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+
+*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 75206 ***
+
+
+
+
+
+
+ LE
+ LIVRE COMMODE
+ DES ADRESSES DE PARIS
+ pour 1692
+
+ par
+ ABRAHAM DU PRADEL
+ (NICOLAS DE BLEGNY)
+
+ Suivi d’appendices,
+ précédé d’une introduction, et annoté
+ par
+ ÉDOUARD FOURNIER
+
+ Tome II
+
+
+ PARIS
+ Paul DAFFIS, ÉDITEUR-PROPRIÉTAIRE
+ DE LA BIBLIOTHÈQUE ELZEVIRIENNE
+ 7, rue Guénégaud
+
+ M DCCC LXXVIII
+
+
+
+
+OUVRAGES DU MÊME AUTEUR.
+
+
+ _Histoire de la Butte des Moulins_, suivie d’une étude historique sur
+ les demeures de Pierre Corneille à Paris, avec deux vues de la Butte
+ en 1551 et 1652. Beau volume in-18, papier vélin. 3 fr. 50
+
+ _Le Vieux Neuf_. Seconde édition, refondue et considérablement
+ augmentée. 3 vol. gr. in-18. 15 fr.
+
+ _L’Esprit des autres_. 5e édition refondue et considérablement
+ augmentée. 1 vol. in-18. (Sous presse.)
+
+
+Imprimerie Gouverneur, G. Daupeley à Nogent-le-Rotrou.
+
+Caractères elzeviriens de la Librairie Daffis.
+
+
+
+
+ÉPICERIES ET AUTRES DENRÉES DOMESTIQUES.
+
+
+Pour le Bureau des Epiciers et Droguistes, voyez l’article de la matiere
+Medecinale[1].
+
+ [1] T. I, p. 164.
+
+Messieurs Jourdan rue saint Denis au Cheval blanc[2], Lion rue de la
+Truanderie[3], Chabouillé rue de la Poterie, Mercier rue de la Verrerie,
+du Bois rue Quinquempoix, etc., tiennent magasin d’Epiceries
+domestiques, de Sucre, d’Huiles, etc.
+
+ [2] Dans l’édit. précéd., p. 31, il est qualifié «epicier
+ grossier»,--c’est-à-dire en gros--et nommé seul, comme faisant «gros
+ commerce d’huiles d’olive et des fruits de Provence». A la suite, se
+ trouve cet autre article omis ici: «M. Petit, Chef au Chevalier du
+ Guet, fait venir beaucoup de caffé, de cacao, etc.» _Chef_ se
+ prenoit à la cour et dans les grandes hôtelleries avec le sens qu’il
+ a encore. On disoit suivant Richelet: chef de gobelet, chef
+ d’échansonnerie, chef de panneterie, etc.
+
+ [3] «Lion, rue Jean de l’Épine, à l’enseigne de la Ville de Tours,
+ tient magasin de fruits secs, d’eaux de vie, et de diverses autres
+ sortes de drogueries.» Édit. 1691, p. 31.
+
+M. Barre rue Quinquempoix[4], tient grand magasin de Sucre, rafinage de
+Roüen[5].
+
+ [4] «Joignant la Chambre des assurances.» Édit. 1691, p. 31. Les
+ assurances, dont la Chambre est indiquée ici, étoient les
+ _assurances maritimes_, constituées en 1681, et pour lesquelles un
+ édit de mai 1686 avoit autorisé une compagnie.
+
+ [5] Le sucre du raffinage de Rouen, fait avec le produit de nos îles
+ d’Amérique, étoit de ceux qui ne payoient pas de droits de sortie.
+ On en consommoit à Paris beaucoup de cette provenance, comme on le
+ verra plus loin.--Le sucre entroit pour une très-grande part dans le
+ commerce des épiciers. Les apothicaires, communauté qui leur
+ touchoit de très-près, le leur avoient, nous l’avons vu (t. I, p.
+ 164), fort longtemps disputé, comme une sorte de monopole, dont ils
+ pouvoient seuls disposer. Ils avoient pour eux le proverbe: «On ne
+ prend pas un apothicaire sans sucre», mais cela ne suffisoit pas. Il
+ falloit un privilége. Ce fut à qui l’auroit des deux corporations.
+ Un arrêt de la Cour, du 27 novembre 1652, attribua aux épiciers le
+ droit exclusif des confitures, sirops «restant des dites
+ confitures», dragées, etc. Ce ne fut pas assez. Ces sucreries
+ n’étoient pas le sucre, auquel prétendoit si ardemment l’épicerie.
+ Il y eut un procès, dont Gui Patin a parlé (anc. édit., t. I, p. 38;
+ II, 134). Les épiciers l’emportèrent. Nous trouvons, en effet, dans
+ un arrêt du 1er septembre 1689: «Défense à autres que marchands
+ épiciers de vendre aucun poivre, _sucre_, clous de giroffle, savon,
+ huile, muscade, etc., à peine de confiscation, et cinq cents francs
+ d’amende.» La querelle, apaisée à Paris, ne le fut pas en province.
+ Un siècle après, par exemple, nous l’avons dit aussi, t. I, p. 164,
+ elle s’étoit réveillée entre les apothicaires et les épiciers de
+ Chartres.--Les épiciers de Paris faisoient un tel commerce de sucre,
+ pour l’exportation, que le naufrage d’un navire venant de Rouen en
+ fit perdre à l’un d’eux pour 8000 livres, à la fin de 1660. (V.
+ Loret, t. III, p. 295.)
+
+Le Sieur Chambellan rue de Baffroy fauxbourg saint Antoine, vend en gros
+du plus beau Miel blanc, du Miel commun, etc.
+
+La Manufacture de Savon d’Alicanthe[6] est au même Fauxbourg rue de
+Charonne.
+
+ [6] Ce savon blanc jaspé, fait avec de la soude d’Alicante, passa
+ jusqu’à la fin du dernier siècle pour être le meilleur de tous. En
+ 1655, les fruitiers s’étoient mis à en vendre. Les épiciers firent
+ opérer des saisies. Le 25 avril, on en faisoit une chez Henry Hue,
+ qui a été nommé plus haut, et qui demeuroit rue de la Cossonnerie.
+ Il s’agissoit de «huit pains de savon d’Alicante».
+
+Le Sieur Moüèvre qui demeure rue Bertin Poirée, fait et vend au cent et
+au millier des Bouchons de liege[7].
+
+ [7] On les faisoit venir des Landes, où ils se fabriquoient au
+ couteau. _V._ Pomet, _Histoire des Drogues_, chap. _liége_. Pomet,
+ historien des drogues, étoit lui-même épicier droguiste.
+
+Pour les Droguistes de parfums, voyez l’article des Gantiers parfumeurs.
+
+Pour les Fruits de Provence, de Portugal, de la Chine, etc., voyez aux
+Offices de Fruiterie.
+
+Pour les Drogueries, voyez l’article des matieres Medecinales.
+
+On tient à la Halle les Mercredis et Samedis un marché franc pour la
+Chandelle, où elle n’est vendue en gros que six sols la livre.
+
+Il y a une manufacture de tres belle Chandelle rue Neuve saint Mederic,
+où elle est vendue huit sols la livre.
+
+Il y a une autre manufacture de Chandelle fauxbourg saint Antoine devant
+la Halle, où la plus belle Chandelle n’est qu’à sept sols la livre[8].
+
+ [8] Cette manufacture de chandelles étoit tenue, en 1676, par un nommé
+ Orléans, qui, ayant voulu joindre à la vente de ses produits celle
+ de l’huile d’olive, absolument interdite aux chandeliers, dut subir,
+ le 14 mars, une saisie, dont nous avons vu le procès-verbal
+ imprimé.--Il se trouvoit, au même faubourg, une autre fabrique de
+ chandelles tenue par les frères Brès. (_Correspondance du
+ Contrôleurs généraux_, nº 1177.)
+
+Le marché au Suif[9] se tient tous les Jeudis dans la vieille place aux
+Veaux[10].
+
+ [9] On savoit déjà l’épurer avec une certaine perfection, et l’on
+ obtenoit ainsi des «chandelles de suif, façon de bougies», pour
+ lesquelles un valet de chambre de Monsieur avoit obtenu privilége en
+ 1669.--Plus tard, à la fin de mars 1728, s’ouvrit, rue Saint-Martin,
+ à l’Hôtel des Quatre Provinces, une fabrique de chandelles d’une
+ épuration plus irréprochable encore. V. un fragment des _Nouvelles à
+ la main_ de cette époque dans le _Bullet. des Biblioph._ 1846, p.
+ 860.
+
+ [10] Elle se trouvoit entre la rue Saint-Jacques-la-Boucherie et la
+ rue Planche-Mibray. La famille des Saint-Yon, qui, au XIVe siècle, y
+ tenoit sa boucherie, lui avoit longtemps donné son nom. On l’appela
+ _la Vieille Place aux Veaux_ à partir de 1646, lorsqu’une nouvelle
+ place eut été créée pour ce marché, sur le quai des Ormes.
+
+Le Grenier à Sel est à l’entrée du quay de la Mégisserie et rue saint
+Germain l’Auxerrois[11].
+
+ [11] Il étoit près de la rue de la Saunerie, qui lui devoit son nom.
+
+Pour les Œufs, Beurre, Fromages et Legumes, voyez l’article de ces
+denrées.
+
+Les Chantiers où se vendent les Bois à bruler, sont à la porte saint
+Antoine, à la porte saint Bernard, et à la Grenouillere[12].
+
+ [12] Le quai d’Orsay, aujourd’hui. Quand furent bâtis les hôtels de la
+ rue de Lille, les propriétaires se plaignirent de ces chantiers, qui
+ leur masquoient la Seine, et qui étoient, pour eux, un continuel
+ danger d’incendie. Ils ne purent rien obtenir. Les _mss._ légués par
+ Beffara à l’Hôtel de Ville contenoient à ce sujet de curieuses
+ pièces. Ces chantiers ont existé jusqu’à nos jours. Le palais de la
+ Cour des Comptes a remplacé le dernier, qui étoit immense. C’est
+ dans un autre plus rapproché de la rue de Bourgogne, qu’Adrienne
+ Lecouvreur, à qui l’Église refusoit une sépulture en terre sainte,
+ fut clandestinement enterrée en 1730.
+
+On vend aussi du Bois neuf, des Cottrets et des Fagots sur le quay de
+l’Ecole[13], sur le quay de la Grève, et au Port saint Paul.
+
+ [13] Le _Pédant joué_, de Cyrano de Bergerac (acte II, scène 4), a
+ rendu célèbres, nous l’avons déjà dit, les cotrets du quai de
+ l’École. «GRANGER. Eh! qu’allois-tu faire à l’École,
+ baudet?--CORBINELLI. Mon maître s’étant souvenu du commandement que
+ vous lui avez fait d’acheter quelque bagatelle qui fût rare à
+ Venise, et de peu de valeur à Paris, pour en régaler son oncle,
+ s’étoit imaginé qu’une douzaine de cotrets n’étant pas chers, et ne
+ s’en trouvant pas par toute l’Europe de mignons comme en cette
+ ville, il en devoit porter là bas: c’est pourquoi nous passions par
+ l’École pour en acheter.»
+
+Le Charbon se vend sur le Port de la Grève.
+
+On trouve quelquefois sur les Ports et dans les Chantiers du Bois de
+rebut qui se donne à bon marché.
+
+
+
+
+ETOFFES.
+
+
+Le Bureau des Marchands Drapiers est dans la rue des Déchargeurs[1].
+
+ [1] Le portail de cette maison des Drapiers, d’un beau style dorique,
+ dont Piganiol (t. II, p. 176) regrette qu’on eût trop tôt gâté les
+ sculptures «par une couleur à l’huile», avoit été construit, avant
+ 1675, par Jacques Bruant. On l’a conservé, lorsque la maison fut
+ démolie, et il sera rétabli, tel qu’il étoit, dans l’ancien jardin
+ de l’hôtel Carnavalet.
+
+Celuy des Marchands Merciers Grossiers, qui vendent les Etoffes de soyes
+et autres petites Etoffes, sera indiqué dans l’article de la Mercerie.
+
+Pour les petites Etoffes de l’aport de Paris, voyez l’article des
+Tapisseries et Marchandises ordinaires.
+
+Entre les Marchands Drapiers qui ont de gros fonds et qui font de
+grandes fournitures, sont dans la rue saint Honoré[2]:
+
+ [2] «Depuis les piliers des Halles, dit Sauval (t. I, p. 142), jusqu’à
+ la rue d’Orléans, ce ne sont que gros marchands merciers.»
+
+Messieurs de Vins au Grand Loüis[3]; les frères Berny au Château
+couronné; Faré et Paris au Grand Monarque, Charon au chateau de
+Vincenne, Yon au Grand Turc[4], Boucher au Lion d’argent[5], le Large à
+la Clef d’argent, et Forquin au Croissant d’argent, rue de l’Arbre sec,
+Messieurs les frères Brochand à la Trinité[6]; près l’aport de Paris,
+Messieurs Tourau[7] au Cheval noir, Revelois[8] et Arsan à la Croix de
+fer, et Caron aux deux Moines rue des Fourreurs, M. Porcher, rue de
+Bussy, M. Vassal[9], etc.
+
+ [3] «Monsieur Devins, au grand Louis, rue Saint-Honoré, fournit des
+ draps pour les personnes royales, dont il fait d’ailleurs grand
+ commerce.» Édit. 1691, p. 63.--On écrivoit aussi De Vins. De 1676 à
+ 1683, un De Vins fut conseiller de ville et échevin. C’étoit sans
+ doute celui-ci. Comme drapier, et faisant par conséquent partie des
+ six corps, il avoit le droit d’arriver à l’échevinage et au titre de
+ juge-consul.--Il existe, au Cabinet des médailles, un jeton des
+ drapiers, avec le nom de J. de Vin, et la date de 1703 à l’exergue.
+
+ [4] Cette enseigne du Grand Turc existoit encore, et pour le même
+ commerce, en 1789, rue Saint-Honoré. Buffault, que la protection de
+ Mad. Du Barry fit directeur des octrois de Paris, ce qui lui permit
+ de donner son nom à une rue nouvelle, l’avoit rendue célèbre. (_État
+ actuel de Paris_, 1789, in-32, _Quart. du Louvre_, p. 77.)
+
+ [5] Au coin de la rue des Prouvaires. La boutique existe toujours avec
+ sa devanture en boiserie du meilleur style. Le _Lion d’argent_, qui
+ se voyoit encore, il y a quelques années, dans un médaillon
+ au-dessus de la porte, a seul disparu.
+
+ [6] «Où sont fournies toutes les étoffes pour les livrées du Roy.»
+ Édit. 1691, p. 63.--Les Brochand étoient très-célèbres dans le
+ commerce de Paris. Plusieurs furent échevins ou juges-consuls. Ils
+ touchoient aux Poquelin de la branche riche, qui n’étoit pas celle à
+ laquelle nous devons Molière. Leur généalogie complète existe aux
+ _Mss._ de la Biblioth. Nat. Un d’eux, qui avoit été consul,
+ possédoit une magnifique maison à Fontenay-aux-Roses. (_V._
+ Piganiol, t. IX, p. 241.)
+
+ [7] Lisez Thourou. Nous trouvons son nom ainsi écrit dans un arrêt du
+ Conseil d’État, du 11 oct. 1687, servant de règlement entre les
+ drapiers et les merciers, et dénommant tous ceux de ces derniers qui
+ avoient opté pour la draperie et s’y étoient fait recevoir.
+
+ [8] Il est nommé Adrien Revelois dans l’arrêt que nous venons de
+ citer. Celui qui suit ici, et qui sans doute étoit son associé, y
+ est nommé François Hersant.
+
+ [9] Louis Vassal.
+
+M. Sauvage[10] rue S. Denis fait encore un grand détail de Draperie.
+
+ [10] Pierre Sauvage l’aîné. Il étoit d’une famille de grande
+ considération dans le commerce parisien. On trouve dans l’épitaphier
+ de Saint-Jacques-la-Boucherie, un P. Sauvage qui avoit été échevin,
+ «et l’un des porteurs de la châsse de sainte Geneviève», ce qui
+ n’étoit pas un moindre honneur.--C’est surtout dans la partie de la
+ rue Saint-Denis qui avoisinoit celle d’Aubry-le-Boucher, et, en
+ face, l’église des Saints Innocents, qu’il y avoit aussi de riches
+ drapiers. Dans le _Bourgeois gentilhomme_, acte III, sc. 12, Mme
+ Jourdain dit que son père et celui de son mari «vendoient du drap
+ auprés de la porte Saint Innocent».
+
+Enfin les Marchands Drapiers qui ne vendent qu’en gros, sont Messieurs
+Fayert et Feroüillac[11] rue des mauvaises Paroles, Cadeau[12],
+Rousseau, de la Mothe le jeune, Mignot et Sellier au Chevalier du
+Guet[13], Poncet[14] rue des Prouvaires, Bachelier rue Montorgueil,
+Gaillée rue de la Truanderie, Marchand rue des Déchargeurs, etc.
+
+ [11] L’arrêt du Conseil d’État le nomme Ferouillet, mais peut-être--ce
+ qui se rapprocheroit davantage du nom écrit ici--faut-il lire
+ Férouillard. Il y eut, en effet, un fameux marchand de draps qui
+ s’appeloit ainsi, et chez lequel fut commis, pendant la Fronde, un
+ vol considérable. (_V. le Journal des Savants_, 1854, p. 440.)
+
+ [12] Les Cadeau étoient une des plus anciennes familles du commerce de
+ Paris. Il en existe encore, qui connaissent leur origine, et en sont
+ fiers. Un Cadeau, marchand de draps, de la rue Saint-Denis, au
+ _Marteau d’or_, père sans doute de celui qui est ici, fut un des
+ grands meneurs de la Fronde à ses commencements. Le Parlement dut
+ ordonner prise de corps contre lui. _V._ aux Mss. de la Biblioth.
+ Nat., _Remarques journalières et véritables de ce qui s’est passé
+ dans Paris... durant l’année 1648_, p. 10.--Marchands et courtauds
+ de boutique de la rue Saint-Denis avoient, du reste, la réputation
+ d’être tapageurs et même bretteurs: «Bon! dit M. de Colafon, dans
+ _Arlequin Misanthrope_, acte II, scène VIII, je suis le premier
+ homme du monde pour escrimer. C’est moi qui ai mis les armes à la
+ main aux trois quarts de la petite gendarmerie de la rue aux Fers et
+ de la rue Saint-Denis.»--Le magasin des Cadeau étoit si célèbre, que
+ le drap qu’ils vendoient n’étoit connu que par leur nom: on disoit
+ «le drap Cadot (_sic_)». (_Théophraste moderne_, 1701, in-12, p.
+ 40.)
+
+ [13] François Mignot et François Scellier. C’est ainsi qu’ils sont
+ nommés dans l’arrêt du Conseil d’État de 1687. Ils étoient associés.
+ Mignot épousa la sœur de Scellier, et il naquit de ce mariage un
+ fils, Pierre-François Mignot, qui se maria, le 29 janvier 1709, avec
+ Catherine Arouet, sœur aînée de Voltaire, dont l’abbé Mignot et la
+ fameuse mad. Denis furent les enfants. Jal a retrouvé l’acte de
+ mariage de ce fils du marchand de draps, qui, lui, n’étoit pas dans
+ le commerce, mais conseiller du Roi, correcteur en sa Chambre des
+ Comptes. Il y est dit «fils de deffunt François Mignot et de dame
+ Anne Sellière (_sic_)».
+
+ [14] Un jeton des drapiers, au Cabinet des Médailles, porte son nom à
+ l’exergue, avec la date de 1701.
+
+Ceux qui ont un grand assortiment d’Etoffes d’été, sont Messieurs
+Rotisset rue des cinq Diamans, Bergeon[15] rue des Lombars, Picart rue
+de la vieille Monnoye, etc.
+
+ [15] Peut-être faut-il lire Bergeron, comme dans l’arrêt de 1687.
+
+Les Marchands Merciers qui vendent des Toilles peintes et autres Etoffes
+de la Chine, sont près l’aport de Paris, Messieurs le Brun ainé et
+cadet, Chauvin[16] et Liettier, et encore au Cloitre sainte Opportune,
+M. Barroire.
+
+ [16] Dans l’édition de 1691, chap. XII, _du Commerce des
+ habillements_, p. 26, il est seul nommé: «les étoffes de la Chine se
+ vendent chez les marchands tapissiers de la Porte de Paris, entre
+ lesquels M. Chauvin, à l’enseigne du Roy de la Chine, est toujours
+ bien assorti.»
+
+Les Crepes et Crepons se vendent en magasin chez Messieurs le Breton rue
+des Lavandieres, Gaubas et Solicoffre au cul de sac des Bourdonnois[17].
+
+ [17] Jusqu’au règne d’Henri IV, les crêpes et crêpons nous venoient de
+ Bologne. On en dut la fabrication en France à Sully, dit Laffémas,
+ «à la prétieuse manufacture par lui establye dans le château de la
+ ville de Mantes». _Archives curieuses_, 1re série, t. XIV, p. 223.
+
+On vend aussi au même lieu les Treillis d’Allemagne, et encore chez M.
+de la Riviere, rue des Bourdonnois[18].
+
+ [18] A la suite, on lit dans l’édit. de 1691, p. 25: «Au Cheval noir,
+ près la porte de Paris, il y a grand magasin de draperie.»--Les
+ treillis, selon Richelet, étoient «une sorte de grosse toile, dont
+ s’habillent, dit-il, les charretiers, les mariniers et autres gens
+ de cette manière, et dont on fait quelques sacs».
+
+Les Etoffes de soyes, d’or et d’argent[19], sont[20] commercées par
+Messieurs Gautier[21] et Regnault, rue des Bourdonnois.
+
+ [19] Le milannois Furato avoit, sous Henri IV, importé à Paris, hôtel
+ de la Macque, rue de la Tixeranderie, l’art de faire ces étoffes
+ d’or, ce qui fut pour le royaume une épargne de plus de douze cents
+ mille écus par an, suivant Laffémas. (_Loc. citat._)
+
+ [20] «Amplement», édit. de 1691, p. 25.
+
+ [21] C’étoit le plus en vogue. On se ruinoit surtout chez lui--du
+ moins pour les étoffes--en corbeilles, ou, comme on disoit alors, en
+ «carreaux» de mariage: «l’utile et louable pratique, dit La Bruyère,
+ de perdre en frais de nôces le tiers de la dot qu’une femme apporte!
+ de commencer par s’appauvrir, de concert, par l’amas et
+ l’entassement de choses superflues, et de prendre déjà sur son fonds
+ de quoi payer Gautier, les meubles et la toilette.» Le marquis de la
+ _Femme d’intrigue_, de Dancourt, «dont le revenu est en fond de
+ crédit», assure (acte III, sc. X) qu’il se fait des rentes avec ce
+ qu’il achète, pour le revendre, dans cette boutique célèbre: «Il n’y
+ a point d’années, dit-il, ... que je ne touche sept à huit cent
+ pistoles chez Gauthier, cela en étoffes.» Les gros gains de Gautier
+ étaient les noces de rois ou de princes, qu’il fournissoit tous. A
+ la fin de 1679 et au commencement de 1680, il eut, par exemple,
+ après le mariage du roi d’Espagne, celui du prince de Conti. Mme de
+ Sévigné écrivit alors à sa fille: «Gautier ne peut plus se plaindre,
+ il aura touché en nôces, cette année, plus d’un million.» Ce dont il
+ se plaignoit peut-être, c’étoit des lenteurs à payer que se
+ permettoit la marquise. Elle et sa fille achetoient beaucoup chez
+ lui, et payoient rarement. Il réclamoit, et il falloit lui écrire le
+ plus honnêtement du monde pour qu’il prît patience. (_V._ les
+ _Lettres_ de Mme de Sévigné, édit. L. Hachette, t. III, 76 et 88;
+ VII, 438.)
+
+Mr du Moütier rue Chanverrie à la ville de Hambourg tient magasin de
+petites Etoffes fabrique de Paris, et M. Brulé même rue, tient magasin
+de Taffetas et autres Etoffes de Tours et d’Avignon[22].
+
+ [22] Le taffetas d’Avignon, ou demi-armoisin, étoit le plus mince de
+ tous; celui de Tours, ou «petit gros de Tours», l’était un peu
+ moins.
+
+Pour les Etoffes concernant le Theâtre et le Carnaval, voyez l’article
+des Passetemps et Menus Plaisirs[23].
+
+ [23] T. I, p. 269.
+
+
+
+
+LINGES, POINTS ET DENTELLES DE FIL.
+
+
+Messieurs Bourdet rue Troussevache, Moret rue du plat d’Etain, Thuisy
+rue du Coq[1], Thuiard rue Chanverrerie, Doujat, rue Dauphine à la ville
+de Bruxelle[2], etc., tiennent magasin de Toilles et de Dentelles.
+
+ [1] Il est seul nommé dans l’édit. de 1691, p. 25.
+
+ [2] Peut-être faut-il lire Boujat ou Bougeat, nom du marchand de
+ dentelles à qui l’on accusoit Richelet d’avoir dédié son _Recueil de
+ lettres_, vers ce temps-là. (_Sentim. crit. sur les Caract. de La
+ Bruyère_, p. 75-76.) Richelet, qui demeuroit rue des Boucheries (v.
+ t. I, p. 259), étoit presque son voisin.
+
+Il y a un grand nombre de magasins pour les Points et Dentelles rue des
+Bourdonnois et rue saint Denis devant le Sepulcre[3].
+
+ [3] Dans l’édit. précédente, «la rue Betizy» est au nombre de celles
+ où «les points et dentelles se vendent en plusieurs boutiques et
+ magasins».--Il n’y a plus aujourd’hui de cet ancien commerce, dans
+ la rue des Bourdonnois, que des magasins de bonneterie et de toiles.
+
+Il y a aussi plusieurs boutiques de Lingeres qui vendent des Dentelles
+et Garnitures de tête au Palais[4] sur le quay de Gesvres et sous les
+galeries des Innocens[5].
+
+ [4] Elles étoient les plus en renom. Corneille, dans sa pièce _la
+ Galerie du Palais_, jouée en 1634, n’a pas oublié les scènes pour la
+ lingère. Ce sont les 12, 13 et 14es du IVe acte. On joua plus tard,
+ à la Comédie italienne, une farce, _la Lingère du Palais_, où
+ Arlequin, dans une scène d’invectives avec la marchande, lui dit
+ entre autres choses: «Tais-toi, vendeuse de points d’Angleterre
+ faits à Paris.» Leur réputation étoit mauvaise. Sauval, t. I, p.
+ 147, cite des statuts qui les assimilent aux filles.
+
+ [5] «Et sous les charniers du cimetière des Innocents.» Édit. de 1691,
+ p. 25. Le reste de l’art. est identique. Deux autres le précèdent,
+ qui manquent ici: «les marchands qui font les garnitures de rubans,
+ ont leurs boutiques dans les cours, salles et galeries du
+ Palais.--Le sieur Le Gras est un des plus renommez, sa boutique est
+ devant l’escalier de la Cour des Monnoyes.» Il s’appeloit Philippe
+ Le Gras, et nous avons vu, t. I, p. 238, qu’il comptoit parmi les
+ marchands les plus renommés de Paris. Après l’édit de mars 1700 sur
+ les objets de luxe, sa boutique, place Dauphine, en face de la Cour
+ des Monnoies, fut minutieusement visitée. (_Collect._ Delamarre, nº
+ 21, 626, p. 70.)
+
+Il y a aux Halles un marché franc pour les Toilles.
+
+Plusieurs Marchands Lingers tiennent magasins de toutes sortes de
+Toilles à la place aux Chats.
+
+Les Lingeres de la rue de la Lingerie, vendent toutes sortes de vieux
+linges, de lits, de tables, d’enfans, etc.
+
+Il y a quelques Lingeres sur le Pont neuf qui vendent des Dentelles, et
+qui ont quelque fois de très bon linge de hazard.
+
+
+
+
+DENTELLES, POINTS, BOUTONS, ET GALONS D’OR, D’ARGENT ET DE SOYE.
+
+
+Messieurs Foissin et le Doux rue saint Denis[1], tiennent magasin de
+Dentelles et de Galons et de Boutons d’or, d’argent et de soye[2].
+
+ [1] Dans le curieux pasquil, la _Révolte des passements_, fait à
+ propos de l’Edit somptuaire du 27 novembre 1660, et que nous avons
+ publié, dans nos _Variétés_, t. I, p. 223, les Révoltés se
+ rassemblent rue Saint-Denis, au _Vase d’or_.
+
+ [2] Ces boutons de soie et d’autres étoffes, qui se substituoient aux
+ boutons d’argent ou d’or, amenèrent une grosse querelle entre les
+ boutonniers et les rubaniers. A Lyon, cinq cents des premiers
+ adressèrent des plaintes à l’intendant, le 26 avril 1695, contre les
+ seconds «qui font, disoient-ils, des boutons avec des rubans
+ d’étoffe d’or, d’argent et soie». (_Correspondance des Contrôleurs
+ généraux_, publiée par M. de Boislisle, t. I, nº 1426.) On leur
+ donna raison. _V. la Correspondance administrative de Louis XIV_, à
+ la même date, t. III.
+
+Les Marchands en boutique qui font commerce de Points, Dentelles et
+Galons d’or et d’argent, sont pour la plûpart rue saint Honoré, depuis
+la Croix du Tiroir jusqu’à la rue de la Feronnerie[3].
+
+ [3] L’édit. de 1691, p. 25, diffère un peu: «les dentelles et galanz
+ d’or se vendent rue des Bourdonnois et rue Saint-Honoré, entre la
+ place aux Chats et les piliers des Halles.» La place aux Chats fut
+ remplacée par le cul-de-sac des Bourdonnois, qui existe encore.
+
+Messieurs Boucher rue des Bourdonnois, et M. Payot devant l’Hotel de la
+Monnoye[4], en ont un grand assortiment.
+
+ [4] Il étoit alors dans la rue qui en a gardé le nom de rue de la
+ Monnoie.
+
+Les Dentelles, Guipures[5] et Galons de soye, se vendent principalement
+sur le petit Pont[6] et rue au Fevre, où l’on vend aussi des Galons de
+livrées.
+
+ [5] Ces guipures, qu’il ne faut pas confondre avec celles
+ d’aujourd’hui qui ne sont que d’anciens passements de fil, étoient
+ une sorte de dentelle de soie qui venoit de Flandre ou d’Angleterre,
+ comme on le voit par le tarif du 18 avril 1667. Il en est parlé dans
+ l’_École des maris_, acte II, sc. 7.
+
+ [6] La boutique des _trois Croissants_ étoit la principale de celles
+ des galons d’or et d’argent, «vendus à Petit-Pont», comme on disoit.
+ Auprès étoient de gros marchands d’étoffes, _à la Croix d’or_, _au
+ Bras d’or_, _à la Tête d’Or_, _au Saint-Esprit_, _à l’Annonciation_,
+ _à l’Enfant Jésus_, _aux deux Anges_. Toutes ces maisons furent
+ brûlées à l’incendie du Petit-Pont en 1718. _V. le Mercure_, avril
+ 1718, p. 208-209.
+
+Le Sieur Guidot rue des Filles Dieu qui travaille aux Galons d’or et
+d’argent, entreprend des fournitures et les passe à un mediocre gain[7].
+
+ [7] Il le pouvoit d’autant mieux que les ouvriers rubaniers et
+ passementiers, presque tous logés dans le misérable quartier du
+ faubourg Saint-Marceau, étoient de pauvres gens qu’on faisoit
+ travailler pour presque rien. La Reynie lui-même avoit conscience de
+ les mettre à la taxe: «Il n’a été, écrivoit-il à Colbert, le 2 août
+ 1675, signifié aucune taxe à aucun artisan de Paris. J’ai même pris
+ soin, suivant vos ordres, de faire entendre et il y a longtemps, à
+ cette communauté de rubaniers, qui est très-nombreuse et
+ très-pauvre, qu’elle n’avoit qu’à continuer de vivre, comme elle
+ avoit accoutumé.» Cette lettre étoit motivée par un horrible
+ événement: un de ces rubaniers avoit tué quatre de ses enfants, et
+ l’on disoit qu’il y avoit été poussé par les poursuites des
+ collecteurs d’impôts. V., à ce sujet, la _Lettre_ de Mme de Sévigné,
+ du 31 juillet 1675.
+
+Entre les autres Ouvriers de Galons d’or et d’argent qui font beaucoup
+travailler, sont les Sieurs Mouzé rue de la Truanderie, Anduroy[8] rue
+Tictonne, Pelletier rue saint Denis près le grand Cerf[9], Merlier père
+et Merlier fils même rue près la fontaine du Ponceau, etc.
+
+ [8] Il faut lire Auduroy, nom qui fut longtemps en crédit dans le
+ commerce de Paris et d’Orléans.
+
+ [9] C’étoit une grande hôtellerie dont il sera reparlé, sur
+ l’emplacement de laquelle a été percé le passage du même nom.
+
+
+
+
+MERCERIE ET QUINCAILLERIE.
+
+
+Le Bureau des Marchands Merciers, Jouailliers, Quincailliers-Grossiers,
+etc.[1], est dans la rue Quinquempoix.
+
+ [1] Cet _et cætera_ n’est pas pour la forme. Les joailliers et les
+ quincailliers n’étoient pas, en effet, les seuls métiers qui
+ fissent, avec les merciers, proprement dits, partie du corps de la
+ Mercerie. Dix-sept autres en dépendoient aussi. Ce n’étoit pas le
+ premier des six corps, mais c’étoit le plus important. Voici, du
+ reste, quel en étoit l’ordre: la Draperie, l’Épicerie, la Mercerie,
+ la Pelleterie, la Bonneterie, l’Orfévrerie. Les libraires et les
+ marchands de vin, qui n’en étoient pas, mais venoient immédiatement
+ après, avoient des priviléges égaux: ils pouvoient être aussi
+ échevins et juges-consuls.
+
+Les Maîtres et Gardes en charge de la Marchandise de Mercerie,
+Jouaillerie, etc., sont Messieurs Arlot grand Garde rue saint Germain,
+Perichon rue saint Honoré, l’Evesque rue des Bourdonnois, le Doux,
+Baroy, Testart et Sautereau rue saint Denis.
+
+Les Marchands de Fer pour le commerce desquels il y aura un article à
+part, sont néanmoins du même corps.
+
+La Mercerie en gros se fait par un grand nombre de Marchands qui ont des
+Boutiques et Magasins rue saint Denis, depuis la rue des Lombards
+jusqu’à la rue du petit Lion[2], entre lesquels Mrs Maillet aux trois
+Maillets[3], le Bray à la Gibecière, Bioche au Cheval d’or, Choisy à la
+Lune, Deplanc à la Boëte d’or, Nique au Cheval noir, Regnault aux trois
+Agneaux, Milochin, Sauvage, Marcadé[4], etc., ont un grand assortiment
+de Mercerie pour les Détailleurs.
+
+ [2] Liger, dans son _Voyageur fidèle_, p. 359, donne la même
+ indication.
+
+ [3] Son article est plus détaillé dans l’édit. de 1691, p. 21: «les
+ marchandises qui conviennent aux savoyards et colporteurs ambulans,
+ se vendent chez le S. Maillet, rue S. Denis, près le Sépulcre, à
+ l’enseigne des Trois-Maillets.»
+
+ [4] «Rue Saint-Denis, à la Rose-Blanche.» Édit. 1691, p. 21. Deux
+ lignes plus loin, il est encore question de lui: «le même M. Marcadé
+ et Messieurs Bellavoine, rue Saint-Denis, et Villaine, rue Bourlabé,
+ envoyent toutes sortes de marchandises de bijouteries dans les pays
+ estrangers.» Marcadé et Bellavoine étoient, comme nous l’avons
+ prouvé dans notre _Notice_ sur lui, des proches parents du poëte
+ Regnard. C’est sans doute avec l’un d’eux qu’il commença ses
+ voyages, dont le premier, qu’il fit de très-bonne heure, ne fut pas
+ moins que jusqu’à Constantinople. Gelée, dont le nom viendra un peu
+ plus loin, et qui, on le verra, faisoit le commerce des marchandises
+ d’Outre-Mer, étoit aussi de sa famille. Monteil possédoit et a
+ souvent cité l’inventaire d’un Bellavoine, sans doute père de celui
+ qui figure ici. L’acte est de 1667.
+
+M. du Moutier rue de la Chanverrie à la Ville d’Hambourg, tient magasin
+de toutes sortes de Rubans.
+
+Autant en font Mrs le Clerc rue saint Denis aux Balances, et le Roy au
+Chevalier du Guet.
+
+Il y a un grand magasin d’Evantailles chez M. Lambert derriere saint Leu
+et saint Gilles, où se fournissent la plus grande part des
+Détailleurs[5].
+
+ [5] «Les magasins d’éventails sont derrière Saint-Leu et Saint-Gilles,
+ au Grand-Navire, et en différents endroits de la rue Saint-Denis et
+ de la rue du Petit-Lion.» Édit. de 1691, p. 26.
+
+M. le Leu rue du petit Lion, fait le même commerce[6].
+
+ [6] Les éventaillistes faisoient dans le corps des merciers une
+ communauté à part, de même que les tablettiers, avec lesquels ils
+ eurent même, en juin 1701, un procès assez vif pour une affaire de
+ privilége.
+
+Mrs Gelée au Chevalier du Guet, et Guillery[7] rue de la Tabletterie,
+tiennent magasin de diverses marchandises d’outremer.
+
+ [7] Nous le retrouverons plus loin au chap. des «Marchandises des
+ gantiers et parfumeurs.»
+
+Pour les Curiositez et Bijouteries qui sont commercées par divers
+Marchands du même corps, il faut recourir à l’article de ces sortes de
+Marchandises.
+
+Les Bijouteries communes pour les Savoyards, Colporteurs[8] et autres,
+sont commercées par Madame la veuve Lagny au Cloître saint Jean de
+Latran.
+
+ [8] Presque tous étoient du Dauphiné ou de la Savoie. On les y
+ appeloit _bizordi_, et chez nous _bisouart_, à cause de leurs habits
+ de grosse étoffe bise.
+
+Les Marchands de Soyes qui vendent en gros et en détail, sont au
+quartier de la rue saint Denis et de la rue Briboucher[9], par exemple,
+Mrs Vince[10], du Courroy, etc.
+
+ [9] Le peuple prononçoit et prononce encore ainsi le nom de la rue
+ Aubry-le-Boucher.
+
+ [10] C’est le même que nous avons vu tout-à-l’heure appelé De Vins au
+ chapitre des _Étoffes_.
+
+Le Sieur Avalon qui demeure dans le Temple, tient magasin de petits
+Miroirs pour les Colporteurs[11].
+
+ [11] Le Temple, comme l’enclos de Saint-Jean de Latran, étant lieu de
+ franchise, les magasins où les colporteurs venoient s’y fournir,
+ pouvoient vendre à meilleur compte que partout ailleurs.
+
+Les Coffres et Miroirs d’écaille tortue[12] se fabriquent rue saint
+Denis joignant le Coq croissant[13].
+
+ [12] Lisez «de tortue», correction des plus simples, et que Liger,
+ copiste de ce volume, n’a cependant pas faite pour le sien. A la
+ page 360 du _Voyageur fidèle_, il répète la faute.
+
+ [13] Le commerce des miroirs étoit alors le plus en vogue. Le
+ Sicilien, dont nous avons déjà cité la lettre, nous en donne la
+ raison: «les rubans, dit-il, les miroirs et les dentelles sont trois
+ choses sans lesquelles les françois ne peuvent pas vivre»; et un peu
+ plus loin: «ceux qui ne sont pas françois ne peuvent souffrir que
+ les hommes se peignent publiquement dans la rue, et que les dames
+ portent toujours un petit miroir à la main.»
+
+Les Joyaux d’Orfeverie au tour, qui se vendent, par les Merciers du
+Palais, sont très proprement fabriquez par le Sieur Gorin, rue saint
+Louis de la Cité[14].
+
+ [14] «Rue Saint-Louis, quartier du Palais.» Édit. de 1691, p. 22.
+
+Pour les autres ouvrages d’Orfeverie, de Pierreries et de Perles, qui se
+vendent par les Merciers Jouailliers, voyez l’article qui en traite.
+
+Mademoiselle Richard près l’Echelle du Temple[15], fait et vend des
+Ecrans d’une beauté singulière.
+
+ [15] L’ancienne échelle patibulaire, marque de la haute justice des
+ Templiers. Elle étoit placée au coin des rues du Temple et des
+ Vieilles-Haudriettes. Quelques étourdis de la noblesse du Marais
+ l’avoient brûlée un soir d’hiver, en 1649, ce qui avoit inspiré à
+ Blot une amusante complainte qu’on peut lire dans le _Recueil
+ Maurepas_, et dont l’air fut long-temps célèbre.
+
+David Laurent et David l’Escuyer qui apportent des Marchandises de
+Diepe[16], logent à Paris, rue Bourlabé au Lion d’or.
+
+ [16] C’est-à-dire toutes sortes d’objets d’ivoire et de corne
+ sculptés, ou faits au tour: «Dieppe, dit Piganiol, est peut-être le
+ lieu du monde où l’on travaille le mieux l’ivoire et la corne. On y
+ fait des ouvrages d’une délicatesse étonnante, et il n’y a guère de
+ gens plus adroits à manier le tour que les Dieppois.» _Nouveau
+ Voyage de France_, t. II, p. 332.
+
+Les Sieurs Gaudet, le Clerc et du Val rue d’Arnetal[17], vendent en gros
+les Rubans étroits qu’on nomme nompareilles[18].
+
+ [17] Aujourd’hui la rue Grenetat, dont le nom n’est peut-être qu’une
+ altération de celui-ci.
+
+ [18] «Sorte de petit ruban fort étroit», dit en effet Richelet. On en
+ bordoit les galons ou _galants_:
+
+ Le beau galant de neige avec sa nompareille
+
+ que le Gros René du _Dépit amoureux_ rend à Marinette, s’explique
+ ainsi.
+
+Les Jouailliers forains de saint Claude[19] logent rue Bourlabé au Lion
+d’argent.
+
+ [19] Ces joailliers de Saint-Claude, dans le Jura, venoient vendre à
+ Paris les menus objets de buis fabriqués dans leurs montagnes: «les
+ ouvrages de buis, dit Hesseln, sont le principal commerce de
+ Saint-Claude. On y travaille fort bien en ce genre.» (_Dict. univ.
+ de la France_, t. VI, p. 45.)--Aujourd’hui la «joaillerie de
+ Saint-Claude» se vend et se fabrique aussi: rue Saint-Martin, rue
+ Folie-Méricourt, rue Turbigo, etc.
+
+Les Jouailleries enfantines pour les Foires[20], se font et se vendent
+chez les Sieurs Prevost rue saint Martin devant la rue aux Ours, et
+Favre, rue saint Denis devant les Filles Dieu.
+
+ [20] On appeloit ainsi ces petits ménages d’enfants faits d’étain
+ commun ou de plomb, et aussi quelquefois d’argent. On sait combien
+ la petite Françoise d’Aubigné, élevée à la prison de Niort,
+ regardoit avec envie le ménage d’argent de la fille de son geôlier.
+
+La veuve Caré même rue, et la veuve Poisson à la Pierre au lait[21],
+font commerce de cette sorte de Marchandises, et vendent d’ailleurs
+toutes les sortes de Boetes d’Allemagne peintes et en blanc, de Caffé et
+autres.
+
+ [21] Elle est seule nommée dans l’édit. précédente, p. 21: «la veuve
+ Poisson, marchande à la Pierre au Lait, tient magasin de toutes
+ sortes de boëttes d’Allemagne, de sapin et de bois blanc, peintes et
+ non peintes.» On en fait encore de pareilles dans la Forêt-Noire et
+ à Spa.
+
+Il y a un magasin de Jartieres de soye rue d’Arnetal au Signe de la
+Croix[22].
+
+ [22] La renommée des jarretières de Paris étoit encore la même
+ soixante ans après, lorsque Voltaire écrivoit à Madame de Fontaine,
+ le 26 janvier 1758: «Madame Denis a cru qu’on ne pouvoit avoir une
+ jarretière bien faite sans la faire venir de Paris, à grands frais.»
+
+Les bonnes Epingles et les fines Eguilles se vendent rue de la Huchette
+à l’Y[23], et près la Croix du Tiroir à la Coupe d’or.
+
+ [23] C’est là, en effet, que se vendoient les «aiguilles de Paris»,
+ dont Gros René, «avec tant de fanfare», donna un demi-cent à
+ Marinette. Cette maison de l’Y existe encore, avec la fameuse lettre
+ figurée en fer au milieu des balcons du premier étage. C’étoit une
+ enseigne en rébus, comme il y en avoit tant: «les grègues, ou
+ culottes à la grecque, dit Aimé Martin, dans une note sur _la Fable_
+ 15 du livre III de La Fontaine, s’attachoient avec un nœud de ruban
+ nommé _un lie-grègue_, qui a longtemps servi d’enseigne aux
+ merciers, avec cette légende-rébus: _à l’Y_.» Plusieurs marchands
+ avoient pris cette enseigne, entre autres un marchand d’épingles du
+ Petit-Pont, dont la boutique fut brûlée par l’incendie de 1718, mais
+ c’est le mercier de la rue de la Huchette qui la rendit le plus
+ célèbre, il est parlé de sa boutique et de sa marchandise dans
+ l’introuvable petit poëme scarronnesque du chevalier de Loutaud,
+ _Plaidoyez d’Ajax et d’Ulysse..._ 1653, in-12, p. 28:
+
+ J’avois aiguilles de Paris
+ De l’Y grec dedans la Huchette,
+ Où j’en fais toujours mon emplette.
+
+ _V._ sur la maison où se trouve cette boutique célèbre l’abbé Le
+ Beuf, édit. Cocheris, t. III, p. 61.
+
+Le Sieur Langlois rue saint Sauveur au Fer à cheval, fait des Buscs et
+Bois d’Evantails[24] d’une grande propreté[25].
+
+ [24] «Les buscs et bois d’éventail curieux.» Édit. de 1691, p. 23.
+
+ [25] Les buscs, si nécessaires pour les hauts et roides corsages que
+ les femmes portoient alors, se façonnoient en ivoire ou en bois. Mme
+ de Villedieu en a fait le sujet d’une _galanterie_ assez leste,
+ imprimée à la suite de son poëme le plus rare, _le Carousel de
+ Monseigneur le Dauphin_. 1672, in-12, p. 14:
+
+ Qu’il est heureux de tous costez
+ Le joly bois que vous portez, etc.
+
+Les Marchands qui font les Garnitures de Rubans, et qui vendent les
+Coiffes, Fichus et autres Ajustemens des femmes, ont pour la pluspart
+leurs boutiques au Palais, et quelques uns devant saint Mederic, rue
+saint Antoine[26], et ailleurs.
+
+ [26] Les broderies du faubourg Saint-Antoine étoient déjà célèbres en
+ 1660. (_Variétés hist. et litt._, t. I, p. 240.)
+
+Pour les Gands, voyez l’article des Gantiers Parfumeurs.
+
+Pour le Papier, l’Encre, la Cire d’Espagne, les Ecritoires, etc., voyez
+l’article des Papetiers, Cartonniers, etc.
+
+Pour les Masques et Ornemens de Balets, voyez l’article des Passetemps
+et Menus-Plaisirs.
+
+Entre les Quincailliers-Grossiers qui fournissent les Détailleurs, sont
+Mrs Bioche au Cheval d’or, Gabeüil au bon Pasteur, Moreau à la Teste
+d’or[27], et Menedrieux au saint Esprit rue saint Denis.
+
+ [27] «Marceau et Nedrigan, rue Saint-Denis.» Édit. de 1691, p. 23. A
+ la suite, on lit encore: «Il y a aussi un magasin de quincaillerie
+ rue des Deux-Boules, chez un charon.»
+
+Il y a d’ailleurs plusieurs boutiques et magasins bien fournis de
+Quincailleries[28] à l’entrée du quay de la Mégisserie[29].
+
+ [28] «Qui font ensemble le gros et le détail.» Édit. de 1691, p. 23.
+
+ [29] Dans la partie qui s’appeloit plus spécialement quai de la
+ Ferraille, non-seulement à cause de ces quincailliers, mais parce
+ qu’il étoit encombré de petits marchands qui, sur le pavé même, y
+ étaloient leurs ferrailles. Ils y restèrent jusqu’à l’époque du
+ premier Empire. Piis résuma dans ce distique l’arrêté de police qui
+ les fit déguerpir:
+
+ Enjoignons aux vieux ferailleurs
+ De vendre leur vieux fer ailleurs.
+
+
+
+
+MARCHANDISES DE PAPETIERS, CARTIERS ET CARTONNIERS.
+
+
+Entre les Marchands Papetiers qui font en gros le commerce de Papiers et
+qui ont de grands magasins, sont, Mrs du Puis rue saint Jacques, Godart
+et Cousin rue des deux Boules, Melun Cloitre saint Jacques de la
+Boucherie, Nourry rue des trois Mores[1], etc.
+
+ [1] Cette rue peu connue alloit de la rue Trousse-Vache à celle des
+ Lombards. Elle devoit son nom à l’enseigne d’un cabaret où M. de
+ Roquelaure mena un soir Henri IV. (_Histor._ de Tallemant, édit. P.
+ Paris, t. IV, p. 14 et 16.)
+
+M. Beaumont Cartier du Roy, demeure près la place des Victoires[2], et
+M. Mathas[3] Cartier de Monsieur, près S. Roch.
+
+ [2] «Les sieurs Beaumont, rue Neuve-des-Petits-Champs, et Langlade,
+ rue Platrière, font encore de très-bonnes cartes à jouer.» Édit. de
+ 1691, p. 60.--Sauval, t. I, p. 109, parle de cet Anglade ou
+ Langlade, à propos de la rue du quartier Saint-Roch, à laquelle on
+ croyoit qu’il avoit donné son nom: «Jean Anglade, dit-il, maître
+ cartier à Paris, qui met pour devise sur l’enveloppe de ses cartes:
+
+ Jean Anglade je me nomme,
+ Et vous prie de jouer et n’offenser personne.»
+
+ Les fabriques de cartes étoient moins importantes à Paris qu’à
+ Rouen, où toute l’Europe et l’Amérique s’en fournissoient.
+ (_Archives curieuses_, 2e série, t. XII, p. 230.) A la suite de la
+ révocation de l’Édit, les cartiers rouennais, la plupart
+ protestants, ayant émigré, leur industrie baissa beaucoup.
+ (_Segraisiana_, p. 40-41.) Il resta ceux de Paris, et ceux de Thiers
+ en Auvergne, célèbres depuis plus d’un siècle. Montaigne, en 1588,
+ visita la fabrique de Palmier, qui l’emportoit sur tous les autres.
+ (V. son _Voyage_, édition in-12, t. II, p. 598.)
+
+ [3] Avant l’art. de Beaumont et Langlade, on trouve dans l’édit.
+ précédente: «le sieur Ouynel, cartier du Roi, demeure près des
+ Bâtons-Royaux.» Ensuite vient Mathan, et non Mathas, comme ici.
+
+M. de la Bourde rue Bourlabé, vend les Cartons dorez pour les
+Reliquaires, et Mrs Culambourgt rue d’Escosse, Boissiere rue de
+Versailles[4], la Ruelle rue saint Victor, vendent celuy qui sert aux
+Relieurs, et d’autres pour differens usages.
+
+ [4] L’adresse de ces deux derniers est indiquée dans l’édit. de 1691:
+ «près le Puits-Certain», qui étoit, en effet, situé à peu de
+ distance de la rue d’Écosse et de la rue de Versailles.
+
+Le même la Ruelle fait grand commerce de Boetes de Carte[5], et d’Estuis
+de Manchons et de Chapeaux.
+
+ [5] C’est ce que nous appelons «cartons de bureau». La préfecture de
+ police, avant l’incendie de 1871, en possédoit de très-anciens, ceux
+ entre autres qui contenoient les pièces du procès de Cartouche. Ils
+ avoient été vendus par les papetiers des environs du Palais: Picard,
+ _à la Vertu_; Gorgeret, _à la Grande Vertu_. Quand Guyot prit
+ l’enseigne: _à la Petite Vertu_, ce fut par concurrence à celles-ci,
+ qui n’étoient, au reste, qu’un rébus, comme l’Y de tout-à-l’heure.
+ _La Vertu_ s’y figuroit pour un V voyelle, c’est-à-dire un U, peint
+ en vert.
+
+Les Ecritoires de corne sont fabriquées en gros par les Marchands rue
+Betizy et rue des deux Boules à l’Empereur, sur le quay neuf à la
+Renommée, et rue saint Denis au grand Charlemagne[6].
+
+ [6] Cet article est différent dans l’édit. de 1691, p. 22: «les
+ écritoires de corne sont fabriquez par les sieurs Langlois frères,
+ rue Bourlabé.» Ces sortes d’encriers, en usage encore dans notre
+ enfance, servoient surtout aux écoliers. J.-J. Rousseau n’en eut
+ cependant jamais d’autres. L’abbé de Tersan possédoit celui dont il
+ se servoit à la fin de sa vie. Les écritoires à la mode étoient
+ toujours «façon d’ébène», comme du temps de Loret, t. I, p. 244.
+
+Les Dames Futeau, Gamet, Morand, la Bussière et quelques autres[7] qui
+logent aux environs de saint Hilaire, achetent et vendent toutes sortes
+de vieux Papiers et Parchemins.
+
+ [7] Toutes ces femmes, d’après l’édit. précédente, p. 60, formoient, à
+ ce qu’il paroît, une sorte de Société. Quelques lignes plus loin que
+ leur article s’en trouve un, qui complète celui qui le précède ici.
+ Les mêmes marchands de la rue Bétizy, de la rue des Deux-Boules,
+ etc., y sont indiqués pour la vente en gros, aux marchands, de la
+ cire d’Espagne. On l’appeloit aussi «cire des Indes», suivant
+ l’_histoire des Drogues_ par Pomet, liv. VII. Son nom de cire,
+ soi-disant importée d’Espagne, où, par parenthèse, on ne s’en
+ servoit pas, paroît lui être venu de ce que le premier livre qui en
+ ait parlé étoit d’un Espagnol. C’est le _Traité sur les aromates et
+ les simples_ publié en 1563 par Garcias de Orta.
+
+A la Reigle d’or, place aux Chats près saint Innocent, on trouve un
+grand assortiment de Papiers reiglez pour la Musique[8].
+
+ [8] Plusieurs manuscrits de musique à la Bibliothèque du Conservatoire
+ portent l’adresse de «La Reigle d’or».
+
+A l’Image saint François, rue saint André du coté du pont saint Michel,
+il y a un Papetier renommé pour la bonne Encre[9], pour les Canifs fins
+et pour les Plumes taillées.
+
+ [9] On trouve la recette de «cette bonne encre», que le père de Mme
+ Dacier avoit soigneusement transcrite, dans les _Mélanges de la
+ Société des Bibliophiles_, 1850, in-18, p. 342. Nous ignorons le nom
+ de son inventeur et l’époque de l’invention, mais peut-être étoit-ce
+ la même que «l’encre nouvelle», dont la marchande qui en faisoit
+ commerce «sur le pont», figure, en 1622, parmi les commères des
+ _Caquets de l’accouchée_. _V._ notre édit., p. 60.
+
+
+
+
+OUVRAGES ET COMMERCE DE BONNETIERS.
+
+
+Le Bureau des Marchands Bonnetiers, Bastiers, etc., est au Cloitre saint
+Jacques de la Boucherie.
+
+Les Maîtres et Gardes en charge des Marchands Bonnetiers sont Messieurs
+Besnard rue saint Denis, Jeson le jeune au coin du Marché neuf, Lory et
+Courcelle à la Halle, et Vaze rue saint Denis.
+
+Entre les Marchands Bonnetiers qui tiennent magasin et font commerce en
+gros, sont lesdits Sieurs Besnard, Lory et Vaze, et encore Mrs
+Chastelain Chevalier du Guet, Mignot rue de la Savonnerie, de la Croix
+et le Comte, rue S. Denis, Banche sous les Pilliers des Halles.
+
+Entre les Marchands Bonnetiers tenans boutiques, qui font un fort grand
+détail, sont Mrs Perdrigeon aux quatre Vents près saint Denis de la
+Chartre[1], Naü à la Place Royale près la Croix du Tiroir, du Four aux
+quatre Vents à petit Pont[2], de Lorme rue saint Antoine, et le Roux au
+Cerf volant Pont Notre Dame.
+
+ [1] Il est célèbre depuis les _Précieuses ridicules_, scène X, où
+ Mascarille demandant à Madelon: «le ruban est-il bien choisi?»
+ Madelon lui répond: «Furieusement bien. C’est Perdrigeon tout pur.»
+ Loret se sert de la même expression dans sa _Gazette_ du 3 février
+ 1663. Il figure comme le plus fameux vendeur de rubans dans la
+ _Révolte des passements_. (V. nos _Variétés_, t. I, p.
+ 235.)--En 1692, il est encore nommé dans la farce italienne
+ d’_Arlequin-Phaéton_, acte II, sc. V, et mis bien au-dessus des
+ médiocres marchands. Dans le _Procès-verbal de visites pour les
+ marchandises de luxe_, en 1700, nous trouvons, p. 65, un Jean
+ Perdrigeon, qui doit être ou lui, ou son fils. En 1711, cette
+ fameuse boutique existoit encore, avec le nom qui en avoit fait la
+ chalandise. Le Cabinet des Médailles possède un jeton de mercier,
+ qui porte cette date, avec le nom de J. Perdrigeon.
+
+ [2] Variante de l’édit. précédente: «à la Place-Royale, près la Croix
+ du Tiroir, et aux Quatre-Vents, au bout du pont Notre-Dame, il y a
+ de gros magasins de bas de soie, de laine, de cotton, etc.» A la
+ suite: «les bas de toile se font par des chaussetiers, près la porte
+ Dauphine.»--Nous lisons dans le _Menagiana_, t. III, p. 99, une
+ amusante anecdote sur le bonnetier des Quatre-Vents, et un docteur:
+ «M. Peaucelier, y est-il dit, du collége des Cholets, achetoit une
+ paire de bas _aux Quatre-Vents_. Le marchand lui en donna de
+ plusieurs sortes, qu’il ne trouva pas à sa fantaisie. Ils n’étoient
+ pas assez forts, ni assez épais. Donnez-m’en, dit-il, qui soient de
+ _matière continue_, et non pas de matière discrète. Le tour
+ d’expression est d’un véritable docteur.»
+
+Il y a au Fauxbourg saint Marcel un grand nombre d’Ouvriers pour les Bas
+drapez.
+
+Il se fait aussi des Bas drapez[3] de Laine de Cigovie[4] et de diverses
+autres sortes de Laine et de Soye, chez plusieurs Manufacturiers du
+Fauxbourg saint Antoine[5], de la Cour du Palais, Porte saint Marcel,
+saint Victor, saint Denis, saint Martin, et Fauxbourg saint Germain, qui
+travaillent au metier dont les Jurez sont Mrs Martin à la Villeneuve,
+Tonnelier rue Darnetal, Largilliere[6] même rue, Vaudin rue...
+
+ [3] On appeloit «bas drapés» ceux dont on épaississoit la laine, en la
+ tirant légèrement avec le chardon à bonnetier.
+
+ [4] Ségovie. Les meilleures laines pour les draps fins se tirèrent
+ longtemps de cette ville d’Espagne.
+
+ [5] Le 9 janvier 1683, par arrêt du Conseil d’État, permission avoit
+ été donnée au sieur Corrozet d’établir, au faubourg Saint-Antoine,
+ vingt métiers «pour faire travailler en bas et autres ouvrages de
+ soie au métier». Il étoit neveu de Hindret, qui, en 1656, avoit
+ fondé une manufacture pareille au château de Madrid.
+
+ [6] Il étoit parent du célèbre peintre, qui n’avoit, du reste, dans sa
+ famille toute parisienne, que des passementiers, des boutonniers,
+ des chapeliers. _V._ Jal, _Dict. crit._ à son nom.
+
+Leur Bureau est rue des Canettes; ceux qui en font le plus grand
+commerce en gros et en détail sont Mrs Mirebeau, Guyart, et Josse Cour
+neuve du Palais, et Boucher Fauxbourg saint Marcel.
+
+
+
+
+MARCHANDISES DES GANTIERS ET PARFUMEURS.
+
+
+Il y a près les Peres de l’Oratoire rue saint Honoré, et dans la rue de
+l’Arbre sec, des Marchands qui vendent des Gands de Rome[1], de
+Grenoble[2], de Blois[3], d’Eslan, de Chamois et diverses autres sortes
+de la meilleure fabrique.
+
+ [1] On savoit déjà combien ils étoient en vogue dès le temps de la
+ Fronde, par quelques lettres de Poussin à M. de Chanteloup, qui le
+ chargeoit de lui en acheter. Un sien ami, «connoisseur en matière de
+ gants», faisoit l’emplette, et, lui, faisoit le paquet et l’envoi:
+ «Il y en a une douzaine, écrit-il, le 7 octobre 1646, la moitié pour
+ les hommes, et la moitié pour les femmes. Ils ont coûté une demi
+ pistole la paire, ce qui fait dix huit écus pour le tout.» Le 18
+ octobre 1649, autre achat, mais cette fois de gants parfumés à la
+ frangipane. Poussin s’en est fourni, pour M. de Chanteloup, chez la
+ signora Maddalena, «femme fameuse pour les parfums».
+
+ [2] Leur réputation commençoit. Sous Louis XV, elle s’étoit beaucoup
+ étendue: «les étrangers, dit l’abbé Jaubert, dans son _Dict. des
+ Arts et Métiers_, t. II, p. 313, les préfèrent à ceux d’Italie et
+ d’Espagne.» Pour ces derniers, il en étoit ainsi déjà sous Louis
+ XIII, même de la part des Espagnols. Pendant que nous recherchions
+ leurs gants, ils ne vouloient que des nôtres. Il existe aux
+ Archives, dans la partie qui vient de Simancas, une lettre de Dona
+ Ines Henrique de Sandobal, datée de Madrid et adressée au duc de
+ Monteleone à Paris, par laquelle demande lui est faite de douze
+ paires de gants pareils à celui qu’elle lui envoie pour modèle. Il y
+ est joint encore. C’est un gant de peau blanche, cousu à la diable,
+ comme tous les gants parisiens de ce temps-là, mais d’une très-jolie
+ coupe, avec son revers retombant du poignet sur la main, et les
+ petits rubans et les fines rosettes de couleur incarnat qui
+ s’entrelacent sur ce revers.
+
+ [3] Ils étoient de peau de chevreau bien choisie, et mieux cousus que
+ ceux de Grenoble et de Paris, «à l’angloise», dit l’abbé Jaubert,
+ car c’étoit autrefois un proverbe que, pour qu’un gant fût bon et
+ bien fait, il falloit que trois royaumes y contribuassent:
+ «l’Espagne, pour en préparer la peau, la France, pour le tailler, et
+ l’Angleterre, pour le coudre.» C’est la souplesse des gants
+ espagnols qui avoit donné lieu au proverbe, aujourd’hui mutilé:
+ «souple comme un gant d’Espagne.» (_Francion_, 1663, in-12, p. 63.)
+ Il étoit de mode, sous Louis XIII, «de présenter aux dames après la
+ collation des bassins de gants d’Espagne». Tallemant, _Édit._ P.
+ Paris, t. IV, p. 209.
+
+Il y a d’ailleurs des Marchands Gantiers en divers quartiers de Paris
+qui sont bien assortis, par exemple, Mrs Remy devant saint Mederic, en
+réputation pour les bons Gands de peau de cerf, Arsan près l’Abbaye S.
+Germain, Richard rue S. Denis au petit S. Jean renommé pour les Gands de
+Cuir de Poules[4], et Richard rue Galande au Grand Roy qui fait grand
+commerce de Gands de Daim et façon de Daim.
+
+ [4] On appeloit «cuir de poule» l’épiderme de la peau du chevreau. Il
+ falloit, pour l’enlever, une délicatesse extrême qui ne se trouvoit
+ que chez les ouvriers de Rome et de Paris. Ces gants étoient d’une
+ telle finesse qu’on en faisoit tenir une paire dans une coquille de
+ noix. Les gants de Vendôme, dont il devroit être parlé ici, car ils
+ étoient depuis longtemps célèbres, avoient la même réputation de
+ finesse et de souplesse. Ils ne sont pas oubliés dans le petit poëme
+ si curieux publié en 1588, _Le Gan_ de Jean Godard, reproduit dans
+ nos _Variétés_, t. V, p. 180-181:
+
+ Il est temps de parler des gans blancs de Vendosme,
+ Qui sont si délicats que bien souventes fois
+ L’ouvrier les enferme en des coques de noix;
+ On en parle aussi tant que leur ville gantière
+ Reçoit presque de là sa renommée entière.
+
+Mesdames de France rue de la Limace, et Charpy quay des Orfèvres,
+tiennent magasins de Gands de Rome, de Grenoble et de Blois.
+
+Les Parfumeurs qui font grand commerce de Poudre[5] et de
+Savonnettes[6], sont au bout du Pont saint Michel, à l’entrée de la rue
+de la Harpe, à l’entrée de la rue d’Hurepoix, au bout du Pont au Change,
+à l’entrée de la rue de Gesvres et rue Bourlabé près la Trinité.
+
+ [5] La mode de la poudre, comme on voit, ne s’étoit jamais perdue
+ depuis Louis XIII. La plus célèbre, «la poudre à la maréchale»,
+ datoit même à peu près de ce moment. Elle devoit son nom à l’une des
+ femmes curieuses que nous avons vues plus haut: «le nom de _poudre à
+ la maréchalle_, lisons-nous dans l’avertissement du _Parfumeur
+ françois_, n’a été donné que parce que Madame la maréchalle d’Aumont
+ se divertissoit à la faire.»
+
+ [6] C’est d’Italie qu’on faisoit venir les plus renommées: «les
+ meilleures savonnettes sont celles de Boulogne (Bologne).»
+ (Richelet, _Dictionnaire_.)--On en trouve la recette dans le
+ _Nouveau Recueil des Secrets et Curiositez_ de l’académicien Lemery,
+ p. 133.
+
+Le Sieur Bailly rue du petit Lion près la rue Pavée, vend des
+Savonnettes legères qu’il dit être de crême de savon, et meilleures que
+les Savonnettes ordinaires.
+
+Le Sieur Adam Courier du Cabinet du Roy pour l’Italie, apporte souvent
+des Essences de Rome, de Gennes, et de Nice[7]; il demeure chez M.
+Crevon Marchand devant la barrière saint Honoré[8].
+
+ [7] «Ces essences, ajoute Liger (_Voyageur fidèle_, p. 376), sont bien
+ plus spiritueuses que celles de France, et par conséquent bien plus
+ estimées.» On étoit, lorsqu’il parloit ainsi, à la veille de la
+ Régence, qui fut l’époque des parfums violents. Louis XIV n’en avoit
+ voulu que des plus modérés, dont il faisoit même assez peu d’usage,
+ au grand étonnement du Sicilien, dont nous vous avons cité la
+ lettre. Il suffisoit de papiers trop parfumés pour lui porter à la
+ tête. (_Journal de la Santé_, p. 284.) Plus jeune, il veilloit
+ lui-même à la confection des odeurs qu’il pouvoit supporter. C’est
+ le gantier Martial, valet de chambre de Monsieur, que l’on connoît
+ par la grotesque confusion que la comtesse d’Escarbagnas fait de lui
+ avec le poëte Martial, qui les composoit devant lui: «le plus grand
+ des monarques, dit l’avertissement du _Parfumeur françois_, s’est
+ plu à voir souvent le sieur Martial composer dans son cabinet les
+ odeurs qu’il portoit sur sa sacrée personne.»
+
+ [8] C’est-à-dire la barrière des Sergents, dont nous avons parlé.
+
+M. Guilleri rue de la Tabletterie, fait venir de Portugal la véritable
+Eau de Cordouë[9].
+
+ [9] Cette eau de Cordoue, qui vient du Portugal, ne donne qu’une
+ médiocre confiance dans le savoir de Blegny, pour peu qu’il fût
+ apothicaire comme il étoit géographe.
+
+L’Eau de Fleurs d’Oranges et les Essences pour les cheveux et pour le
+Tabac[10], sont apportées et commercées par les Provençaux au cul de sac
+saint Germain l’Auxerrois[11].
+
+ [10] «Les essences fortes et douces à tabac et à cheveux, les vins de
+ liqueurs, les fromages de Roquefort, les eaux de fleurs d’oranges de
+ Cette, etc., se vendent en gros en différents magasins du cul de sac
+ des Provençaux, etc.» Édit. de 1691, p. 32.--Pour les cheveux ou
+ perruques, c’est l’essence de jasmin qui étoit la préférée; et, pour
+ le tabac, c’étoit déjà la civette, mais frelatée par un procédé que
+ Lémery indique dans son _Nouv. Recueil des Curiositez_, p. 122.
+
+ [11] C’est de Grasse qu’il en venoit surtout. Antoine Artaud,
+ «marchand parfumeur», en faisoit là un très-grand commerce. On a son
+ adresse gravée en bois par Papillon. Le plus en vogue des parfumeurs
+ de Lyon, Jean Chabert, dont la boutique se trouvoit sur la place des
+ Terreaux, avoit pris pour enseigne: «au Jardin de Provence». On a
+ son portrait gravé avec cette indication.
+
+On trouve en détail de bonne Eau de Fleur d’Oranges à l’Orangerie rue de
+l’Arbre sec, et à la Devise Royale, sur le quay de Nesle près la rue de
+Guenegaud.
+
+On vend au même lieu les fines Essences pour les Tabacs, les Eaux
+odoriférantes d’Anges[12] et de Mille fleurs[13], les Cassolettes
+philosophiques, le Lait d’Amarante qui parfume les chambres sans blesser
+les vaporeux, les Essences d’ambre, de musc, etc.
+
+ [12] Lémery a donné aussi, p. 131, la recette de cette eau, dont la
+ gomme odorante, appelée _Benjoin_, l’iris et les clous de girofle
+ étoient la base.
+
+ [13] C’étoit moins un parfum qu’un remède. On la devoit à la comtesse
+ de Daillon, et la préparation en fut longtemps faite par le médecin
+ Defougerais--le Défonandrès de Molière.--Plus tard, on en tira une
+ sorte de panacée, que recommande une brochure, aujourd’hui rare,
+ publiée à Lyon, en 1706: _Traité de l’Eau de Mille fleurs_.
+
+Le Sieur Joubert[14] qui demeure au Soulier d’or, rue des vieilles
+Estuves près la Croix du Tiroir, est un Colporteur qui donne à très
+grand marché des sortes de Poudres et de Savonnettes communes.
+
+ [14] Peut-être faut-il lire Jobert. Il y eut, en effet, un peu plus
+ tard, un parfumeur de ce nom, rue de la Croix-des-Petits-Champs, qui
+ étoit célèbre pour sa «pommade au pot-pourri». Papillon a gravé son
+ adresse.
+
+
+
+
+PELLETTERIE ET FOURRURES.
+
+
+Le Bureau des Marchands Pelletiers et Fourreurs qui sont des six Corps
+des Marchands[1], est rue de la Tabletterie ou des Fourreurs[2].
+
+ [1] Nous l’avons dit plus haut, c’étoit le troisième des six.
+
+ [2] La rue des Fourreurs, étant la prolongation de la rue de la
+ Tabletterie, du côté de la rue de la Ferronnerie, où elle débouchoit
+ au carrefour de la place aux Chats, on les confondoit souvent l’une
+ avec l’autre.
+
+Les Maitres et Gardes en Charge de la Marchandise de Pelletterie, sont
+Messieurs le Grand rue saint Antoine, Maillard rue saint Mederic,
+Lepreux, Ferrat, Hemins et Maçon rue de la Tabletterie ou des Fourreurs.
+
+Les Marchands qui font grand commerce et qui tiennent magasins de peaux,
+sont Messieurs Goblet, Vendretin, Mole et Julien même rue; Denis, rue
+saint Honoré; Gorge rue saint Denis[3]; Loger Pont saint Michel,
+Charniette rue saint Martin, etc.[4]
+
+ [3] C’est le même qui, plus bas, est nommé Georges.
+
+ [4] «On trouve dans ces endroits, dit Liger, p. 379, de très-beaux
+ manchons pour hommes et pour femmes et des plus à la mode... On y
+ vend aussi de très-belles aumusses à petit gris.» Il ajoute un mot
+ sur «les _palatines_ travaillées proprement, composées de peaux
+ d’animaux, tant étrangers que du pays». Madame, princesse
+ _Palatine_, mère du Régent, les avoit mises à la mode. Elles ont
+ gardé son nom. Elle en porte une de la plus belle hermine sur son
+ portrait peint par Largillière, qui est aujourd’hui au musée de
+ Genève.--Liger, en parlant des manchons, auroit pu dire qu’il s’en
+ tenoit au Temple une foire très-courue à la fin d’octobre. (V.
+ Palaprat, t. II, 2e part., p. 20, et le _Journal de Collé_, t. I, p.
+ 121.)
+
+Les boutiques des Marchands Pelletiers qui font le détail sont pour la
+plupart près l’aport de Paris, rue du Crucifix saint Jacques de la
+Boucherie, et rue de la Juifferie aux environs de la Magdelaine[5].
+
+ [5] En la Cité.
+
+On tire par le Messager de Niort des Peaux de Chevres et de Mouton
+passées en Chamois en huille[6].
+
+ [6] L’édit. de 1691, p. 37, contient sur l’article des peaux de Niort,
+ qui sont encore célèbres aujourd’hui, un détail plus clair: «On
+ fabrique à Niort, en Poitou, des peaux de chèvres et de moutons
+ passées en chamois, en huile et en détrempe.» Un autre article suit:
+ «les peaux imperméables à l’eau et à l’air se vendent rue du Four,
+ faubourg Saint-Germain, au coin de la rue des Canettes.»
+
+Le Sieur Rosnel au Plat d’Etain[7] à l’entrée de la rue saint Denis fait
+grand débit de toutes sortes de Peaux, et vend des Calçons et Chaussons
+de vray et de faux Chamois[8].
+
+ [7] «Près la porte de Paris.» Édit. 1691, p. 37. C’est porte
+ Saint-Denis qu’il faut lire. Le _Plat d’étain_ en étoit tout proche.
+
+ [8] L’édit. précédente ajoutoit: «et de chèvre passée en huile».
+
+Le Sieur l’Evêque Güaisnier[9] rue de la Coustellerie fait grand
+commerce de Peaux de Chagrin.
+
+ [9] Richelet dans son Dictionnaire donne une définition intéressante
+ du «gainier» de son temps: «ouvrier, dit-il, qui fait des gaînes, et
+ qui avec du veau, du maroquin ou du chagrin, couvre des cassettes,
+ des coutelières, étuis, écritoires et autres pareilles choses qu’il
+ figure (enjolive) avec des fers.»
+
+M. Santeuil[10] rue Bourlabé, tient magasin de Vaches de Roussy[11], de
+Levant, de Peaux de Castors[12] et de diverses autres Peaux étrangeres.
+
+ [10] Il étoit de la famille du poëte, une des plus importantes du
+ commerce parisien, et qui avoit même eu quelques-uns des siens dans
+ l’échevinage.
+
+ [11] On prononçoit ainsi Russie. Ces cuirs russes servoient depuis
+ Louis XIII à faire les bottes à la mode. On les imitoit à Paris,
+ mais imparfaitement. Richelet explique le procédé dans son
+ _Dictionn._, t. I, p. 427, et ajoute: «M. Mérigo, l’un des plus
+ habiles tanneurs de Paris, m’a dit ce que j’avance ici de la vache
+ de Roussy.»
+
+ [12] Notre compagnie du Canada ou de la Nouvelle-France en avoit le
+ privilége, mais à la condition expresse de ne les tirer que de nos
+ colonies pour les débiter en France. (_Correspond. des Contrôleurs
+ généraux_, nº 174.) Sous Louis XIII, cette compagnie, dont le
+ mercier Nicolas Libert étoit un des directeurs et associés, avoit
+ une manufacture de ces chapeaux dans l’enclos de la Trinité, rue
+ Saint-Denis. V. la réimpression faite pour l’Académie des
+ Bibliophiles, en 1867, d’un «arrêt de 1634 pour les chapeaux de
+ castor».
+
+M. George rue saint Denis près la fontaine la Reine, fait commerce de
+Peaux de Lapin, de Lievres et autres pour les Chapeliers.
+
+M. Toupault rue Quinquempoix fait le même commerce, et vend diverses
+sortes de Peaux pour les Fourreurs.
+
+Les Marchands Foureurs qui font le détail des Manchons des Hermines[13],
+et generalement des Marchandises de Fourures, sont pour la plupart dans
+la rue des Foureurs près sainte Opportune et dans la rue de la vieille
+Bouclerie[14].
+
+ [13] «Peaux en poils.» Édit. précédente, p. 37.--L’hermine ne servoit
+ pas seulement aux vêtements des avocats. On en faisoit aussi des
+ pelisses. Voilà pourquoi, jouant sur le nom de Pelisson, Somaize,
+ dans le _Dictionnaire des Précieuses_, l’appelle Herminius.
+
+ [14] On lit, à la suite, dans l’édit. de 1691: «Il y a beaucoup de
+ corroyeurs au faubourg Saint-Marcel, aux environs de la rivière des
+ Gobelins, rue Maubuée et cloître Saint-Jacques de la Boucherie.» On
+ sait que les corroyeurs n’ont pas encore quitté les bords de la
+ rivière des Gobelins.
+
+Il y en a d’ailleurs quelques autres rue de Gesvres, sur le quay neuf et
+rue saint Antoine.
+
+Pour les Peaux de Buffles, voyez l’article des Armes et Bagages de
+Guerre.
+
+Pour les Vaches de Roussy et Maroquins façon de Levant, voyez l’article
+des Bureaux publics.
+
+
+
+
+OUVRAGES ET MARCHANDISES DE CHEVEUX.
+
+
+Monsieur Binet qui fait les perruques du Roy[1], demeure rue des Petits
+Champs, M. le Grain qui fait celles de Monsieur, est logé au Palais
+Royal dans la Cour des cuisines.
+
+ [1] Ces perruques, dont la forme fut longtemps en vogue, s’appeloient,
+ à cause de lui, des _binettes_, ou _perruques-binettes_, comme dit
+ Salgues dans un curieux chapitre de son livre: _Paris_, 1813, in-8,
+ p. 352. Le mot se conserva dans le peuple, qui, de la perruque,
+ finit par l’appliquer à la tête. Le mot tintamarresque «une binette»
+ vient de là.--Le Roi avoit tout un cabinet de perruques, séparé de
+ sa chambre par la salle du Conseil, et qu’on appeloit soit cabinet
+ des perruques, soit cabinet des Termes. Il étoit, en effet, garni
+ tout autour de Termes ayant chacun une perruque sur la tête. Les
+ formes varioient suivant que le Roi alloit à la chasse, recevoit les
+ ambassadeurs, ou restoit dans ses appartements. Binet, qui avoit
+ soin de cette singulière collection, quittoit rarement la Cour. Il
+ comptoit parmi les cent cinq personnes, distribuées en cinq tables,
+ qui avoient droit de manger chez le Roi, et qui, à ce titre, comme
+ nous l’avons vu dans le manuscrit que possédoit Techener: _État et
+ menu des dépenses pour 1705_, recevoient chacune un chapon. La
+ consommation de cheveux choisis qu’exigeoient les perruques royales
+ étoit considérable. Binet n’y épargnoit rien: «Je pélerois,
+ disoit-il, toutes les têtes du Royaume, pour parer celle de Sa
+ Majesté.» Son fils François Binet eut en survivance sa charge de
+ premier barbier, et sa fille épousa, en 1720, le fils de Quentin, un
+ des barbiers ordinaires. (_Mercure_, mai 1720, p. 172.) C’est
+ Quentin qui, avec Binet, avoit la garde des perruques du Roi, et lui
+ donnoit celle du lever plus courte que les ordinaires.
+
+Le Bureau des deux cens Barbiers, Baigneurs, Etuvistes et Perruquiers de
+Paris[2], est sur le quay des Augustins au coin de la rue Git-le-cœur.
+
+ [2] Cette corporation des deux cents barbiers de Paris avoit été créée
+ le 14 décembre 1673, par déclaration royale, en exécution d’un édit
+ du mois de mars précédent. En décembre 1691, au moment où ce _Livre
+ commode_, déjà imprimé sans doute, étoit sur le point de paroître,
+ le nombre des barbiers avoit été augmenté de cent, et, deux mois
+ après, il le fut encore de cinquante; enfin, en 1701, cent nouvelles
+ places héréditaires furent créées.
+
+Les Prévots Sindics de cette Communauté, sont Messieurs Broussin rue de
+Bussy, Petit rue de la Verrerie, Boudet rue saint Loüis près le Palais,
+du Chemin rue Montmartre, Caquet rue Dauphine, et Daubons sous l’Orloge
+du Palais.
+
+Entre ceux qui sont renommez pour faire les Perruques de bon air, sont
+Messieurs Pascal quay de Nesle[3], Pelé rue saint André, du Pont et des
+Noyers rue de Richelieu, Jordanis rue d’Orléans, l’Abbé rue des Petits
+Champs, d’Angerville près le Palais Royal, Vincent quay des Augustins,
+etc.
+
+ [3] «Le sieur Pascal, au coin de la rue de Guenegaud, est fort renommé
+ pour les perruques.» Édit. 1691, p. 26.
+
+Messieurs de la Roze[4] et du Bois sont renommez pour les petites
+Perruques servant aux Ecclésiastiques.
+
+ [4] «M. De la Roze, à l’entrée de la rue Saint-André, est renommé pour
+ les perruques abbatiales.» Édit. 1691, p. 63.
+
+Messieurs Pelé et Vincent ci-devant désignez font aussi commerce de
+Cheveux en gros et en détail[5].
+
+ [5] Ces marchands de cheveux avoient des coupeurs qu’ils envoyoient en
+ Normandie, en Flandre, en Hollande, etc., d’où ils leur rapportoient
+ à la fois, six, huit ou dix livres de cheveux, qui devoient avoir au
+ moins vingt-quatre à vingt-cinq pouces de long. Les meilleurs
+ venoient toujours du Nord. C’étoit ensuite la Normandie qui en
+ fournissoit le plus. Le prix varioit de quatre francs la livre pour
+ les cheveux communs, jusqu’à cinquante écus pour les blonds
+ argentés, qui étoient les plus recherchés. _V._ sur tout cela,
+ Jaubert, _Dictionn. des Arts et Métiers_, t. III, p. 436-437.
+
+Autant en font Messieurs du Mont, Potiquet et Rossignol sous la galerie
+des Innocens, et encore Mesdames Lançois rue d’Orléans et Danteuil rue
+Tirechappe.
+
+Le Sieur Thomé Clerc de la Communauté des deux cens Barbiers, demeure en
+leur Bureau, c’est à luy qu’il faut s’adresser pour les privileges qui
+sont à vendre ou à loüer[6].
+
+ [6] On a lu dans l’Introduction, t. I, p. xli, comment les privilèges,
+ quels qu’ils fussent, se louoient.
+
+Entre les Coiffeuses qui sont fort employées, sont Mesdemoiselles
+Canilliat place du Palais Royal, Poitier près les Quinze Vingts, le Brun
+au Palais, de Gomberville rue des bons Enfans, et d’Angerville devant le
+Palais Royal[7].
+
+ [7] «On fait des calottes de toile jaune et de serge à mettre sous les
+ perruques, chez un calotier, qui a sa boutique sous la porte de la
+ cour neuve du Palais. Les calottes ordinaires se trouvent sur le
+ quay de l’Horloge du Palais.» Édit. précéd., p. 26. A l’époque de la
+ Terreur, le commerce des cheveux se faisoit sur ce même quai, où
+ l’on n’avoit vu jusqu’alors que «les perruquiers en vieux». Il
+ s’alimentoit des chevelures des condamnés de la Conciergerie. Le
+ nombre en fut si grand qu’à un moment le prix des cheveux en baissa!
+ Aujourd’hui le bureau de placement des garçons coiffeurs est sur le
+ quai des Orfèvres.
+
+
+
+
+COMMERCE DES VERRIERS.
+
+
+Le Bureau des Marchands Verriers[1] est au Renard rue saint Denis, où
+l’on décharge toutes les Marchandises de leur commerce.
+
+ [1] Dans l’édition de 1691, p. 30, il est dit que les verriers de ce
+ bureau étoient seulement ceux «qui font des ouvrages de feugère»,
+ c’est-à-dire de fougère. On sait que le verre ne se faisoit alors
+ qu’avec la potasse extraite des cendres de cette plante. De là, les
+ métaphores des poëtes sur le vin qui pétille ou qui rit dans «la
+ fougère», comme disent Chaulieu et Boileau.
+
+Le Sieur Trincart rue de la Verrerie, l’Hoste porte saint Germain, Aubry
+près la Comedie Françoise, et le Grand rue saint Denis, ont un grand
+assortiment de Marchandises de Cristal, de Fayence et de Porcelaine[2].
+
+ [2] Dans l’édition de 1691, p. 30, ils ne sont tous trois mentionnés
+ que pour ce dernier article: «Ils tiennent, y est-il dit, magasin de
+ porcelaine.»
+
+Le Sieur Rose rue Darnetal fait le plus grand commerce de Bouteilles
+couvertes[3], de Verres de tables, de Cloches de Jardins, de Vaisseaux
+chimiques, etc. Il fait des fournitures en gros et à bon compte aux
+détailleurs[4].
+
+ [3] C’est-à-dire entourées d’osier.
+
+ [4] Son article est un peu différent dans l’édition de 1691, p. 30.
+ Après la mention du bureau des verriers, il y est dit: «Ce qu’on ne
+ trouve pas dans ce bureau, peut être recouvert et acheté en gros, à
+ bon compte, dans les magasins du sieur Rose, verrier, rue d’Arnetal
+ (Grenetat), etc.»
+
+On trouve des Bouteilles de Cristal taillées pour la poche chez le Sieur
+le Grand le Jeune, et de Guerre Verriers, rue saint Denis[5], le Quin
+Emailleur, rue saint Martin[6], Gilbert Lapidaire, rue sainte Croix de
+la Cité[7], et le Seür aussi Lapidaire, rue saint Denis près le
+Sepulcre.
+
+ [5] Ils sont indiqués, dans l’édition de 1691, p. 30, comme «verriers
+ faisant grand négoce de bouteilles de poche à bouchons de verre». A
+ la suite, viennent «Grancire, rue de la Coutellerie, et Ancelin, au
+ cul de sac Saint-Sauveur», qui ne se retrouvent pas ici.
+
+ [6] Il étoit de la famille de l’orfèvre Lequin, que nous trouverons à
+ la fin du chap. suivant.
+
+ [7] L’édition de 1691, p. 30, le place «sur le Quai-Neuf, au Berceau
+ d’or».
+
+Il y a une Fayancerie à saint Cloud[8] où l’on peut faire exécuter tels
+modèles que l’on veut.
+
+ [8] On en connoît les principaux ouvriers à cette époque: Trou, le
+ potier, et Chicanneau père et fils. Ils fabriquoient une faïence à
+ émail stannifère, en camaïeu bleu, le plus souvent. Leur faïencerie
+ avoit assez d’importance pour que la duchesse de Bourgogne la
+ visitât, en 1709, le 3 sept. Les Chicanneau ajoutèrent à la
+ fabrication de la faïence celle de la porcelaine, «façon des Indes»,
+ dont ils se disoient inventeurs. A la fin de 1696, ils adressèrent,
+ comme tels, un placet à l’intendant de Paris. (_Correspond. des
+ Contrôleurs généraux_, nº 1342.) Lister (chap. V) admira fort leurs
+ porcelaines. V. aussi J. Marryat, _Hist. des Poteries_, etc., trad.
+ franç., t. II, p. 212.
+
+M. de Saint Estienne Maitre de la Fayencerie de Rouen, a trouvé le
+secret de la Fayence violette tachetée, et de faire en France de la
+Porcelaine semblable à celle des Indes[9].
+
+ [9] Dans l’édition de 1691, p. 30, il n’est mentionné que pour la
+ porcelaine qu’il a «le secret de faire en France».--Il fabriquoit
+ bien réellement tout à la fois de la faïence et de la porcelaine, et
+ cela, par privilége, avec d’autres concessionnaires, depuis 1644. Le
+ 30 juin 1694, M. d’Ormesson envoya un rapport au contrôleur général
+ sur l’état de cette fabrique et sur le renouvellement de son
+ privilége. Comme on vouloit que Saint-Etienne livrât son secret pour
+ que la fabrication fût continuée par les Invalides, et comme il
+ refusa, ce renouvellement n’eut pas lieu. Le privilége obtenu en
+ 1673 pour la porcelaine, «façon de Chine», fut seul continué pour
+ vingt ans encore, mais à condition qu’au bout de ce temps le secret
+ de fabrication seroit livré au public. (_Correspond. des Contrôleurs
+ généraux_, nº 1342.)
+
+Les Fayences de Nevers arrivent sur le quay de la Tournelle près la
+porte saint Bernard[10].
+
+ [10] Ces faïences de Nevers, qui avoient leurs collectionneurs, comme
+ on le voit par quelques vers de Sénecé dans ses _Épigrammes_ (1717,
+ in-12, p. 224), se fabriquoient depuis longtemps déjà, et en dernier
+ lieu, sous la direction d’un nommé Castelnau.
+
+M. Perrot Maitre de la Verrerie d’Orléans[11], a trouvé le secret de
+contrefaire l’Agathe et la Porcelaine avec le Verre et les Emaux. Il a
+pareillement trouvé le secret du Rouge des Anciens, et celuy de jetter
+le Verre en moulle pour faire des bas reliefs et autres ornemens. Il a
+son Bureau à Paris sur le quay de l’Orloge à la Couronne d’or.
+
+ [11] Bernard Perrot étoit neveu de Castelnau que nous venons de voir à
+ la faïencerie de Nevers. Dès le mois de décembre 1655, il avoit
+ obtenu le privilége de la verrerie royale d’Orléans et de celle de
+ Fay-aux-Loges, qui en étoit la succursale, à six lieues de là sur le
+ canal. En 1666, autre brevet délivré à Perrot en faveur d’une
+ découverte fort importante pour l’exploitation de sa verrerie: il
+ tiroit d’une pierre «qui abonde en France»,--la houille
+ certainement--un combustible moins cher que le charbon. En 1688,
+ ayant perfectionné la fabrication du verre, «soit colorié, soit en
+ relief», et aussi «le coulage des métaux à table creuse, avec des
+ figures», un privilége nouveau lui fut encore accordé. Il le garda,
+ ainsi que les deux autres, jusqu’à sa mort, en 1710, malgré les
+ concurrents qui firent faire sur ses fabriques une enquête, en
+ février 1692, dont le résultat tourna pour lui. Deux de ses parents,
+ peut-être ses neveux, Jean Perrot et Jacques Jourdan lui succédèrent
+ avec un renouvellement de privilége en date du 2 août 1710, où il
+ étoit dit que les ouvrages de Perrot «égalent en beauté et en
+ qualité les porcelaines». La rue près des remparts Saint-Euverte, où
+ Perrot avoit sa verrerie à Orléans, s’appelle encore aujourd’hui
+ _rue des Bouteilles_.
+
+M. Massolat Maitre de la Verrerie de Rizancourt[12], a son Bureau à
+Paris rue du Four près la Foire saint Germain chez le Sieur Feloix
+Huissier[13].
+
+ [12] Paul de Masselai, et non Massolat. Il avoit été un des
+ concurrents de Perrot, et, n’ayant pu lui faire perdre le privilége
+ de la verrerie d’Orléans, il étoit allé en établir une à Rizaucourt,
+ au fond de la Champagne.
+
+ [13] L’édition de 1691, p. 30, ajoute «au Châtelet».
+
+Pour le Verre blanc et le Verre des Vitriers, voyez l’article fait
+exprès.
+
+Pour les Glaces, voyez l’article des marchandises de Miroitiers[14].
+
+ [14] On trouve dans l’édit. de 1691, au chap. «du Commerce du verre,
+ etc»., p. 30, les indications suivantes qui manquent ici: «le verre
+ blanc pour les mignatures et autres tableaux, se vend chez un
+ vitrier qui demeure rue aux Ours, devant l’image de la Vierge, et
+ chez un autre qui demeure vieille rue du Temple, au coin de la rue
+ de Bercy.»
+
+On dit que M. de la Motte de qui on a veü à la Foire, il y a quelques
+années de si beaux ouvrages d’Emaux et de Verre façon d’Agathe et de
+Porcelaine, va faire un établissement à Paris, en vertu d’un Privilege
+du grand Sceau[15].
+
+ [15] Il obtint ce privilége, mais ce faillit être au préjudice de
+ Bernard Perrot, dont, comme Masselai, ce La Mothe étoit le
+ concurrent. Ce fut sur ses instances que le contrôleur général
+ écrivit, le 29 février 1692, à l’intendant d’Orléans, M. de Creil,
+ pour savoir où en étoit la faïencerie-vitrerie privilégiée de
+ Perrot, le sieur De La Mothe, disoit la lettre, demandant, lui
+ aussi, un privilége «pour fabriquer avec une matière vitrifiée, dont
+ il a le secret, des ouvrages en façon de porcelaine, d’agathe, de
+ jaspe, de lapis». La réponse de M. de Creil fut, à ce qu’il paroît,
+ favorable, car si La Mothe eut son privilége, Perrot garda le sien.
+
+
+
+
+COMMERCE DE DIVERSES MATIERES METALLIQUES, ET OUVRAGES DE COUTELLIERS,
+TAILLANDIERS, ETC.
+
+
+Messieurs Hébert cul de sac de la rue Quinquempoix, Presty et Alain rue
+Neuve saint Mederic, et Coquart rue Simon le Franc, font commerce
+d’Etain et de Plomb d’Angleterre[1].
+
+ [1] L’édit. de 1691, au lieu d’Hébert, nomme Duval. Son magasin y est
+ indiqué «au cloître Saint-Thomas du Louvre».
+
+Le Fer blanc est négocié en gros par Messieurs le Doux rue Jean de
+l’Epine, Fontaine rue des Lombards, et Frezan rue de la Vannerie[2].
+
+ [2] «Au bout de la rue de la Vannerie.» Édit. précéd., p. 22. Le fer
+ blanc ne se fabriquoit en France que depuis Colbert, qui en avoit
+ établi la première fabrique à Beaumont-la-Ferrière dans le
+ Nivernois. Il avoit dû pour cela faire appel aux ferblantiers
+ allemands. (_Correspond. administrat. de Louis XIV_, t. III, p.
+ 740.)
+
+Il y a plusieurs magasins de Cuivre et de Leton, rue Quinquempoix.
+
+Les Bateurs d’or qui vendent l’or en feuilles et en coquilles, sont
+établis en différens quartiers de Paris, par exemple, rue du Cimetiere
+saint Nicolas des Champs, rue saint Jacques, rue de Gesvres, rue saint
+Denis, etc.
+
+Les Tireurs d’or qui vendent l’or et l’argent trait et filé, sont pour
+la plupart rue saint Denis[3] au dessus de saint Jacques de
+l’Hopital[4].
+
+ [3] «Aux environs de la rue Mauconseil.» Édit. de 1691, p. 23.
+
+ [4] «Cet or et cet argent tirés, ajoute Liger, p. 394, s’emploient
+ pour les broderies, les galons et les boutons qui se débitent pour
+ les habits.»
+
+Pour l’Or et l’Argent en lingots et grenaille, voyez l’article fait
+exprès.
+
+Pour le Plomb en balles et en graine, voyez l’article des Armes et
+Bagages de Guerre et de Chasse.
+
+Le Sieur Guilloüet Taillandier et Ferblantier, à l’entrée de la rue de
+Gesvres, a un particulier talent pour les plus beaux Ouvrages de Fer
+blanc et de Leton planez[5].
+
+ [5] «PLANER, c’est unir la besogne à force de petits coups de
+ marteau». (Richelet, _Dictionn._)--A la suite de l’art. sur le sieur
+ Guillouet, on lit dans l’édit. de 1691, p. 111: «Le sieur Jo et
+ quelques autres potiers d’étain, près la porte Saint-Marcel, vendent
+ des grandes et petites seringues bien faites et à juste prix.»--La
+ vaisselle d’étain se travailloit avec le plus grand soin. On y étoit
+ parvenu à donner au métal la consistance et le brillant de l’argent.
+ _V._ Loret, t. II, p. 427-428; et Faugère, _Voyage de deux
+ Hollandois, à Paris_, p. 276.
+
+Pour les Arcs et Ressorts qui sont ouvrages de Taillandier, voyez
+l’article des Chevaux et Equipages.
+
+Entre les Couteliers renommez pour les Couteaux et les Cizeaux sont le
+Maitre de l’Eglise rue saint Martin, et le Maitre du Coutelas rue de la
+Coutelerie, qui a un talent particulier pour les Lames de couteaux de
+tables qui se montent sur des manches d’argent[6].
+
+ [6] Dans l’édition de 1691, p. 59, il n’est recommandé que pour les
+ rasoirs. Le coutelier «du Trèfle», rue de la Coutellerie, qui ne se
+ retrouve plus ici, est indiqué à la même page, comme étant «renommé
+ pour les couteaux».--Ce _trèfle_ étoit à la fois l’enseigne et la
+ marque de ce coutelier en renom. Nous l’avons vu souvent sur des
+ couteaux des derniers siècles. Toute marque--et chaque
+ coutelier-fabricant avoit la sienne--étoit une propriété qu’aucun
+ autre ne devoit prendre ni contrefaire. (_Lettres patentes sur le
+ règlement des ouvrages de quincaillerie et de coutellerie de la
+ ville de Thiers_, 24 déc. 1743, art. 2.) Suivant Clicquot-Blervache,
+ _Considérat. sur les Compagnies, Sociétés et Maîtrises_, p. 165, on
+ offrit jusqu’à 22,000 livres de la marque que Palme, de Thiers,
+ mettoit à ses couteaux: «C’étoit, dit-il, la plus accréditée.»
+
+Entre les Couteliers en réputation pour bien faire et bien repasser les
+Lancettes, sont les Sieurs Surmont au tiers-point[7] rue saint Julien le
+Pauvre, et Touyaret au Verre couronné rue de la Coutellerie[8].
+
+ [7] Le _tiers-point_ est un outil triangulaire, qui sert surtout aux
+ bourreliers. Louvel, qui l’avoit été, assassina le duc de Berry avec
+ un tiers-point.
+
+ [8] Dans l’édition de 1691, p. 59, il est mentionné avec son enseigne,
+ pour la même spécialité des lancettes, mais n’est pas nommé.
+
+L’acier crud est commercé par les Marchands de Fer, et les Instrumens de
+Moulins pour les Dents, par les Quincailliers, qui vendent d’ailleurs
+toutes les Marchandises foraines de Coutellerie.
+
+Le Maitre de la Coupe rue Troussevache, est distingué pour les
+Instrumens de Chirurgie.
+
+On peut par les Messagers de Moulins et de Langres tirer de bons
+Cizeaux[9]; et par celuy de Caen, de Couteaux de poche d’une propreté et
+d’une bonté singulière.
+
+ [9] Les couteaux de Langres étoient au moins aussi renommés que ses
+ ciseaux. Les voleurs leur avoient même fait une réputation sinistre:
+ le couteau pour eux étoit un _lingre_; et, pour assassiner, ils
+ disoient _lingrer_. Diderot, on le sait, étoit fils d’un coutelier
+ de Langres.
+
+On fait de très bons Canifs à la Masse et au Pistolet, rue de la
+Coutellerie[10].
+
+ [10] Dans l’édition de 1691, p. 59, c’est «le coutelier de l’Antonnoir
+ (_sic_), rue aux Ours», qui est recommandé pour les canifs.
+
+Le Sieur le Quin Orfèvre, rue de la Fromagerie[11], fabrique les
+Instrumens d’argent servant aux Chirurgiens.
+
+ [11] C’est le grand-père du tragédien Le Kain, dont le vrai nom
+ n’étoit ni celui qu’il prenoit, ni celui qu’on lui donne ici. Il
+ s’appeloit Caïn. Son acte de naissance, reproduit par Jal, à ce nom,
+ dans son _Dictionnaire critique_, nous le donne comme né le 3 avril
+ 1729, de Henri Caïn, «marchand orfèvre, rue de la Fromagerie»,
+ lequel, ajouterons-nous, avoit succédé à son père dans la même
+ boutique. Pour Caïn, on prononçoit Quin, et même Le Quin, comme on
+ le voit ici. Le nom que prit Lekain, en se mettant au théâtre, fut
+ un compromis entre les deux formes.
+
+Le Sieur Landrieux Gaisnier près le Palais, fait très proprement les
+Etuis servant aux ouvrages de Coutellerie.
+
+
+
+
+DOMESTIQUES ET OUVRIERS.
+
+
+Le Bureau d’adresse pour les Maitres qui cherchent des Serviteurs, et
+pour les Serviteurs qui cherchent des Maitres, est au Marché Neuf devant
+saint Germain le vieil.
+
+Il y a un particulier Bureau d’adresse à la Grève pour les Cuisiniers et
+Garçons de cabaret.
+
+Les Nourrices et Servantes à louer se trouvent en des Bureaux de
+Recommanderesses[1], rue de la Vannerie[2], et rue du Crucifix saint
+Jacques[3].
+
+ [1] V. notre _Introduction_, p. x.--Dans une pièce de la fin du XVIe
+ siècle que M. de Montaiglon a jointe à ses anciennes poésies, t. I:
+ _Chambrière à louer à tout faire_, se trouve, p. 90, un passage
+ curieux sur ces premiers bureaux de placement des servantes:
+
+ Pourtant me vient à souvenir
+ Que chez les _recommanderesses_
+ Est le lieu où sont les addresses
+ Pour trouver servantes à louer...
+
+ [2] Le bureau des servantes y étoit si connu, qu’au XIVe siècle on
+ l’appeloit moins rue de la Vannerie que rue des _Commanderesses_ ou
+ des _Recommanderesses_. Il en étoit de même de la rue de la
+ Coutellerie, où se trouvoit un bureau pareil. (_Registres crimin._
+ du Châtelet 1389-1392, t. I, p. 37.)
+
+ [3] Quand une servante avoit mérité une punition publique, c’est
+ devant le bureau des _Recommanderesses_ qu’on la lui infligeoit pour
+ l’exemple. En 1576, une chambrière ayant eu un enfant du clerc de la
+ maison où elle servoit, et l’ayant exposé la nuit à une porte
+ voisine, fut condamnée au fouet par sentence du Châtelet, le 24
+ octobre, et c’est devant la maison des Recommanderesses qu’elle fut
+ fouettée. (Bouchel, _Bibliothèque_, au mot _Exposés_.)
+
+Plusieurs Laquais cherchant maitres, et qu’on peut même louer par
+jour[4], se tiennent tous les matins sur les degrez de la vieille Cour
+et près la petite porte du Palais.
+
+ [4] Liger, qui donne aussi ce détail, p. 403, le relève ainsi: «l’on
+ voit qu’on peut, dans l’occasion, se faire suivre à Paris, et se
+ donner l’air d’homme à laquais, sans qu’il en coûte beaucoup.»
+
+Les Garçons de Métier trouvent des embauches ou adresses de boutiques[5]
+aux lieux ci-après, à sçavoir: pour les Marchands, au Bureau de la rue
+Quinquempoix; pour les Verriers, rue saint Denis au Renard; pour les
+Drapiers, au Bureau rue des Déchargeurs; pour les Chirurgiens, chez les
+Couteliers travaillant aux lancettes, et encore aux Ecoles de Chirurgie
+rue des Cordeliers; pour les Apoticaires à la Lamproye rue de la
+Huchette, et encore au Bureau, cloitre sainte Opportune; pour les
+Droguistes Epiciers, au même Bureau; pour les Fourbisseurs au Bureau rue
+de la Pelleterie; pour les Gantiers et Chapeliers, même rue; pour les
+Tourneurs Tablettiers, rue de la Savonnerie; pour les Tanneurs, au
+fauxbourg saint Marcel; pour les Fondeurs, près saint Nicolas des
+Champs; pour les Orfèvres, en leur Bureau et Chapelle rue S. Germain
+l’Auxerrois, et encore chez le Petit père cour du Palais; pour les
+Patissiers, rue de la Poterie; pour les Teinturiers, rue de la Tannerie;
+pour les Bonnetiers, au Bureau cloitre S. Jacques de la Boucherie; pour
+les Peintres, Doreurs et Sculpteurs, aux Filles Penitentes de la rue
+saint Denis tous les Dimanches au matin[6]; et pour les Menuisiers, rue
+des Ecouffes.
+
+ [5] Ces adresses imprimées, et souvent enjolivées de dessins gravés,
+ que se faisoient faire tous les marchands, ont eu leur mention plus
+ haut à propos de celles qu’illustra Papillon. Quelques-uns les
+ faisoient frapper en jetons. Nous en avons vu une de ce genre, en
+ cuivre rouge et de forme octogone, portant, d’un côté: un chiffre
+ entrelacé, avec la légende PIERRE. BIZET. MARCHAND. MIROITIER, et la
+ date de 1703, à l’exergue; de l’autre: une console drapée d’un tapis
+ fleurdelisé, un miroir carré surmonté d’une pendule; au fond, un
+ manteau retroussé, et, pour légende: AV MAGAZIN. ROYAL. RUE ST.
+ MARTAIN.
+
+ [6] Ces filles pénitentes étoient les religieuses de Sainte-Catherine,
+ dont il est parlé dans l’_Introduction_, p. ix-x. L’Académie des
+ peintres avoit, au commencement du règne, loué, rue des Déchargeurs,
+ le second étage d’une maison qui leur appartenoit et s’y étoit
+ reconstituée. Elle y resta deux ans, puis alla s’établir au Louvre.
+ Tout lien ne fut pas rompu entre elle et les religieuses de la rue
+ Saint-Denis, qui se firent ses «recommanderesses», chaque dimanche,
+ pour les jeunes gens qui voudroient y être admis comme élèves.
+
+Les Cordonniers, Serruriers, Menuisiers, Tonneliers, Arquebusiers,
+Rotisseurs et autres, s’embauchent par eux mêmes en se présentant dans
+les boutiques.
+
+Les Maçons, Manœuvres, Limousins, etc., s’assemblent à la Grève[7] tous
+les matins des jours ouvrables depuis quatre jusqu’à six heures, où l’on
+va prendre ceux dont on a besoin pour les atteliers.
+
+ [7] Ils y étoient tout près de la rue de la Mortellerie--aujourd’hui
+ de l’Hôtel de Ville--où ils habitoient, et habitent encore en grand
+ nombre, et qui devoit son premier nom à ces «mortelliers» ou maçons.
+ Ils se tiennent à présent un peu plus haut que la Grève, sur la
+ petite place qui se trouve entre la rue et le pont Louis-Philippe.
+
+Les Revendeuses, Blanchisseuses, Ravaudeuses, etc., se melent de placer
+presque toutes les Servantes.
+
+
+
+
+VÉRIFICATIONS ET RAPPORTS DE JUREZ.
+
+
+Monsieur Rainsant Medecin Juré du Parlement[1], demeure Isle Notre Dame,
+et M. du Tertre Chirurgien Juré de la même Cour[2] rue du Jardinet.
+Madame Maillard y fait la fonction de Sage femme Jurée, et demeure près
+le Palais.
+
+ [1] Fils du savant médecin-numismatiste Rainssant, mort deux ans
+ auparavant.
+
+ [2] Il a été nommé plus haut, t. I, p. 157, au chapitre des opérations
+ chirurgicales.
+
+Messieurs Chauvel et Moreau Jurez Medecins du Chatelet demeurent,
+sçavoir, le premier rue saint Severin, et le deuxième rue de la
+Verrerie[3].
+
+ [3] «M. Arlot, médecin juré du grand Conseil, demeure rue du Four,
+ près la Croix du Tiroir.» Édit. 1691, p. 39. Il a aussi été nommé
+ plus haut.
+
+Les Jurez Chirurgiens du Chatelet sont Messieurs Auguy près la
+Magdelaine, Helot rue de la Calandre, le Dran quay de l’Orloge, et
+Clerambourg rue saint Germain l’Auxerrois.
+
+Le Livre de M. de Blegny contenant la Doctrine et les formules des
+Rapports de Chirurgie[4] se vend chez la veuve Nion.
+
+ [4] Voici le vrai titre du livre de Blegny, qu’il abrège ici et rend
+ ainsi plus clair: _la Doctrine des rapports, fondée sur les maximes
+ d’usage, et sur la disposition des nouvelles ordonnances_. 1684,
+ in-12.
+
+Madame Bureau et Mademoiselle sa fille Jurées Sages-femmes du Chatelet,
+demeurent rue saint Germain l’Auxerrois.
+
+M. Dozier reconnu pour le plus expert Genealogiste[5], demeure au
+carrefour des trois Maries[6].
+
+ [5] Charles d’Hozier, fils de Pierre, qui avoit commencé la célébrité
+ du nom. Il fut, comme lui, juge d’armes de la noblesse de France.
+
+ [6] Son adresse étoit ainsi donnée l’année précédente, p. 40:
+ «Monsieur d’Hozier, qui demeure au cloître
+ Saint-Germain-l’Auxerrois, chez Monsieur Desvieux, greffier du
+ Conseil...»
+
+M. de Lonchamps au bout du Pont au Change du côté du Chatelet s’occupe
+pareillement à dresser et vérifier les arbres généalogiques.
+
+Les Maitres Ecrivains Jurez nommez et employez pour la vérification des
+écritures et signatures contestées en Justice, ont leur Chambre chez M.
+des Planches[7], à présent Sindic en charge de leur Communauté, rue et
+devant le petit saint Antoine, tous peuvent être appellez à cette
+fonction, mais les plus ordinairement employez ce sont ceux des Anciens
+qui y sont occupez depuis longtemps; comme Messieurs du Houx à l’Hotel
+des Ursins, le Comte rue saint Jacques, Lesgret rue du gros Chênet, et
+de Blegny rue saint André, etc.
+
+ [7] Il a été nommé déjà plus haut.
+
+M. de Blegny fils de l’Ecrivain[8] à l’entrée de la rue saint André, est
+ordinairement nommé par Nosseigneurs de Parlement pour les Calculs et
+verification de Comptes.
+
+ [8] Il a été parlé plus haut d’un de ses livres de première éducation.
+
+M. Barême aussi Aritméticien[9], devant le Pont Neuf au coin de la rue
+Dauphine[10], est occupé au même employ à la Chambre des Comptes[11].
+
+ [9] François Barrême, dont le nom est encore si populaire. Son _Livre
+ des Comptes faits_, auquel il doit cette popularité, avoit paru pour
+ la première fois en 1670, avec une dédicace à Colbert. En voici le
+ titre complet: «_le Livre des Comptes faits, où, sans avoir appris
+ l’arithmétique, on y fait toutes sortes de comptes et
+ multiplications les plus difficiles, quand il y auroit même des
+ grandes fractions. Livre très-facile, et d’une grande utilité._»
+ Barrême mourut en 1703.
+
+ [10] Il donne ainsi son adresse en tête de ses livres: BARRÊME,
+ _arithméticien, demeurant au bout du Pont-Neuf, rue Dauphine,
+ enseigne briefvement l’arithmétique_.
+
+ [11] «Il y a plusieurs écrivains déchiffreurs, qui ont leurs bureaux
+ au Palais.» Édit. 1691, p. 41.
+
+M. Penon fauxbourg saint Antoine près l’Abbaye, dresse et verifie les
+Arpentages[12].
+
+ [12] «M. Caron, rue Saint-Antoine, devant l’hôtel de Beauvais, est
+ renommé pour l’arpentage.» _Ibid._
+
+Les Jurez Bourgeois Expers pour le Toisé, Visite, et Estimation des
+ouvrages dependantes de l’Architecture, ont leur Bureau à l’entrée de la
+rue de la Verrerie, et sont compris dans les deux colonnes
+suivantes[13]:
+
+ [13] Ils avoient été créés au mois de mai 1690, sous le titre
+ d’experts jurés pour les bâtiments, et ne formoient qu’une
+ communauté avec les entrepreneurs.
+
+
+_Expers Bourgeois[14]._
+
+ [14] Cette liste est plus complète ici que dans l’édit. précédente,
+ surtout pour les adresses, qui y manquent pour la plupart. L’auteur
+ s’en excuse par quelques lignes curieuses sur la création alors
+ toute récente de ces experts: «Il y a, dit-il, p. 40, des Jurez
+ bourgeois de nouvelle création pour le toisé, visite et estimation
+ des bâtiments de la ville, fauxbourg, prévosté et vicomté de Paris,
+ qui sont au nombre de cinquante ci-après dénommez, mais qui ont si
+ nouvellement financé qu’on n’a pu encore recouvrer les adresses que
+ d’un petit nombre d’entre eux; au besoin, il sera facile d’apprendre
+ la demeure des autres par la liste qui sera apposée au Châtelet
+ après la prestation du serment, après laquelle ils doivent être
+ divisez en deux colonnes comme ci-après.»
+
+Simon Lambert, quay de Nesle.
+
+Gabriel le Duc[15], rue saint Denis.
+
+ [15] Fils ou neveu de l’un des architectes qui avoient travaillé au
+ Val-de-Grâce. Il avoit lui-même construit aux Petits-Pères la partie
+ des bâtiments où se trouvoit la bibliothèque.
+
+Nicolas de l’Epine[16], rue de Clery.
+
+ [16] Reçu de l’Académie d’architecture, en 1699. Nous trouverons plus
+ loin son père Pierre-Nicolas de l’Épine parmi les entrepreneurs.
+
+Jacques Mazières, rue Neuve des Petits Champs[17].
+
+ [17] Il avoit fait beaucoup bâtir dans la rue Neuve-des-Petits-Champs,
+ où nous le voyons logé. C’est à lui et à Lulli qu’on en devoit les
+ premières maisons dans la partie qui longeoit le versant
+ septentrional de la butte Saint-Roch. Nous le trouverons plus bas,
+ avec Le Maistre qui suit, parmi les grands maçons.
+
+Pierre le Maistre, aux Invalides[18].
+
+ [18] Il fut au nombre des entrepreneurs de la place Vendôme et il y
+ vint loger. Nous l’y trouvons en 1702.
+
+Jean Boullier de Bourges, rue Montmartre.
+
+Rolland le Proüst, rue Bardubec.
+
+Michel de Mezerets, rue de la Verrerie.
+
+Isaac Meusnier, rue S. Martin.
+
+François Pageois, rue S. Bon.
+
+François Doucet[19], rue S. Bon.
+
+ [19] L’Almanach royal de 1702, p. 113, lui donne son vrai nom:
+ Doussot.
+
+François le Clerc, rue de Grenelle, quartier saint Eustache.
+
+Claude Alexandre Voullau, rue Montmorency.
+
+Louis Couvers[20], rue Chapon.
+
+ [20] Il faut lire Convers, comme dans l’_Almanach royal_.
+
+Charles Mollet[21], rue Champfleury.
+
+ [21] Nous l’avons déjà vu plus haut au chapitre Jardinages, ainsi que
+ Michel Le Bouteux, qui suit.
+
+Michel le Bouteux, rue de la Magdelaine, fauxbourg saint Honoré.
+
+Charles François Person[22], place du Palais Royal.
+
+ [22] Lisez Poerson, qu’on prononçoit Person. C’est l’assez médiocre
+ peintre Charles-François Poerson, qui fut professeur à l’Académie de
+ peinture, en 1695, et directeur de notre école de Rome, en 1704.
+ Nous le trouvons avec Mazière, nommé tout-à-l’heure, dans une
+ expertise d’art assez délicate pour un différend soulevé entre le
+ riche amateur Crozat et Boule. (_Archives de l’Art françois_, t. IV,
+ p. 332.)
+
+Jacques Piretoüy, vieille rue du Temple.
+
+Jean François Gobin, rue de la Parcheminerie.
+
+André Perravet[23], rue des Prouvaires.
+
+ [23] Lisez Perrault.
+
+Jean Baillif, rue Levêque, quartier saint Roch.
+
+Baudouin Paul Lourdet, rue S. Thomas du Louvre.
+
+Nicolas le Juge, rue du Gindre, fauxbourg saint Germain.
+
+
+_Expers-Entrepreneurs._
+
+Bernard Menessier, rue des Roziers[24].
+
+ [24] «Près l’hôpital Saint-Gervais», ajoute l’_Almanach royal_ de
+ 1702. Nous le trouverons plus bas parmi les trésoriers alternatifs
+ des bâtiments.
+
+Jean Richer, rue saint Martin.
+
+Jacques de la Joue[25], rue sainte Avoye.
+
+ [25] Il eut un fils qui fut reçu de l’Académie d’architecture, en
+ 1721.
+
+Claude Aubry, rue Montmartre.
+
+Jean Serouge[26], rue Beauregard.
+
+ [26] Il descendoit de Toussaint Serouge, qui avoit été pour une part
+ dans la construction des Tuileries.
+
+Charles Joubert, rue de Poitou.
+
+Jean Bailly, rue Copeau.
+
+Jean Dorbay, rue Montorgeuil[27].
+
+ [27] Il y logeoit, selon l’_Almanach royal_, à l’enseigne des «petits
+ Carreaux», celle même qui donna son nom à la partie de cette rue
+ comprise entre la rue Saint-Sauveur et la rue de Cléry. Elle se
+ trouvoit en face du nº 29, et représentoit des petits carreaux à
+ carreler, ce qui convenoit fort bien comme enseigne, à un
+ entrepreneur. Jean D’Orbay l’étoit, en même temps qu’architecte. Il
+ fut même, en 1705, de l’Académie d’architecture, dont son père,
+ François D’Orbay, avoit été un des fondateurs.
+
+Simon Pipault, à l’Arsenal[28].
+
+ [28] Il étoit grand entrepreneur de maçonnerie. _V._ plus bas.
+
+Jacques Gabriel[29], rue S. Antoine[30].
+
+ [29] Premier architecte des bâtiments du Roi, reçu de l’Académie
+ d’architecture, en 1700. Il fut aussi premier ingénieur des
+ ponts-et-chaussées. On lui doit le projet du grand égout de Paris.
+ Il mourut en 1742. C’est son fils, plus célèbre encore que lui, qui
+ a construit le Garde-Meuble.
+
+ [30] La maison que Jacques Gabriel habitoit, rue Saint-Antoine, avoit
+ été construite par lui-même, et ornée de sculptures par Le Hongre.
+ On y remarquoit surtout la statue d’Uranie, que celui-ci avoit posée
+ au-dessus de la porte. (_Mém. inéd. sur la vie et les ouvrages des
+ membres de l’Acad. de peinture_, t. I, p. 369.)
+
+Maurice Gabriel, rue S. Antoine.
+
+Jean Philippes, rue Michel le Comte.
+
+Nicolas Berthier, rue Neuve S. Roch[31].
+
+ [31] «Près la porte Gaillon», ajoute l’_Almanach royal_.
+
+Estienne le Roy, rue du bout du monde.
+
+Pierre Hacquan[32], rue Neuve saint Laurent.
+
+ [32] L’_Almanach royal_ l’appelle «Hequan».
+
+Germain Guezard, rue Royale, quartier saint Roch.
+
+Jean Michel Poisson, rue Roiale, quartier saint Antoine.
+
+Pierre Levé, rue des Petits Champs.
+
+Noel Masson, rue du Roy de Sicile.
+
+Pierre Nicolas de l’Epine, rue de Richelieu[33].
+
+ [33] Père de celui que nous avons trouvé plus haut, rue de Cléry. Il
+ avoit pris une grande part à l’aplanissement de la butte que
+ longeoit la rue de Richelieu, et il s’y étoit fait bâtir un certain
+ nombre de maisons. _V._ notre _Histoire de la Butte des Moulins_.
+
+Jacques Guesniers, rue neuve saint Denis.
+
+Jean Poisson, rue Jean Beau Sire[34].
+
+ [34] Nous le trouverons plus bas parmi les grands entrepreneurs de
+ charpentes.
+
+Estienne Yvon, rue Montmartre[35].
+
+ [35] Il faisoit des grandes entreprises de toitures. _V._ plus bas.
+
+François Havart, rue Mauconseil.
+
+Martin Coulle[36], quartier de l’ancienne Estrapade.
+
+ [36] Lisez: Caulle, comme dans l’_Almanach royal_.
+
+Jean Baptiste Marteau, rue Phelipeaux[37].
+
+ [37] Il fut, ainsi que Caulle, qui précède, expert dans l’affaire de
+ Boule et de Crozat, dont nous avons parlé plus haut.
+
+Jean Laisné, rue Gervais Laurent.
+
+
+
+
+HABITS D’HOMMES ET DE FEMMES.
+
+
+Monsieur Oultran Tailleur ordinaire du Corps du Roy et de
+Monseigneur[1], demeure rue et vis à vis l’Hôtel de la Monnoye.
+
+ [1] Il s’appeloit Barthélemy Autran, «travaillant seul, dit l’_État de
+ France_, pour les habits du Roy, de Monseigneur le Dauphin et de
+ Messieurs les princes ses enfants».
+
+M. Barois aussi Tailleur du Roy[2], demeure rue saint Honoré près les
+Pères de l’Oratoire.
+
+ [2] Il étoit sans doute des douze tailleurs ordinaires. L’_État de
+ France_ ne le nomme pas.
+
+Messieurs Francisques[3] et du Puis[4] Tailleurs de Monsieur et de
+Monseigneur le Duc de Chartres, demeurent sçavoir le premier près le
+Palais Royal, et le deuxième rue des Petits Champs.
+
+ [3] L’_État de France_ le nomme Francisque Sérini.
+
+ [4] François-Louis Du Puy. Son fils Gabriel avoit sa charge en
+ survivance.
+
+M. Mindy aussi Tailleur de Monsieur, demeure devant l’Hotel d’Aligre à
+l’Escouvette[5].
+
+ [5] L’_Écouvette_, que ce découpeur de draps avoit pour enseigne,
+ étoit une longue brosse à manche, dont l’apprêteur se servoit,
+ pendant le pressage des étoffes, pour asperger d’eau les plaques
+ employées à les chauffer.
+
+Le Bureau des Maitres et Marchands Tailleurs de Paris est sur le quay de
+la Mégisserie[6].
+
+ [6] Il n’y avoit, quai de la Mégisserie, que leur bureau. La confrérie
+ étoit à la Trinité.
+
+Les quatre Jurez en Charge de la Communauté, sont Messieurs Blin cloitre
+Notre Dame, la Lande rue saint Antoine, Brigüion rue Neuve saint
+Mederic, et Caubet rue de Grenelle.
+
+Entre les Tailleurs pour hommes qui sont d’ailleurs renommez pour bien
+travailler, sont Messieurs Bonneau, Lagaru, Theveniere et la Lande
+devant l’Hôtel d’Aligre, Prévost et Landault rue des Petits Champs, la
+Lesse et Durant rue d’Orléans, la Borde rue du Four quartier saint
+Eustache, Chapignolle et du Chesne près la Boucherie de Beauvais[7],
+André rue Betizy, Guérard rue de Montmorency, Ruby rue de Guénégaud,
+Bresson rue saint Martin, Bausquet, Bouret et Ferret rue des Prouvaires,
+Goguet et Trallot rue de l’Arbre sec, Juste rue des Bourdonnois, Migeon
+devant le Jeu de Metz, etc.
+
+ [7] Cette boucherie, qui devoit son nom à la Halle, dont elle avoit
+ pris la place, et que s’étoient longtemps partagée les tisserands de
+ Paris et les marchands de Beauvais, se trouvoit au coin de la rue
+ Saint-Honoré et des piliers des Halles.
+
+Le Sieur Roussel Tailleur privilegié rue saint Honoré au coin des
+Pilliers des Halles, tient magasin de toutes sortes d’habits pour
+hommes, neufs et de rencontre.
+
+Il y a sous les mêmes Pilliers un grand nombre de Tailleurs Fripiers,
+qui tiennent magasin d’habits de rencontre, entre lesquels le Sieur
+Fournerat[8] entreprend d’entretenir un homme d’habits honnêtes pour
+quatre pistoles par an[9].
+
+ [8] La rédaction est un peu différente dans l’édit. de 1691, p. 25:
+ «Le sieur Fournerat, marchand fripier, sous les piliers des Halles,
+ entretient bourgeoisement et honnêtement d’habits, pour quatre
+ pistoles par an.» Avant cet article, on y trouve celui-ci: «Il y a
+ une friperie aux Halles, qui s’étend jusqu’au Pont-Neuf, pour le
+ commerce des habits tout faits, vieux et neufs, simples et garnis,
+ et même pour les habits de deuil et pour ceux de théâtre et de
+ mascarades qu’on peut louer à tant par jour.» Le Pont-Neuf étoit
+ leur limite. Depuis une ordonnance de police du 9 mars 1669, ils
+ n’avoient sous aucun prétexte le droit d’y étaler pas plus qu’à la
+ place Dauphine. On les parquoit aux Halles et dans les rues
+ avoisinantes pour mieux pouvoir les surveiller, presque tous étant
+ soupçonnés d’être des recéleurs.
+
+ [9] Fournerat eut souvent, pour son genre d’industrie, maille à partir
+ avec les drapiers. Il ne se conformoit pas--car il travailloit
+ autant sur le neuf que sur le vieux--à l’arrêt du 6 février 1616,
+ enjoignant aux fripiers de n’avoir que des morceaux d’étoffes de
+ cinq aunes au plus, et non des pièces entières. Aussi les drapiers
+ obtinrent-ils contre lui une condamnation, le 23 décembre 1697.--Les
+ drapiers étoient, au reste, très-attentifs aux intérêts de leur
+ commerce et, par là, très-processifs. Ils avoient eu par exemple,
+ pour faire valoir les droits de leur corporation, un procès en 1688
+ avec les marchands de soie. Ils le gagnèrent. Regnard y fait
+ allusion dans sa farce _Le Divorce_, acte III, sc. 6.
+
+Les Frères Tailleurs[10] demeurent à présent rue saint Denis au bon
+Pasteur près sainte Opportune.
+
+ [10] C’étoit une communauté, moitié laïque, moitié religieuse, que ne
+ lioit aucun vœu, mais dont quelques pratiques religieuses et surtout
+ le travail étoient la règle.
+
+Il y a au bout de la rue Dauphine un Marchand Chaussetier qui fait des
+bas de toiles pour hommes.
+
+Entre les fameux Tailleurs pour femmes[11], sont Messieurs Regnaud
+devant l’Hôtel d’Aligre, Villeneuve près la place des Victoires,
+Lallemand rue saint Martin, le Brun, le Maire et Bonjuste rue de
+Grenelle, Chalandat rue de l’Arbre sec, Fabre rue saint Antoine au Plat
+d’Etain, la Barque devant le Sepulcre, Bertrand rue des Petits Champs,
+Taland vis à vis saint Germain, etc.
+
+ [11] Ils étoient moins des tailleurs que des _Corsetiers_: «Ils
+ s’attachent particulièrement, dit M. de Paulmy, à faire les corps et
+ corsets baleinés, ce qui est vraiment un ouvrage difficile et
+ délicat.» (_Mélanges d’une grande Bibliothèque_, t. XXII, p.
+ 223.)--C’est donc comme corsetier et non autrement que Bandelet,
+ propriétaire de la maison de la rue de Richelieu où mourut Molière,
+ étoit tailleur de la reine.
+
+Entre les Maîtresses Couturières qui sont en réputation de bien habiller
+les Dames, sont Mesdames Charpentier rue Montorgueil près saint
+Eustache, Villeneuve près la place des Victoires, Remond et Prevot rue
+des Petits Champs, Billard rue sainte Avoye, Bonnemain rue des fossez
+saint Germain l’Auxerrois, Fauvé Port saint Landry, etc.
+
+M. l’Hermineau Brodeur du Roy, demeure aux Galeries du Louvre[12].
+
+ [12] Il occupoit ce logement des galeries depuis 1663; il y mourut en
+ 1694. L’abbé de Marolles, dans _Le Livre des Peintres_, etc., édit.
+ G. Duplessis, p. 87, accorde ce détestable vers à cet artiste de la
+ broderie:
+
+ Larmino, grand brodeur, le fut aussi du Roy.
+
+Les autres Brodeurs qui travaillent pour Sa Majesté[13] et pour la Cour,
+sont Messieurs de la Croix rue Neuve Saint Martin, Quenain rue
+d’Enfer[14], etc.[15]
+
+ [13] Le roi, outre L’Hermineau, avoit deux brodeurs ordinaires.
+
+ [14] «M. Quenain, fameux brodeur, demeure rue d’Enfer, au faubourg
+ Saint-Michel.» Édit. 1691, p. 63.
+
+ [15] Il faut placer parmi ceux que Blegny ne nomme pas, Moignon,
+ «excellent brodeur», comme l’écrit Duché dans une note de ses
+ Pensées, à la suite des _Préceptes de Phocylide_, 1693, in-12, p.
+ 118, après avoir dit: «Vous êtes jeune, Lisandre, bien fait,
+ bruyant, effronté, vous avez un habit brodé par Moignon, un carrosse
+ du bon faiseur...»
+
+Les Sieurs Thierry, Frères[16], fameux découpeurs, demeurent rue
+Tirechappe, et devant saint Mederic.
+
+ [16] «Qui découpent les étoffes en perfection.» _Id._, p. 60.
+
+Pour les Habits de Théatre et de Balets, voyez l’article des Passetemps
+et Menus Plaisirs.
+
+M. du Mont près les Quinze Vingts qui fait très bien les Habits
+ordinaires, travaille aussi par excellence aux Habits de Theâtre et de
+Balets.
+
+
+
+
+COMMERCE DE CHAPEAUX.
+
+
+Le Bureau de la Communauté des Maîtres et Marchands Chapeliers est rue
+de la Pelleterie où arrivent tous les Caudebecs[1] et autres Chapeaux
+manufacturez au dehors.
+
+ [1] Ces chapeaux étoient une fabrication toute spéciale à la ville de
+ Normandie qui leur avoit donné son nom. Pour les obtenir, on
+ feutroit la laine d’agneau ou l’agnelin, avec le poil de chameau et
+ le duvet d’autruche. (Savary, _Dictionn. au Commerce_, au mot
+ chapeau.) On en vendoit beaucoup à Paris. Les vers de Boileau, dans
+ sa VIe épître, sont bien connus:
+
+ Pradon a mis au jour un livre contre vous,
+ Et chez le chapelier du coin de notre place,
+ Autour d’un _Caudebec_ j’en ai lu la préface.
+
+Pour les Bureaux de la Marque des Chapeaux, voyez l’article des Bureaux
+publics.
+
+M. le Page Chapelier du Roy et qui fournit presque toute la Cour[2],
+demeure rue saint Honoré près les Peres de l’Oratoire.
+
+ [2] Il ne figure pas dans l’État de France. On n’y trouve nommé que
+ Edme De Jouy, chapelier de Monsieur.
+
+Entre les Marchands Chapeliers qui tiennent magasin, et qui font de
+grosses fournitures aux troupes et aux Marchands forains, sont Messieurs
+Coquelin, Halé l’ainé et Bizoret rue de la vieille Monnoye, Marie rue
+des Boucheries saint Germain, Veron rue du Four, Fromentin près le
+Palais Royal, Gobert rue de la Bucherie, Brisan et le Tourneur rue de
+Betizy, etc.
+
+Les Veuves[3] qui font aussi un fort grand commerce de Chapeaux, sont
+Mesdames Meralde rue Briboucher, Durant pont saint Michel, etc.
+
+ [3] Ce sont des veuves de maîtres, qui continuoient, avec la même
+ maîtrise, le commerce de leur mari. Dans la librairie surtout et
+ l’imprimerie cette succession des veuves, à Paris du moins, étoit un
+ droit: «A Paris, lisons-nous dans un document du temps de la
+ Régence, les veuves des Libraires et Imprimeurs sont dans une
+ possession constante de continuer la profession de leurs maris.»
+ _Minutes des Lettres du Conseil_ pour 1717, p. 14, à la Biblioth. du
+ Ministère de l’Intérieur.
+
+Entre les Marchands Chapeliers qui tiennent boutique et qui font un
+grand détail, sont Messieurs Herard rue saint Honoré au Grand
+Mousquetaire, Vernault rue de l’Arbre sec, le Lievre et Verron place
+Maubert, Buquet, le Camus et Halé cadet fauxbourg saint Marcel, le Page
+et Fery Pont Notre Dame, Joffroy près l’aport de Paris, les Frères
+Gasteliers Pont au Change[4], Aprin Pont Saint Michel au Loüis d’argent,
+Menil rue aux Ours, Santerre rue des Juifs, etc.[5].
+
+ [4] Les vieux chapeaux, dont le commerce n’étoit pas moins
+ considérable que celui des neufs, se vendoient tout près de là:
+ «pour la commodité de bien des gens, dit Liger, p. 400, on vend des
+ vieux chapeaux repassez sous le petit Châtelet.» C’est là que se
+ fournissoit le poëte besogneux, dont Monteil possédoit manuscrite
+ une requête rimée au prince de Turenne:
+
+ Je chercherai des nippes au hazard...
+ Au Châtelet, à bon marché un feutre,
+ Castor tout neuf est trop cher pour un pleutre.
+
+ Il a paru dans la _Revue des Provinces_ de juin 1865; p. 531, à
+ l’article _Varia_, un curieux fragment inédit de l’abbé de Choisy
+ sur _ce que devenoient sous Louis XIV les vieux castors_.
+
+ [5] «Il y a un grand magazin de chapeaux rue des Assis (Arcis); un
+ autre rue des Boucheries, faubourg Saint-Germain, et un autre rue
+ Saint-Denis, au grand Signe.» Édit. 1691, p. 26.
+
+
+
+
+OUVRAGES ET MARCHANDISES DE CORDONNIERS.
+
+
+La Halle aux Cuirs est au bout de la rue de la Lingerie, où arrivent
+tous les Cuirs forains[1].
+
+ [1] On y vendoit spécialement «les cuirs à soulier», suivant l’édit.
+ de 1691, p. 37.
+
+Le Bureau de la marque des Cuirs où l’on paye le sol pour livre[2], est
+rue Betizy[3].
+
+ [2] «Le bureau du sol pour livre pour les vendeurs de cuir.» Édit.
+ 1691, p. 36.
+
+ [3] «Devant l’hôtel de Montbason.» _Id._
+
+Le Bureau des Maîtres et Marchands Cordonniers, est sur le quay de la
+Mégisserie près le Chatelet[4].
+
+ [4] A quelque distance, se trouvoit un débit de marchandises dont
+ parle la 1re édit., p. 37, et qui n’est mentionné nulle part dans
+ celle-ci: «les vrais maroquins du Levant se vendent chez divers
+ marchands pelletiers qui ont leurs boutiques et magasins près
+ l’égoût du grand Châtelet, et qui font, d’ailleurs, commerce de
+ buffles, de chamois et de toutes sortes de peaux.» Un peu plus haut,
+ se lit cet autre détail: «la manufacture des maroquins rouges, façon
+ du Levant, est dans la rue de Charonne, faubourg Saint-Antoine.» La
+ comtesse de Beuvron avoit fait accorder le privilége d’une fabrique
+ pareille, dont nous avons parlé t. I, p. 109, sous la condition
+ d’une grosse part dans les bénéfices. (_Correspondance administrat.
+ de Louis XIV_, t. III, Introduction, p. LV.)
+
+Il y a pour les Cuirs de Paris un grand nombre de Corroyeurs rue de la
+Tannerie, rue Marivaux, cloitre saint Jacques de la Boucherie, et
+fauxbourg saint Marcel aux environs des Gobelins.
+
+Il y a plusieurs Marchands Cordonniers qui vendent des souliers tous
+faits aux Halles, rue Notre Dame, rue Dauphine, rue de Bussy et rue
+sainte Marguerite[5].
+
+ [5] Ces souliers tout faits se vendoient principalement aux Halles, où
+ il en venoit de toute la France. Le Berry en fournissoit beaucoup,
+ la Flandre de même. Déjà, sous Henri IV, tout ce qu’elle avoit de
+ vieux souliers étoit expédié à Paris, où on les remettoit à neuf.
+ (Montchrestien, _Traité de l’Œconomie politique_, 1615, in-4º, p.
+ 108.)
+
+Entre les fameux Cordonniers pour hommes qui servent un grand nombre de
+personnes de considération, sont les Sieurs Lucas vieille rue du Temple,
+Carré rue de la vieille Bouclerie, Perrot rue de la Verrerie, des Ordres
+rue saint Jacques, Raverdy rue saint André, Chiroir sur les fossez saint
+Michel, Malbeau rue de la Harpe, le Breton rue Dauphine, Poiree rue des
+Nonnandieres, Soyer porte saint Germain, Parent et le Basque rue de
+Bussy, Loziers rue de Seine, Halloz rue Galande, etc.[6]
+
+ [6] Dans cet _et cætera_ de Blegny il faut placer le cordonnier
+ Prudent que cite Coulange au premier couplet de son excellente
+ chanson, _Les Moines_.
+
+Entre les Cordonniers pour femmes qui se font distinguer par la propreté
+de leurs ouvrages, sont les Sieurs Raveneau rue des Cordeliers, Vernon,
+Gaborry et Couteaux rue des fossez saint Germain, Bisbot rue Dauphine,
+Sulphour rue saint Severin[7], etc.
+
+ [7] Il ne faut pas s’étonner de voir un cordonnier à la mode logé dans
+ une rue aussi malpropre que la rue Saint-Séverin; celui qui
+ chaussoit, au siècle suivant, la dernière favorite de Louis XV, ne
+ l’étoit pas mieux. Chantoiseau l’indique ainsi, en 1773, dans son
+ _Almanach général d’indication_: «Charpentier, cul de sac de la
+ Fosse aux Chiens, cordonnier ordinaire de Madame la Comtesse du
+ Baril (_sic_) et autres dames de la Cour.»
+
+Le Sieur des Noyers rue sainte Anne, fait des Souliers de femmes d’une
+grande propreté qu’il vend un louis d’or[8].
+
+ [8] Le louis d’or étoit alors de 12 livres 10 sols, depuis 1689. Il
+ descendit à 12 livres, en avril 1692, puis à 11 livres 10 sols, en
+ 1693. (Dangeau, t. III, 39; IV, 61, 349.)
+
+Le Poitevin rue Mazarine, fait[9] des Souliers d’hommes qui résistent
+fort à l’eau, et qu’il vend un demi louis d’or.
+
+ [9] «De très-beaux et bons souliers à la cavalière, qu’il vend un
+ demi-louis d’or.» Édit. de 1691, p. 25-26.
+
+Plusieurs Cordonniers des environs du Palais[10], dont il a été parlé à
+l’article des Armes et Bagages de guerre, font des Souliers de Cuir de
+botte qu’ils tiennent tous faits dans leurs boutiques, et qui sont d’un
+bon usage en hiver, par exemple, les Sieurs Noel, Picard, Simon, etc.
+
+ [10] Les pantoufles de velours, autrement appelées _mules_, se
+ vendoient au Palais même. Les hommes s’y fournissoient surtout.
+ (Liger, p. 401.) Ces pantoufles du Palais furent longtemps célèbres.
+
+Les Frères Cordonniers logent présentement rue saint Denis au Bon
+Pasteur vers sainte Opportune[11].
+
+ [11] Dans l’édit. précédente, p. 61, on lisoit: «les frères
+ cordonniers demeurent rue des Grands-Augustins.» C’étoit une
+ communauté pareille à celle des frères tailleurs, dont il est parlé,
+ p. 61, et avec laquelle, comme on voit, elle étoit venue se loger
+ sous l’enseigne si bien choisie du _Bon-Pasteur_. Racine s’y
+ fournissoit pour son fils aîné: «Vous trouverez, lui écrit-il, le 26
+ janvier 1698, dans les ballots de Monsieur l’Ambassadeur: un étui,
+ où il y a deux chapeaux pour vous, un castor fin et un demi-castor;
+ vous y trouverez aussi une paire de souliers des frères.»
+
+Le Sieur Goubier Epicier rue de Gesvre, vend une bonne Cireure pour les
+Cordonniers[12].
+
+ [12] Son article est plus étendu dans l’édit. précéd.: «le sieur
+ Goubier, apothicaire-épicier, fait et vend toutes sortes de
+ bijouterie de cire pour les enfants, et une bonne cire neuve pour
+ les cordonniers.» Richelet donne dans son _Dictionnaire_ la recette
+ de ce cirage primitif: «composition de cire, dit-il, de suif et de
+ noir de fumée, de térébentine de Venise, de blanc de plomb, et
+ autres ingrédiens qu’on fait bouillir, pour cirer les bottes, les
+ gros souliers...»
+
+
+
+
+ADRESSES
+
+_Concernant les articles precedens, recouvertes après leur impression._
+
+
+Messieurs Doye et Falaiseau rue des cinq Diamans, Piogé rue du petit
+Lion, et Bastonneau vieille rue du Temple[1], tiennent comptoirs pour la
+Banque et les Remises de places en places.
+
+ [1] Il étoit de la famille de ces Bastonneau, les gros marchands de
+ soie, dont Guy Patin a parlé (anc. édit., t. II, p. 220). Ils
+ étoient venus de Lyon à Paris, où, après avoir continué leur
+ commerce, ils s’étoient mis dans la banque. Un d’eux, Claude
+ Bastonneau, avoit, en 1640, été enterré à St-Eustache (Le Beuf,
+ _Hist. du. dioc. de Paris_, édit. Cocheris, t. I, p. 240). En 1662,
+ François Bastonneau et Pierre Bidal, son associé, marchands de soie,
+ avoient fait saisir, pour une forte somme qui leur étoit due, les
+ biens du baron de Blancheface. (_Archives hospitalières_,
+ Hôtel-Dieu, t. I, p. 172.)
+
+M. Bourdon qui grave pour la Taille douce et pour les Cachets, demeure
+rue Dauphine, M. Garrier quay des Orfevres à la Banniere de France, est
+encore distingué pour les Cachets.
+
+Entre les Chirurgiens renommez pour les opérations, sont Messieurs
+Lartet Chirurgien du Roy par quartier[2], Isle Notre Dame sur le quay
+Bourbon, et Gervais[3] premier Chirurgien de la feue Reine et
+ordinairement de Monseigneur à l’Hôtel de Noüailles près saint Roch pour
+la Saignée, M. du Pré rue Platrière, et pour les accouchements M. Marcel
+près la porte saint Martin.
+
+ [2] Il étoit de service chez le Roi pendant le quartier de janvier.
+
+ [3] Il servoit pendant le quartier d’octobre.
+
+Madame Parfait au Pavillon des Tuilleries près la grande Ecurie[4], est
+une Sage femme de distinction[5].
+
+ [4] Celui qui, vers le même temps, commença d’être appelé le pavillon
+ Marsan.
+
+ [5] Les sages-femmes étoient peu nombreuses alors, mais d’autant plus
+ considérées. Plusieurs avaient marqué dans le monde, ainsi la
+ fameuse Mme Pilou que l’abbé de Choisy (_Mém._, coll. Petitot, 2e
+ _série_, t. 63, p. 515) nous dit formellement avoir été une
+ accoucheuse; et la grand’tante de Racine, Mme Vitart. (Mesnard, _Vie
+ de Racine_, p. 40.) On ne leur reprochoit que de n’être pas assez
+ instruites. Elles ne l’étoient pas plus à Amsterdam, mais on y avoit
+ avisé en leur donnant pour maître le célèbre Ruysch. V. son éloge
+ par Fontenelle, _Œuvres_, t. VI, p. 512.
+
+Messieurs Boudin[6], Poisson[7], Beaulieu[8] et Doquican[9] premiers
+Apoticaires du Corps du Roy, logent quand ils sont à Paris chez M. de
+Rouviere Apoticaire de Sa Majesté près saint Roch.
+
+ [6] Philibert Boudin. Son service chez le Roi, avec un
+ aide-apothicaire, le sieur Damaron, étoit celui du trimestre
+ d’avril.
+
+ [7] Il servoit pendant le quartier de janvier.
+
+ [8] Son service commençoit en octobre.
+
+ [9] Son vrai nom étoit de Hoquiquant, comme le donne l’_État de
+ France_. Il étoit de service pendant le quartier de juillet.
+
+M. Benoist qui tient le Cercle Royal rue des saints Pères, et
+Mademoiselle Benoist rue saint Antoine, font très bien les Portraits en
+cire[10].
+
+ [10] Ce Benoît fut, avec plus de perfection, le _Curtius_ du XVIIe
+ siècle. Il faisoit, en effet, avec la cire, des portraits d’une
+ ressemblance inouïe. Le plus curieux spécimen qui nous en soit
+ parvenu, est celui de Louis XIV, retrouvé à Versailles par Eudore
+ Soulié et placé aujourd’hui dans la chambre à coucher du Roi. Ses
+ masques, dont Saint-Simon a parlé, n’étoient pas moins étonnants:
+ «On avoit fait, dit-il, t. III, p, 135, pendant l’hiver précédent,
+ plusieurs masques de cire de personnes de la Cour, au naturel, qui
+ les portoient sous d’autres masques, en sorte qu’en se démasquant on
+ y étoit trompé en prenant le second masque pour le visage, et c’en
+ étoit un véritable, tout différent, qui étoit dessous; on s’amusa
+ fort à cette badinerie.» Ailleurs, t. II, p. 72, il nous avoit déjà
+ fait voir, dans un autre bal de la Cour, un masque, dont les quatre
+ visages de cire, représentant quatre personnes différentes, et qu’il
+ faisoit tourner avec la plus amusante adresse, avoient intrigué tout
+ le monde.--Benoist ne s’en tenoit pas à l’industrie des bustes et
+ des masques, il faisoit aussi des personnages de grandeur naturelle.
+ C’est ce qu’il appeloit son _Cercle_, ou _le Cercle du Louvre_,
+ comme dit Robinet dans sa _Gazette_ du 23 fév. 1667, époque vers
+ laquelle il en commença l’exhibition. Chaque année, il l’exposoit à
+ la foire Saint-Germain, voisine de son logement de la rue des
+ Saints-Pères. Dancourt en fait une des principales curiosités de
+ cette foire: «LORANGE. Voyez ici, Messieurs, le Cercle nouveau des
+ figures parlantes, aussi hautes que le naturel.» _La foire
+ Saint-Germain_ (1696), scène XVIII. La Bruyère n’a pas oublié
+ Benoît. «B..., dit-il, s’enrichit à montrer dans un _Cercle_ des
+ Marionnettes.» Benoît devint riche en effet: lorsqu’il mourut, en
+ 1717, il l’étoit. Le Roi y avoit aidé, en lui donnant, en 1668, le
+ titre de son sculpteur en cire, et permission d’exposer dans tout le
+ royaume «les personnes de tout rang qui composoient le cercle de la
+ feue Reine, d’en faire même de nouveaux, et de masquer en cire à sa
+ convenance.» Cette permission, qui étoit de trente ans, lui fut
+ continuée sous forme de privilége exclusif, pour trente années
+ encore, en 1688. Il étoit né en 1632 à Joigny, où il avoit fondé un
+ lit à l’hôpital. V. _Rev. des Soc. sav._, 4e série, t. II, p. 232.
+
+M. Coquelin Chancelier de l’Eglise de Paris[11], demeure rue saint Louis
+en l’Isle.
+
+ [11] Il avoit, comme chancelier, le sceau du chapitre de Notre-Dame,
+ et une partie du soin des petites écoles lui revenoit. Il faisoit
+ aussi l’ouverture des conférences de l’archevêché. Ménage, qui
+ logeoit au cloître et en savoit toutes les histoires, en racontoit
+ une à ce sujet: «M. Coquelin, ayant quitté la perruque, étoit
+ presque méconnaissable. En ce temps-là, il fit l’ouverture d’une des
+ conférences archiépiscopales, fort bien à son ordinaire. M. de Vert
+ lui dit: Monsieur, je ne vous ai reconnu qu’à votre éloquence.»
+ (_Menagiana_, t. II, p. 72.)
+
+On recite tous les Samedis et veilles de la Vierge, des Motets en
+musique à Notre Dame devant sa Chapelle après Complie.
+
+M. Chartrain dont on n’a pas l’adresse, est un grand maître pour le
+Grec[12].
+
+ [12] Il étoit de la même famille que le M. Chartrain indiqué plus
+ haut, t. I, p. 257, comme excellent maître de géographie, histoire,
+ blason, etc.
+
+Les Medecins en leur Collège rue de la Bucherie, visitent gratuitement
+les pauvres Malades tous les Samedis matin, et les Chirurgiens sous les
+Charniers de S. Côme tous les premiers Lundis des mois.
+
+M. Gaultier enseigne en ville et chez luy rue des Petits Champs,
+l’Architecture civile et militaire, et généralement les parties de
+Mathématiques.
+
+_Nota._ Qu’outre les jours marquez pour les Audiances des Officiers du
+Grenier à Sel, ils les tiennent encore tous les Lundis en Janvier,
+Octobre, Novembre et Décembre.
+
+On vend des Truffles rue Serpente au Messager de Thoulouse[13].
+
+ [13] Il étoit du bel usage, selon Richelet, d’écrire et de prononcer
+ _truffles_. Elles étoient un régal en vogue. Les dames surtout en
+ étoient très-friandes. (L’abbé de Villiers, _Vérités satiriques_, p.
+ 199.)
+
+Aux environs du Temple, de la porte Mouton et de la porte saint Louis,
+il y a des femmes qui fournissent aux malades du lait d’anesse[14], de
+vaches et de chevres frais tiré.
+
+ [14] C’étoit déjà, sur la recommandation des médecins galénistes, qui
+ l’avoient trouvé prescrit par Galien, leur maître, un des remèdes en
+ vogue pour les poitrines débilitées. Gui Patin dit que sa grand’mère
+ put vivre jusqu’à quatre-vingts ans, parce qu’elle avoit pris du
+ lait d’ânesse pendant soixante. (_Lettres_, édit. in-8, t. III, p.
+ 462-463.)
+
+M. Martin rue de Richelieu, est encore un fameux pour le Clavesin[15],
+M. de Vizé à Luxembourg pour le Theorbe[16], Louis Horteterre près saint
+Jacques de la Boucherie pour tous les Instrumens à vent[17], des
+Cotteaux au fauxbourg saint Antoine, et Filbert rue saint Antoine pour
+la Flute Allemande[18].
+
+ [15] Blegny oublie qu’il l’a déjà dit plus haut.
+
+ [16] Il n’avoit été cité plus haut, t. I, p. 211, au chapitre des
+ musiciens que pour son talent sur la guitare, fort semblable du
+ reste au théorbe. C’est pour la guitare qu’il est surtout vanté dans
+ les lettres de Mad. de Sévigné, t. X, p. 352. Un autre instrument de
+ la même famille que le théorbe, le luth, et la guitare étoit
+ «l’angélique» dont jouoit «excellement», suivant Richelet, t. I, p.
+ 59, Lefèvre, de la même famille que celui que nous avons vu, t. I,
+ p. 209, parmi les fabricants d’orgues.
+
+ [17] Il étoit de la famille de Colin et Jean, qui ont eu plus haut, t.
+ I, p. 212, leur mention pour la fabrication des instruments.
+
+ [18] Blegny ne fait encore que répéter à peu près ce qu’il a déjà dit.
+ V. t. I, p. 212-213.
+
+M. Coquart rue Simon le Franc, fait commerce en gros de toutes sortes de
+cannes[19].
+
+ [19] Nous verrons un peu plus loin, par les bois dont il faisoit
+ commerce, qu’il étoit tablettier. Ses cannes ne pouvoient donc être
+ d’un grand prix. Des arrêts, que celui du 26 avril 1700 confirma,
+ enjoignoient, en effet, aux tablettiers, de ne vendre qu’une seule
+ espèce de cannes, sans ornement d’or, d’argent ou d’acier.
+
+Messieurs Halin rue Jean saint Denis, indiquez[20] pour les Timballes et
+Trompettes, sont aussi d’excellens Maîtres pour le Basson[21].
+
+ [20] _V._ plus haut, t. I, p. 215, à la suite des maîtres, pour l’art
+ de chanter.
+
+ [21] C’est le _fagotto_ italien, adopté depuis peu chez nous, où on
+ l’avoit appelé «basson», parce qu’il y servoit surtout de basse dans
+ les concerts de musette, alors à la mode. (Mersenne, _Harmonie du
+ Monde_, liv. 5.)
+
+Mademoiselle Cochois rue Briboucher près saint Josse[22], est fort
+stilée aux Coiffures de Toilles et de Dentelles pour les Dames[23].
+
+ [22] La chapelle Saint-Josse faisoit le coin de la rue
+ Aubry-le-Boucher et de la rue Quincampoix.
+
+ [23] Les marchands lingers et les marchandes lingères étoient depuis
+ longtemps en nombre dans la rue Aubry-le-Boucher. Bodeau, le riche
+ linger, qui fit tant de folies pour Mlle Paulet, y logeoit. C’est là
+ que Lemaître, dont le fils, Antoine Lemaître, fut une des gloires de
+ Port-Royal, avoit sa boutique de dentelles de Flandre; enfin, c’est
+ rue Aubry-le-Boucher que Mme Coisnard, la grosse lingère et
+ dentellière, fit sa fortune. (_V._ Tallemant, _Historiettes_, édit.
+ P. Paris, t. I, 225; III, 16, 34, 114; VI, 116.)
+
+Madame Roüin devant le Collège des Plessis fait des Rabats unis par
+excellence[24].
+
+ [24] Dans l’édit. précéd., elle est nommée avec «le sieur Des
+ Trapières, rue Bétizy, aux Trois-Bourses», p. 62.
+
+M. Ladoireau rue Tictonne fait de beaux Ouvrages d’Orfèvrerie[25].
+
+ [25] Pour une saisie faite chez lui, en 1693, _v._ t. I, p. 244, note
+ 4.
+
+
+
+
+DIVERSES ADRESSES
+
+_Concernant des talens distinguez des articles précédens._
+
+
+Entre les Orlogeurs qui sont en réputation pour les Montres et Pendules,
+sont Messieurs Turet aux Galeries du Louvre[1], de Mergue Cour Neuve du
+Palais, Cribelin rue de Bussy, etc.
+
+ [1] Il avoit ce logement des galeries depuis le 30 janvier 1686:
+ «Isaac Turet, écrit G. Brice, horloger de l’Académie des Sciences,
+ qui a beaucoup contribué à perfectionner la pendule.» (3e édit., t.
+ I, p. 73.) Il ne faut pas le confondre avec Huret «horlogeur du
+ Roy», gendre de Bérain.
+
+Le Sieur Chambon habile Guainier, demeure Cour neuve du Palais.
+
+Le Sieur le Sansonnier Ecrivain Juré de l’Université, a le talent de
+bien dresser et de bien écrire les Placets sur quelque sujet que ce
+soit, dont il garde religieusement le secret[2], son Bureau est à
+l’Hôtel de la Préférence sous le Cadran de l’Eglise des Innocens.
+
+ [2] Blegny nous surfait beaucoup l’honnêteté de l’écrivain-juré. Il
+ n’étoit rien moins que sûr. Il fut compromis, en 1699, avec les
+ prévaricateurs du commerce des blés et arrêté. Les détails de son
+ affaire se trouvent dans les _mss._ Delamarre, à _la Biblioth.
+ Nat._, nº 21,644, p. 187.
+
+Le Sieur le Febvre rue de Venise au quartier de la rue Quinquempoix,
+vend et loue des chevaux à toutes mains.
+
+Nicolas le Heurteur, aporte à Paris de Fleury-la-Forest en Normandie,
+toutes sortes de boettes de Liettiers[3] qu’il vend en gros à juste
+prix; il vient ordinairement deux fois le mois et loge rue Montorgueil à
+l’image saint Nicolas.
+
+ [3] C’est laïettier qu’il faut lire. La «laïette» n’étoit, en effet
+ alors, qu’une de ces sortes de boîtes qu’on faisoit venir de
+ Fleury-la-Forest, près les Andelys, d’où il n’en vient plus: «petit
+ coffre de bois, dit Richelet, qui n’a qu’une simple serrure, et qui
+ n’est couvert ni de peau ni de cuir.»
+
+Le Bois d’Ebène et de Gayac, sont commercez en gros par M. Coquart rue
+Simon le Franc.
+
+La Dame Passavant[4] près la Magdelaine a le talent de bien faire les
+Bonnets carrez.
+
+ [4] «Sage-femme.» Édit. 1691, p. 26.
+
+On fait des Calottes de toile jaune et de ratine à mettre sous les
+perruques, chez un Calotier à la porte neuve du Palais.
+
+La Manufacture de Stuc Cuit[5] est au fauxbourg saint Antoine.
+
+ [5] Le stuc est toujours cuit. C’est du plâtre mêlé de poudre de
+ marbre, qu’une forte cuisson durcit, et permet de polir. On en
+ faisoit alors des plafonds, sur lesquels on peignoit comme à
+ fresque.
+
+Les faiseurs de Fourneaux et de Creusets servant à la Chimie, demeurent
+place de l’Hotel de Conty, rue Mazarini et au fauxbourg saint Jacques.
+
+Le Sieur Rohault Emailleur[6] rue saint Denis, fait des Figures et
+Aigrettes d’émail.
+
+ [6] _V._ les notes sur lui et sur Hubin, qui suit, au chapitre du
+ _Commerce de Curiositez_, t. I, p. 242.
+
+Les Yeux artificiels se font chez le même Hubin rue saint Martin et chez
+le Sieur le Quin rue Dauphine.
+
+La Folie rue du petit Pont[7], et Thevenot rue Git le Cœur, affichent
+pour le public.
+
+ [7] Dans la première édit., p. 59, son adresse est donnée «rue de la
+ Huchette, aux Trois-Bources». A la suite, vient «le Comte, rue du
+ Petit-Pont, à la Rose-Rouge».
+
+Le Sieur Bara qui vend du Canepin[8] pour boucher les bouteilles,
+demeure au cul de sac de la porte saint Martin[9].
+
+ [8] On appeloit ainsi l’épiderme de peau d’agneau ou de chevreau. Il
+ avoit servi, comme un vélin très-fin, pour écrire; et nous ne
+ serions pas surpris que le mot _calepin_ en fût venu, quoi qu’en
+ dise l’étymologie courante.
+
+ [9] Les Bara étoient nombreux dans Paris et d’industries différentes.
+ Mme Sand, _Histoire de ma vie_, t. I, p. 19, en cite un, qui avoit
+ été parrain de sa mère, et dont nous avons connu le petit-fils, qui
+ vendoit des oiseaux, comme son aïeul, au coin de la rue Saint-Claude
+ et du boulevard, dans l’hôtel où avoit logé Cagliostro. Le
+ grand-père de Mme Sand étoit lui-même «maître oiselier» et de plus
+ «maître paulmier», ce qui ne nous surprend pas, les marchands
+ d’oiseaux faisant volontiers plusieurs métiers. Un d’eux, que Blegny
+ n’auroit pas dû oublier au chapitre du _Commerce de Curiositez_,
+ s’étoit enrichi à vendre toutes sortes de bijoux, après n’avoir
+ d’abord vendu que «des cages de prix et des oiseaux». On ne
+ l’appeloit pour cela que l’Oyselier. Son vrai nom ne nous est pas
+ parvenu. (_Mercure galant_, nov. 1683, p. 287.) Chevreau parle de
+ lui dans cette note de ses _Œuvres meslées_, 1697, in-8º, p. 200:
+ «L’Oiselier étoit un fameux marchand de Paris, qui vendoit à toute
+ la Cour toutes sortes de curiosités.»
+
+Le Sieur Dalesme[10] rue saint Denis près la fontaine la Reine, vend des
+Plumes et Semelles d’acier de son invention, et encore un Tuyau de tolle
+de fer, où l’on brule le bois sans cheminée et sans fumée.
+
+ [10] André Dalesme, qui, de simple marchand de tuyaux fumivores,
+ devint membre de l’Académie des Sciences. On voit ici qu’il avoit
+ devancé les inventeurs de plumes d’acier. Il toucha de près aussi à
+ l’invention du _Thermolampe_ et à celle de la machine à vapeur. _V._
+ sur lui, _le Vieux-Neuf_, 2e édit., t. II, p. 384-385.
+
+La bonne faiseuse de Mouches demeure rue saint Denis à la perle des
+Mouches[11].
+
+ [11] Blegny auroit bien dû nous dire son nom. Nous aurions su
+ ainsi--ce qui ne manquoit pas de curiosité--si c’étoit toujours la
+ femme Chevalier, dont, suivant l’auteur du _Peintre-Graveur_, la
+ fille Madeleine avoit épousé le peintre Bernard, et étoit devenue
+ mère du fameux financier Samuel Bernard.--_V._ dans nos _Variétés_,
+ t. VII, p. 9, une pièce de 1661, _La faiseuse de mouches_.
+
+Les Manufactures de Toilles cirées sont dans la grande rue du fauxbourg
+saint Antoine[12].
+
+ [12] C’est à Paris qu’il s’en fabriquoit le plus. Jusqu’à la fin du
+ dernier siècle, le secret de l’enduit des toiles cirées fut gardé
+ par ceux qui les fabriquoient.
+
+Les Boisseliers de la Halle au bled font[13] les tamis d’Apoticaires et
+de Parfumeurs.
+
+ [13] «Un particulier commerce de tamis à passer les poudres.» Édit.
+ 1691, p. 64.
+
+Le Sieur Barbier qui indique des Privilèges à vendre et à louer pour les
+Arts et Métiers, demeure rue des Lombars au Plat d’Etain.
+
+Le Sieur Jo et quelques autres Potiers d’Etain près la porte saint
+Marcel, font de grandes et petites Seringues qu’ils vendent aux
+Marchands à juste prix.
+
+Le Sieur Colson fauxbourg saint Antoine devant la rue de Charonne, a un
+particulier talent pour monter les Scelets[14] de toutes sortes
+d’Animaux, et pour les monter en poil et en plumes.
+
+ [14] C’est ainsi qu’on écrivoit encore squelette. L’orthographe
+ d’Ambroise Paré se rapproche toutefois un peu plus de cette dernière
+ forme: «une desquelles, dit-il, parlant d’autruches qu’on faisoit
+ voir à Paris, estant morte, me fut donnée, et en fis un _scelette_.»
+ Ailleurs, il dit un «sceletos», se rapprochant ainsi tout-à-fait du
+ mot grec, d’où vient squelette, et qui signifie séché.
+
+M. Antoine, Chevalier et Medecin Général des Hopitaux du saint
+Esprit[15], logé au Collège de Boncour, se dispose à donner des preuves
+publiques du secret qu’il dit avoir trouvé, pour connoitre par la
+disposition des poux et des urines, les causes cachées et les crises
+futures des plus extraordinaires maladies; il a une nouvelle espèce de
+plante Sensitive[16] que les curieux ont veüe avec admiration.
+
+ [15] Il n’y avoit à Paris qu’un hôpital du Saint-Esprit, celui qui
+ occupoit tout le côté gauche des bâtiments qu’envahit ensuite tout
+ entiers son voisin l’Hôtel-de-Ville. On n’y recevoit que des
+ orphelines légitimes et il s’appeloit aussi _Hôpital des
+ Enfants-Dieu_.
+
+ [16] La Sensitive, _mimosa pudica_, bien qu’elle eût été importée
+ d’Amérique sous Henri IV, par Robin, avec les autres espèces du
+ genre acacia, n’étoit pas encore bien connue, comme on le voit ici.
+ L’Académie des Sciences ne s’en étoit même pas encore occupée.
+ Mairan n’en fit l’objet d’un premier travail qu’en 1729, puis on eut
+ en 1736 le mémoire plus complet de Du Fay.
+
+Le Sieur Lelot sur le Quay neuf[17] à la Perruque d’or, trace et peint
+les Cadrans au soleil[18].
+
+ [17] On appela presque toujours ainsi, jusqu’au commencement du XVIIIe
+ siècle, comme on le voit par _le Journal_ de Barbier, édit. in-18,
+ t. I, p. 142, le quai voisin de la Grève, construit, en 1675, sous
+ la prévôté de Claude Le Pelletier, qui lui avoit donné son nom.
+
+ [18] Il étoit rare qu’il n’y eût pas dans la cour ou le jardin de
+ chaque hôtel un de ces cadrans peints sur la muraille en bonne
+ exposition.
+
+
+
+
+OMISSIONS ET CHANGEMENS.
+
+
+On aurait dû dire à l’article des Vacations des Tribunaux.
+
+Que Nosseigneurs de la Cour des Aydes prennent les mêmes vacations que
+le Parlement, et encore les veilles de Fêtes de Notre Dame, le lendemain
+de la saint Jean, et la veille et le lendemain de la Magdelaine.
+
+Qu’à la Chambre des Comptes on n’entre ni les Jeudis ni les Samedis ni
+les veilles de Fetes de relevée[1], et que la Chambre vaque d’ailleurs
+le Jeudi de la mi-Carême, en May le neuf, en juin le onze, et encore
+depuis le Vendredy qui precede la Pentecôte jusqu’au lendemain de la
+Trinité; en Septembre le onze, et encore depuis le vingt dudit mois
+jusqu’au lendemain de la saint Denis, en Octobre le dix huit jour de
+saint Luc, et le trente et un veille de la Toussaints, en Novembre le
+vingt cinq jour de sainte Catherine, en Décembre le six jour de saint
+Nicolas et le vingt quatre veille de Noël, outre les veilles et Fêtes de
+la Vierge, les Foires, etc.
+
+ [1] Les fêtes de relevée étoient celles où l’on ne siégeoit pas «de
+ relevée», c’est-à-dire après midi.
+
+Qu’au Chatelet les Vacations durent depuis le 9 Septembre jusqu’à la
+saint Simon et saint Jude; et qu’outre les jours de Vacations qui sont
+communes à tous les Tribunaux et particulierement au Parlement; on y
+vaque encore en janvier le 22 jour de S. Vincent, en May les 2, 6, 9, 10
+et 19, et les veilles de la Pentecôte, de la Fete Dieu et de l’Octave,
+en Juillet le 31, et en Octobre le premier.
+
+La veuve Nion à l’adresse marquée à la première page, vend un traité
+très curieux sur les Vapeurs du Corps humain[2] de M. Lange Medecin de
+la Societé Royale; et le Medecin sincère de M. de la Haye Docteur en
+Medecine.
+
+ [2] Voici le vrai titre: _Traité des Vapeurs_, par M. Lange, 1689,
+ Paris, chez Nyon.
+
+
+
+
+CHANGEMENS.
+
+
+Les Fermes des Aydes et Domaines de France et droits y joints, ont été
+réunies en cinq grosses Fermes.
+
+Le Département de Messieurs les Fermiers Généraux des Fermes Unies, pour
+le service desdites Fermes, pendant l’année 1692, a été réglée comme il
+s’ensuit par Monseigneur le Controlleur Général.
+
+
+PARIS.
+
+I.
+
+Messieurs[1]
+
+ [1] La plupart des noms qui suivent ayant figuré au chapitre des
+ Fermiers généraux, t. I, p. 28 et suiv., nous n’y reviendrons pas.
+ Nous dirons seulement quelques mots de ceux qui sont nouveaux ici et
+ méritent quelque attention.
+
+Berthelot, Turgis, de la Porte, Courchamp, Bigodet[2], Blin et Thomé:
+
+ [2] Il devint secrétaire du Roi, et il étoit, en 1702, un des plus
+ considérables des Fermes. Il logeoit dans un magnifique hôtel, rue
+ Coquillière.
+
+La Regie du Bureau Général de la Douane et Droits y joints, et des
+Greniers à Sel de la Ville et Généralité de Paris.
+
+II.
+
+Pelissier, Laugeois, le Maistre, Arnaud, Dapongny, Rancy[3], Henault:
+
+ [3] Paul-Étienne Brunet de Rancy, frère des trois autres, que nous
+ avons vus plus haut: Brunet de Chailly, Brunet de Montferrand et
+ Brunet de Vauxge. Il devint secrétaire du Roi. En 1695, ayant été
+ envoyé en Bretagne dans l’intérêt des Fermes, les États se
+ plaignirent qu’il leur en avoit coûté cent mille francs
+ d’augmentation. (_Correspondance des Contrôleurs généraux_, nº
+ 1478.) C’est lui qui, après la mort de Mme de Sévigné, vint habiter
+ l’hôtel Carnavalet.
+
+La Régie de la Ferme du Tabac et dument demaine d’Occident.
+
+III.
+
+Luillier, du Ruaupallu, Turgis, Menon, de la Porte, Mouchy, Rancy et
+Blin:
+
+Le Soin et Fournissement des Gabelles de France.
+
+IV.
+
+Laugeois, Remond, Menon, d’Apougny, le Normand, Hénault:
+
+La Regie des Entrées de Paris.
+
+Du Gros[4].
+
+ [4] Le «gros» étoit le revenu, le produit fixe des impôts, et, par
+ conséquent, le contraire du «casuel».
+
+Du Huitieme[5].
+
+ [5] Droit payé au Roi par les cabaretiers de Paris, pour chaque muid
+ de vin qu’ils vendoient à pot ou à assiette.
+
+Du Pied-Fourché[6].
+
+ [6] Droit d’entrée sur le bétail à pied fourchu: moutons, chèvres,
+ etc. L’Estoille (_Édit. du Panthéon_, t. II, p. 422) a parlé de cet
+ impôt déjà fort ancien de son temps. Ceux qui l’affermoient en
+ devoient une part à l’Hôtel-Dieu. V. _Inventaire des Archives
+ hospitalières_, t. I, p. 359 et 391.
+
+Et des Droits de Rivières et leurs Dependances.
+
+V.
+
+Luillier, le Maistre, Courchamp, le Tellier, Delpesche, Montry:
+
+La Régie du Papier et Parchemin Timbré de la Ville et Genéralité de
+Paris.
+
+Des Aydes du plat Païs[7] et Versailles.
+
+ [7] La banlieue.
+
+Et des grandes Entrées de Rouen, Diepe, le Hâvre, et ses dépendances.
+
+VI.
+
+Luillier, Laugeois, du Ruaupallu, le Tellier, le Maistre, Courchamp,
+Arnaud, Thomé:
+
+Le soin de faire remettre les deniers des Provinces à la Recette
+générale.
+
+De faire payer tous les Sous Fermiers.
+
+De Vérifier et Controller les Caisses.
+
+De faire les payemens au Trésor Royal.
+
+D’acquiter les Charges des Etats du Roi.
+
+Et des Comptes à rendre au Conseil et à la Chambre.
+
+VII.
+
+Laugeois, l’Huillier, du Ruaupallu, Arnaud, Delpesches, Romanet, Dumas,
+Henault:
+
+La suite des Etats Alphabétiques[8].
+
+ [8] Ce sont les états indiqués dans la série précédente, l’état des
+ pensions notamment.
+
+L’examen des produits.
+
+La Verification des Passe-ports de Sa Majesté.
+
+Et les Arretez des Comptes des Directions et des Comptes de Societé.
+
+VIII.
+
+Pelissier, Rémond, Menon, Mouchy, de la Porte, Cormery, Dumas, Vauxge:
+
+Le Contrôle Général de toute la Depense de la Ferme.
+
+La Garde des Papiers, Registres et Titres de la Ferme.
+
+IX.
+
+Pelissier, Menon, Vallier, Lagny, Henault, Vauxge, Cormery, Douilly, le
+Jariel:
+
+La suite des affaires du Conseil, au Parlement, à la Cour des Aydes, à
+la Chambre du Trésor, et en l’Election[9], et l’Assistance à l’Assemblée
+des Avocats à tenir une fois la semaine au Bureau[10] pour les affaires
+de la Ferme.
+
+ [9] Il a été dit plus haut ce qu’étoit une Élection, et sa juridiction
+ spéciale pour statuer sur les différends survenus à propos des aides
+ et des tailles.
+
+ [10] Ce bureau étoit à l’Hôtel des Fermes, ancien hôtel du chancelier
+ Séguier, dont l’imprimerie Paul Dupont occupe aujourd’hui une
+ partie, entre la rue du Bouloi et la rue Jean-Jacques Rousseau,
+ alors rue de Grenelle.
+
+X.
+
+Luillier, Berthelot, de Ruaupallu, Arnaud, Turgis, Henault, Mouchy:
+
+La Correspondance.
+
+Les Achats.
+
+Et les Comptes du Traité des Vivres de la Marine.
+
+
+PROVINCES.
+
+I.
+
+Messieurs
+
+Langlois, Vauxgé, de la Porte:
+
+Directions[11] de Rouen, Caën et Allençon.
+
+ [11] La direction étoit le bureau spécial des finances pour chaque
+ généralité.
+
+II.
+
+De Belloy, le Tellier, Blin:
+
+Directions d’Amiens, Guises, Soissons[12] et l’Isle.
+
+ [12] Les directions de Guise et de Soissons furent remplacées, peu
+ après, par celle de Saint-Quentin.
+
+III.
+
+Baugier, Luillier, de Turgis:
+
+Directions de Dijon, Langres et Franche Comté.
+
+IV.
+
+Romanet, Cormery, Laugeois:
+
+Directions de Chalons, Sedan, Lorraine et Alsace.
+
+V.
+
+Blin, de Lagny, Remond:
+
+Direction de Lyon.
+
+VI.
+
+Saint Amant, Luillier, Mouchy:
+
+Direction de Valence, Avignon et Marseille.
+
+VII.
+
+Le Juge, Delpesche, Berthelot:
+
+Directions de Montpellier et Thoulouze.
+
+VIII.
+
+Grandval, Menon, Menault:
+
+Directions de Bourdeaux et de Dax.
+
+IX.
+
+Germain, du Ruaupallu, Thomé:
+
+Directions de la Rochelle et Charante.
+
+X.
+
+De Blair[13], Vallier, le Jariel:
+
+ [13] Melchior de Blair, d’abord simple intéressé dans les fermes. Il
+ étoit arrivé à être fermier général, après deux missions qu’il avoit
+ habilement remplies: l’une, en 1690, en Picardie; l’autre, en 1691,
+ en Bretagne.
+
+Directions d’Angers, Laval, le Mans et Bretagne.
+
+XI.
+
+Des Espoisses, Rancy, Dumas:
+
+Directions d’Orléans et de Tours.
+
+XII.
+
+Martin, Germery, d’Apougny:
+
+Directions de Bourges et Moulins, avec les Dépôts d’Auvergne, Limosin et
+la Marche.
+
+La Manufacture Royale des Bandages de nouvelle invention[14], qui a
+toujours sa principale entrée par la rue de Guénégaud, communique
+d’ailleurs presentement avec la boutique de M. de Blegny le fils
+Apoticaire du Roy, sur le quay de Nesle à la Devise Royale[15], où l’on
+fera bien de s’adresser pour eviter la surprise de quelques imposteurs.
+
+ [14] L’industrie des bandages avoit été la première qu’eût exploitée
+ Blegny. Aussi, ne manque-t-il pas d’y revenir sans cesse. _V._ plus
+ haut.
+
+ [15] Il y avoit succédé, avec la même enseigne, à Delaunay, chirurgien
+ herniaire, dont J. Lepaute a gravé l’adresse.
+
+Ces Bandages ont des formes différentes selon les diverses dispositions
+des Malades et de leurs incommoditez; on y trouve à ressort, à visse, à
+charnieres ployantes, à champignons, à ceinture de Buffles, etc., mais
+telle que soit la conformation particuliere de chacun de ces Bandages,
+on y trouve cet avantage qu’ils retiennent parfaitement, et dans les
+plus impetueux mouvemens, les Décentes qui n’ont pû être arrêtées par
+aucune sorte de Bandages, et qu’ils conduisent à la guerison qu’on a
+coutume de tenter vainement par l’usage des bandages ordinaires.
+
+On trouve au même lieu un livre et des mémoires curieux sur la guerison
+des Decentes[16], et sur le prix des Bandages et des Remedes.
+
+ [16] Voici le titre du livre de Blegny, donné déjà, d’ailleurs, dans
+ l’_Introduction_, p. xlv: _l’Art de guérir les hernies de toute
+ espèce dans les deux sexes, avec le remède du Roi_, in-12. La
+ première édition parut en 1676, la seconde en 1693.
+
+Messieurs l’Abbé de la Roque qui tenoit des Conférences rue de
+Guénegaud[17], et Legier qui étoit censeur de la Faculté de Medecine,
+sont décedez[18].
+
+ [17] Il a été parlé de lui plus haut, t. I, p. 128, au chapitre
+ _Conférences_. L’époque de sa mort, qu’on ne savoit pas, peut être
+ ainsi fixée à la fin de 1691.
+
+ [18] _V._ t. I, p. 151.
+
+M. Frosne qui etoit Inspecteur des Batimens du Roy, a présentement un
+autre employ en Cour.
+
+Les Droits et Bureaux des Chevaux de renvoy ont été suprimez[19].
+
+ [19] Ils étoient, on l’a vu, t. I, p. 108, à l’hôtel de Sens.
+
+Le Sieur Marseilles Marchand rue Saint Denis qui vendoit des Cuirs dorez
+de Flandres, a manqué[20].
+
+ [20] Cette expression, pour dire faire banqueroute, commençoit à être
+ employée. Dancourt s’en est servi dans les _Agioteurs_ (acte III,
+ sc. VII), où un des personnages dit: «Son marchand est un
+ fripon, elle a raison; il est prêt à manquer. Ses affaires
+ périssent.»--D’autres reprirent le commerce mis en péril par la
+ banqueroute de Marseilles. Liger, en effet, dit en 1715, dans son
+ _Voyageur fidèle_, p. 366: «On vend des _Tapisseries de cuir doré_,
+ rue St-Antoine, proche de la Bastille: celles de _cuir doré de
+ Flandres_ se vendent dans la rue St-Denis, proche de la Sellette.»
+
+
+
+
+BATIMENS DU ROY[1].
+
+ [1] Ici encore, nous trouverons beaucoup de noms déjà rencontrés plus
+ haut, au chapitre des _Vérifications et Rapports des Jurez_ et
+ ailleurs. Nous ne nous occuperons que des noms ou des détails
+ nouveaux.
+
+
+_Sur-intendant et ordonnateur general des Batimens et Jardins du Roy, et
+des Manufactures Royales des Gobelins._
+
+Monsieur le Marquis de Villacerf ruë de l’Egout près la place Royal.
+
+
+_Inspecteur Général, premier Architecte et Intendant des Batimens et
+Jardins de Sa Majesté._
+
+Monsieur Mansard[2] rue des Tournelles[3], et encore pour Intendans Mrs
+de la Mothe, Coquart rue des Poulies, et Essein rue neuve des Petits
+Champs.
+
+ [2] Hardouin Mansard, architecte de Versailles, etc.
+
+ [3] L’hôtel, qu’il s’y étoit fait bâtir, auprès de celui de Ninon,
+ existe encore en partie.
+
+
+_Controlleurs en Charges._
+
+Messieurs le Nostre aux Tuilleries, le Febvre au vieux Louvre, et
+Gabriel rue de Cléry.
+
+
+_Intendans et Controlleurs par Commission des Batimens et Maisons
+Royales de Paris et de Versailles._
+
+Messieurs de la Chapelle, Besse ancienne cour du Palais, et Lambert rue
+neuve des Petits Champs.
+
+
+_Architectes ordinaires des Batimens de Sa Majesté._
+
+Messieurs Dorbay rue des Poulies, Buland[4] rue saint Louis du Marais,
+de Coste[5] rue des Tournelles, et Perrault l’ainé place du Chevalier du
+Guet.
+
+ [4] Seroit-ce un arrière-petit-fils de Jean Bullant, architecte des
+ Tuileries et d’Écouen? Il n’y a rien là d’impossible. Le fils de
+ Bullant, Charles, fut entrepreneur de maçonnerie, et sa descendance
+ dut rester dans le même métier.
+
+ [5] Robert de Cotte, qui succéda, en 1708, à Hardouin Mansart, son
+ maître, comme premier architecte du Roi. Il existe à la Biblioth.
+ Nat., cabinet des Estampes, un grand nombre de mémoires, devis,
+ procès-verbaux de travaux faits à Paris ou dans les environs, qui
+ viennent tous de Robert de Cotte. Ils furent acquis en 1821.
+
+
+_Inspecteurs par Commission pour les Batimens des Maisons Royales de
+Paris._
+
+Messieurs Fossier père et fils rue des Poullies, le Court aux Invalides,
+et l’Abbé au vieux Louvre.
+
+
+_Trésoriers alternatifs des Batimens de Sa Majesté._
+
+Messieurs de Mageinville rue Traversine qui est en exercice, et
+Manessier rue de Cléry.
+
+Ceux qui entreprennent d’ailleurs pour les particuliers les plus
+considérables edifices pour la Maçonnerie, sont Mrs le Maistre, Maziere,
+Gabriel et Pipault ci devant désignez, Marcoult[6] rue neuve saint
+Honoré, Bergeron le jeune[7] butte saint Roch rue Royale, etc.
+
+ [6] Le _Ms._ du commis de Mansart, G. Marinier, sur les travaux de
+ Versailles, sous Louis XIV, et les entrepreneurs qui y furent
+ occupés, le nomme Gérard Marcou.
+
+ [7] Pierre Bergeron, d’après le même _Ms._
+
+Les Entrepreneurs de Sa Majesté pour les autres parties d’Architecture,
+sont pour la Charpente Messieurs Malet[8] quartier saint Germain, la
+Porte rue de Seine près la Pitié, Aubert à saint Germain en Laye, et
+Poisson à la porte saint Antoine.
+
+ [8] G. Marinier l’appelle Jean Mallet. Il ne nomme pas les trois
+ autres qui suivent.
+
+Pour la Menuiserie Messieurs Rivet[9] rue du gros Chenet, Remy porte
+Montmartre, Verdeau cloitre saint Julien le Pauvre, Nivet quartier saint
+Germain, et la veuve Dionis porte de Richelieu[10].
+
+ [9] Antoine Rivet, selon G. Marinier. Il nomme ensuite Louis Rivet,
+ sans doute son frère, dont Blegny pourroit bien avoir altéré le nom,
+ en l’appelant deux lignes plus loin Nivet. En 1733, un Jacques Rivet
+ étoit encore «menuisier ordinaire des bâtiments du Roy». Sa nièce
+ Geneviève Papillon avoit épousé le célèbre vernisseur Robert Martin,
+ dont le petit-fils fut Martin le chanteur si connu. (Jal, _Dict.
+ crit._, p. 845 et 846.)
+
+ [10] Son mari, dont elle continuoit le métier, avoit fait bâtir un
+ certain nombre de maisons, rue de Richelieu, entre autres celle qui
+ touchoit à la maison du tailleur Bandelet, où mourut Molière. La
+ famille des Dionis ou Dyonis, à laquelle on dut plusieurs savants
+ célèbres du XVIIIe siècle, étoit ancienne à Paris. Plusieurs
+ figurent, de 1472 à 1527, dans l’Épitaphier des Saints Innocents.
+ (Le Beuf, _Hist. du diocèse de Paris_, édit. Cocheris, t. I, p.
+ 198.)
+
+Pour les Couvertures, M. Yvon, rue Montmartre[11].
+
+ [11] Dans le _Ms._ de Marinier, il est, comme ici, nommé tout seul.
+ C’est donc cet Étienne Yvon qui eut, sous Louis XIV, l’entreprise
+ générale des toitures des Palais Royaux.
+
+Pour la Serrurerie, Messieurs Roger[12] aux Invalides, Boutet rue
+Frementeau, Haté place de Cambray, Fordrain à la Monnoye, et Lucas rue
+saint Nicaise.
+
+ [12] Pierre Roger, d’après le même _Ms._
+
+Pour la Plomberie, M. Lucas[13] place du vieux Louvre.
+
+ [13] Il eut, lui aussi, tout seul, l’entreprise de la plomberie de
+ Versailles et des autres palais, suivant G. Marinier, qui l’appelle
+ Jacques Lucas.
+
+Pour la Vitrerie, Messieurs Pougeois vieille rue du Temple, Gombault rue
+saint Thomas du Louvre, et la veuve Janson rue de l’Arbre sec.
+
+Pour les Ouvrages de marbre, Messieurs Deschamps place du Carrousel,
+Baudin porte Montmartre, et Ergo porte Gaillon.
+
+Pour les Peintures d’Ornemens, Messieurs Poisson fils à saint Germain en
+Laye, et le Febvre rue de Richelieu.
+
+Pour la Doreure, M. des Oziers[14] à Versailles.
+
+ [14] Guillaume Desauziers.
+
+Pour la Sculpture, Mrs Jouvenet rue des Jeuneurs[15], Mazeline[16] à la
+Ville neuve, Dieu[17] au Palais Brion[18], Lespingola[19] rue neuve
+saint Honoré, Maziere[20] place du Carrousel[21], Bonvalet à la Ville
+neuve, et Carlier rue Montmartre,
+
+ [15] Il étoit cousin du peintre célèbre, mais n’arriva pas à
+ l’Académie. Il travailla pour le Roi, à Versailles, avec le Hongre.
+ Son prénom étoit Noël.
+
+ [16] Pierre Mazelines. G. Marinier ne l’oublie pas parmi les
+ sculpteurs employés à Versailles. Mazelines y travailla, lui aussi,
+ avec le Hongre. Il étoit de Rouen, fut reçu de l’Académie le 7
+ juillet 1668, et mourut le 7 février 1708, à soixante-quinze ans.
+
+ [17] Antoine de Dieu, né à Paris en 1653, mort en 1727. Il y avoit une
+ statue de lui à Saint-Germain-des-Prés, chapelle de saint Jérôme.
+
+ [18] Nous avons dit, t. I, p. 124, ce qu’étoit cette dépendance du
+ Palais-Royal.
+
+ [19] Il vint de Rome, où il étoit de l’Académie de Saint-Luc,
+ travailla à Versailles avec Nic. Coustou, fut reçu de l’Académie le
+ 29 février 1676, en fut exclu pour cause d’absence prolongée, en
+ 1694, et mourut le 10 juillet 1705.
+
+ [20] Il travailla aux sculptures des Tuileries.
+
+ [21] C’est rue des Orties-du-Louvre, derrière l’hôtel de Beringhen,
+ qu’il logeoit, et non sur la place même du Carrousel. (_Arch. de
+ l’Art françois_, t. III, p. 227.)
+
+Pour le Pavé Messieurs Renoult rue de Grenelle saint Germain, Aubry rue
+de Seine[22], et Colin rue des Tournelles[23].
+
+ [22] Cet Aubry, paveur des bâtiments du Roi, étoit bien probablement
+ de la famille de Léonard Aubry, qui, en 1643, avoit le même titre,
+ et joua, ainsi que plusieurs des siens, un certain rôle dans
+ l’histoire de Molière. C’est lui qui mit en état, sur les fossés de
+ Nesle, les abords du Jeu de paume, où Molière donna ses premières
+ représentations; et l’un de ses fils, Jean-Baptiste Aubry, qui
+ s’étoit fait auteur de tragédies, _Démétrius_ et autres, qui
+ existent _mss._ à la Biblioth. Nat., épousa Geneviève Béjard, sœur
+ de Madelaine, dont Molière avoit épousé la fille. Cet Aubry, auteur
+ tragique, qui se faisoit appeler sieur des Carrières, n’étoit pas
+ moins devenu, comme son père, paveur des bâtiments du Roi. Il
+ l’étoit, en 1677, lorsqu’il signa au contrat du second mariage
+ d’Armande Béjard. Peut-être est-ce lui qui figure ici?
+
+ [23] Ici devroit être nommé Villiard, qui eut pendant vingt-six ans
+ l’entreprise du pavage et des aqueducs à Versailles. Ses comptes
+ existent à la Bibliothèque du Ministère de l’Intérieur en 3 vol.
+ in-fol. sous ce titre: _Registre des Ouvriers qui ont travaillé pour
+ le Roy suivant les ordres du seigneur surintendant des bastiments de
+ Sa Majesté, sous la conduite du SIEUR VILLIARD_. Le Ier va de 1679 à
+ 1696; le IIe, de 1697 à 1701; et le IIIe, de 1702 à 1705.
+
+Les Juges établis pour connoître des matières concernant les Batimens du
+Roy et les edifices publics, sont Messieurs de l’Epine rue neuve des
+Petits Champs[24], et Villedo[25] rue saint Louis au Marais, qui sera en
+exercice pendant les années 1692 et 1693.
+
+ [24] De la même famille que ceux que nous avons vus plus haut parmi
+ les experts jurés.
+
+ [25] Un des fils de Michel Villedot, qui fut un des entrepreneurs de
+ l’aplanissement de la Butte des Moulins, dont une rue a gardé son
+ nom. _V._ notre _Histoire_ de cette butte.
+
+
+
+
+OUVRAGES EXQUIS
+
+_De Peinture et de Sculpture._
+
+
+Cet article a dû suivre celuy des Batimens du Roy, parce que presque
+tous les Peintres et Sculpteurs dont on va voir les noms et les adresses
+sont employez aux ouvrages de Sa Majesté, et sont membres de l’Academie
+Royale de Peinture et de Sculpture, dont il a été parlé dans l’article
+général des Academies.
+
+C’est au Palais Brion où elle se tient qu’on peut recouvrer la liste de
+ceux qui la composent. Le degré de distinction dans lequel il faut
+nécessairement parvenir pour y être admis, est une preuve certaine de
+leur habileté; c’est pourquoy en quelque occasion que ce fût, il n’y
+auroit point à balancer sur le choix, si ce n’étoit que plusieurs
+d’entre eux ont des singuliers dans lesquels ils excellent
+principalement, par exemple entre les Peintres.
+
+Pour l’Histoire Mrs Mignard[1] premier Peintre du Roy, Chancelier de
+l’Academie, et Directeur des Atteliers des Gobelins[2] rue de
+Richelieu[3]; Jouvenet[4] à l’un des Pavillons du Collége Mazarini[5],
+Hoüasse[6] au Cabinet du Roy[7]; Coüapel père et fils[8] aux Galeries du
+Louvre, Corneille l’aîné[9] rue des Petits Champs, Verdier aux
+Gobelins[10], Paillet rue neuve saint Eustache[11], Blanchard cul de sac
+saint Sauveur[12], Montagne rue du Vieux Colombier[13], Vernensal[14]
+rue saint Honoré, Hallé[15] rue sainte Marguerite, Boulogne l’aîné[16]
+rue sainte Anne, Boulogne le jeune rue des fossez Montmartre[17], Person
+place du Palais Royal[18], Vignon[19], rue du Petit Lion, etc.
+
+ [1] Pierre Mignard, trop célèbre, pour que nous ayons à dire ici autre
+ chose de lui, que ses noms.
+
+ [2] Il avoit eu toutes ces charges, à quatre-vingts ans, en mars 1690,
+ après la mort de Le Brun.
+
+ [3] _V._ sur cette maison, qu’il occupoit depuis longtemps, et où il
+ mourut le 15 mai 1695, notre _Histoire de la Butte des Moulins_, p.
+ 114-115.
+
+ [4] Jean Jouvenet, dont la célébrité nous dispensera aussi de longs
+ détails. Né à Rouen, en 1644, il fut reçu de l’Académie le 27 mars
+ 1675, et mourut le 5 avril 1717. Les douze apôtres de la coupole des
+ Invalides sont de lui.
+
+ [5] Il y mourut. Ce pavillon étoit celui qui touche au quai Malaquais.
+ L’adresse de Jouvenet est donnée ainsi sur l’acte de mort de l’une
+ de ses filles, le 5 juin 1680: «Sur le quai Malaquais, dans le grand
+ pavillon sur l’eau, au collége des Quatre-Nations.»
+
+ [6] René-Antoine Houasse, né à Paris en 1644, reçu de l’Académie le 15
+ avril 1713, mort le 27 mai 1710. Le Brun, dont il fut un des bons
+ élèves, l’avoit marié à une de ses parentes. Il y avoit des tableaux
+ de lui à Notre-Dame, Saint-Eustache, Saint-Côme, etc.
+
+ [7] Sa véritable adresse étoit celle-ci: «rue du Coq, au cabinet des
+ tableaux du Roi». Il étoit garde de cette collection, première idée,
+ au Louvre même, du musée du Louvre.
+
+ [8] Noël et Antoine Coypel: Noël, le père, né en 1628, reçu de
+ l’Académie en 1663, et mort en 1707; et Antoine le fils, né en 1661,
+ académicien en 1681, mort en 1722. Noël fut directeur de notre école
+ de Rome, en 1692; et, à la mort de Mignard, premier peintre du Roi.
+ Il y avoit de ses œuvres aux Invalides, au palais-Royal, à
+ l’Assomption, aux Tuileries, au Louvre, à Versailles, etc. Antoine,
+ qui avoit suivi son père à Rome, s’y perfectionna. Il devint aussi
+ premier peintre du Roi, et directeur de l’Académie. Un de ses
+ travaux les plus considérables à Paris fut la galerie d’Énée au
+ Palais-Royal. On a de lui vingt discours sur la peinture.
+
+ [9] Michel Corneille, dont le père, peintre aussi, avoit eu le même
+ prénom. Il fut de l’Académie en 1663, et mourut le 16 août 1708, à
+ soixante-six ans. Il travailla aux Invalides, à Versailles, à
+ Meudon, à Trianon, etc.
+
+ [10] François Verdier, qui fut de l’Académie en 1678, et mourut en
+ 1730, à soixante-dix-neuf ans. Le Brun qui se l’étoit attaché en lui
+ faisant épouser une de ses nièces, et le logeant aux Gobelins, le
+ fit beaucoup travailler pour lui.
+
+ [11] Il fut de l’Académie, qu’il n’illustra guère, dès 1659, et mourut
+ le 30 juin 1701, à soixante-quinze ans. Séb. Boudon avoit été son
+ maître. On ne connoît guère de lui qu’un tableau, à Notre-Dame.
+
+ [12] Gabriel Blanchard, reçu de l’Académie en 1663, mort en 1704, à
+ soixante-quinze ans. Il travailla pour Trianon, et, avec Lafosse et
+ Vignon, au plafond des Tuileries. Il habitoit le cul-de-sac
+ Saint-Sauveur depuis vingt ans. Il le quitta pour le Louvre, où il
+ mourut garde du cabinet des tableaux.
+
+ [13] Nicolas de Plate-Montagne, que, par abréviation, l’on appeloit
+ Montagne, fut de l’Académie en 1663, et mourut en 1706, à
+ soixante-quinze ans. Il fit des tableaux pour les Gobelins, d’après
+ des dessins de Jules Romain, travailla aux peintures de la galerie
+ voûtée des Tuileries, et fit surtout beaucoup de portraits. Il
+ habitoit la rue du Vieux-Colombier depuis 1660, et il y mourut.
+
+ [14] Guy-Louis Vernansal, qui fut reçu de l’Académie en 1688, et
+ mourut le 9 avril 1729, à quatre-vingt-trois ans. Il y avoit un
+ tableau de lui à Notre-Dame.
+
+ [15] Claude-Guy Hallé, élève de son père Daniel Hallé, mort en 1674.
+ Il fut directeur de l’Académie, et mourut en 1736, à
+ quatre-vingt-cinq ans. Ses tableaux étoient nombreux dans
+ les églises de Paris. Il y en avoit à Notre-Dame, à
+ Saint-Jacques-de-la-Boucherie, aux Filles du Saint-Sacrement, à
+ Saint-Paul, à Saint-Sulpice, à Saint-André-des-Arts, etc.
+
+ [16] Bon Boulogne, reçu à l’Académie le 27 nov. 1677, mort le 16 mai
+ 1717, à soixante-huit ans. Plusieurs de ses tableaux se trouvoient à
+ Notre-Dame, aux Invalides, aux Chartreux, à l’Assomption, aux
+ Petits-Pères. Le plafond de la Comédie françoise, rue des
+ Fossés-Saint-Germain, étoit aussi de lui.
+
+ [17] Louis de Boulogne, frère cadet du précédent, et moins connu. Il
+ fut toutefois de l’Académie, et même directeur. On travailla aux
+ Gobelins sur des copies de Raphaël, qu’il avoit rapportées d’Italie.
+ Il y avoit de ses ouvrages à la chapelle de Versailles, à
+ Notre-Dame, aux Invalides, aux Chartreux, aux Petits-Pères. Les
+ Boulogne, financiers du dernier siècle, descendoient de lui.
+
+ [18] Poerson. Nous avons parlé de lui, au chapitre des _Experts
+ jurés_.
+
+ [19] Claude-François Vignon, reçu de l’Académie, le 6 décembre 1664,
+ mort le 17 février 1703, à soixante-neuf ans. Il marqua moins que
+ son père, Claude, dont il étoit l’élève, et que son frère Philippe,
+ dont nous parlerons tout-à-l’heure.
+
+Pour les Portraits Messieurs de Troyes[20], Rigault[21] et Fouché rue
+neuve des Petits Champs[22], l’Argilliere rue sainte Avoye[23], le
+Febvre Isle Notre Dame, le Febvre le jeune[24] rue de Richelieu, Vignon,
+rue saint André des Arcs[25], etc.
+
+ [20] François de Troy, né à Toulouse, en 1645, reçu de l’Académie le 6
+ octobre 1674, mort le 1er mai 1730. Il fit de beaux portraits,
+ surtout de femmes, mais trop flattées, dit-on. Il n’en fut que mieux
+ en cour.
+
+ [21] Hiacynthe Rigaud, le grand portraitiste du grand siècle, et du
+ siècle suivant, car il peignit jusqu’à son dernier jour, et ne
+ mourut qu’en 1743, à quatre-vingt-deux ans.
+
+ [22] L’appartement de Rigaud se trouvoit au coin de la rue des
+ Petits-Champs et de la rue Louis-le-Grand. On y pouvoit voir une
+ belle galerie de tableaux, principalement des siens. Il y mourut,
+ ainsi que sa femme un an après lui.
+
+ [23] Il a été parlé de lui plus haut, t. I, p. 239, au chapitre
+ _Commerce de Curiositez_.
+
+ [24] Ces deux Lefebvre sont sans doute les fils de Claude Lefebvre,
+ portraitiste distingué, mort en 1675, et qui, l’un et l’autre,
+ quoique ses élèves, furent des peintres médiocres, sur lesquels on
+ ne sait rien. (Jal, _Dict. crit._, p. 758.)
+
+ [25] Philippe Vignon, frère de Claude-François nommé plus haut, et son
+ aîné. Il fut reçu de l’Académie le 30 août 1686, et mourut le 7
+ sept. 1701, à soixante-sept ans. Il rivalisa presque, en son temps,
+ de réputation avec Rigaud: «Quoique Rigaud, lisons-nous dans les
+ _Portraits sérieux, galants et critiques_, 1696, in-18,
+ _Avertissement_, soit reconnu très-habile pour le portrait, on ne
+ méprise pas les peintures qui sortent du cabinet de Vignon.»
+
+Pour les Batailles Messieurs Parrosel[26] rue du Coq, Martin[27] et le
+Comte aux Gobelins[28], etc.
+
+ [26] Joseph Parrocel, de Brignoles en Provence, reçu de l’Académie le
+ 16 nov. 1676, mort à cinquante-six ans, le 1er mars 1704. Il peignit
+ beaucoup de batailles, à grands fracas, et se vantoit d’être le
+ peintre qui savoit le mieux tuer son homme. On voyoit des tableaux
+ de lui aux Invalides, à l’hôtel de Toulouse, à Versailles.
+
+ [27] Jean-Baptiste Martin. Élève de La Hire, il dessina pour Vauban,
+ travailla avec Van-Der-Meulen, et lui succéda comme «peintre des
+ conquêtes». Il mourut aux Gobelins, le 8 oct. 1735, à
+ soixante-dix-sept ans.
+
+ [28] Sauveur Le Conte, peintre provençal, qui travailla, comme Martin,
+ avec Van-Der-Meulen. Le Brun l’avoit logé aux Gobelins, où il mourut
+ n’ayant que trente-cinq ans, le 31 décembre 1694. Son acte de mort
+ portoit: «peintre ordinaire des conquestes du Roy, dans l’hôtel des
+ manufactures roy. des Gobelins.»
+
+Pour les Païsages Messieurs Forest[29] et Hérault[30] place
+Dauphine[31], Allegrain rue Montmartre[32], Beville rue de la
+Tixeranderie[33], Armand rue Montorgueil[34].
+
+ [29] Jean Forest, reçu comme peintre paysagiste, le 26 mai 1674, à
+ l’Académie, et mort le 17 mars 1712, à soixante-seize ans. Il étoit
+ beau-frère de Lafosse, dont il avoit un peu la couleur aux tons
+ roux. Sa fille aînée épousa Largillière.
+
+ [30] Nicolas-Antoine Hérault. Il avoit étudié à Rome, dans la manière
+ de Guaspre et de Salvator. Il fut de l’Académie en 1670, et mourut
+ en 1718, à soixante-quatorze ans passés.
+
+ [31] Hérault y logea jusqu’à sa mort, à l’enseigne «du Buis», faisant
+ face au cheval de bronze.
+
+ [32] Étienne Allegrain, né à Paris, en 1645, reçu académicien le 4
+ décembre 1677, et mort le 2 avril 1736, à quatre-vingt-douze ans. Il
+ peignit pour le roi, en 1688, «des vues et perspectives des bosquets
+ et parterres du jardin de Versailles».
+
+ [33] Charles Béville, reçu comme paysagiste à l’Académie, le 5 juillet
+ 1681, mourut à soixante-cinq ans, le 2 février 1716.
+
+ [34] Charles Armand. Il étoit de Bar-le-Duc. Il fut reçu de
+ l’Académie, comme paysagiste, le 13 mai 1672, et mourut à
+ quatre-vingt-cinq ans, le 18 février 1720.
+
+Pour les Fleurs et les Animaux, Messieurs de Fontenay[35] près le Palais
+Royal, Huliot[36] rue Bourlabé, etc.
+
+ [35] Jean-Baptiste Belin de Fontenay, de Caen: «Il avoit, dit
+ d’Argenville, un vrai talent pour peindre les fleurs.» Aussi est-ce
+ comme peintre-fleuriste qu’il fut reçu à l’Académie, le 30 août
+ 1687. Il mourut le 12 février 1715, à soixante-un ans.
+
+ [36] Claude Huilliot, de Reims, fut reçu à l’Académie, comme
+ peintre-fleuriste, le 7 nov. 1664, et mourut le 6 août 1702, à
+ soixante-dix-sept ans.
+
+Pour les ordres d’Architecture, Messieurs Anguerre[37] et Francart[38]
+aux Gobelins, Simon rue des Petits Champs.
+
+ [37] Guillaume Anguier, frère des deux célèbres sculpteurs normands,
+ François et Michel Anguier. Dans l’_Éloge_ qu’il a fait de celui-ci,
+ Guillet de Saint-Georges, d’accord avec Blegny, nous donne Guillaume
+ Anguier, comme étant «fort recherché pour les tableaux
+ d’architecture et les ornements». Il mourut aux Gobelins, où nous le
+ voyons déjà logé, le 18 juin 1708, à quatre-vingts ans.
+
+ [38] Frère cadet de François Francart, qui avoit été le peintre des
+ décorations de Molière au Petit-Bourbon et au théâtre du
+ Palais-Royal. On le trouve lui-même qualifié «peintre des bâtiments
+ du Roy», en 1672. Suivant Jal, dans un de ses _Errata_, il mourut en
+ 1692, l’année même où Blegny le nommoit ici.
+
+Pour la Mignature M. Deflan[39] rue de Guénegaud, Penel rue neuve des
+Petits Champs, Compardel[40] quay de la Mégisserie, Bonnet quay des
+Morfondus[41], Lucet rue du Four fauxbourg S. Germain.
+
+ [39] Abraham De Lan, et non Deflan, beau-frère du sculpteur Van-Clève,
+ qu’on trouvera plus bas, p. 101. Jal fait naître De Lan en 1659, et
+ mourir en 1722.
+
+ [40] On le connoît par des plans d’une admirable enluminure. De Bure
+ en possédoit un, qu’il avoit fait du bois de Boulogne (_V._ son
+ _Catalogue_, p. 11). M. le marquis de Maleyssie en exposa toute une
+ collection: _Plans des forêts, bois et buissons du département de la
+ grande Maîtrise des Eaux et Forêts de l’Ile-de-France, Brie, Perche,
+ Picardie et pays reconquis_, 1688, à l’exposition archéologique et
+ artistique de Chartres, en 1858. (_Rev. des Soc. sav._, 1859, t. I,
+ p. 737.) Compardel fit aussi des miniatures de livres. Il passa à la
+ célèbre vente de M. le baron Pichon un petit volume in-16, aux armes
+ de la grande Mademoiselle: _Occupations de l’Ame pendant le saint
+ sacrifice de la Messe_, avec neuf miniatures, dont cinq étoient
+ signées de lui. Ce _Ms._ venoit aussi de la vente De Bure, où il
+ avoit été payé 1,530 francs.
+
+ [41] Sylvain Bonnet, de Romorantin, suivant l’inscription de son
+ portrait gravé, ou de Blois, suivant le _Ms._ de la Bibliothèque
+ Nat.: _Extrait des noms des plus célèbres peintres_, 1679. Le
+ frontispice des _Hommes illustres_ de Perrault est de lui. En 1672,
+ il se qualifioit «peintre de feue Madame, duchesse d’Orléans». Alors
+ déjà, il logeoit quai de l’Horloge ou des Morfondus. C’est lui qui,
+ appelé par erreur Monet dans le _Carpentariana_, p. 79, y est
+ qualifié «le premier homme que nous ayons pour exceller dans les
+ portraits en miniature». Suivant le même livre, il avoit étudié le
+ dessin chez Chauveau.
+
+Mesdemoiselles Bonnard rue saint Jacques, et le Febvre rue de Richelieu
+peignent aussi en mignature.
+
+Pour la Mignature en Email, Messieurs Petitot[42] rue de
+l’Université[43], Perrault rue du Chantre, le Brun rue neuve des Petits
+Champs[44], etc.
+
+ [42] Jean Petitot, dont le nom nous dispense de tout détail. Au moment
+ même où Blegny le faisait figurer ici, il mouroit à Genève, sa ville
+ natale. La Révocation de l’Edit de Nantes, qui n’avoit pu le décider
+ à se convertir, l’avoit enfin forcé d’y retourner après quelques
+ années de résistance, où toutes les obsessions, même celles de
+ Bossuet, avoient été inutiles.
+
+ [43] Il y logeoit en face de l’hôtel Tambonneau, que remplace
+ aujourd’hui, nous l’avons dit plus haut, la rue du Pré-aux-Clercs.
+ G. Brice, après nous avoir donné son adresse dans sa première
+ édition (1684, in-12, t. II, p. 202), ajoute: «C’est lui qui fait
+ ces beaux portraits en émail, que l’on enchasse dans des bordures de
+ diamants, dont on fait des présents aux ambassadeurs, ou des
+ bracelets qui ne sont pas ordinairement plus grands qu’une pièce de
+ quinze sous, et qui, souvent, sont beaucoup plus petits.» Richelet,
+ dans les _Remarques_ mises en tête de la 1re édition de son
+ _Dictionn._, parle ainsi, p. 46, de Petitot et de son émule,
+ Bordier, que Blegny n’auroit pas dû oublier ici: «Monsieur Bordier
+ et monsieur Petitot sont les plus fameux peintres en émail de Paris,
+ et les premiers qui ont fait des portraits en émail. On ne faisoit
+ avant eux que des fleurs et autres petites gentillesses.» Il ajoute
+ ensuite ces détails curieux: «Un portrait en émail, grand comme la
+ paume de la main, vaut quarante ou cinquante pistoles, quand il est
+ fait par un habile peintre, et les plus petits quinze et vingt
+ pistoles.»
+
+ [44] Son art. dans l’édit. de 1691 est au chap. XI, p. 24. Il y figure
+ seul pour son genre de peinture: «Le sieur Lebrun, qui fait de beaux
+ portraits en émail, demeure rue Neuve-des-Petits-Champs.»
+
+Pour le Pastel, Messieurs Vencelin rue saint Martin[45], Viviers[46]
+quay de l’Ecole, Desgranges rue Tictonne, etc.
+
+ [45] C’est au chap. XI: _du Commerce de Curiositez_, qu’il figure, et
+ là, sous son vrai nom et avec son père, dans l’édit. de 1691, p. 24:
+ «M. Vercelin, rue Saint-Martin, _au Porcelet d’or_, a de très-beaux
+ tableaux, et M. son fils peint très-bien en pastel et en
+ mignature.»--Jacques Versellin fut reçu, comme peintre miniaturiste,
+ le 7 juin 1687, à l’Académie. Il mourut le 18 juin 1718, à
+ soixante-treize ans.
+
+ [46] Joseph Vivien, et non Vivier, né à Lyon en 1657. Il fut reçu de
+ l’Académie, comme peintre au pastel, le 30 juillet 1701, et mourut à
+ Bonn, le 5 décembre 1735. Le meilleur portrait que l’on possède de
+ Fénelon est de lui. L’original se trouve à Munich. V. _Catal. de la
+ Pinacothèque_, p. 76, nº 398.
+
+Il en est de même des Sculpteurs qui pour être généralement habiles, ne
+laissent pas d’avoir de particuliers talens, par exemple.
+
+Pour les Statües, Messieurs Girardon aux Galeries du Louvre[47], des
+Jardins fauxbourg Montmartre, Coisseveaux et Baptiste aux Gobelins[48],
+le Comte rue sainte Apoline[49], Renaudin aux Galeries du Louvre[50],
+Vancleve à la Ville neuve[51], Lespingola[52] à la Butte saint Roch, le
+Gros[53] porte de Richelieu, Tuby aux Gobelins[54], Flamand au Cabinet
+du Roy[55], Mazeline à la Ville neuve, Jouvenet rue des Jeusneurs[56],
+le Grand rue Montmartre, etc.
+
+ [47] «M. Girardon, qui demeure aux Galleries du Louvre, où il a un
+ très-curieux cabinet de bronzes et de médailles antiques, est estimé
+ un des plus excellents sculpteurs de l’Europe.» Édit. 1691, p.
+ 113.--François Girardon, de Troyes, «Troyen», comme lui-même se
+ qualifioit souvent en signant ses statues. Nous nous contenterons de
+ dire ici qu’il fut de l’Académie, dès 1657, et qu’il mourut le 1er
+ septembre 1715, à quatre-vingt-huit ans. Ce que Blegny écrit sur son
+ cabinet des galeries du Louvre se trouve confirmé avec détails par
+ Brice, 3e édit., t. I, p. 73-74.
+
+ [48] «Messieurs Coisevaux, aux Gobelins, et Des Jardins, faubourg
+ Montmartre, sont encore de très-habiles sculpteurs.» Édit. 1691, p.
+ 113.--Antoine Coysevox, né à Lyon, en 1640, reçu de l’Académie en
+ 1676, mort en 1720. Ce fut un des grands artistes du siècle. Les
+ Victoires sur des chevaux ailés qui se trouvent aux deux côtés de
+ l’entrée des Tuileries, sont de lui.--Martin Desjardins, né à Bréda,
+ dont le vrai nom, avant qu’on l’eût francisé, étoit Van den Bogaert.
+ Il fut de l’Académie, en 1671, et mourut n’ayant que
+ cinquante-quatre ans, le 2 mai 1694. Le groupe de Louis XIV et de la
+ Victoire du monument de la place des Victoires, et le bas-relief le
+ plus en vue de la porte Saint-Martin furent ses principaux ouvrages
+ à Paris.
+
+ [49] Louis Le Conte, de Boulogne, près Paris, reçu de l’Académie, le 4
+ janvier 1676, et mort, encore jeune, le 24 décembre 1694. Il avoit
+ sculpté, d’après les dessins de Le Brun, et sur l’ordre de Colbert,
+ nommé marguillier d’honneur, la chaire à prêcher de Saint-Eustache.
+
+ [50] Thomas Regnaudin, de Moulins, fut reçu de l’Académie, le 7
+ juillet 1657, et mourut à soixante-dix-neuf ans, le 3 juillet 1706.
+ Il travailla pour Versailles, où le groupe, fondu par les Keller,
+ _la Loire et le Loiret_, est de sa main. On lui doit aussi celui de
+ _Saturne enlevant Cybèle_, qui se voit, depuis le grand siècle, dans
+ le jardin des Tuileries, et se trouve à présent dans une des salles
+ du Louvre.
+
+ [51] Corneille Van-Clève, né à Paris, en 1644, reçu de l’Académie, le
+ 26 avril 1681, mort à quatre-vingt-sept ans, le 31 décembre 1732. Il
+ y avoit beaucoup de ses ouvrages dans les différentes églises de
+ Paris.
+
+ [52] «Et Cotton», édit. de 1691, p. 63. L’Espingola, dont nous avons
+ parlé plus haut, p. 90, s’y trouve nommé «Spingola». Quant à Cotton,
+ il est des moins connus. Nous savons seulement qu’il avoit eu le
+ second prix de sculpture en 1675, qu’il étoit élève d’Anguier, et
+ qu’on lui devoit, sauf le buste, qui étoit de Coysevox, les
+ sculptures du tombeau de Le Nôtre à Saint-Roch. Celles des tombeaux
+ de Lulli et de Lambert aux Petits-Pères étaient aussi de sa main.
+
+ [53] Pierre Le Gros, de Chartres, reçu de l’Académie le 15 septembre
+ 1663, mort le 17 mai 1714, à quatre-vingt-six ans. Il étoit élève de
+ Sarrazin. Il travailla au pavillon central des Tuileries, et fit à
+ la porte Saint-Martin un des bas-reliefs qui regardent le faubourg.
+
+ [54] Jean-Baptiste Tuby, né à Rome, en 1630, et pour cela surnommé _le
+ Romain_. Il fut reçu de l’Académie le 7 août 1663, et mourut à
+ soixante-dix ans, le 9 août 1700. Il avoit travaillé à l’arc de
+ triomphe de la porte Saint-Bernard, deux des figures du tombeau de
+ Colbert à St-Eustache étoient de sa main, et on lui devoit le
+ tombeau de Turenne, qui, de Saint-Denis, fut transféré aux
+ Invalides. Il l’avoit exécuté d’après des dessins de Le Brun.
+
+ [55] Anselme Flamen, de Saint-Omer, reçu de l’Académie en 1681, mort
+ le 15 mai 1717, à soixante-dix ans. Le groupe de Borée et d’Orythie,
+ du jardin des Tuileries, est de lui en grande partie. Marsy ne
+ l’avoit qu’ébauché.
+
+ [56] Pour Mazeline et Jouvenet, _voy._ plus haut, p. 90.
+
+Pour les Figures et Ornemens, Mrs le Febvre dans l’anclos saint Martin,
+et Maniere père et fils[57] rue des Gravilliers[58].
+
+ [57] Laurent Magnier--dont le nom se prononçoit Manière--et son fils
+ Philippe. Tous deux furent de l’Académie: le père, en 1664, le fils,
+ en 1680. Laurent mourut à quatre-vingt-deux ans, en 1700, le fils, à
+ soixante-huit ans, en 1715. Laurent travailla aux sculptures des
+ boiseries du Louvre, de Fontainebleau et de Chambord; et il y a
+ quelques bons ouvrages de Philippe à Versailles.
+
+ [58] Dans l’édit. précédente, p. 63, cet article est plus détaillé:
+ «Entre les sculpteurs qui ont une particulière réputation pour les
+ ornements, sont Messieurs Deville et Le Grand, rue Montmartre;
+ Briquet, près les Minimes; Charmeton, rue Saint-André; Cottin, rue
+ Saint-Martin; La Lande, à la Villeneuve; Ouats, au Pont-aux-Biches;
+ François, près le Temple; et Vilaine, rue Neuve-Saint-Médéric.»--De
+ tous ces inconnus, dont pas un ne fut de l’Académie, nous ne
+ relèverons que le nom de Christophe Charmeton, cousin du peintre
+ Georges Charmeton, qui eut quelque réputation; et celui de François,
+ dont il y avoit aux Invalides une assez bonne statue de sainte
+ Monique.
+
+Messieurs le Comte et Lespingola, sont d’ailleurs distinguez, le premier
+pour les Modèles, et le second pour le dessein.
+
+
+
+
+ARCHITECTURE ET MAÇONNERIE.
+
+
+On a compris l’Architecture et la Maçonnerie en un même article, par
+cette raison, que la plupart des Maitres Maçons qui sont au rang de
+distinction sçavent et pratiquent l’Architecture.
+
+Pour les Architectes des Bâtimens du Roy, voyez l’article des Batimens
+de Sa Majesté.
+
+Entre les Architectes de Paris dont l’habileté est généralement
+reconnue, sont Messieurs le Maistre rue neuve saint Honoré[1],
+Mazière[2] rue Neuve des Petits Champs, Gabriel rue saint Antoine,
+Pipault à l’Arsenal[3], Thevenot rue saint Claude du Marais, de
+Bourges[4] rue Montmartre, Beausire derriere saint Jean, Lambert quay de
+Nesle[5], Bornac à la Pierre au Lait, Tarrade rue des Orties[6], le
+Pautre[7] rue du Foin, Boffran[8] rue Beautreillis, etc.
+
+ [1] Il fut de l’Académie d’architecture, en 1698, et son fils, l’année
+ suivante. La rue Neuve-Saint-Honoré, où il logeoit, étoit la partie
+ de la rue Saint-Honoré qui alloit du Palais-Royal à la place
+ Vendôme.
+
+ [2] Il a été parlé de lui plus haut, p. 91.
+
+ [3] Nous l’avons vu figurer plus haut, ainsi que Gabriel, parmi les
+ _experts-entrepreneurs_.
+
+ [4] Boullier de Bourges. _V._ plus haut les _experts-bourgeois_.
+
+ [5] C’est le nom que l’on donnoit encore souvent au quai Guénégaud,
+ qui devoit bientôt devenir le quai Conti.
+
+ [6] Il possédoit dans cette rue de la Butte-Saint-Roch et dans les
+ rues environnantes un certain nombre de maisons qu’il avoit
+ construites lui-même après l’aplanissement.
+
+ [7] Antoine Le Pautre, qui mourut l’année même où Blegny lui donnoit
+ place dans son _Livre commode_. Il avoit soixante-dix ans. C’est lui
+ qui avoit bâti pour la Beauvais-la-borgnesse l’hôtel qui existe
+ encore au nº 64 de la rue Saint-Antoine.
+
+ [8] Germain Boffrand, de Nantes, né en 1667, du sculpteur Boffrand et
+ d’une nièce du poëte Quinault. Il eut pour maître et ami Hardouin
+ Mansart. Quand il mourut en 1755, il étoit doyen de l’Académie
+ d’architecture. Il construisit à Paris la porte du cloître
+ Notre-Dame, l’hôpital des Enfants-Trouvés, qui vient de disparoître;
+ l’hôtel de Duras, rue du Faubourg-Saint-Honoré; l’hôtel d’Argenson,
+ rue des Bons-Enfants; la maison de Le Brun, rue Saint-Victor, etc.
+
+M. Maübois[9] qui demeure à la place du Carrousel au magasin des
+Marbres[10], est un homme incomparable pour les ouvrages du Tour sur
+lequel il travaille les plus dures matières dont il fait des ornemens
+d’Architecture, qui par leurs formes carrées, octogones, ovalles, etc.,
+sembleroient ne pouvoir estre produites par la pratique du Tour.
+
+ [9] Jean Maubois, qui, d’après une lettre qu’il a écrite sur lui-même,
+ en 1699, et qui a été publiée par _la Revue des Sociétés savantes_
+ (août 1868, p. 176), vint du Dauphiné à Paris, sur un ordre de
+ Colbert, en 1680, «pour tourner tous les ouvrages d’or et d’argent
+ pour S. M.»
+
+ [10] Il y étoit installé depuis 1685. «Il tenoit du Roi, dit-il en
+ effet, dans sa lettre de 1699, un logement proche son palais des
+ Tuileries, il y a quatorze ans.»
+
+Son industrie a semblé si admirable à plusieurs personnes de
+considération, qu’elles ont pris à tache de l’acquérir seulement pour
+s’en faire un plaisir[11]; par exemple, M. le Prevôt de l’Eglise saint
+Nicolas du Louvre, et Mrs de la Guyche qui demeurent rue et près la
+place Royale[12].
+
+ [11] «Je vous diray, écrit encore Maubois, que tous les princes me
+ font l’honneur de me venir veoir travailler.»
+
+ [12] Maubois eut une fille, d’autres--tels que Hulot dans son livre,
+ _l’Art du Tourneur_--disent une sœur, qui fut presque aussi habile
+ que lui. Elle apprit à tourner au comte de Clermont, à Louis XV,
+ encore enfant, et même, s’il faut en croire _le Mercure_
+ (juin-juillet 1721, p. 121), au fils de l’ambassadeur turc.
+
+Les Maçons Entrepreneurs denommez dans l’article des Batimens du Roy,
+entreprennent aussi pour le public.
+
+Entre ceux des autres Maitres Maçons qui entreprennent aussi dans le
+public les plus considérables edifices, sont Messieurs Tarrade rue des
+Orties, Bertier[13] rue Neuve saint Roch, Guezard rue Royalle, Macon rue
+du Roy de Sicile, Tricot rue Jean Robert, Thevenot rue saint Claude du
+Marais, Perdeau place des Victoires, Convers Isle Notre Dame, Rohais
+quartier S. Germain, Bergeron le jeune rue Royale, butte S. Roch[14],
+etc.
+
+ [13] Nicolas Bertier. L’_Almanach royal_ de 1702 le loge près de la
+ porte Gaillon, c’est-à-dire à l’endroit environ où se trouve
+ aujourd’hui la fontaine.
+
+ [14] Ce fut jusqu’à la Révolution le nom de la rue des Moulins, depuis
+ la rue des Petits-Champs jusqu’à la rue Thérèse.
+
+Pour les compagnons Maçons, Manœuvres, Limosins, etc., voyez l’article
+des Domestiques et Ouvriers.
+
+A l’égard des Matéreaux[15] servans à la construction des ouvrages de
+Maçonnerie, on les peut trouver aux prix et aux endroits ci-après
+designez; par exemple, le muid de Chaux de Melun qui arrive au Port
+saint Paul[16], coute rendu à l’attelier 48 livres.
+
+ [15] C’est encore ainsi que prononcent beaucoup d’artisans, surtout en
+ province. A l’époque même de Blegny, cette prononciation passoit
+ pour vicieuse: «Il n’y a que ceux qui ne savent pas parler qui
+ disent _matéreaux_», écrit Richelet dans son _Dictionnaire_, 1688,
+ in-4º.
+
+ [16] «Le pavé et la chaux se vendent au port Saint-Paul, près les
+ Celestins.» Édit. 1691, p. 38.
+
+Le muid de Ciment qui se fait sur les fossez de l’Estrapade et au
+fauxbourg saint Antoine, chez le Sieur Petit à l’entrée de la rue de
+Nappe[17], coûte rendu à l’atelier 20 livres.
+
+ [17] Lisez rue de Lappe, nom qui lui venoit du maraîcher Girard Lappe,
+ qui avoit, par là, de grands terrains sous Louis XIII. Dans l’édit.
+ de 1691, p. 39, il est dit: «à l’entrée de la rue de la Roquette.»
+
+Le muid de Plâtre de Montmartre, de Montfaucon, de Norillon sous
+Belleville, de Charonne[18], etc., coute rendu 6 livres et au plus 6
+liv. 10 sols à la mesure et choisi[19].
+
+ [18] «Les carrières et fours à plâtre sont, pour la plupart, au bas de
+ Montmartre, au bas de Belleville, à Montfaucon. On tire de ces
+ carrières une sorte de moellons qui est bonne pour les fondations.»
+ Édit. 1691, p. 38. Le plâtre de Montmartre étoit «le plus estimé»,
+ selon Félibien, _Des principes de l’architecture_, 1676, in-4º, p.
+ 698. Les carrières de plâtre au bas de Belleville existent encore.
+ On les appelle aujourd’hui _Carrières d’Amérique_, à cause de
+ l’exportation d’une partie de leurs produits aux États-Unis, où le
+ plâtre manque.
+
+ [19] Soixante ans après, ce prix étoit augmenté d’un tiers. Le muid de
+ plâtre se payoit 9 livres. (_Journal du Citoyen_, 1755, in-8, p.
+ 381.)
+
+Le tonneau de Pierre de Saint Leu contenant 14 pieds cubes coute rendu
+depuis 5 jusqu’à 5 livres 10 sols à proportion de l’eloignement, et sur
+le Port 4 livres 10 sols, avec cette différence que quand les morceaux
+ont plus de 28 pieds cubes, le prix est augmenté selon le plus ou le
+moins; c’est ce qu’on appelle Pierre d’échantillon.
