscrit contenant +un certain nombre de ces machines de l’Opéra au +<small>XVII</small><sup>e</sup> siècle. Elles ont été reproduites en partie dans le +<i>Magasin pittoresque</i> de 1867, p. 283, 331, 379.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_451" href="#FNanchor_451"><span class="label">[3]</span></a> Ce sont les menuisiers, et non les charpentiers, qui +étoient aussi chargés de fournir les estrades et les châssis +à tentures pour les grandes cérémonies. Monteil possédoit +un manuscrit des <i>Menus plaisirs</i>, année 1678, où on lisoit : +« A Nicolas Hertier, menuisier du Roi, la somme de 940 +livres pour les menuiseries qui étoient nécessaires à la +cérémonie des cinq <i lang="la" xml:lang="la">Te Deum</i> chantés pour les victoires du +Roi. »</p> +</div> +<p>Le plus grand’ aport du bois carré pour la +Menuiserie, arrive à l’Isle Louvier<a id="FNanchor_452" href="#Footnote_452" class="fnanchor">[4]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_452" href="#FNanchor_452"><span class="label">[4]</span></a> <i>V.</i> une des notes précédentes, p. <a href="#p116">116</a>.</p> +</div> +<p>Les planches chevrons et autres bois de batteaux +<span class="pagenum" id="p122">-122-</span> se trouvent à la Grenouillière et sur le +Port saint Paul.</p> + +<p>Il y a des Chantiers de bois de Menuiserie +dans presque tous les quartiers de Paris, où il +est débité en détail aux Bourgeois et Menuisiers.</p> + +<p>Le prix ordinaire des croisées à panneaux de +verre avec chassis dormans et volets brisez +aboument<a id="FNanchor_453" href="#Footnote_453" class="fnanchor">[5]</a>, de 4 pieds à 4 pieds et demi de +large le pied courant mesuré sur la hauteur +seulement.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_453" href="#FNanchor_453"><span class="label">[5]</span></a> Lisez « à bouvement ». C’étoit une certaine espèce +d’assemblage, pour laquelle on employoit le bouvet, sorte +de rabot.</p> +</div> +<p>Les Croisées sans volets pour les escaliers de +pareilles largeurs et mesurez de même, le pied <span class="fl">30 à 35 sols.</span></p> + +<p>Les Croisées à carreaux de verre, avec volets +brisez aboument<a id="FNanchor_454" href="#Footnote_454" class="fnanchor">[6]</a> et de pareille largeur, le petit +bois orné d’un quart de rond et deux cartez à +chacun, le pied de hauteur <span class="fl">3 l. 5 à 3 l. 10.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_454" href="#FNanchor_454"><span class="label">[6]</span></a> Même note que la précédente.</p> +</div> +<p>Les Croisées aussi à carreaux de verre sans +volets comme les precedens, le pied de hauteur <span class="fl">40 à 45 sols.</span></p> + +<p>Les Chassis à carreaux de verre à coulisse<a id="FNanchor_455" href="#Footnote_455" class="fnanchor">[7]</a> +dont le petit bois de chêne semblable au precedent, +sur 4 pieds de large, le pied de hauteur <span class="fl">36 à 38 sols.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_455" href="#FNanchor_455"><span class="label">[7]</span></a> C’est ce qu’on appela depuis des croisées à guillotines. +Le châssis à panneaux de verres étoit immobile et à demeure, +tandis que le châssis à carreaux de verres et à +coulisse se mouvoit de bas en haut, et <i lang="la" xml:lang="la">vice versâ</i>.</p> +</div> +<p>Les Chassis à papier<a id="FNanchor_456" href="#Footnote_456" class="fnanchor">[8]</a> aussi de bois de chêne +<span class="pagenum" id="p123">-123-</span> à coulisse de 4 pieds de large avec meneaux<a id="FNanchor_457" href="#Footnote_457" class="fnanchor">[9]</a> +arrondis comme les precedens 25 sols le pied de +hauteur.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_456" href="#FNanchor_456"><span class="label">[8]</span></a> Richelet, au mot « châssis », nous donne la définition +de ce « châssis à papier » : « Clôture de bois qu’on +rabotte, et qu’on fait par carreaux, sur laquelle on colle +du papier qu’on huile, et qu’on met ensuite aux croisées +des fenêtres devant les vitres, afin que la chambre soit +plus chaude. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_457" href="#FNanchor_457"><span class="label">[9]</span></a> C’est ce que nous appelons « les montants ».</p> +</div> +<p>Le Parquet<a id="FNanchor_458" href="#Footnote_458" class="fnanchor">[10]</a> de bois de chêne dont le basti<a id="FNanchor_459" href="#Footnote_459" class="fnanchor">[11]</a> +aura un pouce et demi d’épaisseur, les panneaux +et frises un pouce, le tout en œuvre bien assemblé +et posé sur lambourdes<a id="FNanchor_460" href="#Footnote_460" class="fnanchor">[12]</a> de 3 à 4 pouces +de grosseur la toise carrée <span class="fl">25 livres.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_458" href="#FNanchor_458"><span class="label">[10]</span></a> « Le parquet, dit Félibien, p. 682, est un assemblage +de pièces de bois qui font un compartiment en quarré, ou +d’une autre manière, pour servir au lieu de pavé dans les +chambres, sales et cabinets. » L’usage alors en étoit encore +nouveau.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_459" href="#FNanchor_459"><span class="label">[11]</span></a> « Le bâti », l’encadrement.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_460" href="#FNanchor_460"><span class="label">[12]</span></a> Pièces de bois mises de distance en distance sur un +plancher, pour servir d’appui au parquet.</p> +</div> +<p>Le Parquet de même bois de chêne dont les +bastis de 2 pouces d’épaisseur, les panneaux et +frises un pouce et demi, le tout en œuvre posé +aussi sur même lambourdes, la toise carrée <span class="fl">30 à 36 livres.</span></p> + +<p>Les Planchers d’ais de chêne d’un pouce +d’épaisseur en œuvre assemblez à raineure et +languette, mis en place sur lambourdes de 3 à +4 pouces de grosseur espacées de 12 à 15 pouces +de milieu en milieu, la toise carrée <span class="fl">12 à 13 liv.</span></p> + +<p>Les Planches d’ais<a id="FNanchor_461" href="#Footnote_461" class="fnanchor">[13]</a> de chêne d’un pouce et +demi d’épaisseur avec les conditions precedentes, +la toise carrée <span class="fl">15 à 16 liv.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_461" href="#FNanchor_461"><span class="label">[13]</span></a> « L’ais », comme on voit, n’étoit pas la planche, +mais la feuille de bois dans laquelle on tailloit la planche.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p124">-124-</span> Les Cloisons<a id="FNanchor_462" href="#Footnote_462" class="fnanchor">[14]</a> d’ais de chêne de 15 lignes +d’epaisseur en œuvre dressées et rabotées des +deux cotez, assemblées à reineures et languettes<a id="FNanchor_463" href="#Footnote_463" class="fnanchor">[15]</a> +avec coulisses par bas, et par haut, et avec poteaux +et linteaux de 3 à 4 pouces de grosseur au +droit des portes qui seront compris dans le prix +cy-après <span class="fl">15 livres la toise carrée.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_462" href="#FNanchor_462"><span class="label">[14]</span></a> Les cloisons ne se faisoient pas encore avec des briques +et du plâtre, mais seulement en bois ; aussi les appeloit-on, +selon Félibien, p. 531, <i>pans de bois</i> ou <i>colombages</i>. Richelet +les définit ainsi : « Séparation qu’on fait par le moyen +de quelque charpenterie dans quelque chambre et autre +lieu de la maison. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_463" href="#FNanchor_463"><span class="label">[15]</span></a> Par la languette, on assujettissoit « l’ais » dans la +rainure.</p> +</div> +<p>Lesdites Cloisons rabotées d’un seul coté <span class="fl">14 liv. la toise carrée.</span></p> + +<p>N’étant point rabotée <span class="fl">12 liv.</span></p> + +<p>Les Cloisons d’ais de chêne d’un pouce et +demi d’epaisseur avec les qualitez précedentes, +la toise carrée <span class="fl">18 liv.</span></p> + +<p>Rabotées d’un coté <span class="fl">16 liv.</span></p> + +<p>Et non rabotées <span class="fl">15 liv.</span></p> + +<p>Les Cloisons d’ais de sapin d’un pouce d’épaisseur, +assemblées et rabotées des deux cotez comme +cy dessus <span class="fl">8 livres 10 sols la toise carrée.</span></p> + +<p>Rabotées d’un coté <span class="fl">8 liv.</span></p> + +<p>Et non rabotées <span class="fl">7 liv.</span></p> + +<p>Les Lambris à hauteur d’apuy de 3 pieds de +haut ou environ de bois de chêne, dont les bastis +de quinze lignes d’épaisseur et les cadres un +pouce et demi, assemblez à reyneures et languette +dans le basti, lesdits cadres remplis de +panneaux d’un pouce et demi d’épaisseur, ornez +<span class="pagenum" id="p125">-125-</span> d’astragales<a id="FNanchor_464" href="#Footnote_464" class="fnanchor">[16]</a>, plinthes<a id="FNanchor_465" href="#Footnote_465" class="fnanchor">[17]</a>, cymaises<a id="FNanchor_466" href="#Footnote_466" class="fnanchor">[18]</a>, et socles par +bas assemblez dans les montans du bastis, et +ornez de moulures, le tout en œuvre la toise +courante <span class="fl">12 à 13 liv.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_464" href="#FNanchor_464"><span class="label">[16]</span></a> « L’astragale » n’étoit qu’une sorte d’ornement fort +simple en forme de « talon », comme l’indiquoit, au reste, +son étymologie grecque. Il se plaçoit en bas ou en haut +des colonnes, ou servoit à séparer le cordon de l’architrave.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_465" href="#FNanchor_465"><span class="label">[17]</span></a> « La plinthe » est, comme on sait, la bande de bois +qui règne au pied d’un lambris courant.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_466" href="#FNanchor_466"><span class="label">[18]</span></a> « La cimaise » n’étoit alors qu’une moulure mise au +sommet d’une corniche, aussi est-elle ici distinguée du socle +que l’on confond aujourd’hui avec elle.</p> +</div> +<p>Lorsqu’ils excedent la hauteur d’apuy, depuis +quatre pieds en sus ils se payent à la toise courante <span class="fl">24 à 25 liv.</span></p> + +<p>Les Lambris à hauteur d’apuy comme les precedens, +dont les paneaux sont de sapin, la toise +courante <span class="fl">9 liv.</span></p> + +<p>Lorsqu’ils excèdent la hauteur d’apuy<a id="FNanchor_467" href="#Footnote_467" class="fnanchor">[19]</a> comme +cy dessus la toise carrée <span class="fl">18 à 20 liv.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_467" href="#FNanchor_467"><span class="label">[19]</span></a> C’est ce qu’ils étoient le plus ordinairement, les vrais +lambris consistant, pour les appartements sans tapisseries, +« en ouvrages de bois, écrit Félibien, p. 628, dont les +chambres sont revestues tant par les costez que par le platfond ». +V. au <i>Cabinet des Estampes</i>, Hd. 9, <i>Nouveaux dessins +de lambris, menuiseries</i>, etc., par le sieur Cottard, +architecte.</p> +</div> +<p>Les Lambris de bois de chêne à hauteur d’apuy +assemblez aboument et ravalez<a id="FNanchor_468" href="#Footnote_468" class="fnanchor">[20]</a> ou élégis<a id="FNanchor_469" href="#Footnote_469" class="fnanchor">[21]</a>, avec +plinthe et cymaise, la toise courante <span class="fl">9 liv.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_468" href="#FNanchor_468"><span class="label">[20]</span></a> Amincis, polis.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_469" href="#FNanchor_469"><span class="label">[21]</span></a> « <i>Elégir</i> », dit l’abbé Prévost dans son Manuel-Lexique, +« c’est pousser à la main un panneau ou une +moulure dans une pièce de bois ».</p> +</div> +<p>Lorsqu’ils excedent la hauteur de quatre pieds, +<span class="pagenum" id="p126">-126-</span> on les toise à la toise carrée <span class="fl">18 liv.</span></p> + +<p>Les Lambris de bois de chêne dont les bastis +d’un pouce et demi, les cadres de deux pouces, +et les panneaux de quinze lignes, le tout en +œuvre avec pilastres saillants et arriere corps +ornez de moullures, la toise carrée à hauteur +d’apuy <span class="fl">16 liv.</span></p> + +<p>Lorsqu’ils excèdent 9 pieds de haut, 30 liv. la +toise carrée.</p> + +<p>Les Portes de bois de chêne d’un pouce +d’épaisseur, colées et emboitées avec goujons, +mises en œuvre <span class="fl">5 à 5 liv. 10 sols.</span></p> + +<p>Les Portes de bois de chêne d’un pouce et +demi d’épaisseur, collées et emboitées avec clefs<a id="FNanchor_470" href="#Footnote_470" class="fnanchor">[22]</a> +et languettes mises en œuvre, la pièce <span class="fl">7 liv.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_470" href="#FNanchor_470"><span class="label">[22]</span></a> On appeloit ainsi une sorte de tenon d’assemblage.</p> +</div> +<p>Les Portes de bois de chêne comme ci dessus +de quinze lignes d’épaisseur, carderonnées<a id="FNanchor_471" href="#Footnote_471" class="fnanchor">[23]</a> et +ajustées sur un chassis dormant aussi carderonnées +et de trois à quatre pouces de large et d’un +pouce et demi d’épaisseur mis en œuvre, la +pièce <span class="fl">9 à 10 liv.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_471" href="#FNanchor_471"><span class="label">[23]</span></a> Pour « cadronnées », encadrées, bordées. On disoit +aussi : « assemblées à cadre ».</p> +</div> +<p>Les Portes ordinaires de chêne d’un pouce et +demi d’épaisseur entrantes de toutes leurs épaisseurs +dans un Chassis de deux pouces et de trois +à quatre pouces de large mises en œuvre, la +pièce <span class="fl">9 à 10 liv.</span></p> + +<p>Les Portes de bois de chêne collées et emboitées +de deux pouces d’épaisseur mises en œuvre <span class="fl">10 à 11 liv.</span></p> + +<p>Les Portes à placard<a id="FNanchor_472" href="#Footnote_472" class="fnanchor">[24]</a> à doubles paremens, +<span class="pagenum" id="p127">-127-</span> dont l’assemblage d’un pouce et demi d’épaisseur, +les cadres de deux pouces et les panneaux +d’un pouce, le tout orné d’Architecture et mis +en œuvre, 27 à 28 livres la toise carrée.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_472" href="#FNanchor_472"><span class="label">[24]</span></a> On appeloit « porte à placard » la porte pleine et +emboîtée du haut en bas, avec tous ses ornements. On la +distinguoit de la porte brisée, ou à double manteau, qui +s’ouvroit en deux.</p> +</div> +<p>Les Portes à placard dont les assemblages de +deux pouces, les cadres de deux pouces et demi, +et les panneaux de quinze lignes depuis sept +pieds jusqu’à sept pieds et demi, la toise carrée <span class="fl">36 liv.</span></p> + +<p>Depuis neuf jusqu’à dix pieds et demi <span class="fl">40 liv.</span></p> + +<p>Les Portes du bas des escaliers ou perrons +dont les batans de six pouces de large et trois +pouces d’épaisseur ; les traverses et assemblages +de trois pouces, les panneaux de deux pouces, +le tout orné d’Architecture mise en œuvre, la +toise carrée <span class="fl">40 liv.</span></p> + +<p>Les Placards au dessus des portes et revetemens +des mantaux de cheminées<a id="FNanchor_473" href="#Footnote_473" class="fnanchor">[25]</a>, dont les battis +d’un pouce, les batans deux pouces, et les panneaux +de neuf lignes mis en œuvre, la toise +carrée sans compter les saillies des corniches <span class="fl">22 liv.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_473" href="#FNanchor_473"><span class="label">[25]</span></a> En été, suivant la mode italienne, rappelée par Tallemant +dans une de ses <i>Historiettes</i>, l’on fermoit alors les +hautes cheminées avec des portes, comme « les revêtements » +dont il est parlé ici. Dans quelques hôtels, tels que +celui de Chaulne, on remplaçoit ces portes par des buissons de +verdure et de fleurs. Boisrobert, <i>Épistres</i>… 1659, in-12, p. 23.</p> +</div> +<p>Les revetemens des embrazemens<a id="FNanchor_474" href="#Footnote_474" class="fnanchor">[26]</a> de portes +et croisées de bois de chêne, dont les bastis d’un +<span class="pagenum" id="p128">-128-</span> pouce d’épaisseur assemblez aboument<a id="FNanchor_475" href="#Footnote_475" class="fnanchor">[27]</a>, et les +panneaux de neuf lignes mis en œuvre, la toise +carée <span class="fl">15 liv.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_474" href="#FNanchor_474"><span class="label">[26]</span></a> Le vrai mot est « embrasure », que, du reste, on +employoit déjà.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_475" href="#FNanchor_475"><span class="label">[27]</span></a> V. une des notes précédentes.</p> +</div> +<p>Les Chambranles des portes<a id="FNanchor_476" href="#Footnote_476" class="fnanchor">[28]</a> de six pouces de +large sur trois pouces d’épaisseur, la toise courante +depuis six jusqu’à neuf pieds de haut <span class="fl">50 sols.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_476" href="#FNanchor_476"><span class="label">[28]</span></a> « C’est, dit Félibien, p. 517, l’ornement qui borde les +trois costez des portes, des fenestres et des cheminées. » +Le mot ne s’emploie plus guère que pour celles-ci.</p> +</div> +<p>S’ils n’ont que deux pouces d’épaisseur, la +toise carrée quarante cinq sols.</p> + +<p>Depuis neuf jusqu’à douze pieds de haut, de +six pouces de large et trois pouces d’épaisseur, +la toise carrée <span class="fl">3 liv.</span></p> + +<p>Les Chambranles de huit pouces de large sur +quatre pouces d’épaisseur, depuis neuf jusqu’à +douze pieds, la toise carrée <span class="fl">5 liv. 10 sols.</span></p> + +<p>Les Tringles de bois de chêne pour attacher +les tapisseries<a id="FNanchor_477" href="#Footnote_477" class="fnanchor">[29]</a>, de trois pouces de large et un +pouce et demi d’épaisseur, la toise carrée <span class="fl">10 sols.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_477" href="#FNanchor_477"><span class="label">[29]</span></a> On voit par là comment s’attachoient les tapisseries +des chambres, non pas clouées aux murs mêmes, mais tendues +sur des tringles assez épaisses, pour que, n’étant pas +ainsi en contact avec la muraille, elles se trouvassent à +l’abri de l’humidité.</p> +</div> +<p>Les Tringles de deux pouces et demi sur un +pouce d’épaisseur <span class="fl">6 à 8 sols.</span></p> + +<p>Les Armoires pour les gardes meubles dont +les montans et traverses de six pouces de large +sur un pouce et demi à deux pouces d’épaisseur, +les panneaux d’un pouce à un pouce et demi +garnis de leurs fonds et cotez et de Tabletes +d’un pied et demi à deux pieds de profondeur, +<span class="pagenum" id="p129">-129-</span> la toise carrée de paremens, du devant et des +cotez <span class="fl">25 liv.</span></p> + +<p>Les fonds, le derrière, le dessus et les tablettes, +à raison de 12 livres la toise carrée.</p> + +<p>Les Armoires ordinaires dont l’assemblage +d’un pouce et demi, et les panneaux de neuf +lignes, le tout de bois de chêne en œuvre, la +toise carrée du devant et des cotez <span class="fl">15 liv.</span></p> + +<p>Le derrière, le fond, le dessus et les tablettes +d’un pouce d’épaisseur, la toise carrée <span class="fl">10 à 11 liv.</span></p> + +<p>Les Chambranles d’Alcoves et de cheminées +depuis huit pouces jusque à un pied de large +sur trois à quatre pouces d’epaisseur, la toise +courante mise en œuvre depuis quatre jusqu’à +dix pieds, 7 livres.</p> + +<p>Depuis dix pieds jusqu’à quinze pieds <span class="fl">8 liv.</span></p> + +<p>Les Chambranles de neuf pouces de largeur +sur trois pouces d’épaisseur <span class="fl">5 liv.</span></p> + +<p>Les Chambranles de cinq à six pouces de +large, même epaisseur <span class="fl">3 liv.</span></p> + +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c28" title="OUVRAGES ET MARCHANDISES DE FER.">OUVRAGES ET MARCHANDISES<br> +<span class="small">DE FER<a id="FNanchor_478" href="#Footnote_478" class="fnanchor">[1]</a>.</span></h3> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_478" href="#FNanchor_478"><span class="label">[1]</span></a> On a plusieurs livres d’art très curieux sur la serrurerie +au <small>XVII</small><sup>e</sup> siècle : d’abord <i>La fidelle ouverture de l’art +de serrurerie</i>, etc., par Mathurin Jousse, La Flèche, 1627, +in-fol. ; puis les <i>Diverses pièces de serrurerie</i> inventées par +Hugues Brisville, maître serrurier à Paris, 1663, in-fol., +consistant en 16 pièces, dont une est le portrait de Brisville +gravé par Ladame, et dont toutes les autres, sauf trois, +sont dues à J. Berain ; enfin le <i>Livre de serrurerie nouvellement +inventé par Robert Davesne, M<sup>e</sup> serrurier à Paris, et +se vendant chez l’auteur rue neuve Montmartre près Saint-Joseph</i>, +1676, in-fol. Le portrait de l’auteur est en tête, +avant la dédicace à l’architecte Bruant.</p> +</div> + +<p>Les Serruriers qui entreprennent les fournitures +<span class="pagenum" id="p130">-130-</span> pour les batimens du Roy, font de pareilles +entreprises pour le public.</p> + +<p>Entre les autres Serruriers qui font de grandes +fournitures pour les édifices considérables, sont +M<sup>rs</sup> de la Motte rue saint Honoré, +rue des Tournelles, Corneille fauxbourg saint +Antoine, etc.</p> + +<p>Le Sieur Dunemare près le Jardin medécinal +de Pincourt, fauxbourg saint Antoine, a un +particulier talent pour la fabrique des Tenailles +et Marteaux de Carossiers<a id="FNanchor_479" href="#Footnote_479" class="fnanchor">[2]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_479" href="#FNanchor_479"><span class="label">[2]</span></a> Ce « sieur Dunemare » est bien probablement un des +premiers gros « feronniers » qui se soient établis dans le +quartier Popincourt, où ils se sont depuis, ainsi que les +fondeurs, multipliés en si grand nombre.</p> +</div> +<p>Le gros Fer que l’on employe ordinairement +dans les batimens consiste en chaines, encres, +clavettes, tirants, fantons de fer plat et fendu<a id="FNanchor_480" href="#Footnote_480" class="fnanchor">[3]</a>, +barres de tremies<a id="FNanchor_481" href="#Footnote_481" class="fnanchor">[4]</a>, manteaux de cheminées, barres +de seuils de portes, barres de linteaux pour les +portes et croisées, corbeaux, grilles à mi-mur +et en saillie garnies de barreaux et traverses, +barres de contrecœur<a id="FNanchor_482" href="#Footnote_482" class="fnanchor">[5]</a> et de potagers, tout lequel +<span class="pagenum" id="p131">-131-</span> fer sert dans la construction de la Maçonnerie ; +et à l’égard du gros Fer pour la Charpenterie, +il consiste en arpons<a id="FNanchor_483" href="#Footnote_483" class="fnanchor">[6]</a>, boulons, étriers, +chevilles et chevillettes que l’on paye à la pièce +à raison de leur longueur, comme il sera expliqué +ci-après ; le surplus de tout ledit Fer est +compté pour gros Fer dont le prix est de dix à +dix livres 10 sols le cent mis en œuvre.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_480" href="#FNanchor_480"><span class="label">[3]</span></a> Le « fenton », et non fanton, est une sorte de crampon +aplati qui sert dans les tuyaux et les souches de cheminée.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_481" href="#FNanchor_481"><span class="label">[4]</span></a> « Bandes ou barres de tremie ; ce sont des barres de +fer qui servent aux cheminées à porter l’âtre entre la muraille +et le chevestre, pièce de bois qui termine la largeur +des tuyaux. » Félibien, p. 487, 525.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_482" href="#FNanchor_482"><span class="label">[5]</span></a> On appeloit « contre-cœur » la partie de la cheminée +où l’on mettoit la plaque, entre les deux jambages en largeur, +et l’âtre et le tuyau en hauteur.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_483" href="#FNanchor_483"><span class="label">[6]</span></a> <i>Lisez</i> : harpons.</p> +</div> +<p>Le cent pesant de Fer coute en barre chez les +Marchands 6 livres 10 sols, on donne 105 livres +pour cent.</p> + +<p>Le Fer doux est plus cher<a id="FNanchor_484" href="#Footnote_484" class="fnanchor">[7]</a>, il coûte jusqu’à +10 livres le cent.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_484" href="#FNanchor_484"><span class="label">[7]</span></a> Dans un édit de février 1626, le « fer doux », qui ne +casse pas facilement, est déjà distingué du « fer aigre », +très-facile à casser au contraire.</p> +</div> +<p>Le Fer de carillon<a id="FNanchor_485" href="#Footnote_485" class="fnanchor">[8]</a> coûte 7 livres 10 sols à +8 livres le cent.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_485" href="#FNanchor_485"><span class="label">[8]</span></a> Fer en ferraille, qui carillonne pour peu qu’on le +remue.</p> +</div> +<p>Les barres de gros Fer servant de pilliers aux +boutiques<a id="FNanchor_486" href="#Footnote_486" class="fnanchor">[9]</a> coutent 4 à 5 sols la livre chez le +Marchand, et on paye ensuite la façon à l’ouvrier +à raison de 3 à 3 liv. 10 sols le cent +pesant.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_486" href="#FNanchor_486"><span class="label">[9]</span></a> L’usage de suppléer, pour avoir plus de place, aux +supports en maçonnerie par des piliers de fer ou de fonte, +n’est pas nouveau, comme on voit. C’est Louis toutefois qui, +au siècle suivant, substitua tout à fait les charpentes de fer à +celles de bois. Il put ainsi, par un véritable tour de force, +établir le péristyle des Variétés Amusantes — à présent le +Théâtre François — au-dessous même du parterre.</p> +</div> +<p>Les dents de loup pour la charpente, 5 sols la +douzaine<a id="FNanchor_487" href="#Footnote_487" class="fnanchor">[10]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_487" href="#FNanchor_487"><span class="label">[10]</span></a> Les « dents de loup » étoient une sorte de gros clous +dont on se servoit pour attacher les fortes pièces de bois.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p132">-132-</span> Les Chevilles et les Chevillettes trois deniers +le pouce de longueur.</p> + +<p>Les Crochets à enfaister le plomb des combles, +et les Crochets à bavette<a id="FNanchor_488" href="#Footnote_488" class="fnanchor">[11]</a>, deux sols pièce.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_488" href="#FNanchor_488"><span class="label">[11]</span></a> On leur donnoit ce nom parce qu’ils servoient à fixer +sur le bord des chéneaux « la bavette », sorte de bande de +plomb.</p> +</div> + +<p class="c"><i>Les Serruriers de distinction, sont :</i></p> + +<p class="ind">Messieurs</p> + +<p class="drap">Roger à l’Hôtel Royal des Invalides.</p> + +<p class="drap">Boutet près le vieux Louvre rue Fromenteau.</p> + +<p class="drap">La Motthe rue saint Honoré.</p> + +<p class="drap">Corneille fauxbourg saint Antoine.</p> + +<p class="drap">Lucas pour les balanciers et coins de la monnoye, +demeure près les Galeries du Louvre, +Hasté place de Cambray, Fordetin à la Monnoye, +etc.</p> + + +<p class="c"><i>Legers ouvrages de Serrurerie achetez chez le +Marchand.</i></p> + +<p>Les Verrouils à ressort de trois pieds de long <span class="fl">1 liv. 10.</span></p> + +<p>Ceux de deux pouces et demi <span class="fl">1 liv. 5 s.</span></p> + +<p>Les Verrouils à ressort coudez <span class="fl">1 liv. 5 s.</span></p> + +<p>Un Verrouil à ressort de trois pieds et demi +avec sa serrure ovale à panache garnie de toutes +ses pièces <span class="fl">5 liv. 10 s.</span></p> + +<p>Un petit Verrouil à ressort pour armoires <span class="fl">3 s.</span></p> + +<p>Les Verrouils à ressort garnis de serrure comme +ci devant étamez<a id="FNanchor_489" href="#Footnote_489" class="fnanchor">[12]</a> et de quatre pieds de long <span class="fl">6 liv.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_489" href="#FNanchor_489"><span class="label">[12]</span></a> On étamoit à la poêle, comme on le verra plus loin, +verrous, serrures, targettes, etc., pour empêcher la rouille, +et pour leur donner une apparence argentée. On les étamoit +aussi à la feuille.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p133">-133-</span> Les Serrures d’armoires polies, la pièce <span class="fl">2 liv.</span></p> + +<p>Les Serrures communes de portes cochères <span class="fl">12 liv. 0.</span></p> + +<p>Les Serrures de portes cochères à deux pesles<a id="FNanchor_490" href="#Footnote_490" class="fnanchor">[13]</a> +et deux clefs polies et bien travaillées <span class="fl">20 liv. 0.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_490" href="#FNanchor_490"><span class="label">[13]</span></a> Pesle ou pêle est l’ancienne forme du mot pêne, dont +le radical latin <i lang="la" xml:lang="la">pessulus</i> étoit ainsi mieux indiqué. Elle +étoit encore en usage et même préférablement à l’autre, +qui prévaut aujourd’hui : « On dit <i>pène</i> ou <i>pêle</i>, dit Richelet, +mais le plus usité de ces deux mots est pêle. »</p> +</div> +<p>Les Serrures ovales de fleaux<a id="FNanchor_491" href="#Footnote_491" class="fnanchor">[14]</a> à deux pesles +et deux clefs <span class="fl">6 liv. 0.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_491" href="#FNanchor_491"><span class="label">[14]</span></a> Sortes de serrures en usage pour les anciennes portes +cochères, dont elles fermoient les deux battants à l’intérieur +à l’aide d’une forte barre transversale ou fléau.</p> +</div> +<p>Les Serrures polies garnies de tout <span class="fl">5 liv. 0.</span></p> + +<p>Les Serrures communes<a id="FNanchor_492" href="#Footnote_492" class="fnanchor">[15]</a> garnies de tout <span class="fl">4 liv. 0.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_492" href="#FNanchor_492"><span class="label">[15]</span></a> Ces serrures de pacotille ne se faisoient pas à Paris, +mais à Eu et dans les environs. Elles y étoient fabriquées +par les gens du pays, serruriers l’hiver, agriculteurs l’été. +La Picardie n’a pas d’ailleurs perdu cette industrie ; on l’y +trouve encore florissante dans les mêmes parages, entre la +Somme et la Bresle.</p> +</div> +<p>Les Fortes Serrures de dix pouces <span class="fl">4 liv. 10 s.</span></p> + +<p>Les Serrures plus communes <span class="fl">2 liv. 10 s.</span></p> + +<p>Les Serrures d’armoires communes <span class="fl">1 liv.</span></p> + +<p>Les Clous à vis <span class="fl">2 s.</span></p> + +<p>Les Grands Clous à vis de porte cochère <span class="fl">4 s.</span></p> + +<p>Une clef pour une serrure commune <span class="fl">15 s.</span></p> + +<p>Une clef pour une porte cochère <span class="fl">1 liv. 10 s.</span></p> + +<p>Les Pattes à lambris, 45 sols le cent.</p> + +<p>Les Pattes en plâtre de huit à dix pouces, le +cent <span class="fl">7 liv. 10 s.</span></p> + +<p><span class="pagenum" id="p134">-134-</span> Les Pattes coudées de Sujettion de 8 pouces +de long, le cent <span class="fl">8 liv. 10.</span></p> + +<p>Les Fiches de six pouces <span class="fl">7 sols la pièce.</span></p> + +<p>Les Fiches de guichet de porte cochère <span class="fl">3 liv. la pièce.</span></p> + +<p>Les Fiches à vaze de dix pouces, la pièce <span class="fl">17 s.</span></p> + +<p>Les Fiches de même de quatre pouces <span class="fl">4 s.</span></p> + +<p>Les Fiches à double nœud de cinq pouces <span class="fl">8 s.</span></p> + +<p>Les pareilles Fiches de trois pouces <span class="fl">2 s.</span></p> + +<p>Les Fiches à gond à vase de huit pouces <span class="fl">13 s.</span></p> + +<p>Les petites Fiches à vase de six à sept pouces <span class="fl">7 s. 6 d.</span></p> + +<p>Les Fiches de trois pouces, le cent <span class="fl">10 liv.</span></p> + +<p>Les Fiches de deux pouces et demi, le cent <span class="fl">6 liv.</span></p> + +<p>Les grosses Fiches à chapelet, la pièce <span class="fl">8 liv.</span></p> + +<p>Les Fiches à vase de quinze pouces de haut <span class="fl">1 liv. 15 s.</span></p> + +<p>Les Fiches à double nœud à vase de neuf à +dix pouces <span class="fl">1 liv. 10 s.</span></p> + +<p>Un Loquet de porte étamé <span class="fl">1 liv. 5 s.</span></p> + +<p>Un Mantonet étamé <span class="fl">3 s.</span></p> + +<p>Les Locquereaux avec leurs mantonets<a id="FNanchor_493" href="#Footnote_493" class="fnanchor">[16]</a> <span class="fl">15 s.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_493" href="#FNanchor_493"><span class="label">[16]</span></a> <i>Lisez</i> : loqueteaux. — Ce sont les petits loquets à +ressort, qui, mis en mouvement par une corde et en s’agençant +dans le mantonnet, servent à assujettir le haut d’un +volet pour le fermer.</p> +</div> +<p>Un Bouton à rozette poli <span class="fl">10 s.</span></p> + +<p>Les Couplets à cinq trous<a id="FNanchor_494" href="#Footnote_494" class="fnanchor">[17]</a> <span class="fl">5 s.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_494" href="#FNanchor_494"><span class="label">[17]</span></a> Sorte de pentures à deux pièces, avec rivures et charnières, +dont on se servoit pour les portes et les fenêtres.</p> +</div> +<p>Les Couplets à trois trous <span class="fl">3 s.</span></p> + +<p>Les Pomelles à queüe d’ironde<a id="FNanchor_495" href="#Footnote_495" class="fnanchor">[18]</a> d’un pied <span class="fl">1 liv. 0.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_495" href="#FNanchor_495"><span class="label">[18]</span></a> On écrit plutôt « paumelle » et « queue d’aronde ». +La paumelle est, comme on sait, une sorte de penture qui +tourne sur un gond, à laquelle on donnoit, lorsqu’elle étoit +à queue d’aronde, la forme triangulaire d’une queue d’hirondelle.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p135">-135-</span> Les grandes Pomelles avec les gonds <span class="fl">2 l. 10 s.</span></p> + +<p>Les Pivots, bourdonniers et crapaudines<a id="FNanchor_496" href="#Footnote_496" class="fnanchor">[19]</a>, +fiches à gond, à repos, et equairres pour les +portes cochères, la livre <span class="fl">3 s. 6 d.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_496" href="#FNanchor_496"><span class="label">[19]</span></a> <i>Le bourdonnier</i> est la penture à gond renversé, et <i>la +crapaudine</i>, au contraire, le fer creusé qui reçoit le gond.</p> +</div> +<p>Une barre de porte, un moraillon et la serrure <span class="fl">1 l. 10 s.</span></p> + +<p>Les Clous de six pouces faits exprès, la pièce <span class="fl">2 s.</span></p> + +<p>Les Tourniquets longs étamez, la pièce <span class="fl">2 s.</span></p> + +<p>Les Boulons de six pouces avec leurs clavettes <span class="fl">2 s.</span></p> + +<p>Les Poulies de fer <span class="fl">8 s.</span></p> + +<p>Les Targettes, et Locquereaux polis, la pièce <span class="fl">10 s.</span></p> + +<p>Les Targettes étamées communes <span class="fl">3 s.</span></p> + +<p>Les Targettes ovales garnies de crampons <span class="fl">10 s.</span></p> + +<p>Les Targettes à panaches polies avec leurs +crampons <span class="fl">1 l. 0.</span></p> + +<p>Les Targettes à panaches et fleurs de lis étamées +à la poele, la pièce <span class="fl">5 livres.</span></p> + +<p>Les Targettes et crampons étamez et communs, +valent ensemble pris chez le Marchand +comme dit est, le cent <span class="fl">14 l.</span></p> + +<p>Les Crampons de targettes, le cent <span class="fl">50 s.</span></p> + +<p>Les Equaires étamées pour portes cochères +avec fleurs de lis<a id="FNanchor_497" href="#Footnote_497" class="fnanchor">[20]</a> aux deux bouts, la pièce +3 liv.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_497" href="#FNanchor_497"><span class="label">[20]</span></a> On en mettoit alors partout. Félibien, p. 208, nous +parle de clous avec « teste en façon de fleur de lys ».</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p136">-136-</span> Les Roulettes <span class="fl">15 s.</span></p> + +<p>Les Clous pour attacher ladite serrurie, la +livre <span class="fl">6 s.</span></p> + +<p>La serrure d’une porte à placards garnie de +deux fiches à gonds de neuf à dix pouces de +haut, deux targettes à panaches<a id="FNanchor_498" href="#Footnote_498" class="fnanchor">[21]</a>, deux crampons, +une serrure, une gâche, un bouton, une +rosette et une entrée, le tout de fer poli, treize +livres dix sols.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_498" href="#FNanchor_498"><span class="label">[21]</span></a> Félibien, pl. <small>XXXIV</small>, donne la figure d’une de ces targettes.</p> +</div> +<p>La serrure d’une porte cochère à l’ordinaire +de quatre grosses fiches à gonds, une grosse +serrure, deux grosses targettes à crampons, deux +fiches pour le guichet<a id="FNanchor_499" href="#Footnote_499" class="fnanchor">[22]</a> de quatorze pouces de +haut, une boucle, un fleau<a id="FNanchor_500" href="#Footnote_500" class="fnanchor">[23]</a>, et à vingt-cinq +livres.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_499" href="#FNanchor_499"><span class="label">[22]</span></a> C’est la petite porte pratiquée dans la grande et qui +peut s’ouvrir quand celle-ci reste fermée.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_500" href="#FNanchor_500"><span class="label">[23]</span></a> <i>V.</i> une des notes précédentes, p. <a href="#p133">133</a>, que cette +explication de Richelet, au mot <i>fléaux</i>, peut compléter : +« barres de fer qui tournent sur un boulon et qui servent +à fermer les grandes portes. »</p> +</div> +<p>La serrure d’une porte d’un pouce, deux fiches +à gonds, deux targettes, deux crampons, une +serrure à tour et demi avec sa gâche et son entrée, +un bouton et une rosette, le tout étamé, à +six livres quinze sols.</p> + +<p>La serrure d’une porte de quinze lignes garnie +comme la précedente, à cinq livres cinq sols.</p> + +<p>Les Fiches pour les croisées, à trois sols pièce.</p> + +<p>Les targettes fortes étamées à la poëlle et +mises en place, cinq sols pièce.</p> + +<p>Les targettes communes en ovale, étamées à +la feuille et mises en place à trois sols.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p137">-137-</span> Les serrures des portes de caves avec deux +fiches à gonds et une forte serrure, à quatre +livres dix sols.</p> + +<p>Les serrures des portes d’aizances à trois livres +cinq sols.</p> + +<p>Les pattes en plâtre et en bois<a id="FNanchor_501" href="#Footnote_501" class="fnanchor">[24]</a> depuis six +jusqu’à huit pouces de long, à deux sols pièce ; +et celles depuis quatre jusqu’à six pouces à un +sol pièce.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_501" href="#FNanchor_501"><span class="label">[24]</span></a> C’est-à-dire qui se scellent dans le plâtre ou se +clouent dans le bois.</p> +</div> +<p>Le cloud de toutes grandeurs à cinq sols la livre.</p> + +<p>Le cloud à latte, à quatorze sols le millier.</p> + +<p>La broquette<a id="FNanchor_502" href="#Footnote_502" class="fnanchor">[25]</a>, à sept sols la livre.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_502" href="#FNanchor_502"><span class="label">[25]</span></a> On disoit aussi « clous à broquette », comme nous le +voyons dans cet amusant passage d’une lettre écrite d’Uzès, +le 11 novembre 1661, par Racine à La Fontaine : « Ayant +besoin, dit-il, de petits clous à broquette pour ajuster ma +chambre, j’envoyai le valet de mon oncle en ville et lui dis +de m’acheter deux ou trois cents de broquettes ; il m’apporta +incontinent trois bottes d’allumettes. » Pour comprendre +la confusion, il faut savoir que le mot qui signifie +allumettes dans le patois d’Uzès se rapproche beaucoup de +celui de broquettes.</p> +</div> +<p>La toise simple de ferrure façonnée suivant le +plus ou le moins d’ornemens, à trente, trente +cinq, quarante, soixante et soixante dix livres +le cent pesant, même jusqu’à cent cinquante +livres pour les plus enrichies.</p> + +<p>Les contrecœurs<a id="FNanchor_503" href="#Footnote_503" class="fnanchor">[26]</a> de fonte pour les cheminées +se payent à un sol la livre.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_503" href="#FNanchor_503"><span class="label">[26]</span></a> <i>V.</i>, sur ce mot, une des notes précédentes.</p> +</div> +<p>Les panneaux de fil de leton se payent à huit +sols le pied carré, et ceux de fer<a id="FNanchor_504" href="#Footnote_504" class="fnanchor">[27]</a> à six sols et +même à cinq et à quatre pour le grand treiliage.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_504" href="#FNanchor_504"><span class="label">[27]</span></a> Ces « treillis de laiton ou de fil de fer », comme on +les appeloit aussi, servoient pour les armoires, et surtout +pour les bibliothèques. Ils se faisoient chez les épingliers.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p138">-138-</span></p> + +<h3 id="c29">OUVRAGES DE VITRIERS.</h3> + + +<p>Les Vitriers entrepreneurs des Batimens du +Roy, entreprennent aussi les ouvrages des particuliers.</p> + +<p>M. Pougeois l’un desd. Entrepreneurs qui +demeure vieille rue du Temple, fait grand commerce +de Verre blanc pour les tableaux et estampes.</p> + +<p>Entre les autres Maitres Vitriers qui font de +fortes entreprises, sont Messieurs Cornu rue +Dauphine, Abraham rue de l’Echarpe, Taboureux +place du Collége Mazarini, etc.</p> + +<p>Le Verre commun de Lorraine<a id="FNanchor_505" href="#Footnote_505" class="fnanchor">[1]</a> arrive au +fauxbourg saint Antoine<a id="FNanchor_506" href="#Footnote_506" class="fnanchor">[2]</a> et au Renard rue saint +Denis.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_505" href="#FNanchor_505"><span class="label">[1]</span></a> Il se couloit dans les Vosges, où s’étoient réfugiés un +certain nombre des gentilshommes verriers qui, par édits +royaux, ne dérogeoient pas de leur noblesse en s’occupant +de cette industrie. Beaucoup d’ouvriers des grandes +verreries lorraines de Baccarat descendent de ces gentilshommes +verriers.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_506" href="#FNanchor_506"><span class="label">[2]</span></a> « Près l’abbaye. » Édit. 1691, p. 39.</p> +</div> +<p>Le prix des ouvrages de Vitrerie<a id="FNanchor_507" href="#Footnote_507" class="fnanchor">[3]</a> est pour</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_507" href="#FNanchor_507"><span class="label">[3]</span></a> Les prix en cela, comme en tout, varioient beaucoup, +mais plutôt pour augmenter que pour diminuer. C’est ce qui +fait dire par Liger, en 1715, dans <i>le Voyageur fidèle</i>, p. 409 : +« Je ne parle pas des prix, parce qu’il est impossible de les +fixer, étant sujets à changer selon les années ; c’est ce que +tout le monde n’a que trop remarqué depuis peu, à son +grand désavantage. »</p> +</div> +<p>Le Panneau neuf de Verre de France posé en +place, le pied carré <span class="fl">6 s.</span></p> + +<p><span class="pagenum" id="p139">-139-</span> Le Panneau mis en plomb<a id="FNanchor_508" href="#Footnote_508" class="fnanchor">[4]</a> neuf et posé en +place, le pied carré <span class="fl">4 s.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_508" href="#FNanchor_508"><span class="label">[4]</span></a> L’usage des panneaux de plomb, pour les vitres, duroit +encore, comme on voit. Celui des châssis de bois commençoit +toutefois à se propager de plus en plus, surtout dans +les palais et les hôtels. (<i>V.</i> Savot, <i>Architecture</i>, chap. +<i>Verre</i>.)</p> +</div> +<p>Le Panneau relavé et mis en place, vaut <span class="fl">1 s. 6 d.</span></p> + +<p>Le Pied de patron pour les panneaux <span class="fl">1 s.</span></p> + +<p>Les carreaux de verre blanc d’un pied en +carré ou environ<a id="FNanchor_509" href="#Footnote_509" class="fnanchor">[5]</a>, valent depuis cette grandeur +en dessous <span class="fl">15 sols le pied.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_509" href="#FNanchor_509"><span class="label">[5]</span></a> C’étaient les carreaux de vitre les plus grands qu’on +fît alors.</p> +</div> +<p>Et au dessus d’un pied en carré 20 à 25 sols +le pied.</p> + +<p>Le carreau de Verre de France d’un pied en +carré colé avec papier<a id="FNanchor_510" href="#Footnote_510" class="fnanchor">[6]</a>, vaut 7 sols, et en place +8 sols.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_510" href="#FNanchor_510"><span class="label">[6]</span></a> On n’assujettissoit pas encore les vitres autrement : +quelques pointes pour les tenir et une bande de papier collée +sur chaque côté suffisoient. C’est encore le seul procédé qu’indique, +en 1735, Savary dans son <i>Dictionnaire du Commerce</i>, +art. <i>Vitrerie</i>. L’abbé Jaubert est le premier, <i>Diction. des arts +et métiers</i>, 1773, in-12, t. IV, p. 421, qui parle du mastic, +sans dire que l’emploi en fût encore très répandu : « On +peut aussi, dit-il, sans employer ni pointes, ni papier, +fixer le carreau de verre avec du lut composé de craie et +d’huile de lin cuite. On forme, avec ce lut que les vitriers +appellent <i>mastic</i>, un petit bourrelet que l’on met autour du +carreau et que l’on aplatit ensuite avec le doigt. »</p> +</div> +<p>Les Lanternes ordinaires 3 livres la pièce.</p> + +<p>Les Lanternes mises en plomb neuf<a id="FNanchor_511" href="#Footnote_511" class="fnanchor">[7]</a> <span class="fl">2 livres.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_511" href="#FNanchor_511"><span class="label">[7]</span></a> Les lanternes dont on éclairoit Paris, depuis leur +établissement en 1666, étoient ainsi à petits vitrages de +plomb, et par conséquent d’une clarté fort entrecoupée. Le +17 nov. 1770, des lettres patentes, pour la communauté +des vitriers chargés de leur fabrication, permettoient qu’on +les fît encore sur cet ancien modèle. Il fallut l’invention des +réverbères, par Rabiqueau, pour les faire disparoître.</p> +</div> +<p>Les Lanternes netoyées <span class="fl">10 sols.</span></p> + +<p><span class="pagenum" id="p140">-140-</span> Les Verges de vitres<a id="FNanchor_512" href="#Footnote_512" class="fnanchor">[8]</a> 1 sol 6 deniers le pied.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_512" href="#FNanchor_512"><span class="label">[8]</span></a> Elles se clouoient par les deux bouts aux châssis de +bois, et au milieu elles s’attachoient aux panneaux des +vitres avec des liens ou attaches de plomb.</p> +</div> +<p>Un carreau de verre de quatorze à quinze +pouces de haut sur dix à onze pouces de large, +vaut 7 sols 6 deniers collé avec papier, et en +plomb <span class="fl">8 s. 6 d.</span></p> + +<p>Un carreau relavé et mis en place grand et +petit <span class="fl">6 d.</span></p> + +<p>Un carreau de papier fin huilé, grand ou petit +un sol, ou neuf deniers suivant sa grandeur.</p> + +<p>Calfeutrage de carreaux des croisées, la pièce <span class="fl">6 d.</span></p> + +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c30">OUVRAGES ET MARCHANDISES<br> +<span class="small">DE MIROITIERS.</span></h3> + + +<p>Outre la Manufacture des Glaces façon de +Venise établie depuis longtemps au fauxbourg +saint Antoine<a id="FNanchor_513" href="#Footnote_513" class="fnanchor">[1]</a>, on vient d’en établir une autre +<span class="pagenum" id="p141">-141-</span> rue de l’Université allant au Pré aux Clercs, où +l’on fabrique des Glaces d’une grandeur si extraordinaire +qu’on y en trouve d’environ sept +pieds de haut<a id="FNanchor_514" href="#Footnote_514" class="fnanchor">[2]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_513" href="#FNanchor_513"><span class="label">[1]</span></a> Cette manufacture des glaces étoit rue de Reuilly, au +coin du faubourg. On ne les y fabriquoit pas. Elles venoient +toutes fondues de Tourlaville, près de Cherbourg, ou de St-Gobain ; +on les y polissoit seulement par un procédé qu’avoit +plus ou moins inventé le poëte Du Fresny, et dont il +eut quelque temps le privilége exclusif. Le besoin d’argent +le lui fit vendre à la société qui régissoit la manufacture. +« La manufacture de glaces de la porte Saint-Antoine, dit +Lister, <i>Voyage à Paris</i>, chap. V, mérite bien d’être vue, +mais je regrettai que pour économiser sur le prix du bois +on eût transporté la fonderie à Cherbourg en Normandie… +On y emploie journellement six cents hommes, et on espère +bientôt avoir de l’ouvrage pour mille. A l’étage inférieur, +on passe les glaces brutes au grès pulvérisé… Dans les +étages supérieurs, où l’on donne le poli et la dernière +main, les ouvriers sont disposés sur trois rangs, deux hommes +pour chaque glace qu’ils passent à la sanguine détrempée +dans de l’eau. On les met ensuite dans de la potée +blanche sur des tables de pierre. » — Quant aux glaces de +sept pieds de haut, dont parle ici Blegny, Lister n’en +dément pas la dimension : « J’ai vu, dit-il, toute étamée +et achevée, une glace de quatre-vingt-huit pouces sur quarante-huit, +et d’un quart seulement d’épaisseur. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_514" href="#FNanchor_514"><span class="label">[2]</span></a> Cette manufacture des glaces de la rue de l’Université +ne dut pas réussir, quoi qu’en dise Blegny. Nous n’en +trouvons trace nulle part. Liger, qui le copie, pour presque +tout le reste, n’en dit mot, dans son <i>Voyageur fidèle</i>, de +1715, où il n’oublie pas la manufacture de la rue de +Reuilly. C’est à elle qu’il fait honneur des glaces « d’une +grandeur extraordinaire, et, ajoute-t-il, à prix assez raisonnable ». +Lister s’étonne aussi du bon marché des glaces, après +avoir admiré le procédé de fabrication auquel ce bon marché +étoit dû : « On y a gagné, dit-il, d’avoir les glaces à si +bas prix qu’il n’est pas jusqu’à toutes les voitures de remise, +et la plupart des fiacres, qui par devant ne soient fermées +d’une grande glace. »</p> +</div> +<p>M. le Duc et ses associez se trouvent ordinairement +en leur Bureau au même lieu, où ils +font débiter leurs Glaces à un prix fort modeste.</p> + +<p>M. Fressoy Marchand Miroitier, tient magasin +de Glaces façonnées joignant la manufacture +du fauxbourg saint Antoine.</p> + +<p>Il y a d’ailleurs un semblable magasin au bout +de la rue Dauphine, qui a d’ailleurs une entrée +rue Contrescarpe<a id="FNanchor_515" href="#Footnote_515" class="fnanchor">[3]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_515" href="#FNanchor_515"><span class="label">[3]</span></a> « Les argenteurs et doreurs, qui vendent des chenets, +foyers, girandoles, vaisselles et autres ouvrages de fer et de +laiton dorés et argentés, ont leur boutique rue Dauphine et +rue de la Verrerie. » Édit. 1691, p. 36.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p142">-142-</span> On trouve des Glaces de Venise chez M. le +Tellier et chez plusieurs autres Miroitiers du +Pont Notre Dame<a id="FNanchor_516" href="#Footnote_516" class="fnanchor">[4]</a> et encore chez Madame la +Roüe rue saint Denis près la fontaine des Innocens, +qui vend d’ailleurs des lustres et girandoles +de cristal<a id="FNanchor_517" href="#Footnote_517" class="fnanchor">[5]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_516" href="#FNanchor_516"><span class="label">[4]</span></a> Les marchands de miroirs étoient, en effet, en grand +nombre sur le Pont Notre-Dame. Lorsque Louis XIV vint +à Paris, après sa grande maladie de 1686, les miroitiers +du Pont par lequel il devoit passer en allant du Palais à +l’Hôtel de Ville crurent ne pouvoir faire mieux que d’étaler +sur son passage leurs plus éclatantes marchandises. Un poète +assez inconnu, nommé Viguier, fit à ce sujet quelques vers, +dont voici les derniers. Il s’adresse au Roi, en lui parlant +de Paris :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">Et comme tu devois ne lui donner qu’un jour,</div> +<div class="verse">Par une invention digne de son amour,</div> +<div class="verse">Il fit de ses miroirs un pompeux étalage,</div> +<div class="verse i3">Pour multiplier ton image.</div> +</div> + +</div> +<p>Dans l’Édit. de 1691, il est parlé, p. 36, des miroitiers, +non du Pont Notre-Dame, mais des alentours : « les plus +fameux miroitiers sont aux environs du Pont Notre-Dame. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_517" href="#FNanchor_517"><span class="label">[5]</span></a> « Le sieur Vergne, rue Saint-Denis, près la fontaine +Saint-Innocent, tient magasins de lustres et girandoles de +cristal. » Édit. 1691, p. 36. C’étoit un des grands luxes du +temps : « Je connois, dit l’abbé de La Varenne, un simple +particulier, qui a pour un million de tableaux, de <i>lustres</i> et de +<i>girandoles</i>, de porcelaines, de glaces, de bronzes, de cabinets +de la Chine. » <i>Amusements de l’Amitié… Recueil de +lettres écrites vers la fin du règne de Louis XIV</i>, 2<sup>e</sup> édit., +1741, in-12, p. 306.</p> +</div> +<p>Le Sieur Lafond rue sainte Marguerite du +fauxbourg saint Antoine, met toutes sortes de +Glaces au teint pour les Marchands, et racommode +<span class="pagenum" id="p143">-143-</span> pour les particuliers les miroirs et glaces +des chambres qui sont gatées<a id="FNanchor_518" href="#Footnote_518" class="fnanchor">[6]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_518" href="#FNanchor_518"><span class="label">[6]</span></a> L’usage de mettre des glaces au-dessus des cheminées +commençoit. Il étoit dû à Hardouin Mansard et en portoit +le nom. Voy. à la Biblioth. Nat. aux <i>Estampes</i> Hd. 22, +cheminées nouvelles <i>à la Mansarde</i>. On les appeloit aussi <i>à +la Royale</i> et <i>à la Françoise</i>. Dans l’<i>Architecture à la mode</i> +de Mariette, se trouvent six pièces de P. Lepautre : <i>Portes +cochères des plus belles maisons de Paris ; cheminées <em>à la +Royale</em>, à grand miroir et tablettes</i>. On a aussi de Daniel +Marot : <i>Nouvelles cheminées à panneaux de glace, à la +manière de France</i>. On peut consulter encore le <i>Livre de +cheminées</i> et le <i>Nouveau Livre de cheminées</i> de H. Bonnard.</p> +</div> +<p>On trouve au Soleil et à la Couronne d’or sur +le quay de l’Orloge, des lunettes d’aproches et +communes d’Angleterre et de Paris, des microscopes, +des visières, et généralement toutes les +sortes de verres préparez pour l’optique avec +toute la justesse qu’on peut désirer.</p> + +<p>Les Glaces du fauxbourg saint Antoine se +vendent de quatorze pouces de haut 10 livres, +de seize pouces 12 livres, de dix sept pouces +14 livres, de dix neuf pouces 20 livres, de vingt +pouces 24 livres, de vingt deux pouces 30 livres, +de vingt quatre pouces 33 livres, de vingt sept +pouces 55 livres, de vingt huit pouces 60 livres, +de vingt neuf pouces 65 livres, de trente pouces +80 livres, de trente six pouces 180 livres, de +trente sept pouces 225 livres, de quarante pouces +425 livres.</p> + +<p>Les lustres de cristal<a id="FNanchor_519" href="#Footnote_519" class="fnanchor">[7]</a> sont louez<a id="FNanchor_520" href="#Footnote_520" class="fnanchor">[8]</a> et raccommodez +<span class="pagenum" id="p144">-144-</span> par une veuve rue Betizy, près l’Hotel +de Beauvais, et par une autre à l’aport de Paris +près le Veau qui tètte<a id="FNanchor_521" href="#Footnote_521" class="fnanchor">[9]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_519" href="#FNanchor_519"><span class="label">[7]</span></a> « Les chandeliers, lustres et girandoles de cristal. » +Édit. précéd., p. 36.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_520" href="#FNanchor_520"><span class="label">[8]</span></a> Liger, p. 368-369, parle ainsi de ces lustres en location : +« On en loue aussi pour servir d’ornement dans les +églises, aux fêtes solennelles et dans plusieurs spectacles +qu’on donne au public, ce qui fait le plus bel effet du +monde. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_521" href="#FNanchor_521"><span class="label">[9]</span></a> C’est le fameux cabaret, devenu plus tard restaurant, +qui n’a disparu que de nos jours, dans les derniers remaniements +et agrandissements de la Place du Châtelet. +(<i>V.</i> nos <i>Chroniques et légendes des rues de Paris</i>, p. 151.)</p> +</div> +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c31">PEINTURES, SCULPTURES ET DORURES<br> +<span class="small">POUR LES ORNEMENS ET DÉCORATIONS DES +APPARTEMENS, BOUTIQUES, ETC.</span></h3> + + +<p>Les Jurez en titre d’office des Maitres Peintres, +Sculpteurs et Doreurs sont Messieurs Maçon +rue du Verbois, Béton près le Palais Royal, +Rosé rue des fossez saint Germain et de la Porte +à petit Pont<a id="FNanchor_522" href="#Footnote_522" class="fnanchor">[1]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_522" href="#FNanchor_522"><span class="label">[1]</span></a> On ne parloit jamais autrement pour dire « sur le +Petit-Pont », qui, on le sait, étoit alors chargé de maisons, +chacune avec sa boutique.</p> +</div> +<p>La Chambre où les Maitres Peintres et Sculpteurs +font leurs assemblées, est présentement rue +de la Verrerie.</p> + +<p>Les Peintres et Sculpteurs qui travaillent pour +le Roi, donnent aussi quelque fois leur temps +pour des ouvrages particuliers lorsqu’ils sont +considérables.</p> + +<p>Entre les Peintres renommez dans le public +pour les Ornemens et Décorations, on estime +Messieurs le Moyne le Lorrain aux Galeries du +Louvre<a id="FNanchor_523" href="#Footnote_523" class="fnanchor">[2]</a>, le Moyne de Paris<a id="FNanchor_524" href="#Footnote_524" class="fnanchor">[3]</a>, cul de sac saint +Sauveur, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_523" href="#FNanchor_523"><span class="label">[2]</span></a> G. Brice, dans sa 3<sup>e</sup> édition (1701), t. I, p. 76, nous +le montre aussi parmi les artistes logés aux galeries : +« Excellent peintre d’ornement, dit-il, dont les ouvrages ont +beaucoup d’approbation. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_524" href="#FNanchor_524"><span class="label">[3]</span></a> Jean Le Moyne, qui dans le <i>Ms.</i> de Marinier figure +parmi les décorateurs employés à Versailles. L’Académie +de peinture, qui l’avoit fait son décorateur en 1681, le +reçut cinq ans après. Il mourut à soixante-quinze ans, le +3 avril 1703.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p145">-145-</span> Entre les Peintres renommez pour feindre le +marbre, on compte Messieurs Binois près saint +Innocent, Valencé rue du Petit Lion, etc.<a id="FNanchor_525" href="#Footnote_525" class="fnanchor">[4]</a></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_525" href="#FNanchor_525"><span class="label">[4]</span></a> Blegny devroit parler ici des peintres de l’Académie +de Saint-Luc. Liger, p. 313, y supplée : « Il est, dit-il, +un autre genre de peintres du dernier ordre, qu’on nomme +communément <i>barbouilleurs</i>, et qu’on trouve lorsqu’on en +a besoin dans la rue du Haut-Moulin, où est leur chapelle. +On les y voit tous les dimanches et les fêtes au sortir de +la messe. » V. aussi l’abbé de Fontenay, <i>Dict. des Artistes</i>, +t. I, p. 3.</p> +</div> +<p>Entre les fameux Sculpteurs pour les bas reliefs +et figures moulées en plâtre, on distingue +Messieurs Cassegrain près la porte saint Martin, +François<a id="FNanchor_526" href="#Footnote_526" class="fnanchor">[5]</a> rue du Temple, Bertrand<a id="FNanchor_527" href="#Footnote_527" class="fnanchor">[6]</a> rue Michel +le Comte, de Caen rue de Grenelle saint Germain, +etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_526" href="#FNanchor_526"><span class="label">[5]</span></a> Il a été parlé de lui plus haut.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_527" href="#FNanchor_527"><span class="label">[6]</span></a> Philippe Bertrand, né à Paris en 1664, selon d’Argenville, +reçu de l’Académie en 1700, mort en 1724. Le +Christ en plomb de la Samaritaine, du Pont-Neuf, étoit de +lui.</p> +</div> +<p>Entre les Sculpteurs renommez pour les belles +bordures<a id="FNanchor_528" href="#Footnote_528" class="fnanchor">[7]</a>, on choisit Messieurs le Grand rue des +Jeuneurs, Renauda<a id="FNanchor_529" href="#Footnote_529" class="fnanchor">[8]</a> rue du petit Lion, la Lande +<span class="pagenum" id="p146">-146-</span> rue saint Martin, et Vilaine rue neuve saint Mederic +qui fait aussi des meubles dorez.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_528" href="#FNanchor_528"><span class="label">[7]</span></a> Cadres de bois sculpté pour les portraits ou « les +glaces de miroir », comme dit Richelet.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_529" href="#FNanchor_529"><span class="label">[8]</span></a> Lisez Renaudin ou Renaudain. C’étoit un parent de +celui qui logeoit aux galeries du Louvre, et dont il a été +parlé plus haut, p. <a href="#p100">100</a>.</p> +</div> +<p>M. des Oziers Doreur qui travaille pour le +Roy<a id="FNanchor_530" href="#Footnote_530" class="fnanchor">[9]</a>, entreprend aussi pour le public de grands +ouvrages.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_530" href="#FNanchor_530"><span class="label">[9]</span></a> Il a déjà été parlé de lui, p. <a href="#p90">90</a>. Il logeoit à Versailles.</p> +</div> +<p>Les bons tableaux sont netoyez<a id="FNanchor_531" href="#Footnote_531" class="fnanchor">[10]</a> et revernis en +perfection par les Sieurs Vilaine à l’adresse cy-dessus, +de la Pierre quay des Orfevres, et la +veuve Lange rue saint André des Arcs.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_531" href="#FNanchor_531"><span class="label">[10]</span></a> Ce mot sous cette forme n’étoit pas généralement +employé. Richelet dans son Dictionnaire écrit : « <i>Netteier, +nettoyer</i>. L’un et l’autre se dit, mais le grand usage est +pour <i>netteier</i>, car pour <i>nettoyer</i> il ne se dit guère que par +les poëtes, encore y sont-ils obligés par la tirannie de la +rime. »</p> +</div> +<p>Les prix ordinaires du marbre brute et façonné, +et des autres ouvrages et fournitures des +Peintres, Sculpteurs et Doreurs sont pour,</p> + +<p>Le pied cube de marbre noir brute <span class="fl">7 l.</span></p> + +<p>Et pour le Marbre jaspé brute, le pied cube <span class="fl">15 l.</span></p> + +<p>Mais quand un bloc de Marbre est de douze +pieds et au dessus, le pied cube se paye depuis +18 jusqu’à 25 livres.</p> + +<p>Le pied de parement vaut <span class="fl">2 l.</span></p> + +<p>Le pied de Chambranle en bois d’ornemens +simples <span class="fl">3 l.</span></p> + +<p>A Ornemens moyens <span class="fl">4 l.</span></p> + +<p>A ornemens riches <span class="fl">6 l.</span></p> + +<p>Une figure de pierre de saint Leu grande +comme nature, vaut <span class="fl">75 liv.</span></p> + +<p>Une pareille figure faite par un habile homme +et bien finie vaut au moins <span class="fl">300 l.</span></p> + +<p><span class="pagenum" id="p147">-147-</span> Une figure de dix pieds de haut <span class="fl">200 l.</span></p> + +<p>Une pareille figure faite et bien finie par un +habile homme <span class="fl">550 livres.</span></p> + +<p>Les Trophées en pierre de saint Leu de six +pieds<a id="FNanchor_532" href="#Footnote_532" class="fnanchor">[11]</a> de haut sur huit à neuf pieds de large et +isolées valent <span class="fl">150 liv.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_532" href="#FNanchor_532"><span class="label">[11]</span></a> Ces trophées étoient un des ornements les plus à la +mode sur les façades ou sur le bord des toits des palais et +des hôtels : « On fait, disoit alors Richelet dans son <i>Dictionnaire</i>, +des trophées en architecture qui représentent les +véritables trophées d’armes. »</p> +</div> +<p>Les Vases de même pierre et de cinq pieds de +haut <span class="fl">30 liv.</span></p> + +<p>Les chapiteaux, pilastres ioniques de même +pierre pour façon seulement travaillez en place +bien proprement et de cinq pieds de large <span class="fl">24 liv.</span></p> + +<p>Les chapiteaux, colomnes de même pierre et +même ordre, dont le vif<a id="FNanchor_533" href="#Footnote_533" class="fnanchor">[12]</a> engagé d’un tiers dans +le mur, valent <span class="fl">50 livres.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_533" href="#FNanchor_533"><span class="label">[12]</span></a> Le vif de la colonne, c’est-à-dire « le fût ».</p> +</div> +<p>Les chapiteaux colomnes isolez de même +ordre et pierre <span class="fl">75 l.</span></p> + +<p>Les chapiteaux pilastres, corinthes<a id="FNanchor_534" href="#Footnote_534" class="fnanchor">[13]</a> et composites +de cinq pieds de face façonnez en même +pierre et en place <span class="fl">60 l.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_534" href="#FNanchor_534"><span class="label">[13]</span></a> C’est le mot dont se servoient les ouvriers pour dire +« corinthien », qui pourtant étoit déjà depuis longtemps en +usage. Il se trouve dans Montaigne, et on lit dans la +<i>Psyché</i> de La Fontaine :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">Le Dorique sans fard, l’élégant Ionique,</div> +<div class="verse">Et le Corinthien superbe et magnifique.</div> +</div> + +</div></div> +<p>Les mêmes ornemens bien finis par d’excellens +ouvriers <span class="fl">120 l.</span></p> + +<p>Les chapiteaux colomnes, même ordre, pierre +et grandeur, dont le vif engagé d’un tiers dans +le mur <span class="fl">100 liv.</span></p> + +<p><span class="pagenum" id="p148">-148-</span> Et par de bons ouvriers, bien finis <span class="fl">200 liv.</span></p> + +<p>Les chapiteaux colomnes isolez même ordre, +pierre et grandeur <span class="fl">150 liv.</span></p> + +<p>Et aux conditions précédentes <span class="fl">260 liv.</span></p> + +<p>Les Consolles<a id="FNanchor_535" href="#Footnote_535" class="fnanchor">[14]</a> simples de 5 pieds de haut +aux mêmes conditions, mais bien travaillées <span class="fl">8 livres.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_535" href="#FNanchor_535"><span class="label">[14]</span></a> « La console », mot employé dans le <i>Théâtre d’Agriculture</i> +d’Olivier de Serre avec le sens de soutien, qui +« consolide », se prenoit alors presque exclusivement pour +désigner, comme le fait Richelet, « un membre d’architecture, +placé aux deux côtés de la porte ionique pour soutenir +la corniche mise au dessus ». Elles servoient aussi, +selon Félibien, à porter des figures, des bustes, des vases, +etc.</p> +</div> +<p>Celles plus chargées d’ornemens, 11 livres +plus ou moins à proportion de l’ouvrage.</p> + +<p>Les Masques façonnez sur les clefs des portes +d’entrées<a id="FNanchor_536" href="#Footnote_536" class="fnanchor">[15]</a> en même Pierre de saint Leu <span class="fl">30 liv.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_536" href="#FNanchor_536"><span class="label">[15]</span></a> « Les masques, aux clefs des arcades », comme il est +dit dans les livres d’architecture du temps, étoient un des +ornements les plus en faveur pour les façades des hôtels. +Ceux qui se voient sur la fameuse maison de Lulli, au +coin de la rue des Petits-Champs et de la rue Sainte-Anne, +en sont un des premiers et des plus curieux spécimens. +« Quelques-uns, dit Félibien, p. 650, nomment <i>mascarons</i> +de gros masques faits de sculpture. »</p> +</div> +<p>Mais étant faits par un bon ouvrier et bien +finis valent depuis 45 jusqu’à 60 livres et plus.</p> + +<p>Il est difficile de mettre les prix justes aux +ouvrages de Sculpture et Peinture, particulierement +aux Tableaux et Statües ; c’est suivant les +Maitres qui y sont employez que le prix doit +estre reglé, parce que c’est la beauté qui en +regle la valeur ; ainsi les curieux qui voudront +avoir du beau de l’un des deux Arts, doivent +<span class="pagenum" id="p149">-149-</span> s’informer des bons Maitres, qui ne laissent rien +sortir de leurs mains que de bien fini.</p> + +<p>Les bas reliefs de plâtre, placez en cheminées +bien finis et de moyenne grandeur valent <span class="fl">8 liv.</span></p> + +<p>Le pied courant d’ornemens en plâtre <span class="fl">2 liv.</span></p> + +<p>Un buste en plâtre grand comme nature <span class="fl">6 liv.</span></p> + +<p>Une figure de ronde bosse, même figure et +grandeur pour poser sur un pied d’estail<a id="FNanchor_537" href="#Footnote_537" class="fnanchor">[16]</a> depuis +36 jusqu’à 40 livres.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_537" href="#FNanchor_537"><span class="label">[16]</span></a> C’est une des premières formes du mot. Richelet la +donne comme étant employée en même temps que celle +de « piédestal », et ne dit pas quelle est celle qu’il faut +préférer. On avait dit auparavant « pied d’estrait ». +V. <i>Biblioth. de l’École des chartes</i>, 4<sup>e</sup> série, t. III, p. 63.</p> +</div> +<p>On trouve un grand assortiment de beaux +Moulles chez M. Cassegrain à l’adresse ci devant +donnée. La beauté des Moules fait l’excellence +des figures sans en augmenter le prix.</p> + +<p>L’Or sculpé<a id="FNanchor_538" href="#Footnote_538" class="fnanchor">[17]</a> couvert, vaut le pied carré deux +livres cinq sols, l’Or bruni<a id="FNanchor_539" href="#Footnote_539" class="fnanchor">[18]</a> deux livres dix +sols, l’Or bruni sculpé trois livres quinze sols, +l’Or bretelé<a id="FNanchor_540" href="#Footnote_540" class="fnanchor">[19]</a> trois livres, l’Or repassé uni deux +livres, l’Or repassé sculpé deux livres dix sols, +l’Or uni à découvert deux livres cinq sols, l’Or +sculpé à découvert deux livres quinze sols, la +Mosaïque trois livres.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_538" href="#FNanchor_538"><span class="label">[17]</span></a> Pour « sculpté », c’est-à-dire appliqué sur des sculptures.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_539" href="#FNanchor_539"><span class="label">[18]</span></a> C’est-à-dire « éclairci, poli » avec le brunissoir.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_540" href="#FNanchor_540"><span class="label">[19]</span></a> En croisillons ou en filets.</p> +</div> +<p>L’impression<a id="FNanchor_541" href="#Footnote_541" class="fnanchor">[20]</a> en huile de jaune de couleur +<span class="pagenum" id="p150">-150-</span> de bois de luth<a id="FNanchor_542" href="#Footnote_542" class="fnanchor">[21]</a> à deux couches, quatre livres +quinze sols la travée ayant six toises de superficie +qui montent à deux cens seize pieds.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_541" href="#FNanchor_541"><span class="label">[20]</span></a> Ce mot, dans le langage des vernisseurs et doreurs, +se prenoit pour <i>couche</i> : « Les Chinois, lisons-nous dans le +<i>Diction. des arts et métiers</i> de l’abbé Jaubert, t. IV, p. 361, +n’emploient jamais leur vernis sur le bois qu’auparavant ils +n’aient mis une couche ou <i>impression</i>, comme font les +peintres, avant de peindre. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_542" href="#FNanchor_542"><span class="label">[21]</span></a> C’est-à-dire veiné comme le bois d’un luth, et de la +même nuance.</p> +</div> +<p>L’impression deux couches de blanc de ceruse +avec huile de noix, sept livres la travée.</p> + +<p>L’impression à deux couches de jaune et de +blanc en détrempe, deux livres cinq sols la +travée.</p> + +<p>La toise carrée de bois veiné en huile, deux +livres dix sols, et en détrempe une livre dix +sols.</p> + +<p>Les ornemens de cheminées marbrez et jaspez<a id="FNanchor_543" href="#Footnote_543" class="fnanchor">[22]</a> +en huile par un bon œuvrier, reduits à la +travée, trente six livres, et en ouvrage commun, +vingt quatre livres.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_543" href="#FNanchor_543"><span class="label">[22]</span></a> Ces imitations du jaspe par la peinture étoient déjà +connues du temps d’Henri IV. D’Aubigné, dans son <i>Histoire +universelle</i>, t. II, ch. 104, parle de piédestaux « qui +estoient peints comme de jaspe. »</p> +</div> +<p>Le même ouvrage en détrempe par un bon +œuvrier, trente livres, et en commun ouvrage, +vingt livres.</p> + +<p>Le vermillon et la laque valent trois livres le +pied.</p> + +<p>Le brun rouge vingt sols la toise.</p> + +<p>Le nettoyement et le rechampissage<a id="FNanchor_544" href="#Footnote_544" class="fnanchor">[23]</a>, deux +livres dix sols la toise.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_544" href="#FNanchor_544"><span class="label">[23]</span></a> Il consiste à couvrir, avec une infusion de blanc de +céruse, les couleurs qui se sont répandues sur le fond d’un +ouvrage, pour le rendre aussi net qu’il doit l’être.</p> +</div> +<p>Le Verny, même prix.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p151">-151-</span> L’Impression pour les berceaux peints en vert +de montagne avec une couche de blanc de ceruse, +et deux couches de vert sur échallas espacez +de six pouces, trente cinq sols la toise<a id="FNanchor_545" href="#Footnote_545" class="fnanchor">[24]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_545" href="#FNanchor_545"><span class="label">[24]</span></a> Il n’y avoit pas de plus piètre besogne pour les +peintres de l’Académie de Saint-Luc. Liger en parle ainsi : +« D’autres ne sont propres que pour les <i>treillages</i>, blanchir +les murs, et donner quelque couleur en plein à des portes +ou autres pièces de menuiserie. »</p> +</div> +<p>Les Couleurs et les Pinceaux pour la Mignature, +se vendent rue d’Arnetal.</p> + +<p>Les Couleurs et Pinceaux ordinaires, se vendent +aux environs de l’Aport de Paris chez +plusieurs Epiciers et Broyeurs<a id="FNanchor_546" href="#Footnote_546" class="fnanchor">[25]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_546" href="#FNanchor_546"><span class="label">[25]</span></a> « Le verre blanc pour les mignatures et autres +tableaux se vend chez un vitrier qui demeure rue aux +Ours, devant l’image de la Vierge, et chez un autre qui +demeure vieille rue du Temple, au coin de la rue de +Bercy. » Édit. 1691, p. 30.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c32">OUVRAGES DE GRAVEURS.</h3> + + +<p>Cet article aurait dû être placé après celuy de +l’Orfevrerie, mais ayant été quelque temps égaré +à l’Imprimerie, on n’a pû luy donner une meilleure +place que celle-ci.</p> + +<p>Entre les fameux Graveurs au Burin, sont au +quartier de la rue saint Jacques, Messieurs Poilly +l’ainé<a id="FNanchor_547" href="#Footnote_547" class="fnanchor">[1]</a>, Eudelink<a id="FNanchor_548" href="#Footnote_548" class="fnanchor">[2]</a>, Wansculpes<a id="FNanchor_549" href="#Footnote_549" class="fnanchor">[3]</a>, Picart<a id="FNanchor_550" href="#Footnote_550" class="fnanchor">[4]</a>, Vermeulen<a id="FNanchor_551" href="#Footnote_551" class="fnanchor">[5]</a>, +<span class="pagenum" id="p152">-152-</span> Rolet et Poilly le jeune<a id="FNanchor_552" href="#Footnote_552" class="fnanchor">[6]</a>, Baudet rue +de Harlay<a id="FNanchor_553" href="#Footnote_553" class="fnanchor">[7]</a>, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_547" href="#FNanchor_547"><span class="label">[1]</span></a> François Poilly, qui fut le maître d’Edelinck : « Jamais, +est-il dit dans la Vie de celui-ci, jamais graveur au +burin ne fit autant d’élèves, et peu ont entrepris autant +d’ouvrages. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_548" href="#FNanchor_548"><span class="label">[2]</span></a> Gérard Edelinck, un des plus fameux graveurs de son +temps. Il étoit d’Anvers. L’Académie le reçut le 6 mars +1677 et il mourut à cinquante-huit ans en 1707.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_549" href="#FNanchor_549"><span class="label">[3]</span></a> Pierre Van Schuppen, d’Anvers comme Edelinck, fut +de l’Académie le 7 août 1666 et mourut le 7 mars 1702, à +soixante-quatorze ans.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_550" href="#FNanchor_550"><span class="label">[4]</span></a> Étienne Picart, dit le Romain, parce qu’il avoit travaillé +à Rome avec Carlo Maratta. Il eut pour fils Bernard +Picart, plus célèbre que lui. On l’avoit reçu de l’Académie +en 1664 et il en mourut le doyen, le 21 nov. 1721, à +Amsterdam, où il s’étoit retiré ; il avoit quatre-vingt-dix ans.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_551" href="#FNanchor_551"><span class="label">[5]</span></a> Corneille Vermeulen, d’Anvers ; venu à Paris, où se +trouvoit la meilleure école de gravure, il y resta. A sa +mort, en 1704, il avoit soixante ans. Il a gravé beaucoup +de portraits, surtout d’après Rigaud.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_552" href="#FNanchor_552"><span class="label">[6]</span></a> Frère de Fr. Poilly, nommé tout à l’heure, il fut +reçu de l’Académie le 26 juillet 1714 et mourut le 29 avril +1728, à soixante ans.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_553" href="#FNanchor_553"><span class="label">[7]</span></a> Étienne Baudet, de Blois. Il étoit de l’Académie de +peinture depuis 1675. Le roi le logea aux galeries du +Louvre, en 1693, et c’est de là qu’il data quelques-unes +de ses gravures des paysages du Poussin. Il mourut le 7 +juillet 1711, à soixante-treize ans.</p> +</div> +<p>Rue saint Jacques sont encore Messieurs Audran<a id="FNanchor_554" href="#Footnote_554" class="fnanchor">[8]</a> +et Simonneau<a id="FNanchor_555" href="#Footnote_555" class="fnanchor">[9]</a> qui gravent très bien à +l’Eau forte et au Burin, et encore Messieurs +Berey<a id="FNanchor_556" href="#Footnote_556" class="fnanchor">[10]</a> et Roussel<a id="FNanchor_557" href="#Footnote_557" class="fnanchor">[11]</a> qui s’attachent principalement +à graver des Lettres<a id="FNanchor_558" href="#Footnote_558" class="fnanchor">[12]</a> qui représentent +<span class="pagenum" id="p153">-153-</span> l’écriture et l’impression, en quoy M. Berey +travaille par excellence<a id="FNanchor_559" href="#Footnote_559" class="fnanchor">[13]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_554" href="#FNanchor_554"><span class="label">[8]</span></a> Gérard Audran, le premier et le plus célèbre de la +dynastie des Audran. Il étoit de Lyon et mourut à Paris +en 1703 à soixante-trois ans. Il a gravé les batailles +d’Alexandre, par Lebrun.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_555" href="#FNanchor_555"><span class="label">[9]</span></a> Ch. Simonneau, d’Orléans. Né en 1639, étudia chez +Coypel, fut de l’Académie en 1710, et mourut en 1728, à +quatre-vingts ans. Il grava d’après Carrache, Le Brun, etc.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_556" href="#FNanchor_556"><span class="label">[10]</span></a> Il avoit, en 1656, donné une contrefaçon du plan de +Paris, par Gomboust. Elle porte son nom, comme si c’étoit +un plan nouveau. V. sur Cl. Berey, sans doute son fils, +t. I, p. 252.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_557" href="#FNanchor_557"><span class="label">[11]</span></a> C’est lui qui grava en 1704 les lettres d’un plan de +Paris qui, pour cela, porte son nom.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_558" href="#FNanchor_558"><span class="label">[12]</span></a> « Le sieur Senault, le plus fameux graveur en lettres, +demeure rue de Bussy. » Édit. 1691, p. 112. Louis Senaud, +de qui l’on a des cahiers d’écriture gravés en 1667.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_559" href="#FNanchor_559"><span class="label">[13]</span></a> « Messieurs Sylvestre et Melan, fameux graveurs, +demeurent aux galleries du Louvre. » Édit. 1691, p. 63. — Claude +Mellan n’auroit pas dû figurer même dans cette +édition de 1691, puisqu’il étoit mort à quatre-vingt-dix +ans en 1688 ; quant à Israël Silvestre, Blegny avoit eu +raison de ne pas le faire figurer dans celle de 1692 : il +étoit mort dans son logement des galeries le 11 octobre +1691, à soixante et onze ans. V. <i>Bulletin de la Soc. d’archéologie +lorraine</i>, t. VIII, 1859, <i lang="la" xml:lang="la">ad fin.</i></p> +</div> +<p>Entre les fameux Graveurs de Médailles, sont +Messieurs Rottier<a id="FNanchor_560" href="#Footnote_560" class="fnanchor">[14]</a>, Chéron<a id="FNanchor_561" href="#Footnote_561" class="fnanchor">[15]</a> et Moland aux galleries +du Louvre<a id="FNanchor_562" href="#Footnote_562" class="fnanchor">[16]</a>, Bernard<a id="FNanchor_563" href="#Footnote_563" class="fnanchor">[17]</a> près la Magdelaine, +Mauger place Dauphine<a id="FNanchor_564" href="#Footnote_564" class="fnanchor">[18]</a>, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_560" href="#FNanchor_560"><span class="label">[14]</span></a> Joseph Roettier, d’Anvers, graveur en médailles, logé +au Louvre en 1679, reçu de l’Académie en 1683, mort en +1707, à soixante-huit ans. Il y eut cinq graveurs en médailles +de son nom, jusqu’en 1784, époque où mourut +le dernier.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_561" href="#FNanchor_561"><span class="label">[15]</span></a> Ch. Chéron, de Nancy, reçu de l’Académie en 1676, +mort en 1698, à cinquante-cinq ans.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_562" href="#FNanchor_562"><span class="label">[16]</span></a> Michel Molard, et non Moland, de Dieppe, où il avoit +travaillé l’ivoire. Le roi l’avoit logé au Louvre en octobre +1684.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_563" href="#FNanchor_563"><span class="label">[17]</span></a> Thomas Bernard. Reçu de l’Académie, comme graveur +en médailles, le 27 mars 1700, il mourut en 1713, +à soixante-trois ans.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_564" href="#FNanchor_564"><span class="label">[18]</span></a> Jean Mauger, de Dieppe. Le roi le logea au Louvre, +après la mort de Ch. Chéron, en 1698. Il y mourut en +1722, à soixante-quatorze ans.</p> +</div> +<p>M. le Clerc aux Goblins<a id="FNanchor_565" href="#Footnote_565" class="fnanchor">[19]</a>, qui travaille par +excellence à toutes sortes de Gravures, a d’ailleurs +le talent de faire des Desseins originaux.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_565" href="#FNanchor_565"><span class="label">[19]</span></a> Sébastien Le Clerc, de Metz, dont la réputation nous +dispense de tous détails. Il étoit graveur ordinaire du cabinet +du roi et Colbert l’avoit logé aux Gobelins. Il mourut +en 1714, à soixante-dix-sept ans.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p154">-154-</span> Entre les Graveurs renommez pour la Vaisselle, +pour les Sceaux et pour les Cachets, sont +Messieurs Thiault galleries neuves du Palais<a id="FNanchor_566" href="#Footnote_566" class="fnanchor">[20]</a> à +la Pomme d’or, Chalochet, quay Pelletier, Aury +à la Monnoye<a id="FNanchor_567" href="#Footnote_567" class="fnanchor">[21]</a>, Verien<a id="FNanchor_568" href="#Footnote_568" class="fnanchor">[22]</a> et Garrier quay des +Orfèvres, Mavelot et Langlois Cour neuve du +Palais, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_566" href="#FNanchor_566"><span class="label">[20]</span></a> « Place Dauphine. » Édit. de 1691, p. 59.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_567" href="#FNanchor_567"><span class="label">[21]</span></a> Pierre Aury, qui, depuis 1688, logeoit à la Monnoie +comme « graveur en acier du Roi ».</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_568" href="#FNanchor_568"><span class="label">[22]</span></a> « Aux armes de Mademoiselle. » Édit. 1691, p. 59.</p> +</div> +<p>M. Bourdon place Dauphine qui est d’ailleurs +renommé pour les Cachets, grave aussi pour la +Taille douce.</p> + +<p>Messieurs Richard et Maurice sur le quay de +l’Orloge, ont le talent de graver sur l’Agathe et +sur les autres Pierres précieuses<a id="FNanchor_569" href="#Footnote_569" class="fnanchor">[23]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_569" href="#FNanchor_569"><span class="label">[23]</span></a> « Le sieur Certain, au dessus de la porte neuve du +Palais, grave en agathe et autres pierres. » <i>Id.</i>, p. 63.</p> +</div> +<p>On trouve chez M. Jollain l’ainé Graveur et +Marchand Imager rue saint Jacques à la Ville de +Cologne<a id="FNanchor_570" href="#Footnote_570" class="fnanchor">[24]</a>, les Portraits de la Cour gravez par +M. Simon<a id="FNanchor_571" href="#Footnote_571" class="fnanchor">[25]</a>, l’Architecture de Vignolle au Burin +et diverses Cartes et Estampes curieuses.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_570" href="#FNanchor_570"><span class="label">[24]</span></a> Fr. Jollain, à qui son fils succéda.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_571" href="#FNanchor_571"><span class="label">[25]</span></a> Pierre Simon. Ses portraits sont à l’eau-forte.</p> +</div> +<p>M. Landry<a id="FNanchor_572" href="#Footnote_572" class="fnanchor">[26]</a> aussi Graveur et Marchand Imager<a id="FNanchor_573" href="#Footnote_573" class="fnanchor">[27]</a> +<span class="pagenum" id="p155">-155-</span> même rue à l’Image saint François de Sales, +vend des Estampes de dévotion de 7 pieds de +haut et de divers autres grandeurs extraordinaires, +un Scelet<a id="FNanchor_574" href="#Footnote_574" class="fnanchor">[28]</a> humain grand comme nature, +et un grand nombre d’autres Estampes curieuses<a id="FNanchor_575" href="#Footnote_575" class="fnanchor">[29]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_572" href="#FNanchor_572"><span class="label">[26]</span></a> Pierre Landry gravoit et vendoit des portraits au burin.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_573" href="#FNanchor_573"><span class="label">[27]</span></a> Parmi les imagers, graveurs en taille-douce, Blegny +auroit pu citer Boudan, qui grava entre autres histoires +populaires toute la suite de celle de <i>Lustucru</i>. V. nos <i>Variétés</i>, +t. IX, p. 70. Mariette, <i>Abecedario</i>, t. IX, p. 116, a +dit un mot de lui. Il avoit dessiné pour Gaignières et pour +ses collections d’armoiries à des prix dérisoires. On lit dans +un mémoire de ceux dont il étoit convenu avec le célèbre +amateur : « Les armes croquées à l’encre, un liard la pièce. » +Il travailla au plan de Paris de La Caille, en 1714.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_574" href="#FNanchor_574"><span class="label">[28]</span></a> Squelette. Sur ce mot, v. plus haut, note.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_575" href="#FNanchor_575"><span class="label">[29]</span></a> « On trouve des estampes de toutes sortes chez le +portier de l’Académie des peintres, rue de Richelieu. » +Édit. 1691, p. 24. Une singulière industrie, qui dut détruire +bien des gravures, est indiquée dans cette édition, p. 111, +et omise ici : « Le sieur des Trapières, rue Bétizy, aux +trois Bources, enlève et transpose sur verre les lignes et +traits des estampes, qu’il peint ensuite d’une façon à les +prendre pour de vrais tableaux. » Poisson, en 1665, dans +l’<i>après-soupé des Auberges</i>, sc. 3, avoit déjà parlé d’estampes +découpées qu’on appliquoit derrière un verre, comme on a +fait de nos jours pour la <i>potichomanie</i>.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c33" title="OUVRAGES DE PLOMBIERS ET DE FONTENIERS.">OUVRAGES DE PLOMBIERS<br> +<span class="small">ET DE FONTENIERS<a id="FNanchor_576" href="#Footnote_576" class="fnanchor">[1]</a>.</span></h3> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_576" href="#FNanchor_576"><span class="label">[1]</span></a> Les plombiers et fontainiers ne formoient qu’une seule +corporation, et même assez peu nombreuse ; elle ne comptoit +au <small>XVIII</small><sup>e</sup> siècle que cinquante maîtres au plus. Ses +statuts, en quarante articles, datoient de juin 1647.</p> +</div> + +<p>Les Plombiers des batimens du Roy fournissent +aussi plusieurs particuliers de considération.