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If you are not located in the United States, you -will have to check the laws of the country where you are located before -using this eBook. - -Title: La confession et les confesseurs - Appendice: Pieuses exhortations, par Monseigneur Claret; - Mœchialogie, par le R. P. Debreyne; Compendium; et les Diaconales, - par Monseigneur Bouvier - -Author: Léo Taxil - Antonio María Claret - Pierre Jean Corneille Debreyne - Jean-Baptiste Bouvier - -Release Date: March 27, 2021 [eBook #64935] - -Language: French - -Character set encoding: UTF-8 - -Produced by: the Online Distributed Proofreading Team at - https://www.pgdp.net (This file was produced from images - generously made available by the Bibliothèque nationale de - France (BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr) - -*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK LA CONFESSION ET LES -CONFESSEURS *** - - - - - - LES PORNOGRAPHES SACRÉS - - LA - CONFESSION - ET - LES CONFESSEURS - - PAR - LÉO TAXIL - - APPENDICE: - PIEUSES EXHORTATIONS, par Mgr CLARET - COURS DE LUXURE, par le R. P. DEBREYNE - DÉCISIONS DES CONCILES sur le DEVOIR CONJUGAL - MANUEL DU CONFESSEUR, par Mgr BOUVIER - - PRIX: UN FRANC CINQUANTE - Par la Poste: Un franc soixante-quinze - - PARIS - EN VENTE CHEZ L’AUTEUR: 35, RUE DES ÉCOLES - ET CHEZ TOUS LES LIBRAIRES DE FRANCE. - - - - -AVIS - - -Il a été tiré de cet ouvrage, 300 exemplaires sur très beau papier, fort -et teinté. - -Prix: Cinq francs. - -Ces 300 exemplaire sont numérotés et signés séparément par M. Léo Taxil. - - -POUR PARAITRE: - -Pie IX devant l’Histoire; _sa vie politique et pontificale; ses -débauches, ses folies, ses crimes_, trois volumes, par M. Léo Taxil. - -Prix de chaque volume: un franc cinquante;--et par la poste: un franc -soixante-quinze. - - - - - LÉO TAXIL - - LA CONFESSION - ET - LES CONFESSEURS - - APPENDICE: - _Pieuses exhortations_, par Monseigneur CLARET; _Mœchialogie_, - par le R. P. DEBREYNE; - _Compendium_; et les _Diaconales_, par Monseigneur BOUVIER. - - [Vignette: L. T.] - - PARIS - CET OUVRAGE EST ÉDITÉ SPÉCIALEMENT PAR L’AUTEUR - DÉPOT A SON DOMICILE: 35, RUE DES ÉCOLES - - Tous droits réservés. - - - - -DÉDICACE - -A M. GEORGES LAGUERRE - -Avocat près la Cour d’appel de Paris et Collaborateur à la _Justice_ et -au _Figaro_. - - -MONSIEUR, - -Il y a aujourd’hui huit mois, un Congrès se réunissait à Paris. C’était -le Congrès des sociétés de libre-pensée de France, représentées par -leurs délégués. Le but de ces grandes assises anti-cléricales était de -faire connaître au gouvernement les vœux du pays relativement à la -séparation de l’État et des églises. Bon nombre de députés appartenant -aux groupes radicaux de la Chambre s’étaient fait un devoir de -participer à cette réunion solennelle. - -Le Congrès me fit l’honneur de me choisir comme rapporteur de sa -première commission. - -Au moment où je donnais lecture de mon rapport, un incident se -produisit. Tout à coup, je fus interrompu et insulté. Je disais que les -prêtres, en vendant des messes sous prétexte de tirer les âmes du -purgatoire, agissent comme de simples escrocs. Une voix me cria: «Les -escrocs, ce ne sont pas les prêtres; c’est vous!» Un tumulte énorme -s’ensuivit. Un homme monta à la tribune pour renouveler l’injure et -aggraver le scandale. Mais l’assemblée, comprenant qu’elle avait affaire -à un agent des jésuites, retira la parole à mon insulteur, et un blâme -contre lui, mis aux voix par le président, M. le député Beauquier, fut -voté à l’unanimité, moins quatre voix, sur deux cents délégués environ. - -Le lendemain, l’auteur du scandale, à qui cette flétrissure pesait peu, -allait se vanter de son exploit dans tous les bureaux de rédaction des -journaux réactionnaires; et le Congrès ne manqua pas d’être vivement -attaqué. - -N’ayant jamais voulu me commettre avec des agents provocateurs,--qu’ils -appartinssent à la police rousse ou à la police noire,--je méprisai -l’insulte. - -Je me demandai seulement quel mobile avait pu pousser un homme, que je -n’avais jamais vu, à ramasser de la boue pour venir essayer de m’en -éclabousser. - -Je m’informai. - -L’homme était alors totalement inconnu. J’avais pensé une seconde que ce -pouvait être quelqu’un de ces génies incompris qui viennent solliciter -des rédacteurs en chef l’insertion de leurs articles plus ou moins -somnifères, et qui ne pardonnent jamais un refus. Mais j’avais beau -rappeler mes souvenirs: l’inconnu n’apparaissait pas dans mon passé de -directeur de journaux. - -Cet insulteur n’ayant aucun motif ni même aucun prétexte de haine -personnelle, je fus bien obligé de me ranger à l’opinion de mes amis, -savoir: que je me trouvais en présence d’un émissaire secrètement -stipendié par les disciples de Loyola. - -Je m’informai encore. - -Ce que j’appris alors m’édifia tout à fait.--Le misérable appartenait à -la Société de Saint-Vincent-de-Paul; il en avait été pendant quatre ans -secrétaire; tout récemment même, il venait de se marier d’une façon bien -religieuse à l’église de la Trinité. Et ce qui démontrait à quel point -était habile cet agent des Révérends Pères, c’est qu’au moment précis où -il se mariait à l’église il s’était fait recevoir de plusieurs sociétés -de libre-pensée et donnait des conférences anti-cléricales, dans -lesquelles il prêchait aux autres le mariage civil. - -Ce misérable, monsieur, c’était vous. - -Depuis, vous avez fait du chemin, et vous n’êtes certes pas arrivé -encore au but où vous prétendez atteindre. - -Vous êtes ambitieux et d’une astuce rare. - -Vous avez réussi à capter la confiance de quelques républicains naïfs, -et en même temps vous êtes soutenu par les cléricaux qui n’ont même pas -la pudeur de mettre une sourdine à leurs éloges. L’_Univers_ et le -_Figaro_ vous prédisent avec joie le plus brillant avenir. De la part du -_Figaro_, cela n’a rien d’étonnant, puisque vous collaborez à cette -feuille monarchiste,--tout en écrivant aussi, il faut bien le dire, dans -la démocratique _Justice_;--mais ce qui doit plus surprendre, c’est que -l’organe de M. Louis Veuillot s’oublie à vous donner ostensiblement son -appui. - -Quoi qu’il en soit, vous irez loin. Je ne fais aucune difficulté à le -reconnaître, je crois à votre étoile. Combien de fortunes politiques ont -été édifiées sur l’hypocrisie!... Or, en la science de la duplicité vous -êtes passé maître... Je n’ai pas la moindre illusion à ce sujet: au -sortir de l’église de la Trinité vous agitez le drapeau rouge et vous -vous proclamez anarchiste; il faut être aveugle pour ne pas voir votre -jeu. - -Pour conclure, je vous dédie ce livre. - -Vous avez écrit quelque part,--dans la _Justice_, à moins que ce ne soit -dans le _Figaro_,--que je suis un écrivain pornographe. - -Comme je me suis donné la mission de dévoiler les turpitudes du clergé, -vous feignez de prendre le change. Vous êtes semblable à cet ami de M. -de Germiny, qui, à la lecture du jugement qui condamnait le noble comte -et mentionnait un aperçu de son infamie, s’écria:--«Ce jugement est un -outrage aux mœurs!» - -En effet, vous qui vous confessez, vous ne pouvez entendre médire des -confesseurs. Révéler les ignominies du confessionnal constitue une -attaque à vos protecteurs et maîtres. Vous leur devez bien de prendre -leur défense! - -Lisez donc cet ouvrage, lisez surtout les extraits que je fais des -livres théologiques enseignés dans les couvents et les séminaires, et -répétez ensuite partout que les écrivains obscènes, ce ne sont pas les -casuistes et les confesseurs, mais que c’est moi. - -Vous avez eu la jésuitique audace de le dire une fois; ne vous lassez -pas. - -Mentez, mentez toujours, il en restera quelque chose! disait Voltaire -aux disciples de saint Ignace, qui le calomniaient. - -Mentez, mentez encore, vous dirai-je à mon tour; vous servirez utilement -la cause du clergé. Votre confesseur sera là chaque samedi pour vous -absoudre. - -Je vous salue, monsieur. - -Qu’Escobar vous ait en sa sainte garde! - -LÉO TAXIL. - -Paris, le 1er novembre 1882. - - - - -LA CONFESSION - -ET - -LES CONFESSEURS - - -Une supposition. Reportons-nous à l’année 1869. Imaginez-vous -ceci:--Tropmann vient de commettre son horrible crime. Il va trouver un -juge d’instruction et lui dit: «Monsieur, je viens d’assassiner toute -une famille: sept personnes, dans le but de m’approprier quelques -billets de banque.» Le magistrat répond: «Mon bon ami, mon cher enfant, -donnez-moi donc, je vous prie, le produit de votre crime; j’en ferai un -bon usage, et, pour tout le monde, ce sera comme si vous n’aviez jamais -tué un lapin. Allez, mon fils, allez, j’efface votre meurtre abominable; -vous êtes, maintenant, aussi pur que le plus parfait honnête homme. -Allez, je vous déclare innocent.» Le juge encaisse l’argent de Tropmann, -et Tropmann n’est pas poursuivi; il peut même recommencer ses exploits, -assassiner une nouvelle famille Kinck. - -Tel est le sacrement de pénitence, qui est le principe de ce qu’on -appelle la confession. - -Un monsieur, qui s’intitule prêtre, se donne le droit d’innocenter les -plus grands coupables, à la condition qu’il se soumettront à une -pénitence toujours très commode pour le criminel et surtout très -lucrative pour M. le Curé. - -On peut commettre tous les crimes, assassiner père et mère, se passer -les fantaisies de Monseigneur Maret et de M. le comte de Germiny, -détrousser un garçon de recettes et le larder de coups de couteau; on -peut accomplir les plus exécrables forfaits, se souiller des turpitudes -les plus obscènes, et les plus dégradantes; en sortant du confessionnal, -on est, d’après l’Église, plus innocent que le bébé qui vient de naître. -Une fois l’absolution donnée par le confesseur, Dumollard devient un -archange, et Tropmann se transforme en un vrai petit chérubin.--Vous -pouvez leur donner vos filles en mariage. - -Par la confession, on est sanctifié en raison même de ses crimes. Ainsi: -plus un ignorantin se vautre dans les infamies, plus il a besoin de se -confesser, plus il se confesse, et plus il est pur. - -Voilà la morale de l’Église catholique à laquelle la Chambre vote chaque -année un budget de cinquante à cinquante-cinq millions. Autant vaudrait -établir un budget pour subventionner les Tropmann et les Dumollard; ce -serait aussi logique. - -Si un magistrat s’était comporté à l’égard de Tropmann comme je viens -d’en faire la supposition en commençant, il n’y aurait eu en France -qu’une voix pour le conspuer et le flétrir. Ce magistrat, si commode -pour les assassins, aurait été plus scélérat que les plus odieux -meurtriers, n’est-ce pas? Eh bien, le prêtre, qui absout le vol, est -plus gredin que les voleurs; le prêtre, qui bénit les assassins, est le -dernier des scélérats. Nul homme, en matière criminelle, n’a le droit de -substituer son jugement personnel au jugement de la société. - - * - - * * - -Je sais bien ce que me répondront les défenseurs du catholicisme. - -Ils me diront:--Vous faites de l’exception la généralité. Tous ceux qui -vont s’agenouiller au tribunal de la pénitence n’ont pas sur la -conscience des meurtres et des viols. La confession n’a pas été -instituée pour l’absolution unique des criminels. Il est telle faute -légère, tel manquement aux prescriptions de l’Église dont le confesseur -relève le pénitent. Or, la pratique constante de la confession est un -bien pour les petits coupables, pour les hommes que le crime n’a point -pervertis, en ce qu’elle les met sans cesse face à face avec leurs -fautes, leur en fait honte et les en déshabitue. - -Je répliquerai:--D’abord, il ne me paraît pas prouvé que la confession -ait un effet salutaire, même au point de vue des petites fautes. Il me -paraît, au contraire, qu’un examen de conscience régulier ne doit pas -être une tâche bien lourde pour celui qui s’y livre périodiquement; car -la confession ainsi pratiquée arrive à n’être plus qu’un acte machinal. - -Plus la confession est fréquente, plus elle devient banale, plus le -pénitent s’habitue à ses passions, à ses défauts, à ses vices. - -Quant aux manquements aux prescriptions de l’Église, je ne m’en soucie -guère. Il est possible que la perspective d’une confession désagréable à -faire empêche un marguillier de manquer la messe le dimanche; mais il -faut envisager les choses de plus haut. Nous n’avons pas à nous arrêter -à ces vétilles; dire le chapelet ou ne pas le dire n’a aucun rapport -avec l’honnêteté. Les pratiques de dévotion relèvent simplement du bon -sens, et le bon sens a depuis longtemps condamné toutes ces grimaces, -toutes ces singeries. - -Au XVIIe siècle, les théologiens catholiques agitèrent une question très -grave: il s’agissait de savoir si un bouillon pris en lavement rompait -le jeûne. - -Vous savez, ou vous ne savez pas, que pour manger le bon Dieu, il faut -être à jeun. Le Tout-Puissant est un bifteck qui demande à n’être -précédé dans l’estomac des fidèles par aucun potage gras ou maigre. Une -fois le bon Dieu avalé, on peut lui verser de la sauce par-dessus; mais -avant l’engloutissement du personnage, défense de se garnir l’intérieur -de la moindre julienne ou du plus mince radis. Une goutte d’eau -seulement, absorbée avant le divin pain à cacheter, constitue un péché -mortel. - -Or, tous les dévots ne se lèvent pas de bon matin; beaucoup de grandes -dames ne vont le dimanche qu’à la grand’messe, qui est celle où l’on -exhibe les belles toilettes. Et puis, il y a les vieux curés de rebut, -qui sont chargés de la messe de midi. Tout ce monde-là avale le bon Dieu -entre dix heures du matin et midi et demi. Or, garder le jeûne jusqu’à -ce moment tardif n’a rien d’agréable. - -C’est alors que les vieux curés avaient imaginé de prendre avant la -messe un bouillon en lavement. Ça les soutenait jusqu’à midi, les -pauvres vieux! Seulement, voilà, les évêques ont mis le nez dans -l’affaire, en disant: «Pas de ça! mon bel ami, avec votre lavement -roublard vous allez contre les prescriptions de l’Église.»--Les curés -qui tenaient à leur clystère se sont rebiffés. - -«Si nous le prenions par en haut, ont-ils répondu, oui, ça gênerait le -Père Éternel; mais par en bas, qu’est-ce que ça peut lui faire?» - -Alors, il y a eu des évêques qui n’ont pas voulu entendre de cette -oreille. On a examiné le cas: à savoir, si la Sainte-Trinité et le -clystère nutritif avaient des chances de se rencontrer dans le tube des -communiants. On fit appel aux lumières de la Faculté. On écrivit -beaucoup de livres pour et contre le lavement d’avant la communion. -Bref, cette dispute, qui est absolument historique, a duré un bon quart -de siècle et a finalement été tranchée par le pape, seul juge souverain -et compétent. - -Conclusion: le clystère est défendu. - -Aussi, maintenant, nos vieilles dévotes qui ne veulent pas faire une -communion coupable sont obligées de se tenir à jeun, dans le sens absolu -du mot; car, si elles se laissaient aller à manœuvrer un piston -sacrilège avant de recevoir leur doux Jésus, elles commettraient un -péché monstrueux dont il leur faudrait rendre compte au confessionnal. - -Les curés ramollis et les vieilles dévotes, voilà les natures sur -lesquelles le sacrement de pénitence exerce une action efficace, et -encore est-ce à propos des particularités théologiques qui sont le -bagage grotesque de la religion. - -On conviendra que, dans cet ordre d’idées, l’efficacité de la confession -nous préoccupe peu. - -Ce qu’il est intéressant pour nous de savoir, c’est si la confession -convertit les criminels; et cela, nous ne le croyons pas. Delacolonge, -qui a coupé en morceaux l’infortunée Fanny Besson, était un prêtre; -Mingrat, qui viola, étrangla et dépeça l’infortunée Marie Gérin, était -un prêtre; Mgr Maret, qui souillait les petites filles et en guise de -première communion leur donnait une maladie honteuse, était un prêtre. -Ces monstres-là, et bien d’autres encore,--car il se valent à peu près -tous,--non seulement se confessaient, mais encore ils confessaient les -autres. Est-ce que la pratique constante du sacrement de pénitence les a -retenus, les a empêchés de se livrer à leurs habitudes infâmes, les a -empêchés de commettre leurs crimes atroces?--Non! - -C’était sur ceux-là, surtout, qu’il aurait fallu que la confession eût -de l’efficacité! - -On me dira, on dit:--Pourquoi citer les grands criminels? Ils forment -une quantité infiniment petite dans le nombre des gens qui se -confessent. - -Soit, je l’admets. Mais cela ne change rien à la valeur de mon -raisonnement. Qu’importe que, dans le nombre des gens qui se confessent, -les grands criminels forment le cinquante pour cent, ou le un pour cent -seulement! Quelle que soit la proportion existante, n’y eût-il qu’un -assassin sur mille, sur cent mille, sur un million d’individus -agenouillés devant vous, messieurs les curés, n’y en eût-il qu’un seul -sur mille milliards, est-il vrai, oui ou non, que vous vous prétendez le -droit de l’absoudre, cet assassin? - -Oui, n’est-ce pas?--Vous ne pouvez pas le nier, puisque vous revendiquez -ce droit exécrable d’absolution comme une prérogative céleste. - -Eh bien, je vous le dis et vous le répète, par l’exercice de votre -prétention cyniquement infâme, vous êtes les complices des voleurs et -des assassins. Vous êtes plus scélérats qu’eux. - -Ah! l’on nous accuse de faire de l’exception la généralité; tous ceux -qui vont s’agenouiller au tribunal de la pénitence, affirme-t-on, n’ont -pas sur la conscience des meurtres et des viols. - -Je réponds:--Soit! Mais si tous ceux qui se confessent ne sont pas des -escrocs, des bandits, des violateurs et des assassins, tous les -violateurs, tous les assassins, tous les escrocs et tous les bandits se -confessent. - -On n’osera pas soutenir le contraire. Tropmann s’est confessé; Lacenaire -s’est confessé; Papavoine s’est confessé; Dumollard s’est confessé; le -gardien de la paix Prévost s’est confessé; Johannon, qui a mangé le cœur -palpitant d’une pauvre femme qu’il venait de poignarder, s’est confessé. - -Ils ont reçu la bénédiction du prêtre, tous, tous, tous! - -Ils ont appelé l’homme noir: «Mon père», et l’homme noir a répondu à -chacun: «Mon fils.»--N’est-ce pas bien, cette fois, le cas de dire: Tel -père, tel fils? - -Tous, ils ont reçu l’accolade du ministre religieux, qui a murmuré à -leur oreille: «Les hommes vous punissent, mais Dieu vous pardonne; les -hommes vous méprisent, mais Dieu a de l’estime pour vous; les hommes -vous ont en horreur et en exécration, mais Dieu vous aime.» - -Tous ces brigands, qui sont la honte de l’humanité, ont gravi les -marches de l’échafaud avec la conviction, à eux donnée par le prêtre, -qu’ils montaient au ciel, qu’ils allaient, leur âme lavée de toute -souillure, se reposer pour l’éternité dans le sein de Dieu. - -Ils étaient des monstres d’infamie; mais ils étaient en même temps les -adeptes fervents du catholicisme. - - * - - * * - -Laissons de côté ces tristes tableaux. De ces embrassades entre l’Église -et le crime, ne retenons qu’un enseignement: c’est que le principe de la -confession est abominable, c’est que le droit d’absolution que le prêtre -se donne est la plus violente des immoralités. - -Partant d’un principe abominable et immoral au suprême degré, que peut -bien être la confession? - -Nous allons voir qu’elle ne vaut pas mieux que son principe. - -Au début,--il faut le reconnaître,--la confession n’était pas ce qu’elle -est aujourd’hui. - -Le criminel n’avait pas recours à cette lessive spirituelle, parce -qu’alors, au lieu d’avouer tout bas son forfait à une seule personne, il -fallait l’avouer tout haut, devant tout le monde. - -La confession, qui était publique, avait une certaine efficacité au -point de vue des peccadilles. On se risquait à se reconnaître coupable -d’un petit mensonge ou d’un menu larcin peu conséquent; mais on -rougissait très fort en formulant son aveu, on était vivement mortifié, -et on se promettait, avec une sincérité à laquelle je rends hommage, de -ne plus retomber dans la faute commise. - -La confession publique, dont se gardaient bien d’user les grands -coupables, avait tout de même du bon; elle exerçait une influence -réelle, une influence moralisatrice sur les petits pécheurs. - -Si on veut rétablir cette confession-là, je n’y vois aucun inconvénient. -Nous nous ferons même un devoir d’aller entendre les jeunes et vieilles -dévotes raconter leurs fredaines. Ce sera instructif et cela ne manquera -pas de gaieté. - -Malheureusement, la confession publique ne sera jamais rétablie. Ce qui -la fit supprimer ne manquerait pas de se reproduire. - -Voici l’anecdote: - -Au IVe siècle, tandis que Nectarius était patriarche de Constantinople, -un beau jour, à la confession publique dans l’église de Sainte-Sophie, -une femme mariée s’accusa tout haut d’avoir eu des relations avec le -diacre qui assistait le célébrant à l’autel. Or, justement, le mari se -trouvait là, accroupi derrière un pilier, occupé à faire ses prières. -Mettez-vous un peu à sa place. Il trouva la révélation fort peu -édifiante; il fit un vacarme de tous les diables. Les assistants étaient -stupéfaits; monsieur le diacre restait confus. Quant au patriarche -Nectarius, il était, on le conçoit, fort embarrassé: il voulait bien -qu’un de ses diacres passât du bon temps avec une jolie pénitente, mais -il ne voulait pas que toute la ville le sût. - -Il n’eut pas la présence d’esprit d’imaginer à l’instant la confession -auriculaire si utile à ces messieurs. Ce qu’il trouva de mieux, pour -éviter à l’avenir pareil scandale, ce fut de permettre aux fidèles de -manger le bon Dieu sans confession. - -Voilà comment la confession publique fut abolie. - -Ce sont les moines, les frocards, qui imaginèrent cette petite armoire -sombre dans laquelle les coquins et les imbéciles vont vider le baquet -de leurs turpitudes, à la grande joie de MM. les calotins. - -Les supérieurs de couvents commencèrent, vers le VIIe siècle, à exiger -que leurs moines vinssent, deux fois l’an, leur avouer leurs fautes. Ils -inventèrent la formule suivante:--«Je t’absous autant que je le peux et -que tu en as besoin.»--Plus tard, messieurs les curés eurent des -prétentions plus élevées. Ils ne dirent plus: «Je t’absous autant que je -le peux»; ils dirent tout catégoriquement: «Au nom des pouvoirs que m’a -délégués Dieu en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, -je t’absous.» - -Je serais bien curieux--et vous aussi, n’est-ce pas?--de voir de près -ces fameux pouvoirs, et d’examiner simplement la signature du notaire -qui en certifie l’authenticité. - -Mais les moines ne furent pas aussi exigeants vis-à-vis de leurs abbés. -Ils auraient pu dire au Père supérieur: «Mon ami, avant de donner -l’absolution aux autres, tâche de te faire absoudre toi-même;» mais non! -ils aimèrent mieux être confessés et devenir à leur tour confesseurs. - -Il est si agréable de savoir les secrets des ménages, de connaître dans -leurs plus grands détails les péchés des jeunes filles,--et encore les -confesseurs qui s’en tiennent là ne sont pas les plus dangereux. Ils -sont des indiscrets, et voilà tout; mais au fond des confessionnaux il -n’y a pas toujours que des indiscrets. Le plus souvent ces antres de la -superstition renferment des exploiteurs du crime et des séducteurs -obscènes. - -Le R. P. Martène, un bénédictin qui vivait au commencement du XVIIIe -siècle, raconte, dans un livre intitulé les _Rites de l’Église_, que -Mmes les abbesses confessèrent pendant très longtemps leurs religieuses; -seulement, il paraît que ces abbesses étaient excessivement curieuses; -elles furent même si curieuses que l’on fut obligé de leur retirer ce -droit.--Pourquoi ne l’ôte-t-on pas aux confesseurs curieux?--Il y en a! -il y en a! - -Ceux qui conseillent à une femme de faire... jeûner son mari le -mercredi, sous prétexte que ce jour-là est consacré à la sainte -Vierge;--ceux qui conseillent à madame de faire tout à fait jeûner -monsieur sous prétexte que monsieur ne va pas à la messe, ou qu’il -refuse de croire à l’infaillibilité du pape;--ceux qui conseillent à un -jeune homme sans vocation de se faire prêtre, parce qu’il faut quand -même des recrues au clergé;--ceux qui éveillent le tempérament d’une -petite fille par des questions qui lui apprennent ce qu’elle ne doit pas -encore savoir; ceux-là ne sont pas seulement des indiscrets; ils sont -plus coupables, et, comme tels, ils sont très répréhensibles.--Et il y -en a beaucoup comme cela! - - * - - * * - -Non seulement ces confesseurs dangereux sont en grand nombre; mais -encore ils ne se contentent pas d’interroger les enfants sur tels et -tels actes. Ils vont plus loin même. - -Ils ont inventé ce qu’ils appellent des _Examens de conscience_. Ce sont -des petits questionnaires qui, sous le couvert de la religion, -instruisent nos jeunes garçons et nos jeunes fillettes de ce que nous -prenons tant de peine à leur cacher. - -Vous croyez que j’exagère? - -Eh! bien, vous allez être pleinement édifiés. Vous allez voir quelles -questions les prêtres posent aux petits garçons et aux petites filles. - -Il est nécessaire que les pères et mères de famille sachent à quelles -infâmes interrogations ils exposent leurs enfants en les envoyant au -confessionnal. - - - - -EXAMEN DE CONSCIENCE - -PAR - -l’Abbé LENFANT - -Curé de Villiers-le-Gambon. - - -Les extraits de l’ouvrage que je vais citer sont parfaitement -authentiques. - -Il ne s’agit pas d’un livre remontant à deux ou trois siècles. Non!--Cet -_Examen de conscience_ est un ouvrage contemporain; c’est celui qui est -_actuellement_ en usage dans un des plus importants diocèses de l’Église -catholique, le diocèse de Namur. - -Les extraits que j’en ai faits ont été copiés par moi-même, et je les ai -déjà publiés deux fois dans mon journal, sans que les cléricaux -fanatiques qui composent notre magistrature aient jamais osé pour cela -me poursuivre. - -Du reste, je les en défie bien! - - -L’ouvrage est intitulé: - - EXAMEN DE CONSCIENCE, _suivi d’exercices pour la confession_, selon - l’ordre et la lettre du _Petit Catéchisme_ du diocèse de Namur, - destiné aux enfants de la _première communion_, et non moins utile aux - personnes plus avancées en âge, par M. Lenfant, curé de - Villiers-le-Gambon.--Namur, A. Wesmaël-Legros, imprimeur de l’évêché, - 1865. - -Je vous prie de remarquer que ce livre n’est pas unique dans son genre; -tous les diocèses de l’Église catholique sont pourvus de semblables -_Examens de conscience_. Partout, dans chaque paroisse, les prêtres -remettent aux enfants, en même temps que le _Catéchisme du diocèse_, un -petit opuscule appelé: «Examen de conscience», dont le prétexte est -d’aider fillettes et jeunes garçons à rechercher quels péchés ils -peuvent bien avoir commis durant la semaine, et dont le vrai but est de -leur enseigner graduellement le vice. Tous ces _Examens de conscience_, -tous sans exception, sont revêtus d’une approbation signée par un -évêque. Chaque année, l’imprimeur de l’évêché en fait un nouveau tirage, -et ces ignobles petits livres sont répandus à profusion dans les écoles -congréganistes. - -L’exemplaire, dont je vais reproduire quelques extraits, date de 1865; -il n’est donc pas bien vieux. L’ouvrage a été composé en 1844; ce qui -prouve que messieurs les prêtres de Namur l’ont trouvé excellent, -puisqu’ils l’ont conservé jusqu’à aujourd’hui, et qu’ils s’en servent à -présent encore pour la préparation des enfants à la première communion. - -Voici l’approbation épiscopale: - - _Approbation._ - - J’ai lu par ordre de Monseigneur le Rme évêque de Namur le manuscrit - intitulé: _Examen de conscience, suivi d’exercices pour la confession, - etc., par M. LENFANT, curé de Villiers-le-Gambon_. Je n’ai rien vu, - dans cet écrit, de contraire à la doctrine catholique. Comme l’auteur - l’annonce lui-même, son dessein n’est pas d’exposer tous les péchés - qui peuvent se commettre contre chaque commandement, _mais seulement - les plus ordinaires_. Il a fait preuve _de discernement et d’une - prudente sobriété_ dans l’exécution de ce plan. - - _Donné à Namur, le 17 janvier 1844._ - - Ant. COLLARD - - Chanoine Théologal et professeur de Théologie. - -Et au-dessous: - - Nous en permettons l’impression. - - _Namur, le 18 janvier 1844._ - - NICOLAS-JOSEPH, - - évêque de Namur. - -Après ces deux pages vient l’avant-propos dans lequel le curé Lenfant -(nom prédestiné) déclare ceci: - - Encore ai-je besoin de l’encouragement de Monseigneur Notre - Révérendissime Évêque de Namur, à l’approbation duquel je le soumets - entièrement et sans restriction. - - Sans le secours de la direction et des explications des catéchistes, - ce petit livre serait encore bien peu utile aux enfants; aussi, - j’espère qu’ils ne refuseront pas ce concours. - -Ainsi donc, c’est bien entendu, les questions que l’auteur de l’_Examen -de conscience_ va poser aux enfants, il pense qu’elles pourront n’être -pas assez claires, et il invite les catéchistes, les confesseurs à les -bien expliquer. - -Or, voulez-vous savoir quelle question pose ce prêtre, avec -l’approbation de son évêque, sur ce sujet: _Devoirs corporels?_ - - N’avez-vous pas commis d’imprudence ou de crime avant ou après la - conception? - -Voilà une question que le confesseur doit expliquer à chaque jeune -fille.--C’est du propre! - -Je ne m’attarderai pas à reproduire les menues questions qui seraient -sans intérêt: Pratiques de dévotion, Blasphèmes, Du nom de Dieu invoqué -en vain, etc.--Contentons-nous d’extraire les passages qui prouvent -combien chaque confession d’un enfant est pour lui une leçon -d’immoralité. - - VIe ET IXe COMMANDEMENTS - - _Sixième_: - - Luxurieux point ne seras - De corps ni de consentement. - - - _Neuvième_: - - L’œuvre de chair ne désireras - Qu’en mariage seulement. - - --Que défend le sixième commandement? - - --Il défend, non seulement toute impureté, mais, qui plus est, la - seule convoitise et tout plaisir qu’on aurait à y penser - volontairement. - - --Que défend le neuvième commandement? - - --Il défend toute impureté, c’est-à-dire, de prendre aucun plaisir - charnel, sur soi ou sur autrui, en dehors du mariage, par œuvre, par - attouchements, baisers, paroles, chansons, dites ou écoutées, regards, - lectures de livres impudiques ou malhonnêtes. - -Misérables hypocrites! Les premiers livres impudiques et malhonnêtes, ce -sont vos _Examens de conscience_, messieurs les prêtres. - -Continuons. Le paragraphe qui suit prouve, mieux que toutes nos -affirmations, que les confesseurs se mêlent de ce qui se passe dans les -alcôves conjugales. - - Le neuvième commandement, en général, défend toute impureté, - c’est-à-dire tout plaisir sensuel honteux, charnel, à tous ceux qui ne - sont pas mariés. Ce serait cependant une grave erreur que de se croire - tout permis dans le mariage. Les personnes mariées pèchent dans l’état - du mariage, par suite de la crainte d’avoir trop d’enfants, _par des - abus dans ce qui est permis, par des désobéissances dans ce qui est - ordonné_. Celles dont la conscience est inquiète sur cette matière - délicate DOIVENT CONSULTER LEUR CONFESSEUR (textuel). - -Avis aux républicains faibles qui permettent à leur femme de fréquenter -l’église: c’est monsieur l’abbé qui règle comment madame doit rendre à -son mari le devoir conjugal. La jeune fille qui se prépare à la première -communion sait, dès l’âge de onze ans, que, lorsqu’elle sera grande, -elle devra consulter son confesseur sur la manière dont elle devra se -comporter envers celui qu’elle épousera. Comment, avec cela, les -fillettes élevées au confessionnal pourraient-elles devenir des honnêtes -femmes? - -Continuons: - - 1º _Pensées_. - - Ruminer dans son esprit, occuper son esprit de choses déshonnêtes, - former dans son esprit des images d’objets ou d’actions déshonnêtes, - sans la volonté de les commettre. - - --1. Avez-vous donné occasion volontaire à des pensées déshonnêtes? - - --2. Vous êtes-vous arrêté volontairement à considérer dans votre - esprit des objets ou des actions déshonnêtes, défendues?--Combien de - fois?--Combien de temps?--Quel était l’objet de cette pensée - volontaire?--Telle action? telle sorte de personne?--Quelles ont été - les suites, les désordres de ces mauvaises pensées?--Des mouvements - déréglés en vous, etc.?--Des passions violentes? - - --3. Avez-vous repoussé ces sortes de mauvaises pensées dès que vous - vous en êtes aperçu?--Sans y prendre positivement plaisir, n’avez-vous - pas été lâche à les rejeter? - - --4. Avez-vous rappelé dans votre esprit le souvenir des péchés - passés? - - - 2º _Désirs_. - - --1. Avez-vous désiré, souhaité dans votre cœur, de voir, de toucher, - de faire, d’entendre, etc., quelqu’une de ces choses que le sixième - commandement défend de faire? - - --2. Avez-vous pris les moyens, fait les démarches, les efforts, - quoique sans effet, pour exécuter ces mauvais désirs? - - --3. N’avez-vous pas regretté le manquement d’exécution?--Dites ce que - vous avez désiré; ses qualités, la vôtre.--S’agissait-il de personnes - mariées? ou parentes? ou consacrées à Dieu? - - --4. Quels ont été les effets de ces désirs sur votre corps?--Pendant - combien de temps vous êtes-vous entretenu de ces désirs impurs? - -Remarquons, en passant, que messieurs les curés, sous prétexte de -questionner les jeunes garçons et les jeunes filles sur leurs péchés, -leur demandent, d’une manière détournée, des renseignements sur les -tierces personnes, à cause de qui les péchés ont été commis. - - 3º _Actions_. - - --1. Avez-vous fait des actions honteuses, impures? - - --2. Étiez-vous seul?--Avec d’autres?--De même ou de différent sexe? - mariés? parents? ou alliés?--Dans la crainte du déshonneur?--_Avec des - bêtes?_--Dans un lieu public ou sacré?--Combien de fois?--Toujours - avec les mêmes?--Depuis combien de temps?--Sous promesse de - mariage?--Quelles en sont les suites? - - - 4º _Attouchements_. - - --1. Avez-vous touché avec la main ou autrement, par plaisir et sans - nécessité, des parties du corps que la pudeur veut que l’on - cache?--Sur vous-même?--Sur d’autres de même ou de différent - sexe?--Mariés, parents, etc.?--_Sur des animaux?_ - - --2. Avez-vous permis, souffert de ces criminelles et honteuses - libertés? - - --3. Les avez-vous provoquées, excitées?--Combien de fois?--Êtes-vous - dans l’habitude?--Depuis quand?--Quel désordre ou accident a suivi ces - actes coupables? - - - 5º _Baisers_. - - --Avez-vous donné ou reçu des baisers, surtout entre jeunes gens de - différents sexes, avec mauvaises intentions?--Avec durée?--D’une - manière indécente?--Avec danger de consentir ultérieurement aux suites - impures? - - - 6º _Paroles_. - - --1. Avez-vous dit des paroles déshonnêtes, sales, exprimant - clairement ces péchés, ou objets d’impureté? ou des paroles à - double entente, plus couvertes?--En présence de combien de - personnes?--Quelles étaient leurs qualités? jeunes? mariées? - etc.--Ont-elles été scandalisées? - -Pour le coup, voilà une question passablement indiscrète. Il est facile -de voir quel parti le confesseur peut tirer de la réponse qui lui est -faite. - -Quoique sans se faire nommer une personne, il se la fait d’abord -désigner de la façon la plus explicite possible. Puis, suivant qu’il a -des vues sur cette personne, suivant qu’il a intérêt à savoir si elle -est ou non accessible, il pose cette question: - ---Mon enfant, cette personne à qui vous avez dit des paroles -déshonnêtes, sales, exprimant clairement un désir ou un objet -d’impureté, cette personne, dis-je, a-t-elle été scandalisée? - -Supposons que la jeune pénitente réponde: - ---Non, mon père, elle n’a pas été scandalisée du tout. - -Le confesseur se dira, à part lui: - ---Très bien, voilà une vertu facile dont je pourrai prochainement tenter -l’assaut. - -Le motif de ces questions indiscrètes ne peut faire aucun doute. - -Continuons encore: - - --2. Avez-vous écouté avec plaisir des paroles déshonnêtes?--Combien - de fois par jour, par semaine ou par mois?--Depuis quand dure cette - habitude? - - --3. Vous êtes-vous vanté de péchés commis en secret, diffamant ainsi - les personnes dont vous avez abusé? - - - 7º _Chansons_. - - --1. Avez-vous chanté des obscénités ou des chansons avec mots à - double entente?--Devant combien de personnes, etc.? - - --2. Les avez-vous apprises à d’autres? - - --3. Avez-vous écouté des chansons déshonnêtes?--Y avez-vous applaudi, - etc.? - - - 8º _Regards_. - - --1. Avez-vous regardé par curiosité, par passion, des objets - déshonnêtes sur vous-même?--Sur d’autres de même, de différent - sexe?--Indiquez la qualité des personnes; je dis toujours _qualité_, - parce qu’on ne doit nommer personne à confesse. - -Tartufes!... On ne doit nommer personne à confesse, disent-ils... -Seulement, ils posent des questions comme celles-ci: - ---Cette personne, à qui vous avez manifesté des désirs impurs et qui -n’en a pas été scandalisée, est-elle jeune? Est-elle mariée? Quelle est -sa qualité? Êtes-vous parente avec elle? Du même sexe? Depuis combien de -temps la fréquentez-vous? - -Je vous demande un peu si quand une enfant naïve a répondu à toutes ces -questions, le confesseur a besoin de se faire ajouter le nom de la -personne sur laquelle il s’enquiert. - -De même quand il interroge une jeune fille sur le chapitre des désirs, -supposez qu’il lui pose ces questions que nous avons reproduites plus -haut: - ---Mon enfant, avez-vous désiré dans votre cœur de faire quelqu’une de -ces choses que nous défend le sixième commandement? Dites ce que vous -avez désiré, les qualités de la personne qui était l’objet de votre -désir. S’agissait-il d’une personne consacrée à Dieu? - -Je suppose un jeune vicaire posant ces trois questions à une fillette -qui, sans trop s’en rendre compte, aura une inclination pour lui. -L’enfant rougira, surtout à la dernière des trois questions. Il faudra -qu’elle réponde. Elle sera de plus en plus confuse, embarrassée. Et le -prêtre possédera le secret de la pauvrette, lui aura ouvert les yeux sur -le sentiment qu’elle éprouvait sans se l’expliquer; de ce jour, le -misérable sera maître de l’enfant. - -Continuons toujours. Voici une question, que le confesseur, suivant -l’invitation de l’auteur de l’_Examen de conscience_, doit avoir souvent -à expliquer aux fillettes candides et pures. Quelle honte que cette -question! Quelle honte que ces explications! - - --2. Avez-vous regardé certains actes des animaux? - - --3. N’avez-vous pas souffert, permis à d’autres des regards coupables - sur vous?--Par imprudence ou manque de pudeur? - - --4. Avez-vous considéré des tableaux, des statues indécentes? - etc.--Des nudités? - - - 9º _Lecture_. - - --1. Avez-vous lu par curiosité ou passion, sans nécessité, des - lettres d’amour, des livres impudiques, de médecine, de théologie, des - romans, des livres, des chansons déshonnêtes, de sales histoires, des - journaux du même genre? etc. - - --2. Les avez-vous encore?--Les avez-vous communiqués à d’autres ou - laissés exposés à leur vue? - - - 10º _Conservation de la chasteté_. - - --1. Vous êtes-vous exposé volontairement au danger de pécher sans - graves raisons, et quelles raisons? - - --2. Êtes-vous resté volontairement dans l’occasion?--Avez-vous aimé, - recherché l’occasion prochaine du péché mortel d’impureté?--Combien de - fois?--Combien de temps?--Quelle est cette occasion?--Est-ce dans la - même maison que vous habitez?--Cette occasion est-elle libre ou - nécessaire?--Avez-vous employé les moyens prescrits par votre - confesseur? - - --3. Êtes-vous resté seul à seul avec une personne de différent sexe - que vous affectionnez, dans l’obscurité, hors de tout œil de - surveillance, dans la maison, sur le seuil des portes?--Avez-vous été - à des rendez-vous?--Dans des mauvaises compagnies?--Dans les veillées - où se trouvent réunis des jeunes gens des deux sexes?--Dans des danses - de nuit ou de cabaret?--Courez-vous les fêtes le soir, les allées ou - venues? - - --4. Avez-vous eu des fréquentations pour le mariage longues, - imprudentes? - - --Êtes-vous dans quelque habitude d’impureté?--Laquelle?--Seul ou avec - d’autres?--Depuis combien de temps? - - Etc., etc. - -Quelle abomination! Voilà comment les prêtres entendent leur sacerdoce! -Voilà les côtés secrets de la religion catholique! - -M. Jules Ferry, à l’époque où il n’était pas encore ministre, a dit -ceci: «La religion, c’est l’embrigadement de la bêtise humaine.» Il -aurait pu ajouter: «Et le confessionnal, c’est la tanière des plus -immondes cochons.» - -Il faut être, en effet,--passez moi l’expression,--le dernier des -saligots, pour se complaire à enseigner le vice graduellement, par menus -détails, aux petits garçons et aux petites filles. - -Et ils osent dire, ces hypocrites, que leur sacrement de pénitence -purifie et rend plus vertueux! - -Mensonge! exécrable mensonge! La confession n’est pas autre chose que -l’école de l’impureté. - -Voyez ce prêtre de Namur; il met sous les yeux de la jeunesse un -questionnaire infect, ignoble; et, en tête de son livre, il écrit dans -son avant-propos: «Sans le secours de la direction et des explications -des catéchistes, cet _Examen de conscience_ serait encore bien peu utile -aux enfants.» - -Il trouve qu’il n’en a pas dit assez. Il fait appel aux directeurs de -conscience, aux catéchistes pour qu’ils développent ses infamies. - -D’abord l’examen sommaire, les interrogations générales, conformes au -livre de M. le curé et du petit catéchisme du diocèse. Ensuite, -viendront les demandes précises et détaillées du confesseur, les -explications compliquées, embarrassées et très minutieuses des jeunes -pénitents et des jeunes pénitentes. - -Doit-on s’étonner que dans ces longues conversations, roulant -complaisamment sur des sujets scabreux, sensuels, sur des tableaux à -damner saint Antoine lui-même,--doit-on s’étonner que parfois confesseur -et pénitente se soient laissés aller à des explications que je -m’abstiendrai de qualifier, qu’ils aient passé de la théorie du -catéchisme à la pratique? - -En effet, imaginez-vous un jeune gaillard de vingt-cinq ans, plein de -santé et de sève, sortant du séminaire où il a prêté ce serment absurde -et contre nature de chasteté; le voyez-vous, lui, dont le cœur éclate -par l’explosion des passions longtemps comprimées, le voyez-vous, -entreprenant de confesser une jeune et jolie fillette qui, la pauvre -enfant, ne pense pas à mal? - -Catéchisme en main, il procède par interrogations scrupuleuses. Il est -novice dans le métier, il craint de laisser passer la moindre peccadille -sur la conscience de sa timide et tremblante cliente. Et voilà cette -ravissante jeune fille de quinze ans qui, rougissant, raconte à ce jeune -homme des choses intimes qu’elle n’oserait pas dire à sa mère. Elle -devra énumérer les pensées qu’elle a eues en prenant son bain, etc. - -Et la pauvrette, de ses lèvres chastes et roses, devra glisser dans le -tuyau de l’oreille de son jeune directeur les réponses les plus exactes -à toute sorte de questions qu’elle considérerait comme des injures en -toute autre circonstance. - -Dites, après cela, si des parents qui se sont appliqués pendant de -longues années à éloigner de l’esprit, de l’imagination de leurs -enfants, toute pensée qui puisse ternir la pureté de leur cœur, ne -doivent pas redouter le confessionnal! - -Et notez bien que je viens de parler seulement du jeune prêtre au moment -où il sort du séminaire, au moment où il a peut-être encore quelques -bons instincts, au moment où le contact des vétérans du sacerdoce ne l’a -pas encore vicié. - -Celui-là faiblit, mais il répare quelquefois sa faute. On en a vu, de -ces jeunes vicaires,--rarement, il est vrai,--on en a vu jeter leur -soutane aux orties et épouser la jeune fille dont ils avaient effeuillé -la couronne virginale. A ceux-là, nous accordons le pardon; ce qui ne -nous empêche pas de continuer à dire que l’institution de la confession -est quand même mauvaise; car, si le prêtre ne s’était pas trouvé là, la -jeune fille en aurait aimé un autre plus digne d’elle. - -Un petit vicaire peut rentrer dans la vie civile; il ne vaut jamais un -bon et honnête ouvrier qui n’a pas fait cet apprentissage de fainéantise -dont la livrée est une soutane. - -Méfiez-vous toujours de quiconque a accepté, ne serait-ce que pendant -une année, de porter cette livrée honteuse. Dans l’ancien calotin, dans -l’ancien séminariste, dans quiconque s’est destiné un moment au métier -malhonnête de prêtre, il reste toujours un fond de malhonnêteté.--Il n’y -a à cette règle que bien peu d’exceptions; les Raspail et les Lamennais -sont de plus en plus rares. - -A plus forte raison, fuyez comme la peste ceux qui ont croupi dans la -fange sacerdotale. Ceux-là ne répareront pas les brèches faites à -l’honneur des jeunes filles; ils se joueront d’elles, ils les abuseront -sans cesse. Ce ne sont pas des hommes, ce sont des boucs à face humaine. -Ils portent partout sur leurs pas, la dépravation, l’obscénité, la honte -la plus crapuleuse.--Qu’ils soient maudits! - - * - - * * - -Nous avons examiné la confession dans ce qu’elle a de corrupteur pour la -vertu des adolescents. Nous avons dit comment elle prédispose même les -enfants à l’impureté. Voyons comment elle peut porter le trouble dans -les ménages; car, tandis que je citais mes extraits de l’_Examen de -conscience_ du curé Lenfant, on a pu remarquer que messieurs les -confesseurs ont de fortes tendances à vouloir pénétrer les secrets de -l’alcôve. - -Après avoir parcouru les livres que l’on met dans les mains des -pénitents, parcourons un peu ceux qui sont destinés aux jeunes abbés des -séminaires. - -Pour que le prêtre puisse expliquer certaines choses à l’homme ou à la -femme qui se confesse à lui, il faut nécessairement qu’il en soit -instruit lui-même d’une façon très complète. - -C’est dans ce but que les grands théologiens ont imaginé des ouvrages -qu’ils appellent _Manuels des confesseurs_. Le plus célèbre d’entre tous -est celui qui a été écrit par Mgr Bouvier, évêque du Mans, qui vivait -encore il n’y a pas longtemps. - -Ce Mgr Bouvier, qui devait à coup sûr avoir dans les veines le même sang -que le marquis de Sade, a été honoré de distinctions toutes spéciales -par le pape Pie IX, le Borgia du XIXe siècle. - - * * * * * - -Ici, dans sa conférence, M. Léo Taxil donnait quelques rapides aperçus -des _Diaconales_ de Mgr Bouvier; bien entendu, en choisissant ses -extraits, en sautant des mots, en supprimant les passages par trop -scabreux. Il lisait encore des morceaux du fameux _Compendium_, ouvrage -dû à la collaboration d’une société de casuistes du XVIIIe siècle, des -_Pieuses Exhortations_ de Mgr Claret, archevêque et confesseur -d’Isabelle d’Espagne, et enfin de la _Mœchialogie_ (Cours de luxure), du -R. P. Debreyne, religieux trappiste. - -Nous donnons comme appendice à cette conférence de M. Léo Taxil de -nombreux extraits des quatre ouvrages ci-dessus dénommés. - -On pourra se faire ainsi une idée de l’enseignement qui est donné aux -jeunes abbés des grands séminaires. Comme dans un livre il est loisible -de reproduire textuellement des citations quel que soit leur degré -d’obscénité (ce qui ne se peut dans une conférence), les lecteurs -trouveront donc, à la fin du discours, cent fois plus d’extraits que -n’en ont eus les auditeurs. - -Une fois faites les citations pour lesquelles nous renvoyons le lecteur -à l’appendice qui termine ce volume, M. Léo Taxil ajoutait: - - * * * * * - -On le voit, messieurs les curés se mêlent de ce qui est le plus intime -dans les ménages. Ils demandent à Madame de quelle manière Monsieur se -comporte envers elle, s’ils font ensemble ceci ou cela... Oh! ces -questions, disent-ils, sont nécessaires; il faut qu’ils connaissent tous -les détails du péché pour savoir s’ils doivent donner l’absolution ou la -refuser. - -Est-il possible de pousser plus loin l’astuce et la dépravation? - -Si, chez vous, un des amis de la maison venait demander à votre femme -des renseignements sur la manière dont vous agissez avec elle, est-ce -que vous ne prendriez pas une trique pour en frictionner avec vigueur -les épaules de l’impertinent?--Oui, n’est-ce pas?--Pourquoi n’en -use-t-on pas de la sorte vis-à-vis de ces calotins dévergondés qui, eux, -ne sont pas les amis, mais les ennemis de la maison? - -Est-ce que ces gens-là ont le droit de s’immiscer dans les mystères de -l’intérieur des autres? - -Ils ont trouvé cette belle excuse à leur indiscrétion de satyres!... -C’est pour éclairer, disent-ils, la conscience des femmes sur les péchés -qui se peuvent commettre, qu’ils leur font subir des interrogatoires si -minutieux. - -Mauvais prétexte! Nouvelle imposture! - -Moins que personne, ils n’ont le droit de connaître comment les époux -conjuguent le verbe «se marier», eux qui disent s’être interdit de -contribuer à l’accroissement de l’espèce humaine. - -S’il est une question dont ils ne doivent pas s’occuper, c’est à coup -sûr celle-là. - -Qu’ils aillent confesser les nonnes hystériques, leurs dignes femelles, -et qu’ils laissent en paix les ménages des honnêtes gens! - - * - - * * - -Mais voilà! la confession des femmes mariées leur est nécessaire, à ces -misérables! - -Leur pouvoir est bâti sur la division et sur l’intrigue. Or, par la -confession, il leur est facile de semer la discorde dans les familles; -par la confession, ils sont au courant de mille secrets, ils connaissent -les côtés faibles des individus. Ils manœuvrent dans l’ombre; mais leurs -plans sont tracés d’après des indications sûres.--Voyez-vous bien le -danger? - -Aussi, ce droit de confession qu’ils se sont attribué sera-t-il toujours -le privilège qu’ils défendront avec le plus d’énergie. - -Cette institution abominable, ils la soutiennent effrontément par les -mensonges les plus audacieux. Il est juste de dire que les mensonges ne -leur coûtent rien. - -Pour défendre leur sacrement de pénitence, il y a des curés qui ont -l’aplomb de soutenir que, grâce à la confession, pas mal de voleurs ont -restitué ce qu’ils avaient dérobé. - -D’abord, il ne suffirait pas d’avancer cela; il faudrait encore le -prouver. J’ai souvent entendu faire valoir cet argument; mais à ma -connaissance jamais aucun curé n’a cité un fait précis. - -Si des voleurs ont rendu l’argent dérobé, à la suite d’une visite au -confessionnal, que messieurs les prêtres les nomment! - ---Ah! voilà. Ils ne nommeront personne, cela leur est défendu. Il y a le -secret de la confession. - -Quel procédé commode pour toujours avoir raison! On articule un fait à -l’appui d’une thèse que l’on soutient, et, quand on vous demande les -moyens de contrôler votre assertion, on s’efface derrière une consigne. -Monsieur l’abbé veut bien affirmer que, grâce au sacrement de pénitence, -il a fait opérer des restitutions; seulement, il ne peut pas, à son -grand regret, désigner les personnes en cause, ni même indiquer les -circonstances de l’aventure. - -Soit.--Mais alors on me permettra de révoquer en doute les assertions de -monsieur l’abbé; car des assertions qui ne sont appuyées d’aucune preuve -sont sans valeur, surtout quand celui qui les émet a intérêt à les -émettre. - -Bien plus, l’excuse du secret de la confession ne me paraît pas sérieuse -le moins du monde; car la prêtraille sait parfaitement passer par-dessus -son fameux secret de la confession quand elle y a intérêt. - -A-t-on oublié que lors du coup d’État de 51, grand nombre d’ouvriers qui -faisaient partie des sociétés de résistance ont été dénoncés par les -confesseurs de leurs femmes? - - * - - * * - -Personnellement, je ne crois pas que les confesseurs aient jamais fait -restituer un centime mal acquis. Il se peut que, à des pénitents -s’accusant d’avoir dérobé une somme quelconque, les confesseurs aient -dit: - ---Mon fils, votre action est très coupable. Pour l’expier et l’effacer, -vous allez m’apporter la somme que vous détenez indûment et je -l’appliquerai à une bonne œuvre catholique. Ce sera la réparation de -votre faute. - -Voilà ce qui arrive en fait de restitution; mais on avouera que, si le -voleur restitue de cette façon, le volé n’en a pas une plus belle jambe. - -La vérité m’oblige à dire qu’il y a un curé,--il existe encore,--qui a -opéré quelques restitutions en rendant à des personnes volées l’argent -qui leur avait été pris. - -Ce curé s’appelle l’abbé Cameigt; tout récemment, il était à la tête -d’une paroisse dans le département des Pyrénées-Orientales.