+
+Le bel appareil de Pierre de Liais[20] coute le pied en superficie rendu
+depuis 20 jusqu’à 25 sols, et celuy de la même Pierre de 13 à 14 pouces
+de haut 40 à 50 sols.
+
+ [20] «Pierre très-dure, dit Félibien, p. 66, blanche et approchant du
+ marbre, c’est pour cela qu’elle reçoit une espèce de poly avec le
+ grès et l’émeril, particulièrement celui de Senlis, qui ne se gaste
+ ny à la gelée ny aux autres injures du temps.» C’est avec ce liais
+ de Senlis, tiré d’une carrière tout près de la ville, que se firent
+ en grande partie, sous Louis XIV, les constructions du Louvre. Nous
+ reparlerons plus loin des pierres de liais.
+
+Le pied cube de Pierre d’Arcueil[21] d’échantillon 10 sols.
+
+ [21] Il sera parlé, avec plus de détail, au chap. suivant, p. 111, de
+ la pierre d’Arcueil, dont on se servoit alors beaucoup dans les
+ constructions à Paris.
+
+Le pied carré de Pierre de saint Cloud[22] pris sur toute sa hauteur et
+rendu 28 sols.
+
+ [22] C’est avec la pierre de Saint-Cloud et avec celle de Saint-Non,
+ dont la carrière se trouve au bout du parc de Versailles, que furent
+ faites les constructions du château. La pierre de Saint-Cloud se
+ tiroit de la _carrière_, dite des _grès_, située à gauche en sortant
+ de Saint-Cloud pour aller à Versailles. C’est de la partie appelée
+ le _banc blanc_ que furent extraites quelques-unes des plus grandes
+ pierres du Louvre. Celles du fronton de la colonnade, qui ont l’une
+ et l’autre cinquante-deux pieds de long, ont été tirées auprès de
+ Meudon. (Félibien, p. 68.)
+
+La toise cube de Moellons de Paris et des Carriéres des fauxbourgs S.
+Jacques et S. Marcel[23] rendu en toise sur le lieu 18 livres, et celle
+de Moellons de plâtre depuis 16 jusqu’à 17 liv.
+
+ [23] Blegny oublie les meilleurs: ceux des carrières de Saint-Maur et
+ de Vaugirard. (Félibien, p. 662.)
+
+Le cent de Bottes de lattes de cœur de chêne sans obier[24], coûte sur
+le Port depuis 36 jusqu’à 40 livres.
+
+ [24] L’aubier est la partie molle qui se trouve entre l’écorce du
+ chêne et son bois.
+
+Le Clou à latte 13 sols le millier.
+
+Le Clou de charette et de bateaux la livre 2 sols, et le cent de livres
+depuis 7 jusqu’à 8 livres.
+
+Pour les Pots d’Aizances[25] et fouilles de terres, voyez l’article des
+Vuidanges.
+
+ [25] C’est ce qu’on appeloit, au XVe siècle, «tuyau des chambres
+ aisées.» _Chron. du roy Louis XI_, an. 1479.
+
+Pour le gros Fer, voyez l’article des Ouvriers et Marchands de Fer.
+
+Le prix ordinaire des Murs de fondation depuis 22 jusqu’à 28 pouces
+d’épaisseur avec portes de pierres ceintrées, la toise superficielle.
+
+On toise ordinairement les Fondations à la toise cube dont on paye 40 à
+42 livres de chaque toise reduite à 216 pieds cubes, et alors on déduit
+les vuides qui s’y trouvent et même la place qu’occupe la Pierre de
+taille, pour la toiser ensuite à raison de 28 à 30 livres la toise
+quarrée tous paremens veus, à condition qu’elle soit des Carrières
+d’Arcueil[26].
+
+ [26] Félibien, p. 68, énumérant les diverses sortes de pierres «qu’on
+ emploie à Paris», nomme celle d’Arcueil la première. Il en sera
+ reparlé bientôt.
+
+Des Voutes de caves et de fosses d’Aizances avec Arcs de Pierre de
+taille dure d’Arcueil de 18 pouces de longueur de tête l’une, et 30
+pouces l’autre de 14 à 15 pouces d’epaisseur au couronnement de la
+Voute; espacez à 12 pieds de distance de milieu en milieu la toise
+superficielle 16 livres.
+
+On observe ordinairement dans le milieu desdites Voutes un trou de deux
+pieds en quarré pour faciliter la vuidange desdites fosses d’Aizances,
+lequel trou est garni d’un chassis de Pierre dure d’Arcueil dans lequel
+se met une autre Pierre feuillée[27] de 3 pouces de largeur et renforcée
+d’autant pour s’emboîter dans ledit châssis que l’on paye séparement, ou
+qui est compris dans le toisé, suivant qu’il est expliqué dans le
+marché.
+
+ [27] C’est-à-dire plate, et comme en feuille.
+
+Les reins des dites Voutes se doivent payer au moins à 9 livres la toise
+cube ou au tiers de la superficie des Voutes en berceau, ou au quart de
+la superficie des Voutes en lunettes[28]; mais il faut que les dits
+reins soient remplis et garnis avec moellon de la qualité des dits murs,
+maçonné avec mortier de chaux et sable, et arrasez d’après le
+couronnement de la dite Voute.
+
+ [28] Les voûtes en lunettes ou à lunettes sont, selon Furetière,
+ celles qui s’élèvent sur les côtés pour augmenter la hauteur des
+ fenêtres, comme sont toutes les voûtes gothiques.
+
+Des murs de face de Pierre de saint Leu[29] avec trois assises de Pierre
+dure d’Arcueil, dont les deux derniers faisant parement en dedans, les
+dites trois assises faisant ensemble trois pieds et demi à quatre pieds
+de haut, de vingt deux pouces d’epaisseur au nud avec portes, croisées,
+fermetures, plinthes et entablemens de pierre de S. Leu, la toise
+superficielle 45 livres.
+
+ [29] Il ne faut pas s’étonner que le nom de la pierre de Saint-Leu
+ revienne continuellement ici. C’étoit une des plus employées pour
+ les constructions de Paris. «Elle est tendre à tailler, dit
+ Félibien, p. 67, mais elle durcit à l’air.»
+
+Des Murs metoyens[30] de vingt pouces d’épaisseur par bas avec jambes de
+pierre de Taille dure sous les poutres, le restant desdits murs avec
+moellon piqué et enduit des deux cotez, la toise superficielle 18
+livres.
+
+ [30] Métoyen, pour mitoyen, étoit aussi de la prononciation populaire.
+ Félibien lui-même l’emploie, p. 666.
+
+Des Murs de refend depuis le retz chaussée en amont de quinze à seize
+pouces d’épaisseur, avec une assise de pierre dure par bas, faisant
+parement des deux côtez et parpins[31] entre deux quarteaux, un avec
+pieds droits et fermetures de portes, de pierre de saint Leu à chaque
+étage, le restant desdits murs avec moellon piqué, enduit par dessus des
+deux cotez, la toise superficielle 18 livres.
+
+ [31] Le mur de parpin, ou parpaing, est formé de pierres qui en
+ traversent l’épaisseur.
+
+Des Murs de chiffres[32] de quinze pouces d’épaisseur avec deux assises
+de pierre dure par bas, et le reste de saint Leu, la toise superficielle
+25 livres.
+
+ [32] C’est-à-dire faits de pierres entrelacées, comme des chiffres ou
+ «entrelas».
+
+Des Marches moullées[33] en Pierre dure d’Arcueil pour les grands
+escaliers, la toise superficielle 30 livres.
+
+ [33] Celles qui ont une moulure, avec filet, autour du giron.
+
+Les Marches non moullées 25 livres.
+
+Et celles des descentes de caves 20 livres.
+
+Des Murs de chiffres desdites descentes de caves de quinze pouces
+d’épaisseur avec une assise de pierre dure par bas, la toise
+superficielle 12 livres.
+
+Des Murs de puits ayant deux assises de Pierre dure d’Arcueil cramponées
+et une mardelle[34] au dessus de ladite pierre d’une seule pièce,
+lesdites assises enterrées dans le retz de chaussée et levées de deux
+pieds et demy de haut jusque sous ladite mardelle, le restant au dessous
+jusque sur le roüet[35] avec moellon dur piqué et posé par arrases[36]
+egales de dix huit pouces d’épaisseur, la toise superficielle 25 livres.
+
+ [34] Pour margelle. Encore une mauvaise prononciation des artisans de
+ ce temps-là, et de quelques-uns de celui-ci.
+
+ [35] C’est-à-dire le treuil où s’enroule la corde du puits.
+
+ [36] Nous dirions aujourd’hui assises.
+
+Des souches de Cheminées de brique[37] avec plinthes et fermetures de
+pierre de saint Leu sans compter de plus valeur pour ladite pierre, la
+toise superficielle 14 livres.
+
+ [37] Partie d’un corps de cheminée qui s’élève au-dessus du toit.
+
+Des Bornes de pierre dure de quatre pieds de long, posées en place sur
+un massif d’un pied d’épaisseur, maçonnées et scellées en plâtre pur, la
+pièce 11 livres.
+
+Des Murs de cloture de dix huit pouces d’épaisseur avec moellon dur posé
+par arrases égales en mortier de chaux et sable, crepis des deux cotez,
+la toise superficielle 14 livres.
+
+Des Murs aussi de cloture maçonnez avec pareil moellon apparent et posé
+à bain de mortier de terre[38], la toise superficielle 8 livres.
+
+ [38] C’est-à-dire en plein mortier: «les maçons, lisons-nous dans le
+ curieux _Manuel lexique_ de l’abbé Prévost, t. I, p. 108, disent
+ qu’une cour est pavée à bain de mortier, pour signifier qu’il y a du
+ mortier en abondance.»
+
+Le Pavé de pierre de taille dure posé en mortier de chaux et sable, la
+toise superficielle 28 livres.
+
+Le Pavé noir et blanc 32 livres.
+
+
+
+
+QUALITEZ ET COUPE DE LA PIERRE.
+
+
+La Pierre dont on se sert dans les batimens à Paris, se tire des
+Carrières d’Arcueil, Bagneux, fauxbourg S. Jacques, fauxbourg S. Marceau
+et Vaugirard[1]; la meilleure de toutes celles que l’on tire aux
+Carrières du fauxbourg S. Jacques, d’Arcueil et de Bagneux, coûte rendue
+à l’atelier 10 à 12 sols le pied cube suivant la grandeur des morceaux
+dont il n’y en a au plus que deux à la voye, ou sinon le prix diminue:
+car les morceaux de 4, 5 ou 6 à la voye ne passent que pour libages et
+se payent depuis 4 jusqu’à 5 livres la voye.
+
+ [1] «Les meilleures espèces de pierres de taille, libages et moellons,
+ se tirent des carrières d’Arcueil et de Mont-Rouge.--Il y a d’autres
+ carrières, d’où l’on tire d’assez bonnes sortes de marchandise, vers
+ le Marché-aux-Chevaux et à la vallée de Fecan.» (Édit. 1691, p. 38.)
+ Le marché aux Chevaux étoit, où il se trouve encore, au faubourg
+ Saint-Marceau, près du boulevard de l’Hôpital. Quant à la vallée de
+ Fécamp, on appeloit ainsi une partie de la rue de Charenton à son
+ extrémité, dans la campagne. Les carrières de Vaugirard commençoient
+ presque dans Paris, derrière les Chartreux, voisins, comme on sait,
+ du Luxembourg. Les meilleures même étoient dans cette partie. C’est
+ avec le liais de la carrière des Chartreux et celui de Senlis que
+ fut bâti le Louvre.
+
+La meilleure pierre qui se tire encore auxdites Carrières du fauxbourg
+S. Jacques, d’Arcueil et Bagneux, est le Liais[2], dont il y en a de
+deux qualitez, sçavoir, Liais doux et Liais faraut[3], le Liais doux est
+de deux bancs différens dans la Carrière; le premier est de bas
+appareil[4] qui vaut 20 à 25 sols le pied carré pris sur son lit, sans
+avoir égard à sa hauteur, qui n’est que de 7 à 8 pouces.
+
+ [2] «La pierre, dit Palissy (édit. Cap, p. 294), que les Parisiens
+ appellent _liais_.» Buffon (_Minéral._, t. I, p. 341) en a, comme
+ Félibien cité tout à l’heure, vanté l’excellence et notamment la
+ dureté, «qui lui vient, dit-il, de ce qu’elle est surmontée de
+ plusieurs bancs d’autres pierres, dont elle a reçu les sucs
+ pétrifiants».
+
+ [3] Les ouvriers prononçoient ainsi, mais le vrai mot est
+ «liais-féraut». Il résiste au feu, et c’est pour cela qu’on
+ l’employoit, au dernier siècle, pour faire les jambages des
+ cheminées.
+
+ [4] C’est-à-dire par petits fragments, sans épaisseur.
+
+Et le haut appareil qui porte 12 à 13 pouces vaut 40 à 50 sols le pied
+carré, le tout rendu à l’atelier.
+
+Cette Pierre coute 40 à 50 sols la toise pour la taille polie au grais,
+et celle d’Arcueil coute 28 à 30 sols la toise coulante.
+
+Le Liais faraut ne coute que 20 sols le pied carré, mais on n’en employe
+que rarement, parce qu’il est difficile à travailler.
+
+La Pierre du fauxbourg saint Marceau et Vaugirard coute 4 à 4 livres 10
+sols la voye, et coute 18 à 20 sols la toise à tailler.
+
+Le Moellon[5] que l’on tire dans lesdites Carrieres, coute, savoir,
+celuy du Fauxbourg saint Marceau, saint Jacques, Bagneux, Pacy et
+Vaugirard[6], 17 à 18 livres la toise selon l’éloignement; celuy des
+Carrières d’Arcueil coute 18 à 20 livres.
+
+ [5] Blegny donne la véritable orthographe, que n’avoit pas adoptée
+ Richelet, et dont on se départit au XVIIIe siècle pour la reprendre
+ de nos jours. L’abbé Prévost la regrettoit: «On devroit, dit-il,
+ écrire _moellon_, et non _moîlon_, puisqu’il vient de moelle.»
+ (_Manuel lexique_, t. II, p. 97.)
+
+ [6] Celui d’Arcueil et celui de Saint-Maur, oubliés ici, passoient
+ pour être les meilleurs, comme on l’a vu plus haut. Celui de Passy
+ étoit le moins estimé.
+
+On employe dans les batimens beaucoup de Pierre que l’on tire des
+Carrieres de saint Leu, de Serans près Chantilly; elle n’est bonne qu’à
+4 ou 5 pieds de terre: c’est pourquoy on employe la Pierre dure des
+Carrières précedentes au retz de chaussée et le saint Leu au dessus; on
+la vend sur le port vers la porte de la Conférence[7] 4 livres 10 sols à
+4 liv. 15 sols le tonneau, lequel contient 14 pieds cubes; cette Pierre
+est fort tendre, facile à travailler, et devient dure en œuvre par une
+croute qui se forme dessus; elle resiste à la gelée et à tous les autres
+mauvais temps, elle ne coute à tailler que 8 à 9 sols la toise courante,
+tous paremens veus sur un pied de haut.
+
+ [7] On sait qu’elle étoit située entre la Seine et l’extrémité
+ orientale de la terrasse des Tuileries. Le port où se déchargeoient
+ les pierres de Saint-Leu, comme le constate aussi La Tynna, étoit au
+ bas. Il n’existe plus. Le port aux pierres est transféré de l’autre
+ côté, un peu plus en amont, au-dessous du quai d’Orsay. Les pierres
+ de Saint-Leu et de Senlis étoient à peu près les seules qu’on y
+ débarquât. Les autres étoient apportées à pied d’œuvre des carrières
+ mêmes qui avoisinoient Paris, «car, dit Félibien, p. 65, il semble
+ que la nature même ait de tout temps voulu pourvoir aux besoins de
+ cette grande ville, puisque toutes les choses nécessaires pour les
+ édifices qu’on y fait se trouvent sur le lieu même.»
+
+On scie les Pierres dures dont il est parlé ci-devant[8] afin de menager
+la pierre et même il est indispensable de le faire pour les apuis des
+croisées, seuils de portes, pavé de pierre, marelles[9], etc. On paye le
+sciage toisant un seul parement des deux qui viennent de chaque trait de
+scie à 4 sols, même 4 sols 6 deniers le pied carré.
+
+ [8] On les scioit comme le marbre dans les Pyrénées, d’après le
+ procédé récemment inventé par Misson, avec des scies qui tournoient
+ et scioient le marbre ou la pierre sur place. (Félibien, p. 736.)
+
+ [9] Lisez margelle.
+
+Lors que les morceaux que l’on veut scier sont trop courts, on en joint
+plusieurs bout à bout de la longueur de la scie, ce qui est aussi tôt
+fait que si on scioit un seul petit morceau.
+
+On scie aussi la Pierre de saint Leu, lorsque les morceaux sont d’une
+grandeur propre à en tirer deux pour mettre en œuvre, ce qui est d’un
+grand menage, parce qu’outre que cela epargne la pierre, on profite de
+deux paremens qui ne sont pourtant pas de conséquence comme à la Pierre
+d’Arcueil et de Liais, on donne du pied carré pour le Sciage à ne toiser
+qu’un des deux paremens 9 à 12 deniers.
+
+On employe aussi de la pierre dure que l’on tire des Carrieres de S.
+Cloud[10], elle est fort blanche et bonne, on la scie comme les
+précédentes, elle coûte 14 à 15 sols le pied cube.
+
+ [10] Il en a déjà été parlé plus haut.
+
+On tire desdites Carrières des pierres fort longues dont on fait des
+colonnes d’une seule pièce, et qui resistent au fardeau et à la gelée.
+
+
+
+
+OUVRAGES ET FOURNITURES
+
+DE CHARPENTE.
+
+
+Les Charpentiers Entrepreneurs des batimens du Roy entreprennent aussi
+pour le public.
+
+Entre les autres Maitres Charpentiers qui font des entreprises
+considérables, sont Mrs Petit père et fils[1] près la porte Montmartre,
+Guilbert[2] sur l’aile du Pont Marie[3], le Sage porte saint Antoine,
+Guesnier, rue [4], etc.
+
+ [1] Antoine Petit et Gaspard Petit. Ils avoient encore, en 1702, leur
+ chantier près la porte Montmartre.
+
+ [2] Lisez Gilbert.
+
+ [3] C’est l’espace, formant une espèce de port, qui est au bas du
+ Pont-Marie, du côté du quai des Ormes. Gilbert n’y étoit plus en
+ 1702. Il avoit transféré son chantier au faubourg Saint-Antoine, rue
+ de Lappe.
+
+ [4] Blegny, qui ignore son adresse, ne savoit guère mieux son nom. Il
+ s’appeloit Jean Guemier, et demeuroit au bout de la Villeneuve, près
+ de la porte Saint-Denis.
+
+Le bois de Charpente arrive pour la plus grand’part au Port au plâtre[5]
+et à l’Isle Louvier[6].
+
+ [5] A Bercy, près d’un cimetière de protestants. C’est aujourd’hui la
+ rue des Charbonniers.
+
+ [6] Jusqu’à la fin du règne de Louis XIV, ce ne fut qu’un dépôt pour
+ le foin, les fruits, les bois de menuiserie et de charpente. On n’en
+ fit plus ensuite qu’un immense chantier de bois à brûler.
+
+Mrs Lion et Patissier Marchands de bois Carré, rue des fossez S. Victor,
+ont beaucoup de bois de Charpente dans leurs Chantiers.
+
+Le prix ordinaire du cent de Bois de Charpente[7] pour combles,
+planchers, cloisons, pands de bois, escalier, etc., mis en œuvre et
+toisé aux us et coutume de Paris, est de 330 jusqu’à 340 livres, si ce
+n’est lorsque le bois des planchers est apparent qu’il va jusqu’à 360
+livres[8].
+
+ [7] «A Paris, le bois de charpente se vend au cent de pièces. La pièce
+ doit avoir douze pieds de long et six pouces en quarré: de sorte
+ qu’elle contient trente-six pouces sur douze pieds de long.»
+ Félibien, p. 117.
+
+ [8] Ce prix, en 1734, c’est-à-dire quarante-trois ans après, avoit
+ presque doublé: «Montant du cent de bois façonné... 612 livres.
+ _Prix de 1734._» (_Journal du Citoyen_, p. 385.)
+
+Les Poutres et tirants au dessus de quatre toises de longueur, et les
+Solives au dessus de dix huit pieds de long, valent depuis 380 jusqu’à
+400 livres le cent, et même depuis 410 jusqu’à 430 livres si les pièces
+sont apparentes.
+
+On paye depuis 70 jusqu’à 75 livres pour le cent de vieux bois de chêne
+façonné et mis en œuvre.
+
+Les Charpentiers tiennent compte du vieux Bois de chêne provenant des
+démolitions sur le pied de 200 livres le cent, celuy de Sapin sur le
+pied de 150 livres.
+
+_Nota_, qu’avant la démolition on toise le vieux Bois, que l’on donne en
+compte aux Charpentiers, mais dans le toisé on ne comprend point le bois
+au dessous de trois pieds de longueur qui demeure au profit des
+bourgeois, et les Charpentiers en tiennent compte à 170 livres le cent.
+
+Lorsque tous les ouvrages de Charpente sont de sujettion et
+d’assemblage, et qu’il n’y a aucuns planchers à faire, on les paye
+depuis 450 jusqu’à 500 livres le cent.
+
+Le cent de Bois carré de saint Dizier[9] se vend sur les Ports du lieu
+150 livres le cent, et il coute d’ailleurs 60 livres de voiture jusqu’à
+Paris.
+
+ [9] On y fait encore, par la Marne, un grand commerce de bois et
+ planches de sapin.
+
+La toise de Bois carré de 18, 20 à 21 pouces de grosseur vaut sur les
+Ports de Paris[10], 11 à 12 livres.
+
+ [10] C’est sur ces ports, dont nous avons parlé plus haut, que les
+ experts-jurés devoient, même à l’exclusion des maîtres, visiter les
+ bois à bâtir et non ouvrés.
+
+Le Bois carré se vend dans les Chantiers de Paris depuis 250 jusqu’à 260
+livres le cent, non compris le gros bois, si ce n’est de 15 à 18 pieds
+de long.
+
+Le cent de Poteaux et Solives se vendent sur le Port environ 200 livres,
+et dans les Chantiers depuis 230 jusqu’à 240 livres.
+
+Les pièces de Bois carré propre à faire des Poutres de 4 toises de long
+et de 18 à 20 pouces de grosseur valent environ 100 livres, celles de 4
+à 5 toises depuis 45 jusqu’à 50 écus, et celles de 5 à 6 toises environ
+200 livres.
+
+
+
+
+OUVRAGES ET FOURNITURES
+
+DE COUVREURS.
+
+
+Les Entrepreneurs des Couvertures des Batimens du Roy dénommez en
+l’article fait exprès, entreprennent aussi pour le public.
+
+Entre les autres Maitres Couvreurs de Paris qui font des entreprises
+considérables, sont Messieurs Rottier rue saint Joseph, Bourgoin rue
+Françoise près l’Hôtel de Bourgogne[1], etc.
+
+ [1] Il s’établit plus tard à l’apport-Paris. Ses noms étoient Pierre
+ Bourgoing.
+
+M. Bidot rue saint Martin au Colombier, tient magasin d’ardoises
+d’Anjou[2].
+
+ [2] On ne se servoit à Paris que de ces ardoises et de celles de
+ Mézières, qui étoient moins estimées.
+
+Il y a d’ailleurs des magasins d’Ardoises sur le quay de la Tournelle[3]
+et sur le quay neuf[4] où l’on vend encore Briques, Tuiles et Carreaux.
+
+ [3] Au port des Miramionnes. On y débarquoit aussi les tuiles et les
+ briques, comme on verra un peu plus loin. Il en avoit pris le nom de
+ «port aux tuiles et ardoises».
+
+ [4] Le quai Le Pelletier, comme on l’a vu plus haut.
+
+La Tuille commune se fabrique en divers endroits du fauxbourg saint
+Antoine.
+
+Il y a au bas de Passy une Tuillerie où l’on fait une sorte de Thuille
+meilleure, et plus chère[5].
+
+ [5] Les tuileries avoient été nombreuses de ce côté, depuis Passy
+ jusque bien au-delà d’Auteuil. Il en est parlé dans un titre de
+ 1233, à propos d’un droit qu’y percevoient les génovéfains de Paris.
+ Celle dont il est parlé ici fut une des dernières, du moins sous
+ Passy.
+
+La Thuille de Bourgogne se décharge sur le quay de la Tournelle, on
+tient que c’est la meilleure espèce de Tuilles.
+
+Le bardeau de Douves de tonneau est façonné par les Menuisiers.
+
+Pour ce qui est des Ouvrages de couvreurs, ils se payent ordinairement
+suivant le tarif qu’on va lire.
+
+La Toise carrée de couverture d’Ardoyses avec lattes et contrelattes de
+chêne de trois pouces neuf lignes de pureau[6], se paye à neuf livres la
+toise carrée, ou seulement à vingt cinq sols pour façon en fournissant
+par l’entrepreneur les ardoises, clouds et lattes.
+
+ [6] «Le _pureau_ d’une tuile, dit Félibien, est la partie qui est à
+ découvert et qui n’est pas cachée par les autres.» _Des principes de
+ l’Architecture_, 1676, in-4º, p. 711.
+
+La Toise carrée de couverture d’Ardoises sortes de cartelettes[7] pour
+les dômes depuis deux jusqu’à trois pouces de pureau lattées comme aux
+precedentes à 16 livres.
+
+ [7] Ou petites cartelles, c’est-à-dire planchettes.
+
+Le millier d’Ardoises communes vaut vingt huit livres, et le millier de
+fortes depuis 36 jusqu’à 40 livres.
+
+Les couvertures de tuille neuve du grand moule de Passy ou du fauxbourg
+saint Germain[8], latées de quatre pouces de pureau ou échantillon, se
+payent à sept livres la toise carrée.
+
+ [8] Le faubourg Saint-Germain avoit eu ses tuileries, qui se
+ rattachoient à celles du Petit-Vaugirard et de Vaugirard. Il en
+ existe encore un souvenir dans le nom de _la Cour des vieilles
+ Tuileries_, située à l’extrémité de la rue du Cherche-Midi, qui,
+ elle-même, s’étoit longtemps appelée ainsi, depuis la rue du Regard,
+ jusqu’à la rue du Petit-Vaugirard. En 1389, il est déjà parlé des
+ «Tuileries près Saint-Germain des Prés». _Reg. crimin. du Châtelet_,
+ 1389-1392, t. I, p. 20.
+
+Pour façon en tout fournissant quinze sols en batimens à lucarnes, et
+huit sols en simple grange.
+
+Les couvertures de tuilles neuves du grand moule de Passy à claire voye,
+lattées comme dessus, se payent à quatre livres quinze sols la toise
+carrée.
+
+La toise carrée de trente six pieds de superficie, se paye de quinze à
+vingt sols pour les recherches.
+
+La couverture de tuille maniée à bout, latée de neuf, découverte et
+recouverte, se paye pour chaque toise de trente six pieds de superficie
+à 4 livres.
+
+Les recherches[9] de couvertures d’Ardoises, et raccommodement des
+anciennes combles[10] dans les ouvrages neufs, à une livre cinq sols la
+toise carrée.
+
+ [9] «En termes de couvreurs et de paveurs, lisons-nous dans le Manuel
+ lexique de l’abbé Prévost, t. II, p. 339, on appelle _recherche de
+ pavé, recherche de couverture_, la réparation qui s’y fait lorsque
+ l’on met de nouvelles ardoises ou de nouvelles pierres à la place de
+ celles qui manquent.»
+
+ [10] Ce mot avoit été d’abord du féminin, mais l’usage auquel se
+ conforma l’Académie lui avoit donné enfin le genre qu’il a gardé.
+
+
+
+
+OUVRAGES ET BOIS
+
+DE MENUISERIE.
+
+
+Les Menuisiers Entrepreneurs des Batimens du Roy, cy devant designez,
+entreprennent aussi pour les particuliers les ouvrages considérables.
+
+Entre les autres Maîtres Menuisiers qui font de pareilles entreprises,
+sont Messieurs de Sanceaux rue Royale quartier saint Roch, Girard et
+Senincourt à la Ville neuve, Marteau au coin de Rome[1], Saint Blimont
+devant saint Martin des Champs, du Coing rue Couture saint Gervais, etc.
+
+ [1] On disoit aussi cul-de-sac de Rome. C’étoit une impasse de la rue
+ Frépillon, qui devoit son nom à l’enseigne du «puits de Rome», dont
+ nous ignorons l’origine, et qui se voyoit encore il y a trente ans
+ figuré en or sur plaque de marbre noir.
+
+M. Paillard Menuisier de l’Opéra fort entendu dans les machines[2],
+demeure rue Fromenteau[3].
+
+ [2] Il existe aux Archives Nationales un manuscrit contenant un
+ certain nombre de ces machines de l’Opéra au XVIIe siècle. Elles ont
+ été reproduites en partie dans le _Magasin pittoresque_ de 1867, p.
+ 283, 331, 379.
+
+ [3] Ce sont les menuisiers, et non les charpentiers, qui étoient aussi
+ chargés de fournir les estrades et les châssis à tentures pour les
+ grandes cérémonies. Monteil possédoit un manuscrit des _Menus
+ plaisirs_, année 1678, où on lisoit: «A Nicolas Hertier, menuisier
+ du Roi, la somme de 940 livres pour les menuiseries qui étoient
+ nécessaires à la cérémonie des cinq _Te Deum_ chantés pour les
+ victoires du Roi.»
+
+Le plus grand’ aport du bois carré pour la Menuiserie, arrive à l’Isle
+Louvier[4].
+
+ [4] _V._ une des notes précédentes, p. 116.
+
+Les planches chevrons et autres bois de batteaux se trouvent à la
+Grenouillière et sur le Port saint Paul.
+
+Il y a des Chantiers de bois de Menuiserie dans presque tous les
+quartiers de Paris, où il est débité en détail aux Bourgeois et
+Menuisiers.
+
+Le prix ordinaire des croisées à panneaux de verre avec chassis dormans
+et volets brisez aboument[5], de 4 pieds à 4 pieds et demi de large
+ le pied courant mesuré sur la hauteur seulement.
+
+ [5] Lisez «à bouvement». C’étoit une certaine espèce d’assemblage,
+ pour laquelle on employoit le bouvet, sorte de rabot.
+
+Les Croisées sans volets pour les escaliers de pareilles largeurs et
+mesurez de même, le pied 30 à 35 sols.
+
+Les Croisées à carreaux de verre, avec volets brisez aboument[6] et de
+pareille largeur, le petit bois orné d’un quart de rond et deux cartez à
+chacun, le pied de hauteur 3 l. 5 à 3 l. 10.
+
+ [6] Même note que la précédente.
+
+Les Croisées aussi à carreaux de verre sans volets comme les precedens,
+le pied de hauteur 40 à 45 sols.
+
+Les Chassis à carreaux de verre à coulisse[7] dont le petit bois de
+chêne semblable au precedent, sur 4 pieds de large, le pied de hauteur
+36 à 38 sols.
+
+ [7] C’est ce qu’on appela depuis des croisées à guillotines. Le
+ châssis à panneaux de verres étoit immobile et à demeure, tandis que
+ le châssis à carreaux de verres et à coulisse se mouvoit de bas en
+ haut, et _vice versâ_.
+
+Les Chassis à papier[8] aussi de bois de chêne à coulisse de 4 pieds de
+large avec meneaux[9] arrondis comme les precedens 25 sols le pied de
+hauteur.
+
+ [8] Richelet, au mot «châssis», nous donne la définition de ce
+ «châssis à papier»: «Clôture de bois qu’on rabotte, et qu’on fait
+ par carreaux, sur laquelle on colle du papier qu’on huile, et qu’on
+ met ensuite aux croisées des fenêtres devant les vitres, afin que la
+ chambre soit plus chaude.»
+
+ [9] C’est ce que nous appelons «les montants».
+
+Le Parquet[10] de bois de chêne dont le basti[11] aura un pouce et demi
+d’épaisseur, les panneaux et frises un pouce, le tout en œuvre bien
+assemblé et posé sur lambourdes[12] de 3 à 4 pouces de grosseur la toise
+carrée 25 livres.
+
+ [10] «Le parquet, dit Félibien, p. 682, est un assemblage de pièces de
+ bois qui font un compartiment en quarré, ou d’une autre manière,
+ pour servir au lieu de pavé dans les chambres, sales et cabinets.»
+ L’usage alors en étoit encore nouveau.
+
+ [11] «Le bâti», l’encadrement.
+
+ [12] Pièces de bois mises de distance en distance sur un plancher,
+ pour servir d’appui au parquet.
+
+Le Parquet de même bois de chêne dont les bastis de 2 pouces
+d’épaisseur, les panneaux et frises un pouce et demi, le tout en œuvre
+posé aussi sur même lambourdes, la toise carrée 30 à 36 livres.
+
+Les Planchers d’ais de chêne d’un pouce d’épaisseur en œuvre assemblez à
+raineure et languette, mis en place sur lambourdes de 3 à 4 pouces de
+grosseur espacées de 12 à 15 pouces de milieu en milieu, la toise carrée
+12 à 13 liv.
+
+Les Planches d’ais[13] de chêne d’un pouce et demi d’épaisseur avec les
+conditions precedentes, la toise carrée 15 à 16 liv.
+
+ [13] «L’ais», comme on voit, n’étoit pas la planche, mais la feuille
+ de bois dans laquelle on tailloit la planche.
+
+Les Cloisons[14] d’ais de chêne de 15 lignes d’epaisseur en œuvre
+dressées et rabotées des deux cotez, assemblées à reineures et
+languettes[15] avec coulisses par bas, et par haut, et avec poteaux et
+linteaux de 3 à 4 pouces de grosseur au droit des portes qui seront
+compris dans le prix cy-après 15 livres la toise carrée.
+
+ [14] Les cloisons ne se faisoient pas encore avec des briques et du
+ plâtre, mais seulement en bois; aussi les appeloit-on, selon
+ Félibien, p. 531, _pans de bois_ ou _colombages_. Richelet les
+ définit ainsi: «Séparation qu’on fait par le moyen de quelque
+ charpenterie dans quelque chambre et autre lieu de la maison.»
+
+ [15] Par la languette, on assujettissoit «l’ais» dans la rainure.
+
+Lesdites Cloisons rabotées d’un seul coté 14 liv. la toise carrée.
+
+N’étant point rabotée 12 liv.
+
+Les Cloisons d’ais de chêne d’un pouce et demi d’epaisseur avec les
+qualitez précedentes, la toise carrée 18 liv.
+
+Rabotées d’un coté 16 liv.
+
+Et non rabotées 15 liv.
+
+Les Cloisons d’ais de sapin d’un pouce d’épaisseur, assemblées et
+rabotées des deux cotez comme cy dessus 8 livres 10 sols la toise
+carrée.
+
+Rabotées d’un coté 8 liv.
+
+Et non rabotées 7 liv.
+
+Les Lambris à hauteur d’apuy de 3 pieds de haut ou environ de bois de
+chêne, dont les bastis de quinze lignes d’épaisseur et les cadres un
+pouce et demi, assemblez à reyneures et languette dans le basti, lesdits
+cadres remplis de panneaux d’un pouce et demi d’épaisseur, ornez
+d’astragales[16], plinthes[17], cymaises[18], et socles par bas
+assemblez dans les montans du bastis, et ornez de moulures, le tout en
+œuvre la toise courante 12 à 13 liv.
+
+ [16] «L’astragale» n’étoit qu’une sorte d’ornement fort simple en
+ forme de «talon», comme l’indiquoit, au reste, son étymologie
+ grecque. Il se plaçoit en bas ou en haut des colonnes, ou servoit à
+ séparer le cordon de l’architrave.
+
+ [17] «La plinthe» est, comme on sait, la bande de bois qui règne au
+ pied d’un lambris courant.
+
+ [18] «La cimaise» n’étoit alors qu’une moulure mise au sommet d’une
+ corniche, aussi est-elle ici distinguée du socle que l’on confond
+ aujourd’hui avec elle.
+
+Lorsqu’ils excedent la hauteur d’apuy, depuis quatre pieds en sus ils se
+payent à la toise courante 24 à 25 liv.
+
+Les Lambris à hauteur d’apuy comme les precedens, dont les paneaux sont
+de sapin, la toise courante 9 liv.
+
+Lorsqu’ils excèdent la hauteur d’apuy[19] comme cy dessus la toise
+carrée 18 à 20 liv.
+
+ [19] C’est ce qu’ils étoient le plus ordinairement, les vrais lambris
+ consistant, pour les appartements sans tapisseries, «en ouvrages de
+ bois, écrit Félibien, p. 628, dont les chambres sont revestues tant
+ par les costez que par le platfond». V. au _Cabinet des Estampes_,
+ Hd. 9, _Nouveaux dessins de lambris, menuiseries_, etc., par le
+ sieur Cottard, architecte.
+
+Les Lambris de bois de chêne à hauteur d’apuy assemblez aboument et
+ravalez[20] ou élégis[21], avec plinthe et cymaise, la toise courante 9
+liv.
+
+ [20] Amincis, polis.
+
+ [21] «_Elégir_», dit l’abbé Prévost dans son Manuel-Lexique, «c’est
+ pousser à la main un panneau ou une moulure dans une pièce de bois».
+
+Lorsqu’ils excedent la hauteur de quatre pieds, on les toise à la toise
+carrée 18 liv.
+
+Les Lambris de bois de chêne dont les bastis d’un pouce et demi, les
+cadres de deux pouces, et les panneaux de quinze lignes, le tout en
+œuvre avec pilastres saillants et arriere corps ornez de moullures, la
+toise carrée à hauteur d’apuy 16 liv.
+
+Lorsqu’ils excèdent 9 pieds de haut, 30 liv. la toise carrée.
+
+Les Portes de bois de chêne d’un pouce d’épaisseur, colées et emboitées
+avec goujons, mises en œuvre 5 à 5 liv. 10 sols.
+
+Les Portes de bois de chêne d’un pouce et demi d’épaisseur, collées et
+emboitées avec clefs[22] et languettes mises en œuvre, la pièce 7 liv.
+
+ [22] On appeloit ainsi une sorte de tenon d’assemblage.
+
+Les Portes de bois de chêne comme ci dessus de quinze lignes
+d’épaisseur, carderonnées[23] et ajustées sur un chassis dormant aussi
+carderonnées et de trois à quatre pouces de large et d’un pouce et demi
+d’épaisseur mis en œuvre, la pièce 9 à 10 liv.
+
+ [23] Pour «cadronnées», encadrées, bordées. On disoit aussi:
+ «assemblées à cadre».
+
+Les Portes ordinaires de chêne d’un pouce et demi d’épaisseur entrantes
+de toutes leurs épaisseurs dans un Chassis de deux pouces et de trois à
+quatre pouces de large mises en œuvre, la pièce 9 à 10 liv.
+
+Les Portes de bois de chêne collées et emboitées de deux pouces
+d’épaisseur mises en œuvre 10 à 11 liv.
+
+Les Portes à placard[24] à doubles paremens, dont l’assemblage d’un
+pouce et demi d’épaisseur, les cadres de deux pouces et les panneaux
+d’un pouce, le tout orné d’Architecture et mis en œuvre, 27 à 28 livres
+la toise carrée.
+
+ [24] On appeloit «porte à placard» la porte pleine et emboîtée du haut
+ en bas, avec tous ses ornements. On la distinguoit de la porte
+ brisée, ou à double manteau, qui s’ouvroit en deux.
+
+Les Portes à placard dont les assemblages de deux pouces, les cadres de
+deux pouces et demi, et les panneaux de quinze lignes depuis sept pieds
+jusqu’à sept pieds et demi, la toise carrée 36 liv.
+
+Depuis neuf jusqu’à dix pieds et demi 40 liv.
+
+Les Portes du bas des escaliers ou perrons dont les batans de six pouces
+de large et trois pouces d’épaisseur; les traverses et assemblages de
+trois pouces, les panneaux de deux pouces, le tout orné d’Architecture
+mise en œuvre, la toise carrée 40 liv.
+
+Les Placards au dessus des portes et revetemens des mantaux de
+cheminées[25], dont les battis d’un pouce, les batans deux pouces, et
+les panneaux de neuf lignes mis en œuvre, la toise carrée sans compter
+les saillies des corniches 22 liv.
+
+ [25] En été, suivant la mode italienne, rappelée par Tallemant dans
+ une de ses _Historiettes_, l’on fermoit alors les hautes cheminées
+ avec des portes, comme «les revêtements» dont il est parlé ici. Dans
+ quelques hôtels, tels que celui de Chaulne, on remplaçoit ces portes
+ par des buissons de verdure et de fleurs. Boisrobert, _Épistres_...
+ 1659, in-12, p. 23.
+
+Les revetemens des embrazemens[26] de portes et croisées de bois de
+chêne, dont les bastis d’un pouce d’épaisseur assemblez aboument[27], et
+les panneaux de neuf lignes mis en œuvre, la toise carée 15 liv.
+
+ [26] Le vrai mot est «embrasure», que, du reste, on employoit déjà.
+
+ [27] V. une des notes précédentes.
+
+Les Chambranles des portes[28] de six pouces de large sur trois pouces
+d’épaisseur, la toise courante depuis six jusqu’à neuf pieds de haut 50
+sols.
+
+ [28] «C’est, dit Félibien, p. 517, l’ornement qui borde les trois
+ costez des portes, des fenestres et des cheminées.» Le mot ne
+ s’emploie plus guère que pour celles-ci.
+
+S’ils n’ont que deux pouces d’épaisseur, la toise carrée quarante cinq
+sols.
+
+Depuis neuf jusqu’à douze pieds de haut, de six pouces de large et trois
+pouces d’épaisseur, la toise carrée 3 liv.
+
+Les Chambranles de huit pouces de large sur quatre pouces d’épaisseur,
+depuis neuf jusqu’à douze pieds, la toise carrée 5 liv. 10 sols.
+
+Les Tringles de bois de chêne pour attacher les tapisseries[29], de
+trois pouces de large et un pouce et demi d’épaisseur, la toise carrée
+10 sols.
+
+ [29] On voit par là comment s’attachoient les tapisseries des
+ chambres, non pas clouées aux murs mêmes, mais tendues sur des
+ tringles assez épaisses, pour que, n’étant pas ainsi en contact avec
+ la muraille, elles se trouvassent à l’abri de l’humidité.
+
+Les Tringles de deux pouces et demi sur un pouce d’épaisseur 6 à 8 sols.
+
+Les Armoires pour les gardes meubles dont les montans et traverses de
+six pouces de large sur un pouce et demi à deux pouces d’épaisseur, les
+panneaux d’un pouce à un pouce et demi garnis de leurs fonds et cotez et
+de Tabletes d’un pied et demi à deux pieds de profondeur, la toise
+carrée de paremens, du devant et des cotez 25 liv.
+
+Les fonds, le derrière, le dessus et les tablettes, à raison de 12
+livres la toise carrée.
+
+Les Armoires ordinaires dont l’assemblage d’un pouce et demi, et les
+panneaux de neuf lignes, le tout de bois de chêne en œuvre, la toise
+carrée du devant et des cotez 15 liv.
+
+Le derrière, le fond, le dessus et les tablettes d’un pouce d’épaisseur,
+la toise carrée 10 à 11 liv.
+
+Les Chambranles d’Alcoves et de cheminées depuis huit pouces jusque à un
+pied de large sur trois à quatre pouces d’epaisseur, la toise courante
+mise en œuvre depuis quatre jusqu’à dix pieds, 7 livres.
+
+Depuis dix pieds jusqu’à quinze pieds 8 liv.
+
+Les Chambranles de neuf pouces de largeur sur trois pouces d’épaisseur 5
+liv.
+
+Les Chambranles de cinq à six pouces de large, même epaisseur 3 liv.
+
+
+
+
+OUVRAGES ET MARCHANDISES
+
+DE FER[1].
+
+ [1] On a plusieurs livres d’art très curieux sur la serrurerie au
+ XVIIe siècle: d’abord _La fidelle ouverture de l’art de serrurerie_,
+ etc., par Mathurin Jousse, La Flèche, 1627, in-fol.; puis les
+ _Diverses pièces de serrurerie_ inventées par Hugues Brisville,
+ maître serrurier à Paris, 1663, in-fol., consistant en 16 pièces,
+ dont une est le portrait de Brisville gravé par Ladame, et dont
+ toutes les autres, sauf trois, sont dues à J. Berain; enfin le
+ _Livre de serrurerie nouvellement inventé par Robert Davesne, Me
+ serrurier à Paris, et se vendant chez l’auteur rue neuve Montmartre
+ près Saint-Joseph_, 1676, in-fol. Le portrait de l’auteur est en
+ tête, avant la dédicace à l’architecte Bruant.
+
+
+Les Serruriers qui entreprennent les fournitures pour les batimens du
+Roy, font de pareilles entreprises pour le public.
+
+Entre les autres Serruriers qui font de grandes fournitures pour les
+édifices considérables, sont Mrs de la Motte rue saint Honoré, rue
+des Tournelles, Corneille fauxbourg saint Antoine, etc.
+
+Le Sieur Dunemare près le Jardin medécinal de Pincourt, fauxbourg saint
+Antoine, a un particulier talent pour la fabrique des Tenailles et
+Marteaux de Carossiers[2].
+
+ [2] Ce «sieur Dunemare» est bien probablement un des premiers gros
+ «feronniers» qui se soient établis dans le quartier Popincourt, où
+ ils se sont depuis, ainsi que les fondeurs, multipliés en si grand
+ nombre.
+
+Le gros Fer que l’on employe ordinairement dans les batimens consiste en
+chaines, encres, clavettes, tirants, fantons de fer plat et fendu[3],
+barres de tremies[4], manteaux de cheminées, barres de seuils de portes,
+barres de linteaux pour les portes et croisées, corbeaux, grilles à
+mi-mur et en saillie garnies de barreaux et traverses, barres de
+contrecœur[5] et de potagers, tout lequel fer sert dans la construction
+de la Maçonnerie; et à l’égard du gros Fer pour la Charpenterie, il
+consiste en arpons[6], boulons, étriers, chevilles et chevillettes que
+l’on paye à la pièce à raison de leur longueur, comme il sera expliqué
+ci-après; le surplus de tout ledit Fer est compté pour gros Fer dont le
+prix est de dix à dix livres 10 sols le cent mis en œuvre.
+
+ [3] Le «fenton», et non fanton, est une sorte de crampon aplati qui
+ sert dans les tuyaux et les souches de cheminée.
+
+ [4] «Bandes ou barres de tremie; ce sont des barres de fer qui servent
+ aux cheminées à porter l’âtre entre la muraille et le chevestre,
+ pièce de bois qui termine la largeur des tuyaux.» Félibien, p. 487,
+ 525.
+
+ [5] On appeloit «contre-cœur» la partie de la cheminée où l’on mettoit
+ la plaque, entre les deux jambages en largeur, et l’âtre et le tuyau
+ en hauteur.
+
+ [6] _Lisez_: harpons.
+
+Le cent pesant de Fer coute en barre chez les Marchands 6 livres 10
+sols, on donne 105 livres pour cent.
+
+Le Fer doux est plus cher[7], il coûte jusqu’à 10 livres le cent.
+
+ [7] Dans un édit de février 1626, le «fer doux», qui ne casse pas
+ facilement, est déjà distingué du «fer aigre», très-facile à casser
+ au contraire.
+
+Le Fer de carillon[8] coûte 7 livres 10 sols à 8 livres le cent.
+
+ [8] Fer en ferraille, qui carillonne pour peu qu’on le remue.
+
+Les barres de gros Fer servant de pilliers aux boutiques[9] coutent 4 à
+5 sols la livre chez le Marchand, et on paye ensuite la façon à
+l’ouvrier à raison de 3 à 3 liv. 10 sols le cent pesant.
+
+ [9] L’usage de suppléer, pour avoir plus de place, aux supports en
+ maçonnerie par des piliers de fer ou de fonte, n’est pas nouveau,
+ comme on voit. C’est Louis toutefois qui, au siècle suivant,
+ substitua tout à fait les charpentes de fer à celles de bois. Il put
+ ainsi, par un véritable tour de force, établir le péristyle des
+ Variétés Amusantes--à présent le Théâtre François--au-dessous même
+ du parterre.
+
+Les dents de loup pour la charpente, 5 sols la douzaine[10].
+
+ [10] Les «dents de loup» étoient une sorte de gros clous dont on se
+ servoit pour attacher les fortes pièces de bois.
+
+Les Chevilles et les Chevillettes trois deniers le pouce de longueur.
+
+Les Crochets à enfaister le plomb des combles, et les Crochets à
+bavette[11], deux sols pièce.
+
+ [11] On leur donnoit ce nom parce qu’ils servoient à fixer sur le bord
+ des chéneaux «la bavette», sorte de bande de plomb.
+
+
+_Les Serruriers de distinction, sont:_
+
+Messieurs
+
+Roger à l’Hôtel Royal des Invalides.
+
+Boutet près le vieux Louvre rue Fromenteau.
+
+La Motthe rue saint Honoré.
+
+Corneille fauxbourg saint Antoine.
+
+Lucas pour les balanciers et coins de la monnoye, demeure près les
+Galeries du Louvre, Hasté place de Cambray, Fordetin à la Monnoye, etc.
+
+
+_Legers ouvrages de Serrurerie achetez chez le Marchand._
+
+Les Verrouils à ressort de trois pieds de long 1 liv. 10.
+
+Ceux de deux pouces et demi 1 liv. 5 s.
+
+Les Verrouils à ressort coudez 1 liv. 5 s.
+
+Un Verrouil à ressort de trois pieds et demi avec sa serrure ovale à
+panache garnie de toutes ses pièces 5 liv. 10 s.
+
+Un petit Verrouil à ressort pour armoires 3 s.
+
+Les Verrouils à ressort garnis de serrure comme ci devant étamez[12] et
+de quatre pieds de long 6 liv.
+
+ [12] On étamoit à la poêle, comme on le verra plus loin, verrous,
+ serrures, targettes, etc., pour empêcher la rouille, et pour leur
+ donner une apparence argentée. On les étamoit aussi à la feuille.
+
+Les Serrures d’armoires polies, la pièce 2 liv.
+
+Les Serrures communes de portes cochères 12 liv. 0.
+
+Les Serrures de portes cochères à deux pesles[13] et deux clefs polies
+et bien travaillées 20 liv. 0.
+
+ [13] Pesle ou pêle est l’ancienne forme du mot pêne, dont le radical
+ latin _pessulus_ étoit ainsi mieux indiqué. Elle étoit encore en
+ usage et même préférablement à l’autre, qui prévaut aujourd’hui: «On
+ dit _pène_ ou _pêle_, dit Richelet, mais le plus usité de ces deux
+ mots est pêle.»
+
+Les Serrures ovales de fleaux[14] à deux pesles et deux clefs 6 liv. 0.
+
+ [14] Sortes de serrures en usage pour les anciennes portes cochères,
+ dont elles fermoient les deux battants à l’intérieur à l’aide d’une
+ forte barre transversale ou fléau.
+
+Les Serrures polies garnies de tout 5 liv. 0.
+
+Les Serrures communes[15] garnies de tout 4 liv. 0.
+
+ [15] Ces serrures de pacotille ne se faisoient pas à Paris, mais à Eu
+ et dans les environs. Elles y étoient fabriquées par les gens du
+ pays, serruriers l’hiver, agriculteurs l’été. La Picardie n’a pas
+ d’ailleurs perdu cette industrie; on l’y trouve encore florissante
+ dans les mêmes parages, entre la Somme et la Bresle.
+
+Les Fortes Serrures de dix pouces 4 liv. 10 s.
+
+Les Serrures plus communes 2 liv. 10 s.
+
+Les Serrures d’armoires communes 1 liv.
+
+Les Clous à vis 2 s.
+
+Les Grands Clous à vis de porte cochère 4 s.
+
+Une clef pour une serrure commune 15 s.
+
+Une clef pour une porte cochère 1 liv. 10 s.
+
+Les Pattes à lambris, 45 sols le cent.
+
+Les Pattes en plâtre de huit à dix pouces, le cent 7 liv. 10 s.
+
+Les Pattes coudées de Sujettion de 8 pouces de long, le cent 8 liv. 10.
+
+Les Fiches de six pouces 7 sols la pièce.
+
+Les Fiches de guichet de porte cochère 3 liv. la pièce.
+
+Les Fiches à vaze de dix pouces, la pièce 17 s.
+
+Les Fiches de même de quatre pouces 4 s.
+
+Les Fiches à double nœud de cinq pouces 8 s.
+
+Les pareilles Fiches de trois pouces 2 s.
+
+Les Fiches à gond à vase de huit pouces 13 s.
+
+Les petites Fiches à vase de six à sept pouces 7 s. 6 d.
+
+Les Fiches de trois pouces, le cent 10 liv.
+
+Les Fiches de deux pouces et demi, le cent 6 liv.
+
+Les grosses Fiches à chapelet, la pièce 8 liv.
+
+Les Fiches à vase de quinze pouces de haut 1 liv. 15 s.
+
+Les Fiches à double nœud à vase de neuf à dix pouces 1 liv. 10 s.
+
+Un Loquet de porte étamé 1 liv. 5 s.
+
+Un Mantonet étamé 3 s.
+
+Les Locquereaux avec leurs mantonets[16] 15 s.
+
+ [16] _Lisez_: loqueteaux.--Ce sont les petits loquets à ressort, qui,
+ mis en mouvement par une corde et en s’agençant dans le mantonnet,
+ servent à assujettir le haut d’un volet pour le fermer.
+
+Un Bouton à rozette poli 10 s.
+
+Les Couplets à cinq trous[17] 5 s.
+
+ [17] Sorte de pentures à deux pièces, avec rivures et charnières, dont
+ on se servoit pour les portes et les fenêtres.
+
+Les Couplets à trois trous 3 s.
+
+Les Pomelles à queüe d’ironde[18] d’un pied 1 liv. 0.
+
+ [18] On écrit plutôt «paumelle» et «queue d’aronde». La paumelle est,
+ comme on sait, une sorte de penture qui tourne sur un gond, à
+ laquelle on donnoit, lorsqu’elle étoit à queue d’aronde, la forme
+ triangulaire d’une queue d’hirondelle.
+
+Les grandes Pomelles avec les gonds 2 l. 10 s.
+
+Les Pivots, bourdonniers et crapaudines[19], fiches à gond, à repos, et
+equairres pour les portes cochères, la livre 3 s. 6 d.
+
+ [19] _Le bourdonnier_ est la penture à gond renversé, et _la
+ crapaudine_, au contraire, le fer creusé qui reçoit le gond.
+
+Une barre de porte, un moraillon et la serrure 1 l. 10 s.
+
+Les Clous de six pouces faits exprès, la pièce 2 s.
+
+Les Tourniquets longs étamez, la pièce 2 s.
+
+Les Boulons de six pouces avec leurs clavettes 2 s.
+
+Les Poulies de fer 8 s.
+
+Les Targettes, et Locquereaux polis, la pièce 10 s.
+
+Les Targettes étamées communes 3 s.
+
+Les Targettes ovales garnies de crampons 10 s.
+
+Les Targettes à panaches polies avec leurs crampons 1 l. 0.
+
+Les Targettes à panaches et fleurs de lis étamées à la poele, la pièce 5
+livres.
+
+Les Targettes et crampons étamez et communs, valent ensemble pris chez
+le Marchand comme dit est, le cent 14 l.
+
+Les Crampons de targettes, le cent 50 s.
+
+Les Equaires étamées pour portes cochères avec fleurs de lis[20] aux
+deux bouts, la pièce 3 liv.
+
+ [20] On en mettoit alors partout. Félibien, p. 208, nous parle de
+ clous avec «teste en façon de fleur de lys».
+
+Les Roulettes 15 s.
+
+Les Clous pour attacher ladite serrurie, la livre 6 s.
+
+La serrure d’une porte à placards garnie de deux fiches à gonds de neuf
+à dix pouces de haut, deux targettes à panaches[21], deux crampons, une
+serrure, une gâche, un bouton, une rosette et une entrée, le tout de fer
+poli, treize livres dix sols.
+
+ [21] Félibien, pl. XXXIV, donne la figure d’une de ces targettes.
+
+La serrure d’une porte cochère à l’ordinaire de quatre grosses fiches à
+gonds, une grosse serrure, deux grosses targettes à crampons, deux
+fiches pour le guichet[22] de quatorze pouces de haut, une boucle, un
+fleau[23], et à vingt-cinq livres.
+
+ [22] C’est la petite porte pratiquée dans la grande et qui peut
+ s’ouvrir quand celle-ci reste fermée.
+
+ [23] _V._ une des notes précédentes, p. 133, que cette explication de
+ Richelet, au mot _fléaux_, peut compléter: «barres de fer qui
+ tournent sur un boulon et qui servent à fermer les grandes portes.»
+
+La serrure d’une porte d’un pouce, deux fiches à gonds, deux targettes,
+deux crampons, une serrure à tour et demi avec sa gâche et son entrée,
+un bouton et une rosette, le tout étamé, à six livres quinze sols.
+
+La serrure d’une porte de quinze lignes garnie comme la précedente, à
+cinq livres cinq sols.
+
+Les Fiches pour les croisées, à trois sols pièce.
+
+Les targettes fortes étamées à la poëlle et mises en place, cinq sols
+pièce.
+
+Les targettes communes en ovale, étamées à la feuille et mises en place
+à trois sols.
+
+Les serrures des portes de caves avec deux fiches à gonds et une forte
+serrure, à quatre livres dix sols.
+
+Les serrures des portes d’aizances à trois livres cinq sols.
+
+Les pattes en plâtre et en bois[24] depuis six jusqu’à huit pouces de
+long, à deux sols pièce; et celles depuis quatre jusqu’à six pouces à un
+sol pièce.
+
+ [24] C’est-à-dire qui se scellent dans le plâtre ou se clouent dans le
+ bois.
+
+Le cloud de toutes grandeurs à cinq sols la livre.
+
+Le cloud à latte, à quatorze sols le millier.
+
+La broquette[25], à sept sols la livre.
+
+ [25] On disoit aussi «clous à broquette», comme nous le voyons dans
+ cet amusant passage d’une lettre écrite d’Uzès, le 11 novembre 1661,
+ par Racine à La Fontaine: «Ayant besoin, dit-il, de petits clous à
+ broquette pour ajuster ma chambre, j’envoyai le valet de mon oncle
+ en ville et lui dis de m’acheter deux ou trois cents de broquettes;
+ il m’apporta incontinent trois bottes d’allumettes.» Pour comprendre
+ la confusion, il faut savoir que le mot qui signifie allumettes dans
+ le patois d’Uzès se rapproche beaucoup de celui de broquettes.
+
+La toise simple de ferrure façonnée suivant le plus ou le moins
+d’ornemens, à trente, trente cinq, quarante, soixante et soixante dix
+livres le cent pesant, même jusqu’à cent cinquante livres pour les plus
+enrichies.
+
+Les contrecœurs[26] de fonte pour les cheminées se payent à un sol la
+livre.
+
+ [26] _V._, sur ce mot, une des notes précédentes.
+
+Les panneaux de fil de leton se payent à huit sols le pied carré, et
+ceux de fer[27] à six sols et même à cinq et à quatre pour le grand
+treiliage.
+
+ [27] Ces «treillis de laiton ou de fil de fer», comme on les appeloit
+ aussi, servoient pour les armoires, et surtout pour les
+ bibliothèques. Ils se faisoient chez les épingliers.
+
+
+
+
+OUVRAGES DE VITRIERS.
+
+
+Les Vitriers entrepreneurs des Batimens du Roy, entreprennent aussi les
+ouvrages des particuliers.
+
+M. Pougeois l’un desd. Entrepreneurs qui demeure vieille rue du Temple,
+fait grand commerce de Verre blanc pour les tableaux et estampes.
+
+Entre les autres Maitres Vitriers qui font de fortes entreprises, sont
+Messieurs Cornu rue Dauphine, Abraham rue de l’Echarpe, Taboureux place
+du Collége Mazarini, etc.
+
+Le Verre commun de Lorraine[1] arrive au fauxbourg saint Antoine[2] et
+au Renard rue saint Denis.
+
+ [1] Il se couloit dans les Vosges, où s’étoient réfugiés un certain
+ nombre des gentilshommes verriers qui, par édits royaux, ne
+ dérogeoient pas de leur noblesse en s’occupant de cette industrie.
+ Beaucoup d’ouvriers des grandes verreries lorraines de Baccarat
+ descendent de ces gentilshommes verriers.
+
+ [2] «Près l’abbaye.» Édit. 1691, p. 39.
+
+Le prix des ouvrages de Vitrerie[3] est pour
+
+ [3] Les prix en cela, comme en tout, varioient beaucoup, mais plutôt
+ pour augmenter que pour diminuer. C’est ce qui fait dire par Liger,
+ en 1715, dans _le Voyageur fidèle_, p. 409: «Je ne parle pas des
+ prix, parce qu’il est impossible de les fixer, étant sujets à
+ changer selon les années; c’est ce que tout le monde n’a que trop
+ remarqué depuis peu, à son grand désavantage.»
+
+Le Panneau neuf de Verre de France posé en place, le pied carré 6 s.
+
+Le Panneau mis en plomb[4] neuf et posé en place, le pied carré 4 s.
+
+ [4] L’usage des panneaux de plomb, pour les vitres, duroit encore,
+ comme on voit. Celui des châssis de bois commençoit toutefois à se
+ propager de plus en plus, surtout dans les palais et les hôtels.
+ (_V._ Savot, _Architecture_, chap. _Verre_.)
+
+Le Panneau relavé et mis en place, vaut 1 s. 6 d.
+
+Le Pied de patron pour les panneaux 1 s.
+
+Les carreaux de verre blanc d’un pied en carré ou environ[5], valent
+depuis cette grandeur en dessous 15 sols le pied.
+
+ [5] C’étaient les carreaux de vitre les plus grands qu’on fît alors.
+
+Et au dessus d’un pied en carré 20 à 25 sols le pied.
+
+Le carreau de Verre de France d’un pied en carré colé avec papier[6],
+vaut 7 sols, et en place 8 sols.
+
+ [6] On n’assujettissoit pas encore les vitres autrement: quelques
+ pointes pour les tenir et une bande de papier collée sur chaque côté
+ suffisoient. C’est encore le seul procédé qu’indique, en 1735,
+ Savary dans son _Dictionnaire du Commerce_, art. _Vitrerie_. L’abbé
+ Jaubert est le premier, _Diction. des arts et métiers_, 1773, in-12,
+ t. IV, p. 421, qui parle du mastic, sans dire que l’emploi en fût
+ encore très répandu: «On peut aussi, dit-il, sans employer ni
+ pointes, ni papier, fixer le carreau de verre avec du lut composé de
+ craie et d’huile de lin cuite. On forme, avec ce lut que les
+ vitriers appellent _mastic_, un petit bourrelet que l’on met autour
+ du carreau et que l’on aplatit ensuite avec le doigt.»
+
+Les Lanternes ordinaires 3 livres la pièce.
+
+Les Lanternes mises en plomb neuf[7] 2 livres.
+
+ [7] Les lanternes dont on éclairoit Paris, depuis leur établissement
+ en 1666, étoient ainsi à petits vitrages de plomb, et par conséquent
+ d’une clarté fort entrecoupée. Le 17 nov. 1770, des lettres
+ patentes, pour la communauté des vitriers chargés de leur
+ fabrication, permettoient qu’on les fît encore sur cet ancien
+ modèle. Il fallut l’invention des réverbères, par Rabiqueau, pour
+ les faire disparoître.
+
+Les Lanternes netoyées 10 sols.
+
+Les Verges de vitres[8] 1 sol 6 deniers le pied.
+
+ [8] Elles se clouoient par les deux bouts aux châssis de bois, et au
+ milieu elles s’attachoient aux panneaux des vitres avec des liens ou
+ attaches de plomb.
+
+Un carreau de verre de quatorze à quinze pouces de haut sur dix à onze
+pouces de large, vaut 7 sols 6 deniers collé avec papier, et en plomb 8
+s. 6 d.
+
+Un carreau relavé et mis en place grand et petit 6 d.
+
+Un carreau de papier fin huilé, grand ou petit un sol, ou neuf deniers
+suivant sa grandeur.
+
+Calfeutrage de carreaux des croisées, la pièce 6 d.
+
+
+
+
+OUVRAGES ET MARCHANDISES
+
+DE MIROITIERS.
+
+
+Outre la Manufacture des Glaces façon de Venise établie depuis longtemps
+au fauxbourg saint Antoine[1], on vient d’en établir une autre rue de
+l’Université allant au Pré aux Clercs, où l’on fabrique des Glaces d’une
+grandeur si extraordinaire qu’on y en trouve d’environ sept pieds de
+haut[2].
+
+ [1] Cette manufacture des glaces étoit rue de Reuilly, au coin du
+ faubourg. On ne les y fabriquoit pas. Elles venoient toutes fondues
+ de Tourlaville, près de Cherbourg, ou de St-Gobain; on les y
+ polissoit seulement par un procédé qu’avoit plus ou moins inventé le
+ poëte Du Fresny, et dont il eut quelque temps le privilége exclusif.
+ Le besoin d’argent le lui fit vendre à la société qui régissoit la
+ manufacture. «La manufacture de glaces de la porte Saint-Antoine,
+ dit Lister, _Voyage à Paris_, chap. V, mérite bien d’être vue, mais
+ je regrettai que pour économiser sur le prix du bois on eût
+ transporté la fonderie à Cherbourg en Normandie... On y emploie
+ journellement six cents hommes, et on espère bientôt avoir de
+ l’ouvrage pour mille. A l’étage inférieur, on passe les glaces
+ brutes au grès pulvérisé... Dans les étages supérieurs, où l’on
+ donne le poli et la dernière main, les ouvriers sont disposés sur
+ trois rangs, deux hommes pour chaque glace qu’ils passent à la
+ sanguine détrempée dans de l’eau. On les met ensuite dans de la
+ potée blanche sur des tables de pierre.»--Quant aux glaces de sept
+ pieds de haut, dont parle ici Blegny, Lister n’en dément pas la
+ dimension: «J’ai vu, dit-il, toute étamée et achevée, une glace de
+ quatre-vingt-huit pouces sur quarante-huit, et d’un quart seulement
+ d’épaisseur.»
+
+ [2] Cette manufacture des glaces de la rue de l’Université ne dut pas
+ réussir, quoi qu’en dise Blegny. Nous n’en trouvons trace nulle
+ part. Liger, qui le copie, pour presque tout le reste, n’en dit mot,
+ dans son _Voyageur fidèle_, de 1715, où il n’oublie pas la
+ manufacture de la rue de Reuilly. C’est à elle qu’il fait honneur
+ des glaces «d’une grandeur extraordinaire, et, ajoute-t-il, à prix
+ assez raisonnable». Lister s’étonne aussi du bon marché des glaces,
+ après avoir admiré le procédé de fabrication auquel ce bon marché
+ étoit dû: «On y a gagné, dit-il, d’avoir les glaces à si bas prix
+ qu’il n’est pas jusqu’à toutes les voitures de remise, et la plupart
+ des fiacres, qui par devant ne soient fermées d’une grande glace.»
+
+M. le Duc et ses associez se trouvent ordinairement en leur Bureau au
+même lieu, où ils font débiter leurs Glaces à un prix fort modeste.
+
+M. Fressoy Marchand Miroitier, tient magasin de Glaces façonnées
+joignant la manufacture du fauxbourg saint Antoine.
+
+Il y a d’ailleurs un semblable magasin au bout de la rue Dauphine, qui a
+d’ailleurs une entrée rue Contrescarpe[3].
+
+ [3] «Les argenteurs et doreurs, qui vendent des chenets, foyers,
+ girandoles, vaisselles et autres ouvrages de fer et de laiton dorés
+ et argentés, ont leur boutique rue Dauphine et rue de la Verrerie.»
+ Édit. 1691, p. 36.
+
+On trouve des Glaces de Venise chez M. le Tellier et chez plusieurs
+autres Miroitiers du Pont Notre Dame[4] et encore chez Madame la Roüe
+rue saint Denis près la fontaine des Innocens, qui vend d’ailleurs des
+lustres et girandoles de cristal[5].
+
+ [4] Les marchands de miroirs étoient, en effet, en grand nombre sur le
+ Pont Notre-Dame. Lorsque Louis XIV vint à Paris, après sa grande
+ maladie de 1686, les miroitiers du Pont par lequel il devoit passer
+ en allant du Palais à l’Hôtel de Ville crurent ne pouvoir faire
+ mieux que d’étaler sur son passage leurs plus éclatantes
+ marchandises. Un poète assez inconnu, nommé Viguier, fit à ce sujet
+ quelques vers, dont voici les derniers. Il s’adresse au Roi, en lui
+ parlant de Paris:
+
+ Et comme tu devois ne lui donner qu’un jour,
+ Par une invention digne de son amour,
+ Il fit de ses miroirs un pompeux étalage,
+ Pour multiplier ton image.
+
+ Dans l’Édit. de 1691, il est parlé, p. 36, des miroitiers, non du
+ Pont Notre-Dame, mais des alentours: «les plus fameux miroitiers
+ sont aux environs du Pont Notre-Dame.»
+
+ [5] «Le sieur Vergne, rue Saint-Denis, près la fontaine
+ Saint-Innocent, tient magasins de lustres et girandoles de cristal.»
+ Édit. 1691, p. 36. C’étoit un des grands luxes du temps: «Je
+ connois, dit l’abbé de La Varenne, un simple particulier, qui a pour
+ un million de tableaux, de _lustres_ et de _girandoles_, de
+ porcelaines, de glaces, de bronzes, de cabinets de la Chine.»
+ _Amusements de l’Amitié... Recueil de lettres écrites vers la fin du
+ règne de Louis XIV_, 2e édit., 1741, in-12, p. 306.
+
+Le Sieur Lafond rue sainte Marguerite du fauxbourg saint Antoine, met
+toutes sortes de Glaces au teint pour les Marchands, et racommode pour
+les particuliers les miroirs et glaces des chambres qui sont gatées[6].
+
+ [6] L’usage de mettre des glaces au-dessus des cheminées commençoit.
+ Il étoit dû à Hardouin Mansard et en portoit le nom. Voy. à la
+ Biblioth. Nat. aux _Estampes_ Hd. 22, cheminées nouvelles _à la
+ Mansarde_. On les appeloit aussi _à la Royale_ et _à la Françoise_.
+ Dans l’_Architecture à la mode_ de Mariette, se trouvent six pièces
+ de P. Lepautre: _Portes cochères des plus belles maisons de Paris;
+ cheminées _à la Royale_, à grand miroir et tablettes_. On a aussi de
+ Daniel Marot: _Nouvelles cheminées à panneaux de glace, à la manière
+ de France_. On peut consulter encore le _Livre de cheminées_ et le
+ _Nouveau Livre de cheminées_ de H. Bonnard.
+
+On trouve au Soleil et à la Couronne d’or sur le quay de l’Orloge, des
+lunettes d’aproches et communes d’Angleterre et de Paris, des
+microscopes, des visières, et généralement toutes les sortes de verres
+préparez pour l’optique avec toute la justesse qu’on peut désirer.
+
+Les Glaces du fauxbourg saint Antoine se vendent de quatorze pouces de
+haut 10 livres, de seize pouces 12 livres, de dix sept pouces 14 livres,
+de dix neuf pouces 20 livres, de vingt pouces 24 livres, de vingt deux
+pouces 30 livres, de vingt quatre pouces 33 livres, de vingt sept pouces
+55 livres, de vingt huit pouces 60 livres, de vingt neuf pouces 65
+livres, de trente pouces 80 livres, de trente six pouces 180 livres, de
+trente sept pouces 225 livres, de quarante pouces 425 livres.
+
+Les lustres de cristal[7] sont louez[8] et raccommodez par une veuve rue
+Betizy, près l’Hotel de Beauvais, et par une autre à l’aport de Paris
+près le Veau qui tètte[9].
+
+ [7] «Les chandeliers, lustres et girandoles de cristal.» Édit.
+ précéd., p. 36.
+
+ [8] Liger, p. 368-369, parle ainsi de ces lustres en location: «On en
+ loue aussi pour servir d’ornement dans les églises, aux fêtes
+ solennelles et dans plusieurs spectacles qu’on donne au public, ce
+ qui fait le plus bel effet du monde.»
+
+ [9] C’est le fameux cabaret, devenu plus tard restaurant, qui n’a
+ disparu que de nos jours, dans les derniers remaniements et
+ agrandissements de la Place du Châtelet. (_V._ nos _Chroniques et
+ légendes des rues de Paris_, p. 151.)
+
+
+
+
+PEINTURES, SCULPTURES ET DORURES
+
+POUR LES ORNEMENS ET DÉCORATIONS DES APPARTEMENS, BOUTIQUES, ETC.
+
+
+Les Jurez en titre d’office des Maitres Peintres, Sculpteurs et Doreurs
+sont Messieurs Maçon rue du Verbois, Béton près le Palais Royal, Rosé
+rue des fossez saint Germain et de la Porte à petit Pont[1].
+
+ [1] On ne parloit jamais autrement pour dire «sur le Petit-Pont», qui,
+ on le sait, étoit alors chargé de maisons, chacune avec sa boutique.
+
+La Chambre où les Maitres Peintres et Sculpteurs font leurs assemblées,
+est présentement rue de la Verrerie.
+
+Les Peintres et Sculpteurs qui travaillent pour le Roi, donnent aussi
+quelque fois leur temps pour des ouvrages particuliers lorsqu’ils sont
+considérables.
+
+Entre les Peintres renommez dans le public pour les Ornemens et
+Décorations, on estime Messieurs le Moyne le Lorrain aux Galeries du
+Louvre[2], le Moyne de Paris[3], cul de sac saint Sauveur, etc.
+
+ [2] G. Brice, dans sa 3e édition (1701), t. I, p. 76, nous le montre
+ aussi parmi les artistes logés aux galeries: «Excellent peintre
+ d’ornement, dit-il, dont les ouvrages ont beaucoup d’approbation.»
+
+ [3] Jean Le Moyne, qui dans le _Ms._ de Marinier figure parmi les
+ décorateurs employés à Versailles. L’Académie de peinture, qui
+ l’avoit fait son décorateur en 1681, le reçut cinq ans après. Il
+ mourut à soixante-quinze ans, le 3 avril 1703.
+
+Entre les Peintres renommez pour feindre le marbre, on compte Messieurs
+Binois près saint Innocent, Valencé rue du Petit Lion, etc.[4]
+
+ [4] Blegny devroit parler ici des peintres de l’Académie de Saint-Luc.
+ Liger, p. 313, y supplée: «Il est, dit-il, un autre genre de
+ peintres du dernier ordre, qu’on nomme communément _barbouilleurs_,
+ et qu’on trouve lorsqu’on en a besoin dans la rue du Haut-Moulin, où
+ est leur chapelle. On les y voit tous les dimanches et les fêtes au
+ sortir de la messe.» V. aussi l’abbé de Fontenay, _Dict. des
+ Artistes_, t. I, p. 3.
+
+Entre les fameux Sculpteurs pour les bas reliefs et figures moulées en
+plâtre, on distingue Messieurs Cassegrain près la porte saint Martin,
+François[5] rue du Temple, Bertrand[6] rue Michel le Comte, de Caen rue
+de Grenelle saint Germain, etc.
+
+ [5] Il a été parlé de lui plus haut.
+
+ [6] Philippe Bertrand, né à Paris en 1664, selon d’Argenville, reçu de
+ l’Académie en 1700, mort en 1724. Le Christ en plomb de la
+ Samaritaine, du Pont-Neuf, étoit de lui.
+
+Entre les Sculpteurs renommez pour les belles bordures[7], on choisit
+Messieurs le Grand rue des Jeuneurs, Renauda[8] rue du petit Lion, la
+Lande rue saint Martin, et Vilaine rue neuve saint Mederic qui fait
+aussi des meubles dorez.
+
+ [7] Cadres de bois sculpté pour les portraits ou «les glaces de
+ miroir», comme dit Richelet.
+
+ [8] Lisez Renaudin ou Renaudain. C’étoit un parent de celui qui
+ logeoit aux galeries du Louvre, et dont il a été parlé plus haut, p.
+ 100.
+
+M. des Oziers Doreur qui travaille pour le Roy[9], entreprend aussi pour
+le public de grands ouvrages.
+
+ [9] Il a déjà été parlé de lui, p. 90. Il logeoit à Versailles.
+
+Les bons tableaux sont netoyez[10] et revernis en perfection par les
+Sieurs Vilaine à l’adresse cy-dessus, de la Pierre quay des Orfevres, et
+la veuve Lange rue saint André des Arcs.
+
+ [10] Ce mot sous cette forme n’étoit pas généralement employé.
+ Richelet dans son Dictionnaire écrit: «_Netteier, nettoyer_. L’un et
+ l’autre se dit, mais le grand usage est pour _netteier_, car pour
+ _nettoyer_ il ne se dit guère que par les poëtes, encore y sont-ils
+ obligés par la tirannie de la rime.»
+
+Les prix ordinaires du marbre brute et façonné, et des autres ouvrages
+et fournitures des Peintres, Sculpteurs et Doreurs sont pour,
+
+Le pied cube de marbre noir brute 7 l.
+
+Et pour le Marbre jaspé brute, le pied cube 15 l.
+
+Mais quand un bloc de Marbre est de douze pieds et au dessus, le pied
+cube se paye depuis 18 jusqu’à 25 livres.
+
+Le pied de parement vaut 2 l.
+
+Le pied de Chambranle en bois d’ornemens simples 3 l.
+
+A Ornemens moyens 4 l.
+
+A ornemens riches 6 l.
+
+Une figure de pierre de saint Leu grande comme nature, vaut 75 liv.
+
+Une pareille figure faite par un habile homme et bien finie vaut au
+moins 300 l.
+
+Une figure de dix pieds de haut 200 l.
+
+Une pareille figure faite et bien finie par un habile homme 550 livres.
+
+Les Trophées en pierre de saint Leu de six pieds[11] de haut sur huit à
+neuf pieds de large et isolées valent 150 liv.
+
+ [11] Ces trophées étoient un des ornements les plus à la mode sur les
+ façades ou sur le bord des toits des palais et des hôtels: «On fait,
+ disoit alors Richelet dans son _Dictionnaire_, des trophées en
+ architecture qui représentent les véritables trophées d’armes.»
+
+Les Vases de même pierre et de cinq pieds de haut 30 liv.
+
+Les chapiteaux, pilastres ioniques de même pierre pour façon seulement
+travaillez en place bien proprement et de cinq pieds de large 24 liv.
+
+Les chapiteaux, colomnes de même pierre et même ordre, dont le vif[12]
+engagé d’un tiers dans le mur, valent 50 livres.
+
+ [12] Le vif de la colonne, c’est-à-dire «le fût».
+
+Les chapiteaux colomnes isolez de même ordre et pierre 75 l.
+
+Les chapiteaux pilastres, corinthes[13] et composites de cinq pieds de
+face façonnez en même pierre et en place 60 l.
+
+ [13] C’est le mot dont se servoient les ouvriers pour dire
+ «corinthien», qui pourtant étoit déjà depuis longtemps en usage. Il
+ se trouve dans Montaigne, et on lit dans la _Psyché_ de La Fontaine:
+
+ Le Dorique sans fard, l’élégant Ionique,
+ Et le Corinthien superbe et magnifique.
+
+Les mêmes ornemens bien finis par d’excellens ouvriers 120 l.
+
+Les chapiteaux colomnes, même ordre, pierre et grandeur, dont le vif
+engagé d’un tiers dans le mur 100 liv.
+
+Et par de bons ouvriers, bien finis 200 liv.
+
+Les chapiteaux colomnes isolez même ordre, pierre et grandeur 150 liv.
+
+Et aux conditions précédentes 260 liv.
+
+Les Consolles[14] simples de 5 pieds de haut aux mêmes conditions, mais
+bien travaillées 8 livres.
+
+ [14] «La console», mot employé dans le _Théâtre d’Agriculture_
+ d’Olivier de Serre avec le sens de soutien, qui «consolide», se
+ prenoit alors presque exclusivement pour désigner, comme le fait
+ Richelet, «un membre d’architecture, placé aux deux côtés de la
+ porte ionique pour soutenir la corniche mise au dessus». Elles
+ servoient aussi, selon Félibien, à porter des figures, des bustes,
+ des vases, etc.
+
+Celles plus chargées d’ornemens, 11 livres plus ou moins à proportion de
+l’ouvrage.
+
+Les Masques façonnez sur les clefs des portes d’entrées[15] en même
+Pierre de saint Leu 30 liv.
+
+ [15] «Les masques, aux clefs des arcades», comme il est dit dans les
+ livres d’architecture du temps, étoient un des ornements les plus en
+ faveur pour les façades des hôtels. Ceux qui se voient sur la
+ fameuse maison de Lulli, au coin de la rue des Petits-Champs et de
+ la rue Sainte-Anne, en sont un des premiers et des plus curieux
+ spécimens. «Quelques-uns, dit Félibien, p. 650, nomment _mascarons_
+ de gros masques faits de sculpture.»
+
+Mais étant faits par un bon ouvrier et bien finis valent depuis 45
+jusqu’à 60 livres et plus.
+
+Il est difficile de mettre les prix justes aux ouvrages de Sculpture et
+Peinture, particulierement aux Tableaux et Statües; c’est suivant les
+Maitres qui y sont employez que le prix doit estre reglé, parce que
+c’est la beauté qui en regle la valeur; ainsi les curieux qui voudront
+avoir du beau de l’un des deux Arts, doivent s’informer des bons
+Maitres, qui ne laissent rien sortir de leurs mains que de bien fini.
+
+Les bas reliefs de plâtre, placez en cheminées bien finis et de moyenne
+grandeur valent 8 liv.
+
+Le pied courant d’ornemens en plâtre 2 liv.
+
+Un buste en plâtre grand comme nature 6 liv.
+
+Une figure de ronde bosse, même figure et grandeur pour poser sur un
+pied d’estail[16] depuis 36 jusqu’à 40 livres.
+
+ [16] C’est une des premières formes du mot. Richelet la donne comme
+ étant employée en même temps que celle de «piédestal», et ne dit pas
+ quelle est celle qu’il faut préférer. On avait dit auparavant «pied
+ d’estrait». V. _Biblioth. de l’École des chartes_, 4e série, t. III,
+ p. 63.
+
+On trouve un grand assortiment de beaux Moulles chez M. Cassegrain à
+l’adresse ci devant donnée. La beauté des Moules fait l’excellence des
+figures sans en augmenter le prix.
+
+L’Or sculpé[17] couvert, vaut le pied carré deux livres cinq sols, l’Or
+bruni[18] deux livres dix sols, l’Or bruni sculpé trois livres quinze
+sols, l’Or bretelé[19] trois livres, l’Or repassé uni deux livres, l’Or
+repassé sculpé deux livres dix sols, l’Or uni à découvert deux livres
+cinq sols, l’Or sculpé à découvert deux livres quinze sols, la Mosaïque
+trois livres.
+
+ [17] Pour «sculpté», c’est-à-dire appliqué sur des sculptures.
+
+ [18] C’est-à-dire «éclairci, poli» avec le brunissoir.
+
+ [19] En croisillons ou en filets.
+
+L’impression[20] en huile de jaune de couleur de bois de luth[21] à deux
+couches, quatre livres quinze sols la travée ayant six toises de
+superficie qui montent à deux cens seize pieds.
+
+ [20] Ce mot, dans le langage des vernisseurs et doreurs, se prenoit
+ pour _couche_: «Les Chinois, lisons-nous dans le _Diction. des arts
+ et métiers_ de l’abbé Jaubert, t. IV, p. 361, n’emploient jamais
+ leur vernis sur le bois qu’auparavant ils n’aient mis une couche ou
+ _impression_, comme font les peintres, avant de peindre.»
+
+ [21] C’est-à-dire veiné comme le bois d’un luth, et de la même nuance.
+
+L’impression deux couches de blanc de ceruse avec huile de noix, sept
+livres la travée.
+
+L’impression à deux couches de jaune et de blanc en détrempe, deux
+livres cinq sols la travée.
+
+La toise carrée de bois veiné en huile, deux livres dix sols, et en
+détrempe une livre dix sols.
+
+Les ornemens de cheminées marbrez et jaspez[22] en huile par un bon
+œuvrier, reduits à la travée, trente six livres, et en ouvrage commun,
+vingt quatre livres.
+
+ [22] Ces imitations du jaspe par la peinture étoient déjà connues du
+ temps d’Henri IV. D’Aubigné, dans son _Histoire universelle_, t. II,
+ ch. 104, parle de piédestaux «qui estoient peints comme de jaspe.»
+
+Le même ouvrage en détrempe par un bon œuvrier, trente livres, et en
+commun ouvrage, vingt livres.
+
+Le vermillon et la laque valent trois livres le pied.
+
+Le brun rouge vingt sols la toise.
+
+Le nettoyement et le rechampissage[23], deux livres dix sols la toise.
+
+ [23] Il consiste à couvrir, avec une infusion de blanc de céruse, les
+ couleurs qui se sont répandues sur le fond d’un ouvrage, pour le
+ rendre aussi net qu’il doit l’être.
+
+Le Verny, même prix.
+
+L’Impression pour les berceaux peints en vert de montagne avec une
+couche de blanc de ceruse, et deux couches de vert sur échallas espacez
+de six pouces, trente cinq sols la toise[24].
+
+ [24] Il n’y avoit pas de plus piètre besogne pour les peintres de
+ l’Académie de Saint-Luc. Liger en parle ainsi: «D’autres ne sont
+ propres que pour les _treillages_, blanchir les murs, et donner
+ quelque couleur en plein à des portes ou autres pièces de
+ menuiserie.»
+
+Les Couleurs et les Pinceaux pour la Mignature, se vendent rue
+d’Arnetal.
+
+Les Couleurs et Pinceaux ordinaires, se vendent aux environs de l’Aport
+de Paris chez plusieurs Epiciers et Broyeurs[25].
+
+ [25] «Le verre blanc pour les mignatures et autres tableaux se vend
+ chez un vitrier qui demeure rue aux Ours, devant l’image de la
+ Vierge, et chez un autre qui demeure vieille rue du Temple, au coin
+ de la rue de Bercy.» Édit. 1691, p. 30.
+
+
+
+
+OUVRAGES DE GRAVEURS.
+
+
+Cet article aurait dû être placé après celuy de l’Orfevrerie, mais ayant
+été quelque temps égaré à l’Imprimerie, on n’a pû luy donner une
+meilleure place que celle-ci.
+
+Entre les fameux Graveurs au Burin, sont au quartier de la rue saint
+Jacques, Messieurs Poilly l’ainé[1], Eudelink[2], Wansculpes[3],
+Picart[4], Vermeulen[5], Rolet et Poilly le jeune[6], Baudet rue de
+Harlay[7], etc.
+
+ [1] François Poilly, qui fut le maître d’Edelinck: «Jamais, est-il dit
+ dans la Vie de celui-ci, jamais graveur au burin ne fit autant
+ d’élèves, et peu ont entrepris autant d’ouvrages.»
+
+ [2] Gérard Edelinck, un des plus fameux graveurs de son temps. Il
+ étoit d’Anvers. L’Académie le reçut le 6 mars 1677 et il mourut à
+ cinquante-huit ans en 1707.
+
+ [3] Pierre Van Schuppen, d’Anvers comme Edelinck, fut de l’Académie le
+ 7 août 1666 et mourut le 7 mars 1702, à soixante-quatorze ans.
+
+ [4] Étienne Picart, dit le Romain, parce qu’il avoit travaillé à Rome
+ avec Carlo Maratta. Il eut pour fils Bernard Picart, plus célèbre
+ que lui. On l’avoit reçu de l’Académie en 1664 et il en mourut le
+ doyen, le 21 nov. 1721, à Amsterdam, où il s’étoit retiré; il avoit
+ quatre-vingt-dix ans.
+
+ [5] Corneille Vermeulen, d’Anvers; venu à Paris, où se trouvoit la
+ meilleure école de gravure, il y resta. A sa mort, en 1704, il avoit
+ soixante ans. Il a gravé beaucoup de portraits, surtout d’après
+ Rigaud.
+
+ [6] Frère de Fr. Poilly, nommé tout à l’heure, il fut reçu de
+ l’Académie le 26 juillet 1714 et mourut le 29 avril 1728, à soixante
+ ans.
+
+ [7] Étienne Baudet, de Blois. Il étoit de l’Académie de peinture
+ depuis 1675. Le roi le logea aux galeries du Louvre, en 1693, et
+ c’est de là qu’il data quelques-unes de ses gravures des paysages du
+ Poussin. Il mourut le 7 juillet 1711, à soixante-treize ans.
+
+Rue saint Jacques sont encore Messieurs Audran[8] et Simonneau[9] qui
+gravent très bien à l’Eau forte et au Burin, et encore Messieurs
+Berey[10] et Roussel[11] qui s’attachent principalement à graver des
+Lettres[12] qui représentent l’écriture et l’impression, en quoy M.
+Berey travaille par excellence[13].
+
+ [8] Gérard Audran, le premier et le plus célèbre de la dynastie des
+ Audran. Il étoit de Lyon et mourut à Paris en 1703 à soixante-trois
+ ans. Il a gravé les batailles d’Alexandre, par Lebrun.
+
+ [9] Ch. Simonneau, d’Orléans. Né en 1639, étudia chez Coypel, fut de
+ l’Académie en 1710, et mourut en 1728, à quatre-vingts ans. Il grava
+ d’après Carrache, Le Brun, etc.
+
+ [10] Il avoit, en 1656, donné une contrefaçon du plan de Paris, par
+ Gomboust. Elle porte son nom, comme si c’étoit un plan nouveau. V.
+ sur Cl. Berey, sans doute son fils, t. I, p. 252.
+
+ [11] C’est lui qui grava en 1704 les lettres d’un plan de Paris qui,
+ pour cela, porte son nom.
+
+ [12] «Le sieur Senault, le plus fameux graveur en lettres, demeure rue
+ de Bussy.» Édit. 1691, p. 112. Louis Senaud, de qui l’on a des
+ cahiers d’écriture gravés en 1667.
+
+ [13] «Messieurs Sylvestre et Melan, fameux graveurs, demeurent aux
+ galleries du Louvre.» Édit. 1691, p. 63.--Claude Mellan n’auroit pas
+ dû figurer même dans cette édition de 1691, puisqu’il étoit mort à
+ quatre-vingt-dix ans en 1688; quant à Israël Silvestre, Blegny avoit
+ eu raison de ne pas le faire figurer dans celle de 1692: il étoit
+ mort dans son logement des galeries le 11 octobre 1691, à soixante
+ et onze ans. V. _Bulletin de la Soc. d’archéologie lorraine_, t.
+ VIII, 1859, _ad fin._
+
+Entre les fameux Graveurs de Médailles, sont Messieurs Rottier[14],
+Chéron[15] et Moland aux galleries du Louvre[16], Bernard[17] près la
+Magdelaine, Mauger place Dauphine[18], etc.
+
+ [14] Joseph Roettier, d’Anvers, graveur en médailles, logé au Louvre
+ en 1679, reçu de l’Académie en 1683, mort en 1707, à soixante-huit
+ ans. Il y eut cinq graveurs en médailles de son nom, jusqu’en 1784,
+ époque où mourut le dernier.
+
+ [15] Ch. Chéron, de Nancy, reçu de l’Académie en 1676, mort en 1698, à
+ cinquante-cinq ans.
+
+ [16] Michel Molard, et non Moland, de Dieppe, où il avoit travaillé
+ l’ivoire. Le roi l’avoit logé au Louvre en octobre 1684.
+
+ [17] Thomas Bernard. Reçu de l’Académie, comme graveur en médailles,
+ le 27 mars 1700, il mourut en 1713, à soixante-trois ans.
+
+ [18] Jean Mauger, de Dieppe. Le roi le logea au Louvre, après la mort
+ de Ch. Chéron, en 1698. Il y mourut en 1722, à soixante-quatorze
+ ans.
+
+M. le Clerc aux Goblins[19], qui travaille par excellence à toutes
+sortes de Gravures, a d’ailleurs le talent de faire des Desseins
+originaux.
+
+ [19] Sébastien Le Clerc, de Metz, dont la réputation nous dispense de
+ tous détails. Il étoit graveur ordinaire du cabinet du roi et
+ Colbert l’avoit logé aux Gobelins. Il mourut en 1714, à
+ soixante-dix-sept ans.
+
+Entre les Graveurs renommez pour la Vaisselle, pour les Sceaux et pour
+les Cachets, sont Messieurs Thiault galleries neuves du Palais[20] à la
+Pomme d’or, Chalochet, quay Pelletier, Aury à la Monnoye[21], Verien[22]
+et Garrier quay des Orfèvres, Mavelot et Langlois Cour neuve du Palais,
+etc.
+
+ [20] «Place Dauphine.» Édit. de 1691, p. 59.
+
+ [21] Pierre Aury, qui, depuis 1688, logeoit à la Monnoie comme
+ «graveur en acier du Roi».
+
+ [22] «Aux armes de Mademoiselle.» Édit. 1691, p. 59.
+
+M. Bourdon place Dauphine qui est d’ailleurs renommé pour les Cachets,
+grave aussi pour la Taille douce.
+
+Messieurs Richard et Maurice sur le quay de l’Orloge, ont le talent de
+graver sur l’Agathe et sur les autres Pierres précieuses[23].
+
+ [23] «Le sieur Certain, au dessus de la porte neuve du Palais, grave
+ en agathe et autres pierres.» _Id._, p. 63.
+
+On trouve chez M. Jollain l’ainé Graveur et Marchand Imager rue saint
+Jacques à la Ville de Cologne[24], les Portraits de la Cour gravez par
+M. Simon[25], l’Architecture de Vignolle au Burin et diverses Cartes et
+Estampes curieuses.
+
+ [24] Fr. Jollain, à qui son fils succéda.
+
+ [25] Pierre Simon. Ses portraits sont à l’eau-forte.
+
+M. Landry[26] aussi Graveur et Marchand Imager[27] même rue à l’Image
+saint François de Sales, vend des Estampes de dévotion de 7 pieds de
+haut et de divers autres grandeurs extraordinaires, un Scelet[28] humain
+grand comme nature, et un grand nombre d’autres Estampes curieuses[29].
+
+ [26] Pierre Landry gravoit et vendoit des portraits au burin.
+
+ [27] Parmi les imagers, graveurs en taille-douce, Blegny auroit pu
+ citer Boudan, qui grava entre autres histoires populaires toute la
+ suite de celle de _Lustucru_. V. nos _Variétés_, t. IX, p. 70.
+ Mariette, _Abecedario_, t. IX, p. 116, a dit un mot de lui. Il avoit
+ dessiné pour Gaignières et pour ses collections d’armoiries à des
+ prix dérisoires. On lit dans un mémoire de ceux dont il étoit
+ convenu avec le célèbre amateur: «Les armes croquées à l’encre, un
+ liard la pièce.» Il travailla au plan de Paris de La Caille, en
+ 1714.
+
+ [28] Squelette. Sur ce mot, v. plus haut, note.
+
+ [29] «On trouve des estampes de toutes sortes chez le portier de
+ l’Académie des peintres, rue de Richelieu.» Édit. 1691, p. 24. Une
+ singulière industrie, qui dut détruire bien des gravures, est
+ indiquée dans cette édition, p. 111, et omise ici: «Le sieur des
+ Trapières, rue Bétizy, aux trois Bources, enlève et transpose sur
+ verre les lignes et traits des estampes, qu’il peint ensuite d’une
+ façon à les prendre pour de vrais tableaux.» Poisson, en 1665, dans
+ l’_après-soupé des Auberges_, sc. 3, avoit déjà parlé d’estampes
+ découpées qu’on appliquoit derrière un verre, comme on a fait de nos
+ jours pour la _potichomanie_.
+
+
+
+
+OUVRAGES DE PLOMBIERS
+
+ET DE FONTENIERS[1].
+
+ [1] Les plombiers et fontainiers ne formoient qu’une seule
+ corporation, et même assez peu nombreuse; elle ne comptoit au XVIIIe
+ siècle que cinquante maîtres au plus. Ses statuts, en quarante
+ articles, datoient de juin 1647.
+
+
+Les Plombiers des batimens du Roy fournissent aussi plusieurs
+particuliers de considération.
+
+Entre les autres fameux Plombiers, sont Messieurs Desgoutières près la
+Comedie Françoise, le Roy rue saint Honoré, rue saint Antoine,
+ près la Magdelaine, rue saint Martin, etc.
+
+M. Denis premier Fontenier du Roy, demeure au fauxbourg saint Germain,
+et Mrs ses fils, l’un du Chateau de Trianon, et l’autre de Versailles,
+demeurent au même endroit.
+
+Entre les autres Fonteniers fameux qui travaillent pour Sa Majesté et
+pour le public, sont Messieurs Dorival, Cimetiere saint Jean, et Balo
+près la Croix du Tiroir.
+
+Les Fondeurs qui travaillent aux Robinets des tuyaux et Regards, sont
+rue des Assis et rue neuve saint Mederic.
+
+Le Plomb est fort rencheri depuis la déclaration de la guerre avec
+l’Angleterre[2]; le plus commun vaut à présent 4 sols la livre mis en
+œuvre compris la soudure[3].
+
+ [2] Il s’agit de la guerre de 1688 qui nous avoit mis sur les bras
+ l’Angleterre et la Hollande. De l’une nous venoit en grande partie
+ ce que nous consommions de plomb, notamment le plomb laminé, et de
+ l’autre presque toutes les préparations plombifères.
+
+ [3] Dans la 1re édition, p. 48, on trouve un exemple de ce
+ renchérissement du plomb: «Les tuyaux de fontaines soudés en long
+ avec joints et nœuds de soudure, depuis deux jusqu’à six pouces de
+ diamètre, tranchées et remplages mis en œuvre, ci devant quatorze
+ livres, et à présent vingt livres le cent.»
+
+Le Plomb blanchi, tant pour tuyaux de descentes, que cuvettes,
+entonnoirs, membrons[4], chesnaux, boursaux, ennusures[5], et
+enfaistemens, vaut depuis 4 sols et demi jusqu’à 5 sols la livre mis en
+place compris la soudure[6].
+
+ [4] «Le membron» étoit une partie du «bourseau», sorte d’ornement
+ d’enfaîtage employé surtout dans les grands bâtiments.
+
+ [5] Ce mot, dans la 1re édition, p. 48, est écrit «annesures». Nous
+ ignorons ce que, sous l’une ou l’autre forme, il signifie.
+
+ [6] Suivant la 1re édition, p. 48, «le cent de plomb» employé pour
+ tous ces objets se payoit «treize livres dix sols».
+
+Le Plomb noir aussi y compris la soudure, vaut 18 à 20 livres le cent
+mis en œuvre.
+
+La Soudure pour les réparations vaut quatorze à quinze sols la livre.
+
+Les vieux Plombs se donnoient ci-devant au Plombier trois livres pour
+deux d’employées, mais à present cette évaluation seroit trop forte[7];
+mais pour plus de justesse, on peut faire remettre la même quantité en
+œuvre que l’on a donné au Plombier, et luy payer 36 à 40 livres le
+millier compris la soudure en œuvre.
+
+ [7] «Pour six livres de vieux plomb, les plombiers en fournissent
+ trois de neuf posé en place.» Édit. de 1691, p. 48.
+
+
+
+
+OUVRAGES DES PAVEURS.
+
+
+Les Paveurs des batimens du Roy entreprennent aussi pour le public.
+
+Entre les autres Maîtres Paveurs qui font de grandes entreprises, sont
+les Sieurs Touchay rue des Noyers, Hierosme rue de la Mortellerie, etc.
+
+Autant en fait la veuve Maçon près la porte saint Antoine.
+
+Le gros Pavé de rue[1] de 7 à 8 pouces en quarré[2] posé sur une forme
+de sable[3], se paye à 9 livres la toise carrée[4].
+
+ [1] On l’appeloit aussi: «pavé du grand échantillon».
+
+ [2] C’étoit encore la mesure à la fin du XVIIIe siècle. Elle avoit été
+ réglée par la coutume de Paris.
+
+ [3] «La forme est le lit de sable sur lequel est posé le pavé.» L’abbé
+ Jaubert, _Diction. des arts et métiers_, t. III, p. 387.
+
+ [4] «Le sable de rivière se trouve aux environs de l’Ile Louviers. On
+ en tire pour les paveurs entre Pincourt et la Courtille, où l’on
+ trouve du vieux pavé retaillé.» Édit. de 1691, p. 39.
+
+Le Pavé de la qualité ci dessus fendu en trois, taillé et posé avec
+mortier de chaux et sable à 8 livres la toise.
+
+Le Pavé de 5 à 6 pouces, fendu en trois[5], et posé avec mortier 7
+livres la toise.
+
+ [5] C’est dans l’épaisseur qu’on le fendoit, mais en deux seulement
+ plutôt qu’en trois. Ce «pavé fendu», comme on l’appeloit, servoit
+ pour les cours et les écuries.
+
+Le même posé avec mortier de chaux et ciment à 10 livres.
+
+Le vieux Pavé posé avec mortier de chaux et de sable à 2 livres la
+toise.
+
+La pose du même Pavé avec chaux et ciment à 4 livres, et avec chaux et
+sable à 30 sols, le seul Pavé fourni par l’Entrepreneur.
+
+Le vieux Pavé tendre qui sert à polir les Glaces se trouve dans les
+Chantiers des Paveurs du Roy et de la Ville[6], ainsi que toutes autres
+sortes de vieux Pavez.
+
+ [6] Lister, ch. V, après nous avoir dit qu’on passe les glaces brutes
+ au grès pulvérisé, ajoute: «C’est le même dont est fait le pavé de
+ Paris, mais pulvérisé et tamisé très-fin.»
+
+Le sieur Petit à l’entrée de la rue de Nappe[7] fauxbourg saint Antoine,
+fait battre du vieux Pavé tendre pour la manufacture des glaces.
+
+ [7] Lisez de Lappe. V. plus haut, une note.
+
+
+
+
+POTERIE, CARELAGE, VUIDANGES,
+
+NATTES ET FROTAGES DES BATIMENS.
+
+
+Les Vuidangeurs pour curer les puits et fosses d’aisances, demeurent la
+plupart au quartier de la porte saint Victor.
+
+Les fouilles, vuidanges et transport des terres des caves et fosses
+d’aisances se payent depuis 7 jusqu’à 10 livres la toise cube à
+proportion de l’éloignement du transport.
+
+Les vuidanges de matieres des fosses d’aisances se payent aussi aux
+Vuidangeurs depuis 30 jusqu’à 40 livres aussi à proportion de
+l’éloignement du transport.
+
+Les Potiers qui ont de grands ateliers et qui font de grosses
+entreprises de Carrelage[1], sont les Sieurs du Vivier fauxbourg saint
+Antoine, Harrivel fauxbourg saint Marcel, etc.
+
+ [1] Dans leurs statuts, qui datoient de 1456, et qui avoient été
+ confirmés en 1607 par Henri IV, ils étoient qualifiés «maître
+ potiers de terre et carreleurs».
+
+Le prix reglé des ouvrages de Carreleurs est pour chacune toise
+superficielle du petit Carreau à huit pans 3 livres 5 à 3 livres 10
+sols, et pour les grands Carreaux aussi à huit pans 4 livres 10 sols à 5
+livres la toise.
+
+Les Potiers vendent aux Entrepreneurs les Pots d’aizances 18 deniers le
+pouce de diamettre.
+
+Le millier de grands Carreaux à 18 livres le millier, et le millier de
+petits à 10 livres.
+
+Le Sieur Piton à l’entrée de la rue Briboucher[2] du coté de la rue
+saint Denis met les planchers en couleur[3] et les entretient de frotage
+au mois et à l’année.
+
+ [2] Lisez Aubry le Boucher.
+
+ [3] L’usage, qui commençoit alors, de faire mettre les carreaux en
+ couleur par des barbouilleurs amena pour Hiacynthe Rigaud une
+ amusante aventure par quiproquo, dont la conclusion fut son mariage
+ avec la jolie veuve Mme Le Juge. Elle avoit envoyé son laquais
+ chercher un peintre pour mettre sa chambre en couleur. Il alla chez
+ Rigaud, qui, croyant à la commande d’un portrait, ne se fit pas
+ attendre. L’erreur fut bien vite reconnue; la dame s’excusa avec une
+ grâce charmante. On se quitta fort bons amis, pour se revoir bientôt
+ et enfin se marier. (_Encyclopediana_, 1791, in-4º, p. 827.)
+
+Il y a encore plusieurs Froteurs de planchers rue sainte Placide près
+les Incurables, et rue Jean Beausire près la porte saint Antoine.
+
+Les Planchers de parquet et ceux à carreaux mis en couleur, cirez et
+frotez, se payent à 8 sols la toise carrée.
+
+Les Planchers seulement mis en couleur à cinq sols, et ceux qui sont
+seulement cirez et frotez à quatre sols.
+
+Les Paillassons[4] de nattes servant à boucher les croisées en hiver se
+payent à raison de trente sols la toise carrée, et les Paillassons d’été
+à quatre livres dix sols, lorsqu’ils ne sont garnis de toille que d’un
+seul côté, à six livres étant doublez dessus et dessous.
+
+ [4] Richelet dit dans son _Dictionnaire_: «Paillasson ou _nate à
+ fenêtre_. C’est une pièce de nate couverte par dehors d’une grosse
+ toile, qu’on met l’été devant les fenêtres pour empêcher l’ardeur du
+ soleil, et qu’on hausse et baisse avec des cordes autant qu’on
+ veut.»
+
+La Natte ordinaire se paye à quarante cinq sols la toise carrée.
+
+
+
+
+CARROSSES DE ROUTES[1].
+
+ [1] C’est le nom qu’on leur donnoit pour les distinguer des carrosses
+ ordinaires. On dit aussi plus tard carrosses de voiture. Marivaux,
+ dans _Marianne_, appelle ainsi celui qui alloit de Paris à Bordeaux.
+ Il partoit à jour et heures fixes, qu’il y eût ou non des voyageurs.
+ On fit à ce sujet une épigramme sur le _Mercure_, qui, lui aussi, se
+ mettoit à circuler, qu’il y eût ou non quelque chose dedans:
+
+ C’est le carrosse de voiture,
+ Il faut qu’il parte vide ou plein.
+
+
+Rue saint Nicaise sont les Carrosses de la suite de la Cour et du Pech
+saint Germain, qui partent tous les jours et à toutes heures.
+
+Rue Contrescarpe près la rue saint André, chez Mademoiselle Blavet,
+logent les Carrosses d’Orléans[2] qui vont jusqu’à Die, Chambon et
+Blois[3], et qui partent tous les jours[4] l’été à cinq heures du matin,
+et l’hiver à neuf[5].
+
+ [2] C’est la même qui avoit aussi l’entreprise des carrosses de Rouen.
+ V. _Correspondance des contrôleurs généraux_, nº 235. Elle
+ s’appeloit Anne Boucher, veuve Blavet. Ses carrosses alloient
+ jusqu’en Espagne.
+
+ [3] Dans l’édition précédente, au chap. XXIV, qui a le même titre que
+ celui-ci, c’est de «Monsieur Blavet» qu’il est parlé, p. 51; et au
+ lieu d’une seule maison rue Contrescarpe, on voit qu’il en avoit une
+ autre «rue Saint-André, à l’Hôtel de Lion». L’an d’après, sa veuve
+ lui avoit succédé.
+
+ [4] Le messager de la poste partoit aussi tous les jours. C’est ce
+ qu’on appeloit la Malle du Courrier. La nuit du 19 décembre 1700,
+ celle de Tours fut dévalisée au bout du Pont-Neuf, près de la
+ Samaritaine, par des filous. (_Corresp. admin. de Louis XIV_, t. II,
+ p. 735.)
+
+ [5] Les «carrosses d’Orléans», qui avoient fourni à La Chapelle, en
+ 1680, le sujet d’une amusante comédie restée longtemps au répertoire
+ du Théâtre François, descendoient encore, sous la Restauration, dans
+ la rue Contrescarpe, aujourd’hui rue Mazet. L’auberge du Cheval
+ blanc d’où ils partoient existe toujours et n’a presque pas changé
+ de physionomie.--On lit dans l’un des 9 numéros des _Affiches_ de
+ Dugone pour 1716 un avis sur ces carrosses qui partoient
+ régulièrement tous les jours, à 5 heures 1/2 du matin, de la rue
+ Contrescarpe, pour aller à Orléans en deux jours et revenir de même,
+ «lesquels, y est-il dit, conduisent toutes sortes de personnes,
+ hardes et bagages, or et argent.»
+
+Au même lieu sont les Carrosses d’Auvergne qui partent le Mercredi et
+qui passent par Chenerailles, Chasteauneuf, Ligniere, la Chatre, la
+Bourance, Jarnage, le Busson Feuillentin, Guéret, Chambon, saint Amant,
+Mont-Luçon, Isset, Neuvy, Rillac, Moriac, Nivdan, Aurillac, etc.
+
+On fait partir du même endroit et le même jour le Carrosse du Berry,
+passant par Orléans, Gien, Aubigny, Bourges, etc.
+
+Tous les jours celuy de Normandie, passant par Rouen, Diepe, le Hâvre,
+etc.
+
+Les Mardis celuy de Bourdeaux qui communique avec toute l’Espagne.
+
+Les Mercredis ceux de Chartres, de Chasteaudun, de Vendosme, etc.
+
+Et les Vendredis et Samedis ceux de Maintenon.
+
+Les Carosses de Caen qui étoient ci devant à l’Hôtel de Monbason[6] et
+qui logent présentement rue du Jour près S. Eustache, partent tous les
+Dimanches à dix heures du matin.
+
+ [6] Dans l’édit. précédente, p. 52, c’est à cette adresse qu’ils sont
+ indiqués. «L’hôtel des ducs de Montbazon, dit Sauval, t. II, p. 124,
+ est à la rue de Bétizy... Ce n’est plus qu’une auberge et une maison
+ garnie, et pourtant toujours au dessus de la porte se lit sur du
+ marbre en lettres d’or, _l’Hôtel de Montbazon_.»
+
+Au même lieu sont les Carrosses d’Alençon pour le Maine, qui partent le
+Mercredi, de Séez, d’Argentan et de Falaise, qui partent le Lundi, de
+Houdan, de Dreux et de Mortagne, qui partent le Samedi, etc.
+
+Rue Bourlabé à l’Ecu dauphin sont les Carrosses de Boulogne, Montreuil,
+Calais, saint Omer et Dunkerque qui partent le Dimanche.
+
+A l’entrée du quay de la Tournelle est le Bureau des Carrosses de
+Montargis et de Nemours qui partent les Mardis et les Vendredis.
+
+Rue saint Victor[7] logent les Carrosses qui partent le Dimanche, pour
+l’Auvergne, et qui passent par le Puy, Mandre, saint Flour, Issoire,
+Brioude, Saintpoursaint, Gannat, Aigueperche, Riom, Clermont, etc.
+
+ [7] «A l’entrée de la rue Saint-Victor.» Édit. de 1691, p. 52.
+
+Au même lieu sont les Carrosses de Languedoc qui partent le même jour,
+et qui vont à Montpellier, Nimes, Beaucaire, Milhaud, Lodève, Besiers,
+Narbonne, Perpignan, etc.
+
+Et encore ceux de Bourbonnois qui partent aussi le même jour, et qui
+passent par Boni, Briard, Cosne, la Charité, saint Pierre le Moutier,
+Nevers, Bourbon-les-Bains, Moulins, etc.
+
+Rue Jean Robert est le Bureau des Carrosses d’Allemagne[8] qui partent
+les Lundis et Vendredis, qui vont à Clermont, Thionville, d’Auvilliers,
+Arlon, Vuirton, Sarloüis, Vandrevanche, Sarbrike, Hombourgt et autres
+Villes des trois Evechez, Comté de Chiny et places de la Sarre, et
+encore à Barleduc, Ligny, Commercy, Thoul, Nancy, Pont-à-Mousson,
+Lunéville, Sarbourg, Philisbourg, Saverne, Strasbourg, Benfelt,
+Scelestadt, Colmart, Brissac, Fribourg, etc.
+
+ [8] Pour ce qu’on appeloit l’Allemagne haute, il y avoit un autre
+ carrosse par la voie de Strasbourg, qui partoit de l’Hôtel de
+ Pomponne, rue de la Verrerie, en été, tous les lundis, en hiver,
+ tous les samedis. L’hôtel de Pomponne existe encore.
+
+Rue saint Antoine à l’Ours logent les Carrosses de Troyes en Champagne
+qui part les Mercredis et les Samedis.
+
+Rue de la Verrerie[9] est le Carrosse de Sézanne en Brie qui part les
+Mercredis et Vendredis.
+
+ [9] «A la Trinité.» Édit. 1691, p. 53.
+
+Au même lieu sont les Carrosses de Châlons en Champagne, Vitry le
+François, saint Dizier, sainte Menehout, et Joinville qui partent le
+Mercredi.
+
+A l’Hôtel de Sens[10] près l’Ave Maria, logent les Carrosses de Lyon qui
+part de deux en deux jours, et qui passent en été par la Bourgogne et en
+hiver par Nevers, Moulins et Auvergne.
+
+ [10] Il en sera parlé un peu plus loin.
+
+Au même lieu sont les Carrosses de Dijon et Chalons sur Saone qui
+partent les Jeudis pour passer par la route de Troyes et de Chatillon,
+et les Lundis pour passer par Melun, Montreau, Sens, sainte Reyne, etc.
+
+Et encore ceux de Chaumont, Langres et Bar sur Aube, qui partent le
+Dimanche.
+
+Rue de la Tixeranderie[11] à la Maque[12], logent les Carosses d’Amiens,
+de Clermont en Beauvoisis qui partent les Dimanches, Lundis, Mercredis
+et Vendredis.
+
+ [11] «Au Heaume.» Édit. 1691, p. 53. Le Heaume servoit d’enseigne à
+ plusieurs hôtelleries. La plus célèbre, qui n’a disparu que dans ces
+ derniers temps, se trouvoit aux Halles, rue Pirouette. Cl. Fauchet
+ la cite dans ses _Origines des chevaliers_, 1608, in-8º.
+
+ [12] La Maque étoit une grande maison de la rue de la Tixéranderie,
+ près de la Grève. Elle devoit son nom à Thomas Lamaque, qui, en
+ 1527, y avoit établi une fabrique de tissus de soie. Elle étoit
+ ensuite devenue une auberge. On la voit figurée sur le plan
+ Gomboust.
+
+Rue Jean pain molet à la Teste noire, loge le Carrosse d’Abbeville qui
+part le Mercredi.
+
+Rue saint Martin au Cardinal le Moine, loge le Carrosse de Reims qui
+part le Vendredi.
+
+Au même lieu sont les Carrosses de Soissons, Laon et Notre Dame de
+Liesse[13] qui partent le Jeudi.
+
+ [13] Dans un très curieux volume publié en 1647: _Le vray thrésor de
+ l’histoire sainte sur le transport miraculeux de l’image de Notre
+ Dame de Liesse_, se trouve l’itinéraire détaillé de Paris à Laon: il
+ falloit trois jours pour s’y rendre «en coche».
+
+Rue saint Denis au grand Cerf[14], loge le Carrosse de Bruxelle, qui
+part les Mercredis et Samedis, et qui passe par Senlis[15], la Ferté,
+Guise, l’Isle, Tournay, Douay[16], etc.[17]
+
+ [14] Vaste auberge, dont la cour faisoit communiquer la rue des
+ Deux-Portes-Saint-Sauveur avec la rue Saint-Denis. Un passage du
+ même nom la remplace. Il fut question, en 1763, d’y mettre la
+ Comédie Italienne.
+
+ [15] Senlis avoit son coche particulier. Il fut pillé en 1652, et sept
+ de ses voyageurs tués. (_Mém._ de Conrart, p. 35.)
+
+ [16] Un autre carrosse alloit par Péronne, Cambray, Valenciennes,
+ Mons, etc. C’est celui que prit Regnard, se rendant à Bruxelles: «Le
+ premier jour, avons-nous dit dans la _Vie de Regnard_, il ne va pas
+ plus loin que Senlis, où l’attend Fercourt, qui vient de Beauvais,
+ et où ils couchent, les coches ne marchant pas de nuit. Le
+ lendemain, tout ce qu’ils peuvent faire est de pousser jusqu’à
+ Péronne, et le surlendemain jusqu’à Gournay. Le jour suivant, qui
+ est le quatrième, ils couchent à Cambray; le cinquième à
+ Valenciennes, le sixième à Mons, le septième à Notre-Dame-de-Halle;
+ le huitième, ce terrible coche de Flandre les dépose où ils doivent
+ s’arrêter, et Regnard peut écrire avec soulagement: «Nous arrivâmes
+ enfin à Bruxelles.»
+
+ [17] «On trouve rue Saint Germain de l’Auxerrois des carrosses de
+ renvoi pour Évreux et pour Caen.» Édit. 1691.
+
+On trouve rue saint Germain l’Auxerrois des Carosses de renvoi pour
+Evreux et pour Caën.
+
+
+
+
+MESSAGERIES[1].
+
+ [1] La différence entre le carrosse et la messagerie étoit que l’un ne
+ prenoit que des voyageurs et leurs hardes, tandis que l’autre
+ voituroit voyageurs et marchandises. Les messageries dépendoient de
+ l’État et s’affermoient. Elles étoient régies par un règlement
+ général daté de 1678.
+
+
+Rue Contrescarpe près la rue saint André, chez Mademoiselle Blavet[2],
+logent les Messagers de Bourdeaux qui partent tous les jours en été à
+cinq et en hiver à neuf heures du matin.
+
+ [2] V. plus haut, p. 161.
+
+Au même lieu loge le Messager d’Auvergne qui part les Mercredis et
+Samedis, et qui vont à saint Amant, Aurillac, Chambon, Chasteauneuf,
+Chenerailles, Paeillentin, Gueret, Jarnage, Isset, la Broutance, la
+Charité, le Busson, Leguire, Luçon, Monluçon, Moriac, Neuvy, Modan,
+Rillac, etc.
+
+Et encore les Messagers du Blaisois et du Maine, qui partent le Samedi
+et qui vont à Blois, au Chasteau du Loir, à saint Calais, à Laval, etc.
+
+Le Messager de sainte Menehoult[3] qui ne vient que de trois en trois
+semaines, et celuy de Sezanne en Brie qui ne vient que de dix en dix
+jours, logent rue saint Antoine à la Trinité.
+
+ [3] Il étoit indépendant des messageries de la Champagne, affermées
+ comme celles de la Lorraine par Fr. Précy.
+
+Même rue à la Bannière de France, logent les Messagers de Rebay, de
+Tournant, de Bray sur Seine et Dannemarie, etc., qui arrivent le
+Mercredy et partent le Jeudy.
+
+Les Messagers de Bretagne qui vont à Nantes, à Rennes, à Vannes et dans
+toutes les autres Villes de cette Province, logent rue de la Harpe à la
+Rose rouge[4], et partent les Jeudis et Samedis.
+
+ [4] Rue de la Harpe, se trouvoit aussi l’hôtel de _l’Arbalête_, où
+ étoit longtemps descendu le coche d’Angoulême. Balzac se plaint de
+ ce qu’un paquet qu’on y mit pour lui y resta un mois et demi sans
+ partir. Lettre _inédite_ du 21 août 1645, publiée dans le recueil si
+ curieux et si bien annoté de M. Tamizey de La Roque.
+
+Rue Contrescarpe logent les Messagers d’Estampes et d’Orléans, qui
+partent tous les jours.
+
+Près l’Ave Maria à l’Hôtel de Sens[5], logent les Messagers de Dijon[6],
+Bourg en Bresse, Baune, Chalons sur Saône, Macon, Auxonne, Salins, Grey,
+Dôle, Besançon, Montbéliard, Belfort, Pontarlier, Neufchastel, Sens,
+Joigny, Auxerre, Noyers, saint Florentin, Ancy le Franc, Chably,
+Ravière, Montbart, Autun, Semeur, Avalon, sainte Reyne, Issoudun, Bar
+sur Seine, Mussy l’Evêque, la Palisse, saint Geran, Bacaudière, Rouanne,
+et qui partent presque tous les jours[7].
+
+ [5] Rue du Figuier. Il devoit son nom aux archevêques de Sens, qui
+ longtemps y étoient descendus, et dont il n’avoit pas cessé d’être
+ la propriété. On sait qu’il existe encore.
+
+ [6] Le carrosse de Lyon y descendoit aussi, ainsi que son messager,
+ qui se chargeoit de toutes les marchandises qu’on lui confioit,
+ affranchies ou non. Voici à ce sujet quelques lignes d’une
+ intéressante lettre de Fléchier: «Je n’avois pas oublié, Madame, que
+ je vous avois promis du miel de Narbonne... Je vous en envoie donc
+ un baril de vingt livres que j’ai fait donner au messager de Lyon,
+ pour être mis à la diligence et porté à l’hôtel de Sens, près le
+ port Saint-Paul. J’ai donné ordre qu’on l’affranchît de toutes
+ sortes de droit de port. Je vous prie de l’envoyer prendre.» Jean
+ Dubray et Louis Langlois, associés à M. De La Bruyère, étoient
+ fermiers des messageries de Paris à Lyon.
+
+ [7] Dans l’édit. de 1691, p. 54, l’Hôtel de Sens n’est pas indiqué
+ comme point de départ de ces messageries. On lit seulement: «Près
+ l’_Ave Maria_, aux diligences de Lyon, logent les messagers de
+ Dijon, Bourg, etc.» Le mot _Diligence_, alors nouveau dans ce sens,
+ paroît ne s’être employé d’abord que pour la voiture de Lyon.
+ Palaprat s’en est bien moqué dans la préface de sa comédie
+ l’_Important_, jouée en 1694: «Me voilà parti, dit-il, me voilà
+ empaqueté et emballé entre deux énormes magasins dans ce char à
+ rouliers qui mène à Lyon, et qu’on appelle fort improprement la
+ _Diligence_, formidable machine dont les fermiers... n’ont pas
+ laissé de trouver le mouvement perpétuel; car ni leur corbillard
+ terrible, ni les malheureux condamnés à la roue qu’il renferme,
+ n’ont pas un moment de repos pendant tout le voyage.» Qui pis est,
+ n’y trouvoit pas de place qui vouloit. Il falloit laisser passer
+ d’abord les personnes recommandées par le secrétaire d’État,
+ administrateur de Paris et de l’Ile-de-France. C’étoit une des
+ conditions du privilége accordé à l’entrepreneur de ces voitures.
+ Seignelay écrivoit, par exemple, le 7 septembre 1688: «De par le
+ roy, il est ordonné au maître de la diligence de Lion, de donner au
+ sieur coadjuteur d’Arles cinq places dans le carrosse qui partira le
+ samedi xje du présent mois, et ce préférablement à toutes autres
+ personnes.»
+
+Rue de la Huchette aux Bœufs, loge le Messager de la Ferté Alais qui
+part le Lundy.
+
+Celuy de Chatillon sur Inde, loge rue de la Harpe à la Croix de fer[8].
+
+ [8] Cette auberge, à l’enseigne de la Croix de Fer, rue de la Harpe,
+ tenoit aux ruines du Palais des Thermes.
+
+Rue d’Enfer fauxbourg saint Michel[9] loge le Messager de Chatre[10]
+sous Montléhery, qui part les Lundis, Jeudis et Samedis.
+
+ [9] «A la Couronne d’or.» Édit. 1691, p. 54.
+
+ [10] On sait que c’est aujourd’hui Arpajon. Châtre n’est plus connu
+ sous son premier nom que par un noël très populaire.
+
+Rue du Four S. Germain, loge le Messager d’Espernon.
+
+Rue saint Victor aux Carosses d’Auvergne, logent les Messagers de
+Bourbonnois passant par Bonybriart, Cône, la Charité, saint Pierre le
+Moustier, Bourbon les Bains, Vichy et Moulins, qui part le Samedi.
+
+Au même endroit sont les Messagers du Puy, Mandre, saint Flour, Brioude,
+Sainpoursain, Gannat, Aigueperche, Riom, Clermont, etc., qui partent
+aussi le Samedi.
+
+Et encore les Messagers de Languedoc qui vont à Montpellier, Nismes,
+Beaucaire, Frontignan, etc., qui partent les Dimanches, Mercredis et
+Samedis.
+
+Rue saint Germain de l’Auxerrois au Gaillard Bois, loge le Messager de
+l’Aigle qui part le Vendredi.
+
+Même rue à la Rose blanche, loge le Messager de Dreux et Nogent le Roy
+qui part le Vendredi à midi.
+
+Rue Git le Cœur, loge le Messager de Tours qui part les Dimanches et les
+Jeudis.
+
+Rue Betizy à l’Image saint Pierre, logent les Messagers de Coutance,
+Breiza, Perriere, saint Sauveur, Landilin, Marigny et Basse Normandie,
+qui arrivent le Jeudi au soir et partent le Samedi à midi.
+
+Rue Montorgeuil à l’Image saint Claude loge le Messager de Forge qui
+part le Vendredi[11].
+
+ [11] «Au même endroit logent les messagers d’Oizemont, Honfleur,
+ Pont-eau-de-mer, et Pont-l’Evêque, qui partent le vendredi.» Édit.
+ 1691, p. 54.--A la fin du siècle suivant, c’est à _l’Image
+ St-Claude_ que descendoient les marchands de beurre de Pontoise.
+
+Même rue logent les Messagers de Diepe et de Gisors qui partent le
+Mercredi.
+
+Rue Bourtibourg au Comte Robert, loge le Messager de Fontainebleau qui
+part le Vendredi[12].
+
+ [12] «Rue d’Arnetal, au Mouton couronné, loge le messager de Dan-Marie
+ et de Bray-sur-Seine.» Édit. 1691, p. 14.
+
+Rue d’Arnetal à la Couronne d’or, loge le Messager de Condé qui part le
+Samedi[13].
+
+ [13] «Rue Saint-Antoine, à la Bannière, logent les messagers de
+ Languedoc et de Chaumont.» _Id._, p. 55.
+
+Rue de la Mortellerie à la Clef d’argent, loge le Messager de Tonnerre
+qui part le Lundi, et celuy de Champeau qui part le Samedi[14].
+
+ [14] «Rue Saint-Denis, au Grand-Cerf, logent les messagers de
+ Soissons, Laon et Notre-Dame de Liesse, qui partent le samedi.»
+ _Id._, _ibid._
+
+Rue saint Denis au grand Cerf, loge le Messager de Rouen et ceux
+d’Arras, de Tournay et de l’Isle en Flandres.
+
+Même rue à la Croix blanche, loge le Messager de la Ville d’Eu.
+
+Au bas de la rue de la Harpe à l’Image saint Eustache, logent les
+Messagers d’Angers[15], de Nantes, de la Flèche, de Beaufort, de Saumur,
+de Bourgeuil, etc., qui partent les Mercredis et Samedis.
+
+ [15] Par un procès, qui avoit eu lieu trois ans auparavant, on sait ce
+ qu’il en coûtoit de Paris à Angers pour un voyageur et son bagage.
+ En vertu d’une sentence du Châtelet en date du 9 nov. 1689, le sieur
+ Bernard, bourgeois de Paris, fut condamné à payer au messager 36
+ livres au lieu de 33 qu’il offroit, et en sus 3 sous de la livre
+ pesant de ses hardes, au lieu de 2 sous 6 deniers.
+
+Rue saint Jacques au Lion ferré, logent les Messagers de toutes les
+Villes de Bretagne qui partent les Mercredis et Samedis.
+
+Rue Serpente logent les Messagers de Carcassonne, Castelnaudary,
+Castres, Alby, Gaillard, Montauban, Cahors, Rhodez, Villefranche, Perat,
+Sarlat, Limoges, Brives, Thul, Thoulouse, Userche, Souliac, etc., qui
+partent le Mardi[16].
+
+ [16] C’est à l’Hôtel d’Anjou, rue Serpente, que ces messagers
+ logeoient. D’autres y vinrent un peu plus tard, notamment celui de
+ Château-du-Loir.
+
+Rue Jean Pain molet à la Teste noire, logent les Messagers d’Abbeville.
+
+Au Colombier près saint Martin des Champs, logent les Messagers de
+Crespy et de Villers Cotterets, qui partent le Vendredi.
+
+Ceux d’Allençon, de Petiviers, de Caen, etc., qui partent le Dimanche et
+qui logeoient ci-devant à l’Hôtel de Montbason, sont à présent rue du
+Jour près saint Eustache.
+
+Ceux d’Amiens et de Mondidier logent rue de la Tixeranderie à la
+Maque[17] et partent les Dimanches, Lundis, Mercredis et Vendredis.
+
+ [17] Nous avons parlé plus haut, p. 164, de cette auberge et de
+ l’origine de son nom.
+
+Rue du Cimetière saint André logent les Messagers de Mommirel, de
+Perigueux et de Rochoir qui n’ont pas de jours reglez, et ceux de
+Chinon, de Loudun, de Poitiers, de Thouars, de la Rochelle, etc., qui
+partent le Dimanche[18].
+
+ [18] Blegny oublie le messager de «Bonnétable et route», qui logeoit
+ quai des Augustins, à l’enseigne si curieuse de la Reine des Reines.
+
+Rue Montorgueil à l’Image saint Christophe, loge le Messager de Beaumont
+en Picardie qui arrive le Mardi et part le Mercredi.
+
+Rue des Precheurs à la Pomme de pin, loge le Messager de Boine en
+Gatinois qui arrive le Jeudi et part le Vendredi.
+
+A l’entrée du quay de la Tournelle[19] à la Corne[20], logent les
+Messagers de Montargis, de Giens et autres lieux circonvoisins.
+
+ [19] «Rue de la Tournelle, devant la rue de Bièvre.» Édit. de 1691, p.
+ 55.
+
+ [20] C’étoit une très ancienne auberge, qui, de la rue des Sept-Voies,
+ où Érasme y avoit logé en arrivant à Paris, avoit été transférée
+ tout près, quai de la Tournelle.
+
+Rue Jean Robert aux Carrosses d’Allemagne, logent les Messagers de
+Strasbourg, Fribourg, Scelestat, Colmar, Brissac, etc.
+
+Rue saint Denis au grand Cerf, loge le Messager du Quesnoy.
+
+
+
+
+COCHES PAR TERRE ET PAR EAU[1].
+
+ [1] Comme les messageries et les carrosses de voiture, auxquels ils
+ étoient inférieurs en vitesse, et qui coûtoient plus cher, les
+ coches voituroient voyageurs et marchandises. Ils n’en différoient
+ que par le prix moins élevé, et parce qu’ils étoient des entreprises
+ particulières, tandis que les messageries étoient un établissement
+ royal, et les carrosses de voiture des établissements privilégiés.
+ Les _coches_, comme le prouvoit leur nom, qui sentoit son vieux
+ temps, les avoient précédés les uns et les autres. Ils datoient de
+ l’époque des premières voitures de ville, qui s’appeloient comme eux
+ et qui peu à peu perdirent cet ancien nom pour en prendre d’autres.
+ Ils le gardèrent seuls: «Les coches, écrivoit Sauval, t. I, p. 191,
+ en 1670, sont encore en usage pour aller d’une ville à l’autre.»
+
+
+Rue Jean Robert aux Carosses d’Allemagne[2], logent aussi les Coches de
+Metz, Verdun, Clermont, Thionville, Danvilliers, Arlon, Wirton,
+Sarloüis, Vandrevanche, Sarbrik, Hambourg, Bik, la petite Pierre,
+Litemberg, Marsal, et autres Villes des trois Evechez, Comté de Chiny et
+places de la Sarre, Lorraine haute et basse, Barleduc, Ligny, Commercy,
+Pont Amousson, Luneville, Sarbourg, Philisbourg, Benfeld, Scelestat,
+Colmar, Brisac, Fribourg, etc., qui partent les Lundis et Vendredis[3].
+
+ [2] V. plus haut.
+
+ [3] Dans la première édition, Blegny n’avoit pas oublié moins que le
+ nom de la rue et celui de l’auberge où tous ces coches descendoient.
+ V. p. 56.
+
+Rue saint Antoine à l’Ours, logent les Coches de Troyes en Champagne,
+qui partent les Mardis et Vendredis.
+
+Celuy d’Amiens qui part de deux en deux jours, rue de la Tixeranderie à
+la Maque[4].
+
+ [4] V. plus haut.
+
+Celuy de Chalons en Champagne, rue de la Verrerie, qui part les Mardis
+et Vendredis.
+
+Rue Montorgueil à l’image saint Christophle, loge le Coche de Beaumont
+qui part le Samedi.
+
+Rue Bourlabé à l’Ecu Dauphin, logent les Coches de Montreuil, Boulogne,
+Calais, Dunkerque, etc., qui partent le Lundi.
+
+Rue Bourtibourg au Comte Robert, loge le Coche de Lagny qui part les
+Mardis, Jeudis et Vendredis.
+
+Celuy de Monfort Lamaury rue du Four saint Germain, à l’enseigne de la
+Ville d’Espernon, qui part les Mercredis et Samedis.
+
+Celuy d’Abbeville qui part le Dimanche, rue Jean Pain Molet.
+
+Rue saint Martin au Cardinal le Moine, logent les Coches de Rheims, qui
+partent les Lundis et Vendredis et ceux de Soissons, Laon, Notre Dame de
+Liesse, etc., les Lundis, Jeudis et Samedis.
+
+Rue saint Paul à la ville de Joigny, est le Bureau des Coches par eau
+d’Auxerre[5], qui partent les Mercredis et Samedis, et qui passent par
+Corbeil, Melun, Valvin, Montreau, Villeneuve le Roy, Joigny, etc.
+
+ [5] Béranger, qui l’avoit encore pu voir dans son enfance, en a parlé
+ dans une de ses chansons:
+
+ Six francs et ma layette en poche,
+ Belle nourrice de vingt ans
+ D’_Auxerre_ avec moi prit _le coche_.
+
+Le Bureau des Coches d’eau servant pour la diligence de Lion[6], est à
+l’Hôtel de Sens près l’_Ave Maria_.
+
+ [6] C’est-à-dire amenant de la haute et basse Seine les voyageurs pour
+ Lyon. A propos d’un autre coche qui, moitié par terre, moitié par
+ eau, vous amenoit de Lyon à Paris, v. Gui Patin, _Lettre_ du 17 nov.
+ 1662.
+
+Le Bureau des Coches par eau de Montreau, Bray et Nogent-sur-Seine, est
+sur le port saint Paul d’où ils partent le Lundi seulement deux fois le
+mois.
+
+Le Bureau des Coches par eau de Fontainebleau qui partent les Lundis à
+l’ordinaire et tous les jours à l’extraordinaire pendant le séjour de la
+Cour audit lieu, est sur le quay de la Tournelle à la Croix blanche[7].
+
+ [7] Ce chapitre, dans l’édition précédente, p. 56-57, diffère de
+ celui-ci par quelques détails que nous n’avons pas cru devoir
+ signaler. S’ils n’ont pas été reproduits par Blegny, c’est sans nul
+ doute que, vérification faite, il y avoit reconnu des erreurs. Pour
+ la même raison, nous n’en avons pas parlé.
+
+
+
+
+ROULLIERS ET CHARETTES
+
+DE ROUTES.
+
+
+Rue de la Harpe à la Croix de fer, logent les Charettes pour Laval,
+Mayenne et Vitré en Bretagne[1].
+
+ [1] Ce chapitre commence autrement dans l’édit. précédente, où il est
+ le XXXVIIe, p. 57. On y trouve cet article qui manque ici: «Rue de
+ la Huchette aux Bœufs, logent les charettes pour la Ferté Alais, qui
+ partent le mercredi.»
+
+Celles de Chartres rue Contrescarpe aux Carosses d’Orléans.
+
+Celles de Chevreuse qui partent les Mardis et Vendredis, rue saint
+Dominique du Fauxbourg saint Michel[2], à l’Ecu d’Orléans.
+
+ [2] C’est l’ancienne rue Saint-Dominique-d’Enfer, qui alloit de la rue
+ d’Enfer à la rue Saint-Jacques.
+
+Celles de Montargis et de Nemours qui partent le Dimanche, rue du quay
+de la Tournelle.
+
+Celles de Beny-Briard, Cone, la Charité, saint Pierre le Moutier,
+Nevers, Bourbon les Bains, Vichy, Moulins, etc., qui partent le
+Mercredi, rue saint Victor aux Carosses d’Auvergne, et encore celles du
+Puy, Mandre, saint Flour, Issoire, Brioude, saint Poursaint, Gagnac
+Aigueperche, Riom et Clermont, qui partent le Mercredi. Enfin celles de
+Montpellier, Nismes, Frontignan, Baucaire, Milhaud, Lodève, Beziers,
+Narbonne et Perpignan qui partent le Mercredi.
+
+Celles de Gournay qui partent le Vendredi, rue Montorgeuil à l’image
+saint Christophle.
+
+Celles de Senlis, Compiègne, Noyon, Chaunis, la Fère, Ham, saint
+Quentin, le Quesnoy, Maubeuge, Roye, Peronne, Cambray, Douay,
+Valencienne, Tournay, Bapaume, Arras, l’Isle, Rouen, Diepe et le Havre
+qui partent tous les jours, rue saint Denis au grand Cerf.
+
+Celles de Beaumont-Roger en Normandie qui partent le Mercredi, rue
+Montmartre à la grosse Tête.
+
+Celles de Dijon, Bourg en Bresse, Nuis, Baune, Chalons sur Saône, Macon,
+Auxonne, Salins, Grey, Bezançon, Monbelliard, Befort, Pontarlier,
+Neufchastel, Sens, Joigny, Auxerre, Noyers, saint Florentin, Ancy le
+Franc, Tonnerre, Chably, Bavière, Mon-bar, Autun, Semeur, Avalon, sainte
+Reine, Bar sur Seine et Mussy l’Evesque, qui partent tous les jours près
+l’_Ave Maria_ à la Diligence de Lion.
+
+Les Roüilliers[3] de Troyes et autres Villes de Champagne et de
+Bourgogne, logent rue de la Verrerie à l’Image Notre Dame[4].
+
+ [3] Blegny écrit comme on prononçoit, et comme on prononce encore dans
+ quelques provinces. L’orthographe étoit déjà «roulier». Richelet
+ écrit ainsi, et l’exemple qu’il donne: «Il s’en va à Orléans avec
+ les rouliers», indique que les rouliers ne prenoient pas seulement
+ des marchandises dans leurs charrettes, mais des voyageurs à qui
+ manquoit l’argent nécessaire pour aller par le carrosse de voiture,
+ les messageries ou le coche.
+
+ [4] Cette auberge existoit encore avec la même enseigne et la même
+ destination à la fin du XVIIIe siècle. C’est là que descendit la
+ fameuse Mme de La Mothe lorsqu’elle vint de Troyes à Paris pour
+ commencer ses intrigues, dont l’affaire du Collier fut la plus
+ scandaleuse.
+
+Ceux d’Anvers, de Lorraine et d’Allemagne, rue d’Arnétal au Chariot
+d’or, qui partent le Mardi et quelquefois le Mercredi.
+
+Ceux de l’Isle, Tournay, Douay, Arras, Maubeuge et Guise en Picardie,
+même rue au Mouton, qui partent le Jeudi.
+
+Et ceux de Compiègne, Peronne, la Ferre, etc., même rue à la Croix de
+Lorraine, qui partent le Samedi.
+
+Rue saint Denis aux deux Anges, logent les Charrettes de Montmirel, de
+la Ferté Gauché et du Bois Commun, qui partent le Vendredi.
+
+
+
+
+AUTRES ADRESSES NOUVELLEMENT RECOUVERTES.
+
+
+Chez les Sieurs Michallet et d’Houry rue saint Jacques, et chez la veuve
+Nion à l’adresse qui est à la première page, on trouvera au commencement
+de cette année 1692, le premier tome d’un livre également utile et
+curieux, qui aura pour titre _les Travaux d’Esculape_, ou les
+Découvertes successives des secrets de l’Art de guerir[1]. Ensuite de
+quoy on y trouvera régulièrement tous les trois mois un volume nouveau
+du même livre, pour satisfaire aux ordres du Roy et de Monsieur le
+premier Medecin de Sa Majesté, en conformité desquels la Société Royale
+de Medecine a été établie, pour travailler à la recherche et
+vérification des nouvelles Découvertes qui ont été faites, qui le sont,
+et qui le seront cy-après dans toutes les parties de la Medecine et dans
+tous les Arts qui luy sont subordonnez.
+
+ [1] C’est encore un livre de Blegny, qui ne pouvoit mieux finir qu’en
+ se faisant une réclame de plus. Il avoit déjà publié, en 1679 et
+ 1680, sous un titre à peu près pareil, 2 vol. du même genre, _Le
+ Temple d’Esculape_. Voy. notre _Introduction_, p. XLVIII.
+
+M. Rebel attenant au Jeu de paume de la rue Tireboudin[2], dit avoir
+apporté d’Egypte une Eau qui appaise sur le champ la douleur des Dents,
+qui se prend par le nez, qui fait larmoyer abondamment, et dont la
+phiole de quatre prises se vend un louis d’or; mais la vertu de ce
+Remede est encore inconnu à l’Auteur.
+
+ [2] C’est aujourd’hui la rue Marie Stuart.
+
+Le Sieur Do Emailleur[3] rue de Harlay scelle hermétiquement des
+Vaisseaux chimiques.
+
+ [3] Il a déjà été parlé de lui. V. t. I, p. 242.
+
+Le Sieur le Roy à l’entrée du fauxbourg saint Antoine vis-à-vis le
+Croissant, peint toutes sortes de Meubles en verni façon de la Chine[4],
+et travaille d’ailleurs dans les appartemens aux ornemens de Peintures.
+
+ [4] C’est un prédécesseur bien peu connu des Martin, si célèbres vers
+ le milieu du siècle suivant, mais en d’autres quartiers que le
+ faubourg Saint-Antoine: «La manufacture royale de MM. Martin,
+ lisons-nous dans l’_Esprit du Commerce_, 1748, in-8º, p. 41, est
+ située faubourg Saint-Martin, faubourg Saint-Denis, et une autre rue
+ Saint-Magloire.»
+
+Les Suisses qui apportent des Serains de Canarie[5], logent à l’entrée
+du même faubourg[6].
+
+ [5] «Les Suisses, lisons-nous dans le _Diction._ de Furetière,
+ apportent beaucoup de serins de leurs pays, du Tyrol et des
+ provinces méridionales de l’Allemagne.» Le Tyrol déjà en fournissoit
+ surtout: «Dans une bourgade du Tyrol, nommée Imst, dit Malte-Brun,
+ se trouve le grand séminaire de serins, nommés encore, ajoute-t-il
+ ironiquement, _oiseaux des Canaries_, dans la plupart des langues
+ d’Europe, et qui sont exportés jusqu’à Lisbonne et peut-être jusque
+ dans les Iles Canaries.»
+
+ [6] Hervieux dans son _Traité des serins de Canaries_, 1709, in-12,
+ chap. 23, dit qu’ils y venoient deux fois par an, et qu’ils
+ logeoient dans ce faubourg, à l’hôtellerie de la Boule, où ils
+ apportoient des serins par milliers.
+
+Le Sieur Quillet Sculteur à la Boule royale, grande rue du même
+fauxbourg, fait des Bordures de Tableaux pour les Marchands à juste
+prix.
+
+On vient d’établir une nouvelle Manufacture de Chandelle dans le même
+fauxbourg, rue de Pincourt, près la barrière[7].
+
+ [7] Une note en a parlé plus haut, p. 7.
+
+
+FIN DU LIVRE DES ADRESSES.
+
+
+
+
+TABLE
+
+DES ARTICLES
+
+DU
+
+LIVRE DES ADRESSES DE PARIS[1].
+
+ [1] Nous donnerons à la fin du volume la table alphabétique de
+ l’édition de 1691.
+
+
+ Tome I.
+
+ Affaires Ecclésiastiques 15
+ Exercices de piété 21
+ Finances Royales 26
+ Trésoriers Payeurs des Gages et Rentes 40
+ Conseils du Roy et Chancellerie 46
+ Secretaires du Roy 54
+ Scéances des Tribunaux 78
+ Vacations des Tribunaux 86
+ Docteurs et Licentiez en Droit 87
+ Secretaires et Greffiers du Conseil, des Cours Souveraines
+ et des Juridictions Subalternes 93
+ Contraintes Judiciaires 100
+ Bureaux Publics 106
+ Administration des Hospitaux 112
+ Banquiers 117
+ Academies et Conferences publiques 120
+ Biblioteques particulières et publiques 129
+ Collèges et Leçons publiques 138
+ Mathematiques 146
+ Medecine ordinaire 150
+ Medecine empirique 156
+ Opérations chirurgicales 157
+ Matières Médecinales simples et composées 164
+ Pension pour les Malades 178
+ Bains et Etuves 182
+ Impressions et Commerce de Librairie 185
+ Musique 204
+ Fameux Curieux des Ouvrages magnifiques 216
+ Dames Curieuses 231
+ Commerce de Curiositez et de Bijouteries 236
+ Commerce des Ouvrages d’Or, d’Argent, de Pierreries, etc. 244
+ Premieres Instructions de la Jeunesse 248
+ Nobles Exercices pour la belle education 253
+ Armes et Bagages de Guerre et de Chasse 261
+ Chevaux et Equipages 264
+ Passetemps et Menus Plaisirs 269
+ Jardinages 275
+ Tapisseries et Meubles ordinaires 283
+ Chair et Poisson 289
+ Marchandises de Beurre, Œufs, Fromages et Legumes 296
+ Offices de fruiteries 300
+ Panneterie et Patisserie 304
+ Marchandises de Vins et d’Aprests 309
+ Hostels garnis et Tables d’Auberges 316
+
+ Tome II.
+
+ Epiceries et autres Denrées domestiques 5
+ Etoffes 9
+ Linges, Points et Dentelles de fil 15
+ Dentelles, Points, Boutons et Galons d’or, d’argent et de soye 16
+ Mercerie et Quincaillerie 18
+ Marchandises de Papetiers, Cartiers et Cartonniers 26
+ Ouvrage et Commerce de Bonnetiers 28
+ Marchandises des Gantiers et Parfumeurs 31
+ Pelletterie et Fourrures 35
+ Ouvrages et Marchandises de Cheveux 39
+ Commerce des Verriers 41
+ Commerce de diverses Matières Métalliques et Ouvrages de
+ Couteliers, etc. 45
+ Domestiques et Ouvriers 49
+ Verifications et Rapports de Jurez 52
+ Habits d’Hommes et de Femmes 58
+ Commerce de Chapeaux 63
+ Ouvrages et Marchandises de Cordonniers 65
+ Adresses concernant les Articles precedens, recouvertes
+ après leur impression 68
+ Divers Adresses concernant des talens distinguez des
+ articles precedens 73
+ Omissions et Changemens 78
+ Batimens du Roy 87
+ Ouvrages exquis de Peinture et de Sculpture 92
+ Architecture et Maçonnerie 102
+ Qualitez et coupe de la Pierre 111
+ Ouvrages et fournitures de Charpente 115
+ Ouvrages et fournitures de Couvreurs 118
+ Ouvrages et Bois de Menuiserie 121
+ Ouvrages et Marchandises de fer 129
+ Ouvrages de Vitriers 138
+ Ouvrages et Marchandises de Miroitiers 140
+ Peintures, Sculptures et Dorures pour les Ornemens et Decorations
+ des Appartemens, Boutiques, etc. 144
+ Ouvrages de Graveurs 151
+ Ouvrages de Plombiers et de Fonteniers 155
+ Ouvrages des Paveurs 157
+ Poterie, Carrelage, Vuidanges, Nattes et frotage des Batimens 158
+ Carrosses de Routes 160
+ Messageries 166
+ Coches par terre et par eau 172
+ Roulliers et Charettes de Routes 174
+ Autres Adresses nouvellement recouvertes 177
+
+
+
+
+EXTRAIT DU PRIVILEGE DU ROY.
+
+
+Par grâce et privilege du Roy, donné à Paris le 14e jour du mois de
+juillet 1690, et signé par le Roy en son Conseil _De Saint Hilaire_; il
+est permis à la veuve de Denis Nion, Marchand libraire à Paris,
+d’imprimer ou faire imprimer un manuscrit intitulé _Les Adresses de la
+Ville de Paris, avec le Trésor des Almanachs pour l’année 1692, par
+Abraham Du Pradel, Astrologue Lyonnois_, pendant le temps de six années,
+à compter du jour que ledit Livre aura été achevé d’imprimer pour la
+première fois; avec très expresses inhibitions et défenses à tous
+Imprimeurs, Libraires et autres personnes, d’imprimer, faire imprimer ou
+contrefaire ledit Livre en quelque manière que ce soit, à peine de
+confiscation des Exemplaires, trois mille Livres d’amande et de tous
+dépens, dommages et intérests, comme il est porté plus au long par
+lesdites Lettres de Privilège.
+
+Registré sur le Livre de la Communauté des Libraires et Imprimeurs de
+Paris, le 26 juillet 1690. Signé P. Auboyn, Sindic[1].
+
+ [1] V. sur lui, t. I, p, 185.
+
+Achevé d’imprimer pour la seconde fois le 26 novembre 1691.
+
+De l’Imprimerie de Laurent Rondot[2].
+
+ [2] On a vu dans l’_Introduction_, t. I, p. lviij, que c’est chez lui
+ que ce même privilège fut saisi.
+
+
+
+
+ LE TRÉSOR
+ DES
+ ALMANACHS
+ POUR L’ANNÉE BISSEXTILE 1692
+
+ AVEC
+ UNE EXACTE DESCRIPTION
+ DE L’ŒCONOMIE UNIVERSELLE ET DES PARTIES
+ PRINCIPALES DU MONDE,
+
+ Un abrégé de la science des temps, le lever et le coucher du Soleil,
+ le Tarif des nouvelles monnoyes, l’ordre du département des
+ couriers, et diverses autres pièces également utiles et curieuses.
+
+ Par Abraham Du Pradel, Philosophe
+ et Mathématicien.
+
+
+ A PARIS,
+ chez la Veuve de Denis Nion, Marchand-Libraire
+ sur le quai de Nesle, devant l’Abreuvoir de
+ Guenegaud, à l’image Sainte Monique.
+
+ M. DC. XCII.
+ Avec privilége du Roy.
+
+
+
+
+AVERTISSEMENT.
+
+
+L’auteur, qui s’étoit proposé de donner annuellement un Livre au public
+de toutes les choses sujettes à mutations, et sur lesquelles on a
+souvent besoin de nouvelles instructions pour se procurer les commoditez
+de la vie, jugea que le Calendrier qui comprend les fêtes mobiles devoit
+faire partie de ce Livre, et que par la même raison il seroit obligé d’y
+comprendre la science des temps, qui pour avoir quelques Époques
+certaines, ne laisse pas de varier sur les jours et sur les heures à
+l’égard des apparences des Astres et des Planettes qui ont servi de
+fondemens à cette science.
+
+Sur ces considérations il publia en 1690 une sorte d’essay qui eut pour
+titre le _Trésor des Almanachs_ pour servir à toutes espèces de
+négociations utiles, et gui fut seulement imprimé à Troyes[1] sur une
+simple permission, avec assez de négligence: cependant, l’accueil
+favorable que le public fit à cet essay, ayant fait naître à l’auteur le
+dessein de le rendre plus recommandable, et de poursuivre au grand
+sceau[2] la permission prohibitive[3] de le faire imprimer; il fut
+publié pour la seconde fois en 1691, à la vérité avec une augmentation
+considérable, mais non pas avec l’ordre et l’exactitude qu’on pouvoit
+désirer, le Privilège n’ayant été obtenu que vers la fin de 1690,
+c’est-à-dire dans un temps où la nécessité de le publier sans aucun
+retard ne permit pas à l’Auteur de débrouiller assez parfaitement ses
+idées.
+
+ [1] On sait combien sont anciennes les imprimeries populaires de
+ Troyes, dont les productions avoient leur débouché naturel aux
+ fameuses foires de Champagne. On commença par y publier des
+ complaintes, des cantiques, etc., sur de grandes feuilles avec
+ gravures, qu’on obtenoit sans doute par le procédé des planches
+ xylographiques: «J’ai vu, lit-on dans les _Œuvres inédites_ de
+ Grosley, t. II, p. 15, j’ai vu chez Jean Fraictot, le dernier de nos
+ dominotiers, de ces planches qui, soit par leur état, soit par le
+ goût du caractère des lettres, et de la poésie des cantiques,
+ annonçoient plusieurs siècles d’antiquité.»--Les almanachs de Troyes
+ sont bien plus anciens que ceux de Liège. On a un _Calendrier des
+ Bergers, avec leur astrologie et autres choses profitables_, imprimé
+ à Troyes en 1510. Au siècle suivant, les almanachs de Larivey, de la
+ famille de celui dont on connoît les comédies traduites de
+ l’italien, y faisoient fortune. Nous citerons entre autres:
+ _Almanach_ de Pierre Larrivey, _avec grandes prédictions pour
+ l’année 1622_. Sorel, quand il dit au livre XI de _Francion_:
+ «N’as-tu point leu l’almanach... de Larivay le jeune Troyen»,
+ témoigne de leur popularité. Perrault de même, disant de Boileau, si
+ fier du succès de ses _Œuvres_: «Il a beau se glorifier du grand
+ débit que l’on fait de ses Satires, ce débit n’approchera jamais de
+ celui du moindre des almanachs, imprimés à Troyes, au _Chapon
+ d’or_.» C’étoit si bien la terre promise des calendriers avec
+ prédictions, que le P. Placide Duval disoit dans ses _Éléments de la
+ Géographie de la France_: «La ville de Troyes est habitée de
+ plusieurs bons Marchands, et d’un bon nombre d’Astrologues.» Il en
+ venoit aussi des chansons, ce qui offusquoit davantage l’autorité.
+ On laissoit passer les almanachs, mais on arrêtoit les chansons.
+ (_Corresp. administ. de Louis XIV_, t. II, p. 802, 788.) Sur les
+ libraires qui vendoient à Paris les almanachs de Troyes, v. plus
+ haut, t. I, p. 193.
+
+ [2] A la grande Chancelerie de France. Les actes qu’on y revêtoit du
+ grand sceau étoient exécutoires par tout le royaume.
+
+ [3] Permission avec expresse défense pour les autres.
+
+Lors de cette seconde édition, ce Livre fut intitulé _Les Adresses de la
+Ville de Paris et le Trésor des Almanachs_, avec cette addition de
+_Livre commode en tous lieux, en tous temps et en toutes conditions_;
+mais étant arrivé que dans le courant de l’année bien des gens avoient
+témoigné qu’ils seroient bien aises d’avoir pour le commerce ou pour des
+présens[4] des Almanachs séparez du Recueil des Adresses, et qu’au
+contraire tous ceux qui avoient recherché le Recueil des Adresses,
+avoient eu à gré d’y trouver l’Almanach; l’Auteur a pris le parti de
+faire en même temps deux éditions distinguées, l’une sous le titre
+général de _Livre commode_, qui comprend ensemble cet Almanach et le
+Recueil des Adresses, l’autre sous le premier titre de _Trésor des
+Almanachs_ qui se vendra séparément.
+
+ [4] Il étoit de mode de donner, le jour de l’an, des _almanachs_
+ richement reliés. De là vint la vogue de ces _Étrennes mignonnes_,
+ dont nous avons vu la fin. Il existe dans les poésies diverses de La
+ Fontaine (édit. Marty, t. V, p. 117) une pièce curieuse, qui est un
+ souvenir de cette mode: «PRÉDICTIONS POUR LES QUATRE SAISONS DE
+ L’ANNÉE, _mises dans un Almanac écrit à la main sur du vélin, garni
+ d’or et de diamants et présenté à Mme de Montespan par Mme de
+ Fontange_, le 1er jour de l’an 1680.»
+
+Cette complaisance de l’auteur, jointe aux peines qu’il s’est données
+pour rendre son ouvrage complet, luy fait espérer l’approbation de ses
+Lecteurs, qui lui tiendra lieu de récompense, et qui multipliera les
+vœux qu’il fait pour leur prospérité en ce monde, et pour leur béatitude
+dans l’éternité des siècles.
+
+
+
+
+LE TRÉSOR
+
+DES ALMANACHS[5]
+
+POUR L’ANNÉE BISSEXTILE[6] 1692.
+
+ [5] Dans l’édition précédente, p. 63, Blegny, au lieu de la ligne qui
+ suit ici, avoit mis: «pour servir à toutes espèces de négociations
+ utiles.»
+
+ [6] On sait quelle est l’origine des années bissextiles. Jules César,
+ lorsqu’il créa le calendrier nommé à cause de lui calendrier Julien,
+ décida que l’année seroit de 365 jours 6 heures; et comme ces six
+ heures quatre fois répétées forment un jour, il ordonna que ce jour
+ seroit intercalé tous les quatre ans après le sixième des calendes
+ de mars, qui correspond au 24 février. Par cette intercalation ce
+ sixième jour des calendes étant doublé, on l’appela _bis sextus_,
+ bis sixième, ou _bissexte_, d’où année bissextile.
+
+
+
+
+IDÉE
+
+GÉNÉRALE DU MONDE[7].
+
+ [7] Blegny, dans l’édition de 1691, avoit écrit avec moins d’emphase:
+ «Systêmes du Monde».
+
+
+Le temps n’étant que la durée des êtres modifiez, et les saisons qui se
+trouvent dans la suite des temps n’étant que des accidents qui arrivent
+à ces êtres, il est de l’ordre de donner une idée générale de l’Univers,
+avant que de parler de la succession des temps et des saisons: mais
+comme cet Ouvrage, qui n’est qu’un simple manuel journalier, doit
+fournir dans l’instant même d’un besolu[8] l’utilité qu’on en doit
+attendre, et qu’il seroit par conséquent défectueux s’il exigeoit la
+moindre application d’esprit, on ne trouvera ici ni dans toutes les
+autres parties que des expositions si claires et si précises, qu’il
+suffira de les lire pour en faire sur le champ de justes applications
+dans la pratique de la vie civile.
+
+ [8] Lisez «d’un besoin».
+
+Voici donc comment, sans aucun principe, chacun se pourra faire dans un
+moment l’idée générale de l’univers. Il faut pour cela se représenter,
+comme on le sçait communément, que la Terre, avec les Eaux qu’elle
+comprend, est un globe ou rond, plein et opaque, qu’on peut comparer à
+une boule quant à la forme plus générale; puis ayant imaginé que cette
+boule pleine et opaque est au milieu d’une boule creuse et transparente
+dont la circonscription est beaucoup plus étendue, se représenter
+d’ailleurs qu’elle est soutenue au milieu de ce creux par une substance
+fluide et claire qui reçoit le nom d’Air.
+
+Alors, après avoir donné à ce premier globe creux et transparent le nom
+de _Ciel de la Lune_[9], on s’en figurera un deuxième de même nature
+qu’on nommera _Ciel de Mercure_, et qu’on supposera assez grand pour
+renfermer celuy-là; puis enfin, en les multipliant, on pourra en
+imaginer un troisième pour _Vénus_, un quatrième pour le _Soleil_, un
+cinquième pour _Mars_, un sixième pour _Jupiter_, un septième pour
+_Saturne_, qui est la dernière et la plus éloignée des sept planètes, un
+huitième où l’on placera le firmament ou ciel des étoiles fixes, un
+neuvième qui sera le premier ciel cristalin[10], un dixième qui sera le
+deuxième cristalin, et un onzième qu’on supposera être le premier mobile
+des autres, après quoy ayant imaginé un carré, on s’y représentera,
+suivant l’Apocalypse, la Sainte Cité[11] ou le Ciel Empirée[12] qui est
+la demeure des Bienheureux.
+
+ [9] Tout cela, ainsi que ce qui suit, est du système de Ptolémée,
+ celui que Blegny, comme on le verra plus loin, avoit adopté pour ne
+ pas se mettre mal avec l’Église.
+
+ [10] Ceci est encore du système de Ptolémée, suivant lequel chacun des
+ cieux transparents qui enveloppent la terre au delà des cercles des
+ planètes, s’appelle «cristallin».
+
+ [11] V. l’_Apocalypse_, chap. III, verset 12; chap. XXI, versets 2 et
+ 10.
+
+ [12] C’est, dans le système de Ptolémée, le ciel des fixes, supérieur
+ au ciel des planètes.
+
+
+_Considérations sur l’œconomie universelle et sur les parties
+principales du monde._
+
+Dans l’Astronomie la représentation de l’assemblage entier de tous les
+globes simples dont il vient d’être parlé, forme un Globe composé qui a
+reçu le nom de Sphère, et au milieu duquel on met un axe ou essieu sur
+lequel on suppose que tous les Cieux ensemble tournent en vingt-quatre
+heures d’Orient en Occident, quoique la Terre demeure fixe à leur
+égard[13].
+
+ [13] Il est inutile de dire que le système de Ptolémée a ce principe
+ erroné pour base. «Il s’est, dit Ferd. Hœfer, _Hist. de
+ l’astronomie_, p. 209, tellement identifié avec le langage et les
+ idées traditionnels, que l’on dit encore aujourd’hui que le Soleil
+ _marche_, qu’il _se lève_, qu’il _se couche_, etc., absolument comme
+ si la Terre étoit immobile au centre du monde.»
+
+Cet axe est supposé avoir ses deux points ou terminaisons au premier
+mobile[14] et traverser diamétralement toute la sphère, on imagine l’un
+de ces points à la partie Septentrionale, et l’autre à la partie
+Méridionale de ce Ciel, et l’on appelle le premier Pôle Artique, et le
+deuxième Pôle Antartique.
+
+ [14] On appeloit, dans l’astronomie ancienne, «premier mobile», la
+ première et la plus haute des sphères célestes, qui se meut et donne
+ le mouvement aux sphères inférieures. Le temps «du premier mobile»
+ est le temps qui est mesuré par le retour des étoiles au méridien.
+
+Ces noms qui, comme il vient d’être dit, n’appartiennent proprement
+qu’aux deux terminaisons de l’axe, ne laissent pas que de servir dans la
+Géographie de la Terre pour exprimer les deux points où l’on fait
+commencer les Lignes qui vont à ces mêmes terminaisons.
+
+Ce qui a donné les noms aux sept premiers cieux[15], est ce qu’on nomme
+Planettes. Ce sont des Astres qu’on distingue des Etoiles fixes du
+firmament, en ce que celles-ci dans leur mouvement gardent toujours un
+ordre et une distance égale, et que celles-là, au contraire, changent de
+situation les unes à l’égard des autres, pendant même qu’elles sont
+toutes emportées par un mouvement général d’Orient en Occident sur l’Axe
+qui vient d’être supposé.
+
+ [15] V. ce qui a été dit un peu plus haut.
+
+Cette variété de situations vient de ce que ce mouvement général
+n’empêche pas qu’elles n’ayent chacune un mouvement particulier et
+naturel d’Occident en Orient dans lequel elles sont inclinées, tantôt
+vers les signes Méridionaux, tantôt vers les signes Septentrionaux, les
+unes plus, les autres moins; et que d’ailleurs elles peuvent avoir
+jusqu’à sept ou huit degrez de latitudes dans chaque signe, ce qui fait
+qu’on les imagine comme enclavées dans un même Cercle qu’on nomme
+Zodiaque[16] et qu’on fait le plus large de la Sphère.
+
+ [16] Les signes du zodiaque servent encore pour l’astronomie moderne,
+ mais sans correspondre aux constellations de l’ancienne. La
+ découverte de la première des planètes télescopiques au commencement
+ du siècle prouva que ce Cercle devoit être considérablement élargi:
+ «La découverte de _Cerès_ par Piazzi, en 1801, lisons-nous dans
+ l’_Histoire de l’astronomie_ de Voiron, p. 72, a changé tout à coup
+ les idées reçues sur la largeur du zodiaque. L’étendue de cette zône
+ du ciel dans laquelle sont observés les mouvements des planètes
+ avoit toujours été comprise dans une largeur d’environ seize degrés;
+ c’étoit celle du zodiaque consacré par l’astronomie ancienne. Cérès
+ en a franchi les bornes et porté sa largeur jusqu’à trente-sept
+ degrés.»
+
+Il faut de cette proposition générale excepter le Soleil, en ce que dans
+son mouvement particulier et annuel, aussi bien que dans le mouvement
+général du premier mobile, il parcourt constamment le milieu du
+Zodiaque; en sorte qu’il décrit comme une ligne étroite dans ce milieu
+qu’on nomme Ecliptique, par cette raison que quand la Lune se trouve à
+notre égard vis-à-vis de cette ligne, il se fait une éclipse.
+
+Le Zodiaque, et par conséquent l’Ecliptique qui n’est que son milieu,
+aussi bien que tous les autres Cercles qu’on imagine dans la Sphère du
+Monde, est divisé par les Astronomes en 360 parties qu’on nomme degrez,
+chaque degrez en 60 minuttes, chaque minutte en 60 secondes, chaque
+seconde en 60 tierces, etc.
+
+J’ai déjà dit que les Planettes faisoient ensemble le tour de la Terre
+en 24 heures; je dois dire maintenant que par leurs mouvemens
+particuliers et naturels,
+
+Saturne fait la révolution en 29 ans 155 jours, 8 heures.
+
+Jupiter en 7 ans, 323 jours 17 heures.
+
+Mars en un an 321 jours 22 heures.
+
+Le Soleil en 365 jours, 5 heures, 49 minuttes 16 secondes.
+
+Mercure en 215 jours, 21 heures 5 minuttes.
+
+Vénus en 583 jours, 22 heures 12 minuttes.
+
+La Lune en 27 jours, 7 heures et 43 minuttes[17].
+
+ [17] On comprend que tous ces calculs, basés sur le système de
+ Ptolémée, sont devenus plus ou moins faux lorsqu’on a pris pour base
+ celui de Copernic. Voici, avec celui-ci, à quels nouveaux chiffres
+ on est arrivé: la révolution de Saturne autour du Soleil se fait en
+ 10,758 jours, c’est-à-dire un peu plus de 29 ans; Jupiter fait la
+ sienne en 11 ans, 217 jours; Mercure en 87 jours, 23 heures, 14
+ minutes, 30 secondes; Vénus en 224 jours.
+
+Quand on est dans un lieu bien découvert, et qu’on regarde toute la
+Terre apparente, il semble qu’aux extrémitez de la circonférence elle
+est jointe avec les Cieux, ce qui forme ce Cercle[18] qu’on appelle
+Orizon, où le Soleil paroît le matin à l’Orient et disparoît le soir à
+l’Occident, ce qu’on appelle lever et coucher du Soleil, et ce qui fait
+aussi que la partie orientale de la Terre est nommée Levant et la partie
+occidentale Couchant.
+
+ [18] La division de la sphère en cercles: le méridien, l’équateur,
+ l’écliptique, les deux tropiques et l’horizon, est due à Ptolémée,
+ après lequel les Arabes l’adoptèrent.
+
+Le Cercle qu’on imagine disposé dans un sens précisément contraire à
+celuy de l’Orizon, c’est-à-dire qui le coupe diamétralement, en séparant
+l’Axe et la Terre en deux parties égales, est ce qu’on nomme Equateur et
+ligne Equinoctiale.
+
+La Terre, considérée par sa division Orisontale, représente deux
+hémisphères; la supérieure, que nous occupons et dont le continent de
+Terre habitable renferme les trois parties qu’on nomme Europe, Asie, et
+Afrique; et l’inférieure qui fait les Antipodes, et dont le continent
+fait la quatrième partie de la Terre qu’on nomme Amérique ou
+Nouveau-Monde.
+
+La division de la Terre qui se fait par l’Équateur distingue en chaque
+hémisphère la partie Septentrionale de sa partie Méridionale; et pour la
+diviser de l’autre sens, c’est-à-dire en partie Orientale et en partie
+Occidentale, on imagine encore un autre cercle qu’on appelle Méridien,
+et qui passe sur les deux pôles ou terminaisons de l’axe du Monde, mais
+qui n’a pas de situation déterminée, parce qu’il doit être respectif à
+chaque climat pour désigner l’endroit où le Soleil est à midi.
+
+Le premier mobile tournant sur l’axe, l’Equateur pourroit être considéré
+comme le chemin des Astres, n’étoit que le Zodiaque, dans la largeur
+duquel elles sont comprises[19], le coupe obliquement pour incliner de
+23 degrez environ 30 minuttes sur notre hémisphère du côté du
+Septentrion, et sur l’autre du côté du Midi, ce qui fait la diversité
+des saisons, qui sont dépendantes de l’approche et de l’éloignement du
+Soleil à l’égard de chaque climat ou partie de la Terre.
+
+ [19] Nous ne savons pourquoi Blegny fait d’_astre_ un mot féminin; il
+ fut toujours masculin.
+
+Le mouvement journalier du Soleil fait qu’il n’est pas toujours au même
+endroit du Zodiaque, et que changeant de situation à l’égard des parties
+de ce Cercle, il se trouve dans les douze mois de l’année sous les douze
+signes qui font la division de ces mêmes parties chacune de 30 degrez.
+
+Ces signes sont généralement divisés en Méridionaux et Septentrionaux;
+les premiers, au nombre de six, sont ainsi nommez et figurez: la Balance
+♎︎, le Scorpion ♏︎, le Sagittaire ♐︎, le Capricorne ♑︎, le Verseau ♒︎,
+les Poissons ♓︎. Le Soleil passe dans les trois premiers en automne, et
+dans les trois derniers en hiver.
+
+Les derniers, pareillement au nombre de six, sont aussi désignez par les
+noms et par les figures suivantes: à sçavoir le Bélier ♈︎, le Taureau
+♉︎, les Gémeaux ♊︎, l’Écrevisse ♋︎, le Lion ♌︎, la Vierge ♍︎. Le Soleil
+passe dans les trois premiers au printemps et dans les trois autres en
+été.
+
+Ainsi, lorsque le Soleil paraît au Capricorne, qui est vers le 22
+décembre, nous entrons en hiver, dont le premier jour, étant le plus
+court de l’année, fait ce qu’on nomme Solstice d’hiver, c’est-à-dire le
+temps auquel le Soleil est plus éloigné de nous.
+
+L’accroissement des jours se faisant par degrez depuis le Solstice
+d’hiver jusqu’environ le 20 mars, il arrive enfin que leur durée devient
+égale à celle des nuits, égalité qu’on nomme Équinoxe et qui fait le
+commencement du printemps, où l’on voit le Soleil au Bélier.
+
+Depuis ce premier Equinoxe, les jours s’augmentant par degrez, nous
+arrivons enfin le 21 juin au plus long jour de l’année, c’est-à-dire au
+Solstice d’été, où le Soleil entre dans le signe de l’Écrevisse.
+
+Puis les jours étant derechef dégénérez jusqu’à une juste égalité de
+durée avec celle des nuits, nous arrivons enfin à l’Équinoxe d’Automne
+vers le 22 septembre, où le Soleil entre au signe de la Balance, et d’où
+les jours dégénèrent encore jusqu’à l’entrée de l’hiver.
+
+Pour représenter précisément dans la Sphère les diverses situations des
+signes où commencent les Équinoxes, et de ceux où commencent les
+Solstices, on y voit deux grands Cercles qu’on nomme les Colures, qui
+passent comme le Méridien sur les deux pôles, et qui, étant placez en
+distances égales, séparent le Globe en coupant le Zodiaque, où ils
+marquent de la sorte les endroits où le Soleil détermine le changement
+des saisons[20].
+
+ [20] Cette définition des _colures_ est assez juste. Ce sont, en
+ effet, deux grands cercles qui s’entrecoupent à angles droits aux
+ pôles, et qui passent: l’un, le _colure_ du solstice, par les points
+ solsticiaux, et l’autre, le _colure_ des équinoxes, par les points
+ équinoxiaux de l’écliptique, déterminant ainsi les quatre grandes
+ divisions, qui marquent les quatre saisons de l’année. Leur nom
+ vient de Κολος mutilé, et οὐρὰ queue, parce que, selon Proclus,
+ quelques-unes de leurs parties ne sont pas visibles à la vue.
+
+Si on se représente un Cercle vers chaque pôle et tous deux parallelles
+à l’Équateur, c’est-à-dire en égales distances, on aura compris ce que
+les Astronomes nomment à la partie Septentrionale du Monde, Tropique de
+Cancer, et à la partie Méridionale, Tropique de Capricorne, qui sont les
+termes de la déclinaison ou oblicuité de l’Écliptique; le surplus des
+parties de l’Univers et de la Sphère qui le représente sont à mon avis
+d’une trop médiocre considération pour l’idée générale que je me suis
+proposé de donner. Je dois dire seulement que quand on se figure un
+point qui répond perpendiculairement à notre tête, on le nomme
+Zénith[21] ou point Vertical, et qu’on appelle Nadir[22], celuy qui luy
+est directement opposé, et qui répond à nos pieds, ce qui sert à
+l’explication de quelques phœnomènes.
+
+ [21] Ce mot, qu’on écrivoit au moyen âge _Cenith_, vient de l’arabe
+ _Semt_ ou _Simet_, qui signifie chemin droit, point vertical.
+
+ [22] Mot qui vient de l’arabe _nathir_, vis-à-vis. Il désigne le point
+ du ciel auquel aboutiroit une ligne verticale tirée du point où nous
+ sommes, et passant à travers le centre de la Terre.
+
+
+
+
+REMARQUES
+
+SUR LE SYSTÊME PRÉCÉDENT ET SUR LES AUTRES SYSTÊMES DU MONDE.
+
+
+Ce qu’on appelle systême dans l’Astronomie est une déduction précise des
+principalles dispositions de l’Univers.
+
+Celuy dont je viens de donner l’idée est attribué à Ptolémée Égyptien.
+Il a servi à la construction de la Sphère artificielle qui sert depuis
+plusieurs siècles à démontrer cette science. Thico-Brahé, Danois, qui
+s’étoit proposé de le réformer, ne jugea pas à propos de détruire
+l’immobilité de la Terre et se contenta de supposer que le Soleil
+tournoit autour d’elle, tandis que les autres Planettes tournoient
+autour du Soleil, ce qui n’a eu qu’un petit nombre d’approbateurs[23].
+
+ [23] C’est là, en effet, à peu près tout le système de Tycho-Brahé,
+ qui vouloit ainsi concilier ensemble la Bible, Ptolémée et Copernic.
+ Il plaçoit le soleil au centre des mouvements des planètes qu’il
+ faisoit tourner avec lui autour de la Terre. L’idée de ce système
+ mixte avoit un instant été celle de Copernic. Lorsqu’il eut songé
+ qu’il seroit contraire à la simplicité de la nature de faire tourner
+ le centre commun des planètes autour d’un centre secondaire, il y
+ renonça. V. à ce sujet Montucla, _Hist. des Mathémat._, t. I, p.
+ 661.
+
+Il n’en a pas été ainsi d’un troisième système proposé par Copernic,
+Allemand[24]: car, quoique celui-ci soit entièrement opposé à celuy de
+Ptolémée qui est celuy même des Écoles, il n’a pas laissé que d’être
+trouvé probable par quelques gens, qui se sont imaginez qu’il pouvoit
+mieux servir que les autres à l’explication de ces Phœnomènes, dont on
+doit la découverte aux grandes lunettes d’approche qui sont maintenant
+en usage.
+
+ [24] Dans l’édition précédente, p. 71, Blegny avoit dit avec plus de
+ raison: «Copernic polonois». Thorn, qui est situé sur la Vistule, à
+ quarante lieues de Varsovie, et qui n’appartient à la Prusse que
+ depuis 1815, étoit, en effet, sa ville natale. L’ouvrage où il
+ exposa son système parut pour la première fois à Nuremberg en 1543.
+ C’est un in-fol. qui porte ce titre: _De revolutionibus orbium
+ cœlestium_. Copernic avoit alors soixante-dix ans; il mourut
+ quelques mois après.
+
+Dans ce système, on suppose le Soleil au centre du Monde, on fait de la
+Terre une Planette et on la fait tourner avec toutes les autres autour
+du Soleil, du moins si on en excepte la Lune qu’on croit tourner
+seulement autour de la Terre, comme si elle étoit enclavée dans son
+Atmosphère, c’est-à-dire dans le tourbillon d’air dont elle est
+environnée, ce qui fait que ces deux corps ne sont imaginez que dans un
+même ciel, qu’on fait le troisième et qu’on fait précéder par conséquent
+de celuy de Mercure que l’on croit être le premier; et de celuy de Vénus
+qu’on dit être le deuxième; de même que le Ciel de Mars qui suit celuy
+de la Terre est réputé le quatrième, et successivement ceux de Jupiter
+et de Saturne qui font le cinquième et le sixième. Mais, outre que ce
+systême n’est pas approuvé par l’Église[25], je feray voir bientôt dans
+un traité à part que tout ce qu’on y propose est physiquement
+impossible.
+
+ [25] Le 5 mars 1616, la congrégation de l’Index avoit condamné _donec
+ corrigatur_, ce qui valoit moins, disoit Képler, que _donec
+ explicetur_, le livre de Copernic, comme «renfermant des idées
+ données pour très vraies sur la situation et le mouvement de la
+ Terre, idées entièrement contraires à la Sainte Écriture.» En 1633,
+ Galilée, qui les soutenoit, fut condamné avec elles par un arrêt du
+ Saint-Siège qui déconcerta la science et faillit arrêter ses
+ progrès. Descartes en fut si frappé qu’il écrivit au P. Mersenne, le
+ 22 juillet 1633, le 10 janvier et le 15 mars 1634, qu’il renonçoit à
+ publier ses ouvrages de philosophie. En décembre 1640, le courage ne
+ lui étoit pas revenu. Pascal, sans se décider, car on a trouvé dans
+ ses fragments de pensées cette phrase: «Je trouve bon qu’on
+ n’approfondisse pas l’opinion de Copernic», n’attaqua pas moins très
+ vivement les jésuites d’avoir provoqué à Rome la condamnation du
+ système: «Ce fut aussi en vain, dit-il dans sa 18e Provinciale, que
+ vous obtîntes contre Galilée un décret de Rome qui condamnoit son
+ opinion touchant le mouvement de la Terre. Ce ne sera pas cela qui
+ prouvera qu’elle demeure en repos; et si l’on avoit des observations
+ constantes qui prouvassent que c’est elle qui tourne, tous les
+ hommes ensemble ne l’empêcheroient pas de tourner, et ne
+ s’empêcheroient pas de tourner aussi avec elle.» Malebranche, dans
+ la _Recherche de la vérité_, liv. IV, ch. 12, douze ans après la
+ mort de Pascal, fut plus net. Après avoir rappelé le chapitre de la
+ Bible sur Josué arrêtant le soleil, le seul dont l’Église se fît une
+ arme contre Copernic, il osa dire que la foi n’est point intéressée
+ à ces choses «qui sont du ressort de la raison», et qu’il faut lui
+ laisser son partage. La condamnation du système n’en fut pas moins
+ maintenue, et cela presque jusqu’à nos jours. Lorsque, le 5 mai
+ 1829, l’on inaugura à Varsovie la statue de Copernic par
+ Thorwaldsen, le clergé s’y arma encore de l’arrêt de Rome pour
+ refuser son concours.
+
+
+
+
+ABRÉGÉ
+
+DE LA SCIENCE DES TEMPS.
+
+
+Le Temps, qui n’est proprement que la durée passée, présente et future
+de l’Univers, a parmi les hommes des époques et des divisions qui
+servent à mesurer la subsistance des estres périssables. Ces époques et
+ces divisions sont ce qui forme le Calendrier, dans lequel les parties
+du temps ne sont déterminées que respectivement aux mouvements du Soleil
+à l’égard de la Terre ou, comme il faudroit dire avec Copernic, aux
+mouvemens de la Terre à l’égard du Soleil, ce qui ne change rien dans le
+fait.
+
+Ainsi, comme on suppose dans l’opinion commune que le Soleil est 365
+jours, 5 heures et environ 49 minutes à parcourir tout le Zodiaque,
+c’est-à-dire à faire tout le tour de la Terre, par son mouvement annuel
+on fait de cette espace de temps une mesure qu’on appelle année, et qui
+sert, en la multipliant, à déterminer les plus longues durées des
+choses, puisque de cent années on fait un siècle, et que l’idée de
+plusieurs siècles passez renvoye notre imagination jusqu’au temps de la
+création du Monde.
+
+Mais comme on sçait que chaque année commence le 1er janvier à minuit,
+qu’elle finit le dernier décembre à la même heure, et que tout cet
+espace de temps n’est justement que de 365 jours, on pourroit croire que
+les 5 heures et les 49 minuttes[26] dont il vient d’être parlé,
+détacheroient l’ordre des saisons de celui des années dans la succession
+des temps, si je ne faisois remarquer ici qu’après trois années de 365
+jours on en fait une de 366 qui est appelée bissextile[27], et dont le
+jour ajouté fait que février, qui n’a que 28 jours dans les autres, en a
+29 dans celle-ci et encore qu’après 135 années on retranche un jour,
+pour quelques minutes qu’il y a de moins sur ce jour ajouté[28].
+
+ [26] C’est ce qu’on appelle en Astronomie «le Quart de jour».
+
+ [27] V. une des notes précédentes.--Nous ajouterons ici, pour fixer
+ mieux l’origine de cette division du temps, qu’il paroît avéré
+ aujourd’hui que 2000 ans avant notre ère, les Chinois avoient une
+ année commune de 365 jours, et qu’ils intercaloient un jour tous les
+ quatre ans. V. Claudius Saunier, _le Temps_, 1858, in-12, p. 60.
+
+ [28] Lalande, dans son _Astronomie des Dames_, édit. de 1824, in-12,
+ p. 83, explique avec plus de détail, et d’après les calculs
+ définitifs, comment on retrouve, pour qu’il n’y ait pas de lacune,
+ les quelques minutes qui manquent au jour supplémentaire des années
+ bissextiles: «il s’en faut, dit-il, de onze minutes que le quart de
+ jour ne soit juste, et au bout de cent ans cette erreur s’accumule
+ de manière qu’on a ajouté presque un jour de trop; voilà pourquoi en
+ 1700, 1800 et 1900 l’année est commune au lieu d’être bissextile,
+ comme elle devroit l’être de quatre ans en quatre ans. Mais l’an
+ 2000 sera bissextile; on ne supprime que trois bissextiles en 400
+ ans, parce que les onze minutes d’erreur n’en exigent pas davantage.
+ Voilà en abrégé, ajoute-t-il, toute la règle des années solaires,
+ suivant la réformation faite en 1582. Les années bissextiles sont
+ celles dont on peut prendre le quart, comme 84, 88, 92, etc., même
+ les années séculaires 1600, 2000, 2400.»--Lalande, après ces
+ explications, rappelle spirituellement la prière du Bourgeois
+ gentilhomme à son Maître de philosophie pour qu’il lui apprenne
+ l’Almanach (acte II, scène 6), et il ajoute: «Molière savoit que ce
+ n’étoit pas toujours une chose facile.»
+
+L’espace de temps dans lequel le Soleil, par son mouvement annuel,
+parvient d’un solstice à l’autre, sert à diviser l’année en deux
+semestres, de même que par les deux solstices et les deux équinoxes
+ensembles, on la divise en quatre trimestres ou quartiers, et chacun de
+ces trimestres en trois mois, chacun desquels est mesuré par le temps
+que le Soleil employe dans ce même mouvement pour passer de l’un des
+signes du Zodiaque dans un autre.
+
+J’ai déjà dit que le Soleil, par le mouvement du premier mobile, fait
+tout le tour de la Terre en 24 heures; je dois dire maintenant que cet
+espace de temps est ce qu’on nomme jour naturel, c’est-à-dire la trois
+cent soixante et cinquième partie d’une année qui n’est point
+bissextile, laquelle comprend ensemble le temps des ténèbres qu’on
+appelle nuit, et celuy de la lumière qui est nommé jour artificiel.
+
+Il vient d’être remarqué que février n’a ordinairement que 28 jours et
+au plus 29. Quelques autres en ont 30 et la plupart même jusqu’à 31.
+Cela vient de ce que les mois qui n’étoient autrefois que lunaires,
+c’est-à-dire réglez sur le mouvement rétrograde de la Lune, n’étoient
+qu’environ de 29 jours; et que depuis, pour ajuster les mois au circuit
+annuel du Soleil, Jules César ajouta dix jours à l’année[29], ce qui fit
+en même temps l’accroissement et l’inégalité des mois.
+
+ [29] C’est ce qu’à cause de lui on appela l’année julienne, dont nous
+ avons déjà parlé plus haut. La réforme dont elle fut le résultat
+ reposoit sur une base erronée, en ce qu’on y considérait comme
+ exacte une longueur de l’année de 10 minutes 8 secondes plus grande
+ qu’elle n’est réellement, ce qui formoit tous les cent trente-quatre
+ ans l’excédant d’un jour presque entier. Dès le XIe siècle, lorsque
+ les astronomes persans eurent déterminé la longueur de l’année avec
+ une précision telle que l’erreur ne fut plus que d’un jour en
+ plusieurs milliers d’années, on se préoccupa d’une nouvelle réforme,
+ mais il fallut plusieurs siècles, comme on le verra, pour qu’elle
+ aboutît.
+
+Cette inégalité et le nombre de 52 semaines qui se trouvent dans le
+courant de chaque année fait voir qu’elles ne peuvent pas entrer dans
+une division cathégorique des temps, puisqu’on ne peut pas diviser les
+mois en un nombre certain de semaines, chaque semaine n’étant que de
+sept jours; aussi ne doivent-elles être considérées que comme une
+ordination ecclésiastique concernant le culte divin[30]; c’est pourquoi
+après avoir montré qu’un siècle est composé de cent années, que chaque
+année comprend deux semestres, chaque semestre deux quartiers, chaque
+quartier trois mois, chaque mois un peu moins ou un peu plus de 30
+jours, et enfin chaque jour 24 heures, y compris les diurnes et les
+nocturnes; il reste seulement à dire pour l’exacte division des mesures
+du temps, que chaque heure est divisée en deux demies, chaque demie en
+deux quarts, chaque quart en quinze minuttes, chaque minutte en 60
+secondes, chaque seconde en 60 tierces, etc.
+
+ [30] C’est ce qu’elle est en effet depuis l’adoption, en 325, de la
+ réforme julienne par le Concile de Nicée, qui supposa que
+ l’intercalation de dix jours ordonnée par César faisoit exactement
+ coïncider la longueur de l’année astronomique avec celle de l’année
+ civile, et établit la concordance astronomique du calendrier avec le
+ mouvement du Soleil.
+
+
+
+
+PRÉCISIONS
+
+CHRONOLOGIQUES ET HISTORIQUES DES TEMPS.
+
+
+Ces précisions sont indifféremment et généralement nommées par les
+Astronomes Ères, Epoques ou points fixes des temps; ce sont ou des
+dattes permanentes retenues par un consentement universel, pour
+déterminer le temps des grands évènements ou des nombres
+révolutaires[31] qui ne sont pas d’un moindre usage pour la Cronologie
+et pour l’Histoire.
+
+ [31] Ce mot n’est plus admis par la science.
+
+A l’égard des dattes permanentes, on compte depuis le commencement du
+monde jusqu’à présent 5,641 années; depuis le Déluge universel 3,185;
+depuis la naissance de Jésus-Christ 1692; depuis sa mort 1659 et depuis
+la réformation Grégorienne du Calendrier 110[32].
+
+ [32] La réformation grégorienne ou correction de l’intercalation
+ julienne doit son nom au pape Grégoire XIII, qui la décréta en 1582,
+ d’après les calculs de l’astronome italien Aloïsio Lilio.
+
+Pour ce qui est des nombres révolutaires, ils méritent chacun une
+explication particulière; le plus considérable est celuy qu’on appelle
+_Nombre d’or_, parce qu’il étoit autrefois marqué dans le Calendrier en
+lettre d’or. Sa première année, qui étoit en dernier lieu la précédente
+1691, étoit marquée par 1. Celle-ci, qui fait sa deuxième, étoit marquée
+2 et ses dattes seront ainsi continuées pendant dix-neuf années selon
+l’ordre naturel des nombres; en sorte que 1710 aura 19 pour nombre d’or
+et que 1710 reviendra au premier nombre[33].
+
+ [33] L’explication de Lalande, p. 84, est plus claire: «Les _Nombres
+ d’or_, dit-il, sont une suite de 19 nombres qui répondent à 19 ans,
+ et indiquent successivement les années qui s’écoulent avant que la
+ nouvelle lune revienne au 1er janvier.» Ce n’est qu’un retour au
+ cycle de l’athénien Méton, que, sous Alexandre, Eudoxe avoit déjà
+ réformé d’après les livres des prêtres d’Égypte. Champollion-Figeac,
+ dans son _Résumé complet de Chronologie_, petit livre si curieux et
+ aujourd’hui si peu commun, ne croit pas non plus à l’exactitude des
+ calculs qui l’ont réglé, et par conséquent n’admet pas davantage la
+ régularité du cycle chrétien qui en dérive: «_Le nombre d’or_ se
+ rapporte, dit-il p. 161, à une concordance supposée de l’année
+ lunaire avec l’année solaire. Au moyen d’intercalations, on crut que
+ 19 années de chaque espèce avoient également 6939 jours, et qu’ainsi
+ les nouvelles lunes revenoient, pour chaque cycle de 19 ans, aux
+ mêmes jours et aux mêmes heures. La réformation grégorienne corrigea
+ les erreurs qui résultoient de cette fausse opinion. L’on y remédia
+ autant qu’on le put, mais ce cycle est encore imparfait.»
+
+Ce nombre révolutaire a été ainsi réglé pour déterminer précisément
+l’espace de temps qui se doit écouler avant que la Lune se trouve dans
+le point même où elle étoit à l’égard du Soleil lors de la première
+datte de ce nombre, ce qui ne se peut faire, suivant les plus exacts
+observateurs, qu’en dix-neuf années, à cause que l’année lunaire est
+plus courte que l’année solaire, je veux dire que le temps des douze
+lunes de l’année est moindre de onze jours que celuy du circuit annuel
+du Soleil.
+
+Le cycle solaire est encore un nombre révolutaire qui est d’un grand
+usage dans le Calendrier; il est nommé solaire parce qu’il règle la
+lettre Dominicale, c’est-à-dire celle qui désigne le Dimanche, que les
+Romains avaient consacré au Soleil.
+
+La lettre dominicale est toujours une des sept premières lettres de
+l’alphabet, qu’on place dans le Calendrier suivant leur ordre naturel
+pour marquer les sept jours de la Semaine; mais cet ordre, qui est
+observé à l’égard des jours, ne l’est pas au respect des années, dans la
+suite desquelles ces Lettres ne deviennent successivement dominicales
+que par un ordre contraire et rétrograde, si bien qu’il suffit de
+sçavoir qu’en 1691 la lettre G était Dominicale pour conclure que nous
+avions A en 1690 et que nous aurons F cette année 1692, en sorte même
+que la nécessité qu’il y a cette année bissextile de changer cette
+lettre à cause du jour ajouté, n’interrompra point cet ordre rétrograde,
+et par conséquent qu’après le 25 février la lettre Dominicale sera
+D[34].
+
+ [34] Pour réparer le trouble apporté dans l’ordre des _Lettres
+ dominicales_ par l’intercalation d’un jour à la fin de février, on a
+ donné aux années de cette espèce deux _lettres dominicales_, l’une
+ du 1er janvier à la fin de février, l’autre pour le reste de
+ l’année.
+
+Pour ne rien dire qui demande une espèce d’étude, je ne m’expliquerai
+pas sur les causes de cette rétrogradation, il suffit de dire ici que
+son ordre fait une si considérable variété dans la distribution de ses
+sept premières lettres, qu’elles ne se retrouvent dans le premier
+arrangement du sicle solaire qu’après 28 années, qui font le juste terme
+de sa révolution.
+
+On marque l’Indiction romaine dans le Calendrier, parce qu’elle est de
+quelque utilité pour l’intelligence de l’histoire des derniers siècles.
+Elle ne sert que pour diviser la suite des années par quinze; ainsi
+comme cette année est la quinzième de l’indiction, on recommencera à la
+compter l’année suivante par le premier ordre[35].
+
+ [35] L’_Indiction_, révolution de quinze années, dont la première,
+ marquée I, est un des trois cycles de la période julienne. C’est une
+ division par quinzaines de toute la série des années, depuis la
+ première de l’ère chrétienne. Elle est encore en usage dans les
+ bulles du Saint-Siège.
+
+A l’égard de l’Épacte, il en sera parlé dans l’article suivant en
+expliquant les Lunaisons.
+
+
+
+
+ÉPACTE ET LUNAISONS.
+
+
+On appelle Épacte un certain nombre par lequel, sans almanach, on trouve
+le temps de la Lune[36]. Pour s’en asseurer, il faut chaque année
+ajouter onze à l’Épacte de l’année précédente, et prendre pour Épacte le
+produit de cette addition, pourveu néanmoins qu’il n’excède pas le
+nombre de trente: car quand cela arrive de la sorte, on prend seulement
+pour Épacte ce qui est au-dessus de ce nombre, ce qui se pratique
+constamment de la même sorte jusqu’au terme révolutaire du nombre d’or,
+après lequel on recommence à compter l’Épacte par le premier nombre; et
+c’est ce qu’on a fait l’année précédente 1691, en sorte que dans la
+présente année 1692 nous aurons le nombre 12 pour Épacte.
+
+ [36] L’Épacte est la différence en jours, heures, minutes et secondes
+ qui existe entre une révolution solaire et douze révolutions
+ lunaires. On appelle cycle des épactes un espace de trente années,
+ après lequel les épactes reviennent à peu près dans le même ordre.
+ V. à ce sujet la _Métrologie_ de Saigey. Les épactes, suivant
+ Champollion-Figeac, sont «un moyen chronologique pour vérifier la
+ certitude des dates du moyen âge». _Résumé de chronologie_, p. 160.
+
+Lors donc qu’on veut sçavoir par l’Épacte en quel temps on est de la
+Lune, il faut additionner le nombre de l’Épacte, le quantième du mois
+courant, et le nombre des mois dont il a été précédé depuis celuy de
+Mars; par exemple, si je veux savoir en quel temps de la Lune je serai
+le 4 juillet, je dirai: 4 du mois joint à 12 d’Epacte font 16 et 4 pour
+les mois de mars, avril, mai et juin font vingt, et par conséquent le 4
+juillet je serai au 20 de la Lune, ce qui n’est pas néanmoins si juste
+qu’on ne s’y puisse tromper d’un jour ou d’un jour et demi.
+
+On appelle Lunaison le temps du mouvement propre de la Lune[37],
+c’est-à-dire celuy dans lequel on voit commencer et finir le circuit
+qu’elle fait autour de la Terre dans l’espace de 29 jours, 12 heures, 3
+quarts et un peu plus.
+
+ [37] C’est le temps qui s’écoule depuis le commencement de la nouvelle
+ lune jusqu’à la fin du dernier quartier. Pour les paysans, les
+ lunaisons règlent le temps, pour les marins de même, qui appellent,
+ par exemple, «lunaison de vent» l’espace de temps--quinze jours
+ environ--pendant lequel le même vent souffle. Le principal savoir
+ des vieux magisters de village étoit de les bien connoître, ce qui a
+ fait dire au poète de _L’Homme des Champs_, chant Ier, p. 63, 1re
+ édit., à propos du magister qu’il y met en scène:
+
+ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
+ Connoît _les lunaisons_, prophétise l’orage,
+ Et même du latin jadis eut quelque usage.
+
+ Sur les lunaisons, et principalement sur la fameuse doctrine du
+ général Bugeaud, déjà pressentie dans les _Géorgiques_ de Virgile,
+ V. _Le Vieux-Neuf_, 2e édit., t. III, p. 555, note.
+
+On divise chacune des douze lunaisons de l’année en quatre parties. Le
+commencement de la première s’appelle nouvelle Lune, dans lequel elle se
+trouve en conjonction avec le Soleil, c’est-à-dire située dans un même
+point du Ciel. Le second se nomme premier quartier, lors duquel il y a
+entre elle et le Soleil un quart du Ciel. Le troisième est nommé pleine
+Lune, lorsqu’étant opposée au Soleil, il y a la moitié du Ciel entre les
+deux. Et le quatrième fait le dernier quartier, dont le premier jour est
+le milieu de sa déclinaison.
+
+
+
+
+JEUNES ET SOLEMNITEZ.
+
+
+Par rapport aux institutions ecclésiastiques, les jours peuvent être
+généralement divisez en jours libres et en jours prescrits.
+
+Les jours libres sont ceux dans lesquels on peut user indistinctement de
+toutes sortes d’aliments, et s’occuper indifféremment à toutes espèces
+de négociations et de travaux.
+
+Les jours prescrits sont ceux qui sont ordonnez pour les jeûnes et pour
+les solemnitez. Dans les uns les viandes grasses sont prohibées, dans
+les autres il faut s’abstenir du travail pour vaquer plus assiduement au
+culte divin.
+
+De même qu’il y a des jeûnes et des solemnitez fixes dans le Calendrier,
+il y en a aussi de mobiles qui changent chaque année par rapport à leurs
+dattes et on peut dire même que les Dimanches sont des fêtes d’une
+troisième espèce qu’on peut appeler mixtes: car si d’un côté ils peuvent
+être considérés comme fixes, en cela qu’ils sont toujours solemnisez le
+premier jour de la semaine, ils ont d’ailleurs ceci de commun avec les
+Fêtes mobiles qu’ils changent de dattes chaque année, d’où vient qu’on
+est obligé de les désigner dans le Calendrier par la lettre Dominicale,
+à la différence des autres fêtes qui sont seulement désignées par des
+lettres italiques, de même que les jours de jeûne.
+
+La plus grande fête des chrétiens est celle de Pâques, qui est d’autant
+plus considérable entre les Fêtes mobiles que c’est elle qui règle
+toutes les autres[38], aussi bien que les jeûnes qui sont assujettis au
+changement de dattes; c’est pourquoi, quand on sçait le jour de sa
+célébration pour une certaine année, on peut sçavoir en quoi le
+Calendrier de cette année là peut être différent de celuy de l’année
+précédente, y ayant toujours le même nombre de jours entre deux jeûnes
+ou deux fêtes mobiles.
+
+ [38] Champollion-Figeac dit à peu près de même p. 161: «On s’est
+ surtout proposé parmi les Chrétiens de régler la célébration de la
+ Pâque, de laquelle dépendent les jours de toutes les autres fêtes
+ mobiles.»
+
+Le Concile de Nicée[39] qui, entre autres choses, fut assemblé pour
+régler la fête de Pâques, ordonna qu’elle seroit célébrée le premier
+Dimanche d’après le 14e jour de la Lune du premier mois; en sorte
+néanmoins que ce 14e jour de la Lune se trouvant être au Dimanche, elle
+fut remise au Dimanche suivant, et déclara que par ce premier mois on
+devoit entendre celuy dont la 14e lune tomboit au jour de l’Équinoxe du
+Printemps ou immédiatement après[40].
+
+ [39] Nous avons, à propos de la réforme julienne qu’il adopta, parlé
+ déjà de ce Concile qui se tint en l’année 325.
+
+ [40] Il sera plus clair de dire, avec M. Legoarant, qu’il fut décidé
+ par le Concile que Pâques seroit toujours célébré le premier
+ dimanche d’après la pleine Lune qui suit l’équinoxe de Printemps,
+ c’est-à-dire le 21 mars. «Pâques ne peut ainsi, dit-il, se trouver
+ plus tôt que le 22 mars, ou plus tard que le 25 avril.»
+
+Quelqu’un pourrait souhaiter une plus ample explication de cette
+doctrine; mais, comme je l’ai déjà dit, ce n’est pas ici un livre de
+science, c’est seulement un Manuel dans lequel on ne doit trouver que
+l’effet de la science, c’est-à-dire une réduction précise des utilitez
+qu’elle peut fournir; c’est pourquoi j’estime qu’il suffira de marquer
+ici suivant la coutume les dattes des Jeûnes et des Fêtes mobiles.
+
+La Septuagésime, qui est le dixième Dimanche d’avant Pâques, et qui sert
+à l’ordre des prières ecclésiastiques, sera cette année le 3 février.
+Les Cendres, qui est le premier jour de Carême, le 20 du même mois,
+Pâques le 6 avril, les Rogations le 12, l’Ascension le 15 et la
+Pentecôte le 25 May, la Trinité le 1er et la Fête-Dieu le 5 juin, et le
+premier Dimanche de l’Avent le 30 novembre.
+
+A l’égard des Quatre-Temps, en chacun desquels l’Eglise a ordonné trois
+jours de jeûne, ils seront cette année en Mars les 26, 28 et 29, et en
+May les 28, 30 et 31, en Septembre les 17, 19 et 20, et en Décembre les
+mêmes jours.
+
+Les Vigiles des Fêtes mobiles, aussi bien que des autres, sont marquées
+dans le Calendrier.
+
+Il est bon de dire ici que par le respect qu’on doit à la Fête de Pâques
+et à celle de Noël, l’Eglise défend les noces depuis le jour des Cendres
+jusqu’au premier Dimanche d’après Pâques qu’on nomme Quasimodo, et
+depuis le premier jour de l’Avent jusqu’aux Rois.
+
+
+JANVIER
+
+Ainsi nommé à cause du dieu Janus à qui son premier jour avoit été
+consacré par les Romains.
+
+ 1 Mardi La Circoncision
+ 2 Mercredi S. Ulric
+ 3 Jeudi Ste Geneviève
+ 4 Vendredi S. Tite év.
+ 5 Samedi S. Siméon
+ 6 _Dimanche_ _Les Rois_
+ 7 Lundi Prem. Noc.
+ 8 Mardi S. Lucien
+ 9 Mercredi S. Julien
+ 10 Jeudi S. Guill.
+ 11 Vendredi S. Théod.
+ 12 Samedi S. Paul H.
+ 13 _Dimanche_ S. Hilaire
+ 14 Lundi S. N. de J.
+ 15 Mardi S. Maur
+ 16 Mercredi S. Marcel
+ 17 Jeudi S. Antoine
+ 18 Vendredi Ch. S. P.
+ 19 Samedi S. Denis P.
+ 20 _Dimanche_ S. Sébastien
+ 21 Lundi Ste Agnès
+ 22 Mardi S. Vincent
+ 23 Mercredi S. Emer
+ 24 Jeudi S. Timothée
+ 25 Vendredi Conv. S. Paul
+ 26 Samedi S. Polycarpe
+ 27 _Dimanche_ S. J. Chr.
+ 28 Lundi S. Charles
+ 29 Mardi S. Fr. de S.
+ 30 Mercredi Ste Batilde
+ 31 Jeudi S. Pierre N.
+
+
+Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits.
+
+Le premier de ce mois le jour qui sera de 8 heures 12 minuttes paraîtra
+à 5 heures un quart 9 minuttes.
+
+La nuit qui sera de 15 heures 3 quarts 2 minuttes terminera le jour à 6
+h. 7 minuttes.
+
+Le Soleil qui entrera au 0 degré 37 minuttes du Capricorne et qui
+déclinera au midi de 19 degrez 3 minuttes se lèvera à 7 heures 3 quarts
+14 minuttes et se couchera à 4 heures 7 minuttes.
+
+ * * * * *
+
+Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 8 h. un quart 10 m. paroîtra à 5
+h. 49 m.
+
+La nuit qui sera de 15 h. et demi 3 m. terminera le jour à 6 h. 12
+minuttes.
+
+Le Soleil qui entrera au 19 degré 9 min. du Capricorne et qui déclinera
+au midi de 19 degrez 49 m. se lèvera à 7 h. 3 quarts 9 minuttes et se
+couchera à 4 heures 10 minuttes.
+
+ * * * * *
+
+Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 8 h. et demi paroîtra à 5 h. et
+demi 11 minuttes.
+
+La nuit qui sera de 15 h. un quart 3 m. terminera le jour à 6 h. 1 quart
+4 minuttes.
+
+Le Soleil qui entrera au 10 degré 16 min. du Verseau et qui déclinera au
+midi de 18 degrez 10 m. se lèvera à 7 h. 3 quarts moins 4 m. et se
+couchera à 4 h. 1 quart 6 m.
+
+
+Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de
+l’air.
+
+🌑︎ Pleine lune le 4 de ce mois à 3 h. 9 minuttes du matin.
+
+Temps couvert et nuageux, puis serain et tempéré par les vents du
+couchant, et derechef chargé de brouillard.
+
+ * * * * *
+
+☾︎ Dernier quartier le 10 à 4 h. 39 min. du soir.
+
+Obscurité de l’air, brouillard et neige fondue pendant le jour à cause
+du vent du nord, et quelque sérénité la nuit à cause des vents du midi
+qui soufleront alternativement avec ceux là.
+
+ * * * * *
+
+🌕︎ Nouvelle lune le 18 à 10 h. 12 min. du matin.
+
+Apparence de gelée et ensuite temps variable et matinées sombres,
+froides et humides, avec quelques neiges et pluies.
+
+ * * * * *
+
+☽︎ Premier quartier le 26 à midi et demi 18 min.
+
+Temps venteux, inconstant et le plus souvent couvert, avec pluies,
+neiges, gresil et frimais.
+
+
+FÉVRIER
+
+Nom qui vient de Februare, qui signifie expier, à cause que le premier
+jour de ce mois les Romains offroient des sacrifices d’expiation pour
+les Morts.
+
+ 1 Vendredi S. Ignace
+ 2 Samedi _Purification_
+ 3 _Dimanche_ _Septuagésime_
+ 4 Lundi S. Gilbert
+ 5 Mardi Ste Agathe
+ 6 Mercredi Ste Dorot.
+ 7 Jeudi S. Romual
+ 8 Vendredi S. Paul év.
+ 9 Samedi Ste Apoll.
+ 10 _Dimanche_ _Sexagésime_
+ 11 Lundi S. Severin
+ 12 Mardi Ste Eulalie
+ 13 Mercredi S. Polyc.
+ 14 Jeudi S. Valent.
+ 15 Vendredi S. Faustin
+ 16 Samedi S. Lucian
+ 17 _Dimanche_ _Quinquag_.
+ 18 Lundi S. Siméon
+ 19 Mardi _Mardy gras_
+ 20 Mercredi _Les Cendres_
+ 21 Jeudi 29 Mart.
+ 22 Vendredi Chair S. P.
+ 23 Samedi _Vigile_
+ 24 _Dimanche_ _Quadrag._
+ 25 Lundi _S. Mathias_
+ 26 Mardi S. Alexis
+ 27 Mercredi _4 Temps_
+ 28 Jeudi S. Firmin
+ 29 Vendredi _S. Aven._
+
+Epacte XII
+
+Lett. Dom. F E
+
+
+Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits.
+
+Le premier de ce mois, le jour qui sera de 9 h. un quart paroîtra à 5 h.
+un quart 13 minuttes.
+
+La nuit qui sera de 14 heures 3 quarts terminera le jour à 6 h. et demi
+2 minuttes.
+
+Le Soleil qui entrera au 13 degré 9 min. du Verseau et qui déclinera au
+midi de 17 degrez 15 m. se lèvera à 7 h. un quart 8 m. et se couchera à
+4 h. et demi 7 min.
+
+ * * * * *
+
+Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 9 h. 43 m. paroîtra à 5 h. 1 quart
+1 m.
+
+La nuit qui sera de 14 h. 14 m. terminera le jour à 6 h. et demi 14 m.
+
+Le Soleil qui sera au 21 degré 35 m. du Verseau et qui déclinera au midi
+de 14 degrez 33 min. se lèvera à 7 h. 9 m. et se couchera à 4 h. 3
+quarts 6 m.
+
+ * * * * *
+
+Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 10 h. 1 quart 1 m. paroîtra à 5 h.
+2 m.
+
+La nuit qui sera de 13 h. et demi 14 m. terminera le jour à 6 h. 3
+quarts 13 m.
+
+Le Soleil qui sera au 1er degré 40 m. des Poissons et qui déclinera au
+midi de 10 degrez 49 m. se lèvera à 6 h. 3 quarts 7 m. et se couchera à
+5 h. 8 m.
+
+
+Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de
+l’air.
+
+🌑︎ Pleine Lune le 2 à 2 h. 40 m. après midi.
+
+Froid humide avec pluyes et neiges, principalement la nuit et le matin,
+les jours étant plus tempérés par les vents du Midi.
+
+ * * * * *
+
+☾︎ Dernier quartier le 9 à 5 h. 44 m. du matin.
+
+Temps serain, puis venteux et ensuite couvert avec quelques neiges et
+brouillards.
+
+ * * * * *
+
+🌕︎ Nouvelle Lune le 17 à 10 h. 40 m. du soir.
+
+Nuages et sérénité par intervales avec apparence de gelée, et ensuite
+brouillard le matin, pluyes et neiges fondues.
+
+ * * * * *
+
+☽︎ Premier Quartier le 24 à 6 h. 26 m. du matin.
+
+Temps venteux, nuageux et variable et ensuite quelque apparence de beau
+temps.
+
+
+MARS
+
+Ainsi nommé à cause du dieu Mars supposé père de Romulus, auquel il
+avait été consacré comme premier mois de l’année.
+
+ 1 Samedi S. Aubin
+ 2 _Dimanche_ _Reminisc._
+ 3 Lundi S. Martin
+ 4 Mardi S. Casim.
+ 5 Mercredi S. Phocas
+ 6 Jeudi Ste Cole.
+ 7 Vendredi S. I. d’A.
+ 8 Samedi S. I. de D.
+ 9 _Dimanche_ _Oculi_
+ 10 Lundi 40 Mart.
+ 11 Mardi Ste Mar.
+ 12 Mercredi S. Soter.
+ 13 Jeudi Ste Eufras.
+ 14 Vendredi S. Lubli
+ 15 Samedi Ste Mar.
+ 16 _Dimanche_ _Lætare_
+ 17 Lundi S. Patr.
+ 18 Mardi S. Cyril
+ 19 Mercredi S. Joseph
+ 20 Jeudi S. Joachim
+ 21 Vendredi S. Leno.
+ 22 Samedi S. Theo.
+ 23 _Dimanche_ _Judica_
+ 24 Lundi S. Gabr.
+ 25 Mardi _An. N.-D._
+ 26 Mercredi Ste Victo.
+ 27 Jeudi S. J. d’E.
+ 28 Vendredi S. Gont.
+ 29 Samedi S. Rufe.
+ 30 _Dimanche_ _S. Paupin_
+ 31 Lundi Ste Balbe
+
+
+Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits.
+
+Le premier de ce mois, le jour qui sera de 10 h. 5 m. paroîtra à 4 h. 3
+quarts.
+
+La nuit qui sera de 13 h. 9 m. terminera le jour à 7 h. 1 quart 1 m.
+
+Le Soleil qui entrera au 10 degré 42 m. des Poissons et qui déclinera au
+midi de 7 degrez 22 m. se lèvera à 6 h. et demi 4 m. et se couchera à 5
+h. 1 quart 11 minuttes.
+
+ * * * * *
+
+Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 11 h. 1 quart 9 min. paroîtra à 4
+h. 14 m.
+
+La nuit qui sera de 12 h. et demi 6 m. terminera le jour à 7 h. et demi
+2 m.
+
+La Soleil qui entrera au 19 degré 39 m. des Poissons et qui déclinera au
+midi de 3 degrez 59 m. se lèvera à 6 h. 1 quart 3 m. et se couchera à 5
+h. et demi 12 m.
+
+ * * * * *
+
+Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 12 h. paroîtra à 4 h. 7 m.
+
+La nuit qui sera aussi de 12 h. terminera le jour à 7 h. 3 quarts 9 m.
+
+Le Soleil qui entrera au 29 degré 33 m. des Poissons et qui déclinera au
+midi de 4 m. se lèvera à 6 h. et se couchera le jour à pareille heure.
+
+
+Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de
+l’air.
+
+🌑︎ Pleine Lune le 3 à 5 h. 8 m. du matin.
+
+Temps inconstant, quelquefois serain et plus souvent couvert, nuageux et
+pluvieux.
+
+ * * * * *
+
+☾︎ Dernier Quartier le 9 à 7 h. 40 m. du soir.
+
+Apparence de beau temps, puis vents humides, et souvent brouillard le
+matin.
+
+ * * * * *
+
+🌕︎ Nouvelle Lune le 7 à 10 h. 40 m. du soir.
+
+Temps sombre et nuageux suivi de grands vents qui commenceront la
+sérénité, mais quelquefois interrompue par de petites pluyes.
+
+ * * * * *
+
+☽︎ Premier Quartier le 25 à 1 h. 52 m. après midi.
+
+Froid qui sera bientôt suivi de grandes humidités et de nuages.
+
+
+AVRIL
+
+D’Aperire qui signifie ouvrir, le germe des plantes commençant dans ce
+mois à ouvrir le sein de la terre.
+
+ 1 Mardi Ste M. Eg.
+ 2 Mercredi S. François de P.
+ 5 Jeudi S. Rich.
+ 4 Vendredi _Vendredi-Saint._
+ 5 Samedi S. Vine F.
+ 6 _Dimanche_ _Pasques_
+ 7 Lundi S. Epiph.
+ 8 Mardi S. Perpet.
+ 9 Mercredi S. Hugu.
+ 10 Jeudi S. Panc.
+ 11 Vendredi S. Léon
+ 12 Samedi S. Zenon
+ 13 _Dimanche_ _Quasimodo_
+ 14 Lundi _Noces_
+ 15 Mardi S. Basil.
+ 16 Mercredi S. Pater.
+ 17 Jeudi S. Theo.
+ 18 Vendredi S. Proco.
+ 19 Samedi S. Hege.
+ 20 _Dimanche_ S. Elut.
+ 21 Lundi S. Anselme
+ 22 Mardi Ste Opp.
+ 23 Mercredi S. George
+ 24 Jeudi S. George
+ 25 Vendredi S. Marcé.
+ 26 Samedi S. Robe.
+ 27 _Dimanche_ S. Anti.
+ 28 Lundi S. Vital
+ 29 Mardi S. Calix
+ 30 Mercredi S. Eutr.
+
+
+Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits.
+
+Le premier de ce mois, le jour qui sera de 12 h. 40 m. paroîtra à 3 h.
+et demi 12 minuttes.
+
+La nuit qui sera de 11 heures 10 minuttes terminera le jour à 11 h. 1
+quart 3 m.
+
+Le Soleil qui entrera au 11 degré 21 du Bellier et qui déclinera de 4
+degrez 22 m. se lèvera à 5 h. et demi 8 m. et se couchera à 6 h. 1 quart
+7 m.
+
+ * * * * *
+
+Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 13 h. 1 quart 1 m. paroîtra à 4 h.
+48 m.
+
+La nuit qui sera de 10 heures 3 quarts terminera le jour à 9 h. 11 m.
+
+Le Soleil qui entrera au 20 degré 9 m. du Bellier et qui déclinera au
+nord de 7 degrez 51 m. se lèvera à 5 h. 1 quart 7 min. et se couchera à
+6 heures et demi 9 m.
+
+ * * * * *
+
+Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 13 h. 3 quarts 10 m. paroîtra à 2
+h. 3 quarts 10 m.
+
+La nuit qui sera de 10 heures 7 m. terminera le jour à 9 heures 6 m.
+
+Le Soleil qui entrera au 19 degré 52 m. du Bellier et qui déclinera au
+nord de 11 degrez 31 m. se lèvera à 5 h. 3 m. et se couchera à 6 h. 3
+quarts 12 m.
+
+
+Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de
+l’air.
+
+🌑︎ Pleine Lune le 1 à 9 h. 3 m. du matin.
+
+Temps agréable mais de peu de durée, car il se couvrira encore de nuages
+épais, après quoy nous aurons quelque sérénité.
+
+ * * * * *
+
+☾︎ Dernier Quartier le 8 à midi et demi 2 m.
+
+Nuages et brouillards, puis beau temps, interrompu par quelques
+brouines.
+
+ * * * * *
+
+🌕︎ Nouvelle Lune le 16 à 3 h. 16 m. après midi.
+
+Renouvellement de beau temps mais un peu froid pour la saison, puis
+nuageux et venteux.
+
+ * * * * *
+
+☽︎ Premier Quartier le 30 à 5 h. 59 m. après midi.
+
+Temps couvert, puis grands vents qui amèneront de la sérénité.
+
+
+MAY
+
+De Majores, surnom des anciens citoiens romains à qui Romulus avoit
+consacré ce mois.
+
+ 1 Jeudi S. I. S. Ph.
+ 2 Vendredi S. Athanase
+ 3 Samedi Inv. de la Ste Croix
+ 4 _Dimanche_ Ste Monique
+ 5 Lundi S. Godart
+ 6 Mardi S. I. P. L.
+ 7 Mercredi S. Stanislas
+ 8 Jeudi Apo. S. M.
+ 9 Vendredi Tr. S. Nic.
+ 10 Samedi S. Gord.
+ 11 _Dimanche_ S. Mam.
+ 12 Lundi _Rogations_
+ 13 Mardi St Servais
+ 14 Mercredi S. Boniface.
+ 15 Jeudi Ascension
+ 16 Vendredi S. Honoré
+ 17 Samedi Ste Rest.
+ 18 _Dimanche_ S. Venant
+ 19 Lundi S. P. Cel.
+ 20 Mardi S. Bernard
+ 21 Mercredi S. Gabriel
+ 22 Jeudi Ste Hélène
+ 23 Vendredi Ste Julienne
+ 24 Samedi _Vigile_
+ 25 _Dimanche_ Pentecostes
+ 26 Lundi S. Ph. N.
+ 27 Mardi S. Ildevert
+ 28 Mercredi _4 Temps_
+ 29 Jeudi S. Max.
+ 30 Vendredi S. Félix
+ 31 Samedi Ste Petr.
+
+
+Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits.
+
+Le premier de ce mois, le jour qui sera de 14 h. paroîtra à 1 h. 1 quart
+13 m.
+
+La nuit qui sera de 9 h. 10 m. terminera le jour à 9 h. et demi 4 m.
+
+Le Soleil qui sera au 20 degré 19 m. du Taureau et qui déclinera au nord
+de 15 degrez 10 m. se lèvera à 4 h. 3 quarts 3 minuttes et se couchera à
+7 h. 12 m.
+
+ * * * * *
+
+Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 14 h. 3 quarts 12 m. paroîtra à 2
+h. 3 m.
+
+La nuit qui sera de 9 h. 9 m. terminera le jour à 9 h. 3 quarts 14 m.
+
+Le Soleil qui sera au 19 degré 8 m. du Taureau et qui déclinera au nord
+de 17 degrez 30 m. se lèvera à 4 h. et demi 4 m. et se couchera à 7 h.
+un quart 7 m.
+
+ * * * * *
+
+Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 15 h. 10 m. paroîtra à 1 h. et
+demi après minuit.
+
+La nuit qui sera de 8 heures 3 quarts 6 m. terminera le jour à 10 h. 1
+quart 3 m.
+
+Le Soleil qui sera au 28 degré 12 m. du Taureau et qui déclinera au nord
+de 19 degrez 58 min. se lèvera à 4 h. et demi 5 m. et se couchera à 7
+heures un quart 10 minuttes.
+
+
+Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de
+l’air.
+
+☾︎ Dernier Quartier le 8 à 4 h. 16 min. du matin.
+
+Beau temps, puis vent froid mais agréable qui sera suivi de rosées
+abondantes.
+
+ * * * * *
+
+🌕︎ Nouvelle Lune le 16 à 5 h. 58 m. du matin.
+
+Obscuritez et nuages suivis de quelques pluies et après d’une agréable
+sérénité.
+
+ * * * * *
+
+☽︎ Premier quartier le 21 à 8 h. 58 m. du matin.
+
+Continuation de beau temps dont le calme sera à la fin troublé par de
+grands vents.
+
+ * * * * *
+
+🌑︎ Pleine Lune le 30 à 4 h. 1 m. du matin.
+
+Temps pluvieux et obscur qui s’éclaircira par un vent modéré de peu de
+durée.
+
+
+JUIN
+
+De Juniores, surnom de la jeunesse romaine à qui ce mois fut consacré
+par Romulus.
+
+ 1 _Dimanche_ _La Trinité_
+ 2 Lundi S. Marce.
+ 3 Mardi Ste Clo.
+ 4 Mercredi S. Optat.
+ 5 Jeudi _Feste de D._
+ 6 Vendredi S. Claude
+ 7 Samedi S. Gilles
+ 8 _Dimanche_ S. Médard
+ 9 Lundi S. Prime
+ 10 Mardi S. Laud
+ 11 Mercredi S. Barnabé
+ 12 Jeudi _Oct. F. D._
+ 13 Vendredi S. A. de P.
+ 14 Samedi S. Basile
+ 15 _Dimanche_ S. Modeste
+ 16 Lundi S. Cyr
+ 17 Mardi S. Guy
+ 18 Mercredi Ste Mar.
+ 19 Jeudi S. G. S. P.
+ 20 Vendredi S. Sylv.
+ 21 Samedi S. Levir.
+ 22 _Dimanche_ S. Paulin.
+ 23 Lundi _Vigile_
+ 24 Mardi N. S. I. B.
+ 25 Mercredi Tr. S. El.
+ 26 Jeudi S. I. S. P.
+ 27 Vendredi S. Ladis.
+ 28 Samedi _Vigile_
+ 29 _Dimanche_ S. P. S. P.
+ 30 Lundi S. Martial
+
+
+Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits.
+
+Le premier de ce mois, le jour qui sera de 15 h. et demi 2 m. paraîtra à
+5 h. 6 minuttes après minuit.
+
+La nuit qui sera de 8 h. 1 quart 3 m. terminera le jour à 7 heures 4 m.
+
+Le Soleil qui sera au 7 degré 8 m. des Gemeaux et qui déclinera au nord
+de 2 degrez 59 minuttes se lèvera à 4 h. 9 m. et se couchera à 7 h. 3
+quarts 6 m.
+
+ * * * * *
+
+Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 15 h. 51 m. paroîtra à minuit 10
+m.
+
+La nuit qui sera de 8 h. 9 m. terminera le jour à 7 h. 3 quarts 7 m.
+
+Le Soleil qui sera au 18 degré 42 m. des Gemeaux et qui déclinera au
+nord de 23 degrez 2 m. se lèvera à 4 h. 3 m. et se couchera à 7 h. 3
+quarts 12 m.
+
+ * * * * *
+
+Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 15 h. 3 quarts 14 m. ne sera pas
+exactement terminé par la nuit, y ayant pendant toutes les 24 h. du jour
+naturel un peu de lumière sur l’horison.
+
+Le Soleil qui sera au 28 degré 23 m. des Gemeaux et qui déclinera au
+nord de 23 degrez 29 m. se lèvera à 4 h. 1 m. et se couchera à 8 h.
+moins 1 m.
+
+
+Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de
+l’air.
+
+☾︎ Dernier Quartier le 6 à 9 h. 19 m. du soir.
+
+Beau temps, puis venteux avec quelques orages et éclairs.
+
+ * * * * *
+
+🌕︎ Nouvelle Lune le 14 à 4 h. 58 m. après midi.
+
+Apparence de beau temps qui sera changée peu après par des nuages,
+pluyes et tonnerre.
+
+ * * * * *
+
+☽︎ Premier Quartier le 21 à midi et demi 7 m.
+
+Temps agréable avec chaleur, puis ensuite venteux et nuageux.
+
+ * * * * *
+
+🌑︎ Pleine Lune le 28 à 2 h. 32 m. après midi.
+
+Nuages épais, auxquels succédera une agréable sérénité.
+
+
+JUILLET
+
+Ainsi nommé pour honorer la naissance de Jules César, à qui il fut
+consacré.
+
+ 1 Mardi S. Thiba.
+ 2 Mercredi V. N. D.
+ 3 Jeudi S. Anato
+ 4 Vendredi Tr. S. Ma.
+ 5 Samedi Ste Elisa.
+ 6 _Dimanche_ Ste Lucie
+ 7 Lundi S. Marc
+ 8 Mardi S. Tholar.
+ 9 Mercredi S. Thibaut
+ 10 Jeudi 7 fr. Mart.
+ 11 Vendredi S. Benoist
+ 12 Samedi S. Prix
+ 13 _Dimanche_ S. Tutia.
+ 14 Lundi S. Bonav.
+ 15 Mardi S. Henry
+ 16 Mercredi N.-D. M. C.
+ 17 Jeudi S. Alexis
+ 18 Vendredi S. Clair
+ 19 Samedi S. Arsène
+ 20 _Dimanche_ Ste Marg.
+ 21 Lundi S. Victor
+ 22 Mardi Ste Made.
+ 23 Mercredi S. Apos.