</p> + +<p>Entre les autres fameux Plombiers, sont Messieurs +Desgoutières près la Comedie Françoise, +le Roy rue saint Honoré, rue saint +Antoine, près la Magdelaine, + rue saint Martin, etc.</p> + +<p>M. Denis premier Fontenier du Roy, demeure +au fauxbourg saint Germain, et M<sup>rs</sup> ses fils, l’un +du Chateau de Trianon, et l’autre de Versailles, +demeurent au même endroit.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p156">-156-</span> Entre les autres Fonteniers fameux qui travaillent +pour Sa Majesté et pour le public, sont +Messieurs Dorival, Cimetiere saint Jean, et Balo +près la Croix du Tiroir.</p> + +<p>Les Fondeurs qui travaillent aux Robinets +des tuyaux et Regards, sont rue des Assis et rue +neuve saint Mederic.</p> + +<p>Le Plomb est fort rencheri depuis la déclaration +de la guerre avec l’Angleterre<a id="FNanchor_577" href="#Footnote_577" class="fnanchor">[2]</a> ; le plus +commun vaut à présent 4 sols la livre mis en +œuvre compris la soudure<a id="FNanchor_578" href="#Footnote_578" class="fnanchor">[3]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_577" href="#FNanchor_577"><span class="label">[2]</span></a> Il s’agit de la guerre de 1688 qui nous avoit mis sur les +bras l’Angleterre et la Hollande. De l’une nous venoit en +grande partie ce que nous consommions de plomb, notamment +le plomb laminé, et de l’autre presque toutes les préparations +plombifères.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_578" href="#FNanchor_578"><span class="label">[3]</span></a> Dans la 1<sup>re</sup> édition, p. 48, on trouve un exemple de +ce renchérissement du plomb : « Les tuyaux de fontaines +soudés en long avec joints et nœuds de soudure, depuis +deux jusqu’à six pouces de diamètre, tranchées et remplages +mis en œuvre, ci devant quatorze livres, et à présent +vingt livres le cent. »</p> +</div> +<p>Le Plomb blanchi, tant pour tuyaux de descentes, +que cuvettes, entonnoirs, membrons<a id="FNanchor_579" href="#Footnote_579" class="fnanchor">[4]</a>, +chesnaux, boursaux, ennusures<a id="FNanchor_580" href="#Footnote_580" class="fnanchor">[5]</a>, et enfaistemens, +vaut depuis 4 sols et demi jusqu’à 5 sols +la livre mis en place compris la soudure<a id="FNanchor_581" href="#Footnote_581" class="fnanchor">[6]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_579" href="#FNanchor_579"><span class="label">[4]</span></a> « Le membron » étoit une partie du « bourseau », +sorte d’ornement d’enfaîtage employé surtout dans les +grands bâtiments.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_580" href="#FNanchor_580"><span class="label">[5]</span></a> Ce mot, dans la 1<sup>re</sup> édition, p. 48, est écrit « annesures ». +Nous ignorons ce que, sous l’une ou l’autre forme, +il signifie.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_581" href="#FNanchor_581"><span class="label">[6]</span></a> Suivant la 1<sup>re</sup> édition, p. 48, « le cent de plomb » +employé pour tous ces objets se payoit « treize livres dix +sols ».</p> +</div> +<p>Le Plomb noir aussi y compris la soudure, +<span class="pagenum" id="p157">-157-</span> vaut 18 à 20 livres le cent mis en œuvre.</p> + +<p>La Soudure pour les réparations vaut quatorze +à quinze sols la livre.</p> + +<p>Les vieux Plombs se donnoient ci-devant au +Plombier trois livres pour deux d’employées, +mais à present cette évaluation seroit trop forte<a id="FNanchor_582" href="#Footnote_582" class="fnanchor">[7]</a> ; +mais pour plus de justesse, on peut faire remettre +la même quantité en œuvre que l’on a +donné au Plombier, et luy payer 36 à 40 livres +le millier compris la soudure en œuvre.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_582" href="#FNanchor_582"><span class="label">[7]</span></a> « Pour six livres de vieux plomb, les plombiers en +fournissent trois de neuf posé en place. » Édit. de 1691, +p. 48.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c34">OUVRAGES DES PAVEURS.</h3> + + +<p>Les Paveurs des batimens du Roy entreprennent +aussi pour le public.</p> + +<p>Entre les autres Maîtres Paveurs qui font de +grandes entreprises, sont les Sieurs Touchay rue +des Noyers, Hierosme rue de la Mortellerie, etc.</p> + +<p>Autant en fait la veuve Maçon près la porte +saint Antoine.</p> + +<p>Le gros Pavé de rue<a id="FNanchor_583" href="#Footnote_583" class="fnanchor">[1]</a> de 7 à 8 pouces en +quarré<a id="FNanchor_584" href="#Footnote_584" class="fnanchor">[2]</a> posé sur une forme de sable<a id="FNanchor_585" href="#Footnote_585" class="fnanchor">[3]</a>, se paye à +9 livres la toise carrée<a id="FNanchor_586" href="#Footnote_586" class="fnanchor">[4]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_583" href="#FNanchor_583"><span class="label">[1]</span></a> On l’appeloit aussi : « pavé du grand échantillon ».</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_584" href="#FNanchor_584"><span class="label">[2]</span></a> C’étoit encore la mesure à la fin du <small>XVIII</small><sup>e</sup> siècle. Elle +avoit été réglée par la coutume de Paris.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_585" href="#FNanchor_585"><span class="label">[3]</span></a> « La forme est le lit de sable sur lequel est posé le +pavé. » L’abbé Jaubert, <i>Diction. des arts et métiers</i>, t. III, +p. 387.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_586" href="#FNanchor_586"><span class="label">[4]</span></a> « Le sable de rivière se trouve aux environs de l’Ile +Louviers. On en tire pour les paveurs entre Pincourt et la +Courtille, où l’on trouve du vieux pavé retaillé. » Édit. de +1691, p. 39.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p158">-158-</span> Le Pavé de la qualité ci dessus fendu en trois, +taillé et posé avec mortier de chaux et sable à +8 livres la toise.</p> + +<p>Le Pavé de 5 à 6 pouces, fendu en trois<a id="FNanchor_587" href="#Footnote_587" class="fnanchor">[5]</a>, et +posé avec mortier 7 livres la toise.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_587" href="#FNanchor_587"><span class="label">[5]</span></a> C’est dans l’épaisseur qu’on le fendoit, mais en deux +seulement plutôt qu’en trois. Ce « pavé fendu », comme on +l’appeloit, servoit pour les cours et les écuries.</p> +</div> +<p>Le même posé avec mortier de chaux et ciment +à 10 livres.</p> + +<p>Le vieux Pavé posé avec mortier de chaux et +de sable à 2 livres la toise.</p> + +<p>La pose du même Pavé avec chaux et ciment +à 4 livres, et avec chaux et sable à 30 sols, le +seul Pavé fourni par l’Entrepreneur.</p> + +<p>Le vieux Pavé tendre qui sert à polir les +Glaces se trouve dans les Chantiers des Paveurs +du Roy et de la Ville<a id="FNanchor_588" href="#Footnote_588" class="fnanchor">[6]</a>, ainsi que toutes autres +sortes de vieux Pavez.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_588" href="#FNanchor_588"><span class="label">[6]</span></a> Lister, ch. V, après nous avoir dit qu’on passe les +glaces brutes au grès pulvérisé, ajoute : « C’est le même +dont est fait le pavé de Paris, mais pulvérisé et tamisé très-fin. »</p> +</div> +<p>Le sieur Petit à l’entrée de la rue de Nappe<a id="FNanchor_589" href="#Footnote_589" class="fnanchor">[7]</a> +fauxbourg saint Antoine, fait battre du vieux +Pavé tendre pour la manufacture des glaces.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_589" href="#FNanchor_589"><span class="label">[7]</span></a> Lisez de Lappe. V. plus haut, une note.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c35">POTERIE, CARELAGE, VUIDANGES,<br> +<span class="small">NATTES ET FROTAGES DES BATIMENS.</span></h3> + + +<p>Les Vuidangeurs pour curer les puits et fosses +d’aisances, demeurent la plupart au quartier de +la porte saint Victor.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p159">-159-</span> Les fouilles, vuidanges et transport des terres +des caves et fosses d’aisances se payent depuis 7 +jusqu’à 10 livres la toise cube à proportion de +l’éloignement du transport.</p> + +<p>Les vuidanges de matieres des fosses d’aisances +se payent aussi aux Vuidangeurs depuis +30 jusqu’à 40 livres aussi à proportion de l’éloignement +du transport.</p> + +<p>Les Potiers qui ont de grands ateliers et qui +font de grosses entreprises de Carrelage<a id="FNanchor_590" href="#Footnote_590" class="fnanchor">[1]</a>, sont +les Sieurs du Vivier fauxbourg saint Antoine, +Harrivel fauxbourg saint Marcel, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_590" href="#FNanchor_590"><span class="label">[1]</span></a> Dans leurs statuts, qui datoient de 1456, et qui +avoient été confirmés en 1607 par Henri IV, ils étoient +qualifiés « maître potiers de terre et carreleurs ».</p> +</div> +<p>Le prix reglé des ouvrages de Carreleurs est +pour chacune toise superficielle du petit Carreau +à huit pans 3 livres 5 à 3 livres 10 sols, et pour +les grands Carreaux aussi à huit pans 4 livres +10 sols à 5 livres la toise.</p> + +<p>Les Potiers vendent aux Entrepreneurs les +Pots d’aizances 18 deniers le pouce de diamettre.</p> + +<p>Le millier de grands Carreaux à 18 livres le +millier, et le millier de petits à 10 livres.</p> + +<p>Le Sieur Piton à l’entrée de la rue Briboucher<a id="FNanchor_591" href="#Footnote_591" class="fnanchor">[2]</a> +du coté de la rue saint Denis met les planchers +en couleur<a id="FNanchor_592" href="#Footnote_592" class="fnanchor">[3]</a> et les entretient de frotage au +mois et à l’année.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_591" href="#FNanchor_591"><span class="label">[2]</span></a> Lisez Aubry le Boucher.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_592" href="#FNanchor_592"><span class="label">[3]</span></a> L’usage, qui commençoit alors, de faire mettre les +carreaux en couleur par des barbouilleurs amena pour +Hiacynthe Rigaud une amusante aventure par quiproquo, +dont la conclusion fut son mariage avec la jolie veuve +M<sup>me</sup> Le Juge. Elle avoit envoyé son laquais chercher un +peintre pour mettre sa chambre en couleur. Il alla chez +Rigaud, qui, croyant à la commande d’un portrait, ne se +fit pas attendre. L’erreur fut bien vite reconnue ; la dame +s’excusa avec une grâce charmante. On se quitta fort bons +amis, pour se revoir bientôt et enfin se marier. (<i>Encyclopediana</i>, +1791, in-4<sup>o</sup>, p. 827.)</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p160">-160-</span> Il y a encore plusieurs Froteurs de planchers +rue sainte Placide près les Incurables, et rue +Jean Beausire près la porte saint Antoine.</p> + +<p>Les Planchers de parquet et ceux à carreaux +mis en couleur, cirez et frotez, se payent à 8 sols +la toise carrée.</p> + +<p>Les Planchers seulement mis en couleur à +cinq sols, et ceux qui sont seulement cirez et +frotez à quatre sols.</p> + +<p>Les Paillassons<a id="FNanchor_593" href="#Footnote_593" class="fnanchor">[4]</a> de nattes servant à boucher +les croisées en hiver se payent à raison de trente +sols la toise carrée, et les Paillassons d’été à +quatre livres dix sols, lorsqu’ils ne sont garnis +de toille que d’un seul côté, à six livres étant +doublez dessus et dessous.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_593" href="#FNanchor_593"><span class="label">[4]</span></a> Richelet dit dans son <i>Dictionnaire</i> : « Paillasson ou +<i>nate à fenêtre</i>. C’est une pièce de nate couverte par dehors +d’une grosse toile, qu’on met l’été devant les fenêtres pour +empêcher l’ardeur du soleil, et qu’on hausse et baisse avec +des cordes autant qu’on veut. »</p> +</div> +<p>La Natte ordinaire se paye à quarante cinq +sols la toise carrée.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c36" title="CAROSSES DE ROUTES.">CARROSSES DE ROUTES<a id="FNanchor_594" href="#Footnote_594" class="fnanchor">[1]</a>.</h3> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_594" href="#FNanchor_594"><span class="label">[1]</span></a> C’est le nom qu’on leur donnoit pour les distinguer +des carrosses ordinaires. On dit aussi plus tard carrosses +de voiture. Marivaux, dans <i>Marianne</i>, appelle ainsi celui +qui alloit de Paris à Bordeaux. Il partoit à jour et heures +fixes, qu’il y eût ou non des voyageurs. On fit à ce sujet +une épigramme sur le <i>Mercure</i>, qui, lui aussi, se mettoit à +circuler, qu’il y eût ou non quelque chose dedans :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">C’est le carrosse de voiture,</div> +<div class="verse">Il faut qu’il parte vide ou plein.</div> +</div> + +</div></div> + +<p>Rue saint Nicaise sont les Carrosses de la +<span class="pagenum" id="p161">-161-</span> suite de la Cour et du Pech saint Germain, qui +partent tous les jours et à toutes heures.</p> + +<p>Rue Contrescarpe près la rue saint André, +chez Mademoiselle Blavet, logent les Carrosses +d’Orléans<a id="FNanchor_595" href="#Footnote_595" class="fnanchor">[2]</a> qui vont jusqu’à Die, Chambon et +Blois<a id="FNanchor_596" href="#Footnote_596" class="fnanchor">[3]</a>, et qui partent tous les jours<a id="FNanchor_597" href="#Footnote_597" class="fnanchor">[4]</a> l’été à +cinq heures du matin, et l’hiver à neuf<a id="FNanchor_598" href="#Footnote_598" class="fnanchor">[5]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_595" href="#FNanchor_595"><span class="label">[2]</span></a> C’est la même qui avoit aussi l’entreprise des carrosses +de Rouen. V. <i>Correspondance des contrôleurs généraux</i>, +n<sup>o</sup> 235. Elle s’appeloit Anne Boucher, veuve Blavet. Ses +carrosses alloient jusqu’en Espagne.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_596" href="#FNanchor_596"><span class="label">[3]</span></a> Dans l’édition précédente, au chap. <small>XXIV</small>, qui a le +même titre que celui-ci, c’est de « Monsieur Blavet » qu’il +est parlé, p. 51 ; et au lieu d’une seule maison rue Contrescarpe, +on voit qu’il en avoit une autre « rue Saint-André, +à l’Hôtel de Lion ». L’an d’après, sa veuve lui +avoit succédé.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_597" href="#FNanchor_597"><span class="label">[4]</span></a> Le messager de la poste partoit aussi tous les jours. +C’est ce qu’on appeloit la Malle du Courrier. La nuit du +19 décembre 1700, celle de Tours fut dévalisée au bout du +Pont-Neuf, près de la Samaritaine, par des filous. (<i>Corresp. +admin. de Louis XIV</i>, t. II, p. 735.)</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_598" href="#FNanchor_598"><span class="label">[5]</span></a> Les « carrosses d’Orléans », qui avoient fourni à La +Chapelle, en 1680, le sujet d’une amusante comédie restée +longtemps au répertoire du Théâtre François, descendoient +encore, sous la Restauration, dans la rue Contrescarpe, +aujourd’hui rue Mazet. L’auberge du Cheval blanc d’où ils +partoient existe toujours et n’a presque pas changé de physionomie. — On +lit dans l’un des 9 numéros des <i>Affiches</i> de +Dugone pour 1716 un avis sur ces carrosses qui partoient régulièrement +tous les jours, à 5 heures 1/2 du matin, de la rue +Contrescarpe, pour aller à Orléans en deux jours et revenir +de même, « lesquels, y est-il dit, conduisent toutes sortes +de personnes, hardes et bagages, or et argent. »</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p162">-162-</span> Au même lieu sont les Carrosses d’Auvergne +qui partent le Mercredi et qui passent par Chenerailles, +Chasteauneuf, Ligniere, la Chatre, la +Bourance, Jarnage, le Busson Feuillentin, Guéret, +Chambon, saint Amant, Mont-Luçon, Isset, +Neuvy, Rillac, Moriac, Nivdan, Aurillac, etc.</p> + +<p>On fait partir du même endroit et le même +jour le Carrosse du Berry, passant par Orléans, +Gien, Aubigny, Bourges, etc.</p> + +<p>Tous les jours celuy de Normandie, passant +par Rouen, Diepe, le Hâvre, etc.</p> + +<p>Les Mardis celuy de Bourdeaux qui communique +avec toute l’Espagne.</p> + +<p>Les Mercredis ceux de Chartres, de Chasteaudun, +de Vendosme, etc.</p> + +<p>Et les Vendredis et Samedis ceux de Maintenon.</p> + +<p>Les Carosses de Caen qui étoient ci devant à +l’Hôtel de Monbason<a id="FNanchor_599" href="#Footnote_599" class="fnanchor">[6]</a> et qui logent présentement +rue du Jour près S. Eustache, partent tous +les Dimanches à dix heures du matin.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_599" href="#FNanchor_599"><span class="label">[6]</span></a> Dans l’édit. précédente, p. 52, c’est à cette adresse +qu’ils sont indiqués. « L’hôtel des ducs de Montbazon, dit +Sauval, t. II, p. 124, est à la rue de Bétizy… Ce n’est +plus qu’une auberge et une maison garnie, et pourtant +toujours au dessus de la porte se lit sur du marbre en lettres +d’or, <i>l’Hôtel de Montbazon</i>. »</p> +</div> +<p>Au même lieu sont les Carrosses d’Alençon +pour le Maine, qui partent le Mercredi, de Séez, +d’Argentan et de Falaise, qui partent le Lundi, +de Houdan, de Dreux et de Mortagne, qui partent +le Samedi, etc.</p> + +<p>Rue Bourlabé à l’Ecu dauphin sont les Carrosses +de Boulogne, Montreuil, Calais, saint +<span class="pagenum" id="p163">-163-</span> Omer et Dunkerque qui partent le Dimanche.</p> + +<p>A l’entrée du quay de la Tournelle est le Bureau +des Carrosses de Montargis et de Nemours +qui partent les Mardis et les Vendredis.</p> + +<p>Rue saint Victor<a id="FNanchor_600" href="#Footnote_600" class="fnanchor">[7]</a> logent les Carrosses qui +partent le Dimanche, pour l’Auvergne, et qui +passent par le Puy, Mandre, saint Flour, Issoire, +Brioude, Saintpoursaint, Gannat, Aigueperche, +Riom, Clermont, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_600" href="#FNanchor_600"><span class="label">[7]</span></a> « A l’entrée de la rue Saint-Victor. » Édit. de 1691, p. 52.</p> +</div> +<p>Au même lieu sont les Carrosses de Languedoc +qui partent le même jour, et qui vont à +Montpellier, Nimes, Beaucaire, Milhaud, Lodève, +Besiers, Narbonne, Perpignan, etc.</p> + +<p>Et encore ceux de Bourbonnois qui partent +aussi le même jour, et qui passent par Boni, +Briard, Cosne, la Charité, saint Pierre le Moutier, +Nevers, Bourbon-les-Bains, Moulins, etc.</p> + +<p>Rue Jean Robert est le Bureau des Carrosses +d’Allemagne<a id="FNanchor_601" href="#Footnote_601" class="fnanchor">[8]</a> qui partent les Lundis et Vendredis, +qui vont à Clermont, Thionville, d’Auvilliers, +Arlon, Vuirton, Sarloüis, Vandrevanche, +Sarbrike, Hombourgt et autres Villes des trois +Evechez, Comté de Chiny et places de la Sarre, +et encore à Barleduc, Ligny, Commercy, Thoul, +Nancy, Pont-à-Mousson, Lunéville, Sarbourg, +Philisbourg, Saverne, Strasbourg, Benfelt, Scelestadt, +Colmart, Brissac, Fribourg, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_601" href="#FNanchor_601"><span class="label">[8]</span></a> Pour ce qu’on appeloit l’Allemagne haute, il y avoit +un autre carrosse par la voie de Strasbourg, qui partoit de +l’Hôtel de Pomponne, rue de la Verrerie, en été, tous les +lundis, en hiver, tous les samedis. L’hôtel de Pomponne +existe encore.</p> +</div> +<p>Rue saint Antoine à l’Ours logent les Carrosses +<span class="pagenum" id="p164">-164-</span> de Troyes en Champagne qui part les +Mercredis et les Samedis.</p> + +<p>Rue de la Verrerie<a id="FNanchor_602" href="#Footnote_602" class="fnanchor">[9]</a> est le Carrosse de Sézanne +en Brie qui part les Mercredis et Vendredis.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_602" href="#FNanchor_602"><span class="label">[9]</span></a> « A la Trinité. » Édit. 1691, p. 53.</p> +</div> +<p>Au même lieu sont les Carrosses de Châlons +en Champagne, Vitry le François, saint Dizier, +sainte Menehout, et Joinville qui partent le +Mercredi.</p> + +<p>A l’Hôtel de Sens<a id="FNanchor_603" href="#Footnote_603" class="fnanchor">[10]</a> près l’<span lang="la" xml:lang="la">Ave Maria</span>, logent +les Carrosses de Lyon qui part de deux en deux +jours, et qui passent en été par la Bourgogne et +en hiver par Nevers, Moulins et Auvergne.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_603" href="#FNanchor_603"><span class="label">[10]</span></a> Il en sera parlé un peu plus loin.</p> +</div> +<p>Au même lieu sont les Carrosses de Dijon et +Chalons sur Saone qui partent les Jeudis pour +passer par la route de Troyes et de Chatillon, +et les Lundis pour passer par Melun, Montreau, +Sens, sainte Reyne, etc.</p> + +<p>Et encore ceux de Chaumont, Langres et Bar +sur Aube, qui partent le Dimanche.</p> + +<p>Rue de la Tixeranderie<a id="FNanchor_604" href="#Footnote_604" class="fnanchor">[11]</a> à la Maque<a id="FNanchor_605" href="#Footnote_605" class="fnanchor">[12]</a>, logent +les Carosses d’Amiens, de Clermont en Beauvoisis +qui partent les Dimanches, Lundis, Mercredis +et Vendredis.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_604" href="#FNanchor_604"><span class="label">[11]</span></a> « Au Heaume. » Édit. 1691, p. 53. Le Heaume +servoit d’enseigne à plusieurs hôtelleries. La plus célèbre, +qui n’a disparu que dans ces derniers temps, se trouvoit +aux Halles, rue Pirouette. Cl. Fauchet la cite dans ses +<i>Origines des chevaliers</i>, 1608, in-8<sup>o</sup>.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_605" href="#FNanchor_605"><span class="label">[12]</span></a> La Maque étoit une grande maison de la rue de +la Tixéranderie, près de la Grève. Elle devoit son nom à +Thomas Lamaque, qui, en 1527, y avoit établi une fabrique +de tissus de soie. Elle étoit ensuite devenue une auberge. On +la voit figurée sur le plan Gomboust.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p165">-165-</span> Rue Jean pain molet à la Teste noire, loge le +Carrosse d’Abbeville qui part le Mercredi.</p> + +<p>Rue saint Martin au Cardinal le Moine, loge +le Carrosse de Reims qui part le Vendredi.</p> + +<p>Au même lieu sont les Carrosses de Soissons, +Laon et Notre Dame de Liesse<a id="FNanchor_606" href="#Footnote_606" class="fnanchor">[13]</a> qui partent le +Jeudi.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_606" href="#FNanchor_606"><span class="label">[13]</span></a> Dans un très curieux volume publié en 1647 : <i>Le vray +thrésor de l’histoire sainte sur le transport miraculeux de +l’image de Notre Dame de Liesse</i>, se trouve l’itinéraire +détaillé de Paris à Laon : il falloit trois jours pour s’y +rendre « en coche ».</p> +</div> +<p>Rue saint Denis au grand Cerf<a id="FNanchor_607" href="#Footnote_607" class="fnanchor">[14]</a>, loge le Carrosse +de Bruxelle, qui part les Mercredis et Samedis, +et qui passe par Senlis<a id="FNanchor_608" href="#Footnote_608" class="fnanchor">[15]</a>, la Ferté, Guise, +l’Isle, Tournay, Douay<a id="FNanchor_609" href="#Footnote_609" class="fnanchor">[16]</a>, etc.<a id="FNanchor_610" href="#Footnote_610" class="fnanchor">[17]</a></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_607" href="#FNanchor_607"><span class="label">[14]</span></a> Vaste auberge, dont la cour faisoit communiquer la rue +des Deux-Portes-Saint-Sauveur avec la rue Saint-Denis. Un +passage du même nom la remplace. Il fut question, en 1763, +d’y mettre la Comédie Italienne.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_608" href="#FNanchor_608"><span class="label">[15]</span></a> Senlis avoit son coche particulier. Il fut pillé en 1652, +et sept de ses voyageurs tués. (<i>Mém.</i> de Conrart, p. 35.)</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_609" href="#FNanchor_609"><span class="label">[16]</span></a> Un autre carrosse alloit par Péronne, Cambray, +Valenciennes, Mons, etc. C’est celui que prit Regnard, se +rendant à Bruxelles : « Le premier jour, avons-nous dit dans +la <i>Vie de Regnard</i>, il ne va pas plus loin que Senlis, où +l’attend Fercourt, qui vient de Beauvais, et où ils couchent, +les coches ne marchant pas de nuit. Le lendemain, tout ce +qu’ils peuvent faire est de pousser jusqu’à Péronne, et le +surlendemain jusqu’à Gournay. Le jour suivant, qui est le +quatrième, ils couchent à Cambray ; le cinquième à Valenciennes, +le sixième à Mons, le septième à Notre-Dame-de-Halle ; +le huitième, ce terrible coche de Flandre les dépose +où ils doivent s’arrêter, et Regnard peut écrire avec soulagement : +« Nous arrivâmes enfin à Bruxelles. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_610" href="#FNanchor_610"><span class="label">[17]</span></a> « On trouve rue Saint Germain de l’Auxerrois des carrosses +de renvoi pour Évreux et pour Caen. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p>On trouve rue saint Germain l’Auxerrois des +Carosses de renvoi pour Evreux et pour Caën.</p> + +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p166">-166-</span></p> + +<h3 id="c37" title="MESSAGERIES.">MESSAGERIES<a id="FNanchor_611" href="#Footnote_611" class="fnanchor">[1]</a>.</h3> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_611" href="#FNanchor_611"><span class="label">[1]</span></a> La différence entre le carrosse et la messagerie étoit +que l’un ne prenoit que des voyageurs et leurs hardes, +tandis que l’autre voituroit voyageurs et marchandises. Les +messageries dépendoient de l’État et s’affermoient. Elles +étoient régies par un règlement général daté de 1678.</p> +</div> + +<p>Rue Contrescarpe près la rue saint André, +chez Mademoiselle Blavet<a id="FNanchor_612" href="#Footnote_612" class="fnanchor">[2]</a>, logent les Messagers +de Bourdeaux qui partent tous les jours en +été à cinq et en hiver à neuf heures du matin.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_612" href="#FNanchor_612"><span class="label">[2]</span></a> V. plus haut, p. 161.</p> +</div> +<p>Au même lieu loge le Messager d’Auvergne +qui part les Mercredis et Samedis, et qui vont à +saint Amant, Aurillac, Chambon, Chasteauneuf, +Chenerailles, Paeillentin, Gueret, Jarnage, Isset, +la Broutance, la Charité, le Busson, Leguire, +Luçon, Monluçon, Moriac, Neuvy, Modan, +Rillac, etc.</p> + +<p>Et encore les Messagers du Blaisois et du +Maine, qui partent le Samedi et qui vont à +Blois, au Chasteau du Loir, à saint Calais, à +Laval, etc.</p> + +<p>Le Messager de sainte Menehoult<a id="FNanchor_613" href="#Footnote_613" class="fnanchor">[3]</a> qui ne vient +que de trois en trois semaines, et celuy de Sezanne +en Brie qui ne vient que de dix en dix +jours, logent rue saint Antoine à la Trinité.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_613" href="#FNanchor_613"><span class="label">[3]</span></a> Il étoit indépendant des messageries de la Champagne, +affermées comme celles de la Lorraine par Fr. Précy.</p> +</div> +<p>Même rue à la Bannière de France, logent +les Messagers de Rebay, de Tournant, de Bray +sur Seine et Dannemarie, etc., qui arrivent le +Mercredy et partent le Jeudy.</p> + +<p>Les Messagers de Bretagne qui vont à Nantes, +<span class="pagenum" id="p167">-167-</span> à Rennes, à Vannes et dans toutes les autres +Villes de cette Province, logent rue de la Harpe à +la Rose rouge<a id="FNanchor_614" href="#Footnote_614" class="fnanchor">[4]</a>, et partent les Jeudis et Samedis.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_614" href="#FNanchor_614"><span class="label">[4]</span></a> Rue de la Harpe, se trouvoit aussi l’hôtel de <i>l’Arbalête</i>, +où étoit longtemps descendu le coche d’Angoulême. +Balzac se plaint de ce qu’un paquet qu’on y mit pour lui +y resta un mois et demi sans partir. Lettre <i>inédite</i> du 21 +août 1645, publiée dans le recueil si curieux et si bien +annoté de M. Tamizey de La Roque.</p> +</div> +<p>Rue Contrescarpe logent les Messagers d’Estampes +et d’Orléans, qui partent tous les jours.</p> + +<p>Près l’<span lang="la" xml:lang="la">Ave Maria</span> à l’Hôtel de Sens<a id="FNanchor_615" href="#Footnote_615" class="fnanchor">[5]</a>, logent +les Messagers de Dijon<a id="FNanchor_616" href="#Footnote_616" class="fnanchor">[6]</a>, Bourg en Bresse, +Baune, Chalons sur Saône, Macon, Auxonne, +Salins, Grey, Dôle, Besançon, Montbéliard, +Belfort, Pontarlier, Neufchastel, Sens, Joigny, +Auxerre, Noyers, saint Florentin, Ancy le Franc, +Chably, Ravière, Montbart, Autun, Semeur, +Avalon, sainte Reyne, Issoudun, Bar sur Seine, +Mussy l’Evêque, la Palisse, saint Geran, Bacaudière, +Rouanne, et qui partent presque tous les +jours<a id="FNanchor_617" href="#Footnote_617" class="fnanchor">[7]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_615" href="#FNanchor_615"><span class="label">[5]</span></a> Rue du Figuier. Il devoit son nom aux archevêques +de Sens, qui longtemps y étoient descendus, et dont il n’avoit +pas cessé d’être la propriété. On sait qu’il existe encore.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_616" href="#FNanchor_616"><span class="label">[6]</span></a> Le carrosse de Lyon y descendoit aussi, ainsi que son +messager, qui se chargeoit de toutes les marchandises qu’on +lui confioit, affranchies ou non. Voici à ce sujet quelques +lignes d’une intéressante lettre de Fléchier : « Je n’avois pas +oublié, Madame, que je vous avois promis du miel de Narbonne… +Je vous en envoie donc un baril de vingt livres +que j’ai fait donner au messager de Lyon, pour être mis à +la diligence et porté à l’hôtel de Sens, près le port Saint-Paul. +J’ai donné ordre qu’on l’affranchît de toutes sortes +de droit de port. Je vous prie de l’envoyer prendre. » Jean +Dubray et Louis Langlois, associés à M. De La Bruyère, +étoient fermiers des messageries de Paris à Lyon.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_617" href="#FNanchor_617"><span class="label">[7]</span></a> Dans l’édit. de 1691, p. 54, l’Hôtel de Sens n’est pas +indiqué comme point de départ de ces messageries. On lit +seulement : « Près l’<i lang="la" xml:lang="la">Ave Maria</i>, aux diligences de Lyon, +logent les messagers de Dijon, Bourg, etc. » Le mot <i>Diligence</i>, +alors nouveau dans ce sens, paroît ne s’être employé +d’abord que pour la voiture de Lyon. Palaprat s’en est bien +moqué dans la préface de sa comédie l’<i>Important</i>, jouée +en 1694 : « Me voilà parti, dit-il, me voilà empaqueté et +emballé entre deux énormes magasins dans ce char à rouliers +qui mène à Lyon, et qu’on appelle fort improprement +la <i>Diligence</i>, formidable machine dont les fermiers… n’ont +pas laissé de trouver le mouvement perpétuel ; car ni leur +corbillard terrible, ni les malheureux condamnés à la roue +qu’il renferme, n’ont pas un moment de repos pendant tout +le voyage. » Qui pis est, n’y trouvoit pas de place qui +vouloit. Il falloit laisser passer d’abord les personnes recommandées +par le secrétaire d’État, administrateur de Paris +et de l’Ile-de-France. C’étoit une des conditions du privilége +accordé à l’entrepreneur de ces voitures. Seignelay +écrivoit, par exemple, le 7 septembre 1688 : « De par le +roy, il est ordonné au maître de la diligence de Lion, de +donner au sieur coadjuteur d’Arles cinq places dans le carrosse +qui partira le samedi xj<sup>e</sup> du présent mois, et ce préférablement +à toutes autres personnes. »</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p168">-168-</span> Rue de la Huchette aux Bœufs, loge le Messager +de la Ferté Alais qui part le Lundy.</p> + +<p>Celuy de Chatillon sur Inde, loge rue de la +Harpe à la Croix de fer<a id="FNanchor_618" href="#Footnote_618" class="fnanchor">[8]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_618" href="#FNanchor_618"><span class="label">[8]</span></a> Cette auberge, à l’enseigne de la Croix de Fer, rue de +la Harpe, tenoit aux ruines du Palais des Thermes.</p> +</div> +<p>Rue d’Enfer fauxbourg saint Michel<a id="FNanchor_619" href="#Footnote_619" class="fnanchor">[9]</a> loge le +Messager de Chatre<a id="FNanchor_620" href="#Footnote_620" class="fnanchor">[10]</a> sous Montléhery, qui part +les Lundis, Jeudis et Samedis.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_619" href="#FNanchor_619"><span class="label">[9]</span></a> « A la Couronne d’or. » Édit. 1691, p. 54.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_620" href="#FNanchor_620"><span class="label">[10]</span></a> On sait que c’est aujourd’hui Arpajon. Châtre n’est +plus connu sous son premier nom que par un noël très +populaire.</p> +</div> +<p>Rue du Four S. Germain, loge le Messager +d’Espernon.</p> + +<p>Rue saint Victor aux Carosses d’Auvergne, +<span class="pagenum" id="p169">-169-</span> logent les Messagers de Bourbonnois passant par +Bonybriart, Cône, la Charité, saint Pierre le +Moustier, Bourbon les Bains, Vichy et Moulins, +qui part le Samedi.</p> + +<p>Au même endroit sont les Messagers du Puy, +Mandre, saint Flour, Brioude, Sainpoursain, +Gannat, Aigueperche, Riom, Clermont, etc., +qui partent aussi le Samedi.</p> + +<p>Et encore les Messagers de Languedoc qui +vont à Montpellier, Nismes, Beaucaire, Frontignan, +etc., qui partent les Dimanches, Mercredis +et Samedis.</p> + +<p>Rue saint Germain de l’Auxerrois au Gaillard +Bois, loge le Messager de l’Aigle qui part le +Vendredi.</p> + +<p>Même rue à la Rose blanche, loge le Messager +de Dreux et Nogent le Roy qui part le +Vendredi à midi.</p> + +<p>Rue Git le Cœur, loge le Messager de Tours +qui part les Dimanches et les Jeudis.</p> + +<p>Rue Betizy à l’Image saint Pierre, logent les +Messagers de Coutance, Breiza, Perriere, saint +Sauveur, Landilin, Marigny et Basse Normandie, +qui arrivent le Jeudi au soir et partent le +Samedi à midi.</p> + +<p>Rue Montorgeuil à l’Image saint Claude loge +le Messager de Forge qui part le Vendredi<a id="FNanchor_621" href="#Footnote_621" class="fnanchor">[11]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_621" href="#FNanchor_621"><span class="label">[11]</span></a> « Au même endroit logent les messagers d’Oizemont, +Honfleur, Pont-eau-de-mer, et Pont-l’Evêque, qui partent +le vendredi. » Édit. 1691, p. 54. — A la fin du siècle +suivant, c’est à <i>l’Image St-Claude</i> que descendoient les +marchands de beurre de Pontoise.</p> +</div> +<p>Même rue logent les Messagers de Diepe et de +Gisors qui partent le Mercredi.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p170">-170-</span> Rue Bourtibourg au Comte Robert, loge le Messager +de Fontainebleau qui part le Vendredi<a id="FNanchor_622" href="#Footnote_622" class="fnanchor">[12]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_622" href="#FNanchor_622"><span class="label">[12]</span></a> « Rue d’Arnetal, au Mouton couronné, loge le messager +de Dan-Marie et de Bray-sur-Seine. » Édit. 1691, p. 14.</p> +</div> +<p>Rue d’Arnetal à la Couronne d’or, loge le +Messager de Condé qui part le Samedi<a id="FNanchor_623" href="#Footnote_623" class="fnanchor">[13]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_623" href="#FNanchor_623"><span class="label">[13]</span></a> « Rue Saint-Antoine, à la Bannière, logent les messagers +de Languedoc et de Chaumont. » <i>Id.</i>, p. 55.</p> +</div> +<p>Rue de la Mortellerie à la Clef d’argent, loge +le Messager de Tonnerre qui part le Lundi, et +celuy de Champeau qui part le Samedi<a id="FNanchor_624" href="#Footnote_624" class="fnanchor">[14]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_624" href="#FNanchor_624"><span class="label">[14]</span></a> « Rue Saint-Denis, au Grand-Cerf, logent les messagers +de Soissons, Laon et Notre-Dame de Liesse, qui +partent le samedi. » <i>Id.</i>, <i>ibid.</i></p> +</div> +<p>Rue saint Denis au grand Cerf, loge le Messager +de Rouen et ceux d’Arras, de Tournay et +de l’Isle en Flandres.</p> + +<p>Même rue à la Croix blanche, loge le Messager +de la Ville d’Eu.</p> + +<p>Au bas de la rue de la Harpe à l’Image saint +Eustache, logent les Messagers d’Angers<a id="FNanchor_625" href="#Footnote_625" class="fnanchor">[15]</a>, de +Nantes, de la Flèche, de Beaufort, de Saumur, +de Bourgeuil, etc., qui partent les Mercredis et +Samedis.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_625" href="#FNanchor_625"><span class="label">[15]</span></a> Par un procès, qui avoit eu lieu trois ans auparavant, +on sait ce qu’il en coûtoit de Paris à Angers pour un voyageur +et son bagage. En vertu d’une sentence du Châtelet +en date du 9 nov. 1689, le sieur Bernard, bourgeois de +Paris, fut condamné à payer au messager 36 livres au lieu +de 33 qu’il offroit, et en sus 3 sous de la livre pesant de +ses hardes, au lieu de 2 sous 6 deniers.</p> +</div> +<p>Rue saint Jacques au Lion ferré, logent les +Messagers de toutes les Villes de Bretagne qui +partent les Mercredis et Samedis.</p> + +<p>Rue Serpente logent les Messagers de Carcassonne, +Castelnaudary, Castres, Alby, Gaillard, +Montauban, Cahors, Rhodez, Villefranche, +Perat, Sarlat, Limoges, Brives, Thul, Thoulouse, +<span class="pagenum" id="p171">-171-</span> Userche, Souliac, etc., qui partent le Mardi<a id="FNanchor_626" href="#Footnote_626" class="fnanchor">[16]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_626" href="#FNanchor_626"><span class="label">[16]</span></a> C’est à l’Hôtel d’Anjou, rue Serpente, que ces messagers +logeoient. D’autres y vinrent un peu plus tard, notamment +celui de Château-du-Loir.</p> +</div> +<p>Rue Jean Pain molet à la Teste noire, logent +les Messagers d’Abbeville.</p> + +<p>Au Colombier près saint Martin des Champs, +logent les Messagers de Crespy et de Villers +Cotterets, qui partent le Vendredi.</p> + +<p>Ceux d’Allençon, de Petiviers, de Caen, etc., +qui partent le Dimanche et qui logeoient ci-devant +à l’Hôtel de Montbason, sont à présent rue +du Jour près saint Eustache.</p> + +<p>Ceux d’Amiens et de Mondidier logent rue de +la Tixeranderie à la Maque<a id="FNanchor_627" href="#Footnote_627" class="fnanchor">[17]</a> et partent les Dimanches, +Lundis, Mercredis et Vendredis.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_627" href="#FNanchor_627"><span class="label">[17]</span></a> Nous avons parlé plus haut, p. 164, de cette auberge +et de l’origine de son nom.</p> +</div> +<p>Rue du Cimetière saint André logent les Messagers +de Mommirel, de Perigueux et de Rochoir +qui n’ont pas de jours reglez, et ceux de Chinon, +de Loudun, de Poitiers, de Thouars, de la Rochelle, +etc., qui partent le Dimanche<a id="FNanchor_628" href="#Footnote_628" class="fnanchor">[18]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_628" href="#FNanchor_628"><span class="label">[18]</span></a> Blegny oublie le messager de « Bonnétable et route », +qui logeoit quai des Augustins, à l’enseigne si curieuse de +la Reine des Reines.</p> +</div> +<p>Rue Montorgueil à l’Image saint Christophe, +loge le Messager de Beaumont en Picardie qui +arrive le Mardi et part le Mercredi.</p> + +<p>Rue des Precheurs à la Pomme de pin, loge +le Messager de Boine en Gatinois qui arrive le +Jeudi et part le Vendredi.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p172">-172-</span> A l’entrée du quay de la Tournelle<a id="FNanchor_629" href="#Footnote_629" class="fnanchor">[19]</a> à la Corne<a id="FNanchor_630" href="#Footnote_630" class="fnanchor">[20]</a>, +logent les Messagers de Montargis, de Giens et +autres lieux circonvoisins.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_629" href="#FNanchor_629"><span class="label">[19]</span></a> « Rue de la Tournelle, devant la rue de Bièvre. » +Édit. de 1691, p. 55.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_630" href="#FNanchor_630"><span class="label">[20]</span></a> C’étoit une très ancienne auberge, qui, de la rue des +Sept-Voies, où Érasme y avoit logé en arrivant à Paris, +avoit été transférée tout près, quai de la Tournelle.</p> +</div> +<p>Rue Jean Robert aux Carrosses d’Allemagne, +logent les Messagers de Strasbourg, Fribourg, +Scelestat, Colmar, Brissac, etc.</p> + +<p>Rue saint Denis au grand Cerf, loge le Messager +du Quesnoy.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c38" title="COCHES PAR TERRE ET PAR EAU.">COCHES PAR TERRE ET PAR EAU<a id="FNanchor_631" href="#Footnote_631" class="fnanchor">[1]</a>.</h3> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_631" href="#FNanchor_631"><span class="label">[1]</span></a> Comme les messageries et les carrosses de voiture, +auxquels ils étoient inférieurs en vitesse, et qui coûtoient +plus cher, les coches voituroient voyageurs et marchandises. +Ils n’en différoient que par le prix moins élevé, et +parce qu’ils étoient des entreprises particulières, tandis que +les messageries étoient un établissement royal, et les carrosses +de voiture des établissements privilégiés. Les <i>coches</i>, +comme le prouvoit leur nom, qui sentoit son vieux temps, +les avoient précédés les uns et les autres. Ils datoient de +l’époque des premières voitures de ville, qui s’appeloient +comme eux et qui peu à peu perdirent cet ancien nom +pour en prendre d’autres. Ils le gardèrent seuls : « Les +coches, écrivoit Sauval, t. I, p. 191, en 1670, sont encore +en usage pour aller d’une ville à l’autre. »</p> +</div> + +<p>Rue Jean Robert aux Carosses d’Allemagne<a id="FNanchor_632" href="#Footnote_632" class="fnanchor">[2]</a>, +logent aussi les Coches de Metz, Verdun, Clermont, +Thionville, Danvilliers, Arlon, Wirton, +Sarloüis, Vandrevanche, Sarbrik, Hambourg, +Bik, la petite Pierre, Litemberg, Marsal, et +autres Villes des trois Evechez, Comté de Chiny +<span class="pagenum" id="p173">-173-</span> et places de la Sarre, Lorraine haute et basse, +Barleduc, Ligny, Commercy, Pont Amousson, +Luneville, Sarbourg, Philisbourg, Benfeld, Scelestat, +Colmar, Brisac, Fribourg, etc., qui +partent les Lundis et Vendredis<a id="FNanchor_633" href="#Footnote_633" class="fnanchor">[3]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_632" href="#FNanchor_632"><span class="label">[2]</span></a> V. plus haut.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_633" href="#FNanchor_633"><span class="label">[3]</span></a> Dans la première édition, Blegny n’avoit pas oublié +moins que le nom de la rue et celui de l’auberge où tous +ces coches descendoient. V. p. <a href="#p56">56</a>.</p> +</div> +<p>Rue saint Antoine à l’Ours, logent les Coches +de Troyes en Champagne, qui partent les Mardis +et Vendredis.</p> + +<p>Celuy d’Amiens qui part de deux en deux +jours, rue de la Tixeranderie à la Maque<a id="FNanchor_634" href="#Footnote_634" class="fnanchor">[4]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_634" href="#FNanchor_634"><span class="label">[4]</span></a> V. plus haut.</p> +</div> +<p>Celuy de Chalons en Champagne, rue de la +Verrerie, qui part les Mardis et Vendredis.</p> + +<p>Rue Montorgueil à l’image saint Christophle, +loge le Coche de Beaumont qui part le Samedi.</p> + +<p>Rue Bourlabé à l’Ecu Dauphin, logent les +Coches de Montreuil, Boulogne, Calais, Dunkerque, +etc., qui partent le Lundi.</p> + +<p>Rue Bourtibourg au Comte Robert, loge le +Coche de Lagny qui part les Mardis, Jeudis et +Vendredis.</p> + +<p>Celuy de Monfort Lamaury rue du Four saint +Germain, à l’enseigne de la Ville d’Espernon, +qui part les Mercredis et Samedis.</p> + +<p>Celuy d’Abbeville qui part le Dimanche, rue +Jean Pain Molet.</p> + +<p>Rue saint Martin au Cardinal le Moine, logent +les Coches de Rheims, qui partent les Lundis et +Vendredis et ceux de Soissons, Laon, Notre +Dame de Liesse, etc., les Lundis, Jeudis et Samedis.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p174">-174-</span> Rue saint Paul à la ville de Joigny, est le +Bureau des Coches par eau d’Auxerre<a id="FNanchor_635" href="#Footnote_635" class="fnanchor">[5]</a>, qui +partent les Mercredis et Samedis, et qui passent +par Corbeil, Melun, Valvin, Montreau, Villeneuve +le Roy, Joigny, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_635" href="#FNanchor_635"><span class="label">[5]</span></a> Béranger, qui l’avoit encore pu voir dans son enfance, +en a parlé dans une de ses chansons :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">Six francs et ma layette en poche,</div> +<div class="verse">Belle nourrice de vingt ans</div> +<div class="verse">D’<i>Auxerre</i> avec moi prit <i>le coche</i>.</div> +</div> + +</div></div> +<p>Le Bureau des Coches d’eau servant pour la +diligence de Lion<a id="FNanchor_636" href="#Footnote_636" class="fnanchor">[6]</a>, est à l’Hôtel de Sens près +l’<i lang="la" xml:lang="la">Ave Maria</i>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_636" href="#FNanchor_636"><span class="label">[6]</span></a> C’est-à-dire amenant de la haute et basse Seine les +voyageurs pour Lyon. A propos d’un autre coche qui, moitié +par terre, moitié par eau, vous amenoit de Lyon à Paris, +v. Gui Patin, <i>Lettre</i> du 17 nov. 1662.</p> +</div> +<p>Le Bureau des Coches par eau de Montreau, +Bray et Nogent-sur-Seine, est sur le port saint +Paul d’où ils partent le Lundi seulement deux +fois le mois.</p> + +<p>Le Bureau des Coches par eau de Fontainebleau +qui partent les Lundis à l’ordinaire et tous +les jours à l’extraordinaire pendant le séjour de +la Cour audit lieu, est sur le quay de la Tournelle +à la Croix blanche<a id="FNanchor_637" href="#Footnote_637" class="fnanchor">[7]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_637" href="#FNanchor_637"><span class="label">[7]</span></a> Ce chapitre, dans l’édition précédente, p. 56-57, diffère +de celui-ci par quelques détails que nous n’avons pas +cru devoir signaler. S’ils n’ont pas été reproduits par Blegny, +c’est sans nul doute que, vérification faite, il y avoit +reconnu des erreurs. Pour la même raison, nous n’en avons +pas parlé.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c39">ROULLIERS ET CHARETTES<br> +<span class="small">DE ROUTES.</span></h3> + + +<p>Rue de la Harpe à la Croix de fer, logent +<span class="pagenum" id="p175">-175-</span> les Charettes pour Laval, Mayenne et Vitré en +Bretagne<a id="FNanchor_638" href="#Footnote_638" class="fnanchor">[1]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_638" href="#FNanchor_638"><span class="label">[1]</span></a> Ce chapitre commence autrement dans l’édit. précédente, +où il est le <small>XXXVII</small><sup>e</sup>, p. 57. On y trouve cet article +qui manque ici : « Rue de la Huchette aux Bœufs, logent +les charettes pour la Ferté Alais, qui partent le mercredi. »</p> +</div> +<p>Celles de Chartres rue Contrescarpe aux Carosses +d’Orléans.</p> + +<p>Celles de Chevreuse qui partent les Mardis et +Vendredis, rue saint Dominique du Fauxbourg +saint Michel<a id="FNanchor_639" href="#Footnote_639" class="fnanchor">[2]</a>, à l’Ecu d’Orléans.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_639" href="#FNanchor_639"><span class="label">[2]</span></a> C’est l’ancienne rue Saint-Dominique-d’Enfer, qui +alloit de la rue d’Enfer à la rue Saint-Jacques.</p> +</div> +<p>Celles de Montargis et de Nemours qui partent +le Dimanche, rue du quay de la Tournelle.</p> + +<p>Celles de Beny-Briard, Cone, la Charité, saint +Pierre le Moutier, Nevers, Bourbon les Bains, +Vichy, Moulins, etc., qui partent le Mercredi, +rue saint Victor aux Carosses d’Auvergne, et +encore celles du Puy, Mandre, saint Flour, +Issoire, Brioude, saint Poursaint, Gagnac Aigueperche, +Riom et Clermont, qui partent le +Mercredi. Enfin celles de Montpellier, Nismes, +Frontignan, Baucaire, Milhaud, Lodève, Beziers, +Narbonne et Perpignan qui partent le +Mercredi.</p> + +<p>Celles de Gournay qui partent le Vendredi, +rue Montorgeuil à l’image saint Christophle.</p> + +<p>Celles de Senlis, Compiègne, Noyon, Chaunis, +la Fère, Ham, saint Quentin, le Quesnoy, +Maubeuge, Roye, Peronne, Cambray, Douay, +Valencienne, Tournay, Bapaume, Arras, l’Isle, +<span class="pagenum" id="p176">-176-</span> Rouen, Diepe et le Havre qui partent tous les +jours, rue saint Denis au grand Cerf.</p> + +<p>Celles de Beaumont-Roger en Normandie qui +partent le Mercredi, rue Montmartre à la grosse +Tête.</p> + +<p>Celles de Dijon, Bourg en Bresse, Nuis, +Baune, Chalons sur Saône, Macon, Auxonne, +Salins, Grey, Bezançon, Monbelliard, Befort, +Pontarlier, Neufchastel, Sens, Joigny, Auxerre, +Noyers, saint Florentin, Ancy le Franc, Tonnerre, +Chably, Bavière, Mon-bar, Autun, Semeur, +Avalon, sainte Reine, Bar sur Seine et +Mussy l’Evesque, qui partent tous les jours près +l’<i lang="la" xml:lang="la">Ave Maria</i> à la Diligence de Lion.</p> + +<p>Les Roüilliers<a id="FNanchor_640" href="#Footnote_640" class="fnanchor">[3]</a> de Troyes et autres Villes de +Champagne et de Bourgogne, logent rue de la +Verrerie à l’Image Notre Dame<a id="FNanchor_641" href="#Footnote_641" class="fnanchor">[4]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_640" href="#FNanchor_640"><span class="label">[3]</span></a> Blegny écrit comme on prononçoit, et comme on prononce +encore dans quelques provinces. L’orthographe étoit +déjà « roulier ». Richelet écrit ainsi, et l’exemple qu’il +donne : « Il s’en va à Orléans avec les rouliers », indique +que les rouliers ne prenoient pas seulement des marchandises +dans leurs charrettes, mais des voyageurs à qui manquoit +l’argent nécessaire pour aller par le carrosse de voiture, +les messageries ou le coche.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_641" href="#FNanchor_641"><span class="label">[4]</span></a> Cette auberge existoit encore avec la même enseigne +et la même destination à la fin du <small>XVIII</small><sup>e</sup> siècle. C’est là +que descendit la fameuse M<sup>me</sup> de La Mothe lorsqu’elle vint +de Troyes à Paris pour commencer ses intrigues, dont +l’affaire du Collier fut la plus scandaleuse.</p> +</div> +<p>Ceux d’Anvers, de Lorraine et d’Allemagne, +rue d’Arnétal au Chariot d’or, qui partent le +Mardi et quelquefois le Mercredi.</p> + +<p>Ceux de l’Isle, Tournay, Douay, Arras, Maubeuge +et Guise en Picardie, même rue au Mouton, +qui partent le Jeudi.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p177">-177-</span> Et ceux de Compiègne, Peronne, la Ferre, etc., +même rue à la Croix de Lorraine, qui partent le +Samedi.</p> + +<p>Rue saint Denis aux deux Anges, logent les +Charrettes de Montmirel, de la Ferté Gauché et +du Bois Commun, qui partent le Vendredi.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h3 id="c40">AUTRES ADRESSES +NOUVELLEMENT RECOUVERTES.</h3> + + +<p>Chez les Sieurs Michallet et d’Houry rue saint +Jacques, et chez la veuve Nion à l’adresse qui +est à la première page, on trouvera au commencement +de cette année 1692, le premier tome +d’un livre également utile et curieux, qui aura +pour titre <i>les Travaux d’Esculape</i>, ou les Découvertes +successives des secrets de l’Art de guerir<a id="FNanchor_642" href="#Footnote_642" class="fnanchor">[1]</a>. +Ensuite de quoy on y trouvera régulièrement +tous les trois mois un volume nouveau du même +livre, pour satisfaire aux ordres du Roy et de +Monsieur le premier Medecin de Sa Majesté, en +conformité desquels la Société Royale de Medecine +a été établie, pour travailler à la recherche +et vérification des nouvelles Découvertes qui ont +été faites, qui le sont, et qui le seront cy-après +dans toutes les parties de la Medecine et dans +tous les Arts qui luy sont subordonnez.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_642" href="#FNanchor_642"><span class="label">[1]</span></a> C’est encore un livre de Blegny, qui ne pouvoit +mieux finir qu’en se faisant une réclame de plus. Il avoit +déjà publié, en 1679 et 1680, sous un titre à peu près +pareil, 2 vol. du même genre, <i>Le Temple d’Esculape</i>. Voy. +notre <i>Introduction</i>, p. <small>XLVIII</small>.</p> +</div> +<p>M. Rebel attenant au Jeu de paume de la rue +<span class="pagenum" id="p178">-178-</span> Tireboudin<a id="FNanchor_643" href="#Footnote_643" class="fnanchor">[2]</a>, dit avoir apporté d’Egypte une +Eau qui appaise sur le champ la douleur des +Dents, qui se prend par le nez, qui fait larmoyer +abondamment, et dont la phiole de quatre +prises se vend un louis d’or ; mais la vertu de ce +Remede est encore inconnu à l’Auteur.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_643" href="#FNanchor_643"><span class="label">[2]</span></a> C’est aujourd’hui la rue Marie Stuart.</p> +</div> +<p>Le Sieur Do Emailleur<a id="FNanchor_644" href="#Footnote_644" class="fnanchor">[3]</a> rue de Harlay scelle +hermétiquement des Vaisseaux chimiques.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_644" href="#FNanchor_644"><span class="label">[3]</span></a> Il a déjà été parlé de lui. V. t. I, p. 242.</p> +</div> +<p>Le Sieur le Roy à l’entrée du fauxbourg saint +Antoine vis-à-vis le Croissant, peint toutes sortes +de Meubles en verni façon de la Chine<a id="FNanchor_645" href="#Footnote_645" class="fnanchor">[4]</a>, et travaille +d’ailleurs dans les appartemens aux ornemens +de Peintures.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_645" href="#FNanchor_645"><span class="label">[4]</span></a> C’est un prédécesseur bien peu connu des Martin, si +célèbres vers le milieu du siècle suivant, mais en d’autres +quartiers que le faubourg Saint-Antoine : « La manufacture +royale de MM. Martin, lisons-nous dans l’<i>Esprit du +Commerce</i>, 1748, in-8<sup>o</sup>, p. 41, est située faubourg Saint-Martin, +faubourg Saint-Denis, et une autre rue Saint-Magloire. »</p> +</div> +<p>Les Suisses qui apportent des Serains de Canarie<a id="FNanchor_646" href="#Footnote_646" class="fnanchor">[5]</a>, +logent à l’entrée du même faubourg<a id="FNanchor_647" href="#Footnote_647" class="fnanchor">[6]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_646" href="#FNanchor_646"><span class="label">[5]</span></a> « Les Suisses, lisons-nous dans le <i>Diction.</i> de Furetière, +apportent beaucoup de serins de leurs pays, du Tyrol +et des provinces méridionales de l’Allemagne. » Le Tyrol +déjà en fournissoit surtout : « Dans une bourgade du Tyrol, +nommée Imst, dit Malte-Brun, se trouve le grand séminaire +de serins, nommés encore, ajoute-t-il ironiquement, <i>oiseaux +des Canaries</i>, dans la plupart des langues d’Europe, et qui +sont exportés jusqu’à Lisbonne et peut-être jusque dans les +Iles Canaries. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_647" href="#FNanchor_647"><span class="label">[6]</span></a> Hervieux dans son <i>Traité des serins de Canaries</i>, 1709, +in-12, chap. 23, dit qu’ils y venoient deux fois par an, et +qu’ils logeoient dans ce faubourg, à l’hôtellerie de la Boule, +où ils apportoient des serins par milliers.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p179">-179-</span> Le Sieur Quillet Sculteur à la Boule royale, +grande rue du même fauxbourg, fait des Bordures +de Tableaux pour les Marchands à juste +prix.</p> + +<p>On vient d’établir une nouvelle Manufacture +de Chandelle dans le même fauxbourg, rue de +Pincourt, près la barrière<a id="FNanchor_648" href="#Footnote_648" class="fnanchor">[7]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_648" href="#FNanchor_648"><span class="label">[7]</span></a> Une note en a parlé plus haut, p. <a href="#p7">7</a>.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p180">-180-</span></p> + +<p class="c gap xsmall">FIN DU LIVRE DES ADRESSES.</p> + +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p181">-181-</span></p> + +<h2 class="nobreak" id="c41" title="TABLE DES ARTICLES DU LIVRE DES ADRESSES DE PARIS.">TABLE<br> +<span class="small">DES ARTICLES</span><br> +<span class="xsmall">DU</span><br> +<span class="small">LIVRE DES ADRESSES DE PARIS<a id="FNanchor_649" href="#Footnote_649" class="fnanchor">[1]</a>.</span></h2> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_649" href="#FNanchor_649"><span class="label">[1]</span></a> Nous donnerons à la fin du volume la table alphabétique +de l’édition de 1691.</p> +</div> + +<div class="flex"> +<table> +<tr><td> </td> +<td class="bot r w4 small"><div>Tome I.</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Affaires Ecclésiastiques</td> +<td class="bot r"><div>15</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Exercices de piété</td> +<td class="bot r"><div>21</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Finances Royales</td> +<td class="bot r"><div>26</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Trésoriers Payeurs des Gages et +Rentes</td> +<td class="bot r"><div>40</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Conseils du Roy et Chancellerie</td> +<td class="bot r"><div>46</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Secretaires du Roy</td> +<td class="bot r"><div>54</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Scéances des Tribunaux</td> +<td class="bot r"><div>78</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Vacations des Tribunaux</td> +<td class="bot r"><div>86</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Docteurs et Licentiez en Droit</td> +<td class="bot r"><div>87</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Secretaires et Greffiers du Conseil, +des Cours Souveraines et des Juridictions +Subalternes</td> +<td class="bot r"><div>93</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Contraintes Judiciaires</td> +<td class="bot r"><div>100</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Bureaux Publics</td> +<td class="bot r"><div>106</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Administration des Hospitaux</td> +<td class="bot r"><div>112</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Banquiers</td> +<td class="bot r"><div>117</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Academies et Conferences publiques</td> +<td class="bot r"><div>120</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Biblioteques particulières et publiques</td> +<td class="bot r"><div>129</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Collèges et Leçons publiques</td> +<td class="bot r"><div>138</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Mathematiques</td> +<td class="bot r"><div>146</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Medecine ordinaire</td> +<td class="bot r"><div>150</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Medecine empirique</td> +<td class="bot r"><div>156</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Opérations chirurgicales</td> +<td class="bot r"><div>157</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Matières Médecinales simples et composées</td> +<td class="bot r"><div>164</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Pension pour les Malades</td> +<td class="bot r"><div>178</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Bains et Etuves</td> +<td class="bot r"><div>182</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Impressions et Commerce de Librairie</td> +<td class="bot r"><div>185</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Musique</td> +<td class="bot r"><div>204</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Fameux Curieux des Ouvrages magnifiques</td> +<td class="bot r"><div>216</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Dames Curieuses</td> +<td class="bot r"><div>231</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Commerce de Curiositez et de Bijouteries</td> +<td class="bot r"><div>236</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Commerce des Ouvrages d’Or, d’Argent, +de Pierreries, etc.</td> +<td class="bot r"><div>244</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Premieres Instructions de la Jeunesse</td> +<td class="bot r"><div>248</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Nobles Exercices pour la belle education</td> +<td class="bot r"><div>253</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Armes et Bagages de Guerre et de +Chasse</td> +<td class="bot r"><div>261</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Chevaux et Equipages</td> +<td class="bot r"><div>264</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Passetemps et Menus Plaisirs</td> +<td class="bot r"><div>269</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Jardinages</td> +<td class="bot r"><div>275</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Tapisseries et Meubles ordinaires</td> +<td class="bot r"><div>283</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Chair et Poisson</td> +<td class="bot r"><div>289</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Marchandises de Beurre, Œufs, Fromages +et Legumes</td> +<td class="bot r"><div>296</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Offices de fruiteries</td> +<td class="bot r"><div>300</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Panneterie et Patisserie</td> +<td class="bot r"><div>304</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Marchandises de Vins et d’Aprests</td> +<td class="bot r"><div>309</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Hostels garnis et Tables d’Auberges</td> +<td class="bot r"><div>316</div></td></tr> +<tr><td> </td> +<td class="bot r w4 small"><div>Tome II.</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Epiceries et autres Denrées domestiques</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c1">5</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Etoffes</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c2">9</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Linges, Points et Dentelles de fil</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c3">15</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Dentelles, Points, Boutons et Galons +d’or, d’argent et de soye</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c4">16</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Mercerie et Quincaillerie</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c5">18</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Marchandises de Papetiers, Cartiers +et Cartonniers</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c6">26</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Ouvrage et Commerce de Bonnetiers</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c7">28</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Marchandises des Gantiers et Parfumeurs</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c8">31</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Pelletterie et Fourrures</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c9">35</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Ouvrages et Marchandises de Cheveux</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c10">39</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Commerce des Verriers</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c11">41</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Commerce de diverses Matières Métalliques +et Ouvrages de Couteliers, +etc.</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c12">45</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Domestiques et Ouvriers</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c13">49</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Verifications et Rapports de Jurez</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c14">52</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Habits d’Hommes et de Femmes</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c15">58</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Commerce de Chapeaux</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c16">63</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Ouvrages et Marchandises de Cordonniers</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c17">65</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Adresses concernant les Articles precedens, +recouvertes après leur impression</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c18">68</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Divers Adresses concernant des talens +distinguez des articles precedens</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c19">73</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Omissions et Changemens</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c20">78</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Batimens du Roy</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c21">87</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Ouvrages exquis de Peinture et de +Sculpture</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c22">92</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Architecture et Maçonnerie</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c23">102</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Qualitez et coupe de la Pierre</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c24">111</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Ouvrages et fournitures de Charpente</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c25">115</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Ouvrages et fournitures de Couvreurs</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c26">118</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Ouvrages et Bois de Menuiserie</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c27">121</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Ouvrages et Marchandises de fer</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c28">129</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Ouvrages de Vitriers</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c29">138</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Ouvrages et Marchandises de Miroitiers</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c30">140</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Peintures, Sculptures et Dorures pour +les Ornemens et Decorations des +Appartemens, Boutiques, etc.</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c31">144</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Ouvrages de Graveurs</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c32">151</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Ouvrages de Plombiers et de Fonteniers</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c33">155</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Ouvrages des Paveurs</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c34">157</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Poterie, Carrelage, Vuidanges, Nattes +et frotage des Batimens</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c35">158</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Carrosses de Routes</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c36">160</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Messageries</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c37">166</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Coches par terre et par eau</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c38">172</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Roulliers et Charettes de Routes</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c39">174</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Autres Adresses nouvellement recouvertes</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c40">177</a></div></td></tr> +</table> +</div> +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p185">-185-</span></p> + +<h3>EXTRAIT DU PRIVILEGE DU ROY.</h3> + + +<p>Par grâce et privilege du Roy, donné à Paris le +14<sup>e</sup> jour du mois de juillet 1690, et signé par le Roy +en son Conseil <i>De Saint Hilaire</i> ; il est permis à la +veuve de Denis Nion, Marchand libraire à Paris, +d’imprimer ou faire imprimer un manuscrit intitulé +<i>Les Adresses de la Ville de Paris, avec le Trésor des +Almanachs pour l’année 1692, par Abraham Du Pradel, +Astrologue Lyonnois</i>, pendant le temps de six années, +à compter du jour que ledit Livre aura été achevé +d’imprimer pour la première fois ; avec très expresses +inhibitions et défenses à tous Imprimeurs, Libraires +et autres personnes, d’imprimer, faire imprimer ou +contrefaire ledit Livre en quelque manière que ce +soit, à peine de confiscation des Exemplaires, trois +mille Livres d’amande et de tous dépens, dommages +et intérests, comme il est porté plus au long par lesdites +Lettres de Privilège.</p> + +<p>Registré sur le Livre de la Communauté des Libraires +et Imprimeurs de Paris, le 26 juillet 1690. +Signé P. Auboyn, Sindic<a id="FNanchor_650" href="#Footnote_650" class="fnanchor">[1]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_650" href="#FNanchor_650"><span class="label">[1]</span></a> V. sur lui, t. I, p, 185.</p> +</div> +<p>Achevé d’imprimer pour la seconde fois le 26 novembre +1691.</p> + +<p>De l’Imprimerie de Laurent Rondot<a id="FNanchor_651" href="#Footnote_651" class="fnanchor">[2]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_651" href="#FNanchor_651"><span class="label">[2]</span></a> On a vu dans l’<i>Introduction</i>, t. I, p. lviij, que c’est +chez lui que ce même privilège fut saisi.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p187">-187-</span></p> + +<h2 class="nobreak" id="c42">LE TRÉSOR<br> +<span class="xsmall">DES</span><br> +<span class="large">ALMANACHS</span><br> +<span class="xsmall">POUR L’ANNÉE BISSEXTILE 1692</span></h2> + +<p class="c"><span class="xsmall">AVEC</span><br> +<span class="small">UNE EXACTE DESCRIPTION<br> +DE L’ŒCONOMIE UNIVERSELLE ET DES PARTIES<br> +PRINCIPALES DU MONDE,</span></p> + +<p class="i drap">Un abrégé de la science des temps, le lever et le +coucher du Soleil, le Tarif des nouvelles monnoyes, +l’ordre du département des couriers, +et diverses autres pièces également utiles et +curieuses.</p> + +<p class="c">Par Abraham <span class="sc">Du Pradel</span>, Philosophe +et Mathématicien.</p> + + +<p class="c gap">A PARIS,<br> +chez la Veuve de <span class="sc">Denis Nion</span>, Marchand-Libraire<br> +sur le quai de Nesle, devant l’Abreuvoir de<br> +Guenegaud, à l’image Sainte Monique.</p> + +<p class="c i">M. DC. XCII.<br> +Avec privilége du Roy.</p> + +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p189">-189-</span></p> + +<h3>AVERTISSEMENT.</h3> + + +<p>L’auteur, qui s’étoit proposé de donner +annuellement un Livre au public de +toutes les choses sujettes à mutations, +et sur lesquelles on a souvent besoin +de nouvelles instructions pour se procurer les +commoditez de la vie, jugea que le Calendrier +qui comprend les fêtes mobiles devoit faire partie +de ce Livre, et que par la même raison il +seroit obligé d’y comprendre la science des +temps, qui pour avoir quelques Époques certaines, +ne laisse pas de varier sur les jours et sur +les heures à l’égard des apparences des Astres +et des Planettes qui ont servi de fondemens à +cette science.</p> + +<p>Sur ces considérations il publia en 1690 une +sorte d’essay qui eut pour titre le <i>Trésor des +<span class="pagenum" id="p190">-190-</span> Almanachs</i> pour servir à toutes espèces de négociations +utiles, et gui fut seulement imprimé à +Troyes<a id="FNanchor_652" href="#Footnote_652" class="fnanchor">[1]</a> sur une simple permission, avec assez +de négligence : cependant, l’accueil favorable +que le public fit à cet essay, ayant fait naître à +l’auteur le dessein de le rendre plus recommandable, +<span class="pagenum" id="p191">-191-</span> et de poursuivre au grand sceau<a id="FNanchor_653" href="#Footnote_653" class="fnanchor">[2]</a> la permission +prohibitive<a id="FNanchor_654" href="#Footnote_654" class="fnanchor">[3]</a> de le faire imprimer ; il fut +publié pour la seconde fois en 1691, à la vérité +avec une augmentation considérable, mais non +pas avec l’ordre et l’exactitude qu’on pouvoit +désirer, le Privilège n’ayant été obtenu que vers +la fin de 1690, c’est-à-dire dans un temps où la +nécessité de le publier sans aucun retard ne +permit pas à l’Auteur de débrouiller assez parfaitement +ses idées.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_652" href="#FNanchor_652"><span class="label">[1]</span></a> On sait combien sont anciennes les imprimeries +populaires de Troyes, dont les productions avoient leur +débouché naturel aux fameuses foires de Champagne. On +commença par y publier des complaintes, des cantiques, +etc., sur de grandes feuilles avec gravures, qu’on obtenoit +sans doute par le procédé des planches xylographiques : +« J’ai vu, lit-on dans les <i>Œuvres inédites</i> de Grosley, t. II, +p. 15, j’ai vu chez Jean Fraictot, le dernier de nos dominotiers, +de ces planches qui, soit par leur état, soit par le +goût du caractère des lettres, et de la poésie des cantiques, +annonçoient plusieurs siècles d’antiquité. » — Les almanachs +de Troyes sont bien plus anciens que ceux de Liège. On a +un <i>Calendrier des Bergers, avec leur astrologie et autres +choses profitables</i>, imprimé à Troyes en 1510. Au siècle +suivant, les almanachs de Larivey, de la famille de celui +dont on connoît les comédies traduites de l’italien, y faisoient +fortune. Nous citerons entre autres : <i>Almanach</i> de +Pierre Larrivey, <i>avec grandes prédictions pour l’année 1622</i>. +Sorel, quand il dit au livre XI de <i>Francion</i> : « N’as-tu +point leu l’almanach… de Larivay le jeune Troyen », +témoigne de leur popularité. Perrault de même, disant de +Boileau, si fier du succès de ses <i>Œuvres</i> : « Il a beau se +glorifier du grand débit que l’on fait de ses Satires, ce débit +n’approchera jamais de celui du moindre des almanachs, imprimés +à Troyes, au <i>Chapon d’or</i>. » C’étoit si bien la terre +promise des calendriers avec prédictions, que le P. Placide +Duval disoit dans ses <i>Éléments de la Géographie de la +France</i> : « La ville de Troyes est habitée de plusieurs bons +Marchands, et d’un bon nombre d’Astrologues. » Il en +venoit aussi des chansons, ce qui offusquoit davantage +l’autorité. On laissoit passer les almanachs, mais on arrêtoit +les chansons. (<i>Corresp. administ. de Louis XIV</i>, t. II, +p. 802, 788.) Sur les libraires qui vendoient à Paris les +almanachs de Troyes, v. plus haut, t. I, p. 193.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_653" href="#FNanchor_653"><span class="label">[2]</span></a> A la grande Chancelerie de France. Les actes qu’on +y revêtoit du grand sceau étoient exécutoires par tout le +royaume.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_654" href="#FNanchor_654"><span class="label">[3]</span></a> Permission avec expresse défense pour les autres.</p> +</div> +<p>Lors de cette seconde édition, ce Livre fut +intitulé <i>Les Adresses de la Ville de Paris et le +Trésor des Almanachs</i>, avec cette addition de +<i>Livre commode en tous lieux, en tous temps et en +toutes conditions</i> ; mais étant arrivé que dans le +courant de l’année bien des gens avoient témoigné +qu’ils seroient bien aises d’avoir pour le +commerce ou pour des présens<a id="FNanchor_655" href="#Footnote_655" class="fnanchor">[4]</a> des Almanachs +séparez du Recueil des Adresses, et qu’au contraire +tous ceux qui avoient recherché le Recueil +des Adresses, avoient eu à gré d’y trouver l’Almanach ; +l’Auteur a pris le parti de faire en +<span class="pagenum" id="p192">-192-</span> même temps deux éditions distinguées, l’une +sous le titre général de <i>Livre commode</i>, qui comprend +ensemble cet Almanach et le Recueil des +Adresses, l’autre sous le premier titre de <i>Trésor +des Almanachs</i> qui se vendra séparément.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_655" href="#FNanchor_655"><span class="label">[4]</span></a> Il étoit de mode de donner, le jour de l’an, des <i>almanachs</i> +richement reliés. De là vint la vogue de ces <i>Étrennes +mignonnes</i>, dont nous avons vu la fin. Il existe dans les +poésies diverses de La Fontaine (édit. Marty, t. V, p. 117) +une pièce curieuse, qui est un souvenir de cette mode : +« <span class="sc">Prédictions pour les quatre saisons de l’année</span>, +<i>mises dans un Almanac écrit à la main sur du vélin, +garni d’or et de diamants et présenté à M<sup>me</sup> de Montespan +par M<sup>me</sup> de Fontange</i>, le 1<sup>er</sup> jour de l’an 1680. »</p> +</div> +<p>Cette complaisance de l’auteur, jointe aux +peines qu’il s’est données pour rendre son ouvrage +complet, luy fait espérer l’approbation de +ses Lecteurs, qui lui tiendra lieu de récompense, +et qui multipliera les vœux qu’il fait pour leur +prospérité en ce monde, et pour leur béatitude +dans l’éternité des siècles.</p> + +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p193">-193-</span></p> + +<p class="c">LE TRÉSOR<br> +<span class="large">DES ALMANACHS<a id="FNanchor_656" href="#Footnote_656" class="fnanchor">[5]</a></span><br> +<span class="xsmall">POUR L’ANNÉE BISSEXTILE<a id="FNanchor_657" href="#Footnote_657" class="fnanchor">[6]</a> 1692.</span></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_656" href="#FNanchor_656"><span class="label">[5]</span></a> Dans l’édition précédente, p. 63, Blegny, au lieu de +la ligne qui suit ici, avoit mis : « pour servir à toutes +espèces de négociations utiles. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_657" href="#FNanchor_657"><span class="label">[6]</span></a> On sait quelle est l’origine des années bissextiles. +Jules César, lorsqu’il créa le calendrier nommé à cause de +lui calendrier Julien, décida que l’année seroit de 365 jours +6 heures ; et comme ces six heures quatre fois répétées +forment un jour, il ordonna que ce jour seroit intercalé +tous les quatre ans après le sixième des calendes de mars, +qui correspond au 24 février. Par cette intercalation ce +sixième jour des calendes étant doublé, on l’appela <i lang="la" xml:lang="la">bis +sextus</i>, bis sixième, ou <i>bissexte</i>, d’où année bissextile.</p> +</div> + + + +<h3 title="IDÉE GÉNÉRALE DU MONDE.">IDÉE<br> +<span class="small">GÉNÉRALE DU MONDE<a id="FNanchor_658" href="#Footnote_658" class="fnanchor">[7]</a>.</span></h3> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_658" href="#FNanchor_658"><span class="label">[7]</span></a> Blegny, dans l’édition de 1691, avoit écrit avec moins +d’emphase : « Systêmes du Monde ».</p> +</div> + +<p>Le temps n’étant que la durée des êtres +modifiez, et les saisons qui se trouvent +dans la suite des temps n’étant que +des accidents qui arrivent à ces êtres, +il est de l’ordre de donner une idée générale de +<span class="pagenum" id="p194">-194-</span> l’Univers, avant que de parler de la succession +des temps et des saisons : mais comme cet +Ouvrage, qui n’est qu’un simple manuel journalier, +doit fournir dans l’instant même d’un besolu<a id="FNanchor_659" href="#Footnote_659" class="fnanchor">[8]</a> +l’utilité qu’on en doit attendre, et qu’il +seroit par conséquent défectueux s’il exigeoit la +moindre application d’esprit, on ne trouvera ici +ni dans toutes les autres parties que des expositions +si claires et si précises, qu’il suffira de les +lire pour en faire sur le champ de justes applications +dans la pratique de la vie civile.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_659" href="#FNanchor_659"><span class="label">[8]</span></a> Lisez « d’un besoin ».</p> +</div> +<p>Voici donc comment, sans aucun principe, chacun +se pourra faire dans un moment l’idée générale +de l’univers. Il faut pour cela se représenter, +comme on le sçait communément, que la Terre, +avec les Eaux qu’elle comprend, est un globe +ou rond, plein et opaque, qu’on peut comparer +à une boule quant à la forme plus générale ; puis +ayant imaginé que cette boule pleine et opaque +est au milieu d’une boule creuse et transparente +dont la circonscription est beaucoup plus étendue, +se représenter d’ailleurs qu’elle est soutenue +au milieu de ce creux par une substance fluide +et claire qui reçoit le nom d’Air.</p> + +<p>Alors, après avoir donné à ce premier globe +<span class="pagenum" id="p195">-195-</span> creux et transparent le nom de <i>Ciel de la Lune</i><a id="FNanchor_660" href="#Footnote_660" class="fnanchor">[9]</a>, +on s’en figurera un deuxième de même nature +qu’on nommera <i>Ciel de Mercure</i>, et qu’on supposera +assez grand pour renfermer celuy-là ; puis +enfin, en les multipliant, on pourra en imaginer +un troisième pour <i>Vénus</i>, un quatrième pour le +<i>Soleil</i>, un cinquième pour <i>Mars</i>, un sixième +pour <i>Jupiter</i>, un septième pour <i>Saturne</i>, qui est +la dernière et la plus éloignée des sept planètes, +un huitième où l’on placera le firmament ou ciel +des étoiles fixes, un neuvième qui sera le premier +ciel cristalin<a id="FNanchor_661" href="#Footnote_661" class="fnanchor">[10]</a>, un dixième qui sera le +deuxième cristalin, et un onzième qu’on supposera +être le premier mobile des autres, après +quoy ayant imaginé un carré, on s’y représentera, +suivant l’Apocalypse, la Sainte Cité<a id="FNanchor_662" href="#Footnote_662" class="fnanchor">[11]</a> ou le +Ciel Empirée<a id="FNanchor_663" href="#Footnote_663" class="fnanchor">[12]</a> qui est la demeure des Bienheureux.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_660" href="#FNanchor_660"><span class="label">[9]</span></a> Tout cela, ainsi que ce qui suit, est du système de +Ptolémée, celui que Blegny, comme on le verra plus loin, +avoit adopté pour ne pas se mettre mal avec l’Église.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_661" href="#FNanchor_661"><span class="label">[10]</span></a> Ceci est encore du système de Ptolémée, suivant +lequel chacun des cieux transparents qui enveloppent la +terre au delà des cercles des planètes, s’appelle « cristallin ».</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_662" href="#FNanchor_662"><span class="label">[11]</span></a> V. l’<i>Apocalypse</i>, chap. III, verset 12 ; chap. XXI, +versets 2 et 10.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_663" href="#FNanchor_663"><span class="label">[12]</span></a> C’est, dans le système de Ptolémée, le ciel des fixes, +supérieur au ciel des planètes.</p> +</div> + +<p class="c"><i>Considérations sur l’œconomie universelle et sur +les parties principales du monde.</i></p> + +<p>Dans l’Astronomie la représentation de l’assemblage +entier de tous les globes simples dont +<span class="pagenum" id="p196">-196-</span> il vient d’être parlé, forme un Globe composé +qui a reçu le nom de Sphère, et au milieu +duquel on met un axe ou essieu sur lequel on +suppose que tous les Cieux ensemble tournent +en vingt-quatre heures d’Orient en Occident, +quoique la Terre demeure fixe à leur égard<a id="FNanchor_664" href="#Footnote_664" class="fnanchor">[13]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_664" href="#FNanchor_664"><span class="label">[13]</span></a> Il est inutile de dire que le système de Ptolémée a ce +principe erroné pour base. « Il s’est, dit Ferd. Hœfer, +<i>Hist. de l’astronomie</i>, p. 209, tellement identifié avec le +langage et les idées traditionnels, que l’on dit encore aujourd’hui +que le Soleil <i>marche</i>, qu’il <i>se lève</i>, qu’il <i>se couche</i>, +etc., absolument comme si la Terre étoit immobile au +centre du monde. »</p> +</div> +<p>Cet axe est supposé avoir ses deux points +ou terminaisons au premier mobile<a id="FNanchor_665" href="#Footnote_665" class="fnanchor">[14]</a> et traverser +diamétralement toute la sphère, on imagine l’un +de ces points à la partie Septentrionale, et +l’autre à la partie Méridionale de ce Ciel, et l’on +appelle le premier Pôle Artique, et le deuxième +Pôle Antartique.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_665" href="#FNanchor_665"><span class="label">[14]</span></a> On appeloit, dans l’astronomie ancienne, « premier +mobile », la première et la plus haute des sphères célestes, +qui se meut et donne le mouvement aux sphères inférieures. +Le temps « du premier mobile » est le temps qui +est mesuré par le retour des étoiles au méridien.</p> +</div> +<p>Ces noms qui, comme il vient d’être dit, n’appartiennent +proprement qu’aux deux terminaisons +de l’axe, ne laissent pas que de servir dans +la Géographie de la Terre pour exprimer les +deux points où l’on fait commencer les Lignes +qui vont à ces mêmes terminaisons.</p> + +<p>Ce qui a donné les noms aux sept premiers +cieux<a id="FNanchor_666" href="#Footnote_666" class="fnanchor">[15]</a>, est ce qu’on nomme Planettes. Ce sont +des Astres qu’on distingue des Etoiles fixes du +<span class="pagenum" id="p197">-197-</span> firmament, en ce que celles-ci dans leur mouvement +gardent toujours un ordre et une distance +égale, et que celles-là, au contraire, changent +de situation les unes à l’égard des autres, pendant +même qu’elles sont toutes emportées par +un mouvement général d’Orient en Occident sur +l’Axe qui vient d’être supposé.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_666" href="#FNanchor_666"><span class="label">[15]</span></a> V. ce qui a été dit un peu plus haut.</p> +</div> +<p>Cette variété de situations vient de ce que ce +mouvement général n’empêche pas qu’elles +n’ayent chacune un mouvement particulier et +naturel d’Occident en Orient dans lequel elles +sont inclinées, tantôt vers les signes Méridionaux, +tantôt vers les signes Septentrionaux, les +unes plus, les autres moins ; et que d’ailleurs +elles peuvent avoir jusqu’à sept ou huit degrez +de latitudes dans chaque signe, ce qui fait qu’on +les imagine comme enclavées dans un même +Cercle qu’on nomme Zodiaque<a id="FNanchor_667" href="#Footnote_667" class="fnanchor">[16]</a> et qu’on fait le +plus large de la Sphère.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_667" href="#FNanchor_667"><span class="label">[16]</span></a> Les signes du zodiaque servent encore pour l’astronomie +moderne, mais sans correspondre aux constellations de l’ancienne. +La découverte de la première des planètes télescopiques +au commencement du siècle prouva que ce Cercle devoit +être considérablement élargi : « La découverte de <i>Cerès</i> par +Piazzi, en 1801, lisons-nous dans l’<i>Histoire de l’astronomie</i> +de Voiron, p. 72, a changé tout à coup les idées reçues +sur la largeur du zodiaque. L’étendue de cette zône du +ciel dans laquelle sont observés les mouvements des planètes +avoit toujours été comprise dans une largeur d’environ +seize degrés ; c’étoit celle du zodiaque consacré par +l’astronomie ancienne. Cérès en a franchi les bornes et +porté sa largeur jusqu’à trente-sept degrés. »</p> +</div> +<p>Il faut de cette proposition générale excepter +le Soleil, en ce que dans son mouvement particulier +et annuel, aussi bien que dans le mouvement +<span class="pagenum" id="p198">-198-</span> général du premier mobile, il parcourt +constamment le milieu du Zodiaque ; en sorte +qu’il décrit comme une ligne étroite dans ce +milieu qu’on nomme Ecliptique, par cette raison +que quand la Lune se trouve à notre égard vis-à-vis +de cette ligne, il se fait une éclipse.</p> + +<p>Le Zodiaque, et par conséquent l’Ecliptique +qui n’est que son milieu, aussi bien que tous les +autres Cercles qu’on imagine dans la Sphère du +Monde, est divisé par les Astronomes en 360 parties +qu’on nomme degrez, chaque degrez en +60 minuttes, chaque minutte en 60 secondes, +chaque seconde en 60 tierces, etc.