--Voici quel -était son manège: quand il allait en visite chez quelqu’un, il filoutait -tout ce qui se trouvait à sa portée; il ne se gênait pas; si l’on ne -s’apercevait pas du larcin avant un certain nombre de jours, il gardait -l’argent ou les objets dérobés; comment se douter que monsieur le curé -était le voleur? Si par contre la disparition de ce que l’abbé Cameigt -avait confisqué était aussitôt constatée, dès que notre voleur savait -que les victimes faisaient une petite enquête et recherchaient l’auteur -du méfait, il se rendait chez le commissaire de police et lui tenait ce -langage: - ---Monsieur le commissaire, pas plus tard que ce matin, un de mes -pénitents est venu se confesser à moi et m’a remis cette somme qu’il a -dérobée, il y a quelques jours à Untel. Vous comprendrez, monsieur le -commissaire, que les devoirs de mon sacerdoce sacré m’interdisent de la -façon le plus absolue de vous dévoiler le nom de ce malheureux pécheur; -tout ce que je puis vous affirmer, c’est que l’infortuné était sous le -coup des plus vifs remords. Aussi, je vous prie d’intercéder pour lui -auprès de M. Untel afin qu’il retire sa plainte; vous lui rendrez son -argent; et moi, de mon côté, je prierai Dieu pour que ce pécheur -repentant ne succombe plus à la tentation. - -Ce n’était pas plus malin que cela. L’affaire s’arrangeait à l’instant; -les volés étaient heureux de rentrer en possession de leur bien; on -soupçonnait Pierre, Paul ou Jacques; mais en revanche, monsieur le curé -se faisait une réputation exceptionnelle de probité. - -Malheureusement pour le saint homme, il abusa un peu trop du procédé; si -bien que dans une affaire assez grave qu’il n’était plus temps -d’étouffer, un substitut incrédule persista, malgré la restitution, à -faire son enquête; ce qui amena la découverte du pot-aux-roses, et la -condamnation de monsieur l’abbé Cameigt à sept années de réclusion. Le -procès a été jugé tout récemment par la cour d’assises de Perpignan. - - * - - * * - -Les curés, du reste, sont connus pour être forts pour encaisser, mais -durs à la détente. On voit pas mal de monacos entrer chez eux, mais on -n’en voit pas beaucoup sortir. - -Tenez, j’ai encore entre les mains un petit travail écrit par un -ecclésiastique, qui traite la question de la confession, et je vous -certifie que M. le théologien ne conseille pas du tout, mais là pas du -tout, de restituer l’argent mal acquis. - -Ce traité de la confession est l’ouvrage d’un de nos contemporains. -L’auteur vit encore, puisque le journal qui les publie au fur et à -mesure n’en est qu’à sa quatrième année d’existence. - -Ce journal est rédigé spécialement pour les prêtres et par des prêtres. - -Voici son titre: - - Le _Journal du Presbytère_, fondé et rédigé d’après le programme des - assemblées catholiques, organe des congrégations religieuses, des - pèlerinages, des cercles catholiques et de toutes œuvres pies. - Nouvelles et _Instructions religieuses_. Paraissant tous les jeudis: - bureaux et administration du journal, 4, rue Chauchat, à Paris. - -Le numéro que j’ai sous les yeux porte la date du 10 juin 1880. Vous -voyez que ce n’est pas vieux. - -Dans ce numéro, je lis l’avis suivant: - - --«L’administration du _Journal du Presbytère_ s’est assuré la - collaboration et le concours zélé de théologiens érudits et de - casuistes aussi expérimentés que prudents, afin de répondre, à bref - délai, à toutes les difficultés ou consultations du domaine - théologique, telles que: _Cas de conscience_, questions de dogme, de - _morale pratique_, etc.» - -Nous allons un peu voir comment les calotins de nos jours entendent la -morale pratique et comment ils traitent les cas de conscience. On ne -pourra pas récuser ma citation; je crois qu’elle ne saurait être plus -précise. - -Voici donc de quelle façon le moniteur des confessionnaux envisage la -question si délicate du chantage, qui est une des manières les plus -odieuses d’escroquer de l’argent. - -Sous le titre _Théologie morale et pratique_, l’abbé Olivier Piquand -écrit ceci: - - On nous demande quelle doit être, pour un confesseur, la solution à - donner dans le cas suivant: - - Justine, témoin d’un crime que Calixte, son maître, vient de - commettre, menace de le dénoncer s’il ne porte à cent francs ses gages - qui jusque-là n’étaient que de quatre-vingts francs, et ne s’oblige à - la garder toujours à son service. Justine, ayant du regret d’avoir - imposé à son maître ces conditions onéreuses, se présente au tribunal - de la pénitence et s’accuse de ce qu’elle croit être une faute. - - - PRINCIPES - - La crainte grave qui a fait une si forte impression sur l’esprit d’un - homme qu’elle ne lui a pas laissé la liberté ni donné le temps de - réfléchir à l’obligation qu’il contractait, rend le contrat nul et - invalide; car elle a ôté à cet homme le libre consentement de sa - volonté, en lui ôtant le loisir d’être attentif à ce qu’il fait; or, - il ne peut y avoir de contrat valide où il n’y a point de libre - consentement de la volonté... - -Voilà qui est parfaitement raisonné, direz-vous. - -Attendez! - -Un prêtre ne serait pas un prêtre si, après avoir par hasard dit deux -mots de vrai, il ne tombait pas immédiatement dans quelque effronté -mensonge. - - Mais, ajoute l’abbé Olivier Piquand, la crainte grave, venue d’un - principe intérieur ou d’une cause étrangère nécessaire et naturelle, - n’annule point, par elle-même, ni les contrats, ni les promesses... La - crainte, qui naît d’une cause libre, mais juste, n’annule point un - contrat, parce que celui qui contracte par cette crainte, quoiqu’il - paraisse en quelque manière agir malgré lui, consent cependant - véritablement; il est libre de ne pas consentir... - -Admirez-vous la subtilité? - - La crainte est volontaire dans sa cause: il en est le principe, elle - vient de lui plus que de personne; il y a donné sujet; en commettant - la faute, il s’est soumis à la peine ordonnée par les lois; il a donné - droit au magistrat de l’obliger, par autorité supérieure, de - contracter, et c’est librement et de son plein gré qu’il prend ce - parti, pour éviter la peine qu’il subirait s’il y manquait. - - Ceci posé, nous disons que le confesseur de Justine n’a aucune - restitution à ordonner ni à imposer à sa pénitente: son maître a été - déterminé par une crainte juste et il a contracté avec pleine et - entière liberté. - -Ainsi, c’est bien entendu, quand un individu a spéculé sur l’intérêt -qu’un autre individu a à cacher une faute, l’Église l’approuve et ne lui -ordonne pas de restituer. - -Cela est écrit, cela est signé par un ecclésiastique, que ses collègues -en soutane qualifient de: théologien érudit, casuiste aussi expérimenté -que prudent. Telle est la _morale pratique_ de la religion que nos -magistrats se font une gloire de pratiquer. - -Et, qu’on le remarque bien, cette théorie n’est pas une théorie isolée. -C’est la doctrine même du clergé. Un prêtre ne peut pas traiter -publiquement des questions de théologie ou de casuistique sans -l’autorisation de son évêque. Le _Journal du Presbytère_ est imprimé -avec l’approbation de Mgr Guibert, archevêque de Paris,--Hippolyte, dans -l’intimité. - -Voilà donc comment le confessionnal favorise la restitution de l’argent -mal acquis. Non seulement la confession ne fait pas rendre gorge aux -escrocs; mais encore, elle autorise la plus vile des malhonnêtetés, le -chantage. - -Or, du moment que les prêtres reconnaissent le chantage comme une -spéculation très légitime, je vous laisse à penser si ces gredins -doivent l’exploiter pour leur compte à l’égard des imbéciles dont le -sacrement de pénitence leur livre les secrets! - - * - - * * - -Par le sacrement de pénitence, c’est-à-dire par la confession, le prêtre -pervertit de bonne heure l’esprit des enfants, pénètre les mystères des -alcôves, intrigue, escroque, séduit les jeunes filles et mortifie les -maris sans que ceux-ci aient jamais le droit de se plaindre. - -Dans la haute société, dans ce qu’on est convenu d’appeler le grand -monde, les dames ne se contentent pas d’avoir un confesseur,--il leur -faut, par dessus le marché, un directeur de conscience. Le confesseur -n’est plus qu’en sous ordre: madame lui débite à la sacristie tout ce -qu’elle veut. Le directeur de conscience, lui, a ses grandes et petites -entrées à la maison; il est l’ami par excellence de madame, il dirige -toutes ses actions, il a sur elle un empire absolu. - -Le métier de directeur a toujours été très bon en France; mais en Italie -et en Espagne surtout, c’est un état. Ce titre est une sauvegarde, même -contre le mari. - -Le directeur entre; il bénit en passant le débonnaire époux; il marche à -l’appartement de madame; il laisse ses sandales ou ses babouches en -dehors; il ferme ou ne ferme pas la porte; ces sandales sont les -colonnes d’Hercule, défense de les passer. Il est démontré que madame -est en conférence avec le Saint-Esprit. - -Un mari espagnol, qui se gardait bien de dire, mais qui pensait que le -Saint-Esprit a fait jadis une espièglerie notoire,--ce mari, nous -raconte Voltaire, perça un trou au-dessus de l’appartement de madame, -curieux de savoir ce que le Saint-Esprit faisait avec elle. - -Il vit... Je ne sais trop ce qu’il vit, mais il se fâcha et très fort. -Il descendit armé d’un bâton, passa bravement les colonnes d’Hercule et -chassa le directeur en lui frictionnant vivement l’omoplate. - -Après quoi, il rentre chez madame, l’accable de reproches, et en -marchant de long en large, selon la coutume des hommes exaspérés, il -s’embarrasse les pieds dans une culotte qui n’était pas la sienne, ni -celle du Saint-Esprit.--Pièce de conviction qui alimente sa colère -pendant une bonne heure; pendant une bonne heure il exhale son courroux, -gesticulant avec la culotte, faisant de grands bras, proférant des -blasphèmes épouvantables contre madame et contre le Saint-Esprit; et, -durant ce temps, une procession marchait bénignement et vint s’arrêter à -sa porte.--Le chef du couvent voisin marchait en tête et dit au mari -stupéfait: - ---Nous possédons dans le trésor de notre monastère la culotte de saint -Pancrace, qui guérit de la stérilité les femmes qui la baisent. Frère -Boniface, dans un accès de zèle l’a soustraite de la sacristie pour la -faire baiser à madame; rendez-nous la culotte de saint Pancrace! - -La procession était escortée de quelques estaffiers de la Très Sainte -Inquisition, qui marchaient les yeux baissés, le chapelet à la main et -l’épée au côté. On ne discute pas avec ces gens-là. Le mari rendit la -culotte de saint Pancrace; on l’emporta en grande cérémonie, accrochée -au haut d’une croix; on la plaça dans la chapelle de la Vierge, et, -depuis, les femmes stériles l’entourent d’_ex-voto_. - - * - - * * - -Nous en avons fini avec les directeurs de conscience. Quel que soit le -nom qu’ils portent, les confesseurs ne valent pas cher. Quant au -sacrement de pénitence, même pratiqué sérieusement, il ne vaut rien du -tout. - -Où sont donc les avantages de la confession? Pour ma part, je ne vois à -cette institution que des inconvénients qui devraient la faire abolir; -mieux que cela, provoquer des peines sévères contre les individus qui se -permettraient d’exercer l’infâme métier de confesseur. - -N’oublions pas que le moine dominicain Politien de Montepulciano, qui -empoisonna l’empereur Henri VIII d’Allemagne dans une hostie, l’avait -absous la veille pour qu’il communiât le lendemain; que les assassins -des Sforce et des Médicis s’étaient préparés au meurtre par la -confession; que Louis XI, quand il avait commis un grand crime, -demandait pardon à la petite Notre-Dame de plomb, qu’il portait à son -bonnet, allait à confesse et dormait tranquille; que Jaurigny, assassin -du prince d’Orange, Guillaume Ier, n’osa entreprendre cette action -qu’après avoir fortifié par le pain céleste son âme préalablement purgée -par la confession aux pieds d’un dominicain. - -Charles IX qui ordonnait la Saint-Barthélemy, Louis XIV qui baignait les -Cévennes de sang, allaient tous deux à confesse. Or, comme quand il -s’agit d’une grande affaire spirituelle, un dévôt ne manque jamais de -consulter son directeur de conscience, il s’ensuit--et le fait est du -reste certifié par l’histoire--que les massacres des Cévennes et de la -Saint-Barthélemy ont été conseillés par les confesseurs. - -C’est au confessionnal que Jean Châtel, Jacques Clément, Damiens, -Ravaillac, ont aiguisé leurs poignards. - -En argot de sacristie, se confesser avant de commettre un crime, -s’appelle «se faire ramoner.»--C’est un terme consacré.--On nettoie sa -conscience de tous les petits péchés véniels de la semaine, on en reçoit -l’absolution, et l’on va bravement exécuter un crime à la plus grande -gloire de Dieu. - -Notez qu’un crime accompli en faveur de la religion n’est pas un crime. -C’est une action d’éclat, qui fait du criminel un héros et le désigne à -la vénération des fidèles. - -Ainsi, que demain le gouvernement fasse rentrer le clergé tout à fait -dans le droit commun, lui retire tous ses privilèges et confisque au -profit de l’État les biens mal acquis par les congrégations, toute la -prêtraille se dira persécutée; les députés républicains et les membres -du pouvoir seront désignés aux vengeances catholiques; et, si quelque -fanatique venait à assassiner, soit le président de la République, soit -un ministre, soit un des députés démocrates influents, loin de renier -l’assassin, le clergé lui élèverait des autels. - -Que ceux qui gouvernent réfléchissent! Qu’ils réfléchissent, et ils -comprendront combien la confession est pernicieuse et combien en général -la religion est une chose infâme. - -Au siège de Barcelone, les prêtres refusaient l’absolution à ceux qui -restaient fidèles à Philippe V, à qui, par parenthèse, ils avaient -eux-mêmes prêté serment de fidélité. - -En 1750, on refusait à Paris l’absolution et les sacrements à ceux qui -n’admettaient point une certaine bulle du pape, la bulle _Unigenitus_, -qui n’était point un acte de foi, mais un acte de parti. - -Tout récemment, sous la période du Seize-Mai, si bien appelée par le -peuple «gouvernement des curés», les prêtres dans les campagnes -refusaient l’absolution aux paysans naïfs qui ne voulaient pas voter -pour les candidats anti-républicains. - -Cela ne prouve-t-il pas que le sacrement de pénitence se transforme -entre les mains des calotins en instrument politique? - - -CONCLUSION: - -La confession n’est pas seulement profondément immorale; elle offre -encore de très grands dangers au point de vue politique; et, sous -quelque rapport qu’on l’envisage, elle doit être interdite, abolie, -supprimée. - - - - -APPENDICE - - -I - -Les Pieuses Exhortations, de Mgr Claret. - -II - -Mœchialogie (cours de luxure), du R. P. Debreyne. - -III - -Compendium ou doctrine des Conciles. - -IV - -Les Diaconales, manuel des confesseurs, de Mgr Bouvier. - - - - - PIEUSES EXHORTATIONS - - LA CLÉ D’OR - OFFERTE - AUX NOUVEAUX CONFESSEURS - POUR LES AIDER - A OUVRIR LE CŒUR FERMÉ DE LEURS PÉNITENTS - - PAR - Mgr CLARET, archevêque de Cuba - Confesseur de Sa Majesté Isabelle II, reine d’Espagne - - AVEC APPROBATION DE L’ORDINAIRE - - - - -PIEUSES EXHORTATIONS - -LA CLÉ D’OR - -SIXIÈME COMMANDEMENT - -LE SIXIÈME COMMANDEMENT: NE PAS FORNIQUER. - - - - -CHAPITRE PREMIER - -EXHORTATION ADRESSÉE AUX PERSONNES IMPURES, QUI BOIVENT L’INIQUITÉ COMME -DE L’EAU, QUI NE CONSIDÈRENT PAS LA LUXURE COMME UN PÉCHÉ, OU QUI LA -CONSIDÈRENT COMME UNE CHOSE SANS GRAVITÉ, QUI NE VAUT PAS LA PEINE -D’ÊTRE MENTIONNÉE DANS LA CONFESSION. COMBIEN CES PERSONNES SONT -AVEUGLES! - - -Il faut que vous sachiez, mon frère, que la luxure est un péché mortel. -En commettant des actes de luxure vous vous mettez en opposition -formelle avec le VIe précepte de la loi de Dieu. Après l’action de tuer, -c’est le plus gros péché dont on puisse se rendre coupable à l’égard du -prochain. Dans le Ve commandement, Dieu nous défend de tuer, et dans le -VIe, il nous interdit les choses indécentes. La luxure est un plus grand -péché que le vol. Ceux et celles qui s’abandonnent à la luxure méritent -l’enfer. - -Pour vous faire comprendre la malice de ce péché, j’invoquerai la raison -naturelle. Vous saurez, mon frère, que le Créateur a mis en nous une -inclination très forte vers les choses de la luxure, parce que si -l’homme eût été comme une statue, sans ressentir les aiguillons de la -chair, le genre humain eût disparu de la terre en fort peu de temps. -Mais les hommes, se sentant poussés à l’acte charnel, ont établi le -mariage; ils épousent une femme et peuvent alors faire ce que permettent -les lois du mariage et donner satisfaction à cette passion d’une manière -légitime et sans qu’il en résulte le moindre désordre. Ils opèrent comme -le mécanisme d’une montre et doivent travailler dans un ordre parfait à -la propagation du genre humain. Mais, j’ai dit qu’ils doivent travailler -dans un ordre parfait, pour indiquer que les choses ne doivent pas -s’accomplir selon les goûts et les caprices de chacun; en agissant -autrement, on se rendrait coupable de très graves délits et on -encourrait les plus terribles châtiments en ce monde et dans l’autre. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Le vice de l’impureté est très répréhensible et porte un grave préjudice -à celui qui s’y adonne. Pour me faire mieux comprendre de vous, je vais -faire une comparaison. Je vous ai déjà dit que le Créateur avait donné à -l’homme ces inclinations pour la conservation et la propagation de -l’espèce; s’il n’en était pas ainsi, le genre humain aurait bien vite -fini; mais les choses doivent aller avec ordre, en leur temps et en leur -lieu. En procédant autrement, on occasionnerait des maux sans nombre, -des préjudices considérables qui affecteraient l’espèce et amèneraient -sa destruction. - -Vous savez ce que c’est que la poudre et vous connaissez ses propriétés? -La poudre s’emploie pour différents usages, pour la chasse, pour la -guerre, etc... mais dans un ordre déterminé et selon certaines -conditions. Supposez que la poudre vienne à manquer, par exemple, -qu’elle s’enflamme dans les fabriques, ou qu’elle prenne feu dans la -gibecière des chasseurs ou dans les gibernes des soldats; aurait-elle -servi à quelque chose d’utile? Non, au contraire, elle aurait occasionné -de grands malheurs pour les ouvriers employés dans les poudrières, pour -les chasseurs et pour les soldats, comme cela est arrivé maintes fois et -aurait fait bien des victimes. Faites maintenant l’application de mon -raisonnement: ceux qui se livrent à la lubricité, comme vous le faites, -non seulement ne travaillent pas dans l’intérêt du genre humain et selon -les desseins du Créateur, mais encore ils nuisent à eux-mêmes et -abrègent leurs jours par les tourments et les souffrances qu’ils -attirent sur eux pendant cette vie et ils s’exposent à de grands -châtiments pour l’autre monde. - - - - -CHAPITRE II - -EXHORTATIONS AUX LIBERTINS QUI SE LIVRENT A LA MASTURBATION. - - -Ah! mon frère, je suis certain que vous ne vous doutez pas de la gravité -de ce péché, et je suis persuadé que si vous l’aviez connue, vous -n’auriez pas commis de si vilaines actions. Écoutez-moi dans l’intérêt -de votre vie: vous savez bien que personne, pour son plaisir ou par -caprice, n’a le droit de tuer son prochain ni de se suicider; vous savez -que personne n’est autorisé à disposer de sa vie. Donc, quand vous vous -livrez à cette vilenie, vous tuez et vous détruisez en germe ce qui -pourrait devenir une créature, un de vos enfants. Quelle barbare action! -Que diriez-vous d’un père qui, pour son plaisir, mettrait à mort ses -enfants? Qu’il se rend coupable de cruauté. Ne mériterait-il pas d’être -brûlé vif? Eh bien, vous êtes ce père cruel, inhumain, barbare, qui, par -plaisir, tue ses enfants. Si l’auteur de vos jours eût agi comme vous, -bien certainement vous n’existeriez pas et vous n’auriez ni ce corps ni -cette vie dont vous faites un si mauvais usage. - -Autre préjudice que vous causez à vos enfants et à la société par ces -honteuses habitudes. Autre comparaison pour faire ressortir la chose: -supposez qu’un individu ait à sa disposition un sac de très bonne farine -et une barrique de vin de qualité supérieure qu’il ne devrait consommer -qu’en temps opportun. Mais, par caprice, cet individu a jeté à terre et -répandu toute la fleur de sa farine et il ne lui est resté que les -résidus au fond du sac. Quel mauvais pain il obtiendra de ces résidus! -Il a, de même, laissé couler et gâter le vin généreux, et il ne lui est -resté que la lie. Quelle mauvaise boisson il aura pour sa consommation! -Faisons actuellement l’application de l’argument. Vous êtes cet individu -auquel le Créateur a donné ce vin généreux de l’amour, pour le boire, -quand vous serez marié, en compagnie de votre bien-aimée femme; mais -comme vous avez dépensé vos forces dans les plaisirs déshonnêtes et les -folies, vous resterez avec la lie. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Dites-moi, mon frère, si on vous offrait une boisson douce et agréable -ou un plat de quelque mets savoureux, tout à fait de votre goût, mais -si, en même temps, une personne dans laquelle vous auriez confiance vous -disait: «Prenez garde! ne touchez pas à cette boisson ni à ce mets qui -vous sont présentés, car ils sont empoisonnés.» Que feriez-vous? -Voudriez-vous les prendre? Assurément, vous refuseriez d’y toucher. Eh -bien! vous ne devez pas davantage porter à vos lèvres cette coupe -d’impureté, si douce et agréable que vous en paraisse la liqueur qu’elle -contient, car cette liqueur est un poison pour votre corps et pour votre -âme. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -_Perturbation qu’apporte la luxure dans les régions de l’âme._ - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -«L’onanisme ou masturbation ou branlement à l’aide de la main s’appelle -aussi pollution; c’est un vice honteux qui exerce de grands ravages -parmi la jeunesse actuelle et qui est assez connu de tout le monde». - -I. _Masturbation chez les hommes._--Ce vice provient quelquefois, chez -les enfants, d’une cause intrinsèque, à savoir, d’un système nerveux ou -des prédispositions des organes de la génération. Les enfants de cette -catégorie contractent ce vice sans qu’on puisse l’attribuer à aucune -cause apparente ou à la suite d’attouchements qu’ils pratiquent sur -eux-mêmes. D’autres fois le vice est dû à une cause extrinsèque, par -exemple, lorsque ces enfants sont touchés, masturbés par d’autres -enfants, par des femmes et même par leurs mères, oh! impudeur maudite! -lorsqu’elles veulent arrêter leurs larmes, quand ils pleurent; et elles -excitent de cette manière chez les enfants ce goût funeste. D’autres -fois encore le vice est amené par des attouchements mutuels, les enfants -se prenant de passion pour d’autres enfants. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -II. _Masturbation chez les femmes._--L’humeur qui provient des -pollutions, chez les femmes, est tout à fait différente du sperme -produit par l’homme, car elle ne coopère en aucune façon à la -conception.--Ce vice, chez les femmes, est une offense à Dieu, une -injure pour la femme elle-même et pour la société. Celles qui y sont -adonnées s’éloignent du commerce des hommes et ne se marient pas.--Ce -vice, chez les femmes, est tout particulièrement libidineux et leur -occasionne une grande faiblesse sous un double rapport, par la -déperdition de l’humeur et par l’ébranlement qu’il imprime au système -nerveux, comme cela peut se remarquer chez les enfants qui ne sécrètent -point de sperme.--Les femmes deviennent sujettes à toutes les maladies -et meurent misérablement, suivant ce principe médical: «_L’homme périt -par les mêmes organes qui servent à sa reproduction._» Les filles, même -celles de l’âge le plus tendre, qui se livrent à ces actions honteuses, -peuvent laisser échapper un flux d’humeur, d’après l’axiome: «_Où existe -le stimulant, là se produit l’écoulement._» - - - - -CHAPITRE III - -CONSEILS AU CONFESSEUR SUR LA CONDUITE QU’IL DOIT TENIR A L’ÉGARD DE -CEUX QUI SONT ADONNÉS AU VICE ET PARTICULIÈREMENT A L’ÉGARD DES FEMMES -QUI SE LIVRENT A LA MASTURBATION. - - -Le confesseur devra leur parler avec douceur et affabilité; il engagera -sa pénitente à lui révéler sans rien lui cacher tout ce qui charge sa -conscience. Il l’écoutera avec calme; il évitera de montrer de la -curiosité et de témoigner le désir d’apprendre ces sortes d’impuretés; -il ne manifestera pas son étonnement au sujet des choses qui lui sont -révélées, quelque abominables qu’elles puissent être. Du reste, je puis -dire au confesseur qu’on ne lui apprendra rien de nouveau, puisque nos -livres contiennent tous les cas imaginables, et il en connaît beaucoup -plus sur la matière que sa pénitente. Cette manière de procéder les -encouragera à faire des aveux. - -Le confesseur n’interrogera pas tout d’abord sur le fait principal, mais -seulement sur les accessoires. Au lieu de questionner sur le péché que -la pénitente aura commis, et qu’elle n’ose pas expliquer, il lui dira: -Combien de fois l’avez-vous commis? Si la pénitente hésite à répondre, -et si au milieu de la surprise qu’elle éprouve, elle laisse connaître -qu’elle a en effet commis le péché, le confesseur lui demandera si elle -l’a commis un nombre de fois beaucoup plus grand qu’elle ne l’avait cru. -Alors la pénitente voyant son vice deviné, elle dira combien de fois -elle a péché. Le confesseur n’attendra pas qu’elle ait achevé de -s’expliquer sur le nombre et la gravité des péchés, il lui parlera comme -s’il voulait trouver une excuse à ces fautes et lui dira: Assurément -vous n’auriez pas fait de telles choses si vous n’y aviez été sollicitée -par d’autres personnes. La réponse fera connaître si la pénitente a des -complices. Le confesseur sait ainsi qu’elle a péché contre la pureté et -que le péché a été commis avec une autre personne. Il lui sera facile de -demander ensuite avec quelle personne la chose s’est faite, et d’amener -la pénitente à s’expliquer sur la nature et le nombre de péchés commis -contre la pureté. - - - - -CHAPITRE IV - -EXHORTATIONS AUX FORNICATEURS. - - -Ah! mon frère, songez combien le vice de l’impureté mérite d’être -maudit, puisque non seulement il fait condamner aux peines de l’enfer -celui qui le commet, mais encore, celui qui en est infecté devient -l’esclave du démon et l’instrument de la perdition d’autres âmes, comme -vous en avez fait l’expérience. Vous voyez que l’ennemi du genre humain -s’est servi de vous pour entraîner au péché et à sa perte cette -malheureuse femme qui est à vos côtés. - -Dites-moi, femme, avez-vous péché contre l’impureté quand vous étiez -jeune fille?--Je ne sais pas au juste, je crois que non.--Eh bien, -malheureuse! voyez quel gros péché vous avez commis. Il vous a fait -perdre la grâce, l’honneur, les biens de ce monde et les trésors de -l’éternité; peut-être que, bientôt, vous vous livrerez à une vie -coupable, et le démon se servira de vous comme d’un appât, pour pousser -les âmes dans les enfers. Car c’est ce qui arrive à beaucoup de femmes; -après être tombées dans le péché, elles s’abandonnent à tous les excès -d’une vie dissolue: vous aurez à répondre au tribunal de Dieu des péchés -que vous aurez commis et de ceux que vous aurez fait commettre. Quel -scandale vous avez donné! C’est de vous que Jésus-Christ a voulu parler -quand il a dit: il eût été préférable qu’on lui eût attaché une meule de -moulin au cou et qu’on l’eût précipité au fond de la mer. - -_Excuse._--Mon père, la personne avec laquelle j’ai péché était une -femme publique.--Ah! mon frère, la qualité de la femme ne peut être -invoquée pour excuse, pas plus que vous ne pourriez vous justifier -d’avoir frappé à coups de couteau une personne en prétextant qu’elle -était déjà atteinte de plusieurs blessures. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Pendant que Her et Onan se livraient au péché d’impureté, ils furent -frappés de mort dans le lit où ils étaient couchés, aux côtés de leurs -femmes. (Dans l’écriture sainte, _Nombre XXV_.) Pendant qu’un homme -forniquait vilainement avec une femme, survient au même lieu un prêtre -nommé Finées. Le ministre de Dieu, dans un accès de saint zèle, se jeta -sur les coupables, le poignard à la main, et les tua sur l’heure. Dieu -se montra satisfait de cette action, approuva la conduite de Finées, -l’en récompensa et pardonna à son peuple. - -Vous voyez, mon frère, d’après ce passage de l’Écriture, quelle haine ce -péché inspire à Dieu. Notre-Seigneur veut qu’il soit puni en ce monde; -et, à défaut de vengeurs comme Finées, notre Dieu se charge lui-même du -châtiment des coupables. Je vais vous raconter un autre fait qui eut -lieu dans un village de la Catalogne, et dont je puis vous garantir -l’authenticité: Un homme et une femme, qui voulaient forniquer en -secret, s’étaient donné rendez-vous dans la maison d’une maquerelle où -ils avaient pris une chambre dans laquelle ils s’étaient renfermés. -Comme ils y étaient depuis une heure et plus, la maquerelle alla frapper -à la porte et leur cria du dehors qu’il était temps de partir. Ne -recevant pas de réponse elle se retira, mais elle revint à la charge une -deuxième fois, puis une troisième fois sans plus de succès; elle -commença alors de craindre qu’un malheur fût arrivé et alla prévenir -l’alcade du village pour lui dire qu’un homme et une femme s’étaient -présentés dans sa maison pour lui demander une chambre, ayant à traiter -d’une affaire très importante, qu’ils s’étaient renfermés dans la pièce -qu’elle avait mise à leur disposition, et qu’après un assez long espace -de temps, ne les voyant pas sortir, elle les avait appelés et que -n’ayant pas reçu de réponse ni entendu aucun bruit de l’intérieur de la -chambre, elle avait craint qu’il ne fût arrivé quelque malheur et -qu’elle s’était empressée de venir l’instruire de ce qui s’était passé -chez elle. A l’instant, l’alcade se rendit à la maison de la maquerelle, -et, ayant été conduit jusqu’à la porte de la chambre, il appela à haute -voix en ordonnant qu’on ouvrît; ne recevant pas de réponse, il commanda -qu’on forçât la serrure. La porte étant ouverte, on se précipita dans la -pièce et voilà le spectacle qui s’offrit aux yeux des assistants: Dieu -tout puissant! Les deux infortunés entièrement nus, noirs comme les -démons, à l’état de cadavres, étaient étendus sur le lit, dans la -posture où ils se trouvaient au moment où ils avaient forniqué!... Leurs -âmes étaient déjà aux enfers!... Vous voyez par là, mon frère, comment -Dieu punit les fornicateurs! - - - - -CHAPITRE V - -EXHORTATIONS AUX ADULTÈRES - - -L’adultère, dit Job, est un délit énorme et une grande iniquité, c’est -un feu qui dévore ceux qui l’allument imprudemment. L’adultère amène à -sa suite des malheurs sans nombre pendant la vie et pousse les âmes dans -les flammes de l’enfer. - -Ah! mon frère, l’adultère est un si grand péché, que Dieu commandait aux -Hébreux de tuer à coups de pierres ceux qui s’en rendraient coupables. - -Chez les Gentils, on leur infligeait les peines suivantes: On brûlait la -femme vive et au-dessus du bûcher on élevait une potence où l’on -attachait l’homme; il était pendu. Les Grecs coupaient le nez à la femme -qui consentait à l’adultère. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Ah! femme, si on vous appliquait la peine en usage chez les Grecs! Si -vous deviez aller dans la rue après avoir eu le nez coupé! Quelle honte, -quelle humiliation ce serait pour vous! Assurément vous préféreriez -mourir que d’en être réduite à cette extrémité. Cependant voilà le -châtiment que vous avez encouru. - - - - -CHAPITRE VI - -EXHORTATIONS AUX SODOMISTES, AUX HOMMES ET AUX FEMMES QUI COMMETTENT LE -PÉCHÉ DE SODOME - - -On donne le nom de sodomie au péché que commettaient les habitants de la -ville de Sodome et que Dieu punit d’une façon terrible. Il fit tomber -sur eux une pluie de feu et de soufre et les brûla vivants; ils -passèrent ensuite du feu matériel au feu éternel de l’enfer. - -Certains auteurs assurent que Notre-Seigneur Jésus-Christ a une telle -horreur de ce péché, que la nuit où il naquit, à Bethléem, il tua tous -les sodomistes. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Au nom de Dieu, mon frère, ma sœur, ne commettez pas un péché si infâme: -Dieu vous punirait dans ce monde, parce que c’est un de ces péchés qui -appellent la vengeance de Notre-Seigneur; ensuite il vous condamnerait, -après votre mort, aux peines éternelles de l’enfer. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - - - -CHAPITRE VII - -EXHORTATIONS A CEUX QUI COMMETTENT LE PÉCHÉ DE BESTIALITÉ. - - -Quel délit épouvantable!--Les hommes et les femmes qui s’en rendent -coupables se montrent pires que les plus immondes parmi les animaux.--Ce -péché est désigné par le même mot dont on se sert pour indiquer le -commerce charnel avec le démon... - -Ah! mon frère, si Dieu vous appliquait le châtiment que vous avez -mérité, où seriez-vous à cette heure?--Dans les enfers pour y brûler -éternellement, accouplé à ces bêtes infernales qui sont les démons.--Si -vous ne vous repentez de vos péchés, si vous ne faites pas pénitence, -Dieu vous enverra aux flammes de l’enfer, accouplé aux démons pour toute -l’éternité.--Il y aura là des pleurs et des grincements de dents. - - - - -CHAPITRE VIII - -EXHORTATIONS AUX ONANISTES - - -Le péché d’Onan est un si vilain péché que Dieu Notre-Seigneur le punit -déjà dans ce monde.--Il est dit, dans l’Écriture sainte, que Dieu frappa -de mort subite deux personnes mariées qui commettaient ce genre de -péché, et au moment même de la fornication... - -Au nom de Dieu! mon frère, ne vous livrez pas à de telles abominations; -n’employez pas de si affreux moyens pour faire obstacle à l’ouvrage de -Dieu. Rappelez-vous que c’est pour procréer des enfants que vous vous -êtes marié. - - -_Excuses._--Premièrement. Pour ne pas avoir d’enfants. - -Quelle déplorable justification! Si votre père eût agi comme vous, il -est bien certain que vous n’existeriez pas.--Comment! pour ne pas avoir -d’enfants, c’est ainsi que vous les tuez! - -Deuxièmement. Pour ne pas avoir autant d’enfants. - -Vous ne voulez avoir autant ou plus d’enfants! Eh bien, vous aurez un -plus grand nombre de démons qui vous tourmenteront dans les enfers. - -Troisièmement. Mon père, nous sommes pauvres, ma femme et moi, comment -pourrons-nous élever une nombreuse famille? - -Vous deviez penser à cela avant de vous marier. Néanmoins ne tourmentez -pas votre esprit pour cet objet. Dieu vous viendra en aide. - -Quatrièmement. Mon père, si nous avons beaucoup d’enfants, nous ne -pourrons pas leur procurer une éducation convenable. - -Faites ce que vous pourrez afin de donner une bonne éducation à vos -enfants, et Dieu se chargera du reste: ne soyez pas effrayé à l’idée -d’avoir beaucoup de filles et de garçons à établir, la Providence -viendra à votre secours... Ce n’est pas le hasard qui amènera beaucoup -d’enfants dans une famille, c’est Dieu qui en a ainsi décidé.--Combien y -a-t-il de personnes qui s’emploient de leur mieux et forniquent pour en -avoir beaucoup et n’en obtiennent que quelques-uns ou même n’en -obtiennent pas du tout? Vous avoir accordé plus d’enfants qu’à d’autres -pères est la preuve que Dieu a plus de confiance en vous que dans un -autre. Si un roi donne à un général un plus grand nombre de places de -guerre à garder qu’à un autre général, plus d’affaires à conduire à un -ministre qu’à un autre, plus de ses enfants à élever et à instruire à un -précepteur qu’à un autre; n’est-ce pas une preuve de sa plus grande -confiance dans les uns que dans les autres? Donc, le Seigneur, en vous -accordant plus d’enfants qu’à d’autres pères, vous a donné une preuve de -la grande confiance qu’il a placée en vous. Combien serait coupable le -général honoré de la confiance du roi, s’il détruisait les places mises -sous sa garde, moins une ou deux, sous prétexte qu’il garderait mieux -celles qu’il a conservées. - -Cinquièmement. Mon père, nous agissons de cette manière, afin de pouvoir -donner tous nos soins à un enfant qui est tout jeune, et pour ne pas le -mettre en nourrice. - -Il est prouvé qu’une femme nouvellement accouchée peut être engrossée -sans que cela nuise à sa santé: mais en serait-il autrement, les choses -ne s’en devraient pas moins faire selon les règles. - - -_Excuses de la femme._--Mon père, je ne voudrais pas faire l’acte -charnel contrairement au précepte: c’est mon mari qui veut que la chose -se passe de cette manière. - -Si vous ne donnez pas réellement votre consentement à cette action -blâmable, si vous ne vous prêtez pas complaisamment à ce délit, le péché -ne retombe pas sur vous, mais sur votre mari. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Nous sommes consentants à la chose, mon mari et moi, parce que mes -couches sont très laborieuses et me causent de grandes souffrances. - -Vous souffrirez bien davantage dans les enfers où vous irez, si vous ne -vous amendez pas. Peut-être que les douleurs que vous éprouvez sont le -châtiment que vous avez encouru pour des péchés de cette espèce ou d’une -autre nature que vous avez commis, ainsi qu’il est arrivé à notre -première mère Ève, que Dieu condamna à enfanter avec douleur pour la -punir d’avoir contrevenu à ses ordres. Faites un retour sur vous-même, -madame; songez qu’en continuant à agir comme vous le faites, vous vous -exposez à attirer sur vous, un jour ou l’autre, les soupçons de votre -mari, car vous pouvez devenir enceinte, malgré tous les soins que vous -apportez pour éviter ce résultat. La chose est facile à se produire, -plus que vous ne vous le figurez. Alors, votre mari, s’imaginant qu’il -n’a point participé à la conception, vous accusera d’infidélité; il -s’ensuivra des disputes, des discordes; ce sera l’un des châtiments que -vous aura attirés le péché que vous avez commis tant de fois. Et, lors -même que vous n’auriez pas à craindre les soupçons de votre mari, il -existe un autre danger, c’est que l’enfant que vous mettrez au monde ne -soit estropié, difforme ou chétif, parce qu’il aura manqué, au moment de -la conception, une partie de la semence qui eût été nécessaire à la -consommation de l’acte. On peut dire qu’une paire de bas ne fera jamais -un aussi bon service et n’aura une aussi longue durée que si on avait -employé pour sa fabrication tout le lin ou le coton nécessaire. - - -_Avertissement._--La chose se fait quelquefois à l’insu du mari, et la -femme, à l’instigation du diable, use de détestables artifices pour -empêcher la conception. Tantôt elle repousse le membre viril hors du -vagin, au moment de l’éjaculation, pour que le sperme ne s’introduise -pas dans la matrice; tantôt elle cherche à arrêter l’écoulement de sa -propre semence en retenant sa respiration; d’autres fois, après le coït, -elle retire le sperme de la matrice avec un linge ou avec ses doigts; ou -bien elle se lève du lit pour uriner, elle boit de l’eau, etc... - -Il convient d’avertir cette malheureuse et coupable femme que toutes ces -précautions, le plus souvent, manqueront leur effet; car si la nature -l’a prédisposée à la conception, il arrivera pour elle ce qui se produit -pour la poudre, qu’une seule étincelle suffit à allumer. Une fois le feu -mis à la poudre, rien ne peut arrêter la combustion. Donc il faut -renoncer à des moyens qui n’aboutissent pas au résultat qu’on s’était -proposé et qui chargent l’âme de péchés. - -A la femme mariée qui met en usage ces pratiques coupables, on dira: -Sachez bien qu’en vous mariant, vous avez accepté les obligations et les -conséquences du mariage, qui consistent: à rendre le devoir conjugal, à -mettre au monde peu ou beaucoup d’enfants, suivant ce que Dieu en -décidera, et au milieu des douleurs de l’enfantement. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - - - -CHAPITRE IX - -EXHORTATIONS AUX FEMMES QUI REFUSENT DE RENDRE LE DEVOIR CONJUGAL A -LEURS MARIS - - -«Considérez, ma très chère sœur, qu’un mari qui chérit sa femme, et -ressent pour elle une grande passion, ne peut garder la continence. Vous -êtes tenue, sous peine de très grave péché, de lui ouvrir vos bras et de -donner toute satisfaction à ses sens. Pour me faire comprendre de vous, -je vais appuyer mon raisonnement sur une comparaison: Si, par exemple, -vous vous trouviez prise d’un gros besoin et si, ayant exprimé à votre -mari le désir de satisfaire aux nécessités de la nature, celui-ci vous -engageait à remettre la chose au lendemain ou à huit jours de là, vous -vous diriez assurément que votre mari est un imprudent ou un imbécile, -qu’il vous est absolument impossible d’attendre au lendemain, et vous -iriez déposer votre «_merda_» dans un lieu quelconque. La situation dans -laquelle se trouve votre mari est tout à fait semblable à celle qui se -produirait dans ma comparaison; et si vous refusez de le recevoir, il -ira répandre son sperme dans un autre vase que le vôtre, et vous -porterez le péché de son incontinence. Les femmes, très souvent, -s’exposent, par des imprudences, à perdre l’affection de leurs maris. -Elles se lamentent parfois de ce que les hommes fréquentent d’autres -femmes, ont des maîtresses, et viennent leur rapporter leurs -souillures... Il eût été facile d’éviter ces désagréments en ne refusant -pas de rendre le devoir conjugal quand il était demandé.» - - -_Autre exhortation._--Si vous achetez un vase, un plat, etc... et que -vous en preniez possession, vous vous en servez quand il vous convient; -il est devenu votre propriété et a cessé d’appartenir à celui qui vous -l’a vendu. Il en est de même des choses qui ont trait au mariage. -Lorsque vous vous êtes mariée, vous avez fait un contrat avec votre -mari; celui-ci vous a cédé sa personne, et vous lui avez cédé votre -corps; alors la personne de votre mari est à vous et votre corps lui -appartient; chacun de vous a le droit de se servir du corps de l’autre, -mais d’une façon licite et raisonnable. Vouloir se soustraire à cette -obligation serait vouloir commettre une injustice qui entraînerait des -dissensions et qui deviendrait l’occasion de péchés. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -_Avertissement._--Le confesseur doit savoir que si le mari de sa -pénitente est onaniste, c’est-à-dire s’il répand le sperme hors du vase -naturel, celle-ci est tenue d’employer les moyens que lui dictent la -prudence et la charité pour l’amener à s’amender. Mais si le mari refuse -de s’amender et si la femme craint qu’il persiste dans ses agissements, -comme la chose est présumable, celle-ci peut néanmoins rendre le devoir -conjugal, à la condition de ne pas se complaire dans le crime de son -mari, d’après la réponse de la sacrée congrégation de la Pénitence, du -23 avril 1832. - - - - -QUESTIONNAIRE - -A L’USAGE DES CONFESSEURS - -_Pour interroger les jeunes filles qui ne savent pas ou qui n’osent pas -faire l’aveu de leurs péchés d’impureté._ - - -PÉCHÉS QUE LES JEUNES FILLES COMMETTENT HABITUELLEMENT DANS CETTE -MATIÈRE - - -I - -1.--En se livrant à la masturbation, regardant leurs parties sexuelles -et faisant des attouchements sur elles-mêmes. - -2.--En caressant légèrement avec la paume de la main la partie -supérieure de la matrice. - -3.--En touchant du doigt le clitoris à l’intérieur du vase, etc. - -4.--En introduisant le doigt dans le vagin. - -5.--En introduisant dans le vagin un morceau de bois arrondi, etc... ou -tout autre objet figurant le membre viril... - -6.--En appuyant les parties sexuelles contre les pieds d’une table ou -sur l’arête d’un mur, pour exciter la pollution; ou en les frottant -contre la chaise sur laquelle la jeune fille est assise; ou en -s’asseyant à terre et appuyant le bout du pied sur le vase; ou encore en -croisant les cuisses et exerçant une pression sur la matrice, et en -faisant des mouvements sur elle-même pour produire des sensations -vénériennes, etc... - -Tous les moyens pour arriver à la masturbation étant de même nature, il -n’y a pas nécessité absolue de faire s’expliquer les pénitentes pour -savoir si elles ont procédé d’une façon ou d’une autre, car le -confesseur pourrait ne pas en obtenir la vérité, la honte pouvant -arrêter leurs aveux. Alors il résulterait de cette cause une mauvaise -confession. - - -II - -En se faisant des attouchements, une jeune fille avec une autre, ou -plusieurs jeunes filles entre elles. En se livrant à la sodomie entre -jeunes filles; parfois les sœurs entre elles, surtout si elles couchent -dans le même lit, une appliquant le pied, la cuisse ou la jambe de -l’autre sur ses parties sexuelles, etc... et provoquant ainsi la -pollution. - - -III - -En se faisant mutuellement des attouchements, de fille à garçon, aux -parties sexuelles. Parfois, en essayant de forniquer d’une manière -imparfaite. - - -IV - -1.--Bestialité. En appliquant la matrice sur un animal quelconque, et en -se frottant contre lui pour amener la pollution. - -2.--En introduisant dans le vase le bec d’un poulet ou d’une poule. Ou -bien en mettant de la salive ou du pain dans la matrice et en attirant -un chien pour faire lécher les parties pudiques par l’animal. Ou encore, -en masturbant un chien pour faire raidir sa verge et l’introduire dans -son vase. - - - - - MŒCHIALOGIE - - COURS DE LUXURE - - TRAITÉ - DES PÉCHÉS CONTRE LES SIXIÈME ET NEUVIÈME COMMANDEMENTS - DU DÉCALOGUE - ET - DE TOUTES LES QUESTIONS MATRIMONIALES - QUI S’Y RATTACHENT DIRECTEMENT OU INDIRECTEMENT - - PAR - LE PÈRE DEBREYNE - Trappiste - - (Ce livre est exclusivement destiné au clergé) - - - - -MŒCHIALOGIE[1] - - [1] Ce mot vient du substantif latin _mœchia_ qui veut dire: luxure, - fornication, concubinage, et du substantif grec _logos_, qui veut - dire: discours, science, traité. _Mœchialogie_ signifie donc: Cours - de luxure ou Science de la fornication. - -COURS DE LUXURE - - - - -RÉFLEXIONS PRÉLIMINAIRES - -SUR LE PÉCHÉ DE LUXURE EN GÉNÉRAL - - -On entend par luxure tout péché contraire à la chasteté: à la chasteté -est opposée la luxure, qui est un appétit ou un usage désordonné des -plaisirs vénériens ou, tout simplement, un appétit désordonné de la -délectation vénérienne. - -Tout péché de luxure ou de délectation charnelle est mortel de sa -nature: il n’admet pas de légèreté de matière, du moins quand il est -directement opposé à la chasteté... La raison elle-même sanctionne cette -immuable vérité; la délectation vénérienne n’a été accordée que pour la -seule propagation du genre humain; donc toute interversion de cette -délectation est, de sa nature, un grave désordre et par conséquent un -péché mortel. - -Nous avons dit que le péché de luxure n’admet pas de légèreté en la -matière. On sent assez que, sous ce rapport, il ne peut être question -ici des péchés de luxure consommés. Nous ne parlons donc que de la -délectation charnelle, libidineuse, qui suivant le langage des -théologiens se fait sentir dans les parties vénériennes, et vient du -mouvement des esprits qui servent à la génération. «C’est une opinion -probable qu’il n’y a que péché véniel dans un baiser donné en vue de la -délectation charnelle et sensible qui l’accompagne, exclus le danger -d’un consentement ultérieur et de la pollution.» - -La délectation organique est celle qui, disent les docteurs, a lieu sans -aucun mouvement déréglé, qui, sans aucune commotion du sens génital, -vient de la seule proportion de l’objet avec le sens ou de la conformité -de l’objet vu ou touché avec l’organe de la vue ou du tact. - -D’où il suit, comme dit Billuart[2], que celui-là ne pèche que -véniellement, qui regarde une belle femme, ou touche sa main ou son -visage en vue précisément de la délectation purement organique ou -sensuelle. La délectation organique peut encore avoir lieu dans un -baiser donné à un bel enfant... - - [2] Le R.-P. Charles-René Billuart est un célèbre théologien et - prédicateur, né en 1685, mort en 1757. Il était provincial de - l’Ordre des Dominicains, c’est-à-dire le chef des dominicains de - France. - -... De la délectation sensuelle à la vénérienne, surtout dans le sens du -tact ou de la vue, il n’y a qu’un pas, dit Billuart. - -D’autres théologiens, entre autres saint Liguori, prétendent, avec -quelque modification pourtant, qu’il n’y a pas légèreté de matière dans -la délectation sensible ou naturelle, si, par exemple, on se délecte au -contact d’une main de femme, comme à celui d’une chose douce, d’une -rose, d’une étoffe de soie, ou autres choses semblables... La raison en -est que les attouchements d’une jeune fille ou d’un jeune homme, en tant -qu’ils délectent les sens, tendent naturellement à la pollution... parce -que, à cause de la corruption de la nature, il est moralement impossible -d’éprouver cette délectation naturelle, sans que la délectation -charnelle et vénérienne soit ressentie, surtout par les personnes aptes -à la copulation, et surtout si ces actes sont accompagnés de quelque -affection et complaisance... - - - - -PREMIÈRE PARTIE - -DE LA LUXURE CONSOMMÉE ET NON CONSOMMÉE - - -La luxure est consommée lorsqu’elle va jusqu’à l’effusion du sperme; non -consommée, quand elle reste en deçà. - - -CHAPITRE PREMIER - -DE LA LUXURE CONSOMMÉE - -Les péchés de luxure consommée se divisent en péchés contre la nature et -en péchés suivant la nature, ce qui fera la matière de deux articles. - - -ARTICLE PREMIER - -DU PÉCHÉ DE LUXURE CONTRE NATURE - -Ce péché est appelé contre nature, parce qu’il consiste dans l’effusion -du sperme en dehors de tout coït propre à la génération, ou autrement, -parce qu’il est opposé à la loi à laquelle la nature a destiné le sperme -humain. Il est de trois espèces: - - La pollution; - La sodomie; - La bestialité. - -De là, encore trois paragraphes. - - -§ I - -DE LA POLLUTION EN GÉNÉRAL - -Ce que les théologiens entendent par _pollution_, c’est la -_masturbation_, _l’onanisme solitaire_, _l’incontinence secrète_, _les -mollities_, etc., c’est-à-dire l’effusion du sperme en dehors du -vase--(de la partie sexuelle de la femme). - -La semence humaine, ou sperme, est une humeur visqueuse, épaisse, d’une -odeur _sui generis_ assez connue. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -On divise la masturbation, l’onanisme solitaire ou la pollution: - -1º En masturbation simple et _qualifiée_, comme disent les théologiens, -ou plutôt composée puisqu’elle renferme une double malice; - -2º En masturbation volontaire ou involontaire; - -3º En masturbation volontaire directe ou en soi, et en volontaire -indirecte ou volontaire dans sa cause. - -La masturbation simple est celle qui n’a pas une autre malice qui s’y -adjoint, comme lorsque quelqu’un, sans être attaché par aucun lien -personnel, souille son corps en se complaisant dans sa propre -délectation. - -La masturbation est dite qualifiée, quand elle renferme une double -malice de la part de l’objet pensé ou désiré, ou de la part du masturbé -ou de celle du masturbant: 1º De la part de l’objet pensé, la -masturbation revêt la malice de l’adultère, de l’inceste, du stupre, du -sacrilège, etc., selon que le masturbant pense à une femme mariée, à une -parente, à une vierge, ou à une personne consacrée à Dieu, etc... 2º De -la part du masturbé ou du masturbant, si par exemple il est marié ou -consacré à Dieu par vœu ou par la réception des ordres sacrés: car il -faut expliquer les conditions de la personne masturbée ou masturbante, -comme ajoutant au péché des malices spécifiquement différentes. Il faut -aussi de toute nécessité déclarer en confession les circonstances -susdites, parce qu’elles changent l’espèce du péché et ajoutent à sa -malice... - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -_Section première_ - -L’ONANISME SOLITAIRE.--LA MASTURBATION VOLONTAIRE EN SOI OU DIRECTEMENT -VOULUE - -C’est un péché mortel, de sa nature et contre la nature. L’action d’Onan -qui répandait son sperme à terre est déclarée détestable dans la -Sainte-Écriture. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Il est une espèce de souillure manuelle qu’on pourrait appeler -incomplète, nerveuse, sèche, en tout point semblable, pour la forme -extérieure, si l’on peut parler ainsi, à la masturbation proprement -dite, mais avec cette différence qu’elle ne va pas jusqu’à -l’éjaculation. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -_Section deuxième_ - -DE LA POLLUTION VOLONTAIRE DANS SA CAUSE OU INDIRECTEMENT VOULUE - -Cette sorte de pollution reconnaît deux causes: l’une prochaine et -l’autre éloignée. - -La cause prochaine est celle qui, par sa nature, porte directement à la -masturbation, comme par exemple, de regarder ses propres organes -génitaux ou ceux des autres, de proférer des paroles obscènes, de se -complaire dans des pensées honteuses, etc... - -La cause éloignée n’est pas de nature à produire directement la -masturbation, elle ne l’occasionne que par accident et contre -l’intention des personnes. Ces sortes de causes sont ordinairement un -excès dans le boire et le manger, l’équitation, l’étude de matières -érotiques, _l’audition des confessions_, etc. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Il est cependant permis d’étudier les matières vénériennes en vue de -l’enseignement ou de la distraction, d’entendre les confessions des -femmes, de converser avec elles utilement, honnêtement et sagement, de -les visiter avec gravité et décence, et pour des motifs d’une urgente -convenance, ou même de les embrasser dans le monde selon les mœurs du -pays, d’aller à cheval pour son utilité, de se coucher d’une certaine -manière quand on ne peut pas dormir autrement, d’user modérément de la -boisson ou d’aliments chauds, ou prescrits pour la santé, ou d’un usage -habituel, de servir les malades, de les mettre dans le bain, d’exercer -la profession de chirurgien ou de sage-femme, etc..., quand même on -pourrait prévoir que la pollution doit s’en suivre, pourvu qu’on ne se -la propose pas, et qu’on ait le ferme propos de n’y pas consentir, avec -l’espérance fondée de persévérer dans cette résolution; ce qui se -reconnaît dans l’espèce par les expériences déjà faites, soit au défaut -de la crainte du péché, soit à la fragilité personnelle et à la -propension au mal, ou à d’autres circonstances semblables. - - -_Section troisième_ - -DE LA POLLUTION NOCTURNE - -La pollution nocturne est celle qui survient pendant le sommeil de la -nuit... Si le sommeil est imparfait, elle peut être semi-volontaire et -par conséquent péché véniel; si le sommeil est parfait, la pollution est -tout à fait involontaire et par conséquent exempte de toute faute. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Voici comment Billuart s’exprime à ce sujet: - -«La pollution nocturne est ou n’est pas péché, selon la condition de la -cause dans laquelle elle a dû ou pu être prévue. Si la cause n’est pas -coupable, la pollution ne sera pas non plus coupable: si la cause est -véniellement coupable, elle sera vénielle: si la cause est mortelle, -elle sera mortelle.» (_Dissertatio_ IV, art. 13.) - -Maintenant, quelle est la règle à suivre ou la conduite à tenir, -lorsqu’une pollution préparée, imminente ou commencée pendant le -sommeil, on s’éveille avant que l’éjaculation se soit produite?... - -Personne n’est tenu (pourvu cependant qu’il n’y ait pas danger de -consentement au plaisir, et qu’on ne le provoque pas volontairement) -d’empêcher une pollution spontanée, ou déjà commencée, dans le sommeil; -mais on peut pour cause de santé laisser la nature se soulager; car ce -n’est pas procurer, mais souffrir l’écoulement d’un liquide qui, -d’ailleurs corrompu, nuirait à la santé. - -Quand la pollution commence dans le sommeil, dit saint Liguori, et que -l’émission a lieu dans le demi-sommeil, dans ce cas, si on éprouve -quelque délectation, non pleinement voulue, on ne pèche que véniellement -comme le remarquent les pères de l’Église. Mais quand l’émission -commence dans le sommeil, et est consommée en pleine veille, dans ce cas -(pourvu qu’il n’y ait pas consentement dans la délectation, ou danger -prochain de consentement d’après l’expérience du passé), on n’est pas -tenu de l’empêcher; soit parce qu’il est très difficile d’arrêter -l’écoulement du sperme une fois sorti des reins, comme disent -généralement de nombreux théologiens; soit parce que personne n’est tenu -d’empêcher l’éjaculation en s’exposant au danger d’une maladie provenant -de la corruption du fluide. - -Voici l’opinion du R. P. Sanchez: - -Quand la pollution est un flux naturel et a commencé pendant le sommeil, -il sera permis de ne pas l’empêcher, à cause du danger de mort, parce -que ce n’est pas procurer, mais souffrir l’éjaculation du sperme, que le -patient n’empêche pas, de peur que cette humeur corrompue ne nuise à sa -santé. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Voici, maintenant, l’opinion d’un théologien fort sage et fort prudent: - -La pollution commencée dans le sommeil ne peut être continuée dans -l’état de veille, d’après beaucoup de théologiens, contre un assez grand -nombre d’autres qui disent qu’à cause des inconvénients pouvant provenir -de son interruption, on peut en permettre simplement la continuation en -élevant son cœur à Dieu. C’est l’avis de _Gerson_, de _Billuart_, -etc..., parce que, disent-ils, outre les inconvénients et les -indispositions qui en résulteraient pour le corps, la pollution -commencée pendant le sommeil n’est plus soumise à la volonté. Mais cette -raison n’emporte pas l’assentiment. Je ne serais de l’avis de ces -théologiens que dans le cas, rare, où il y aurait danger d’en ressentir -une grave indisposition, et sans danger de consentement en une matière -si délicate; peut-être d’ailleurs ne suffirait-il pas de n’y pas -consentir, si en même temps on ne cherchait à l’empêcher par quelque -effort, par exemple, en retenant l’éjaculation, en cherchant dans son -lit un endroit frais, en sortant du lit; de même si la pollution arrive -dans l’état de veille. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Nous terminons cette question par l’extrait suivant de Billuart: - -Il est certain: 1º Qu’il y a péché mortel à jouir de la pollution -nocturne, ou de la désirer pour le plaisir, parce qu’alors l’objet est -mortellement mauvais, puisque la délectation vénérienne ne doit tendre -de sa nature qu’à la seule génération dans l’acte conjugal. - -Il est certain: 2º Que le désir efficace de la pollution, c’est-à-dire -celui qui la cause, ou en vertu duquel on emploie les moyens propres à -l’occasionner, est également péché mortel, parce qu’alors elle devient -volontaire et ne reste pas purement naturelle. - -Il est certain: 3º Qu’il est permis de jouir de l’effet bon de la -pollution, comme de la santé ou de la cessation de la tentation qu’elle -cause, ainsi que de désirer cet effet, parce que cet objet est bon. Pour -la même raison, il est permis de se réjouir de ce que la pollution a eu -lieu sans péché et purement naturellement. - - -_Section quatrième_ - -DE LA POLLUTION DIURNE - -La pollution (ou masturbation) diurne est celle qui a lieu pendant le -jour, ou plus généralement et plus exactement dans l’état de veille. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -_La distillation_ est une excrétion uréthrale; une espèce de -_blennorrhée_ connue par les anciens sous le nom impropre de _gonorrhea -benigna_ (chaudepisse bénigne). La matière de la distillation est tout à -fait différente du vrai sperme, et ne renferme aucun animalcule -microscopique. Cette matière visqueuse est la matière que peuvent rendre -les impubères et les eunuques, soit par la masturbation, soit par la -stimulation mentale, au moins pour ces derniers. - -Il existe une différence immense entre la distillation et la pollution. - -Voici ce que, sur cette question, dit saint Liguori: - -«Si cette distillation a lieu avec une notable agitation des esprits, -sans doute elle est un péché mortel, parce qu’une telle agitation est un -commencement de pollution. Il en est de même si la distillation s’opère -en grande quantité, parce qu’une distillation aussi considérable ne peut -avoir lieu sans une notable rébellion de la chair; d’où il suit que de -même qu’on pèche gravement en procurant une notable agitation, on pèche -gravement aussi en procurant une grande distillation. Par conséquent, -nous sommes tenus, sous une grave obligation, d’éviter non seulement -directement, mais encore indirectement, ces sortes de distillation, en -évitant toutes les causes qui influent prochainement sur elles... Mais -si la distillation s’opère en petite quantité, sans délectation et sans -agitation, alors on peut la permettre sans péché, comme dit le R. P. -_Cajetan_, etc... et les autres communément; parce qu’on ne doit pas -plus se soucier de ce flux que de l’émission de quelque autre sécrétion -dont la nature a l’habitude de se soulager.» - - -_Section cinquième_ - -DES MOUVEMENTS DÉRÉGLÉS - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Page 52:--Souvent il ne convient pas de s’y opposer par un effort -positif; car alors l’imagination s’enflamme par cet effort même, et par -sympathie excite encore davantage les esprits génitaux; il est donc plus -sûr d’invoquer tranquillement Dieu, la bonne Vierge, l’ange gardien, de -prier son patron et les autres saints, de fuir les objets dangereux, de -détourner tranquillement sa pensée des images obscènes, de la tourner -ailleurs, et de s’appliquer sérieusement à d’autres occupations surtout -extérieures. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Page 53: «_Quæritur an manere..._»--On demande si rester indifférent à -l’égard des mouvements de la concupiscence involontaires, sans les -approuver ni les désapprouver, est un péché et quelle espèce de péché? - -_Réponse._--1º Tous les théologiens sont d’avis qu’une telle -indifférence est au moins un péché véniel, parce que l’esprit est tenu -au moins de s’opposer aux mouvements désordonnés de la concupiscence. - -2º _Sanchez_, _saint Liguori_, l. V, nº 6, et beaucoup d’autres disent -que ce péché, en dehors du péril prochain de la pollution, n’est que -véniel; car, disent-ils, les mouvements désordonnés doivent être -réprimés, parce qu’il est à craindre qu’ils ne mènent à la pollution, ou -qu’ils n’entraînent le consentement de la volonté à la délectation -vénérienne; donc si ce danger n’existe pas ou s’il est éloigné, il n’y a -qu’une obligation légère de l’éviter. Mais ils soutiennent qu’il y a -obligation sous peine de péché mortel de résister positivement au moins -par un acte de déplaisance, s’il y a danger prochain de tomber dans une -pollution, ou de consentir à la délectation vénérienne. - -D’autres, plus communément, enseignent que l’indifférence avec pleine -advertance touchant les mouvements désordonnés, même légers, est un -péché mortel, tant à cause de leur propre désordre qu’à cause du danger -d’y consentir. C’est l’avis des R. P. _Valentina_, _Lessius_, etc... - - -_Section sixième_ - -DE LA CONDUITE A TENIR ENVERS LES MASTURBATEURS OU LES ONANISTES - -Ce chapitre de la _Mœchialogie_ du P. Debreyne n’est, à peu de chose -près, que la reproduction du § V, chap. III du _Manuel des confesseurs_, -par Mgr Bouvier. Ayant, à sa place, cité ce paragraphe, nous y renvoyons -nos lecteurs. - - -_Section septième_ - -DE LA MASTURBATION CONSIDÉRÉE DANS LE SEXE FÉMININ - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -La plupart des théologiens, des moralistes, des casuistes mentionnent à -peine la masturbation chez la femme comme désordre possible. Une foule -de traités _ex professo_ sur le sixième commandement n’en disent pas un -mot. _Est-il étonnant de voir, après cela, tant de jeunes prêtres très -ignorants sur cette matière?_ - -Nous distinguons dans les femmes trois espèces ou plutôt trois formes de -masturbation: - - 1º _La masturbation du clitoris_; - 2º _La masturbation vaginale_; - 3º _La masturbation utérine_. - -1º La première forme ou le _clitorisme_, comme on dit, est le mode -ordinaire. Cette masturbation se fait surtout à l’aide du petit organe -qui s’appelle le _clitoris_, et qui, selon les médecins, est le siège ou -le principal organe de la jouissance vénérienne ou de la volupté -charnelle. Il est situé à la partie supérieure et au milieu de la vulve, -c’est-à-dire du _pudendum_. Ce petit organe, par suite d’un éréthisme -fréquent et presque continuel venant de l’écoulement ou d’une -disposition native, peut croître en de telles proportions, qu’il simule -quelquefois le membre viril. C’est de là qu’aux temps d’ignorance, est -née la fausse croyance aux hermaphrodites. C’est ainsi que des femmes -perdues et de mœurs corrompues s’efforcent d’usurper quelquefois ou -plutôt d’imiter le rôle exclusivement réservé à l’homme. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -On doit rattacher à la première forme de masturbation (page 67): celle -qui d’ordinaire se fait, non par un attouchement manuel, mais par un -mouvement volontaire quelconque du corps, soit par son extension -complète, on seulement par celle des jambes, ou la compression des -cuisses l’une sur l’autre, etc... - -2º La seconde espèce ou la masturbation vaginale, moins fréquente que la -précédente, indique généralement une plus grande corruption de -l’imagination, parce que ce genre de masturbation se fait par -l’introduction ou des doigts ou de quelques instruments adaptés, que les -suggestions diaboliques ne cessent de fournir à la passion libidineuse -(autrement dits: godemichés). - -3º La troisième et dernière espèce ou l’utérine, beaucoup plus rare que -les autres, mais très grave, très nuisible à la santé, surtout -désordonnée et par conséquent la plus coupable et peccamineuse, en -raison du degré de malice des circonstances plus ou moins aggravantes. -Voici comment elle procède: un chatouillement ou irritation prolongée -est produit au col de l’utérus (c’est-à-dire à la partie inférieure de -la matrice qui se trouve à l’extrémité supérieure du vagin) à l’aide des -doigts ou de certains autres instruments. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Terminons ce chapitre par quelques mots sur la conduite du confesseur à -l’égard des personnes excessivement timides ou qu’une fausse honte -empêche de s’expliquer suffisamment sur cette matière. - -Le confesseur doit d’abord montrer un air doux, facile et bienveillant. -Il engagera les jeunes personnes à dire avec simplicité tout ce qu’elles -savent sur le point en question. Il se composera convenablement afin de -ne pas paraître ému ou étonné de rien, et ne pas avoir l’air d’écouter -avec trop d’intérêt ou de curiosité. Le confesseur pourrait même dire -qu’il a entendu là-dessus plus qu’on ne pourra lui en apprendre... Pour -découvrir la mauvaise habitude, il ne faut jamais paraître en douter. -N’interrogez donc pas sur le point principal ou le fond de la chose, -mais sur l’accessoire ou quelqu’une de ses circonstances. Au lieu de -questionner les jeunes filles sur tel péché qu’on craint qu’elles ne -cachent, on doit leur faire dire combien de fois elles l’ont commis: -hésitent-elles à répondre? on leur demandera un nombre considérable, -invraisemblable, au-dessus du véritable, afin de les enhardir à en -avouer de suite un nombre moindre... Mais, un autre point que nous -croyons important, et l’expérience l’a déjà prouvé, c’est que le -confesseur ait soin de donner à certaines personnes du sexe, mariées ou -non, mais grossières et plus ou moins privées d’éducation, une courte -explication sur l’origine des connaissances pratiques qu’il possède sur -les matières du sixième commandement. Il sera bon, par exemple, de dire -qu’il a appris toutes ces choses dans les livres des médecins ou des -médecins eux-mêmes, afin d’écarter de leur esprit toute idée de surprise -ou de soupçon sur la manière dont lui est venue la connaissance de ces -détails qu’elles s’imaginent devoir être tout à fait étrangers aux -prêtres. - - -_Section huitième_ - -DE LA MASTURBATION DIURNE ET NOCTURNE DANS LE SEXE FÉMININ - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Il est permis à celui qui éprouve une grande démangeaison dans les -parties honteuses, dit saint Liguori, de la faire cesser par -l’attouchement, quand même il s’ensuivrait une pollution. Et, citant une -foule d’auteurs à l’appui de sa thèse, il continue: «Peut-être -direz-vous qu’il peut arriver que ce prurit provienne de l’ardeur même -de la passion libidineuse, d’où il suivrait que l’apaisement du prurit -par la friction serait une espèce de délectation vénérienne. On répond -qu’il est plus raisonnable de croire qu’un tel prurit, quand il est très -désagréable, vient plutôt de l’âcreté du sang que de l’ardeur de la -luxure. Au moins dans le doute reste la liberté de se débarrasser de -cette incommodité par un attouchement licite en soi, puisqu’on peut -licitement faire cesser au moyen de l’attouchement une démangeaison -corporelle; s’il arrive une pollution, elle arrive sans danger de -consentement, par accident et involontairement, et par conséquent sans -péché. Pour que l’on fût tenu de s’abstenir de cet attouchement, il -faudrait avoir la certitude que le prurit est un effet de la luxure. Du -reste, le _R. P. Lacroix_ avertit sagement ceux qui aiment la chasteté -de s’abstenir, autant du moins qu’il est moralement possible, de ces -sortes d’attouchement.» (Liv. III, nº 483.) - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -«Il est permis à celui qui éprouve une démangeaison très incommode, dans -les parties honteuses, de la faire cesser par l’attouchement, quand même -la pollution s’ensuivrait.» (Mgr Gousset, archevêque de Reims.) - - -§ II - -DE LA SODOMIE - -Ce crime horrible est défini par saint Thomas: l’accouplement du mâle -avec le mâle, de la femelle avec la femelle. - -D’où il faut conclure que le mâle s’accouplant avec la femelle, dans _un -vase_ ou _récipient non légitime_, ne commet nullement une sodomie, -parce que le sexe est légitime; au contraire, une femelle qui s’accouple -avec une femelle _dans le vase naturel_ commet une sodomie, parce que le -sexe est illégitime. D’où il faut conclure avec saint Thomas que toute -la malice de la sodomie vient de l’accouplement du même sexe, et non de -l’accouplement illégitime de deux sexes différents, du sexe illégitime -et non du vase illégitime d’un sexe légitime. Ce dernier crime, selon ce -saint docteur, n’est pas une sodomie, mais seulement un mode illégitime -d’accouplement. - -Mais comme chez la plupart des théologiens l’usage a prévalu de regarder -comme une _sodomie imparfaite_ cet accouplement illégitime (dans l’anus) -entre deux sexes différents, nous nous conformerons à l’usage. - -Donc l’accouplement de l’homme avec la femme dans le vase qui n’est pas -légitime est une sodomie imparfaite, distincte de la sodomie parfaite, -qui est l’accouplement du mâle avec le mâle, de la femelle avec la -femelle. (Ainsi, ce que les débauchés appellent 69 est beaucoup moins -coupable entre homme et femme qu’entre deux individus du même sexe.) - -Il n’importe pas dans quel vase ou dans quelle partie du corps mâles ou -femelles s’accouplent entre eux, puisque la malice de la sodomie -consiste dans la recherche d’un sexe illégitime, et qu’elle est complète -ou parfaite en son genre, quel que soit le vase ou la partie du corps -d’un même sexe auquel s’applique le corps par voie d’accouplement; mais -s’il n’y avait que l’application de la main, du pied, etc., aux organes -d’une autre personne, cela ne serait point réputé sodomie, parce que ce -ne serait pas un véritable accouplement, ni physique ou matériel, ni -moral ou effectif. - -Pour la sodomie imparfaite il suffit que le mâle et la femelle -s’accouplent autrement qu’avec les instruments naturels ou les organes -légitimes, avec interversion des parties (en faisant par derrière ce -qu’on doit faire par devant), et dans la recherche d’une fin mauvaise de -l’accouplement. - -Il faut déclarer en confession de quelle nature a été la sodomie, si -elle a été accomplie avec une personne mariée, consacrée à Dieu ou -consanguine; parce que, alors, s’y ajoute la malice de l’adultère, du -sacrilège ou de l’inceste. - -D’après le même saint Liguori: «Il n’est pas nécessaire en confession -d’expliquer si la pollution a eu lieu dans l’intérieur ou à l’extérieur -du vase; il suffit de confesser: _j’ai péché avec un enfant_, pour que -le confesseur juge qu’il y a eu sodomie avec pollution. On doit -cependant expliquer s’il n’y a pas eu pollution. Il serait plus clair de -dire: _j’ai couché avec un enfant_, en ajoutant la circonstance de -pollution ou de non-pollution. Si l’effusion du sperme dans le vase -était possible, il y aurait alors sodomie parfaite, consommée et -complète; si elle a lieu hors du vase, elle n’est qu’imparfaite et non -complète, selon quelques-uns. - -Quant à ce qui touche aux enfants, puisque nous en parlons, aujourd’hui -ce crime horrible exerce très souvent sa fureur sur eux; d’où on -l’appelle généralement _pédérastie_. - - -§ III - -DE LA BESTIALITÉ - -La bestialité, selon saint Thomas, est l’accouplement avec un individu -d’une autre espèce, ou avec une bête. Ce péché est ce qu’il y a de plus -horrible et il est plus grave que la sodomie, parce que dans la -bestialité on n’a égard ni au vase légitime, ni au sexe, ni à l’espèce -requise. Aussi Joseph a-t-il accusé ses frères du dernier des crimes, en -disant, comme l’interprète la glose, qu’ils s’accouplaient avec leurs -brebis. Cet abominable crime est ainsi désigné dans le _Lévitique_: -_Celui qui se sera accouplé avec une jument ou une brebis sera puni de -mort; tuez aussi la brebis_, etc... Autrefois ceux qui ne rougissaient -pas de commettre ce crime abominable étaient brûlés avec la bête. - -D’après beaucoup de théologiens, Bonacina, Billuart, etc., il n’est pas -nécessaire de déclarer l’espèce ou la variété de bêtes, parce que cette -circonstance ne change pas l’espèce du péché et ne l’aggrave pas -beaucoup. La malice de ce péché vient de l’espèce désordonnée et -illégitime. - -«La raison, dit saint Liguori, en est que toute la malice de ce crime -consiste dans le coït avec une autre espèce, d’où il suit que la -différence de sexe est tout à fait accidentelle et n’entraîne aucune -différence dans le genre du péché. Les attouchements impudiques avec une -bête, quoiqu’ils ne soient pas proprement des péchés de bestialité, ont -cependant une certaine turpitude spéciale, comme dit le R. P. Elbel, au -moins vénielle» (lib. III, n. 474). - -Sur ce sujet, selon l’occasion, il faut interroger les paysans et -surtout les bergers et gardeurs de troupeaux. - - -ARTICLE SECOND - -DES PÉCHÉS DE LUXURE OU D’IMPURETÉ SUIVANT LA NATURE - -Ces péchés sont: - - La simple fornication; - Le rapt; - L’adultère; - L’inceste; - Le sacrilège. - -Ce qui fera la matière de six paragraphes. - - -§ I - -DE LA FORNICATION SIMPLE - -La fornication, au sens large, est un accouplement quelconque en dehors -du mariage; ou, dans un sens plus strict: la fornication simple est -l’accouplement d’un homme libre avec une femme libre déjà déflorée, avec -le consentement mutuel: 1º _d’un homme libre avec une femme libre_, -c’est-à-dire, selon _Billuart_, de personnes libres non seulement du -lien du mariage, mais encore de parenté mutuelle ou d’affinité aux -degrés prohibés, du vœu de continence, de l’ordre sacré ou de la -violence; 2º _déjà déflorée_, pour distinguer la simple fornication du -stupre; 3º _avec le consentement mutuel_, pour la distinguer du rapt. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -La fornication d’un tuteur avec sa pupille le rend beaucoup plus -coupable puisqu’il remplit les fonctions de père, et qu’à ce titre il -est tenu de s’occuper de ses intérêts, non seulement temporels, mais -encore spirituels; il y a donc là une circonstance aggravante, qu’il -faut déclarer en confession. - -L’accouplement avec une femme mariée n’est pas une fornication simple, -puisqu’il n’a pas lieu avec une femme complètement libre, et qu’il -implique le péché d’injustice à l’égard du mari dont il viole le droit; -de là une circonstance qui doit toujours être déclarée en confession. - -«La fornication d’un chrétien avec une infidèle est, d’après l’opinion -universelle, plus grave qu’avec une catholique, tant à cause du mépris -de notre religion qui en est la suite, qu’à cause du danger de la -mauvaise éducation des enfants et de l’abandon de la vraie foi, qui -résultent facilement d’un trop grand amour pour une infidèle. Selon -quelques-uns, cette circonstance change l’espèce (_Bailly_).» -L’accouplement avec un eunuque implique une malice spéciale, parce que, -en l’absence d’un véritable sperme fécondant, la véritable fin est -manquée, la nature est frustrée; il n’y a plus dès lors simple -fornication, mais péché contre nature. - -Selon _Billuart_, «celui qui par déplaisir et haine du péché interrompt -un accouplement fornicateur, même avec effusion de sperme en dehors du -vase, fait bien et y est tenu, parce qu’il n’y a pas d’instant où l’on -ne soit tenu de faire cesser un péché actuel. La perte du sperme qui -s’ensuit a lieu alors par accident et contre la volonté, et il y a une -cause légitime de la permettre. Celui qui persévérant dans l’amour du -péché interrompt un accouplement commencé, avec effusion hors du vase -par crainte d’infamie ou par quelque autre motif humain, commet un -double péché, celui de fornication commencée et celui de pollution.» -(_Dissertation VI, art. II._) - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -La prostitution est l’accouplement avec une femme prête à se livrer au -premier venu, publique et généralement vénale. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -«L’homme, selon Sylvius et autres, dit Billuart, ne paraît pas tenu de -déclarer en confession s’il a forniqué avec une prostituée ou une autre -femme, pourvu qu’il déclare le nombre; parce que, disent-ils, cette -circonstance n’est pas notablement aggravante, peut-être parce que -l’acte en lui-même est génératif, et que c’est seulement par accident, -par suite de la condition de la personne que la génération est empêchée, -comme dans le cas où on forniquerait avec une vieille, ou une femme -stérile. Quelques-uns cependant prétendent que le fornicateur est tenu -de déclarer la circonstance de la prostitution, parce que, disent-ils, -dans une telle fornication, on n’empêche pas seulement le bien des -enfants à naître, mais on empêche encore qu’il en naisse. Cette dernière -opinion est la plus sûre.» - -Il ne sera peut-être pas hors de propos de parler ici d’un certain moyen -employé par quelques-uns, quand ils approchent des prostituées et -peut-être aussi des autres femmes, pour se garantir de la maladie -syphilitique. Cette invention ignorée de quelques confesseurs, en -protégeant de la contagion morbide, est nécessairement en même temps un -obstacle à la conception ou à la génération, quand même l’accouplement -semble être extérieurement normal et s’accomplit sans que l’un ou -l’autre se retire.--Cet obstacle est souvent employé de la part de la -femme, qui n’a en vue que d’empêcher la conception, puisque ce moyen ne -la garantit aucunement de la contagion. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -On peut demander aux fornicateurs, au moins à ceux qui paraissent ou -passent pour tout à fait corrompus, s’ils ne se sont pas servi d’un -moyen secret pour empêcher la conception; et surtout si l’homme n’a pas -cherché à éviter la contagion et par quel moyen. Il faut que l’on sache -qu’il ne s’agit pas ici de l’onanisme proprement dit, où, comme il -arrive si souvent et si misérablement dans l’acte conjugal, l’homme se -retire avant l’effusion du sperme. - -Quant aux autres empêchements connus des femmes, comme d’uriner après le -coït, et autres efforts pour rejeter le sperme, on doit les regarder -généralement comme vains et inutiles; cependant elles sont gravement -coupables, puisqu’elles se proposent une fin mauvaise, celle d’empêcher -la conception. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Il faut demander aux fornicateurs: si avant l’accouplement, ils l’ont -désiré avec délectation; s’ils ont entraîné leur complice au crime; -s’ils lui ont promis mariage; s’ils n’ont pas promis par serment, et -fait la même promesse à plusieurs; s’ils ont péché par habitude avec -scandale; combien de fois ils ont renouvelé le crime; si, l’acte -consommé, ils se sont livrés à d’autres turpitudes; s’ils n’ont rien -fait pour empêcher la conception. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Si le pénitent, dit _Collet_, ne parle que du fait de l’accouplement, il -faut l’interroger sur son état et celui de sa complice, s’il est marié, -si sa complice est mariée, s’ils sont consanguins ou parents par -affinité, etc... - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -§ II - -DU STUPRE ET DU VIOL - -Le stupre est l’accouplement illicite avec une vierge. Quelques-uns -veulent qu’il faut que cet accouplement soit violent, de telle sorte que -si la vierge consent, il n’y a plus de stupre; d’après eux ce n’est pas -une espèce particulière de luxure, et il ne se distingue pas de la -simple fornication. C’est l’avis de Sanchez, Lessius, Malderus et -plusieurs autres; d’après eux, le stupre est toujours _la défloration -violente d’une vierge_. - -Sous le nom de vierge on n’entend pas ici une personne qui n’ait jamais -péché contre la chasteté, mais celle qui n’a pas encore eu -d’accouplement avec une autre. Il ne s’agit donc pas ici de la virginité -comme vertu, mais simplement comme état d’intégrité. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Le clergé gallican, année 1708, a condamné cette proposition: _Suzanne -exposée à l’infamie et à la mort aurait pu se conduire négativement et -laisser s’accomplir le viol, pourvu qu’elle n’y eût point consenti par -un acte intérieur, et l’eût détesté et exécré_, comme téméraire, -scandaleuse, offensant les oreilles pieuses, erronée et contraire à la -loi de Dieu. Donc il n’est jamais permis à une femme, même dans la -crainte de la mort, de rester passive et de permettre le viol; parce que -dans ce cas la passivité et l’immobilité sont une certaine coopération, -et doivent toujours être considérées dans la pratique comme un acte -volontaire. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Le stupre même volontaire est un péché de luxure spécial. Et puisque le -Concile de Trente a défini (sess. 14, can. 7) qu’il est nécessaire de -droit divin de déclarer en confession _les circonstances qui changent -l’espèce du péché_, il faut résoudre cette question de pratique -continuelle, si ceux qui sont coupables de stupre volontaire, soit de -fait, soit en désir ou en délectation, sont tenus de déclarer la -circonstance de la virginité. Les théologiens l’affirment le plus -communément, et regardent cette nécessité comme une conséquence de ce -principe une fois admis. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -_Billuart_ et d’après lui, dit _Bouvier_, _Wiggers_, _Boulart_ et -_Daelmen_ prétendent que la circonstance de la virginité dans un stupre -volontaire ajoute une malice spéciale à la simple fornication, mais -seulement une malice vénielle, qu’il n’est pas nécessaire de déclarer en -confession. - - -§ III - -DU RAPT - -Le rapt, selon quelques théologiens, est la violence faite à une -personne ou à ses parents, en vue de la satisfaction d’une passion -libidineuse, ou, comme l’indique le mot, l’enlèvement violent d’une -personne d’un lieu dans un autre, pour satisfaire sa passion ou -contracter mariage avec elle. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Tout rapt n’a pas la même gravité. Voici, selon Collet, la gradation de -gravité dans les rapts de femmes: le péché le plus grave est le rapt -d’une religieuse, puis celui d’une femme qui a fait un simple vœu de -chasteté. Vient ensuite le rapt d’une consanguine ou parente par -affinité; enfin celui d’une femme mariée, d’une vierge, d’une veuve et -d’une prostituée. Sylvius ajoute que le péché sera beaucoup plus grave -si un mâle enlève un mâle, une femelle, une femelle en vue d’un -abominable libertinage, etc. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -La fornication avec une femme endormie ou ivre, ou avec une jeune fille -n’ayant pas l’usage de sa raison, ou n’ayant aucune connaissance de ce -crime, peut se ramener au rapt, quoiqu’il n’y ait pas rapt proprement -dit, mais plutôt tromperie. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Il faut rechercher maintenant comment doit se conduire une femme soumise -à la violence, pour ne pas pécher devant Dieu. Billuart répond en ces -termes: 1º elle ne doit pas consentir intérieurement à la délectation, -mais la repousser positivement; 2º extérieurement elle doit résister -positivement au séducteur par tous les efforts et mouvements du corps: -coups de poing, soufflets, cris, s’il y a quelque espoir de secours; en -un mot, par tout ce qu’elle peut faire moralement et raisonnablement, -autrement si elle ne fait pas tout ce qu’elle peut et doit pour -l’empêcher, elle est censée consentir. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -_Billuart_ demande encore si elle doit crier au péril de sa vie ou de sa -réputation. Il répond: si elle espère qu’avec le secours de Dieu elle -pourra ne pas consentir intérieurement au plaisir vénérien, ce qui, je -l’avoue, est très difficile, je pense qu’elle n’y est pas tenue, pourvu -toutefois qu’elle résiste extérieurement de tout son possible à celui -qui lui fait violence. - - -§ IV - -DE L’ADULTÈRE - -L’adultère est l’entrée dans un lit étranger, ou la violence du lit -d’autrui. Il peut être commis de trois manières: 1º entre un homme marié -et une femme libre; 2º entre un homme libre et une femme mariée; 3º -entre un homme marié et une femme mariée. - -L’adultère est une espèce de luxure distincte des autres et un péché -mortel très grave. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -L’adultère double, c’est-à-dire l’accouplement illicite d’un homme marié -avec une femme mariée, est plus grave que l’adultère simple, puisque le -premier viole deux droits, tandis que le second n’en viole qu’un; -l’adultère d’une femme mariée avec un homme libre est plus grave que -celui d’un homme marié avec une femme libre, pour des raisons à tous -évidentes et connues. Il faut donc nécessairement déclarer en confession -les diverses circonstances de l’adultère. - -L’adultère accompli du consentement du mari reste cependant un véritable -adultère, malgré le fameux axiome: _Il n’y a point d’injustice à l’égard -de celui qui sait et veut..._ Avant le pape Innocent XI, on disait: «Le -coït avec une femme mariée, du consentement de son mari, n’est pas un -adultère; et alors il suffit de dire en confession qu’on a forniqué.» - -Mais ce pape a déclaré que le consentement du mari ne légitimait pas la -chose. - -... Le confesseur doit interroger les adultères sur les points suivants: -1º Sont-ils mariés tous les deux? 2º Ont-ils lapidé les biens du mari -innocent? 3º Ont-ils l’habitude de l’adultère? 4º La femme adultère -a-t-elle conçu ou a-t-elle pu concevoir? 5º Est-il né des enfants? 6º -Les enfants sont-ils nourris des biens du mari comme s’ils étaient -légitimes? 7º Les enfants de l’adultère ont-ils partagé avec les enfants -légitimes l’héritage qui ne leur était pas dû? 8º Doivent-ils le -partager? 9º Enfin est-il certain ou douteux à qui appartiennent les -enfants? Etc... - - -§ V - -DE L’INCESTE - -L’inceste est l’accouplement illicite avec une consanguine ou parente -par affinité aux degrés prohibés, tels que sont tous les degrés de -consanguinité et d’affinité par suite d’un mariage ou convenu ou -consommé jusqu’au quatrième degré inclusivement, ou d’affinité par suite -d’une union illégitime jusqu’au second degré inclusivement. (_Concile de -Trente._) - -Selon _Billuart_, sous ce mot d’accouplement considéré comme acte -principal (_concubitus_), il faut comprendre les baisers, les -attouchements, les regards, et autres actes tendant à l’accouplement, et -par conséquent appartenant à l’inceste, comme ils appartiennent à -l’adultère avec une femme mariée, à la fornication avec une femme libre. - -«Quoique tous les incestes soient de la même espèce, écrit _Billuart_, -les uns cependant sont plus graves que les autres; ainsi l’inceste est -plus grave avec une consanguine qu’avec une parente par affinité; plus -grave au premier qu’au second degré, soit de consanguinité, soit -d’affinité. De même, il est plus grave et très grave en ligne droite, -soit de consanguinité, soit d’affinité, qu’en ligne collatérale; plus -grave, par exemple, avec la mère qu’avec la sœur; aussi, d’après -l’opinion la plus commune touchant la déclaration des circonstances -notablement aggravantes, il ne suffit pas de dire en confession: j’ai -commis un inceste; mais on doit dire si c’est avec une consanguine ou -une parente par affinité au premier ou au second degré de la ligne -droite ou collatérale, parce que ces circonstances sont notablement -aggravantes. Quant aux degrés plus éloignés de la ligne collatérale, je -pense avec les RR. PP. Ledesma, de la Cruz, Sporer et plusieurs autres, -qu’il n’est pas besoin d’interroger le pénitent, parce que cette -circonstance ne paraît pas notablement aggravante.» - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Quelques théologiens prétendent que le péché d’un confesseur avec sa -pénitente doit être ramené à l’inceste; d’autres, en plus grand nombre, -le nient. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Les actes impudiques entre personnes du même sexe, unies par les liens -de consanguinité ou d’affinité, emportent la malice de l’inceste, et -cette circonstance doit être déclarée en confession. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -§ VI - -DU SACRILÈGE - -Le sacrilège charnel, ou en tant que péché de luxure, est la violation -d’une chose sacrée par un acte vénérien ou charnel. Le sacrilège charnel -n’est pas seulement un péché contre la chasteté, mais encore contre -l’honneur de Dieu, à cause de la pollution d’une chose sacrée. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -... Le sacrilège charnel est commis par la copulation ou l’effusion -volontaire quelconque du sperme humain dans le lieu saint. Par le mot de -_lieu saint_ on entend, d’après les théologiens, tout lieu bénit par -l’évêque et destiné aux offices divins, depuis le toit intérieur -jusqu’au pavé; on y comprend aussi les cimetières. Ne sont pas réputés -lieu sacré: la sacristie, l’atrium, la tour ou clocher, ni les oratoires -privés, à moins qu’ils n’aient été élevés par l’autorité de l’évêque, -comme dans les hôpitaux, collèges et séminaires, parce qu’alors on les -considère comme de vraies églises. N’est pas non plus réputé lieu sacré -un oratoire privé non consacré ou bénit, quand même l’évêque aurait -permis d’y célébrer la messe, parce que, malgré cela, il peut, selon la -volonté du maître, être rendu à des usages profanes; ni les bâtiments -d’un monastère, les cloîtres, les officines et cellules des moines, etc. - -Il est difficile cependant de concevoir que les actes vénériens -accomplis dans des oratoires privés où est célébré le saint sacrifice de -la messe n’en revêtent pas une malice spéciale. La raison et la foi -indiquent assez à tout chrétien qu’une telle circonstance doit toujours -être déclarée en confession. C’est l’avis du R. P. Concina et de Mgr -Bouvier. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Quant à la malice des péchés de luxure commis dans le lieu saint, -regards, entretiens obscènes, baisers, attouchements, même sans qu’il y -ait danger prochain de pollution, nous pensons qu’à cause du respect dû -au lieu saint et par conséquent à Dieu, il faut déclarer en confession -la circonstance du lieu saint. C’est le parti le plus sûr. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Quant aux objets sacrés, distincts des personnes et des lieux saints, et -consacrés au culte divin, comme: vases sacrés, linges, etc..., il est -certain que, abuser de ces objets pour la luxure, que prendre l’huile -sainte ou la sainte Eucharistie dans un dessein de luxure -superstitieuse, c’est un horrible sacrilège. - -Quelques théologiens ont dit qu’un prêtre portant sur lui la divine -Eucharistie ne commet pas de sacrilège en péchant intérieurement ou -extérieurement contre la chasteté, pourvu que ce ne soit pas en mépris -du sacrement. Mais d’autres très communément disent qu’il est coupable -de sacrilège, parce qu’on doit traiter saintement les choses saintes; -or, le prêtre, dans ce cas, ne traite pas saintement, mais d’une façon -infâme le saint des saints. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -CHAPITRE II - -DE LA LUXURE NON CONSOMMÉE - -La luxure non consommée est celle qui ne va pas jusqu’à la pollution ou -l’évacuation du sperme. Elle comprend tous les actes peccamineux -intérieurs et extérieurs sur soi-même ou sur d’autres contre la -chasteté, sous le nom d’impudicité qui exclut du royaume de Dieu. - -Dans ce chapitre seront exposés les sujets suivants: _De la délectation -morose, pensées, désirs, joie, attouchements, baisers, embrassements, -regards, peintures et sculptures obscènes ou indécentes, parures des -femmes, paroles, chants, lectures, livres obscènes, danses, spectacles, -jeux scéniques et autres choses semblables._ - - -ARTICLE PREMIER - -DES PENSÉES, DES DÉSIRS, DE LA JOIE OU DE LA COMPLAISANCE ET DE LA -DÉLECTATION MOROSE EN MATIÈRE DE LUXURE - - -§ I - -DES PENSÉES - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -En matière de luxure ou d’impureté, on doit ordinairement regarder comme -coupables de fautes graves les personnes qui, sans raison ou nécessité, -donnent accès en elles à des pensées ou à des actions déshonnêtes. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -§ II - -DES DÉSIRS, DE LA JOIE OU DE LA COMPLAISANCE - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Le désir emprunte son espèce à l’acte extérieur auquel il tend. Ainsi, -si l’on désire l’accouplement avec une femme libre, ce désir prend la -malice de la fornication; avec une femme mariée, celle de l’adultère; -avec une femme consacrée à Dieu, celle du sacrilège. Si le désir tend à -des espèces de luxure imparfaite, il prend leur malice spéciale, comme -celle du tact, du regard, etc... Toutes ces circonstances doivent être -déclarées en confession. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -§ III - -DE LA DÉLECTATION MOROSE - -La délectation morose est la libre complaisance dans une chose mauvaise, -offerte comme présente par l’imagination, sans désir de la faire; par -exemple, si quelqu’un s’imagine forniquer, et que, sans avoir -l’intention d’accomplir l’acte, il se complaise dans la représentation -de cet acte. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -La délectation morose emprunte nécessairement son espèce à l’objet -prochain auquel elle a rapport, et aux conditions de cet objet; -autrement, on ne pécherait pas davantage en se représentant l’acte du -coït que celui d’un simple baiser; ce qui est absurde. - -«Donc, ajoute _Collet_, la délectation emprunte son espèce à ses objets; -et de même que le coït diffère spécifiquement du baiser, de même la -complaisance dans l’un diffère de la complaisance dans l’autre. Ainsi, -les pénitents, de même qu’ils sont tenus de déclarer s’ils sont allés -jusqu’au désir, ou s’ils se sont arrêtés dans la pure délectation; de -même ils sont tenus de déclarer si cette délectation a eu pour objet -l’attouchement ou le coït, le coït simple, ou accompagné de -circonstances qui l’aggravent. Aussi, quand une mauvaise confession doit -être recommencée, le directeur doit s’appliquer à ce que ce qui a été -imprudemment omis dans la première confession soit soigneusement -expliqué dans la seconde. C’est l’opinion la plus commune des -théologiens, et dont on ne saurait s’écarter sans danger dans une -matière si importante et où il s’agit de la validité du sacrement.» A -l’appui de cette opinion, on peut encore citer ces paroles de _saint -Thomas_: _La délectation dans une action et cette action même se -rapportent au même genre de péché._ - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Est-il permis aux fiancés et veufs de se délecter à l’idée du coït futur -ou passé? Le _R. P. Busembaum_ répond que cela est permis, pourvu que la -délectation vienne de l’appétit rationnel et non de l’appétit charnel. -Mais il a raison d’ajouter qu’en pratique, dit saint Liguori, il est -difficile de l’admettre, parce que la plupart du temps la délectation -charnelle est jointe à la rationnelle. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Si les fiancés, dit Billuart, se délectent charnellement du coït futur, -qui leur est représenté par l’imagination, ils pèchent mortellement. Ils -peuvent seulement se réjouir dans la pensée qu’ils pourront un jour -exercer légitimement l’acte conjugal, soit en vue de recouvrer la santé, -ou d’avoir une condition temporelle meilleure, ou de jouir du plaisir -permis dans les limites du mariage; de même aussi le veuf et la veuve -peuvent se réjouir de l’avoir exercé, abstraction faite de toute -commotion volontaire. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -ARTICLE DEUXIÈME - -DES ATTOUCHEMENTS, DES BAISERS ET DES EMBRASSEMENTS - - -§ I - -DES ATTOUCHEMENTS - -Tout attouchement déshonnête, ou exercé avec une intention libidineuse -sur soi ou sur autrui, est un péché mortel, tant pour celui qui touche -que pour celui qui souffre l’attouchement volontairement et -libidineusement, surtout si l’attouchement a lieu dans les parties -vénériennes et voisines, même par-dessus les vêtements, même par jeu, -légèreté, curiosité, ou sans cause juste et raisonnable, surtout entre -personnes adultes, parce que de tels attouchements sont toujours -libidineux, ou au moins emportent un grand danger de luxure et de -pollution. - -L’attouchement du sein des femmes, surtout plus grandes et pubères, doit -être considéré comme péché mortel, s’il a lieu directement et avec -délectation morose. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -D’après _Billuart_, une femme qui, même sans passion libidineuse, se -laisse toucher dans les parties honteuses ou voisines, même aux seins, -pèche mortellement; parce que non seulement toucher ainsi, mais être -touché, influe beaucoup sur le sens vénérien. Si une femme est touchée -dans les parties déshonnêtes, elle doit, par tous les moyens moralement -possibles, repousser, détourner, même violemment, la main qui la touche. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Toucher ses propres parties, dit _Busembaum_ avec beaucoup d’autres, par -légèreté ou curiosité, n’est pas en soi péché mortel, pourvu qu’il n’y -ait pas délectation ou danger de délectation, et que l’attouchement ait -lieu en passant et qu’il ne soit pas réitéré, car alors il y aurait -danger. On ne peut donc excuser du péché mortel ceux qui toucheraient -leurs propres parties sous l’influence d’une commotion vénérienne et -sans cause légitime. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Il faut remarquer cependant que les attouchements faits pour apaiser -tout d’un coup les accès d’hystérie ou de passion hystérique, maladie -dont sont affectées les femmes et surtout les jeunes filles, sont -illicites et très peccamineux. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -L’attouchement des parties honnêtes, même entre personnes du même sexe, -s’ils sont faits par affection libidineuse et avec consentement à cette -affection, sont des péchés mortels, parce qu’ils tendent par leur nature -à l’impudicité, qui exclut du royaume des cieux, selon _S. Paul_, GALAT. -ET EPHES. - -Cependant les attouchements qui se font par légèreté, jeu, curiosité et -autre cause semblable, sur les parties honnêtes d’une autre personne, -même d’un sexe différent, sans grave danger de libertinage, ne dépassent -pas le péché véniel. C’est l’avis de _Sanchez_. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -D’après _Billuart_, les attouchements des parties génitales des bêtes de -grande espèce sont des péchés mortels, même par jeu, légèreté ou -curiosité, et même sans affection libidineuse, parce que de tels -attouchements émeuvent notablement l’appétit vénérien. - -Quant aux animaux plus petits, ajoute _Billuart_, comme les chiens, les -chats, etc., toucher leurs parties génitales par légèreté, jeu, -curiosité, ne semble pas exciter gravement la nature et, par conséquent, -n’est pas mortel. - -Quoi qu’il en soit, de toutes ces espèces d’attouchements, il faut -s’abstenir avec soin; c’est le plus sûr. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -§ II - -DES BAISERS ET DES EMBRASSEMENTS - -Les baisers et les embrassements dans les parties honnêtes et -honnêtement donnés, quand ils sont donnés et reçus selon les habitudes -du pays, pour cause de devoirs d’urbanité, d’amitié, de bienveillance ou -de réconciliation, avant le départ, au retour, quand même il en -surviendrait quelque délectation vénérienne, pourvu qu’elle soit -aussitôt réprimée, ne sont pas des péchés. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -On ne peut excuser du péché mortel le baiser de bouche à bouche, s’il se -prolonge avec délectation, et surtout s’il est accompagné de -l’introduction de la langue, comme dit _Billuart_; s’il se prolonge avec -une vive délectation, ou qu’il se répète plusieurs fois en mordillant et -suçant les lèvres, ou s’il est _colombinum_, en mettant sa langue dans -la bouche de l’autre, fait de cette sorte, même par jeu ou par légèreté, -ou même pour prouver l’amitié, ce baiser semble influer gravement sur la -commotion charnelle, et, par conséquent, ne peut être excusé de péché -mortel. C’est aussi l’avis de _saint Liguori_. De même, si les baisers -sont faits à des parties insolites, comme la poitrine, etc., on doit les -regarder comme libidineux, ou au moins comme entraînant un grand danger -de libertinage et, par conséquent, comme péchés mortels. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Quant aux longs embrassements avec compression des corps, ils sont le -plus souvent très libidineux, et souvent accompagnés de violents -mouvements désordonnés, de la pensée et du désir du coït, et peut-être -de la pollution. - -Il faut donc interroger le pénitent qui déclare simplement en confession -des embrassements. Un auteur de Saint-Flour assez récent dit très bien: -«Remarquez que souvent les jeunes gens ne savent pas (dans les baisers -et les embrassements) quel esprit les pousse; que tout cela est plein de -dangers, et qu’il est difficile de les excuser de péché mortel quand ils -ont lieu entre personnes déjà capables de libertinage. Aussi, pour ces -raisons, et quand même on n’ait point encore éprouvé les jouissances -vénériennes, il sera sage de différer l’absolution pour ceux qui en ont -l’habitude, surtout lorsque l’on ignore la fragilité de l’autre.» - -Toutes les fois, selon _Collet_, que les baisers sont accompagnés de -délectation vénérienne, il faut déclarer la circonstance de la personne, -même innocente, à qui a été donné le baiser; si elle est liée par un -vœu, ou consanguine, ou alliée ou mariée, parce que, dit-il, l’acte -honteux implique la malice du coït auquel il tend de sa nature. Il est -certain cependant que très souvent on ne songe pas au coït. - - -ARTICLE TROISIÈME - -DES REGARDS - -... Les regards libidineux avec délectation vénérienne, sur notre sexe -ou l’autre, sont toujours mortels: tout homme qui verra une femme pour -la désirer a déjà commis l’adultère dans son cœur. (_Matth._ 5, 28.) -Sont toujours libidineux et, par conséquent, mortels, les regards -moroses des parties déshonnêtes entre personnes de différent sexe, à -moins qu’il n’y ait nécessité. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Les regards des parties déshonnêtes du même sexe ou de son propre corps, -s’ils ne sont pas prolongés et accompagnés de délectation morose, mais -s’ils ont lieu seulement par simple curiosité et légèreté, ne doivent -pas être considérés comme mortels, parce qu’ils n’excitent pas beaucoup, -par eux-mêmes, à la luxure. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Les confesseurs doivent surtout engager les jeunes gens à ne pas se -baigner ensemble, sans couvrir leurs parties secrètes de caleçons de -bain, à cause des nombreuses impuretés qui ont coutume de se commettre -en pleine nudité, et à cause des regards des personnes présentes ou des -passants et surtout des personnes d’un autre sexe. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Regarder par simple curiosité ou légèreté les parties génitales et le -coït des bêtes n’est pas péché mortel, parce que généralement ces -regards n’entraînent pas un grave danger. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Regarder des peintures obscènes, dit _saint Liguori_, seulement par -curiosité, n’est pas péché mortel, s’il n’y a ni délectation honteuse, -ni danger de l’éprouver. Mais, en pratique, on peut difficilement -excuser du péché mortel celui qui regarde complaisamment les parties -vénériennes d’une femme en peinture, parce qu’il lui sera difficile -d’échapper à la délectation honteuse, ou au moins à un danger probable -de l’éprouver... à moins de regarder très peu de temps et à une grande -distance. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -ARTICLE QUATRIÈME - -DE L’AJUSTEMENT ET DES PARURES DES FEMMES - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -... La parure du corps peut avoir quatre fins: 1º protéger le corps -contre les injures de l’air; 2º couvrir les parties honteuses de la -nature; 3º observer la décence de l’état selon les habitudes du pays; 4º -entretenir ou augmenter la beauté. La première est de nécessité -corporelle. La seconde, de nécessité spirituelle. La troisième, de -convenance et conforme à la raison, parce que la saine raison veut que -tout homme se présente honorablement dans la vie publique et honore son -état, en observant les convenances dictées par les mœurs de son pays. -Reste une difficulté à l’égard de la quatrième, c’est-à-dire à l’égard -de la parure des femmes, dont il faut parler spécialement, tant à cause -de la grande propension des femmes à ce genre de péché ou au grave -désordre qui en résulte, qu’à cause de leur grande et naturelle vanité -et futilité dans l’usage des ornements vains et superflus. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Avoir la tête découverte et les cheveux nattés, selon la coutume reçue, -n’est point un péché ou n’est qu’un péché véniel, pour les mêmes -raisons; il en serait autrement de ceux qui introduiraient une mode, ou -agiraient ainsi avec une mauvaise intention. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Quant aux femmes qui prennent des habits d’homme, ou réciproquement des -hommes qui s’habillent en femme, ils pèchent mortellement s’ils agissent -ainsi avec l’intention ou le grave danger de libertinage, ou avec un -notable scandale. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Les femmes qui découvrent immodestement leur poitrine de manière à -montrer le milieu de leurs seins nu, ne peuvent être excusées en aucune -façon, dit Billuart, parce qu’une pareille nudité n’est pas peu -provocatrice, et tient plus à la luxure qu’à la beauté. Il faut dire à -peu près la même chose, ajoute le même auteur, de celles qui recouvrent -leurs seins d’un tissu transparent qui permet de les voir à travers. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Que faut-il penser des femmes qui usent de quelque moyen artificiel ou -corset, pour accentuer davantage les protubérances de leur corps, les -augmenter ou les simuler de quelque façon? Quelques confesseurs exigent -que de tels corsages soient recouverts d’un ample _mancillari_, comme -dit _Martial_ (mouchoir de cou, fichu, châle). Ce remède nous semble -plutôt favoriser le mal que le détruire. Et, en outre de cette façon, -les femmes n’atteignent nullement leur but. Il semble préférable de -faire usage de ce mancillaire, en rejetant tous les intermédiaires -artificiels, comme ne convenant en aucune façon à des femmes -chrétiennes. De cette façon ce qui fait défaut ne serait pas remarqué, -la chasteté ne sera pas blessée et le salut des âmes ne courra aucun -danger. - - -ARTICLE CINQUIÈME - -DES PAROLES ET DES DISCOURS DÉSHONNÊTES DES CHANSONS ET DES LIVRES -OBSCÈNES - - -§ I - -DES PAROLES, DES DISCOURS ET DES CHANSONS DÉSHONNÊTES OU OBSCÈNES - -Tenir des propos déshonnêtes par légèreté ou par jeu n’est pas mortel en -soi, dit _saint Liguori_, à moins que ceux qui les entendent ne soient -assez faibles d’esprit pour s’en scandaliser, ou que les propos ne -soient par trop lascifs. - -Aussi des auteurs cités par saint Liguori remarquent que les dictons -honteux proférés par les moissonneurs, vendangeurs, ne sont pas mortels, -parce qu’ils sont dits et entendus d’une manière lubrique, mais sans -qu’ils émeuvent. - - -§ II - -DES LIVRES OBSCÈNES - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Je ne voudrais pas affirmer que ceux-là pèchent mortellement, qui par -simple curiosité lisent des livres obscènes, si à cause de leur âge -avancé, de leur complexion froide ou de l’habitude qu’ils ont de -s’occuper de matières vénériennes, ils n’encourent pas un grave danger. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Ceux qui composent ces livres, même non gravement obscènes, souvent -pèchent mortellement, parce qu’ils sont pour beaucoup, sans raison -suffisante, une occasion de ruine; le péché de ceux qui les vendent -paraît moins grand; puisque, comme nous l’avons dit, beaucoup peuvent -les lire sans péché ou au moins sans péché mortel, par conséquent ils ne -pèchent pas du tout ou ils ne pèchent que véniellement en les achetant; -donc le libraire qui les garde dans sa boutique et les vend à ceux qui -les lui demandent ne doit pas être inquiété. - - -ARTICLE SIXIÈME - -DES DANSES ET DES BALS - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -La danse est licite de sa nature, pourvu qu’elle ait lieu entre -séculiers, entre personnes honnêtes et d’une façon honnête, c’est-à-dire -sans gestes déshonnêtes. Quand les saints Pères les blâment vivement, -ils parlent des danses honteuses ou de leur abus. - -Quelquefois, dit _Origène_, le diable lutte avec l’homme par la vue des -femmes, quelquefois par l’attouchement; dans les danses, il lutte avec -l’homme par tous ces moyens à la fois. Car c’est là qu’elles paraissent -avec tous leurs ornements, qu’elles se font entendre avec leurs chants, -leurs éclats de rire, leurs propos, qu’on les touche de la main, et que -le diable combat fortement et remporte la victoire. - -Dans ces bals, c’est le diable qui danse, dit _saint Chrysostome_. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -ARTICLE SEPTIÈME - -DES SPECTACLES ET DES REPRÉSENTATIONS SCÉNIQUES - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Au théâtre, c’est le rire, la turpitude, la pompe diabolique, la perte -de temps, l’excitation de la concupiscence, la méditation de l’adultère, -le gymnase de la prostitution (_S. Chrysostome_, _H. 42_, in _Act._). - ---Dans les spectacles, dit _Salvien_, il y a comme une apostasie de la -foi et une prévarication mortelle contre ses symboles et les sacrements -célestes. Quel est, en effet, le premier engagement du baptême salutaire -des chrétiens, sinon de renoncer au démon, à ses pompes, à ses -spectacles et à ses œuvres? - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Je ne pourrais, en aucune façon, excuser de péché mortel un jeune homme -qui, sans nécessité, voudrait par simple curiosité assister à des -comédies de ce genre (notablement obscènes) à moins qu’il ne fût très -timoré, et qu’il n’ait plusieurs fois fait l’expérience de n’avoir -jamais péché mortellement en y assistant. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -«Assister à des spectacles notablement obscènes pour le plaisir qui en -résulte est évidemment un péché mortel; mais si c’est seulement pour la -curiosité et la simple récréation, sans danger de consentement à la -délectation vénérienne, quelques-uns pensent qu’il n’y a que péché -véniel; mais cette décision est un peu relâchée et on doit le considérer -comme péché mortel, tant à cause du péril et du scandale qu’à cause de -la coopération à une action mortellement mauvaise.» - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -«Je n’absoudrais pas: 1º les acteurs et actrices à l’article de la mort, -à moins qu’ils ne renoncent à leur profession; 2º les poètes qui -composent des pièces pleines d’amours illicites, pour être représentées -au théâtre; 3º ceux qui concourent prochainement aux représentations -théâtrales, comme les servantes qui habillent les actrices, ou ceux qui -font profession de vendre, de louer ou de fabriquer des habits -uniquement destinés à cet usage; 4º ceux qui, en assistant aux -représentations théâtrales, donnent un grave scandale, comme seraient -des personnes bien connues pour leurs vertus chrétiennes, à moins qu’il -n’y ait grave nécessité; 5º ceux qui à cause d’une circonstance -personnelle encourent un grave danger de luxure; 6º ceux enfin qui sans -cause raisonnable assistent ordinairement à ces spectacles, quand même -ils ne courraient pas un grave danger, ou ne donneraient pas le -scandale, parce qu’une telle habitude ne peut se concilier avec une vie -chrétienne.» - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -ARTICLE HUITIÈME - -QUELQUES MOTS SUR LA MANIÈRE D’INTERROGER LES PÉNITENTS SUR LE SIXIÈME -COMMANDEMENT - -... Comme le confesseur est un médecin et un juge, il faut qu’il -connaisse les péchés de son pénitent pour appliquer les remèdes -convenables à ses maux... Par conséquent, si les pénitents ne découvrent -pas leurs péchés, le confesseur doit les interroger, surtout quand ils -lui paraissent ignorants ou grossiers, ou quand il les voit timides, -honteux, embarrassés, et tout cela arrive fort souvent en cette -difficile et honteuse matière. Il faut donc alors venir à leur secours -et les aider... Il est arrivé que des personnes ont croupi pendant toute -leur vie dans des péchés d’impureté parce que les confesseurs avaient -négligé de leur faire des questions sur le sixième commandement... - -Le confesseur, quand il interroge un pénitent, lui demandera s’il n’a -point eu de pensées déshonnêtes, des mouvements ou des plaisirs -charnels... Si le pénitent dit avoir eu des pensées déshonnêtes ou avoir -ressenti des plaisirs charnels, le confesseur lui demandera si ces -pensées ou ces plaisirs ne l’ont point porté à faire quelque action -déshonnête; s’il avoue en avoir fait quelqu’une, le confesseur, sans en -spécifier aucune, lui demandera quelle était cette action et de quelle -manière et avec qui il l’a faite. - -Le confesseur doit s’enquérir de la condition du pénitent et de celle de -la personne avec laquelle il a péché, si l’un ou l’autre est engagé dans -le mariage ou lié par des vœux de chasteté, ou par quelque ordre -sacré... Le confesseur ne doit pas oublier de demander au pénitent si la -personne avec laquelle il a péché demeure avec lui... - -... On peut, par exemple, parler ainsi au pénitent: N’auriez-vous pas -eu, par hasard, quelques pensées déshonnêtes ou contre la chasteté? -Oui... Ces pensées vous ont-elles occupé longtemps? Vous y êtes-vous -arrêté volontairement et avec complaisance? Sur quel objet se -portaient-elles? N’avez-vous pas eu, alors, quelques mauvais désirs, de -faire, par exemple, ce à quoi vous pensiez, soit à votre égard, soit à -l’égard d’une autre personne? Était-ce une personne de l’autre sexe, -mariée ou non, parente, alliée ou non, etc.? Avez-vous vu cette -personne, lui avez-vous parlé? Vos pensées ont-elles été suivies de -regards, d’attouchements déshonnêtes? Tout cela a-t-il été suivi de -quelque effet sensible? Quel était cet effet? Était-il fâcheux? En -avez-vous eu de la peine? - -Pour savoir si des jeunes gens, plus ou moins pubères, se sont touchés -jusqu’à la pollution, sans les exposer, dans leur heureuse ignorance, à -soupçonner ou à apprendre quelque chose, on peut leur demander combien -de temps et dans quelle fin ils se sont touchés; s’ils ont éprouvé -quelques mouvements dans leur corps, et pendant combien de temps; si -après l’attouchement il ne leur est pas arrivé quelque chose d’insolite -et de honteux; s’ils n’ont pas éprouvé un plaisir beaucoup plus grand -dans leur corps à la fin des attouchements qu’au commencement; si alors, -quand, à la fin, ils ont ressenti une grande délectation charnelle, tous -les mouvements du corps ont cessé avec les attouchements; s’ils ne se -sont pas sentis mouillés, etc., etc. Il faut demander aux jeunes filles -qui avouent s’être touchées, si elles n’ont pas essayé d’apaiser quelque -prurit, et si ce prurit a cessé au moment où elles ressentaient un vif -plaisir; si alors les attouchements avaient cessé, etc... - - - - -SECONDE PARTIE - -DU DEVOIR DES ÉPOUX - - -Cette seconde partie sera partagée en deux chapitres. Le premier sera -consacré à l’examen de l’empêchement du mariage pour cause -d’impuissance. Le second traitera des obligations spéciales des époux. - - -CHAPITRE PREMIER - - -§ I - -DE L’EMPÊCHEMENT DU MARIAGE PAR IMPUISSANCE - -L’impuissance est l’incapacité de consommer le mariage, c’est-à-dire -d’avoir un coït qui, par lui-même, suffise à la génération. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -IMPUISSANCES PERPÉTUELLE ET TEMPORAIRE, NATURELLE ET ACCIDENTELLE CHEZ -L’HOMME - -Trois causes produisent cette impuissance: - -1º _L’absence complète et absolue du pénis_, de telle sorte qu’il n’y -ait pas même la plus petite extrémité du membre viril, qui puisse -répandre la semence même dans les parties génitales extérieures de la -femme... - -2º _L’atrophie de la vessie_; - -3º _L’absence des deux testicules_. - - -IMPUISSANCES PERPÉTUELLE ET TEMPORAIRE, NATURELLE ET ACCIDENTELLE CHEZ -LA FEMME - -Les causes d’impuissance chez la femme sont: - -L’absence de l’utérus, du vagin, l’oblitération naturelle, congénitale -et complète de ce dernier ou son excessive étroitesse résultant d’un -vice de conformation des os du bassin. - -_Le P. Debreyne, docteur en médecine et professeur à la Faculté de -Paris, avant d’entrer dans les ordres, se complaît ici dans de savantes -dissertations sur toutes les causes d’impuissance: dissertations dont -nous n’avons pas à nous occuper, car elles relèvent toutes exclusivement -de la science médicale._ - -Le paragraphe II de ce chapitre est consacré aux _hermaphrodites_: ce -paragraphe, lui aussi, n’est qu’une dissertation médicale. - - -CHAPITRE II - -DES DEVOIRS CONJUGAUX OU DES OBLIGATIONS DES ÉPOUX - -Ce chapitre sera partagé en trois articles: - -Le premier aura pour objet la _pétition_ et la _reddition_ du devoir -conjugal; - -Le second sera consacré à l’examen de l’usage du mariage, des -circonstances de l’acte conjugal et des péchés qu’y commettent les -époux; - -Le troisième article, enfin, traitera de la conduite du confesseur à -l’égard des personnes mariées et de celles qui se disposent à entrer -dans le mariage. - - -ARTICLE PREMIER - -DE LA PÉTITION ET DE LA REDDITION DU DEVOIR CONJUGAL - -_Réflexions préliminaires._ - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -L’homme doit rendre son devoir à la femme, et réciproquement l’épouse à -l’époux; la femme n’a pas la possession de son corps, mais l’homme; de -même l’homme n’a pas la possession de son corps, mais la femme. (_Saint -Paul._) - -Qu’ils ne se le refusent pas l’un à l’autre, de peur de tomber dans de -damnables corruptions, par la tentation de Satan, à cause de -l’incontinence de tous les deux ou de l’un seulement d’entre eux. -(_Saint Augustin._) - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -§ I - -DE LA PÉTITION DU DEVOIR ILLICITE OU DE CEUX QUI PÈCHENT MORTELLEMENT EN -L’EXIGEANT - -Un époux qui sait avec certitude que son mariage est nul par un -empêchement dirimant quelconque, comme par exemple un empêchement -d’affinité provenant d’un commerce criminel, ne peut, par aucun motif, -ni demander, ni même rendre le devoir conjugal, parce qu’il commettrait -une véritable fornication mortelle. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -L’époux qui doute prudemment et raisonnablement de la validité de son -mariage ne peut demander le devoir jusqu’à ce que, après un mûr examen, -il ait déposé son doute et formé sa conscience. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Celui, dit _Billuart_, qui, après le mariage consommé, a fait vœu de -religion ou d’embrasser les saints ordres peut demander et rendre le -devoir, parce que par ce vœu il n’a contracté que l’obligation de -prendre les ordres ou d’entrer en religion, s’il survit. Mais aussitôt -après la mort de son conjoint, il est tenu d’accomplir son vœu. Mais -s’il a fait ces vœux avant la consommation du mariage, il est tenu de le -remplir avant la consommation, puisqu’il le peut licitement d’après -l’hypothèse. S’il consomme le mariage, il pèche mortellement une -première fois, mais ensuite il peut demander et rendre le devoir pour -les raisons alléguées. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -§ II - -DE CEUX QUI PÈCHENT VÉNIELLEMENT EN EXIGEANT LE DEVOIR CONJUGAL. - -1º Plusieurs théologiens, d’après l’autorité de saint Thomas, regardent -comme une faute mortelle l’usage du coït pendant que la femme a ses -règles. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Nous ne pouvons croire, cependant, malgré la grande autorité de saint -Thomas, que l’acte conjugal exercé pendant l’époque des règles soit un -péché mortel. Il faudrait pour cela qu’il fût prouvé expérimentalement -et physiologiquement que cet acte est essentiellement infécond ou -contraire à la conception. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -2º La grande majorité des théologiens affirme que la pétition conjugale, -dans l’état de grossesse, n’est qu’une faute vénielle, pourvu qu’il n’y -ait point danger d’avortement. Mais ce danger est souvent très difficile -à connaître ou à apprécier. Voici du reste, sur ce point, l’énoncé -général de la science (_suit une longue dissertation technique et -médicale_). - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -3º _On demande_ si la pétition conjugale est permise les jours de fête, -le dimanche et un jour de communion. - -Saint Thomas répond: - -L’acte matrimonial, quoique exempt du péché, cependant comme il abaisse -la raison à cause de la délectation charnelle, rend l’homme inapte aux -choses spirituelles; il n’est donc pas permis de demander le devoir les -jours où l’on doit plus particulièrement vaquer aux choses -spirituelles... Ces jours-là on peut employer d’autres moyens pour -réprimer la concupiscence, comme la prière, et beaucoup d’autres moyens -de ce genre, employés par ceux qui gardent la continence perpétuelle. - -Mais Sanchez est d’un sentiment contraire, et avec lui de nombreux -théologiens, parce que, disent-ils, la pétition conjugale n’est défendue -aux jours précités par aucun droit divin ou ecclésiastique. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -_On demande_ si celui qui a éprouvé une contamination nocturne peut -communier le jour suivant. - -Voici ce que répond saint Grégoire et sa décision sert de base à la -pratique des confesseurs. - -«Ou l’éjaculation provient d’un superflu de la nature et de faiblesse, -et alors n’est pas du tout coupable; ou d’un usage excessif des -aliments, et alors elle est un péché véniel; ou d’une pensée précédente, -et alors elle peut être mortelle. Dans le premier cas, cette illusion -n’est pas à craindre; dans le second, elle n’empêche pas de recevoir le -sacrement ou de célébrer les mystères, s’il y a quelque motif de le -faire, comme par exemple, la circonstance d’une fête ou d’un dimanche; -mais dans le troisième cas, on doit, à cause d’une telle pollution, -s’abstenir ce jour-là des saints mystères, dit saint Grégoire; -cependant, si la pollution n’a pas été mortelle dans sa cause, ou si le -prêtre vraiment repentant en a été absous, et qu’il ait quelque raison -de le faire, il pourra célébrer.» - - -§ III - -DE LA REDDITION DU DEVOIR CONJUGAL ET DES RAISONS QUI EN DISPENSENT -LÉGITIMEMENT - -Le devoir doit être rendu sous peine de péché mortel toutes les fois -qu’il est raisonnablement, sérieusement et légitimement demandé, soit -expressément, soit tacitement, parce qu’il n’importe pas, dit saint -Thomas, si on le demande par paroles ou par signes. Si donc une partie -s’aperçoit que sa partie le demande tacitement, ou est en danger -d’incontinence, elle est tenue de la prévenir. - -Voici les raisons qui excusent ou empêchent de le rendre. - -1º L’époux qui est moralement certain de la nullité de son mariage ne -peut rendre le devoir à sa partie. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -2º Si l’époux qui demande le devoir est dans un état de démence ou -d’aliénation mentale, il n’y a point d’obligation à le rendre, parce -qu’une telle demande n’est point un acte humain. Si la folie présentait -des intervalles de lucidité, le devoir devrait alors être rendu, à moins -que l’usage du mariage n’augmentât la maladie. - -Quant à l’époux qui a perdu l’usage de la raison par l’ivresse, il n’y a -nulle obligation à lui obéir. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Sanchez dit que le devoir ne doit pas être rendu à une femme folle et -furieuse, à cause de l’avortement qu’on a toujours à craindre, à moins, -ajoute-t-il, qu’elle ne soit reconnue stérile. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -3º L’époux qui ne peut rendre le devoir sans exposer gravement sa santé -n’y est pas tenu, car, dit l’axiome: il faut d’abord vivre et se bien -porter, et _saint Thomas_ ajoute: l’homme est tenu de rendre le devoir à -sa femme pour tout ce qui tend à la génération; sauf cependant avant -tout la santé de la personne. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -La femme ne pourrait se refuser à rendre le devoir à cause des grandes -douleurs ou des difficultés de l’accouchement. Si néanmoins, d’après le -jugement ou la décision des hommes de l’art, ou d’après l’expérience de -la femme, l’accouchement ne pouvait pas se faire sans danger pour la -vie, elle est dans ce cas dispensée de rendre le devoir conjugal. - -4º La femme n’est pas tenue à la reddition conjugale pendant l’époque -des règles... - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - ---Il pourra quelquefois, dit _Sanchez_, y avoir péché mortel, si le coït -devait produire une grave maladie ou une notable aggravation de maladie, -comme disent saint Antonin et Sanchez..., etc. On doit craindre ce même -danger, comme dit Ronc..., si le coït a lieu aussitôt après -l’accouchement, c’est-à-dire le jour même ou le suivant, ainsi qu’un -médecin fort expérimenté me l’a assuré. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -La femme n’est pas tenue de rendre le devoir en temps d’écoulement -menstruel ou d’accouchement, à moins qu’elle n’ait raison de craindre -que son mari n’encoure le danger d’incontinence; cependant si par ses -prières elle ne peut l’en dissuader, finalement elle doit le rendre, -parce qu’il y a toujours à craindre le danger d’incontinence, ou une -querelle, ou quelque autre inconvénient. C’est l’avis de _saint -Bonaventure_ et de beaucoup d’autres _d’après Sanchez_. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Qu’on doit excuser de l’obligation de rendre le devoir, dit _Sanchez_, -une mère allaitant son enfant, et assez pauvre pour ne pas pouvoir payer -une nourrice, et qui sait que ses mamelles seront à sec si elle conçoit -de nouveau, ou que son lait sera très pernicieux à son enfant. - -5º L’époux n’est pas tenu de rendre le devoir à sa partie qui, par le -fait d’un adultère, aurait perdu le droit de le demander. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -6º Une des parties n’est pas tenue de rendre le devoir lorsqu’il est -demandé d’une manière contraire à l’honnête exigence de la raison. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -7º Il n’est pas permis de refuser le devoir, dans la crainte d’avoir -trop d’enfants... - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Tel n’est pas cependant l’avis de _Sanchez_. - -...--J’avouerai cependant, écrit-il, qu’il n’y a pas péché mortel à -refuser le devoir pour ce motif, quand il n’y a pas danger -d’incontinence dans l’autre époux, et que les parents ne peuvent nourrir -tant d’enfants. En effet, un grand inconvénient excuse de l’obligation -de payer les autres dettes de justice, et personne n’est tenu de -restituer à son grand détriment. En outre, l’époux n’est pas tenu de -rendre le devoir, s’il y a crainte probable de danger ou de détriment -pour les enfants déjà nés; danger qui serait cependant vraisemblable, si -des parents destitués des moyens de nourrir plus d’enfants augmentaient -leur famille... Bien plus il n’y aura pas même faute vénielle à refuser -le devoir dans ce cas. (_Liv. IX, disp. 25, nº 3_.) - -Nous croyons que cet avis de Sanchez n’est pas sûr dans la pratique. - - -§ IV - -DES ÉPOUX QUI PÈCHENT MORTELLEMENT EN RENDANT LE DEVOIR CONJUGAL - -1º On pèche mortellement à rendre le devoir conjugal lorsque la pétition -se fait dans un lieu sacré ou public, ou devant les enfants et -domestiques (ce qui n’arrive guère), ou avec danger d’avortement, ou -grave danger pour la santé de l’un ou de l’autre, ou avec le danger -évident de répandre le sperme hors du vase, quand le coït pourrait se -faire autrement; ou en s’accouplant d’une façon hors nature, sodomique, -etc. Il est certain que dans tous ces cas, celui qui rend le devoir -pèche aussi mortellement, parce qu’il participe au crime et en contracte -la malice. - -2º Ce serait également une faute mortelle que de rendre le devoir à la -partie atteinte d’une impuissance perpétuelle. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -3º ... Si l’homme était tellement décrépit, etc. (_suit une citation de -Bouvier, que nos lecteurs trouveront à sa place dans nos extraits des -DIACONALES._) - -4º On demande si l’on peut, sans péché mortel, rendre le devoir à celui -qui le demande, bien qu’il ait fait vœu de chasteté ou qu’il se propose -un but criminel. - -Les uns prétendent qu’il y a péché mortel... les autres, au contraire, -prétendent,--et c’est le plus grand nombre,--que la partie peut rendre -le devoir. - - -§ V - -DES ÉPOUX QUI PÈCHENT VÉNIELLEMENT EN RENDANT LE DEVOIR - -Quand l’usage du mariage est péché véniel pour l’époux qui demande le -devoir par exemple, comme parce qu’il le demande pour le seul plaisir, -il semble qu’il y a quelque faute à le rendre, s’il n’y a aucune raison -de le faire, parce qu’alors on fournit la matière d’un péché véniel; -mais une pétition absolue est une raison suffisante et légitimant la -reddition; car il est à craindre que le refus ne fasse naître des rixes, -haines, scandales, péril de pécher gravement, etc... - - -ARTICLE DEUXIÈME - -DE L’USAGE DU MARIAGE, DES CIRCONSTANCES DE L’ACTE CONJUGAL ET DES -PÉCHÉS QU’Y COMMETTENT LES ÉPOUX - - -§ I - -DE L’USAGE DU MARIAGE ET DES PÉCHÉS VÉNIELS QU’Y COMMETTENT LES ÉPOUX -QUANT AUX MOTIFS - -1º L’acte conjugal exercé pour le seul plaisir est exempt de toute faute -même vénielle. - -2º L’usage du mariage est-il permis pour éviter l’incontinence? - -Tous les théologiens conviennent qu’il est permis de rendre le devoir à -l’époux qui le demande, sans autre raison que celle d’éviter -l’incontinence. - -«A cause de la fornication, que chacun ait son épouse, et chaque femme -son mari... Ne vous trompez pas l’un l’autre, si ce n’est par un -consentement mutuel pour un temps, pour vaquer à l’oraison, et -retournez-y de nouveau, de peur que Satan ne vous tente à cause de votre -incontinence; je dis cela par indulgence, et non par commandement, car -je voudrais que vous fussiez tous comme moi.» (I Corinth. 4.) - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -L’époux qui désire que l’acte conjugal soit stérile pèche selon -l’opinion de tous les théologiens, mais seulement d’une manière -vénielle. - -Cependant _Sœttler_ s’exprime ainsi: - -Si quelqu’un désire n’avoir pas d’enfants, d’après un grand nombre de -théologiens il pèche mortellement, parce que ce désir répugne gravement -à la fin du mariage... Selon d’autres beaucoup plus nombreux, ce désir, -si on s’arrête là, s’il est purement spéculatif, et si l’on ne fait rien -pour empêcher la génération, est seulement véniel, mais dangereux, dit -Vernier, comme tendant au péché mortel. - -Tout peut donc se résumer en ces quatre paroles de _Collet_: «La -copulation exercée pour toute autre fin que celle de la génération ou de -la justice est toujours un péché.» Cette proposition est d’ailleurs -fondée sur ce passage de _saint Augustin_: - -«Le coït nécessaire pour la génération n’est pas coupable... Mais celui -qui va au delà de cette nécessité n’obéit plus à la raison, mais au -libertinage. Et cependant ne pas l’exiger, mais le rendre à son époux, -de peur qu’il ne pèche gravement en forniquant, est une nécessité pour -la personne conjugale.» (_Manuel des bons époux._) - - -§ II - -DES CIRCONSTANCES OU L’USAGE DU MARIAGE EST GÉNÉRALEMENT PÉCHÉ MORTEL -QUANT A L’ACTE, CONFORMÉMENT A L’OPINION DE TOUS LES THÉOLOGIENS - -1º D’après tous les théologiens, il y a péché mortel si quant à la -position le coït n’est pas naturel, et s’il y a grave danger d’effusion -en dehors du vase, soit en demandant, soit en rendant le devoir: «Mais, -en dehors de ce danger, demander ainsi ou rendre le devoir sans -nécessité est un péché seulement véniel, parce qu’une telle inversion -n’est pas essentielle et n’est pas opposée à la génération. Cependant -elle doit être sévèrement blâmée. S’il y a nécessité d’agir ainsi, comme -par exemple à cause de la grossesse, ou parce que le corps ne peut -souffrir une autre position, il n’y aura aucun péché, pourvu qu’il n’y -ait pas danger probable d’effusion en dehors du vase.» - -2º Les époux pèchent mortellement, quand, comme nous le verrons mieux -plus bas, ils excitent volontairement une semblable effusion, ou même -commencent d’une façon sodomitique le coït avec l’intention de le -consommer selon les règles; car un tel acte, désordonné, tendant de soi -à l’effusion hors du vase, doit être considéré comme une sodomie -commencée. C’est l’avis de _Sanchez_, _S. Liguori_, _Bouvier_ et -beaucoup d’autres. Il faut ajouter que généralement les époux pèchent -mortellement, s’ils ne rougissent pas d’exercer des actes très honteux -et répugnant gravement à la nature et à l’honnêteté (tels que la -masturbation labiale, etc.) - -3º De même pèchent mortellement les époux qui de quelque façon que ce -soit empêchent la génération, ou s’exposent, comme dit _Collet_, au -danger de rejeter le fœtus par voie d’avortement, ou de le blesser -gravement. - -4º L’homme pèche mortellement, dit encore le savant _Collet_, quand il -se retire et ne consomme pas l’évacuation de la semence dans le vase. De -même la femme si elle élimine à dessein la semence ou s’efforce de -l’éliminer, ou répand à dessein sa propre semence. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -_Saint Antonin_, _saint Liguori_, etc., etc., affirment qu’il n’y a pas -péché mortel, si la copulation une fois commencée, les époux arrêtent -l’effusion, c’est-à-dire, si avant l’effusion, l’homme se retire du -consentement de la femme, pourvu qu’il n’y ait pas danger d’effusion au -dehors du vase, ou de pollution chez l’un ou l’autre époux. Plusieurs -autres, comme les RR. PP. _Navarre_, _Ledesma_, _Azor_, etc., pensent -qu’il y a alors péché mortel, parce qu’on empêche la génération pour -laquelle la copulation est faite, et qu’ainsi l’acte conjugal est -frustré de sa fin essentielle, qui est la génération. - -Saint Liguori demande au cas où l’homme a déjà éjaculé: si la femme -pèche en se retirant ou si l’homme pèche mortellement en n’attendant pas -la sémination de la femme. - -Voici notre réponse: la quasi-spermatisation de la femme ne paraissant -pas nécessaire à la génération, nous ne voyons pas trop la solidité des -raisons qu’on apporte en faveur du péché mortel, parce que la matière -qui forme la spermatisation de la femme n’est point une véritable -semence, mais de simples mucosités vaginales et utérines... La femme, -d’après tous les physiologistes modernes de l’Europe et du monde entier, -est incapable d’une véritable sécrétion séminale ou spermatique; elle -n’a point d’organe spécial pour cela. Elle fournit seulement l’ovule ou -le germe qui vient de l’ovaire, plus ordinairement une certaine quantité -de mucosités ou d’humeurs lubréfiantes, qui sont l’effet de l’organisme -érotique et qui sont propres à faciliter ou à compléter l’acte conjugal, -mais qui ne paraissent pas du tout essentielles à la fécondation. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -De ce fait d’union sexuelle accomplie du côté de la femme avec dégoût, -répugnance, une sorte d’horreur, malaise et souffrance physique, il -s’ensuit que, dans ces cas de coïts froids et insensibles, il n’y a -point de sémination prolifique dans le sens que l’entendent les -théologiens, parce que, dans un tel acte, il est physiologiquement -impossible qu’une effusion de sperme s’accomplisse sans sensation -érotique ou voluptueuse de la part de la femme, comme du côté de -l’homme. Donc la sémination féminine n’est pas nécessaire à la -conception, puisque celle-ci peut s’accomplir sans elle par le seul fait -de la sémination virile. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Les théologiens _demandent_: - -Est-il permis à la femme, quand l’homme s’est retiré après la -sémination, de s’exciter aussitôt elle-même par des attouchements à sa -propre éjaculation pour se procurer un soulagement nécessaire? - -_Réponse_: Nous pensons que cela n’est pas permis à la femme, parce que -cette action solitaire n’a plus aucun but physiologique dans l’ordre de -la procréation ni aucune relation avec l’acte conjugal, et que ce serait -une véritable masturbation. Quant au soulagement ou au besoin à -satisfaire, nous n’y voyons d’autre remède que la prolongation de l’acte -ou un autre acte plus complet et plus normal. Les théologiens qui -pensent comme nous apportent pour raison que la semence de la femme -n’est pas nécessaire à la génération, et que cette effusion de la femme, -étant un acte séparé, ne fait plus une seule chair avec l’homme. _Saint -Liguori_ ajoute: Si on le permettait aux femmes, il faudrait aussi le -permettre aux hommes, dans le cas où la femme se retirerait après sa -sémination, et où l’homme resterait en état d’irritation. (Livr. 6, nº -219.) - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -«Quoique la semence de la femme, dit _Sanchez_, ne soit pas nécessaire à -la génération, cependant elle aide beaucoup à la rendre plus facile... -Il n’est pas nécessaire que les deux époux sèment ensemble. C’est -pourquoi pendant que l’homme sème, il n’est pas du tout tenu à attendre -l’effusion de la femme. La preuve en est que Galien et d’autres -enseignent que la semence de la femme n’est pas nécessaire, et ne -concourt pas activement à la génération, etc.» Un grand nombre d’auteurs -sont ici cités enseignant tout ce que Sanchez vient d’établir, à savoir -que la semence de la femme n’est pas nécessaire à la génération... -_Sanchez_ ajoute: «et beaucoup d’autres, et toute l’école des -théologiens (_excepté les disciples de Scot_)»... Ce qui le prouve -encore, c’est que d’après l’expérience les femmes conçoivent même malgré -elles, en recevant dans le bain la semence virile (ce qui est fabuleux -et faux); car alors elles ne sèment en aucune façon, autrement elles ne -pourraient pas ressentir une très grande délectation vénérienne... Donc, -puisque la génération a lieu sans cette semence, même lorsque la -sémination a lieu après le coït, il n’y a aucun précepte qui oblige à -semer en même temps. On ne peut faire valoir contre cette conclusion que -cette sémination simultanée est plus favorable à la génération. Parce -que les époux ne sont pas tenus à choisir la voie la plus convenable et -la plus favorable à la génération, mais il leur suffit de ne point s’y -opposer. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Les époux pèchent mortellement, s’ils s’accouplent avec une affection -adultère et fornicatrice, c’est-à-dire, si l’homme en voyant son épouse -désire et ait l’intention de s’accoupler avec une autre femme qu’il se -représente; il en est de même de l’épouse, quand elle songe à un autre -homme. Tous les deux commettent l’adultère dans leur cœur. Il n’y a rien -de plus honteux, dit saint Jérôme, que d’aimer une épouse comme une -adultère. De même ils pèchent mortellement s’ils exercent le coït pour -une fin gravement mauvaise, par exemple, pour faire mourir la femme en -couches. - -Les époux pèchent encore mortellement s’ils se livrent au coït devant -témoins, à cause du grand scandale; ils doivent donc prendre garde que -d’autres personnes ne couchent dans leur chambre. Les pauvres et les -paysans qui n’ont souvent qu’une seule chambre à coucher pour eux, leurs -enfants et leurs domestiques, doivent veiller attentivement, le jour et -la nuit, à ce que, en usant de leurs droits, ils ne soient pas pour les -autres une occasion de scandale. - - -§ III - -DES ATTOUCHEMENTS ENTRE ÉPOUX - -1º ... Tous baisers, attouchements, embrassements, regards, entretiens -obscènes entre époux, en dehors du danger de pollution et dans les -limites de l’honnêteté naturelle, sont licites, s’ils se font dans -l’intention du coït; ce ne sont que des péchés véniels, si l’on s’y -arrête, sans se proposer le coït. J’ai dit: _dans les limites de -l’honnêteté naturelle_, parce que cette indulgence n’est donnée aux -époux, qu’en tant que les actes susdits sont ordonnés selon la nature et -la droite raison en vue d’un coït naturel et humain; et ils sont plus ou -moins peccamineux selon qu’ils s’écartent plus ou moins de ces limites. -Les époux transgressent gravement ces limites quand ils commettent -quelque acte sodomique, ou en agissant avec le danger de la pollution; -hors de ces deux cas, quelque honteux que soient les actes, ils ne -paraissent pas excéder le péché véniel (_De la luxure_, dissert. 6, art. -19). - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -En dehors de ces deux cas, tous les actes honteux ne semblent pas -excéder le péché véniel, dit aussi Sanchez. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Les actes tendant à un coït légitime, sans danger de pollution, sont -sans aucun doute licites, ce sont comme les accessoires du coït; la -copule étant licite, ils ne peuvent être illicites. Si cependant ils se -faisaient en vue d’une plus grande délectation, quoique tendant au coït, -ce serait des péchés véniels, à cause de la fin véniellement mauvaise. -Mais s’ils étaient gravement opposés à la droite raison, quoique faits -en vue du coït, ils seraient des péchés mortels; car des époux chrétiens -ne doivent pas agir comme le cheval et le mulet qui n’ont pas -d’intelligence (Ps. 31, 11); mais chacun doit posséder son vase dans la -sanctification et l’honneur, non dans la passion du désir, comme les -païens qui ignorent Dieu (1re épître aux Thessal. 4, 4). - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -D’après l’opinion la plus commune et la plus vraie, dit _saint Liguori_, -il n’y a pas péché mortel dans les attouchements et regards déshonnêtes -entre époux pour le seul plaisir, sans rapport à la copule, pourvu qu’il -n’y ait pas danger de pollution. «La raison en est que l’état conjugal, -de même qu’il légitime la copule, légitime aussi ces actes et regards; -car autrement, la société entre époux étant si étroite, et comme ils ne -peuvent si souvent s’accoupler, ils seraient exposés à de continuels -dangers, si de tels actes étaient gravement illicites.» - -De tout ce qui précède, il résulte que les attouchements exercés entre -époux sont péchés mortels s’ils sont accompagnés du danger prochain de -pollution, car cette contamination corporelle n’est pas moins criminelle -chez les gens mariés qu’elle ne l’est dans les personnes libres. - -2º Maintenant, toute la question controversée par les théologiens se -réduit à ceci: les actions déshonnêtes sans danger prochain de -contamination corporelle et sans intention ni relation à l’acte conjugal -sont-elles entre époux péché mortel ou véniel? - -Plusieurs auteurs, entre autres saint Antonin, Sylvester et quelques -autres auteurs encore cités par Sanchez affirment qu’il y a péché mortel -parce qu’elles tendent essentiellement à la pollution, par cela seul -qu’elles ne se rapportent pas à l’acte conjugal; car, ajoutent-ils, tout -acte vénérien qui ne se rapporte pas à l’acte conjugal est péché mortel. - -Suivant Sanchez, Busembaum, saint Liguori, Layman, Bonacina, Lessius, -Sporer, Diana et un grand nombre d’auteurs cités par saint Liguori et -Sanchez, enfin, suivant l’opinion commune, les actions déshonnêtes comme -attouchements, regards, etc., entre époux, sans relation à l’acte -conjugal et aussi sans danger prochain de pollution ne sont que des -fautes vénielles, parce que, pouvant être exemptes de péché si elles -étaient rapportées à leur fin légitime, qui est l’acte conjugal, elles -ne deviennent péché mortel que par le manque de cette fin légitime. - -Il faut pourtant faire ici une distinction: c’est qu’il faut regarder -comme cause du danger prochain de pollution, ou même comme une pollution -commencée, les actes considérablement, énormément déshonnêtes ou -infâmes, mentionnés ci-dessus, soit, comme dit _Sottler_, parce que de -tels actes sont ordinairement accompagnés du danger de pollution; soit -parce qu’ils répugnent singulièrement à la nature raisonnable, et qu’ils -ne peuvent être rapportés en soi à la copule, et que pour cela ils ne -semblent pas pouvoir être excusés de faute grave à cause de l’état de -mariage. - -C’est avec raison que _M. Rousselot_, le commentateur de Sottler, a fait -la remarque suivante: «L’expérience prouve que les pécheurs ne se -résignent à avouer ces attouchements qu’avec beaucoup de peine, et s’ils -les taisent par honte, en sont beaucoup plus tourmentés. Donc les époux -considèrent naturellement ces attouchements comme déshonorant grandement -la créature raisonnable.» - -Tout ce que nous avons dit sur cette matière peut se résumer en ce seul -passage de saint _Liguori_: - ---Je pense qu’il est plus probable que les actes honteux entre époux -avec danger de pollution, soit en demandant le devoir, soit en le -rendant, sont mortels; à moins que les époux ne les fassent pour -s’exciter à une copule prochaine, parce qu’ayant droit à la copule ils -ont aussi droit à de pareils actes, quand même une pollution -accidentelle précéderait la copule. Mais je pense que des attouchements -même pudiques sont des péchés mortels, s’ils se font avec danger de -pollution, par exemple, avec la langue, sur le pénis ou sur le clitoris, -vu que, dans ce cas, l’attouchement s’exerce pour la seule volupté; il -en serait autrement si c’était pour un grave motif, comme par exemple -s’il y avait un motif urgent de donner des signes d’affection pour -réchauffer le mutuel amour, ou si un des conjoints voulait empêcher -l’autre de soupçonner qu’il aime quelque autre personne. (_Liv. VI, nº -934._) - -3º Quant aux attouchements et regards sur son propre corps, libidineux -et déshonnêtes, sans danger de pollution en l’absence du conjoint, ou -dans un temps ou un lieu où le coït ne peut avoir lieu, d’après Sanchez -et d’autres qu’il cite, il n’y a que péché véniel, parce que ces actes, -disent-ils, sont secondaires et tendent au coït licite, quoiqu’ils -n’atteignent pas leur fin légitime. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -L’opinion contraire nous paraît plus sûre et doit être maintenue dans la -pratique parce que l’époux, dit saint Liguori, n’a pas droit sur son -propre corps _per se_, mais seulement _par accident_, en tant seulement -qu’il puisse se disposer à la copule; d’où il suit que la copule n’étant -pas possible alors, les attouchements sur lui-même sont tout à fait -illicites; et parce que l’attouchement des parties génitales, quand il a -lieu _morosement_ et avec commotion des esprits, tend de soi à la -pollution et en entraîne le prochain danger. (_S. Liguori, l. VI_, nº -936.) - - -§ IV - -DU PÉCHÉ D’ONAN ET DE L’ONANISME EN GÉNÉRAL - -Tout le monde sait que l’onanisme conjugal, aujourd’hui l’écueil, le -fléau, la désolation du mariage, est le crime d’Onan: «_Il répandait à -terre son sperme pour n’avoir pas d’enfants_,» dit la _Genèse_. - -Établissons maintenant quelques propositions certaines et admises par -tous les théologiens: - -1º Un homme qui imite la conduite d’Onan, par quelque motif que ce soit, -commet un crime énorme, et est incapable d’absolution tant qu’il -persévère dans sa mauvaise habitude. - -2º La femme qui engage son mari à en agir ainsi ou qui consent à cette -action injurieuse à la nature et contraire à la fin du mariage, ou qui, -enfin, à plus forte raison s’oppose elle-même à l’accomplissement de -l’acte conjugal, commet également un péché mortel, et, comme son mari, -elle est indigne d’absolution tant qu’elle demeure dans cette criminelle -habitude. - -3º La loi de charité impose à la femme le devoir de faire tout ce qui -dépend d’elle pour empêcher que son mari, qu’elle sait être disposé à -mal faire, ne fasse l’action détestable d’Onan. - -4º La femme est tenue de rendre le devoir si son mari, dûment averti, -promet de consommer l’acte conjugal de la manière qu’il y est obligé, si -toutefois cette promesse est faite sérieusement et que la femme puisse -juger prudemment que tout se passera de la manière ordinaire et normale. - -Maintenant, la difficulté est de savoir si la femme peut, en sûreté de -conscience, rendre le devoir lorsqu’elle est assurée par l’expérience -que, malgré ses avertissements, ses prières et toutes ses instances -possibles, son mari coïtera à la manière d’Onan. - -A cet égard, quatre opinions se sont établies: la première est celle des -théologiens qui soutiennent que la femme ne peut rendre le devoir même -pour éviter la mort: - -1º Parce que, disent-ils, l’action du mari étant essentiellement -mauvaise, la femme participera à son péché dont elle fournit l’occasion -prochaine; 2º parce que le mari ne se propose pas de faire un acte -conjugal, mais de se servir du ministère de sa femme pour s’exposer à la -souillure ou à la contamination criminelle; 3º parce que si le mari -demandait à sa femme son concours pour un acte sodomique, elle devrait -s’y refuser, même au péril de sa vie; 4º parce qu’enfin la femme coopère -aussi directement au crime de son mari qu’un homme participe au larcin -d’un voleur en tenant le sac pour y recevoir les objets volés.--Ainsi -pensent _Hubert_, les rédacteurs des _Conférences d’Angers_ et des -_Conférences de Paris_, _Collet_, avec plusieurs docteurs de la -Sorbonne, _Bailly_, _Vernier_, etc. - -Cette opinion, il faut l’avouer, paraît fortement établie; elle est fort -grave et de nature à faire beaucoup d’impression sur les esprits. Les -confesseurs qui la suivent refusent constamment l’absolution à toutes -les femmes qui dans de pareilles circonstances rendent le devoir à leurs -maris. Mais voici les raisons qu’on peut lui opposer: - -1º La femme, dit-on, en obéissant à son mari participe au péché dont -elle fournit l’occasion.--A cela, _on peut répondre_ que la femme fait -une chose permise, qu’elle use de son droit, dont elle ne doit pas être -privée par la dépravation et la corruption de son mari..., que sans -consentir à l’action détestable de son mari elle ne fait que se prêter -passivement, par devoir et par obéissance conjugale, à un acte qui, de -sa part, est dans l’ordre naturel... - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -2º On dit encore: le mari, dans cette hypothèse, ne demande point un -acte conjugal, mais seulement la coopération de sa femme à une action -criminelle.--On _peut répondre_ que cela n’est pas rigoureusement exact, -car la souillure, dans ce cas, n’est pas une véritable _masturbation_; -car _la spermatisation externe_ peut, par une circonstance heureuse, -produire quelquefois un heureux effet, en ce sens qu’elle ne sera pas -alors complètement extra-vaginale... - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -3º On prétend que le cas dont il s’agit n’est en réalité qu’un acte -sodomique, et que, par conséquent, la femme ne peut y consentir, même -pour éviter la mort.--_On peut répondre_ à cela qu’un acte sodomique est -toujours _nécessairement_ stérile et que vouloir confondre une action -naturelle et permise à la femme avec un acte de sodomie, c’est confondre -les termes, changer l’acception des mots et le moyen assuré de ne plus -s’entendre sur rien... - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -4º On dit que la femme coopère au crime de son mari de même que le -complice participe au vol en tenant le sac pour y recevoir les objets -volés.--_On peut répondre_ qu’il n’y a ici aucune espèce de parité, car -la femme use de son droit de justice, et celui qui favorise le vol n’a, -à cet effet, aucun droit ni aucun titre légitimes... - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Saint Liguori affirme que la femme, dans ces circonstances, doit non -seulement rendre le devoir, mais même qu’elle y est obligée. - ---«Il semble, dit-il, plus probable que l’épouse non seulement peut -rendre le devoir, mais qu’elle y est tenue. La raison en est que la -faute étant du côté de celui qui demande, puisqu’il a droit à la copule, -l’autre ne peut sans injustice le lui refuser, si elle ne peut en -paroles le détourner de cette faute; et alors il est évident qu’en le -rendant elle ne coopère pas, même matériellement, à son péché, -puisqu’elle ne coopère pas à la sémination en dehors du vase, mais -seulement au commencement d’un coït licite en lui-même pour tous les -deux. (_Liv. VI, nº 947._)» - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - ---Une pieuse épouse peut-elle se laisser approcher de son mari quand -elle sait par expérience que son mari se conduit comme Onan... surtout -si l’épouse en refusant s’expose au danger de sévices, ou craint que son -mari ne voie des prostituées? - -La _Sacrée Pénitencerie_ a répondu le 23 avril 1822: Dans le cas -proposé, la femme de son côté ne faisant rien contre nature et laissant -faire une action licite, toute la malice de l’acte venant de celle du -mari, qui au lieu de consommer l’acte se retire et répand sa semence -hors du vase; alors, si la femme, après les admonestations voulues, -n’obtient rien, et que le mari insiste en la menaçant de coups ou de la -mort, ou d’autres graves sévices, elle pourra (selon de graves -théologiens) se laisser faire sans péché; car alors elle ne fait que -permettre le péché de son mari, et cela pour un grave motif qui -l’excuse, parce que la charité, qui l’obligerait à l’en empêcher, -n’oblige pas avec un si grand inconvénient. - ---Berthe a un mari qu’elle sait par une constante expérience être -onaniste. Elle a essayé en vain tous les moyens pour le détourner d’un -si affreux crime; bien plus, elle est menacée probablement des plus -graves dangers, qu’elle ne pourrait éviter qu’en fuyant de la maison de -son mari, si elle ne permet pas au moins quelquefois l’abus du mariage. - -La _Sacrée Pénitencerie_, aux dates des 15 novembre 1816 et 1er février -1823, a répondu: - -De graves et austères théologiens sont d’avis que l’épouse peut rendre -le devoir à son mari si son refus doit la faire maltraiter par lui et -qu’elle ait à craindre quelque grave inconvénient; car, disent-ils, dans -ce cas, l’épouse n’est pas censée coopérer formellement au péché de son -mari, mais seulement le permettre pour une cause juste et raisonnable. -Il faut cependant l’avertir de ne pas cesser d’inviter prudemment son -mari à éviter cette turpitude. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -CONSULTATION - -SUR CERTAINES PROPOSITIONS TOUCHANT L’ONANISME - -On demande au Saint-Siège quelle note théologique il faut appliquer aux -trois propositions suivantes: - -1º Pour des raisons honnêtes les époux peuvent user du mariage à la -façon d’Onan. - -2º Il est probable que cet usage du mariage n’est pas défendu par le -droit naturel. - -3º Il ne convient jamais d’interroger sur ce sujet les époux de l’un et -de l’autre sexe, quand même on aurait raison de craindre que les époux -n’abusent du mariage. - - -_Réponse, 4 mai 1851._ - -A la première: cette proposition est scandaleuse, erronée et contraire -au droit naturel. - -A la deuxième: cette proposition est scandaleuse, erronée, et d’ailleurs -implicitement condamnée par le pape Innocent IX, proposition 49e. (La -pollution n’est pas défendue de droit naturel, d’où il suit que si Dieu -ne l’avait pas interdite elle serait souvent bonne, et quelquefois -obligatoire sous peine de péché mortel.) - -A la troisième: proposition fausse, trop relâchée et dangereuse en -pratique. - -ANGELUS ARGENTI, - -Notaire de la Sainte Inquisition romaine universelle. - - -ARTICLE TROISIÈME - -DE LA CONDUITE DES CONFESSEURS A L’ÉGARD DES PERSONNES MARIÉES ET DE -CELLES QUI SE DISPOSENT A ENTRER DANS L’ÉTAT DE MARIAGE - -Un confesseur ne saurait trop se pénétrer de la connaissance des -nombreuses et difficiles obligations des époux, qui ont été exposées -dans le cours de cet ouvrage. Il faut surtout qu’il les leur représente -et les leur inculque suivant l’occasion et le besoin. Il doit se -rappeler que les fautes les plus graves et les plus ordinaires des -personnes mariées sont les refus injustes du devoir conjugal, -l’empêchement ou l’obstacle que l’on apporte volontairement à la -génération par les actes onaniques, sodomiques et quelques autres -pratiques secrètes plus rares et connues seulement de quelques femmes et -de quelques hommes profondément corrompus: manœuvres sataniques d’autant -plus difficiles à découvrir que tout se passe à l’extérieur comme dans -l’état ordinaire et normal. Le peu de mots qu’il nous a été possible de -dire sur ces infernales inventions doit suffire aux confesseurs pour les -mettre sur la voie de l’investigation. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Les confesseurs devront se rappeler que les gens mariés des deux sexes -pèchent encore plus souvent qu’on ne pense de la manière que pèchent les -personnes libres: la masturbation solitaire ne leur est pas toujours -inconnue, ou ils ne l’ont pas complètement oubliée. Il est donc du -devoir d’un sage confesseur de chercher avec soin à découvrir les -nombreuses et hideuses plaies de toutes les âmes plongées dans la -matière et souvent même dans la plus infecte corruption. A cet effet, il -lui sera souvent nécessaire de faire des interrogations -indispensables... - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Quant à l’abominable crime d’onanisme qui se répand partout dans ces -malheureux temps, et dont se souillent si honteusement les époux, -surtout plus jeunes, que le confesseur leur demande s’ils n’ont aucun -remords au sujet de l’acte conjugal, et s’ils ne craignent pas d’avoir -trop d’enfants, si dans le coït ils n’ont rien fait pour empêcher la -génération, s’ils n’ont rien commis de honteux en dehors de l’acte, -etc... Qu’il ajoute qu’il lui est pénible de faire de telles questions -et de toucher de telles matières, mais que cela est nécessaire, pour -qu’ils sachent ce qui leur est permis ou non; autrement il leur -arriverait de commettre très souvent de très graves fautes par une -ignorance inexcusable. Beaucoup, en effet, comme nous l’avons déjà dit, -s’imaginent faussement que dans le mariage tout leur est permis, et qui, -par des péchés que peut-être ils regardent comme légers, encourent la -damnation éternelle. - -«Le vice d’onanisme découvert, le confesseur ne peut absoudre le -coupable, qu’à condition qu’il se repente de son péché, et ait le ferme -propos de ne plus pécher à l’avenir. S’il est incorrigible, le -confesseur doit lui refuser l’absolution. - -»Quant à la femme qui induit son mari à cette action, ou y consent, ou -qui se retire elle-même, malgré son mari, le confesseur ne peut -l’absoudre que dans le cas d’une vraie douleur et du ferme propos. Si -elle en a l’habitude, on ne peut l’absoudre en aucune façon. C’est -pourquoi il faut interroger à ce sujet les femmes qui sont cause que -leurs maris se souillent de l’onanisme, et il faut les avertir -sérieusement qu’elles sont tenues par la loi de la charité à les -détourner de ce crime. Cependant dans le doute si le mari averti agira -bien ou mal, la femme peut rendre le devoir, bien plus, elle y est -tenue; car dans le doute un droit certain ne peut être refusé.» (M. -Rousselot.) - -Chez certaines femmes on peut s’y prendre de la manière suivante: on -feint d’entrer dans quelques détails relatifs aux enfants de la -pénitente, car très souvent ce sont les femmes elles-mêmes qui ne -veulent pas la fin du mariage; on l’interroge sur la manière dont elle -les élève et s’ils le sont chrétiennement, etc.--On ajoute ensuite: -«Vous seriez sans doute heureuse si Dieu vous en donnait encore d’autres -pour les élever de même, afin qu’il vous procurassent de nouvelles et -abondantes consolations?» Souvent à ces derniers mots il leur échappe -cet aveu involontaire: «_Ah! mon Dieu, j’en ai déjà bien assez!_--Cette -réponse vous instruit suffisamment et vous dispense d’en dire davantage. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Il est du devoir des confesseurs de dire aux personnes qui sont sur le -point de contracter mariage les graves obligations du nouvel état -qu’elles vont embrasser. Il sera bon de leur dire que le mariage n’a pas -été institué au profit de la passion grossière de la chair, mais pour -donner à Dieu et à l’Église des enfants qui deviennent un jour des -saints et des habitants du ciel.--On peut ajouter qu’un très grand -nombre d’époux s’abusent, se font illusion sur l’état de mariage et se -persuadent faussement que tout leur est permis, s’y conduisent comme des -êtres sans raison et s’abandonnent sans frein et sans mesure à -l’entraînement de leur passion, et qu’ainsi, ils commettent un grand -nombre de péchés et se perdront très probablement. - -Pour leur éviter un aussi grand malheur dans l’autre vie et d’abord tous -les maux de celle-ci qui y conduisent, il faut que le confesseur ait -grand soin de leur inculquer cette grave et capitale vérité, savoir: que -tout ce qui conduit à la fin du mariage, tout ce qui est dans l’ordre de -la procréation et de la génération des enfants est permis; tout ce qui -est contre cette fin de la génération est illicite ou défendu sous peine -de péché mortel; enfin tout ce qui n’est ni suivant ni contre cette fin, -par exemple les baisers, les étreintes et tant d’autres familiarités -conjugales sont ou péchés véniels, lorsqu’ils sont uniquement faits dans -un but voluptueux, ou n’entraînent pas péché lorsqu’ils proviennent -d’une affection mutuelle ou du simple désir d’entretenir ou réchauffer -l’amour conjugal, à condition toutefois qu’il n’y ait pas péril de -pollution. Tout donc peut se résumer sous cette courte formule: ce qui -se fait pour la fin est permis, contre la fin est péché mortel; ni pour -ni contre la fin est ou péché véniel ou nul péché. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Le confesseur doit encore interroger les époux au sujet des -attouchements impudiques ou autres infamies qu’ils commettent souvent -entre eux. Il peut commencer ainsi: «N’avez-vous rien fait avec votre -conjoint en dehors des choses permises par le mariage, c’est-à-dire des -choses nécessaires à la génération?» S’il répond qu’il y a eu quelque -chose de tel, il faut demander en quoi il consiste, et l’amener à -déclarer enfin s’il y a eu des attouchements ou des exercices honteux; -il faut demander s’il y a eu pollution, ou danger de la souffrir ou de -la procurer. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - - - - COMPENDIUM - ABRÉGÉ - CONTENANT LA SOLUTION - DE - TOUS LES CAS DE CONSCIENCE - SUIVANT - LA DOCTRINE DES CONCILES - - - - -COMPENDIUM - - -Le _Compendium_ est le petit guide de poche des confesseurs. Tous les -cas de conscience possibles et imaginables y sont mis en scène au moyen -de personnages fictifs, et résolus suivant la doctrine des conciles. - -Nous ne citerons que quelques extraits du chapitre: _Devoir conjugal_. - - -DEVOIR CONJUGAL - -Il est très important qu’un confesseur soit instruit minutieusement de -cette matière, sur laquelle une infinité de personnes grossières, ou -emportées par leurs passions, commettent quelquefois de grands crimes. -Car, quoique l’usage du mariage soit licite, il ne l’est pourtant qu’en -observant en amour conjugal les prescriptions formelles de l’Église. Les -époux doivent se régler sur la fin pour laquelle le mariage a été -institué, qui est d’avoir des enfants, ou de s’acquitter de la justice -qu’on se doit réciproquement entre mari et femme; ces deux seuls motifs -peuvent excuser de péché. Il en est un troisième: celui de trouver un -remède à la concupiscence; mais celui-là n’est pas exempt de toute sorte -de péché; tel est l’avis de saint Augustin, saint Fulgence, saint -Grégoire, saint Bonaventure et saint Thomas. - -Au reste, celui des époux qui est requis par l’autre de lui rendre le -devoir conjugal est absolument obligé de lui obéir sous peine de péché, -à moins que son refus ne soit fondé sur une cause légitime. - -Nous dirons quelles sont les causes légitimes du refus. - - * * * * * - -Apollinaire ayant été marié un samedi soir, et ne pouvant par conséquent -recevoir la bénédiction nuptiale que le lendemain à la messe, il a exigé -de sa femme le devoir le même jour du mariage. A-t-il péché en cela? - -_Réponse._ S’il n’y a pas eu de scandale, il n’y a qu’un simple péché -véniel. Tel est l’avis du Concile de Trente. (Sess. 24; c. 1). - - * * * * * - -Héraclide, d’un tempérament fort enclin à la lubricité, veut coïter à -tout moment avec sa femme. Il invoque la pureté de ses intentions; car, -s’il ne coïtait avec sa femme, il serait obligé d’aller coïter ailleurs. -Pèche-t-il en demandant, plus souvent que de raison, le devoir à sa -femme? - -_Réponse._ On est très partagé sur cette question. Beaucoup de -théologiens disent que cela est innocent. Mais les saints Augustin, -Léon, Thomas, etc., soutiennent qu’il y a là une faute vénielle. -Cependant, comme l’Église n’a encore rien décidé là-dessus et qu’on peut -faire beaucoup de mal en voulant obtenir un bien trop difficile, il -convient de ne pas aisément troubler les fidèles sur ce point; mais le -confesseur les exhortera à se contenir ou à mieux régler leurs passions. - - * * * * * - -Maurice n’a d’autre intention que de se procurer du plaisir, en -demandant à tout propos le devoir à sa femme. Pèche-t-il en cela? - -_Réponse._ Cela ne fait pas de doute, puisque l’on ne peut user du -mariage que dans le but d’avoir des enfants ou pour exercer la justice -envers sa partie. Il n’est pas plus permis de coïter, même avec sa -femme, que de manger et boire, pour le seul plaisir. (Arrêt d’Innocent -XI.) - - * * * * * - -Albert, en jouissant de sa femme, le fait par raison de santé. -Pèche-t-il? - -_Réponse._ Il y a là une faute vénielle, parce que c’en est une d’user -du mariage pour une fin pour laquelle Dieu ne l’a pas institué. (S. -Thomas.) - - * * * * * - -Dunstan a coutume d’exiger le devoir chaque dimanche matin avant d’aller -à la messe. Pèche-t-il en cela? - -_Réponse._ Il est évident que la volupté du coït n’est pas faite pour -prédisposer l’homme aux choses saintes; cependant, il n’y a pas là de -péché mortel; mais le péché est véniel, et même très caractérisé. Il -devient mortel, si le mari, en jouissant, pense à mépriser la sainteté -du dimanche. - -Si le mari doit non seulement entendre la messe, mais encore communier, -il pèche mortellement en jouissant de sa femme. - -Si c’est la femme qui doit communier et que les propositions -voluptueuses soient venues de son mari, elle n’a, après le coït, aucun -péché sur la conscience; mais il y a à cela une condition expresse: -c’est que rien de cette action ne lui restera dans la pensée ni dans les -sens, et encore faut-il qu’elle ait un grand désir de recevoir -Notre-Seigneur ou qu’elle ne puisse s’en abstenir sans être remarquée. - - * * * * * - -Gabrielle, fortement sollicitée par Paulin son mari à lui rendre le -devoir, le lui a refusé, parce qu’elle savait qu’il péchait mortellement -en le lui demandant. Cette raison suffit-elle pour excuser son refus? - -_Réponse._ Si le péché de Paulin venait de quelque circonstance qui -rendît l’acte conjugal illicite, comme s’il le voulait exiger dans une -église ou dans un lieu public, ou encore si Gabrielle savait que Paulin -retirerait son membre au moment de l’effusion de la semence, elle -n’était ni obligée ni ne pouvait en sûreté de conscience lui rendre le -devoir conjugal. Par contre, si la circonstance du péché de Paulin ne -regardait que sa personne même, comme s’il avait une intention -criminelle secrète en le demandant, et que d’ailleurs il ne fût pas -déchu de son droit, sa femme était obligée de le lui rendre. (Sylvius, -quest. 64). - - * * * * * - -Georges demande le devoir à sa femme, tandis que celle-ci a ses règles. -Pèche-t-il mortellement? - -_Réponse._ Oui, s’il sait que sa femme a ses règles. D’où il résulte -qu’il est du devoir d’une femme de toujours informer son mari du moment -où ses menstrues lui viennent. - - * * * * * - -Alfred, à la suite d’excès vénériens dont il a du reste reçu -l’absolution et dont il se repent, a contracté une maladie qui, guérie -incomplètement, lui a laissé un écoulement. Cet écoulement ne présente -aucun danger de contagion. Alfred peut-il sans péché exiger le devoir de -sa femme? - -_Réponse._ Le cas est particulièrement délicat. Il est certain que -l’écoulement, dont est affligé Alfred, n’a aucun rapport avec la semence -et n’est nullement prolifique. Alfred commet donc un péché mortel (S. -Thomas). Cependant, s’il a demandé le coït en agissant sous l’empire -d’un besoin irrésistible et pour s’éviter d’aller forniquer avec une -autre femme, il n’y a pas péché. - - * * * * * - -Évrard et sa femme se trouvent dans la nécessité de demeurer longtemps -dans une église, pendant un temps de guerre. Évrard se voit dans un -danger évident d’incontinence; il croit pouvoir exiger de sa femme le -devoir. L’a-t-il pu sans péché mortel? - -_Réponse._ Selon l’opinion la plus probable, il a péché mortellement, et -la femme aussi en lui obéissant, parce qu’ils ont violé par une telle -action, quoique licite d’ailleurs, le respect qui est dû à Dieu et au -lieu saint qui est particulièrement consacré à son culte. Et certes, si -des époux qui se trouvent séparés les uns des autres par des emplois, -des maladies, la prison, l’exil, etc., sont obligés sous peine de péché -mortel de garder la continence, pourquoi n’y seront-ils pas obligés sous -la même peine, lorsqu’ils se trouveront dans un lieu saint pendant -quelques jours seulement ou quelques semaines? et cela dans un temps de -larmes, de pénitence et de prières auquel, selon les anciens canons, les -époux chrétiens doivent s’abstenir de l’usage du mariage! (S. Antonin, -les RR. PP. Soto et Navarre). - - * * * * * - -Aline a fait vœu de continence du consentement de Bertrand son mari. -Bertrand peut-il dans la suite exiger d’elle le devoir conjugal sans -péché mortel? - -_Réponse._ Ou Bertrand, en consentant au vœu d’Aline, a eu l’intention -positive de renoncer pour toujours au droit qu’il avait de lui demander -le devoir; ou il n’a pas eu cette intention. Dans le premier cas, il ne -peut sans péché mortel exiger le devoir. Dans le second, il peut -l’exiger. (R. P. Navarre, _Man._ c. 16). - - * * * * * - -Eugénie, femme de Théodore, a trouvé, après la mort de sa sœur, des -lettres d’amourettes que Théodore avait écrites à cette dernière avant -son mariage. Les termes libres de cette correspondance lui donnent un -violent soupçon d’un commerce criminel entre eux. Sachant qu’en ce cas -son mariage serait nul, elle doute s’il ne l’est pas, et ce doute la -trouble chaque fois que Théodore jouit d’elle. Peut-elle malgré cela lui -rendre le devoir ou même l’exiger sans péché mortel? - -_Réponse._ En général, si le doute est léger et mal fondé, on n’y doit -avoir aucun égard. S’il est juste, sans aller jusqu’à la certitude, -celui des deux époux qui en est agité peut rendre le devoir, mais il ne -le peut exiger. Si la chose approche si fort l’évidence qu’il la croie -certaine, il ne peut en conscience ni le rendre ni le demander; et s’il -n’a pas de preuves suffisantes pour obtenir une sentence de séparation, -il doit garder une parfaite continence, sans jamais user du mariage, -quand même on voudrait l’y contraindre (Innocent III, _De sent. -excomm._, ch. 44). Cependant, afin de ne pas se tromper sur une matière -si difficile et si importante, le plus sûr parti est d’expliquer -minutieusement le fait à son confesseur, et même au besoin de lui -communiquer la correspondance qui a fait naître les soupçons. - - * * * * * - -Bélonie peut-elle refuser le devoir, par cela seul qu’elle a une fort -grande répugnance à le rendre? - -_Réponse._ L’apôtre a décidé cette question (1re lettre aux Corint., v. -7) par ces sages paroles: Que le mari rende à sa femme ce qui lui est -dû, et que la femme en fasse autant vis-à-vis de son mari; le corps du -mari appartient à la femme, et le corps de l’épouse à l’époux. D’où S. -Antonin et tous les autres pères de l’Église concluent qu’un des -conjoints ne peut, sans pécher mortellement contre la justice et la foi -solennellement donnée, refuser le devoir à l’autre, quand celui-ci le -lui demande sérieusement; car alors il se rend coupable des -incontinences et de l’adultère de son conjoint. Ce serait autre chose si -le mari ne demandait ce qui lui est dû que comme une marque d’amitié et -en faisant assez comprendre par son visage ou par ses gestes qu’il s’en -soucie peu; ce serait encore une autre question si le mari était un -emporté ne laissant à Bélonie aucun repos (R. P. Sylvius). - - * * * * * - -Blaisine, qui n’ose demander catégoriquement le devoir à son mari, lui -fait comprendre par ses regards, par ses caresses, par son attitude, -qu’elle le désire. Jacques, qui le voit bien, est-il obligé en -conscience de le lui rendre? - -_Réponse._ Il en est de Jacques comme d’un débiteur qui sait que son -créancier souffre, quoiqu’il n’ose par bonté ou timidité lui réclamer -son dû. Comme donc le débiteur est tenu en ce cas de payer son -créancier, quand il le peut, de même Jacques doit rendre le devoir à -Blaisine, si cela lui est possible. - -Il n’en est pas ainsi de la femme, à parler généralement; parce que, dit -S. Thomas, les hommes n’agissent pas avec la même discrétion pour -demander le devoir à leurs femmes. Cependant, comme il y a des maris que -l’inégalité des conditions, la fierté de leurs femmes, une timidité -naturelle, mettent dans le cas de Blaisine, leurs épouses sont obligées -de se rendre à leurs désirs, quoique tacites et indirects. - - * * * * * - -Joséphine a un mari fort lubrique, qui veut quelquefois l’obliger à lui -rendre le devoir, quoiqu’elle soit notablement malade. Y est-elle -obligée, de peur qu’il ne tombe dans l’incontinence? - -_Réponse._ Une femme n’est obligée, ni par justice, ni par charité, de -se prêter dans un cas pareil, et il y a de l’inhumanité à l’exiger. Mais -elle ne peut s’en dispenser pour éviter les incommodités de la grossesse -et de l’enfantement. Ce sont des maux attachés à son état. - - * * * * * - -Jeanne veut nourrir son enfant. Son mari exige le devoir. Elle demande -si elle peut le refuser pendant qu’elle allaite l’enfant. - -_Réponse._ Une femme qui connaît, par expérience, qu’en coïtant avec -jouissance dans ce temps-là son lait se corrompt et devient notablement -dommageable à son enfant, ou qu’elle cesse d’en avoir suffisamment pour -le nourrir, peut sans péché refuser le devoir à son mari, et celui-ci ne -peut par contre le lui demander sans offenser Dieu. Néanmoins, s’il se -trouve dans le péril d’incontinence, la femme doit, si elle en a les -moyens, mettre son enfant en nourrice afin de pourvoir par elle-même aux -besoins voluptueux de son mari. Que si à cause de sa pauvreté elle ne -peut faire nourrir son enfant par une autre, elle refusera de coïter -parce que son mari n’a pas le droit d’exiger le devoir aux dépens de la -vie ou de la santé de son enfant. Tous ces détails devront donc être -donnés minutieusement par la femme au confesseur, afin qu’il se prononce -sur le cas et qu’il lui indique comment elle aura à se comporter. - - * * * * * - -Éléonore s’étant trouvée dans un danger évident de mort dans ses couches -précédentes, les médecins et chirurgiens lui ont déclaré qu’elle ne -pourrait plus avoir d’enfants sans mourir. Est-elle, nonobstant cela, -obligée de rendre le devoir à son mari Étienne qui le demande comme un -droit de rigueur; et surtout si elle sait qu’il est déjà tombé dans -l’incontinence, à cause du refus qu’elle lui a fait? On lui a dit -qu’elle y est tenue, parce qu’on est obligé d’exposer sa propre vie -corporelle pour le salut de son prochain. - -_Réponse._--La charité ne permet pas à Étienne de demander le devoir en -ce cas, et Éléonore ne peut ni ne doit le rendre, parce que, n’étant pas -maîtresse de sa vie, elle ne peut sans péché s’exposer à un danger -visible de la perdre. Au reste, on n’est obligé d’exposer sa vie pour le -salut du prochain, que quand il est dans une nécessité extrême. Or, -Étienne n’est pas réduit par le refus de sa femme à une nécessité -extrême, parce qu’il peut trouver d’autres remèdes à son incontinence, -entre lesquels la prière est le principal. - -Il pourra arriver encore que, pour concilier tout, Éléonore acceptera de -procurer de la jouissance à Étienne par un de ces moyens que la nature -réprouve et en vertu desquels l’effusion de la semence sera sans risque -de grossesse, comme la masturbation labiale ou l’accomplissement de -l’acte vénérien entre les seins, sous le bras, dans les cheveux, etc. -Bien qu’il soit évident que, dans ce cas, les époux ne se sont pas -adonnés, par pure malice, à ces actes contre nature, ils n’en auront pas -moins commis le péché, puisque c’est pécher mortellement qu’user du -mariage contre la fin pour laquelle Dieu l’a créé. Toutefois, s’il lui -est bien démontré qu’Étienne ne peut absolument pas refréner ses besoins -charnels et qu’Eléonore d’autre part est certaine de la mort en cas de -grossesse, le confesseur pourra absoudre les deux époux. (Voir -St-Augustin. Livre II _de conjugiis adult._, chap. 10.) - - * * * * * - -Fernand a coutume de demander le devoir à Laure sa femme, quand il est -ivre. Est-elle tenue de le lui accorder? - -_Réponse._ Si Fernand est tellement ivre qu’il ait perdu l’usage de la -raison, Laure n’est pas obligée à lui rendre le devoir, parce qu’alors -il ne le demande pas d’une manière humaine (_humano modo_). Cependant, -si le refus de Laure exposait Fernand à un danger évident -d’incontinence, la femme, de l’avis du R. P. Sylvius, serait pour lors -obligée par le précepte de la charité à obéir à son mari. On peut -raisonner à peu près de même d’un homme furieux ou insensé, ainsi que -l’enseigne le même théologien (_Suppl. quæst. 69, Art. 1_). - - * * * * * - -Adrien, qui a fort peu de bien, se voyant déjà chargé de six enfants, -quoique sa femme soit encore jeune, a refusé plusieurs fois le devoir à -sa femme de peur d’être hors d’état de nourrir tant d’enfants. -Pèche-t-il? - -_Réponse._ Puisqu’il y a un Dieu qui nourrit les oiseaux et qui -n’abandonne point ceux qui mettent en lui leur confiance, la crainte -d’avoir trop d’enfants ne peut dispenser un mari de rendre le devoir à -sa femme, lorsqu’elle le lui demande formellement, ou même d’une manière -indirecte et interprétative. - - * * * * * - -Henri a été nominalement frappé d’excommunication majeure. Sa femme -demande si elle est obligée de lui rendre le devoir? - -_Réponse._ Dans aucun cas ni sous aucun prétexte, elle ne doit, elle, -provoquer son mari à l’acte vénérien. Quant à se prêter à ses exigences, -les opinions des théologiens sont partagées. S. Augustin pense que la -femme d’un impie frappé directement et personnellement d’excommunication -majeure doit se séparer tout à fait de son mari et par conséquent lui -refuser le devoir conjugal. S. Bonaventure et S. Thomas pensent au -contraire que la censure ne dispense pas des devoirs imposés par la loi -naturelle. La question n’a été encore tranchée par aucun concile. -Innocent III a proposé un moyen terme: la femme d’un homme atteint -nominalement d’excommunication majeure doit rendre le devoir à son mari -quand il l’exige d’une façon formelle; mais elle ne peut, sans tomber -dans le péché, participer au plaisir de l’acte vénérien, c’est-à-dire -qu’elle doit le subir d’une manière complètement passive et, par tous -ses efforts, dégager son esprit de l’accouplement auquel elle n’a pu se -soustraire. (_De Sent. excomm._, ch. 31). - - * * * * * - -Julie, catholique, a épousé Baptistin, calviniste, avec stipulation -expresse qu’il lui serait loisible de faire baptiser et élever dans -l’Église catholique les enfants qui naîtraient de leur mariage. -Cependant, Baptistin a fait baptiser le premier au Prêche et le fait -élever dans l’hérésie. Julie demande si elle ne peut pas refuser à -l’avenir le devoir, pour n’avoir pas le déplaisir de mettre au monde -d’autres enfants qui seront un jour des hérétiques et par conséquent des -réprouvés? - -_Réponse._ Julie doit se plaindre fortement à Baptistin de sa mauvaise -foi. S’il promet sérieusement de se corriger, elle fera une nouvelle -épreuve. Mais, s’il lui déclare qu’il ne veut pas tenir sa promesse, ou -que la lui ayant renouvelée, il continue à la violer, Julie est en droit -de refuser le devoir à Baptistin, pour la raison marquée dans l’exposé. - - - - - LES DIACONALES - - MANUEL DES CONFESSEURS - - PAR - Mgr BOUVIER - Évêque du Mans[3] - - [3] Sur la page en regard du titre on lit: - - AVIS ESSENTIEL - - Toute demande de cet ouvrage doit être accompagnée d’une - autorisation de M. le supérieur du grand séminaire du diocèse ou du - vicaire général; sans cette formalité indispensable il ne sera - délivré aucun exemplaire. - - - - -LES DIACONALES - -MANUEL DES CONFESSEURS - - - - -CHAPITRE PREMIER - -DE LA LUXURE EN GÉNÉRAL - - -La luxure, qui tire son nom du mot luxer, est ainsi appelée parce que le -propre de ce vice est de relâcher, de détruire les forces de l’âme et du -corps: aussi l’appelle-t-on quelquefois dissolution; et on dit de ceux -qui se livrent avec passion aux jouissances de l’amour, qu’ils sont -dissolus. On définit la luxure ainsi: l’appétit désordonné aux plaisirs -vénériens. - -Ces plaisirs sont appelés _vénériens_ parce qu’ils ont pour but la -génération à laquelle les païens faisaient présider la déesse Vénus. - - - - -CHAPITRE II - -DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE LUXURE NATURELLE CONSOMMÉE - - -La luxure est naturelle lorsqu’elle n’est pas en opposition avec la -propagation du genre humain.--L’union des deux sexes en dehors du -mariage est donc un acte purement charnel, à la condition d’être -pratiqué d’une manière propre à la génération. Cet acte est accompli par -le fait de l’écoulement de la matière séminale de l’homme dans -l’intérieur des parties sexuelles de la femme. - -On compte six espèces de luxure: - - _La fornication_, - _Le stupre_, - _Le rapt_, - _L’adultère_, - _L’inceste_, - _Le sacrilège_. - - -ARTICLE PREMIER - -DE LA FORNICATION - -La fornication est l’union intime et d’un consentement mutuel d’un homme -libre et d’une femme libre, mais ayant déjà perdu sa virginité... - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Il y a trois sortes de fornication: _la fornication simple_, _le -concubinage_, _la prostitution_. - - -§ I - -DE LA FORNICATION SIMPLE - -La fornication simple est celle qui résulte d’un commerce passager avec -une ou plusieurs femmes. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -§ II - -DU CONCUBINAGE - -Le concubinage est le commerce d’un homme libre avec une femme libre, et -qui, demeurant soit dans la même maison, soit dans des maisons séparées, -vivent ensemble. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -§ III - -DE LA PROSTITUTION - -La prostitution est un métier ou un acte: comme métier, c’est la -condition d’une femme prête à recevoir le premier venu et ordinairement -pour de l’argent; comme fait, c’est l’union charnelle d’un homme avec -une telle femme, ou d’une telle femme avec l’homme qui se présente pour -forniquer. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -ARTICLE DEUXIÈME - -DU STUPRE - -On appelle généralement stupre toute union charnelle illicite. Ainsi, -dans le _Lévitique_, verset 21, chap. 9, et dans les _Nombres_, verset -5, chap. 13,--l’union charnelle de la fille d’un prêtre et l’adultère -sont qualifiés de la même manière. Si quelqu’un accomplit l’acte charnel -en employant la violence, il tombe,--pour notre diocèse,--dans un cas -réservé. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Le stupre est qualifié par beaucoup de théologiens _violence_, et mieux, -par d’autres, _défloration illicite d’une vierge_. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -ARTICLE TROISIÈME - -DU RAPT - -Le rapt, par sa nature, est une _violence_ faite à _toute personne_ ou à -ses parents dans le but d’assouvir la passion. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Le rapt diffère de l’adultère parce que l’adultère viole la justice -d’une autre manière que le rapt. De même le viol d’une jeune fille ivre -ou endormie constitue un grave péché contre la justice; ce n’est pas un -rapt mais une tromperie; il en est de même de la corruption sans -violence d’une personne qui n’a pas l’usage de la raison ou qui ignore -ce genre de péché. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -_On demande_ ce que doit faire une femme prise de force afin de ne pas -être coupable envers Dieu. - -_Réponse._ 1º Elle doit intérieurement repousser toute participation au -plaisir, quelle que soit d’ailleurs la violence extérieure qui lui est -faite, sans quoi elle pécherait mortellement. - -2º Elle doit se défendre de toutes ses forces avec ses pieds, ses mains, -ses ongles, ses dents et tous autres instruments, mais de manière à ne -pas tuer ou gravement mutiler l’agresseur. Beaucoup de théologiens -pensent que la vie et les principaux membres sont plus précieux que -l’honneur qu’ils supposent ici n’être que matériellement atteint. -Beaucoup d’autres, cependant, soutiennent l’opinion contraire par des -raisons puisées dans notre _Théologie morale_, T. 5, p. 392, 4e édit. - -3º Si elle espère qu’il puisse lui être porté secours elle doit crier et -invoquer l’assistance d’autrui; car si elle n’oppose pas les résistances -qui paraissent en son pouvoir, elle semble consentir. - -Or, il vaudrait mille fois mieux mourir que de céder à un pareil danger. -Aussi, une jeune fille qui se trouve dans cette extrémité, craignant, -avec raison, de consentir aux sensations vénériennes, est-elle tenue de -crier, même au péril évident de sa vie, et alors elle est martyre de la -chasteté. C’est ce que décident généralement les auteurs contre ce petit -nombre de probabilistes. Mais le danger prochain de consentement écarté, -il est généralement admis que la jeune fille n’est pas tenue de crier au -péril de sa vie et de sa réputation, parce que la vie et la réputation -sont des biens de l’ordre le plus élevé. Mais il est presque impossible, -comme le dit _Billuart_, t. 13, p. 368, que le danger n’existe pas. - - -ARTICLE QUATRIÈME - -DE L’ADULTÈRE - -L’adultère, comme son nom l’indique, dit saint Thomas, consiste à entrer -dans le lit d’autrui. Il peut être commis de trois manières: - - 1º Entre un homme marié et une femme libre; - 2º Entre un homme libre et une femme mariée; - 3º Entre un homme marié et la femme d’un autre. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -_On demande_: Si une femme qui se livre au coït avec un autre homme, son -mari consentant, commet un adultère. - -_Réponse._ Quelques probabilistes se sont prononcés pour la négative; -ils ont au moins prétendu que dans ce cas il n’était pas nécessaire de -déclarer en confession la circonstance d’adultère. Mais Innocent XI a -condamné la proposition suivante: - -_L’union charnelle avec une femme mariée, du consentement du mari, ne -constitue pas un adultère; il suffit donc de dire en confession que l’on -a forniqué._ - -Cette décision du souverain pontife est basée sur une raison évidente. -En effet, le mari, par la force même du contrat et de la raison qui a -présidé à l’institution du mariage, a le droit de se servir de sa femme -selon l’ordre de la propagation de l’espèce, mais il ne peut ni la -céder, ni la prêter, ni la louer à un autre sous peine de pécher contre -l’essence du mariage; son consentement ne peut donc enlever en rien à la -malice de l’adultère. - - -ARTICLE CINQUIÈME - -DE L’INCESTE - -L’inceste est l’union charnelle entre parents par consanguinité ou par -alliance aux degrés prohibés. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Les théologiens ne sont pas d’accord sur le point de savoir s’il y a une -seule ou plusieurs espèces d’inceste. Un grand nombre prétendent qu’ils -sont de différentes espèces parce qu’il y a une malice spéciale dans -l’union charnelle entre parents par consanguinité qu’on ne trouve pas -lorsqu’elle a lieu entre parents par alliance. Lorsqu’il s’agit du coït -d’un fils avec sa mère ou d’un père avec sa fille l’inceste est encore -différent de l’inceste entre parents d’un degré plus éloigné de -consanguinité ou d’affinité. C’est ainsi que pense _Concina_ qui dit, T. -15, p. 282, que cette opinion est la plus ordinaire et la plus probable. - -Cependant l’opinion contraire nous paraît plus probable et plus -ordinaire; tous les incestes, en effet, sont contraires à la même vertu: -le respect dû à ses parents. Ils diffèrent donc par leur plus ou moins -de gravité, mais non par une malice particulière; ils sont de la même -espèce. - -Quoi qu’il en soit de cette controverse au point de vue spéculatif, il -est certain que l’obligation existe de déclarer en confession si -l’inceste a eu lieu entre parents par alliance ou par consanguinité, en -ligne directe ou collatérale et à quel degré: sans cela, la malice de -cet acte ne serait pas suffisamment dévoilée. A qui persuaderait-on, en -effet, que l’union charnelle d’un fils avec sa mère, d’un frère avec sa -sœur, etc., est suffisamment déclarée sous la dénomination générale -d’inceste? On doit donc déclarer les divers degrés auxquels le mariage -est prohibé. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -ARTICLE SIXIÈME - -DU SACRILÈGE - -Le sacrilège, en tant que péché de luxure, est la profanation d’une -chose sacrée par l’acte charnel. Il constitue, indubitablement, une -espèce de luxure à part, car, outre le péché contre la chasteté, il -renferme évidemment quelque chose de contraire au respect dû à Dieu. - -Par _chose sacrée_ on entend une personne consacrée à Dieu, un lieu -destiné au culte et tous autres objets spécialement consacrés. - -On entend par _lieu consacré au culte_ ou _lieu sacré_ celui que -l’autorité publique a destiné à la célébration des offices divins ou à -la sépulture des fidèles; tels sont les églises et les cimetières -bénits. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Tout acte vénérien accompli volontairement, même d’une manière cachée, -dans un lieu sacré, entraîne la malice du sacrilège, attendu, suivant -l’opinion générale, que c’est une irrévérence envers le lieu saint et -envers Dieu. - -Le lieu saint se trouverait souillé par la publicité de cet acte et par -l’écoulement de la matière séminale, quoiqu’elle ne fût pas répandue sur -le pavé. _Décret_, Tit. 68, ch. 3, et de la _Consécr._, Tit. 1, ch. -20.--Ce n’est cependant pas par la publicité que le lieu est souillé, -mais c’est par elle que la profanation est connue et l’usage en est -interdit jusqu’à la purification.--_Billuart_, T. 13, p. 404. - -Beaucoup d’auteurs prétendent que les regards, les baisers, les discours -déshonnêtes et les attouchements impurs dans le lieu sacré, même sans -danger prochain d’éjaculation, entraînent la malice du sacrilège, tant à -cause du respect dû à Dieu qu’à cause du danger d’éjaculation qui en est -inséparable. D’autres appuient l’opinion contraire sur l’axiome suivant: -Il ne faut pas aggraver ce qui a un caractère odieux. Et, d’ailleurs, -c’est seulement par l’écoulement de la matière séminale que le lieu -sacré se trouve souillé. Il résulte de cette diversité même d’opinions -entre les savants que la circonstance du lieu sacré doit être dévoilée, -surtout si l’acte est par trop honteux, comme de regarder ou de toucher -les parties vénériennes. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -L’union charnelle même légitime entre époux, accomplie sans nécessité -dans un lieu sacré, entraîne la malice du sacrilège; les auteurs -s’accordent généralement sur ce point. D’après _Dist._ 68, c. 3. Si -cependant cet acte est accompli dans le lieu sacré par pure nécessité, -comme lorsque deux époux y sont détenus en temps de guerre et qu’ils -sont en danger prochain d’incontinence s’ils ne pratiquent pas le coït, -le lieu n’est pas souillé et les époux ne pèchent pas, disent un grand -nombre de théologiens; car l’Église n’est pas censée prohiber un acte en -soi licite dans une pareille circonstance. - -Mais l’opinion la plus ordinaire, et nous la partageons, est que l’union -charnelle entre époux est, dans ce cas, illicite et sacrilège, parce -qu’il est impossible que la nécessité soit telle que l’Église fléchisse -sur la sévérité d’une loi qui a eu pour but le respect dû à Dieu. -Chacun, d’ailleurs, par la prière, le jeûne et autres moyens peut calmer -les aiguillons de la chair, comme il serait tenu de le faire si sa -_moitié_ était absente, malade ou décédée. C’est cette seule opinion -qu’il faut admettre dans la pratique. Voy. _Billuart_, T. 13, p. 406, et -_saint Liguori_, c. 3, nº 458. - -Par _choses sacrées_ on entend tous les objets autres que personnes et -lieux qui sont consacrés au culte divin, comme les ornements et les -vases sacrés. Il est certain que c’est un honteux sacrilège d’abuser de -ces choses pour commettre des actes honteux, comme de se servir -superstitieusement de l’eau bénite, des saintes huiles ou de -l’eucharistie dans un but de luxure, et d’en frotter les parties -sexuelles. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Le prêtre qui, en administrant les sacrements, en célébrant la sainte -messe, ou revêtu des ornements sacrés pour la célébrer, ou même en -descendant de l’autel, se procure une éjaculation volontaire ou se -délecte dans les plaisirs vénériens, ne peut être excusé d’un double -sacrilège. _Saint Liguori_, c. 3, nº 463. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -APPENDICE - -DES CLERCS QUI EXCITENT A DES PASSIONS HONTEUSES - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Plusieurs souverains pontifes ont ordonné aux pénitents que leurs -confesseurs porteraient à des actions déshonnêtes de les dénoncer au -tribunal de l’Inquisition ou aux évêques du lieu: nous citerons Paul IV, -6 avril 1564; Clément VIII, 3 décembre 1592, et Paul V, 1608. - -Enfin Benoît XIV, par sa constitution, le _Sacrement de pénitence_ du -1er juin 1741, ordonna: - -1º De dénoncer et de punir, selon les circonstances, tous ceux qui, en -confession ou à l’occasion de la confession, par paroles, signes, -mouvements, attouchement, écrits à lire, pendant ou après la confession, -auraient excité à des actions honteuses ou tenu des propos déshonnêtes; - -2º D’avertir les prêtres chargés d’entendre les confessions qu’ils sont -tenus d’exiger de leurs pénitents la dénonciation de ceux qui, de -quelque façon que ce soit, les auraient excités à des actions honteuses; - -3º Il défendit de dénoncer comme coupables les confesseurs innocents ou -de les faire dénoncer par d’autres et se réserva, pour lui et ses -successeurs, le cas d’une si exécrable turpitude, à moins que le -confesseur ne fût à l’article de la mort; - -4º Il déclara que les prêtres qui se seraient souillés d’un crime aussi -infâme ne pourraient jamais absoudre leurs complices, même en temps de -jubilé, à moins que ce ne fût à l’article de la mort et prononça -l’excommunication majeure réservée au Saint-Siège contre celui qui -oserait le faire. - -_Ces diverses constitutions pontificales n’ont jamais été publiées en -France, c’est pourquoi elles n’obligent pas strictement_, à moins de -statuts diocésains spéciaux. - - - - -CHAPITRE III - -DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE LUXURE CONSOMMÉE CONTRE NATURE. - - -La luxure consommée contre nature consiste dans l’effusion de la matière -séminale d’une façon contraire à la génération, soit en dehors de -l’union charnelle, soit dans cette union. - -On en compte trois espèces différentes: - -Les plaisirs voluptueux ou pollution; - -La sodomie; - -La bestialité. - - -ARTICLE PREMIER - -DE LA POLLUTION - -La pollution qu’on appelle aussi plaisir voluptueux ou incontinence -secrète consiste dans l’effusion de la semence en dehors de toute union -charnelle. - -La semence est une humeur ou sécrétion gluante que le Créateur a -destinée à la génération et à la conservation de l’espèce: elle diffère -donc essentiellement de l’urine qui est formée par la sécrétion des -aliments et que la nature, pour se soulager, rejette comme les -excréments. - -Il y a trois sortes de pollutions: - -1º La pollution simple et qualifiée; - -2º La pollution volontaire ou involontaire; - -3º La pollution volontaire en soi ou dans sa cause. - -La pollution est _simple_ quand il ne vient pas s’y ajouter une malice -étrangère, par exemple, lorsque quelqu’un dégagé de tout lien avec un -homme ou avec une femme trouve son plaisir dans la masturbation. - -On la dit _qualifiée_ lorsqu’à sa propre malice vient s’y ajouter une -autre, soit de la part de l’objet auquel on pense, soit de la part de -celui sur lequel on pratique ou de celui qui pratique la masturbation: - -1º La masturbation revêt la malice de l’adultère, de l’inceste, du -stupre, du sacrilège, de la bestialité ou de la sodomie, selon que celui -qui s’y adonne pense à une femme mariée, à sa parente, etc. Ainsi -commettrait un horrible sacrilège celui qui porterait des désirs de -concupiscence sur la bienheureuse Vierge en se livrant à la masturbation -devant sa statue; - -2º De la part de celui sur lequel on pratique la masturbation, s’il est -marié ou consacré à Dieu par un vœu ou par les ordres sacrés; - -3º De la part de celui qui pratique la masturbation, si, par exemple, -c’est un religieux ou un prêtre. - -Toutes ces circonstances doivent nécessairement être dévoilées en -confession parce qu’elles changent la nature du péché. - -La pollution volontaire est celle qu’on pratique directement ou dont on -recherche volontairement la cause. Elle est involontaire lorsqu’elle se -produit sans la coopération de la volonté soit à l’état de veille, soit -pendant le sommeil. - -Comme la pollution tout à fait involontaire ne peut être un péché, nous -n’en parlerons pas ici, en tant que péché. - -C’est pourquoi nous traiterons: - -1º De la pollution volontaire en soi; - -2º De la pollution volontaire dans sa cause; - -3º De la pollution nocturne; - -4º Des mouvements désordonnés; - -5º De la conduite des confesseurs à l’égard de ceux qui ont l’habitude -de se livrer à la pollution. - - -§ I - -DE LA POLLUTION VOLONTAIRE EN SOI. - -Plusieurs probabilistes ont prétendu, avec _Caramuel_, que la -masturbation n’était pas défendue par la loi naturelle; que l’éjection -de la semence pouvait être comparée à un excès de sang, de lait, d’urine -et de sucre et que, par conséquent, si ce n’étaient les prohibitions de -la loi positive, il serait permis de provoquer l’éjaculation comme utile -à la santé toutes les fois que la nature le demanderait. En cela ils -sont contraires à l’opinion de tous les théologiens. - -PROPOSITION.--_La masturbation considérée en elle-même est un grave -péché contre nature._ - -Cette proposition est conforme à l’Écriture sainte, à l’autorité -d’Innocent XI, à l’opinion unanime des théologiens et de la raison. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Il a été certainement dans l’esprit du Créateur d’affecter la semence -humaine et l’acte vénérien tout entier à la procréation et à la -perpétuité de l’espèce. S’il était permis de se livrer une fois à la -masturbation, il n’y aurait pas de raison pour n’y pas revenir, et c’est -ce qu’on ne peut admettre. De plus, on est exposé par le plaisir qui est -inséparable de la masturbation, au danger d’en contracter l’habitude; et -nous établirons plus loin que c’est une grave faute de se livrer à la -masturbation à cause des fâcheux résultats qu’elle entraîne... - -... D’où on doit conclure, qu’il n’est jamais permis de provoquer -directement l’éjaculation même quand il s’agit de conserver la santé ou -la vie, car, pratiquée même dans ce but, la fornication est un acte -illicite; et la comparaison faite par Caramuel de la semence humaine -avec le sang, le lait, l’urine et la sueur, n’a pas de valeur, puisque -la destination de l’une est tout à fait différente de celle des autres. -On ne doit pas non plus se baser sur ce qu’il est quelquefois permis de -pratiquer la saignée ou d’amputer un membre et même les vases -spermatiques,--le phallus et les testicules,--car le sang et les membres -sont subordonnés à la santé de l’individu et peuvent être enlevés dans -le but de lui conserver la vie; le sperme, au contraire, n’a pas été -créé en faveur de l’individu mais bien pour la conservation de l’espèce. -Du reste, une saignée ou une amputation ne peuvent entraîner aucun -danger, et on ne saurait en dire autant de la masturbation. - - -§ II - -DE LA POLLUTION VOLONTAIRE DANS SA CAUSE. - -On distingue ordinairement deux causes de pollution: une prochaine et -une éloignée. Les causes prochaines tendent par elles-mêmes à -l’éjaculation, comme les attouchements des parties génitales sur soi ou -sur autrui, les regards que l’on porte sur elles, les paroles obscènes -ou amoureuses, et les pensées honteuses. - -Les causes éloignées influent d’une manière moins directe sur la -pollution: ce sont les excès dans le boire et le manger, l’étude des -questions vénériennes, la confession, etc. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Il est certain: - -1º Que celui qui, volontairement, même pour un instant, sans intention -et pour une cause accidentelle se complaît dans la masturbation, pèche -mortellement. C’est ce que personne ne niera. - -2º Il en est de même de celui qui fait une action influant directement -sur l’éjaculation, en touchant ou regardant amoureusement sur soi ou sur -autrui les parties qui doivent rester voilées et qui paraît désirer -l’éjaculation qui peut en résulter, ne chercherait-il pas à la -provoquer; c’est de toute évidence. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -3º En cas de grave nécessité, l’action qui tend à un but légitime ne -fournit pas matière à pécher... Ainsi ne pèche pas le chirurgien qui, -pour guérir une infirmité ou faire un accouchement, touche ou regarde -les parties pudiques d’une femme et qui, à cette occasion, éprouve les -effets de la masturbation, pourvu cependant qu’il n’y consente pas, -s’exposerait-il même au danger du consentement. Mais, il serait obligé -de renoncer à son art s’il tombait fréquemment dans ce danger; car la -nécessité de son propre salut doit l’emporter sur toutes les autres. - -4º Ne pèche pas celui qui, pour son utilité ou celle d’autrui, fait une -action qu’il sait être de nature à amener l’éjaculation... Aussi, est-il -permis d’étudier, dans un but honnête, les _choses_ vénériennes, -d’entendre les confessions de femmes, de converser avec elles d’une -manière utile et honnête, de leur rendre visite et de les embrasser à la -manière des parents... - -5º On pèche mortellement en faisant une action véniellement mauvaise si -elle influe sur la pollution d’une manière prochaine: cela résulte de ce -qui vient d’être dit. Ainsi, celui qui est trop sensible aux aiguillons -de la chair, qui éjacule lorsque ses regards se portent sur certaines -parties du corps d’une femme, ou lorsqu’il touche ses mains ou s’il -presse ses doigts, ou s’il cause avec elle ou quand il l’embrasse d’une -manière honnête mais sans motif, ou lorsqu’il assiste à des bals, -celui-là devra s’abstenir de ces actions sous peine de péché mortel. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -§ III - -DE LA POLLUTION NOCTURNE - -Par pollution nocturne on entend l’éjaculation qui se produit pendant le -sommeil. Si le sommeil est imparfait, l’éjaculation peut être -semi-volontaire, et le péché, par conséquent, véniel. L’éjaculation -n’étant nullement volontaire dans le sommeil parfait ne peut entraîner -de péché; car, dans ce cas, elle ne peut être mauvaise que dans sa -cause. - -Il est certain que celui ou celle qui a préparé une cause dans -l’intention de provoquer l’éjaculation pendant le sommeil, en prenant -certaines positions dans son lit, ou par des attouchements voluptueux, -ou par des lectures de roman, pèche mortellement. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -_On demande_: 1º Ce que doit faire celui qui, en s’éveillant, s’aperçoit -qu’il est sur le point d’éjaculer? - -_Réponse._ Il doit élever son esprit vers Dieu, l’invoquer, faire le -signe de la croix, s’abstenir de provoquer l’écoulement de la semence, -renoncer au plaisir voluptueux; pourvu qu’il agisse ainsi, il peut se -considérer comme exempt de péché, et il n’est pas tenu de contenir -l’impétuosité de la nature; car déjà la sécrétion des humeurs s’est -faite dans les vases spermatiques; il est nécessaire que l’éjaculation -se fasse immédiatement ou plus tard, sans quoi le sperme venu des reins -se corromprait au détriment de la santé. - -_On demande_: 2º S’il est permis de se réjouir de l’éjaculation -lorsqu’elle se produit dégagée de tout péché, en tant qu’elle décharge -la nature, ou de la désirer à ce point de vue? - -_Réponse._ Les auteurs enseignent généralement qu’il est permis de se -réjouir des bons effets de la pollution involontaire qui se produit soit -pendant le sommeil, soit pendant la veille. Car, sous ce rapport, elle -opère un bon résultat. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -_On demande_: 3º Ce que l’on doit penser de la _distillation du sperme_? - -_Réponse._--La distillation est l’écoulement qui se fait goutte à -goutte, et sans mouvements de concupiscence, d’une semence imparfaite ou -autre humeur muqueuse. Si elle se produit sans plaisir vénérien, comme -il arrive quelquefois à cause de la faiblesse des organes ou des -chatouillements provenant d’un prurit insupportable, il ne faut pas, -disent _Cajetan_ et les théologiens en général, s’en occuper plus que de -la sueur. - - -§ IV - -DES MOUVEMENTS DÉSORDONNÉS - -Ces mouvements consistent en certaines commotions des parties génitales -qui disposent plus ou moins à l’éjaculation; ils peuvent être graves ou -légers; graves lorsqu’ils sont accompagnés d’un danger prochain -d’éjaculation; légers dans le cas contraire. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -_On demande_: Si celui qui reste indifférent aux mouvements voluptueux -qui se produisent en dehors de sa volonté, qui ne les approuve ni ne les -désapprouve, commet un péché et quelle en est la gravité? - -_Réponse._ Tout le monde est d’accord pour reconnaître qu’une pareille -indifférence est un péché véniel, car l’esprit est tenu d’éprouver de la -répugnance pour les mouvements voluptueux désordonnés. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -§ V - -DE LA CONDUITE DES CONFESSEURS A L’ÉGARD DE CEUX QUI SE LIVRENT A LA -MASTURBATION - -Il n’y a pas de vice plus nuisible sous tous les rapports aux jeunes -gens et aux jeunes filles que l’habitude de se livrer à la pollution, -c’est-à-dire, de se masturber. - -En effet, ceux qui ont pris cette mauvaise habitude tombent dans -l’endurcissement, l’hébétement, le dégoût de la vertu et le mépris de la -religion. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Voici le moyen pour le confesseur de découvrir si son pénitent se livre -à la masturbation: d’abord interroger le pénitent sur les pensées, les -paroles déshonnêtes, les nudités devant d’autres personnes et les -attouchements sur soi ou sur d’autres, ou ce qu’il a permis à d’autres -de lui faire. S’il n’est pas encore arrivé à l’âge de puberté, il ne -doit pas être interrogé sur la masturbation; car il n’est pas probable -qu’il l’ait pratiquée, à moins qu’il ne paraisse très corrompu. Mais -s’il est pubère, qu’il ait pratiqué des attouchements impudiques avec -d’autres personnes et surtout qu’il ait couché avec des enfants plus -âgés que lui, il est moralement certain qu’il y a eu éjaculation, et il -est suffisamment clair que la masturbation s’est faite. - -Le confesseur peut cependant dire prudemment: - -_Avez-vous ressenti des mouvements dans le corps (ou dans la -chair)?--Avez-vous éprouvé dans les parties secrètes une agréable -délectation après laquelle les mouvements se sont calmés?_ - -Si le pénitent répond oui, il est raisonnable de penser qu’il s’est -masturbé; car les mouvements violents suivis d’un plaisir semblable -indiquent d’une manière certaine que l’éjaculation s’est produite, qu’il -s’agisse de l’un ou de l’autre sexe. - -L’écoulement est toujours extérieur chez les mâles; mais l’éjaculation -ne se produit pas de la même manière chez les femmes, puisqu’il est -probable aujourd’hui que les femmes ne répandent pas de sperme. -Cependant, à la suite de mouvements désordonnés, il y a souvent -écoulement intérieur, et rarement extérieur, d’une espèce d’humeur -muqueuse. Pendant que cet écoulement a lieu, se produisent des -sensations extrêmement agréables, qu’on désigne plus particulièrement -sous le nom de _jouissance_. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -ARTICLE DEUXIÈME - -DE LA SODOMIE - -Saint Thomas, 2. 2, q. 154, art. 11, définit ainsi cette monstrueuse -corruption qui tire son nom des habitants de Sodome: _Accouplement entre -deux personnes du même sexe, par exemple d’un homme avec un homme, ou -d’une femme avec une femme_. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Peu importe le _vase_ dans lequel pratiquent le coït, les mâles entre -eux ou les femmes entre elles, que ce soit dans le vase de devant ou -dans celui de derrière,--dans la matrice ou dans l’anus--ou sur une -autre partie du corps, puisque la malice de la sodomie consiste dans -l’affection pour le sexe _interdit_, et que, dans son genre, elle est -complète, par l’application en manière d’union charnelle, des parties -génitales sur une partie du corps d’une personne du même sexe. Il n’y a -cependant pas sodomie, parce qu’il n’y a pas union charnelle, lorsqu’on -applique seulement les mains, les pieds ou la bouche sur les parties -génitales d’un autre,--homme ou femme--l’éjaculation se produirait-elle -des deux côtés. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Il y a une autre espèce de sodomie qui consiste dans l’union charnelle -entre personnes de différents sexes, mais hors du _vase_ naturel: dans -la partie de derrière, c’est-à-dire dans l’anus, ou dans la bouche, -entre les seins, entre les jambes ou les cuisses, etc. Quoique ce genre -d’infamie ne tombe pas sous les peines portées contre la sodomie -proprement dite, il n’en est pas moins certain que cet acte contre -nature constitue un crime énorme et, dans notre diocèse, c’est un cas -réservé. - - -ARTICLE TROISIÈME - -DE LA BESTIALITÉ - -La bestialité résulte de l’accomplissement des actes vénériens avec des -êtres appartenant à l’animalité, c’est-à-dire avec des animaux, des -bêtes. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Quelle que soit l’espèce à laquelle appartienne l’animal, le péché ne -change pas de nature, et la différence des sexes ne l’aggrave pas -beaucoup, parce que sa malice vient de ce qu’il est contre nature. Il -n’est donc pas nécessaire de faire connaître en confession l’espèce, le -sexe et les autres qualités des bêtes, mais il faut dire si le péché a -été accompli par l’écoulement de la semence ou s’il y a eu seulement -essai. Dans notre diocèse, l’un et l’autre de ces cas sont réservés. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - - - -CHAPITRE IV - -DES PÉCHÉS DE LUXURE NON CONSOMMÉE - - -La luxure non consommée est celle qui n’arrive pas jusqu’à l’écoulement -de la semence. A cette espèce se rapportent: la délectation _morose_ ou -contemplative, les baisers, les attouchements et regards impudiques, la -parure des femmes, les peintures et sculptures indécentes, les paroles -déshonnêtes, les danses, bals et spectacles. Nous traiterons rapidement -ces divers sujets au point de vue pratique. - - -ARTICLE PREMIER - -DE LA DÉLECTATION MOROSE - -Sous ce titre sont comprises toutes les pensées mauvaises en fait de -luxure, à savoir: le désir, le plaisir et la délectation morose ou -contemplative. - -Le désir est un acte de la volonté qui a pour objet une action mauvaise -comme la fornication, ou qui a pour but d’arriver à l’accomplissement de -cette action. - -Le plaisir, au contraire, se rapporte au passé: c’est la délectation -dans le souvenir d’une mauvaise action, comme, par exemple, quand on -évoque le souvenir d’un acte charnel déjà accompli, ou de mauvais propos -qui ont été tenus. - -La fornication morose ou contemplative n’est autre chose que le -ressouvenir d’une action mauvaise que l’imagination nous représente -comme réelle, mais sans désir de l’accomplir; par exemple, lorsqu’on -s’imagine qu’on se livre à la fornication. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -_On demande_: s’il est permis aux personnes mariées et veuves de prendre -plaisir à la pensée de l’acte charnel--le coït--à venir ou passé? - -_Réponse_: 1º Les fiancés et les veufs ne pèchent pas en pensant que le -plaisir est attaché à ces actes, ni en prévoyant qu’ils éprouveront ce -plaisir ou en se souvenant qu’ils l’ont éprouvé; car il est évident que -cette notion n’est pas le plaisir dans l’acte vénérien. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -_Réponse_: 2º Pèchent mortellement les personnes fiancées, ou les -personnes veuves, qui donnent leur consentement à la délectation -charnelle que produit en elles la prévision de l’acte futur ou le -souvenir de l’acte passé; car elles se figurent l’acte charnel comme -s’accomplissant actuellement et elles y prennent volontairement plaisir. -Or, l’acte charnel s’accomplissant actuellement est, à leur égard, une -fornication, puisqu’elles ne sont pas mariées. - -_Réponse_: 3º L’époux qui, en l’absence de son épouse, prend plaisir à -l’acte charnel comme s’accomplissant actuellement, commet probablement -un péché mortel, surtout si les esprits génitaux en sont gravement -agités, non pas précisément parce qu’il consent à une chose qui lui est -défendue, mais parce qu’il s’expose ordinairement à un grave danger -d’éjaculation. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -ARTICLE DEUXIÈME - -DES BAISERS, DES ATTOUCHEMENTS, DES REGARDS IMPUDIQUES ET DE LA PARURE -DES FEMMES - -Nous ferons observer qu’il ne s’agit pas ici des baisers, attouchements, -etc., entre personnes mariées, mais entre personnes libres: nous -parlerons ailleurs des personnes mariées. - - -§ I - -DES BAISERS - -1º Les baisers sur les parties honnêtes du corps, comme la main et la -joue, ne sont pas mauvais de leur nature, même entre personnes de sexe -différent: cela est conforme à l’opinion générale et à la pratique -partout admise dans le monde. - -D’où il suit: 1º Qu’on ne trouve aucune espèce de mal dans les baisers -que les enfants incapables de passions sont dans l’habitude d’échanger. - -2º Qu’il n’y a pas de péché dans les baisers que donnent aux enfants qui -leur sont confiés les mères, les nourrices, etc. - -3º Ni, ordinairement du moins, dans ceux que d’autres personnes, hommes -ou femmes, donnent aux enfants en bas âge de l’un ou l’autre sexe. - -4º Les baisers même honnêtes, motivés par la passion, donnés ou reçus, -entre personnes du même sexe ou de sexe différent, sont des péchés -mortels. Mais les baisers sur les parties inusitées du corps, par -exemple sur la poitrine, sur les seins, ou à la mode des colombes en -introduisant la langue dans la bouche d’une autre personne, sont -présumés avoir la passion pour mobile, ou du moins mettent dans un grave -danger d’y succomber et pour cette raison, ne peuvent être excusés de -péché mortel. - -5º Il est certain qu’on doit regarder comme péchés mortels les baisers, -mêmes honnêtes, qui mettent dans le danger prochain de pollution ou de -mouvements de violente passion, à moins que, par hasard, il n’y ait de -graves raisons de les donner ou de les permettre; car c’est pécher -mortellement que de s’exposer au danger sans nécessité. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -§ II - -DES ATTOUCHEMENTS IMPUDIQUES - -1º Je suppose des attouchements faits sur soi ou sur d’autres sans -intentions lubriques; car alors ce seraient des péchés mortels. - -2º Si ces attouchements sont faits par pure nécessité, comme pour -soigner des infirmités, ce ne sont nullement des péchés, mettraient-ils -en mouvement les esprits génitaux et exciteraient-ils la pollution, -pourvu qu’il n’y ait pas consentement; cela résulte de ce que nous avons -dit plus haut en parlant de la pollution. - -3º On ne saurait excuser du péché mortel ceux qui, sans cause légitime, -se livrent à des attouchements honteux sur des personnes de l’un ou -l’autre sexe, à cause du danger évident de la commotion des esprits et -de la pollution. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -4º Une femme pécherait mortellement si, même sans être dominée par la -passion, elle permettait des attouchements sur ses parties pudiques ou -sur celles qui les avoisinent, sur les cuisses ou bien sur les seins; -car alors elle s’exposerait évidemment au danger vénérien et -participerait, en plus, à la passion d’autrui; elle devrait repousser -aussitôt l’agresseur, le réprimander, le frapper, repousser violemment -la main, le fuir ou crier si elle pouvait compter sur du secours. -_Billuart_, t. 13, p. 473. - -5º Celui qui se complaît _sans motif_ dans les attouchements des parties -vénériennes commet un péché véniel ou mortel, suivant le danger qu’il -court de ne pas s’arrêter là. En effet, le danger n’est pas le même pour -tout le monde; chez beaucoup de personnes, les sens sont ébranlés par -les moindres attouchements qui les mettent dans le danger prochain de -pollution; d’autres ont l’insensibilité du bois et de la pierre. Ces -derniers, donc, ne sont point tenus à une aussi grande vigilance que -ceux qui sont plus portés aux actes vénériens. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -6º On ne doit pas regarder comme constituant des péchés mortels les -attouchements faits, en jouant ou par légèreté, sur les parties honnêtes -d’une autre personne, soit du même sexe, soit de sexe différent, -lorsqu’il n’y a pas grave danger d’exciter les passions. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Mais au contraire, le jeune homme qui attire une jeune fille sur ses -genoux, l’y retient assise ou l’étreint en l’embrassant, commet, du -moins ordinairement, un péché mortel, et on ne peut pas davantage -excuser d’un semblable péché la femme qui s’y prête volontiers. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -7º C’est un péché mortel, rentrant dans la catégorie de la bestialité, -de toucher, d’une manière lascive, les parties génitales des animaux. -C’est encore un péché mortel de les manier par curiosité, par -plaisanterie ou légèreté, jusqu’à l’écoulement de la semence, non pas à -cause de la déperdition de la semence de la bête, mais parce que cette -action excite fortement les passions de celui qui s’y livre. Voy. _S. -Liguori, l. 3, nº 420_, _Collet_, _Billuart_ et beaucoup d’autres. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -§ III - -DES REGARDS IMPUDIQUES - -L’expérience prouve que les regards influent moins sur l’acte vénérien -que les attouchements; il est certain cependant que ce sont très souvent -des péchés mortels ou véniels, suivant l’intention, le consentement ou -le danger qui en résulte. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Ne pèchent peut-être pas mortellement, même ceux ou celles qui se -regardent entre eux à l’état de nudité et qui n’ont pas atteint l’âge de -puberté, parce que de pareilles passions n’existent pas encore chez eux. -On devrait autrement décider s’ils couraient un grave danger. - -Pèche mortellement celui qui se complaît à regarder ses propres parties -pudiques, car il est presque impossible que ces regards ne fassent pas -naître chez lui des mouvements lubriques. Il en serait autrement s’il -les regardait par pure curiosité, et surtout s’il y avait lieu de -présumer qu’il n’a pas couru un grave danger. Il n’y aurait pas de péché -si, tout danger de lubricité écarté d’ailleurs, ces regards étaient -nécessaires ou utiles. - -C’est un péché mortel de regarder complaisamment--_morosè_--les seins -nus d’une belle femme, à cause du danger inséparable de ces regards. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Ce n’est pas un péché mortel de regarder, par simple curiosité, les -parties génitales des animaux ou d’assister à leur coït; car il n’en -résulte pas, d’ordinaire, un grave danger. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -§ IV - -DE LA PARURE DES FEMMES - -_S. Thomas, 22, q. 169, art. 2_, _Sylvius, t. 3, p. 871_, _Pontas_, -_Collet_, _Billuart_, _etc._, donnent un traité spécial sur la parure -des femmes. - -Les soins du corps peuvent être étudiés sous un quadruple point de vue: - -1º Le protéger contre les injures de l’air; - -2º Couvrir les parties pudiques; - -3º Conserver, selon la mode, la décence qui convient à son état; - -4º Augmenter sa beauté et plaire à autrui. - -Les premier et deuxième aspects de la question sont nécessaires; le -troisième est convenable et licite, car il est conforme à la raison que -chacun conserve, selon la mode, la décence qui convient à son état. Nous -parlerons donc de la parure considérée du quatrième point de vue. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -C’est évidemment un péché mortel de prendre les vêtements d’un autre -sexe avec des intentions ou grave danger de lubricité, ou lorsqu’il en -résulte un grand scandale. Il n’y a point de péché lorsqu’on les prend -par nécessité, par exemple, pour se cacher ou parce qu’on n’en a pas -d’autres, pourvu qu’il n’en résulte ni scandale ni danger. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Ceux qui, dans les réunions publiques, portent des vêtements étrangers -et bizarres et des masques peuvent rarement être excusés de péché mortel -à cause de l’inconvenance, du danger et du scandale qui en résultent. -Sont également coupables de péché mortel ceux qui confectionnent ou -vendent ces vêtements ou ces masques pour servir uniquement à un pareil -usage. Il n’en est pas ainsi de ceux qui regardent les personnes -masquées et s’en amusent, à moins que sous un autre rapport, comme -clercs par exemple, ils ne donnent matière à scandale. - -8º C’est un péché mortel, pour une femme, de se découvrir les seins ou -de les laisser voir sous une étoffe trop transparente; car c’est là une -grave provocation à la lubricité, dit Sylvius, _t. 3, p. 872_. Par -contre, ce n’est pas un péché mortel de découvrir un peu la gorge en se -conformant à la mode, lorsque c’est sans mauvaises intentions et qu’il -n’en résulte aucun danger; c’est la décision de _S. Antoine_, de -_Sylvius_, de _S. Liguori, l. 2, nº 55_, etc. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -ARTICLE TROISIÈME - -DES DISCOURS DÉSHONNÊTES, DES LIVRES OBSCÈNES, DES DANSES OU DES BALS ET -DES SPECTACLES - - -§ I - -DES DISCOURS DÉSHONNÊTES - -Les discours déshonnêtes de leur nature ne sont pas mauvais en soi comme -le prouve l’exemple des médecins, des théologiens, des confesseurs, -etc., qui, sans pécher, peuvent traiter les sujets honteux. - -Il y a péché mortel, au contraire, dans toute parole obscène et dans de -simples équivoques lancées dans un but de lubricité ou de délectation -charnelle volontaire, ou bien faisant courir à soi-même ou aux autres un -grave danger de consentement. Bien plus, ces péchés s’aggravent en -raison du nombre de personnes qui écoutent et auxquelles ils sont -nuisibles. Cela est de toute évidence, d’après ce que nous venons de -dire. - -Ce serait, par conséquent, un péché mortel de parler d’une manière -gravement obscène, de prononcer le nom des parties pudiques de l’autre -sexe, de parler du coït et des modes du coït, le ferait-on sans -délectation, par légèreté, pour exciter le rire: car ces propos sont de -nature à provoquer des mouvements lubriques, _surtout_ chez les -personnes _non mariées_ et encore jeunes, selon ces paroles de _S. Paul_ -aux _Corinth._, I, _Épit. 15_, 33: _Les mauvais discours corrompent les -bonnes mœurs._ - -Ce n’est pas un péché mortel de tenir des discours légèrement obscènes -et équivoques sous le frivole prétexte du besoin de parler, ou de les -tenir en plaisantant, à moins que ceux qui les entendent ne soient assez -faibles pour en être scandalisés. - -Les entretiens sur des sujets voluptueux, dans des lieux écartés, entre -des personnes de sexe différent, surtout s’ils se prolongent et se -répètent souvent, sont très dangereux et le signe du naufrage prochain -de la chasteté; on doit donc les éviter avec soin quoiqu’on ne puisse -pas toujours les considérer comme des péchés mortels. - -Les jeunes confesseurs doivent éviter, avec le plus grand soin d’exciter -une trop vive sensibilité chez les jeunes filles ou les femmes et de -s’en faire aimer. - -Nous conseillons surtout aux jeunes confesseurs de ne jamais retenir les -jeunes femmes auprès d’eux, de ne pas les visiter, de ne pas parler -familièrement avec elles, et, à plus forte raison de ne pas les -embrasser et de ne pas les introduire dans leur chambre. - - - - -SUPPLÉMENT AU TRAITÉ DU MARIAGE - - -Il existe des questions nombreuses d’une grave importance et sur -lesquelles on est appelé à se prononcer chaque jour, concernant le -traité du mariage, et que la prudence ne permet pas d’exposer dans un -cours public de théologie. Les prêtres qui sont à la veille d’être -revêtus des redoutables fonctions de directeur des âmes ne devant pas -ignorer ces questions, nous avons l’habitude de les exposer et de les -développer devant nos diacres. On peut ramener ces questions à deux -principales, savoir: - -1º De l’empêchement par impuissance; - -2º Du devoir conjugal. - - - - -PREMIÈRE QUESTION - -DE L’EMPÊCHEMENT PAR IMPUISSANCE - - -L’essence du mariage est l’acte charnel consommé et accompli--le -_coït_.--Le mariage est consommé par l’écoulement de la semence de -l’homme, ou _sperme_, dans le vase naturel de la femme--le vagin--ou par -l’accouplement de l’homme et de la femme,--le membre viril introduit -dans la matrice--de telle manière qu’ils ne forment qu’une seule et même -chair, selon ces paroles de la Genèse: _Et ils seront deux dans une même -chair._ - -Toutes les fois que le membre viril devenu rigide a pénétré dans le -vagin, et que l’écoulement de la semence de l’homme a eu lieu, le -mariage est réputé consommé, abstraction faite d’un écoulement analogue -chez la femme, chose que d’ailleurs on ne peut pas reconnaître -positivement et qui, d’après beaucoup de personnes, n’est absolument -nécessaire ni à la conception ni à l’accomplissement de l’acte conjugal. -L’impuissance n’est donc pas autre chose que l’impossibilité de -consommer le mariage dans les conditions plus haut exposées. - -Par conséquent, ceux qui n’ont qu’un testicule ne sont pas impuissants, -car ils peuvent introduire leur membre dans le vagin d’une femme et -répandre la semence prolifique. On ne doit pas non plus regarder comme -impuissants les vieillards même décrépits. On a vu, en effet, des -centenaires avoir des enfants de leur commerce avec de très jeunes -filles. - -Les femmes stériles ne sont pas, pour ce motif, impuissantes; car il -peut arriver que l’introduction du membre viril ait lieu et qu’elles -reçoivent la semence de l’homme sans la retenir ou que toute autre cause -les empêche de concevoir. Lorsque l’écoulement de la semence a lieu dans -le vase naturel,--c’est-à-dire dans la matrice,--l’acte conjugal est -accompli et l’impuissance n’existe pas, quoique, par suite de -circonstances accidentelles, la conception n’ait pas lieu. Sont au -contraire réellement impuissants les vieillards trop faibles pour -introduire leur membre dans le vagin d’une femme, ou tellement décrépits -que, chez eux, l’éjaculation ne puisse plus se manifester. Il en est de -même de ceux auxquels manquent les deux testicules ou qui, par accident, -ont eu les testicules broyés, parce qu’ils ne peuvent produire la -semence prolifique. - -On constate plusieurs espèces d’impuissance: - -L’impuissance naturelle est celle qui provient d’une cause naturelle et -intrinsèque; chez l’homme, par exemple, une froideur invincible qui -s’oppose à une érection suffisante, une trop grande surexcitation qui -occasionne l’écoulement de la semence avant que l’acte charnel ait pu -s’accomplir, ou bien l’absence de la verge ou des testicules; chez la -femme, le rétrécissement des parties génitales, qui s’oppose à -l’introduction du membre viril, ce qui se rencontre chez beaucoup de -femmes. - -L’impuissance absolue est celle qui rend une personne impuissante à -l’égard de toute autre; c’est le cas d’un homme privé de ses deux -testicules ou qui est d’un tempérament absolument froid. - -L’impuissance relative diffère de l’impuissance absolue en ce qu’elle se -rapporte à telle ou telle personne et non à la généralité; une femme, -par exemple, peut avoir le vagin trop étroit pour le membre viril de son -mari et non pour celui d’un autre homme; enfin, un homme peut se trouver -sous l’influence d’un maléfice ou éprouver de la froideur pour une jeune -fille et non pour une autre. - -L’impuissance perpétuelle est celle dont on ne guérit pas avec le temps, -pour laquelle se trouvent sans effet les remèdes naturels et licites. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -_On demande_: Si un homme et une femme, bien instruits de leur commune -impuissance ou de celle de l’un d’eux, peuvent contracter mariage avec -l’intention de se prêter un mutuel secours et de rester toujours dans la -chasteté. - -_Réponse_: _Sanchez, l. 7. disp. 97, nº 13_, et beaucoup d’autres -théologiens qu’il cite affirment que le mariage est licite dans ce cas, -et ils appuient leur opinion des preuves suivantes: ceux qui ont -contracté mariage, quoique atteints d’une pareille infirmité, peuvent -habiter ensemble comme frère et sœur, en évitant le danger de tomber -dans le péché; si donc ils pensent raisonnablement que ce danger n’est -pas à craindre, ils peuvent s’épouser en vue de s’aider mutuellement, -malgré la connaissance qu’ils ont de leur impuissance. C’est ainsi que -la bienheureuse Vierge et S. Joseph contractèrent un vrai mariage avec -l’intention formelle de se conserver chastes et de ne pas user du coït. - -_On demande_: Ce que doit faire une femme qui sait positivement que son -mari est impuissant et qui a un enfant des œuvres d’un autre homme, -lorsque son mari, qui se croit le père de cet enfant, veut user de ses -droits conjugaux. - -_Réponse_: Il faut d’abord s’assurer si la femme ne considère pas comme -certaine une impuissance qui est tout au plus douteuse; mais en -supposant que l’impuissance soit certaine, elle ne doit autoriser aucune -licence, devrait-elle s’exposer à de grands désagréments en repoussant -son mari, car elle ferait des actes intrinsèquement mauvais; dans cette -fâcheuse hypothèse, elle doit s’y prendre de son mieux pour persuader à -son mari qu’il doit, dorénavant, vivre dans la continence sous prétexte, -par exemple, qu’il est vieux ou qu’un seul enfant suffit à leur bonheur, -et en affirmant qu’elle a en horreur l’acte conjugal, etc. Si un jour le -mari vient à partager cette manière de voir, elle pourra lui parler en -ces termes: _Afin de ne pas succomber à la tentation et pour ne pas être -détournés de notre résolution, faisons ensemble vœu de continence -perpétuelle._ Si le mari consent à faire ce vœu, la femme pourra se -considérer comme étant à l’abri de nouvelles sollicitations; elle pourra -repousser ses caresses, s’il voulait encore user des licences -conjugales, et cela sans donner lieu à aucun soupçon de sa part; elle -donnera pour prétexte à ses refus leur double vœu. La femme ne doit pas -oublier qu’elle est tenue de réparer le préjudice qu’elle a causé à son -mari ou à ses héritiers, en introduisant un bâtard dans la famille, -ainsi que nous l’avons dit dans le traité de la restitution. - -_On demande_: quelle est la conduite à tenir lorsqu’on ne sait pas d’une -manière positive si l’impuissance est temporaire ou si elle est -perpétuelle. - -_Réponse_: Il s’agit de l’impuissance naturelle et intrinsèque ou bien -de l’impuissance par maléfices. Dans le premier cas, à moins qu’il ne -s’agisse d’un défaut de conformation ou de l’absence d’une partie -essentielle des organes de la génération, il appartient uniquement aux -médecins de se prononcer sur la nature et la durée de cette impuissance, -dont les signes principaux sont chez l’homme: - -1º La difformité des parties génitales, de la verge, par exemple son -volume trop grand ou trop petit; - -2º Une insensibilité absolue mettant empêchement à l’écoulement de la -semence prolifique; - -3º Une aversion naturelle pour tout commerce charnel et pour tout acte -vénérien; - -4º Une mauvaise conformation des testicules. - -Cette impuissance se reconnaît chez la femme: - -1º Lorsque l’utérus ou vagin est trop étroit ou complètement fermé; - -2º Lorsqu’il est mal placé ou que la matrice se trouve dans une position -anormale. - -Les canonistes, et surtout les évêques, ont à se prononcer sur -l’impuissance qui provient des maléfices et qu’on reconnaît à certains -indices: - -1º Lorsque la femme, qui d’ailleurs aime son mari, ne peut supporter son -approche croyant qu’il ne pourra pas se livrer avec elle à l’acte -conjugal; - -2º Lorsque deux époux, au moment de se livrer au coït, sont subitement -pris d’une haine violente l’un pour l’autre, quoiqu’ils s’aiment -d’ailleurs; - -3º Lorsqu’un mari, qui n’est pas impuissant avec les autres femmes, ne -peut accomplir le coït avec la sienne, quoiqu’elle n’ait pas le vagin -trop étroit et qu’elle n’oppose pas de résistance à l’accomplissement de -l’acte conjugal. - -Quoi qu’en disent certaines personnes dont _l’opinion_--suivant St -Thomas, _Suppl., q. 58, art. 2_--_a sa source dans l’infidélité ou -l’incrédulité_, il est certain que l’impuissance peut provenir d’un -maléfice. C’est ce que supposent de nombreux conciles et presque tous -les rituels, et c’est ce que reconnaissent tous les théologiens. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -_On demande_: Quelles sont les précautions dont le confesseur doit user -à l’égard des époux et quels sont les conseils qu’il doit leur donner. - -Il doit examiner avec une extrême attention si l’impuissance, qu’on -attribue à une cause naturelle, ne provient pas d’un excès de passion ou -d’autres causes dont on peut prévenir les effets; car alors il faudrait -employer des remèdes naturels pour combattre l’impuissance; les médecins -indiquent et prescrivent certains remèdes pour cet objet. Il existe -plusieurs causes naturelles qui éloignent l’homme du coït et qu’on peut -faire disparaître avec ou sans le secours des médecins, par exemple la -difformité de la femme, son haleine puante, la négligence dans ses -vêtements et sa toilette, le dégoût qu’elle inspire à son mari, le -mépris dont elle est l’objet, etc. En effet, la beauté et les autres -qualités qui rendent une femme aimable sont des excitants très puissants -pour l’accomplissement de l’acte conjugal. Dans ce cas, un confesseur -prudent doit surtout leur conseiller d’agir, avec bonne foi et des -intentions pures, sans passions désordonnées, sans haine, sans tiédeur, -en écartant tout sentiment d’inimitié ou de dégoût; il doit les engager -à se prêter aux positions les plus propices pour accomplir l’acte -charnel; il doit conseiller à la femme de prendre plus de soin de sa -toilette, de se montrer aimable pour son mari, de chercher à exciter ses -sens par des caresses et par des parures licites, enfin de s’ingénier à -trouver les moyens, suivant les paroles de l’apôtre lui-même, _de plaire -à son mari_. - -_On demande_: Si une femme, qui est impuissante parce qu’elle a le vagin -trop étroit, est tenue de consentir à ce qu’on fasse une incision à la -matrice lorsque les médecins déclarent que cette opération la mettra en -état d’accomplir l’acte conjugal. - -Tous les théologiens déclarent que la femme n’est pas obligée de se -soumettre à cette opération, lorsqu’il doit en résulter un gros danger -pour sa vie. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -_On demande_: Si le mariage est valide lorsque la femme, affligée d’un -rétrécissement, a été, par son commerce avec un autre homme, rendue -capable de se livrer à l’acte conjugal. - -_Réponse_: L’opinion la plus ordinaire est que le mariage est valide, -car on doit juger alors que l’impuissance n’était pas permanente; -cependant, si la femme avait le vagin tellement étroit à l’égard de son -mari que ce dernier n’eût jamais pu la connaître en usant des moyens -naturels et licites, l’impuissance devrait, dans ce cas, être considérée -comme respectivement permanente; dans cette hypothèse, le mariage serait -nul: or, il est évident que la femme ne doit pas faire disparaître ce -cas de nullité, par son commerce avec un autre homme; mais les époux -peuvent contracter, devant l’Église, un nouveau mariage d’un -consentement mutuel, après que la femme a été rendue capable de se -livrer à l’acte conjugal avec son mari, à la suite de fornications avec -un autre homme. - -_On demande_: Si on peut abandonner à leur bonne foi des époux atteints -d’une impuissance permanente, qui ignorent la nullité de leur mariage et -qui, après trois ans passés, essaient encore et sans succès, d’accomplir -l’acte conjugal. - -S’il était établi qu’ils sont dans la bonne foi et qu’un avertissement -resterait sans effet, il serait peut-être convenable de les laisser dans -l’ignorance; car dans ce cas on tolérerait un moindre mal, c’est-à-dire -un péché matériel pour en éviter un plus grand, c’est-à-dire un péché -formel. Il paraît peu probable que deux époux croient toujours de bonne -foi qu’il leur est permis de tenter un acte qu’ils n’accomplissent -jamais et qu’ils ne peuvent pas accomplir. Mais il peut arriver que -l’ignorance dans laquelle ils sont à cet égard devienne une excuse, -sinon de tout péché, du moins du péché mortel. C’est pourquoi nous -pensons qu’on doit les avertir et les détourner du péché; mais il est -ordinairement plus prudent de leur laisser ignorer la gravité du péché. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - - - -SECONDE QUESTION - -DU DEVOIR CONJUGAL - - -Nous divisons cette seconde question en trois chapitres: Le premier -traitera du devoir conjugal demandé et rendu; - -Le deuxième, de l’usage du mariage; - -Le troisième, de la conduite des confesseurs à l’égard des personnes -mariées. - - -CHAPITRE PREMIER - -DU DEVOIR CONJUGAL DEMANDÉ ET RENDU - -Nous diviserons le présent chapitre en trois articles: - -Dans le premier nous traiterons de l’acte conjugal considéré en soi; - -Dans le second, du devoir conjugal demandé; - -Et dans le troisième, du devoir conjugal rendu. - - -ARTICLE PREMIER - -DE L’ACTE CONJUGAL CONSIDÉRÉ EN SOI - -Nous avons prouvé, dans le traité du mariage, contre plusieurs -hérétiques, que le mariage considéré en soi était bon et honnête. - -Donc, si on rencontre quelque difficulté dans la matière, c’est au sujet -du coït pratiqué uniquement par passion ou pour prévenir l’incontinence. - - -§ I - -DU COIT PRATIQUÉ UNIQUEMENT PAR PASSION - -C’est un péché de se livrer à l’acte conjugal dans le seul but de se -procurer du plaisir, mais le péché est seulement véniel. La preuve que -le coït entre époux constitue un péché résulte: 1º De l’autorité -d’Innocent XI, qui condamna, en 1679, la proposition suivante, qui avait -pour objet de le déclarer licite: _L’acte conjugal pratiqué pour le seul -plaisir qu’il procure est exempt de tout péché, même véniel._ - - -§ II - -DE L’ACTE CONJUGAL PRATIQUÉ DANS LE BUT DE PRÉVENIR L’INCONTINENCE - -_On demande_: Si c’est un péché de demander le devoir conjugal dans le -seul but de prévenir l’incontinence et quelle espèce de péché a été -commis. Les théologiens sont divisés: beaucoup d’entre eux, prétendent -qu’il n’y a pas de péché dans le coït entre époux. - -Mais beaucoup d’autres prétendent que c’est un péché véniel de se livrer -à l’acte conjugal pour éviter l’incontinence. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -_On demande_: S’il est permis d’user du mariage par motif de santé. - -_Réponse_: Il est certain qu’il n’est permis ni de contracter mariage ni -d’en user uniquement dans le but de conserver ou de recouvrer la santé; -car une semblable fin est étrangère au mariage: on commettrait donc un -péché véniel en pratiquant l’acte conjugal pour cette raison-là, car il -serait dépourvu d’un but légitime. C’est l’opinion de _S. Thomas, -Suppl., q. 94, art. 5, sur la 4e_, et celle des théologiens en général. -Mais il n’y a pas de péché à contracter mariage et à user de l’acte -conjugal en se proposant le soulagement de la nature et la conservation -de la santé. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -ARTICLE DEUXIÈME - -DE LA DEMANDE DU DEVOIR - -Les époux ne sont pas tenus de demander le devoir conjugal pour -eux-mêmes; car personne n’est tenu d’user de son droit. Ils y sont -cependant quelquefois tenus d’une manière accidentelle, savoir: - -1º Lorsqu’il est nécessaire d’avoir des enfants pour prévenir de graves -préjudices que pourraient en éprouver la religion ou la république; -c’est de toute évidence. - -2º Si l’un des époux, l’épouse principalement, fait connaître à certains -signes le désir d’user du remède que la pudeur l’empêche de demander, -l’autre époux doit prévenir le désir, et c’est plutôt, dans ce cas, -rendre le devoir implicitement demandé que le demander réellement. - -Mais il existe des cas nombreux dans lesquels il n’est pas permis de -demander le devoir, sous peine de péché mortel ou véniel: nous allons -traiter cette matière dans un double paragraphe. - - -§ I - -DE CEUX QUI PÈCHENT MORTELLEMENT EN EXIGEANT LE DEVOIR CONJUGAL - -L’époux pèche mortellement en exigeant le devoir conjugal dans les cas -suivants: - -1º S’il a fait vœu de chasteté avant ou après le mariage: car il est -tenu, par la force même de son vœu, de s’abstenir de tout acte vénérien -qui ne lui est pas commandé par un juste motif. C’est ainsi établi par -les _Décrétales, l. 3, tit. 32, c. 12_. Mais il est tenu de rendre le -devoir lorsque son conjoint le demande; en effet, ou il a fait son vœu -après avoir contracté mariage et alors il n’a pu aliéner les droits de -son conjoint; ou le vœu est antérieur au mariage, et il a commis un -grave péché en se mariant, mais il n’a pas moins donné à son conjoint ce -qu’il avait promis à Dieu, et l’époux qui n’avait pas connaissance de ce -vœu a acquis ses droits conjugaux; il peut donc user de ses droits sans -que l’autre époux puisse opposer des refus. C’est l’opinion de tous les -théologiens. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -2º L’époux qui aurait un commerce charnel, naturel et complet avec une -personne parente de son conjoint, par consanguinité, au premier ou au -second degré, perdrait le droit de demander le devoir conjugal et -commettrait un péché mortel en l’exigeant; car il aurait établi -l’affinité entre lui et son conjoint; on appelle cette affinité -empêchement survenant à un mariage contracté d’une manière valide. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Celui qui sait d’une manière certaine que son mariage est nul, pour -cause d’un empêchement d’affinité provenant d’un commerce illicite, par -exemple, ne peut demander ni rendre le devoir conjugal sous quelque -prétexte que ce soit, car il commettrait positivement un péché de -fornication: la raison l’indique clairement, et les _Décrétales, l. 5, -tit. 39, chap. 44_, sont très explicites sur ce point. - -Mais s’il a contracté mariage en doutant de sa validité, ou si, l’ayant -contracté, il doute de cette même validité, il doit rejeter ces doutes -comme des scrupules, et il peut demander le devoir conjugal, s’il vient -à s’apercevoir que ces doutes ne sont fondés sur aucune raison. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -§ II - -DE CEUX QUI PÈCHENT VÉNIELLEMENT EN EXIGEANT LE DEVOIR CONJUGAL - -1. Quelques théologiens, dont _saint Liguori, l. 6, nº 915_, cite -l’autorité, prétendent, après _saint Thomas_, que c’est un péché mortel -de pratiquer le coït avec sa femme pendant le temps des menstrues, -c’est-à-dire de l’écoulement du sang qui se produit ordinairement chaque -mois chez les femmes capables de devenir enceintes, à cause du préjudice -causé à l’espèce, et de la défense divine portée dans le Lévitique, 20, -18; mais d’autres enseignent plus ordinairement que c’est bien là un -péché à cause de l’indécence qui en résulte; ils accordent qu’il n’est -que véniel, car le coït pratiqué à l’époque des menstrues ne nuit -nullement ou du moins nuit bien peu à la propagation de l’espèce. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -C’est pour cela que si l’écoulement, qui ne dure pas ordinairement au -delà de deux ou trois jours, était de trop longue durée et presque -continuel, comme cela arrive quelquefois, le mari pourrait, sans pécher, -demander le devoir conjugal, car il serait très désagréable pour lui de -toujours s’abstenir du coït. - -Selon l’opinion générale, la femme qui rend le devoir conjugal pendant -le temps du flux ordinaire ne commet pas de péché; bien plus, elle est -tenue de le rendre si son mari n’adhère pas à des observations faites -avec douceur, à moins qu’il ne dût en résulter un grave préjudice pour -sa santé, comme cela arrive d’ordinaire lorsque le flux est abondant. - -Ce qui vient d’être dit du temps des menstrues s’applique également au -temps de la grossesse et du flux de l’enfantement. Voy. _saint Liguori, -l. 6_. - -2. Ce n’est pas un péché mortel de demander le devoir conjugal pendant -le temps de la grossesse, pourvu qu’il n’y ait pas danger d’avortement; -c’est l’opinion très ordinaire des théologiens, et c’est la conséquence -de ce que nous avons dit au sujet de la demande du devoir ayant pour but -d’éviter l’incontinence. Comme le fœtus humain se trouve tellement -enveloppé dans la matrice que la semence de l’homme ne peut le toucher, -on ne peut pas facilement présumer le danger d’avortement, et on ne doit -pas tracasser les pénitents sur ce point par des interrogations -importunes. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -3. Saint Charles conseille aux personnes mariées de s’abstenir, d’un -consentement mutuel, de l’acte conjugal les jours de fêtes solennelles, -les jours de dimanche, les jours de jeûne et les jours où ils ont reçu -ou doivent recevoir la sainte Eucharistie: c’est conforme aux statuts de -plusieurs rituels et, en particulier, de celui du Mans, p. 140. -Plusieurs théologiens, cités par _Sanchez_ et _saint Liguori_, pensent -que la demande de devoir pendant les jours dont nous venons de parler, -et principalement celui où on doit recevoir la sainte Eucharistie, n’est -pas exempte de péché mortel, à moins qu’elle ne soit excusée par des -motifs raisonnables comme une tentation grave; car le plaisir charnel -distrait notablement l’âme des choses spirituelles dont on doit -s’occuper dans ces jours-là. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Tous les théologiens disent avec saint François de Sales,--_Introduction -à la vie dévote, 2e partie, chap. 20_,--que la femme qui, le jour où -elle a reçu ou doit recevoir la sainte Eucharistie, rend le devoir que -demande son mari, ne commet pas de péché; bien plus, qu’elle est tenue -de le rendre si son époux ne veut pas céder à ses prières. - -A cette occasion, les théologiens se demandent si celui qui a éprouvé la -pollution pendant le sommeil peut recevoir la sainte Eucharistie. Ils -répondent avec saint Grégoire le Grand, dans sa lettre au sublime -Augustin, apôtre de la Grande-Bretagne, rapportée dans le Décret, _part. -1re, dist. 6, chap. 1_, en faisant la distinction suivante: Ou cette -pollution provient d’un excès de force ou de la faiblesse, et, dans ce -cas, il n’y a pas le moindre péché; ou bien elle provient de certains -excès dans l’usage des aliments, et c’est alors un péché véniel; elle -peut encore être le résultat des pensées qui l’ont précédée, et elle -peut, dans ce cas, constituer un péché mortel. Dans le premier cas, on -ne doit éprouver aucun scrupule; dans le second, elle n’empêche pas de -recevoir le sacrement ou de célébrer les saints mystères si on y est -engagé par quelque motif d’excuse, comme la circonstance d’un jour de -fête ou de dimanche; mais dans la troisième, nous dit saint Augustin, -_on doit s’abstenir de participer ce jour-là au saint mystère à cause -d’une telle pollution_. - - -ARTICLE TROISIÈME - -DE L’OBLIGATION DE RENDRE LE DEVOIR CONJUGAL - -Nous avons à parler: - -1º De l’obligation de rendre le devoir conjugal; - -2º Des raisons qui dispensent de le rendre; - -3º De ceux qui pèchent mortellement en le rendant; - -4º De ceux qui commettent le péché d’Onan; - -5º De ceux qui pèchent véniellement en rendant le devoir. - - -§ I - -DE L’OBLIGATION DE RENDRE LE DEVOIR CONJUGAL - -L’Écriture sainte et la raison imposent à chacun des époux la stricte -obligation de rendre le devoir conjugal à l’autre lorsque la demande lui -en est faite d’une manière _expresse ou tacite_: - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -D’où il résulte: 1º que c’est un péché mortel de refuser, même une fois, -sans motif légitime, de rendre le devoir à l’époux qui le demande avec -raison et instance; mais si celui qui le demande acceptait facilement -les motifs de refus et qu’il n’en résultât point de danger -d’incontinence, il n’y aurait nul péché, ou, du moins, le péché ne -serait pas mortel, à refuser une fois et même deux fois de se prêter aux -désirs de son conjoint. - -2º L’un des époux ne peut pas, lorsque l’autre s’y oppose, faire une -longue absence à moins d’absolue nécessité; car une pareille absence -équivaudrait au refus de rendre le devoir conjugal et la justice en -serait gravement blessée. - - -§ II - -DES RAISONS QUI DISPENSENT DE RENDRE LE DEVOIR CONJUGAL - -De même qu’un motif légitime dispense quelquefois de la restitution, une -raison légitime dispense aussi de rendre le devoir conjugal. On compte -plusieurs de ces raisons, savoir: - -1. Si l’époux qui demande le devoir n’est pas en possession de lui-même: -si, par exemple, il est dans la démence ou s’il est ivre, il n’y a pas -d’obligation pour le conjoint de lui rendre le devoir, car ce serait -céder à la demande d’une brute. Cependant, si l’homme qui demande, étant -dans cet état, est capable de consommer l’acte conjugal, la femme doit -se rendre à ses désirs; bien plus, elle est tenue de le faire si elle a -des raisons de craindre qu’ayant repoussé son mari, celui-ci ne tombe -dans l’incontinence ou ne se livre à d’autres femmes. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -2. Celui qui ne peut rendre le devoir conjugal sans grave danger pour sa -santé en est dispensé; car il est préférable d’exister et d’être bien -portant que de rendre le devoir. Il faut en dire de même lorsqu’il y a -grave danger de nuire à la propagation de l’espèce. - -Par conséquent: 1º il n’y a pas d’obligation de rendre le devoir à un -mari atteint d’une maladie contagieuse, comme une maladie vénérienne, la -peste, la lèpre, etc. Cependant, Alexandre III dit qu’il faut rendre le -devoir à un lépreux, mais _Sanchez, l. 9, disp. 24, nº 17_, _saint -Liguori, l. 6, nº 930_, et beaucoup d’autres qu’ils citent, enseignent -que cela s’entend ainsi pour le cas où, en rendant le devoir, on ne se -mettrait pas dans le danger de contracter la lèpre; car il répugne -d’admettre qu’un époux soit tenu de s’exposer à un pareil danger. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -3. L’époux n’est pas tenu de rendre le devoir à celui qui a perdu le -droit de le demander en commettant un adultère; car on ne doit plus -fidélité à celui qui a violé ses promesses: mais s’il était lui-même -coupable d’adultère, il ne pourrait pas refuser le devoir, car les -injures se trouveraient compensées. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -4. On n’est pas tenu de rendre le devoir conjugal à celui qui le demande -trop fréquemment, plusieurs fois dans la même nuit, par exemple; car -l’abus est contraire à la raison et peut modifier d’une manière fâcheuse -l’état de santé de l’un et de l’autre conjoint. La femme doit cependant, -autant que la chose est en son pouvoir, dit _Sanchez, l. 9, disp. 2, nº -12_, se prêter aux désirs libidineux de son mari, lorsqu’il éprouve de -violents aiguillons de la chair. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -5. La femme n’est pas tenue de rendre le devoir conjugal pendant le flux -de ses menstrues ou celui qui accompagne ses couches, à moins qu’elle -n’ait quelque motif de craindre que son mari tombe dans l’incontinence; -si cependant elle ne peut, par ses prières, le détourner de l’acte -conjugal, elle doit rendre le devoir, car il y a toujours à craindre le -danger d’incontinence, les disputes ou autres désagréments. C’est -l’opinion de _saint Bonaventure_ et de beaucoup d’autres que cite -_Sanchez, l. 9, disp. 21, nº 16_. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -6. Il n’est pas permis de refuser le devoir conjugal dans la crainte -d’avoir un trop grand nombre d’enfants. Cependant, pour le cas où les -parents n’auraient pas les moyens de nourrir selon leur condition une -famille trop nombreuse, _Sanchez, l. 19, disp. 25, nº 3_, et plusieurs -autres théologiens pensent qu’il serait permis de refuser le devoir, -pourvu qu’il n’y eût pas danger d’incontinence. - - -§ III - -DE CEUX QUI PÈCHENT MORTELLEMENT EN RENDANT LE DEVOIR CONJUGAL - -I. Si l’époux qui réclame de son conjoint le devoir commettait un péché -mortel en le demandant au milieu de circonstances extraordinaires tenant -à l’acte lui-même, par exemple, en le demandant dans un lieu public ou -sacré, ou avec grave danger d’avortement, ou au détriment de sa propre -santé ou de celle de son époux, ou au risque évident de répandre la -semence hors du vase naturel, alors qu’il aurait pu pratiquer le coït -d’une autre manière, il est certain que celui qui rendrait le devoir -dans ces circonstances pécherait aussi mortellement; car il -participerait à ce crime et en revêtirait la malice. - -II. Si l’homme était tellement décrépit ou débile qu’il ne pût pas -accomplir l’acte charnel et qu’il n’eût pas espoir de l’accomplir, il -pécherait mortellement en exigeant le devoir conjugal, car il ferait un -acte contraire à la nature, et, par la même raison, la femme pécherait -mortellement en le demandant. Mais si l’homme accomplissait de temps en -temps l’acte charnel, quoiqu’il lui arrivât souvent de ne pas pouvoir -l’accomplir, la femme pourrait rendre le devoir et même serait tenue de -le rendre, car dans le doute d’un bon résultat le mari ne pourrait pas -se priver de son droit: le mari lui-même, dans ce cas, fait un acte -licite en demandant le devoir lorsqu’il a quelque raison d’espérer qu’il -arrivera à consommer l’acte charnel; et s’il répand la semence hors du -vase naturel, cet accident ne peut pas lui être imputé à péché. Mais il -doit certainement s’abstenir lorsqu’il n’y a pas espoir d’arriver à -l’accomplissement de cet acte, l’éjaculation. Voy. _Sanchez, l. 19, -disp. 17, nº 24_, _S. Liguori, l. 6, nº 954, d. 2_, et beaucoup d’autres -théologiens dont ils rapportent l’autorité. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -§ IV - -DE CEUX QUI COMMETTENT LE PÉCHÉ D’ONAN - -Ce péché a lieu lorsque l’homme retire son membre après l’avoir fait -pénétrer dans le vagin afin de répandre sa semence hors du vase naturel -de la femme et dans le but d’empêcher la génération. Il tire son nom -d’_Onan_, second fils du patriarche Judas, qui fut forcé d’épouser -Thamar, veuve de son frère Her, mort sans postérité, afin de perpétuer -la race de son frère: _Onan sachant que les enfants qui naîtraient de la -femme de son frère ne seraient pas considérés comme étant les siens, -répandait la semence par terre pour ne pas donner naissance à des -enfants qui porteraient le nom de son frère._ (_Gen._ 38, 9.) - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Il est certain: 1º que l’homme qui agit ainsi, quelle que soit la raison -de sa conduite, pèche mortellement, à moins que sa bonne foi ne -l’excuse; il ne peut être absous à moins qu’il ne se repente de sa faute -et qu’il ne prenne la ferme résolution de ne plus tomber dans le péché: -car il est évident qu’il a commis une énormité contre le but du mariage; -_c’est pourquoi Dieu l’a frappé (Onan), parce qu’il avait commis une -action détestable_. - -Il est certain: 2º par la même raison, que la femme qui engage le mari à -agir ainsi ou qui consent à cette action détestable, ou, à plus forte -raison, qui fait sortir de son vagin le membre viril contre le gré de -son mari, avant que l’écoulement de la semence ait eu lieu, commet un -péché mortel et est tout à fait indigne de l’absolution. Les femmes, -très souvent, en accomplissant l’acte charnel, au moment de -l’éjaculation, font sortir le membre viril du vagin, ou se prêtent -complaisamment à la même manœuvre de la part de l’homme, pour éviter -d’être engrossées. - -Il est certain: 3º que la femme, ordinairement du moins, est tenue -d’avertir son mari, et de le détourner, selon son pouvoir, de cette -action perverse; la charité l’y oblige. - -Il est certain: 4º que la femme peut et doit rendre le devoir conjugal -si, averti par elle, le mari promet de compléter l’acte par -l’éjaculation dans la matrice, et s’il est fidèle à sa promesse au moins -quelques fois; car sur le doute de l’abus qu’il peut faire de son droit, -elle ne peut pas se refuser au coït; mais c’est aussi son devoir de -réprimander son mari quand celui-ci retire le membre viril du vagin -avant l’éjaculation; si elle ne protestait pas contre cette action, elle -commettrait un péché mortel. - -La difficulté consiste donc maintenant à décider si, en sûreté de -conscience, elle peut rendre le devoir conjugal lorsqu’elle sait, d’une -manière certaine, que son mari retirera son membre du vagin avant -l’éjaculation, lorsqu’elle ne peut douter que ses prières ni ses -avertissements ne parviendront pas à le détourner de sa résolution. - -Beaucoup de théologiens prétendent que, dans ce cas, la femme doit se -refuser à rendre le devoir, même pour éviter la mort dont elle serait -menacée: - -1º Parce que le mari, en retirant son membre du vagin, commet une action -essentiellement mauvaise, et que la femme participerait à sa malice en -se rendant à sa demande; - -2º Parce que l’homme, dans l’hypothèse, ne demande pas l’acte conjugal, -mais réclame de sa femme ses complaisances pour introduire le membre -viril dans les parties sexuelles et pour s’exciter à la pollution; - -3º Parce que si le mari exigeait de sa femme sa participation à un acte -sodomique, celle-ci ne pourrait y consentir pour aucun motif, même pour -éviter la mort: or, dans le cas supposé, la demande du mari se réduit à -l’acte sodomique, puisque le parfait accomplissement de l’acte conjugal -en est exclu. Voy. _Habert, t. 7, p. 745_, _Collator_, de Paris, _t. 4, -p. 348_, plusieurs docteurs de la Sorbonne cités par _Collet, t. 16, p. -244_; _Collator Andeg., sur les États, t. 3_, dernière partie; _Bailly_, -_etc._ - -Beaucoup d’autres enseignent que la femme qui acquiesce à la demande de -son mari, et qui se prête à l’acte conjugal dans la position ordinaire, -est exempte de tout péché, si elle désapprouve entièrement la conduite -de son mari, car elle fait une chose licite et use d’un droit qui lui -appartient. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -La femme ne pèche pas, dans ces circonstances, en rendant le devoir -conjugal, pourvu qu’elle soit excusée par de graves raisons; or les -raisons sont réputées graves: - -1º Lorsqu’elle doit craindre la mort, des coups ou des injures -grossières; la réponse de la sacrée congrégation de la Pénitence, et la -raison indiquant clairement qu’il doit en être ainsi. - -2º Lorsque la femme a lieu de craindre que son mari n’introduise une -concubine sous le toit conjugal et ne vive maritalement avec elle; car -il n’y a pas de femme sensée qui ne préfère supporter toute espèce de -sévices plutôt que d’assister, dans sa propre maison, à un commerce -aussi injurieux pour elle. - -3º Le mari n’entretiendrait-il pas une concubine sous le toit conjugal, -s’il était à craindre qu’il n’entretînt ailleurs des relations avec une -femme, ou qu’il ne fréquentât des courtisanes, il nous paraît que -l’épouse aurait des motifs d’excuse légitime, quoique la sacrée -congrégation de la Pénitence n’ait pas répondu sur ce point; car une -pareille conduite de la part du mari occasionnerait à celle-ci de graves -désagréments, tels que disputes, dissensions, dissipation du bien -commun, scandales, etc. - -4º Il faut remarquer, cependant, que la gravité de ces désagréments doit -être appréciée selon les circonstances de personnes. - -Ce qui est réputé léger à l’égard d’une femme peut être très grave à -l’égard d’une autre; ainsi les rixes passagères, les dissensions, et -même les coups, ont peu d’importance dans les familles de paysans; mais -cette nature de sévices serait intolérable pour une femme timide, ayant -une certaine éducation et habituée aux bonnes manières d’une société -raffinée. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -5º La femme peut également rendre le devoir conjugal quand elle sait, -d’une manière certaine, que son mari, irrité par son refus, blasphémera -contre Dieu et contre la religion, qu’il proférera des injures contre -son confesseur et les prêtres en général, et qu’il prononcera des -paroles scandaleuses devant ses domestiques et ses enfants; car en -voulant prévenir un péché elle serait cause qu’il en serait commis -d’autres aussi graves ou même plus graves: elle n’aboutirait donc à -aucun résultat favorable par sa résistance, et elle s’attirerait -inutilement de graves désagréments. - -6º La crainte du divorce, de la séparation, de la honte ou d’un scandale -grave serait, à plus forte raison, suffisante pour se rendre aux désirs -de son mari. - -7º Il n’est pas nécessaire que la femme persiste dans son refus de se -prêter au coït jusqu’à ce qu’elle ait éprouvé les violences, les injures -et les autres désagréments dont nous avons parlé plus haut; car il lui -arriverait souvent, dans ce cas, de ne pas parvenir à détourner le mal -déjà fait, en rendant ou offrant le devoir conjugal, et, d’ailleurs, -elle n’est pas tenue de subir ces mauvais traitements pour empêcher son -mari de commettre un péché: il suffit donc que ses craintes de mauvais -traitements ne soient pas dépourvues de fondement. - -8º La femme n’est pas davantage tenue d’avertir son mari chaque fois -qu’il demande le devoir conjugal avec l’intention de retirer son membre -du vagin avant l’accomplissement de l’acte charnel, lorsqu’elle sait par -expérience qu’elle n’obtiendra aucune satisfaction. Elle doit cependant, -du moins quelquefois, montrer qu’elle ne donne pas son consentement au -crime de son mari. Elle doit, surtout, prendre soigneusement garde de ne -pas y donner un consentement tacite, par crainte d’avoir des enfants, ou -pour tout autre motif. Elle doit être dans la disposition de mourir -plutôt que de s’opposer à la génération lorsque c’est de sa volonté que -dépend le fait de l’éjaculation. - -Dans tous ces cas, il est permis à la femme tout ce qui lui serait -permis si le mari accomplissait l’acte conjugal selon les règles. - -Nos principes exposés plus haut sont maintenant admis d’une manière -générale. Néanmoins il y a encore beaucoup de questions inquiétantes que -nous avons exposées au souverain pontife, dans l’année qui vient de -s’écouler, de la manière suivante: - - BIENHEUREUX PÈRE, - - L’évêque du Mans, se prosternant aux pieds de Votre Sainteté, vous - expose humblement ce qui suit: - - On ne trouve presque pas de jeunes époux qui veuillent avoir une trop - nombreuse famille, et ils ne peuvent cependant pas, raisonnablement, - s’abstenir de l’acte conjugal. - - Ils se sentent ordinairement très offensés lorsque leurs confesseurs - les interrogent sur la manière dont ils usent des droits matrimoniaux; - on n’obtient pas, par les avertissements, qu’ils se modèrent dans - l’exercice de l’acte conjugal, et ils ne peuvent se déterminer à trop - augmenter le nombre de leurs enfants. - - Aux murmures de leurs confesseurs, ils opposent l’abandon des - sacrements de pénitence et de l’Eucharistie, donnant ainsi de mauvais - exemples à leurs enfants, à leurs domestiques et aux autres chrétiens; - la religion en éprouve un préjudice considérable. - - Le nombre des personnes qui s’approchent du tribunal diminue d’année - en année, dans beaucoup d’endroits, et c’est surtout pour cette - raison-là, de l’aveu d’un grand nombre de curés qui se distinguent par - leur piété, leur science et leur expérience. - - Quelle était donc la conduite des confesseurs d’autrefois? disent - beaucoup de personnes. Chaque mariage ne produisait pas, généralement, - un plus grand nombre d’enfants qu’il n’en produit aujourd’hui. Les - époux n’étaient pas plus chastes et néanmoins ils ne manquaient pas au - précepte de la confession pascale. - - Tout le monde reconnaît que l’infidélité d’un époux entraîne de très - graves péchés. Or, c’est à peine si on peut persuader à quelques - personnes qu’elles sont tenues, sous peine de péché mortel, de rester - parfaitement chastes dans le mariage, ou de courir le risque - d’engendrer un grand nombre d’enfants. - - Le susdit évêque du Mans, prévoyant les grands maux qui peuvent - résulter d’une semblable manière d’agir, sollicite, dans sa douleur, - de votre Béatitude, une réponse aux questions suivantes: - - 1º Les époux qui usent du mariage de manière à empêcher la conception - commettent-ils un acte en soi mortel? - - 2º Cet acte étant considéré comme mortel en soi, peut-on considérer - les époux qui ne s’en accusent pas comme étant dans une bonne foi qui - les excuse d’une grave faute? - - 3º Doit-on approuver la conduite des confesseurs qui, pour ne pas - blesser les personnes mariées, s’abstiennent de les interroger sur la - manière dont ils usent du mariage? - - - RÉPONSE - - La sacrée congrégation de la Pénitence, après avoir mûrement examiné - les questions qui lui sont posées, répond à la première: - - Lorsque tout ce qu’il y a de contraire aux règles, dans l’acte - conjugal, provient de la malice du mari qui, au lieu de consommer cet - acte, retire son membre du vagin et répand sa semence hors du vase - naturel, la femme peut, si après les avertissements qu’elle est tenue - de donner et qui demeurent sans résultat, son mari insiste en la - menaçant de coups et de la mort, se prêter passivement à ses désirs et - sans pécher (comme l’enseignent les théologiens dont les décisions - font autorité), à la condition que, dans ces circonstances, elle - permettra simplement le péché de son mari, et cela par un grave motif - d’excuse, car la charité qui lui commande de s’opposer à la conduite - de son mari, n’oblige pas lorsqu’il doit en résulter de semblables - inconvénients. - - La sacrée congrégation répond à la 2me et à la 3me question: que le - susdit confesseur se rappelle cet adage:--On doit traiter saintement - les choses saintes;--qu’il pèse bien ce que dit saint Alphonse de - Liguori, cet homme savant et très expert dans la matière, dans sa - pratique des confesseurs, § 4, nº 7: - - Le confesseur n’est pas tenu, ordinairement, de parler des péchés que - les époux commettent relativement au devoir conjugal, et il n’est pas - convenable de poser des questions sur cette matière, si ce n’est à la - femme, pour lui demander, le plus modérément possible, si elle a rendu - le devoir... Il doit garder le silence sur tout le reste, à moins - qu’on ne lui pose des questions;--qu’il ne manque d’ailleurs pas de - consulter les autres auteurs approuvés. - - Donné à Rome, le 8 juin 1842. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Deux questions nous embarrassaient encore, nous les avons soumises à la -Sacrée-Pénitencerie. - -_On demande_: 1º Pèchent-ils mortellement ceux qui coïtent à la manière -d’Onan ou le membre viril enfermé dans un fourreau défendu, vulgairement -appelé capote anglaise--(_qui coeunt onanastice vel condomistice, id est -intendo nefario instrumento quod vulgo dicetur condom_ 14º éd. p. 187.)? - -_Réponse_: C’est crime que de se servir d’un pareil fourreau; le péché -est mortel. - -_On demande_: La femme sachant que son mari pour coïter recouvre -toujours son membre viril d’une capote anglaise, doit-elle se prêter au -coït? - -_Réponse._--Non, elle se rendrait complice d’un crime abominable et -commettrait un péché mortel. - -(_Décisions_ rendues par le pape et le collège des cardinaux, le _8 juin -1842_ et le _25 mai 1851_.) - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -L’épouse doit donc, par tous les moyens en son pouvoir, les caresses, -toute espèce de marques d’amour, les prières et les exhortations, amener -son mari à accomplir l’acte conjugal selon les règles, ou le décider à -s’en abstenir complètement et à vivre d’une manière chrétienne; -l’expérience prouve que plusieurs femmes sont parvenues à vaincre la -résistance de leurs maris en s’attachant ainsi à gagner leurs bonnes -grâces. - -_On demande_: 1º Si l’épouse peut demander le devoir à son mari -lorsqu’elle sait qu’il en abusera. - -_Réponse._--Plusieurs théologiens affirment que la femme peut demander -le devoir conjugal et ne fait qu’user de son droit. C’est l’opinion de -_Pontius_, de _Tamburini_, de _Sporer_, etc. Mais d’autres, comme cela -résulte de ce que nous avons dit, exigent une raison qui lui permette de -demander le devoir d’une manière licite, car sans cela elle donnerait à -son mari une occasion prochaine de péché; mais c’est à peine si cette -raison peut se présenter, alors qu’elle peut trouver d’autres moyens de -surmonter les tentations. Mais étant posée une cause grave de fait, par -exemple, la difficulté de surmonter la tentation, elle ne pécherait -nullement; car il est permis de demander, avec des intentions droites et -pour de graves raisons, une chose bonne en soi à celui qui peut -l’accorder. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -_On demande_: 2º Si le mari peut répandre la semence hors du vase de la -femme, lorsque les médecins ont déclaré que la femme ne peut pas -enfanter sans un danger de mort évident? - -Nous répondons négativement avec tous les théologiens, parce que -l’éjaculation hors des parties sexuelles de la femme est une action -contre nature et détestable. Il faut accomplir l’acte si le danger de -mort n’est pas très probable, ou il faut s’en abstenir complètement, si -le danger est moralement certain. Dans ce cas, les époux n’ont pas -d’autre moyen de salut que la continence. Leur condition est déplorable, -mais on ne saurait la changer. Alors, ces malheureux époux doivent -s’abstenir de coucher dans le même lit, afin de rester plus facilement -dans la continence et de pouvoir vivre saintement. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -§ V - -DE CEUX QUI PÈCHENT VÉNIELLEMENT EN RENDANT LE DEVOIR - -1º Lorsque celui des époux qui a demandé le devoir commet un péché -véniel en se livrant à l’acte conjugal, par exemple, lorsqu’il l’a -demandé en vue seulement du plaisir vénérien, il paraît y avoir certain -péché à le rendre, pour le conjoint, lorsqu’il n’existe pas de motif -d’excuse, car on fournit ainsi matière à péché véniel. Mais lorsque la -demande est formelle, celui qui rend le devoir est suffisamment excusé; -car il doit craindre, en refusant, d’exciter des rixes, des haines, des -scandales, et de donner naissance au danger de plus graves péchés. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -_On demande_: 1º Si une femme qui n’a encore mis au monde que des -enfants morts peut, néanmoins, demander ou rendre le devoir conjugal? - -_Réponse_: _Sanchez, l. 7 disp. 102 nº 8_, _S. Liguori, l. 6, nº 953_, -et beaucoup d’autres disent que cette femme ne pèche ni en rendant ni en -demandant le devoir, car: 1º elle fait une chose en soi licite et à -laquelle elle a droit, tandis que la mort du fœtus est le résultat d’un -accident et ne peut lui être imputée; 2º il vaut mieux donner naissance -à un être humain avec un péché originel que de le laisser dans le néant, -comme Sanchez essaie de le démontrer dans ses savantes dissertations. - -_On demande_: 2º Si la femme qui, de l’avis des médecins, ne peut pas -accoucher sans un danger de mort évident, est tenue de rendre le devoir -conjugal à son mari lorsqu’il le demande avec instance. - -_Réponse_: Nous avons déjà prouvé que le mari, dans ce cas, ne peut -demander le devoir pour quelque motif que ce soit; la femme ne peut donc -pas davantage le rendre, car elle ne peut disposer de sa vie. Mais le -péché n’est mortel que si le danger est manifeste. - - -CHAPITRE II - -DE L’USAGE DU MARIAGE - -Nous examinerons dans ce chapitre: - -1º Quand les époux tombent dans le péché en usant du mariage; - -2º Ce qu’il faut décider des attouchements voluptueux et réciproques. - - -ARTICLE PREMIER - -QUAND LES ÉPOUX PÈCHENT EN USANT DU MARIAGE - -1º Les époux commettent un péché mortel, non seulement lorsque leur -union charnelle a lieu hors du _vase_ naturel, ou que, par des moyens -adroits, ils répandent la semence hors de ce vase, mais encore -lorsqu’ils préludent à l’acte vénérien dans le vase qui ne lui est pas -destiné, par exemple, en introduisant le membre viril dans l’anus de la -femme, avec l’intention de terminer la jouissance dans la matrice; car -ils prennent ainsi un moyen qui s’écarte des voies naturelles, et comme -cet acte tend, par lui-même, à faire répandre la semence hors du vagin, -cette pratique n’est pas autre chose qu’une véritable sodomie. Voy. -_Sanchez, l. 9, disp. 17, nº 4_, _S. Liguori, l. 6, nº 916_, et beaucoup -d’autres dont ils rapportent les décisions. - -2º D’après l’opinion générale, c’est un péché mortel, tant de demander -que de rendre le devoir conjugal, lorsqu’on ne doit pas l’accomplir dans -la position naturelle, mais en se plaçant de côté pour la copulation, -parce qu’il y a danger de répandre la semence hors du vase: la raison en -est évidente. Mais si ce danger n’est pas à craindre, c’est seulement un -péché véniel de demander ou de rendre le devoir conjugal de cette -manière, si elle ne s’écarte que légèrement de la position naturelle, -car une pareille inversion n’est pas essentiellement contre nature, -étant admis qu’elle ne s’oppose pas à la génération. On doit cependant -la blâmer sévèrement, surtout si l’homme, pour augmenter ses -jouissances, prend sa femme par derrière, à la mode des animaux, ou s’il -se place sous elle, en intervertissant les rôles: cette inversion est -souvent le signe de concupiscences mortellement mauvaises chez celui qui -ne sait pas se contenter des moyens ordinaires de pratiquer le coït. - -Mais lorsqu’il y a nécessité d’en agir ainsi, à l’époque de la -grossesse, par exemple, ou parce qu’on ne peut supporter d’autres -positions, il n’y a nul péché à prendre ces diverses postures, pourvu -qu’il n’y ait pas danger de répandre la semence hors du vase. - -3º Pèchent mortellement les époux qui se livrent à des actes obscènes et -qui répugnent à la pudeur naturelle, et surtout ceux qui pratiquent -l’union charnelle dans un vase autre que celui qui est destiné à cet -acte; c’est ce qui arrive lorsque la femme prend dans sa bouche le -membre viril de son mari, ou le place entre ses seins, ou l’introduit -dans son anus, etc., etc.; on ne peut jamais s’appuyer sur les licences -du mariage pour excuser de pareilles lubricités. - -4º Pèchent mortellement les personnes mariées qui pratiquent l’acte -conjugal d’une manière qui s’oppose à la génération, par exemple si -l’homme répand sa semence hors du vase, comme nous l’avons dit, s’il -s’oppose à l’écoulement complet de la semence, si la femme rejette le -sperme ou fait des efforts pour le rejeter, si elle reste passive afin -d’empêcher la conception, etc. _Saint Antoine_, _Sanchez_ et beaucoup -d’autres cités par _saint Liguori, l. 6, nº 918_, prétendent qu’il n’y a -pas de péché lorsque le mari, du consentement de sa femme, retire son -membre du vagin, avant l’écoulement de la semence, afin de ne pas donner -naissance à des enfants, à la condition, cependant, que ni le mari ni la -femme ne tomberont dans le danger de pollution. Cependant, _Navarrus_, -_Sylvestre_, _Ledesma_, _Azor_ et beaucoup d’autres pensent avec raison -que, dans ce cas, le péché est mortel, tant à cause du danger de -pollution dans lequel se trouve toujours le mari, qu’en raison de -l’injure grave faite à la nature en laissant l’acte conjugal imparfait. -C’est cette dernière opinion seulement qu’on doit suivre dans la -pratique. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -5º Les époux pèchent encore mortellement dans l’accomplissement de -l’acte conjugal, s’ils ont des désirs adultères, c’est-à-dire s’ils se -figurent que c’est une autre personne qui est présente et s’ils prennent -volontairement plaisir en pensant que c’est avec cette personne que le -commerce a lieu. Il en est de même lorsqu’ils accomplissent l’acte -conjugal dans un but mortellement mauvais, par exemple, si l’homme -demande ou rend le devoir conjugal avec le désir que sa femme meure dans -les douleurs de l’enfantement. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -ARTICLE DEUXIÈME - -DES ATTOUCHEMENTS ENTRE ÉPOUX - -1º Les attouchements voluptueux qui ont pour but de parvenir à l’acte -charnel légitime sont, sans aucun doute, licites, à la condition de ne -pas entraîner le danger de pollution; ils sont, en effet, comme les -accessoires de cet acte: ils ne peuvent donc être défendus. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -2º Les attouchements entre époux sont des péchés mortels lorsqu’il en -résulte un danger de pollution: car la masturbation n’est pas plus -permise aux personnes mariées qu’à celles qui ne le sont pas; on ne peut -donc pas davantage les excuser de se mettre volontairement dans le -danger de pollution. Mais les embrassements et les autres attouchements -honnêtes que les personnes mariées ont l’habitude de se faire pour -entretenir un amour mutuel ne sont pas des péchés lorsqu’ils ne mettent -pas dans le danger de pollution. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -On ne doit pas regarder les époux comme coupables de péché mortel -lorsqu’ils affirment, de bonne foi, que leurs sens ne sont pas ébranlés -ou qu’il n’y a pas danger probable de pollution, ce qui est assez -ordinaire pour les personnes mariées depuis longtemps et accoutumées aux -actes vénériens. Nous ne saurions blâmer en aucune façon une épouse -pieuse qui, par timidité, ou par crainte d’irriter son mari, ou dans le -but de conserver la paix dans le ménage, permettrait des attouchements -libidineux, affirmant d’ailleurs qu’ils ne produisent chez elle aucun -mouvement désordonné, ou que, du moins, ces mouvements sont légers. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -_Sanchez, l. 9, disp. 44, nº 15_, et plusieurs autres avec lui, disent -que l’époux qui, en l’absence de son conjoint, prend plaisir à se livrer -à des attouchements sur lui-même ou à porter ses regards sur ses parties -sexuelles, mais sans qu’il y ait danger de pollution, commet seulement -un péché véniel, parce qu’il fait des actes secondaires qui tendent à -l’acte principal licite en soi, c’est-à-dire à l’union charnelle, mais -qui, dans ce cas, sont sans nécessité. Ils sont d’avis qu’il faut en -dire autant de la délectation dans l’acte conjugal qu’on se représente -comme s’accomplissant. - -D’autres, au contraire, plus ordinairement, comme _Layman_, _Diana_, -_Sporer_, _Vasquez_, _saint Liguori_, etc., peu suspects d’une trop -grande sévérité, donnent comme probable que c’est un péché mortel, tant -parce que l’époux n’a le droit de disposer de son corps -qu’accidentellement et, selon l’ordre, pour accomplir l’acte charnel, -qu’en raison de la tendance de ces attouchements à la pollution et du -danger prochain qui en est inséparable, lorsqu’on s’y arrête et qu’ils -produisent une commotion dans les esprits. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - -CHAPITRE III - -DE LA CONDUITE DES CONFESSEURS A L’ÉGARD DES PERSONNES MARIÉES - -Le confesseur doit avoir soin de les faire revenir au tribunal sacré peu -de temps après que le mariage aura été contracté, et alors il -développera les règles exposées plus haut sur l’obligation de rendre le -devoir conjugal, sur l’époque à laquelle il faut le rendre et le -demander, sur la manière dont le coït doit être pratiqué pendant les -menstrues, la grossesse, etc. - -L’expérience prouve que beaucoup de personnes mariées ne déclarent pas -les péchés commis dans le mariage, à moins qu’elles ne soient -interrogées là-dessus. Or, le confesseur peut les interroger de la -manière suivante sur les choses permises entre époux: Avez-vous quelque -chose à avouer qui répugne à votre conscience? Si elles répondent -négativement et qu’elles paraissent suffisamment instruites et -d’ailleurs timorées, il ne sera pas nécessaire d’aller plus loin. Mais -si elles paraissent ignorantes et que leur sincérité soit suspecte, le -confesseur devra insister. Il demandera au pénitent s’il a refusé à son -conjoint de lui rendre le devoir conjugal: si le pénitent ne comprend -pas cette manière de parler, le confesseur peut lui demander: avez-vous -refusé l’acte que l’on fait pour avoir des enfants, le coït? S’il répond -qu’il a refusé, il faut savoir pour quelle raison, et on jugera à ses -réponses si le péché est mortel ou s’il n’y a pas de péché. - -Le confesseur doit généralement s’enquérir auprès du pénitent s’il s’est -livré à des actes déshonnêtes contre la sainteté du mariage. Si le -pénitent répond affirmativement, il convient de lui faire dire en quoi -consistent ses infractions, de peur de lui enseigner ce qu’il ignore; et -on ne devra pas d’abord l’accuser à la légère de péché mortel. - - -FIN DES CITATIONS. - - - - -MORALITÉ A TIRER - -DES - -IMMORALITÉS DES CONFESSEURS - - -Toutes les citations qu’on vient de lire sont parfaitement authentiques. -Tels sont les ouvrages que l’on donne à étudier dans les séminaires à -des jeunes gens à qui l’on fait en même temps prêter serment de -chasteté. - -Nous en appelons à la conscience de tous les honnêtes gens: est-ce que -cet enseignement n’est pas tout ce qu’on peut imaginer de plus ignoble? -Est-ce qu’il peut sortir des séminaires autre chose que des brutes -affolées par de sales passions? - -Que chaque républicain, après avoir parcouru cet ouvrage, transcrive, -signe et adresse à son député la pétition suivante: - - «Citoyen député, - - «Le soussigné a l’honneur de prier la Chambre, par votre - intermédiaire, de vouloir bien, au plus tôt et par mesure de salubrité - publique, supprimer les séminaires, et assimiler au délit d’excitation - à la débauche l’exercice de la confession.» - -Si cette pétition parvient à la Chambre par milliers d’exemplaires, nos -députés se verront dans l’obligation d’accomplir à bref délai une -réforme que les bonnes mœurs exigent impérieusement. - -L. T. - - - - -TABLE DES MATIÈRES - - - Dédicace V - La Confession et les Confesseurs 9 - Examen de conscience 22 - Le Journal du Presbytère 45 - -APPENDICE - - Pieuses exhortations 57 - Mœchialogie, cours de luxure 77 - Compendium 145 - Les Diaconales 157 - Moralité des immoralités 213 - - -Paris.--Charles UNSINGER, imprimeur, 83, rue du Bac. - - - - -PRINCIPAUX OUVRAGES EN DÉPÔT - -A LA - -LIBRAIRIE ANTI-CLÉRICALE - -26 et 35, rue des Écoles, Paris - - - Le Péché de Sœur Cunégonde, par Hector France. un volume. 3 fr. 50 - La Morale des Jésuites, par Paul Bert. un volume. 3 fr. 50 - Le Livre qu’il ne faut pas Faire Lire, recueil authentique - de la pornographie religieuse, contenant in-extenso, - entre autres pièces curieuses, _Le Cantique des - Cantiques_ de Salomon. un volume. 1 fr. 50 - Moines et Comédiennes, par Hortense Roland un volume. 3 fr. 50 - Par la Grâce du Saint-Esprit, roman comique, par Léo Taxil - et F. La Font. un volume. 1 fr. 50 - Gros-Jean et son Curé, dialogues anti-cléricaux, pleins - d’esprit et de bon sens, par Roussel, de Méry, avec - nombreux dessins comiques d’Alfred Lepetit. beau volume. 4 fr. 50 - L’Alcôve du Cardinal, par Vindex. un volume. 3 fr. » - Le Couvent de Gomorrhe, ou les mœurs horribles des - cloîtres dévoilées, par Jacques Souffrance. un volume. 1 fr. 50 - La Guerre des Dieux, par Parny. un volume. 1 fr. 50 - La Vie de Jésus, par Léo Taxil, ouvrage excessivement beau, - avec près de 500 dessins comiques, par Pépin - un magnifique volume. 3 fr. » - Le Moine Incestueux, par E. Ploërt. un volume. 1 fr. 50 - La Religieuse, par Diderot. un volume. 1 fr. 50 - Les Bijoux Indiscrets, par Diderot. un volume. 1 fr. 50 - Le Capucin Enflammé, par le R. P. Alleluia, de l’Ordre de - la Sainte-Rigolade. un volume. 1 fr. 50 - - -Joindre à toute commande le prix du volume et le montant des frais de -port.--Le Catalogue complet est envoyé _gratis_ à toute personne qui en -fait la demande par lettre affranchie. - - -Paris.--Typ. Ch. UNSINGER, 83, rue du Bac. - -*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK LA CONFESSION ET LES CONFESSEURS *** - -Updated editions will replace the previous one--the old editions will -be renamed. - -Creating the works from print editions not protected by U.S. copyright -law means that no one owns a United States copyright in these works, -so the Foundation (and you!) can copy and distribute it in the -United States without permission and without paying copyright -royalties. Special rules, set forth in the General Terms of Use part -of this license, apply to copying and distributing Project -Gutenberg-tm electronic works to protect the PROJECT GUTENBERG-tm -concept and trademark. 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Hart was the originator of the Project -Gutenberg-tm concept of a library of electronic works that could be -freely shared with anyone. For forty years, he produced and -distributed Project Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of -volunteer support. - -Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed -editions, all of which are confirmed as not protected by copyright in -the U.S. unless a copyright notice is included. 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You may copy it, give it away or re-use it under the terms -of the Project Gutenberg License included with this eBook or online -at <a href="https://www.gutenberg.org">www.gutenberg.org</a>. If you -are not located in the United States, you will have to check the laws of the -country where you are located before using this eBook. -</div> - -<table style='min-width:0; padding:0; margin-left:0; border-collapse:collapse'> - <tr><td>Title:</td><td>La confession et les confesseurs</td></tr> - <tr><td></td><td>Appendice: Pieuses exhortations, par Monseigneur Claret; Mœchialogie, par le R. P. Debreyne; Compendium; et les Diaconales, par Monseigneur Bouvier</td></tr> -</table> - -<div style='display:block; margin-top:1em; margin-bottom:1em; margin-left:2em; text-indent:-2em'>Author: Léo Taxil, Antonio María Claret, Pierre Jean Corneille Debreyne and Jean-Baptiste Bouvier</div> - -<div style='display:block; margin:1em 0'>Release Date: March 27, 2021 [eBook #64935]</div> - -<div style='display:block; margin:1em 0'>Language: French</div> - -<div style='display:block; margin:1em 0'>Character set encoding: UTF-8</div> - -<div style='display:block; margin-left:2em; text-indent:-2em'>Produced by: the Online Distributed Proofreading Team at https://www.pgdp.net (This file was produced from images generously made available by the Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)</div> - -<div style='margin-top:2em; margin-bottom:4em'>*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK LA CONFESSION ET LES CONFESSEURS ***</div> -<p class="c large">LES PORNOGRAPHES SACRÉS</p> - -<h1 class="sans-serif">LA<br /> -<span class="large">CONFESSION</span><br /> -<span class="small">ET</span><br /> -LES CONFESSEURS</h1> - -<p class="c">PAR<br /> -<b class="large">LÉO TAXIL</b></p> - -<p class="c">APPENDICE :<br /> -<i>PIEUSES EXHORTATIONS, par Mgr CLARET<br /> -COURS DE LUXURE, par le R. P. DEBREYNE<br /> -DÉCISIONS DES CONCILES sur le DEVOIR CONJUGAL<br /> -MANUEL DU CONFESSEUR, par Mgr BOUVIER</i></p> - -<p class="c"><b class="sans-serif">PRIX : UN FRANC CINQUANTE</b><br /> -<span class="small"><i>Par la Poste</i> : Un franc soixante-quinze</span></p> - -<p class="c"><span class="large">PARIS</span><br /> -EN VENTE CHEZ L’AUTEUR : 35, RUE DES ÉCOLES<br /> -<span class="small">ET CHEZ TOUS LES LIBRAIRES DE FRANCE.</span></p> - -<div class="break"></div> - -<p class="c top4em">AVIS</p> - - -<p>Il a été tiré de cet ouvrage, 300 exemplaires sur très beau -papier, fort et teinté.</p> - -<p>Prix : Cinq francs.</p> - -<p>Ces 300 exemplaire sont numérotés et signés séparément par -M. Léo Taxil.</p> - - -<p class="c gap small">POUR PARAITRE :</p> - -<p><b>Pie IX devant l’Histoire</b> ; <i>sa vie politique et pontificale ; -ses débauches, ses folies, ses crimes</i>, trois volumes, par -M. Léo Taxil.</p> - -<p>Prix de chaque volume : un franc cinquante ; — et par la poste : -un franc soixante-quinze.</p> - -<div class="break"></div> - -<p class="c top4em">LÉO TAXIL</p> - -<p class="c"><span class="xlarge">LA CONFESSION</span><br /> -<span class="small">ET</span><br /> -<span class="large">LES CONFESSEURS</span></p> - -<p class="c gap">APPENDICE :<br /> -<i>Pieuses exhortations</i>, par Monseigneur <span class="sc">Claret</span> ; <i>Mœchialogie</i>, -par le R. P. <span class="sc">Debreyne</span> ;<br /> -<i>Compendium</i> ; et les <i>Diaconales</i>, par Monseigneur <span class="sc">Bouvier</span>.</p> - -<div class="c"><img src="images/lt.png" alt="" /></div> -<p class="c gap">PARIS<br /> -<b>CET OUVRAGE EST ÉDITÉ SPÉCIALEMENT PAR L’AUTEUR</b><br /> -<span class="small">DÉPOT A SON DOMICILE</span> : 35, <span class="small">RUE DES ÉCOLES</span></p> - -<p class="c small">Tous droits réservés.</p> - -<div class="chapter"></div> - -<h2 class="nobreak" id="ch1">DÉDICACE</h2> - -<p class="c">A M. <span class="sc">Georges</span> LAGUERRE<br /> -<span class="small">Avocat près la Cour d’appel de Paris<br /> -et Collaborateur à la <i>Justice</i> et au <i>Figaro</i></span>.</p> - - -<p class="ind"><span class="sc">Monsieur</span>,</p> - -<p>Il y a aujourd’hui huit mois, un Congrès se réunissait à -Paris. C’était le Congrès des sociétés de libre-pensée de -France, représentées par leurs délégués. Le but de ces grandes -assises anti-cléricales était de faire connaître au gouvernement -les vœux du pays relativement à la séparation de l’État -et des églises. Bon nombre de députés appartenant aux -groupes radicaux de la Chambre s’étaient fait un devoir de -participer à cette réunion solennelle.</p> - -<p>Le Congrès me fit l’honneur de me choisir comme rapporteur -de sa première commission.</p> - -<p>Au moment où je donnais lecture de mon rapport, un incident -se produisit. Tout à coup, je fus interrompu et insulté. -Je disais que les prêtres, en vendant des messes sous prétexte -de tirer les âmes du purgatoire, agissent comme de -simples escrocs. Une voix me cria : « Les escrocs, ce ne sont -pas les prêtres ; c’est vous ! » Un tumulte énorme s’ensuivit. -Un homme monta à la tribune pour renouveler l’injure et -aggraver le scandale. Mais l’assemblée, comprenant qu’elle -avait affaire à un agent des jésuites, retira la parole à mon -insulteur, et un blâme contre lui, mis aux voix par le président, -M. le député Beauquier, fut voté à l’unanimité, moins -quatre voix, sur deux cents délégués environ.</p> - -<p>Le lendemain, l’auteur du scandale, à qui cette flétrissure -pesait peu, allait se vanter de son exploit dans tous les bureaux -de rédaction des journaux réactionnaires ; et le Congrès -ne manqua pas d’être vivement attaqué.</p> - -<p>N’ayant jamais voulu me commettre avec des agents provocateurs, — qu’ils -appartinssent à la police rousse ou à la -police noire, — je méprisai l’insulte.</p> - -<p>Je me demandai seulement quel mobile avait pu pousser -un homme, que je n’avais jamais vu, à ramasser de la boue -pour venir essayer de m’en éclabousser.</p> - -<p>Je m’informai.</p> - -<p>L’homme était alors totalement inconnu. J’avais pensé une -seconde que ce pouvait être quelqu’un de ces génies incompris -qui viennent solliciter des rédacteurs en chef l’insertion -de leurs articles plus ou moins somnifères, et qui ne pardonnent -jamais un refus. Mais j’avais beau rappeler mes -souvenirs : l’inconnu n’apparaissait pas dans mon passé de -directeur de journaux.</p> - -<p>Cet insulteur n’ayant aucun motif ni même aucun prétexte -de haine personnelle, je fus bien obligé de me ranger -à l’opinion de mes amis, savoir : que je me trouvais en présence -d’un émissaire secrètement stipendié par les disciples -de Loyola.</p> - -<p>Je m’informai encore.</p> - -<p>Ce que j’appris alors m’édifia tout à fait. — Le misérable -appartenait à la Société de Saint-Vincent-de-Paul ; il en -avait été pendant quatre ans secrétaire ; tout récemment -même, il venait de se marier d’une façon bien religieuse à -l’église de la Trinité. Et ce qui démontrait à quel point était -habile cet agent des Révérends Pères, c’est qu’au moment -précis où il se mariait à l’église il s’était fait recevoir de -plusieurs sociétés de libre-pensée et donnait des conférences -anti-cléricales, dans lesquelles il prêchait aux autres le mariage -civil.</p> - -<p>Ce misérable, monsieur, c’était vous.</p> - -<p>Depuis, vous avez fait du chemin, et vous n’êtes certes pas -arrivé encore au but où vous prétendez atteindre.</p> - -<p>Vous êtes ambitieux et d’une astuce rare.</p> - -<p>Vous avez réussi à capter la confiance de quelques républicains -naïfs, et en même temps vous êtes soutenu par les -cléricaux qui n’ont même pas la pudeur de mettre une sourdine -à leurs éloges. L’<i>Univers</i> et le <i>Figaro</i> vous prédisent -avec joie le plus brillant avenir. De la part du <i>Figaro</i>, cela -n’a rien d’étonnant, puisque vous collaborez à cette feuille -monarchiste, — tout en écrivant aussi, il faut bien le dire, -dans la démocratique <i>Justice</i> ; — mais ce qui doit plus surprendre, -c’est que l’organe de M. Louis Veuillot s’oublie à -vous donner ostensiblement son appui.</p> - -<p>Quoi qu’il en soit, vous irez loin. Je ne fais aucune difficulté -à le reconnaître, je crois à votre étoile. Combien de -fortunes politiques ont été édifiées sur l’hypocrisie !… Or, en -la science de la duplicité vous êtes passé maître… Je n’ai pas -la moindre illusion à ce sujet : au sortir de l’église de la -Trinité vous agitez le drapeau rouge et vous vous proclamez -anarchiste ; il faut être aveugle pour ne pas voir votre jeu.</p> - -<p>Pour conclure, je vous dédie ce livre.</p> - -<p>Vous avez écrit quelque part, — dans la <i>Justice</i>, à moins -que ce ne soit dans le <i>Figaro</i>, — que je suis un écrivain -pornographe.</p> - -<p>Comme je me suis donné la mission de dévoiler les turpitudes -du clergé, vous feignez de prendre le change. Vous -êtes semblable à cet ami de M. de Germiny, qui, à la lecture -du jugement qui condamnait le noble comte et mentionnait -un aperçu de son infamie, s’écria : — « Ce jugement est un -outrage aux mœurs ! »</p> - -<p>En effet, vous qui vous confessez, vous ne pouvez entendre -médire des confesseurs. Révéler les ignominies du confessionnal -constitue une attaque à vos protecteurs et maîtres. -Vous leur devez bien de prendre leur défense !</p> - -<p>Lisez donc cet ouvrage, lisez surtout les extraits que je fais -des livres théologiques enseignés dans les couvents et les -séminaires, et répétez ensuite partout que les écrivains obscènes, -ce ne sont pas les casuistes et les confesseurs, mais -que c’est moi.</p> - -<p>Vous avez eu la jésuitique audace de le dire une fois ; ne -vous lassez pas.</p> - -<p>Mentez, mentez toujours, il en restera quelque chose ! -disait Voltaire aux disciples de saint Ignace, qui le calomniaient.</p> - -<p>Mentez, mentez encore, vous dirai-je à mon tour ; vous -servirez utilement la cause du clergé. Votre confesseur sera -là chaque samedi pour vous absoudre.</p> - -<p>Je vous salue, monsieur.</p> - -<p>Qu’Escobar vous ait en sa sainte garde !</p> - -<p class="sign"><span class="sc">Léo</span> TAXIL.</p> - -<p class="gap">Paris, le 1<sup>er</sup> novembre 1882.</p> - -<div class="chapter"></div> - -<h2 class="nobreak" id="ch2"><span class="large">LA CONFESSION</span><br /> -<span class="small">ET</span><br /> -LES CONFESSEURS</h2> - - -<p>Une supposition. Reportons-nous à l’année 1869. -Imaginez-vous ceci : — Tropmann vient de commettre -son horrible crime. Il va trouver un juge -d’instruction et lui dit : « Monsieur, je viens -d’assassiner toute une famille : sept personnes, -dans le but de m’approprier quelques billets de -banque. » Le magistrat répond : « Mon bon ami, -mon cher enfant, donnez-moi donc, je vous prie, -le produit de votre crime ; j’en ferai un bon usage, -et, pour tout le monde, ce sera comme si vous n’aviez -jamais tué un lapin. Allez, mon fils, allez, j’efface -votre meurtre abominable ; vous êtes, maintenant, -aussi pur que le plus parfait honnête homme. Allez, -je vous déclare innocent. » Le juge encaisse l’argent -de Tropmann, et Tropmann n’est pas poursuivi ; -il peut même recommencer ses exploits, -assassiner une nouvelle famille Kinck.</p> - -<p>Tel est le sacrement de pénitence, qui est le -principe de ce qu’on appelle la confession.</p> - -<p>Un monsieur, qui s’intitule prêtre, se donne le -droit d’innocenter les plus grands coupables, à la -condition qu’il se soumettront à une pénitence toujours -très commode pour le criminel et surtout très -lucrative pour M. le Curé.</p> - -<p>On peut commettre tous les crimes, assassiner -père et mère, se passer les fantaisies de Monseigneur -Maret et de M. le comte de Germiny, -détrousser un garçon de recettes et le larder de -coups de couteau ; on peut accomplir les plus exécrables -forfaits, se souiller des turpitudes les plus -obscènes, et les plus dégradantes ; en sortant du -confessionnal, on est, d’après l’Église, plus innocent -que le bébé qui vient de naître. Une fois -l’absolution donnée par le confesseur, Dumollard -devient un archange, et Tropmann se transforme -en un vrai petit chérubin. — Vous pouvez leur -donner vos filles en mariage.</p> - -<p>Par la confession, on est sanctifié en raison -même de ses crimes. Ainsi : plus un ignorantin se -vautre dans les infamies, plus il a besoin de se -confesser, plus il se confesse, et plus il est pur.</p> - -<p>Voilà la morale de l’Église catholique à laquelle -la Chambre vote chaque année un budget de cinquante -à cinquante-cinq millions. Autant vaudrait -établir un budget pour subventionner les Tropmann -et les Dumollard ; ce serait aussi logique.</p> - -<p>Si un magistrat s’était comporté à l’égard de -Tropmann comme je viens d’en faire la supposition -en commençant, il n’y aurait eu en France qu’une -voix pour le conspuer et le flétrir. Ce magistrat, si -commode pour les assassins, aurait été plus -scélérat que les plus odieux meurtriers, n’est-ce -pas ? Eh bien, le prêtre, qui absout le vol, est plus -gredin que les voleurs ; le prêtre, qui bénit les -assassins, est le dernier des scélérats. Nul homme, -en matière criminelle, n’a le droit de substituer -son jugement personnel au jugement de la société.</p> - -<div class="asterism">*<br />* *</div> -<p>Je sais bien ce que me répondront les défenseurs -du catholicisme.</p> - -<p>Ils me diront : — Vous faites de l’exception la -généralité. Tous ceux qui vont s’agenouiller au -tribunal de la pénitence n’ont pas sur la conscience -des meurtres et des viols. La confession n’a pas -été instituée pour l’absolution unique des criminels. -Il est telle faute légère, tel manquement aux -prescriptions de l’Église dont le confesseur relève -le pénitent. Or, la pratique constante de la confession -est un bien pour les petits coupables, pour les -hommes que le crime n’a point pervertis, en ce -qu’elle les met sans cesse face à face avec leurs -fautes, leur en fait honte et les en déshabitue.</p> - -<p>Je répliquerai : — D’abord, il ne me paraît pas -prouvé que la confession ait un effet salutaire, -même au point de vue des petites fautes. Il me -paraît, au contraire, qu’un examen de conscience -régulier ne doit pas être une tâche bien lourde -pour celui qui s’y livre périodiquement ; car la confession -ainsi pratiquée arrive à n’être plus qu’un -acte machinal.</p> - -<p>Plus la confession est fréquente, plus elle devient -banale, plus le pénitent s’habitue à ses passions, -à ses défauts, à ses vices.</p> - -<p>Quant aux manquements aux prescriptions de -l’Église, je ne m’en soucie guère. Il est possible -que la perspective d’une confession désagréable à -faire empêche un marguillier de manquer la messe -le dimanche ; mais il faut envisager les choses de -plus haut. Nous n’avons pas à nous arrêter à ces -vétilles ; dire le chapelet ou ne pas le dire n’a -aucun rapport avec l’honnêteté. Les pratiques de -dévotion relèvent simplement du bon sens, et le -bon sens a depuis longtemps condamné toutes ces -grimaces, toutes ces singeries.</p> - -<p>Au <small>XVII</small><sup>e</sup> siècle, les théologiens catholiques agitèrent -une question très grave : il s’agissait de -savoir si un bouillon pris en lavement rompait le -jeûne.</p> - -<p>Vous savez, ou vous ne savez pas, que pour -manger le bon Dieu, il faut être à jeun. Le Tout-Puissant -est un bifteck qui demande à n’être précédé -dans l’estomac des fidèles par aucun potage -gras ou maigre. Une fois le bon Dieu avalé, on -peut lui verser de la sauce par-dessus ; mais avant -l’engloutissement du personnage, défense de se -garnir l’intérieur de la moindre julienne ou du -plus mince radis. Une goutte d’eau seulement, -absorbée avant le divin pain à cacheter, constitue -un péché mortel.</p> - -<p>Or, tous les dévots ne se lèvent pas de bon matin ; -beaucoup de grandes dames ne vont le dimanche -qu’à la grand’messe, qui est celle où l’on exhibe les -belles toilettes. Et puis, il y a les vieux curés de -rebut, qui sont chargés de la messe de midi. Tout -ce monde-là avale le bon Dieu entre dix heures du -matin et midi et demi. Or, garder le jeûne jusqu’à -ce moment tardif n’a rien d’agréable.</p> - -<p>C’est alors que les vieux curés avaient imaginé -de prendre avant la messe un bouillon en lavement. -Ça les soutenait jusqu’à midi, les pauvres -vieux ! Seulement, voilà, les évêques ont mis le nez -dans l’affaire, en disant : « Pas de ça ! mon bel -ami, avec votre lavement roublard vous allez contre -les prescriptions de l’Église. » — Les curés qui -tenaient à leur clystère se sont rebiffés.</p> - -<p>« Si nous le prenions par en haut, ont-ils répondu, -oui, ça gênerait le Père Éternel ; mais par en bas, -qu’est-ce que ça peut lui faire ? »</p> - -<p>Alors, il y a eu des évêques qui n’ont pas voulu -entendre de cette oreille. On a examiné le cas : à -savoir, si la Sainte-Trinité et le clystère nutritif -avaient des chances de se rencontrer dans le tube -des communiants. On fit appel aux lumières de la -Faculté. On écrivit beaucoup de livres pour et -contre le lavement d’avant la communion. Bref, -cette dispute, qui est absolument historique, a duré -un bon quart de siècle et a finalement été tranchée -par le pape, seul juge souverain et compétent.</p> - -<p>Conclusion : le clystère est défendu.</p> - -<p>Aussi, maintenant, nos vieilles dévotes qui ne -veulent pas faire une communion coupable sont -obligées de se tenir à jeun, dans le sens absolu du -mot ; car, si elles se laissaient aller à manœuvrer un -piston sacrilège avant de recevoir leur doux Jésus, -elles commettraient un péché monstrueux dont il -leur faudrait rendre compte au confessionnal.</p> - -<p>Les curés ramollis et les vieilles dévotes, voilà -les natures sur lesquelles le sacrement de pénitence -exerce une action efficace, et encore est-ce à propos -des particularités théologiques qui sont le bagage -grotesque de la religion.</p> - -<p>On conviendra que, dans cet ordre d’idées, l’efficacité -de la confession nous préoccupe peu.</p> - -<p>Ce qu’il est intéressant pour nous de savoir, -c’est si la confession convertit les criminels ; et -cela, nous ne le croyons pas. Delacolonge, qui a -coupé en morceaux l’infortunée Fanny Besson, -était un prêtre ; Mingrat, qui viola, étrangla et -dépeça l’infortunée Marie Gérin, était un prêtre ; -Mgr Maret, qui souillait les petites filles et -en guise de première communion leur donnait une -maladie honteuse, était un prêtre. Ces monstres-là, -et bien d’autres encore, — car il se valent à peu -près tous, — non seulement se confessaient, mais -encore ils confessaient les autres. Est-ce que la -pratique constante du sacrement de pénitence les -a retenus, les a empêchés de se livrer à leurs habitudes -infâmes, les a empêchés de commettre leurs -crimes atroces ? — Non !</p> - -<p>C’était sur ceux-là, surtout, qu’il aurait fallu que -la confession eût de l’efficacité !</p> - -<p>On me dira, on dit : — Pourquoi citer les grands -criminels ? Ils forment une quantité infiniment -petite dans le nombre des gens qui se confessent.</p> - -<p>Soit, je l’admets. Mais cela ne change rien à la -valeur de mon raisonnement. Qu’importe que, dans -le nombre des gens qui se confessent, les grands -criminels forment le cinquante pour cent, ou le un -pour cent seulement ! Quelle que soit la proportion -existante, n’y eût-il qu’un assassin sur -mille, sur cent mille, sur un million d’individus -agenouillés devant vous, messieurs les curés, n’y en -eût-il qu’un seul sur mille milliards, est-il vrai, oui -ou non, que vous vous prétendez le droit de l’absoudre, -cet assassin ?</p> - -<p>Oui, n’est-ce pas ? — Vous ne pouvez pas le nier, -puisque vous revendiquez ce droit exécrable d’absolution -comme une prérogative céleste.</p> - -<p>Eh bien, je vous le dis et vous le répète, par -l’exercice de votre prétention cyniquement infâme, -vous êtes les complices des voleurs et des assassins. -Vous êtes plus scélérats qu’eux.</p> - -<p>Ah ! l’on nous accuse de faire de l’exception la -généralité ; tous ceux qui vont s’agenouiller au -tribunal de la pénitence, affirme-t-on, n’ont pas -sur la conscience des meurtres et des viols.</p> - -<p>Je réponds : — Soit ! Mais si tous ceux qui se -confessent ne sont pas des escrocs, des bandits, -des violateurs et des assassins, tous les violateurs, -tous les assassins, tous les escrocs et tous les -bandits se confessent.</p> - -<p>On n’osera pas soutenir le contraire. Tropmann -s’est confessé ; Lacenaire s’est confessé ; Papavoine -s’est confessé ; Dumollard s’est confessé ; le gardien -de la paix Prévost s’est confessé ; Johannon, qui a -mangé le cœur palpitant d’une pauvre femme qu’il -venait de poignarder, s’est confessé.</p> - -<p>Ils ont reçu la bénédiction du prêtre, tous, tous, -tous !</p> - -<p>Ils ont appelé l’homme noir : « Mon père », et -l’homme noir a répondu à chacun : « Mon fils. » — N’est-ce -pas bien, cette fois, le cas de dire : Tel -père, tel fils ?</p> - -<p>Tous, ils ont reçu l’accolade du ministre religieux, -qui a murmuré à leur oreille : « Les hommes -vous punissent, mais Dieu vous pardonne ; les -hommes vous méprisent, mais Dieu a de l’estime -pour vous ; les hommes vous ont en horreur et en -exécration, mais Dieu vous aime. »</p> - -<p>Tous ces brigands, qui sont la honte de l’humanité, -ont gravi les marches de l’échafaud avec la -conviction, à eux donnée par le prêtre, qu’ils montaient -au ciel, qu’ils allaient, leur âme lavée de -toute souillure, se reposer pour l’éternité dans le -sein de Dieu.</p> - -<p>Ils étaient des monstres d’infamie ; mais ils -étaient en même temps les adeptes fervents du -catholicisme.</p> - -<div class="asterism">*<br />* *</div> -<p>Laissons de côté ces tristes tableaux. De ces -embrassades entre l’Église et le crime, ne retenons -qu’un enseignement : c’est que le principe de -la confession est abominable, c’est que le droit -d’absolution que le prêtre se donne est la plus violente -des immoralités.</p> - -<p>Partant d’un principe abominable et immoral au -suprême degré, que peut bien être la confession ?</p> - -<p>Nous allons voir qu’elle ne vaut pas mieux que -son principe.</p> - -<p>Au début, — il faut le reconnaître, — la confession -n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui.</p> - -<p>Le criminel n’avait pas recours à cette lessive -spirituelle, parce qu’alors, au lieu d’avouer tout -bas son forfait à une seule personne, il fallait -l’avouer tout haut, devant tout le monde.</p> - -<p>La confession, qui était publique, avait une certaine -efficacité au point de vue des peccadilles. On -se risquait à se reconnaître coupable d’un petit -mensonge ou d’un menu larcin peu conséquent ; -mais on rougissait très fort en formulant son aveu, -on était vivement mortifié, et on se promettait, -avec une sincérité à laquelle je rends hommage, -de ne plus retomber dans la faute commise.</p> - -<p>La confession publique, dont se gardaient bien -d’user les grands coupables, avait tout de même -du bon ; elle exerçait une influence réelle, une -influence moralisatrice sur les petits pécheurs.</p> - -<p>Si on veut rétablir cette confession-là, je n’y vois -aucun inconvénient. Nous nous ferons même un -devoir d’aller entendre les jeunes et vieilles dévotes -raconter leurs fredaines. Ce sera instructif et cela -ne manquera pas de gaieté.</p> - -<p>Malheureusement, la confession publique ne -sera jamais rétablie. Ce qui la fit supprimer ne -manquerait pas de se reproduire.</p> - -<p>Voici l’anecdote :</p> - -<p>Au <small>IV</small><sup>e</sup> siècle, tandis que Nectarius était patriarche -de Constantinople, un beau jour, à la -confession publique dans l’église de Sainte-Sophie, -une femme mariée s’accusa tout haut d’avoir eu -des relations avec le diacre qui assistait le célébrant -à l’autel. Or, justement, le mari se trouvait -là, accroupi derrière un pilier, occupé à faire ses -prières. Mettez-vous un peu à sa place. Il trouva -la révélation fort peu édifiante ; il fit un vacarme -de tous les diables. Les assistants étaient stupéfaits ; -monsieur le diacre restait confus. Quant au patriarche -Nectarius, il était, on le conçoit, fort embarrassé : -il voulait bien qu’un de ses diacres -passât du bon temps avec une jolie pénitente, -mais il ne voulait pas que toute la ville le sût.</p> - -<p>Il n’eut pas la présence d’esprit d’imaginer à -l’instant la confession auriculaire si utile à ces -messieurs. Ce qu’il trouva de mieux, pour éviter -à l’avenir pareil scandale, ce fut de permettre aux -fidèles de manger le bon Dieu sans confession.</p> - -<p>Voilà comment la confession publique fut abolie.</p> - -<p>Ce sont les moines, les frocards, qui imaginèrent -cette petite armoire sombre dans laquelle les coquins -et les imbéciles vont vider le baquet de leurs -turpitudes, à la grande joie de MM. les calotins.</p> - -<p>Les supérieurs de couvents commencèrent, vers -le <small>VII</small><sup>e</sup> siècle, à exiger que leurs moines vinssent, -deux fois l’an, leur avouer leurs fautes. Ils inventèrent -la formule suivante : — « Je t’absous autant -que je le peux et que tu en as besoin. » — Plus tard, -messieurs les curés eurent des prétentions plus -élevées. Ils ne dirent plus : « Je t’absous autant -que je le peux » ; ils dirent tout catégoriquement : -« Au nom des pouvoirs que m’a délégués Dieu en -trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, -je t’absous. »</p> - -<p>Je serais bien curieux — et vous aussi, n’est-ce -pas ? — de voir de près ces fameux pouvoirs, et -d’examiner simplement la signature du notaire qui -en certifie l’authenticité.</p> - -<p>Mais les moines ne furent pas aussi exigeants -vis-à-vis de leurs abbés. Ils auraient pu dire au -Père supérieur : « Mon ami, avant de donner l’absolution -aux autres, tâche de te faire absoudre -toi-même ; » mais non ! ils aimèrent mieux être -confessés et devenir à leur tour confesseurs.</p> - -<p>Il est si agréable de savoir les secrets des ménages, -de connaître dans leurs plus grands détails -les péchés des jeunes filles, — et encore les confesseurs -qui s’en tiennent là ne sont pas les plus -dangereux. Ils sont des indiscrets, et voilà tout ; -mais au fond des confessionnaux il n’y a pas toujours -que des indiscrets. Le plus souvent ces antres -de la superstition renferment des exploiteurs du -crime et des séducteurs obscènes.</p> - -<p>Le R. P. Martène, un bénédictin qui vivait au -commencement du <small>XVIII</small><sup>e</sup> siècle, raconte, dans un -livre intitulé les <i>Rites de l’Église</i>, que M<sup>mes</sup> les -abbesses confessèrent pendant très longtemps leurs -religieuses ; seulement, il paraît que ces abbesses -étaient excessivement curieuses ; elles furent -même si curieuses que l’on fut obligé de leur retirer -ce droit. — Pourquoi ne l’ôte-t-on pas aux confesseurs -curieux ? — Il y en a ! il y en a !</p> - -<p>Ceux qui conseillent à une femme de faire… -jeûner son mari le mercredi, sous prétexte que ce -jour-là est consacré à la sainte Vierge ; — ceux -qui conseillent à madame de faire tout à fait jeûner -monsieur sous prétexte que monsieur ne va pas à -la messe, ou qu’il refuse de croire à l’infaillibilité -du pape ; — ceux qui conseillent à un jeune -homme sans vocation de se faire prêtre, parce -qu’il faut quand même des recrues au clergé ; — ceux -qui éveillent le tempérament d’une petite -fille par des questions qui lui apprennent ce -qu’elle ne doit pas encore savoir ; ceux-là ne sont -pas seulement des indiscrets ; ils sont plus coupables, -et, comme tels, ils sont très répréhensibles. — Et -il y en a beaucoup comme cela !</p> - -<div class="asterism">*<br />* *</div> -<p>Non seulement ces confesseurs dangereux sont -en grand nombre ; mais encore ils ne se contentent -pas d’interroger les enfants sur tels et tels -actes. Ils vont plus loin même.</p> - -<p>Ils ont inventé ce qu’ils appellent des <i>Examens -de conscience</i>. Ce sont des petits questionnaires -qui, sous le couvert de la religion, instruisent nos -jeunes garçons et nos jeunes fillettes de ce que -nous prenons tant de peine à leur cacher.</p> - -<p>Vous croyez que j’exagère ?</p> - -<p>Eh ! bien, vous allez être pleinement édifiés. Vous -allez voir quelles questions les prêtres posent aux -petits garçons et aux petites filles.</p> - -<p>Il est nécessaire que les pères et mères de -famille sachent à quelles infâmes interrogations -ils exposent leurs enfants en les envoyant au confessionnal.</p> - -<div class="chapter"></div> - -<h2 class="nobreak" id="ch3"><span class="large">EXAMEN DE CONSCIENCE</span><br /> -<span class="small">PAR</span><br /> -l’Abbé LENFANT<br /> -<span class="small">Curé de Villiers-le-Gambon.