+ 24 Jeudi _Jours canic._
+ 25 Vendredi S. Iac. S. C.
+ 26 Samedi Tr. S. Mar.
+ 27 _Dimanche_ S. Pantal.
+ 28 Lundi Ste Anne
+ 29 Mardi S. Matth.
+ 30 Mercredi S. Abdon.
+ 31 Jeudi S. Germ.
+
+
+Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits.
+
+Le premier de ce mois le jour qui sera de 15 h. 3 quarts 6 m. paroîtra à
+1 quart 7 min. après minuit.
+
+La nuit qui sera de 8 h. 8 m. terminera le jour à 7 h. et demi 9 m.
+
+Le Soleil qui sera au 8 degré 8 m. du Cancer et qui déclinera au nord de
+13 degrez 12 m. se lèvera à 4 h. 4 m. et se couchera à 7 h. 3 quarts 7
+m.
+
+ * * * * *
+
+Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 15 h. et demi 10 m. paroîtra à 3
+quarts 12 m.
+
+La nuit qui sera de 8 heures 1 quart 6 m. terminera le jour à 7 h. 4 m.
+
+Le Soleil qui sera au 17 degré 12 m. du Cancer et qui déclinera au nord
+de 22 degrez 20 m. se lèvera à 4 h. 10 m. et se couchera à 8 h. 3 quarts
+5 m.
+
+ * * * * *
+
+Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 15 h. 1 quart 5 m. paroîtra à 1
+heure et demi après minuit.
+
+La nuit qui sera de 8 h. et demi 8 min. terminera le jour à 10 h. et
+demi 2 m.
+
+Le Soleil qui sera au 26 degré 44 du Cancer et qui déclinera au nord de
+20 degrez 49 m. se lèvera à 4 h. 1 quart 5 m. et se couchera à 7 h. et
+demi 10 m.
+
+
+Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de
+l’air.
+
+☾︎ Dernier Quartier le 6 à 2 h. 14 m. après midi.
+
+Continuation de beau temps, puis apparence d’orage qui se dissipera.
+
+ * * * * *
+
+🌕︎ Nouvelle Lune le 14 à 4 h. 35 m. du matin.
+
+Temps couvert, puis orage, tonnerre et pluie en abondance.
+
+ * * * * *
+
+☽︎ Premier Quartier le 18 à 7 h. 56 m. du matin.
+
+Nuages et sérénité par intervalle et quelquefois avec vents humides.
+
+ * * * * *
+
+🌑︎ Pleine Lune le 28 à 3 h. 19 m. du matin.
+
+Beau temps, mais qui ne sera pas de longue durée: car le ciel se
+couvrira bientôt après de nuages.
+
+
+AOUST
+
+D’Augustus, ainsi nommé pour honorer César par la fin des guerres
+civiles.
+
+ 1 Vendredi S. P. es L.
+ 2 Samedi N. D. An.
+ 3 _Dimanche_ Inv. S. Est.
+ 4 Lundi S. Domin.
+ 5 Mardi N. D. N.
+ 6 Mercredi Tr. N. S.
+ 7 Jeudi S. Albert
+ 8 Vendredi S. Cyriaq.
+ 9 Samedi _Vigile_
+ 10 _Dimanche_ _S. Laurent_
+ 11 Lundi S. Tibur.
+ 12 Mardi Ste Claire
+ 13 Mercredi S. Hypol.
+ 14 Jeudi _Vigile_
+ 15 Vendredi Ass. N. D.
+ 16 Samedi S. Roch
+ 17 _Dimanche_ S. Iliac
+ 18 Lundi Ste Jame
+ 19 Mardi S. Eusèbe
+ 20 Mercredi S. Bern.
+ 21 Jeudi Ste Rad.
+ 22 Vendredi S. Simp.
+ 23 Samedi S. Zach.
+ 24 _Dimanche_ _S. Barth._
+ 25 Lundi _S. Louis_
+ 26 Mardi _fin des J. C._
+ 27 Mercredi S. Sulpice
+ 28 Jeudi S. Augustin
+ 29 Vendredi Déc. S. I.
+ 30 Samedi S. Fiacre.
+ 31 _Dimanche_ S. Mederic
+
+
+Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits.
+
+Le premier de ce mois, le jour qui sera de 15 heures 54 m. paroîtra à 2
+h. 4 m.
+
+La nuit qui sera de 9 h. 6 m. terminera le jour à 8 h. 3 quarts 13 m.
+
+Le Soleil qui sera au 8 degré 13 m. du Lion et qui déclinera au nord de
+18 degrez 4 m. se lèvera à 4 h. et demi 4 m. et se couchera à 7 h. 1
+quart 11 m.
+
+ * * * * *
+
+Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 14 h. 1 quart 8 minuttes paroîtra
+à 2 h. et demi.
+
+La nuit qui sera de 9 h. et demi 7 m. terminera le jour à 9 h. et demi 1
+min.
+
+Le Soleil qui sera au 16 degré 48 m. du Lion et qui déclinera au nord de
+15 degrez 40 m. se lèvera à 4 h. 3 quarts 3 m. et se couchera à 7 h. 13
+m.
+
+ * * * * *
+
+Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 13 h. 3 quarts 9 m. paroîtra à 2
+h. 3 quarts 3 m.
+
+La nuit qui sera de 9 h. 6 m. terminera le jour à 9 heures 6 minuttes.
+
+Le Soleil qui sera au 26 degré 28 m. du Lion et qui déclinera au nord de
+12 degrez 32 m. se lèvera à 5 h. 3 m. et se couchera à 6 h. 1 quart 23
+m.
+
+
+Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de
+l’air.
+
+☾︎ Dernier Quartier le 3 à 6 h. 32 m. du matin.
+
+Temps venteux et nuageux, puis serain et agréable avec une chaleur
+modérée.
+
+ * * * * *
+
+🌕︎ Nouvelle Lune le 12 à 9 h. 58 m. du matin.
+
+Continuation du beau temps avec augmentation de chaleur et ensuite
+quelques pluyes.
+
+ * * * * *
+
+☽︎ Premier Quartier le 19 à 54 m. du matin.
+
+Continuation de chaleur et ensuite nuages, pluye, éclairs et tonnerre.
+
+ * * * * *
+
+🌑︎ Pleine Lune le 28 à 6 h. 5 m. du matin.
+
+Brouillars et matinées sombres avec sérénité de relevée et vers le soir.
+
+
+SEPTEMBRE
+
+Parce qu’autrefois l’année commençant en Mars, il étoit le septième.
+
+ 1 Lundi S. Leu. S. G.
+ 2 Mardi S. Anton.
+ 5 Mercredi S. Serap.
+ 4 Jeudi Ste Rosalie
+ 5 Vendredi S. Victori.
+ 6 Samedi Ste Reine
+ 7 _Dimanche_ S. Cloud
+ 8 Lundi _Nat. N. D._
+ 9 Mardi S. And. m.
+ 10 Mercredi S. Nic. T.
+ 11 Jeudi S. Prothe
+ 12 Vendredi Ste Bonav.
+ 13 Samedi S. Mar.
+ 14 _Dimanche_ Exal. Ste C.
+ 15 Lundi S. Nico.
+ 16 Mardi S. Cyp.
+ 17 Mercredi _4 Temps_
+ 18 Jeudi Th. V.
+ 19 Vendredi S. Donat
+ 20 Samedi _Vigile_
+ 21 _Dimanche_ _S. Mathieu_
+ 22 Lundi S. Mauri
+ 23 Mardi S. Lin pap.
+ 24 Mercredi S. Gérard
+ 25 Jeudi S. Firmin é.
+ 26 Vendredi Ste Just.
+ 27 Samedi S. C. et S. D.
+ 28 _Dimanche_ S. Vinc.
+ 29 Lundi _S. Michel_
+ 30 Mardi S. Ilier.
+
+
+Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits.
+
+Le premier de ce mois, le jour qui sera de 13 h. 10 m. paroîtra à 3 h. 1
+quart 1 m.
+
+La nuit qui sera de 10 heures 3 quarts 5 m. terminera le jour à 8 h. et
+demi 6 m.
+
+Le Soleil qui sera au 8 degré 2 m. de la Vierge et qui déclinera au nord
+de 8 degrez 13 m. se lèvera à 5 h. 1 quart 12 m. et se couchera à 6 h.
+et demi 4 m.
+
+ * * * * *
+
+Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 12 h. et demi 10 m. paroîtra à 3
+h. 3 quarts 1 m.
+
+La nuit qui sera de 7 heures 1 quart 6 m. terminera le jour à 8 h. 1
+quart.
+
+Le Soleil qui sera au 6 degré 48 m. de la Vierge et qui déclinera au
+nord de 4 degrez 46 m. se lèvera à 5 h. et demi 10 m. et se couchera à 6
+h. 1 quart 3 m.
+
+ * * * * *
+
+Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 12 h. 4 m. paroîtra à 4 h. 6 m.
+
+La nuit qui sera de 7 heures 3 quarts 7 m. terminera le jour à 7 h. 3
+quarts 12 m.
+
+Le Soleil qui sera au 26 degré 35 m. de la Vierge et qui déclinera au
+septentrion d’un degré 12 m. se lèvera à 5 h. 3 quarts 14 m. et se
+couchera à 6 h. 1 m.
+
+
+Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de
+l’air.
+
+☾︎ Dernier Quartier le 3 à 9 h. 14 m. du soir.
+
+Temps nuageux et serain par intervalle avec quelques brouillards au
+matin.
+
+ * * * * *
+
+🌕︎ Nouvelle Lune le 10 à 5 h. 59 m. après midi.
+
+Temps assez beau pour la saison, puis venteux et nuageux.
+
+ * * * * *
+
+☽︎ Premier Quartier le 17 à 10 h. 14 m. du matin.
+
+Temps couvert et pluvieux suivi d’une plaisante sérénité, mais un peu
+froid.
+
+ * * * * *
+
+🌑︎ Pleine Lune le 25 à 10 h. 36 m. du matin.
+
+Matinées sombres et brouillards épais qui seront dissipés par des vents
+froids.
+
+
+OCTOBRE
+
+Ainsi nommé parce qu’en comptant par Mars il est le huitième.
+
+ 1 Mercredi S. Remy
+ 2 Jeudi S. Leger
+ 3 Vendredi S. Ange G.
+ 4 Samedi S. François
+ 5 _Dimanche_ S. Placide
+ 6 Lundi S. Bruno
+ 7 Mardi S. Marc.
+ 8 Mercredi Ste Brigid.
+ 9 Jeudi _S. Denis_
+ 10 Vendredi S. Fr. Bor.
+ 11 Samedi S. Nicaise
+ 12 _Dimanche_ S. Maxi.
+ 13 Lundi S. Venant
+ 14 Mardi S. Calixte
+ 15 Mercredi Ste Therrèse
+ 16 Jeudi S. Gal
+ 17 Vendredi S. Florent
+ 18 Samedi S. Luc é.
+ 19 _Dimanche_ S. Pierre Al.
+ 20 Lundi S. Capr.
+ 21 Mardi S. Hilar.
+ 22 Mercredi S. Melon
+ 23 Jeudi S. Cord.
+ 24 Vendredi S. Magloire
+ 25 Samedi S. Crespin
+ 26 _Dimanche_ S. Evor
+ 27 Lundi _Vigile_
+ 28 Mardi _S. Sim. S. I._
+ 29 Mercredi T. S. G.
+ 30 Jeudi S. Serap.
+ 31 Vendredi _Vigile_
+
+
+Le lever et le coucher du Soleil avec la duré des jours et des nuits.
+
+Le premier de ce mois, le jour qui sera de 7 h. 1 quart 1 min. paroistra
+à 4 h. 1 quart 12 m.
+
+La nuit qui sera de 12 heures et demi 1 m. terminera le jour à 7 h. et
+demi 4 m.
+
+Le Soleil qui sera au 27 degré des Balances et qui déclinera au midi de
+3 degrez 12 m. se lèvera à 6 h. 1 quart 2 m. et se couchera à 5 h. et
+demi 13 m.
+
+ * * * * *
+
+Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 10 h. 3 quarts 10 m. paroistra à 4
+h. et demi 13 m.
+
+La nuit qui sera de 13 h. 6 m. terminera le jour à 7 h. 1 quart 2 m.
+
+Le Soleil qui sera au 6 degré 22 m. des Balances et qui déclinera au
+midi de 6 degrez 42 m. se lèvera à 6 h. et demi 1 m. et se couchera à 5
+h. 1 quart 13 m.
+
+ * * * * *
+
+Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 10 h. 1 quart 6 m. paroistra à 5
+h.
+
+La nuit qui sera de 13 h. et demi 8 m. terminera le jour à 7 h.
+
+Le Soleil qui sera au 26 degré 20 m. des Balances et qui déclinera au
+midi de 10 degrez 26 m. se lèvera à 6 h. 3 quarts 4 m. et se couchera à
+5 h. 10 m.
+
+
+Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de
+l’air.
+
+☾︎ Dernier Quartier le 3 à 10 h. 23 m. du matin.
+
+Continuation de brouillards et nuages, puis temps serain et agréable.
+
+ * * * * *
+
+🌕︎ Nouvelle Lune le 10 à 2 h. 34 m. du matin.
+
+Augmentation de beau temps, mais froid et venteux, principalement les
+nuits.
+
+ * * * * *
+
+☽︎ Premier Quartier le 16 à 3 h. 40 m. du matin.
+
+Temps couvert et obscur avec pluyes douces, par reprises suivies de
+sérénité.
+
+ * * * * *
+
+🌑︎ Pleine Lune le 25 à 4 h. 2 m. du matin.
+
+Temps clair et sec, mais froid et venteux avec gelée blanche.
+
+
+NOVEMBRE
+
+Encore par la raison qu’il est le neuvième de l’année martiale.
+
+ 1 Samedi _La Touss._
+ 2 _Dimanche_ S. Marcel
+ 3 Lundi _Les Trépassez_
+ 4 Mardi S. Char. B.
+ 5 Mercredi S. Hubert
+ 6 Jeudi S. Liénar
+ 7 Vendredi S. Florent
+ 8 Samedi S. God.
+ 9 _Dimanche_ S. Mathur.
+ 10 Lundi S. Mode
+ 11 Mardi S. Martin
+ 12 Mercredi S. Mart. p.
+ 13 Jeudi S. René
+ 14 Vendredi S. Brice
+ 15 Samedi S. Euge
+ 16 _Dimanche_ S. Edmon.
+ 17 Lundi S. Grég.
+ 18 Mardi S. Odon.
+ 19 Mercredi S. Elisabeth
+ 20 Jeudi S. Man.
+ 21 Vendredi Pres. N. D.
+ 22 Samedi Ste Cecile
+ 23 _Dimanche_ S. Clément
+ 24 Lundi S. Chrys.
+ 25 Mardi Ste Cathe.
+ 26 Mercredi Ste G. Ar.
+ 27 Jeudi S. Severin
+ 28 Vendredi S. Sosthen.
+ 29 Samedi _Vigile_
+ 30 _Dimanche_ _S. André l’Avent_
+
+
+Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits.
+
+Le premier de ce mois, le jour qui sera de 9 h. et demi 10 m. paroistra
+à 5 h. 7 m.
+
+La nuit qui sera de 14 h. 1 quart 6 m. terminera le jour à 6 h. et demi
+12 m.
+
+Le Soleil qui sera au 8 degré 25 min. du Scorpion et qui déclinera au
+midi de 14 degrez 35 m. se lèvera à 7 h. 10 min. et se couchera à 5 h. 3
+quarts 5 m.
+
+ * * * * *
+
+Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 9 h. 12 m. paroistra à 5 h. et
+demi.
+
+La nuit qui sera de 14 heures 3 quarts 13 m. terminera le jour à 6 h. et
+demi.
+
+Le Soleil qui sera au 17 degré 31 min. du Scorpion et qui déclinera au
+midi de 17 degrez 15 m. se lèvera à 7 h. 1 quart 9 m. et se couchera à 4
+h. et demi 6 m.
+
+ * * * * *
+
+Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 8 h. et demi 13 m. paroistra à 5
+h. et demi 7 m.
+
+La nuit qui sera de 15 heures 1 quart 3 m. terminera le jour à 9 h. 1
+quart 4 m.
+
+Le Soleil qui sera au 17 degré 40 min. du Scorpion et déclinera au midi
+de 19 degrez 46 m. se lèvera à 7 h. et demi et se couchera à 4 h. 1
+quart 6 m.
+
+
+Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de
+l’air.
+
+☾︎ Dernier Quartier le 1er à 9 h. 4 m. du soir.
+
+Matinées froides et humides avec quelques brouillards qui se dissiperont
+de relevée.
+
+ * * * * *
+
+🌕︎ Nouvelle Lune le 8 à 46 m. après midi.
+
+Gelées blanches assez fortes avec quelques brouillards au matin qui
+seront bientôt dissipés.
+
+ * * * * *
+
+☽︎ Premier quartier le 16 à 6 h. 26 m. du soir.
+
+Temps couvert et nuageux, puis serain avec augmentation de froidure.
+
+ * * * * *
+
+🌑︎ Pleine Lune le 23 à 7 h. 56 m. du soir.
+
+Temps pluvieux et nuageux avec neiges fondues, après lesquelles le ciel
+s’éclaircira.
+
+
+DÉCEMBRE
+
+Aussi parce qu’il est le dixième de l’année Martiale.
+
+ 1 Lundi S. Eloy
+ 2 Mardi Ste Bibian.
+ 3 Mercredi S. Franc. Xav.
+ 4 Jeudi Ste Barbe
+ 5 Vendredi S. Fabas
+ 6 Samedi S. Nicolas
+ 7 _Dimanche_ S. Ambroi.
+ 8 Lundi _Con. N. D._
+ 9 Mardi S. Nect.
+ 10 Mercredi S. Merc.
+ 11 Jeudi S. Damase
+ 12 Vendredi S. Herm.
+ 13 Samedi Ste Luce
+ 14 _Dimanche_ S. Tugd.
+ 15 Lundi S. Eusèbe
+ 16 Mardi S. Adon
+ 17 Mercredi _4 Temps_
+ 18 Jeudi S. Gratien
+ 19 Vendredi S. Valent.
+ 20 Samedi S. Philo.
+ 21 _Dimanche_ S. Thomas
+ 22 Lundi S. Zenon.
+ 23 Mardi Ste Vict.
+ 24 Mercredi _Vigile_
+ 25 Jeudi _Noël_
+ 26 Vendredi _S. Etienne_
+ 27 Samedi S. I. évang.
+ 28 _Dimanche_ Les SS. Inn.
+ 29 Lundi S. Thom.
+ 30 Mardi Ste Sabe
+ 31 Mercredi S. Sylvestre
+
+
+Le lever et le coucher du Soleil avec la durée des jours et des nuits.
+
+Le premier de ce mois, le jour qui sera de 8 h. 1 quart 4 min. paroistra
+à 5 h. 3 quarts 6 m.
+
+La nuit qui sera de 15 h. et demi 7 min. terminera le jour à 6 h. 7 min.
+
+Le Soleil qui sera au 8 degré 52 m. du Sagittaire et qui déclinera au
+midi de 21 degrez 52 m. se lèvera à 7 h. 3 quarts 6 m. et se couchera à
+4 h. 10 m.
+
+ * * * * *
+
+Le 10 de ce mois, le jour qui sera de 8 h. 10 m. paroistra à 5 h. 3
+quarts 8 m.
+
+La nuit qui sera de 16 h. 10 m. terminera le jour à 6 h. 6 min.
+
+Le Soleil qui sera au 18 degré 2 m. du Sagittaire et qui déclinera au
+midi de 22 degrez 18 m. se lèvera à 7 h. 3 quarts 7 m. et se couchera à
+4 h. 4 m.
+
+ * * * * *
+
+Le 20 de ce mois, le jour qui sera de 8 h. 2 m. paroistra à 5 h. 3
+quarts 12 m.
+
+La nuit qui sera de 15 heures 3 quarts 13 m. terminera le jour à 6 h. 4
+m.
+
+Le Soleil qui sera au 28 degré 9 m. du Sagittaire et qui déclinera au
+midi de 23 degrez 29 m. se lèvera à 7 h. 3 quarts 13 m. et se couchera à
+4 h. 2 m.
+
+
+Les Phases ou apparences de la Lune et la variation des dispositions de
+l’air.
+
+☾︎ Dernier Quartier le 1er à 6 h. 53 m. du matin.
+
+Gelées blanches et brouillards, puis augmentation de froidure.
+
+ * * * * *
+
+🌕︎ Nouvelle Lune le 8 à 1 h. du matin.
+
+Temps clair, mais froid, avec gelée assez forte et vents rudes.
+
+ * * * * *
+
+☽︎ Premier Quartier le 15 à 2 h. 50 m. après midi.
+
+Continuation de froidure avec apparence de neige qui se dissipera.
+
+ * * * * *
+
+🌑︎ Pleine lune le 23 à 2 h. 2 m. après midi.
+
+Temps couvert et nuageux, puis neiges fondues et menues pluyes.
+
+
+
+
+REMARQUES
+
+SUR LA DURÉE DES JOURS ET DES NUITS.
+
+
+Les supputations qu’on trouve dans le Calendrier sur la durée des jours
+et des nuits sembleroient contradictoires à quelques personnes si
+j’obmettois d’expliquer ici comment elles doivent être entendues: car
+par exemple, après avoir dit que le premier du mois de décembre le jour
+n’est que de 8 h. 1 quart 4 minuttes, je dis ensuite qu’il paroîtra à 5
+h. 3 quarts 6 minuttes et qu’il ne sera terminé par la nuit qu’à 6 h. 7
+minuttes; ce qui suppose qu’il doit durer onze heures 20 m. Mais, pour
+ôter en cela toute l’ambiguité, il suffit de dire que la durée d’un jour
+artificiel proprement pris ne s’étend que depuis le lever jusqu’au
+coucher du soleil; mais que le temps de la lumière, qui est aussi
+communément appellé jour, comprend tout l’espace qui est depuis la
+première apparence de clarté jusqu’à la nuit fermante.
+
+
+
+
+ECLIPSES.
+
+
+Quant la Lune dérobe à la terre la lumière du Soleil et lorsque la Terre
+ôte cette même lumière à la Lune, c’est ce qu’on nomme généralement
+éclipses, qui se fait par une interposition de l’un de ces deux corps
+entre l’autre et le Soleil.
+
+Pour distinguer ces deux sortes d’eclipses par le nom, on appelle la
+première Eclipse de Soleil et la deuxième Eclipse de Lune.
+
+Nous aurons cette année une Eclipse de Lune le 2 et une Eclipse de
+Soleil le 15 février, qui ne paroîtront pas ici, et une autre de Lune
+qui paroîtra le 28 juillet à 1 h. 33 minutes 54 secondes du matin[41].
+
+ [41] On a pu remarquer que Blégny, dans son _Trésor des Almanachs_, ne
+ s’est permis aucune prédiction, bien que ce fût de règle pour ces
+ sortes de publications populaires. Képler lui-même ne s’en étoit pas
+ abstenu pour les _Almanachs_, dont la vente étoit son plus sûr
+ gagne-pain. L’astronome alors se faisoit astrologue: «Fille de
+ l’Astronomie, disoit-il, l’Astrologie doit nourrir sa mère.» Au
+ dernier siècle, les Académies pronostiquoient aussi; celle de
+ Berlin, par exemple, se faisoit avec ses prophéties un revenu dont
+ elle finit par avoir honte. Elles furent supprimées de l’almanach
+ qu’elle publioit. Il cessa de se vendre, et, l’an d’après, pour que
+ l’Académie pût vivre, ses prédictions recommencèrent (Arago,
+ _Astronomie populaire_, t. IV, p. 740). En France, c’est par ordre
+ et au nom du Roi qu’elles durent disparoître. L’art. 26 de
+ l’ordonnance d’Orléans, du mois de janvier 1560, les défendit
+ indirectement, en exigeant le _visa_ des évêques pour l’impression
+ de tout almanach. L’art. 36 de l’ordonnance de Blois, du mois de mai
+ 1579, fut plus formel. Il fit défense d’y insérer aucune prédiction
+ sur les affaires politiques. Le 28 janvier 1638, autre ordonnance,
+ signée de La Rochelle, qui confirme celle de Blois, et enfin, au
+ mois de juillet 1682, édit de Louis XIV qui renouvelle à son tour
+ l’ordonnance de La Rochelle, en ne permettant de mettre aux
+ almanachs «autre chose que les lunaisons, éclipses et diverses
+ dispositions et tempéraments de l’air et déréglements d’iceluy».
+ C’est du reste, les Lunaisons surtout, ce qui faisoit le fond des
+ almanachs et servoit de motif aux images qu’on y voyoit sur le
+ titre: «Imaginez-vous de voir, dit Sorel dans _Francion_, 1663,
+ in-12, p. 254, ces preneurs de Lune qui sont en l’almanach de
+ l’année passée, où les uns taschent de l’attraper avec des échelles
+ qui s’alongent et s’accourcissent comme l’on veut, et les autres
+ avec des crochets, des tenailles et des pincettes.» L’expression
+ «prendre la lune avec les dents» doit être venue d’une de ces
+ images.--Blégny, en supprimant toute prédiction de son _Trésor des
+ Almanachs_, tel qu’on vient de le lire, s’étoit conformé aux
+ ordonnances. L’année d’auparavant il y avoit mis moins de prudence,
+ et quelque avertissement lui avoit sans doute été donné. Dans ses
+ _Observations et pronostications sur les apparences solaires et
+ lunaires_ pour chaque mois de l’année, il avoit dit, par exemple,
+ sous le dernier quartier de la lune de janvier: «_Réconciliation
+ entre deux fameux ennemis_»; à la pleine lune de mars: «_Élévation
+ surprenante_»; à la nouvelle lune d’avril: «Étranges événements»; au
+ dernier quartier de la lune de mai: «Trahison découverte»; à la
+ pleine lune de juillet: «Alliances considérables», etc., etc.
+ C’était aller trop loin et quelque peu enfreindre l’ordonnance de
+ Blois, qui vouloit qu’un almanach dût s’en tenir à l’astrologie
+ licite «sans y comprendre les prédictions concernant les Estats et
+ personnes, les affaires publiques et particulières».
+
+
+
+
+FABRIQUE ET TARIF
+
+DES NOUVELLES MONNOYES[42].
+
+ [42] Ce tarif, dont nous avons déjà parlé plus haut, p. 67, note 1,
+ avoit été établi par un édit du mois de décembre 1689.
+
+
+FABRIQUE.
+
+Les Villes de l’obéissance du Roy où l’on bat Monnoye au nom et armes de
+Sa Majesté, sont Paris qui marque A, Rouen B, Saint-Lo C[43], Lion D,
+Tours E, Angers F, Poitiers G, Larochelle H, Limoges I, Bordeaux K,
+Bayonne L, Toulouse M, Montpellier N, Rion O, Dijon P, Narbonne Q[44],
+Villeneuve R[45], Troyes S[46], Arras AR, Nantes T, Amiens X, Aix et
+Bourges Y, Grenoble Z, Marseille VG, Pau[47], Saint-Palais, Metz,
+Tournay, Bezançon[48], Lille L, Strasbourg, Chambéry, Reims, etc., dont
+on ne sait pas les marques.
+
+ [43] L’Hôtel des Monnoies de Saint-Lô fut un peu plus tard transféré à
+ Caen avec la même marque.
+
+ [44] Ce n’est plus à Narbonne, mais à Perpignan, qu’au XVIIIe siècle
+ on frappa les monnoies à cette marque.
+
+ [45] La Monnoie d’Orléans, rétablie par ordonnance d’octobre 1716,
+ succéda à celle-ci, et les espèces y furent aussi marquées R.
+
+ [46] Cette marque étoit celle de Reims. Troyes marquoit V.
+
+ [47] La Monnoie de Pau avoit pour marque un M, et en outre un autre
+ signe qui la rendit populaire sous le nom de _monnoie à la vache_:
+ «J’ai vu avant la Révolution, dit Monteil, _Hist. des François des
+ divers États_, in-18, t. V, note, p. 62, rechercher les monnoies
+ frappées à Pau, au bas desquelles étoit empreinte l’effigie d’une
+ vache. Le peuple disoit que ces pièces portoient bonheur.»
+
+ [48] La marque de Besançon étoit CC, celle de Lille, non pas L, comme
+ on le voit ici par erreur, mais W, et celle de Strasbourg BB.
+
+
+TARIF.
+
+Un louis d’or de la nouvelle Fabrique vaut douze livres dix sols.
+
+ 2 25 l.
+ 3 37 10
+ 4 50
+ 5 62 10
+ 6 75
+ 7 87 10
+ 8 100
+ 9 112 10
+ 10 125
+ 11 137 10
+ 12 150
+ 13 162 10
+ 14 175
+ 15 187 10
+ 16 200
+ 17 212 10
+ 18 225
+ 19 237 10
+ 20 250
+ 21 262 10
+ 22 275
+ 23 287 10
+ 24 300
+ 25 312 10
+ 26 325
+ 27 337 10
+ 28 350
+ 29 362 10
+ 30 375
+ 31 387 10
+ 32 400
+ 33 412 10
+ 34 425
+ 35 437 10
+ 36 450
+ 37 462 10
+ 38 475
+ 39 487 10
+ 40 500
+ 41 512 10
+ 42 525
+ 43 537 10
+ 44 550
+ 45 562 10
+ 46 575
+ 47 587 10
+ 48 600
+ 49 612 10
+ 50 625
+ 51 637 10
+ 52 650
+ 53 662 10
+ 54 675
+ 55 687 10
+ 56 700
+ 57 712 10
+ 58 725
+ 59 737 10
+ 60 750
+ 61 762 10
+ 62 775
+ 63 787 10
+ 64 800
+ 65 812 10
+ 66 825
+ 67 837 10
+ 68 850
+ 69 862 10
+ 70 875
+ 71 887 10
+ 72 900
+ 73 912 10
+ 74 925
+ 75 937 10
+ 76 950
+ 77 962 10
+ 78 975
+ 79 987 10
+ 80 1000
+ 81 1012 10
+ 82 1025
+ 83 1037 10
+ 84 1050
+ 85 1062 10
+ 86 1075
+ 87 1087 10
+ 88 1100
+ 89 1112 10
+ 90 1125
+ 91 1137 10
+ 92 1150
+ 93 1162 10
+ 94 1175
+ 95 1187 10
+ 96 1200
+ 97 1212 10
+ 98 1225
+ 99 1237 10
+ 100 1250
+ 101 1262 10
+ 102 1275
+ 103 1287 10
+ 104 1300
+ 105 1312 10
+ 106 1325
+ 107 1337 10
+ 108 1350
+ 109 1362 10
+ 110 1375
+ 111 1387 10
+ 112 1400
+ 113 1412 10
+ 114 1425
+ 115 1437 10
+ 116 1450
+ 117 1462 10
+ 118 1475
+ 119 1487 10
+ 120 1500
+ 121 1512 10
+ 122 1525
+ 123 1537 10
+ 124 1550
+ 125 1562 10
+ 150 1875
+ 200 2500
+ 300 3750
+ 400 5000
+ 500 6250
+ 600 7500
+ 700 8750
+ 800 10000
+ 900 11250
+ 1000 12500
+ 2000 25000
+ 3000 37500
+ 4000 50000
+ 5000 62500
+ 6000 75000
+ 7000 87500
+ 8000 100000
+ 9000 112500
+ 10000 125000
+
+Pour évaluer les demi louis d’or on se servira du Tarif précédent en
+retranchant la moitié du nombre; par exemple pour sçavoir ce que valent
+vingt demi louis d’or, il n’y a qu’à regarder ce que valent dix louis
+d’or, et lorsque le nombre sera non pair, par exemple 21, on prendra
+tout de même la valeur de dix louis d’or qui est 125 livres, et on y
+ajoutera 6 livres 5 sols qui est la valeur d’un demi louis retranché, en
+sorte qu’on sçaura tout d’un coup que 21 demi louis d’or valent 131
+livres 5 sols.
+
+ * * * * *
+
+Un écu de la nouvelle Fabrique vaut 3 livres 6 sols.
+
+ 2 6 l. 12
+ 3 9 18
+ 4 13 4
+ 5 16 10
+ 6 19 16
+ 7 23 2
+ 8 26 8
+ 9 29 14
+ 10 33
+ 11 36 6
+ 12 39 12
+ 13 42 18
+ 14 46 4
+ 15 49 10
+ 16 52 16
+ 17 56 2
+ 18 59 8
+ 19 62 14
+ 20 66
+ 21 69 6
+ 22 72 12
+ 23 75 18
+ 24 79 4
+ 25 82 10
+ 26 85 16
+ 27 89 2
+ 28 92 8
+ 29 95 14
+ 30 99
+ 31 102 6
+ 32 105 12
+ 33 108 18
+ 34 112 4
+ 35 115 10
+ 36 118 16
+ 37 122 2
+ 38 125 8
+ 39 128 14
+ 40 132
+ 41 135 6
+ 42 138 12
+ 43 141 18
+ 44 145 4
+ 45 148 10
+ 46 151 16
+ 47 155 2
+ 48 158 8
+ 49 161 14
+ 50 165
+ 51 168 6
+ 52 171 12
+ 53 174 18
+ 54 178 4
+ 55 181 10
+ 56 184 16
+ 57 188 2
+ 58 191 8
+ 59 194 14
+ 60 198
+ 61 201 6
+ 62 204 12
+ 63 207 18
+ 64 211 4
+ 65 214 10
+ 66 217 16
+ 67 221 2
+ 68 224 8
+ 69 227 14
+ 70 231
+ 71 234 6
+ 72 237 12
+ 73 240 18
+ 74 244 4
+ 75 247 10
+ 76 250 16
+ 77 254 2
+ 78 257 8
+ 79 260 14
+ 80 264
+ 81 267 6
+ 82 270 12
+ 83 273 18
+ 84 277 4
+ 85 280 10
+ 86 283 16
+ 87 287 2
+ 88 290 8
+ 89 293 14
+ 90 297
+ 91 300 6
+ 92 303 12
+ 93 306 18
+ 94 310 4
+ 95 313 10
+ 96 316 16
+ 97 320 2
+ 98 323 8
+ 99 326 14
+ 100 330
+ 125 412 10
+ 150 495
+ 200 660
+ 300 990
+ 400 1320
+ 500 1650
+ 600 1980
+ 700 2310
+ 800 2640
+ 900 2970
+ 1000 3300
+ 2000 6600
+ 3000 9900
+ 4000 13200
+ 5000 16500
+ 6000 19800
+ 7000 23100
+ 8000 26400
+ 9000 29700
+ 10000 33000
+
+Pour évaluer les demis et les quarts d’écus blancs on fera ce qui a été
+dit de l’évaluation des demi louis d’or.
+
+
+
+
+EXPOSITION ALPHABÉTIQUE
+
+DU DÉPARTEMENT DES POSTES ET COURIERS POUR LES LIEUX ET VILLES DU
+ROYAUME ET DES PAÏS ÉTRANGERS.
+
+
+A.
+
+Amiens, _Tous les jours à midi_.
+
+Abbeville.
+
+Aire.
+
+Amboise.
+
+Ardre.
+
+Armentières.
+
+Arques.
+
+Arras.
+
+Argence.
+
+Ablis[49].
+
+ [49] «Tous les jours à huit heures du soir.» Édit. 1691.
+
+Ath.
+
+Avit.
+
+Andely.
+
+Aumalle.
+
+Aumeillerault.
+
+Auchy[50].
+
+ [50] A la suite on lit dans l’édit. précédente: «AUSBOURG, _le mardi à
+ dix heures du soir_. Faut payer jusqu’à Rhinhausen.»
+
+Angers, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+Avranches[51].
+
+ [51] «Part les mercredis et samedis à midi.» Édit. 1691.
+
+Ancenies.
+
+Aveton.
+
+Argentan.
+
+Auvray.
+
+Alençon[52].
+
+ [52] «Partira le mardi et vendredi par Rouen.» Édit. 1691.
+
+Aubigny, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_.
+
+Agde.
+
+Aix.
+
+Apt.
+
+Allez.
+
+Arles.
+
+Aubusson.
+
+Avignon.
+
+Argenton, _Samedi à minuit_.
+
+Alby.
+
+Allec.
+
+Arnac.
+
+Argy.
+
+Auch.
+
+Aurillac.
+
+Auxerre, _Dimanche, Mercredi, Vendredi et Samedi à minuit[53]_.
+
+ [53] «A midi.» Édit. 1691.
+
+Autun.
+
+Arnay le Duc.
+
+Avallon.
+
+Auxonne.
+
+Aurolle.
+
+Argenteüille.
+
+Ancy le Franc.
+
+Azi sous Rougemont.
+
+Anglure[54].
+
+ [54] «Lundy, Mercredy et Samedy à midy.» Édit. 1691.
+
+Ay.
+
+Avesne, _Mardi, Jeudi et Samedi à midi_.
+
+Arlon, _Dimanche, Mardi et Vendredi à 8 h. du soir_.
+
+Alexandrie, _le Lundi au soir_.
+
+Allemagne, _Lundi et Vendredi à midi_.
+
+Angleterre, _le Mercredi et Samedi à midi_.
+
+Auvergne, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_.
+
+Alsace, _Lundi et Mercredi au soir_.
+
+
+B.
+
+Bourdeaux, _Lundi, Mercredi et Vendredi à 10 heures du soir_.
+
+Blaye.
+
+Barbeneuve.
+
+Barbézieux.
+
+Bossay.
+
+Boussay[55].
+
+ [55] A la suite, dans l’édit. précédente: «BASLE, lundy, mercredy et
+ samedy à huit heures du soir.»
+
+Bayonne.
+
+Béarn.
+
+Bapaume, _Tous les jours à midi_.
+
+Beaumon le Roger.
+
+Beauvais.
+
+Bergues.
+
+Bellemart.
+
+Bernay.
+
+Béthune.
+
+Blois.
+
+Boisgency.
+
+Biche.
+
+Boissy[56].
+
+ [56] A la suite, dans l’édit. précédente: «BEAUMONT-LE-VICOMTE,
+ mercredi et samedi à 8 heures du soir.»
+
+Brionne.
+
+Bourg-Daulr.
+
+Bourbourg.
+
+Boulogne.
+
+Boharde.
+
+Brionne.
+
+Bolbec.
+
+Bouchain.
+
+Breteuil.
+
+Bourtroude.
+
+Brie.
+
+Bruges.
+
+Bruxelles.
+
+Brest, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+Beaugé.
+
+Bellesine.
+
+Bonnestable.
+
+Beaufort.
+
+Blavet ou Fort-Louis.
+
+Beaumont-le-Vicomte.
+
+Bourg-en-Bresse, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_.
+
+Bellay.
+
+Beaune.
+
+Bussy.
+
+Brion l’Archevêque[57].
+
+ [57] Dimanche, mercredi et vendredi à midi.
+
+Bourguil.
+
+Bray sur Seine.
+
+Bazoche.
+
+Basson.
+
+Bayeux, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_.
+
+Bourbonne.
+
+Borbonne.
+
+Bar sur Aube.
+
+Barfleurs.
+
+Briquebec.
+
+Bourges, _Lundi, Mercredi et Vendredi à midi_.
+
+Biarre.
+
+Bourbon les Bains[58].
+
+ [58] «Lundi, mercredi et vendredi à minuit.» Édit. 1691.
+
+Bourbon l’Archambault.
+
+Bancafort.
+
+Brioude.
+
+Bois droit.
+
+Boynes et tout le Gatinois.
+
+Beaucaire.
+
+Béziers.
+
+Bonny.
+
+Bonneval, _le Dimanche à 8 h. du soir_[59].
+
+ [59] Dans l’édit. précédente deux autres départs le mercredi et
+ vendredi, à cette même heure, sont indiqués.
+
+Brou.
+
+Besse.
+
+Bastoigne.
+
+Bezançon, _Lundi, Mardi à midi et Vendredi à minuit_.
+
+Beffort.
+
+Brives[60].
+
+ [60] «Le lundi à minuit.» Édit. 1691.
+
+Bausançois.
+
+
+C.
+
+Caën, _Tous les jours à midi_.
+
+Cambray.
+
+Cagny.
+
+Calais.
+
+Chambort.
+
+Châtres sous Monlery.
+
+Charmont.
+
+Crecy.
+
+Cormicy.
+
+Conche.
+
+Coucy.
+
+Chambrais.
+
+Chaumont en Vexin.
+
+Codebecq.
+
+Cressenville en Auge.
+
+Crève Cœur en Auge.
+
+Clermont en Beauvoisis.
+
+Commine.
+
+Compiègne.
+
+Cizé.
+
+Corbie.
+
+Creil.
+
+Crespy en Valois.
+
+Chartres[61], _à 8 h. du soir_.
+
+ [61] «Tous les jours.» Édit. 1691.
+
+Châlon sur Marne.
+
+Chasteau Tierry.
+
+Chaumusson.
+
+Coutance, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_.
+
+Carentan.
+
+Cressy.
+
+Coulomniers.
+
+Chasteau Porcien.
+
+Chalme.
+
+Chaumont.
+
+Chasteau Vilain.
+
+Condé sur Néreau.
+
+Chauny.
+
+Chastelleraux, _Lundi, Mercredi et Vendredi à 10 h. du soir_.
+
+Cingé.
+
+Coignac.
+
+Caviegnac.
+
+Charnizé.
+
+Chaumuflay.
+
+Chasteaudun, _même jour à 10 h.[62]_
+
+ [62] «Lundi, mercredi et vendredi à minuit.» Édit. 1691.
+
+Chasteau Landon.
+
+Chastillon sur Loing.
+
+Chastillon sur Loir.
+
+Carpentras.
+
+Clermont en Auvergne.
+
+Cosne.
+
+Chambon.
+
+Chissy.
+
+Chenerailles.
+
+Corbeil.
+
+Croc.
+
+Cistaron.
+
+Charleville.
+
+Charly.
+
+Chezy.
+
+Claye.
+
+Colmard.
+
+Chasteau Salins.
+
+Chinon, _Dimanche, Mardi et Jeudi à midi_.
+
+Champigny.
+
+Chastillon sur Seine, _Lundi à midi_.
+
+Chasteau Regnaut, _le Dimanche_.
+
+Chalmont.
+
+Clèves.
+
+Courtenvaux sur Loir.
+
+Chasteau du Loir.
+
+Cousture.
+
+Chasteau Gontier, _Mercredi et Samedi au soir_.
+
+Conlie.
+
+Coigny.
+
+Craon.
+
+Chantonnay.
+
+Chateaulin.
+
+Courville.
+
+Carchiné.
+
+Concarneau.
+
+Corneré.
+
+Cahors, _Samedi à minuit_.
+
+Castres.
+
+Chastelnau de Monratier.
+
+Cominge.
+
+Cressensac.
+
+Courserans.
+
+Chasteau Roux.
+
+Chasteau Vieux.
+
+Chamceaux, _Dimanche, Mercredi et Samedi à midi_.
+
+Chablis[63].
+
+ [63] «Dimanche, mercredi, vendredi et samedi à midi.» Édit. 1691.
+
+Chalon sur Saone[64].
+
+ [64] «Le dimanche, mercredi et vendredi à midi.» _Id._
+
+Champeaux.
+
+Charolle.
+
+Chamlay.
+
+Champigny sur Yonne.
+
+Chaumont.
+
+Chastel Censoy.
+
+Chevery.
+
+Coulange.
+
+Cisteaux.
+
+Cussy les Forges.
+
+Clamecy.
+
+Courtenay.
+
+Carcassonne, _Lundi par Bourdeaux_[65].
+
+ [65] «_Samedi à minuit, le lundi_ par Bordeaux.» Édit. 1691.--Quelques
+ lignes plus loin, sous la même rubrique: «_partira encore le samedi_
+ par Montpellier.»
+
+Constantinople, _Lundi au soir_. Il faut payer le port jusqu’à Lion.
+
+Chambéry.
+
+Cazal, _Mercredi et Vendredi à minuit_.
+
+Constat, _le Mercredi à 10 h. du soir_. Il faut payer le port jusqu’au
+Rhin hausen.
+
+
+D.
+
+Diepe, _Tous les jours à midi_.
+
+Dise.
+
+Doüay.
+
+Dammartin.
+
+Doulens.
+
+Dourlen.
+
+Dosullé.
+
+Dunkerque.
+
+Dourdan, _Tous les jours à 8 h. du soir_.
+
+Dreux.
+
+Danville.
+
+Dinant en Bretagne.
+
+Durtat.
+
+Douzenac, _le Samedi à minuit_.
+
+Du Sault.
+
+Dun le Roy, _Lundi, Mercredi et Vendredi à midi_.
+
+Digne.
+
+Die.
+
+Dijon, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_.
+
+Ducé.
+
+Dannemoine.
+
+Dieuse, _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+Dormans.
+
+Dame-Marie, _Lundi, Mercredi, et Samedi à midi_.
+
+Doullevans.
+
+Doucherie.
+
+Dinan près Liège, _Mardi, Jeudi et Samedi à midi_.
+
+Dol, _Mardi et Jeudi à midi, et le Vendredi à minuit_.
+
+
+E.
+
+Elbeuf, _Tous les jours à midi_.
+
+Evreux.
+
+Estampes.
+
+Escoüis.
+
+Eu.
+
+Estrepagny.
+
+Espernon, _Tous les jours à 8 h. du soir_.
+
+Ecouché, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+Essay.
+
+Evron.
+
+Ernée.
+
+Embrières.
+
+Entrame.
+
+Embrun, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_.
+
+Edonne.
+
+Evaux.
+
+Escille.
+
+Epinay[66], _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+ [66] Lisez «Epernay», comme dans l’édit. précédente.
+
+Epoisse, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_.
+
+Espagne, _Part tous les 15 jours à commencer le Lundi 9 janvier 1691_.
+
+
+F.
+
+Fougers, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+Falayse.
+
+Frenay.
+
+Foulleroute.
+
+Frecgefont, _le Samedi à minuit_.
+
+Fribourg en Briscau, _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+Farmontier, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_.
+
+Fontenay[67].
+
+ [67] A la suite, dans l’édit. précédente: «FRÉJUS, lundi, mercredi et
+ vendredi au soir.»
+
+Fontainebleau.
+
+Ferre en Tartanois, _Tous les jours à 8 h. du soir_.
+
+Fifine[68].
+
+ [68] Lisez Fisme, comme dans l’édit. de 1691.
+
+Flavigny, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à minuit_.
+
+Francfort, _Lundi et Mercredi à 10 h. du soir_.
+
+Fribourg, _le Mardi et Jeudi à midi et le Vendredi à minuit_.
+
+Fano, _le Lundi au soir_.
+
+Ferrar.
+
+Final. Il faut payer le port jusqu’à Lion.
+
+Flandres, _Tous les jours à midi_.
+
+Fécamp.
+
+Forges.
+
+Furnes.
+
+Fauville.
+
+Francourville.
+
+
+G.
+
+Gaillon, _Tous les jours à midi_.
+
+Gand.
+
+Gisors.
+
+Gournay.
+
+Graveline.
+
+Grandvillier.
+
+Gué de Loré.
+
+Guisnes.
+
+Gaudelu, _Tous les jours à 8 h. du soir_.
+
+Grenoble, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_.
+
+Grace.
+
+Gueret.
+
+Gaillac.
+
+Gap.
+
+Gien.
+
+Guidgnant, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+Goton[69].
+
+ [69] Lisez Gorron, comme dans l’édit. précédente.
+
+Guibray.
+
+Gaudene[70], _Samedi à minuit_.
+
+ [70] Lisez Grandêve, comme dans l’autre édition.
+
+Gautray, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_.
+
+Gandecey, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_.
+
+Gizy.
+
+Genes, _le Lundi au soir_.
+
+Grisons. Il faut payer jusqu’à Lion.
+
+Genève, _Mercredi et Vendredi à minuit_.
+
+Gray, _Mardi et Jeudi à midi et le Vendredi à minuit_.
+
+
+H.
+
+Havre de Grâce, _Tous les jours à midi_.
+
+Ham.
+
+Harfleur.
+
+Honfleur.
+
+Hedain.
+
+Hennebon, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+Houdan.
+
+Hambourg, _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+Hagueneau.
+
+Hunignen.
+
+Haun, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_.
+
+Hénault, _Tous les jours à midi_.
+
+Hollande, _Lundi et Vendredi à midi_.
+
+
+I.
+
+Ivetot, _Tous les jours à midi_.
+
+Issoudun, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_.
+
+Issonne.
+
+Iardage[71].
+
+ [71] Lisez Jarnage, comme dans l’édit. de 1691.
+
+Joinville,_ Lundi, Mercredi, et Samedi à midi_.
+
+Joigny.
+
+
+L.
+
+La Pacaudière, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit._
+
+La Palisse.
+
+Le Puis.
+
+La Treille.
+
+La Bussière.
+
+La Charité.
+
+La Chartre.
+
+La Guierche.
+
+Lodève.
+
+Le Bourg Saint Andéol.
+
+Lorette, _le Mercredi à minuit_.
+
+Lionnois, _Partira tous les jours au soir à la réserve du Dimanche_.
+
+Lion.
+
+Lizieux, _Tous les jours à midi_.
+
+L’Ausmône.
+
+La Pomme d’or.
+
+Les Andelis.
+
+Lilsle bonne.
+
+Louviers.
+
+Luxembourg.
+
+Lion Laforest.
+
+Lonjumeau.
+
+Linas.
+
+Les 3 cheminées.
+
+Lire.
+
+Le Quesnoy.
+
+Langez.
+
+Laboüille.
+
+Langelé.
+
+Longchamps.
+
+Luzarche.
+
+L’ilsle en Flandre.
+
+Landau.
+
+Laon, _Tous les jours à 8 h. du soir_.
+
+Lagny.
+
+Limours.
+
+Louvois.
+
+Lizi.
+
+La Ferté Milon.
+
+Lahais Dupuis, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_.
+
+La Fère.
+
+La Chapelle.
+
+Lilleul.
+
+Langres.
+
+La Ferté Gaucher.
+
+Le Sommevoir.
+
+La Flèche, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+La Loupe.
+
+La Ferté Vidame.
+
+Lavalle.
+
+Latugé.
+
+La Gravelle.
+
+La Siay[72].
+
+ [72] Lisez Lassay, comme dans l’éd. de 1691.
+
+Lamçalle[73].
+
+ [73] Lisez Lamballe. _Id._
+
+La Ferté Bernard.
+
+Leigle.
+
+La Queue.
+
+L’Isle de Rez.
+
+Luçon.
+
+De Luce[74].
+
+ [74] Lisez Le Lude. _Id._
+
+La Ferté Senneterre, _Samedi à minuit_.
+
+La Bastide.
+
+L’Eaigne Brion[75].
+
+ [75] Lisez L’Épine-Brion. _Id._
+
+Le Blanc en Berry.
+
+La Barriolé.
+
+Limoges.
+
+Lombez.
+
+Leschezeaux.
+
+Ligny, _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+Luneville.
+
+La petite Pierre.
+
+La Ferté sous Joüard.
+
+Liège, _Le Mardi, Jeudi et Samedi à midi._
+
+Landrecy.
+
+Ligny le Chatelet, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_.
+
+Le Chatelet.
+
+La Ville neuve.
+
+Lezinne.
+
+La Forteresse.
+
+Limeil.
+
+La Chartre.
+
+Laverdon.
+
+La Rochelle, _Lundi, Mercredi et Vendredi à 10 h. du soir_.
+
+La Merci-Dieu.
+
+La Réolle.
+
+La Grolle.
+
+Lorson.
+
+La Monière[76].
+
+ [76] Lisez La Morinière, comme dans l’édit. de 1691.
+
+La Ménardie[77].
+
+ [77] La Menardière. _Id._
+
+La Hais.
+
+La Roche Pezé[78].
+
+ [78] La Roche-Pozé. _Id._
+
+Le Bouché.
+
+Loche.
+
+L’Isle d’Olleron.
+
+Lignevil.
+
+Libourne.
+
+L’Estang.
+
+L’isle Bouchard, _Dimanche, Mardi et Jeudi à midi_.
+
+Loudun.
+
+Les trois volets.
+
+La Balüe, _Mercredi et Jeudi[79] à midi_.
+
+ [79] «Samedi.» Édit. 1691.
+
+Ligourne, _le Lundi au soir_.
+
+Lucques. Il faut payer jusqu’à Lion.
+
+Leon.
+
+
+M.
+
+Mante, _Tous les jours à midi_.
+
+Magny.
+
+Meulan.
+
+Menat.
+
+Montreüil.
+
+Monbuisson.
+
+Mondidier.
+
+Montvilliers.
+
+Monl’hery.
+
+Montreüil.
+
+Mormant.
+
+Menin.
+
+Mons.
+
+Meaux, _Tous les jours à 8 h. du soir_.
+
+Maintenon.
+
+Marseille[80], _Mercredi et Vendredi à minuit_.
+
+ [80] «Lundi.» Édit. 1691.
+
+Maringue.
+
+Mande.
+
+Mussilac.
+
+Monaco.
+
+Montpellier.
+
+Montargis.
+
+Mont Luçon.
+
+Moulins.
+
+Moulin en Gellebert.
+
+Mondoubleau, _Dimanche, Mardi et Jeudi à midi_.
+
+Mantoit[81].
+
+ [81] Lisez «Montoir», comme dans l’édit. 1691.
+
+Marçon.
+
+Mussi Levesque, _Mercredi et Vendredi à minuit_.
+
+Mont Belliard, _Mardi et Jeudi à midi, et le Vendredi à minuit_.
+
+Malicorne, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+Mayne.
+
+Mayene.
+
+Mamers.
+
+Mesle sur Sarre.
+
+Mortagne.
+
+Morlais.
+
+Montfort la Maury.
+
+Montaigu en Poitou.
+
+Magnac, _le Samedi à minuit_[82].
+
+ [82] «A midi.» Édit. 1691.
+
+Mirepois.
+
+Morterolle[83].
+
+ [83] Lisez «Monterolle». _Id._
+
+Macon, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_.
+
+Moret.
+
+Melun.
+
+Montereau.
+
+Monbart.
+
+Monceny.
+
+Michery.
+
+Moutier St Jean.
+
+Marsal, _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+Mets.
+
+Montmirel.
+
+Moyenvic[84].
+
+ [84] «Dimanche, mardi et jeudi à midi, et le vendredi à minuit.» Édit.
+ 1691.
+
+Montreüil, _Dimanche, Jeudi et Vendredi à minuit_.
+
+Marche.
+
+Montauban, _Samedi à minuit et le Lundi par Bourdeaux_.
+
+Mastricht, _Mardi, Jeudi et Samedi à midi_.
+
+Milan, _le Vendredi au soir_.
+
+Modenne.
+
+Mortain, _Mercredi et Samedi_.
+
+Montrichart, _Lundi, Mercredi et Vendredi au soir_.
+
+Marigny.
+
+Matizé.
+
+Mezier.
+
+Montebourg, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_.
+
+Monmorel.
+
+Melleray.
+
+Mantoue, _Lundi au soir_.
+
+Montmeillan.
+
+Malte. Il faut payer jusqu’à Lion.
+
+Mayence, _Lundi et Mercredi à 10 h. du soir_.
+
+
+N.
+
+Noyon, _Tous les jours à midi_.
+
+Nangi.
+
+Neufbourg.
+
+Nanteüil.
+
+Neuf Chastel.
+
+Nogent.
+
+Narbonne, _Lundi, Mercredi et Vendredi à 10 h. du soir_.
+
+Nismes.
+
+Neumours.
+
+Neuvy.
+
+Nevers.
+
+Nice.
+
+Niort.
+
+Nanteuil.
+
+Neulabé.
+
+Nantes, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+Nogent-le-Rotrou.
+
+Nancy, _Lundi, Mercredi et Samedi à 10 h._
+
+Noyers, _Dimanche, Mercredi et Vendredi[85] à midi_.
+
+ [85] «Samedi.» Édit. 1691.
+
+Nuis.
+
+Nogent-le-Roy, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à 8 h. du soir_.
+
+Naple, _Lundi au soir_. Il faut payer[86] jusqu’à Lion.
+
+ [86] «Le port.» Édit. 1691.
+
+Neuf Chastel en Franche Comté, _Mardi et Jeudi à midi et Vendredi à
+minuit_.
+
+
+O.
+
+Orléans, _Tous les jours à midi_.
+
+Orbec.
+
+Oudenarde.
+
+Ourque.
+
+Ozulé.
+
+Orchie.
+
+Ousson, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_.
+
+Orange.
+
+Olleron en Bearn, _Samedi à minuit_.
+
+
+P.
+
+Pontoise, _Tous les jours à midi_.
+
+Ponteau de Mer.
+
+Pont Levesque.
+
+Pont Sainte Mayence.
+
+Pont de L’arche.
+
+Pont sur Seine.
+
+Pont Amousson.
+
+Provins.
+
+Pequigny.
+
+Pierre Bussière, _Samedi à minuit_.
+
+Pamiers.
+
+Payrac.
+
+Pont Orson, _Mercredi et Samedi à midi_.
+
+Poitiers, _Lundi, Mercredi et Vendredi au soir_.
+
+Perpignan.
+
+Preully.
+
+Poné.
+
+Perigueux.
+
+Peau en Bearn.
+
+Petit Pecigny.
+
+Panze le Viel.
+
+Pougues.
+
+Pont S. Esprit.
+
+Pouilly.
+
+Pont S. Jean Dandelis, _Mercredi au soir_[87].
+
+ [87] «Mercredi et samedi à dix heures du soir.» Édit. 1691.
+
+Peinchebray.
+
+Poul, _Mercredi, Vendredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+Parcé.
+
+Pont du Cé.
+
+Ponance.
+
+Ploërmel.
+
+Pont Labé.
+
+Pré en Parhaveron.
+
+Précy sous Tille, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_.
+
+Pont Devaux.
+
+Pont sur Yonne.
+
+Pontigny.
+
+Plessy Praslin.
+
+Passy.
+
+Peronne, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_.
+
+Periers.
+
+Parmes, _Vendredi[88] à midi_.
+
+ [88] «Au soir.» Édit. 1691.
+
+Pavie.
+
+Plaisance.
+
+Padoue, _Mercredi au soir_.
+
+Pignerol, _Mercredi et Vendredi à midi_.
+
+Philippeville, _Mercredi, Jeudi et Samedi à midi_.
+
+Petiviers.
+
+Phalsbourg, _Lundi, Mercredi[89] à 8 h. du soir_.
+
+ [89] «Et samedi.» Édit. 1691.
+
+Pontarlié, _Mardi et Jeudi à midi et Vendredi à minuit_.
+
+
+Q.
+
+Quimpercorentin, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+Quimperlé.
+
+Quintin.
+
+
+R.
+
+Rion, _Lundi, Mercredi[90] et Samedi à midi_.
+
+ [90] «Et vendredi à minuit.» Édit. 1691.
+
+Roanne.
+
+Riez.
+
+Rome, _Lundi au soir_.
+
+Rinhausen, _Lundi et Mercredi à 10 h. du soir_.
+
+Ratisbonne, _Mercredi à 10 h. du soir_. Il faut payer le port jusqu’au
+Rhinhausen.
+
+Rouen, _Tous les jours à midi_.
+
+Richelieu, _Dimanche, Mardi et Jeudi à midi_.
+
+Reims, _Tous les jours à 8 h._
+
+Rambouillet.
+
+Rodez, _le samedi à minuit_.
+
+Rieux.
+
+Razez.
+
+Romorantin.
+
+Rhetel, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_.
+
+Rebais.
+
+Rocroy.
+
+Roye.
+
+Rozoy.
+
+Riblemont.
+
+Renne, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+Rubay.
+
+Rospordin.
+
+Remiremont, _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+Rozières.
+
+Ris.
+
+Rochefort, _Dimanche, Mardi et Vendredi à 8 h. du soir_.
+
+Ravier, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_.
+
+
+S.
+
+Senlis, _Tous les jours à midi_.
+
+Saint Paul en Artois.
+
+Steignevil.
+
+St Quentin.
+
+Saint Omer.
+
+Saint Ore.
+
+Saint Pierre sur Dive.
+
+Saint Silvain.
+
+Saint Saën.
+
+Sainte Barbe en Auge.
+
+Saint Valery en Caux.
+
+Saint Martin du Port.
+
+Saint Venant.
+
+Saint Evrol.
+
+Saint Clair, _Tous les jours à 8 h._
+
+Saint Arnoul.
+
+Soissons.
+
+Saint Germain en Laye, _Lundi, Mercredi et Vendredi à 10 h._
+
+Saint Mexans.
+
+Saint Severe.
+
+Saint Ciran en Brenne.
+
+Saint Cibardeau.
+
+Saint Flavien.
+
+Saint Lo, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_.
+
+Saint Sauveur le Vicomte.
+
+Ste Mère Eglise.
+
+St Pierre Eglise.
+
+St Dizier.
+
+Sezanne.
+
+Sables d’Olonne, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+Sablé.
+
+St Servant.
+
+St Malo.
+
+St Brieux.
+
+Scés.
+
+Sillé.
+
+Ste Suzanne.
+
+St Benoist, _le Samedi à minuit_.
+
+Sarlac.
+
+Souflac.
+
+St Antonin.
+
+St Papoul.
+
+Sedan, _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+Sarlouis.
+
+Schelestat.
+
+St Diez.
+
+St Nicolas.
+
+St Aubin.
+
+Sarbourg, _Tous les jours à midi à la réserve du Jeudi_.
+
+Saverne.
+
+Strasbourg.
+
+Saint Viet, _Dimanche, Mardi et Jeudi à midi_[91].
+
+ [91] «A huit heures du soir.» Édit. 1691.
+
+Saumur, _Dimanche, Mardi et Jeudi à midi_.
+
+Sainte Reine, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_.
+
+Saint Seine.
+
+Semur.
+
+St Florentin.
+
+St Brice.
+
+Seignelay.
+
+Sens.
+
+Sergines.
+
+Savigny sur Bray, _Mercredi et Samedi à midi_.
+
+Saint Hilaire du Argolt.
+
+Ste Menehout, _Le Dimanche, Mardi et Vendredi à 8 h. du soir_.
+
+Spire, _Lundi et Mercredi à 10 h. du soir_.
+
+Salins, _Mardi et Jeudi à midi et le Vendredi à minuit_.
+
+Soleurre.
+
+Saint-Firmin, _Lundi, Mercredi et Vendredi à midi_.
+
+St Brisson.
+
+St Fargeau.
+
+Sully.
+
+St Amand.
+
+St Pierre le Moutier.
+
+St Flour.
+
+St Géran.
+
+St Fourcain[92].
+
+ [92] Lisez «Saint Pourçain», comme dans l’édit. de 1691.
+
+St Germain Lepinasse.
+
+St Simphorien.
+
+St Etienne en Forest.
+
+St Papoul trois Châteaux.
+
+St Bonnets.
+
+St Cous.
+
+St Hipolyte.
+
+St Jean de Maurienne.
+
+Senez.
+
+St Calais, _Dimanche, Mardi et Jeudi à 8 h._
+
+St Christophle.
+
+Suisse, _Lundi et Mercredi au soir_.
+
+
+T.
+
+Tours, _Tous les jours à midi_.
+
+Troyes.
+
+Tilliers.
+
+Tournay.
+
+Trappe, _Tous les jours à 8 h. du soir_.
+
+Toulouse, _le Samedi à minuit et le Lundi par Bourdeaux_.
+
+Turbes[93], _le Samedi à minuit_.
+
+ [93] «Tulle.» Édit. 1691.
+
+Tonnerre, _Dimanche, Mercredi, Vendredi et Samedi à midi_.
+
+Thionville, _Lundi à 8 h. du soir, Mercredi et Samedi à midi_.
+
+Tournon, _Lundi, Mercredi et Vendredi à 10 heures du soir_.
+
+Toullon sur Arroux, _Dimanche et Vendredi à midi_.
+
+Tournus.
+
+Tamlay.
+
+Tannay.
+
+Toussi.
+
+Theil.
+
+Thorigny, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_.
+
+Tissy.
+
+Tournant.
+
+Tirol, _le Mercredi à 10 h. du soir_. Il faut payer le port des lettres
+jusqu’à Rinhausen.
+
+Tiers, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_.
+
+Toulon.
+
+Tarrare.
+
+Turin, _Lundi et Mercredi à minuit_.
+
+Trente.
+
+Touars, _Dimanche, Mardi et Jeudi à midi_.
+
+
+V.
+
+Ville Franche en Bajollois, _Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi_.
+
+Verdun sur Saone.
+
+Vettamon[94].
+
+ [94] «Vermanton.» Édit. 1691.
+
+Vezelay.
+
+Villecien.
+
+Ville Vallier.
+
+Viteaux.
+
+Villefranche.
+
+Villeneuve la Gularde[95].
+
+ [95] Lisez «Ville neuve la Guiarde», comme dans l’édit. 1691.
+
+Ville Chasson.
+
+Valleri.
+
+Valence.
+
+Ville neuve St Georges.
+
+Vienne en Daufiné, _Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit_.
+
+Varenne.
+
+Valt Sainte.
+
+Vierson.
+
+Vivier en Vivarés.
+
+Usez.
+
+Vence.
+
+Uriel.
+
+Uraison.
+
+Valence.
+
+Valencienne, _Tous les jours à midi_.
+
+Vernon.
+
+Verbrie.
+
+Vallemont.
+
+Vic.
+
+Vétheuil.
+
+Villers Cotterest, _Tous les soirs à 8 h._
+
+Versailles.
+
+Vernain.
+
+Vannes, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+Vitré.
+
+Vassé.
+
+Villaine.
+
+Verneuil au Berch[96].
+
+ [96] «Verneuil en Perche.» Édit. 1691.
+
+Vabres, _le Samedi à minuit_.
+
+Userche.
+
+Verdun, _Dimanche, Mardi et Vendredi à 10 h. du soir_.
+
+Vandôme, _Dimanche, Mardi et Jeudi à 8 h. du soir_.
+
+Ville au Clerc.
+
+Voil[97], _Lundi, Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+ [97] «Void.» Édit. 1691.
+
+Vertus.
+
+Vitry.
+
+Valogne, _Lundi, Mercredi et Samedi à midi_.
+
+Virre.
+
+Ville Dieu.
+
+Vendeuvres.
+
+Vassy.
+
+Villenauxe.
+
+Venise, _Mercredi à minuit_.
+
+Véronne.
+
+Vicence.
+
+Verseilles, _le Vendredi au soir_.
+
+Vienne, _Mercredi à 10 h. du soir_.
+
+Ulm. Il faut payer le port jusqu’au Rhinhausen.
+
+Vesoul, _Mardi, Jeudi à midi et Vendredi à minuit_.
+
+
+X.
+
+Xainte, _Mercredi et Samedi à 8 h. du soir_.
+
+
+Y.
+
+Ypre, _Tous les jours à midi_.
+
+Yzeures, _Lundi, Mercredi et Samedi au soir_.
+
+Yelme.
+
+Ysigny, _Mercredi et Samedi à midi_.
+
+
+Z.
+
+Zélande, _Lundi et Vendredi à midi_[98].
+
+ [98] «Le Bureau d’Angleterre est présentement à la grande Poste.»
+ Édit. 1691.
+
+Les Couriers pour la Cour partiront tous les jours à 8 h. du soir,
+lorsqu’elle sera à Versailles, Saint-Germain ou Fontainebleau. Le Bureau
+est rue de la Limace et rue des Déchargeurs[99].
+
+ [99] «Le Bureau général, où se distribuent les lettres qui sont
+ envoyées à Paris des Provinces et païs étrangers, est dans la rue
+ des Bourdonnois, où étoit autrefois l’hôtel de Villeroy. Et pour
+ envoyer les lettres dans les mêmes lieux le Bureau général est dans
+ la rue de la Limace, près la même rue des Bourdonnois.» _Id._--C’est
+ Pagot, fermier des Postes, qui les avoit établies dans l’hôtel de
+ Villeroy, dont il étoit propriétaire, depuis 1652. L’hôtel avoit une
+ porte rue des Bourdonnois et une autre rue de la Limace.
+
+Le Public sera averti de bien faire écrire le dessus des Lettres et
+Paquets, s’en trouvant souvent pour des lieux hors de la route des
+postes qui ne sont pas connus, ce qui est cause de la perte d’iceux; et
+pour y remédier, ceux qui écriront ci-après, soit dans les bourgs,
+villages ou chasteaux, écriront sur leurs lettres la Ville de la route
+des Postes qui en peut être la plus proche, avec le nom de la Province.
+
+Et pour plus de commodité, il y a présentement six boëtes où l’on va
+tous les jours lever les lettres précisément à midi et à 8 h. du soir en
+hiver et en esté à 9 si exactement que lesdites heures du soir passées,
+les Lettres survenues demeureront pour les Ordinaires suivans: sçavoir
+une en la rue St Jacques au coin de la rue du Plâtre vis-à-vis la
+vieille Poste[100]. Une au milieu de la place Maubert vis à vis la
+Fontaine, à l’image St François. Une au fauxbourg St Germain au coin du
+Jeu de Paulme de Metz[101]. Une ruë St Martin, au coin de la ruë aux
+Ours. Et une rue St Antoine vis-à-vis l’Ours, devant la rue Geoffroy
+Lasnier au petit Louvre couronné.
+
+ [100] Sur le plan Gomboust, feuille V, la poste est indiquée rue
+ St-Jacques, à l’endroit marqué ici. Il étoit naturel qu’elle eût été
+ d’abord située au quartier de l’Université, puisqu’elle en avoit
+ dépendu dans l’origine, lorsque le service des Messagers, qui
+ mettoient les écoliers de Paris en communication avec leurs parents
+ de province ou de l’étranger, étoit le seul établissement de ce
+ genre qui existât.
+
+ [101] Ce «jeu de Metz», comme on l’appeloit le plus ordinairement et
+ dont nous avons déjà plus d’une fois rencontré le nom, devoit se
+ trouver rue Mazarine, où les principaux jeux de paume s’étoient
+ groupés. C’est l’un d’eux qui servit, comme on sait, de premier
+ théâtre à Molière. Quelques-uns existoient encore sous la
+ Restauration.--Auprès du «Jeu de Metz» étoit un hôtel garni du même
+ nom, où mourut la femme de La Calprenède, le 14 mars 1668.
+
+On avertit aussi le public de payer le port des Lettres que l’on écrit
+des Provinces par de là Paris, faute de quoy les Lettres ne seront pas
+tenues.
+
+
+
+
+ÉTAT
+
+DES PLUS CONSIDÉRABLES FOIRES DU ROYAUME.
+
+
+_En Janvier._
+
+Il y a Foire à Lyon le lendemain des Rois qui dure jusqu’au 26[102].
+
+ [102] Cette foire n’existe plus. Elle est remplacée par la foire
+ d’hiver qui dure du 1er au 10 décembre.
+
+A Laon le premier Lundi d’après le jour de l’an[103].
+
+ [103] Cette foire n’a pas été supprimée.
+
+A Saint Nicolas en Lorraine le septième[104].
+
+ [104] Il n’y a plus à Saint-Nicolas-du-Port que deux foires, celles
+ des derniers vendredis de mars et de septembre.
+
+A Joigny le douzième[105].
+
+ [105] C’est le 2 janvier que cette foire se tient à présent.
+
+A Provins, il y a marché franc tous les samedis.
+
+
+_En Février._
+
+A Paris, la Foire St Germain le troisième[106].
+
+ [106] «Elle commence le 3 février, dit Piganiol, t. I, p. 158, et ne
+ doit durer que quinze jours; mais elle se continue par permission du
+ Roi jusqu’au dimanche de la Passion. Cette prorogation est accordée
+ en faveur des valets de pied du Roi, auxquels les marchands donnent
+ une gratification pour cela.» La foire St-Germain fut supprimée à la
+ Révolution. Le marché du même nom est bâti sur une partie de son
+ emplacement.
+
+A Roüen le même jour.
+
+Le Pardon St Denis le jour St Mathias.
+
+A Montargis, le Lundi de devant les jours gras[107].
+
+ [107] Cette foire se tient maintenant le jeudi qui précède le jeudi
+ gras.
+
+A Ste Menehould, le jour de la Chaire St-Pierre[108].
+
+ [108] Elle se tient encore le même jour.
+
+A Montferrant, le Lundi de devant le Carême[109].
+
+ [109] On sait que la ville de Montferrand fut annexée en 1731 à celle
+ de Clermont qui en prit le nom de Clermont-Ferrand. La foire n’en
+ subsista pas moins. Elle se tient aujourd’hui le vendredi avant le
+ carême; elle dure trois jours.
+
+A Langres, le quinzième et dure huit jours[110].
+
+ [110] Cette foire se tient encore à la même époque.
+
+
+_En Mars._
+
+A Senlis, le 1er lundi de Carême.
+
+A Gien sur Loire, le second Lundi de Carême[111].
+
+ [111] Elle existe toujours.
+
+A Rheims, le premier Jeudi d’après Pâques[112].
+
+ [112] C’est maintenant le premier mardi après Pâques qu’elle se tient.
+ Elle dure huit jours.
+
+A Francfort le même jour.
+
+
+_En Avril._
+
+A Lyon le lendemain de la Quasimodo.
+
+A Clermont en Auvergne, le Jeudi Saint[113].
+
+ [113] Elle se tient à présent le mardi saint.
+
+A Chaumont en Bassigny, le lendemain des Fêtes de Pâques[114].
+
+ [114] C’est avant et non après Pâques qu’elle se tient maintenant. Son
+ jour est l’avant-dernier samedi qui précède le samedi saint.
+
+A Troyes en Champagne, le dernier Avril.
+
+
+_En May._
+
+A Creusi le Chastel proche Tonnerre, le premier et dure 8 jours[115].
+
+ [115] La foire de Cruzy-le-Châtel commence toujours le 1er mai.
+
+A Senlis, le deuxième[116].
+
+ [116] Elle commence maintenant le 25 avril. Sa durée est de 9 jours.
+
+A Fontenay en Brie, le premier jour.
+
+A Clermont en Auvergne, le neuvième[117].
+
+ [117] Elle se tient à la même date et dure 9 jours.
+
+A Chartre, Foire franche le onzième[118].
+
+ [118] C’est une foire de 10 jours, qui commence encore à la même
+ époque.
+
+A Niort le sixième[119].
+
+ [119] Elle se tient aujourd’hui le 7.
+
+A Meaux à la My-May[120].
+
+ [120] Elle existe encore et dure trois jours, les 15, 16 et 17 mai.
+
+A Fontainebleau le lendemain de la Trinité[121].
+
+ [121] Foire de trois jours, dont l’époque est restée la même.
+
+
+_En Juin._
+
+A Abbeville le deuxième.
+
+A St Denis le Lundi d’après la St Barnabé[122].
+
+ [122] Cette foire se tient à présent le jour même de la Saint-Barnabé
+ qui est le 11 juin.
+
+A Rouen le lendemain de la Pentecôte[123].
+
+ [123] On a maintenant avancé cette foire qui dure quinze jours. Elle
+ commence la veille de l’Ascension.
+
+A Fontenay en Poitou, le jour de la St Jean Baptiste[124].
+
+ [124] C’est le lendemain de la Saint-Jean qu’elle commence maintenant.
+ Sa durée est de deux jours, le 25 et le 26 juin.
+
+A Senlis, Foire franche le premier Lundi d’après la St Jean.
+
+A Bourges le dix neuvième et dure 8 jours[125].
+
+ [125] Cette foire n’a plus que deux jours: les 20 et 21 juin.
+
+
+_En Juillet._
+
+A Fontenay en Brie, Foire franche le deuxième[126].
+
+ [126] Elle se tient encore le même jour.
+
+A Lion, le quatrième, et finit le dix-neuvième[127].
+
+ [127] C’est à présent la foire de la Pentecôte. Elle ne dure plus que
+ trois jours.
+
+A la Royale en Bretagne, le cinq et dure 8 jours.
+
+A Rheims le Lundi d’avant la Magdeleine.
+
+A Montargis[128] et à Espernay le même jour[129].
+
+ [128] C’est la foire du 20 juillet, veille de la Madeleine, qui existe
+ encore.
+
+ [129] L’époque de cette foire n’a pas été changée.
+
+
+_En Aoust._
+
+A Fontenoy en Poitou, le premier jour du mois, Foire franche à l’abbaye
+de Jarcy[130].
+
+ [130] Cette foire de deux jours commence maintenant le 2 août.
+
+A Lion le quatrième et finit le vingt troisième.
+
+A Clermont en Auvergne, le sixième[131].
+
+ [131] Cette foire a été reportée au 15 août.
+
+A Paris, la Foire St Laurent, le sixième et dure le reste du mois[132].
+
+ [132] C’est le 10, jour de la fête du Saint, et non le 6 août, que la
+ foire Saint-Laurent commençait, pour durer jusqu’au 7 septembre. Les
+ prêtres et missionnaires de Saint-Lazarre, dont le couvent étoit
+ voisin du préau où elle se tenoit, l’avoient fait établir pour
+ bénéficier des droits à percevoir. En 1705, ces droits devinrent
+ plus considérables, lorsqu’ils eurent obtenu que la foire ne
+ commenceroit plus le 10 août, mais le 24 juillet, et dureroit
+ jusqu’à la Saint-Michel, c’est-à-dire jusqu’au 29 septembre: «Elle
+ est, dit Piganiol, t. I, p. 158, de même que celle de Saint-Germain,
+ franche pour toutes sortes de marchands et de marchandises.»
+
+A Chartre, Foire franche le 14[133].
+
+ [133] Elle a été reportée au 24 du même mois et dure trois jours.
+
+A Guibray, le Lundi de la My-Aoust, et dure huit jours[134].
+
+ [134] C’est la fameuse foire qui se tient encore à Falaise, dans le
+ faubourg de Guibray. Elle dure maintenant quinze jours. Comme on y
+ achète beaucoup de cadeaux, le mot guibrée, dans le patois
+ d’Alençon, signifie présent.
+
+A Creusi le Chastel proche Tonnerre le dix-septième[135].
+
+ [135] Elle se tient à présent le 7 septembre.
+
+
+_En Septembre._
+
+A Vitry le François, le premier jour[136].
+
+ [136] Elle existe encore.
+
+A Toul en Lorraine le sixième[137].
+
+ [137] On l’a avancée de trois jours maintenant.
+
+A Seez le Jeudi d’après la Nativité Notre Dame.
+
+A Provins, à l’exaltation Ste Croix jusqu’à la fin du mois.
+
+A Espernay, le même jour[138].
+
+ [138] Ce jour est le 15 septembre. C’est encore celui de la foire
+ d’Épernay.
+
+A Blangy[139] en Brie, le jour de St Mathieu apôtre.
+
+ [139] Lisez «Blandy». La foire s’y tient encore le même jour 21
+ septembre.
+
+
+_En Octobre._
+
+A Rheims, le premier jour.
+
+A St Denis en France le dixième jour.
+
+A Sens le dix septième.
+
+A Rouen, le vingt troisième[140].
+
+ [140] Elle commence encore le même jour et en dure quinze.
+
+A Senlis, Foire franche, le Jeudi d’après St Luc.
+
+A Châlons en Champagne, le Vendredi d’après St Denis[141].
+
+ [141] Cette foire de huit jours existe encore, mais a été reportée du
+ vendredi au samedi d’après la Saint-Denis, c’est-à-dire au 18
+ octobre.
+
+A Fontenay en Brie, Foire franche le Samedi de devant la Toussaint[142].
+
+ [142] Elle se tient à présent le 12 octobre.
+
+
+_En Novembre._
+
+A Troye le deuxième.
+
+A Lion le quatrième.
+
+A Meaux le jour de la St Martin[143].
+
+ [143] C’est une foire de trois jours qui existe encore.
+
+A Châlons en Champagne, le Vendredi d’après St Martin[144].
+
+ [144] Elle a été reportée au samedi; elle dure trois jours.
+
+A Clermont en Auvergne le onzième.
+
+A Fontainebleau, le lendemain de la Ste Catherine[145].
+
+ [145] Cette foire de trois jours se tient encore à la même date: les
+ 26, 27 et 28 novembre.
+
+A Creusi le Chastel, le jour de St André[146] et dure 8 jours.
+
+ [146] C’est-à-dire le 30 novembre. Elle se tient à présent le jour
+ suivant.
+
+
+_En Décembre._
+
+A Vitry le François le premier[147].
+
+ [147] Elle se tient encore le même jour.
+
+A Niort, le lendemain de la St André[148].
+
+ [148] C’est le jour même de la Saint-André, 30 novembre, qu’elle se
+ tient aujourd’hui.
+
+A Vinacour près Amiens, le même jour.
+
+A St Nicolas en Lorraine le sixième.
+
+A Poitiers le même jour.
+
+A Bourges le vingt septième[149].
+
+ [149] Elle commence à présent le 24 et dure vingt jours.
+
+A Chablis, le dernier jour[150].
+
+ [150] La date n’en a pas été changée.
+
+
+
+
+APPENDICE
+
+
+
+
+LISTE
+
+DE MESSIEURS DE L’ACADÉMIE FRANÇOISE[151]
+
+_en Ianvier 1676_[152].
+
+ [151] Ces Listes se publièrent d’abord en une brochure in-4º, comme la
+ première qui va suivre; puis sous forme de placard in-folio, dont un
+ exemplaire étoit affiché dans la salle du Louvre, où Colbert avoit
+ permis, en 1673, que l’Académie s’installât, lorsqu’après la mort du
+ chancelier Séguier elle eut quitté son hôtel, avec le roi pour
+ nouveau protecteur.
+
+ [152] Ce n’est qu’à partir de 1711 que l’_Almanach Royal_ publia les
+ noms et les adresses des Académiciens du moment d’après ces Listes,
+ qui sont devenues très rares. Les deux que nous donnons, à la suite
+ l’une de l’autre, sont les seules que nous connaissions.
+
+
+LE ROY, Protecteur.
+
+Messieurs
+
+1635. Henry-Louis Habert, sieur de MONTMOR, doyen des Maistres des
+Requestes, rue _S. Avoye_[153].
+
+ [153] Il étoit de l’Académie depuis sa fondation, comme l’indique la
+ date de 1635, qui précède ici son nom. Il se tenoit chez lui des
+ conférences, mais de philosophie et de physique. Gassendi fut
+ quelques années son hôte, à l’époque où Chapelle, Molière et Bernier
+ suivoient ses leçons. Son hôtel, autrefois magnifique, «ædes
+ renidentes», comme dit Sorbière, existe encore dans la partie de la
+ rue du Temple qui s’est substituée à la rue Sainte-Avoie. Il mourut
+ le 21 janvier 1679. L’abbé de Lavau fut son successeur à l’Académie.
+ Quelques-unes des premières séances, avant qu’elle eût un
+ établissement fixe, s’étoient tenues chez Montmor.--Son fauteuil, le
+ 40e, est occupé par M. Cuvillier-Fleury, selon le _Dictionn. histor.
+ de la France_, par M. Lud. Lalanne, que nous prenons pour guide.
+
+Iean DES-MARESTS, cy-devant Controlleur General de l’Extraordinaire des
+Guerres, _à la Place Royale_[154].
+
+ [154] Desmarests Saint-Sorlin, factotum poétique de Richelieu, pour
+ lequel il fit _Mirame_, et qui l’avoit mis, des premiers, de son
+ Académie. Il mourut cette année 1676, le 28 octobre, et eut J. J. de
+ Mesmes pour successeur. On lui devoit l’inscription de la statue de
+ Louis XIII élevée dans la place Royale, où il logeoit. Il avoit
+ auparavant habité l’hôtel Pelvé, qu’il avoit fait rebâtir, car il se
+ mêloit d’architecture, au coin des rues de Thiron et du Roi de
+ Sicile. Il y avoit été, dans les premiers temps, un des hôtes de
+ l’Académie encore sans asile.--Son fauteuil, le 39e, est occupé par
+ M. de Champagny.
+
+1639. François ESPRIT, advocat en Parlement[155].
+
+ [155] Son prénom étoit Jacques, et non François; Pellisson (_Hist. de
+ l’Acad. françoise_, édit. Ch. Livet, I, p. 288) le fait non pas
+ avocat, mais conseiller du roi. On a de lui: _Paraphrase de quelques
+ psaumes_, dont l’édition, imprimée toute en italiques, est rare. Il
+ fut très goûté chez La Rochefoucauld, chez Mme de Sablé et chez le
+ chancelier Séguier, qui contribua beaucoup à le faire recevoir de
+ l’Académie à la place de Philippe Habert (V. _Regist._ du 14 fév.
+ 1639). Si son adresse n’est pas donnée ici, c’est qu’à la suite du
+ prince de Conti il s’étoit retiré à Béziers, où il mourut le 6
+ juillet 1678. L’archevêque de Rouen, Colbert, lui succéda.--Son
+ fauteuil, le 3e, est échu à M. Jules Sandeau.
+
+1640. Olivier PATRV, advocat en Parlement[156], _proche le
+Puy-l’Hermite[157], faubourg S. Marcel_.
+
+ [156] On sait trop la réputation qu’il se fit au barreau de Paris pour
+ que nous devions y insister. Il avoit succédé, comme académicien, à
+ Porchères d’Arbaud. Il mourut le 16 janvier 1681 et fut remplacé par
+ le président Potier de Novion.--Son fauteuil, le 6e, est aujourd’hui
+ celui de M. le duc de Noailles.
+
+ [157] Ce puits, qui se trouvoit au carrefour formé par les rues de
+ l’Épée de bois, Gracieuse et Françoise, finit par donner son nom à
+ cette dernière. Patru logeoit encore auprès lorsqu’il mourut. (Jal,
+ _Dict. critique_, p. 945.) Richelet parle ainsi de sa maison: «Patru
+ se retira dans le plus beau quartier du faubourg Saint-Marcel, en
+ une petite maison assez agréable, qui avoit un jardin, une
+ basse-cour et toutes les commoditez des charmants réduits de la
+ campagne.» _Les plus belles Lettres françoises_, édit. de 1708,
+ in-12, 1re part., p. 57.
+
+1643. Claude Bazin, sieur de BEZONS, conseiller d’Estat[158], _près les
+Capucins du Marais_[159].
+
+ [158] Il avoit été avocat général au grand Conseil, et s’y étoit fait,
+ «parlant éloquemment et fortement en toutes rencontres», comme dit
+ Chapelain, les seuls titres qu’il eût à être de l’Académie. Il y
+ remplaça Séguier en 1643, et, lorsqu’il mourut, le 20 mars 1684, à
+ 67 ans, il eut Boileau pour successeur.--Son fauteuil, le 7e, est
+ occupé par M. Émile Augier.
+
+ [159] Leur couvent, construit en 1622 et supprimé en 1790, se trouvoit
+ à l’angle des rues d’Orléans et du Perche, où l’église, bâtie sur
+ l’emplacement d’un jeu de paume, existe encore sous l’invocation de
+ saint François d’Assise.
+
+1647. Pierre CORNEILLE, cy-devant Advocat General à la Table de Marbre
+de Normandie, _rue de Clery_[160].
+
+ [160] Nous nous contenterons de dire que P. Corneille ne fut pas de
+ l’Académie tant que vécut Richelieu, qui lui gardoit rancune du
+ _Cid_. Six places s’étoient successivement trouvées vacantes: il ne
+ lui en laissa prendre aucune, sous prétexte qu’il habitoit Rouen. A
+ ce compte, Esprit, qui habitoit beaucoup plus loin, à Béziers,
+ aurait dû encore en être moins, et il en fut pourtant. En 1647
+ seulement, sous Mazarin, Corneille fut élu à la place de
+ Maynard.--Nous ne dirons rien sur l’adresse qui lui est donnée ici:
+ _rue de Cléry_. Nous en avons parlé longuement, à propos de son
+ dernier logis rue d’Argenteuil, dans notre _Histoire de la Butte des
+ Moulins_, p. 263.--Par le plus ingénieux et le plus sensé des
+ hasards, il se trouve qu’aujourd’hui le fauteuil de P. Corneille, le
+ 9e de l’Académie, est celui de M. Victor Hugo.
+
+1649. François de MEZERAY, conseiller du Roy, Historiographe de
+France[161], _rue Mont-Orgueil, vis-à-vis la rüe Beaurepaire_[162].
+
+ [161] On aurait dû ajouter--mais ce n’étoit pas l’usage--_secrétaire
+ perpétuel_. Il l’étoit alors depuis un an, à la place de Conrart.
+ Comme académicien, il avoit succédé à Voiture en 1649, et il fut
+ remplacé lui-même, en 1685, par l’avocat Barbier d’Aucourt.--Son
+ fauteuil, le 12e, est occupé par M. Jules Favre.
+
+ [162] Son testament, signé le 11 juillet 1683, est daté de cette
+ adresse, mais avec la simple indication: «rue Montorgueil».
+
+1650. Jean DOVJAT, Docteur Regent, et premier Professeur du Roy en Droit
+Canon, Conseiller et Historiographe de Sa Majesté[163], _rue St Iean de
+Beauvais_[164].
+
+ [163] Il avoit succédé au continuateur de l’_Astrée_, Baro, dont, par
+ la date donnée ici pour l’entrée de Doujat à l’Académie, on connoît
+ approximativement l’époque de la mort, restée autrement assez
+ problématique. (Pellisson, _Hist. de l’Acad. franç._, édit. Livet,
+ t. I, p. 238.) Doujat eut pour successeur l’abbé Renaudot, en
+ 1689.--Son fauteuil, le 15e, vient d’échoir à M. Henri Martin, par
+ suite de la mort de M. Thiers.
+
+ [164] Son titre de professeur en droit canon lui permettoit d’y
+ habiter les _Écoles de droit_, dont la principale entrée étoit dans
+ cette rue. V. plus haut, t. I, p. 33.
+
+1651. François CHARPENTIER[165], _rue de la Verrerie_[166].
+
+ [165] C’est surtout comme traducteur qu’on le reçut, en 1651, de
+ l’Académie; il travailla aussi à la rédaction des _Voyages_ de
+ Chardin.--Il occupoit le 16e fauteuil, où il avoit remplacé J.
+ Baudoin, et que l’évêque de Senlis, Chamillard, eut après lui, en
+ 1702. C’est aujourd’hui celui de M. le duc de Broglie.
+
+ [166] Il avoit d’abord habité près du Louvre une maison, dont il étoit
+ le propriétaire, mais qu’il avoit dû quitter. Le roi se l’étant
+ réservé «pour le grand dessein du Louvre», Charpentier n’avoit pas
+ eu le droit d’y faire les réparations nécessaires, et c’est pour n’y
+ pas être écrasé sous les ruines que force lui avoit été d’en partir
+ avec tous ses locataires.
+
+François TALLEMANT, conseiller du Roy, et Premier Aumosnier de Madame,
+abbé de Val-Chrestien, et prieur de S. Irenée, _rue Sainte-Anne, proche
+celle de la Sourdière_[167].
+
+ [167] Frère cadet de Tallemant des Réaux. Il est fameux par le vers
+ que sa traduction de Plutarque lui valut de la part de Boileau, et
+ auquel un académicien du même nom et de la même famille, l’abbé Paul
+ Tallemant, qu’on trouvera plus loin, riposta par une lettre très
+ digne, très spirituelle, mais trop peu connue. Elle se trouve dans
+ l’édit. du Racine in-8º de 1768, t. VII, p. 254. Il avoit succédé,
+ en 1669, à J. de Montreuil, et il eut pour successeur, en 1693,
+ Simon de Laloubère.--Son fauteuil, le 13e, est aujourd’hui celui de
+ M. le duc d’Audiffret-Pasquier.
+
+1652. Armand de Cambout, duc de COASLIN, Pair de France, Lieutenant
+General pour le Roy en Basse-Bretagne, Mestre de Camp General de
+la Cavalerie Legere, _rue des Deux-Portes, près de la rue
+Mont-Orgueil_[168].
+
+ [168] Petit-fils de Séguier par sa mère, il avoit été, lorsqu’il
+ remplaça L’Estoille, en 1652, académicien de naissance pour ainsi
+ dire. Son fils et son petit-fils, qui, l’un après l’autre, lui
+ succédèrent, le furent de même. Chapelain, lui cherchant des titres,
+ ne trouva qu’une harangue «courte et bonne» qu’il avoit faite, comme
+ président, aux États de Bretagne: «Du reste, ajoute-t-il, il se
+ pique plus de guerre que d’écriture.»--Son fauteuil, le 17e, est
+ occupé par M. Hippolyte Taine.
+
+1653. Paul PELLISSON Fontanier, conseiller du Roy en ses Conseils,
+maistre des Requestes ordinaire de son Hostel[169], _maison abbatiale de
+S. Germain des Prez_[170].
+
+ [169] On connoît assez Pellisson pour que nous n’ayons pas à parler de
+ lui. Il ajoutoit à son nom celui de Fontanier, qui étoit celui de sa
+ mère, pour se distinguer de son frère aîné Georges. Il avoit en 1653
+ remplacé Porchères Laugier, et il eut en 1693 Fénelon pour
+ successeur.--Son fauteuil, le 20e, est maintenant celui de M.
+ Dufaure.
+
+ [170] C’est comme administrateur de l’économat de l’abbaye qu’il
+ habitoit «cette maison abbatiale», dont on peut voir encore la
+ façade presque intacte au bout de la rue Furstemberg. V. plus haut,
+ t. I, p. 23.
+
+1654. Paul-Philippes de CHAVMONT, Evesque de Dax[171].
+
+ [171] On disoit alors plus communément évêque d’Acqs. Cet évêché de
+ Dax fut supprimé en 1802. Chaumont l’occupa de 1671 à 1684, puis
+ s’en démit. Étoit-ce pour être plus assidu à l’Académie? Il y avoit,
+ en 1654, remplacé Sérizay, et le président Cousin l’y remplaça en
+ 1697: «La nécessité de ses fonctions, dit-il de son prédécesseur, le
+ priva pendant quelque temps des avantages de votre société.» Son
+ fauteuil, le 18e, est occupé par M. le comte de Falloux.
+
+1656. Charles COTIN, abbé de Mont-Fronchel, chanoine de Bayeux, _rüe
+Simon-le-Franc_[172].
+
+ [172] Une des plus fameuses victimes de Boileau et de Molière. L’abbé
+ d’Olivet croyoit qu’il n’avoit été qu’un an chanoine de Bayeux:
+ nommé en 1650, il auroit l’année d’après, «ne voulant pas résider à
+ Bayeux», résigné son canonicat. On voit que c’est une erreur
+ puisque, seize ans après, notre liste le lui attribue encore. Cotin
+ avait, en 1655, succédé à Habert de Cérizy; en janvier 1682, il eut
+ l’abbé de Dangeau pour successeur.--Son fauteuil, le 21e, est
+ aujourd’hui celui de M. Charles Blanc.
+
+1657. César d’ESTRÉES[173], Cardinal Evesque et Duc de Laon, Pair de
+France, _rüe Barbeth_[174].
+
+ [173] Il n’eut de titres à l’Académie que comme homme d’État. Il en
+ fut pendant cinquante-six ans: depuis 1658, époque où il succéda à
+ Du Ryer, jusqu’en 1714. Son neveu le maréchal d’Estrées le remplaça.
+ C’est au cardinal d’Estrées que l’Académie française dut ses
+ fauteuils, dont un existe encore chez M. Camille Doucet, secrétaire
+ perpétuel. (V. notre _Histoire du Louvre_ dans _Paris à travers les
+ âges_.)--Il occupoit le 18e, échu aujourd’hui à M. V. Sardou.
+
+ [174] Lisez Barbette. L’hôtel d’Estrées, qui fut depuis l’hôtel de
+ Corberon, puis une succursale de l’école de Saint-Denis, s’y
+ trouvoit à l’extrémité à gauche, du côté de la rue des
+ Trois-Pavillons. On l’a démoli sous le second empire.
+
+1658. Iean-Iacques Renoüard, sieur de VILLAYER, Conseiller d’Estat
+ordinaire[175], _rüe Chapon_.
+
+ [175] Il avoit remplacé Servien, et il eut pour successeur Fontenelle,
+ en 1691. Il n’étoit pas conseiller d’état ordinaire, comme il est
+ dit ici, mais par semestre.--Son fauteuil, le 22e, est occupé par M.
+ Caro.
+
+1661. Iacques CASSAIGNE, Docteur en Theologie, Prieur de S. Estienne,
+_rüe d’Orléans_[176].
+
+ [176] C’est le prédicateur dont s’est tant moqué Boileau. N’ayant
+ guère que vingt-sept ans, il avoit, au commencement de 1662, succédé
+ à Saint-Amant. Il mourut en 1679, et fut remplacé par M. de Crécy.
+ L’évêque de Luçon, Nic. Colbert, lui avoit délégué sa charge de
+ gardien de la Bibliothèque du roi.--Il occupoit le 24e fauteuil,
+ celui de M. d’Haussonville aujourd’hui.
+
+1662. Antoine FVRETIERE, abbé de Chalivoy et Prieur de Chuisnes, _rüe de
+Savoye_[177].
+
+ [177] Il avoit, en 1662, succédé à Boissat. La fameuse affaire du
+ _Dictionnaire_, qu’il recommençoit sur un plan nouveau, pendant que
+ l’Académie, privilégiée pour ce travail, le continuoit sans s’être
+ assez tôt défiée de ce que nous appellerions une concurrence
+ déloyale, le fit exclure le 27 janvier 1685. On ne lui donna
+ toutefois un successeur qu’à sa mort, en 1688; ce fut La
+ Chapelle.--Son fauteuil, le 25e, est occupé par M. X. Marmier.
+
+Iean Regnaud de SEGRAIS[178], _rüe de Vaugirard, vers le Calvaire_[179].
+
+ [178] Successeur de Boisrobert, en 1662, il fut remplacé en 1701 par
+ Campistron.--Son fauteuil, le 26e, est occupé par M. de Viel-Castel.
+
+ [179] Il y logeoit chez Mme de La Fayette, qui l’avoit recueilli
+ lorsqu’il eut quitté le Luxembourg, où il étoit gentilhomme de
+ Mademoiselle, et qui le fit travailler à son roman de _Zayde_. Le
+ couvent du Calvaire n’existe plus depuis 1790. L’église, après avoir
+ servi de remise, a été absorbée par le palais du Sénat. Le cloître
+ est devenu une serre.
+
+Michel le CLERC, advocat en Parlement, _Place Royale_[180].
+
+ [180] Il n’est plus connu que par l’épigramme que fit Racine contre
+ son _Iphigénie_, tragédie à laquelle Boyer, qu’on trouvera plus
+ loin, collabora. Le Clerc avoit, en 1662, remplacé Priezac, et il
+ eut pour successeur Toureil, en 1692.--Son fauteuil, le 5e, est
+ aujourd’hui celui du savant chimiste, M. J. B. Dumas.
+
+1663. François de Beauvilliers, duc de SAINT-AGNAN, Pair de France,
+Premier Gentilhomme de la Chambre du Roy, Gouverneur du Havre de Grace,
+chevalier des Ordres de Sa Majesté[181], _près de la Grande
+Escurie_[182].
+
+ [181] Reçu en 1663 à la place de La Mesnardière, il fut, en 1697,
+ remplacé par l’abbé de Choisy. En qualité de bel esprit de la cour,
+ il protégeoit volontiers ceux de la ville. Molière entre autres s’en
+ étoit bien trouvé.--Son fauteuil étoit le 11e, occupé maintenant par
+ M. Littré.
+
+ [182] Il logeoit au pavillon Marsan, près duquel la grande écurie
+ s’étendoit jusqu’aux environs de la rue Saint-Honoré.
+
+1665. Roger de Rabutin, comte de BUSSY, Lieutenant General des Armées du
+Roy[183].
+
+ [183] Il avoit en 1665 succédé à Perrot d’Ablancourt, et il eut pour
+ successeur, en 1693, Paul Bignon. Disgracié, comme on sait, pour son
+ _Histoire amoureuse des Gaules_, il habitoit sa terre de Chaseu en
+ Bourgogne.--Son fauteuil, le 2e, est à présent celui de M. Mignet.
+
+Iacques TESTU, abbé de Belval[184], _à la Place Royale_[185].
+
+ [184] Bautru de Serrant l’avoit précédé sur le fauteuil qu’il
+ occupoit, et le marquis de Saint-Aulaire l’y remplaça en
+ 1706.--C’est le 27e, que la mort de M. de Sacy vient de laisser
+ vacant.
+
+ [185] La duchesse de Richelieu, qui l’avoit en grande amitié, l’y
+ logeoit dans son hôtel.
+
+1666. Paul TALLEMANT, Prieur de S. Albin, _rüe de Clery_[186].
+
+ [186] C’est lui dont nous avons cité plus haut, à propos de son parent
+ François Tallemant, une si verte réplique à Boileau. Successeur de
+ Gombaud, en 1666, à vingt-trois ans, il fut remplacé en 1712 par
+ Danchet.--Son fauteuil, le 29e est vacant en ce moment par suite de
+ la mort de M. Saint-René Taillandier.
+
+Claude BOYER[187], _rüe de Clery_[188].
+
+ [187] Autre victime de Boileau et de Racine. Il avoit eu pour
+ prédécesseur Giry, en 1665, et il eut pour successeur l’abbé Genest,
+ en 1698. Il étoit du Languedoc comme Leclerc, avec lequel il
+ collaboroit non-seulement pour des tragédies, mais aussi pour des
+ lettres politiques sur les affaires du temps, qui les firent plus
+ d’une fois inquiéter (_Corresp. administ. de Louis XIV_, t. II, p.
+ 555).--Le fauteuil de Claude Boyer, le 28e, est occupé par M. D.
+ Nisard.
+
+ [188] Paul Tallemant, qui l’avoit défendu, en même temps que son
+ parent, dans la lettre que nous rappelions tout à l’heure, l’avoit
+ en grande estime et le logeoit chez lui, rue de Cléry: «Vous sçavez,
+ dit-il à Boileau, qu’il a toujours demeuré et est mort dans notre
+ maison, maison assez aimée des gens de lettres.»
+
+Iean-Baptiste COLBERT, conseiller du Roy en tous ses Conseils,
+secretaire d’Estat, Grand Tresorier des Ordres du Roy, Controlleur
+General des Finances, Surintendant et Ordonnateur General des Bastiments
+du Roy, Arts et Manufactures de France[189], _rüe neuve des Petits
+Champs_[190].
+
+ [189] C’est le grand ministre qui, par conséquent, n’aura pas beaucoup
+ à nous occuper ici. L’Académie l’avoit reçu, en 1660, à la place de
+ Silhon. Il n’y vint guère, aimant mieux, à l’occasion, faire venir
+ les académiciens chez lui, à Sceaux (_Mercure_, oct. 1677). Il eut,
+ en 1684, La Fontaine pour successeur.--Son fauteuil, le 30e, est
+ aujourd’hui celui de M. Duvergier de Hauranne.
+
+ [190] Son hôtel y est remplacé par deux passages, dont l’un en a pris
+ le nom de «passage Colbert».
+
+1667. Philippes de Courcillon marquis de DANGEAV, Gouverneur de
+Touraine, et Colonel du Regiment d’Infanterie du Roy[191], _rüe S.
+Honoré_[192].
+
+ [191] L’auteur du fameux _Journal_ du grand règne. Il était de
+ l’Académie depuis longtemps lorsqu’il le commença. Sa réception,
+ comme successeur de Scudéry, date, comme on le voit ici, de 1667;
+ lorsqu’il mourut, en 1720, cédant la place au duc de Richelieu, il
+ étoit doyen.--Son fauteuil, le 14e, est aujourd’hui celui de M.
+ Camille Doucet.
+
+ [192] Il y logeoit dans la partie qui dépendoit de Saint-Eustache.
+ C’est en effet à cette église qu’il s’étoit marié le 7 mai 1670. Il
+ eut plus tard son hôtel à la place Royale.
+
+1670. François Seraphin REGNIER des Marais[193], Prieur commendataire de
+Grandmont[194], Académicien de la Crusca[195], _à l’Hostel de
+Crequy_[196].
+
+ [193] Il étoit académicien depuis six ans, ayant été élu en 1670 pour
+ le fauteuil laissé vacant par Cureau de la Chambre. Il fut nommé en
+ 1684 secrétaire perpétuel, à la place de Mézeray, et mourut en 1713.
+ La Monnoie lui succéda. V. plus bas, p. 301.--Son fauteuil, le 31e,
+ est occupé par M. Ernest Legouvé.
+
+ [194] Le roi lui avoit donné ce riche prieuré, lorsqu’il ne demandoit
+ qu’une pension, et c’est ainsi qu’il fut abbé sans l’avoir voulu,
+ mais sans le regretter.
+
+ [195] Il avoit, dit-on, plus de talent en italien qu’en françois:
+ «S’il réussit, écrit d’Alembert, à faire passer un de ses sonnets
+ pour être de Pétrarque, il n’eût pas fait passer ses vers françois
+ sous le nom d’un grand poète.» _Éloges des Académiciens_, t. III, p.
+ 205.
+
+ [196] Le duc de Créqui, dont il avoit été le secrétaire pendant son
+ ambassade à Rome, le logeoit chez lui. Son hôtel, auparavant hôtel
+ Mazarin, se trouvoit, quai Malaquais, sur l’emplacement occupé
+ aujourd’hui par une partie de l’école des Beaux-Arts. Il a été
+ démoli en avril 1845.
+
+Pierre Cureau de la CHAMBRE, Docteur en Theologie[197], Curé de S.
+Barthelemy[198].
+
+ [197] Son père, médecin célèbre, avoit été de l’Académie. C’est ce qui
+ lui en ouvrit les portes en 1669, à la mort de Racan. La Bruyère lui
+ succéda en 1693.--Il occupoit le 14e fauteuil, celui de M. Auguste
+ Barbier aujourd’hui.
+
+ [198] Il y fut d’un zèle de charité admirable. Pendant le rude hiver
+ de 1693, il vendit tout pour secourir ses paroissiens décimés par le
+ froid et la contagion: «il ne lui restoit plus, dit l’abbé d’Olivet,
+ qu’à donner sa vie.» La contagion la lui prit. Il mourut le 15 avril
+ suivant.
+
+Philippes QVINAVLT, auditeur des Comptes[199], _rüe neuve S.
+Médéric_[200].
+
+ [199] L’auteur bien connu des opéras que la dévotion lui fit renier à
+ la fin de sa vie. Son mariage avec la riche veuve Mme Bonnet, qui
+ lui apporta cent mille écus, lui avoit permis d’acheter une charge
+ d’auditeur des comptes.
+
+ [200] Il étoit né rue Grenelle-St-Honoré où, comme on sait, son père
+ étoit boulanger. Il se maria rue de la Grande-Truanderie, logea
+ quelque temps où nous le voyons ici, rue Neuve-Saint-Merry, et
+ s’établit enfin à l’île Saint-Louis où il mourut en 1688. Fr. de
+ Caillières lui succéda à l’Académie, où il avoit lui-même remplacé
+ Salomon en 1670.--Son fauteuil, qui porte le nº 1, est aujourd’hui
+ occupé par M. Ernest Renan.
+
+1671. François de HARLAY de Chanvallon, archevesque de Paris, duc et
+Pair de France, etc.[201].
+
+ [201] Fait académicien en 1671, il avoit eu pour prédécesseur Hardouin
+ de Péréfixe, comme lui archevêque de Paris. Son successeur fut le
+ savant Dacier, en 1691.--Il occupoit le 19e fauteuil, celui de M.
+ John Lemoine aujourd’hui.
+
+1672. I. Benigne BOSSVET, Evesque de Condom, Precepteur de Monseigneur
+le Dauphin[202].
+
+ [202] Il ne fut de l’Académie, à quarante-cinq ans, que lorsque sa
+ nomination comme précepteur du Dauphin lui permit de quitter Condom,
+ et d’habiter Versailles. Successeur de Hay de Chambon, en 1672, il
+ fut remplacé en 1704 par le cardinal de Polignac.--Son fauteuil, le
+ 33e, est occupé par M. Camille Rousset.
+
+Charles PERRAVLT, Controlleur General des Bastiments du Roy[203], _rüe
+Neuve des bons Enfans_[204].
+
+ [203] C’est l’auteur des _Contes des fées_. La protection de Colbert
+ le fit entrer en 1671 à l’Académie où il avoit eu Fr. de Montigny
+ pour prédécesseur. Le cardinal de Rohan lui succéda en 1704. Il
+ occupoit le 24e fauteuil, celui de M. Mézières en ce moment.
+
+ [204] Il y logeoit dans les dépendances du Palais-Royal, qu’il quitta,
+ lorsque Colbert l’eut disgracié, pour aller habiter une maison à lui
+ dans le faubourg Saint-Jacques.
+
+1673. Esprit FLECHIER, abbé de Severin[205], _rüe S. Thomas à l’hostel
+de Rambouillet_[206].
+
+ [205] Il eut pour prédécesseur Godeau, qu’il remplaça en 1673; et pour
+ successeur H. de Nesmond, en 1710. L’abbaye de Séverin n’étoit pas
+ son seul bénéfice, il eut aussi celle de Baignes, et le prieuré de
+ Peyrat.--Son fauteuil, le 34e, est occupé par M. V. de Laprade.
+
+ [206] Il y logeoit chez Montausier, qui se l’étoit attaché comme
+ «homme de lettres». Il y étoit déjà venu auparavant du temps de Mme
+ de Rambouillet, la célèbre Arthénice; et c’est comme hôte du _Salon
+ bleu_, où il étoit connu sous le nom de Damon, qu’il avoit pu si
+ bien dire, en 1671, dans l’oraison funèbre de Julie d’Angennes,
+ duchesse de Montausier: «Souvenez-vous de ces cabinets que l’on
+ regarde encore avec tant de vénération, où l’esprit se purifioit...
+ où se rendoient tant de personnes de qualité et de mérite.»
+
+Iean RACINE[207], Trésorier de France à Moulins[208], _à l’Hostel des
+Ursins_[209].
+
+ [207] Lorsqu’il fut nommé en 1673 à la place de La Mothe Le Vayer, il
+ étoit au plus fort de ses succès de théâtre. Valincourt, qui avoit
+ été de ses meilleurs amis, lui succéda en 1699.--Son fauteuil est le
+ 4e, le même qui est occupé maintenant par M. Octave Feuillet.
+
+ [208] On ne sait pas au juste à quelle date Racine eut cette charge,
+ qui fut pour lui la plus absolue des sinécures. On le dispensa même,
+ comme académicien et historiographe du roi, d’en aller prendre
+ possession. (_Lettres_ de Colbert, t. V, p. 524.)
+
+ [209] Il y logeoit déjà en 1668, quand furent joués _les Plaideurs_.
+ V. plus haut, t. I, p, 95, note, et _Hist. de l’Académie_, édit. Ch.
+ Livet, t. II, p. 333. Quand il se maria, le 1er juin 1677, il y
+ logeoit encore, car il est donné sur l’acte comme habitant la
+ paroisse Saint-Landry, qui étoit celle de l’hôtel des Ursins. Il
+ alla demeurer peu après rue Saint-André-des-Arts, au coin de la rue
+ de l’Éperon.
+
+Iean GALLOIS, abbé de S. Martin de Cores[210], _rüe Vivien_[211].
+
+ [210] Académicien, comme Perrault, de la façon de Colbert, il fut élu,
+ en 1673, à la place de Bourzeis; l’abbé Mongin lui succéda en 1708.
+ L’abbaye de Saint-Martin des Cores, dont il étoit pourvu, se
+ trouvoit au diocèse d’Autun. On a vu plus haut, t. I, p. 142, note,
+ qu’il avoit travaillé au _Journal des savants_. Ajoutons qu’il aida
+ au rétablissement de l’Académie des sciences, dont il fut dès lors
+ le secrétaire.--Son fauteuil à l’Académie françoise étoit le 35e,
+ occupé aujourd’hui par M. Gaston Boissier.
+
+ [211] Premier nom de la rue Vivienne, qui le devoit à Louis Vivien,
+ seigneur de la Grange-Batelière, dont _la censive_ s’étendoit
+ jusque-là. L’abbé Gallois y logeoit dans une dépendance de l’hôtel
+ Colbert, pour laquelle la rue qui mit en communication les rues
+ Vivien et de Richelieu fut percée peu après, derrière l’hôtel
+ Mazarin, devenu hôtel de Nevers: «On va faire, lisons-nous sous la
+ date du 13 avril 1682, dans les _Lettres hist. et anecd._ ms. de la
+ Biblioth. nat., une nouvelle rue auprès de la maison de M. Colbert
+ et derrière l’hôtel de Nevers, qui portera le nom de: _La rue
+ Colbert_.»
+
+1674. Isaac de BENSERADE[212], _au Palais Royal_[213].
+
+ [212] Il avoit succédé à Chapelain, en 1674, et eut pour successeur
+ Pavillon, en 1691. Il occupoit le 37e fauteuil, qui est à présent
+ celui de M. Émile Ollivier.
+
+ [213] Il y mourut le 20 oct. 1691. Il avoit d’abord habité au quartier
+ des Écoles, dans la rue Fromentelle; puis, vers 1651, rue des
+ Bons-Enfants, chez Mme de La Roche-Guyon qui l’aimoit fort; ensuite
+ aux Tuileries, comme le prouvent ses vers: _Plaintes du cheval
+ Pégase aux chevaux de la petite écurie qui le veulent desloger de
+ son galetas des Tuileries_; et enfin au Palais-Royal, qu’il ne
+ quittoit, l’été, que pour sa maison d’Arcueil, dont Adam Parelle a
+ dessiné et gravé «le berceau de feuillage».
+
+Pierre Daniel HVET, Sous-Precepteur de Monseigneur le Dauphin[214], _rüe
+neuve des Petits Champs_[215].
+
+ [214] Il avoit remplacé Gomberville en 1674, et le fut lui-même par
+ Boivin en 1721. Nous le retrouverons sur la liste suivante.--Son
+ fauteuil, le 36e, est aujourd’hui celui de Mgr le duc d’Aumale.
+
+ [215] Il y logeoit chez un charpentier, vis-à-vis le marché aux
+ chevaux. (V. notre _Hist. de la butte des Moulins_, p. 104.)
+
+1675. Toussaints ROSE, secretaire du Cabinet, _à l’Hostel de Fleury, rue
+des Bourdonnois_[216].
+
+ [216] C’est lui qui avoit «la plume», et qui devoit imiter, comme tel,
+ l’écriture du roi à s’y méprendre. Ses fonctions consistoient ainsi
+ à faire légalement des faux. Il avoit succédé à Conrart en 1675, et
+ il fut remplacé par Sacy en 1701.--Il occupoit le 38e fauteuil,
+ occupé maintenant par M. A. Dumas fils.
+
+Geraud de CORDEMOY, lecteur de Monseigneur le Dauphin, _rüe
+Beaubourg_[217].
+
+ [217] Il avoit remplacé Ballesdens en 1675, et il le fut en 1685 par
+ Bergeret. V. sur ses ouvrages, t. I, p. 189, 203.--Son fauteuil, le
+ 10e, est occupé par M. Jules Simon.
+
+[Chez Pierre LE PETIT, imprimeur ordinaire du Roy et de l’Académie, _rue
+Saint Jacques_, à la Croix d’or[218].]
+
+ [218] Dans la parodie paraphrasée en vers, que fit Benserade, en 1684,
+ de la _Liste de messieurs de l’Académie_ pour cette année-là, pièce
+ des plus curieuses, citée par d’Olivet, mais publiée seulement de
+ nos jours par le journal _l’Intermédiaire_, 15 juin 1864, p. 110, on
+ trouve à la fin cette mention sur l’Imprimeur des Quarante:
+
+ _Le Petit_, leur imprimeur,
+ Triste, est de mauvaise humeur
+ Contre _le Dictionnaire_,
+ Qui, ne s’en émouvant pas,
+ Suit toujours du même pas,
+ Et va son train ordinaire.
+
+ Le Petit mourut en 1687, Coignard le remplaça. _V._ plus haut, t. I,
+ p. 189.
+
+
+
+
+LISTE[219]
+
+DE L’ACADÉMIE FRANÇOISE.
+
+ [219] Cette liste est imprimée sur un placard in-fol. à deux colonnes.
+ V. plus haut, p. 275.
+
+
+LE ROY, _protecteur_.
+
+(1705.)
+
+
+Messieurs
+
+1656. CESAR, cardinal D’ESTRÉES[220], commandeur de l’ordre du St
+Esprit, doyen de l’Académie françoise[221], à l’abbaye de S. Germain des
+Prez[222].
+
+ [220] V. la liste précédente, p. 280-281.
+
+ [221] D’Alembert dit de l’Académie, à propos du cardinal d’Estrées:
+ «Elle eut le bonheur de le posséder près de soixante ans, et de le
+ voir longtemps à sa tête en qualité de doyen; et quand elle le
+ perdit, elle le pleura comme si elle venoit à peine de l’acquérir.»
+ _Hist. des membres de l’Acad. franç. morts depuis 1700_, etc., t.
+ III, p. 316.
+
+ [222] Louis XIV lui avoit donné ce magnifique bénéfice lorsque les
+ intrigues de la princesse des Ursins l’eurent forcé de quitter
+ l’ambassade d’Espagne. Il mourut à l’abbaye. C’est à sa tolérance
+ que les petits théâtres et les bateleurs avoient dû de pouvoir
+ s’établir sur le préau de la foire Saint-Germain, tant qu’elle
+ duroit. Il les avoit même soutenus contre les comédiens qui,
+ s’autorisant de leur privilège, vouloient les faire déguerpir.
+ (L’abbé de la Tour, _Réflexions morales... sur le théâtre_, 1762,
+ in-12, t. I, p. 35-36.)
+
+1665. Jacques TESTU, abbé de Belval, et prieur de St Denys de la
+Chartre, _rue des Lions_[223].
+
+ [223] V. la liste précédente, p. 282.
+
+1666. Paul TALLEMANT, intendant des devises et inscriptions des Edifices
+royaux[224], prieur d’Ambierle et de Saint Albin[225], _rue Ste Anne_.
+
+ [224] Il étoit, sous ce titre, qu’il devoit à Colbert, secrétaire de
+ l’Académie des inscriptions.
+
+ [225] C’est encore à Colbert qu’il devoit ces bénéfices «assez
+ considérables», dit d’Alembert.
+
+1667. Philippe DE COURCILLON, marquis de Dangeau, gouverneur de
+Touraine, conseiller d’Estat ordinaire, et grand maistre des Ordres
+royaux et militaires de Nostre-Dame du Mont Carmel et de St Lazarre de
+Jérusalem, chevalier des Ordres du Roy, chevalier d’honneur de Madame la
+duchesse de Bourgogne[226], _place Royale_[227].
+
+ [226] V. la liste précédente, p. 284.
+
+ [227] Il y avoit acheté le pavillon que l’intendant général des
+ postes, M. de Nouveau, avoit fait décorer par Le Brun et Le Sueur.
+ Celui-ci avoit peint deux tableaux et deux plafonds, l’autre un
+ plafond. (_Mém. inéd. sur l’Acad. de peinture_, t. I, p. 12 et 158.)
+ La perspective peinte sur un des murs du jardin étoit de Jacques
+ Rousseau, à qui l’on ne l’avoit pas payée moins de 4000 liv. en
+ 1679. (Manette, _Abecedario_, t. V, p. 53.) Lorsque Monseigneur
+ venoit à Paris, il descendoit volontiers à la place Royale, chez
+ Dangeau. V. le _Journal_ de celui-ci, t. II, p. 308.
+
+1670. François Séraphin RÉGNIER DESMARETS, abbé de Saint Laon de
+Thouars, prieur de Grand-Mont près Chinon, académicien de la Crusca, et
+Secrétaire perpétuel de l’Académie françoise. _A l’Hostel de Créquy sur
+le quay Malaquest_[228].
+
+ [228] V. la liste précédente, p. 284, et plus bas, p. 301.
+
+1673. Esprit FLÉCHIER[229], Evesque de Nismes[230].
+
+ [229] V. la liste précédente, p. 286.
+
+ [230] Après avoir été pendant deux ans évêque de Lavaur, le roi
+ l’avoit nommé à l’évêché de Nîmes, poste difficile depuis la
+ révocation de l’Édit, mais qui le fut moins lorsque Fléchier eut
+ consenti au démembrement qui permit la création d’un évêché dans les
+ Cévennes, celui d’Alais.
+
+Jean GALLOYS, ancien abbé de St Martin de Cores[231], _rue Fromentelle
+derrière le Collège Royal_[232].
+
+ [231] V. la liste précédente, p. 287.
+
+ [232] C’étoit bien loin de la rue Vivien, où nous l’avons vu en 1676;
+ mais après la mort de Colbert, devenu professeur de grec, puis
+ inspecteur au collège Royal, il avoit dû déménager jusque là. Il y
+ mourut le 19 avril 1707, à soixante-quinze ans.
+
+1674. Pierre Daniel HUET[233], ancien Evesque d’Avranches[234], _à la
+Maison professe des Jésuites, rue St Antoine_[235].
+
+ [233] V. la liste précédente, p. 287.
+
+ [234] Nommé à l’évêché de Soissons, en 1685, il l’échangea avec M. de
+ Sillery pour celui d’Avranches, dont il se démit après l’avoir
+ occupé dix ans.
+
+ [235] En 1691, il leur avoit légué sa bibliothèque et s’étoit ainsi
+ créé des droits à devenir leur hôte. Malheureusement, le don qu’il
+ leur avoit fait fut détruit en grande partie deux ans après,
+ lorsqu’il étoit encore à Avranches, par l’écroulement de la maison
+ qu’il louoit à Paris depuis douze ans, pour que sa bibliothèque y
+ fût en dépôt: «la maison qui la renfermoit, écrit d’Alembert, t.
+ III, p. 475, étoit placée au faubourg Saint-Jacques sur des
+ carrières qui s’entrouvrirent.» V. à ce sujet une pièce de Santeul
+ dans ses _Poemata_.
+
+1678. Pierre Nicolas COLBERT, archevesque de Rouen[236], _à l’hostel
+Colbert, rue Neuve des Petits Champs_[237].
+
+ [236] Fils du grand ministre, il avoit dû à l’influence de son père
+ d’être nommé de l’Académie en 1678, à la place de Jacques Esprit,
+ lorsqu’il n’avoit encore que vingt-quatre ans. C’est Racine qui le
+ reçut, et d’Alembert pense, avec raison, je crois, qu’il fit les
+ deux discours.
+
+ [237] C’est l’hôtel de son père. Il y possédoit une bibliothèque du
+ meilleur choix, quoique très nombreuse. Santeul en a fait l’éloge
+ dans ses _Poemata_. Nicolas Colbert eut l’abbé Fraguier pour
+ successeur à l’Académie, en 1708.
+
+1679. Louis VERJUS, comte de Crécy, conseiller du Roy en ses conseils,
+_rue de Richelieu_[238].
+
+ [238] Il fut reçu de l’Académie en 1679, n’ayant de titres que ses
+ ambassades. En 1710, Ant. de Mesmes lui succéda.
+
+1682. Louis DE COURCILLON DE DANGEAU[239], abbé de Fontaine Daniel[240],
+_place Royale_[241].
+
+ [239] Frère du marquis, nommé plus haut, p. 284, 290. Il remplaça
+ l’abbé Cotin, en 1682, et fut remplacé lui-même par le comte
+ Fleuriau de Morville, en 1723.
+
+ [240] C’étoit un bénéfice simple, l’abbé n’en ayant pas voulu d’autre,
+ afin de pouvoir mieux s’occuper des lettres.
+
+ [241] Il y logeoit dans l’hôtel de son frère, où il tenoit tous les
+ mardis des conférences littéraires et grammaticales, dont il a été
+ parlé plus haut, t. I, p. 128, note 2.
+
+1684. Nicolas BOYLEAU DESPRÉAUX[242], _cloistre Notre Dame_[243].
+
+ [242] Le satirique s’étoit fait trop d’ennemis pour arriver de bonne
+ heure à l’Académie. Lorsque tant d’autres étoient reçus de
+ vingt-cinq à trente ans, il ne le fut, lui, qu’à plus de
+ quarante-huit; encore fallut-il presque un ordre du Roi. Il remplaça
+ Bazin de Bezons, en 1684, et eut pour successeur, en 1711, le
+ maréchal d’Estrées.
+
+ [243] Il y habitoit depuis longtemps, mais en 1699 il y avoit pris,
+ derrière Notre-Dame, à la pointe de l’Ile, un autre logement que
+ celui qu’il avoit occupé d’abord: «il est, écrit son ami Vuillart,
+ le 9 juillet, occupé d’un déménagement. Il quitte le logis du
+ cloître Notre-Dame, où il étoit près du puits, pour un autre qui a
+ vue sur le jardin du Terrain.» C’est là qu’il mourut.
+
+1685. Thomas CORNEILLE[244], _rue St Hyacinthe, près les Jacobins de la
+rue St Honoré_[245].
+
+ [244] On sait qu’il avoit succédé à son illustre frère au commencement
+ de 1685. La Mothe le remplaça en 1710.
+
+ [245] C’est bien l’adresse que lui donne le président Hénault,
+ _Mémoires_, p. 181. Parlant de Fontenelle, son neveu, il dit: «Il
+ vint à Paris pour la première fois en 1687. Il demeura d’abord chez
+ Thomas Corneille, son oncle et son parrain, cul de sac des
+ Jacobins.»
+
+1686. François Timoléon DE CHOISY, prieur de St Lo de Rouen[246], _au
+Luxembourg_[247].
+
+ [246] Il avoit en 1687 été reçu à la place du duc de Saint-Aignan. Il
+ mourut en 1724, doyen de l’Académie où Portail le remplaça.
+
+ [247] Il y avoit été élevé chez son père, chancelier de Gaston
+ d’Orléans, et il y revint passer ses dernières années dans un
+ appartement voisin de celui qu’habitoit, dans ce grand palais alors
+ sans maître, madame de Caylus. V. G. Desnoiresterres, _Épicuriens et
+ lettrés_, 1879, in-18, p. 171.
+
+1688. Jean TESTU DE MAUROY, abbé de Fontaine Jean et de St Chéron,
+prieur de Dampmartin, ancien aumosnier ordinaire de MADAME, _au
+Palais-Royal_[248].
+
+ [248] Instituteur des filles de Monsieur, qui le logeoit au
+ Palais-Royal. Il ne fut académicien, en 1688, que par la protection
+ du prince qui, lorsque sa recommandation, d’ailleurs fort peu
+ pressante, l’eut fait nommer, fut le premier à en être surpris. Il
+ remplaça Jacques de Mesmes et eut pour successeur, en 1706, l’abbé
+ de Louvois.
+
+Jean DE LA CHAPPELLE, conseiller du Roy, receveur général des finances
+de la Généralité de la Rochelle, _rue du Grand Chantier au Marais_[249].
+
+ [249] Quelques tragédies et une farce, _les Carrosses d’Orléans_,
+ firent beaucoup moins pour sa réception, en 1688, à la place de
+ Furetière, que son titre de secrétaire des commandements du prince
+ de Conti. Il fit aussi une sorte de roman, _les Amours de Catulle_,
+ dont se souvenoit La Bruyère lorsque, parlant de lui et du jeune
+ prince, il dit: «CATULLE et son élève...» _Caractères_, édit.
+ Walckn., t. I, p. 504.--La Chapelle eut pour successeur, en 1723,
+ l’abbé d’Olivet.
+
+1689. François DE CALLIÈRES, seigneur de la Rochechellay et de Gigny,
+conseiller ordinaire du Roy en ses conseils, secrétaire du Cabinet de Sa
+Majesté[250], _rue de Cléry_[251].
+
+ [250] Comme le comte de Crecy qu’on a trouvé plus haut, p. 292, il
+ étoit arrivé à l’Académie, en 1689, à la place de Quinault, par ses
+ services d’ambassadeur. Le cardinal de Fleury le remplaça en 1717.
+
+ [251] Il y occupoit, comme l’abbé Tallemant, Pavillon, et plusieurs
+ autres, un de ces nouveaux hôtels qu’on appeloit des «Cléry», et qui
+ mirent, à la fin du XVIIe siècle et au commencement du XVIIIe ce
+ quartier à la mode. Il acheta, en 1709, à Jacques Paget, moyennant
+ 60,000 livres, une maison de la rue Neuve-Saint-Augustin, dont il
+ disposa, en faveur de l’Hôtel-Dieu de Paris, par un legs, déjà
+ mentionné plus haut, t. I, p. 113, note 1.--V. aussi _Inventaire des
+ archives hospitalières_, HÔTEL-DIEU, t. I, p. 79.
+
+Eusèbe RENAUDOT, prieur de Fossey[252], _rue de Richelieu_[253].
+
+ [252] Il étoit l’aîné des quatorze enfants de Théophraste Renaudot,
+ créateur de la Gazette. Ses écrits ecclésiastiques le firent
+ admettre en 1689, à la place de Doujat. L’abbé Roquette fut son
+ successeur en 1720.
+
+ [253] Au coin de la rue Neuve-Saint-Augustin. On voit en effet par le
+ testament de Callières, rappelé tout à l’heure, que sa maison située
+ dans cette rue touchoit à celle de l’abbé Renaudot.
+
+1691. Bernard DE FONTENELLE, secrétaire de l’Académie des sciences[254],
+_au Palais-Royal_[255].
+
+ [254] Reçu en 1691, à la place de Villayer, il mourut doyen de
+ l’Académie en 1757, et eut A. L. Séguier pour successeur.
+
+ [255] Il avoit d’abord, comme on l’a vu plus haut, p. 293, habité chez
+ son oncle Th. Corneille, puis chez son ami M. des Haguais. Le duc de
+ Chartres, devenu duc d’Orléans en 1701, le logea au Palais-Royal,
+ «dans un galetas», comme il disoit lui-même, pour le dispenser de
+ lui en avoir de la reconnaissance. En 1730, il dut en partir, la
+ dévotion du nouveau duc d’Orléans ne s’accommodant pas de sa
+ philosophie, ce qui fit dire dans une épigramme:
+
+ Puis le vieux normand parasite,
+ D’athéisme monstre infernal,
+ Délogé du Palais-Royal
+ Depuis que la vertu l’habite.
+
+ Fontenelle prit alors un appartement, rue du Faubourg-St-Honoré,
+ près de l’Assomption, où il mourut le 9 janvier 1757, et dont on
+ peut voir la description dans les _Annonces affiches_ de 1758, p.
+ 41-42.
+
+Estienne PAVILLON[256], ci-devant avocat général au parlement de
+Metz[257], _rue de Cléry_[258].
+
+ [256] Il eut pour prédécesseur Benserade, qu’il remplaça en 1691, et
+ pour successeur, en 1705, Brulard de Sillery.
+
+ [257] Il s’étoit de bonne heure démis de cette charge et ne s’étoit
+ plus donné qu’au monde et aux lettres.
+
+ [258] Il y étoit voisin de son ami Callières, et du trésorier Damon
+ (V. t. I, p. 38) dont la femme reçut souvent l’hommage de ses vers.
+ Lorsque la goutte, qui le cloua chez lui si longtemps, l’eut tout à
+ fait empêché de sortir, il reçut nombreuse compagnie. Le monde, où
+ il n’alloit plus, venoit à lui. V. à ce sujet son _Éloge_, par un
+ autre de ses voisins, l’abbé Tallemant, dans l’_Histoire de
+ l’Académie des inscriptions_.
+
+1692. Jacques DE TOURREIL[259], _rue des Douze Portes, près la rue St
+Louis au Marais_[260].
+
+ [259] Il avoit succédé à Michel Le Clerc en 1692, et il fut remplacé
+ en 1714 par Rolland-Mallet. Pontchartrain, dont il élevoit le fils,
+ contribua beaucoup à son élection, comme il avoit aidé à celle de
+ Pavillon, son parent.
+
+ [260] C’étoit sans doute la maison où Scarron étoit mort, et que
+ Crébillon devoit un peu plus tard habiter si longtemps.
+
+1693. François DE SALIGNAC DE FENELON, archevesque de Cambray[261].
+
+ [261] L’auteur de _Télémaque_ avoit succédé à Pélisson en 1693; De
+ Boze lui succéda en 1715.
+
+Jean Paul BIGNON, abbé de Saint Quentin[262], conseiller d’Estat
+ordinaire[263], _rue des Bernardins_[264].
+
+ [262] Il succéda le 15 juin 1693 à Bussy, et eut pour successeur, en
+ 1743, un de ses parents, Jérôme Bignon. Il étoit aussi de l’Académie
+ des sciences et de celle des Inscriptions.
+
+ [263] Il devint un peu plus tard doyen de Saint-Germain l’Auxerrois,
+ puis bibliothécaire du cabinet du roi, charge que Dacier lui vendit
+ 30,000 liv., tout en gardant les appointements de 1,200 liv., et le
+ logement au Louvre (_Mercure_, fév. 1720, p. 180).
+
+ [264] V. sur l’hôtel des Bignon dans cette rue, t. I, p. 48, note 4.
+ Le czar Pierre le visita peu de temps après que M. de Torpane le
+ leur eut acheté (_Mercure_, juin 1717, p. 193).
+
+Simon DE LA LOUBÈRE[265].
+
+ [265] Encore une créature académique de Pontchartrain. Son seul titre
+ sérieux étoit d’avoir fait partie de l’ambassade à Siam. Il avoit
+ succédé en 1693 à François Tallemant, et l’abbé Sallier le remplaça
+ en 1729. Si son adresse manque ici, c’est qu’il s’étoit retiré de
+ bonne heure à Toulouse, sa ville natale, où on lui dut le
+ rétablissement des Jeux floraux.
+
+1694. Jean François Paul LEFEVRE DE CAUMARTIN, abbé de Nostre Dame de
+Buzay[266], _rue Neuve St Estienne_ au faubourg St Victor.
+
+ [266] Reçu en 1694, à la place de l’abbé de Lavau, n’ayant guère que
+ vingt-six ans, il eut Moncrif pour successeur en 1733.
+ Pontchartrain, qui avoit contribué à le faire élire, aida aussi à le
+ tirer de l’assez fâcheuse affaire où il s’étoit jeté en persiflant
+ l’évêque de Noyon, Clermont-Tonnerre, que peu de mois après sa
+ propre élection il avoit dû, comme directeur, recevoir académicien.
+ Le roi, qui s’étoit prêté d’abord à la plaisanterie, la trouva trop
+ forte une fois faite; il ne parloit pas moins que d’exiler Caumartin
+ dans son abbaye de Buzay en Bretagne, lorsque l’intervention de
+ Pontchartrain le sauva. (V. Saint-Simon, t. I, p. 134, et _Lettres_
+ de Sévigné, édit. Hachette, t. X, p. 218.) L’abbé de Caumartin
+ devint plus tard évêque de Vannes, puis de Blois.
+
+1695. Charles CASTEL DE S. PIERRE[267], premier Aumosnier de MADAME, _au
+Palais-Royal_[268].
+
+ [267] Élu en 1695 à la place de Bergeret, il fut exclu des séances en
+ 1718, à la suite d’une dénonciation du cardinal de Polignac contre
+ son _Discours sur la Polysydonie_, dans lequel il attaquoit vivement
+ le gouvernement personnel du feu roi, et demandoit qu’on y
+ substituât l’autorité de plusieurs conseils ou _Synodes_. On ne lui
+ donna toutefois un successeur qu’à sa mort, en 1743; ce fut
+ Maupertuis.
+
+ [268] Ce logement au Palais-Royal, qu’il avoit comme aumônier de
+ Madame, mère du Régent, lui fut conservé même après son exclusion de
+ l’Académie.
+
+Jules DE CLÉRAMBAULT, abbé de Saint-Taurin, d’Evreux, de Nostre Dame du
+Lieu-Dieu en Jard, et de St Savin, _rue des Bons Enfants, près le palais
+Royal_[269].
+
+ [269] Fils du maréchal de Clérambault. Le fauteuil de La Fontaine lui
+ échut en 1695, et «comme il étoit contrefait, dit d’Alembert, les
+ mauvais plaisants prétendirent que c’étoit Ésope qui succédoit à La
+ Fontaine». L’abbé Massieu le remplaça en 1714.
+
+André DACIER, garde des livres du Cabinet du Roy, _au Louvre_[270].
+
+ [270] Il fut célèbre pour son érudition dans les lettres grecques,
+ mais moins que sa femme, dont La Bruyère demandoit l’admission à
+ l’Académie. Dacier y fut élu, en 1695, pour le fauteuil de
+ l’archevêque de Paris, M. de Harlay. Il étoit déjà garde des livres
+ du cabinet du Louvre, charge que le roi avoit rétablie en sa faveur
+ pour le récompenser de son Recueil sur les Pythagoriciens (V. à la
+ p. préc. l’art. sur l’abbé Bignon). Dacier mourut en 1722. Le
+ cardinal Dubois le remplaça.
+
+1696. Claude FLEURY[271], abbé du Loc-Dieu, sous-précepteur de
+Messeigneurs les Enfants de France, _rue St Louis au Marais_[272].
+
+ [271] Auteur de l’_Histoire ecclésiastique_. Il fut, en 1696, le
+ successeur de La Bruyère, son ami, et fut remplacé lui-même, en
+ 1722, par le diplomate Adam.
+
+ [272] Le roi lui avoit donné l’abbaye de Loc-Dieu, après l’éducation
+ du duc de Vermandois, il lui accorda le prieuré d’Argenteuil après
+ celle du duc de Bourgogne. Dès lors il résida dans ce prieuré,
+ beaucoup plus qu’il ne logea rue Saint-Louis.
+
+1699. Louis COUSIN[273], président en la Cour des Monnoyes[274], _rue
+Guenegaud_.
+
+ [273] Il avoit en 1697 succédé à l’évêque d’Acqs, M. de Chaumont. Le
+ marquis de Mimeure lui succéda en 1707.
+
+ [274] V. plus haut, t. I, p. 69. Le président Cousin avoit d’abord été
+ directeur du _Journal des savants_ et censeur royal. Il légua ses
+ livres à la bibliothèque de Saint-Victor, avec un fonds de vingt
+ mille francs pour en augmenter le nombre. V. t. I, p. 137.
+
+1698. Charles Claude GENEST[275], abbé de Saint-Vilmer[276], aumosnier
+ordinaire de Madame la duchesse d’Orléans[277], _cloistre Saint Honoré_.
+
+ [275] Il avoit succédé, en 1698, à Claude Boyer, comme académicien,
+ pour des tragédies qui ne valoient guère mieux que les siennes. Son
+ fauteuil échut après lui, en 1720, à l’abbé Dubos.
+
+ [276] Ce bénéfice, de 500 écus de rente au plus, fut tout ce qu’il put
+ obtenir du roi.
+
+ [277] Mademoiselle de Blois, fille du roi et de madame de Montespan,
+ avoit eu l’abbé Genest pour précepteur. Devenue femme du duc
+ d’Orléans, futur Régent, elle le garda près d’elle comme aumônier,
+ et lui fit avoir, après la mort du roi, 2,000 fr. de pension sur
+ l’archevêché de Sens.
+
+1699. Jean Baptiste Henry DU TROUSSET DE VALINCOUR[278], secrétaire
+général de la Marine et des Commandements de Monseigneur le comte de
+Toulouze. _Cloistre Nostre-Dame_[279].
+
+ [278] Bel esprit plutôt qu’auteur, il succéda, en 1699, à Racine son
+ ami. Il eut en 1730 La Faye pour successeur.
+
+ [279] Il quitta le Cloître un peu plus tard pour venir habiter l’hôtel
+ du comte de Toulouse, dont il étoit, comme il est dit ici, le
+ secrétaire des commandements. On sait que cet hôtel est aujourd’hui
+ celui de la Banque. M. de Toulouse étant amiral, on comprend que
+ Valincourt, qui l’avoit suivi dans quelques expéditions, et même y
+ avoit été blessé, pût être secrétaire général de la marine.
+
+1701. Louis DE SACY, avocat, _rue Beaubourg_[280].
+
+ [280] Il plaida peu, traduisit beaucoup et n’imagina rien. C’est la
+ coterie du salon de madame de Lambert qui le fit recevoir
+ académicien en 1701, à la place du président Rose. Montesquieu lui
+ succéda en 1728.
+
+Nicolas DE MALEZIEU[281], chancelier de Dombes, _à l’Arsenal_[282].
+
+ [281] Le grand amuseur de la cour de la duchesse du Maine à Paris et à
+ Sceaux. Le fauteuil de l’évêque de Noyon, dont il a été parlé plus
+ haut, lui échut en 1701. Il y fut remplacé en 1727 par le président
+ Bouhier.
+
+ [282] Le duc et la duchesse du Maine tenoient leur cour à l’Arsenal,
+ le duc étant grand maître de l’artillerie depuis 1694, il étoit donc
+ naturel que Malézieux y logeât aussi. Sa charge de chancelier de
+ Dombes s’explique de même par la souveraineté du duc sur cette
+ principauté.
+
+Jean Galbert CAMPISTRON[283], secrétaire général des galères, _rue de
+Grenelle, fauxbourg Saint Germain_[284].
+
+ [283] Le singe de Racine, comme on avoit dit de Silius Italicus qu’il
+ étoit celui de Virgile. Il avoit remplacé Segrais en 1701, et il eut
+ Destouches pour successeur en 1723.
+
+ [284] La charge de secrétaire général des galères, qu’il avoit eue en
+ 1694 après la mort de Duché, et qui lui fut confirmée par le roi en
+ 1699, lui valoit 3,000 livres. Il la devoit au duc de Vendôme, qui
+ étoit lui-même général des galères, et auquel, après lui avoir été
+ présenté par Racine, il resta toujours attaché.
+
+1702. Jean François DE CHAMILLART[285], Evesque de Senlis[286], et
+premier aumosnier de Madame la Duchesse de Bourgogne, _rue de
+Richelieu_.
+
+ [285] C’est sa parenté très proche avec le ministre Chamillart qui
+ l’avoit fait arriver au fauteuil laissé vacant en 1702 par la mort
+ de Charpentier; il l’occupa jusqu’en 1714. Le maréchal de Villars
+ l’y remplaça.
+
+ [286] Il avoit eu d’abord l’évêché de Dol.
+
+Pierre de CAMBOUT, duc de COISLIN, pair de France[287], _à l’Hostel de
+Coislin, rue de Richelieu_[288].
+
+ [287] Il avoit succédé, en 1702, à son père que nous avons vu sur la
+ liste précédente, p. 279; il eut en 1710 son fils pour successeur.
+
+ [288] C’est l’hôtel qu’avoit fait construire le commandeur de Jars, et
+ qui fut un des premiers de la rue de Richelieu. Il touchoit à
+ l’hôtel Louvois, dont la place du même nom occupe le terrain
+ aujourd’hui. Le jardin de l’hôtel de Coislin avoit une porte sur la
+ rue Sainte-Anne, où logeoit Bossuet, ce qui lui permettoit, avec
+ l’agrément du duc son confrère, de venir s’y promener et même d’y
+ recevoir des visites. (_Journal_ de l’abbé Le Dieu, t. III, p. 14.)
+
+1704. Armand Gaston DE ROHAN, Evesque et prince de Strasbourg[289], _à
+l’Hostel de Soubize au Marais_[290].
+
+ [289] Reçu à la place de Claude Perrault en 1704, il eut pour
+ successeur, en 1749, l’évêque de Rennes, Vauréal, qui avoit encore
+ moins de titres que lui.
+
+ [290] C’est aujourd’hui, comme on sait, le palais des Archives.
+
+Melchior DE POLIGNAC[291], abbé de Bonport[292], _rue St Dominique,
+fauxbourg St Germain_.
+
+ [291] Auteur de l’_Anti-Lucrèce_, il fut élu en 1704 à la place de
+ Bossuet, et eut Giry pour successeur en 1741.
+
+ [292] Il fut plus tard archevêque d’Auch et cardinal.
+
+Gaspar ABEILLE, prieur de Nostre Dame de la Mercy[293], _près la Porte
+St Honoré, à l’Hostel de Luxembourg_[294].
+
+ [293] Quelques tragédies oubliées furent ses seuls titres à
+ l’Académie, où il arriva en 1704, à la place de l’abbé Boileau, et
+ où l’abbé Mongault lui succéda en 1718.
+
+ [294] La rue Neuve-de-Luxembourg remplace cet hôtel. Abeille y logeoit
+ comme secrétaire des commandements du maréchal de Luxembourg.
+
+Jean Baptiste COIGNARD, imprimeur et libraire ordinaire du Roy, _rue St
+Jacques, près St Yves_[295].
+
+ [295] V. plus haut, t. I, p. 189, et II, 288.--Quand le _Dictionnaire_
+ eut été publié, le travail de Coignard pour l’Académie fut assez
+ restreint. Il se réduisit presque à l’impression de quelques _Avis_
+ sur de petits morceaux de papier grands comme la main, dans le genre
+ de celui-ci, que nous copions textuellement sur l’original:
+
+ «M.
+
+ «Vous estes adverty de la part de Monsieur le Directeur de
+ l’Académie françoise, de vous trouver Samedy prochain deuxième jour
+ de Décembre mil sept cent treize, à l’assemblée qui se tiendra au
+ Louvre à trois heures précises après midy, pour le second scrutin de
+ l’élection d’un Académicien à la place de feu M. l’abbé Regnier des
+ Marais.»
+
+
+
+
+LISTE
+
+DES
+
+AVIS DU BUREAU D’ADRESSE
+
+_Pour servir depuis le premier jour de l’an 1670[296]._
+
+ [296] V. pour cette liste notre _Introduction_, t. I, p. xxxiv.
+
+
+On continuera à recevoir les avis tous les jours, jusqu’au 12 de ce mois
+inclusivement, et aux heures ordinaires, pour le Livre suivant, qui se
+trouvera aux Bureaux, le 16 à midy, jusqu’à la fin du mois.
+
+_On enseigne _gratis_ à l’ordinaire les adresses qui sont faites au
+Bureau._
+
+On ne se mettroit pas en peine de faire des avertissements sur l’utilité
+du Bureau d’adr. si on n’avoit à faire qu’à ceux qui s’en sont servis:
+mais comme le débit des Livres a fait remarquer que quantité de gens ne
+font que commencer à en prendre connoissance, et qu’il les faut aussi
+instruire des avantages qu’ils en peuvent tirer, il est du moins bon
+d’apprendre aux derniers venus qu’il n’y a pas une voie au monde plus
+seure, plus abrégée et plus comode que celle là pour trouver ce qu’on
+souhaite, pour se défaire de ce qu’on ne veut point garder, et pour
+sçavoir et faire sçavoir aux autres tout ce qu’il est besoin qu’on
+sçache[297]. L’exemple de cette Liste fait assez voir comment elle
+produit cet effet, pour apprendre à chacun comment il s’en pourra
+servir.
+
+ [297] Lorsqu’en septembre 1717 le _Bureau d’adresse_, qui prit alors
+ le titre de _Bureau général privilégié d’adresse et de rencontre_,
+ dut rouvrir rue Saint-Sauveur, «l’avis très utile au Public», qui
+ l’annonça dans _le Mercure_, reproduisit presque textuellement ce
+ qu’on lit ici. V. _le Mercure_, sept. 1717, p. 178-183.
+
+Mais il faut à l’occasion satisfaire icy à la plainte de quelques uns
+contre ces Listes, prétendans qu’elles ne soient toutes que la même
+chose, sous prétexte seulement qu’ils ont pu voir en chacune, peut-estre
+10 ou 12, ou fort peu plus d’avis repétez de l’une en l’autre[298]. Il
+suffiroit de répondre en un mot, que quand il y auroit quatre fois
+autant de répétitions, on ne pourroit encore honnestement plaindre ce
+peu qu’il en couste pour voir les autres avis nouveaux, dont on
+donneroit souvent dix ou vingt fois autant pour avoir la connoissance
+d’un seul. Mais de plus, ils doivent, une fois pour toutes, considérer
+qu’à peine voit-on jamais trois fois de suite cinq ou six avis de choses
+à vendre ou demandées, si elles ne sont d’une grande conséquence; et
+qu’à l’égard de ceux qui font sçavoir leur demeure et les choses qu’ils
+débitent, et de ceux qui ont coutume d’afficher, ils doivent
+nécessairement estre repetez non seulement trois ou quatre fois, mais
+toujours, puisqu’il y a continuellement des gens nouveaux qui ont besoin
+de les connoistre. Et ainsi ce petit nombre d’avis renouvellez, outre
+qu’il n’est pas considérable à proportion des nouveaux, pour faire qu’on
+songe à espergner 15 deniers pour les voir[299], est même une chose
+nécessaire à tout le monde, pour trouver toujours à point nommé de
+certaines gens et de certaines choses dont on peut avoir affaire.
+
+ [298] Nous aurons plusieurs fois à signaler de ces répétitions dans
+ les listes suivantes.
+
+ [299] C’est-à-dire un sou trois liards. C’est ce que coûtoit, comme on
+ le verra plus loin, chaque exemplaire de ces _listes_.
+
+
+_Immeubles à louer, vendre ou échanger._
+
+9. Maison à porte cochère à louer présentement, rue des Poitevins, près
+St. André des Arts, ayant court, remise, escurie à 4 chevaux, 3 estages
+par le devant de chacun 4 pièces de plain pied, et un petit corps de
+logis à 2 étages sur le derrière, le tout pour 900 livr. _Adresse_ chez
+M. le Président de Mesgrigny, dans la mesme rue[300].
+
+ [300] Cet hôtel de Mesgrigny existe encore au bout de la rue des
+ Poitevins, près du retour en équerre qu’elle fait pour gagner la rue
+ Serpente. Il fut occupé longtemps par le libraire Panckoucke, qui en
+ avoit fait un véritable musée archéologique, décrit, ainsi que
+ l’hôtel, dans sa brochure: _Collection d’antiquités égyptiennes,
+ grecques, romaines, etc., etc._, 1841, in-8º.--Germain Brice, dans
+ l’édit. de 1684, in-12, de sa _Description de Paris_, t. II, p. 128,
+ a dit quelques mots de l’hôtel Mesgrigny, que le président, auquel
+ il doit son nom, habitoit encore à cette époque: «Il est bâti avec
+ beaucoup de régularité, et, quoique les appartements n’en soient pas
+ fort spacieux, ils ne laissent pas d’être commodes.»
+
+10. Petite maison à louer presentement 60 escus, ayant cuisine sous
+terre, cave, chambre et anti-chambre à cheminée de plain-pied, 3 ou 4
+cabinets, et une grande terrasse. _Adr. et rue_ comme au précédent.
+
+11. La maison blanche proche la maison rouge[301] à louer présentement à
+Chaliot, ayant 2 grands corps de logis, quantité de grandes chambres,
+jardin et court, où il y a savonnerie, et des caves dans les
+carrières[302]. _Adr._ chez M. La Mouche, rue de Betisi, à la ville
+d’Arras.
+
+ [301] Guinguette fort à la mode au XVIIe siècle, comme on le voit dans
+ _Les Pièces comiques_, 1671, pet. in-12, p. 210, 229. Les grandes
+ dames y alloient encore en parties fines du temps de Voltaire.
+ Longchamp, son valet de chambre, nous a dit dans ses _Mémoires_, t.
+ II, p. 126, tout le débraillé d’un souper qu’y firent Mmes du
+ Chatelet, du Deffand, de Mailly, de Gouvernet et de La Popelinière.
+
+ [302] Ce sont les carrières, situées sous l’ancienne butte des
+ Bonshommes, dont on a tant parlé lorsqu’on a dû construire, pour
+ l’exposition dernière, le palais du Trocadéro.
+
+26. Grand Hostel à louer pour Pasques, ayant 2 corps de logis, grande
+court, basse court, qui sont dans la rue des Maquignons[303], 5 ou 6
+remises, 2 escuries pour 30 chevaux, le tout pour 2,700 l. _Adr._ chez
+M. le Procureur général de la Chambre des Comptes, rue de Richelieu.
+
+ [303] Elle étoit alors nouvelle, comme le marché aux chevaux, auquel
+ elle conduisoit et qui avoit été transporté là quand la Butte
+ Saint-Roch avoit commencé d’être aplanie. On l’appeloit plus
+ communément _rue Maquignonne_. Au commencement de ce siècle, elle
+ prit le nom de rue de l’_Essai_. C’est en effet sur tout son
+ parcours, depuis la rue de Poliveau jusqu’au marché, que l’on
+ «essaie» les chevaux à vendre.
+
+27. Grand Hostel à louer ou à vendre présentement propre pour un grand
+Seigneur, ou pour un grand Bureau ou un grand Magasin; il y a basse
+court et des escuries pour 50 chevaux. _Adr._ audit lieu r. Betisi,
+proche la rue S. Germain[304].
+
+ [304] Lisez: rue des Fossés-St-Germain-l’Auxerrois, qui en étoit le
+ prolongement.
+
+33. Maison à porte cochère à louer ou à vendre presentement, r. du
+Brac[305], attenant à l’Eglise de la Mercy, ayant escurie, remises et
+autres appartenances. _Adr._ chez M. le marquis d’Espinay[306], rue de
+Richelieu.
+
+ [305] Son vrai nom est rue de Braque. Elle le doit à Arnoul de Braque,
+ qui, en 1348, avoit fait bâtir, à l’angle qu’elle forme avec la rue
+ du Chaume, une chapelle devenue plus tard chapelle de la Mercy,
+ reconstruite au XVIIe siècle, démolie à moitié pendant la
+ Révolution, puis enfin remplacée depuis peu par une maison
+ bourgeoise, après avoir été longtemps un magasin de charbons.
+
+ [306] François d’Espinay, marquis de Saint-Luc, petit-fils du
+ commandant de Paris sous Richelieu. Il mourut en 1694.
+
+34. Grande maison à louer pour Pasques, rue Neufve Montmartre[307]. Deux
+corps de logis, un grand et un petit, chacun à trois estages, offices,
+caves, trois remises, deux escuries pour quinze chevaux, une court à
+tourner un carrosse à six chevaux, et un grand jardin au bout, le tout
+de 1,000 livr. _Adr._ à madame Balduc Orphevresse, rue Bourg Labbé, à la
+ville de Sedan.
+
+ [307] On appeloit ainsi la partie de la rue Montmartre qui, depuis la
+ rue Neuve-Saint-Eustache, à l’extrémité de laquelle la porte
+ Montmartre avoit longtemps existé, s’étendoit jusqu’au rempart.
+
+78. Grande maison à louer presentement, ayant 2 corps de logis separez
+avec leurs courts de mesme, l’un à porte cochère pour 1,000 l. et
+l’autre à petite porte pour 550 l. dans le cul de sac de la r. S. Denis,
+proche la r. aux Ours[308]. _Adr._ à mad. Ferrand aud. lieu.
+
+ [308] C’est l’_Impasse des Peintres_, séparée par quatre ou cinq
+ maisons seulement du point de jonction de la rue aux Ours et de la
+ rue Saint-Denis.
+
+43. Une chambre à louer presentement, r. S. Honoré, dans la court du
+Charroy[309], propre pour un homme et son valet, qu’on pourra aussi
+prendre en pension au mesme estage. _Adr._ à mad. de S. Robert, r. S.
+Honoré, chez M. Du Pont, proche les Jacobins.
+
+ [309] Nous ignorons où se trouvoit cette cour, qui sans nul doute--son
+ nom l’indique--servoit à remiser «le charroi» des équipages.
+ Peut-être, comme la suite le feroit croire, se trouvoit-elle rue
+ Saint-Honoré près des Jacobins.
+
+86. Maison à louer présentement, r. Geoffroy Lasnier, louée 1,700 l.
+_Adr._ à M. de la Barre, dans l’Isle Nostre Dame, sur le Quay
+Daufin[310].
+
+ [310] C’est aujourd’hui le quai de Béthune, qu’on appela aussi quai
+ des Balcons.
+
+99. Grande maison à louer pour Noël, au Marais, r. neuve S. Claude,
+ayant 2 grandes courts, 3 remises, écuries à 12 chevaux, 3 étages chacun
+de 5 feux, de plein pied avec un appartement dégagé sur le derrière; le
+tout fort propre pour 800 l. _Adr._ chez M. de La Tour, conseiller au
+Chastellet, rue des Mauvais Garçons près le cimetière S. Jean.
+
+104. L’Hostel de la Bistrade[311] à louer pour Pasques, rue Pavée, près
+l’hostel de Bourgogne[312], pour 2,200 l. à 2 appartements aisez à
+séparer, escurie à 12 chevaux, 4 remises et un jardin. _Adr._ chez M.
+Bachelier rue Mauconseil.
+
+ [311] Il devoit son nom au conseiller du grand Conseil Jacques de la
+ Bistrade, mort le 30 décembre 1650, et qui avoit possédé, d’après ce
+ que dit Tallemant, t. II, p. 453, plusieurs maisons dans Paris.
+
+ [312] La rue Pavée-Saint-Sauveur, qui n’est plus aujourd’hui que la
+ prolongation de celle du Petit-Lion, longeoit par derrière le
+ théâtre de l’Hôtel de Bourgogne, dont l’entrée étoit rue Mauconseil.
+
+1. Maison à vendre, près le Pont aux Biches[313], au bout de la rue de
+la Croix, tenant au Rempart[314], à l’image de S. Charles Borromée, où
+il y a 2 grands corps de logis devant et derrière, des courts au milieu
+et une place à costé. _Adr._ à M. Baudry, notaire, rue des Arcis, proche
+S. Jacques de la Boucherie.
+
+ [313] C’étoit un «ponceau» jeté sur l’égout découvert près d’une
+ maison portant l’enseigne des Biches.
+
+ [314] Elle commençoit rue Phélipeaux et, arrivée à la rue du
+ Vert-Bois, étoit continuée par celle du Pont-aux-Biches qui,
+ elle-même, alloit aboutir au rempart situé alors un peu plus haut
+ que la rue de Nazareth. Dans un titre des _Archives hospitalières_,
+ Hôtel-Dieu, t. I, p. 95, il est parlé, à la date de 1627, du
+ «rempart près le Pont-aux-Biches». Un moulin à vent s’y trouvoit
+ (_Registres de l’Hôtel-de-Ville pendant la Fronde_, t. I, p. 316).
+
+15. Une belle maison à vendre à Ruël pour 25,000 l. ayant 2 corps de
+logis, grande escurie, grand jardin, un beau jet d’eau, terres
+labourables, prez et vignes. _Adr._ chez M. Bonnelle, rue Plastrière.
+
+17. Une grande maison à vendre à trois corps de logis, deux boutiques,
+quatorze à quinze feux, quatre escuries pour trente chevaux, deux
+jardins, trois caves, et une carrière[315], pour 20,000 livres, rue
+Mouftar au faubourg S. Marcel, près S. Medard[316]. _Adr._ à
+mademoiselle Privat, au mesme logis.
+
+ [315] On voit que les Catacombes, où l’on ne devoit déposer qu’un
+ siècle après les ossements provenant du cimetière des Innocents,
+ faisoient alors partie des propriétés sous lesquelles elles se
+ trouvoient.
+
+ [316] Les maisons de ce quartier se louoient relativement à un aussi
+ bas prix qu’elles se vendoient. On en jugera par cette annonce du
+ _Journal de la Ville de Paris_ de François Colletet: «Du mercredy 26
+ août 1676. _On sçait une fort jolie maison à louer que l’on peut
+ appeler un petit bijou, du prix de quatre cents livres, fort commode
+ pour deux ménages. Elle est située dans la Ville, proche le
+ Fauxbourg Saint-Victor: elle consiste en sale, cuisine, court, cave,
+ et deux beaux estages à plat fonds, carrelez, cabinets, cheminées
+ enjolivées, lieu pour alcôves, et autres commoditez nécessaires._»
+
+19. Une maison neufve r. du Colombier[317], de 1,200 l. de loyer bastie
+de pierres de taille, sur rue, et décretée[318] sur celuy qui la voudra
+pour 29 l. ou bien le vendeur se chargera de payer les lots et
+ventes[319], en luy donnant pour le tout 30,000 l.
+
+ [317] C’étoit l’ancien _Chemin aux Clercs_. Elle alloit de la rue de
+ Seine à la rue des Petits-Augustins, aujourd’hui Bonaparte. On
+ n’avoit commencé d’y bâtir qu’en 1640, ce qui explique que la maison
+ à vendre ici fût neuve. V. p. 312.
+
+ [318] Vendue par justice.
+
+ [319] Il faut lire «lods et ventes». Le _lod_ étoit le droit payé au
+ seigneur pour qu’il approuvât l’aliénation d’un bien dépendant de
+ son domaine. Le seigneur ici étoit l’abbé de Saint-Germain-des-Prés.
+
+20. LXXVI arpents et demy de terre à vendre à 100 escus l’arpent, au
+village d’Ognes à 10 lieues de Paris, à 3 de Dampmartin[320], sans aucun
+bastiment; les dites terres louées 918 l. à raison de 12 l. l’arpent.
+_Adr._ au Bur.
+
+ [320] Ce n’est pas Ognes, mais Longnes qu’il faut lire. Il y a en
+ effet un village de ce nom dans le département de Seine-et-Oise,
+ canton de Houdan, entre Bréval et Dammartin. Le pays est bon: il ne
+ faut donc pas s’étonner d’y voir l’arpent au prix de 100 écus. Dans
+ le Nivernais, à la même époque, d’après des titres que Monteil eut
+ en main, il ne valoit que 100 livres. (_Hist. des François des
+ divers états_, 1re édit., t. VIII, p. 516.)
+
+21. Maison à porte cochere à vendre au Bourg-la-Reine, à 2 lieues de
+Paris: ayant grange, écurie, volière à pigeons, jardin, 4 arpens et demy
+de sain foin, un arpent et demy de vignes et 7 de terres labourables,
+affermées 4,000 l. _Adr._ au dit lieu, à l’Image S. Jean, à la veuve de
+Fourcy, ou à Barbier, ou dans la r. de Gèvre, à M. Trie, au Jésus.
+
+28. Deux charges de commissaire des guerres avec 2 conduites[321] à
+vendre ou à changer pour des rentes, maisons, ou autres objets. _Adr._ à
+M. De Henaut, notaire rue S. Antoine au coin de S. Paul.
+
+ [321] C’est-à-dire «directions, intendances».
+
+29. Deux maisons au quartier S. Benoist sur le devant, et une grande sur
+le derrière, ayant 30 feux[322], écuries à 10 chevaux, remises, deux
+courts, jardin, veüe en plain air[323], cheminées fort propres en
+sculptures et dorures, à vendre, avec toutes les facilitez pour le
+payement, ou à changer contre rentes constituées. _Adr._ au bur.
+
+ [322] Chambres à feu.
+
+ [323] Les maisons bâties dans les quartiers Saint-Germain et
+ Saint-Benoît avoient ainsi et ont même encore de grands espaces,
+ comme on en peut juger par les terrains de l’ancienne rue Taranne,
+ que les démolitions récentes ont mis à découvert pour le percement
+ du boulevard Saint-Germain. Le jardin de Morin, l’un des plus grands
+ «floristes» du XVIIe siècle, occupoit, par exemple, un de ces
+ terrains derrière la Charité. (Sauval, t. III, p. 4.)
+
+31. Maison à porte cochere à vendre pour 20,000 l. à l’entrée de la rue
+des Tournelles, vis à vis la Bastille, ayant 12 feux, court, boutique et
+écurie, louée 800 l. _Adr._ au Suisse de l’hostel de Lesdiguières, rue
+de la Cerisaye[324].
+
+ [324] V. sur cet hôtel, t. I, p. 278.
+
+36. Maison à vendre rue des Petits Augustins, louée 900 l. toute
+decrétée sur le vendeur[325], qui payera les lots et ventes[326] et
+donnera le tout pour 24,000 l. _Adr._ au Bureau.
+
+ [325] C’est-à-dire qui sera vendue sans frais pour l’acheteur,
+ «contrat en main», suivant l’expression d’aujourd’hui qui
+ correspondoit, du reste, à celle qu’on lira plus loin et que nous
+ trouvons aussi chez Fr. Colletet, _Journal de la ville de Paris_,
+ sous la date du 29 août 1676: «... _on donnera toutes les assurances
+ que l’on peut demander, et le décret dans la main de l’acquéreur_.»
+
+ [326] V. une des notes précédentes, p. 309.
+
+79. Maison à vendre en la vallée de Montmorency, ayant court,
+basse-court, jardin, colombier, foulerie[327], 10 arpens d’enclos,
+espaliers, grands fruitiers, 30 arpens de terres tant labourables, que
+prez, bois, vignes et cerisaye[328]: on en vendra pour 1,200 l. et
+audessus, selon ce qu’on en voudra prendre. _Adr._ au bureau.
+
+ [327] L’endroit où l’on fouloit les raisins, «le pressoir».
+
+ [328] Verger aux cerises. La rue de ce nom, citée tout à l’heure,
+ s’appelle ainsi parce qu’elle occupe l’emplacement du jardin de
+ l’hôtel Saint-Pol, où se cultivoient les cerisiers.
+
+80. Maison neuve à vendre rue Jacob[329], bastie de pierres de taille
+sur rue, bien peinte, l’escalier propre à rampe de fer, grande écurie,
+court à tourner carrosse et louée 1,660 l. On la vendra le décret à la
+main et quitte de lots et ventes pour 44,000 l. _Adr._ au bureau.
+
+ [329] Elle faisoit suite à la rue du Colombier, et, comme elle,
+ n’avoit encore que des maisons neuves.
+
+81. Terres propres à bastir entre les rues de Clery et Bourbon, et la
+porte St. Denis, jusques à 2,000 toises ou environ à vendre en tout, ou
+en partie, à prix raisonnable, soit argent comptant, soit partie argent,
+partie rente[330]. _Adr._ à M. Baudrant substitut, r. du Coq, qui en
+donnera le plant et mémoires nécessaires.
+
+ [330] Cette place vague est visible sur les plans du XVIIe siècle
+ antérieurs à 1680, et notamment sur celui de Gomboust. Elle fut
+ vendue par parties six ans après ce qui en est dit ici. Nous
+ trouvons en effet, dans un _arrêt du Conseil d’État_ de 1681, rendu
+ contre Drouet, «chargé de recouvrer les deniers provenant de la
+ vente des places, maisons, etc., dépendantes des fortifications de
+ Paris», mention d’un acte du 30 avril 1676, pour la vente «de
+ terrains entre la rue de Cléry et de Bourbon, derrière le mur du
+ jardin des Filles Dieu»; et d’un autre, du 7 juillet suivant, pour
+ une place vendue «entre le fossé de la ville et la rue de Cléry,
+ derrière les Filles Dieu».--C’est sur cet espace qu’un farceur du
+ temps de Molière, Gilles le Niais, dressoit ses tréteaux. Une
+ boucherie de la rue Bourbon-Villeneuve porta longtemps son nom.
+ (Parfaict, _Hist. du Théâtre françois_, t. VIII, p. 324.)
+
+88. Une terre à vendre en Normandie, près de l’Aigle, appelée Aube[331],
+où il y a de beaux fiefs, seigneur et patron de la paroisse, affermée,
+le domaine, 3,000 l. et la forge à fer 1,500 l., le tout en bon estat,
+hormis le logis seigneurial qui va en ruine. _Adr._ à M. Menu, procureur
+au Chastelet au coin de l’hostel de Bourgogne[332].
+
+ [331] Ne seroit-ce pas à cette terre, en Normandie, que le neveu de
+ Fontenelle, M. d’Aube, ce Normand aux infatigables contradictions,
+ si bien mis en scène par Rulhière dans son poème des _Disputes_,
+ auroit dû son nom?
+
+ [332] Laigle étant, comme on sait, la ville de la ferronnerie et de la
+ quincaillerie, nous ne sommes pas surpris de trouver une «forge à
+ fer» dans une terre qui en est voisine.
+
+94. Maison à vendre à S. Maur, ayant un grand corps de logis à 3
+estages, grande court à porte cochère, jardin derriere le logis, grande
+guerite sur la montée[333], pour 5,000 l. _Adr._ chez M. Pres de Segle,
+marchand drapier r. du Petit-Pont à l’Estoille d’or.
+
+ [333] C’est-à-dire une grande cage d’escalier, bien dégagée et bien
+ couverte. C’étoit un des points importants des constructions de ce
+ temps-là. V. _L’Architecture_ de Savot, au chap. IX: _Des mesures du
+ bâtiment_.
+
+95. Maison à vendre à S. Denis devant la grande Eglise, vis à vis la
+croix de la grande place, ayant par derrière 2 corps de logis et 2
+courts, dont l’une à porte cochère sur une rue. _Adr._ comme au
+précédent.
+
+96. Autre maison à S. Denis, ayant porte cochere, petite court et écurie
+à vendre avec la precedente pour 7,000 l. _Adr._ comme au précédent.
+
+98. Une belle ferme à vendre à 3 lieues de Paris, au village de la
+Selle[334], pour 36,000 l. _Adr._ à M. Chastellier, chez M. Gitar, rue
+de Sêve, à la première maison du costé des Premontrés[335], à la 2
+chambre[336].
+
+ [334] La Selle-Saint-Cloud.
+
+ [335] Les Prémontrés réformés, dont l’église et le couvent n’étoient
+ pas alors bâtis depuis plus de six ans. Le voisinage de la
+ Croix-Rouge, à l’entrée de la rue de Sèvres, les faisoit appeler
+ souvent Prémontrés de la Croix-Rouge.
+
+ [336] «A la deuxième chambre», c’est-à-dire au second étage. Scarron,
+ lorsqu’il logeoit rue de la Tixeranderie, donnoit ainsi son adresse:
+
+ ... Je me nomme Scarron,
+ Et loge en _la deuxième chambre_,
+ Tout vis à vis l’hôpital Saint-Gervais.
+
+
+_Meubles meublans à vendre._
+
+13. Un lit de drap du Sceau[337] gris de 4 à 5 pieds, doublé de taffetas
+de la Chine à franges mêlées à vendre, avec le bois, tout garny, la
+courte pointe de taffetas, 6 chaises, 6 ployants, et 2 fauteuils[338]
+garnis de crain avec les housses, et le tapis de mesme drap et frange.
+_Adr._ à M. Henaut de la Monnoye chez M. Barreau.
+
+ [337] Lisez «d’Usseau». C’étoit un drap commun, dont on faisoit les
+ habits des laquais. V. Regnard, _Le Joueur_, acte I, sc. 1, et
+ _Satires_ de Furetière, p. 8.
+
+ [338] L’étiquette étoit d’avoir, comme on le voit ici, un fauteuil
+ pour six chaises ou pour six pliants. Nous lisons, par exemple, dans
+ le _Journal_ de Colletet, à la date du 6 octobre 1676: «_On sçait
+ une Bourgeoise qui a _une demy douzaine de Chaises de roses et un
+ fauteuil_ à vendre des plus belles et des mieux nuancées qu’il y ait
+ à Paris, et qui sortent de dessous l’éguille. ITEM, _six autres de
+ point d’Angleterre avec le fauteuil_._» Plus loin, le 19 octobre, il
+ dit encore: «_On nous demande _demy douzaine de bois de chaises
+ neuves_, tournées à la mode, _avec le fauteuil_._»
+
+45. Tapisserie de Flandres de 25 à 26 aunes de tour sur 3 aunes de haut,
+ayant quelques animaux parmy la verdure[339]. _Adr._ au Bureau, ou on en
+fera voir quelques pièces.
+
+ [339] V. plus haut, sur les tapisseries à verdure, t. I, p. 283.
+
+84. Plusieurs feuilles de paravent à vendre. _Adr._ au bureau.
+
+89. Un carreau, avec le sac[340] de velours rouge cramoisi[341], avec
+trois rangs de grand gallon or et argent, tout neufs qui ont cousté 700
+l. et qu’on donnera pour moins de 400 l. _Adr._ à M. Menu, procureur au
+Chastelet au coin de l’hostel de Bourgogne.
+
+ [340] C’est-à-dire la couverture.
+
+ [341] Comme les femmes portoient avec elles ces sortes de coussins
+ dans les églises pour s’agenouiller, elles les habilloient richement
+ ainsi de velours de couleur et de galons d’or.
+
+93. Une tenture de haute-lice[342], representant les travaux d’Ulisse,
+presque neuve, de 19 à 20 aunes de tour, sur 3 aunes de haut, pour 3,000
+l. _Adr._ chez M. Predeseigle, marchand drapier, r. du Petit-Pont à
+l’Estoille d’or.
+
+ [342] V., sur les tapisseries de haute lisse, t. I, p. 283.
+
+60. Douze chaises de moquette[343] larges, bien garnies de crain, et les
+bois à colonnes torses, avec le tapis et le lit de repos[344] tout
+complet, le tout à vendre 10 pistolles au dernier mot. _Adr._ au bureau.
+
+ [343] C’étoit alors déjà l’étoffe à la mode pour couvrir les chaises,
+ et, selon Richelet, «les formes» ou tabourets. Il est parlé, dans le
+ _Ballet des Romans_, p. 14, d’une «forme de moquette». On en faisoit
+ aussi des tapis. V. Tallemant, 1re édit., t. III, p. 69.
+
+ [344] «Sorte de petit lit pour reposer après le dîner.» Richelet.
+
+69. Un lit de damas rouge cramoisi à crespine mêlée de cinq pieds et
+demy de large, avec 12 ou 14 sièges. _Adr._ au bureau.
+
+102. Un lit de point d’Angleterre ondé de laine et de soye du prix de
+900 l. _Adr._ à M. Curaud, au cloistre St. Médéric à l’hostel de
+Roanez[345].
+
+ [345] Il étoit habité alors par Artus de Gouffier, duc de Roannez, ami
+ de Pascal, qui logea longtemps chez lui et faillit y être poignardé
+ par la concierge de l’hôtel, furieuse de ce qu’il vouloit persuader
+ à mademoiselle de Roannez, sœur du duc, de ne pas se marier et de se
+ retirer dans un couvent. V. les _Manuscrits_ de Marguerite
+ Périer.--C’est le duc de Roannez qui conçut avec Pascal l’idée des
+ carrosses à cinq sous, sorte d’omnibus du XVIIe siècle.
+
+
+Choses Diverses.
+
+3. Un cachet sur un grand rubis du Temple[346], dont le manche est un
+chien qui a le devant et derrière d’or émaillé, et le corps d’une grande
+perle orientale à vendre 20 louis d’or au dernier mot, ou à échanger
+contre quelque lit de campagne ou un cabinet de mesme prix[347]. _Adr._
+au bureau où l’on le fera voir.
+
+ [346] Sur ces fausses pierreries dites «diamants du Temple», voy. t.
+ I, p. 248.
+
+ [347] V. sur ce genre de meubles, t. I, p. 286.
+
+5. Un orgue à 4 jeux; sçavoir un bourdon de 4 pieds, son octave ou
+flute, un flageollet et une voix humaine de la fabrique de M. Le
+Prescheur[348]. _Adr._ à M. Denis ingenieur du Roy au mont St. Hilaire,
+près l’Eglise au Chef S. Denis.
+
+ [348] Ce facteur d’orgues, M. Le Prescheur, que nous n’avons pas vu
+ nommé ailleurs, avoit peut-être appartenu à la fabrique d’orgues de
+ la rue des Ménétriers, indiquée plus haut, t. I, p. 216. V., sur
+ Créteil, dont c’étoit aussi l’industrie, _Id._ p. 209.--Colletet,
+ dans son _Journal_, annonce aussi deux orgues à vendre, l’un le 22
+ août 1676, l’autre, avec plus de détails, le 9 sept, suivant: «_On
+ sçait un fort beau Cabinet d’Orgues bien entier et bien conditionné
+ à huit jeux... qui peut estre fort propre pour un monastère de
+ Religieux ou Religieuses, petite paroisse de Paris, ou centre
+ considérable à la campagne, Communauté ou Collège. On le donnera
+ pour cinquante louis, quoiqu’il ait effectivement cousté plus de
+ cent pistoles._»
+
+6. Une basse de viole d’Angleterre[349], enrichie de filets d’ébène, un
+dessus de viole, et un thuorbe de Bologne à filet et chevilles d’yvoire
+à vendre. _Adr._ à M. d’Angebert[350]. R. St Honoré, proche des bastons
+Royaux[351], chez mad. Ranquet.
+
+ [349] V. sur _la basse de viole_ et ceux qui l’enseignoient, t. I, p.
+ 210.
+
+ [350] Il faut lire, je crois, Denglebert, dont il a été parlé, t. I,
+ p. 206, comme étant des plus célèbres sur le clavecin.
+
+ [351] Cabaret voisin de Saint-Roch. V. notre _Histoire de la Butte des
+ Moulins_, p. 52.
+
+7. De très beaux chevaux de Flandres à vendre en gros et en détail.
+_Adr._ à mad. Bareilles. R. saint Honoré, près le Palais Royal, aux
+Armes de Condé, proche un tapissier, à la première chambre[352].
+
+ [352] Au premier étage. V. plus haut p. 314.
+
+8. De grosses boucles d’oreille de diamants du Temple[353] très beaux, à
+vendre pour 10 escus. _Adr._ au Bureau, où l’on les fera voir.
+
+ [353] V. ci-dessus la note 2 de la p. précédente.
+
+14. Un corps de chaise roullante à 2 fonds pour 4 personnes, garnie de
+serge grise neuve à 2 envers, avec les 2 coussins; il y a dedans 2
+coffres, ferrez et garnis de leurs serrures, le tout à vendre pour 100
+l. _Adr._ à M. Hennoyer, sellier de Mademoiselle, proche les Quinze
+Vingts[354].
+
+ [354] La grande Mademoiselle, fille de Gaston d’Orléans, ayant
+ longtemps habité les Tuileries, avoit, comme on le voit, gardé ses
+ fournisseurs dans les environs.
+
+16. On vend de fort bon vin de Tonnerre pour des nopces à 6, 8 et 10 s.
+la pinte dans la r. S. Martin, près la r. aux Ours, chez un faiseur de
+Luth[355].
+
+ [355] On a vu plus haut, t. I, p. 315, que chacun pouvoit faire débit
+ de son vin. C’est ce qui s’appeloit «vendre à pot». Fr. Colletet,
+ dans son _Journal_, à la date du 5 août 1676, nous dit à ce sujet ce
+ que coûtoit alors le vin de Champagne: «_Un Bourgeois de Paris vend
+ en détail d’excellent vin de Reims en Champagne, et le donne à 12 s.
+ la bouteille; il en a aussi à 10 et à 8 s. la pinte. Le dit vin est
+ de son propre crû, et l’on enseignera au Bureau sa demeure._»
+
+18. Les Conciles d’impression du Louvre en 37 volumes[356], bien reliez,
+à vendre. _Adr._ au Bureau, où l’on en pourra faire venir quelque volume
+à voir si on le souhaite.
+
+ [356] C’est l’édition de 1644, due en effet à l’imprimerie du Louvre,
+ alors à ses commencements. Elle fut réimprimée, en 1715, avec des
+ additions et une table excellente, par les soins du P. Hardouin.
+
+25. Le sieur Hermier, par privilège vérifié et exclusif à tous autres,
+continue à faire les planches façon de marbre et des tables de mesme,
+dont il fera voir tous les dessins qu’il a executez depuis 1643. Il loge
+r. S. Marc, entre les portes Richelieu et Montmartre[357], chez le sieur
+Petit Charpentier[358].
+
+ [357] La rue Saint-Marc, qui devoit son nom à l’une des seigneuries
+ des Vivien, seigneurs de la Grange-Batelière, sur le terrain de
+ laquelle on venoit alors de la bâtir, servoit en effet de trait
+ d’union entre les portes Richelieu et Montmartre, bâties l’une et
+ l’autre à cette hauteur dans les derniers temps de Louis XIII et
+ démolies ensemble en 1701.
+
+ [358] Il est parlé de lui dans un mémoire contre Lulli: _Requeste
+ d’inscription de faux en forme de factum présenté au Châtelet, le 16
+ juillet 1676_, par le sr Guichard, in-4º: «Le sieur Antoine Petit,
+ charpentier, y est-il dit, travaillant aux ouvrages de charpenterie
+ des maisons et de l’Opéra de J.-B. Lulli.»
+
+35. La grande Bible polyglotte de Londres et le Lexicon, en 7 langues
+orientales, en 8 vol.[359] en blanc[360] à vendre pour 400 l. _Adr._ à
+mad. Balduc orfévresse, r. Bourlabbé à la ville de Sedan.
+
+ [359] C’est _la Bible_ de l’évêque de Chester, Walton, publiée en 1657
+ à Londres, en 6 vol. in-fol., et que le _Lexicon heptaglotton_ de
+ Castell, qu’on y joignit en 1668, augmenta de deux volumes nouveaux.
+
+ [360] C’est-à-dire non reliés.
+
+24. Un habit et manteau de moire noir, le caneçon de chamois, et les bas
+de soie à vendre pour 20 escus. _Adr._ chez la Dame de Clermont au coin
+de la rue des Consuls[361], chez un confiturier à la 3 chambre.
+
+ [361] La même que la rue des Juges-Consuls aujourd’hui, dans l’ancien
+ cloître Saint-Merry.
+
+41. Un Collier double de 206 perles baroques de belle eau à vendre, au
+dernier mot 15 écus. _Adr._ au Bureau où on les pourra voir.
+
+48. Un autre collier de perles barroques assez grosses et de belle eau à
+vendre pour 360 l. _Adr._ au bureau où on les pourra voir.
+
+82. Il est arrivé un marchand de vin de la ville de Condrieux, qui en
+vend à 16 s. la pinte dans la rue de la Tixéranderie, proche S. Jean en
+Grêve.
+
+83. Deux chevaux de Carrosse, avec le carrosse à vendre ensemble ou
+séparément. _Adr._ au Bur.
+
+50. On continue à débiter au bureau des Chapeaux de la manufacture de
+l’Hopital Général[362], fort bons et esprouvez contre la pluye, et à
+très-grand marché, à 30 sols tout garnis.
+
+ [362] Des fabriques et manufactures avoient été établies, afin de
+ créer, par les bénéfices qu’elles pourroient faire, des ressources
+ pour l’Hôpital général. Nous verrons tout à l’heure que la fabrique,
+ déjà ancienne, des tapis de la Savonnerie ne travailloit plus
+ elle-même que pour contribuer à cette œuvre charitable.
+
+51. Un homme de Province, qui croit avoir démêlé les obscuritez de la
+Cassandre de Licophron, mais qui ne se fie pas assez à son jugement,
+pour hazarder d’en donner son travail au public, sans en avoir l’avis
+des sçavants de Paris, prie tous ceux qui auront quelques belles
+conjectures sur cet autheur, d’avoir la bonté de les donner au Bureau,
+et s’ils y veulent bien adjouster leur nom, il ne manquera pas, en
+publiant l’ouvrage, d’y marquer la reconnoissance qu’il leur devra de ce
+secours[363].
+
+ [363] Cet appel singulier n’étonne pas, quand on sait ce qu’il y a
+ d’énigmatique dans ce poëme de _Cassandre_ la prophétesse, qui fit
+ donner à Lycophron, sorte de Nostradamus antique, le nom de «poëte
+ ténébreux». Nous ignorons si la traduction, pour laquelle notre
+ provincial réclamoit les lumières de l’érudition parisienne, a
+ jamais paru.
+
+52. Le Philosophe inconnu, arrivé depuis peu, fait toujours débiter
+_l’eau catholique de Paracelse_, remede universel contre toutes les
+maladies, chez le sieur d’Aiguillon de la Ferté, à 6 liv. l’once, et aux
+pauvres _gratis_: Et on y instruit de son usage ceux qui en prennent,
+dont il dit aussi que 6 goutes prises dans ce qu’on voudra, est un
+préservatif cordial pour maintenir la santé. Il donne avis de plus,
+qu’il vend de l’eau[364] des dames vénitiennes pour embellir et
+entretenir le visage[365], à un écu l’once; et qu’il donne _gratis_ aux
+pauvres une excellente emplastre pour les dents. Il loge au Marais rue
+de Limoges, près la fontaine du Calvaire[366], à la première porte
+cochère à main droite.
+
+ [364] Ce seroit, dit-on, _l’eau de melisse_, qui se vendoit déjà dans
+ les premiers temps de Louis XIII et dont les Carmes de la rue de
+ Vaugirard finirent par accaparer le monopole. V. _Le Vieux-neuf_, 2e
+ édition, p. 626.
+
+ [365] On trouve les recettes des Dames vénitiennes pour se «blondir
+ les cheveux» et se rajeunir le visage dans un manuscrit des archives
+ de Venise, _Recitario della contessa Nani_, dont MM. A. Baschet et
+ Feuillet de Conches ont publié une traduction: _Les femmes blondes
+ de l’école vénitienne_, pet. in-8º.
+
+ [366] Appelée aussi alors fontaine de l’Échaudé, et des Comédiens du
+ Marais (V. p. 330). Elle se trouve au carrefour des rues de Limoges,
+ de Poitou et Vieille-du-Temple, vis-à-vis d’un cabaret de cette
+ dernière rue, qui porte encore son enseigne sur sa grille avec cette
+ inscription AV SOLEIL D’OR. C’est là que fut maintes fois mystifié
+ le petit Poinsinet. (_Poésies satyriques du XVIIIe siècle_, 1788,
+ in-12, t. I, p. 99.)
+
+53. Vingt cinq pièces de pierres de ruyne[367] très bien assorties et
+disposées pour faire un grand cabinet ou un grand tabernacle. _Adr._ au
+Bureau.
+
+ [367] «On donne ce nom à certaines pierres figurées, sur lesquelles on
+ voit des représentations de vieilles ruines aussi naturelles que si
+ elles étoient l’ouvrage du pinceau.» L’abbé Prévost, _Manuel
+ lexique_, 1755, in-12, t. II, p. 380.
+
+90. Deux chevaux gris avec la chaise roulante à vendre pour 500 l.
+_Adr._ chez M. Menu, procureur au Chastelet, au coin de l’hostel de
+Bourgogne.
+
+57. L’artisan chrestien, ou la Vie du _Bon Henry_, maistre cordonnier à
+Paris, instituteur et fondateur des Communautez des frères Cordonniers
+et Tailleurs[368], se vend à Paris, chez G. Desprez dans la r. S.
+Jacques à l’Image S. Prosper.
+
+ [368] Son vrai nom étoit Henri-Michel Bunch. Simple garçon cordonnier,
+ il avoit, en 1645, établi la communauté des Frères de son métier, à
+ l’imitation de laquelle fut, peu après, créée celle des frères
+ Tailleurs. V. plus haut, sur l’une et sur l’autre, p. 61 et 67.
+
+62. Une montre à boîte d’argent, ovale, sonnerie et réveil, et tous les
+mouvements excellents à vendre pour 10 pistoles. _Adr._ au Bur. où on la
+fera voir.
+
+85. Le sieur Bridaut maistre diamantaire[369] continue à vendre quantité
+de diamant, excellent à couper le verre, qui luy sont venus depuis peu à
+prix raisonnable. _Adr._ aud. sieur Bridaut dans la Monnoye.
+
+ [369] On appeloit ainsi l’ouvrier qui taille le diamant.
+
+63. La grande carte généalogique royale de France de M. Thuret[370] se
+débite au cadran S. Honoré[371], chez une lingère à la 4. chambre, chez
+M. Roger imager, sur le quay de l’Horloge, et chez M. Jaquinet graveur
+r. S. Anthoine, vis à vis l’hostel de Sully.
+
+ [370] Nous ne connaissons pas cette _carte généalogique_ d’Antoine
+ Thurel et non Thuret, qui prenoit le titre d’ancien prieur de
+ Notre-Dame-de-Homblières. Le plus ancien ouvrage que Guigard,
+ _Biblioth. héraldique_, p. 153, cite de lui est la _Table
+ chronologique et généalogique des rois de France_, 1687, gr. in-fol.
+
+ [371] Ce cadran se trouvoit rue Saint-Honoré, au-dessus de la porte du
+ cloître. V. Segrais, _Œuvres_, t. II, p. 152.
+
+72. Un collier de fort belles perles de belle eau et assez grosses,
+entrenettes, d’environ 1,500 l. _Adr._ chez M. Bidaux aux Galleries du
+Louvre.
+
+75. _Les pensées de M. Paschal sur la Religion et sur d’autres sujets,
+trouvées dans son Cabinet après sa mort_, sont imprimées, et se vendent
+à Paris chez G. Després, r. S. Jacques, à l’Image S. Prosper[372].
+
+ [372] C’est la première édition des _Pensées_. L’annonce précédait la
+ mise en vente. L’achevé d’imprimer n’est, en effet, que du 2
+ janvier, et déjà notre _Liste des avis_, datée du 1er, dit qu’elles
+ ont paru.
+
+91. Un beau cheval de selle gris pommelé à vendre. _Adr._ chez M. le
+Président Tubeuf, rue Vivien[373], derrière le Palais Royal.
+
+ [373] Le président Tubeuf, après avoir vendu à Mazarin, pour qu’il
+ agrandît son palais, l’hôtel situé à l’angle des rues de Richelieu
+ et des Petits-Champs, étoit allé habiter, rue Vivienne, celui devant
+ lequel fut percée la rue Colbert.
+
+92. Un carrosse vitré à 2 fonds de moyenne grandeur de velours rouge
+cramoisi à ramages à 3 glaces[374], et le train neuf à vendre. _Adr._
+chez messieurs Tubeuf[375], r. Montmartre, vis à vis S. Joseph.
+
+ [374] «L’usage des glaces aux carrosses nous vient d’Italie.
+ Bassompierre est le premier qui l’ait apporté en France.»
+ _Longueruana_, t. I, p. 109.
+
+ [375] Ce sont les fils du président nommé tout à l’heure. Tallemant,
+ t. VII, p. 313-314, parle de l’un d’eux, Charles, conseiller au
+ Parlement, maître des requêtes.
+
+97. On continue jusqu’à la feste de la Purification[376] à vendre les
+plus belles curiositez du Cabinet de M. Gosseneau[377], depuis 2 heures
+après midy jusqu’à 6 heures du soir, r. et proche la Monnoye.
+
+ [376] 2 février.
+
+ [377] Nous croyons qu’il faut lire Gosseau, comme dans la liste des
+ curieux donnée par Spon en 1673. Il habitoit alors près des
+ Carmélites, et peut-être, lorsqu’il vendit, comme on le voit ici,
+ une partie de ses curiosités rue de la Monnoie, étoit-ce pour
+ s’épargner l’ennui de les déménager.
+
+59. On a perdu dès le mois d’octobre dernier une Eolipile, ou soufflet
+de cuivre rouge en forme de teste qui souffle[378]. _Adr._ à M. Audry,
+r. de la Ferronnerie à la Lampe.
+
+ [378] Il a déjà, dans une de nos notes, été question de l’eolypile.
+ Nous n’y reviendrons que pour dire comment elle servoit à Descartes
+ pour expliquer l’origine du vent: «Vous demandez, écrit l’abbé de
+ Fleury (_Nouveaux opuscules_, p. 370), comment se fait le vent, et
+ vous avez recours aux trésors de Dieu. Descartes dit: je vais vous
+ en faire. Il prend une Eolipyle, qu’il remplit d’eau à demi, et la
+ met devant le feu; l’eau échauffée et raréfiée chasse l’air avec
+ violence, qui souffle le feu. Voilà le vent.» Mussenbrok en
+ possédoit plusieurs d’une grande curiosité dans son cabinet à Leyde:
+ «Une éolipile, par le moyen de laquelle on change l’eau en air...
+ Une éolipile attachée sur un petit charriot, et courant sur le pavé
+ d’une rapidité extraordinaire, par la vapeur qui en sort, etc.»
+ (_Catal. des Instrum. de physique, etc., que l’on trouve chez Jean
+ Van Musschenbroek_, 1725, in-8º, de 12 p., p. 7.)
+
+62. Celuy qui a le secret infaillible de guérir le _miserere_, demeure
+toujours chez M. Le Maire, Peintre du Roy[379], r. S. Thomas du Louvre
+devant l’hostel de Longueville.
+
+ [379] François Lemaire, reçu de l’Académie de peinture en 1657. Il
+ mourut en 1688.
+
+73. Un moulin à bled portatif et aisé à placer où l’on veut, pour moudre
+à la main, à une et à 2 manivelles à vendre. _Adr._ au bureau, où on le
+fera voir s’il est besoin.
+
+100. On continue à vendre d’excellent vin de Beaune et de Volnay en gros
+et en détail, r. S. Louis au Marais, au coin de la r. S. Anastase.
+
+101. Une personne de condition va faire vendre d’excellent vin de Volnay
+et de S. Aubin en gros et en détail dans la r. de Richelieu, joignant le
+logis de M. Le Roy: La Cave sera ouverte après les Roys.
+
+103. Un carrosse à 2 fonds, doublé de damas et velours cramoisi, avec 2
+glaces de Venise, le tout fort bon, et le train neuf à vendre à prix
+raisonnable. _Adr._ au sieur de Turny à l’échelle du Temple[380], où il
+faut demander Dupré, et y aller depuis 8 heures du matin jusqu’à 10 pour
+le trouver.
+
+ [380] Échelle patibulaire de la Justice du Temple, placée au coin de
+ la rue des Vieilles-Haudriettes, qui lui dut un de ses anciens noms,
+ et de la rue du Temple. Il en est parlé dans les registres du
+ Châtelet de 1391, et, jusqu’à l’époque de la Fronde, elle resta
+ intacte. Elle fut brûlée alors par quelques gentilshommes frondeurs.
+ Il ne resta qu’un des montants. V. dans le La Fontaine de la
+ Collect. Elzevirienne, t. III, p. 259, une note communiquée par
+ nous.
+
+105. Le Recueil de tous les Vers mis en chant jusqu’en 1670, en 6
+vol.[381] faisant près de 2,000 chansons: se vend ensemble ou séparément
+chez C. Barbin et G. de Luines au Palais, et chez un Chandelier devant
+la Croix des Petits Champs[382]; avec les livres d’airs gravez de M.
+Lambert[383], in-4º et in-8º, et un traité curieux de la méthode de
+chanter, le tout en gros ou en détail.
+
+ [381] C’est le _Recueil des plus beaux vers qui ont été mis en chant_,
+ publié d’abord en trois parties par Charles Sercy, 1661, in-12, et
+ repris par Barbin et De Luynes, qui l’augmentèrent de trois parties
+ nouvelles en le continuant de 1661 jusqu’à 1670. Je ne crois pas
+ qu’ainsi complété il se trouve dans aucune bibliothèque. Brunet, du
+ moins, dernière édition, t. IV, col. 1167, n’en signale pas
+ d’exemplaire.
+
+ [382] Ou Croix de Bon-Puits. Elle se trouvoit au carrefour des rues du
+ Bouloy et des Petits-Champs, qui, à cause d’elle, s’appela plus tard
+ et s’appelle encore rue Croix-des-Petits-Champs.
+
+ [383] V. sur lui, t. I, p. 205.
+
+106. Un grand Théorbe de _Gaspar_[384], d’autres petits et 3 Luths,
+portraitz de Nanteuil[385] et autres grandes Thèses à bordure[386] à
+vendre ou troquer, et toutes sortes de livres à vignettes, reliez en
+maroquin pour la musique et le luth, à un écu la pièce. _Adr._ chez M.
+Quichardet, vis à vis la Croix des Petits Champs.
+
+ [384] Antérieur aux Amati, il travailla de 1560 à 1610. Il marquait
+ ses instruments de cette étiquette: GASPAR DA SALO IN BRESCIA.
+
+ [385] Robert Nanteuil, si célèbre comme graveur de portraits, et qui
+ étoit alors dans toute sa gloire.
+
+ [386] Ce sont ses thèses à frontispice et à bordures gravés, «toujours
+ bonnes à garder pour l’image», comme dit la Toinette du _Malade
+ imaginaire_.
+
+115. Ceux qui voudront faire rentraire des vieilles tapisseries, et les
+faire remettre en couleur, ou en raccommoder les relais, n’auront qu’à
+s’adresser à M. Lourdet Tapissier du Roy à la Savonerie qui est une des
+maisons de l’Hopital général[387].
+
+ [387] V. une des notes précédentes, p. 320. Trois ans après, la
+ Savonnerie était redevenue un établissement royal. Nous lisons, en
+ effet, dans le _Récolement des Archives de l’assistance publique_
+ par M. Brièle, 1877, in-8º, p. 157: «Arrêt du Conseil du 22 août
+ 1673, par lequel le Roi reprend la maison de la Savonnerie, dont il
+ avoit fait don à l’Hôpital général, pour lequel cette maison étoit
+ une trop lourde charge.»
+
+118. _Biblia Heintenij cum figuris_[388], _Biblia Benedicti_[389] en
+grand papier, et la bible des 70 en grec, avec les diverses leçons[390]
+à vendre, ensemble et séparément. _Adr._ au Bureau.
+
+ [388] C’est la Bible, préparée par Jean Henten et publiée à Francfort,
+ en 1566, in-fol., sous ce titre: _Biblia ad vetustissima exemplaria
+ nunc recens castigata_. Les figures sont au nombre de 127, gravées
+ sur bois.
+
+ [389] Voici le titre de la première édition: _Biblia sacra latina,
+ juxta Vulgatam, cura Jo. Benedicti_, Parisiis, 1549, in-fol.
+
+ [390] Ce doit être celle dont voici le titre: _Divinæ Scripturæ, nempe
+ Veteris et Novi Testamenti omnia, græce, a viro doctissimo recognita
+ et emendata, variisque lectionibus... aucta et illustrata_.
+ Francfort, 1597, in-fol.
+
+120. Deux jeunes chevaux entiers de carrosse, bay brun, à vendre chez M.
+le Président Tubeuf, r. Vivien, derrière le Palais Royal[391].
+
+ [391] V. une des notes précédentes, p. 323.
+
+
+Demandes.
+
+8. On demande une terre relevant du Roy[392], depuis 10 jusqu’à 30
+lieues de Paris, et depuis 100 jusqu’à 150,000 l. ou plus. _Adr._ au
+bureau.
+
+ [392] C’est-à-dire n’ayant que lui pour seigneur.
+
+12. On demande une maison depuis 4 jusqu’à 8 lieues de Paris, sur le
+bord des rivières de Marne ou de Seine, en remontant depuis 4 jusqu’à
+800 l. de revenu, bien bastie, où il y ait un jardin raisonnable, des
+bois, prez et terres. _Adr._ chez M. Guerin prestre de S. Louis, dans
+l’Isle Nostre Dame, rue Poultière[393].
+
+ [393] C’est le nom féminisé de la rue de l’Ile Saint-Louis, dont Le
+ Poulletier, associé de Marie pour les constructions de ce quartier,
+ avoit été le parrain.
+
+22. On demande une terre à 8, 10, 12, ou 15 lieues de Paris, de 30
+jusqu’à 40,000 l., où il y ait de l’eau. _Adr._ au bureau.
+
+23. On demande un carrosse à 2 fonds de velours et vitré, du prix de 4 à
+500 l. _Adr._ à M. de Sêve de Plateau, dans l’Isle Nostre Dame sur le
+Quay de Bourbon.
+
+30. Si quelqu’un a un cheval gris pommelé entier, à vendre, d’une
+médiocre taille, ou si on en veut acheter un semblable pour
+appareiller[394]: on pourra s’adresser chez le sieur Pecou mareschal,
+rue de la Harpe, proche la rue du Foin.
+
+ [394] Dans l’_avis_ publié par _le Mercure_ de septembre 1717, p. 181,
+ le nouveau directeur du Bureau d’adresse rappelle avec une certaine
+ satisfaction que Louis XIII avoit ainsi «appareillé» un de ses
+ équipages: «Ce prince, dit-il, après plusieurs recherches inutiles
+ pour découvrir un cheval de poil Isabelle, qui pût assortir à un de
+ ceux qui traînoient son petit carrosse, eut recours au Bureau
+ d’adresse qui luy en indiqua un. C’est ce qui engagea Louis XIII à
+ lire les listes du Bureau, et cette lecture a souvent mis en place
+ des personnes qui n’étoient redevables de leurs emplois qu’à cet
+ établissement.»
+
+30. On demande une chocolatière d’argent[395] qui n’ait guières servy.
+On la payera tout ce que vaut le marc, et quelque chose de façon si elle
+n’est pas mal conditionnée. _Adr._ au Bureau.
+
+ [395] C’étoit un ustensile alors assez nouveau, l’usage du chocolat
+ n’ayant guère commencé à Paris que vers 1658 ou 1660. V. _Mém._
+ d’Audiger, _limonadier à Paris_, nouv. édit., 1869, in-12, p. 367,
+ et _Correspond. administ. de Louis XIV_, t. III, Introduction, p.
+ LIII.
+
+31. Si quelqu’un a les livres suivants imparfaits, et les veut vendre;
+sçavoir le 1 tome d’Horace de M. de Marolles, le 3 tome des leçons de
+Canisius[396], _H. Rosvitæ opera de Sanctis Germaniæ in-fol.
+Norimbergæ_, 1601[397], _Metam. Ovidii cum indice Pompeii Pasqualini_,
+1614, in-8º. Il peut s’adresser au libraire du Grand Conseil dans le
+Cloistre S. Germain.
+
+ [396] Il s’agit des _Antiquæ lectiones_ de H. Canisius, 1601-1608, 7
+ vol. in-4º.
+
+ [397] Nous n’avons vu indiqué nulle part cet ouvrage de Hrosvita.
+
+46. On demande 6 ou 8 feuilles de paravent simples et assez honnestes.
+_Adr._ au bureau.
+
+87. On demande un lit de 4 pieds ou environ de largeur, du Camelot de
+Hollande, doublé de quelque petit satin bien propre, avec des sièges
+revenans. _Adr._ chez un bourrelier, qui est au milieu de la rue des
+Juifs.
+
+66. On demande un fauteuil renversé à cremillière[398], qui soit fort
+bon et bien garny sans housse. _Adr._ au bureau.
+
+ [398] Lisez cremaillère. Richelet, du reste, admet l’orthographe que
+ nous voyons ici: «chaise à _cremilière_, dit-il, ou chaise de
+ commodité.» Le Théâtre-François possède encore, parmi ses
+ accessoires, de ces vieux et énormes fauteuils dont le dossier se
+ renverse ou se remonte à l’aide d’une crémaillère. Molière en
+ possédoit un de ce genre. (Eud. Soulié, _Recherches_, p. 267.)
+
+119. On demande une terre en titre de comté ou de marquisat, ou fort
+seigneuriale, de 40 à 50 mil écus, à 20 ou 30 lieues de Paris, du costé
+de Chartres ou le Vexin françois, dans le ressort du Parlement de Paris.
+_Adr._ chez M. Rautier épicier, r. Montmartre près la rue Tiquetonne.
+
+Nota, _qu’il ne faut point avoir d’égard au num. 69 de la pag. 8[399]
+parce que, par le moyen de la communication du Registre, cet article a
+esté expédié comme les autres defaillans, avant qu’on eust achevé
+d’imprimer_.
+
+ [399] Ici cet article est à la p. 315.
+
+
+_Lieux où se trouveront tous les quinze jours les livres d’avis à quinze
+deniers la pièce._
+
+Il y aura un escriteau pour les remarquer.
+
+Rue de la Verrerie au coin de la rue de la Poterie, M. Bullot,
+chandelier.
+
+Vieille rue du Temple, près la fontaine des petits Comédiens[400], M.
+Cagnard, chandelier.
+
+ [400] V. sur cette fontaine, p. 321. On appeloit Comédiens du Marais
+ ceux dont le théâtre, où Corneille fit jouer la plupart de ses
+ pièces, se trouvoit à peu près à l’endroit occupé aujourd’hui par le
+ nº 90 de la rue Vieille-du-Temple, derrière l’École centrale,
+ établie, comme on sait, rue de Thorigny, dans l’ancien hôtel
+ d’Aubert, traitant de la gabelle du Sel, auquel il avoit dû son nom
+ d’_Hôtel-Salé_. V. Tallemant, édit. P. Paris, 391, et IX, 451.
+
+Rue Grenier saint Lazare, près la rue Beaubourg, M. Macé chandelier.
+
+Rue Montmartre, proche la rue du Mail, M. Cazimir chandelier.
+
+Rue saint Honoré aux bastons Royaux[401], au Bureau des carrosses.
+
+ [401] V. plus haut.
+
+Rue Taranne au fauxbourg saint Germain, au coin du carrefour saint
+Benoist, M. Rossy chandelier.
+
+Rue S. Jacques vis à vis S. Yves, à la Toison d’or, M. Le Petit et
+Michallet libraires.
+
+Sous la porte S. Marcel, M. de S. Denis marchand.
+
+Isle Nostre Dame, au carrefour de la rue des deux ponts, M. Bichebois
+chandelier.
+
+Rue saint Antoine, près la Place Royale, au Bureau des carrosses.
+
+A la descente du Pont Marie, proche la Barrière, M. Pierre Paul
+limonadier[402].
+
+ [402] Un café existe encore au même endroit. C’est un des plus
+ anciens, sinon le plus ancien de Paris.
+
+Rue de la Vieille draperie, au milieu, à la Vision de Jacob, M. Horait
+chandelier.
+
+Grande Sale du Palais vis à vis la grand’Chambre, M. de Ligny.
+
+Au bout du pont S. Michel, rue de la Boucherie, M. Moet libraire à S.
+Alexis.
+
+AU BUREAU D’ADRESSE, rue Thibault aux dez.
+
+_Dans tous ces bureaux on ne débitera jamais de listes vieilles, mais
+seulement ceux de la Quinzaine suivante. S’il s’en trouve ailleurs, on
+n’y doit point avoir d’égard._
+
+Avec privilège et permission.
+
+
+
+
+LISTE GÉNÉRALE
+
+DU
+
+BUREAU D’ADRESSE ET D’AVIS
+
+PAR PRIVILÈGE DU ROY.
+
+_Du 7 Aoust 1688_[403].
+
+ [403] V. _Introduction_, p. xlj.
+
+
+L’on continüera à l’avenir de faire imprimer notre Liste d’avis tous les
+quinze jours, afin que le public puisse avoir le temps de se
+reconnoistre.
+
+On ne remet sur cette liste que quelques uns des articles qui estoient
+sur la précédente, et dont le droit a esté payé.
+
+Les domestiques de l’un et l’autre sexe viennent continuellement au
+Bureau, où l’on les examine avec beaucoup d’exactitude, aussi bien que
+leurs repondans, pour les pouvoir produire en seureté à ceux qui en
+viennent demander.
+
+
+_A vendre._
+
+1. Une tres belle maison scize rue de la Verrerie, proche S. Mery, louée
+à présent à une seule personne 1800 liv.
+
+2. Une maison à porte cochère très bien bastie, scize à Soisy sous
+Etiole[404], six lieues de Paris, proche la rivière de Seine, grand
+Jardin clos de murs[405], vignes, et autres choses dont on fournira un
+estat au Bureau, du prix de 10,000 liv.
+
+ [404] C’est aujourd’hui une commune d’un millier d’habitants dans le
+ canton de Corbeil.
+
+ [405] C’étoit un point très important alors, car ne faisoit pas qui
+ vouloit enclore de murs parc ou jardin; on en a la preuve par les
+ registres du Parlement, où l’on trouve par exemple, à la date du 30
+ mai 1663, confirmation des lettres portant permission à Le Tellier
+ de faire enclore six cents arpents de terre en son parc de Chaville.
+
+3. Un cheval entier avec tous ses crains, poil bay, de bonne taille, âgé
+de six ans, fort vigoureux, propre pour la selle et pour le manege, du
+prix de quarante loüis d’or[406], avec douze jeunes chiens courants
+blanc et noir entre deux tailles, bons pour le chevreuil et lièvre, du
+prix de vingt quatre loüis d’or.
+
+ [406] Ces chevaux de selle et de manège, toujours bien supérieurs
+ comme prix aux chevaux de labour, se vendoient quelquefois jusqu’à
+ quinze cents livres. V., dans les _Mémoires des Intendants_, celui
+ de la Généralité de Limoges, au chapitre des _Haras_.
+
+4. Une chaise roulante à ressorts à deux places pour un cheval, garnie
+de drap gris, et d’une campanne soye[407], l’imperialle ronde[408], avec
+les harnois de deux chevaux, du prix de 120 liv.
+
+ [407] La campane étoit un ornement à franges, dont la forme étoit
+ celle d’une cloche (_campana_).
+
+ [408] L’impériale, lorsqu’elle étoit ronde comme ici, faisoit sur le
+ dessus des carrosses et chaises l’effet d’une couronne d’empereur.
+ De là son nom, encore aujourd’hui en usage.
+
+5. Pour 60,000 liv. de rente sur l’Hôtel de Ville, en plusieurs
+contracts créés au denier dix huit[409], et qu’on veut vendre au denier
+vingt; l’argent sera employé en acquisition de fonds, dont on fournira
+un estat à la charge du decret.
+
+ [409] C’est-à-dire un denier d’intérêt pour dix-huit prêtés, ce qui
+ équivaut à un peu moins de six pour cent, comme le denier vingt à
+ cinq pour cent environ.
+
+6. Une maison à porte cochère scize à Gentilly, très belle et bien
+bastie, où il y a toutes sortes de commoditez, avec un grand jardin clos
+de murs, garny d’arbres fruitiers, du prix d’environ 7,000 liv. Il y a
+seureté pour l’acquisition; on s’accommodera du prix pourvu qu’il y en
+ait la moitié ou le tiers comptant: on aura au Bureau un estat plus au
+long de la dite maison.
+
+7. Un lit de bois noyer de six pieds de large, garny d’un somier de
+paille, matelat, lit de plume et courte pointe serge de S. Lau[410],
+couleur d’ecarlatte, avec sa housse mesme serge et couleur, du prix de
+120 liv. Quinze petites chaises pour la table couvertes de mocades[411]
+à fleurs de plusieurs couleurs à fond vert de 3 liv. pièce. Une grande
+aumoire[412] bois sapin à deux portes fermant à clef, servant de
+garde-meuble, du prix de 40 liv. et une chaise bourgeoise à porteur,
+garnie d’une étoffe de soye de 30 liv. Le tout bon et de hasard, et
+qu’on vendra ensemble ou séparément.
+
+ [410] Lisez Saint-Lô, dont la fabrication de la serge est encore une
+ des industries.
+
+ [411] C’est une forme du mot «moquette», qui se rapprochoit davantage
+ de _camocas_, nom de l’étoffe bien connue au moyen âge, dont la
+ moquette ou mocade étoit une imitation plus moderne. V. plus haut,
+ p. 315.
+
+ [412] Le peuple, qui dit «ormoire» pour armoire, se rapproche par sa
+ prononciation de la forme du mot, telle qu’elle est ici, et en même
+ temps de la racine latine, _aumarium_, lieu secret, cachette,
+ suivant le sens que ce mot a dans Pétrone (édit. Burmann, p. 868).
+ _Aumoire_ ne fut remplacé que fort tard par armoire. Il se trouve
+ dans le _Roman du Renard_, vers 3 et 259, et, comme on le voit ici,
+ il étoit encore usuel au XVIIe siècle. L’annotateur du _Catalogue
+ Soleinne_, t. I, p. 227, le rencontrant dans une pièce du même
+ temps, _Le Murmure des femmes_, croit par erreur qu’il vient
+ d’aumusse.--Ajoutons qu’«armoire» toutefois s’employoit déjà. On le
+ trouve dans le _Journal_ de Fr. Colletet, 3 sept. 1676, avec des
+ détails sur ce genre de meuble, tel qu’on le travailloit de son
+ temps: «_On sçait_, dit-il, _une belle paire d’armoires à vendre,
+ toute neuve, et fort bien travaillée à deux grands guichets brisez,
+ pour serrer des habits, du linge ou d’autres hardes: Elle est de ces
+ beaux bois ondoyez, et faite par un bon ouvrier: et elle pourroit
+ estre commode même pour serrer des livres curieux et particuliers
+ dans une Bibliothèque_.»
+
+8. Une très belle maison à porte cochere bien bastie, située au
+Plessis-Chenet, paroisse du Coudray[413], sept lieues de Paris, proche
+la rivière de Seine, avec jardin, clos de vingt quatre arpens, où il y a
+pré, terre, vigne, bois taillis et d’haute fustaye, et plusieurs autres
+belles commoditez, du prix de 12,000 liv. On aura au Bureau un estat au
+long de la dite maison.
+
+ [413] Le Plessis-Chenet est aujourd’hui un écart de la petite commune
+ du Coudray-Monceaux, dans le canton de Corbeil.
+
+9. Une charge de somier de vaicelle[414] ordinaire de chanssonnerie[415]
+chez Madame la Dauphine à franc estrillé[416], qui jouit de tous les
+privilèges aux gages fixes de 300 liv. par an[417], payez par quartier,
+avec logement et bouche à cour[418] du prix de 4,000 livres.
+
+ [414] Le sommier de vaisselle avoit pour office le transport sur un
+ cheval de somme ou _sommier_ de la vaisselle dont avoit besoin la
+ maison du roi, ou celles des princes et princesses quand elles se
+ déplaçoient.
+
+ [415] Lisez «échançonnerie».
+
+ [416] C’est-à-dire, affranchi de la nécessité de fournir le cheval, le
+ sommier.
+
+ [417] C’était le double chez le roi. Le sommier de vaisselle touchoit
+ 600 l. Il en avoit même eu longtemps 660, comme le sommier de
+ bouteilles.
+
+ [418] C’est-à-dire, nourri à la Cour.
+
+10. Deux grands chevaux de carrosse poil noir, du prix de 300 liv.
+
+11. Une charge de peintre à la garde robbe du Roy[419], qui jouit de
+tous les privilèges, aux gages de 60 liv. par an, du prix de 1,000 liv.
+
+ [419] Nous n’avons pas trouvé mention de cette charge, dont l’exiguïté
+ des appointements dit le peu d’importance, dans les _États de
+ France_ de cette époque.
+
+12. Une maison à porte cochere scize à Argenteuil, proche la rivière, en
+deux corps de logis, avec cour, puis, et jardin d’un arpent clos de
+murs, du prix de 4,000 liv. On donnera au Bureau un estat au long de la
+dite maison.
+
+13. Une maison à porte cochère en cette ville, au quartier S. André des
+Arcs, en trois corps de logis, grande basse cour, remise de carrosses,
+et autres commoditez, du prix d’environ 40,000 liv., louée à présent
+1,800 liv.
+
+14. Une tapisserie de verdure de Flandres, en sept pièces, de dix huit
+aulnes trois quarts de tour, doublée tant plain que vuide, sur deux
+aulnes deux tiers de haut, avec six soubassemens de fenestre mesme
+tapisserie; un lit de six pieds de long, sa housse de tabis[420] vert,
+garni d’un somier de paille, matelat, lit de plume, couverture
+d’Angleterre, huit fauteuils, et quatre chaises avec leurs housses,
+moitié mesme tabit, moitié d’une tapisserie à l’éguille couleur de roze,
+une fontaine de cuivre, et une garniture de feu fort poly, le tout du
+prix d’environ 800 liv. A vendre séparément ou ensemble.
+
+ [420] C’étoit ce que nous appelons «moire» aujourd’hui. Nous l’avions
+ emprunté aux Orientaux qui le nomment _ôtabé_ et le mélangent de
+ coton.
+
+15. Une tapisserie de verdure de Flandre, neuve en six pièces, de
+dix-huit aulnes et demy de tour, sur deux aulnes, deux tiers de hault,
+du prix de 900 liv.
+
+16. La Terre et Seigneurie de la Vallée, située dans la province du
+Berry, à dix lieues de Bourges et sept de Gien, entre Cosne et
+Sanserre[421], à deux lieues de la rivière de Loire, le revenu de la
+dite terre consistant en droits seigneuriaux, terrage, rentes,
+tuillerie, estangs, garennes, six fermes, et plusieurs autres héritages
+dépendant de la dite Terre, du prix de 80,000 liv. Le revenu estant de
+4,000 liv. à le faire valoir par ses mains, et de 3,000 liv. de bail à
+ferme. On fournira au Bureau un estat au long d’icelle.
+
+ [421] La Vallée est aujourd’hui une petite commune du canton de Lormes
+ dans la Nièvre.
+
+17. Une maison a porte cochere, scize à Cormeil, trois lieues de Paris,
+en deux corps de logis, cour, puits, et jardin derrière; attenant lequel
+il y a une grange à foin; le tout du prix de 4,000 liv. On donnera au
+Bureau un estat au long de la dite maison.
+
+18. Cinq cens arpens de bois taillis, d’environ dix ans de coupe,
+scituez à une lieue du port de Nogent sur Seine, en deux coupes égales;
+l’on affermera le tout, ou une seule coupe, à commencer au mois
+d’octobre prochain; ou si on veut en achepter le produit tous les ans,
+on le vendra, et du tout on fera bonne composition.
+
+19. Une charge d’ayde de Panneterie chez le Roy[422], qui jouit de tous
+les privilèges aux gages fixes de 225 liv.[423] et 150 liv. de profits,
+le tout payez reglement à la fin du quartier de Juillet pendant lequel
+on sert[424] et est nourry, pour 5,000 liv.
+
+ [422] Il y avoit chez le roi douze de ces aides dans la
+ panneterie-commun.
+
+ [423] Ces gages avoient été longtemps de 300 livres.
+
+ [424] Il seroit plus clair de dire que celui qui veut ici vendre sa
+ charge servoit pendant le quartier de juillet.
+
+20. Une charge de garde du Roy en la prevosté de l’hostel[425], sous la
+charge de Monsieur le Marquis de Sourches, grand prevost de France[426],
+qui jouit de tous les privileges, aux gages de 272 liv. 10 sols[427], à
+servir pendant le quartier de Janvier, du prix de 3,050 liv.
+
+ [425] Ces gardes étoient au nombre de cent, y compris les douze qui
+ portoient le titre d’exempts.
+
+ [426] V. sur lui, t. I, p. 74.
+
+ [427] «Ils ont, dit l’_État de France_, 1692, in-12, p. 444, qui leur
+ attribue les mêmes gages, 60 livres d’extraordinaires et quelques
+ gratifications lorsque S. M. touche les malades.» V. sur cette
+ cérémonie t. I, p. 21.
+
+21. La Terre et Seigneurie de Cléry, scize à douze lieues de Paris[428],
+consistant en chasteau pour le Seigneur, et appartement séparé pour le
+Fermier, clos fermé de murs, jardins, prez, terres, bois, et autres
+choses en dépendant, mesmes les droits honorifiques, du prix d’environ
+25,000 liv.
+
+ [428] Il reste de cette seigneurie un hameau du canton de Marines dans
+ l’arrondissement de Pontoise. Les seigneurs de Cléry, qui avoient
+ leur importance dans cette contrée, possédoient aussi un hôtel à
+ Paris, rue Montmartre. C’est sur son emplacement que fut ouverte, en
+ 1633, la rue qui porte encore leur nom. En 1688, quand «la terre et
+ seigneurie» furent mises en vente, comme nous le voyons ici, Claude
+ de Poissy, chevalier, en étoit seigneur.
+
+22. Une belle maison couverte d’ardoise, à porte cochere, scize sur le
+bord de la rivière entre Brie et Corbeil, tres bien bastie, et où il y a
+plusieurs beaux et magnifiques logements, avec une chapelle, grande
+basse cour, jardin, enclos de huit arpens fermé de murs, prez, terre,
+bois taillis et haute fustaye, canal, vivier, et generalement toutes les
+autres commoditez qu’on peut souhaiter, du prix d’environ 30,000 liv. On
+aura au Bureau un estat au long de la dite maison.
+
+23. Une chaise bourgeoise de porteur[429] presque neuve, garnie de
+brocatelle[430], avec une crépine de soye, d’environ 70 liv.
+
+ [429] La chaise de porteur ou à porteur «bourgeoise» se distinguoit
+ des autres parce qu’elle étoit sans armoiries.
+
+ [430] Étoffe de fil et de laine, qui se fabriquoit en Flandre et qu’on
+ appeloit aussi soit _mazeline_, soit _étoffe de l’apport-Paris_, à
+ cause du grand commerce qui s’en faisoit dans ce quartier-là.
+
+
+_Demandes à achepter._
+
+24. On demande à achetter une maison logeable en fief ou roture[431],
+avec clos, jardin, prez, terres labourables d’environ 20,000 liv., mais
+il ne faut pas qu’elle soit plus éloignée de 4, 5 ou 6 lieues de Paris.
+
+ [431] C’est-à-dire, sans aucun titre ni droit seigneurial.
+
+25. Une tapisserie verdure, Flandre ou Auvergne[432], de dix huit
+jusqu’à vingt quatre aulnes de tour plus ou moins, sur deux aulnes et
+demy d’hauteur, bonne et de hazard.
+
+ [432] Les manufactures des tapisseries d’Auvergne étoient une création
+ de Colbert qui faisoit une rude concurrence à celles de Felletin,
+ comme on le voit par un arrêt du Conseil du 21 août 1691 sur les
+ droits d’entrée. Jabach, qui les avoit visitées pour Colbert, en
+ 1688, lui en avoit rendu le meilleur compte. (_Corresp._ de Colbert,
+ t. V, p. 520.)
+
+26. On demande à achepter une terre en fief à dix ou douze lieues de
+Paris, où il y ait maison logeable, clos ou jardin, terres labourables,
+prez et bois, du prix d’environ 5,000 liv.
+
+27. Une tapisserie verdure de Flandre, ou Auvergne, qui ait depuis seize
+jusqu’à dix huict aulnes de tour, plus ou moins, de l’hauteur ordinaire,
+avec un bureau propre et en estat de servir à un marchand, le tout bon
+et de hazard.
+
+28. Une charge chez le Roy de 15,000 à 16,000 liv., à condition que le
+vendeur se chargera de l’agréément et reception de l’achepteur, et qu’il
+luy remettra toutes les pièces nécessaires en main.
+
+29. Une maison en fief ou roture qui soit logeable, et où il y a clos ou
+jardin, prez, terres, vignes et bois, proche la rivière de Seine en
+montant, ou sur le chemin de Paris à Orléans, distante de Paris depuis
+cinq jusqu’à huit lieues, et dans l’élection de Paris, d’environ 10,000
+liv.
+
+30. Deux garçons allemands de l’âge de vingt deux ans, qui ont fait
+toutes leurs estudes, et dont l’un sçait jouer du clavessin et du
+violon, demandent condition, soit valet de chambre[433], ou précepteur
+pour enseigner le latin et l’allemand[434].
+
+ [433] A cette époque, valets de chambre ou laquais jouoient presque
+ tous du violon. De cette façon, lorsqu’ils avoient fini leur
+ service, on savoit, aux dépens de ses oreilles il est vrai, ce
+ qu’ils faisoient. L’Olive, le valet du _Grondeur_, joue du violon.
+ V. acte I, sc. 1; et aussi Lemontey, _Hist. de la Régence_, t. II,
+ p. 319.
+
+ [434] Nos guerres avec l’Allemagne avoient rendu cette étude assez
+ ordinaire dans les grandes familles. La Bruyère, par exemple, savoit
+ l’allemand et l’avoit enseigné à son élève, petit-fils de Condé.
+
+31. Une tapisserie d’Auvergne depuis quatorze jusqu’à dix sept aulnes de
+tour, plus ou moins, sur deux aulnes et demie d’hauteur, avec un miroir
+glace de Venize de 25 à 30 pouces de haut, le tout bon et de hazard.
+
+
+_Advis généraux._
+
+Un particulier donne advis au public qu’il possede un secret admirable
+et indubitable pour guérir toutes sortes de diarées, dissenteries, et
+flux epatique, qui ne demande a estre satisfait qu’après parfaite
+guérison des maladies.
+
+Un autre particulier guérit la goute, paralisie, ydropisie, rumatismes,
+toutes sortes de fièvres, et les maux vénériens, sans qu’on soit obligé
+de garder la chambre.
+
+Un particulier enseigne le toisé et l’arpentage, les fractions de
+fractions, le négoce, et change étranger, et l’arithmétique en toutes
+ses parties pour toutes sortes de professions étrangères, et autres, en
+un mois de temps, lorsqu’on saura les quatre règles. Plus les rédactions
+des poids et mesures étrangères, et autres, les évaluations, racine
+carrée et cube, règles de canonier, de navire et autres vaisseaux, la
+construction du carré magique[435] par progression géométrique en
+proportion double, la carte[436], et plusieurs autres sciences, et du
+tout donne des leçons par écrit.
+
+ [435] On appeloit ainsi un carré formé de plusieurs cases, dans
+ lesquelles on plaçoit des nombres dont la somme prise en tous sens
+ étoit la même.
+
+ [436] C’est le nom qu’on donnoit à la géographie. Pour dire qu’on
+ l’avoit apprise, on disoit, selon Richelet, qu’on savoit «la carte».
+ Il est aisé de comprendre, d’après cela, la locution populaire:
+ «perdre la carte».
+
+Ceux qui auront quelque chose à commercer, vendre, achepter, troquer, ou
+loüer, prendront la peine s’ils ne veulent pas venir eux mesmes au
+Bureau, d’envoyer un Laquais avec un Mémoire instructif, et on leur
+donnera satisfaction.