</p> + +<p>J’ai déjà dit que les Planettes faisoient ensemble +le tour de la Terre en 24 heures ; je dois +dire maintenant que par leurs mouvemens particuliers +et naturels,</p> + +<p>Saturne fait la révolution en 29 ans 155 jours, +8 heures.</p> + +<p>Jupiter en 7 ans, 323 jours 17 heures.</p> + +<p>Mars en un an 321 jours 22 heures.</p> + +<p>Le Soleil en 365 jours, 5 heures, 49 minuttes +16 secondes.</p> + +<p>Mercure en 215 jours, 21 heures 5 minuttes.</p> + +<p>Vénus en 583 jours, 22 heures 12 minuttes.</p> + +<p>La Lune en 27 jours, 7 heures et 43 minuttes<a id="FNanchor_668" href="#Footnote_668" class="fnanchor">[17]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_668" href="#FNanchor_668"><span class="label">[17]</span></a> On comprend que tous ces calculs, basés sur le système +de Ptolémée, sont devenus plus ou moins faux lorsqu’on +a pris pour base celui de Copernic. Voici, avec +celui-ci, à quels nouveaux chiffres on est arrivé : la révolution +de Saturne autour du Soleil se fait en 10,758 jours, +c’est-à-dire un peu plus de 29 ans ; Jupiter fait la sienne +en 11 ans, 217 jours ; Mercure en 87 jours, 23 heures, +14 minutes, 30 secondes ; Vénus en 224 jours.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p199">-199-</span> Quand on est dans un lieu bien découvert, et +qu’on regarde toute la Terre apparente, il semble +qu’aux extrémitez de la circonférence elle est +jointe avec les Cieux, ce qui forme ce Cercle<a id="FNanchor_669" href="#Footnote_669" class="fnanchor">[18]</a> +qu’on appelle Orizon, où le Soleil paroît le +matin à l’Orient et disparoît le soir à l’Occident, +ce qu’on appelle lever et coucher du Soleil, et +ce qui fait aussi que la partie orientale de la +Terre est nommée Levant et la partie occidentale +Couchant.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_669" href="#FNanchor_669"><span class="label">[18]</span></a> La division de la sphère en cercles : le méridien, +l’équateur, l’écliptique, les deux tropiques et l’horizon, est +due à Ptolémée, après lequel les Arabes l’adoptèrent.</p> +</div> +<p>Le Cercle qu’on imagine disposé dans un sens +précisément contraire à celuy de l’Orizon, c’est-à-dire +qui le coupe diamétralement, en séparant +l’Axe et la Terre en deux parties égales, est ce +qu’on nomme Equateur et ligne Equinoctiale.</p> + +<p>La Terre, considérée par sa division Orisontale, +représente deux hémisphères ; la supérieure, +que nous occupons et dont le continent de Terre +habitable renferme les trois parties qu’on nomme +Europe, Asie, et Afrique ; et l’inférieure qui fait +les Antipodes, et dont le continent fait la quatrième +partie de la Terre qu’on nomme Amérique +ou Nouveau-Monde.</p> + +<p>La division de la Terre qui se fait par l’Équateur +distingue en chaque hémisphère la partie +Septentrionale de sa partie Méridionale ; et pour +la diviser de l’autre sens, c’est-à-dire en partie +Orientale et en partie Occidentale, on imagine +encore un autre cercle qu’on appelle Méridien, +et qui passe sur les deux pôles ou terminaisons +<span class="pagenum" id="p200">-200-</span> de l’axe du Monde, mais qui n’a pas de situation +déterminée, parce qu’il doit être respectif à +chaque climat pour désigner l’endroit où le +Soleil est à midi.</p> + +<p>Le premier mobile tournant sur l’axe, l’Equateur +pourroit être considéré comme le chemin +des Astres, n’étoit que le Zodiaque, dans la largeur +duquel elles sont comprises<a id="FNanchor_670" href="#Footnote_670" class="fnanchor">[19]</a>, le coupe +obliquement pour incliner de 23 degrez environ +30 minuttes sur notre hémisphère du côté du +Septentrion, et sur l’autre du côté du Midi, ce +qui fait la diversité des saisons, qui sont dépendantes +de l’approche et de l’éloignement du Soleil +à l’égard de chaque climat ou partie de la +Terre.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_670" href="#FNanchor_670"><span class="label">[19]</span></a> Nous ne savons pourquoi Blegny fait d’<i>astre</i> un mot +féminin ; il fut toujours masculin.</p> +</div> +<p>Le mouvement journalier du Soleil fait qu’il +n’est pas toujours au même endroit du Zodiaque, +et que changeant de situation à l’égard des parties +de ce Cercle, il se trouve dans les douze +mois de l’année sous les douze signes qui font la +division de ces mêmes parties chacune de 30 degrez.</p> + +<p>Ces signes sont généralement divisés en Méridionaux +et Septentrionaux ; les premiers, au +nombre de six, sont ainsi nommez et figurez : +la Balance ♎︎, le Scorpion ♏︎, le Sagittaire ♐︎, +le Capricorne ♑︎, le Verseau ♒︎, les Poissons ♓︎. +Le Soleil passe dans les trois premiers en +automne, et dans les trois derniers en hiver.</p> + +<p>Les derniers, pareillement au nombre de six, +sont aussi désignez par les noms et par les figures +<span class="pagenum" id="p201">-201-</span> suivantes : à sçavoir le Bélier ♈︎, le Taureau +♉︎, les Gémeaux ♊︎, l’Écrevisse ♋︎, le Lion +♌︎, la Vierge ♍︎. Le Soleil passe dans les trois +premiers au printemps et dans les trois autres +en été.</p> + +<p>Ainsi, lorsque le Soleil paraît au Capricorne, +qui est vers le 22 décembre, nous entrons en +hiver, dont le premier jour, étant le plus court +de l’année, fait ce qu’on nomme Solstice d’hiver, +c’est-à-dire le temps auquel le Soleil est plus +éloigné de nous.</p> + +<p>L’accroissement des jours se faisant par degrez +depuis le Solstice d’hiver jusqu’environ le +20 mars, il arrive enfin que leur durée devient +égale à celle des nuits, égalité qu’on nomme +Équinoxe et qui fait le commencement du printemps, +où l’on voit le Soleil au Bélier.</p> + +<p>Depuis ce premier Equinoxe, les jours s’augmentant +par degrez, nous arrivons enfin le +21 juin au plus long jour de l’année, c’est-à-dire +au Solstice d’été, où le Soleil entre dans le +signe de l’Écrevisse.</p> + +<p>Puis les jours étant derechef dégénérez jusqu’à +une juste égalité de durée avec celle des +nuits, nous arrivons enfin à l’Équinoxe d’Automne +vers le 22 septembre, où le Soleil entre +au signe de la Balance, et d’où les jours dégénèrent +encore jusqu’à l’entrée de l’hiver.</p> + +<p>Pour représenter précisément dans la Sphère +les diverses situations des signes où commencent +les Équinoxes, et de ceux où commencent les +Solstices, on y voit deux grands Cercles qu’on +nomme les Colures, qui passent comme le Méridien +sur les deux pôles, et qui, étant placez en +<span class="pagenum" id="p202">-202-</span> distances égales, séparent le Globe en coupant +le Zodiaque, où ils marquent de la sorte les +endroits où le Soleil détermine le changement +des saisons<a id="FNanchor_671" href="#Footnote_671" class="fnanchor">[20]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_671" href="#FNanchor_671"><span class="label">[20]</span></a> Cette définition des <i>colures</i> est assez juste. Ce sont, +en effet, deux grands cercles qui s’entrecoupent à angles +droits aux pôles, et qui passent : l’un, le <i>colure</i> du solstice, +par les points solsticiaux, et l’autre, le <i>colure</i> des équinoxes, +par les points équinoxiaux de l’écliptique, déterminant ainsi +les quatre grandes divisions, qui marquent les quatre saisons +de l’année. Leur nom vient de +Κολος mutilé, et +οὐρὰ +queue, parce que, selon Proclus, quelques-unes de leurs +parties ne sont pas visibles à la vue.</p> +</div> +<p>Si on se représente un Cercle vers chaque pôle +et tous deux parallelles à l’Équateur, c’est-à-dire +en égales distances, on aura compris ce que les +Astronomes nomment à la partie Septentrionale +du Monde, Tropique de Cancer, et à la partie +Méridionale, Tropique de Capricorne, qui sont +les termes de la déclinaison ou oblicuité de +l’Écliptique ; le surplus des parties de l’Univers +et de la Sphère qui le représente sont à mon avis +d’une trop médiocre considération pour l’idée +générale que je me suis proposé de donner. Je +dois dire seulement que quand on se figure un +point qui répond perpendiculairement à notre +tête, on le nomme Zénith<a id="FNanchor_672" href="#Footnote_672" class="fnanchor">[21]</a> ou point Vertical, et +qu’on appelle Nadir<a id="FNanchor_673" href="#Footnote_673" class="fnanchor">[22]</a>, celuy qui luy est directement +opposé, et qui répond à nos pieds, ce qui +sert à l’explication de quelques phœnomènes.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_672" href="#FNanchor_672"><span class="label">[21]</span></a> Ce mot, qu’on écrivoit au moyen âge <i>Cenith</i>, vient +de l’arabe <i>Semt</i> ou <i>Simet</i>, qui signifie chemin droit, point +vertical.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_673" href="#FNanchor_673"><span class="label">[22]</span></a> Mot qui vient de l’arabe <i>nathir</i>, vis-à-vis. Il désigne +le point du ciel auquel aboutiroit une ligne verticale tirée +du point où nous sommes, et passant à travers le centre +de la Terre.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p203">-203-</span></p> + +<h3>REMARQUES<br> +<span class="small">SUR LE SYSTÊME PRÉCÉDENT ET SUR +LES AUTRES SYSTÊMES DU MONDE.</span></h3> + + +<p>Ce qu’on appelle systême dans l’Astronomie +est une déduction précise des principalles dispositions +de l’Univers.</p> + +<p>Celuy dont je viens de donner l’idée est attribué +à Ptolémée Égyptien. Il a servi à la construction +de la Sphère artificielle qui sert depuis +plusieurs siècles à démontrer cette science. +Thico-Brahé, Danois, qui s’étoit proposé de le +réformer, ne jugea pas à propos de détruire +l’immobilité de la Terre et se contenta de supposer +que le Soleil tournoit autour d’elle, tandis +que les autres Planettes tournoient autour du +Soleil, ce qui n’a eu qu’un petit nombre d’approbateurs<a id="FNanchor_674" href="#Footnote_674" class="fnanchor">[23]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_674" href="#FNanchor_674"><span class="label">[23]</span></a> C’est là, en effet, à peu près tout le système de Tycho-Brahé, +qui vouloit ainsi concilier ensemble la Bible, +Ptolémée et Copernic. Il plaçoit le soleil au centre des +mouvements des planètes qu’il faisoit tourner avec lui autour +de la Terre. L’idée de ce système mixte avoit un instant +été celle de Copernic. Lorsqu’il eut songé qu’il seroit +contraire à la simplicité de la nature de faire tourner le +centre commun des planètes autour d’un centre secondaire, +il y renonça. V. à ce sujet Montucla, <i>Hist. des +Mathémat.</i>, t. I, p. 661.</p> +</div> +<p>Il n’en a pas été ainsi d’un troisième système +proposé par Copernic, Allemand<a id="FNanchor_675" href="#Footnote_675" class="fnanchor">[24]</a> : car, quoique +<span class="pagenum" id="p204">-204-</span> celui-ci soit entièrement opposé à celuy de Ptolémée +qui est celuy même des Écoles, il n’a pas +laissé que d’être trouvé probable par quelques +gens, qui se sont imaginez qu’il pouvoit mieux +servir que les autres à l’explication de ces Phœnomènes, +dont on doit la découverte aux grandes +lunettes d’approche qui sont maintenant en +usage.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_675" href="#FNanchor_675"><span class="label">[24]</span></a> Dans l’édition précédente, p. 71, Blegny avoit dit avec +plus de raison : « Copernic polonois ». Thorn, qui est situé sur +la Vistule, à quarante lieues de Varsovie, et qui n’appartient +à la Prusse que depuis 1815, étoit, en effet, sa ville natale. +L’ouvrage où il exposa son système parut pour la première +fois à Nuremberg en 1543. C’est un in-fol. qui porte ce +titre : <i lang="la" xml:lang="la">De revolutionibus orbium cœlestium</i>. Copernic avoit +alors soixante-dix ans ; il mourut quelques mois après.</p> +</div> +<p>Dans ce système, on suppose le Soleil au +centre du Monde, on fait de la Terre une Planette +et on la fait tourner avec toutes les autres +autour du Soleil, du moins si on en excepte la +Lune qu’on croit tourner seulement autour de +la Terre, comme si elle étoit enclavée dans son +Atmosphère, c’est-à-dire dans le tourbillon d’air +dont elle est environnée, ce qui fait que ces +deux corps ne sont imaginez que dans un même +ciel, qu’on fait le troisième et qu’on fait précéder +par conséquent de celuy de Mercure que +l’on croit être le premier ; et de celuy de Vénus +qu’on dit être le deuxième ; de même que le +Ciel de Mars qui suit celuy de la Terre est réputé +le quatrième, et successivement ceux de Jupiter +et de Saturne qui font le cinquième et le +sixième. Mais, outre que ce systême n’est pas +approuvé par l’Église<a id="FNanchor_676" href="#Footnote_676" class="fnanchor">[25]</a>, je feray voir bientôt +<span class="pagenum" id="p205">-205-</span> dans un traité à part que tout ce qu’on y propose +est physiquement impossible.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_676" href="#FNanchor_676"><span class="label">[25]</span></a> Le 5 mars 1616, la congrégation de l’Index avoit +condamné <i lang="la" xml:lang="la">donec corrigatur</i>, ce qui valoit moins, disoit Képler, +que <i lang="la" xml:lang="la">donec explicetur</i>, le livre de Copernic, comme +« renfermant des idées données pour très vraies sur la +situation et le mouvement de la Terre, idées entièrement +contraires à la Sainte Écriture. » En 1633, Galilée, qui les +soutenoit, fut condamné avec elles par un arrêt du Saint-Siège +qui déconcerta la science et faillit arrêter ses progrès. +Descartes en fut si frappé qu’il écrivit au P. Mersenne, le +22 juillet 1633, le 10 janvier et le 15 mars 1634, qu’il +renonçoit à publier ses ouvrages de philosophie. En décembre +1640, le courage ne lui étoit pas revenu. Pascal, +sans se décider, car on a trouvé dans ses fragments de +pensées cette phrase : « Je trouve bon qu’on n’approfondisse +pas l’opinion de Copernic », n’attaqua pas moins très +vivement les jésuites d’avoir provoqué à Rome la condamnation +du système : « Ce fut aussi en vain, dit-il dans sa +18<sup>e</sup> Provinciale, que vous obtîntes contre Galilée un décret +de Rome qui condamnoit son opinion touchant le mouvement +de la Terre. Ce ne sera pas cela qui prouvera qu’elle +demeure en repos ; et si l’on avoit des observations constantes +qui prouvassent que c’est elle qui tourne, tous les +hommes ensemble ne l’empêcheroient pas de tourner, et ne +s’empêcheroient pas de tourner aussi avec elle. » Malebranche, +dans la <i>Recherche de la vérité</i>, liv. IV, ch. 12, +douze ans après la mort de Pascal, fut plus net. Après +avoir rappelé le chapitre de la Bible sur Josué arrêtant le +soleil, le seul dont l’Église se fît une arme contre Copernic, +il osa dire que la foi n’est point intéressée à ces choses « qui +sont du ressort de la raison », et qu’il faut lui laisser son +partage. La condamnation du système n’en fut pas moins +maintenue, et cela presque jusqu’à nos jours. Lorsque, le +5 mai 1829, l’on inaugura à Varsovie la statue de Copernic +par Thorwaldsen, le clergé s’y arma encore de l’arrêt de +Rome pour refuser son concours.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> + +<h3>ABRÉGÉ<br> +<span class="small">DE LA SCIENCE DES TEMPS.</span></h3> + + +<p>Le Temps, qui n’est proprement que la durée +passée, présente et future de l’Univers, a parmi +les hommes des époques et des divisions qui +<span class="pagenum" id="p206">-206-</span> servent à mesurer la subsistance des estres périssables. +Ces époques et ces divisions sont ce qui +forme le Calendrier, dans lequel les parties du +temps ne sont déterminées que respectivement +aux mouvements du Soleil à l’égard de la Terre +ou, comme il faudroit dire avec Copernic, aux +mouvemens de la Terre à l’égard du Soleil, ce +qui ne change rien dans le fait.</p> + +<p>Ainsi, comme on suppose dans l’opinion commune +que le Soleil est 365 jours, 5 heures et +environ 49 minutes à parcourir tout le Zodiaque, +c’est-à-dire à faire tout le tour de la Terre, par +son mouvement annuel on fait de cette espace +de temps une mesure qu’on appelle année, et +qui sert, en la multipliant, à déterminer les plus +longues durées des choses, puisque de cent années +on fait un siècle, et que l’idée de plusieurs +siècles passez renvoye notre imagination jusqu’au +temps de la création du Monde.</p> + +<p>Mais comme on sçait que chaque année commence +le 1<sup>er</sup> janvier à minuit, qu’elle finit le +dernier décembre à la même heure, et que tout +cet espace de temps n’est justement que de +365 jours, on pourroit croire que les 5 heures +et les 49 minuttes<a id="FNanchor_677" href="#Footnote_677" class="fnanchor">[26]</a> dont il vient d’être parlé, +détacheroient l’ordre des saisons de celui des +années dans la succession des temps, si je ne +faisois remarquer ici qu’après trois années de +365 jours on en fait une de 366 qui est appelée +bissextile<a id="FNanchor_678" href="#Footnote_678" class="fnanchor">[27]</a>, et dont le jour ajouté fait que février, +<span class="pagenum" id="p207">-207-</span> qui n’a que 28 jours dans les autres, en a 29 +dans celle-ci et encore qu’après 135 années on +retranche un jour, pour quelques minutes qu’il y +a de moins sur ce jour ajouté<a id="FNanchor_679" href="#Footnote_679" class="fnanchor">[28]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_677" href="#FNanchor_677"><span class="label">[26]</span></a> C’est ce qu’on appelle en Astronomie « le Quart de +jour ».</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_678" href="#FNanchor_678"><span class="label">[27]</span></a> V. une des notes précédentes. — Nous ajouterons ici, +pour fixer mieux l’origine de cette division du temps, qu’il +paroît avéré aujourd’hui que 2000 ans avant notre ère, +les Chinois avoient une année commune de 365 jours, et +qu’ils intercaloient un jour tous les quatre ans. V. Claudius +Saunier, <i>le Temps</i>, 1858, in-12, p. 60.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_679" href="#FNanchor_679"><span class="label">[28]</span></a> Lalande, dans son <i>Astronomie des Dames</i>, édit. de +1824, in-12, p. 83, explique avec plus de détail, et d’après +les calculs définitifs, comment on retrouve, pour qu’il n’y +ait pas de lacune, les quelques minutes qui manquent au +jour supplémentaire des années bissextiles : « il s’en faut, +dit-il, de onze minutes que le quart de jour ne soit juste, +et au bout de cent ans cette erreur s’accumule de manière +qu’on a ajouté presque un jour de trop ; voilà pourquoi en +1700, 1800 et 1900 l’année est commune au lieu d’être +bissextile, comme elle devroit l’être de quatre ans en quatre +ans. Mais l’an 2000 sera bissextile ; on ne supprime que +trois bissextiles en 400 ans, parce que les onze minutes +d’erreur n’en exigent pas davantage. Voilà en abrégé, +ajoute-t-il, toute la règle des années solaires, suivant la +réformation faite en 1582. Les années bissextiles sont celles +dont on peut prendre le quart, comme 84, 88, 92, etc., +même les années séculaires 1600, 2000, 2400. » — Lalande, +après ces explications, rappelle spirituellement la +prière du Bourgeois gentilhomme à son Maître de philosophie +pour qu’il lui apprenne l’Almanach (acte II, scène 6), +et il ajoute : « Molière savoit que ce n’étoit pas toujours +une chose facile. »</p> +</div> +<p>L’espace de temps dans lequel le Soleil, par +son mouvement annuel, parvient d’un solstice à +l’autre, sert à diviser l’année en deux semestres, +de même que par les deux solstices et les deux +équinoxes ensembles, on la divise en quatre trimestres +ou quartiers, et chacun de ces trimestres +en trois mois, chacun desquels est mesuré par +le temps que le Soleil employe dans ce même +<span class="pagenum" id="p208">-208-</span> mouvement pour passer de l’un des signes du +Zodiaque dans un autre.</p> + +<p>J’ai déjà dit que le Soleil, par le mouvement +du premier mobile, fait tout le tour de la Terre +en 24 heures ; je dois dire maintenant que cet +espace de temps est ce qu’on nomme jour naturel, +c’est-à-dire la trois cent soixante et cinquième +partie d’une année qui n’est point bissextile, +laquelle comprend ensemble le temps +des ténèbres qu’on appelle nuit, et celuy de la +lumière qui est nommé jour artificiel.</p> + +<p>Il vient d’être remarqué que février n’a ordinairement +que 28 jours et au plus 29. Quelques +autres en ont 30 et la plupart même jusqu’à 31. +Cela vient de ce que les mois qui n’étoient autrefois +que lunaires, c’est-à-dire réglez sur le +mouvement rétrograde de la Lune, n’étoient +qu’environ de 29 jours ; et que depuis, pour +ajuster les mois au circuit annuel du Soleil, +Jules César ajouta dix jours à l’année<a id="FNanchor_680" href="#Footnote_680" class="fnanchor">[29]</a>, ce qui +fit en même temps l’accroissement et l’inégalité +des mois.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_680" href="#FNanchor_680"><span class="label">[29]</span></a> C’est ce qu’à cause de lui on appela l’année julienne, +dont nous avons déjà parlé plus haut. La réforme dont elle +fut le résultat reposoit sur une base erronée, en ce qu’on y +considérait comme exacte une longueur de l’année de 10 +minutes 8 secondes plus grande qu’elle n’est réellement, ce +qui formoit tous les cent trente-quatre ans l’excédant d’un +jour presque entier. Dès le <small>XI</small><sup>e</sup> siècle, lorsque les astronomes +persans eurent déterminé la longueur de l’année avec une +précision telle que l’erreur ne fut plus que d’un jour en +plusieurs milliers d’années, on se préoccupa d’une nouvelle +réforme, mais il fallut plusieurs siècles, comme on le verra, +pour qu’elle aboutît.</p> +</div> +<p>Cette inégalité et le nombre de 52 semaines +<span class="pagenum" id="p209">-209-</span> qui se trouvent dans le courant de chaque année +fait voir qu’elles ne peuvent pas entrer dans une +division cathégorique des temps, puisqu’on ne +peut pas diviser les mois en un nombre certain +de semaines, chaque semaine n’étant que de +sept jours ; aussi ne doivent-elles être considérées +que comme une ordination ecclésiastique +concernant le culte divin<a id="FNanchor_681" href="#Footnote_681" class="fnanchor">[30]</a> ; c’est pourquoi après +avoir montré qu’un siècle est composé de cent +années, que chaque année comprend deux +semestres, chaque semestre deux quartiers, +chaque quartier trois mois, chaque mois un peu +moins ou un peu plus de 30 jours, et enfin +chaque jour 24 heures, y compris les diurnes +et les nocturnes ; il reste seulement à dire pour +l’exacte division des mesures du temps, que +chaque heure est divisée en deux demies, chaque +demie en deux quarts, chaque quart en quinze +minuttes, chaque minutte en 60 secondes, +chaque seconde en 60 tierces, etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_681" href="#FNanchor_681"><span class="label">[30]</span></a> C’est ce qu’elle est en effet depuis l’adoption, en +325, de la réforme julienne par le Concile de Nicée, qui +supposa que l’intercalation de dix jours ordonnée par César +faisoit exactement coïncider la longueur de l’année astronomique +avec celle de l’année civile, et établit la concordance +astronomique du calendrier avec le mouvement du +Soleil.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> + +<h3>PRÉCISIONS<br> +<span class="small">CHRONOLOGIQUES ET HISTORIQUES DES TEMPS.</span></h3> + + +<p>Ces précisions sont indifféremment et généralement +nommées par les Astronomes Ères, Epoques +ou points fixes des temps ; ce sont ou des +<span class="pagenum" id="p210">-210-</span> dattes permanentes retenues par un consentement +universel, pour déterminer le temps des +grands évènements ou des nombres révolutaires<a id="FNanchor_682" href="#Footnote_682" class="fnanchor">[31]</a> +qui ne sont pas d’un moindre usage pour la +Cronologie et pour l’Histoire.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_682" href="#FNanchor_682"><span class="label">[31]</span></a> Ce mot n’est plus admis par la science.</p> +</div> +<p>A l’égard des dattes permanentes, on compte +depuis le commencement du monde jusqu’à présent +5,641 années ; depuis le Déluge universel +3,185 ; depuis la naissance de Jésus-Christ 1692 ; +depuis sa mort 1659 et depuis la réformation +Grégorienne du Calendrier 110<a id="FNanchor_683" href="#Footnote_683" class="fnanchor">[32]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_683" href="#FNanchor_683"><span class="label">[32]</span></a> La réformation grégorienne ou correction de l’intercalation +julienne doit son nom au pape Grégoire XIII, qui la +décréta en 1582, d’après les calculs de l’astronome italien +Aloïsio Lilio.</p> +</div> +<p>Pour ce qui est des nombres révolutaires, ils +méritent chacun une explication particulière ; le +plus considérable est celuy qu’on appelle <i>Nombre +d’or</i>, parce qu’il étoit autrefois marqué dans le +Calendrier en lettre d’or. Sa première année, +qui étoit en dernier lieu la précédente 1691, +étoit marquée par 1. Celle-ci, qui fait sa deuxième, +étoit marquée 2 et ses dattes seront ainsi +continuées pendant dix-neuf années selon l’ordre +naturel des nombres ; en sorte que 1710 aura +19 pour nombre d’or et que 1710 reviendra au +premier nombre<a id="FNanchor_684" href="#Footnote_684" class="fnanchor">[33]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_684" href="#FNanchor_684"><span class="label">[33]</span></a> L’explication de Lalande, p. 84, est plus claire : « Les +<i>Nombres d’or</i>, dit-il, sont une suite de 19 nombres qui +répondent à 19 ans, et indiquent successivement les années +qui s’écoulent avant que la nouvelle lune revienne au +1<sup>er</sup> janvier. » Ce n’est qu’un retour au cycle de l’athénien +Méton, que, sous Alexandre, Eudoxe avoit déjà réformé +d’après les livres des prêtres d’Égypte. Champollion-Figeac, +dans son <i>Résumé complet de Chronologie</i>, petit livre si +curieux et aujourd’hui si peu commun, ne croit pas non +plus à l’exactitude des calculs qui l’ont réglé, et par conséquent +n’admet pas davantage la régularité du cycle chrétien +qui en dérive : « <i>Le nombre d’or</i> se rapporte, dit-il p. 161, +à une concordance supposée de l’année lunaire avec l’année +solaire. Au moyen d’intercalations, on crut que 19 années +de chaque espèce avoient également 6939 jours, et +qu’ainsi les nouvelles lunes revenoient, pour chaque cycle +de 19 ans, aux mêmes jours et aux mêmes heures. La +réformation grégorienne corrigea les erreurs qui résultoient +de cette fausse opinion. L’on y remédia autant qu’on le +put, mais ce cycle est encore imparfait. »</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p211">-211-</span> Ce nombre révolutaire a été ainsi réglé pour +déterminer précisément l’espace de temps qui se +doit écouler avant que la Lune se trouve dans le +point même où elle étoit à l’égard du Soleil lors +de la première datte de ce nombre, ce qui ne se +peut faire, suivant les plus exacts observateurs, +qu’en dix-neuf années, à cause que l’année lunaire +est plus courte que l’année solaire, je veux +dire que le temps des douze lunes de l’année est +moindre de onze jours que celuy du circuit annuel +du Soleil.</p> + +<p>Le cycle solaire est encore un nombre révolutaire +qui est d’un grand usage dans le Calendrier ; +il est nommé solaire parce qu’il règle la +lettre Dominicale, c’est-à-dire celle qui désigne +le Dimanche, que les Romains avaient consacré +au Soleil.</p> + +<p>La lettre dominicale est toujours une des sept +premières lettres de l’alphabet, qu’on place dans +le Calendrier suivant leur ordre naturel pour +marquer les sept jours de la Semaine ; mais cet +ordre, qui est observé à l’égard des jours, ne +<span class="pagenum" id="p212">-212-</span> l’est pas au respect des années, dans la suite +desquelles ces Lettres ne deviennent successivement +dominicales que par un ordre contraire et +rétrograde, si bien qu’il suffit de sçavoir qu’en +1691 la lettre G était Dominicale pour conclure +que nous avions A en 1690 et que nous aurons +F cette année 1692, en sorte même que la nécessité +qu’il y a cette année bissextile de changer +cette lettre à cause du jour ajouté, n’interrompra +point cet ordre rétrograde, et par conséquent +qu’après le 25 février la lettre Dominicale +sera D<a id="FNanchor_685" href="#Footnote_685" class="fnanchor">[34]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_685" href="#FNanchor_685"><span class="label">[34]</span></a> Pour réparer le trouble apporté dans l’ordre des +<i>Lettres dominicales</i> par l’intercalation d’un jour à la fin de +février, on a donné aux années de cette espèce deux <i>lettres +dominicales</i>, l’une du 1<sup>er</sup> janvier à la fin de février, l’autre +pour le reste de l’année.</p> +</div> +<p>Pour ne rien dire qui demande une espèce +d’étude, je ne m’expliquerai pas sur les causes +de cette rétrogradation, il suffit de dire ici que +son ordre fait une si considérable variété dans +la distribution de ses sept premières lettres, +qu’elles ne se retrouvent dans le premier arrangement +du sicle solaire qu’après 28 années, qui +font le juste terme de sa révolution.</p> + +<p>On marque l’Indiction romaine dans le Calendrier, +parce qu’elle est de quelque utilité pour +l’intelligence de l’histoire des derniers siècles. +Elle ne sert que pour diviser la suite des années +par quinze ; ainsi comme cette année est la +quinzième de l’indiction, on recommencera à la +compter l’année suivante par le premier ordre<a id="FNanchor_686" href="#Footnote_686" class="fnanchor">[35]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_686" href="#FNanchor_686"><span class="label">[35]</span></a> L’<i>Indiction</i>, révolution de quinze années, dont la première, +marquée I, est un des trois cycles de la période +julienne. C’est une division par quinzaines de toute la +série des années, depuis la première de l’ère chrétienne. +Elle est encore en usage dans les bulles du Saint-Siège.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p213">-213-</span> A l’égard de l’Épacte, il en sera parlé dans +l’article suivant en expliquant les Lunaisons.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h3>ÉPACTE ET LUNAISONS.</h3> + + +<p>On appelle Épacte un certain nombre par +lequel, sans almanach, on trouve le temps de la +Lune<a id="FNanchor_687" href="#Footnote_687" class="fnanchor">[36]</a>. Pour s’en asseurer, il faut chaque année +ajouter onze à l’Épacte de l’année précédente, +et prendre pour Épacte le produit de cette addition, +pourveu néanmoins qu’il n’excède pas le +nombre de trente : car quand cela arrive de la +sorte, on prend seulement pour Épacte ce qui +est au-dessus de ce nombre, ce qui se pratique +constamment de la même sorte jusqu’au terme +révolutaire du nombre d’or, après lequel on +recommence à compter l’Épacte par le premier +nombre ; et c’est ce qu’on a fait l’année précédente +1691, en sorte que dans la présente année +1692 nous aurons le nombre 12 pour Épacte.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_687" href="#FNanchor_687"><span class="label">[36]</span></a> L’Épacte est la différence en jours, heures, minutes et +secondes qui existe entre une révolution solaire et douze +révolutions lunaires. On appelle cycle des épactes un espace +de trente années, après lequel les épactes reviennent à peu +près dans le même ordre. V. à ce sujet la <i>Métrologie</i> de +Saigey. Les épactes, suivant Champollion-Figeac, sont « un +moyen chronologique pour vérifier la certitude des dates du +moyen âge ». <i>Résumé de chronologie</i>, p. 160.</p> +</div> +<p>Lors donc qu’on veut sçavoir par l’Épacte en +quel temps on est de la Lune, il faut additionner +le nombre de l’Épacte, le quantième du mois +courant, et le nombre des mois dont il a été +<span class="pagenum" id="p214">-214-</span> précédé depuis celuy de Mars ; par exemple, si +je veux savoir en quel temps de la Lune je serai +le 4 juillet, je dirai : 4 du mois joint à 12 +d’Epacte font 16 et 4 pour les mois de mars, +avril, mai et juin font vingt, et par conséquent +le 4 juillet je serai au 20 de la Lune, ce qui n’est +pas néanmoins si juste qu’on ne s’y puisse tromper +d’un jour ou d’un jour et demi.</p> + +<p>On appelle Lunaison le temps du mouvement +propre de la Lune<a id="FNanchor_688" href="#Footnote_688" class="fnanchor">[37]</a>, c’est-à-dire celuy dans lequel +on voit commencer et finir le circuit qu’elle +fait autour de la Terre dans l’espace de 29 jours, +12 heures, 3 quarts et un peu plus.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_688" href="#FNanchor_688"><span class="label">[37]</span></a> C’est le temps qui s’écoule depuis le commencement +de la nouvelle lune jusqu’à la fin du dernier quartier. Pour +les paysans, les lunaisons règlent le temps, pour les marins +de même, qui appellent, par exemple, « lunaison de vent » +l’espace de temps — quinze jours environ — pendant +lequel le même vent souffle. Le principal savoir des vieux +magisters de village étoit de les bien connoître, ce qui a +fait dire au poète de <i>L’Homme des Champs</i>, chant I<sup>er</sup>, p. 63, +1<sup>re</sup> édit., à propos du magister qu’il y met en scène :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse"><b>. . . . . . . . . . . . . . .</b></div> +<div class="verse">Connoît <i>les lunaisons</i>, prophétise l’orage,</div> +<div class="verse">Et même du latin jadis eut quelque usage.</div> +</div> + +</div> +<p>Sur les lunaisons, et principalement sur la fameuse doctrine +du général Bugeaud, déjà pressentie dans les <i>Géorgiques</i> +de Virgile, V. <i>Le Vieux-Neuf</i>, 2<sup>e</sup> édit., t. III, p. 555, +note.</p> +</div> +<p>On divise chacune des douze lunaisons de +l’année en quatre parties. Le commencement de +la première s’appelle nouvelle Lune, dans lequel +elle se trouve en conjonction avec le Soleil, +c’est-à-dire située dans un même point du Ciel. +Le second se nomme premier quartier, lors duquel +<span class="pagenum" id="p215">-215-</span> il y a entre elle et le Soleil un quart du +Ciel. Le troisième est nommé pleine Lune, lorsqu’étant +opposée au Soleil, il y a la moitié du +Ciel entre les deux. Et le quatrième fait le dernier +quartier, dont le premier jour est le milieu +de sa déclinaison.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h3>JEUNES ET SOLEMNITEZ.</h3> + + +<p>Par rapport aux institutions ecclésiastiques, +les jours peuvent être généralement divisez en +jours libres et en jours prescrits.</p> + +<p>Les jours libres sont ceux dans lesquels on +peut user indistinctement de toutes sortes d’aliments, +et s’occuper indifféremment à toutes espèces +de négociations et de travaux.</p> + +<p>Les jours prescrits sont ceux qui sont ordonnez +pour les jeûnes et pour les solemnitez. Dans +les uns les viandes grasses sont prohibées, dans +les autres il faut s’abstenir du travail pour vaquer +plus assiduement au culte divin.</p> + +<p>De même qu’il y a des jeûnes et des solemnitez +fixes dans le Calendrier, il y en a aussi de +mobiles qui changent chaque année par rapport +à leurs dattes et on peut dire même que les +Dimanches sont des fêtes d’une troisième espèce +qu’on peut appeler mixtes : car si d’un côté ils +peuvent être considérés comme fixes, en cela +qu’ils sont toujours solemnisez le premier jour +de la semaine, ils ont d’ailleurs ceci de commun +avec les Fêtes mobiles qu’ils changent de dattes +chaque année, d’où vient qu’on est obligé de +les désigner dans le Calendrier par la lettre Dominicale, +à la différence des autres fêtes qui sont +<span class="pagenum" id="p216">-216-</span> seulement désignées par des lettres italiques, de +même que les jours de jeûne.</p> + +<p>La plus grande fête des chrétiens est celle de +Pâques, qui est d’autant plus considérable entre +les Fêtes mobiles que c’est elle qui règle toutes +les autres<a id="FNanchor_689" href="#Footnote_689" class="fnanchor">[38]</a>, aussi bien que les jeûnes qui sont +assujettis au changement de dattes ; c’est pourquoi, +quand on sçait le jour de sa célébration +pour une certaine année, on peut sçavoir en +quoi le Calendrier de cette année là peut être +différent de celuy de l’année précédente, y ayant +toujours le même nombre de jours entre deux +jeûnes ou deux fêtes mobiles.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_689" href="#FNanchor_689"><span class="label">[38]</span></a> Champollion-Figeac dit à peu près de même p. 161 : +« On s’est surtout proposé parmi les Chrétiens de régler la +célébration de la Pâque, de laquelle dépendent les jours de +toutes les autres fêtes mobiles. »</p> +</div> +<p>Le Concile de Nicée<a id="FNanchor_690" href="#Footnote_690" class="fnanchor">[39]</a> qui, entre autres choses, +fut assemblé pour régler la fête de Pâques, ordonna +qu’elle seroit célébrée le premier Dimanche +d’après le 14<sup>e</sup> jour de la Lune du premier mois ; +en sorte néanmoins que ce 14<sup>e</sup> jour de la Lune +se trouvant être au Dimanche, elle fut remise au +Dimanche suivant, et déclara que par ce premier +mois on devoit entendre celuy dont la 14<sup>e</sup> lune +tomboit au jour de l’Équinoxe du Printemps ou +immédiatement après<a id="FNanchor_691" href="#Footnote_691" class="fnanchor">[40]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_690" href="#FNanchor_690"><span class="label">[39]</span></a> Nous avons, à propos de la réforme julienne qu’il +adopta, parlé déjà de ce Concile qui se tint en l’année 325.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_691" href="#FNanchor_691"><span class="label">[40]</span></a> Il sera plus clair de dire, avec M. Legoarant, qu’il +fut décidé par le Concile que Pâques seroit toujours célébré +le premier dimanche d’après la pleine Lune qui suit l’équinoxe +de Printemps, c’est-à-dire le 21 mars. « Pâques ne +peut ainsi, dit-il, se trouver plus tôt que le 22 mars, ou +plus tard que le 25 avril. »</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p217">-217-</span> Quelqu’un pourrait souhaiter une plus ample +explication de cette doctrine ; mais, comme je +l’ai déjà dit, ce n’est pas ici un livre de science, +c’est seulement un Manuel dans lequel on ne doit +trouver que l’effet de la science, c’est-à-dire +une réduction précise des utilitez qu’elle peut +fournir ; c’est pourquoi j’estime qu’il suffira de +marquer ici suivant la coutume les dattes des +Jeûnes et des Fêtes mobiles.</p> + +<p>La Septuagésime, qui est le dixième Dimanche +d’avant Pâques, et qui sert à l’ordre des prières +ecclésiastiques, sera cette année le 3 février. +Les Cendres, qui est le premier jour de Carême, +le 20 du même mois, Pâques le 6 avril, les Rogations +le 12, l’Ascension le 15 et la Pentecôte +le 25 May, la Trinité le 1<sup>er</sup> et la Fête-Dieu le +5 juin, et le premier Dimanche de l’Avent le +30 novembre.</p> + +<p>A l’égard des Quatre-Temps, en chacun desquels +l’Eglise a ordonné trois jours de jeûne, ils +seront cette année en Mars les 26, 28 et 29, et +en May les 28, 30 et 31, en Septembre les 17, +19 et 20, et en Décembre les mêmes jours.</p> + +<p>Les Vigiles des Fêtes mobiles, aussi bien que +des autres, sont marquées dans le Calendrier.</p> + +<p>Il est bon de dire ici que par le respect qu’on +doit à la Fête de Pâques et à celle de Noël, +l’Eglise défend les noces depuis le jour des Cendres +jusqu’au premier Dimanche d’après Pâques +qu’on nomme Quasimodo, et depuis le premier +jour de l’Avent jusqu’aux Rois.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p218">-218-</span></p> + +<h4>JANVIER</h4> + +<p class="drap">Ainsi nommé à cause du dieu +Janus à qui son premier +jour avoit été consacré par +les Romains.</p> + +<div class="flex"> +<table> +<tr><td class="r"><div>1</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">La Circoncision</td></tr> +<tr><td class="r"><div>2</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Ulric</td></tr> +<tr><td class="r"><div>3</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Geneviève</td></tr> +<tr><td class="r"><div>4</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Tite év.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>5</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Siméon</td></tr> +<tr><td class="r"><div>6</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap"><i>Les Rois</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>7</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">Prem. Noc.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>8</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Lucien</td></tr> +<tr><td class="r"><div>9</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Julien</td></tr> +<tr><td class="r"><div>10</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Guill.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>11</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Théod.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>12</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Paul H.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>13</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Hilaire</td></tr> +<tr><td class="r"><div>14</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. N. de J.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>15</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Maur</td></tr> +<tr><td class="r"><div>16</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Marcel</td></tr> +<tr><td class="r"><div>17</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Antoine</td></tr> +<tr><td class="r"><div>18</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">Ch. S. P.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>19</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Denis P.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>20</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Sébastien</td></tr> +<tr><td class="r"><div>21</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Agnès</td></tr> +<tr><td class="r"><div>22</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Vincent</td></tr> +<tr><td class="r"><div>23</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Emer</td></tr> +<tr><td class="r"><div>24</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Timothée</td></tr> +<tr><td class="r"><div>25</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">Conv. S. Paul</td></tr> +<tr><td class="r"><div>26</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Polycarpe</td></tr> +<tr><td class="r"><div>27</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. J. Chr.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>28</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Charles</td></tr> +<tr><td class="r"><div>29</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Fr. de S.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>30</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Batilde</td></tr> +<tr><td class="r"><div>31</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Pierre N.</td></tr> +</table> +</div> + +<p class="c">Le lever +et le coucher +du Soleil +avec la durée des jours +et des nuits.</p> + +<p>Le premier de ce mois le jour +qui sera de 8 heures 12 minuttes +paraîtra à 5 heures un quart 9 minuttes.</p> + +<p>La nuit qui sera de 15 heures +3 quarts 2 minuttes terminera le +jour à 6 h. 7 minuttes.</p> + +<p>Le Soleil qui entrera au 0 degré +37 minuttes du Capricorne et qui +déclinera au midi de 19 degrez +3 minuttes se lèvera à 7 heures +3 quarts 14 minuttes et se couchera +à 4 heures 7 minuttes.</p> + +<hr> + + +<p>Le 10 de ce mois, le jour qui +sera de 8 h. un quart 10 m. paroîtra +à 5 h. 49 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 15 h. et +demi 3 m. terminera le jour à +6 h. 12 minuttes.</p> + +<p>Le Soleil qui entrera au 19 degré +9 min. du Capricorne et qui déclinera +au midi de 19 degrez 49 m. +se lèvera à 7 h. 3 quarts 9 minuttes +et se couchera à 4 heures +10 minuttes.</p> + +<hr> + + +<p>Le 20 de ce mois, le jour qui +sera de 8 h. et demi paroîtra à +5 h. et demi 11 minuttes.</p> + +<p>La nuit qui sera de 15 h. un +quart 3 m. terminera le jour à +6 h. 1 quart 4 minuttes.</p> + +<p>Le Soleil qui entrera au 10 degré +16 min. du Verseau et qui déclinera +au midi de 18 degrez 10 m. +se lèvera à 7 h. 3 quarts moins +4 m. et se couchera à 4 h. 1 quart +6 m.</p> + + +<p class="c">Les Phases +ou apparences +de la Lune +et la variation +des dispositions de l’air.</p> + +<p class="noindent">🌑︎ Pleine lune le 4 de ce mois à +3 h. 9 minuttes du matin.</p> + +<p>Temps couvert et nuageux, puis +serain et tempéré par les vents du +couchant, et derechef chargé de +brouillard.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">☾︎ Dernier quartier le 10 à 4 h. +39 min. du soir.</p> + +<p>Obscurité de l’air, brouillard et +neige fondue pendant le jour à +cause du vent du nord, et quelque +sérénité la nuit à cause des vents +du midi qui soufleront alternativement +avec ceux là.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle lune le 18 à 10 h. +12 min. du matin.</p> + +<p>Apparence de gelée et ensuite +temps variable et matinées sombres, +froides et humides, avec +quelques neiges et pluies.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">☽︎ Premier quartier le 26 à midi +et demi 18 min.</p> + +<p>Temps venteux, inconstant et le +plus souvent couvert, avec pluies, +neiges, gresil et frimais.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p220">-220-</span></p> + +<h4>FÉVRIER</h4> + +<p class="drap">Nom qui vient de Februare, qui +signifie expier, à cause que le +premier jour de ce mois les Romains +offroient des sacrifices +d’expiation pour les Morts.</p> + +<div class="flex"> +<table> +<tr><td class="r"><div>1</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Ignace</td></tr> +<tr><td class="r"><div>2</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap"><i>Purification</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>3</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap"><i>Septuagésime</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>4</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Gilbert</td></tr> +<tr><td class="r"><div>5</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Agathe</td></tr> +<tr><td class="r"><div>6</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Dorot.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>7</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Romual</td></tr> +<tr><td class="r"><div>8</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Paul év.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>9</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Apoll.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>10</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap"><i>Sexagésime</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>11</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Severin</td></tr> +<tr><td class="r"><div>12</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Eulalie</td></tr> +<tr><td class="r"><div>13</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Polyc.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>14</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Valent.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>15</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Faustin</td></tr> +<tr><td class="r"><div>16</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Lucian</td></tr> +<tr><td class="r"><div>17</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap"><i>Quinquag</i>.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>18</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Siméon</td></tr> +<tr><td class="r"><div>19</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap"><i>Mardy gras</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>20</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap"><i>Les Cendres</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>21</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">29 Mart.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>22</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">Chair S. P.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>23</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>24</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap"><i>Quadrag.</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>25</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap"><i>S. Mathias</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>26</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Alexis</td></tr> +<tr><td class="r"><div>27</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap"><i>4 Temps</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>28</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Firmin</td></tr> +<tr><td class="r"><div>29</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap"><i>S. Aven.</i></td></tr> +</table> +</div> +<p>Epacte XII</p> + +<p>Lett. Dom. F E</p> + + +<p class="c">Le lever +et le coucher +du Soleil +avec la durée des jours +et des nuits.</p> + +<p>Le premier de ce mois, le jour +qui sera de 9 h. un quart paroîtra +à 5 h. un quart 13 minuttes.</p> + +<p>La nuit qui sera de 14 heures +3 quarts terminera le jour à 6 h. +et demi 2 minuttes.</p> + +<p>Le Soleil qui entrera au 13 degré +9 min. du Verseau et qui déclinera +au midi de 17 degrez 15 m. se +lèvera à 7 h. un quart 8 m. et se +couchera à 4 h. et demi 7 min.</p> + +<hr> + + +<p>Le 10 de ce mois, le jour qui +sera de 9 h. 43 m. paroîtra à +5 h. 1 quart 1 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 14 h. +14 m. terminera le jour à 6 h. et +demi 14 m.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 21 degré +35 m. du Verseau et qui déclinera +au midi de 14 degrez 33 min. se +lèvera à 7 h. 9 m. et se couchera +à 4 h. 3 quarts 6 m.</p> + +<hr> + + +<p>Le 20 de ce mois, le jour qui +sera de 10 h. 1 quart 1 m. paroîtra +à 5 h. 2 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 13 h. et +demi 14 m. terminera le jour à +6 h. 3 quarts 13 m.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 1<sup>er</sup> degré +40 m. des Poissons et qui déclinera +au midi de 10 degrez 49 m. se +lèvera à 6 h. 3 quarts 7 m. et se +couchera à 5 h. 8 m.</p> + + +<p class="c">Les Phases +ou apparences +de la Lune +et la variation +des dispositions de l’air.</p> + +<p class="noindent">🌑︎ Pleine Lune le 2 à 2 h. 40 m. +après midi.</p> + +<p>Froid humide avec pluyes et +neiges, principalement la nuit et +le matin, les jours étant plus tempérés +par les vents du Midi.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">☾︎ Dernier quartier le 9 à 5 h. +44 m. du matin.</p> + +<p>Temps serain, puis venteux et +ensuite couvert avec quelques neiges +et brouillards.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 17 à 10 h. +40 m. du soir.</p> + +<p>Nuages et sérénité par intervales +avec apparence de gelée, et ensuite +brouillard le matin, pluyes et neiges +fondues.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">☽︎ Premier Quartier le 24 à 6 h. +26 m. du matin.</p> + +<p>Temps venteux, nuageux et variable +et ensuite quelque apparence +de beau temps.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p222">-222-</span></p> + +<h4>MARS</h4> + +<p class="drap">Ainsi nommé à cause du dieu Mars +supposé père de Romulus, auquel +il avait été consacré comme +premier mois de l’année.</p> + +<div class="flex"> +<table> +<tr><td class="r"><div>1</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Aubin</td></tr> +<tr><td class="r"><div>2</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap"><i>Reminisc.</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>3</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Martin</td></tr> +<tr><td class="r"><div>4</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Casim.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>5</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Phocas</td></tr> +<tr><td class="r"><div>6</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Cole.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>7</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. I. d’A.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>8</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. I. de D.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>9</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap"><i>Oculi</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>10</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">40 Mart.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>11</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Mar.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>12</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Soter.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>13</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Eufras.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>14</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Lubli</td></tr> +<tr><td class="r"><div>15</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Mar.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>16</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap"><i>Lætare</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>17</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Patr.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>18</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Cyril</td></tr> +<tr><td class="r"><div>19</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Joseph</td></tr> +<tr><td class="r"><div>20</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Joachim</td></tr> +<tr><td class="r"><div>21</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Leno.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>22</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Theo.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>23</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap"><i>Judica</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>24</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Gabr.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>25</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap"><i>An. N.-D.</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>26</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Victo.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>27</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. J. d’E.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>28</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Gont.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>29</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Rufe.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>30</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap"><i>S. Paupin</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>31</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Balbe</td></tr> +</table> +</div> + +<p class="c">Le lever +et le coucher +du Soleil +avec la durée des jours +et des nuits.</p> + +<p>Le premier de ce mois, le jour +qui sera de 10 h. 5 m. paroîtra à +4 h. 3 quarts.</p> + +<p>La nuit qui sera de 13 h. 9 m. +terminera le jour à 7 h. 1 quart +1 m.</p> + +<p>Le Soleil qui entrera au 10 degré +42 m. des Poissons et qui déclinera +au midi de 7 degrez 22 m. +se lèvera à 6 h. et demi 4 m. et +se couchera à 5 h. 1 quart 11 minuttes.</p> + +<hr> + + +<p>Le 10 de ce mois, le jour qui +sera de 11 h. 1 quart 9 min. paroîtra +à 4 h. 14 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 12 h. et +demi 6 m. terminera le jour à +7 h. et demi 2 m.</p> + +<p>La Soleil qui entrera au 19 +degré 39 m. des Poissons et qui +déclinera au midi de 3 degrez +59 m. se lèvera à 6 h. 1 quart +3 m. et se couchera à 5 h. et +demi 12 m.</p> + +<hr> + + +<p>Le 20 de ce mois, le jour qui +sera de 12 h. paroîtra à 4 h. +7 m.</p> + +<p>La nuit qui sera aussi de 12 h. +terminera le jour à 7 h. 3 quarts +9 m.</p> + +<p>Le Soleil qui entrera au 29 +degré 33 m. des Poissons et qui +déclinera au midi de 4 m. se lèvera +à 6 h. et se couchera le jour +à pareille heure.</p> + + +<p class="c">Les Phases +ou apparences +de la Lune +et la variation +des dispositions de l’air.</p> + +<p class="noindent">🌑︎ Pleine Lune le 3 à 5 h. 8 m. +du matin.</p> + +<p>Temps inconstant, quelquefois +serain et plus souvent couvert, +nuageux et pluvieux.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">☾︎ Dernier Quartier le 9 à 7 h. +40 m. du soir.</p> + +<p>Apparence de beau temps, puis +vents humides, et souvent brouillard +le matin.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 7 à 10 h. +40 m. du soir.</p> + +<p>Temps sombre et nuageux suivi +de grands vents qui commenceront +la sérénité, mais quelquefois interrompue +par de petites pluyes.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">☽︎ Premier Quartier le 25 à 1 h. +52 m. après midi.</p> + +<p>Froid qui sera bientôt suivi de +grandes humidités et de nuages.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p224">-224-</span></p> + +<h4>AVRIL</h4> + +<p class="drap">D’<span lang="la" xml:lang="la">Aperire</span> qui signifie ouvrir, +le germe des plantes commençant +dans ce mois à ouvrir +le sein de la terre.</p> + +<div class="flex"> +<table> +<tr><td class="r"><div>1</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> M. Eg.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>2</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. François de P.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>5</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Rich.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>4</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap"><i>Vendredi-Saint.</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>5</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Vine F.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>6</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap"><i>Pasques</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>7</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Epiph.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>8</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Perpet.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>9</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Hugu.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>10</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Panc.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>11</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Léon</td></tr> +<tr><td class="r"><div>12</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Zenon</td></tr> +<tr><td class="r"><div>13</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap"><i>Quasimodo</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>14</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap"><i>Noces</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>15</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Basil.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>16</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Pater.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>17</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Theo.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>18</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Proco.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>19</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Hege.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>20</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Elut.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>21</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Anselme</td></tr> +<tr><td class="r"><div>22</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Opp.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>23</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. George</td></tr> +<tr><td class="r"><div>24</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. George</td></tr> +<tr><td class="r"><div>25</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Marcé.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>26</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Robe.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>27</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Anti.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>28</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Vital</td></tr> +<tr><td class="r"><div>29</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Calix</td></tr> +<tr><td class="r"><div>30</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Eutr.</td></tr> +</table> +</div> + +<p class="c">Le lever +et le coucher +du Soleil +avec la durée des jours +et des nuits.</p> + +<p>Le premier de ce mois, le jour +qui sera de 12 h. 40 m. paroîtra +à 3 h. et demi 12 minuttes.</p> + +<p>La nuit qui sera de 11 heures +10 minuttes terminera le jour à +11 h. 1 quart 3 m.</p> + +<p>Le Soleil qui entrera au 11 degré +21 du Bellier et qui déclinera de +4 degrez 22 m. se lèvera à 5 h. +et demi 8 m. et se couchera à +6 h. 1 quart 7 m.</p> + +<hr> + + +<p>Le 10 de ce mois, le jour qui +sera de 13 h. 1 quart 1 m. paroîtra +à 4 h. 48 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 10 heures +3 quarts terminera le jour à 9 h. +11 m.</p> + +<p>Le Soleil qui entrera au 20 +degré 9 m. du Bellier et qui déclinera +au nord de 7 degrez 51 m. +se lèvera à 5 h. 1 quart 7 min. +et se couchera à 6 heures et demi +9 m.</p> + +<hr> + + +<p>Le 20 de ce mois, le jour qui +sera de 13 h. 3 quarts 10 m. paroîtra +à 2 h. 3 quarts 10 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 10 heures +7 m. terminera le jour à 9 heures +6 m.</p> + +<p>Le Soleil qui entrera au 19 degré +52 m. du Bellier et qui déclinera +au nord de 11 degrez 31 m. se +lèvera à 5 h. 3 m. et se couchera +à 6 h. 3 quarts 12 m.</p> + + +<p class="c">Les Phases +ou apparences +de la Lune +et la variation +des dispositions de l’air.</p> + +<p class="noindent">🌑︎ Pleine Lune le 1 à 9 h. 3 m. +du matin.</p> + +<p>Temps agréable mais de peu de +durée, car il se couvrira encore de +nuages épais, après quoy nous aurons +quelque sérénité.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">☾︎ Dernier Quartier le 8 à midi et +demi 2 m.</p> + +<p>Nuages et brouillards, puis beau +temps, interrompu par quelques +brouines.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 16 à 3 h. +16 m. après midi.</p> + +<p>Renouvellement de beau temps +mais un peu froid pour la saison, +puis nuageux et venteux.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">☽︎ Premier Quartier le 30 à 5 h. +59 m. après midi.</p> + +<p>Temps couvert, puis grands +vents qui amèneront de la sérénité.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p226">-226-</span></p> + +<h4>MAY</h4> + +<p class="drap">De <span lang="la" xml:lang="la">Majores</span>, surnom des anciens +citoiens romains à qui +Romulus avoit consacré ce +mois.</p> + +<div class="flex"> +<table> +<tr><td class="r"><div>1</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. I. S. Ph.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>2</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Athanase</td></tr> +<tr><td class="r"><div>3</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">Inv. de la S<sup>te</sup> Croix</td></tr> +<tr><td class="r"><div>4</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Monique</td></tr> +<tr><td class="r"><div>5</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Godart</td></tr> +<tr><td class="r"><div>6</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. I. P. L.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>7</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Stanislas</td></tr> +<tr><td class="r"><div>8</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">Apo. S. M.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>9</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">Tr. S. Nic.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>10</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Gord.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>11</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Mam.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>12</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap"><i>Rogations</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>13</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">St Servais</td></tr> +<tr><td class="r"><div>14</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Boniface.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>15</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">Ascension</td></tr> +<tr><td class="r"><div>16</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Honoré</td></tr> +<tr><td class="r"><div>17</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Rest.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>18</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Venant</td></tr> +<tr><td class="r"><div>19</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. P. Cel.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>20</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Bernard</td></tr> +<tr><td class="r"><div>21</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Gabriel</td></tr> +<tr><td class="r"><div>22</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Hélène</td></tr> +<tr><td class="r"><div>23</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Julienne</td></tr> +<tr><td class="r"><div>24</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>25</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">Pentecostes</td></tr> +<tr><td class="r"><div>26</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Ph. N.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>27</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Ildevert</td></tr> +<tr><td class="r"><div>28</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap"><i>4 Temps</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>29</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Max.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>30</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Félix</td></tr> +<tr><td class="r"><div>31</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Petr.</td></tr> +</table> +</div> + +<p class="c">Le lever +et le coucher +du Soleil +avec la durée des jours +et des nuits.</p> + +<p>Le premier de ce mois, le jour +qui sera de 14 h. paroîtra à 1 h. +1 quart 13 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 9 h. 10 m. +terminera le jour à 9 h. et demi +4 m.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 20 degré +19 m. du Taureau et qui déclinera +au nord de 15 degrez 10 m. se +lèvera à 4 h. 3 quarts 3 minuttes +et se couchera à 7 h. 12 m.</p> + +<hr> + + +<p>Le 10 de ce mois, le jour qui +sera de 14 h. 3 quarts 12 m. paroîtra +à 2 h. 3 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 9 h. 9 m. +terminera le jour à 9 h. 3 quarts +14 m.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 19 degré +8 m. du Taureau et qui déclinera +au nord de 17 degrez 30 m. se +lèvera à 4 h. et demi 4 m. et se +couchera à 7 h. un quart 7 m.</p> + +<hr> + + +<p>Le 20 de ce mois, le jour qui +sera de 15 h. 10 m. paroîtra à +1 h. et demi après minuit.</p> + +<p>La nuit qui sera de 8 heures +3 quarts 6 m. terminera le jour à +10 h. 1 quart 3 m.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 28 degré +12 m. du Taureau et qui déclinera +au nord de 19 degrez 58 min. se +lèvera à 4 h. et demi 5 m. et se +couchera à 7 heures un quart 10 +minuttes.</p> + + +<p class="c">Les Phases +ou apparences +de la Lune +et la variation +des dispositions de l’air.</p> + +<p class="noindent">☾︎ Dernier Quartier le 8 à 4 h. +16 min. du matin.</p> + +<p>Beau temps, puis vent froid mais +agréable qui sera suivi de rosées +abondantes.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 16 à 5 h. +58 m. du matin.</p> + +<p>Obscuritez et nuages suivis de +quelques pluies et après d’une +agréable sérénité.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">☽︎ Premier quartier le 21 à 8 h. +58 m. du matin.</p> + +<p>Continuation de beau temps +dont le calme sera à la fin troublé +par de grands vents.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">🌑︎ Pleine Lune le 30 à 4 h. 1 m. +du matin.</p> + +<p>Temps pluvieux et obscur qui +s’éclaircira par un vent modéré de +peu de durée.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p228">-228-</span></p> + +<h4>JUIN</h4> + +<p class="drap">De <span lang="la" xml:lang="la">Juniores</span>, surnom de la jeunesse +romaine à qui ce +mois fut consacré par Romulus.</p> + +<div class="flex"> +<table> +<tr><td class="r"><div>1</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap"><i>La Trinité</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>2</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Marce.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>3</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Clo.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>4</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Optat.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>5</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap"><i>Feste de D.</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>6</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Claude</td></tr> +<tr><td class="r"><div>7</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Gilles</td></tr> +<tr><td class="r"><div>8</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Médard</td></tr> +<tr><td class="r"><div>9</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Prime</td></tr> +<tr><td class="r"><div>10</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Laud</td></tr> +<tr><td class="r"><div>11</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Barnabé</td></tr> +<tr><td class="r"><div>12</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap"><i>Oct. F. D.</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>13</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. A. de P.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>14</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Basile</td></tr> +<tr><td class="r"><div>15</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Modeste</td></tr> +<tr><td class="r"><div>16</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Cyr</td></tr> +<tr><td class="r"><div>17</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Guy</td></tr> +<tr><td class="r"><div>18</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Mar.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>19</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. G. S. P.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>20</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Sylv.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>21</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Levir.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>22</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Paulin.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>23</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>24</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">N. S. I. B.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>25</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">Tr. S. El.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>26</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. I. S. P.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>27</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Ladis.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>28</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>29</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. P. S. P.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>30</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Martial</td></tr> +</table> +</div> + +<p class="c">Le lever +et le coucher +du Soleil +avec la durée des jours +et des nuits.</p> + +<p>Le premier de ce mois, le jour +qui sera de 15 h. et demi 2 m. +paraîtra à 5 h. 6 minuttes après +minuit.</p> + +<p>La nuit qui sera de 8 h. 1 quart +3 m. terminera le jour à 7 heures +4 m.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 7 degré +8 m. des Gemeaux et qui déclinera +au nord de 2 degrez 59 minuttes +se lèvera à 4 h. 9 m. et +se couchera à 7 h. 3 quarts 6 m.</p> + +<hr> + + +<p>Le 10 de ce mois, le jour qui +sera de 15 h. 51 m. paroîtra à +minuit 10 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 8 h. 9 m. +terminera le jour à 7 h. 3 quarts +7 m.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 18 degré +42 m. des Gemeaux et qui déclinera +au nord de 23 degrez 2 m. +se lèvera à 4 h. 3 m. et se couchera +à 7 h. 3 quarts 12 m.</p> + +<hr> + + +<p>Le 20 de ce mois, le jour qui +sera de 15 h. 3 quarts 14 m. ne +sera pas exactement terminé par +la nuit, y ayant pendant toutes les +24 h. du jour naturel un peu de +lumière sur l’horison.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 28 degré +23 m. des Gemeaux et qui déclinera +au nord de 23 degrez 29 m. +se lèvera à 4 h. 1 m. et se couchera +à 8 h. moins 1 m.</p> + + +<p class="c">Les Phases +ou apparences +de la Lune +et la variation +des dispositions de l’air.</p> + +<p class="noindent">☾︎ Dernier Quartier le 6 à 9 h. +19 m. du soir.</p> + +<p>Beau temps, puis venteux avec +quelques orages et éclairs.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 14 à 4 h. +58 m. après midi.</p> + +<p>Apparence de beau temps qui +sera changée peu après par des +nuages, pluyes et tonnerre.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">☽︎ Premier Quartier le 21 à midi +et demi 7 m.</p> + +<p>Temps agréable avec chaleur, +puis ensuite venteux et nuageux.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">🌑︎ Pleine Lune le 28 à 2 h. 32 m. +après midi.</p> + +<p>Nuages épais, auxquels succédera +une agréable sérénité.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p230">-230-</span></p> + +<h4>JUILLET</h4> + +<p class="drap">Ainsi nommé pour honorer la +naissance de Jules César, à +qui il fut consacré.</p> + +<div class="flex"> +<table> +<tr><td class="r"><div>1</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Thiba.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>2</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">V. N. D.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>3</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Anato</td></tr> +<tr><td class="r"><div>4</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">Tr. S. Ma.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>5</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Elisa.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>6</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Lucie</td></tr> +<tr><td class="r"><div>7</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Marc</td></tr> +<tr><td class="r"><div>8</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Tholar.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>9</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Thibaut</td></tr> +<tr><td class="r"><div>10</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">7 fr. Mart.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>11</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Benoist</td></tr> +<tr><td class="r"><div>12</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Prix</td></tr> +<tr><td class="r"><div>13</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Tutia.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>14</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Bonav.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>15</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Henry</td></tr> +<tr><td class="r"><div>16</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">N.-D. M. C.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>17</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Alexis</td></tr> +<tr><td class="r"><div>18</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Clair</td></tr> +<tr><td class="r"><div>19</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Arsène</td></tr> +<tr><td class="r"><div>20</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Marg.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>21</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Victor</td></tr> +<tr><td class="r"><div>22</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Made.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>23</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Apos.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>24</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap"><i>Jours canic.</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>25</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Iac. S. C.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>26</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">Tr. S. Mar.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>27</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Pantal.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>28</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Anne</td></tr> +<tr><td class="r"><div>29</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Matth.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>30</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Abdon.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>31</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Germ.</td></tr> +</table> +</div> + +<p class="c">Le lever +et le coucher +du Soleil +avec la durée des jours +et des nuits.</p> + +<p>Le premier de ce mois le jour +qui sera de 15 h. 3 quarts 6 m. +paroîtra à 1 quart 7 min. après +minuit.</p> + +<p>La nuit qui sera de 8 h. 8 m. +terminera le jour à 7 h. et demi +9 m.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 8 degré +8 m. du Cancer et qui déclinera +au nord de 13 degrez 12 m. se +lèvera à 4 h. 4 m. et se couchera +à 7 h. 3 quarts 7 m.</p> + +<hr> + + +<p>Le 10 de ce mois, le jour qui +sera de 15 h. et demi 10 m. paroîtra +à 3 quarts 12 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 8 heures +1 quart 6 m. terminera le jour à +7 h. 4 m.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 17 degré +12 m. du Cancer et qui déclinera +au nord de 22 degrez 20 m. se +lèvera à 4 h. 10 m. et se couchera +à 8 h. 3 quarts 5 m.</p> + +<hr> + + +<p>Le 20 de ce mois, le jour qui +sera de 15 h. 1 quart 5 m. paroîtra +à 1 heure et demi après +minuit.</p> + +<p>La nuit qui sera de 8 h. et +demi 8 min. terminera le jour à +10 h. et demi 2 m.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 26 degré +44 du Cancer et qui déclinera au +nord de 20 degrez 49 m. se lèvera +à 4 h. 1 quart 5 m. et se couchera +à 7 h. et demi 10 m.</p> + + +<p class="c">Les Phases +ou apparences +de la Lune +et la variation +des dispositions de l’air.</p> + +<p class="noindent">☾︎ Dernier Quartier le 6 à 2 h. +14 m. après midi.</p> + +<p>Continuation de beau temps, +puis apparence d’orage qui se dissipera.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 14 à 4 h. +35 m. du matin.</p> + +<p>Temps couvert, puis orage, tonnerre +et pluie en abondance.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">☽︎ Premier Quartier le 18 à 7 h. +56 m. du matin.</p> + +<p>Nuages et sérénité par intervalle +et quelquefois avec vents humides.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">🌑︎ Pleine Lune le 28 à 3 h. +19 m. du matin.</p> + +<p>Beau temps, mais qui ne sera +pas de longue durée : car le ciel +se couvrira bientôt après de nuages.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p232">-232-</span></p> + +<h4>AOUST</h4> + +<p class="drap">D’<span lang="la" xml:lang="la">Augustus</span>, ainsi nommé pour +honorer César par la fin des +guerres civiles.</p> + +<div class="flex"> +<table> +<tr><td class="r"><div>1</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. P. es L.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>2</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">N. D. An.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>3</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">Inv. S. Est.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>4</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Domin.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>5</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">N. D. N.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>6</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">Tr. N. S.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>7</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Albert</td></tr> +<tr><td class="r"><div>8</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Cyriaq.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>9</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>10</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap"><i>S. Laurent</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>11</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Tibur.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>12</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Claire</td></tr> +<tr><td class="r"><div>13</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Hypol.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>14</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>15</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">Ass. N. D.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>16</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Roch</td></tr> +<tr><td class="r"><div>17</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Iliac</td></tr> +<tr><td class="r"><div>18</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Jame</td></tr> +<tr><td class="r"><div>19</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Eusèbe</td></tr> +<tr><td class="r"><div>20</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Bern.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>21</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Rad.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>22</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Simp.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>23</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Zach.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>24</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap"><i>S. Barth.</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>25</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap"><i>S. Louis</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>26</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap"><i>fin des J. C.</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>27</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Sulpice</td></tr> +<tr><td class="r"><div>28</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Augustin</td></tr> +<tr><td class="r"><div>29</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">Déc. S. I.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>30</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Fiacre.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>31</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Mederic</td></tr> +</table> +</div> + +<p class="c">Le lever +et le coucher +du Soleil +avec la durée des jours +et des nuits.</p> + +<p>Le premier de ce mois, le jour +qui sera de 15 heures 54 m. paroîtra +à 2 h. 4 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 9 h. 6 m. +terminera le jour à 8 h. 3 quarts +13 m.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 8 degré +13 m. du Lion et qui déclinera au +nord de 18 degrez 4 m. se lèvera +à 4 h. et demi 4 m. et se couchera +à 7 h. 1 quart 11 m.</p> + +<hr> + + +<p>Le 10 de ce mois, le jour qui +sera de 14 h. 1 quart 8 minuttes +paroîtra à 2 h. et demi.</p> + +<p>La nuit qui sera de 9 h. et +demi 7 m. terminera le jour à +9 h. et demi 1 min.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 16 degré +48 m. du Lion et qui déclinera au +nord de 15 degrez 40 m. se lèvera +à 4 h. 3 quarts 3 m. et se couchera +à 7 h. 13 m.</p> + +<hr> + + +<p>Le 20 de ce mois, le jour qui +sera de 13 h. 3 quarts 9 m. paroîtra +à 2 h. 3 quarts 3 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 9 h. 6 m. +terminera le jour à 9 heures 6 minuttes.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 26 degré +28 m. du Lion et qui déclinera au +nord de 12 degrez 32 m. se lèvera +à 5 h. 3 m. et se couchera +à 6 h. 1 quart 23 m.</p> + + +<p class="c">Les Phases +ou apparences +de la Lune +et la variation +des dispositions de l’air.</p> + +<p class="noindent">☾︎ Dernier Quartier le 3 à 6 h. +32 m. du matin.</p> + +<p>Temps venteux et nuageux, puis +serain et agréable avec une chaleur +modérée.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 12 à 9 h. +58 m. du matin.</p> + +<p>Continuation du beau temps +avec augmentation de chaleur et +ensuite quelques pluyes.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">☽︎ Premier Quartier le 19 à 54 m. +du matin.</p> + +<p>Continuation de chaleur et ensuite +nuages, pluye, éclairs et +tonnerre.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">🌑︎ Pleine Lune le 28 à 6 h. 5 m. +du matin.</p> + +<p>Brouillars et matinées sombres +avec sérénité de relevée et vers le +soir.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p234">-234-</span></p> + +<h4>SEPTEMBRE</h4> + +<p class="drap">Parce qu’autrefois l’année commençant +en Mars, il étoit le +septième.</p> + +<div class="flex"> +<table> +<tr><td class="r"><div>1</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Leu. S. G.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>2</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Anton.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>5</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Serap.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>4</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Rosalie</td></tr> +<tr><td class="r"><div>5</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Victori.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>6</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Reine</td></tr> +<tr><td class="r"><div>7</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Cloud</td></tr> +<tr><td class="r"><div>8</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap"><i>Nat. N. D.</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>9</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. And. m.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>10</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Nic. T.