+
+Ceux qui ont de grandes maisons dans Paris, ou à la campagne, et qui
+faute de les rendre publiques demeurent à les louer, parce que la
+pluspart des gens de qualité, et autres, ne lisent pas les affiches qui
+sont au coing des rues, n’auront qu’à envoyer le mémoire au Bureau, pour
+estre mis sur la liste.
+
+Les maistres des auberges, des académies, des écoles, des sciences, des
+messageries, et autres qui souhaitent de rendre leurs establissements
+publics, n’auront qu’à envoyer au Bureau leurs qualitez, leurs
+enseignes, lieu et demeure, et l’on les enregistrera, pour estre dans la
+suite indiquez aux estrangers, et à ceux qui viendront s’en informer au
+Bureau.
+
+Les Huissiers qui doivent aller en campagne dans les Provinces,
+viendront le déclarer au Bureau, et l’on leur envoyera les gens qui ont
+à faire dans les dites provinces pour s’emboucher[437] avec eux[438].
+
+ [437] Pour «s’aboucher», mot qui n’avoit encore cours que chez les
+ gens de distinction et dans les livres.
+
+ [438] Un passage du _Journal_ de Colletet, à la date du 3 octobre
+ 1676, nous donne l’explication de celui-ci sur les singuliers
+ trafics des Huissiers, qui, lorsque les affaires chômoient à Paris,
+ en achetoient en province pour s’entretenir la main: «_Comme il y
+ a_, dit Colletet, _des gens qui se plaisent dans la sollicitation
+ des affaires, et qui en acheptent mesmes quand les leurs sont finies
+ de peur de languir dans l’oysiveté, et pour y gagner leurs peines:
+ nous leur donnons avis_, notamment si ce sont des Huissiers, qui
+ font des courses à la campagne, _que nous leur ferons vendre à bon
+ compte divers billets, cédulles et promesses, dont ils pourront
+ faire leur profit, de particuliers encore vivants, deubs pour
+ nourriture, logement et entretien, au payement de quoy plusieurs
+ sont condamnez par sentence des Consuls_.»
+
+Ceux qu’ils veulent achepter ou vendre des rentes, emprunter de l’argent
+et en placer, vendre des maisons et héritages, soit à Paris ou à la
+campagne, s’adresseront au Bureau.
+
+Ceux qui ont des Bénéfices à permuter et à donner à ferme, des charges à
+vendre ou à achepter, soit à Paris ou en Province, des bois à couper,
+des estangs à pescher, et qui font faire des inventaires forcés ou
+volontaires, prendront la peine de le venir déclarer au Bureau, ou
+envoyer un Mémoire instructif, et l’on en advertira le public par la
+liste.
+
+Ceux qui arrivent à Paris, et ceux qui en veulent partir soit pour
+voyager ou autrement, et qui ont besoin de plusieurs personnes pour
+faire leur trein, peuvent s’adresser au Bureau, et on leur en envoyera
+sur le champ de toutes les tailles, qualité et condition qu’ils les
+demanderont[439].
+
+ [439] Sur ces valets de louage, v. plus haut, p. 50.
+
+Ceux qui écriront des lettres au Bureau en acquitteront le port, faute
+de quoy on ne les recevra point, parce que l’on s’en voit trop chargé
+jusqu’à présent.
+
+Les Etrangers qui doivent arriver à Paris avec équipage, pourront
+s’adresser au Bureau, mesme par lettre demander ce qu’ils ont à faire,
+soit pour logement, domestiques, ou autres choses.
+
+Et généralement tous ceux qui veulent rendre quelque chose publique,
+chercher ou indiquer, et qui d’ordinaire font mettre des affiches aux
+coings des rues, qui ne sont veües que de très peu de gens, et
+d’ailleurs déchirées et recouvertes les unes par les autres en peu de
+temps, au lieu de faire la depense pour l’affiche, n’auront qu’à envoyer
+les mémoires au Bureau, et l’on les mettra sur la liste, que l’on
+imprimera régulièrement tous les quinze jours, et que l’on vendra et
+distribuera de mesme que les Gazettes[440].
+
+ [440] Beaucoup de gens répugnoient à se voir affichés et ne devoient,
+ par suite, recourir qu’avec plus d’empressement aux avantages des
+ feuilles d’adresses. Colletet annonce dans son _Journal_ du 11 sept.
+ 1676 une personne qui étoit dans ce cas. «_Honneste homme_, dit-il,
+ _qui sçait la langue latine et l’italienne de mesme, et qui ne peut
+ se résoudre à voir son nom dans les affiches publiques, s’offre aux
+ honnestes gens qui auront des livres italiens ou manuscrits à
+ traduire fidèlement, d’y travailler quels que difficiles qu’ils
+ soient; de montrer cette Langue à quiconque désirera
+ l’apprendre..._»
+
+On sçaura au Bureau le nom des personnes qui veulent tant vendre
+qu’achepter.
+
+_Le Bureau est dans l’enclos du Palais, Cour de la Moignon, du costé du
+Quay des Morfondus._
+
+
+
+
+LISTE GÉNÉRALE
+
+DU
+
+BUREAU D’ADRESSE ET DE RENCONTRE
+
+ESTABLI PAR PRIVILÈGE DU ROY
+
+_en la Place Dauphine_.
+
+
+_Du 1 Mars 1689[441]._
+
+ [441] V. notre _Introduction_, p. xlj. C’est par mégarde que nous y
+ avons dit que les _Listes du Bureau d’adresse_ recommencèrent à
+ paroître en février 1689. Ce n’est qu’au mois de mars, dont nous
+ reproduisons ici le numéro, qu’elles reprirent.
+
+Le Bureau d’adresse et de rencontre se rétablit avec tant de succès, et
+devient d’une si grande utilité au Public que l’expérience fait encore
+juger favorablement de ceux qui en furent les autheurs.
+
+En effet Paris par son immensité estant regardé comme la patrie commune
+de tout le royaume, et s’y trouvant des gens de toutes les Nations
+non-seulement dans le commerce general, mais dans le particulier, tout
+devint également intéressé à découvrir ce qui tombe dans la nécessité du
+service, et dans le dessein du commerce.
+
+C’est de là qu’on a pris grands soins de rétablir le Bureau d’adresse et
+de rencontre, que les guerres et le mauvais usage de ceux qui en ont eu
+cy-devant l’administration, avoient rendu comme odieux au Public; mais
+les réglements qu’on y a faits depuis y ont étably le bon ordre, la
+fidélité et le secret, de sorte qu’on y peut venir à présent de
+confiance, soit pour vendre, acheter, échanger, affermer ou autrement,
+soit pour le choix des gens de quelque nature et qualité qu’on les
+puisse souhaiter dans le domestique, ou, pour les domestiques, pour le
+choix des conditions. Les Commis du Bureau n’entrent de leur chef dans
+aucune affaire, toutes leurs occupations se renferment à recevoir les
+avis et déclarations de ceux qui se présenteront au Bureau, lequel n’est
+estably que pour l’indication purement et simplement.
+
+
+_A Vendre._
+
+1. Six chevaux de carrosse gris blanc de six à huit ans avec leur
+harnois de roussy doré[442], du prix de 3,500 liv.
+
+ [442] Cuir de Russie. V. plus haut, p. 37.
+
+2. Une charge de juré aulneur et visiteur de toiles[443] de la Ville,
+Fauxbourgs et Banlieue de Paris, avec les émoluments et bourse
+commune[444], du prix de 12,500 liv. y compris la réception.
+
+ [443] Son office étoit d’auner les toiles, treillis, canevas, pour
+ voir s’ils étoient bien de la mesure réglementaire. A chaque visite
+ ils touchoient un droit. V. sur ces sortes d’offices jurés, t. I, p.
+ 110.
+
+ [444] Elle se formoit de ce que chaque membre de la corporation devoit
+ abandonner sur ce qu’il avoit perçu. Tous avoient ensuite, quel
+ qu’eût été leur apport, droit au partage qui se faisoit à des
+ époques déterminées.
+
+3. Une maison scize en cette Ville, rue Geoffroy-Langevin, du prix
+d’environ 8,000 liv.
+
+4. Pour 50 à 60,000 liv. de rente en principal sur l’Hôtel de
+Ville[445], en plusieurs contractz creez au denier dix huit[446]: il y a
+bonnes seuretez pour l’acquisition.
+
+ [445] V. plus haut, sur les rentes de l’Hôtel-de-Ville, t. I, p.
+ 42-46.
+
+ [446] Un peu moins de six pour cent. V. une note un peu plus haut, p.
+ 334.
+
+5. Un grand carrosse couppé[447] avec ses glaces, garny de velours
+cramoisi; les harnois de deux chevaux de roussi bien dorez, de mesme que
+le carrosse monté sur un trein, le tout presque neuf, du prix de 1,500
+liv.
+
+ [447] Moitié du grand carrosse que, pour cela, nous appelons encore
+ aujourd’hui «un coupé».
+
+6. Un grand carrosse à deux fonds avec ses glaces garny de velours
+cramoisy fort propre, d’environ 600 liv.
+
+7. Une charge de garde en la connestablie de Messieurs les mareschaux de
+France[448], qui jouit de tous les privilèges, aux gages fixes de 200 l.
+avec les émoluments lors qu’on sert, du prix d’environ 1,800 liv.
+
+ [448] C’est un de ces gardes qui, venant dire dans le _Misanthrope_:
+
+ Messieurs les Maréchaux dont j’ai commandement,
+
+ met le holà dans la dispute entre Alceste et Oronte. La Connétablie
+ avoit ses audiences réglées le mercredi et le samedi dans l’enclos
+ du Palais, à la Table de marbre. V. plus haut, t. I, p. 85.
+
+8. Une terre en fief située près d’Etampes, qui ne releve que du Roy,
+consistant en maison à porte cochere, jardin, clos, terres labourables,
+prez, bois taillis, censives, droit de chasse, et autres, du prix
+d’environ 35,000 liv.
+
+9. Une grande maison à porte cochère, rue de la Verrerie, du prix
+d’environ 40,000 liv.
+
+10. Deux petites maisons en cette ville, rue neuve du Ponceau[449],
+louées 200 l. On les vendra sur le pied du denier vingt, argent
+comptant, et échangera mesme contre quelque rente ou maison de campagne;
+et s’il convient donner du retour, on le fera.
+
+ [449] On appeloit ainsi la partie la plus récemment ouverte de la rue
+ du Ponceau, qui donnoit sur la rue Saint-Martin. L’autre extrémité,
+ où se trouvoit le petit pont sur l’égout, auquel la rue devoit son
+ nom, s’appeloit déjà «le ponceau Saint-Denis» en 1391.
+
+11. Plusieurs maisons à porte cochere bien bâties, grand jardin et terre
+scize au lieu du Roulle[450], ayant veue sur la grande ruë, à vendre
+ensemble ou séparément et en toutes seuretez, avec honneste composition.
+
+ [450] Le Roule n’étoit encore qu’un village de banlieue. C’est en 1722
+ seulement qu’il devint faubourg de Paris. V. _Archives
+ hospitalières_, Hôtel-Dieu, t. I, p. 253, nº 3271.
+
+12. Une fort belle et bonne Pandule sonnante[451], du prix de quinze
+pistolles.
+
+ [451] Richelet écrit «pendule», mais ajoute: «prononcez pandule».
+ L’invention due à Huyghens et que l’abbé Hautefeuille lui disputoit
+ remontait à 1657. Or Huyghens ayant alors vingt-huit ans, et
+ Hautefeuille dix seulement, la querelle de revendication tomboit
+ d’elle-même.
+
+13. Une charge de lieutenant des Eauës et Forests à Senlis, aux gages et
+droicts y attribuez, du prix d’environ 5,000 liv.
+
+14. Une maison à porte cochere bâtie à neuf, size au lieu de Clamard
+près Issy, jardin d’un arpent clos de murs, et autres fort belles
+commoditez, du prix d’environ 4,000 liv.
+
+15. Plusieurs meubles, tableaux, montres, diamants et autres bijoux,
+dont on fera bonne composition ensemble ou séparément.
+
+16. Un contract de constitution de rente de 6,000 liv. en principal,
+fait à Paris, créé au denier vingt, deuë par un particulier Officier au
+Parlement de Guyenne, et dont on aura bon compte.
+
+17. Une maison au faubourg St. Marcel, rue de l’Oursine, du prix
+d’environ 6,000 liv.
+
+18. Un coffre fort bon et de hazard dont on fera bonne composition.
+
+19. Une tanture tapisserie de Flandre en sept pièces, tirant 24 aulnes
+sur 3 aulnes et demie de haut, representant l’histoire de Jules César,
+du prix d’environ 6,500 liv.
+
+20. Une autre tanture tapisserie de Flandre, tirant 23 aulnes, de la
+mesme hauteur, representant l’histoire d’Alexandre, du prix d’environ
+7,000 liv.[452].
+
+ [452] C’étoit une des tapisseries les plus à la mode. Le prix en
+ montoit quelquefois plus haut qu’on ne le voit ici: «J’ai, dit la
+ Tapissière, deux des plus belles garnitures de chambre qui se
+ puissent voir, il y en a pour deux grandes salles; ce sont _les
+ Conquestes d’Alexandre contre Darius_, sur le même modèle qu’ont été
+ faites celles dont le Roy a fait présent au duc de Lorraine, mais
+ elles nous coûtent quinze mille livres.» _L’art de plumer la poule
+ sans crier_, 1710, in-12, p. 82.--Nous trouvons dans le _Journal_ de
+ Colletet une tapisserie dont le prix est encore plus élevé: «_Nous
+ savons_, dit-il, à la date du 28 octobre 1676, _une superbe tenture
+ de tapisserie, à personnages de piété, relevée d’or et de soie: Elle
+ a plus de quarante aunes de tour, et plus de quatre de hauteur; on
+ ne la fait que vingt-cinq mille livres, quoy qu’elle en vale plus de
+ quarante mille..._»
+
+21. Une grande maison à porte cochere size en cette ville, ayant veue
+sur les rues Jean Lointier[453] et des Deux Boules, du prix d’environ
+trente mille liv. dont on en constituëra, s’il est convenu, la moitié,
+et prendra en payement pour l’autre une charge chez le Roy convenable à
+un gentilhomme ou de l’argent. Plus pour environ 25,000 écus de terre au
+païs du Perche, près la ville de Belesme, dont il y en a une
+seigneuriale qui ne releve que du Roy; on les échangera mesme contre
+d’autres terres près de Paris, charge comme dessus, ou d’une d’auditeur
+des Comptes.
+
+ [453] C’est le vrai nom de la rue que par corruption on appela plus
+ tard Jean-Lantier; elle le portoit dès le XIIe siècle.
+
+22. Une maison à porte cochere très belle et bien bâtie, size au lieu de
+Pacy[454], avec jardin d’un arpent clos de murs, et autres commoditez,
+du prix de 6,000 liv.
+
+ [454] On écrivoit ainsi le plus souvent le nom de Passy près Paris,
+ comme on écrit encore du reste Pacy-sur-Eure, Pacy-sur-Armançon.
+
+23. Une maison à porte cochère size en cette ville, rue de la
+Champverrerie[455], du prix d’environ dix mil livres. Il y a bonnes
+seuretez pour l’acquisition.
+
+ [455] Lisez «de la Chanvrerie».
+
+24. Un grand lit bois noyer à colonnes torces, de damas cramoisy à
+fleurs d’or, ses tringues[456] fer poly, la housse taffetas cramoisy,
+garni d’un sommier de crain, lit de plume, matelas, couverture et
+courte-pointe, avec six fauteuils et deux chaises mesme bois, couvertes
+de leurs housses, mesme taffetas, et dont on fera honneste composition.
+
+ [456] Tringles. Le mot est écrit ici comme on le prononçoit et comme
+ on le prononce encore chez le peuple.
+
+25. Une charge d’apotiquaire des Ecuries de Monsieur[457], qui jouit de
+tous les privilèges, aux gages fixes de 60 liv.[458] et 200 liv. pour
+les remèdes qu’on est obligé de fournir pendant les six mois qu’on sert,
+avec privilège de tenir boutique ouverte à Paris ou en campagne. On se
+chargera mesme du service, hors Paris, du prix de 2,500 liv.
+
+ [457] Il y avoit deux de ces charges qui s’exerçoient par semestre,
+ mais qui pouvoient être tenues, l’une et l’autre, par le même
+ apothicaire, comme nous le voyons dans l’_État de France_ de 1692,
+ t. I, p. 744.
+
+ [458] L’_État de France_ donne le même chiffre, mais sans ajouter le
+ détail qui suit ici à propos des remèdes.
+
+26. Une maison à porte cochère sise ruë de l’Esperon, du prix d’environ
+38,000 liv.
+
+27. Une Terre en Touraine près la rivière de Loire, de l’Election
+d’Amboise, seigneur de paroisse, du prix d’environ 50,000 liv.
+
+28. Un grand miroir de 29 pouces de haut sur 20 de large, avec sa
+bordure de glace, du prix de 120 liv.[459].
+
+ [459] C’est la bordure de glace, à la façon de Venise, qui avoit fait
+ hausser le prix de ce miroir. On a vu, en effet, plus haut, p. 143,
+ que les miroirs de 30 pouces ne se vendoient pas plus de 80 livres.
+
+29. Un grand Cabinet d’ebeine fort propre garny de quantité de tiroirs,
+dont on aura bon marché payant comptant[460].
+
+ [460] L’ébène étoit un des bois les plus employés pour les meubles à
+ la mode. L’ouvrier qui les fabriquoit s’appeloit, comme on le voit
+ dans le _Journal_ de Colletet, 24 août 1676, «menuisier en ébène»,
+ d’où est venu notre mot ébéniste. Il faisoit surtout, comme on le
+ voit ici, des cabinets. Aussi en anglois le fabricant de meubles
+ s’appelle-t-il encore «cabinet-maker».
+
+30. Une douzaine Chaises bois noyer garnies et bien travaillées à la
+moderne, couvertes de leurs housses point de Hongrie[461], du prix de
+200 liv.[462].
+
+ [461] Sorte de point de fil qui n’étoit pas des plus fins; c’est
+ pourquoi Molière le fait figurer dans le _Mémoire_ des hardes et
+ nippes qu’Harpagon, en bon usurier, donne pour argent comptant à son
+ emprunteur: «Un lit de quatre pieds à bandes de _point de Hongrie_,
+ appliquées fort proprement sur un drap de couleur olive, avec six
+ chaises et la courtepointe de même.» _L’Avare_, acte II, sc. 1.
+
+ [462] Ces housses se vendoient souvent sans le bois des chaises ou
+ fauteuils. Le _Journal_ de Colletet, 23 octobre 1676, en annonce une
+ douzaine et demie, aussi de point de Hongrie, «toutes frangées,
+ montées et prestes à mettre sur les bois... Les nuances,
+ ajoute-t-il, en sont fort vives et d’une belle mode.»
+
+31. Un cheval entier noir et blanc avec tous ses crains, à longue queuë,
+de l’âge de 4 à 5 ans, fort vigoureux, du prix de 50 louïs d’or.
+
+
+_Demandes._
+
+32. On demande à achetter une tanture de tapisserie de Flandre de
+verdure, d’environ 19 à 20 aulnes de tour sur l’hauteur ordinaire, qui
+soit bonne et de hazard, et point passée, où l’on mettra environ 200
+louïs d’or.
+
+33. Une charge soit de ville ou autre, de 4, 5 ou 6,000 liv. qu’on
+payera comptant.
+
+34. Une tanture tapisserie Damas de Luques, bonne et de hazard,
+d’environ 22 aulnes de tour, bonne et point passée.
+
+35. Un carrosse couppé propre et de hazard.
+
+36. Une tapisserie d’Auvergne de 18 aulnes de tour, bonne et point
+passée.
+
+37. Une maison en fief ou roture aux environs de Paris, où il y ait clos
+ou jardin, prez, terres, bois, du prix de douze à quinze mil livres.
+
+38. Une charge de judicature à Paris, du prix depuis 10 jusqu’à 20,000
+liv. et plus.
+
+_Le sieur Mouillard, bon Praticien et Arpenteur, logé rue de la Huchette
+à la Tour d’Argent, donne avis aux Seigneurs et Dames qui voudront faire
+renouveler leurs papiers terriers, et avoir des plants de leurs
+Seigneuries pour voir l’étenduë de leurs censives; comme aussi à ceux
+qui ont des héritages à la campagne et qui en veulent avoir des cartes
+avec la contenance d’iceux par figure, pour empescher les usurpations,
+qu’il le fera, et pour seureté de sa conduite donnera bonne caution à
+Paris._
+
+_Le sieur Rolas, rue Sainte Marguerite, fauxbourg St. Germain, entre un
+perruquier et un chandelier, première chambre, enseigne le toisé,
+l’arpentage, les fractions, les changes, l’arithmétique en toutes ses
+parties en un mois de temps, lorsqu’on saura les quatre règles, et
+plusieurs autres belles sciences, par une méthode courte et très facile;
+et du tout donne des leçons par escrit[463]._
+
+ [463] Cette annonce est reproduite dans la liste suivante, avec cette
+ différence pour l’adresse: «rue Sainte-Marguerite faubourg
+ Saint-Germain, chez le mercier qui fait le coin de la rue des
+ Cizeaux vis-à-vis la porte de l’Abbaye.»
+
+Le Bureau est à l’entrée de la Place Dauphine du costé du Pont-Neuf
+entre l’epicier et le cabaretier[464].
+
+ [464] Cette adresse est répétée à la fin de la liste qui va suivre,
+ avec ce détail en plus: «à la première chambre, au-dessus du
+ cabaretier.»
+
+
+
+
+LISTE GÉNÉRALE
+
+DU
+
+BUREAU D’ADRESSE ET DE RENCONTRE
+
+_estably par privilège du Roy en la place Dauphine_.
+
+
+Du premier Avril 1689.
+
+Paris contenant en soy beaucoup plus de peuple que ville du monde, et
+son aport y estant si grand, non seulement de tous les naturels
+François, mais des Etrangers de toutes les nations, que les moyens que
+tout le monde y trouve de subsister ne sçauroient estre trop connus pour
+la grandeur de la ville et pour l’avantage des particuliers.
+
+Tous ceux dont on s’est servi jusqu’icy sur les avis qu’on a voulu
+rendre publics ont esté d’un foible secours, en comparaison du Bureau
+d’Adresse et de Rencontre, et des Listes qu’on a commencé de distribuer,
+parce que les Affiches se couvrent par la quantité des Placards[465],
+outre qu’elles ne contiennent que des avis particuliers, qu’on ne lit
+pas commodément et sans une espèce de pudeur[466] pour les gens de
+distinction[467].
+
+ [465] Le Placard, s’appliquant d’autorité, pouvoit ainsi, de droit,
+ couvrir les affiches. Elles-mêmes, en s’accumulant, couvroient des
+ _Avis_ qui valoient mieux qu’elles. Colletet s’en plaint dans son
+ _Journal_ du 8 août 1676: «La quantité d’affiches, dit-il, ont caché
+ un livre d’importance pour les curieux.»--Le placard se distinguoit
+ des affiches par les armes du roi figurées en tête, et qui faisoient
+ qu’on l’appeloit aussi «pannonceau royal». C’est par placards, et
+ non par affiches simples, qu’étoit annoncé tout immeuble à vendre
+ par décret.
+
+ [466] Les affiches annonçant certains remèdes ne pouvoient pas, en
+ effet, être lues «sans une espèce de pudeur». On en peut avoir un
+ exemple par celle que donne Locke dans la relation de son _Voyage à
+ Paris_, et qu’a reproduite _Le Vieux-neuf_, 2e édit., t. II, p. 72.
+
+ [467] Le _Journal_ de Colletet indique quelques affiches de livres;
+ ainsi, le 6 juillet 1676, le _Traité des maladies des femmes
+ grosses_, par Fr. Mauriceau, dont il a été parlé plus haut, t. I, p.
+ 159; et, le 1er août suivant, _Le Tailleur sincère_, avec plusieurs
+ figures en taille-douce: «il se vend, dit-il, chez A. de Rafflé, rue
+ du Petit-Pont, in-folio en parchemin 40 fr., et in-8 20 fr.» Il
+ oublie d’ajouter que l’auteur s’appeloit Benoist Boulay, dont le
+ portrait sert de frontispice. Son livre, «nécessaire, dit encore
+ Colletet, pour ceux qui veulent pratiquer l’épargne», est
+ aujourd’hui des plus rares.
+
+Ces considérations, celles qui regardent l’utilité publique et
+l’avantage du commerce, qui depend des Rencontres et des Occasions que
+les avis font naistre, ont fait les principaux objets du
+r’establissement du Bureau d’Adresse et de Rencontre, et des précautions
+qu’on a prises de n’en confier l’administration qu’à des conditions
+portées par les Règlements, afin d’asseurer dans le Public la confiance
+des particuliers, et faciliter les ventes, achapts, amodiations, traités
+et conventions qui se font à l’egard des immeubles, et pour mettre dans
+un plus grand commerce toutes sortes de meubles, comme Lits,
+Tapisseries, Bijoux, Tableaux, Chevaux, Carrosses et autres effets, et
+principalement pour donner aux gens de qualité, et à ceux qui ont besoin
+de domestiques; des Aumôniers, Gentilshommes, Ecuyers, Gouverneurs,
+Intendans, Receveurs, Secretaires, sous Secretaires, Hommes d’affaires,
+Solliciteurs, Commis, Ecrivains, Precepteurs, Maistres d’Hostel, Vallets
+de chambre, Suisses, Portiers, Concierges, Gardes-bois, Cochers,
+Postillons, Pallefreniers, Chasseurs, Fauconniers, Sonneurs de Cor,
+Jardiniers, Vignerons, Gens de Labour, Charretiers, Muletiers, Valets à
+tout faire, Laquais à gages et à récompense[468], et généralement toutes
+sortes d’autres domestiques, pour les recevoir, non seulement à leur
+choix, mais avec plus de seureté et de connoissance que par le passé, le
+Bureau n’estant estably que pour l’Indication.
+
+ [468] Les «laquais à récompense» se distinguoient des «laquais à
+ gages» en ce qu’ils n’étoient payés pour ainsi dire que par hasard
+ ou fantaisie. Après avoir servi trois ou quatre ans, ils reçevoient
+ de leur maître trois ou quatre cents francs et n’avoient pas le
+ droit d’en demander davantage. La plupart des valets de Regnard et
+ de Dancourt sont des «laquais à récompense».
+
+
+_A Vendre._
+
+1. Une charge de Substitut de M. le Procureur général à Paris, aux Gages
+et Droits y attribuez, du prix de 25,000 liv.
+
+2. Un Carrosse couppé avec 6 glaces de Venise garni de velours cramoisi,
+le tout comme neuf, du prix d’environ 700 livres.
+
+3. Une charge de grand Valet de pied de Madame[469], qui jouit de tous
+les privileges, aux gages et profits y joints, du prix de 3,000 liv.
+
+ [469] Ils étoient au nombre de dix, chacun à 20 sols par jour pour
+ leur nourriture «outre leurs habits d’hiver et d’été». _État de
+ France_ pour 1692, p. 776.
+
+4. Deux grands chevaux de carrosse grissel[470] à longue queue, de 5 à 6
+ans, du prix de 1,000 l.
+
+ [470] Il faut lire _gris-sale_, une des nuances du gris admises dans
+ les haras.
+
+5. Des Tablettes bois noyer avec leurs bordures noires, fermant par un
+treillis de cuivre à 2 portes[471], une grande Armoire bois chesne
+fermant de mesme, de 9 à 10 pieds de haut et de 8 à 9 de large, le tout
+presque neuf, du prix de 160 livres.
+
+ [471] Presque tous les corps de bibliothèque étoient disposés ainsi
+ dans les cabinets. Louis Racine en avoit un de ce genre, comme on le
+ voit par son inventaire aux _Mss._ de la Bibliothèque nationale.
+
+6. Un beau coureur danois, poil bay[472], sans deffaut, propre pour
+l’armée, de 6 ans, du prix de 50 louis d’or.
+
+ [472] C’est le _cob_ bai brun, trapu et à belle tête, encore recherché
+ aujourd’hui. Le vrai cheval _danois_ en usage au XVIIe siècle pour
+ les attelages de luxe étoit, au contraire, grand, haut sur jambes,
+ avec tête busquée et robe isabelle, pie ou tigrée.
+
+7. Un carrosse couppé neuf, doré aux extremités[473], garny de drap
+gris, du prix d’environ 800 liv.
+
+ [473] Cet excès de dorures pour les carrosses fut un peu plus tard
+ prohibé par ordre du roi. V. _Correspond. admin. de Louis XIV_, t.
+ II, p. 829, et _Variétés histor. et litt._, Collect. elzévir., t. X,
+ p. 254, note.
+
+8. Une terre seigneuriale en Brie, 9 lieuës de Paris, avec haute,
+moyenne et basse justice, dont on aura un estat au Bureau, du prix de
+120,000 liv.
+
+9. Un coureur à courte queue[474] de 5 à 6 ans, poil noir, du prix de
+200 liv.
+
+ [474] Richelet définit ainsi le coureur: «cheval déchargé de taille,
+ qui a la queue courte et coupée».
+
+10. Un grand lit de velours verd, ses campannes[475] et molets de
+soye[476], doublé d’un satin couleur de serize avec sa courte pointe,
+ciel et dossier même satin, 7 fauteuils et 6 chaises même velours, le
+tout comme neuf, du prix de 1,000 livres. Une pippe satin plaint, à fond
+blanc, chamarrée en rond d’haut en bas d’un point d’Espagne d’or et
+couleur de feu, avec des galons de velours même couleur, garni de
+campannes d’or, le tout presque neuf, du prix chacune de 120 livres.
+
+ [475] V. une des notes précédentes, p. 333.
+
+ [476] C’étoit une sorte d’ornement frangé que Molière, en fils de
+ tapissier, se garde bien de confondre avec la frange même, quand il
+ dit dans le _Mémoire_ de l’Avare: «Plus, un pavillon à queue, d’une
+ bonne serge d’Aumale rose, sèche, avec le _mollet_ et les franges de
+ soie.»
+
+11. Quantité de très beaux patrons, tapisserie de verdure en plusieurs
+pièces, peints sur du carton et de la toille, dont on aura bon prix.
+
+12. Deux tableaux de chasse originaux de Nicasius[477], de 6 pieds de
+haut sur 5 de large, l’une de Cerfs et l’autre de Chats sauvages, du
+prix de 24 louis d’or.
+
+ [477] C’est le peintre d’animaux Nicasius Bernaert, d’Anvers, élève de
+ Sneyders et l’un des habitués de la maison de _la Chasse_, au coin
+ des rues du Sépulcre et du Four, qui étoit, dit Dubois de
+ Saint-Gelais, «le refuge des peintres de son pays». Sa vie fut assez
+ nomade, si l’on en juge par les registres de l’Académie de peinture.
+ Reçu en 1663, il dut, pour cause d’absence, se faire recevoir une
+ seconde fois deux ans après et se faire réadmettre encore en 1672.
+ Sa vieillesse se noya dans l’ivrognerie. Il en mourut à 70 ans, le
+ 16 septembre 1678. Desportes fut quelque temps son élève.
+
+13. Un lit de garçon de 3 pieds et demy de large, Damas de Lucques
+aurore et cramoisy, avec sa couverture et 2 teyes d’oreillers de
+Marseille, le tout presque neuf, du prix de 200 liv. Un Cabinet de
+Flandre d’écaille de Tortue et d’Ebeine à tiroir, très beau et bien
+travaillé, du prix de 150 livres.
+
+14. Un Colier de perles rondes de belle eau, très beau et bien choisy,
+du prix de 200 louïs d’or.
+
+15. Une tenture de tapisserie verdure de Flandre en 6 pièces, de la
+hauteur et longueur ordinaire, comme neuve, du prix de 800 liv. Une
+montre en Pendule faite par Martinot[478], à boëtier d’or, sa chaine de
+même avec son étuit de chagrin garny de cloux d’or, du prix de 15 louïs
+d’or. Plus 2 Miroirs, l’un tout de glace de Paris, dont la principale
+est de 27 pouces de haut sur 21 de large, du prix de 150 livres, et
+l’autre de Venize de 22 pouces de haut sur 17 de large, avec sa bordure
+d’Ebeine, du prix de 80 livres.
+
+ [478] Les Martineau formoient toute une dynastie d’horlogers, dont
+ l’un, Louis-Henry, étoit, en 1692, valet de chambre horloger du roi.
+ En 1700, une descente fut faite chez deux d’entre eux pour avoir
+ contrevenu à l’édit contre le luxe. L’un dut laisser saisir vingt
+ pendules, l’autre dix-huit. Ils logeoient sur le quai des Orfèvres.
+ Un Martineau, qui étoit de la Religion, partit pour Londres après la
+ révocation de l’Édit et s’y rendit célèbre dans son métier. C’est de
+ lui que descendoit miss Harriett Martineau, qui s’est fait un nom
+ dans les romans d’éducation. V. sur les Martineau, Wood,
+ _Curiosities of clocks_, 1866, in-8, p. 387.
+
+16. Une très belle maison à porte cochere bâtie à neuf, située près
+Grosbois en Brie, Jardins, Cloz, Prez, Terres, Vignes, Bois, Glacière,
+Reservoir, Canal garny de Poissons, et autres fort belles et utiles
+commodités, du prix de 45 mille livres.
+
+17. Deux charges, l’une de Lieutenant du Prevost général de Flandre et
+Haynault aux gages de 1,250 livres, payez par quartier avec privilege et
+exemption de tous imposts dans Valancienne où est la résidence, du prix
+d’environ 18,000 livres; et l’autre de Garde au même Pays, aux gages
+fixes de 375 livres, outre quantité de profits, du prix de 2,000 livres.
+
+18. La charge de Lieutenant criminel d’une Ville, sise sur le bord de la
+rivière de Loire, où il y a Presidial, Bailliage, Prevoté et
+Gouvernance, du prix d’environ 35,000 liv.[479].
+
+ [479] A la suite de cet article 18, nous en supprimons huit qui ne
+ sont que la reproduction d’articles déjà insérés dans la liste
+ précédente. Le 19e de celle-ci, liste d’avril, se trouve le 2e de
+ celle de mars; le 20e, le 8e; le 21e, le 10e; le 22e, le 11e; le
+ 23e, le 13e; le 24e, le 21e; le 26e, le 32e; et le 28e, le 37e. Nous
+ ne conservons que les nos 25 et 29, qui ne figurent pas dans l’autre
+ liste.
+
+25. Deux grandes Maisons à porte cochere sises en cette Ville à louer
+presentement moyennant 900 livres chacune, l’une rue S. Martin, près la
+rue aux Ours, vis à vis le cul de sac de la rue S. Julien[480]; et
+l’autre sise rue des Gravilliers, avec un grand et beau jardin, dans
+lesquelles il y a toutes sortes de commoditez.
+
+ [480] C’est la rue ou ruelle Saint-Julien, qui devoit son nom au
+ voisinage de l’église de St-Julien-des-Ménétriers. Elle prit ensuite
+ le nom de rue du Maure.
+
+
+_Demandes._
+
+29. Une Terre en fief, distant depuis 6 jusqu’à 18 lieues de Paris,
+près, s’il se peut, de quelque petite Ville ou Bourg, où il y ait maison
+logeable, jardin, cloz, prez, terres et bois, du prix de 50 à 60,000
+livres.
+
+Le sieur Macard continue à faire debiter les instruments de
+Mathématiques du defunt Sr Sevin dans sa boutique sur le Quay des
+Morfondus, à l’Astrolabe[481].
+
+ [481] V. pour les ouvriers en instruments de mathématiques, t. I, p.
+ 148.
+
+Le sieur Legeret, maistre menuisier à Paris, rue Saint Loüis, Isle
+Notre-Dame, donne avis qu’il fait et vend une machine fort légère et
+portative, par luy depuis peu inventée, qui coupe la paille aussi menue
+qu’est l’avoine, ce qui fait que les chevaux la mangent plus facilement,
+surtout lorsqu’on y mêle un peu d’avoine.
+
+
+
+
+LISTE GÉNÉRALE
+
+DU
+
+BUREAU D’ADRESSE ET DE RENCONTRE
+
+_estably par privilège du Roy en la place Dauphine._
+
+
+Premier May 1689.
+
+Pendant que toute l’Europe armée contre la France travaille à porter la
+gloire du Roy jusqu’à l’Immortalité[482], pendant que son nom seul fait
+trembler l’Univers, et qu’il porte la Terreur et la Crainte jusque sur
+les Trosnes et jusqu’au Cœur des Armées les plus nombreuses, l’amour au
+dedans arme ses sujets et luy donne chaque jour de nouvelles marques de
+sa grandeur, on la voit en effet portée à un point où l’espérance même
+des autres Roys n’estoit jamais parvenuë, non seulement dans ses forces,
+dans la protection de ses alliés, dans la magnificence de son règne,
+dans les vertus du Siècle et de la Religion; mais encore dans ses
+Estats, Paris n’est pas seullement la Capitale du Royaume; mais celle du
+Monde ou pour mieux dire un monde entier où ce qu’il y a de sublime dans
+la politique, dans les Sciences et les Arts, de libre dans la politesse,
+de bon dans les mœurs, de grand dans les cœurs, d’heureux et de fidelle
+dans le commerce, y rassemble les peuples les plus esloignez pour en
+composer une Ville de tous les Habitans du monde, où l’ordre dans la
+confusion fournit égallement à tous les moyens de subcister, et où le
+Bureau d’adresse et de rencontre rétably par les Ordonnances du Roy pour
+l’indication seulement, donne à ce monde entier les avis, les ouvertures
+et la facilité pour vendre, achepter, échanger et affermer soit charges,
+seigneuries, terres, maisons, rentes, meubles, tableaux, chevaux,
+carrosses et generallement tout ce qui tombe en commerce; les Maîtres de
+quelques conditions qu’ils soient y trouveront toutes sortes de
+domestiques avec les informations toutes faites pour les prendre avec
+une confiance égalle, et les Domestiques des conditions suivant qu’ils
+en sont plus ou moins capables.
+
+ [482] On étoit alors sous le coup direct des menaces de la Ligue
+ d’Augsbourg, qui réunissoit contre nous l’Empire, l’Espagne, la
+ Suède, la Bavière, la Saxe et, par surcroît, la Hollande et
+ l’Angleterre, depuis que l’expulsion de Jacques II avoit eu pour
+ conséquence l’avènement du prince d’Orange, son gendre, sous le nom
+ de Guillaume III.
+
+
+_A vendre._
+
+1. Une charge de Ville de Cinquantenier[483], qui exempte de tutelle,
+curatelle, logement de gens de guerre et plusieurs autres[484],
+d’environ 500 l.
+
+ [483] Le cinquantenier étoit, en effet, un officier de ville. Chaque
+ quartenier, ou officier de quartier, en avoit deux sous son
+ commandement, auxquels il transmettoit les ordres de la ville pour
+ qu’ils les fissent savoir aux bourgeois.
+
+ [484] Ces espèces de charges n’avoient pour bénéfices que des
+ exemptions. On n’y étoit payé que par ce qu’on ne payoit pas.
+
+2. Deux charges aux Siège présidial et Baillage de Vitry le François en
+Champagne, l’une de Président aux gages de 330 livres, et l’autre de
+Conseiller aux gages de 50 livres, dont les émoluments sont de 150
+livres, plus un droit de deux sols pour livre sur les émoluments qui se
+lèvent aux dits sieges, qui est de 60 livres de rente, et du tout on
+fera bonne composition.
+
+3. Une chaise roulante à ressorts sur deux roues[485], garnie d’un petit
+velours rouge et blanc, dont on aura bon compte.
+
+ [485] Ces sortes de chaises, que traînoit un valet, furent très
+ longtemps en usage. On s’en servoit encore en province au
+ commencement de ce siècle. Il y en avoit d’autres, découvertes,
+ qu’on appeloit «chaises à parasol», qui n’étoient employées que pour
+ promener les dames dans les jardins ou les parcs. Seignelay les
+ avoit mises à la mode, lorsqu’il avoit reçu le roi à Sceaux au mois
+ de juillet 1685: «Ce fut là, dit l’abbé Le Beuf, qu’on vit les
+ premières chaises tirées par des hommes pour se promener dans les
+ jardins. On les connoissoit à Versailles, mais elles étoient plus
+ simples. Les chaises de Sceaux étoient à quatre personnes et quatre
+ parasols. Les hommes qui les conduisoient ne marchoient pas devant,
+ mais de chaque côté.» _Hist. du diocèse de Paris_, t. IX, p. 379. A
+ Marly, le roi fit établir dans les grandes allées un système de
+ rainures de fer, pour que le mouvement de ces chaises roulantes y
+ fût plus facile et moins cahoté. Ce sont nos premiers tramways. V.
+ le bel ouvrage de M. Guillaumot, _Monographie du château de
+ Marly-le-Roi_, gr. in-fol.
+
+4. Un carrosse couppé comme neuf à six glaces, garny de velours rouge
+avec ses ressorts, harnois et testières garnis de cloux dorez[486] du
+prix d’environ 1,000 livres.
+
+ [486] La Bruyère, lorsqu’il s’est indigné du luxe de ces carrosses,
+ n’a oublié aucun des détails qui sont ici: «les rangs de clous
+ parfaitement dorés, les doubles soupentes, les ressorts, etc.»
+
+5. Deux grands chevaux de carrosse poil noir à longue queue, de 4 à 5
+ans, du prix de 1,100 livres.
+
+6. Une maison à porte cochere, size à Vanvre, où il y a toutes sortes de
+commodités avec un clos de 4 arpens, du prix de 6,000 liv.
+
+7. Une Maison à porte cochere, size au lieu d’Antoni, Clos et Jardin
+derrière de 6 arpens, avec 6 arpens de pré, du prix de 1,500 liv.
+
+8. Une Maison à porte cochere size à Montreuil, cloz de dix arpens, où
+il y a parterre, jardin, potager, bois d’haute fustaye et autres choses
+avec quantité d’eaue, et dans une très belle veue, dont on aura bonne
+composition.
+
+9. Une terre en Fief et Seigneurie, size près Mauleon en Poictou,
+affermée 4,200 livres, qu’on aura à bon prix.
+
+10. Une Maison à porte cochere size sur le chemin de Chartres, 10 lieues
+de Paris, jardins, clos de deux arpens, sept arpens de pré, et 130
+arpens de terre, le tout près et attenant la maison et du prix de 13,000
+liv.
+
+11. Une Maison à porte cochere, quartier de la Porte S. Michel, rue des
+Francs Bourgeois, du prix d’environ 30,000 liv.
+
+12. Un grand lit de tapisserie à petit point de toutes sortes de fleurs
+en broderie sur un drap d’Espagne couleur de musc brun doublé d’un satin
+de la Chine[487], sa courte-pointe, ciel et dossier même satin, 4 pommes
+même Drap et tapisserie avec leurs bouquets de plumes et egrettes, un
+Tapy de Table à 4 pans, trois fauteüils même tapisserie et point, 12
+chaises à dossiers et 8 sieges pliants aussi tapisserie, et du tout on
+fera bon prix.
+
+ [487] L’accoutrement de ce lit rappelle un des habits que Molière
+ portoit à la ville: «un juste au corps de drap de Hollande musc,
+ avec une veste de satin de la Chine.» Soulié, _Recherches sur
+ Molière_, p. 278.
+
+13. Une Maison à porte cochere size au lieu de Maisons, près Charenton,
+avec Jardin de deux arpens clos de murs et autres commodités, à vendre
+pour 6,000 livres ou à louër[488].
+
+ [488] Les articles qui suivent étant les mêmes que quelques-uns de
+ ceux de la liste précédente, nous nous contenterons de renvoyer à
+ celle-ci, en indiquant à quels numéros ceux que nous supprimons
+ correspondent. Le nº 14 de la présente liste reproduit textuellement
+ le nº 1 de celle d’avril; le 15 est le 5; le 16, le 8; le 17, le 10;
+ le 18, le 11; le 19, le 12; le 20, le 25; le 21, le 14; le 22, le
+ 15, avec cette simple addition: «et du tout on fera bon prix.» Le 23
+ est le 16; le 24, le 17; le 25, le 18; le 26, le 19; le 27, le 29;
+ le 29, le 31.
+
+
+_Demandes._
+
+28. On demande à achetter une tenture tapisserie de Damas cramoisi de
+Lion ou Gennes.
+
+On indiquera au Bureau un homme de Lettres pour composer Factums,
+Placets, Lettres, Mémoires, Préambules, Discours publics ou autres
+ouvrages où l’on voudra un stile net, concis, juste et une diction pure
+et éloquente[489].
+
+ [489] Ces sortes d’écrits, notamment les _factums_ ou _mémoires_ sur
+ procès, étoient quelquefois l’œuvre des écrivains les plus
+ distingués. Racine ne dédaigna pas d’en rédiger pour M. de
+ Luxembourg dans un procès des plus importants: «Le célèbre Racine,
+ dit Saint-Simon, édit. Hachette, in-18, t. I, p. 91, si connu par
+ ses pièces de théâtre..., prêta sa belle plume pour polir les
+ factums de M. de Luxembourg et en réparer la sécheresse de la
+ matière par un style agréable et orné.»
+
+
+
+
+LISTE DES AVIS
+
+DU
+
+JOURNAL GÉNÉRAL
+
+DE FRANCE,
+
+OU BUREAU DE RENCONTRE;
+
+_Pour servir au Public depuis le Mercredy 18 Novembre, jusqu’au Mercredy
+2e Décembre 1693_.
+
+On recevra les avis tous les jours, et on donnera tous les Mercredys, de
+quinze jours en quinze jours, des Listes nouvelles.
+
+_Par permission du Roy contenuë en ses Brevets, Arrests de son Conseil
+d’Estat, Déclaration, Privilege, Confirmation, Arrests de la Cour de
+Parlement, Sentences et Jugements donnez en consequence._
+
+
+A PARIS,
+
+Au Bureau d’Adresse et de Rencontre étably dans le Marché Neuf, chez un
+Serrurier, attenant la Barriere des Sergens.
+
+_Le Tableau où est le Privilege du Roy sert d’Enseigne._
+
+_Avec permission._
+
+_M. DC. XCIII._
+
+
+
+
+LISTE DES AVIS
+
+DU JOURNAL GÉNÉRAL
+
+DE FRANCE
+
+OU BUREAU DE RENCONTRE.
+
+
+_Plusieurs personnes viennent au Bureau pour s’informer de quelle
+maniere il faut dresser leurs Mémoires, et d’autres en envoyent qui ne
+sont pas assez instructifs; comme il faudroit bien du temps pour
+instruire tous ceux qui y viennent les uns après les autres, on a jugé à
+propos pour satisfaire à ce que plusieurs ont demandé de dresser
+quelques articles, et de continuer dans les Listes suivantes, jusqu’à ce
+qu’on aye parlé de tous ceux qui peuvent y estre employez. En voici
+quelques-uns qui peuvent servir de Modèles._
+
+_Si quelqu’un est dans le dessein de vendre une Terre, voicy comme il en
+doit dresser le Mémoire._
+
+_La Terre de ... qui est à ... lieues de Paris, et située à ... est à
+vendre. Elle consiste en plusieurs pavillons, ou bien en un corps de
+logis dans le fonds de la cour, avec deux ailes ou non sur les côtez, et
+contient tant d’appartements, tant de chambres, tant de greniers,
+offices, cuisines, caves, écuries, celliers, colombiers et granges. Il
+faut marquer de quoy le tout est couvert, la grandeur de la court, s’il
+y a des espaliers autour des murs de la dite court, si les murs sont
+percez par des portes ou balustrades, qui donnent entrée aux jardins.
+S’il y a des fleurs, des fruits, des legumes, des jets d’eaux, des
+vignes, des bois, des bleds, du S. foin, et généralement tout ce qui
+peut faire du revenu ou servir à l’embellissement; on doit ajouter si la
+maison est en belle veuë, et si la riviere passe auprès, et à combien de
+distance; on ne doit pas oublier s’il y a des fossez, une basse court,
+s’il y a quantité de terres labourables, s’il y a des terres
+seigneuriales, si cette terre a droit de haute, basse et moyenne
+justice, si la Cure ou quelques autres bénéfices en dépendent, et tous
+les autres droits qu’elle peut avoir, si elle a titre de Baronnie, de
+Vicomté, ou autre, si l’on est Seigneur entier d’une ou deux paroisses,
+s’il y a des fiefs, s’il y a des estangs, combien la Terre est affermée,
+avec ou sans réserve, si on la veut échanger, si l’on veut toute la
+somme en argent comptant, des rentes, ou quelque autre chose, et quelles
+seuretez on donnera. On peut faire un détail à proportion pour les
+grandes et petites Maisons de Campagne, et pour les grandes et petites
+maisons à vendre ou à loüer à Paris; On y peut ajouter les commoditez,
+les dégagements, les cheminées et alcôves, avec leurs ornements, les
+dorures et peintures, et marquer combien on veut loüer ou vendre les
+Maisons, combien elles sont louées, et s’il y a des escaliers separez,
+et plusieurs sorties, afin que celui qui se chargera de toute la Maison
+puisse connoistre par là s’il en peut facilement reloüer les
+Appartements. Comme chaque particulier sait mieux l’estat de son bien et
+de ses affaires que les plus intelligens, ces articles pourront estre
+encore mieux dressez sur l’idée que l’on en donne. Voicy un Model d’un
+article pour une charge à vendre._
+
+_On veut vendre une Charge, il faut marquer si elle est chez le Roy, ou
+de judicature, et si elle est unique à la Cour ou dans son siège; il
+faut mettre si elle est de Paris, ou à combien de Paris, dans quelle
+Province, et dans quelle Ville, il faut dire quels en sont les
+Privilèges, combien elle a de gages, si elle a droit de
+commissions[490], si elle exempte de Taille et de Tutelle, combien on la
+veut vendre, et si l’on veut toute la somme en argent comptant._
+
+ [490] Privilège très envié, surtout lorsque c’étoit le droit de
+ _committimus_ au grand sceau, parce qu’il donnoit droit à ne plaider
+ que devant certains juges, et ainsi à n’évoquer les causes que là où
+ elles avoient intérêt. Les membres de l’Académie françoise en
+ jouissoient, ce qui donna occasion à l’abbé de Villiers d’écrire ces
+ quelques lignes dans le XXXIe dialogue de ses _Vérités satyriques_,
+ p. 266:
+
+ «CRITAS. Je sçai que vous avez des procès...
+
+ «PROTAS. Eh bien! en faut-il davantage pour être de l’Académie? Cela
+ me donnera droit de _committimus_ au grand sceau; n’est-ce rien pour
+ un homme qui a des procès?
+
+ «CRITAS. Je n’y faisois pas réflexion, et cette raison ne m’étoit
+ pas venue dans l’esprit. Rien n’est mieux pensé, rien n’est mieux
+ imaginé que de se faire de l’Académie pour plaider à son aise,
+ c’est-à-dire tant qu’on voudra, et partout où l’on voudra.»
+
+
+AVIS.
+
+_Comme l’expérience fait voir qu’il y a de l’incommodité à prendre des
+Domestiques de la main de ses amis, que l’on ne peut lorsqu’ils
+déplaisent congédier sans les offenser, et qui sont autant d’Espions
+domestiques qui leur reportent tout ce qui se fait chez vous, et en cas
+de malversation on ne poursuit pas en justice les Amis qu’on ne fait
+point obliger devant notaire; ces considerations devroient engager un
+chacun d’avoir plus volontiers recours au Bureau, où l’on n’en reçoit
+aucuns qui n’aient de bonnes cautions, gens solvables et non attitrez._
+
+
+VOICY LE DÉTAIL
+
+_des domestiques que l’on trouve au Bureau_.
+
+Sçavoir,
+
+ Aumôniers.
+ Precepteurs.
+ Escuyers.
+ Maistres d’hostels.
+ Secrétaires.
+ Hommes d’affaires.
+ Receveurs.
+ Concierges.
+ Commis.
+ Hommes de Chambres.
+ Chasseurs.
+ Garde-bois.
+ Cochers.
+ Portiers.
+ Laquais.
+ Postillons.
+ Palfreniers.
+ Et autres ayant tous de bons répondants.
+
+
+IMMEUBLES.
+
+On veut vendre une maison à huit lieues de Paris, size le long de la
+rivière d’Oize, entre Beaumont[491] et l’Isle Adam; Elle consiste en un
+corps de logis et deux Pavillons, dans les quels il y a plusieurs
+appartements, salle, chambre, cabinets, cuisine, office, garde-manger,
+cave, greniers, grange, écurie, remise de carrosse, foulerie, et autres
+commoditez; il y a aussi un Coulombier, qui rapporte en pigeonneaux et
+en fumier 100 livres de rente; il y a des Jardins et enclos où il y a
+quantité de bons arbres fruitiers, on vend pour 200 livres de fruits
+tous les ans, on recueille aussi sept à huit cent de bon foin qui sert
+dans la maison, on peut aussi faire venir à Paris ce que l’on veut par
+la Rivière, qui n’est qu’a 200 pas de la dite Maison; on en donnera une
+plus ample explication aux personnes qui voudront l’acheter, et on en
+fera un prix raisonnable. _Adresse au Bureau._
+
+ [491] Beaumont-sur-Oise, canton de l’Isle-Adam.
+
+On veut vendre une Maison size au faubourg S. Germain, le terrain fait
+face sur la rue de Grenelle et sur la rue S. Dominique, d’environ huit à
+neuf toises sur 106 à 107 de longueur, fermé de bons murs dans l’Enclos
+du Marais; il y a plusieurs arbres fruitiers, des espaliers le long des
+murs par un treillage d’echalats de cœur de chesne, avec deux puits, une
+petite Maison pour le Jardinier et une petite serre à costé[492]. Plus,
+un corps de logis bati en pavillon de trois estages en carrez; dans
+chaque estage il y a plusieurs chambres, cabinets, galletas, cuisine,
+cave, et autres commoditez, la dite maison est en bon estat; on en
+donnera une plus ample explication aux Personnes qui la voudront
+acheter, et on en fera un prix raisonnable. _Adresse au Bureau._
+
+ [492] On voit qu’une maison au faubourg Saint-Germain, rue de
+ Grenelle, étoit en 1693 une véritable habitation champêtre. On peut
+ se le figurer encore mieux par la gravure qu’a donnée Israël
+ Sylvestre de la maison du président Le Coigneux,--aujourd’hui
+ Ministère de l’Instruction publique,--avec son entourage de terrains
+ vagues et ses vastes jardins, au milieu desquels le pavillon «de
+ structure solide», dit Brice, se dressoit comme en pleine campagne.
+ C’est du reste, selon Tallemant, ce qu’avoit voulu le président. «Il
+ alla, dit-il, bastir une grande maison au bout du Pré-aux-Clercs,
+ pour avoir un grand jardin où se promener, comme on lui avoit
+ ordonné de respirer l’air tout à son aise.» Auprès, sur
+ l’emplacement occupé aujourd’hui par la mairie du VIIe
+ arrondissement, un ancien premier commis de M. de Lionne, nommé
+ Thoinier, avoit une maison du même genre et des jardins que M. Le
+ Coigneux auroit bien voulu joindre aux siens. Il ne put jamais
+ l’obtenir de son voisin à cause d’une magnifique treille qui lui
+ donnoit le meilleur muscat de Paris: «Il me disoit là-dessus, dit le
+ faux Vigneul-Marville, que M. Le Coigneux étoit le seul qui ne
+ trouvoit pas bon ce muscat.» _Mélanges_, t. I, p. 265.
+
+On veut vendre une grande Maison size a Boissy S. Leger[493], près
+Creteil, a trois lieues de Paris, consistant par bas en grandes caves,
+offices, salle, fournil, plusieurs belles chambres et cabinets, et dans
+la plus belle veue qu’on puisse voir, de beaux greniers et chambres pour
+les Domestiques, grande cour verte entourée d’un très beau espalier de
+Peschers et d’Abricotiers, écurie à mettre quinze chevaux, une petite
+court basse; le tout attenant est un logement entier pour un Jardinier
+et un Vigneron dépendant de la susdite Maison, beau jardin en terrasse,
+au bas du quel il y a un petit bois de haute-fustaye rempli d’allées
+couvertes, on entre de plein pied du jardin dans une grande galerie
+peinte, qui donne en perspective au bois, et de la galerie on entre dans
+les chambres vis à vis la dite maison. Il y a un Enclos de 25 à 30
+arpens de Terre, dont il y en a trois plantez en vignes qui sont en
+leurs cinquièmes feüilles, des Terres labourables et le reste en foin,
+le tout garny de beaux Espaliers de fruits à noyaux et poiriers, enclos
+de murs et de hayes vives; il y a aussi un fief qui a 60 arpens
+d’etenduë sur quoy l’on dixme[494], et haute, moyenne et basse justice;
+le tout est à vendre, a loüer ou a échanger. _Adresse au Bureau._
+
+ [493] On sait que c’est aujourd’hui un chef-lieu de canton de
+ l’arrondissement de Corbeil.
+
+ [494] On prend la dîme.
+
+On veut vendre une grande Maison size ruë de Vaugirard, elle est
+composée d’une grande court, deux remises de carrosse, deux écuries dans
+les quelles il tient beaucoup de chevaux, un grand jardin de six arpens,
+un appartement bas, deux autres grands appartements et quantité d’autres
+chambres pour des Domestiques, de grandes caves, des cuisines et
+offices, et une belle chapelle; elle est de 2500 livres de loyer.
+_Adresse au Bureau._
+
+On veut vendre une Maison size dans la rue des Prescheurs, où a logé en
+dernier lieu Monsieur Gelée[495]; la dite maison est à porte cochere,
+bien batie de pierres de taille, la court est commune avec une autre
+Maison qui perce dans la rue de la Champverrerie, salle, cuisine en bas,
+petite écurie, remise sous la porte cochere, trois estages l’un sur
+l’autre, et grenier au dessus chaque estage, composé de chambres,
+antichambres, cabinets, et deux autres petites chambres, le tout de
+plain pied; le premier et second estage ayant les principales chambres
+peintes, dorées et parquetées, belles cheminées, et plusieurs tableaux
+non communs; il y a trois cheminées à chaque estage, de belles et
+grandes caves, et doubles caves. La dite Maison est louée 900 livres par
+le dernier bail. Ceux qui la voudront voir trouveront des personnes qui
+montreront les Appartemens. Il faut s’adresser pour le prix à Monsieur
+de la Ville-Dieu, qui loge rue Traversine, dans la Maison de Madame
+Francine[496], on en fera un prix raisonnable.
+
+ [495] V. sur ce parent du poète Regnard, t. I, p. 295, note 3. Son
+ adresse y est donnée rue de la Chanvrerie, mais on voit que la
+ maison indiquée ici, ayant une cour commune et deux entrées,
+ appartenoit à cette rue aussi bien qu’à celle des Prescheurs.
+
+ [496] Veuve de Francine, ou plutôt Francini, car il étoit Italien,
+ «intendant des eaux et fontaines des maisons royales et entrepreneur
+ privilégié des chaises roulantes». Mêlé à toutes sortes d’affaires,
+ comme le fut plus encore son fils, gendre de Lulli, et, après lui,
+ directeur de l’Opéra, Francine avoit fait bâtir, tout des premiers,
+ sur les terrains de la butte Saint-Roch, lorsqu’on l’eut aplanie.
+ D’après un manuscrit en notre possession, il avoit été propriétaire
+ de quatre maisons dans la rue Traversine ou Traversière, indiquée
+ ici, et appelée rue Molière aujourd’hui. A sa mort, comme on le
+ voit, il en étoit resté une à sa veuve, qui sans doute y logeoit.
+
+On veut vendre une charge d’avocat au Conseil, la Personne qui s’en veut
+défaire en fera un prix raisonnable, et mesme la donnera a crédit,
+pourvû qu’on luy donne des seuretez bonnes et solvables. Il prendra en
+payement des billets sur des officiers et autres personnes pourvu qu’ils
+soient en estat de payer, et autres accommodements. _Adresse au Bureau._
+
+On veut vendre une Maison size au village de Cüeilly près Champigny sur
+Marne, à trois lieües de Paris, consistant en un grand Corps de logis,
+chambres, antichambre, cabinets, court, jardin, un demy arpent de vignes
+donné à loyer pour la somme de quarante escus par an. _Adresse au
+Bureau._
+
+On veut vendre une grande Maison à petit Champ, paroisse S. Medard,
+fauxbourg S. Marceau[497], consistant en six boutiques, caves, jardin,
+deux petites salles, huit chambres à cheminées à chaque Estage, y ayant
+trois Estages et quatre greniers au dessus, l’Escalier au milieu, y
+ayant des corridors pour aller aux dites chambres, estant toutes
+séparées.
+
+ [497] Le _Petit champ_ du faubourg Saint-Marcel, qui devint au siècle
+ dernier le _Champ d’Albiac_, du nom de son propriétaire, se trouvoit
+ à peu de distance de la rue de _l’Épée de bois_, qui pour cette
+ raison est appelée sur d’anciens plans rue du _Petit-Champ_.
+
+Plus, une autre petite Maison au coin du dit jardin, consistant aussi à
+trois Estages, deux chambres et cabinets à chaque Estage, grenier au
+dessus, avec deux salles basses, et deux caves, le tout à vendre. On les
+donnera à 18,000 livres, mesme quand on n’auroit pas toute la Somme, on
+ne laissera pas de s’accommoder. _Adresse au Bureau._
+
+On veut vendre un Office de Changeur d’Especes d’or et d’argent de la
+Ville de Paris, avec faculté d’exercer la Banque à vendre; Elle est à
+present d’un Exercice continuel de grand rapport, elle est propre à tous
+banquiers, caissiers et de finances; l’on en sçaura le prix et condition
+qui sont faciles et raisonnables. _Adresse au Bureau._
+
+
+MEUBLES.
+
+2. On veut vendre un petit Cabinet, dans lequel il y a cinq cents
+médailles d’argent, toutes pièces antiques et fort curieuses[498], on le
+fait cinq cents Escus. _Adresse au Bureau._
+
+ [498] Pour le goût des médailles, qui étoit alors un des plus
+ répandus, v. t. I, p. 221, 223, 225, 227, 228, 229, 230.
+
+On veut vendre un carrosse coupé presque tout neuf, garni d’un veloux
+vert plein, trois belles glaces, une devant, et une à chaque costé, avec
+un trapontin[499]; on veut aussi vendre les chevaux, ils sont entiers,
+noirs, à courte queue, âgez de cinq à six ans, et de bonne taille, avec
+les harnois, le tout en bon estat n’ayant qu’à monter dedans; on fait
+les chevaux et le carrosse 1300 livres. _Adresse au Bureau._
+
+ [499] Lisez _strapontin_, mot que l’on croiroit beaucoup plus moderne,
+ mais qui se trouve déjà dans les _Caractères_ avec le sens qu’il a
+ ici. V. _La Comédie de La Bruyère_, 2e édit., 1872, in-18, t. I, p.
+ 87.
+
+
+_Demandes._
+
+3. On demande une Maison à acheter du prix de dix ou douze mille livres,
+à deux ou trois lieues de Paris, on n’est point attaché en quel endroit
+elle soit, pourvu qu’elle soit jolie et en bon estat; on veut un jardin,
+des écuries, remise de carrosse, greniers et basse court; on ne se
+soucie pas qu’elle soit en fief ou en roture. _Adresse au Bureau._
+
+On demande une belle housse avec sa garniture, une douzaine de chaises,
+et six fauteüils avec des housses, et que les bois soient à la mode; une
+autre douzaine de chaises de tapisserie propres à mettre dans une salle,
+on ne se soucie pas qu’elles soient tout à fait à la mode; un miroir de
+glace de moyenne grandeur. _Adresse au Bureau._
+
+On demande six chevaux pour labourer et mettre à la charrette, on les
+veut d’hazard de quelque personne qui vienne de campagne, afin qu’ils
+soient tous dressez, on y mettra jusqu’à mil ou douze cens livres; on
+demande aussi leurs équipages, qu’on paiera comptant. _Adresse au
+Bureau._
+
+On donne avis à ceux qui cherchent une Personne qui sache les Langues
+pour les accompagner dans leurs voyages aux Païs estrangers, qu’il y en
+a un qui s’offre en quelque qualité que l’on voudra. C’est un homme de
+40 à 42 ans, bien fait de sa personne, honneste homme de Profession, qui
+en donnera des preuves suffisantes aux personnes qui luy feront
+l’honneur de le vouloir employer. _Adresse au Bureau._
+
+On demande un manteau de camelot gris d’azard, et qu’il y aye un petit
+galon d’or, et qui soit propre. _Adresse au Bureau._
+
+On demande une armoire de bois de noyer propre et faite à la mode, avec
+une belle ferrure. _Adresse au Bureau._
+
+On demande un colier de perles entrenet d’une belle eau; on le veut du
+prix de cinquante escus ou deux cents francs. _Adresse au Bureau._
+
+On veut vendre une Croix de Diamans, composée de sept diamans avec son
+coulant, les Diamans sont fort nets et fort beaux, bien mis en œuvre.
+Elle a coûté trente louis d’or, on la donnera pour un prix raisonnable.
+_Adresse au Bureau._
+
+Il y a un carrosse coupé tenant quatre ou cinq personnes à l’aise, garni
+de Damas cramoisi, trois glaces, une devant et une à chaque portiere,
+bien suspendu le train et les roues, le tout en bon estat, sans harnois
+de chevaux, environ de quatre cents livres. Il y a aussi un cheval pour
+Mousquetaire, propre à deux mains. _Adresse au Bureau._
+
+ * * * * *
+
+_L’adresse pour ecrire est à Mr du Manuel Me du Bureau d’adresse et de
+rencontre où l’on recevra tous les jours des Avis. Il faut acquitter le
+port des Lettres._
+
+_On prie qu’on dise le dernier mot des choses dont on se veut défaire.
+On les vendroit plus aisément, par ce que ceux qui le souhaitent estant
+souvent étonnez du prix, ne les vont pas voir._
+
+_Quoy que la pluspart de ceux qui font des Demandes au Public par les
+Listes qui se distribuent tous les Mercredys, laissent leur adresse, ils
+sont avertis de passer souvent au Bureau, pour y estre instruits de ce
+qui s’y passera, sur les avis qu’ils auront donnez._
+
+Chaque Journal se vendra trois sols.
+
+_Le Bureau pour recevoir les avis est au Marché-Neuf, chez un serrurier,
+attenant la Bariere des Sergents. Le Tableau où est le Privilege du Roy_
+sert d’enseigne.
+
+AVEC PERMISSION.
+
+
+FIN DES APPENDICES.
+
+
+
+
+TABLE ALPHABÉTIQUE
+
+DES PRINCIPALES
+
+MATIÈRES CONTENUES EN CET OUVRAGE[500].
+
+ [500] Afin de continuer à reproduire aussi exactement que possible le
+ livre de Blegny, nous nous sommes conformé pour cette table, comme
+ disposition, texte et orthographe, à celle qu’il a donnée dans sa
+ première édition et qui--nous ignorons pourquoi--ne se retrouve pas
+ dans la seconde. Nous nous sommes contenté d’y faire les additions
+ nécessaires.
+
+
+A.
+
+Abrégé de la science des temps, II, 205.
+
+Académies, I, 120.
+
+Académie de découvertes, I, xlv, xlix, 9.
+
+Académie Françoise (Listes de 1676 et 1705), II, 275, 289.
+
+Accouchements, I, 159 et II, 69.
+
+Adresses casuelles de la ville de Paris, I, xlij.
+
+Affaires ecclésiastiques, I, 15.
+
+Adresses recouvertes après l’impression, II, 68.
+
+Adresses diverses, II, 73.
+
+Adresses (autres) nouvellement recouvertes, II, 177.
+
+Affiches, I, vj, xxxij, xxxiv; II, 345, 357.
+
+Affiches (petites), I, 10.
+
+Afficheurs, II, 75.
+
+Agneaux, I, 292.
+
+Aiguilles, II, 24.
+
+Alimens, I, 289.
+
+Almanachs, I, 193; II, 190.
+
+Almanach spirituel, I, 26.
+
+Amirauté, I, 70.
+
+Andouilles, I, 293-294.
+
+Anchois, I, 302-303.
+
+Animaux, I, 289. (Chair et poisson.)
+
+Apoticaires, II, 69.
+
+Architecture et Maçonnerie, II, 102.
+
+Arcs de carosses, I, 47, 267.
+
+Ardoises, II, 118.
+
+Argenteurs, I, 287.
+
+Armes et Bagages de guerre et de chasse, I, 261.
+
+Armoires, II, 344.
+
+Asnes, I, 264.
+
+Auberges (tables d’Auberges) et Hostels garnis, I, 316.
+
+Avis du Bureau d’adresse (Liste des), II, 302.
+
+Avis généraux, II, 341.
+
+Avis du journal général de France (Liste des), II, 373.
+
+
+B.
+
+Bailliage du Palais, I, 77.
+
+-- du Temple, I, 86.
+
+-- de Saint-Jean de Latran, I, 86.
+
+Bains et Etuves, I, 182.
+
+Balliveaux, II, 122.
+
+Bandages, I, 13.
+
+Banquiers, I, 117.
+
+Banquiers expéditionnaires en cour de Rome, I, 18 et II, 68.
+
+Baromètres, I, 242.
+
+Bas, II, 30.
+
+Bateaux (gardes), I, 111.
+
+Bateurs d’or, II, 46.
+
+Bâtimens du Roy, II, 87.
+
+Bénéfices et Bénéficiers, I, 19.
+
+Bêtes azines, I, 264.
+
+Beurre (Marchandises de), œufs, fromages et légumes, I, 296.
+
+Bible polyglotte, II, 319.
+
+Bibliothèques, I, 129.
+
+Bijouteries, I, 237.
+
+Bijouterie de cire, II, 68.
+
+Billards, I, 274.
+
+Biscuits, I, 301.
+
+Boëtes d’Allemagne, II, 23.
+
+Bœufs, I, 291.
+
+Bois de taillis à vendre, II, 338.
+
+Bonneterie (Ouvrage et Commerce de), II, 28.
+
+Bonnets carrés, II, 75.
+
+Bottes, II, 65.
+
+Bouchons de liège, II, 7.
+
+Boucles d’oreilles, II, 317.
+
+Boulangers, I, 306.
+
+Boules à jouer, I, 274.
+
+Bois à brûler, II, 8.
+
+-- à bâtir.
+
+Boudin blanc, I, 294.
+
+Bouquetières, I, 165.
+
+Bouteilles de poche, II, 42.
+
+Brefs et Bréviaires, I, 192.
+
+Bureau d’Adresses (Listes générales du), II, 332-346, 356, 364.
+
+Bureau des Indes Orientales et Occidentales, I, 108-109.
+
+Bureau d’adresses ou de rencontre, I, xx, xxiv et II, 302.
+
+Bureau des Merciers, II, 18.
+
+Bureaux publics, I, 106.
+
+Buscs et bois d’Evantails, II, 24.
+
+
+C.
+
+Cabarets. V. _Traiteurs_.
+
+Cabinets d’ébeine, II, 353, 382.
+
+Cabinets, I, xxxiv.
+
+Café et cacao, I, 303.
+
+Caffé et chocolat, I, 303.
+
+Caisses de jardin, I, 282.
+
+Calçons et chaussons de chamois, II, 37.
+
+Calendrier, II, 218.
+
+Calottes, II, 75.
+
+Cancers, I, 170.
+
+Canepin, II, 75.
+
+Canifs, II, 48.
+
+Caractères d’imprimerie, I, 194.
+
+Caractères des signes et planètes, II, 200.
+
+Carrafons, I, 303.
+
+Carrières, II, 112, 113.
+
+Carosses de louage, remises, I, 266.
+
+Carosses de route, II, 160.
+
+Carrosses à vendre, II, 323, 325, 348, 359, 367.
+
+Cartes à jouer, I, 274.
+
+Carte généalogique de France, II, 322.
+
+Cartons, II, 27.
+
+Cassolettes philosophiques, I, 243 et II, 35.
+
+Catherinettes, I, x, xij.
+
+Cerisaies à Montmorency, II, 311.
+
+Chair et poisson, I, 289.
+
+Chaircutiers, I, 293.
+
+Chaises de moquette, II, 315, 353.
+
+Chaises de porteur, II, 339.
+
+Chaises roulantes, II, 317, 333, 366.
+
+Chaisnetiers, I, 296.
+
+Chambre des comptes, I, 64.
+
+Chambre souveraine des décimes, I, 85.
+
+Chambre du Trésor, I, 75.
+
+Chancellerie, I, 146; II, 348.
+
+Changements, I, 79.
+
+Chapeaux (Commerce de), II, 38, 63.
+
+Chapeaux à vendre, II, 320.
+
+Charbon de terre, charbon de bois, II, 9.
+
+Charges à vendre, II, 310, 338, 347, 348, 350, 352, 359, 362, 366.
+
+Charrettes de routes, I, 263; II, 174.
+
+Charité (directrices de), I, 23.
+
+Châtelet, I, 70.
+
+Chaux, II, 105.
+
+Chevaux et équipages, I, 264.
+
+Chevaux à vendre, II, 317, 319, 321, 323, 327, 333, 347, 353, 359, 360,
+367.
+
+Cheveux (Ouvrages et Marchandises de), II, 39.
+
+Chiens, I, 273.
+
+Chinoiseries, V. _Lachinage_.
+
+Chirurgiens, II, 68.
+
+Choses diverses à vendre, II, 316.
+
+Cicle solaire, II, 211.
+
+Ciment, II, 105.
+
+Cireure (cirage) de cordonniers, II, 67.
+
+Citrons, I, 302.
+
+Clavecins, I, 205; II, 72.
+
+Clouds, II, 137.
+
+Coches par terre et par eaux, II, 172.
+
+Cochons, I, 292.
+
+Coffres, I, 239.
+
+Coiffeuses, I, 271; II, 41, 73.
+
+Collèges, I, 138.
+
+Colliers de perles à vendre, II, 319, 322, 361.
+
+Commerce des Ouvrages d’or, d’argent, de pierreries, de perles, I, 244.
+
+_Committimus_ (droit de), II, 375.
+
+Conférences, I, 127; II, 86.
+
+Connétablie, I, 75.
+
+Confiseurs, I, 300.
+
+Confituriers I, xxxiij.
+
+Conseils du Roi et Chancellerie, I, 46.
+
+Conserves balsamiques, I, 170.
+
+Consuls, I, 76.
+
+Consultations chirurgicales, I, 158.
+
+Consultations médicinales, I, 151; II, 77.
+
+Contraintes judiciaires, I, 100; II, 343.
+
+Coquillages, I, 236.
+
+Cordes à instruments, I, 215.
+
+Cordonnerie (Ouvrages et Marchandises de), II, 65.
+
+Courriers, II, 249.
+
+Cours des Aides, I, 63; II, 78.
+
+Cours des Monnoyes, I, 69.
+
+Courtiers, Couratiers, I, xij, 10.
+
+Couteliers, Couteaux, II, 47.
+
+Craquelins, Biscuits, Macarons, etc., I, 301.
+
+Crêpes et Crêpons, II, 13.
+
+Creusets, II, 75.
+
+Cristal minéral, I, 175.
+
+Cuirs et vendeurs de cuirs, II, 86.
+
+Cuivre, II, 46.
+
+Curé d’Evry, empirique, I, 156.
+
+Curieuses (Dames), I, 231.
+
+Curieux (Fameux) des Ouvrages magnifiques, I, 216.
+
+Curiosités (Commerce de) et de bijouterie, I, 236.
+
+
+D.
+
+Damasquinerie, I, 240.
+
+Danse, I, 124, 126.
+
+Déclarations du Roy, I, 190.
+
+Découpeurs, I, 62.
+
+Demandes pour acheter, II, 327, 340, 354, 368, 382.
+
+Dents malades, I, 170-172; II, 178.
+
+Dentelles, Points, Boutons, Galons d’or, II, 16-17.
+
+Département des courriers, II, 249.
+
+Descentes (Bandages), I, 12, 173 et II, 85.
+
+Diamants du Temple, I, 248; II, 316.
+
+Diamants à vendre, II, 322.
+
+Docteurs et Licentiez en droit, I, 87.
+
+Domestiques, I, vj; II, 49, 344, 358, 376.
+
+Doreurs, Argenteurs, I, 287.
+
+Draperies, II, 11, 314.
+
+Drogueries, I, 165.
+
+Drogueries chimiques, I, 175.
+
+Drogueries étrangères et de Montpellier, I, 175.
+
+Durée des jours et des nuits, II, 242.
+
+
+E.
+
+Eau catholique de Paracelse, II, 320-321.
+
+Eau de Cordoue, I, 172; II, 34.
+
+Eaux distillées, I, 175.
+
+Eaux et forêts, I, 76.
+
+Eau histerique, I, 172.
+
+Eau rouge de la reine d’Hongrie, I, 172.
+
+Eaux minérales, I, 175.
+
+Eaux de vie, I, 176.
+
+Echets, I, 274.
+
+Ecoles (petites), I, 18.
+
+Ecole médicinale, I, 141.
+
+Ecrans, II, 22.
+
+Eclipses, II, 242.
+
+Ecritoires, II, 27.
+
+Ecrivains jurés, I, 249; II, 53.
+
+Edits et déclarations du Roy, I, 190.
+
+Eolipiles, II, 324.
+
+Eguilles et Epingles, II, 24.
+
+Election, I, 77.
+
+Emailleurs, I, 242.
+
+Emplâtre de la manufacture royale, I, 13.
+
+Epacte et Lunaisons, II, 213.
+
+Epiciers, I, xxxiij, 302; II, 5-6.
+
+Epiceries et autres denrées domestiques, II, 5.
+
+Essences de Rome et de Gènes, II, 33.
+
+Essence végétale, I, 14, 172.
+
+Estampes et tableaux, I, 239.
+
+Etoffes à meubler, I, 284.
+
+Etoffes indiennes, II, 13.
+
+Etoffes d’Italie, II, 13.
+
+Etoffes de soie d’or et d’argent, I, 272 et II, 13.
+
+Etoffes de l’Apport-Paris, II, 339.
+
+Etuves ordinaires, I, 182.
+
+Evantails, II, 20.
+
+Exercices (Nobles) pour la belle éducation, I, 253.
+
+Exercices de piété, I, 21.
+
+Experts Ecrivains, II, 53.
+
+-- Arithméticiens, II, 54.
+
+-- Maçons, Charpentiers, II, 54.
+
+-- Couvreurs, II, 54.
+
+-- Généalogistes, II, 53.
+
+
+F.
+
+Fabrique des Monnoyes, II, 245.
+
+Fayences, I, 283; II, 43.
+
+Fer (Ouvrages et Marchandises de), II, 129.
+
+Fer blanc, II, 46, 131.
+
+Fermiers généraux, I, 28, 32; II, 79.
+
+Ferme à vendre, II, 313.
+
+Ferrailles, II, 129.
+
+Fêtes mobiles, II, 217.
+
+Feux d’artifices, I, 272.
+
+Figures de plâtre bronzées, I, 241.
+
+Fileurs d’or, II, 46.
+
+Finances royales, I, 26, 33.
+
+Flûtes et Flageollets, I, 212.
+
+Foires (Etat des plus considérables), II, 266.
+
+Fontainiers, II, 155.
+
+Fourneaux, II, 75.
+
+Fourrures, II, 35, 38.
+
+Frère Ange, empirique, I, 157.
+
+Frères cordonniers, II, 67, 322.
+
+Frères tailleurs, II, 61.
+
+Friperie, II, 60.
+
+Fromages, I, 297.
+
+Fruiterie (offices de), I, 300.
+
+Fruits secs I, 302.
+
+
+G.
+
+Gants (marchandises des gantiers et parfumeurs), II, 31.
+
+Garçons de métier, II, 50.
+
+Garçons de cuisine et de cabaret, II, 49.
+
+Garnitures de rubans, II, 24.
+
+Gazettes, I, xvij, xxix, 193.
+
+Généalogies, II, 53.
+
+Gibecières, I, 273.
+
+Gobelins, II, 92-93.
+
+Glaces de miroirs, II, 141, 142.
+
+Grand Conseil, I, 61.
+
+Grains balsamiques, I, 13, 171.
+
+Grains dépuratifs du sang, I, 172.
+
+Graines de jardins, I, 282.
+
+Graveurs en taille douce, II, 68.
+
+Graveurs de médailles, II, 153.
+
+Graveurs en lettres, II, 152.
+
+Graveurs en pierre, II, 153.
+
+Greffiers du Parlement, I, 94.
+
+Grenailles, I, 248.
+
+Grenier à sels, I, 79.
+
+Guainiers, II, 37, 49, 74.
+
+Guinguettes, II, 305.
+
+Guipures, II, 17.
+
+Guitarre, I, 211.
+
+
+H.
+
+Habillements (habits d’hommes et de femmes), II, 58.
+
+Habits et manteaux à vendre, II, 319.
+
+Habits faits de théâtre et de mascarade à quatre pistoles par an, I, 271
+et II, 62.
+
+Hameçons, I, 296.
+
+Harans, I, 295.
+
+Hautbois, I, 212.
+
+Herbages, I, 165.
+
+Hôtel de Ville, I, 75.
+
+Heures, I, 192.
+
+Horlogers. V. _Orlogeurs_.
+
+Hospitaux (Administration des), I, 112.
+
+Hostels garnis et tables d’Auberges, I, 316.
+
+Huile d’amandes et autres tirées sans feu, I, 175.
+
+Huile d’olive, II, 5.
+
+Huissiers, I, 100.
+
+Hydromètres, I, 242.
+
+Hypocras, I, xxxiij.
+
+
+I.
+
+Immeubles à louer, à vendre, à échanger, II, 304.
+
+Indiction romaine, II, 212.
+
+Instructions (premières) de la jeunesse, I, 248.
+
+Instruments mathématiques et de chirurgie, II, 48.
+
+Instruments à vents, I, 212; II, 72.
+
+
+J.
+
+Jambons, I, 293.
+
+Jardin médicinal, I, 26.
+
+Jardin Royal, II, 87.
+
+Jardinages, I, 275.
+
+Jartières, II, 23.
+
+Jeûnes et solemnitez, II, 215.
+
+Jurés bourgeois, II, 54.
+
+Jouailleries, II, 23.
+
+Juges et Consuls, I, 76.
+
+_Journal des avis et affaires de Paris_, I, xxxv.
+
+_Journal des Savants_, I, 191.
+
+_Journal du Bureau de rencontre_, I, xxxix.
+
+Juridiction des Poudres et Salpêtres, I, 79.
+
+-- des Garennes, _ibid._
+
+-- du Chantre Notre-Dame, I, 17, 20.
+
+
+L.
+
+Laboratoire du sieur de Blégny, I, 169.
+
+Lachinage, I, 239.
+
+Lait d’anesses, de chèvres ou de vaches, II, 72.
+
+Lancettes, II, 47.
+
+Lapins, I, 273.
+
+Laquais, II, 50, 344, 358, 376.
+
+Lard, I, 293.
+
+Leçons particulières, I, 138.
+
+Leton, II, 46.
+
+Lettre Dominicale, II, 211.
+
+Librairie (impressions et Commerce de), I, 19, 185.
+
+Lieux où se trouveront tous les quinze jours les livres d’avis, II, 330.
+
+Linges, points et dentelles, II, 15.
+
+Lingots d’or et d’argent, I, 248.
+
+Lits, I, 284, 285.
+
+Lits à vendre, II, 314, 315, 334, 352, 360, 361, 368.
+
+Litières, I, 267.
+
+Livres d’avis, II, 330.
+
+Livres de Mathématiques, I, 190.
+
+Livres de Médecine, I, 162, 163, 190.
+
+Livres de piété et d’église, I, 20, 26.
+
+Lods et ventes, II, 309.
+
+Loupes, I, 174.
+
+Lustres et girandoles, II, 143.
+
+Luths, I, 211.
+
+
+M.
+
+Macarons, I, 301.
+
+Machinistes, II, 121.
+
+Maçonnerie (lieutenant général de la), I, 78; II, 102.
+
+Maçons et Manœuvres, II, 102.
+
+Magistrats (principaux), I, 55.
+
+Maisons à louer, II, 305-308, 333, 362.
+
+Maisons à vendre, II, 308-313, 334-337, 349, 351, 367, 368.
+
+Maladies vénériennes, I, 171.
+
+Maladies des yeux et des oreilles, I, 174.
+
+Marchandises d’Outre-Mer, II, 20.
+
+-- de Dieppe, II, 22.
+
+-- de Saint-Claude, II, 23.
+
+Maréchaussée, I, 75.
+
+Marionnettes et Manequins, I, 272.
+
+Marqueterie, I, 286.
+
+Manufactures des ouvrages du Roy, II, 87.
+
+Maroquins, I, 109; II, 38.
+
+Masques, I, 271.
+
+Matériaux à bâtir, II, 105.
+
+Mathématiques, I, 146, 254 et II, 71.
+
+Matières métalliques (Commerce de diverses matières), II, 45.
+
+Matières médicinales, I, 164.
+
+Médailles, I, 130, 221, 223, 225, 227, 230; II, 382.
+
+Médecine et Médecins, I, 150.
+
+Médecine ordinaire, I, 150.
+
+Médecine empirique, I, 156.
+
+Médecins jurés, II, 52.
+
+Melons, I, 303.
+
+Menus Plaisirs, I, 269.
+
+Menuiserie, II, 121.
+
+Menuisiers en ébène, II, 353.
+
+Mercerie, Quincaillerie (Commerce de), II, 18.
+
+_Mercure galant_, I, 193.
+
+Mercure d’or, I, 13.
+
+Messageries, II, 166.
+
+Meubles à vendre, II, 314.
+
+Meubles de la Chine, I, 236, 240.
+
+Meubles ordinaires et Tapisseries, I, 283.
+
+Meubles d’orfévrerie, II, 73.
+
+Meubles vieux, I, 287.
+
+Migniatures, II, 97, 98.
+
+Miroirs, II, 21, 140, 353, 361.
+
+Mirouettiers, II, 21, 140, 353, 361.
+
+Moëllons, II, 107, 113.
+
+Monnoies (Fabrique des nouvelles), II, 244.
+
+Montres à vendre, II, 322, 361.
+
+Morrhues, I, 295.
+
+Mouches, II, 76.
+
+Moulin à blé à vendre, II, 324.
+
+Moutons, I, 291.
+
+Mulets, I, 264.
+
+Musettes, I, 212.
+
+Musique, I, 204.
+
+
+N.
+
+Nombre d’or, II, 210.
+
+Nomenclateurs, I, vj, 7.
+
+Nourrices, II, 49.
+
+Nourriture, I, 289.
+
+
+O.
+
+Œufs, I, 296.
+
+Officialité, I, 16, 18, 21.
+
+Officiers nouveaux, Metteurs à bord et gardes bateaux, I, 111.
+
+Olives, I, 303.
+
+Omissions et changements, I, 79.
+
+Opérations chirurgicales, I, 157 et II, 68.
+
+Opérateurs pour la pierre, la cataracte, les dents, I, 160.
+
+Orlogeurs, II, 73, 349, 361.
+
+Oranges, I, 302.
+
+Ordonnances (Nouvelles), I, 186.
+
+Orgues, I, 205, 206; II, 316.
+
+Orvietan, I, 169.
+
+Ouvrages exquis de peinture et de sculpture, II, 92.
+
+Ouvrages et bois de Menuiserie, II, 121.
+
+Ouvrages et fournitures de Charpente, II, 115.
+
+Ouvrages et fournitures de Couvreurs, II, 118.
+
+Ouvrages d’or, d’argent, de pierreries, de perles, etc. (Commerce des),
+I, 244.
+
+
+P.
+
+Panneterie et Patisserie, I, 304.
+
+Paniers à fruits, I, 301.
+
+Papetiers (Marchandises de), II, 26.
+
+Parfumeurs (Marchandises des), II, 31.
+
+Parlement, I, 86.
+
+Parties casuelles, I, 38, 108.
+
+Pastel, II, 99.
+
+Patissiers, I, 300, 304.
+
+Paveurs (Ouvrage des), II, 157.
+
+Peaux pour les chapeliers, II, 38.
+
+-- pour les foureurs, II, 38.
+
+Peaux de mouton en chamois, II, 36.
+
+-- de chagrin, II, 37.
+
+Peintures, sculptures, dorures, II, 144.
+
+Peintres, II, 178; ouvrages de peinture, II, 92, 144.
+
+Pelleterie et fourrure, II, 35.
+
+Penitencier (grand), I, 17.
+
+Pendules à vendre, II, 349.
+
+Pension pour les malades, I, 178.
+
+Pensions et répétitions pour les écoliers, I, 138, 249.
+
+Perles, I, 248; II, 319, 322, 361.
+
+Perruques, I, xxxiij; II, 40.
+
+Philosophes, I, 123.
+
+Pieds de porc à la Sainte-Menehould, I, 294.
+
+Pierre (qualité et coupe de la), II, 111, 114, 115.
+
+Pierreries, I, 247.
+
+Pigeons, I, 273.
+
+Pistaches, I, 304.
+
+Placages (meubles de), I, 286.
+
+Plâtre, II, 105.
+
+Plomb en balles et grains, II, 46.
+
+Plomberies (Ouvrages de), II, 155.
+
+Planches de Bateaux, I, 121, 122.
+
+Plumes d’acier, II, 76.
+
+Points, II, 17.
+
+Poissons, I, 294, 295.
+
+Police, I, 186.
+
+Portraits en cire, II, 69.
+
+Porcelaines, I, 239 et II, 42.
+
+Porcs, I, 292.
+
+Poteries, Carrelage, Vuidange, II, 158.
+
+Poulmoniques (Conserve et liqueur pour les), I, 170.
+
+Précisions chronologiques et historiques des temps, II, 209.
+
+Prévôté de l’Hôtel du Roy et de la Ville, I, 74.
+
+Prévôt des Marchands, I, 75.
+
+Prieur médecin, I, lv, 157.
+
+Prisonniers (pauvres), I, 24.
+
+Privilégiez, Privileges à vendre, II, 77.
+
+Prix des Ouvrages de Maçonnerie, II, 105.
+
+-- de Charpente, II, 116.
+
+-- de Menuiserie, II, 122.
+
+-- de Couvreurs, II, 119.
+
+-- des marchandises de fer, II, 131.
+
+-- des Glaces, II, 143.
+
+-- des Pavés, II, 157, 158.
+
+-- des Ouvrages de Sculpture, peinture et dorure, II, 146.
+
+-- des Plombs, II, 156.
+
+-- des Nattes et Frottages, II, 156, 160.
+
+-- des Vitres, II, 138, 139, 140.
+
+Proxenêtes (courtiers antiques), I, vij, viij.
+
+
+Q.
+
+Quincailliers, II, 25.
+
+
+R.
+
+Rabats, II, 73.
+
+Recommanderesses, I, x; II, 49.
+
+Recueil de vers, II, 325.
+
+Remarques sur la durée des jours et des nuits, II, 242.
+
+-- sur les systèmes du monde, II, 203.
+
+Remèdes pour les chevaux, I, 69.
+
+Remèdes du Roi, I, 170.
+
+Rentes de l’Hôtel de Ville, I, 42.
+
+Répétitions pour les écoliers, I, 138, 249.
+
+Requestes de l’Hôtel du Roy, I, 78.
+
+-- du Palais, I, 78.
+
+Rocfort, fromage, I, 299.
+
+Roulliers et charrettes de routes, II, 174.
+
+Rubans, II, 20.
+
+
+S.
+
+Sable, II, 157.
+
+Sages femmes jurées, II, 69.
+
+Saignée, I, 159.
+
+Savons, II, 7, 33.
+
+Savoyards, II, 21.
+
+Science des Temps, II, 205.
+
+Sculpteurs, II, 92, 145.
+
+Sculpture (Ouvrages de), II, 145.
+
+Séances des Tribunaux, I, 78.
+
+Secret pour guérir le _Miserere_, II, 324.
+
+Secrétaires du Roy, I, 54.
+
+Secrétaires et Greffiers, I, 93.
+
+Sel policreste, I, 169.
+
+Sergens, I, 100.
+
+Seringues, II, 77.
+
+Sermons, I, 200, 201.
+
+Serrures, II, 136.
+
+Servantes, I, x; II, 49.
+
+Sirop de vanille, I, 177.
+
+-- de thé, febrifuge, I, 177.
+
+Soies, II, 9.
+
+Souliers, II, 67.
+
+Squelettes, II, 77.
+
+Sucres, II, 6.
+
+Suif, II, 8.
+
+Supputation des Epoques, II, 210.
+
+Systêmes du monde, II, 203.
+
+
+T.
+
+Table de Marbre (juridiction de la), I, 78.
+
+Tableaux, I, 239.
+
+Tableaux à vendre, II, 360.
+
+Tablettes à vendre, II, 359.
+
+Tablettes d’Alary, I, 177.
+
+Tablettes de poche, I, 243.
+
+Taillandiers, II, 47.
+
+Tailleurs, II, 59, 60, 61.
+
+Tambours, I, 263.
+
+Tamis, II, 77.
+
+Tapisseries à vendre, II, 314, 336, 350, 361.
+
+Tapissiers fripiers, I, 287; II, 326.
+
+Tapisseries et Meubles ordinaires, I, 283.
+
+Tapisseries de cuir doré, I, 286.
+
+-- d’Auvergne, II, 340.
+
+-- de la Savonnerie, II, 320, 326.
+
+-- de Flandres, I, 283.
+
+-- de Beauvais, I, 283.
+
+-- d’Aubusson, I, 283.
+
+-- de Bergame et de Rouen, I, 284.
+
+Tarif des nouvelles monnoyes, II, 244.
+
+Temporalité, I, 79.
+
+Tentes et pavillons de guerre, I, 262.
+
+Tentures de haute lice, I, 283; II, 315.
+
+Terre cizellée, I, 240.
+
+Théorbes, I, 210; II, 326.
+
+Terres, fiefs et seigneuries à vendre, II, 337, 338, 349, 360, 363, 367.
+
+Thériaque de Rouvière, I, 167.
+
+Thermomètres, I, 242.
+
+Tireurs d’or, II, 46.
+
+Toiles cirées, II, 76.
+
+Tontine, I, 44.
+
+Tourneurs, II, 51, 103-104.
+
+Traiteurs, I, 314, 315, 319.
+
+Treillis d’Allemagne, II, 13.
+
+Trésor des Almanachs, II, 193.
+
+Trésor d’Esculape, II, 177.
+
+Trésor Royal (Gardes du), I, 28.
+
+Trésoriers, I, 38, 53.
+
+Tribunaux, I, 78.
+
+Triquetracts, I, 274.
+
+Trompettes et timbales, I, 215; II, 73.
+
+Truffles, II, 71.
+
+Tuiles, II, 119.
+
+Tuyaux de tolle de fer à brûler du bois sans fumée, II, 76.
+
+
+V.
+
+Vacations des Tribunaux, I, 86.
+
+Vaches de Roussy, II, 37, 38.
+
+Volailles, I, 292.
+
+Vapeurs, I, 171; II, 79.
+
+Veaux, I, 291.
+
+Verre (Vitriers), II, 44, 138.
+
+Verrerie (Commerce des Verriers), II, 41.
+
+Vérifications et rapports de jurez, II, 52.
+
+Vins de liqueurs, I, 301.
+
+Vins (Marchandises et aprest de), I, 309 et II, 318, 324.
+
+Violle et Viollon, I, 209, 210 et II, 317.
+
+Vieux papiers et parchemins, II, 28.
+
+Vitriers (Ouvrage des), II, 138.
+
+Voyer, I, 109.
+
+
+Y.
+
+Yeux artificiels, II, 75.
+
+
+
+
+TABLE DU TOME II.
+
+
+ Pages.
+ Suite du _Livre commode_ 5
+ Table générale des Articles 181
+ Trésor des Almanachs pour l’année bissextile 1692 187
+
+ Appendice.
+ Liste de Messieurs de l’Académie françoise en janvier 1676 275
+ Liste de l’Académie françoise (1705) 289
+ Liste des avis du Bureau d’adresse (janvier 1670) 302
+ Liste générale du Bureau d’adresse et d’avis (7 aoust 1688) 332
+ Liste générale du Bureau d’adresse et de rencontre
+ (1 mars 1689) 346
+ Liste générale du Bureau d’adresse et de rencontre
+ (1 avril 1689) 356
+ Liste générale du Bureau d’adresse et de rencontre (1 may 1689) 364
+ Liste des avis du Journal général de France (18 novembre 1693) 371
+
+ Table alphabétique des matières contenues dans les deux Volumes 387
+
+
+FIN.
+
+
+
+*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 75206 ***
diff --git a/75206-h/75206-h.htm b/75206-h/75206-h.htm
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+ <title>Le livre commode des adresses de Paris | Project Gutenberg</title>
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+ <style>
+
+p { text-align: justify; line-height: 1.2em; text-indent: 1.5em;
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+</head>
+<body>
+<div style='text-align:center'>*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 75206 ***</div>
+<div class="x-ebookmaker-drop c"><img src="images/cover.jpg" alt=""></div>
+<div class="x-ebookmaker-drop break"></div>
+<h1 class="top2em"><span class="xsmall">LE</span><br>
+<span class="large">LIVRE COMMODE</span><br>
+DES ADRESSES DE PARIS<br>
+<span class="small">pour 1692</span></h1>
+
+<p class="c">par<br>
+ABRAHAM DU PRADEL<br>
+(<span class="small">NICOLAS DE BLEGNY</span>)</p>
+
+<p class="c"><i>Suivi d’appendices,<br>
+précédé d’une introduction, et annoté</i><br>
+par<br>
+<span class="large">ÉDOUARD FOURNIER</span></p>
+
+<p class="c large"><span class="sc">Tome</span> II</p>
+
+
+<p class="c gap"><span class="large">PARIS</span><br>
+<span class="sc">Paul DAFFIS</span>, <span class="small">ÉDITEUR-PROPRIÉTAIRE</span><br>
+<span class="xsmall">DE LA BIBLIOTHÈQUE ELZEVIRIENNE</span><br>
+7, rue Guénégaud</p>
+
+<p class="c small">M DCCC LXXVIII</p>
+
+<div class="break"></div>
+
+<p class="c top2em">OUVRAGES DU MÊME AUTEUR.</p>
+
+
+<p class="drap"><i>Histoire de la Butte des Moulins</i>, suivie d’une étude historique
+sur les demeures de Pierre Corneille à Paris,
+avec deux vues de la Butte en 1551 et 1652. Beau
+volume in-18, papier vélin.
+<span class="fl">3 fr. 50</span></p>
+
+<p class="drap"><i>Le Vieux Neuf.</i> Seconde édition, refondue et considérablement
+augmentée. 3 vol. gr. in-18.
+<span class="fl">15 fr.</span></p>
+
+<p class="drap"><i>L’Esprit des autres.</i> 5<sup>e</sup> édition refondue et considérablement
+augmentée. 1 vol. in-18. (Sous presse.)</p>
+
+
+<p class="c gap">Imprimerie Gouverneur, G. Daupeley à Nogent-le-Rotrou.<br>
+Caractères elzeviriens de la Librairie Daffis.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p5">-5-</span></p>
+
+<h2 class="nobreak" title="Suite du Livre commode">&nbsp;</h2>
+
+<h3 id="c1">ÉPICERIES<br>
+<span class="small">ET AUTRES DENRÉES DOMESTIQUES.</span></h3>
+
+
+<p>Pour le Bureau des Epiciers et Droguistes,
+voyez l’article de la matiere Medecinale<a id="FNanchor_1" href="#Footnote_1" class="fnanchor">[1]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1" href="#FNanchor_1"><span class="label">[1]</span></a> T. I, p. 164.</p>
+</div>
+<p>Messieurs Jourdan rue saint Denis au Cheval
+blanc<a id="FNanchor_2" href="#Footnote_2" class="fnanchor">[2]</a>, Lion rue de la Truanderie<a id="FNanchor_3" href="#Footnote_3" class="fnanchor">[3]</a>, Chabouillé
+rue de la Poterie, Mercier rue de la Verrerie, du
+Bois rue Quinquempoix, etc., tiennent magasin
+d’Epiceries domestiques, de Sucre, d’Huiles, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_2" href="#FNanchor_2"><span class="label">[2]</span></a> Dans l’édit. précéd., p. 31, il est qualifié « epicier
+grossier », — c’est-à-dire en gros — et nommé seul,
+comme faisant « gros commerce d’huiles d’olive et des fruits
+de Provence ». A la suite, se trouve cet autre article omis
+ici : « M. Petit, Chef au Chevalier du Guet, fait venir
+beaucoup de caffé, de cacao, etc. » <i>Chef</i> se prenoit à la
+cour et dans les grandes hôtelleries avec le sens qu’il a encore.
+On disoit suivant Richelet : chef de gobelet, chef
+d’échansonnerie, chef de panneterie, etc.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_3" href="#FNanchor_3"><span class="label">[3]</span></a> « Lion, rue Jean de l’Épine, à l’enseigne de la Ville
+de Tours, tient magasin de fruits secs, d’eaux de vie, et de
+diverses autres sortes de drogueries. » Édit. 1691, p. 31.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p6">-6-</span> M. Barre rue Quinquempoix<a id="FNanchor_4" href="#Footnote_4" class="fnanchor">[4]</a>, tient grand
+magasin de Sucre, rafinage de Roüen<a id="FNanchor_5" href="#Footnote_5" class="fnanchor">[5]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_4" href="#FNanchor_4"><span class="label">[4]</span></a> « Joignant la Chambre des assurances. » Édit. 1691,
+p. 31. Les assurances, dont la Chambre est indiquée ici,
+étoient les <i>assurances maritimes</i>, constituées en 1681, et
+pour lesquelles un édit de mai 1686 avoit autorisé une
+compagnie.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_5" href="#FNanchor_5"><span class="label">[5]</span></a> Le sucre du raffinage de Rouen, fait avec le produit
+de nos îles d’Amérique, étoit de ceux qui ne payoient pas
+de droits de sortie. On en consommoit à Paris beaucoup
+de cette provenance, comme on le verra plus loin. — Le
+sucre entroit pour une très-grande part dans le commerce
+des épiciers. Les apothicaires, communauté qui
+leur touchoit de très-près, le leur avoient, nous l’avons
+vu (t. I, p. 164), fort longtemps disputé, comme une sorte
+de monopole, dont ils pouvoient seuls disposer. Ils avoient
+pour eux le proverbe : « On ne prend pas un apothicaire
+sans sucre », mais cela ne suffisoit pas. Il falloit un privilége.
+Ce fut à qui l’auroit des deux corporations. Un
+arrêt de la Cour, du 27 novembre 1652, attribua aux
+épiciers le droit exclusif des confitures, sirops « restant des
+dites confitures », dragées, etc. Ce ne fut pas assez. Ces
+sucreries n’étoient pas le sucre, auquel prétendoit si ardemment
+l’épicerie. Il y eut un procès, dont Gui Patin a parlé
+(anc. édit., t. I, p. 38 ; II, 134). Les épiciers l’emportèrent.
+Nous trouvons, en effet, dans un arrêt du
+1<sup>er</sup> septembre 1689 : « Défense à autres que marchands
+épiciers de vendre aucun poivre, <i>sucre</i>, clous de giroffle,
+savon, huile, muscade, etc., à peine de confiscation, et cinq
+cents francs d’amende. » La querelle, apaisée à Paris, ne
+le fut pas en province. Un siècle après, par exemple,
+nous l’avons dit aussi, t. I, p. 164, elle s’étoit réveillée entre
+les apothicaires et les épiciers de Chartres. — Les épiciers
+de Paris faisoient un tel commerce de sucre, pour l’exportation,
+que le naufrage d’un navire venant de Rouen en fit
+perdre à l’un d’eux pour 8000 livres, à la fin de 1660.
+(V. Loret, t. III, p. 295.)</p>
+</div>
+<p>Le Sieur Chambellan rue de Baffroy fauxbourg
+saint Antoine, vend en gros du plus beau Miel
+blanc, du Miel commun, etc.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p7">-7-</span> La Manufacture de Savon d’Alicanthe<a id="FNanchor_6" href="#Footnote_6" class="fnanchor">[6]</a> est au
+même Fauxbourg rue de Charonne.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_6" href="#FNanchor_6"><span class="label">[6]</span></a> Ce savon blanc jaspé, fait avec de la soude d’Alicante,
+passa jusqu’à la fin du dernier siècle pour être le meilleur
+de tous. En 1655, les fruitiers s’étoient mis à en vendre.
+Les épiciers firent opérer des saisies. Le 25 avril, on en
+faisoit une chez Henry Hue, qui a été nommé plus haut, et
+qui demeuroit rue de la Cossonnerie. Il s’agissoit de « huit
+pains de savon d’Alicante ».</p>
+</div>
+<p>Le Sieur Moüèvre qui demeure rue Bertin
+Poirée, fait et vend au cent et au millier des
+Bouchons de liege<a id="FNanchor_7" href="#Footnote_7" class="fnanchor">[7]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_7" href="#FNanchor_7"><span class="label">[7]</span></a> On les faisoit venir des Landes, où ils se fabriquoient
+au couteau. <i>V.</i> Pomet, <i>Histoire des Drogues</i>, chap. <i>liége</i>.
+Pomet, historien des drogues, étoit lui-même épicier droguiste.</p>
+</div>
+<p>Pour les Droguistes de parfums, voyez l’article
+des Gantiers parfumeurs.</p>
+
+<p>Pour les Fruits de Provence, de Portugal, de
+la Chine, etc., voyez aux Offices de Fruiterie.</p>
+
+<p>Pour les Drogueries, voyez l’article des matieres
+Medecinales.</p>
+
+<p>On tient à la Halle les Mercredis et Samedis
+un marché franc pour la Chandelle, où elle n’est
+vendue en gros que six sols la livre.</p>
+
+<p>Il y a une manufacture de tres belle Chandelle
+rue Neuve saint Mederic, où elle est vendue huit
+sols la livre.</p>
+
+<p>Il y a une autre manufacture de Chandelle
+fauxbourg saint Antoine devant la Halle, où la
+plus belle Chandelle n’est qu’à sept sols la
+livre<a id="FNanchor_8" href="#Footnote_8" class="fnanchor">[8]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_8" href="#FNanchor_8"><span class="label">[8]</span></a> Cette manufacture de chandelles étoit tenue, en 1676,
+par un nommé Orléans, qui, ayant voulu joindre à la vente
+de ses produits celle de l’huile d’olive, absolument interdite
+aux chandeliers, dut subir, le 14 mars, une saisie, dont
+nous avons vu le procès-verbal imprimé. — Il se trouvoit,
+au même faubourg, une autre fabrique de chandelles tenue
+par les frères Brès. (<i>Correspondance du Contrôleurs généraux</i>,
+n<sup>o</sup> 1177.)</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p8">-8-</span> Le marché au Suif<a id="FNanchor_9" href="#Footnote_9" class="fnanchor">[9]</a> se tient tous les Jeudis
+dans la vieille place aux Veaux<a id="FNanchor_10" href="#Footnote_10" class="fnanchor">[10]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_9" href="#FNanchor_9"><span class="label">[9]</span></a> On savoit déjà l’épurer avec une certaine perfection,
+et l’on obtenoit ainsi des « chandelles de suif, façon de
+bougies », pour lesquelles un valet de chambre de Monsieur
+avoit obtenu privilége en 1669. — Plus tard, à la fin de
+mars 1728, s’ouvrit, rue Saint-Martin, à l’Hôtel des Quatre
+Provinces, une fabrique de chandelles d’une épuration plus
+irréprochable encore. V. un fragment des <i>Nouvelles à la
+main</i> de cette époque dans le <i>Bullet. des Biblioph.</i> 1846,
+p. 860.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_10" href="#FNanchor_10"><span class="label">[10]</span></a> Elle se trouvoit entre la rue Saint-Jacques-la-Boucherie
+et la rue Planche-Mibray. La famille des Saint-Yon, qui,
+au <small>XIV</small><sup>e</sup> siècle, y tenoit sa boucherie, lui avoit longtemps
+donné son nom. On l’appela <i>la Vieille Place aux Veaux</i> à
+partir de 1646, lorsqu’une nouvelle place eut été créée pour
+ce marché, sur le quai des Ormes.</p>
+</div>
+<p>Le Grenier à Sel est à l’entrée du quay de la
+Mégisserie et rue saint Germain l’Auxerrois<a id="FNanchor_11" href="#Footnote_11" class="fnanchor">[11]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_11" href="#FNanchor_11"><span class="label">[11]</span></a> Il étoit près de la rue de la Saunerie, qui lui devoit
+son nom.</p>
+</div>
+<p>Pour les Œufs, Beurre, Fromages et Legumes,
+voyez l’article de ces denrées.</p>
+
+<p>Les Chantiers où se vendent les Bois à bruler,
+sont à la porte saint Antoine, à la porte saint
+Bernard, et à la Grenouillere<a id="FNanchor_12" href="#Footnote_12" class="fnanchor">[12]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_12" href="#FNanchor_12"><span class="label">[12]</span></a> Le quai d’Orsay, aujourd’hui. Quand furent bâtis les
+hôtels de la rue de Lille, les propriétaires se plaignirent de
+ces chantiers, qui leur masquoient la Seine, et qui étoient,
+pour eux, un continuel danger d’incendie. Ils ne purent
+rien obtenir. Les <i>mss.</i> légués par Beffara à l’Hôtel de Ville
+contenoient à ce sujet de curieuses pièces. Ces chantiers ont
+existé jusqu’à nos jours. Le palais de la Cour des Comptes
+a remplacé le dernier, qui étoit immense. C’est dans un
+autre plus rapproché de la rue de Bourgogne, qu’Adrienne
+Lecouvreur, à qui l’Église refusoit une sépulture en terre
+sainte, fut clandestinement enterrée en 1730.</p>
+</div>
+<p>On vend aussi du Bois neuf, des Cottrets et
+<span class="pagenum" id="p9">-9-</span> des Fagots sur le quay de l’Ecole<a id="FNanchor_13" href="#Footnote_13" class="fnanchor">[13]</a>, sur le quay
+de la Grève, et au Port saint Paul.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_13" href="#FNanchor_13"><span class="label">[13]</span></a> Le <i>Pédant joué</i>, de Cyrano de Bergerac (acte II,
+scène 4), a rendu célèbres, nous l’avons déjà dit, les cotrets
+du quai de l’École. « <span class="sc">Granger.</span> Eh ! qu’allois-tu
+faire à l’École, baudet ? — <span class="sc">Corbinelli.</span> Mon maître s’étant
+souvenu du commandement que vous lui avez fait d’acheter
+quelque bagatelle qui fût rare à Venise, et de peu de
+valeur à Paris, pour en régaler son oncle, s’étoit imaginé
+qu’une douzaine de cotrets n’étant pas chers, et ne s’en
+trouvant pas par toute l’Europe de mignons comme en
+cette ville, il en devoit porter là bas : c’est pourquoi nous
+passions par l’École pour en acheter. »</p>
+</div>
+<p>Le Charbon se vend sur le Port de la Grève.</p>
+
+<p>On trouve quelquefois sur les Ports et dans
+les Chantiers du Bois de rebut qui se donne à
+bon marché.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c2">ETOFFES.</h3>
+
+
+<p>Le Bureau des Marchands Drapiers est dans
+la rue des Déchargeurs<a id="FNanchor_14" href="#Footnote_14" class="fnanchor">[1]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_14" href="#FNanchor_14"><span class="label">[1]</span></a> Le portail de cette maison des Drapiers, d’un beau
+style dorique, dont Piganiol (t. II, p. 176) regrette qu’on
+eût trop tôt gâté les sculptures « par une couleur à l’huile »,
+avoit été construit, avant 1675, par Jacques Bruant. On
+l’a conservé, lorsque la maison fut démolie, et il sera
+rétabli, tel qu’il étoit, dans l’ancien jardin de l’hôtel Carnavalet.</p>
+</div>
+<p>Celuy des Marchands Merciers Grossiers, qui
+vendent les Etoffes de soyes et autres petites
+Etoffes, sera indiqué dans l’article de la Mercerie.</p>
+
+<p>Pour les petites Etoffes de l’aport de Paris,
+<span class="pagenum" id="p10">-10-</span> voyez l’article des Tapisseries et Marchandises
+ordinaires.</p>
+
+<p>Entre les Marchands Drapiers qui ont de gros
+fonds et qui font de grandes fournitures, sont
+dans la rue saint Honoré<a id="FNanchor_15" href="#Footnote_15" class="fnanchor">[2]</a> :</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_15" href="#FNanchor_15"><span class="label">[2]</span></a> « Depuis les piliers des Halles, dit Sauval (t. I, p. 142),
+jusqu’à la rue d’Orléans, ce ne sont que gros marchands
+merciers. »</p>
+</div>
+<p>Messieurs de Vins au Grand Loüis<a id="FNanchor_16" href="#Footnote_16" class="fnanchor">[3]</a> ; les frères
+Berny au Château couronné ; Faré et Paris au
+Grand Monarque, Charon au chateau de Vincenne,
+Yon au Grand Turc<a id="FNanchor_17" href="#Footnote_17" class="fnanchor">[4]</a>, Boucher au Lion
+d’argent<a id="FNanchor_18" href="#Footnote_18" class="fnanchor">[5]</a>, le Large à la Clef d’argent, et Forquin
+au Croissant d’argent, rue de l’Arbre sec,
+Messieurs les frères Brochand à la Trinité<a id="FNanchor_19" href="#Footnote_19" class="fnanchor">[6]</a> ;
+<span class="pagenum" id="p11">-11-</span> près l’aport de Paris, Messieurs Tourau<a id="FNanchor_20" href="#Footnote_20" class="fnanchor">[7]</a> au
+Cheval noir, Revelois<a id="FNanchor_21" href="#Footnote_21" class="fnanchor">[8]</a> et Arsan à la Croix de
+fer, et Caron aux deux Moines rue des Fourreurs,
+M. Porcher, rue de Bussy, M. Vassal<a id="FNanchor_22" href="#Footnote_22" class="fnanchor">[9]</a>, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_16" href="#FNanchor_16"><span class="label">[3]</span></a> « Monsieur Devins, au grand Louis, rue Saint-Honoré,
+fournit des draps pour les personnes royales, dont il
+fait d’ailleurs grand commerce. » Édit. 1691, p. 63. — On
+écrivoit aussi De Vins. De 1676 à 1683, un De Vins fut
+conseiller de ville et échevin. C’étoit sans doute celui-ci.
+Comme drapier, et faisant par conséquent partie des six
+corps, il avoit le droit d’arriver à l’échevinage et au titre
+de juge-consul. — Il existe, au Cabinet des médailles, un
+jeton des drapiers, avec le nom de J. de Vin, et la date de
+1703 à l’exergue.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_17" href="#FNanchor_17"><span class="label">[4]</span></a> Cette enseigne du Grand Turc existoit encore, et pour
+le même commerce, en 1789, rue Saint-Honoré. Buffault,
+que la protection de Mad. Du Barry fit directeur des octrois
+de Paris, ce qui lui permit de donner son nom à une rue
+nouvelle, l’avoit rendue célèbre. (<i>État actuel de Paris</i>,
+1789, in-32, <i>Quart. du Louvre</i>, p. 77.)</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_18" href="#FNanchor_18"><span class="label">[5]</span></a> Au coin de la rue des Prouvaires. La boutique existe
+toujours avec sa devanture en boiserie du meilleur style.
+Le <i>Lion d’argent</i>, qui se voyoit encore, il y a quelques
+années, dans un médaillon au-dessus de la porte, a seul
+disparu.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_19" href="#FNanchor_19"><span class="label">[6]</span></a> « Où sont fournies toutes les étoffes pour les livrées
+du Roy. » Édit. 1691, p. 63. — Les Brochand étoient très-célèbres
+dans le commerce de Paris. Plusieurs furent échevins
+ou juges-consuls. Ils touchoient aux Poquelin de la
+branche riche, qui n’étoit pas celle à laquelle nous devons
+Molière. Leur généalogie complète existe aux <i>Mss.</i> de la
+Biblioth. Nat. Un d’eux, qui avoit été consul, possédoit
+une magnifique maison à Fontenay-aux-Roses. (<i>V.</i> Piganiol,
+t. IX, p. 241.)</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_20" href="#FNanchor_20"><span class="label">[7]</span></a> Lisez Thourou. Nous trouvons son nom ainsi écrit
+dans un arrêt du Conseil d’État, du 11 oct. 1687, servant
+de règlement entre les drapiers et les merciers, et dénommant
+tous ceux de ces derniers qui avoient opté pour la
+draperie et s’y étoient fait recevoir.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_21" href="#FNanchor_21"><span class="label">[8]</span></a> Il est nommé Adrien Revelois dans l’arrêt que nous
+venons de citer. Celui qui suit ici, et qui sans doute étoit
+son associé, y est nommé François Hersant.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_22" href="#FNanchor_22"><span class="label">[9]</span></a> Louis Vassal.</p>
+</div>
+<p>M. Sauvage<a id="FNanchor_23" href="#Footnote_23" class="fnanchor">[10]</a> rue S. Denis fait encore un grand
+détail de Draperie.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_23" href="#FNanchor_23"><span class="label">[10]</span></a> Pierre Sauvage l’aîné. Il étoit d’une famille de grande
+considération dans le commerce parisien. On trouve dans
+l’épitaphier de Saint-Jacques-la-Boucherie, un P. Sauvage
+qui avoit été échevin, « et l’un des porteurs de la châsse
+de sainte Geneviève », ce qui n’étoit pas un moindre
+honneur. — C’est surtout dans la partie de la rue Saint-Denis
+qui avoisinoit celle d’Aubry-le-Boucher, et, en face,
+l’église des Saints Innocents, qu’il y avoit aussi de riches
+drapiers. Dans le <i>Bourgeois gentilhomme</i>, acte III, sc. 12,
+M<sup>me</sup> Jourdain dit que son père et celui de son mari « vendoient
+du drap auprés de la porte Saint Innocent ».</p>
+</div>
+<p>Enfin les Marchands Drapiers qui ne vendent
+qu’en gros, sont Messieurs Fayert et Feroüillac<a id="FNanchor_24" href="#Footnote_24" class="fnanchor">[11]</a>
+<span class="pagenum" id="p12">-12-</span> rue des mauvaises Paroles, Cadeau<a id="FNanchor_25" href="#Footnote_25" class="fnanchor">[12]</a>, Rousseau,
+de la Mothe le jeune, Mignot et Sellier au Chevalier
+du Guet<a id="FNanchor_26" href="#Footnote_26" class="fnanchor">[13]</a>, Poncet<a id="FNanchor_27" href="#Footnote_27" class="fnanchor">[14]</a> rue des Prouvaires,
+Bachelier rue Montorgueil, Gaillée rue de la
+Truanderie, Marchand rue des Déchargeurs, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_24" href="#FNanchor_24"><span class="label">[11]</span></a> L’arrêt du Conseil d’État le nomme Ferouillet, mais
+peut-être — ce qui se rapprocheroit davantage du nom
+écrit ici — faut-il lire Férouillard. Il y eut, en effet, un
+fameux marchand de draps qui s’appeloit ainsi, et chez
+lequel fut commis, pendant la Fronde, un vol considérable.
+(<i>V. le Journal des Savants</i>, 1854, p. 440.)</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_25" href="#FNanchor_25"><span class="label">[12]</span></a> Les Cadeau étoient une des plus anciennes familles du
+commerce de Paris. Il en existe encore, qui connaissent
+leur origine, et en sont fiers. Un Cadeau, marchand de
+draps, de la rue Saint-Denis, au <i>Marteau d’or</i>, père sans
+doute de celui qui est ici, fut un des grands meneurs de
+la Fronde à ses commencements. Le Parlement dut ordonner
+prise de corps contre lui. <i>V.</i> aux Mss. de la Biblioth.
+Nat., <i>Remarques journalières et véritables de ce qui s’est
+passé dans Paris… durant l’année 1648</i>, p. 10. — Marchands
+et courtauds de boutique de la rue Saint-Denis
+avoient, du reste, la réputation d’être tapageurs et même
+bretteurs : « Bon ! dit M. de Colafon, dans <i>Arlequin Misanthrope</i>,
+acte II, scène VIII, je suis le premier homme du
+monde pour escrimer. C’est moi qui ai mis les armes à la
+main aux trois quarts de la petite gendarmerie de la rue aux
+Fers et de la rue Saint-Denis. » — Le magasin des Cadeau
+étoit si célèbre, que le drap qu’ils vendoient n’étoit connu
+que par leur nom : on disoit « le drap Cadot (<i>sic</i>) ».
+(<i>Théophraste moderne</i>, 1701, in-12, p. 40.)</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_26" href="#FNanchor_26"><span class="label">[13]</span></a> François Mignot et François Scellier. C’est ainsi qu’ils
+sont nommés dans l’arrêt du Conseil d’État de 1687. Ils
+étoient associés. Mignot épousa la sœur de Scellier, et il
+naquit de ce mariage un fils, Pierre-François Mignot, qui
+se maria, le 29 janvier 1709, avec Catherine Arouet, sœur
+aînée de Voltaire, dont l’abbé Mignot et la fameuse mad.
+Denis furent les enfants. Jal a retrouvé l’acte de mariage
+de ce fils du marchand de draps, qui, lui, n’étoit pas dans le
+commerce, mais conseiller du Roi, correcteur en sa Chambre
+des Comptes. Il y est dit « fils de deffunt François
+Mignot et de dame Anne Sellière (<i>sic</i>) ».</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_27" href="#FNanchor_27"><span class="label">[14]</span></a> Un jeton des drapiers, au Cabinet des Médailles, porte
+son nom à l’exergue, avec la date de 1701.</p>
+</div>
+<p>Ceux qui ont un grand assortiment d’Etoffes
+d’été, sont Messieurs Rotisset rue des cinq Diamans,
+<span class="pagenum" id="p13">-13-</span> Bergeon<a id="FNanchor_28" href="#Footnote_28" class="fnanchor">[15]</a> rue des Lombars, Picart rue de
+la vieille Monnoye, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_28" href="#FNanchor_28"><span class="label">[15]</span></a> Peut-être faut-il lire Bergeron, comme dans l’arrêt
+de 1687.</p>
+</div>
+<p>Les Marchands Merciers qui vendent des
+Toilles peintes et autres Etoffes de la Chine,
+sont près l’aport de Paris, Messieurs le Brun
+ainé et cadet, Chauvin<a id="FNanchor_29" href="#Footnote_29" class="fnanchor">[16]</a> et Liettier, et encore au
+Cloitre sainte Opportune, M. Barroire.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_29" href="#FNanchor_29"><span class="label">[16]</span></a> Dans l’édition de 1691, chap. XII, <i>du Commerce des
+habillements</i>, p. 26, il est seul nommé : « les étoffes de la
+Chine se vendent chez les marchands tapissiers de la Porte
+de Paris, entre lesquels M. Chauvin, à l’enseigne du Roy
+de la Chine, est toujours bien assorti. »</p>
+</div>
+<p>Les Crepes et Crepons se vendent en magasin
+chez Messieurs le Breton rue des Lavandieres,
+Gaubas et Solicoffre au cul de sac des Bourdonnois<a id="FNanchor_30" href="#Footnote_30" class="fnanchor">[17]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_30" href="#FNanchor_30"><span class="label">[17]</span></a> Jusqu’au règne d’Henri IV, les crêpes et crêpons nous
+venoient de Bologne. On en dut la fabrication en France
+à Sully, dit Laffémas, « à la prétieuse manufacture par
+lui establye dans le château de la ville de Mantes ». <i>Archives
+curieuses</i>, 1<sup>re</sup> série, t. XIV, p. 223.</p>
+</div>
+<p>On vend aussi au même lieu les Treillis d’Allemagne,
+et encore chez M. de la Riviere, rue des
+Bourdonnois<a id="FNanchor_31" href="#Footnote_31" class="fnanchor">[18]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_31" href="#FNanchor_31"><span class="label">[18]</span></a> A la suite, on lit dans l’édit. de 1691, p. 25 : « Au
+Cheval noir, près la porte de Paris, il y a grand magasin
+de draperie. » — Les treillis, selon Richelet, étoient « une
+sorte de grosse toile, dont s’habillent, dit-il, les charretiers,
+les mariniers et autres gens de cette manière, et dont on
+fait quelques sacs ».</p>
+</div>
+<p>Les Etoffes de soyes, d’or et d’argent<a id="FNanchor_32" href="#Footnote_32" class="fnanchor">[19]</a>, sont<a id="FNanchor_33" href="#Footnote_33" class="fnanchor">[20]</a>
+<span class="pagenum" id="p14">-14-</span> commercées par Messieurs Gautier<a id="FNanchor_34" href="#Footnote_34" class="fnanchor">[21]</a> et Regnault,
+rue des Bourdonnois.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_32" href="#FNanchor_32"><span class="label">[19]</span></a> Le milannois Furato avoit, sous Henri IV, importé à
+Paris, hôtel de la Macque, rue de la Tixeranderie, l’art de
+faire ces étoffes d’or, ce qui fut pour le royaume une
+épargne de plus de douze cents mille écus par an, suivant
+Laffémas. (<i>Loc. citat.</i>)</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_33" href="#FNanchor_33"><span class="label">[20]</span></a> « Amplement », édit. de 1691, p. 25.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_34" href="#FNanchor_34"><span class="label">[21]</span></a> C’étoit le plus en vogue. On se ruinoit surtout chez
+lui — du moins pour les étoffes — en corbeilles, ou, comme
+on disoit alors, en « carreaux » de mariage : « l’utile et
+louable pratique, dit La Bruyère, de perdre en frais de nôces
+le tiers de la dot qu’une femme apporte ! de commencer par
+s’appauvrir, de concert, par l’amas et l’entassement de
+choses superflues, et de prendre déjà sur son fonds de quoi
+payer Gautier, les meubles et la toilette. » Le marquis de
+la <i>Femme d’intrigue</i>, de Dancourt, « dont le revenu est en
+fond de crédit », assure (acte III, sc. X) qu’il se fait des
+rentes avec ce qu’il achète, pour le revendre, dans cette
+boutique célèbre : « Il n’y a point d’années, dit-il, … que
+je ne touche sept à huit cent pistoles chez Gauthier, cela en
+étoffes. » Les gros gains de Gautier étaient les noces de
+rois ou de princes, qu’il fournissoit tous. A la fin de 1679 et
+au commencement de 1680, il eut, par exemple, après le mariage
+du roi d’Espagne, celui du prince de Conti. M<sup>me</sup> de
+Sévigné écrivit alors à sa fille : « Gautier ne peut plus se
+plaindre, il aura touché en nôces, cette année, plus d’un
+million. » Ce dont il se plaignoit peut-être, c’étoit des lenteurs
+à payer que se permettoit la marquise. Elle et sa
+fille achetoient beaucoup chez lui, et payoient rarement. Il
+réclamoit, et il falloit lui écrire le plus honnêtement du
+monde pour qu’il prît patience. (<i>V.</i> les <i>Lettres</i> de M<sup>me</sup> de
+Sévigné, édit. L. Hachette, t. III, 76 et 88 ; VII, 438.)</p>
+</div>
+<p>Mr du Moütier rue Chanverrie à la ville de
+Hambourg tient magasin de petites Etoffes fabrique
+de Paris, et M. Brulé même rue, tient
+magasin de Taffetas et autres Etoffes de Tours
+et d’Avignon<a id="FNanchor_35" href="#Footnote_35" class="fnanchor">[22]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_35" href="#FNanchor_35"><span class="label">[22]</span></a> Le taffetas d’Avignon, ou demi-armoisin, étoit le plus
+mince de tous ; celui de Tours, ou « petit gros de Tours »,
+l’était un peu moins.</p>
+</div>
+<p>Pour les Etoffes concernant le Theâtre et le
+Carnaval, voyez l’article des Passetemps et Menus
+Plaisirs<a id="FNanchor_36" href="#Footnote_36" class="fnanchor">[23]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_36" href="#FNanchor_36"><span class="label">[23]</span></a> T. I, p. 269.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p15">-15-</span></p>
+
+<h3 id="c3">LINGES, POINTS ET DENTELLES<br>
+<span class="small">DE FIL.</span></h3>
+
+
+<p>Messieurs Bourdet rue Troussevache, Moret
+rue du plat d’Etain, Thuisy rue du Coq<a id="FNanchor_37" href="#Footnote_37" class="fnanchor">[1]</a>, Thuiard
+rue Chanverrerie, Doujat, rue Dauphine à la ville
+de Bruxelle<a id="FNanchor_38" href="#Footnote_38" class="fnanchor">[2]</a>, etc., tiennent magasin de Toilles et
+de Dentelles.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_37" href="#FNanchor_37"><span class="label">[1]</span></a> Il est seul nommé dans l’édit. de 1691, p. 25.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_38" href="#FNanchor_38"><span class="label">[2]</span></a> Peut-être faut-il lire Boujat ou Bougeat, nom du marchand
+de dentelles à qui l’on accusoit Richelet d’avoir dédié
+son <i>Recueil de lettres</i>, vers ce temps-là. (<i>Sentim. crit. sur
+les Caract. de La Bruyère</i>, p. 75-76.) Richelet, qui demeuroit
+rue des Boucheries (v. t. I, p. 259), étoit presque son
+voisin.</p>
+</div>
+<p>Il y a un grand nombre de magasins pour les
+Points et Dentelles rue des Bourdonnois et rue
+saint Denis devant le Sepulcre<a id="FNanchor_39" href="#Footnote_39" class="fnanchor">[3]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_39" href="#FNanchor_39"><span class="label">[3]</span></a> Dans l’édit. précédente, « la rue Betizy » est au
+nombre de celles où « les points et dentelles se vendent en
+plusieurs boutiques et magasins ». — Il n’y a plus aujourd’hui
+de cet ancien commerce, dans la rue des Bourdonnois,
+que des magasins de bonneterie et de toiles.</p>
+</div>
+<p>Il y a aussi plusieurs boutiques de Lingeres
+qui vendent des Dentelles et Garnitures de tête
+au Palais<a id="FNanchor_40" href="#Footnote_40" class="fnanchor">[4]</a> sur le quay de Gesvres et sous les
+galeries des Innocens<a id="FNanchor_41" href="#Footnote_41" class="fnanchor">[5]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_40" href="#FNanchor_40"><span class="label">[4]</span></a> Elles étoient les plus en renom. Corneille, dans sa pièce
+<i>la Galerie du Palais</i>, jouée en 1634, n’a pas oublié les
+scènes pour la lingère. Ce sont les 12, 13 et 14<sup>es</sup> du
+IV<sup>e</sup> acte. On joua plus tard, à la Comédie italienne, une
+farce, <i>la Lingère du Palais</i>, où Arlequin, dans une scène
+d’invectives avec la marchande, lui dit entre autres choses :
+« Tais-toi, vendeuse de points d’Angleterre faits à Paris. »
+Leur réputation étoit mauvaise. Sauval, t. I, p. 147, cite
+des statuts qui les assimilent aux filles.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_41" href="#FNanchor_41"><span class="label">[5]</span></a> « Et sous les charniers du cimetière des Innocents. »
+Édit. de 1691, p. 25. Le reste de l’art. est identique. Deux
+autres le précèdent, qui manquent ici : « les marchands
+qui font les garnitures de rubans, ont leurs boutiques dans
+les cours, salles et galeries du Palais. — Le sieur Le Gras
+est un des plus renommez, sa boutique est devant l’escalier
+de la Cour des Monnoyes. » Il s’appeloit Philippe Le Gras,
+et nous avons vu, t. I, p. 238, qu’il comptoit parmi les
+marchands les plus renommés de Paris. Après l’édit de
+mars 1700 sur les objets de luxe, sa boutique, place Dauphine,
+en face de la Cour des Monnoies, fut minutieusement
+visitée. (<i>Collect.</i> Delamarre, n<sup>o</sup> 21, 626, p. 70.)</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p16">-16-</span> Il y a aux Halles un marché franc pour les
+Toilles.</p>
+
+<p>Plusieurs Marchands Lingers tiennent magasins
+de toutes sortes de Toilles à la place aux
+Chats.</p>
+
+<p>Les Lingeres de la rue de la Lingerie, vendent
+toutes sortes de vieux linges, de lits, de tables,
+d’enfans, etc.</p>
+
+<p>Il y a quelques Lingeres sur le Pont neuf qui
+vendent des Dentelles, et qui ont quelque fois
+de très bon linge de hazard.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c4">DENTELLES, POINTS, BOUTONS,<br>
+<span class="small">ET GALONS D’OR, D’ARGENT ET DE SOYE.</span></h3>
+
+
+<p>Messieurs Foissin et le Doux rue saint Denis<a id="FNanchor_42" href="#Footnote_42" class="fnanchor">[1]</a>,
+tiennent magasin de Dentelles et de Galons et
+de Boutons d’or, d’argent et de soye<a id="FNanchor_43" href="#Footnote_43" class="fnanchor">[2]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_42" href="#FNanchor_42"><span class="label">[1]</span></a> Dans le curieux pasquil, la <i>Révolte des passements</i>,
+fait à propos de l’Edit somptuaire du 27 novembre 1660,
+et que nous avons publié, dans nos <i>Variétés</i>, t. I, p. 223,
+les Révoltés se rassemblent rue Saint-Denis, au <i>Vase d’or</i>.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_43" href="#FNanchor_43"><span class="label">[2]</span></a> Ces boutons de soie et d’autres étoffes, qui se substituoient
+aux boutons d’argent ou d’or, amenèrent une grosse
+querelle entre les boutonniers et les rubaniers. A Lyon, cinq
+cents des premiers adressèrent des plaintes à l’intendant, le
+26 avril 1695, contre les seconds « qui font, disoient-ils,
+des boutons avec des rubans d’étoffe d’or, d’argent et soie ».
+(<i>Correspondance des Contrôleurs généraux</i>, publiée par M. de
+Boislisle, t. I, n<sup>o</sup> 1426.) On leur donna raison. <i>V. la
+Correspondance administrative de Louis XIV</i>, à la même
+date, t. III.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p17">-17-</span> Les Marchands en boutique qui font commerce
+de Points, Dentelles et Galons d’or et d’argent,
+sont pour la plûpart rue saint Honoré, depuis la
+Croix du Tiroir jusqu’à la rue de la Feronnerie<a id="FNanchor_44" href="#Footnote_44" class="fnanchor">[3]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_44" href="#FNanchor_44"><span class="label">[3]</span></a> L’édit. de 1691, p. 25, diffère un peu : « les dentelles
+et galanz d’or se vendent rue des Bourdonnois et rue
+Saint-Honoré, entre la place aux Chats et les piliers des
+Halles. » La place aux Chats fut remplacée par le cul-de-sac
+des Bourdonnois, qui existe encore.</p>
+</div>
+<p>Messieurs Boucher rue des Bourdonnois, et
+M. Payot devant l’Hotel de la Monnoye<a id="FNanchor_45" href="#Footnote_45" class="fnanchor">[4]</a>, en
+ont un grand assortiment.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_45" href="#FNanchor_45"><span class="label">[4]</span></a> Il étoit alors dans la rue qui en a gardé le nom de
+rue de la Monnoie.</p>
+</div>
+<p>Les Dentelles, Guipures<a id="FNanchor_46" href="#Footnote_46" class="fnanchor">[5]</a> et Galons de soye, se
+vendent principalement sur le petit Pont<a id="FNanchor_47" href="#Footnote_47" class="fnanchor">[6]</a> et rue
+au Fevre, où l’on vend aussi des Galons de
+livrées.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_46" href="#FNanchor_46"><span class="label">[5]</span></a> Ces guipures, qu’il ne faut pas confondre avec celles
+d’aujourd’hui qui ne sont que d’anciens passements de fil,
+étoient une sorte de dentelle de soie qui venoit de Flandre
+ou d’Angleterre, comme on le voit par le tarif du 18 avril
+1667. Il en est parlé dans l’<i>École des maris</i>, acte II, sc. 7.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_47" href="#FNanchor_47"><span class="label">[6]</span></a> La boutique des <i>trois Croissants</i> étoit la principale de
+celles des galons d’or et d’argent, « vendus à Petit-Pont »,
+comme on disoit. Auprès étoient de gros marchands
+d’étoffes, <i>à la Croix d’or</i>, <i>au Bras d’or</i>, <i>à la Tête d’Or</i>, <i>au
+Saint-Esprit</i>, <i>à l’Annonciation</i>, <i>à l’Enfant Jésus</i>, <i>aux deux
+Anges</i>. Toutes ces maisons furent brûlées à l’incendie du
+Petit-Pont en 1718. <i>V. le Mercure</i>, avril 1718, p. 208-209.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p18">-18-</span> Le Sieur Guidot rue des Filles Dieu qui travaille
+aux Galons d’or et d’argent, entreprend
+des fournitures et les passe à un mediocre gain<a id="FNanchor_48" href="#Footnote_48" class="fnanchor">[7]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_48" href="#FNanchor_48"><span class="label">[7]</span></a> Il le pouvoit d’autant mieux que les ouvriers rubaniers et
+passementiers, presque tous logés dans le misérable quartier
+du faubourg Saint-Marceau, étoient de pauvres gens
+qu’on faisoit travailler pour presque rien. La Reynie lui-même
+avoit conscience de les mettre à la taxe : « Il n’a
+été, écrivoit-il à Colbert, le 2 août 1675, signifié aucune
+taxe à aucun artisan de Paris. J’ai même pris soin, suivant
+vos ordres, de faire entendre et il y a longtemps, à cette
+communauté de rubaniers, qui est très-nombreuse et très-pauvre,
+qu’elle n’avoit qu’à continuer de vivre, comme elle
+avoit accoutumé. » Cette lettre étoit motivée par un horrible
+événement : un de ces rubaniers avoit tué quatre de
+ses enfants, et l’on disoit qu’il y avoit été poussé par les
+poursuites des collecteurs d’impôts. V., à ce sujet, la <i>Lettre</i>
+de M<sup>me</sup> de Sévigné, du 31 juillet 1675.</p>
+</div>
+<p>Entre les autres Ouvriers de Galons d’or et
+d’argent qui font beaucoup travailler, sont les
+Sieurs Mouzé rue de la Truanderie, Anduroy<a id="FNanchor_49" href="#Footnote_49" class="fnanchor">[8]</a>
+rue Tictonne, Pelletier rue saint Denis près le
+grand Cerf<a id="FNanchor_50" href="#Footnote_50" class="fnanchor">[9]</a>, Merlier père et Merlier fils même
+rue près la fontaine du Ponceau, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_49" href="#FNanchor_49"><span class="label">[8]</span></a> Il faut lire Auduroy, nom qui fut longtemps en crédit
+dans le commerce de Paris et d’Orléans.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_50" href="#FNanchor_50"><span class="label">[9]</span></a> C’étoit une grande hôtellerie dont il sera reparlé,
+sur l’emplacement de laquelle a été percé le passage du
+même nom.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c5">MERCERIE ET QUINCAILLERIE.</h3>
+
+
+<p>Le Bureau des Marchands Merciers, Jouailliers,
+Quincailliers-Grossiers, etc.<a id="FNanchor_51" href="#Footnote_51" class="fnanchor">[1]</a>, est dans la
+rue Quinquempoix.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_51" href="#FNanchor_51"><span class="label">[1]</span></a> Cet <i>et cætera</i> n’est pas pour la forme. Les joailliers et
+les quincailliers n’étoient pas, en effet, les seuls métiers qui
+fissent, avec les merciers, proprement dits, partie du corps
+de la Mercerie. Dix-sept autres en dépendoient aussi. Ce
+n’étoit pas le premier des six corps, mais c’étoit le plus
+important. Voici, du reste, quel en étoit l’ordre : la Draperie,
+l’Épicerie, la Mercerie, la Pelleterie, la Bonneterie,
+l’Orfévrerie. Les libraires et les marchands de vin, qui
+n’en étoient pas, mais venoient immédiatement après, avoient
+des priviléges égaux : ils pouvoient être aussi échevins et
+juges-consuls.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p19">-19-</span> Les Maîtres et Gardes en charge de la Marchandise
+de Mercerie, Jouaillerie, etc., sont
+Messieurs Arlot grand Garde rue saint Germain,
+Perichon rue saint Honoré, l’Evesque rue des
+Bourdonnois, le Doux, Baroy, Testart et Sautereau
+rue saint Denis.</p>
+
+<p>Les Marchands de Fer pour le commerce desquels
+il y aura un article à part, sont néanmoins
+du même corps.</p>
+
+<p>La Mercerie en gros se fait par un grand
+nombre de Marchands qui ont des Boutiques et
+Magasins rue saint Denis, depuis la rue des
+Lombards jusqu’à la rue du petit Lion<a id="FNanchor_52" href="#Footnote_52" class="fnanchor">[2]</a>, entre
+lesquels M<sup>rs</sup> Maillet aux trois Maillets<a id="FNanchor_53" href="#Footnote_53" class="fnanchor">[3]</a>, le Bray
+à la Gibecière, Bioche au Cheval d’or, Choisy à
+la Lune, Deplanc à la Boëte d’or, Nique au
+Cheval noir, Regnault aux trois Agneaux, Milochin,
+Sauvage, Marcadé<a id="FNanchor_54" href="#Footnote_54" class="fnanchor">[4]</a>, etc., ont un grand
+assortiment de Mercerie pour les Détailleurs.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_52" href="#FNanchor_52"><span class="label">[2]</span></a> Liger, dans son <i>Voyageur fidèle</i>, p. 359, donne la
+même indication.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_53" href="#FNanchor_53"><span class="label">[3]</span></a> Son article est plus détaillé dans l’édit. de 1691,
+p. 21 : « les marchandises qui conviennent aux savoyards
+et colporteurs ambulans, se vendent chez le S. Maillet, rue
+S. Denis, près le Sépulcre, à l’enseigne des Trois-Maillets. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_54" href="#FNanchor_54"><span class="label">[4]</span></a> « Rue Saint-Denis, à la Rose-Blanche. » Édit. 1691,
+p. 21. Deux lignes plus loin, il est encore question de lui :
+« le même M. Marcadé et Messieurs Bellavoine, rue Saint-Denis,
+et Villaine, rue Bourlabé, envoyent toutes sortes de
+marchandises de bijouteries dans les pays estrangers. »
+Marcadé et Bellavoine étoient, comme nous l’avons prouvé
+dans notre <i>Notice</i> sur lui, des proches parents du poëte
+Regnard. C’est sans doute avec l’un d’eux qu’il commença
+ses voyages, dont le premier, qu’il fit de très-bonne heure,
+ne fut pas moins que jusqu’à Constantinople. Gelée, dont le
+nom viendra un peu plus loin, et qui, on le verra, faisoit
+le commerce des marchandises d’Outre-Mer, étoit aussi de
+sa famille. Monteil possédoit et a souvent cité l’inventaire
+d’un Bellavoine, sans doute père de celui qui figure ici.
+L’acte est de 1667.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p20">-20-</span> M. du Moutier rue de la Chanverrie à la Ville
+d’Hambourg, tient magasin de toutes sortes de
+Rubans.</p>
+
+<p>Autant en font M<sup>rs</sup> le Clerc rue saint Denis
+aux Balances, et le Roy au Chevalier du Guet.</p>
+
+<p>Il y a un grand magasin d’Evantailles chez
+M. Lambert derriere saint Leu et saint Gilles,
+où se fournissent la plus grande part des Détailleurs<a id="FNanchor_55" href="#Footnote_55" class="fnanchor">[5]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_55" href="#FNanchor_55"><span class="label">[5]</span></a> « Les magasins d’éventails sont derrière Saint-Leu et
+Saint-Gilles, au Grand-Navire, et en différents endroits de
+la rue Saint-Denis et de la rue du Petit-Lion. » Édit. de
+1691, p. 26.</p>
+</div>
+<p>M. le Leu rue du petit Lion, fait le même
+commerce<a id="FNanchor_56" href="#Footnote_56" class="fnanchor">[6]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_56" href="#FNanchor_56"><span class="label">[6]</span></a> Les éventaillistes faisoient dans le corps des merciers
+une communauté à part, de même que les tablettiers, avec
+lesquels ils eurent même, en juin 1701, un procès assez vif
+pour une affaire de privilége.</p>
+</div>
+<p>M<sup>rs</sup> Gelée au Chevalier du Guet, et Guillery<a id="FNanchor_57" href="#Footnote_57" class="fnanchor">[7]</a>
+rue de la Tabletterie, tiennent magasin de diverses
+marchandises d’outremer.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_57" href="#FNanchor_57"><span class="label">[7]</span></a> Nous le retrouverons plus loin au chap. des « <a href="#c8">Marchandises
+des gantiers et parfumeurs.</a> »</p>
+</div>
+<p>Pour les Curiositez et Bijouteries qui sont
+commercées par divers Marchands du même
+<span class="pagenum" id="p21">-21-</span> corps, il faut recourir à l’article de ces sortes de
+Marchandises.</p>
+
+<p>Les Bijouteries communes pour les Savoyards,
+Colporteurs<a id="FNanchor_58" href="#Footnote_58" class="fnanchor">[8]</a> et autres, sont commercées par Madame
+la veuve Lagny au Cloître saint Jean de
+Latran.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_58" href="#FNanchor_58"><span class="label">[8]</span></a> Presque tous étoient du Dauphiné ou de la Savoie. On
+les y appeloit <i>bizordi</i>, et chez nous <i>bisouart</i>, à cause de
+leurs habits de grosse étoffe bise.</p>
+</div>
+<p>Les Marchands de Soyes qui vendent en gros
+et en détail, sont au quartier de la rue saint
+Denis et de la rue Briboucher<a id="FNanchor_59" href="#Footnote_59" class="fnanchor">[9]</a>, par exemple,
+M<sup>rs</sup> Vince<a id="FNanchor_60" href="#Footnote_60" class="fnanchor">[10]</a>, du Courroy, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_59" href="#FNanchor_59"><span class="label">[9]</span></a> Le peuple prononçoit et prononce encore ainsi le nom
+de la rue Aubry-le-Boucher.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_60" href="#FNanchor_60"><span class="label">[10]</span></a> C’est le même que nous avons vu tout-à-l’heure appelé
+De Vins au chapitre des <i><a href="#c2">Étoffes</a></i>.</p>
+</div>
+<p>Le Sieur Avalon qui demeure dans le Temple,
+tient magasin de petits Miroirs pour les Colporteurs<a id="FNanchor_61" href="#Footnote_61" class="fnanchor">[11]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_61" href="#FNanchor_61"><span class="label">[11]</span></a> Le Temple, comme l’enclos de Saint-Jean de Latran,
+étant lieu de franchise, les magasins où les colporteurs
+venoient s’y fournir, pouvoient vendre à meilleur compte
+que partout ailleurs.</p>
+</div>
+<p>Les Coffres et Miroirs d’écaille tortue<a id="FNanchor_62" href="#Footnote_62" class="fnanchor">[12]</a> se
+fabriquent rue saint Denis joignant le Coq
+croissant<a id="FNanchor_63" href="#Footnote_63" class="fnanchor">[13]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_62" href="#FNanchor_62"><span class="label">[12]</span></a> Lisez « de tortue », correction des plus simples, et que
+Liger, copiste de ce volume, n’a cependant pas faite pour
+le sien. A la page 360 du <i>Voyageur fidèle</i>, il répète la
+faute.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_63" href="#FNanchor_63"><span class="label">[13]</span></a> Le commerce des miroirs étoit alors le plus en vogue.
+Le Sicilien, dont nous avons déjà cité la lettre, nous en
+donne la raison : « les rubans, dit-il, les miroirs et les
+dentelles sont trois choses sans lesquelles les françois ne
+peuvent pas vivre » ; et un peu plus loin : « ceux qui ne
+sont pas françois ne peuvent souffrir que les hommes se
+peignent publiquement dans la rue, et que les dames portent
+toujours un petit miroir à la main. »</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p22">-22-</span> Les Joyaux d’Orfeverie au tour, qui se vendent,
+par les Merciers du Palais, sont très proprement
+fabriquez par le Sieur Gorin, rue saint
+Louis de la Cité<a id="FNanchor_64" href="#Footnote_64" class="fnanchor">[14]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_64" href="#FNanchor_64"><span class="label">[14]</span></a> « Rue Saint-Louis, quartier du Palais. » Édit. de 1691,
+p. 22.</p>
+</div>
+<p>Pour les autres ouvrages d’Orfeverie, de
+Pierreries et de Perles, qui se vendent par les
+Merciers Jouailliers, voyez l’article qui en traite.</p>
+
+<p>Mademoiselle Richard près l’Echelle du Temple<a id="FNanchor_65" href="#Footnote_65" class="fnanchor">[15]</a>,
+fait et vend des Ecrans d’une beauté singulière.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_65" href="#FNanchor_65"><span class="label">[15]</span></a> L’ancienne échelle patibulaire, marque de la haute
+justice des Templiers. Elle étoit placée au coin des rues du
+Temple et des Vieilles-Haudriettes. Quelques étourdis de la
+noblesse du Marais l’avoient brûlée un soir d’hiver, en 1649,
+ce qui avoit inspiré à Blot une amusante complainte qu’on
+peut lire dans le <i>Recueil Maurepas</i>, et dont l’air fut long-temps
+célèbre.</p>
+</div>
+<p>David Laurent et David l’Escuyer qui apportent
+des Marchandises de Diepe<a id="FNanchor_66" href="#Footnote_66" class="fnanchor">[16]</a>, logent à Paris, rue
+Bourlabé au Lion d’or.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_66" href="#FNanchor_66"><span class="label">[16]</span></a> C’est-à-dire toutes sortes d’objets d’ivoire et de corne
+sculptés, ou faits au tour : « Dieppe, dit Piganiol, est peut-être
+le lieu du monde où l’on travaille le mieux l’ivoire et
+la corne. On y fait des ouvrages d’une délicatesse étonnante,
+et il n’y a guère de gens plus adroits à manier le tour que
+les Dieppois. » <i>Nouveau Voyage de France</i>, t. II, p. 332.</p>
+</div>
+<p>Les Sieurs Gaudet, le Clerc et du Val rue
+d’Arnetal<a id="FNanchor_67" href="#Footnote_67" class="fnanchor">[17]</a>, vendent en gros les Rubans étroits
+qu’on nomme nompareilles<a id="FNanchor_68" href="#Footnote_68" class="fnanchor">[18]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_67" href="#FNanchor_67"><span class="label">[17]</span></a> Aujourd’hui la rue Grenetat, dont le nom n’est peut-être
+qu’une altération de celui-ci.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_68" href="#FNanchor_68"><span class="label">[18]</span></a> « Sorte de petit ruban fort étroit », dit en effet Richelet.
+On en bordoit les galons ou <i>galants</i> :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">Le beau galant de neige avec sa nompareille</div>
+</div>
+
+</div>
+<p class="noindent">que le Gros René du <i>Dépit amoureux</i> rend à Marinette,
+s’explique ainsi.</p>
+</div>
+<p>Les Jouailliers forains de saint Claude<a id="FNanchor_69" href="#Footnote_69" class="fnanchor">[19]</a> logent
+rue Bourlabé au Lion d’argent.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_69" href="#FNanchor_69"><span class="label">[19]</span></a> Ces joailliers de Saint-Claude, dans le Jura, venoient
+vendre à Paris les menus objets de buis fabriqués dans leurs
+montagnes : « les ouvrages de buis, dit Hesseln, sont le
+principal commerce de Saint-Claude. On y travaille fort
+bien en ce genre. » (<i>Dict. univ. de la France</i>, t. VI,
+p. 45.) — Aujourd’hui la « joaillerie de Saint-Claude »
+se vend et se fabrique aussi : rue Saint-Martin, rue Folie-Méricourt,
+rue Turbigo, etc.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p23">-23-</span> Les Jouailleries enfantines pour les Foires<a id="FNanchor_70" href="#Footnote_70" class="fnanchor">[20]</a>, se
+font et se vendent chez les Sieurs Prevost rue
+saint Martin devant la rue aux Ours, et Favre,
+rue saint Denis devant les Filles Dieu.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_70" href="#FNanchor_70"><span class="label">[20]</span></a> On appeloit ainsi ces petits ménages d’enfants faits
+d’étain commun ou de plomb, et aussi quelquefois d’argent.
+On sait combien la petite Françoise d’Aubigné, élevée à la
+prison de Niort, regardoit avec envie le ménage d’argent de
+la fille de son geôlier.</p>
+</div>
+<p>La veuve Caré même rue, et la veuve Poisson
+à la Pierre au lait<a id="FNanchor_71" href="#Footnote_71" class="fnanchor">[21]</a>, font commerce de cette
+sorte de Marchandises, et vendent d’ailleurs
+toutes les sortes de Boetes d’Allemagne peintes
+et en blanc, de Caffé et autres.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_71" href="#FNanchor_71"><span class="label">[21]</span></a> Elle est seule nommée dans l’édit. précédente, p. 21 :
+« la veuve Poisson, marchande à la Pierre au Lait, tient
+magasin de toutes sortes de boëttes d’Allemagne, de sapin
+et de bois blanc, peintes et non peintes. » On en fait encore
+de pareilles dans la Forêt-Noire et à Spa.</p>
+</div>
+<p>Il y a un magasin de Jartieres de soye rue
+d’Arnetal au Signe de la Croix<a id="FNanchor_72" href="#Footnote_72" class="fnanchor">[22]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_72" href="#FNanchor_72"><span class="label">[22]</span></a> La renommée des jarretières de Paris étoit encore la
+même soixante ans après, lorsque Voltaire écrivoit à Madame
+de Fontaine, le 26 janvier 1758 : « Madame Denis
+a cru qu’on ne pouvoit avoir une jarretière bien faite sans
+la faire venir de Paris, à grands frais. »</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p24">-24-</span> Les bonnes Epingles et les fines Eguilles se
+vendent rue de la Huchette à l’Y<a id="FNanchor_73" href="#Footnote_73" class="fnanchor">[23]</a>, et près la
+Croix du Tiroir à la Coupe d’or.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_73" href="#FNanchor_73"><span class="label">[23]</span></a> C’est là, en effet, que se vendoient les « aiguilles de
+Paris », dont Gros René, « avec tant de fanfare », donna un
+demi-cent à Marinette. Cette maison de l’Y existe encore,
+avec la fameuse lettre figurée en fer au milieu des balcons
+du premier étage. C’étoit une enseigne en rébus, comme il y
+en avoit tant : « les grègues, ou culottes à la grecque, dit
+Aimé Martin, dans une note sur <i>la Fable</i> 15 du livre III de
+La Fontaine, s’attachoient avec un nœud de ruban nommé
+<i>un lie-grègue</i>, qui a longtemps servi d’enseigne aux merciers,
+avec cette légende-rébus : <i>à l’Y</i>. » Plusieurs marchands
+avoient pris cette enseigne, entre autres un marchand
+d’épingles du Petit-Pont, dont la boutique fut brûlée par
+l’incendie de 1718, mais c’est le mercier de la rue de la
+Huchette qui la rendit le plus célèbre, il est parlé de sa
+boutique et de sa marchandise dans l’introuvable petit
+poëme scarronnesque du chevalier de Loutaud, <i>Plaidoyez
+d’Ajax et d’Ulysse…</i> 1653, in-12, p. 28 :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">J’avois aiguilles de Paris</div>
+<div class="verse">De l’Y grec dedans la Huchette,</div>
+<div class="verse">Où j’en fais toujours mon emplette.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p><i>V.</i> sur la maison où se trouve cette boutique célèbre
+l’abbé Le Beuf, édit. Cocheris, t. III, p. 61.</p>
+</div>
+<p>Le Sieur Langlois rue saint Sauveur au Fer à
+cheval, fait des Buscs et Bois d’Evantails<a id="FNanchor_74" href="#Footnote_74" class="fnanchor">[24]</a> d’une
+grande propreté<a id="FNanchor_75" href="#Footnote_75" class="fnanchor">[25]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_74" href="#FNanchor_74"><span class="label">[24]</span></a> « Les buscs et bois d’éventail curieux. » Édit. de 1691,
+p. 23.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_75" href="#FNanchor_75"><span class="label">[25]</span></a> Les buscs, si nécessaires pour les hauts et roides corsages
+que les femmes portoient alors, se façonnoient en ivoire
+ou en bois. M<sup>me</sup> de Villedieu en a fait le sujet d’une <i>galanterie</i>
+assez leste, imprimée à la suite de son poëme le plus
+rare, <i>le Carousel de Monseigneur le Dauphin</i>. 1672, in-12,
+p. 14 :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">Qu’il est heureux de tous costez</div>
+<div class="verse">Le joly bois que vous portez, etc.</div>
+</div>
+
+</div></div>
+<p>Les Marchands qui font les Garnitures de
+Rubans, et qui vendent les Coiffes, Fichus et
+<span class="pagenum" id="p25">-25-</span> autres Ajustemens des femmes, ont pour la pluspart
+leurs boutiques au Palais, et quelques uns
+devant saint Mederic, rue saint Antoine<a id="FNanchor_76" href="#Footnote_76" class="fnanchor">[26]</a>, et
+ailleurs.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_76" href="#FNanchor_76"><span class="label">[26]</span></a> Les broderies du faubourg Saint-Antoine étoient déjà
+célèbres en 1660. (<i>Variétés hist. et litt.</i>, t. I, p. 240.)</p>
+</div>
+<p>Pour les Gands, voyez l’article des Gantiers
+Parfumeurs.</p>
+
+<p>Pour le Papier, l’Encre, la Cire d’Espagne,
+les Ecritoires, etc., voyez l’article des Papetiers,
+Cartonniers, etc.</p>
+
+<p>Pour les Masques et Ornemens de Balets,
+voyez l’article des Passetemps et Menus-Plaisirs.</p>
+
+<p>Entre les Quincailliers-Grossiers qui fournissent
+les Détailleurs, sont M<sup>rs</sup> Bioche au
+Cheval d’or, Gabeüil au bon Pasteur, Moreau
+à la Teste d’or<a id="FNanchor_77" href="#Footnote_77" class="fnanchor">[27]</a>, et Menedrieux au saint Esprit
+rue saint Denis.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_77" href="#FNanchor_77"><span class="label">[27]</span></a> « Marceau et Nedrigan, rue Saint-Denis. » Édit. de
+1691, p. 23. A la suite, on lit encore : « Il y a aussi un
+magasin de quincaillerie rue des Deux-Boules, chez un
+charon. »</p>
+</div>
+<p>Il y a d’ailleurs plusieurs boutiques et magasins
+bien fournis de Quincailleries<a id="FNanchor_78" href="#Footnote_78" class="fnanchor">[28]</a> à l’entrée du
+quay de la Mégisserie<a id="FNanchor_79" href="#Footnote_79" class="fnanchor">[29]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_78" href="#FNanchor_78"><span class="label">[28]</span></a> « Qui font ensemble le gros et le détail. » Édit. de
+1691, p. 23.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_79" href="#FNanchor_79"><span class="label">[29]</span></a> Dans la partie qui s’appeloit plus spécialement quai
+de la Ferraille, non-seulement à cause de ces quincailliers,
+mais parce qu’il étoit encombré de petits marchands qui,
+sur le pavé même, y étaloient leurs ferrailles. Ils y restèrent
+jusqu’à l’époque du premier Empire. Piis résuma dans ce
+distique l’arrêté de police qui les fit déguerpir :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">Enjoignons aux vieux ferailleurs</div>
+<div class="verse">De vendre leur vieux fer ailleurs.</div>
+</div>
+
+</div></div>
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p26">-26-</span></p>
+
+<h3 id="c6">MARCHANDISES DE PAPETIERS,<br>
+<span class="small">CARTIERS ET CARTONNIERS.</span></h3>
+
+
+<p>Entre les Marchands Papetiers qui font en
+gros le commerce de Papiers et qui ont de
+grands magasins, sont, M<sup>rs</sup> du Puis rue saint
+Jacques, Godart et Cousin rue des deux Boules,
+Melun Cloitre saint Jacques de la Boucherie,
+Nourry rue des trois Mores<a id="FNanchor_80" href="#Footnote_80" class="fnanchor">[1]</a>, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_80" href="#FNanchor_80"><span class="label">[1]</span></a> Cette rue peu connue alloit de la rue Trousse-Vache à
+celle des Lombards. Elle devoit son nom à l’enseigne d’un
+cabaret où M. de Roquelaure mena un soir Henri IV.
+(<i>Histor.</i> de Tallemant, édit. P. Paris, t. IV, p. 14 et 16.)</p>
+</div>
+<p>M. Beaumont Cartier du Roy, demeure près
+la place des Victoires<a id="FNanchor_81" href="#Footnote_81" class="fnanchor">[2]</a>, et M. Mathas<a id="FNanchor_82" href="#Footnote_82" class="fnanchor">[3]</a> Cartier
+de Monsieur, près S. Roch.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_81" href="#FNanchor_81"><span class="label">[2]</span></a> « Les sieurs Beaumont, rue Neuve-des-Petits-Champs,
+et Langlade, rue Platrière, font encore de très-bonnes cartes
+à jouer. » Édit. de 1691, p. 60. — Sauval, t. I, p. 109,
+parle de cet Anglade ou Langlade, à propos de la rue du
+quartier Saint-Roch, à laquelle on croyoit qu’il avoit donné
+son nom : « Jean Anglade, dit-il, maître cartier à Paris,
+qui met pour devise sur l’enveloppe de ses cartes :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse i3">Jean Anglade je me nomme,</div>
+<div class="verse">Et vous prie de jouer et n’offenser personne. »</div>
+</div>
+
+</div>
+<p>Les fabriques de cartes étoient moins importantes à
+Paris qu’à Rouen, où toute l’Europe et l’Amérique s’en
+fournissoient. (<i>Archives curieuses</i>, 2<sup>e</sup> série, t. XII, p. 230.)
+A la suite de la révocation de l’Édit, les cartiers rouennais,
+la plupart protestants, ayant émigré, leur industrie baissa
+beaucoup. (<i>Segraisiana</i>, p. 40-41.) Il resta ceux de Paris,
+et ceux de Thiers en Auvergne, célèbres depuis plus d’un
+siècle. Montaigne, en 1588, visita la fabrique de Palmier,
+qui l’emportoit sur tous les autres. (V. son <i>Voyage</i>, édition
+in-12, t. II, p. 598.)</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_82" href="#FNanchor_82"><span class="label">[3]</span></a> Avant l’art. de Beaumont et Langlade, on trouve dans
+l’édit. précédente : « le sieur Ouynel, cartier du Roi, demeure
+près des Bâtons-Royaux. » Ensuite vient Mathan, et
+non Mathas, comme ici.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p27">-27-</span> M. de la Bourde rue Bourlabé, vend les Cartons
+dorez pour les Reliquaires, et M<sup>rs</sup> Culambourgt
+rue d’Escosse, Boissiere rue de Versailles<a id="FNanchor_83" href="#Footnote_83" class="fnanchor">[4]</a>,
+la Ruelle rue saint Victor, vendent celuy qui sert
+aux Relieurs, et d’autres pour differens usages.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_83" href="#FNanchor_83"><span class="label">[4]</span></a> L’adresse de ces deux derniers est indiquée dans l’édit.
+de 1691 : « près le Puits-Certain », qui étoit, en effet,
+situé à peu de distance de la rue d’Écosse et de la rue de
+Versailles.</p>
+</div>
+<p>Le même la Ruelle fait grand commerce de
+Boetes de Carte<a id="FNanchor_84" href="#Footnote_84" class="fnanchor">[5]</a>, et d’Estuis de Manchons et
+de Chapeaux.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_84" href="#FNanchor_84"><span class="label">[5]</span></a> C’est ce que nous appelons « cartons de bureau ». La
+préfecture de police, avant l’incendie de 1871, en possédoit
+de très-anciens, ceux entre autres qui contenoient les pièces
+du procès de Cartouche. Ils avoient été vendus par les papetiers
+des environs du Palais : Picard, <i>à la Vertu</i> ; Gorgeret,
+<i>à la Grande Vertu</i>. Quand Guyot prit l’enseigne : <i>à
+la Petite Vertu</i>, ce fut par concurrence à celles-ci, qui
+n’étoient, au reste, qu’un rébus, comme l’Y de tout-à-l’heure.
+<i>La Vertu</i> s’y figuroit pour un V voyelle, c’est-à-dire
+un U, peint en vert.</p>
+</div>
+<p>Les Ecritoires de corne sont fabriquées en
+gros par les Marchands rue Betizy et rue des
+deux Boules à l’Empereur, sur le quay neuf à la
+Renommée, et rue saint Denis au grand Charlemagne<a id="FNanchor_85" href="#Footnote_85" class="fnanchor">[6]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_85" href="#FNanchor_85"><span class="label">[6]</span></a> Cet article est différent dans l’édit. de 1691, p. 22 :
+« les écritoires de corne sont fabriquez par les sieurs Langlois
+frères, rue Bourlabé. » Ces sortes d’encriers, en usage
+encore dans notre enfance, servoient surtout aux écoliers.
+J.-J. Rousseau n’en eut cependant jamais d’autres. L’abbé
+de Tersan possédoit celui dont il se servoit à la fin de
+sa vie. Les écritoires à la mode étoient toujours « façon
+d’ébène », comme du temps de Loret, t. I, p. 244.</p>
+</div>
+<p>Les Dames Futeau, Gamet, Morand, la Bussière
+<span class="pagenum" id="p28">-28-</span> et quelques autres<a id="FNanchor_86" href="#Footnote_86" class="fnanchor">[7]</a> qui logent aux environs
+de saint Hilaire, achetent et vendent toutes sortes
+de vieux Papiers et Parchemins.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_86" href="#FNanchor_86"><span class="label">[7]</span></a> Toutes ces femmes, d’après l’édit. précédente, p. 60,
+formoient, à ce qu’il paroît, une sorte de Société. Quelques
+lignes plus loin que leur article s’en trouve un, qui complète
+celui qui le précède ici. Les mêmes marchands de la
+rue Bétizy, de la rue des Deux-Boules, etc., y sont indiqués
+pour la vente en gros, aux marchands, de la cire
+d’Espagne. On l’appeloit aussi « cire des Indes », suivant
+l’<i>histoire des Drogues</i> par Pomet, liv. VII. Son nom de
+cire, soi-disant importée d’Espagne, où, par parenthèse, on
+ne s’en servoit pas, paroît lui être venu de ce que le premier
+livre qui en ait parlé étoit d’un Espagnol. C’est le
+<i>Traité sur les aromates et les simples</i> publié en 1563 par
+Garcias de Orta.</p>
+</div>
+<p>A la Reigle d’or, place aux Chats près saint
+Innocent, on trouve un grand assortiment de
+Papiers reiglez pour la Musique<a id="FNanchor_87" href="#Footnote_87" class="fnanchor">[8]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_87" href="#FNanchor_87"><span class="label">[8]</span></a> Plusieurs manuscrits de musique à la Bibliothèque du
+Conservatoire portent l’adresse de « La Reigle d’or ».</p>
+</div>
+<p>A l’Image saint François, rue saint André du
+coté du pont saint Michel, il y a un Papetier
+renommé pour la bonne Encre<a id="FNanchor_88" href="#Footnote_88" class="fnanchor">[9]</a>, pour les Canifs
+fins et pour les Plumes taillées.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_88" href="#FNanchor_88"><span class="label">[9]</span></a> On trouve la recette de « cette bonne encre », que le
+père de M<sup>me</sup> Dacier avoit soigneusement transcrite, dans les
+<i>Mélanges de la Société des Bibliophiles</i>, 1850, in-18, p. 342.
+Nous ignorons le nom de son inventeur et l’époque de l’invention,
+mais peut-être étoit-ce la même que « l’encre
+nouvelle », dont la marchande qui en faisoit commerce
+« sur le pont », figure, en 1622, parmi les commères des
+<i>Caquets de l’accouchée</i>. <i>V.</i> notre édit., p. 60.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c7">OUVRAGES ET COMMERCE<br>
+<span class="small">DE BONNETIERS.</span></h3>
+
+
+<p>Le Bureau des Marchands Bonnetiers, Bastiers,
+<span class="pagenum" id="p29">-29-</span> etc., est au Cloitre saint Jacques de la
+Boucherie.</p>
+
+<p>Les Maîtres et Gardes en charge des Marchands
+Bonnetiers sont Messieurs Besnard rue
+saint Denis, Jeson le jeune au coin du Marché
+neuf, Lory et Courcelle à la Halle, et Vaze rue
+saint Denis.</p>
+
+<p>Entre les Marchands Bonnetiers qui tiennent
+magasin et font commerce en gros, sont lesdits
+Sieurs Besnard, Lory et Vaze, et encore
+M<sup>rs</sup> Chastelain Chevalier du Guet, Mignot rue
+de la Savonnerie, de la Croix et le Comte, rue
+S. Denis, Banche sous les Pilliers des Halles.</p>
+
+<p>Entre les Marchands Bonnetiers tenans boutiques,
+qui font un fort grand détail, sont
+M<sup>rs</sup> Perdrigeon aux quatre Vents près saint
+Denis de la Chartre<a id="FNanchor_89" href="#Footnote_89" class="fnanchor">[1]</a>, Naü à la Place Royale
+près la Croix du Tiroir, du Four aux quatre
+Vents à petit Pont<a id="FNanchor_90" href="#Footnote_90" class="fnanchor">[2]</a>, de Lorme rue saint Antoine,
+<span class="pagenum" id="p30">-30-</span> et le Roux au Cerf volant Pont Notre
+Dame.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_89" href="#FNanchor_89"><span class="label">[1]</span></a> Il est célèbre depuis les <i>Précieuses ridicules</i>, scène X,
+où Mascarille demandant à Madelon : « le ruban est-il bien
+choisi ? » Madelon lui répond : « Furieusement bien. C’est
+Perdrigeon tout pur. » Loret se sert de la même expression
+dans sa <i>Gazette</i> du 3 février 1663. Il figure comme le
+plus fameux vendeur de rubans dans la <i>Révolte des passements</i>.
+(V. nos <i>Variétés</i>, t. I, p. 235.) — En 1692, il est
+encore nommé dans la farce italienne d’<i>Arlequin-Phaéton</i>,
+acte II, sc. V, et mis bien au-dessus des médiocres marchands.
+Dans le <i>Procès-verbal de visites pour les marchandises
+de luxe</i>, en 1700, nous trouvons, p. 65, un Jean Perdrigeon,
+qui doit être ou lui, ou son fils. En 1711, cette
+fameuse boutique existoit encore, avec le nom qui en avoit
+fait la chalandise. Le Cabinet des Médailles possède un jeton
+de mercier, qui porte cette date, avec le nom de J. Perdrigeon.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_90" href="#FNanchor_90"><span class="label">[2]</span></a> Variante de l’édit. précédente : « à la Place-Royale,
+près la Croix du Tiroir, et aux Quatre-Vents, au bout du
+pont Notre-Dame, il y a de gros magasins de bas de soie,
+de laine, de cotton, etc. » A la suite : « les bas de toile se
+font par des chaussetiers, près la porte Dauphine. » — Nous
+lisons dans le <i>Menagiana</i>, t. III, p. 99, une amusante
+anecdote sur le bonnetier des Quatre-Vents, et un docteur :
+« M. Peaucelier, y est-il dit, du collége des Cholets,
+achetoit une paire de bas <i>aux Quatre-Vents</i>. Le marchand
+lui en donna de plusieurs sortes, qu’il ne trouva pas à sa
+fantaisie. Ils n’étoient pas assez forts, ni assez épais.
+Donnez-m’en, dit-il, qui soient de <i>matière continue</i>, et non
+pas de matière discrète. Le tour d’expression est d’un
+véritable docteur. »</p>
+</div>
+<p>Il y a au Fauxbourg saint Marcel un grand
+nombre d’Ouvriers pour les Bas drapez.</p>
+
+<p>Il se fait aussi des Bas drapez<a id="FNanchor_91" href="#Footnote_91" class="fnanchor">[3]</a> de Laine de
+Cigovie<a id="FNanchor_92" href="#Footnote_92" class="fnanchor">[4]</a> et de diverses autres sortes de Laine
+et de Soye, chez plusieurs Manufacturiers du
+Fauxbourg saint Antoine<a id="FNanchor_93" href="#Footnote_93" class="fnanchor">[5]</a>, de la Cour du Palais,
+Porte saint Marcel, saint Victor, saint
+Denis, saint Martin, et Fauxbourg saint Germain,
+qui travaillent au metier dont les Jurez
+sont M<sup>rs</sup> Martin à la Villeneuve, Tonnelier rue
+Darnetal, Largilliere<a id="FNanchor_94" href="#Footnote_94" class="fnanchor">[6]</a> même rue, Vaudin rue…</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_91" href="#FNanchor_91"><span class="label">[3]</span></a> On appeloit « bas drapés » ceux dont on épaississoit la
+laine, en la tirant légèrement avec le chardon à bonnetier.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_92" href="#FNanchor_92"><span class="label">[4]</span></a> Ségovie. Les meilleures laines pour les draps fins se
+tirèrent longtemps de cette ville d’Espagne.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_93" href="#FNanchor_93"><span class="label">[5]</span></a> Le 9 janvier 1683, par arrêt du Conseil d’État, permission
+avoit été donnée au sieur Corrozet d’établir, au faubourg
+Saint-Antoine, vingt métiers « pour faire travailler
+en bas et autres ouvrages de soie au métier ». Il étoit neveu
+de Hindret, qui, en 1656, avoit fondé une manufacture
+pareille au château de Madrid.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_94" href="#FNanchor_94"><span class="label">[6]</span></a> Il étoit parent du célèbre peintre, qui n’avoit, du reste,
+dans sa famille toute parisienne, que des passementiers, des
+boutonniers, des chapeliers. <i>V.</i> Jal, <i>Dict. crit.</i> à son nom.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p31">-31-</span> Leur Bureau est rue des Canettes ; ceux qui
+en font le plus grand commerce en gros et en
+détail sont M<sup>rs</sup> Mirebeau, Guyart, et Josse Cour
+neuve du Palais, et Boucher Fauxbourg saint
+Marcel.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c8">MARCHANDISES DES GANTIERS<br>
+<span class="small">ET PARFUMEURS.</span></h3>
+
+
+<p>Il y a près les Peres de l’Oratoire rue saint
+Honoré, et dans la rue de l’Arbre sec, des Marchands
+qui vendent des Gands de Rome<a id="FNanchor_95" href="#Footnote_95" class="fnanchor">[1]</a>, de
+Grenoble<a id="FNanchor_96" href="#Footnote_96" class="fnanchor">[2]</a>, de Blois<a id="FNanchor_97" href="#Footnote_97" class="fnanchor">[3]</a>, d’Eslan, de Chamois et
+<span class="pagenum" id="p32">-32-</span> diverses autres sortes de la meilleure fabrique.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_95" href="#FNanchor_95"><span class="label">[1]</span></a> On savoit déjà combien ils étoient en vogue dès le temps
+de la Fronde, par quelques lettres de Poussin à M. de Chanteloup,
+qui le chargeoit de lui en acheter. Un sien ami,
+« connoisseur en matière de gants », faisoit l’emplette, et,
+lui, faisoit le paquet et l’envoi : « Il y en a une douzaine,
+écrit-il, le 7 octobre 1646, la moitié pour les hommes, et
+la moitié pour les femmes. Ils ont coûté une demi pistole la
+paire, ce qui fait dix huit écus pour le tout. » Le 18 octobre
+1649, autre achat, mais cette fois de gants parfumés
+à la frangipane. Poussin s’en est fourni, pour M. de Chanteloup,
+chez la signora Maddalena, « femme fameuse pour les
+parfums ».</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_96" href="#FNanchor_96"><span class="label">[2]</span></a> Leur réputation commençoit. Sous Louis XV, elle s’étoit
+beaucoup étendue : « les étrangers, dit l’abbé Jaubert, dans
+son <i>Dict. des Arts et Métiers</i>, t. II, p. 313, les préfèrent à
+ceux d’Italie et d’Espagne. » Pour ces derniers, il en étoit
+ainsi déjà sous Louis XIII, même de la part des Espagnols.
+Pendant que nous recherchions leurs gants, ils ne vouloient
+que des nôtres. Il existe aux Archives, dans la partie qui
+vient de Simancas, une lettre de Dona Ines Henrique de
+Sandobal, datée de Madrid et adressée au duc de Monteleone
+à Paris, par laquelle demande lui est faite de douze
+paires de gants pareils à celui qu’elle lui envoie pour modèle.
+Il y est joint encore. C’est un gant de peau blanche,
+cousu à la diable, comme tous les gants parisiens de ce
+temps-là, mais d’une très-jolie coupe, avec son revers retombant
+du poignet sur la main, et les petits rubans et les
+fines rosettes de couleur incarnat qui s’entrelacent sur ce revers.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_97" href="#FNanchor_97"><span class="label">[3]</span></a> Ils étoient de peau de chevreau bien choisie, et mieux
+cousus que ceux de Grenoble et de Paris, « à l’angloise »,
+dit l’abbé Jaubert, car c’étoit autrefois un proverbe que,
+pour qu’un gant fût bon et bien fait, il falloit que trois
+royaumes y contribuassent : « l’Espagne, pour en préparer
+la peau, la France, pour le tailler, et l’Angleterre, pour le
+coudre. » C’est la souplesse des gants espagnols qui avoit
+donné lieu au proverbe, aujourd’hui mutilé : « souple
+comme un gant d’Espagne. » (<i>Francion</i>, 1663, in-12,
+p. 63.) Il étoit de mode, sous Louis XIII, « de présenter
+aux dames après la collation des bassins de gants d’Espagne ».
+Tallemant, <i>Édit.</i> P. Paris, t. IV, p. 209.</p>
+</div>
+<p>Il y a d’ailleurs des Marchands Gantiers en
+divers quartiers de Paris qui sont bien assortis,
+par exemple, M<sup>rs</sup> Remy devant saint Mederic,
+en réputation pour les bons Gands de peau de
+cerf, Arsan près l’Abbaye S. Germain, Richard
+rue S. Denis au petit S. Jean renommé pour les
+Gands de Cuir de Poules<a id="FNanchor_98" href="#Footnote_98" class="fnanchor">[4]</a>, et Richard rue Galande
+au Grand Roy qui fait grand commerce de
+Gands de Daim et façon de Daim.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_98" href="#FNanchor_98"><span class="label">[4]</span></a> On appeloit « cuir de poule » l’épiderme de la peau
+du chevreau. Il falloit, pour l’enlever, une délicatesse extrême
+qui ne se trouvoit que chez les ouvriers de Rome et
+de Paris. Ces gants étoient d’une telle finesse qu’on en faisoit
+tenir une paire dans une coquille de noix. Les gants
+de Vendôme, dont il devroit être parlé ici, car ils étoient
+depuis longtemps célèbres, avoient la même réputation de
+finesse et de souplesse. Ils ne sont pas oubliés dans le
+petit poëme si curieux publié en 1588, <i>Le Gan</i> de Jean
+Godard, reproduit dans nos <i>Variétés</i>, t. V, p. 180-181 :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">Il est temps de parler des gans blancs de Vendosme,</div>
+<div class="verse">Qui sont si délicats que bien souventes fois</div>
+<div class="verse">L’ouvrier les enferme en des coques de noix ;</div>
+<div class="verse">On en parle aussi tant que leur ville gantière</div>
+<div class="verse">Reçoit presque de là sa renommée entière.</div>
+</div>
+
+</div></div>
+<p><span class="pagenum" id="p33">-33-</span> Mesdames de France rue de la Limace, et
+Charpy quay des Orfèvres, tiennent magasins
+de Gands de Rome, de Grenoble et de Blois.</p>
+
+<p>Les Parfumeurs qui font grand commerce de
+Poudre<a id="FNanchor_99" href="#Footnote_99" class="fnanchor">[5]</a> et de Savonnettes<a id="FNanchor_100" href="#Footnote_100" class="fnanchor">[6]</a>, sont au bout du
+Pont saint Michel, à l’entrée de la rue de la
+Harpe, à l’entrée de la rue d’Hurepoix, au bout
+du Pont au Change, à l’entrée de la rue de
+Gesvres et rue Bourlabé près la Trinité.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_99" href="#FNanchor_99"><span class="label">[5]</span></a> La mode de la poudre, comme on voit, ne s’étoit
+jamais perdue depuis Louis XIII. La plus célèbre, « la poudre
+à la maréchale », datoit même à peu près de ce moment.
+Elle devoit son nom à l’une des femmes curieuses que nous
+avons vues plus haut : « le nom de <i>poudre à la maréchalle</i>,
+lisons-nous dans l’avertissement du <i>Parfumeur françois</i>, n’a
+été donné que parce que Madame la maréchalle d’Aumont
+se divertissoit à la faire. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_100" href="#FNanchor_100"><span class="label">[6]</span></a> C’est d’Italie qu’on faisoit venir les plus renommées :
+« les meilleures savonnettes sont celles de Boulogne (Bologne). »
+(Richelet, <i>Dictionnaire</i>.) — On en trouve la recette
+dans le <i>Nouveau Recueil des Secrets et Curiositez</i> de
+l’académicien Lemery, p. 133.</p>
+</div>
+<p>Le Sieur Bailly rue du petit Lion près la rue
+Pavée, vend des Savonnettes legères qu’il dit
+être de crême de savon, et meilleures que les
+Savonnettes ordinaires.</p>
+
+<p>Le Sieur Adam Courier du Cabinet du Roy
+pour l’Italie, apporte souvent des Essences de
+Rome, de Gennes, et de Nice<a id="FNanchor_101" href="#Footnote_101" class="fnanchor">[7]</a> ; il demeure chez
+<span class="pagenum" id="p34">-34-</span> M. Crevon Marchand devant la barrière saint
+Honoré<a id="FNanchor_102" href="#Footnote_102" class="fnanchor">[8]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_101" href="#FNanchor_101"><span class="label">[7]</span></a> « Ces essences, ajoute Liger (<i>Voyageur fidèle</i>, p. 376),
+sont bien plus spiritueuses que celles de France, et par conséquent
+bien plus estimées. » On étoit, lorsqu’il parloit
+ainsi, à la veille de la Régence, qui fut l’époque des parfums
+violents. Louis XIV n’en avoit voulu que des plus
+modérés, dont il faisoit même assez peu d’usage, au grand
+étonnement du Sicilien, dont nous vous avons cité la lettre.
+Il suffisoit de papiers trop parfumés pour lui porter à la
+tête. (<i>Journal de la Santé</i>, p. 284.) Plus jeune, il veilloit
+lui-même à la confection des odeurs qu’il pouvoit supporter.
+C’est le gantier Martial, valet de chambre de Monsieur,
+que l’on connoît par la grotesque confusion que la comtesse
+d’Escarbagnas fait de lui avec le poëte Martial, qui les composoit
+devant lui : « le plus grand des monarques, dit
+l’avertissement du <i>Parfumeur françois</i>, s’est plu à voir
+souvent le sieur Martial composer dans son cabinet les
+odeurs qu’il portoit sur sa sacrée personne. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_102" href="#FNanchor_102"><span class="label">[8]</span></a> C’est-à-dire la barrière des Sergents, dont nous avons
+parlé.</p>
+</div>
+<p>M. Guilleri rue de la Tabletterie, fait venir de
+Portugal la véritable Eau de Cordouë<a id="FNanchor_103" href="#Footnote_103" class="fnanchor">[9]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_103" href="#FNanchor_103"><span class="label">[9]</span></a> Cette eau de Cordoue, qui vient du Portugal, ne
+donne qu’une médiocre confiance dans le savoir de Blegny,
+pour peu qu’il fût apothicaire comme il étoit géographe.</p>
+</div>
+<p>L’Eau de Fleurs d’Oranges et les Essences
+pour les cheveux et pour le Tabac<a id="FNanchor_104" href="#Footnote_104" class="fnanchor">[10]</a>, sont apportées
+et commercées par les Provençaux au cul
+de sac saint Germain l’Auxerrois<a id="FNanchor_105" href="#Footnote_105" class="fnanchor">[11]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_104" href="#FNanchor_104"><span class="label">[10]</span></a> « Les essences fortes et douces à tabac et à cheveux,
+les vins de liqueurs, les fromages de Roquefort, les eaux de
+fleurs d’oranges de Cette, etc., se vendent en gros en différents
+magasins du cul de sac des Provençaux, etc. »
+Édit. de 1691, p. 32. — Pour les cheveux ou perruques,
+c’est l’essence de jasmin qui étoit la préférée ; et, pour le
+tabac, c’étoit déjà la civette, mais frelatée par un procédé
+que Lémery indique dans son <i>Nouv. Recueil des Curiositez</i>,
+p. 122.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_105" href="#FNanchor_105"><span class="label">[11]</span></a> C’est de Grasse qu’il en venoit surtout. Antoine Artaud,
+« marchand parfumeur », en faisoit là un très-grand commerce.
+On a son adresse gravée en bois par Papillon. Le
+plus en vogue des parfumeurs de Lyon, Jean Chabert, dont
+la boutique se trouvoit sur la place des Terreaux, avoit
+pris pour enseigne : « au Jardin de Provence ». On a son
+portrait gravé avec cette indication.</p>
+</div>
+<p>On trouve en détail de bonne Eau de Fleur
+<span class="pagenum" id="p35">-35-</span> d’Oranges à l’Orangerie rue de l’Arbre sec, et à
+la Devise Royale, sur le quay de Nesle près la
+rue de Guenegaud.</p>
+
+<p>On vend au même lieu les fines Essences pour
+les Tabacs, les Eaux odoriférantes d’Anges<a id="FNanchor_106" href="#Footnote_106" class="fnanchor">[12]</a> et
+de Mille fleurs<a id="FNanchor_107" href="#Footnote_107" class="fnanchor">[13]</a>, les Cassolettes philosophiques,
+le Lait d’Amarante qui parfume les chambres
+sans blesser les vaporeux, les Essences d’ambre,
+de musc, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_106" href="#FNanchor_106"><span class="label">[12]</span></a> Lémery a donné aussi, p. 131, la recette de cette eau,
+dont la gomme odorante, appelée <i>Benjoin</i>, l’iris et les clous
+de girofle étoient la base.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_107" href="#FNanchor_107"><span class="label">[13]</span></a> C’étoit moins un parfum qu’un remède. On la devoit à
+la comtesse de Daillon, et la préparation en fut longtemps
+faite par le médecin Defougerais — le Défonandrès de Molière. — Plus
+tard, on en tira une sorte de panacée, que
+recommande une brochure, aujourd’hui rare, publiée à
+Lyon, en 1706 : <i>Traité de l’Eau de Mille fleurs</i>.</p>
+</div>
+<p>Le Sieur Joubert<a id="FNanchor_108" href="#Footnote_108" class="fnanchor">[14]</a> qui demeure au Soulier
+d’or, rue des vieilles Estuves près la Croix du
+Tiroir, est un Colporteur qui donne à très grand
+marché des sortes de Poudres et de Savonnettes
+communes.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_108" href="#FNanchor_108"><span class="label">[14]</span></a> Peut-être faut-il lire Jobert. Il y eut, en effet, un peu
+plus tard, un parfumeur de ce nom, rue de la Croix-des-Petits-Champs,
+qui étoit célèbre pour sa « pommade au
+pot-pourri ». Papillon a gravé son adresse.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c9">PELLETTERIE ET FOURRURES.</h3>
+
+
+<p>Le Bureau des Marchands Pelletiers et Fourreurs
+qui sont des six Corps des Marchands<a id="FNanchor_109" href="#Footnote_109" class="fnanchor">[1]</a>,
+est rue de la Tabletterie ou des Fourreurs<a id="FNanchor_110" href="#Footnote_110" class="fnanchor">[2]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_109" href="#FNanchor_109"><span class="label">[1]</span></a> Nous l’avons dit plus haut, c’étoit le troisième des six.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_110" href="#FNanchor_110"><span class="label">[2]</span></a> La rue des Fourreurs, étant la prolongation de la rue
+de la Tabletterie, du côté de la rue de la Ferronnerie, où
+elle débouchoit au carrefour de la place aux Chats, on les
+confondoit souvent l’une avec l’autre.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p36">-36-</span> Les Maitres et Gardes en Charge de la Marchandise
+de Pelletterie, sont Messieurs le Grand
+rue saint Antoine, Maillard rue saint Mederic,
+Lepreux, Ferrat, Hemins et Maçon rue de la
+Tabletterie ou des Fourreurs.</p>
+
+<p>Les Marchands qui font grand commerce et
+qui tiennent magasins de peaux, sont Messieurs
+Goblet, Vendretin, Mole et Julien même rue ;
+Denis, rue saint Honoré ; Gorge rue saint Denis<a id="FNanchor_111" href="#Footnote_111" class="fnanchor">[3]</a> ;
+Loger Pont saint Michel, Charniette rue
+saint Martin, etc.<a id="FNanchor_112" href="#Footnote_112" class="fnanchor">[4]</a></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_111" href="#FNanchor_111"><span class="label">[3]</span></a> C’est le même qui, plus bas, est nommé Georges.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_112" href="#FNanchor_112"><span class="label">[4]</span></a> « On trouve dans ces endroits, dit Liger, p. 379, de
+très-beaux manchons pour hommes et pour femmes et des
+plus à la mode… On y vend aussi de très-belles aumusses
+à petit gris. » Il ajoute un mot sur « les <i>palatines</i> travaillées
+proprement, composées de peaux d’animaux, tant
+étrangers que du pays ». Madame, princesse <i>Palatine</i>, mère
+du Régent, les avoit mises à la mode. Elles ont gardé
+son nom. Elle en porte une de la plus belle hermine sur
+son portrait peint par Largillière, qui est aujourd’hui au
+musée de Genève. — Liger, en parlant des manchons,
+auroit pu dire qu’il s’en tenoit au Temple une foire très-courue
+à la fin d’octobre. (V. Palaprat, t. II, 2<sup>e</sup> part., p.
+20, et le <i>Journal de Collé</i>, t. I, p. 121.)</p>
+</div>
+<p>Les boutiques des Marchands Pelletiers qui
+font le détail sont pour la plupart près l’aport
+de Paris, rue du Crucifix saint Jacques de la
+Boucherie, et rue de la Juifferie aux environs de
+la Magdelaine<a id="FNanchor_113" href="#Footnote_113" class="fnanchor">[5]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_113" href="#FNanchor_113"><span class="label">[5]</span></a> En la Cité.</p>
+</div>
+<p>On tire par le Messager de Niort des Peaux
+de Chevres et de Mouton passées en Chamois
+en huille<a id="FNanchor_114" href="#Footnote_114" class="fnanchor">[6]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_114" href="#FNanchor_114"><span class="label">[6]</span></a> L’édit. de 1691, p. 37, contient sur l’article des peaux
+de Niort, qui sont encore célèbres aujourd’hui, un détail
+plus clair : « On fabrique à Niort, en Poitou, des peaux de
+chèvres et de moutons passées en chamois, en huile et en
+détrempe. » Un autre article suit : « les peaux imperméables
+à l’eau et à l’air se vendent rue du Four, faubourg Saint-Germain,
+au coin de la rue des Canettes. »</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p37">-37-</span> Le Sieur Rosnel au Plat d’Etain<a id="FNanchor_115" href="#Footnote_115" class="fnanchor">[7]</a> à l’entrée
+de la rue saint Denis fait grand débit de toutes
+sortes de Peaux, et vend des Calçons et Chaussons
+de vray et de faux Chamois<a id="FNanchor_116" href="#Footnote_116" class="fnanchor">[8]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_115" href="#FNanchor_115"><span class="label">[7]</span></a> « Près la porte de Paris. » Édit. 1691, p. 37. C’est
+porte Saint-Denis qu’il faut lire. Le <i>Plat d’étain</i> en étoit
+tout proche.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_116" href="#FNanchor_116"><span class="label">[8]</span></a> L’édit. précédente ajoutoit : « et de chèvre passée en
+huile ».</p>
+</div>
+<p>Le Sieur l’Evêque Güaisnier<a id="FNanchor_117" href="#Footnote_117" class="fnanchor">[9]</a> rue de la Coustellerie
+fait grand commerce de Peaux de Chagrin.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_117" href="#FNanchor_117"><span class="label">[9]</span></a> Richelet dans son Dictionnaire donne une définition
+intéressante du « gainier » de son temps : « ouvrier, dit-il,
+qui fait des gaînes, et qui avec du veau, du maroquin ou
+du chagrin, couvre des cassettes, des coutelières, étuis,
+écritoires et autres pareilles choses qu’il figure (enjolive)
+avec des fers. »</p>
+</div>
+<p>M. Santeuil<a id="FNanchor_118" href="#Footnote_118" class="fnanchor">[10]</a> rue Bourlabé, tient magasin de
+Vaches de Roussy<a id="FNanchor_119" href="#Footnote_119" class="fnanchor">[11]</a>, de Levant, de Peaux de
+Castors<a id="FNanchor_120" href="#Footnote_120" class="fnanchor">[12]</a> et de diverses autres Peaux étrangeres.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_118" href="#FNanchor_118"><span class="label">[10]</span></a> Il étoit de la famille du poëte, une des plus importantes
+du commerce parisien, et qui avoit même eu quelques-uns
+des siens dans l’échevinage.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_119" href="#FNanchor_119"><span class="label">[11]</span></a> On prononçoit ainsi Russie. Ces cuirs russes servoient
+depuis Louis XIII à faire les bottes à la mode. On les imitoit
+à Paris, mais imparfaitement. Richelet explique le
+procédé dans son <i>Dictionn.</i>, t. I, p. 427, et ajoute :
+« M. Mérigo, l’un des plus habiles tanneurs de Paris, m’a
+dit ce que j’avance ici de la vache de Roussy. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_120" href="#FNanchor_120"><span class="label">[12]</span></a> Notre compagnie du Canada ou de la Nouvelle-France
+en avoit le privilége, mais à la condition expresse
+de ne les tirer que de nos colonies pour les débiter en
+France. (<i>Correspond. des Contrôleurs généraux</i>, n<sup>o</sup> 174.)
+Sous Louis XIII, cette compagnie, dont le mercier Nicolas
+Libert étoit un des directeurs et associés, avoit une manufacture
+de ces chapeaux dans l’enclos de la Trinité, rue
+Saint-Denis. V. la réimpression faite pour l’Académie des
+Bibliophiles, en 1867, d’un « arrêt de 1634 pour les chapeaux
+de castor ».</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p38">-38-</span> M. George rue saint Denis près la fontaine la
+Reine, fait commerce de Peaux de Lapin, de
+Lievres et autres pour les Chapeliers.</p>
+
+<p>M. Toupault rue Quinquempoix fait le même
+commerce, et vend diverses sortes de Peaux
+pour les Fourreurs.</p>
+
+<p>Les Marchands Foureurs qui font le détail des
+Manchons des Hermines<a id="FNanchor_121" href="#Footnote_121" class="fnanchor">[13]</a>, et generalement des
+Marchandises de Fourures, sont pour la plupart
+dans la rue des Foureurs près sainte Opportune
+et dans la rue de la vieille Bouclerie<a id="FNanchor_122" href="#Footnote_122" class="fnanchor">[14]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_121" href="#FNanchor_121"><span class="label">[13]</span></a> « Peaux en poils. » Édit. précédente, p. 37. — L’hermine
+ne servoit pas seulement aux vêtements des avocats.
+On en faisoit aussi des pelisses. Voilà pourquoi, jouant sur
+le nom de Pelisson, Somaize, dans le <i>Dictionnaire des Précieuses</i>,
+l’appelle Herminius.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_122" href="#FNanchor_122"><span class="label">[14]</span></a> On lit, à la suite, dans l’édit. de 1691 : « Il y a beaucoup
+de corroyeurs au faubourg Saint-Marcel, aux environs
+de la rivière des Gobelins, rue Maubuée et cloître Saint-Jacques
+de la Boucherie. » On sait que les corroyeurs
+n’ont pas encore quitté les bords de la rivière des Gobelins.</p>
+</div>
+<p>Il y en a d’ailleurs quelques autres rue de
+Gesvres, sur le quay neuf et rue saint Antoine.</p>
+
+<p>Pour les Peaux de Buffles, voyez l’article des
+Armes et Bagages de Guerre.</p>
+
+<p>Pour les Vaches de Roussy et Maroquins façon
+de Levant, voyez l’article des Bureaux publics.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p39">-39-</span></p>
+
+<h3 id="c10">OUVRAGES ET MARCHANDISES<br>
+<span class="small">DE CHEVEUX.</span></h3>
+
+
+<p>Monsieur Binet qui fait les perruques du Roy<a id="FNanchor_123" href="#Footnote_123" class="fnanchor">[1]</a>,
+demeure rue des Petits Champs, M. le Grain qui
+fait celles de Monsieur, est logé au Palais Royal
+dans la Cour des cuisines.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_123" href="#FNanchor_123"><span class="label">[1]</span></a> Ces perruques, dont la forme fut longtemps en vogue,
+s’appeloient, à cause de lui, des <i>binettes</i>, ou <i>perruques-binettes</i>,
+comme dit Salgues dans un curieux chapitre de
+son livre : <i>Paris</i>, 1813, in-8, p. 352. Le mot se conserva
+dans le peuple, qui, de la perruque, finit par l’appliquer à
+la tête. Le mot tintamarresque « une binette » vient de là. — Le
+Roi avoit tout un cabinet de perruques, séparé de sa
+chambre par la salle du Conseil, et qu’on appeloit soit cabinet
+des perruques, soit cabinet des Termes. Il étoit, en
+effet, garni tout autour de Termes ayant chacun une perruque
+sur la tête. Les formes varioient suivant que le Roi alloit
+à la chasse, recevoit les ambassadeurs, ou restoit dans ses
+appartements. Binet, qui avoit soin de cette singulière collection,
+quittoit rarement la Cour. Il comptoit parmi les
+cent cinq personnes, distribuées en cinq tables, qui avoient
+droit de manger chez le Roi, et qui, à ce titre, comme
+nous l’avons vu dans le manuscrit que possédoit Techener :
+<i>État et menu des dépenses pour 1705</i>, recevoient chacune
+un chapon. La consommation de cheveux choisis qu’exigeoient
+les perruques royales étoit considérable. Binet n’y
+épargnoit rien : « Je pélerois, disoit-il, toutes les têtes du
+Royaume, pour parer celle de Sa Majesté. » Son fils François
+Binet eut en survivance sa charge de premier barbier, et sa
+fille épousa, en 1720, le fils de Quentin, un des barbiers
+ordinaires. (<i>Mercure</i>, mai 1720, p. 172.) C’est Quentin qui,
+avec Binet, avoit la garde des perruques du Roi, et lui
+donnoit celle du lever plus courte que les ordinaires.</p>
+</div>
+<p>Le Bureau des deux cens Barbiers, Baigneurs,
+Etuvistes et Perruquiers de Paris<a id="FNanchor_124" href="#Footnote_124" class="fnanchor">[2]</a>, est sur le
+<span class="pagenum" id="p40">-40-</span> quay des Augustins au coin de la rue Git-le-cœur.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_124" href="#FNanchor_124"><span class="label">[2]</span></a> Cette corporation des deux cents barbiers de Paris
+avoit été créée le 14 décembre 1673, par déclaration royale,
+en exécution d’un édit du mois de mars précédent. En
+décembre 1691, au moment où ce <i>Livre commode</i>, déjà
+imprimé sans doute, étoit sur le point de paroître, le
+nombre des barbiers avoit été augmenté de cent, et, deux
+mois après, il le fut encore de cinquante ; enfin, en 1701,
+cent nouvelles places héréditaires furent créées.</p>
+</div>
+<p>Les Prévots Sindics de cette Communauté,
+sont Messieurs Broussin rue de Bussy, Petit
+rue de la Verrerie, Boudet rue saint Loüis près
+le Palais, du Chemin rue Montmartre, Caquet
+rue Dauphine, et Daubons sous l’Orloge du
+Palais.</p>
+
+<p>Entre ceux qui sont renommez pour faire les
+Perruques de bon air, sont Messieurs Pascal
+quay de Nesle<a id="FNanchor_125" href="#Footnote_125" class="fnanchor">[3]</a>, Pelé rue saint André, du Pont
+et des Noyers rue de Richelieu, Jordanis rue
+d’Orléans, l’Abbé rue des Petits Champs, d’Angerville
+près le Palais Royal, Vincent quay des
+Augustins, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_125" href="#FNanchor_125"><span class="label">[3]</span></a> « Le sieur Pascal, au coin de la rue de Guenegaud,
+est fort renommé pour les perruques. » Édit. 1691, p. 26.</p>
+</div>
+<p>Messieurs de la Roze<a id="FNanchor_126" href="#Footnote_126" class="fnanchor">[4]</a> et du Bois sont renommez
+pour les petites Perruques servant aux Ecclésiastiques.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_126" href="#FNanchor_126"><span class="label">[4]</span></a> « M. De la Roze, à l’entrée de la rue Saint-André, est
+renommé pour les perruques abbatiales. » Édit. 1691,
+p. 63.</p>
+</div>
+<p>Messieurs Pelé et Vincent ci-devant désignez
+font aussi commerce de Cheveux en gros et en
+détail<a id="FNanchor_127" href="#Footnote_127" class="fnanchor">[5]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_127" href="#FNanchor_127"><span class="label">[5]</span></a> Ces marchands de cheveux avoient des coupeurs qu’ils
+envoyoient en Normandie, en Flandre, en Hollande, etc.,
+d’où ils leur rapportoient à la fois, six, huit ou dix livres
+de cheveux, qui devoient avoir au moins vingt-quatre à
+vingt-cinq pouces de long. Les meilleurs venoient toujours
+du Nord. C’étoit ensuite la Normandie qui en fournissoit
+le plus. Le prix varioit de quatre francs la livre pour les
+cheveux communs, jusqu’à cinquante écus pour les blonds
+argentés, qui étoient les plus recherchés. <i>V.</i> sur tout cela,
+Jaubert, <i>Dictionn. des Arts et Métiers</i>, t. III, p. 436-437.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p41">-41-</span> Autant en font Messieurs du Mont, Potiquet
+et Rossignol sous la galerie des Innocens, et
+encore Mesdames Lançois rue d’Orléans et Danteuil
+rue Tirechappe.</p>
+
+<p>Le Sieur Thomé Clerc de la Communauté des
+deux cens Barbiers, demeure en leur Bureau,
+c’est à luy qu’il faut s’adresser pour les privileges
+qui sont à vendre ou à loüer<a id="FNanchor_128" href="#Footnote_128" class="fnanchor">[6]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_128" href="#FNanchor_128"><span class="label">[6]</span></a> On a lu dans l’Introduction, t. I, p. xli, comment les
+privilèges, quels qu’ils fussent, se louoient.</p>
+</div>
+<p>Entre les Coiffeuses qui sont fort employées,
+sont Mesdemoiselles Canilliat place du Palais
+Royal, Poitier près les Quinze Vingts, le Brun
+au Palais, de Gomberville rue des bons Enfans,
+et d’Angerville devant le Palais Royal<a id="FNanchor_129" href="#Footnote_129" class="fnanchor">[7]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_129" href="#FNanchor_129"><span class="label">[7]</span></a> « On fait des calottes de toile jaune et de serge à
+mettre sous les perruques, chez un calotier, qui a sa boutique
+sous la porte de la cour neuve du Palais. Les calottes
+ordinaires se trouvent sur le quay de l’Horloge du Palais. »
+Édit. précéd., p. 26. A l’époque de la Terreur, le commerce
+des cheveux se faisoit sur ce même quai, où l’on
+n’avoit vu jusqu’alors que « les perruquiers en vieux ».
+Il s’alimentoit des chevelures des condamnés de la Conciergerie.
+Le nombre en fut si grand qu’à un moment le
+prix des cheveux en baissa ! Aujourd’hui le bureau de placement
+des garçons coiffeurs est sur le quai des Orfèvres.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c11">COMMERCE DES VERRIERS.</h3>
+
+
+<p>Le Bureau des Marchands Verriers<a id="FNanchor_130" href="#Footnote_130" class="fnanchor">[1]</a> est au
+<span class="pagenum" id="p42">-42-</span> Renard rue saint Denis, où l’on décharge toutes
+les Marchandises de leur commerce.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_130" href="#FNanchor_130"><span class="label">[1]</span></a> Dans l’édition de 1691, p. 30, il est dit que les verriers
+de ce bureau étoient seulement ceux « qui font des ouvrages
+de feugère », c’est-à-dire de fougère. On sait que le verre
+ne se faisoit alors qu’avec la potasse extraite des cendres
+de cette plante. De là, les métaphores des poëtes sur le
+vin qui pétille ou qui rit dans « la fougère », comme
+disent Chaulieu et Boileau.</p>
+</div>
+<p>Le Sieur Trincart rue de la Verrerie, l’Hoste
+porte saint Germain, Aubry près la Comedie
+Françoise, et le Grand rue saint Denis, ont un
+grand assortiment de Marchandises de Cristal,
+de Fayence et de Porcelaine<a id="FNanchor_131" href="#Footnote_131" class="fnanchor">[2]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_131" href="#FNanchor_131"><span class="label">[2]</span></a> Dans l’édition de 1691, p. 30, ils ne sont tous trois
+mentionnés que pour ce dernier article : « Ils tiennent, y
+est-il dit, magasin de porcelaine. »</p>
+</div>
+<p>Le Sieur Rose rue Darnetal fait le plus grand
+commerce de Bouteilles couvertes<a id="FNanchor_132" href="#Footnote_132" class="fnanchor">[3]</a>, de Verres de
+tables, de Cloches de Jardins, de Vaisseaux chimiques,
+etc. Il fait des fournitures en gros et à
+bon compte aux détailleurs<a id="FNanchor_133" href="#Footnote_133" class="fnanchor">[4]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_132" href="#FNanchor_132"><span class="label">[3]</span></a> C’est-à-dire entourées d’osier.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_133" href="#FNanchor_133"><span class="label">[4]</span></a> Son article est un peu différent dans l’édition de 1691,
+p. 30. Après la mention du bureau des verriers, il y est dit :
+« Ce qu’on ne trouve pas dans ce bureau, peut être recouvert
+et acheté en gros, à bon compte, dans les magasins
+du sieur Rose, verrier, rue d’Arnetal (Grenetat), etc. »</p>
+</div>
+<p>On trouve des Bouteilles de Cristal taillées
+pour la poche chez le Sieur le Grand le Jeune,
+et de Guerre Verriers, rue saint Denis<a id="FNanchor_134" href="#Footnote_134" class="fnanchor">[5]</a>, le Quin
+Emailleur, rue saint Martin<a id="FNanchor_135" href="#Footnote_135" class="fnanchor">[6]</a>, Gilbert Lapidaire,
+<span class="pagenum" id="p43">-43-</span> rue sainte Croix de la Cité<a id="FNanchor_136" href="#Footnote_136" class="fnanchor">[7]</a>, et le Seür aussi
+Lapidaire, rue saint Denis près le Sepulcre.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_134" href="#FNanchor_134"><span class="label">[5]</span></a> Ils sont indiqués, dans l’édition de 1691, p. 30, comme
+« verriers faisant grand négoce de bouteilles de poche à
+bouchons de verre ». A la suite, viennent « Grancire, rue de
+la Coutellerie, et Ancelin, au cul de sac Saint-Sauveur »,
+qui ne se retrouvent pas ici.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_135" href="#FNanchor_135"><span class="label">[6]</span></a> Il étoit de la famille de l’orfèvre Lequin, que nous
+trouverons à la fin du chap. suivant.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_136" href="#FNanchor_136"><span class="label">[7]</span></a> L’édition de 1691, p. 30, le place « sur le Quai-Neuf,
+au Berceau d’or ».</p>
+</div>
+<p>Il y a une Fayancerie à saint Cloud<a id="FNanchor_137" href="#Footnote_137" class="fnanchor">[8]</a> où l’on
+peut faire exécuter tels modèles que l’on veut.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_137" href="#FNanchor_137"><span class="label">[8]</span></a> On en connoît les principaux ouvriers à cette époque :
+Trou, le potier, et Chicanneau père et fils. Ils fabriquoient
+une faïence à émail stannifère, en camaïeu bleu, le plus
+souvent. Leur faïencerie avoit assez d’importance pour que
+la duchesse de Bourgogne la visitât, en 1709, le 3 sept.
+Les Chicanneau ajoutèrent à la fabrication de la faïence
+celle de la porcelaine, « façon des Indes », dont ils se
+disoient inventeurs. A la fin de 1696, ils adressèrent, comme
+tels, un placet à l’intendant de Paris. (<i>Correspond. des Contrôleurs
+généraux</i>, n<sup>o</sup> 1342.) Lister (chap. V) admira fort
+leurs porcelaines. V. aussi J. Marryat, <i>Hist. des Poteries</i>,
+etc., trad. franç., t. II, p. 212.</p>
+</div>
+<p>M. de Saint Estienne Maitre de la Fayencerie
+de Rouen, a trouvé le secret de la Fayence violette
+tachetée, et de faire en France de la Porcelaine
+semblable à celle des Indes<a id="FNanchor_138" href="#Footnote_138" class="fnanchor">[9]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_138" href="#FNanchor_138"><span class="label">[9]</span></a> Dans l’édition de 1691, p. 30, il n’est mentionné que
+pour la porcelaine qu’il a « le secret de faire en France ». — Il
+fabriquoit bien réellement tout à la fois de la faïence
+et de la porcelaine, et cela, par privilége, avec d’autres concessionnaires,
+depuis 1644. Le 30 juin 1694, M. d’Ormesson
+envoya un rapport au contrôleur général sur l’état
+de cette fabrique et sur le renouvellement de son privilége.
+Comme on vouloit que Saint-Etienne livrât son secret pour
+que la fabrication fût continuée par les Invalides, et comme
+il refusa, ce renouvellement n’eut pas lieu. Le privilége
+obtenu en 1673 pour la porcelaine, « façon de Chine », fut
+seul continué pour vingt ans encore, mais à condition
+qu’au bout de ce temps le secret de fabrication seroit livré
+au public. (<i>Correspond. des Contrôleurs généraux</i>, n<sup>o</sup> 1342.)</p>
+</div>
+<p>Les Fayences de Nevers arrivent sur le quay
+de la Tournelle près la porte saint Bernard<a id="FNanchor_139" href="#Footnote_139" class="fnanchor">[10]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_139" href="#FNanchor_139"><span class="label">[10]</span></a> Ces faïences de Nevers, qui avoient leurs collectionneurs,
+comme on le voit par quelques vers de Sénecé dans
+ses <i>Épigrammes</i> (1717, in-12, p. 224), se fabriquoient depuis
+longtemps déjà, et en dernier lieu, sous la direction
+d’un nommé Castelnau.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p44">-44-</span> M. Perrot Maitre de la Verrerie d’Orléans<a id="FNanchor_140" href="#Footnote_140" class="fnanchor">[11]</a>, a
+trouvé le secret de contrefaire l’Agathe et la
+Porcelaine avec le Verre et les Emaux. Il a
+pareillement trouvé le secret du Rouge des
+Anciens, et celuy de jetter le Verre en moulle
+pour faire des bas reliefs et autres ornemens. Il
+a son Bureau à Paris sur le quay de l’Orloge à
+la Couronne d’or.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_140" href="#FNanchor_140"><span class="label">[11]</span></a> Bernard Perrot étoit neveu de Castelnau que nous
+venons de voir à la faïencerie de Nevers. Dès le mois de
+décembre 1655, il avoit obtenu le privilége de la verrerie
+royale d’Orléans et de celle de Fay-aux-Loges, qui en
+étoit la succursale, à six lieues de là sur le canal. En
+1666, autre brevet délivré à Perrot en faveur d’une découverte
+fort importante pour l’exploitation de sa verrerie : il
+tiroit d’une pierre « qui abonde en France », — la houille
+certainement — un combustible moins cher que le charbon.
+En 1688, ayant perfectionné la fabrication du verre, « soit
+colorié, soit en relief », et aussi « le coulage des métaux
+à table creuse, avec des figures », un privilége nouveau
+lui fut encore accordé. Il le garda, ainsi que les deux
+autres, jusqu’à sa mort, en 1710, malgré les concurrents
+qui firent faire sur ses fabriques une enquête, en février 1692,
+dont le résultat tourna pour lui. Deux de ses parents, peut-être
+ses neveux, Jean Perrot et Jacques Jourdan lui succédèrent
+avec un renouvellement de privilége en date du 2
+août 1710, où il étoit dit que les ouvrages de Perrot
+« égalent en beauté et en qualité les porcelaines ». La
+rue près des remparts Saint-Euverte, où Perrot avoit sa
+verrerie à Orléans, s’appelle encore aujourd’hui <i>rue des
+Bouteilles</i>.</p>
+</div>
+<p>M. Massolat Maitre de la Verrerie de Rizancourt<a id="FNanchor_141" href="#Footnote_141" class="fnanchor">[12]</a>,
+a son Bureau à Paris rue du Four près
+<span class="pagenum" id="p45">-45-</span> la Foire saint Germain chez le Sieur Feloix
+Huissier<a id="FNanchor_142" href="#Footnote_142" class="fnanchor">[13]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_141" href="#FNanchor_141"><span class="label">[12]</span></a> Paul de Masselai, et non Massolat. Il avoit été un des
+concurrents de Perrot, et, n’ayant pu lui faire perdre le
+privilége de la verrerie d’Orléans, il étoit allé en établir
+une à Rizaucourt, au fond de la Champagne.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_142" href="#FNanchor_142"><span class="label">[13]</span></a> L’édition de 1691, p. 30, ajoute « au Châtelet ».</p>
+</div>
+<p>Pour le Verre blanc et le Verre des Vitriers,
+voyez l’article fait exprès.</p>
+
+<p>Pour les Glaces, voyez l’article des marchandises
+de Miroitiers<a id="FNanchor_143" href="#Footnote_143" class="fnanchor">[14]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_143" href="#FNanchor_143"><span class="label">[14]</span></a> On trouve dans l’édit. de 1691, au chap. « du Commerce
+du verre, etc »., p. 30, les indications suivantes qui
+manquent ici : « le verre blanc pour les mignatures et autres
+tableaux, se vend chez un vitrier qui demeure rue aux Ours,
+devant l’image de la Vierge, et chez un autre qui demeure
+vieille rue du Temple, au coin de la rue de Bercy. »</p>
+</div>
+<p>On dit que M. de la Motte de qui on a veü à
+la Foire, il y a quelques années de si beaux ouvrages
+d’Emaux et de Verre façon d’Agathe et
+de Porcelaine, va faire un établissement à Paris,
+en vertu d’un Privilege du grand Sceau<a id="FNanchor_144" href="#Footnote_144" class="fnanchor">[15]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_144" href="#FNanchor_144"><span class="label">[15]</span></a> Il obtint ce privilége, mais ce faillit être au préjudice
+de Bernard Perrot, dont, comme Masselai, ce La Mothe
+étoit le concurrent. Ce fut sur ses instances que le contrôleur
+général écrivit, le 29 février 1692, à l’intendant d’Orléans,
+M. de Creil, pour savoir où en étoit la faïencerie-vitrerie
+privilégiée de Perrot, le sieur De La Mothe, disoit la
+lettre, demandant, lui aussi, un privilége « pour fabriquer
+avec une matière vitrifiée, dont il a le secret, des ouvrages
+en façon de porcelaine, d’agathe, de jaspe, de lapis ». La
+réponse de M. de Creil fut, à ce qu’il paroît, favorable, car
+si La Mothe eut son privilége, Perrot garda le sien.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c12">COMMERCE DE DIVERSES MATIERES<br>
+<span class="small">METALLIQUES, ET OUVRAGES DE COUTELLIERS,
+TAILLANDIERS, ETC.</span></h3>
+
+
+<p>Messieurs Hébert cul de sac de la rue Quinquempoix,
+Presty et Alain rue Neuve saint
+Mederic, et Coquart rue Simon le Franc, font
+<span class="pagenum" id="p46">-46-</span> commerce d’Etain et de Plomb d’Angleterre<a id="FNanchor_145" href="#Footnote_145" class="fnanchor">[1]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_145" href="#FNanchor_145"><span class="label">[1]</span></a> L’édit. de 1691, au lieu d’Hébert, nomme Duval.
+Son magasin y est indiqué « au cloître Saint-Thomas du
+Louvre ».</p>
+</div>
+<p>Le Fer blanc est négocié en gros par Messieurs
+le Doux rue Jean de l’Epine, Fontaine
+rue des Lombards, et Frezan rue de la Vannerie<a id="FNanchor_146" href="#Footnote_146" class="fnanchor">[2]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_146" href="#FNanchor_146"><span class="label">[2]</span></a> « Au bout de la rue de la Vannerie. » Édit. précéd.,
+p. 22. Le fer blanc ne se fabriquoit en France que depuis
+Colbert, qui en avoit établi la première fabrique à Beaumont-la-Ferrière
+dans le Nivernois. Il avoit dû pour cela
+faire appel aux ferblantiers allemands. (<i>Correspond. administrat.
+de Louis XIV</i>, t. III, p. 740.)</p>
+</div>
+<p>Il y a plusieurs magasins de Cuivre et de
+Leton, rue Quinquempoix.</p>
+
+<p>Les Bateurs d’or qui vendent l’or en feuilles
+et en coquilles, sont établis en différens quartiers
+de Paris, par exemple, rue du Cimetiere saint
+Nicolas des Champs, rue saint Jacques, rue de
+Gesvres, rue saint Denis, etc.</p>
+
+<p>Les Tireurs d’or qui vendent l’or et l’argent
+trait et filé, sont pour la plupart rue saint Denis<a id="FNanchor_147" href="#Footnote_147" class="fnanchor">[3]</a>
+au dessus de saint Jacques de l’Hopital<a id="FNanchor_148" href="#Footnote_148" class="fnanchor">[4]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_147" href="#FNanchor_147"><span class="label">[3]</span></a> « Aux environs de la rue Mauconseil. » Édit. de 1691,
+p. 23.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_148" href="#FNanchor_148"><span class="label">[4]</span></a> « Cet or et cet argent tirés, ajoute Liger, p. 394,
+s’emploient pour les broderies, les galons et les boutons
+qui se débitent pour les habits. »</p>
+</div>
+<p>Pour l’Or et l’Argent en lingots et grenaille,
+voyez l’article fait exprès.</p>
+
+<p>Pour le Plomb en balles et en graine, voyez
+l’article des Armes et Bagages de Guerre et de
+Chasse.</p>
+
+<p>Le Sieur Guilloüet Taillandier et Ferblantier,
+à l’entrée de la rue de Gesvres, a un particulier
+<span class="pagenum" id="p47">-47-</span> talent pour les plus beaux Ouvrages de Fer blanc
+et de Leton planez<a id="FNanchor_149" href="#Footnote_149" class="fnanchor">[5]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_149" href="#FNanchor_149"><span class="label">[5]</span></a> « <span class="sc">Planer</span>, c’est unir la besogne à force de petits
+coups de marteau ». (Richelet, <i>Dictionn.</i>) — A la suite de
+l’art. sur le sieur Guillouet, on lit dans l’édit. de 1691,
+p. 111 : « Le sieur Jo et quelques autres potiers d’étain, près
+la porte Saint-Marcel, vendent des grandes et petites
+seringues bien faites et à juste prix. » — La vaisselle
+d’étain se travailloit avec le plus grand soin. On y étoit
+parvenu à donner au métal la consistance et le brillant de
+l’argent. <i>V.</i> Loret, t. II, p. 427-428 ; et Faugère, <i>Voyage
+de deux Hollandois, à Paris</i>, p. 276.</p>
+</div>
+<p>Pour les Arcs et Ressorts qui sont ouvrages
+de Taillandier, voyez l’article des Chevaux et
+Equipages.</p>
+
+<p>Entre les Couteliers renommez pour les Couteaux
+et les Cizeaux sont le Maitre de l’Eglise
+rue saint Martin, et le Maitre du Coutelas rue de
+la Coutelerie, qui a un talent particulier pour les
+Lames de couteaux de tables qui se montent sur
+des manches d’argent<a id="FNanchor_150" href="#Footnote_150" class="fnanchor">[6]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_150" href="#FNanchor_150"><span class="label">[6]</span></a> Dans l’édition de 1691, p. 59, il n’est recommandé
+que pour les rasoirs. Le coutelier « du Trèfle », rue de la
+Coutellerie, qui ne se retrouve plus ici, est indiqué à la
+même page, comme étant « renommé pour les couteaux ». — Ce
+<i>trèfle</i> étoit à la fois l’enseigne et la marque de ce
+coutelier en renom. Nous l’avons vu souvent sur des couteaux
+des derniers siècles. Toute marque — et chaque
+coutelier-fabricant avoit la sienne — étoit une propriété
+qu’aucun autre ne devoit prendre ni contrefaire. (<i>Lettres
+patentes sur le règlement des ouvrages de quincaillerie et de
+coutellerie de la ville de Thiers</i>, 24 déc. 1743, art. 2.)
+Suivant Clicquot-Blervache, <i>Considérat. sur les Compagnies,
+Sociétés et Maîtrises</i>, p. 165, on offrit jusqu’à 22,000 livres
+de la marque que Palme, de Thiers, mettoit à ses couteaux :
+« C’étoit, dit-il, la plus accréditée. »</p>
+</div>
+<p>Entre les Couteliers en réputation pour bien
+faire et bien repasser les Lancettes, sont les
+<span class="pagenum" id="p48">-48-</span> Sieurs Surmont au tiers-point<a id="FNanchor_151" href="#Footnote_151" class="fnanchor">[7]</a> rue saint Julien
+le Pauvre, et Touyaret au Verre couronné rue
+de la Coutellerie<a id="FNanchor_152" href="#Footnote_152" class="fnanchor">[8]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_151" href="#FNanchor_151"><span class="label">[7]</span></a> Le <i>tiers-point</i> est un outil triangulaire, qui sert surtout
+aux bourreliers. Louvel, qui l’avoit été, assassina le
+duc de Berry avec un tiers-point.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_152" href="#FNanchor_152"><span class="label">[8]</span></a> Dans l’édition de 1691, p. 59, il est mentionné avec
+son enseigne, pour la même spécialité des lancettes, mais
+n’est pas nommé.</p>
+</div>
+<p>L’acier crud est commercé par les Marchands
+de Fer, et les Instrumens de Moulins pour les
+Dents, par les Quincailliers, qui vendent d’ailleurs
+toutes les Marchandises foraines de Coutellerie.</p>
+
+<p>Le Maitre de la Coupe rue Troussevache, est
+distingué pour les Instrumens de Chirurgie.</p>
+
+<p>On peut par les Messagers de Moulins et de
+Langres tirer de bons Cizeaux<a id="FNanchor_153" href="#Footnote_153" class="fnanchor">[9]</a> ; et par celuy de
+Caen, de Couteaux de poche d’une propreté et
+d’une bonté singulière.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_153" href="#FNanchor_153"><span class="label">[9]</span></a> Les couteaux de Langres étoient au moins aussi renommés
+que ses ciseaux. Les voleurs leur avoient même
+fait une réputation sinistre : le couteau pour eux étoit un
+<i>lingre</i> ; et, pour assassiner, ils disoient <i>lingrer</i>. Diderot, on
+le sait, étoit fils d’un coutelier de Langres.</p>
+</div>
+<p>On fait de très bons Canifs à la Masse et au
+Pistolet, rue de la Coutellerie<a id="FNanchor_154" href="#Footnote_154" class="fnanchor">[10]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_154" href="#FNanchor_154"><span class="label">[10]</span></a> Dans l’édition de 1691, p. 59, c’est « le coutelier de
+l’Antonnoir (<i>sic</i>), rue aux Ours », qui est recommandé pour
+les canifs.</p>
+</div>
+<p>Le Sieur le Quin Orfèvre, rue de la Fromagerie<a id="FNanchor_155" href="#Footnote_155" class="fnanchor">[11]</a>,
+fabrique les Instrumens d’argent servant
+aux Chirurgiens.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_155" href="#FNanchor_155"><span class="label">[11]</span></a> C’est le grand-père du tragédien Le Kain, dont le vrai
+nom n’étoit ni celui qu’il prenoit, ni celui qu’on lui donne
+ici. Il s’appeloit Caïn. Son acte de naissance, reproduit par
+Jal, à ce nom, dans son <i>Dictionnaire critique</i>, nous le donne
+comme né le 3 avril 1729, de Henri Caïn, « marchand
+orfèvre, rue de la Fromagerie », lequel, ajouterons-nous, avoit
+succédé à son père dans la même boutique. Pour Caïn, on
+prononçoit Quin, et même Le Quin, comme on le voit ici.
+Le nom que prit Lekain, en se mettant au théâtre, fut un
+compromis entre les deux formes.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p49">-49-</span> Le Sieur Landrieux Gaisnier près le Palais,
+fait très proprement les Etuis servant aux ouvrages
+de Coutellerie.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c13">DOMESTIQUES ET OUVRIERS.</h3>
+
+
+<p>Le Bureau d’adresse pour les Maitres qui
+cherchent des Serviteurs, et pour les Serviteurs
+qui cherchent des Maitres, est au Marché Neuf
+devant saint Germain le vieil.</p>
+
+<p>Il y a un particulier Bureau d’adresse à la
+Grève pour les Cuisiniers et Garçons de cabaret.</p>
+
+<p>Les Nourrices et Servantes à louer se trouvent
+en des Bureaux de Recommanderesses<a id="FNanchor_156" href="#Footnote_156" class="fnanchor">[1]</a>, rue de
+la Vannerie<a id="FNanchor_157" href="#Footnote_157" class="fnanchor">[2]</a>, et rue du Crucifix saint Jacques<a id="FNanchor_158" href="#Footnote_158" class="fnanchor">[3]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_156" href="#FNanchor_156"><span class="label">[1]</span></a> V. notre <i>Introduction</i>, p. x. — Dans une pièce de la
+fin du <small>XVI</small><sup>e</sup> siècle que M. de Montaiglon a jointe à ses
+anciennes poésies, t. I : <i>Chambrière à louer à tout faire</i>,
+se trouve, p. 90, un passage curieux sur ces premiers
+bureaux de placement des servantes :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">Pourtant me vient à souvenir</div>
+<div class="verse">Que chez les <i>recommanderesses</i></div>
+<div class="verse">Est le lieu où sont les addresses</div>
+<div class="verse">Pour trouver servantes à louer…</div>
+</div>
+
+</div></div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_157" href="#FNanchor_157"><span class="label">[2]</span></a> Le bureau des servantes y étoit si connu, qu’au
+<small>XIV</small><sup>e</sup> siècle on l’appeloit moins rue de la Vannerie que rue
+des <i>Commanderesses</i> ou des <i>Recommanderesses</i>. Il en étoit
+de même de la rue de la Coutellerie, où se trouvoit un
+bureau pareil. (<i>Registres crimin.</i> du Châtelet 1389-1392,
+t. I, p. 37.)</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_158" href="#FNanchor_158"><span class="label">[3]</span></a> Quand une servante avoit mérité une punition publique,
+c’est devant le bureau des <i>Recommanderesses</i> qu’on la lui
+infligeoit pour l’exemple. En 1576, une chambrière ayant
+eu un enfant du clerc de la maison où elle servoit, et l’ayant
+exposé la nuit à une porte voisine, fut condamnée au fouet
+par sentence du Châtelet, le 24 octobre, et c’est devant la
+maison des Recommanderesses qu’elle fut fouettée. (Bouchel,
+<i>Bibliothèque</i>, au mot <i>Exposés</i>.)</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p50">-50-</span> Plusieurs Laquais cherchant maitres, et qu’on
+peut même louer par jour<a id="FNanchor_159" href="#Footnote_159" class="fnanchor">[4]</a>, se tiennent tous les
+matins sur les degrez de la vieille Cour et près
+la petite porte du Palais.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_159" href="#FNanchor_159"><span class="label">[4]</span></a> Liger, qui donne aussi ce détail, p. 403, le relève
+ainsi : « l’on voit qu’on peut, dans l’occasion, se faire suivre
+à Paris, et se donner l’air d’homme à laquais, sans qu’il en
+coûte beaucoup. »</p>
+</div>
+<p>Les Garçons de Métier trouvent des embauches
+ou adresses de boutiques<a id="FNanchor_160" href="#Footnote_160" class="fnanchor">[5]</a> aux lieux ci-après, à
+sçavoir : pour les Marchands, au Bureau de la
+rue Quinquempoix ; pour les Verriers, rue saint
+Denis au Renard ; pour les Drapiers, au Bureau
+rue des Déchargeurs ; pour les Chirurgiens, chez
+les Couteliers travaillant aux lancettes, et encore
+aux Ecoles de Chirurgie rue des Cordeliers ; pour
+les Apoticaires à la Lamproye rue de la Huchette,
+et encore au Bureau, cloitre sainte Opportune ;
+pour les Droguistes Epiciers, au même Bureau ;
+<span class="pagenum" id="p51">-51-</span> pour les Fourbisseurs au Bureau rue de la Pelleterie ;
+pour les Gantiers et Chapeliers, même
+rue ; pour les Tourneurs Tablettiers, rue de la
+Savonnerie ; pour les Tanneurs, au fauxbourg
+saint Marcel ; pour les Fondeurs, près saint
+Nicolas des Champs ; pour les Orfèvres, en leur
+Bureau et Chapelle rue S. Germain l’Auxerrois,
+et encore chez le Petit père cour du Palais ; pour
+les Patissiers, rue de la Poterie ; pour les Teinturiers,
+rue de la Tannerie ; pour les Bonnetiers,
+au Bureau cloitre S. Jacques de la Boucherie ;
+pour les Peintres, Doreurs et Sculpteurs, aux
+Filles Penitentes de la rue saint Denis tous les
+Dimanches au matin<a id="FNanchor_161" href="#Footnote_161" class="fnanchor">[6]</a> ; et pour les Menuisiers,
+rue des Ecouffes.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_160" href="#FNanchor_160"><span class="label">[5]</span></a> Ces adresses imprimées, et souvent enjolivées de dessins
+gravés, que se faisoient faire tous les marchands, ont
+eu leur mention plus haut à propos de celles qu’illustra
+Papillon. Quelques-uns les faisoient frapper en jetons. Nous
+en avons vu une de ce genre, en cuivre rouge et de forme
+octogone, portant, d’un côté : un chiffre entrelacé, avec la
+légende <span class="sc">Pierre. Bizet. Marchand. Miroitier</span>, et la date
+de 1703, à l’exergue ; de l’autre : une console drapée d’un
+tapis fleurdelisé, un miroir carré surmonté d’une pendule ;
+au fond, un manteau retroussé, et, pour légende : <span class="sc">Av
+Magazin. Royal. Rue St. Martain</span>.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_161" href="#FNanchor_161"><span class="label">[6]</span></a> Ces filles pénitentes étoient les religieuses de Sainte-Catherine,
+dont il est parlé dans l’<i>Introduction</i>, p. ix-x.
+L’Académie des peintres avoit, au commencement du règne,
+loué, rue des Déchargeurs, le second étage d’une maison
+qui leur appartenoit et s’y étoit reconstituée. Elle y resta
+deux ans, puis alla s’établir au Louvre. Tout lien ne fut
+pas rompu entre elle et les religieuses de la rue Saint-Denis,
+qui se firent ses « recommanderesses », chaque
+dimanche, pour les jeunes gens qui voudroient y être admis
+comme élèves.</p>
+</div>
+<p>Les Cordonniers, Serruriers, Menuisiers, Tonneliers,
+Arquebusiers, Rotisseurs et autres, s’embauchent
+par eux mêmes en se présentant dans
+les boutiques.</p>
+
+<p>Les Maçons, Manœuvres, Limousins, etc.,
+s’assemblent à la Grève<a id="FNanchor_162" href="#Footnote_162" class="fnanchor">[7]</a> tous les matins des
+<span class="pagenum" id="p52">-52-</span> jours ouvrables depuis quatre jusqu’à six heures,
+où l’on va prendre ceux dont on a besoin pour
+les atteliers.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_162" href="#FNanchor_162"><span class="label">[7]</span></a> Ils y étoient tout près de la rue de la Mortellerie — aujourd’hui
+de l’Hôtel de Ville — où ils habitoient, et habitent
+encore en grand nombre, et qui devoit son premier
+nom à ces « mortelliers » ou maçons. Ils se tiennent à présent
+un peu plus haut que la Grève, sur la petite place qui
+se trouve entre la rue et le pont Louis-Philippe.</p>
+</div>
+<p>Les Revendeuses, Blanchisseuses, Ravaudeuses,
+etc., se melent de placer presque toutes
+les Servantes.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c14">VÉRIFICATIONS ET RAPPORTS<br>
+<span class="small">DE JUREZ.</span></h3>
+
+
+<p>Monsieur Rainsant Medecin Juré du Parlement<a id="FNanchor_163" href="#Footnote_163" class="fnanchor">[1]</a>,
+demeure Isle Notre Dame, et M. du
+Tertre Chirurgien Juré de la même Cour<a id="FNanchor_164" href="#Footnote_164" class="fnanchor">[2]</a> rue
+du Jardinet. Madame Maillard y fait la fonction
+de Sage femme Jurée, et demeure près le Palais.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_163" href="#FNanchor_163"><span class="label">[1]</span></a> Fils du savant médecin-numismatiste Rainssant, mort
+deux ans auparavant.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_164" href="#FNanchor_164"><span class="label">[2]</span></a> Il a été nommé plus haut, t. I, p. 157, au chapitre
+des opérations chirurgicales.</p>
+</div>
+<p>Messieurs Chauvel et Moreau Jurez Medecins
+du Chatelet demeurent, sçavoir, le premier rue
+saint Severin, et le deuxième rue de la Verrerie<a id="FNanchor_165" href="#Footnote_165" class="fnanchor">[3]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_165" href="#FNanchor_165"><span class="label">[3]</span></a> « M. Arlot, médecin juré du grand Conseil, demeure
+rue du Four, près la Croix du Tiroir. » Édit. 1691, p. 39.
+Il a aussi été nommé plus haut.</p>
+</div>
+<p>Les Jurez Chirurgiens du Chatelet sont Messieurs
+Auguy près la Magdelaine, Helot rue de
+la Calandre, le Dran quay de l’Orloge, et Clerambourg
+rue saint Germain l’Auxerrois.</p>
+
+<p>Le Livre de M. de Blegny contenant la Doctrine
+et les formules des Rapports de Chirurgie<a id="FNanchor_166" href="#Footnote_166" class="fnanchor">[4]</a>
+se vend chez la veuve Nion.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_166" href="#FNanchor_166"><span class="label">[4]</span></a> Voici le vrai titre du livre de Blegny, qu’il abrège ici
+et rend ainsi plus clair : <i>la Doctrine des rapports, fondée
+sur les maximes d’usage, et sur la disposition des nouvelles
+ordonnances</i>. 1684, in-12.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p53">-53-</span> Madame Bureau et Mademoiselle sa fille Jurées
+Sages-femmes du Chatelet, demeurent rue
+saint Germain l’Auxerrois.</p>
+
+<p>M. Dozier reconnu pour le plus expert Genealogiste<a id="FNanchor_167" href="#Footnote_167" class="fnanchor">[5]</a>,
+demeure au carrefour des trois
+Maries<a id="FNanchor_168" href="#Footnote_168" class="fnanchor">[6]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_167" href="#FNanchor_167"><span class="label">[5]</span></a> Charles d’Hozier, fils de Pierre, qui avoit commencé
+la célébrité du nom. Il fut, comme lui, juge d’armes de
+la noblesse de France.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_168" href="#FNanchor_168"><span class="label">[6]</span></a> Son adresse étoit ainsi donnée l’année précédente,
+p. 40 : « Monsieur d’Hozier, qui demeure au cloître Saint-Germain-l’Auxerrois,
+chez Monsieur Desvieux, greffier du
+Conseil… »</p>
+</div>
+<p>M. de Lonchamps au bout du Pont au Change
+du côté du Chatelet s’occupe pareillement à dresser
+et vérifier les arbres généalogiques.</p>
+
+<p>Les Maitres Ecrivains Jurez nommez et employez
+pour la vérification des écritures et signatures
+contestées en Justice, ont leur Chambre
+chez M. des Planches<a id="FNanchor_169" href="#Footnote_169" class="fnanchor">[7]</a>, à présent Sindic en
+charge de leur Communauté, rue et devant le
+petit saint Antoine, tous peuvent être appellez à
+cette fonction, mais les plus ordinairement employez
+ce sont ceux des Anciens qui y sont
+occupez depuis longtemps ; comme Messieurs
+du Houx à l’Hotel des Ursins, le Comte rue
+saint Jacques, Lesgret rue du gros Chênet, et de
+Blegny rue saint André, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_169" href="#FNanchor_169"><span class="label">[7]</span></a> Il a été nommé déjà plus haut.</p>
+</div>
+<p>M. de Blegny fils de l’Ecrivain<a id="FNanchor_170" href="#Footnote_170" class="fnanchor">[8]</a> à l’entrée de
+<span class="pagenum" id="p54">-54-</span> la rue saint André, est ordinairement nommé
+par Nosseigneurs de Parlement pour les Calculs
+et verification de Comptes.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_170" href="#FNanchor_170"><span class="label">[8]</span></a> Il a été parlé plus haut d’un de ses livres de première
+éducation.</p>
+</div>
+<p>M. Barême aussi Aritméticien<a id="FNanchor_171" href="#Footnote_171" class="fnanchor">[9]</a>, devant le
+Pont Neuf au coin de la rue Dauphine<a id="FNanchor_172" href="#Footnote_172" class="fnanchor">[10]</a>, est
+occupé au même employ à la Chambre des
+Comptes<a id="FNanchor_173" href="#Footnote_173" class="fnanchor">[11]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_171" href="#FNanchor_171"><span class="label">[9]</span></a> François Barrême, dont le nom est encore si populaire.
+Son <i>Livre des Comptes faits</i>, auquel il doit cette popularité,
+avoit paru pour la première fois en 1670, avec une dédicace
+à Colbert. En voici le titre complet : « <i>le Livre des Comptes
+faits, où, sans avoir appris l’arithmétique, on y fait toutes
+sortes de comptes et multiplications les plus difficiles, quand
+il y auroit même des grandes fractions. Livre très-facile, et
+d’une grande utilité.</i> » Barrême mourut en 1703.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_172" href="#FNanchor_172"><span class="label">[10]</span></a> Il donne ainsi son adresse en tête de ses livres :
+<span class="sc">Barrême</span>, <i>arithméticien, demeurant au bout du Pont-Neuf,
+rue Dauphine, enseigne briefvement l’arithmétique</i>.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_173" href="#FNanchor_173"><span class="label">[11]</span></a> « Il y a plusieurs écrivains déchiffreurs, qui ont leurs
+bureaux au Palais. » Édit. 1691, p. 41.</p>
+</div>
+<p>M. Penon fauxbourg saint Antoine près l’Abbaye,
+dresse et verifie les Arpentages<a id="FNanchor_174" href="#Footnote_174" class="fnanchor">[12]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_174" href="#FNanchor_174"><span class="label">[12]</span></a> « M. Caron, rue Saint-Antoine, devant l’hôtel de Beauvais,
+est renommé pour l’arpentage. » <i>Ibid.</i></p>
+</div>
+<p>Les Jurez Bourgeois Expers pour le Toisé,
+Visite, et Estimation des ouvrages dependantes
+de l’Architecture, ont leur Bureau à l’entrée de
+la rue de la Verrerie, et sont compris dans les
+deux colonnes suivantes<a id="FNanchor_175" href="#Footnote_175" class="fnanchor">[13]</a> :</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_175" href="#FNanchor_175"><span class="label">[13]</span></a> Ils avoient été créés au mois de mai 1690, sous le
+titre d’experts jurés pour les bâtiments, et ne formoient
+qu’une communauté avec les entrepreneurs.</p>
+</div>
+
+<p class="c"><i>Expers Bourgeois<a id="FNanchor_176" href="#Footnote_176" class="fnanchor">[14]</a>.</i></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_176" href="#FNanchor_176"><span class="label">[14]</span></a> Cette liste est plus complète ici que dans l’édit. précédente,
+surtout pour les adresses, qui y manquent pour la plupart.
+L’auteur s’en excuse par quelques lignes curieuses sur la
+création alors toute récente de ces experts : « Il y a, dit-il,
+p. 40, des Jurez bourgeois de nouvelle création pour le
+toisé, visite et estimation des bâtiments de la ville, fauxbourg,
+prévosté et vicomté de Paris, qui sont au nombre
+de cinquante ci-après dénommez, mais qui ont si nouvellement
+financé qu’on n’a pu encore recouvrer les adresses
+que d’un petit nombre d’entre eux ; au besoin, il sera facile
+d’apprendre la demeure des autres par la liste qui sera apposée
+au Châtelet après la prestation du serment, après
+laquelle ils doivent être divisez en deux colonnes comme
+ci-après. »</p>
+</div>
+<p class="drap">Simon Lambert, quay de Nesle.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p55">-55-</span> Gabriel le Duc<a id="FNanchor_177" href="#Footnote_177" class="fnanchor">[15]</a>, rue saint Denis.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_177" href="#FNanchor_177"><span class="label">[15]</span></a> Fils ou neveu de l’un des architectes qui avoient travaillé
+au Val-de-Grâce. Il avoit lui-même construit aux
+Petits-Pères la partie des bâtiments où se trouvoit la
+bibliothèque.</p>
+</div>
+<p class="drap">Nicolas de l’Epine<a id="FNanchor_178" href="#Footnote_178" class="fnanchor">[16]</a>, rue de Clery.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_178" href="#FNanchor_178"><span class="label">[16]</span></a> Reçu de l’Académie d’architecture, en 1699. Nous
+trouverons plus loin son père Pierre-Nicolas de l’Épine
+parmi les entrepreneurs.</p>
+</div>
+<p class="drap">Jacques Mazières, rue Neuve des Petits Champs<a id="FNanchor_179" href="#Footnote_179" class="fnanchor">[17]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_179" href="#FNanchor_179"><span class="label">[17]</span></a> Il avoit fait beaucoup bâtir dans la rue Neuve-des-Petits-Champs,
+où nous le voyons logé. C’est à lui et à
+Lulli qu’on en devoit les premières maisons dans la partie
+qui longeoit le versant septentrional de la butte Saint-Roch.
+Nous le trouverons plus bas, avec Le Maistre qui suit,
+parmi les grands maçons.</p>
+</div>
+<p class="drap">Pierre le Maistre, aux Invalides<a id="FNanchor_180" href="#Footnote_180" class="fnanchor">[18]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_180" href="#FNanchor_180"><span class="label">[18]</span></a> Il fut au nombre des entrepreneurs de la place Vendôme
+et il y vint loger. Nous l’y trouvons en 1702.</p>
+</div>
+<p class="drap">Jean Boullier de Bourges, rue Montmartre.</p>
+
+<p class="drap">Rolland le Proüst, rue Bardubec.</p>
+
+<p class="drap">Michel de Mezerets, rue de la Verrerie.</p>
+
+<p class="drap">Isaac Meusnier, rue S. Martin.</p>
+
+<p class="drap">François Pageois, rue S. Bon.</p>
+
+<p class="drap">François Doucet<a id="FNanchor_181" href="#Footnote_181" class="fnanchor">[19]</a>, rue S. Bon.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_181" href="#FNanchor_181"><span class="label">[19]</span></a> L’Almanach royal de 1702, p. 113, lui donne son vrai
+nom : Doussot.</p>
+</div>
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p56">-56-</span> François le Clerc, rue de Grenelle, quartier saint
+Eustache.</p>
+
+<p class="drap">Claude Alexandre Voullau, rue Montmorency.</p>
+
+<p class="drap">Louis Couvers<a id="FNanchor_182" href="#Footnote_182" class="fnanchor">[20]</a>, rue Chapon.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_182" href="#FNanchor_182"><span class="label">[20]</span></a> Il faut lire Convers, comme dans l’<i>Almanach royal</i>.</p>
+</div>
+<p class="drap">Charles Mollet<a id="FNanchor_183" href="#Footnote_183" class="fnanchor">[21]</a>, rue Champfleury.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_183" href="#FNanchor_183"><span class="label">[21]</span></a> Nous l’avons déjà vu plus haut au chapitre Jardinages,
+ainsi que Michel Le Bouteux, qui suit.</p>
+</div>
+<p class="drap">Michel le Bouteux, rue de la Magdelaine, fauxbourg
+saint Honoré.</p>
+
+<p class="drap">Charles François Person<a id="FNanchor_184" href="#Footnote_184" class="fnanchor">[22]</a>, place du Palais Royal.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_184" href="#FNanchor_184"><span class="label">[22]</span></a> Lisez Poerson, qu’on prononçoit Person. C’est l’assez
+médiocre peintre Charles-François Poerson, qui fut professeur
+à l’Académie de peinture, en 1695, et directeur de
+notre école de Rome, en 1704. Nous le trouvons avec
+Mazière, nommé tout-à-l’heure, dans une expertise d’art
+assez délicate pour un différend soulevé entre le riche amateur
+Crozat et Boule. (<i>Archives de l’Art françois</i>, t. IV,
+p. 332.)</p>
+</div>
+<p class="drap">Jacques Piretoüy, vieille rue du Temple.</p>
+
+<p class="drap">Jean François Gobin, rue de la Parcheminerie.</p>
+
+<p class="drap">André Perravet<a id="FNanchor_185" href="#Footnote_185" class="fnanchor">[23]</a>, rue des Prouvaires.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_185" href="#FNanchor_185"><span class="label">[23]</span></a> Lisez Perrault.</p>
+</div>
+<p class="drap">Jean Baillif, rue Levêque, quartier saint Roch.</p>
+
+<p class="drap">Baudouin Paul Lourdet, rue S. Thomas du
+Louvre.</p>
+
+<p class="drap">Nicolas le Juge, rue du Gindre, fauxbourg saint
+Germain.</p>
+
+
+<p class="c"><i>Expers-Entrepreneurs.</i></p>
+
+<p class="drap">Bernard Menessier, rue des Roziers<a id="FNanchor_186" href="#Footnote_186" class="fnanchor">[24]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_186" href="#FNanchor_186"><span class="label">[24]</span></a> « Près l’hôpital Saint-Gervais », ajoute l’<i>Almanach
+royal</i> de 1702. Nous le trouverons plus bas parmi les trésoriers
+alternatifs des bâtiments.</p>
+</div>
+<p class="drap">Jean Richer, rue saint Martin.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p57">-57-</span> Jacques de la Joue<a id="FNanchor_187" href="#Footnote_187" class="fnanchor">[25]</a>, rue sainte Avoye.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_187" href="#FNanchor_187"><span class="label">[25]</span></a> Il eut un fils qui fut reçu de l’Académie d’architecture,
+en 1721.</p>
+</div>
+<p class="drap">Claude Aubry, rue Montmartre.</p>
+
+<p class="drap">Jean Serouge<a id="FNanchor_188" href="#Footnote_188" class="fnanchor">[26]</a>, rue Beauregard.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_188" href="#FNanchor_188"><span class="label">[26]</span></a> Il descendoit de Toussaint Serouge, qui avoit été pour
+une part dans la construction des Tuileries.</p>
+</div>
+<p class="drap">Charles Joubert, rue de Poitou.</p>
+
+<p class="drap">Jean Bailly, rue Copeau.</p>
+
+<p class="drap">Jean Dorbay, rue Montorgeuil<a id="FNanchor_189" href="#Footnote_189" class="fnanchor">[27]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_189" href="#FNanchor_189"><span class="label">[27]</span></a> Il y logeoit, selon l’<i>Almanach royal</i>, à l’enseigne des
+« petits Carreaux », celle même qui donna son nom à la
+partie de cette rue comprise entre la rue Saint-Sauveur et
+la rue de Cléry. Elle se trouvoit en face du n<sup>o</sup> 29, et représentoit
+des petits carreaux à carreler, ce qui convenoit
+fort bien comme enseigne, à un entrepreneur. Jean D’Orbay
+l’étoit, en même temps qu’architecte. Il fut même, en 1705,
+de l’Académie d’architecture, dont son père, François D’Orbay,
+avoit été un des fondateurs.</p>
+</div>
+<p class="drap">Simon Pipault, à l’Arsenal<a id="FNanchor_190" href="#Footnote_190" class="fnanchor">[28]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_190" href="#FNanchor_190"><span class="label">[28]</span></a> Il étoit grand entrepreneur de maçonnerie. <i>V.</i> plus bas.</p>
+</div>
+<p class="drap">Jacques Gabriel<a id="FNanchor_191" href="#Footnote_191" class="fnanchor">[29]</a>, rue S. Antoine<a id="FNanchor_192" href="#Footnote_192" class="fnanchor">[30]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_191" href="#FNanchor_191"><span class="label">[29]</span></a> Premier architecte des bâtiments du Roi, reçu de
+l’Académie d’architecture, en 1700. Il fut aussi premier ingénieur
+des ponts-et-chaussées. On lui doit le projet du grand
+égout de Paris. Il mourut en 1742. C’est son fils, plus
+célèbre encore que lui, qui a construit le Garde-Meuble.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_192" href="#FNanchor_192"><span class="label">[30]</span></a> La maison que Jacques Gabriel habitoit, rue Saint-Antoine,
+avoit été construite par lui-même, et ornée de
+sculptures par Le Hongre. On y remarquoit surtout la statue
+d’Uranie, que celui-ci avoit posée au-dessus de la porte.
+(<i>Mém. inéd. sur la vie et les ouvrages des membres de
+l’Acad. de peinture</i>, t. I, p. 369.)</p>
+</div>
+<p class="drap">Maurice Gabriel, rue S. Antoine.</p>
+
+<p class="drap">Jean Philippes, rue Michel le Comte.</p>
+
+<p class="drap">Nicolas Berthier, rue Neuve S. Roch<a id="FNanchor_193" href="#Footnote_193" class="fnanchor">[31]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_193" href="#FNanchor_193"><span class="label">[31]</span></a> « Près la porte Gaillon », ajoute l’<i>Almanach royal</i>.</p>
+</div>
+<p class="drap">Estienne le Roy, rue du bout du monde.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p58">-58-</span> Pierre Hacquan<a id="FNanchor_194" href="#Footnote_194" class="fnanchor">[32]</a>, rue Neuve saint Laurent.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_194" href="#FNanchor_194"><span class="label">[32]</span></a> L’<i>Almanach royal</i> l’appelle « Hequan ».</p>
+</div>
+<p class="drap">Germain Guezard, rue Royale, quartier saint
+Roch.</p>
+
+<p class="drap">Jean Michel Poisson, rue Roiale, quartier saint
+Antoine.</p>
+
+<p class="drap">Pierre Levé, rue des Petits Champs.</p>
+
+<p class="drap">Noel Masson, rue du Roy de Sicile.</p>
+
+<p class="drap">Pierre Nicolas de l’Epine, rue de Richelieu<a id="FNanchor_195" href="#Footnote_195" class="fnanchor">[33]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_195" href="#FNanchor_195"><span class="label">[33]</span></a> Père de celui que nous avons trouvé plus haut, rue de
+Cléry. Il avoit pris une grande part à l’aplanissement de la
+butte que longeoit la rue de Richelieu, et il s’y étoit fait
+bâtir un certain nombre de maisons. <i>V.</i> notre <i>Histoire de
+la Butte des Moulins</i>.</p>
+</div>
+<p class="drap">Jacques Guesniers, rue neuve saint Denis.</p>
+
+<p class="drap">Jean Poisson, rue Jean Beau Sire<a id="FNanchor_196" href="#Footnote_196" class="fnanchor">[34]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_196" href="#FNanchor_196"><span class="label">[34]</span></a> Nous le trouverons plus bas parmi les grands entrepreneurs
+de charpentes.</p>
+</div>
+<p class="drap">Estienne Yvon, rue Montmartre<a id="FNanchor_197" href="#Footnote_197" class="fnanchor">[35]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_197" href="#FNanchor_197"><span class="label">[35]</span></a> Il faisoit des grandes entreprises de toitures. <i>V.</i> plus
+bas.</p>
+</div>
+<p class="drap">François Havart, rue Mauconseil.</p>
+
+<p class="drap">Martin Coulle<a id="FNanchor_198" href="#Footnote_198" class="fnanchor">[36]</a>, quartier de l’ancienne Estrapade.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_198" href="#FNanchor_198"><span class="label">[36]</span></a> Lisez : Caulle, comme dans l’<i>Almanach royal</i>.</p>
+</div>
+<p class="drap">Jean Baptiste Marteau, rue Phelipeaux<a id="FNanchor_199" href="#Footnote_199" class="fnanchor">[37]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_199" href="#FNanchor_199"><span class="label">[37]</span></a> Il fut, ainsi que Caulle, qui précède, expert dans l’affaire
+de Boule et de Crozat, dont nous avons parlé plus
+haut.</p>
+</div>
+<p class="drap">Jean Laisné, rue Gervais Laurent.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c15">HABITS D’HOMMES<br>
+<span class="small">ET DE FEMMES.</span></h3>
+
+
+<p>Monsieur Oultran Tailleur ordinaire du Corps
+<span class="pagenum" id="p59">-59-</span> du Roy et de Monseigneur<a id="FNanchor_200" href="#Footnote_200" class="fnanchor">[1]</a>, demeure rue et vis
+à vis l’Hôtel de la Monnoye.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_200" href="#FNanchor_200"><span class="label">[1]</span></a> Il s’appeloit Barthélemy Autran, « travaillant seul, dit
+l’<i>État de France</i>, pour les habits du Roy, de Monseigneur
+le Dauphin et de Messieurs les princes ses enfants ».</p>
+</div>
+<p>M. Barois aussi Tailleur du Roy<a id="FNanchor_201" href="#Footnote_201" class="fnanchor">[2]</a>, demeure
+rue saint Honoré près les Pères de l’Oratoire.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_201" href="#FNanchor_201"><span class="label">[2]</span></a> Il étoit sans doute des douze tailleurs ordinaires.
+L’<i>État de France</i> ne le nomme pas.</p>
+</div>
+<p>Messieurs Francisques<a id="FNanchor_202" href="#Footnote_202" class="fnanchor">[3]</a> et du Puis<a id="FNanchor_203" href="#Footnote_203" class="fnanchor">[4]</a> Tailleurs
+de Monsieur et de Monseigneur le Duc de
+Chartres, demeurent sçavoir le premier près le
+Palais Royal, et le deuxième rue des Petits
+Champs.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_202" href="#FNanchor_202"><span class="label">[3]</span></a> L’<i>État de France</i> le nomme Francisque Sérini.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_203" href="#FNanchor_203"><span class="label">[4]</span></a> François-Louis Du Puy. Son fils Gabriel avoit sa charge
+en survivance.</p>
+</div>
+<p>M. Mindy aussi Tailleur de Monsieur, demeure
+devant l’Hotel d’Aligre à l’Escouvette<a id="FNanchor_204" href="#Footnote_204" class="fnanchor">[5]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_204" href="#FNanchor_204"><span class="label">[5]</span></a> L’<i>Écouvette</i>, que ce découpeur de draps avoit pour
+enseigne, étoit une longue brosse à manche, dont l’apprêteur
+se servoit, pendant le pressage des étoffes, pour asperger
+d’eau les plaques employées à les chauffer.</p>
+</div>
+<p>Le Bureau des Maitres et Marchands Tailleurs
+de Paris est sur le quay de la Mégisserie<a id="FNanchor_205" href="#Footnote_205" class="fnanchor">[6]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_205" href="#FNanchor_205"><span class="label">[6]</span></a> Il n’y avoit, quai de la Mégisserie, que leur bureau.
+La confrérie étoit à la Trinité.</p>
+</div>
+<p>Les quatre Jurez en Charge de la Communauté,
+sont Messieurs Blin cloitre Notre Dame,
+la Lande rue saint Antoine, Brigüion rue Neuve
+saint Mederic, et Caubet rue de Grenelle.</p>
+
+<p>Entre les Tailleurs pour hommes qui sont
+d’ailleurs renommez pour bien travailler, sont
+Messieurs Bonneau, Lagaru, Theveniere et la
+Lande devant l’Hôtel d’Aligre, Prévost et Landault
+rue des Petits Champs, la Lesse et Durant
+<span class="pagenum" id="p60">-60-</span> rue d’Orléans, la Borde rue du Four quartier
+saint Eustache, Chapignolle et du Chesne près
+la Boucherie de Beauvais<a id="FNanchor_206" href="#Footnote_206" class="fnanchor">[7]</a>, André rue Betizy,
+Guérard rue de Montmorency, Ruby rue de
+Guénégaud, Bresson rue saint Martin, Bausquet,
+Bouret et Ferret rue des Prouvaires, Goguet et
+Trallot rue de l’Arbre sec, Juste rue des Bourdonnois,
+Migeon devant le Jeu de Metz, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_206" href="#FNanchor_206"><span class="label">[7]</span></a> Cette boucherie, qui devoit son nom à la Halle, dont
+elle avoit pris la place, et que s’étoient longtemps partagée
+les tisserands de Paris et les marchands de Beauvais, se
+trouvoit au coin de la rue Saint-Honoré et des piliers des
+Halles.</p>
+</div>
+<p>Le Sieur Roussel Tailleur privilegié rue saint
+Honoré au coin des Pilliers des Halles, tient
+magasin de toutes sortes d’habits pour hommes,
+neufs et de rencontre.</p>
+
+<p>Il y a sous les mêmes Pilliers un grand nombre
+de Tailleurs Fripiers, qui tiennent magasin d’habits
+de rencontre, entre lesquels le Sieur Fournerat<a id="FNanchor_207" href="#Footnote_207" class="fnanchor">[8]</a>
+entreprend d’entretenir un homme d’habits
+honnêtes pour quatre pistoles par an<a id="FNanchor_208" href="#Footnote_208" class="fnanchor">[9]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_207" href="#FNanchor_207"><span class="label">[8]</span></a> La rédaction est un peu différente dans l’édit. de
+1691, p. 25 : « Le sieur Fournerat, marchand fripier,
+sous les piliers des Halles, entretient bourgeoisement et
+honnêtement d’habits, pour quatre pistoles par an. »
+Avant cet article, on y trouve celui-ci : « Il y a une friperie
+aux Halles, qui s’étend jusqu’au Pont-Neuf, pour le
+commerce des habits tout faits, vieux et neufs, simples et
+garnis, et même pour les habits de deuil et pour ceux de
+théâtre et de mascarades qu’on peut louer à tant par jour. »
+Le Pont-Neuf étoit leur limite. Depuis une ordonnance de
+police du 9 mars 1669, ils n’avoient sous aucun prétexte
+le droit d’y étaler pas plus qu’à la place Dauphine. On
+les parquoit aux Halles et dans les rues avoisinantes pour
+mieux pouvoir les surveiller, presque tous étant soupçonnés
+d’être des recéleurs.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_208" href="#FNanchor_208"><span class="label">[9]</span></a> Fournerat eut souvent, pour son genre d’industrie,
+maille à partir avec les drapiers. Il ne se conformoit
+pas — car il travailloit autant sur le neuf que sur le
+vieux — à l’arrêt du 6 février 1616, enjoignant aux fripiers
+de n’avoir que des morceaux d’étoffes de cinq aunes au
+plus, et non des pièces entières. Aussi les drapiers obtinrent-ils
+contre lui une condamnation, le 23 décembre 1697. — Les
+drapiers étoient, au reste, très-attentifs aux intérêts
+de leur commerce et, par là, très-processifs. Ils avoient
+eu par exemple, pour faire valoir les droits de leur corporation,
+un procès en 1688 avec les marchands de soie. Ils
+le gagnèrent. Regnard y fait allusion dans sa farce <i>Le
+Divorce</i>, acte III, sc. 6.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p61">-61-</span> Les Frères Tailleurs<a id="FNanchor_209" href="#Footnote_209" class="fnanchor">[10]</a> demeurent à présent rue
+saint Denis au bon Pasteur près sainte Opportune.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_209" href="#FNanchor_209"><span class="label">[10]</span></a> C’étoit une communauté, moitié laïque, moitié religieuse,
+que ne lioit aucun vœu, mais dont quelques pratiques
+religieuses et surtout le travail étoient la règle.</p>
+</div>
+<p>Il y a au bout de la rue Dauphine un Marchand
+Chaussetier qui fait des bas de toiles
+pour hommes.</p>
+
+<p>Entre les fameux Tailleurs pour femmes<a id="FNanchor_210" href="#Footnote_210" class="fnanchor">[11]</a>, sont
+Messieurs Regnaud devant l’Hôtel d’Aligre, Villeneuve
+près la place des Victoires, Lallemand
+rue saint Martin, le Brun, le Maire et Bonjuste
+rue de Grenelle, Chalandat rue de l’Arbre sec,
+Fabre rue saint Antoine au Plat d’Etain, la
+Barque devant le Sepulcre, Bertrand rue des
+Petits Champs, Taland vis à vis saint Germain,
+etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_210" href="#FNanchor_210"><span class="label">[11]</span></a> Ils étoient moins des tailleurs que des <i>Corsetiers</i> : « Ils
+s’attachent particulièrement, dit M. de Paulmy, à faire les
+corps et corsets baleinés, ce qui est vraiment un ouvrage
+difficile et délicat. » (<i>Mélanges d’une grande Bibliothèque</i>,
+t. XXII, p. 223.) — C’est donc comme corsetier et non
+autrement que Bandelet, propriétaire de la maison de la rue
+de Richelieu où mourut Molière, étoit tailleur de la reine.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p62">-62-</span> Entre les Maîtresses Couturières qui sont en
+réputation de bien habiller les Dames, sont
+Mesdames Charpentier rue Montorgueil près
+saint Eustache, Villeneuve près la place des
+Victoires, Remond et Prevot rue des Petits
+Champs, Billard rue sainte Avoye, Bonnemain
+rue des fossez saint Germain l’Auxerrois, Fauvé
+Port saint Landry, etc.</p>
+
+<p>M. l’Hermineau Brodeur du Roy, demeure
+aux Galeries du Louvre<a id="FNanchor_211" href="#Footnote_211" class="fnanchor">[12]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_211" href="#FNanchor_211"><span class="label">[12]</span></a> Il occupoit ce logement des galeries depuis 1663 ; il
+y mourut en 1694. L’abbé de Marolles, dans <i>Le Livre des
+Peintres</i>, etc., édit. G. Duplessis, p. 87, accorde ce détestable
+vers à cet artiste de la broderie :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">Larmino, grand brodeur, le fut aussi du Roy.</div>
+</div>
+
+</div></div>
+<p>Les autres Brodeurs qui travaillent pour Sa
+Majesté<a id="FNanchor_212" href="#Footnote_212" class="fnanchor">[13]</a> et pour la Cour, sont Messieurs de la
+Croix rue Neuve Saint Martin, Quenain rue
+d’Enfer<a id="FNanchor_213" href="#Footnote_213" class="fnanchor">[14]</a>, etc.<a id="FNanchor_214" href="#Footnote_214" class="fnanchor">[15]</a></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_212" href="#FNanchor_212"><span class="label">[13]</span></a> Le roi, outre L’Hermineau, avoit deux brodeurs ordinaires.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_213" href="#FNanchor_213"><span class="label">[14]</span></a> « M. Quenain, fameux brodeur, demeure rue d’Enfer,
+au faubourg Saint-Michel. » Édit. 1691, p. 63.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_214" href="#FNanchor_214"><span class="label">[15]</span></a> Il faut placer parmi ceux que Blegny ne nomme pas,
+Moignon, « excellent brodeur », comme l’écrit Duché dans
+une note de ses Pensées, à la suite des <i>Préceptes de Phocylide</i>,
+1693, in-12, p. 118, après avoir dit : « Vous êtes jeune,
+Lisandre, bien fait, bruyant, effronté, vous avez un habit
+brodé par Moignon, un carrosse du bon faiseur… »</p>
+</div>
+<p>Les Sieurs Thierry, Frères<a id="FNanchor_215" href="#Footnote_215" class="fnanchor">[16]</a>, fameux découpeurs,
+demeurent rue Tirechappe, et devant
+saint Mederic.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_215" href="#FNanchor_215"><span class="label">[16]</span></a> « Qui découpent les étoffes en perfection. » <i>Id.</i>, p. 60.</p>
+</div>
+<p>Pour les Habits de Théatre et de Balets,
+voyez l’article des Passetemps et Menus Plaisirs.</p>
+
+<p>M. du Mont près les Quinze Vingts qui fait
+<span class="pagenum" id="p63">-63-</span> très bien les Habits ordinaires, travaille aussi
+par excellence aux Habits de Theâtre et de
+Balets.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c16">COMMERCE DE CHAPEAUX.</h3>
+
+
+<p>Le Bureau de la Communauté des Maîtres et
+Marchands Chapeliers est rue de la Pelleterie où
+arrivent tous les Caudebecs<a id="FNanchor_216" href="#Footnote_216" class="fnanchor">[1]</a> et autres Chapeaux
+manufacturez au dehors.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_216" href="#FNanchor_216"><span class="label">[1]</span></a> Ces chapeaux étoient une fabrication toute spéciale à
+la ville de Normandie qui leur avoit donné son nom. Pour
+les obtenir, on feutroit la laine d’agneau ou l’agnelin, avec
+le poil de chameau et le duvet d’autruche. (Savary, <i>Dictionn.
+au Commerce</i>, au mot chapeau.) On en vendoit beaucoup à
+Paris. Les vers de Boileau, dans sa VI<sup>e</sup> épître, sont bien
+connus :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">Pradon a mis au jour un livre contre vous,</div>
+<div class="verse">Et chez le chapelier du coin de notre place,</div>
+<div class="verse">Autour d’un <i>Caudebec</i> j’en ai lu la préface.</div>
+</div>
+
+</div></div>
+<p>Pour les Bureaux de la Marque des Chapeaux,
+voyez l’article des Bureaux publics.</p>
+
+<p>M. le Page Chapelier du Roy et qui fournit
+presque toute la Cour<a id="FNanchor_217" href="#Footnote_217" class="fnanchor">[2]</a>, demeure rue saint Honoré
+près les Peres de l’Oratoire.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_217" href="#FNanchor_217"><span class="label">[2]</span></a> Il ne figure pas dans l’État de France. On n’y trouve
+nommé que Edme De Jouy, chapelier de Monsieur.</p>
+</div>
+<p>Entre les Marchands Chapeliers qui tiennent
+magasin, et qui font de grosses fournitures aux
+troupes et aux Marchands forains, sont Messieurs
+Coquelin, Halé l’ainé et Bizoret rue de la vieille
+Monnoye, Marie rue des Boucheries saint Germain,
+Veron rue du Four, Fromentin près le
+Palais Royal, Gobert rue de la Bucherie, Brisan
+et le Tourneur rue de Betizy, etc.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p64">-64-</span> Les Veuves<a id="FNanchor_218" href="#Footnote_218" class="fnanchor">[3]</a> qui font aussi un fort grand
+commerce de Chapeaux, sont Mesdames Meralde
+rue Briboucher, Durant pont saint Michel, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_218" href="#FNanchor_218"><span class="label">[3]</span></a> Ce sont des veuves de maîtres, qui continuoient, avec
+la même maîtrise, le commerce de leur mari. Dans la
+librairie surtout et l’imprimerie cette succession des veuves,
+à Paris du moins, étoit un droit : « A Paris, lisons-nous
+dans un document du temps de la Régence, les veuves des
+Libraires et Imprimeurs sont dans une possession constante
+de continuer la profession de leurs maris. » <i>Minutes des
+Lettres du Conseil</i> pour 1717, p. 14, à la Biblioth. du
+Ministère de l’Intérieur.</p>
+</div>
+<p>Entre les Marchands Chapeliers qui tiennent
+boutique et qui font un grand détail, sont Messieurs
+Herard rue saint Honoré au Grand Mousquetaire,
+Vernault rue de l’Arbre sec, le Lievre
+et Verron place Maubert, Buquet, le Camus et
+Halé cadet fauxbourg saint Marcel, le Page et
+Fery Pont Notre Dame, Joffroy près l’aport de
+Paris, les Frères Gasteliers Pont au Change<a id="FNanchor_219" href="#Footnote_219" class="fnanchor">[4]</a>,
+Aprin Pont Saint Michel au Loüis d’argent,
+Menil rue aux Ours, Santerre rue des Juifs, etc.<a id="FNanchor_220" href="#Footnote_220" class="fnanchor">[5]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_219" href="#FNanchor_219"><span class="label">[4]</span></a> Les vieux chapeaux, dont le commerce n’étoit pas
+moins considérable que celui des neufs, se vendoient tout
+près de là : « pour la commodité de bien des gens, dit
+Liger, p. 400, on vend des vieux chapeaux repassez sous
+le petit Châtelet. » C’est là que se fournissoit le poëte besogneux,
+dont Monteil possédoit manuscrite une requête
+rimée au prince de Turenne :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">Je chercherai des nippes au hazard…</div>
+<div class="verse">Au Châtelet, à bon marché un feutre,</div>
+<div class="verse">Castor tout neuf est trop cher pour un pleutre.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p>Il a paru dans la <i>Revue des Provinces</i> de juin 1865 ; p. 531,
+à l’article <i lang="la" xml:lang="la">Varia</i>, un curieux fragment inédit de l’abbé de
+Choisy sur <i>ce que devenoient sous Louis XIV les vieux castors</i>.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_220" href="#FNanchor_220"><span class="label">[5]</span></a> « Il y a un grand magazin de chapeaux rue des
+Assis (Arcis) ; un autre rue des Boucheries, faubourg Saint-Germain,
+et un autre rue Saint-Denis, au grand Signe. »
+Édit. 1691, p. 26.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p65">-65-</span></p>
+
+<h3 id="c17">OUVRAGES ET MARCHANDISES<br>
+<span class="small">DE CORDONNIERS.</span></h3>
+
+
+<p>La Halle aux Cuirs est au bout de la rue de la
+Lingerie, où arrivent tous les Cuirs forains<a id="FNanchor_221" href="#Footnote_221" class="fnanchor">[1]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_221" href="#FNanchor_221"><span class="label">[1]</span></a> On y vendoit spécialement « les cuirs à soulier »,
+suivant l’édit. de 1691, p. 37.</p>
+</div>
+<p>Le Bureau de la marque des Cuirs où l’on
+paye le sol pour livre<a id="FNanchor_222" href="#Footnote_222" class="fnanchor">[2]</a>, est rue Betizy<a id="FNanchor_223" href="#Footnote_223" class="fnanchor">[3]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_222" href="#FNanchor_222"><span class="label">[2]</span></a> « Le bureau du sol pour livre pour les vendeurs de
+cuir. » Édit. 1691, p. 36.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_223" href="#FNanchor_223"><span class="label">[3]</span></a> « Devant l’hôtel de Montbason. » <i>Id.</i></p>
+</div>
+<p>Le Bureau des Maîtres et Marchands Cordonniers,
+est sur le quay de la Mégisserie près le
+Chatelet<a id="FNanchor_224" href="#Footnote_224" class="fnanchor">[4]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_224" href="#FNanchor_224"><span class="label">[4]</span></a> A quelque distance, se trouvoit un débit de marchandises
+dont parle la 1<sup>re</sup> édit., p. 37, et qui n’est mentionné
+nulle part dans celle-ci : « les vrais maroquins du Levant
+se vendent chez divers marchands pelletiers qui ont leurs
+boutiques et magasins près l’égoût du grand Châtelet, et qui
+font, d’ailleurs, commerce de buffles, de chamois et de toutes
+sortes de peaux. » Un peu plus haut, se lit cet autre détail :
+« la manufacture des maroquins rouges, façon du Levant,
+est dans la rue de Charonne, faubourg Saint-Antoine. » La
+comtesse de Beuvron avoit fait accorder le privilége d’une
+fabrique pareille, dont nous avons parlé t. I, p. 109,
+sous la condition d’une grosse part dans les bénéfices.
+(<i>Correspondance administrat. de Louis XIV</i>, t. III, Introduction,
+p. <small>LV</small>.)</p>
+</div>
+<p>Il y a pour les Cuirs de Paris un grand nombre
+de Corroyeurs rue de la Tannerie, rue Marivaux,
+cloitre saint Jacques de la Boucherie, et fauxbourg
+saint Marcel aux environs des Gobelins.</p>
+
+<p>Il y a plusieurs Marchands Cordonniers qui
+vendent des souliers tous faits aux Halles, rue
+<span class="pagenum" id="p66">-66-</span> Notre Dame, rue Dauphine, rue de Bussy et rue
+sainte Marguerite<a id="FNanchor_225" href="#Footnote_225" class="fnanchor">[5]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_225" href="#FNanchor_225"><span class="label">[5]</span></a> Ces souliers tout faits se vendoient principalement
+aux Halles, où il en venoit de toute la France. Le Berry
+en fournissoit beaucoup, la Flandre de même. Déjà, sous
+Henri IV, tout ce qu’elle avoit de vieux souliers étoit
+expédié à Paris, où on les remettoit à neuf. (Montchrestien,
+<i>Traité de l’Œconomie politique</i>, 1615, in-4<sup>o</sup>, p. 108.)</p>
+</div>
+<p>Entre les fameux Cordonniers pour hommes
+qui servent un grand nombre de personnes de
+considération, sont les Sieurs Lucas vieille rue
+du Temple, Carré rue de la vieille Bouclerie,
+Perrot rue de la Verrerie, des Ordres rue saint
+Jacques, Raverdy rue saint André, Chiroir sur
+les fossez saint Michel, Malbeau rue de la Harpe,
+le Breton rue Dauphine, Poiree rue des Nonnandieres,
+Soyer porte saint Germain, Parent et
+le Basque rue de Bussy, Loziers rue de Seine,
+Halloz rue Galande, etc.<a id="FNanchor_226" href="#Footnote_226" class="fnanchor">[6]</a></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_226" href="#FNanchor_226"><span class="label">[6]</span></a> Dans cet <i lang="la" xml:lang="la">et cætera</i> de Blegny il faut placer le cordonnier
+Prudent que cite Coulange au premier couplet de
+son excellente chanson, <i>Les Moines</i>.</p>
+</div>
+<p>Entre les Cordonniers pour femmes qui se
+font distinguer par la propreté de leurs ouvrages,
+sont les Sieurs Raveneau rue des Cordeliers,
+Vernon, Gaborry et Couteaux rue des
+fossez saint Germain, Bisbot rue Dauphine,
+Sulphour rue saint Severin<a id="FNanchor_227" href="#Footnote_227" class="fnanchor">[7]</a>, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_227" href="#FNanchor_227"><span class="label">[7]</span></a> Il ne faut pas s’étonner de voir un cordonnier à la
+mode logé dans une rue aussi malpropre que la rue Saint-Séverin ;
+celui qui chaussoit, au siècle suivant, la dernière
+favorite de Louis XV, ne l’étoit pas mieux. Chantoiseau
+l’indique ainsi, en 1773, dans son <i>Almanach général d’indication</i> :
+« Charpentier, cul de sac de la Fosse aux Chiens,
+cordonnier ordinaire de Madame la Comtesse du Baril (<i>sic</i>)
+et autres dames de la Cour. »</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p67">-67-</span> Le Sieur des Noyers rue sainte Anne, fait
+des Souliers de femmes d’une grande propreté
+qu’il vend un louis d’or<a id="FNanchor_228" href="#Footnote_228" class="fnanchor">[8]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_228" href="#FNanchor_228"><span class="label">[8]</span></a> Le louis d’or étoit alors de 12 livres 10 sols, depuis
+1689. Il descendit à 12 livres, en avril 1692, puis à 11
+livres 10 sols, en 1693. (Dangeau, t. III, 39 ; IV, 61, 349.)</p>
+</div>
+<p>Le Poitevin rue Mazarine, fait<a id="FNanchor_229" href="#Footnote_229" class="fnanchor">[9]</a> des Souliers
+d’hommes qui résistent fort à l’eau, et qu’il
+vend un demi louis d’or.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_229" href="#FNanchor_229"><span class="label">[9]</span></a> « De très-beaux et bons souliers à la cavalière, qu’il
+vend un demi-louis d’or. » Édit. de 1691, p. 25-26.</p>
+</div>
+<p>Plusieurs Cordonniers des environs du Palais<a id="FNanchor_230" href="#Footnote_230" class="fnanchor">[10]</a>,
+dont il a été parlé à l’article des Armes et Bagages
+de guerre, font des Souliers de Cuir de botte
+qu’ils tiennent tous faits dans leurs boutiques,
+et qui sont d’un bon usage en hiver, par exemple,
+les Sieurs Noel, Picard, Simon, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_230" href="#FNanchor_230"><span class="label">[10]</span></a> Les pantoufles de velours, autrement appelées <i>mules</i>,
+se vendoient au Palais même. Les hommes s’y fournissoient
+surtout. (Liger, p. 401.) Ces pantoufles du Palais furent
+longtemps célèbres.</p>
+</div>
+<p>Les Frères Cordonniers logent présentement
+rue saint Denis au Bon Pasteur vers sainte Opportune<a id="FNanchor_231" href="#Footnote_231" class="fnanchor">[11]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_231" href="#FNanchor_231"><span class="label">[11]</span></a> Dans l’édit. précédente, p. 61, on lisoit : « les frères
+cordonniers demeurent rue des Grands-Augustins. » C’étoit
+une communauté pareille à celle des frères tailleurs, dont il
+est parlé, p. 61, et avec laquelle, comme on voit, elle étoit
+venue se loger sous l’enseigne si bien choisie du <i>Bon-Pasteur</i>.
+Racine s’y fournissoit pour son fils aîné : « Vous trouverez,
+lui écrit-il, le 26 janvier 1698, dans les ballots de Monsieur
+l’Ambassadeur : un étui, où il y a deux chapeaux pour
+vous, un castor fin et un demi-castor ; vous y trouverez
+aussi une paire de souliers des frères. »</p>
+</div>
+<p>Le Sieur Goubier Epicier rue de Gesvre, vend
+une bonne Cireure pour les Cordonniers<a id="FNanchor_232" href="#Footnote_232" class="fnanchor">[12]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_232" href="#FNanchor_232"><span class="label">[12]</span></a> Son article est plus étendu dans l’édit. précéd. : « le
+sieur Goubier, apothicaire-épicier, fait et vend toutes sortes
+de bijouterie de cire pour les enfants, et une bonne cire
+neuve pour les cordonniers. » Richelet donne dans son
+<i>Dictionnaire</i> la recette de ce cirage primitif : « composition
+de cire, dit-il, de suif et de noir de fumée, de térébentine
+de Venise, de blanc de plomb, et autres ingrédiens qu’on
+fait bouillir, pour cirer les bottes, les gros souliers… »</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p68">-68-</span></p>
+
+<h3 id="c18">ADRESSES<br>
+<i>Concernant les articles precedens, recouvertes
+après leur impression.</i></h3>
+
+
+<p>Messieurs Doye et Falaiseau rue des cinq
+Diamans, Piogé rue du petit Lion, et Bastonneau
+vieille rue du Temple<a id="FNanchor_233" href="#Footnote_233" class="fnanchor">[1]</a>, tiennent comptoirs
+pour la Banque et les Remises de places en
+places.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_233" href="#FNanchor_233"><span class="label">[1]</span></a> Il étoit de la famille de ces Bastonneau, les gros marchands
+de soie, dont Guy Patin a parlé (anc. édit., t. II,
+p. 220). Ils étoient venus de Lyon à Paris, où, après avoir
+continué leur commerce, ils s’étoient mis dans la banque.
+Un d’eux, Claude Bastonneau, avoit, en 1640, été enterré
+à St-Eustache (Le Beuf, <i>Hist. du. dioc. de Paris</i>, édit.
+Cocheris, t. I, p. 240). En 1662, François Bastonneau et
+Pierre Bidal, son associé, marchands de soie, avoient fait
+saisir, pour une forte somme qui leur étoit due, les biens
+du baron de Blancheface. (<i>Archives hospitalières</i>, Hôtel-Dieu,
+t. I, p. 172.)</p>
+</div>
+<p>M. Bourdon qui grave pour la Taille douce
+et pour les Cachets, demeure rue Dauphine,
+M. Garrier quay des Orfevres à la Banniere de
+France, est encore distingué pour les Cachets.</p>
+
+<p>Entre les Chirurgiens renommez pour les opérations,
+sont Messieurs Lartet Chirurgien du Roy
+par quartier<a id="FNanchor_234" href="#Footnote_234" class="fnanchor">[2]</a>, Isle Notre Dame sur le quay Bourbon,
+<span class="pagenum" id="p69">-69-</span> et Gervais<a id="FNanchor_235" href="#Footnote_235" class="fnanchor">[3]</a> premier Chirurgien de la feue
+Reine et ordinairement de Monseigneur à l’Hôtel
+de Noüailles près saint Roch pour la Saignée,
+M. du Pré rue Platrière, et pour les accouchements
+M. Marcel près la porte saint Martin.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_234" href="#FNanchor_234"><span class="label">[2]</span></a> Il étoit de service chez le Roi pendant le quartier de
+janvier.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_235" href="#FNanchor_235"><span class="label">[3]</span></a> Il servoit pendant le quartier d’octobre.</p>
+</div>
+<p>Madame Parfait au Pavillon des Tuilleries
+près la grande Ecurie<a id="FNanchor_236" href="#Footnote_236" class="fnanchor">[4]</a>, est une Sage femme de
+distinction<a id="FNanchor_237" href="#Footnote_237" class="fnanchor">[5]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_236" href="#FNanchor_236"><span class="label">[4]</span></a> Celui qui, vers le même temps, commença d’être
+appelé le pavillon Marsan.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_237" href="#FNanchor_237"><span class="label">[5]</span></a> Les sages-femmes étoient peu nombreuses alors,
+mais d’autant plus considérées. Plusieurs avaient marqué
+dans le monde, ainsi la fameuse M<sup>me</sup> Pilou que l’abbé de
+Choisy (<i>Mém.</i>, coll. Petitot, 2<sup>e</sup> <i>série</i>, t. 63, p. 515) nous
+dit formellement avoir été une accoucheuse ; et la grand’tante
+de Racine, M<sup>me</sup> Vitart. (Mesnard, <i>Vie de Racine</i>, p. 40.)
+On ne leur reprochoit que de n’être pas assez instruites.
+Elles ne l’étoient pas plus à Amsterdam, mais on y avoit
+avisé en leur donnant pour maître le célèbre Ruysch.
+V. son éloge par Fontenelle, <i>Œuvres</i>, t. VI, p. 512.</p>
+</div>
+<p>Messieurs Boudin<a id="FNanchor_238" href="#Footnote_238" class="fnanchor">[6]</a>, Poisson<a id="FNanchor_239" href="#Footnote_239" class="fnanchor">[7]</a>, Beaulieu<a id="FNanchor_240" href="#Footnote_240" class="fnanchor">[8]</a> et
+Doquican<a id="FNanchor_241" href="#Footnote_241" class="fnanchor">[9]</a> premiers Apoticaires du Corps du
+Roy, logent quand ils sont à Paris chez M. de
+Rouviere Apoticaire de Sa Majesté près saint
+Roch.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_238" href="#FNanchor_238"><span class="label">[6]</span></a> Philibert Boudin. Son service chez le Roi, avec un
+aide-apothicaire, le sieur Damaron, étoit celui du trimestre
+d’avril.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_239" href="#FNanchor_239"><span class="label">[7]</span></a> Il servoit pendant le quartier de janvier.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_240" href="#FNanchor_240"><span class="label">[8]</span></a> Son service commençoit en octobre.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_241" href="#FNanchor_241"><span class="label">[9]</span></a> Son vrai nom étoit de Hoquiquant, comme le donne
+l’<i>État de France</i>. Il étoit de service pendant le quartier de
+juillet.</p>
+</div>
+<p>M. Benoist qui tient le Cercle Royal rue des
+saints Pères, et Mademoiselle Benoist rue saint
+Antoine, font très bien les Portraits en cire<a id="FNanchor_242" href="#Footnote_242" class="fnanchor">[10]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_242" href="#FNanchor_242"><span class="label">[10]</span></a> Ce Benoît fut, avec plus de perfection, le <i>Curtius</i>
+du <small>XVII</small><sup>e</sup> siècle. Il faisoit, en effet, avec la cire, des
+portraits d’une ressemblance inouïe. Le plus curieux spécimen
+qui nous en soit parvenu, est celui de Louis XIV,
+retrouvé à Versailles par Eudore Soulié et placé aujourd’hui
+dans la chambre à coucher du Roi. Ses masques,
+dont Saint-Simon a parlé, n’étoient pas moins étonnants :
+« On avoit fait, dit-il, t. III, p, 135, pendant
+l’hiver précédent, plusieurs masques de cire de personnes
+de la Cour, au naturel, qui les portoient sous d’autres
+masques, en sorte qu’en se démasquant on y étoit trompé
+en prenant le second masque pour le visage, et c’en étoit
+un véritable, tout différent, qui étoit dessous ; on s’amusa
+fort à cette badinerie. » Ailleurs, t. II, p. 72, il nous avoit
+déjà fait voir, dans un autre bal de la Cour, un masque,
+dont les quatre visages de cire, représentant quatre personnes
+différentes, et qu’il faisoit tourner avec la plus amusante
+adresse, avoient intrigué tout le monde. — Benoist
+ne s’en tenoit pas à l’industrie des bustes et des masques,
+il faisoit aussi des personnages de grandeur naturelle. C’est
+ce qu’il appeloit son <i>Cercle</i>, ou <i>le Cercle du Louvre</i>, comme
+dit Robinet dans sa <i>Gazette</i> du 23 fév. 1667, époque vers
+laquelle il en commença l’exhibition. Chaque année, il l’exposoit
+à la foire Saint-Germain, voisine de son logement de
+la rue des Saints-Pères. Dancourt en fait une des principales
+curiosités de cette foire : « <span class="sc">Lorange</span>. Voyez ici, Messieurs,
+le Cercle nouveau des figures parlantes, aussi hautes que le
+naturel. » <i>La foire Saint-Germain</i> (1696), scène XVIII. La
+Bruyère n’a pas oublié Benoît. « B…, dit-il, s’enrichit à
+montrer dans un <i>Cercle</i> des Marionnettes. » Benoît devint
+riche en effet : lorsqu’il mourut, en 1717, il l’étoit. Le Roi
+y avoit aidé, en lui donnant, en 1668, le titre de son sculpteur
+en cire, et permission d’exposer dans tout le royaume
+« les personnes de tout rang qui composoient le cercle de
+la feue Reine, d’en faire même de nouveaux, et de masquer
+en cire à sa convenance. » Cette permission, qui étoit de
+trente ans, lui fut continuée sous forme de privilége
+exclusif, pour trente années encore, en 1688. Il étoit né
+en 1632 à Joigny, où il avoit fondé un lit à l’hôpital.
+V. <i>Rev. des Soc. sav.</i>, 4<sup>e</sup> série, t. II, p. 232.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p70">-70-</span> M. Coquelin Chancelier de l’Eglise de Paris<a id="FNanchor_243" href="#Footnote_243" class="fnanchor">[11]</a>,
+demeure rue saint Louis en l’Isle.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_243" href="#FNanchor_243"><span class="label">[11]</span></a> Il avoit, comme chancelier, le sceau du chapitre de
+Notre-Dame, et une partie du soin des petites écoles lui
+revenoit. Il faisoit aussi l’ouverture des conférences de l’archevêché.
+Ménage, qui logeoit au cloître et en savoit toutes
+les histoires, en racontoit une à ce sujet : « M. Coquelin,
+ayant quitté la perruque, étoit presque méconnaissable. En
+ce temps-là, il fit l’ouverture d’une des conférences archiépiscopales,
+fort bien à son ordinaire. M. de Vert lui dit :
+Monsieur, je ne vous ai reconnu qu’à votre éloquence. »
+(<i>Menagiana</i>, t. II, p. 72.)</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p71">-71-</span> On recite tous les Samedis et veilles de la
+Vierge, des Motets en musique à Notre Dame
+devant sa Chapelle après Complie.</p>
+
+<p>M. Chartrain dont on n’a pas l’adresse, est
+un grand maître pour le Grec<a id="FNanchor_244" href="#Footnote_244" class="fnanchor">[12]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_244" href="#FNanchor_244"><span class="label">[12]</span></a> Il étoit de la même famille que le M. Chartrain indiqué
+plus haut, t. I, p. 257, comme excellent maître de
+géographie, histoire, blason, etc.</p>
+</div>
+<p>Les Medecins en leur Collège rue de la Bucherie,
+visitent gratuitement les pauvres Malades
+tous les Samedis matin, et les Chirurgiens sous
+les Charniers de S. Côme tous les premiers Lundis
+des mois.</p>
+
+<p>M. Gaultier enseigne en ville et chez luy rue
+des Petits Champs, l’Architecture civile et militaire,
+et généralement les parties de Mathématiques.</p>
+
+<p><i>Nota.</i> Qu’outre les jours marquez pour les
+Audiances des Officiers du Grenier à Sel, ils les
+tiennent encore tous les Lundis en Janvier, Octobre,
+Novembre et Décembre.</p>
+
+<p>On vend des Truffles rue Serpente au Messager
+de Thoulouse<a id="FNanchor_245" href="#Footnote_245" class="fnanchor">[13]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_245" href="#FNanchor_245"><span class="label">[13]</span></a> Il étoit du bel usage, selon Richelet, d’écrire et de
+prononcer <i>truffles</i>. Elles étoient un régal en vogue. Les
+dames surtout en étoient très-friandes. (L’abbé de Villiers,
+<i>Vérités satiriques</i>, p. 199.)</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p72">-72-</span> Aux environs du Temple, de la porte Mouton
+et de la porte saint Louis, il y a des femmes qui
+fournissent aux malades du lait d’anesse<a id="FNanchor_246" href="#Footnote_246" class="fnanchor">[14]</a>, de
+vaches et de chevres frais tiré.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_246" href="#FNanchor_246"><span class="label">[14]</span></a> C’étoit déjà, sur la recommandation des médecins galénistes,
+qui l’avoient trouvé prescrit par Galien, leur
+maître, un des remèdes en vogue pour les poitrines débilitées.
+Gui Patin dit que sa grand’mère put vivre jusqu’à
+quatre-vingts ans, parce qu’elle avoit pris du lait d’ânesse
+pendant soixante. (<i>Lettres</i>, édit. in-8, t. III, p. 462-463.)</p>
+</div>
+<p>M. Martin rue de Richelieu, est encore un
+fameux pour le Clavesin<a id="FNanchor_247" href="#Footnote_247" class="fnanchor">[15]</a>, M. de Vizé à Luxembourg
+pour le Theorbe<a id="FNanchor_248" href="#Footnote_248" class="fnanchor">[16]</a>, Louis Horteterre près
+saint Jacques de la Boucherie pour tous les Instrumens
+à vent<a id="FNanchor_249" href="#Footnote_249" class="fnanchor">[17]</a>, des Cotteaux au fauxbourg
+saint Antoine, et Filbert rue saint Antoine pour
+la Flute Allemande<a id="FNanchor_250" href="#Footnote_250" class="fnanchor">[18]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_247" href="#FNanchor_247"><span class="label">[15]</span></a> Blegny oublie qu’il l’a déjà dit plus haut.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_248" href="#FNanchor_248"><span class="label">[16]</span></a> Il n’avoit été cité plus haut, t. I, p. 211, au chapitre
+des musiciens que pour son talent sur la guitare, fort
+semblable du reste au théorbe. C’est pour la guitare qu’il
+est surtout vanté dans les lettres de Mad. de Sévigné,
+t. X, p. 352. Un autre instrument de la même famille que
+le théorbe, le luth, et la guitare étoit « l’angélique » dont
+jouoit « excellement », suivant Richelet, t. I, p. 59, Lefèvre,
+de la même famille que celui que nous avons vu,
+t. I, p. 209, parmi les fabricants d’orgues.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_249" href="#FNanchor_249"><span class="label">[17]</span></a> Il étoit de la famille de Colin et Jean, qui ont eu
+plus haut, t. I, p. 212, leur mention pour la fabrication
+des instruments.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_250" href="#FNanchor_250"><span class="label">[18]</span></a> Blegny ne fait encore que répéter à peu près ce qu’il
+a déjà dit. V. t. I, p. 212-213.</p>
+</div>
+<p>M. Coquart rue Simon le Franc, fait commerce
+en gros de toutes sortes de cannes<a id="FNanchor_251" href="#Footnote_251" class="fnanchor">[19]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_251" href="#FNanchor_251"><span class="label">[19]</span></a> Nous verrons un peu plus loin, par les bois dont il
+faisoit commerce, qu’il étoit tablettier. Ses cannes ne pouvoient
+donc être d’un grand prix. Des arrêts, que celui du
+26 avril 1700 confirma, enjoignoient, en effet, aux tablettiers,
+de ne vendre qu’une seule espèce de cannes, sans
+ornement d’or, d’argent ou d’acier.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p73">-73-</span> Messieurs Halin rue Jean saint Denis, indiquez<a id="FNanchor_252" href="#Footnote_252" class="fnanchor">[20]</a>
+pour les Timballes et Trompettes, sont
+aussi d’excellens Maîtres pour le Basson<a id="FNanchor_253" href="#Footnote_253" class="fnanchor">[21]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_252" href="#FNanchor_252"><span class="label">[20]</span></a> <i>V.</i> plus haut, t. I, p. 215, à la suite des maîtres,
+pour l’art de chanter.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_253" href="#FNanchor_253"><span class="label">[21]</span></a> C’est le <i lang="it" xml:lang="it">fagotto</i> italien, adopté depuis peu chez nous,
+où on l’avoit appelé « basson », parce qu’il y servoit
+surtout de basse dans les concerts de musette, alors à la
+mode. (Mersenne, <i>Harmonie du Monde</i>, liv. 5.)</p>
+</div>
+<p>Mademoiselle Cochois rue Briboucher près
+saint Josse<a id="FNanchor_254" href="#Footnote_254" class="fnanchor">[22]</a>, est fort stilée aux Coiffures de
+Toilles et de Dentelles pour les Dames<a id="FNanchor_255" href="#Footnote_255" class="fnanchor">[23]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_254" href="#FNanchor_254"><span class="label">[22]</span></a> La chapelle Saint-Josse faisoit le coin de la rue Aubry-le-Boucher
+et de la rue Quincampoix.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_255" href="#FNanchor_255"><span class="label">[23]</span></a> Les marchands lingers et les marchandes lingères
+étoient depuis longtemps en nombre dans la rue Aubry-le-Boucher.
+Bodeau, le riche linger, qui fit tant de folies pour
+M<sup>lle</sup> Paulet, y logeoit. C’est là que Lemaître, dont le fils,
+Antoine Lemaître, fut une des gloires de Port-Royal, avoit
+sa boutique de dentelles de Flandre ; enfin, c’est rue Aubry-le-Boucher
+que M<sup>me</sup> Coisnard, la grosse lingère et dentellière,
+fit sa fortune. (<i>V.</i> Tallemant, <i>Historiettes</i>, édit. P.
+Paris, t. I, 225 ; III, 16, 34, 114 ; VI, 116.)</p>
+</div>
+<p>Madame Roüin devant le Collège des Plessis
+fait des Rabats unis par excellence<a id="FNanchor_256" href="#Footnote_256" class="fnanchor">[24]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_256" href="#FNanchor_256"><span class="label">[24]</span></a> Dans l’édit. précéd., elle est nommée avec « le sieur
+Des Trapières, rue Bétizy, aux Trois-Bourses », p. 62.</p>
+</div>
+<p>M. Ladoireau rue Tictonne fait de beaux Ouvrages
+d’Orfèvrerie<a id="FNanchor_257" href="#Footnote_257" class="fnanchor">[25]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_257" href="#FNanchor_257"><span class="label">[25]</span></a> Pour une saisie faite chez lui, en 1693, <i>v.</i> t. I, p. 244,
+note 4.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c19">DIVERSES ADRESSES<br>
+<i>Concernant des talens distinguez des articles
+précédens.</i></h3>
+
+
+<p>Entre les Orlogeurs qui sont en réputation
+<span class="pagenum" id="p74">-74-</span> pour les Montres et Pendules, sont Messieurs
+Turet aux Galeries du Louvre<a id="FNanchor_258" href="#Footnote_258" class="fnanchor">[1]</a>, de Mergue Cour
+Neuve du Palais, Cribelin rue de Bussy, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_258" href="#FNanchor_258"><span class="label">[1]</span></a> Il avoit ce logement des galeries depuis le 30 janvier
+1686 : « Isaac Turet, écrit G. Brice, horloger de l’Académie
+des Sciences, qui a beaucoup contribué à perfectionner
+la pendule. » (3<sup>e</sup> édit., t. I, p. 73.) Il ne faut pas le confondre
+avec Huret « horlogeur du Roy », gendre de Bérain.</p>
+</div>
+<p>Le Sieur Chambon habile Guainier, demeure
+Cour neuve du Palais.</p>
+
+<p>Le Sieur le Sansonnier Ecrivain Juré de l’Université,
+a le talent de bien dresser et de bien
+écrire les Placets sur quelque sujet que ce soit,
+dont il garde religieusement le secret<a id="FNanchor_259" href="#Footnote_259" class="fnanchor">[2]</a>, son Bureau
+est à l’Hôtel de la Préférence sous le Cadran
+de l’Eglise des Innocens.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_259" href="#FNanchor_259"><span class="label">[2]</span></a> Blegny nous surfait beaucoup l’honnêteté de l’écrivain-juré.
+Il n’étoit rien moins que sûr. Il fut compromis, en
+1699, avec les prévaricateurs du commerce des blés et
+arrêté. Les détails de son affaire se trouvent dans les <i>mss.</i>
+Delamarre, à <i>la Biblioth. Nat.</i>, n<sup>o</sup> 21,644, p. 187.</p>
+</div>
+<p>Le Sieur le Febvre rue de Venise au quartier
+de la rue Quinquempoix, vend et loue des chevaux
+à toutes mains.</p>
+
+<p>Nicolas le Heurteur, aporte à Paris de Fleury-la-Forest
+en Normandie, toutes sortes de boettes
+de Liettiers<a id="FNanchor_260" href="#Footnote_260" class="fnanchor">[3]</a> qu’il vend en gros à juste prix ; il
+vient ordinairement deux fois le mois et loge
+rue Montorgueil à l’image saint Nicolas.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_260" href="#FNanchor_260"><span class="label">[3]</span></a> C’est laïettier qu’il faut lire. La « laïette » n’étoit, en
+effet alors, qu’une de ces sortes de boîtes qu’on faisoit venir
+de Fleury-la-Forest, près les Andelys, d’où il n’en vient
+plus : « petit coffre de bois, dit Richelet, qui n’a qu’une
+simple serrure, et qui n’est couvert ni de peau ni de cuir. »</p>
+</div>
+<p>Le Bois d’Ebène et de Gayac, sont commercez
+en gros par M. Coquart rue Simon le Franc.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p75">-75-</span> La Dame Passavant<a id="FNanchor_261" href="#Footnote_261" class="fnanchor">[4]</a> près la Magdelaine a le
+talent de bien faire les Bonnets carrez.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_261" href="#FNanchor_261"><span class="label">[4]</span></a> « Sage-femme. » Édit. 1691, p. 26.</p>
+</div>
+<p>On fait des Calottes de toile jaune et de ratine
+à mettre sous les perruques, chez un Calotier à
+la porte neuve du Palais.</p>
+
+<p>La Manufacture de Stuc Cuit<a id="FNanchor_262" href="#Footnote_262" class="fnanchor">[5]</a> est au fauxbourg
+saint Antoine.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_262" href="#FNanchor_262"><span class="label">[5]</span></a> Le stuc est toujours cuit. C’est du plâtre mêlé de
+poudre de marbre, qu’une forte cuisson durcit, et permet
+de polir. On en faisoit alors des plafonds, sur lesquels on
+peignoit comme à fresque.</p>
+</div>
+<p>Les faiseurs de Fourneaux et de Creusets servant
+à la Chimie, demeurent place de l’Hotel de
+Conty, rue Mazarini et au fauxbourg saint
+Jacques.</p>
+
+<p>Le Sieur Rohault Emailleur<a id="FNanchor_263" href="#Footnote_263" class="fnanchor">[6]</a> rue saint Denis,
+fait des Figures et Aigrettes d’émail.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_263" href="#FNanchor_263"><span class="label">[6]</span></a> <i>V.</i> les notes sur lui et sur Hubin, qui suit, au chapitre
+du <i>Commerce de Curiositez</i>, t. I, p. 242.</p>
+</div>
+<p>Les Yeux artificiels se font chez le même
+Hubin rue saint Martin et chez le Sieur le Quin
+rue Dauphine.</p>
+
+<p>La Folie rue du petit Pont<a id="FNanchor_264" href="#Footnote_264" class="fnanchor">[7]</a>, et Thevenot rue
+Git le Cœur, affichent pour le public.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_264" href="#FNanchor_264"><span class="label">[7]</span></a> Dans la première édit., p. 59, son adresse est donnée
+« rue de la Huchette, aux Trois-Bources ». A la suite, vient
+« le Comte, rue du Petit-Pont, à la Rose-Rouge ».</p>
+</div>
+<p>Le Sieur Bara qui vend du Canepin<a id="FNanchor_265" href="#Footnote_265" class="fnanchor">[8]</a> pour boucher
+les bouteilles, demeure au cul de sac de la
+porte saint Martin<a id="FNanchor_266" href="#Footnote_266" class="fnanchor">[9]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_265" href="#FNanchor_265"><span class="label">[8]</span></a> On appeloit ainsi l’épiderme de peau d’agneau ou de
+chevreau. Il avoit servi, comme un vélin très-fin, pour
+écrire ; et nous ne serions pas surpris que le mot <i>calepin</i>
+en fût venu, quoi qu’en dise l’étymologie courante.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_266" href="#FNanchor_266"><span class="label">[9]</span></a> Les Bara étoient nombreux dans Paris et d’industries
+différentes. M<sup>me</sup> Sand, <i>Histoire de ma vie</i>, t. I, p. 19, en
+cite un, qui avoit été parrain de sa mère, et dont nous
+avons connu le petit-fils, qui vendoit des oiseaux, comme
+son aïeul, au coin de la rue Saint-Claude et du boulevard,
+dans l’hôtel où avoit logé Cagliostro. Le grand-père de
+M<sup>me</sup> Sand étoit lui-même « maître oiselier » et de plus
+« maître paulmier », ce qui ne nous surprend pas, les
+marchands d’oiseaux faisant volontiers plusieurs métiers.
+Un d’eux, que Blegny n’auroit pas dû oublier au chapitre
+du <i>Commerce de Curiositez</i>, s’étoit enrichi à vendre toutes
+sortes de bijoux, après n’avoir d’abord vendu que « des
+cages de prix et des oiseaux ». On ne l’appeloit pour cela
+que l’Oyselier. Son vrai nom ne nous est pas parvenu.
+(<i>Mercure galant</i>, nov. 1683, p. 287.) Chevreau parle de lui
+dans cette note de ses <i>Œuvres meslées</i>, 1697, in-8<sup>o</sup>, p. 200 :
+« L’Oiselier étoit un fameux marchand de Paris, qui vendoit
+à toute la Cour toutes sortes de curiosités. »</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p76">-76-</span> Le Sieur Dalesme<a id="FNanchor_267" href="#Footnote_267" class="fnanchor">[10]</a> rue saint Denis près la
+fontaine la Reine, vend des Plumes et Semelles
+d’acier de son invention, et encore un Tuyau de
+tolle de fer, où l’on brule le bois sans cheminée
+et sans fumée.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_267" href="#FNanchor_267"><span class="label">[10]</span></a> André Dalesme, qui, de simple marchand de tuyaux
+fumivores, devint membre de l’Académie des Sciences. On
+voit ici qu’il avoit devancé les inventeurs de plumes d’acier.
+Il toucha de près aussi à l’invention du <i>Thermolampe</i> et à
+celle de la machine à vapeur. <i>V.</i> sur lui, <i>le Vieux-Neuf</i>,
+2<sup>e</sup> édit., t. II, p. 384-385.</p>
+</div>
+<p>La bonne faiseuse de Mouches demeure rue
+saint Denis à la perle des Mouches<a id="FNanchor_268" href="#Footnote_268" class="fnanchor">[11]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_268" href="#FNanchor_268"><span class="label">[11]</span></a> Blegny auroit bien dû nous dire son nom. Nous aurions
+su ainsi — ce qui ne manquoit pas de curiosité — si
+c’étoit toujours la femme Chevalier, dont, suivant l’auteur
+du <i>Peintre-Graveur</i>, la fille Madeleine avoit épousé le peintre
+Bernard, et étoit devenue mère du fameux financier Samuel
+Bernard. — <i>V.</i> dans nos <i>Variétés</i>, t. VII, p. 9, une pièce
+de 1661, <i>La faiseuse de mouches</i>.</p>
+</div>
+<p>Les Manufactures de Toilles cirées sont dans
+la grande rue du fauxbourg saint Antoine<a id="FNanchor_269" href="#Footnote_269" class="fnanchor">[12]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_269" href="#FNanchor_269"><span class="label">[12]</span></a> C’est à Paris qu’il s’en fabriquoit le plus. Jusqu’à la
+fin du dernier siècle, le secret de l’enduit des toiles cirées
+fut gardé par ceux qui les fabriquoient.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p77">-77-</span> Les Boisseliers de la Halle au bled font<a id="FNanchor_270" href="#Footnote_270" class="fnanchor">[13]</a> les
+tamis d’Apoticaires et de Parfumeurs.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_270" href="#FNanchor_270"><span class="label">[13]</span></a> « Un particulier commerce de tamis à passer les
+poudres. » Édit. 1691, p. 64.</p>
+</div>
+<p>Le Sieur Barbier qui indique des Privilèges à
+vendre et à louer pour les Arts et Métiers, demeure
+rue des Lombars au Plat d’Etain.</p>
+
+<p>Le Sieur Jo et quelques autres Potiers d’Etain
+près la porte saint Marcel, font de grandes et
+petites Seringues qu’ils vendent aux Marchands
+à juste prix.</p>
+
+<p>Le Sieur Colson fauxbourg saint Antoine devant
+la rue de Charonne, a un particulier talent
+pour monter les Scelets<a id="FNanchor_271" href="#Footnote_271" class="fnanchor">[14]</a> de toutes sortes d’Animaux,
+et pour les monter en poil et en plumes.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_271" href="#FNanchor_271"><span class="label">[14]</span></a> C’est ainsi qu’on écrivoit encore squelette. L’orthographe
+d’Ambroise Paré se rapproche toutefois un peu plus
+de cette dernière forme : « une desquelles, dit-il, parlant
+d’autruches qu’on faisoit voir à Paris, estant morte, me fut
+donnée, et en fis un <i>scelette</i>. » Ailleurs, il dit un « sceletos »,
+se rapprochant ainsi tout-à-fait du mot grec, d’où vient
+squelette, et qui signifie séché.</p>
+</div>
+<p>M. Antoine, Chevalier et Medecin Général
+des Hopitaux du saint Esprit<a id="FNanchor_272" href="#Footnote_272" class="fnanchor">[15]</a>, logé au Collège
+de Boncour, se dispose à donner des preuves
+publiques du secret qu’il dit avoir trouvé, pour
+connoitre par la disposition des poux et des
+urines, les causes cachées et les crises futures
+des plus extraordinaires maladies ; il a une nouvelle
+<span class="pagenum" id="p78">-78-</span> espèce de plante Sensitive<a id="FNanchor_273" href="#Footnote_273" class="fnanchor">[16]</a> que les curieux
+ont veüe avec admiration.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_272" href="#FNanchor_272"><span class="label">[15]</span></a> Il n’y avoit à Paris qu’un hôpital du Saint-Esprit,
+celui qui occupoit tout le côté gauche des bâtiments qu’envahit
+ensuite tout entiers son voisin l’Hôtel-de-Ville. On
+n’y recevoit que des orphelines légitimes et il s’appeloit
+aussi <i>Hôpital des Enfants-Dieu</i>.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_273" href="#FNanchor_273"><span class="label">[16]</span></a> La Sensitive, <i lang="la" xml:lang="la">mimosa pudica</i>, bien qu’elle eût été
+importée d’Amérique sous Henri IV, par Robin, avec les
+autres espèces du genre acacia, n’étoit pas encore bien
+connue, comme on le voit ici. L’Académie des Sciences ne
+s’en étoit même pas encore occupée. Mairan n’en fit l’objet
+d’un premier travail qu’en 1729, puis on eut en 1736 le
+mémoire plus complet de Du Fay.</p>
+</div>
+<p>Le Sieur Lelot sur le Quay neuf<a id="FNanchor_274" href="#Footnote_274" class="fnanchor">[17]</a> à la Perruque
+d’or, trace et peint les Cadrans au soleil<a id="FNanchor_275" href="#Footnote_275" class="fnanchor">[18]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_274" href="#FNanchor_274"><span class="label">[17]</span></a> On appela presque toujours ainsi, jusqu’au commencement
+du <small>XVIII</small><sup>e</sup> siècle, comme on le voit par <i>le Journal</i>
+de Barbier, édit. in-18, t. I, p. 142, le quai voisin de la
+Grève, construit, en 1675, sous la prévôté de Claude Le
+Pelletier, qui lui avoit donné son nom.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_275" href="#FNanchor_275"><span class="label">[18]</span></a> Il étoit rare qu’il n’y eût pas dans la cour ou le jardin
+de chaque hôtel un de ces cadrans peints sur la muraille
+en bonne exposition.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c20">OMISSIONS ET CHANGEMENS.</h3>
+
+
+<p>On aurait dû dire à l’article des Vacations des
+Tribunaux.</p>
+
+<p>Que Nosseigneurs de la Cour des Aydes prennent
+les mêmes vacations que le Parlement, et
+encore les veilles de Fêtes de Notre Dame, le
+lendemain de la saint Jean, et la veille et le lendemain
+de la Magdelaine.</p>
+
+<p>Qu’à la Chambre des Comptes on n’entre ni
+les Jeudis ni les Samedis ni les veilles de Fetes
+de relevée<a id="FNanchor_276" href="#Footnote_276" class="fnanchor">[1]</a>, et que la Chambre vaque d’ailleurs
+le Jeudi de la mi-Carême, en May le neuf, en
+juin le onze, et encore depuis le Vendredy qui
+<span class="pagenum" id="p79">-79-</span> precede la Pentecôte jusqu’au lendemain de la
+Trinité ; en Septembre le onze, et encore depuis
+le vingt dudit mois jusqu’au lendemain de la
+saint Denis, en Octobre le dix huit jour de saint
+Luc, et le trente et un veille de la Toussaints,
+en Novembre le vingt cinq jour de sainte Catherine,
+en Décembre le six jour de saint Nicolas
+et le vingt quatre veille de Noël, outre les veilles
+et Fêtes de la Vierge, les Foires, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_276" href="#FNanchor_276"><span class="label">[1]</span></a> Les fêtes de relevée étoient celles où l’on ne siégeoit
+pas « de relevée », c’est-à-dire après midi.</p>
+</div>
+<p>Qu’au Chatelet les Vacations durent depuis
+le 9 Septembre jusqu’à la saint Simon et saint
+Jude ; et qu’outre les jours de Vacations qui sont
+communes à tous les Tribunaux et particulierement
+au Parlement ; on y vaque encore en janvier
+le 22 jour de S. Vincent, en May les 2, 6,
+9, 10 et 19, et les veilles de la Pentecôte, de la
+Fete Dieu et de l’Octave, en Juillet le 31, et en
+Octobre le premier.</p>
+
+<p>La veuve Nion à l’adresse marquée à la première
+page, vend un traité très curieux sur les
+Vapeurs du Corps humain<a id="FNanchor_277" href="#Footnote_277" class="fnanchor">[2]</a> de M. Lange Medecin
+de la Societé Royale ; et le Medecin sincère
+de M. de la Haye Docteur en Medecine.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_277" href="#FNanchor_277"><span class="label">[2]</span></a> Voici le vrai titre : <i>Traité des Vapeurs</i>, par M. Lange,
+1689, Paris, chez Nyon.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3>CHANGEMENS.</h3>
+
+
+<p>Les Fermes des Aydes et Domaines de France
+et droits y joints, ont été réunies en cinq grosses
+Fermes.</p>
+
+<p>Le Département de Messieurs les Fermiers
+Généraux des Fermes Unies, pour le service
+<span class="pagenum" id="p80">-80-</span> desdites Fermes, pendant l’année 1692, a été
+réglée comme il s’ensuit par Monseigneur le
+Controlleur Général.</p>
+
+
+<p class="c"><span class="sc">Paris.</span></p>
+
+<p class="c small">I.</p>
+
+<p class="ind">Messieurs<a id="FNanchor_278" href="#Footnote_278" class="fnanchor">[1]</a></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_278" href="#FNanchor_278"><span class="label">[1]</span></a> La plupart des noms qui suivent ayant figuré au chapitre
+des Fermiers généraux, t. I, p. 28 et suiv., nous n’y
+reviendrons pas. Nous dirons seulement quelques mots de
+ceux qui sont nouveaux ici et méritent quelque attention.</p>
+</div>
+<p>Berthelot, Turgis, de la Porte, Courchamp,
+Bigodet<a id="FNanchor_279" href="#Footnote_279" class="fnanchor">[2]</a>, Blin et Thomé :</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_279" href="#FNanchor_279"><span class="label">[2]</span></a> Il devint secrétaire du Roi, et il étoit, en 1702, un
+des plus considérables des Fermes. Il logeoit dans un magnifique
+hôtel, rue Coquillière.</p>
+</div>
+<p>La Regie du Bureau Général de la Douane et
+Droits y joints, et des Greniers à Sel de la Ville
+et Généralité de Paris.</p>
+
+<p class="c small">II.</p>
+
+<p>Pelissier, Laugeois, le Maistre, Arnaud, Dapongny,
+Rancy<a id="FNanchor_280" href="#Footnote_280" class="fnanchor">[3]</a>, Henault :</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_280" href="#FNanchor_280"><span class="label">[3]</span></a> Paul-Étienne Brunet de Rancy, frère des trois autres,
+que nous avons vus plus haut : Brunet de Chailly, Brunet
+de Montferrand et Brunet de Vauxge. Il devint secrétaire
+du Roi. En 1695, ayant été envoyé en Bretagne dans
+l’intérêt des Fermes, les États se plaignirent qu’il leur en
+avoit coûté cent mille francs d’augmentation. (<i>Correspondance
+des Contrôleurs généraux</i>, n<sup>o</sup> 1478.) C’est lui qui,
+après la mort de M<sup>me</sup> de Sévigné, vint habiter l’hôtel
+Carnavalet.</p>
+</div>
+<p>La Régie de la Ferme du Tabac et dument
+demaine d’Occident.</p>
+
+<p class="c small">III.</p>
+
+<p>Luillier, du Ruaupallu, Turgis, Menon, de la
+Porte, Mouchy, Rancy et Blin :</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p81">-81-</span> Le Soin et Fournissement des Gabelles de
+France.</p>
+
+<p class="c small">IV.</p>
+
+<p>Laugeois, Remond, Menon, d’Apougny, le
+Normand, Hénault :</p>
+
+<p>La Regie des Entrées de Paris.</p>
+
+<p>Du Gros<a id="FNanchor_281" href="#Footnote_281" class="fnanchor">[4]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_281" href="#FNanchor_281"><span class="label">[4]</span></a> Le « gros » étoit le revenu, le produit fixe des impôts,
+et, par conséquent, le contraire du « casuel ».</p>
+</div>
+<p>Du Huitieme<a id="FNanchor_282" href="#Footnote_282" class="fnanchor">[5]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_282" href="#FNanchor_282"><span class="label">[5]</span></a> Droit payé au Roi par les cabaretiers de Paris, pour
+chaque muid de vin qu’ils vendoient à pot ou à assiette.</p>
+</div>
+<p>Du Pied-Fourché<a id="FNanchor_283" href="#Footnote_283" class="fnanchor">[6]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_283" href="#FNanchor_283"><span class="label">[6]</span></a> Droit d’entrée sur le bétail à pied fourchu : moutons,
+chèvres, etc. L’Estoille (<i>Édit. du Panthéon</i>, t. II, p. 422)
+a parlé de cet impôt déjà fort ancien de son temps. Ceux
+qui l’affermoient en devoient une part à l’Hôtel-Dieu.
+V. <i>Inventaire des Archives hospitalières</i>, t. I, p. 359 et 391.</p>
+</div>
+<p>Et des Droits de Rivières et leurs Dependances.</p>
+
+<p class="c small">V.</p>
+
+<p>Luillier, le Maistre, Courchamp, le Tellier,
+Delpesche, Montry :</p>
+
+<p>La Régie du Papier et Parchemin Timbré de
+la Ville et Genéralité de Paris.</p>
+
+<p>Des Aydes du plat Païs<a id="FNanchor_284" href="#Footnote_284" class="fnanchor">[7]</a> et Versailles.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_284" href="#FNanchor_284"><span class="label">[7]</span></a> La banlieue.</p>
+</div>
+<p>Et des grandes Entrées de Rouen, Diepe, le
+Hâvre, et ses dépendances.</p>
+
+<p class="c small">VI.</p>
+
+<p>Luillier, Laugeois, du Ruaupallu, le Tellier,
+le Maistre, Courchamp, Arnaud, Thomé :</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p82">-82-</span> Le soin de faire remettre les deniers des Provinces
+à la Recette générale.</p>
+
+<p>De faire payer tous les Sous Fermiers.</p>
+
+<p>De Vérifier et Controller les Caisses.</p>
+
+<p>De faire les payemens au Trésor Royal.</p>
+
+<p>D’acquiter les Charges des Etats du Roi.</p>
+
+<p>Et des Comptes à rendre au Conseil et à la
+Chambre.</p>
+
+<p class="c small">VII.</p>
+
+<p>Laugeois, l’Huillier, du Ruaupallu, Arnaud,
+Delpesches, Romanet, Dumas, Henault :</p>
+
+<p>La suite des Etats Alphabétiques<a id="FNanchor_285" href="#Footnote_285" class="fnanchor">[8]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_285" href="#FNanchor_285"><span class="label">[8]</span></a> Ce sont les états indiqués dans la série précédente,
+l’état des pensions notamment.</p>
+</div>
+<p>L’examen des produits.</p>
+
+<p>La Verification des Passe-ports de Sa Majesté.</p>
+
+<p>Et les Arretez des Comptes des Directions et
+des Comptes de Societé.</p>
+
+<p class="c small">VIII.</p>
+
+<p>Pelissier, Rémond, Menon, Mouchy, de la
+Porte, Cormery, Dumas, Vauxge :</p>
+
+<p>Le Contrôle Général de toute la Depense de
+la Ferme.</p>
+
+<p>La Garde des Papiers, Registres et Titres de
+la Ferme.</p>
+
+<p class="c small">IX.</p>
+
+<p>Pelissier, Menon, Vallier, Lagny, Henault,
+Vauxge, Cormery, Douilly, le Jariel :</p>
+
+<p>La suite des affaires du Conseil, au Parlement,
+à la Cour des Aydes, à la Chambre du
+<span class="pagenum" id="p83">-83-</span> Trésor, et en l’Election<a id="FNanchor_286" href="#Footnote_286" class="fnanchor">[9]</a>, et l’Assistance à l’Assemblée
+des Avocats à tenir une fois la semaine
+au Bureau<a id="FNanchor_287" href="#Footnote_287" class="fnanchor">[10]</a> pour les affaires de la Ferme.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_286" href="#FNanchor_286"><span class="label">[9]</span></a> Il a été dit plus haut ce qu’étoit une Élection, et sa
+juridiction spéciale pour statuer sur les différends survenus
+à propos des aides et des tailles.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_287" href="#FNanchor_287"><span class="label">[10]</span></a> Ce bureau étoit à l’Hôtel des Fermes, ancien hôtel du
+chancelier Séguier, dont l’imprimerie Paul Dupont occupe
+aujourd’hui une partie, entre la rue du Bouloi et la rue
+Jean-Jacques Rousseau, alors rue de Grenelle.</p>
+</div>
+<p class="c small">X.</p>
+
+<p>Luillier, Berthelot, de Ruaupallu, Arnaud,
+Turgis, Henault, Mouchy :</p>
+
+<p>La Correspondance.</p>
+
+<p>Les Achats.</p>
+
+<p>Et les Comptes du Traité des Vivres de la
+Marine.</p>
+
+
+<p class="c"><span class="sc">Provinces.</span></p>
+
+<p class="c small">I.</p>
+
+<p class="ind">Messieurs</p>
+
+<p>Langlois, Vauxgé, de la Porte :</p>
+
+<p>Directions<a id="FNanchor_288" href="#Footnote_288" class="fnanchor">[11]</a> de Rouen, Caën et Allençon.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_288" href="#FNanchor_288"><span class="label">[11]</span></a> La direction étoit le bureau spécial des finances pour
+chaque généralité.</p>
+</div>
+<p class="c small">II.</p>
+
+<p>De Belloy, le Tellier, Blin :</p>
+
+<p>Directions d’Amiens, Guises, Soissons<a id="FNanchor_289" href="#Footnote_289" class="fnanchor">[12]</a> et
+l’Isle.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_289" href="#FNanchor_289"><span class="label">[12]</span></a> Les directions de Guise et de Soissons furent remplacées,
+peu après, par celle de Saint-Quentin.</p>
+</div>
+<p class="c small">III.</p>
+
+<p>Baugier, Luillier, de Turgis :</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p84">-84-</span> Directions de Dijon, Langres et Franche
+Comté.</p>
+
+<p class="c small">IV.</p>
+
+<p>Romanet, Cormery, Laugeois :</p>
+
+<p>Directions de Chalons, Sedan, Lorraine et
+Alsace.</p>
+
+<p class="c small">V.</p>
+
+<p>Blin, de Lagny, Remond :</p>
+
+<p>Direction de Lyon.</p>
+
+<p class="c small">VI.</p>
+
+<p>Saint Amant, Luillier, Mouchy :</p>
+
+<p>Direction de Valence, Avignon et Marseille.</p>
+
+<p class="c small">VII.</p>
+
+<p>Le Juge, Delpesche, Berthelot :</p>
+
+<p>Directions de Montpellier et Thoulouze.</p>
+
+<p class="c small">VIII.</p>
+
+<p>Grandval, Menon, Menault :</p>
+
+<p>Directions de Bourdeaux et de Dax.</p>
+
+<p class="c small">IX.</p>
+
+<p>Germain, du Ruaupallu, Thomé :</p>
+
+<p>Directions de la Rochelle et Charante.</p>
+
+<p class="c small">X.</p>
+
+<p>De Blair<a id="FNanchor_290" href="#Footnote_290" class="fnanchor">[13]</a>, Vallier, le Jariel :</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_290" href="#FNanchor_290"><span class="label">[13]</span></a> Melchior de Blair, d’abord simple intéressé dans les
+fermes. Il étoit arrivé à être fermier général, après deux
+missions qu’il avoit habilement remplies : l’une, en 1690,
+en Picardie ; l’autre, en 1691, en Bretagne.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p85">-85-</span> Directions d’Angers, Laval, le Mans et Bretagne.</p>
+
+<p class="c small">XI.</p>
+
+<p>Des Espoisses, Rancy, Dumas :</p>
+
+<p>Directions d’Orléans et de Tours.</p>
+
+<p class="c small">XII.</p>
+
+<p>Martin, Germery, d’Apougny :</p>
+
+<p>Directions de Bourges et Moulins, avec les
+Dépôts d’Auvergne, Limosin et la Marche.</p>
+
+<p class="ugap">La Manufacture Royale des Bandages de nouvelle
+invention<a id="FNanchor_291" href="#Footnote_291" class="fnanchor">[14]</a>, qui a toujours sa principale
+entrée par la rue de Guénégaud, communique
+d’ailleurs presentement avec la boutique de
+M. de Blegny le fils Apoticaire du Roy, sur
+le quay de Nesle à la Devise Royale<a id="FNanchor_292" href="#Footnote_292" class="fnanchor">[15]</a>, où l’on
+fera bien de s’adresser pour eviter la surprise
+de quelques imposteurs.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_291" href="#FNanchor_291"><span class="label">[14]</span></a> L’industrie des bandages avoit été la première qu’eût
+exploitée Blegny. Aussi, ne manque-t-il pas d’y revenir
+sans cesse. <i>V.</i> plus haut.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_292" href="#FNanchor_292"><span class="label">[15]</span></a> Il y avoit succédé, avec la même enseigne, à Delaunay,
+chirurgien herniaire, dont J. Lepaute a gravé l’adresse.</p>
+</div>
+<p>Ces Bandages ont des formes différentes selon
+les diverses dispositions des Malades et de leurs
+incommoditez ; on y trouve à ressort, à visse, à
+charnieres ployantes, à champignons, à ceinture
+de Buffles, etc., mais telle que soit la conformation
+particuliere de chacun de ces Bandages,
+on y trouve cet avantage qu’ils retiennent parfaitement,
+et dans les plus impetueux mouvemens,
+les Décentes qui n’ont pû être arrêtées
+par aucune sorte de Bandages, et qu’ils conduisent
+à la guerison qu’on a coutume de tenter
+<span class="pagenum" id="p86">-86-</span> vainement par l’usage des bandages ordinaires.</p>
+
+<p>On trouve au même lieu un livre et des mémoires
+curieux sur la guerison des Decentes<a id="FNanchor_293" href="#Footnote_293" class="fnanchor">[16]</a>,
+et sur le prix des Bandages et des Remedes.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_293" href="#FNanchor_293"><span class="label">[16]</span></a> Voici le titre du livre de Blegny, donné déjà, d’ailleurs,
+dans l’<i>Introduction</i>, p. xlv : <i>l’Art de guérir les
+hernies de toute espèce dans les deux sexes, avec le remède
+du Roi</i>, in-12. La première édition parut en 1676, la seconde
+en 1693.</p>
+</div>
+<p>Messieurs l’Abbé de la Roque qui tenoit des
+Conférences rue de Guénegaud<a id="FNanchor_294" href="#Footnote_294" class="fnanchor">[17]</a>, et Legier qui
+étoit censeur de la Faculté de Medecine, sont
+décedez<a id="FNanchor_295" href="#Footnote_295" class="fnanchor">[18]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_294" href="#FNanchor_294"><span class="label">[17]</span></a> Il a été parlé de lui plus haut, t. I, p. 128, au
+chapitre <i>Conférences</i>. L’époque de sa mort, qu’on ne savoit
+pas, peut être ainsi fixée à la fin de 1691.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_295" href="#FNanchor_295"><span class="label">[18]</span></a> <i>V.</i> t. I, p. 151.</p>
+</div>
+<p>M. Frosne qui etoit Inspecteur des Batimens
+du Roy, a présentement un autre employ en
+Cour.</p>
+
+<p>Les Droits et Bureaux des Chevaux de renvoy
+ont été suprimez<a id="FNanchor_296" href="#Footnote_296" class="fnanchor">[19]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_296" href="#FNanchor_296"><span class="label">[19]</span></a> Ils étoient, on l’a vu, t. I, p. 108, à l’hôtel de Sens.</p>
+</div>
+<p>Le Sieur Marseilles Marchand rue Saint Denis
+qui vendoit des Cuirs dorez de Flandres, a
+manqué<a id="FNanchor_297" href="#Footnote_297" class="fnanchor">[20]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_297" href="#FNanchor_297"><span class="label">[20]</span></a> Cette expression, pour dire faire banqueroute, commençoit
+à être employée. Dancourt s’en est servi dans les
+<i>Agioteurs</i> (acte III, sc. VII), où un des personnages dit :
+« Son marchand est un fripon, elle a raison ; il est prêt à
+manquer. Ses affaires périssent. » — D’autres reprirent le
+commerce mis en péril par la banqueroute de Marseilles.
+Liger, en effet, dit en 1715, dans son <i>Voyageur fidèle</i>,
+p. 366 : « On vend des <i>Tapisseries de cuir doré</i>, rue St-Antoine,
+proche de la Bastille : celles de <i>cuir doré de
+Flandres</i> se vendent dans la rue St-Denis, proche de la
+Sellette. »</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p87">-87-</span></p>
+
+<h3 id="c21" title="BATIMENS DU ROY.">BATIMENS DU ROY<a id="FNanchor_298" href="#Footnote_298" class="fnanchor">[1]</a>.</h3>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_298" href="#FNanchor_298"><span class="label">[1]</span></a> Ici encore, nous trouverons beaucoup de noms déjà
+rencontrés plus haut, au chapitre des <i>Vérifications et Rapports
+des Jurez</i> et ailleurs. Nous ne nous occuperons que
+des noms ou des détails nouveaux.</p>
+</div>
+
+<p class="c"><i>Sur-intendant et ordonnateur general des Batimens
+et Jardins du Roy, et des Manufactures
+Royales des Gobelins.</i></p>
+
+<p>Monsieur le Marquis de Villacerf ruë de l’Egout
+près la place Royal.</p>
+
+
+<p class="c"><i>Inspecteur Général, premier Architecte et Intendant
+des Batimens et Jardins de Sa Majesté.</i></p>
+
+<p>Monsieur Mansard<a id="FNanchor_299" href="#Footnote_299" class="fnanchor">[2]</a> rue des Tournelles<a id="FNanchor_300" href="#Footnote_300" class="fnanchor">[3]</a>, et
+encore pour Intendans M<sup>rs</sup> de la Mothe, Coquart
+rue des Poulies, et Essein rue neuve des Petits
+Champs.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_299" href="#FNanchor_299"><span class="label">[2]</span></a> Hardouin Mansard, architecte de Versailles, etc.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_300" href="#FNanchor_300"><span class="label">[3]</span></a> L’hôtel, qu’il s’y étoit fait bâtir, auprès de celui de
+Ninon, existe encore en partie.</p>
+</div>
+
+<p class="c"><i>Controlleurs en Charges.</i></p>
+
+<p>Messieurs le Nostre aux Tuilleries, le Febvre
+au vieux Louvre, et Gabriel rue de Cléry.</p>
+
+
+<p class="c"><i>Intendans et Controlleurs par Commission des
+Batimens et Maisons Royales de Paris et de
+Versailles.</i></p>
+
+<p>Messieurs de la Chapelle, Besse ancienne cour
+du Palais, et Lambert rue neuve des Petits
+Champs.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p88">-88-</span></p>
+
+<p class="c"><i>Architectes ordinaires des Batimens de Sa Majesté.</i></p>
+
+<p>Messieurs Dorbay rue des Poulies, Buland<a id="FNanchor_301" href="#Footnote_301" class="fnanchor">[4]</a>
+rue saint Louis du Marais, de Coste<a id="FNanchor_302" href="#Footnote_302" class="fnanchor">[5]</a> rue des
+Tournelles, et Perrault l’ainé place du Chevalier
+du Guet.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_301" href="#FNanchor_301"><span class="label">[4]</span></a> Seroit-ce un arrière-petit-fils de Jean Bullant, architecte
+des Tuileries et d’Écouen ? Il n’y a rien là d’impossible.
+Le fils de Bullant, Charles, fut entrepreneur de
+maçonnerie, et sa descendance dut rester dans le même
+métier.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_302" href="#FNanchor_302"><span class="label">[5]</span></a> Robert de Cotte, qui succéda, en 1708, à Hardouin
+Mansart, son maître, comme premier architecte du Roi. Il
+existe à la Biblioth. Nat., cabinet des Estampes, un grand
+nombre de mémoires, devis, procès-verbaux de travaux
+faits à Paris ou dans les environs, qui viennent tous de
+Robert de Cotte. Ils furent acquis en 1821.</p>
+</div>
+
+<p class="c"><i>Inspecteurs par Commission pour les Batimens
+des Maisons Royales de Paris.</i></p>
+
+<p>Messieurs Fossier père et fils rue des Poullies,
+le Court aux Invalides, et l’Abbé au vieux
+Louvre.</p>
+
+
+<p class="c"><i>Trésoriers alternatifs des Batimens de Sa Majesté.</i></p>
+
+<p>Messieurs de Mageinville rue Traversine qui
+est en exercice, et Manessier rue de Cléry.</p>
+
+<p class="ugap">Ceux qui entreprennent d’ailleurs pour les
+particuliers les plus considérables edifices pour
+la Maçonnerie, sont M<sup>rs</sup> le Maistre, Maziere,
+Gabriel et Pipault ci devant désignez, Marcoult<a id="FNanchor_303" href="#Footnote_303" class="fnanchor">[6]</a>
+rue neuve saint Honoré, Bergeron le
+jeune<a id="FNanchor_304" href="#Footnote_304" class="fnanchor">[7]</a> butte saint Roch rue Royale, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_303" href="#FNanchor_303"><span class="label">[6]</span></a> Le <i>Ms.</i> du commis de Mansart, G. Marinier, sur les
+travaux de Versailles, sous Louis XIV, et les entrepreneurs
+qui y furent occupés, le nomme Gérard Marcou.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_304" href="#FNanchor_304"><span class="label">[7]</span></a> Pierre Bergeron, d’après le même <i>Ms.</i></p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p89">-89-</span> Les Entrepreneurs de Sa Majesté pour les
+autres parties d’Architecture, sont pour la Charpente
+Messieurs Malet<a id="FNanchor_305" href="#Footnote_305" class="fnanchor">[8]</a> quartier saint Germain,
+la Porte rue de Seine près la Pitié, Aubert à
+saint Germain en Laye, et Poisson à la porte
+saint Antoine.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_305" href="#FNanchor_305"><span class="label">[8]</span></a> G. Marinier l’appelle Jean Mallet. Il ne nomme pas
+les trois autres qui suivent.</p>
+</div>
+<p>Pour la Menuiserie Messieurs Rivet<a id="FNanchor_306" href="#Footnote_306" class="fnanchor">[9]</a> rue du
+gros Chenet, Remy porte Montmartre, Verdeau
+cloitre saint Julien le Pauvre, Nivet quartier
+saint Germain, et la veuve Dionis porte de Richelieu<a id="FNanchor_307" href="#Footnote_307" class="fnanchor">[10]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_306" href="#FNanchor_306"><span class="label">[9]</span></a> Antoine Rivet, selon G. Marinier. Il nomme ensuite
+Louis Rivet, sans doute son frère, dont Blegny pourroit
+bien avoir altéré le nom, en l’appelant deux lignes plus
+loin Nivet. En 1733, un Jacques Rivet étoit encore « menuisier
+ordinaire des bâtiments du Roy ». Sa nièce Geneviève
+Papillon avoit épousé le célèbre vernisseur Robert
+Martin, dont le petit-fils fut Martin le chanteur si connu.
+(Jal, <i>Dict. crit.</i>, p. 845 et 846.)</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_307" href="#FNanchor_307"><span class="label">[10]</span></a> Son mari, dont elle continuoit le métier, avoit fait
+bâtir un certain nombre de maisons, rue de Richelieu, entre
+autres celle qui touchoit à la maison du tailleur Bandelet,
+où mourut Molière. La famille des Dionis ou Dyonis, à
+laquelle on dut plusieurs savants célèbres du <small>XVIII</small><sup>e</sup> siècle,
+étoit ancienne à Paris. Plusieurs figurent, de 1472 à 1527,
+dans l’Épitaphier des Saints Innocents. (Le Beuf, <i>Hist. du
+diocèse de Paris</i>, édit. Cocheris, t. I, p. 198.)</p>
+</div>
+<p>Pour les Couvertures, M. Yvon, rue Montmartre<a id="FNanchor_308" href="#Footnote_308" class="fnanchor">[11]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_308" href="#FNanchor_308"><span class="label">[11]</span></a> Dans le <i>Ms.</i> de Marinier, il est, comme ici, nommé
+tout seul. C’est donc cet Étienne Yvon qui eut, sous
+Louis XIV, l’entreprise générale des toitures des Palais
+Royaux.</p>
+</div>
+<p>Pour la Serrurerie, Messieurs Roger<a id="FNanchor_309" href="#Footnote_309" class="fnanchor">[12]</a> aux
+Invalides, Boutet rue Frementeau, Haté place
+<span class="pagenum" id="p90">-90-</span> de Cambray, Fordrain à la Monnoye, et Lucas
+rue saint Nicaise.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_309" href="#FNanchor_309"><span class="label">[12]</span></a> Pierre Roger, d’après le même <i>Ms.</i></p>
+</div>
+<p>Pour la Plomberie, M. Lucas<a id="FNanchor_310" href="#Footnote_310" class="fnanchor">[13]</a> place du vieux
+Louvre.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_310" href="#FNanchor_310"><span class="label">[13]</span></a> Il eut, lui aussi, tout seul, l’entreprise de la plomberie
+de Versailles et des autres palais, suivant G. Marinier,
+qui l’appelle Jacques Lucas.</p>
+</div>
+<p>Pour la Vitrerie, Messieurs Pougeois vieille
+rue du Temple, Gombault rue saint Thomas du
+Louvre, et la veuve Janson rue de l’Arbre sec.</p>
+
+<p>Pour les Ouvrages de marbre, Messieurs Deschamps
+place du Carrousel, Baudin porte Montmartre,
+et Ergo porte Gaillon.</p>
+
+<p>Pour les Peintures d’Ornemens, Messieurs
+Poisson fils à saint Germain en Laye, et le
+Febvre rue de Richelieu.</p>
+
+<p>Pour la Doreure, M. des Oziers<a id="FNanchor_311" href="#Footnote_311" class="fnanchor">[14]</a> à Versailles.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_311" href="#FNanchor_311"><span class="label">[14]</span></a> Guillaume Desauziers.</p>
+</div>
+<p>Pour la Sculpture, M<sup>rs</sup> Jouvenet rue des Jeuneurs<a id="FNanchor_312" href="#Footnote_312" class="fnanchor">[15]</a>,
+Mazeline<a id="FNanchor_313" href="#Footnote_313" class="fnanchor">[16]</a> à la Ville neuve, Dieu<a id="FNanchor_314" href="#Footnote_314" class="fnanchor">[17]</a> au
+Palais Brion<a id="FNanchor_315" href="#Footnote_315" class="fnanchor">[18]</a>, Lespingola<a id="FNanchor_316" href="#Footnote_316" class="fnanchor">[19]</a> rue neuve saint Honoré,
+<span class="pagenum" id="p91">-91-</span> Maziere<a id="FNanchor_317" href="#Footnote_317" class="fnanchor">[20]</a> place du Carrousel<a id="FNanchor_318" href="#Footnote_318" class="fnanchor">[21]</a>, Bonvalet à
+la Ville neuve, et Carlier rue Montmartre,</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_312" href="#FNanchor_312"><span class="label">[15]</span></a> Il étoit cousin du peintre célèbre, mais n’arriva pas à
+l’Académie. Il travailla pour le Roi, à Versailles, avec le
+Hongre. Son prénom étoit Noël.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_313" href="#FNanchor_313"><span class="label">[16]</span></a> Pierre Mazelines. G. Marinier ne l’oublie pas parmi les
+sculpteurs employés à Versailles. Mazelines y travailla, lui
+aussi, avec le Hongre. Il étoit de Rouen, fut reçu de l’Académie
+le 7 juillet 1668, et mourut le 7 février 1708, à
+soixante-quinze ans.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_314" href="#FNanchor_314"><span class="label">[17]</span></a> Antoine de Dieu, né à Paris en 1653, mort en 1727.
+Il y avoit une statue de lui à Saint-Germain-des-Prés, chapelle
+de saint Jérôme.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_315" href="#FNanchor_315"><span class="label">[18]</span></a> Nous avons dit, t. I, p. 124, ce qu’étoit cette dépendance
+du Palais-Royal.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_316" href="#FNanchor_316"><span class="label">[19]</span></a> Il vint de Rome, où il étoit de l’Académie de Saint-Luc,
+travailla à Versailles avec Nic. Coustou, fut reçu de
+l’Académie le 29 février 1676, en fut exclu pour cause
+d’absence prolongée, en 1694, et mourut le 10 juillet 1705.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_317" href="#FNanchor_317"><span class="label">[20]</span></a> Il travailla aux sculptures des Tuileries.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_318" href="#FNanchor_318"><span class="label">[21]</span></a> C’est rue des Orties-du-Louvre, derrière l’hôtel de
+Beringhen, qu’il logeoit, et non sur la place même du Carrousel.
+(<i>Arch. de l’Art françois</i>, t. III, p. 227.)</p>
+</div>
+<p>Pour le Pavé Messieurs Renoult rue de Grenelle
+saint Germain, Aubry rue de Seine<a id="FNanchor_319" href="#Footnote_319" class="fnanchor">[22]</a>, et
+Colin rue des Tournelles<a id="FNanchor_320" href="#Footnote_320" class="fnanchor">[23]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_319" href="#FNanchor_319"><span class="label">[22]</span></a> Cet Aubry, paveur des bâtiments du Roi, étoit bien
+probablement de la famille de Léonard Aubry, qui, en
+1643, avoit le même titre, et joua, ainsi que plusieurs des
+siens, un certain rôle dans l’histoire de Molière. C’est lui
+qui mit en état, sur les fossés de Nesle, les abords du
+Jeu de paume, où Molière donna ses premières représentations ;
+et l’un de ses fils, Jean-Baptiste Aubry, qui s’étoit
+fait auteur de tragédies, <i>Démétrius</i> et autres, qui existent
+<i>mss.</i> à la Biblioth. Nat., épousa Geneviève Béjard, sœur de
+Madelaine, dont Molière avoit épousé la fille. Cet Aubry,
+auteur tragique, qui se faisoit appeler sieur des Carrières,
+n’étoit pas moins devenu, comme son père, paveur des
+bâtiments du Roi. Il l’étoit, en 1677, lorsqu’il signa au
+contrat du second mariage d’Armande Béjard. Peut-être
+est-ce lui qui figure ici ?</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_320" href="#FNanchor_320"><span class="label">[23]</span></a> Ici devroit être nommé Villiard, qui eut pendant
+vingt-six ans l’entreprise du pavage et des aqueducs à
+Versailles. Ses comptes existent à la Bibliothèque du Ministère
+de l’Intérieur en 3 vol. in-fol. sous ce titre : <i>Registre
+des Ouvriers qui ont travaillé pour le Roy suivant les ordres
+du seigneur surintendant des bastiments de Sa Majesté,
+sous la conduite du <span class="sc">sieur Villiard</span></i>. Le I<sup>er</sup> va de 1679 à
+1696 ; le II<sup>e</sup>, de 1697 à 1701 ; et le III<sup>e</sup>, de 1702 à 1705.</p>
+</div>
+<p>Les Juges établis pour connoître des matières
+concernant les Batimens du Roy et les edifices
+publics, sont Messieurs de l’Epine rue neuve
+des Petits Champs<a id="FNanchor_321" href="#Footnote_321" class="fnanchor">[24]</a>, et Villedo<a id="FNanchor_322" href="#Footnote_322" class="fnanchor">[25]</a> rue saint Louis
+<span class="pagenum" id="p92">-92-</span> au Marais, qui sera en exercice pendant les
+années 1692 et 1693.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_321" href="#FNanchor_321"><span class="label">[24]</span></a> De la même famille que ceux que nous avons vus plus
+haut parmi les experts jurés.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_322" href="#FNanchor_322"><span class="label">[25]</span></a> Un des fils de Michel Villedot, qui fut un des entrepreneurs
+de l’aplanissement de la Butte des Moulins, dont
+une rue a gardé son nom. <i>V.</i> notre <i>Histoire</i> de cette butte.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c22">OUVRAGES EXQUIS<br>
+<i>De Peinture et de Sculpture.</i></h3>
+
+
+<p>Cet article a dû suivre celuy des Batimens du
+Roy, parce que presque tous les Peintres et
+Sculpteurs dont on va voir les noms et les
+adresses sont employez aux ouvrages de Sa
+Majesté, et sont membres de l’Academie Royale
+de Peinture et de Sculpture, dont il a été parlé
+dans l’article général des Academies.</p>
+
+<p>C’est au Palais Brion où elle se tient qu’on
+peut recouvrer la liste de ceux qui la composent.
+Le degré de distinction dans lequel il faut nécessairement
+parvenir pour y être admis, est
+une preuve certaine de leur habileté ; c’est pourquoy
+en quelque occasion que ce fût, il n’y auroit
+point à balancer sur le choix, si ce n’étoit
+que plusieurs d’entre eux ont des singuliers dans
+lesquels ils excellent principalement, par exemple
+entre les Peintres.</p>
+
+<p>Pour l’Histoire M<sup>rs</sup> Mignard<a id="FNanchor_323" href="#Footnote_323" class="fnanchor">[1]</a> premier Peintre
+du Roy, Chancelier de l’Academie, et Directeur
+des Atteliers des Gobelins<a id="FNanchor_324" href="#Footnote_324" class="fnanchor">[2]</a> rue de Richelieu<a id="FNanchor_325" href="#Footnote_325" class="fnanchor">[3]</a> ;
+<span class="pagenum" id="p93">-93-</span> Jouvenet<a id="FNanchor_326" href="#Footnote_326" class="fnanchor">[4]</a> à l’un des Pavillons du Collége Mazarini<a id="FNanchor_327" href="#Footnote_327" class="fnanchor">[5]</a>,
+Hoüasse<a id="FNanchor_328" href="#Footnote_328" class="fnanchor">[6]</a> au Cabinet du Roy<a id="FNanchor_329" href="#Footnote_329" class="fnanchor">[7]</a> ; Coüapel
+père et fils<a id="FNanchor_330" href="#Footnote_330" class="fnanchor">[8]</a> aux Galeries du Louvre, Corneille
+l’aîné<a id="FNanchor_331" href="#Footnote_331" class="fnanchor">[9]</a> rue des Petits Champs, Verdier
+aux Gobelins<a id="FNanchor_332" href="#Footnote_332" class="fnanchor">[10]</a>, Paillet rue neuve saint Eustache<a id="FNanchor_333" href="#Footnote_333" class="fnanchor">[11]</a>,
+<span class="pagenum" id="p94">-94-</span> Blanchard cul de sac saint Sauveur<a id="FNanchor_334" href="#Footnote_334" class="fnanchor">[12]</a>,
+Montagne rue du Vieux Colombier<a id="FNanchor_335" href="#Footnote_335" class="fnanchor">[13]</a>, Vernensal<a id="FNanchor_336" href="#Footnote_336" class="fnanchor">[14]</a>
+rue saint Honoré, Hallé<a id="FNanchor_337" href="#Footnote_337" class="fnanchor">[15]</a> rue sainte Marguerite,
+Boulogne l’aîné<a id="FNanchor_338" href="#Footnote_338" class="fnanchor">[16]</a> rue sainte Anne, Boulogne le
+jeune rue des fossez Montmartre<a id="FNanchor_339" href="#Footnote_339" class="fnanchor">[17]</a>, Person place
+<span class="pagenum" id="p95">-95-</span> du Palais Royal<a id="FNanchor_340" href="#Footnote_340" class="fnanchor">[18]</a>, Vignon<a id="FNanchor_341" href="#Footnote_341" class="fnanchor">[19]</a>, rue du Petit Lion, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_323" href="#FNanchor_323"><span class="label">[1]</span></a> Pierre Mignard, trop célèbre, pour que nous ayons à
+dire ici autre chose de lui, que ses noms.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_324" href="#FNanchor_324"><span class="label">[2]</span></a> Il avoit eu toutes ces charges, à quatre-vingts ans,
+en mars 1690, après la mort de Le Brun.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_325" href="#FNanchor_325"><span class="label">[3]</span></a> <i>V.</i> sur cette maison, qu’il occupoit depuis longtemps,
+et où il mourut le 15 mai 1695, notre <i>Histoire de la Butte
+des Moulins</i>, p. 114-115.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_326" href="#FNanchor_326"><span class="label">[4]</span></a> Jean Jouvenet, dont la célébrité nous dispensera aussi
+de longs détails. Né à Rouen, en 1644, il fut reçu de
+l’Académie le 27 mars 1675, et mourut le 5 avril 1717.
+Les douze apôtres de la coupole des Invalides sont de lui.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_327" href="#FNanchor_327"><span class="label">[5]</span></a> Il y mourut. Ce pavillon étoit celui qui touche au quai
+Malaquais. L’adresse de Jouvenet est donnée ainsi sur l’acte
+de mort de l’une de ses filles, le 5 juin 1680 : « Sur le
+quai Malaquais, dans le grand pavillon sur l’eau, au collége
+des Quatre-Nations. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_328" href="#FNanchor_328"><span class="label">[6]</span></a> René-Antoine Houasse, né à Paris en 1644, reçu de
+l’Académie le 15 avril 1713, mort le 27 mai 1710. Le
+Brun, dont il fut un des bons élèves, l’avoit marié à une de
+ses parentes. Il y avoit des tableaux de lui à Notre-Dame,
+Saint-Eustache, Saint-Côme, etc.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_329" href="#FNanchor_329"><span class="label">[7]</span></a> Sa véritable adresse étoit celle-ci : « rue du Coq, au
+cabinet des tableaux du Roi ». Il étoit garde de cette collection,
+première idée, au Louvre même, du musée du
+Louvre.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_330" href="#FNanchor_330"><span class="label">[8]</span></a> Noël et Antoine Coypel : Noël, le père, né en 1628,
+reçu de l’Académie en 1663, et mort en 1707 ; et Antoine
+le fils, né en 1661, académicien en 1681, mort en 1722.
+Noël fut directeur de notre école de Rome, en 1692 ; et, à
+la mort de Mignard, premier peintre du Roi. Il y avoit de
+ses œuvres aux Invalides, au palais-Royal, à l’Assomption,
+aux Tuileries, au Louvre, à Versailles, etc. Antoine, qui
+avoit suivi son père à Rome, s’y perfectionna. Il devint
+aussi premier peintre du Roi, et directeur de l’Académie.
+Un de ses travaux les plus considérables à Paris fut la
+galerie d’Énée au Palais-Royal. On a de lui vingt discours
+sur la peinture.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_331" href="#FNanchor_331"><span class="label">[9]</span></a> Michel Corneille, dont le père, peintre aussi, avoit eu
+le même prénom. Il fut de l’Académie en 1663, et mourut
+le 16 août 1708, à soixante-six ans. Il travailla aux Invalides,
+à Versailles, à Meudon, à Trianon, etc.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_332" href="#FNanchor_332"><span class="label">[10]</span></a> François Verdier, qui fut de l’Académie en 1678, et
+mourut en 1730, à soixante-dix-neuf ans. Le Brun qui se
+l’étoit attaché en lui faisant épouser une de ses nièces, et
+le logeant aux Gobelins, le fit beaucoup travailler pour lui.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_333" href="#FNanchor_333"><span class="label">[11]</span></a> Il fut de l’Académie, qu’il n’illustra guère, dès 1659, et
+mourut le 30 juin 1701, à soixante-quinze ans. Séb. Boudon
+avoit été son maître. On ne connoît guère de lui qu’un
+tableau, à Notre-Dame.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_334" href="#FNanchor_334"><span class="label">[12]</span></a> Gabriel Blanchard, reçu de l’Académie en 1663, mort
+en 1704, à soixante-quinze ans. Il travailla pour Trianon,
+et, avec Lafosse et Vignon, au plafond des Tuileries. Il habitoit
+le cul-de-sac Saint-Sauveur depuis vingt ans. Il le
+quitta pour le Louvre, où il mourut garde du cabinet des
+tableaux.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_335" href="#FNanchor_335"><span class="label">[13]</span></a> Nicolas de Plate-Montagne, que, par abréviation, l’on
+appeloit Montagne, fut de l’Académie en 1663, et mourut
+en 1706, à soixante-quinze ans. Il fit des tableaux pour les
+Gobelins, d’après des dessins de Jules Romain, travailla aux
+peintures de la galerie voûtée des Tuileries, et fit surtout
+beaucoup de portraits. Il habitoit la rue du Vieux-Colombier
+depuis 1660, et il y mourut.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_336" href="#FNanchor_336"><span class="label">[14]</span></a> Guy-Louis Vernansal, qui fut reçu de l’Académie en
+1688, et mourut le 9 avril 1729, à quatre-vingt-trois ans.
+Il y avoit un tableau de lui à Notre-Dame.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_337" href="#FNanchor_337"><span class="label">[15]</span></a> Claude-Guy Hallé, élève de son père Daniel Hallé,
+mort en 1674. Il fut directeur de l’Académie, et mourut en
+1736, à quatre-vingt-cinq ans. Ses tableaux étoient nombreux
+dans les églises de Paris. Il y en avoit à Notre-Dame,
+à Saint-Jacques-de-la-Boucherie, aux Filles du Saint-Sacrement,
+à Saint-Paul, à Saint-Sulpice, à Saint-André-des-Arts,
+etc.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_338" href="#FNanchor_338"><span class="label">[16]</span></a> Bon Boulogne, reçu à l’Académie le 27 nov. 1677,
+mort le 16 mai 1717, à soixante-huit ans. Plusieurs de ses
+tableaux se trouvoient à Notre-Dame, aux Invalides, aux
+Chartreux, à l’Assomption, aux Petits-Pères. Le plafond de
+la Comédie françoise, rue des Fossés-Saint-Germain, étoit
+aussi de lui.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_339" href="#FNanchor_339"><span class="label">[17]</span></a> Louis de Boulogne, frère cadet du précédent, et moins
+connu. Il fut toutefois de l’Académie, et même directeur.
+On travailla aux Gobelins sur des copies de Raphaël, qu’il
+avoit rapportées d’Italie. Il y avoit de ses ouvrages à la
+chapelle de Versailles, à Notre-Dame, aux Invalides, aux
+Chartreux, aux Petits-Pères. Les Boulogne, financiers du
+dernier siècle, descendoient de lui.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_340" href="#FNanchor_340"><span class="label">[18]</span></a> Poerson. Nous avons parlé de lui, au chapitre des
+<i>Experts jurés</i>.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_341" href="#FNanchor_341"><span class="label">[19]</span></a> Claude-François Vignon, reçu de l’Académie, le 6 décembre
+1664, mort le 17 février 1703, à soixante-neuf ans.
+Il marqua moins que son père, Claude, dont il étoit
+l’élève, et que son frère Philippe, dont nous parlerons
+tout-à-l’heure.</p>
+</div>
+<p>Pour les Portraits Messieurs de Troyes<a id="FNanchor_342" href="#Footnote_342" class="fnanchor">[20]</a>, Rigault<a id="FNanchor_343" href="#Footnote_343" class="fnanchor">[21]</a>
+et Fouché rue neuve des Petits Champs<a id="FNanchor_344" href="#Footnote_344" class="fnanchor">[22]</a>,
+l’Argilliere rue sainte Avoye<a id="FNanchor_345" href="#Footnote_345" class="fnanchor">[23]</a>, le Febvre Isle
+Notre Dame, le Febvre le jeune<a id="FNanchor_346" href="#Footnote_346" class="fnanchor">[24]</a> rue de Richelieu,
+Vignon, rue saint André des Arcs<a id="FNanchor_347" href="#Footnote_347" class="fnanchor">[25]</a>, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_342" href="#FNanchor_342"><span class="label">[20]</span></a> François de Troy, né à Toulouse, en 1645, reçu de
+l’Académie le 6 octobre 1674, mort le 1<sup>er</sup> mai 1730. Il fit
+de beaux portraits, surtout de femmes, mais trop flattées,
+dit-on. Il n’en fut que mieux en cour.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_343" href="#FNanchor_343"><span class="label">[21]</span></a> Hiacynthe Rigaud, le grand portraitiste du grand
+siècle, et du siècle suivant, car il peignit jusqu’à son
+dernier jour, et ne mourut qu’en 1743, à quatre-vingt-deux
+ans.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_344" href="#FNanchor_344"><span class="label">[22]</span></a> L’appartement de Rigaud se trouvoit au coin de la
+rue des Petits-Champs et de la rue Louis-le-Grand. On y
+pouvoit voir une belle galerie de tableaux, principalement
+des siens. Il y mourut, ainsi que sa femme un an après lui.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_345" href="#FNanchor_345"><span class="label">[23]</span></a> Il a été parlé de lui plus haut, t. I, p. 239, au chapitre
+<i>Commerce de Curiositez</i>.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_346" href="#FNanchor_346"><span class="label">[24]</span></a> Ces deux Lefebvre sont sans doute les fils de Claude
+Lefebvre, portraitiste distingué, mort en 1675, et qui, l’un
+et l’autre, quoique ses élèves, furent des peintres médiocres,
+sur lesquels on ne sait rien. (Jal, <i>Dict. crit.</i>,
+p. 758.)</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_347" href="#FNanchor_347"><span class="label">[25]</span></a> Philippe Vignon, frère de Claude-François nommé
+plus haut, et son aîné. Il fut reçu de l’Académie le 30
+août 1686, et mourut le 7 sept. 1701, à soixante-sept ans.
+Il rivalisa presque, en son temps, de réputation avec Rigaud :
+« Quoique Rigaud, lisons-nous dans les <i>Portraits
+sérieux, galants et critiques</i>, 1696, in-18, <i>Avertissement</i>,
+soit reconnu très-habile pour le portrait, on ne méprise pas
+les peintures qui sortent du cabinet de Vignon. »</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p96">-96-</span> Pour les Batailles Messieurs Parrosel<a id="FNanchor_348" href="#Footnote_348" class="fnanchor">[26]</a> rue du
+Coq, Martin<a id="FNanchor_349" href="#Footnote_349" class="fnanchor">[27]</a> et le Comte aux Gobelins<a id="FNanchor_350" href="#Footnote_350" class="fnanchor">[28]</a>, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_348" href="#FNanchor_348"><span class="label">[26]</span></a> Joseph Parrocel, de Brignoles en Provence, reçu de
+l’Académie le 16 nov. 1676, mort à cinquante-six ans, le
+1<sup>er</sup> mars 1704. Il peignit beaucoup de batailles, à grands
+fracas, et se vantoit d’être le peintre qui savoit le mieux
+tuer son homme. On voyoit des tableaux de lui aux Invalides,
+à l’hôtel de Toulouse, à Versailles.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_349" href="#FNanchor_349"><span class="label">[27]</span></a> Jean-Baptiste Martin. Élève de La Hire, il dessina
+pour Vauban, travailla avec Van-Der-Meulen, et lui succéda
+comme « peintre des conquêtes ». Il mourut aux Gobelins,
+le 8 oct. 1735, à soixante-dix-sept ans.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_350" href="#FNanchor_350"><span class="label">[28]</span></a> Sauveur Le Conte, peintre provençal, qui travailla,
+comme Martin, avec Van-Der-Meulen. Le Brun l’avoit logé
+aux Gobelins, où il mourut n’ayant que trente-cinq ans, le
+31 décembre 1694. Son acte de mort portoit : « peintre
+ordinaire des conquestes du Roy, dans l’hôtel des manufactures
+roy. des Gobelins. »</p>
+</div>
+<p>Pour les Païsages Messieurs Forest<a id="FNanchor_351" href="#Footnote_351" class="fnanchor">[29]</a> et Hérault<a id="FNanchor_352" href="#Footnote_352" class="fnanchor">[30]</a>
+place Dauphine<a id="FNanchor_353" href="#Footnote_353" class="fnanchor">[31]</a>, Allegrain rue Montmartre<a id="FNanchor_354" href="#Footnote_354" class="fnanchor">[32]</a>,
+Beville rue de la Tixeranderie<a id="FNanchor_355" href="#Footnote_355" class="fnanchor">[33]</a>, Armand
+rue Montorgueil<a id="FNanchor_356" href="#Footnote_356" class="fnanchor">[34]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_351" href="#FNanchor_351"><span class="label">[29]</span></a> Jean Forest, reçu comme peintre paysagiste, le 26
+mai 1674, à l’Académie, et mort le 17 mars 1712, à
+soixante-seize ans. Il étoit beau-frère de Lafosse, dont il
+avoit un peu la couleur aux tons roux. Sa fille aînée
+épousa Largillière.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_352" href="#FNanchor_352"><span class="label">[30]</span></a> Nicolas-Antoine Hérault. Il avoit étudié à Rome, dans
+la manière de Guaspre et de Salvator. Il fut de l’Académie
+en 1670, et mourut en 1718, à soixante-quatorze ans
+passés.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_353" href="#FNanchor_353"><span class="label">[31]</span></a> Hérault y logea jusqu’à sa mort, à l’enseigne « du
+Buis », faisant face au cheval de bronze.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_354" href="#FNanchor_354"><span class="label">[32]</span></a> Étienne Allegrain, né à Paris, en 1645, reçu académicien
+le 4 décembre 1677, et mort le 2 avril 1736, à quatre-vingt-douze
+ans. Il peignit pour le roi, en 1688, « des
+vues et perspectives des bosquets et parterres du jardin de
+Versailles ».</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_355" href="#FNanchor_355"><span class="label">[33]</span></a> Charles Béville, reçu comme paysagiste à l’Académie, le
+5 juillet 1681, mourut à soixante-cinq ans, le 2 février 1716.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_356" href="#FNanchor_356"><span class="label">[34]</span></a> Charles Armand. Il étoit de Bar-le-Duc. Il fut reçu de
+l’Académie, comme paysagiste, le 13 mai 1672, et mourut
+à quatre-vingt-cinq ans, le 18 février 1720.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p97">-97-</span> Pour les Fleurs et les Animaux, Messieurs de
+Fontenay<a id="FNanchor_357" href="#Footnote_357" class="fnanchor">[35]</a> près le Palais Royal, Huliot<a id="FNanchor_358" href="#Footnote_358" class="fnanchor">[36]</a> rue
+Bourlabé, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_357" href="#FNanchor_357"><span class="label">[35]</span></a> Jean-Baptiste Belin de Fontenay, de Caen : « Il avoit,
+dit d’Argenville, un vrai talent pour peindre les fleurs. »
+Aussi est-ce comme peintre-fleuriste qu’il fut reçu à l’Académie,
+le 30 août 1687. Il mourut le 12 février 1715, à
+soixante-un ans.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_358" href="#FNanchor_358"><span class="label">[36]</span></a> Claude Huilliot, de Reims, fut reçu à l’Académie,
+comme peintre-fleuriste, le 7 nov. 1664, et mourut le 6 août
+1702, à soixante-dix-sept ans.</p>
+</div>
+<p>Pour les ordres d’Architecture, Messieurs Anguerre<a id="FNanchor_359" href="#Footnote_359" class="fnanchor">[37]</a>
+et Francart<a id="FNanchor_360" href="#Footnote_360" class="fnanchor">[38]</a> aux Gobelins, Simon rue
+des Petits Champs.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_359" href="#FNanchor_359"><span class="label">[37]</span></a> Guillaume Anguier, frère des deux célèbres sculpteurs
+normands, François et Michel Anguier. Dans l’<i>Éloge</i> qu’il a
+fait de celui-ci, Guillet de Saint-Georges, d’accord avec Blegny,
+nous donne Guillaume Anguier, comme étant « fort
+recherché pour les tableaux d’architecture et les ornements ».
+Il mourut aux Gobelins, où nous le voyons déjà logé, le
+18 juin 1708, à quatre-vingts ans.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_360" href="#FNanchor_360"><span class="label">[38]</span></a> Frère cadet de François Francart, qui avoit été le
+peintre des décorations de Molière au Petit-Bourbon et au
+théâtre du Palais-Royal. On le trouve lui-même qualifié
+« peintre des bâtiments du Roy », en 1672. Suivant Jal,
+dans un de ses <i>Errata</i>, il mourut en 1692, l’année même
+où Blegny le nommoit ici.</p>
+</div>
+<p>Pour la Mignature M. Deflan<a id="FNanchor_361" href="#Footnote_361" class="fnanchor">[39]</a> rue de Guénegaud,
+<span class="pagenum" id="p98">-98-</span> Penel rue neuve des Petits Champs,
+Compardel<a id="FNanchor_362" href="#Footnote_362" class="fnanchor">[40]</a> quay de la Mégisserie, Bonnet quay
+des Morfondus<a id="FNanchor_363" href="#Footnote_363" class="fnanchor">[41]</a>, Lucet rue du Four fauxbourg
+S. Germain.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_361" href="#FNanchor_361"><span class="label">[39]</span></a> Abraham De Lan, et non Deflan, beau-frère du sculpteur
+Van-Clève, qu’on trouvera plus bas, p. 101. Jal fait
+naître De Lan en 1659, et mourir en 1722.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_362" href="#FNanchor_362"><span class="label">[40]</span></a> On le connoît par des plans d’une admirable enluminure.
+De Bure en possédoit un, qu’il avoit fait du bois de
+Boulogne (<i>V.</i> son <i>Catalogue</i>, p. 11). M. le marquis de
+Maleyssie en exposa toute une collection : <i>Plans des forêts,
+bois et buissons du département de la grande Maîtrise des
+Eaux et Forêts de l’Ile-de-France, Brie, Perche, Picardie et
+pays reconquis</i>, 1688, à l’exposition archéologique et artistique
+de Chartres, en 1858. (<i>Rev. des Soc. sav.</i>, 1859, t. I,
+p. 737.) Compardel fit aussi des miniatures de livres. Il passa à
+la célèbre vente de M. le baron Pichon un petit volume in-16,
+aux armes de la grande Mademoiselle : <i>Occupations de l’Ame
+pendant le saint sacrifice de la Messe</i>, avec neuf miniatures,
+dont cinq étoient signées de lui. Ce <i>Ms.</i> venoit aussi de la
+vente De Bure, où il avoit été payé 1,530 francs.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_363" href="#FNanchor_363"><span class="label">[41]</span></a> Sylvain Bonnet, de Romorantin, suivant l’inscription
+de son portrait gravé, ou de Blois, suivant le <i>Ms.</i> de la
+Bibliothèque Nat. : <i>Extrait des noms des plus célèbres
+peintres</i>, 1679. Le frontispice des <i>Hommes illustres</i> de Perrault
+est de lui. En 1672, il se qualifioit « peintre de feue
+Madame, duchesse d’Orléans ». Alors déjà, il logeoit quai
+de l’Horloge ou des Morfondus. C’est lui qui, appelé par
+erreur Monet dans le <i>Carpentariana</i>, p. 79, y est qualifié
+« le premier homme que nous ayons pour exceller dans
+les portraits en miniature ». Suivant le même livre, il avoit
+étudié le dessin chez Chauveau.</p>
+</div>
+<p>Mesdemoiselles Bonnard rue saint Jacques, et
+le Febvre rue de Richelieu peignent aussi en
+mignature.</p>
+
+<p>Pour la Mignature en Email, Messieurs Petitot<a id="FNanchor_364" href="#Footnote_364" class="fnanchor">[42]</a>
+rue de l’Université<a id="FNanchor_365" href="#Footnote_365" class="fnanchor">[43]</a>, Perrault rue du Chantre,
+<span class="pagenum" id="p99">-99-</span> le Brun rue neuve des Petits Champs<a id="FNanchor_366" href="#Footnote_366" class="fnanchor">[44]</a>, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_364" href="#FNanchor_364"><span class="label">[42]</span></a> Jean Petitot, dont le nom nous dispense de tout détail.
+Au moment même où Blegny le faisait figurer ici, il
+mouroit à Genève, sa ville natale. La Révocation de l’Edit
+de Nantes, qui n’avoit pu le décider à se convertir, l’avoit
+enfin forcé d’y retourner après quelques années de résistance,
+où toutes les obsessions, même celles de Bossuet,
+avoient été inutiles.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_365" href="#FNanchor_365"><span class="label">[43]</span></a> Il y logeoit en face de l’hôtel Tambonneau, que remplace
+aujourd’hui, nous l’avons dit plus haut, la rue du Pré-aux-Clercs.
+G. Brice, après nous avoir donné son adresse
+dans sa première édition (1684, in-12, t. II, p. 202),
+ajoute : « C’est lui qui fait ces beaux portraits en émail,
+que l’on enchasse dans des bordures de diamants, dont on
+fait des présents aux ambassadeurs, ou des bracelets qui ne
+sont pas ordinairement plus grands qu’une pièce de quinze
+sous, et qui, souvent, sont beaucoup plus petits. » Richelet,
+dans les <i>Remarques</i> mises en tête de la 1<sup>re</sup> édition de
+son <i>Dictionn.</i>, parle ainsi, p. 46, de Petitot et de son
+émule, Bordier, que Blegny n’auroit pas dû oublier ici :
+« Monsieur Bordier et monsieur Petitot sont les plus
+fameux peintres en émail de Paris, et les premiers qui ont
+fait des portraits en émail. On ne faisoit avant eux que des
+fleurs et autres petites gentillesses. » Il ajoute ensuite ces
+détails curieux : « Un portrait en émail, grand comme la
+paume de la main, vaut quarante ou cinquante pistoles,
+quand il est fait par un habile peintre, et les plus petits
+quinze et vingt pistoles. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_366" href="#FNanchor_366"><span class="label">[44]</span></a> Son art. dans l’édit. de 1691 est au chap. XI, p. 24.
+Il y figure seul pour son genre de peinture : « Le sieur
+Lebrun, qui fait de beaux portraits en émail, demeure rue
+Neuve-des-Petits-Champs. »</p>
+</div>
+<p>Pour le Pastel, Messieurs Vencelin rue saint
+Martin<a id="FNanchor_367" href="#Footnote_367" class="fnanchor">[45]</a>, Viviers<a id="FNanchor_368" href="#Footnote_368" class="fnanchor">[46]</a> quay de l’Ecole, Desgranges
+rue Tictonne, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_367" href="#FNanchor_367"><span class="label">[45]</span></a> C’est au chap. XI : <i>du Commerce de Curiositez</i>, qu’il
+figure, et là, sous son vrai nom et avec son père, dans
+l’édit. de 1691, p. 24 : « M. Vercelin, rue Saint-Martin,
+<i>au Porcelet d’or</i>, a de très-beaux tableaux, et M. son fils
+peint très-bien en pastel et en mignature. » — Jacques
+Versellin fut reçu, comme peintre miniaturiste, le 7 juin
+1687, à l’Académie. Il mourut le 18 juin 1718, à soixante-treize
+ans.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_368" href="#FNanchor_368"><span class="label">[46]</span></a> Joseph Vivien, et non Vivier, né à Lyon en 1657. Il fut
+reçu de l’Académie, comme peintre au pastel, le 30 juillet 1701,
+et mourut à Bonn, le 5 décembre 1735. Le meilleur portrait
+que l’on possède de Fénelon est de lui. L’original se trouve
+à Munich. V. <i>Catal. de la Pinacothèque</i>, p. 76, n<sup>o</sup> 398.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p100">-100-</span> Il en est de même des Sculpteurs qui pour
+être généralement habiles, ne laissent pas d’avoir
+de particuliers talens, par exemple.</p>
+
+<p>Pour les Statües, Messieurs Girardon aux
+Galeries du Louvre<a id="FNanchor_369" href="#Footnote_369" class="fnanchor">[47]</a>, des Jardins fauxbourg
+Montmartre, Coisseveaux et Baptiste aux Gobelins<a id="FNanchor_370" href="#Footnote_370" class="fnanchor">[48]</a>,
+le Comte rue sainte Apoline<a id="FNanchor_371" href="#Footnote_371" class="fnanchor">[49]</a>, Renaudin
+aux Galeries du Louvre<a id="FNanchor_372" href="#Footnote_372" class="fnanchor">[50]</a>, Vancleve à la Ville
+<span class="pagenum" id="p101">-101-</span> neuve<a id="FNanchor_373" href="#Footnote_373" class="fnanchor">[51]</a>, Lespingola<a id="FNanchor_374" href="#Footnote_374" class="fnanchor">[52]</a> à la Butte saint Roch, le
+Gros<a id="FNanchor_375" href="#Footnote_375" class="fnanchor">[53]</a> porte de Richelieu, Tuby aux Gobelins<a id="FNanchor_376" href="#Footnote_376" class="fnanchor">[54]</a>,
+Flamand au Cabinet du Roy<a id="FNanchor_377" href="#Footnote_377" class="fnanchor">[55]</a>, Mazeline à la
+Ville neuve, Jouvenet rue des Jeusneurs<a id="FNanchor_378" href="#Footnote_378" class="fnanchor">[56]</a>, le
+Grand rue Montmartre, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_369" href="#FNanchor_369"><span class="label">[47]</span></a> « M. Girardon, qui demeure aux Galleries du Louvre,
+où il a un très-curieux cabinet de bronzes et de médailles
+antiques, est estimé un des plus excellents sculpteurs de
+l’Europe. » Édit. 1691, p. 113. — François Girardon, de Troyes,
+« Troyen », comme lui-même se qualifioit souvent en signant
+ses statues. Nous nous contenterons de dire ici qu’il fut de
+l’Académie, dès 1657, et qu’il mourut le 1<sup>er</sup> septembre 1715,
+à quatre-vingt-huit ans. Ce que Blegny écrit sur son cabinet
+des galeries du Louvre se trouve confirmé avec détails
+par Brice, 3<sup>e</sup> édit., t. I, p. 73-74.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_370" href="#FNanchor_370"><span class="label">[48]</span></a> « Messieurs Coisevaux, aux Gobelins, et Des Jardins,
+faubourg Montmartre, sont encore de très-habiles sculpteurs. »
+Édit. 1691, p. 113. — Antoine Coysevox, né à
+Lyon, en 1640, reçu de l’Académie en 1676, mort en 1720.
+Ce fut un des grands artistes du siècle. Les Victoires sur
+des chevaux ailés qui se trouvent aux deux côtés de l’entrée
+des Tuileries, sont de lui. — Martin Desjardins, né à Bréda,
+dont le vrai nom, avant qu’on l’eût francisé, étoit Van den
+Bogaert. Il fut de l’Académie, en 1671, et mourut n’ayant
+que cinquante-quatre ans, le 2 mai 1694. Le groupe de
+Louis XIV et de la Victoire du monument de la place des
+Victoires, et le bas-relief le plus en vue de la porte Saint-Martin
+furent ses principaux ouvrages à Paris.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_371" href="#FNanchor_371"><span class="label">[49]</span></a> Louis Le Conte, de Boulogne, près Paris, reçu de
+l’Académie, le 4 janvier 1676, et mort, encore jeune, le
+24 décembre 1694. Il avoit sculpté, d’après les dessins de
+Le Brun, et sur l’ordre de Colbert, nommé marguillier
+d’honneur, la chaire à prêcher de Saint-Eustache.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_372" href="#FNanchor_372"><span class="label">[50]</span></a> Thomas Regnaudin, de Moulins, fut reçu de l’Académie,
+le 7 juillet 1657, et mourut à soixante-dix-neuf
+ans, le 3 juillet 1706. Il travailla pour Versailles, où le
+groupe, fondu par les Keller, <i>la Loire et le Loiret</i>, est de
+sa main. On lui doit aussi celui de <i>Saturne enlevant Cybèle</i>,
+qui se voit, depuis le grand siècle, dans le jardin des Tuileries,
+et se trouve à présent dans une des salles du Louvre.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_373" href="#FNanchor_373"><span class="label">[51]</span></a> Corneille Van-Clève, né à Paris, en 1644, reçu de
+l’Académie, le 26 avril 1681, mort à quatre-vingt-sept
+ans, le 31 décembre 1732. Il y avoit beaucoup de ses ouvrages
+dans les différentes églises de Paris.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_374" href="#FNanchor_374"><span class="label">[52]</span></a> « Et Cotton », édit. de 1691, p. 63. L’Espingola,
+dont nous avons parlé plus haut, p. 90, s’y trouve nommé
+« Spingola ». Quant à Cotton, il est des moins connus. Nous
+savons seulement qu’il avoit eu le second prix de sculpture
+en 1675, qu’il étoit élève d’Anguier, et qu’on lui devoit,
+sauf le buste, qui étoit de Coysevox, les sculptures du
+tombeau de Le Nôtre à Saint-Roch. Celles des tombeaux de
+Lulli et de Lambert aux Petits-Pères étaient aussi de sa main.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_375" href="#FNanchor_375"><span class="label">[53]</span></a> Pierre Le Gros, de Chartres, reçu de l’Académie le
+15 septembre 1663, mort le 17 mai 1714, à quatre-vingt-six
+ans. Il étoit élève de Sarrazin. Il travailla au pavillon
+central des Tuileries, et fit à la porte Saint-Martin un des
+bas-reliefs qui regardent le faubourg.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_376" href="#FNanchor_376"><span class="label">[54]</span></a> Jean-Baptiste Tuby, né à Rome, en 1630, et pour
+cela surnommé <i>le Romain</i>. Il fut reçu de l’Académie le
+7 août 1663, et mourut à soixante-dix ans, le 9 août 1700.
+Il avoit travaillé à l’arc de triomphe de la porte Saint-Bernard,
+deux des figures du tombeau de Colbert à St-Eustache
+étoient de sa main, et on lui devoit le tombeau
+de Turenne, qui, de Saint-Denis, fut transféré aux Invalides.
+Il l’avoit exécuté d’après des dessins de Le Brun.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_377" href="#FNanchor_377"><span class="label">[55]</span></a> Anselme Flamen, de Saint-Omer, reçu de l’Académie
+en 1681, mort le 15 mai 1717, à soixante-dix ans. Le
+groupe de Borée et d’Orythie, du jardin des Tuileries, est
+de lui en grande partie. Marsy ne l’avoit qu’ébauché.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_378" href="#FNanchor_378"><span class="label">[56]</span></a> Pour Mazeline et Jouvenet, <i>voy.</i> plus haut, p. <a href="#p90">90</a>.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p102">-102-</span> Pour les Figures et Ornemens, M<sup>rs</sup> le Febvre
+dans l’anclos saint Martin, et Maniere père et
+fils<a id="FNanchor_379" href="#Footnote_379" class="fnanchor">[57]</a> rue des Gravilliers<a id="FNanchor_380" href="#Footnote_380" class="fnanchor">[58]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_379" href="#FNanchor_379"><span class="label">[57]</span></a> Laurent Magnier — dont le nom se prononçoit Manière — et
+son fils Philippe. Tous deux furent de l’Académie :
+le père, en 1664, le fils, en 1680. Laurent mourut
+à quatre-vingt-deux ans, en 1700, le fils, à soixante-huit
+ans, en 1715. Laurent travailla aux sculptures des boiseries
+du Louvre, de Fontainebleau et de Chambord ; et il y a
+quelques bons ouvrages de Philippe à Versailles.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_380" href="#FNanchor_380"><span class="label">[58]</span></a> Dans l’édit. précédente, p. 63, cet article est plus
+détaillé : « Entre les sculpteurs qui ont une particulière
+réputation pour les ornements, sont Messieurs Deville et
+Le Grand, rue Montmartre ; Briquet, près les Minimes ;
+Charmeton, rue Saint-André ; Cottin, rue Saint-Martin ;
+La Lande, à la Villeneuve ; Ouats, au Pont-aux-Biches ;
+François, près le Temple ; et Vilaine, rue Neuve-Saint-Médéric. » — De
+tous ces inconnus, dont pas un ne fut
+de l’Académie, nous ne relèverons que le nom de Christophe
+Charmeton, cousin du peintre Georges Charmeton, qui eut
+quelque réputation ; et celui de François, dont il y avoit
+aux Invalides une assez bonne statue de sainte Monique.</p>
+</div>
+<p>Messieurs le Comte et Lespingola, sont d’ailleurs
+distinguez, le premier pour les Modèles, et
+le second pour le dessein.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c23">ARCHITECTURE ET MAÇONNERIE.</h3>
+
+
+<p>On a compris l’Architecture et la Maçonnerie
+en un même article, par cette raison, que la
+plupart des Maitres Maçons qui sont au rang de
+distinction sçavent et pratiquent l’Architecture.</p>
+
+<p>Pour les Architectes des Bâtimens du Roy,
+voyez l’article des Batimens de Sa Majesté.</p>
+
+<p>Entre les Architectes de Paris dont l’habileté
+est généralement reconnue, sont Messieurs le
+<span class="pagenum" id="p103">-103-</span> Maistre rue neuve saint Honoré<a id="FNanchor_381" href="#Footnote_381" class="fnanchor">[1]</a>, Mazière<a id="FNanchor_382" href="#Footnote_382" class="fnanchor">[2]</a> rue
+Neuve des Petits Champs, Gabriel rue saint
+Antoine, Pipault à l’Arsenal<a id="FNanchor_383" href="#Footnote_383" class="fnanchor">[3]</a>, Thevenot rue
+saint Claude du Marais, de Bourges<a id="FNanchor_384" href="#Footnote_384" class="fnanchor">[4]</a> rue Montmartre,
+Beausire derriere saint Jean, Lambert
+quay de Nesle<a id="FNanchor_385" href="#Footnote_385" class="fnanchor">[5]</a>, Bornac à la Pierre au Lait,
+Tarrade rue des Orties<a id="FNanchor_386" href="#Footnote_386" class="fnanchor">[6]</a>, le Pautre<a id="FNanchor_387" href="#Footnote_387" class="fnanchor">[7]</a> rue du Foin,
+Boffran<a id="FNanchor_388" href="#Footnote_388" class="fnanchor">[8]</a> rue Beautreillis, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_381" href="#FNanchor_381"><span class="label">[1]</span></a> Il fut de l’Académie d’architecture, en 1698, et son
+fils, l’année suivante. La rue Neuve-Saint-Honoré, où il
+logeoit, étoit la partie de la rue Saint-Honoré qui alloit
+du Palais-Royal à la place Vendôme.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_382" href="#FNanchor_382"><span class="label">[2]</span></a> Il a été parlé de lui plus haut, p. 91.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_383" href="#FNanchor_383"><span class="label">[3]</span></a> Nous l’avons vu figurer plus haut, ainsi que Gabriel,
+parmi les <i>experts-entrepreneurs</i>.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_384" href="#FNanchor_384"><span class="label">[4]</span></a> Boullier de Bourges. <i>V.</i> plus haut les <i>experts-bourgeois</i>.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_385" href="#FNanchor_385"><span class="label">[5]</span></a> C’est le nom que l’on donnoit encore souvent au
+quai Guénégaud, qui devoit bientôt devenir le quai Conti.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_386" href="#FNanchor_386"><span class="label">[6]</span></a> Il possédoit dans cette rue de la Butte-Saint-Roch et
+dans les rues environnantes un certain nombre de maisons
+qu’il avoit construites lui-même après l’aplanissement.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_387" href="#FNanchor_387"><span class="label">[7]</span></a> Antoine Le Pautre, qui mourut l’année même où
+Blegny lui donnoit place dans son <i>Livre commode</i>. Il
+avoit soixante-dix ans. C’est lui qui avoit bâti pour la
+Beauvais-la-borgnesse l’hôtel qui existe encore au n<sup>o</sup> 64
+de la rue Saint-Antoine.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_388" href="#FNanchor_388"><span class="label">[8]</span></a> Germain Boffrand, de Nantes, né en 1667, du sculpteur
+Boffrand et d’une nièce du poëte Quinault. Il eut
+pour maître et ami Hardouin Mansart. Quand il mourut
+en 1755, il étoit doyen de l’Académie d’architecture. Il
+construisit à Paris la porte du cloître Notre-Dame, l’hôpital
+des Enfants-Trouvés, qui vient de disparoître ; l’hôtel
+de Duras, rue du Faubourg-Saint-Honoré ; l’hôtel d’Argenson,
+rue des Bons-Enfants ; la maison de Le Brun, rue
+Saint-Victor, etc.</p>
+</div>
+<p>M. Maübois<a id="FNanchor_389" href="#Footnote_389" class="fnanchor">[9]</a> qui demeure à la place du Carrousel
+<span class="pagenum" id="p104">-104-</span> au magasin des Marbres<a id="FNanchor_390" href="#Footnote_390" class="fnanchor">[10]</a>, est un homme
+incomparable pour les ouvrages du Tour sur
+lequel il travaille les plus dures matières dont il
+fait des ornemens d’Architecture, qui par leurs
+formes carrées, octogones, ovalles, etc., sembleroient
+ne pouvoir estre produites par la pratique
+du Tour.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_389" href="#FNanchor_389"><span class="label">[9]</span></a> Jean Maubois, qui, d’après une lettre qu’il a écrite
+sur lui-même, en 1699, et qui a été publiée par <i>la Revue
+des Sociétés savantes</i> (août 1868, p. 176), vint du Dauphiné
+à Paris, sur un ordre de Colbert, en 1680, « pour
+tourner tous les ouvrages d’or et d’argent pour S. M. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_390" href="#FNanchor_390"><span class="label">[10]</span></a> Il y étoit installé depuis 1685. « Il tenoit du Roi,
+dit-il en effet, dans sa lettre de 1699, un logement proche
+son palais des Tuileries, il y a quatorze ans. »</p>
+</div>
+<p>Son industrie a semblé si admirable à plusieurs
+personnes de considération, qu’elles ont pris à
+tache de l’acquérir seulement pour s’en faire un
+plaisir<a id="FNanchor_391" href="#Footnote_391" class="fnanchor">[11]</a> ; par exemple, M. le Prevôt de l’Eglise
+saint Nicolas du Louvre, et M<sup>rs</sup> de la Guyche
+qui demeurent rue et près la place Royale<a id="FNanchor_392" href="#Footnote_392" class="fnanchor">[12]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_391" href="#FNanchor_391"><span class="label">[11]</span></a> « Je vous diray, écrit encore Maubois, que tous les
+princes me font l’honneur de me venir veoir travailler. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_392" href="#FNanchor_392"><span class="label">[12]</span></a> Maubois eut une fille, d’autres — tels que Hulot
+dans son livre, <i>l’Art du Tourneur</i> — disent une sœur,
+qui fut presque aussi habile que lui. Elle apprit à tourner
+au comte de Clermont, à Louis XV, encore enfant, et
+même, s’il faut en croire <i>le Mercure</i> (juin-juillet 1721,
+p. 121), au fils de l’ambassadeur turc.</p>
+</div>
+<p>Les Maçons Entrepreneurs denommez dans
+l’article des Batimens du Roy, entreprennent
+aussi pour le public.</p>
+
+<p>Entre ceux des autres Maitres Maçons qui entreprennent
+aussi dans le public les plus considérables
+edifices, sont Messieurs Tarrade rue des
+Orties, Bertier<a id="FNanchor_393" href="#Footnote_393" class="fnanchor">[13]</a> rue Neuve saint Roch, Guezard
+<span class="pagenum" id="p105">-105-</span> rue Royalle, Macon rue du Roy de Sicile, Tricot
+rue Jean Robert, Thevenot rue saint Claude du
+Marais, Perdeau place des Victoires, Convers
+Isle Notre Dame, Rohais quartier S. Germain,
+Bergeron le jeune rue Royale, butte S. Roch<a id="FNanchor_394" href="#Footnote_394" class="fnanchor">[14]</a>, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_393" href="#FNanchor_393"><span class="label">[13]</span></a> Nicolas Bertier. L’<i>Almanach royal</i> de 1702 le loge
+près de la porte Gaillon, c’est-à-dire à l’endroit environ
+où se trouve aujourd’hui la fontaine.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_394" href="#FNanchor_394"><span class="label">[14]</span></a> Ce fut jusqu’à la Révolution le nom de la rue des Moulins,
+depuis la rue des Petits-Champs jusqu’à la rue Thérèse.</p>
+</div>
+<p>Pour les compagnons Maçons, Manœuvres,
+Limosins, etc., voyez l’article des Domestiques
+et Ouvriers.</p>
+
+<p>A l’égard des Matéreaux<a id="FNanchor_395" href="#Footnote_395" class="fnanchor">[15]</a> servans à la construction
+des ouvrages de Maçonnerie, on les peut
+trouver aux prix et aux endroits ci-après designez ;
+par exemple, le muid de Chaux de Melun
+qui arrive au Port saint Paul<a id="FNanchor_396" href="#Footnote_396" class="fnanchor">[16]</a>, coute rendu à
+l’attelier 48 livres.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_395" href="#FNanchor_395"><span class="label">[15]</span></a> C’est encore ainsi que prononcent beaucoup d’artisans,
+surtout en province. A l’époque même de Blegny,
+cette prononciation passoit pour vicieuse : « Il n’y a que
+ceux qui ne savent pas parler qui disent <i>matéreaux</i> »,
+écrit Richelet dans son <i>Dictionnaire</i>, 1688, in-4<sup>o</sup>.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_396" href="#FNanchor_396"><span class="label">[16]</span></a> « Le pavé et la chaux se vendent au port Saint-Paul,
+près les Celestins. » Édit. 1691, p. 38.</p>
+</div>
+<p>Le muid de Ciment qui se fait sur les fossez
+de l’Estrapade et au fauxbourg saint Antoine,
+chez le Sieur Petit à l’entrée de la rue de Nappe<a id="FNanchor_397" href="#Footnote_397" class="fnanchor">[17]</a>,
+coûte rendu à l’atelier <span class="fl">20 livres.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_397" href="#FNanchor_397"><span class="label">[17]</span></a> Lisez rue de Lappe, nom qui lui venoit du maraîcher
+Girard Lappe, qui avoit, par là, de grands terrains
+sous Louis XIII. Dans l’édit. de 1691, p. 39, il est dit :
+« à l’entrée de la rue de la Roquette. »</p>
+</div>
+<p>Le muid de Plâtre de Montmartre, de Montfaucon,
+de Norillon sous Belleville, de Charonne<a id="FNanchor_398" href="#Footnote_398" class="fnanchor">[18]</a>,
+etc., coute rendu 6 livres et au plus
+6 liv. 10 sols à la mesure et choisi<a id="FNanchor_399" href="#Footnote_399" class="fnanchor">[19]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_398" href="#FNanchor_398"><span class="label">[18]</span></a> « Les carrières et fours à plâtre sont, pour la plupart,
+au bas de Montmartre, au bas de Belleville, à Montfaucon.
+On tire de ces carrières une sorte de moellons qui
+est bonne pour les fondations. » Édit. 1691, p. 38. Le
+plâtre de Montmartre étoit « le plus estimé », selon
+Félibien, <i>Des principes de l’architecture</i>, 1676, in-4<sup>o</sup>,
+p. 698. Les carrières de plâtre au bas de Belleville existent
+encore. On les appelle aujourd’hui <i>Carrières d’Amérique</i>,
+à cause de l’exportation d’une partie de leurs
+produits aux États-Unis, où le plâtre manque.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_399" href="#FNanchor_399"><span class="label">[19]</span></a> Soixante ans après, ce prix étoit augmenté d’un tiers.
+Le muid de plâtre se payoit 9 livres. (<i>Journal du Citoyen</i>,
+1755, in-8, p. 381.)</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p106">-106-</span> Le tonneau de Pierre de Saint Leu contenant
+14 pieds cubes coute rendu depuis 5 jusqu’à
+5 livres 10 sols à proportion de l’eloignement,
+et sur le Port 4 livres 10 sols, avec cette différence
+que quand les morceaux ont plus de 28
+pieds cubes, le prix est augmenté selon le plus
+ou le moins ; c’est ce qu’on appelle Pierre
+d’échantillon.</p>
+
+<p>Le bel appareil de Pierre de Liais<a id="FNanchor_400" href="#Footnote_400" class="fnanchor">[20]</a> coute le
+pied en superficie rendu depuis 20 jusqu’à 25
+sols, et celuy de la même Pierre de 13 à 14
+pouces de haut 40 à 50 sols.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_400" href="#FNanchor_400"><span class="label">[20]</span></a> « Pierre très-dure, dit Félibien, p. 66, blanche et
+approchant du marbre, c’est pour cela qu’elle reçoit une
+espèce de poly avec le grès et l’émeril, particulièrement
+celui de Senlis, qui ne se gaste ny à la gelée ny aux
+autres injures du temps. » C’est avec ce liais de Senlis,
+tiré d’une carrière tout près de la ville, que se firent en
+grande partie, sous Louis XIV, les constructions du Louvre.
+Nous reparlerons plus loin des pierres de liais.</p>
+</div>
+<p>Le pied cube de Pierre d’Arcueil<a id="FNanchor_401" href="#Footnote_401" class="fnanchor">[21]</a> d’échantillon
+10 sols.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_401" href="#FNanchor_401"><span class="label">[21]</span></a> Il sera parlé, avec plus de détail, au chap. suivant,
+p. <a href="#c24">111</a>, de la pierre d’Arcueil, dont on se servoit alors
+beaucoup dans les constructions à Paris.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p107">-107-</span> Le pied carré de Pierre de saint Cloud<a id="FNanchor_402" href="#Footnote_402" class="fnanchor">[22]</a> pris
+sur toute sa hauteur et rendu 28 sols.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_402" href="#FNanchor_402"><span class="label">[22]</span></a> C’est avec la pierre de Saint-Cloud et avec celle
+de Saint-Non, dont la carrière se trouve au bout du parc
+de Versailles, que furent faites les constructions du château.
+La pierre de Saint-Cloud se tiroit de la <i>carrière</i>,
+dite des <i>grès</i>, située à gauche en sortant de Saint-Cloud
+pour aller à Versailles. C’est de la partie appelée le <i>banc
+blanc</i> que furent extraites quelques-unes des plus grandes
+pierres du Louvre. Celles du fronton de la colonnade, qui
+ont l’une et l’autre cinquante-deux pieds de long, ont été
+tirées auprès de Meudon. (Félibien, p. 68.)</p>
+</div>
+<p>La toise cube de Moellons de Paris et des
+Carriéres des fauxbourgs S. Jacques et S. Marcel<a id="FNanchor_403" href="#Footnote_403" class="fnanchor">[23]</a>
+rendu en toise sur le lieu 18 livres, et celle de
+Moellons de plâtre depuis 16 jusqu’à 17 liv.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_403" href="#FNanchor_403"><span class="label">[23]</span></a> Blegny oublie les meilleurs : ceux des carrières de
+Saint-Maur et de Vaugirard. (Félibien, p. 662.)</p>
+</div>
+<p>Le cent de Bottes de lattes de cœur de chêne
+sans obier<a id="FNanchor_404" href="#Footnote_404" class="fnanchor">[24]</a>, coûte sur le Port depuis 36 jusqu’à
+40 livres.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_404" href="#FNanchor_404"><span class="label">[24]</span></a> L’aubier est la partie molle qui se trouve entre l’écorce
+du chêne et son bois.</p>
+</div>
+<p>Le Clou à latte 13 sols le millier.</p>
+
+<p>Le Clou de charette et de bateaux la livre 2
+sols, et le cent de livres depuis 7 jusqu’à 8 livres.</p>
+
+<p>Pour les Pots d’Aizances<a id="FNanchor_405" href="#Footnote_405" class="fnanchor">[25]</a> et fouilles de terres,
+voyez l’article des Vuidanges.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_405" href="#FNanchor_405"><span class="label">[25]</span></a> C’est ce qu’on appeloit, au <small>XV</small><sup>e</sup> siècle, « tuyau des
+chambres aisées. » <i>Chron. du roy Louis XI</i>, an. 1479.</p>
+</div>
+<p>Pour le gros Fer, voyez l’article des Ouvriers
+et Marchands de Fer.</p>
+
+<p>Le prix ordinaire des Murs de fondation depuis
+22 jusqu’à 28 pouces d’épaisseur avec portes
+de pierres ceintrées, la toise superficielle.</p>
+
+<p>On toise ordinairement les Fondations à la
+<span class="pagenum" id="p108">-108-</span> toise cube dont on paye 40 à 42 livres de chaque
+toise reduite à 216 pieds cubes, et alors on déduit
+les vuides qui s’y trouvent et même la place
+qu’occupe la Pierre de taille, pour la toiser ensuite
+à raison de 28 à 30 livres la toise quarrée
+tous paremens veus, à condition qu’elle soit des
+Carrières d’Arcueil<a id="FNanchor_406" href="#Footnote_406" class="fnanchor">[26]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_406" href="#FNanchor_406"><span class="label">[26]</span></a> Félibien, p. 68, énumérant les diverses sortes de
+pierres « qu’on emploie à Paris », nomme celle d’Arcueil
+la première. Il en sera reparlé bientôt.</p>
+</div>
+<p>Des Voutes de caves et de fosses d’Aizances
+avec Arcs de Pierre de taille dure d’Arcueil de
+18 pouces de longueur de tête l’une, et 30 pouces
+l’autre de 14 à 15 pouces d’epaisseur au
+couronnement de la Voute ; espacez à 12 pieds de
+distance de milieu en milieu la toise superficielle <span class="fl">16 livres.</span></p>
+
+<p>On observe ordinairement dans le milieu desdites
+Voutes un trou de deux pieds en quarré
+pour faciliter la vuidange desdites fosses d’Aizances,
+lequel trou est garni d’un chassis de
+Pierre dure d’Arcueil dans lequel se met une
+autre Pierre feuillée<a id="FNanchor_407" href="#Footnote_407" class="fnanchor">[27]</a> de 3 pouces de largeur et
+renforcée d’autant pour s’emboîter dans ledit
+châssis que l’on paye séparement, ou qui est
+compris dans le toisé, suivant qu’il est expliqué
+dans le marché.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_407" href="#FNanchor_407"><span class="label">[27]</span></a> C’est-à-dire plate, et comme en feuille.</p>
+</div>
+<p>Les reins des dites Voutes se doivent payer
+au moins à 9 livres la toise cube ou au tiers de
+la superficie des Voutes en berceau, ou au quart
+de la superficie des Voutes en lunettes<a id="FNanchor_408" href="#Footnote_408" class="fnanchor">[28]</a> ; mais il
+<span class="pagenum" id="p109">-109-</span> faut que les dits reins soient remplis et garnis
+avec moellon de la qualité des dits murs,
+maçonné avec mortier de chaux et sable, et
+arrasez d’après le couronnement de la dite
+Voute.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_408" href="#FNanchor_408"><span class="label">[28]</span></a> Les voûtes en lunettes ou à lunettes sont, selon Furetière,
+celles qui s’élèvent sur les côtés pour augmenter
+la hauteur des fenêtres, comme sont toutes les voûtes
+gothiques.</p>
+</div>
+<p>Des murs de face de Pierre de saint Leu<a id="FNanchor_409" href="#Footnote_409" class="fnanchor">[29]</a> avec
+trois assises de Pierre dure d’Arcueil, dont les
+deux derniers faisant parement en dedans, les
+dites trois assises faisant ensemble trois pieds et
+demi à quatre pieds de haut, de vingt deux
+pouces d’epaisseur au nud avec portes, croisées,
+fermetures, plinthes et entablemens de pierre de
+S. Leu, la toise superficielle <span class="fl">45 livres.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_409" href="#FNanchor_409"><span class="label">[29]</span></a> Il ne faut pas s’étonner que le nom de la pierre de
+Saint-Leu revienne continuellement ici. C’étoit une des plus
+employées pour les constructions de Paris. « Elle est tendre
+à tailler, dit Félibien, p. 67, mais elle durcit à l’air. »</p>
+</div>
+<p>Des Murs metoyens<a id="FNanchor_410" href="#Footnote_410" class="fnanchor">[30]</a> de vingt pouces d’épaisseur
+par bas avec jambes de pierre de Taille
+dure sous les poutres, le restant desdits murs
+avec moellon piqué et enduit des deux cotez, la
+toise superficielle <span class="fl">18 livres.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_410" href="#FNanchor_410"><span class="label">[30]</span></a> Métoyen, pour mitoyen, étoit aussi de la prononciation
+populaire. Félibien lui-même l’emploie, p. 666.</p>
+</div>
+<p>Des Murs de refend depuis le retz chaussée
+en amont de quinze à seize pouces d’épaisseur,
+avec une assise de pierre dure par bas, faisant
+parement des deux côtez et parpins<a id="FNanchor_411" href="#Footnote_411" class="fnanchor">[31]</a> entre deux
+quarteaux, un avec pieds droits et fermetures de
+portes, de pierre de saint Leu à chaque étage,
+le restant desdits murs avec moellon piqué,
+<span class="pagenum" id="p110">-110-</span> enduit par dessus des deux cotez, la toise superficielle
+<span class="fl">18 livres.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_411" href="#FNanchor_411"><span class="label">[31]</span></a> Le mur de parpin, ou parpaing, est formé de pierres
+qui en traversent l’épaisseur.</p>
+</div>
+<p>Des Murs de chiffres<a id="FNanchor_412" href="#Footnote_412" class="fnanchor">[32]</a> de quinze pouces d’épaisseur
+avec deux assises de pierre dure par bas,
+et le reste de saint Leu, la toise superficielle <span class="fl">25 livres.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_412" href="#FNanchor_412"><span class="label">[32]</span></a> C’est-à-dire faits de pierres entrelacées, comme des
+chiffres ou « entrelas ».</p>
+</div>
+<p>Des Marches moullées<a id="FNanchor_413" href="#Footnote_413" class="fnanchor">[33]</a> en Pierre dure d’Arcueil
+pour les grands escaliers, la toise superficielle <span class="fl">30 livres.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_413" href="#FNanchor_413"><span class="label">[33]</span></a> Celles qui ont une moulure, avec filet, autour du
+giron.</p>
+</div>
+<p>Les Marches non moullées <span class="fl">25 livres.</span></p>
+
+<p>Et celles des descentes de caves <span class="fl">20 livres.</span></p>
+
+<p>Des Murs de chiffres desdites descentes de
+caves de quinze pouces d’épaisseur avec une
+assise de pierre dure par bas, la toise superficielle <span class="fl">12 livres.</span></p>
+
+<p>Des Murs de puits ayant deux assises de Pierre
+dure d’Arcueil cramponées et une mardelle<a id="FNanchor_414" href="#Footnote_414" class="fnanchor">[34]</a> au
+dessus de ladite pierre d’une seule pièce, lesdites
+assises enterrées dans le retz de chaussée et
+levées de deux pieds et demy de haut jusque
+sous ladite mardelle, le restant au dessous jusque
+sur le roüet<a id="FNanchor_415" href="#Footnote_415" class="fnanchor">[35]</a> avec moellon dur piqué et posé
+par arrases<a id="FNanchor_416" href="#Footnote_416" class="fnanchor">[36]</a> egales de dix huit pouces d’épaisseur,
+la toise superficielle <span class="fl">25 livres.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_414" href="#FNanchor_414"><span class="label">[34]</span></a> Pour margelle. Encore une mauvaise prononciation
+des artisans de ce temps-là, et de quelques-uns de celui-ci.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_415" href="#FNanchor_415"><span class="label">[35]</span></a> C’est-à-dire le treuil où s’enroule la corde du puits.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_416" href="#FNanchor_416"><span class="label">[36]</span></a> Nous dirions aujourd’hui assises.</p>
+</div>
+<p>Des souches de Cheminées de brique<a id="FNanchor_417" href="#Footnote_417" class="fnanchor">[37]</a> avec
+<span class="pagenum" id="p111">-111-</span> plinthes et fermetures de pierre de saint Leu
+sans compter de plus valeur pour ladite pierre,
+la toise superficielle <span class="fl">14 livres.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_417" href="#FNanchor_417"><span class="label">[37]</span></a> Partie d’un corps de cheminée qui s’élève au-dessus
+du toit.</p>
+</div>
+<p>Des Bornes de pierre dure de quatre pieds de
+long, posées en place sur un massif d’un pied
+d’épaisseur, maçonnées et scellées en plâtre pur,
+la pièce <span class="fl">11 livres.</span></p>
+
+<p>Des Murs de cloture de dix huit pouces
+d’épaisseur avec moellon dur posé par arrases
+égales en mortier de chaux et sable, crepis des
+deux cotez, la toise superficielle <span class="fl">14 livres.</span></p>
+
+<p>Des Murs aussi de cloture maçonnez avec
+pareil moellon apparent et posé à bain de mortier
+de terre<a id="FNanchor_418" href="#Footnote_418" class="fnanchor">[38]</a>, la toise superficielle <span class="fl">8 livres.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_418" href="#FNanchor_418"><span class="label">[38]</span></a> C’est-à-dire en plein mortier : « les maçons, lisons-nous
+dans le curieux <i>Manuel lexique</i> de l’abbé Prévost,
+t. I, p. 108, disent qu’une cour est pavée à bain de mortier,
+pour signifier qu’il y a du mortier en abondance. »</p>
+</div>
+<p>Le Pavé de pierre de taille dure posé en
+mortier de chaux et sable, la toise superficielle <span class="fl">28 livres.</span></p>
+
+<p>Le Pavé noir et blanc <span class="fl">32 livres.</span></p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c24">QUALITEZ ET COUPE DE LA PIERRE.</h3>
+
+
+<p>La Pierre dont on se sert dans les batimens à
+Paris, se tire des Carrières d’Arcueil, Bagneux,
+fauxbourg S. Jacques, fauxbourg S. Marceau et
+Vaugirard<a id="FNanchor_419" href="#Footnote_419" class="fnanchor">[1]</a> ; la meilleure de toutes celles que
+<span class="pagenum" id="p112">-112-</span> l’on tire aux Carrières du fauxbourg S. Jacques,
+d’Arcueil et de Bagneux, coûte rendue à l’atelier
+10 à 12 sols le pied cube suivant la grandeur
+des morceaux dont il n’y en a au plus que
+deux à la voye, ou sinon le prix diminue : car
+les morceaux de 4, 5 ou 6 à la voye ne passent
+que pour libages et se payent depuis 4 jusqu’à
+5 livres la voye.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_419" href="#FNanchor_419"><span class="label">[1]</span></a> « Les meilleures espèces de pierres de taille, libages
+et moellons, se tirent des carrières d’Arcueil et de Mont-Rouge. — Il
+y a d’autres carrières, d’où l’on tire d’assez
+bonnes sortes de marchandise, vers le Marché-aux-Chevaux
+et à la vallée de Fecan. » (Édit. 1691, p. 38.) Le marché
+aux Chevaux étoit, où il se trouve encore, au faubourg
+Saint-Marceau, près du boulevard de l’Hôpital. Quant à la
+vallée de Fécamp, on appeloit ainsi une partie de la rue
+de Charenton à son extrémité, dans la campagne. Les
+carrières de Vaugirard commençoient presque dans Paris,
+derrière les Chartreux, voisins, comme on sait, du Luxembourg.
+Les meilleures même étoient dans cette partie.
+C’est avec le liais de la carrière des Chartreux et celui
+de Senlis que fut bâti le Louvre.</p>
+</div>
+<p>La meilleure pierre qui se tire encore auxdites
+Carrières du fauxbourg S. Jacques, d’Arcueil et
+Bagneux, est le Liais<a id="FNanchor_420" href="#Footnote_420" class="fnanchor">[2]</a>, dont il y en a de deux
+qualitez, sçavoir, Liais doux et Liais faraut<a id="FNanchor_421" href="#Footnote_421" class="fnanchor">[3]</a>, le
+Liais doux est de deux bancs différens dans la
+Carrière ; le premier est de bas appareil<a id="FNanchor_422" href="#Footnote_422" class="fnanchor">[4]</a> qui
+vaut 20 à 25 sols le pied carré pris sur son lit,
+sans avoir égard à sa hauteur, qui n’est que de
+7 à 8 pouces.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_420" href="#FNanchor_420"><span class="label">[2]</span></a> « La pierre, dit Palissy (édit. Cap, p. 294), que les
+Parisiens appellent <i>liais</i>. » Buffon (<i>Minéral.</i>, t. I, p. 341)
+en a, comme Félibien cité tout à l’heure, vanté l’excellence
+et notamment la dureté, « qui lui vient, dit-il, de
+ce qu’elle est surmontée de plusieurs bancs d’autres pierres,
+dont elle a reçu les sucs pétrifiants ».</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_421" href="#FNanchor_421"><span class="label">[3]</span></a> Les ouvriers prononçoient ainsi, mais le vrai mot est
+« liais-féraut ». Il résiste au feu, et c’est pour cela qu’on
+l’employoit, au dernier siècle, pour faire les jambages des
+cheminées.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_422" href="#FNanchor_422"><span class="label">[4]</span></a> C’est-à-dire par petits fragments, sans épaisseur.</p>
+</div>
+<p>Et le haut appareil qui porte 12 à 13 pouces
+<span class="pagenum" id="p113">-113-</span> vaut 40 à 50 sols le pied carré, le tout rendu à
+l’atelier.</p>
+
+<p>Cette Pierre coute 40 à 50 sols la toise pour
+la taille polie au grais, et celle d’Arcueil coute
+28 à 30 sols la toise coulante.</p>
+
+<p>Le Liais faraut ne coute que 20 sols le pied
+carré, mais on n’en employe que rarement, parce
+qu’il est difficile à travailler.</p>
+
+<p>La Pierre du fauxbourg saint Marceau et
+Vaugirard coute 4 à 4 livres 10 sols la voye, et
+coute 18 à 20 sols la toise à tailler.</p>
+
+<p>Le Moellon<a id="FNanchor_423" href="#Footnote_423" class="fnanchor">[5]</a> que l’on tire dans lesdites Carrieres,
+coute, savoir, celuy du Fauxbourg saint
+Marceau, saint Jacques, Bagneux, Pacy et Vaugirard<a id="FNanchor_424" href="#Footnote_424" class="fnanchor">[6]</a>,
+17 à 18 livres la toise selon l’éloignement ;
+celuy des Carrières d’Arcueil coute 18 à
+20 livres.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_423" href="#FNanchor_423"><span class="label">[5]</span></a> Blegny donne la véritable orthographe, que n’avoit
+pas adoptée Richelet, et dont on se départit au <small>XVIII</small><sup>e</sup> siècle
+pour la reprendre de nos jours. L’abbé Prévost la regrettoit :
+« On devroit, dit-il, écrire <i>moellon</i>, et non <i>moîlon</i>,
+puisqu’il vient de moelle. » (<i>Manuel lexique</i>, t. II, p. 97.)</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_424" href="#FNanchor_424"><span class="label">[6]</span></a> Celui d’Arcueil et celui de Saint-Maur, oubliés ici,
+passoient pour être les meilleurs, comme on l’a vu plus haut.
+Celui de Passy étoit le moins estimé.</p>
+</div>
+<p>On employe dans les batimens beaucoup de
+Pierre que l’on tire des Carrieres de saint Leu,
+de Serans près Chantilly ; elle n’est bonne qu’à
+4 ou 5 pieds de terre : c’est pourquoy on employe
+la Pierre dure des Carrières précedentes
+au retz de chaussée et le saint Leu au dessus ;
+on la vend sur le port vers la porte de la Conférence<a id="FNanchor_425" href="#Footnote_425" class="fnanchor">[7]</a>
+4 livres 10 sols à 4 liv. 15 sols le
+<span class="pagenum" id="p114">-114-</span> tonneau, lequel contient 14 pieds cubes ; cette
+Pierre est fort tendre, facile à travailler, et
+devient dure en œuvre par une croute qui se
+forme dessus ; elle resiste à la gelée et à tous
+les autres mauvais temps, elle ne coute à tailler
+que 8 à 9 sols la toise courante, tous paremens
+veus sur un pied de haut.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_425" href="#FNanchor_425"><span class="label">[7]</span></a> On sait qu’elle étoit située entre la Seine et l’extrémité
+orientale de la terrasse des Tuileries. Le port où se
+déchargeoient les pierres de Saint-Leu, comme le constate
+aussi La Tynna, étoit au bas. Il n’existe plus. Le port aux
+pierres est transféré de l’autre côté, un peu plus en amont,
+au-dessous du quai d’Orsay. Les pierres de Saint-Leu et
+de Senlis étoient à peu près les seules qu’on y débarquât.
+Les autres étoient apportées à pied d’œuvre des carrières
+mêmes qui avoisinoient Paris, « car, dit Félibien, p. 65,
+il semble que la nature même ait de tout temps voulu
+pourvoir aux besoins de cette grande ville, puisque toutes
+les choses nécessaires pour les édifices qu’on y fait se
+trouvent sur le lieu même. »</p>
+</div>
+<p>On scie les Pierres dures dont il est parlé
+ci-devant<a id="FNanchor_426" href="#Footnote_426" class="fnanchor">[8]</a> afin de menager la pierre et même il
+est indispensable de le faire pour les apuis des
+croisées, seuils de portes, pavé de pierre, marelles<a id="FNanchor_427" href="#Footnote_427" class="fnanchor">[9]</a>,
+etc. On paye le sciage toisant un seul
+parement des deux qui viennent de chaque trait
+de scie à 4 sols, même 4 sols 6 deniers le pied
+carré.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_426" href="#FNanchor_426"><span class="label">[8]</span></a> On les scioit comme le marbre dans les Pyrénées,
+d’après le procédé récemment inventé par Misson, avec
+des scies qui tournoient et scioient le marbre ou la pierre
+sur place. (Félibien, p. 736.)</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_427" href="#FNanchor_427"><span class="label">[9]</span></a> Lisez margelle.</p>
+</div>
+<p>Lors que les morceaux que l’on veut scier
+sont trop courts, on en joint plusieurs bout à
+bout de la longueur de la scie, ce qui est aussi
+tôt fait que si on scioit un seul petit morceau.</p>
+
+<p>On scie aussi la Pierre de saint Leu, lorsque
+<span class="pagenum" id="p115">-115-</span> les morceaux sont d’une grandeur propre à en
+tirer deux pour mettre en œuvre, ce qui est d’un
+grand menage, parce qu’outre que cela epargne
+la pierre, on profite de deux paremens qui ne
+sont pourtant pas de conséquence comme à la
+Pierre d’Arcueil et de Liais, on donne du pied
+carré pour le Sciage à ne toiser qu’un des deux
+paremens 9 à 12 deniers.</p>
+
+<p>On employe aussi de la pierre dure que l’on
+tire des Carrieres de S. Cloud<a id="FNanchor_428" href="#Footnote_428" class="fnanchor">[10]</a>, elle est fort
+blanche et bonne, on la scie comme les précédentes,
+elle coûte 14 à 15 sols le pied cube.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_428" href="#FNanchor_428"><span class="label">[10]</span></a> Il en a déjà été parlé plus haut.</p>
+</div>
+<p>On tire desdites Carrières des pierres fort
+longues dont on fait des colonnes d’une seule
+pièce, et qui resistent au fardeau et à la gelée.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c25">OUVRAGES ET FOURNITURES<br>
+<span class="small">DE CHARPENTE.</span></h3>
+
+
+<p>Les Charpentiers Entrepreneurs des batimens
+du Roy entreprennent aussi pour le public.</p>
+
+<p>Entre les autres Maitres Charpentiers qui font
+des entreprises considérables, sont M<sup>rs</sup> Petit père
+et fils<a id="FNanchor_429" href="#Footnote_429" class="fnanchor">[1]</a> près la porte Montmartre, Guilbert<a id="FNanchor_430" href="#Footnote_430" class="fnanchor">[2]</a> sur
+l’aile du Pont Marie<a id="FNanchor_431" href="#Footnote_431" class="fnanchor">[3]</a>, le Sage porte saint Antoine,
+Guesnier, rue   <a id="FNanchor_432" href="#Footnote_432" class="fnanchor">[4]</a>, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_429" href="#FNanchor_429"><span class="label">[1]</span></a> Antoine Petit et Gaspard Petit. Ils avoient encore,
+en 1702, leur chantier près la porte Montmartre.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_430" href="#FNanchor_430"><span class="label">[2]</span></a> Lisez Gilbert.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_431" href="#FNanchor_431"><span class="label">[3]</span></a> C’est l’espace, formant une espèce de port, qui est
+au bas du Pont-Marie, du côté du quai des Ormes. Gilbert
+n’y étoit plus en 1702. Il avoit transféré son chantier au
+faubourg Saint-Antoine, rue de Lappe.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_432" href="#FNanchor_432"><span class="label">[4]</span></a> Blegny, qui ignore son adresse, ne savoit guère mieux
+son nom. Il s’appeloit Jean Guemier, et demeuroit au bout
+de la Villeneuve, près de la porte Saint-Denis.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p116">-116-</span> Le bois de Charpente arrive pour la plus
+grand’part au Port au plâtre<a id="FNanchor_433" href="#Footnote_433" class="fnanchor">[5]</a> et à l’Isle Louvier<a id="FNanchor_434" href="#Footnote_434" class="fnanchor">[6]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_433" href="#FNanchor_433"><span class="label">[5]</span></a> A Bercy, près d’un cimetière de protestants. C’est
+aujourd’hui la rue des Charbonniers.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_434" href="#FNanchor_434"><span class="label">[6]</span></a> Jusqu’à la fin du règne de Louis XIV, ce ne fut qu’un
+dépôt pour le foin, les fruits, les bois de menuiserie et de
+charpente. On n’en fit plus ensuite qu’un immense chantier
+de bois à brûler.</p>
+</div>
+<p>M<sup>rs</sup> Lion et Patissier Marchands de bois
+Carré, rue des fossez S. Victor, ont beaucoup
+de bois de Charpente dans leurs Chantiers.</p>
+
+<p>Le prix ordinaire du cent de Bois de Charpente<a id="FNanchor_435" href="#Footnote_435" class="fnanchor">[7]</a>
+pour combles, planchers, cloisons, pands
+de bois, escalier, etc., mis en œuvre et toisé
+aux us et coutume de Paris, est de 330 jusqu’à
+340 livres, si ce n’est lorsque le bois des planchers
+est apparent qu’il va jusqu’à 360 livres<a id="FNanchor_436" href="#Footnote_436" class="fnanchor">[8]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_435" href="#FNanchor_435"><span class="label">[7]</span></a> « A Paris, le bois de charpente se vend au cent de
+pièces. La pièce doit avoir douze pieds de long et six
+pouces en quarré : de sorte qu’elle contient trente-six
+pouces sur douze pieds de long. » Félibien, p. 117.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_436" href="#FNanchor_436"><span class="label">[8]</span></a> Ce prix, en 1734, c’est-à-dire quarante-trois ans
+après, avoit presque doublé : « Montant du cent de bois
+façonné… 612 livres. <i>Prix de 1734.</i> » (<i>Journal du Citoyen</i>,
+p. 385.)</p>
+</div>
+<p>Les Poutres et tirants au dessus de quatre
+toises de longueur, et les Solives au dessus de
+dix huit pieds de long, valent depuis 380 jusqu’à
+400 livres le cent, et même depuis 410
+jusqu’à 430 livres si les pièces sont apparentes.</p>
+
+<p>On paye depuis 70 jusqu’à 75 livres pour le
+cent de vieux bois de chêne façonné et mis en
+œuvre.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p117">-117-</span> Les Charpentiers tiennent compte du vieux
+Bois de chêne provenant des démolitions sur le
+pied de 200 livres le cent, celuy de Sapin sur le
+pied de 150 livres.</p>
+
+<p><i>Nota</i>, qu’avant la démolition on toise le vieux
+Bois, que l’on donne en compte aux Charpentiers,
+mais dans le toisé on ne comprend point
+le bois au dessous de trois pieds de longueur
+qui demeure au profit des bourgeois, et les
+Charpentiers en tiennent compte à 170 livres le
+cent.</p>
+
+<p>Lorsque tous les ouvrages de Charpente sont
+de sujettion et d’assemblage, et qu’il n’y a aucuns
+planchers à faire, on les paye depuis 450
+jusqu’à 500 livres le cent.</p>
+
+<p>Le cent de Bois carré de saint Dizier<a id="FNanchor_437" href="#Footnote_437" class="fnanchor">[9]</a> se
+vend sur les Ports du lieu 150 livres le cent, et
+il coute d’ailleurs 60 livres de voiture jusqu’à
+Paris.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_437" href="#FNanchor_437"><span class="label">[9]</span></a> On y fait encore, par la Marne, un grand commerce
+de bois et planches de sapin.</p>
+</div>
+<p>La toise de Bois carré de 18, 20 à 21 pouces
+de grosseur vaut sur les Ports de Paris<a id="FNanchor_438" href="#Footnote_438" class="fnanchor">[10]</a>, 11 à
+12 livres.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_438" href="#FNanchor_438"><span class="label">[10]</span></a> C’est sur ces ports, dont nous avons parlé plus haut,
+que les experts-jurés devoient, même à l’exclusion des
+maîtres, visiter les bois à bâtir et non ouvrés.</p>
+</div>
+<p>Le Bois carré se vend dans les Chantiers de
+Paris depuis 250 jusqu’à 260 livres le cent, non
+compris le gros bois, si ce n’est de 15 à 18
+pieds de long.</p>
+
+<p>Le cent de Poteaux et Solives se vendent sur
+le Port environ 200 livres, et dans les Chantiers
+depuis 230 jusqu’à 240 livres.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p118">-118-</span> Les pièces de Bois carré propre à faire des
+Poutres de 4 toises de long et de 18 à 20 pouces
+de grosseur valent environ 100 livres, celles de
+4 à 5 toises depuis 45 jusqu’à 50 écus, et celles
+de 5 à 6 toises environ 200 livres.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c26">OUVRAGES ET FOURNITURES<br>
+<span class="small">DE COUVREURS.</span></h3>
+
+
+<p>Les Entrepreneurs des Couvertures des Batimens
+du Roy dénommez en l’article fait exprès,
+entreprennent aussi pour le public.</p>
+
+<p>Entre les autres Maitres Couvreurs de Paris
+qui font des entreprises considérables, sont Messieurs
+Rottier rue saint Joseph, Bourgoin rue
+Françoise près l’Hôtel de Bourgogne<a id="FNanchor_439" href="#Footnote_439" class="fnanchor">[1]</a>, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_439" href="#FNanchor_439"><span class="label">[1]</span></a> Il s’établit plus tard à l’apport-Paris. Ses noms étoient
+Pierre Bourgoing.</p>
+</div>
+<p>M. Bidot rue saint Martin au Colombier, tient
+magasin d’ardoises d’Anjou<a id="FNanchor_440" href="#Footnote_440" class="fnanchor">[2]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_440" href="#FNanchor_440"><span class="label">[2]</span></a> On ne se servoit à Paris que de ces ardoises et de
+celles de Mézières, qui étoient moins estimées.</p>
+</div>
+<p>Il y a d’ailleurs des magasins d’Ardoises sur
+le quay de la Tournelle<a id="FNanchor_441" href="#Footnote_441" class="fnanchor">[3]</a> et sur le quay neuf<a id="FNanchor_442" href="#Footnote_442" class="fnanchor">[4]</a> où
+l’on vend encore Briques, Tuiles et Carreaux.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_441" href="#FNanchor_441"><span class="label">[3]</span></a> Au port des Miramionnes. On y débarquoit aussi les
+tuiles et les briques, comme on verra un peu plus loin. Il
+en avoit pris le nom de « port aux tuiles et ardoises ».</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_442" href="#FNanchor_442"><span class="label">[4]</span></a> Le quai Le Pelletier, comme on l’a vu plus haut.</p>
+</div>
+<p>La Tuille commune se fabrique en divers endroits
+du fauxbourg saint Antoine.</p>
+
+<p>Il y a au bas de Passy une Tuillerie où l’on
+fait une sorte de Thuille meilleure, et plus
+chère<a id="FNanchor_443" href="#Footnote_443" class="fnanchor">[5]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_443" href="#FNanchor_443"><span class="label">[5]</span></a> Les tuileries avoient été nombreuses de ce côté, depuis
+Passy jusque bien au-delà d’Auteuil. Il en est parlé
+dans un titre de 1233, à propos d’un droit qu’y percevoient
+les génovéfains de Paris. Celle dont il est parlé ici fut
+une des dernières, du moins sous Passy.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p119">-119-</span> La Thuille de Bourgogne se décharge sur le
+quay de la Tournelle, on tient que c’est la meilleure
+espèce de Tuilles.</p>
+
+<p>Le bardeau de Douves de tonneau est façonné
+par les Menuisiers.</p>
+
+<p>Pour ce qui est des Ouvrages de couvreurs,
+ils se payent ordinairement suivant le tarif qu’on
+va lire.</p>
+
+<p>La Toise carrée de couverture d’Ardoyses avec
+lattes et contrelattes de chêne de trois pouces
+neuf lignes de pureau<a id="FNanchor_444" href="#Footnote_444" class="fnanchor">[6]</a>, se paye à neuf livres la
+toise carrée, ou seulement à vingt cinq sols pour
+façon en fournissant par l’entrepreneur les ardoises,
+clouds et lattes.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_444" href="#FNanchor_444"><span class="label">[6]</span></a> « Le <i>pureau</i> d’une tuile, dit Félibien, est la partie qui
+est à découvert et qui n’est pas cachée par les autres. »
+<i>Des principes de l’Architecture</i>, 1676, in-4<sup>o</sup>, p. 711.</p>
+</div>
+<p>La Toise carrée de couverture d’Ardoises sortes
+de cartelettes<a id="FNanchor_445" href="#Footnote_445" class="fnanchor">[7]</a> pour les dômes depuis deux jusqu’à
+trois pouces de pureau lattées comme aux precedentes
+à 16 livres.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_445" href="#FNanchor_445"><span class="label">[7]</span></a> Ou petites cartelles, c’est-à-dire planchettes.</p>
+</div>
+<p>Le millier d’Ardoises communes vaut vingt
+huit livres, et le millier de fortes depuis 36 jusqu’à
+40 livres.</p>
+
+<p>Les couvertures de tuille neuve du grand
+moule de Passy ou du fauxbourg saint Germain<a id="FNanchor_446" href="#Footnote_446" class="fnanchor">[8]</a>,
+latées de quatre pouces de pureau ou
+<span class="pagenum" id="p120">-120-</span> échantillon, se payent à sept livres la toise
+carrée.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_446" href="#FNanchor_446"><span class="label">[8]</span></a> Le faubourg Saint-Germain avoit eu ses tuileries, qui
+se rattachoient à celles du Petit-Vaugirard et de Vaugirard.
+Il en existe encore un souvenir dans le nom de <i>la
+Cour des vieilles Tuileries</i>, située à l’extrémité de la rue
+du Cherche-Midi, qui, elle-même, s’étoit longtemps appelée
+ainsi, depuis la rue du Regard, jusqu’à la rue du Petit-Vaugirard.
+En 1389, il est déjà parlé des « Tuileries près
+Saint-Germain des Prés ». <i>Reg. crimin. du Châtelet</i>, 1389-1392,
+t. I, p. 20.</p>
+</div>
+<p>Pour façon en tout fournissant quinze sols en
+batimens à lucarnes, et huit sols en simple
+grange.</p>
+
+<p>Les couvertures de tuilles neuves du grand
+moule de Passy à claire voye, lattées comme
+dessus, se payent à quatre livres quinze sols la
+toise carrée.</p>
+
+<p>La toise carrée de trente six pieds de superficie,
+se paye de quinze à vingt sols pour les recherches.</p>
+
+<p>La couverture de tuille maniée à bout, latée
+de neuf, découverte et recouverte, se paye pour
+chaque toise de trente six pieds de superficie à
+4 livres.</p>
+
+<p>Les recherches<a id="FNanchor_447" href="#Footnote_447" class="fnanchor">[9]</a> de couvertures d’Ardoises, et
+raccommodement des anciennes combles<a id="FNanchor_448" href="#Footnote_448" class="fnanchor">[10]</a> dans
+les ouvrages neufs, à une livre cinq sols la toise
+carrée.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_447" href="#FNanchor_447"><span class="label">[9]</span></a> « En termes de couvreurs et de paveurs, lisons-nous
+dans le Manuel lexique de l’abbé Prévost, t. II, p. 339, on
+appelle <i>recherche de pavé, recherche de couverture</i>, la réparation
+qui s’y fait lorsque l’on met de nouvelles ardoises
+ou de nouvelles pierres à la place de celles qui manquent. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_448" href="#FNanchor_448"><span class="label">[10]</span></a> Ce mot avoit été d’abord du féminin, mais l’usage
+auquel se conforma l’Académie lui avoit donné enfin le
+genre qu’il a gardé.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p121">-121-</span></p>
+
+<h3 id="c27">OUVRAGES ET BOIS<br>
+<span class="small">DE MENUISERIE.</span></h3>
+
+
+<p>Les Menuisiers Entrepreneurs des Batimens
+du Roy, cy devant designez, entreprennent
+aussi pour les particuliers les ouvrages considérables.</p>
+
+<p>Entre les autres Maîtres Menuisiers qui font
+de pareilles entreprises, sont Messieurs de Sanceaux
+rue Royale quartier saint Roch, Girard et
+Senincourt à la Ville neuve, Marteau au coin de
+Rome<a id="FNanchor_449" href="#Footnote_449" class="fnanchor">[1]</a>, Saint Blimont devant saint Martin des
+Champs, du Coing rue Couture saint Gervais, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_449" href="#FNanchor_449"><span class="label">[1]</span></a> On disoit aussi cul-de-sac de Rome. C’étoit une impasse
+de la rue Frépillon, qui devoit son nom à l’enseigne
+du « puits de Rome », dont nous ignorons l’origine, et
+qui se voyoit encore il y a trente ans figuré en or sur
+plaque de marbre noir.</p>
+</div>
+<p>M. Paillard Menuisier de l’Opéra fort entendu
+dans les machines<a id="FNanchor_450" href="#Footnote_450" class="fnanchor">[2]</a>, demeure rue Fromenteau<a id="FNanchor_451" href="#Footnote_451" class="fnanchor">[3]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_450" href="#FNanchor_450"><span class="label">[2]</span></a> Il existe aux Archives Nationales un manuscrit contenant
+un certain nombre de ces machines de l’Opéra au
+<small>XVII</small><sup>e</sup> siècle. Elles ont été reproduites en partie dans le
+<i>Magasin pittoresque</i> de 1867, p. 283, 331, 379.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_451" href="#FNanchor_451"><span class="label">[3]</span></a> Ce sont les menuisiers, et non les charpentiers, qui
+étoient aussi chargés de fournir les estrades et les châssis
+à tentures pour les grandes cérémonies. Monteil possédoit
+un manuscrit des <i>Menus plaisirs</i>, année 1678, où on lisoit :
+« A Nicolas Hertier, menuisier du Roi, la somme de 940
+livres pour les menuiseries qui étoient nécessaires à la
+cérémonie des cinq <i lang="la" xml:lang="la">Te Deum</i> chantés pour les victoires du
+Roi. »</p>
+</div>
+<p>Le plus grand’ aport du bois carré pour la
+Menuiserie, arrive à l’Isle Louvier<a id="FNanchor_452" href="#Footnote_452" class="fnanchor">[4]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_452" href="#FNanchor_452"><span class="label">[4]</span></a> <i>V.</i> une des notes précédentes, p. <a href="#p116">116</a>.</p>
+</div>
+<p>Les planches chevrons et autres bois de batteaux
+<span class="pagenum" id="p122">-122-</span> se trouvent à la Grenouillière et sur le
+Port saint Paul.</p>
+
+<p>Il y a des Chantiers de bois de Menuiserie
+dans presque tous les quartiers de Paris, où il
+est débité en détail aux Bourgeois et Menuisiers.</p>
+
+<p>Le prix ordinaire des croisées à panneaux de
+verre avec chassis dormans et volets brisez
+aboument<a id="FNanchor_453" href="#Footnote_453" class="fnanchor">[5]</a>, de 4 pieds à 4 pieds et demi de
+large    le pied courant mesuré sur la hauteur
+seulement.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_453" href="#FNanchor_453"><span class="label">[5]</span></a> Lisez « à bouvement ». C’étoit une certaine espèce
+d’assemblage, pour laquelle on employoit le bouvet, sorte
+de rabot.</p>
+</div>
+<p>Les Croisées sans volets pour les escaliers de
+pareilles largeurs et mesurez de même, le pied <span class="fl">30 à 35 sols.</span></p>
+
+<p>Les Croisées à carreaux de verre, avec volets
+brisez aboument<a id="FNanchor_454" href="#Footnote_454" class="fnanchor">[6]</a> et de pareille largeur, le petit
+bois orné d’un quart de rond et deux cartez à
+chacun, le pied de hauteur <span class="fl">3 l. 5 à 3 l. 10.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_454" href="#FNanchor_454"><span class="label">[6]</span></a> Même note que la précédente.</p>
+</div>
+<p>Les Croisées aussi à carreaux de verre sans
+volets comme les precedens, le pied de hauteur <span class="fl">40 à 45 sols.</span></p>
+
+<p>Les Chassis à carreaux de verre à coulisse<a id="FNanchor_455" href="#Footnote_455" class="fnanchor">[7]</a>
+dont le petit bois de chêne semblable au precedent,
+sur 4 pieds de large, le pied de hauteur <span class="fl">36 à 38 sols.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_455" href="#FNanchor_455"><span class="label">[7]</span></a> C’est ce qu’on appela depuis des croisées à guillotines.
+Le châssis à panneaux de verres étoit immobile et à demeure,
+tandis que le châssis à carreaux de verres et à
+coulisse se mouvoit de bas en haut, et <i lang="la" xml:lang="la">vice versâ</i>.</p>
+</div>
+<p>Les Chassis à papier<a id="FNanchor_456" href="#Footnote_456" class="fnanchor">[8]</a> aussi de bois de chêne
+<span class="pagenum" id="p123">-123-</span> à coulisse de 4 pieds de large avec meneaux<a id="FNanchor_457" href="#Footnote_457" class="fnanchor">[9]</a>
+arrondis comme les precedens 25 sols le pied de
+hauteur.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_456" href="#FNanchor_456"><span class="label">[8]</span></a> Richelet, au mot « châssis », nous donne la définition
+de ce « châssis à papier » : « Clôture de bois qu’on
+rabotte, et qu’on fait par carreaux, sur laquelle on colle
+du papier qu’on huile, et qu’on met ensuite aux croisées
+des fenêtres devant les vitres, afin que la chambre soit
+plus chaude. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_457" href="#FNanchor_457"><span class="label">[9]</span></a> C’est ce que nous appelons « les montants ».</p>
+</div>
+<p>Le Parquet<a id="FNanchor_458" href="#Footnote_458" class="fnanchor">[10]</a> de bois de chêne dont le basti<a id="FNanchor_459" href="#Footnote_459" class="fnanchor">[11]</a>
+aura un pouce et demi d’épaisseur, les panneaux
+et frises un pouce, le tout en œuvre bien assemblé
+et posé sur lambourdes<a id="FNanchor_460" href="#Footnote_460" class="fnanchor">[12]</a> de 3 à 4 pouces
+de grosseur la toise carrée <span class="fl">25 livres.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_458" href="#FNanchor_458"><span class="label">[10]</span></a> « Le parquet, dit Félibien, p. 682, est un assemblage
+de pièces de bois qui font un compartiment en quarré, ou
+d’une autre manière, pour servir au lieu de pavé dans les
+chambres, sales et cabinets. » L’usage alors en étoit encore
+nouveau.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_459" href="#FNanchor_459"><span class="label">[11]</span></a> « Le bâti », l’encadrement.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_460" href="#FNanchor_460"><span class="label">[12]</span></a> Pièces de bois mises de distance en distance sur un
+plancher, pour servir d’appui au parquet.</p>
+</div>
+<p>Le Parquet de même bois de chêne dont les
+bastis de 2 pouces d’épaisseur, les panneaux et
+frises un pouce et demi, le tout en œuvre posé
+aussi sur même lambourdes, la toise carrée <span class="fl">30 à 36 livres.</span></p>
+
+<p>Les Planchers d’ais de chêne d’un pouce
+d’épaisseur en œuvre assemblez à raineure et
+languette, mis en place sur lambourdes de 3 à
+4 pouces de grosseur espacées de 12 à 15 pouces
+de milieu en milieu, la toise carrée <span class="fl">12 à 13 liv.</span></p>
+
+<p>Les Planches d’ais<a id="FNanchor_461" href="#Footnote_461" class="fnanchor">[13]</a> de chêne d’un pouce et
+demi d’épaisseur avec les conditions precedentes,
+la toise carrée <span class="fl">15 à 16 liv.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_461" href="#FNanchor_461"><span class="label">[13]</span></a> « L’ais », comme on voit, n’étoit pas la planche,
+mais la feuille de bois dans laquelle on tailloit la planche.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p124">-124-</span> Les Cloisons<a id="FNanchor_462" href="#Footnote_462" class="fnanchor">[14]</a> d’ais de chêne de 15 lignes
+d’epaisseur en œuvre dressées et rabotées des
+deux cotez, assemblées à reineures et languettes<a id="FNanchor_463" href="#Footnote_463" class="fnanchor">[15]</a>
+avec coulisses par bas, et par haut, et avec poteaux
+et linteaux de 3 à 4 pouces de grosseur au
+droit des portes qui seront compris dans le prix
+cy-après <span class="fl">15 livres la toise carrée.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_462" href="#FNanchor_462"><span class="label">[14]</span></a> Les cloisons ne se faisoient pas encore avec des briques
+et du plâtre, mais seulement en bois ; aussi les appeloit-on,
+selon Félibien, p. 531, <i>pans de bois</i> ou <i>colombages</i>. Richelet
+les définit ainsi : « Séparation qu’on fait par le moyen
+de quelque charpenterie dans quelque chambre et autre
+lieu de la maison. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_463" href="#FNanchor_463"><span class="label">[15]</span></a> Par la languette, on assujettissoit « l’ais » dans la
+rainure.</p>
+</div>
+<p>Lesdites Cloisons rabotées d’un seul coté <span class="fl">14 liv. la toise carrée.</span></p>
+
+<p>N’étant point rabotée <span class="fl">12 liv.</span></p>
+
+<p>Les Cloisons d’ais de chêne d’un pouce et
+demi d’epaisseur avec les qualitez précedentes,
+la toise carrée <span class="fl">18 liv.</span></p>
+
+<p>Rabotées d’un coté <span class="fl">16 liv.</span></p>
+
+<p>Et non rabotées <span class="fl">15 liv.</span></p>
+
+<p>Les Cloisons d’ais de sapin d’un pouce d’épaisseur,
+assemblées et rabotées des deux cotez comme
+cy dessus <span class="fl">8 livres 10 sols la toise carrée.</span></p>
+
+<p>Rabotées d’un coté <span class="fl">8 liv.</span></p>
+
+<p>Et non rabotées <span class="fl">7 liv.</span></p>
+
+<p>Les Lambris à hauteur d’apuy de 3 pieds de
+haut ou environ de bois de chêne, dont les bastis
+de quinze lignes d’épaisseur et les cadres un
+pouce et demi, assemblez à reyneures et languette
+dans le basti, lesdits cadres remplis de
+panneaux d’un pouce et demi d’épaisseur, ornez
+<span class="pagenum" id="p125">-125-</span> d’astragales<a id="FNanchor_464" href="#Footnote_464" class="fnanchor">[16]</a>, plinthes<a id="FNanchor_465" href="#Footnote_465" class="fnanchor">[17]</a>, cymaises<a id="FNanchor_466" href="#Footnote_466" class="fnanchor">[18]</a>, et socles par
+bas assemblez dans les montans du bastis, et
+ornez de moulures, le tout en œuvre la toise
+courante <span class="fl">12 à 13 liv.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_464" href="#FNanchor_464"><span class="label">[16]</span></a> « L’astragale » n’étoit qu’une sorte d’ornement fort
+simple en forme de « talon », comme l’indiquoit, au reste,
+son étymologie grecque. Il se plaçoit en bas ou en haut
+des colonnes, ou servoit à séparer le cordon de l’architrave.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_465" href="#FNanchor_465"><span class="label">[17]</span></a> « La plinthe » est, comme on sait, la bande de bois
+qui règne au pied d’un lambris courant.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_466" href="#FNanchor_466"><span class="label">[18]</span></a> « La cimaise » n’étoit alors qu’une moulure mise au
+sommet d’une corniche, aussi est-elle ici distinguée du socle
+que l’on confond aujourd’hui avec elle.</p>
+</div>
+<p>Lorsqu’ils excedent la hauteur d’apuy, depuis
+quatre pieds en sus ils se payent à la toise courante <span class="fl">24 à 25 liv.</span></p>
+
+<p>Les Lambris à hauteur d’apuy comme les precedens,
+dont les paneaux sont de sapin, la toise
+courante <span class="fl">9 liv.</span></p>
+
+<p>Lorsqu’ils excèdent la hauteur d’apuy<a id="FNanchor_467" href="#Footnote_467" class="fnanchor">[19]</a> comme
+cy dessus la toise carrée <span class="fl">18 à 20 liv.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_467" href="#FNanchor_467"><span class="label">[19]</span></a> C’est ce qu’ils étoient le plus ordinairement, les vrais
+lambris consistant, pour les appartements sans tapisseries,
+« en ouvrages de bois, écrit Félibien, p. 628, dont les
+chambres sont revestues tant par les costez que par le platfond ».