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>11</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Prothe</td></tr> +<tr><td class="r"><div>12</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Bonav.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>13</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Mar.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>14</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">Exal. S<sup>te</sup> C.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>15</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Nico.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>16</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Cyp.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>17</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap"><i>4 Temps</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>18</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">Th. V.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>19</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Donat</td></tr> +<tr><td class="r"><div>20</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>21</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap"><i>S. Mathieu</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>22</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Mauri</td></tr> +<tr><td class="r"><div>23</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Lin pap.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>24</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Gérard</td></tr> +<tr><td class="r"><div>25</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Firmin é.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>26</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Just.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>27</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. C. et S. D.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>28</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Vinc.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>29</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap"><i>S. Michel</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>30</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Ilier.</td></tr> +</table> +</div> + +<p class="c">Le lever +et le coucher +du Soleil +avec la durée des jours +et des nuits.</p> + +<p>Le premier de ce mois, le jour +qui sera de 13 h. 10 m. paroîtra +à 3 h. 1 quart 1 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 10 heures +3 quarts 5 m. terminera le jour à +8 h. et demi 6 m.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 8 degré +2 m. de la Vierge et qui déclinera +au nord de 8 degrez 13 m. se +lèvera à 5 h. 1 quart 12 m. et +se couchera à 6 h. et demi 4 m.</p> + +<hr> + + +<p>Le 10 de ce mois, le jour qui +sera de 12 h. et demi 10 m. paroîtra +à 3 h. 3 quarts 1 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 7 heures +1 quart 6 m. terminera le jour à +8 h. 1 quart.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 6 degré +48 m. de la Vierge et qui déclinera +au nord de 4 degrez 46 m. se +lèvera à 5 h. et demi 10 m. et +se couchera à 6 h. 1 quart 3 m.</p> + +<hr> + + +<p>Le 20 de ce mois, le jour qui +sera de 12 h. 4 m. paroîtra à +4 h. 6 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 7 heures +3 quarts 7 m. terminera le jour à +7 h. 3 quarts 12 m.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 26 degré +35 m. de la Vierge et qui déclinera +au septentrion d’un degré +12 m. se lèvera à 5 h. 3 quarts +14 m. et se couchera à 6 h. 1 m.</p> + + +<p class="c">Les Phases +ou apparences +de la Lune +et la variation +des dispositions de l’air.</p> + +<p class="noindent">☾︎ Dernier Quartier le 3 à 9 h. +14 m. du soir.</p> + +<p>Temps nuageux et serain par +intervalle avec quelques brouillards +au matin.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 10 à 5 h. +59 m. après midi.</p> + +<p>Temps assez beau pour la saison, +puis venteux et nuageux.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">☽︎ Premier Quartier le 17 à 10 h. +14 m. du matin.</p> + +<p>Temps couvert et pluvieux suivi +d’une plaisante sérénité, mais un +peu froid.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">🌑︎ Pleine Lune le 25 à 10 h. +36 m. du matin.</p> + +<p>Matinées sombres et brouillards +épais qui seront dissipés par des +vents froids.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p236">-236-</span></p> + +<h4>OCTOBRE</h4> + +<p class="drap">Ainsi nommé parce qu’en +comptant par Mars il est le +huitième.</p> + +<div class="flex"> +<table> +<tr><td class="r"><div>1</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Remy</td></tr> +<tr><td class="r"><div>2</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Leger</td></tr> +<tr><td class="r"><div>3</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Ange G.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>4</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. François</td></tr> +<tr><td class="r"><div>5</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Placide</td></tr> +<tr><td class="r"><div>6</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Bruno</td></tr> +<tr><td class="r"><div>7</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Marc.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>8</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Brigid.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>9</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap"><i>S. Denis</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>10</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Fr. Bor.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>11</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Nicaise</td></tr> +<tr><td class="r"><div>12</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Maxi.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>13</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Venant</td></tr> +<tr><td class="r"><div>14</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Calixte</td></tr> +<tr><td class="r"><div>15</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Therrèse</td></tr> +<tr><td class="r"><div>16</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Gal</td></tr> +<tr><td class="r"><div>17</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Florent</td></tr> +<tr><td class="r"><div>18</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Luc é.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>19</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Pierre Al.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>20</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Capr.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>21</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Hilar.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>22</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Melon</td></tr> +<tr><td class="r"><div>23</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Cord.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>24</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Magloire</td></tr> +<tr><td class="r"><div>25</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Crespin</td></tr> +<tr><td class="r"><div>26</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Evor</td></tr> +<tr><td class="r"><div>27</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>28</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap"><i>S. Sim. S. I.</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>29</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">T. S. G.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>30</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Serap.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>31</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr> +</table> +</div> + +<p class="c">Le lever +et le coucher +du Soleil +avec la duré des jours +et des nuits.</p> + +<p>Le premier de ce mois, le jour +qui sera de 7 h. 1 quart 1 min. +paroistra à 4 h. 1 quart 12 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 12 heures +et demi 1 m. terminera le jour à +7 h. et demi 4 m.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 27 degré +des Balances et qui déclinera au +midi de 3 degrez 12 m. se lèvera +à 6 h. 1 quart 2 m. et se couchera +à 5 h. et demi 13 m.</p> + +<hr> + + +<p>Le 10 de ce mois, le jour qui +sera de 10 h. 3 quarts 10 m. paroistra +à 4 h. et demi 13 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 13 h. 6 m. +terminera le jour à 7 h. 1 quart 2 m.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 6 degré +22 m. des Balances et qui déclinera +au midi de 6 degrez 42 m. +se lèvera à 6 h. et demi 1 m. et +se couchera à 5 h. 1 quart 13 m.</p> + +<hr> + + +<p>Le 20 de ce mois, le jour qui +sera de 10 h. 1 quart 6 m. paroistra +à 5 h.</p> + +<p>La nuit qui sera de 13 h. et +demi 8 m. terminera le jour à 7 h.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 26 degré +20 m. des Balances et qui déclinera +au midi de 10 degrez 26 m. +se lèvera à 6 h. 3 quarts 4 m. et +se couchera à 5 h. 10 m.</p> + + +<p class="c">Les Phases +ou apparences +de la Lune +et la variation +des dispositions de l’air.</p> + +<p class="noindent">☾︎ Dernier Quartier le 3 à 10 h. +23 m. du matin.</p> + +<p>Continuation de brouillards et +nuages, puis temps serain et +agréable.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 10 à 2 h. +34 m. du matin.</p> + +<p>Augmentation de beau temps, +mais froid et venteux, principalement +les nuits.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">☽︎ Premier Quartier le 16 à 3 h. +40 m. du matin.</p> + +<p>Temps couvert et obscur avec +pluyes douces, par reprises suivies +de sérénité.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">🌑︎ Pleine Lune le 25 à 4 h. 2 m. +du matin.</p> + +<p>Temps clair et sec, mais froid +et venteux avec gelée blanche.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p238">-238-</span></p> + +<h4>NOVEMBRE</h4> + +<p class="drap">Encore par la raison qu’il est +le neuvième de l’année martiale.</p> + +<div class="flex"> +<table> +<tr><td class="r"><div>1</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap"><i>La Touss.</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>2</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Marcel</td></tr> +<tr><td class="r"><div>3</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap"><i>Les Trépassez</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>4</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Char. B.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>5</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Hubert</td></tr> +<tr><td class="r"><div>6</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Liénar</td></tr> +<tr><td class="r"><div>7</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Florent</td></tr> +<tr><td class="r"><div>8</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. God.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>9</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Mathur.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>10</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Mode</td></tr> +<tr><td class="r"><div>11</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Martin</td></tr> +<tr><td class="r"><div>12</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Mart. p.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>13</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. René</td></tr> +<tr><td class="r"><div>14</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Brice</td></tr> +<tr><td class="r"><div>15</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Euge</td></tr> +<tr><td class="r"><div>16</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Edmon.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>17</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Grég.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>18</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Odon.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>19</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Elisabeth</td></tr> +<tr><td class="r"><div>20</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Man.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>21</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">Pres. N. D.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>22</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Cecile</td></tr> +<tr><td class="r"><div>23</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Clément</td></tr> +<tr><td class="r"><div>24</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Chrys.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>25</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Cathe.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>26</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> G. Ar.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>27</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Severin</td></tr> +<tr><td class="r"><div>28</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Sosthen.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>29</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>30</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap"><i>S. André l’Avent</i></td></tr> +</table> +</div> + +<p class="c">Le lever +et le coucher +du Soleil +avec la durée des jours +et des nuits.</p> + +<p>Le premier de ce mois, le jour +qui sera de 9 h. et demi 10 m. +paroistra à 5 h. 7 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 14 h. 1 quart +6 m. terminera le jour à 6 h. et +demi 12 m.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 8 degré +25 min. du Scorpion et qui déclinera +au midi de 14 degrez 35 m. +se lèvera à 7 h. 10 min. et se +couchera à 5 h. 3 quarts 5 m.</p> + +<hr> + + +<p>Le 10 de ce mois, le jour qui +sera de 9 h. 12 m. paroistra à +5 h. et demi.</p> + +<p>La nuit qui sera de 14 heures +3 quarts 13 m. terminera le jour à +6 h. et demi.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 17 degré +31 min. du Scorpion et qui déclinera +au midi de 17 degrez 15 m. +se lèvera à 7 h. 1 quart 9 m. et +se couchera à 4 h. et demi 6 m.</p> + +<hr> + + +<p>Le 20 de ce mois, le jour qui +sera de 8 h. et demi 13 m. paroistra +à 5 h. et demi 7 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 15 heures +1 quart 3 m. terminera le jour à +9 h. 1 quart 4 m.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 17 degré +40 min. du Scorpion et déclinera +au midi de 19 degrez 46 m. se +lèvera à 7 h. et demi et se couchera +à 4 h. 1 quart 6 m.</p> + + +<p class="c">Les Phases +ou apparences +de la Lune +et la variation +des dispositions de l’air.</p> + +<p class="noindent">☾︎ Dernier Quartier le 1<sup>er</sup> à 9 h. +4 m. du soir.</p> + +<p>Matinées froides et humides +avec quelques brouillards qui se +dissiperont de relevée.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 8 à 46 m. +après midi.</p> + +<p>Gelées blanches assez fortes avec +quelques brouillards au matin qui +seront bientôt dissipés.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">☽︎ Premier quartier le 16 à 6 h. +26 m. du soir.</p> + +<p>Temps couvert et nuageux, puis +serain avec augmentation de froidure.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">🌑︎ Pleine Lune le 23 à 7 h. +56 m. du soir.</p> + +<p>Temps pluvieux et nuageux avec +neiges fondues, après lesquelles le +ciel s’éclaircira.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p240">-240-</span></p> + +<h4>DÉCEMBRE</h4> + +<p class="drap">Aussi parce qu’il est le +dixième de l’année Martiale.</p> + +<div class="flex"> +<table> +<tr><td class="r"><div>1</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Eloy</td></tr> +<tr><td class="r"><div>2</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Bibian.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>3</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Franc. Xav.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>4</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Barbe</td></tr> +<tr><td class="r"><div>5</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Fabas</td></tr> +<tr><td class="r"><div>6</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Nicolas</td></tr> +<tr><td class="r"><div>7</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Ambroi.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>8</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap"><i>Con. N. D.</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>9</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Nect.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>10</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Merc.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>11</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Damase</td></tr> +<tr><td class="r"><div>12</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Herm.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>13</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Luce</td></tr> +<tr><td class="r"><div>14</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Tugd.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>15</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Eusèbe</td></tr> +<tr><td class="r"><div>16</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S. Adon</td></tr> +<tr><td class="r"><div>17</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap"><i>4 Temps</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>18</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap">S. Gratien</td></tr> +<tr><td class="r"><div>19</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap">S. Valent.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>20</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. Philo.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>21</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">S. Thomas</td></tr> +<tr><td class="r"><div>22</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Zenon.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>23</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Vict.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>24</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>25</div></td> +<td>Jeudi</td> +<td class="drap"><i>Noël</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>26</div></td> +<td>Vendredi</td> +<td class="drap"><i>S. Etienne</i></td></tr> +<tr><td class="r"><div>27</div></td> +<td>Samedi</td> +<td class="drap">S. I. évang.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>28</div></td> +<td><i>Dimanche</i></td> +<td class="drap">Les SS. Inn.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>29</div></td> +<td>Lundi</td> +<td class="drap">S. Thom.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>30</div></td> +<td>Mardi</td> +<td class="drap">S<sup>te</sup> Sabe</td></tr> +<tr><td class="r"><div>31</div></td> +<td>Mercredi</td> +<td class="drap">S. Sylvestre</td></tr> +</table> +</div> + +<p class="c">Le lever +et le coucher +du Soleil +avec la durée des jours +et des nuits.</p> + +<p>Le premier de ce mois, le jour +qui sera de 8 h. 1 quart 4 min. +paroistra à 5 h. 3 quarts 6 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 15 h. et +demi 7 min. terminera le jour à +6 h. 7 min.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 8 degré +52 m. du Sagittaire et qui déclinera +au midi de 21 degrez 52 m. +se lèvera à 7 h. 3 quarts 6 m. et +se couchera à 4 h. 10 m.</p> + +<hr> + + +<p>Le 10 de ce mois, le jour qui +sera de 8 h. 10 m. paroistra à +5 h. 3 quarts 8 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 16 h. 10 m. +terminera le jour à 6 h. 6 min.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 18 degré +2 m. du Sagittaire et qui déclinera +au midi de 22 degrez 18 m. +se lèvera à 7 h. 3 quarts 7 m. et +se couchera à 4 h. 4 m.</p> + +<hr> + + +<p>Le 20 de ce mois, le jour qui +sera de 8 h. 2 m. paroistra à 5 h. +3 quarts 12 m.</p> + +<p>La nuit qui sera de 15 heures +3 quarts 13 m. terminera le jour +à 6 h. 4 m.</p> + +<p>Le Soleil qui sera au 28 degré +9 m. du Sagittaire et qui déclinera +au midi de 23 degrez 29 m. +se lèvera à 7 h. 3 quarts 13 m. +et se couchera à 4 h. 2 m.</p> + + +<p class="c">Les Phases +ou apparences +de la Lune +et la variation +des dispositions de l’air.</p> + +<p class="noindent">☾︎ Dernier Quartier le 1<sup>er</sup> à 6 h. +53 m. du matin.</p> + +<p>Gelées blanches et brouillards, +puis augmentation de froidure.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 8 à 1 h. du +matin.</p> + +<p>Temps clair, mais froid, avec +gelée assez forte et vents rudes.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">☽︎ Premier Quartier le 15 à 2 h. +50 m. après midi.</p> + +<p>Continuation de froidure avec +apparence de neige qui se dissipera.</p> + +<hr> + + +<p class="noindent">🌑︎ Pleine lune le 23 à 2 h. 2 m. +après midi.</p> + +<p>Temps couvert et nuageux, puis +neiges fondues et menues pluyes.</p> + +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p242">-242-</span></p> + +<h3>REMARQUES<br> +<span class="small">SUR LA DURÉE DES JOURS ET DES NUITS.</span></h3> + + +<p>Les supputations qu’on trouve dans le Calendrier +sur la durée des jours et des nuits sembleroient +contradictoires à quelques personnes si +j’obmettois d’expliquer ici comment elles doivent +être entendues : car par exemple, après avoir +dit que le premier du mois de décembre le jour +n’est que de 8 h. 1 quart 4 minuttes, je dis +ensuite qu’il paroîtra à 5 h. 3 quarts 6 minuttes +et qu’il ne sera terminé par la nuit qu’à 6 h. +7 minuttes ; ce qui suppose qu’il doit durer +onze heures 20 m. Mais, pour ôter en cela toute +l’ambiguité, il suffit de dire que la durée d’un +jour artificiel proprement pris ne s’étend que +depuis le lever jusqu’au coucher du soleil ; mais +que le temps de la lumière, qui est aussi communément +appellé jour, comprend tout l’espace +qui est depuis la première apparence de clarté +jusqu’à la nuit fermante.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h3>ECLIPSES.</h3> + + +<p>Quant la Lune dérobe à la terre la lumière du +Soleil et lorsque la Terre ôte cette même lumière +à la Lune, c’est ce qu’on nomme généralement +éclipses, qui se fait par une interposition de +l’un de ces deux corps entre l’autre et le Soleil.</p> + +<p>Pour distinguer ces deux sortes d’eclipses par +le nom, on appelle la première Eclipse de Soleil +et la deuxième Eclipse de Lune.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p243">-243-</span> Nous aurons cette année une Eclipse de Lune +le 2 et une Eclipse de Soleil le 15 février, qui +ne paroîtront pas ici, et une autre de Lune qui +paroîtra le 28 juillet à 1 h. 33 minutes 54 secondes +du matin<a id="FNanchor_692" href="#Footnote_692" class="fnanchor">[41]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_692" href="#FNanchor_692"><span class="label">[41]</span></a> On a pu remarquer que Blégny, dans son <i>Trésor des +Almanachs</i>, ne s’est permis aucune prédiction, bien que ce +fût de règle pour ces sortes de publications populaires. +Képler lui-même ne s’en étoit pas abstenu pour les <i>Almanachs</i>, +dont la vente étoit son plus sûr gagne-pain. L’astronome +alors se faisoit astrologue : « Fille de l’Astronomie, +disoit-il, l’Astrologie doit nourrir sa mère. » Au dernier +siècle, les Académies pronostiquoient aussi ; celle de Berlin, +par exemple, se faisoit avec ses prophéties un revenu dont +elle finit par avoir honte. Elles furent supprimées de l’almanach +qu’elle publioit. Il cessa de se vendre, et, l’an +d’après, pour que l’Académie pût vivre, ses prédictions +recommencèrent (Arago, <i>Astronomie populaire</i>, t. IV, +p. 740). En France, c’est par ordre et au nom du Roi +qu’elles durent disparoître. L’art. 26 de l’ordonnance d’Orléans, +du mois de janvier 1560, les défendit indirectement, +en exigeant le <i>visa</i> des évêques pour l’impression de tout +almanach. L’art. 36 de l’ordonnance de Blois, du mois de +mai 1579, fut plus formel. Il fit défense d’y insérer aucune +prédiction sur les affaires politiques. Le 28 janvier 1638, +autre ordonnance, signée de La Rochelle, qui confirme celle +de Blois, et enfin, au mois de juillet 1682, édit de Louis XIV +qui renouvelle à son tour l’ordonnance de La Rochelle, en +ne permettant de mettre aux almanachs « autre chose que +les lunaisons, éclipses et diverses dispositions et tempéraments +de l’air et déréglements d’iceluy ». C’est du reste, +les Lunaisons surtout, ce qui faisoit le fond des almanachs +et servoit de motif aux images qu’on y voyoit sur le titre : +« Imaginez-vous de voir, dit Sorel dans <i>Francion</i>, 1663, +in-12, p. 254, ces preneurs de Lune qui sont en l’almanach +de l’année passée, où les uns taschent de l’attraper avec des +échelles qui s’alongent et s’accourcissent comme l’on veut, +et les autres avec des crochets, des tenailles et des pincettes. » +L’expression « prendre la lune avec les dents » +doit être venue d’une de ces images. — Blégny, en supprimant +toute prédiction de son <i>Trésor des Almanachs</i>, tel +qu’on vient de le lire, s’étoit conformé aux ordonnances. +L’année d’auparavant il y avoit mis moins de prudence, et +quelque avertissement lui avoit sans doute été donné. Dans +ses <i>Observations et pronostications sur les apparences solaires +et lunaires</i> pour chaque mois de l’année, il avoit dit, par +exemple, sous le dernier quartier de la lune de janvier : +« <i>Réconciliation entre deux fameux ennemis</i> » ; à la pleine +lune de mars : « <i>Élévation surprenante</i> » ; à la nouvelle +lune d’avril : « Étranges événements » ; au dernier quartier +de la lune de mai : « Trahison découverte » ; à la pleine +lune de juillet : « Alliances considérables », etc., etc. +C’était aller trop loin et quelque peu enfreindre l’ordonnance +de Blois, qui vouloit qu’un almanach dût s’en tenir +à l’astrologie licite « sans y comprendre les prédictions +concernant les Estats et personnes, les affaires publiques et +particulières ».</p> +</div> +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p244">-244-</span></p> + +<h3 title="FABRIQUE ET TARIF DES NOUVELLES MONNOYES.">FABRIQUE ET TARIF<br> +<span class="small">DES NOUVELLES MONNOYES<a id="FNanchor_693" href="#Footnote_693" class="fnanchor">[42]</a>.</span></h3> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_693" href="#FNanchor_693"><span class="label">[42]</span></a> Ce tarif, dont nous avons déjà parlé plus haut, p. 67, +note 1, avoit été établi par un édit du mois de décembre +1689.</p> +</div> + +<p class="c xsmall">FABRIQUE.</p> + +<p>Les Villes de l’obéissance du Roy où l’on bat +Monnoye au nom et armes de Sa Majesté, sont +Paris qui marque A, Rouen B, Saint-Lo C<a id="FNanchor_694" href="#Footnote_694" class="fnanchor">[43]</a>, +Lion D, Tours E, Angers F, Poitiers G, Larochelle H, +Limoges I, Bordeaux K, Bayonne L, +Toulouse M, Montpellier N, Rion O, Dijon P, +Narbonne Q<a id="FNanchor_695" href="#Footnote_695" class="fnanchor">[44]</a>, Villeneuve R<a id="FNanchor_696" href="#Footnote_696" class="fnanchor">[45]</a>, Troyes S<a id="FNanchor_697" href="#Footnote_697" class="fnanchor">[46]</a>, +<span class="pagenum" id="p245">-245-</span> Arras AR, Nantes T, Amiens X, Aix et Bourges +Y, Grenoble Z, Marseille VG, Pau<a id="FNanchor_698" href="#Footnote_698" class="fnanchor">[47]</a>, Saint-Palais, +Metz, Tournay, Bezançon<a id="FNanchor_699" href="#Footnote_699" class="fnanchor">[48]</a>, Lille L, +Strasbourg, Chambéry, Reims, etc., dont on ne +sait pas les marques.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_694" href="#FNanchor_694"><span class="label">[43]</span></a> L’Hôtel des Monnoies de Saint-Lô fut un peu plus +tard transféré à Caen avec la même marque.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_695" href="#FNanchor_695"><span class="label">[44]</span></a> Ce n’est plus à Narbonne, mais à Perpignan, qu’au +<small>XVIII</small><sup>e</sup> siècle on frappa les monnoies à cette marque.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_696" href="#FNanchor_696"><span class="label">[45]</span></a> La Monnoie d’Orléans, rétablie par ordonnance d’octobre +1716, succéda à celle-ci, et les espèces y furent aussi +marquées R.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_697" href="#FNanchor_697"><span class="label">[46]</span></a> Cette marque étoit celle de Reims. Troyes marquoit V.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_698" href="#FNanchor_698"><span class="label">[47]</span></a> La Monnoie de Pau avoit pour marque un M, et en +outre un autre signe qui la rendit populaire sous le nom de +<i>monnoie à la vache</i> : « J’ai vu avant la Révolution, dit +Monteil, <i>Hist. des François des divers États</i>, in-18, t. V, +note, p. 62, rechercher les monnoies frappées à Pau, au bas +desquelles étoit empreinte l’effigie d’une vache. Le peuple +disoit que ces pièces portoient bonheur. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_699" href="#FNanchor_699"><span class="label">[48]</span></a> La marque de Besançon étoit CC, celle de Lille, non +pas L, comme on le voit ici par erreur, mais W, et celle +de Strasbourg BB.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p246">-246-</span></p> + +<p class="c xsmall">TARIF.</p> + +<p>Un louis d’or de la nouvelle Fabrique vaut +douze livres dix sols.</p> + +<div class="flex"> +<table> +<tr><td class="r"><div>2</div></td> +<td class="r"><div>25</div></td> +<td>l.</td></tr> +<tr><td class="r"><div>3</div></td> +<td class="r"><div>37</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>4</div></td> +<td class="r"><div>50</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>5</div></td> +<td class="r"><div>62</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>6</div></td> +<td class="r"><div>75</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>7</div></td> +<td class="r"><div>87</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>8</div></td> +<td class="r"><div>100</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>9</div></td> +<td class="r"><div>112</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>10</div></td> +<td class="r"><div>125</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>11</div></td> +<td class="r"><div>137</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>12</div></td> +<td class="r"><div>150</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>13</div></td> +<td class="r"><div>162</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>14</div></td> +<td class="r"><div>175</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>15</div></td> +<td class="r"><div>187</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>16</div></td> +<td class="r"><div>200</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>17</div></td> +<td class="r"><div>212</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>18</div></td> +<td class="r"><div>225</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>19</div></td> +<td class="r"><div>237</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>20</div></td> +<td class="r"><div>250</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>21</div></td> +<td class="r"><div>262</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>22</div></td> +<td class="r"><div>275</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>23</div></td> +<td class="r"><div>287</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>24</div></td> +<td class="r"><div>300</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>25</div></td> +<td class="r"><div>312</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>26</div></td> +<td class="r"><div>325</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>27</div></td> +<td class="r"><div>337</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>28</div></td> +<td class="r"><div>350</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>29</div></td> +<td class="r"><div>362</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>30</div></td> +<td class="r"><div>375</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>31</div></td> +<td class="r"><div>387</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>32</div></td> +<td class="r"><div>400</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>33</div></td> +<td class="r"><div>412</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>34</div></td> +<td class="r"><div>425</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>35</div></td> +<td class="r"><div>437</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>36</div></td> +<td class="r"><div>450</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>37</div></td> +<td class="r"><div>462</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>38</div></td> +<td class="r"><div>475</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>39</div></td> +<td class="r"><div>487</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>40</div></td> +<td class="r"><div>500</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>41</div></td> +<td class="r"><div>512</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>42</div></td> +<td class="r"><div>525</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>43</div></td> +<td class="r"><div>537</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>44</div></td> +<td class="r"><div>550</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>45</div></td> +<td class="r"><div>562</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>46</div></td> +<td class="r"><div>575</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>47</div></td> +<td class="r"><div>587</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>48</div></td> +<td class="r"><div>600</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>49</div></td> +<td class="r"><div>612</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>50</div></td> +<td class="r"><div>625</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>51</div></td> +<td class="r"><div>637</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>52</div></td> +<td class="r"><div>650</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>53</div></td> +<td class="r"><div>662</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>54</div></td> +<td class="r"><div>675</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>55</div></td> +<td class="r"><div>687</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>56</div></td> +<td class="r"><div>700</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>57</div></td> +<td class="r"><div>712</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>58</div></td> +<td class="r"><div>725</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>59</div></td> +<td class="r"><div>737</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>60</div></td> +<td class="r"><div>750</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>61</div></td> +<td class="r"><div>762</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>62</div></td> +<td class="r"><div>775</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>63</div></td> +<td class="r"><div>787</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>64</div></td> +<td class="r"><div>800</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>65</div></td> +<td class="r"><div>812</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>66</div></td> +<td class="r"><div>825</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>67</div></td> +<td class="r"><div>837</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>68</div></td> +<td class="r"><div>850</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>69</div></td> +<td class="r"><div>862</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>70</div></td> +<td class="r"><div>875</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>71</div></td> +<td class="r"><div>887</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>72</div></td> +<td class="r"><div>900</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>73</div></td> +<td class="r"><div>912</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>74</div></td> +<td class="r"><div>925</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>75</div></td> +<td class="r"><div>937</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>76</div></td> +<td class="r"><div>950</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>77</div></td> +<td class="r"><div>962</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>78</div></td> +<td class="r"><div>975</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>79</div></td> +<td class="r"><div>987</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>80</div></td> +<td class="r"><div>1000</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>81</div></td> +<td class="r"><div>1012</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>82</div></td> +<td class="r"><div>1025</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>83</div></td> +<td class="r"><div>1037</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>84</div></td> +<td class="r"><div>1050</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>85</div></td> +<td class="r"><div>1062</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>86</div></td> +<td class="r"><div>1075</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>87</div></td> +<td class="r"><div>1087</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>88</div></td> +<td class="r"><div>1100</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>89</div></td> +<td class="r"><div>1112</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>90</div></td> +<td class="r"><div>1125</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>91</div></td> +<td class="r"><div>1137</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>92</div></td> +<td class="r"><div>1150</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>93</div></td> +<td class="r"><div>1162</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>94</div></td> +<td class="r"><div>1175</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>95</div></td> +<td class="r"><div>1187</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>96</div></td> +<td class="r"><div>1200</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>97</div></td> +<td class="r"><div>1212</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>98</div></td> +<td class="r"><div>1225</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>99</div></td> +<td class="r"><div>1237</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>100</div></td> +<td class="r"><div>1250</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>101</div></td> +<td class="r"><div>1262</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>102</div></td> +<td class="r"><div>1275</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>103</div></td> +<td class="r"><div>1287</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>104</div></td> +<td class="r"><div>1300</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>105</div></td> +<td class="r"><div>1312</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>106</div></td> +<td class="r"><div>1325</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>107</div></td> +<td class="r"><div>1337</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>108</div></td> +<td class="r"><div>1350</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>109</div></td> +<td class="r"><div>1362</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>110</div></td> +<td class="r"><div>1375</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>111</div></td> +<td class="r"><div>1387</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>112</div></td> +<td class="r"><div>1400</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>113</div></td> +<td class="r"><div>1412</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>114</div></td> +<td class="r"><div>1425</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>115</div></td> +<td class="r"><div>1437</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>116</div></td> +<td class="r"><div>1450</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>117</div></td> +<td class="r"><div>1462</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>118</div></td> +<td class="r"><div>1475</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>119</div></td> +<td class="r"><div>1487</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>120</div></td> +<td class="r"><div>1500</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>121</div></td> +<td class="r"><div>1512</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>122</div></td> +<td class="r"><div>1525</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>123</div></td> +<td class="r"><div>1537</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>124</div></td> +<td class="r"><div>1550</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>125</div></td> +<td class="r"><div>1562</div></td> +<td>10</td></tr> +<tr><td class="r"><div>150</div></td> +<td class="r"><div>1875</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>200</div></td> +<td class="r"><div>2500</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>300</div></td> +<td class="r"><div>3750</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>400</div></td> +<td class="r"><div>5000</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>500</div></td> +<td class="r"><div>6250</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>600</div></td> +<td class="r"><div>7500</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>700</div></td> +<td class="r"><div>8750</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>800</div></td> +<td class="r"><div>10000</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>900</div></td> +<td class="r"><div>11250</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>1000</div></td> +<td class="r"><div>12500</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>2000</div></td> +<td class="r"><div>25000</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>3000</div></td> +<td class="r"><div>37500</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>4000</div></td> +<td class="r"><div>50000</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>5000</div></td> +<td class="r"><div>62500</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>6000</div></td> +<td class="r"><div>75000</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>7000</div></td> +<td class="r"><div>87500</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>8000</div></td> +<td class="r"><div>100000</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>9000</div></td> +<td class="r"><div>112500</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>10000</div></td> +<td class="r"><div>125000</div></td> +<td> </td></tr> +</table> +</div> +<p>Pour évaluer les demi louis d’or on se servira +du Tarif précédent en retranchant la moitié du +nombre ; par exemple pour sçavoir ce que valent +vingt demi louis d’or, il n’y a qu’à regarder ce +que valent dix louis d’or, et lorsque le nombre +sera non pair, par exemple 21, on prendra tout +de même la valeur de dix louis d’or qui est +125 livres, et on y ajoutera 6 livres 5 sols qui +est la valeur d’un demi louis retranché, en sorte +qu’on sçaura tout d’un coup que 21 demi louis +d’or valent 131 livres 5 sols.</p> + +<hr> + + +<p>Un écu de la nouvelle Fabrique vaut 3 livres +6 sols.</p> + +<div class="flex"> +<table> +<tr><td class="r"><div>2</div></td> +<td class="r"><div>6</div></td> +<td>l. 12</td></tr> +<tr><td class="r"><div>3</div></td> +<td class="r"><div>9</div></td> +<td><span class="cc">18</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>4</div></td> +<td class="r"><div>13</div></td> +<td><span class="cc">4</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>5</div></td> +<td class="r"><div>16</div></td> +<td><span class="cc">10</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>6</div></td> +<td class="r"><div>19</div></td> +<td><span class="cc">16</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>7</div></td> +<td class="r"><div>23</div></td> +<td><span class="cc">2</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>8</div></td> +<td class="r"><div>26</div></td> +<td><span class="cc">8</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>9</div></td> +<td class="r"><div>29</div></td> +<td><span class="cc">14</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>10</div></td> +<td class="r"><div>33</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>11</div></td> +<td class="r"><div>36</div></td> +<td><span class="cc">6</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>12</div></td> +<td class="r"><div>39</div></td> +<td><span class="cc">12</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>13</div></td> +<td class="r"><div>42</div></td> +<td><span class="cc">18</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>14</div></td> +<td class="r"><div>46</div></td> +<td><span class="cc">4</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>15</div></td> +<td class="r"><div>49</div></td> +<td><span class="cc">10</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>16</div></td> +<td class="r"><div>52</div></td> +<td><span class="cc">16</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>17</div></td> +<td class="r"><div>56</div></td> +<td><span class="cc">2</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>18</div></td> +<td class="r"><div>59</div></td> +<td><span class="cc">8</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>19</div></td> +<td class="r"><div>62</div></td> +<td><span class="cc">14</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>20</div></td> +<td class="r"><div>66</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>21</div></td> +<td class="r"><div>69</div></td> +<td><span class="cc">6</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>22</div></td> +<td class="r"><div>72</div></td> +<td><span class="cc">12</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>23</div></td> +<td class="r"><div>75</div></td> +<td><span class="cc">18</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>24</div></td> +<td class="r"><div>79</div></td> +<td><span class="cc">4</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>25</div></td> +<td class="r"><div>82</div></td> +<td><span class="cc">10</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>26</div></td> +<td class="r"><div>85</div></td> +<td><span class="cc">16</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>27</div></td> +<td class="r"><div>89</div></td> +<td><span class="cc">2</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>28</div></td> +<td class="r"><div>92</div></td> +<td><span class="cc">8</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>29</div></td> +<td class="r"><div>95</div></td> +<td><span class="cc">14</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>30</div></td> +<td class="r"><div>99</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>31</div></td> +<td class="r"><div>102</div></td> +<td><span class="cc">6</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>32</div></td> +<td class="r"><div>105</div></td> +<td><span class="cc">12</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>33</div></td> +<td class="r"><div>108</div></td> +<td><span class="cc">18</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>34</div></td> +<td class="r"><div>112</div></td> +<td><span class="cc">4</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>35</div></td> +<td class="r"><div>115</div></td> +<td><span class="cc">10</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>36</div></td> +<td class="r"><div>118</div></td> +<td><span class="cc">16</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>37</div></td> +<td class="r"><div>122</div></td> +<td><span class="cc">2</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>38</div></td> +<td class="r"><div>125</div></td> +<td><span class="cc">8</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>39</div></td> +<td class="r"><div>128</div></td> +<td><span class="cc">14</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>40</div></td> +<td class="r"><div>132</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>41</div></td> +<td class="r"><div>135</div></td> +<td><span class="cc">6</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>42</div></td> +<td class="r"><div>138</div></td> +<td><span class="cc">12</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>43</div></td> +<td class="r"><div>141</div></td> +<td><span class="cc">18</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>44</div></td> +<td class="r"><div>145</div></td> +<td><span class="cc">4</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>45</div></td> +<td class="r"><div>148</div></td> +<td><span class="cc">10</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>46</div></td> +<td class="r"><div>151</div></td> +<td><span class="cc">16</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>47</div></td> +<td class="r"><div>155</div></td> +<td><span class="cc">2</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>48</div></td> +<td class="r"><div>158</div></td> +<td><span class="cc">8</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>49</div></td> +<td class="r"><div>161</div></td> +<td><span class="cc">14</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>50</div></td> +<td class="r"><div>165</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>51</div></td> +<td class="r"><div>168</div></td> +<td><span class="cc">6</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>52</div></td> +<td class="r"><div>171</div></td> +<td><span class="cc">12</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>53</div></td> +<td class="r"><div>174</div></td> +<td><span class="cc">18</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>54</div></td> +<td class="r"><div>178</div></td> +<td><span class="cc">4</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>55</div></td> +<td class="r"><div>181</div></td> +<td><span class="cc">10</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>56</div></td> +<td class="r"><div>184</div></td> +<td><span class="cc">16</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>57</div></td> +<td class="r"><div>188</div></td> +<td><span class="cc">2</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>58</div></td> +<td class="r"><div>191</div></td> +<td><span class="cc">8</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>59</div></td> +<td class="r"><div>194</div></td> +<td><span class="cc">14</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>60</div></td> +<td class="r"><div>198</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>61</div></td> +<td class="r"><div>201</div></td> +<td><span class="cc">6</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>62</div></td> +<td class="r"><div>204</div></td> +<td><span class="cc">12</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>63</div></td> +<td class="r"><div>207</div></td> +<td><span class="cc">18</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>64</div></td> +<td class="r"><div>211</div></td> +<td><span class="cc">4</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>65</div></td> +<td class="r"><div>214</div></td> +<td><span class="cc">10</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>66</div></td> +<td class="r"><div>217</div></td> +<td><span class="cc">16</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>67</div></td> +<td class="r"><div>221</div></td> +<td><span class="cc">2</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>68</div></td> +<td class="r"><div>224</div></td> +<td><span class="cc">8</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>69</div></td> +<td class="r"><div>227</div></td> +<td><span class="cc">14</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>70</div></td> +<td class="r"><div>231</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>71</div></td> +<td class="r"><div>234</div></td> +<td><span class="cc">6</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>72</div></td> +<td class="r"><div>237</div></td> +<td><span class="cc">12</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>73</div></td> +<td class="r"><div>240</div></td> +<td><span class="cc">18</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>74</div></td> +<td class="r"><div>244</div></td> +<td><span class="cc">4</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>75</div></td> +<td class="r"><div>247</div></td> +<td><span class="cc">10</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>76</div></td> +<td class="r"><div>250</div></td> +<td><span class="cc">16</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>77</div></td> +<td class="r"><div>254</div></td> +<td><span class="cc">2</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>78</div></td> +<td class="r"><div>257</div></td> +<td><span class="cc">8</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>79</div></td> +<td class="r"><div>260</div></td> +<td><span class="cc">14</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>80</div></td> +<td class="r"><div>264</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>81</div></td> +<td class="r"><div>267</div></td> +<td><span class="cc">6</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>82</div></td> +<td class="r"><div>270</div></td> +<td><span class="cc">12</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>83</div></td> +<td class="r"><div>273</div></td> +<td><span class="cc">18</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>84</div></td> +<td class="r"><div>277</div></td> +<td><span class="cc">4</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>85</div></td> +<td class="r"><div>280</div></td> +<td><span class="cc">10</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>86</div></td> +<td class="r"><div>283</div></td> +<td><span class="cc">16</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>87</div></td> +<td class="r"><div>287</div></td> +<td><span class="cc">2</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>88</div></td> +<td class="r"><div>290</div></td> +<td><span class="cc">8</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>89</div></td> +<td class="r"><div>293</div></td> +<td><span class="cc">14</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>90</div></td> +<td class="r"><div>297</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>91</div></td> +<td class="r"><div>300</div></td> +<td><span class="cc">6</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>92</div></td> +<td class="r"><div>303</div></td> +<td><span class="cc">12</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>93</div></td> +<td class="r"><div>306</div></td> +<td><span class="cc">18</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>94</div></td> +<td class="r"><div>310</div></td> +<td><span class="cc">4</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>95</div></td> +<td class="r"><div>313</div></td> +<td><span class="cc">10</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>96</div></td> +<td class="r"><div>316</div></td> +<td><span class="cc">16</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>97</div></td> +<td class="r"><div>320</div></td> +<td><span class="cc">2</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>98</div></td> +<td class="r"><div>323</div></td> +<td><span class="cc">8</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>99</div></td> +<td class="r"><div>326</div></td> +<td><span class="cc">14</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>100</div></td> +<td class="r"><div>330</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>125</div></td> +<td class="r"><div>412</div></td> +<td><span class="cc">10</span></td></tr> +<tr><td class="r"><div>150</div></td> +<td class="r"><div>495</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>200</div></td> +<td class="r"><div>660</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>300</div></td> +<td class="r"><div>990</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>400</div></td> +<td class="r"><div>1320</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>500</div></td> +<td class="r"><div>1650</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>600</div></td> +<td class="r"><div>1980</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>700</div></td> +<td class="r"><div>2310</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>800</div></td> +<td class="r"><div>2640</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>900</div></td> +<td class="r"><div>2970</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>1000</div></td> +<td class="r"><div>3300</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>2000</div></td> +<td class="r"><div>6600</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>3000</div></td> +<td class="r"><div>9900</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>4000</div></td> +<td class="r"><div>13200</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>5000</div></td> +<td class="r"><div>16500</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>6000</div></td> +<td class="r"><div>19800</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>7000</div></td> +<td class="r"><div>23100</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>8000</div></td> +<td class="r"><div>26400</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>9000</div></td> +<td class="r"><div>29700</div></td> +<td> </td></tr> +<tr><td class="r"><div>10000</div></td> +<td class="r"><div>33000</div></td> +<td> </td></tr> +</table> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p249">-249-</span></p> + +<p>Pour évaluer les demis et les quarts d’écus +blancs on fera ce qui a été dit de l’évaluation +des demi louis d’or.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h3>EXPOSITION ALPHABÉTIQUE<br> +<span class="small">DU DÉPARTEMENT DES POSTES ET COURIERS POUR +LES LIEUX ET VILLES DU ROYAUME ET DES PAÏS +ÉTRANGERS.</span></h3> + + +<p class="c">A.</p> + +<p class="drap">Amiens, <i>Tous les jours à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Abbeville.</p> + +<p class="drap">Aire.</p> + +<p class="drap">Amboise.</p> + +<p class="drap">Ardre.</p> + +<p class="drap">Armentières.</p> + +<p class="drap">Arques.</p> + +<p class="drap">Arras.</p> + +<p class="drap">Argence.</p> + +<p class="drap">Ablis<a id="FNanchor_700" href="#Footnote_700" class="fnanchor">[49]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_700" href="#FNanchor_700"><span class="label">[49]</span></a> « Tous les jours à huit heures du soir. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Ath.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p250">-250-</span> Avit.</p> + +<p class="drap">Andely.</p> + +<p class="drap">Aumalle.</p> + +<p class="drap">Aumeillerault.</p> + +<p class="drap">Auchy<a id="FNanchor_701" href="#Footnote_701" class="fnanchor">[50]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_701" href="#FNanchor_701"><span class="label">[50]</span></a> A la suite on lit dans l’édit. précédente : « <span class="sc">Ausbourg</span>, +<i>le mardi à dix heures du soir</i>. Faut payer jusqu’à Rhinhausen. »</p> +</div> +<p class="drap">Angers, <i>Mercredi et Samedi +à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Avranches<a id="FNanchor_702" href="#Footnote_702" class="fnanchor">[51]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_702" href="#FNanchor_702"><span class="label">[51]</span></a> « Part les mercredis et samedis à midi. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Ancenies.</p> + +<p class="drap">Aveton.</p> + +<p class="drap">Argentan.</p> + +<p class="drap">Auvray.</p> + +<p class="drap">Alençon<a id="FNanchor_703" href="#Footnote_703" class="fnanchor">[52]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_703" href="#FNanchor_703"><span class="label">[52]</span></a> « Partira le mardi et vendredi par Rouen. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Aubigny, <i>Lundi, Mercredi et +Vendredi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Agde.</p> + +<p class="drap">Aix.</p> + +<p class="drap">Apt.</p> + +<p class="drap">Allez.</p> + +<p class="drap">Arles.</p> + +<p class="drap">Aubusson.</p> + +<p class="drap">Avignon.</p> + +<p class="drap">Argenton, <i>Samedi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Alby.</p> + +<p class="drap">Allec.</p> + +<p class="drap">Arnac.</p> + +<p class="drap">Argy.</p> + +<p class="drap">Auch.</p> + +<p class="drap">Aurillac.</p> + +<p class="drap">Auxerre, <i>Dimanche, Mercredi, +Vendredi et Samedi à minuit<a id="FNanchor_704" href="#Footnote_704" class="fnanchor">[53]</a></i>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_704" href="#FNanchor_704"><span class="label">[53]</span></a> « A midi. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Autun.</p> + +<p class="drap">Arnay le Duc.</p> + +<p class="drap">Avallon.</p> + +<p class="drap">Auxonne.</p> + +<p class="drap">Aurolle.</p> + +<p class="drap">Argenteüille.</p> + +<p class="drap">Ancy le Franc.</p> + +<p class="drap">Azi sous Rougemont.</p> + +<p class="drap">Anglure<a id="FNanchor_705" href="#Footnote_705" class="fnanchor">[54]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_705" href="#FNanchor_705"><span class="label">[54]</span></a> « Lundy, Mercredy et Samedy à midy. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Ay.</p> + +<p class="drap">Avesne, <i>Mardi, Jeudi et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Arlon, <i>Dimanche, Mardi et +Vendredi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Alexandrie, <i>le Lundi au soir</i>.</p> + +<p class="drap">Allemagne, <i>Lundi et Vendredi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Angleterre, <i>le Mercredi et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Auvergne, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Alsace, <i>Lundi et Mercredi au soir</i>.</p> + + +<p class="c">B.</p> + +<p class="drap">Bourdeaux, <i>Lundi, Mercredi +et Vendredi à <span class="rm">10</span> heures du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Blaye.</p> + +<p class="drap">Barbeneuve.</p> + +<p class="drap">Barbézieux.</p> + +<p class="drap">Bossay.</p> + +<p class="drap">Boussay<a id="FNanchor_706" href="#Footnote_706" class="fnanchor">[55]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_706" href="#FNanchor_706"><span class="label">[55]</span></a> A la suite, dans l’édit. précédente : « <span class="sc">Basle</span>, lundy, +mercredy et samedy à huit heures du soir. »</p> +</div> +<p class="drap">Bayonne.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p251">-251-</span> Béarn.</p> + +<p class="drap">Bapaume, <i>Tous les jours à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Beaumon le Roger.</p> + +<p class="drap">Beauvais.</p> + +<p class="drap">Bergues.</p> + +<p class="drap">Bellemart.</p> + +<p class="drap">Bernay.</p> + +<p class="drap">Béthune.</p> + +<p class="drap">Blois.</p> + +<p class="drap">Boisgency.</p> + +<p class="drap">Biche.</p> + +<p class="drap">Boissy<a id="FNanchor_707" href="#Footnote_707" class="fnanchor">[56]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_707" href="#FNanchor_707"><span class="label">[56]</span></a> A la suite, dans l’édit. précédente : « <span class="sc">Beaumont-le-Vicomte</span>, +mercredi et samedi à 8 heures du soir. »</p> +</div> +<p class="drap">Brionne.</p> + +<p class="drap">Bourg-Daulr.</p> + +<p class="drap">Bourbourg.</p> + +<p class="drap">Boulogne.</p> + +<p class="drap">Boharde.</p> + +<p class="drap">Brionne.</p> + +<p class="drap">Bolbec.</p> + +<p class="drap">Bouchain.</p> + +<p class="drap">Breteuil.</p> + +<p class="drap">Bourtroude.</p> + +<p class="drap">Brie.</p> + +<p class="drap">Bruges.</p> + +<p class="drap">Bruxelles.</p> + +<p class="drap">Brest, <i>Mercredi et Samedi à +<span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Beaugé.</p> + +<p class="drap">Bellesine.</p> + +<p class="drap">Bonnestable.</p> + +<p class="drap">Beaufort.</p> + +<p class="drap">Blavet ou Fort-Louis.</p> + +<p class="drap">Beaumont-le-Vicomte.</p> + +<p class="drap">Bourg-en-Bresse, <i>Dimanche, +Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Bellay.</p> + +<p class="drap">Beaune.</p> + +<p class="drap">Bussy.</p> + +<p class="drap">Brion l’Archevêque<a id="FNanchor_708" href="#Footnote_708" class="fnanchor">[57]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_708" href="#FNanchor_708"><span class="label">[57]</span></a> Dimanche, mercredi et vendredi à midi.</p> +</div> +<p class="drap">Bourguil.</p> + +<p class="drap">Bray sur Seine.</p> + +<p class="drap">Bazoche.</p> + +<p class="drap">Basson.</p> + +<p class="drap">Bayeux, <i>Lundi, Mercredi et +Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Bourbonne.</p> + +<p class="drap">Borbonne.</p> + +<p class="drap">Bar sur Aube.</p> + +<p class="drap">Barfleurs.</p> + +<p class="drap">Briquebec.</p> + +<p class="drap">Bourges, <i>Lundi, Mercredi et +Vendredi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Biarre.</p> + +<p class="drap">Bourbon les Bains<a id="FNanchor_709" href="#Footnote_709" class="fnanchor">[58]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_709" href="#FNanchor_709"><span class="label">[58]</span></a> « Lundi, mercredi et vendredi à minuit. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Bourbon l’Archambault.</p> + +<p class="drap">Bancafort.</p> + +<p class="drap">Brioude.</p> + +<p class="drap">Bois droit.</p> + +<p class="drap">Boynes et tout le Gatinois.</p> + +<p class="drap">Beaucaire.</p> + +<p class="drap">Béziers.</p> + +<p class="drap">Bonny.</p> + +<p class="drap">Bonneval, <i>le Dimanche à +<span class="rm">8</span> h. du soir</i><a id="FNanchor_710" href="#Footnote_710" class="fnanchor">[59]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_710" href="#FNanchor_710"><span class="label">[59]</span></a> Dans l’édit. précédente deux autres départs le mercredi +et vendredi, à cette même heure, sont indiqués.</p> +</div> +<p class="drap">Brou.</p> + +<p class="drap">Besse.</p> + +<p class="drap">Bastoigne.</p> + +<p class="drap">Bezançon, <i>Lundi, Mardi à midi et Vendredi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Beffort.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p252">-252-</span> Brives<a id="FNanchor_711" href="#Footnote_711" class="fnanchor">[60]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_711" href="#FNanchor_711"><span class="label">[60]</span></a> « Le lundi à minuit. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Bausançois.</p> + + +<p class="c">C.</p> + +<p class="drap">Caën, <i>Tous les jours à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Cambray.</p> + +<p class="drap">Cagny.</p> + +<p class="drap">Calais.</p> + +<p class="drap">Chambort.</p> + +<p class="drap">Châtres sous Monlery.</p> + +<p class="drap">Charmont.</p> + +<p class="drap">Crecy.</p> + +<p class="drap">Cormicy.</p> + +<p class="drap">Conche.</p> + +<p class="drap">Coucy.</p> + +<p class="drap">Chambrais.</p> + +<p class="drap">Chaumont en Vexin.</p> + +<p class="drap">Codebecq.</p> + +<p class="drap">Cressenville en Auge.</p> + +<p class="drap">Crève Cœur en Auge.</p> + +<p class="drap">Clermont en Beauvoisis.</p> + +<p class="drap">Commine.</p> + +<p class="drap">Compiègne.</p> + +<p class="drap">Cizé.</p> + +<p class="drap">Corbie.</p> + +<p class="drap">Creil.</p> + +<p class="drap">Crespy en Valois.</p> + +<p class="drap">Chartres<a id="FNanchor_712" href="#Footnote_712" class="fnanchor">[61]</a>, <i>à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_712" href="#FNanchor_712"><span class="label">[61]</span></a> « Tous les jours. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Châlon sur Marne.</p> + +<p class="drap">Chasteau Tierry.</p> + +<p class="drap">Chaumusson.</p> + +<p class="drap">Coutance, <i>Lundi, Mercredi et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Carentan.</p> + +<p class="drap">Cressy.</p> + +<p class="drap">Coulomniers.</p> + +<p class="drap">Chasteau Porcien.</p> + +<p class="drap">Chalme.</p> + +<p class="drap">Chaumont.</p> + +<p class="drap">Chasteau Vilain.</p> + +<p class="drap">Condé sur Néreau.</p> + +<p class="drap">Chauny.</p> + +<p class="drap">Chastelleraux, <i>Lundi, Mercredi +et Vendredi à <span class="rm">10</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Cingé.</p> + +<p class="drap">Coignac.</p> + +<p class="drap">Caviegnac.</p> + +<p class="drap">Charnizé.</p> + +<p class="drap">Chaumuflay.</p> + +<p class="drap">Chasteaudun, <i>même jour à <span class="rm">10</span> h.<a id="FNanchor_713" href="#Footnote_713" class="fnanchor">[62]</a></i></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_713" href="#FNanchor_713"><span class="label">[62]</span></a> « Lundi, mercredi et vendredi à minuit. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Chasteau Landon.</p> + +<p class="drap">Chastillon sur Loing.</p> + +<p class="drap">Chastillon sur Loir.</p> + +<p class="drap">Carpentras.</p> + +<p class="drap">Clermont en Auvergne.</p> + +<p class="drap">Cosne.</p> + +<p class="drap">Chambon.</p> + +<p class="drap">Chissy.</p> + +<p class="drap">Chenerailles.</p> + +<p class="drap">Corbeil.</p> + +<p class="drap">Croc.</p> + +<p class="drap">Cistaron.</p> + +<p class="drap">Charleville.</p> + +<p class="drap">Charly.</p> + +<p class="drap">Chezy.</p> + +<p class="drap">Claye.</p> + +<p class="drap">Colmard.</p> + +<p class="drap">Chasteau Salins.</p> + +<p class="drap">Chinon, <i>Dimanche, Mardi et Jeudi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Champigny.</p> + +<p class="drap">Chastillon sur Seine, <i>Lundi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Chasteau Regnaut, <i>le Dimanche</i>.</p> + +<p class="drap">Chalmont.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p253">-253-</span> Clèves.</p> + +<p class="drap">Courtenvaux sur Loir.</p> + +<p class="drap">Chasteau du Loir.</p> + +<p class="drap">Cousture.</p> + +<p class="drap">Chasteau Gontier, <i>Mercredi +et Samedi au soir</i>.</p> + +<p class="drap">Conlie.</p> + +<p class="drap">Coigny.</p> + +<p class="drap">Craon.</p> + +<p class="drap">Chantonnay.</p> + +<p class="drap">Chateaulin.</p> + +<p class="drap">Courville.</p> + +<p class="drap">Carchiné.</p> + +<p class="drap">Concarneau.</p> + +<p class="drap">Corneré.</p> + +<p class="drap">Cahors, <i>Samedi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Castres.</p> + +<p class="drap">Chastelnau de Monratier.</p> + +<p class="drap">Cominge.</p> + +<p class="drap">Cressensac.</p> + +<p class="drap">Courserans.</p> + +<p class="drap">Chasteau Roux.</p> + +<p class="drap">Chasteau Vieux.</p> + +<p class="drap">Chamceaux, <i>Dimanche, Mercredi +et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Chablis<a id="FNanchor_714" href="#Footnote_714" class="fnanchor">[63]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_714" href="#FNanchor_714"><span class="label">[63]</span></a> « Dimanche, mercredi, vendredi et samedi à midi. » +Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Chalon sur Saone<a id="FNanchor_715" href="#Footnote_715" class="fnanchor">[64]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_715" href="#FNanchor_715"><span class="label">[64]</span></a> « Le dimanche, mercredi et vendredi à midi. » <i>Id.</i></p> +</div> +<p class="drap">Champeaux.</p> + +<p class="drap">Charolle.</p> + +<p class="drap">Chamlay.</p> + +<p class="drap">Champigny sur Yonne.</p> + +<p class="drap">Chaumont.</p> + +<p class="drap">Chastel Censoy.</p> + +<p class="drap">Chevery.</p> + +<p class="drap">Coulange.</p> + +<p class="drap">Cisteaux.</p> + +<p class="drap">Cussy les Forges.</p> + +<p class="drap">Clamecy.</p> + +<p class="drap">Courtenay.</p> + +<p class="drap">Carcassonne, <i>Lundi par Bourdeaux</i><a id="FNanchor_716" href="#Footnote_716" class="fnanchor">[65]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_716" href="#FNanchor_716"><span class="label">[65]</span></a> « <i>Samedi à minuit, le lundi</i> par Bordeaux. » Édit. +1691. — Quelques lignes plus loin, sous la même rubrique : +« <i>partira encore le samedi</i> par Montpellier. »</p> +</div> +<p class="drap">Constantinople, <i>Lundi au soir</i>.<br> +Il faut payer le port jusqu’à Lion.</p> + +<p class="drap">Chambéry.</p> + +<p class="drap">Cazal, <i>Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Constat, <i>le Mercredi à +<span class="rm">10</span> h. du soir</i>.<br> +Il faut payer le port jusqu’au Rhin hausen.</p> + + +<p class="c">D.</p> + +<p class="drap">Diepe, <i>Tous les jours à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Dise.</p> + +<p class="drap">Doüay.</p> + +<p class="drap">Dammartin.</p> + +<p class="drap">Doulens.</p> + +<p class="drap">Dourlen.</p> + +<p class="drap">Dosullé.</p> + +<p class="drap">Dunkerque.</p> + +<p class="drap">Dourdan, <i>Tous les jours à +<span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Dreux.</p> + +<p class="drap">Danville.</p> + +<p class="drap">Dinant en Bretagne.</p> + +<p class="drap">Durtat.</p> + +<p class="drap">Douzenac, <i>le Samedi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Du Sault.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p254">-254-</span> Dun le Roy, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Digne.</p> + +<p class="drap">Die.</p> + +<p class="drap">Dijon, <i>Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Ducé.</p> + +<p class="drap">Dannemoine.</p> + +<p class="drap">Dieuse, <i>Lundi, Mercredi et +Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Dormans.</p> + +<p class="drap">Dame-Marie, <i>Lundi, Mercredi, et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Doullevans.</p> + +<p class="drap">Doucherie.</p> + +<p class="drap">Dinan près Liège, <i>Mardi, Jeudi et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Dol, <i>Mardi et Jeudi à midi, et le Vendredi à minuit</i>.</p> + + +<p class="c">E.</p> + +<p class="drap">Elbeuf, <i>Tous les jours à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Evreux.</p> + +<p class="drap">Estampes.</p> + +<p class="drap">Escoüis.</p> + +<p class="drap">Eu.</p> + +<p class="drap">Estrepagny.</p> + +<p class="drap">Espernon, <i>Tous les jours à +<span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Ecouché, <i>Mercredi et Samedi +à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Essay.</p> + +<p class="drap">Evron.</p> + +<p class="drap">Ernée.</p> + +<p class="drap">Embrières.</p> + +<p class="drap">Entrame.</p> + +<p class="drap">Embrun, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Edonne.</p> + +<p class="drap">Evaux.</p> + +<p class="drap">Escille.</p> + +<p class="drap">Epinay<a id="FNanchor_717" href="#Footnote_717" class="fnanchor">[66]</a>, <i>Lundi, Mercredi +et Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_717" href="#FNanchor_717"><span class="label">[66]</span></a> Lisez « Epernay », comme dans l’édit. précédente.</p> +</div> +<p class="drap">Epoisse, <i>Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Espagne, <i>Part tous les +<span class="rm">15</span> jours à commencer le +Lundi <span class="rm">9</span> janvier <span class="rm">1691</span></i>.</p> + + +<p class="c">F.</p> + +<p class="drap">Fougers, <i>Mercredi et Samedi +à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Falayse.</p> + +<p class="drap">Frenay.</p> + +<p class="drap">Foulleroute.</p> + +<p class="drap">Frecgefont, <i>le Samedi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Fribourg en Briscau, <i>Lundi, +Mercredi et Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Farmontier, <i>Lundi, Mercredi et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Fontenay<a id="FNanchor_718" href="#Footnote_718" class="fnanchor">[67]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_718" href="#FNanchor_718"><span class="label">[67]</span></a> A la suite, dans l’édit. précédente : « <span class="sc">Fréjus</span>, lundi, +mercredi et vendredi au soir. »</p> +</div> +<p class="drap">Fontainebleau.</p> + +<p class="drap">Ferre en Tartanois, <i>Tous les +jours à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Fifine<a id="FNanchor_719" href="#Footnote_719" class="fnanchor">[68]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_719" href="#FNanchor_719"><span class="label">[68]</span></a> Lisez Fisme, comme dans l’édit. de 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Flavigny, <i>Dimanche, Mercredi +et Vendredi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Francfort, <i>Lundi et Mercredi +à <span class="rm">10</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Fribourg, <i>le Mardi et Jeudi +à midi et le Vendredi à +minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Fano, <i>le Lundi au soir</i>.</p> + +<p class="drap">Ferrar.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p255">-255-</span> Final. Il faut payer le port jusqu’à Lion.</p> + +<p class="drap">Flandres, <i>Tous les jours à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Fécamp.</p> + +<p class="drap">Forges.</p> + +<p class="drap">Furnes.</p> + +<p class="drap">Fauville.</p> + +<p class="drap">Francourville.</p> + + +<p class="c">G.</p> + +<p class="drap">Gaillon, <i>Tous les jours à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Gand.</p> + +<p class="drap">Gisors.</p> + +<p class="drap">Gournay.</p> + +<p class="drap">Graveline.</p> + +<p class="drap">Grandvillier.</p> + +<p class="drap">Gué de Loré.</p> + +<p class="drap">Guisnes.</p> + +<p class="drap">Gaudelu, <i>Tous les jours à +<span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Grenoble, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Grace.</p> + +<p class="drap">Gueret.</p> + +<p class="drap">Gaillac.</p> + +<p class="drap">Gap.</p> + +<p class="drap">Gien.</p> + +<p class="drap">Guidgnant, <i>Mercredi et Samedi +à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Goton<a id="FNanchor_720" href="#Footnote_720" class="fnanchor">[69]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_720" href="#FNanchor_720"><span class="label">[69]</span></a> Lisez Gorron, comme dans l’édit. précédente.</p> +</div> +<p class="drap">Guibray.</p> + +<p class="drap">Gaudene<a id="FNanchor_721" href="#Footnote_721" class="fnanchor">[70]</a>, <i>Samedi à minuit</i>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_721" href="#FNanchor_721"><span class="label">[70]</span></a> Lisez Grandêve, comme dans l’autre édition.</p> +</div> +<p class="drap">Gautray, <i>Lundi, Mercredi et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Gandecey, <i>Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Gizy.</p> + +<p class="drap">Genes, <i>le Lundi au soir</i>.</p> + +<p class="drap">Grisons.<br> +Il faut payer jusqu’à Lion.</p> + +<p class="drap">Genève, <i>Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Gray, <i>Mardi et Jeudi à midi et le Vendredi à minuit</i>.</p> + + +<p class="c">H.</p> + +<p class="drap">Havre de Grâce, <i>Tous les jours à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Ham.</p> + +<p class="drap">Harfleur.</p> + +<p class="drap">Honfleur.</p> + +<p class="drap">Hedain.</p> + +<p class="drap">Hennebon, <i>Mercredi et Samedi +à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Houdan.</p> + +<p class="drap">Hambourg, <i>Lundi, Mercredi +et Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Hagueneau.</p> + +<p class="drap">Hunignen.</p> + +<p class="drap">Haun, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Hénault, <i>Tous les jours à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Hollande, <i>Lundi et Vendredi à midi</i>.</p> + + +<p class="c">I.</p> + +<p class="drap">Ivetot, <i>Tous les jours à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Issoudun, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Issonne.</p> + +<p class="drap">Iardage<a id="FNanchor_722" href="#Footnote_722" class="fnanchor">[71]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_722" href="#FNanchor_722"><span class="label">[71]</span></a> Lisez Jarnage, comme dans l’édit. de 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Joinville,<i> Lundi, Mercredi, et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Joigny.</p> + + +<p class="c">L.</p> + +<p class="drap">La Pacaudière, <i>Lundi, Mercredi +<span class="pagenum" id="p256">-256-</span> et Vendredi à minuit.</i></p> + +<p class="drap">La Palisse.</p> + +<p class="drap">Le Puis.</p> + +<p class="drap">La Treille.</p> + +<p class="drap">La Bussière.</p> + +<p class="drap">La Charité.</p> + +<p class="drap">La Chartre.</p> + +<p class="drap">La Guierche.</p> + +<p class="drap">Lodève.</p> + +<p class="drap">Le Bourg Saint Andéol.</p> + +<p class="drap">Lorette, <i>le Mercredi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Lionnois, <i>Partira tous les +jours au soir à la réserve +du Dimanche</i>.</p> + +<p class="drap">Lion.</p> + +<p class="drap">Lizieux, <i>Tous les jours à midi</i>.</p> + +<p class="drap">L’Ausmône.</p> + +<p class="drap">La Pomme d’or.</p> + +<p class="drap">Les Andelis.</p> + +<p class="drap">Lilsle bonne.</p> + +<p class="drap">Louviers.</p> + +<p class="drap">Luxembourg.</p> + +<p class="drap">Lion Laforest.</p> + +<p class="drap">Lonjumeau.</p> + +<p class="drap">Linas.</p> + +<p class="drap">Les 3 cheminées.</p> + +<p class="drap">Lire.</p> + +<p class="drap">Le Quesnoy.</p> + +<p class="drap">Langez.</p> + +<p class="drap">Laboüille.</p> + +<p class="drap">Langelé.</p> + +<p class="drap">Longchamps.</p> + +<p class="drap">Luzarche.</p> + +<p class="drap">L’ilsle en Flandre.</p> + +<p class="drap">Landau.</p> + +<p class="drap">Laon, <i>Tous les jours à <span class="rm">8</span> h. +du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Lagny.</p> + +<p class="drap">Limours.</p> + +<p class="drap">Louvois.</p> + +<p class="drap">Lizi.</p> + +<p class="drap">La Ferté Milon.</p> + +<p class="drap">Lahais Dupuis, <i>Lundi, Mercredi +et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">La Fère.</p> + +<p class="drap">La Chapelle.</p> + +<p class="drap">Lilleul.</p> + +<p class="drap">Langres.</p> + +<p class="drap">La Ferté Gaucher.</p> + +<p class="drap">Le Sommevoir.</p> + +<p class="drap">La Flèche, <i>Mercredi et Samedi +à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">La Loupe.</p> + +<p class="drap">La Ferté Vidame.</p> + +<p class="drap">Lavalle.</p> + +<p class="drap">Latugé.</p> + +<p class="drap">La Gravelle.</p> + +<p class="drap">La Siay<a id="FNanchor_723" href="#Footnote_723" class="fnanchor">[72]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_723" href="#FNanchor_723"><span class="label">[72]</span></a> Lisez Lassay, comme dans l’éd. de 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Lamçalle<a id="FNanchor_724" href="#Footnote_724" class="fnanchor">[73]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_724" href="#FNanchor_724"><span class="label">[73]</span></a> Lisez Lamballe. <i>Id.</i></p> +</div> +<p class="drap">La Ferté Bernard.</p> + +<p class="drap">Leigle.</p> + +<p class="drap">La Queue.</p> + +<p class="drap">L’Isle de Rez.</p> + +<p class="drap">Luçon.</p> + +<p class="drap">De Luce<a id="FNanchor_725" href="#Footnote_725" class="fnanchor">[74]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_725" href="#FNanchor_725"><span class="label">[74]</span></a> Lisez Le Lude. <i>Id.</i></p> +</div> +<p class="drap">La Ferté Senneterre, <i>Samedi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">La Bastide.</p> + +<p class="drap">L’Eaigne Brion<a id="FNanchor_726" href="#Footnote_726" class="fnanchor">[75]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_726" href="#FNanchor_726"><span class="label">[75]</span></a> Lisez L’Épine-Brion. <i>Id.</i></p> +</div> +<p class="drap">Le Blanc en Berry.</p> + +<p class="drap">La Barriolé.</p> + +<p class="drap">Limoges.</p> + +<p class="drap">Lombez.</p> + +<p class="drap">Leschezeaux.</p> + +<p class="drap">Ligny, <i>Lundi, Mercredi et +Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p257">-257-</span> Luneville.</p> + +<p class="drap">La petite Pierre.</p> + +<p class="drap">La Ferté sous Joüard.</p> + +<p class="drap">Liège, <i>Le Mardi, Jeudi et Samedi à midi.</i></p> + +<p class="drap">Landrecy.</p> + +<p class="drap">Ligny le Chatelet, <i>Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Le Chatelet.</p> + +<p class="drap">La Ville neuve.</p> + +<p class="drap">Lezinne.</p> + +<p class="drap">La Forteresse.</p> + +<p class="drap">Limeil.</p> + +<p class="drap">La Chartre.</p> + +<p class="drap">Laverdon.</p> + +<p class="drap">La Rochelle, <i>Lundi, Mercredi +et Vendredi à <span class="rm">10</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">La Merci-Dieu.</p> + +<p class="drap">La Réolle.</p> + +<p class="drap">La Grolle.</p> + +<p class="drap">Lorson.</p> + +<p class="drap">La Monière<a id="FNanchor_727" href="#Footnote_727" class="fnanchor">[76]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_727" href="#FNanchor_727"><span class="label">[76]</span></a> Lisez La Morinière, comme dans l’édit. de 1691.</p> +</div> +<p class="drap">La Ménardie<a id="FNanchor_728" href="#Footnote_728" class="fnanchor">[77]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_728" href="#FNanchor_728"><span class="label">[77]</span></a> La Menardière. <i>Id.</i></p> +</div> +<p class="drap">La Hais.</p> + +<p class="drap">La Roche Pezé<a id="FNanchor_729" href="#Footnote_729" class="fnanchor">[78]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_729" href="#FNanchor_729"><span class="label">[78]</span></a> La Roche-Pozé. <i>Id.</i></p> +</div> +<p class="drap">Le Bouché.</p> + +<p class="drap">Loche.</p> + +<p class="drap">L’Isle d’Olleron.</p> + +<p class="drap">Lignevil.</p> + +<p class="drap">Libourne.</p> + +<p class="drap">L’Estang.</p> + +<p class="drap">L’isle Bouchard, <i>Dimanche, Mardi et Jeudi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Loudun.</p> + +<p class="drap">Les trois volets.</p> + +<p class="drap">La Balüe, <i>Mercredi et Jeudi<a id="FNanchor_730" href="#Footnote_730" class="fnanchor">[79]</a> à midi</i>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_730" href="#FNanchor_730"><span class="label">[79]</span></a> « Samedi. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Ligourne, <i>le Lundi au soir</i>.</p> + +<p class="drap">Lucques.<br> +Il faut payer jusqu’à Lion.</p> + +<p class="drap">Leon.</p> + + +<p class="c">M.</p> + +<p class="drap">Mante, <i>Tous les jours à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Magny.</p> + +<p class="drap">Meulan.</p> + +<p class="drap">Menat.</p> + +<p class="drap">Montreüil.</p> + +<p class="drap">Monbuisson.</p> + +<p class="drap">Mondidier.</p> + +<p class="drap">Montvilliers.</p> + +<p class="drap">Monl’hery.</p> + +<p class="drap">Montreüil.</p> + +<p class="drap">Mormant.</p> + +<p class="drap">Menin.</p> + +<p class="drap">Mons.</p> + +<p class="drap">Meaux, <i>Tous les jours à +<span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Maintenon.</p> + +<p class="drap">Marseille<a id="FNanchor_731" href="#Footnote_731" class="fnanchor">[80]</a>, <i>Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_731" href="#FNanchor_731"><span class="label">[80]</span></a> « Lundi. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Maringue.</p> + +<p class="drap">Mande.</p> + +<p class="drap">Mussilac.</p> + +<p class="drap">Monaco.</p> + +<p class="drap">Montpellier.</p> + +<p class="drap">Montargis.</p> + +<p class="drap">Mont Luçon.</p> + +<p class="drap">Moulins.</p> + +<p class="drap">Moulin en Gellebert.</p> + +<p class="drap">Mondoubleau, <i>Dimanche, Mardi et Jeudi à midi</i>.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p258">-258-</span> Mantoit<a id="FNanchor_732" href="#Footnote_732" class="fnanchor">[81]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_732" href="#FNanchor_732"><span class="label">[81]</span></a> Lisez « Montoir », comme dans l’édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Marçon.</p> + +<p class="drap">Mussi Levesque, <i>Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Mont Belliard, <i>Mardi et +Jeudi à midi, et le Vendredi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Malicorne, <i>Mercredi et Samedi +à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Mayne.</p> + +<p class="drap">Mayene.</p> + +<p class="drap">Mamers.</p> + +<p class="drap">Mesle sur Sarre.</p> + +<p class="drap">Mortagne.</p> + +<p class="drap">Morlais.</p> + +<p class="drap">Montfort la Maury.</p> + +<p class="drap">Montaigu en Poitou.</p> + +<p class="drap">Magnac, <i>le Samedi à minuit</i><a id="FNanchor_733" href="#Footnote_733" class="fnanchor">[82]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_733" href="#FNanchor_733"><span class="label">[82]</span></a> « A midi. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Mirepois.</p> + +<p class="drap">Morterolle<a id="FNanchor_734" href="#Footnote_734" class="fnanchor">[83]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_734" href="#FNanchor_734"><span class="label">[83]</span></a> Lisez « Monterolle ». <i>Id.</i></p> +</div> +<p class="drap">Macon, <i>Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Moret.</p> + +<p class="drap">Melun.</p> + +<p class="drap">Montereau.</p> + +<p class="drap">Monbart.</p> + +<p class="drap">Monceny.</p> + +<p class="drap">Michery.</p> + +<p class="drap">Moutier St Jean.</p> + +<p class="drap">Marsal, <i>Lundi, Mercredi et +Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Mets.</p> + +<p class="drap">Montmirel.</p> + +<p class="drap">Moyenvic<a id="FNanchor_735" href="#Footnote_735" class="fnanchor">[84]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_735" href="#FNanchor_735"><span class="label">[84]</span></a> « Dimanche, mardi et jeudi à midi, et le vendredi à +minuit. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Montreüil, <i>Dimanche, Jeudi et Vendredi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Marche.</p> + +<p class="drap">Montauban, <i>Samedi à minuit +et le Lundi par Bourdeaux</i>.</p> + +<p class="drap">Mastricht, <i>Mardi, Jeudi et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Milan, <i>le Vendredi au soir</i>.</p> + +<p class="drap">Modenne.</p> + +<p class="drap">Mortain, <i>Mercredi et Samedi</i>.</p> + +<p class="drap">Montrichart, <i>Lundi, Mercredi +et Vendredi au soir</i>.</p> + +<p class="drap">Marigny.</p> + +<p class="drap">Matizé.</p> + +<p class="drap">Mezier.</p> + +<p class="drap">Montebourg, <i>Lundi, Mercredi et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Monmorel.</p> + +<p class="drap">Melleray.</p> + +<p class="drap">Mantoue, <i>Lundi au soir</i>.</p> + +<p class="drap">Montmeillan.</p> + +<p class="drap">Malte.<br> +Il faut payer jusqu’à Lion.</p> + +<p class="drap">Mayence, <i>Lundi et Mercredi +à <span class="rm">10</span> h. du soir</i>.</p> + + +<p class="c">N.</p> + +<p class="drap">Noyon, <i>Tous les jours à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Nangi.</p> + +<p class="drap">Neufbourg.</p> + +<p class="drap">Nanteüil.</p> + +<p class="drap">Neuf Chastel.</p> + +<p class="drap">Nogent.</p> + +<p class="drap">Narbonne, <i>Lundi, Mercredi +et Vendredi à <span class="rm">10</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Nismes.</p> + +<p class="drap">Neumours.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p259">-259-</span> Neuvy.</p> + +<p class="drap">Nevers.</p> + +<p class="drap">Nice.</p> + +<p class="drap">Niort.</p> + +<p class="drap">Nanteuil.</p> + +<p class="drap">Neulabé.</p> + +<p class="drap">Nantes, <i>Mercredi et Samedi +à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Nogent-le-Rotrou.</p> + +<p class="drap">Nancy, <i>Lundi, Mercredi et +Samedi à <span class="rm">10</span> h.</i></p> + +<p class="drap">Noyers, <i>Dimanche, Mercredi et +Vendredi<a id="FNanchor_736" href="#Footnote_736" class="fnanchor">[85]</a> à midi</i>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_736" href="#FNanchor_736"><span class="label">[85]</span></a> « Samedi. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Nuis.</p> + +<p class="drap">Nogent-le-Roy, <i>Dimanche, +Mercredi et Vendredi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Naple, <i>Lundi au soir</i>.<br> +Il faut payer<a id="FNanchor_737" href="#Footnote_737" class="fnanchor">[86]</a> jusqu’à Lion.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_737" href="#FNanchor_737"><span class="label">[86]</span></a> « Le port. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Neuf Chastel en Franche Comté, <i>Mardi et Jeudi à midi et Vendredi à minuit</i>.</p> + + +<p class="c">O.</p> + +<p class="drap">Orléans, <i>Tous les jours à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Orbec.</p> + +<p class="drap">Oudenarde.</p> + +<p class="drap">Ourque.</p> + +<p class="drap">Ozulé.</p> + +<p class="drap">Orchie.</p> + +<p class="drap">Ousson, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Orange.</p> + +<p class="drap">Olleron en Bearn, <i>Samedi à minuit</i>.</p> + + +<p class="c">P.</p> + +<p class="drap">Pontoise, <i>Tous les jours à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Ponteau de Mer.</p> + +<p class="drap">Pont Levesque.</p> + +<p class="drap">Pont Sainte Mayence.</p> + +<p class="drap">Pont de L’arche.</p> + +<p class="drap">Pont sur Seine.</p> + +<p class="drap">Pont Amousson.</p> + +<p class="drap">Provins.</p> + +<p class="drap">Pequigny.</p> + +<p class="drap">Pierre Bussière, <i>Samedi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Pamiers.</p> + +<p class="drap">Payrac.</p> + +<p class="drap">Pont Orson, <i>Mercredi et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Poitiers, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi au soir</i>.</p> + +<p class="drap">Perpignan.</p> + +<p class="drap">Preully.</p> + +<p class="drap">Poné.</p> + +<p class="drap">Perigueux.</p> + +<p class="drap">Peau en Bearn.</p> + +<p class="drap">Petit Pecigny.</p> + +<p class="drap">Panze le Viel.</p> + +<p class="drap">Pougues.</p> + +<p class="drap">Pont S. Esprit.</p> + +<p class="drap">Pouilly.</p> + +<p class="drap">Pont S. Jean Dandelis, <i>Mercredi au soir</i><a id="FNanchor_738" href="#Footnote_738" class="fnanchor">[87]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_738" href="#FNanchor_738"><span class="label">[87]</span></a> « Mercredi et samedi à dix heures du soir. » Édit. +1691.</p> +</div> +<p class="drap">Peinchebray.</p> + +<p class="drap">Poul, <i>Mercredi, Vendredi et +Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Parcé.</p> + +<p class="drap">Pont du Cé.</p> + +<p class="drap">Ponance.</p> + +<p class="drap">Ploërmel.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p260">-260-</span> Pont Labé.</p> + +<p class="drap">Pré en Parhaveron.</p> + +<p class="drap">Précy sous Tille, <i>Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Pont Devaux.</p> + +<p class="drap">Pont sur Yonne.</p> + +<p class="drap">Pontigny.</p> + +<p class="drap">Plessy Praslin.</p> + +<p class="drap">Passy.</p> + +<p class="drap">Peronne, <i>Lundi, Mercredi et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Periers.</p> + +<p class="drap">Parmes, <i>Vendredi<a id="FNanchor_739" href="#Footnote_739" class="fnanchor">[88]</a> à midi</i>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_739" href="#FNanchor_739"><span class="label">[88]</span></a> « Au soir. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Pavie.</p> + +<p class="drap">Plaisance.</p> + +<p class="drap">Padoue, <i>Mercredi au soir</i>.</p> + +<p class="drap">Pignerol, <i>Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Philippeville, <i>Mercredi, Jeudi et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Petiviers.</p> + +<p class="drap">Phalsbourg, <i>Lundi, Mercredi<a id="FNanchor_740" href="#Footnote_740" class="fnanchor">[89]</a> +à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_740" href="#FNanchor_740"><span class="label">[89]</span></a> « Et samedi. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Pontarlié, <i>Mardi et Jeudi à midi et Vendredi à minuit</i>.</p> + + +<p class="c">Q.</p> + +<p class="drap">Quimpercorentin, <i>Mercredi +et Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Quimperlé.</p> + +<p class="drap">Quintin.</p> + + +<p class="c">R.</p> + +<p class="drap">Rion, <i>Lundi, Mercredi<a id="FNanchor_741" href="#Footnote_741" class="fnanchor">[90]</a> et Samedi à midi</i>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_741" href="#FNanchor_741"><span class="label">[90]</span></a> « Et vendredi à minuit. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Roanne.</p> + +<p class="drap">Riez.</p> + +<p class="drap">Rome, <i>Lundi au soir</i>.</p> + +<p class="drap">Rinhausen, <i>Lundi et Mercredi +à <span class="rm">10</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Ratisbonne, <i>Mercredi à <span class="rm">10</span> h. +du soir</i>.<br> +Il faut payer le port jusqu’au Rhinhausen.</p> + +<p class="drap">Rouen, <i>Tous les jours à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Richelieu, <i>Dimanche, Mardi et Jeudi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Reims, <i>Tous les jours à <span class="rm">8</span> h.</i></p> + +<p class="drap">Rambouillet.</p> + +<p class="drap">Rodez, <i>le samedi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Rieux.</p> + +<p class="drap">Razez.</p> + +<p class="drap">Romorantin.</p> + +<p class="drap">Rhetel, <i>Lundi, Mercredi et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Rebais.</p> + +<p class="drap">Rocroy.</p> + +<p class="drap">Roye.</p> + +<p class="drap">Rozoy.</p> + +<p class="drap">Riblemont.</p> + +<p class="drap">Renne, <i>Mercredi et Samedi +à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Rubay.</p> + +<p class="drap">Rospordin.</p> + +<p class="drap">Remiremont, <i>Lundi, Mercredi +et Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Rozières.</p> + +<p class="drap">Ris.</p> + +<p class="drap">Rochefort, <i>Dimanche, Mardi +et Vendredi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Ravier, <i>Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p> + + +<p class="c">S.</p> + +<p class="drap">Senlis, <i>Tous les jours à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Saint Paul en Artois.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p261">-261-</span> Steignevil.</p> + +<p class="drap">St Quentin.</p> + +<p class="drap">Saint Omer.</p> + +<p class="drap">Saint Ore.</p> + +<p class="drap">Saint Pierre sur Dive.</p> + +<p class="drap">Saint Silvain.</p> + +<p class="drap">Saint Saën.</p> + +<p class="drap">Sainte Barbe en Auge.</p> + +<p class="drap">Saint Valery en Caux.</p> + +<p class="drap">Saint Martin du Port.</p> + +<p class="drap">Saint Venant.</p> + +<p class="drap">Saint Evrol.</p> + +<p class="drap">Saint Clair, <i>Tous les jours +à <span class="rm">8</span> h.</i></p> + +<p class="drap">Saint Arnoul.</p> + +<p class="drap">Soissons.</p> + +<p class="drap">Saint Germain en Laye, +<i>Lundi, Mercredi et Vendredi à <span class="rm">10</span> h.</i></p> + +<p class="drap">Saint Mexans.</p> + +<p class="drap">Saint Severe.</p> + +<p class="drap">Saint Ciran en Brenne.</p> + +<p class="drap">Saint Cibardeau.</p> + +<p class="drap">Saint Flavien.</p> + +<p class="drap">Saint Lo, <i>Lundi, Mercredi et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Saint Sauveur le Vicomte.</p> + +<p class="drap">Ste Mère Eglise.</p> + +<p class="drap">St Pierre Eglise.</p> + +<p class="drap">St Dizier.</p> + +<p class="drap">Sezanne.</p> + +<p class="drap">Sables d’Olonne, <i>Mercredi et +Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Sablé.</p> + +<p class="drap">St Servant.</p> + +<p class="drap">St Malo.</p> + +<p class="drap">St Brieux.</p> + +<p class="drap">Scés.</p> + +<p class="drap">Sillé.</p> + +<p class="drap">Ste Suzanne.</p> + +<p class="drap">St Benoist, <i>le Samedi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Sarlac.</p> + +<p class="drap">Souflac.</p> + +<p class="drap">St Antonin.</p> + +<p class="drap">St Papoul.</p> + +<p class="drap">Sedan, <i>Lundi, Mercredi et +Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Sarlouis.</p> + +<p class="drap">Schelestat.</p> + +<p class="drap">St Diez.</p> + +<p class="drap">St Nicolas.</p> + +<p class="drap">St Aubin.</p> + +<p class="drap">Sarbourg, <i>Tous les jours à +midi à la réserve du Jeudi</i>.</p> + +<p class="drap">Saverne.</p> + +<p class="drap">Strasbourg.</p> + +<p class="drap">Saint Viet, <i>Dimanche, Mardi et Jeudi à midi</i><a id="FNanchor_742" href="#Footnote_742" class="fnanchor">[91]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_742" href="#FNanchor_742"><span class="label">[91]</span></a> « A huit heures du soir. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Saumur, <i>Dimanche, Mardi et Jeudi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Sainte Reine, <i>Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Saint Seine.</p> + +<p class="drap">Semur.</p> + +<p class="drap">St Florentin.</p> + +<p class="drap">St Brice.</p> + +<p class="drap">Seignelay.</p> + +<p class="drap">Sens.</p> + +<p class="drap">Sergines.</p> + +<p class="drap">Savigny sur Bray, <i>Mercredi et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Saint Hilaire du Argolt.</p> + +<p class="drap">Ste Menehout, <i>Le Dimanche, +Mardi et Vendredi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Spire, <i>Lundi et Mercredi à +<span class="rm">10</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Salins, <i>Mardi et Jeudi à midi et le Vendredi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Soleurre.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p262">-262-</span> Saint-Firmin, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">St Brisson.</p> + +<p class="drap">St Fargeau.</p> + +<p class="drap">Sully.</p> + +<p class="drap">St Amand.</p> + +<p class="drap">St Pierre le Moutier.</p> + +<p class="drap">St Flour.</p> + +<p class="drap">St Géran.</p> + +<p class="drap">St Fourcain<a id="FNanchor_743" href="#Footnote_743" class="fnanchor">[92]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_743" href="#FNanchor_743"><span class="label">[92]</span></a> Lisez « Saint Pourçain », comme dans l’édit. de +1691.</p> +</div> +<p class="drap">St Germain Lepinasse.</p> + +<p class="drap">St Simphorien.</p> + +<p class="drap">St Etienne en Forest.</p> + +<p class="drap">St Papoul trois Châteaux.</p> + +<p class="drap">St Bonnets.</p> + +<p class="drap">St Cous.</p> + +<p class="drap">St Hipolyte.</p> + +<p class="drap">St Jean de Maurienne.</p> + +<p class="drap">Senez.</p> + +<p class="drap">St Calais, <i>Dimanche, Mardi +et Jeudi à <span class="rm">8</span> h.</i></p> + +<p class="drap">St Christophle.</p> + +<p class="drap">Suisse, <i>Lundi et Mercredi au soir</i>.</p> + + +<p class="c">T.</p> + +<p class="drap">Tours, <i>Tous les jours à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Troyes.</p> + +<p class="drap">Tilliers.</p> + +<p class="drap">Tournay.</p> + +<p class="drap">Trappe, <i>Tous les jours à +<span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Toulouse, <i>le Samedi à minuit +et le Lundi par Bourdeaux</i>.</p> + +<p class="drap">Turbes<a id="FNanchor_744" href="#Footnote_744" class="fnanchor">[93]</a>, <i>le Samedi à minuit</i>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_744" href="#FNanchor_744"><span class="label">[93]</span></a> « Tulle. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Tonnerre, <i>Dimanche, Mercredi, +Vendredi et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Thionville, <i>Lundi à <span class="rm">8</span> h. du +soir, Mercredi et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Tournon, <i>Lundi, Mercredi +et Vendredi à <span class="rm">10</span> heures du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Toullon sur Arroux, <i>Dimanche et Vendredi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Tournus.</p> + +<p class="drap">Tamlay.</p> + +<p class="drap">Tannay.</p> + +<p class="drap">Toussi.</p> + +<p class="drap">Theil.</p> + +<p class="drap">Thorigny, <i>Lundi, Mercredi et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Tissy.</p> + +<p class="drap">Tournant.</p> + +<p class="drap">Tirol, <i>le Mercredi à <span class="rm">10</span> h. +du soir</i>.<br> +Il faut payer le port des lettres jusqu’à Rinhausen.</p> + +<p class="drap">Tiers, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Toulon.</p> + +<p class="drap">Tarrare.</p> + +<p class="drap">Turin, <i>Lundi et Mercredi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Trente.</p> + +<p class="drap">Touars, <i>Dimanche, Mardi et Jeudi à midi</i>.</p> + + +<p class="c">V.</p> + +<p class="drap">Ville Franche en Bajollois, +<i>Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p263">-263-</span> Verdun sur Saone.</p> + +<p class="drap">Vettamon<a id="FNanchor_745" href="#Footnote_745" class="fnanchor">[94]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_745" href="#FNanchor_745"><span class="label">[94]</span></a> « Vermanton. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Vezelay.</p> + +<p class="drap">Villecien.</p> + +<p class="drap">Ville Vallier.</p> + +<p class="drap">Viteaux.</p> + +<p class="drap">Villefranche.</p> + +<p class="drap">Villeneuve la Gularde<a id="FNanchor_746" href="#Footnote_746" class="fnanchor">[95]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_746" href="#FNanchor_746"><span class="label">[95]</span></a> Lisez « Ville neuve la Guiarde », comme dans l’édit. +1691.</p> +</div> +<p class="drap">Ville Chasson.</p> + +<p class="drap">Valleri.</p> + +<p class="drap">Valence.</p> + +<p class="drap">Ville neuve St Georges.</p> + +<p class="drap">Vienne en Daufiné, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Varenne.</p> + +<p class="drap">Valt Sainte.</p> + +<p class="drap">Vierson.</p> + +<p class="drap">Vivier en Vivarés.</p> + +<p class="drap">Usez.</p> + +<p class="drap">Vence.</p> + +<p class="drap">Uriel.</p> + +<p class="drap">Uraison.</p> + +<p class="drap">Valence.</p> + +<p class="drap">Valencienne, <i>Tous les jours à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Vernon.</p> + +<p class="drap">Verbrie.</p> + +<p class="drap">Vallemont.</p> + +<p class="drap">Vic.</p> + +<p class="drap">Vétheuil.</p> + +<p class="drap">Villers Cotterest, <i>Tous les +soirs à <span class="rm">8</span> h.</i></p> + +<p class="drap">Versailles.</p> + +<p class="drap">Vernain.</p> + +<p class="drap">Vannes, <i>Mercredi et Samedi +à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Vitré.</p> + +<p class="drap">Vassé.</p> + +<p class="drap">Villaine.</p> + +<p class="drap">Verneuil au Berch<a id="FNanchor_747" href="#Footnote_747" class="fnanchor">[96]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_747" href="#FNanchor_747"><span class="label">[96]</span></a> « Verneuil en Perche. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Vabres, <i>le Samedi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Userche.</p> + +<p class="drap">Verdun, <i>Dimanche, Mardi +et Vendredi à <span class="rm">10</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Vandôme, <i>Dimanche, Mardi +et Jeudi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Ville au Clerc.</p> + +<p class="drap">Voil<a id="FNanchor_748" href="#Footnote_748" class="fnanchor">[97]</a>, <i>Lundi, Mercredi et +Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_748" href="#FNanchor_748"><span class="label">[97]</span></a> « Void. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p class="drap">Vertus.</p> + +<p class="drap">Vitry.</p> + +<p class="drap">Valogne, <i>Lundi, Mercredi et Samedi à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Virre.</p> + +<p class="drap">Ville Dieu.</p> + +<p class="drap">Vendeuvres.</p> + +<p class="drap">Vassy.</p> + +<p class="drap">Villenauxe.</p> + +<p class="drap">Venise, <i>Mercredi à minuit</i>.</p> + +<p class="drap">Véronne.</p> + +<p class="drap">Vicence.</p> + +<p class="drap">Verseilles, <i>le Vendredi au soir</i>.</p> + +<p class="drap">Vienne, <i>Mercredi à <span class="rm">10</span> h. du soir</i>.</p> + +<p class="drap">Ulm.<br> +Il faut payer le port jusqu’au Rhinhausen.</p> + +<p class="drap">Vesoul, <i>Mardi, Jeudi à midi et Vendredi à minuit</i>.</p> + + +<p class="c">X.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p264">-264-</span> Xainte, <i>Mercredi et Samedi +à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p> + + +<p class="c">Y.</p> + +<p class="drap">Ypre, <i>Tous les jours à midi</i>.</p> + +<p class="drap">Yzeures, <i>Lundi, Mercredi et Samedi au soir</i>.</p> + +<p class="drap">Yelme.</p> + +<p class="drap">Ysigny, <i>Mercredi et Samedi à midi</i>.</p> + + +<p class="c">Z.</p> + +<p class="drap">Zélande, <i>Lundi et Vendredi à midi</i><a id="FNanchor_749" href="#Footnote_749" class="fnanchor">[98]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_749" href="#FNanchor_749"><span class="label">[98]</span></a> « Le Bureau d’Angleterre est présentement à la grande +Poste. » Édit. 1691.</p> +</div> +<p>Les Couriers pour la Cour partiront tous les +jours à 8 h. du soir, lorsqu’elle sera à Versailles, +Saint-Germain ou Fontainebleau. Le Bureau est +rue de la Limace et rue des Déchargeurs<a id="FNanchor_750" href="#Footnote_750" class="fnanchor">[99]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_750" href="#FNanchor_750"><span class="label">[99]</span></a> « Le Bureau général, où se distribuent les lettres qui +sont envoyées à Paris des Provinces et païs étrangers, est +dans la rue des Bourdonnois, où étoit autrefois l’hôtel de +Villeroy. Et pour envoyer les lettres dans les mêmes lieux +le Bureau général est dans la rue de la Limace, près la +même rue des Bourdonnois. » <i>Id.</i> — C’est Pagot, fermier +des Postes, qui les avoit établies dans l’hôtel de Villeroy, +dont il étoit propriétaire, depuis 1652. L’hôtel avoit une +porte rue des Bourdonnois et une autre rue de la Limace.</p> +</div> +<p>Le Public sera averti de bien faire écrire le +dessus des Lettres et Paquets, s’en trouvant +souvent pour des lieux hors de la route des +postes qui ne sont pas connus, ce qui est cause +de la perte d’iceux ; et pour y remédier, ceux +qui écriront ci-après, soit dans les bourgs, villages +ou chasteaux, écriront sur leurs lettres la +Ville de la route des Postes qui en peut être la +plus proche, avec le nom de la Province.</p> + +<p>Et pour plus de commodité, il y a présentement +six boëtes où l’on va tous les jours lever +les lettres précisément à midi et à 8 h. du soir en +hiver et en esté à 9 si exactement que lesdites +<span class="pagenum" id="p265">-265-</span> heures du soir passées, les Lettres survenues +demeureront pour les Ordinaires suivans : sçavoir +une en la rue St Jacques au coin de la rue +du Plâtre vis-à-vis la vieille Poste<a id="FNanchor_751" href="#Footnote_751" class="fnanchor">[100]</a>. Une au +milieu de la place Maubert vis à vis la Fontaine, +à l’image St François. Une au fauxbourg +St Germain au coin du Jeu de Paulme de Metz<a id="FNanchor_752" href="#Footnote_752" class="fnanchor">[101]</a>. +Une ruë St Martin, au coin de la ruë aux Ours. +Et une rue St Antoine vis-à-vis l’Ours, devant +la rue Geoffroy Lasnier au petit Louvre couronné.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_751" href="#FNanchor_751"><span class="label">[100]</span></a> Sur le plan Gomboust, feuille V, la poste est indiquée +rue St-Jacques, à l’endroit marqué ici. Il étoit naturel +qu’elle eût été d’abord située au quartier de l’Université, +puisqu’elle en avoit dépendu dans l’origine, lorsque le service +des Messagers, qui mettoient les écoliers de Paris en +communication avec leurs parents de province ou de +l’étranger, étoit le seul établissement de ce genre qui +existât.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_752" href="#FNanchor_752"><span class="label">[101]</span></a> Ce « jeu de Metz », comme on l’appeloit le plus ordinairement +et dont nous avons déjà plus d’une fois rencontré +le nom, devoit se trouver rue Mazarine, où les principaux +jeux de paume s’étoient groupés. C’est l’un d’eux qui +servit, comme on sait, de premier théâtre à Molière. Quelques-uns +existoient encore sous la Restauration. — Auprès +du « Jeu de Metz » étoit un hôtel garni du même nom, +où mourut la femme de La Calprenède, le 14 mars 1668.</p> +</div> +<p>On avertit aussi le public de payer le port des +Lettres que l’on écrit des Provinces par de là +Paris, faute de quoy les Lettres ne seront pas +tenues.</p> + +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p266">-266-</span></p> + +<h3>ÉTAT<br> +<span class="small">DES PLUS CONSIDÉRABLES FOIRES DU ROYAUME.</span></h3> + + +<p class="c"><i>En Janvier.</i></p> + +<p>Il y a Foire à Lyon le lendemain des Rois +qui dure jusqu’au 26<a id="FNanchor_753" href="#Footnote_753" class="fnanchor">[102]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_753" href="#FNanchor_753"><span class="label">[102]</span></a> Cette foire n’existe plus. Elle est remplacée par la +foire d’hiver qui dure du 1<sup>er</sup> au 10 décembre.</p> +</div> +<p>A Laon le premier Lundi d’après le jour de +l’an<a id="FNanchor_754" href="#Footnote_754" class="fnanchor">[103]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_754" href="#FNanchor_754"><span class="label">[103]</span></a> Cette foire n’a pas été supprimée.</p> +</div> +<p>A Saint Nicolas en Lorraine le septième<a id="FNanchor_755" href="#Footnote_755" class="fnanchor">[104]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_755" href="#FNanchor_755"><span class="label">[104]</span></a> Il n’y a plus à Saint-Nicolas-du-Port que deux foires, +celles des derniers vendredis de mars et de septembre.</p> +</div> +<p>A Joigny le douzième<a id="FNanchor_756" href="#Footnote_756" class="fnanchor">[105]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_756" href="#FNanchor_756"><span class="label">[105]</span></a> C’est le 2 janvier que cette foire se tient à présent.</p> +</div> +<p>A Provins, il y a marché franc tous les samedis.</p> + + +<p class="c"><i>En Février.</i></p> + +<p>A Paris, la Foire St Germain le troisième<a id="FNanchor_757" href="#Footnote_757" class="fnanchor">[106]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_757" href="#FNanchor_757"><span class="label">[106]</span></a> « Elle commence le 3 février, dit Piganiol, t. I, +p. 158, et ne doit durer que quinze jours ; mais elle se +continue par permission du Roi jusqu’au dimanche de la +Passion. Cette prorogation est accordée en faveur des valets +de pied du Roi, auxquels les marchands donnent une gratification +pour cela. » La foire St-Germain fut supprimée +à la Révolution. Le marché du même nom est bâti sur une +partie de son emplacement.</p> +</div> +<p>A Roüen le même jour.</p> + +<p>Le Pardon St Denis le jour St Mathias.</p> + +<p>A Montargis, le Lundi de devant les jours +gras<a id="FNanchor_758" href="#Footnote_758" class="fnanchor">[107]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_758" href="#FNanchor_758"><span class="label">[107]</span></a> Cette foire se tient maintenant le jeudi qui précède le +jeudi gras.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p267">-267-</span> A Ste Menehould, le jour de la Chaire St-Pierre<a id="FNanchor_759" href="#Footnote_759" class="fnanchor">[108]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_759" href="#FNanchor_759"><span class="label">[108]</span></a> Elle se tient encore le même jour.</p> +</div> +<p>A Montferrant, le Lundi de devant le Carême<a id="FNanchor_760" href="#Footnote_760" class="fnanchor">[109]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_760" href="#FNanchor_760"><span class="label">[109]</span></a> On sait que la ville de Montferrand fut annexée en +1731 à celle de Clermont qui en prit le nom de Clermont-Ferrand. +La foire n’en subsista pas moins. Elle se tient +aujourd’hui le vendredi avant le carême ; elle dure trois +jours.</p> +</div> +<p>A Langres, le quinzième et dure huit jours<a id="FNanchor_761" href="#Footnote_761" class="fnanchor">[110]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_761" href="#FNanchor_761"><span class="label">[110]</span></a> Cette foire se tient encore à la même époque.</p> +</div> + +<p class="c"><i>En Mars.</i></p> + +<p>A Senlis, le 1<sup>er</sup> lundi de Carême.</p> + +<p>A Gien sur Loire, le second Lundi de Carême<a id="FNanchor_762" href="#Footnote_762" class="fnanchor">[111]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_762" href="#FNanchor_762"><span class="label">[111]</span></a> Elle existe toujours.</p> +</div> +<p>A Rheims, le premier Jeudi d’après Pâques<a id="FNanchor_763" href="#Footnote_763" class="fnanchor">[112]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_763" href="#FNanchor_763"><span class="label">[112]</span></a> C’est maintenant le premier mardi après Pâques +qu’elle se tient. Elle dure huit jours.</p> +</div> +<p>A Francfort le même jour.</p> + + +<p class="c"><i>En Avril.</i></p> + +<p>A Lyon le lendemain de la Quasimodo.</p> + +<p>A Clermont en Auvergne, le Jeudi Saint<a id="FNanchor_764" href="#Footnote_764" class="fnanchor">[113]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_764" href="#FNanchor_764"><span class="label">[113]</span></a> Elle se tient à présent le mardi saint.</p> +</div> +<p>A Chaumont en Bassigny, le lendemain des +Fêtes de Pâques<a id="FNanchor_765" href="#Footnote_765" class="fnanchor">[114]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_765" href="#FNanchor_765"><span class="label">[114]</span></a> C’est avant et non après Pâques qu’elle se tient maintenant. +Son jour est l’avant-dernier samedi qui précède le +samedi saint.</p> +</div> +<p>A Troyes en Champagne, le dernier Avril.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p268">-268-</span></p> + +<p class="c"><i>En May.</i></p> + +<p>A Creusi le Chastel proche Tonnerre, le premier +et dure 8 jours<a id="FNanchor_766" href="#Footnote_766" class="fnanchor">[115]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_766" href="#FNanchor_766"><span class="label">[115]</span></a> La foire de Cruzy-le-Châtel commence toujours le +1<sup>er</sup> mai.</p> +</div> +<p>A Senlis, le deuxième<a id="FNanchor_767" href="#Footnote_767" class="fnanchor">[116]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_767" href="#FNanchor_767"><span class="label">[116]</span></a> Elle commence maintenant le 25 avril. Sa durée est +de 9 jours.</p> +</div> +<p>A Fontenay en Brie, le premier jour.</p> + +<p>A Clermont en Auvergne, le neuvième<a id="FNanchor_768" href="#Footnote_768" class="fnanchor">[117]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_768" href="#FNanchor_768"><span class="label">[117]</span></a> Elle se tient à la même date et dure 9 jours.</p> +</div> +<p>A Chartre, Foire franche le onzième<a id="FNanchor_769" href="#Footnote_769" class="fnanchor">[118]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_769" href="#FNanchor_769"><span class="label">[118]</span></a> C’est une foire de 10 jours, qui commence encore à +la même époque.</p> +</div> +<p>A Niort le sixième<a id="FNanchor_770" href="#Footnote_770" class="fnanchor">[119]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_770" href="#FNanchor_770"><span class="label">[119]</span></a> Elle se tient aujourd’hui le 7.</p> +</div> +<p>A Meaux à la My-May<a id="FNanchor_771" href="#Footnote_771" class="fnanchor">[120]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_771" href="#FNanchor_771"><span class="label">[120]</span></a> Elle existe encore et dure trois jours, les 15, 16 et +17 mai.</p> +</div> +<p>A Fontainebleau le lendemain de la Trinité<a id="FNanchor_772" href="#Footnote_772" class="fnanchor">[121]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_772" href="#FNanchor_772"><span class="label">[121]</span></a> Foire de trois jours, dont l’époque est restée la même.</p> +</div> + +<p class="c"><i>En Juin.</i></p> + +<p>A Abbeville le deuxième.</p> + +<p>A St Denis le Lundi d’après la St Barnabé<a id="FNanchor_773" href="#Footnote_773" class="fnanchor">[122]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_773" href="#FNanchor_773"><span class="label">[122]</span></a> Cette foire se tient à présent le jour même de la +Saint-Barnabé qui est le 11 juin.</p> +</div> +<p>A Rouen le lendemain de la Pentecôte<a id="FNanchor_774" href="#Footnote_774" class="fnanchor">[123]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_774" href="#FNanchor_774"><span class="label">[123]</span></a> On a maintenant avancé cette foire qui dure quinze +jours. Elle commence la veille de l’Ascension.</p> +</div> +<p>A Fontenay en Poitou, le jour de la St Jean +Baptiste<a id="FNanchor_775" href="#Footnote_775" class="fnanchor">[124]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_775" href="#FNanchor_775"><span class="label">[124]</span></a> C’est le lendemain de la Saint-Jean qu’elle commence +maintenant. Sa durée est de deux jours, le 25 et le 26 +juin.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p269">-269-</span> A Senlis, Foire franche le premier Lundi +d’après la St Jean.</p> + +<p>A Bourges le dix neuvième et dure 8 jours<a id="FNanchor_776" href="#Footnote_776" class="fnanchor">[125]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_776" href="#FNanchor_776"><span class="label">[125]</span></a> Cette foire n’a plus que deux jours : les 20 et 21 juin.</p> +</div> + +<p class="c"><i>En Juillet.</i></p> + +<p>A Fontenay en Brie, Foire franche le deuxième<a id="FNanchor_777" href="#Footnote_777" class="fnanchor">[126]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_777" href="#FNanchor_777"><span class="label">[126]</span></a> Elle se tient encore le même jour.</p> +</div> +<p>A Lion, le quatrième, et finit le dix-neuvième<a id="FNanchor_778" href="#Footnote_778" class="fnanchor">[127]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_778" href="#FNanchor_778"><span class="label">[127]</span></a> C’est à présent la foire de la Pentecôte. Elle ne dure +plus que trois jours.</p> +</div> +<p>A la Royale en Bretagne, le cinq et dure +8 jours.</p> + +<p>A Rheims le Lundi d’avant la Magdeleine.</p> + +<p>A Montargis<a id="FNanchor_779" href="#Footnote_779" class="fnanchor">[128]</a> et à Espernay le même jour<a id="FNanchor_780" href="#Footnote_780" class="fnanchor">[129]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_779" href="#FNanchor_779"><span class="label">[128]</span></a> C’est la foire du 20 juillet, veille de la Madeleine, +qui existe encore.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_780" href="#FNanchor_780"><span class="label">[129]</span></a> L’époque de cette foire n’a pas été changée.</p> +</div> + +<p class="c"><i>En Aoust.</i></p> + +<p>A Fontenoy en Poitou, le premier jour du +mois, Foire franche à l’abbaye de Jarcy<a id="FNanchor_781" href="#Footnote_781" class="fnanchor">[130]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_781" href="#FNanchor_781"><span class="label">[130]</span></a> Cette foire de deux jours commence maintenant le +2 août.</p> +</div> +<p>A Lion le quatrième et finit le vingt troisième.</p> + +<p>A Clermont en Auvergne, le sixième<a id="FNanchor_782" href="#Footnote_782" class="fnanchor">[131]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_782" href="#FNanchor_782"><span class="label">[131]</span></a> Cette foire a été reportée au 15 août.</p> +</div> +<p>A Paris, la Foire St Laurent, le sixième et +dure le reste du mois<a id="FNanchor_783" href="#Footnote_783" class="fnanchor">[132]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_783" href="#FNanchor_783"><span class="label">[132]</span></a> C’est le 10, jour de la fête du Saint, et non le 6 août, +que la foire Saint-Laurent commençait, pour durer jusqu’au +7 septembre. Les prêtres et missionnaires de Saint-Lazarre, +dont le couvent étoit voisin du préau où elle se tenoit, +l’avoient fait établir pour bénéficier des droits à percevoir. +En 1705, ces droits devinrent plus considérables, lorsqu’ils +eurent obtenu que la foire ne commenceroit plus le 10 août, +mais le 24 juillet, et dureroit jusqu’à la Saint-Michel, +c’est-à-dire jusqu’au 29 septembre : « Elle est, dit Piganiol, +t. I, p. 158, de même que celle de Saint-Germain, +franche pour toutes sortes de marchands et de marchandises. »</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p270">-270-</span> A Chartre, Foire franche le 14<a id="FNanchor_784" href="#Footnote_784" class="fnanchor">[133]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_784" href="#FNanchor_784"><span class="label">[133]</span></a> Elle a été reportée au 24 du même mois et dure trois +jours.</p> +</div> +<p>A Guibray, le Lundi de la My-Aoust, et dure +huit jours<a id="FNanchor_785" href="#Footnote_785" class="fnanchor">[134]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_785" href="#FNanchor_785"><span class="label">[134]</span></a> C’est la fameuse foire qui se tient encore à Falaise, +dans le faubourg de Guibray. Elle dure maintenant quinze +jours. Comme on y achète beaucoup de cadeaux, le mot +guibrée, dans le patois d’Alençon, signifie présent.</p> +</div> +<p>A Creusi le Chastel proche Tonnerre le dix-septième<a id="FNanchor_786" href="#Footnote_786" class="fnanchor">[135]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_786" href="#FNanchor_786"><span class="label">[135]</span></a> Elle se tient à présent le 7 septembre.</p> +</div> + +<p class="c"><i>En Septembre.</i></p> + +<p>A Vitry le François, le premier jour<a id="FNanchor_787" href="#Footnote_787" class="fnanchor">[136]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_787" href="#FNanchor_787"><span class="label">[136]</span></a> Elle existe encore.</p> +</div> +<p>A Toul en Lorraine le sixième<a id="FNanchor_788" href="#Footnote_788" class="fnanchor">[137]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_788" href="#FNanchor_788"><span class="label">[137]</span></a> On l’a avancée de trois jours maintenant.</p> +</div> +<p>A Seez le Jeudi d’après la Nativité Notre Dame.</p> + +<p>A Provins, à l’exaltation Ste Croix jusqu’à la +fin du mois.</p> + +<p>A Espernay, le même jour<a id="FNanchor_789" href="#Footnote_789" class="fnanchor">[138]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_789" href="#FNanchor_789"><span class="label">[138]</span></a> Ce jour est le 15 septembre. C’est encore celui de la +foire d’Épernay.</p> +</div> +<p>A Blangy<a id="FNanchor_790" href="#Footnote_790" class="fnanchor">[139]</a> en Brie, le jour de St Mathieu +apôtre.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_790" href="#FNanchor_790"><span class="label">[139]</span></a> Lisez « Blandy ». La foire s’y tient encore le même +jour 21 septembre.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p271">-271-</span></p> + +<p class="c"><i>En Octobre.</i></p> + +<p>A Rheims, le premier jour.</p> + +<p>A St Denis en France le dixième jour.</p> + +<p>A Sens le dix septième.</p> + +<p>A Rouen, le vingt troisième<a id="FNanchor_791" href="#Footnote_791" class="fnanchor">[140]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_791" href="#FNanchor_791"><span class="label">[140]</span></a> Elle commence encore le même jour et en dure +quinze.</p> +</div> +<p>A Senlis, Foire franche, le Jeudi d’après +St Luc.</p> + +<p>A Châlons en Champagne, le Vendredi +d’après St Denis<a id="FNanchor_792" href="#Footnote_792" class="fnanchor">[141]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_792" href="#FNanchor_792"><span class="label">[141]</span></a> Cette foire de huit jours existe encore, mais a été +reportée du vendredi au samedi d’après la Saint-Denis, +c’est-à-dire au 18 octobre.</p> +</div> +<p>A Fontenay en Brie, Foire franche le Samedi +de devant la Toussaint<a id="FNanchor_793" href="#Footnote_793" class="fnanchor">[142]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_793" href="#FNanchor_793"><span class="label">[142]</span></a> Elle se tient à présent le 12 octobre.</p> +</div> + +<p class="c"><i>En Novembre.</i></p> + +<p>A Troye le deuxième.</p> + +<p>A Lion le quatrième.</p> + +<p>A Meaux le jour de la St Martin<a id="FNanchor_794" href="#Footnote_794" class="fnanchor">[143]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_794" href="#FNanchor_794"><span class="label">[143]</span></a> C’est une foire de trois jours qui existe encore.</p> +</div> +<p>A Châlons en Champagne, le Vendredi d’après +St Martin<a id="FNanchor_795" href="#Footnote_795" class="fnanchor">[144]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_795" href="#FNanchor_795"><span class="label">[144]</span></a> Elle a été reportée au samedi ; elle dure trois jours.</p> +</div> +<p>A Clermont en Auvergne le onzième.</p> + +<p>A Fontainebleau, le lendemain de la Ste Catherine<a id="FNanchor_796" href="#Footnote_796" class="fnanchor">[145]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_796" href="#FNanchor_796"><span class="label">[145]</span></a> Cette foire de trois jours se tient encore à la même +date : les 26, 27 et 28 novembre.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p272">-272-</span> A Creusi le Chastel, le jour de St André<a id="FNanchor_797" href="#Footnote_797" class="fnanchor">[146]</a> et +dure 8 jours.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_797" href="#FNanchor_797"><span class="label">[146]</span></a> C’est-à-dire le 30 novembre. Elle se tient à présent +le jour suivant.</p> +</div> + +<p class="c"><i>En Décembre.</i></p> + +<p>A Vitry le François le premier<a id="FNanchor_798" href="#Footnote_798" class="fnanchor">[147]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_798" href="#FNanchor_798"><span class="label">[147]</span></a> Elle se tient encore le même jour.</p> +</div> +<p>A Niort, le lendemain de la St André<a id="FNanchor_799" href="#Footnote_799" class="fnanchor">[148]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_799" href="#FNanchor_799"><span class="label">[148]</span></a> C’est le jour même de la Saint-André, 30 novembre, +qu’elle se tient aujourd’hui.</p> +</div> +<p>A Vinacour près Amiens, le même jour.</p> + +<p>A St Nicolas en Lorraine le sixième.</p> + +<p>A Poitiers le même jour.</p> + +<p>A Bourges le vingt septième<a id="FNanchor_800" href="#Footnote_800" class="fnanchor">[149]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_800" href="#FNanchor_800"><span class="label">[149]</span></a> Elle commence à présent le 24 et dure vingt jours.</p> +</div> +<p>A Chablis, le dernier jour<a id="FNanchor_801" href="#Footnote_801" class="fnanchor">[150]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_801" href="#FNanchor_801"><span class="label">[150]</span></a> La date n’en a pas été changée.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p273">-273-</span></p> + +<h2 class="nobreak">APPENDICE</h2> + +<p><span class="pagenum" id="p275">-275-</span></p> + + + +<h3 id="c43" title="LISTE DE MESSIEURS DE L’ACADÉMIE FRANÇOISE.">LISTE<br> +<span class="small">DE MESSIEURS DE L’ACADÉMIE FRANÇOISE<a id="FNanchor_802" href="#Footnote_802" class="fnanchor">[151]</a></span><br> +<i>en Ianvier 1676</i><a id="FNanchor_803" href="#Footnote_803" class="fnanchor">[152]</a>.</h3> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_802" href="#FNanchor_802"><span class="label">[151]</span></a> Ces Listes se publièrent d’abord en une brochure in-4<sup>o</sup>, +comme la première qui va suivre ; puis sous forme de +placard in-folio, dont un exemplaire étoit affiché dans la +salle du Louvre, où Colbert avoit permis, en 1673, que +l’Académie s’installât, lorsqu’après la mort du chancelier +Séguier elle eut quitté son hôtel, avec le roi pour nouveau +protecteur.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_803" href="#FNanchor_803"><span class="label">[152]</span></a> Ce n’est qu’à partir de 1711 que l’<i>Almanach Royal</i> +publia les noms et les adresses des Académiciens du moment +d’après ces Listes, qui sont devenues très rares. Les deux +que nous donnons, à la suite l’une de l’autre, sont les seules +que nous connaissions.</p> +</div> + +<p class="drap3"><span class="sc">Le Roy</span>, Protecteur.</p> + +<p class="drap3">Messieurs</p> + +<p class="drap2">1635. Henry-Louis Habert, sieur de <span class="sc">Montmor</span>, +doyen des Maistres des Requestes, rue +<i>S. Avoye</i><a id="FNanchor_804" href="#Footnote_804" class="fnanchor">[153]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_804" href="#FNanchor_804"><span class="label">[153]</span></a> Il étoit de l’Académie depuis sa fondation, comme +l’indique la date de 1635, qui précède ici son nom. Il se +tenoit chez lui des conférences, mais de philosophie et de +physique. Gassendi fut quelques années son hôte, à l’époque +où Chapelle, Molière et Bernier suivoient ses leçons. Son +hôtel, autrefois magnifique, « <span lang="la" xml:lang="la">ædes renidentes</span> », comme +dit Sorbière, existe encore dans la partie de la rue du +Temple qui s’est substituée à la rue Sainte-Avoie. Il mourut +le 21 janvier 1679. L’abbé de Lavau fut son successeur à +l’Académie. Quelques-unes des premières séances, avant +qu’elle eût un établissement fixe, s’étoient tenues chez +Montmor. — Son fauteuil, le 40<sup>e</sup>, est occupé par M. Cuvillier-Fleury, +selon le <i>Dictionn. histor. de la France</i>, par +M. Lud. Lalanne, que nous prenons pour guide.</p> +</div> +<p class="drap3"><span class="pagenum" id="p276">-276-</span> Iean <span class="sc">Des-Marests</span>, cy-devant Controlleur +General de l’Extraordinaire des Guerres, +<i>à la Place Royale</i><a id="FNanchor_805" href="#Footnote_805" class="fnanchor">[154]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_805" href="#FNanchor_805"><span class="label">[154]</span></a> Desmarests Saint-Sorlin, factotum poétique de Richelieu, +pour lequel il fit <i>Mirame</i>, et qui l’avoit mis, des premiers, +de son Académie. Il mourut cette année 1676, le +28 octobre, et eut J. J. de Mesmes pour successeur. On lui +devoit l’inscription de la statue de Louis XIII élevée dans +la place Royale, où il logeoit. Il avoit auparavant habité +l’hôtel Pelvé, qu’il avoit fait rebâtir, car il se mêloit d’architecture, +au coin des rues de Thiron et du Roi de Sicile. Il +y avoit été, dans les premiers temps, un des hôtes de +l’Académie encore sans asile. — Son fauteuil, le 39<sup>e</sup>, est +occupé par M. de Champagny.</p> +</div> +<p class="drap2">1639. François <span class="sc">Esprit</span>, advocat en Parlement<a id="FNanchor_806" href="#Footnote_806" class="fnanchor">[155]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_806" href="#FNanchor_806"><span class="label">[155]</span></a> Son prénom étoit Jacques, et non François ; Pellisson +(<i>Hist. de l’Acad. françoise</i>, édit. Ch. Livet, I, p. 288) +le fait non pas avocat, mais conseiller du roi. On a de lui : +<i>Paraphrase de quelques psaumes</i>, dont l’édition, imprimée +toute en italiques, est rare. Il fut très goûté chez La Rochefoucauld, +chez M<sup>me</sup> de Sablé et chez le chancelier Séguier, +qui contribua beaucoup à le faire recevoir de l’Académie à +la place de Philippe Habert (V. <i>Regist.</i> du 14 fév. 1639). +Si son adresse n’est pas donnée ici, c’est qu’à la suite du +prince de Conti il s’étoit retiré à Béziers, où il mourut le +6 juillet 1678. L’archevêque de Rouen, Colbert, lui succéda. — Son +fauteuil, le 3<sup>e</sup>, est échu à M. Jules Sandeau.</p> +</div> +<p class="drap2">1640. Olivier <span class="sc">Patrv</span>, advocat en Parlement<a id="FNanchor_807" href="#Footnote_807" class="fnanchor">[156]</a>, +<span class="pagenum" id="p277">-277-</span> <i>proche le Puy-l’Hermite<a id="FNanchor_808" href="#Footnote_808" class="fnanchor">[157]</a>, faubourg S. +Marcel</i>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_807" href="#FNanchor_807"><span class="label">[156]</span></a> On sait trop la réputation qu’il se fit au barreau de +Paris pour que nous devions y insister. Il avoit succédé, +comme académicien, à Porchères d’Arbaud. Il mourut le +16 janvier 1681 et fut remplacé par le président Potier de +Novion. — Son fauteuil, le 6<sup>e</sup>, est aujourd’hui celui de +M. le duc de Noailles.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_808" href="#FNanchor_808"><span class="label">[157]</span></a> Ce puits, qui se trouvoit au carrefour formé par les +rues de l’Épée de bois, Gracieuse et Françoise, finit par +donner son nom à cette dernière. Patru logeoit encore +auprès lorsqu’il mourut. (Jal, <i>Dict. critique</i>, p. 945.) +Richelet parle ainsi de sa maison : « Patru se retira dans +le plus beau quartier du faubourg Saint-Marcel, en une +petite maison assez agréable, qui avoit un jardin, une +basse-cour et toutes les commoditez des charmants réduits +de la campagne. » <i>Les plus belles Lettres françoises</i>, édit. +de 1708, in-12, 1<sup>re</sup> part., p. 57.</p> +</div> +<p class="drap2">1643. Claude Bazin, sieur de <span class="sc">Bezons</span>, conseiller +d’Estat<a id="FNanchor_809" href="#Footnote_809" class="fnanchor">[158]</a>, <i>près les Capucins du Marais</i><a id="FNanchor_810" href="#Footnote_810" class="fnanchor">[159]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_809" href="#FNanchor_809"><span class="label">[158]</span></a> Il avoit été avocat général au grand Conseil, et s’y +étoit fait, « parlant éloquemment et fortement en toutes +rencontres », comme dit Chapelain, les seuls titres qu’il eût +à être de l’Académie. Il y remplaça Séguier en 1643, et, +lorsqu’il mourut, le 20 mars 1684, à 67 ans, il eut Boileau +pour successeur. — Son fauteuil, le 7<sup>e</sup>, est occupé par +M. Émile Augier.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_810" href="#FNanchor_810"><span class="label">[159]</span></a> Leur couvent, construit en 1622 et supprimé en 1790, +se trouvoit à l’angle des rues d’Orléans et du Perche, où +l’église, bâtie sur l’emplacement d’un jeu de paume, existe +encore sous l’invocation de saint François d’Assise.</p> +</div> +<p class="drap2">1647. Pierre <span class="sc">Corneille</span>, cy-devant Advocat +General à la Table de Marbre de Normandie, +<i>rue de Clery</i><a id="FNanchor_811" href="#Footnote_811" class="fnanchor">[160]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_811" href="#FNanchor_811"><span class="label">[160]</span></a> Nous nous contenterons de dire que P. Corneille ne fut +pas de l’Académie tant que vécut Richelieu, qui lui gardoit +rancune du <i>Cid</i>. Six places s’étoient successivement trouvées +vacantes : il ne lui en laissa prendre aucune, sous +prétexte qu’il habitoit Rouen. A ce compte, Esprit, qui +habitoit beaucoup plus loin, à Béziers, aurait dû encore en +être moins, et il en fut pourtant. En 1647 seulement, sous +Mazarin, Corneille fut élu à la place de Maynard. — Nous +ne dirons rien sur l’adresse qui lui est donnée ici : <i>rue de +Cléry</i>. Nous en avons parlé longuement, à propos de son +dernier logis rue d’Argenteuil, dans notre <i>Histoire de la +Butte des Moulins</i>, p. 263. — Par le plus ingénieux et le +plus sensé des hasards, il se trouve qu’aujourd’hui le fauteuil +de P. Corneille, le 9<sup>e</sup> de l’Académie, est celui de +M. Victor Hugo.</p> +</div> +<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p278">-278-</span> 1649. François de <span class="sc">Mezeray</span>, conseiller du Roy, +Historiographe de France<a id="FNanchor_812" href="#Footnote_812" class="fnanchor">[161]</a>, <i>rue Mont-Orgueil, +vis-à-vis la rüe Beaurepaire</i><a id="FNanchor_813" href="#Footnote_813" class="fnanchor">[162]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_812" href="#FNanchor_812"><span class="label">[161]</span></a> On aurait dû ajouter — mais ce n’étoit pas l’usage — <i>secrétaire +perpétuel</i>. Il l’étoit alors depuis un an, à la place +de Conrart. Comme académicien, il avoit succédé à Voiture +en 1649, et il fut remplacé lui-même, en 1685, par l’avocat +Barbier d’Aucourt. — Son fauteuil, le 12<sup>e</sup>, est occupé +par M. Jules Favre.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_813" href="#FNanchor_813"><span class="label">[162]</span></a> Son testament, signé le 11 juillet 1683, est daté de +cette adresse, mais avec la simple indication : « rue Montorgueil ».</p> +</div> +<p class="drap2">1650. Jean <span class="sc">Dovjat</span>, Docteur Regent, et premier +Professeur du Roy en Droit Canon, +Conseiller et Historiographe de Sa +Majesté<a id="FNanchor_814" href="#Footnote_814" class="fnanchor">[163]</a>, <i>rue St Iean de Beauvais</i><a id="FNanchor_815" href="#Footnote_815" class="fnanchor">[164]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_814" href="#FNanchor_814"><span class="label">[163]</span></a> Il avoit succédé au continuateur de l’<i>Astrée</i>, Baro, +dont, par la date donnée ici pour l’entrée de Doujat à +l’Académie, on connoît approximativement l’époque de la +mort, restée autrement assez problématique. (Pellisson, <i>Hist. +de l’Acad. franç.</i>, édit. Livet, t. I, p. 238.) Doujat eut pour +successeur l’abbé Renaudot, en 1689. — Son fauteuil, le +15<sup>e</sup>, vient d’échoir à M. Henri Martin, par suite de la +mort de M. Thiers.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_815" href="#FNanchor_815"><span class="label">[164]</span></a> Son titre de professeur en droit canon lui permettoit +d’y habiter les <i>Écoles de droit</i>, dont la principale entrée +étoit dans cette rue. V. plus haut, t. I, p. 33.</p> +</div> +<p class="drap2">1651. François <span class="sc">Charpentier</span><a id="FNanchor_816" href="#Footnote_816" class="fnanchor">[165]</a>, <i>rue de la Verrerie</i><a id="FNanchor_817" href="#Footnote_817" class="fnanchor">[166]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_816" href="#FNanchor_816"><span class="label">[165]</span></a> C’est surtout comme traducteur qu’on le reçut, en +1651, de l’Académie ; il travailla aussi à la rédaction des +<i>Voyages</i> de Chardin. — Il occupoit le 16<sup>e</sup> fauteuil, où il avoit +remplacé J. Baudoin, et que l’évêque de Senlis, Chamillard, +eut après lui, en 1702. C’est aujourd’hui celui de M. le duc +de Broglie.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_817" href="#FNanchor_817"><span class="label">[166]</span></a> Il avoit d’abord habité près du Louvre une maison, +dont il étoit le propriétaire, mais qu’il avoit dû quitter. Le +roi se l’étant réservé « pour le grand dessein du Louvre », +Charpentier n’avoit pas eu le droit d’y faire les réparations +nécessaires, et c’est pour n’y pas être écrasé sous les ruines +que force lui avoit été d’en partir avec tous ses locataires.</p> +</div> +<p class="drap3"><span class="pagenum" id="p279">-279-</span> François <span class="sc">Tallemant</span>, conseiller du Roy, +et Premier Aumosnier de Madame, +abbé de Val-Chrestien, et prieur de S. +Irenée, <i>rue Sainte-Anne, proche celle de +la Sourdière</i><a id="FNanchor_818" href="#Footnote_818" class="fnanchor">[167]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_818" href="#FNanchor_818"><span class="label">[167]</span></a> Frère cadet de Tallemant des Réaux. Il est fameux +par le vers que sa traduction de Plutarque lui valut de la +part de Boileau, et auquel un académicien du même nom et +de la même famille, l’abbé Paul Tallemant, qu’on trouvera +plus loin, riposta par une lettre très digne, très spirituelle, +mais trop peu connue. Elle se trouve dans l’édit. du Racine +in-8<sup>o</sup> de 1768, t. VII, p. 254. Il avoit succédé, en 1669, +à J. de Montreuil, et il eut pour successeur, en 1693, +Simon de Laloubère. — Son fauteuil, le 13<sup>e</sup>, est aujourd’hui +celui de M. le duc d’Audiffret-Pasquier.</p> +</div> +<p class="drap2">1652. Armand de Cambout, duc de <span class="sc">Coaslin</span>, +Pair de France, Lieutenant General +pour le Roy en Basse-Bretagne, Mestre +de Camp General de la Cavalerie Legere, +<i>rue des Deux-Portes, près de la rue Mont-Orgueil</i><a id="FNanchor_819" href="#Footnote_819" class="fnanchor">[168]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_819" href="#FNanchor_819"><span class="label">[168]</span></a> Petit-fils de Séguier par sa mère, il avoit été, lorsqu’il +remplaça L’Estoille, en 1652, académicien de naissance +pour ainsi dire. Son fils et son petit-fils, qui, l’un après +l’autre, lui succédèrent, le furent de même. Chapelain, lui +cherchant des titres, ne trouva qu’une harangue « courte +et bonne » qu’il avoit faite, comme président, aux États de +Bretagne : « Du reste, ajoute-t-il, il se pique plus de guerre +que d’écriture. » — Son fauteuil, le 17<sup>e</sup>, est occupé par +M. Hippolyte Taine.</p> +</div> +<p class="drap2">1653. Paul <span class="sc">Pellisson</span> Fontanier, conseiller du +Roy en ses Conseils, maistre des +Requestes ordinaire de son Hostel<a id="FNanchor_820" href="#Footnote_820" class="fnanchor">[169]</a>, +<span class="pagenum" id="p280">-280-</span> <i>maison abbatiale de S. Germain des +Prez</i><a id="FNanchor_821" href="#Footnote_821" class="fnanchor">[170]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_820" href="#FNanchor_820"><span class="label">[169]</span></a> On connoît assez Pellisson pour que nous n’ayons pas +à parler de lui. Il ajoutoit à son nom celui de Fontanier, +qui étoit celui de sa mère, pour se distinguer de son frère +aîné Georges. Il avoit en 1653 remplacé Porchères Laugier, +et il eut en 1693 Fénelon pour successeur. — Son fauteuil, +le 20<sup>e</sup>, est maintenant celui de M. Dufaure.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_821" href="#FNanchor_821"><span class="label">[170]</span></a> C’est comme administrateur de l’économat de l’abbaye +qu’il habitoit « cette maison abbatiale », dont on peut voir +encore la façade presque intacte au bout de la rue Furstemberg. +V. plus haut, t. I, p. 23.</p> +</div> +<p class="drap2">1654. Paul-Philippes de <span class="sc">Chavmont</span>, Evesque +de Dax<a id="FNanchor_822" href="#Footnote_822" class="fnanchor">[171]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_822" href="#FNanchor_822"><span class="label">[171]</span></a> On disoit alors plus communément évêque d’Acqs. +Cet évêché de Dax fut supprimé en 1802. Chaumont l’occupa +de 1671 à 1684, puis s’en démit. Étoit-ce pour être +plus assidu à l’Académie ? Il y avoit, en 1654, remplacé +Sérizay, et le président Cousin l’y remplaça en 1697 : « La +nécessité de ses fonctions, dit-il de son prédécesseur, le priva +pendant quelque temps des avantages de votre société. » +Son fauteuil, le 18<sup>e</sup>, est occupé par M. le comte de Falloux.</p> +</div> +<p class="drap2">1656. Charles <span class="sc">Cotin</span>, abbé de Mont-Fronchel, +chanoine de Bayeux, <i>rüe Simon-le-Franc</i><a id="FNanchor_823" href="#Footnote_823" class="fnanchor">[172]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_823" href="#FNanchor_823"><span class="label">[172]</span></a> Une des plus fameuses victimes de Boileau et de Molière. +L’abbé d’Olivet croyoit qu’il n’avoit été qu’un an chanoine +de Bayeux : nommé en 1650, il auroit l’année d’après, « ne +voulant pas résider à Bayeux », résigné son canonicat. On +voit que c’est une erreur puisque, seize ans après, notre +liste le lui attribue encore. Cotin avait, en 1655, succédé +à Habert de Cérizy ; en janvier 1682, il eut l’abbé de Dangeau +pour successeur. — Son fauteuil, le 21<sup>e</sup>, est aujourd’hui +celui de M. Charles Blanc.</p> +</div> +<p class="drap2">1657. César d’<span class="sc">Estrées</span><a id="FNanchor_824" href="#Footnote_824" class="fnanchor">[173]</a>, Cardinal Evesque et Duc +<span class="pagenum" id="p281">-281-</span> de Laon, Pair de France, <i>rüe Barbeth</i><a id="FNanchor_825" href="#Footnote_825" class="fnanchor">[174]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_824" href="#FNanchor_824"><span class="label">[173]</span></a> Il n’eut de titres à l’Académie que comme homme +d’État. Il en fut pendant cinquante-six ans : depuis 1658, +époque où il succéda à Du Ryer, jusqu’en 1714. Son neveu +le maréchal d’Estrées le remplaça. C’est au cardinal d’Estrées +que l’Académie française dut ses fauteuils, dont un +existe encore chez M. Camille Doucet, secrétaire perpétuel. +(V. notre <i>Histoire du Louvre</i> dans <i>Paris à travers les âges</i>.) — Il +occupoit le 18<sup>e</sup>, échu aujourd’hui à M. V. Sardou.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_825" href="#FNanchor_825"><span class="label">[174]</span></a> Lisez Barbette. L’hôtel d’Estrées, qui fut depuis l’hôtel +de Corberon, puis une succursale de l’école de Saint-Denis, +s’y trouvoit à l’extrémité à gauche, du côté de la rue des +Trois-Pavillons. On l’a démoli sous le second empire.</p> +</div> +<p class="drap2">1658. Iean-Iacques Renoüard, sieur de <span class="sc">Villayer</span>, +Conseiller d’Estat ordinaire<a id="FNanchor_826" href="#Footnote_826" class="fnanchor">[175]</a>, <i>rüe Chapon</i>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_826" href="#FNanchor_826"><span class="label">[175]</span></a> Il avoit remplacé Servien, et il eut pour successeur +Fontenelle, en 1691. Il n’étoit pas conseiller d’état ordinaire, +comme il est dit ici, mais par semestre. — Son +fauteuil, le 22<sup>e</sup>, est occupé par M. Caro.</p> +</div> +<p class="drap2">1661. Iacques <span class="sc">Cassaigne</span>, Docteur en Theologie, +Prieur de S. Estienne, <i>rüe d’Orléans</i><a id="FNanchor_827" href="#Footnote_827" class="fnanchor">[176]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_827" href="#FNanchor_827"><span class="label">[176]</span></a> C’est le prédicateur dont s’est tant moqué Boileau. +N’ayant guère que vingt-sept ans, il avoit, au commencement +de 1662, succédé à Saint-Amant. Il mourut en 1679, +et fut remplacé par M. de Crécy. L’évêque de Luçon, +Nic. Colbert, lui avoit délégué sa charge de gardien de la +Bibliothèque du roi. — Il occupoit le 24<sup>e</sup> fauteuil, celui de +M. d’Haussonville aujourd’hui.</p> +</div> +<p class="drap2">1662. Antoine <span class="sc">Fvretiere</span>, abbé de Chalivoy et +Prieur de Chuisnes, <i>rüe de Savoye</i><a id="FNanchor_828" href="#Footnote_828" class="fnanchor">[177]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_828" href="#FNanchor_828"><span class="label">[177]</span></a> Il avoit, en 1662, succédé à Boissat. La fameuse +affaire du <i>Dictionnaire</i>, qu’il recommençoit sur un plan nouveau, +pendant que l’Académie, privilégiée pour ce travail, +le continuoit sans s’être assez tôt défiée de ce que nous +appellerions une concurrence déloyale, le fit exclure le 27 janvier +1685. On ne lui donna toutefois un successeur qu’à sa +mort, en 1688 ; ce fut La Chapelle. — Son fauteuil, le 25<sup>e</sup>, +est occupé par M. X. Marmier.</p> +</div> +<p class="drap3">Iean Regnaud de <span class="sc">Segrais</span><a id="FNanchor_829" href="#Footnote_829" class="fnanchor">[178]</a>, <i>rüe de Vaugirard, +vers le Calvaire</i><a id="FNanchor_830" href="#Footnote_830" class="fnanchor">[179]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_829" href="#FNanchor_829"><span class="label">[178]</span></a> Successeur de Boisrobert, en 1662, il fut remplacé en +1701 par Campistron. — Son fauteuil, le 26<sup>e</sup>, est occupé +par M. de Viel-Castel.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_830" href="#FNanchor_830"><span class="label">[179]</span></a> Il y logeoit chez M<sup>me</sup> de La Fayette, qui l’avoit +recueilli lorsqu’il eut quitté le Luxembourg, où il étoit gentilhomme +de Mademoiselle, et qui le fit travailler à son +roman de <i>Zayde</i>. Le couvent du Calvaire n’existe plus +depuis 1790. L’église, après avoir servi de remise, a été +absorbée par le palais du Sénat. Le cloître est devenu une serre.</p> +</div> +<p class="drap3"><span class="pagenum" id="p282">-282-</span> Michel le <span class="sc">Clerc</span>, advocat en Parlement, +<i>Place Royale</i><a id="FNanchor_831" href="#Footnote_831" class="fnanchor">[180]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_831" href="#FNanchor_831"><span class="label">[180]</span></a> Il n’est plus connu que par l’épigramme que fit Racine +contre son <i>Iphigénie</i>, tragédie à laquelle Boyer, qu’on trouvera +plus loin, collabora. Le Clerc avoit, en 1662, remplacé +Priezac, et il eut pour successeur Toureil, en 1692. — Son +fauteuil, le 5<sup>e</sup>, est aujourd’hui celui du savant chimiste, +M. J. B. Dumas.</p> +</div> +<p class="drap2">1663. François de Beauvilliers, duc de <span class="sc">Saint-Agnan</span>, +Pair de France, Premier Gentilhomme +de la Chambre du Roy, +Gouverneur du Havre de Grace, chevalier +des Ordres de Sa Majesté<a id="FNanchor_832" href="#Footnote_832" class="fnanchor">[181]</a>, <i>près de +la Grande Escurie</i><a id="FNanchor_833" href="#Footnote_833" class="fnanchor">[182]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_832" href="#FNanchor_832"><span class="label">[181]</span></a> Reçu en 1663 à la place de La Mesnardière, il fut, +en 1697, remplacé par l’abbé de Choisy. En qualité de bel +esprit de la cour, il protégeoit volontiers ceux de la ville. +Molière entre autres s’en étoit bien trouvé. — Son fauteuil +étoit le 11<sup>e</sup>, occupé maintenant par M. Littré.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_833" href="#FNanchor_833"><span class="label">[182]</span></a> Il logeoit au pavillon Marsan, près duquel la grande +écurie s’étendoit jusqu’aux environs de la rue Saint-Honoré.</p> +</div> +<p class="drap2">1665. Roger de Rabutin, comte de <span class="sc">Bussy</span>, Lieutenant +General des Armées du Roy<a id="FNanchor_834" href="#Footnote_834" class="fnanchor">[183]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_834" href="#FNanchor_834"><span class="label">[183]</span></a> Il avoit en 1665 succédé à Perrot d’Ablancourt, et il +eut pour successeur, en 1693, Paul Bignon. Disgracié, +comme on sait, pour son <i>Histoire amoureuse des Gaules</i>, il +habitoit sa terre de Chaseu en Bourgogne. — Son fauteuil, +le 2<sup>e</sup>, est à présent celui de M. Mignet.</p> +</div> +<p class="drap3">Iacques <span class="sc">Testu</span>, abbé de Belval<a id="FNanchor_835" href="#Footnote_835" class="fnanchor">[184]</a>, <i>à la +Place Royale</i><a id="FNanchor_836" href="#Footnote_836" class="fnanchor">[185]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_835" href="#FNanchor_835"><span class="label">[184]</span></a> Bautru de Serrant l’avoit précédé sur le fauteuil qu’il +occupoit, et le marquis de Saint-Aulaire l’y remplaça en +1706. — C’est le 27<sup>e</sup>, que la mort de M. de Sacy vient de +laisser vacant.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_836" href="#FNanchor_836"><span class="label">[185]</span></a> La duchesse de Richelieu, qui l’avoit en grande amitié, +l’y logeoit dans son hôtel.</p> +</div> +<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p283">-283-</span> 1666. Paul <span class="sc">Tallemant</span>, Prieur de S. Albin, +<i>rüe de Clery</i><a id="FNanchor_837" href="#Footnote_837" class="fnanchor">[186]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_837" href="#FNanchor_837"><span class="label">[186]</span></a> C’est lui dont nous avons cité plus haut, à propos de +son parent François Tallemant, une si verte réplique à Boileau. +Successeur de Gombaud, en 1666, à vingt-trois ans, +il fut remplacé en 1712 par Danchet. — Son fauteuil, le +29<sup>e</sup> est vacant en ce moment par suite de la mort de +M. Saint-René Taillandier.</p> +</div> +<p class="drap3">Claude <span class="sc">Boyer</span><a id="FNanchor_838" href="#Footnote_838" class="fnanchor">[187]</a>, <i>rüe de Clery</i><a id="FNanchor_839" href="#Footnote_839" class="fnanchor">[188]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_838" href="#FNanchor_838"><span class="label">[187]</span></a> Autre victime de Boileau et de Racine. Il avoit eu +pour prédécesseur Giry, en 1665, et il eut pour successeur +l’abbé Genest, en 1698. Il étoit du Languedoc comme +Leclerc, avec lequel il collaboroit non-seulement pour des +tragédies, mais aussi pour des lettres politiques sur les +affaires du temps, qui les firent plus d’une fois inquiéter +(<i>Corresp. administ. de Louis XIV</i>, t. II, p. 555). — Le +fauteuil de Claude Boyer, le 28<sup>e</sup>, est occupé par M. D. Nisard.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_839" href="#FNanchor_839"><span class="label">[188]</span></a> Paul Tallemant, qui l’avoit défendu, en même temps +que son parent, dans la lettre que nous rappelions tout à +l’heure, l’avoit en grande estime et le logeoit chez lui, rue de +Cléry : « Vous sçavez, dit-il à Boileau, qu’il a toujours +demeuré et est mort dans notre maison, maison assez aimée +des gens de lettres. »</p> +</div> +<p class="drap3">Iean-Baptiste <span class="sc">Colbert</span>, conseiller du Roy +en tous ses Conseils, secretaire d’Estat, +Grand Tresorier des Ordres du Roy, +Controlleur General des Finances, Surintendant +et Ordonnateur General des +Bastiments du Roy, Arts et Manufactures +de France<a id="FNanchor_840" href="#Footnote_840" class="fnanchor">[189]</a>, <i>rüe neuve des Petits +Champs</i><a id="FNanchor_841" href="#Footnote_841" class="fnanchor">[190]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_840" href="#FNanchor_840"><span class="label">[189]</span></a> C’est le grand ministre qui, par conséquent, n’aura +pas beaucoup à nous occuper ici. L’Académie l’avoit reçu, +en 1660, à la place de Silhon. Il n’y vint guère, aimant +mieux, à l’occasion, faire venir les académiciens chez lui, +à Sceaux (<i>Mercure</i>, oct. 1677). Il eut, en 1684, La Fontaine +pour successeur. — Son fauteuil, le 30<sup>e</sup>, est aujourd’hui +celui de M. Duvergier de Hauranne.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_841" href="#FNanchor_841"><span class="label">[190]</span></a> Son hôtel y est remplacé par deux passages, dont +l’un en a pris le nom de « passage Colbert ».</p> +</div> +<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p284">-284-</span> 1667. Philippes de Courcillon marquis de <span class="sc">Dangeav</span>, +Gouverneur de Touraine, et +Colonel du Regiment d’Infanterie du +Roy<a id="FNanchor_842" href="#Footnote_842" class="fnanchor">[191]</a>, <i>rüe S. Honoré</i><a id="FNanchor_843" href="#Footnote_843" class="fnanchor">[192]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_842" href="#FNanchor_842"><span class="label">[191]</span></a> L’auteur du fameux <i>Journal</i> du grand règne. Il était +de l’Académie depuis longtemps lorsqu’il le commença. Sa +réception, comme successeur de Scudéry, date, comme on +le voit ici, de 1667 ; lorsqu’il mourut, en 1720, cédant la +place au duc de Richelieu, il étoit doyen. — Son fauteuil, +le 14<sup>e</sup>, est aujourd’hui celui de M. Camille Doucet.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_843" href="#FNanchor_843"><span class="label">[192]</span></a> Il y logeoit dans la partie qui dépendoit de Saint-Eustache. +C’est en effet à cette église qu’il s’étoit marié le +7 mai 1670. Il eut plus tard son hôtel à la place Royale.</p> +</div> +<p class="drap2">1670. François Seraphin <span class="sc">Regnier</span> des Marais<a id="FNanchor_844" href="#Footnote_844" class="fnanchor">[193]</a>, +Prieur commendataire de Grandmont<a id="FNanchor_845" href="#Footnote_845" class="fnanchor">[194]</a>, +Académicien de la Crusca<a id="FNanchor_846" href="#Footnote_846" class="fnanchor">[195]</a>, <i>à l’Hostel +de Crequy</i><a id="FNanchor_847" href="#Footnote_847" class="fnanchor">[196]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_844" href="#FNanchor_844"><span class="label">[193]</span></a> Il étoit académicien depuis six ans, ayant été élu en +1670 pour le fauteuil laissé vacant par Cureau de la Chambre. +Il fut nommé en 1684 secrétaire perpétuel, à la place +de Mézeray, et mourut en 1713. La Monnoie lui succéda. +V. plus bas, p. 301. — Son fauteuil, le 31<sup>e</sup>, est occupé par +M. Ernest Legouvé.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_845" href="#FNanchor_845"><span class="label">[194]</span></a> Le roi lui avoit donné ce riche prieuré, lorsqu’il ne +demandoit qu’une pension, et c’est ainsi qu’il fut abbé sans +l’avoir voulu, mais sans le regretter.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_846" href="#FNanchor_846"><span class="label">[195]</span></a> Il avoit, dit-on, plus de talent en italien qu’en françois : +« S’il réussit, écrit d’Alembert, à faire passer un de ses +sonnets pour être de Pétrarque, il n’eût pas fait passer ses +vers françois sous le nom d’un grand poète. » <i>Éloges des +Académiciens</i>, t. III, p. 205.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_847" href="#FNanchor_847"><span class="label">[196]</span></a> Le duc de Créqui, dont il avoit été le secrétaire pendant +son ambassade à Rome, le logeoit chez lui. Son hôtel, +auparavant hôtel Mazarin, se trouvoit, quai Malaquais, sur +l’emplacement occupé aujourd’hui par une partie de l’école +des Beaux-Arts. Il a été démoli en avril 1845.</p> +</div> +<p class="drap3">Pierre Cureau de la <span class="sc">Chambre</span>, Docteur en +Theologie<a id="FNanchor_848" href="#Footnote_848" class="fnanchor">[197]</a>, Curé de S. Barthelemy<a id="FNanchor_849" href="#Footnote_849" class="fnanchor">[198]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_848" href="#FNanchor_848"><span class="label">[197]</span></a> Son père, médecin célèbre, avoit été de l’Académie. +C’est ce qui lui en ouvrit les portes en 1669, à la mort de +Racan. La Bruyère lui succéda en 1693. — Il occupoit le +14<sup>e</sup> fauteuil, celui de M. Auguste Barbier aujourd’hui.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_849" href="#FNanchor_849"><span class="label">[198]</span></a> Il y fut d’un zèle de charité admirable. Pendant le +rude hiver de 1693, il vendit tout pour secourir ses paroissiens +décimés par le froid et la contagion : « il ne lui restoit +plus, dit l’abbé d’Olivet, qu’à donner sa vie. » La contagion +la lui prit. Il mourut le 15 avril suivant.</p> +</div> +<p class="drap3"><span class="pagenum" id="p285">-285-</span> Philippes <span class="sc">Qvinavlt</span>, auditeur des Comptes<a id="FNanchor_850" href="#Footnote_850" class="fnanchor">[199]</a>, +<i>rüe neuve S. Médéric</i><a id="FNanchor_851" href="#Footnote_851" class="fnanchor">[200]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_850" href="#FNanchor_850"><span class="label">[199]</span></a> L’auteur bien connu des opéras que la dévotion lui fit +renier à la fin de sa vie. Son mariage avec la riche veuve +M<sup>me</sup> Bonnet, qui lui apporta cent mille écus, lui avoit permis +d’acheter une charge d’auditeur des comptes.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_851" href="#FNanchor_851"><span class="label">[200]</span></a> Il étoit né rue Grenelle-St-Honoré où, comme on sait, +son père étoit boulanger. Il se maria rue de la Grande-Truanderie, +logea quelque temps où nous le voyons ici, +rue Neuve-Saint-Merry, et s’établit enfin à l’île Saint-Louis +où il mourut en 1688. Fr. de Caillières lui succéda +à l’Académie, où il avoit lui-même remplacé Salomon en +1670. — Son fauteuil, qui porte le n<sup>o</sup> 1, est aujourd’hui +occupé par M. Ernest Renan.</p> +</div> +<p class="drap2">1671. François de <span class="sc">Harlay</span> de Chanvallon, archevesque +de Paris, duc et Pair de France, +etc.<a id="FNanchor_852" href="#Footnote_852" class="fnanchor">[201]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_852" href="#FNanchor_852"><span class="label">[201]</span></a> Fait académicien en 1671, il avoit eu pour prédécesseur +Hardouin de Péréfixe, comme lui archevêque de Paris. +Son successeur fut le savant Dacier, en 1691. — Il occupoit +le 19<sup>e</sup> fauteuil, celui de M. John Lemoine aujourd’hui.</p> +</div> +<p class="drap2">1672. I. Benigne <span class="sc">Bossvet</span>, Evesque de Condom, +Precepteur de Monseigneur le Dauphin<a id="FNanchor_853" href="#Footnote_853" class="fnanchor">[202]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_853" href="#FNanchor_853"><span class="label">[202]</span></a> Il ne fut de l’Académie, à quarante-cinq ans, que lorsque +sa nomination comme précepteur du Dauphin lui permit +de quitter Condom, et d’habiter Versailles. Successeur de +Hay de Chambon, en 1672, il fut remplacé en 1704 par le +cardinal de Polignac. — Son fauteuil, le 33<sup>e</sup>, est occupé +par M. Camille Rousset.</p> +</div> +<p class="drap3">Charles <span class="sc">Perravlt</span>, Controlleur General +<span class="pagenum" id="p286">-286-</span> des Bastiments du Roy<a id="FNanchor_854" href="#Footnote_854" class="fnanchor">[203]</a>, <i>rüe Neuve des +bons Enfans</i><a id="FNanchor_855" href="#Footnote_855" class="fnanchor">[204]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_854" href="#FNanchor_854"><span class="label">[203]</span></a> C’est l’auteur des <i>Contes des fées</i>. La protection de +Colbert le fit entrer en 1671 à l’Académie où il avoit eu +Fr. de Montigny pour prédécesseur. Le cardinal de Rohan +lui succéda en 1704. Il occupoit le 24<sup>e</sup> fauteuil, celui de +M. Mézières en ce moment.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_855" href="#FNanchor_855"><span class="label">[204]</span></a> Il y logeoit dans les dépendances du Palais-Royal, +qu’il quitta, lorsque Colbert l’eut disgracié, pour aller habiter +une maison à lui dans le faubourg Saint-Jacques.</p> +</div> +<p class="drap2">1673. Esprit <span class="sc">Flechier</span>, abbé de Severin<a id="FNanchor_856" href="#Footnote_856" class="fnanchor">[205]</a>, <i>rüe +S. Thomas à l’hostel de Rambouillet</i><a id="FNanchor_857" href="#Footnote_857" class="fnanchor">[206]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_856" href="#FNanchor_856"><span class="label">[205]</span></a> Il eut pour prédécesseur Godeau, qu’il remplaça en +1673 ; et pour successeur H. de Nesmond, en 1710. L’abbaye +de Séverin n’étoit pas son seul bénéfice, il eut aussi celle +de Baignes, et le prieuré de Peyrat. — Son fauteuil, le +34<sup>e</sup>, est occupé par M. V. de Laprade.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_857" href="#FNanchor_857"><span class="label">[206]</span></a> Il y logeoit chez Montausier, qui se l’étoit attaché +comme « homme de lettres ». Il y étoit déjà venu auparavant +du temps de M<sup>me</sup> de Rambouillet, la célèbre Arthénice ; +et c’est comme hôte du <i>Salon bleu</i>, où il étoit connu sous le +nom de Damon, qu’il avoit pu si bien dire, en 1671, dans +l’oraison funèbre de Julie d’Angennes, duchesse de Montausier : +« Souvenez-vous de ces cabinets que l’on regarde +encore avec tant de vénération, où l’esprit se purifioit… +où se rendoient tant de personnes de qualité et de mérite. »</p> +</div> +<p class="drap3">Iean <span class="sc">Racine</span><a id="FNanchor_858" href="#Footnote_858" class="fnanchor">[207]</a>, Trésorier de France à +Moulins<a id="FNanchor_859" href="#Footnote_859" class="fnanchor">[208]</a>, <i>à l’Hostel des Ursins</i><a id="FNanchor_860" href="#Footnote_860" class="fnanchor">[209]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_858" href="#FNanchor_858"><span class="label">[207]</span></a> Lorsqu’il fut nommé en 1673 à la place de La Mothe +Le Vayer, il étoit au plus fort de ses succès de théâtre. +Valincourt, qui avoit été de ses meilleurs amis, lui succéda +en 1699. — Son fauteuil est le 4<sup>e</sup>, le même qui est occupé +maintenant par M. Octave Feuillet.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_859" href="#FNanchor_859"><span class="label">[208]</span></a> On ne sait pas au juste à quelle date Racine eut cette +charge, qui fut pour lui la plus absolue des sinécures. On +le dispensa même, comme académicien et historiographe du +roi, d’en aller prendre possession. (<i>Lettres</i> de Colbert, t. V, +p. 524.)</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_860" href="#FNanchor_860"><span class="label">[209]</span></a> Il y logeoit déjà en 1668, quand furent joués <i>les Plaideurs</i>. +V. plus haut, t. I, p, 95, note, et <i>Hist. de l’Académie</i>, +édit. Ch. Livet, t. II, p. 333. Quand il se maria, le +1<sup>er</sup> juin 1677, il y logeoit encore, car il est donné sur l’acte +comme habitant la paroisse Saint-Landry, qui étoit celle de +l’hôtel des Ursins. Il alla demeurer peu après rue Saint-André-des-Arts, +au coin de la rue de l’Éperon.</p> +</div> +<p class="drap3"><span class="pagenum" id="p287">-287-</span> Iean <span class="sc">Gallois</span>, abbé de S. Martin de Cores<a id="FNanchor_861" href="#Footnote_861" class="fnanchor">[210]</a>, +<i>rüe Vivien</i><a id="FNanchor_862" href="#Footnote_862" class="fnanchor">[211]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_861" href="#FNanchor_861"><span class="label">[210]</span></a> Académicien, comme Perrault, de la façon de Colbert, +il fut élu, en 1673, à la place de Bourzeis ; l’abbé Mongin +lui succéda en 1708. L’abbaye de Saint-Martin des Cores, +dont il étoit pourvu, se trouvoit au diocèse d’Autun. On a +vu plus haut, t. I, p. 142, note, qu’il avoit travaillé au +<i>Journal des savants</i>. Ajoutons qu’il aida au rétablissement +de l’Académie des sciences, dont il fut dès lors le secrétaire. — Son +fauteuil à l’Académie françoise étoit le 35<sup>e</sup>, occupé +aujourd’hui par M. Gaston Boissier.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_862" href="#FNanchor_862"><span class="label">[211]</span></a> Premier nom de la rue Vivienne, qui le devoit à Louis +Vivien, seigneur de la Grange-Batelière, dont <i>la censive</i> +s’étendoit jusque-là. L’abbé Gallois y logeoit dans une dépendance +de l’hôtel Colbert, pour laquelle la rue qui mit en +communication les rues Vivien et de Richelieu fut percée +peu après, derrière l’hôtel Mazarin, devenu hôtel de Nevers : +« On va faire, lisons-nous sous la date du 13 avril 1682, +dans les <i>Lettres hist. et anecd.</i> ms. de la Biblioth. nat., +une nouvelle rue auprès de la maison de M. Colbert et derrière +l’hôtel de Nevers, qui portera le nom de : <i>La rue +Colbert</i>. »</p> +</div> +<p class="drap2">1674. Isaac de <span class="sc">Benserade</span><a id="FNanchor_863" href="#Footnote_863" class="fnanchor">[212]</a>, <i>au Palais Royal</i><a id="FNanchor_864" href="#Footnote_864" class="fnanchor">[213]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_863" href="#FNanchor_863"><span class="label">[212]</span></a> Il avoit succédé à Chapelain, en 1674, et eut pour +successeur Pavillon, en 1691. Il occupoit le 37<sup>e</sup> fauteuil, +qui est à présent celui de M. Émile Ollivier.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_864" href="#FNanchor_864"><span class="label">[213]</span></a> Il y mourut le 20 oct. 1691. Il avoit d’abord habité +au quartier des Écoles, dans la rue Fromentelle ; puis, vers +1651, rue des Bons-Enfants, chez M<sup>me</sup> de La Roche-Guyon +qui l’aimoit fort ; ensuite aux Tuileries, comme le prouvent +ses vers : <i>Plaintes du cheval Pégase aux chevaux de la petite +écurie qui le veulent desloger de son galetas des Tuileries</i> ; +et enfin au Palais-Royal, qu’il ne quittoit, l’été, que pour sa +maison d’Arcueil, dont Adam Parelle a dessiné et gravé +« le berceau de feuillage ».</p> +</div> +<p class="drap3">Pierre Daniel <span class="sc">Hvet</span>, Sous-Precepteur de +<span class="pagenum" id="p288">-288-</span> Monseigneur le Dauphin<a id="FNanchor_865" href="#Footnote_865" class="fnanchor">[214]</a>, <i>rüe neuve +des Petits Champs</i><a id="FNanchor_866" href="#Footnote_866" class="fnanchor">[215]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_865" href="#FNanchor_865"><span class="label">[214]</span></a> Il avoit remplacé Gomberville en 1674, et le fut lui-même +par Boivin en 1721. Nous le retrouverons sur la +liste suivante. — Son fauteuil, le 36<sup>e</sup>, est aujourd’hui celui +de Mgr le duc d’Aumale.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_866" href="#FNanchor_866"><span class="label">[215]</span></a> Il y logeoit chez un charpentier, vis-à-vis le marché +aux chevaux. (V. notre <i>Hist. de la butte des Moulins</i>, p. 104.)</p> +</div> +<p class="drap2">1675. Toussaints <span class="sc">Rose</span>, secretaire du Cabinet, +<i>à l’Hostel de Fleury, rue des Bourdonnois</i><a id="FNanchor_867" href="#Footnote_867" class="fnanchor">[216]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_867" href="#FNanchor_867"><span class="label">[216]</span></a> C’est lui qui avoit « la plume », et qui devoit imiter, +comme tel, l’écriture du roi à s’y méprendre. Ses fonctions +consistoient ainsi à faire légalement des faux. Il avoit +succédé à Conrart en 1675, et il fut remplacé par Sacy en +1701. — Il occupoit le 38<sup>e</sup> fauteuil, occupé maintenant +par M. A. Dumas fils.