+V. au <i>Cabinet des Estampes</i>, Hd. 9, <i>Nouveaux dessins
+de lambris, menuiseries</i>, etc., par le sieur Cottard,
+architecte.</p>
+</div>
+<p>Les Lambris de bois de chêne à hauteur d’apuy
+assemblez aboument et ravalez<a id="FNanchor_468" href="#Footnote_468" class="fnanchor">[20]</a> ou élégis<a id="FNanchor_469" href="#Footnote_469" class="fnanchor">[21]</a>, avec
+plinthe et cymaise, la toise courante <span class="fl">9 liv.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_468" href="#FNanchor_468"><span class="label">[20]</span></a> Amincis, polis.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_469" href="#FNanchor_469"><span class="label">[21]</span></a> « <i>Elégir</i> », dit l’abbé Prévost dans son Manuel-Lexique,
+« c’est pousser à la main un panneau ou une
+moulure dans une pièce de bois ».</p>
+</div>
+<p>Lorsqu’ils excedent la hauteur de quatre pieds,
+<span class="pagenum" id="p126">-126-</span> on les toise à la toise carrée <span class="fl">18 liv.</span></p>
+
+<p>Les Lambris de bois de chêne dont les bastis
+d’un pouce et demi, les cadres de deux pouces,
+et les panneaux de quinze lignes, le tout en
+œuvre avec pilastres saillants et arriere corps
+ornez de moullures, la toise carrée à hauteur
+d’apuy <span class="fl">16 liv.</span></p>
+
+<p>Lorsqu’ils excèdent 9 pieds de haut, 30 liv. la
+toise carrée.</p>
+
+<p>Les Portes de bois de chêne d’un pouce
+d’épaisseur, colées et emboitées avec goujons,
+mises en œuvre <span class="fl">5 à 5 liv. 10 sols.</span></p>
+
+<p>Les Portes de bois de chêne d’un pouce et
+demi d’épaisseur, collées et emboitées avec clefs<a id="FNanchor_470" href="#Footnote_470" class="fnanchor">[22]</a>
+et languettes mises en œuvre, la pièce <span class="fl">7 liv.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_470" href="#FNanchor_470"><span class="label">[22]</span></a> On appeloit ainsi une sorte de tenon d’assemblage.</p>
+</div>
+<p>Les Portes de bois de chêne comme ci dessus
+de quinze lignes d’épaisseur, carderonnées<a id="FNanchor_471" href="#Footnote_471" class="fnanchor">[23]</a> et
+ajustées sur un chassis dormant aussi carderonnées
+et de trois à quatre pouces de large et d’un
+pouce et demi d’épaisseur mis en œuvre, la
+pièce <span class="fl">9 à 10 liv.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_471" href="#FNanchor_471"><span class="label">[23]</span></a> Pour « cadronnées », encadrées, bordées. On disoit
+aussi : « assemblées à cadre ».</p>
+</div>
+<p>Les Portes ordinaires de chêne d’un pouce et
+demi d’épaisseur entrantes de toutes leurs épaisseurs
+dans un Chassis de deux pouces et de trois
+à quatre pouces de large mises en œuvre, la
+pièce <span class="fl">9 à 10 liv.</span></p>
+
+<p>Les Portes de bois de chêne collées et emboitées
+de deux pouces d’épaisseur mises en œuvre <span class="fl">10 à 11 liv.</span></p>
+
+<p>Les Portes à placard<a id="FNanchor_472" href="#Footnote_472" class="fnanchor">[24]</a> à doubles paremens,
+<span class="pagenum" id="p127">-127-</span> dont l’assemblage d’un pouce et demi d’épaisseur,
+les cadres de deux pouces et les panneaux
+d’un pouce, le tout orné d’Architecture et mis
+en œuvre, 27 à 28 livres la toise carrée.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_472" href="#FNanchor_472"><span class="label">[24]</span></a> On appeloit « porte à placard » la porte pleine et
+emboîtée du haut en bas, avec tous ses ornements. On la
+distinguoit de la porte brisée, ou à double manteau, qui
+s’ouvroit en deux.</p>
+</div>
+<p>Les Portes à placard dont les assemblages de
+deux pouces, les cadres de deux pouces et demi,
+et les panneaux de quinze lignes depuis sept
+pieds jusqu’à sept pieds et demi, la toise carrée <span class="fl">36 liv.</span></p>
+
+<p>Depuis neuf jusqu’à dix pieds et demi <span class="fl">40 liv.</span></p>
+
+<p>Les Portes du bas des escaliers ou perrons
+dont les batans de six pouces de large et trois
+pouces d’épaisseur ; les traverses et assemblages
+de trois pouces, les panneaux de deux pouces,
+le tout orné d’Architecture mise en œuvre, la
+toise carrée <span class="fl">40 liv.</span></p>
+
+<p>Les Placards au dessus des portes et revetemens
+des mantaux de cheminées<a id="FNanchor_473" href="#Footnote_473" class="fnanchor">[25]</a>, dont les battis
+d’un pouce, les batans deux pouces, et les panneaux
+de neuf lignes mis en œuvre, la toise
+carrée sans compter les saillies des corniches <span class="fl">22 liv.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_473" href="#FNanchor_473"><span class="label">[25]</span></a> En été, suivant la mode italienne, rappelée par Tallemant
+dans une de ses <i>Historiettes</i>, l’on fermoit alors les
+hautes cheminées avec des portes, comme « les revêtements »
+dont il est parlé ici. Dans quelques hôtels, tels que
+celui de Chaulne, on remplaçoit ces portes par des buissons de
+verdure et de fleurs. Boisrobert, <i>Épistres</i>… 1659, in-12, p. 23.</p>
+</div>
+<p>Les revetemens des embrazemens<a id="FNanchor_474" href="#Footnote_474" class="fnanchor">[26]</a> de portes
+et croisées de bois de chêne, dont les bastis d’un
+<span class="pagenum" id="p128">-128-</span> pouce d’épaisseur assemblez aboument<a id="FNanchor_475" href="#Footnote_475" class="fnanchor">[27]</a>, et les
+panneaux de neuf lignes mis en œuvre, la toise
+carée <span class="fl">15 liv.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_474" href="#FNanchor_474"><span class="label">[26]</span></a> Le vrai mot est « embrasure », que, du reste, on
+employoit déjà.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_475" href="#FNanchor_475"><span class="label">[27]</span></a> V. une des notes précédentes.</p>
+</div>
+<p>Les Chambranles des portes<a id="FNanchor_476" href="#Footnote_476" class="fnanchor">[28]</a> de six pouces de
+large sur trois pouces d’épaisseur, la toise courante
+depuis six jusqu’à neuf pieds de haut <span class="fl">50 sols.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_476" href="#FNanchor_476"><span class="label">[28]</span></a> « C’est, dit Félibien, p. 517, l’ornement qui borde les
+trois costez des portes, des fenestres et des cheminées. »
+Le mot ne s’emploie plus guère que pour celles-ci.</p>
+</div>
+<p>S’ils n’ont que deux pouces d’épaisseur, la
+toise carrée quarante cinq sols.</p>
+
+<p>Depuis neuf jusqu’à douze pieds de haut, de
+six pouces de large et trois pouces d’épaisseur,
+la toise carrée <span class="fl">3 liv.</span></p>
+
+<p>Les Chambranles de huit pouces de large sur
+quatre pouces d’épaisseur, depuis neuf jusqu’à
+douze pieds, la toise carrée <span class="fl">5 liv. 10 sols.</span></p>
+
+<p>Les Tringles de bois de chêne pour attacher
+les tapisseries<a id="FNanchor_477" href="#Footnote_477" class="fnanchor">[29]</a>, de trois pouces de large et un
+pouce et demi d’épaisseur, la toise carrée <span class="fl">10 sols.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_477" href="#FNanchor_477"><span class="label">[29]</span></a> On voit par là comment s’attachoient les tapisseries
+des chambres, non pas clouées aux murs mêmes, mais tendues
+sur des tringles assez épaisses, pour que, n’étant pas
+ainsi en contact avec la muraille, elles se trouvassent à
+l’abri de l’humidité.</p>
+</div>
+<p>Les Tringles de deux pouces et demi sur un
+pouce d’épaisseur <span class="fl">6 à 8 sols.</span></p>
+
+<p>Les Armoires pour les gardes meubles dont
+les montans et traverses de six pouces de large
+sur un pouce et demi à deux pouces d’épaisseur,
+les panneaux d’un pouce à un pouce et demi
+garnis de leurs fonds et cotez et de Tabletes
+d’un pied et demi à deux pieds de profondeur,
+<span class="pagenum" id="p129">-129-</span> la toise carrée de paremens, du devant et des
+cotez <span class="fl">25 liv.</span></p>
+
+<p>Les fonds, le derrière, le dessus et les tablettes,
+à raison de 12 livres la toise carrée.</p>
+
+<p>Les Armoires ordinaires dont l’assemblage
+d’un pouce et demi, et les panneaux de neuf
+lignes, le tout de bois de chêne en œuvre, la
+toise carrée du devant et des cotez <span class="fl">15 liv.</span></p>
+
+<p>Le derrière, le fond, le dessus et les tablettes
+d’un pouce d’épaisseur, la toise carrée <span class="fl">10 à 11 liv.</span></p>
+
+<p>Les Chambranles d’Alcoves et de cheminées
+depuis huit pouces jusque à un pied de large
+sur trois à quatre pouces d’epaisseur, la toise
+courante mise en œuvre depuis quatre jusqu’à
+dix pieds, 7 livres.</p>
+
+<p>Depuis dix pieds jusqu’à quinze pieds <span class="fl">8 liv.</span></p>
+
+<p>Les Chambranles de neuf pouces de largeur
+sur trois pouces d’épaisseur <span class="fl">5 liv.</span></p>
+
+<p>Les Chambranles de cinq à six pouces de
+large, même epaisseur <span class="fl">3 liv.</span></p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c28" title="OUVRAGES ET MARCHANDISES DE FER.">OUVRAGES ET MARCHANDISES<br>
+<span class="small">DE FER<a id="FNanchor_478" href="#Footnote_478" class="fnanchor">[1]</a>.</span></h3>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_478" href="#FNanchor_478"><span class="label">[1]</span></a> On a plusieurs livres d’art très curieux sur la serrurerie
+au <small>XVII</small><sup>e</sup> siècle : d’abord <i>La fidelle ouverture de l’art
+de serrurerie</i>, etc., par Mathurin Jousse, La Flèche, 1627,
+in-fol. ; puis les <i>Diverses pièces de serrurerie</i> inventées par
+Hugues Brisville, maître serrurier à Paris, 1663, in-fol.,
+consistant en 16 pièces, dont une est le portrait de Brisville
+gravé par Ladame, et dont toutes les autres, sauf trois,
+sont dues à J. Berain ; enfin le <i>Livre de serrurerie nouvellement
+inventé par Robert Davesne, M<sup>e</sup> serrurier à Paris, et
+se vendant chez l’auteur rue neuve Montmartre près Saint-Joseph</i>,
+1676, in-fol. Le portrait de l’auteur est en tête,
+avant la dédicace à l’architecte Bruant.</p>
+</div>
+
+<p>Les Serruriers qui entreprennent les fournitures
+<span class="pagenum" id="p130">-130-</span> pour les batimens du Roy, font de pareilles
+entreprises pour le public.</p>
+
+<p>Entre les autres Serruriers qui font de grandes
+fournitures pour les édifices considérables, sont
+M<sup>rs</sup> de la Motte rue saint Honoré,   
+rue des Tournelles, Corneille fauxbourg saint
+Antoine, etc.</p>
+
+<p>Le Sieur Dunemare près le Jardin medécinal
+de Pincourt, fauxbourg saint Antoine, a un
+particulier talent pour la fabrique des Tenailles
+et Marteaux de Carossiers<a id="FNanchor_479" href="#Footnote_479" class="fnanchor">[2]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_479" href="#FNanchor_479"><span class="label">[2]</span></a> Ce « sieur Dunemare » est bien probablement un des
+premiers gros « feronniers » qui se soient établis dans le
+quartier Popincourt, où ils se sont depuis, ainsi que les
+fondeurs, multipliés en si grand nombre.</p>
+</div>
+<p>Le gros Fer que l’on employe ordinairement
+dans les batimens consiste en chaines, encres,
+clavettes, tirants, fantons de fer plat et fendu<a id="FNanchor_480" href="#Footnote_480" class="fnanchor">[3]</a>,
+barres de tremies<a id="FNanchor_481" href="#Footnote_481" class="fnanchor">[4]</a>, manteaux de cheminées, barres
+de seuils de portes, barres de linteaux pour les
+portes et croisées, corbeaux, grilles à mi-mur
+et en saillie garnies de barreaux et traverses,
+barres de contrecœur<a id="FNanchor_482" href="#Footnote_482" class="fnanchor">[5]</a> et de potagers, tout lequel
+<span class="pagenum" id="p131">-131-</span> fer sert dans la construction de la Maçonnerie ;
+et à l’égard du gros Fer pour la Charpenterie,
+il consiste en arpons<a id="FNanchor_483" href="#Footnote_483" class="fnanchor">[6]</a>, boulons, étriers,
+chevilles et chevillettes que l’on paye à la pièce
+à raison de leur longueur, comme il sera expliqué
+ci-après ; le surplus de tout ledit Fer est
+compté pour gros Fer dont le prix est de dix à
+dix livres 10 sols le cent mis en œuvre.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_480" href="#FNanchor_480"><span class="label">[3]</span></a> Le « fenton », et non fanton, est une sorte de crampon
+aplati qui sert dans les tuyaux et les souches de cheminée.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_481" href="#FNanchor_481"><span class="label">[4]</span></a> « Bandes ou barres de tremie ; ce sont des barres de
+fer qui servent aux cheminées à porter l’âtre entre la muraille
+et le chevestre, pièce de bois qui termine la largeur
+des tuyaux. » Félibien, p. 487, 525.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_482" href="#FNanchor_482"><span class="label">[5]</span></a> On appeloit « contre-cœur » la partie de la cheminée
+où l’on mettoit la plaque, entre les deux jambages en largeur,
+et l’âtre et le tuyau en hauteur.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_483" href="#FNanchor_483"><span class="label">[6]</span></a> <i>Lisez</i> : harpons.</p>
+</div>
+<p>Le cent pesant de Fer coute en barre chez les
+Marchands 6 livres 10 sols, on donne 105 livres
+pour cent.</p>
+
+<p>Le Fer doux est plus cher<a id="FNanchor_484" href="#Footnote_484" class="fnanchor">[7]</a>, il coûte jusqu’à
+10 livres le cent.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_484" href="#FNanchor_484"><span class="label">[7]</span></a> Dans un édit de février 1626, le « fer doux », qui ne
+casse pas facilement, est déjà distingué du « fer aigre »,
+très-facile à casser au contraire.</p>
+</div>
+<p>Le Fer de carillon<a id="FNanchor_485" href="#Footnote_485" class="fnanchor">[8]</a> coûte 7 livres 10 sols à
+8 livres le cent.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_485" href="#FNanchor_485"><span class="label">[8]</span></a> Fer en ferraille, qui carillonne pour peu qu’on le
+remue.</p>
+</div>
+<p>Les barres de gros Fer servant de pilliers aux
+boutiques<a id="FNanchor_486" href="#Footnote_486" class="fnanchor">[9]</a> coutent 4 à 5 sols la livre chez le
+Marchand, et on paye ensuite la façon à l’ouvrier
+à raison de 3 à 3 liv. 10 sols le cent
+pesant.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_486" href="#FNanchor_486"><span class="label">[9]</span></a> L’usage de suppléer, pour avoir plus de place, aux
+supports en maçonnerie par des piliers de fer ou de fonte,
+n’est pas nouveau, comme on voit. C’est Louis toutefois qui,
+au siècle suivant, substitua tout à fait les charpentes de fer à
+celles de bois. Il put ainsi, par un véritable tour de force,
+établir le péristyle des Variétés Amusantes — à présent le
+Théâtre François — au-dessous même du parterre.</p>
+</div>
+<p>Les dents de loup pour la charpente, 5 sols la
+douzaine<a id="FNanchor_487" href="#Footnote_487" class="fnanchor">[10]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_487" href="#FNanchor_487"><span class="label">[10]</span></a> Les « dents de loup » étoient une sorte de gros clous
+dont on se servoit pour attacher les fortes pièces de bois.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p132">-132-</span> Les Chevilles et les Chevillettes trois deniers
+le pouce de longueur.</p>
+
+<p>Les Crochets à enfaister le plomb des combles,
+et les Crochets à bavette<a id="FNanchor_488" href="#Footnote_488" class="fnanchor">[11]</a>, deux sols pièce.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_488" href="#FNanchor_488"><span class="label">[11]</span></a> On leur donnoit ce nom parce qu’ils servoient à fixer
+sur le bord des chéneaux « la bavette », sorte de bande de
+plomb.</p>
+</div>
+
+<p class="c"><i>Les Serruriers de distinction, sont :</i></p>
+
+<p class="ind">Messieurs</p>
+
+<p class="drap">Roger à l’Hôtel Royal des Invalides.</p>
+
+<p class="drap">Boutet près le vieux Louvre rue Fromenteau.</p>
+
+<p class="drap">La Motthe rue saint Honoré.</p>
+
+<p class="drap">Corneille fauxbourg saint Antoine.</p>
+
+<p class="drap">Lucas pour les balanciers et coins de la monnoye,
+demeure près les Galeries du Louvre,
+Hasté place de Cambray, Fordetin à la Monnoye,
+etc.</p>
+
+
+<p class="c"><i>Legers ouvrages de Serrurerie achetez chez le
+Marchand.</i></p>
+
+<p>Les Verrouils à ressort de trois pieds de long <span class="fl">1 liv. 10.</span></p>
+
+<p>Ceux de deux pouces et demi <span class="fl">1 liv. 5 s.</span></p>
+
+<p>Les Verrouils à ressort coudez <span class="fl">1 liv. 5 s.</span></p>
+
+<p>Un Verrouil à ressort de trois pieds et demi
+avec sa serrure ovale à panache garnie de toutes
+ses pièces <span class="fl">5 liv. 10 s.</span></p>
+
+<p>Un petit Verrouil à ressort pour armoires <span class="fl">3 s.</span></p>
+
+<p>Les Verrouils à ressort garnis de serrure comme
+ci devant étamez<a id="FNanchor_489" href="#Footnote_489" class="fnanchor">[12]</a> et de quatre pieds de long <span class="fl">6 liv.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_489" href="#FNanchor_489"><span class="label">[12]</span></a> On étamoit à la poêle, comme on le verra plus loin,
+verrous, serrures, targettes, etc., pour empêcher la rouille,
+et pour leur donner une apparence argentée. On les étamoit
+aussi à la feuille.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p133">-133-</span> Les Serrures d’armoires polies, la pièce <span class="fl">2 liv.</span></p>
+
+<p>Les Serrures communes de portes cochères <span class="fl">12 liv. 0.</span></p>
+
+<p>Les Serrures de portes cochères à deux pesles<a id="FNanchor_490" href="#Footnote_490" class="fnanchor">[13]</a>
+et deux clefs polies et bien travaillées <span class="fl">20 liv. 0.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_490" href="#FNanchor_490"><span class="label">[13]</span></a> Pesle ou pêle est l’ancienne forme du mot pêne, dont
+le radical latin <i lang="la" xml:lang="la">pessulus</i> étoit ainsi mieux indiqué. Elle
+étoit encore en usage et même préférablement à l’autre,
+qui prévaut aujourd’hui : « On dit <i>pène</i> ou <i>pêle</i>, dit Richelet,
+mais le plus usité de ces deux mots est pêle. »</p>
+</div>
+<p>Les Serrures ovales de fleaux<a id="FNanchor_491" href="#Footnote_491" class="fnanchor">[14]</a> à deux pesles
+et deux clefs <span class="fl">6 liv. 0.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_491" href="#FNanchor_491"><span class="label">[14]</span></a> Sortes de serrures en usage pour les anciennes portes
+cochères, dont elles fermoient les deux battants à l’intérieur
+à l’aide d’une forte barre transversale ou fléau.</p>
+</div>
+<p>Les Serrures polies garnies de tout <span class="fl">5 liv. 0.</span></p>
+
+<p>Les Serrures communes<a id="FNanchor_492" href="#Footnote_492" class="fnanchor">[15]</a> garnies de tout <span class="fl">4 liv. 0.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_492" href="#FNanchor_492"><span class="label">[15]</span></a> Ces serrures de pacotille ne se faisoient pas à Paris,
+mais à Eu et dans les environs. Elles y étoient fabriquées
+par les gens du pays, serruriers l’hiver, agriculteurs l’été.
+La Picardie n’a pas d’ailleurs perdu cette industrie ; on l’y
+trouve encore florissante dans les mêmes parages, entre la
+Somme et la Bresle.</p>
+</div>
+<p>Les Fortes Serrures de dix pouces <span class="fl">4 liv. 10 s.</span></p>
+
+<p>Les Serrures plus communes <span class="fl">2 liv. 10 s.</span></p>
+
+<p>Les Serrures d’armoires communes <span class="fl">1 liv.</span></p>
+
+<p>Les Clous à vis <span class="fl">2 s.</span></p>
+
+<p>Les Grands Clous à vis de porte cochère <span class="fl">4 s.</span></p>
+
+<p>Une clef pour une serrure commune <span class="fl">15 s.</span></p>
+
+<p>Une clef pour une porte cochère <span class="fl">1 liv. 10 s.</span></p>
+
+<p>Les Pattes à lambris, 45 sols le cent.</p>
+
+<p>Les Pattes en plâtre de huit à dix pouces, le
+cent <span class="fl">7 liv. 10 s.</span></p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p134">-134-</span> Les Pattes coudées de Sujettion de 8 pouces
+de long, le cent <span class="fl">8 liv. 10.</span></p>
+
+<p>Les Fiches de six pouces <span class="fl">7 sols la pièce.</span></p>
+
+<p>Les Fiches de guichet de porte cochère <span class="fl">3 liv. la pièce.</span></p>
+
+<p>Les Fiches à vaze de dix pouces, la pièce <span class="fl">17 s.</span></p>
+
+<p>Les Fiches de même de quatre pouces <span class="fl">4 s.</span></p>
+
+<p>Les Fiches à double nœud de cinq pouces <span class="fl">8 s.</span></p>
+
+<p>Les pareilles Fiches de trois pouces <span class="fl">2 s.</span></p>
+
+<p>Les Fiches à gond à vase de huit pouces <span class="fl">13 s.</span></p>
+
+<p>Les petites Fiches à vase de six à sept pouces <span class="fl">7 s. 6 d.</span></p>
+
+<p>Les Fiches de trois pouces, le cent <span class="fl">10 liv.</span></p>
+
+<p>Les Fiches de deux pouces et demi, le cent <span class="fl">6 liv.</span></p>
+
+<p>Les grosses Fiches à chapelet, la pièce <span class="fl">8 liv.</span></p>
+
+<p>Les Fiches à vase de quinze pouces de haut <span class="fl">1 liv. 15 s.</span></p>
+
+<p>Les Fiches à double nœud à vase de neuf à
+dix pouces <span class="fl">1 liv. 10 s.</span></p>
+
+<p>Un Loquet de porte étamé <span class="fl">1 liv. 5 s.</span></p>
+
+<p>Un Mantonet étamé <span class="fl">3 s.</span></p>
+
+<p>Les Locquereaux avec leurs mantonets<a id="FNanchor_493" href="#Footnote_493" class="fnanchor">[16]</a> <span class="fl">15 s.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_493" href="#FNanchor_493"><span class="label">[16]</span></a> <i>Lisez</i> : loqueteaux. — Ce sont les petits loquets à
+ressort, qui, mis en mouvement par une corde et en s’agençant
+dans le mantonnet, servent à assujettir le haut d’un
+volet pour le fermer.</p>
+</div>
+<p>Un Bouton à rozette poli <span class="fl">10 s.</span></p>
+
+<p>Les Couplets à cinq trous<a id="FNanchor_494" href="#Footnote_494" class="fnanchor">[17]</a> <span class="fl">5 s.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_494" href="#FNanchor_494"><span class="label">[17]</span></a> Sorte de pentures à deux pièces, avec rivures et charnières,
+dont on se servoit pour les portes et les fenêtres.</p>
+</div>
+<p>Les Couplets à trois trous <span class="fl">3 s.</span></p>
+
+<p>Les Pomelles à queüe d’ironde<a id="FNanchor_495" href="#Footnote_495" class="fnanchor">[18]</a> d’un pied <span class="fl">1 liv. 0.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_495" href="#FNanchor_495"><span class="label">[18]</span></a> On écrit plutôt « paumelle » et « queue d’aronde ».
+La paumelle est, comme on sait, une sorte de penture qui
+tourne sur un gond, à laquelle on donnoit, lorsqu’elle étoit
+à queue d’aronde, la forme triangulaire d’une queue d’hirondelle.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p135">-135-</span> Les grandes Pomelles avec les gonds <span class="fl">2 l. 10 s.</span></p>
+
+<p>Les Pivots, bourdonniers et crapaudines<a id="FNanchor_496" href="#Footnote_496" class="fnanchor">[19]</a>,
+fiches à gond, à repos, et equairres pour les
+portes cochères, la livre <span class="fl">3 s. 6 d.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_496" href="#FNanchor_496"><span class="label">[19]</span></a> <i>Le bourdonnier</i> est la penture à gond renversé, et <i>la
+crapaudine</i>, au contraire, le fer creusé qui reçoit le gond.</p>
+</div>
+<p>Une barre de porte, un moraillon et la serrure <span class="fl">1 l. 10 s.</span></p>
+
+<p>Les Clous de six pouces faits exprès, la pièce <span class="fl">2 s.</span></p>
+
+<p>Les Tourniquets longs étamez, la pièce <span class="fl">2 s.</span></p>
+
+<p>Les Boulons de six pouces avec leurs clavettes <span class="fl">2 s.</span></p>
+
+<p>Les Poulies de fer <span class="fl">8 s.</span></p>
+
+<p>Les Targettes, et Locquereaux polis, la pièce <span class="fl">10 s.</span></p>
+
+<p>Les Targettes étamées communes <span class="fl">3 s.</span></p>
+
+<p>Les Targettes ovales garnies de crampons <span class="fl">10 s.</span></p>
+
+<p>Les Targettes à panaches polies avec leurs
+crampons <span class="fl">1 l. 0.</span></p>
+
+<p>Les Targettes à panaches et fleurs de lis étamées
+à la poele, la pièce <span class="fl">5 livres.</span></p>
+
+<p>Les Targettes et crampons étamez et communs,
+valent ensemble pris chez le Marchand
+comme dit est, le cent <span class="fl">14 l.</span></p>
+
+<p>Les Crampons de targettes, le cent <span class="fl">50 s.</span></p>
+
+<p>Les Equaires étamées pour portes cochères
+avec fleurs de lis<a id="FNanchor_497" href="#Footnote_497" class="fnanchor">[20]</a> aux deux bouts, la pièce
+3 liv.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_497" href="#FNanchor_497"><span class="label">[20]</span></a> On en mettoit alors partout. Félibien, p. 208, nous
+parle de clous avec « teste en façon de fleur de lys ».</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p136">-136-</span> Les Roulettes <span class="fl">15 s.</span></p>
+
+<p>Les Clous pour attacher ladite serrurie, la
+livre <span class="fl">6 s.</span></p>
+
+<p>La serrure d’une porte à placards garnie de
+deux fiches à gonds de neuf à dix pouces de
+haut, deux targettes à panaches<a id="FNanchor_498" href="#Footnote_498" class="fnanchor">[21]</a>, deux crampons,
+une serrure, une gâche, un bouton, une
+rosette et une entrée, le tout de fer poli, treize
+livres dix sols.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_498" href="#FNanchor_498"><span class="label">[21]</span></a> Félibien, pl. <small>XXXIV</small>, donne la figure d’une de ces targettes.</p>
+</div>
+<p>La serrure d’une porte cochère à l’ordinaire
+de quatre grosses fiches à gonds, une grosse
+serrure, deux grosses targettes à crampons, deux
+fiches pour le guichet<a id="FNanchor_499" href="#Footnote_499" class="fnanchor">[22]</a> de quatorze pouces de
+haut, une boucle, un fleau<a id="FNanchor_500" href="#Footnote_500" class="fnanchor">[23]</a>, et à vingt-cinq
+livres.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_499" href="#FNanchor_499"><span class="label">[22]</span></a> C’est la petite porte pratiquée dans la grande et qui
+peut s’ouvrir quand celle-ci reste fermée.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_500" href="#FNanchor_500"><span class="label">[23]</span></a> <i>V.</i> une des notes précédentes, p. <a href="#p133">133</a>, que cette
+explication de Richelet, au mot <i>fléaux</i>, peut compléter :
+« barres de fer qui tournent sur un boulon et qui servent
+à fermer les grandes portes. »</p>
+</div>
+<p>La serrure d’une porte d’un pouce, deux fiches
+à gonds, deux targettes, deux crampons, une
+serrure à tour et demi avec sa gâche et son entrée,
+un bouton et une rosette, le tout étamé, à
+six livres quinze sols.</p>
+
+<p>La serrure d’une porte de quinze lignes garnie
+comme la précedente, à cinq livres cinq sols.</p>
+
+<p>Les Fiches pour les croisées, à trois sols pièce.</p>
+
+<p>Les targettes fortes étamées à la poëlle et
+mises en place, cinq sols pièce.</p>
+
+<p>Les targettes communes en ovale, étamées à
+la feuille et mises en place à trois sols.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p137">-137-</span> Les serrures des portes de caves avec deux
+fiches à gonds et une forte serrure, à quatre
+livres dix sols.</p>
+
+<p>Les serrures des portes d’aizances à trois livres
+cinq sols.</p>
+
+<p>Les pattes en plâtre et en bois<a id="FNanchor_501" href="#Footnote_501" class="fnanchor">[24]</a> depuis six
+jusqu’à huit pouces de long, à deux sols pièce ;
+et celles depuis quatre jusqu’à six pouces à un
+sol pièce.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_501" href="#FNanchor_501"><span class="label">[24]</span></a> C’est-à-dire qui se scellent dans le plâtre ou se
+clouent dans le bois.</p>
+</div>
+<p>Le cloud de toutes grandeurs à cinq sols la livre.</p>
+
+<p>Le cloud à latte, à quatorze sols le millier.</p>
+
+<p>La broquette<a id="FNanchor_502" href="#Footnote_502" class="fnanchor">[25]</a>, à sept sols la livre.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_502" href="#FNanchor_502"><span class="label">[25]</span></a> On disoit aussi « clous à broquette », comme nous le
+voyons dans cet amusant passage d’une lettre écrite d’Uzès,
+le 11 novembre 1661, par Racine à La Fontaine : « Ayant
+besoin, dit-il, de petits clous à broquette pour ajuster ma
+chambre, j’envoyai le valet de mon oncle en ville et lui dis
+de m’acheter deux ou trois cents de broquettes ; il m’apporta
+incontinent trois bottes d’allumettes. » Pour comprendre
+la confusion, il faut savoir que le mot qui signifie
+allumettes dans le patois d’Uzès se rapproche beaucoup de
+celui de broquettes.</p>
+</div>
+<p>La toise simple de ferrure façonnée suivant le
+plus ou le moins d’ornemens, à trente, trente
+cinq, quarante, soixante et soixante dix livres
+le cent pesant, même jusqu’à cent cinquante
+livres pour les plus enrichies.</p>
+
+<p>Les contrecœurs<a id="FNanchor_503" href="#Footnote_503" class="fnanchor">[26]</a> de fonte pour les cheminées
+se payent à un sol la livre.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_503" href="#FNanchor_503"><span class="label">[26]</span></a> <i>V.</i>, sur ce mot, une des notes précédentes.</p>
+</div>
+<p>Les panneaux de fil de leton se payent à huit
+sols le pied carré, et ceux de fer<a id="FNanchor_504" href="#Footnote_504" class="fnanchor">[27]</a> à six sols et
+même à cinq et à quatre pour le grand treiliage.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_504" href="#FNanchor_504"><span class="label">[27]</span></a> Ces « treillis de laiton ou de fil de fer », comme on
+les appeloit aussi, servoient pour les armoires, et surtout
+pour les bibliothèques. Ils se faisoient chez les épingliers.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p138">-138-</span></p>
+
+<h3 id="c29">OUVRAGES DE VITRIERS.</h3>
+
+
+<p>Les Vitriers entrepreneurs des Batimens du
+Roy, entreprennent aussi les ouvrages des particuliers.</p>
+
+<p>M. Pougeois l’un desd. Entrepreneurs qui
+demeure vieille rue du Temple, fait grand commerce
+de Verre blanc pour les tableaux et estampes.</p>
+
+<p>Entre les autres Maitres Vitriers qui font de
+fortes entreprises, sont Messieurs Cornu rue
+Dauphine, Abraham rue de l’Echarpe, Taboureux
+place du Collége Mazarini, etc.</p>
+
+<p>Le Verre commun de Lorraine<a id="FNanchor_505" href="#Footnote_505" class="fnanchor">[1]</a> arrive au
+fauxbourg saint Antoine<a id="FNanchor_506" href="#Footnote_506" class="fnanchor">[2]</a> et au Renard rue saint
+Denis.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_505" href="#FNanchor_505"><span class="label">[1]</span></a> Il se couloit dans les Vosges, où s’étoient réfugiés un
+certain nombre des gentilshommes verriers qui, par édits
+royaux, ne dérogeoient pas de leur noblesse en s’occupant
+de cette industrie. Beaucoup d’ouvriers des grandes
+verreries lorraines de Baccarat descendent de ces gentilshommes
+verriers.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_506" href="#FNanchor_506"><span class="label">[2]</span></a> « Près l’abbaye. » Édit. 1691, p. 39.</p>
+</div>
+<p>Le prix des ouvrages de Vitrerie<a id="FNanchor_507" href="#Footnote_507" class="fnanchor">[3]</a> est pour</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_507" href="#FNanchor_507"><span class="label">[3]</span></a> Les prix en cela, comme en tout, varioient beaucoup,
+mais plutôt pour augmenter que pour diminuer. C’est ce qui
+fait dire par Liger, en 1715, dans <i>le Voyageur fidèle</i>, p. 409 :
+« Je ne parle pas des prix, parce qu’il est impossible de les
+fixer, étant sujets à changer selon les années ; c’est ce que
+tout le monde n’a que trop remarqué depuis peu, à son
+grand désavantage. »</p>
+</div>
+<p>Le Panneau neuf de Verre de France posé en
+place, le pied carré <span class="fl">6 s.</span></p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p139">-139-</span> Le Panneau mis en plomb<a id="FNanchor_508" href="#Footnote_508" class="fnanchor">[4]</a> neuf et posé en
+place, le pied carré <span class="fl">4 s.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_508" href="#FNanchor_508"><span class="label">[4]</span></a> L’usage des panneaux de plomb, pour les vitres, duroit
+encore, comme on voit. Celui des châssis de bois commençoit
+toutefois à se propager de plus en plus, surtout dans
+les palais et les hôtels. (<i>V.</i> Savot, <i>Architecture</i>, chap.
+<i>Verre</i>.)</p>
+</div>
+<p>Le Panneau relavé et mis en place, vaut <span class="fl">1 s. 6 d.</span></p>
+
+<p>Le Pied de patron pour les panneaux <span class="fl">1 s.</span></p>
+
+<p>Les carreaux de verre blanc d’un pied en
+carré ou environ<a id="FNanchor_509" href="#Footnote_509" class="fnanchor">[5]</a>, valent depuis cette grandeur
+en dessous <span class="fl">15 sols le pied.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_509" href="#FNanchor_509"><span class="label">[5]</span></a> C’étaient les carreaux de vitre les plus grands qu’on
+fît alors.</p>
+</div>
+<p>Et au dessus d’un pied en carré 20 à 25 sols
+le pied.</p>
+
+<p>Le carreau de Verre de France d’un pied en
+carré colé avec papier<a id="FNanchor_510" href="#Footnote_510" class="fnanchor">[6]</a>, vaut 7 sols, et en place
+8 sols.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_510" href="#FNanchor_510"><span class="label">[6]</span></a> On n’assujettissoit pas encore les vitres autrement :
+quelques pointes pour les tenir et une bande de papier collée
+sur chaque côté suffisoient. C’est encore le seul procédé qu’indique,
+en 1735, Savary dans son <i>Dictionnaire du Commerce</i>,
+art. <i>Vitrerie</i>. L’abbé Jaubert est le premier, <i>Diction. des arts
+et métiers</i>, 1773, in-12, t. IV, p. 421, qui parle du mastic,
+sans dire que l’emploi en fût encore très répandu : « On
+peut aussi, dit-il, sans employer ni pointes, ni papier,
+fixer le carreau de verre avec du lut composé de craie et
+d’huile de lin cuite. On forme, avec ce lut que les vitriers
+appellent <i>mastic</i>, un petit bourrelet que l’on met autour du
+carreau et que l’on aplatit ensuite avec le doigt. »</p>
+</div>
+<p>Les Lanternes ordinaires 3 livres la pièce.</p>
+
+<p>Les Lanternes mises en plomb neuf<a id="FNanchor_511" href="#Footnote_511" class="fnanchor">[7]</a> <span class="fl">2 livres.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_511" href="#FNanchor_511"><span class="label">[7]</span></a> Les lanternes dont on éclairoit Paris, depuis leur
+établissement en 1666, étoient ainsi à petits vitrages de
+plomb, et par conséquent d’une clarté fort entrecoupée. Le
+17 nov. 1770, des lettres patentes, pour la communauté
+des vitriers chargés de leur fabrication, permettoient qu’on
+les fît encore sur cet ancien modèle. Il fallut l’invention des
+réverbères, par Rabiqueau, pour les faire disparoître.</p>
+</div>
+<p>Les Lanternes netoyées <span class="fl">10 sols.</span></p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p140">-140-</span> Les Verges de vitres<a id="FNanchor_512" href="#Footnote_512" class="fnanchor">[8]</a> 1 sol 6 deniers le pied.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_512" href="#FNanchor_512"><span class="label">[8]</span></a> Elles se clouoient par les deux bouts aux châssis de
+bois, et au milieu elles s’attachoient aux panneaux des
+vitres avec des liens ou attaches de plomb.</p>
+</div>
+<p>Un carreau de verre de quatorze à quinze
+pouces de haut sur dix à onze pouces de large,
+vaut 7 sols 6 deniers collé avec papier, et en
+plomb <span class="fl">8 s. 6 d.</span></p>
+
+<p>Un carreau relavé et mis en place grand et
+petit <span class="fl">6 d.</span></p>
+
+<p>Un carreau de papier fin huilé, grand ou petit
+un sol, ou neuf deniers suivant sa grandeur.</p>
+
+<p>Calfeutrage de carreaux des croisées, la pièce <span class="fl">6 d.</span></p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c30">OUVRAGES ET MARCHANDISES<br>
+<span class="small">DE MIROITIERS.</span></h3>
+
+
+<p>Outre la Manufacture des Glaces façon de
+Venise établie depuis longtemps au fauxbourg
+saint Antoine<a id="FNanchor_513" href="#Footnote_513" class="fnanchor">[1]</a>, on vient d’en établir une autre
+<span class="pagenum" id="p141">-141-</span> rue de l’Université allant au Pré aux Clercs, où
+l’on fabrique des Glaces d’une grandeur si extraordinaire
+qu’on y en trouve d’environ sept
+pieds de haut<a id="FNanchor_514" href="#Footnote_514" class="fnanchor">[2]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_513" href="#FNanchor_513"><span class="label">[1]</span></a> Cette manufacture des glaces étoit rue de Reuilly, au
+coin du faubourg. On ne les y fabriquoit pas. Elles venoient
+toutes fondues de Tourlaville, près de Cherbourg, ou de St-Gobain ;
+on les y polissoit seulement par un procédé qu’avoit
+plus ou moins inventé le poëte Du Fresny, et dont il
+eut quelque temps le privilége exclusif. Le besoin d’argent
+le lui fit vendre à la société qui régissoit la manufacture.
+« La manufacture de glaces de la porte Saint-Antoine, dit
+Lister, <i>Voyage à Paris</i>, chap. V, mérite bien d’être vue,
+mais je regrettai que pour économiser sur le prix du bois
+on eût transporté la fonderie à Cherbourg en Normandie…
+On y emploie journellement six cents hommes, et on espère
+bientôt avoir de l’ouvrage pour mille. A l’étage inférieur,
+on passe les glaces brutes au grès pulvérisé… Dans les
+étages supérieurs, où l’on donne le poli et la dernière
+main, les ouvriers sont disposés sur trois rangs, deux hommes
+pour chaque glace qu’ils passent à la sanguine détrempée
+dans de l’eau. On les met ensuite dans de la potée
+blanche sur des tables de pierre. » — Quant aux glaces de
+sept pieds de haut, dont parle ici Blegny, Lister n’en
+dément pas la dimension : « J’ai vu, dit-il, toute étamée
+et achevée, une glace de quatre-vingt-huit pouces sur quarante-huit,
+et d’un quart seulement d’épaisseur. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_514" href="#FNanchor_514"><span class="label">[2]</span></a> Cette manufacture des glaces de la rue de l’Université
+ne dut pas réussir, quoi qu’en dise Blegny. Nous n’en
+trouvons trace nulle part. Liger, qui le copie, pour presque
+tout le reste, n’en dit mot, dans son <i>Voyageur fidèle</i>, de
+1715, où il n’oublie pas la manufacture de la rue de
+Reuilly. C’est à elle qu’il fait honneur des glaces « d’une
+grandeur extraordinaire, et, ajoute-t-il, à prix assez raisonnable ».
+Lister s’étonne aussi du bon marché des glaces, après
+avoir admiré le procédé de fabrication auquel ce bon marché
+étoit dû : « On y a gagné, dit-il, d’avoir les glaces à si
+bas prix qu’il n’est pas jusqu’à toutes les voitures de remise,
+et la plupart des fiacres, qui par devant ne soient fermées
+d’une grande glace. »</p>
+</div>
+<p>M. le Duc et ses associez se trouvent ordinairement
+en leur Bureau au même lieu, où ils
+font débiter leurs Glaces à un prix fort modeste.</p>
+
+<p>M. Fressoy Marchand Miroitier, tient magasin
+de Glaces façonnées joignant la manufacture
+du fauxbourg saint Antoine.</p>
+
+<p>Il y a d’ailleurs un semblable magasin au bout
+de la rue Dauphine, qui a d’ailleurs une entrée
+rue Contrescarpe<a id="FNanchor_515" href="#Footnote_515" class="fnanchor">[3]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_515" href="#FNanchor_515"><span class="label">[3]</span></a> « Les argenteurs et doreurs, qui vendent des chenets,
+foyers, girandoles, vaisselles et autres ouvrages de fer et de
+laiton dorés et argentés, ont leur boutique rue Dauphine et
+rue de la Verrerie. » Édit. 1691, p. 36.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p142">-142-</span> On trouve des Glaces de Venise chez M. le
+Tellier et chez plusieurs autres Miroitiers du
+Pont Notre Dame<a id="FNanchor_516" href="#Footnote_516" class="fnanchor">[4]</a> et encore chez Madame la
+Roüe rue saint Denis près la fontaine des Innocens,
+qui vend d’ailleurs des lustres et girandoles
+de cristal<a id="FNanchor_517" href="#Footnote_517" class="fnanchor">[5]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_516" href="#FNanchor_516"><span class="label">[4]</span></a> Les marchands de miroirs étoient, en effet, en grand
+nombre sur le Pont Notre-Dame. Lorsque Louis XIV vint
+à Paris, après sa grande maladie de 1686, les miroitiers
+du Pont par lequel il devoit passer en allant du Palais à
+l’Hôtel de Ville crurent ne pouvoir faire mieux que d’étaler
+sur son passage leurs plus éclatantes marchandises. Un poète
+assez inconnu, nommé Viguier, fit à ce sujet quelques vers,
+dont voici les derniers. Il s’adresse au Roi, en lui parlant
+de Paris :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">Et comme tu devois ne lui donner qu’un jour,</div>
+<div class="verse">Par une invention digne de son amour,</div>
+<div class="verse">Il fit de ses miroirs un pompeux étalage,</div>
+<div class="verse i3">Pour multiplier ton image.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p>Dans l’Édit. de 1691, il est parlé, p. 36, des miroitiers,
+non du Pont Notre-Dame, mais des alentours : « les plus
+fameux miroitiers sont aux environs du Pont Notre-Dame. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_517" href="#FNanchor_517"><span class="label">[5]</span></a> « Le sieur Vergne, rue Saint-Denis, près la fontaine
+Saint-Innocent, tient magasins de lustres et girandoles de
+cristal. » Édit. 1691, p. 36. C’étoit un des grands luxes du
+temps : « Je connois, dit l’abbé de La Varenne, un simple
+particulier, qui a pour un million de tableaux, de <i>lustres</i> et de
+<i>girandoles</i>, de porcelaines, de glaces, de bronzes, de cabinets
+de la Chine. » <i>Amusements de l’Amitié… Recueil de
+lettres écrites vers la fin du règne de Louis XIV</i>, 2<sup>e</sup> édit.,
+1741, in-12, p. 306.</p>
+</div>
+<p>Le Sieur Lafond rue sainte Marguerite du
+fauxbourg saint Antoine, met toutes sortes de
+Glaces au teint pour les Marchands, et racommode
+<span class="pagenum" id="p143">-143-</span> pour les particuliers les miroirs et glaces
+des chambres qui sont gatées<a id="FNanchor_518" href="#Footnote_518" class="fnanchor">[6]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_518" href="#FNanchor_518"><span class="label">[6]</span></a> L’usage de mettre des glaces au-dessus des cheminées
+commençoit. Il étoit dû à Hardouin Mansard et en portoit
+le nom. Voy. à la Biblioth. Nat. aux <i>Estampes</i> Hd. 22,
+cheminées nouvelles <i>à la Mansarde</i>. On les appeloit aussi <i>à
+la Royale</i> et <i>à la Françoise</i>. Dans l’<i>Architecture à la mode</i>
+de Mariette, se trouvent six pièces de P. Lepautre : <i>Portes
+cochères des plus belles maisons de Paris ; cheminées <em>à la
+Royale</em>, à grand miroir et tablettes</i>. On a aussi de Daniel
+Marot : <i>Nouvelles cheminées à panneaux de glace, à la
+manière de France</i>. On peut consulter encore le <i>Livre de
+cheminées</i> et le <i>Nouveau Livre de cheminées</i> de H. Bonnard.</p>
+</div>
+<p>On trouve au Soleil et à la Couronne d’or sur
+le quay de l’Orloge, des lunettes d’aproches et
+communes d’Angleterre et de Paris, des microscopes,
+des visières, et généralement toutes les
+sortes de verres préparez pour l’optique avec
+toute la justesse qu’on peut désirer.</p>
+
+<p>Les Glaces du fauxbourg saint Antoine se
+vendent de quatorze pouces de haut 10 livres,
+de seize pouces 12 livres, de dix sept pouces
+14 livres, de dix neuf pouces 20 livres, de vingt
+pouces 24 livres, de vingt deux pouces 30 livres,
+de vingt quatre pouces 33 livres, de vingt sept
+pouces 55 livres, de vingt huit pouces 60 livres,
+de vingt neuf pouces 65 livres, de trente pouces
+80 livres, de trente six pouces 180 livres, de
+trente sept pouces 225 livres, de quarante pouces
+425 livres.</p>
+
+<p>Les lustres de cristal<a id="FNanchor_519" href="#Footnote_519" class="fnanchor">[7]</a> sont louez<a id="FNanchor_520" href="#Footnote_520" class="fnanchor">[8]</a> et raccommodez
+<span class="pagenum" id="p144">-144-</span> par une veuve rue Betizy, près l’Hotel
+de Beauvais, et par une autre à l’aport de Paris
+près le Veau qui tètte<a id="FNanchor_521" href="#Footnote_521" class="fnanchor">[9]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_519" href="#FNanchor_519"><span class="label">[7]</span></a> « Les chandeliers, lustres et girandoles de cristal. »
+Édit. précéd., p. 36.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_520" href="#FNanchor_520"><span class="label">[8]</span></a> Liger, p. 368-369, parle ainsi de ces lustres en location :
+« On en loue aussi pour servir d’ornement dans les
+églises, aux fêtes solennelles et dans plusieurs spectacles
+qu’on donne au public, ce qui fait le plus bel effet du
+monde. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_521" href="#FNanchor_521"><span class="label">[9]</span></a> C’est le fameux cabaret, devenu plus tard restaurant,
+qui n’a disparu que de nos jours, dans les derniers remaniements
+et agrandissements de la Place du Châtelet.
+(<i>V.</i> nos <i>Chroniques et légendes des rues de Paris</i>, p. 151.)</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c31">PEINTURES, SCULPTURES ET DORURES<br>
+<span class="small">POUR LES ORNEMENS ET DÉCORATIONS DES
+APPARTEMENS, BOUTIQUES, ETC.</span></h3>
+
+
+<p>Les Jurez en titre d’office des Maitres Peintres,
+Sculpteurs et Doreurs sont Messieurs Maçon
+rue du Verbois, Béton près le Palais Royal,
+Rosé rue des fossez saint Germain et de la Porte
+à petit Pont<a id="FNanchor_522" href="#Footnote_522" class="fnanchor">[1]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_522" href="#FNanchor_522"><span class="label">[1]</span></a> On ne parloit jamais autrement pour dire « sur le
+Petit-Pont », qui, on le sait, étoit alors chargé de maisons,
+chacune avec sa boutique.</p>
+</div>
+<p>La Chambre où les Maitres Peintres et Sculpteurs
+font leurs assemblées, est présentement rue
+de la Verrerie.</p>
+
+<p>Les Peintres et Sculpteurs qui travaillent pour
+le Roi, donnent aussi quelque fois leur temps
+pour des ouvrages particuliers lorsqu’ils sont
+considérables.</p>
+
+<p>Entre les Peintres renommez dans le public
+pour les Ornemens et Décorations, on estime
+Messieurs le Moyne le Lorrain aux Galeries du
+Louvre<a id="FNanchor_523" href="#Footnote_523" class="fnanchor">[2]</a>, le Moyne de Paris<a id="FNanchor_524" href="#Footnote_524" class="fnanchor">[3]</a>, cul de sac saint
+Sauveur, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_523" href="#FNanchor_523"><span class="label">[2]</span></a> G. Brice, dans sa 3<sup>e</sup> édition (1701), t. I, p. 76, nous
+le montre aussi parmi les artistes logés aux galeries :
+« Excellent peintre d’ornement, dit-il, dont les ouvrages ont
+beaucoup d’approbation. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_524" href="#FNanchor_524"><span class="label">[3]</span></a> Jean Le Moyne, qui dans le <i>Ms.</i> de Marinier figure
+parmi les décorateurs employés à Versailles. L’Académie
+de peinture, qui l’avoit fait son décorateur en 1681, le
+reçut cinq ans après. Il mourut à soixante-quinze ans, le
+3 avril 1703.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p145">-145-</span> Entre les Peintres renommez pour feindre le
+marbre, on compte Messieurs Binois près saint
+Innocent, Valencé rue du Petit Lion, etc.<a id="FNanchor_525" href="#Footnote_525" class="fnanchor">[4]</a></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_525" href="#FNanchor_525"><span class="label">[4]</span></a> Blegny devroit parler ici des peintres de l’Académie
+de Saint-Luc. Liger, p. 313, y supplée : « Il est, dit-il,
+un autre genre de peintres du dernier ordre, qu’on nomme
+communément <i>barbouilleurs</i>, et qu’on trouve lorsqu’on en
+a besoin dans la rue du Haut-Moulin, où est leur chapelle.
+On les y voit tous les dimanches et les fêtes au sortir de
+la messe. » V. aussi l’abbé de Fontenay, <i>Dict. des Artistes</i>,
+t. I, p. 3.</p>
+</div>
+<p>Entre les fameux Sculpteurs pour les bas reliefs
+et figures moulées en plâtre, on distingue
+Messieurs Cassegrain près la porte saint Martin,
+François<a id="FNanchor_526" href="#Footnote_526" class="fnanchor">[5]</a> rue du Temple, Bertrand<a id="FNanchor_527" href="#Footnote_527" class="fnanchor">[6]</a> rue Michel
+le Comte, de Caen rue de Grenelle saint Germain,
+etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_526" href="#FNanchor_526"><span class="label">[5]</span></a> Il a été parlé de lui plus haut.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_527" href="#FNanchor_527"><span class="label">[6]</span></a> Philippe Bertrand, né à Paris en 1664, selon d’Argenville,
+reçu de l’Académie en 1700, mort en 1724. Le
+Christ en plomb de la Samaritaine, du Pont-Neuf, étoit de
+lui.</p>
+</div>
+<p>Entre les Sculpteurs renommez pour les belles
+bordures<a id="FNanchor_528" href="#Footnote_528" class="fnanchor">[7]</a>, on choisit Messieurs le Grand rue des
+Jeuneurs, Renauda<a id="FNanchor_529" href="#Footnote_529" class="fnanchor">[8]</a> rue du petit Lion, la Lande
+<span class="pagenum" id="p146">-146-</span> rue saint Martin, et Vilaine rue neuve saint Mederic
+qui fait aussi des meubles dorez.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_528" href="#FNanchor_528"><span class="label">[7]</span></a> Cadres de bois sculpté pour les portraits ou « les
+glaces de miroir », comme dit Richelet.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_529" href="#FNanchor_529"><span class="label">[8]</span></a> Lisez Renaudin ou Renaudain. C’étoit un parent de
+celui qui logeoit aux galeries du Louvre, et dont il a été
+parlé plus haut, p. <a href="#p100">100</a>.</p>
+</div>
+<p>M. des Oziers Doreur qui travaille pour le
+Roy<a id="FNanchor_530" href="#Footnote_530" class="fnanchor">[9]</a>, entreprend aussi pour le public de grands
+ouvrages.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_530" href="#FNanchor_530"><span class="label">[9]</span></a> Il a déjà été parlé de lui, p. <a href="#p90">90</a>. Il logeoit à Versailles.</p>
+</div>
+<p>Les bons tableaux sont netoyez<a id="FNanchor_531" href="#Footnote_531" class="fnanchor">[10]</a> et revernis en
+perfection par les Sieurs Vilaine à l’adresse cy-dessus,
+de la Pierre quay des Orfevres, et la
+veuve Lange rue saint André des Arcs.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_531" href="#FNanchor_531"><span class="label">[10]</span></a> Ce mot sous cette forme n’étoit pas généralement
+employé. Richelet dans son Dictionnaire écrit : « <i>Netteier,
+nettoyer</i>. L’un et l’autre se dit, mais le grand usage est
+pour <i>netteier</i>, car pour <i>nettoyer</i> il ne se dit guère que par
+les poëtes, encore y sont-ils obligés par la tirannie de la
+rime. »</p>
+</div>
+<p>Les prix ordinaires du marbre brute et façonné,
+et des autres ouvrages et fournitures des
+Peintres, Sculpteurs et Doreurs sont pour,</p>
+
+<p>Le pied cube de marbre noir brute <span class="fl">7 l.</span></p>
+
+<p>Et pour le Marbre jaspé brute, le pied cube <span class="fl">15 l.</span></p>
+
+<p>Mais quand un bloc de Marbre est de douze
+pieds et au dessus, le pied cube se paye depuis
+18 jusqu’à 25 livres.</p>
+
+<p>Le pied de parement vaut <span class="fl">2 l.</span></p>
+
+<p>Le pied de Chambranle en bois d’ornemens
+simples <span class="fl">3 l.</span></p>
+
+<p>A Ornemens moyens <span class="fl">4 l.</span></p>
+
+<p>A ornemens riches <span class="fl">6 l.</span></p>
+
+<p>Une figure de pierre de saint Leu grande
+comme nature, vaut <span class="fl">75 liv.</span></p>
+
+<p>Une pareille figure faite par un habile homme
+et bien finie vaut au moins <span class="fl">300 l.</span></p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p147">-147-</span> Une figure de dix pieds de haut <span class="fl">200 l.</span></p>
+
+<p>Une pareille figure faite et bien finie par un
+habile homme <span class="fl">550 livres.</span></p>
+
+<p>Les Trophées en pierre de saint Leu de six
+pieds<a id="FNanchor_532" href="#Footnote_532" class="fnanchor">[11]</a> de haut sur huit à neuf pieds de large et
+isolées valent <span class="fl">150 liv.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_532" href="#FNanchor_532"><span class="label">[11]</span></a> Ces trophées étoient un des ornements les plus à la
+mode sur les façades ou sur le bord des toits des palais et
+des hôtels : « On fait, disoit alors Richelet dans son <i>Dictionnaire</i>,
+des trophées en architecture qui représentent les
+véritables trophées d’armes. »</p>
+</div>
+<p>Les Vases de même pierre et de cinq pieds de
+haut <span class="fl">30 liv.</span></p>
+
+<p>Les chapiteaux, pilastres ioniques de même
+pierre pour façon seulement travaillez en place
+bien proprement et de cinq pieds de large <span class="fl">24 liv.</span></p>
+
+<p>Les chapiteaux, colomnes de même pierre et
+même ordre, dont le vif<a id="FNanchor_533" href="#Footnote_533" class="fnanchor">[12]</a> engagé d’un tiers dans
+le mur, valent <span class="fl">50 livres.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_533" href="#FNanchor_533"><span class="label">[12]</span></a> Le vif de la colonne, c’est-à-dire « le fût ».</p>
+</div>
+<p>Les chapiteaux colomnes isolez de même
+ordre et pierre <span class="fl">75 l.</span></p>
+
+<p>Les chapiteaux pilastres, corinthes<a id="FNanchor_534" href="#Footnote_534" class="fnanchor">[13]</a> et composites
+de cinq pieds de face façonnez en même
+pierre et en place <span class="fl">60 l.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_534" href="#FNanchor_534"><span class="label">[13]</span></a> C’est le mot dont se servoient les ouvriers pour dire
+« corinthien », qui pourtant étoit déjà depuis longtemps en
+usage. Il se trouve dans Montaigne, et on lit dans la
+<i>Psyché</i> de La Fontaine :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">Le Dorique sans fard, l’élégant Ionique,</div>
+<div class="verse">Et le Corinthien superbe et magnifique.</div>
+</div>
+
+</div></div>
+<p>Les mêmes ornemens bien finis par d’excellens
+ouvriers <span class="fl">120 l.</span></p>
+
+<p>Les chapiteaux colomnes, même ordre, pierre
+et grandeur, dont le vif engagé d’un tiers dans
+le mur <span class="fl">100 liv.</span></p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p148">-148-</span> Et par de bons ouvriers, bien finis <span class="fl">200 liv.</span></p>
+
+<p>Les chapiteaux colomnes isolez même ordre,
+pierre et grandeur <span class="fl">150 liv.</span></p>
+
+<p>Et aux conditions précédentes <span class="fl">260 liv.</span></p>
+
+<p>Les Consolles<a id="FNanchor_535" href="#Footnote_535" class="fnanchor">[14]</a> simples de 5 pieds de haut
+aux mêmes conditions, mais bien travaillées <span class="fl">8 livres.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_535" href="#FNanchor_535"><span class="label">[14]</span></a> « La console », mot employé dans le <i>Théâtre d’Agriculture</i>
+d’Olivier de Serre avec le sens de soutien, qui
+« consolide », se prenoit alors presque exclusivement pour
+désigner, comme le fait Richelet, « un membre d’architecture,
+placé aux deux côtés de la porte ionique pour soutenir
+la corniche mise au dessus ». Elles servoient aussi,
+selon Félibien, à porter des figures, des bustes, des vases,
+etc.</p>
+</div>
+<p>Celles plus chargées d’ornemens, 11 livres
+plus ou moins à proportion de l’ouvrage.</p>
+
+<p>Les Masques façonnez sur les clefs des portes
+d’entrées<a id="FNanchor_536" href="#Footnote_536" class="fnanchor">[15]</a> en même Pierre de saint Leu <span class="fl">30 liv.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_536" href="#FNanchor_536"><span class="label">[15]</span></a> « Les masques, aux clefs des arcades », comme il est
+dit dans les livres d’architecture du temps, étoient un des
+ornements les plus en faveur pour les façades des hôtels.
+Ceux qui se voient sur la fameuse maison de Lulli, au
+coin de la rue des Petits-Champs et de la rue Sainte-Anne,
+en sont un des premiers et des plus curieux spécimens.
+« Quelques-uns, dit Félibien, p. 650, nomment <i>mascarons</i>
+de gros masques faits de sculpture. »</p>
+</div>
+<p>Mais étant faits par un bon ouvrier et bien
+finis valent depuis 45 jusqu’à 60 livres et plus.</p>
+
+<p>Il est difficile de mettre les prix justes aux
+ouvrages de Sculpture et Peinture, particulierement
+aux Tableaux et Statües ; c’est suivant les
+Maitres qui y sont employez que le prix doit
+estre reglé, parce que c’est la beauté qui en
+regle la valeur ; ainsi les curieux qui voudront
+avoir du beau de l’un des deux Arts, doivent
+<span class="pagenum" id="p149">-149-</span> s’informer des bons Maitres, qui ne laissent rien
+sortir de leurs mains que de bien fini.</p>
+
+<p>Les bas reliefs de plâtre, placez en cheminées
+bien finis et de moyenne grandeur valent <span class="fl">8 liv.</span></p>
+
+<p>Le pied courant d’ornemens en plâtre <span class="fl">2 liv.</span></p>
+
+<p>Un buste en plâtre grand comme nature <span class="fl">6 liv.</span></p>
+
+<p>Une figure de ronde bosse, même figure et
+grandeur pour poser sur un pied d’estail<a id="FNanchor_537" href="#Footnote_537" class="fnanchor">[16]</a> depuis
+36 jusqu’à 40 livres.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_537" href="#FNanchor_537"><span class="label">[16]</span></a> C’est une des premières formes du mot. Richelet la
+donne comme étant employée en même temps que celle
+de « piédestal », et ne dit pas quelle est celle qu’il faut
+préférer. On avait dit auparavant « pied d’estrait ».
+V. <i>Biblioth. de l’École des chartes</i>, 4<sup>e</sup> série, t. III, p. 63.</p>
+</div>
+<p>On trouve un grand assortiment de beaux
+Moulles chez M. Cassegrain à l’adresse ci devant
+donnée. La beauté des Moules fait l’excellence
+des figures sans en augmenter le prix.</p>
+
+<p>L’Or sculpé<a id="FNanchor_538" href="#Footnote_538" class="fnanchor">[17]</a> couvert, vaut le pied carré deux
+livres cinq sols, l’Or bruni<a id="FNanchor_539" href="#Footnote_539" class="fnanchor">[18]</a> deux livres dix
+sols, l’Or bruni sculpé trois livres quinze sols,
+l’Or bretelé<a id="FNanchor_540" href="#Footnote_540" class="fnanchor">[19]</a> trois livres, l’Or repassé uni deux
+livres, l’Or repassé sculpé deux livres dix sols,
+l’Or uni à découvert deux livres cinq sols, l’Or
+sculpé à découvert deux livres quinze sols, la
+Mosaïque trois livres.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_538" href="#FNanchor_538"><span class="label">[17]</span></a> Pour « sculpté », c’est-à-dire appliqué sur des sculptures.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_539" href="#FNanchor_539"><span class="label">[18]</span></a> C’est-à-dire « éclairci, poli » avec le brunissoir.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_540" href="#FNanchor_540"><span class="label">[19]</span></a> En croisillons ou en filets.</p>
+</div>
+<p>L’impression<a id="FNanchor_541" href="#Footnote_541" class="fnanchor">[20]</a> en huile de jaune de couleur
+<span class="pagenum" id="p150">-150-</span> de bois de luth<a id="FNanchor_542" href="#Footnote_542" class="fnanchor">[21]</a> à deux couches, quatre livres
+quinze sols la travée ayant six toises de superficie
+qui montent à deux cens seize pieds.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_541" href="#FNanchor_541"><span class="label">[20]</span></a> Ce mot, dans le langage des vernisseurs et doreurs,
+se prenoit pour <i>couche</i> : « Les Chinois, lisons-nous dans le
+<i>Diction. des arts et métiers</i> de l’abbé Jaubert, t. IV, p. 361,
+n’emploient jamais leur vernis sur le bois qu’auparavant ils
+n’aient mis une couche ou <i>impression</i>, comme font les
+peintres, avant de peindre. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_542" href="#FNanchor_542"><span class="label">[21]</span></a> C’est-à-dire veiné comme le bois d’un luth, et de la
+même nuance.</p>
+</div>
+<p>L’impression deux couches de blanc de ceruse
+avec huile de noix, sept livres la travée.</p>
+
+<p>L’impression à deux couches de jaune et de
+blanc en détrempe, deux livres cinq sols la
+travée.</p>
+
+<p>La toise carrée de bois veiné en huile, deux
+livres dix sols, et en détrempe une livre dix
+sols.</p>
+
+<p>Les ornemens de cheminées marbrez et jaspez<a id="FNanchor_543" href="#Footnote_543" class="fnanchor">[22]</a>
+en huile par un bon œuvrier, reduits à la
+travée, trente six livres, et en ouvrage commun,
+vingt quatre livres.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_543" href="#FNanchor_543"><span class="label">[22]</span></a> Ces imitations du jaspe par la peinture étoient déjà
+connues du temps d’Henri IV. D’Aubigné, dans son <i>Histoire
+universelle</i>, t. II, ch. 104, parle de piédestaux « qui
+estoient peints comme de jaspe. »</p>
+</div>
+<p>Le même ouvrage en détrempe par un bon
+œuvrier, trente livres, et en commun ouvrage,
+vingt livres.</p>
+
+<p>Le vermillon et la laque valent trois livres le
+pied.</p>
+
+<p>Le brun rouge vingt sols la toise.</p>
+
+<p>Le nettoyement et le rechampissage<a id="FNanchor_544" href="#Footnote_544" class="fnanchor">[23]</a>, deux
+livres dix sols la toise.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_544" href="#FNanchor_544"><span class="label">[23]</span></a> Il consiste à couvrir, avec une infusion de blanc de
+céruse, les couleurs qui se sont répandues sur le fond d’un
+ouvrage, pour le rendre aussi net qu’il doit l’être.</p>
+</div>
+<p>Le Verny, même prix.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p151">-151-</span> L’Impression pour les berceaux peints en vert
+de montagne avec une couche de blanc de ceruse,
+et deux couches de vert sur échallas espacez
+de six pouces, trente cinq sols la toise<a id="FNanchor_545" href="#Footnote_545" class="fnanchor">[24]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_545" href="#FNanchor_545"><span class="label">[24]</span></a> Il n’y avoit pas de plus piètre besogne pour les
+peintres de l’Académie de Saint-Luc. Liger en parle ainsi :
+« D’autres ne sont propres que pour les <i>treillages</i>, blanchir
+les murs, et donner quelque couleur en plein à des portes
+ou autres pièces de menuiserie. »</p>
+</div>
+<p>Les Couleurs et les Pinceaux pour la Mignature,
+se vendent rue d’Arnetal.</p>
+
+<p>Les Couleurs et Pinceaux ordinaires, se vendent
+aux environs de l’Aport de Paris chez
+plusieurs Epiciers et Broyeurs<a id="FNanchor_546" href="#Footnote_546" class="fnanchor">[25]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_546" href="#FNanchor_546"><span class="label">[25]</span></a> « Le verre blanc pour les mignatures et autres
+tableaux se vend chez un vitrier qui demeure rue aux
+Ours, devant l’image de la Vierge, et chez un autre qui
+demeure vieille rue du Temple, au coin de la rue de
+Bercy. » Édit. 1691, p. 30.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c32">OUVRAGES DE GRAVEURS.</h3>
+
+
+<p>Cet article aurait dû être placé après celuy de
+l’Orfevrerie, mais ayant été quelque temps égaré
+à l’Imprimerie, on n’a pû luy donner une meilleure
+place que celle-ci.</p>
+
+<p>Entre les fameux Graveurs au Burin, sont au
+quartier de la rue saint Jacques, Messieurs Poilly
+l’ainé<a id="FNanchor_547" href="#Footnote_547" class="fnanchor">[1]</a>, Eudelink<a id="FNanchor_548" href="#Footnote_548" class="fnanchor">[2]</a>, Wansculpes<a id="FNanchor_549" href="#Footnote_549" class="fnanchor">[3]</a>, Picart<a id="FNanchor_550" href="#Footnote_550" class="fnanchor">[4]</a>, Vermeulen<a id="FNanchor_551" href="#Footnote_551" class="fnanchor">[5]</a>,
+<span class="pagenum" id="p152">-152-</span> Rolet et Poilly le jeune<a id="FNanchor_552" href="#Footnote_552" class="fnanchor">[6]</a>, Baudet rue
+de Harlay<a id="FNanchor_553" href="#Footnote_553" class="fnanchor">[7]</a>, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_547" href="#FNanchor_547"><span class="label">[1]</span></a> François Poilly, qui fut le maître d’Edelinck : « Jamais,
+est-il dit dans la Vie de celui-ci, jamais graveur au
+burin ne fit autant d’élèves, et peu ont entrepris autant
+d’ouvrages. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_548" href="#FNanchor_548"><span class="label">[2]</span></a> Gérard Edelinck, un des plus fameux graveurs de son
+temps. Il étoit d’Anvers. L’Académie le reçut le 6 mars
+1677 et il mourut à cinquante-huit ans en 1707.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_549" href="#FNanchor_549"><span class="label">[3]</span></a> Pierre Van Schuppen, d’Anvers comme Edelinck, fut
+de l’Académie le 7 août 1666 et mourut le 7 mars 1702, à
+soixante-quatorze ans.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_550" href="#FNanchor_550"><span class="label">[4]</span></a> Étienne Picart, dit le Romain, parce qu’il avoit travaillé
+à Rome avec Carlo Maratta. Il eut pour fils Bernard
+Picart, plus célèbre que lui. On l’avoit reçu de l’Académie
+en 1664 et il en mourut le doyen, le 21 nov. 1721, à
+Amsterdam, où il s’étoit retiré ; il avoit quatre-vingt-dix ans.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_551" href="#FNanchor_551"><span class="label">[5]</span></a> Corneille Vermeulen, d’Anvers ; venu à Paris, où se
+trouvoit la meilleure école de gravure, il y resta. A sa
+mort, en 1704, il avoit soixante ans. Il a gravé beaucoup
+de portraits, surtout d’après Rigaud.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_552" href="#FNanchor_552"><span class="label">[6]</span></a> Frère de Fr. Poilly, nommé tout à l’heure, il fut
+reçu de l’Académie le 26 juillet 1714 et mourut le 29 avril
+1728, à soixante ans.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_553" href="#FNanchor_553"><span class="label">[7]</span></a> Étienne Baudet, de Blois. Il étoit de l’Académie de
+peinture depuis 1675. Le roi le logea aux galeries du
+Louvre, en 1693, et c’est de là qu’il data quelques-unes
+de ses gravures des paysages du Poussin. Il mourut le 7
+juillet 1711, à soixante-treize ans.</p>
+</div>
+<p>Rue saint Jacques sont encore Messieurs Audran<a id="FNanchor_554" href="#Footnote_554" class="fnanchor">[8]</a>
+et Simonneau<a id="FNanchor_555" href="#Footnote_555" class="fnanchor">[9]</a> qui gravent très bien à
+l’Eau forte et au Burin, et encore Messieurs
+Berey<a id="FNanchor_556" href="#Footnote_556" class="fnanchor">[10]</a> et Roussel<a id="FNanchor_557" href="#Footnote_557" class="fnanchor">[11]</a> qui s’attachent principalement
+à graver des Lettres<a id="FNanchor_558" href="#Footnote_558" class="fnanchor">[12]</a> qui représentent
+<span class="pagenum" id="p153">-153-</span> l’écriture et l’impression, en quoy M. Berey
+travaille par excellence<a id="FNanchor_559" href="#Footnote_559" class="fnanchor">[13]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_554" href="#FNanchor_554"><span class="label">[8]</span></a> Gérard Audran, le premier et le plus célèbre de la
+dynastie des Audran. Il étoit de Lyon et mourut à Paris
+en 1703 à soixante-trois ans. Il a gravé les batailles
+d’Alexandre, par Lebrun.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_555" href="#FNanchor_555"><span class="label">[9]</span></a> Ch. Simonneau, d’Orléans. Né en 1639, étudia chez
+Coypel, fut de l’Académie en 1710, et mourut en 1728, à
+quatre-vingts ans. Il grava d’après Carrache, Le Brun, etc.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_556" href="#FNanchor_556"><span class="label">[10]</span></a> Il avoit, en 1656, donné une contrefaçon du plan de
+Paris, par Gomboust. Elle porte son nom, comme si c’étoit
+un plan nouveau. V. sur Cl. Berey, sans doute son fils,
+t. I, p. 252.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_557" href="#FNanchor_557"><span class="label">[11]</span></a> C’est lui qui grava en 1704 les lettres d’un plan de
+Paris qui, pour cela, porte son nom.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_558" href="#FNanchor_558"><span class="label">[12]</span></a> « Le sieur Senault, le plus fameux graveur en lettres,
+demeure rue de Bussy. » Édit. 1691, p. 112. Louis Senaud,
+de qui l’on a des cahiers d’écriture gravés en 1667.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_559" href="#FNanchor_559"><span class="label">[13]</span></a> « Messieurs Sylvestre et Melan, fameux graveurs,
+demeurent aux galleries du Louvre. » Édit. 1691, p. 63. — Claude
+Mellan n’auroit pas dû figurer même dans cette
+édition de 1691, puisqu’il étoit mort à quatre-vingt-dix
+ans en 1688 ; quant à Israël Silvestre, Blegny avoit eu
+raison de ne pas le faire figurer dans celle de 1692 : il
+étoit mort dans son logement des galeries le 11 octobre
+1691, à soixante et onze ans. V. <i>Bulletin de la Soc. d’archéologie
+lorraine</i>, t. VIII, 1859, <i lang="la" xml:lang="la">ad fin.</i></p>
+</div>
+<p>Entre les fameux Graveurs de Médailles, sont
+Messieurs Rottier<a id="FNanchor_560" href="#Footnote_560" class="fnanchor">[14]</a>, Chéron<a id="FNanchor_561" href="#Footnote_561" class="fnanchor">[15]</a> et Moland aux galleries
+du Louvre<a id="FNanchor_562" href="#Footnote_562" class="fnanchor">[16]</a>, Bernard<a id="FNanchor_563" href="#Footnote_563" class="fnanchor">[17]</a> près la Magdelaine,
+Mauger place Dauphine<a id="FNanchor_564" href="#Footnote_564" class="fnanchor">[18]</a>, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_560" href="#FNanchor_560"><span class="label">[14]</span></a> Joseph Roettier, d’Anvers, graveur en médailles, logé
+au Louvre en 1679, reçu de l’Académie en 1683, mort en
+1707, à soixante-huit ans. Il y eut cinq graveurs en médailles
+de son nom, jusqu’en 1784, époque où mourut
+le dernier.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_561" href="#FNanchor_561"><span class="label">[15]</span></a> Ch. Chéron, de Nancy, reçu de l’Académie en 1676,
+mort en 1698, à cinquante-cinq ans.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_562" href="#FNanchor_562"><span class="label">[16]</span></a> Michel Molard, et non Moland, de Dieppe, où il avoit
+travaillé l’ivoire. Le roi l’avoit logé au Louvre en octobre
+1684.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_563" href="#FNanchor_563"><span class="label">[17]</span></a> Thomas Bernard. Reçu de l’Académie, comme graveur
+en médailles, le 27 mars 1700, il mourut en 1713,
+à soixante-trois ans.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_564" href="#FNanchor_564"><span class="label">[18]</span></a> Jean Mauger, de Dieppe. Le roi le logea au Louvre,
+après la mort de Ch. Chéron, en 1698. Il y mourut en
+1722, à soixante-quatorze ans.</p>
+</div>
+<p>M. le Clerc aux Goblins<a id="FNanchor_565" href="#Footnote_565" class="fnanchor">[19]</a>, qui travaille par
+excellence à toutes sortes de Gravures, a d’ailleurs
+le talent de faire des Desseins originaux.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_565" href="#FNanchor_565"><span class="label">[19]</span></a> Sébastien Le Clerc, de Metz, dont la réputation nous
+dispense de tous détails. Il étoit graveur ordinaire du cabinet
+du roi et Colbert l’avoit logé aux Gobelins. Il mourut
+en 1714, à soixante-dix-sept ans.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p154">-154-</span> Entre les Graveurs renommez pour la Vaisselle,
+pour les Sceaux et pour les Cachets, sont
+Messieurs Thiault galleries neuves du Palais<a id="FNanchor_566" href="#Footnote_566" class="fnanchor">[20]</a> à
+la Pomme d’or, Chalochet, quay Pelletier, Aury
+à la Monnoye<a id="FNanchor_567" href="#Footnote_567" class="fnanchor">[21]</a>, Verien<a id="FNanchor_568" href="#Footnote_568" class="fnanchor">[22]</a> et Garrier quay des
+Orfèvres, Mavelot et Langlois Cour neuve du
+Palais, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_566" href="#FNanchor_566"><span class="label">[20]</span></a> « Place Dauphine. » Édit. de 1691, p. 59.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_567" href="#FNanchor_567"><span class="label">[21]</span></a> Pierre Aury, qui, depuis 1688, logeoit à la Monnoie
+comme « graveur en acier du Roi ».</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_568" href="#FNanchor_568"><span class="label">[22]</span></a> « Aux armes de Mademoiselle. » Édit. 1691, p. 59.</p>
+</div>
+<p>M. Bourdon place Dauphine qui est d’ailleurs
+renommé pour les Cachets, grave aussi pour la
+Taille douce.</p>
+
+<p>Messieurs Richard et Maurice sur le quay de
+l’Orloge, ont le talent de graver sur l’Agathe et
+sur les autres Pierres précieuses<a id="FNanchor_569" href="#Footnote_569" class="fnanchor">[23]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_569" href="#FNanchor_569"><span class="label">[23]</span></a> « Le sieur Certain, au dessus de la porte neuve du
+Palais, grave en agathe et autres pierres. » <i>Id.</i>, p. 63.</p>
+</div>
+<p>On trouve chez M. Jollain l’ainé Graveur et
+Marchand Imager rue saint Jacques à la Ville de
+Cologne<a id="FNanchor_570" href="#Footnote_570" class="fnanchor">[24]</a>, les Portraits de la Cour gravez par
+M. Simon<a id="FNanchor_571" href="#Footnote_571" class="fnanchor">[25]</a>, l’Architecture de Vignolle au Burin
+et diverses Cartes et Estampes curieuses.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_570" href="#FNanchor_570"><span class="label">[24]</span></a> Fr. Jollain, à qui son fils succéda.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_571" href="#FNanchor_571"><span class="label">[25]</span></a> Pierre Simon. Ses portraits sont à l’eau-forte.</p>
+</div>
+<p>M. Landry<a id="FNanchor_572" href="#Footnote_572" class="fnanchor">[26]</a> aussi Graveur et Marchand Imager<a id="FNanchor_573" href="#Footnote_573" class="fnanchor">[27]</a>
+<span class="pagenum" id="p155">-155-</span> même rue à l’Image saint François de Sales,
+vend des Estampes de dévotion de 7 pieds de
+haut et de divers autres grandeurs extraordinaires,
+un Scelet<a id="FNanchor_574" href="#Footnote_574" class="fnanchor">[28]</a> humain grand comme nature,
+et un grand nombre d’autres Estampes curieuses<a id="FNanchor_575" href="#Footnote_575" class="fnanchor">[29]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_572" href="#FNanchor_572"><span class="label">[26]</span></a> Pierre Landry gravoit et vendoit des portraits au burin.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_573" href="#FNanchor_573"><span class="label">[27]</span></a> Parmi les imagers, graveurs en taille-douce, Blegny
+auroit pu citer Boudan, qui grava entre autres histoires
+populaires toute la suite de celle de <i>Lustucru</i>. V. nos <i>Variétés</i>,
+t. IX, p. 70. Mariette, <i>Abecedario</i>, t. IX, p. 116, a
+dit un mot de lui. Il avoit dessiné pour Gaignières et pour
+ses collections d’armoiries à des prix dérisoires. On lit dans
+un mémoire de ceux dont il étoit convenu avec le célèbre
+amateur : « Les armes croquées à l’encre, un liard la pièce. »
+Il travailla au plan de Paris de La Caille, en 1714.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_574" href="#FNanchor_574"><span class="label">[28]</span></a> Squelette. Sur ce mot, v. plus haut, note.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_575" href="#FNanchor_575"><span class="label">[29]</span></a> « On trouve des estampes de toutes sortes chez le
+portier de l’Académie des peintres, rue de Richelieu. »
+Édit. 1691, p. 24. Une singulière industrie, qui dut détruire
+bien des gravures, est indiquée dans cette édition, p. 111,
+et omise ici : « Le sieur des Trapières, rue Bétizy, aux
+trois Bources, enlève et transpose sur verre les lignes et
+traits des estampes, qu’il peint ensuite d’une façon à les
+prendre pour de vrais tableaux. » Poisson, en 1665, dans
+l’<i>après-soupé des Auberges</i>, sc. 3, avoit déjà parlé d’estampes
+découpées qu’on appliquoit derrière un verre, comme on a
+fait de nos jours pour la <i>potichomanie</i>.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c33" title="OUVRAGES DE PLOMBIERS ET DE FONTENIERS.">OUVRAGES DE PLOMBIERS<br>
+<span class="small">ET DE FONTENIERS<a id="FNanchor_576" href="#Footnote_576" class="fnanchor">[1]</a>.</span></h3>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_576" href="#FNanchor_576"><span class="label">[1]</span></a> Les plombiers et fontainiers ne formoient qu’une seule
+corporation, et même assez peu nombreuse ; elle ne comptoit
+au <small>XVIII</small><sup>e</sup> siècle que cinquante maîtres au plus. Ses
+statuts, en quarante articles, datoient de juin 1647.</p>
+</div>
+
+<p>Les Plombiers des batimens du Roy fournissent
+aussi plusieurs particuliers de considération.</p>
+
+<p>Entre les autres fameux Plombiers, sont Messieurs
+Desgoutières près la Comedie Françoise,
+le Roy rue saint Honoré,    rue saint
+Antoine,    près la Magdelaine,
+   rue saint Martin, etc.</p>
+
+<p>M. Denis premier Fontenier du Roy, demeure
+au fauxbourg saint Germain, et M<sup>rs</sup> ses fils, l’un
+du Chateau de Trianon, et l’autre de Versailles,
+demeurent au même endroit.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p156">-156-</span> Entre les autres Fonteniers fameux qui travaillent
+pour Sa Majesté et pour le public, sont
+Messieurs Dorival, Cimetiere saint Jean, et Balo
+près la Croix du Tiroir.</p>
+
+<p>Les Fondeurs qui travaillent aux Robinets
+des tuyaux et Regards, sont rue des Assis et rue
+neuve saint Mederic.</p>
+
+<p>Le Plomb est fort rencheri depuis la déclaration
+de la guerre avec l’Angleterre<a id="FNanchor_577" href="#Footnote_577" class="fnanchor">[2]</a> ; le plus
+commun vaut à présent 4 sols la livre mis en
+œuvre compris la soudure<a id="FNanchor_578" href="#Footnote_578" class="fnanchor">[3]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_577" href="#FNanchor_577"><span class="label">[2]</span></a> Il s’agit de la guerre de 1688 qui nous avoit mis sur les
+bras l’Angleterre et la Hollande. De l’une nous venoit en
+grande partie ce que nous consommions de plomb, notamment
+le plomb laminé, et de l’autre presque toutes les préparations
+plombifères.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_578" href="#FNanchor_578"><span class="label">[3]</span></a> Dans la 1<sup>re</sup> édition, p. 48, on trouve un exemple de
+ce renchérissement du plomb : « Les tuyaux de fontaines
+soudés en long avec joints et nœuds de soudure, depuis
+deux jusqu’à six pouces de diamètre, tranchées et remplages
+mis en œuvre, ci devant quatorze livres, et à présent
+vingt livres le cent. »</p>
+</div>
+<p>Le Plomb blanchi, tant pour tuyaux de descentes,
+que cuvettes, entonnoirs, membrons<a id="FNanchor_579" href="#Footnote_579" class="fnanchor">[4]</a>,
+chesnaux, boursaux, ennusures<a id="FNanchor_580" href="#Footnote_580" class="fnanchor">[5]</a>, et enfaistemens,
+vaut depuis 4 sols et demi jusqu’à 5 sols
+la livre mis en place compris la soudure<a id="FNanchor_581" href="#Footnote_581" class="fnanchor">[6]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_579" href="#FNanchor_579"><span class="label">[4]</span></a> « Le membron » étoit une partie du « bourseau »,
+sorte d’ornement d’enfaîtage employé surtout dans les
+grands bâtiments.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_580" href="#FNanchor_580"><span class="label">[5]</span></a> Ce mot, dans la 1<sup>re</sup> édition, p. 48, est écrit « annesures ».
+Nous ignorons ce que, sous l’une ou l’autre forme,
+il signifie.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_581" href="#FNanchor_581"><span class="label">[6]</span></a> Suivant la 1<sup>re</sup> édition, p. 48, « le cent de plomb »
+employé pour tous ces objets se payoit « treize livres dix
+sols ».</p>
+</div>
+<p>Le Plomb noir aussi y compris la soudure,
+<span class="pagenum" id="p157">-157-</span> vaut 18 à 20 livres le cent mis en œuvre.</p>
+
+<p>La Soudure pour les réparations vaut quatorze
+à quinze sols la livre.</p>
+
+<p>Les vieux Plombs se donnoient ci-devant au
+Plombier trois livres pour deux d’employées,
+mais à present cette évaluation seroit trop forte<a id="FNanchor_582" href="#Footnote_582" class="fnanchor">[7]</a> ;
+mais pour plus de justesse, on peut faire remettre
+la même quantité en œuvre que l’on a
+donné au Plombier, et luy payer 36 à 40 livres
+le millier compris la soudure en œuvre.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_582" href="#FNanchor_582"><span class="label">[7]</span></a> « Pour six livres de vieux plomb, les plombiers en
+fournissent trois de neuf posé en place. » Édit. de 1691,
+p. 48.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c34">OUVRAGES DES PAVEURS.</h3>
+
+
+<p>Les Paveurs des batimens du Roy entreprennent
+aussi pour le public.</p>
+
+<p>Entre les autres Maîtres Paveurs qui font de
+grandes entreprises, sont les Sieurs Touchay rue
+des Noyers, Hierosme rue de la Mortellerie, etc.</p>
+
+<p>Autant en fait la veuve Maçon près la porte
+saint Antoine.</p>
+
+<p>Le gros Pavé de rue<a id="FNanchor_583" href="#Footnote_583" class="fnanchor">[1]</a> de 7 à 8 pouces en
+quarré<a id="FNanchor_584" href="#Footnote_584" class="fnanchor">[2]</a> posé sur une forme de sable<a id="FNanchor_585" href="#Footnote_585" class="fnanchor">[3]</a>, se paye à
+9 livres la toise carrée<a id="FNanchor_586" href="#Footnote_586" class="fnanchor">[4]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_583" href="#FNanchor_583"><span class="label">[1]</span></a> On l’appeloit aussi : « pavé du grand échantillon ».</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_584" href="#FNanchor_584"><span class="label">[2]</span></a> C’étoit encore la mesure à la fin du <small>XVIII</small><sup>e</sup> siècle. Elle
+avoit été réglée par la coutume de Paris.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_585" href="#FNanchor_585"><span class="label">[3]</span></a> « La forme est le lit de sable sur lequel est posé le
+pavé. » L’abbé Jaubert, <i>Diction. des arts et métiers</i>, t. III,
+p. 387.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_586" href="#FNanchor_586"><span class="label">[4]</span></a> « Le sable de rivière se trouve aux environs de l’Ile
+Louviers. On en tire pour les paveurs entre Pincourt et la
+Courtille, où l’on trouve du vieux pavé retaillé. » Édit. de
+1691, p. 39.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p158">-158-</span> Le Pavé de la qualité ci dessus fendu en trois,
+taillé et posé avec mortier de chaux et sable à
+8 livres la toise.</p>
+
+<p>Le Pavé de 5 à 6 pouces, fendu en trois<a id="FNanchor_587" href="#Footnote_587" class="fnanchor">[5]</a>, et
+posé avec mortier 7 livres la toise.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_587" href="#FNanchor_587"><span class="label">[5]</span></a> C’est dans l’épaisseur qu’on le fendoit, mais en deux
+seulement plutôt qu’en trois. Ce « pavé fendu », comme on
+l’appeloit, servoit pour les cours et les écuries.</p>
+</div>
+<p>Le même posé avec mortier de chaux et ciment
+à 10 livres.</p>
+
+<p>Le vieux Pavé posé avec mortier de chaux et
+de sable à 2 livres la toise.</p>
+
+<p>La pose du même Pavé avec chaux et ciment
+à 4 livres, et avec chaux et sable à 30 sols, le
+seul Pavé fourni par l’Entrepreneur.</p>
+
+<p>Le vieux Pavé tendre qui sert à polir les
+Glaces se trouve dans les Chantiers des Paveurs
+du Roy et de la Ville<a id="FNanchor_588" href="#Footnote_588" class="fnanchor">[6]</a>, ainsi que toutes autres
+sortes de vieux Pavez.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_588" href="#FNanchor_588"><span class="label">[6]</span></a> Lister, ch. V, après nous avoir dit qu’on passe les
+glaces brutes au grès pulvérisé, ajoute : « C’est le même
+dont est fait le pavé de Paris, mais pulvérisé et tamisé très-fin. »</p>
+</div>
+<p>Le sieur Petit à l’entrée de la rue de Nappe<a id="FNanchor_589" href="#Footnote_589" class="fnanchor">[7]</a>
+fauxbourg saint Antoine, fait battre du vieux
+Pavé tendre pour la manufacture des glaces.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_589" href="#FNanchor_589"><span class="label">[7]</span></a> Lisez de Lappe. V. plus haut, une note.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c35">POTERIE, CARELAGE, VUIDANGES,<br>
+<span class="small">NATTES ET FROTAGES DES BATIMENS.</span></h3>
+
+
+<p>Les Vuidangeurs pour curer les puits et fosses
+d’aisances, demeurent la plupart au quartier de
+la porte saint Victor.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p159">-159-</span> Les fouilles, vuidanges et transport des terres
+des caves et fosses d’aisances se payent depuis 7
+jusqu’à 10 livres la toise cube à proportion de
+l’éloignement du transport.</p>
+
+<p>Les vuidanges de matieres des fosses d’aisances
+se payent aussi aux Vuidangeurs depuis
+30 jusqu’à 40 livres aussi à proportion de l’éloignement
+du transport.</p>
+
+<p>Les Potiers qui ont de grands ateliers et qui
+font de grosses entreprises de Carrelage<a id="FNanchor_590" href="#Footnote_590" class="fnanchor">[1]</a>, sont
+les Sieurs du Vivier fauxbourg saint Antoine,
+Harrivel fauxbourg saint Marcel, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_590" href="#FNanchor_590"><span class="label">[1]</span></a> Dans leurs statuts, qui datoient de 1456, et qui
+avoient été confirmés en 1607 par Henri IV, ils étoient
+qualifiés « maître potiers de terre et carreleurs ».</p>
+</div>
+<p>Le prix reglé des ouvrages de Carreleurs est
+pour chacune toise superficielle du petit Carreau
+à huit pans 3 livres 5 à 3 livres 10 sols, et pour
+les grands Carreaux aussi à huit pans 4 livres
+10 sols à 5 livres la toise.</p>
+
+<p>Les Potiers vendent aux Entrepreneurs les
+Pots d’aizances 18 deniers le pouce de diamettre.</p>
+
+<p>Le millier de grands Carreaux à 18 livres le
+millier, et le millier de petits à 10 livres.</p>
+
+<p>Le Sieur Piton à l’entrée de la rue Briboucher<a id="FNanchor_591" href="#Footnote_591" class="fnanchor">[2]</a>
+du coté de la rue saint Denis met les planchers
+en couleur<a id="FNanchor_592" href="#Footnote_592" class="fnanchor">[3]</a> et les entretient de frotage au
+mois et à l’année.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_591" href="#FNanchor_591"><span class="label">[2]</span></a> Lisez Aubry le Boucher.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_592" href="#FNanchor_592"><span class="label">[3]</span></a> L’usage, qui commençoit alors, de faire mettre les
+carreaux en couleur par des barbouilleurs amena pour
+Hiacynthe Rigaud une amusante aventure par quiproquo,
+dont la conclusion fut son mariage avec la jolie veuve
+M<sup>me</sup> Le Juge. Elle avoit envoyé son laquais chercher un
+peintre pour mettre sa chambre en couleur. Il alla chez
+Rigaud, qui, croyant à la commande d’un portrait, ne se
+fit pas attendre. L’erreur fut bien vite reconnue ; la dame
+s’excusa avec une grâce charmante. On se quitta fort bons
+amis, pour se revoir bientôt et enfin se marier. (<i>Encyclopediana</i>,
+1791, in-4<sup>o</sup>, p. 827.)</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p160">-160-</span> Il y a encore plusieurs Froteurs de planchers
+rue sainte Placide près les Incurables, et rue
+Jean Beausire près la porte saint Antoine.</p>
+
+<p>Les Planchers de parquet et ceux à carreaux
+mis en couleur, cirez et frotez, se payent à 8 sols
+la toise carrée.</p>
+
+<p>Les Planchers seulement mis en couleur à
+cinq sols, et ceux qui sont seulement cirez et
+frotez à quatre sols.</p>
+
+<p>Les Paillassons<a id="FNanchor_593" href="#Footnote_593" class="fnanchor">[4]</a> de nattes servant à boucher
+les croisées en hiver se payent à raison de trente
+sols la toise carrée, et les Paillassons d’été à
+quatre livres dix sols, lorsqu’ils ne sont garnis
+de toille que d’un seul côté, à six livres étant
+doublez dessus et dessous.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_593" href="#FNanchor_593"><span class="label">[4]</span></a> Richelet dit dans son <i>Dictionnaire</i> : « Paillasson ou
+<i>nate à fenêtre</i>. C’est une pièce de nate couverte par dehors
+d’une grosse toile, qu’on met l’été devant les fenêtres pour
+empêcher l’ardeur du soleil, et qu’on hausse et baisse avec
+des cordes autant qu’on veut. »</p>
+</div>
+<p>La Natte ordinaire se paye à quarante cinq
+sols la toise carrée.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c36" title="CAROSSES DE ROUTES.">CARROSSES DE ROUTES<a id="FNanchor_594" href="#Footnote_594" class="fnanchor">[1]</a>.</h3>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_594" href="#FNanchor_594"><span class="label">[1]</span></a> C’est le nom qu’on leur donnoit pour les distinguer
+des carrosses ordinaires. On dit aussi plus tard carrosses
+de voiture. Marivaux, dans <i>Marianne</i>, appelle ainsi celui
+qui alloit de Paris à Bordeaux. Il partoit à jour et heures
+fixes, qu’il y eût ou non des voyageurs. On fit à ce sujet
+une épigramme sur le <i>Mercure</i>, qui, lui aussi, se mettoit à
+circuler, qu’il y eût ou non quelque chose dedans :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">C’est le carrosse de voiture,</div>
+<div class="verse">Il faut qu’il parte vide ou plein.</div>
+</div>
+
+</div></div>
+
+<p>Rue saint Nicaise sont les Carrosses de la
+<span class="pagenum" id="p161">-161-</span> suite de la Cour et du Pech saint Germain, qui
+partent tous les jours et à toutes heures.</p>
+
+<p>Rue Contrescarpe près la rue saint André,
+chez Mademoiselle Blavet, logent les Carrosses
+d’Orléans<a id="FNanchor_595" href="#Footnote_595" class="fnanchor">[2]</a> qui vont jusqu’à Die, Chambon et
+Blois<a id="FNanchor_596" href="#Footnote_596" class="fnanchor">[3]</a>, et qui partent tous les jours<a id="FNanchor_597" href="#Footnote_597" class="fnanchor">[4]</a> l’été à
+cinq heures du matin, et l’hiver à neuf<a id="FNanchor_598" href="#Footnote_598" class="fnanchor">[5]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_595" href="#FNanchor_595"><span class="label">[2]</span></a> C’est la même qui avoit aussi l’entreprise des carrosses
+de Rouen. V. <i>Correspondance des contrôleurs généraux</i>,
+n<sup>o</sup> 235. Elle s’appeloit Anne Boucher, veuve Blavet. Ses
+carrosses alloient jusqu’en Espagne.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_596" href="#FNanchor_596"><span class="label">[3]</span></a> Dans l’édition précédente, au chap. <small>XXIV</small>, qui a le
+même titre que celui-ci, c’est de « Monsieur Blavet » qu’il
+est parlé, p. 51 ; et au lieu d’une seule maison rue Contrescarpe,
+on voit qu’il en avoit une autre « rue Saint-André,
+à l’Hôtel de Lion ». L’an d’après, sa veuve lui
+avoit succédé.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_597" href="#FNanchor_597"><span class="label">[4]</span></a> Le messager de la poste partoit aussi tous les jours.
+C’est ce qu’on appeloit la Malle du Courrier. La nuit du
+19 décembre 1700, celle de Tours fut dévalisée au bout du
+Pont-Neuf, près de la Samaritaine, par des filous. (<i>Corresp.
+admin. de Louis XIV</i>, t. II, p. 735.)</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_598" href="#FNanchor_598"><span class="label">[5]</span></a> Les « carrosses d’Orléans », qui avoient fourni à La
+Chapelle, en 1680, le sujet d’une amusante comédie restée
+longtemps au répertoire du Théâtre François, descendoient
+encore, sous la Restauration, dans la rue Contrescarpe,
+aujourd’hui rue Mazet. L’auberge du Cheval blanc d’où ils
+partoient existe toujours et n’a presque pas changé de physionomie. — On
+lit dans l’un des 9 numéros des <i>Affiches</i> de
+Dugone pour 1716 un avis sur ces carrosses qui partoient régulièrement
+tous les jours, à 5 heures 1/2 du matin, de la rue
+Contrescarpe, pour aller à Orléans en deux jours et revenir
+de même, « lesquels, y est-il dit, conduisent toutes sortes
+de personnes, hardes et bagages, or et argent. »</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p162">-162-</span> Au même lieu sont les Carrosses d’Auvergne
+qui partent le Mercredi et qui passent par Chenerailles,
+Chasteauneuf, Ligniere, la Chatre, la
+Bourance, Jarnage, le Busson Feuillentin, Guéret,
+Chambon, saint Amant, Mont-Luçon, Isset,
+Neuvy, Rillac, Moriac, Nivdan, Aurillac, etc.</p>
+
+<p>On fait partir du même endroit et le même
+jour le Carrosse du Berry, passant par Orléans,
+Gien, Aubigny, Bourges, etc.</p>
+
+<p>Tous les jours celuy de Normandie, passant
+par Rouen, Diepe, le Hâvre, etc.</p>
+
+<p>Les Mardis celuy de Bourdeaux qui communique
+avec toute l’Espagne.</p>
+
+<p>Les Mercredis ceux de Chartres, de Chasteaudun,
+de Vendosme, etc.</p>
+
+<p>Et les Vendredis et Samedis ceux de Maintenon.</p>
+
+<p>Les Carosses de Caen qui étoient ci devant à
+l’Hôtel de Monbason<a id="FNanchor_599" href="#Footnote_599" class="fnanchor">[6]</a> et qui logent présentement
+rue du Jour près S. Eustache, partent tous
+les Dimanches à dix heures du matin.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_599" href="#FNanchor_599"><span class="label">[6]</span></a> Dans l’édit. précédente, p. 52, c’est à cette adresse
+qu’ils sont indiqués. « L’hôtel des ducs de Montbazon, dit
+Sauval, t. II, p. 124, est à la rue de Bétizy… Ce n’est
+plus qu’une auberge et une maison garnie, et pourtant
+toujours au dessus de la porte se lit sur du marbre en lettres
+d’or, <i>l’Hôtel de Montbazon</i>. »</p>
+</div>
+<p>Au même lieu sont les Carrosses d’Alençon
+pour le Maine, qui partent le Mercredi, de Séez,
+d’Argentan et de Falaise, qui partent le Lundi,
+de Houdan, de Dreux et de Mortagne, qui partent
+le Samedi, etc.</p>
+
+<p>Rue Bourlabé à l’Ecu dauphin sont les Carrosses
+de Boulogne, Montreuil, Calais, saint
+<span class="pagenum" id="p163">-163-</span> Omer et Dunkerque qui partent le Dimanche.</p>
+
+<p>A l’entrée du quay de la Tournelle est le Bureau
+des Carrosses de Montargis et de Nemours
+qui partent les Mardis et les Vendredis.</p>
+
+<p>Rue saint Victor<a id="FNanchor_600" href="#Footnote_600" class="fnanchor">[7]</a> logent les Carrosses qui
+partent le Dimanche, pour l’Auvergne, et qui
+passent par le Puy, Mandre, saint Flour, Issoire,
+Brioude, Saintpoursaint, Gannat, Aigueperche,
+Riom, Clermont, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_600" href="#FNanchor_600"><span class="label">[7]</span></a> « A l’entrée de la rue Saint-Victor. » Édit. de 1691, p. 52.</p>
+</div>
+<p>Au même lieu sont les Carrosses de Languedoc
+qui partent le même jour, et qui vont à
+Montpellier, Nimes, Beaucaire, Milhaud, Lodève,
+Besiers, Narbonne, Perpignan, etc.</p>
+
+<p>Et encore ceux de Bourbonnois qui partent
+aussi le même jour, et qui passent par Boni,
+Briard, Cosne, la Charité, saint Pierre le Moutier,
+Nevers, Bourbon-les-Bains, Moulins, etc.</p>
+
+<p>Rue Jean Robert est le Bureau des Carrosses
+d’Allemagne<a id="FNanchor_601" href="#Footnote_601" class="fnanchor">[8]</a> qui partent les Lundis et Vendredis,
+qui vont à Clermont, Thionville, d’Auvilliers,
+Arlon, Vuirton, Sarloüis, Vandrevanche,
+Sarbrike, Hombourgt et autres Villes des trois
+Evechez, Comté de Chiny et places de la Sarre,
+et encore à Barleduc, Ligny, Commercy, Thoul,
+Nancy, Pont-à-Mousson, Lunéville, Sarbourg,
+Philisbourg, Saverne, Strasbourg, Benfelt, Scelestadt,
+Colmart, Brissac, Fribourg, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_601" href="#FNanchor_601"><span class="label">[8]</span></a> Pour ce qu’on appeloit l’Allemagne haute, il y avoit
+un autre carrosse par la voie de Strasbourg, qui partoit de
+l’Hôtel de Pomponne, rue de la Verrerie, en été, tous les
+lundis, en hiver, tous les samedis. L’hôtel de Pomponne
+existe encore.</p>
+</div>
+<p>Rue saint Antoine à l’Ours logent les Carrosses
+<span class="pagenum" id="p164">-164-</span> de Troyes en Champagne qui part les
+Mercredis et les Samedis.</p>
+
+<p>Rue de la Verrerie<a id="FNanchor_602" href="#Footnote_602" class="fnanchor">[9]</a> est le Carrosse de Sézanne
+en Brie qui part les Mercredis et Vendredis.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_602" href="#FNanchor_602"><span class="label">[9]</span></a> « A la Trinité. » Édit. 1691, p. 53.</p>
+</div>
+<p>Au même lieu sont les Carrosses de Châlons
+en Champagne, Vitry le François, saint Dizier,
+sainte Menehout, et Joinville qui partent le
+Mercredi.</p>
+
+<p>A l’Hôtel de Sens<a id="FNanchor_603" href="#Footnote_603" class="fnanchor">[10]</a> près l’<span lang="la" xml:lang="la">Ave Maria</span>, logent
+les Carrosses de Lyon qui part de deux en deux
+jours, et qui passent en été par la Bourgogne et
+en hiver par Nevers, Moulins et Auvergne.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_603" href="#FNanchor_603"><span class="label">[10]</span></a> Il en sera parlé un peu plus loin.</p>
+</div>
+<p>Au même lieu sont les Carrosses de Dijon et
+Chalons sur Saone qui partent les Jeudis pour
+passer par la route de Troyes et de Chatillon,
+et les Lundis pour passer par Melun, Montreau,
+Sens, sainte Reyne, etc.</p>
+
+<p>Et encore ceux de Chaumont, Langres et Bar
+sur Aube, qui partent le Dimanche.</p>
+
+<p>Rue de la Tixeranderie<a id="FNanchor_604" href="#Footnote_604" class="fnanchor">[11]</a> à la Maque<a id="FNanchor_605" href="#Footnote_605" class="fnanchor">[12]</a>, logent
+les Carosses d’Amiens, de Clermont en Beauvoisis
+qui partent les Dimanches, Lundis, Mercredis
+et Vendredis.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_604" href="#FNanchor_604"><span class="label">[11]</span></a> « Au Heaume. » Édit. 1691, p. 53. Le Heaume
+servoit d’enseigne à plusieurs hôtelleries. La plus célèbre,
+qui n’a disparu que dans ces derniers temps, se trouvoit
+aux Halles, rue Pirouette. Cl. Fauchet la cite dans ses
+<i>Origines des chevaliers</i>, 1608, in-8<sup>o</sup>.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_605" href="#FNanchor_605"><span class="label">[12]</span></a> La Maque étoit une grande maison de la rue de
+la Tixéranderie, près de la Grève. Elle devoit son nom à
+Thomas Lamaque, qui, en 1527, y avoit établi une fabrique
+de tissus de soie. Elle étoit ensuite devenue une auberge. On
+la voit figurée sur le plan Gomboust.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p165">-165-</span> Rue Jean pain molet à la Teste noire, loge le
+Carrosse d’Abbeville qui part le Mercredi.</p>
+
+<p>Rue saint Martin au Cardinal le Moine, loge
+le Carrosse de Reims qui part le Vendredi.</p>
+
+<p>Au même lieu sont les Carrosses de Soissons,
+Laon et Notre Dame de Liesse<a id="FNanchor_606" href="#Footnote_606" class="fnanchor">[13]</a> qui partent le
+Jeudi.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_606" href="#FNanchor_606"><span class="label">[13]</span></a> Dans un très curieux volume publié en 1647 : <i>Le vray
+thrésor de l’histoire sainte sur le transport miraculeux de
+l’image de Notre Dame de Liesse</i>, se trouve l’itinéraire
+détaillé de Paris à Laon : il falloit trois jours pour s’y
+rendre « en coche ».</p>
+</div>
+<p>Rue saint Denis au grand Cerf<a id="FNanchor_607" href="#Footnote_607" class="fnanchor">[14]</a>, loge le Carrosse
+de Bruxelle, qui part les Mercredis et Samedis,
+et qui passe par Senlis<a id="FNanchor_608" href="#Footnote_608" class="fnanchor">[15]</a>, la Ferté, Guise,
+l’Isle, Tournay, Douay<a id="FNanchor_609" href="#Footnote_609" class="fnanchor">[16]</a>, etc.<a id="FNanchor_610" href="#Footnote_610" class="fnanchor">[17]</a></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_607" href="#FNanchor_607"><span class="label">[14]</span></a> Vaste auberge, dont la cour faisoit communiquer la rue
+des Deux-Portes-Saint-Sauveur avec la rue Saint-Denis. Un
+passage du même nom la remplace. Il fut question, en 1763,
+d’y mettre la Comédie Italienne.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_608" href="#FNanchor_608"><span class="label">[15]</span></a> Senlis avoit son coche particulier. Il fut pillé en 1652,
+et sept de ses voyageurs tués. (<i>Mém.</i> de Conrart, p. 35.)</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_609" href="#FNanchor_609"><span class="label">[16]</span></a> Un autre carrosse alloit par Péronne, Cambray,
+Valenciennes, Mons, etc. C’est celui que prit Regnard, se
+rendant à Bruxelles : « Le premier jour, avons-nous dit dans
+la <i>Vie de Regnard</i>, il ne va pas plus loin que Senlis, où
+l’attend Fercourt, qui vient de Beauvais, et où ils couchent,
+les coches ne marchant pas de nuit. Le lendemain, tout ce
+qu’ils peuvent faire est de pousser jusqu’à Péronne, et le
+surlendemain jusqu’à Gournay. Le jour suivant, qui est le
+quatrième, ils couchent à Cambray ; le cinquième à Valenciennes,
+le sixième à Mons, le septième à Notre-Dame-de-Halle ;
+le huitième, ce terrible coche de Flandre les dépose
+où ils doivent s’arrêter, et Regnard peut écrire avec soulagement :
+« Nous arrivâmes enfin à Bruxelles. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_610" href="#FNanchor_610"><span class="label">[17]</span></a> « On trouve rue Saint Germain de l’Auxerrois des carrosses
+de renvoi pour Évreux et pour Caen. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p>On trouve rue saint Germain l’Auxerrois des
+Carosses de renvoi pour Evreux et pour Caën.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p166">-166-</span></p>
+
+<h3 id="c37" title="MESSAGERIES.">MESSAGERIES<a id="FNanchor_611" href="#Footnote_611" class="fnanchor">[1]</a>.</h3>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_611" href="#FNanchor_611"><span class="label">[1]</span></a> La différence entre le carrosse et la messagerie étoit
+que l’un ne prenoit que des voyageurs et leurs hardes,
+tandis que l’autre voituroit voyageurs et marchandises. Les
+messageries dépendoient de l’État et s’affermoient. Elles
+étoient régies par un règlement général daté de 1678.</p>
+</div>
+
+<p>Rue Contrescarpe près la rue saint André,
+chez Mademoiselle Blavet<a id="FNanchor_612" href="#Footnote_612" class="fnanchor">[2]</a>, logent les Messagers
+de Bourdeaux qui partent tous les jours en
+été à cinq et en hiver à neuf heures du matin.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_612" href="#FNanchor_612"><span class="label">[2]</span></a> V. plus haut, p. 161.</p>
+</div>
+<p>Au même lieu loge le Messager d’Auvergne
+qui part les Mercredis et Samedis, et qui vont à
+saint Amant, Aurillac, Chambon, Chasteauneuf,
+Chenerailles, Paeillentin, Gueret, Jarnage, Isset,
+la Broutance, la Charité, le Busson, Leguire,
+Luçon, Monluçon, Moriac, Neuvy, Modan,
+Rillac, etc.</p>
+
+<p>Et encore les Messagers du Blaisois et du
+Maine, qui partent le Samedi et qui vont à
+Blois, au Chasteau du Loir, à saint Calais, à
+Laval, etc.</p>
+
+<p>Le Messager de sainte Menehoult<a id="FNanchor_613" href="#Footnote_613" class="fnanchor">[3]</a> qui ne vient
+que de trois en trois semaines, et celuy de Sezanne
+en Brie qui ne vient que de dix en dix
+jours, logent rue saint Antoine à la Trinité.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_613" href="#FNanchor_613"><span class="label">[3]</span></a> Il étoit indépendant des messageries de la Champagne,
+affermées comme celles de la Lorraine par Fr. Précy.</p>
+</div>
+<p>Même rue à la Bannière de France, logent
+les Messagers de Rebay, de Tournant, de Bray
+sur Seine et Dannemarie, etc., qui arrivent le
+Mercredy et partent le Jeudy.</p>
+
+<p>Les Messagers de Bretagne qui vont à Nantes,
+<span class="pagenum" id="p167">-167-</span> à Rennes, à Vannes et dans toutes les autres
+Villes de cette Province, logent rue de la Harpe à
+la Rose rouge<a id="FNanchor_614" href="#Footnote_614" class="fnanchor">[4]</a>, et partent les Jeudis et Samedis.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_614" href="#FNanchor_614"><span class="label">[4]</span></a> Rue de la Harpe, se trouvoit aussi l’hôtel de <i>l’Arbalête</i>,
+où étoit longtemps descendu le coche d’Angoulême.
+Balzac se plaint de ce qu’un paquet qu’on y mit pour lui
+y resta un mois et demi sans partir. Lettre <i>inédite</i> du 21
+août 1645, publiée dans le recueil si curieux et si bien
+annoté de M. Tamizey de La Roque.</p>
+</div>
+<p>Rue Contrescarpe logent les Messagers d’Estampes
+et d’Orléans, qui partent tous les jours.</p>
+
+<p>Près l’<span lang="la" xml:lang="la">Ave Maria</span> à l’Hôtel de Sens<a id="FNanchor_615" href="#Footnote_615" class="fnanchor">[5]</a>, logent
+les Messagers de Dijon<a id="FNanchor_616" href="#Footnote_616" class="fnanchor">[6]</a>, Bourg en Bresse,
+Baune, Chalons sur Saône, Macon, Auxonne,
+Salins, Grey, Dôle, Besançon, Montbéliard,
+Belfort, Pontarlier, Neufchastel, Sens, Joigny,
+Auxerre, Noyers, saint Florentin, Ancy le Franc,
+Chably, Ravière, Montbart, Autun, Semeur,
+Avalon, sainte Reyne, Issoudun, Bar sur Seine,
+Mussy l’Evêque, la Palisse, saint Geran, Bacaudière,
+Rouanne, et qui partent presque tous les
+jours<a id="FNanchor_617" href="#Footnote_617" class="fnanchor">[7]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_615" href="#FNanchor_615"><span class="label">[5]</span></a> Rue du Figuier. Il devoit son nom aux archevêques
+de Sens, qui longtemps y étoient descendus, et dont il n’avoit
+pas cessé d’être la propriété. On sait qu’il existe encore.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_616" href="#FNanchor_616"><span class="label">[6]</span></a> Le carrosse de Lyon y descendoit aussi, ainsi que son
+messager, qui se chargeoit de toutes les marchandises qu’on
+lui confioit, affranchies ou non. Voici à ce sujet quelques
+lignes d’une intéressante lettre de Fléchier : « Je n’avois pas
+oublié, Madame, que je vous avois promis du miel de Narbonne…
+Je vous en envoie donc un baril de vingt livres
+que j’ai fait donner au messager de Lyon, pour être mis à
+la diligence et porté à l’hôtel de Sens, près le port Saint-Paul.
+J’ai donné ordre qu’on l’affranchît de toutes sortes
+de droit de port. Je vous prie de l’envoyer prendre. » Jean
+Dubray et Louis Langlois, associés à M. De La Bruyère,
+étoient fermiers des messageries de Paris à Lyon.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_617" href="#FNanchor_617"><span class="label">[7]</span></a> Dans l’édit. de 1691, p. 54, l’Hôtel de Sens n’est pas
+indiqué comme point de départ de ces messageries. On lit
+seulement : « Près l’<i lang="la" xml:lang="la">Ave Maria</i>, aux diligences de Lyon,
+logent les messagers de Dijon, Bourg, etc. » Le mot <i>Diligence</i>,
+alors nouveau dans ce sens, paroît ne s’être employé
+d’abord que pour la voiture de Lyon. Palaprat s’en est bien
+moqué dans la préface de sa comédie l’<i>Important</i>, jouée
+en 1694 : « Me voilà parti, dit-il, me voilà empaqueté et
+emballé entre deux énormes magasins dans ce char à rouliers
+qui mène à Lyon, et qu’on appelle fort improprement
+la <i>Diligence</i>, formidable machine dont les fermiers… n’ont
+pas laissé de trouver le mouvement perpétuel ; car ni leur
+corbillard terrible, ni les malheureux condamnés à la roue
+qu’il renferme, n’ont pas un moment de repos pendant tout
+le voyage. » Qui pis est, n’y trouvoit pas de place qui
+vouloit. Il falloit laisser passer d’abord les personnes recommandées
+par le secrétaire d’État, administrateur de Paris
+et de l’Ile-de-France. C’étoit une des conditions du privilége
+accordé à l’entrepreneur de ces voitures. Seignelay
+écrivoit, par exemple, le 7 septembre 1688 : « De par le
+roy, il est ordonné au maître de la diligence de Lion, de
+donner au sieur coadjuteur d’Arles cinq places dans le carrosse
+qui partira le samedi xj<sup>e</sup> du présent mois, et ce préférablement
+à toutes autres personnes. »</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p168">-168-</span> Rue de la Huchette aux Bœufs, loge le Messager
+de la Ferté Alais qui part le Lundy.</p>
+
+<p>Celuy de Chatillon sur Inde, loge rue de la
+Harpe à la Croix de fer<a id="FNanchor_618" href="#Footnote_618" class="fnanchor">[8]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_618" href="#FNanchor_618"><span class="label">[8]</span></a> Cette auberge, à l’enseigne de la Croix de Fer, rue de
+la Harpe, tenoit aux ruines du Palais des Thermes.</p>
+</div>
+<p>Rue d’Enfer fauxbourg saint Michel<a id="FNanchor_619" href="#Footnote_619" class="fnanchor">[9]</a> loge le
+Messager de Chatre<a id="FNanchor_620" href="#Footnote_620" class="fnanchor">[10]</a> sous Montléhery, qui part
+les Lundis, Jeudis et Samedis.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_619" href="#FNanchor_619"><span class="label">[9]</span></a> « A la Couronne d’or. » Édit. 1691, p. 54.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_620" href="#FNanchor_620"><span class="label">[10]</span></a> On sait que c’est aujourd’hui Arpajon. Châtre n’est
+plus connu sous son premier nom que par un noël très
+populaire.</p>
+</div>
+<p>Rue du Four S. Germain, loge le Messager
+d’Espernon.</p>
+
+<p>Rue saint Victor aux Carosses d’Auvergne,
+<span class="pagenum" id="p169">-169-</span> logent les Messagers de Bourbonnois passant par
+Bonybriart, Cône, la Charité, saint Pierre le
+Moustier, Bourbon les Bains, Vichy et Moulins,
+qui part le Samedi.</p>
+
+<p>Au même endroit sont les Messagers du Puy,
+Mandre, saint Flour, Brioude, Sainpoursain,
+Gannat, Aigueperche, Riom, Clermont, etc.,
+qui partent aussi le Samedi.</p>
+
+<p>Et encore les Messagers de Languedoc qui
+vont à Montpellier, Nismes, Beaucaire, Frontignan,
+etc., qui partent les Dimanches, Mercredis
+et Samedis.</p>
+
+<p>Rue saint Germain de l’Auxerrois au Gaillard
+Bois, loge le Messager de l’Aigle qui part le
+Vendredi.</p>
+
+<p>Même rue à la Rose blanche, loge le Messager
+de Dreux et Nogent le Roy qui part le
+Vendredi à midi.</p>
+
+<p>Rue Git le Cœur, loge le Messager de Tours
+qui part les Dimanches et les Jeudis.</p>
+
+<p>Rue Betizy à l’Image saint Pierre, logent les
+Messagers de Coutance, Breiza, Perriere, saint
+Sauveur, Landilin, Marigny et Basse Normandie,
+qui arrivent le Jeudi au soir et partent le
+Samedi à midi.</p>
+
+<p>Rue Montorgeuil à l’Image saint Claude loge
+le Messager de Forge qui part le Vendredi<a id="FNanchor_621" href="#Footnote_621" class="fnanchor">[11]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_621" href="#FNanchor_621"><span class="label">[11]</span></a> « Au même endroit logent les messagers d’Oizemont,
+Honfleur, Pont-eau-de-mer, et Pont-l’Evêque, qui partent
+le vendredi. » Édit. 1691, p. 54. — A la fin du siècle
+suivant, c’est à <i>l’Image St-Claude</i> que descendoient les
+marchands de beurre de Pontoise.</p>
+</div>
+<p>Même rue logent les Messagers de Diepe et de
+Gisors qui partent le Mercredi.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p170">-170-</span> Rue Bourtibourg au Comte Robert, loge le Messager
+de Fontainebleau qui part le Vendredi<a id="FNanchor_622" href="#Footnote_622" class="fnanchor">[12]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_622" href="#FNanchor_622"><span class="label">[12]</span></a> « Rue d’Arnetal, au Mouton couronné, loge le messager
+de Dan-Marie et de Bray-sur-Seine. » Édit. 1691, p. 14.</p>
+</div>
+<p>Rue d’Arnetal à la Couronne d’or, loge le
+Messager de Condé qui part le Samedi<a id="FNanchor_623" href="#Footnote_623" class="fnanchor">[13]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_623" href="#FNanchor_623"><span class="label">[13]</span></a> « Rue Saint-Antoine, à la Bannière, logent les messagers
+de Languedoc et de Chaumont. » <i>Id.</i>, p. 55.</p>
+</div>
+<p>Rue de la Mortellerie à la Clef d’argent, loge
+le Messager de Tonnerre qui part le Lundi, et
+celuy de Champeau qui part le Samedi<a id="FNanchor_624" href="#Footnote_624" class="fnanchor">[14]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_624" href="#FNanchor_624"><span class="label">[14]</span></a> « Rue Saint-Denis, au Grand-Cerf, logent les messagers
+de Soissons, Laon et Notre-Dame de Liesse, qui
+partent le samedi. » <i>Id.</i>, <i>ibid.</i></p>
+</div>
+<p>Rue saint Denis au grand Cerf, loge le Messager
+de Rouen et ceux d’Arras, de Tournay et
+de l’Isle en Flandres.</p>
+
+<p>Même rue à la Croix blanche, loge le Messager
+de la Ville d’Eu.</p>
+
+<p>Au bas de la rue de la Harpe à l’Image saint
+Eustache, logent les Messagers d’Angers<a id="FNanchor_625" href="#Footnote_625" class="fnanchor">[15]</a>, de
+Nantes, de la Flèche, de Beaufort, de Saumur,
+de Bourgeuil, etc., qui partent les Mercredis et
+Samedis.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_625" href="#FNanchor_625"><span class="label">[15]</span></a> Par un procès, qui avoit eu lieu trois ans auparavant,
+on sait ce qu’il en coûtoit de Paris à Angers pour un voyageur
+et son bagage. En vertu d’une sentence du Châtelet
+en date du 9 nov. 1689, le sieur Bernard, bourgeois de
+Paris, fut condamné à payer au messager 36 livres au lieu
+de 33 qu’il offroit, et en sus 3 sous de la livre pesant de
+ses hardes, au lieu de 2 sous 6 deniers.</p>
+</div>
+<p>Rue saint Jacques au Lion ferré, logent les
+Messagers de toutes les Villes de Bretagne qui
+partent les Mercredis et Samedis.</p>
+
+<p>Rue Serpente logent les Messagers de Carcassonne,
+Castelnaudary, Castres, Alby, Gaillard,
+Montauban, Cahors, Rhodez, Villefranche,
+Perat, Sarlat, Limoges, Brives, Thul, Thoulouse,
+<span class="pagenum" id="p171">-171-</span> Userche, Souliac, etc., qui partent le Mardi<a id="FNanchor_626" href="#Footnote_626" class="fnanchor">[16]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_626" href="#FNanchor_626"><span class="label">[16]</span></a> C’est à l’Hôtel d’Anjou, rue Serpente, que ces messagers
+logeoient. D’autres y vinrent un peu plus tard, notamment
+celui de Château-du-Loir.</p>
+</div>
+<p>Rue Jean Pain molet à la Teste noire, logent
+les Messagers d’Abbeville.</p>
+
+<p>Au Colombier près saint Martin des Champs,
+logent les Messagers de Crespy et de Villers
+Cotterets, qui partent le Vendredi.</p>
+
+<p>Ceux d’Allençon, de Petiviers, de Caen, etc.,
+qui partent le Dimanche et qui logeoient ci-devant
+à l’Hôtel de Montbason, sont à présent rue
+du Jour près saint Eustache.</p>
+
+<p>Ceux d’Amiens et de Mondidier logent rue de
+la Tixeranderie à la Maque<a id="FNanchor_627" href="#Footnote_627" class="fnanchor">[17]</a> et partent les Dimanches,
+Lundis, Mercredis et Vendredis.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_627" href="#FNanchor_627"><span class="label">[17]</span></a> Nous avons parlé plus haut, p. 164, de cette auberge
+et de l’origine de son nom.</p>
+</div>
+<p>Rue du Cimetière saint André logent les Messagers
+de Mommirel, de Perigueux et de Rochoir
+qui n’ont pas de jours reglez, et ceux de Chinon,
+de Loudun, de Poitiers, de Thouars, de la Rochelle,
+etc., qui partent le Dimanche<a id="FNanchor_628" href="#Footnote_628" class="fnanchor">[18]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_628" href="#FNanchor_628"><span class="label">[18]</span></a> Blegny oublie le messager de « Bonnétable et route »,
+qui logeoit quai des Augustins, à l’enseigne si curieuse de
+la Reine des Reines.</p>
+</div>
+<p>Rue Montorgueil à l’Image saint Christophe,
+loge le Messager de Beaumont en Picardie qui
+arrive le Mardi et part le Mercredi.</p>
+
+<p>Rue des Precheurs à la Pomme de pin, loge
+le Messager de Boine en Gatinois qui arrive le
+Jeudi et part le Vendredi.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p172">-172-</span> A l’entrée du quay de la Tournelle<a id="FNanchor_629" href="#Footnote_629" class="fnanchor">[19]</a> à la Corne<a id="FNanchor_630" href="#Footnote_630" class="fnanchor">[20]</a>,
+logent les Messagers de Montargis, de Giens et
+autres lieux circonvoisins.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_629" href="#FNanchor_629"><span class="label">[19]</span></a> « Rue de la Tournelle, devant la rue de Bièvre. »
+Édit. de 1691, p. 55.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_630" href="#FNanchor_630"><span class="label">[20]</span></a> C’étoit une très ancienne auberge, qui, de la rue des
+Sept-Voies, où Érasme y avoit logé en arrivant à Paris,
+avoit été transférée tout près, quai de la Tournelle.</p>
+</div>
+<p>Rue Jean Robert aux Carrosses d’Allemagne,
+logent les Messagers de Strasbourg, Fribourg,
+Scelestat, Colmar, Brissac, etc.</p>
+
+<p>Rue saint Denis au grand Cerf, loge le Messager
+du Quesnoy.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c38" title="COCHES PAR TERRE ET PAR EAU.">COCHES PAR TERRE ET PAR EAU<a id="FNanchor_631" href="#Footnote_631" class="fnanchor">[1]</a>.</h3>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_631" href="#FNanchor_631"><span class="label">[1]</span></a> Comme les messageries et les carrosses de voiture,
+auxquels ils étoient inférieurs en vitesse, et qui coûtoient
+plus cher, les coches voituroient voyageurs et marchandises.
+Ils n’en différoient que par le prix moins élevé, et
+parce qu’ils étoient des entreprises particulières, tandis que
+les messageries étoient un établissement royal, et les carrosses
+de voiture des établissements privilégiés. Les <i>coches</i>,
+comme le prouvoit leur nom, qui sentoit son vieux temps,
+les avoient précédés les uns et les autres. Ils datoient de
+l’époque des premières voitures de ville, qui s’appeloient
+comme eux et qui peu à peu perdirent cet ancien nom
+pour en prendre d’autres. Ils le gardèrent seuls : « Les
+coches, écrivoit Sauval, t. I, p. 191, en 1670, sont encore
+en usage pour aller d’une ville à l’autre. »</p>
+</div>
+
+<p>Rue Jean Robert aux Carosses d’Allemagne<a id="FNanchor_632" href="#Footnote_632" class="fnanchor">[2]</a>,
+logent aussi les Coches de Metz, Verdun, Clermont,
+Thionville, Danvilliers, Arlon, Wirton,
+Sarloüis, Vandrevanche, Sarbrik, Hambourg,
+Bik, la petite Pierre, Litemberg, Marsal, et
+autres Villes des trois Evechez, Comté de Chiny
+<span class="pagenum" id="p173">-173-</span> et places de la Sarre, Lorraine haute et basse,
+Barleduc, Ligny, Commercy, Pont Amousson,
+Luneville, Sarbourg, Philisbourg, Benfeld, Scelestat,
+Colmar, Brisac, Fribourg, etc., qui
+partent les Lundis et Vendredis<a id="FNanchor_633" href="#Footnote_633" class="fnanchor">[3]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_632" href="#FNanchor_632"><span class="label">[2]</span></a> V. plus haut.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_633" href="#FNanchor_633"><span class="label">[3]</span></a> Dans la première édition, Blegny n’avoit pas oublié
+moins que le nom de la rue et celui de l’auberge où tous
+ces coches descendoient. V. p. <a href="#p56">56</a>.</p>
+</div>
+<p>Rue saint Antoine à l’Ours, logent les Coches
+de Troyes en Champagne, qui partent les Mardis
+et Vendredis.</p>
+
+<p>Celuy d’Amiens qui part de deux en deux
+jours, rue de la Tixeranderie à la Maque<a id="FNanchor_634" href="#Footnote_634" class="fnanchor">[4]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_634" href="#FNanchor_634"><span class="label">[4]</span></a> V. plus haut.</p>
+</div>
+<p>Celuy de Chalons en Champagne, rue de la
+Verrerie, qui part les Mardis et Vendredis.</p>
+
+<p>Rue Montorgueil à l’image saint Christophle,
+loge le Coche de Beaumont qui part le Samedi.</p>
+
+<p>Rue Bourlabé à l’Ecu Dauphin, logent les
+Coches de Montreuil, Boulogne, Calais, Dunkerque,
+etc., qui partent le Lundi.</p>
+
+<p>Rue Bourtibourg au Comte Robert, loge le
+Coche de Lagny qui part les Mardis, Jeudis et
+Vendredis.</p>
+
+<p>Celuy de Monfort Lamaury rue du Four saint
+Germain, à l’enseigne de la Ville d’Espernon,
+qui part les Mercredis et Samedis.</p>
+
+<p>Celuy d’Abbeville qui part le Dimanche, rue
+Jean Pain Molet.</p>
+
+<p>Rue saint Martin au Cardinal le Moine, logent
+les Coches de Rheims, qui partent les Lundis et
+Vendredis et ceux de Soissons, Laon, Notre
+Dame de Liesse, etc., les Lundis, Jeudis et Samedis.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p174">-174-</span> Rue saint Paul à la ville de Joigny, est le
+Bureau des Coches par eau d’Auxerre<a id="FNanchor_635" href="#Footnote_635" class="fnanchor">[5]</a>, qui
+partent les Mercredis et Samedis, et qui passent
+par Corbeil, Melun, Valvin, Montreau, Villeneuve
+le Roy, Joigny, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_635" href="#FNanchor_635"><span class="label">[5]</span></a> Béranger, qui l’avoit encore pu voir dans son enfance,
+en a parlé dans une de ses chansons :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">Six francs et ma layette en poche,</div>
+<div class="verse">Belle nourrice de vingt ans</div>
+<div class="verse">D’<i>Auxerre</i> avec moi prit <i>le coche</i>.</div>
+</div>
+
+</div></div>
+<p>Le Bureau des Coches d’eau servant pour la
+diligence de Lion<a id="FNanchor_636" href="#Footnote_636" class="fnanchor">[6]</a>, est à l’Hôtel de Sens près
+l’<i lang="la" xml:lang="la">Ave Maria</i>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_636" href="#FNanchor_636"><span class="label">[6]</span></a> C’est-à-dire amenant de la haute et basse Seine les
+voyageurs pour Lyon. A propos d’un autre coche qui, moitié
+par terre, moitié par eau, vous amenoit de Lyon à Paris,
+v. Gui Patin, <i>Lettre</i> du 17 nov. 1662.</p>
+</div>
+<p>Le Bureau des Coches par eau de Montreau,
+Bray et Nogent-sur-Seine, est sur le port saint
+Paul d’où ils partent le Lundi seulement deux
+fois le mois.</p>
+
+<p>Le Bureau des Coches par eau de Fontainebleau
+qui partent les Lundis à l’ordinaire et tous
+les jours à l’extraordinaire pendant le séjour de
+la Cour audit lieu, est sur le quay de la Tournelle
+à la Croix blanche<a id="FNanchor_637" href="#Footnote_637" class="fnanchor">[7]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_637" href="#FNanchor_637"><span class="label">[7]</span></a> Ce chapitre, dans l’édition précédente, p. 56-57, diffère
+de celui-ci par quelques détails que nous n’avons pas
+cru devoir signaler. S’ils n’ont pas été reproduits par Blegny,
+c’est sans nul doute que, vérification faite, il y avoit
+reconnu des erreurs. Pour la même raison, nous n’en avons
+pas parlé.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c39">ROULLIERS ET CHARETTES<br>
+<span class="small">DE ROUTES.</span></h3>
+
+
+<p>Rue de la Harpe à la Croix de fer, logent
+<span class="pagenum" id="p175">-175-</span> les Charettes pour Laval, Mayenne et Vitré en
+Bretagne<a id="FNanchor_638" href="#Footnote_638" class="fnanchor">[1]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_638" href="#FNanchor_638"><span class="label">[1]</span></a> Ce chapitre commence autrement dans l’édit. précédente,
+où il est le <small>XXXVII</small><sup>e</sup>, p. 57. On y trouve cet article
+qui manque ici : « Rue de la Huchette aux Bœufs, logent
+les charettes pour la Ferté Alais, qui partent le mercredi. »</p>
+</div>
+<p>Celles de Chartres rue Contrescarpe aux Carosses
+d’Orléans.</p>
+
+<p>Celles de Chevreuse qui partent les Mardis et
+Vendredis, rue saint Dominique du Fauxbourg
+saint Michel<a id="FNanchor_639" href="#Footnote_639" class="fnanchor">[2]</a>, à l’Ecu d’Orléans.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_639" href="#FNanchor_639"><span class="label">[2]</span></a> C’est l’ancienne rue Saint-Dominique-d’Enfer, qui
+alloit de la rue d’Enfer à la rue Saint-Jacques.</p>
+</div>
+<p>Celles de Montargis et de Nemours qui partent
+le Dimanche, rue du quay de la Tournelle.</p>
+
+<p>Celles de Beny-Briard, Cone, la Charité, saint
+Pierre le Moutier, Nevers, Bourbon les Bains,
+Vichy, Moulins, etc., qui partent le Mercredi,
+rue saint Victor aux Carosses d’Auvergne, et
+encore celles du Puy, Mandre, saint Flour,
+Issoire, Brioude, saint Poursaint, Gagnac Aigueperche,
+Riom et Clermont, qui partent le
+Mercredi. Enfin celles de Montpellier, Nismes,
+Frontignan, Baucaire, Milhaud, Lodève, Beziers,
+Narbonne et Perpignan qui partent le
+Mercredi.</p>
+
+<p>Celles de Gournay qui partent le Vendredi,
+rue Montorgeuil à l’image saint Christophle.</p>
+
+<p>Celles de Senlis, Compiègne, Noyon, Chaunis,
+la Fère, Ham, saint Quentin, le Quesnoy,
+Maubeuge, Roye, Peronne, Cambray, Douay,
+Valencienne, Tournay, Bapaume, Arras, l’Isle,
+<span class="pagenum" id="p176">-176-</span> Rouen, Diepe et le Havre qui partent tous les
+jours, rue saint Denis au grand Cerf.</p>
+
+<p>Celles de Beaumont-Roger en Normandie qui
+partent le Mercredi, rue Montmartre à la grosse
+Tête.</p>
+
+<p>Celles de Dijon, Bourg en Bresse, Nuis,
+Baune, Chalons sur Saône, Macon, Auxonne,
+Salins, Grey, Bezançon, Monbelliard, Befort,
+Pontarlier, Neufchastel, Sens, Joigny, Auxerre,
+Noyers, saint Florentin, Ancy le Franc, Tonnerre,
+Chably, Bavière, Mon-bar, Autun, Semeur,
+Avalon, sainte Reine, Bar sur Seine et
+Mussy l’Evesque, qui partent tous les jours près
+l’<i lang="la" xml:lang="la">Ave Maria</i> à la Diligence de Lion.</p>
+
+<p>Les Roüilliers<a id="FNanchor_640" href="#Footnote_640" class="fnanchor">[3]</a> de Troyes et autres Villes de
+Champagne et de Bourgogne, logent rue de la
+Verrerie à l’Image Notre Dame<a id="FNanchor_641" href="#Footnote_641" class="fnanchor">[4]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_640" href="#FNanchor_640"><span class="label">[3]</span></a> Blegny écrit comme on prononçoit, et comme on prononce
+encore dans quelques provinces. L’orthographe étoit
+déjà « roulier ». Richelet écrit ainsi, et l’exemple qu’il
+donne : « Il s’en va à Orléans avec les rouliers », indique
+que les rouliers ne prenoient pas seulement des marchandises
+dans leurs charrettes, mais des voyageurs à qui manquoit
+l’argent nécessaire pour aller par le carrosse de voiture,
+les messageries ou le coche.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_641" href="#FNanchor_641"><span class="label">[4]</span></a> Cette auberge existoit encore avec la même enseigne
+et la même destination à la fin du <small>XVIII</small><sup>e</sup> siècle. C’est là
+que descendit la fameuse M<sup>me</sup> de La Mothe lorsqu’elle vint
+de Troyes à Paris pour commencer ses intrigues, dont
+l’affaire du Collier fut la plus scandaleuse.</p>
+</div>
+<p>Ceux d’Anvers, de Lorraine et d’Allemagne,
+rue d’Arnétal au Chariot d’or, qui partent le
+Mardi et quelquefois le Mercredi.</p>
+
+<p>Ceux de l’Isle, Tournay, Douay, Arras, Maubeuge
+et Guise en Picardie, même rue au Mouton,
+qui partent le Jeudi.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p177">-177-</span> Et ceux de Compiègne, Peronne, la Ferre, etc.,
+même rue à la Croix de Lorraine, qui partent le
+Samedi.</p>
+
+<p>Rue saint Denis aux deux Anges, logent les
+Charrettes de Montmirel, de la Ferté Gauché et
+du Bois Commun, qui partent le Vendredi.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3 id="c40">AUTRES ADRESSES
+NOUVELLEMENT RECOUVERTES.</h3>
+
+
+<p>Chez les Sieurs Michallet et d’Houry rue saint
+Jacques, et chez la veuve Nion à l’adresse qui
+est à la première page, on trouvera au commencement
+de cette année 1692, le premier tome
+d’un livre également utile et curieux, qui aura
+pour titre <i>les Travaux d’Esculape</i>, ou les Découvertes
+successives des secrets de l’Art de guerir<a id="FNanchor_642" href="#Footnote_642" class="fnanchor">[1]</a>.
+Ensuite de quoy on y trouvera régulièrement
+tous les trois mois un volume nouveau du même
+livre, pour satisfaire aux ordres du Roy et de
+Monsieur le premier Medecin de Sa Majesté, en
+conformité desquels la Société Royale de Medecine
+a été établie, pour travailler à la recherche
+et vérification des nouvelles Découvertes qui ont
+été faites, qui le sont, et qui le seront cy-après
+dans toutes les parties de la Medecine et dans
+tous les Arts qui luy sont subordonnez.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_642" href="#FNanchor_642"><span class="label">[1]</span></a> C’est encore un livre de Blegny, qui ne pouvoit
+mieux finir qu’en se faisant une réclame de plus. Il avoit
+déjà publié, en 1679 et 1680, sous un titre à peu près
+pareil, 2 vol. du même genre, <i>Le Temple d’Esculape</i>. Voy.
+notre <i>Introduction</i>, p. <small>XLVIII</small>.</p>
+</div>
+<p>M. Rebel attenant au Jeu de paume de la rue
+<span class="pagenum" id="p178">-178-</span> Tireboudin<a id="FNanchor_643" href="#Footnote_643" class="fnanchor">[2]</a>, dit avoir apporté d’Egypte une
+Eau qui appaise sur le champ la douleur des
+Dents, qui se prend par le nez, qui fait larmoyer
+abondamment, et dont la phiole de quatre
+prises se vend un louis d’or ; mais la vertu de ce
+Remede est encore inconnu à l’Auteur.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_643" href="#FNanchor_643"><span class="label">[2]</span></a> C’est aujourd’hui la rue Marie Stuart.</p>
+</div>
+<p>Le Sieur Do Emailleur<a id="FNanchor_644" href="#Footnote_644" class="fnanchor">[3]</a> rue de Harlay scelle
+hermétiquement des Vaisseaux chimiques.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_644" href="#FNanchor_644"><span class="label">[3]</span></a> Il a déjà été parlé de lui. V. t. I, p. 242.</p>
+</div>
+<p>Le Sieur le Roy à l’entrée du fauxbourg saint
+Antoine vis-à-vis le Croissant, peint toutes sortes
+de Meubles en verni façon de la Chine<a id="FNanchor_645" href="#Footnote_645" class="fnanchor">[4]</a>, et travaille
+d’ailleurs dans les appartemens aux ornemens
+de Peintures.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_645" href="#FNanchor_645"><span class="label">[4]</span></a> C’est un prédécesseur bien peu connu des Martin, si
+célèbres vers le milieu du siècle suivant, mais en d’autres
+quartiers que le faubourg Saint-Antoine : « La manufacture
+royale de MM. Martin, lisons-nous dans l’<i>Esprit du
+Commerce</i>, 1748, in-8<sup>o</sup>, p. 41, est située faubourg Saint-Martin,
+faubourg Saint-Denis, et une autre rue Saint-Magloire. »</p>
+</div>
+<p>Les Suisses qui apportent des Serains de Canarie<a id="FNanchor_646" href="#Footnote_646" class="fnanchor">[5]</a>,
+logent à l’entrée du même faubourg<a id="FNanchor_647" href="#Footnote_647" class="fnanchor">[6]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_646" href="#FNanchor_646"><span class="label">[5]</span></a> « Les Suisses, lisons-nous dans le <i>Diction.</i> de Furetière,
+apportent beaucoup de serins de leurs pays, du Tyrol
+et des provinces méridionales de l’Allemagne. » Le Tyrol
+déjà en fournissoit surtout : « Dans une bourgade du Tyrol,
+nommée Imst, dit Malte-Brun, se trouve le grand séminaire
+de serins, nommés encore, ajoute-t-il ironiquement, <i>oiseaux
+des Canaries</i>, dans la plupart des langues d’Europe, et qui
+sont exportés jusqu’à Lisbonne et peut-être jusque dans les
+Iles Canaries. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_647" href="#FNanchor_647"><span class="label">[6]</span></a> Hervieux dans son <i>Traité des serins de Canaries</i>, 1709,
+in-12, chap. 23, dit qu’ils y venoient deux fois par an, et
+qu’ils logeoient dans ce faubourg, à l’hôtellerie de la Boule,
+où ils apportoient des serins par milliers.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p179">-179-</span> Le Sieur Quillet Sculteur à la Boule royale,
+grande rue du même fauxbourg, fait des Bordures
+de Tableaux pour les Marchands à juste
+prix.</p>
+
+<p>On vient d’établir une nouvelle Manufacture
+de Chandelle dans le même fauxbourg, rue de
+Pincourt, près la barrière<a id="FNanchor_648" href="#Footnote_648" class="fnanchor">[7]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_648" href="#FNanchor_648"><span class="label">[7]</span></a> Une note en a parlé plus haut, p. <a href="#p7">7</a>.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p180">-180-</span></p>
+
+<p class="c gap xsmall">FIN DU LIVRE DES ADRESSES.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p181">-181-</span></p>
+
+<h2 class="nobreak" id="c41" title="TABLE DES ARTICLES DU LIVRE DES ADRESSES DE PARIS.">TABLE<br>
+<span class="small">DES ARTICLES</span><br>
+<span class="xsmall">DU</span><br>
+<span class="small">LIVRE DES ADRESSES DE PARIS<a id="FNanchor_649" href="#Footnote_649" class="fnanchor">[1]</a>.</span></h2>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_649" href="#FNanchor_649"><span class="label">[1]</span></a> Nous donnerons à la fin du volume la table alphabétique
+de l’édition de 1691.</p>
+</div>
+
+<div class="flex">
+<table>
+<tr><td>&nbsp;</td>
+<td class="bot r w4 small"><div>Tome I.</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Affaires Ecclésiastiques</td>
+<td class="bot r"><div>15</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Exercices de piété</td>
+<td class="bot r"><div>21</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Finances Royales</td>
+<td class="bot r"><div>26</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Trésoriers Payeurs des Gages et
+Rentes</td>
+<td class="bot r"><div>40</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Conseils du Roy et Chancellerie</td>
+<td class="bot r"><div>46</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Secretaires du Roy</td>
+<td class="bot r"><div>54</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Scéances des Tribunaux</td>
+<td class="bot r"><div>78</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Vacations des Tribunaux</td>
+<td class="bot r"><div>86</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Docteurs et Licentiez en Droit</td>
+<td class="bot r"><div>87</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Secretaires et Greffiers du Conseil,
+des Cours Souveraines et des Juridictions
+Subalternes</td>
+<td class="bot r"><div>93</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Contraintes Judiciaires</td>
+<td class="bot r"><div>100</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Bureaux Publics</td>
+<td class="bot r"><div>106</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Administration des Hospitaux</td>
+<td class="bot r"><div>112</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Banquiers</td>
+<td class="bot r"><div>117</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Academies et Conferences publiques</td>
+<td class="bot r"><div>120</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Biblioteques particulières et publiques</td>
+<td class="bot r"><div>129</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Collèges et Leçons publiques</td>
+<td class="bot r"><div>138</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Mathematiques</td>
+<td class="bot r"><div>146</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Medecine ordinaire</td>
+<td class="bot r"><div>150</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Medecine empirique</td>
+<td class="bot r"><div>156</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Opérations chirurgicales</td>
+<td class="bot r"><div>157</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Matières Médecinales simples et composées</td>
+<td class="bot r"><div>164</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Pension pour les Malades</td>
+<td class="bot r"><div>178</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Bains et Etuves</td>
+<td class="bot r"><div>182</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Impressions et Commerce de Librairie</td>
+<td class="bot r"><div>185</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Musique</td>
+<td class="bot r"><div>204</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Fameux Curieux des Ouvrages magnifiques</td>
+<td class="bot r"><div>216</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Dames Curieuses</td>
+<td class="bot r"><div>231</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Commerce de Curiositez et de Bijouteries</td>
+<td class="bot r"><div>236</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Commerce des Ouvrages d’Or, d’Argent,
+de Pierreries, etc.</td>
+<td class="bot r"><div>244</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Premieres Instructions de la Jeunesse</td>
+<td class="bot r"><div>248</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Nobles Exercices pour la belle education</td>
+<td class="bot r"><div>253</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Armes et Bagages de Guerre et de
+Chasse</td>
+<td class="bot r"><div>261</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Chevaux et Equipages</td>
+<td class="bot r"><div>264</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Passetemps et Menus Plaisirs</td>
+<td class="bot r"><div>269</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Jardinages</td>
+<td class="bot r"><div>275</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Tapisseries et Meubles ordinaires</td>
+<td class="bot r"><div>283</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Chair et Poisson</td>
+<td class="bot r"><div>289</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Marchandises de Beurre, Œufs, Fromages
+et Legumes</td>
+<td class="bot r"><div>296</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Offices de fruiteries</td>
+<td class="bot r"><div>300</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Panneterie et Patisserie</td>
+<td class="bot r"><div>304</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Marchandises de Vins et d’Aprests</td>
+<td class="bot r"><div>309</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Hostels garnis et Tables d’Auberges</td>
+<td class="bot r"><div>316</div></td></tr>
+<tr><td>&nbsp;</td>
+<td class="bot r w4 small"><div>Tome II.</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Epiceries et autres Denrées domestiques</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c1">5</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Etoffes</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c2">9</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Linges, Points et Dentelles de fil</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c3">15</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Dentelles, Points, Boutons et Galons
+d’or, d’argent et de soye</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c4">16</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Mercerie et Quincaillerie</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c5">18</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Marchandises de Papetiers, Cartiers
+et Cartonniers</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c6">26</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Ouvrage et Commerce de Bonnetiers</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c7">28</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Marchandises des Gantiers et Parfumeurs</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c8">31</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Pelletterie et Fourrures</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c9">35</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Ouvrages et Marchandises de Cheveux</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c10">39</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Commerce des Verriers</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c11">41</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Commerce de diverses Matières Métalliques
+et Ouvrages de Couteliers,
+etc.</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c12">45</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Domestiques et Ouvriers</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c13">49</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Verifications et Rapports de Jurez</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c14">52</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Habits d’Hommes et de Femmes</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c15">58</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Commerce de Chapeaux</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c16">63</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Ouvrages et Marchandises de Cordonniers</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c17">65</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Adresses concernant les Articles precedens,
+recouvertes après leur impression</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c18">68</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Divers Adresses concernant des talens
+distinguez des articles precedens</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c19">73</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Omissions et Changemens</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c20">78</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Batimens du Roy</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c21">87</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Ouvrages exquis de Peinture et de
+Sculpture</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c22">92</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Architecture et Maçonnerie</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c23">102</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Qualitez et coupe de la Pierre</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c24">111</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Ouvrages et fournitures de Charpente</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c25">115</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Ouvrages et fournitures de Couvreurs</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c26">118</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Ouvrages et Bois de Menuiserie</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c27">121</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Ouvrages et Marchandises de fer</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c28">129</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Ouvrages de Vitriers</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c29">138</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Ouvrages et Marchandises de Miroitiers</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c30">140</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Peintures, Sculptures et Dorures pour
+les Ornemens et Decorations des
+Appartemens, Boutiques, etc.</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c31">144</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Ouvrages de Graveurs</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c32">151</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Ouvrages de Plombiers et de Fonteniers</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c33">155</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Ouvrages des Paveurs</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c34">157</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Poterie, Carrelage, Vuidanges, Nattes
+et frotage des Batimens</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c35">158</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Carrosses de Routes</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c36">160</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Messageries</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c37">166</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Coches par terre et par eau</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c38">172</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Roulliers et Charettes de Routes</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c39">174</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Autres Adresses nouvellement recouvertes</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c40">177</a></div></td></tr>
+</table>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p185">-185-</span></p>
+
+<h3>EXTRAIT DU PRIVILEGE DU ROY.</h3>
+
+
+<p>Par grâce et privilege du Roy, donné à Paris le
+14<sup>e</sup> jour du mois de juillet 1690, et signé par le Roy
+en son Conseil <i>De Saint Hilaire</i> ; il est permis à la
+veuve de Denis Nion, Marchand libraire à Paris,
+d’imprimer ou faire imprimer un manuscrit intitulé
+<i>Les Adresses de la Ville de Paris, avec le Trésor des
+Almanachs pour l’année 1692, par Abraham Du Pradel,
+Astrologue Lyonnois</i>, pendant le temps de six années,
+à compter du jour que ledit Livre aura été achevé
+d’imprimer pour la première fois ; avec très expresses
+inhibitions et défenses à tous Imprimeurs, Libraires
+et autres personnes, d’imprimer, faire imprimer ou
+contrefaire ledit Livre en quelque manière que ce
+soit, à peine de confiscation des Exemplaires, trois
+mille Livres d’amande et de tous dépens, dommages
+et intérests, comme il est porté plus au long par lesdites
+Lettres de Privilège.</p>
+
+<p>Registré sur le Livre de la Communauté des Libraires
+et Imprimeurs de Paris, le 26 juillet 1690.
+Signé P. Auboyn, Sindic<a id="FNanchor_650" href="#Footnote_650" class="fnanchor">[1]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_650" href="#FNanchor_650"><span class="label">[1]</span></a> V. sur lui, t. I, p, 185.</p>
+</div>
+<p>Achevé d’imprimer pour la seconde fois le 26 novembre
+1691.</p>
+
+<p>De l’Imprimerie de Laurent Rondot<a id="FNanchor_651" href="#Footnote_651" class="fnanchor">[2]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_651" href="#FNanchor_651"><span class="label">[2]</span></a> On a vu dans l’<i>Introduction</i>, t. I, p. lviij, que c’est
+chez lui que ce même privilège fut saisi.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p187">-187-</span></p>
+
+<h2 class="nobreak" id="c42">LE TRÉSOR<br>
+<span class="xsmall">DES</span><br>
+<span class="large">ALMANACHS</span><br>
+<span class="xsmall">POUR L’ANNÉE BISSEXTILE 1692</span></h2>
+
+<p class="c"><span class="xsmall">AVEC</span><br>
+<span class="small">UNE EXACTE DESCRIPTION<br>
+DE L’ŒCONOMIE UNIVERSELLE ET DES PARTIES<br>
+PRINCIPALES DU MONDE,</span></p>
+
+<p class="i drap">Un abrégé de la science des temps, le lever et le
+coucher du Soleil, le Tarif des nouvelles monnoyes,
+l’ordre du département des couriers,
+et diverses autres pièces également utiles et
+curieuses.</p>
+
+<p class="c">Par Abraham <span class="sc">Du Pradel</span>, Philosophe
+et Mathématicien.</p>
+
+
+<p class="c gap">A PARIS,<br>
+chez la Veuve de <span class="sc">Denis Nion</span>, Marchand-Libraire<br>
+sur le quai de Nesle, devant l’Abreuvoir de<br>
+Guenegaud, à l’image Sainte Monique.</p>
+
+<p class="c i">M. DC. XCII.<br>
+Avec privilége du Roy.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p189">-189-</span></p>
+
+<h3>AVERTISSEMENT.</h3>
+
+
+<p>L’auteur, qui s’étoit proposé de donner
+annuellement un Livre au public de
+toutes les choses sujettes à mutations,
+et sur lesquelles on a souvent besoin
+de nouvelles instructions pour se procurer les
+commoditez de la vie, jugea que le Calendrier
+qui comprend les fêtes mobiles devoit faire partie
+de ce Livre, et que par la même raison il
+seroit obligé d’y comprendre la science des
+temps, qui pour avoir quelques Époques certaines,
+ne laisse pas de varier sur les jours et sur
+les heures à l’égard des apparences des Astres
+et des Planettes qui ont servi de fondemens à
+cette science.</p>
+
+<p>Sur ces considérations il publia en 1690 une
+sorte d’essay qui eut pour titre le <i>Trésor des
+<span class="pagenum" id="p190">-190-</span> Almanachs</i> pour servir à toutes espèces de négociations
+utiles, et gui fut seulement imprimé à
+Troyes<a id="FNanchor_652" href="#Footnote_652" class="fnanchor">[1]</a> sur une simple permission, avec assez
+de négligence : cependant, l’accueil favorable
+que le public fit à cet essay, ayant fait naître à
+l’auteur le dessein de le rendre plus recommandable,
+<span class="pagenum" id="p191">-191-</span> et de poursuivre au grand sceau<a id="FNanchor_653" href="#Footnote_653" class="fnanchor">[2]</a> la permission
+prohibitive<a id="FNanchor_654" href="#Footnote_654" class="fnanchor">[3]</a> de le faire imprimer ; il fut
+publié pour la seconde fois en 1691, à la vérité
+avec une augmentation considérable, mais non
+pas avec l’ordre et l’exactitude qu’on pouvoit
+désirer, le Privilège n’ayant été obtenu que vers
+la fin de 1690, c’est-à-dire dans un temps où la
+nécessité de le publier sans aucun retard ne
+permit pas à l’Auteur de débrouiller assez parfaitement
+ses idées.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_652" href="#FNanchor_652"><span class="label">[1]</span></a> On sait combien sont anciennes les imprimeries
+populaires de Troyes, dont les productions avoient leur
+débouché naturel aux fameuses foires de Champagne. On
+commença par y publier des complaintes, des cantiques,
+etc., sur de grandes feuilles avec gravures, qu’on obtenoit
+sans doute par le procédé des planches xylographiques :
+« J’ai vu, lit-on dans les <i>Œuvres inédites</i> de Grosley, t. II,
+p. 15, j’ai vu chez Jean Fraictot, le dernier de nos dominotiers,
+de ces planches qui, soit par leur état, soit par le
+goût du caractère des lettres, et de la poésie des cantiques,
+annonçoient plusieurs siècles d’antiquité. » — Les almanachs
+de Troyes sont bien plus anciens que ceux de Liège. On a
+un <i>Calendrier des Bergers, avec leur astrologie et autres
+choses profitables</i>, imprimé à Troyes en 1510. Au siècle
+suivant, les almanachs de Larivey, de la famille de celui
+dont on connoît les comédies traduites de l’italien, y faisoient
+fortune. Nous citerons entre autres : <i>Almanach</i> de
+Pierre Larrivey, <i>avec grandes prédictions pour l’année 1622</i>.
+Sorel, quand il dit au livre XI de <i>Francion</i> : « N’as-tu
+point leu l’almanach… de Larivay le jeune Troyen »,
+témoigne de leur popularité. Perrault de même, disant de
+Boileau, si fier du succès de ses <i>Œuvres</i> : « Il a beau se
+glorifier du grand débit que l’on fait de ses Satires, ce débit
+n’approchera jamais de celui du moindre des almanachs, imprimés
+à Troyes, au <i>Chapon d’or</i>. » C’étoit si bien la terre
+promise des calendriers avec prédictions, que le P. Placide
+Duval disoit dans ses <i>Éléments de la Géographie de la
+France</i> : « La ville de Troyes est habitée de plusieurs bons
+Marchands, et d’un bon nombre d’Astrologues. » Il en
+venoit aussi des chansons, ce qui offusquoit davantage
+l’autorité. On laissoit passer les almanachs, mais on arrêtoit
+les chansons. (<i>Corresp. administ. de Louis XIV</i>, t. II,
+p. 802, 788.) Sur les libraires qui vendoient à Paris les
+almanachs de Troyes, v. plus haut, t. I, p. 193.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_653" href="#FNanchor_653"><span class="label">[2]</span></a> A la grande Chancelerie de France. Les actes qu’on
+y revêtoit du grand sceau étoient exécutoires par tout le
+royaume.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_654" href="#FNanchor_654"><span class="label">[3]</span></a> Permission avec expresse défense pour les autres.</p>
+</div>
+<p>Lors de cette seconde édition, ce Livre fut
+intitulé <i>Les Adresses de la Ville de Paris et le
+Trésor des Almanachs</i>, avec cette addition de
+<i>Livre commode en tous lieux, en tous temps et en
+toutes conditions</i> ; mais étant arrivé que dans le
+courant de l’année bien des gens avoient témoigné
+qu’ils seroient bien aises d’avoir pour le
+commerce ou pour des présens<a id="FNanchor_655" href="#Footnote_655" class="fnanchor">[4]</a> des Almanachs
+séparez du Recueil des Adresses, et qu’au contraire
+tous ceux qui avoient recherché le Recueil
+des Adresses, avoient eu à gré d’y trouver l’Almanach ;
+l’Auteur a pris le parti de faire en
+<span class="pagenum" id="p192">-192-</span> même temps deux éditions distinguées, l’une
+sous le titre général de <i>Livre commode</i>, qui comprend
+ensemble cet Almanach et le Recueil des
+Adresses, l’autre sous le premier titre de <i>Trésor
+des Almanachs</i> qui se vendra séparément.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_655" href="#FNanchor_655"><span class="label">[4]</span></a> Il étoit de mode de donner, le jour de l’an, des <i>almanachs</i>
+richement reliés. De là vint la vogue de ces <i>Étrennes
+mignonnes</i>, dont nous avons vu la fin. Il existe dans les
+poésies diverses de La Fontaine (édit. Marty, t. V, p. 117)
+une pièce curieuse, qui est un souvenir de cette mode :
+« <span class="sc">Prédictions pour les quatre saisons de l’année</span>,
+<i>mises dans un Almanac écrit à la main sur du vélin,
+garni d’or et de diamants et présenté à M<sup>me</sup> de Montespan
+par M<sup>me</sup> de Fontange</i>, le 1<sup>er</sup> jour de l’an 1680. »</p>
+</div>
+<p>Cette complaisance de l’auteur, jointe aux
+peines qu’il s’est données pour rendre son ouvrage
+complet, luy fait espérer l’approbation de
+ses Lecteurs, qui lui tiendra lieu de récompense,
+et qui multipliera les vœux qu’il fait pour leur
+prospérité en ce monde, et pour leur béatitude
+dans l’éternité des siècles.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p193">-193-</span></p>
+
+<p class="c">LE TRÉSOR<br>
+<span class="large">DES ALMANACHS<a id="FNanchor_656" href="#Footnote_656" class="fnanchor">[5]</a></span><br>
+<span class="xsmall">POUR L’ANNÉE BISSEXTILE<a id="FNanchor_657" href="#Footnote_657" class="fnanchor">[6]</a> 1692.</span></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_656" href="#FNanchor_656"><span class="label">[5]</span></a> Dans l’édition précédente, p. 63, Blegny, au lieu de
+la ligne qui suit ici, avoit mis : « pour servir à toutes
+espèces de négociations utiles. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_657" href="#FNanchor_657"><span class="label">[6]</span></a> On sait quelle est l’origine des années bissextiles.
+Jules César, lorsqu’il créa le calendrier nommé à cause de
+lui calendrier Julien, décida que l’année seroit de 365 jours
+6 heures ; et comme ces six heures quatre fois répétées
+forment un jour, il ordonna que ce jour seroit intercalé
+tous les quatre ans après le sixième des calendes de mars,
+qui correspond au 24 février. Par cette intercalation ce
+sixième jour des calendes étant doublé, on l’appela <i lang="la" xml:lang="la">bis
+sextus</i>, bis sixième, ou <i>bissexte</i>, d’où année bissextile.</p>
+</div>
+
+
+
+<h3 title="IDÉE GÉNÉRALE DU MONDE.">IDÉE<br>
+<span class="small">GÉNÉRALE DU MONDE<a id="FNanchor_658" href="#Footnote_658" class="fnanchor">[7]</a>.</span></h3>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_658" href="#FNanchor_658"><span class="label">[7]</span></a> Blegny, dans l’édition de 1691, avoit écrit avec moins
+d’emphase : « Systêmes du Monde ».</p>
+</div>
+
+<p>Le temps n’étant que la durée des êtres
+modifiez, et les saisons qui se trouvent
+dans la suite des temps n’étant que
+des accidents qui arrivent à ces êtres,
+il est de l’ordre de donner une idée générale de
+<span class="pagenum" id="p194">-194-</span> l’Univers, avant que de parler de la succession
+des temps et des saisons : mais comme cet
+Ouvrage, qui n’est qu’un simple manuel journalier,
+doit fournir dans l’instant même d’un besolu<a id="FNanchor_659" href="#Footnote_659" class="fnanchor">[8]</a>
+l’utilité qu’on en doit attendre, et qu’il
+seroit par conséquent défectueux s’il exigeoit la
+moindre application d’esprit, on ne trouvera ici
+ni dans toutes les autres parties que des expositions
+si claires et si précises, qu’il suffira de les
+lire pour en faire sur le champ de justes applications
+dans la pratique de la vie civile.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_659" href="#FNanchor_659"><span class="label">[8]</span></a> Lisez « d’un besoin ».</p>
+</div>
+<p>Voici donc comment, sans aucun principe, chacun
+se pourra faire dans un moment l’idée générale
+de l’univers. Il faut pour cela se représenter,
+comme on le sçait communément, que la Terre,
+avec les Eaux qu’elle comprend, est un globe
+ou rond, plein et opaque, qu’on peut comparer
+à une boule quant à la forme plus générale ; puis
+ayant imaginé que cette boule pleine et opaque
+est au milieu d’une boule creuse et transparente
+dont la circonscription est beaucoup plus étendue,
+se représenter d’ailleurs qu’elle est soutenue
+au milieu de ce creux par une substance fluide
+et claire qui reçoit le nom d’Air.</p>
+
+<p>Alors, après avoir donné à ce premier globe
+<span class="pagenum" id="p195">-195-</span> creux et transparent le nom de <i>Ciel de la Lune</i><a id="FNanchor_660" href="#Footnote_660" class="fnanchor">[9]</a>,
+on s’en figurera un deuxième de même nature
+qu’on nommera <i>Ciel de Mercure</i>, et qu’on supposera
+assez grand pour renfermer celuy-là ; puis
+enfin, en les multipliant, on pourra en imaginer
+un troisième pour <i>Vénus</i>, un quatrième pour le
+<i>Soleil</i>, un cinquième pour <i>Mars</i>, un sixième
+pour <i>Jupiter</i>, un septième pour <i>Saturne</i>, qui est
+la dernière et la plus éloignée des sept planètes,
+un huitième où l’on placera le firmament ou ciel
+des étoiles fixes, un neuvième qui sera le premier
+ciel cristalin<a id="FNanchor_661" href="#Footnote_661" class="fnanchor">[10]</a>, un dixième qui sera le
+deuxième cristalin, et un onzième qu’on supposera
+être le premier mobile des autres, après
+quoy ayant imaginé un carré, on s’y représentera,
+suivant l’Apocalypse, la Sainte Cité<a id="FNanchor_662" href="#Footnote_662" class="fnanchor">[11]</a> ou le
+Ciel Empirée<a id="FNanchor_663" href="#Footnote_663" class="fnanchor">[12]</a> qui est la demeure des Bienheureux.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_660" href="#FNanchor_660"><span class="label">[9]</span></a> Tout cela, ainsi que ce qui suit, est du système de
+Ptolémée, celui que Blegny, comme on le verra plus loin,
+avoit adopté pour ne pas se mettre mal avec l’Église.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_661" href="#FNanchor_661"><span class="label">[10]</span></a> Ceci est encore du système de Ptolémée, suivant
+lequel chacun des cieux transparents qui enveloppent la
+terre au delà des cercles des planètes, s’appelle « cristallin ».</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_662" href="#FNanchor_662"><span class="label">[11]</span></a> V. l’<i>Apocalypse</i>, chap. III, verset 12 ; chap. XXI,
+versets 2 et 10.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_663" href="#FNanchor_663"><span class="label">[12]</span></a> C’est, dans le système de Ptolémée, le ciel des fixes,
+supérieur au ciel des planètes.</p>
+</div>
+
+<p class="c"><i>Considérations sur l’œconomie universelle et sur
+les parties principales du monde.</i></p>
+
+<p>Dans l’Astronomie la représentation de l’assemblage
+entier de tous les globes simples dont
+<span class="pagenum" id="p196">-196-</span> il vient d’être parlé, forme un Globe composé
+qui a reçu le nom de Sphère, et au milieu
+duquel on met un axe ou essieu sur lequel on
+suppose que tous les Cieux ensemble tournent
+en vingt-quatre heures d’Orient en Occident,
+quoique la Terre demeure fixe à leur égard<a id="FNanchor_664" href="#Footnote_664" class="fnanchor">[13]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_664" href="#FNanchor_664"><span class="label">[13]</span></a> Il est inutile de dire que le système de Ptolémée a ce
+principe erroné pour base. « Il s’est, dit Ferd. Hœfer,
+<i>Hist. de l’astronomie</i>, p. 209, tellement identifié avec le
+langage et les idées traditionnels, que l’on dit encore aujourd’hui
+que le Soleil <i>marche</i>, qu’il <i>se lève</i>, qu’il <i>se couche</i>,
+etc., absolument comme si la Terre étoit immobile au
+centre du monde. »</p>
+</div>
+<p>Cet axe est supposé avoir ses deux points
+ou terminaisons au premier mobile<a id="FNanchor_665" href="#Footnote_665" class="fnanchor">[14]</a> et traverser
+diamétralement toute la sphère, on imagine l’un
+de ces points à la partie Septentrionale, et
+l’autre à la partie Méridionale de ce Ciel, et l’on
+appelle le premier Pôle Artique, et le deuxième
+Pôle Antartique.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_665" href="#FNanchor_665"><span class="label">[14]</span></a> On appeloit, dans l’astronomie ancienne, « premier
+mobile », la première et la plus haute des sphères célestes,
+qui se meut et donne le mouvement aux sphères inférieures.
+Le temps « du premier mobile » est le temps qui
+est mesuré par le retour des étoiles au méridien.</p>
+</div>
+<p>Ces noms qui, comme il vient d’être dit, n’appartiennent
+proprement qu’aux deux terminaisons
+de l’axe, ne laissent pas que de servir dans
+la Géographie de la Terre pour exprimer les
+deux points où l’on fait commencer les Lignes
+qui vont à ces mêmes terminaisons.</p>
+
+<p>Ce qui a donné les noms aux sept premiers
+cieux<a id="FNanchor_666" href="#Footnote_666" class="fnanchor">[15]</a>, est ce qu’on nomme Planettes. Ce sont
+des Astres qu’on distingue des Etoiles fixes du
+<span class="pagenum" id="p197">-197-</span> firmament, en ce que celles-ci dans leur mouvement
+gardent toujours un ordre et une distance
+égale, et que celles-là, au contraire, changent
+de situation les unes à l’égard des autres, pendant
+même qu’elles sont toutes emportées par
+un mouvement général d’Orient en Occident sur
+l’Axe qui vient d’être supposé.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_666" href="#FNanchor_666"><span class="label">[15]</span></a> V. ce qui a été dit un peu plus haut.</p>
+</div>
+<p>Cette variété de situations vient de ce que ce
+mouvement général n’empêche pas qu’elles
+n’ayent chacune un mouvement particulier et
+naturel d’Occident en Orient dans lequel elles
+sont inclinées, tantôt vers les signes Méridionaux,
+tantôt vers les signes Septentrionaux, les
+unes plus, les autres moins ; et que d’ailleurs
+elles peuvent avoir jusqu’à sept ou huit degrez
+de latitudes dans chaque signe, ce qui fait qu’on
+les imagine comme enclavées dans un même
+Cercle qu’on nomme Zodiaque<a id="FNanchor_667" href="#Footnote_667" class="fnanchor">[16]</a> et qu’on fait le
+plus large de la Sphère.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_667" href="#FNanchor_667"><span class="label">[16]</span></a> Les signes du zodiaque servent encore pour l’astronomie
+moderne, mais sans correspondre aux constellations de l’ancienne.
+La découverte de la première des planètes télescopiques
+au commencement du siècle prouva que ce Cercle devoit
+être considérablement élargi : « La découverte de <i>Cerès</i> par
+Piazzi, en 1801, lisons-nous dans l’<i>Histoire de l’astronomie</i>
+de Voiron, p. 72, a changé tout à coup les idées reçues
+sur la largeur du zodiaque. L’étendue de cette zône du
+ciel dans laquelle sont observés les mouvements des planètes
+avoit toujours été comprise dans une largeur d’environ
+seize degrés ; c’étoit celle du zodiaque consacré par
+l’astronomie ancienne. Cérès en a franchi les bornes et
+porté sa largeur jusqu’à trente-sept degrés. »</p>
+</div>
+<p>Il faut de cette proposition générale excepter
+le Soleil, en ce que dans son mouvement particulier
+et annuel, aussi bien que dans le mouvement
+<span class="pagenum" id="p198">-198-</span> général du premier mobile, il parcourt
+constamment le milieu du Zodiaque ; en sorte
+qu’il décrit comme une ligne étroite dans ce
+milieu qu’on nomme Ecliptique, par cette raison
+que quand la Lune se trouve à notre égard vis-à-vis
+de cette ligne, il se fait une éclipse.</p>
+
+<p>Le Zodiaque, et par conséquent l’Ecliptique
+qui n’est que son milieu, aussi bien que tous les
+autres Cercles qu’on imagine dans la Sphère du
+Monde, est divisé par les Astronomes en 360 parties
+qu’on nomme degrez, chaque degrez en
+60 minuttes, chaque minutte en 60 secondes,
+chaque seconde en 60 tierces, etc.</p>
+
+<p>J’ai déjà dit que les Planettes faisoient ensemble
+le tour de la Terre en 24 heures ; je dois
+dire maintenant que par leurs mouvemens particuliers
+et naturels,</p>
+
+<p>Saturne fait la révolution en 29 ans 155 jours,
+8 heures.</p>
+
+<p>Jupiter en 7 ans, 323 jours 17 heures.</p>
+
+<p>Mars en un an 321 jours 22 heures.</p>
+
+<p>Le Soleil en 365 jours, 5 heures, 49 minuttes
+16 secondes.</p>
+
+<p>Mercure en 215 jours, 21 heures 5 minuttes.</p>
+
+<p>Vénus en 583 jours, 22 heures 12 minuttes.</p>
+
+<p>La Lune en 27 jours, 7 heures et 43 minuttes<a id="FNanchor_668" href="#Footnote_668" class="fnanchor">[17]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_668" href="#FNanchor_668"><span class="label">[17]</span></a> On comprend que tous ces calculs, basés sur le système
+de Ptolémée, sont devenus plus ou moins faux lorsqu’on
+a pris pour base celui de Copernic. Voici, avec
+celui-ci, à quels nouveaux chiffres on est arrivé : la révolution
+de Saturne autour du Soleil se fait en 10,758 jours,
+c’est-à-dire un peu plus de 29 ans ; Jupiter fait la sienne
+en 11 ans, 217 jours ; Mercure en 87 jours, 23 heures,
+14 minutes, 30 secondes ; Vénus en 224 jours.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p199">-199-</span> Quand on est dans un lieu bien découvert, et
+qu’on regarde toute la Terre apparente, il semble
+qu’aux extrémitez de la circonférence elle est
+jointe avec les Cieux, ce qui forme ce Cercle<a id="FNanchor_669" href="#Footnote_669" class="fnanchor">[18]</a>
+qu’on appelle Orizon, où le Soleil paroît le
+matin à l’Orient et disparoît le soir à l’Occident,
+ce qu’on appelle lever et coucher du Soleil, et
+ce qui fait aussi que la partie orientale de la
+Terre est nommée Levant et la partie occidentale
+Couchant.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_669" href="#FNanchor_669"><span class="label">[18]</span></a> La division de la sphère en cercles : le méridien,
+l’équateur, l’écliptique, les deux tropiques et l’horizon, est
+due à Ptolémée, après lequel les Arabes l’adoptèrent.</p>
+</div>
+<p>Le Cercle qu’on imagine disposé dans un sens
+précisément contraire à celuy de l’Orizon, c’est-à-dire
+qui le coupe diamétralement, en séparant
+l’Axe et la Terre en deux parties égales, est ce
+qu’on nomme Equateur et ligne Equinoctiale.</p>
+
+<p>La Terre, considérée par sa division Orisontale,
+représente deux hémisphères ; la supérieure,
+que nous occupons et dont le continent de Terre
+habitable renferme les trois parties qu’on nomme
+Europe, Asie, et Afrique ; et l’inférieure qui fait
+les Antipodes, et dont le continent fait la quatrième
+partie de la Terre qu’on nomme Amérique
+ou Nouveau-Monde.</p>
+
+<p>La division de la Terre qui se fait par l’Équateur
+distingue en chaque hémisphère la partie
+Septentrionale de sa partie Méridionale ; et pour
+la diviser de l’autre sens, c’est-à-dire en partie
+Orientale et en partie Occidentale, on imagine
+encore un autre cercle qu’on appelle Méridien,
+et qui passe sur les deux pôles ou terminaisons
+<span class="pagenum" id="p200">-200-</span> de l’axe du Monde, mais qui n’a pas de situation
+déterminée, parce qu’il doit être respectif à
+chaque climat pour désigner l’endroit où le
+Soleil est à midi.</p>
+
+<p>Le premier mobile tournant sur l’axe, l’Equateur
+pourroit être considéré comme le chemin
+des Astres, n’étoit que le Zodiaque, dans la largeur
+duquel elles sont comprises<a id="FNanchor_670" href="#Footnote_670" class="fnanchor">[19]</a>, le coupe
+obliquement pour incliner de 23 degrez environ
+30 minuttes sur notre hémisphère du côté du
+Septentrion, et sur l’autre du côté du Midi, ce
+qui fait la diversité des saisons, qui sont dépendantes
+de l’approche et de l’éloignement du Soleil
+à l’égard de chaque climat ou partie de la
+Terre.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_670" href="#FNanchor_670"><span class="label">[19]</span></a> Nous ne savons pourquoi Blegny fait d’<i>astre</i> un mot
+féminin ; il fut toujours masculin.</p>
+</div>
+<p>Le mouvement journalier du Soleil fait qu’il
+n’est pas toujours au même endroit du Zodiaque,
+et que changeant de situation à l’égard des parties
+de ce Cercle, il se trouve dans les douze
+mois de l’année sous les douze signes qui font la
+division de ces mêmes parties chacune de 30 degrez.</p>
+
+<p>Ces signes sont généralement divisés en Méridionaux
+et Septentrionaux ; les premiers, au
+nombre de six, sont ainsi nommez et figurez :
+la Balance ♎︎, le Scorpion ♏︎, le Sagittaire ♐︎,
+le Capricorne ♑︎, le Verseau ♒︎, les Poissons ♓︎.
+Le Soleil passe dans les trois premiers en
+automne, et dans les trois derniers en hiver.</p>
+
+<p>Les derniers, pareillement au nombre de six,
+sont aussi désignez par les noms et par les figures
+<span class="pagenum" id="p201">-201-</span> suivantes : à sçavoir le Bélier ♈︎, le Taureau
+♉︎, les Gémeaux ♊︎, l’Écrevisse ♋︎, le Lion
+♌︎, la Vierge ♍︎. Le Soleil passe dans les trois
+premiers au printemps et dans les trois autres
+en été.</p>
+
+<p>Ainsi, lorsque le Soleil paraît au Capricorne,
+qui est vers le 22 décembre, nous entrons en
+hiver, dont le premier jour, étant le plus court
+de l’année, fait ce qu’on nomme Solstice d’hiver,
+c’est-à-dire le temps auquel le Soleil est plus
+éloigné de nous.</p>
+
+<p>L’accroissement des jours se faisant par degrez
+depuis le Solstice d’hiver jusqu’environ le
+20 mars, il arrive enfin que leur durée devient
+égale à celle des nuits, égalité qu’on nomme
+Équinoxe et qui fait le commencement du printemps,
+où l’on voit le Soleil au Bélier.</p>
+
+<p>Depuis ce premier Equinoxe, les jours s’augmentant
+par degrez, nous arrivons enfin le
+21 juin au plus long jour de l’année, c’est-à-dire
+au Solstice d’été, où le Soleil entre dans le
+signe de l’Écrevisse.</p>
+
+<p>Puis les jours étant derechef dégénérez jusqu’à
+une juste égalité de durée avec celle des
+nuits, nous arrivons enfin à l’Équinoxe d’Automne
+vers le 22 septembre, où le Soleil entre
+au signe de la Balance, et d’où les jours dégénèrent
+encore jusqu’à l’entrée de l’hiver.</p>
+
+<p>Pour représenter précisément dans la Sphère
+les diverses situations des signes où commencent
+les Équinoxes, et de ceux où commencent les
+Solstices, on y voit deux grands Cercles qu’on
+nomme les Colures, qui passent comme le Méridien
+sur les deux pôles, et qui, étant placez en
+<span class="pagenum" id="p202">-202-</span> distances égales, séparent le Globe en coupant
+le Zodiaque, où ils marquent de la sorte les
+endroits où le Soleil détermine le changement
+des saisons<a id="FNanchor_671" href="#Footnote_671" class="fnanchor">[20]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_671" href="#FNanchor_671"><span class="label">[20]</span></a> Cette définition des <i>colures</i> est assez juste. Ce sont,
+en effet, deux grands cercles qui s’entrecoupent à angles
+droits aux pôles, et qui passent : l’un, le <i>colure</i> du solstice,
+par les points solsticiaux, et l’autre, le <i>colure</i> des équinoxes,
+par les points équinoxiaux de l’écliptique, déterminant ainsi
+les quatre grandes divisions, qui marquent les quatre saisons
+de l’année. Leur nom vient de
+Κολος mutilé, et
+οὐρὰ
+queue, parce que, selon Proclus, quelques-unes de leurs
+parties ne sont pas visibles à la vue.</p>
+</div>
+<p>Si on se représente un Cercle vers chaque pôle
+et tous deux parallelles à l’Équateur, c’est-à-dire
+en égales distances, on aura compris ce que les
+Astronomes nomment à la partie Septentrionale
+du Monde, Tropique de Cancer, et à la partie
+Méridionale, Tropique de Capricorne, qui sont
+les termes de la déclinaison ou oblicuité de
+l’Écliptique ; le surplus des parties de l’Univers
+et de la Sphère qui le représente sont à mon avis
+d’une trop médiocre considération pour l’idée
+générale que je me suis proposé de donner. Je
+dois dire seulement que quand on se figure un
+point qui répond perpendiculairement à notre
+tête, on le nomme Zénith<a id="FNanchor_672" href="#Footnote_672" class="fnanchor">[21]</a> ou point Vertical, et
+qu’on appelle Nadir<a id="FNanchor_673" href="#Footnote_673" class="fnanchor">[22]</a>, celuy qui luy est directement
+opposé, et qui répond à nos pieds, ce qui
+sert à l’explication de quelques phœnomènes.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_672" href="#FNanchor_672"><span class="label">[21]</span></a> Ce mot, qu’on écrivoit au moyen âge <i>Cenith</i>, vient
+de l’arabe <i>Semt</i> ou <i>Simet</i>, qui signifie chemin droit, point
+vertical.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_673" href="#FNanchor_673"><span class="label">[22]</span></a> Mot qui vient de l’arabe <i>nathir</i>, vis-à-vis. Il désigne
+le point du ciel auquel aboutiroit une ligne verticale tirée
+du point où nous sommes, et passant à travers le centre
+de la Terre.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p203">-203-</span></p>
+
+<h3>REMARQUES<br>
+<span class="small">SUR LE SYSTÊME PRÉCÉDENT ET SUR
+LES AUTRES SYSTÊMES DU MONDE.</span></h3>
+
+
+<p>Ce qu’on appelle systême dans l’Astronomie
+est une déduction précise des principalles dispositions
+de l’Univers.</p>
+
+<p>Celuy dont je viens de donner l’idée est attribué
+à Ptolémée Égyptien. Il a servi à la construction
+de la Sphère artificielle qui sert depuis
+plusieurs siècles à démontrer cette science.
+Thico-Brahé, Danois, qui s’étoit proposé de le
+réformer, ne jugea pas à propos de détruire
+l’immobilité de la Terre et se contenta de supposer
+que le Soleil tournoit autour d’elle, tandis
+que les autres Planettes tournoient autour du
+Soleil, ce qui n’a eu qu’un petit nombre d’approbateurs<a id="FNanchor_674" href="#Footnote_674" class="fnanchor">[23]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_674" href="#FNanchor_674"><span class="label">[23]</span></a> C’est là, en effet, à peu près tout le système de Tycho-Brahé,
+qui vouloit ainsi concilier ensemble la Bible,
+Ptolémée et Copernic. Il plaçoit le soleil au centre des
+mouvements des planètes qu’il faisoit tourner avec lui autour
+de la Terre. L’idée de ce système mixte avoit un instant
+été celle de Copernic. Lorsqu’il eut songé qu’il seroit
+contraire à la simplicité de la nature de faire tourner le
+centre commun des planètes autour d’un centre secondaire,
+il y renonça. V. à ce sujet Montucla, <i>Hist. des
+Mathémat.</i>, t. I, p. 661.</p>
+</div>
+<p>Il n’en a pas été ainsi d’un troisième système
+proposé par Copernic, Allemand<a id="FNanchor_675" href="#Footnote_675" class="fnanchor">[24]</a> : car, quoique
+<span class="pagenum" id="p204">-204-</span> celui-ci soit entièrement opposé à celuy de Ptolémée
+qui est celuy même des Écoles, il n’a pas
+laissé que d’être trouvé probable par quelques
+gens, qui se sont imaginez qu’il pouvoit mieux
+servir que les autres à l’explication de ces Phœnomènes,
+dont on doit la découverte aux grandes
+lunettes d’approche qui sont maintenant en
+usage.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_675" href="#FNanchor_675"><span class="label">[24]</span></a> Dans l’édition précédente, p. 71, Blegny avoit dit avec
+plus de raison : « Copernic polonois ». Thorn, qui est situé sur
+la Vistule, à quarante lieues de Varsovie, et qui n’appartient
+à la Prusse que depuis 1815, étoit, en effet, sa ville natale.
+L’ouvrage où il exposa son système parut pour la première
+fois à Nuremberg en 1543. C’est un in-fol. qui porte ce
+titre : <i lang="la" xml:lang="la">De revolutionibus orbium cœlestium</i>. Copernic avoit
+alors soixante-dix ans ; il mourut quelques mois après.</p>
+</div>
+<p>Dans ce système, on suppose le Soleil au
+centre du Monde, on fait de la Terre une Planette
+et on la fait tourner avec toutes les autres
+autour du Soleil, du moins si on en excepte la
+Lune qu’on croit tourner seulement autour de
+la Terre, comme si elle étoit enclavée dans son
+Atmosphère, c’est-à-dire dans le tourbillon d’air
+dont elle est environnée, ce qui fait que ces
+deux corps ne sont imaginez que dans un même
+ciel, qu’on fait le troisième et qu’on fait précéder
+par conséquent de celuy de Mercure que
+l’on croit être le premier ; et de celuy de Vénus
+qu’on dit être le deuxième ; de même que le
+Ciel de Mars qui suit celuy de la Terre est réputé
+le quatrième, et successivement ceux de Jupiter
+et de Saturne qui font le cinquième et le
+sixième. Mais, outre que ce systême n’est pas
+approuvé par l’Église<a id="FNanchor_676" href="#Footnote_676" class="fnanchor">[25]</a>, je feray voir bientôt
+<span class="pagenum" id="p205">-205-</span> dans un traité à part que tout ce qu’on y propose
+est physiquement impossible.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_676" href="#FNanchor_676"><span class="label">[25]</span></a> Le 5 mars 1616, la congrégation de l’Index avoit
+condamné <i lang="la" xml:lang="la">donec corrigatur</i>, ce qui valoit moins, disoit Képler,
+que <i lang="la" xml:lang="la">donec explicetur</i>, le livre de Copernic, comme
+« renfermant des idées données pour très vraies sur la
+situation et le mouvement de la Terre, idées entièrement
+contraires à la Sainte Écriture. » En 1633, Galilée, qui les
+soutenoit, fut condamné avec elles par un arrêt du Saint-Siège
+qui déconcerta la science et faillit arrêter ses progrès.
+Descartes en fut si frappé qu’il écrivit au P. Mersenne, le
+22 juillet 1633, le 10 janvier et le 15 mars 1634, qu’il
+renonçoit à publier ses ouvrages de philosophie. En décembre
+1640, le courage ne lui étoit pas revenu. Pascal,
+sans se décider, car on a trouvé dans ses fragments de
+pensées cette phrase : « Je trouve bon qu’on n’approfondisse
+pas l’opinion de Copernic », n’attaqua pas moins très
+vivement les jésuites d’avoir provoqué à Rome la condamnation
+du système : « Ce fut aussi en vain, dit-il dans sa
+18<sup>e</sup> Provinciale, que vous obtîntes contre Galilée un décret
+de Rome qui condamnoit son opinion touchant le mouvement
+de la Terre. Ce ne sera pas cela qui prouvera qu’elle
+demeure en repos ; et si l’on avoit des observations constantes
+qui prouvassent que c’est elle qui tourne, tous les
+hommes ensemble ne l’empêcheroient pas de tourner, et ne
+s’empêcheroient pas de tourner aussi avec elle. » Malebranche,
+dans la <i>Recherche de la vérité</i>, liv. IV, ch. 12,
+douze ans après la mort de Pascal, fut plus net. Après
+avoir rappelé le chapitre de la Bible sur Josué arrêtant le
+soleil, le seul dont l’Église se fît une arme contre Copernic,
+il osa dire que la foi n’est point intéressée à ces choses « qui
+sont du ressort de la raison », et qu’il faut lui laisser son
+partage. La condamnation du système n’en fut pas moins
+maintenue, et cela presque jusqu’à nos jours. Lorsque, le
+5 mai 1829, l’on inaugura à Varsovie la statue de Copernic
+par Thorwaldsen, le clergé s’y arma encore de l’arrêt de
+Rome pour refuser son concours.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3>ABRÉGÉ<br>
+<span class="small">DE LA SCIENCE DES TEMPS.</span></h3>
+
+
+<p>Le Temps, qui n’est proprement que la durée
+passée, présente et future de l’Univers, a parmi
+les hommes des époques et des divisions qui
+<span class="pagenum" id="p206">-206-</span> servent à mesurer la subsistance des estres périssables.
+Ces époques et ces divisions sont ce qui
+forme le Calendrier, dans lequel les parties du
+temps ne sont déterminées que respectivement
+aux mouvements du Soleil à l’égard de la Terre
+ou, comme il faudroit dire avec Copernic, aux
+mouvemens de la Terre à l’égard du Soleil, ce
+qui ne change rien dans le fait.</p>
+
+<p>Ainsi, comme on suppose dans l’opinion commune
+que le Soleil est 365 jours, 5 heures et
+environ 49 minutes à parcourir tout le Zodiaque,
+c’est-à-dire à faire tout le tour de la Terre, par
+son mouvement annuel on fait de cette espace
+de temps une mesure qu’on appelle année, et
+qui sert, en la multipliant, à déterminer les plus
+longues durées des choses, puisque de cent années
+on fait un siècle, et que l’idée de plusieurs
+siècles passez renvoye notre imagination jusqu’au
+temps de la création du Monde.</p>
+
+<p>Mais comme on sçait que chaque année commence
+le 1<sup>er</sup> janvier à minuit, qu’elle finit le
+dernier décembre à la même heure, et que tout
+cet espace de temps n’est justement que de
+365 jours, on pourroit croire que les 5 heures
+et les 49 minuttes<a id="FNanchor_677" href="#Footnote_677" class="fnanchor">[26]</a> dont il vient d’être parlé,
+détacheroient l’ordre des saisons de celui des
+années dans la succession des temps, si je ne
+faisois remarquer ici qu’après trois années de
+365 jours on en fait une de 366 qui est appelée
+bissextile<a id="FNanchor_678" href="#Footnote_678" class="fnanchor">[27]</a>, et dont le jour ajouté fait que février,
+<span class="pagenum" id="p207">-207-</span> qui n’a que 28 jours dans les autres, en a 29
+dans celle-ci et encore qu’après 135 années on
+retranche un jour, pour quelques minutes qu’il y
+a de moins sur ce jour ajouté<a id="FNanchor_679" href="#Footnote_679" class="fnanchor">[28]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_677" href="#FNanchor_677"><span class="label">[26]</span></a> C’est ce qu’on appelle en Astronomie « le Quart de
+jour ».</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_678" href="#FNanchor_678"><span class="label">[27]</span></a> V. une des notes précédentes. — Nous ajouterons ici,
+pour fixer mieux l’origine de cette division du temps, qu’il
+paroît avéré aujourd’hui que 2000 ans avant notre ère,
+les Chinois avoient une année commune de 365 jours, et
+qu’ils intercaloient un jour tous les quatre ans. V. Claudius
+Saunier, <i>le Temps</i>, 1858, in-12, p. 60.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_679" href="#FNanchor_679"><span class="label">[28]</span></a> Lalande, dans son <i>Astronomie des Dames</i>, édit. de
+1824, in-12, p. 83, explique avec plus de détail, et d’après
+les calculs définitifs, comment on retrouve, pour qu’il n’y
+ait pas de lacune, les quelques minutes qui manquent au
+jour supplémentaire des années bissextiles : « il s’en faut,
+dit-il, de onze minutes que le quart de jour ne soit juste,
+et au bout de cent ans cette erreur s’accumule de manière
+qu’on a ajouté presque un jour de trop ; voilà pourquoi en
+1700, 1800 et 1900 l’année est commune au lieu d’être
+bissextile, comme elle devroit l’être de quatre ans en quatre
+ans. Mais l’an 2000 sera bissextile ; on ne supprime que
+trois bissextiles en 400 ans, parce que les onze minutes
+d’erreur n’en exigent pas davantage. Voilà en abrégé,
+ajoute-t-il, toute la règle des années solaires, suivant la
+réformation faite en 1582. Les années bissextiles sont celles
+dont on peut prendre le quart, comme 84, 88, 92, etc.,
+même les années séculaires 1600, 2000, 2400. » — Lalande,
+après ces explications, rappelle spirituellement la
+prière du Bourgeois gentilhomme à son Maître de philosophie
+pour qu’il lui apprenne l’Almanach (acte II, scène 6),
+et il ajoute : « Molière savoit que ce n’étoit pas toujours
+une chose facile. »</p>
+</div>
+<p>L’espace de temps dans lequel le Soleil, par
+son mouvement annuel, parvient d’un solstice à
+l’autre, sert à diviser l’année en deux semestres,
+de même que par les deux solstices et les deux
+équinoxes ensembles, on la divise en quatre trimestres
+ou quartiers, et chacun de ces trimestres
+en trois mois, chacun desquels est mesuré par
+le temps que le Soleil employe dans ce même
+<span class="pagenum" id="p208">-208-</span> mouvement pour passer de l’un des signes du
+Zodiaque dans un autre.</p>
+
+<p>J’ai déjà dit que le Soleil, par le mouvement
+du premier mobile, fait tout le tour de la Terre
+en 24 heures ; je dois dire maintenant que cet
+espace de temps est ce qu’on nomme jour naturel,
+c’est-à-dire la trois cent soixante et cinquième
+partie d’une année qui n’est point bissextile,
+laquelle comprend ensemble le temps
+des ténèbres qu’on appelle nuit, et celuy de la
+lumière qui est nommé jour artificiel.</p>
+
+<p>Il vient d’être remarqué que février n’a ordinairement
+que 28 jours et au plus 29. Quelques
+autres en ont 30 et la plupart même jusqu’à 31.
+Cela vient de ce que les mois qui n’étoient autrefois
+que lunaires, c’est-à-dire réglez sur le
+mouvement rétrograde de la Lune, n’étoient
+qu’environ de 29 jours ; et que depuis, pour
+ajuster les mois au circuit annuel du Soleil,
+Jules César ajouta dix jours à l’année<a id="FNanchor_680" href="#Footnote_680" class="fnanchor">[29]</a>, ce qui
+fit en même temps l’accroissement et l’inégalité
+des mois.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_680" href="#FNanchor_680"><span class="label">[29]</span></a> C’est ce qu’à cause de lui on appela l’année julienne,
+dont nous avons déjà parlé plus haut. La réforme dont elle
+fut le résultat reposoit sur une base erronée, en ce qu’on y
+considérait comme exacte une longueur de l’année de 10
+minutes 8 secondes plus grande qu’elle n’est réellement, ce
+qui formoit tous les cent trente-quatre ans l’excédant d’un
+jour presque entier. Dès le <small>XI</small><sup>e</sup> siècle, lorsque les astronomes
+persans eurent déterminé la longueur de l’année avec une
+précision telle que l’erreur ne fut plus que d’un jour en
+plusieurs milliers d’années, on se préoccupa d’une nouvelle
+réforme, mais il fallut plusieurs siècles, comme on le verra,
+pour qu’elle aboutît.</p>
+</div>
+<p>Cette inégalité et le nombre de 52 semaines
+<span class="pagenum" id="p209">-209-</span> qui se trouvent dans le courant de chaque année
+fait voir qu’elles ne peuvent pas entrer dans une
+division cathégorique des temps, puisqu’on ne
+peut pas diviser les mois en un nombre certain
+de semaines, chaque semaine n’étant que de
+sept jours ; aussi ne doivent-elles être considérées
+que comme une ordination ecclésiastique
+concernant le culte divin<a id="FNanchor_681" href="#Footnote_681" class="fnanchor">[30]</a> ; c’est pourquoi après
+avoir montré qu’un siècle est composé de cent
+années, que chaque année comprend deux
+semestres, chaque semestre deux quartiers,
+chaque quartier trois mois, chaque mois un peu
+moins ou un peu plus de 30 jours, et enfin
+chaque jour 24 heures, y compris les diurnes
+et les nocturnes ; il reste seulement à dire pour
+l’exacte division des mesures du temps, que
+chaque heure est divisée en deux demies, chaque
+demie en deux quarts, chaque quart en quinze
+minuttes, chaque minutte en 60 secondes,
+chaque seconde en 60 tierces, etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_681" href="#FNanchor_681"><span class="label">[30]</span></a> C’est ce qu’elle est en effet depuis l’adoption, en
+325, de la réforme julienne par le Concile de Nicée, qui
+supposa que l’intercalation de dix jours ordonnée par César
+faisoit exactement coïncider la longueur de l’année astronomique
+avec celle de l’année civile, et établit la concordance
+astronomique du calendrier avec le mouvement du
+Soleil.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3>PRÉCISIONS<br>
+<span class="small">CHRONOLOGIQUES ET HISTORIQUES DES TEMPS.</span></h3>
+
+
+<p>Ces précisions sont indifféremment et généralement
+nommées par les Astronomes Ères, Epoques
+ou points fixes des temps ; ce sont ou des
+<span class="pagenum" id="p210">-210-</span> dattes permanentes retenues par un consentement
+universel, pour déterminer le temps des
+grands évènements ou des nombres révolutaires<a id="FNanchor_682" href="#Footnote_682" class="fnanchor">[31]</a>
+qui ne sont pas d’un moindre usage pour la
+Cronologie et pour l’Histoire.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_682" href="#FNanchor_682"><span class="label">[31]</span></a> Ce mot n’est plus admis par la science.</p>
+</div>
+<p>A l’égard des dattes permanentes, on compte
+depuis le commencement du monde jusqu’à présent
+5,641 années ; depuis le Déluge universel
+3,185 ; depuis la naissance de Jésus-Christ 1692 ;
+depuis sa mort 1659 et depuis la réformation
+Grégorienne du Calendrier 110<a id="FNanchor_683" href="#Footnote_683" class="fnanchor">[32]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_683" href="#FNanchor_683"><span class="label">[32]</span></a> La réformation grégorienne ou correction de l’intercalation
+julienne doit son nom au pape Grégoire XIII, qui la
+décréta en 1582, d’après les calculs de l’astronome italien
+Aloïsio Lilio.</p>
+</div>
+<p>Pour ce qui est des nombres révolutaires, ils
+méritent chacun une explication particulière ; le
+plus considérable est celuy qu’on appelle <i>Nombre
+d’or</i>, parce qu’il étoit autrefois marqué dans le
+Calendrier en lettre d’or. Sa première année,
+qui étoit en dernier lieu la précédente 1691,
+étoit marquée par 1. Celle-ci, qui fait sa deuxième,
+étoit marquée 2 et ses dattes seront ainsi
+continuées pendant dix-neuf années selon l’ordre
+naturel des nombres ; en sorte que 1710 aura
+19 pour nombre d’or et que 1710 reviendra au
+premier nombre<a id="FNanchor_684" href="#Footnote_684" class="fnanchor">[33]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_684" href="#FNanchor_684"><span class="label">[33]</span></a> L’explication de Lalande, p. 84, est plus claire : « Les
+<i>Nombres d’or</i>, dit-il, sont une suite de 19 nombres qui
+répondent à 19 ans, et indiquent successivement les années
+qui s’écoulent avant que la nouvelle lune revienne au
+1<sup>er</sup> janvier. » Ce n’est qu’un retour au cycle de l’athénien
+Méton, que, sous Alexandre, Eudoxe avoit déjà réformé
+d’après les livres des prêtres d’Égypte. Champollion-Figeac,
+dans son <i>Résumé complet de Chronologie</i>, petit livre si
+curieux et aujourd’hui si peu commun, ne croit pas non
+plus à l’exactitude des calculs qui l’ont réglé, et par conséquent
+n’admet pas davantage la régularité du cycle chrétien
+qui en dérive : « <i>Le nombre d’or</i> se rapporte, dit-il p. 161,
+à une concordance supposée de l’année lunaire avec l’année
+solaire. Au moyen d’intercalations, on crut que 19 années
+de chaque espèce avoient également 6939 jours, et
+qu’ainsi les nouvelles lunes revenoient, pour chaque cycle
+de 19 ans, aux mêmes jours et aux mêmes heures. La
+réformation grégorienne corrigea les erreurs qui résultoient
+de cette fausse opinion. L’on y remédia autant qu’on le
+put, mais ce cycle est encore imparfait. »</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p211">-211-</span> Ce nombre révolutaire a été ainsi réglé pour
+déterminer précisément l’espace de temps qui se
+doit écouler avant que la Lune se trouve dans le
+point même où elle étoit à l’égard du Soleil lors
+de la première datte de ce nombre, ce qui ne se
+peut faire, suivant les plus exacts observateurs,
+qu’en dix-neuf années, à cause que l’année lunaire
+est plus courte que l’année solaire, je veux
+dire que le temps des douze lunes de l’année est
+moindre de onze jours que celuy du circuit annuel
+du Soleil.</p>
+
+<p>Le cycle solaire est encore un nombre révolutaire
+qui est d’un grand usage dans le Calendrier ;
+il est nommé solaire parce qu’il règle la
+lettre Dominicale, c’est-à-dire celle qui désigne
+le Dimanche, que les Romains avaient consacré
+au Soleil.</p>
+
+<p>La lettre dominicale est toujours une des sept
+premières lettres de l’alphabet, qu’on place dans
+le Calendrier suivant leur ordre naturel pour
+marquer les sept jours de la Semaine ; mais cet
+ordre, qui est observé à l’égard des jours, ne
+<span class="pagenum" id="p212">-212-</span> l’est pas au respect des années, dans la suite
+desquelles ces Lettres ne deviennent successivement
+dominicales que par un ordre contraire et
+rétrograde, si bien qu’il suffit de sçavoir qu’en
+1691 la lettre G était Dominicale pour conclure
+que nous avions A en 1690 et que nous aurons
+F cette année 1692, en sorte même que la nécessité
+qu’il y a cette année bissextile de changer
+cette lettre à cause du jour ajouté, n’interrompra
+point cet ordre rétrograde, et par conséquent
+qu’après le 25 février la lettre Dominicale
+sera D<a id="FNanchor_685" href="#Footnote_685" class="fnanchor">[34]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_685" href="#FNanchor_685"><span class="label">[34]</span></a> Pour réparer le trouble apporté dans l’ordre des
+<i>Lettres dominicales</i> par l’intercalation d’un jour à la fin de
+février, on a donné aux années de cette espèce deux <i>lettres
+dominicales</i>, l’une du 1<sup>er</sup> janvier à la fin de février, l’autre
+pour le reste de l’année.</p>
+</div>
+<p>Pour ne rien dire qui demande une espèce
+d’étude, je ne m’expliquerai pas sur les causes
+de cette rétrogradation, il suffit de dire ici que
+son ordre fait une si considérable variété dans
+la distribution de ses sept premières lettres,
+qu’elles ne se retrouvent dans le premier arrangement
+du sicle solaire qu’après 28 années, qui
+font le juste terme de sa révolution.</p>
+
+<p>On marque l’Indiction romaine dans le Calendrier,
+parce qu’elle est de quelque utilité pour
+l’intelligence de l’histoire des derniers siècles.
+Elle ne sert que pour diviser la suite des années
+par quinze ; ainsi comme cette année est la
+quinzième de l’indiction, on recommencera à la
+compter l’année suivante par le premier ordre<a id="FNanchor_686" href="#Footnote_686" class="fnanchor">[35]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_686" href="#FNanchor_686"><span class="label">[35]</span></a> L’<i>Indiction</i>, révolution de quinze années, dont la première,
+marquée I, est un des trois cycles de la période
+julienne. C’est une division par quinzaines de toute la
+série des années, depuis la première de l’ère chrétienne.
+Elle est encore en usage dans les bulles du Saint-Siège.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p213">-213-</span> A l’égard de l’Épacte, il en sera parlé dans
+l’article suivant en expliquant les Lunaisons.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3>ÉPACTE ET LUNAISONS.</h3>
+
+
+<p>On appelle Épacte un certain nombre par
+lequel, sans almanach, on trouve le temps de la
+Lune<a id="FNanchor_687" href="#Footnote_687" class="fnanchor">[36]</a>. Pour s’en asseurer, il faut chaque année
+ajouter onze à l’Épacte de l’année précédente,
+et prendre pour Épacte le produit de cette addition,
+pourveu néanmoins qu’il n’excède pas le
+nombre de trente : car quand cela arrive de la
+sorte, on prend seulement pour Épacte ce qui
+est au-dessus de ce nombre, ce qui se pratique
+constamment de la même sorte jusqu’au terme
+révolutaire du nombre d’or, après lequel on
+recommence à compter l’Épacte par le premier
+nombre ; et c’est ce qu’on a fait l’année précédente
+1691, en sorte que dans la présente année
+1692 nous aurons le nombre 12 pour Épacte.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_687" href="#FNanchor_687"><span class="label">[36]</span></a> L’Épacte est la différence en jours, heures, minutes et
+secondes qui existe entre une révolution solaire et douze
+révolutions lunaires. On appelle cycle des épactes un espace
+de trente années, après lequel les épactes reviennent à peu
+près dans le même ordre. V. à ce sujet la <i>Métrologie</i> de
+Saigey. Les épactes, suivant Champollion-Figeac, sont « un
+moyen chronologique pour vérifier la certitude des dates du
+moyen âge ». <i>Résumé de chronologie</i>, p. 160.</p>
+</div>
+<p>Lors donc qu’on veut sçavoir par l’Épacte en
+quel temps on est de la Lune, il faut additionner
+le nombre de l’Épacte, le quantième du mois
+courant, et le nombre des mois dont il a été
+<span class="pagenum" id="p214">-214-</span> précédé depuis celuy de Mars ; par exemple, si
+je veux savoir en quel temps de la Lune je serai
+le 4 juillet, je dirai : 4 du mois joint à 12
+d’Epacte font 16 et 4 pour les mois de mars,
+avril, mai et juin font vingt, et par conséquent
+le 4 juillet je serai au 20 de la Lune, ce qui n’est
+pas néanmoins si juste qu’on ne s’y puisse tromper
+d’un jour ou d’un jour et demi.</p>
+
+<p>On appelle Lunaison le temps du mouvement
+propre de la Lune<a id="FNanchor_688" href="#Footnote_688" class="fnanchor">[37]</a>, c’est-à-dire celuy dans lequel
+on voit commencer et finir le circuit qu’elle
+fait autour de la Terre dans l’espace de 29 jours,
+12 heures, 3 quarts et un peu plus.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_688" href="#FNanchor_688"><span class="label">[37]</span></a> C’est le temps qui s’écoule depuis le commencement
+de la nouvelle lune jusqu’à la fin du dernier quartier. Pour
+les paysans, les lunaisons règlent le temps, pour les marins
+de même, qui appellent, par exemple, « lunaison de vent »
+l’espace de temps — quinze jours environ — pendant
+lequel le même vent souffle. Le principal savoir des vieux
+magisters de village étoit de les bien connoître, ce qui a
+fait dire au poète de <i>L’Homme des Champs</i>, chant I<sup>er</sup>, p. 63,
+1<sup>re</sup> édit., à propos du magister qu’il y met en scène :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse"><b>. . . . . . . . . . . . . . .</b></div>
+<div class="verse">Connoît <i>les lunaisons</i>, prophétise l’orage,</div>
+<div class="verse">Et même du latin jadis eut quelque usage.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p>Sur les lunaisons, et principalement sur la fameuse doctrine
+du général Bugeaud, déjà pressentie dans les <i>Géorgiques</i>
+de Virgile, V. <i>Le Vieux-Neuf</i>, 2<sup>e</sup> édit., t. III, p. 555,
+note.</p>
+</div>
+<p>On divise chacune des douze lunaisons de
+l’année en quatre parties. Le commencement de
+la première s’appelle nouvelle Lune, dans lequel
+elle se trouve en conjonction avec le Soleil,
+c’est-à-dire située dans un même point du Ciel.
+Le second se nomme premier quartier, lors duquel
+<span class="pagenum" id="p215">-215-</span> il y a entre elle et le Soleil un quart du
+Ciel. Le troisième est nommé pleine Lune, lorsqu’étant
+opposée au Soleil, il y a la moitié du
+Ciel entre les deux. Et le quatrième fait le dernier
+quartier, dont le premier jour est le milieu
+de sa déclinaison.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3>JEUNES ET SOLEMNITEZ.</h3>
+
+
+<p>Par rapport aux institutions ecclésiastiques,
+les jours peuvent être généralement divisez en
+jours libres et en jours prescrits.</p>
+
+<p>Les jours libres sont ceux dans lesquels on
+peut user indistinctement de toutes sortes d’aliments,
+et s’occuper indifféremment à toutes espèces
+de négociations et de travaux.</p>
+
+<p>Les jours prescrits sont ceux qui sont ordonnez
+pour les jeûnes et pour les solemnitez. Dans
+les uns les viandes grasses sont prohibées, dans
+les autres il faut s’abstenir du travail pour vaquer
+plus assiduement au culte divin.</p>
+
+<p>De même qu’il y a des jeûnes et des solemnitez
+fixes dans le Calendrier, il y en a aussi de
+mobiles qui changent chaque année par rapport
+à leurs dattes et on peut dire même que les
+Dimanches sont des fêtes d’une troisième espèce
+qu’on peut appeler mixtes : car si d’un côté ils
+peuvent être considérés comme fixes, en cela
+qu’ils sont toujours solemnisez le premier jour
+de la semaine, ils ont d’ailleurs ceci de commun
+avec les Fêtes mobiles qu’ils changent de dattes
+chaque année, d’où vient qu’on est obligé de
+les désigner dans le Calendrier par la lettre Dominicale,
+à la différence des autres fêtes qui sont
+<span class="pagenum" id="p216">-216-</span> seulement désignées par des lettres italiques, de
+même que les jours de jeûne.</p>
+
+<p>La plus grande fête des chrétiens est celle de
+Pâques, qui est d’autant plus considérable entre
+les Fêtes mobiles que c’est elle qui règle toutes
+les autres<a id="FNanchor_689" href="#Footnote_689" class="fnanchor">[38]</a>, aussi bien que les jeûnes qui sont
+assujettis au changement de dattes ; c’est pourquoi,
+quand on sçait le jour de sa célébration
+pour une certaine année, on peut sçavoir en
+quoi le Calendrier de cette année là peut être
+différent de celuy de l’année précédente, y ayant
+toujours le même nombre de jours entre deux
+jeûnes ou deux fêtes mobiles.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_689" href="#FNanchor_689"><span class="label">[38]</span></a> Champollion-Figeac dit à peu près de même p. 161 :
+« On s’est surtout proposé parmi les Chrétiens de régler la
+célébration de la Pâque, de laquelle dépendent les jours de
+toutes les autres fêtes mobiles. »</p>
+</div>
+<p>Le Concile de Nicée<a id="FNanchor_690" href="#Footnote_690" class="fnanchor">[39]</a> qui, entre autres choses,
+fut assemblé pour régler la fête de Pâques, ordonna
+qu’elle seroit célébrée le premier Dimanche
+d’après le 14<sup>e</sup> jour de la Lune du premier mois ;
+en sorte néanmoins que ce 14<sup>e</sup> jour de la Lune
+se trouvant être au Dimanche, elle fut remise au
+Dimanche suivant, et déclara que par ce premier
+mois on devoit entendre celuy dont la 14<sup>e</sup> lune
+tomboit au jour de l’Équinoxe du Printemps ou
+immédiatement après<a id="FNanchor_691" href="#Footnote_691" class="fnanchor">[40]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_690" href="#FNanchor_690"><span class="label">[39]</span></a> Nous avons, à propos de la réforme julienne qu’il
+adopta, parlé déjà de ce Concile qui se tint en l’année 325.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_691" href="#FNanchor_691"><span class="label">[40]</span></a> Il sera plus clair de dire, avec M. Legoarant, qu’il
+fut décidé par le Concile que Pâques seroit toujours célébré
+le premier dimanche d’après la pleine Lune qui suit l’équinoxe
+de Printemps, c’est-à-dire le 21 mars. « Pâques ne
+peut ainsi, dit-il, se trouver plus tôt que le 22 mars, ou
+plus tard que le 25 avril. »</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p217">-217-</span> Quelqu’un pourrait souhaiter une plus ample
+explication de cette doctrine ; mais, comme je
+l’ai déjà dit, ce n’est pas ici un livre de science,
+c’est seulement un Manuel dans lequel on ne doit
+trouver que l’effet de la science, c’est-à-dire
+une réduction précise des utilitez qu’elle peut
+fournir ; c’est pourquoi j’estime qu’il suffira de
+marquer ici suivant la coutume les dattes des
+Jeûnes et des Fêtes mobiles.</p>
+
+<p>La Septuagésime, qui est le dixième Dimanche
+d’avant Pâques, et qui sert à l’ordre des prières
+ecclésiastiques, sera cette année le 3 février.
+Les Cendres, qui est le premier jour de Carême,
+le 20 du même mois, Pâques le 6 avril, les Rogations
+le 12, l’Ascension le 15 et la Pentecôte
+le 25 May, la Trinité le 1<sup>er</sup> et la Fête-Dieu le
+5 juin, et le premier Dimanche de l’Avent le
+30 novembre.</p>
+
+<p>A l’égard des Quatre-Temps, en chacun desquels
+l’Eglise a ordonné trois jours de jeûne, ils
+seront cette année en Mars les 26, 28 et 29, et
+en May les 28, 30 et 31, en Septembre les 17,
+19 et 20, et en Décembre les mêmes jours.</p>
+
+<p>Les Vigiles des Fêtes mobiles, aussi bien que
+des autres, sont marquées dans le Calendrier.</p>
+
+<p>Il est bon de dire ici que par le respect qu’on
+doit à la Fête de Pâques et à celle de Noël,
+l’Eglise défend les noces depuis le jour des Cendres
+jusqu’au premier Dimanche d’après Pâques
+qu’on nomme Quasimodo, et depuis le premier
+jour de l’Avent jusqu’aux Rois.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p218">-218-</span></p>
+
+<h4>JANVIER</h4>
+
+<p class="drap">Ainsi nommé à cause du dieu
+Janus à qui son premier
+jour avoit été consacré par
+les Romains.</p>
+
+<div class="flex">
+<table>
+<tr><td class="r"><div>1</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">La Circoncision</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>2</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Ulric</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>3</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Geneviève</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>4</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Tite év.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>5</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Siméon</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>6</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap"><i>Les Rois</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>7</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">Prem. Noc.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>8</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Lucien</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>9</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Julien</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>10</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Guill.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>11</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Théod.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>12</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Paul H.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>13</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Hilaire</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>14</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. N. de J.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>15</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Maur</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>16</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Marcel</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>17</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Antoine</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>18</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">Ch. S. P.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>19</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Denis P.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>20</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Sébastien</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>21</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Agnès</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>22</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Vincent</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>23</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Emer</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>24</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Timothée</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>25</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">Conv. S. Paul</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>26</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Polycarpe</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>27</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. J. Chr.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>28</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Charles</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>29</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Fr. de S.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>30</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Batilde</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>31</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Pierre N.</td></tr>
+</table>
+</div>
+
+<p class="c">Le lever
+et le coucher
+du Soleil
+avec la durée des jours
+et des nuits.</p>
+
+<p>Le premier de ce mois le jour
+qui sera de 8 heures 12 minuttes
+paraîtra à 5 heures un quart 9 minuttes.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 15 heures
+3 quarts 2 minuttes terminera le
+jour à 6 h. 7 minuttes.</p>
+
+<p>Le Soleil qui entrera au 0 degré
+37 minuttes du Capricorne et qui
+déclinera au midi de 19 degrez
+3 minuttes se lèvera à 7 heures
+3 quarts 14 minuttes et se couchera
+à 4 heures 7 minuttes.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 10 de ce mois, le jour qui
+sera de 8 h. un quart 10 m. paroîtra
+à 5 h. 49 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 15 h. et
+demi 3 m. terminera le jour à
+6 h. 12 minuttes.</p>
+
+<p>Le Soleil qui entrera au 19 degré
+9 min. du Capricorne et qui déclinera
+au midi de 19 degrez 49 m.
+se lèvera à 7 h. 3 quarts 9 minuttes
+et se couchera à 4 heures
+10 minuttes.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 20 de ce mois, le jour qui
+sera de 8 h. et demi paroîtra à
+5 h. et demi 11 minuttes.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 15 h. un
+quart 3 m. terminera le jour à
+6 h. 1 quart 4 minuttes.</p>
+
+<p>Le Soleil qui entrera au 10 degré
+16 min. du Verseau et qui déclinera
+au midi de 18 degrez 10 m.
+se lèvera à 7 h. 3 quarts moins
+4 m. et se couchera à 4 h. 1 quart
+6 m.</p>
+
+
+<p class="c">Les Phases
+ou apparences
+de la Lune
+et la variation
+des dispositions de l’air.</p>
+
+<p class="noindent">🌑︎ Pleine lune le 4 de ce mois à
+3 h. 9 minuttes du matin.</p>
+
+<p>Temps couvert et nuageux, puis
+serain et tempéré par les vents du
+couchant, et derechef chargé de
+brouillard.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">☾︎ Dernier quartier le 10 à 4 h.
+39 min. du soir.</p>
+
+<p>Obscurité de l’air, brouillard et
+neige fondue pendant le jour à
+cause du vent du nord, et quelque
+sérénité la nuit à cause des vents
+du midi qui soufleront alternativement
+avec ceux là.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle lune le 18 à 10 h.
+12 min. du matin.</p>
+
+<p>Apparence de gelée et ensuite
+temps variable et matinées sombres,
+froides et humides, avec
+quelques neiges et pluies.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">☽︎ Premier quartier le 26 à midi
+et demi 18 min.</p>
+
+<p>Temps venteux, inconstant et le
+plus souvent couvert, avec pluies,
+neiges, gresil et frimais.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p220">-220-</span></p>
+
+<h4>FÉVRIER</h4>
+
+<p class="drap">Nom qui vient de Februare, qui
+signifie expier, à cause que le
+premier jour de ce mois les Romains
+offroient des sacrifices
+d’expiation pour les Morts.</p>
+
+<div class="flex">
+<table>
+<tr><td class="r"><div>1</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Ignace</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>2</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap"><i>Purification</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>3</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap"><i>Septuagésime</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>4</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Gilbert</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>5</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Agathe</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>6</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Dorot.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>7</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Romual</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>8</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Paul év.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>9</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Apoll.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>10</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap"><i>Sexagésime</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>11</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Severin</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>12</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Eulalie</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>13</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Polyc.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>14</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Valent.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>15</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Faustin</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>16</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Lucian</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>17</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap"><i>Quinquag</i>.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>18</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Siméon</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>19</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap"><i>Mardy gras</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>20</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap"><i>Les Cendres</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>21</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">29 Mart.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>22</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">Chair S. P.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>23</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>24</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap"><i>Quadrag.</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>25</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap"><i>S. Mathias</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>26</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Alexis</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>27</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap"><i>4 Temps</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>28</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Firmin</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>29</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap"><i>S. Aven.</i></td></tr>
+</table>
+</div>
+<p>Epacte XII</p>
+
+<p>Lett. Dom. F E</p>
+
+
+<p class="c">Le lever
+et le coucher
+du Soleil
+avec la durée des jours
+et des nuits.</p>
+
+<p>Le premier de ce mois, le jour
+qui sera de 9 h. un quart paroîtra
+à 5 h. un quart 13 minuttes.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 14 heures
+3 quarts terminera le jour à 6 h.
+et demi 2 minuttes.</p>
+
+<p>Le Soleil qui entrera au 13 degré
+9 min. du Verseau et qui déclinera
+au midi de 17 degrez 15 m. se
+lèvera à 7 h. un quart 8 m. et se
+couchera à 4 h. et demi 7 min.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 10 de ce mois, le jour qui
+sera de 9 h. 43 m. paroîtra à
+5 h. 1 quart 1 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 14 h.
+14 m. terminera le jour à 6 h. et
+demi 14 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 21 degré
+35 m. du Verseau et qui déclinera
+au midi de 14 degrez 33 min. se
+lèvera à 7 h. 9 m. et se couchera
+à 4 h. 3 quarts 6 m.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 20 de ce mois, le jour qui
+sera de 10 h. 1 quart 1 m. paroîtra
+à 5 h. 2 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 13 h. et
+demi 14 m. terminera le jour à
+6 h. 3 quarts 13 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 1<sup>er</sup> degré
+40 m. des Poissons et qui déclinera
+au midi de 10 degrez 49 m. se
+lèvera à 6 h. 3 quarts 7 m. et se
+couchera à 5 h. 8 m.</p>
+
+
+<p class="c">Les Phases
+ou apparences
+de la Lune
+et la variation
+des dispositions de l’air.</p>
+
+<p class="noindent">🌑︎ Pleine Lune le 2 à 2 h. 40 m.
+après midi.</p>
+
+<p>Froid humide avec pluyes et
+neiges, principalement la nuit et
+le matin, les jours étant plus tempérés
+par les vents du Midi.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">☾︎ Dernier quartier le 9 à 5 h.
+44 m. du matin.</p>
+
+<p>Temps serain, puis venteux et
+ensuite couvert avec quelques neiges
+et brouillards.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 17 à 10 h.
+40 m. du soir.</p>
+
+<p>Nuages et sérénité par intervales
+avec apparence de gelée, et ensuite
+brouillard le matin, pluyes et neiges
+fondues.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">☽︎ Premier Quartier le 24 à 6 h.
+26 m. du matin.</p>
+
+<p>Temps venteux, nuageux et variable
+et ensuite quelque apparence
+de beau temps.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p222">-222-</span></p>
+
+<h4>MARS</h4>
+
+<p class="drap">Ainsi nommé à cause du dieu Mars
+supposé père de Romulus, auquel
+il avait été consacré comme
+premier mois de l’année.</p>
+
+<div class="flex">
+<table>
+<tr><td class="r"><div>1</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Aubin</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>2</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap"><i>Reminisc.</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>3</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Martin</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>4</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Casim.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>5</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Phocas</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>6</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Cole.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>7</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. I. d’A.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>8</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. I. de D.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>9</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap"><i>Oculi</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>10</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">40 Mart.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>11</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Mar.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>12</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Soter.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>13</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Eufras.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>14</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Lubli</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>15</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Mar.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>16</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap"><i>Lætare</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>17</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Patr.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>18</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Cyril</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>19</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Joseph</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>20</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Joachim</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>21</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Leno.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>22</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Theo.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>23</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap"><i>Judica</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>24</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Gabr.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>25</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap"><i>An. N.-D.</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>26</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Victo.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>27</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. J. d’E.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>28</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Gont.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>29</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Rufe.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>30</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap"><i>S. Paupin</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>31</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Balbe</td></tr>
+</table>
+</div>
+
+<p class="c">Le lever
+et le coucher
+du Soleil
+avec la durée des jours
+et des nuits.</p>
+
+<p>Le premier de ce mois, le jour
+qui sera de 10 h. 5 m. paroîtra à
+4 h. 3 quarts.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 13 h. 9 m.
+terminera le jour à 7 h. 1 quart
+1 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui entrera au 10 degré
+42 m. des Poissons et qui déclinera
+au midi de 7 degrez 22 m.
+se lèvera à 6 h. et demi 4 m. et
+se couchera à 5 h. 1 quart 11 minuttes.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 10 de ce mois, le jour qui
+sera de 11 h. 1 quart 9 min. paroîtra
+à 4 h. 14 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 12 h. et
+demi 6 m. terminera le jour à
+7 h. et demi 2 m.</p>
+
+<p>La Soleil qui entrera au 19
+degré 39 m. des Poissons et qui
+déclinera au midi de 3 degrez
+59 m. se lèvera à 6 h. 1 quart
+3 m. et se couchera à 5 h. et
+demi 12 m.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 20 de ce mois, le jour qui
+sera de 12 h. paroîtra à 4 h.
+7 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera aussi de 12 h.
+terminera le jour à 7 h. 3 quarts
+9 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui entrera au 29
+degré 33 m. des Poissons et qui
+déclinera au midi de 4 m. se lèvera
+à 6 h. et se couchera le jour
+à pareille heure.</p>
+
+
+<p class="c">Les Phases
+ou apparences
+de la Lune
+et la variation
+des dispositions de l’air.</p>
+
+<p class="noindent">🌑︎ Pleine Lune le 3 à 5 h. 8 m.
+du matin.</p>
+
+<p>Temps inconstant, quelquefois
+serain et plus souvent couvert,
+nuageux et pluvieux.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">☾︎ Dernier Quartier le 9 à 7 h.
+40 m. du soir.</p>
+
+<p>Apparence de beau temps, puis
+vents humides, et souvent brouillard
+le matin.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 7 à 10 h.
+40 m. du soir.</p>
+
+<p>Temps sombre et nuageux suivi
+de grands vents qui commenceront
+la sérénité, mais quelquefois interrompue
+par de petites pluyes.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">☽︎ Premier Quartier le 25 à 1 h.
+52 m. après midi.</p>
+
+<p>Froid qui sera bientôt suivi de
+grandes humidités et de nuages.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p224">-224-</span></p>
+
+<h4>AVRIL</h4>
+
+<p class="drap">D’<span lang="la" xml:lang="la">Aperire</span> qui signifie ouvrir,
+le germe des plantes commençant
+dans ce mois à ouvrir
+le sein de la terre.</p>
+
+<div class="flex">
+<table>
+<tr><td class="r"><div>1</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> M. Eg.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>2</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. François de P.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>5</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Rich.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>4</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap"><i>Vendredi-Saint.</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>5</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Vine F.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>6</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap"><i>Pasques</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>7</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Epiph.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>8</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Perpet.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>9</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Hugu.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>10</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Panc.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>11</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Léon</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>12</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Zenon</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>13</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap"><i>Quasimodo</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>14</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap"><i>Noces</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>15</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Basil.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>16</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Pater.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>17</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Theo.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>18</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Proco.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>19</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Hege.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>20</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Elut.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>21</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Anselme</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>22</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Opp.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>23</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. George</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>24</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. George</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>25</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Marcé.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>26</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Robe.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>27</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Anti.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>28</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Vital</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>29</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Calix</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>30</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Eutr.</td></tr>
+</table>
+</div>
+
+<p class="c">Le lever
+et le coucher
+du Soleil
+avec la durée des jours
+et des nuits.</p>
+
+<p>Le premier de ce mois, le jour
+qui sera de 12 h. 40 m. paroîtra
+à 3 h. et demi 12 minuttes.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 11 heures
+10 minuttes terminera le jour à
+11 h. 1 quart 3 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui entrera au 11 degré
+21 du Bellier et qui déclinera de
+4 degrez 22 m. se lèvera à 5 h.
+et demi 8 m. et se couchera à
+6 h. 1 quart 7 m.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 10 de ce mois, le jour qui
+sera de 13 h. 1 quart 1 m. paroîtra
+à 4 h. 48 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 10 heures
+3 quarts terminera le jour à 9 h.
+11 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui entrera au 20
+degré 9 m. du Bellier et qui déclinera
+au nord de 7 degrez 51 m.
+se lèvera à 5 h. 1 quart 7 min.
+et se couchera à 6 heures et demi
+9 m.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 20 de ce mois, le jour qui
+sera de 13 h. 3 quarts 10 m. paroîtra
+à 2 h. 3 quarts 10 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 10 heures
+7 m. terminera le jour à 9 heures
+6 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui entrera au 19 degré
+52 m. du Bellier et qui déclinera
+au nord de 11 degrez 31 m. se
+lèvera à 5 h. 3 m. et se couchera
+à 6 h. 3 quarts 12 m.</p>
+
+
+<p class="c">Les Phases
+ou apparences
+de la Lune
+et la variation
+des dispositions de l’air.</p>
+
+<p class="noindent">🌑︎ Pleine Lune le 1 à 9 h. 3 m.
+du matin.</p>
+
+<p>Temps agréable mais de peu de
+durée, car il se couvrira encore de
+nuages épais, après quoy nous aurons
+quelque sérénité.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">☾︎ Dernier Quartier le 8 à midi et
+demi 2 m.</p>
+
+<p>Nuages et brouillards, puis beau
+temps, interrompu par quelques
+brouines.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 16 à 3 h.
+16 m. après midi.</p>
+
+<p>Renouvellement de beau temps
+mais un peu froid pour la saison,
+puis nuageux et venteux.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">☽︎ Premier Quartier le 30 à 5 h.
+59 m. après midi.</p>
+
+<p>Temps couvert, puis grands
+vents qui amèneront de la sérénité.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p226">-226-</span></p>
+
+<h4>MAY</h4>
+
+<p class="drap">De <span lang="la" xml:lang="la">Majores</span>, surnom des anciens
+citoiens romains à qui
+Romulus avoit consacré ce
+mois.</p>
+
+<div class="flex">
+<table>
+<tr><td class="r"><div>1</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. I. S. Ph.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>2</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Athanase</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>3</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">Inv. de la S<sup>te</sup> Croix</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>4</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Monique</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>5</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Godart</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>6</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. I. P. L.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>7</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Stanislas</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>8</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">Apo. S. M.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>9</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">Tr. S. Nic.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>10</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Gord.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>11</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Mam.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>12</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap"><i>Rogations</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>13</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">St Servais</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>14</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Boniface.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>15</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">Ascension</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>16</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Honoré</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>17</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Rest.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>18</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Venant</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>19</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. P. Cel.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>20</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Bernard</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>21</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Gabriel</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>22</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Hélène</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>23</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Julienne</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>24</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>25</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">Pentecostes</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>26</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Ph. N.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>27</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Ildevert</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>28</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap"><i>4 Temps</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>29</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Max.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>30</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Félix</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>31</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Petr.</td></tr>
+</table>
+</div>
+
+<p class="c">Le lever
+et le coucher
+du Soleil
+avec la durée des jours
+et des nuits.</p>
+
+<p>Le premier de ce mois, le jour
+qui sera de 14 h. paroîtra à 1 h.
+1 quart 13 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 9 h. 10 m.
+terminera le jour à 9 h. et demi
+4 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 20 degré
+19 m. du Taureau et qui déclinera
+au nord de 15 degrez 10 m. se
+lèvera à 4 h. 3 quarts 3 minuttes
+et se couchera à 7 h. 12 m.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 10 de ce mois, le jour qui
+sera de 14 h. 3 quarts 12 m. paroîtra
+à 2 h. 3 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 9 h. 9 m.
+terminera le jour à 9 h. 3 quarts
+14 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 19 degré
+8 m. du Taureau et qui déclinera
+au nord de 17 degrez 30 m. se
+lèvera à 4 h. et demi 4 m. et se
+couchera à 7 h. un quart 7 m.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 20 de ce mois, le jour qui
+sera de 15 h. 10 m. paroîtra à
+1 h. et demi après minuit.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 8 heures
+3 quarts 6 m. terminera le jour à
+10 h. 1 quart 3 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 28 degré
+12 m. du Taureau et qui déclinera
+au nord de 19 degrez 58 min. se
+lèvera à 4 h. et demi 5 m. et se
+couchera à 7 heures un quart 10
+minuttes.</p>
+
+
+<p class="c">Les Phases
+ou apparences
+de la Lune
+et la variation
+des dispositions de l’air.</p>
+
+<p class="noindent">☾︎ Dernier Quartier le 8 à 4 h.
+16 min. du matin.</p>
+
+<p>Beau temps, puis vent froid mais
+agréable qui sera suivi de rosées
+abondantes.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 16 à 5 h.
+58 m. du matin.</p>
+
+<p>Obscuritez et nuages suivis de
+quelques pluies et après d’une
+agréable sérénité.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">☽︎ Premier quartier le 21 à 8 h.
+58 m. du matin.</p>
+
+<p>Continuation de beau temps
+dont le calme sera à la fin troublé
+par de grands vents.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">🌑︎ Pleine Lune le 30 à 4 h. 1 m.
+du matin.</p>
+
+<p>Temps pluvieux et obscur qui
+s’éclaircira par un vent modéré de
+peu de durée.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p228">-228-</span></p>
+
+<h4>JUIN</h4>
+
+<p class="drap">De <span lang="la" xml:lang="la">Juniores</span>, surnom de la jeunesse
+romaine à qui ce
+mois fut consacré par Romulus.</p>
+
+<div class="flex">
+<table>
+<tr><td class="r"><div>1</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap"><i>La Trinité</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>2</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Marce.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>3</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Clo.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>4</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Optat.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>5</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap"><i>Feste de D.</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>6</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Claude</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>7</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Gilles</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>8</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Médard</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>9</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Prime</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>10</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Laud</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>11</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Barnabé</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>12</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap"><i>Oct. F. D.</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>13</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. A. de P.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>14</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Basile</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>15</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Modeste</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>16</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Cyr</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>17</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Guy</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>18</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Mar.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>19</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. G. S. P.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>20</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Sylv.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>21</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Levir.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>22</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Paulin.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>23</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>24</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">N. S. I. B.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>25</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">Tr. S. El.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>26</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. I. S. P.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>27</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Ladis.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>28</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>29</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. P. S. P.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>30</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Martial</td></tr>
+</table>
+</div>
+
+<p class="c">Le lever
+et le coucher
+du Soleil
+avec la durée des jours
+et des nuits.</p>
+
+<p>Le premier de ce mois, le jour
+qui sera de 15 h. et demi 2 m.
+paraîtra à 5 h. 6 minuttes après
+minuit.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 8 h. 1 quart
+3 m. terminera le jour à 7 heures
+4 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 7 degré
+8 m. des Gemeaux et qui déclinera
+au nord de 2 degrez 59 minuttes
+se lèvera à 4 h. 9 m. et
+se couchera à 7 h. 3 quarts 6 m.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 10 de ce mois, le jour qui
+sera de 15 h. 51 m. paroîtra à
+minuit 10 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 8 h. 9 m.
+terminera le jour à 7 h. 3 quarts
+7 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 18 degré
+42 m. des Gemeaux et qui déclinera
+au nord de 23 degrez 2 m.
+se lèvera à 4 h. 3 m. et se couchera
+à 7 h. 3 quarts 12 m.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 20 de ce mois, le jour qui
+sera de 15 h. 3 quarts 14 m. ne
+sera pas exactement terminé par
+la nuit, y ayant pendant toutes les
+24 h. du jour naturel un peu de
+lumière sur l’horison.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 28 degré
+23 m. des Gemeaux et qui déclinera
+au nord de 23 degrez 29 m.
+se lèvera à 4 h. 1 m. et se couchera
+à 8 h. moins 1 m.</p>
+
+
+<p class="c">Les Phases
+ou apparences
+de la Lune
+et la variation
+des dispositions de l’air.</p>
+
+<p class="noindent">☾︎ Dernier Quartier le 6 à 9 h.
+19 m. du soir.</p>
+
+<p>Beau temps, puis venteux avec
+quelques orages et éclairs.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 14 à 4 h.
+58 m. après midi.</p>
+
+<p>Apparence de beau temps qui
+sera changée peu après par des
+nuages, pluyes et tonnerre.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">☽︎ Premier Quartier le 21 à midi
+et demi 7 m.</p>
+
+<p>Temps agréable avec chaleur,
+puis ensuite venteux et nuageux.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">🌑︎ Pleine Lune le 28 à 2 h. 32 m.