</p> +</div> +<p class="drap3">Geraud de <span class="sc">Cordemoy</span>, lecteur de Monseigneur +le Dauphin, <i>rüe Beaubourg</i><a id="FNanchor_868" href="#Footnote_868" class="fnanchor">[217]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_868" href="#FNanchor_868"><span class="label">[217]</span></a> Il avoit remplacé Ballesdens en 1675, et il le fut en +1685 par Bergeret. V. sur ses ouvrages, t. I, p. 189, 203. — Son +fauteuil, le 10<sup>e</sup>, est occupé par M. Jules Simon.</p> +</div> +<p class="c">[Chez Pierre <span class="sc">Le Petit</span>, imprimeur ordinaire du +Roy et de l’Académie, <i>rue Saint Jacques</i>, +à la Croix d’or<a id="FNanchor_869" href="#Footnote_869" class="fnanchor">[218]</a>.]</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_869" href="#FNanchor_869"><span class="label">[218]</span></a> Dans la parodie paraphrasée en vers, que fit Benserade, +en 1684, de la <i>Liste de messieurs de l’Académie</i> pour +cette année-là, pièce des plus curieuses, citée par d’Olivet, +mais publiée seulement de nos jours par le journal <i>l’Intermédiaire</i>, +15 juin 1864, p. 110, on trouve à la fin cette +mention sur l’Imprimeur des Quarante :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse"><i>Le Petit</i>, leur imprimeur,</div> +<div class="verse">Triste, est de mauvaise humeur</div> +<div class="verse">Contre <i>le Dictionnaire</i>,</div> +<div class="verse">Qui, ne s’en émouvant pas,</div> +<div class="verse">Suit toujours du même pas,</div> +<div class="verse">Et va son train ordinaire.</div> +</div> + +</div> +<p class="noindent">Le Petit mourut en 1687, Coignard le remplaça. <i>V.</i> plus +haut, t. I, p. 189.</p> +</div> +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p289">-289-</span></p> + +<h3 id="c44" title="LISTE DE L’ACADÉMIE FRANÇOISE.">LISTE<a id="FNanchor_870" href="#Footnote_870" class="fnanchor">[219]</a><br> +<span class="small">DE L’ACADÉMIE FRANÇOISE.</span></h3> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_870" href="#FNanchor_870"><span class="label">[219]</span></a> Cette liste est imprimée sur un placard in-fol. à deux +colonnes. V. plus haut, p. <a href="#p275">275</a>.</p> +</div> + +<p class="c"><span class="sc">Le Roy</span>, <i>protecteur</i>.<br> +(1705.)</p> + + +<p class="drap3">Messieurs</p> + +<p class="drap2">1656. <span class="sc">Cesar</span>, cardinal <span class="sc">d’Estrées</span><a id="FNanchor_871" href="#Footnote_871" class="fnanchor">[220]</a>, commandeur +de l’ordre du St Esprit, doyen de +l’Académie françoise<a id="FNanchor_872" href="#Footnote_872" class="fnanchor">[221]</a>, à l’abbaye de +S. Germain des Prez<a id="FNanchor_873" href="#Footnote_873" class="fnanchor">[222]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_871" href="#FNanchor_871"><span class="label">[220]</span></a> V. la liste précédente, p. <a href="#p280">280</a>-281.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_872" href="#FNanchor_872"><span class="label">[221]</span></a> D’Alembert dit de l’Académie, à propos du cardinal +d’Estrées : « Elle eut le bonheur de le posséder près de soixante +ans, et de le voir longtemps à sa tête en qualité de doyen ; +et quand elle le perdit, elle le pleura comme si elle venoit à +peine de l’acquérir. » <i>Hist. des membres de l’Acad. franç. +morts depuis 1700</i>, etc., t. III, p. 316.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_873" href="#FNanchor_873"><span class="label">[222]</span></a> Louis XIV lui avoit donné ce magnifique bénéfice lorsque +les intrigues de la princesse des Ursins l’eurent forcé +de quitter l’ambassade d’Espagne. Il mourut à l’abbaye. +C’est à sa tolérance que les petits théâtres et les bateleurs +avoient dû de pouvoir s’établir sur le préau de la foire +Saint-Germain, tant qu’elle duroit. Il les avoit même soutenus +contre les comédiens qui, s’autorisant de leur privilège, +vouloient les faire déguerpir. (L’abbé de la Tour, <i>Réflexions +morales… sur le théâtre</i>, 1762, in-12, t. I, p. 35-36.)</p> +</div> +<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p290">-290-</span> 1665. Jacques <span class="sc">Testu</span>, abbé de Belval, et prieur +de St Denys de la Chartre, <i>rue des +Lions</i><a id="FNanchor_874" href="#Footnote_874" class="fnanchor">[223]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_874" href="#FNanchor_874"><span class="label">[223]</span></a> V. la liste précédente, p. <a href="#p282">282</a>.</p> +</div> +<p class="drap2">1666. Paul <span class="sc">Tallemant</span>, intendant des devises et +inscriptions des Edifices royaux<a id="FNanchor_875" href="#Footnote_875" class="fnanchor">[224]</a>, prieur +d’Ambierle et de Saint Albin<a id="FNanchor_876" href="#Footnote_876" class="fnanchor">[225]</a>, <i>rue Ste +Anne</i>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_875" href="#FNanchor_875"><span class="label">[224]</span></a> Il étoit, sous ce titre, qu’il devoit à Colbert, secrétaire +de l’Académie des inscriptions.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_876" href="#FNanchor_876"><span class="label">[225]</span></a> C’est encore à Colbert qu’il devoit ces bénéfices « assez +considérables », dit d’Alembert.</p> +</div> +<p class="drap2">1667. Philippe <span class="sc">de Courcillon</span>, marquis de Dangeau, +gouverneur de Touraine, conseiller +d’Estat ordinaire, et grand maistre +des Ordres royaux et militaires de +Nostre-Dame du Mont Carmel et de St +Lazarre de Jérusalem, chevalier des +Ordres du Roy, chevalier d’honneur de +Madame la duchesse de Bourgogne<a id="FNanchor_877" href="#Footnote_877" class="fnanchor">[226]</a>, +<i>place Royale</i><a id="FNanchor_878" href="#Footnote_878" class="fnanchor">[227]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_877" href="#FNanchor_877"><span class="label">[226]</span></a> V. la liste précédente, p. <a href="#p284">284</a>.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_878" href="#FNanchor_878"><span class="label">[227]</span></a> Il y avoit acheté le pavillon que l’intendant général des +postes, M. de Nouveau, avoit fait décorer par Le Brun et +Le Sueur. Celui-ci avoit peint deux tableaux et deux plafonds, +l’autre un plafond. (<i>Mém. inéd. sur l’Acad. de peinture</i>, +t. I, p. 12 et 158.) La perspective peinte sur un des murs +du jardin étoit de Jacques Rousseau, à qui l’on ne l’avoit pas +payée moins de 4000 liv. en 1679. (Manette, <i>Abecedario</i>, +t. V, p. 53.) Lorsque Monseigneur venoit à Paris, il descendoit +volontiers à la place Royale, chez Dangeau. V. le +<i>Journal</i> de celui-ci, t. II, p. 308.</p> +</div> +<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p291">-291-</span> 1670. François Séraphin <span class="sc">Régnier Desmarets</span>, +abbé de Saint Laon de Thouars, prieur +de Grand-Mont près Chinon, académicien +de la Crusca, et Secrétaire perpétuel +de l’Académie françoise. <i>A l’Hostel +de Créquy sur le quay Malaquest</i><a id="FNanchor_879" href="#Footnote_879" class="fnanchor">[228]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_879" href="#FNanchor_879"><span class="label">[228]</span></a> V. la liste précédente, p. <a href="#p284">284</a>, et plus bas, p. <a href="#p301">301</a>.</p> +</div> +<p class="drap2">1673. Esprit <span class="sc">Fléchier</span><a id="FNanchor_880" href="#Footnote_880" class="fnanchor">[229]</a>, Evesque de Nismes<a id="FNanchor_881" href="#Footnote_881" class="fnanchor">[230]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_880" href="#FNanchor_880"><span class="label">[229]</span></a> V. la liste précédente, p. <a href="#p286">286</a>.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_881" href="#FNanchor_881"><span class="label">[230]</span></a> Après avoir été pendant deux ans évêque de Lavaur, +le roi l’avoit nommé à l’évêché de Nîmes, poste difficile +depuis la révocation de l’Édit, mais qui le fut moins lorsque +Fléchier eut consenti au démembrement qui permit la +création d’un évêché dans les Cévennes, celui d’Alais.</p> +</div> +<p class="drap3">Jean <span class="sc">Galloys</span>, ancien abbé de St Martin +de Cores<a id="FNanchor_882" href="#Footnote_882" class="fnanchor">[231]</a>, <i>rue Fromentelle derrière le +Collège Royal</i><a id="FNanchor_883" href="#Footnote_883" class="fnanchor">[232]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_882" href="#FNanchor_882"><span class="label">[231]</span></a> V. la liste précédente, p. <a href="#p287">287</a>.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_883" href="#FNanchor_883"><span class="label">[232]</span></a> C’étoit bien loin de la rue Vivien, où nous l’avons vu +en 1676 ; mais après la mort de Colbert, devenu professeur +de grec, puis inspecteur au collège Royal, il avoit dû déménager +jusque là. Il y mourut le 19 avril 1707, à soixante-quinze +ans.</p> +</div> +<p class="drap2">1674. Pierre Daniel <span class="sc">Huet</span><a id="FNanchor_884" href="#Footnote_884" class="fnanchor">[233]</a>, ancien Evesque +d’Avranches<a id="FNanchor_885" href="#Footnote_885" class="fnanchor">[234]</a>, <i>à la Maison professe des +Jésuites, rue St Antoine</i><a id="FNanchor_886" href="#Footnote_886" class="fnanchor">[235]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_884" href="#FNanchor_884"><span class="label">[233]</span></a> V. la liste précédente, p. <a href="#p287">287</a>.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_885" href="#FNanchor_885"><span class="label">[234]</span></a> Nommé à l’évêché de Soissons, en 1685, il l’échangea +avec M. de Sillery pour celui d’Avranches, dont il se démit +après l’avoir occupé dix ans.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_886" href="#FNanchor_886"><span class="label">[235]</span></a> En 1691, il leur avoit légué sa bibliothèque et s’étoit +ainsi créé des droits à devenir leur hôte. Malheureusement, le +don qu’il leur avoit fait fut détruit en grande partie deux +ans après, lorsqu’il étoit encore à Avranches, par l’écroulement +de la maison qu’il louoit à Paris depuis douze ans, +pour que sa bibliothèque y fût en dépôt : « la maison qui +la renfermoit, écrit d’Alembert, t. III, p. 475, étoit placée +au faubourg Saint-Jacques sur des carrières qui s’entrouvrirent. » +V. à ce sujet une pièce de Santeul dans ses <i lang="la" xml:lang="la">Poemata</i>.</p> +</div> +<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p292">-292-</span> 1678. Pierre Nicolas <span class="sc">Colbert</span>, archevesque de +Rouen<a id="FNanchor_887" href="#Footnote_887" class="fnanchor">[236]</a>, <i>à l’hostel Colbert, rue Neuve +des Petits Champs</i><a id="FNanchor_888" href="#Footnote_888" class="fnanchor">[237]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_887" href="#FNanchor_887"><span class="label">[236]</span></a> Fils du grand ministre, il avoit dû à l’influence de +son père d’être nommé de l’Académie en 1678, à la place +de Jacques Esprit, lorsqu’il n’avoit encore que vingt-quatre +ans. C’est Racine qui le reçut, et d’Alembert pense, avec +raison, je crois, qu’il fit les deux discours.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_888" href="#FNanchor_888"><span class="label">[237]</span></a> C’est l’hôtel de son père. Il y possédoit une bibliothèque +du meilleur choix, quoique très nombreuse. Santeul en a +fait l’éloge dans ses <i lang="la" xml:lang="la">Poemata</i>. Nicolas Colbert eut l’abbé +Fraguier pour successeur à l’Académie, en 1708.</p> +</div> +<p class="drap2">1679. Louis <span class="sc">Verjus</span>, comte de Crécy, conseiller +du Roy en ses conseils, <i>rue de Richelieu</i><a id="FNanchor_889" href="#Footnote_889" class="fnanchor">[238]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_889" href="#FNanchor_889"><span class="label">[238]</span></a> Il fut reçu de l’Académie en 1679, n’ayant de titres +que ses ambassades. En 1710, Ant. de Mesmes lui succéda.</p> +</div> +<p class="drap2">1682. Louis <span class="sc">de Courcillon de Dangeau</span><a id="FNanchor_890" href="#Footnote_890" class="fnanchor">[239]</a>, abbé +de Fontaine Daniel<a id="FNanchor_891" href="#Footnote_891" class="fnanchor">[240]</a>, <i>place Royale</i><a id="FNanchor_892" href="#Footnote_892" class="fnanchor">[241]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_890" href="#FNanchor_890"><span class="label">[239]</span></a> Frère du marquis, nommé plus haut, p. 284, 290. Il +remplaça l’abbé Cotin, en 1682, et fut remplacé lui-même +par le comte Fleuriau de Morville, en 1723.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_891" href="#FNanchor_891"><span class="label">[240]</span></a> C’étoit un bénéfice simple, l’abbé n’en ayant pas voulu +d’autre, afin de pouvoir mieux s’occuper des lettres.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_892" href="#FNanchor_892"><span class="label">[241]</span></a> Il y logeoit dans l’hôtel de son frère, où il tenoit tous +les mardis des conférences littéraires et grammaticales, dont +il a été parlé plus haut, t. I, p. 128, note 2.</p> +</div> +<p class="drap2">1684. Nicolas <span class="sc">Boyleau Despréaux</span><a id="FNanchor_893" href="#Footnote_893" class="fnanchor">[242]</a>, <i>cloistre +Notre Dame</i><a id="FNanchor_894" href="#Footnote_894" class="fnanchor">[243]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_893" href="#FNanchor_893"><span class="label">[242]</span></a> Le satirique s’étoit fait trop d’ennemis pour arriver +de bonne heure à l’Académie. Lorsque tant d’autres étoient +reçus de vingt-cinq à trente ans, il ne le fut, lui, qu’à plus +de quarante-huit ; encore fallut-il presque un ordre du +Roi. Il remplaça Bazin de Bezons, en 1684, et eut pour +successeur, en 1711, le maréchal d’Estrées.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_894" href="#FNanchor_894"><span class="label">[243]</span></a> Il y habitoit depuis longtemps, mais en 1699 il y +avoit pris, derrière Notre-Dame, à la pointe de l’Ile, un +autre logement que celui qu’il avoit occupé d’abord : « il +est, écrit son ami Vuillart, le 9 juillet, occupé d’un déménagement. +Il quitte le logis du cloître Notre-Dame, où il +étoit près du puits, pour un autre qui a vue sur le jardin +du Terrain. » C’est là qu’il mourut.</p> +</div> +<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p293">-293-</span> 1685. Thomas <span class="sc">Corneille</span><a id="FNanchor_895" href="#Footnote_895" class="fnanchor">[244]</a>, <i>rue St Hyacinthe, +près les Jacobins de la rue St Honoré</i><a id="FNanchor_896" href="#Footnote_896" class="fnanchor">[245]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_895" href="#FNanchor_895"><span class="label">[244]</span></a> On sait qu’il avoit succédé à son illustre frère au +commencement de 1685. La Mothe le remplaça en 1710.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_896" href="#FNanchor_896"><span class="label">[245]</span></a> C’est bien l’adresse que lui donne le président Hénault, +<i>Mémoires</i>, p. 181. Parlant de Fontenelle, son neveu, il dit : +« Il vint à Paris pour la première fois en 1687. Il demeura +d’abord chez Thomas Corneille, son oncle et son parrain, +cul de sac des Jacobins. »</p> +</div> +<p class="drap2">1686. François Timoléon <span class="sc">de Choisy</span>, prieur de +St Lo de Rouen<a id="FNanchor_897" href="#Footnote_897" class="fnanchor">[246]</a>, <i>au Luxembourg</i><a id="FNanchor_898" href="#Footnote_898" class="fnanchor">[247]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_897" href="#FNanchor_897"><span class="label">[246]</span></a> Il avoit en 1687 été reçu à la place du duc de Saint-Aignan. +Il mourut en 1724, doyen de l’Académie où Portail +le remplaça.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_898" href="#FNanchor_898"><span class="label">[247]</span></a> Il y avoit été élevé chez son père, chancelier de Gaston +d’Orléans, et il y revint passer ses dernières années dans un +appartement voisin de celui qu’habitoit, dans ce grand palais +alors sans maître, madame de Caylus. V. G. Desnoiresterres, +<i>Épicuriens et lettrés</i>, 1879, in-18, p. 171.</p> +</div> +<p class="drap2">1688. Jean <span class="sc">Testu de Mauroy</span>, abbé de Fontaine +Jean et de St Chéron, prieur de Dampmartin, +ancien aumosnier ordinaire de +<span class="sc">Madame</span>, <i>au Palais-Royal</i><a id="FNanchor_899" href="#Footnote_899" class="fnanchor">[248]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_899" href="#FNanchor_899"><span class="label">[248]</span></a> Instituteur des filles de Monsieur, qui le logeoit au +Palais-Royal. Il ne fut académicien, en 1688, que par la +protection du prince qui, lorsque sa recommandation, d’ailleurs +fort peu pressante, l’eut fait nommer, fut le premier +à en être surpris. Il remplaça Jacques de Mesmes et eut +pour successeur, en 1706, l’abbé de Louvois.</p> +</div> +<p class="drap3">Jean <span class="sc">de la Chappelle</span>, conseiller du Roy, +receveur général des finances de la +Généralité de la Rochelle, <i>rue du Grand +Chantier au Marais</i><a id="FNanchor_900" href="#Footnote_900" class="fnanchor">[249]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_900" href="#FNanchor_900"><span class="label">[249]</span></a> Quelques tragédies et une farce, <i>les Carrosses d’Orléans</i>, +firent beaucoup moins pour sa réception, en 1688, +à la place de Furetière, que son titre de secrétaire des +commandements du prince de Conti. Il fit aussi une sorte +de roman, <i>les Amours de Catulle</i>, dont se souvenoit La +Bruyère lorsque, parlant de lui et du jeune prince, il dit : +« <span class="sc">Catulle</span> et son élève… » <i>Caractères</i>, édit. Walckn., t. I, +p. 504. — La Chapelle eut pour successeur, en 1723, +l’abbé d’Olivet.</p> +</div> +<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p294">-294-</span> 1689. François <span class="sc">de Callières</span>, seigneur de la +Rochechellay et de Gigny, conseiller +ordinaire du Roy en ses conseils, secrétaire +du Cabinet de Sa Majesté<a id="FNanchor_901" href="#Footnote_901" class="fnanchor">[250]</a>, <i>rue de +Cléry</i><a id="FNanchor_902" href="#Footnote_902" class="fnanchor">[251]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_901" href="#FNanchor_901"><span class="label">[250]</span></a> Comme le comte de Crecy qu’on a trouvé plus haut, +p. 292, il étoit arrivé à l’Académie, en 1689, à la place de +Quinault, par ses services d’ambassadeur. Le cardinal de +Fleury le remplaça en 1717.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_902" href="#FNanchor_902"><span class="label">[251]</span></a> Il y occupoit, comme l’abbé Tallemant, Pavillon, et +plusieurs autres, un de ces nouveaux hôtels qu’on appeloit +des « Cléry », et qui mirent, à la fin du <small>XVII</small><sup>e</sup> siècle et au +commencement du <small>XVIII</small><sup>e</sup> ce quartier à la mode. Il acheta, +en 1709, à Jacques Paget, moyennant 60,000 livres, une +maison de la rue Neuve-Saint-Augustin, dont il disposa, +en faveur de l’Hôtel-Dieu de Paris, par un legs, déjà mentionné +plus haut, t. I, p. 113, note 1. — V. aussi <i>Inventaire +des archives hospitalières</i>, <span class="sc">Hôtel-Dieu</span>, t. I, p. 79.</p> +</div> +<p class="drap3">Eusèbe <span class="sc">Renaudot</span>, prieur de Fossey<a id="FNanchor_903" href="#Footnote_903" class="fnanchor">[252]</a>, <i>rue +de Richelieu</i><a id="FNanchor_904" href="#Footnote_904" class="fnanchor">[253]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_903" href="#FNanchor_903"><span class="label">[252]</span></a> Il étoit l’aîné des quatorze enfants de Théophraste +Renaudot, créateur de la Gazette. Ses écrits ecclésiastiques +le firent admettre en 1689, à la place de Doujat. L’abbé +Roquette fut son successeur en 1720.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_904" href="#FNanchor_904"><span class="label">[253]</span></a> Au coin de la rue Neuve-Saint-Augustin. On voit en +effet par le testament de Callières, rappelé tout à l’heure, +que sa maison située dans cette rue touchoit à celle de +l’abbé Renaudot.</p> +</div> +<p class="drap2">1691. Bernard <span class="sc">de Fontenelle</span>, secrétaire de +l’Académie des sciences<a id="FNanchor_905" href="#Footnote_905" class="fnanchor">[254]</a>, <i>au Palais-Royal</i><a id="FNanchor_906" href="#Footnote_906" class="fnanchor">[255]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_905" href="#FNanchor_905"><span class="label">[254]</span></a> Reçu en 1691, à la place de Villayer, il mourut doyen +de l’Académie en 1757, et eut A. L. Séguier pour successeur.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_906" href="#FNanchor_906"><span class="label">[255]</span></a> Il avoit d’abord, comme on l’a vu plus haut, p. <a href="#p293">293</a>, +habité chez son oncle Th. Corneille, puis chez son ami M. des +Haguais. Le duc de Chartres, devenu duc d’Orléans en +1701, le logea au Palais-Royal, « dans un galetas », +comme il disoit lui-même, pour le dispenser de lui en +avoir de la reconnaissance. En 1730, il dut en partir, la +dévotion du nouveau duc d’Orléans ne s’accommodant pas +de sa philosophie, ce qui fit dire dans une épigramme :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">Puis le vieux normand parasite,</div> +<div class="verse">D’athéisme monstre infernal,</div> +<div class="verse">Délogé du Palais-Royal</div> +<div class="verse">Depuis que la vertu l’habite.</div> +</div> + +</div> +<p>Fontenelle prit alors un appartement, rue du Faubourg-St-Honoré, +près de l’Assomption, où il mourut le 9 janvier +1757, et dont on peut voir la description dans les <i>Annonces +affiches</i> de 1758, p. 41-42.</p> +</div> +<p class="drap3"><span class="pagenum" id="p295">-295-</span> Estienne <span class="sc">Pavillon</span><a id="FNanchor_907" href="#Footnote_907" class="fnanchor">[256]</a>, ci-devant avocat +général au parlement de Metz<a id="FNanchor_908" href="#Footnote_908" class="fnanchor">[257]</a>, <i>rue de +Cléry</i><a id="FNanchor_909" href="#Footnote_909" class="fnanchor">[258]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_907" href="#FNanchor_907"><span class="label">[256]</span></a> Il eut pour prédécesseur Benserade, qu’il remplaça en +1691, et pour successeur, en 1705, Brulard de Sillery.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_908" href="#FNanchor_908"><span class="label">[257]</span></a> Il s’étoit de bonne heure démis de cette charge et ne +s’étoit plus donné qu’au monde et aux lettres.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_909" href="#FNanchor_909"><span class="label">[258]</span></a> Il y étoit voisin de son ami Callières, et du trésorier +Damon (V. t. I, p. 38) dont la femme reçut souvent l’hommage +de ses vers. Lorsque la goutte, qui le cloua chez lui +si longtemps, l’eut tout à fait empêché de sortir, il reçut +nombreuse compagnie. Le monde, où il n’alloit plus, venoit +à lui. V. à ce sujet son <i>Éloge</i>, par un autre de ses voisins, +l’abbé Tallemant, dans l’<i>Histoire de l’Académie des inscriptions</i>.</p> +</div> +<p class="drap2">1692. Jacques <span class="sc">de Tourreil</span><a id="FNanchor_910" href="#Footnote_910" class="fnanchor">[259]</a>, <i>rue des Douze +Portes, près la rue St Louis au Marais</i><a id="FNanchor_911" href="#Footnote_911" class="fnanchor">[260]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_910" href="#FNanchor_910"><span class="label">[259]</span></a> Il avoit succédé à Michel Le Clerc en 1692, et il fut +remplacé en 1714 par Rolland-Mallet. Pontchartrain, dont +il élevoit le fils, contribua beaucoup à son élection, comme +il avoit aidé à celle de Pavillon, son parent.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_911" href="#FNanchor_911"><span class="label">[260]</span></a> C’étoit sans doute la maison où Scarron étoit mort, +et que Crébillon devoit un peu plus tard habiter si longtemps.</p> +</div> +<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p296">-296-</span> 1693. François <span class="sc">de Salignac de Fenelon</span>, archevesque +de Cambray<a id="FNanchor_912" href="#Footnote_912" class="fnanchor">[261]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_912" href="#FNanchor_912"><span class="label">[261]</span></a> L’auteur de <i>Télémaque</i> avoit succédé à Pélisson en +1693 ; De Boze lui succéda en 1715.</p> +</div> +<p class="drap3">Jean Paul <span class="sc">Bignon</span>, abbé de Saint Quentin<a id="FNanchor_913" href="#Footnote_913" class="fnanchor">[262]</a>, +conseiller d’Estat ordinaire<a id="FNanchor_914" href="#Footnote_914" class="fnanchor">[263]</a>, <i>rue des +Bernardins</i><a id="FNanchor_915" href="#Footnote_915" class="fnanchor">[264]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_913" href="#FNanchor_913"><span class="label">[262]</span></a> Il succéda le 15 juin 1693 à Bussy, et eut pour successeur, +en 1743, un de ses parents, Jérôme Bignon. Il étoit +aussi de l’Académie des sciences et de celle des Inscriptions.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_914" href="#FNanchor_914"><span class="label">[263]</span></a> Il devint un peu plus tard doyen de Saint-Germain +l’Auxerrois, puis bibliothécaire du cabinet du roi, charge +que Dacier lui vendit 30,000 liv., tout en gardant les +appointements de 1,200 liv., et le logement au Louvre +(<i>Mercure</i>, fév. 1720, p. 180).</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_915" href="#FNanchor_915"><span class="label">[264]</span></a> V. sur l’hôtel des Bignon dans cette rue, t. I, p. 48, +note 4. Le czar Pierre le visita peu de temps après que +M. de Torpane le leur eut acheté (<i>Mercure</i>, juin 1717, +p. 193).</p> +</div> +<p class="drap3">Simon <span class="sc">de la Loubère</span><a id="FNanchor_916" href="#Footnote_916" class="fnanchor">[265]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_916" href="#FNanchor_916"><span class="label">[265]</span></a> Encore une créature académique de Pontchartrain. +Son seul titre sérieux étoit d’avoir fait partie de l’ambassade +à Siam. Il avoit succédé en 1693 à François Tallemant, +et l’abbé Sallier le remplaça en 1729. Si son adresse +manque ici, c’est qu’il s’étoit retiré de bonne heure à Toulouse, +sa ville natale, où on lui dut le rétablissement des Jeux +floraux.</p> +</div> +<p class="drap2">1694. Jean François Paul <span class="sc">Lefevre de Caumartin</span>, +abbé de Nostre Dame de Buzay<a id="FNanchor_917" href="#Footnote_917" class="fnanchor">[266]</a>, +<i>rue Neuve St Estienne</i> au faubourg St +Victor.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_917" href="#FNanchor_917"><span class="label">[266]</span></a> Reçu en 1694, à la place de l’abbé de Lavau, n’ayant +guère que vingt-six ans, il eut Moncrif pour successeur en +1733. Pontchartrain, qui avoit contribué à le faire élire, +aida aussi à le tirer de l’assez fâcheuse affaire où il s’étoit +jeté en persiflant l’évêque de Noyon, Clermont-Tonnerre, +que peu de mois après sa propre élection il avoit dû, comme +directeur, recevoir académicien. Le roi, qui s’étoit prêté +d’abord à la plaisanterie, la trouva trop forte une fois faite ; +il ne parloit pas moins que d’exiler Caumartin dans son +abbaye de Buzay en Bretagne, lorsque l’intervention de +Pontchartrain le sauva. (V. Saint-Simon, t. I, p. 134, et +<i>Lettres</i> de Sévigné, édit. Hachette, t. X, p. 218.) L’abbé +de Caumartin devint plus tard évêque de Vannes, puis de +Blois.</p> +</div> +<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p297">-297-</span> 1695. Charles <span class="sc">Castel de S. Pierre</span><a id="FNanchor_918" href="#Footnote_918" class="fnanchor">[267]</a>, premier +Aumosnier de <span class="sc">Madame</span>, <i>au Palais-Royal</i><a id="FNanchor_919" href="#Footnote_919" class="fnanchor">[268]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_918" href="#FNanchor_918"><span class="label">[267]</span></a> Élu en 1695 à la place de Bergeret, il fut exclu des +séances en 1718, à la suite d’une dénonciation du cardinal +de Polignac contre son <i>Discours sur la Polysydonie</i>, dans +lequel il attaquoit vivement le gouvernement personnel du +feu roi, et demandoit qu’on y substituât l’autorité de plusieurs +conseils ou <i>Synodes</i>. On ne lui donna toutefois un +successeur qu’à sa mort, en 1743 ; ce fut Maupertuis.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_919" href="#FNanchor_919"><span class="label">[268]</span></a> Ce logement au Palais-Royal, qu’il avoit comme aumônier +de Madame, mère du Régent, lui fut conservé même +après son exclusion de l’Académie.</p> +</div> +<p class="drap3">Jules <span class="sc">de Clérambault</span>, abbé de Saint-Taurin, +d’Evreux, de Nostre Dame du +Lieu-Dieu en Jard, et de St Savin, <i>rue +des Bons Enfants, près le palais Royal</i><a id="FNanchor_920" href="#Footnote_920" class="fnanchor">[269]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_920" href="#FNanchor_920"><span class="label">[269]</span></a> Fils du maréchal de Clérambault. Le fauteuil de La +Fontaine lui échut en 1695, et « comme il étoit contrefait, +dit d’Alembert, les mauvais plaisants prétendirent que c’étoit +Ésope qui succédoit à La Fontaine ». L’abbé Massieu le +remplaça en 1714.</p> +</div> +<p class="drap3">André <span class="sc">Dacier</span>, garde des livres du Cabinet +du Roy, <i>au Louvre</i><a id="FNanchor_921" href="#Footnote_921" class="fnanchor">[270]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_921" href="#FNanchor_921"><span class="label">[270]</span></a> Il fut célèbre pour son érudition dans les lettres grecques, +mais moins que sa femme, dont La Bruyère demandoit +l’admission à l’Académie. Dacier y fut élu, en 1695, pour +le fauteuil de l’archevêque de Paris, M. de Harlay. Il étoit +déjà garde des livres du cabinet du Louvre, charge que le +roi avoit rétablie en sa faveur pour le récompenser de son +Recueil sur les Pythagoriciens (V. à la p. préc. l’art. sur l’abbé +Bignon). Dacier mourut en 1722. Le cardinal Dubois le +remplaça.</p> +</div> +<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p298">-298-</span> 1696. Claude <span class="sc">Fleury</span><a id="FNanchor_922" href="#Footnote_922" class="fnanchor">[271]</a>, abbé du Loc-Dieu, sous-précepteur +de Messeigneurs les Enfants +de France, <i>rue St Louis au Marais</i><a id="FNanchor_923" href="#Footnote_923" class="fnanchor">[272]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_922" href="#FNanchor_922"><span class="label">[271]</span></a> Auteur de l’<i>Histoire ecclésiastique</i>. Il fut, en 1696, le +successeur de La Bruyère, son ami, et fut remplacé lui-même, +en 1722, par le diplomate Adam.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_923" href="#FNanchor_923"><span class="label">[272]</span></a> Le roi lui avoit donné l’abbaye de Loc-Dieu, après +l’éducation du duc de Vermandois, il lui accorda le prieuré +d’Argenteuil après celle du duc de Bourgogne. Dès lors il +résida dans ce prieuré, beaucoup plus qu’il ne logea rue +Saint-Louis.</p> +</div> +<p class="drap2">1699. Louis <span class="sc">Cousin</span><a id="FNanchor_924" href="#Footnote_924" class="fnanchor">[273]</a>, président en la Cour des +Monnoyes<a id="FNanchor_925" href="#Footnote_925" class="fnanchor">[274]</a>, <i>rue Guenegaud</i>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_924" href="#FNanchor_924"><span class="label">[273]</span></a> Il avoit en 1697 succédé à l’évêque d’Acqs, M. de +Chaumont. Le marquis de Mimeure lui succéda en 1707.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_925" href="#FNanchor_925"><span class="label">[274]</span></a> V. plus haut, t. I, p. 69. Le président Cousin avoit +d’abord été directeur du <i>Journal des savants</i> et censeur +royal. Il légua ses livres à la bibliothèque de Saint-Victor, +avec un fonds de vingt mille francs pour en augmenter le +nombre. V. t. I, p. 137.</p> +</div> +<p class="drap2">1698. Charles Claude <span class="sc">Genest</span><a id="FNanchor_926" href="#Footnote_926" class="fnanchor">[275]</a>, abbé de Saint-Vilmer<a id="FNanchor_927" href="#Footnote_927" class="fnanchor">[276]</a>, +aumosnier ordinaire de Madame +la duchesse d’Orléans<a id="FNanchor_928" href="#Footnote_928" class="fnanchor">[277]</a>, <i>cloistre Saint +Honoré</i>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_926" href="#FNanchor_926"><span class="label">[275]</span></a> Il avoit succédé, en 1698, à Claude Boyer, comme +académicien, pour des tragédies qui ne valoient guère mieux +que les siennes. Son fauteuil échut après lui, en 1720, à +l’abbé Dubos.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_927" href="#FNanchor_927"><span class="label">[276]</span></a> Ce bénéfice, de 500 écus de rente au plus, fut tout ce +qu’il put obtenir du roi.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_928" href="#FNanchor_928"><span class="label">[277]</span></a> Mademoiselle de Blois, fille du roi et de madame de +Montespan, avoit eu l’abbé Genest pour précepteur. Devenue +femme du duc d’Orléans, futur Régent, elle le garda près +d’elle comme aumônier, et lui fit avoir, après la mort du +roi, 2,000 fr. de pension sur l’archevêché de Sens.</p> +</div> +<p class="drap2">1699. Jean Baptiste Henry <span class="sc">du Trousset de +<span class="pagenum" id="p299">-299-</span> Valincour</span><a id="FNanchor_929" href="#Footnote_929" class="fnanchor">[278]</a>, secrétaire général de la +Marine et des Commandements de +Monseigneur le comte de Toulouze. +<i>Cloistre Nostre-Dame</i><a id="FNanchor_930" href="#Footnote_930" class="fnanchor">[279]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_929" href="#FNanchor_929"><span class="label">[278]</span></a> Bel esprit plutôt qu’auteur, il succéda, en 1699, à +Racine son ami. Il eut en 1730 La Faye pour successeur.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_930" href="#FNanchor_930"><span class="label">[279]</span></a> Il quitta le Cloître un peu plus tard pour venir habiter +l’hôtel du comte de Toulouse, dont il étoit, comme il est dit +ici, le secrétaire des commandements. On sait que cet hôtel +est aujourd’hui celui de la Banque. M. de Toulouse étant +amiral, on comprend que Valincourt, qui l’avoit suivi dans +quelques expéditions, et même y avoit été blessé, pût être +secrétaire général de la marine.</p> +</div> +<p class="drap2">1701. Louis <span class="sc">de Sacy</span>, avocat, <i>rue Beaubourg</i><a id="FNanchor_931" href="#Footnote_931" class="fnanchor">[280]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_931" href="#FNanchor_931"><span class="label">[280]</span></a> Il plaida peu, traduisit beaucoup et n’imagina rien. +C’est la coterie du salon de madame de Lambert qui le fit +recevoir académicien en 1701, à la place du président Rose. +Montesquieu lui succéda en 1728.</p> +</div> +<p class="drap3">Nicolas <span class="sc">de Malezieu</span><a id="FNanchor_932" href="#Footnote_932" class="fnanchor">[281]</a>, chancelier de +Dombes, <i>à l’Arsenal</i><a id="FNanchor_933" href="#Footnote_933" class="fnanchor">[282]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_932" href="#FNanchor_932"><span class="label">[281]</span></a> Le grand amuseur de la cour de la duchesse du Maine +à Paris et à Sceaux. Le fauteuil de l’évêque de Noyon, dont +il a été parlé plus haut, lui échut en 1701. Il y fut remplacé +en 1727 par le président Bouhier.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_933" href="#FNanchor_933"><span class="label">[282]</span></a> Le duc et la duchesse du Maine tenoient leur cour à +l’Arsenal, le duc étant grand maître de l’artillerie depuis +1694, il étoit donc naturel que Malézieux y logeât aussi. +Sa charge de chancelier de Dombes s’explique de même par +la souveraineté du duc sur cette principauté.</p> +</div> +<p class="drap3">Jean Galbert <span class="sc">Campistron</span><a id="FNanchor_934" href="#Footnote_934" class="fnanchor">[283]</a>, secrétaire +général des galères, <i>rue de Grenelle, +fauxbourg Saint Germain</i><a id="FNanchor_935" href="#Footnote_935" class="fnanchor">[284]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_934" href="#FNanchor_934"><span class="label">[283]</span></a> Le singe de Racine, comme on avoit dit de Silius Italicus +qu’il étoit celui de Virgile. Il avoit remplacé Segrais +en 1701, et il eut Destouches pour successeur en 1723.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_935" href="#FNanchor_935"><span class="label">[284]</span></a> La charge de secrétaire général des galères, qu’il avoit +eue en 1694 après la mort de Duché, et qui lui fut confirmée +par le roi en 1699, lui valoit 3,000 livres. Il la devoit +au duc de Vendôme, qui étoit lui-même général des galères, +et auquel, après lui avoir été présenté par Racine, il resta +toujours attaché.</p> +</div> +<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p300">-300-</span> 1702. Jean François <span class="sc">de Chamillart</span><a id="FNanchor_936" href="#Footnote_936" class="fnanchor">[285]</a>, Evesque +de Senlis<a id="FNanchor_937" href="#Footnote_937" class="fnanchor">[286]</a>, et premier aumosnier de +Madame la Duchesse de Bourgogne, +<i>rue de Richelieu</i>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_936" href="#FNanchor_936"><span class="label">[285]</span></a> C’est sa parenté très proche avec le ministre Chamillart +qui l’avoit fait arriver au fauteuil laissé vacant en +1702 par la mort de Charpentier ; il l’occupa jusqu’en 1714. +Le maréchal de Villars l’y remplaça.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_937" href="#FNanchor_937"><span class="label">[286]</span></a> Il avoit eu d’abord l’évêché de Dol.</p> +</div> +<p class="drap3">Pierre de <span class="sc">Cambout</span>, duc de <span class="sc">Coislin</span>, pair +de France<a id="FNanchor_938" href="#Footnote_938" class="fnanchor">[287]</a>, <i>à l’Hostel de Coislin, rue de +Richelieu</i><a id="FNanchor_939" href="#Footnote_939" class="fnanchor">[288]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_938" href="#FNanchor_938"><span class="label">[287]</span></a> Il avoit succédé, en 1702, à son père que nous avons +vu sur la liste précédente, p. <a href="#p279">279</a> ; il eut en 1710 son fils +pour successeur.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_939" href="#FNanchor_939"><span class="label">[288]</span></a> C’est l’hôtel qu’avoit fait construire le commandeur +de Jars, et qui fut un des premiers de la rue de Richelieu. +Il touchoit à l’hôtel Louvois, dont la place du même nom +occupe le terrain aujourd’hui. Le jardin de l’hôtel de Coislin +avoit une porte sur la rue Sainte-Anne, où logeoit Bossuet, +ce qui lui permettoit, avec l’agrément du duc son confrère, +de venir s’y promener et même d’y recevoir des visites. +(<i>Journal</i> de l’abbé Le Dieu, t. III, p. 14.)</p> +</div> +<p class="drap2">1704. Armand Gaston <span class="sc">de Rohan</span>, Evesque et +prince de Strasbourg<a id="FNanchor_940" href="#Footnote_940" class="fnanchor">[289]</a>, <i>à l’Hostel de +Soubize au Marais</i><a id="FNanchor_941" href="#Footnote_941" class="fnanchor">[290]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_940" href="#FNanchor_940"><span class="label">[289]</span></a> Reçu à la place de Claude Perrault en 1704, il eut +pour successeur, en 1749, l’évêque de Rennes, Vauréal, qui +avoit encore moins de titres que lui.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_941" href="#FNanchor_941"><span class="label">[290]</span></a> C’est aujourd’hui, comme on sait, le palais des Archives.</p> +</div> +<p class="drap3">Melchior <span class="sc">de Polignac</span><a id="FNanchor_942" href="#Footnote_942" class="fnanchor">[291]</a>, abbé de Bonport<a id="FNanchor_943" href="#Footnote_943" class="fnanchor">[292]</a>, +<i>rue St Dominique, fauxbourg St Germain</i>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_942" href="#FNanchor_942"><span class="label">[291]</span></a> Auteur de l’<i>Anti-Lucrèce</i>, il fut élu en 1704 à la +place de Bossuet, et eut Giry pour successeur en 1741.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_943" href="#FNanchor_943"><span class="label">[292]</span></a> Il fut plus tard archevêque d’Auch et cardinal.</p> +</div> +<p class="drap3">Gaspar <span class="sc">Abeille</span>, prieur de Nostre Dame +<span class="pagenum" id="p301">-301-</span> de la Mercy<a id="FNanchor_944" href="#Footnote_944" class="fnanchor">[293]</a>, <i>près la Porte St Honoré, +à l’Hostel de Luxembourg</i><a id="FNanchor_945" href="#Footnote_945" class="fnanchor">[294]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_944" href="#FNanchor_944"><span class="label">[293]</span></a> Quelques tragédies oubliées furent ses seuls titres à +l’Académie, où il arriva en 1704, à la place de l’abbé Boileau, +et où l’abbé Mongault lui succéda en 1718.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_945" href="#FNanchor_945"><span class="label">[294]</span></a> La rue Neuve-de-Luxembourg remplace cet hôtel. +Abeille y logeoit comme secrétaire des commandements du +maréchal de Luxembourg.</p> +</div> +<p class="drap3">Jean Baptiste <span class="sc">Coignard</span>, imprimeur et libraire +ordinaire du Roy, <i>rue St Jacques, près St Yves</i><a id="FNanchor_946" href="#Footnote_946" class="fnanchor">[295]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_946" href="#FNanchor_946"><span class="label">[295]</span></a> V. plus haut, t. I, p. 189, et II, 288. — Quand le +<i>Dictionnaire</i> eut été publié, le travail de Coignard pour +l’Académie fut assez restreint. Il se réduisit presque à l’impression +de quelques <i>Avis</i> sur de petits morceaux de papier +grands comme la main, dans le genre de celui-ci, que nous +copions textuellement sur l’original :</p> + +<p class="ind">« M.</p> + +<p>« Vous estes adverty de la part de Monsieur le Directeur +de l’Académie françoise, de vous trouver Samedy prochain +deuxième jour de Décembre mil sept cent treize, à l’assemblée +qui se tiendra au Louvre à trois heures précises après +midy, pour le second scrutin de l’élection d’un Académicien +à la place de feu M. l’abbé Regnier des Marais. »</p> +</div> +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p302">-302-</span></p> + +<h3 id="c45">LISTE<br> +<span class="xsmall">DES</span><br> +<span class="small">AVIS DU BUREAU D’ADRESSE</span></h3> + +<p class="c"><i>Pour servir depuis le premier jour<br> +de l’an <span class="rm">1670</span><a id="FNanchor_947" href="#Footnote_947" class="fnanchor">[296]</a>.</i></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_947" href="#FNanchor_947"><span class="label">[296]</span></a> V. pour cette liste notre <i>Introduction</i>, t. I, p. xxxiv.</p> +</div> + +<p>On continuera à recevoir les avis tous les +jours, jusqu’au 12 de ce mois inclusivement, et +aux heures ordinaires, pour le Livre suivant, +qui se trouvera aux Bureaux, le 16 à midy, +jusqu’à la fin du mois.</p> + +<p class="i">On enseigne <i lang="la" xml:lang="la">gratis</i> à l’ordinaire les adresses qui +sont faites au Bureau.</p> + +<p>On ne se mettroit pas en peine de faire des +avertissements sur l’utilité du Bureau d’adr. si +on n’avoit à faire qu’à ceux qui s’en sont servis : +mais comme le débit des Livres a fait remarquer +<span class="pagenum" id="p303">-303-</span> que quantité de gens ne font que commencer à +en prendre connoissance, et qu’il les faut aussi +instruire des avantages qu’ils en peuvent tirer, +il est du moins bon d’apprendre aux derniers +venus qu’il n’y a pas une voie au monde plus +seure, plus abrégée et plus comode que celle là +pour trouver ce qu’on souhaite, pour se défaire +de ce qu’on ne veut point garder, et pour sçavoir +et faire sçavoir aux autres tout ce qu’il est +besoin qu’on sçache<a id="FNanchor_948" href="#Footnote_948" class="fnanchor">[297]</a>. L’exemple de cette Liste +fait assez voir comment elle produit cet effet, +pour apprendre à chacun comment il s’en pourra +servir.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_948" href="#FNanchor_948"><span class="label">[297]</span></a> Lorsqu’en septembre 1717 le <i>Bureau d’adresse</i>, qui +prit alors le titre de <i>Bureau général privilégié d’adresse et +de rencontre</i>, dut rouvrir rue Saint-Sauveur, « l’avis très +utile au Public », qui l’annonça dans <i>le Mercure</i>, reproduisit +presque textuellement ce qu’on lit ici. V. <i>le Mercure</i>, +sept. 1717, p. 178-183.</p> +</div> +<p>Mais il faut à l’occasion satisfaire icy à la +plainte de quelques uns contre ces Listes, prétendans +qu’elles ne soient toutes que la même +chose, sous prétexte seulement qu’ils ont pu +voir en chacune, peut-estre 10 ou 12, ou fort +peu plus d’avis repétez de l’une en l’autre<a id="FNanchor_949" href="#Footnote_949" class="fnanchor">[298]</a>. Il +suffiroit de répondre en un mot, que quand il y +auroit quatre fois autant de répétitions, on ne +pourroit encore honnestement plaindre ce peu +qu’il en couste pour voir les autres avis nouveaux, +dont on donneroit souvent dix ou vingt +fois autant pour avoir la connoissance d’un seul. +Mais de plus, ils doivent, une fois pour toutes, +<span class="pagenum" id="p304">-304-</span> considérer qu’à peine voit-on jamais trois fois +de suite cinq ou six avis de choses à vendre ou +demandées, si elles ne sont d’une grande conséquence ; +et qu’à l’égard de ceux qui font sçavoir +leur demeure et les choses qu’ils débitent, et de +ceux qui ont coutume d’afficher, ils doivent +nécessairement estre repetez non seulement trois +ou quatre fois, mais toujours, puisqu’il y a continuellement +des gens nouveaux qui ont besoin +de les connoistre. Et ainsi ce petit nombre +d’avis renouvellez, outre qu’il n’est pas considérable +à proportion des nouveaux, pour faire +qu’on songe à espergner 15 deniers pour les +voir<a id="FNanchor_950" href="#Footnote_950" class="fnanchor">[299]</a>, est même une chose nécessaire à tout le +monde, pour trouver toujours à point nommé +de certaines gens et de certaines choses dont on +peut avoir affaire.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_949" href="#FNanchor_949"><span class="label">[298]</span></a> Nous aurons plusieurs fois à signaler de ces répétitions +dans les listes suivantes.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_950" href="#FNanchor_950"><span class="label">[299]</span></a> C’est-à-dire un sou trois liards. C’est ce que coûtoit, +comme on le verra plus loin, chaque exemplaire de ces +<i>listes</i>.</p> +</div> + +<p class="c"><i>Immeubles à louer, vendre ou échanger.</i></p> + +<p>9. Maison à porte cochère à louer présentement, +rue des Poitevins, près St. André des +Arts, ayant court, remise, escurie à 4 chevaux, +3 estages par le devant de chacun 4 pièces de +plain pied, et un petit corps de logis à 2 étages +sur le derrière, le tout pour 900 livr. <i>Adresse</i> +chez M. le Président de Mesgrigny, dans la +mesme rue<a id="FNanchor_951" href="#Footnote_951" class="fnanchor">[300]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_951" href="#FNanchor_951"><span class="label">[300]</span></a> Cet hôtel de Mesgrigny existe encore au bout de la +rue des Poitevins, près du retour en équerre qu’elle fait +pour gagner la rue Serpente. Il fut occupé longtemps par +le libraire Panckoucke, qui en avoit fait un véritable musée +archéologique, décrit, ainsi que l’hôtel, dans sa brochure : +<i>Collection d’antiquités égyptiennes, grecques, romaines, etc., +etc.</i>, 1841, in-8<sup>o</sup>. — Germain Brice, dans l’édit. de 1684, +in-12, de sa <i>Description de Paris</i>, t. II, p. 128, a dit +quelques mots de l’hôtel Mesgrigny, que le président, +auquel il doit son nom, habitoit encore à cette époque : +« Il est bâti avec beaucoup de régularité, et, quoique les +appartements n’en soient pas fort spacieux, ils ne laissent +pas d’être commodes. »</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p305">-305-</span> 10. Petite maison à louer presentement +60 escus, ayant cuisine sous terre, cave, chambre +et anti-chambre à cheminée de plain-pied, 3 ou +4 cabinets, et une grande terrasse. <i>Adr. et rue</i> +comme au précédent.</p> + +<p>11. La maison blanche proche la maison +rouge<a id="FNanchor_952" href="#Footnote_952" class="fnanchor">[301]</a> à louer présentement à Chaliot, ayant +2 grands corps de logis, quantité de grandes +chambres, jardin et court, où il y a savonnerie, +et des caves dans les carrières<a id="FNanchor_953" href="#Footnote_953" class="fnanchor">[302]</a>. <i>Adr.</i> chez +M. La Mouche, rue de Betisi, à la ville d’Arras.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_952" href="#FNanchor_952"><span class="label">[301]</span></a> Guinguette fort à la mode au <small>XVII</small><sup>e</sup> siècle, comme +on le voit dans <i>Les Pièces comiques</i>, 1671, pet. in-12, +p. 210, 229. Les grandes dames y alloient encore en +parties fines du temps de Voltaire. Longchamp, son valet +de chambre, nous a dit dans ses <i>Mémoires</i>, t. II, p. 126, +tout le débraillé d’un souper qu’y firent M<sup>mes</sup> du Chatelet, +du Deffand, de Mailly, de Gouvernet et de La Popelinière.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_953" href="#FNanchor_953"><span class="label">[302]</span></a> Ce sont les carrières, situées sous l’ancienne butte des +Bonshommes, dont on a tant parlé lorsqu’on a dû construire, +pour l’exposition dernière, le palais du Trocadéro.</p> +</div> +<p>26. Grand Hostel à louer pour Pasques, +ayant 2 corps de logis, grande court, basse +court, qui sont dans la rue des Maquignons<a id="FNanchor_954" href="#Footnote_954" class="fnanchor">[303]</a>, +<span class="pagenum" id="p306">-306-</span> 5 ou 6 remises, 2 escuries pour 30 chevaux, le +tout pour 2,700 l. <i>Adr.</i> chez M. le Procureur +général de la Chambre des Comptes, rue de +Richelieu.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_954" href="#FNanchor_954"><span class="label">[303]</span></a> Elle étoit alors nouvelle, comme le marché aux chevaux, +auquel elle conduisoit et qui avoit été transporté là +quand la Butte Saint-Roch avoit commencé d’être aplanie. +On l’appeloit plus communément <i>rue Maquignonne</i>. Au +commencement de ce siècle, elle prit le nom de rue de +l’<i>Essai</i>. C’est en effet sur tout son parcours, depuis la rue +de Poliveau jusqu’au marché, que l’on « essaie » les chevaux +à vendre.</p> +</div> +<p>27. Grand Hostel à louer ou à vendre présentement +propre pour un grand Seigneur, ou +pour un grand Bureau ou un grand Magasin ; +il y a basse court et des escuries pour 50 chevaux. +<i>Adr.</i> audit lieu r. Betisi, proche la rue +S. Germain<a id="FNanchor_955" href="#Footnote_955" class="fnanchor">[304]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_955" href="#FNanchor_955"><span class="label">[304]</span></a> Lisez : rue des Fossés-St-Germain-l’Auxerrois, qui +en étoit le prolongement.</p> +</div> +<p>33. Maison à porte cochère à louer ou à +vendre presentement, r. du Brac<a id="FNanchor_956" href="#Footnote_956" class="fnanchor">[305]</a>, attenant à +l’Eglise de la Mercy, ayant escurie, remises et +autres appartenances. <i>Adr.</i> chez M. le marquis +d’Espinay<a id="FNanchor_957" href="#Footnote_957" class="fnanchor">[306]</a>, rue de Richelieu.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_956" href="#FNanchor_956"><span class="label">[305]</span></a> Son vrai nom est rue de Braque. Elle le doit à Arnoul +de Braque, qui, en 1348, avoit fait bâtir, à l’angle qu’elle +forme avec la rue du Chaume, une chapelle devenue plus +tard chapelle de la Mercy, reconstruite au <small>XVII</small><sup>e</sup> siècle, +démolie à moitié pendant la Révolution, puis enfin remplacée +depuis peu par une maison bourgeoise, après avoir +été longtemps un magasin de charbons.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_957" href="#FNanchor_957"><span class="label">[306]</span></a> François d’Espinay, marquis de Saint-Luc, petit-fils +du commandant de Paris sous Richelieu. Il mourut en +1694.</p> +</div> +<p>34. Grande maison à louer pour Pasques, rue +Neufve Montmartre<a id="FNanchor_958" href="#Footnote_958" class="fnanchor">[307]</a>. Deux corps de logis, un +<span class="pagenum" id="p307">-307-</span> grand et un petit, chacun à trois estages, offices, +caves, trois remises, deux escuries pour quinze +chevaux, une court à tourner un carrosse à six +chevaux, et un grand jardin au bout, le tout de +1,000 livr. <i>Adr.</i> à madame Balduc Orphevresse, +rue Bourg Labbé, à la ville de Sedan.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_958" href="#FNanchor_958"><span class="label">[307]</span></a> On appeloit ainsi la partie de la rue Montmartre qui, +depuis la rue Neuve-Saint-Eustache, à l’extrémité de laquelle +la porte Montmartre avoit longtemps existé, s’étendoit jusqu’au +rempart.</p> +</div> +<p>78. Grande maison à louer presentement, +ayant 2 corps de logis separez avec leurs courts +de mesme, l’un à porte cochère pour 1,000 l. +et l’autre à petite porte pour 550 l. dans le cul +de sac de la r. S. Denis, proche la r. aux Ours<a id="FNanchor_959" href="#Footnote_959" class="fnanchor">[308]</a>. +<i>Adr.</i> à mad. Ferrand aud. lieu.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_959" href="#FNanchor_959"><span class="label">[308]</span></a> C’est l’<i>Impasse des Peintres</i>, séparée par quatre ou cinq +maisons seulement du point de jonction de la rue aux +Ours et de la rue Saint-Denis.</p> +</div> +<p>43. Une chambre à louer presentement, r. +S. Honoré, dans la court du Charroy<a id="FNanchor_960" href="#Footnote_960" class="fnanchor">[309]</a>, propre +pour un homme et son valet, qu’on pourra aussi +prendre en pension au mesme estage. <i>Adr.</i> à +mad. de S. Robert, r. S. Honoré, chez M. Du +Pont, proche les Jacobins.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_960" href="#FNanchor_960"><span class="label">[309]</span></a> Nous ignorons où se trouvoit cette cour, qui sans +nul doute — son nom l’indique — servoit à remiser « le +charroi » des équipages. Peut-être, comme la suite le feroit +croire, se trouvoit-elle rue Saint-Honoré près des Jacobins.</p> +</div> +<p>86. Maison à louer présentement, r. Geoffroy +Lasnier, louée 1,700 l. <i>Adr.</i> à M. de la Barre, +dans l’Isle Nostre Dame, sur le Quay Daufin<a id="FNanchor_961" href="#Footnote_961" class="fnanchor">[310]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_961" href="#FNanchor_961"><span class="label">[310]</span></a> C’est aujourd’hui le quai de Béthune, qu’on appela aussi +quai des Balcons.</p> +</div> +<p>99. Grande maison à louer pour Noël, au +Marais, r. neuve S. Claude, ayant 2 grandes +courts, 3 remises, écuries à 12 chevaux, 3 étages +chacun de 5 feux, de plein pied avec un appartement +dégagé sur le derrière ; le tout fort propre +<span class="pagenum" id="p308">-308-</span> pour 800 l. <i>Adr.</i> chez M. de La Tour, conseiller +au Chastellet, rue des Mauvais Garçons près le +cimetière S. Jean.</p> + +<p>104. L’Hostel de la Bistrade<a id="FNanchor_962" href="#Footnote_962" class="fnanchor">[311]</a> à louer pour +Pasques, rue Pavée, près l’hostel de Bourgogne<a id="FNanchor_963" href="#Footnote_963" class="fnanchor">[312]</a>, +pour 2,200 l. à 2 appartements aisez à séparer, +escurie à 12 chevaux, 4 remises et un jardin. +<i>Adr.</i> chez M. Bachelier rue Mauconseil.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_962" href="#FNanchor_962"><span class="label">[311]</span></a> Il devoit son nom au conseiller du grand Conseil +Jacques de la Bistrade, mort le 30 décembre 1650, et qui +avoit possédé, d’après ce que dit Tallemant, t. II, p. 453, +plusieurs maisons dans Paris.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_963" href="#FNanchor_963"><span class="label">[312]</span></a> La rue Pavée-Saint-Sauveur, qui n’est plus aujourd’hui +que la prolongation de celle du Petit-Lion, longeoit +par derrière le théâtre de l’Hôtel de Bourgogne, dont l’entrée +étoit rue Mauconseil.</p> +</div> +<p>1. Maison à vendre, près le Pont aux Biches<a id="FNanchor_964" href="#Footnote_964" class="fnanchor">[313]</a>, +au bout de la rue de la Croix, tenant au Rempart<a id="FNanchor_965" href="#Footnote_965" class="fnanchor">[314]</a>, +à l’image de S. Charles Borromée, où il +y a 2 grands corps de logis devant et derrière, +des courts au milieu et une place à costé. <i>Adr.</i> +à M. Baudry, notaire, rue des Arcis, proche +S. Jacques de la Boucherie.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_964" href="#FNanchor_964"><span class="label">[313]</span></a> C’étoit un « ponceau » jeté sur l’égout découvert près +d’une maison portant l’enseigne des Biches.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_965" href="#FNanchor_965"><span class="label">[314]</span></a> Elle commençoit rue Phélipeaux et, arrivée à la rue du +Vert-Bois, étoit continuée par celle du Pont-aux-Biches +qui, elle-même, alloit aboutir au rempart situé alors un peu plus +haut que la rue de Nazareth. Dans un titre des <i>Archives +hospitalières</i>, Hôtel-Dieu, t. I, p. 95, il est parlé, à la date +de 1627, du « rempart près le Pont-aux-Biches ». Un +moulin à vent s’y trouvoit (<i>Registres de l’Hôtel-de-Ville +pendant la Fronde</i>, t. I, p. 316).</p> +</div> +<p>15. Une belle maison à vendre à Ruël pour +25,000 l. ayant 2 corps de logis, grande escurie, +grand jardin, un beau jet d’eau, terres labourables, +<span class="pagenum" id="p309">-309-</span> prez et vignes. <i>Adr.</i> chez M. Bonnelle, +rue Plastrière.</p> + +<p>17. Une grande maison à vendre à trois corps +de logis, deux boutiques, quatorze à quinze +feux, quatre escuries pour trente chevaux, deux +jardins, trois caves, et une carrière<a id="FNanchor_966" href="#Footnote_966" class="fnanchor">[315]</a>, pour +20,000 livres, rue Mouftar au faubourg S. Marcel, +près S. Medard<a id="FNanchor_967" href="#Footnote_967" class="fnanchor">[316]</a>. <i>Adr.</i> à mademoiselle Privat, +au mesme logis.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_966" href="#FNanchor_966"><span class="label">[315]</span></a> On voit que les Catacombes, où l’on ne devoit déposer +qu’un siècle après les ossements provenant du cimetière +des Innocents, faisoient alors partie des propriétés sous +lesquelles elles se trouvoient.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_967" href="#FNanchor_967"><span class="label">[316]</span></a> Les maisons de ce quartier se louoient relativement à +un aussi bas prix qu’elles se vendoient. On en jugera par +cette annonce du <i>Journal de la Ville de Paris</i> de François +Colletet : « Du mercredy 26 août 1676. <i>On sçait une fort +jolie maison à louer que l’on peut appeler un petit bijou, du +prix de quatre cents livres, fort commode pour deux ménages. +Elle est située dans la Ville, proche le Fauxbourg Saint-Victor : +elle consiste en sale, cuisine, court, cave, et deux +beaux estages à plat fonds, carrelez, cabinets, cheminées +enjolivées, lieu pour alcôves, et autres commoditez nécessaires.</i> »</p> +</div> +<p>19. Une maison neufve r. du Colombier<a id="FNanchor_968" href="#Footnote_968" class="fnanchor">[317]</a>, de +1,200 l. de loyer bastie de pierres de taille, sur +rue, et décretée<a id="FNanchor_969" href="#Footnote_969" class="fnanchor">[318]</a> sur celuy qui la voudra pour +29 l. ou bien le vendeur se chargera de payer +les lots et ventes<a id="FNanchor_970" href="#Footnote_970" class="fnanchor">[319]</a>, en luy donnant pour le tout +30,000 l.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_968" href="#FNanchor_968"><span class="label">[317]</span></a> C’étoit l’ancien <i>Chemin aux Clercs</i>. Elle alloit de la +rue de Seine à la rue des Petits-Augustins, aujourd’hui +Bonaparte. On n’avoit commencé d’y bâtir qu’en 1640, ce +qui explique que la maison à vendre ici fût neuve. V. p. <a href="#p312">312</a>.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_969" href="#FNanchor_969"><span class="label">[318]</span></a> Vendue par justice.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_970" href="#FNanchor_970"><span class="label">[319]</span></a> Il faut lire « lods et ventes ». Le <i>lod</i> étoit le droit +payé au seigneur pour qu’il approuvât l’aliénation d’un +bien dépendant de son domaine. Le seigneur ici étoit l’abbé +de Saint-Germain-des-Prés.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p310">-310-</span> 20. <small>LXXVI</small> arpents et demy de terre à vendre +à 100 escus l’arpent, au village d’Ognes à +10 lieues de Paris, à 3 de Dampmartin<a id="FNanchor_971" href="#Footnote_971" class="fnanchor">[320]</a>, sans +aucun bastiment ; les dites terres louées 918 l. +à raison de 12 l. l’arpent. <i>Adr.</i> au Bur.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_971" href="#FNanchor_971"><span class="label">[320]</span></a> Ce n’est pas Ognes, mais Longnes qu’il faut lire. Il +y a en effet un village de ce nom dans le département de +Seine-et-Oise, canton de Houdan, entre Bréval et Dammartin. +Le pays est bon : il ne faut donc pas s’étonner d’y +voir l’arpent au prix de 100 écus. Dans le Nivernais, à la +même époque, d’après des titres que Monteil eut en main, +il ne valoit que 100 livres. (<i>Hist. des François des divers +états</i>, 1<sup>re</sup> édit., t. VIII, p. 516.)</p> +</div> +<p>21. Maison à porte cochere à vendre au +Bourg-la-Reine, à 2 lieues de Paris : ayant +grange, écurie, volière à pigeons, jardin, 4 arpens +et demy de sain foin, un arpent et demy +de vignes et 7 de terres labourables, affermées +4,000 l. <i>Adr.</i> au dit lieu, à l’Image S. Jean, à +la veuve de Fourcy, ou à Barbier, ou dans la +r. de Gèvre, à M. Trie, au Jésus.</p> + +<p>28. Deux charges de commissaire des guerres +avec 2 conduites<a id="FNanchor_972" href="#Footnote_972" class="fnanchor">[321]</a> à vendre ou à changer pour +des rentes, maisons, ou autres objets. <i>Adr.</i> à +M. De Henaut, notaire rue S. Antoine au coin +de S. Paul.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_972" href="#FNanchor_972"><span class="label">[321]</span></a> C’est-à-dire « directions, intendances ».</p> +</div> +<p>29. Deux maisons au quartier S. Benoist sur +le devant, et une grande sur le derrière, ayant +30 feux<a id="FNanchor_973" href="#Footnote_973" class="fnanchor">[322]</a>, écuries à 10 chevaux, remises, deux +courts, jardin, veüe en plain air<a id="FNanchor_974" href="#Footnote_974" class="fnanchor">[323]</a>, cheminées +<span class="pagenum" id="p311">-311-</span> fort propres en sculptures et dorures, à vendre, +avec toutes les facilitez pour le payement, ou à +changer contre rentes constituées. <i>Adr.</i> au bur.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_973" href="#FNanchor_973"><span class="label">[322]</span></a> Chambres à feu.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_974" href="#FNanchor_974"><span class="label">[323]</span></a> Les maisons bâties dans les quartiers Saint-Germain +et Saint-Benoît avoient ainsi et ont même encore de grands +espaces, comme on en peut juger par les terrains de l’ancienne +rue Taranne, que les démolitions récentes ont mis +à découvert pour le percement du boulevard Saint-Germain. +Le jardin de Morin, l’un des plus grands « floristes » du +<small>XVII</small><sup>e</sup> siècle, occupoit, par exemple, un de ces terrains +derrière la Charité. (Sauval, t. III, p. 4.)</p> +</div> +<p>31. Maison à porte cochere à vendre pour +20,000 l. à l’entrée de la rue des Tournelles, +vis à vis la Bastille, ayant 12 feux, court, boutique +et écurie, louée 800 l. <i>Adr.</i> au Suisse de +l’hostel de Lesdiguières, rue de la Cerisaye<a id="FNanchor_975" href="#Footnote_975" class="fnanchor">[324]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_975" href="#FNanchor_975"><span class="label">[324]</span></a> V. sur cet hôtel, t. I, p. 278.</p> +</div> +<p>36. Maison à vendre rue des Petits Augustins, +louée 900 l. toute decrétée sur le vendeur<a id="FNanchor_976" href="#Footnote_976" class="fnanchor">[325]</a>, qui +payera les lots et ventes<a id="FNanchor_977" href="#Footnote_977" class="fnanchor">[326]</a> et donnera le tout +pour 24,000 l. <i>Adr.</i> au Bureau.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_976" href="#FNanchor_976"><span class="label">[325]</span></a> C’est-à-dire qui sera vendue sans frais pour l’acheteur, +« contrat en main », suivant l’expression d’aujourd’hui qui +correspondoit, du reste, à celle qu’on lira plus loin et que +nous trouvons aussi chez Fr. Colletet, <i>Journal de la ville de +Paris</i>, sous la date du 29 août 1676 : « … <i>on donnera +toutes les assurances que l’on peut demander, et le décret +dans la main de l’acquéreur</i>. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_977" href="#FNanchor_977"><span class="label">[326]</span></a> V. une des notes précédentes, p. <a href="#p309">309</a>.</p> +</div> +<p>79. Maison à vendre en la vallée de Montmorency, +ayant court, basse-court, jardin, colombier, +foulerie<a id="FNanchor_978" href="#Footnote_978" class="fnanchor">[327]</a>, 10 arpens d’enclos, espaliers, +grands fruitiers, 30 arpens de terres tant labourables, +que prez, bois, vignes et cerisaye<a id="FNanchor_979" href="#Footnote_979" class="fnanchor">[328]</a> : on +en vendra pour 1,200 l. et audessus, selon ce +qu’on en voudra prendre. <i>Adr.</i> au bureau.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_978" href="#FNanchor_978"><span class="label">[327]</span></a> L’endroit où l’on fouloit les raisins, « le pressoir ».</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_979" href="#FNanchor_979"><span class="label">[328]</span></a> Verger aux cerises. La rue de ce nom, citée tout à +l’heure, s’appelle ainsi parce qu’elle occupe l’emplacement +du jardin de l’hôtel Saint-Pol, où se cultivoient les cerisiers.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p312">-312-</span> 80. Maison neuve à vendre rue Jacob<a id="FNanchor_980" href="#Footnote_980" class="fnanchor">[329]</a>, bastie +de pierres de taille sur rue, bien peinte, l’escalier +propre à rampe de fer, grande écurie, court +à tourner carrosse et louée 1,660 l. On la vendra +le décret à la main et quitte de lots et ventes +pour 44,000 l. <i>Adr.</i> au bureau.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_980" href="#FNanchor_980"><span class="label">[329]</span></a> Elle faisoit suite à la rue du Colombier, et, comme +elle, n’avoit encore que des maisons neuves.</p> +</div> +<p>81. Terres propres à bastir entre les rues de +Clery et Bourbon, et la porte St. Denis, jusques +à 2,000 toises ou environ à vendre en tout, ou +en partie, à prix raisonnable, soit argent comptant, +soit partie argent, partie rente<a id="FNanchor_981" href="#Footnote_981" class="fnanchor">[330]</a>. <i>Adr.</i> à +M. Baudrant substitut, r. du Coq, qui en donnera +le plant et mémoires nécessaires.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_981" href="#FNanchor_981"><span class="label">[330]</span></a> Cette place vague est visible sur les plans du +<small>XVII</small><sup>e</sup> siècle antérieurs à 1680, et notamment sur celui de +Gomboust. Elle fut vendue par parties six ans après ce qui +en est dit ici. Nous trouvons en effet, dans un <i>arrêt du +Conseil d’État</i> de 1681, rendu contre Drouet, « chargé de +recouvrer les deniers provenant de la vente des places, +maisons, etc., dépendantes des fortifications de Paris », +mention d’un acte du 30 avril 1676, pour la vente « de +terrains entre la rue de Cléry et de Bourbon, derrière le +mur du jardin des Filles Dieu » ; et d’un autre, du 7 juillet +suivant, pour une place vendue « entre le fossé de la ville +et la rue de Cléry, derrière les Filles Dieu ». — C’est sur +cet espace qu’un farceur du temps de Molière, Gilles le +Niais, dressoit ses tréteaux. Une boucherie de la rue +Bourbon-Villeneuve porta longtemps son nom. (Parfaict, +<i>Hist. du Théâtre françois</i>, t. VIII, p. 324.)</p> +</div> +<p>88. Une terre à vendre en Normandie, près +de l’Aigle, appelée Aube<a id="FNanchor_982" href="#Footnote_982" class="fnanchor">[331]</a>, où il y a de beaux +<span class="pagenum" id="p313">-313-</span> fiefs, seigneur et patron de la paroisse, affermée, +le domaine, 3,000 l. et la forge à fer 1,500 l., +le tout en bon estat, hormis le logis seigneurial +qui va en ruine. <i>Adr.</i> à M. Menu, procureur au +Chastelet au coin de l’hostel de Bourgogne<a id="FNanchor_983" href="#Footnote_983" class="fnanchor">[332]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_982" href="#FNanchor_982"><span class="label">[331]</span></a> Ne seroit-ce pas à cette terre, en Normandie, que le +neveu de Fontenelle, M. d’Aube, ce Normand aux infatigables +contradictions, si bien mis en scène par Rulhière +dans son poème des <i>Disputes</i>, auroit dû son nom ?</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_983" href="#FNanchor_983"><span class="label">[332]</span></a> Laigle étant, comme on sait, la ville de la ferronnerie +et de la quincaillerie, nous ne sommes pas surpris de +trouver une « forge à fer » dans une terre qui en est +voisine.</p> +</div> +<p>94. Maison à vendre à S. Maur, ayant un +grand corps de logis à 3 estages, grande court à +porte cochère, jardin derriere le logis, grande +guerite sur la montée<a id="FNanchor_984" href="#Footnote_984" class="fnanchor">[333]</a>, pour 5,000 l. <i>Adr.</i> chez +M. Pres de Segle, marchand drapier r. du Petit-Pont +à l’Estoille d’or.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_984" href="#FNanchor_984"><span class="label">[333]</span></a> C’est-à-dire une grande cage d’escalier, bien dégagée +et bien couverte. C’étoit un des points importants des +constructions de ce temps-là. V. <i>L’Architecture</i> de Savot, +au chap. IX : <i>Des mesures du bâtiment</i>.</p> +</div> +<p>95. Maison à vendre à S. Denis devant la +grande Eglise, vis à vis la croix de la grande +place, ayant par derrière 2 corps de logis et +2 courts, dont l’une à porte cochère sur une +rue. <i>Adr.</i> comme au précédent.</p> + +<p>96. Autre maison à S. Denis, ayant porte +cochere, petite court et écurie à vendre avec la +precedente pour 7,000 l. <i>Adr.</i> comme au précédent.</p> + +<p>98. Une belle ferme à vendre à 3 lieues de +Paris, au village de la Selle<a id="FNanchor_985" href="#Footnote_985" class="fnanchor">[334]</a>, pour 36,000 l. +<i>Adr.</i> à M. Chastellier, chez M. Gitar, rue de +Sêve, à la première maison du costé des Premontrés<a id="FNanchor_986" href="#Footnote_986" class="fnanchor">[335]</a>, +à la 2 chambre<a id="FNanchor_987" href="#Footnote_987" class="fnanchor">[336]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_985" href="#FNanchor_985"><span class="label">[334]</span></a> La Selle-Saint-Cloud.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_986" href="#FNanchor_986"><span class="label">[335]</span></a> Les Prémontrés réformés, dont l’église et le couvent +n’étoient pas alors bâtis depuis plus de six ans. Le voisinage +de la Croix-Rouge, à l’entrée de la rue de Sèvres, +les faisoit appeler souvent Prémontrés de la Croix-Rouge.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_987" href="#FNanchor_987"><span class="label">[336]</span></a> « A la deuxième chambre », c’est-à-dire au second +étage. Scarron, lorsqu’il logeoit rue de la Tixeranderie, +donnoit ainsi son adresse :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">… Je me nomme Scarron,</div> +<div class="verse">Et loge en <i>la deuxième chambre</i>,</div> +<div class="verse">Tout vis à vis l’hôpital Saint-Gervais.</div> +</div> + +</div></div> +<p><span class="pagenum" id="p314">-314-</span></p> + +<p class="c"><i>Meubles meublans à vendre.</i></p> + +<p>13. Un lit de drap du Sceau<a id="FNanchor_988" href="#Footnote_988" class="fnanchor">[337]</a> gris de 4 à +5 pieds, doublé de taffetas de la Chine à franges +mêlées à vendre, avec le bois, tout garny, la +courte pointe de taffetas, 6 chaises, 6 ployants, +et 2 fauteuils<a id="FNanchor_989" href="#Footnote_989" class="fnanchor">[338]</a> garnis de crain avec les housses, +et le tapis de mesme drap et frange. <i>Adr.</i> à +M. Henaut de la Monnoye chez M. Barreau.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_988" href="#FNanchor_988"><span class="label">[337]</span></a> Lisez « d’Usseau ». C’étoit un drap commun, dont +on faisoit les habits des laquais. V. Regnard, <i>Le Joueur</i>, +acte I, sc. 1, et <i>Satires</i> de Furetière, p. 8.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_989" href="#FNanchor_989"><span class="label">[338]</span></a> L’étiquette étoit d’avoir, comme on le voit ici, un +fauteuil pour six chaises ou pour six pliants. Nous lisons, +par exemple, dans le <i>Journal</i> de Colletet, à la date du +6 octobre 1676 : « <span class="i">On sçait une Bourgeoise qui a <i>une demy +douzaine de Chaises de roses et un fauteuil</i> à vendre des +plus belles et des mieux nuancées qu’il y ait à Paris, et qui +sortent de dessous l’éguille. <span class="sc">Item</span>, <i>six autres de point d’Angleterre +avec le fauteuil</i>.</span> » Plus loin, le 19 octobre, il dit +encore : « <span class="i">On nous demande <i>demy douzaine de bois de +chaises neuves</i>, tournées à la mode, <i>avec le fauteuil</i>.</span> »</p> +</div> +<p>45. Tapisserie de Flandres de 25 à 26 aunes +de tour sur 3 aunes de haut, ayant quelques +animaux parmy la verdure<a id="FNanchor_990" href="#Footnote_990" class="fnanchor">[339]</a>. <i>Adr.</i> au Bureau, +ou on en fera voir quelques pièces.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_990" href="#FNanchor_990"><span class="label">[339]</span></a> V. plus haut, sur les tapisseries à verdure, t. I, +p. 283.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p315">-315-</span> 84. Plusieurs feuilles de paravent à vendre. +<i>Adr.</i> au bureau.</p> + +<p>89. Un carreau, avec le sac<a id="FNanchor_991" href="#Footnote_991" class="fnanchor">[340]</a> de velours +rouge cramoisi<a id="FNanchor_992" href="#Footnote_992" class="fnanchor">[341]</a>, avec trois rangs de grand gallon +or et argent, tout neufs qui ont cousté 700 l. +et qu’on donnera pour moins de 400 l. <i>Adr.</i> à +M. Menu, procureur au Chastelet au coin de +l’hostel de Bourgogne.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_991" href="#FNanchor_991"><span class="label">[340]</span></a> C’est-à-dire la couverture.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_992" href="#FNanchor_992"><span class="label">[341]</span></a> Comme les femmes portoient avec elles ces sortes de +coussins dans les églises pour s’agenouiller, elles les habilloient +richement ainsi de velours de couleur et de galons +d’or.</p> +</div> +<p>93. Une tenture de haute-lice<a id="FNanchor_993" href="#Footnote_993" class="fnanchor">[342]</a>, representant +les travaux d’Ulisse, presque neuve, de 19 à +20 aunes de tour, sur 3 aunes de haut, pour +3,000 l. <i>Adr.</i> chez M. Predeseigle, marchand +drapier, r. du Petit-Pont à l’Estoille d’or.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_993" href="#FNanchor_993"><span class="label">[342]</span></a> V., sur les tapisseries de haute lisse, t. I, p. 283.</p> +</div> +<p>60. Douze chaises de moquette<a id="FNanchor_994" href="#Footnote_994" class="fnanchor">[343]</a> larges, bien +garnies de crain, et les bois à colonnes torses, +avec le tapis et le lit de repos<a id="FNanchor_995" href="#Footnote_995" class="fnanchor">[344]</a> tout complet, le +tout à vendre 10 pistolles au dernier mot. <i>Adr.</i> +au bureau.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_994" href="#FNanchor_994"><span class="label">[343]</span></a> C’étoit alors déjà l’étoffe à la mode pour couvrir les +chaises, et, selon Richelet, « les formes » ou tabourets. Il est +parlé, dans le <i>Ballet des Romans</i>, p. 14, d’une « forme de +moquette ». On en faisoit aussi des tapis. V. Tallemant, +1<sup>re</sup> édit., t. III, p. 69.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_995" href="#FNanchor_995"><span class="label">[344]</span></a> « Sorte de petit lit pour reposer après le dîner. » +Richelet.</p> +</div> +<p>69. Un lit de damas rouge cramoisi à crespine +mêlée de cinq pieds et demy de large, avec 12 +ou 14 sièges. <i>Adr.</i> au bureau.</p> + +<p>102. Un lit de point d’Angleterre ondé de +<span class="pagenum" id="p316">-316-</span> laine et de soye du prix de 900 l. <i>Adr.</i> à M. Curaud, +au cloistre St. Médéric à l’hostel de +Roanez<a id="FNanchor_996" href="#Footnote_996" class="fnanchor">[345]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_996" href="#FNanchor_996"><span class="label">[345]</span></a> Il étoit habité alors par Artus de Gouffier, duc de +Roannez, ami de Pascal, qui logea longtemps chez lui et +faillit y être poignardé par la concierge de l’hôtel, furieuse +de ce qu’il vouloit persuader à mademoiselle de Roannez, +sœur du duc, de ne pas se marier et de se retirer dans un +couvent. V. les <i>Manuscrits</i> de Marguerite Périer. — C’est +le duc de Roannez qui conçut avec Pascal l’idée des carrosses +à cinq sous, sorte d’omnibus du <small>XVII</small><sup>e</sup> siècle.</p> +</div> + +<p class="c">Choses Diverses.</p> + +<p>3. Un cachet sur un grand rubis du Temple<a id="FNanchor_997" href="#Footnote_997" class="fnanchor">[346]</a>, +dont le manche est un chien qui a le devant et +derrière d’or émaillé, et le corps d’une grande +perle orientale à vendre 20 louis d’or au dernier +mot, ou à échanger contre quelque lit de campagne +ou un cabinet de mesme prix<a id="FNanchor_998" href="#Footnote_998" class="fnanchor">[347]</a>. <i>Adr.</i> au +bureau où l’on le fera voir.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_997" href="#FNanchor_997"><span class="label">[346]</span></a> Sur ces fausses pierreries dites « diamants du Temple », +voy. t. I, p. 248.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_998" href="#FNanchor_998"><span class="label">[347]</span></a> V. sur ce genre de meubles, t. I, p. 286.</p> +</div> +<p>5. Un orgue à 4 jeux ; sçavoir un bourdon de +4 pieds, son octave ou flute, un flageollet et une +voix humaine de la fabrique de M. Le Prescheur<a id="FNanchor_999" href="#Footnote_999" class="fnanchor">[348]</a>. +<i>Adr.</i> à M. Denis ingenieur du Roy au +<span class="pagenum" id="p317">-317-</span> mont St. Hilaire, près l’Eglise au Chef S. Denis.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_999" href="#FNanchor_999"><span class="label">[348]</span></a> Ce facteur d’orgues, M. Le Prescheur, que nous +n’avons pas vu nommé ailleurs, avoit peut-être appartenu +à la fabrique d’orgues de la rue des Ménétriers, indiquée +plus haut, t. I, p. 216. V., sur Créteil, dont c’étoit +aussi l’industrie, <i>Id.</i> p. 209. — Colletet, dans son <i>Journal</i>, +annonce aussi deux orgues à vendre, l’un le 22 août 1676, +l’autre, avec plus de détails, le 9 sept, suivant : « <i>On sçait +un fort beau Cabinet d’Orgues bien entier et bien conditionné +à huit jeux… qui peut estre fort propre pour un +monastère de Religieux ou Religieuses, petite paroisse de +Paris, ou centre considérable à la campagne, Communauté +ou Collège. On le donnera pour cinquante louis, quoiqu’il ait +effectivement cousté plus de cent pistoles.</i> »</p> +</div> +<p>6. Une basse de viole d’Angleterre<a id="FNanchor_1000" href="#Footnote_1000" class="fnanchor">[349]</a>, enrichie +de filets d’ébène, un dessus de viole, et un +thuorbe de Bologne à filet et chevilles d’yvoire +à vendre. <i>Adr.</i> à M. d’Angebert<a id="FNanchor_1001" href="#Footnote_1001" class="fnanchor">[350]</a>. R. St Honoré, +proche des bastons Royaux<a id="FNanchor_1002" href="#Footnote_1002" class="fnanchor">[351]</a>, chez mad. Ranquet.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1000" href="#FNanchor_1000"><span class="label">[349]</span></a> V. sur <i>la basse de viole</i> et ceux qui l’enseignoient, +t. I, p. 210.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1001" href="#FNanchor_1001"><span class="label">[350]</span></a> Il faut lire, je crois, Denglebert, dont il a été parlé, +t. I, p. 206, comme étant des plus célèbres sur le clavecin.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1002" href="#FNanchor_1002"><span class="label">[351]</span></a> Cabaret voisin de Saint-Roch. V. notre <i>Histoire de la +Butte des Moulins</i>, p. 52.</p> +</div> +<p>7. De très beaux chevaux de Flandres à +vendre en gros et en détail. <i>Adr.</i> à mad. Bareilles. +R. saint Honoré, près le Palais Royal, +aux Armes de Condé, proche un tapissier, à la +première chambre<a id="FNanchor_1003" href="#Footnote_1003" class="fnanchor">[352]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1003" href="#FNanchor_1003"><span class="label">[352]</span></a> Au premier étage. V. plus haut p. <a href="#p314">314</a>.</p> +</div> +<p>8. De grosses boucles d’oreille de diamants +du Temple<a id="FNanchor_1004" href="#Footnote_1004" class="fnanchor">[353]</a> très beaux, à vendre pour 10 escus. +<i>Adr.</i> au Bureau, où l’on les fera voir.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1004" href="#FNanchor_1004"><span class="label">[353]</span></a> V. ci-dessus la note 2 de la p. précédente.</p> +</div> +<p>14. Un corps de chaise roullante à 2 fonds +pour 4 personnes, garnie de serge grise neuve à +2 envers, avec les 2 coussins ; il y a dedans +2 coffres, ferrez et garnis de leurs serrures, le +tout à vendre pour 100 l. <i>Adr.</i> à M. Hennoyer, +sellier de Mademoiselle, proche les Quinze +Vingts<a id="FNanchor_1005" href="#Footnote_1005" class="fnanchor">[354]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1005" href="#FNanchor_1005"><span class="label">[354]</span></a> La grande Mademoiselle, fille de Gaston d’Orléans, +ayant longtemps habité les Tuileries, avoit, comme on le +voit, gardé ses fournisseurs dans les environs.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p318">-318-</span> 16. On vend de fort bon vin de Tonnerre +pour des nopces à 6, 8 et 10 s. la pinte dans +la r. S. Martin, près la r. aux Ours, chez un +faiseur de Luth<a id="FNanchor_1006" href="#Footnote_1006" class="fnanchor">[355]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1006" href="#FNanchor_1006"><span class="label">[355]</span></a> On a vu plus haut, t. I, p. 315, que chacun pouvoit +faire débit de son vin. C’est ce qui s’appeloit « vendre à +pot ». Fr. Colletet, dans son <i>Journal</i>, à la date du 5 août +1676, nous dit à ce sujet ce que coûtoit alors le vin de +Champagne : « <i>Un Bourgeois de Paris vend en détail d’excellent +vin de Reims en Champagne, et le donne à 12 s. la bouteille ; +il en a aussi à 10 et à 8 s. la pinte. Le dit vin est de +son propre crû, et l’on enseignera au Bureau sa demeure.</i> »</p> +</div> +<p>18. Les Conciles d’impression du Louvre en +37 volumes<a id="FNanchor_1007" href="#Footnote_1007" class="fnanchor">[356]</a>, bien reliez, à vendre. <i>Adr.</i> au +Bureau, où l’on en pourra faire venir quelque +volume à voir si on le souhaite.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1007" href="#FNanchor_1007"><span class="label">[356]</span></a> C’est l’édition de 1644, due en effet à l’imprimerie du +Louvre, alors à ses commencements. Elle fut réimprimée, +en 1715, avec des additions et une table excellente, par les +soins du P. Hardouin.</p> +</div> +<p>25. Le sieur Hermier, par privilège vérifié et +exclusif à tous autres, continue à faire les +planches façon de marbre et des tables de mesme, +dont il fera voir tous les dessins qu’il a executez +depuis 1643. Il loge r. S. Marc, entre les portes +Richelieu et Montmartre<a id="FNanchor_1008" href="#Footnote_1008" class="fnanchor">[357]</a>, chez le sieur Petit +Charpentier<a id="FNanchor_1009" href="#Footnote_1009" class="fnanchor">[358]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1008" href="#FNanchor_1008"><span class="label">[357]</span></a> La rue Saint-Marc, qui devoit son nom à l’une des +seigneuries des Vivien, seigneurs de la Grange-Batelière, +sur le terrain de laquelle on venoit alors de la bâtir, servoit +en effet de trait d’union entre les portes Richelieu et Montmartre, +bâties l’une et l’autre à cette hauteur dans les +derniers temps de Louis XIII et démolies ensemble en 1701.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1009" href="#FNanchor_1009"><span class="label">[358]</span></a> Il est parlé de lui dans un mémoire contre Lulli : +<i>Requeste d’inscription de faux en forme de factum présenté +au Châtelet, le 16 juillet 1676</i>, par le s<sup>r</sup> Guichard, in-4<sup>o</sup> : +« Le sieur Antoine Petit, charpentier, y est-il dit, travaillant +aux ouvrages de charpenterie des maisons et de l’Opéra +de J.-B. Lulli. »</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p319">-319-</span> 35. La grande Bible polyglotte de Londres et +le Lexicon, en 7 langues orientales, en 8 vol.<a id="FNanchor_1010" href="#Footnote_1010" class="fnanchor">[359]</a> +en blanc<a id="FNanchor_1011" href="#Footnote_1011" class="fnanchor">[360]</a> à vendre pour 400 l. <i>Adr.</i> à mad. +Balduc orfévresse, r. Bourlabbé à la ville de +Sedan.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1010" href="#FNanchor_1010"><span class="label">[359]</span></a> C’est <i>la Bible</i> de l’évêque de Chester, Walton, publiée +en 1657 à Londres, en 6 vol. in-fol., et que le <i>Lexicon +heptaglotton</i> de Castell, qu’on y joignit en 1668, augmenta +de deux volumes nouveaux.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1011" href="#FNanchor_1011"><span class="label">[360]</span></a> C’est-à-dire non reliés.</p> +</div> +<p>24. Un habit et manteau de moire noir, le +caneçon de chamois, et les bas de soie à vendre +pour 20 escus. <i>Adr.</i> chez la Dame de Clermont +au coin de la rue des Consuls<a id="FNanchor_1012" href="#Footnote_1012" class="fnanchor">[361]</a>, chez un confiturier +à la 3 chambre.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1012" href="#FNanchor_1012"><span class="label">[361]</span></a> La même que la rue des Juges-Consuls aujourd’hui, +dans l’ancien cloître Saint-Merry.</p> +</div> +<p>41. Un Collier double de 206 perles baroques +de belle eau à vendre, au dernier mot 15 écus. +<i>Adr.</i> au Bureau où on les pourra voir.</p> + +<p>48. Un autre collier de perles barroques assez +grosses et de belle eau à vendre pour 360 l. +<i>Adr.</i> au bureau où on les pourra voir.</p> + +<p>82. Il est arrivé un marchand de vin de la +ville de Condrieux, qui en vend à 16 s. la pinte +dans la rue de la Tixéranderie, proche S. Jean +en Grêve.</p> + +<p>83. Deux chevaux de Carrosse, avec le carrosse +à vendre ensemble ou séparément. <i>Adr.</i> au +Bur.</p> + +<p>50. On continue à débiter au bureau des +<span class="pagenum" id="p320">-320-</span> Chapeaux de la manufacture de l’Hopital Général<a id="FNanchor_1013" href="#Footnote_1013" class="fnanchor">[362]</a>, +fort bons et esprouvez contre la pluye, et +à très-grand marché, à 30 sols tout garnis.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1013" href="#FNanchor_1013"><span class="label">[362]</span></a> Des fabriques et manufactures avoient été établies, +afin de créer, par les bénéfices qu’elles pourroient faire, +des ressources pour l’Hôpital général. Nous verrons tout à +l’heure que la fabrique, déjà ancienne, des tapis de la +Savonnerie ne travailloit plus elle-même que pour contribuer +à cette œuvre charitable.</p> +</div> +<p>51. Un homme de Province, qui croit avoir +démêlé les obscuritez de la Cassandre de Licophron, +mais qui ne se fie pas assez à son jugement, +pour hazarder d’en donner son travail au +public, sans en avoir l’avis des sçavants de +Paris, prie tous ceux qui auront quelques belles +conjectures sur cet autheur, d’avoir la bonté de +les donner au Bureau, et s’ils y veulent bien +adjouster leur nom, il ne manquera pas, en +publiant l’ouvrage, d’y marquer la reconnoissance +qu’il leur devra de ce secours<a id="FNanchor_1014" href="#Footnote_1014" class="fnanchor">[363]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1014" href="#FNanchor_1014"><span class="label">[363]</span></a> Cet appel singulier n’étonne pas, quand on sait ce +qu’il y a d’énigmatique dans ce poëme de <i>Cassandre</i> la prophétesse, +qui fit donner à Lycophron, sorte de Nostradamus +antique, le nom de « poëte ténébreux ». Nous ignorons si +la traduction, pour laquelle notre provincial réclamoit les +lumières de l’érudition parisienne, a jamais paru.</p> +</div> +<p>52. Le Philosophe inconnu, arrivé depuis +peu, fait toujours débiter <i>l’eau catholique de Paracelse</i>, +remede universel contre toutes les maladies, +chez le sieur d’Aiguillon de la Ferté, à +6 liv. l’once, et aux pauvres <i>gratis</i> : Et on y +instruit de son usage ceux qui en prennent, +dont il dit aussi que 6 goutes prises dans ce +qu’on voudra, est un préservatif cordial pour +maintenir la santé. Il donne avis de plus, qu’il +<span class="pagenum" id="p321">-321-</span> vend de l’eau<a id="FNanchor_1015" href="#Footnote_1015" class="fnanchor">[364]</a> des dames vénitiennes pour embellir +et entretenir le visage<a id="FNanchor_1016" href="#Footnote_1016" class="fnanchor">[365]</a>, à un écu l’once ; +et qu’il donne <i>gratis</i> aux pauvres une excellente +emplastre pour les dents. Il loge au Marais rue +de Limoges, près la fontaine du Calvaire<a id="FNanchor_1017" href="#Footnote_1017" class="fnanchor">[366]</a>, à la +première porte cochère à main droite.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1015" href="#FNanchor_1015"><span class="label">[364]</span></a> Ce seroit, dit-on, <i>l’eau de melisse</i>, qui se vendoit +déjà dans les premiers temps de Louis XIII et dont les +Carmes de la rue de Vaugirard finirent par accaparer le +monopole. V. <i>Le Vieux-neuf</i>, 2<sup>e</sup> édition, p. 626.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1016" href="#FNanchor_1016"><span class="label">[365]</span></a> On trouve les recettes des Dames vénitiennes pour se +« blondir les cheveux » et se rajeunir le visage dans un +manuscrit des archives de Venise, <i lang="it" xml:lang="it">Recitario della contessa +Nani</i>, dont MM. A. Baschet et Feuillet de Conches ont +publié une traduction : <i>Les femmes blondes de l’école vénitienne</i>, +pet. in-8<sup>o</sup>.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1017" href="#FNanchor_1017"><span class="label">[366]</span></a> Appelée aussi alors fontaine de l’Échaudé, et des Comédiens +du Marais (V. p. 330). Elle se trouve au carrefour +des rues de Limoges, de Poitou et Vieille-du-Temple, vis-à-vis +d’un cabaret de cette dernière rue, qui porte encore +son enseigne sur sa grille avec cette inscription <span class="sc">Av Soleil +d’Or</span>. C’est là que fut maintes fois mystifié le petit Poinsinet. +(<i>Poésies satyriques du <span class="rm"><small>XVIII</small><sup>e</sup></span> siècle</i>, 1788, in-12, t. I, +p. 99.)</p> +</div> +<p>53. Vingt cinq pièces de pierres de ruyne<a id="FNanchor_1018" href="#Footnote_1018" class="fnanchor">[367]</a> +très bien assorties et disposées pour faire un +grand cabinet ou un grand tabernacle. <i>Adr.</i> au +Bureau.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1018" href="#FNanchor_1018"><span class="label">[367]</span></a> « On donne ce nom à certaines pierres figurées, sur +lesquelles on voit des représentations de vieilles ruines +aussi naturelles que si elles étoient l’ouvrage du pinceau. » +L’abbé Prévost, <i>Manuel lexique</i>, 1755, in-12, t. II, p. 380.</p> +</div> +<p>90. Deux chevaux gris avec la chaise roulante +à vendre pour 500 l. <i>Adr.</i> chez M. Menu, +procureur au Chastelet, au coin de l’hostel de +Bourgogne.</p> + +<p>57. L’artisan chrestien, ou la Vie du <i>Bon +Henry</i>, maistre cordonnier à Paris, instituteur +<span class="pagenum" id="p322">-322-</span> et fondateur des Communautez des frères Cordonniers +et Tailleurs<a id="FNanchor_1019" href="#Footnote_1019" class="fnanchor">[368]</a>, se vend à Paris, chez +G. Desprez dans la r. S. Jacques à l’Image +S. Prosper.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1019" href="#FNanchor_1019"><span class="label">[368]</span></a> Son vrai nom étoit Henri-Michel Bunch. Simple +garçon cordonnier, il avoit, en 1645, établi la communauté +des Frères de son métier, à l’imitation de laquelle fut, peu +après, créée celle des frères Tailleurs. V. plus haut, sur +l’une et sur l’autre, p. 61 et 67.</p> +</div> +<p>62. Une montre à boîte d’argent, ovale, sonnerie +et réveil, et tous les mouvements excellents +à vendre pour 10 pistoles. <i>Adr.</i> au Bur. où on +la fera voir.</p> + +<p>85. Le sieur Bridaut maistre diamantaire<a id="FNanchor_1020" href="#Footnote_1020" class="fnanchor">[369]</a> +continue à vendre quantité de diamant, excellent +à couper le verre, qui luy sont venus depuis +peu à prix raisonnable. <i>Adr.</i> aud. sieur Bridaut +dans la Monnoye.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1020" href="#FNanchor_1020"><span class="label">[369]</span></a> On appeloit ainsi l’ouvrier qui taille le diamant.</p> +</div> +<p>63. La grande carte généalogique royale de +France de M. Thuret<a id="FNanchor_1021" href="#Footnote_1021" class="fnanchor">[370]</a> se débite au cadran +S. Honoré<a id="FNanchor_1022" href="#Footnote_1022" class="fnanchor">[371]</a>, chez une lingère à la 4. chambre, +chez M. Roger imager, sur le quay de l’Horloge, +et chez M. Jaquinet graveur r. S. Anthoine, +vis à vis l’hostel de Sully.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1021" href="#FNanchor_1021"><span class="label">[370]</span></a> Nous ne connaissons pas cette <i>carte généalogique</i> +d’Antoine Thurel et non Thuret, qui prenoit le titre d’ancien +prieur de Notre-Dame-de-Homblières. Le plus ancien +ouvrage que Guigard, <i>Biblioth. héraldique</i>, p. 153, cite de +lui est la <i>Table chronologique et généalogique des rois de +France</i>, 1687, gr. in-fol.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1022" href="#FNanchor_1022"><span class="label">[371]</span></a> Ce cadran se trouvoit rue Saint-Honoré, au-dessus de +la porte du cloître. V. Segrais, <i>Œuvres</i>, t. II, p. 152.</p> +</div> +<p>72. Un collier de fort belles perles de belle +eau et assez grosses, entrenettes, d’environ +<span class="pagenum" id="p323">-323-</span> 1,500 l. <i>Adr.</i> chez M. Bidaux aux Galleries du +Louvre.</p> + +<p>75. <i>Les pensées de M. Paschal sur la Religion +et sur d’autres sujets, trouvées dans son Cabinet +après sa mort</i>, sont imprimées, et se vendent à +Paris chez G. Després, r. S. Jacques, à l’Image +S. Prosper<a id="FNanchor_1023" href="#Footnote_1023" class="fnanchor">[372]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1023" href="#FNanchor_1023"><span class="label">[372]</span></a> C’est la première édition des <i>Pensées</i>. L’annonce précédait +la mise en vente. L’achevé d’imprimer n’est, en +effet, que du 2 janvier, et déjà notre <i>Liste des avis</i>, datée +du 1<sup>er</sup>, dit qu’elles ont paru.</p> +</div> +<p>91. Un beau cheval de selle gris pommelé à +vendre. <i>Adr.</i> chez M. le Président Tubeuf, rue +Vivien<a id="FNanchor_1024" href="#Footnote_1024" class="fnanchor">[373]</a>, derrière le Palais Royal.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1024" href="#FNanchor_1024"><span class="label">[373]</span></a> Le président Tubeuf, après avoir vendu à Mazarin, +pour qu’il agrandît son palais, l’hôtel situé à l’angle des +rues de Richelieu et des Petits-Champs, étoit allé habiter, +rue Vivienne, celui devant lequel fut percée la rue Colbert.</p> +</div> +<p>92. Un carrosse vitré à 2 fonds de moyenne +grandeur de velours rouge cramoisi à ramages +à 3 glaces<a id="FNanchor_1025" href="#Footnote_1025" class="fnanchor">[374]</a>, et le train neuf à vendre. <i>Adr.</i> chez +messieurs Tubeuf<a id="FNanchor_1026" href="#Footnote_1026" class="fnanchor">[375]</a>, r. Montmartre, vis à vis +S. Joseph.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1025" href="#FNanchor_1025"><span class="label">[374]</span></a> « L’usage des glaces aux carrosses nous vient d’Italie. +Bassompierre est le premier qui l’ait apporté en France. » +<i>Longueruana</i>, t. I, p. 109.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1026" href="#FNanchor_1026"><span class="label">[375]</span></a> Ce sont les fils du président nommé tout à l’heure. +Tallemant, t. VII, p. 313-314, parle de l’un d’eux, Charles, +conseiller au Parlement, maître des requêtes.</p> +</div> +<p>97. On continue jusqu’à la feste de la Purification<a id="FNanchor_1027" href="#Footnote_1027" class="fnanchor">[376]</a> +à vendre les plus belles curiositez du +Cabinet de M. Gosseneau<a id="FNanchor_1028" href="#Footnote_1028" class="fnanchor">[377]</a>, depuis 2 heures +<span class="pagenum" id="p324">-324-</span> après midy jusqu’à 6 heures du soir, r. et proche +la Monnoye.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1027" href="#FNanchor_1027"><span class="label">[376]</span></a> 2 février.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1028" href="#FNanchor_1028"><span class="label">[377]</span></a> Nous croyons qu’il faut lire Gosseau, comme dans la +liste des curieux donnée par Spon en 1673. Il habitoit +alors près des Carmélites, et peut-être, lorsqu’il vendit, +comme on le voit ici, une partie de ses curiosités rue de +la Monnoie, étoit-ce pour s’épargner l’ennui de les déménager.</p> +</div> +<p>59. On a perdu dès le mois d’octobre dernier +une Eolipile, ou soufflet de cuivre rouge en +forme de teste qui souffle<a id="FNanchor_1029" href="#Footnote_1029" class="fnanchor">[378]</a>. <i>Adr.</i> à M. Audry, +r. de la Ferronnerie à la Lampe.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1029" href="#FNanchor_1029"><span class="label">[378]</span></a> Il a déjà, dans une de nos notes, été question de +l’eolypile. Nous n’y reviendrons que pour dire comment +elle servoit à Descartes pour expliquer l’origine du vent : +« Vous demandez, écrit l’abbé de Fleury (<i>Nouveaux opuscules</i>, +p. 370), comment se fait le vent, et vous avez +recours aux trésors de Dieu. Descartes dit : je vais vous +en faire. Il prend une Eolipyle, qu’il remplit d’eau à demi, +et la met devant le feu ; l’eau échauffée et raréfiée chasse +l’air avec violence, qui souffle le feu. Voilà le vent. » +Mussenbrok en possédoit plusieurs d’une grande curiosité +dans son cabinet à Leyde : « Une éolipile, par le moyen +de laquelle on change l’eau en air… Une éolipile attachée +sur un petit charriot, et courant sur le pavé d’une rapidité +extraordinaire, par la vapeur qui en sort, etc. » (<i>Catal. +des Instrum. de physique, etc., que l’on trouve chez Jean +Van Musschenbroek</i>, 1725, in-8<sup>o</sup>, de 12 p., p. 7.)</p> +</div> +<p>62. Celuy qui a le secret infaillible de guérir +le <i>miserere</i>, demeure toujours chez M. Le Maire, +Peintre du Roy<a id="FNanchor_1030" href="#Footnote_1030" class="fnanchor">[379]</a>, r. S. Thomas du Louvre devant +l’hostel de Longueville.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1030" href="#FNanchor_1030"><span class="label">[379]</span></a> François Lemaire, reçu de l’Académie de peinture en +1657. Il mourut en 1688.</p> +</div> +<p>73. Un moulin à bled portatif et aisé à placer +où l’on veut, pour moudre à la main, à une et +à 2 manivelles à vendre. <i>Adr.</i> au bureau, où on +le fera voir s’il est besoin.</p> + +<p>100. On continue à vendre d’excellent vin de +Beaune et de Volnay en gros et en détail, r. +S. Louis au Marais, au coin de la r. S. Anastase.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p325">-325-</span> 101. Une personne de condition va faire +vendre d’excellent vin de Volnay et de S. Aubin +en gros et en détail dans la r. de Richelieu, +joignant le logis de M. Le Roy : La Cave sera +ouverte après les Roys.</p> + +<p>103. Un carrosse à 2 fonds, doublé de damas +et velours cramoisi, avec 2 glaces de Venise, le +tout fort bon, et le train neuf à vendre à prix +raisonnable. <i>Adr.</i> au sieur de Turny à l’échelle +du Temple<a id="FNanchor_1031" href="#Footnote_1031" class="fnanchor">[380]</a>, où il faut demander Dupré, et y +aller depuis 8 heures du matin jusqu’à 10 pour +le trouver.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1031" href="#FNanchor_1031"><span class="label">[380]</span></a> Échelle patibulaire de la Justice du Temple, placée au +coin de la rue des Vieilles-Haudriettes, qui lui dut un de ses +anciens noms, et de la rue du Temple. Il en est parlé dans les +registres du Châtelet de 1391, et, jusqu’à l’époque de la +Fronde, elle resta intacte. Elle fut brûlée alors par quelques +gentilshommes frondeurs. Il ne resta qu’un des montants. +V. dans le La Fontaine de la Collect. Elzevirienne, t. III, +p. 259, une note communiquée par nous.</p> +</div> +<p>105. Le Recueil de tous les Vers mis en chant +jusqu’en 1670, en 6 vol.<a id="FNanchor_1032" href="#Footnote_1032" class="fnanchor">[381]</a> faisant près de +2,000 chansons : se vend ensemble ou séparément +chez C. Barbin et G. de Luines au Palais, +et chez un Chandelier devant la Croix des Petits +Champs<a id="FNanchor_1033" href="#Footnote_1033" class="fnanchor">[382]</a> ; avec les livres d’airs gravez de +<span class="pagenum" id="p326">-326-</span> M. Lambert<a id="FNanchor_1034" href="#Footnote_1034" class="fnanchor">[383]</a>, in-4<sup>o</sup> et in-8<sup>o</sup>, et un traité curieux +de la méthode de chanter, le tout en gros ou en +détail.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1032" href="#FNanchor_1032"><span class="label">[381]</span></a> C’est le <i>Recueil des plus beaux vers qui ont été mis +en chant</i>, publié d’abord en trois parties par Charles Sercy, +1661, in-12, et repris par Barbin et De Luynes, qui l’augmentèrent +de trois parties nouvelles en le continuant de +1661 jusqu’à 1670. Je ne crois pas qu’ainsi complété il se +trouve dans aucune bibliothèque. Brunet, du moins, dernière +édition, t. IV, col. 1167, n’en signale pas d’exemplaire.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1033" href="#FNanchor_1033"><span class="label">[382]</span></a> Ou Croix de Bon-Puits. Elle se trouvoit au carrefour +des rues du Bouloy et des Petits-Champs, qui, à cause +d’elle, s’appela plus tard et s’appelle encore rue Croix-des-Petits-Champs.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1034" href="#FNanchor_1034"><span class="label">[383]</span></a> V. sur lui, t. I, p. 205.</p> +</div> +<p>106. Un grand Théorbe de <i>Gaspar</i><a id="FNanchor_1035" href="#Footnote_1035" class="fnanchor">[384]</a>, d’autres +petits et 3 Luths, portraitz de Nanteuil<a id="FNanchor_1036" href="#Footnote_1036" class="fnanchor">[385]</a> et autres +grandes Thèses à bordure<a id="FNanchor_1037" href="#Footnote_1037" class="fnanchor">[386]</a> à vendre ou troquer, +et toutes sortes de livres à vignettes, reliez en +maroquin pour la musique et le luth, à un écu +la pièce. <i>Adr.</i> chez M. Quichardet, vis à vis la +Croix des Petits Champs.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1035" href="#FNanchor_1035"><span class="label">[384]</span></a> Antérieur aux Amati, il travailla de 1560 à 1610. Il +marquait ses instruments de cette étiquette : <span class="sc">Gaspar da +Salo in Brescia</span>.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1036" href="#FNanchor_1036"><span class="label">[385]</span></a> Robert Nanteuil, si célèbre comme graveur de portraits, +et qui étoit alors dans toute sa gloire.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1037" href="#FNanchor_1037"><span class="label">[386]</span></a> Ce sont ses thèses à frontispice et à bordures gravés, +« toujours bonnes à garder pour l’image », comme dit la +Toinette du <i>Malade imaginaire</i>.</p> +</div> +<p>115. Ceux qui voudront faire rentraire des +vieilles tapisseries, et les faire remettre en couleur, +ou en raccommoder les relais, n’auront +qu’à s’adresser à M. Lourdet Tapissier du Roy +à la Savonerie qui est une des maisons de l’Hopital +général<a id="FNanchor_1038" href="#Footnote_1038" class="fnanchor">[387]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1038" href="#FNanchor_1038"><span class="label">[387]</span></a> V. une des notes précédentes, p. <a href="#p320">320</a>. Trois ans après, +la Savonnerie était redevenue un établissement royal. Nous +lisons, en effet, dans le <i>Récolement des Archives de l’assistance +publique</i> par M. Brièle, 1877, in-8<sup>o</sup>, p. 157 : « Arrêt +du Conseil du 22 août 1673, par lequel le Roi reprend la +maison de la Savonnerie, dont il avoit fait don à l’Hôpital +général, pour lequel cette maison étoit une trop lourde +charge. »</p> +</div> +<p>118. <i lang="it" xml:lang="it">Biblia Heintenij cum figuris</i><a id="FNanchor_1039" href="#Footnote_1039" class="fnanchor">[388]</a>, <i lang="la" xml:lang="la">Biblia +<span class="pagenum" id="p327">-327-</span> Benedicti</i><a id="FNanchor_1040" href="#Footnote_1040" class="fnanchor">[389]</a> en grand papier, et la bible des 70 en +grec, avec les diverses leçons<a id="FNanchor_1041" href="#Footnote_1041" class="fnanchor">[390]</a> à vendre, +ensemble et séparément. <i>Adr.</i> au Bureau.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1039" href="#FNanchor_1039"><span class="label">[388]</span></a> C’est la Bible, préparée par Jean Henten et publiée à +Francfort, en 1566, in-fol., sous ce titre : <i lang="la" xml:lang="la">Biblia ad vetustissima +exemplaria nunc recens castigata</i>. Les figures sont +au nombre de 127, gravées sur bois.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1040" href="#FNanchor_1040"><span class="label">[389]</span></a> Voici le titre de la première édition : <i lang="la" xml:lang="la">Biblia sacra +latina, juxta Vulgatam, cura Jo. Benedicti</i>, <span lang="la" xml:lang="la">Parisiis</span>, 1549, +in-fol.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1041" href="#FNanchor_1041"><span class="label">[390]</span></a> Ce doit être celle dont voici le titre : <i lang="la" xml:lang="la">Divinæ Scripturæ, +nempe Veteris et Novi Testamenti omnia, græce, a +viro doctissimo recognita et emendata, variisque lectionibus… +aucta et illustrata</i>. Francfort, 1597, in-fol.</p> +</div> +<p>120. Deux jeunes chevaux entiers de carrosse, +bay brun, à vendre chez M. le Président Tubeuf, +r. Vivien, derrière le Palais Royal<a id="FNanchor_1042" href="#Footnote_1042" class="fnanchor">[391]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1042" href="#FNanchor_1042"><span class="label">[391]</span></a> V. une des notes précédentes, p. <a href="#p323">323</a>.</p> +</div> + +<p class="c">Demandes.</p> + +<p>8. On demande une terre relevant du Roy<a id="FNanchor_1043" href="#Footnote_1043" class="fnanchor">[392]</a>, +depuis 10 jusqu’à 30 lieues de Paris, et depuis +100 jusqu’à 150,000 l. ou plus. <i>Adr.</i> au bureau.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1043" href="#FNanchor_1043"><span class="label">[392]</span></a> C’est-à-dire n’ayant que lui pour seigneur.</p> +</div> +<p>12. On demande une maison depuis 4 jusqu’à +8 lieues de Paris, sur le bord des rivières de +Marne ou de Seine, en remontant depuis 4 jusqu’à +800 l. de revenu, bien bastie, où il y ait +un jardin raisonnable, des bois, prez et terres. +<i>Adr.</i> chez M. Guerin prestre de S. Louis, dans +l’Isle Nostre Dame, rue Poultière<a id="FNanchor_1044" href="#Footnote_1044" class="fnanchor">[393]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1044" href="#FNanchor_1044"><span class="label">[393]</span></a> C’est le nom féminisé de la rue de l’Ile Saint-Louis, +dont Le Poulletier, associé de Marie pour les constructions +de ce quartier, avoit été le parrain.</p> +</div> +<p>22. On demande une terre à 8, 10, 12, ou +15 lieues de Paris, de 30 jusqu’à 40,000 l., où +il y ait de l’eau. <i>Adr.</i> au bureau.</p> + +<p>23. On demande un carrosse à 2 fonds de +<span class="pagenum" id="p328">-328-</span> velours et vitré, du prix de 4 à 500 l. <i>Adr.</i> à +M. de Sêve de Plateau, dans l’Isle Nostre Dame +sur le Quay de Bourbon.</p> + +<p>30. Si quelqu’un a un cheval gris pommelé +entier, à vendre, d’une médiocre taille, ou si on +en veut acheter un semblable pour appareiller<a id="FNanchor_1045" href="#Footnote_1045" class="fnanchor">[394]</a> : +on pourra s’adresser chez le sieur Pecou mareschal, +rue de la Harpe, proche la rue du Foin.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1045" href="#FNanchor_1045"><span class="label">[394]</span></a> Dans l’<i>avis</i> publié par <i>le Mercure</i> de septembre 1717, +p. 181, le nouveau directeur du Bureau d’adresse rappelle +avec une certaine satisfaction que Louis XIII avoit ainsi +« appareillé » un de ses équipages : « Ce prince, dit-il, +après plusieurs recherches inutiles pour découvrir un cheval +de poil Isabelle, qui pût assortir à un de ceux qui traînoient +son petit carrosse, eut recours au Bureau d’adresse qui luy +en indiqua un. C’est ce qui engagea Louis XIII à lire les +listes du Bureau, et cette lecture a souvent mis en place +des personnes qui n’étoient redevables de leurs emplois +qu’à cet établissement. »</p> +</div> +<p>30. On demande une chocolatière d’argent<a id="FNanchor_1046" href="#Footnote_1046" class="fnanchor">[395]</a> +qui n’ait guières servy. On la payera tout ce que +vaut le marc, et quelque chose de façon si elle +n’est pas mal conditionnée. <i>Adr.</i> au Bureau.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1046" href="#FNanchor_1046"><span class="label">[395]</span></a> C’étoit un ustensile alors assez nouveau, l’usage du +chocolat n’ayant guère commencé à Paris que vers 1658 +ou 1660. V. <i>Mém.</i> d’Audiger, <i>limonadier à Paris</i>, nouv. +édit., 1869, in-12, p. 367, et <i>Correspond. administ. de +Louis XIV</i>, t. III, Introduction, p. <small>LIII</small>.</p> +</div> +<p>31. Si quelqu’un a les livres suivants imparfaits, +et les veut vendre ; sçavoir le 1 tome +d’Horace de M. de Marolles, le 3 tome des +leçons de Canisius<a id="FNanchor_1047" href="#Footnote_1047" class="fnanchor">[396]</a>, <i lang="la" xml:lang="la">H. Rosvitæ opera de Sanctis +Germaniæ in-fol. Norimbergæ</i>, 1601<a id="FNanchor_1048" href="#Footnote_1048" class="fnanchor">[397]</a>, <i lang="la" xml:lang="la">Metam. +<span class="pagenum" id="p329">-329-</span> Ovidii cum indice Pompeii Pasqualini</i>, 1614, in-8<sup>o</sup>. +Il peut s’adresser au libraire du Grand Conseil +dans le Cloistre S. Germain.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1047" href="#FNanchor_1047"><span class="label">[396]</span></a> Il s’agit des <i lang="la" xml:lang="la">Antiquæ lectiones</i> de H. Canisius, 1601-1608, +7 vol. in-4<sup>o</sup>.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1048" href="#FNanchor_1048"><span class="label">[397]</span></a> Nous n’avons vu indiqué nulle part cet ouvrage de +Hrosvita.</p> +</div> +<p>46. On demande 6 ou 8 feuilles de paravent +simples et assez honnestes. <i>Adr.</i> au bureau.</p> + +<p>87. On demande un lit de 4 pieds ou environ +de largeur, du Camelot de Hollande, doublé de +quelque petit satin bien propre, avec des sièges +revenans. <i>Adr.</i> chez un bourrelier, qui est au +milieu de la rue des Juifs.</p> + +<p>66. On demande un fauteuil renversé à cremillière<a id="FNanchor_1049" href="#Footnote_1049" class="fnanchor">[398]</a>, +qui soit fort bon et bien garny sans +housse. <i>Adr.</i> au bureau.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1049" href="#FNanchor_1049"><span class="label">[398]</span></a> Lisez cremaillère. Richelet, du reste, admet l’orthographe +que nous voyons ici : « chaise à <i>cremilière</i>, dit-il, +ou chaise de commodité. » Le Théâtre-François possède +encore, parmi ses accessoires, de ces vieux et énormes +fauteuils dont le dossier se renverse ou se remonte à +l’aide d’une crémaillère. Molière en possédoit un de ce +genre. (Eud. Soulié, <i>Recherches</i>, p. 267.)</p> +</div> +<p>119. On demande une terre en titre de comté +ou de marquisat, ou fort seigneuriale, de 40 à +50 mil écus, à 20 ou 30 lieues de Paris, du +costé de Chartres ou le Vexin françois, dans le +ressort du Parlement de Paris. <i>Adr.</i> chez +M. Rautier épicier, r. Montmartre près la rue +Tiquetonne.</p> + +<p>Nota, <i>qu’il ne faut point avoir d’égard au num. +69 de la pag. 8<a id="FNanchor_1050" href="#Footnote_1050" class="fnanchor">[399]</a> parce que, par le moyen de la +communication du Registre, cet article a esté expédié +comme les autres defaillans, avant qu’on eust +achevé d’imprimer</i>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1050" href="#FNanchor_1050"><span class="label">[399]</span></a> Ici cet article est à la p. <a href="#p315">315</a>.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p330">-330-</span></p> + +<p class="c"><i>Lieux où se trouveront tous les quinze jours les +livres d’avis à quinze deniers la pièce.</i></p> + +<p>Il y aura un escriteau pour les remarquer.</p> + +<p>Rue de la Verrerie au coin de la rue de la +Poterie, M. Bullot, chandelier.</p> + +<p>Vieille rue du Temple, près la fontaine des +petits Comédiens<a id="FNanchor_1051" href="#Footnote_1051" class="fnanchor">[400]</a>, M. Cagnard, chandelier.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1051" href="#FNanchor_1051"><span class="label">[400]</span></a> V. sur cette fontaine, p. 321. On appeloit Comédiens +du Marais ceux dont le théâtre, où Corneille fit jouer la +plupart de ses pièces, se trouvoit à peu près à l’endroit +occupé aujourd’hui par le n<sup>o</sup> 90 de la rue Vieille-du-Temple, +derrière l’École centrale, établie, comme on sait, rue de +Thorigny, dans l’ancien hôtel d’Aubert, traitant de la +gabelle du Sel, auquel il avoit dû son nom d’<i>Hôtel-Salé</i>. +V. Tallemant, édit. P. Paris, 391, et IX, 451.</p> +</div> +<p>Rue Grenier saint Lazare, près la rue Beaubourg, +M. Macé chandelier.</p> + +<p>Rue Montmartre, proche la rue du Mail, +M. Cazimir chandelier.</p> + +<p>Rue saint Honoré aux bastons Royaux<a id="FNanchor_1052" href="#Footnote_1052" class="fnanchor">[401]</a>, au +Bureau des carrosses.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1052" href="#FNanchor_1052"><span class="label">[401]</span></a> V. plus haut.</p> +</div> +<p>Rue Taranne au fauxbourg saint Germain, au +coin du carrefour saint Benoist, M. Rossy chandelier.</p> + +<p>Rue S. Jacques vis à vis S. Yves, à la Toison +d’or, M. Le Petit et Michallet libraires.</p> + +<p>Sous la porte S. Marcel, M. de S. Denis +marchand.</p> + +<p>Isle Nostre Dame, au carrefour de la rue des +deux ponts, M. Bichebois chandelier.</p> + +<p>Rue saint Antoine, près la Place Royale, au +Bureau des carrosses.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p331">-331-</span> A la descente du Pont Marie, proche la Barrière, +M. Pierre Paul limonadier<a id="FNanchor_1053" href="#Footnote_1053" class="fnanchor">[402]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1053" href="#FNanchor_1053"><span class="label">[402]</span></a> Un café existe encore au même endroit. C’est un des +plus anciens, sinon le plus ancien de Paris.</p> +</div> +<p>Rue de la Vieille draperie, au milieu, à la +Vision de Jacob, M. Horait chandelier.</p> + +<p>Grande Sale du Palais vis à vis la grand’Chambre, +M. de Ligny.</p> + +<p>Au bout du pont S. Michel, rue de la Boucherie, +M. Moet libraire à S. Alexis.</p> + +<p><span class="sc">Au Bureau d’adresse</span>, rue Thibault aux dez.</p> + +<p><i>Dans tous ces bureaux on ne débitera jamais de +listes vieilles, mais seulement ceux de la Quinzaine +suivante. S’il s’en trouve ailleurs, on n’y doit point +avoir d’égard.</i></p> + +<p>Avec privilège et permission.</p> + +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p332">-332-</span></p> + +<h3 id="c46">LISTE GÉNÉRALE<br> +<span class="xsmall">DU</span><br> +<span class="small">BUREAU D’ADRESSE ET D’AVIS</span></h3> + +<p class="c"><span class="small">PAR PRIVILÈGE DU ROY.</span><br> +<i>Du <span class="rm">7</span> Aoust <span class="rm">1688</span></i><a id="FNanchor_1054" href="#Footnote_1054" class="fnanchor">[403]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1054" href="#FNanchor_1054"><span class="label">[403]</span></a> V. <i>Introduction</i>, p. xlj.</p> +</div> + +<p>L’on continüera à l’avenir de faire imprimer +notre Liste d’avis tous les quinze jours, afin que +le public puisse avoir le temps de se reconnoistre.</p> + +<p>On ne remet sur cette liste que quelques uns +des articles qui estoient sur la précédente, et +dont le droit a esté payé.</p> + +<p>Les domestiques de l’un et l’autre sexe viennent +continuellement au Bureau, où l’on les +examine avec beaucoup d’exactitude, aussi bien +que leurs repondans, pour les pouvoir produire +en seureté à ceux qui en viennent demander.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p333">-333-</span></p> + +<p class="c"><i>A vendre.</i></p> + +<p>1. Une tres belle maison scize rue de la Verrerie, +proche S. Mery, louée à présent à une +seule personne 1800 liv.</p> + +<p>2. Une maison à porte cochère très bien bastie, +scize à Soisy sous Etiole<a id="FNanchor_1055" href="#Footnote_1055" class="fnanchor">[404]</a>, six lieues de +Paris, proche la rivière de Seine, grand Jardin +clos de murs<a id="FNanchor_1056" href="#Footnote_1056" class="fnanchor">[405]</a>, vignes, et autres choses dont on +fournira un estat au Bureau, du prix de 10,000 +liv.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1055" href="#FNanchor_1055"><span class="label">[404]</span></a> C’est aujourd’hui une commune d’un millier d’habitants +dans le canton de Corbeil.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1056" href="#FNanchor_1056"><span class="label">[405]</span></a> C’étoit un point très important alors, car ne faisoit +pas qui vouloit enclore de murs parc ou jardin ; on en a +la preuve par les registres du Parlement, où l’on trouve +par exemple, à la date du 30 mai 1663, confirmation des +lettres portant permission à Le Tellier de faire enclore six +cents arpents de terre en son parc de Chaville.</p> +</div> +<p>3. Un cheval entier avec tous ses crains, poil +bay, de bonne taille, âgé de six ans, fort vigoureux, +propre pour la selle et pour le manege, du +prix de quarante loüis d’or<a id="FNanchor_1057" href="#Footnote_1057" class="fnanchor">[406]</a>, avec douze jeunes +chiens courants blanc et noir entre deux tailles, +bons pour le chevreuil et lièvre, du prix de +vingt quatre loüis d’or.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1057" href="#FNanchor_1057"><span class="label">[406]</span></a> Ces chevaux de selle et de manège, toujours bien +supérieurs comme prix aux chevaux de labour, se vendoient +quelquefois jusqu’à quinze cents livres. V., dans les <i>Mémoires +des Intendants</i>, celui de la Généralité de Limoges, au chapitre +des <i>Haras</i>.</p> +</div> +<p>4. Une chaise roulante à ressorts à deux places +pour un cheval, garnie de drap gris, et d’une +campanne soye<a id="FNanchor_1058" href="#Footnote_1058" class="fnanchor">[407]</a>, l’imperialle ronde<a id="FNanchor_1059" href="#Footnote_1059" class="fnanchor">[408]</a>, avec les +<span class="pagenum" id="p334">-334-</span> harnois de deux chevaux, du prix de 120 liv.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1058" href="#FNanchor_1058"><span class="label">[407]</span></a> La campane étoit un ornement à franges, dont la +forme étoit celle d’une cloche (<i lang="la" xml:lang="la">campana</i>).</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1059" href="#FNanchor_1059"><span class="label">[408]</span></a> L’impériale, lorsqu’elle étoit ronde comme ici, faisoit +sur le dessus des carrosses et chaises l’effet d’une couronne +d’empereur. De là son nom, encore aujourd’hui en usage.</p> +</div> +<p>5. Pour 60,000 liv. de rente sur l’Hôtel de +Ville, en plusieurs contracts créés au denier dix +huit<a id="FNanchor_1060" href="#Footnote_1060" class="fnanchor">[409]</a>, et qu’on veut vendre au denier vingt ; +l’argent sera employé en acquisition de fonds, +dont on fournira un estat à la charge du decret.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1060" href="#FNanchor_1060"><span class="label">[409]</span></a> C’est-à-dire un denier d’intérêt pour dix-huit prêtés, +ce qui équivaut à un peu moins de six pour cent, comme +le denier vingt à cinq pour cent environ.</p> +</div> +<p>6. Une maison à porte cochère scize à Gentilly, +très belle et bien bastie, où il y a toutes +sortes de commoditez, avec un grand jardin clos +de murs, garny d’arbres fruitiers, du prix d’environ +7,000 liv. Il y a seureté pour l’acquisition ; +on s’accommodera du prix pourvu qu’il y en ait +la moitié ou le tiers comptant : on aura au +Bureau un estat plus au long de la dite maison.</p> + +<p>7. Un lit de bois noyer de six pieds de large, +garny d’un somier de paille, matelat, lit de +plume et courte pointe serge de S. Lau<a id="FNanchor_1061" href="#Footnote_1061" class="fnanchor">[410]</a>, couleur +d’ecarlatte, avec sa housse mesme serge et couleur, +du prix de 120 liv. Quinze petites chaises +pour la table couvertes de mocades<a id="FNanchor_1062" href="#Footnote_1062" class="fnanchor">[411]</a> à fleurs de +plusieurs couleurs à fond vert de 3 liv. pièce. +Une grande aumoire<a id="FNanchor_1063" href="#Footnote_1063" class="fnanchor">[412]</a> bois sapin à deux portes +<span class="pagenum" id="p335">-335-</span> fermant à clef, servant de garde-meuble, du prix +de 40 liv. et une chaise bourgeoise à porteur, +garnie d’une étoffe de soye de 30 liv. Le tout +bon et de hasard, et qu’on vendra ensemble ou +séparément.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1061" href="#FNanchor_1061"><span class="label">[410]</span></a> Lisez Saint-Lô, dont la fabrication de la serge est +encore une des industries.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1062" href="#FNanchor_1062"><span class="label">[411]</span></a> C’est une forme du mot « moquette », qui se rapprochoit +davantage de <i>camocas</i>, nom de l’étoffe bien connue +au moyen âge, dont la moquette ou mocade étoit une imitation +plus moderne. V. plus haut, p. 315.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1063" href="#FNanchor_1063"><span class="label">[412]</span></a> Le peuple, qui dit « ormoire » pour armoire, se rapproche +par sa prononciation de la forme du mot, telle +qu’elle est ici, et en même temps de la racine latine, +<i lang="la" xml:lang="la">aumarium</i>, lieu secret, cachette, suivant le sens que ce mot +a dans Pétrone (édit. Burmann, p. 868). <i>Aumoire</i> ne fut +remplacé que fort tard par armoire. Il se trouve dans +le <i>Roman du Renard</i>, vers 3 et 259, et, comme on le voit +ici, il étoit encore usuel au <small>XVII</small><sup>e</sup> siècle. L’annotateur du +<i>Catalogue Soleinne</i>, t. I, p. 227, le rencontrant dans une +pièce du même temps, <i>Le Murmure des femmes</i>, croit par +erreur qu’il vient d’aumusse. — Ajoutons qu’« armoire » +toutefois s’employoit déjà. On le trouve dans le <i>Journal</i> de +Fr. Colletet, 3 sept. 1676, avec des détails sur ce genre +de meuble, tel qu’on le travailloit de son temps : « <i>On sçait</i>, +dit-il, <i>une belle paire d’armoires à vendre, toute neuve, et +fort bien travaillée à deux grands guichets brisez, pour serrer +des habits, du linge ou d’autres hardes : Elle est de ces +beaux bois ondoyez, et faite par un bon ouvrier : et elle +pourroit estre commode même pour serrer des livres curieux +et particuliers dans une Bibliothèque</i>. »</p> +</div> +<p>8. Une très belle maison à porte cochere bien +bastie, située au Plessis-Chenet, paroisse du +Coudray<a id="FNanchor_1064" href="#Footnote_1064" class="fnanchor">[413]</a>, sept lieues de Paris, proche la rivière +de Seine, avec jardin, clos de vingt quatre +arpens, où il y a pré, terre, vigne, bois taillis +et d’haute fustaye, et plusieurs autres belles commoditez, +du prix de 12,000 liv. On aura au +Bureau un estat au long de la dite maison.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1064" href="#FNanchor_1064"><span class="label">[413]</span></a> Le Plessis-Chenet est aujourd’hui un écart de la petite +commune du Coudray-Monceaux, dans le canton de Corbeil.</p> +</div> +<p>9. Une charge de somier de vaicelle<a id="FNanchor_1065" href="#Footnote_1065" class="fnanchor">[414]</a> ordinaire +<span class="pagenum" id="p336">-336-</span> de chanssonnerie<a id="FNanchor_1066" href="#Footnote_1066" class="fnanchor">[415]</a> chez Madame la Dauphine à +franc estrillé<a id="FNanchor_1067" href="#Footnote_1067" class="fnanchor">[416]</a>, qui jouit de tous les privilèges +aux gages fixes de 300 liv. par an<a id="FNanchor_1068" href="#Footnote_1068" class="fnanchor">[417]</a>, payez par +quartier, avec logement et bouche à cour<a id="FNanchor_1069" href="#Footnote_1069" class="fnanchor">[418]</a> du +prix de 4,000 livres.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1065" href="#FNanchor_1065"><span class="label">[414]</span></a> Le sommier de vaisselle avoit pour office le transport +sur un cheval de somme ou <i>sommier</i> de la vaisselle dont +avoit besoin la maison du roi, ou celles des princes et +princesses quand elles se déplaçoient.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1066" href="#FNanchor_1066"><span class="label">[415]</span></a> Lisez « échançonnerie ».</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1067" href="#FNanchor_1067"><span class="label">[416]</span></a> C’est-à-dire, affranchi de la nécessité de fournir le +cheval, le sommier.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1068" href="#FNanchor_1068"><span class="label">[417]</span></a> C’était le double chez le roi. Le sommier de vaisselle +touchoit 600 l. Il en avoit même eu longtemps 660, comme +le sommier de bouteilles.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1069" href="#FNanchor_1069"><span class="label">[418]</span></a> C’est-à-dire, nourri à la Cour.</p> +</div> +<p>10. Deux grands chevaux de carrosse poil noir, +du prix de 300 liv.</p> + +<p>11. Une charge de peintre à la garde robbe du +Roy<a id="FNanchor_1070" href="#Footnote_1070" class="fnanchor">[419]</a>, qui jouit de tous les privilèges, aux gages +de 60 liv. par an, du prix de 1,000 liv.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1070" href="#FNanchor_1070"><span class="label">[419]</span></a> Nous n’avons pas trouvé mention de cette charge, +dont l’exiguïté des appointements dit le peu d’importance, +dans les <i>États de France</i> de cette époque.</p> +</div> +<p>12. Une maison à porte cochere scize à Argenteuil, +proche la rivière, en deux corps de +logis, avec cour, puis, et jardin d’un arpent clos +de murs, du prix de 4,000 liv. On donnera au +Bureau un estat au long de la dite maison.</p> + +<p>13. Une maison à porte cochère en cette ville, +au quartier S. André des Arcs, en trois corps de +logis, grande basse cour, remise de carrosses, +et autres commoditez, du prix d’environ 40,000 +liv., louée à présent 1,800 liv.</p> + +<p>14. Une tapisserie de verdure de Flandres, en +sept pièces, de dix huit aulnes trois quarts de +tour, doublée tant plain que vuide, sur deux +aulnes deux tiers de haut, avec six soubassemens +de fenestre mesme tapisserie ; un lit de six pieds +<span class="pagenum" id="p337">-337-</span> de long, sa housse de tabis<a id="FNanchor_1071" href="#Footnote_1071" class="fnanchor">[420]</a> vert, garni d’un +somier de paille, matelat, lit de plume, couverture +d’Angleterre, huit fauteuils, et quatre +chaises avec leurs housses, moitié mesme tabit, +moitié d’une tapisserie à l’éguille couleur de +roze, une fontaine de cuivre, et une garniture +de feu fort poly, le tout du prix d’environ 800 +liv. A vendre séparément ou ensemble.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1071" href="#FNanchor_1071"><span class="label">[420]</span></a> C’étoit ce que nous appelons « moire » aujourd’hui. +Nous l’avions emprunté aux Orientaux qui le nomment +<i>ôtabé</i> et le mélangent de coton.</p> +</div> +<p>15. Une tapisserie de verdure de Flandre, +neuve en six pièces, de dix-huit aulnes et demy +de tour, sur deux aulnes, deux tiers de hault, du +prix de 900 liv.</p> + +<p>16. La Terre et Seigneurie de la Vallée, située +dans la province du Berry, à dix lieues de +Bourges et sept de Gien, entre Cosne et Sanserre<a id="FNanchor_1072" href="#Footnote_1072" class="fnanchor">[421]</a>, +à deux lieues de la rivière de Loire, le +revenu de la dite terre consistant en droits seigneuriaux, +terrage, rentes, tuillerie, estangs, +garennes, six fermes, et plusieurs autres héritages +dépendant de la dite Terre, du prix de +80,000 liv. Le revenu estant de 4,000 liv. à le +faire valoir par ses mains, et de 3,000 liv. de +bail à ferme. On fournira au Bureau un estat au +long d’icelle.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1072" href="#FNanchor_1072"><span class="label">[421]</span></a> La Vallée est aujourd’hui une petite commune du +canton de Lormes dans la Nièvre.</p> +</div> +<p>17. Une maison a porte cochere, scize à Cormeil, +trois lieues de Paris, en deux corps de +logis, cour, puits, et jardin derrière ; attenant +lequel il y a une grange à foin ; le tout du prix +<span class="pagenum" id="p338">-338-</span> de 4,000 liv. On donnera au Bureau un estat au +long de la dite maison.</p> + +<p>18. Cinq cens arpens de bois taillis, d’environ +dix ans de coupe, scituez à une lieue du +port de Nogent sur Seine, en deux coupes égales ; +l’on affermera le tout, ou une seule coupe, à +commencer au mois d’octobre prochain ; ou si +on veut en achepter le produit tous les ans, on +le vendra, et du tout on fera bonne composition.</p> + +<p>19. Une charge d’ayde de Panneterie chez le +Roy<a id="FNanchor_1073" href="#Footnote_1073" class="fnanchor">[422]</a>, qui jouit de tous les privilèges aux gages +fixes de 225 liv.<a id="FNanchor_1074" href="#Footnote_1074" class="fnanchor">[423]</a> et 150 liv. de profits, le tout +payez reglement à la fin du quartier de Juillet +pendant lequel on sert<a id="FNanchor_1075" href="#Footnote_1075" class="fnanchor">[424]</a> et est nourry, pour +5,000 liv.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1073" href="#FNanchor_1073"><span class="label">[422]</span></a> Il y avoit chez le roi douze de ces aides dans la panneterie-commun.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1074" href="#FNanchor_1074"><span class="label">[423]</span></a> Ces gages avoient été longtemps de 300 livres.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1075" href="#FNanchor_1075"><span class="label">[424]</span></a> Il seroit plus clair de dire que celui qui veut ici +vendre sa charge servoit pendant le quartier de juillet.</p> +</div> +<p>20. Une charge de garde du Roy en la prevosté +de l’hostel<a id="FNanchor_1076" href="#Footnote_1076" class="fnanchor">[425]</a>, sous la charge de Monsieur le +Marquis de Sourches, grand prevost de France<a id="FNanchor_1077" href="#Footnote_1077" class="fnanchor">[426]</a>, +qui jouit de tous les privileges, aux gages de +272 liv. 10 sols<a id="FNanchor_1078" href="#Footnote_1078" class="fnanchor">[427]</a>, à servir pendant le quartier de +Janvier, du prix de 3,050 liv.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1076" href="#FNanchor_1076"><span class="label">[425]</span></a> Ces gardes étoient au nombre de cent, y compris les +douze qui portoient le titre d’exempts.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1077" href="#FNanchor_1077"><span class="label">[426]</span></a> V. sur lui, t. I, p. 74.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1078" href="#FNanchor_1078"><span class="label">[427]</span></a> « Ils ont, dit l’<i>État de France</i>, 1692, in-12, p. 444, +qui leur attribue les mêmes gages, 60 livres d’extraordinaires +et quelques gratifications lorsque S. M. touche les +malades. » V. sur cette cérémonie t. I, p. 21.</p> +</div> +<p>21. La Terre et Seigneurie de Cléry, scize à +<span class="pagenum" id="p339">-339-</span> douze lieues de Paris<a id="FNanchor_1079" href="#Footnote_1079" class="fnanchor">[428]</a>, consistant en chasteau +pour le Seigneur, et appartement séparé pour le +Fermier, clos fermé de murs, jardins, prez, +terres, bois, et autres choses en dépendant, +mesmes les droits honorifiques, du prix d’environ +25,000 liv.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1079" href="#FNanchor_1079"><span class="label">[428]</span></a> Il reste de cette seigneurie un hameau du canton de +Marines dans l’arrondissement de Pontoise. Les seigneurs +de Cléry, qui avoient leur importance dans cette contrée, +possédoient aussi un hôtel à Paris, rue Montmartre. C’est +sur son emplacement que fut ouverte, en 1633, la rue qui +porte encore leur nom. En 1688, quand « la terre et seigneurie » +furent mises en vente, comme nous le voyons +ici, Claude de Poissy, chevalier, en étoit seigneur.</p> +</div> +<p>22. Une belle maison couverte d’ardoise, à +porte cochere, scize sur le bord de la rivière +entre Brie et Corbeil, tres bien bastie, et où il +y a plusieurs beaux et magnifiques logements, +avec une chapelle, grande basse cour, jardin, +enclos de huit arpens fermé de murs, prez, terre, +bois taillis et haute fustaye, canal, vivier, et +generalement toutes les autres commoditez qu’on +peut souhaiter, du prix d’environ 30,000 liv. +On aura au Bureau un estat au long de la dite +maison.</p> + +<p>23. Une chaise bourgeoise de porteur<a id="FNanchor_1080" href="#Footnote_1080" class="fnanchor">[429]</a> presque +neuve, garnie de brocatelle<a id="FNanchor_1081" href="#Footnote_1081" class="fnanchor">[430]</a>, avec une crépine +de soye, d’environ 70 liv.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1080" href="#FNanchor_1080"><span class="label">[429]</span></a> La chaise de porteur ou à porteur « bourgeoise » se +distinguoit des autres parce qu’elle étoit sans armoiries.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1081" href="#FNanchor_1081"><span class="label">[430]</span></a> Étoffe de fil et de laine, qui se fabriquoit en Flandre +et qu’on appeloit aussi soit <i>mazeline</i>, soit <i>étoffe de l’apport-Paris</i>, +à cause du grand commerce qui s’en faisoit dans ce +quartier-là.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p340">-340-</span></p> + +<p class="c"><i>Demandes à achepter.</i></p> + +<p>24. On demande à achetter une maison +logeable en fief ou roture<a id="FNanchor_1082" href="#Footnote_1082" class="fnanchor">[431]</a>, avec clos, jardin, +prez, terres labourables d’environ 20,000 liv., +mais il ne faut pas qu’elle soit plus éloignée de +4, 5 ou 6 lieues de Paris.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1082" href="#FNanchor_1082"><span class="label">[431]</span></a> C’est-à-dire, sans aucun titre ni droit seigneurial.</p> +</div> +<p>25. Une tapisserie verdure, Flandre ou Auvergne<a id="FNanchor_1083" href="#Footnote_1083" class="fnanchor">[432]</a>, +de dix huit jusqu’à vingt quatre aulnes de +tour plus ou moins, sur deux aulnes et demy +d’hauteur, bonne et de hazard.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1083" href="#FNanchor_1083"><span class="label">[432]</span></a> Les manufactures des tapisseries d’Auvergne étoient +une création de Colbert qui faisoit une rude concurrence à +celles de Felletin, comme on le voit par un arrêt du Conseil +du 21 août 1691 sur les droits d’entrée. Jabach, qui les +avoit visitées pour Colbert, en 1688, lui en avoit rendu le +meilleur compte. (<i>Corresp.</i> de Colbert, t. V, p. 520.)</p> +</div> +<p>26. On demande à achepter une terre en fief +à dix ou douze lieues de Paris, où il y ait maison +logeable, clos ou jardin, terres labourables, +prez et bois, du prix d’environ 5,000 liv.</p> + +<p>27. Une tapisserie verdure de Flandre, ou +Auvergne, qui ait depuis seize jusqu’à dix huict +aulnes de tour, plus ou moins, de l’hauteur +ordinaire, avec un bureau propre et en estat de +servir à un marchand, le tout bon et de hazard.</p> + +<p>28. Une charge chez le Roy de 15,000 à +16,000 liv., à condition que le vendeur se chargera +de l’agréément et reception de l’achepteur, +et qu’il luy remettra toutes les pièces nécessaires +en main.</p> + +<p>29. Une maison en fief ou roture qui soit +<span class="pagenum" id="p341">-341-</span> logeable, et où il y a clos ou jardin, prez, terres, +vignes et bois, proche la rivière de Seine en +montant, ou sur le chemin de Paris à Orléans, +distante de Paris depuis cinq jusqu’à huit lieues, +et dans l’élection de Paris, d’environ 10,000 liv.</p> + +<p>30. Deux garçons allemands de l’âge de vingt +deux ans, qui ont fait toutes leurs estudes, et +dont l’un sçait jouer du clavessin et du violon, +demandent condition, soit valet de chambre<a id="FNanchor_1084" href="#Footnote_1084" class="fnanchor">[433]</a>, +ou précepteur pour enseigner le latin et l’allemand<a id="FNanchor_1085" href="#Footnote_1085" class="fnanchor">[434]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1084" href="#FNanchor_1084"><span class="label">[433]</span></a> A cette époque, valets de chambre ou laquais jouoient +presque tous du violon. De cette façon, lorsqu’ils avoient +fini leur service, on savoit, aux dépens de ses oreilles il +est vrai, ce qu’ils faisoient. L’Olive, le valet du <i>Grondeur</i>, +joue du violon. V. acte I, sc. 1 ; et aussi Lemontey, <i>Hist. +de la Régence</i>, t. II, p. 319.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1085" href="#FNanchor_1085"><span class="label">[434]</span></a> Nos guerres avec l’Allemagne avoient rendu cette étude +assez ordinaire dans les grandes familles. La Bruyère, par +exemple, savoit l’allemand et l’avoit enseigné à son élève, +petit-fils de Condé.</p> +</div> +<p>31. Une tapisserie d’Auvergne depuis quatorze +jusqu’à dix sept aulnes de tour, plus ou +moins, sur deux aulnes et demie d’hauteur, avec +un miroir glace de Venize de 25 à 30 pouces de +haut, le tout bon et de hazard.</p> + + +<p class="c"><i>Advis généraux.</i></p> + +<p>Un particulier donne advis au public qu’il +possede un secret admirable et indubitable pour +guérir toutes sortes de diarées, dissenteries, et +flux epatique, qui ne demande a estre satisfait +qu’après parfaite guérison des maladies.</p> + +<p>Un autre particulier guérit la goute, paralisie, +<span class="pagenum" id="p342">-342-</span> ydropisie, rumatismes, toutes sortes de fièvres, +et les maux vénériens, sans qu’on soit obligé de +garder la chambre.</p> + +<p>Un particulier enseigne le toisé et l’arpentage, +les fractions de fractions, le négoce, et change +étranger, et l’arithmétique en toutes ses parties +pour toutes sortes de professions étrangères, et +autres, en un mois de temps, lorsqu’on saura +les quatre règles. Plus les rédactions des poids +et mesures étrangères, et autres, les évaluations, +racine carrée et cube, règles de canonier, de +navire et autres vaisseaux, la construction du +carré magique<a id="FNanchor_1086" href="#Footnote_1086" class="fnanchor">[435]</a> par progression géométrique en +proportion double, la carte<a id="FNanchor_1087" href="#Footnote_1087" class="fnanchor">[436]</a>, et plusieurs autres +sciences, et du tout donne des leçons par écrit.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1086" href="#FNanchor_1086"><span class="label">[435]</span></a> On appeloit ainsi un carré formé de plusieurs cases, +dans lesquelles on plaçoit des nombres dont la somme prise +en tous sens étoit la même.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1087" href="#FNanchor_1087"><span class="label">[436]</span></a> C’est le nom qu’on donnoit à la géographie. Pour +dire qu’on l’avoit apprise, on disoit, selon Richelet, qu’on +savoit « la carte ». Il est aisé de comprendre, d’après cela, +la locution populaire : « perdre la carte ».</p> +</div> +<p>Ceux qui auront quelque chose à commercer, +vendre, achepter, troquer, ou loüer, prendront +la peine s’ils ne veulent pas venir eux mesmes +au Bureau, d’envoyer un Laquais avec un +Mémoire instructif, et on leur donnera satisfaction.</p> + +<p>Ceux qui ont de grandes maisons dans Paris, +ou à la campagne, et qui faute de les rendre +publiques demeurent à les louer, parce que la +pluspart des gens de qualité, et autres, ne lisent +pas les affiches qui sont au coing des rues, n’auront +qu’à envoyer le mémoire au Bureau, pour +estre mis sur la liste.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p343">-343-</span> Les maistres des auberges, des académies, des +écoles, des sciences, des messageries, et autres +qui souhaitent de rendre leurs establissements +publics, n’auront qu’à envoyer au Bureau leurs +qualitez, leurs enseignes, lieu et demeure, et +l’on les enregistrera, pour estre dans la suite +indiquez aux estrangers, et à ceux qui viendront +s’en informer au Bureau.</p> + +<p>Les Huissiers qui doivent aller en campagne +dans les Provinces, viendront le déclarer au +Bureau, et l’on leur envoyera les gens qui ont à +faire dans les dites provinces pour s’emboucher<a id="FNanchor_1088" href="#Footnote_1088" class="fnanchor">[437]</a> +avec eux<a id="FNanchor_1089" href="#Footnote_1089" class="fnanchor">[438]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1088" href="#FNanchor_1088"><span class="label">[437]</span></a> Pour « s’aboucher », mot qui n’avoit encore cours +que chez les gens de distinction et dans les livres.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1089" href="#FNanchor_1089"><span class="label">[438]</span></a> Un passage du <i>Journal</i> de Colletet, à la date du 3 +octobre 1676, nous donne l’explication de celui-ci sur les +singuliers trafics des Huissiers, qui, lorsque les affaires +chômoient à Paris, en achetoient en province pour s’entretenir +la main : « <i>Comme il y a</i>, dit Colletet, <i>des gens qui +se plaisent dans la sollicitation des affaires, et qui en acheptent +mesmes quand les leurs sont finies de peur de languir +dans l’oysiveté, et pour y gagner leurs peines : nous leur +donnons avis</i>, notamment si ce sont des Huissiers, qui font +des courses à la campagne, <i>que nous leur ferons vendre à +bon compte divers billets, cédulles et promesses, dont ils +pourront faire leur profit, de particuliers encore vivants, deubs +pour nourriture, logement et entretien, au payement de quoy +plusieurs sont condamnez par sentence des Consuls</i>. »</p> +</div> +<p>Ceux qu’ils veulent achepter ou vendre des +rentes, emprunter de l’argent et en placer, vendre +des maisons et héritages, soit à Paris ou à +la campagne, s’adresseront au Bureau.</p> + +<p>Ceux qui ont des Bénéfices à permuter et à +donner à ferme, des charges à vendre ou à +achepter, soit à Paris ou en Province, des bois +<span class="pagenum" id="p344">-344-</span> à couper, des estangs à pescher, et qui font faire +des inventaires forcés ou volontaires, prendront +la peine de le venir déclarer au Bureau, ou +envoyer un Mémoire instructif, et l’on en advertira +le public par la liste.</p> + +<p>Ceux qui arrivent à Paris, et ceux qui en +veulent partir soit pour voyager ou autrement, +et qui ont besoin de plusieurs personnes pour +faire leur trein, peuvent s’adresser au Bureau, +et on leur en envoyera sur le champ de toutes +les tailles, qualité et condition qu’ils les demanderont<a id="FNanchor_1090" href="#Footnote_1090" class="fnanchor">[439]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1090" href="#FNanchor_1090"><span class="label">[439]</span></a> Sur ces valets de louage, v. plus haut, p. <a href="#p50">50</a>.</p> +</div> +<p>Ceux qui écriront des lettres au Bureau en +acquitteront le port, faute de quoy on ne les +recevra point, parce que l’on s’en voit trop +chargé jusqu’à présent.</p> + +<p>Les Etrangers qui doivent arriver à Paris +avec équipage, pourront s’adresser au Bureau, +mesme par lettre demander ce qu’ils ont à faire, +soit pour logement, domestiques, ou autres +choses.</p> + +<p>Et généralement tous ceux qui veulent rendre +quelque chose publique, chercher ou indiquer, +et qui d’ordinaire font mettre des affiches aux +coings des rues, qui ne sont veües que de très +peu de gens, et d’ailleurs déchirées et recouvertes +les unes par les autres en peu de temps, +au lieu de faire la depense pour l’affiche, n’auront +qu’à envoyer les mémoires au Bureau, et +l’on les mettra sur la liste, que l’on imprimera +régulièrement tous les quinze jours, et que l’on +<span class="pagenum" id="p345">-345-</span> vendra et distribuera de mesme que les Gazettes<a id="FNanchor_1091" href="#Footnote_1091" class="fnanchor">[440]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1091" href="#FNanchor_1091"><span class="label">[440]</span></a> Beaucoup de gens répugnoient à se voir affichés et ne +devoient, par suite, recourir qu’avec plus d’empressement +aux avantages des feuilles d’adresses. Colletet annonce +dans son <i>Journal</i> du 11 sept. 1676 une personne qui étoit +dans ce cas. « <i>Honneste homme</i>, dit-il, <i>qui sçait la langue +latine et l’italienne de mesme, et qui ne peut se résoudre à +voir son nom dans les affiches publiques, s’offre aux honnestes +gens qui auront des livres italiens ou manuscrits à +traduire fidèlement, d’y travailler quels que difficiles qu’ils +soient ; de montrer cette Langue à quiconque désirera l’apprendre…</i> »</p> +</div> +<p>On sçaura au Bureau le nom des personnes +qui veulent tant vendre qu’achepter.</p> + +<p><i>Le Bureau est dans l’enclos du Palais, Cour de +la Moignon, du costé du Quay des Morfondus.</i></p> + +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p346">-346-</span></p> + +<h3 id="c47">LISTE GÉNÉRALE<br> +<span class="xsmall">DU</span><br> +<span class="small">BUREAU D’ADRESSE ET DE RENCONTRE</span></h3> + +<p class="c"><span class="small">ESTABLI PAR PRIVILÈGE DU ROY</span><br> +<i>en la Place Dauphine</i>.</p> + + +<p class="c"><i>Du <span class="rm">1</span> Mars <span class="rm">1689</span><a id="FNanchor_1092" href="#Footnote_1092" class="fnanchor">[441]</a>.</i></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1092" href="#FNanchor_1092"><span class="label">[441]</span></a> V. notre <i>Introduction</i>, p. xlj. C’est par mégarde que +nous y avons dit que les <i>Listes du Bureau d’adresse</i> recommencèrent +à paroître en février 1689. Ce n’est qu’au mois +de mars, dont nous reproduisons ici le numéro, qu’elles +reprirent.</p> +</div> +<p>Le Bureau d’adresse et de rencontre se rétablit +avec tant de succès, et devient d’une si grande +utilité au Public que l’expérience fait encore +juger favorablement de ceux qui en furent les +autheurs.</p> + +<p>En effet Paris par son immensité estant regardé +<span class="pagenum" id="p347">-347-</span> comme la patrie commune de tout le royaume, +et s’y trouvant des gens de toutes les Nations +non-seulement dans le commerce general, mais +dans le particulier, tout devint également intéressé +à découvrir ce qui tombe dans la nécessité +du service, et dans le dessein du commerce.</p> + +<p>C’est de là qu’on a pris grands soins de rétablir +le Bureau d’adresse et de rencontre, que les +guerres et le mauvais usage de ceux qui en ont +eu cy-devant l’administration, avoient rendu +comme odieux au Public ; mais les réglements +qu’on y a faits depuis y ont étably le bon ordre, +la fidélité et le secret, de sorte qu’on y peut +venir à présent de confiance, soit pour vendre, +acheter, échanger, affermer ou autrement, soit +pour le choix des gens de quelque nature et +qualité qu’on les puisse souhaiter dans le domestique, +ou, pour les domestiques, pour le choix +des conditions. Les Commis du Bureau n’entrent +de leur chef dans aucune affaire, toutes leurs +occupations se renferment à recevoir les avis et +déclarations de ceux qui se présenteront au +Bureau, lequel n’est estably que pour l’indication +purement et simplement.</p> + + +<p class="c"><i>A Vendre.</i></p> + +<p>1. Six chevaux de carrosse gris blanc de six +à huit ans avec leur harnois de roussy doré<a id="FNanchor_1093" href="#Footnote_1093" class="fnanchor">[442]</a>, du +prix de 3,500 liv.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1093" href="#FNanchor_1093"><span class="label">[442]</span></a> Cuir de Russie. V. plus haut, p. <a href="#p37">37</a>.</p> +</div> +<p>2. Une charge de juré aulneur et visiteur de +toiles<a id="FNanchor_1094" href="#Footnote_1094" class="fnanchor">[443]</a> de la Ville, Fauxbourgs et Banlieue de +<span class="pagenum" id="p348">-348-</span> Paris, avec les émoluments et bourse commune<a id="FNanchor_1095" href="#Footnote_1095" class="fnanchor">[444]</a>, +du prix de 12,500 liv. y compris la réception.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1094" href="#FNanchor_1094"><span class="label">[443]</span></a> Son office étoit d’auner les toiles, treillis, canevas, +pour voir s’ils étoient bien de la mesure réglementaire. A +chaque visite ils touchoient un droit. V. sur ces sortes +d’offices jurés, t. I, p. 110.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1095" href="#FNanchor_1095"><span class="label">[444]</span></a> Elle se formoit de ce que chaque membre de la corporation +devoit abandonner sur ce qu’il avoit perçu. Tous +avoient ensuite, quel qu’eût été leur apport, droit au partage +qui se faisoit à des époques déterminées.</p> +</div> +<p>3. Une maison scize en cette Ville, rue Geoffroy-Langevin, +du prix d’environ 8,000 liv.</p> + +<p>4. Pour 50 à 60,000 liv. de rente en principal +sur l’Hôtel de Ville<a id="FNanchor_1096" href="#Footnote_1096" class="fnanchor">[445]</a>, en plusieurs contractz +creez au denier dix huit<a id="FNanchor_1097" href="#Footnote_1097" class="fnanchor">[446]</a> : il y a bonnes seuretez +pour l’acquisition.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1096" href="#FNanchor_1096"><span class="label">[445]</span></a> V. plus haut, sur les rentes de l’Hôtel-de-Ville, t. I, +p. 42-46.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1097" href="#FNanchor_1097"><span class="label">[446]</span></a> Un peu moins de six pour cent. V. une note un peu +plus haut, p. <a href="#p334">334</a>.</p> +</div> +<p>5. Un grand carrosse couppé<a id="FNanchor_1098" href="#Footnote_1098" class="fnanchor">[447]</a> avec ses glaces, +garny de velours cramoisi ; les harnois de deux +chevaux de roussi bien dorez, de mesme que le +carrosse monté sur un trein, le tout presque neuf, +du prix de 1,500 liv.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1098" href="#FNanchor_1098"><span class="label">[447]</span></a> Moitié du grand carrosse que, pour cela, nous appelons +encore aujourd’hui « un coupé ».</p> +</div> +<p>6. Un grand carrosse à deux fonds avec ses +glaces garny de velours cramoisy fort propre, +d’environ 600 liv.</p> + +<p>7. Une charge de garde en la connestablie de +Messieurs les mareschaux de France<a id="FNanchor_1099" href="#Footnote_1099" class="fnanchor">[448]</a>, qui jouit +<span class="pagenum" id="p349">-349-</span> de tous les privilèges, aux gages fixes de 200 l. +avec les émoluments lors qu’on sert, du prix +d’environ 1,800 liv.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1099" href="#FNanchor_1099"><span class="label">[448]</span></a> C’est un de ces gardes qui, venant dire dans le <i>Misanthrope</i> :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">Messieurs les Maréchaux dont j’ai commandement,</div> +</div> + +</div> +<p class="noindent">met le holà dans la dispute entre Alceste et Oronte. La +Connétablie avoit ses audiences réglées le mercredi et le +samedi dans l’enclos du Palais, à la Table de marbre. +V. plus haut, t. I, p. 85.</p> +</div> +<p>8. Une terre en fief située près d’Etampes, +qui ne releve que du Roy, consistant en maison +à porte cochere, jardin, clos, terres labourables, +prez, bois taillis, censives, droit de chasse, et +autres, du prix d’environ 35,000 liv.</p> + +<p>9. Une grande maison à porte cochère, rue de +la Verrerie, du prix d’environ 40,000 liv.</p> + +<p>10. Deux petites maisons en cette ville, rue +neuve du Ponceau<a id="FNanchor_1100" href="#Footnote_1100" class="fnanchor">[449]</a>, louées 200 l. On les vendra +sur le pied du denier vingt, argent comptant, et +échangera mesme contre quelque rente ou maison +de campagne ; et s’il convient donner du +retour, on le fera.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1100" href="#FNanchor_1100"><span class="label">[449]</span></a> On appeloit ainsi la partie la plus récemment ouverte +de la rue du Ponceau, qui donnoit sur la rue Saint-Martin. +L’autre extrémité, où se trouvoit le petit pont sur l’égout, +auquel la rue devoit son nom, s’appeloit déjà « le ponceau +Saint-Denis » en 1391.</p> +</div> +<p>11. Plusieurs maisons à porte cochere bien +bâties, grand jardin et terre scize au lieu du +Roulle<a id="FNanchor_1101" href="#Footnote_1101" class="fnanchor">[450]</a>, ayant veue sur la grande ruë, à vendre +ensemble ou séparément et en toutes seuretez, +avec honneste composition.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1101" href="#FNanchor_1101"><span class="label">[450]</span></a> Le Roule n’étoit encore qu’un village de banlieue. +C’est en 1722 seulement qu’il devint faubourg de Paris. +V. <i>Archives hospitalières</i>, Hôtel-Dieu, t. I, p. 253, n<sup>o</sup> 3271.</p> +</div> +<p>12. Une fort belle et bonne Pandule sonnante<a id="FNanchor_1102" href="#Footnote_1102" class="fnanchor">[451]</a>, +du prix de quinze pistolles.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1102" href="#FNanchor_1102"><span class="label">[451]</span></a> Richelet écrit « pendule », mais ajoute : « prononcez +pandule ». L’invention due à Huyghens et que l’abbé Hautefeuille +lui disputoit remontait à 1657. Or Huyghens ayant +alors vingt-huit ans, et Hautefeuille dix seulement, la querelle +de revendication tomboit d’elle-même.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p350">-350-</span> 13. Une charge de lieutenant des Eauës et +Forests à Senlis, aux gages et droicts y attribuez, +du prix d’environ 5,000 liv.</p> + +<p>14. Une maison à porte cochere bâtie à neuf, +size au lieu de Clamard près Issy, jardin d’un +arpent clos de murs, et autres fort belles commoditez, +du prix d’environ 4,000 liv.</p> + +<p>15. Plusieurs meubles, tableaux, montres, +diamants et autres bijoux, dont on fera bonne +composition ensemble ou séparément.</p> + +<p>16. Un contract de constitution de rente de +6,000 liv. en principal, fait à Paris, créé au +denier vingt, deuë par un particulier Officier au +Parlement de Guyenne, et dont on aura bon +compte.</p> + +<p>17. Une maison au faubourg St. Marcel, rue +de l’Oursine, du prix d’environ 6,000 liv.</p> + +<p>18. Un coffre fort bon et de hazard dont on +fera bonne composition.</p> + +<p>19. Une tanture tapisserie de Flandre en sept +pièces, tirant 24 aulnes sur 3 aulnes et demie de +haut, representant l’histoire de Jules César, du +prix d’environ 6,500 liv.</p> + +<p>20. Une autre tanture tapisserie de Flandre, +tirant 23 aulnes, de la mesme hauteur, representant +l’histoire d’Alexandre, du prix d’environ +7,000 liv.<a id="FNanchor_1103" href="#Footnote_1103" class="fnanchor">[452]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1103" href="#FNanchor_1103"><span class="label">[452]</span></a> C’étoit une des tapisseries les plus à la mode. Le +prix en montoit quelquefois plus haut qu’on ne le voit +ici : « J’ai, dit la Tapissière, deux des plus belles garnitures +de chambre qui se puissent voir, il y en a pour deux +grandes salles ; ce sont <i>les Conquestes d’Alexandre contre +Darius</i>, sur le même modèle qu’ont été faites celles dont le +Roy a fait présent au duc de Lorraine, mais elles nous +coûtent quinze mille livres. » <i>L’art de plumer la poule +sans crier</i>, 1710, in-12, p. 82. — Nous trouvons dans le +<i>Journal</i> de Colletet une tapisserie dont le prix est encore +plus élevé : « <i>Nous savons</i>, dit-il, à la date du 28 octobre +1676, <i>une superbe tenture de tapisserie, à personnages de +piété, relevée d’or et de soie : Elle a plus de quarante aunes +de tour, et plus de quatre de hauteur ; on ne la fait que +vingt-cinq mille livres, quoy qu’elle en vale plus de quarante +mille…</i> »</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p351">-351-</span> 21. Une grande maison à porte cochere size +en cette ville, ayant veue sur les rues Jean Lointier<a id="FNanchor_1104" href="#Footnote_1104" class="fnanchor">[453]</a> +et des Deux Boules, du prix d’environ +trente mille liv. dont on en constituëra, s’il est +convenu, la moitié, et prendra en payement pour +l’autre une charge chez le Roy convenable à un +gentilhomme ou de l’argent. Plus pour environ +25,000 écus de terre au païs du Perche, près la +ville de Belesme, dont il y en a une seigneuriale +qui ne releve que du Roy ; on les échangera +mesme contre d’autres terres près de Paris, +charge comme dessus, ou d’une d’auditeur des +Comptes.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1104" href="#FNanchor_1104"><span class="label">[453]</span></a> C’est le vrai nom de la rue que par corruption on +appela plus tard Jean-Lantier ; elle le portoit dès le +<small>XII</small><sup>e</sup> siècle.</p> +</div> +<p>22. Une maison à porte cochere très belle et +bien bâtie, size au lieu de Pacy<a id="FNanchor_1105" href="#Footnote_1105" class="fnanchor">[454]</a>, avec jardin +d’un arpent clos de murs, et autres commoditez, +du prix de 6,000 liv.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1105" href="#FNanchor_1105"><span class="label">[454]</span></a> On écrivoit ainsi le plus souvent le nom de Passy près +Paris, comme on écrit encore du reste Pacy-sur-Eure, +Pacy-sur-Armançon.</p> +</div> +<p>23. Une maison à porte cochère size en cette +<span class="pagenum" id="p352">-352-</span> ville, rue de la Champverrerie<a id="FNanchor_1106" href="#Footnote_1106" class="fnanchor">[455]</a>, du prix d’environ +dix mil livres. Il y a bonnes seuretez pour +l’acquisition.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1106" href="#FNanchor_1106"><span class="label">[455]</span></a> Lisez « de la Chanvrerie ».</p> +</div> +<p>24. Un grand lit bois noyer à colonnes torces, +de damas cramoisy à fleurs d’or, ses tringues<a id="FNanchor_1107" href="#Footnote_1107" class="fnanchor">[456]</a> +fer poly, la housse taffetas cramoisy, garni d’un +sommier de crain, lit de plume, matelas, couverture +et courte-pointe, avec six fauteuils et deux +chaises mesme bois, couvertes de leurs housses, +mesme taffetas, et dont on fera honneste composition.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1107" href="#FNanchor_1107"><span class="label">[456]</span></a> Tringles. Le mot est écrit ici comme on le prononçoit +et comme on le prononce encore chez le peuple.</p> +</div> +<p>25. Une charge d’apotiquaire des Ecuries de +Monsieur<a id="FNanchor_1108" href="#Footnote_1108" class="fnanchor">[457]</a>, qui jouit de tous les privilèges, aux +gages fixes de 60 liv.<a id="FNanchor_1109" href="#Footnote_1109" class="fnanchor">[458]</a> et 200 liv. pour les +remèdes qu’on est obligé de fournir pendant les +six mois qu’on sert, avec privilège de tenir boutique +ouverte à Paris ou en campagne. On se +chargera mesme du service, hors Paris, du prix +de 2,500 liv.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1108" href="#FNanchor_1108"><span class="label">[457]</span></a> Il y avoit deux de ces charges qui s’exerçoient par +semestre, mais qui pouvoient être tenues, l’une et l’autre, +par le même apothicaire, comme nous le voyons dans l’<i>État +de France</i> de 1692, t. I, p. 744.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1109" href="#FNanchor_1109"><span class="label">[458]</span></a> L’<i>État de France</i> donne le même chiffre, mais sans +ajouter le détail qui suit ici à propos des remèdes.</p> +</div> +<p>26. Une maison à porte cochère sise ruë de +l’Esperon, du prix d’environ 38,000 liv.</p> + +<p>27. Une Terre en Touraine près la rivière de +Loire, de l’Election d’Amboise, seigneur de +paroisse, du prix d’environ 50,000 liv.</p> + +<p>28. Un grand miroir de 29 pouces de haut +<span class="pagenum" id="p353">-353-</span> sur 20 de large, avec sa bordure de glace, du +prix de 120 liv.<a id="FNanchor_1110" href="#Footnote_1110" class="fnanchor">[459]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1110" href="#FNanchor_1110"><span class="label">[459]</span></a> C’est la bordure de glace, à la façon de Venise, qui +avoit fait hausser le prix de ce miroir. On a vu, en effet, +plus haut, p. 143, que les miroirs de 30 pouces ne se +vendoient pas plus de 80 livres.</p> +</div> +<p>29. Un grand Cabinet d’ebeine fort propre +garny de quantité de tiroirs, dont on aura bon +marché payant comptant<a id="FNanchor_1111" href="#Footnote_1111" class="fnanchor">[460]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1111" href="#FNanchor_1111"><span class="label">[460]</span></a> L’ébène étoit un des bois les plus employés pour les +meubles à la mode. L’ouvrier qui les fabriquoit s’appeloit, +comme on le voit dans le <i>Journal</i> de Colletet, 24 août 1676, +« menuisier en ébène », d’où est venu notre mot ébéniste. +Il faisoit surtout, comme on le voit ici, des cabinets. Aussi +en anglois le fabricant de meubles s’appelle-t-il encore +« <span lang="en" xml:lang="en">cabinet-maker</span> ».</p> +</div> +<p>30. Une douzaine Chaises bois noyer garnies +et bien travaillées à la moderne, couvertes de +leurs housses point de Hongrie<a id="FNanchor_1112" href="#Footnote_1112" class="fnanchor">[461]</a>, du prix de +200 liv.<a id="FNanchor_1113" href="#Footnote_1113" class="fnanchor">[462]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1112" href="#FNanchor_1112"><span class="label">[461]</span></a> Sorte de point de fil qui n’étoit pas des plus fins ; c’est +pourquoi Molière le fait figurer dans le <i>Mémoire</i> des hardes +et nippes qu’Harpagon, en bon usurier, donne pour argent +comptant à son emprunteur : « Un lit de quatre pieds à +bandes de <i>point de Hongrie</i>, appliquées fort proprement sur +un drap de couleur olive, avec six chaises et la courtepointe +de même. » <i>L’Avare</i>, acte II, sc. 1.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1113" href="#FNanchor_1113"><span class="label">[462]</span></a> Ces housses se vendoient souvent sans le bois des +chaises ou fauteuils. Le <i>Journal</i> de Colletet, 23 octobre 1676, +en annonce une douzaine et demie, aussi de point de Hongrie, +« toutes frangées, montées et prestes à mettre sur les +bois… Les nuances, ajoute-t-il, en sont fort vives et d’une +belle mode. »</p> +</div> +<p>31. Un cheval entier noir et blanc avec tous +ses crains, à longue queuë, de l’âge de 4 à 5 +ans, fort vigoureux, du prix de 50 louïs d’or.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p354">-354-</span></p> + +<p class="c"><i>Demandes.</i></p> + +<p>32. On demande à achetter une tanture de +tapisserie de Flandre de verdure, d’environ 19 à +20 aulnes de tour sur l’hauteur ordinaire, qui +soit bonne et de hazard, et point passée, où l’on +mettra environ 200 louïs d’or.</p> + +<p>33. Une charge soit de ville ou autre, de 4, +5 ou 6,000 liv. qu’on payera comptant.</p> + +<p>34. Une tanture tapisserie Damas de Luques, +bonne et de hazard, d’environ 22 aulnes de tour, +bonne et point passée.</p> + +<p>35. Un carrosse couppé propre et de hazard.</p> + +<p>36. Une tapisserie d’Auvergne de 18 aulnes +de tour, bonne et point passée.</p> + +<p>37. Une maison en fief ou roture aux environs +de Paris, où il y ait clos ou jardin, prez, +terres, bois, du prix de douze à quinze mil +livres.</p> + +<p>38. Une charge de judicature à Paris, du prix +depuis 10 jusqu’à 20,000 liv. et plus.</p> + +<p><i>Le sieur Mouillard, bon Praticien et Arpenteur, +logé rue de la Huchette à la Tour d’Argent, donne +avis aux Seigneurs et Dames qui voudront faire +renouveler leurs papiers terriers, et avoir des plants +de leurs Seigneuries pour voir l’étenduë de leurs +censives ; comme aussi à ceux qui ont des héritages +à la campagne et qui en veulent avoir des cartes +avec la contenance d’iceux par figure, pour empescher +les usurpations, qu’il le fera, et pour seureté +de sa conduite donnera bonne caution à Paris.</i></p> + +<p><i>Le sieur Rolas, rue Sainte Marguerite, fauxbourg +<span class="pagenum" id="p355">-355-</span> St. Germain, entre un perruquier et un chandelier, +première chambre, enseigne le toisé, l’arpentage, les +fractions, les changes, l’arithmétique en toutes ses +parties en un mois de temps, lorsqu’on saura les +quatre règles, et plusieurs autres belles sciences, +par une méthode courte et très facile ; et du tout +donne des leçons par escrit<a id="FNanchor_1114" href="#Footnote_1114" class="fnanchor">[463]</a>.</i></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1114" href="#FNanchor_1114"><span class="label">[463]</span></a> Cette annonce est reproduite dans la liste suivante, +avec cette différence pour l’adresse : « rue Sainte-Marguerite +faubourg Saint-Germain, chez le mercier qui fait le +coin de la rue des Cizeaux vis-à-vis la porte de l’Abbaye. »</p> +</div> +<p>Le Bureau est à l’entrée de la Place Dauphine +du costé du Pont-Neuf entre l’epicier et le cabaretier<a id="FNanchor_1115" href="#Footnote_1115" class="fnanchor">[464]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1115" href="#FNanchor_1115"><span class="label">[464]</span></a> Cette adresse est répétée à la fin de la liste qui va +suivre, avec ce détail en plus : « à la première chambre, +au-dessus du cabaretier. »</p> +</div> +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p356">-356-</span></p> + +<h3 id="c48">LISTE GÉNÉRALE<br> +<span class="xsmall">DU</span><br> +<span class="small">BUREAU D’ADRESSE ET DE RENCONTRE</span></h3> + +<p class="c"><i>estably par privilège du Roy en la place +Dauphine</i>.</p> + + +<p class="c">Du premier Avril 1689.</p> + +<p>Paris contenant en soy beaucoup plus de +peuple que ville du monde, et son aport y estant +si grand, non seulement de tous les naturels +François, mais des Etrangers de toutes les nations, +que les moyens que tout le monde y trouve de +subsister ne sçauroient estre trop connus pour la +grandeur de la ville et pour l’avantage des particuliers.</p> + +<p>Tous ceux dont on s’est servi jusqu’icy sur +les avis qu’on a voulu rendre publics ont esté +d’un foible secours, en comparaison du Bureau +d’Adresse et de Rencontre, et des Listes qu’on +<span class="pagenum" id="p357">-357-</span> a commencé de distribuer, parce que les Affiches +se couvrent par la quantité des Placards<a id="FNanchor_1116" href="#Footnote_1116" class="fnanchor">[465]</a>, outre +qu’elles ne contiennent que des avis particuliers, +qu’on ne lit pas commodément et sans une +espèce de pudeur<a id="FNanchor_1117" href="#Footnote_1117" class="fnanchor">[466]</a> pour les gens de distinction<a id="FNanchor_1118" href="#Footnote_1118" class="fnanchor">[467]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1116" href="#FNanchor_1116"><span class="label">[465]</span></a> Le Placard, s’appliquant d’autorité, pouvoit ainsi, de +droit, couvrir les affiches. Elles-mêmes, en s’accumulant, +couvroient des <i>Avis</i> qui valoient mieux qu’elles. Colletet +s’en plaint dans son <i>Journal</i> du 8 août 1676 : « La quantité +d’affiches, dit-il, ont caché un livre d’importance pour +les curieux. » — Le placard se distinguoit des affiches par +les armes du roi figurées en tête, et qui faisoient qu’on +l’appeloit aussi « pannonceau royal ». C’est par placards, +et non par affiches simples, qu’étoit annoncé tout immeuble +à vendre par décret.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1117" href="#FNanchor_1117"><span class="label">[466]</span></a> Les affiches annonçant certains remèdes ne pouvoient +pas, en effet, être lues « sans une espèce de pudeur ». +On en peut avoir un exemple par celle que donne Locke +dans la relation de son <i>Voyage à Paris</i>, et qu’a reproduite +<i>Le Vieux-neuf</i>, 2<sup>e</sup> édit., t. II, p. 72.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1118" href="#FNanchor_1118"><span class="label">[467]</span></a> Le <i>Journal</i> de Colletet indique quelques affiches de +livres ; ainsi, le 6 juillet 1676, le <i>Traité des maladies des +femmes grosses</i>, par Fr. Mauriceau, dont il a été parlé plus +haut, t. I, p. 159 ; et, le 1<sup>er</sup> août suivant, <i>Le Tailleur sincère</i>, +avec plusieurs figures en taille-douce : « il se vend, +dit-il, chez A. de Rafflé, rue du Petit-Pont, in-folio en +parchemin 40 fr., et in-8 20 fr. » Il oublie d’ajouter que +l’auteur s’appeloit Benoist Boulay, dont le portrait sert de +frontispice. Son livre, « nécessaire, dit encore Colletet, pour +ceux qui veulent pratiquer l’épargne », est aujourd’hui des +plus rares.</p> +</div> +<p>Ces considérations, celles qui regardent l’utilité +publique et l’avantage du commerce, qui +depend des Rencontres et des Occasions que les +avis font naistre, ont fait les principaux objets +du r’establissement du Bureau d’Adresse et de +Rencontre, et des précautions qu’on a prises de +n’en confier l’administration qu’à des conditions +<span class="pagenum" id="p358">-358-</span> portées par les Règlements, afin d’asseurer dans +le Public la confiance des particuliers, et faciliter +les ventes, achapts, amodiations, traités et +conventions qui se font à l’egard des immeubles, +et pour mettre dans un plus grand commerce +toutes sortes de meubles, comme Lits, Tapisseries, +Bijoux, Tableaux, Chevaux, Carrosses et +autres effets, et principalement pour donner aux +gens de qualité, et à ceux qui ont besoin de +domestiques ; des Aumôniers, Gentilshommes, +Ecuyers, Gouverneurs, Intendans, Receveurs, +Secretaires, sous Secretaires, Hommes d’affaires, +Solliciteurs, Commis, Ecrivains, Precepteurs, +Maistres d’Hostel, Vallets de chambre, Suisses, +Portiers, Concierges, Gardes-bois, Cochers, +Postillons, Pallefreniers, Chasseurs, Fauconniers, +Sonneurs de Cor, Jardiniers, Vignerons, Gens +de Labour, Charretiers, Muletiers, Valets à tout +faire, Laquais à gages et à récompense<a id="FNanchor_1119" href="#Footnote_1119" class="fnanchor">[468]</a>, et +généralement toutes sortes d’autres domestiques, +pour les recevoir, non seulement à leur choix, +mais avec plus de seureté et de connoissance +que par le passé, le Bureau n’estant estably que +pour l’Indication.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1119" href="#FNanchor_1119"><span class="label">[468]</span></a> Les « laquais à récompense » se distinguoient des +« laquais à gages » en ce qu’ils n’étoient payés pour ainsi +dire que par hasard ou fantaisie. Après avoir servi trois +ou quatre ans, ils reçevoient de leur maître trois ou quatre +cents francs et n’avoient pas le droit d’en demander davantage. +La plupart des valets de Regnard et de Dancourt sont +des « laquais à récompense ».</p> +</div> + +<p class="c"><i>A Vendre.</i></p> + +<p>1. Une charge de Substitut de M. le Procureur +<span class="pagenum" id="p359">-359-</span> général à Paris, aux Gages et Droits y +attribuez, du prix de 25,000 liv.</p> + +<p>2. Un Carrosse couppé avec 6 glaces de Venise +garni de velours cramoisi, le tout comme +neuf, du prix d’environ 700 livres.</p> + +<p>3. Une charge de grand Valet de pied de +Madame<a id="FNanchor_1120" href="#Footnote_1120" class="fnanchor">[469]</a>, qui jouit de tous les privileges, aux +gages et profits y joints, du prix de 3,000 liv.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1120" href="#FNanchor_1120"><span class="label">[469]</span></a> Ils étoient au nombre de dix, chacun à 20 sols par +jour pour leur nourriture « outre leurs habits d’hiver et +d’été ». <i>État de France</i> pour 1692, p. 776.</p> +</div> +<p>4. Deux grands chevaux de carrosse grissel<a id="FNanchor_1121" href="#Footnote_1121" class="fnanchor">[470]</a> +à longue queue, de 5 à 6 ans, du prix de 1,000 l.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1121" href="#FNanchor_1121"><span class="label">[470]</span></a> Il faut lire <i>gris-sale</i>, une des nuances du gris admises +dans les haras.</p> +</div> +<p>5. Des Tablettes bois noyer avec leurs bordures +noires, fermant par un treillis de cuivre à +2 portes<a id="FNanchor_1122" href="#Footnote_1122" class="fnanchor">[471]</a>, une grande Armoire bois chesne fermant +de mesme, de 9 à 10 pieds de haut et de +8 à 9 de large, le tout presque neuf, du prix de +160 livres.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1122" href="#FNanchor_1122"><span class="label">[471]</span></a> Presque tous les corps de bibliothèque étoient disposés +ainsi dans les cabinets. Louis Racine en avoit un de ce +genre, comme on le voit par son inventaire aux <i>Mss.</i> de +la Bibliothèque nationale.</p> +</div> +<p>6. Un beau coureur danois, poil bay<a id="FNanchor_1123" href="#Footnote_1123" class="fnanchor">[472]</a>, sans +deffaut, propre pour l’armée, de 6 ans, du prix +de 50 louis d’or.