+après midi.</p>
+
+<p>Nuages épais, auxquels succédera
+une agréable sérénité.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p230">-230-</span></p>
+
+<h4>JUILLET</h4>
+
+<p class="drap">Ainsi nommé pour honorer la
+naissance de Jules César, à
+qui il fut consacré.</p>
+
+<div class="flex">
+<table>
+<tr><td class="r"><div>1</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Thiba.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>2</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">V. N. D.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>3</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Anato</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>4</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">Tr. S. Ma.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>5</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Elisa.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>6</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Lucie</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>7</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Marc</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>8</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Tholar.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>9</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Thibaut</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>10</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">7 fr. Mart.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>11</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Benoist</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>12</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Prix</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>13</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Tutia.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>14</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Bonav.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>15</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Henry</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>16</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">N.-D. M. C.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>17</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Alexis</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>18</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Clair</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>19</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Arsène</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>20</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Marg.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>21</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Victor</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>22</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Made.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>23</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Apos.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>24</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap"><i>Jours canic.</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>25</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Iac. S. C.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>26</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">Tr. S. Mar.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>27</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Pantal.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>28</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Anne</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>29</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Matth.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>30</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Abdon.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>31</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Germ.</td></tr>
+</table>
+</div>
+
+<p class="c">Le lever
+et le coucher
+du Soleil
+avec la durée des jours
+et des nuits.</p>
+
+<p>Le premier de ce mois le jour
+qui sera de 15 h. 3 quarts 6 m.
+paroîtra à 1 quart 7 min. après
+minuit.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 8 h. 8 m.
+terminera le jour à 7 h. et demi
+9 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 8 degré
+8 m. du Cancer et qui déclinera
+au nord de 13 degrez 12 m. se
+lèvera à 4 h. 4 m. et se couchera
+à 7 h. 3 quarts 7 m.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 10 de ce mois, le jour qui
+sera de 15 h. et demi 10 m. paroîtra
+à 3 quarts 12 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 8 heures
+1 quart 6 m. terminera le jour à
+7 h. 4 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 17 degré
+12 m. du Cancer et qui déclinera
+au nord de 22 degrez 20 m. se
+lèvera à 4 h. 10 m. et se couchera
+à 8 h. 3 quarts 5 m.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 20 de ce mois, le jour qui
+sera de 15 h. 1 quart 5 m. paroîtra
+à 1 heure et demi après
+minuit.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 8 h. et
+demi 8 min. terminera le jour à
+10 h. et demi 2 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 26 degré
+44 du Cancer et qui déclinera au
+nord de 20 degrez 49 m. se lèvera
+à 4 h. 1 quart 5 m. et se couchera
+à 7 h. et demi 10 m.</p>
+
+
+<p class="c">Les Phases
+ou apparences
+de la Lune
+et la variation
+des dispositions de l’air.</p>
+
+<p class="noindent">☾︎ Dernier Quartier le 6 à 2 h.
+14 m. après midi.</p>
+
+<p>Continuation de beau temps,
+puis apparence d’orage qui se dissipera.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 14 à 4 h.
+35 m. du matin.</p>
+
+<p>Temps couvert, puis orage, tonnerre
+et pluie en abondance.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">☽︎ Premier Quartier le 18 à 7 h.
+56 m. du matin.</p>
+
+<p>Nuages et sérénité par intervalle
+et quelquefois avec vents humides.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">🌑︎ Pleine Lune le 28 à 3 h.
+19 m. du matin.</p>
+
+<p>Beau temps, mais qui ne sera
+pas de longue durée : car le ciel
+se couvrira bientôt après de nuages.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p232">-232-</span></p>
+
+<h4>AOUST</h4>
+
+<p class="drap">D’<span lang="la" xml:lang="la">Augustus</span>, ainsi nommé pour
+honorer César par la fin des
+guerres civiles.</p>
+
+<div class="flex">
+<table>
+<tr><td class="r"><div>1</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. P. es L.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>2</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">N. D. An.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>3</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">Inv. S. Est.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>4</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Domin.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>5</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">N. D. N.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>6</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">Tr. N. S.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>7</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Albert</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>8</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Cyriaq.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>9</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>10</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap"><i>S. Laurent</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>11</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Tibur.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>12</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Claire</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>13</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Hypol.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>14</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>15</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">Ass. N. D.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>16</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Roch</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>17</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Iliac</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>18</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Jame</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>19</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Eusèbe</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>20</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Bern.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>21</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Rad.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>22</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Simp.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>23</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Zach.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>24</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap"><i>S. Barth.</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>25</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap"><i>S. Louis</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>26</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap"><i>fin des J. C.</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>27</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Sulpice</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>28</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Augustin</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>29</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">Déc. S. I.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>30</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Fiacre.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>31</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Mederic</td></tr>
+</table>
+</div>
+
+<p class="c">Le lever
+et le coucher
+du Soleil
+avec la durée des jours
+et des nuits.</p>
+
+<p>Le premier de ce mois, le jour
+qui sera de 15 heures 54 m. paroîtra
+à 2 h. 4 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 9 h. 6 m.
+terminera le jour à 8 h. 3 quarts
+13 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 8 degré
+13 m. du Lion et qui déclinera au
+nord de 18 degrez 4 m. se lèvera
+à 4 h. et demi 4 m. et se couchera
+à 7 h. 1 quart 11 m.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 10 de ce mois, le jour qui
+sera de 14 h. 1 quart 8 minuttes
+paroîtra à 2 h. et demi.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 9 h. et
+demi 7 m. terminera le jour à
+9 h. et demi 1 min.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 16 degré
+48 m. du Lion et qui déclinera au
+nord de 15 degrez 40 m. se lèvera
+à 4 h. 3 quarts 3 m. et se couchera
+à 7 h. 13 m.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 20 de ce mois, le jour qui
+sera de 13 h. 3 quarts 9 m. paroîtra
+à 2 h. 3 quarts 3 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 9 h. 6 m.
+terminera le jour à 9 heures 6 minuttes.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 26 degré
+28 m. du Lion et qui déclinera au
+nord de 12 degrez 32 m. se lèvera
+à 5 h. 3 m. et se couchera
+à 6 h. 1 quart 23 m.</p>
+
+
+<p class="c">Les Phases
+ou apparences
+de la Lune
+et la variation
+des dispositions de l’air.</p>
+
+<p class="noindent">☾︎ Dernier Quartier le 3 à 6 h.
+32 m. du matin.</p>
+
+<p>Temps venteux et nuageux, puis
+serain et agréable avec une chaleur
+modérée.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 12 à 9 h.
+58 m. du matin.</p>
+
+<p>Continuation du beau temps
+avec augmentation de chaleur et
+ensuite quelques pluyes.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">☽︎ Premier Quartier le 19 à 54 m.
+du matin.</p>
+
+<p>Continuation de chaleur et ensuite
+nuages, pluye, éclairs et
+tonnerre.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">🌑︎ Pleine Lune le 28 à 6 h. 5 m.
+du matin.</p>
+
+<p>Brouillars et matinées sombres
+avec sérénité de relevée et vers le
+soir.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p234">-234-</span></p>
+
+<h4>SEPTEMBRE</h4>
+
+<p class="drap">Parce qu’autrefois l’année commençant
+en Mars, il étoit le
+septième.</p>
+
+<div class="flex">
+<table>
+<tr><td class="r"><div>1</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Leu. S. G.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>2</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Anton.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>5</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Serap.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>4</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Rosalie</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>5</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Victori.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>6</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Reine</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>7</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Cloud</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>8</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap"><i>Nat. N. D.</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>9</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. And. m.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>10</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Nic. T.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>11</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Prothe</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>12</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Bonav.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>13</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Mar.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>14</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">Exal. S<sup>te</sup> C.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>15</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Nico.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>16</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Cyp.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>17</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap"><i>4 Temps</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>18</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">Th. V.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>19</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Donat</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>20</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>21</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap"><i>S. Mathieu</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>22</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Mauri</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>23</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Lin pap.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>24</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Gérard</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>25</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Firmin é.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>26</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Just.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>27</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. C. et S. D.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>28</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Vinc.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>29</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap"><i>S. Michel</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>30</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Ilier.</td></tr>
+</table>
+</div>
+
+<p class="c">Le lever
+et le coucher
+du Soleil
+avec la durée des jours
+et des nuits.</p>
+
+<p>Le premier de ce mois, le jour
+qui sera de 13 h. 10 m. paroîtra
+à 3 h. 1 quart 1 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 10 heures
+3 quarts 5 m. terminera le jour à
+8 h. et demi 6 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 8 degré
+2 m. de la Vierge et qui déclinera
+au nord de 8 degrez 13 m. se
+lèvera à 5 h. 1 quart 12 m. et
+se couchera à 6 h. et demi 4 m.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 10 de ce mois, le jour qui
+sera de 12 h. et demi 10 m. paroîtra
+à 3 h. 3 quarts 1 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 7 heures
+1 quart 6 m. terminera le jour à
+8 h. 1 quart.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 6 degré
+48 m. de la Vierge et qui déclinera
+au nord de 4 degrez 46 m. se
+lèvera à 5 h. et demi 10 m. et
+se couchera à 6 h. 1 quart 3 m.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 20 de ce mois, le jour qui
+sera de 12 h. 4 m. paroîtra à
+4 h. 6 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 7 heures
+3 quarts 7 m. terminera le jour à
+7 h. 3 quarts 12 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 26 degré
+35 m. de la Vierge et qui déclinera
+au septentrion d’un degré
+12 m. se lèvera à 5 h. 3 quarts
+14 m. et se couchera à 6 h. 1 m.</p>
+
+
+<p class="c">Les Phases
+ou apparences
+de la Lune
+et la variation
+des dispositions de l’air.</p>
+
+<p class="noindent">☾︎ Dernier Quartier le 3 à 9 h.
+14 m. du soir.</p>
+
+<p>Temps nuageux et serain par
+intervalle avec quelques brouillards
+au matin.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 10 à 5 h.
+59 m. après midi.</p>
+
+<p>Temps assez beau pour la saison,
+puis venteux et nuageux.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">☽︎ Premier Quartier le 17 à 10 h.
+14 m. du matin.</p>
+
+<p>Temps couvert et pluvieux suivi
+d’une plaisante sérénité, mais un
+peu froid.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">🌑︎ Pleine Lune le 25 à 10 h.
+36 m. du matin.</p>
+
+<p>Matinées sombres et brouillards
+épais qui seront dissipés par des
+vents froids.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p236">-236-</span></p>
+
+<h4>OCTOBRE</h4>
+
+<p class="drap">Ainsi nommé parce qu’en
+comptant par Mars il est le
+huitième.</p>
+
+<div class="flex">
+<table>
+<tr><td class="r"><div>1</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Remy</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>2</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Leger</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>3</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Ange G.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>4</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. François</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>5</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Placide</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>6</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Bruno</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>7</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Marc.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>8</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Brigid.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>9</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap"><i>S. Denis</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>10</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Fr. Bor.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>11</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Nicaise</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>12</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Maxi.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>13</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Venant</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>14</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Calixte</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>15</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Therrèse</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>16</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Gal</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>17</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Florent</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>18</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Luc é.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>19</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Pierre Al.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>20</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Capr.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>21</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Hilar.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>22</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Melon</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>23</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Cord.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>24</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Magloire</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>25</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Crespin</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>26</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Evor</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>27</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>28</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap"><i>S. Sim. S. I.</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>29</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">T. S. G.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>30</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Serap.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>31</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr>
+</table>
+</div>
+
+<p class="c">Le lever
+et le coucher
+du Soleil
+avec la duré des jours
+et des nuits.</p>
+
+<p>Le premier de ce mois, le jour
+qui sera de 7 h. 1 quart 1 min.
+paroistra à 4 h. 1 quart 12 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 12 heures
+et demi 1 m. terminera le jour à
+7 h. et demi 4 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 27 degré
+des Balances et qui déclinera au
+midi de 3 degrez 12 m. se lèvera
+à 6 h. 1 quart 2 m. et se couchera
+à 5 h. et demi 13 m.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 10 de ce mois, le jour qui
+sera de 10 h. 3 quarts 10 m. paroistra
+à 4 h. et demi 13 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 13 h. 6 m.
+terminera le jour à 7 h. 1 quart 2 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 6 degré
+22 m. des Balances et qui déclinera
+au midi de 6 degrez 42 m.
+se lèvera à 6 h. et demi 1 m. et
+se couchera à 5 h. 1 quart 13 m.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 20 de ce mois, le jour qui
+sera de 10 h. 1 quart 6 m. paroistra
+à 5 h.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 13 h. et
+demi 8 m. terminera le jour à 7 h.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 26 degré
+20 m. des Balances et qui déclinera
+au midi de 10 degrez 26 m.
+se lèvera à 6 h. 3 quarts 4 m. et
+se couchera à 5 h. 10 m.</p>
+
+
+<p class="c">Les Phases
+ou apparences
+de la Lune
+et la variation
+des dispositions de l’air.</p>
+
+<p class="noindent">☾︎ Dernier Quartier le 3 à 10 h.
+23 m. du matin.</p>
+
+<p>Continuation de brouillards et
+nuages, puis temps serain et
+agréable.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 10 à 2 h.
+34 m. du matin.</p>
+
+<p>Augmentation de beau temps,
+mais froid et venteux, principalement
+les nuits.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">☽︎ Premier Quartier le 16 à 3 h.
+40 m. du matin.</p>
+
+<p>Temps couvert et obscur avec
+pluyes douces, par reprises suivies
+de sérénité.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">🌑︎ Pleine Lune le 25 à 4 h. 2 m.
+du matin.</p>
+
+<p>Temps clair et sec, mais froid
+et venteux avec gelée blanche.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p238">-238-</span></p>
+
+<h4>NOVEMBRE</h4>
+
+<p class="drap">Encore par la raison qu’il est
+le neuvième de l’année martiale.</p>
+
+<div class="flex">
+<table>
+<tr><td class="r"><div>1</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap"><i>La Touss.</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>2</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Marcel</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>3</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap"><i>Les Trépassez</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>4</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Char. B.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>5</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Hubert</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>6</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Liénar</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>7</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Florent</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>8</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. God.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>9</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Mathur.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>10</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Mode</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>11</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Martin</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>12</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Mart. p.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>13</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. René</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>14</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Brice</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>15</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Euge</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>16</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Edmon.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>17</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Grég.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>18</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Odon.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>19</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Elisabeth</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>20</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Man.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>21</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">Pres. N. D.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>22</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Cecile</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>23</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Clément</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>24</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Chrys.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>25</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Cathe.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>26</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> G. Ar.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>27</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Severin</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>28</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Sosthen.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>29</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>30</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap"><i>S. André l’Avent</i></td></tr>
+</table>
+</div>
+
+<p class="c">Le lever
+et le coucher
+du Soleil
+avec la durée des jours
+et des nuits.</p>
+
+<p>Le premier de ce mois, le jour
+qui sera de 9 h. et demi 10 m.
+paroistra à 5 h. 7 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 14 h. 1 quart
+6 m. terminera le jour à 6 h. et
+demi 12 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 8 degré
+25 min. du Scorpion et qui déclinera
+au midi de 14 degrez 35 m.
+se lèvera à 7 h. 10 min. et se
+couchera à 5 h. 3 quarts 5 m.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 10 de ce mois, le jour qui
+sera de 9 h. 12 m. paroistra à
+5 h. et demi.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 14 heures
+3 quarts 13 m. terminera le jour à
+6 h. et demi.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 17 degré
+31 min. du Scorpion et qui déclinera
+au midi de 17 degrez 15 m.
+se lèvera à 7 h. 1 quart 9 m. et
+se couchera à 4 h. et demi 6 m.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 20 de ce mois, le jour qui
+sera de 8 h. et demi 13 m. paroistra
+à 5 h. et demi 7 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 15 heures
+1 quart 3 m. terminera le jour à
+9 h. 1 quart 4 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 17 degré
+40 min. du Scorpion et déclinera
+au midi de 19 degrez 46 m. se
+lèvera à 7 h. et demi et se couchera
+à 4 h. 1 quart 6 m.</p>
+
+
+<p class="c">Les Phases
+ou apparences
+de la Lune
+et la variation
+des dispositions de l’air.</p>
+
+<p class="noindent">☾︎ Dernier Quartier le 1<sup>er</sup> à 9 h.
+4 m. du soir.</p>
+
+<p>Matinées froides et humides
+avec quelques brouillards qui se
+dissiperont de relevée.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 8 à 46 m.
+après midi.</p>
+
+<p>Gelées blanches assez fortes avec
+quelques brouillards au matin qui
+seront bientôt dissipés.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">☽︎ Premier quartier le 16 à 6 h.
+26 m. du soir.</p>
+
+<p>Temps couvert et nuageux, puis
+serain avec augmentation de froidure.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">🌑︎ Pleine Lune le 23 à 7 h.
+56 m. du soir.</p>
+
+<p>Temps pluvieux et nuageux avec
+neiges fondues, après lesquelles le
+ciel s’éclaircira.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p240">-240-</span></p>
+
+<h4>DÉCEMBRE</h4>
+
+<p class="drap">Aussi parce qu’il est le
+dixième de l’année Martiale.</p>
+
+<div class="flex">
+<table>
+<tr><td class="r"><div>1</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Eloy</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>2</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Bibian.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>3</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Franc. Xav.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>4</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Barbe</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>5</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Fabas</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>6</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Nicolas</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>7</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Ambroi.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>8</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap"><i>Con. N. D.</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>9</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Nect.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>10</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Merc.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>11</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Damase</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>12</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Herm.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>13</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Luce</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>14</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Tugd.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>15</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Eusèbe</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>16</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S. Adon</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>17</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap"><i>4 Temps</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>18</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap">S. Gratien</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>19</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap">S. Valent.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>20</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. Philo.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>21</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">S. Thomas</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>22</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Zenon.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>23</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Vict.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>24</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap"><i>Vigile</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>25</div></td>
+<td>Jeudi</td>
+<td class="drap"><i>Noël</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>26</div></td>
+<td>Vendredi</td>
+<td class="drap"><i>S. Etienne</i></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>27</div></td>
+<td>Samedi</td>
+<td class="drap">S. I. évang.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>28</div></td>
+<td><i>Dimanche</i></td>
+<td class="drap">Les SS. Inn.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>29</div></td>
+<td>Lundi</td>
+<td class="drap">S. Thom.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>30</div></td>
+<td>Mardi</td>
+<td class="drap">S<sup>te</sup> Sabe</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>31</div></td>
+<td>Mercredi</td>
+<td class="drap">S. Sylvestre</td></tr>
+</table>
+</div>
+
+<p class="c">Le lever
+et le coucher
+du Soleil
+avec la durée des jours
+et des nuits.</p>
+
+<p>Le premier de ce mois, le jour
+qui sera de 8 h. 1 quart 4 min.
+paroistra à 5 h. 3 quarts 6 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 15 h. et
+demi 7 min. terminera le jour à
+6 h. 7 min.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 8 degré
+52 m. du Sagittaire et qui déclinera
+au midi de 21 degrez 52 m.
+se lèvera à 7 h. 3 quarts 6 m. et
+se couchera à 4 h. 10 m.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 10 de ce mois, le jour qui
+sera de 8 h. 10 m. paroistra à
+5 h. 3 quarts 8 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 16 h. 10 m.
+terminera le jour à 6 h. 6 min.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 18 degré
+2 m. du Sagittaire et qui déclinera
+au midi de 22 degrez 18 m.
+se lèvera à 7 h. 3 quarts 7 m. et
+se couchera à 4 h. 4 m.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Le 20 de ce mois, le jour qui
+sera de 8 h. 2 m. paroistra à 5 h.
+3 quarts 12 m.</p>
+
+<p>La nuit qui sera de 15 heures
+3 quarts 13 m. terminera le jour
+à 6 h. 4 m.</p>
+
+<p>Le Soleil qui sera au 28 degré
+9 m. du Sagittaire et qui déclinera
+au midi de 23 degrez 29 m.
+se lèvera à 7 h. 3 quarts 13 m.
+et se couchera à 4 h. 2 m.</p>
+
+
+<p class="c">Les Phases
+ou apparences
+de la Lune
+et la variation
+des dispositions de l’air.</p>
+
+<p class="noindent">☾︎ Dernier Quartier le 1<sup>er</sup> à 6 h.
+53 m. du matin.</p>
+
+<p>Gelées blanches et brouillards,
+puis augmentation de froidure.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">🌕︎ Nouvelle Lune le 8 à 1 h. du
+matin.</p>
+
+<p>Temps clair, mais froid, avec
+gelée assez forte et vents rudes.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">☽︎ Premier Quartier le 15 à 2 h.
+50 m. après midi.</p>
+
+<p>Continuation de froidure avec
+apparence de neige qui se dissipera.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p class="noindent">🌑︎ Pleine lune le 23 à 2 h. 2 m.
+après midi.</p>
+
+<p>Temps couvert et nuageux, puis
+neiges fondues et menues pluyes.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p242">-242-</span></p>
+
+<h3>REMARQUES<br>
+<span class="small">SUR LA DURÉE DES JOURS ET DES NUITS.</span></h3>
+
+
+<p>Les supputations qu’on trouve dans le Calendrier
+sur la durée des jours et des nuits sembleroient
+contradictoires à quelques personnes si
+j’obmettois d’expliquer ici comment elles doivent
+être entendues : car par exemple, après avoir
+dit que le premier du mois de décembre le jour
+n’est que de 8 h. 1 quart 4 minuttes, je dis
+ensuite qu’il paroîtra à 5 h. 3 quarts 6 minuttes
+et qu’il ne sera terminé par la nuit qu’à 6 h.
+7 minuttes ; ce qui suppose qu’il doit durer
+onze heures 20 m. Mais, pour ôter en cela toute
+l’ambiguité, il suffit de dire que la durée d’un
+jour artificiel proprement pris ne s’étend que
+depuis le lever jusqu’au coucher du soleil ; mais
+que le temps de la lumière, qui est aussi communément
+appellé jour, comprend tout l’espace
+qui est depuis la première apparence de clarté
+jusqu’à la nuit fermante.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3>ECLIPSES.</h3>
+
+
+<p>Quant la Lune dérobe à la terre la lumière du
+Soleil et lorsque la Terre ôte cette même lumière
+à la Lune, c’est ce qu’on nomme généralement
+éclipses, qui se fait par une interposition de
+l’un de ces deux corps entre l’autre et le Soleil.</p>
+
+<p>Pour distinguer ces deux sortes d’eclipses par
+le nom, on appelle la première Eclipse de Soleil
+et la deuxième Eclipse de Lune.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p243">-243-</span> Nous aurons cette année une Eclipse de Lune
+le 2 et une Eclipse de Soleil le 15 février, qui
+ne paroîtront pas ici, et une autre de Lune qui
+paroîtra le 28 juillet à 1 h. 33 minutes 54 secondes
+du matin<a id="FNanchor_692" href="#Footnote_692" class="fnanchor">[41]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_692" href="#FNanchor_692"><span class="label">[41]</span></a> On a pu remarquer que Blégny, dans son <i>Trésor des
+Almanachs</i>, ne s’est permis aucune prédiction, bien que ce
+fût de règle pour ces sortes de publications populaires.
+Képler lui-même ne s’en étoit pas abstenu pour les <i>Almanachs</i>,
+dont la vente étoit son plus sûr gagne-pain. L’astronome
+alors se faisoit astrologue : « Fille de l’Astronomie,
+disoit-il, l’Astrologie doit nourrir sa mère. » Au dernier
+siècle, les Académies pronostiquoient aussi ; celle de Berlin,
+par exemple, se faisoit avec ses prophéties un revenu dont
+elle finit par avoir honte. Elles furent supprimées de l’almanach
+qu’elle publioit. Il cessa de se vendre, et, l’an
+d’après, pour que l’Académie pût vivre, ses prédictions
+recommencèrent (Arago, <i>Astronomie populaire</i>, t. IV,
+p. 740). En France, c’est par ordre et au nom du Roi
+qu’elles durent disparoître. L’art. 26 de l’ordonnance d’Orléans,
+du mois de janvier 1560, les défendit indirectement,
+en exigeant le <i>visa</i> des évêques pour l’impression de tout
+almanach. L’art. 36 de l’ordonnance de Blois, du mois de
+mai 1579, fut plus formel. Il fit défense d’y insérer aucune
+prédiction sur les affaires politiques. Le 28 janvier 1638,
+autre ordonnance, signée de La Rochelle, qui confirme celle
+de Blois, et enfin, au mois de juillet 1682, édit de Louis XIV
+qui renouvelle à son tour l’ordonnance de La Rochelle, en
+ne permettant de mettre aux almanachs « autre chose que
+les lunaisons, éclipses et diverses dispositions et tempéraments
+de l’air et déréglements d’iceluy ». C’est du reste,
+les Lunaisons surtout, ce qui faisoit le fond des almanachs
+et servoit de motif aux images qu’on y voyoit sur le titre :
+« Imaginez-vous de voir, dit Sorel dans <i>Francion</i>, 1663,
+in-12, p. 254, ces preneurs de Lune qui sont en l’almanach
+de l’année passée, où les uns taschent de l’attraper avec des
+échelles qui s’alongent et s’accourcissent comme l’on veut,
+et les autres avec des crochets, des tenailles et des pincettes. »
+L’expression « prendre la lune avec les dents »
+doit être venue d’une de ces images. — Blégny, en supprimant
+toute prédiction de son <i>Trésor des Almanachs</i>, tel
+qu’on vient de le lire, s’étoit conformé aux ordonnances.
+L’année d’auparavant il y avoit mis moins de prudence, et
+quelque avertissement lui avoit sans doute été donné. Dans
+ses <i>Observations et pronostications sur les apparences solaires
+et lunaires</i> pour chaque mois de l’année, il avoit dit, par
+exemple, sous le dernier quartier de la lune de janvier :
+« <i>Réconciliation entre deux fameux ennemis</i> » ; à la pleine
+lune de mars : « <i>Élévation surprenante</i> » ; à la nouvelle
+lune d’avril : « Étranges événements » ; au dernier quartier
+de la lune de mai : « Trahison découverte » ; à la pleine
+lune de juillet : « Alliances considérables », etc., etc.
+C’était aller trop loin et quelque peu enfreindre l’ordonnance
+de Blois, qui vouloit qu’un almanach dût s’en tenir
+à l’astrologie licite « sans y comprendre les prédictions
+concernant les Estats et personnes, les affaires publiques et
+particulières ».</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p244">-244-</span></p>
+
+<h3 title="FABRIQUE ET TARIF DES NOUVELLES MONNOYES.">FABRIQUE ET TARIF<br>
+<span class="small">DES NOUVELLES MONNOYES<a id="FNanchor_693" href="#Footnote_693" class="fnanchor">[42]</a>.</span></h3>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_693" href="#FNanchor_693"><span class="label">[42]</span></a> Ce tarif, dont nous avons déjà parlé plus haut, p. 67,
+note 1, avoit été établi par un édit du mois de décembre
+1689.</p>
+</div>
+
+<p class="c xsmall">FABRIQUE.</p>
+
+<p>Les Villes de l’obéissance du Roy où l’on bat
+Monnoye au nom et armes de Sa Majesté, sont
+Paris qui marque A, Rouen B, Saint-Lo C<a id="FNanchor_694" href="#Footnote_694" class="fnanchor">[43]</a>,
+Lion D, Tours E, Angers F, Poitiers G, Larochelle H,
+Limoges I, Bordeaux K, Bayonne L,
+Toulouse M, Montpellier N, Rion O, Dijon P,
+Narbonne Q<a id="FNanchor_695" href="#Footnote_695" class="fnanchor">[44]</a>, Villeneuve R<a id="FNanchor_696" href="#Footnote_696" class="fnanchor">[45]</a>, Troyes S<a id="FNanchor_697" href="#Footnote_697" class="fnanchor">[46]</a>,
+<span class="pagenum" id="p245">-245-</span> Arras AR, Nantes T, Amiens X, Aix et Bourges
+Y, Grenoble Z, Marseille VG, Pau<a id="FNanchor_698" href="#Footnote_698" class="fnanchor">[47]</a>, Saint-Palais,
+Metz, Tournay, Bezançon<a id="FNanchor_699" href="#Footnote_699" class="fnanchor">[48]</a>, Lille L,
+Strasbourg, Chambéry, Reims, etc., dont on ne
+sait pas les marques.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_694" href="#FNanchor_694"><span class="label">[43]</span></a> L’Hôtel des Monnoies de Saint-Lô fut un peu plus
+tard transféré à Caen avec la même marque.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_695" href="#FNanchor_695"><span class="label">[44]</span></a> Ce n’est plus à Narbonne, mais à Perpignan, qu’au
+<small>XVIII</small><sup>e</sup> siècle on frappa les monnoies à cette marque.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_696" href="#FNanchor_696"><span class="label">[45]</span></a> La Monnoie d’Orléans, rétablie par ordonnance d’octobre
+1716, succéda à celle-ci, et les espèces y furent aussi
+marquées R.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_697" href="#FNanchor_697"><span class="label">[46]</span></a> Cette marque étoit celle de Reims. Troyes marquoit V.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_698" href="#FNanchor_698"><span class="label">[47]</span></a> La Monnoie de Pau avoit pour marque un M, et en
+outre un autre signe qui la rendit populaire sous le nom de
+<i>monnoie à la vache</i> : « J’ai vu avant la Révolution, dit
+Monteil, <i>Hist. des François des divers États</i>, in-18, t. V,
+note, p. 62, rechercher les monnoies frappées à Pau, au bas
+desquelles étoit empreinte l’effigie d’une vache. Le peuple
+disoit que ces pièces portoient bonheur. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_699" href="#FNanchor_699"><span class="label">[48]</span></a> La marque de Besançon étoit CC, celle de Lille, non
+pas L, comme on le voit ici par erreur, mais W, et celle
+de Strasbourg BB.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p246">-246-</span></p>
+
+<p class="c xsmall">TARIF.</p>
+
+<p>Un louis d’or de la nouvelle Fabrique vaut
+douze livres dix sols.</p>
+
+<div class="flex">
+<table>
+<tr><td class="r"><div>2</div></td>
+<td class="r"><div>25</div></td>
+<td>l.</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>3</div></td>
+<td class="r"><div>37</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>4</div></td>
+<td class="r"><div>50</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>5</div></td>
+<td class="r"><div>62</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>6</div></td>
+<td class="r"><div>75</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>7</div></td>
+<td class="r"><div>87</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>8</div></td>
+<td class="r"><div>100</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>9</div></td>
+<td class="r"><div>112</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>10</div></td>
+<td class="r"><div>125</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>11</div></td>
+<td class="r"><div>137</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>12</div></td>
+<td class="r"><div>150</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>13</div></td>
+<td class="r"><div>162</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>14</div></td>
+<td class="r"><div>175</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>15</div></td>
+<td class="r"><div>187</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>16</div></td>
+<td class="r"><div>200</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>17</div></td>
+<td class="r"><div>212</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>18</div></td>
+<td class="r"><div>225</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>19</div></td>
+<td class="r"><div>237</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>20</div></td>
+<td class="r"><div>250</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>21</div></td>
+<td class="r"><div>262</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>22</div></td>
+<td class="r"><div>275</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>23</div></td>
+<td class="r"><div>287</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>24</div></td>
+<td class="r"><div>300</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>25</div></td>
+<td class="r"><div>312</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>26</div></td>
+<td class="r"><div>325</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>27</div></td>
+<td class="r"><div>337</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>28</div></td>
+<td class="r"><div>350</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>29</div></td>
+<td class="r"><div>362</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>30</div></td>
+<td class="r"><div>375</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>31</div></td>
+<td class="r"><div>387</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>32</div></td>
+<td class="r"><div>400</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>33</div></td>
+<td class="r"><div>412</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>34</div></td>
+<td class="r"><div>425</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>35</div></td>
+<td class="r"><div>437</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>36</div></td>
+<td class="r"><div>450</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>37</div></td>
+<td class="r"><div>462</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>38</div></td>
+<td class="r"><div>475</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>39</div></td>
+<td class="r"><div>487</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>40</div></td>
+<td class="r"><div>500</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>41</div></td>
+<td class="r"><div>512</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>42</div></td>
+<td class="r"><div>525</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>43</div></td>
+<td class="r"><div>537</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>44</div></td>
+<td class="r"><div>550</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>45</div></td>
+<td class="r"><div>562</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>46</div></td>
+<td class="r"><div>575</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>47</div></td>
+<td class="r"><div>587</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>48</div></td>
+<td class="r"><div>600</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>49</div></td>
+<td class="r"><div>612</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>50</div></td>
+<td class="r"><div>625</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>51</div></td>
+<td class="r"><div>637</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>52</div></td>
+<td class="r"><div>650</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>53</div></td>
+<td class="r"><div>662</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>54</div></td>
+<td class="r"><div>675</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>55</div></td>
+<td class="r"><div>687</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>56</div></td>
+<td class="r"><div>700</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>57</div></td>
+<td class="r"><div>712</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>58</div></td>
+<td class="r"><div>725</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>59</div></td>
+<td class="r"><div>737</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>60</div></td>
+<td class="r"><div>750</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>61</div></td>
+<td class="r"><div>762</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>62</div></td>
+<td class="r"><div>775</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>63</div></td>
+<td class="r"><div>787</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>64</div></td>
+<td class="r"><div>800</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>65</div></td>
+<td class="r"><div>812</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>66</div></td>
+<td class="r"><div>825</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>67</div></td>
+<td class="r"><div>837</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>68</div></td>
+<td class="r"><div>850</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>69</div></td>
+<td class="r"><div>862</div></td>
+<td>10</td></tr>
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+<td>&nbsp;</td></tr>
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+<td>10</td></tr>
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+<td>&nbsp;</td></tr>
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+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>120</div></td>
+<td class="r"><div>1500</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>121</div></td>
+<td class="r"><div>1512</div></td>
+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>122</div></td>
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+<td>&nbsp;</td></tr>
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+<td>10</td></tr>
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+<td>&nbsp;</td></tr>
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+<td>10</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>150</div></td>
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+<td>&nbsp;</td></tr>
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+<tr><td class="r"><div>3000</div></td>
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+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>4000</div></td>
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+<td>&nbsp;</td></tr>
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+<td>&nbsp;</td></tr>
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+<td>&nbsp;</td></tr>
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+<td class="r"><div>125000</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+</table>
+</div>
+<p>Pour évaluer les demi louis d’or on se servira
+du Tarif précédent en retranchant la moitié du
+nombre ; par exemple pour sçavoir ce que valent
+vingt demi louis d’or, il n’y a qu’à regarder ce
+que valent dix louis d’or, et lorsque le nombre
+sera non pair, par exemple 21, on prendra tout
+de même la valeur de dix louis d’or qui est
+125 livres, et on y ajoutera 6 livres 5 sols qui
+est la valeur d’un demi louis retranché, en sorte
+qu’on sçaura tout d’un coup que 21 demi louis
+d’or valent 131 livres 5 sols.</p>
+
+<hr>
+
+
+<p>Un écu de la nouvelle Fabrique vaut 3 livres
+6 sols.</p>
+
+<div class="flex">
+<table>
+<tr><td class="r"><div>2</div></td>
+<td class="r"><div>6</div></td>
+<td>l. 12</td></tr>
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+<td><span class="cc">18</span></td></tr>
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+<td><span class="cc">4</span></td></tr>
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+<td><span class="cc">16</span></td></tr>
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+<td><span class="cc">8</span></td></tr>
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+<td class="r"><div>33</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
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+<td><span class="cc">16</span></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>87</div></td>
+<td class="r"><div>287</div></td>
+<td><span class="cc">2</span></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>88</div></td>
+<td class="r"><div>290</div></td>
+<td><span class="cc">8</span></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>89</div></td>
+<td class="r"><div>293</div></td>
+<td><span class="cc">14</span></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>90</div></td>
+<td class="r"><div>297</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>91</div></td>
+<td class="r"><div>300</div></td>
+<td><span class="cc">6</span></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>92</div></td>
+<td class="r"><div>303</div></td>
+<td><span class="cc">12</span></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>93</div></td>
+<td class="r"><div>306</div></td>
+<td><span class="cc">18</span></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>94</div></td>
+<td class="r"><div>310</div></td>
+<td><span class="cc">4</span></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>95</div></td>
+<td class="r"><div>313</div></td>
+<td><span class="cc">10</span></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>96</div></td>
+<td class="r"><div>316</div></td>
+<td><span class="cc">16</span></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>97</div></td>
+<td class="r"><div>320</div></td>
+<td><span class="cc">2</span></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>98</div></td>
+<td class="r"><div>323</div></td>
+<td><span class="cc">8</span></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>99</div></td>
+<td class="r"><div>326</div></td>
+<td><span class="cc">14</span></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>100</div></td>
+<td class="r"><div>330</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>125</div></td>
+<td class="r"><div>412</div></td>
+<td><span class="cc">10</span></td></tr>
+<tr><td class="r"><div>150</div></td>
+<td class="r"><div>495</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>200</div></td>
+<td class="r"><div>660</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>300</div></td>
+<td class="r"><div>990</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>400</div></td>
+<td class="r"><div>1320</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>500</div></td>
+<td class="r"><div>1650</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>600</div></td>
+<td class="r"><div>1980</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>700</div></td>
+<td class="r"><div>2310</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>800</div></td>
+<td class="r"><div>2640</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>900</div></td>
+<td class="r"><div>2970</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>1000</div></td>
+<td class="r"><div>3300</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>2000</div></td>
+<td class="r"><div>6600</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>3000</div></td>
+<td class="r"><div>9900</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>4000</div></td>
+<td class="r"><div>13200</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>5000</div></td>
+<td class="r"><div>16500</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>6000</div></td>
+<td class="r"><div>19800</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>7000</div></td>
+<td class="r"><div>23100</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>8000</div></td>
+<td class="r"><div>26400</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>9000</div></td>
+<td class="r"><div>29700</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td class="r"><div>10000</div></td>
+<td class="r"><div>33000</div></td>
+<td>&nbsp;</td></tr>
+</table>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p249">-249-</span></p>
+
+<p>Pour évaluer les demis et les quarts d’écus
+blancs on fera ce qui a été dit de l’évaluation
+des demi louis d’or.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h3>EXPOSITION ALPHABÉTIQUE<br>
+<span class="small">DU DÉPARTEMENT DES POSTES ET COURIERS POUR
+LES LIEUX ET VILLES DU ROYAUME ET DES PAÏS
+ÉTRANGERS.</span></h3>
+
+
+<p class="c">A.</p>
+
+<p class="drap">Amiens, <i>Tous les jours à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Abbeville.</p>
+
+<p class="drap">Aire.</p>
+
+<p class="drap">Amboise.</p>
+
+<p class="drap">Ardre.</p>
+
+<p class="drap">Armentières.</p>
+
+<p class="drap">Arques.</p>
+
+<p class="drap">Arras.</p>
+
+<p class="drap">Argence.</p>
+
+<p class="drap">Ablis<a id="FNanchor_700" href="#Footnote_700" class="fnanchor">[49]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_700" href="#FNanchor_700"><span class="label">[49]</span></a> « Tous les jours à huit heures du soir. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Ath.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p250">-250-</span> Avit.</p>
+
+<p class="drap">Andely.</p>
+
+<p class="drap">Aumalle.</p>
+
+<p class="drap">Aumeillerault.</p>
+
+<p class="drap">Auchy<a id="FNanchor_701" href="#Footnote_701" class="fnanchor">[50]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_701" href="#FNanchor_701"><span class="label">[50]</span></a> A la suite on lit dans l’édit. précédente : « <span class="sc">Ausbourg</span>,
+<i>le mardi à dix heures du soir</i>. Faut payer jusqu’à Rhinhausen. »</p>
+</div>
+<p class="drap">Angers, <i>Mercredi et Samedi
+à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Avranches<a id="FNanchor_702" href="#Footnote_702" class="fnanchor">[51]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_702" href="#FNanchor_702"><span class="label">[51]</span></a> « Part les mercredis et samedis à midi. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Ancenies.</p>
+
+<p class="drap">Aveton.</p>
+
+<p class="drap">Argentan.</p>
+
+<p class="drap">Auvray.</p>
+
+<p class="drap">Alençon<a id="FNanchor_703" href="#Footnote_703" class="fnanchor">[52]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_703" href="#FNanchor_703"><span class="label">[52]</span></a> « Partira le mardi et vendredi par Rouen. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Aubigny, <i>Lundi, Mercredi et
+Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Agde.</p>
+
+<p class="drap">Aix.</p>
+
+<p class="drap">Apt.</p>
+
+<p class="drap">Allez.</p>
+
+<p class="drap">Arles.</p>
+
+<p class="drap">Aubusson.</p>
+
+<p class="drap">Avignon.</p>
+
+<p class="drap">Argenton, <i>Samedi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Alby.</p>
+
+<p class="drap">Allec.</p>
+
+<p class="drap">Arnac.</p>
+
+<p class="drap">Argy.</p>
+
+<p class="drap">Auch.</p>
+
+<p class="drap">Aurillac.</p>
+
+<p class="drap">Auxerre, <i>Dimanche, Mercredi,
+Vendredi et Samedi à minuit<a id="FNanchor_704" href="#Footnote_704" class="fnanchor">[53]</a></i>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_704" href="#FNanchor_704"><span class="label">[53]</span></a> « A midi. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Autun.</p>
+
+<p class="drap">Arnay le Duc.</p>
+
+<p class="drap">Avallon.</p>
+
+<p class="drap">Auxonne.</p>
+
+<p class="drap">Aurolle.</p>
+
+<p class="drap">Argenteüille.</p>
+
+<p class="drap">Ancy le Franc.</p>
+
+<p class="drap">Azi sous Rougemont.</p>
+
+<p class="drap">Anglure<a id="FNanchor_705" href="#Footnote_705" class="fnanchor">[54]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_705" href="#FNanchor_705"><span class="label">[54]</span></a> « Lundy, Mercredy et Samedy à midy. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Ay.</p>
+
+<p class="drap">Avesne, <i>Mardi, Jeudi et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Arlon, <i>Dimanche, Mardi et
+Vendredi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Alexandrie, <i>le Lundi au soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Allemagne, <i>Lundi et Vendredi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Angleterre, <i>le Mercredi et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Auvergne, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Alsace, <i>Lundi et Mercredi au soir</i>.</p>
+
+
+<p class="c">B.</p>
+
+<p class="drap">Bourdeaux, <i>Lundi, Mercredi
+et Vendredi à <span class="rm">10</span> heures du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Blaye.</p>
+
+<p class="drap">Barbeneuve.</p>
+
+<p class="drap">Barbézieux.</p>
+
+<p class="drap">Bossay.</p>
+
+<p class="drap">Boussay<a id="FNanchor_706" href="#Footnote_706" class="fnanchor">[55]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_706" href="#FNanchor_706"><span class="label">[55]</span></a> A la suite, dans l’édit. précédente : « <span class="sc">Basle</span>, lundy,
+mercredy et samedy à huit heures du soir. »</p>
+</div>
+<p class="drap">Bayonne.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p251">-251-</span> Béarn.</p>
+
+<p class="drap">Bapaume, <i>Tous les jours à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Beaumon le Roger.</p>
+
+<p class="drap">Beauvais.</p>
+
+<p class="drap">Bergues.</p>
+
+<p class="drap">Bellemart.</p>
+
+<p class="drap">Bernay.</p>
+
+<p class="drap">Béthune.</p>
+
+<p class="drap">Blois.</p>
+
+<p class="drap">Boisgency.</p>
+
+<p class="drap">Biche.</p>
+
+<p class="drap">Boissy<a id="FNanchor_707" href="#Footnote_707" class="fnanchor">[56]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_707" href="#FNanchor_707"><span class="label">[56]</span></a> A la suite, dans l’édit. précédente : « <span class="sc">Beaumont-le-Vicomte</span>,
+mercredi et samedi à 8 heures du soir. »</p>
+</div>
+<p class="drap">Brionne.</p>
+
+<p class="drap">Bourg-Daulr.</p>
+
+<p class="drap">Bourbourg.</p>
+
+<p class="drap">Boulogne.</p>
+
+<p class="drap">Boharde.</p>
+
+<p class="drap">Brionne.</p>
+
+<p class="drap">Bolbec.</p>
+
+<p class="drap">Bouchain.</p>
+
+<p class="drap">Breteuil.</p>
+
+<p class="drap">Bourtroude.</p>
+
+<p class="drap">Brie.</p>
+
+<p class="drap">Bruges.</p>
+
+<p class="drap">Bruxelles.</p>
+
+<p class="drap">Brest, <i>Mercredi et Samedi à
+<span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Beaugé.</p>
+
+<p class="drap">Bellesine.</p>
+
+<p class="drap">Bonnestable.</p>
+
+<p class="drap">Beaufort.</p>
+
+<p class="drap">Blavet ou Fort-Louis.</p>
+
+<p class="drap">Beaumont-le-Vicomte.</p>
+
+<p class="drap">Bourg-en-Bresse, <i>Dimanche,
+Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Bellay.</p>
+
+<p class="drap">Beaune.</p>
+
+<p class="drap">Bussy.</p>
+
+<p class="drap">Brion l’Archevêque<a id="FNanchor_708" href="#Footnote_708" class="fnanchor">[57]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_708" href="#FNanchor_708"><span class="label">[57]</span></a> Dimanche, mercredi et vendredi à midi.</p>
+</div>
+<p class="drap">Bourguil.</p>
+
+<p class="drap">Bray sur Seine.</p>
+
+<p class="drap">Bazoche.</p>
+
+<p class="drap">Basson.</p>
+
+<p class="drap">Bayeux, <i>Lundi, Mercredi et
+Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Bourbonne.</p>
+
+<p class="drap">Borbonne.</p>
+
+<p class="drap">Bar sur Aube.</p>
+
+<p class="drap">Barfleurs.</p>
+
+<p class="drap">Briquebec.</p>
+
+<p class="drap">Bourges, <i>Lundi, Mercredi et
+Vendredi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Biarre.</p>
+
+<p class="drap">Bourbon les Bains<a id="FNanchor_709" href="#Footnote_709" class="fnanchor">[58]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_709" href="#FNanchor_709"><span class="label">[58]</span></a> « Lundi, mercredi et vendredi à minuit. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Bourbon l’Archambault.</p>
+
+<p class="drap">Bancafort.</p>
+
+<p class="drap">Brioude.</p>
+
+<p class="drap">Bois droit.</p>
+
+<p class="drap">Boynes et tout le Gatinois.</p>
+
+<p class="drap">Beaucaire.</p>
+
+<p class="drap">Béziers.</p>
+
+<p class="drap">Bonny.</p>
+
+<p class="drap">Bonneval, <i>le Dimanche à
+<span class="rm">8</span> h. du soir</i><a id="FNanchor_710" href="#Footnote_710" class="fnanchor">[59]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_710" href="#FNanchor_710"><span class="label">[59]</span></a> Dans l’édit. précédente deux autres départs le mercredi
+et vendredi, à cette même heure, sont indiqués.</p>
+</div>
+<p class="drap">Brou.</p>
+
+<p class="drap">Besse.</p>
+
+<p class="drap">Bastoigne.</p>
+
+<p class="drap">Bezançon, <i>Lundi, Mardi à midi et Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Beffort.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p252">-252-</span> Brives<a id="FNanchor_711" href="#Footnote_711" class="fnanchor">[60]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_711" href="#FNanchor_711"><span class="label">[60]</span></a> « Le lundi à minuit. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Bausançois.</p>
+
+
+<p class="c">C.</p>
+
+<p class="drap">Caën, <i>Tous les jours à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Cambray.</p>
+
+<p class="drap">Cagny.</p>
+
+<p class="drap">Calais.</p>
+
+<p class="drap">Chambort.</p>
+
+<p class="drap">Châtres sous Monlery.</p>
+
+<p class="drap">Charmont.</p>
+
+<p class="drap">Crecy.</p>
+
+<p class="drap">Cormicy.</p>
+
+<p class="drap">Conche.</p>
+
+<p class="drap">Coucy.</p>
+
+<p class="drap">Chambrais.</p>
+
+<p class="drap">Chaumont en Vexin.</p>
+
+<p class="drap">Codebecq.</p>
+
+<p class="drap">Cressenville en Auge.</p>
+
+<p class="drap">Crève Cœur en Auge.</p>
+
+<p class="drap">Clermont en Beauvoisis.</p>
+
+<p class="drap">Commine.</p>
+
+<p class="drap">Compiègne.</p>
+
+<p class="drap">Cizé.</p>
+
+<p class="drap">Corbie.</p>
+
+<p class="drap">Creil.</p>
+
+<p class="drap">Crespy en Valois.</p>
+
+<p class="drap">Chartres<a id="FNanchor_712" href="#Footnote_712" class="fnanchor">[61]</a>, <i>à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_712" href="#FNanchor_712"><span class="label">[61]</span></a> « Tous les jours. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Châlon sur Marne.</p>
+
+<p class="drap">Chasteau Tierry.</p>
+
+<p class="drap">Chaumusson.</p>
+
+<p class="drap">Coutance, <i>Lundi, Mercredi et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Carentan.</p>
+
+<p class="drap">Cressy.</p>
+
+<p class="drap">Coulomniers.</p>
+
+<p class="drap">Chasteau Porcien.</p>
+
+<p class="drap">Chalme.</p>
+
+<p class="drap">Chaumont.</p>
+
+<p class="drap">Chasteau Vilain.</p>
+
+<p class="drap">Condé sur Néreau.</p>
+
+<p class="drap">Chauny.</p>
+
+<p class="drap">Chastelleraux, <i>Lundi, Mercredi
+et Vendredi à <span class="rm">10</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Cingé.</p>
+
+<p class="drap">Coignac.</p>
+
+<p class="drap">Caviegnac.</p>
+
+<p class="drap">Charnizé.</p>
+
+<p class="drap">Chaumuflay.</p>
+
+<p class="drap">Chasteaudun, <i>même jour à <span class="rm">10</span> h.<a id="FNanchor_713" href="#Footnote_713" class="fnanchor">[62]</a></i></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_713" href="#FNanchor_713"><span class="label">[62]</span></a> « Lundi, mercredi et vendredi à minuit. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Chasteau Landon.</p>
+
+<p class="drap">Chastillon sur Loing.</p>
+
+<p class="drap">Chastillon sur Loir.</p>
+
+<p class="drap">Carpentras.</p>
+
+<p class="drap">Clermont en Auvergne.</p>
+
+<p class="drap">Cosne.</p>
+
+<p class="drap">Chambon.</p>
+
+<p class="drap">Chissy.</p>
+
+<p class="drap">Chenerailles.</p>
+
+<p class="drap">Corbeil.</p>
+
+<p class="drap">Croc.</p>
+
+<p class="drap">Cistaron.</p>
+
+<p class="drap">Charleville.</p>
+
+<p class="drap">Charly.</p>
+
+<p class="drap">Chezy.</p>
+
+<p class="drap">Claye.</p>
+
+<p class="drap">Colmard.</p>
+
+<p class="drap">Chasteau Salins.</p>
+
+<p class="drap">Chinon, <i>Dimanche, Mardi et Jeudi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Champigny.</p>
+
+<p class="drap">Chastillon sur Seine, <i>Lundi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Chasteau Regnaut, <i>le Dimanche</i>.</p>
+
+<p class="drap">Chalmont.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p253">-253-</span> Clèves.</p>
+
+<p class="drap">Courtenvaux sur Loir.</p>
+
+<p class="drap">Chasteau du Loir.</p>
+
+<p class="drap">Cousture.</p>
+
+<p class="drap">Chasteau Gontier, <i>Mercredi
+et Samedi au soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Conlie.</p>
+
+<p class="drap">Coigny.</p>
+
+<p class="drap">Craon.</p>
+
+<p class="drap">Chantonnay.</p>
+
+<p class="drap">Chateaulin.</p>
+
+<p class="drap">Courville.</p>
+
+<p class="drap">Carchiné.</p>
+
+<p class="drap">Concarneau.</p>
+
+<p class="drap">Corneré.</p>
+
+<p class="drap">Cahors, <i>Samedi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Castres.</p>
+
+<p class="drap">Chastelnau de Monratier.</p>
+
+<p class="drap">Cominge.</p>
+
+<p class="drap">Cressensac.</p>
+
+<p class="drap">Courserans.</p>
+
+<p class="drap">Chasteau Roux.</p>
+
+<p class="drap">Chasteau Vieux.</p>
+
+<p class="drap">Chamceaux, <i>Dimanche, Mercredi
+et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Chablis<a id="FNanchor_714" href="#Footnote_714" class="fnanchor">[63]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_714" href="#FNanchor_714"><span class="label">[63]</span></a> « Dimanche, mercredi, vendredi et samedi à midi. »
+Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Chalon sur Saone<a id="FNanchor_715" href="#Footnote_715" class="fnanchor">[64]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_715" href="#FNanchor_715"><span class="label">[64]</span></a> « Le dimanche, mercredi et vendredi à midi. » <i>Id.</i></p>
+</div>
+<p class="drap">Champeaux.</p>
+
+<p class="drap">Charolle.</p>
+
+<p class="drap">Chamlay.</p>
+
+<p class="drap">Champigny sur Yonne.</p>
+
+<p class="drap">Chaumont.</p>
+
+<p class="drap">Chastel Censoy.</p>
+
+<p class="drap">Chevery.</p>
+
+<p class="drap">Coulange.</p>
+
+<p class="drap">Cisteaux.</p>
+
+<p class="drap">Cussy les Forges.</p>
+
+<p class="drap">Clamecy.</p>
+
+<p class="drap">Courtenay.</p>
+
+<p class="drap">Carcassonne, <i>Lundi par Bourdeaux</i><a id="FNanchor_716" href="#Footnote_716" class="fnanchor">[65]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_716" href="#FNanchor_716"><span class="label">[65]</span></a> « <i>Samedi à minuit, le lundi</i> par Bordeaux. » Édit.
+1691. — Quelques lignes plus loin, sous la même rubrique :
+« <i>partira encore le samedi</i> par Montpellier. »</p>
+</div>
+<p class="drap">Constantinople, <i>Lundi au soir</i>.<br>
+Il faut payer le port jusqu’à Lion.</p>
+
+<p class="drap">Chambéry.</p>
+
+<p class="drap">Cazal, <i>Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Constat, <i>le Mercredi à
+<span class="rm">10</span> h. du soir</i>.<br>
+Il faut payer le port jusqu’au Rhin hausen.</p>
+
+
+<p class="c">D.</p>
+
+<p class="drap">Diepe, <i>Tous les jours à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Dise.</p>
+
+<p class="drap">Doüay.</p>
+
+<p class="drap">Dammartin.</p>
+
+<p class="drap">Doulens.</p>
+
+<p class="drap">Dourlen.</p>
+
+<p class="drap">Dosullé.</p>
+
+<p class="drap">Dunkerque.</p>
+
+<p class="drap">Dourdan, <i>Tous les jours à
+<span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Dreux.</p>
+
+<p class="drap">Danville.</p>
+
+<p class="drap">Dinant en Bretagne.</p>
+
+<p class="drap">Durtat.</p>
+
+<p class="drap">Douzenac, <i>le Samedi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Du Sault.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p254">-254-</span> Dun le Roy, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Digne.</p>
+
+<p class="drap">Die.</p>
+
+<p class="drap">Dijon, <i>Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Ducé.</p>
+
+<p class="drap">Dannemoine.</p>
+
+<p class="drap">Dieuse, <i>Lundi, Mercredi et
+Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Dormans.</p>
+
+<p class="drap">Dame-Marie, <i>Lundi, Mercredi, et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Doullevans.</p>
+
+<p class="drap">Doucherie.</p>
+
+<p class="drap">Dinan près Liège, <i>Mardi, Jeudi et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Dol, <i>Mardi et Jeudi à midi, et le Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+
+<p class="c">E.</p>
+
+<p class="drap">Elbeuf, <i>Tous les jours à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Evreux.</p>
+
+<p class="drap">Estampes.</p>
+
+<p class="drap">Escoüis.</p>
+
+<p class="drap">Eu.</p>
+
+<p class="drap">Estrepagny.</p>
+
+<p class="drap">Espernon, <i>Tous les jours à
+<span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Ecouché, <i>Mercredi et Samedi
+à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Essay.</p>
+
+<p class="drap">Evron.</p>
+
+<p class="drap">Ernée.</p>
+
+<p class="drap">Embrières.</p>
+
+<p class="drap">Entrame.</p>
+
+<p class="drap">Embrun, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Edonne.</p>
+
+<p class="drap">Evaux.</p>
+
+<p class="drap">Escille.</p>
+
+<p class="drap">Epinay<a id="FNanchor_717" href="#Footnote_717" class="fnanchor">[66]</a>, <i>Lundi, Mercredi
+et Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_717" href="#FNanchor_717"><span class="label">[66]</span></a> Lisez « Epernay », comme dans l’édit. précédente.</p>
+</div>
+<p class="drap">Epoisse, <i>Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Espagne, <i>Part tous les
+<span class="rm">15</span> jours à commencer le
+Lundi <span class="rm">9</span> janvier <span class="rm">1691</span></i>.</p>
+
+
+<p class="c">F.</p>
+
+<p class="drap">Fougers, <i>Mercredi et Samedi
+à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Falayse.</p>
+
+<p class="drap">Frenay.</p>
+
+<p class="drap">Foulleroute.</p>
+
+<p class="drap">Frecgefont, <i>le Samedi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Fribourg en Briscau, <i>Lundi,
+Mercredi et Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Farmontier, <i>Lundi, Mercredi et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Fontenay<a id="FNanchor_718" href="#Footnote_718" class="fnanchor">[67]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_718" href="#FNanchor_718"><span class="label">[67]</span></a> A la suite, dans l’édit. précédente : « <span class="sc">Fréjus</span>, lundi,
+mercredi et vendredi au soir. »</p>
+</div>
+<p class="drap">Fontainebleau.</p>
+
+<p class="drap">Ferre en Tartanois, <i>Tous les
+jours à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Fifine<a id="FNanchor_719" href="#Footnote_719" class="fnanchor">[68]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_719" href="#FNanchor_719"><span class="label">[68]</span></a> Lisez Fisme, comme dans l’édit. de 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Flavigny, <i>Dimanche, Mercredi
+et Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Francfort, <i>Lundi et Mercredi
+à <span class="rm">10</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Fribourg, <i>le Mardi et Jeudi
+à midi et le Vendredi à
+minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Fano, <i>le Lundi au soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Ferrar.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p255">-255-</span> Final. Il faut payer le port jusqu’à Lion.</p>
+
+<p class="drap">Flandres, <i>Tous les jours à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Fécamp.</p>
+
+<p class="drap">Forges.</p>
+
+<p class="drap">Furnes.</p>
+
+<p class="drap">Fauville.</p>
+
+<p class="drap">Francourville.</p>
+
+
+<p class="c">G.</p>
+
+<p class="drap">Gaillon, <i>Tous les jours à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Gand.</p>
+
+<p class="drap">Gisors.</p>
+
+<p class="drap">Gournay.</p>
+
+<p class="drap">Graveline.</p>
+
+<p class="drap">Grandvillier.</p>
+
+<p class="drap">Gué de Loré.</p>
+
+<p class="drap">Guisnes.</p>
+
+<p class="drap">Gaudelu, <i>Tous les jours à
+<span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Grenoble, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Grace.</p>
+
+<p class="drap">Gueret.</p>
+
+<p class="drap">Gaillac.</p>
+
+<p class="drap">Gap.</p>
+
+<p class="drap">Gien.</p>
+
+<p class="drap">Guidgnant, <i>Mercredi et Samedi
+à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Goton<a id="FNanchor_720" href="#Footnote_720" class="fnanchor">[69]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_720" href="#FNanchor_720"><span class="label">[69]</span></a> Lisez Gorron, comme dans l’édit. précédente.</p>
+</div>
+<p class="drap">Guibray.</p>
+
+<p class="drap">Gaudene<a id="FNanchor_721" href="#Footnote_721" class="fnanchor">[70]</a>, <i>Samedi à minuit</i>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_721" href="#FNanchor_721"><span class="label">[70]</span></a> Lisez Grandêve, comme dans l’autre édition.</p>
+</div>
+<p class="drap">Gautray, <i>Lundi, Mercredi et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Gandecey, <i>Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Gizy.</p>
+
+<p class="drap">Genes, <i>le Lundi au soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Grisons.<br>
+Il faut payer jusqu’à Lion.</p>
+
+<p class="drap">Genève, <i>Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Gray, <i>Mardi et Jeudi à midi et le Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+
+<p class="c">H.</p>
+
+<p class="drap">Havre de Grâce, <i>Tous les jours à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Ham.</p>
+
+<p class="drap">Harfleur.</p>
+
+<p class="drap">Honfleur.</p>
+
+<p class="drap">Hedain.</p>
+
+<p class="drap">Hennebon, <i>Mercredi et Samedi
+à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Houdan.</p>
+
+<p class="drap">Hambourg, <i>Lundi, Mercredi
+et Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Hagueneau.</p>
+
+<p class="drap">Hunignen.</p>
+
+<p class="drap">Haun, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Hénault, <i>Tous les jours à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Hollande, <i>Lundi et Vendredi à midi</i>.</p>
+
+
+<p class="c">I.</p>
+
+<p class="drap">Ivetot, <i>Tous les jours à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Issoudun, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Issonne.</p>
+
+<p class="drap">Iardage<a id="FNanchor_722" href="#Footnote_722" class="fnanchor">[71]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_722" href="#FNanchor_722"><span class="label">[71]</span></a> Lisez Jarnage, comme dans l’édit. de 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Joinville,<i> Lundi, Mercredi, et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Joigny.</p>
+
+
+<p class="c">L.</p>
+
+<p class="drap">La Pacaudière, <i>Lundi, Mercredi
+<span class="pagenum" id="p256">-256-</span> et Vendredi à minuit.</i></p>
+
+<p class="drap">La Palisse.</p>
+
+<p class="drap">Le Puis.</p>
+
+<p class="drap">La Treille.</p>
+
+<p class="drap">La Bussière.</p>
+
+<p class="drap">La Charité.</p>
+
+<p class="drap">La Chartre.</p>
+
+<p class="drap">La Guierche.</p>
+
+<p class="drap">Lodève.</p>
+
+<p class="drap">Le Bourg Saint Andéol.</p>
+
+<p class="drap">Lorette, <i>le Mercredi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Lionnois, <i>Partira tous les
+jours au soir à la réserve
+du Dimanche</i>.</p>
+
+<p class="drap">Lion.</p>
+
+<p class="drap">Lizieux, <i>Tous les jours à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">L’Ausmône.</p>
+
+<p class="drap">La Pomme d’or.</p>
+
+<p class="drap">Les Andelis.</p>
+
+<p class="drap">Lilsle bonne.</p>
+
+<p class="drap">Louviers.</p>
+
+<p class="drap">Luxembourg.</p>
+
+<p class="drap">Lion Laforest.</p>
+
+<p class="drap">Lonjumeau.</p>
+
+<p class="drap">Linas.</p>
+
+<p class="drap">Les 3 cheminées.</p>
+
+<p class="drap">Lire.</p>
+
+<p class="drap">Le Quesnoy.</p>
+
+<p class="drap">Langez.</p>
+
+<p class="drap">Laboüille.</p>
+
+<p class="drap">Langelé.</p>
+
+<p class="drap">Longchamps.</p>
+
+<p class="drap">Luzarche.</p>
+
+<p class="drap">L’ilsle en Flandre.</p>
+
+<p class="drap">Landau.</p>
+
+<p class="drap">Laon, <i>Tous les jours à <span class="rm">8</span> h.
+du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Lagny.</p>
+
+<p class="drap">Limours.</p>
+
+<p class="drap">Louvois.</p>
+
+<p class="drap">Lizi.</p>
+
+<p class="drap">La Ferté Milon.</p>
+
+<p class="drap">Lahais Dupuis, <i>Lundi, Mercredi
+et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">La Fère.</p>
+
+<p class="drap">La Chapelle.</p>
+
+<p class="drap">Lilleul.</p>
+
+<p class="drap">Langres.</p>
+
+<p class="drap">La Ferté Gaucher.</p>
+
+<p class="drap">Le Sommevoir.</p>
+
+<p class="drap">La Flèche, <i>Mercredi et Samedi
+à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">La Loupe.</p>
+
+<p class="drap">La Ferté Vidame.</p>
+
+<p class="drap">Lavalle.</p>
+
+<p class="drap">Latugé.</p>
+
+<p class="drap">La Gravelle.</p>
+
+<p class="drap">La Siay<a id="FNanchor_723" href="#Footnote_723" class="fnanchor">[72]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_723" href="#FNanchor_723"><span class="label">[72]</span></a> Lisez Lassay, comme dans l’éd. de 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Lamçalle<a id="FNanchor_724" href="#Footnote_724" class="fnanchor">[73]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_724" href="#FNanchor_724"><span class="label">[73]</span></a> Lisez Lamballe. <i>Id.</i></p>
+</div>
+<p class="drap">La Ferté Bernard.</p>
+
+<p class="drap">Leigle.</p>
+
+<p class="drap">La Queue.</p>
+
+<p class="drap">L’Isle de Rez.</p>
+
+<p class="drap">Luçon.</p>
+
+<p class="drap">De Luce<a id="FNanchor_725" href="#Footnote_725" class="fnanchor">[74]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_725" href="#FNanchor_725"><span class="label">[74]</span></a> Lisez Le Lude. <i>Id.</i></p>
+</div>
+<p class="drap">La Ferté Senneterre, <i>Samedi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">La Bastide.</p>
+
+<p class="drap">L’Eaigne Brion<a id="FNanchor_726" href="#Footnote_726" class="fnanchor">[75]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_726" href="#FNanchor_726"><span class="label">[75]</span></a> Lisez L’Épine-Brion. <i>Id.</i></p>
+</div>
+<p class="drap">Le Blanc en Berry.</p>
+
+<p class="drap">La Barriolé.</p>
+
+<p class="drap">Limoges.</p>
+
+<p class="drap">Lombez.</p>
+
+<p class="drap">Leschezeaux.</p>
+
+<p class="drap">Ligny, <i>Lundi, Mercredi et
+Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p257">-257-</span> Luneville.</p>
+
+<p class="drap">La petite Pierre.</p>
+
+<p class="drap">La Ferté sous Joüard.</p>
+
+<p class="drap">Liège, <i>Le Mardi, Jeudi et Samedi à midi.</i></p>
+
+<p class="drap">Landrecy.</p>
+
+<p class="drap">Ligny le Chatelet, <i>Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Le Chatelet.</p>
+
+<p class="drap">La Ville neuve.</p>
+
+<p class="drap">Lezinne.</p>
+
+<p class="drap">La Forteresse.</p>
+
+<p class="drap">Limeil.</p>
+
+<p class="drap">La Chartre.</p>
+
+<p class="drap">Laverdon.</p>
+
+<p class="drap">La Rochelle, <i>Lundi, Mercredi
+et Vendredi à <span class="rm">10</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">La Merci-Dieu.</p>
+
+<p class="drap">La Réolle.</p>
+
+<p class="drap">La Grolle.</p>
+
+<p class="drap">Lorson.</p>
+
+<p class="drap">La Monière<a id="FNanchor_727" href="#Footnote_727" class="fnanchor">[76]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_727" href="#FNanchor_727"><span class="label">[76]</span></a> Lisez La Morinière, comme dans l’édit. de 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">La Ménardie<a id="FNanchor_728" href="#Footnote_728" class="fnanchor">[77]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_728" href="#FNanchor_728"><span class="label">[77]</span></a> La Menardière. <i>Id.</i></p>
+</div>
+<p class="drap">La Hais.</p>
+
+<p class="drap">La Roche Pezé<a id="FNanchor_729" href="#Footnote_729" class="fnanchor">[78]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_729" href="#FNanchor_729"><span class="label">[78]</span></a> La Roche-Pozé. <i>Id.</i></p>
+</div>
+<p class="drap">Le Bouché.</p>
+
+<p class="drap">Loche.</p>
+
+<p class="drap">L’Isle d’Olleron.</p>
+
+<p class="drap">Lignevil.</p>
+
+<p class="drap">Libourne.</p>
+
+<p class="drap">L’Estang.</p>
+
+<p class="drap">L’isle Bouchard, <i>Dimanche, Mardi et Jeudi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Loudun.</p>
+
+<p class="drap">Les trois volets.</p>
+
+<p class="drap">La Balüe, <i>Mercredi et Jeudi<a id="FNanchor_730" href="#Footnote_730" class="fnanchor">[79]</a> à midi</i>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_730" href="#FNanchor_730"><span class="label">[79]</span></a> « Samedi. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Ligourne, <i>le Lundi au soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Lucques.<br>
+Il faut payer jusqu’à Lion.</p>
+
+<p class="drap">Leon.</p>
+
+
+<p class="c">M.</p>
+
+<p class="drap">Mante, <i>Tous les jours à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Magny.</p>
+
+<p class="drap">Meulan.</p>
+
+<p class="drap">Menat.</p>
+
+<p class="drap">Montreüil.</p>
+
+<p class="drap">Monbuisson.</p>
+
+<p class="drap">Mondidier.</p>
+
+<p class="drap">Montvilliers.</p>
+
+<p class="drap">Monl’hery.</p>
+
+<p class="drap">Montreüil.</p>
+
+<p class="drap">Mormant.</p>
+
+<p class="drap">Menin.</p>
+
+<p class="drap">Mons.</p>
+
+<p class="drap">Meaux, <i>Tous les jours à
+<span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Maintenon.</p>
+
+<p class="drap">Marseille<a id="FNanchor_731" href="#Footnote_731" class="fnanchor">[80]</a>, <i>Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_731" href="#FNanchor_731"><span class="label">[80]</span></a> « Lundi. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Maringue.</p>
+
+<p class="drap">Mande.</p>
+
+<p class="drap">Mussilac.</p>
+
+<p class="drap">Monaco.</p>
+
+<p class="drap">Montpellier.</p>
+
+<p class="drap">Montargis.</p>
+
+<p class="drap">Mont Luçon.</p>
+
+<p class="drap">Moulins.</p>
+
+<p class="drap">Moulin en Gellebert.</p>
+
+<p class="drap">Mondoubleau, <i>Dimanche, Mardi et Jeudi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p258">-258-</span> Mantoit<a id="FNanchor_732" href="#Footnote_732" class="fnanchor">[81]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_732" href="#FNanchor_732"><span class="label">[81]</span></a> Lisez « Montoir », comme dans l’édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Marçon.</p>
+
+<p class="drap">Mussi Levesque, <i>Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Mont Belliard, <i>Mardi et
+Jeudi à midi, et le Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Malicorne, <i>Mercredi et Samedi
+à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Mayne.</p>
+
+<p class="drap">Mayene.</p>
+
+<p class="drap">Mamers.</p>
+
+<p class="drap">Mesle sur Sarre.</p>
+
+<p class="drap">Mortagne.</p>
+
+<p class="drap">Morlais.</p>
+
+<p class="drap">Montfort la Maury.</p>
+
+<p class="drap">Montaigu en Poitou.</p>
+
+<p class="drap">Magnac, <i>le Samedi à minuit</i><a id="FNanchor_733" href="#Footnote_733" class="fnanchor">[82]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_733" href="#FNanchor_733"><span class="label">[82]</span></a> « A midi. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Mirepois.</p>
+
+<p class="drap">Morterolle<a id="FNanchor_734" href="#Footnote_734" class="fnanchor">[83]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_734" href="#FNanchor_734"><span class="label">[83]</span></a> Lisez « Monterolle ». <i>Id.</i></p>
+</div>
+<p class="drap">Macon, <i>Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Moret.</p>
+
+<p class="drap">Melun.</p>
+
+<p class="drap">Montereau.</p>
+
+<p class="drap">Monbart.</p>
+
+<p class="drap">Monceny.</p>
+
+<p class="drap">Michery.</p>
+
+<p class="drap">Moutier St Jean.</p>
+
+<p class="drap">Marsal, <i>Lundi, Mercredi et
+Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Mets.</p>
+
+<p class="drap">Montmirel.</p>
+
+<p class="drap">Moyenvic<a id="FNanchor_735" href="#Footnote_735" class="fnanchor">[84]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_735" href="#FNanchor_735"><span class="label">[84]</span></a> « Dimanche, mardi et jeudi à midi, et le vendredi à
+minuit. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Montreüil, <i>Dimanche, Jeudi et Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Marche.</p>
+
+<p class="drap">Montauban, <i>Samedi à minuit
+et le Lundi par Bourdeaux</i>.</p>
+
+<p class="drap">Mastricht, <i>Mardi, Jeudi et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Milan, <i>le Vendredi au soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Modenne.</p>
+
+<p class="drap">Mortain, <i>Mercredi et Samedi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Montrichart, <i>Lundi, Mercredi
+et Vendredi au soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Marigny.</p>
+
+<p class="drap">Matizé.</p>
+
+<p class="drap">Mezier.</p>
+
+<p class="drap">Montebourg, <i>Lundi, Mercredi et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Monmorel.</p>
+
+<p class="drap">Melleray.</p>
+
+<p class="drap">Mantoue, <i>Lundi au soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Montmeillan.</p>
+
+<p class="drap">Malte.<br>
+Il faut payer jusqu’à Lion.</p>
+
+<p class="drap">Mayence, <i>Lundi et Mercredi
+à <span class="rm">10</span> h. du soir</i>.</p>
+
+
+<p class="c">N.</p>
+
+<p class="drap">Noyon, <i>Tous les jours à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Nangi.</p>
+
+<p class="drap">Neufbourg.</p>
+
+<p class="drap">Nanteüil.</p>
+
+<p class="drap">Neuf Chastel.</p>
+
+<p class="drap">Nogent.</p>
+
+<p class="drap">Narbonne, <i>Lundi, Mercredi
+et Vendredi à <span class="rm">10</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Nismes.</p>
+
+<p class="drap">Neumours.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p259">-259-</span> Neuvy.</p>
+
+<p class="drap">Nevers.</p>
+
+<p class="drap">Nice.</p>
+
+<p class="drap">Niort.</p>
+
+<p class="drap">Nanteuil.</p>
+
+<p class="drap">Neulabé.</p>
+
+<p class="drap">Nantes, <i>Mercredi et Samedi
+à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Nogent-le-Rotrou.</p>
+
+<p class="drap">Nancy, <i>Lundi, Mercredi et
+Samedi à <span class="rm">10</span> h.</i></p>
+
+<p class="drap">Noyers, <i>Dimanche, Mercredi et
+Vendredi<a id="FNanchor_736" href="#Footnote_736" class="fnanchor">[85]</a> à midi</i>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_736" href="#FNanchor_736"><span class="label">[85]</span></a> « Samedi. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Nuis.</p>
+
+<p class="drap">Nogent-le-Roy, <i>Dimanche,
+Mercredi et Vendredi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Naple, <i>Lundi au soir</i>.<br>
+Il faut payer<a id="FNanchor_737" href="#Footnote_737" class="fnanchor">[86]</a> jusqu’à Lion.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_737" href="#FNanchor_737"><span class="label">[86]</span></a> « Le port. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Neuf Chastel en Franche Comté, <i>Mardi et Jeudi à midi et Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+
+<p class="c">O.</p>
+
+<p class="drap">Orléans, <i>Tous les jours à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Orbec.</p>
+
+<p class="drap">Oudenarde.</p>
+
+<p class="drap">Ourque.</p>
+
+<p class="drap">Ozulé.</p>
+
+<p class="drap">Orchie.</p>
+
+<p class="drap">Ousson, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Orange.</p>
+
+<p class="drap">Olleron en Bearn, <i>Samedi à minuit</i>.</p>
+
+
+<p class="c">P.</p>
+
+<p class="drap">Pontoise, <i>Tous les jours à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Ponteau de Mer.</p>
+
+<p class="drap">Pont Levesque.</p>
+
+<p class="drap">Pont Sainte Mayence.</p>
+
+<p class="drap">Pont de L’arche.</p>
+
+<p class="drap">Pont sur Seine.</p>
+
+<p class="drap">Pont Amousson.</p>
+
+<p class="drap">Provins.</p>
+
+<p class="drap">Pequigny.</p>
+
+<p class="drap">Pierre Bussière, <i>Samedi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Pamiers.</p>
+
+<p class="drap">Payrac.</p>
+
+<p class="drap">Pont Orson, <i>Mercredi et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Poitiers, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi au soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Perpignan.</p>
+
+<p class="drap">Preully.</p>
+
+<p class="drap">Poné.</p>
+
+<p class="drap">Perigueux.</p>
+
+<p class="drap">Peau en Bearn.</p>
+
+<p class="drap">Petit Pecigny.</p>
+
+<p class="drap">Panze le Viel.</p>
+
+<p class="drap">Pougues.</p>
+
+<p class="drap">Pont S. Esprit.</p>
+
+<p class="drap">Pouilly.</p>
+
+<p class="drap">Pont S. Jean Dandelis, <i>Mercredi au soir</i><a id="FNanchor_738" href="#Footnote_738" class="fnanchor">[87]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_738" href="#FNanchor_738"><span class="label">[87]</span></a> « Mercredi et samedi à dix heures du soir. » Édit.
+1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Peinchebray.</p>
+
+<p class="drap">Poul, <i>Mercredi, Vendredi et
+Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Parcé.</p>
+
+<p class="drap">Pont du Cé.</p>
+
+<p class="drap">Ponance.</p>
+
+<p class="drap">Ploërmel.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p260">-260-</span> Pont Labé.</p>
+
+<p class="drap">Pré en Parhaveron.</p>
+
+<p class="drap">Précy sous Tille, <i>Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Pont Devaux.</p>
+
+<p class="drap">Pont sur Yonne.</p>
+
+<p class="drap">Pontigny.</p>
+
+<p class="drap">Plessy Praslin.</p>
+
+<p class="drap">Passy.</p>
+
+<p class="drap">Peronne, <i>Lundi, Mercredi et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Periers.</p>
+
+<p class="drap">Parmes, <i>Vendredi<a id="FNanchor_739" href="#Footnote_739" class="fnanchor">[88]</a> à midi</i>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_739" href="#FNanchor_739"><span class="label">[88]</span></a> « Au soir. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Pavie.</p>
+
+<p class="drap">Plaisance.</p>
+
+<p class="drap">Padoue, <i>Mercredi au soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Pignerol, <i>Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Philippeville, <i>Mercredi, Jeudi et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Petiviers.</p>
+
+<p class="drap">Phalsbourg, <i>Lundi, Mercredi<a id="FNanchor_740" href="#Footnote_740" class="fnanchor">[89]</a>
+à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_740" href="#FNanchor_740"><span class="label">[89]</span></a> « Et samedi. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Pontarlié, <i>Mardi et Jeudi à midi et Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+
+<p class="c">Q.</p>
+
+<p class="drap">Quimpercorentin, <i>Mercredi
+et Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Quimperlé.</p>
+
+<p class="drap">Quintin.</p>
+
+
+<p class="c">R.</p>
+
+<p class="drap">Rion, <i>Lundi, Mercredi<a id="FNanchor_741" href="#Footnote_741" class="fnanchor">[90]</a> et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_741" href="#FNanchor_741"><span class="label">[90]</span></a> « Et vendredi à minuit. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Roanne.</p>
+
+<p class="drap">Riez.</p>
+
+<p class="drap">Rome, <i>Lundi au soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Rinhausen, <i>Lundi et Mercredi
+à <span class="rm">10</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Ratisbonne, <i>Mercredi à <span class="rm">10</span> h.
+du soir</i>.<br>
+Il faut payer le port jusqu’au Rhinhausen.</p>
+
+<p class="drap">Rouen, <i>Tous les jours à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Richelieu, <i>Dimanche, Mardi et Jeudi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Reims, <i>Tous les jours à <span class="rm">8</span> h.</i></p>
+
+<p class="drap">Rambouillet.</p>
+
+<p class="drap">Rodez, <i>le samedi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Rieux.</p>
+
+<p class="drap">Razez.</p>
+
+<p class="drap">Romorantin.</p>
+
+<p class="drap">Rhetel, <i>Lundi, Mercredi et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Rebais.</p>
+
+<p class="drap">Rocroy.</p>
+
+<p class="drap">Roye.</p>
+
+<p class="drap">Rozoy.</p>
+
+<p class="drap">Riblemont.</p>
+
+<p class="drap">Renne, <i>Mercredi et Samedi
+à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Rubay.</p>
+
+<p class="drap">Rospordin.</p>
+
+<p class="drap">Remiremont, <i>Lundi, Mercredi
+et Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Rozières.</p>
+
+<p class="drap">Ris.</p>
+
+<p class="drap">Rochefort, <i>Dimanche, Mardi
+et Vendredi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Ravier, <i>Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p>
+
+
+<p class="c">S.</p>
+
+<p class="drap">Senlis, <i>Tous les jours à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Saint Paul en Artois.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p261">-261-</span> Steignevil.</p>
+
+<p class="drap">St Quentin.</p>
+
+<p class="drap">Saint Omer.</p>
+
+<p class="drap">Saint Ore.</p>
+
+<p class="drap">Saint Pierre sur Dive.</p>
+
+<p class="drap">Saint Silvain.</p>
+
+<p class="drap">Saint Saën.</p>
+
+<p class="drap">Sainte Barbe en Auge.</p>
+
+<p class="drap">Saint Valery en Caux.</p>
+
+<p class="drap">Saint Martin du Port.</p>
+
+<p class="drap">Saint Venant.</p>
+
+<p class="drap">Saint Evrol.</p>
+
+<p class="drap">Saint Clair, <i>Tous les jours
+à <span class="rm">8</span> h.</i></p>
+
+<p class="drap">Saint Arnoul.</p>
+
+<p class="drap">Soissons.</p>
+
+<p class="drap">Saint Germain en Laye,
+<i>Lundi, Mercredi et Vendredi à <span class="rm">10</span> h.</i></p>
+
+<p class="drap">Saint Mexans.</p>
+
+<p class="drap">Saint Severe.</p>
+
+<p class="drap">Saint Ciran en Brenne.</p>
+
+<p class="drap">Saint Cibardeau.</p>
+
+<p class="drap">Saint Flavien.</p>
+
+<p class="drap">Saint Lo, <i>Lundi, Mercredi et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Saint Sauveur le Vicomte.</p>
+
+<p class="drap">Ste Mère Eglise.</p>
+
+<p class="drap">St Pierre Eglise.</p>
+
+<p class="drap">St Dizier.</p>
+
+<p class="drap">Sezanne.</p>
+
+<p class="drap">Sables d’Olonne, <i>Mercredi et
+Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Sablé.</p>
+
+<p class="drap">St Servant.</p>
+
+<p class="drap">St Malo.</p>
+
+<p class="drap">St Brieux.</p>
+
+<p class="drap">Scés.</p>
+
+<p class="drap">Sillé.</p>
+
+<p class="drap">Ste Suzanne.</p>
+
+<p class="drap">St Benoist, <i>le Samedi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Sarlac.</p>
+
+<p class="drap">Souflac.</p>
+
+<p class="drap">St Antonin.</p>
+
+<p class="drap">St Papoul.</p>
+
+<p class="drap">Sedan, <i>Lundi, Mercredi et
+Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Sarlouis.</p>
+
+<p class="drap">Schelestat.</p>
+
+<p class="drap">St Diez.</p>
+
+<p class="drap">St Nicolas.</p>
+
+<p class="drap">St Aubin.</p>
+
+<p class="drap">Sarbourg, <i>Tous les jours à
+midi à la réserve du Jeudi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Saverne.</p>
+
+<p class="drap">Strasbourg.</p>
+
+<p class="drap">Saint Viet, <i>Dimanche, Mardi et Jeudi à midi</i><a id="FNanchor_742" href="#Footnote_742" class="fnanchor">[91]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_742" href="#FNanchor_742"><span class="label">[91]</span></a> « A huit heures du soir. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Saumur, <i>Dimanche, Mardi et Jeudi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Sainte Reine, <i>Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Saint Seine.</p>
+
+<p class="drap">Semur.</p>
+
+<p class="drap">St Florentin.</p>
+
+<p class="drap">St Brice.</p>
+
+<p class="drap">Seignelay.</p>
+
+<p class="drap">Sens.</p>
+
+<p class="drap">Sergines.</p>
+
+<p class="drap">Savigny sur Bray, <i>Mercredi et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Saint Hilaire du Argolt.</p>
+
+<p class="drap">Ste Menehout, <i>Le Dimanche,
+Mardi et Vendredi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Spire, <i>Lundi et Mercredi à
+<span class="rm">10</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Salins, <i>Mardi et Jeudi à midi et le Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Soleurre.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p262">-262-</span> Saint-Firmin, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">St Brisson.</p>
+
+<p class="drap">St Fargeau.</p>
+
+<p class="drap">Sully.</p>
+
+<p class="drap">St Amand.</p>
+
+<p class="drap">St Pierre le Moutier.</p>
+
+<p class="drap">St Flour.</p>
+
+<p class="drap">St Géran.</p>
+
+<p class="drap">St Fourcain<a id="FNanchor_743" href="#Footnote_743" class="fnanchor">[92]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_743" href="#FNanchor_743"><span class="label">[92]</span></a> Lisez « Saint Pourçain », comme dans l’édit. de
+1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">St Germain Lepinasse.</p>
+
+<p class="drap">St Simphorien.</p>
+
+<p class="drap">St Etienne en Forest.</p>
+
+<p class="drap">St Papoul trois Châteaux.</p>
+
+<p class="drap">St Bonnets.</p>
+
+<p class="drap">St Cous.</p>
+
+<p class="drap">St Hipolyte.</p>
+
+<p class="drap">St Jean de Maurienne.</p>
+
+<p class="drap">Senez.</p>
+
+<p class="drap">St Calais, <i>Dimanche, Mardi
+et Jeudi à <span class="rm">8</span> h.</i></p>
+
+<p class="drap">St Christophle.</p>
+
+<p class="drap">Suisse, <i>Lundi et Mercredi au soir</i>.</p>
+
+
+<p class="c">T.</p>
+
+<p class="drap">Tours, <i>Tous les jours à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Troyes.</p>
+
+<p class="drap">Tilliers.</p>
+
+<p class="drap">Tournay.</p>
+
+<p class="drap">Trappe, <i>Tous les jours à
+<span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Toulouse, <i>le Samedi à minuit
+et le Lundi par Bourdeaux</i>.</p>
+
+<p class="drap">Turbes<a id="FNanchor_744" href="#Footnote_744" class="fnanchor">[93]</a>, <i>le Samedi à minuit</i>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_744" href="#FNanchor_744"><span class="label">[93]</span></a> « Tulle. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Tonnerre, <i>Dimanche, Mercredi,
+Vendredi et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Thionville, <i>Lundi à <span class="rm">8</span> h. du
+soir, Mercredi et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Tournon, <i>Lundi, Mercredi
+et Vendredi à <span class="rm">10</span> heures du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Toullon sur Arroux, <i>Dimanche et Vendredi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Tournus.</p>
+
+<p class="drap">Tamlay.</p>
+
+<p class="drap">Tannay.</p>
+
+<p class="drap">Toussi.</p>
+
+<p class="drap">Theil.</p>
+
+<p class="drap">Thorigny, <i>Lundi, Mercredi et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Tissy.</p>
+
+<p class="drap">Tournant.</p>
+
+<p class="drap">Tirol, <i>le Mercredi à <span class="rm">10</span> h.
+du soir</i>.<br>
+Il faut payer le port des lettres jusqu’à Rinhausen.</p>
+
+<p class="drap">Tiers, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Toulon.</p>
+
+<p class="drap">Tarrare.</p>
+
+<p class="drap">Turin, <i>Lundi et Mercredi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Trente.</p>
+
+<p class="drap">Touars, <i>Dimanche, Mardi et Jeudi à midi</i>.</p>
+
+
+<p class="c">V.</p>
+
+<p class="drap">Ville Franche en Bajollois,
+<i>Dimanche, Mercredi et Vendredi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p263">-263-</span> Verdun sur Saone.</p>
+
+<p class="drap">Vettamon<a id="FNanchor_745" href="#Footnote_745" class="fnanchor">[94]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_745" href="#FNanchor_745"><span class="label">[94]</span></a> « Vermanton. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Vezelay.</p>
+
+<p class="drap">Villecien.</p>
+
+<p class="drap">Ville Vallier.</p>
+
+<p class="drap">Viteaux.</p>
+
+<p class="drap">Villefranche.</p>
+
+<p class="drap">Villeneuve la Gularde<a id="FNanchor_746" href="#Footnote_746" class="fnanchor">[95]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_746" href="#FNanchor_746"><span class="label">[95]</span></a> Lisez « Ville neuve la Guiarde », comme dans l’édit.
+1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Ville Chasson.</p>
+
+<p class="drap">Valleri.</p>
+
+<p class="drap">Valence.</p>
+
+<p class="drap">Ville neuve St Georges.</p>
+
+<p class="drap">Vienne en Daufiné, <i>Lundi, Mercredi et Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Varenne.</p>
+
+<p class="drap">Valt Sainte.</p>
+
+<p class="drap">Vierson.</p>
+
+<p class="drap">Vivier en Vivarés.</p>
+
+<p class="drap">Usez.</p>
+
+<p class="drap">Vence.</p>
+
+<p class="drap">Uriel.</p>
+
+<p class="drap">Uraison.</p>
+
+<p class="drap">Valence.</p>
+
+<p class="drap">Valencienne, <i>Tous les jours à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Vernon.</p>
+
+<p class="drap">Verbrie.</p>
+
+<p class="drap">Vallemont.</p>
+
+<p class="drap">Vic.</p>
+
+<p class="drap">Vétheuil.</p>
+
+<p class="drap">Villers Cotterest, <i>Tous les
+soirs à <span class="rm">8</span> h.</i></p>
+
+<p class="drap">Versailles.</p>
+
+<p class="drap">Vernain.</p>
+
+<p class="drap">Vannes, <i>Mercredi et Samedi
+à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Vitré.</p>
+
+<p class="drap">Vassé.</p>
+
+<p class="drap">Villaine.</p>
+
+<p class="drap">Verneuil au Berch<a id="FNanchor_747" href="#Footnote_747" class="fnanchor">[96]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_747" href="#FNanchor_747"><span class="label">[96]</span></a> « Verneuil en Perche. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Vabres, <i>le Samedi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Userche.</p>
+
+<p class="drap">Verdun, <i>Dimanche, Mardi
+et Vendredi à <span class="rm">10</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Vandôme, <i>Dimanche, Mardi
+et Jeudi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Ville au Clerc.</p>
+
+<p class="drap">Voil<a id="FNanchor_748" href="#Footnote_748" class="fnanchor">[97]</a>, <i>Lundi, Mercredi et
+Samedi à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_748" href="#FNanchor_748"><span class="label">[97]</span></a> « Void. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p class="drap">Vertus.</p>
+
+<p class="drap">Vitry.</p>
+
+<p class="drap">Valogne, <i>Lundi, Mercredi et Samedi à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Virre.</p>
+
+<p class="drap">Ville Dieu.</p>
+
+<p class="drap">Vendeuvres.</p>
+
+<p class="drap">Vassy.</p>
+
+<p class="drap">Villenauxe.</p>
+
+<p class="drap">Venise, <i>Mercredi à minuit</i>.</p>
+
+<p class="drap">Véronne.</p>
+
+<p class="drap">Vicence.</p>
+
+<p class="drap">Verseilles, <i>le Vendredi au soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Vienne, <i>Mercredi à <span class="rm">10</span> h. du soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Ulm.<br>
+Il faut payer le port jusqu’au Rhinhausen.</p>
+
+<p class="drap">Vesoul, <i>Mardi, Jeudi à midi et Vendredi à minuit</i>.</p>
+
+
+<p class="c">X.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p264">-264-</span> Xainte, <i>Mercredi et Samedi
+à <span class="rm">8</span> h. du soir</i>.</p>
+
+
+<p class="c">Y.</p>
+
+<p class="drap">Ypre, <i>Tous les jours à midi</i>.</p>
+
+<p class="drap">Yzeures, <i>Lundi, Mercredi et Samedi au soir</i>.</p>
+
+<p class="drap">Yelme.</p>
+
+<p class="drap">Ysigny, <i>Mercredi et Samedi à midi</i>.</p>
+
+
+<p class="c">Z.</p>
+
+<p class="drap">Zélande, <i>Lundi et Vendredi à midi</i><a id="FNanchor_749" href="#Footnote_749" class="fnanchor">[98]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_749" href="#FNanchor_749"><span class="label">[98]</span></a> « Le Bureau d’Angleterre est présentement à la grande
+Poste. » Édit. 1691.</p>
+</div>
+<p>Les Couriers pour la Cour partiront tous les
+jours à 8 h. du soir, lorsqu’elle sera à Versailles,
+Saint-Germain ou Fontainebleau. Le Bureau est
+rue de la Limace et rue des Déchargeurs<a id="FNanchor_750" href="#Footnote_750" class="fnanchor">[99]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_750" href="#FNanchor_750"><span class="label">[99]</span></a> « Le Bureau général, où se distribuent les lettres qui
+sont envoyées à Paris des Provinces et païs étrangers, est
+dans la rue des Bourdonnois, où étoit autrefois l’hôtel de
+Villeroy. Et pour envoyer les lettres dans les mêmes lieux
+le Bureau général est dans la rue de la Limace, près la
+même rue des Bourdonnois. » <i>Id.</i> — C’est Pagot, fermier
+des Postes, qui les avoit établies dans l’hôtel de Villeroy,
+dont il étoit propriétaire, depuis 1652. L’hôtel avoit une
+porte rue des Bourdonnois et une autre rue de la Limace.</p>
+</div>
+<p>Le Public sera averti de bien faire écrire le
+dessus des Lettres et Paquets, s’en trouvant
+souvent pour des lieux hors de la route des
+postes qui ne sont pas connus, ce qui est cause
+de la perte d’iceux ; et pour y remédier, ceux
+qui écriront ci-après, soit dans les bourgs, villages
+ou chasteaux, écriront sur leurs lettres la
+Ville de la route des Postes qui en peut être la
+plus proche, avec le nom de la Province.</p>
+
+<p>Et pour plus de commodité, il y a présentement
+six boëtes où l’on va tous les jours lever
+les lettres précisément à midi et à 8 h. du soir en
+hiver et en esté à 9 si exactement que lesdites
+<span class="pagenum" id="p265">-265-</span> heures du soir passées, les Lettres survenues
+demeureront pour les Ordinaires suivans : sçavoir
+une en la rue St Jacques au coin de la rue
+du Plâtre vis-à-vis la vieille Poste<a id="FNanchor_751" href="#Footnote_751" class="fnanchor">[100]</a>. Une au
+milieu de la place Maubert vis à vis la Fontaine,
+à l’image St François. Une au fauxbourg
+St Germain au coin du Jeu de Paulme de Metz<a id="FNanchor_752" href="#Footnote_752" class="fnanchor">[101]</a>.
+Une ruë St Martin, au coin de la ruë aux Ours.
+Et une rue St Antoine vis-à-vis l’Ours, devant
+la rue Geoffroy Lasnier au petit Louvre couronné.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_751" href="#FNanchor_751"><span class="label">[100]</span></a> Sur le plan Gomboust, feuille V, la poste est indiquée
+rue St-Jacques, à l’endroit marqué ici. Il étoit naturel
+qu’elle eût été d’abord située au quartier de l’Université,
+puisqu’elle en avoit dépendu dans l’origine, lorsque le service
+des Messagers, qui mettoient les écoliers de Paris en
+communication avec leurs parents de province ou de
+l’étranger, étoit le seul établissement de ce genre qui
+existât.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_752" href="#FNanchor_752"><span class="label">[101]</span></a> Ce « jeu de Metz », comme on l’appeloit le plus ordinairement
+et dont nous avons déjà plus d’une fois rencontré
+le nom, devoit se trouver rue Mazarine, où les principaux
+jeux de paume s’étoient groupés. C’est l’un d’eux qui
+servit, comme on sait, de premier théâtre à Molière. Quelques-uns
+existoient encore sous la Restauration. — Auprès
+du « Jeu de Metz » étoit un hôtel garni du même nom,
+où mourut la femme de La Calprenède, le 14 mars 1668.</p>
+</div>
+<p>On avertit aussi le public de payer le port des
+Lettres que l’on écrit des Provinces par de là
+Paris, faute de quoy les Lettres ne seront pas
+tenues.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p266">-266-</span></p>
+
+<h3>ÉTAT<br>
+<span class="small">DES PLUS CONSIDÉRABLES FOIRES DU ROYAUME.</span></h3>
+
+
+<p class="c"><i>En Janvier.</i></p>
+
+<p>Il y a Foire à Lyon le lendemain des Rois
+qui dure jusqu’au 26<a id="FNanchor_753" href="#Footnote_753" class="fnanchor">[102]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_753" href="#FNanchor_753"><span class="label">[102]</span></a> Cette foire n’existe plus. Elle est remplacée par la
+foire d’hiver qui dure du 1<sup>er</sup> au 10 décembre.</p>
+</div>
+<p>A Laon le premier Lundi d’après le jour de
+l’an<a id="FNanchor_754" href="#Footnote_754" class="fnanchor">[103]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_754" href="#FNanchor_754"><span class="label">[103]</span></a> Cette foire n’a pas été supprimée.</p>
+</div>
+<p>A Saint Nicolas en Lorraine le septième<a id="FNanchor_755" href="#Footnote_755" class="fnanchor">[104]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_755" href="#FNanchor_755"><span class="label">[104]</span></a> Il n’y a plus à Saint-Nicolas-du-Port que deux foires,
+celles des derniers vendredis de mars et de septembre.</p>
+</div>
+<p>A Joigny le douzième<a id="FNanchor_756" href="#Footnote_756" class="fnanchor">[105]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_756" href="#FNanchor_756"><span class="label">[105]</span></a> C’est le 2 janvier que cette foire se tient à présent.</p>
+</div>
+<p>A Provins, il y a marché franc tous les samedis.</p>
+
+
+<p class="c"><i>En Février.</i></p>
+
+<p>A Paris, la Foire St Germain le troisième<a id="FNanchor_757" href="#Footnote_757" class="fnanchor">[106]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_757" href="#FNanchor_757"><span class="label">[106]</span></a> « Elle commence le 3 février, dit Piganiol, t. I,
+p. 158, et ne doit durer que quinze jours ; mais elle se
+continue par permission du Roi jusqu’au dimanche de la
+Passion. Cette prorogation est accordée en faveur des valets
+de pied du Roi, auxquels les marchands donnent une gratification
+pour cela. » La foire St-Germain fut supprimée
+à la Révolution. Le marché du même nom est bâti sur une
+partie de son emplacement.</p>
+</div>
+<p>A Roüen le même jour.</p>
+
+<p>Le Pardon St Denis le jour St Mathias.</p>
+
+<p>A Montargis, le Lundi de devant les jours
+gras<a id="FNanchor_758" href="#Footnote_758" class="fnanchor">[107]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_758" href="#FNanchor_758"><span class="label">[107]</span></a> Cette foire se tient maintenant le jeudi qui précède le
+jeudi gras.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p267">-267-</span> A Ste Menehould, le jour de la Chaire St-Pierre<a id="FNanchor_759" href="#Footnote_759" class="fnanchor">[108]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_759" href="#FNanchor_759"><span class="label">[108]</span></a> Elle se tient encore le même jour.</p>
+</div>
+<p>A Montferrant, le Lundi de devant le Carême<a id="FNanchor_760" href="#Footnote_760" class="fnanchor">[109]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_760" href="#FNanchor_760"><span class="label">[109]</span></a> On sait que la ville de Montferrand fut annexée en
+1731 à celle de Clermont qui en prit le nom de Clermont-Ferrand.
+La foire n’en subsista pas moins. Elle se tient
+aujourd’hui le vendredi avant le carême ; elle dure trois
+jours.</p>
+</div>
+<p>A Langres, le quinzième et dure huit jours<a id="FNanchor_761" href="#Footnote_761" class="fnanchor">[110]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_761" href="#FNanchor_761"><span class="label">[110]</span></a> Cette foire se tient encore à la même époque.</p>
+</div>
+
+<p class="c"><i>En Mars.</i></p>
+
+<p>A Senlis, le 1<sup>er</sup> lundi de Carême.</p>
+
+<p>A Gien sur Loire, le second Lundi de Carême<a id="FNanchor_762" href="#Footnote_762" class="fnanchor">[111]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_762" href="#FNanchor_762"><span class="label">[111]</span></a> Elle existe toujours.</p>
+</div>
+<p>A Rheims, le premier Jeudi d’après Pâques<a id="FNanchor_763" href="#Footnote_763" class="fnanchor">[112]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_763" href="#FNanchor_763"><span class="label">[112]</span></a> C’est maintenant le premier mardi après Pâques
+qu’elle se tient. Elle dure huit jours.</p>
+</div>
+<p>A Francfort le même jour.</p>
+
+
+<p class="c"><i>En Avril.</i></p>
+
+<p>A Lyon le lendemain de la Quasimodo.</p>
+
+<p>A Clermont en Auvergne, le Jeudi Saint<a id="FNanchor_764" href="#Footnote_764" class="fnanchor">[113]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_764" href="#FNanchor_764"><span class="label">[113]</span></a> Elle se tient à présent le mardi saint.</p>
+</div>
+<p>A Chaumont en Bassigny, le lendemain des
+Fêtes de Pâques<a id="FNanchor_765" href="#Footnote_765" class="fnanchor">[114]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_765" href="#FNanchor_765"><span class="label">[114]</span></a> C’est avant et non après Pâques qu’elle se tient maintenant.
+Son jour est l’avant-dernier samedi qui précède le
+samedi saint.</p>
+</div>
+<p>A Troyes en Champagne, le dernier Avril.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p268">-268-</span></p>
+
+<p class="c"><i>En May.</i></p>
+
+<p>A Creusi le Chastel proche Tonnerre, le premier
+et dure 8 jours<a id="FNanchor_766" href="#Footnote_766" class="fnanchor">[115]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_766" href="#FNanchor_766"><span class="label">[115]</span></a> La foire de Cruzy-le-Châtel commence toujours le
+1<sup>er</sup> mai.</p>
+</div>
+<p>A Senlis, le deuxième<a id="FNanchor_767" href="#Footnote_767" class="fnanchor">[116]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_767" href="#FNanchor_767"><span class="label">[116]</span></a> Elle commence maintenant le 25 avril. Sa durée est
+de 9 jours.</p>
+</div>
+<p>A Fontenay en Brie, le premier jour.</p>
+
+<p>A Clermont en Auvergne, le neuvième<a id="FNanchor_768" href="#Footnote_768" class="fnanchor">[117]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_768" href="#FNanchor_768"><span class="label">[117]</span></a> Elle se tient à la même date et dure 9 jours.</p>
+</div>
+<p>A Chartre, Foire franche le onzième<a id="FNanchor_769" href="#Footnote_769" class="fnanchor">[118]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_769" href="#FNanchor_769"><span class="label">[118]</span></a> C’est une foire de 10 jours, qui commence encore à
+la même époque.</p>
+</div>
+<p>A Niort le sixième<a id="FNanchor_770" href="#Footnote_770" class="fnanchor">[119]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_770" href="#FNanchor_770"><span class="label">[119]</span></a> Elle se tient aujourd’hui le 7.</p>
+</div>
+<p>A Meaux à la My-May<a id="FNanchor_771" href="#Footnote_771" class="fnanchor">[120]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_771" href="#FNanchor_771"><span class="label">[120]</span></a> Elle existe encore et dure trois jours, les 15, 16 et
+17 mai.</p>
+</div>
+<p>A Fontainebleau le lendemain de la Trinité<a id="FNanchor_772" href="#Footnote_772" class="fnanchor">[121]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_772" href="#FNanchor_772"><span class="label">[121]</span></a> Foire de trois jours, dont l’époque est restée la même.</p>
+</div>
+
+<p class="c"><i>En Juin.</i></p>
+
+<p>A Abbeville le deuxième.</p>
+
+<p>A St Denis le Lundi d’après la St Barnabé<a id="FNanchor_773" href="#Footnote_773" class="fnanchor">[122]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_773" href="#FNanchor_773"><span class="label">[122]</span></a> Cette foire se tient à présent le jour même de la
+Saint-Barnabé qui est le 11 juin.</p>
+</div>
+<p>A Rouen le lendemain de la Pentecôte<a id="FNanchor_774" href="#Footnote_774" class="fnanchor">[123]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_774" href="#FNanchor_774"><span class="label">[123]</span></a> On a maintenant avancé cette foire qui dure quinze
+jours. Elle commence la veille de l’Ascension.</p>
+</div>
+<p>A Fontenay en Poitou, le jour de la St Jean
+Baptiste<a id="FNanchor_775" href="#Footnote_775" class="fnanchor">[124]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_775" href="#FNanchor_775"><span class="label">[124]</span></a> C’est le lendemain de la Saint-Jean qu’elle commence
+maintenant. Sa durée est de deux jours, le 25 et le 26
+juin.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p269">-269-</span> A Senlis, Foire franche le premier Lundi
+d’après la St Jean.</p>
+
+<p>A Bourges le dix neuvième et dure 8 jours<a id="FNanchor_776" href="#Footnote_776" class="fnanchor">[125]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_776" href="#FNanchor_776"><span class="label">[125]</span></a> Cette foire n’a plus que deux jours : les 20 et 21 juin.</p>
+</div>
+
+<p class="c"><i>En Juillet.</i></p>
+
+<p>A Fontenay en Brie, Foire franche le deuxième<a id="FNanchor_777" href="#Footnote_777" class="fnanchor">[126]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_777" href="#FNanchor_777"><span class="label">[126]</span></a> Elle se tient encore le même jour.</p>
+</div>
+<p>A Lion, le quatrième, et finit le dix-neuvième<a id="FNanchor_778" href="#Footnote_778" class="fnanchor">[127]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_778" href="#FNanchor_778"><span class="label">[127]</span></a> C’est à présent la foire de la Pentecôte. Elle ne dure
+plus que trois jours.</p>
+</div>
+<p>A la Royale en Bretagne, le cinq et dure
+8 jours.</p>
+
+<p>A Rheims le Lundi d’avant la Magdeleine.</p>
+
+<p>A Montargis<a id="FNanchor_779" href="#Footnote_779" class="fnanchor">[128]</a> et à Espernay le même jour<a id="FNanchor_780" href="#Footnote_780" class="fnanchor">[129]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_779" href="#FNanchor_779"><span class="label">[128]</span></a> C’est la foire du 20 juillet, veille de la Madeleine,
+qui existe encore.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_780" href="#FNanchor_780"><span class="label">[129]</span></a> L’époque de cette foire n’a pas été changée.</p>
+</div>
+
+<p class="c"><i>En Aoust.</i></p>
+
+<p>A Fontenoy en Poitou, le premier jour du
+mois, Foire franche à l’abbaye de Jarcy<a id="FNanchor_781" href="#Footnote_781" class="fnanchor">[130]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_781" href="#FNanchor_781"><span class="label">[130]</span></a> Cette foire de deux jours commence maintenant le
+2 août.</p>
+</div>
+<p>A Lion le quatrième et finit le vingt troisième.</p>
+
+<p>A Clermont en Auvergne, le sixième<a id="FNanchor_782" href="#Footnote_782" class="fnanchor">[131]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_782" href="#FNanchor_782"><span class="label">[131]</span></a> Cette foire a été reportée au 15 août.</p>
+</div>
+<p>A Paris, la Foire St Laurent, le sixième et
+dure le reste du mois<a id="FNanchor_783" href="#Footnote_783" class="fnanchor">[132]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_783" href="#FNanchor_783"><span class="label">[132]</span></a> C’est le 10, jour de la fête du Saint, et non le 6 août,
+que la foire Saint-Laurent commençait, pour durer jusqu’au
+7 septembre. Les prêtres et missionnaires de Saint-Lazarre,
+dont le couvent étoit voisin du préau où elle se tenoit,
+l’avoient fait établir pour bénéficier des droits à percevoir.
+En 1705, ces droits devinrent plus considérables, lorsqu’ils
+eurent obtenu que la foire ne commenceroit plus le 10 août,
+mais le 24 juillet, et dureroit jusqu’à la Saint-Michel,
+c’est-à-dire jusqu’au 29 septembre : « Elle est, dit Piganiol,
+t. I, p. 158, de même que celle de Saint-Germain,
+franche pour toutes sortes de marchands et de marchandises. »</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p270">-270-</span> A Chartre, Foire franche le 14<a id="FNanchor_784" href="#Footnote_784" class="fnanchor">[133]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_784" href="#FNanchor_784"><span class="label">[133]</span></a> Elle a été reportée au 24 du même mois et dure trois
+jours.</p>
+</div>
+<p>A Guibray, le Lundi de la My-Aoust, et dure
+huit jours<a id="FNanchor_785" href="#Footnote_785" class="fnanchor">[134]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_785" href="#FNanchor_785"><span class="label">[134]</span></a> C’est la fameuse foire qui se tient encore à Falaise,
+dans le faubourg de Guibray. Elle dure maintenant quinze
+jours. Comme on y achète beaucoup de cadeaux, le mot
+guibrée, dans le patois d’Alençon, signifie présent.</p>
+</div>
+<p>A Creusi le Chastel proche Tonnerre le dix-septième<a id="FNanchor_786" href="#Footnote_786" class="fnanchor">[135]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_786" href="#FNanchor_786"><span class="label">[135]</span></a> Elle se tient à présent le 7 septembre.</p>
+</div>
+
+<p class="c"><i>En Septembre.</i></p>
+
+<p>A Vitry le François, le premier jour<a id="FNanchor_787" href="#Footnote_787" class="fnanchor">[136]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_787" href="#FNanchor_787"><span class="label">[136]</span></a> Elle existe encore.</p>
+</div>
+<p>A Toul en Lorraine le sixième<a id="FNanchor_788" href="#Footnote_788" class="fnanchor">[137]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_788" href="#FNanchor_788"><span class="label">[137]</span></a> On l’a avancée de trois jours maintenant.</p>
+</div>
+<p>A Seez le Jeudi d’après la Nativité Notre Dame.</p>
+
+<p>A Provins, à l’exaltation Ste Croix jusqu’à la
+fin du mois.</p>
+
+<p>A Espernay, le même jour<a id="FNanchor_789" href="#Footnote_789" class="fnanchor">[138]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_789" href="#FNanchor_789"><span class="label">[138]</span></a> Ce jour est le 15 septembre. C’est encore celui de la
+foire d’Épernay.</p>
+</div>
+<p>A Blangy<a id="FNanchor_790" href="#Footnote_790" class="fnanchor">[139]</a> en Brie, le jour de St Mathieu
+apôtre.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_790" href="#FNanchor_790"><span class="label">[139]</span></a> Lisez « Blandy ». La foire s’y tient encore le même
+jour 21 septembre.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p271">-271-</span></p>
+
+<p class="c"><i>En Octobre.</i></p>
+
+<p>A Rheims, le premier jour.</p>
+
+<p>A St Denis en France le dixième jour.</p>
+
+<p>A Sens le dix septième.</p>
+
+<p>A Rouen, le vingt troisième<a id="FNanchor_791" href="#Footnote_791" class="fnanchor">[140]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_791" href="#FNanchor_791"><span class="label">[140]</span></a> Elle commence encore le même jour et en dure
+quinze.</p>
+</div>
+<p>A Senlis, Foire franche, le Jeudi d’après
+St Luc.</p>
+
+<p>A Châlons en Champagne, le Vendredi
+d’après St Denis<a id="FNanchor_792" href="#Footnote_792" class="fnanchor">[141]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_792" href="#FNanchor_792"><span class="label">[141]</span></a> Cette foire de huit jours existe encore, mais a été
+reportée du vendredi au samedi d’après la Saint-Denis,
+c’est-à-dire au 18 octobre.</p>
+</div>
+<p>A Fontenay en Brie, Foire franche le Samedi
+de devant la Toussaint<a id="FNanchor_793" href="#Footnote_793" class="fnanchor">[142]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_793" href="#FNanchor_793"><span class="label">[142]</span></a> Elle se tient à présent le 12 octobre.</p>
+</div>
+
+<p class="c"><i>En Novembre.</i></p>
+
+<p>A Troye le deuxième.</p>
+
+<p>A Lion le quatrième.</p>
+
+<p>A Meaux le jour de la St Martin<a id="FNanchor_794" href="#Footnote_794" class="fnanchor">[143]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_794" href="#FNanchor_794"><span class="label">[143]</span></a> C’est une foire de trois jours qui existe encore.</p>
+</div>
+<p>A Châlons en Champagne, le Vendredi d’après
+St Martin<a id="FNanchor_795" href="#Footnote_795" class="fnanchor">[144]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_795" href="#FNanchor_795"><span class="label">[144]</span></a> Elle a été reportée au samedi ; elle dure trois jours.</p>
+</div>
+<p>A Clermont en Auvergne le onzième.</p>
+
+<p>A Fontainebleau, le lendemain de la Ste Catherine<a id="FNanchor_796" href="#Footnote_796" class="fnanchor">[145]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_796" href="#FNanchor_796"><span class="label">[145]</span></a> Cette foire de trois jours se tient encore à la même
+date : les 26, 27 et 28 novembre.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p272">-272-</span> A Creusi le Chastel, le jour de St André<a id="FNanchor_797" href="#Footnote_797" class="fnanchor">[146]</a> et
+dure 8 jours.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_797" href="#FNanchor_797"><span class="label">[146]</span></a> C’est-à-dire le 30 novembre. Elle se tient à présent
+le jour suivant.</p>
+</div>
+
+<p class="c"><i>En Décembre.</i></p>
+
+<p>A Vitry le François le premier<a id="FNanchor_798" href="#Footnote_798" class="fnanchor">[147]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_798" href="#FNanchor_798"><span class="label">[147]</span></a> Elle se tient encore le même jour.</p>
+</div>
+<p>A Niort, le lendemain de la St André<a id="FNanchor_799" href="#Footnote_799" class="fnanchor">[148]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_799" href="#FNanchor_799"><span class="label">[148]</span></a> C’est le jour même de la Saint-André, 30 novembre,
+qu’elle se tient aujourd’hui.</p>
+</div>
+<p>A Vinacour près Amiens, le même jour.</p>
+
+<p>A St Nicolas en Lorraine le sixième.</p>
+
+<p>A Poitiers le même jour.</p>
+
+<p>A Bourges le vingt septième<a id="FNanchor_800" href="#Footnote_800" class="fnanchor">[149]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_800" href="#FNanchor_800"><span class="label">[149]</span></a> Elle commence à présent le 24 et dure vingt jours.</p>
+</div>
+<p>A Chablis, le dernier jour<a id="FNanchor_801" href="#Footnote_801" class="fnanchor">[150]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_801" href="#FNanchor_801"><span class="label">[150]</span></a> La date n’en a pas été changée.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p273">-273-</span></p>
+
+<h2 class="nobreak">APPENDICE</h2>
+
+<p><span class="pagenum" id="p275">-275-</span></p>
+
+
+
+<h3 id="c43" title="LISTE DE MESSIEURS DE L’ACADÉMIE FRANÇOISE.">LISTE<br>
+<span class="small">DE MESSIEURS DE L’ACADÉMIE FRANÇOISE<a id="FNanchor_802" href="#Footnote_802" class="fnanchor">[151]</a></span><br>
+<i>en Ianvier 1676</i><a id="FNanchor_803" href="#Footnote_803" class="fnanchor">[152]</a>.</h3>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_802" href="#FNanchor_802"><span class="label">[151]</span></a> Ces Listes se publièrent d’abord en une brochure in-4<sup>o</sup>,
+comme la première qui va suivre ; puis sous forme de
+placard in-folio, dont un exemplaire étoit affiché dans la
+salle du Louvre, où Colbert avoit permis, en 1673, que
+l’Académie s’installât, lorsqu’après la mort du chancelier
+Séguier elle eut quitté son hôtel, avec le roi pour nouveau
+protecteur.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_803" href="#FNanchor_803"><span class="label">[152]</span></a> Ce n’est qu’à partir de 1711 que l’<i>Almanach Royal</i>
+publia les noms et les adresses des Académiciens du moment
+d’après ces Listes, qui sont devenues très rares. Les deux
+que nous donnons, à la suite l’une de l’autre, sont les seules
+que nous connaissions.</p>
+</div>
+
+<p class="drap3"><span class="sc">Le Roy</span>, Protecteur.</p>
+
+<p class="drap3">Messieurs</p>
+
+<p class="drap2">1635. Henry-Louis Habert, sieur de <span class="sc">Montmor</span>,
+doyen des Maistres des Requestes, rue
+<i>S. Avoye</i><a id="FNanchor_804" href="#Footnote_804" class="fnanchor">[153]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_804" href="#FNanchor_804"><span class="label">[153]</span></a> Il étoit de l’Académie depuis sa fondation, comme
+l’indique la date de 1635, qui précède ici son nom. Il se
+tenoit chez lui des conférences, mais de philosophie et de
+physique. Gassendi fut quelques années son hôte, à l’époque
+où Chapelle, Molière et Bernier suivoient ses leçons. Son
+hôtel, autrefois magnifique, « <span lang="la" xml:lang="la">ædes renidentes</span> », comme
+dit Sorbière, existe encore dans la partie de la rue du
+Temple qui s’est substituée à la rue Sainte-Avoie. Il mourut
+le 21 janvier 1679. L’abbé de Lavau fut son successeur à
+l’Académie. Quelques-unes des premières séances, avant
+qu’elle eût un établissement fixe, s’étoient tenues chez
+Montmor. — Son fauteuil, le 40<sup>e</sup>, est occupé par M. Cuvillier-Fleury,
+selon le <i>Dictionn. histor. de la France</i>, par
+M. Lud. Lalanne, que nous prenons pour guide.</p>
+</div>
+<p class="drap3"><span class="pagenum" id="p276">-276-</span> Iean <span class="sc">Des-Marests</span>, cy-devant Controlleur
+General de l’Extraordinaire des Guerres,
+<i>à la Place Royale</i><a id="FNanchor_805" href="#Footnote_805" class="fnanchor">[154]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_805" href="#FNanchor_805"><span class="label">[154]</span></a> Desmarests Saint-Sorlin, factotum poétique de Richelieu,
+pour lequel il fit <i>Mirame</i>, et qui l’avoit mis, des premiers,
+de son Académie. Il mourut cette année 1676, le
+28 octobre, et eut J. J. de Mesmes pour successeur. On lui
+devoit l’inscription de la statue de Louis XIII élevée dans
+la place Royale, où il logeoit. Il avoit auparavant habité
+l’hôtel Pelvé, qu’il avoit fait rebâtir, car il se mêloit d’architecture,
+au coin des rues de Thiron et du Roi de Sicile. Il
+y avoit été, dans les premiers temps, un des hôtes de
+l’Académie encore sans asile. — Son fauteuil, le 39<sup>e</sup>, est
+occupé par M. de Champagny.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1639. François <span class="sc">Esprit</span>, advocat en Parlement<a id="FNanchor_806" href="#Footnote_806" class="fnanchor">[155]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_806" href="#FNanchor_806"><span class="label">[155]</span></a> Son prénom étoit Jacques, et non François ; Pellisson
+(<i>Hist. de l’Acad. françoise</i>, édit. Ch. Livet, I, p. 288)
+le fait non pas avocat, mais conseiller du roi. On a de lui :
+<i>Paraphrase de quelques psaumes</i>, dont l’édition, imprimée
+toute en italiques, est rare. Il fut très goûté chez La Rochefoucauld,
+chez M<sup>me</sup> de Sablé et chez le chancelier Séguier,
+qui contribua beaucoup à le faire recevoir de l’Académie à
+la place de Philippe Habert (V. <i>Regist.</i> du 14 fév. 1639).
+Si son adresse n’est pas donnée ici, c’est qu’à la suite du
+prince de Conti il s’étoit retiré à Béziers, où il mourut le
+6 juillet 1678. L’archevêque de Rouen, Colbert, lui succéda. — Son
+fauteuil, le 3<sup>e</sup>, est échu à M. Jules Sandeau.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1640. Olivier <span class="sc">Patrv</span>, advocat en Parlement<a id="FNanchor_807" href="#Footnote_807" class="fnanchor">[156]</a>,
+<span class="pagenum" id="p277">-277-</span> <i>proche le Puy-l’Hermite<a id="FNanchor_808" href="#Footnote_808" class="fnanchor">[157]</a>, faubourg S.
+Marcel</i>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_807" href="#FNanchor_807"><span class="label">[156]</span></a> On sait trop la réputation qu’il se fit au barreau de
+Paris pour que nous devions y insister. Il avoit succédé,
+comme académicien, à Porchères d’Arbaud. Il mourut le
+16 janvier 1681 et fut remplacé par le président Potier de
+Novion. — Son fauteuil, le 6<sup>e</sup>, est aujourd’hui celui de
+M. le duc de Noailles.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_808" href="#FNanchor_808"><span class="label">[157]</span></a> Ce puits, qui se trouvoit au carrefour formé par les
+rues de l’Épée de bois, Gracieuse et Françoise, finit par
+donner son nom à cette dernière. Patru logeoit encore
+auprès lorsqu’il mourut. (Jal, <i>Dict. critique</i>, p. 945.)
+Richelet parle ainsi de sa maison : « Patru se retira dans
+le plus beau quartier du faubourg Saint-Marcel, en une
+petite maison assez agréable, qui avoit un jardin, une
+basse-cour et toutes les commoditez des charmants réduits
+de la campagne. » <i>Les plus belles Lettres françoises</i>, édit.
+de 1708, in-12, 1<sup>re</sup> part., p. 57.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1643. Claude Bazin, sieur de <span class="sc">Bezons</span>, conseiller
+d’Estat<a id="FNanchor_809" href="#Footnote_809" class="fnanchor">[158]</a>, <i>près les Capucins du Marais</i><a id="FNanchor_810" href="#Footnote_810" class="fnanchor">[159]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_809" href="#FNanchor_809"><span class="label">[158]</span></a> Il avoit été avocat général au grand Conseil, et s’y
+étoit fait, « parlant éloquemment et fortement en toutes
+rencontres », comme dit Chapelain, les seuls titres qu’il eût
+à être de l’Académie. Il y remplaça Séguier en 1643, et,
+lorsqu’il mourut, le 20 mars 1684, à 67 ans, il eut Boileau
+pour successeur. — Son fauteuil, le 7<sup>e</sup>, est occupé par
+M. Émile Augier.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_810" href="#FNanchor_810"><span class="label">[159]</span></a> Leur couvent, construit en 1622 et supprimé en 1790,
+se trouvoit à l’angle des rues d’Orléans et du Perche, où
+l’église, bâtie sur l’emplacement d’un jeu de paume, existe
+encore sous l’invocation de saint François d’Assise.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1647. Pierre <span class="sc">Corneille</span>, cy-devant Advocat
+General à la Table de Marbre de Normandie,
+<i>rue de Clery</i><a id="FNanchor_811" href="#Footnote_811" class="fnanchor">[160]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_811" href="#FNanchor_811"><span class="label">[160]</span></a> Nous nous contenterons de dire que P. Corneille ne fut
+pas de l’Académie tant que vécut Richelieu, qui lui gardoit
+rancune du <i>Cid</i>. Six places s’étoient successivement trouvées
+vacantes : il ne lui en laissa prendre aucune, sous
+prétexte qu’il habitoit Rouen. A ce compte, Esprit, qui
+habitoit beaucoup plus loin, à Béziers, aurait dû encore en
+être moins, et il en fut pourtant. En 1647 seulement, sous
+Mazarin, Corneille fut élu à la place de Maynard. — Nous
+ne dirons rien sur l’adresse qui lui est donnée ici : <i>rue de
+Cléry</i>. Nous en avons parlé longuement, à propos de son
+dernier logis rue d’Argenteuil, dans notre <i>Histoire de la
+Butte des Moulins</i>, p. 263. — Par le plus ingénieux et le
+plus sensé des hasards, il se trouve qu’aujourd’hui le fauteuil
+de P. Corneille, le 9<sup>e</sup> de l’Académie, est celui de
+M. Victor Hugo.</p>
+</div>
+<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p278">-278-</span> 1649. François de <span class="sc">Mezeray</span>, conseiller du Roy,
+Historiographe de France<a id="FNanchor_812" href="#Footnote_812" class="fnanchor">[161]</a>, <i>rue Mont-Orgueil,
+vis-à-vis la rüe Beaurepaire</i><a id="FNanchor_813" href="#Footnote_813" class="fnanchor">[162]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_812" href="#FNanchor_812"><span class="label">[161]</span></a> On aurait dû ajouter — mais ce n’étoit pas l’usage — <i>secrétaire
+perpétuel</i>. Il l’étoit alors depuis un an, à la place
+de Conrart. Comme académicien, il avoit succédé à Voiture
+en 1649, et il fut remplacé lui-même, en 1685, par l’avocat
+Barbier d’Aucourt. — Son fauteuil, le 12<sup>e</sup>, est occupé
+par M. Jules Favre.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_813" href="#FNanchor_813"><span class="label">[162]</span></a> Son testament, signé le 11 juillet 1683, est daté de
+cette adresse, mais avec la simple indication : « rue Montorgueil ».</p>
+</div>
+<p class="drap2">1650. Jean <span class="sc">Dovjat</span>, Docteur Regent, et premier
+Professeur du Roy en Droit Canon,
+Conseiller et Historiographe de Sa
+Majesté<a id="FNanchor_814" href="#Footnote_814" class="fnanchor">[163]</a>, <i>rue St Iean de Beauvais</i><a id="FNanchor_815" href="#Footnote_815" class="fnanchor">[164]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_814" href="#FNanchor_814"><span class="label">[163]</span></a> Il avoit succédé au continuateur de l’<i>Astrée</i>, Baro,
+dont, par la date donnée ici pour l’entrée de Doujat à
+l’Académie, on connoît approximativement l’époque de la
+mort, restée autrement assez problématique. (Pellisson, <i>Hist.
+de l’Acad. franç.</i>, édit. Livet, t. I, p. 238.) Doujat eut pour
+successeur l’abbé Renaudot, en 1689. — Son fauteuil, le
+15<sup>e</sup>, vient d’échoir à M. Henri Martin, par suite de la
+mort de M. Thiers.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_815" href="#FNanchor_815"><span class="label">[164]</span></a> Son titre de professeur en droit canon lui permettoit
+d’y habiter les <i>Écoles de droit</i>, dont la principale entrée
+étoit dans cette rue. V. plus haut, t. I, p. 33.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1651. François <span class="sc">Charpentier</span><a id="FNanchor_816" href="#Footnote_816" class="fnanchor">[165]</a>, <i>rue de la Verrerie</i><a id="FNanchor_817" href="#Footnote_817" class="fnanchor">[166]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_816" href="#FNanchor_816"><span class="label">[165]</span></a> C’est surtout comme traducteur qu’on le reçut, en
+1651, de l’Académie ; il travailla aussi à la rédaction des
+<i>Voyages</i> de Chardin. — Il occupoit le 16<sup>e</sup> fauteuil, où il avoit
+remplacé J. Baudoin, et que l’évêque de Senlis, Chamillard,
+eut après lui, en 1702. C’est aujourd’hui celui de M. le duc
+de Broglie.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_817" href="#FNanchor_817"><span class="label">[166]</span></a> Il avoit d’abord habité près du Louvre une maison,
+dont il étoit le propriétaire, mais qu’il avoit dû quitter. Le
+roi se l’étant réservé « pour le grand dessein du Louvre »,
+Charpentier n’avoit pas eu le droit d’y faire les réparations
+nécessaires, et c’est pour n’y pas être écrasé sous les ruines
+que force lui avoit été d’en partir avec tous ses locataires.</p>
+</div>
+<p class="drap3"><span class="pagenum" id="p279">-279-</span> François <span class="sc">Tallemant</span>, conseiller du Roy,
+et Premier Aumosnier de Madame,
+abbé de Val-Chrestien, et prieur de S.
+Irenée, <i>rue Sainte-Anne, proche celle de
+la Sourdière</i><a id="FNanchor_818" href="#Footnote_818" class="fnanchor">[167]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_818" href="#FNanchor_818"><span class="label">[167]</span></a> Frère cadet de Tallemant des Réaux. Il est fameux
+par le vers que sa traduction de Plutarque lui valut de la
+part de Boileau, et auquel un académicien du même nom et
+de la même famille, l’abbé Paul Tallemant, qu’on trouvera
+plus loin, riposta par une lettre très digne, très spirituelle,
+mais trop peu connue. Elle se trouve dans l’édit. du Racine
+in-8<sup>o</sup> de 1768, t. VII, p. 254. Il avoit succédé, en 1669,
+à J. de Montreuil, et il eut pour successeur, en 1693,
+Simon de Laloubère. — Son fauteuil, le 13<sup>e</sup>, est aujourd’hui
+celui de M. le duc d’Audiffret-Pasquier.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1652. Armand de Cambout, duc de <span class="sc">Coaslin</span>,
+Pair de France, Lieutenant General
+pour le Roy en Basse-Bretagne, Mestre
+de Camp General de la Cavalerie Legere,
+<i>rue des Deux-Portes, près de la rue Mont-Orgueil</i><a id="FNanchor_819" href="#Footnote_819" class="fnanchor">[168]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_819" href="#FNanchor_819"><span class="label">[168]</span></a> Petit-fils de Séguier par sa mère, il avoit été, lorsqu’il
+remplaça L’Estoille, en 1652, académicien de naissance
+pour ainsi dire. Son fils et son petit-fils, qui, l’un après
+l’autre, lui succédèrent, le furent de même. Chapelain, lui
+cherchant des titres, ne trouva qu’une harangue « courte
+et bonne » qu’il avoit faite, comme président, aux États de
+Bretagne : « Du reste, ajoute-t-il, il se pique plus de guerre
+que d’écriture. » — Son fauteuil, le 17<sup>e</sup>, est occupé par
+M. Hippolyte Taine.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1653. Paul <span class="sc">Pellisson</span> Fontanier, conseiller du
+Roy en ses Conseils, maistre des
+Requestes ordinaire de son Hostel<a id="FNanchor_820" href="#Footnote_820" class="fnanchor">[169]</a>,
+<span class="pagenum" id="p280">-280-</span> <i>maison abbatiale de S. Germain des
+Prez</i><a id="FNanchor_821" href="#Footnote_821" class="fnanchor">[170]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_820" href="#FNanchor_820"><span class="label">[169]</span></a> On connoît assez Pellisson pour que nous n’ayons pas
+à parler de lui. Il ajoutoit à son nom celui de Fontanier,
+qui étoit celui de sa mère, pour se distinguer de son frère
+aîné Georges. Il avoit en 1653 remplacé Porchères Laugier,
+et il eut en 1693 Fénelon pour successeur. — Son fauteuil,
+le 20<sup>e</sup>, est maintenant celui de M. Dufaure.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_821" href="#FNanchor_821"><span class="label">[170]</span></a> C’est comme administrateur de l’économat de l’abbaye
+qu’il habitoit « cette maison abbatiale », dont on peut voir
+encore la façade presque intacte au bout de la rue Furstemberg.
+V. plus haut, t. I, p. 23.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1654. Paul-Philippes de <span class="sc">Chavmont</span>, Evesque
+de Dax<a id="FNanchor_822" href="#Footnote_822" class="fnanchor">[171]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_822" href="#FNanchor_822"><span class="label">[171]</span></a> On disoit alors plus communément évêque d’Acqs.
+Cet évêché de Dax fut supprimé en 1802. Chaumont l’occupa
+de 1671 à 1684, puis s’en démit. Étoit-ce pour être
+plus assidu à l’Académie ? Il y avoit, en 1654, remplacé
+Sérizay, et le président Cousin l’y remplaça en 1697 : « La
+nécessité de ses fonctions, dit-il de son prédécesseur, le priva
+pendant quelque temps des avantages de votre société. »
+Son fauteuil, le 18<sup>e</sup>, est occupé par M. le comte de Falloux.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1656. Charles <span class="sc">Cotin</span>, abbé de Mont-Fronchel,
+chanoine de Bayeux, <i>rüe Simon-le-Franc</i><a id="FNanchor_823" href="#Footnote_823" class="fnanchor">[172]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_823" href="#FNanchor_823"><span class="label">[172]</span></a> Une des plus fameuses victimes de Boileau et de Molière.
+L’abbé d’Olivet croyoit qu’il n’avoit été qu’un an chanoine
+de Bayeux : nommé en 1650, il auroit l’année d’après, « ne
+voulant pas résider à Bayeux », résigné son canonicat. On
+voit que c’est une erreur puisque, seize ans après, notre
+liste le lui attribue encore. Cotin avait, en 1655, succédé
+à Habert de Cérizy ; en janvier 1682, il eut l’abbé de Dangeau
+pour successeur. — Son fauteuil, le 21<sup>e</sup>, est aujourd’hui
+celui de M. Charles Blanc.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1657. César d’<span class="sc">Estrées</span><a id="FNanchor_824" href="#Footnote_824" class="fnanchor">[173]</a>, Cardinal Evesque et Duc
+<span class="pagenum" id="p281">-281-</span> de Laon, Pair de France, <i>rüe Barbeth</i><a id="FNanchor_825" href="#Footnote_825" class="fnanchor">[174]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_824" href="#FNanchor_824"><span class="label">[173]</span></a> Il n’eut de titres à l’Académie que comme homme
+d’État. Il en fut pendant cinquante-six ans : depuis 1658,
+époque où il succéda à Du Ryer, jusqu’en 1714. Son neveu
+le maréchal d’Estrées le remplaça. C’est au cardinal d’Estrées
+que l’Académie française dut ses fauteuils, dont un
+existe encore chez M. Camille Doucet, secrétaire perpétuel.
+(V. notre <i>Histoire du Louvre</i> dans <i>Paris à travers les âges</i>.) — Il
+occupoit le 18<sup>e</sup>, échu aujourd’hui à M. V. Sardou.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_825" href="#FNanchor_825"><span class="label">[174]</span></a> Lisez Barbette. L’hôtel d’Estrées, qui fut depuis l’hôtel
+de Corberon, puis une succursale de l’école de Saint-Denis,
+s’y trouvoit à l’extrémité à gauche, du côté de la rue des
+Trois-Pavillons. On l’a démoli sous le second empire.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1658. Iean-Iacques Renoüard, sieur de <span class="sc">Villayer</span>,
+Conseiller d’Estat ordinaire<a id="FNanchor_826" href="#Footnote_826" class="fnanchor">[175]</a>, <i>rüe Chapon</i>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_826" href="#FNanchor_826"><span class="label">[175]</span></a> Il avoit remplacé Servien, et il eut pour successeur
+Fontenelle, en 1691. Il n’étoit pas conseiller d’état ordinaire,
+comme il est dit ici, mais par semestre. — Son
+fauteuil, le 22<sup>e</sup>, est occupé par M. Caro.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1661. Iacques <span class="sc">Cassaigne</span>, Docteur en Theologie,
+Prieur de S. Estienne, <i>rüe d’Orléans</i><a id="FNanchor_827" href="#Footnote_827" class="fnanchor">[176]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_827" href="#FNanchor_827"><span class="label">[176]</span></a> C’est le prédicateur dont s’est tant moqué Boileau.
+N’ayant guère que vingt-sept ans, il avoit, au commencement
+de 1662, succédé à Saint-Amant. Il mourut en 1679,
+et fut remplacé par M. de Crécy. L’évêque de Luçon,
+Nic. Colbert, lui avoit délégué sa charge de gardien de la
+Bibliothèque du roi. — Il occupoit le 24<sup>e</sup> fauteuil, celui de
+M. d’Haussonville aujourd’hui.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1662. Antoine <span class="sc">Fvretiere</span>, abbé de Chalivoy et
+Prieur de Chuisnes, <i>rüe de Savoye</i><a id="FNanchor_828" href="#Footnote_828" class="fnanchor">[177]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_828" href="#FNanchor_828"><span class="label">[177]</span></a> Il avoit, en 1662, succédé à Boissat. La fameuse
+affaire du <i>Dictionnaire</i>, qu’il recommençoit sur un plan nouveau,
+pendant que l’Académie, privilégiée pour ce travail,
+le continuoit sans s’être assez tôt défiée de ce que nous
+appellerions une concurrence déloyale, le fit exclure le 27 janvier
+1685. On ne lui donna toutefois un successeur qu’à sa
+mort, en 1688 ; ce fut La Chapelle. — Son fauteuil, le 25<sup>e</sup>,
+est occupé par M. X. Marmier.</p>
+</div>
+<p class="drap3">Iean Regnaud de <span class="sc">Segrais</span><a id="FNanchor_829" href="#Footnote_829" class="fnanchor">[178]</a>, <i>rüe de Vaugirard,
+vers le Calvaire</i><a id="FNanchor_830" href="#Footnote_830" class="fnanchor">[179]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_829" href="#FNanchor_829"><span class="label">[178]</span></a> Successeur de Boisrobert, en 1662, il fut remplacé en
+1701 par Campistron. — Son fauteuil, le 26<sup>e</sup>, est occupé
+par M. de Viel-Castel.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_830" href="#FNanchor_830"><span class="label">[179]</span></a> Il y logeoit chez M<sup>me</sup> de La Fayette, qui l’avoit
+recueilli lorsqu’il eut quitté le Luxembourg, où il étoit gentilhomme
+de Mademoiselle, et qui le fit travailler à son
+roman de <i>Zayde</i>. Le couvent du Calvaire n’existe plus
+depuis 1790. L’église, après avoir servi de remise, a été
+absorbée par le palais du Sénat. Le cloître est devenu une serre.</p>
+</div>
+<p class="drap3"><span class="pagenum" id="p282">-282-</span> Michel le <span class="sc">Clerc</span>, advocat en Parlement,
+<i>Place Royale</i><a id="FNanchor_831" href="#Footnote_831" class="fnanchor">[180]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_831" href="#FNanchor_831"><span class="label">[180]</span></a> Il n’est plus connu que par l’épigramme que fit Racine
+contre son <i>Iphigénie</i>, tragédie à laquelle Boyer, qu’on trouvera
+plus loin, collabora. Le Clerc avoit, en 1662, remplacé
+Priezac, et il eut pour successeur Toureil, en 1692. — Son
+fauteuil, le 5<sup>e</sup>, est aujourd’hui celui du savant chimiste,
+M. J. B. Dumas.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1663. François de Beauvilliers, duc de <span class="sc">Saint-Agnan</span>,
+Pair de France, Premier Gentilhomme
+de la Chambre du Roy,
+Gouverneur du Havre de Grace, chevalier
+des Ordres de Sa Majesté<a id="FNanchor_832" href="#Footnote_832" class="fnanchor">[181]</a>, <i>près de
+la Grande Escurie</i><a id="FNanchor_833" href="#Footnote_833" class="fnanchor">[182]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_832" href="#FNanchor_832"><span class="label">[181]</span></a> Reçu en 1663 à la place de La Mesnardière, il fut,
+en 1697, remplacé par l’abbé de Choisy. En qualité de bel
+esprit de la cour, il protégeoit volontiers ceux de la ville.
+Molière entre autres s’en étoit bien trouvé. — Son fauteuil
+étoit le 11<sup>e</sup>, occupé maintenant par M. Littré.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_833" href="#FNanchor_833"><span class="label">[182]</span></a> Il logeoit au pavillon Marsan, près duquel la grande
+écurie s’étendoit jusqu’aux environs de la rue Saint-Honoré.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1665. Roger de Rabutin, comte de <span class="sc">Bussy</span>, Lieutenant
+General des Armées du Roy<a id="FNanchor_834" href="#Footnote_834" class="fnanchor">[183]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_834" href="#FNanchor_834"><span class="label">[183]</span></a> Il avoit en 1665 succédé à Perrot d’Ablancourt, et il
+eut pour successeur, en 1693, Paul Bignon. Disgracié,
+comme on sait, pour son <i>Histoire amoureuse des Gaules</i>, il
+habitoit sa terre de Chaseu en Bourgogne. — Son fauteuil,
+le 2<sup>e</sup>, est à présent celui de M. Mignet.</p>
+</div>
+<p class="drap3">Iacques <span class="sc">Testu</span>, abbé de Belval<a id="FNanchor_835" href="#Footnote_835" class="fnanchor">[184]</a>, <i>à la
+Place Royale</i><a id="FNanchor_836" href="#Footnote_836" class="fnanchor">[185]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_835" href="#FNanchor_835"><span class="label">[184]</span></a> Bautru de Serrant l’avoit précédé sur le fauteuil qu’il
+occupoit, et le marquis de Saint-Aulaire l’y remplaça en
+1706. — C’est le 27<sup>e</sup>, que la mort de M. de Sacy vient de
+laisser vacant.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_836" href="#FNanchor_836"><span class="label">[185]</span></a> La duchesse de Richelieu, qui l’avoit en grande amitié,
+l’y logeoit dans son hôtel.</p>
+</div>
+<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p283">-283-</span> 1666. Paul <span class="sc">Tallemant</span>, Prieur de S. Albin,
+<i>rüe de Clery</i><a id="FNanchor_837" href="#Footnote_837" class="fnanchor">[186]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_837" href="#FNanchor_837"><span class="label">[186]</span></a> C’est lui dont nous avons cité plus haut, à propos de
+son parent François Tallemant, une si verte réplique à Boileau.
+Successeur de Gombaud, en 1666, à vingt-trois ans,
+il fut remplacé en 1712 par Danchet. — Son fauteuil, le
+29<sup>e</sup> est vacant en ce moment par suite de la mort de
+M. Saint-René Taillandier.</p>
+</div>
+<p class="drap3">Claude <span class="sc">Boyer</span><a id="FNanchor_838" href="#Footnote_838" class="fnanchor">[187]</a>, <i>rüe de Clery</i><a id="FNanchor_839" href="#Footnote_839" class="fnanchor">[188]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_838" href="#FNanchor_838"><span class="label">[187]</span></a> Autre victime de Boileau et de Racine. Il avoit eu
+pour prédécesseur Giry, en 1665, et il eut pour successeur
+l’abbé Genest, en 1698. Il étoit du Languedoc comme
+Leclerc, avec lequel il collaboroit non-seulement pour des
+tragédies, mais aussi pour des lettres politiques sur les
+affaires du temps, qui les firent plus d’une fois inquiéter
+(<i>Corresp. administ. de Louis XIV</i>, t. II, p. 555). — Le
+fauteuil de Claude Boyer, le 28<sup>e</sup>, est occupé par M. D. Nisard.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_839" href="#FNanchor_839"><span class="label">[188]</span></a> Paul Tallemant, qui l’avoit défendu, en même temps
+que son parent, dans la lettre que nous rappelions tout à
+l’heure, l’avoit en grande estime et le logeoit chez lui, rue de
+Cléry : « Vous sçavez, dit-il à Boileau, qu’il a toujours
+demeuré et est mort dans notre maison, maison assez aimée
+des gens de lettres. »</p>
+</div>
+<p class="drap3">Iean-Baptiste <span class="sc">Colbert</span>, conseiller du Roy
+en tous ses Conseils, secretaire d’Estat,
+Grand Tresorier des Ordres du Roy,
+Controlleur General des Finances, Surintendant
+et Ordonnateur General des
+Bastiments du Roy, Arts et Manufactures
+de France<a id="FNanchor_840" href="#Footnote_840" class="fnanchor">[189]</a>, <i>rüe neuve des Petits
+Champs</i><a id="FNanchor_841" href="#Footnote_841" class="fnanchor">[190]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_840" href="#FNanchor_840"><span class="label">[189]</span></a> C’est le grand ministre qui, par conséquent, n’aura
+pas beaucoup à nous occuper ici. L’Académie l’avoit reçu,
+en 1660, à la place de Silhon. Il n’y vint guère, aimant
+mieux, à l’occasion, faire venir les académiciens chez lui,
+à Sceaux (<i>Mercure</i>, oct. 1677). Il eut, en 1684, La Fontaine
+pour successeur. — Son fauteuil, le 30<sup>e</sup>, est aujourd’hui
+celui de M. Duvergier de Hauranne.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_841" href="#FNanchor_841"><span class="label">[190]</span></a> Son hôtel y est remplacé par deux passages, dont
+l’un en a pris le nom de « passage Colbert ».</p>
+</div>
+<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p284">-284-</span> 1667. Philippes de Courcillon marquis de <span class="sc">Dangeav</span>,
+Gouverneur de Touraine, et
+Colonel du Regiment d’Infanterie du
+Roy<a id="FNanchor_842" href="#Footnote_842" class="fnanchor">[191]</a>, <i>rüe S. Honoré</i><a id="FNanchor_843" href="#Footnote_843" class="fnanchor">[192]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_842" href="#FNanchor_842"><span class="label">[191]</span></a> L’auteur du fameux <i>Journal</i> du grand règne. Il était
+de l’Académie depuis longtemps lorsqu’il le commença. Sa
+réception, comme successeur de Scudéry, date, comme on
+le voit ici, de 1667 ; lorsqu’il mourut, en 1720, cédant la
+place au duc de Richelieu, il étoit doyen. — Son fauteuil,
+le 14<sup>e</sup>, est aujourd’hui celui de M. Camille Doucet.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_843" href="#FNanchor_843"><span class="label">[192]</span></a> Il y logeoit dans la partie qui dépendoit de Saint-Eustache.
+C’est en effet à cette église qu’il s’étoit marié le
+7 mai 1670. Il eut plus tard son hôtel à la place Royale.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1670. François Seraphin <span class="sc">Regnier</span> des Marais<a id="FNanchor_844" href="#Footnote_844" class="fnanchor">[193]</a>,
+Prieur commendataire de Grandmont<a id="FNanchor_845" href="#Footnote_845" class="fnanchor">[194]</a>,
+Académicien de la Crusca<a id="FNanchor_846" href="#Footnote_846" class="fnanchor">[195]</a>, <i>à l’Hostel
+de Crequy</i><a id="FNanchor_847" href="#Footnote_847" class="fnanchor">[196]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_844" href="#FNanchor_844"><span class="label">[193]</span></a> Il étoit académicien depuis six ans, ayant été élu en
+1670 pour le fauteuil laissé vacant par Cureau de la Chambre.
+Il fut nommé en 1684 secrétaire perpétuel, à la place
+de Mézeray, et mourut en 1713. La Monnoie lui succéda.
+V. plus bas, p. 301. — Son fauteuil, le 31<sup>e</sup>, est occupé par
+M. Ernest Legouvé.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_845" href="#FNanchor_845"><span class="label">[194]</span></a> Le roi lui avoit donné ce riche prieuré, lorsqu’il ne
+demandoit qu’une pension, et c’est ainsi qu’il fut abbé sans
+l’avoir voulu, mais sans le regretter.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_846" href="#FNanchor_846"><span class="label">[195]</span></a> Il avoit, dit-on, plus de talent en italien qu’en françois :
+« S’il réussit, écrit d’Alembert, à faire passer un de ses
+sonnets pour être de Pétrarque, il n’eût pas fait passer ses
+vers françois sous le nom d’un grand poète. » <i>Éloges des
+Académiciens</i>, t. III, p. 205.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_847" href="#FNanchor_847"><span class="label">[196]</span></a> Le duc de Créqui, dont il avoit été le secrétaire pendant
+son ambassade à Rome, le logeoit chez lui. Son hôtel,
+auparavant hôtel Mazarin, se trouvoit, quai Malaquais, sur
+l’emplacement occupé aujourd’hui par une partie de l’école
+des Beaux-Arts. Il a été démoli en avril 1845.</p>
+</div>
+<p class="drap3">Pierre Cureau de la <span class="sc">Chambre</span>, Docteur en
+Theologie<a id="FNanchor_848" href="#Footnote_848" class="fnanchor">[197]</a>, Curé de S. Barthelemy<a id="FNanchor_849" href="#Footnote_849" class="fnanchor">[198]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_848" href="#FNanchor_848"><span class="label">[197]</span></a> Son père, médecin célèbre, avoit été de l’Académie.
+C’est ce qui lui en ouvrit les portes en 1669, à la mort de
+Racan. La Bruyère lui succéda en 1693. — Il occupoit le
+14<sup>e</sup> fauteuil, celui de M. Auguste Barbier aujourd’hui.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_849" href="#FNanchor_849"><span class="label">[198]</span></a> Il y fut d’un zèle de charité admirable. Pendant le
+rude hiver de 1693, il vendit tout pour secourir ses paroissiens
+décimés par le froid et la contagion : « il ne lui restoit
+plus, dit l’abbé d’Olivet, qu’à donner sa vie. » La contagion
+la lui prit. Il mourut le 15 avril suivant.</p>
+</div>
+<p class="drap3"><span class="pagenum" id="p285">-285-</span> Philippes <span class="sc">Qvinavlt</span>, auditeur des Comptes<a id="FNanchor_850" href="#Footnote_850" class="fnanchor">[199]</a>,
+<i>rüe neuve S. Médéric</i><a id="FNanchor_851" href="#Footnote_851" class="fnanchor">[200]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_850" href="#FNanchor_850"><span class="label">[199]</span></a> L’auteur bien connu des opéras que la dévotion lui fit
+renier à la fin de sa vie. Son mariage avec la riche veuve
+M<sup>me</sup> Bonnet, qui lui apporta cent mille écus, lui avoit permis
+d’acheter une charge d’auditeur des comptes.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_851" href="#FNanchor_851"><span class="label">[200]</span></a> Il étoit né rue Grenelle-St-Honoré où, comme on sait,
+son père étoit boulanger. Il se maria rue de la Grande-Truanderie,
+logea quelque temps où nous le voyons ici,
+rue Neuve-Saint-Merry, et s’établit enfin à l’île Saint-Louis
+où il mourut en 1688. Fr. de Caillières lui succéda
+à l’Académie, où il avoit lui-même remplacé Salomon en
+1670. — Son fauteuil, qui porte le n<sup>o</sup> 1, est aujourd’hui
+occupé par M. Ernest Renan.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1671. François de <span class="sc">Harlay</span> de Chanvallon, archevesque
+de Paris, duc et Pair de France,
+etc.<a id="FNanchor_852" href="#Footnote_852" class="fnanchor">[201]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_852" href="#FNanchor_852"><span class="label">[201]</span></a> Fait académicien en 1671, il avoit eu pour prédécesseur
+Hardouin de Péréfixe, comme lui archevêque de Paris.
+Son successeur fut le savant Dacier, en 1691. — Il occupoit
+le 19<sup>e</sup> fauteuil, celui de M. John Lemoine aujourd’hui.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1672. I. Benigne <span class="sc">Bossvet</span>, Evesque de Condom,
+Precepteur de Monseigneur le Dauphin<a id="FNanchor_853" href="#Footnote_853" class="fnanchor">[202]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_853" href="#FNanchor_853"><span class="label">[202]</span></a> Il ne fut de l’Académie, à quarante-cinq ans, que lorsque
+sa nomination comme précepteur du Dauphin lui permit
+de quitter Condom, et d’habiter Versailles. Successeur de
+Hay de Chambon, en 1672, il fut remplacé en 1704 par le
+cardinal de Polignac. — Son fauteuil, le 33<sup>e</sup>, est occupé
+par M. Camille Rousset.</p>
+</div>
+<p class="drap3">Charles <span class="sc">Perravlt</span>, Controlleur General
+<span class="pagenum" id="p286">-286-</span> des Bastiments du Roy<a id="FNanchor_854" href="#Footnote_854" class="fnanchor">[203]</a>, <i>rüe Neuve des
+bons Enfans</i><a id="FNanchor_855" href="#Footnote_855" class="fnanchor">[204]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_854" href="#FNanchor_854"><span class="label">[203]</span></a> C’est l’auteur des <i>Contes des fées</i>. La protection de
+Colbert le fit entrer en 1671 à l’Académie où il avoit eu
+Fr. de Montigny pour prédécesseur. Le cardinal de Rohan
+lui succéda en 1704. Il occupoit le 24<sup>e</sup> fauteuil, celui de
+M. Mézières en ce moment.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_855" href="#FNanchor_855"><span class="label">[204]</span></a> Il y logeoit dans les dépendances du Palais-Royal,
+qu’il quitta, lorsque Colbert l’eut disgracié, pour aller habiter
+une maison à lui dans le faubourg Saint-Jacques.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1673. Esprit <span class="sc">Flechier</span>, abbé de Severin<a id="FNanchor_856" href="#Footnote_856" class="fnanchor">[205]</a>, <i>rüe
+S. Thomas à l’hostel de Rambouillet</i><a id="FNanchor_857" href="#Footnote_857" class="fnanchor">[206]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_856" href="#FNanchor_856"><span class="label">[205]</span></a> Il eut pour prédécesseur Godeau, qu’il remplaça en
+1673 ; et pour successeur H. de Nesmond, en 1710. L’abbaye
+de Séverin n’étoit pas son seul bénéfice, il eut aussi celle
+de Baignes, et le prieuré de Peyrat. — Son fauteuil, le
+34<sup>e</sup>, est occupé par M. V. de Laprade.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_857" href="#FNanchor_857"><span class="label">[206]</span></a> Il y logeoit chez Montausier, qui se l’étoit attaché
+comme « homme de lettres ». Il y étoit déjà venu auparavant
+du temps de M<sup>me</sup> de Rambouillet, la célèbre Arthénice ;
+et c’est comme hôte du <i>Salon bleu</i>, où il étoit connu sous le
+nom de Damon, qu’il avoit pu si bien dire, en 1671, dans
+l’oraison funèbre de Julie d’Angennes, duchesse de Montausier :
+« Souvenez-vous de ces cabinets que l’on regarde
+encore avec tant de vénération, où l’esprit se purifioit…
+où se rendoient tant de personnes de qualité et de mérite. »</p>
+</div>
+<p class="drap3">Iean <span class="sc">Racine</span><a id="FNanchor_858" href="#Footnote_858" class="fnanchor">[207]</a>, Trésorier de France à
+Moulins<a id="FNanchor_859" href="#Footnote_859" class="fnanchor">[208]</a>, <i>à l’Hostel des Ursins</i><a id="FNanchor_860" href="#Footnote_860" class="fnanchor">[209]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_858" href="#FNanchor_858"><span class="label">[207]</span></a> Lorsqu’il fut nommé en 1673 à la place de La Mothe
+Le Vayer, il étoit au plus fort de ses succès de théâtre.
+Valincourt, qui avoit été de ses meilleurs amis, lui succéda
+en 1699. — Son fauteuil est le 4<sup>e</sup>, le même qui est occupé
+maintenant par M. Octave Feuillet.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_859" href="#FNanchor_859"><span class="label">[208]</span></a> On ne sait pas au juste à quelle date Racine eut cette
+charge, qui fut pour lui la plus absolue des sinécures. On
+le dispensa même, comme académicien et historiographe du
+roi, d’en aller prendre possession. (<i>Lettres</i> de Colbert, t. V,
+p. 524.)</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_860" href="#FNanchor_860"><span class="label">[209]</span></a> Il y logeoit déjà en 1668, quand furent joués <i>les Plaideurs</i>.
+V. plus haut, t. I, p, 95, note, et <i>Hist. de l’Académie</i>,
+édit. Ch. Livet, t. II, p. 333. Quand il se maria, le
+1<sup>er</sup> juin 1677, il y logeoit encore, car il est donné sur l’acte
+comme habitant la paroisse Saint-Landry, qui étoit celle de
+l’hôtel des Ursins. Il alla demeurer peu après rue Saint-André-des-Arts,
+au coin de la rue de l’Éperon.</p>
+</div>
+<p class="drap3"><span class="pagenum" id="p287">-287-</span> Iean <span class="sc">Gallois</span>, abbé de S. Martin de Cores<a id="FNanchor_861" href="#Footnote_861" class="fnanchor">[210]</a>,
+<i>rüe Vivien</i><a id="FNanchor_862" href="#Footnote_862" class="fnanchor">[211]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_861" href="#FNanchor_861"><span class="label">[210]</span></a> Académicien, comme Perrault, de la façon de Colbert,
+il fut élu, en 1673, à la place de Bourzeis ; l’abbé Mongin
+lui succéda en 1708. L’abbaye de Saint-Martin des Cores,
+dont il étoit pourvu, se trouvoit au diocèse d’Autun. On a
+vu plus haut, t. I, p. 142, note, qu’il avoit travaillé au
+<i>Journal des savants</i>. Ajoutons qu’il aida au rétablissement
+de l’Académie des sciences, dont il fut dès lors le secrétaire. — Son
+fauteuil à l’Académie françoise étoit le 35<sup>e</sup>, occupé
+aujourd’hui par M. Gaston Boissier.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_862" href="#FNanchor_862"><span class="label">[211]</span></a> Premier nom de la rue Vivienne, qui le devoit à Louis
+Vivien, seigneur de la Grange-Batelière, dont <i>la censive</i>
+s’étendoit jusque-là. L’abbé Gallois y logeoit dans une dépendance
+de l’hôtel Colbert, pour laquelle la rue qui mit en
+communication les rues Vivien et de Richelieu fut percée
+peu après, derrière l’hôtel Mazarin, devenu hôtel de Nevers :
+« On va faire, lisons-nous sous la date du 13 avril 1682,
+dans les <i>Lettres hist. et anecd.</i> ms. de la Biblioth. nat.,
+une nouvelle rue auprès de la maison de M. Colbert et derrière
+l’hôtel de Nevers, qui portera le nom de : <i>La rue
+Colbert</i>. »</p>
+</div>
+<p class="drap2">1674. Isaac de <span class="sc">Benserade</span><a id="FNanchor_863" href="#Footnote_863" class="fnanchor">[212]</a>, <i>au Palais Royal</i><a id="FNanchor_864" href="#Footnote_864" class="fnanchor">[213]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_863" href="#FNanchor_863"><span class="label">[212]</span></a> Il avoit succédé à Chapelain, en 1674, et eut pour
+successeur Pavillon, en 1691. Il occupoit le 37<sup>e</sup> fauteuil,
+qui est à présent celui de M. Émile Ollivier.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_864" href="#FNanchor_864"><span class="label">[213]</span></a> Il y mourut le 20 oct. 1691. Il avoit d’abord habité
+au quartier des Écoles, dans la rue Fromentelle ; puis, vers
+1651, rue des Bons-Enfants, chez M<sup>me</sup> de La Roche-Guyon
+qui l’aimoit fort ; ensuite aux Tuileries, comme le prouvent
+ses vers : <i>Plaintes du cheval Pégase aux chevaux de la petite
+écurie qui le veulent desloger de son galetas des Tuileries</i> ;
+et enfin au Palais-Royal, qu’il ne quittoit, l’été, que pour sa
+maison d’Arcueil, dont Adam Parelle a dessiné et gravé
+« le berceau de feuillage ».</p>
+</div>
+<p class="drap3">Pierre Daniel <span class="sc">Hvet</span>, Sous-Precepteur de
+<span class="pagenum" id="p288">-288-</span> Monseigneur le Dauphin<a id="FNanchor_865" href="#Footnote_865" class="fnanchor">[214]</a>, <i>rüe neuve
+des Petits Champs</i><a id="FNanchor_866" href="#Footnote_866" class="fnanchor">[215]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_865" href="#FNanchor_865"><span class="label">[214]</span></a> Il avoit remplacé Gomberville en 1674, et le fut lui-même
+par Boivin en 1721. Nous le retrouverons sur la
+liste suivante. — Son fauteuil, le 36<sup>e</sup>, est aujourd’hui celui
+de Mgr le duc d’Aumale.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_866" href="#FNanchor_866"><span class="label">[215]</span></a> Il y logeoit chez un charpentier, vis-à-vis le marché
+aux chevaux. (V. notre <i>Hist. de la butte des Moulins</i>, p. 104.)</p>
+</div>
+<p class="drap2">1675. Toussaints <span class="sc">Rose</span>, secretaire du Cabinet,
+<i>à l’Hostel de Fleury, rue des Bourdonnois</i><a id="FNanchor_867" href="#Footnote_867" class="fnanchor">[216]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_867" href="#FNanchor_867"><span class="label">[216]</span></a> C’est lui qui avoit « la plume », et qui devoit imiter,
+comme tel, l’écriture du roi à s’y méprendre. Ses fonctions
+consistoient ainsi à faire légalement des faux. Il avoit
+succédé à Conrart en 1675, et il fut remplacé par Sacy en
+1701. — Il occupoit le 38<sup>e</sup> fauteuil, occupé maintenant
+par M. A. Dumas fils.</p>
+</div>
+<p class="drap3">Geraud de <span class="sc">Cordemoy</span>, lecteur de Monseigneur
+le Dauphin, <i>rüe Beaubourg</i><a id="FNanchor_868" href="#Footnote_868" class="fnanchor">[217]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_868" href="#FNanchor_868"><span class="label">[217]</span></a> Il avoit remplacé Ballesdens en 1675, et il le fut en
+1685 par Bergeret. V. sur ses ouvrages, t. I, p. 189, 203. — Son
+fauteuil, le 10<sup>e</sup>, est occupé par M. Jules Simon.</p>
+</div>
+<p class="c">[Chez Pierre <span class="sc">Le Petit</span>, imprimeur ordinaire du
+Roy et de l’Académie, <i>rue Saint Jacques</i>,
+à la Croix d’or<a id="FNanchor_869" href="#Footnote_869" class="fnanchor">[218]</a>.]</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_869" href="#FNanchor_869"><span class="label">[218]</span></a> Dans la parodie paraphrasée en vers, que fit Benserade,
+en 1684, de la <i>Liste de messieurs de l’Académie</i> pour
+cette année-là, pièce des plus curieuses, citée par d’Olivet,
+mais publiée seulement de nos jours par le journal <i>l’Intermédiaire</i>,
+15 juin 1864, p. 110, on trouve à la fin cette
+mention sur l’Imprimeur des Quarante :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse"><i>Le Petit</i>, leur imprimeur,</div>
+<div class="verse">Triste, est de mauvaise humeur</div>
+<div class="verse">Contre <i>le Dictionnaire</i>,</div>
+<div class="verse">Qui, ne s’en émouvant pas,</div>
+<div class="verse">Suit toujours du même pas,</div>
+<div class="verse">Et va son train ordinaire.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p class="noindent">Le Petit mourut en 1687, Coignard le remplaça. <i>V.</i> plus
+haut, t. I, p. 189.</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p289">-289-</span></p>
+
+<h3 id="c44" title="LISTE DE L’ACADÉMIE FRANÇOISE.">LISTE<a id="FNanchor_870" href="#Footnote_870" class="fnanchor">[219]</a><br>
+<span class="small">DE L’ACADÉMIE FRANÇOISE.</span></h3>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_870" href="#FNanchor_870"><span class="label">[219]</span></a> Cette liste est imprimée sur un placard in-fol. à deux
+colonnes. V. plus haut, p. <a href="#p275">275</a>.</p>
+</div>
+
+<p class="c"><span class="sc">Le Roy</span>, <i>protecteur</i>.<br>
+(1705.)</p>
+
+
+<p class="drap3">Messieurs</p>
+
+<p class="drap2">1656. <span class="sc">Cesar</span>, cardinal <span class="sc">d’Estrées</span><a id="FNanchor_871" href="#Footnote_871" class="fnanchor">[220]</a>, commandeur
+de l’ordre du St Esprit, doyen de
+l’Académie françoise<a id="FNanchor_872" href="#Footnote_872" class="fnanchor">[221]</a>, à l’abbaye de
+S. Germain des Prez<a id="FNanchor_873" href="#Footnote_873" class="fnanchor">[222]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_871" href="#FNanchor_871"><span class="label">[220]</span></a> V. la liste précédente, p. <a href="#p280">280</a>-281.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_872" href="#FNanchor_872"><span class="label">[221]</span></a> D’Alembert dit de l’Académie, à propos du cardinal
+d’Estrées : « Elle eut le bonheur de le posséder près de soixante
+ans, et de le voir longtemps à sa tête en qualité de doyen ;
+et quand elle le perdit, elle le pleura comme si elle venoit à
+peine de l’acquérir. » <i>Hist. des membres de l’Acad. franç.
+morts depuis 1700</i>, etc., t. III, p. 316.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_873" href="#FNanchor_873"><span class="label">[222]</span></a> Louis XIV lui avoit donné ce magnifique bénéfice lorsque
+les intrigues de la princesse des Ursins l’eurent forcé
+de quitter l’ambassade d’Espagne. Il mourut à l’abbaye.
+C’est à sa tolérance que les petits théâtres et les bateleurs
+avoient dû de pouvoir s’établir sur le préau de la foire
+Saint-Germain, tant qu’elle duroit. Il les avoit même soutenus
+contre les comédiens qui, s’autorisant de leur privilège,
+vouloient les faire déguerpir. (L’abbé de la Tour, <i>Réflexions
+morales… sur le théâtre</i>, 1762, in-12, t. I, p. 35-36.)</p>
+</div>
+<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p290">-290-</span> 1665. Jacques <span class="sc">Testu</span>, abbé de Belval, et prieur
+de St Denys de la Chartre, <i>rue des
+Lions</i><a id="FNanchor_874" href="#Footnote_874" class="fnanchor">[223]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_874" href="#FNanchor_874"><span class="label">[223]</span></a> V. la liste précédente, p. <a href="#p282">282</a>.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1666. Paul <span class="sc">Tallemant</span>, intendant des devises et
+inscriptions des Edifices royaux<a id="FNanchor_875" href="#Footnote_875" class="fnanchor">[224]</a>, prieur
+d’Ambierle et de Saint Albin<a id="FNanchor_876" href="#Footnote_876" class="fnanchor">[225]</a>, <i>rue Ste
+Anne</i>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_875" href="#FNanchor_875"><span class="label">[224]</span></a> Il étoit, sous ce titre, qu’il devoit à Colbert, secrétaire
+de l’Académie des inscriptions.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_876" href="#FNanchor_876"><span class="label">[225]</span></a> C’est encore à Colbert qu’il devoit ces bénéfices « assez
+considérables », dit d’Alembert.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1667. Philippe <span class="sc">de Courcillon</span>, marquis de Dangeau,
+gouverneur de Touraine, conseiller
+d’Estat ordinaire, et grand maistre
+des Ordres royaux et militaires de
+Nostre-Dame du Mont Carmel et de St
+Lazarre de Jérusalem, chevalier des
+Ordres du Roy, chevalier d’honneur de
+Madame la duchesse de Bourgogne<a id="FNanchor_877" href="#Footnote_877" class="fnanchor">[226]</a>,
+<i>place Royale</i><a id="FNanchor_878" href="#Footnote_878" class="fnanchor">[227]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_877" href="#FNanchor_877"><span class="label">[226]</span></a> V. la liste précédente, p. <a href="#p284">284</a>.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_878" href="#FNanchor_878"><span class="label">[227]</span></a> Il y avoit acheté le pavillon que l’intendant général des
+postes, M. de Nouveau, avoit fait décorer par Le Brun et
+Le Sueur. Celui-ci avoit peint deux tableaux et deux plafonds,
+l’autre un plafond. (<i>Mém. inéd. sur l’Acad. de peinture</i>,
+t. I, p. 12 et 158.) La perspective peinte sur un des murs
+du jardin étoit de Jacques Rousseau, à qui l’on ne l’avoit pas
+payée moins de 4000 liv. en 1679. (Manette, <i>Abecedario</i>,
+t. V, p. 53.) Lorsque Monseigneur venoit à Paris, il descendoit
+volontiers à la place Royale, chez Dangeau. V. le
+<i>Journal</i> de celui-ci, t. II, p. 308.</p>
+</div>
+<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p291">-291-</span> 1670. François Séraphin <span class="sc">Régnier Desmarets</span>,
+abbé de Saint Laon de Thouars, prieur
+de Grand-Mont près Chinon, académicien
+de la Crusca, et Secrétaire perpétuel
+de l’Académie françoise. <i>A l’Hostel
+de Créquy sur le quay Malaquest</i><a id="FNanchor_879" href="#Footnote_879" class="fnanchor">[228]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_879" href="#FNanchor_879"><span class="label">[228]</span></a> V. la liste précédente, p. <a href="#p284">284</a>, et plus bas, p. <a href="#p301">301</a>.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1673. Esprit <span class="sc">Fléchier</span><a id="FNanchor_880" href="#Footnote_880" class="fnanchor">[229]</a>, Evesque de Nismes<a id="FNanchor_881" href="#Footnote_881" class="fnanchor">[230]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_880" href="#FNanchor_880"><span class="label">[229]</span></a> V. la liste précédente, p. <a href="#p286">286</a>.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_881" href="#FNanchor_881"><span class="label">[230]</span></a> Après avoir été pendant deux ans évêque de Lavaur,
+le roi l’avoit nommé à l’évêché de Nîmes, poste difficile
+depuis la révocation de l’Édit, mais qui le fut moins lorsque
+Fléchier eut consenti au démembrement qui permit la
+création d’un évêché dans les Cévennes, celui d’Alais.</p>
+</div>
+<p class="drap3">Jean <span class="sc">Galloys</span>, ancien abbé de St Martin
+de Cores<a id="FNanchor_882" href="#Footnote_882" class="fnanchor">[231]</a>, <i>rue Fromentelle derrière le
+Collège Royal</i><a id="FNanchor_883" href="#Footnote_883" class="fnanchor">[232]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_882" href="#FNanchor_882"><span class="label">[231]</span></a> V. la liste précédente, p. <a href="#p287">287</a>.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_883" href="#FNanchor_883"><span class="label">[232]</span></a> C’étoit bien loin de la rue Vivien, où nous l’avons vu
+en 1676 ; mais après la mort de Colbert, devenu professeur
+de grec, puis inspecteur au collège Royal, il avoit dû déménager
+jusque là. Il y mourut le 19 avril 1707, à soixante-quinze
+ans.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1674. Pierre Daniel <span class="sc">Huet</span><a id="FNanchor_884" href="#Footnote_884" class="fnanchor">[233]</a>, ancien Evesque
+d’Avranches<a id="FNanchor_885" href="#Footnote_885" class="fnanchor">[234]</a>, <i>à la Maison professe des
+Jésuites, rue St Antoine</i><a id="FNanchor_886" href="#Footnote_886" class="fnanchor">[235]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_884" href="#FNanchor_884"><span class="label">[233]</span></a> V. la liste précédente, p. <a href="#p287">287</a>.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_885" href="#FNanchor_885"><span class="label">[234]</span></a> Nommé à l’évêché de Soissons, en 1685, il l’échangea
+avec M. de Sillery pour celui d’Avranches, dont il se démit
+après l’avoir occupé dix ans.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_886" href="#FNanchor_886"><span class="label">[235]</span></a> En 1691, il leur avoit légué sa bibliothèque et s’étoit
+ainsi créé des droits à devenir leur hôte. Malheureusement, le
+don qu’il leur avoit fait fut détruit en grande partie deux
+ans après, lorsqu’il étoit encore à Avranches, par l’écroulement
+de la maison qu’il louoit à Paris depuis douze ans,
+pour que sa bibliothèque y fût en dépôt : « la maison qui
+la renfermoit, écrit d’Alembert, t. III, p. 475, étoit placée
+au faubourg Saint-Jacques sur des carrières qui s’entrouvrirent. »
+V. à ce sujet une pièce de Santeul dans ses <i lang="la" xml:lang="la">Poemata</i>.</p>
+</div>
+<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p292">-292-</span> 1678. Pierre Nicolas <span class="sc">Colbert</span>, archevesque de
+Rouen<a id="FNanchor_887" href="#Footnote_887" class="fnanchor">[236]</a>, <i>à l’hostel Colbert, rue Neuve
+des Petits Champs</i><a id="FNanchor_888" href="#Footnote_888" class="fnanchor">[237]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_887" href="#FNanchor_887"><span class="label">[236]</span></a> Fils du grand ministre, il avoit dû à l’influence de
+son père d’être nommé de l’Académie en 1678, à la place
+de Jacques Esprit, lorsqu’il n’avoit encore que vingt-quatre
+ans. C’est Racine qui le reçut, et d’Alembert pense, avec
+raison, je crois, qu’il fit les deux discours.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_888" href="#FNanchor_888"><span class="label">[237]</span></a> C’est l’hôtel de son père. Il y possédoit une bibliothèque
+du meilleur choix, quoique très nombreuse. Santeul en a
+fait l’éloge dans ses <i lang="la" xml:lang="la">Poemata</i>. Nicolas Colbert eut l’abbé
+Fraguier pour successeur à l’Académie, en 1708.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1679. Louis <span class="sc">Verjus</span>, comte de Crécy, conseiller
+du Roy en ses conseils, <i>rue de Richelieu</i><a id="FNanchor_889" href="#Footnote_889" class="fnanchor">[238]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_889" href="#FNanchor_889"><span class="label">[238]</span></a> Il fut reçu de l’Académie en 1679, n’ayant de titres
+que ses ambassades. En 1710, Ant. de Mesmes lui succéda.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1682. Louis <span class="sc">de Courcillon de Dangeau</span><a id="FNanchor_890" href="#Footnote_890" class="fnanchor">[239]</a>, abbé
+de Fontaine Daniel<a id="FNanchor_891" href="#Footnote_891" class="fnanchor">[240]</a>, <i>place Royale</i><a id="FNanchor_892" href="#Footnote_892" class="fnanchor">[241]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_890" href="#FNanchor_890"><span class="label">[239]</span></a> Frère du marquis, nommé plus haut, p. 284, 290. Il
+remplaça l’abbé Cotin, en 1682, et fut remplacé lui-même
+par le comte Fleuriau de Morville, en 1723.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_891" href="#FNanchor_891"><span class="label">[240]</span></a> C’étoit un bénéfice simple, l’abbé n’en ayant pas voulu
+d’autre, afin de pouvoir mieux s’occuper des lettres.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_892" href="#FNanchor_892"><span class="label">[241]</span></a> Il y logeoit dans l’hôtel de son frère, où il tenoit tous
+les mardis des conférences littéraires et grammaticales, dont
+il a été parlé plus haut, t. I, p. 128, note 2.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1684. Nicolas <span class="sc">Boyleau Despréaux</span><a id="FNanchor_893" href="#Footnote_893" class="fnanchor">[242]</a>, <i>cloistre
+Notre Dame</i><a id="FNanchor_894" href="#Footnote_894" class="fnanchor">[243]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_893" href="#FNanchor_893"><span class="label">[242]</span></a> Le satirique s’étoit fait trop d’ennemis pour arriver
+de bonne heure à l’Académie. Lorsque tant d’autres étoient
+reçus de vingt-cinq à trente ans, il ne le fut, lui, qu’à plus
+de quarante-huit ; encore fallut-il presque un ordre du
+Roi. Il remplaça Bazin de Bezons, en 1684, et eut pour
+successeur, en 1711, le maréchal d’Estrées.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_894" href="#FNanchor_894"><span class="label">[243]</span></a> Il y habitoit depuis longtemps, mais en 1699 il y
+avoit pris, derrière Notre-Dame, à la pointe de l’Ile, un
+autre logement que celui qu’il avoit occupé d’abord : « il
+est, écrit son ami Vuillart, le 9 juillet, occupé d’un déménagement.
+Il quitte le logis du cloître Notre-Dame, où il
+étoit près du puits, pour un autre qui a vue sur le jardin
+du Terrain. » C’est là qu’il mourut.</p>
+</div>
+<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p293">-293-</span> 1685. Thomas <span class="sc">Corneille</span><a id="FNanchor_895" href="#Footnote_895" class="fnanchor">[244]</a>, <i>rue St Hyacinthe,
+près les Jacobins de la rue St Honoré</i><a id="FNanchor_896" href="#Footnote_896" class="fnanchor">[245]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_895" href="#FNanchor_895"><span class="label">[244]</span></a> On sait qu’il avoit succédé à son illustre frère au
+commencement de 1685. La Mothe le remplaça en 1710.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_896" href="#FNanchor_896"><span class="label">[245]</span></a> C’est bien l’adresse que lui donne le président Hénault,
+<i>Mémoires</i>, p. 181. Parlant de Fontenelle, son neveu, il dit :
+« Il vint à Paris pour la première fois en 1687. Il demeura
+d’abord chez Thomas Corneille, son oncle et son parrain,
+cul de sac des Jacobins. »</p>
+</div>
+<p class="drap2">1686. François Timoléon <span class="sc">de Choisy</span>, prieur de
+St Lo de Rouen<a id="FNanchor_897" href="#Footnote_897" class="fnanchor">[246]</a>, <i>au Luxembourg</i><a id="FNanchor_898" href="#Footnote_898" class="fnanchor">[247]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_897" href="#FNanchor_897"><span class="label">[246]</span></a> Il avoit en 1687 été reçu à la place du duc de Saint-Aignan.
+Il mourut en 1724, doyen de l’Académie où Portail
+le remplaça.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_898" href="#FNanchor_898"><span class="label">[247]</span></a> Il y avoit été élevé chez son père, chancelier de Gaston
+d’Orléans, et il y revint passer ses dernières années dans un
+appartement voisin de celui qu’habitoit, dans ce grand palais
+alors sans maître, madame de Caylus. V. G. Desnoiresterres,
+<i>Épicuriens et lettrés</i>, 1879, in-18, p. 171.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1688. Jean <span class="sc">Testu de Mauroy</span>, abbé de Fontaine
+Jean et de St Chéron, prieur de Dampmartin,
+ancien aumosnier ordinaire de
+<span class="sc">Madame</span>, <i>au Palais-Royal</i><a id="FNanchor_899" href="#Footnote_899" class="fnanchor">[248]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_899" href="#FNanchor_899"><span class="label">[248]</span></a> Instituteur des filles de Monsieur, qui le logeoit au
+Palais-Royal. Il ne fut académicien, en 1688, que par la
+protection du prince qui, lorsque sa recommandation, d’ailleurs
+fort peu pressante, l’eut fait nommer, fut le premier
+à en être surpris. Il remplaça Jacques de Mesmes et eut
+pour successeur, en 1706, l’abbé de Louvois.</p>
+</div>
+<p class="drap3">Jean <span class="sc">de la Chappelle</span>, conseiller du Roy,
+receveur général des finances de la
+Généralité de la Rochelle, <i>rue du Grand
+Chantier au Marais</i><a id="FNanchor_900" href="#Footnote_900" class="fnanchor">[249]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_900" href="#FNanchor_900"><span class="label">[249]</span></a> Quelques tragédies et une farce, <i>les Carrosses d’Orléans</i>,
+firent beaucoup moins pour sa réception, en 1688,
+à la place de Furetière, que son titre de secrétaire des
+commandements du prince de Conti. Il fit aussi une sorte
+de roman, <i>les Amours de Catulle</i>, dont se souvenoit La
+Bruyère lorsque, parlant de lui et du jeune prince, il dit :
+« <span class="sc">Catulle</span> et son élève… » <i>Caractères</i>, édit. Walckn., t. I,
+p. 504. — La Chapelle eut pour successeur, en 1723,
+l’abbé d’Olivet.</p>
+</div>
+<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p294">-294-</span> 1689. François <span class="sc">de Callières</span>, seigneur de la
+Rochechellay et de Gigny, conseiller
+ordinaire du Roy en ses conseils, secrétaire
+du Cabinet de Sa Majesté<a id="FNanchor_901" href="#Footnote_901" class="fnanchor">[250]</a>, <i>rue de
+Cléry</i><a id="FNanchor_902" href="#Footnote_902" class="fnanchor">[251]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_901" href="#FNanchor_901"><span class="label">[250]</span></a> Comme le comte de Crecy qu’on a trouvé plus haut,
+p. 292, il étoit arrivé à l’Académie, en 1689, à la place de
+Quinault, par ses services d’ambassadeur. Le cardinal de
+Fleury le remplaça en 1717.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_902" href="#FNanchor_902"><span class="label">[251]</span></a> Il y occupoit, comme l’abbé Tallemant, Pavillon, et
+plusieurs autres, un de ces nouveaux hôtels qu’on appeloit
+des « Cléry », et qui mirent, à la fin du <small>XVII</small><sup>e</sup> siècle et au
+commencement du <small>XVIII</small><sup>e</sup> ce quartier à la mode. Il acheta,
+en 1709, à Jacques Paget, moyennant 60,000 livres, une
+maison de la rue Neuve-Saint-Augustin, dont il disposa,
+en faveur de l’Hôtel-Dieu de Paris, par un legs, déjà mentionné
+plus haut, t. I, p. 113, note 1. — V. aussi <i>Inventaire
+des archives hospitalières</i>, <span class="sc">Hôtel-Dieu</span>, t. I, p. 79.</p>
+</div>
+<p class="drap3">Eusèbe <span class="sc">Renaudot</span>, prieur de Fossey<a id="FNanchor_903" href="#Footnote_903" class="fnanchor">[252]</a>, <i>rue
+de Richelieu</i><a id="FNanchor_904" href="#Footnote_904" class="fnanchor">[253]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_903" href="#FNanchor_903"><span class="label">[252]</span></a> Il étoit l’aîné des quatorze enfants de Théophraste
+Renaudot, créateur de la Gazette. Ses écrits ecclésiastiques
+le firent admettre en 1689, à la place de Doujat. L’abbé
+Roquette fut son successeur en 1720.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_904" href="#FNanchor_904"><span class="label">[253]</span></a> Au coin de la rue Neuve-Saint-Augustin. On voit en
+effet par le testament de Callières, rappelé tout à l’heure,
+que sa maison située dans cette rue touchoit à celle de
+l’abbé Renaudot.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1691. Bernard <span class="sc">de Fontenelle</span>, secrétaire de
+l’Académie des sciences<a id="FNanchor_905" href="#Footnote_905" class="fnanchor">[254]</a>, <i>au Palais-Royal</i><a id="FNanchor_906" href="#Footnote_906" class="fnanchor">[255]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_905" href="#FNanchor_905"><span class="label">[254]</span></a> Reçu en 1691, à la place de Villayer, il mourut doyen
+de l’Académie en 1757, et eut A. L. Séguier pour successeur.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_906" href="#FNanchor_906"><span class="label">[255]</span></a> Il avoit d’abord, comme on l’a vu plus haut, p. <a href="#p293">293</a>,
+habité chez son oncle Th. Corneille, puis chez son ami M. des
+Haguais. Le duc de Chartres, devenu duc d’Orléans en
+1701, le logea au Palais-Royal, « dans un galetas »,
+comme il disoit lui-même, pour le dispenser de lui en
+avoir de la reconnaissance. En 1730, il dut en partir, la
+dévotion du nouveau duc d’Orléans ne s’accommodant pas
+de sa philosophie, ce qui fit dire dans une épigramme :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">Puis le vieux normand parasite,</div>
+<div class="verse">D’athéisme monstre infernal,</div>
+<div class="verse">Délogé du Palais-Royal</div>
+<div class="verse">Depuis que la vertu l’habite.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p>Fontenelle prit alors un appartement, rue du Faubourg-St-Honoré,
+près de l’Assomption, où il mourut le 9 janvier
+1757, et dont on peut voir la description dans les <i>Annonces
+affiches</i> de 1758, p. 41-42.</p>
+</div>
+<p class="drap3"><span class="pagenum" id="p295">-295-</span> Estienne <span class="sc">Pavillon</span><a id="FNanchor_907" href="#Footnote_907" class="fnanchor">[256]</a>, ci-devant avocat
+général au parlement de Metz<a id="FNanchor_908" href="#Footnote_908" class="fnanchor">[257]</a>, <i>rue de
+Cléry</i><a id="FNanchor_909" href="#Footnote_909" class="fnanchor">[258]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_907" href="#FNanchor_907"><span class="label">[256]</span></a> Il eut pour prédécesseur Benserade, qu’il remplaça en
+1691, et pour successeur, en 1705, Brulard de Sillery.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_908" href="#FNanchor_908"><span class="label">[257]</span></a> Il s’étoit de bonne heure démis de cette charge et ne
+s’étoit plus donné qu’au monde et aux lettres.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_909" href="#FNanchor_909"><span class="label">[258]</span></a> Il y étoit voisin de son ami Callières, et du trésorier
+Damon (V. t. I, p. 38) dont la femme reçut souvent l’hommage
+de ses vers. Lorsque la goutte, qui le cloua chez lui
+si longtemps, l’eut tout à fait empêché de sortir, il reçut
+nombreuse compagnie. Le monde, où il n’alloit plus, venoit
+à lui. V. à ce sujet son <i>Éloge</i>, par un autre de ses voisins,
+l’abbé Tallemant, dans l’<i>Histoire de l’Académie des inscriptions</i>.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1692. Jacques <span class="sc">de Tourreil</span><a id="FNanchor_910" href="#Footnote_910" class="fnanchor">[259]</a>, <i>rue des Douze
+Portes, près la rue St Louis au Marais</i><a id="FNanchor_911" href="#Footnote_911" class="fnanchor">[260]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_910" href="#FNanchor_910"><span class="label">[259]</span></a> Il avoit succédé à Michel Le Clerc en 1692, et il fut
+remplacé en 1714 par Rolland-Mallet. Pontchartrain, dont
+il élevoit le fils, contribua beaucoup à son élection, comme
+il avoit aidé à celle de Pavillon, son parent.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_911" href="#FNanchor_911"><span class="label">[260]</span></a> C’étoit sans doute la maison où Scarron étoit mort,
+et que Crébillon devoit un peu plus tard habiter si longtemps.</p>
+</div>
+<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p296">-296-</span> 1693. François <span class="sc">de Salignac de Fenelon</span>, archevesque
+de Cambray<a id="FNanchor_912" href="#Footnote_912" class="fnanchor">[261]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_912" href="#FNanchor_912"><span class="label">[261]</span></a> L’auteur de <i>Télémaque</i> avoit succédé à Pélisson en
+1693 ; De Boze lui succéda en 1715.</p>
+</div>
+<p class="drap3">Jean Paul <span class="sc">Bignon</span>, abbé de Saint Quentin<a id="FNanchor_913" href="#Footnote_913" class="fnanchor">[262]</a>,
+conseiller d’Estat ordinaire<a id="FNanchor_914" href="#Footnote_914" class="fnanchor">[263]</a>, <i>rue des
+Bernardins</i><a id="FNanchor_915" href="#Footnote_915" class="fnanchor">[264]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_913" href="#FNanchor_913"><span class="label">[262]</span></a> Il succéda le 15 juin 1693 à Bussy, et eut pour successeur,
+en 1743, un de ses parents, Jérôme Bignon. Il étoit
+aussi de l’Académie des sciences et de celle des Inscriptions.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_914" href="#FNanchor_914"><span class="label">[263]</span></a> Il devint un peu plus tard doyen de Saint-Germain
+l’Auxerrois, puis bibliothécaire du cabinet du roi, charge
+que Dacier lui vendit 30,000 liv., tout en gardant les
+appointements de 1,200 liv., et le logement au Louvre
+(<i>Mercure</i>, fév. 1720, p. 180).</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_915" href="#FNanchor_915"><span class="label">[264]</span></a> V. sur l’hôtel des Bignon dans cette rue, t. I, p. 48,
+note 4. Le czar Pierre le visita peu de temps après que
+M. de Torpane le leur eut acheté (<i>Mercure</i>, juin 1717,
+p. 193).</p>
+</div>
+<p class="drap3">Simon <span class="sc">de la Loubère</span><a id="FNanchor_916" href="#Footnote_916" class="fnanchor">[265]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_916" href="#FNanchor_916"><span class="label">[265]</span></a> Encore une créature académique de Pontchartrain.
+Son seul titre sérieux étoit d’avoir fait partie de l’ambassade
+à Siam. Il avoit succédé en 1693 à François Tallemant,
+et l’abbé Sallier le remplaça en 1729. Si son adresse
+manque ici, c’est qu’il s’étoit retiré de bonne heure à Toulouse,
+sa ville natale, où on lui dut le rétablissement des Jeux
+floraux.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1694. Jean François Paul <span class="sc">Lefevre de Caumartin</span>,
+abbé de Nostre Dame de Buzay<a id="FNanchor_917" href="#Footnote_917" class="fnanchor">[266]</a>,
+<i>rue Neuve St Estienne</i> au faubourg St
+Victor.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_917" href="#FNanchor_917"><span class="label">[266]</span></a> Reçu en 1694, à la place de l’abbé de Lavau, n’ayant
+guère que vingt-six ans, il eut Moncrif pour successeur en
+1733. Pontchartrain, qui avoit contribué à le faire élire,
+aida aussi à le tirer de l’assez fâcheuse affaire où il s’étoit
+jeté en persiflant l’évêque de Noyon, Clermont-Tonnerre,
+que peu de mois après sa propre élection il avoit dû, comme
+directeur, recevoir académicien. Le roi, qui s’étoit prêté
+d’abord à la plaisanterie, la trouva trop forte une fois faite ;
+il ne parloit pas moins que d’exiler Caumartin dans son
+abbaye de Buzay en Bretagne, lorsque l’intervention de
+Pontchartrain le sauva. (V. Saint-Simon, t. I, p. 134, et
+<i>Lettres</i> de Sévigné, édit. Hachette, t. X, p. 218.) L’abbé
+de Caumartin devint plus tard évêque de Vannes, puis de
+Blois.</p>
+</div>
+<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p297">-297-</span> 1695. Charles <span class="sc">Castel de S. Pierre</span><a id="FNanchor_918" href="#Footnote_918" class="fnanchor">[267]</a>, premier
+Aumosnier de <span class="sc">Madame</span>, <i>au Palais-Royal</i><a id="FNanchor_919" href="#Footnote_919" class="fnanchor">[268]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_918" href="#FNanchor_918"><span class="label">[267]</span></a> Élu en 1695 à la place de Bergeret, il fut exclu des
+séances en 1718, à la suite d’une dénonciation du cardinal
+de Polignac contre son <i>Discours sur la Polysydonie</i>, dans
+lequel il attaquoit vivement le gouvernement personnel du
+feu roi, et demandoit qu’on y substituât l’autorité de plusieurs
+conseils ou <i>Synodes</i>. On ne lui donna toutefois un
+successeur qu’à sa mort, en 1743 ; ce fut Maupertuis.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_919" href="#FNanchor_919"><span class="label">[268]</span></a> Ce logement au Palais-Royal, qu’il avoit comme aumônier
+de Madame, mère du Régent, lui fut conservé même
+après son exclusion de l’Académie.</p>
+</div>
+<p class="drap3">Jules <span class="sc">de Clérambault</span>, abbé de Saint-Taurin,
+d’Evreux, de Nostre Dame du
+Lieu-Dieu en Jard, et de St Savin, <i>rue
+des Bons Enfants, près le palais Royal</i><a id="FNanchor_920" href="#Footnote_920" class="fnanchor">[269]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_920" href="#FNanchor_920"><span class="label">[269]</span></a> Fils du maréchal de Clérambault. Le fauteuil de La
+Fontaine lui échut en 1695, et « comme il étoit contrefait,
+dit d’Alembert, les mauvais plaisants prétendirent que c’étoit
+Ésope qui succédoit à La Fontaine ». L’abbé Massieu le
+remplaça en 1714.</p>
+</div>
+<p class="drap3">André <span class="sc">Dacier</span>, garde des livres du Cabinet
+du Roy, <i>au Louvre</i><a id="FNanchor_921" href="#Footnote_921" class="fnanchor">[270]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_921" href="#FNanchor_921"><span class="label">[270]</span></a> Il fut célèbre pour son érudition dans les lettres grecques,
+mais moins que sa femme, dont La Bruyère demandoit
+l’admission à l’Académie. Dacier y fut élu, en 1695, pour
+le fauteuil de l’archevêque de Paris, M. de Harlay. Il étoit
+déjà garde des livres du cabinet du Louvre, charge que le
+roi avoit rétablie en sa faveur pour le récompenser de son
+Recueil sur les Pythagoriciens (V. à la p. préc. l’art. sur l’abbé
+Bignon). Dacier mourut en 1722. Le cardinal Dubois le
+remplaça.</p>
+</div>
+<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p298">-298-</span> 1696. Claude <span class="sc">Fleury</span><a id="FNanchor_922" href="#Footnote_922" class="fnanchor">[271]</a>, abbé du Loc-Dieu, sous-précepteur
+de Messeigneurs les Enfants
+de France, <i>rue St Louis au Marais</i><a id="FNanchor_923" href="#Footnote_923" class="fnanchor">[272]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_922" href="#FNanchor_922"><span class="label">[271]</span></a> Auteur de l’<i>Histoire ecclésiastique</i>. Il fut, en 1696, le
+successeur de La Bruyère, son ami, et fut remplacé lui-même,
+en 1722, par le diplomate Adam.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_923" href="#FNanchor_923"><span class="label">[272]</span></a> Le roi lui avoit donné l’abbaye de Loc-Dieu, après
+l’éducation du duc de Vermandois, il lui accorda le prieuré
+d’Argenteuil après celle du duc de Bourgogne. Dès lors il
+résida dans ce prieuré, beaucoup plus qu’il ne logea rue
+Saint-Louis.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1699. Louis <span class="sc">Cousin</span><a id="FNanchor_924" href="#Footnote_924" class="fnanchor">[273]</a>, président en la Cour des
+Monnoyes<a id="FNanchor_925" href="#Footnote_925" class="fnanchor">[274]</a>, <i>rue Guenegaud</i>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_924" href="#FNanchor_924"><span class="label">[273]</span></a> Il avoit en 1697 succédé à l’évêque d’Acqs, M. de
+Chaumont. Le marquis de Mimeure lui succéda en 1707.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_925" href="#FNanchor_925"><span class="label">[274]</span></a> V. plus haut, t. I, p. 69. Le président Cousin avoit
+d’abord été directeur du <i>Journal des savants</i> et censeur
+royal. Il légua ses livres à la bibliothèque de Saint-Victor,
+avec un fonds de vingt mille francs pour en augmenter le
+nombre. V. t. I, p. 137.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1698. Charles Claude <span class="sc">Genest</span><a id="FNanchor_926" href="#Footnote_926" class="fnanchor">[275]</a>, abbé de Saint-Vilmer<a id="FNanchor_927" href="#Footnote_927" class="fnanchor">[276]</a>,
+aumosnier ordinaire de Madame
+la duchesse d’Orléans<a id="FNanchor_928" href="#Footnote_928" class="fnanchor">[277]</a>, <i>cloistre Saint
+Honoré</i>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_926" href="#FNanchor_926"><span class="label">[275]</span></a> Il avoit succédé, en 1698, à Claude Boyer, comme
+académicien, pour des tragédies qui ne valoient guère mieux
+que les siennes. Son fauteuil échut après lui, en 1720, à
+l’abbé Dubos.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_927" href="#FNanchor_927"><span class="label">[276]</span></a> Ce bénéfice, de 500 écus de rente au plus, fut tout ce
+qu’il put obtenir du roi.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_928" href="#FNanchor_928"><span class="label">[277]</span></a> Mademoiselle de Blois, fille du roi et de madame de
+Montespan, avoit eu l’abbé Genest pour précepteur. Devenue
+femme du duc d’Orléans, futur Régent, elle le garda près
+d’elle comme aumônier, et lui fit avoir, après la mort du
+roi, 2,000 fr. de pension sur l’archevêché de Sens.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1699. Jean Baptiste Henry <span class="sc">du Trousset de
+<span class="pagenum" id="p299">-299-</span> Valincour</span><a id="FNanchor_929" href="#Footnote_929" class="fnanchor">[278]</a>, secrétaire général de la
+Marine et des Commandements de
+Monseigneur le comte de Toulouze.
+<i>Cloistre Nostre-Dame</i><a id="FNanchor_930" href="#Footnote_930" class="fnanchor">[279]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_929" href="#FNanchor_929"><span class="label">[278]</span></a> Bel esprit plutôt qu’auteur, il succéda, en 1699, à
+Racine son ami. Il eut en 1730 La Faye pour successeur.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_930" href="#FNanchor_930"><span class="label">[279]</span></a> Il quitta le Cloître un peu plus tard pour venir habiter
+l’hôtel du comte de Toulouse, dont il étoit, comme il est dit
+ici, le secrétaire des commandements. On sait que cet hôtel
+est aujourd’hui celui de la Banque. M. de Toulouse étant
+amiral, on comprend que Valincourt, qui l’avoit suivi dans
+quelques expéditions, et même y avoit été blessé, pût être
+secrétaire général de la marine.</p>
+</div>
+<p class="drap2">1701. Louis <span class="sc">de Sacy</span>, avocat, <i>rue Beaubourg</i><a id="FNanchor_931" href="#Footnote_931" class="fnanchor">[280]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_931" href="#FNanchor_931"><span class="label">[280]</span></a> Il plaida peu, traduisit beaucoup et n’imagina rien.
+C’est la coterie du salon de madame de Lambert qui le fit
+recevoir académicien en 1701, à la place du président Rose.
+Montesquieu lui succéda en 1728.</p>
+</div>
+<p class="drap3">Nicolas <span class="sc">de Malezieu</span><a id="FNanchor_932" href="#Footnote_932" class="fnanchor">[281]</a>, chancelier de
+Dombes, <i>à l’Arsenal</i><a id="FNanchor_933" href="#Footnote_933" class="fnanchor">[282]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_932" href="#FNanchor_932"><span class="label">[281]</span></a> Le grand amuseur de la cour de la duchesse du Maine
+à Paris et à Sceaux. Le fauteuil de l’évêque de Noyon, dont
+il a été parlé plus haut, lui échut en 1701. Il y fut remplacé
+en 1727 par le président Bouhier.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_933" href="#FNanchor_933"><span class="label">[282]</span></a> Le duc et la duchesse du Maine tenoient leur cour à
+l’Arsenal, le duc étant grand maître de l’artillerie depuis
+1694, il étoit donc naturel que Malézieux y logeât aussi.
+Sa charge de chancelier de Dombes s’explique de même par
+la souveraineté du duc sur cette principauté.</p>
+</div>
+<p class="drap3">Jean Galbert <span class="sc">Campistron</span><a id="FNanchor_934" href="#Footnote_934" class="fnanchor">[283]</a>, secrétaire
+général des galères, <i>rue de Grenelle,
+fauxbourg Saint Germain</i><a id="FNanchor_935" href="#Footnote_935" class="fnanchor">[284]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_934" href="#FNanchor_934"><span class="label">[283]</span></a> Le singe de Racine, comme on avoit dit de Silius Italicus
+qu’il étoit celui de Virgile. Il avoit remplacé Segrais
+en 1701, et il eut Destouches pour successeur en 1723.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_935" href="#FNanchor_935"><span class="label">[284]</span></a> La charge de secrétaire général des galères, qu’il avoit
+eue en 1694 après la mort de Duché, et qui lui fut confirmée
+par le roi en 1699, lui valoit 3,000 livres. Il la devoit
+au duc de Vendôme, qui étoit lui-même général des galères,
+et auquel, après lui avoir été présenté par Racine, il resta
+toujours attaché.</p>
+</div>
+<p class="drap2"><span class="pagenum" id="p300">-300-</span> 1702. Jean François <span class="sc">de Chamillart</span><a id="FNanchor_936" href="#Footnote_936" class="fnanchor">[285]</a>, Evesque
+de Senlis<a id="FNanchor_937" href="#Footnote_937" class="fnanchor">[286]</a>, et premier aumosnier de
+Madame la Duchesse de Bourgogne,
+<i>rue de Richelieu</i>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_936" href="#FNanchor_936"><span class="label">[285]</span></a> C’est sa parenté très proche avec le ministre Chamillart
+qui l’avoit fait arriver au fauteuil laissé vacant en
+1702 par la mort de Charpentier ; il l’occupa jusqu’en 1714.
+Le maréchal de Villars l’y remplaça.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_937" href="#FNanchor_937"><span class="label">[286]</span></a> Il avoit eu d’abord l’évêché de Dol.</p>
+</div>
+<p class="drap3">Pierre de <span class="sc">Cambout</span>, duc de <span class="sc">Coislin</span>, pair
+de France<a id="FNanchor_938" href="#Footnote_938" class="fnanchor">[287]</a>, <i>à l’Hostel de Coislin, rue de
+Richelieu</i><a id="FNanchor_939" href="#Footnote_939" class="fnanchor">[288]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_938" href="#FNanchor_938"><span class="label">[287]</span></a> Il avoit succédé, en 1702, à son père que nous avons
+vu sur la liste précédente, p. <a href="#p279">279</a> ; il eut en 1710 son fils
+pour successeur.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_939" href="#FNanchor_939"><span class="label">[288]</span></a> C’est l’hôtel qu’avoit fait construire le commandeur
+de Jars, et qui fut un des premiers de la rue de Richelieu.
+Il touchoit à l’hôtel Louvois, dont la place du même nom
+occupe le terrain aujourd’hui. Le jardin de l’hôtel de Coislin
+avoit une porte sur la rue Sainte-Anne, où logeoit Bossuet,
+ce qui lui permettoit, avec l’agrément du duc son confrère,
+de venir s’y promener et même d’y recevoir des visites.
+(<i>Journal</i> de l’abbé Le Dieu, t. III, p. 14.)</p>
+</div>
+<p class="drap2">1704. Armand Gaston <span class="sc">de Rohan</span>, Evesque et
+prince de Strasbourg<a id="FNanchor_940" href="#Footnote_940" class="fnanchor">[289]</a>, <i>à l’Hostel de
+Soubize au Marais</i><a id="FNanchor_941" href="#Footnote_941" class="fnanchor">[290]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_940" href="#FNanchor_940"><span class="label">[289]</span></a> Reçu à la place de Claude Perrault en 1704, il eut
+pour successeur, en 1749, l’évêque de Rennes, Vauréal, qui
+avoit encore moins de titres que lui.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_941" href="#FNanchor_941"><span class="label">[290]</span></a> C’est aujourd’hui, comme on sait, le palais des Archives.</p>
+</div>
+<p class="drap3">Melchior <span class="sc">de Polignac</span><a id="FNanchor_942" href="#Footnote_942" class="fnanchor">[291]</a>, abbé de Bonport<a id="FNanchor_943" href="#Footnote_943" class="fnanchor">[292]</a>,
+<i>rue St Dominique, fauxbourg St Germain</i>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_942" href="#FNanchor_942"><span class="label">[291]</span></a> Auteur de l’<i>Anti-Lucrèce</i>, il fut élu en 1704 à la
+place de Bossuet, et eut Giry pour successeur en 1741.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_943" href="#FNanchor_943"><span class="label">[292]</span></a> Il fut plus tard archevêque d’Auch et cardinal.</p>
+</div>
+<p class="drap3">Gaspar <span class="sc">Abeille</span>, prieur de Nostre Dame
+<span class="pagenum" id="p301">-301-</span> de la Mercy<a id="FNanchor_944" href="#Footnote_944" class="fnanchor">[293]</a>, <i>près la Porte St Honoré,
+à l’Hostel de Luxembourg</i><a id="FNanchor_945" href="#Footnote_945" class="fnanchor">[294]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_944" href="#FNanchor_944"><span class="label">[293]</span></a> Quelques tragédies oubliées furent ses seuls titres à
+l’Académie, où il arriva en 1704, à la place de l’abbé Boileau,
+et où l’abbé Mongault lui succéda en 1718.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_945" href="#FNanchor_945"><span class="label">[294]</span></a> La rue Neuve-de-Luxembourg remplace cet hôtel.
+Abeille y logeoit comme secrétaire des commandements du
+maréchal de Luxembourg.</p>
+</div>
+<p class="drap3">Jean Baptiste <span class="sc">Coignard</span>, imprimeur et libraire
+ordinaire du Roy, <i>rue St Jacques, près St Yves</i><a id="FNanchor_946" href="#Footnote_946" class="fnanchor">[295]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_946" href="#FNanchor_946"><span class="label">[295]</span></a> V. plus haut, t. I, p. 189, et II, 288. — Quand le
+<i>Dictionnaire</i> eut été publié, le travail de Coignard pour
+l’Académie fut assez restreint. Il se réduisit presque à l’impression
+de quelques <i>Avis</i> sur de petits morceaux de papier
+grands comme la main, dans le genre de celui-ci, que nous
+copions textuellement sur l’original :</p>
+
+<p class="ind">« M.</p>
+
+<p>« Vous estes adverty de la part de Monsieur le Directeur
+de l’Académie françoise, de vous trouver Samedy prochain
+deuxième jour de Décembre mil sept cent treize, à l’assemblée
+qui se tiendra au Louvre à trois heures précises après
+midy, pour le second scrutin de l’élection d’un Académicien
+à la place de feu M. l’abbé Regnier des Marais. »</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p302">-302-</span></p>
+
+<h3 id="c45">LISTE<br>
+<span class="xsmall">DES</span><br>
+<span class="small">AVIS DU BUREAU D’ADRESSE</span></h3>
+
+<p class="c"><i>Pour servir depuis le premier jour<br>
+de l’an <span class="rm">1670</span><a id="FNanchor_947" href="#Footnote_947" class="fnanchor">[296]</a>.</i></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_947" href="#FNanchor_947"><span class="label">[296]</span></a> V. pour cette liste notre <i>Introduction</i>, t. I, p. xxxiv.</p>
+</div>
+
+<p>On continuera à recevoir les avis tous les
+jours, jusqu’au 12 de ce mois inclusivement, et
+aux heures ordinaires, pour le Livre suivant,
+qui se trouvera aux Bureaux, le 16 à midy,
+jusqu’à la fin du mois.</p>
+
+<p class="i">On enseigne <i lang="la" xml:lang="la">gratis</i> à l’ordinaire les adresses qui
+sont faites au Bureau.</p>
+
+<p>On ne se mettroit pas en peine de faire des
+avertissements sur l’utilité du Bureau d’adr. si
+on n’avoit à faire qu’à ceux qui s’en sont servis :
+mais comme le débit des Livres a fait remarquer
+<span class="pagenum" id="p303">-303-</span> que quantité de gens ne font que commencer à
+en prendre connoissance, et qu’il les faut aussi
+instruire des avantages qu’ils en peuvent tirer,
+il est du moins bon d’apprendre aux derniers
+venus qu’il n’y a pas une voie au monde plus
+seure, plus abrégée et plus comode que celle là
+pour trouver ce qu’on souhaite, pour se défaire
+de ce qu’on ne veut point garder, et pour sçavoir
+et faire sçavoir aux autres tout ce qu’il est
+besoin qu’on sçache<a id="FNanchor_948" href="#Footnote_948" class="fnanchor">[297]</a>. L’exemple de cette Liste
+fait assez voir comment elle produit cet effet,
+pour apprendre à chacun comment il s’en pourra
+servir.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_948" href="#FNanchor_948"><span class="label">[297]</span></a> Lorsqu’en septembre 1717 le <i>Bureau d’adresse</i>, qui
+prit alors le titre de <i>Bureau général privilégié d’adresse et
+de rencontre</i>, dut rouvrir rue Saint-Sauveur, « l’avis très
+utile au Public », qui l’annonça dans <i>le Mercure</i>, reproduisit
+presque textuellement ce qu’on lit ici. V. <i>le Mercure</i>,
+sept. 1717, p. 178-183.</p>
+</div>
+<p>Mais il faut à l’occasion satisfaire icy à la
+plainte de quelques uns contre ces Listes, prétendans
+qu’elles ne soient toutes que la même
+chose, sous prétexte seulement qu’ils ont pu
+voir en chacune, peut-estre 10 ou 12, ou fort
+peu plus d’avis repétez de l’une en l’autre<a id="FNanchor_949" href="#Footnote_949" class="fnanchor">[298]</a>. Il
+suffiroit de répondre en un mot, que quand il y
+auroit quatre fois autant de répétitions, on ne
+pourroit encore honnestement plaindre ce peu
+qu’il en couste pour voir les autres avis nouveaux,
+dont on donneroit souvent dix ou vingt
+fois autant pour avoir la connoissance d’un seul.
+Mais de plus, ils doivent, une fois pour toutes,
+<span class="pagenum" id="p304">-304-</span> considérer qu’à peine voit-on jamais trois fois
+de suite cinq ou six avis de choses à vendre ou
+demandées, si elles ne sont d’une grande conséquence ;
+et qu’à l’égard de ceux qui font sçavoir
+leur demeure et les choses qu’ils débitent, et de
+ceux qui ont coutume d’afficher, ils doivent
+nécessairement estre repetez non seulement trois
+ou quatre fois, mais toujours, puisqu’il y a continuellement
+des gens nouveaux qui ont besoin
+de les connoistre. Et ainsi ce petit nombre
+d’avis renouvellez, outre qu’il n’est pas considérable
+à proportion des nouveaux, pour faire
+qu’on songe à espergner 15 deniers pour les
+voir<a id="FNanchor_950" href="#Footnote_950" class="fnanchor">[299]</a>, est même une chose nécessaire à tout le
+monde, pour trouver toujours à point nommé
+de certaines gens et de certaines choses dont on
+peut avoir affaire.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_949" href="#FNanchor_949"><span class="label">[298]</span></a> Nous aurons plusieurs fois à signaler de ces répétitions
+dans les listes suivantes.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_950" href="#FNanchor_950"><span class="label">[299]</span></a> C’est-à-dire un sou trois liards. C’est ce que coûtoit,
+comme on le verra plus loin, chaque exemplaire de ces
+<i>listes</i>.</p>
+</div>
+
+<p class="c"><i>Immeubles à louer, vendre ou échanger.</i></p>
+
+<p>9. Maison à porte cochère à louer présentement,
+rue des Poitevins, près St. André des
+Arts, ayant court, remise, escurie à 4 chevaux,
+3 estages par le devant de chacun 4 pièces de
+plain pied, et un petit corps de logis à 2 étages
+sur le derrière, le tout pour 900 livr. <i>Adresse</i>
+chez M. le Président de Mesgrigny, dans la
+mesme rue<a id="FNanchor_951" href="#Footnote_951" class="fnanchor">[300]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_951" href="#FNanchor_951"><span class="label">[300]</span></a> Cet hôtel de Mesgrigny existe encore au bout de la
+rue des Poitevins, près du retour en équerre qu’elle fait
+pour gagner la rue Serpente. Il fut occupé longtemps par
+le libraire Panckoucke, qui en avoit fait un véritable musée
+archéologique, décrit, ainsi que l’hôtel, dans sa brochure :
+<i>Collection d’antiquités égyptiennes, grecques, romaines, etc.,
+etc.</i>, 1841, in-8<sup>o</sup>. — Germain Brice, dans l’édit. de 1684,
+in-12, de sa <i>Description de Paris</i>, t. II, p. 128, a dit
+quelques mots de l’hôtel Mesgrigny, que le président,
+auquel il doit son nom, habitoit encore à cette époque :
+« Il est bâti avec beaucoup de régularité, et, quoique les
+appartements n’en soient pas fort spacieux, ils ne laissent
+pas d’être commodes. »</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p305">-305-</span> 10. Petite maison à louer presentement
+60 escus, ayant cuisine sous terre, cave, chambre
+et anti-chambre à cheminée de plain-pied, 3 ou
+4 cabinets, et une grande terrasse. <i>Adr. et rue</i>
+comme au précédent.</p>
+
+<p>11. La maison blanche proche la maison
+rouge<a id="FNanchor_952" href="#Footnote_952" class="fnanchor">[301]</a> à louer présentement à Chaliot, ayant
+2 grands corps de logis, quantité de grandes
+chambres, jardin et court, où il y a savonnerie,
+et des caves dans les carrières<a id="FNanchor_953" href="#Footnote_953" class="fnanchor">[302]</a>. <i>Adr.</i> chez
+M. La Mouche, rue de Betisi, à la ville d’Arras.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_952" href="#FNanchor_952"><span class="label">[301]</span></a> Guinguette fort à la mode au <small>XVII</small><sup>e</sup> siècle, comme
+on le voit dans <i>Les Pièces comiques</i>, 1671, pet. in-12,
+p. 210, 229. Les grandes dames y alloient encore en
+parties fines du temps de Voltaire. Longchamp, son valet
+de chambre, nous a dit dans ses <i>Mémoires</i>, t. II, p. 126,
+tout le débraillé d’un souper qu’y firent M<sup>mes</sup> du Chatelet,
+du Deffand, de Mailly, de Gouvernet et de La Popelinière.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_953" href="#FNanchor_953"><span class="label">[302]</span></a> Ce sont les carrières, situées sous l’ancienne butte des
+Bonshommes, dont on a tant parlé lorsqu’on a dû construire,
+pour l’exposition dernière, le palais du Trocadéro.</p>
+</div>
+<p>26. Grand Hostel à louer pour Pasques,
+ayant 2 corps de logis, grande court, basse
+court, qui sont dans la rue des Maquignons<a id="FNanchor_954" href="#Footnote_954" class="fnanchor">[303]</a>,
+<span class="pagenum" id="p306">-306-</span> 5 ou 6 remises, 2 escuries pour 30 chevaux, le
+tout pour 2,700 l. <i>Adr.</i> chez M. le Procureur
+général de la Chambre des Comptes, rue de
+Richelieu.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_954" href="#FNanchor_954"><span class="label">[303]</span></a> Elle étoit alors nouvelle, comme le marché aux chevaux,
+auquel elle conduisoit et qui avoit été transporté là
+quand la Butte Saint-Roch avoit commencé d’être aplanie.
+On l’appeloit plus communément <i>rue Maquignonne</i>. Au
+commencement de ce siècle, elle prit le nom de rue de
+l’<i>Essai</i>. C’est en effet sur tout son parcours, depuis la rue
+de Poliveau jusqu’au marché, que l’on « essaie » les chevaux
+à vendre.</p>
+</div>
+<p>27. Grand Hostel à louer ou à vendre présentement
+propre pour un grand Seigneur, ou
+pour un grand Bureau ou un grand Magasin ;
+il y a basse court et des escuries pour 50 chevaux.
+<i>Adr.</i> audit lieu r. Betisi, proche la rue
+S. Germain<a id="FNanchor_955" href="#Footnote_955" class="fnanchor">[304]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_955" href="#FNanchor_955"><span class="label">[304]</span></a> Lisez : rue des Fossés-St-Germain-l’Auxerrois, qui
+en étoit le prolongement.</p>
+</div>
+<p>33. Maison à porte cochère à louer ou à
+vendre presentement, r. du Brac<a id="FNanchor_956" href="#Footnote_956" class="fnanchor">[305]</a>, attenant à
+l’Eglise de la Mercy, ayant escurie, remises et
+autres appartenances. <i>Adr.</i> chez M. le marquis
+d’Espinay<a id="FNanchor_957" href="#Footnote_957" class="fnanchor">[306]</a>, rue de Richelieu.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_956" href="#FNanchor_956"><span class="label">[305]</span></a> Son vrai nom est rue de Braque. Elle le doit à Arnoul
+de Braque, qui, en 1348, avoit fait bâtir, à l’angle qu’elle
+forme avec la rue du Chaume, une chapelle devenue plus
+tard chapelle de la Mercy, reconstruite au <small>XVII</small><sup>e</sup> siècle,
+démolie à moitié pendant la Révolution, puis enfin remplacée
+depuis peu par une maison bourgeoise, après avoir
+été longtemps un magasin de charbons.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_957" href="#FNanchor_957"><span class="label">[306]</span></a> François d’Espinay, marquis de Saint-Luc, petit-fils
+du commandant de Paris sous Richelieu. Il mourut en
+1694.</p>
+</div>
+<p>34. Grande maison à louer pour Pasques, rue
+Neufve Montmartre<a id="FNanchor_958" href="#Footnote_958" class="fnanchor">[307]</a>. Deux corps de logis, un
+<span class="pagenum" id="p307">-307-</span> grand et un petit, chacun à trois estages, offices,
+caves, trois remises, deux escuries pour quinze
+chevaux, une court à tourner un carrosse à six
+chevaux, et un grand jardin au bout, le tout de
+1,000 livr. <i>Adr.</i> à madame Balduc Orphevresse,
+rue Bourg Labbé, à la ville de Sedan.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_958" href="#FNanchor_958"><span class="label">[307]</span></a> On appeloit ainsi la partie de la rue Montmartre qui,
+depuis la rue Neuve-Saint-Eustache, à l’extrémité de laquelle
+la porte Montmartre avoit longtemps existé, s’étendoit jusqu’au
+rempart.</p>
+</div>
+<p>78. Grande maison à louer presentement,
+ayant 2 corps de logis separez avec leurs courts
+de mesme, l’un à porte cochère pour 1,000 l.
+et l’autre à petite porte pour 550 l. dans le cul
+de sac de la r. S. Denis, proche la r. aux Ours<a id="FNanchor_959" href="#Footnote_959" class="fnanchor">[308]</a>.
+<i>Adr.</i> à mad. Ferrand aud. lieu.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_959" href="#FNanchor_959"><span class="label">[308]</span></a> C’est l’<i>Impasse des Peintres</i>, séparée par quatre ou cinq
+maisons seulement du point de jonction de la rue aux
+Ours et de la rue Saint-Denis.</p>
+</div>
+<p>43. Une chambre à louer presentement, r.
+S. Honoré, dans la court du Charroy<a id="FNanchor_960" href="#Footnote_960" class="fnanchor">[309]</a>, propre
+pour un homme et son valet, qu’on pourra aussi
+prendre en pension au mesme estage. <i>Adr.</i> à
+mad. de S. Robert, r. S. Honoré, chez M. Du
+Pont, proche les Jacobins.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_960" href="#FNanchor_960"><span class="label">[309]</span></a> Nous ignorons où se trouvoit cette cour, qui sans
+nul doute — son nom l’indique — servoit à remiser « le
+charroi » des équipages. Peut-être, comme la suite le feroit
+croire, se trouvoit-elle rue Saint-Honoré près des Jacobins.</p>
+</div>
+<p>86. Maison à louer présentement, r. Geoffroy
+Lasnier, louée 1,700 l. <i>Adr.</i> à M. de la Barre,
+dans l’Isle Nostre Dame, sur le Quay Daufin<a id="FNanchor_961" href="#Footnote_961" class="fnanchor">[310]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_961" href="#FNanchor_961"><span class="label">[310]</span></a> C’est aujourd’hui le quai de Béthune, qu’on appela aussi
+quai des Balcons.</p>
+</div>
+<p>99. Grande maison à louer pour Noël, au
+Marais, r. neuve S. Claude, ayant 2 grandes
+courts, 3 remises, écuries à 12 chevaux, 3 étages
+chacun de 5 feux, de plein pied avec un appartement
+dégagé sur le derrière ; le tout fort propre
+<span class="pagenum" id="p308">-308-</span> pour 800 l. <i>Adr.</i> chez M. de La Tour, conseiller
+au Chastellet, rue des Mauvais Garçons près le
+cimetière S. Jean.</p>
+
+<p>104. L’Hostel de la Bistrade<a id="FNanchor_962" href="#Footnote_962" class="fnanchor">[311]</a> à louer pour
+Pasques, rue Pavée, près l’hostel de Bourgogne<a id="FNanchor_963" href="#Footnote_963" class="fnanchor">[312]</a>,
+pour 2,200 l. à 2 appartements aisez à séparer,
+escurie à 12 chevaux, 4 remises et un jardin.
+<i>Adr.</i> chez M. Bachelier rue Mauconseil.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_962" href="#FNanchor_962"><span class="label">[311]</span></a> Il devoit son nom au conseiller du grand Conseil
+Jacques de la Bistrade, mort le 30 décembre 1650, et qui
+avoit possédé, d’après ce que dit Tallemant, t. II, p. 453,
+plusieurs maisons dans Paris.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_963" href="#FNanchor_963"><span class="label">[312]</span></a> La rue Pavée-Saint-Sauveur, qui n’est plus aujourd’hui
+que la prolongation de celle du Petit-Lion, longeoit
+par derrière le théâtre de l’Hôtel de Bourgogne, dont l’entrée
+étoit rue Mauconseil.</p>
+</div>
+<p>1. Maison à vendre, près le Pont aux Biches<a id="FNanchor_964" href="#Footnote_964" class="fnanchor">[313]</a>,
+au bout de la rue de la Croix, tenant au Rempart<a id="FNanchor_965" href="#Footnote_965" class="fnanchor">[314]</a>,
+à l’image de S. Charles Borromée, où il
+y a 2 grands corps de logis devant et derrière,
+des courts au milieu et une place à costé. <i>Adr.</i>
+à M. Baudry, notaire, rue des Arcis, proche
+S. Jacques de la Boucherie.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_964" href="#FNanchor_964"><span class="label">[313]</span></a> C’étoit un « ponceau » jeté sur l’égout découvert près
+d’une maison portant l’enseigne des Biches.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_965" href="#FNanchor_965"><span class="label">[314]</span></a> Elle commençoit rue Phélipeaux et, arrivée à la rue du
+Vert-Bois, étoit continuée par celle du Pont-aux-Biches
+qui, elle-même, alloit aboutir au rempart situé alors un peu plus
+haut que la rue de Nazareth. Dans un titre des <i>Archives
+hospitalières</i>, Hôtel-Dieu, t. I, p. 95, il est parlé, à la date
+de 1627, du « rempart près le Pont-aux-Biches ». Un
+moulin à vent s’y trouvoit (<i>Registres de l’Hôtel-de-Ville
+pendant la Fronde</i>, t. I, p. 316).</p>
+</div>
+<p>15. Une belle maison à vendre à Ruël pour
+25,000 l. ayant 2 corps de logis, grande escurie,
+grand jardin, un beau jet d’eau, terres labourables,
+<span class="pagenum" id="p309">-309-</span> prez et vignes. <i>Adr.</i> chez M. Bonnelle,
+rue Plastrière.</p>
+
+<p>17. Une grande maison à vendre à trois corps
+de logis, deux boutiques, quatorze à quinze
+feux, quatre escuries pour trente chevaux, deux
+jardins, trois caves, et une carrière<a id="FNanchor_966" href="#Footnote_966" class="fnanchor">[315]</a>, pour
+20,000 livres, rue Mouftar au faubourg S. Marcel,
+près S. Medard<a id="FNanchor_967" href="#Footnote_967" class="fnanchor">[316]</a>. <i>Adr.</i> à mademoiselle Privat,
+au mesme logis.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_966" href="#FNanchor_966"><span class="label">[315]</span></a> On voit que les Catacombes, où l’on ne devoit déposer
+qu’un siècle après les ossements provenant du cimetière
+des Innocents, faisoient alors partie des propriétés sous
+lesquelles elles se trouvoient.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_967" href="#FNanchor_967"><span class="label">[316]</span></a> Les maisons de ce quartier se louoient relativement à
+un aussi bas prix qu’elles se vendoient. On en jugera par
+cette annonce du <i>Journal de la Ville de Paris</i> de François
+Colletet : « Du mercredy 26 août 1676. <i>On sçait une fort
+jolie maison à louer que l’on peut appeler un petit bijou, du
+prix de quatre cents livres, fort commode pour deux ménages.
+Elle est située dans la Ville, proche le Fauxbourg Saint-Victor :
+elle consiste en sale, cuisine, court, cave, et deux
+beaux estages à plat fonds, carrelez, cabinets, cheminées
+enjolivées, lieu pour alcôves, et autres commoditez nécessaires.</i> »</p>
+</div>
+<p>19. Une maison neufve r. du Colombier<a id="FNanchor_968" href="#Footnote_968" class="fnanchor">[317]</a>, de
+1,200 l. de loyer bastie de pierres de taille, sur
+rue, et décretée<a id="FNanchor_969" href="#Footnote_969" class="fnanchor">[318]</a> sur celuy qui la voudra pour
+29 l. ou bien le vendeur se chargera de payer
+les lots et ventes<a id="FNanchor_970" href="#Footnote_970" class="fnanchor">[319]</a>, en luy donnant pour le tout
+30,000 l.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_968" href="#FNanchor_968"><span class="label">[317]</span></a> C’étoit l’ancien <i>Chemin aux Clercs</i>. Elle alloit de la
+rue de Seine à la rue des Petits-Augustins, aujourd’hui
+Bonaparte. On n’avoit commencé d’y bâtir qu’en 1640, ce
+qui explique que la maison à vendre ici fût neuve. V. p. <a href="#p312">312</a>.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_969" href="#FNanchor_969"><span class="label">[318]</span></a> Vendue par justice.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_970" href="#FNanchor_970"><span class="label">[319]</span></a> Il faut lire « lods et ventes ». Le <i>lod</i> étoit le droit
+payé au seigneur pour qu’il approuvât l’aliénation d’un
+bien dépendant de son domaine. Le seigneur ici étoit l’abbé
+de Saint-Germain-des-Prés.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p310">-310-</span> 20. <small>LXXVI</small> arpents et demy de terre à vendre
+à 100 escus l’arpent, au village d’Ognes à
+10 lieues de Paris, à 3 de Dampmartin<a id="FNanchor_971" href="#Footnote_971" class="fnanchor">[320]</a>, sans
+aucun bastiment ; les dites terres louées 918 l.
+à raison de 12 l. l’arpent. <i>Adr.</i> au Bur.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_971" href="#FNanchor_971"><span class="label">[320]</span></a> Ce n’est pas Ognes, mais Longnes qu’il faut lire. Il
+y a en effet un village de ce nom dans le département de
+Seine-et-Oise, canton de Houdan, entre Bréval et Dammartin.