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1123" href="#FNanchor_1123"><span class="label">[472]</span></a> C’est le <i>cob</i> bai brun, trapu et à belle tête, encore +recherché aujourd’hui. Le vrai cheval <i>danois</i> en usage au +<small>XVII</small><sup>e</sup> siècle pour les attelages de luxe étoit, au contraire, +grand, haut sur jambes, avec tête busquée et robe isabelle, +pie ou tigrée.</p> +</div> +<p>7. Un carrosse couppé neuf, doré aux extremités<a id="FNanchor_1124" href="#Footnote_1124" class="fnanchor">[473]</a>, +garny de drap gris, du prix d’environ +800 liv.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1124" href="#FNanchor_1124"><span class="label">[473]</span></a> Cet excès de dorures pour les carrosses fut un peu +plus tard prohibé par ordre du roi. V. <i>Correspond. admin. +de Louis XIV</i>, t. II, p. 829, et <i>Variétés histor. et litt.</i>, +Collect. elzévir., t. X, p. 254, note.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p360">-360-</span> 8. Une terre seigneuriale en Brie, 9 lieuës de +Paris, avec haute, moyenne et basse justice, +dont on aura un estat au Bureau, du prix de +120,000 liv.</p> + +<p>9. Un coureur à courte queue<a id="FNanchor_1125" href="#Footnote_1125" class="fnanchor">[474]</a> de 5 à 6 ans, +poil noir, du prix de 200 liv.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1125" href="#FNanchor_1125"><span class="label">[474]</span></a> Richelet définit ainsi le coureur : « cheval déchargé +de taille, qui a la queue courte et coupée ».</p> +</div> +<p>10. Un grand lit de velours verd, ses campannes<a id="FNanchor_1126" href="#Footnote_1126" class="fnanchor">[475]</a> +et molets de soye<a id="FNanchor_1127" href="#Footnote_1127" class="fnanchor">[476]</a>, doublé d’un satin +couleur de serize avec sa courte pointe, ciel et +dossier même satin, 7 fauteuils et 6 chaises même +velours, le tout comme neuf, du prix de 1,000 +livres. Une pippe satin plaint, à fond blanc, +chamarrée en rond d’haut en bas d’un point +d’Espagne d’or et couleur de feu, avec des galons +de velours même couleur, garni de campannes +d’or, le tout presque neuf, du prix chacune de +120 livres.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1126" href="#FNanchor_1126"><span class="label">[475]</span></a> V. une des notes précédentes, p. <a href="#p333">333</a>.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1127" href="#FNanchor_1127"><span class="label">[476]</span></a> C’étoit une sorte d’ornement frangé que Molière, en +fils de tapissier, se garde bien de confondre avec la frange +même, quand il dit dans le <i>Mémoire</i> de l’Avare : « Plus, +un pavillon à queue, d’une bonne serge d’Aumale rose, +sèche, avec le <i>mollet</i> et les franges de soie. »</p> +</div> +<p>11. Quantité de très beaux patrons, tapisserie +de verdure en plusieurs pièces, peints sur du +carton et de la toille, dont on aura bon prix.</p> + +<p>12. Deux tableaux de chasse originaux de +Nicasius<a id="FNanchor_1128" href="#Footnote_1128" class="fnanchor">[477]</a>, de 6 pieds de haut sur 5 de large, +<span class="pagenum" id="p361">-361-</span> l’une de Cerfs et l’autre de Chats sauvages, du +prix de 24 louis d’or.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1128" href="#FNanchor_1128"><span class="label">[477]</span></a> C’est le peintre d’animaux Nicasius Bernaert, d’Anvers, +élève de Sneyders et l’un des habitués de la maison +de <i>la Chasse</i>, au coin des rues du Sépulcre et du Four, +qui étoit, dit Dubois de Saint-Gelais, « le refuge des +peintres de son pays ». Sa vie fut assez nomade, si l’on +en juge par les registres de l’Académie de peinture. Reçu +en 1663, il dut, pour cause d’absence, se faire recevoir une +seconde fois deux ans après et se faire réadmettre encore +en 1672. Sa vieillesse se noya dans l’ivrognerie. Il en mourut +à 70 ans, le 16 septembre 1678. Desportes fut quelque +temps son élève.</p> +</div> +<p>13. Un lit de garçon de 3 pieds et demy de +large, Damas de Lucques aurore et cramoisy, +avec sa couverture et 2 teyes d’oreillers de Marseille, +le tout presque neuf, du prix de 200 liv. +Un Cabinet de Flandre d’écaille de Tortue et +d’Ebeine à tiroir, très beau et bien travaillé, du +prix de 150 livres.</p> + +<p>14. Un Colier de perles rondes de belle eau, +très beau et bien choisy, du prix de 200 louïs +d’or.</p> + +<p>15. Une tenture de tapisserie verdure de Flandre +en 6 pièces, de la hauteur et longueur ordinaire, +comme neuve, du prix de 800 liv. Une +montre en Pendule faite par Martinot<a id="FNanchor_1129" href="#Footnote_1129" class="fnanchor">[478]</a>, à boëtier +d’or, sa chaine de même avec son étuit de chagrin +garny de cloux d’or, du prix de 15 louïs +d’or. Plus 2 Miroirs, l’un tout de glace de Paris, +<span class="pagenum" id="p362">-362-</span> dont la principale est de 27 pouces de haut sur +21 de large, du prix de 150 livres, et l’autre de +Venize de 22 pouces de haut sur 17 de large, +avec sa bordure d’Ebeine, du prix de 80 livres.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1129" href="#FNanchor_1129"><span class="label">[478]</span></a> Les Martineau formoient toute une dynastie d’horlogers, +dont l’un, Louis-Henry, étoit, en 1692, valet de +chambre horloger du roi. En 1700, une descente fut faite +chez deux d’entre eux pour avoir contrevenu à l’édit contre +le luxe. L’un dut laisser saisir vingt pendules, l’autre dix-huit. +Ils logeoient sur le quai des Orfèvres. Un Martineau, +qui étoit de la Religion, partit pour Londres après la révocation +de l’Édit et s’y rendit célèbre dans son métier. C’est +de lui que descendoit miss Harriett Martineau, qui s’est fait +un nom dans les romans d’éducation. V. sur les Martineau, +Wood, <i lang="en" xml:lang="en">Curiosities of clocks</i>, 1866, in-8, p. 387.</p> +</div> +<p>16. Une très belle maison à porte cochere +bâtie à neuf, située près Grosbois en Brie, Jardins, +Cloz, Prez, Terres, Vignes, Bois, Glacière, +Reservoir, Canal garny de Poissons, et autres +fort belles et utiles commodités, du prix de 45 +mille livres.</p> + +<p>17. Deux charges, l’une de Lieutenant du +Prevost général de Flandre et Haynault aux +gages de 1,250 livres, payez par quartier avec +privilege et exemption de tous imposts dans +Valancienne où est la résidence, du prix d’environ +18,000 livres ; et l’autre de Garde au même +Pays, aux gages fixes de 375 livres, outre quantité +de profits, du prix de 2,000 livres.</p> + +<p>18. La charge de Lieutenant criminel d’une +Ville, sise sur le bord de la rivière de Loire, où +il y a Presidial, Bailliage, Prevoté et Gouvernance, +du prix d’environ 35,000 liv.<a id="FNanchor_1130" href="#Footnote_1130" class="fnanchor">[479]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1130" href="#FNanchor_1130"><span class="label">[479]</span></a> A la suite de cet article 18, nous en supprimons huit +qui ne sont que la reproduction d’articles déjà insérés dans +la liste précédente. Le 19<sup>e</sup> de celle-ci, liste d’avril, se +trouve le 2<sup>e</sup> de celle de mars ; le 20<sup>e</sup>, le 8<sup>e</sup> ; le 21<sup>e</sup>, le 10<sup>e</sup> ; +le 22<sup>e</sup>, le 11<sup>e</sup> ; le 23<sup>e</sup>, le 13<sup>e</sup> ; le 24<sup>e</sup>, le 21<sup>e</sup> ; le 26<sup>e</sup>, le +32<sup>e</sup> ; et le 28<sup>e</sup>, le 37<sup>e</sup>. Nous ne conservons que les n<sup>os</sup> 25 +et 29, qui ne figurent pas dans l’autre liste.</p> +</div> +<p>25. Deux grandes Maisons à porte cochere +sises en cette Ville à louer presentement moyennant +900 livres chacune, l’une rue S. Martin, +près la rue aux Ours, vis à vis le cul de sac de +la rue S. Julien<a id="FNanchor_1131" href="#Footnote_1131" class="fnanchor">[480]</a> ; et l’autre sise rue des Gravilliers, +<span class="pagenum" id="p363">-363-</span> avec un grand et beau jardin, dans lesquelles +il y a toutes sortes de commoditez.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1131" href="#FNanchor_1131"><span class="label">[480]</span></a> C’est la rue ou ruelle Saint-Julien, qui devoit son +nom au voisinage de l’église de St-Julien-des-Ménétriers. +Elle prit ensuite le nom de rue du Maure.</p> +</div> + +<p class="c"><i>Demandes.</i></p> + +<p>29. Une Terre en fief, distant depuis 6 jusqu’à +18 lieues de Paris, près, s’il se peut, de +quelque petite Ville ou Bourg, où il y ait maison +logeable, jardin, cloz, prez, terres et bois, +du prix de 50 à 60,000 livres.</p> + +<p>Le sieur Macard continue à faire debiter les +instruments de Mathématiques du defunt S<sup>r</sup> Sevin +dans sa boutique sur le Quay des Morfondus, +à l’Astrolabe<a id="FNanchor_1132" href="#Footnote_1132" class="fnanchor">[481]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1132" href="#FNanchor_1132"><span class="label">[481]</span></a> V. pour les ouvriers en instruments de mathématiques, +t. I, p. 148.</p> +</div> +<p>Le sieur Legeret, maistre menuisier à Paris, +rue Saint Loüis, Isle Notre-Dame, donne avis +qu’il fait et vend une machine fort légère et portative, +par luy depuis peu inventée, qui coupe +la paille aussi menue qu’est l’avoine, ce qui fait +que les chevaux la mangent plus facilement, +surtout lorsqu’on y mêle un peu d’avoine.</p> + +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p364">-364-</span></p> + +<h3 id="c49">LISTE GÉNÉRALE<br> +<span class="xsmall">DU</span><br> +<span class="small">BUREAU D’ADRESSE ET DE RENCONTRE</span></h3> + +<p class="c"><i>estably par privilège du Roy en la place +Dauphine.</i></p> + + +<p class="c">Premier May 1689.</p> + +<p>Pendant que toute l’Europe armée contre la +France travaille à porter la gloire du Roy jusqu’à +l’Immortalité<a id="FNanchor_1133" href="#Footnote_1133" class="fnanchor">[482]</a>, pendant que son nom seul +fait trembler l’Univers, et qu’il porte la Terreur +et la Crainte jusque sur les Trosnes et jusqu’au +Cœur des Armées les plus nombreuses, l’amour +<span class="pagenum" id="p365">-365-</span> au dedans arme ses sujets et luy donne chaque +jour de nouvelles marques de sa grandeur, on la +voit en effet portée à un point où l’espérance +même des autres Roys n’estoit jamais parvenuë, +non seulement dans ses forces, dans la protection +de ses alliés, dans la magnificence de son règne, +dans les vertus du Siècle et de la Religion ; mais +encore dans ses Estats, Paris n’est pas seullement +la Capitale du Royaume ; mais celle du Monde +ou pour mieux dire un monde entier où ce qu’il +y a de sublime dans la politique, dans les Sciences +et les Arts, de libre dans la politesse, de bon +dans les mœurs, de grand dans les cœurs, +d’heureux et de fidelle dans le commerce, y rassemble +les peuples les plus esloignez pour en +composer une Ville de tous les Habitans du +monde, où l’ordre dans la confusion fournit +égallement à tous les moyens de subcister, et où +le Bureau d’adresse et de rencontre rétably par +les Ordonnances du Roy pour l’indication seulement, +donne à ce monde entier les avis, les +ouvertures et la facilité pour vendre, achepter, +échanger et affermer soit charges, seigneuries, +terres, maisons, rentes, meubles, tableaux, chevaux, +carrosses et generallement tout ce qui +tombe en commerce ; les Maîtres de quelques +conditions qu’ils soient y trouveront toutes sortes +de domestiques avec les informations toutes faites +pour les prendre avec une confiance égalle, et +les Domestiques des conditions suivant qu’ils en +sont plus ou moins capables.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1133" href="#FNanchor_1133"><span class="label">[482]</span></a> On étoit alors sous le coup direct des menaces de la +Ligue d’Augsbourg, qui réunissoit contre nous l’Empire, +l’Espagne, la Suède, la Bavière, la Saxe et, par surcroît, +la Hollande et l’Angleterre, depuis que l’expulsion de +Jacques II avoit eu pour conséquence l’avènement du prince +d’Orange, son gendre, sous le nom de Guillaume III.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p366">-366-</span></p> + +<p class="c"><i>A vendre.</i></p> + +<p>1. Une charge de Ville de Cinquantenier<a id="FNanchor_1134" href="#Footnote_1134" class="fnanchor">[483]</a>, qui +exempte de tutelle, curatelle, logement de gens +de guerre et plusieurs autres<a id="FNanchor_1135" href="#Footnote_1135" class="fnanchor">[484]</a>, d’environ 500 l.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1134" href="#FNanchor_1134"><span class="label">[483]</span></a> Le cinquantenier étoit, en effet, un officier de ville. +Chaque quartenier, ou officier de quartier, en avoit deux +sous son commandement, auxquels il transmettoit les ordres +de la ville pour qu’ils les fissent savoir aux bourgeois.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1135" href="#FNanchor_1135"><span class="label">[484]</span></a> Ces espèces de charges n’avoient pour bénéfices que +des exemptions. On n’y étoit payé que par ce qu’on ne +payoit pas.</p> +</div> +<p>2. Deux charges aux Siège présidial et Baillage +de Vitry le François en Champagne, l’une +de Président aux gages de 330 livres, et l’autre +de Conseiller aux gages de 50 livres, dont les +émoluments sont de 150 livres, plus un droit de +deux sols pour livre sur les émoluments qui se +lèvent aux dits sieges, qui est de 60 livres de +rente, et du tout on fera bonne composition.</p> + +<p>3. Une chaise roulante à ressorts sur deux +roues<a id="FNanchor_1136" href="#Footnote_1136" class="fnanchor">[485]</a>, garnie d’un petit velours rouge et blanc, +dont on aura bon compte.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1136" href="#FNanchor_1136"><span class="label">[485]</span></a> Ces sortes de chaises, que traînoit un valet, furent +très longtemps en usage. On s’en servoit encore en province +au commencement de ce siècle. Il y en avoit d’autres, +découvertes, qu’on appeloit « chaises à parasol », qui +n’étoient employées que pour promener les dames dans les +jardins ou les parcs. Seignelay les avoit mises à la mode, +lorsqu’il avoit reçu le roi à Sceaux au mois de juillet 1685 : +« Ce fut là, dit l’abbé Le Beuf, qu’on vit les premières +chaises tirées par des hommes pour se promener dans les +jardins. On les connoissoit à Versailles, mais elles étoient +plus simples. Les chaises de Sceaux étoient à quatre personnes +et quatre parasols. Les hommes qui les conduisoient +ne marchoient pas devant, mais de chaque côté. » <i>Hist. +du diocèse de Paris</i>, t. IX, p. 379. A Marly, le roi fit établir +dans les grandes allées un système de rainures de fer, +pour que le mouvement de ces chaises roulantes y fût plus +facile et moins cahoté. Ce sont nos premiers tramways. +V. le bel ouvrage de M. Guillaumot, <i>Monographie du château +de Marly-le-Roi</i>, gr. in-fol.</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p367">-367-</span> 4. Un carrosse couppé comme neuf à six +glaces, garny de velours rouge avec ses ressorts, +harnois et testières garnis de cloux dorez<a id="FNanchor_1137" href="#Footnote_1137" class="fnanchor">[486]</a> du +prix d’environ 1,000 livres.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1137" href="#FNanchor_1137"><span class="label">[486]</span></a> La Bruyère, lorsqu’il s’est indigné du luxe de ces +carrosses, n’a oublié aucun des détails qui sont ici : « les +rangs de clous parfaitement dorés, les doubles soupentes, +les ressorts, etc. »</p> +</div> +<p>5. Deux grands chevaux de carrosse poil noir +à longue queue, de 4 à 5 ans, du prix de 1,100 +livres.</p> + +<p>6. Une maison à porte cochere, size à Vanvre, +où il y a toutes sortes de commodités avec +un clos de 4 arpens, du prix de 6,000 liv.</p> + +<p>7. Une Maison à porte cochere, size au lieu +d’Antoni, Clos et Jardin derrière de 6 arpens, +avec 6 arpens de pré, du prix de 1,500 liv.</p> + +<p>8. Une Maison à porte cochere size à Montreuil, +cloz de dix arpens, où il y a parterre, +jardin, potager, bois d’haute fustaye et autres +choses avec quantité d’eaue, et dans une très +belle veue, dont on aura bonne composition.</p> + +<p>9. Une terre en Fief et Seigneurie, size près +Mauleon en Poictou, affermée 4,200 livres, qu’on +aura à bon prix.</p> + +<p>10. Une Maison à porte cochere size sur le +chemin de Chartres, 10 lieues de Paris, jardins, +clos de deux arpens, sept arpens de pré, et 130 +arpens de terre, le tout près et attenant la maison +et du prix de 13,000 liv.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p368">-368-</span> 11. Une Maison à porte cochere, quartier de +la Porte S. Michel, rue des Francs Bourgeois, +du prix d’environ 30,000 liv.</p> + +<p>12. Un grand lit de tapisserie à petit point de +toutes sortes de fleurs en broderie sur un drap +d’Espagne couleur de musc brun doublé d’un +satin de la Chine<a id="FNanchor_1138" href="#Footnote_1138" class="fnanchor">[487]</a>, sa courte-pointe, ciel et dossier +même satin, 4 pommes même Drap et tapisserie +avec leurs bouquets de plumes et egrettes, +un Tapy de Table à 4 pans, trois fauteüils même +tapisserie et point, 12 chaises à dossiers et 8 +sieges pliants aussi tapisserie, et du tout on fera +bon prix.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1138" href="#FNanchor_1138"><span class="label">[487]</span></a> L’accoutrement de ce lit rappelle un des habits que +Molière portoit à la ville : « un juste au corps de drap de +Hollande musc, avec une veste de satin de la Chine. » +Soulié, <i>Recherches sur Molière</i>, p. 278.</p> +</div> +<p>13. Une Maison à porte cochere size au lieu +de Maisons, près Charenton, avec Jardin de deux +arpens clos de murs et autres commodités, à +vendre pour 6,000 livres ou à louër<a id="FNanchor_1139" href="#Footnote_1139" class="fnanchor">[488]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1139" href="#FNanchor_1139"><span class="label">[488]</span></a> Les articles qui suivent étant les mêmes que quelques-uns +de ceux de la liste précédente, nous nous contenterons +de renvoyer à celle-ci, en indiquant à quels numéros +ceux que nous supprimons correspondent. Le n<sup>o</sup> 14 de la +présente liste reproduit textuellement le n<sup>o</sup> 1 de celle +d’avril ; le 15 est le 5 ; le 16, le 8 ; le 17, le 10 ; le 18, +le 11 ; le 19, le 12 ; le 20, le 25 ; le 21, le 14 ; le 22, +le 15, avec cette simple addition : « et du tout on fera +bon prix. » Le 23 est le 16 ; le 24, le 17 ; le 25, le 18 ; +le 26, le 19 ; le 27, le 29 ; le 29, le 31.</p> +</div> + +<p class="c"><i>Demandes.</i></p> + +<p>28. On demande à achetter une tenture tapisserie +de Damas cramoisi de Lion ou Gennes.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p369">-369-</span> On indiquera au Bureau un homme de Lettres +pour composer Factums, Placets, Lettres, +Mémoires, Préambules, Discours publics ou autres +ouvrages où l’on voudra un stile net, concis, +juste et une diction pure et éloquente<a id="FNanchor_1140" href="#Footnote_1140" class="fnanchor">[489]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1140" href="#FNanchor_1140"><span class="label">[489]</span></a> Ces sortes d’écrits, notamment les <i>factums</i> ou <i>mémoires</i> +sur procès, étoient quelquefois l’œuvre des écrivains les +plus distingués. Racine ne dédaigna pas d’en rédiger pour +M. de Luxembourg dans un procès des plus importants : +« Le célèbre Racine, dit Saint-Simon, édit. Hachette, in-18, +t. I, p. 91, si connu par ses pièces de théâtre…, prêta +sa belle plume pour polir les factums de M. de Luxembourg +et en réparer la sécheresse de la matière par un +style agréable et orné. »</p> +</div> +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p371">-371-</span></p> + +<h3 id="c50">LISTE DES AVIS<br> +<span class="xsmall">DU</span><br> +<span class="large">JOURNAL GÉNÉRAL</span><br> +<span class="small">DE FRANCE,</span></h3> + +<p class="c"><span class="small">OU BUREAU DE RENCONTRE ;</span><br> +<i>Pour servir au Public depuis le Mercredy +18 Novembre, jusqu’au Mercredy +2<sup>e</sup> Décembre 1693</i>.</p> + +<p class="drap">On recevra les avis tous les jours, et on donnera +tous les Mercredys, de quinze jours en +quinze jours, des Listes nouvelles.</p> + +<p class="drap"><i>Par permission du Roy contenuë en ses Brevets, +Arrests de son Conseil d’Estat, Déclaration, +Privilege, Confirmation, Arrests de la Cour de +Parlement, Sentences et Jugements donnez en +consequence.</i></p> + + +<p class="c">A PARIS,</p> + +<p class="c">Au Bureau d’Adresse et de Rencontre étably +dans le Marché Neuf, chez un Serrurier, +attenant la Barriere des Sergens.</p> + +<p class="c"><i>Le Tableau où est le Privilege du Roy sert d’Enseigne.</i></p> + +<p class="c"><i>Avec permission.</i><br> +<i>M. DC. XCIII.</i></p> + +<div class="break"></div> +<p><span class="pagenum" id="p373">-373-</span></p> + +<p class="c top4em">LISTE DES AVIS<br> +<span class="large">DU JOURNAL GÉNÉRAL</span><br> +<span class="small">DE FRANCE</span><br> +<span class="xsmall">OU BUREAU DE RENCONTRE.</span></p> + + +<p><i>Plusieurs personnes viennent au Bureau pour +s’informer de quelle maniere il faut dresser leurs +Mémoires, et d’autres en envoyent qui ne sont pas +assez instructifs ; comme il faudroit bien du temps +pour instruire tous ceux qui y viennent les uns +après les autres, on a jugé à propos pour satisfaire +à ce que plusieurs ont demandé de dresser quelques +articles, et de continuer dans les Listes suivantes, +jusqu’à ce qu’on aye parlé de tous ceux qui peuvent +y estre employez. En voici quelques-uns qui peuvent +servir de Modèles.</i></p> + +<p><i>Si quelqu’un est dans le dessein de vendre une +Terre, voicy comme il en doit dresser le Mémoire.</i></p> + +<p><i>La Terre de … qui est à … lieues de Paris, +et située à … est à vendre. Elle consiste en plusieurs +<span class="pagenum" id="p374">-374-</span> pavillons, ou bien en un corps de logis dans +le fonds de la cour, avec deux ailes ou non sur les +côtez, et contient tant d’appartements, tant de +chambres, tant de greniers, offices, cuisines, caves, +écuries, celliers, colombiers et granges. Il faut +marquer de quoy le tout est couvert, la grandeur de +la court, s’il y a des espaliers autour des murs de +la dite court, si les murs sont percez par des portes +ou balustrades, qui donnent entrée aux jardins. +S’il y a des fleurs, des fruits, des legumes, des jets +d’eaux, des vignes, des bois, des bleds, du S. foin, +et généralement tout ce qui peut faire du revenu ou +servir à l’embellissement ; on doit ajouter si la maison +est en belle veuë, et si la riviere passe auprès, +et à combien de distance ; on ne doit pas oublier s’il +y a des fossez, une basse court, s’il y a quantité de +terres labourables, s’il y a des terres seigneuriales, +si cette terre a droit de haute, basse et moyenne +justice, si la Cure ou quelques autres bénéfices en +dépendent, et tous les autres droits qu’elle peut +avoir, si elle a titre de Baronnie, de Vicomté, ou +autre, si l’on est Seigneur entier d’une ou deux +paroisses, s’il y a des fiefs, s’il y a des estangs, +combien la Terre est affermée, avec ou sans réserve, +si on la veut échanger, si l’on veut toute la somme +en argent comptant, des rentes, ou quelque autre +chose, et quelles seuretez on donnera. On peut faire +un détail à proportion pour les grandes et petites +Maisons de Campagne, et pour les grandes et +petites maisons à vendre ou à loüer à Paris ; On y +peut ajouter les commoditez, les dégagements, les +cheminées et alcôves, avec leurs ornements, les +dorures et peintures, et marquer combien on veut +loüer ou vendre les Maisons, combien elles sont +<span class="pagenum" id="p375">-375-</span> louées, et s’il y a des escaliers separez, et plusieurs +sorties, afin que celui qui se chargera de toute la +Maison puisse connoistre par là s’il en peut facilement +reloüer les Appartements. Comme chaque particulier +sait mieux l’estat de son bien et de ses +affaires que les plus intelligens, ces articles pourront +estre encore mieux dressez sur l’idée que l’on +en donne. Voicy un Model d’un article pour une +charge à vendre.</i></p> + +<p><i>On veut vendre une Charge, il faut marquer si +elle est chez le Roy, ou de judicature, et si elle est +unique à la Cour ou dans son siège ; il faut mettre +si elle est de Paris, ou à combien de Paris, dans +quelle Province, et dans quelle Ville, il faut dire +quels en sont les Privilèges, combien elle a de gages, +si elle a droit de commissions<a id="FNanchor_1141" href="#Footnote_1141" class="fnanchor">[490]</a>, si elle exempte de +Taille et de Tutelle, combien on la veut vendre, et +si l’on veut toute la somme en argent comptant.</i></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1141" href="#FNanchor_1141"><span class="label">[490]</span></a> Privilège très envié, surtout lorsque c’étoit le droit +de <i lang="la" xml:lang="la">committimus</i> au grand sceau, parce qu’il donnoit droit +à ne plaider que devant certains juges, et ainsi à n’évoquer +les causes que là où elles avoient intérêt. Les membres +de l’Académie françoise en jouissoient, ce qui donna occasion +à l’abbé de Villiers d’écrire ces quelques lignes dans +le <small>XXXI</small><sup>e</sup> dialogue de ses <i>Vérités satyriques</i>, p. 266 :</p> + +<p>« <span class="sc">Critas.</span> Je sçai que vous avez des procès…</p> + +<p>« <span class="sc">Protas.</span> Eh bien ! en faut-il davantage pour être de +l’Académie ? Cela me donnera droit de <i lang="la" xml:lang="la">committimus</i> au +grand sceau ; n’est-ce rien pour un homme qui a des +procès ?</p> + +<p>« <span class="sc">Critas.</span> Je n’y faisois pas réflexion, et cette raison ne +m’étoit pas venue dans l’esprit. Rien n’est mieux pensé, +rien n’est mieux imaginé que de se faire de l’Académie +pour plaider à son aise, c’est-à-dire tant qu’on voudra, et +partout où l’on voudra. »</p> +</div> +<p><span class="pagenum" id="p376">-376-</span></p> + +<p class="c xsmall">AVIS.</p> + +<p><i>Comme l’expérience fait voir qu’il y a de l’incommodité +à prendre des Domestiques de la main +de ses amis, que l’on ne peut lorsqu’ils déplaisent +congédier sans les offenser, et qui sont autant +d’Espions domestiques qui leur reportent tout ce qui +se fait chez vous, et en cas de malversation on ne +poursuit pas en justice les Amis qu’on ne fait point +obliger devant notaire ; ces considerations devroient +engager un chacun d’avoir plus volontiers recours +au Bureau, où l’on n’en reçoit aucuns qui n’aient +de bonnes cautions, gens solvables et non attitrez.</i></p> + + +<p class="c"><span class="xsmall">VOICY LE DÉTAIL</span><br> +<i>des domestiques que l’on trouve au Bureau</i>.</p> + +<p class="c">Sçavoir,</p> + +<ul> +<li>Aumôniers.</li> +<li>Precepteurs.</li> +<li>Escuyers.</li> +<li>Maistres d’hostels.</li> +<li>Secrétaires.</li> +<li>Hommes d’affaires.</li> +<li>Receveurs.</li> +<li>Concierges.</li> +<li>Commis.</li> +<li>Hommes de Chambres.</li> +<li>Chasseurs.</li> +<li>Garde-bois.</li> +<li>Cochers.</li> +<li>Portiers.</li> +<li>Laquais.</li> +<li>Postillons.</li> +<li>Palfreniers.</li> +<li>Et autres ayant tous de bons répondants.</li> +</ul> + +<p class="c xsmall">IMMEUBLES.</p> + +<p>On veut vendre une maison à huit lieues +de Paris, size le long de la rivière d’Oize, entre +<span class="pagenum" id="p377">-377-</span> Beaumont<a id="FNanchor_1142" href="#Footnote_1142" class="fnanchor">[491]</a> et l’Isle Adam ; Elle consiste en un +corps de logis et deux Pavillons, dans les quels +il y a plusieurs appartements, salle, chambre, +cabinets, cuisine, office, garde-manger, cave, +greniers, grange, écurie, remise de carrosse, +foulerie, et autres commoditez ; il y a aussi un +Coulombier, qui rapporte en pigeonneaux et en +fumier 100 livres de rente ; il y a des Jardins et +enclos où il y a quantité de bons arbres fruitiers, +on vend pour 200 livres de fruits tous les ans, +on recueille aussi sept à huit cent de bon foin +qui sert dans la maison, on peut aussi faire venir +à Paris ce que l’on veut par la Rivière, qui n’est +qu’a 200 pas de la dite Maison ; on en donnera +une plus ample explication aux personnes qui +voudront l’acheter, et on en fera un prix raisonnable. +<i>Adresse au Bureau.</i></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1142" href="#FNanchor_1142"><span class="label">[491]</span></a> Beaumont-sur-Oise, canton de l’Isle-Adam.</p> +</div> +<p>On veut vendre une Maison size au faubourg +S. Germain, le terrain fait face sur la rue de +Grenelle et sur la rue S. Dominique, d’environ +huit à neuf toises sur 106 à 107 de longueur, +fermé de bons murs dans l’Enclos du Marais ; il +y a plusieurs arbres fruitiers, des espaliers le +long des murs par un treillage d’echalats de +cœur de chesne, avec deux puits, une petite +Maison pour le Jardinier et une petite serre à +costé<a id="FNanchor_1143" href="#Footnote_1143" class="fnanchor">[492]</a>. Plus, un corps de logis bati en pavillon +<span class="pagenum" id="p378">-378-</span> de trois estages en carrez ; dans chaque estage +il y a plusieurs chambres, cabinets, galletas, +cuisine, cave, et autres commoditez, la dite +maison est en bon estat ; on en donnera une +plus ample explication aux Personnes qui la +voudront acheter, et on en fera un prix raisonnable. +<i>Adresse au Bureau.</i></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1143" href="#FNanchor_1143"><span class="label">[492]</span></a> On voit qu’une maison au faubourg Saint-Germain, +rue de Grenelle, étoit en 1693 une véritable habitation champêtre. +On peut se le figurer encore mieux par la gravure +qu’a donnée Israël Sylvestre de la maison du président Le +Coigneux, — aujourd’hui Ministère de l’Instruction publique, — avec +son entourage de terrains vagues et ses vastes +jardins, au milieu desquels le pavillon « de structure +solide », dit Brice, se dressoit comme en pleine campagne. +C’est du reste, selon Tallemant, ce qu’avoit voulu le président. +« Il alla, dit-il, bastir une grande maison au bout +du Pré-aux-Clercs, pour avoir un grand jardin où se promener, +comme on lui avoit ordonné de respirer l’air tout +à son aise. » Auprès, sur l’emplacement occupé aujourd’hui +par la mairie du VII<sup>e</sup> arrondissement, un ancien +premier commis de M. de Lionne, nommé Thoinier, avoit une +maison du même genre et des jardins que M. Le Coigneux +auroit bien voulu joindre aux siens. Il ne put jamais l’obtenir +de son voisin à cause d’une magnifique treille qui +lui donnoit le meilleur muscat de Paris : « Il me disoit là-dessus, +dit le faux Vigneul-Marville, que M. Le Coigneux +étoit le seul qui ne trouvoit pas bon ce muscat. » <i>Mélanges</i>, +t. I, p. 265.</p> +</div> +<p>On veut vendre une grande Maison size a +Boissy S. Leger<a id="FNanchor_1144" href="#Footnote_1144" class="fnanchor">[493]</a>, près Creteil, a trois lieues +de Paris, consistant par bas en grandes caves, +offices, salle, fournil, plusieurs belles chambres +et cabinets, et dans la plus belle veue qu’on +puisse voir, de beaux greniers et chambres pour +les Domestiques, grande cour verte entourée +d’un très beau espalier de Peschers et d’Abricotiers, +écurie à mettre quinze chevaux, une petite +court basse ; le tout attenant est un logement +entier pour un Jardinier et un Vigneron dépendant +de la susdite Maison, beau jardin en terrasse, +<span class="pagenum" id="p379">-379-</span> au bas du quel il y a un petit bois de haute-fustaye +rempli d’allées couvertes, on entre de plein +pied du jardin dans une grande galerie peinte, +qui donne en perspective au bois, et de la +galerie on entre dans les chambres vis à vis la +dite maison. Il y a un Enclos de 25 à 30 arpens +de Terre, dont il y en a trois plantez en vignes +qui sont en leurs cinquièmes feüilles, des Terres +labourables et le reste en foin, le tout garny de +beaux Espaliers de fruits à noyaux et poiriers, +enclos de murs et de hayes vives ; il y a aussi +un fief qui a 60 arpens d’etenduë sur quoy l’on +dixme<a id="FNanchor_1145" href="#Footnote_1145" class="fnanchor">[494]</a>, et haute, moyenne et basse justice ; le +tout est à vendre, a loüer ou a échanger. <i>Adresse +au Bureau.</i></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1144" href="#FNanchor_1144"><span class="label">[493]</span></a> On sait que c’est aujourd’hui un chef-lieu de canton +de l’arrondissement de Corbeil.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1145" href="#FNanchor_1145"><span class="label">[494]</span></a> On prend la dîme.</p> +</div> +<p>On veut vendre une grande Maison size ruë +de Vaugirard, elle est composée d’une grande +court, deux remises de carrosse, deux écuries +dans les quelles il tient beaucoup de chevaux, +un grand jardin de six arpens, un appartement +bas, deux autres grands appartements et quantité +d’autres chambres pour des Domestiques, +de grandes caves, des cuisines et offices, et une +belle chapelle ; elle est de 2500 livres de loyer. +<i>Adresse au Bureau.</i></p> + +<p>On veut vendre une Maison size dans la rue +des Prescheurs, où a logé en dernier lieu Monsieur +Gelée<a id="FNanchor_1146" href="#Footnote_1146" class="fnanchor">[495]</a> ; la dite maison est à porte cochere, +<span class="pagenum" id="p380">-380-</span> bien batie de pierres de taille, la court est +commune avec une autre Maison qui perce dans +la rue de la Champverrerie, salle, cuisine en bas, +petite écurie, remise sous la porte cochere, trois +estages l’un sur l’autre, et grenier au dessus +chaque estage, composé de chambres, antichambres, +cabinets, et deux autres petites chambres, +le tout de plain pied ; le premier et second +estage ayant les principales chambres peintes, +dorées et parquetées, belles cheminées, et plusieurs +tableaux non communs ; il y a trois cheminées +à chaque estage, de belles et grandes +caves, et doubles caves. La dite Maison est +louée 900 livres par le dernier bail. Ceux qui la +voudront voir trouveront des personnes qui +montreront les Appartemens. Il faut s’adresser +pour le prix à Monsieur de la Ville-Dieu, qui +loge rue Traversine, dans la Maison de Madame +Francine<a id="FNanchor_1147" href="#Footnote_1147" class="fnanchor">[496]</a>, on en fera un prix raisonnable.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1146" href="#FNanchor_1146"><span class="label">[495]</span></a> V. sur ce parent du poète Regnard, t. I, p. 295, +note 3. Son adresse y est donnée rue de la Chanvrerie, +mais on voit que la maison indiquée ici, ayant une cour +commune et deux entrées, appartenoit à cette rue aussi +bien qu’à celle des Prescheurs.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1147" href="#FNanchor_1147"><span class="label">[496]</span></a> Veuve de Francine, ou plutôt Francini, car il étoit +Italien, « intendant des eaux et fontaines des maisons +royales et entrepreneur privilégié des chaises roulantes ». +Mêlé à toutes sortes d’affaires, comme le fut plus encore +son fils, gendre de Lulli, et, après lui, directeur de l’Opéra, +Francine avoit fait bâtir, tout des premiers, sur les terrains +de la butte Saint-Roch, lorsqu’on l’eut aplanie. D’après +un manuscrit en notre possession, il avoit été propriétaire +de quatre maisons dans la rue Traversine ou Traversière, +indiquée ici, et appelée rue Molière aujourd’hui. A sa mort, +comme on le voit, il en étoit resté une à sa veuve, qui +sans doute y logeoit.</p> +</div> +<p>On veut vendre une charge d’avocat au Conseil, +la Personne qui s’en veut défaire en fera +un prix raisonnable, et mesme la donnera a +crédit, pourvû qu’on luy donne des seuretez +<span class="pagenum" id="p381">-381-</span> bonnes et solvables. Il prendra en payement des +billets sur des officiers et autres personnes pourvu +qu’ils soient en estat de payer, et autres accommodements. +<i>Adresse au Bureau.</i></p> + +<p>On veut vendre une Maison size au village +de Cüeilly près Champigny sur Marne, à trois +lieües de Paris, consistant en un grand Corps +de logis, chambres, antichambre, cabinets, +court, jardin, un demy arpent de vignes donné +à loyer pour la somme de quarante escus par +an. <i>Adresse au Bureau.</i></p> + +<p>On veut vendre une grande Maison à petit +Champ, paroisse S. Medard, fauxbourg S. Marceau<a id="FNanchor_1148" href="#Footnote_1148" class="fnanchor">[497]</a>, +consistant en six boutiques, caves, jardin, +deux petites salles, huit chambres à cheminées +à chaque Estage, y ayant trois Estages et quatre +greniers au dessus, l’Escalier au milieu, y ayant +des corridors pour aller aux dites chambres, +estant toutes séparées.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1148" href="#FNanchor_1148"><span class="label">[497]</span></a> Le <i>Petit champ</i> du faubourg Saint-Marcel, qui devint +au siècle dernier le <i>Champ d’Albiac</i>, du nom de son propriétaire, +se trouvoit à peu de distance de la rue de <i>l’Épée +de bois</i>, qui pour cette raison est appelée sur d’anciens +plans rue du <i>Petit-Champ</i>.</p> +</div> +<p>Plus, une autre petite Maison au coin du dit +jardin, consistant aussi à trois Estages, deux +chambres et cabinets à chaque Estage, grenier +au dessus, avec deux salles basses, et deux caves, +le tout à vendre. On les donnera à 18,000 livres, +mesme quand on n’auroit pas toute la Somme, +on ne laissera pas de s’accommoder. <i>Adresse au +Bureau.</i></p> + +<p>On veut vendre un Office de Changeur d’Especes +d’or et d’argent de la Ville de Paris, avec +<span class="pagenum" id="p382">-382-</span> faculté d’exercer la Banque à vendre ; Elle est à +present d’un Exercice continuel de grand rapport, +elle est propre à tous banquiers, caissiers +et de finances ; l’on en sçaura le prix et condition +qui sont faciles et raisonnables. <i>Adresse au +Bureau.</i></p> + + +<p class="c xsmall">MEUBLES.</p> + +<p>2. On veut vendre un petit Cabinet, dans +lequel il y a cinq cents médailles d’argent, toutes +pièces antiques et fort curieuses<a id="FNanchor_1149" href="#Footnote_1149" class="fnanchor">[498]</a>, on le fait cinq +cents Escus. <i>Adresse au Bureau.</i></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1149" href="#FNanchor_1149"><span class="label">[498]</span></a> Pour le goût des médailles, qui étoit alors un des +plus répandus, v. t. I, p. 221, 223, 225, 227, 228, 229, 230.</p> +</div> +<p>On veut vendre un carrosse coupé presque +tout neuf, garni d’un veloux vert plein, trois +belles glaces, une devant, et une à chaque costé, +avec un trapontin<a id="FNanchor_1150" href="#Footnote_1150" class="fnanchor">[499]</a> ; on veut aussi vendre les +chevaux, ils sont entiers, noirs, à courte queue, +âgez de cinq à six ans, et de bonne taille, avec +les harnois, le tout en bon estat n’ayant qu’à +monter dedans ; on fait les chevaux et le carrosse +1300 livres. <i>Adresse au Bureau.</i></p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1150" href="#FNanchor_1150"><span class="label">[499]</span></a> Lisez <i>strapontin</i>, mot que l’on croiroit beaucoup plus +moderne, mais qui se trouve déjà dans les <i>Caractères</i> avec +le sens qu’il a ici. V. <i>La Comédie de La Bruyère</i>, 2<sup>e</sup> édit., +1872, in-18, t. I, p. 87.</p> +</div> + +<p class="c"><i>Demandes.</i></p> + +<p>3. On demande une Maison à acheter du prix +de dix ou douze mille livres, à deux ou trois +lieues de Paris, on n’est point attaché en quel +endroit elle soit, pourvu qu’elle soit jolie et en +<span class="pagenum" id="p383">-383-</span> bon estat ; on veut un jardin, des écuries, remise +de carrosse, greniers et basse court ; on ne se +soucie pas qu’elle soit en fief ou en roture. <i>Adresse +au Bureau.</i></p> + +<p>On demande une belle housse avec sa garniture, +une douzaine de chaises, et six fauteüils +avec des housses, et que les bois soient à la +mode ; une autre douzaine de chaises de tapisserie +propres à mettre dans une salle, on ne se +soucie pas qu’elles soient tout à fait à la mode ; +un miroir de glace de moyenne grandeur. <i>Adresse +au Bureau.</i></p> + +<p>On demande six chevaux pour labourer et +mettre à la charrette, on les veut d’hazard de +quelque personne qui vienne de campagne, afin +qu’ils soient tous dressez, on y mettra jusqu’à +mil ou douze cens livres ; on demande aussi leurs +équipages, qu’on paiera comptant. <i>Adresse au +Bureau.</i></p> + +<p>On donne avis à ceux qui cherchent une Personne +qui sache les Langues pour les accompagner +dans leurs voyages aux Païs estrangers, +qu’il y en a un qui s’offre en quelque qualité que +l’on voudra. C’est un homme de 40 à 42 ans, +bien fait de sa personne, honneste homme de +Profession, qui en donnera des preuves suffisantes +aux personnes qui luy feront l’honneur +de le vouloir employer. <i>Adresse au Bureau.</i></p> + +<p>On demande un manteau de camelot gris +d’azard, et qu’il y aye un petit galon d’or, et +qui soit propre. <i>Adresse au Bureau.</i></p> + +<p>On demande une armoire de bois de noyer +propre et faite à la mode, avec une belle ferrure. +<i>Adresse au Bureau.</i></p> + +<p><span class="pagenum" id="p384">-384-</span> On demande un colier de perles entrenet +d’une belle eau ; on le veut du prix de cinquante +escus ou deux cents francs. <i>Adresse au +Bureau.</i></p> + +<p>On veut vendre une Croix de Diamans, composée +de sept diamans avec son coulant, les +Diamans sont fort nets et fort beaux, bien mis +en œuvre. Elle a coûté trente louis d’or, on la +donnera pour un prix raisonnable. <i>Adresse au +Bureau.</i></p> + +<p>Il y a un carrosse coupé tenant quatre ou cinq +personnes à l’aise, garni de Damas cramoisi, +trois glaces, une devant et une à chaque portiere, +bien suspendu le train et les roues, le tout en +bon estat, sans harnois de chevaux, environ de +quatre cents livres. Il y a aussi un cheval pour +Mousquetaire, propre à deux mains. <i>Adresse au +Bureau.</i></p> + +<hr> + + +<p><i>L’adresse pour ecrire est à M<sup>r</sup> du Manuel M<sup>e</sup> du +Bureau d’adresse et de rencontre où l’on recevra +tous les jours des Avis. Il faut acquitter le port +des Lettres.</i></p> + +<p><i>On prie qu’on dise le dernier mot des choses dont +on se veut défaire. On les vendroit plus aisément, +par ce que ceux qui le souhaitent estant souvent +étonnez du prix, ne les vont pas voir.</i></p> + +<p><i>Quoy que la pluspart de ceux qui font des +Demandes au Public par les Listes qui se distribuent +tous les Mercredys, laissent leur adresse, ils sont +avertis de passer souvent au Bureau, pour y estre +instruits de ce qui s’y passera, sur les avis qu’ils +auront donnez.</i></p> + +<p class="c">Chaque Journal se vendra trois sols.</p> + +<p><span class="pagenum" id="p385">-385-</span> <i>Le Bureau pour recevoir les avis est au Marché-Neuf, +chez un serrurier, attenant la Bariere des +Sergents. Le Tableau où est le Privilege du Roy</i> +sert d’enseigne.</p> + +<p class="c xsmall">AVEC PERMISSION.</p> + + +<p class="c gap xsmall">FIN DES APPENDICES.</p> + +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p387">-387-</span></p> + +<h2 class="nobreak" id="c51">TABLE ALPHABÉTIQUE<br> +<span class="xsmall">DES PRINCIPALES</span><br> +<span class="small">MATIÈRES CONTENUES EN CET OUVRAGE<a id="FNanchor_1151" href="#Footnote_1151" class="fnanchor">[500]</a>.</span></h2> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1151" href="#FNanchor_1151"><span class="label">[500]</span></a> Afin de continuer à reproduire aussi exactement que +possible le livre de Blegny, nous nous sommes conformé +pour cette table, comme disposition, texte et orthographe, +à celle qu’il a donnée dans sa première édition et qui — nous +ignorons pourquoi — ne se retrouve pas dans la +seconde. Nous nous sommes contenté d’y faire les additions +nécessaires.</p> +</div> + +<p class="c">A.</p> + +<p class="drap">Abrégé de la science des temps, II, <a href="#p205">205</a>.</p> + +<p class="drap">Académies, I, 120.</p> + +<p class="drap">Académie de découvertes, I, xlv, xlix, 9.</p> + +<p class="drap">Académie Françoise (Listes de 1676 et 1705), II, <a href="#p275">275</a>, <a href="#p289">289</a>.</p> + +<p class="drap">Accouchements, I, 159 et II, <a href="#p69">69</a>.</p> + +<p class="drap">Adresses casuelles de la ville de Paris, I, xlij.</p> + +<p class="drap">Affaires ecclésiastiques, I, 15.</p> + +<p class="drap">Adresses recouvertes après l’impression, II, <a href="#p68">68</a>.</p> + +<p class="drap">Adresses diverses, II, <a href="#p73">73</a>.</p> + +<p class="drap">Adresses (autres) nouvellement recouvertes, II, <a href="#p177">177</a>.</p> + +<p class="drap">Affiches, I, vj, xxxij, xxxiv ; II, <a href="#p345">345</a>, <a href="#p357">357</a>.</p> + +<p class="drap">Affiches (petites), I, 10.</p> + +<p class="drap">Afficheurs, II, <a href="#p75">75</a>.</p> + +<p class="drap">Agneaux, I, 292.</p> + +<p class="drap">Aiguilles, II, <a href="#p24">24</a>.</p> + +<p class="drap">Alimens, I, 289.</p> + +<p class="drap">Almanachs, I, 193 ; II, <a href="#p190">190</a>.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p388">-388-</span> Almanach spirituel, I, 26.</p> + +<p class="drap">Amirauté, I, 70.</p> + +<p class="drap">Andouilles, I, 293-294.</p> + +<p class="drap">Anchois, I, 302-303.</p> + +<p class="drap">Animaux, I, 289. (Chair et poisson.)</p> + +<p class="drap">Apoticaires, II, <a href="#p69">69</a>.</p> + +<p class="drap">Architecture et Maçonnerie, II, <a href="#p102">102</a>.</p> + +<p class="drap">Arcs de carosses, I, 47, 267.</p> + +<p class="drap">Ardoises, II, <a href="#p118">118</a>.</p> + +<p class="drap">Argenteurs, I, 287.</p> + +<p class="drap">Armes et Bagages de guerre et de chasse, I, 261.</p> + +<p class="drap">Armoires, II, <a href="#p344">344</a>.</p> + +<p class="drap">Asnes, I, 264.</p> + +<p class="drap">Auberges (tables d’Auberges) et Hostels garnis, I, 316.</p> + +<p class="drap">Avis du Bureau d’adresse (Liste des), II, <a href="#p302">302</a>.</p> + +<p class="drap">Avis généraux, II, <a href="#p341">341</a>.</p> + +<p class="drap">Avis du journal général de France (Liste des), II, <a href="#p373">373</a>.</p> + + +<p class="c">B.</p> + +<p class="drap">Bailliage du Palais, I, 77.</p> + +<p class="drap">— du Temple, I, 86.</p> + +<p class="drap">— de Saint-Jean de Latran, I, 86.</p> + +<p class="drap">Bains et Etuves, I, 182.</p> + +<p class="drap">Balliveaux, II, <a href="#p122">122</a>.</p> + +<p class="drap">Bandages, I, 13.</p> + +<p class="drap">Banquiers, I, 117.</p> + +<p class="drap">Banquiers expéditionnaires en cour de Rome, I, 18 et II, <a href="#p68">68</a>.</p> + +<p class="drap">Baromètres, I, 242.</p> + +<p class="drap">Bas, II, <a href="#p30">30</a>.</p> + +<p class="drap">Bateaux (gardes), I, 111.</p> + +<p class="drap">Bateurs d’or, II, <a href="#p46">46</a>.</p> + +<p class="drap">Bâtimens du Roy, II, <a href="#p87">87</a>.</p> + +<p class="drap">Bénéfices et Bénéficiers, I, 19.</p> + +<p class="drap">Bêtes azines, I, 264.</p> + +<p class="drap">Beurre (Marchandises de), œufs, fromages et légumes, I, 296.</p> + +<p class="drap">Bible polyglotte, II, <a href="#p319">319</a>.</p> + +<p class="drap">Bibliothèques, I, 129.</p> + +<p class="drap">Bijouteries, I, 237.</p> + +<p class="drap">Bijouterie de cire, II, <a href="#p68">68</a>.</p> + +<p class="drap">Billards, I, 274.</p> + +<p class="drap">Biscuits, I, 301.</p> + +<p class="drap">Boëtes d’Allemagne, II, <a href="#p23">23</a>.</p> + +<p class="drap">Bœufs, I, 291.</p> + +<p class="drap">Bois de taillis à vendre, II, <a href="#p338">338</a>.</p> + +<p class="drap">Bonneterie (Ouvrage et Commerce de), II, <a href="#p28">28</a>.</p> + +<p class="drap">Bonnets carrés, II, <a href="#p75">75</a>.</p> + +<p class="drap">Bottes, II, <a href="#p65">65</a>.</p> + +<p class="drap">Bouchons de liège, II, 7.</p> + +<p class="drap">Boucles d’oreilles, II, <a href="#p317">317</a>.</p> + +<p class="drap">Boulangers, I, 306.</p> + +<p class="drap">Boules à jouer, I, 274.</p> + +<p class="drap">Bois à brûler, II, <a href="#p8">8</a>.</p> + +<p class="drap">— à bâtir.</p> + +<p class="drap">Boudin blanc, I, 294.</p> + +<p class="drap">Bouquetières, I, 165.</p> + +<p class="drap">Bouteilles de poche, II, <a href="#p42">42</a>.</p> + +<p class="drap">Brefs et Bréviaires, I, 192.</p> + +<p class="drap">Bureau d’Adresses (Listes générales du), II, <a href="#p332">332</a>-346, <a href="#p356">356</a>, <a href="#p364">364</a>.</p> + +<p class="drap">Bureau des Indes Orientales et Occidentales, I, 108-109.</p> + +<p class="drap">Bureau d’adresses ou de rencontre, I, xx, xxiv et II, <a href="#p302">302</a>.</p> + +<p class="drap">Bureau des Merciers, II, 18.</p> + +<p class="drap">Bureaux publics, I, 106.</p> + +<p class="drap">Buscs et bois d’Evantails, II, <a href="#p24">24</a>.</p> + + +<p class="c">C.</p> + +<p class="drap">Cabarets. V. <i><a href="#traiteurs">Traiteurs</a></i>.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p389">-389-</span> Cabinets d’ébeine, II, <a href="#p353">353</a>, <a href="#p382">382</a>.</p> + +<p class="drap">Cabinets, I, xxxiv.</p> + +<p class="drap">Café et cacao, I, 303.</p> + +<p class="drap">Caffé et chocolat, I, 303.</p> + +<p class="drap">Caisses de jardin, I, 282.</p> + +<p class="drap">Calçons et chaussons de chamois, II, <a href="#p37">37</a>.</p> + +<p class="drap">Calendrier, II, <a href="#p218">218</a>.</p> + +<p class="drap">Calottes, II, <a href="#p75">75</a>.</p> + +<p class="drap">Cancers, I, 170.</p> + +<p class="drap">Canepin, II, <a href="#p75">75</a>.</p> + +<p class="drap">Canifs, II, <a href="#p48">48</a>.</p> + +<p class="drap">Caractères d’imprimerie, I, 194.</p> + +<p class="drap">Caractères des signes et planètes, II, <a href="#p200">200</a>.</p> + +<p class="drap">Carrafons, I, 303.</p> + +<p class="drap">Carrières, II, <a href="#p112">112</a>, <a href="#p113">113</a>.</p> + +<p class="drap">Carosses de louage, remises, I, 266.</p> + +<p class="drap">Carosses de route, II, <a href="#p160">160</a>.</p> + +<p class="drap">Carrosses à vendre, II, <a href="#p323">323</a>, <a href="#p325">325</a>, <a href="#p348">348</a>, <a href="#p359">359</a>, <a href="#p367">367</a>.</p> + +<p class="drap">Cartes à jouer, I, 274.</p> + +<p class="drap">Carte généalogique de France, II, <a href="#p322">322</a>.</p> + +<p class="drap">Cartons, II, <a href="#p27">27</a>.</p> + +<p class="drap">Cassolettes philosophiques, I, 243 et II, <a href="#p35">35</a>.</p> + +<p class="drap">Catherinettes, I, x, xij.</p> + +<p class="drap">Cerisaies à Montmorency, II, <a href="#p311">311</a>.</p> + +<p class="drap">Chair et poisson, I, 289.</p> + +<p class="drap">Chaircutiers, I, 293.</p> + +<p class="drap">Chaises de moquette, II, <a href="#p315">315</a>, <a href="#p353">353</a>.</p> + +<p class="drap">Chaises de porteur, II, <a href="#p339">339</a>.</p> + +<p class="drap">Chaises roulantes, II, <a href="#p317">317</a>, <a href="#p333">333</a>, <a href="#p366">366</a>.</p> + +<p class="drap">Chaisnetiers, I, 296.</p> + +<p class="drap">Chambre des comptes, I, 64.</p> + +<p class="drap">Chambre souveraine des décimes, I, 85.</p> + +<p class="drap">Chambre du Trésor, I, 75.</p> + +<p class="drap">Chancellerie, I, 146 ; II, <a href="#p348">348</a>.</p> + +<p class="drap">Changements, I, 79.</p> + +<p class="drap">Chapeaux (Commerce de), II, <a href="#p38">38</a>, <a href="#p63">63</a>.</p> + +<p class="drap">Chapeaux à vendre, II, <a href="#p320">320</a>.</p> + +<p class="drap">Charbon de terre, charbon de bois, II, 9.</p> + +<p class="drap">Charges à vendre, II, <a href="#p310">310</a>, <a href="#p338">338</a>, <a href="#p347">347</a>, <a href="#p348">348</a>, <a href="#p350">350</a>, <a href="#p352">352</a>, <a href="#p359">359</a>, <a href="#p362">362</a>, <a href="#p366">366</a>.</p> + +<p class="drap">Charrettes de routes, I, 263 ; II, <a href="#p174">174</a>.</p> + +<p class="drap">Charité (directrices de), I, 23.</p> + +<p class="drap">Châtelet, I, 70.</p> + +<p class="drap">Chaux, II, <a href="#p105">105</a>.</p> + +<p class="drap">Chevaux et équipages, I, 264.</p> + +<p class="drap">Chevaux à vendre, II, <a href="#p317">317</a>, <a href="#p319">319</a>, <a href="#p321">321</a>, <a href="#p323">323</a>, <a href="#p327">327</a>, <a href="#p333">333</a>, +<a href="#p347">347</a>, <a href="#p353">353</a>, <a href="#p359">359</a>, <a href="#p360">360</a>, <a href="#p367">367</a>.</p> + +<p class="drap">Cheveux (Ouvrages et Marchandises de), II, <a href="#p39">39</a>.</p> + +<p class="drap">Chiens, I, 273.</p> + +<p class="drap">Chinoiseries, V. <i><a href="#lachinage">Lachinage</a></i>.</p> + +<p class="drap">Chirurgiens, II, <a href="#p68">68</a>.</p> + +<p class="drap">Choses diverses à vendre, II, <a href="#p316">316</a>.</p> + +<p class="drap">Cicle solaire, II, <a href="#p211">211</a>.</p> + +<p class="drap">Ciment, II, <a href="#p105">105</a>.</p> + +<p class="drap">Cireure (cirage) de cordonniers, II, <a href="#p67">67</a>.</p> + +<p class="drap">Citrons, I, 302.</p> + +<p class="drap">Clavecins, I, 205 ; II, <a href="#p72">72</a>.</p> + +<p class="drap">Clouds, II, <a href="#p137">137</a>.</p> + +<p class="drap">Coches par terre et par eaux, II, <a href="#p172">172</a>.</p> + +<p class="drap">Cochons, I, 292.</p> + +<p class="drap">Coffres, I, 239.</p> + +<p class="drap">Coiffeuses, I, 271 ; II, <a href="#p41">41</a>, <a href="#p73">73</a>.</p> + +<p class="drap">Collèges, I, 138.</p> + +<p class="drap">Colliers de perles à vendre, II, <a href="#p319">319</a>, <a href="#p322">322</a>, <a href="#p361">361</a>.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p390">-390-</span> Commerce des Ouvrages +d’or, d’argent, de pierreries, +de perles, I, 244.</p> + +<p class="drap"><i lang="la" xml:lang="la">Committimus</i> (droit de), II, <a href="#p375">375</a>.</p> + +<p class="drap">Conférences, I, 127 ; II, <a href="#p86">86</a>.</p> + +<p class="drap">Connétablie, I, 75.</p> + +<p class="drap">Confiseurs, I, 300.</p> + +<p class="drap">Confituriers I, xxxiij.</p> + +<p class="drap">Conseils du Roi et Chancellerie, I, 46.</p> + +<p class="drap">Conserves balsamiques, I, 170.</p> + +<p class="drap">Consuls, I, 76.</p> + +<p class="drap">Consultations chirurgicales, I, 158.</p> + +<p class="drap">Consultations médicinales, I, 151 ; II, <a href="#p77">77</a>.</p> + +<p class="drap">Contraintes judiciaires, I, 100 ; II, <a href="#p343">343</a>.</p> + +<p class="drap">Coquillages, I, 236.</p> + +<p class="drap">Cordes à instruments, I, 215.</p> + +<p class="drap">Cordonnerie (Ouvrages et Marchandises de), II, <a href="#p65">65</a>.</p> + +<p class="drap">Courriers, II, <a href="#p249">249</a>.</p> + +<p class="drap">Cours des Aides, I, 63 ; II, <a href="#p78">78</a>.</p> + +<p class="drap">Cours des Monnoyes, I, 69.</p> + +<p class="drap">Courtiers, Couratiers, I, xij, 10.</p> + +<p class="drap">Couteliers, Couteaux, II, <a href="#p47">47</a>.</p> + +<p class="drap">Craquelins, Biscuits, Macarons, etc., I, 301.</p> + +<p class="drap">Crêpes et Crêpons, II, <a href="#p13">13</a>.</p> + +<p class="drap">Creusets, II, <a href="#p75">75</a>.</p> + +<p class="drap">Cristal minéral, I, 175.</p> + +<p class="drap">Cuirs et vendeurs de cuirs, II, <a href="#p86">86</a>.</p> + +<p class="drap">Cuivre, II, <a href="#p46">46</a>.</p> + +<p class="drap">Curé d’Evry, empirique, I, 156.</p> + +<p class="drap">Curieuses (Dames), I, 231.</p> + +<p class="drap">Curieux (Fameux) des Ouvrages magnifiques, I, 216.</p> + +<p class="drap">Curiosités (Commerce de) et de bijouterie, I, 236.</p> + + +<p class="c">D.</p> + +<p class="drap">Damasquinerie, I, 240.</p> + +<p class="drap">Danse, I, 124, 126.</p> + +<p class="drap">Déclarations du Roy, I, 190.</p> + +<p class="drap">Découpeurs, I, 62.</p> + +<p class="drap">Demandes pour acheter, II, <a href="#p327">327</a>, <a href="#p340">340</a>, <a href="#p354">354</a>, <a href="#p368">368</a>, <a href="#p382">382</a>.</p> + +<p class="drap">Dents malades, I, 170-172 ; II, <a href="#p178">178</a>.</p> + +<p class="drap">Dentelles, Points, Boutons, Galons d’or, II, <a href="#p16">16</a>-17.</p> + +<p class="drap">Département des courriers, II, <a href="#p249">249</a>.</p> + +<p class="drap">Descentes (Bandages), I, 12, 173 et II, <a href="#p85">85</a>.</p> + +<p class="drap">Diamants du Temple, I, 248 ; II, <a href="#p316">316</a>.</p> + +<p class="drap">Diamants à vendre, II, <a href="#p322">322</a>.</p> + +<p class="drap">Docteurs et Licentiez en droit, I, 87.</p> + +<p class="drap">Domestiques, I, vj ; II, <a href="#p49">49</a>, <a href="#p344">344</a>, <a href="#p358">358</a>, <a href="#p376">376</a>.</p> + +<p class="drap">Doreurs, Argenteurs, I, 287.</p> + +<p class="drap">Draperies, II, <a href="#p11">11</a>, <a href="#p314">314</a>.</p> + +<p class="drap">Drogueries, I, 165.</p> + +<p class="drap">Drogueries chimiques, I, 175.</p> + +<p class="drap">Drogueries étrangères et de Montpellier, I, 175.</p> + +<p class="drap">Durée des jours et des nuits, II, <a href="#p242">242</a>.</p> + + +<p class="c">E.</p> + +<p class="drap">Eau catholique de Paracelse, II, <a href="#p320">320</a>-321.</p> + +<p class="drap">Eau de Cordoue, I, 172 ; II, <a href="#p34">34</a>.</p> + +<p class="drap">Eaux distillées, I, 175.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p391">-391-</span> Eaux et forêts, I, 76.</p> + +<p class="drap">Eau histerique, I, 172.</p> + +<p class="drap">Eau rouge de la reine d’Hongrie, I, 172.</p> + +<p class="drap">Eaux minérales, I, 175.</p> + +<p class="drap">Eaux de vie, I, 176.</p> + +<p class="drap">Echets, I, 274.</p> + +<p class="drap">Ecoles (petites), I, 18.</p> + +<p class="drap">Ecole médicinale, I, 141.</p> + +<p class="drap">Ecrans, II, <a href="#p22">22</a>.</p> + +<p class="drap">Eclipses, II, <a href="#p242">242</a>.</p> + +<p class="drap">Ecritoires, II, <a href="#p27">27</a>.</p> + +<p class="drap">Ecrivains jurés, I, 249 ; II, <a href="#p53">53</a>.</p> + +<p class="drap">Edits et déclarations du Roy, I, 190.</p> + +<p class="drap">Eolipiles, II, <a href="#p324">324</a>.</p> + +<p class="drap">Eguilles et Epingles, II, <a href="#p24">24</a>.</p> + +<p class="drap">Election, I, 77.</p> + +<p class="drap">Emailleurs, I, 242.</p> + +<p class="drap">Emplâtre de la manufacture royale, I, 13.</p> + +<p class="drap">Epacte et Lunaisons, II, <a href="#p213">213</a>.</p> + +<p class="drap">Epiciers, I, xxxiij, 302 ; II, <a href="#p5">5</a>-6.</p> + +<p class="drap">Epiceries et autres denrées domestiques, II, <a href="#p5">5</a>.</p> + +<p class="drap">Essences de Rome et de Gènes, II, <a href="#p33">33</a>.</p> + +<p class="drap">Essence végétale, I, 14, 172.</p> + +<p class="drap">Estampes et tableaux, I, 239.</p> + +<p class="drap">Etoffes à meubler, I, 284.</p> + +<p class="drap">Etoffes indiennes, II, <a href="#p13">13</a>.</p> + +<p class="drap">Etoffes d’Italie, II, <a href="#p13">13</a>.</p> + +<p class="drap">Etoffes de soie d’or et d’argent, I, 272 et II, <a href="#p13">13</a>.</p> + +<p class="drap">Etoffes de l’Apport-Paris, II, <a href="#p339">339</a>.</p> + +<p class="drap">Etuves ordinaires, I, 182.</p> + +<p class="drap">Evantails, II, <a href="#p20">20</a>.</p> + +<p class="drap">Exercices (Nobles) pour la belle éducation, I, 253.</p> + +<p class="drap">Exercices de piété, I, 21.</p> + +<p class="drap">Experts Ecrivains, II, <a href="#p53">53</a>.</p> + +<p class="drap">— Arithméticiens, II, <a href="#p54">54</a>.</p> + +<p class="drap">— Maçons, Charpentiers, II, <a href="#p54">54</a>.</p> + +<p class="drap">— Couvreurs, II, <a href="#p54">54</a>.</p> + +<p class="drap">— Généalogistes, II, <a href="#p53">53</a>.</p> + + +<p class="c">F.</p> + +<p class="drap">Fabrique des Monnoyes, II, <a href="#p245">245</a>.</p> + +<p class="drap">Fayences, I, 283 ; II, <a href="#p43">43</a>.</p> + +<p class="drap">Fer (Ouvrages et Marchandises de), II, <a href="#p129">129</a>.</p> + +<p class="drap">Fer blanc, II, <a href="#p46">46</a>, <a href="#p131">131</a>.</p> + +<p class="drap">Fermiers généraux, I, 28, 32 ; II, <a href="#p79">79</a>.</p> + +<p class="drap">Ferme à vendre, II, <a href="#p313">313</a>.</p> + +<p class="drap">Ferrailles, II, <a href="#p129">129</a>.</p> + +<p class="drap">Fêtes mobiles, II, <a href="#p217">217</a>.</p> + +<p class="drap">Feux d’artifices, I, 272.</p> + +<p class="drap">Figures de plâtre bronzées, I, 241.</p> + +<p class="drap">Fileurs d’or, II, <a href="#p46">46</a>.</p> + +<p class="drap">Finances royales, I, 26, 33.</p> + +<p class="drap">Flûtes et Flageollets, I, 212.</p> + +<p class="drap">Foires (Etat des plus considérables), II, <a href="#p266">266</a>.</p> + +<p class="drap">Fontainiers, II, <a href="#p155">155</a>.</p> + +<p class="drap">Fourneaux, II, <a href="#p75">75</a>.</p> + +<p class="drap">Fourrures, II, <a href="#p35">35</a>, <a href="#p38">38</a>.</p> + +<p class="drap">Frère Ange, empirique, I, 157.</p> + +<p class="drap">Frères cordonniers, II, <a href="#p67">67</a>, <a href="#p322">322</a>.</p> + +<p class="drap">Frères tailleurs, II, <a href="#p61">61</a>.</p> + +<p class="drap">Friperie, II, <a href="#p60">60</a>.</p> + +<p class="drap">Fromages, I, 297.</p> + +<p class="drap">Fruiterie (offices de), I, 300.</p> + +<p class="drap">Fruits secs I, 302.</p> + + +<p class="c">G.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p392">-392-</span> Gants (marchandises des gantiers et parfumeurs), II, <a href="#p31">31</a>.</p> + +<p class="drap">Garçons de métier, II, <a href="#p50">50</a>.</p> + +<p class="drap">Garçons de cuisine et de cabaret, II, <a href="#p49">49</a>.</p> + +<p class="drap">Garnitures de rubans, II, <a href="#p24">24</a>.</p> + +<p class="drap">Gazettes, I, xvij, xxix, 193.</p> + +<p class="drap">Généalogies, II, <a href="#p53">53</a>.</p> + +<p class="drap">Gibecières, I, 273.</p> + +<p class="drap">Gobelins, II, <a href="#p92">92</a>-93.</p> + +<p class="drap">Glaces de miroirs, II, <a href="#p141">141</a>, <a href="#p142">142</a>.</p> + +<p class="drap">Grand Conseil, I, 61.</p> + +<p class="drap">Grains balsamiques, I, 13, 171.</p> + +<p class="drap">Grains dépuratifs du sang, I, 172.</p> + +<p class="drap">Graines de jardins, I, 282.</p> + +<p class="drap">Graveurs en taille douce, II, <a href="#p68">68</a>.</p> + +<p class="drap">Graveurs de médailles, II, <a href="#p153">153</a>.</p> + +<p class="drap">Graveurs en lettres, II, <a href="#p152">152</a>.</p> + +<p class="drap">Graveurs en pierre, II, <a href="#p153">153</a>.</p> + +<p class="drap">Greffiers du Parlement, I, 94.</p> + +<p class="drap">Grenailles, I, 248.</p> + +<p class="drap">Grenier à sels, I, 79.</p> + +<p class="drap">Guainiers, II, <a href="#p37">37</a>, <a href="#p49">49</a>, <a href="#p74">74</a>.</p> + +<p class="drap">Guinguettes, II, <a href="#p305">305</a>.</p> + +<p class="drap">Guipures, II, <a href="#p17">17</a>.</p> + +<p class="drap">Guitarre, I, 211.</p> + + +<p class="c">H.</p> + +<p class="drap">Habillements (habits d’hommes et de femmes), II, <a href="#p58">58</a>.</p> + +<p class="drap">Habits et manteaux à vendre, II, <a href="#p319">319</a>.</p> + +<p class="drap">Habits faits de théâtre et de +mascarade à quatre pistoles par an, I, 271 et II, <a href="#p62">62</a>.</p> + +<p class="drap">Hameçons, I, 296.</p> + +<p class="drap">Harans, I, 295.</p> + +<p class="drap">Hautbois, I, 212.</p> + +<p class="drap">Herbages, I, 165.</p> + +<p class="drap">Hôtel de Ville, I, 75.</p> + +<p class="drap">Heures, I, 192.</p> + +<p class="drap">Horlogers. V. <i><a href="#orlogeurs">Orlogeurs</a></i>.</p> + +<p class="drap">Hospitaux (Administration des), I, 112.</p> + +<p class="drap">Hostels garnis et tables d’Auberges, I, 316.</p> + +<p class="drap">Huile d’amandes et autres tirées sans feu, I, 175.</p> + +<p class="drap">Huile d’olive, II, <a href="#p5">5</a>.</p> + +<p class="drap">Huissiers, I, 100.</p> + +<p class="drap">Hydromètres, I, 242.</p> + +<p class="drap">Hypocras, I, xxxiij.</p> + + +<p class="c">I.</p> + +<p class="drap">Immeubles à louer, à vendre, à échanger, II, <a href="#p304">304</a>.</p> + +<p class="drap">Indiction romaine, II, <a href="#p212">212</a>.</p> + +<p class="drap">Instructions (premières) de la jeunesse, I, 248.</p> + +<p class="drap">Instruments mathématiques et de chirurgie, II, <a href="#p48">48</a>.</p> + +<p class="drap">Instruments à vents, I, 212 ; II, <a href="#p72">72</a>.</p> + + +<p class="c">J.</p> + +<p class="drap">Jambons, I, 293.</p> + +<p class="drap">Jardin médicinal, I, 26.</p> + +<p class="drap">Jardin Royal, II, <a href="#p87">87</a>.</p> + +<p class="drap">Jardinages, I, 275.</p> + +<p class="drap">Jartières, II, <a href="#p23">23</a>.</p> + +<p class="drap">Jeûnes et solemnitez, II, <a href="#p215">215</a>.</p> + +<p class="drap">Jurés bourgeois, II, <a href="#p54">54</a>.</p> + +<p class="drap">Jouailleries, II, <a href="#p23">23</a>.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p393">-393-</span> Juges et Consuls, I, 76.</p> + +<p class="drap"><i>Journal des avis et affaires de Paris</i>, I, xxxv.</p> + +<p class="drap"><i>Journal des Savants</i>, I, 191.</p> + +<p class="drap"><i>Journal du Bureau de rencontre</i>, I, xxxix.</p> + +<p class="drap">Juridiction des Poudres et Salpêtres, I, 79.</p> + +<p class="drap">— des Garennes, <i>ibid.</i></p> + +<p class="drap">— du Chantre Notre-Dame, I, 17, 20.</p> + + +<p class="c">L.</p> + +<p class="drap">Laboratoire du sieur de Blégny, I, 169.</p> + +<p class="drap" id="lachinage">Lachinage, I, 239.</p> + +<p class="drap">Lait d’anesses, de chèvres ou de vaches, II, <a href="#p72">72</a>.</p> + +<p class="drap">Lancettes, II, <a href="#p47">47</a>.</p> + +<p class="drap">Lapins, I, 273.</p> + +<p class="drap">Laquais, II, <a href="#p50">50</a>, <a href="#p344">344</a>, <a href="#p358">358</a>, <a href="#p376">376</a>.</p> + +<p class="drap">Lard, I, 293.</p> + +<p class="drap">Leçons particulières, I, 138.</p> + +<p class="drap">Leton, II, <a href="#p46">46</a>.</p> + +<p class="drap">Lettre Dominicale, II, <a href="#p211">211</a>.</p> + +<p class="drap">Librairie (impressions et +Commerce de), I, 19, 185.</p> + +<p class="drap">Lieux où se trouveront tous +les quinze jours les livres d’avis, II, <a href="#p330">330</a>.</p> + +<p class="drap">Linges, points et dentelles, II, <a href="#p15">15</a>.</p> + +<p class="drap">Lingots d’or et d’argent, I, 248.</p> + +<p class="drap">Lits, I, 284, 285.</p> + +<p class="drap">Lits à vendre, II, <a href="#p314">314</a>, <a href="#p315">315</a>, <a href="#p334">334</a>, <a href="#p352">352</a>, <a href="#p360">360</a>, <a href="#p361">361</a>, <a href="#p368">368</a>.</p> + +<p class="drap">Litières, I, 267.</p> + +<p class="drap">Livres d’avis, II, <a href="#p330">330</a>.</p> + +<p class="drap">Livres de Mathématiques, I, 190.</p> + +<p class="drap">Livres de Médecine, I, 162, 163, 190.</p> + +<p class="drap">Livres de piété et d’église, I, 20, 26.</p> + +<p class="drap">Lods et ventes, II, <a href="#p309">309</a>.</p> + +<p class="drap">Loupes, I, 174.</p> + +<p class="drap">Lustres et girandoles, II, <a href="#p143">143</a>.</p> + +<p class="drap">Luths, I, 211.</p> + + +<p class="c">M.</p> + +<p class="drap">Macarons, I, 301.</p> + +<p class="drap">Machinistes, II, <a href="#p121">121</a>.</p> + +<p class="drap">Maçonnerie (lieutenant général de la), I, 78 ; II, <a href="#p102">102</a>.</p> + +<p class="drap">Maçons et Manœuvres, II, <a href="#p102">102</a>.</p> + +<p class="drap">Magistrats (principaux), I, 55.</p> + +<p class="drap">Maisons à louer, II, <a href="#p305">305</a>-308, <a href="#p333">333</a>, <a href="#p362">362</a>.</p> + +<p class="drap">Maisons à vendre, II, <a href="#p308">308</a>-313, <a href="#p334">334</a>-337, <a href="#p349">349</a>, <a href="#p351">351</a>, <a href="#p367">367</a>, <a href="#p368">368</a>.</p> + +<p class="drap">Maladies vénériennes, I, 171.</p> + +<p class="drap">Maladies des yeux et des oreilles, I, 174.</p> + +<p class="drap">Marchandises d’Outre-Mer, II, <a href="#p20">20</a>.</p> + +<p class="drap">— de Dieppe, II, <a href="#p22">22</a>.</p> + +<p class="drap">— de Saint-Claude, II, <a href="#p23">23</a>.</p> + +<p class="drap">Maréchaussée, I, 75.</p> + +<p class="drap">Marionnettes et Manequins, I, 272.</p> + +<p class="drap">Marqueterie, I, 286.</p> + +<p class="drap">Manufactures des ouvrages du Roy, II, <a href="#p87">87</a>.</p> + +<p class="drap">Maroquins, I, 109 ; II, <a href="#p38">38</a>.</p> + +<p class="drap">Masques, I, 271.</p> + +<p class="drap">Matériaux à bâtir, II, <a href="#p105">105</a>.</p> + +<p class="drap">Mathématiques, I, 146, 254 et II, <a href="#p71">71</a>.</p> + +<p class="drap">Matières métalliques (Commerce de diverses matières), II, <a href="#p45">45</a>.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p394">-394-</span> Matières médicinales, I, 164.</p> + +<p class="drap">Médailles, I, 130, 221, 223, 225, 227, 230 ; II, <a href="#p382">382</a>.</p> + +<p class="drap">Médecine et Médecins, I, 150.</p> + +<p class="drap">Médecine ordinaire, I, 150.</p> + +<p class="drap">Médecine empirique, I, 156.</p> + +<p class="drap">Médecins jurés, II, <a href="#p52">52</a>.</p> + +<p class="drap">Melons, I, 303.</p> + +<p class="drap">Menus Plaisirs, I, 269.</p> + +<p class="drap">Menuiserie, II, <a href="#p121">121</a>.</p> + +<p class="drap">Menuisiers en ébène, II, <a href="#p353">353</a>.</p> + +<p class="drap">Mercerie, Quincaillerie (Commerce de), II, <a href="#p18">18</a>.</p> + +<p class="drap"><i>Mercure galant</i>, I, 193.</p> + +<p class="drap">Mercure d’or, I, 13.</p> + +<p class="drap">Messageries, II, <a href="#p166">166</a>.</p> + +<p class="drap">Meubles à vendre, II, <a href="#p314">314</a>.</p> + +<p class="drap">Meubles de la Chine, I, 236, 240.</p> + +<p class="drap">Meubles ordinaires et Tapisseries, I, 283.</p> + +<p class="drap">Meubles d’orfévrerie, II, <a href="#p73">73</a>.</p> + +<p class="drap">Meubles vieux, I, 287.</p> + +<p class="drap">Migniatures, II, <a href="#p97">97</a>, <a href="#p98">98</a>.</p> + +<p class="drap">Miroirs, II, <a href="#p21">21</a>, <a href="#p140">140</a>, <a href="#p353">353</a>, <a href="#p361">361</a>.</p> + +<p class="drap">Mirouettiers, II, <a href="#p21">21</a>, <a href="#p140">140</a>, <a href="#p353">353</a>, <a href="#p361">361</a>.</p> + +<p class="drap">Moëllons, II, <a href="#p107">107</a>, <a href="#p113">113</a>.</p> + +<p class="drap">Monnoies (Fabrique des nouvelles), II, <a href="#p244">244</a>.</p> + +<p class="drap">Montres à vendre, II, <a href="#p322">322</a>, <a href="#p361">361</a>.</p> + +<p class="drap">Morrhues, I, 295.</p> + +<p class="drap">Mouches, II, <a href="#p76">76</a>.</p> + +<p class="drap">Moulin à blé à vendre, II, <a href="#p324">324</a>.</p> + +<p class="drap">Moutons, I, 291.</p> + +<p class="drap">Mulets, I, 264.</p> + +<p class="drap">Musettes, I, 212.</p> + +<p class="drap">Musique, I, 204.</p> + + +<p class="c">N.</p> + +<p class="drap">Nombre d’or, II, <a href="#p210">210</a>.</p> + +<p class="drap">Nomenclateurs, I, vj, 7.</p> + +<p class="drap">Nourrices, II, <a href="#p49">49</a>.</p> + +<p class="drap">Nourriture, I, 289.</p> + + +<p class="c">O.</p> + +<p class="drap">Œufs, I, 296.</p> + +<p class="drap">Officialité, I, 16, 18, 21.</p> + +<p class="drap">Officiers nouveaux, Metteurs à bord et gardes bateaux, I, 111.</p> + +<p class="drap">Olives, I, 303.</p> + +<p class="drap">Omissions et changements, I, 79.</p> + +<p class="drap">Opérations chirurgicales, I, 157 et II, <a href="#p68">68</a>.</p> + +<p class="drap">Opérateurs pour la pierre, la cataracte, les dents, I, 160.</p> + +<p class="drap" id="orlogeurs">Orlogeurs, II, <a href="#p73">73</a>, <a href="#p349">349</a>, <a href="#p361">361</a>.</p> + +<p class="drap">Oranges, I, 302.</p> + +<p class="drap">Ordonnances (Nouvelles), I, 186.</p> + +<p class="drap">Orgues, I, 205, 206 ; II, <a href="#p316">316</a>.</p> + +<p class="drap">Orvietan, I, 169.</p> + +<p class="drap">Ouvrages exquis de peinture et de sculpture, II, <a href="#p92">92</a>.</p> + +<p class="drap">Ouvrages et bois de Menuiserie, II, <a href="#p121">121</a>.</p> + +<p class="drap">Ouvrages et fournitures de Charpente, II, <a href="#p115">115</a>.</p> + +<p class="drap">Ouvrages et fournitures de Couvreurs, II, <a href="#p118">118</a>.</p> + +<p class="drap">Ouvrages d’or, d’argent, de +pierreries, de perles, etc. (Commerce des), I, 244.</p> + + +<p class="c">P.</p> + +<p class="drap">Panneterie et Patisserie, I, 304.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p395">-395-</span> Paniers à fruits, I, 301.</p> + +<p class="drap">Papetiers (Marchandises de), II, <a href="#p26">26</a>.</p> + +<p class="drap">Parfumeurs (Marchandises des), II, <a href="#p31">31</a>.</p> + +<p class="drap">Parlement, I, 86.</p> + +<p class="drap">Parties casuelles, I, 38, 108.</p> + +<p class="drap">Pastel, II, <a href="#p99">99</a>.</p> + +<p class="drap">Patissiers, I, 300, 304.</p> + +<p class="drap">Paveurs (Ouvrage des), II, <a href="#p157">157</a>.</p> + +<p class="drap">Peaux pour les chapeliers, II, <a href="#p38">38</a>.</p> + +<p class="drap">— pour les foureurs, II, <a href="#p38">38</a>.</p> + +<p class="drap">Peaux de mouton en chamois, II, <a href="#p36">36</a>.</p> + +<p class="drap">— de chagrin, II, <a href="#p37">37</a>.</p> + +<p class="drap">Peintures, sculptures, dorures, II, <a href="#p144">144</a>.</p> + +<p class="drap">Peintres, II, <a href="#p178">178</a> ; ouvrages +de peinture, II, <a href="#p92">92</a>, <a href="#p144">144</a>.</p> + +<p class="drap">Pelleterie et fourrure, II, <a href="#p35">35</a>.</p> + +<p class="drap">Penitencier (grand), I, 17.</p> + +<p class="drap">Pendules à vendre, II, <a href="#p349">349</a>.</p> + +<p class="drap">Pension pour les malades, I, 178.</p> + +<p class="drap">Pensions et répétitions pour les écoliers, I, 138, 249.</p> + +<p class="drap">Perles, I, 248 ; II, <a href="#p319">319</a>, <a href="#p322">322</a>, <a href="#p361">361</a>.</p> + +<p class="drap">Perruques, I, xxxiij ; II, <a href="#p40">40</a>.</p> + +<p class="drap">Philosophes, I, 123.</p> + +<p class="drap">Pieds de porc à la Sainte-Menehould, I, 294.</p> + +<p class="drap">Pierre (qualité et coupe de la), II, <a href="#p111">111</a>, <a href="#p114">114</a>, <a href="#p115">115</a>.</p> + +<p class="drap">Pierreries, I, 247.</p> + +<p class="drap">Pigeons, I, 273.</p> + +<p class="drap">Pistaches, I, 304.</p> + +<p class="drap">Placages (meubles de), I, 286.</p> + +<p class="drap">Plâtre, II, <a href="#p105">105</a>.</p> + +<p class="drap">Plomb en balles et grains, II, <a href="#p46">46</a>.</p> + +<p class="drap">Plomberies (Ouvrages de), II, <a href="#p155">155</a>.</p> + +<p class="drap">Planches de Bateaux, I, 121, 122.</p> + +<p class="drap">Plumes d’acier, II, <a href="#p76">76</a>.</p> + +<p class="drap">Points, II, <a href="#p17">17</a>.</p> + +<p class="drap">Poissons, I, 294, 295.</p> + +<p class="drap">Police, I, 186.</p> + +<p class="drap">Portraits en cire, II, <a href="#p69">69</a>.</p> + +<p class="drap">Porcelaines, I, 239 et II, <a href="#p42">42</a>.</p> + +<p class="drap">Porcs, I, 292.</p> + +<p class="drap">Poteries, Carrelage, Vuidange, II, <a href="#p158">158</a>.</p> + +<p class="drap">Poulmoniques (Conserve et liqueur pour les), I, 170.</p> + +<p class="drap">Précisions chronologiques et historiques des temps, II, <a href="#p209">209</a>.</p> + +<p class="drap">Prévôté de l’Hôtel du Roy et de la Ville, I, 74.</p> + +<p class="drap">Prévôt des Marchands, I, 75.</p> + +<p class="drap">Prieur médecin, I, lv, 157.</p> + +<p class="drap">Prisonniers (pauvres), I, 24.</p> + +<p class="drap">Privilégiez, Privileges à vendre, II, <a href="#p77">77</a>.</p> + +<p class="drap">Prix des Ouvrages de Maçonnerie, II, <a href="#p105">105</a>.</p> + +<p class="drap">— de Charpente, II, <a href="#p116">116</a>.</p> + +<p class="drap">— de Menuiserie, II, <a href="#p122">122</a>.</p> + +<p class="drap">— de Couvreurs, II, <a href="#p119">119</a>.</p> + +<p class="drap">— des marchandises de fer, II, <a href="#p131">131</a>.</p> + +<p class="drap">— des Glaces, II, <a href="#p143">143</a>.</p> + +<p class="drap">— des Pavés, II, <a href="#p157">157</a>, <a href="#p158">158</a>.</p> + +<p class="drap">— des Ouvrages de Sculpture, peinture et dorure, II, <a href="#p146">146</a>.</p> + +<p class="drap">— des Plombs, II, <a href="#p156">156</a>.</p> + +<p class="drap">— des Nattes et Frottages, II, <a href="#p156">156</a>, <a href="#p160">160</a>.</p> + +<p class="drap">— des Vitres, II, <a href="#p138">138</a>, <a href="#p139">139</a>, <a href="#p140">140</a>.</p> + +<p class="drap">Proxenêtes (courtiers antiques), I, vij, viij.</p> + + +<p class="c">Q.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p396">-396-</span> Quincailliers, II, <a href="#p25">25</a>.</p> + + +<p class="c">R.</p> + +<p class="drap">Rabats, II, <a href="#p73">73</a>.</p> + +<p class="drap">Recommanderesses, I, x ; II, <a href="#p49">49</a>.</p> + +<p class="drap">Recueil de vers, II, <a href="#p325">325</a>.</p> + +<p class="drap">Remarques sur la durée des jours et des nuits, II, <a href="#p242">242</a>.</p> + +<p class="drap">— sur les systèmes du monde, II, <a href="#p203">203</a>.</p> + +<p class="drap">Remèdes pour les chevaux, I, 69.</p> + +<p class="drap">Remèdes du Roi, I, 170.</p> + +<p class="drap">Rentes de l’Hôtel de Ville, I, 42.</p> + +<p class="drap">Répétitions pour les écoliers, I, 138, 249.</p> + +<p class="drap">Requestes de l’Hôtel du Roy, I, 78.</p> + +<p class="drap">— du Palais, I, 78.</p> + +<p class="drap">Rocfort, fromage, I, 299.</p> + +<p class="drap">Roulliers et charrettes de routes, II, <a href="#p174">174</a>.</p> + +<p class="drap">Rubans, II, <a href="#p20">20</a>.</p> + + +<p class="c">S.</p> + +<p class="drap">Sable, II, <a href="#p157">157</a>.</p> + +<p class="drap">Sages femmes jurées, II, <a href="#p69">69</a>.</p> + +<p class="drap">Saignée, I, 159.</p> + +<p class="drap">Savons, II, 7, <a href="#p33">33</a>.</p> + +<p class="drap">Savoyards, II, <a href="#p21">21</a>.</p> + +<p class="drap">Science des Temps, II, <a href="#p205">205</a>.</p> + +<p class="drap">Sculpteurs, II, <a href="#p92">92</a>, <a href="#p145">145</a>.</p> + +<p class="drap">Sculpture (Ouvrages de), II, <a href="#p145">145</a>.</p> + +<p class="drap">Séances des Tribunaux, I, 78.</p> + +<p class="drap">Secret pour guérir le <i lang="la" xml:lang="la">Miserere</i>, II, <a href="#p324">324</a>.</p> + +<p class="drap">Secrétaires du Roy, I, 54.</p> + +<p class="drap">Secrétaires et Greffiers, I, 93.</p> + +<p class="drap">Sel policreste, I, 169.</p> + +<p class="drap">Sergens, I, 100.</p> + +<p class="drap">Seringues, II, <a href="#p77">77</a>.</p> + +<p class="drap">Sermons, I, 200, 201.</p> + +<p class="drap">Serrures, II, <a href="#p136">136</a>.</p> + +<p class="drap">Servantes, I, x ; II, <a href="#p49">49</a>.</p> + +<p class="drap">Sirop de vanille, I, 177.</p> + +<p class="drap">— de thé, febrifuge, I, 177.</p> + +<p class="drap">Soies, II, <a href="#p9">9</a>.</p> + +<p class="drap">Souliers, II, <a href="#p67">67</a>.</p> + +<p class="drap">Squelettes, II, <a href="#p77">77</a>.</p> + +<p class="drap">Sucres, II, <a href="#p6">6</a>.</p> + +<p class="drap">Suif, II, <a href="#p8">8</a>.</p> + +<p class="drap">Supputation des Epoques, II, <a href="#p210">210</a>.</p> + +<p class="drap">Systêmes du monde, II, <a href="#p203">203</a>.</p> + + +<p class="c">T.</p> + +<p class="drap">Table de Marbre (juridiction de la), I, 78.</p> + +<p class="drap">Tableaux, I, 239.</p> + +<p class="drap">Tableaux à vendre, II, <a href="#p360">360</a>.</p> + +<p class="drap">Tablettes à vendre, II, <a href="#p359">359</a>.</p> + +<p class="drap">Tablettes d’Alary, I, 177.</p> + +<p class="drap">Tablettes de poche, I, 243.</p> + +<p class="drap">Taillandiers, II, <a href="#p47">47</a>.</p> + +<p class="drap">Tailleurs, II, <a href="#p59">59</a>, <a href="#p60">60</a>, <a href="#p61">61</a>.</p> + +<p class="drap">Tambours, I, 263.</p> + +<p class="drap">Tamis, II, <a href="#p77">77</a>.</p> + +<p class="drap">Tapisseries à vendre, II, <a href="#p314">314</a>, <a href="#p336">336</a>, <a href="#p350">350</a>, <a href="#p361">361</a>.</p> + +<p class="drap">Tapissiers fripiers, I, 287 ; II, <a href="#p326">326</a>.</p> + +<p class="drap">Tapisseries et Meubles ordinaires, I, 283.</p> + +<p class="drap">Tapisseries de cuir doré, I, 286.</p> + +<p class="drap">— d’Auvergne, II, <a href="#p340">340</a>.</p> + +<p class="drap">— de la Savonnerie, II, <a href="#p320">320</a>, <a href="#p326">326</a>.</p> + +<p class="drap"><span class="pagenum" id="p397">-397-</span> — de Flandres, I, 283.</p> + +<p class="drap">— de Beauvais, I, 283.</p> + +<p class="drap">— d’Aubusson, I, 283.</p> + +<p class="drap">— de Bergame et de Rouen, I, 284.</p> + +<p class="drap">Tarif des nouvelles monnoyes, II, <a href="#p244">244</a>.</p> + +<p class="drap">Temporalité, I, 79.</p> + +<p class="drap">Tentes et pavillons de guerre, I, 262.</p> + +<p class="drap">Tentures de haute lice, I, 283 ; II, <a href="#p315">315</a>.</p> + +<p class="drap">Terre cizellée, I, 240.</p> + +<p class="drap">Théorbes, I, 210 ; II, <a href="#p326">326</a>.</p> + +<p class="drap">Terres, fiefs et seigneuries +à vendre, II, <a href="#p337">337</a>, <a href="#p338">338</a>, <a href="#p349">349</a>, <a href="#p360">360</a>, <a href="#p363">363</a>, <a href="#p367">367</a>.</p> + +<p class="drap">Thériaque de Rouvière, I, 167.</p> + +<p class="drap">Thermomètres, I, 242.</p> + +<p class="drap">Tireurs d’or, II, <a href="#p46">46</a>.</p> + +<p class="drap">Toiles cirées, II, <a href="#p76">76</a>.</p> + +<p class="drap">Tontine, I, 44.</p> + +<p class="drap">Tourneurs, II, <a href="#p51">51</a>, <a href="#p103">103</a>-104.</p> + +<p class="drap" id="traiteurs">Traiteurs, I, 314, 315, 319.</p> + +<p class="drap">Treillis d’Allemagne, II, <a href="#p13">13</a>.</p> + +<p class="drap">Trésor des Almanachs, II, <a href="#p193">193</a>.</p> + +<p class="drap">Trésor d’Esculape, II, <a href="#p177">177</a>.</p> + +<p class="drap">Trésor Royal (Gardes du), I, 28.</p> + +<p class="drap">Trésoriers, I, 38, 53.</p> + +<p class="drap">Tribunaux, I, 78.</p> + +<p class="drap">Triquetracts, I, 274.</p> + +<p class="drap">Trompettes et timbales, I, 215 ; II, <a href="#p73">73</a>.</p> + +<p class="drap">Truffles, II, <a href="#p71">71</a>.</p> + +<p class="drap">Tuiles, II, <a href="#p119">119</a>.</p> + +<p class="drap">Tuyaux de tolle de fer à brûler du bois sans fumée, II, <a href="#p76">76</a>.</p> + + +<p class="c">V.</p> + +<p class="drap">Vacations des Tribunaux, I, 86.</p> + +<p class="drap">Vaches de Roussy, II, <a href="#p37">37</a>, <a href="#p38">38</a>.</p> + +<p class="drap">Volailles, I, 292.</p> + +<p class="drap">Vapeurs, I, 171 ; II, <a href="#p79">79</a>.</p> + +<p class="drap">Veaux, I, 291.</p> + +<p class="drap">Verre (Vitriers), II, <a href="#p44">44</a>, <a href="#p138">138</a>.</p> + +<p class="drap">Verrerie (Commerce des Verriers), II, <a href="#p41">41</a>.</p> + +<p class="drap">Vérifications et rapports de jurez, II, <a href="#p52">52</a>.</p> + +<p class="drap">Vins de liqueurs, I, 301.</p> + +<p class="drap">Vins (Marchandises et aprest de), I, 309 et II, <a href="#p318">318</a>, <a href="#p324">324</a>.</p> + +<p class="drap">Violle et Viollon, I, 209, 210 et II, <a href="#p317">317</a>.</p> + +<p class="drap">Vieux papiers et parchemins, II, <a href="#p28">28</a>.</p> + +<p class="drap">Vitriers (Ouvrage des), II, <a href="#p138">138</a>.</p> + +<p class="drap">Voyer, I, 109.</p> + + +<p class="c">Y.</p> + +<p class="drap">Yeux artificiels, II, <a href="#p75">75</a>.</p> + +<div class="chapter"></div> +<p><span class="pagenum" id="p399">-399-</span></p> + +<h2 class="nobreak">TABLE DU TOME II.</h2> + + +<div class="flex"> +<table> +<tr><td> </td> <td class="bot r small"><div>Pages.</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Suite du <i>Livre commode</i></td> +<td class="bot r"><div><a href="#c1">5</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Table générale des Articles</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c41">181</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Trésor des Almanachs pour l’année bissextile 1692</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c42">187</a></div></td></tr> + +<tr><td colspan="2" class="c sc"><div>Appendice.</div></td></tr> +<tr><td class="drap">Liste de Messieurs de l’Académie françoise en janvier +1676</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c43">275</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Liste de l’Académie françoise (1705)</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c44">289</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Liste des avis du Bureau d’adresse (janvier 1670)</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c45">302</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Liste générale du Bureau d’adresse et d’avis (7 +aoust 1688)</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c46">332</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Liste générale du Bureau d’adresse et de rencontre +(1 mars 1689)</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c47">346</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Liste générale du Bureau d’adresse et de rencontre +(1 avril 1689)</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c48">356</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Liste générale du Bureau d’adresse et de rencontre +(1 may 1689)</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c49">364</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Liste des avis du Journal général de France (18 novembre +1693)</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c50">371</a></div></td></tr> +<tr><td class="drap">Table alphabétique des matières contenues dans les +deux Volumes</td> +<td class="bot r"><div><a href="#c51">387</a></div></td></tr> +</table> +</div> + +<p class="c gap xsmall">FIN.</p> + +<div style='text-align:center'>*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 75206 ***</div> +</body> +</html> + diff --git a/75206-h/images/cover.jpg b/75206-h/images/cover.jpg Binary files differnew file mode 100644 index 0000000..0956e07 --- /dev/null +++ b/75206-h/images/cover.jpg diff --git a/LICENSE.txt b/LICENSE.txt new file mode 100644 index 0000000..6312041 --- /dev/null +++ b/LICENSE.txt @@ -0,0 +1,11 @@ +This eBook, including all associated images, markup, improvements, +metadata, and any other content or labor, has been confirmed to be +in the PUBLIC DOMAIN IN THE UNITED STATES. + +Procedures for determining public domain status are described in +the "Copyright How-To" at https://www.gutenberg.org. + +No investigation has been made concerning possible copyrights in +jurisdictions other than the United States. 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