+Le pays est bon : il ne faut donc pas s’étonner d’y
+voir l’arpent au prix de 100 écus. Dans le Nivernais, à la
+même époque, d’après des titres que Monteil eut en main,
+il ne valoit que 100 livres. (<i>Hist. des François des divers
+états</i>, 1<sup>re</sup> édit., t. VIII, p. 516.)</p>
+</div>
+<p>21. Maison à porte cochere à vendre au
+Bourg-la-Reine, à 2 lieues de Paris : ayant
+grange, écurie, volière à pigeons, jardin, 4 arpens
+et demy de sain foin, un arpent et demy
+de vignes et 7 de terres labourables, affermées
+4,000 l. <i>Adr.</i> au dit lieu, à l’Image S. Jean, à
+la veuve de Fourcy, ou à Barbier, ou dans la
+r. de Gèvre, à M. Trie, au Jésus.</p>
+
+<p>28. Deux charges de commissaire des guerres
+avec 2 conduites<a id="FNanchor_972" href="#Footnote_972" class="fnanchor">[321]</a> à vendre ou à changer pour
+des rentes, maisons, ou autres objets. <i>Adr.</i> à
+M. De Henaut, notaire rue S. Antoine au coin
+de S. Paul.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_972" href="#FNanchor_972"><span class="label">[321]</span></a> C’est-à-dire « directions, intendances ».</p>
+</div>
+<p>29. Deux maisons au quartier S. Benoist sur
+le devant, et une grande sur le derrière, ayant
+30 feux<a id="FNanchor_973" href="#Footnote_973" class="fnanchor">[322]</a>, écuries à 10 chevaux, remises, deux
+courts, jardin, veüe en plain air<a id="FNanchor_974" href="#Footnote_974" class="fnanchor">[323]</a>, cheminées
+<span class="pagenum" id="p311">-311-</span> fort propres en sculptures et dorures, à vendre,
+avec toutes les facilitez pour le payement, ou à
+changer contre rentes constituées. <i>Adr.</i> au bur.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_973" href="#FNanchor_973"><span class="label">[322]</span></a> Chambres à feu.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_974" href="#FNanchor_974"><span class="label">[323]</span></a> Les maisons bâties dans les quartiers Saint-Germain
+et Saint-Benoît avoient ainsi et ont même encore de grands
+espaces, comme on en peut juger par les terrains de l’ancienne
+rue Taranne, que les démolitions récentes ont mis
+à découvert pour le percement du boulevard Saint-Germain.
+Le jardin de Morin, l’un des plus grands « floristes » du
+<small>XVII</small><sup>e</sup> siècle, occupoit, par exemple, un de ces terrains
+derrière la Charité. (Sauval, t. III, p. 4.)</p>
+</div>
+<p>31. Maison à porte cochere à vendre pour
+20,000 l. à l’entrée de la rue des Tournelles,
+vis à vis la Bastille, ayant 12 feux, court, boutique
+et écurie, louée 800 l. <i>Adr.</i> au Suisse de
+l’hostel de Lesdiguières, rue de la Cerisaye<a id="FNanchor_975" href="#Footnote_975" class="fnanchor">[324]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_975" href="#FNanchor_975"><span class="label">[324]</span></a> V. sur cet hôtel, t. I, p. 278.</p>
+</div>
+<p>36. Maison à vendre rue des Petits Augustins,
+louée 900 l. toute decrétée sur le vendeur<a id="FNanchor_976" href="#Footnote_976" class="fnanchor">[325]</a>, qui
+payera les lots et ventes<a id="FNanchor_977" href="#Footnote_977" class="fnanchor">[326]</a> et donnera le tout
+pour 24,000 l. <i>Adr.</i> au Bureau.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_976" href="#FNanchor_976"><span class="label">[325]</span></a> C’est-à-dire qui sera vendue sans frais pour l’acheteur,
+« contrat en main », suivant l’expression d’aujourd’hui qui
+correspondoit, du reste, à celle qu’on lira plus loin et que
+nous trouvons aussi chez Fr. Colletet, <i>Journal de la ville de
+Paris</i>, sous la date du 29 août 1676 : « … <i>on donnera
+toutes les assurances que l’on peut demander, et le décret
+dans la main de l’acquéreur</i>. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_977" href="#FNanchor_977"><span class="label">[326]</span></a> V. une des notes précédentes, p. <a href="#p309">309</a>.</p>
+</div>
+<p>79. Maison à vendre en la vallée de Montmorency,
+ayant court, basse-court, jardin, colombier,
+foulerie<a id="FNanchor_978" href="#Footnote_978" class="fnanchor">[327]</a>, 10 arpens d’enclos, espaliers,
+grands fruitiers, 30 arpens de terres tant labourables,
+que prez, bois, vignes et cerisaye<a id="FNanchor_979" href="#Footnote_979" class="fnanchor">[328]</a> : on
+en vendra pour 1,200 l. et audessus, selon ce
+qu’on en voudra prendre. <i>Adr.</i> au bureau.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_978" href="#FNanchor_978"><span class="label">[327]</span></a> L’endroit où l’on fouloit les raisins, « le pressoir ».</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_979" href="#FNanchor_979"><span class="label">[328]</span></a> Verger aux cerises. La rue de ce nom, citée tout à
+l’heure, s’appelle ainsi parce qu’elle occupe l’emplacement
+du jardin de l’hôtel Saint-Pol, où se cultivoient les cerisiers.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p312">-312-</span> 80. Maison neuve à vendre rue Jacob<a id="FNanchor_980" href="#Footnote_980" class="fnanchor">[329]</a>, bastie
+de pierres de taille sur rue, bien peinte, l’escalier
+propre à rampe de fer, grande écurie, court
+à tourner carrosse et louée 1,660 l. On la vendra
+le décret à la main et quitte de lots et ventes
+pour 44,000 l. <i>Adr.</i> au bureau.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_980" href="#FNanchor_980"><span class="label">[329]</span></a> Elle faisoit suite à la rue du Colombier, et, comme
+elle, n’avoit encore que des maisons neuves.</p>
+</div>
+<p>81. Terres propres à bastir entre les rues de
+Clery et Bourbon, et la porte St. Denis, jusques
+à 2,000 toises ou environ à vendre en tout, ou
+en partie, à prix raisonnable, soit argent comptant,
+soit partie argent, partie rente<a id="FNanchor_981" href="#Footnote_981" class="fnanchor">[330]</a>. <i>Adr.</i> à
+M. Baudrant substitut, r. du Coq, qui en donnera
+le plant et mémoires nécessaires.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_981" href="#FNanchor_981"><span class="label">[330]</span></a> Cette place vague est visible sur les plans du
+<small>XVII</small><sup>e</sup> siècle antérieurs à 1680, et notamment sur celui de
+Gomboust. Elle fut vendue par parties six ans après ce qui
+en est dit ici. Nous trouvons en effet, dans un <i>arrêt du
+Conseil d’État</i> de 1681, rendu contre Drouet, « chargé de
+recouvrer les deniers provenant de la vente des places,
+maisons, etc., dépendantes des fortifications de Paris »,
+mention d’un acte du 30 avril 1676, pour la vente « de
+terrains entre la rue de Cléry et de Bourbon, derrière le
+mur du jardin des Filles Dieu » ; et d’un autre, du 7 juillet
+suivant, pour une place vendue « entre le fossé de la ville
+et la rue de Cléry, derrière les Filles Dieu ». — C’est sur
+cet espace qu’un farceur du temps de Molière, Gilles le
+Niais, dressoit ses tréteaux. Une boucherie de la rue
+Bourbon-Villeneuve porta longtemps son nom. (Parfaict,
+<i>Hist. du Théâtre françois</i>, t. VIII, p. 324.)</p>
+</div>
+<p>88. Une terre à vendre en Normandie, près
+de l’Aigle, appelée Aube<a id="FNanchor_982" href="#Footnote_982" class="fnanchor">[331]</a>, où il y a de beaux
+<span class="pagenum" id="p313">-313-</span> fiefs, seigneur et patron de la paroisse, affermée,
+le domaine, 3,000 l. et la forge à fer 1,500 l.,
+le tout en bon estat, hormis le logis seigneurial
+qui va en ruine. <i>Adr.</i> à M. Menu, procureur au
+Chastelet au coin de l’hostel de Bourgogne<a id="FNanchor_983" href="#Footnote_983" class="fnanchor">[332]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_982" href="#FNanchor_982"><span class="label">[331]</span></a> Ne seroit-ce pas à cette terre, en Normandie, que le
+neveu de Fontenelle, M. d’Aube, ce Normand aux infatigables
+contradictions, si bien mis en scène par Rulhière
+dans son poème des <i>Disputes</i>, auroit dû son nom ?</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_983" href="#FNanchor_983"><span class="label">[332]</span></a> Laigle étant, comme on sait, la ville de la ferronnerie
+et de la quincaillerie, nous ne sommes pas surpris de
+trouver une « forge à fer » dans une terre qui en est
+voisine.</p>
+</div>
+<p>94. Maison à vendre à S. Maur, ayant un
+grand corps de logis à 3 estages, grande court à
+porte cochère, jardin derriere le logis, grande
+guerite sur la montée<a id="FNanchor_984" href="#Footnote_984" class="fnanchor">[333]</a>, pour 5,000 l. <i>Adr.</i> chez
+M. Pres de Segle, marchand drapier r. du Petit-Pont
+à l’Estoille d’or.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_984" href="#FNanchor_984"><span class="label">[333]</span></a> C’est-à-dire une grande cage d’escalier, bien dégagée
+et bien couverte. C’étoit un des points importants des
+constructions de ce temps-là. V. <i>L’Architecture</i> de Savot,
+au chap. IX : <i>Des mesures du bâtiment</i>.</p>
+</div>
+<p>95. Maison à vendre à S. Denis devant la
+grande Eglise, vis à vis la croix de la grande
+place, ayant par derrière 2 corps de logis et
+2 courts, dont l’une à porte cochère sur une
+rue. <i>Adr.</i> comme au précédent.</p>
+
+<p>96. Autre maison à S. Denis, ayant porte
+cochere, petite court et écurie à vendre avec la
+precedente pour 7,000 l. <i>Adr.</i> comme au précédent.</p>
+
+<p>98. Une belle ferme à vendre à 3 lieues de
+Paris, au village de la Selle<a id="FNanchor_985" href="#Footnote_985" class="fnanchor">[334]</a>, pour 36,000 l.
+<i>Adr.</i> à M. Chastellier, chez M. Gitar, rue de
+Sêve, à la première maison du costé des Premontrés<a id="FNanchor_986" href="#Footnote_986" class="fnanchor">[335]</a>,
+à la 2 chambre<a id="FNanchor_987" href="#Footnote_987" class="fnanchor">[336]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_985" href="#FNanchor_985"><span class="label">[334]</span></a> La Selle-Saint-Cloud.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_986" href="#FNanchor_986"><span class="label">[335]</span></a> Les Prémontrés réformés, dont l’église et le couvent
+n’étoient pas alors bâtis depuis plus de six ans. Le voisinage
+de la Croix-Rouge, à l’entrée de la rue de Sèvres,
+les faisoit appeler souvent Prémontrés de la Croix-Rouge.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_987" href="#FNanchor_987"><span class="label">[336]</span></a> « A la deuxième chambre », c’est-à-dire au second
+étage. Scarron, lorsqu’il logeoit rue de la Tixeranderie,
+donnoit ainsi son adresse :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">… Je me nomme Scarron,</div>
+<div class="verse">Et loge en <i>la deuxième chambre</i>,</div>
+<div class="verse">Tout vis à vis l’hôpital Saint-Gervais.</div>
+</div>
+
+</div></div>
+<p><span class="pagenum" id="p314">-314-</span></p>
+
+<p class="c"><i>Meubles meublans à vendre.</i></p>
+
+<p>13. Un lit de drap du Sceau<a id="FNanchor_988" href="#Footnote_988" class="fnanchor">[337]</a> gris de 4 à
+5 pieds, doublé de taffetas de la Chine à franges
+mêlées à vendre, avec le bois, tout garny, la
+courte pointe de taffetas, 6 chaises, 6 ployants,
+et 2 fauteuils<a id="FNanchor_989" href="#Footnote_989" class="fnanchor">[338]</a> garnis de crain avec les housses,
+et le tapis de mesme drap et frange. <i>Adr.</i> à
+M. Henaut de la Monnoye chez M. Barreau.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_988" href="#FNanchor_988"><span class="label">[337]</span></a> Lisez « d’Usseau ». C’étoit un drap commun, dont
+on faisoit les habits des laquais. V. Regnard, <i>Le Joueur</i>,
+acte I, sc. 1, et <i>Satires</i> de Furetière, p. 8.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_989" href="#FNanchor_989"><span class="label">[338]</span></a> L’étiquette étoit d’avoir, comme on le voit ici, un
+fauteuil pour six chaises ou pour six pliants. Nous lisons,
+par exemple, dans le <i>Journal</i> de Colletet, à la date du
+6 octobre 1676 : « <span class="i">On sçait une Bourgeoise qui a <i>une demy
+douzaine de Chaises de roses et un fauteuil</i> à vendre des
+plus belles et des mieux nuancées qu’il y ait à Paris, et qui
+sortent de dessous l’éguille. <span class="sc">Item</span>, <i>six autres de point d’Angleterre
+avec le fauteuil</i>.</span> » Plus loin, le 19 octobre, il dit
+encore : « <span class="i">On nous demande <i>demy douzaine de bois de
+chaises neuves</i>, tournées à la mode, <i>avec le fauteuil</i>.</span> »</p>
+</div>
+<p>45. Tapisserie de Flandres de 25 à 26 aunes
+de tour sur 3 aunes de haut, ayant quelques
+animaux parmy la verdure<a id="FNanchor_990" href="#Footnote_990" class="fnanchor">[339]</a>. <i>Adr.</i> au Bureau,
+ou on en fera voir quelques pièces.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_990" href="#FNanchor_990"><span class="label">[339]</span></a> V. plus haut, sur les tapisseries à verdure, t. I,
+p. 283.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p315">-315-</span> 84. Plusieurs feuilles de paravent à vendre.
+<i>Adr.</i> au bureau.</p>
+
+<p>89. Un carreau, avec le sac<a id="FNanchor_991" href="#Footnote_991" class="fnanchor">[340]</a> de velours
+rouge cramoisi<a id="FNanchor_992" href="#Footnote_992" class="fnanchor">[341]</a>, avec trois rangs de grand gallon
+or et argent, tout neufs qui ont cousté 700 l.
+et qu’on donnera pour moins de 400 l. <i>Adr.</i> à
+M. Menu, procureur au Chastelet au coin de
+l’hostel de Bourgogne.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_991" href="#FNanchor_991"><span class="label">[340]</span></a> C’est-à-dire la couverture.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_992" href="#FNanchor_992"><span class="label">[341]</span></a> Comme les femmes portoient avec elles ces sortes de
+coussins dans les églises pour s’agenouiller, elles les habilloient
+richement ainsi de velours de couleur et de galons
+d’or.</p>
+</div>
+<p>93. Une tenture de haute-lice<a id="FNanchor_993" href="#Footnote_993" class="fnanchor">[342]</a>, representant
+les travaux d’Ulisse, presque neuve, de 19 à
+20 aunes de tour, sur 3 aunes de haut, pour
+3,000 l. <i>Adr.</i> chez M. Predeseigle, marchand
+drapier, r. du Petit-Pont à l’Estoille d’or.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_993" href="#FNanchor_993"><span class="label">[342]</span></a> V., sur les tapisseries de haute lisse, t. I, p. 283.</p>
+</div>
+<p>60. Douze chaises de moquette<a id="FNanchor_994" href="#Footnote_994" class="fnanchor">[343]</a> larges, bien
+garnies de crain, et les bois à colonnes torses,
+avec le tapis et le lit de repos<a id="FNanchor_995" href="#Footnote_995" class="fnanchor">[344]</a> tout complet, le
+tout à vendre 10 pistolles au dernier mot. <i>Adr.</i>
+au bureau.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_994" href="#FNanchor_994"><span class="label">[343]</span></a> C’étoit alors déjà l’étoffe à la mode pour couvrir les
+chaises, et, selon Richelet, « les formes » ou tabourets. Il est
+parlé, dans le <i>Ballet des Romans</i>, p. 14, d’une « forme de
+moquette ». On en faisoit aussi des tapis. V. Tallemant,
+1<sup>re</sup> édit., t. III, p. 69.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_995" href="#FNanchor_995"><span class="label">[344]</span></a> « Sorte de petit lit pour reposer après le dîner. »
+Richelet.</p>
+</div>
+<p>69. Un lit de damas rouge cramoisi à crespine
+mêlée de cinq pieds et demy de large, avec 12
+ou 14 sièges. <i>Adr.</i> au bureau.</p>
+
+<p>102. Un lit de point d’Angleterre ondé de
+<span class="pagenum" id="p316">-316-</span> laine et de soye du prix de 900 l. <i>Adr.</i> à M. Curaud,
+au cloistre St. Médéric à l’hostel de
+Roanez<a id="FNanchor_996" href="#Footnote_996" class="fnanchor">[345]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_996" href="#FNanchor_996"><span class="label">[345]</span></a> Il étoit habité alors par Artus de Gouffier, duc de
+Roannez, ami de Pascal, qui logea longtemps chez lui et
+faillit y être poignardé par la concierge de l’hôtel, furieuse
+de ce qu’il vouloit persuader à mademoiselle de Roannez,
+sœur du duc, de ne pas se marier et de se retirer dans un
+couvent. V. les <i>Manuscrits</i> de Marguerite Périer. — C’est
+le duc de Roannez qui conçut avec Pascal l’idée des carrosses
+à cinq sous, sorte d’omnibus du <small>XVII</small><sup>e</sup> siècle.</p>
+</div>
+
+<p class="c">Choses Diverses.</p>
+
+<p>3. Un cachet sur un grand rubis du Temple<a id="FNanchor_997" href="#Footnote_997" class="fnanchor">[346]</a>,
+dont le manche est un chien qui a le devant et
+derrière d’or émaillé, et le corps d’une grande
+perle orientale à vendre 20 louis d’or au dernier
+mot, ou à échanger contre quelque lit de campagne
+ou un cabinet de mesme prix<a id="FNanchor_998" href="#Footnote_998" class="fnanchor">[347]</a>. <i>Adr.</i> au
+bureau où l’on le fera voir.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_997" href="#FNanchor_997"><span class="label">[346]</span></a> Sur ces fausses pierreries dites « diamants du Temple »,
+voy. t. I, p. 248.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_998" href="#FNanchor_998"><span class="label">[347]</span></a> V. sur ce genre de meubles, t. I, p. 286.</p>
+</div>
+<p>5. Un orgue à 4 jeux ; sçavoir un bourdon de
+4 pieds, son octave ou flute, un flageollet et une
+voix humaine de la fabrique de M. Le Prescheur<a id="FNanchor_999" href="#Footnote_999" class="fnanchor">[348]</a>.
+<i>Adr.</i> à M. Denis ingenieur du Roy au
+<span class="pagenum" id="p317">-317-</span> mont St. Hilaire, près l’Eglise au Chef S. Denis.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_999" href="#FNanchor_999"><span class="label">[348]</span></a> Ce facteur d’orgues, M. Le Prescheur, que nous
+n’avons pas vu nommé ailleurs, avoit peut-être appartenu
+à la fabrique d’orgues de la rue des Ménétriers, indiquée
+plus haut, t. I, p. 216. V., sur Créteil, dont c’étoit
+aussi l’industrie, <i>Id.</i> p. 209. — Colletet, dans son <i>Journal</i>,
+annonce aussi deux orgues à vendre, l’un le 22 août 1676,
+l’autre, avec plus de détails, le 9 sept, suivant : « <i>On sçait
+un fort beau Cabinet d’Orgues bien entier et bien conditionné
+à huit jeux… qui peut estre fort propre pour un
+monastère de Religieux ou Religieuses, petite paroisse de
+Paris, ou centre considérable à la campagne, Communauté
+ou Collège. On le donnera pour cinquante louis, quoiqu’il ait
+effectivement cousté plus de cent pistoles.</i> »</p>
+</div>
+<p>6. Une basse de viole d’Angleterre<a id="FNanchor_1000" href="#Footnote_1000" class="fnanchor">[349]</a>, enrichie
+de filets d’ébène, un dessus de viole, et un
+thuorbe de Bologne à filet et chevilles d’yvoire
+à vendre. <i>Adr.</i> à M. d’Angebert<a id="FNanchor_1001" href="#Footnote_1001" class="fnanchor">[350]</a>. R. St Honoré,
+proche des bastons Royaux<a id="FNanchor_1002" href="#Footnote_1002" class="fnanchor">[351]</a>, chez mad. Ranquet.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1000" href="#FNanchor_1000"><span class="label">[349]</span></a> V. sur <i>la basse de viole</i> et ceux qui l’enseignoient,
+t. I, p. 210.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1001" href="#FNanchor_1001"><span class="label">[350]</span></a> Il faut lire, je crois, Denglebert, dont il a été parlé,
+t. I, p. 206, comme étant des plus célèbres sur le clavecin.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1002" href="#FNanchor_1002"><span class="label">[351]</span></a> Cabaret voisin de Saint-Roch. V. notre <i>Histoire de la
+Butte des Moulins</i>, p. 52.</p>
+</div>
+<p>7. De très beaux chevaux de Flandres à
+vendre en gros et en détail. <i>Adr.</i> à mad. Bareilles.
+R. saint Honoré, près le Palais Royal,
+aux Armes de Condé, proche un tapissier, à la
+première chambre<a id="FNanchor_1003" href="#Footnote_1003" class="fnanchor">[352]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1003" href="#FNanchor_1003"><span class="label">[352]</span></a> Au premier étage. V. plus haut p. <a href="#p314">314</a>.</p>
+</div>
+<p>8. De grosses boucles d’oreille de diamants
+du Temple<a id="FNanchor_1004" href="#Footnote_1004" class="fnanchor">[353]</a> très beaux, à vendre pour 10 escus.
+<i>Adr.</i> au Bureau, où l’on les fera voir.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1004" href="#FNanchor_1004"><span class="label">[353]</span></a> V. ci-dessus la note 2 de la p. précédente.</p>
+</div>
+<p>14. Un corps de chaise roullante à 2 fonds
+pour 4 personnes, garnie de serge grise neuve à
+2 envers, avec les 2 coussins ; il y a dedans
+2 coffres, ferrez et garnis de leurs serrures, le
+tout à vendre pour 100 l. <i>Adr.</i> à M. Hennoyer,
+sellier de Mademoiselle, proche les Quinze
+Vingts<a id="FNanchor_1005" href="#Footnote_1005" class="fnanchor">[354]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1005" href="#FNanchor_1005"><span class="label">[354]</span></a> La grande Mademoiselle, fille de Gaston d’Orléans,
+ayant longtemps habité les Tuileries, avoit, comme on le
+voit, gardé ses fournisseurs dans les environs.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p318">-318-</span> 16. On vend de fort bon vin de Tonnerre
+pour des nopces à 6, 8 et 10 s. la pinte dans
+la r. S. Martin, près la r. aux Ours, chez un
+faiseur de Luth<a id="FNanchor_1006" href="#Footnote_1006" class="fnanchor">[355]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1006" href="#FNanchor_1006"><span class="label">[355]</span></a> On a vu plus haut, t. I, p. 315, que chacun pouvoit
+faire débit de son vin. C’est ce qui s’appeloit « vendre à
+pot ». Fr. Colletet, dans son <i>Journal</i>, à la date du 5 août
+1676, nous dit à ce sujet ce que coûtoit alors le vin de
+Champagne : « <i>Un Bourgeois de Paris vend en détail d’excellent
+vin de Reims en Champagne, et le donne à 12 s. la bouteille ;
+il en a aussi à 10 et à 8 s. la pinte. Le dit vin est de
+son propre crû, et l’on enseignera au Bureau sa demeure.</i> »</p>
+</div>
+<p>18. Les Conciles d’impression du Louvre en
+37 volumes<a id="FNanchor_1007" href="#Footnote_1007" class="fnanchor">[356]</a>, bien reliez, à vendre. <i>Adr.</i> au
+Bureau, où l’on en pourra faire venir quelque
+volume à voir si on le souhaite.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1007" href="#FNanchor_1007"><span class="label">[356]</span></a> C’est l’édition de 1644, due en effet à l’imprimerie du
+Louvre, alors à ses commencements. Elle fut réimprimée,
+en 1715, avec des additions et une table excellente, par les
+soins du P. Hardouin.</p>
+</div>
+<p>25. Le sieur Hermier, par privilège vérifié et
+exclusif à tous autres, continue à faire les
+planches façon de marbre et des tables de mesme,
+dont il fera voir tous les dessins qu’il a executez
+depuis 1643. Il loge r. S. Marc, entre les portes
+Richelieu et Montmartre<a id="FNanchor_1008" href="#Footnote_1008" class="fnanchor">[357]</a>, chez le sieur Petit
+Charpentier<a id="FNanchor_1009" href="#Footnote_1009" class="fnanchor">[358]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1008" href="#FNanchor_1008"><span class="label">[357]</span></a> La rue Saint-Marc, qui devoit son nom à l’une des
+seigneuries des Vivien, seigneurs de la Grange-Batelière,
+sur le terrain de laquelle on venoit alors de la bâtir, servoit
+en effet de trait d’union entre les portes Richelieu et Montmartre,
+bâties l’une et l’autre à cette hauteur dans les
+derniers temps de Louis XIII et démolies ensemble en 1701.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1009" href="#FNanchor_1009"><span class="label">[358]</span></a> Il est parlé de lui dans un mémoire contre Lulli :
+<i>Requeste d’inscription de faux en forme de factum présenté
+au Châtelet, le 16 juillet 1676</i>, par le s<sup>r</sup> Guichard, in-4<sup>o</sup> :
+« Le sieur Antoine Petit, charpentier, y est-il dit, travaillant
+aux ouvrages de charpenterie des maisons et de l’Opéra
+de J.-B. Lulli. »</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p319">-319-</span> 35. La grande Bible polyglotte de Londres et
+le Lexicon, en 7 langues orientales, en 8 vol.<a id="FNanchor_1010" href="#Footnote_1010" class="fnanchor">[359]</a>
+en blanc<a id="FNanchor_1011" href="#Footnote_1011" class="fnanchor">[360]</a> à vendre pour 400 l. <i>Adr.</i> à mad.
+Balduc orfévresse, r. Bourlabbé à la ville de
+Sedan.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1010" href="#FNanchor_1010"><span class="label">[359]</span></a> C’est <i>la Bible</i> de l’évêque de Chester, Walton, publiée
+en 1657 à Londres, en 6 vol. in-fol., et que le <i>Lexicon
+heptaglotton</i> de Castell, qu’on y joignit en 1668, augmenta
+de deux volumes nouveaux.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1011" href="#FNanchor_1011"><span class="label">[360]</span></a> C’est-à-dire non reliés.</p>
+</div>
+<p>24. Un habit et manteau de moire noir, le
+caneçon de chamois, et les bas de soie à vendre
+pour 20 escus. <i>Adr.</i> chez la Dame de Clermont
+au coin de la rue des Consuls<a id="FNanchor_1012" href="#Footnote_1012" class="fnanchor">[361]</a>, chez un confiturier
+à la 3 chambre.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1012" href="#FNanchor_1012"><span class="label">[361]</span></a> La même que la rue des Juges-Consuls aujourd’hui,
+dans l’ancien cloître Saint-Merry.</p>
+</div>
+<p>41. Un Collier double de 206 perles baroques
+de belle eau à vendre, au dernier mot 15 écus.
+<i>Adr.</i> au Bureau où on les pourra voir.</p>
+
+<p>48. Un autre collier de perles barroques assez
+grosses et de belle eau à vendre pour 360 l.
+<i>Adr.</i> au bureau où on les pourra voir.</p>
+
+<p>82. Il est arrivé un marchand de vin de la
+ville de Condrieux, qui en vend à 16 s. la pinte
+dans la rue de la Tixéranderie, proche S. Jean
+en Grêve.</p>
+
+<p>83. Deux chevaux de Carrosse, avec le carrosse
+à vendre ensemble ou séparément. <i>Adr.</i> au
+Bur.</p>
+
+<p>50. On continue à débiter au bureau des
+<span class="pagenum" id="p320">-320-</span> Chapeaux de la manufacture de l’Hopital Général<a id="FNanchor_1013" href="#Footnote_1013" class="fnanchor">[362]</a>,
+fort bons et esprouvez contre la pluye, et
+à très-grand marché, à 30 sols tout garnis.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1013" href="#FNanchor_1013"><span class="label">[362]</span></a> Des fabriques et manufactures avoient été établies,
+afin de créer, par les bénéfices qu’elles pourroient faire,
+des ressources pour l’Hôpital général. Nous verrons tout à
+l’heure que la fabrique, déjà ancienne, des tapis de la
+Savonnerie ne travailloit plus elle-même que pour contribuer
+à cette œuvre charitable.</p>
+</div>
+<p>51. Un homme de Province, qui croit avoir
+démêlé les obscuritez de la Cassandre de Licophron,
+mais qui ne se fie pas assez à son jugement,
+pour hazarder d’en donner son travail au
+public, sans en avoir l’avis des sçavants de
+Paris, prie tous ceux qui auront quelques belles
+conjectures sur cet autheur, d’avoir la bonté de
+les donner au Bureau, et s’ils y veulent bien
+adjouster leur nom, il ne manquera pas, en
+publiant l’ouvrage, d’y marquer la reconnoissance
+qu’il leur devra de ce secours<a id="FNanchor_1014" href="#Footnote_1014" class="fnanchor">[363]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1014" href="#FNanchor_1014"><span class="label">[363]</span></a> Cet appel singulier n’étonne pas, quand on sait ce
+qu’il y a d’énigmatique dans ce poëme de <i>Cassandre</i> la prophétesse,
+qui fit donner à Lycophron, sorte de Nostradamus
+antique, le nom de « poëte ténébreux ». Nous ignorons si
+la traduction, pour laquelle notre provincial réclamoit les
+lumières de l’érudition parisienne, a jamais paru.</p>
+</div>
+<p>52. Le Philosophe inconnu, arrivé depuis
+peu, fait toujours débiter <i>l’eau catholique de Paracelse</i>,
+remede universel contre toutes les maladies,
+chez le sieur d’Aiguillon de la Ferté, à
+6 liv. l’once, et aux pauvres <i>gratis</i> : Et on y
+instruit de son usage ceux qui en prennent,
+dont il dit aussi que 6 goutes prises dans ce
+qu’on voudra, est un préservatif cordial pour
+maintenir la santé. Il donne avis de plus, qu’il
+<span class="pagenum" id="p321">-321-</span> vend de l’eau<a id="FNanchor_1015" href="#Footnote_1015" class="fnanchor">[364]</a> des dames vénitiennes pour embellir
+et entretenir le visage<a id="FNanchor_1016" href="#Footnote_1016" class="fnanchor">[365]</a>, à un écu l’once ;
+et qu’il donne <i>gratis</i> aux pauvres une excellente
+emplastre pour les dents. Il loge au Marais rue
+de Limoges, près la fontaine du Calvaire<a id="FNanchor_1017" href="#Footnote_1017" class="fnanchor">[366]</a>, à la
+première porte cochère à main droite.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1015" href="#FNanchor_1015"><span class="label">[364]</span></a> Ce seroit, dit-on, <i>l’eau de melisse</i>, qui se vendoit
+déjà dans les premiers temps de Louis XIII et dont les
+Carmes de la rue de Vaugirard finirent par accaparer le
+monopole. V. <i>Le Vieux-neuf</i>, 2<sup>e</sup> édition, p. 626.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1016" href="#FNanchor_1016"><span class="label">[365]</span></a> On trouve les recettes des Dames vénitiennes pour se
+« blondir les cheveux » et se rajeunir le visage dans un
+manuscrit des archives de Venise, <i lang="it" xml:lang="it">Recitario della contessa
+Nani</i>, dont MM. A. Baschet et Feuillet de Conches ont
+publié une traduction : <i>Les femmes blondes de l’école vénitienne</i>,
+pet. in-8<sup>o</sup>.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1017" href="#FNanchor_1017"><span class="label">[366]</span></a> Appelée aussi alors fontaine de l’Échaudé, et des Comédiens
+du Marais (V. p. 330). Elle se trouve au carrefour
+des rues de Limoges, de Poitou et Vieille-du-Temple, vis-à-vis
+d’un cabaret de cette dernière rue, qui porte encore
+son enseigne sur sa grille avec cette inscription <span class="sc">Av Soleil
+d’Or</span>. C’est là que fut maintes fois mystifié le petit Poinsinet.
+(<i>Poésies satyriques du <span class="rm"><small>XVIII</small><sup>e</sup></span> siècle</i>, 1788, in-12, t. I,
+p. 99.)</p>
+</div>
+<p>53. Vingt cinq pièces de pierres de ruyne<a id="FNanchor_1018" href="#Footnote_1018" class="fnanchor">[367]</a>
+très bien assorties et disposées pour faire un
+grand cabinet ou un grand tabernacle. <i>Adr.</i> au
+Bureau.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1018" href="#FNanchor_1018"><span class="label">[367]</span></a> « On donne ce nom à certaines pierres figurées, sur
+lesquelles on voit des représentations de vieilles ruines
+aussi naturelles que si elles étoient l’ouvrage du pinceau. »
+L’abbé Prévost, <i>Manuel lexique</i>, 1755, in-12, t. II, p. 380.</p>
+</div>
+<p>90. Deux chevaux gris avec la chaise roulante
+à vendre pour 500 l. <i>Adr.</i> chez M. Menu,
+procureur au Chastelet, au coin de l’hostel de
+Bourgogne.</p>
+
+<p>57. L’artisan chrestien, ou la Vie du <i>Bon
+Henry</i>, maistre cordonnier à Paris, instituteur
+<span class="pagenum" id="p322">-322-</span> et fondateur des Communautez des frères Cordonniers
+et Tailleurs<a id="FNanchor_1019" href="#Footnote_1019" class="fnanchor">[368]</a>, se vend à Paris, chez
+G. Desprez dans la r. S. Jacques à l’Image
+S. Prosper.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1019" href="#FNanchor_1019"><span class="label">[368]</span></a> Son vrai nom étoit Henri-Michel Bunch. Simple
+garçon cordonnier, il avoit, en 1645, établi la communauté
+des Frères de son métier, à l’imitation de laquelle fut, peu
+après, créée celle des frères Tailleurs. V. plus haut, sur
+l’une et sur l’autre, p. 61 et 67.</p>
+</div>
+<p>62. Une montre à boîte d’argent, ovale, sonnerie
+et réveil, et tous les mouvements excellents
+à vendre pour 10 pistoles. <i>Adr.</i> au Bur. où on
+la fera voir.</p>
+
+<p>85. Le sieur Bridaut maistre diamantaire<a id="FNanchor_1020" href="#Footnote_1020" class="fnanchor">[369]</a>
+continue à vendre quantité de diamant, excellent
+à couper le verre, qui luy sont venus depuis
+peu à prix raisonnable. <i>Adr.</i> aud. sieur Bridaut
+dans la Monnoye.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1020" href="#FNanchor_1020"><span class="label">[369]</span></a> On appeloit ainsi l’ouvrier qui taille le diamant.</p>
+</div>
+<p>63. La grande carte généalogique royale de
+France de M. Thuret<a id="FNanchor_1021" href="#Footnote_1021" class="fnanchor">[370]</a> se débite au cadran
+S. Honoré<a id="FNanchor_1022" href="#Footnote_1022" class="fnanchor">[371]</a>, chez une lingère à la 4. chambre,
+chez M. Roger imager, sur le quay de l’Horloge,
+et chez M. Jaquinet graveur r. S. Anthoine,
+vis à vis l’hostel de Sully.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1021" href="#FNanchor_1021"><span class="label">[370]</span></a> Nous ne connaissons pas cette <i>carte généalogique</i>
+d’Antoine Thurel et non Thuret, qui prenoit le titre d’ancien
+prieur de Notre-Dame-de-Homblières. Le plus ancien
+ouvrage que Guigard, <i>Biblioth. héraldique</i>, p. 153, cite de
+lui est la <i>Table chronologique et généalogique des rois de
+France</i>, 1687, gr. in-fol.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1022" href="#FNanchor_1022"><span class="label">[371]</span></a> Ce cadran se trouvoit rue Saint-Honoré, au-dessus de
+la porte du cloître. V. Segrais, <i>Œuvres</i>, t. II, p. 152.</p>
+</div>
+<p>72. Un collier de fort belles perles de belle
+eau et assez grosses, entrenettes, d’environ
+<span class="pagenum" id="p323">-323-</span> 1,500 l. <i>Adr.</i> chez M. Bidaux aux Galleries du
+Louvre.</p>
+
+<p>75. <i>Les pensées de M. Paschal sur la Religion
+et sur d’autres sujets, trouvées dans son Cabinet
+après sa mort</i>, sont imprimées, et se vendent à
+Paris chez G. Després, r. S. Jacques, à l’Image
+S. Prosper<a id="FNanchor_1023" href="#Footnote_1023" class="fnanchor">[372]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1023" href="#FNanchor_1023"><span class="label">[372]</span></a> C’est la première édition des <i>Pensées</i>. L’annonce précédait
+la mise en vente. L’achevé d’imprimer n’est, en
+effet, que du 2 janvier, et déjà notre <i>Liste des avis</i>, datée
+du 1<sup>er</sup>, dit qu’elles ont paru.</p>
+</div>
+<p>91. Un beau cheval de selle gris pommelé à
+vendre. <i>Adr.</i> chez M. le Président Tubeuf, rue
+Vivien<a id="FNanchor_1024" href="#Footnote_1024" class="fnanchor">[373]</a>, derrière le Palais Royal.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1024" href="#FNanchor_1024"><span class="label">[373]</span></a> Le président Tubeuf, après avoir vendu à Mazarin,
+pour qu’il agrandît son palais, l’hôtel situé à l’angle des
+rues de Richelieu et des Petits-Champs, étoit allé habiter,
+rue Vivienne, celui devant lequel fut percée la rue Colbert.</p>
+</div>
+<p>92. Un carrosse vitré à 2 fonds de moyenne
+grandeur de velours rouge cramoisi à ramages
+à 3 glaces<a id="FNanchor_1025" href="#Footnote_1025" class="fnanchor">[374]</a>, et le train neuf à vendre. <i>Adr.</i> chez
+messieurs Tubeuf<a id="FNanchor_1026" href="#Footnote_1026" class="fnanchor">[375]</a>, r. Montmartre, vis à vis
+S. Joseph.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1025" href="#FNanchor_1025"><span class="label">[374]</span></a> « L’usage des glaces aux carrosses nous vient d’Italie.
+Bassompierre est le premier qui l’ait apporté en France. »
+<i>Longueruana</i>, t. I, p. 109.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1026" href="#FNanchor_1026"><span class="label">[375]</span></a> Ce sont les fils du président nommé tout à l’heure.
+Tallemant, t. VII, p. 313-314, parle de l’un d’eux, Charles,
+conseiller au Parlement, maître des requêtes.</p>
+</div>
+<p>97. On continue jusqu’à la feste de la Purification<a id="FNanchor_1027" href="#Footnote_1027" class="fnanchor">[376]</a>
+à vendre les plus belles curiositez du
+Cabinet de M. Gosseneau<a id="FNanchor_1028" href="#Footnote_1028" class="fnanchor">[377]</a>, depuis 2 heures
+<span class="pagenum" id="p324">-324-</span> après midy jusqu’à 6 heures du soir, r. et proche
+la Monnoye.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1027" href="#FNanchor_1027"><span class="label">[376]</span></a> 2 février.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1028" href="#FNanchor_1028"><span class="label">[377]</span></a> Nous croyons qu’il faut lire Gosseau, comme dans la
+liste des curieux donnée par Spon en 1673. Il habitoit
+alors près des Carmélites, et peut-être, lorsqu’il vendit,
+comme on le voit ici, une partie de ses curiosités rue de
+la Monnoie, étoit-ce pour s’épargner l’ennui de les déménager.</p>
+</div>
+<p>59. On a perdu dès le mois d’octobre dernier
+une Eolipile, ou soufflet de cuivre rouge en
+forme de teste qui souffle<a id="FNanchor_1029" href="#Footnote_1029" class="fnanchor">[378]</a>. <i>Adr.</i> à M. Audry,
+r. de la Ferronnerie à la Lampe.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1029" href="#FNanchor_1029"><span class="label">[378]</span></a> Il a déjà, dans une de nos notes, été question de
+l’eolypile. Nous n’y reviendrons que pour dire comment
+elle servoit à Descartes pour expliquer l’origine du vent :
+« Vous demandez, écrit l’abbé de Fleury (<i>Nouveaux opuscules</i>,
+p. 370), comment se fait le vent, et vous avez
+recours aux trésors de Dieu. Descartes dit : je vais vous
+en faire. Il prend une Eolipyle, qu’il remplit d’eau à demi,
+et la met devant le feu ; l’eau échauffée et raréfiée chasse
+l’air avec violence, qui souffle le feu. Voilà le vent. »
+Mussenbrok en possédoit plusieurs d’une grande curiosité
+dans son cabinet à Leyde : « Une éolipile, par le moyen
+de laquelle on change l’eau en air… Une éolipile attachée
+sur un petit charriot, et courant sur le pavé d’une rapidité
+extraordinaire, par la vapeur qui en sort, etc. » (<i>Catal.
+des Instrum. de physique, etc., que l’on trouve chez Jean
+Van Musschenbroek</i>, 1725, in-8<sup>o</sup>, de 12 p., p. 7.)</p>
+</div>
+<p>62. Celuy qui a le secret infaillible de guérir
+le <i>miserere</i>, demeure toujours chez M. Le Maire,
+Peintre du Roy<a id="FNanchor_1030" href="#Footnote_1030" class="fnanchor">[379]</a>, r. S. Thomas du Louvre devant
+l’hostel de Longueville.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1030" href="#FNanchor_1030"><span class="label">[379]</span></a> François Lemaire, reçu de l’Académie de peinture en
+1657. Il mourut en 1688.</p>
+</div>
+<p>73. Un moulin à bled portatif et aisé à placer
+où l’on veut, pour moudre à la main, à une et
+à 2 manivelles à vendre. <i>Adr.</i> au bureau, où on
+le fera voir s’il est besoin.</p>
+
+<p>100. On continue à vendre d’excellent vin de
+Beaune et de Volnay en gros et en détail, r.
+S. Louis au Marais, au coin de la r. S. Anastase.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p325">-325-</span> 101. Une personne de condition va faire
+vendre d’excellent vin de Volnay et de S. Aubin
+en gros et en détail dans la r. de Richelieu,
+joignant le logis de M. Le Roy : La Cave sera
+ouverte après les Roys.</p>
+
+<p>103. Un carrosse à 2 fonds, doublé de damas
+et velours cramoisi, avec 2 glaces de Venise, le
+tout fort bon, et le train neuf à vendre à prix
+raisonnable. <i>Adr.</i> au sieur de Turny à l’échelle
+du Temple<a id="FNanchor_1031" href="#Footnote_1031" class="fnanchor">[380]</a>, où il faut demander Dupré, et y
+aller depuis 8 heures du matin jusqu’à 10 pour
+le trouver.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1031" href="#FNanchor_1031"><span class="label">[380]</span></a> Échelle patibulaire de la Justice du Temple, placée au
+coin de la rue des Vieilles-Haudriettes, qui lui dut un de ses
+anciens noms, et de la rue du Temple. Il en est parlé dans les
+registres du Châtelet de 1391, et, jusqu’à l’époque de la
+Fronde, elle resta intacte. Elle fut brûlée alors par quelques
+gentilshommes frondeurs. Il ne resta qu’un des montants.
+V. dans le La Fontaine de la Collect. Elzevirienne, t. III,
+p. 259, une note communiquée par nous.</p>
+</div>
+<p>105. Le Recueil de tous les Vers mis en chant
+jusqu’en 1670, en 6 vol.<a id="FNanchor_1032" href="#Footnote_1032" class="fnanchor">[381]</a> faisant près de
+2,000 chansons : se vend ensemble ou séparément
+chez C. Barbin et G. de Luines au Palais,
+et chez un Chandelier devant la Croix des Petits
+Champs<a id="FNanchor_1033" href="#Footnote_1033" class="fnanchor">[382]</a> ; avec les livres d’airs gravez de
+<span class="pagenum" id="p326">-326-</span> M. Lambert<a id="FNanchor_1034" href="#Footnote_1034" class="fnanchor">[383]</a>, in-4<sup>o</sup> et in-8<sup>o</sup>, et un traité curieux
+de la méthode de chanter, le tout en gros ou en
+détail.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1032" href="#FNanchor_1032"><span class="label">[381]</span></a> C’est le <i>Recueil des plus beaux vers qui ont été mis
+en chant</i>, publié d’abord en trois parties par Charles Sercy,
+1661, in-12, et repris par Barbin et De Luynes, qui l’augmentèrent
+de trois parties nouvelles en le continuant de
+1661 jusqu’à 1670. Je ne crois pas qu’ainsi complété il se
+trouve dans aucune bibliothèque. Brunet, du moins, dernière
+édition, t. IV, col. 1167, n’en signale pas d’exemplaire.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1033" href="#FNanchor_1033"><span class="label">[382]</span></a> Ou Croix de Bon-Puits. Elle se trouvoit au carrefour
+des rues du Bouloy et des Petits-Champs, qui, à cause
+d’elle, s’appela plus tard et s’appelle encore rue Croix-des-Petits-Champs.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1034" href="#FNanchor_1034"><span class="label">[383]</span></a> V. sur lui, t. I, p. 205.</p>
+</div>
+<p>106. Un grand Théorbe de <i>Gaspar</i><a id="FNanchor_1035" href="#Footnote_1035" class="fnanchor">[384]</a>, d’autres
+petits et 3 Luths, portraitz de Nanteuil<a id="FNanchor_1036" href="#Footnote_1036" class="fnanchor">[385]</a> et autres
+grandes Thèses à bordure<a id="FNanchor_1037" href="#Footnote_1037" class="fnanchor">[386]</a> à vendre ou troquer,
+et toutes sortes de livres à vignettes, reliez en
+maroquin pour la musique et le luth, à un écu
+la pièce. <i>Adr.</i> chez M. Quichardet, vis à vis la
+Croix des Petits Champs.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1035" href="#FNanchor_1035"><span class="label">[384]</span></a> Antérieur aux Amati, il travailla de 1560 à 1610. Il
+marquait ses instruments de cette étiquette : <span class="sc">Gaspar da
+Salo in Brescia</span>.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1036" href="#FNanchor_1036"><span class="label">[385]</span></a> Robert Nanteuil, si célèbre comme graveur de portraits,
+et qui étoit alors dans toute sa gloire.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1037" href="#FNanchor_1037"><span class="label">[386]</span></a> Ce sont ses thèses à frontispice et à bordures gravés,
+« toujours bonnes à garder pour l’image », comme dit la
+Toinette du <i>Malade imaginaire</i>.</p>
+</div>
+<p>115. Ceux qui voudront faire rentraire des
+vieilles tapisseries, et les faire remettre en couleur,
+ou en raccommoder les relais, n’auront
+qu’à s’adresser à M. Lourdet Tapissier du Roy
+à la Savonerie qui est une des maisons de l’Hopital
+général<a id="FNanchor_1038" href="#Footnote_1038" class="fnanchor">[387]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1038" href="#FNanchor_1038"><span class="label">[387]</span></a> V. une des notes précédentes, p. <a href="#p320">320</a>. Trois ans après,
+la Savonnerie était redevenue un établissement royal. Nous
+lisons, en effet, dans le <i>Récolement des Archives de l’assistance
+publique</i> par M. Brièle, 1877, in-8<sup>o</sup>, p. 157 : « Arrêt
+du Conseil du 22 août 1673, par lequel le Roi reprend la
+maison de la Savonnerie, dont il avoit fait don à l’Hôpital
+général, pour lequel cette maison étoit une trop lourde
+charge. »</p>
+</div>
+<p>118. <i lang="it" xml:lang="it">Biblia Heintenij cum figuris</i><a id="FNanchor_1039" href="#Footnote_1039" class="fnanchor">[388]</a>, <i lang="la" xml:lang="la">Biblia
+<span class="pagenum" id="p327">-327-</span> Benedicti</i><a id="FNanchor_1040" href="#Footnote_1040" class="fnanchor">[389]</a> en grand papier, et la bible des 70 en
+grec, avec les diverses leçons<a id="FNanchor_1041" href="#Footnote_1041" class="fnanchor">[390]</a> à vendre,
+ensemble et séparément. <i>Adr.</i> au Bureau.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1039" href="#FNanchor_1039"><span class="label">[388]</span></a> C’est la Bible, préparée par Jean Henten et publiée à
+Francfort, en 1566, in-fol., sous ce titre : <i lang="la" xml:lang="la">Biblia ad vetustissima
+exemplaria nunc recens castigata</i>. Les figures sont
+au nombre de 127, gravées sur bois.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1040" href="#FNanchor_1040"><span class="label">[389]</span></a> Voici le titre de la première édition : <i lang="la" xml:lang="la">Biblia sacra
+latina, juxta Vulgatam, cura Jo. Benedicti</i>, <span lang="la" xml:lang="la">Parisiis</span>, 1549,
+in-fol.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1041" href="#FNanchor_1041"><span class="label">[390]</span></a> Ce doit être celle dont voici le titre : <i lang="la" xml:lang="la">Divinæ Scripturæ,
+nempe Veteris et Novi Testamenti omnia, græce, a
+viro doctissimo recognita et emendata, variisque lectionibus…
+aucta et illustrata</i>. Francfort, 1597, in-fol.</p>
+</div>
+<p>120. Deux jeunes chevaux entiers de carrosse,
+bay brun, à vendre chez M. le Président Tubeuf,
+r. Vivien, derrière le Palais Royal<a id="FNanchor_1042" href="#Footnote_1042" class="fnanchor">[391]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1042" href="#FNanchor_1042"><span class="label">[391]</span></a> V. une des notes précédentes, p. <a href="#p323">323</a>.</p>
+</div>
+
+<p class="c">Demandes.</p>
+
+<p>8. On demande une terre relevant du Roy<a id="FNanchor_1043" href="#Footnote_1043" class="fnanchor">[392]</a>,
+depuis 10 jusqu’à 30 lieues de Paris, et depuis
+100 jusqu’à 150,000 l. ou plus. <i>Adr.</i> au bureau.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1043" href="#FNanchor_1043"><span class="label">[392]</span></a> C’est-à-dire n’ayant que lui pour seigneur.</p>
+</div>
+<p>12. On demande une maison depuis 4 jusqu’à
+8 lieues de Paris, sur le bord des rivières de
+Marne ou de Seine, en remontant depuis 4 jusqu’à
+800 l. de revenu, bien bastie, où il y ait
+un jardin raisonnable, des bois, prez et terres.
+<i>Adr.</i> chez M. Guerin prestre de S. Louis, dans
+l’Isle Nostre Dame, rue Poultière<a id="FNanchor_1044" href="#Footnote_1044" class="fnanchor">[393]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1044" href="#FNanchor_1044"><span class="label">[393]</span></a> C’est le nom féminisé de la rue de l’Ile Saint-Louis,
+dont Le Poulletier, associé de Marie pour les constructions
+de ce quartier, avoit été le parrain.</p>
+</div>
+<p>22. On demande une terre à 8, 10, 12, ou
+15 lieues de Paris, de 30 jusqu’à 40,000 l., où
+il y ait de l’eau. <i>Adr.</i> au bureau.</p>
+
+<p>23. On demande un carrosse à 2 fonds de
+<span class="pagenum" id="p328">-328-</span> velours et vitré, du prix de 4 à 500 l. <i>Adr.</i> à
+M. de Sêve de Plateau, dans l’Isle Nostre Dame
+sur le Quay de Bourbon.</p>
+
+<p>30. Si quelqu’un a un cheval gris pommelé
+entier, à vendre, d’une médiocre taille, ou si on
+en veut acheter un semblable pour appareiller<a id="FNanchor_1045" href="#Footnote_1045" class="fnanchor">[394]</a> :
+on pourra s’adresser chez le sieur Pecou mareschal,
+rue de la Harpe, proche la rue du Foin.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1045" href="#FNanchor_1045"><span class="label">[394]</span></a> Dans l’<i>avis</i> publié par <i>le Mercure</i> de septembre 1717,
+p. 181, le nouveau directeur du Bureau d’adresse rappelle
+avec une certaine satisfaction que Louis XIII avoit ainsi
+« appareillé » un de ses équipages : « Ce prince, dit-il,
+après plusieurs recherches inutiles pour découvrir un cheval
+de poil Isabelle, qui pût assortir à un de ceux qui traînoient
+son petit carrosse, eut recours au Bureau d’adresse qui luy
+en indiqua un. C’est ce qui engagea Louis XIII à lire les
+listes du Bureau, et cette lecture a souvent mis en place
+des personnes qui n’étoient redevables de leurs emplois
+qu’à cet établissement. »</p>
+</div>
+<p>30. On demande une chocolatière d’argent<a id="FNanchor_1046" href="#Footnote_1046" class="fnanchor">[395]</a>
+qui n’ait guières servy. On la payera tout ce que
+vaut le marc, et quelque chose de façon si elle
+n’est pas mal conditionnée. <i>Adr.</i> au Bureau.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1046" href="#FNanchor_1046"><span class="label">[395]</span></a> C’étoit un ustensile alors assez nouveau, l’usage du
+chocolat n’ayant guère commencé à Paris que vers 1658
+ou 1660. V. <i>Mém.</i> d’Audiger, <i>limonadier à Paris</i>, nouv.
+édit., 1869, in-12, p. 367, et <i>Correspond. administ. de
+Louis XIV</i>, t. III, Introduction, p. <small>LIII</small>.</p>
+</div>
+<p>31. Si quelqu’un a les livres suivants imparfaits,
+et les veut vendre ; sçavoir le 1 tome
+d’Horace de M. de Marolles, le 3 tome des
+leçons de Canisius<a id="FNanchor_1047" href="#Footnote_1047" class="fnanchor">[396]</a>, <i lang="la" xml:lang="la">H. Rosvitæ opera de Sanctis
+Germaniæ in-fol. Norimbergæ</i>, 1601<a id="FNanchor_1048" href="#Footnote_1048" class="fnanchor">[397]</a>, <i lang="la" xml:lang="la">Metam.
+<span class="pagenum" id="p329">-329-</span> Ovidii cum indice Pompeii Pasqualini</i>, 1614, in-8<sup>o</sup>.
+Il peut s’adresser au libraire du Grand Conseil
+dans le Cloistre S. Germain.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1047" href="#FNanchor_1047"><span class="label">[396]</span></a> Il s’agit des <i lang="la" xml:lang="la">Antiquæ lectiones</i> de H. Canisius, 1601-1608,
+7 vol. in-4<sup>o</sup>.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1048" href="#FNanchor_1048"><span class="label">[397]</span></a> Nous n’avons vu indiqué nulle part cet ouvrage de
+Hrosvita.</p>
+</div>
+<p>46. On demande 6 ou 8 feuilles de paravent
+simples et assez honnestes. <i>Adr.</i> au bureau.</p>
+
+<p>87. On demande un lit de 4 pieds ou environ
+de largeur, du Camelot de Hollande, doublé de
+quelque petit satin bien propre, avec des sièges
+revenans. <i>Adr.</i> chez un bourrelier, qui est au
+milieu de la rue des Juifs.</p>
+
+<p>66. On demande un fauteuil renversé à cremillière<a id="FNanchor_1049" href="#Footnote_1049" class="fnanchor">[398]</a>,
+qui soit fort bon et bien garny sans
+housse. <i>Adr.</i> au bureau.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1049" href="#FNanchor_1049"><span class="label">[398]</span></a> Lisez cremaillère. Richelet, du reste, admet l’orthographe
+que nous voyons ici : « chaise à <i>cremilière</i>, dit-il,
+ou chaise de commodité. » Le Théâtre-François possède
+encore, parmi ses accessoires, de ces vieux et énormes
+fauteuils dont le dossier se renverse ou se remonte à
+l’aide d’une crémaillère. Molière en possédoit un de ce
+genre. (Eud. Soulié, <i>Recherches</i>, p. 267.)</p>
+</div>
+<p>119. On demande une terre en titre de comté
+ou de marquisat, ou fort seigneuriale, de 40 à
+50 mil écus, à 20 ou 30 lieues de Paris, du
+costé de Chartres ou le Vexin françois, dans le
+ressort du Parlement de Paris. <i>Adr.</i> chez
+M. Rautier épicier, r. Montmartre près la rue
+Tiquetonne.</p>
+
+<p>Nota, <i>qu’il ne faut point avoir d’égard au num.
+69 de la pag. 8<a id="FNanchor_1050" href="#Footnote_1050" class="fnanchor">[399]</a> parce que, par le moyen de la
+communication du Registre, cet article a esté expédié
+comme les autres defaillans, avant qu’on eust
+achevé d’imprimer</i>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1050" href="#FNanchor_1050"><span class="label">[399]</span></a> Ici cet article est à la p. <a href="#p315">315</a>.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p330">-330-</span></p>
+
+<p class="c"><i>Lieux où se trouveront tous les quinze jours les
+livres d’avis à quinze deniers la pièce.</i></p>
+
+<p>Il y aura un escriteau pour les remarquer.</p>
+
+<p>Rue de la Verrerie au coin de la rue de la
+Poterie, M. Bullot, chandelier.</p>
+
+<p>Vieille rue du Temple, près la fontaine des
+petits Comédiens<a id="FNanchor_1051" href="#Footnote_1051" class="fnanchor">[400]</a>, M. Cagnard, chandelier.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1051" href="#FNanchor_1051"><span class="label">[400]</span></a> V. sur cette fontaine, p. 321. On appeloit Comédiens
+du Marais ceux dont le théâtre, où Corneille fit jouer la
+plupart de ses pièces, se trouvoit à peu près à l’endroit
+occupé aujourd’hui par le n<sup>o</sup> 90 de la rue Vieille-du-Temple,
+derrière l’École centrale, établie, comme on sait, rue de
+Thorigny, dans l’ancien hôtel d’Aubert, traitant de la
+gabelle du Sel, auquel il avoit dû son nom d’<i>Hôtel-Salé</i>.
+V. Tallemant, édit. P. Paris, 391, et IX, 451.</p>
+</div>
+<p>Rue Grenier saint Lazare, près la rue Beaubourg,
+M. Macé chandelier.</p>
+
+<p>Rue Montmartre, proche la rue du Mail,
+M. Cazimir chandelier.</p>
+
+<p>Rue saint Honoré aux bastons Royaux<a id="FNanchor_1052" href="#Footnote_1052" class="fnanchor">[401]</a>, au
+Bureau des carrosses.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1052" href="#FNanchor_1052"><span class="label">[401]</span></a> V. plus haut.</p>
+</div>
+<p>Rue Taranne au fauxbourg saint Germain, au
+coin du carrefour saint Benoist, M. Rossy chandelier.</p>
+
+<p>Rue S. Jacques vis à vis S. Yves, à la Toison
+d’or, M. Le Petit et Michallet libraires.</p>
+
+<p>Sous la porte S. Marcel, M. de S. Denis
+marchand.</p>
+
+<p>Isle Nostre Dame, au carrefour de la rue des
+deux ponts, M. Bichebois chandelier.</p>
+
+<p>Rue saint Antoine, près la Place Royale, au
+Bureau des carrosses.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p331">-331-</span> A la descente du Pont Marie, proche la Barrière,
+M. Pierre Paul limonadier<a id="FNanchor_1053" href="#Footnote_1053" class="fnanchor">[402]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1053" href="#FNanchor_1053"><span class="label">[402]</span></a> Un café existe encore au même endroit. C’est un des
+plus anciens, sinon le plus ancien de Paris.</p>
+</div>
+<p>Rue de la Vieille draperie, au milieu, à la
+Vision de Jacob, M. Horait chandelier.</p>
+
+<p>Grande Sale du Palais vis à vis la grand’Chambre,
+M. de Ligny.</p>
+
+<p>Au bout du pont S. Michel, rue de la Boucherie,
+M. Moet libraire à S. Alexis.</p>
+
+<p><span class="sc">Au Bureau d’adresse</span>, rue Thibault aux dez.</p>
+
+<p><i>Dans tous ces bureaux on ne débitera jamais de
+listes vieilles, mais seulement ceux de la Quinzaine
+suivante. S’il s’en trouve ailleurs, on n’y doit point
+avoir d’égard.</i></p>
+
+<p>Avec privilège et permission.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p332">-332-</span></p>
+
+<h3 id="c46">LISTE GÉNÉRALE<br>
+<span class="xsmall">DU</span><br>
+<span class="small">BUREAU D’ADRESSE ET D’AVIS</span></h3>
+
+<p class="c"><span class="small">PAR PRIVILÈGE DU ROY.</span><br>
+<i>Du <span class="rm">7</span> Aoust <span class="rm">1688</span></i><a id="FNanchor_1054" href="#Footnote_1054" class="fnanchor">[403]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1054" href="#FNanchor_1054"><span class="label">[403]</span></a> V. <i>Introduction</i>, p. xlj.</p>
+</div>
+
+<p>L’on continüera à l’avenir de faire imprimer
+notre Liste d’avis tous les quinze jours, afin que
+le public puisse avoir le temps de se reconnoistre.</p>
+
+<p>On ne remet sur cette liste que quelques uns
+des articles qui estoient sur la précédente, et
+dont le droit a esté payé.</p>
+
+<p>Les domestiques de l’un et l’autre sexe viennent
+continuellement au Bureau, où l’on les
+examine avec beaucoup d’exactitude, aussi bien
+que leurs repondans, pour les pouvoir produire
+en seureté à ceux qui en viennent demander.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p333">-333-</span></p>
+
+<p class="c"><i>A vendre.</i></p>
+
+<p>1. Une tres belle maison scize rue de la Verrerie,
+proche S. Mery, louée à présent à une
+seule personne 1800 liv.</p>
+
+<p>2. Une maison à porte cochère très bien bastie,
+scize à Soisy sous Etiole<a id="FNanchor_1055" href="#Footnote_1055" class="fnanchor">[404]</a>, six lieues de
+Paris, proche la rivière de Seine, grand Jardin
+clos de murs<a id="FNanchor_1056" href="#Footnote_1056" class="fnanchor">[405]</a>, vignes, et autres choses dont on
+fournira un estat au Bureau, du prix de 10,000
+liv.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1055" href="#FNanchor_1055"><span class="label">[404]</span></a> C’est aujourd’hui une commune d’un millier d’habitants
+dans le canton de Corbeil.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1056" href="#FNanchor_1056"><span class="label">[405]</span></a> C’étoit un point très important alors, car ne faisoit
+pas qui vouloit enclore de murs parc ou jardin ; on en a
+la preuve par les registres du Parlement, où l’on trouve
+par exemple, à la date du 30 mai 1663, confirmation des
+lettres portant permission à Le Tellier de faire enclore six
+cents arpents de terre en son parc de Chaville.</p>
+</div>
+<p>3. Un cheval entier avec tous ses crains, poil
+bay, de bonne taille, âgé de six ans, fort vigoureux,
+propre pour la selle et pour le manege, du
+prix de quarante loüis d’or<a id="FNanchor_1057" href="#Footnote_1057" class="fnanchor">[406]</a>, avec douze jeunes
+chiens courants blanc et noir entre deux tailles,
+bons pour le chevreuil et lièvre, du prix de
+vingt quatre loüis d’or.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1057" href="#FNanchor_1057"><span class="label">[406]</span></a> Ces chevaux de selle et de manège, toujours bien
+supérieurs comme prix aux chevaux de labour, se vendoient
+quelquefois jusqu’à quinze cents livres. V., dans les <i>Mémoires
+des Intendants</i>, celui de la Généralité de Limoges, au chapitre
+des <i>Haras</i>.</p>
+</div>
+<p>4. Une chaise roulante à ressorts à deux places
+pour un cheval, garnie de drap gris, et d’une
+campanne soye<a id="FNanchor_1058" href="#Footnote_1058" class="fnanchor">[407]</a>, l’imperialle ronde<a id="FNanchor_1059" href="#Footnote_1059" class="fnanchor">[408]</a>, avec les
+<span class="pagenum" id="p334">-334-</span> harnois de deux chevaux, du prix de 120 liv.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1058" href="#FNanchor_1058"><span class="label">[407]</span></a> La campane étoit un ornement à franges, dont la
+forme étoit celle d’une cloche (<i lang="la" xml:lang="la">campana</i>).</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1059" href="#FNanchor_1059"><span class="label">[408]</span></a> L’impériale, lorsqu’elle étoit ronde comme ici, faisoit
+sur le dessus des carrosses et chaises l’effet d’une couronne
+d’empereur. De là son nom, encore aujourd’hui en usage.</p>
+</div>
+<p>5. Pour 60,000 liv. de rente sur l’Hôtel de
+Ville, en plusieurs contracts créés au denier dix
+huit<a id="FNanchor_1060" href="#Footnote_1060" class="fnanchor">[409]</a>, et qu’on veut vendre au denier vingt ;
+l’argent sera employé en acquisition de fonds,
+dont on fournira un estat à la charge du decret.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1060" href="#FNanchor_1060"><span class="label">[409]</span></a> C’est-à-dire un denier d’intérêt pour dix-huit prêtés,
+ce qui équivaut à un peu moins de six pour cent, comme
+le denier vingt à cinq pour cent environ.</p>
+</div>
+<p>6. Une maison à porte cochère scize à Gentilly,
+très belle et bien bastie, où il y a toutes
+sortes de commoditez, avec un grand jardin clos
+de murs, garny d’arbres fruitiers, du prix d’environ
+7,000 liv. Il y a seureté pour l’acquisition ;
+on s’accommodera du prix pourvu qu’il y en ait
+la moitié ou le tiers comptant : on aura au
+Bureau un estat plus au long de la dite maison.</p>
+
+<p>7. Un lit de bois noyer de six pieds de large,
+garny d’un somier de paille, matelat, lit de
+plume et courte pointe serge de S. Lau<a id="FNanchor_1061" href="#Footnote_1061" class="fnanchor">[410]</a>, couleur
+d’ecarlatte, avec sa housse mesme serge et couleur,
+du prix de 120 liv. Quinze petites chaises
+pour la table couvertes de mocades<a id="FNanchor_1062" href="#Footnote_1062" class="fnanchor">[411]</a> à fleurs de
+plusieurs couleurs à fond vert de 3 liv. pièce.
+Une grande aumoire<a id="FNanchor_1063" href="#Footnote_1063" class="fnanchor">[412]</a> bois sapin à deux portes
+<span class="pagenum" id="p335">-335-</span> fermant à clef, servant de garde-meuble, du prix
+de 40 liv. et une chaise bourgeoise à porteur,
+garnie d’une étoffe de soye de 30 liv. Le tout
+bon et de hasard, et qu’on vendra ensemble ou
+séparément.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1061" href="#FNanchor_1061"><span class="label">[410]</span></a> Lisez Saint-Lô, dont la fabrication de la serge est
+encore une des industries.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1062" href="#FNanchor_1062"><span class="label">[411]</span></a> C’est une forme du mot « moquette », qui se rapprochoit
+davantage de <i>camocas</i>, nom de l’étoffe bien connue
+au moyen âge, dont la moquette ou mocade étoit une imitation
+plus moderne. V. plus haut, p. 315.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1063" href="#FNanchor_1063"><span class="label">[412]</span></a> Le peuple, qui dit « ormoire » pour armoire, se rapproche
+par sa prononciation de la forme du mot, telle
+qu’elle est ici, et en même temps de la racine latine,
+<i lang="la" xml:lang="la">aumarium</i>, lieu secret, cachette, suivant le sens que ce mot
+a dans Pétrone (édit. Burmann, p. 868). <i>Aumoire</i> ne fut
+remplacé que fort tard par armoire. Il se trouve dans
+le <i>Roman du Renard</i>, vers 3 et 259, et, comme on le voit
+ici, il étoit encore usuel au <small>XVII</small><sup>e</sup> siècle. L’annotateur du
+<i>Catalogue Soleinne</i>, t. I, p. 227, le rencontrant dans une
+pièce du même temps, <i>Le Murmure des femmes</i>, croit par
+erreur qu’il vient d’aumusse. — Ajoutons qu’« armoire »
+toutefois s’employoit déjà. On le trouve dans le <i>Journal</i> de
+Fr. Colletet, 3 sept. 1676, avec des détails sur ce genre
+de meuble, tel qu’on le travailloit de son temps : « <i>On sçait</i>,
+dit-il, <i>une belle paire d’armoires à vendre, toute neuve, et
+fort bien travaillée à deux grands guichets brisez, pour serrer
+des habits, du linge ou d’autres hardes : Elle est de ces
+beaux bois ondoyez, et faite par un bon ouvrier : et elle
+pourroit estre commode même pour serrer des livres curieux
+et particuliers dans une Bibliothèque</i>. »</p>
+</div>
+<p>8. Une très belle maison à porte cochere bien
+bastie, située au Plessis-Chenet, paroisse du
+Coudray<a id="FNanchor_1064" href="#Footnote_1064" class="fnanchor">[413]</a>, sept lieues de Paris, proche la rivière
+de Seine, avec jardin, clos de vingt quatre
+arpens, où il y a pré, terre, vigne, bois taillis
+et d’haute fustaye, et plusieurs autres belles commoditez,
+du prix de 12,000 liv. On aura au
+Bureau un estat au long de la dite maison.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1064" href="#FNanchor_1064"><span class="label">[413]</span></a> Le Plessis-Chenet est aujourd’hui un écart de la petite
+commune du Coudray-Monceaux, dans le canton de Corbeil.</p>
+</div>
+<p>9. Une charge de somier de vaicelle<a id="FNanchor_1065" href="#Footnote_1065" class="fnanchor">[414]</a> ordinaire
+<span class="pagenum" id="p336">-336-</span> de chanssonnerie<a id="FNanchor_1066" href="#Footnote_1066" class="fnanchor">[415]</a> chez Madame la Dauphine à
+franc estrillé<a id="FNanchor_1067" href="#Footnote_1067" class="fnanchor">[416]</a>, qui jouit de tous les privilèges
+aux gages fixes de 300 liv. par an<a id="FNanchor_1068" href="#Footnote_1068" class="fnanchor">[417]</a>, payez par
+quartier, avec logement et bouche à cour<a id="FNanchor_1069" href="#Footnote_1069" class="fnanchor">[418]</a> du
+prix de 4,000 livres.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1065" href="#FNanchor_1065"><span class="label">[414]</span></a> Le sommier de vaisselle avoit pour office le transport
+sur un cheval de somme ou <i>sommier</i> de la vaisselle dont
+avoit besoin la maison du roi, ou celles des princes et
+princesses quand elles se déplaçoient.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1066" href="#FNanchor_1066"><span class="label">[415]</span></a> Lisez « échançonnerie ».</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1067" href="#FNanchor_1067"><span class="label">[416]</span></a> C’est-à-dire, affranchi de la nécessité de fournir le
+cheval, le sommier.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1068" href="#FNanchor_1068"><span class="label">[417]</span></a> C’était le double chez le roi. Le sommier de vaisselle
+touchoit 600 l. Il en avoit même eu longtemps 660, comme
+le sommier de bouteilles.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1069" href="#FNanchor_1069"><span class="label">[418]</span></a> C’est-à-dire, nourri à la Cour.</p>
+</div>
+<p>10. Deux grands chevaux de carrosse poil noir,
+du prix de 300 liv.</p>
+
+<p>11. Une charge de peintre à la garde robbe du
+Roy<a id="FNanchor_1070" href="#Footnote_1070" class="fnanchor">[419]</a>, qui jouit de tous les privilèges, aux gages
+de 60 liv. par an, du prix de 1,000 liv.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1070" href="#FNanchor_1070"><span class="label">[419]</span></a> Nous n’avons pas trouvé mention de cette charge,
+dont l’exiguïté des appointements dit le peu d’importance,
+dans les <i>États de France</i> de cette époque.</p>
+</div>
+<p>12. Une maison à porte cochere scize à Argenteuil,
+proche la rivière, en deux corps de
+logis, avec cour, puis, et jardin d’un arpent clos
+de murs, du prix de 4,000 liv. On donnera au
+Bureau un estat au long de la dite maison.</p>
+
+<p>13. Une maison à porte cochère en cette ville,
+au quartier S. André des Arcs, en trois corps de
+logis, grande basse cour, remise de carrosses,
+et autres commoditez, du prix d’environ 40,000
+liv., louée à présent 1,800 liv.</p>
+
+<p>14. Une tapisserie de verdure de Flandres, en
+sept pièces, de dix huit aulnes trois quarts de
+tour, doublée tant plain que vuide, sur deux
+aulnes deux tiers de haut, avec six soubassemens
+de fenestre mesme tapisserie ; un lit de six pieds
+<span class="pagenum" id="p337">-337-</span> de long, sa housse de tabis<a id="FNanchor_1071" href="#Footnote_1071" class="fnanchor">[420]</a> vert, garni d’un
+somier de paille, matelat, lit de plume, couverture
+d’Angleterre, huit fauteuils, et quatre
+chaises avec leurs housses, moitié mesme tabit,
+moitié d’une tapisserie à l’éguille couleur de
+roze, une fontaine de cuivre, et une garniture
+de feu fort poly, le tout du prix d’environ 800
+liv. A vendre séparément ou ensemble.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1071" href="#FNanchor_1071"><span class="label">[420]</span></a> C’étoit ce que nous appelons « moire » aujourd’hui.
+Nous l’avions emprunté aux Orientaux qui le nomment
+<i>ôtabé</i> et le mélangent de coton.</p>
+</div>
+<p>15. Une tapisserie de verdure de Flandre,
+neuve en six pièces, de dix-huit aulnes et demy
+de tour, sur deux aulnes, deux tiers de hault, du
+prix de 900 liv.</p>
+
+<p>16. La Terre et Seigneurie de la Vallée, située
+dans la province du Berry, à dix lieues de
+Bourges et sept de Gien, entre Cosne et Sanserre<a id="FNanchor_1072" href="#Footnote_1072" class="fnanchor">[421]</a>,
+à deux lieues de la rivière de Loire, le
+revenu de la dite terre consistant en droits seigneuriaux,
+terrage, rentes, tuillerie, estangs,
+garennes, six fermes, et plusieurs autres héritages
+dépendant de la dite Terre, du prix de
+80,000 liv. Le revenu estant de 4,000 liv. à le
+faire valoir par ses mains, et de 3,000 liv. de
+bail à ferme. On fournira au Bureau un estat au
+long d’icelle.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1072" href="#FNanchor_1072"><span class="label">[421]</span></a> La Vallée est aujourd’hui une petite commune du
+canton de Lormes dans la Nièvre.</p>
+</div>
+<p>17. Une maison a porte cochere, scize à Cormeil,
+trois lieues de Paris, en deux corps de
+logis, cour, puits, et jardin derrière ; attenant
+lequel il y a une grange à foin ; le tout du prix
+<span class="pagenum" id="p338">-338-</span> de 4,000 liv. On donnera au Bureau un estat au
+long de la dite maison.</p>
+
+<p>18. Cinq cens arpens de bois taillis, d’environ
+dix ans de coupe, scituez à une lieue du
+port de Nogent sur Seine, en deux coupes égales ;
+l’on affermera le tout, ou une seule coupe, à
+commencer au mois d’octobre prochain ; ou si
+on veut en achepter le produit tous les ans, on
+le vendra, et du tout on fera bonne composition.</p>
+
+<p>19. Une charge d’ayde de Panneterie chez le
+Roy<a id="FNanchor_1073" href="#Footnote_1073" class="fnanchor">[422]</a>, qui jouit de tous les privilèges aux gages
+fixes de 225 liv.<a id="FNanchor_1074" href="#Footnote_1074" class="fnanchor">[423]</a> et 150 liv. de profits, le tout
+payez reglement à la fin du quartier de Juillet
+pendant lequel on sert<a id="FNanchor_1075" href="#Footnote_1075" class="fnanchor">[424]</a> et est nourry, pour
+5,000 liv.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1073" href="#FNanchor_1073"><span class="label">[422]</span></a> Il y avoit chez le roi douze de ces aides dans la panneterie-commun.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1074" href="#FNanchor_1074"><span class="label">[423]</span></a> Ces gages avoient été longtemps de 300 livres.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1075" href="#FNanchor_1075"><span class="label">[424]</span></a> Il seroit plus clair de dire que celui qui veut ici
+vendre sa charge servoit pendant le quartier de juillet.</p>
+</div>
+<p>20. Une charge de garde du Roy en la prevosté
+de l’hostel<a id="FNanchor_1076" href="#Footnote_1076" class="fnanchor">[425]</a>, sous la charge de Monsieur le
+Marquis de Sourches, grand prevost de France<a id="FNanchor_1077" href="#Footnote_1077" class="fnanchor">[426]</a>,
+qui jouit de tous les privileges, aux gages de
+272 liv. 10 sols<a id="FNanchor_1078" href="#Footnote_1078" class="fnanchor">[427]</a>, à servir pendant le quartier de
+Janvier, du prix de 3,050 liv.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1076" href="#FNanchor_1076"><span class="label">[425]</span></a> Ces gardes étoient au nombre de cent, y compris les
+douze qui portoient le titre d’exempts.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1077" href="#FNanchor_1077"><span class="label">[426]</span></a> V. sur lui, t. I, p. 74.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1078" href="#FNanchor_1078"><span class="label">[427]</span></a> « Ils ont, dit l’<i>État de France</i>, 1692, in-12, p. 444,
+qui leur attribue les mêmes gages, 60 livres d’extraordinaires
+et quelques gratifications lorsque S. M. touche les
+malades. » V. sur cette cérémonie t. I, p. 21.</p>
+</div>
+<p>21. La Terre et Seigneurie de Cléry, scize à
+<span class="pagenum" id="p339">-339-</span> douze lieues de Paris<a id="FNanchor_1079" href="#Footnote_1079" class="fnanchor">[428]</a>, consistant en chasteau
+pour le Seigneur, et appartement séparé pour le
+Fermier, clos fermé de murs, jardins, prez,
+terres, bois, et autres choses en dépendant,
+mesmes les droits honorifiques, du prix d’environ
+25,000 liv.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1079" href="#FNanchor_1079"><span class="label">[428]</span></a> Il reste de cette seigneurie un hameau du canton de
+Marines dans l’arrondissement de Pontoise. Les seigneurs
+de Cléry, qui avoient leur importance dans cette contrée,
+possédoient aussi un hôtel à Paris, rue Montmartre. C’est
+sur son emplacement que fut ouverte, en 1633, la rue qui
+porte encore leur nom. En 1688, quand « la terre et seigneurie »
+furent mises en vente, comme nous le voyons
+ici, Claude de Poissy, chevalier, en étoit seigneur.</p>
+</div>
+<p>22. Une belle maison couverte d’ardoise, à
+porte cochere, scize sur le bord de la rivière
+entre Brie et Corbeil, tres bien bastie, et où il
+y a plusieurs beaux et magnifiques logements,
+avec une chapelle, grande basse cour, jardin,
+enclos de huit arpens fermé de murs, prez, terre,
+bois taillis et haute fustaye, canal, vivier, et
+generalement toutes les autres commoditez qu’on
+peut souhaiter, du prix d’environ 30,000 liv.
+On aura au Bureau un estat au long de la dite
+maison.</p>
+
+<p>23. Une chaise bourgeoise de porteur<a id="FNanchor_1080" href="#Footnote_1080" class="fnanchor">[429]</a> presque
+neuve, garnie de brocatelle<a id="FNanchor_1081" href="#Footnote_1081" class="fnanchor">[430]</a>, avec une crépine
+de soye, d’environ 70 liv.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1080" href="#FNanchor_1080"><span class="label">[429]</span></a> La chaise de porteur ou à porteur « bourgeoise » se
+distinguoit des autres parce qu’elle étoit sans armoiries.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1081" href="#FNanchor_1081"><span class="label">[430]</span></a> Étoffe de fil et de laine, qui se fabriquoit en Flandre
+et qu’on appeloit aussi soit <i>mazeline</i>, soit <i>étoffe de l’apport-Paris</i>,
+à cause du grand commerce qui s’en faisoit dans ce
+quartier-là.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p340">-340-</span></p>
+
+<p class="c"><i>Demandes à achepter.</i></p>
+
+<p>24. On demande à achetter une maison
+logeable en fief ou roture<a id="FNanchor_1082" href="#Footnote_1082" class="fnanchor">[431]</a>, avec clos, jardin,
+prez, terres labourables d’environ 20,000 liv.,
+mais il ne faut pas qu’elle soit plus éloignée de
+4, 5 ou 6 lieues de Paris.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1082" href="#FNanchor_1082"><span class="label">[431]</span></a> C’est-à-dire, sans aucun titre ni droit seigneurial.</p>
+</div>
+<p>25. Une tapisserie verdure, Flandre ou Auvergne<a id="FNanchor_1083" href="#Footnote_1083" class="fnanchor">[432]</a>,
+de dix huit jusqu’à vingt quatre aulnes de
+tour plus ou moins, sur deux aulnes et demy
+d’hauteur, bonne et de hazard.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1083" href="#FNanchor_1083"><span class="label">[432]</span></a> Les manufactures des tapisseries d’Auvergne étoient
+une création de Colbert qui faisoit une rude concurrence à
+celles de Felletin, comme on le voit par un arrêt du Conseil
+du 21 août 1691 sur les droits d’entrée. Jabach, qui les
+avoit visitées pour Colbert, en 1688, lui en avoit rendu le
+meilleur compte. (<i>Corresp.</i> de Colbert, t. V, p. 520.)</p>
+</div>
+<p>26. On demande à achepter une terre en fief
+à dix ou douze lieues de Paris, où il y ait maison
+logeable, clos ou jardin, terres labourables,
+prez et bois, du prix d’environ 5,000 liv.</p>
+
+<p>27. Une tapisserie verdure de Flandre, ou
+Auvergne, qui ait depuis seize jusqu’à dix huict
+aulnes de tour, plus ou moins, de l’hauteur
+ordinaire, avec un bureau propre et en estat de
+servir à un marchand, le tout bon et de hazard.</p>
+
+<p>28. Une charge chez le Roy de 15,000 à
+16,000 liv., à condition que le vendeur se chargera
+de l’agréément et reception de l’achepteur,
+et qu’il luy remettra toutes les pièces nécessaires
+en main.</p>
+
+<p>29. Une maison en fief ou roture qui soit
+<span class="pagenum" id="p341">-341-</span> logeable, et où il y a clos ou jardin, prez, terres,
+vignes et bois, proche la rivière de Seine en
+montant, ou sur le chemin de Paris à Orléans,
+distante de Paris depuis cinq jusqu’à huit lieues,
+et dans l’élection de Paris, d’environ 10,000 liv.</p>
+
+<p>30. Deux garçons allemands de l’âge de vingt
+deux ans, qui ont fait toutes leurs estudes, et
+dont l’un sçait jouer du clavessin et du violon,
+demandent condition, soit valet de chambre<a id="FNanchor_1084" href="#Footnote_1084" class="fnanchor">[433]</a>,
+ou précepteur pour enseigner le latin et l’allemand<a id="FNanchor_1085" href="#Footnote_1085" class="fnanchor">[434]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1084" href="#FNanchor_1084"><span class="label">[433]</span></a> A cette époque, valets de chambre ou laquais jouoient
+presque tous du violon. De cette façon, lorsqu’ils avoient
+fini leur service, on savoit, aux dépens de ses oreilles il
+est vrai, ce qu’ils faisoient. L’Olive, le valet du <i>Grondeur</i>,
+joue du violon. V. acte I, sc. 1 ; et aussi Lemontey, <i>Hist.
+de la Régence</i>, t. II, p. 319.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1085" href="#FNanchor_1085"><span class="label">[434]</span></a> Nos guerres avec l’Allemagne avoient rendu cette étude
+assez ordinaire dans les grandes familles. La Bruyère, par
+exemple, savoit l’allemand et l’avoit enseigné à son élève,
+petit-fils de Condé.</p>
+</div>
+<p>31. Une tapisserie d’Auvergne depuis quatorze
+jusqu’à dix sept aulnes de tour, plus ou
+moins, sur deux aulnes et demie d’hauteur, avec
+un miroir glace de Venize de 25 à 30 pouces de
+haut, le tout bon et de hazard.</p>
+
+
+<p class="c"><i>Advis généraux.</i></p>
+
+<p>Un particulier donne advis au public qu’il
+possede un secret admirable et indubitable pour
+guérir toutes sortes de diarées, dissenteries, et
+flux epatique, qui ne demande a estre satisfait
+qu’après parfaite guérison des maladies.</p>
+
+<p>Un autre particulier guérit la goute, paralisie,
+<span class="pagenum" id="p342">-342-</span> ydropisie, rumatismes, toutes sortes de fièvres,
+et les maux vénériens, sans qu’on soit obligé de
+garder la chambre.</p>
+
+<p>Un particulier enseigne le toisé et l’arpentage,
+les fractions de fractions, le négoce, et change
+étranger, et l’arithmétique en toutes ses parties
+pour toutes sortes de professions étrangères, et
+autres, en un mois de temps, lorsqu’on saura
+les quatre règles. Plus les rédactions des poids
+et mesures étrangères, et autres, les évaluations,
+racine carrée et cube, règles de canonier, de
+navire et autres vaisseaux, la construction du
+carré magique<a id="FNanchor_1086" href="#Footnote_1086" class="fnanchor">[435]</a> par progression géométrique en
+proportion double, la carte<a id="FNanchor_1087" href="#Footnote_1087" class="fnanchor">[436]</a>, et plusieurs autres
+sciences, et du tout donne des leçons par écrit.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1086" href="#FNanchor_1086"><span class="label">[435]</span></a> On appeloit ainsi un carré formé de plusieurs cases,
+dans lesquelles on plaçoit des nombres dont la somme prise
+en tous sens étoit la même.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1087" href="#FNanchor_1087"><span class="label">[436]</span></a> C’est le nom qu’on donnoit à la géographie. Pour
+dire qu’on l’avoit apprise, on disoit, selon Richelet, qu’on
+savoit « la carte ». Il est aisé de comprendre, d’après cela,
+la locution populaire : « perdre la carte ».</p>
+</div>
+<p>Ceux qui auront quelque chose à commercer,
+vendre, achepter, troquer, ou loüer, prendront
+la peine s’ils ne veulent pas venir eux mesmes
+au Bureau, d’envoyer un Laquais avec un
+Mémoire instructif, et on leur donnera satisfaction.</p>
+
+<p>Ceux qui ont de grandes maisons dans Paris,
+ou à la campagne, et qui faute de les rendre
+publiques demeurent à les louer, parce que la
+pluspart des gens de qualité, et autres, ne lisent
+pas les affiches qui sont au coing des rues, n’auront
+qu’à envoyer le mémoire au Bureau, pour
+estre mis sur la liste.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p343">-343-</span> Les maistres des auberges, des académies, des
+écoles, des sciences, des messageries, et autres
+qui souhaitent de rendre leurs establissements
+publics, n’auront qu’à envoyer au Bureau leurs
+qualitez, leurs enseignes, lieu et demeure, et
+l’on les enregistrera, pour estre dans la suite
+indiquez aux estrangers, et à ceux qui viendront
+s’en informer au Bureau.</p>
+
+<p>Les Huissiers qui doivent aller en campagne
+dans les Provinces, viendront le déclarer au
+Bureau, et l’on leur envoyera les gens qui ont à
+faire dans les dites provinces pour s’emboucher<a id="FNanchor_1088" href="#Footnote_1088" class="fnanchor">[437]</a>
+avec eux<a id="FNanchor_1089" href="#Footnote_1089" class="fnanchor">[438]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1088" href="#FNanchor_1088"><span class="label">[437]</span></a> Pour « s’aboucher », mot qui n’avoit encore cours
+que chez les gens de distinction et dans les livres.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1089" href="#FNanchor_1089"><span class="label">[438]</span></a> Un passage du <i>Journal</i> de Colletet, à la date du 3
+octobre 1676, nous donne l’explication de celui-ci sur les
+singuliers trafics des Huissiers, qui, lorsque les affaires
+chômoient à Paris, en achetoient en province pour s’entretenir
+la main : « <i>Comme il y a</i>, dit Colletet, <i>des gens qui
+se plaisent dans la sollicitation des affaires, et qui en acheptent
+mesmes quand les leurs sont finies de peur de languir
+dans l’oysiveté, et pour y gagner leurs peines : nous leur
+donnons avis</i>, notamment si ce sont des Huissiers, qui font
+des courses à la campagne, <i>que nous leur ferons vendre à
+bon compte divers billets, cédulles et promesses, dont ils
+pourront faire leur profit, de particuliers encore vivants, deubs
+pour nourriture, logement et entretien, au payement de quoy
+plusieurs sont condamnez par sentence des Consuls</i>. »</p>
+</div>
+<p>Ceux qu’ils veulent achepter ou vendre des
+rentes, emprunter de l’argent et en placer, vendre
+des maisons et héritages, soit à Paris ou à
+la campagne, s’adresseront au Bureau.</p>
+
+<p>Ceux qui ont des Bénéfices à permuter et à
+donner à ferme, des charges à vendre ou à
+achepter, soit à Paris ou en Province, des bois
+<span class="pagenum" id="p344">-344-</span> à couper, des estangs à pescher, et qui font faire
+des inventaires forcés ou volontaires, prendront
+la peine de le venir déclarer au Bureau, ou
+envoyer un Mémoire instructif, et l’on en advertira
+le public par la liste.</p>
+
+<p>Ceux qui arrivent à Paris, et ceux qui en
+veulent partir soit pour voyager ou autrement,
+et qui ont besoin de plusieurs personnes pour
+faire leur trein, peuvent s’adresser au Bureau,
+et on leur en envoyera sur le champ de toutes
+les tailles, qualité et condition qu’ils les demanderont<a id="FNanchor_1090" href="#Footnote_1090" class="fnanchor">[439]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1090" href="#FNanchor_1090"><span class="label">[439]</span></a> Sur ces valets de louage, v. plus haut, p. <a href="#p50">50</a>.</p>
+</div>
+<p>Ceux qui écriront des lettres au Bureau en
+acquitteront le port, faute de quoy on ne les
+recevra point, parce que l’on s’en voit trop
+chargé jusqu’à présent.</p>
+
+<p>Les Etrangers qui doivent arriver à Paris
+avec équipage, pourront s’adresser au Bureau,
+mesme par lettre demander ce qu’ils ont à faire,
+soit pour logement, domestiques, ou autres
+choses.</p>
+
+<p>Et généralement tous ceux qui veulent rendre
+quelque chose publique, chercher ou indiquer,
+et qui d’ordinaire font mettre des affiches aux
+coings des rues, qui ne sont veües que de très
+peu de gens, et d’ailleurs déchirées et recouvertes
+les unes par les autres en peu de temps,
+au lieu de faire la depense pour l’affiche, n’auront
+qu’à envoyer les mémoires au Bureau, et
+l’on les mettra sur la liste, que l’on imprimera
+régulièrement tous les quinze jours, et que l’on
+<span class="pagenum" id="p345">-345-</span> vendra et distribuera de mesme que les Gazettes<a id="FNanchor_1091" href="#Footnote_1091" class="fnanchor">[440]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1091" href="#FNanchor_1091"><span class="label">[440]</span></a> Beaucoup de gens répugnoient à se voir affichés et ne
+devoient, par suite, recourir qu’avec plus d’empressement
+aux avantages des feuilles d’adresses. Colletet annonce
+dans son <i>Journal</i> du 11 sept. 1676 une personne qui étoit
+dans ce cas. « <i>Honneste homme</i>, dit-il, <i>qui sçait la langue
+latine et l’italienne de mesme, et qui ne peut se résoudre à
+voir son nom dans les affiches publiques, s’offre aux honnestes
+gens qui auront des livres italiens ou manuscrits à
+traduire fidèlement, d’y travailler quels que difficiles qu’ils
+soient ; de montrer cette Langue à quiconque désirera l’apprendre…</i> »</p>
+</div>
+<p>On sçaura au Bureau le nom des personnes
+qui veulent tant vendre qu’achepter.</p>
+
+<p><i>Le Bureau est dans l’enclos du Palais, Cour de
+la Moignon, du costé du Quay des Morfondus.</i></p>
+
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p346">-346-</span></p>
+
+<h3 id="c47">LISTE GÉNÉRALE<br>
+<span class="xsmall">DU</span><br>
+<span class="small">BUREAU D’ADRESSE ET DE RENCONTRE</span></h3>
+
+<p class="c"><span class="small">ESTABLI PAR PRIVILÈGE DU ROY</span><br>
+<i>en la Place Dauphine</i>.</p>
+
+
+<p class="c"><i>Du <span class="rm">1</span> Mars <span class="rm">1689</span><a id="FNanchor_1092" href="#Footnote_1092" class="fnanchor">[441]</a>.</i></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1092" href="#FNanchor_1092"><span class="label">[441]</span></a> V. notre <i>Introduction</i>, p. xlj. C’est par mégarde que
+nous y avons dit que les <i>Listes du Bureau d’adresse</i> recommencèrent
+à paroître en février 1689. Ce n’est qu’au mois
+de mars, dont nous reproduisons ici le numéro, qu’elles
+reprirent.</p>
+</div>
+<p>Le Bureau d’adresse et de rencontre se rétablit
+avec tant de succès, et devient d’une si grande
+utilité au Public que l’expérience fait encore
+juger favorablement de ceux qui en furent les
+autheurs.</p>
+
+<p>En effet Paris par son immensité estant regardé
+<span class="pagenum" id="p347">-347-</span> comme la patrie commune de tout le royaume,
+et s’y trouvant des gens de toutes les Nations
+non-seulement dans le commerce general, mais
+dans le particulier, tout devint également intéressé
+à découvrir ce qui tombe dans la nécessité
+du service, et dans le dessein du commerce.</p>
+
+<p>C’est de là qu’on a pris grands soins de rétablir
+le Bureau d’adresse et de rencontre, que les
+guerres et le mauvais usage de ceux qui en ont
+eu cy-devant l’administration, avoient rendu
+comme odieux au Public ; mais les réglements
+qu’on y a faits depuis y ont étably le bon ordre,
+la fidélité et le secret, de sorte qu’on y peut
+venir à présent de confiance, soit pour vendre,
+acheter, échanger, affermer ou autrement, soit
+pour le choix des gens de quelque nature et
+qualité qu’on les puisse souhaiter dans le domestique,
+ou, pour les domestiques, pour le choix
+des conditions. Les Commis du Bureau n’entrent
+de leur chef dans aucune affaire, toutes leurs
+occupations se renferment à recevoir les avis et
+déclarations de ceux qui se présenteront au
+Bureau, lequel n’est estably que pour l’indication
+purement et simplement.</p>
+
+
+<p class="c"><i>A Vendre.</i></p>
+
+<p>1. Six chevaux de carrosse gris blanc de six
+à huit ans avec leur harnois de roussy doré<a id="FNanchor_1093" href="#Footnote_1093" class="fnanchor">[442]</a>, du
+prix de 3,500 liv.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1093" href="#FNanchor_1093"><span class="label">[442]</span></a> Cuir de Russie. V. plus haut, p. <a href="#p37">37</a>.</p>
+</div>
+<p>2. Une charge de juré aulneur et visiteur de
+toiles<a id="FNanchor_1094" href="#Footnote_1094" class="fnanchor">[443]</a> de la Ville, Fauxbourgs et Banlieue de
+<span class="pagenum" id="p348">-348-</span> Paris, avec les émoluments et bourse commune<a id="FNanchor_1095" href="#Footnote_1095" class="fnanchor">[444]</a>,
+du prix de 12,500 liv. y compris la réception.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1094" href="#FNanchor_1094"><span class="label">[443]</span></a> Son office étoit d’auner les toiles, treillis, canevas,
+pour voir s’ils étoient bien de la mesure réglementaire. A
+chaque visite ils touchoient un droit. V. sur ces sortes
+d’offices jurés, t. I, p. 110.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1095" href="#FNanchor_1095"><span class="label">[444]</span></a> Elle se formoit de ce que chaque membre de la corporation
+devoit abandonner sur ce qu’il avoit perçu. Tous
+avoient ensuite, quel qu’eût été leur apport, droit au partage
+qui se faisoit à des époques déterminées.</p>
+</div>
+<p>3. Une maison scize en cette Ville, rue Geoffroy-Langevin,
+du prix d’environ 8,000 liv.</p>
+
+<p>4. Pour 50 à 60,000 liv. de rente en principal
+sur l’Hôtel de Ville<a id="FNanchor_1096" href="#Footnote_1096" class="fnanchor">[445]</a>, en plusieurs contractz
+creez au denier dix huit<a id="FNanchor_1097" href="#Footnote_1097" class="fnanchor">[446]</a> : il y a bonnes seuretez
+pour l’acquisition.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1096" href="#FNanchor_1096"><span class="label">[445]</span></a> V. plus haut, sur les rentes de l’Hôtel-de-Ville, t. I,
+p. 42-46.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1097" href="#FNanchor_1097"><span class="label">[446]</span></a> Un peu moins de six pour cent. V. une note un peu
+plus haut, p. <a href="#p334">334</a>.</p>
+</div>
+<p>5. Un grand carrosse couppé<a id="FNanchor_1098" href="#Footnote_1098" class="fnanchor">[447]</a> avec ses glaces,
+garny de velours cramoisi ; les harnois de deux
+chevaux de roussi bien dorez, de mesme que le
+carrosse monté sur un trein, le tout presque neuf,
+du prix de 1,500 liv.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1098" href="#FNanchor_1098"><span class="label">[447]</span></a> Moitié du grand carrosse que, pour cela, nous appelons
+encore aujourd’hui « un coupé ».</p>
+</div>
+<p>6. Un grand carrosse à deux fonds avec ses
+glaces garny de velours cramoisy fort propre,
+d’environ 600 liv.</p>
+
+<p>7. Une charge de garde en la connestablie de
+Messieurs les mareschaux de France<a id="FNanchor_1099" href="#Footnote_1099" class="fnanchor">[448]</a>, qui jouit
+<span class="pagenum" id="p349">-349-</span> de tous les privilèges, aux gages fixes de 200 l.
+avec les émoluments lors qu’on sert, du prix
+d’environ 1,800 liv.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1099" href="#FNanchor_1099"><span class="label">[448]</span></a> C’est un de ces gardes qui, venant dire dans le <i>Misanthrope</i> :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">Messieurs les Maréchaux dont j’ai commandement,</div>
+</div>
+
+</div>
+<p class="noindent">met le holà dans la dispute entre Alceste et Oronte. La
+Connétablie avoit ses audiences réglées le mercredi et le
+samedi dans l’enclos du Palais, à la Table de marbre.
+V. plus haut, t. I, p. 85.</p>
+</div>
+<p>8. Une terre en fief située près d’Etampes,
+qui ne releve que du Roy, consistant en maison
+à porte cochere, jardin, clos, terres labourables,
+prez, bois taillis, censives, droit de chasse, et
+autres, du prix d’environ 35,000 liv.</p>
+
+<p>9. Une grande maison à porte cochère, rue de
+la Verrerie, du prix d’environ 40,000 liv.</p>
+
+<p>10. Deux petites maisons en cette ville, rue
+neuve du Ponceau<a id="FNanchor_1100" href="#Footnote_1100" class="fnanchor">[449]</a>, louées 200 l. On les vendra
+sur le pied du denier vingt, argent comptant, et
+échangera mesme contre quelque rente ou maison
+de campagne ; et s’il convient donner du
+retour, on le fera.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1100" href="#FNanchor_1100"><span class="label">[449]</span></a> On appeloit ainsi la partie la plus récemment ouverte
+de la rue du Ponceau, qui donnoit sur la rue Saint-Martin.
+L’autre extrémité, où se trouvoit le petit pont sur l’égout,
+auquel la rue devoit son nom, s’appeloit déjà « le ponceau
+Saint-Denis » en 1391.</p>
+</div>
+<p>11. Plusieurs maisons à porte cochere bien
+bâties, grand jardin et terre scize au lieu du
+Roulle<a id="FNanchor_1101" href="#Footnote_1101" class="fnanchor">[450]</a>, ayant veue sur la grande ruë, à vendre
+ensemble ou séparément et en toutes seuretez,
+avec honneste composition.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1101" href="#FNanchor_1101"><span class="label">[450]</span></a> Le Roule n’étoit encore qu’un village de banlieue.
+C’est en 1722 seulement qu’il devint faubourg de Paris.
+V. <i>Archives hospitalières</i>, Hôtel-Dieu, t. I, p. 253, n<sup>o</sup> 3271.</p>
+</div>
+<p>12. Une fort belle et bonne Pandule sonnante<a id="FNanchor_1102" href="#Footnote_1102" class="fnanchor">[451]</a>,
+du prix de quinze pistolles.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1102" href="#FNanchor_1102"><span class="label">[451]</span></a> Richelet écrit « pendule », mais ajoute : « prononcez
+pandule ». L’invention due à Huyghens et que l’abbé Hautefeuille
+lui disputoit remontait à 1657. Or Huyghens ayant
+alors vingt-huit ans, et Hautefeuille dix seulement, la querelle
+de revendication tomboit d’elle-même.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p350">-350-</span> 13. Une charge de lieutenant des Eauës et
+Forests à Senlis, aux gages et droicts y attribuez,
+du prix d’environ 5,000 liv.</p>
+
+<p>14. Une maison à porte cochere bâtie à neuf,
+size au lieu de Clamard près Issy, jardin d’un
+arpent clos de murs, et autres fort belles commoditez,
+du prix d’environ 4,000 liv.</p>
+
+<p>15. Plusieurs meubles, tableaux, montres,
+diamants et autres bijoux, dont on fera bonne
+composition ensemble ou séparément.</p>
+
+<p>16. Un contract de constitution de rente de
+6,000 liv. en principal, fait à Paris, créé au
+denier vingt, deuë par un particulier Officier au
+Parlement de Guyenne, et dont on aura bon
+compte.</p>
+
+<p>17. Une maison au faubourg St. Marcel, rue
+de l’Oursine, du prix d’environ 6,000 liv.</p>
+
+<p>18. Un coffre fort bon et de hazard dont on
+fera bonne composition.</p>
+
+<p>19. Une tanture tapisserie de Flandre en sept
+pièces, tirant 24 aulnes sur 3 aulnes et demie de
+haut, representant l’histoire de Jules César, du
+prix d’environ 6,500 liv.</p>
+
+<p>20. Une autre tanture tapisserie de Flandre,
+tirant 23 aulnes, de la mesme hauteur, representant
+l’histoire d’Alexandre, du prix d’environ
+7,000 liv.<a id="FNanchor_1103" href="#Footnote_1103" class="fnanchor">[452]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1103" href="#FNanchor_1103"><span class="label">[452]</span></a> C’étoit une des tapisseries les plus à la mode. Le
+prix en montoit quelquefois plus haut qu’on ne le voit
+ici : « J’ai, dit la Tapissière, deux des plus belles garnitures
+de chambre qui se puissent voir, il y en a pour deux
+grandes salles ; ce sont <i>les Conquestes d’Alexandre contre
+Darius</i>, sur le même modèle qu’ont été faites celles dont le
+Roy a fait présent au duc de Lorraine, mais elles nous
+coûtent quinze mille livres. » <i>L’art de plumer la poule
+sans crier</i>, 1710, in-12, p. 82. — Nous trouvons dans le
+<i>Journal</i> de Colletet une tapisserie dont le prix est encore
+plus élevé : « <i>Nous savons</i>, dit-il, à la date du 28 octobre
+1676, <i>une superbe tenture de tapisserie, à personnages de
+piété, relevée d’or et de soie : Elle a plus de quarante aunes
+de tour, et plus de quatre de hauteur ; on ne la fait que
+vingt-cinq mille livres, quoy qu’elle en vale plus de quarante
+mille…</i> »</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p351">-351-</span> 21. Une grande maison à porte cochere size
+en cette ville, ayant veue sur les rues Jean Lointier<a id="FNanchor_1104" href="#Footnote_1104" class="fnanchor">[453]</a>
+et des Deux Boules, du prix d’environ
+trente mille liv. dont on en constituëra, s’il est
+convenu, la moitié, et prendra en payement pour
+l’autre une charge chez le Roy convenable à un
+gentilhomme ou de l’argent. Plus pour environ
+25,000 écus de terre au païs du Perche, près la
+ville de Belesme, dont il y en a une seigneuriale
+qui ne releve que du Roy ; on les échangera
+mesme contre d’autres terres près de Paris,
+charge comme dessus, ou d’une d’auditeur des
+Comptes.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1104" href="#FNanchor_1104"><span class="label">[453]</span></a> C’est le vrai nom de la rue que par corruption on
+appela plus tard Jean-Lantier ; elle le portoit dès le
+<small>XII</small><sup>e</sup> siècle.</p>
+</div>
+<p>22. Une maison à porte cochere très belle et
+bien bâtie, size au lieu de Pacy<a id="FNanchor_1105" href="#Footnote_1105" class="fnanchor">[454]</a>, avec jardin
+d’un arpent clos de murs, et autres commoditez,
+du prix de 6,000 liv.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1105" href="#FNanchor_1105"><span class="label">[454]</span></a> On écrivoit ainsi le plus souvent le nom de Passy près
+Paris, comme on écrit encore du reste Pacy-sur-Eure,
+Pacy-sur-Armançon.</p>
+</div>
+<p>23. Une maison à porte cochère size en cette
+<span class="pagenum" id="p352">-352-</span> ville, rue de la Champverrerie<a id="FNanchor_1106" href="#Footnote_1106" class="fnanchor">[455]</a>, du prix d’environ
+dix mil livres. Il y a bonnes seuretez pour
+l’acquisition.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1106" href="#FNanchor_1106"><span class="label">[455]</span></a> Lisez « de la Chanvrerie ».</p>
+</div>
+<p>24. Un grand lit bois noyer à colonnes torces,
+de damas cramoisy à fleurs d’or, ses tringues<a id="FNanchor_1107" href="#Footnote_1107" class="fnanchor">[456]</a>
+fer poly, la housse taffetas cramoisy, garni d’un
+sommier de crain, lit de plume, matelas, couverture
+et courte-pointe, avec six fauteuils et deux
+chaises mesme bois, couvertes de leurs housses,
+mesme taffetas, et dont on fera honneste composition.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1107" href="#FNanchor_1107"><span class="label">[456]</span></a> Tringles. Le mot est écrit ici comme on le prononçoit
+et comme on le prononce encore chez le peuple.</p>
+</div>
+<p>25. Une charge d’apotiquaire des Ecuries de
+Monsieur<a id="FNanchor_1108" href="#Footnote_1108" class="fnanchor">[457]</a>, qui jouit de tous les privilèges, aux
+gages fixes de 60 liv.<a id="FNanchor_1109" href="#Footnote_1109" class="fnanchor">[458]</a> et 200 liv. pour les
+remèdes qu’on est obligé de fournir pendant les
+six mois qu’on sert, avec privilège de tenir boutique
+ouverte à Paris ou en campagne. On se
+chargera mesme du service, hors Paris, du prix
+de 2,500 liv.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1108" href="#FNanchor_1108"><span class="label">[457]</span></a> Il y avoit deux de ces charges qui s’exerçoient par
+semestre, mais qui pouvoient être tenues, l’une et l’autre,
+par le même apothicaire, comme nous le voyons dans l’<i>État
+de France</i> de 1692, t. I, p. 744.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1109" href="#FNanchor_1109"><span class="label">[458]</span></a> L’<i>État de France</i> donne le même chiffre, mais sans
+ajouter le détail qui suit ici à propos des remèdes.</p>
+</div>
+<p>26. Une maison à porte cochère sise ruë de
+l’Esperon, du prix d’environ 38,000 liv.</p>
+
+<p>27. Une Terre en Touraine près la rivière de
+Loire, de l’Election d’Amboise, seigneur de
+paroisse, du prix d’environ 50,000 liv.</p>
+
+<p>28. Un grand miroir de 29 pouces de haut
+<span class="pagenum" id="p353">-353-</span> sur 20 de large, avec sa bordure de glace, du
+prix de 120 liv.<a id="FNanchor_1110" href="#Footnote_1110" class="fnanchor">[459]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1110" href="#FNanchor_1110"><span class="label">[459]</span></a> C’est la bordure de glace, à la façon de Venise, qui
+avoit fait hausser le prix de ce miroir. On a vu, en effet,
+plus haut, p. 143, que les miroirs de 30 pouces ne se
+vendoient pas plus de 80 livres.</p>
+</div>
+<p>29. Un grand Cabinet d’ebeine fort propre
+garny de quantité de tiroirs, dont on aura bon
+marché payant comptant<a id="FNanchor_1111" href="#Footnote_1111" class="fnanchor">[460]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1111" href="#FNanchor_1111"><span class="label">[460]</span></a> L’ébène étoit un des bois les plus employés pour les
+meubles à la mode. L’ouvrier qui les fabriquoit s’appeloit,
+comme on le voit dans le <i>Journal</i> de Colletet, 24 août 1676,
+« menuisier en ébène », d’où est venu notre mot ébéniste.
+Il faisoit surtout, comme on le voit ici, des cabinets. Aussi
+en anglois le fabricant de meubles s’appelle-t-il encore
+« <span lang="en" xml:lang="en">cabinet-maker</span> ».</p>
+</div>
+<p>30. Une douzaine Chaises bois noyer garnies
+et bien travaillées à la moderne, couvertes de
+leurs housses point de Hongrie<a id="FNanchor_1112" href="#Footnote_1112" class="fnanchor">[461]</a>, du prix de
+200 liv.<a id="FNanchor_1113" href="#Footnote_1113" class="fnanchor">[462]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1112" href="#FNanchor_1112"><span class="label">[461]</span></a> Sorte de point de fil qui n’étoit pas des plus fins ; c’est
+pourquoi Molière le fait figurer dans le <i>Mémoire</i> des hardes
+et nippes qu’Harpagon, en bon usurier, donne pour argent
+comptant à son emprunteur : « Un lit de quatre pieds à
+bandes de <i>point de Hongrie</i>, appliquées fort proprement sur
+un drap de couleur olive, avec six chaises et la courtepointe
+de même. » <i>L’Avare</i>, acte II, sc. 1.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1113" href="#FNanchor_1113"><span class="label">[462]</span></a> Ces housses se vendoient souvent sans le bois des
+chaises ou fauteuils. Le <i>Journal</i> de Colletet, 23 octobre 1676,
+en annonce une douzaine et demie, aussi de point de Hongrie,
+« toutes frangées, montées et prestes à mettre sur les
+bois… Les nuances, ajoute-t-il, en sont fort vives et d’une
+belle mode. »</p>
+</div>
+<p>31. Un cheval entier noir et blanc avec tous
+ses crains, à longue queuë, de l’âge de 4 à 5
+ans, fort vigoureux, du prix de 50 louïs d’or.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p354">-354-</span></p>
+
+<p class="c"><i>Demandes.</i></p>
+
+<p>32. On demande à achetter une tanture de
+tapisserie de Flandre de verdure, d’environ 19 à
+20 aulnes de tour sur l’hauteur ordinaire, qui
+soit bonne et de hazard, et point passée, où l’on
+mettra environ 200 louïs d’or.</p>
+
+<p>33. Une charge soit de ville ou autre, de 4,
+5 ou 6,000 liv. qu’on payera comptant.</p>
+
+<p>34. Une tanture tapisserie Damas de Luques,
+bonne et de hazard, d’environ 22 aulnes de tour,
+bonne et point passée.</p>
+
+<p>35. Un carrosse couppé propre et de hazard.</p>
+
+<p>36. Une tapisserie d’Auvergne de 18 aulnes
+de tour, bonne et point passée.</p>
+
+<p>37. Une maison en fief ou roture aux environs
+de Paris, où il y ait clos ou jardin, prez,
+terres, bois, du prix de douze à quinze mil
+livres.</p>
+
+<p>38. Une charge de judicature à Paris, du prix
+depuis 10 jusqu’à 20,000 liv. et plus.</p>
+
+<p><i>Le sieur Mouillard, bon Praticien et Arpenteur,
+logé rue de la Huchette à la Tour d’Argent, donne
+avis aux Seigneurs et Dames qui voudront faire
+renouveler leurs papiers terriers, et avoir des plants
+de leurs Seigneuries pour voir l’étenduë de leurs
+censives ; comme aussi à ceux qui ont des héritages
+à la campagne et qui en veulent avoir des cartes
+avec la contenance d’iceux par figure, pour empescher
+les usurpations, qu’il le fera, et pour seureté
+de sa conduite donnera bonne caution à Paris.</i></p>
+
+<p><i>Le sieur Rolas, rue Sainte Marguerite, fauxbourg
+<span class="pagenum" id="p355">-355-</span> St. Germain, entre un perruquier et un chandelier,
+première chambre, enseigne le toisé, l’arpentage, les
+fractions, les changes, l’arithmétique en toutes ses
+parties en un mois de temps, lorsqu’on saura les
+quatre règles, et plusieurs autres belles sciences,
+par une méthode courte et très facile ; et du tout
+donne des leçons par escrit<a id="FNanchor_1114" href="#Footnote_1114" class="fnanchor">[463]</a>.</i></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1114" href="#FNanchor_1114"><span class="label">[463]</span></a> Cette annonce est reproduite dans la liste suivante,
+avec cette différence pour l’adresse : « rue Sainte-Marguerite
+faubourg Saint-Germain, chez le mercier qui fait le
+coin de la rue des Cizeaux vis-à-vis la porte de l’Abbaye. »</p>
+</div>
+<p>Le Bureau est à l’entrée de la Place Dauphine
+du costé du Pont-Neuf entre l’epicier et le cabaretier<a id="FNanchor_1115" href="#Footnote_1115" class="fnanchor">[464]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1115" href="#FNanchor_1115"><span class="label">[464]</span></a> Cette adresse est répétée à la fin de la liste qui va
+suivre, avec ce détail en plus : « à la première chambre,
+au-dessus du cabaretier. »</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p356">-356-</span></p>
+
+<h3 id="c48">LISTE GÉNÉRALE<br>
+<span class="xsmall">DU</span><br>
+<span class="small">BUREAU D’ADRESSE ET DE RENCONTRE</span></h3>
+
+<p class="c"><i>estably par privilège du Roy en la place
+Dauphine</i>.</p>
+
+
+<p class="c">Du premier Avril 1689.</p>
+
+<p>Paris contenant en soy beaucoup plus de
+peuple que ville du monde, et son aport y estant
+si grand, non seulement de tous les naturels
+François, mais des Etrangers de toutes les nations,
+que les moyens que tout le monde y trouve de
+subsister ne sçauroient estre trop connus pour la
+grandeur de la ville et pour l’avantage des particuliers.</p>
+
+<p>Tous ceux dont on s’est servi jusqu’icy sur
+les avis qu’on a voulu rendre publics ont esté
+d’un foible secours, en comparaison du Bureau
+d’Adresse et de Rencontre, et des Listes qu’on
+<span class="pagenum" id="p357">-357-</span> a commencé de distribuer, parce que les Affiches
+se couvrent par la quantité des Placards<a id="FNanchor_1116" href="#Footnote_1116" class="fnanchor">[465]</a>, outre
+qu’elles ne contiennent que des avis particuliers,
+qu’on ne lit pas commodément et sans une
+espèce de pudeur<a id="FNanchor_1117" href="#Footnote_1117" class="fnanchor">[466]</a> pour les gens de distinction<a id="FNanchor_1118" href="#Footnote_1118" class="fnanchor">[467]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1116" href="#FNanchor_1116"><span class="label">[465]</span></a> Le Placard, s’appliquant d’autorité, pouvoit ainsi, de
+droit, couvrir les affiches. Elles-mêmes, en s’accumulant,
+couvroient des <i>Avis</i> qui valoient mieux qu’elles. Colletet
+s’en plaint dans son <i>Journal</i> du 8 août 1676 : « La quantité
+d’affiches, dit-il, ont caché un livre d’importance pour
+les curieux. » — Le placard se distinguoit des affiches par
+les armes du roi figurées en tête, et qui faisoient qu’on
+l’appeloit aussi « pannonceau royal ». C’est par placards,
+et non par affiches simples, qu’étoit annoncé tout immeuble
+à vendre par décret.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1117" href="#FNanchor_1117"><span class="label">[466]</span></a> Les affiches annonçant certains remèdes ne pouvoient
+pas, en effet, être lues « sans une espèce de pudeur ».
+On en peut avoir un exemple par celle que donne Locke
+dans la relation de son <i>Voyage à Paris</i>, et qu’a reproduite
+<i>Le Vieux-neuf</i>, 2<sup>e</sup> édit., t. II, p. 72.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1118" href="#FNanchor_1118"><span class="label">[467]</span></a> Le <i>Journal</i> de Colletet indique quelques affiches de
+livres ; ainsi, le 6 juillet 1676, le <i>Traité des maladies des
+femmes grosses</i>, par Fr. Mauriceau, dont il a été parlé plus
+haut, t. I, p. 159 ; et, le 1<sup>er</sup> août suivant, <i>Le Tailleur sincère</i>,
+avec plusieurs figures en taille-douce : « il se vend,
+dit-il, chez A. de Rafflé, rue du Petit-Pont, in-folio en
+parchemin 40 fr., et in-8 20 fr. » Il oublie d’ajouter que
+l’auteur s’appeloit Benoist Boulay, dont le portrait sert de
+frontispice. Son livre, « nécessaire, dit encore Colletet, pour
+ceux qui veulent pratiquer l’épargne », est aujourd’hui des
+plus rares.</p>
+</div>
+<p>Ces considérations, celles qui regardent l’utilité
+publique et l’avantage du commerce, qui
+depend des Rencontres et des Occasions que les
+avis font naistre, ont fait les principaux objets
+du r’establissement du Bureau d’Adresse et de
+Rencontre, et des précautions qu’on a prises de
+n’en confier l’administration qu’à des conditions
+<span class="pagenum" id="p358">-358-</span> portées par les Règlements, afin d’asseurer dans
+le Public la confiance des particuliers, et faciliter
+les ventes, achapts, amodiations, traités et
+conventions qui se font à l’egard des immeubles,
+et pour mettre dans un plus grand commerce
+toutes sortes de meubles, comme Lits, Tapisseries,
+Bijoux, Tableaux, Chevaux, Carrosses et
+autres effets, et principalement pour donner aux
+gens de qualité, et à ceux qui ont besoin de
+domestiques ; des Aumôniers, Gentilshommes,
+Ecuyers, Gouverneurs, Intendans, Receveurs,
+Secretaires, sous Secretaires, Hommes d’affaires,
+Solliciteurs, Commis, Ecrivains, Precepteurs,
+Maistres d’Hostel, Vallets de chambre, Suisses,
+Portiers, Concierges, Gardes-bois, Cochers,
+Postillons, Pallefreniers, Chasseurs, Fauconniers,
+Sonneurs de Cor, Jardiniers, Vignerons, Gens
+de Labour, Charretiers, Muletiers, Valets à tout
+faire, Laquais à gages et à récompense<a id="FNanchor_1119" href="#Footnote_1119" class="fnanchor">[468]</a>, et
+généralement toutes sortes d’autres domestiques,
+pour les recevoir, non seulement à leur choix,
+mais avec plus de seureté et de connoissance
+que par le passé, le Bureau n’estant estably que
+pour l’Indication.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1119" href="#FNanchor_1119"><span class="label">[468]</span></a> Les « laquais à récompense » se distinguoient des
+« laquais à gages » en ce qu’ils n’étoient payés pour ainsi
+dire que par hasard ou fantaisie. Après avoir servi trois
+ou quatre ans, ils reçevoient de leur maître trois ou quatre
+cents francs et n’avoient pas le droit d’en demander davantage.
+La plupart des valets de Regnard et de Dancourt sont
+des « laquais à récompense ».</p>
+</div>
+
+<p class="c"><i>A Vendre.</i></p>
+
+<p>1. Une charge de Substitut de M. le Procureur
+<span class="pagenum" id="p359">-359-</span> général à Paris, aux Gages et Droits y
+attribuez, du prix de 25,000 liv.</p>
+
+<p>2. Un Carrosse couppé avec 6 glaces de Venise
+garni de velours cramoisi, le tout comme
+neuf, du prix d’environ 700 livres.</p>
+
+<p>3. Une charge de grand Valet de pied de
+Madame<a id="FNanchor_1120" href="#Footnote_1120" class="fnanchor">[469]</a>, qui jouit de tous les privileges, aux
+gages et profits y joints, du prix de 3,000 liv.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1120" href="#FNanchor_1120"><span class="label">[469]</span></a> Ils étoient au nombre de dix, chacun à 20 sols par
+jour pour leur nourriture « outre leurs habits d’hiver et
+d’été ». <i>État de France</i> pour 1692, p. 776.</p>
+</div>
+<p>4. Deux grands chevaux de carrosse grissel<a id="FNanchor_1121" href="#Footnote_1121" class="fnanchor">[470]</a>
+à longue queue, de 5 à 6 ans, du prix de 1,000 l.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1121" href="#FNanchor_1121"><span class="label">[470]</span></a> Il faut lire <i>gris-sale</i>, une des nuances du gris admises
+dans les haras.</p>
+</div>
+<p>5. Des Tablettes bois noyer avec leurs bordures
+noires, fermant par un treillis de cuivre à
+2 portes<a id="FNanchor_1122" href="#Footnote_1122" class="fnanchor">[471]</a>, une grande Armoire bois chesne fermant
+de mesme, de 9 à 10 pieds de haut et de
+8 à 9 de large, le tout presque neuf, du prix de
+160 livres.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1122" href="#FNanchor_1122"><span class="label">[471]</span></a> Presque tous les corps de bibliothèque étoient disposés
+ainsi dans les cabinets. Louis Racine en avoit un de ce
+genre, comme on le voit par son inventaire aux <i>Mss.</i> de
+la Bibliothèque nationale.</p>
+</div>
+<p>6. Un beau coureur danois, poil bay<a id="FNanchor_1123" href="#Footnote_1123" class="fnanchor">[472]</a>, sans
+deffaut, propre pour l’armée, de 6 ans, du prix
+de 50 louis d’or.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1123" href="#FNanchor_1123"><span class="label">[472]</span></a> C’est le <i>cob</i> bai brun, trapu et à belle tête, encore
+recherché aujourd’hui. Le vrai cheval <i>danois</i> en usage au
+<small>XVII</small><sup>e</sup> siècle pour les attelages de luxe étoit, au contraire,
+grand, haut sur jambes, avec tête busquée et robe isabelle,
+pie ou tigrée.</p>
+</div>
+<p>7. Un carrosse couppé neuf, doré aux extremités<a id="FNanchor_1124" href="#Footnote_1124" class="fnanchor">[473]</a>,
+garny de drap gris, du prix d’environ
+800 liv.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1124" href="#FNanchor_1124"><span class="label">[473]</span></a> Cet excès de dorures pour les carrosses fut un peu
+plus tard prohibé par ordre du roi. V. <i>Correspond. admin.
+de Louis XIV</i>, t. II, p. 829, et <i>Variétés histor. et litt.</i>,
+Collect. elzévir., t. X, p. 254, note.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p360">-360-</span> 8. Une terre seigneuriale en Brie, 9 lieuës de
+Paris, avec haute, moyenne et basse justice,
+dont on aura un estat au Bureau, du prix de
+120,000 liv.</p>
+
+<p>9. Un coureur à courte queue<a id="FNanchor_1125" href="#Footnote_1125" class="fnanchor">[474]</a> de 5 à 6 ans,
+poil noir, du prix de 200 liv.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1125" href="#FNanchor_1125"><span class="label">[474]</span></a> Richelet définit ainsi le coureur : « cheval déchargé
+de taille, qui a la queue courte et coupée ».</p>
+</div>
+<p>10. Un grand lit de velours verd, ses campannes<a id="FNanchor_1126" href="#Footnote_1126" class="fnanchor">[475]</a>
+et molets de soye<a id="FNanchor_1127" href="#Footnote_1127" class="fnanchor">[476]</a>, doublé d’un satin
+couleur de serize avec sa courte pointe, ciel et
+dossier même satin, 7 fauteuils et 6 chaises même
+velours, le tout comme neuf, du prix de 1,000
+livres. Une pippe satin plaint, à fond blanc,
+chamarrée en rond d’haut en bas d’un point
+d’Espagne d’or et couleur de feu, avec des galons
+de velours même couleur, garni de campannes
+d’or, le tout presque neuf, du prix chacune de
+120 livres.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1126" href="#FNanchor_1126"><span class="label">[475]</span></a> V. une des notes précédentes, p. <a href="#p333">333</a>.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1127" href="#FNanchor_1127"><span class="label">[476]</span></a> C’étoit une sorte d’ornement frangé que Molière, en
+fils de tapissier, se garde bien de confondre avec la frange
+même, quand il dit dans le <i>Mémoire</i> de l’Avare : « Plus,
+un pavillon à queue, d’une bonne serge d’Aumale rose,
+sèche, avec le <i>mollet</i> et les franges de soie. »</p>
+</div>
+<p>11. Quantité de très beaux patrons, tapisserie
+de verdure en plusieurs pièces, peints sur du
+carton et de la toille, dont on aura bon prix.</p>
+
+<p>12. Deux tableaux de chasse originaux de
+Nicasius<a id="FNanchor_1128" href="#Footnote_1128" class="fnanchor">[477]</a>, de 6 pieds de haut sur 5 de large,
+<span class="pagenum" id="p361">-361-</span> l’une de Cerfs et l’autre de Chats sauvages, du
+prix de 24 louis d’or.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1128" href="#FNanchor_1128"><span class="label">[477]</span></a> C’est le peintre d’animaux Nicasius Bernaert, d’Anvers,
+élève de Sneyders et l’un des habitués de la maison
+de <i>la Chasse</i>, au coin des rues du Sépulcre et du Four,
+qui étoit, dit Dubois de Saint-Gelais, « le refuge des
+peintres de son pays ». Sa vie fut assez nomade, si l’on
+en juge par les registres de l’Académie de peinture. Reçu
+en 1663, il dut, pour cause d’absence, se faire recevoir une
+seconde fois deux ans après et se faire réadmettre encore
+en 1672. Sa vieillesse se noya dans l’ivrognerie. Il en mourut
+à 70 ans, le 16 septembre 1678. Desportes fut quelque
+temps son élève.</p>
+</div>
+<p>13. Un lit de garçon de 3 pieds et demy de
+large, Damas de Lucques aurore et cramoisy,
+avec sa couverture et 2 teyes d’oreillers de Marseille,
+le tout presque neuf, du prix de 200 liv.
+Un Cabinet de Flandre d’écaille de Tortue et
+d’Ebeine à tiroir, très beau et bien travaillé, du
+prix de 150 livres.</p>
+
+<p>14. Un Colier de perles rondes de belle eau,
+très beau et bien choisy, du prix de 200 louïs
+d’or.</p>
+
+<p>15. Une tenture de tapisserie verdure de Flandre
+en 6 pièces, de la hauteur et longueur ordinaire,
+comme neuve, du prix de 800 liv. Une
+montre en Pendule faite par Martinot<a id="FNanchor_1129" href="#Footnote_1129" class="fnanchor">[478]</a>, à boëtier
+d’or, sa chaine de même avec son étuit de chagrin
+garny de cloux d’or, du prix de 15 louïs
+d’or. Plus 2 Miroirs, l’un tout de glace de Paris,
+<span class="pagenum" id="p362">-362-</span> dont la principale est de 27 pouces de haut sur
+21 de large, du prix de 150 livres, et l’autre de
+Venize de 22 pouces de haut sur 17 de large,
+avec sa bordure d’Ebeine, du prix de 80 livres.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1129" href="#FNanchor_1129"><span class="label">[478]</span></a> Les Martineau formoient toute une dynastie d’horlogers,
+dont l’un, Louis-Henry, étoit, en 1692, valet de
+chambre horloger du roi. En 1700, une descente fut faite
+chez deux d’entre eux pour avoir contrevenu à l’édit contre
+le luxe. L’un dut laisser saisir vingt pendules, l’autre dix-huit.
+Ils logeoient sur le quai des Orfèvres. Un Martineau,
+qui étoit de la Religion, partit pour Londres après la révocation
+de l’Édit et s’y rendit célèbre dans son métier. C’est
+de lui que descendoit miss Harriett Martineau, qui s’est fait
+un nom dans les romans d’éducation. V. sur les Martineau,
+Wood, <i lang="en" xml:lang="en">Curiosities of clocks</i>, 1866, in-8, p. 387.</p>
+</div>
+<p>16. Une très belle maison à porte cochere
+bâtie à neuf, située près Grosbois en Brie, Jardins,
+Cloz, Prez, Terres, Vignes, Bois, Glacière,
+Reservoir, Canal garny de Poissons, et autres
+fort belles et utiles commodités, du prix de 45
+mille livres.</p>
+
+<p>17. Deux charges, l’une de Lieutenant du
+Prevost général de Flandre et Haynault aux
+gages de 1,250 livres, payez par quartier avec
+privilege et exemption de tous imposts dans
+Valancienne où est la résidence, du prix d’environ
+18,000 livres ; et l’autre de Garde au même
+Pays, aux gages fixes de 375 livres, outre quantité
+de profits, du prix de 2,000 livres.</p>
+
+<p>18. La charge de Lieutenant criminel d’une
+Ville, sise sur le bord de la rivière de Loire, où
+il y a Presidial, Bailliage, Prevoté et Gouvernance,
+du prix d’environ 35,000 liv.<a id="FNanchor_1130" href="#Footnote_1130" class="fnanchor">[479]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1130" href="#FNanchor_1130"><span class="label">[479]</span></a> A la suite de cet article 18, nous en supprimons huit
+qui ne sont que la reproduction d’articles déjà insérés dans
+la liste précédente. Le 19<sup>e</sup> de celle-ci, liste d’avril, se
+trouve le 2<sup>e</sup> de celle de mars ; le 20<sup>e</sup>, le 8<sup>e</sup> ; le 21<sup>e</sup>, le 10<sup>e</sup> ;
+le 22<sup>e</sup>, le 11<sup>e</sup> ; le 23<sup>e</sup>, le 13<sup>e</sup> ; le 24<sup>e</sup>, le 21<sup>e</sup> ; le 26<sup>e</sup>, le
+32<sup>e</sup> ; et le 28<sup>e</sup>, le 37<sup>e</sup>. Nous ne conservons que les n<sup>os</sup> 25
+et 29, qui ne figurent pas dans l’autre liste.</p>
+</div>
+<p>25. Deux grandes Maisons à porte cochere
+sises en cette Ville à louer presentement moyennant
+900 livres chacune, l’une rue S. Martin,
+près la rue aux Ours, vis à vis le cul de sac de
+la rue S. Julien<a id="FNanchor_1131" href="#Footnote_1131" class="fnanchor">[480]</a> ; et l’autre sise rue des Gravilliers,
+<span class="pagenum" id="p363">-363-</span> avec un grand et beau jardin, dans lesquelles
+il y a toutes sortes de commoditez.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1131" href="#FNanchor_1131"><span class="label">[480]</span></a> C’est la rue ou ruelle Saint-Julien, qui devoit son
+nom au voisinage de l’église de St-Julien-des-Ménétriers.
+Elle prit ensuite le nom de rue du Maure.</p>
+</div>
+
+<p class="c"><i>Demandes.</i></p>
+
+<p>29. Une Terre en fief, distant depuis 6 jusqu’à
+18 lieues de Paris, près, s’il se peut, de
+quelque petite Ville ou Bourg, où il y ait maison
+logeable, jardin, cloz, prez, terres et bois,
+du prix de 50 à 60,000 livres.</p>
+
+<p>Le sieur Macard continue à faire debiter les
+instruments de Mathématiques du defunt S<sup>r</sup> Sevin
+dans sa boutique sur le Quay des Morfondus,
+à l’Astrolabe<a id="FNanchor_1132" href="#Footnote_1132" class="fnanchor">[481]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1132" href="#FNanchor_1132"><span class="label">[481]</span></a> V. pour les ouvriers en instruments de mathématiques,
+t. I, p. 148.</p>
+</div>
+<p>Le sieur Legeret, maistre menuisier à Paris,
+rue Saint Loüis, Isle Notre-Dame, donne avis
+qu’il fait et vend une machine fort légère et portative,
+par luy depuis peu inventée, qui coupe
+la paille aussi menue qu’est l’avoine, ce qui fait
+que les chevaux la mangent plus facilement,
+surtout lorsqu’on y mêle un peu d’avoine.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p364">-364-</span></p>
+
+<h3 id="c49">LISTE GÉNÉRALE<br>
+<span class="xsmall">DU</span><br>
+<span class="small">BUREAU D’ADRESSE ET DE RENCONTRE</span></h3>
+
+<p class="c"><i>estably par privilège du Roy en la place
+Dauphine.</i></p>
+
+
+<p class="c">Premier May 1689.</p>
+
+<p>Pendant que toute l’Europe armée contre la
+France travaille à porter la gloire du Roy jusqu’à
+l’Immortalité<a id="FNanchor_1133" href="#Footnote_1133" class="fnanchor">[482]</a>, pendant que son nom seul
+fait trembler l’Univers, et qu’il porte la Terreur
+et la Crainte jusque sur les Trosnes et jusqu’au
+Cœur des Armées les plus nombreuses, l’amour
+<span class="pagenum" id="p365">-365-</span> au dedans arme ses sujets et luy donne chaque
+jour de nouvelles marques de sa grandeur, on la
+voit en effet portée à un point où l’espérance
+même des autres Roys n’estoit jamais parvenuë,
+non seulement dans ses forces, dans la protection
+de ses alliés, dans la magnificence de son règne,
+dans les vertus du Siècle et de la Religion ; mais
+encore dans ses Estats, Paris n’est pas seullement
+la Capitale du Royaume ; mais celle du Monde
+ou pour mieux dire un monde entier où ce qu’il
+y a de sublime dans la politique, dans les Sciences
+et les Arts, de libre dans la politesse, de bon
+dans les mœurs, de grand dans les cœurs,
+d’heureux et de fidelle dans le commerce, y rassemble
+les peuples les plus esloignez pour en
+composer une Ville de tous les Habitans du
+monde, où l’ordre dans la confusion fournit
+égallement à tous les moyens de subcister, et où
+le Bureau d’adresse et de rencontre rétably par
+les Ordonnances du Roy pour l’indication seulement,
+donne à ce monde entier les avis, les
+ouvertures et la facilité pour vendre, achepter,
+échanger et affermer soit charges, seigneuries,
+terres, maisons, rentes, meubles, tableaux, chevaux,
+carrosses et generallement tout ce qui
+tombe en commerce ; les Maîtres de quelques
+conditions qu’ils soient y trouveront toutes sortes
+de domestiques avec les informations toutes faites
+pour les prendre avec une confiance égalle, et
+les Domestiques des conditions suivant qu’ils en
+sont plus ou moins capables.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1133" href="#FNanchor_1133"><span class="label">[482]</span></a> On étoit alors sous le coup direct des menaces de la
+Ligue d’Augsbourg, qui réunissoit contre nous l’Empire,
+l’Espagne, la Suède, la Bavière, la Saxe et, par surcroît,
+la Hollande et l’Angleterre, depuis que l’expulsion de
+Jacques II avoit eu pour conséquence l’avènement du prince
+d’Orange, son gendre, sous le nom de Guillaume III.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p366">-366-</span></p>
+
+<p class="c"><i>A vendre.</i></p>
+
+<p>1. Une charge de Ville de Cinquantenier<a id="FNanchor_1134" href="#Footnote_1134" class="fnanchor">[483]</a>, qui
+exempte de tutelle, curatelle, logement de gens
+de guerre et plusieurs autres<a id="FNanchor_1135" href="#Footnote_1135" class="fnanchor">[484]</a>, d’environ 500 l.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1134" href="#FNanchor_1134"><span class="label">[483]</span></a> Le cinquantenier étoit, en effet, un officier de ville.
+Chaque quartenier, ou officier de quartier, en avoit deux
+sous son commandement, auxquels il transmettoit les ordres
+de la ville pour qu’ils les fissent savoir aux bourgeois.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1135" href="#FNanchor_1135"><span class="label">[484]</span></a> Ces espèces de charges n’avoient pour bénéfices que
+des exemptions. On n’y étoit payé que par ce qu’on ne
+payoit pas.</p>
+</div>
+<p>2. Deux charges aux Siège présidial et Baillage
+de Vitry le François en Champagne, l’une
+de Président aux gages de 330 livres, et l’autre
+de Conseiller aux gages de 50 livres, dont les
+émoluments sont de 150 livres, plus un droit de
+deux sols pour livre sur les émoluments qui se
+lèvent aux dits sieges, qui est de 60 livres de
+rente, et du tout on fera bonne composition.</p>
+
+<p>3. Une chaise roulante à ressorts sur deux
+roues<a id="FNanchor_1136" href="#Footnote_1136" class="fnanchor">[485]</a>, garnie d’un petit velours rouge et blanc,
+dont on aura bon compte.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1136" href="#FNanchor_1136"><span class="label">[485]</span></a> Ces sortes de chaises, que traînoit un valet, furent
+très longtemps en usage. On s’en servoit encore en province
+au commencement de ce siècle. Il y en avoit d’autres,
+découvertes, qu’on appeloit « chaises à parasol », qui
+n’étoient employées que pour promener les dames dans les
+jardins ou les parcs. Seignelay les avoit mises à la mode,
+lorsqu’il avoit reçu le roi à Sceaux au mois de juillet 1685 :
+« Ce fut là, dit l’abbé Le Beuf, qu’on vit les premières
+chaises tirées par des hommes pour se promener dans les
+jardins. On les connoissoit à Versailles, mais elles étoient
+plus simples. Les chaises de Sceaux étoient à quatre personnes
+et quatre parasols. Les hommes qui les conduisoient
+ne marchoient pas devant, mais de chaque côté. » <i>Hist.
+du diocèse de Paris</i>, t. IX, p. 379. A Marly, le roi fit établir
+dans les grandes allées un système de rainures de fer,
+pour que le mouvement de ces chaises roulantes y fût plus
+facile et moins cahoté. Ce sont nos premiers tramways.
+V. le bel ouvrage de M. Guillaumot, <i>Monographie du château
+de Marly-le-Roi</i>, gr. in-fol.</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p367">-367-</span> 4. Un carrosse couppé comme neuf à six
+glaces, garny de velours rouge avec ses ressorts,
+harnois et testières garnis de cloux dorez<a id="FNanchor_1137" href="#Footnote_1137" class="fnanchor">[486]</a> du
+prix d’environ 1,000 livres.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1137" href="#FNanchor_1137"><span class="label">[486]</span></a> La Bruyère, lorsqu’il s’est indigné du luxe de ces
+carrosses, n’a oublié aucun des détails qui sont ici : « les
+rangs de clous parfaitement dorés, les doubles soupentes,
+les ressorts, etc. »</p>
+</div>
+<p>5. Deux grands chevaux de carrosse poil noir
+à longue queue, de 4 à 5 ans, du prix de 1,100
+livres.</p>
+
+<p>6. Une maison à porte cochere, size à Vanvre,
+où il y a toutes sortes de commodités avec
+un clos de 4 arpens, du prix de 6,000 liv.</p>
+
+<p>7. Une Maison à porte cochere, size au lieu
+d’Antoni, Clos et Jardin derrière de 6 arpens,
+avec 6 arpens de pré, du prix de 1,500 liv.</p>
+
+<p>8. Une Maison à porte cochere size à Montreuil,
+cloz de dix arpens, où il y a parterre,
+jardin, potager, bois d’haute fustaye et autres
+choses avec quantité d’eaue, et dans une très
+belle veue, dont on aura bonne composition.</p>
+
+<p>9. Une terre en Fief et Seigneurie, size près
+Mauleon en Poictou, affermée 4,200 livres, qu’on
+aura à bon prix.</p>
+
+<p>10. Une Maison à porte cochere size sur le
+chemin de Chartres, 10 lieues de Paris, jardins,
+clos de deux arpens, sept arpens de pré, et 130
+arpens de terre, le tout près et attenant la maison
+et du prix de 13,000 liv.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p368">-368-</span> 11. Une Maison à porte cochere, quartier de
+la Porte S. Michel, rue des Francs Bourgeois,
+du prix d’environ 30,000 liv.</p>
+
+<p>12. Un grand lit de tapisserie à petit point de
+toutes sortes de fleurs en broderie sur un drap
+d’Espagne couleur de musc brun doublé d’un
+satin de la Chine<a id="FNanchor_1138" href="#Footnote_1138" class="fnanchor">[487]</a>, sa courte-pointe, ciel et dossier
+même satin, 4 pommes même Drap et tapisserie
+avec leurs bouquets de plumes et egrettes,
+un Tapy de Table à 4 pans, trois fauteüils même
+tapisserie et point, 12 chaises à dossiers et 8
+sieges pliants aussi tapisserie, et du tout on fera
+bon prix.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1138" href="#FNanchor_1138"><span class="label">[487]</span></a> L’accoutrement de ce lit rappelle un des habits que
+Molière portoit à la ville : « un juste au corps de drap de
+Hollande musc, avec une veste de satin de la Chine. »
+Soulié, <i>Recherches sur Molière</i>, p. 278.</p>
+</div>
+<p>13. Une Maison à porte cochere size au lieu
+de Maisons, près Charenton, avec Jardin de deux
+arpens clos de murs et autres commodités, à
+vendre pour 6,000 livres ou à louër<a id="FNanchor_1139" href="#Footnote_1139" class="fnanchor">[488]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1139" href="#FNanchor_1139"><span class="label">[488]</span></a> Les articles qui suivent étant les mêmes que quelques-uns
+de ceux de la liste précédente, nous nous contenterons
+de renvoyer à celle-ci, en indiquant à quels numéros
+ceux que nous supprimons correspondent. Le n<sup>o</sup> 14 de la
+présente liste reproduit textuellement le n<sup>o</sup> 1 de celle
+d’avril ; le 15 est le 5 ; le 16, le 8 ; le 17, le 10 ; le 18,
+le 11 ; le 19, le 12 ; le 20, le 25 ; le 21, le 14 ; le 22,
+le 15, avec cette simple addition : « et du tout on fera
+bon prix. » Le 23 est le 16 ; le 24, le 17 ; le 25, le 18 ;
+le 26, le 19 ; le 27, le 29 ; le 29, le 31.</p>
+</div>
+
+<p class="c"><i>Demandes.</i></p>
+
+<p>28. On demande à achetter une tenture tapisserie
+de Damas cramoisi de Lion ou Gennes.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p369">-369-</span> On indiquera au Bureau un homme de Lettres
+pour composer Factums, Placets, Lettres,
+Mémoires, Préambules, Discours publics ou autres
+ouvrages où l’on voudra un stile net, concis,
+juste et une diction pure et éloquente<a id="FNanchor_1140" href="#Footnote_1140" class="fnanchor">[489]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1140" href="#FNanchor_1140"><span class="label">[489]</span></a> Ces sortes d’écrits, notamment les <i>factums</i> ou <i>mémoires</i>
+sur procès, étoient quelquefois l’œuvre des écrivains les
+plus distingués. Racine ne dédaigna pas d’en rédiger pour
+M. de Luxembourg dans un procès des plus importants :
+« Le célèbre Racine, dit Saint-Simon, édit. Hachette, in-18,
+t. I, p. 91, si connu par ses pièces de théâtre…, prêta
+sa belle plume pour polir les factums de M. de Luxembourg
+et en réparer la sécheresse de la matière par un
+style agréable et orné. »</p>
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p371">-371-</span></p>
+
+<h3 id="c50">LISTE DES AVIS<br>
+<span class="xsmall">DU</span><br>
+<span class="large">JOURNAL GÉNÉRAL</span><br>
+<span class="small">DE FRANCE,</span></h3>
+
+<p class="c"><span class="small">OU BUREAU DE RENCONTRE ;</span><br>
+<i>Pour servir au Public depuis le Mercredy
+18 Novembre, jusqu’au Mercredy
+2<sup>e</sup> Décembre 1693</i>.</p>
+
+<p class="drap">On recevra les avis tous les jours, et on donnera
+tous les Mercredys, de quinze jours en
+quinze jours, des Listes nouvelles.</p>
+
+<p class="drap"><i>Par permission du Roy contenuë en ses Brevets,
+Arrests de son Conseil d’Estat, Déclaration,
+Privilege, Confirmation, Arrests de la Cour de
+Parlement, Sentences et Jugements donnez en
+consequence.</i></p>
+
+
+<p class="c">A PARIS,</p>
+
+<p class="c">Au Bureau d’Adresse et de Rencontre étably
+dans le Marché Neuf, chez un Serrurier,
+attenant la Barriere des Sergens.</p>
+
+<p class="c"><i>Le Tableau où est le Privilege du Roy sert d’Enseigne.</i></p>
+
+<p class="c"><i>Avec permission.</i><br>
+<i>M. DC. XCIII.</i></p>
+
+<div class="break"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p373">-373-</span></p>
+
+<p class="c top4em">LISTE DES AVIS<br>
+<span class="large">DU JOURNAL GÉNÉRAL</span><br>
+<span class="small">DE FRANCE</span><br>
+<span class="xsmall">OU BUREAU DE RENCONTRE.</span></p>
+
+
+<p><i>Plusieurs personnes viennent au Bureau pour
+s’informer de quelle maniere il faut dresser leurs
+Mémoires, et d’autres en envoyent qui ne sont pas
+assez instructifs ; comme il faudroit bien du temps
+pour instruire tous ceux qui y viennent les uns
+après les autres, on a jugé à propos pour satisfaire
+à ce que plusieurs ont demandé de dresser quelques
+articles, et de continuer dans les Listes suivantes,
+jusqu’à ce qu’on aye parlé de tous ceux qui peuvent
+y estre employez. En voici quelques-uns qui peuvent
+servir de Modèles.</i></p>
+
+<p><i>Si quelqu’un est dans le dessein de vendre une
+Terre, voicy comme il en doit dresser le Mémoire.</i></p>
+
+<p><i>La Terre de … qui est à … lieues de Paris,
+et située à … est à vendre. Elle consiste en plusieurs
+<span class="pagenum" id="p374">-374-</span> pavillons, ou bien en un corps de logis dans
+le fonds de la cour, avec deux ailes ou non sur les
+côtez, et contient tant d’appartements, tant de
+chambres, tant de greniers, offices, cuisines, caves,
+écuries, celliers, colombiers et granges. Il faut
+marquer de quoy le tout est couvert, la grandeur de
+la court, s’il y a des espaliers autour des murs de
+la dite court, si les murs sont percez par des portes
+ou balustrades, qui donnent entrée aux jardins.
+S’il y a des fleurs, des fruits, des legumes, des jets
+d’eaux, des vignes, des bois, des bleds, du S. foin,
+et généralement tout ce qui peut faire du revenu ou
+servir à l’embellissement ; on doit ajouter si la maison
+est en belle veuë, et si la riviere passe auprès,
+et à combien de distance ; on ne doit pas oublier s’il
+y a des fossez, une basse court, s’il y a quantité de
+terres labourables, s’il y a des terres seigneuriales,
+si cette terre a droit de haute, basse et moyenne
+justice, si la Cure ou quelques autres bénéfices en
+dépendent, et tous les autres droits qu’elle peut
+avoir, si elle a titre de Baronnie, de Vicomté, ou
+autre, si l’on est Seigneur entier d’une ou deux
+paroisses, s’il y a des fiefs, s’il y a des estangs,
+combien la Terre est affermée, avec ou sans réserve,
+si on la veut échanger, si l’on veut toute la somme
+en argent comptant, des rentes, ou quelque autre
+chose, et quelles seuretez on donnera. On peut faire
+un détail à proportion pour les grandes et petites
+Maisons de Campagne, et pour les grandes et
+petites maisons à vendre ou à loüer à Paris ; On y
+peut ajouter les commoditez, les dégagements, les
+cheminées et alcôves, avec leurs ornements, les
+dorures et peintures, et marquer combien on veut
+loüer ou vendre les Maisons, combien elles sont
+<span class="pagenum" id="p375">-375-</span> louées, et s’il y a des escaliers separez, et plusieurs
+sorties, afin que celui qui se chargera de toute la
+Maison puisse connoistre par là s’il en peut facilement
+reloüer les Appartements. Comme chaque particulier
+sait mieux l’estat de son bien et de ses
+affaires que les plus intelligens, ces articles pourront
+estre encore mieux dressez sur l’idée que l’on
+en donne. Voicy un Model d’un article pour une
+charge à vendre.</i></p>
+
+<p><i>On veut vendre une Charge, il faut marquer si
+elle est chez le Roy, ou de judicature, et si elle est
+unique à la Cour ou dans son siège ; il faut mettre
+si elle est de Paris, ou à combien de Paris, dans
+quelle Province, et dans quelle Ville, il faut dire
+quels en sont les Privilèges, combien elle a de gages,
+si elle a droit de commissions<a id="FNanchor_1141" href="#Footnote_1141" class="fnanchor">[490]</a>, si elle exempte de
+Taille et de Tutelle, combien on la veut vendre, et
+si l’on veut toute la somme en argent comptant.</i></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1141" href="#FNanchor_1141"><span class="label">[490]</span></a> Privilège très envié, surtout lorsque c’étoit le droit
+de <i lang="la" xml:lang="la">committimus</i> au grand sceau, parce qu’il donnoit droit
+à ne plaider que devant certains juges, et ainsi à n’évoquer
+les causes que là où elles avoient intérêt. Les membres
+de l’Académie françoise en jouissoient, ce qui donna occasion
+à l’abbé de Villiers d’écrire ces quelques lignes dans
+le <small>XXXI</small><sup>e</sup> dialogue de ses <i>Vérités satyriques</i>, p. 266 :</p>
+
+<p>« <span class="sc">Critas.</span> Je sçai que vous avez des procès…</p>
+
+<p>« <span class="sc">Protas.</span> Eh bien ! en faut-il davantage pour être de
+l’Académie ? Cela me donnera droit de <i lang="la" xml:lang="la">committimus</i> au
+grand sceau ; n’est-ce rien pour un homme qui a des
+procès ?</p>
+
+<p>« <span class="sc">Critas.</span> Je n’y faisois pas réflexion, et cette raison ne
+m’étoit pas venue dans l’esprit. Rien n’est mieux pensé,
+rien n’est mieux imaginé que de se faire de l’Académie
+pour plaider à son aise, c’est-à-dire tant qu’on voudra, et
+partout où l’on voudra. »</p>
+</div>
+<p><span class="pagenum" id="p376">-376-</span></p>
+
+<p class="c xsmall">AVIS.</p>
+
+<p><i>Comme l’expérience fait voir qu’il y a de l’incommodité
+à prendre des Domestiques de la main
+de ses amis, que l’on ne peut lorsqu’ils déplaisent
+congédier sans les offenser, et qui sont autant
+d’Espions domestiques qui leur reportent tout ce qui
+se fait chez vous, et en cas de malversation on ne
+poursuit pas en justice les Amis qu’on ne fait point
+obliger devant notaire ; ces considerations devroient
+engager un chacun d’avoir plus volontiers recours
+au Bureau, où l’on n’en reçoit aucuns qui n’aient
+de bonnes cautions, gens solvables et non attitrez.</i></p>
+
+
+<p class="c"><span class="xsmall">VOICY LE DÉTAIL</span><br>
+<i>des domestiques que l’on trouve au Bureau</i>.</p>
+
+<p class="c">Sçavoir,</p>
+
+<ul>
+<li>Aumôniers.</li>
+<li>Precepteurs.</li>
+<li>Escuyers.</li>
+<li>Maistres d’hostels.</li>
+<li>Secrétaires.</li>
+<li>Hommes d’affaires.</li>
+<li>Receveurs.</li>
+<li>Concierges.</li>
+<li>Commis.</li>
+<li>Hommes de Chambres.</li>
+<li>Chasseurs.</li>
+<li>Garde-bois.</li>
+<li>Cochers.</li>
+<li>Portiers.</li>
+<li>Laquais.</li>
+<li>Postillons.</li>
+<li>Palfreniers.</li>
+<li>Et autres ayant tous de bons répondants.</li>
+</ul>
+
+<p class="c xsmall">IMMEUBLES.</p>
+
+<p>On veut vendre une maison à huit lieues
+de Paris, size le long de la rivière d’Oize, entre
+<span class="pagenum" id="p377">-377-</span> Beaumont<a id="FNanchor_1142" href="#Footnote_1142" class="fnanchor">[491]</a> et l’Isle Adam ; Elle consiste en un
+corps de logis et deux Pavillons, dans les quels
+il y a plusieurs appartements, salle, chambre,
+cabinets, cuisine, office, garde-manger, cave,
+greniers, grange, écurie, remise de carrosse,
+foulerie, et autres commoditez ; il y a aussi un
+Coulombier, qui rapporte en pigeonneaux et en
+fumier 100 livres de rente ; il y a des Jardins et
+enclos où il y a quantité de bons arbres fruitiers,
+on vend pour 200 livres de fruits tous les ans,
+on recueille aussi sept à huit cent de bon foin
+qui sert dans la maison, on peut aussi faire venir
+à Paris ce que l’on veut par la Rivière, qui n’est
+qu’a 200 pas de la dite Maison ; on en donnera
+une plus ample explication aux personnes qui
+voudront l’acheter, et on en fera un prix raisonnable.
+<i>Adresse au Bureau.</i></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1142" href="#FNanchor_1142"><span class="label">[491]</span></a> Beaumont-sur-Oise, canton de l’Isle-Adam.</p>
+</div>
+<p>On veut vendre une Maison size au faubourg
+S. Germain, le terrain fait face sur la rue de
+Grenelle et sur la rue S. Dominique, d’environ
+huit à neuf toises sur 106 à 107 de longueur,
+fermé de bons murs dans l’Enclos du Marais ; il
+y a plusieurs arbres fruitiers, des espaliers le
+long des murs par un treillage d’echalats de
+cœur de chesne, avec deux puits, une petite
+Maison pour le Jardinier et une petite serre à
+costé<a id="FNanchor_1143" href="#Footnote_1143" class="fnanchor">[492]</a>. Plus, un corps de logis bati en pavillon
+<span class="pagenum" id="p378">-378-</span> de trois estages en carrez ; dans chaque estage
+il y a plusieurs chambres, cabinets, galletas,
+cuisine, cave, et autres commoditez, la dite
+maison est en bon estat ; on en donnera une
+plus ample explication aux Personnes qui la
+voudront acheter, et on en fera un prix raisonnable.
+<i>Adresse au Bureau.</i></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1143" href="#FNanchor_1143"><span class="label">[492]</span></a> On voit qu’une maison au faubourg Saint-Germain,
+rue de Grenelle, étoit en 1693 une véritable habitation champêtre.
+On peut se le figurer encore mieux par la gravure
+qu’a donnée Israël Sylvestre de la maison du président Le
+Coigneux, — aujourd’hui Ministère de l’Instruction publique, — avec
+son entourage de terrains vagues et ses vastes
+jardins, au milieu desquels le pavillon « de structure
+solide », dit Brice, se dressoit comme en pleine campagne.
+C’est du reste, selon Tallemant, ce qu’avoit voulu le président.
+« Il alla, dit-il, bastir une grande maison au bout
+du Pré-aux-Clercs, pour avoir un grand jardin où se promener,
+comme on lui avoit ordonné de respirer l’air tout
+à son aise. » Auprès, sur l’emplacement occupé aujourd’hui
+par la mairie du VII<sup>e</sup> arrondissement, un ancien
+premier commis de M. de Lionne, nommé Thoinier, avoit une
+maison du même genre et des jardins que M. Le Coigneux
+auroit bien voulu joindre aux siens. Il ne put jamais l’obtenir
+de son voisin à cause d’une magnifique treille qui
+lui donnoit le meilleur muscat de Paris : « Il me disoit là-dessus,
+dit le faux Vigneul-Marville, que M. Le Coigneux
+étoit le seul qui ne trouvoit pas bon ce muscat. » <i>Mélanges</i>,
+t. I, p. 265.</p>
+</div>
+<p>On veut vendre une grande Maison size a
+Boissy S. Leger<a id="FNanchor_1144" href="#Footnote_1144" class="fnanchor">[493]</a>, près Creteil, a trois lieues
+de Paris, consistant par bas en grandes caves,
+offices, salle, fournil, plusieurs belles chambres
+et cabinets, et dans la plus belle veue qu’on
+puisse voir, de beaux greniers et chambres pour
+les Domestiques, grande cour verte entourée
+d’un très beau espalier de Peschers et d’Abricotiers,
+écurie à mettre quinze chevaux, une petite
+court basse ; le tout attenant est un logement
+entier pour un Jardinier et un Vigneron dépendant
+de la susdite Maison, beau jardin en terrasse,
+<span class="pagenum" id="p379">-379-</span> au bas du quel il y a un petit bois de haute-fustaye
+rempli d’allées couvertes, on entre de plein
+pied du jardin dans une grande galerie peinte,
+qui donne en perspective au bois, et de la
+galerie on entre dans les chambres vis à vis la
+dite maison. Il y a un Enclos de 25 à 30 arpens
+de Terre, dont il y en a trois plantez en vignes
+qui sont en leurs cinquièmes feüilles, des Terres
+labourables et le reste en foin, le tout garny de
+beaux Espaliers de fruits à noyaux et poiriers,
+enclos de murs et de hayes vives ; il y a aussi
+un fief qui a 60 arpens d’etenduë sur quoy l’on
+dixme<a id="FNanchor_1145" href="#Footnote_1145" class="fnanchor">[494]</a>, et haute, moyenne et basse justice ; le
+tout est à vendre, a loüer ou a échanger. <i>Adresse
+au Bureau.</i></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1144" href="#FNanchor_1144"><span class="label">[493]</span></a> On sait que c’est aujourd’hui un chef-lieu de canton
+de l’arrondissement de Corbeil.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1145" href="#FNanchor_1145"><span class="label">[494]</span></a> On prend la dîme.</p>
+</div>
+<p>On veut vendre une grande Maison size ruë
+de Vaugirard, elle est composée d’une grande
+court, deux remises de carrosse, deux écuries
+dans les quelles il tient beaucoup de chevaux,
+un grand jardin de six arpens, un appartement
+bas, deux autres grands appartements et quantité
+d’autres chambres pour des Domestiques,
+de grandes caves, des cuisines et offices, et une
+belle chapelle ; elle est de 2500 livres de loyer.
+<i>Adresse au Bureau.</i></p>
+
+<p>On veut vendre une Maison size dans la rue
+des Prescheurs, où a logé en dernier lieu Monsieur
+Gelée<a id="FNanchor_1146" href="#Footnote_1146" class="fnanchor">[495]</a> ; la dite maison est à porte cochere,
+<span class="pagenum" id="p380">-380-</span> bien batie de pierres de taille, la court est
+commune avec une autre Maison qui perce dans
+la rue de la Champverrerie, salle, cuisine en bas,
+petite écurie, remise sous la porte cochere, trois
+estages l’un sur l’autre, et grenier au dessus
+chaque estage, composé de chambres, antichambres,
+cabinets, et deux autres petites chambres,
+le tout de plain pied ; le premier et second
+estage ayant les principales chambres peintes,
+dorées et parquetées, belles cheminées, et plusieurs
+tableaux non communs ; il y a trois cheminées
+à chaque estage, de belles et grandes
+caves, et doubles caves. La dite Maison est
+louée 900 livres par le dernier bail. Ceux qui la
+voudront voir trouveront des personnes qui
+montreront les Appartemens. Il faut s’adresser
+pour le prix à Monsieur de la Ville-Dieu, qui
+loge rue Traversine, dans la Maison de Madame
+Francine<a id="FNanchor_1147" href="#Footnote_1147" class="fnanchor">[496]</a>, on en fera un prix raisonnable.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1146" href="#FNanchor_1146"><span class="label">[495]</span></a> V. sur ce parent du poète Regnard, t. I, p. 295,
+note 3. Son adresse y est donnée rue de la Chanvrerie,
+mais on voit que la maison indiquée ici, ayant une cour
+commune et deux entrées, appartenoit à cette rue aussi
+bien qu’à celle des Prescheurs.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1147" href="#FNanchor_1147"><span class="label">[496]</span></a> Veuve de Francine, ou plutôt Francini, car il étoit
+Italien, « intendant des eaux et fontaines des maisons
+royales et entrepreneur privilégié des chaises roulantes ».
+Mêlé à toutes sortes d’affaires, comme le fut plus encore
+son fils, gendre de Lulli, et, après lui, directeur de l’Opéra,
+Francine avoit fait bâtir, tout des premiers, sur les terrains
+de la butte Saint-Roch, lorsqu’on l’eut aplanie. D’après
+un manuscrit en notre possession, il avoit été propriétaire
+de quatre maisons dans la rue Traversine ou Traversière,
+indiquée ici, et appelée rue Molière aujourd’hui. A sa mort,
+comme on le voit, il en étoit resté une à sa veuve, qui
+sans doute y logeoit.</p>
+</div>
+<p>On veut vendre une charge d’avocat au Conseil,
+la Personne qui s’en veut défaire en fera
+un prix raisonnable, et mesme la donnera a
+crédit, pourvû qu’on luy donne des seuretez
+<span class="pagenum" id="p381">-381-</span> bonnes et solvables. Il prendra en payement des
+billets sur des officiers et autres personnes pourvu
+qu’ils soient en estat de payer, et autres accommodements.
+<i>Adresse au Bureau.</i></p>
+
+<p>On veut vendre une Maison size au village
+de Cüeilly près Champigny sur Marne, à trois
+lieües de Paris, consistant en un grand Corps
+de logis, chambres, antichambre, cabinets,
+court, jardin, un demy arpent de vignes donné
+à loyer pour la somme de quarante escus par
+an. <i>Adresse au Bureau.</i></p>
+
+<p>On veut vendre une grande Maison à petit
+Champ, paroisse S. Medard, fauxbourg S. Marceau<a id="FNanchor_1148" href="#Footnote_1148" class="fnanchor">[497]</a>,
+consistant en six boutiques, caves, jardin,
+deux petites salles, huit chambres à cheminées
+à chaque Estage, y ayant trois Estages et quatre
+greniers au dessus, l’Escalier au milieu, y ayant
+des corridors pour aller aux dites chambres,
+estant toutes séparées.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1148" href="#FNanchor_1148"><span class="label">[497]</span></a> Le <i>Petit champ</i> du faubourg Saint-Marcel, qui devint
+au siècle dernier le <i>Champ d’Albiac</i>, du nom de son propriétaire,
+se trouvoit à peu de distance de la rue de <i>l’Épée
+de bois</i>, qui pour cette raison est appelée sur d’anciens
+plans rue du <i>Petit-Champ</i>.</p>
+</div>
+<p>Plus, une autre petite Maison au coin du dit
+jardin, consistant aussi à trois Estages, deux
+chambres et cabinets à chaque Estage, grenier
+au dessus, avec deux salles basses, et deux caves,
+le tout à vendre. On les donnera à 18,000 livres,
+mesme quand on n’auroit pas toute la Somme,
+on ne laissera pas de s’accommoder. <i>Adresse au
+Bureau.</i></p>
+
+<p>On veut vendre un Office de Changeur d’Especes
+d’or et d’argent de la Ville de Paris, avec
+<span class="pagenum" id="p382">-382-</span> faculté d’exercer la Banque à vendre ; Elle est à
+present d’un Exercice continuel de grand rapport,
+elle est propre à tous banquiers, caissiers
+et de finances ; l’on en sçaura le prix et condition
+qui sont faciles et raisonnables. <i>Adresse au
+Bureau.</i></p>
+
+
+<p class="c xsmall">MEUBLES.</p>
+
+<p>2. On veut vendre un petit Cabinet, dans
+lequel il y a cinq cents médailles d’argent, toutes
+pièces antiques et fort curieuses<a id="FNanchor_1149" href="#Footnote_1149" class="fnanchor">[498]</a>, on le fait cinq
+cents Escus. <i>Adresse au Bureau.</i></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1149" href="#FNanchor_1149"><span class="label">[498]</span></a> Pour le goût des médailles, qui étoit alors un des
+plus répandus, v. t. I, p. 221, 223, 225, 227, 228, 229, 230.</p>
+</div>
+<p>On veut vendre un carrosse coupé presque
+tout neuf, garni d’un veloux vert plein, trois
+belles glaces, une devant, et une à chaque costé,
+avec un trapontin<a id="FNanchor_1150" href="#Footnote_1150" class="fnanchor">[499]</a> ; on veut aussi vendre les
+chevaux, ils sont entiers, noirs, à courte queue,
+âgez de cinq à six ans, et de bonne taille, avec
+les harnois, le tout en bon estat n’ayant qu’à
+monter dedans ; on fait les chevaux et le carrosse
+1300 livres. <i>Adresse au Bureau.</i></p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1150" href="#FNanchor_1150"><span class="label">[499]</span></a> Lisez <i>strapontin</i>, mot que l’on croiroit beaucoup plus
+moderne, mais qui se trouve déjà dans les <i>Caractères</i> avec
+le sens qu’il a ici. V. <i>La Comédie de La Bruyère</i>, 2<sup>e</sup> édit.,
+1872, in-18, t. I, p. 87.</p>
+</div>
+
+<p class="c"><i>Demandes.</i></p>
+
+<p>3. On demande une Maison à acheter du prix
+de dix ou douze mille livres, à deux ou trois
+lieues de Paris, on n’est point attaché en quel
+endroit elle soit, pourvu qu’elle soit jolie et en
+<span class="pagenum" id="p383">-383-</span> bon estat ; on veut un jardin, des écuries, remise
+de carrosse, greniers et basse court ; on ne se
+soucie pas qu’elle soit en fief ou en roture. <i>Adresse
+au Bureau.</i></p>
+
+<p>On demande une belle housse avec sa garniture,
+une douzaine de chaises, et six fauteüils
+avec des housses, et que les bois soient à la
+mode ; une autre douzaine de chaises de tapisserie
+propres à mettre dans une salle, on ne se
+soucie pas qu’elles soient tout à fait à la mode ;
+un miroir de glace de moyenne grandeur. <i>Adresse
+au Bureau.</i></p>
+
+<p>On demande six chevaux pour labourer et
+mettre à la charrette, on les veut d’hazard de
+quelque personne qui vienne de campagne, afin
+qu’ils soient tous dressez, on y mettra jusqu’à
+mil ou douze cens livres ; on demande aussi leurs
+équipages, qu’on paiera comptant. <i>Adresse au
+Bureau.</i></p>
+
+<p>On donne avis à ceux qui cherchent une Personne
+qui sache les Langues pour les accompagner
+dans leurs voyages aux Païs estrangers,
+qu’il y en a un qui s’offre en quelque qualité que
+l’on voudra. C’est un homme de 40 à 42 ans,
+bien fait de sa personne, honneste homme de
+Profession, qui en donnera des preuves suffisantes
+aux personnes qui luy feront l’honneur
+de le vouloir employer. <i>Adresse au Bureau.</i></p>
+
+<p>On demande un manteau de camelot gris
+d’azard, et qu’il y aye un petit galon d’or, et
+qui soit propre. <i>Adresse au Bureau.</i></p>
+
+<p>On demande une armoire de bois de noyer
+propre et faite à la mode, avec une belle ferrure.
+<i>Adresse au Bureau.</i></p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p384">-384-</span> On demande un colier de perles entrenet
+d’une belle eau ; on le veut du prix de cinquante
+escus ou deux cents francs. <i>Adresse au
+Bureau.</i></p>
+
+<p>On veut vendre une Croix de Diamans, composée
+de sept diamans avec son coulant, les
+Diamans sont fort nets et fort beaux, bien mis
+en œuvre. Elle a coûté trente louis d’or, on la
+donnera pour un prix raisonnable. <i>Adresse au
+Bureau.</i></p>
+
+<p>Il y a un carrosse coupé tenant quatre ou cinq
+personnes à l’aise, garni de Damas cramoisi,
+trois glaces, une devant et une à chaque portiere,
+bien suspendu le train et les roues, le tout en
+bon estat, sans harnois de chevaux, environ de
+quatre cents livres. Il y a aussi un cheval pour
+Mousquetaire, propre à deux mains. <i>Adresse au
+Bureau.</i></p>
+
+<hr>
+
+
+<p><i>L’adresse pour ecrire est à M<sup>r</sup> du Manuel M<sup>e</sup> du
+Bureau d’adresse et de rencontre où l’on recevra
+tous les jours des Avis. Il faut acquitter le port
+des Lettres.</i></p>
+
+<p><i>On prie qu’on dise le dernier mot des choses dont
+on se veut défaire. On les vendroit plus aisément,
+par ce que ceux qui le souhaitent estant souvent
+étonnez du prix, ne les vont pas voir.</i></p>
+
+<p><i>Quoy que la pluspart de ceux qui font des
+Demandes au Public par les Listes qui se distribuent
+tous les Mercredys, laissent leur adresse, ils sont
+avertis de passer souvent au Bureau, pour y estre
+instruits de ce qui s’y passera, sur les avis qu’ils
+auront donnez.</i></p>
+
+<p class="c">Chaque Journal se vendra trois sols.</p>
+
+<p><span class="pagenum" id="p385">-385-</span> <i>Le Bureau pour recevoir les avis est au Marché-Neuf,
+chez un serrurier, attenant la Bariere des
+Sergents. Le Tableau où est le Privilege du Roy</i>
+sert d’enseigne.</p>
+
+<p class="c xsmall">AVEC PERMISSION.</p>
+
+
+<p class="c gap xsmall">FIN DES APPENDICES.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p387">-387-</span></p>
+
+<h2 class="nobreak" id="c51">TABLE ALPHABÉTIQUE<br>
+<span class="xsmall">DES PRINCIPALES</span><br>
+<span class="small">MATIÈRES CONTENUES EN CET OUVRAGE<a id="FNanchor_1151" href="#Footnote_1151" class="fnanchor">[500]</a>.</span></h2>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1151" href="#FNanchor_1151"><span class="label">[500]</span></a> Afin de continuer à reproduire aussi exactement que
+possible le livre de Blegny, nous nous sommes conformé
+pour cette table, comme disposition, texte et orthographe,
+à celle qu’il a donnée dans sa première édition et qui — nous
+ignorons pourquoi — ne se retrouve pas dans la
+seconde. Nous nous sommes contenté d’y faire les additions
+nécessaires.</p>
+</div>
+
+<p class="c">A.</p>
+
+<p class="drap">Abrégé de la science des temps, II, <a href="#p205">205</a>.</p>
+
+<p class="drap">Académies, I, 120.</p>
+
+<p class="drap">Académie de découvertes, I, xlv, xlix, 9.</p>
+
+<p class="drap">Académie Françoise (Listes de 1676 et 1705), II, <a href="#p275">275</a>, <a href="#p289">289</a>.</p>
+
+<p class="drap">Accouchements, I, 159 et II, <a href="#p69">69</a>.</p>
+
+<p class="drap">Adresses casuelles de la ville de Paris, I, xlij.</p>
+
+<p class="drap">Affaires ecclésiastiques, I, 15.</p>
+
+<p class="drap">Adresses recouvertes après l’impression, II, <a href="#p68">68</a>.</p>
+
+<p class="drap">Adresses diverses, II, <a href="#p73">73</a>.</p>
+
+<p class="drap">Adresses (autres) nouvellement recouvertes, II, <a href="#p177">177</a>.</p>
+
+<p class="drap">Affiches, I, vj, xxxij, xxxiv ; II, <a href="#p345">345</a>, <a href="#p357">357</a>.</p>
+
+<p class="drap">Affiches (petites), I, 10.</p>
+
+<p class="drap">Afficheurs, II, <a href="#p75">75</a>.</p>
+
+<p class="drap">Agneaux, I, 292.</p>
+
+<p class="drap">Aiguilles, II, <a href="#p24">24</a>.</p>
+
+<p class="drap">Alimens, I, 289.</p>
+
+<p class="drap">Almanachs, I, 193 ; II, <a href="#p190">190</a>.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p388">-388-</span> Almanach spirituel, I, 26.</p>
+
+<p class="drap">Amirauté, I, 70.</p>
+
+<p class="drap">Andouilles, I, 293-294.</p>
+
+<p class="drap">Anchois, I, 302-303.</p>
+
+<p class="drap">Animaux, I, 289. (Chair et poisson.)</p>
+
+<p class="drap">Apoticaires, II, <a href="#p69">69</a>.</p>
+
+<p class="drap">Architecture et Maçonnerie, II, <a href="#p102">102</a>.</p>
+
+<p class="drap">Arcs de carosses, I, 47, 267.</p>
+
+<p class="drap">Ardoises, II, <a href="#p118">118</a>.</p>
+
+<p class="drap">Argenteurs, I, 287.</p>
+
+<p class="drap">Armes et Bagages de guerre et de chasse, I, 261.</p>
+
+<p class="drap">Armoires, II, <a href="#p344">344</a>.</p>
+
+<p class="drap">Asnes, I, 264.</p>
+
+<p class="drap">Auberges (tables d’Auberges) et Hostels garnis, I, 316.</p>
+
+<p class="drap">Avis du Bureau d’adresse (Liste des), II, <a href="#p302">302</a>.</p>
+
+<p class="drap">Avis généraux, II, <a href="#p341">341</a>.</p>
+
+<p class="drap">Avis du journal général de France (Liste des), II, <a href="#p373">373</a>.</p>
+
+
+<p class="c">B.</p>
+
+<p class="drap">Bailliage du Palais, I, 77.</p>
+
+<p class="drap">— du Temple, I, 86.</p>
+
+<p class="drap">— de Saint-Jean de Latran, I, 86.</p>
+
+<p class="drap">Bains et Etuves, I, 182.</p>
+
+<p class="drap">Balliveaux, II, <a href="#p122">122</a>.</p>
+
+<p class="drap">Bandages, I, 13.</p>
+
+<p class="drap">Banquiers, I, 117.</p>
+
+<p class="drap">Banquiers expéditionnaires en cour de Rome, I, 18 et II, <a href="#p68">68</a>.</p>
+
+<p class="drap">Baromètres, I, 242.</p>
+
+<p class="drap">Bas, II, <a href="#p30">30</a>.</p>
+
+<p class="drap">Bateaux (gardes), I, 111.</p>
+
+<p class="drap">Bateurs d’or, II, <a href="#p46">46</a>.</p>
+
+<p class="drap">Bâtimens du Roy, II, <a href="#p87">87</a>.</p>
+
+<p class="drap">Bénéfices et Bénéficiers, I, 19.</p>
+
+<p class="drap">Bêtes azines, I, 264.</p>
+
+<p class="drap">Beurre (Marchandises de), œufs, fromages et légumes, I, 296.</p>
+
+<p class="drap">Bible polyglotte, II, <a href="#p319">319</a>.</p>
+
+<p class="drap">Bibliothèques, I, 129.</p>
+
+<p class="drap">Bijouteries, I, 237.</p>
+
+<p class="drap">Bijouterie de cire, II, <a href="#p68">68</a>.</p>
+
+<p class="drap">Billards, I, 274.</p>
+
+<p class="drap">Biscuits, I, 301.</p>
+
+<p class="drap">Boëtes d’Allemagne, II, <a href="#p23">23</a>.</p>
+
+<p class="drap">Bœufs, I, 291.</p>
+
+<p class="drap">Bois de taillis à vendre, II, <a href="#p338">338</a>.</p>
+
+<p class="drap">Bonneterie (Ouvrage et Commerce de), II, <a href="#p28">28</a>.</p>
+
+<p class="drap">Bonnets carrés, II, <a href="#p75">75</a>.</p>
+
+<p class="drap">Bottes, II, <a href="#p65">65</a>.</p>
+
+<p class="drap">Bouchons de liège, II, 7.</p>
+
+<p class="drap">Boucles d’oreilles, II, <a href="#p317">317</a>.</p>
+
+<p class="drap">Boulangers, I, 306.</p>
+
+<p class="drap">Boules à jouer, I, 274.</p>
+
+<p class="drap">Bois à brûler, II, <a href="#p8">8</a>.</p>
+
+<p class="drap">— à bâtir.</p>
+
+<p class="drap">Boudin blanc, I, 294.</p>
+
+<p class="drap">Bouquetières, I, 165.</p>
+
+<p class="drap">Bouteilles de poche, II, <a href="#p42">42</a>.</p>
+
+<p class="drap">Brefs et Bréviaires, I, 192.</p>
+
+<p class="drap">Bureau d’Adresses (Listes générales du), II, <a href="#p332">332</a>-346, <a href="#p356">356</a>, <a href="#p364">364</a>.</p>
+
+<p class="drap">Bureau des Indes Orientales et Occidentales, I, 108-109.</p>
+
+<p class="drap">Bureau d’adresses ou de rencontre, I, xx, xxiv et II, <a href="#p302">302</a>.</p>
+
+<p class="drap">Bureau des Merciers, II, 18.</p>
+
+<p class="drap">Bureaux publics, I, 106.</p>
+
+<p class="drap">Buscs et bois d’Evantails, II, <a href="#p24">24</a>.</p>
+
+
+<p class="c">C.</p>
+
+<p class="drap">Cabarets. V. <i><a href="#traiteurs">Traiteurs</a></i>.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p389">-389-</span> Cabinets d’ébeine, II, <a href="#p353">353</a>, <a href="#p382">382</a>.</p>
+
+<p class="drap">Cabinets, I, xxxiv.</p>
+
+<p class="drap">Café et cacao, I, 303.</p>
+
+<p class="drap">Caffé et chocolat, I, 303.</p>
+
+<p class="drap">Caisses de jardin, I, 282.</p>
+
+<p class="drap">Calçons et chaussons de chamois, II, <a href="#p37">37</a>.</p>
+
+<p class="drap">Calendrier, II, <a href="#p218">218</a>.</p>
+
+<p class="drap">Calottes, II, <a href="#p75">75</a>.</p>
+
+<p class="drap">Cancers, I, 170.</p>
+
+<p class="drap">Canepin, II, <a href="#p75">75</a>.</p>
+
+<p class="drap">Canifs, II, <a href="#p48">48</a>.</p>
+
+<p class="drap">Caractères d’imprimerie, I, 194.</p>
+
+<p class="drap">Caractères des signes et planètes, II, <a href="#p200">200</a>.</p>
+
+<p class="drap">Carrafons, I, 303.</p>
+
+<p class="drap">Carrières, II, <a href="#p112">112</a>, <a href="#p113">113</a>.</p>
+
+<p class="drap">Carosses de louage, remises, I, 266.</p>
+
+<p class="drap">Carosses de route, II, <a href="#p160">160</a>.</p>
+
+<p class="drap">Carrosses à vendre, II, <a href="#p323">323</a>, <a href="#p325">325</a>, <a href="#p348">348</a>, <a href="#p359">359</a>, <a href="#p367">367</a>.</p>
+
+<p class="drap">Cartes à jouer, I, 274.</p>
+
+<p class="drap">Carte généalogique de France, II, <a href="#p322">322</a>.</p>
+
+<p class="drap">Cartons, II, <a href="#p27">27</a>.</p>
+
+<p class="drap">Cassolettes philosophiques, I, 243 et II, <a href="#p35">35</a>.</p>
+
+<p class="drap">Catherinettes, I, x, xij.</p>
+
+<p class="drap">Cerisaies à Montmorency, II, <a href="#p311">311</a>.</p>
+
+<p class="drap">Chair et poisson, I, 289.</p>
+
+<p class="drap">Chaircutiers, I, 293.</p>
+
+<p class="drap">Chaises de moquette, II, <a href="#p315">315</a>, <a href="#p353">353</a>.</p>
+
+<p class="drap">Chaises de porteur, II, <a href="#p339">339</a>.</p>
+
+<p class="drap">Chaises roulantes, II, <a href="#p317">317</a>, <a href="#p333">333</a>, <a href="#p366">366</a>.</p>
+
+<p class="drap">Chaisnetiers, I, 296.</p>
+
+<p class="drap">Chambre des comptes, I, 64.</p>
+
+<p class="drap">Chambre souveraine des décimes, I, 85.</p>
+
+<p class="drap">Chambre du Trésor, I, 75.</p>
+
+<p class="drap">Chancellerie, I, 146 ; II, <a href="#p348">348</a>.</p>
+
+<p class="drap">Changements, I, 79.</p>
+
+<p class="drap">Chapeaux (Commerce de), II, <a href="#p38">38</a>, <a href="#p63">63</a>.</p>
+
+<p class="drap">Chapeaux à vendre, II, <a href="#p320">320</a>.</p>
+
+<p class="drap">Charbon de terre, charbon de bois, II, 9.</p>
+
+<p class="drap">Charges à vendre, II, <a href="#p310">310</a>, <a href="#p338">338</a>, <a href="#p347">347</a>, <a href="#p348">348</a>, <a href="#p350">350</a>, <a href="#p352">352</a>, <a href="#p359">359</a>, <a href="#p362">362</a>, <a href="#p366">366</a>.</p>
+
+<p class="drap">Charrettes de routes, I, 263 ; II, <a href="#p174">174</a>.</p>
+
+<p class="drap">Charité (directrices de), I, 23.</p>
+
+<p class="drap">Châtelet, I, 70.</p>
+
+<p class="drap">Chaux, II, <a href="#p105">105</a>.</p>
+
+<p class="drap">Chevaux et équipages, I, 264.</p>
+
+<p class="drap">Chevaux à vendre, II, <a href="#p317">317</a>, <a href="#p319">319</a>, <a href="#p321">321</a>, <a href="#p323">323</a>, <a href="#p327">327</a>, <a href="#p333">333</a>,
+<a href="#p347">347</a>, <a href="#p353">353</a>, <a href="#p359">359</a>, <a href="#p360">360</a>, <a href="#p367">367</a>.</p>
+
+<p class="drap">Cheveux (Ouvrages et Marchandises de), II, <a href="#p39">39</a>.</p>
+
+<p class="drap">Chiens, I, 273.</p>
+
+<p class="drap">Chinoiseries, V. <i><a href="#lachinage">Lachinage</a></i>.</p>
+
+<p class="drap">Chirurgiens, II, <a href="#p68">68</a>.</p>
+
+<p class="drap">Choses diverses à vendre, II, <a href="#p316">316</a>.</p>
+
+<p class="drap">Cicle solaire, II, <a href="#p211">211</a>.</p>
+
+<p class="drap">Ciment, II, <a href="#p105">105</a>.</p>
+
+<p class="drap">Cireure (cirage) de cordonniers, II, <a href="#p67">67</a>.</p>
+
+<p class="drap">Citrons, I, 302.</p>
+
+<p class="drap">Clavecins, I, 205 ; II, <a href="#p72">72</a>.</p>
+
+<p class="drap">Clouds, II, <a href="#p137">137</a>.</p>
+
+<p class="drap">Coches par terre et par eaux, II, <a href="#p172">172</a>.</p>
+
+<p class="drap">Cochons, I, 292.</p>
+
+<p class="drap">Coffres, I, 239.</p>
+
+<p class="drap">Coiffeuses, I, 271 ; II, <a href="#p41">41</a>, <a href="#p73">73</a>.</p>
+
+<p class="drap">Collèges, I, 138.</p>
+
+<p class="drap">Colliers de perles à vendre, II, <a href="#p319">319</a>, <a href="#p322">322</a>, <a href="#p361">361</a>.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p390">-390-</span> Commerce des Ouvrages
+d’or, d’argent, de pierreries,
+de perles, I, 244.</p>
+
+<p class="drap"><i lang="la" xml:lang="la">Committimus</i> (droit de), II, <a href="#p375">375</a>.</p>
+
+<p class="drap">Conférences, I, 127 ; II, <a href="#p86">86</a>.</p>
+
+<p class="drap">Connétablie, I, 75.</p>
+
+<p class="drap">Confiseurs, I, 300.</p>
+
+<p class="drap">Confituriers I, xxxiij.</p>
+
+<p class="drap">Conseils du Roi et Chancellerie, I, 46.</p>
+
+<p class="drap">Conserves balsamiques, I, 170.</p>
+
+<p class="drap">Consuls, I, 76.</p>
+
+<p class="drap">Consultations chirurgicales, I, 158.</p>
+
+<p class="drap">Consultations médicinales, I, 151 ; II, <a href="#p77">77</a>.</p>
+
+<p class="drap">Contraintes judiciaires, I, 100 ; II, <a href="#p343">343</a>.</p>
+
+<p class="drap">Coquillages, I, 236.</p>
+
+<p class="drap">Cordes à instruments, I, 215.</p>
+
+<p class="drap">Cordonnerie (Ouvrages et Marchandises de), II, <a href="#p65">65</a>.</p>
+
+<p class="drap">Courriers, II, <a href="#p249">249</a>.</p>
+
+<p class="drap">Cours des Aides, I, 63 ; II, <a href="#p78">78</a>.</p>
+
+<p class="drap">Cours des Monnoyes, I, 69.</p>
+
+<p class="drap">Courtiers, Couratiers, I, xij, 10.</p>
+
+<p class="drap">Couteliers, Couteaux, II, <a href="#p47">47</a>.</p>
+
+<p class="drap">Craquelins, Biscuits, Macarons, etc., I, 301.</p>
+
+<p class="drap">Crêpes et Crêpons, II, <a href="#p13">13</a>.</p>
+
+<p class="drap">Creusets, II, <a href="#p75">75</a>.</p>
+
+<p class="drap">Cristal minéral, I, 175.</p>
+
+<p class="drap">Cuirs et vendeurs de cuirs, II, <a href="#p86">86</a>.</p>
+
+<p class="drap">Cuivre, II, <a href="#p46">46</a>.</p>
+
+<p class="drap">Curé d’Evry, empirique, I, 156.</p>
+
+<p class="drap">Curieuses (Dames), I, 231.</p>
+
+<p class="drap">Curieux (Fameux) des Ouvrages magnifiques, I, 216.</p>
+
+<p class="drap">Curiosités (Commerce de) et de bijouterie, I, 236.</p>
+
+
+<p class="c">D.</p>
+
+<p class="drap">Damasquinerie, I, 240.</p>
+
+<p class="drap">Danse, I, 124, 126.</p>
+
+<p class="drap">Déclarations du Roy, I, 190.</p>
+
+<p class="drap">Découpeurs, I, 62.</p>
+
+<p class="drap">Demandes pour acheter, II, <a href="#p327">327</a>, <a href="#p340">340</a>, <a href="#p354">354</a>, <a href="#p368">368</a>, <a href="#p382">382</a>.</p>
+
+<p class="drap">Dents malades, I, 170-172 ; II, <a href="#p178">178</a>.</p>
+
+<p class="drap">Dentelles, Points, Boutons, Galons d’or, II, <a href="#p16">16</a>-17.</p>
+
+<p class="drap">Département des courriers, II, <a href="#p249">249</a>.</p>
+
+<p class="drap">Descentes (Bandages), I, 12, 173 et II, <a href="#p85">85</a>.</p>
+
+<p class="drap">Diamants du Temple, I, 248 ; II, <a href="#p316">316</a>.</p>
+
+<p class="drap">Diamants à vendre, II, <a href="#p322">322</a>.</p>
+
+<p class="drap">Docteurs et Licentiez en droit, I, 87.</p>
+
+<p class="drap">Domestiques, I, vj ; II, <a href="#p49">49</a>, <a href="#p344">344</a>, <a href="#p358">358</a>, <a href="#p376">376</a>.</p>
+
+<p class="drap">Doreurs, Argenteurs, I, 287.</p>
+
+<p class="drap">Draperies, II, <a href="#p11">11</a>, <a href="#p314">314</a>.</p>
+
+<p class="drap">Drogueries, I, 165.</p>
+
+<p class="drap">Drogueries chimiques, I, 175.</p>
+
+<p class="drap">Drogueries étrangères et de Montpellier, I, 175.</p>
+
+<p class="drap">Durée des jours et des nuits, II, <a href="#p242">242</a>.</p>
+
+
+<p class="c">E.</p>
+
+<p class="drap">Eau catholique de Paracelse, II, <a href="#p320">320</a>-321.</p>
+
+<p class="drap">Eau de Cordoue, I, 172 ; II, <a href="#p34">34</a>.</p>
+
+<p class="drap">Eaux distillées, I, 175.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p391">-391-</span> Eaux et forêts, I, 76.</p>
+
+<p class="drap">Eau histerique, I, 172.</p>
+
+<p class="drap">Eau rouge de la reine d’Hongrie, I, 172.</p>
+
+<p class="drap">Eaux minérales, I, 175.</p>
+
+<p class="drap">Eaux de vie, I, 176.</p>
+
+<p class="drap">Echets, I, 274.</p>
+
+<p class="drap">Ecoles (petites), I, 18.</p>
+
+<p class="drap">Ecole médicinale, I, 141.</p>
+
+<p class="drap">Ecrans, II, <a href="#p22">22</a>.</p>
+
+<p class="drap">Eclipses, II, <a href="#p242">242</a>.</p>
+
+<p class="drap">Ecritoires, II, <a href="#p27">27</a>.</p>
+
+<p class="drap">Ecrivains jurés, I, 249 ; II, <a href="#p53">53</a>.</p>
+
+<p class="drap">Edits et déclarations du Roy, I, 190.</p>
+
+<p class="drap">Eolipiles, II, <a href="#p324">324</a>.</p>
+
+<p class="drap">Eguilles et Epingles, II, <a href="#p24">24</a>.</p>
+
+<p class="drap">Election, I, 77.</p>
+
+<p class="drap">Emailleurs, I, 242.</p>
+
+<p class="drap">Emplâtre de la manufacture royale, I, 13.</p>
+
+<p class="drap">Epacte et Lunaisons, II, <a href="#p213">213</a>.</p>
+
+<p class="drap">Epiciers, I, xxxiij, 302 ; II, <a href="#p5">5</a>-6.</p>
+
+<p class="drap">Epiceries et autres denrées domestiques, II, <a href="#p5">5</a>.</p>
+
+<p class="drap">Essences de Rome et de Gènes, II, <a href="#p33">33</a>.</p>
+
+<p class="drap">Essence végétale, I, 14, 172.</p>
+
+<p class="drap">Estampes et tableaux, I, 239.</p>
+
+<p class="drap">Etoffes à meubler, I, 284.</p>
+
+<p class="drap">Etoffes indiennes, II, <a href="#p13">13</a>.</p>
+
+<p class="drap">Etoffes d’Italie, II, <a href="#p13">13</a>.</p>
+
+<p class="drap">Etoffes de soie d’or et d’argent, I, 272 et II, <a href="#p13">13</a>.</p>
+
+<p class="drap">Etoffes de l’Apport-Paris, II, <a href="#p339">339</a>.</p>
+
+<p class="drap">Etuves ordinaires, I, 182.</p>
+
+<p class="drap">Evantails, II, <a href="#p20">20</a>.</p>
+
+<p class="drap">Exercices (Nobles) pour la belle éducation, I, 253.</p>
+
+<p class="drap">Exercices de piété, I, 21.</p>
+
+<p class="drap">Experts Ecrivains, II, <a href="#p53">53</a>.</p>
+
+<p class="drap">— Arithméticiens, II, <a href="#p54">54</a>.</p>
+
+<p class="drap">— Maçons, Charpentiers, II, <a href="#p54">54</a>.</p>
+
+<p class="drap">— Couvreurs, II, <a href="#p54">54</a>.</p>
+
+<p class="drap">— Généalogistes, II, <a href="#p53">53</a>.</p>
+
+
+<p class="c">F.</p>
+
+<p class="drap">Fabrique des Monnoyes, II, <a href="#p245">245</a>.</p>
+
+<p class="drap">Fayences, I, 283 ; II, <a href="#p43">43</a>.</p>
+
+<p class="drap">Fer (Ouvrages et Marchandises de), II, <a href="#p129">129</a>.</p>
+
+<p class="drap">Fer blanc, II, <a href="#p46">46</a>, <a href="#p131">131</a>.</p>
+
+<p class="drap">Fermiers généraux, I, 28, 32 ; II, <a href="#p79">79</a>.</p>
+
+<p class="drap">Ferme à vendre, II, <a href="#p313">313</a>.</p>
+
+<p class="drap">Ferrailles, II, <a href="#p129">129</a>.</p>
+
+<p class="drap">Fêtes mobiles, II, <a href="#p217">217</a>.</p>
+
+<p class="drap">Feux d’artifices, I, 272.</p>
+
+<p class="drap">Figures de plâtre bronzées, I, 241.</p>
+
+<p class="drap">Fileurs d’or, II, <a href="#p46">46</a>.</p>
+
+<p class="drap">Finances royales, I, 26, 33.</p>
+
+<p class="drap">Flûtes et Flageollets, I, 212.</p>
+
+<p class="drap">Foires (Etat des plus considérables), II, <a href="#p266">266</a>.</p>
+
+<p class="drap">Fontainiers, II, <a href="#p155">155</a>.</p>
+
+<p class="drap">Fourneaux, II, <a href="#p75">75</a>.</p>
+
+<p class="drap">Fourrures, II, <a href="#p35">35</a>, <a href="#p38">38</a>.</p>
+
+<p class="drap">Frère Ange, empirique, I, 157.</p>
+
+<p class="drap">Frères cordonniers, II, <a href="#p67">67</a>, <a href="#p322">322</a>.</p>
+
+<p class="drap">Frères tailleurs, II, <a href="#p61">61</a>.</p>
+
+<p class="drap">Friperie, II, <a href="#p60">60</a>.</p>
+
+<p class="drap">Fromages, I, 297.</p>
+
+<p class="drap">Fruiterie (offices de), I, 300.</p>
+
+<p class="drap">Fruits secs I, 302.</p>
+
+
+<p class="c">G.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p392">-392-</span> Gants (marchandises des gantiers et parfumeurs), II, <a href="#p31">31</a>.</p>
+
+<p class="drap">Garçons de métier, II, <a href="#p50">50</a>.</p>
+
+<p class="drap">Garçons de cuisine et de cabaret, II, <a href="#p49">49</a>.</p>
+
+<p class="drap">Garnitures de rubans, II, <a href="#p24">24</a>.</p>
+
+<p class="drap">Gazettes, I, xvij, xxix, 193.</p>
+
+<p class="drap">Généalogies, II, <a href="#p53">53</a>.</p>
+
+<p class="drap">Gibecières, I, 273.</p>
+
+<p class="drap">Gobelins, II, <a href="#p92">92</a>-93.</p>
+
+<p class="drap">Glaces de miroirs, II, <a href="#p141">141</a>, <a href="#p142">142</a>.</p>
+
+<p class="drap">Grand Conseil, I, 61.</p>
+
+<p class="drap">Grains balsamiques, I, 13, 171.</p>
+
+<p class="drap">Grains dépuratifs du sang, I, 172.</p>
+
+<p class="drap">Graines de jardins, I, 282.</p>
+
+<p class="drap">Graveurs en taille douce, II, <a href="#p68">68</a>.</p>
+
+<p class="drap">Graveurs de médailles, II, <a href="#p153">153</a>.</p>
+
+<p class="drap">Graveurs en lettres, II, <a href="#p152">152</a>.</p>
+
+<p class="drap">Graveurs en pierre, II, <a href="#p153">153</a>.</p>
+
+<p class="drap">Greffiers du Parlement, I, 94.</p>
+
+<p class="drap">Grenailles, I, 248.</p>
+
+<p class="drap">Grenier à sels, I, 79.</p>
+
+<p class="drap">Guainiers, II, <a href="#p37">37</a>, <a href="#p49">49</a>, <a href="#p74">74</a>.</p>
+
+<p class="drap">Guinguettes, II, <a href="#p305">305</a>.</p>
+
+<p class="drap">Guipures, II, <a href="#p17">17</a>.</p>
+
+<p class="drap">Guitarre, I, 211.</p>
+
+
+<p class="c">H.</p>
+
+<p class="drap">Habillements (habits d’hommes et de femmes), II, <a href="#p58">58</a>.</p>
+
+<p class="drap">Habits et manteaux à vendre, II, <a href="#p319">319</a>.</p>
+
+<p class="drap">Habits faits de théâtre et de
+mascarade à quatre pistoles par an, I, 271 et II, <a href="#p62">62</a>.</p>
+
+<p class="drap">Hameçons, I, 296.</p>
+
+<p class="drap">Harans, I, 295.</p>
+
+<p class="drap">Hautbois, I, 212.</p>
+
+<p class="drap">Herbages, I, 165.</p>
+
+<p class="drap">Hôtel de Ville, I, 75.</p>
+
+<p class="drap">Heures, I, 192.</p>
+
+<p class="drap">Horlogers. V. <i><a href="#orlogeurs">Orlogeurs</a></i>.</p>
+
+<p class="drap">Hospitaux (Administration des), I, 112.</p>
+
+<p class="drap">Hostels garnis et tables d’Auberges, I, 316.</p>
+
+<p class="drap">Huile d’amandes et autres tirées sans feu, I, 175.</p>
+
+<p class="drap">Huile d’olive, II, <a href="#p5">5</a>.</p>
+
+<p class="drap">Huissiers, I, 100.</p>
+
+<p class="drap">Hydromètres, I, 242.</p>
+
+<p class="drap">Hypocras, I, xxxiij.</p>
+
+
+<p class="c">I.</p>
+
+<p class="drap">Immeubles à louer, à vendre, à échanger, II, <a href="#p304">304</a>.</p>
+
+<p class="drap">Indiction romaine, II, <a href="#p212">212</a>.</p>
+
+<p class="drap">Instructions (premières) de la jeunesse, I, 248.</p>
+
+<p class="drap">Instruments mathématiques et de chirurgie, II, <a href="#p48">48</a>.</p>
+
+<p class="drap">Instruments à vents, I, 212 ; II, <a href="#p72">72</a>.</p>
+
+
+<p class="c">J.</p>
+
+<p class="drap">Jambons, I, 293.</p>
+
+<p class="drap">Jardin médicinal, I, 26.</p>
+
+<p class="drap">Jardin Royal, II, <a href="#p87">87</a>.</p>
+
+<p class="drap">Jardinages, I, 275.</p>
+
+<p class="drap">Jartières, II, <a href="#p23">23</a>.</p>
+
+<p class="drap">Jeûnes et solemnitez, II, <a href="#p215">215</a>.</p>
+
+<p class="drap">Jurés bourgeois, II, <a href="#p54">54</a>.</p>
+
+<p class="drap">Jouailleries, II, <a href="#p23">23</a>.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p393">-393-</span> Juges et Consuls, I, 76.</p>
+
+<p class="drap"><i>Journal des avis et affaires de Paris</i>, I, xxxv.</p>
+
+<p class="drap"><i>Journal des Savants</i>, I, 191.</p>
+
+<p class="drap"><i>Journal du Bureau de rencontre</i>, I, xxxix.</p>
+
+<p class="drap">Juridiction des Poudres et Salpêtres, I, 79.</p>
+
+<p class="drap">— des Garennes, <i>ibid.</i></p>
+
+<p class="drap">— du Chantre Notre-Dame, I, 17, 20.</p>
+
+
+<p class="c">L.</p>
+
+<p class="drap">Laboratoire du sieur de Blégny, I, 169.</p>
+
+<p class="drap" id="lachinage">Lachinage, I, 239.</p>
+
+<p class="drap">Lait d’anesses, de chèvres ou de vaches, II, <a href="#p72">72</a>.</p>
+
+<p class="drap">Lancettes, II, <a href="#p47">47</a>.</p>
+
+<p class="drap">Lapins, I, 273.</p>
+
+<p class="drap">Laquais, II, <a href="#p50">50</a>, <a href="#p344">344</a>, <a href="#p358">358</a>, <a href="#p376">376</a>.</p>
+
+<p class="drap">Lard, I, 293.</p>
+
+<p class="drap">Leçons particulières, I, 138.</p>
+
+<p class="drap">Leton, II, <a href="#p46">46</a>.</p>
+
+<p class="drap">Lettre Dominicale, II, <a href="#p211">211</a>.</p>
+
+<p class="drap">Librairie (impressions et
+Commerce de), I, 19, 185.</p>
+
+<p class="drap">Lieux où se trouveront tous
+les quinze jours les livres d’avis, II, <a href="#p330">330</a>.</p>
+
+<p class="drap">Linges, points et dentelles, II, <a href="#p15">15</a>.</p>
+
+<p class="drap">Lingots d’or et d’argent, I, 248.</p>
+
+<p class="drap">Lits, I, 284, 285.</p>
+
+<p class="drap">Lits à vendre, II, <a href="#p314">314</a>, <a href="#p315">315</a>, <a href="#p334">334</a>, <a href="#p352">352</a>, <a href="#p360">360</a>, <a href="#p361">361</a>, <a href="#p368">368</a>.</p>
+
+<p class="drap">Litières, I, 267.</p>
+
+<p class="drap">Livres d’avis, II, <a href="#p330">330</a>.</p>
+
+<p class="drap">Livres de Mathématiques, I, 190.</p>
+
+<p class="drap">Livres de Médecine, I, 162, 163, 190.</p>
+
+<p class="drap">Livres de piété et d’église, I, 20, 26.</p>
+
+<p class="drap">Lods et ventes, II, <a href="#p309">309</a>.</p>
+
+<p class="drap">Loupes, I, 174.</p>
+
+<p class="drap">Lustres et girandoles, II, <a href="#p143">143</a>.</p>
+
+<p class="drap">Luths, I, 211.</p>
+
+
+<p class="c">M.</p>
+
+<p class="drap">Macarons, I, 301.</p>
+
+<p class="drap">Machinistes, II, <a href="#p121">121</a>.</p>
+
+<p class="drap">Maçonnerie (lieutenant général de la), I, 78 ; II, <a href="#p102">102</a>.</p>
+
+<p class="drap">Maçons et Manœuvres, II, <a href="#p102">102</a>.</p>
+
+<p class="drap">Magistrats (principaux), I, 55.</p>
+
+<p class="drap">Maisons à louer, II, <a href="#p305">305</a>-308, <a href="#p333">333</a>, <a href="#p362">362</a>.</p>
+
+<p class="drap">Maisons à vendre, II, <a href="#p308">308</a>-313, <a href="#p334">334</a>-337, <a href="#p349">349</a>, <a href="#p351">351</a>, <a href="#p367">367</a>, <a href="#p368">368</a>.</p>
+
+<p class="drap">Maladies vénériennes, I, 171.</p>
+
+<p class="drap">Maladies des yeux et des oreilles, I, 174.</p>
+
+<p class="drap">Marchandises d’Outre-Mer, II, <a href="#p20">20</a>.</p>
+
+<p class="drap">— de Dieppe, II, <a href="#p22">22</a>.</p>
+
+<p class="drap">— de Saint-Claude, II, <a href="#p23">23</a>.</p>
+
+<p class="drap">Maréchaussée, I, 75.</p>
+
+<p class="drap">Marionnettes et Manequins, I, 272.</p>
+
+<p class="drap">Marqueterie, I, 286.</p>
+
+<p class="drap">Manufactures des ouvrages du Roy, II, <a href="#p87">87</a>.</p>
+
+<p class="drap">Maroquins, I, 109 ; II, <a href="#p38">38</a>.</p>
+
+<p class="drap">Masques, I, 271.</p>
+
+<p class="drap">Matériaux à bâtir, II, <a href="#p105">105</a>.</p>
+
+<p class="drap">Mathématiques, I, 146, 254 et II, <a href="#p71">71</a>.</p>
+
+<p class="drap">Matières métalliques (Commerce de diverses matières), II, <a href="#p45">45</a>.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p394">-394-</span> Matières médicinales, I, 164.</p>
+
+<p class="drap">Médailles, I, 130, 221, 223, 225, 227, 230 ; II, <a href="#p382">382</a>.</p>
+
+<p class="drap">Médecine et Médecins, I, 150.</p>
+
+<p class="drap">Médecine ordinaire, I, 150.</p>
+
+<p class="drap">Médecine empirique, I, 156.</p>
+
+<p class="drap">Médecins jurés, II, <a href="#p52">52</a>.</p>
+
+<p class="drap">Melons, I, 303.</p>
+
+<p class="drap">Menus Plaisirs, I, 269.</p>
+
+<p class="drap">Menuiserie, II, <a href="#p121">121</a>.</p>
+
+<p class="drap">Menuisiers en ébène, II, <a href="#p353">353</a>.</p>
+
+<p class="drap">Mercerie, Quincaillerie (Commerce de), II, <a href="#p18">18</a>.</p>
+
+<p class="drap"><i>Mercure galant</i>, I, 193.</p>
+
+<p class="drap">Mercure d’or, I, 13.</p>
+
+<p class="drap">Messageries, II, <a href="#p166">166</a>.</p>
+
+<p class="drap">Meubles à vendre, II, <a href="#p314">314</a>.</p>
+
+<p class="drap">Meubles de la Chine, I, 236, 240.</p>
+
+<p class="drap">Meubles ordinaires et Tapisseries, I, 283.</p>
+
+<p class="drap">Meubles d’orfévrerie, II, <a href="#p73">73</a>.</p>
+
+<p class="drap">Meubles vieux, I, 287.</p>
+
+<p class="drap">Migniatures, II, <a href="#p97">97</a>, <a href="#p98">98</a>.</p>
+
+<p class="drap">Miroirs, II, <a href="#p21">21</a>, <a href="#p140">140</a>, <a href="#p353">353</a>, <a href="#p361">361</a>.</p>
+
+<p class="drap">Mirouettiers, II, <a href="#p21">21</a>, <a href="#p140">140</a>, <a href="#p353">353</a>, <a href="#p361">361</a>.</p>
+
+<p class="drap">Moëllons, II, <a href="#p107">107</a>, <a href="#p113">113</a>.</p>
+
+<p class="drap">Monnoies (Fabrique des nouvelles), II, <a href="#p244">244</a>.</p>
+
+<p class="drap">Montres à vendre, II, <a href="#p322">322</a>, <a href="#p361">361</a>.</p>
+
+<p class="drap">Morrhues, I, 295.</p>
+
+<p class="drap">Mouches, II, <a href="#p76">76</a>.</p>
+
+<p class="drap">Moulin à blé à vendre, II, <a href="#p324">324</a>.</p>
+
+<p class="drap">Moutons, I, 291.</p>
+
+<p class="drap">Mulets, I, 264.</p>
+
+<p class="drap">Musettes, I, 212.</p>
+
+<p class="drap">Musique, I, 204.</p>
+
+
+<p class="c">N.</p>
+
+<p class="drap">Nombre d’or, II, <a href="#p210">210</a>.</p>
+
+<p class="drap">Nomenclateurs, I, vj, 7.</p>
+
+<p class="drap">Nourrices, II, <a href="#p49">49</a>.</p>
+
+<p class="drap">Nourriture, I, 289.</p>
+
+
+<p class="c">O.</p>
+
+<p class="drap">Œufs, I, 296.</p>
+
+<p class="drap">Officialité, I, 16, 18, 21.</p>
+
+<p class="drap">Officiers nouveaux, Metteurs à bord et gardes bateaux, I, 111.</p>
+
+<p class="drap">Olives, I, 303.</p>
+
+<p class="drap">Omissions et changements, I, 79.</p>
+
+<p class="drap">Opérations chirurgicales, I, 157 et II, <a href="#p68">68</a>.</p>
+
+<p class="drap">Opérateurs pour la pierre, la cataracte, les dents, I, 160.</p>
+
+<p class="drap" id="orlogeurs">Orlogeurs, II, <a href="#p73">73</a>, <a href="#p349">349</a>, <a href="#p361">361</a>.</p>
+
+<p class="drap">Oranges, I, 302.</p>
+
+<p class="drap">Ordonnances (Nouvelles), I, 186.</p>
+
+<p class="drap">Orgues, I, 205, 206 ; II, <a href="#p316">316</a>.</p>
+
+<p class="drap">Orvietan, I, 169.</p>
+
+<p class="drap">Ouvrages exquis de peinture et de sculpture, II, <a href="#p92">92</a>.</p>
+
+<p class="drap">Ouvrages et bois de Menuiserie, II, <a href="#p121">121</a>.</p>
+
+<p class="drap">Ouvrages et fournitures de Charpente, II, <a href="#p115">115</a>.</p>
+
+<p class="drap">Ouvrages et fournitures de Couvreurs, II, <a href="#p118">118</a>.</p>
+
+<p class="drap">Ouvrages d’or, d’argent, de
+pierreries, de perles, etc. (Commerce des), I, 244.</p>
+
+
+<p class="c">P.</p>
+
+<p class="drap">Panneterie et Patisserie, I, 304.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p395">-395-</span> Paniers à fruits, I, 301.</p>
+
+<p class="drap">Papetiers (Marchandises de), II, <a href="#p26">26</a>.</p>
+
+<p class="drap">Parfumeurs (Marchandises des), II, <a href="#p31">31</a>.</p>
+
+<p class="drap">Parlement, I, 86.</p>
+
+<p class="drap">Parties casuelles, I, 38, 108.</p>
+
+<p class="drap">Pastel, II, <a href="#p99">99</a>.</p>
+
+<p class="drap">Patissiers, I, 300, 304.</p>
+
+<p class="drap">Paveurs (Ouvrage des), II, <a href="#p157">157</a>.</p>
+
+<p class="drap">Peaux pour les chapeliers, II, <a href="#p38">38</a>.</p>
+
+<p class="drap">— pour les foureurs, II, <a href="#p38">38</a>.</p>
+
+<p class="drap">Peaux de mouton en chamois, II, <a href="#p36">36</a>.</p>
+
+<p class="drap">— de chagrin, II, <a href="#p37">37</a>.</p>
+
+<p class="drap">Peintures, sculptures, dorures, II, <a href="#p144">144</a>.</p>
+
+<p class="drap">Peintres, II, <a href="#p178">178</a> ; ouvrages
+de peinture, II, <a href="#p92">92</a>, <a href="#p144">144</a>.</p>
+
+<p class="drap">Pelleterie et fourrure, II, <a href="#p35">35</a>.</p>
+
+<p class="drap">Penitencier (grand), I, 17.</p>
+
+<p class="drap">Pendules à vendre, II, <a href="#p349">349</a>.</p>
+
+<p class="drap">Pension pour les malades, I, 178.</p>
+
+<p class="drap">Pensions et répétitions pour les écoliers, I, 138, 249.</p>
+
+<p class="drap">Perles, I, 248 ; II, <a href="#p319">319</a>, <a href="#p322">322</a>, <a href="#p361">361</a>.</p>
+
+<p class="drap">Perruques, I, xxxiij ; II, <a href="#p40">40</a>.</p>
+
+<p class="drap">Philosophes, I, 123.</p>
+
+<p class="drap">Pieds de porc à la Sainte-Menehould, I, 294.</p>
+
+<p class="drap">Pierre (qualité et coupe de la), II, <a href="#p111">111</a>, <a href="#p114">114</a>, <a href="#p115">115</a>.</p>
+
+<p class="drap">Pierreries, I, 247.</p>
+
+<p class="drap">Pigeons, I, 273.</p>
+
+<p class="drap">Pistaches, I, 304.</p>
+
+<p class="drap">Placages (meubles de), I, 286.</p>
+
+<p class="drap">Plâtre, II, <a href="#p105">105</a>.</p>
+
+<p class="drap">Plomb en balles et grains, II, <a href="#p46">46</a>.</p>
+
+<p class="drap">Plomberies (Ouvrages de), II, <a href="#p155">155</a>.</p>
+
+<p class="drap">Planches de Bateaux, I, 121, 122.</p>
+
+<p class="drap">Plumes d’acier, II, <a href="#p76">76</a>.</p>
+
+<p class="drap">Points, II, <a href="#p17">17</a>.</p>
+
+<p class="drap">Poissons, I, 294, 295.</p>
+
+<p class="drap">Police, I, 186.</p>
+
+<p class="drap">Portraits en cire, II, <a href="#p69">69</a>.</p>
+
+<p class="drap">Porcelaines, I, 239 et II, <a href="#p42">42</a>.</p>
+
+<p class="drap">Porcs, I, 292.</p>
+
+<p class="drap">Poteries, Carrelage, Vuidange, II, <a href="#p158">158</a>.</p>
+
+<p class="drap">Poulmoniques (Conserve et liqueur pour les), I, 170.</p>
+
+<p class="drap">Précisions chronologiques et historiques des temps, II, <a href="#p209">209</a>.</p>
+
+<p class="drap">Prévôté de l’Hôtel du Roy et de la Ville, I, 74.</p>
+
+<p class="drap">Prévôt des Marchands, I, 75.</p>
+
+<p class="drap">Prieur médecin, I, lv, 157.</p>
+
+<p class="drap">Prisonniers (pauvres), I, 24.</p>
+
+<p class="drap">Privilégiez, Privileges à vendre, II, <a href="#p77">77</a>.</p>
+
+<p class="drap">Prix des Ouvrages de Maçonnerie, II, <a href="#p105">105</a>.</p>
+
+<p class="drap">— de Charpente, II, <a href="#p116">116</a>.</p>
+
+<p class="drap">— de Menuiserie, II, <a href="#p122">122</a>.</p>
+
+<p class="drap">— de Couvreurs, II, <a href="#p119">119</a>.</p>
+
+<p class="drap">— des marchandises de fer, II, <a href="#p131">131</a>.</p>
+
+<p class="drap">— des Glaces, II, <a href="#p143">143</a>.</p>
+
+<p class="drap">— des Pavés, II, <a href="#p157">157</a>, <a href="#p158">158</a>.</p>
+
+<p class="drap">— des Ouvrages de Sculpture, peinture et dorure, II, <a href="#p146">146</a>.</p>
+
+<p class="drap">— des Plombs, II, <a href="#p156">156</a>.</p>
+
+<p class="drap">— des Nattes et Frottages, II, <a href="#p156">156</a>, <a href="#p160">160</a>.</p>
+
+<p class="drap">— des Vitres, II, <a href="#p138">138</a>, <a href="#p139">139</a>, <a href="#p140">140</a>.</p>
+
+<p class="drap">Proxenêtes (courtiers antiques), I, vij, viij.</p>
+
+
+<p class="c">Q.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p396">-396-</span> Quincailliers, II, <a href="#p25">25</a>.</p>
+
+
+<p class="c">R.</p>
+
+<p class="drap">Rabats, II, <a href="#p73">73</a>.</p>
+
+<p class="drap">Recommanderesses, I, x ; II, <a href="#p49">49</a>.</p>
+
+<p class="drap">Recueil de vers, II, <a href="#p325">325</a>.</p>
+
+<p class="drap">Remarques sur la durée des jours et des nuits, II, <a href="#p242">242</a>.</p>
+
+<p class="drap">— sur les systèmes du monde, II, <a href="#p203">203</a>.</p>
+
+<p class="drap">Remèdes pour les chevaux, I, 69.</p>
+
+<p class="drap">Remèdes du Roi, I, 170.</p>
+
+<p class="drap">Rentes de l’Hôtel de Ville, I, 42.</p>
+
+<p class="drap">Répétitions pour les écoliers, I, 138, 249.</p>
+
+<p class="drap">Requestes de l’Hôtel du Roy, I, 78.</p>
+
+<p class="drap">— du Palais, I, 78.</p>
+
+<p class="drap">Rocfort, fromage, I, 299.</p>
+
+<p class="drap">Roulliers et charrettes de routes, II, <a href="#p174">174</a>.</p>
+
+<p class="drap">Rubans, II, <a href="#p20">20</a>.</p>
+
+
+<p class="c">S.</p>
+
+<p class="drap">Sable, II, <a href="#p157">157</a>.</p>
+
+<p class="drap">Sages femmes jurées, II, <a href="#p69">69</a>.</p>
+
+<p class="drap">Saignée, I, 159.</p>
+
+<p class="drap">Savons, II, 7, <a href="#p33">33</a>.</p>
+
+<p class="drap">Savoyards, II, <a href="#p21">21</a>.</p>
+
+<p class="drap">Science des Temps, II, <a href="#p205">205</a>.</p>
+
+<p class="drap">Sculpteurs, II, <a href="#p92">92</a>, <a href="#p145">145</a>.</p>
+
+<p class="drap">Sculpture (Ouvrages de), II, <a href="#p145">145</a>.</p>
+
+<p class="drap">Séances des Tribunaux, I, 78.</p>
+
+<p class="drap">Secret pour guérir le <i lang="la" xml:lang="la">Miserere</i>, II, <a href="#p324">324</a>.</p>
+
+<p class="drap">Secrétaires du Roy, I, 54.</p>
+
+<p class="drap">Secrétaires et Greffiers, I, 93.</p>
+
+<p class="drap">Sel policreste, I, 169.</p>
+
+<p class="drap">Sergens, I, 100.</p>
+
+<p class="drap">Seringues, II, <a href="#p77">77</a>.</p>
+
+<p class="drap">Sermons, I, 200, 201.</p>
+
+<p class="drap">Serrures, II, <a href="#p136">136</a>.</p>
+
+<p class="drap">Servantes, I, x ; II, <a href="#p49">49</a>.</p>
+
+<p class="drap">Sirop de vanille, I, 177.</p>
+
+<p class="drap">— de thé, febrifuge, I, 177.</p>
+
+<p class="drap">Soies, II, <a href="#p9">9</a>.</p>
+
+<p class="drap">Souliers, II, <a href="#p67">67</a>.</p>
+
+<p class="drap">Squelettes, II, <a href="#p77">77</a>.</p>
+
+<p class="drap">Sucres, II, <a href="#p6">6</a>.</p>
+
+<p class="drap">Suif, II, <a href="#p8">8</a>.</p>
+
+<p class="drap">Supputation des Epoques, II, <a href="#p210">210</a>.</p>
+
+<p class="drap">Systêmes du monde, II, <a href="#p203">203</a>.</p>
+
+
+<p class="c">T.</p>
+
+<p class="drap">Table de Marbre (juridiction de la), I, 78.</p>
+
+<p class="drap">Tableaux, I, 239.</p>
+
+<p class="drap">Tableaux à vendre, II, <a href="#p360">360</a>.</p>
+
+<p class="drap">Tablettes à vendre, II, <a href="#p359">359</a>.</p>
+
+<p class="drap">Tablettes d’Alary, I, 177.</p>
+
+<p class="drap">Tablettes de poche, I, 243.</p>
+
+<p class="drap">Taillandiers, II, <a href="#p47">47</a>.</p>
+
+<p class="drap">Tailleurs, II, <a href="#p59">59</a>, <a href="#p60">60</a>, <a href="#p61">61</a>.</p>
+
+<p class="drap">Tambours, I, 263.</p>
+
+<p class="drap">Tamis, II, <a href="#p77">77</a>.</p>
+
+<p class="drap">Tapisseries à vendre, II, <a href="#p314">314</a>, <a href="#p336">336</a>, <a href="#p350">350</a>, <a href="#p361">361</a>.</p>
+
+<p class="drap">Tapissiers fripiers, I, 287 ; II, <a href="#p326">326</a>.</p>
+
+<p class="drap">Tapisseries et Meubles ordinaires, I, 283.</p>
+
+<p class="drap">Tapisseries de cuir doré, I, 286.</p>
+
+<p class="drap">— d’Auvergne, II, <a href="#p340">340</a>.</p>
+
+<p class="drap">— de la Savonnerie, II, <a href="#p320">320</a>, <a href="#p326">326</a>.</p>
+
+<p class="drap"><span class="pagenum" id="p397">-397-</span> — de Flandres, I, 283.</p>
+
+<p class="drap">— de Beauvais, I, 283.</p>
+
+<p class="drap">— d’Aubusson, I, 283.</p>
+
+<p class="drap">— de Bergame et de Rouen, I, 284.</p>
+
+<p class="drap">Tarif des nouvelles monnoyes, II, <a href="#p244">244</a>.</p>
+
+<p class="drap">Temporalité, I, 79.</p>
+
+<p class="drap">Tentes et pavillons de guerre, I, 262.</p>
+
+<p class="drap">Tentures de haute lice, I, 283 ; II, <a href="#p315">315</a>.</p>
+
+<p class="drap">Terre cizellée, I, 240.</p>
+
+<p class="drap">Théorbes, I, 210 ; II, <a href="#p326">326</a>.</p>
+
+<p class="drap">Terres, fiefs et seigneuries
+à vendre, II, <a href="#p337">337</a>, <a href="#p338">338</a>, <a href="#p349">349</a>, <a href="#p360">360</a>, <a href="#p363">363</a>, <a href="#p367">367</a>.</p>
+
+<p class="drap">Thériaque de Rouvière, I, 167.</p>
+
+<p class="drap">Thermomètres, I, 242.</p>
+
+<p class="drap">Tireurs d’or, II, <a href="#p46">46</a>.</p>
+
+<p class="drap">Toiles cirées, II, <a href="#p76">76</a>.</p>
+
+<p class="drap">Tontine, I, 44.</p>
+
+<p class="drap">Tourneurs, II, <a href="#p51">51</a>, <a href="#p103">103</a>-104.</p>
+
+<p class="drap" id="traiteurs">Traiteurs, I, 314, 315, 319.</p>
+
+<p class="drap">Treillis d’Allemagne, II, <a href="#p13">13</a>.</p>
+
+<p class="drap">Trésor des Almanachs, II, <a href="#p193">193</a>.</p>
+
+<p class="drap">Trésor d’Esculape, II, <a href="#p177">177</a>.</p>
+
+<p class="drap">Trésor Royal (Gardes du), I, 28.</p>
+
+<p class="drap">Trésoriers, I, 38, 53.</p>
+
+<p class="drap">Tribunaux, I, 78.</p>
+
+<p class="drap">Triquetracts, I, 274.</p>
+
+<p class="drap">Trompettes et timbales, I, 215 ; II, <a href="#p73">73</a>.</p>
+
+<p class="drap">Truffles, II, <a href="#p71">71</a>.</p>
+
+<p class="drap">Tuiles, II, <a href="#p119">119</a>.</p>
+
+<p class="drap">Tuyaux de tolle de fer à brûler du bois sans fumée, II, <a href="#p76">76</a>.</p>
+
+
+<p class="c">V.</p>
+
+<p class="drap">Vacations des Tribunaux, I, 86.</p>
+
+<p class="drap">Vaches de Roussy, II, <a href="#p37">37</a>, <a href="#p38">38</a>.</p>
+
+<p class="drap">Volailles, I, 292.</p>
+
+<p class="drap">Vapeurs, I, 171 ; II, <a href="#p79">79</a>.</p>
+
+<p class="drap">Veaux, I, 291.</p>
+
+<p class="drap">Verre (Vitriers), II, <a href="#p44">44</a>, <a href="#p138">138</a>.</p>
+
+<p class="drap">Verrerie (Commerce des Verriers), II, <a href="#p41">41</a>.</p>
+
+<p class="drap">Vérifications et rapports de jurez, II, <a href="#p52">52</a>.</p>
+
+<p class="drap">Vins de liqueurs, I, 301.</p>
+
+<p class="drap">Vins (Marchandises et aprest de), I, 309 et II, <a href="#p318">318</a>, <a href="#p324">324</a>.</p>
+
+<p class="drap">Violle et Viollon, I, 209, 210 et II, <a href="#p317">317</a>.</p>
+
+<p class="drap">Vieux papiers et parchemins, II, <a href="#p28">28</a>.</p>
+
+<p class="drap">Vitriers (Ouvrage des), II, <a href="#p138">138</a>.</p>
+
+<p class="drap">Voyer, I, 109.</p>
+
+
+<p class="c">Y.</p>
+
+<p class="drap">Yeux artificiels, II, <a href="#p75">75</a>.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+<p><span class="pagenum" id="p399">-399-</span></p>
+
+<h2 class="nobreak">TABLE DU TOME II.</h2>
+
+
+<div class="flex">
+<table>
+<tr><td>&nbsp;</td> <td class="bot r small"><div>Pages.</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Suite du <i>Livre commode</i></td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c1">5</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Table générale des Articles</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c41">181</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Trésor des Almanachs pour l’année bissextile 1692</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c42">187</a></div></td></tr>
+
+<tr><td colspan="2" class="c sc"><div>Appendice.</div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Liste de Messieurs de l’Académie françoise en janvier
+1676</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c43">275</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Liste de l’Académie françoise (1705)</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c44">289</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Liste des avis du Bureau d’adresse (janvier 1670)</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c45">302</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Liste générale du Bureau d’adresse et d’avis (7
+aoust 1688)</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c46">332</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Liste générale du Bureau d’adresse et de rencontre
+(1 mars 1689)</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c47">346</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Liste générale du Bureau d’adresse et de rencontre
+(1 avril 1689)</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c48">356</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Liste générale du Bureau d’adresse et de rencontre
+(1 may 1689)</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c49">364</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Liste des avis du Journal général de France (18 novembre
+1693)</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c50">371</a></div></td></tr>
+<tr><td class="drap">Table alphabétique des matières contenues dans les
+deux Volumes</td>
+<td class="bot r"><div><a href="#c51">387</a></div></td></tr>
+</table>
+</div>
+
+<p class="c gap xsmall">FIN.</p>
+
+<div style='text-align:center'>*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 75206 ***</div>
+</body>
+</html>
+
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