</span></h2> - - -<p>Les extraits de l’ouvrage que je vais citer sont -parfaitement authentiques.</p> - -<p>Il ne s’agit pas d’un livre remontant à deux ou -trois siècles. Non ! — Cet <i>Examen de conscience</i> -est un ouvrage contemporain ; c’est celui qui est -<i>actuellement</i> en usage dans un des plus importants -diocèses de l’Église catholique, le diocèse de -Namur.</p> - -<p>Les extraits que j’en ai faits ont été copiés par -moi-même, et je les ai déjà publiés deux fois dans -mon journal, sans que les cléricaux fanatiques qui -composent notre magistrature aient jamais osé -pour cela me poursuivre.</p> - -<p>Du reste, je les en défie bien !</p> - - -<p class="gap">L’ouvrage est intitulé :</p> - -<blockquote> -<p><span class="sc">Examen de conscience</span>, <i>suivi d’exercices pour la confession</i>, -selon l’ordre et la lettre du <i>Petit Catéchisme</i> du diocèse de -Namur, destiné aux enfants de la <i>première communion</i>, et non -moins utile aux personnes plus avancées en âge, par M. Lenfant, -curé de Villiers-le-Gambon. — Namur, A. Wesmaël-Legros, -imprimeur de l’évêché, 1865.</p> -</blockquote> - -<p>Je vous prie de remarquer que ce livre n’est pas -unique dans son genre ; tous les diocèses de l’Église -catholique sont pourvus de semblables <i>Examens -de conscience</i>. Partout, dans chaque paroisse, les -prêtres remettent aux enfants, en même temps que -le <i>Catéchisme du diocèse</i>, un petit opuscule appelé : -« Examen de conscience », dont le prétexte -est d’aider fillettes et jeunes garçons à rechercher -quels péchés ils peuvent bien avoir commis durant -la semaine, et dont le vrai but est de leur enseigner -graduellement le vice. Tous ces <i>Examens de -conscience</i>, tous sans exception, sont revêtus d’une -approbation signée par un évêque. Chaque année, -l’imprimeur de l’évêché en fait un nouveau tirage, -et ces ignobles petits livres sont répandus à profusion -dans les écoles congréganistes.</p> - -<p>L’exemplaire, dont je vais reproduire quelques -extraits, date de 1865 ; il n’est donc pas bien vieux. -L’ouvrage a été composé en 1844 ; ce qui prouve -que messieurs les prêtres de Namur l’ont trouvé -excellent, puisqu’ils l’ont conservé jusqu’à aujourd’hui, -et qu’ils s’en servent à présent encore pour -la préparation des enfants à la première communion.</p> - -<p>Voici l’approbation épiscopale :</p> - -<blockquote> -<p><i>Approbation.</i></p> - -<p>J’ai lu par ordre de Monseigneur le R<sup>me</sup> évêque de Namur -le manuscrit intitulé : <i>Examen de conscience, suivi d’exercices -pour la confession, etc., par <span class="sc">M. Lenfant</span>, curé de Villiers-le-Gambon</i>. -Je n’ai rien vu, dans cet écrit, de contraire à la -doctrine catholique. Comme l’auteur l’annonce lui-même, -son dessein n’est pas d’exposer tous les péchés qui peuvent -se commettre contre chaque commandement, <i>mais seulement -les plus ordinaires</i>. Il a fait preuve <i>de discernement et d’une -prudente sobriété</i> dans l’exécution de ce plan.</p> - -<p><i>Donné à Namur, le 17 janvier 1844.</i></p> - -<p class="sign">Ant. COLLARD<br /> -<span class="small">Chanoine Théologal et professeur de Théologie.</span></p> -</blockquote> - -<p>Et au-dessous :</p> - -<blockquote> -<p>Nous en permettons l’impression.</p> - -<p><i>Namur, le 18 janvier 1844.</i></p> - -<p class="sign">NICOLAS-JOSEPH,<br /> -<span class="small">évêque de Namur.</span></p> -</blockquote> - -<p>Après ces deux pages vient l’avant-propos dans -lequel le curé Lenfant (nom prédestiné) déclare -ceci :</p> - -<blockquote> -<p>Encore ai-je besoin de l’encouragement de Monseigneur -Notre Révérendissime Évêque de Namur, à l’approbation duquel -je le soumets entièrement et sans restriction.</p> - -<p>Sans le secours de la direction et des explications des -catéchistes, ce petit livre serait encore bien peu utile aux -enfants ; aussi, j’espère qu’ils ne refuseront pas ce concours.</p> -</blockquote> - -<p>Ainsi donc, c’est bien entendu, les questions -que l’auteur de l’<i>Examen de conscience</i> va poser -aux enfants, il pense qu’elles pourront n’être pas -assez claires, et il invite les catéchistes, les confesseurs -à les bien expliquer.</p> - -<p>Or, voulez-vous savoir quelle question pose ce -prêtre, avec l’approbation de son évêque, sur ce -sujet : <i>Devoirs corporels ?</i></p> - -<blockquote> -<p>N’avez-vous pas commis d’imprudence ou de crime avant -ou après la conception ?</p> -</blockquote> - -<p>Voilà une question que le confesseur doit expliquer -à chaque jeune fille. — C’est du propre !</p> - -<p>Je ne m’attarderai pas à reproduire les menues -questions qui seraient sans intérêt : Pratiques de -dévotion, Blasphèmes, Du nom de Dieu invoqué -en vain, etc. — Contentons-nous d’extraire les -passages qui prouvent combien chaque confession -d’un enfant est pour lui une leçon d’immoralité.</p> - -<blockquote> -<p class="c">VI<sup>e</sup> ET IX<sup>e</sup> COMMANDEMENTS</p> - -<p class="c"><i>Sixième</i> :</p> - -<div class="poetry"> -<div class="verse">Luxurieux point ne seras</div> -<div class="verse">De corps ni de consentement.</div> -</div> - - -<p class="c"><i>Neuvième</i> :</p> - -<div class="poetry"> -<div class="verse">L’œuvre de chair ne désireras</div> -<div class="verse">Qu’en mariage seulement.</div> -</div> - -<p>— Que défend le sixième commandement ?</p> - -<p>— Il défend, non seulement toute impureté, mais, qui plus -est, la seule convoitise et tout plaisir qu’on aurait à y penser -volontairement.</p> - -<p>— Que défend le neuvième commandement ?</p> - -<p>— Il défend toute impureté, c’est-à-dire, de prendre aucun -plaisir charnel, sur soi ou sur autrui, en dehors du mariage, -par œuvre, par attouchements, baisers, paroles, chansons, -dites ou écoutées, regards, lectures de livres impudiques ou -malhonnêtes.</p> -</blockquote> - -<p>Misérables hypocrites ! Les premiers livres impudiques -et malhonnêtes, ce sont vos <i>Examens de -conscience</i>, messieurs les prêtres.</p> - -<p>Continuons. Le paragraphe qui suit prouve, -mieux que toutes nos affirmations, que les confesseurs -se mêlent de ce qui se passe dans les alcôves -conjugales.</p> - -<blockquote> -<p>Le neuvième commandement, en général, défend toute -impureté, c’est-à-dire tout plaisir sensuel honteux, charnel, -à tous ceux qui ne sont pas mariés. Ce serait cependant une -grave erreur que de se croire tout permis dans le mariage. -Les personnes mariées pèchent dans l’état du mariage, par -suite de la crainte d’avoir trop d’enfants, <i>par des abus dans -ce qui est permis, par des désobéissances dans ce qui est -ordonné</i>. Celles dont la conscience est inquiète sur cette matière -délicate DOIVENT CONSULTER LEUR CONFESSEUR -(textuel).</p> -</blockquote> - -<p>Avis aux républicains faibles qui permettent à -leur femme de fréquenter l’église : c’est monsieur -l’abbé qui règle comment madame doit rendre à -son mari le devoir conjugal. La jeune fille qui se -prépare à la première communion sait, dès l’âge -de onze ans, que, lorsqu’elle sera grande, elle -devra consulter son confesseur sur la manière -dont elle devra se comporter envers celui qu’elle -épousera. Comment, avec cela, les fillettes élevées -au confessionnal pourraient-elles devenir des -honnêtes femmes ?</p> - -<p>Continuons :</p> - -<blockquote> -<p class="c">1<sup>o</sup> <i>Pensées</i>.</p> - -<p>Ruminer dans son esprit, occuper son esprit de choses -déshonnêtes, former dans son esprit des images d’objets ou -d’actions déshonnêtes, sans la volonté de les commettre.</p> - -<p>— 1. Avez-vous donné occasion volontaire à des pensées -déshonnêtes ?</p> - -<p>— 2. Vous êtes-vous arrêté volontairement à considérer -dans votre esprit des objets ou des actions déshonnêtes, défendues ? — Combien -de fois ? — Combien de temps ? — Quel -était l’objet de cette pensée volontaire ? — Telle action ? -telle sorte de personne ? — Quelles ont été les suites, les désordres -de ces mauvaises pensées ? — Des mouvements déréglés -en vous, etc. ? — Des passions violentes ?</p> - -<p>— 3. Avez-vous repoussé ces sortes de mauvaises pensées -dès que vous vous en êtes aperçu ? — Sans y prendre positivement -plaisir, n’avez-vous pas été lâche à les rejeter ?</p> - -<p>— 4. Avez-vous rappelé dans votre esprit le souvenir des -péchés passés ?</p> - - -<p class="c">2<sup>o</sup> <i>Désirs</i>.</p> - -<p>— 1. Avez-vous désiré, souhaité dans votre cœur, de voir, -de toucher, de faire, d’entendre, etc., quelqu’une de ces -choses que le sixième commandement défend de faire ?</p> - -<p>— 2. Avez-vous pris les moyens, fait les démarches, les -efforts, quoique sans effet, pour exécuter ces mauvais désirs ?</p> - -<p>— 3. N’avez-vous pas regretté le manquement d’exécution ? — Dites -ce que vous avez désiré ; ses qualités, la vôtre. — S’agissait-il -de personnes mariées ? ou parentes ? ou consacrées -à Dieu ?</p> - -<p>— 4. Quels ont été les effets de ces désirs sur votre corps ? — Pendant -combien de temps vous êtes-vous entretenu de -ces désirs impurs ?</p> -</blockquote> - -<p>Remarquons, en passant, que messieurs les -curés, sous prétexte de questionner les jeunes -garçons et les jeunes filles sur leurs péchés, leur -demandent, d’une manière détournée, des renseignements -sur les tierces personnes, à cause de -qui les péchés ont été commis.</p> - -<blockquote> -<p class="c">3<sup>o</sup> <i>Actions</i>.</p> - -<p>— 1. Avez-vous fait des actions honteuses, impures ?</p> - -<p>— 2. Étiez-vous seul ? — Avec d’autres ? — De même ou -de différent sexe ? mariés ? parents ? ou alliés ? — Dans la -crainte du déshonneur ? — <i>Avec des bêtes ?</i> — Dans un lieu -public ou sacré ? — Combien de fois ? — Toujours avec les -mêmes ? — Depuis combien de temps ? — Sous promesse de -mariage ? — Quelles en sont les suites ?</p> - - -<p class="c">4<sup>o</sup> <i>Attouchements</i>.</p> - -<p>— 1. Avez-vous touché avec la main ou autrement, par -plaisir et sans nécessité, des parties du corps que la pudeur -veut que l’on cache ? — Sur vous-même ? — Sur d’autres de -même ou de différent sexe ? — Mariés, parents, etc. ? — <i>Sur -des animaux ?</i></p> - -<p>— 2. Avez-vous permis, souffert de ces criminelles et honteuses -libertés ?</p> - -<p>— 3. Les avez-vous provoquées, excitées ? — Combien de -fois ? — Êtes-vous dans l’habitude ? — Depuis quand ? — Quel -désordre ou accident a suivi ces actes coupables ?</p> - - -<p class="c">5<sup>o</sup> <i>Baisers</i>.</p> - -<p>— Avez-vous donné ou reçu des baisers, surtout entre -jeunes gens de différents sexes, avec mauvaises intentions ? — Avec -durée ? — D’une manière indécente ? — Avec danger -de consentir ultérieurement aux suites impures ?</p> - - -<p class="c">6<sup>o</sup> <i>Paroles</i>.</p> - -<p>— 1. Avez-vous dit des paroles déshonnêtes, sales, exprimant -clairement ces péchés, ou objets d’impureté ? ou des -paroles à double entente, plus couvertes ? — En présence de -combien de personnes ? — Quelles étaient leurs qualités ? -jeunes ? mariées ? etc. — Ont-elles été scandalisées ?</p> -</blockquote> - -<p>Pour le coup, voilà une question passablement -indiscrète. Il est facile de voir quel parti le confesseur -peut tirer de la réponse qui lui est faite.</p> - -<p>Quoique sans se faire nommer une personne, il -se la fait d’abord désigner de la façon la plus explicite -possible. Puis, suivant qu’il a des vues sur -cette personne, suivant qu’il a intérêt à savoir si -elle est ou non accessible, il pose cette question :</p> - -<p>— Mon enfant, cette personne à qui vous avez -dit des paroles déshonnêtes, sales, exprimant clairement -un désir ou un objet d’impureté, cette personne, -dis-je, a-t-elle été scandalisée ?</p> - -<p>Supposons que la jeune pénitente réponde :</p> - -<p>— Non, mon père, elle n’a pas été scandalisée -du tout.</p> - -<p>Le confesseur se dira, à part lui :</p> - -<p>— Très bien, voilà une vertu facile dont je -pourrai prochainement tenter l’assaut.</p> - -<p>Le motif de ces questions indiscrètes ne peut -faire aucun doute.</p> - -<p>Continuons encore :</p> - -<blockquote> -<p>— 2. Avez-vous écouté avec plaisir des paroles déshonnêtes ? — Combien -de fois par jour, par semaine ou par -mois ? — Depuis quand dure cette habitude ?</p> - -<p>— 3. Vous êtes-vous vanté de péchés commis en secret, -diffamant ainsi les personnes dont vous avez abusé ?</p> - - -<p class="c">7<sup>o</sup> <i>Chansons</i>.</p> - -<p>— 1. Avez-vous chanté des obscénités ou des chansons -avec mots à double entente ? — Devant combien de personnes, -etc. ?</p> - -<p>— 2. Les avez-vous apprises à d’autres ?</p> - -<p>— 3. Avez-vous écouté des chansons déshonnêtes ? — Y -avez-vous applaudi, etc. ?</p> - - -<p class="c">8<sup>o</sup> <i>Regards</i>.</p> - -<p>— 1. Avez-vous regardé par curiosité, par passion, des -objets déshonnêtes sur vous-même ? — Sur d’autres de même, -de différent sexe ? — Indiquez la qualité des personnes ; je -dis toujours <i>qualité</i>, parce qu’on ne doit nommer personne à -confesse.</p> -</blockquote> - -<p>Tartufes !… On ne doit nommer personne à confesse, -disent-ils… Seulement, ils posent des questions -comme celles-ci :</p> - -<p>— Cette personne, à qui vous avez manifesté -des désirs impurs et qui n’en a pas été scandalisée, -est-elle jeune ? Est-elle mariée ? Quelle est sa qualité ? -Êtes-vous parente avec elle ? Du même sexe ? -Depuis combien de temps la fréquentez-vous ?</p> - -<p>Je vous demande un peu si quand une enfant -naïve a répondu à toutes ces questions, le confesseur -a besoin de se faire ajouter le nom de la personne -sur laquelle il s’enquiert.</p> - -<p>De même quand il interroge une jeune fille sur -le chapitre des désirs, supposez qu’il lui pose ces -questions que nous avons reproduites plus haut :</p> - -<p>— Mon enfant, avez-vous désiré dans votre -cœur de faire quelqu’une de ces choses que nous -défend le sixième commandement ? Dites ce que -vous avez désiré, les qualités de la personne qui -était l’objet de votre désir. S’agissait-il d’une personne -consacrée à Dieu ?</p> - -<p>Je suppose un jeune vicaire posant ces trois -questions à une fillette qui, sans trop s’en rendre -compte, aura une inclination pour lui. L’enfant -rougira, surtout à la dernière des trois questions. -Il faudra qu’elle réponde. Elle sera de plus en plus -confuse, embarrassée. Et le prêtre possédera le -secret de la pauvrette, lui aura ouvert les yeux sur -le sentiment qu’elle éprouvait sans se l’expliquer ; -de ce jour, le misérable sera maître de l’enfant.</p> - -<p>Continuons toujours. Voici une question, que le -confesseur, suivant l’invitation de l’auteur de -l’<i>Examen de conscience</i>, doit avoir souvent à expliquer -aux fillettes candides et pures. Quelle honte -que cette question ! Quelle honte que ces explications !</p> - -<blockquote> -<p>— 2. Avez-vous regardé certains actes des animaux ?</p> - -<p>— 3. N’avez-vous pas souffert, permis à d’autres des regards -coupables sur vous ? — Par imprudence ou manque de -pudeur ?</p> - -<p>— 4. Avez-vous considéré des tableaux, des statues indécentes ? -etc. — Des nudités ?</p> - - -<p class="c">9<sup>o</sup> <i>Lecture</i>.</p> - -<p>— 1. Avez-vous lu par curiosité ou passion, sans nécessité, -des lettres d’amour, des livres impudiques, de médecine, de -théologie, des romans, des livres, des chansons déshonnêtes, -de sales histoires, des journaux du même genre ? etc.</p> - -<p>— 2. Les avez-vous encore ? — Les avez-vous communiqués -à d’autres ou laissés exposés à leur vue ?</p> - - -<p class="c">10<sup>o</sup> <i>Conservation de la chasteté</i>.</p> - -<p>— 1. Vous êtes-vous exposé volontairement au danger de -pécher sans graves raisons, et quelles raisons ?</p> - -<p>— 2. Êtes-vous resté volontairement dans l’occasion ? — Avez-vous -aimé, recherché l’occasion prochaine du péché -mortel d’impureté ? — Combien de fois ? — Combien de -temps ? — Quelle est cette occasion ? — Est-ce dans la même -maison que vous habitez ? — Cette occasion est-elle libre ou -nécessaire ? — Avez-vous employé les moyens prescrits par -votre confesseur ?</p> - -<p>— 3. Êtes-vous resté seul à seul avec une personne de -différent sexe que vous affectionnez, dans l’obscurité, hors de -tout œil de surveillance, dans la maison, sur le seuil des -portes ? — Avez-vous été à des rendez-vous ? — Dans des -mauvaises compagnies ? — Dans les veillées où se trouvent -réunis des jeunes gens des deux sexes ? — Dans des danses -de nuit ou de cabaret ? — Courez-vous les fêtes le soir, les -allées ou venues ?</p> - -<p>— 4. Avez-vous eu des fréquentations pour le mariage -longues, imprudentes ?</p> - -<p>— Êtes-vous dans quelque habitude d’impureté ? — Laquelle ? — Seul -ou avec d’autres ? — Depuis combien de -temps ?</p> - -<p>Etc., etc.</p> -</blockquote> - -<p>Quelle abomination ! Voilà comment les prêtres -entendent leur sacerdoce ! Voilà les côtés secrets -de la religion catholique !</p> - -<p>M. Jules Ferry, à l’époque où il n’était pas encore -ministre, a dit ceci : « La religion, c’est l’embrigadement -de la bêtise humaine. » Il aurait pu -ajouter : « Et le confessionnal, c’est la tanière des -plus immondes cochons. »</p> - -<p>Il faut être, en effet, — passez moi l’expression, — le -dernier des saligots, pour se complaire à -enseigner le vice graduellement, par menus détails, -aux petits garçons et aux petites filles.</p> - -<p>Et ils osent dire, ces hypocrites, que leur sacrement -de pénitence purifie et rend plus vertueux !</p> - -<p>Mensonge ! exécrable mensonge ! La confession -n’est pas autre chose que l’école de l’impureté.</p> - -<p>Voyez ce prêtre de Namur ; il met sous les yeux -de la jeunesse un questionnaire infect, ignoble ; -et, en tête de son livre, il écrit dans son avant-propos : -« Sans le secours de la direction et des -explications des catéchistes, cet <i>Examen de conscience</i> -serait encore bien peu utile aux enfants. »</p> - -<p>Il trouve qu’il n’en a pas dit assez. Il fait appel -aux directeurs de conscience, aux catéchistes pour -qu’ils développent ses infamies.</p> - -<p>D’abord l’examen sommaire, les interrogations -générales, conformes au livre de M. le curé et du -petit catéchisme du diocèse. Ensuite, viendront -les demandes précises et détaillées du confesseur, -les explications compliquées, embarrassées et très -minutieuses des jeunes pénitents et des jeunes -pénitentes.</p> - -<p>Doit-on s’étonner que dans ces longues conversations, -roulant complaisamment sur des sujets -scabreux, sensuels, sur des tableaux à damner -saint Antoine lui-même, — doit-on s’étonner que -parfois confesseur et pénitente se soient laissés -aller à des explications que je m’abstiendrai de -qualifier, qu’ils aient passé de la théorie du catéchisme -à la pratique ?</p> - -<p>En effet, imaginez-vous un jeune gaillard de -vingt-cinq ans, plein de santé et de sève, sortant -du séminaire où il a prêté ce serment absurde et -contre nature de chasteté ; le voyez-vous, lui, dont -le cœur éclate par l’explosion des passions longtemps -comprimées, le voyez-vous, entreprenant de -confesser une jeune et jolie fillette qui, la pauvre -enfant, ne pense pas à mal ?</p> - -<p>Catéchisme en main, il procède par interrogations -scrupuleuses. Il est novice dans le métier, il -craint de laisser passer la moindre peccadille sur la -conscience de sa timide et tremblante cliente. Et -voilà cette ravissante jeune fille de quinze ans qui, -rougissant, raconte à ce jeune homme des choses -intimes qu’elle n’oserait pas dire à sa mère. Elle -devra énumérer les pensées qu’elle a eues en prenant -son bain, etc.</p> - -<p>Et la pauvrette, de ses lèvres chastes et roses, -devra glisser dans le tuyau de l’oreille de son jeune -directeur les réponses les plus exactes à toute -sorte de questions qu’elle considérerait comme -des injures en toute autre circonstance.</p> - -<p>Dites, après cela, si des parents qui se sont appliqués -pendant de longues années à éloigner de -l’esprit, de l’imagination de leurs enfants, toute -pensée qui puisse ternir la pureté de leur cœur, -ne doivent pas redouter le confessionnal !</p> - -<p>Et notez bien que je viens de parler seulement -du jeune prêtre au moment où il sort du séminaire, -au moment où il a peut-être encore quelques bons -instincts, au moment où le contact des vétérans -du sacerdoce ne l’a pas encore vicié.</p> - -<p>Celui-là faiblit, mais il répare quelquefois sa -faute. On en a vu, de ces jeunes vicaires, — rarement, -il est vrai, — on en a vu jeter leur soutane -aux orties et épouser la jeune fille dont ils -avaient effeuillé la couronne virginale. A ceux-là, -nous accordons le pardon ; ce qui ne nous empêche -pas de continuer à dire que l’institution de la confession -est quand même mauvaise ; car, si le prêtre -ne s’était pas trouvé là, la jeune fille en aurait -aimé un autre plus digne d’elle.</p> - -<p>Un petit vicaire peut rentrer dans la vie civile ; -il ne vaut jamais un bon et honnête ouvrier qui -n’a pas fait cet apprentissage de fainéantise dont -la livrée est une soutane.</p> - -<p>Méfiez-vous toujours de quiconque a accepté, -ne serait-ce que pendant une année, de porter -cette livrée honteuse. Dans l’ancien calotin, dans -l’ancien séminariste, dans quiconque s’est destiné -un moment au métier malhonnête de prêtre, il -reste toujours un fond de malhonnêteté. — Il n’y -a à cette règle que bien peu d’exceptions ; les Raspail -et les Lamennais sont de plus en plus rares.</p> - -<p>A plus forte raison, fuyez comme la peste ceux -qui ont croupi dans la fange sacerdotale. Ceux-là -ne répareront pas les brèches faites à l’honneur -des jeunes filles ; ils se joueront d’elles, ils les abuseront -sans cesse. Ce ne sont pas des hommes, ce -sont des boucs à face humaine. Ils portent partout -sur leurs pas, la dépravation, l’obscénité, la honte -la plus crapuleuse. — Qu’ils soient maudits !</p> - -<div class="asterism">*<br />* *</div> -<p>Nous avons examiné la confession dans ce -qu’elle a de corrupteur pour la vertu des adolescents. -Nous avons dit comment elle prédispose -même les enfants à l’impureté. Voyons comment -elle peut porter le trouble dans les ménages ; car, -tandis que je citais mes extraits de l’<i>Examen de -conscience</i> du curé Lenfant, on a pu remarquer -que messieurs les confesseurs ont de fortes tendances -à vouloir pénétrer les secrets de l’alcôve.</p> - -<p>Après avoir parcouru les livres que l’on met -dans les mains des pénitents, parcourons un peu -ceux qui sont destinés aux jeunes abbés des séminaires.</p> - -<p>Pour que le prêtre puisse expliquer certaines -choses à l’homme ou à la femme qui se confesse à -lui, il faut nécessairement qu’il en soit instruit -lui-même d’une façon très complète.</p> - -<p>C’est dans ce but que les grands théologiens ont -imaginé des ouvrages qu’ils appellent <i>Manuels des -confesseurs</i>. Le plus célèbre d’entre tous est celui -qui a été écrit par Mgr Bouvier, évêque du Mans, -qui vivait encore il n’y a pas longtemps.</p> - -<p>Ce Mgr Bouvier, qui devait à coup sûr avoir -dans les veines le même sang que le marquis de -Sade, a été honoré de distinctions toutes spéciales -par le pape Pie IX, le Borgia du <small>XIX</small><sup>e</sup> siècle.</p> - -<hr /> - - -<p class="i">Ici, dans sa conférence, M. Léo Taxil donnait -quelques rapides aperçus des <i>Diaconales</i> de -Mgr Bouvier ; bien entendu, en choisissant ses -extraits, en sautant des mots, en supprimant les -passages par trop scabreux. Il lisait encore des -morceaux du fameux <i>Compendium</i>, ouvrage dû -à la collaboration d’une société de casuistes du -<small>XVIII</small><sup>e</sup> siècle, des <i>Pieuses Exhortations</i> de Mgr Claret, -archevêque et confesseur d’Isabelle d’Espagne, -et enfin de la <i>Mœchialogie</i> (Cours de luxure), du -R. P. Debreyne, religieux trappiste.</p> - -<p class="i">Nous donnons comme appendice à cette conférence -de M. Léo Taxil de nombreux extraits des -quatre ouvrages ci-dessus dénommés.</p> - -<p class="i">On pourra se faire ainsi une idée de l’enseignement -qui est donné aux jeunes abbés des grands -séminaires. Comme dans un livre il est loisible de -reproduire textuellement des citations quel que soit -leur degré d’obscénité (ce qui ne se peut dans une -conférence), les lecteurs trouveront donc, à la fin du -discours, cent fois plus d’extraits que n’en ont eus -les auditeurs.</p> - -<p class="i">Une fois faites les citations pour lesquelles nous -renvoyons le lecteur à l’appendice qui termine ce -volume, M. Léo Taxil ajoutait :</p> - -<hr /> - - -<p>On le voit, messieurs les curés se mêlent de ce -qui est le plus intime dans les ménages. Ils demandent -à Madame de quelle manière Monsieur se -comporte envers elle, s’ils font ensemble ceci ou -cela… Oh ! ces questions, disent-ils, sont nécessaires ; -il faut qu’ils connaissent tous les détails -du péché pour savoir s’ils doivent donner l’absolution -ou la refuser.</p> - -<p>Est-il possible de pousser plus loin l’astuce et -la dépravation ?</p> - -<p>Si, chez vous, un des amis de la maison venait -demander à votre femme des renseignements sur -la manière dont vous agissez avec elle, est-ce que -vous ne prendriez pas une trique pour en frictionner -avec vigueur les épaules de l’impertinent ? — Oui, -n’est-ce pas ? — Pourquoi n’en use-t-on -pas de la sorte vis-à-vis de ces calotins dévergondés -qui, eux, ne sont pas les amis, mais les -ennemis de la maison ?</p> - -<p>Est-ce que ces gens-là ont le droit de s’immiscer -dans les mystères de l’intérieur des autres ?</p> - -<p>Ils ont trouvé cette belle excuse à leur indiscrétion -de satyres !… C’est pour éclairer, disent-ils, -la conscience des femmes sur les péchés qui se -peuvent commettre, qu’ils leur font subir des -interrogatoires si minutieux.</p> - -<p>Mauvais prétexte ! Nouvelle imposture !</p> - -<p>Moins que personne, ils n’ont le droit de connaître -comment les époux conjuguent le verbe « se -marier », eux qui disent s’être interdit de contribuer -à l’accroissement de l’espèce humaine.</p> - -<p>S’il est une question dont ils ne doivent pas -s’occuper, c’est à coup sûr celle-là.</p> - -<p>Qu’ils aillent confesser les nonnes hystériques, -leurs dignes femelles, et qu’ils laissent en paix les -ménages des honnêtes gens !</p> - -<div class="asterism">*<br />* *</div> -<p>Mais voilà ! la confession des femmes mariées -leur est nécessaire, à ces misérables !</p> - -<p>Leur pouvoir est bâti sur la division et sur l’intrigue. -Or, par la confession, il leur est facile de -semer la discorde dans les familles ; par la confession, -ils sont au courant de mille secrets, ils connaissent -les côtés faibles des individus. Ils manœuvrent -dans l’ombre ; mais leurs plans sont tracés -d’après des indications sûres. — Voyez-vous bien -le danger ?</p> - -<p>Aussi, ce droit de confession qu’ils se sont attribué -sera-t-il toujours le privilège qu’ils défendront -avec le plus d’énergie.</p> - -<p>Cette institution abominable, ils la soutiennent -effrontément par les mensonges les plus audacieux. -Il est juste de dire que les mensonges ne leur -coûtent rien.</p> - -<p>Pour défendre leur sacrement de pénitence, il y -a des curés qui ont l’aplomb de soutenir que, grâce -à la confession, pas mal de voleurs ont restitué ce -qu’ils avaient dérobé.</p> - -<p>D’abord, il ne suffirait pas d’avancer cela ; il -faudrait encore le prouver. J’ai souvent entendu -faire valoir cet argument ; mais à ma connaissance -jamais aucun curé n’a cité un fait précis.</p> - -<p>Si des voleurs ont rendu l’argent dérobé, à la -suite d’une visite au confessionnal, que messieurs -les prêtres les nomment !</p> - -<p>— Ah ! voilà. Ils ne nommeront personne, cela -leur est défendu. Il y a le secret de la confession.</p> - -<p>Quel procédé commode pour toujours avoir -raison ! On articule un fait à l’appui d’une thèse -que l’on soutient, et, quand on vous demande les -moyens de contrôler votre assertion, on s’efface -derrière une consigne. Monsieur l’abbé veut bien -affirmer que, grâce au sacrement de pénitence, il -a fait opérer des restitutions ; seulement, il ne peut -pas, à son grand regret, désigner les personnes en -cause, ni même indiquer les circonstances de -l’aventure.</p> - -<p>Soit. — Mais alors on me permettra de révoquer -en doute les assertions de monsieur l’abbé ; car -des assertions qui ne sont appuyées d’aucune -preuve sont sans valeur, surtout quand celui qui -les émet a intérêt à les émettre.</p> - -<p>Bien plus, l’excuse du secret de la confession ne -me paraît pas sérieuse le moins du monde ; car la -prêtraille sait parfaitement passer par-dessus son -fameux secret de la confession quand elle y a -intérêt.</p> - -<p>A-t-on oublié que lors du coup d’État de 51, -grand nombre d’ouvriers qui faisaient partie des -sociétés de résistance ont été dénoncés par les -confesseurs de leurs femmes ?</p> - -<div class="asterism">*<br />* *</div> -<p>Personnellement, je ne crois pas que les confesseurs -aient jamais fait restituer un centime mal -acquis. Il se peut que, à des pénitents s’accusant -d’avoir dérobé une somme quelconque, les confesseurs -aient dit :</p> - -<p>— Mon fils, votre action est très coupable. -Pour l’expier et l’effacer, vous allez m’apporter la -somme que vous détenez indûment et je l’appliquerai -à une bonne œuvre catholique. Ce sera la -réparation de votre faute.</p> - -<p>Voilà ce qui arrive en fait de restitution ; mais -on avouera que, si le voleur restitue de cette -façon, le volé n’en a pas une plus belle jambe.</p> - -<p>La vérité m’oblige à dire qu’il y a un curé, — il -existe encore, — qui a opéré quelques restitutions -en rendant à des personnes volées l’argent qui leur -avait été pris.</p> - -<p>Ce curé s’appelle l’abbé Cameigt ; tout récemment, -il était à la tête d’une paroisse dans le département -des Pyrénées-Orientales. — Voici quel était -son manège : quand il allait en visite chez quelqu’un, -il filoutait tout ce qui se trouvait à sa portée ; -il ne se gênait pas ; si l’on ne s’apercevait pas -du larcin avant un certain nombre de jours, il -gardait l’argent ou les objets dérobés ; comment se -douter que monsieur le curé était le voleur ? Si par -contre la disparition de ce que l’abbé Cameigt -avait confisqué était aussitôt constatée, dès que -notre voleur savait que les victimes faisaient une -petite enquête et recherchaient l’auteur du méfait, -il se rendait chez le commissaire de police et lui -tenait ce langage :</p> - -<p>— Monsieur le commissaire, pas plus tard que -ce matin, un de mes pénitents est venu se confesser -à moi et m’a remis cette somme qu’il a -dérobée, il y a quelques jours à Untel. Vous comprendrez, -monsieur le commissaire, que les devoirs -de mon sacerdoce sacré m’interdisent de la façon -le plus absolue de vous dévoiler le nom de ce malheureux -pécheur ; tout ce que je puis vous affirmer, -c’est que l’infortuné était sous le coup des plus -vifs remords. Aussi, je vous prie d’intercéder pour -lui auprès de M. Untel afin qu’il retire sa plainte ; -vous lui rendrez son argent ; et moi, de mon côté, -je prierai Dieu pour que ce pécheur repentant ne -succombe plus à la tentation.</p> - -<p>Ce n’était pas plus malin que cela. L’affaire s’arrangeait -à l’instant ; les volés étaient heureux de -rentrer en possession de leur bien ; on soupçonnait -Pierre, Paul ou Jacques ; mais en revanche, monsieur -le curé se faisait une réputation exceptionnelle -de probité.</p> - -<p>Malheureusement pour le saint homme, il abusa -un peu trop du procédé ; si bien que dans une -affaire assez grave qu’il n’était plus temps d’étouffer, -un substitut incrédule persista, malgré la restitution, -à faire son enquête ; ce qui amena la -découverte du pot-aux-roses, et la condamnation de -monsieur l’abbé Cameigt à sept années de réclusion. -Le procès a été jugé tout récemment par la -cour d’assises de Perpignan.</p> - -<div class="asterism">*<br />* *</div> -<p>Les curés, du reste, sont connus pour être forts -pour encaisser, mais durs à la détente. On voit pas -mal de monacos entrer chez eux, mais on n’en voit -pas beaucoup sortir.</p> - -<p>Tenez, j’ai encore entre les mains un petit travail -écrit par un ecclésiastique, qui traite la question -de la confession, et je vous certifie que M. le -théologien ne conseille pas du tout, mais là pas -du tout, de restituer l’argent mal acquis.</p> - -<p>Ce traité de la confession est l’ouvrage d’un de -nos contemporains. L’auteur vit encore, puisque le -journal qui les publie au fur et à mesure n’en est -qu’à sa quatrième année d’existence.</p> - -<p>Ce journal est rédigé spécialement pour les -prêtres et par des prêtres.</p> - -<p>Voici son titre :</p> - -<blockquote> -<p id="ch4">Le <i>Journal du Presbytère</i>, fondé et rédigé d’après le programme -des assemblées catholiques, organe des congrégations -religieuses, des pèlerinages, des cercles catholiques et -de toutes œuvres pies. Nouvelles et <i>Instructions religieuses</i>. -Paraissant tous les jeudis : bureaux et administration du -journal, 4, rue Chauchat, à Paris.</p> -</blockquote> - -<p>Le numéro que j’ai sous les yeux porte la date -du 10 juin 1880. Vous voyez que ce n’est pas -vieux.</p> - -<p>Dans ce numéro, je lis l’avis suivant :</p> - -<blockquote> -<p>— « L’administration du <i>Journal du Presbytère</i> s’est assuré -la collaboration et le concours zélé de théologiens érudits et -de casuistes aussi expérimentés que prudents, afin de répondre, -à bref délai, à toutes les difficultés ou consultations -du domaine théologique, telles que : <i>Cas de conscience</i>, questions -de dogme, de <i>morale pratique</i>, etc. »</p> -</blockquote> - -<p>Nous allons un peu voir comment les calotins de -nos jours entendent la morale pratique et comment -ils traitent les cas de conscience. On ne pourra -pas récuser ma citation ; je crois qu’elle ne saurait -être plus précise.</p> - -<p>Voici donc de quelle façon le moniteur des confessionnaux -envisage la question si délicate du -chantage, qui est une des manières les plus -odieuses d’escroquer de l’argent.</p> - -<p>Sous le titre <i>Théologie morale et pratique</i>, l’abbé -Olivier Piquand écrit ceci :</p> - -<blockquote> -<p>On nous demande quelle doit être, pour un confesseur, la -solution à donner dans le cas suivant :</p> - -<p>Justine, témoin d’un crime que Calixte, son maître, vient -de commettre, menace de le dénoncer s’il ne porte à cent -francs ses gages qui jusque-là n’étaient que de quatre-vingts -francs, et ne s’oblige à la garder toujours à son service. Justine, -ayant du regret d’avoir imposé à son maître ces conditions -onéreuses, se présente au tribunal de la pénitence et -s’accuse de ce qu’elle croit être une faute.</p> - - -<p class="c small">PRINCIPES</p> - -<p>La crainte grave qui a fait une si forte impression sur l’esprit -d’un homme qu’elle ne lui a pas laissé la liberté ni donné -le temps de réfléchir à l’obligation qu’il contractait, rend le -contrat nul et invalide ; car elle a ôté à cet homme le libre -consentement de sa volonté, en lui ôtant le loisir d’être -attentif à ce qu’il fait ; or, il ne peut y avoir de contrat valide -où il n’y a point de libre consentement de la volonté…</p> -</blockquote> - -<p>Voilà qui est parfaitement raisonné, direz-vous.</p> - -<p>Attendez !</p> - -<p>Un prêtre ne serait pas un prêtre si, après avoir -par hasard dit deux mots de vrai, il ne tombait -pas immédiatement dans quelque effronté mensonge.</p> - -<blockquote> -<p>Mais, ajoute l’abbé Olivier Piquand, la crainte grave, venue -d’un principe intérieur ou d’une cause étrangère nécessaire -et naturelle, n’annule point, par elle-même, ni les contrats, -ni les promesses… La crainte, qui naît d’une cause libre, -mais juste, n’annule point un contrat, parce que celui qui -contracte par cette crainte, quoiqu’il paraisse en quelque -manière agir malgré lui, consent cependant véritablement ; il -est libre de ne pas consentir…</p> -</blockquote> - -<p>Admirez-vous la subtilité ?</p> - -<blockquote> -<p>La crainte est volontaire dans sa cause : il en est le principe, -elle vient de lui plus que de personne ; il y a donné -sujet ; en commettant la faute, il s’est soumis à la peine -ordonnée par les lois ; il a donné droit au magistrat de -l’obliger, par autorité supérieure, de contracter, et c’est -librement et de son plein gré qu’il prend ce parti, pour -éviter la peine qu’il subirait s’il y manquait.</p> - -<p>Ceci posé, nous disons que le confesseur de Justine n’a -aucune restitution à ordonner ni à imposer à sa pénitente : -son maître a été déterminé par une crainte juste et il a contracté -avec pleine et entière liberté.</p> -</blockquote> - -<p>Ainsi, c’est bien entendu, quand un individu a -spéculé sur l’intérêt qu’un autre individu a à cacher -une faute, l’Église l’approuve et ne lui ordonne pas -de restituer.</p> - -<p>Cela est écrit, cela est signé par un ecclésiastique, -que ses collègues en soutane qualifient de : -théologien érudit, casuiste aussi expérimenté que -prudent. Telle est la <i>morale pratique</i> de la religion -que nos magistrats se font une gloire de pratiquer.</p> - -<p>Et, qu’on le remarque bien, cette théorie n’est -pas une théorie isolée. C’est la doctrine même du -clergé. Un prêtre ne peut pas traiter publiquement -des questions de théologie ou de casuistique sans -l’autorisation de son évêque. Le <i>Journal du Presbytère</i> -est imprimé avec l’approbation de Mgr Guibert, -archevêque de Paris, — Hippolyte, dans -l’intimité.</p> - -<p>Voilà donc comment le confessionnal favorise la -restitution de l’argent mal acquis. Non seulement -la confession ne fait pas rendre gorge aux escrocs ; -mais encore, elle autorise la plus vile des malhonnêtetés, -le chantage.</p> - -<p>Or, du moment que les prêtres reconnaissent le -chantage comme une spéculation très légitime, je -vous laisse à penser si ces gredins doivent l’exploiter -pour leur compte à l’égard des imbéciles -dont le sacrement de pénitence leur livre les -secrets !</p> - -<div class="asterism">*<br />* *</div> -<p>Par le sacrement de pénitence, c’est-à-dire par -la confession, le prêtre pervertit de bonne heure -l’esprit des enfants, pénètre les mystères des -alcôves, intrigue, escroque, séduit les jeunes filles -et mortifie les maris sans que ceux-ci aient jamais -le droit de se plaindre.</p> - -<p>Dans la haute société, dans ce qu’on est convenu -d’appeler le grand monde, les dames ne se contentent -pas d’avoir un confesseur, — il leur faut, -par dessus le marché, un directeur de conscience. -Le confesseur n’est plus qu’en sous ordre : madame -lui débite à la sacristie tout ce qu’elle veut. Le -directeur de conscience, lui, a ses grandes et -petites entrées à la maison ; il est l’ami par excellence -de madame, il dirige toutes ses actions, il a -sur elle un empire absolu.</p> - -<p>Le métier de directeur a toujours été très bon -en France ; mais en Italie et en Espagne surtout, -c’est un état. Ce titre est une sauvegarde, même -contre le mari.</p> - -<p>Le directeur entre ; il bénit en passant le débonnaire -époux ; il marche à l’appartement de madame ; -il laisse ses sandales ou ses babouches en -dehors ; il ferme ou ne ferme pas la porte ; ces sandales -sont les colonnes d’Hercule, défense de les -passer. Il est démontré que madame est en conférence -avec le Saint-Esprit.</p> - -<p>Un mari espagnol, qui se gardait bien de dire, -mais qui pensait que le Saint-Esprit a fait jadis -une espièglerie notoire, — ce mari, nous raconte -Voltaire, perça un trou au-dessus de l’appartement -de madame, curieux de savoir ce que le Saint-Esprit -faisait avec elle.</p> - -<p>Il vit… Je ne sais trop ce qu’il vit, mais il se -fâcha et très fort. Il descendit armé d’un bâton, -passa bravement les colonnes d’Hercule et chassa -le directeur en lui frictionnant vivement l’omoplate.</p> - -<p>Après quoi, il rentre chez madame, l’accable de -reproches, et en marchant de long en large, selon -la coutume des hommes exaspérés, il s’embarrasse -les pieds dans une culotte qui n’était pas la sienne, -ni celle du Saint-Esprit. — Pièce de conviction qui -alimente sa colère pendant une bonne heure ; pendant -une bonne heure il exhale son courroux, gesticulant -avec la culotte, faisant de grands bras, -proférant des blasphèmes épouvantables contre -madame et contre le Saint-Esprit ; et, durant ce -temps, une procession marchait bénignement et -vint s’arrêter à sa porte. — Le chef du couvent -voisin marchait en tête et dit au mari stupéfait :</p> - -<p>— Nous possédons dans le trésor de notre monastère -la culotte de saint Pancrace, qui guérit de -la stérilité les femmes qui la baisent. Frère Boniface, -dans un accès de zèle l’a soustraite de la -sacristie pour la faire baiser à madame ; rendez-nous -la culotte de saint Pancrace !</p> - -<p>La procession était escortée de quelques estaffiers -de la Très Sainte Inquisition, qui marchaient -les yeux baissés, le chapelet à la main et l’épée au -côté. On ne discute pas avec ces gens-là. Le mari -rendit la culotte de saint Pancrace ; on l’emporta -en grande cérémonie, accrochée au haut d’une -croix ; on la plaça dans la chapelle de la Vierge, -et, depuis, les femmes stériles l’entourent d’<i>ex-voto</i>.</p> - -<div class="asterism">*<br />* *</div> -<p>Nous en avons fini avec les directeurs de conscience. -Quel que soit le nom qu’ils portent, les -confesseurs ne valent pas cher. Quant au sacrement -de pénitence, même pratiqué sérieusement, -il ne vaut rien du tout.</p> - -<p>Où sont donc les avantages de la confession ? -Pour ma part, je ne vois à cette institution que -des inconvénients qui devraient la faire abolir ; -mieux que cela, provoquer des peines sévères -contre les individus qui se permettraient d’exercer -l’infâme métier de confesseur.</p> - -<p>N’oublions pas que le moine dominicain Politien -de Montepulciano, qui empoisonna l’empereur -Henri VIII d’Allemagne dans une hostie, l’avait -absous la veille pour qu’il communiât le lendemain ; -que les assassins des Sforce et des Médicis -s’étaient préparés au meurtre par la confession ; -que Louis XI, quand il avait commis un grand -crime, demandait pardon à la petite Notre-Dame -de plomb, qu’il portait à son bonnet, allait à confesse -et dormait tranquille ; que Jaurigny, assassin -du prince d’Orange, Guillaume I<sup>er</sup>, n’osa entreprendre -cette action qu’après avoir fortifié par le -pain céleste son âme préalablement purgée par la -confession aux pieds d’un dominicain.</p> - -<p>Charles IX qui ordonnait la Saint-Barthélemy, -Louis XIV qui baignait les Cévennes de sang, -allaient tous deux à confesse. Or, comme quand -il s’agit d’une grande affaire spirituelle, un dévôt -ne manque jamais de consulter son directeur de -conscience, il s’ensuit — et le fait est du reste -certifié par l’histoire — que les massacres des -Cévennes et de la Saint-Barthélemy ont été conseillés -par les confesseurs.</p> - -<p>C’est au confessionnal que Jean Châtel, Jacques -Clément, Damiens, Ravaillac, ont aiguisé leurs -poignards.</p> - -<p>En argot de sacristie, se confesser avant de -commettre un crime, s’appelle « se faire ramoner. » — C’est -un terme consacré. — On nettoie sa -conscience de tous les petits péchés véniels de la -semaine, on en reçoit l’absolution, et l’on va bravement -exécuter un crime à la plus grande gloire de -Dieu.</p> - -<p>Notez qu’un crime accompli en faveur de la religion -n’est pas un crime. C’est une action d’éclat, -qui fait du criminel un héros et le désigne à la -vénération des fidèles.</p> - -<p>Ainsi, que demain le gouvernement fasse rentrer -le clergé tout à fait dans le droit commun, lui -retire tous ses privilèges et confisque au profit de -l’État les biens mal acquis par les congrégations, -toute la prêtraille se dira persécutée ; les députés -républicains et les membres du pouvoir seront -désignés aux vengeances catholiques ; et, si quelque -fanatique venait à assassiner, soit le président de la -République, soit un ministre, soit un des députés -démocrates influents, loin de renier l’assassin, le -clergé lui élèverait des autels.</p> - -<p>Que ceux qui gouvernent réfléchissent ! Qu’ils -réfléchissent, et ils comprendront combien la confession -est pernicieuse et combien en général la -religion est une chose infâme.</p> - -<p>Au siège de Barcelone, les prêtres refusaient -l’absolution à ceux qui restaient fidèles à Philippe V, -à qui, par parenthèse, ils avaient eux-mêmes prêté -serment de fidélité.</p> - -<p>En 1750, on refusait à Paris l’absolution et les -sacrements à ceux qui n’admettaient point une -certaine bulle du pape, la bulle <i lang="la" xml:lang="la">Unigenitus</i>, qui -n’était point un acte de foi, mais un acte de parti.</p> - -<p>Tout récemment, sous la période du Seize-Mai, -si bien appelée par le peuple « gouvernement des -curés », les prêtres dans les campagnes refusaient -l’absolution aux paysans naïfs qui ne voulaient pas -voter pour les candidats anti-républicains.</p> - -<p>Cela ne prouve-t-il pas que le sacrement de -pénitence se transforme entre les mains des calotins -en instrument politique ?</p> - - -<p class="c gap">CONCLUSION :</p> - -<p>La confession n’est pas seulement profondément -immorale ; elle offre encore de très grands dangers -au point de vue politique ; et, sous quelque rapport -qu’on l’envisage, elle doit être interdite, abolie, -supprimée.</p> - -<div class="chapter"></div> - -<p class="c large">APPENDICE</p> - - -<p class="c gap">I</p> - -<p><a href="#ch5">Les Pieuses Exhortations, de Mgr Claret.</a></p> - -<p class="c">II</p> - -<p><a href="#ch6">Mœchialogie (cours de luxure), du R. P. Debreyne.</a></p> - -<p class="c">III</p> - -<p><a href="#ch7">Compendium ou doctrine des Conciles.</a></p> - -<p class="c">IV</p> - -<p><a href="#ch8">Les Diaconales, manuel des confesseurs, de Mgr Bouvier.</a></p> - -<div class="chapter"></div> - -<h2 class="nobreak" id="ch5">PIEUSES EXHORTATIONS</h2> - -<p class="c"><span class="xlarge">LA CLÉ D’OR</span><br /> -<span class="small">OFFERTE</span><br /> -AUX NOUVEAUX CONFESSEURS<br /> -<span class="small">POUR LES AIDER</span><br /> -A OUVRIR LE CŒUR FERMÉ DE LEURS PÉNITENTS</p> - -<p class="c"><span class="small">PAR</span><br /> -<b class="large">Mgr CLARET</b>, <span class="sc large">archevêque de Cuba</span><br /> -<span class="small">Confesseur de Sa Majesté Isabelle II, reine d’Espagne</span></p> - -<p class="c small">AVEC APPROBATION DE L’ORDINAIRE</p> - -<div class="break"></div> - -<p class="c large top4em">PIEUSES EXHORTATIONS</p> - -<p class="c xlarge">LA CLÉ D’OR</p> - -<p class="c large">SIXIÈME COMMANDEMENT</p> - -<p class="c small">LE SIXIÈME COMMANDEMENT : NE PAS FORNIQUER.</p> - - - - -<h3>CHAPITRE PREMIER</h3> - -<p class="drap small">EXHORTATION ADRESSÉE AUX PERSONNES IMPURES, QUI BOIVENT -L’INIQUITÉ COMME DE L’EAU, QUI NE CONSIDÈRENT PAS LA -LUXURE COMME UN PÉCHÉ, OU QUI LA CONSIDÈRENT COMME UNE -CHOSE SANS GRAVITÉ, QUI NE VAUT PAS LA PEINE D’ÊTRE MENTIONNÉE -DANS LA CONFESSION. COMBIEN CES PERSONNES SONT -AVEUGLES !</p> - - -<p>Il faut que vous sachiez, mon frère, que la luxure est -un péché mortel. En commettant des actes de luxure -vous vous mettez en opposition formelle avec le VI<sup>e</sup> précepte -de la loi de Dieu. Après l’action de tuer, c’est le -plus gros péché dont on puisse se rendre coupable à -l’égard du prochain. Dans le V<sup>e</sup> commandement, Dieu -nous défend de tuer, et dans le VI<sup>e</sup>, il nous interdit les -choses indécentes. La luxure est un plus grand péché -que le vol. Ceux et celles qui s’abandonnent à la luxure -méritent l’enfer.</p> - -<p>Pour vous faire comprendre la malice de ce péché, -j’invoquerai la raison naturelle. Vous saurez, mon frère, -que le Créateur a mis en nous une inclination très forte -vers les choses de la luxure, parce que si l’homme eût -été comme une statue, sans ressentir les aiguillons de la -chair, le genre humain eût disparu de la terre en fort -peu de temps. Mais les hommes, se sentant poussés à -l’acte charnel, ont établi le mariage ; ils épousent une -femme et peuvent alors faire ce que permettent les lois -du mariage et donner satisfaction à cette passion d’une -manière légitime et sans qu’il en résulte le moindre -désordre. Ils opèrent comme le mécanisme d’une montre -et doivent travailler dans un ordre parfait à la propagation -du genre humain. Mais, j’ai dit qu’ils doivent -travailler dans un ordre parfait, pour indiquer que -les choses ne doivent pas s’accomplir selon les goûts -et les caprices de chacun ; en agissant autrement, on -se rendrait coupable de très graves délits et on encourrait -les plus terribles châtiments en ce monde et dans -l’autre.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Le vice de l’impureté est très répréhensible et porte -un grave préjudice à celui qui s’y adonne. Pour me faire -mieux comprendre de vous, je vais faire une comparaison. -Je vous ai déjà dit que le Créateur avait donné à -l’homme ces inclinations pour la conservation et la propagation -de l’espèce ; s’il n’en était pas ainsi, le genre -humain aurait bien vite fini ; mais les choses doivent -aller avec ordre, en leur temps et en leur lieu. En procédant -autrement, on occasionnerait des maux sans -nombre, des préjudices considérables qui affecteraient -l’espèce et amèneraient sa destruction.</p> - -<p>Vous savez ce que c’est que la poudre et vous connaissez -ses propriétés ? La poudre s’emploie pour différents -usages, pour la chasse, pour la guerre, etc… -mais dans un ordre déterminé et selon certaines conditions. -Supposez que la poudre vienne à manquer, par -exemple, qu’elle s’enflamme dans les fabriques, ou -qu’elle prenne feu dans la gibecière des chasseurs ou -dans les gibernes des soldats ; aurait-elle servi à quelque -chose d’utile ? Non, au contraire, elle aurait occasionné -de grands malheurs pour les ouvriers employés dans les -poudrières, pour les chasseurs et pour les soldats, comme -cela est arrivé maintes fois et aurait fait bien des victimes. -Faites maintenant l’application de mon raisonnement : -ceux qui se livrent à la lubricité, comme vous le -faites, non seulement ne travaillent pas dans l’intérêt -du genre humain et selon les desseins du Créateur, -mais encore ils nuisent à eux-mêmes et abrègent leurs -jours par les tourments et les souffrances qu’ils attirent -sur eux pendant cette vie et ils s’exposent à de grands -châtiments pour l’autre monde.</p> - - - - -<h3>CHAPITRE II</h3> - -<p class="c small">EXHORTATIONS AUX LIBERTINS QUI SE LIVRENT A LA -MASTURBATION.</p> - - -<p>Ah ! mon frère, je suis certain que vous ne vous -doutez pas de la gravité de ce péché, et je suis persuadé -que si vous l’aviez connue, vous n’auriez pas commis -de si vilaines actions. Écoutez-moi dans l’intérêt de -votre vie : vous savez bien que personne, pour son -plaisir ou par caprice, n’a le droit de tuer son prochain -ni de se suicider ; vous savez que personne n’est autorisé -à disposer de sa vie. Donc, quand vous vous livrez à -cette vilenie, vous tuez et vous détruisez en germe ce -qui pourrait devenir une créature, un de vos enfants. -Quelle barbare action ! Que diriez-vous d’un père qui, -pour son plaisir, mettrait à mort ses enfants ? Qu’il se -rend coupable de cruauté. Ne mériterait-il pas d’être -brûlé vif ? Eh bien, vous êtes ce père cruel, inhumain, -barbare, qui, par plaisir, tue ses enfants. Si l’auteur de -vos jours eût agi comme vous, bien certainement vous -n’existeriez pas et vous n’auriez ni ce corps ni cette vie -dont vous faites un si mauvais usage.</p> - -<p>Autre préjudice que vous causez à vos enfants et à la -société par ces honteuses habitudes. Autre comparaison -pour faire ressortir la chose : supposez qu’un individu -ait à sa disposition un sac de très bonne farine et une -barrique de vin de qualité supérieure qu’il ne devrait -consommer qu’en temps opportun. Mais, par caprice, -cet individu a jeté à terre et répandu toute la fleur de sa -farine et il ne lui est resté que les résidus au fond du -sac. Quel mauvais pain il obtiendra de ces résidus ! Il a, -de même, laissé couler et gâter le vin généreux, et il ne -lui est resté que la lie. Quelle mauvaise boisson il aura -pour sa consommation ! Faisons actuellement l’application -de l’argument. Vous êtes cet individu auquel le -Créateur a donné ce vin généreux de l’amour, pour le -boire, quand vous serez marié, en compagnie de votre -bien-aimée femme ; mais comme vous avez dépensé vos -forces dans les plaisirs déshonnêtes et les folies, vous -resterez avec la lie.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Dites-moi, mon frère, si on vous offrait une boisson -douce et agréable ou un plat de quelque mets savoureux, -tout à fait de votre goût, mais si, en même temps, une -personne dans laquelle vous auriez confiance vous disait : -« Prenez garde ! ne touchez pas à cette boisson ni à ce -mets qui vous sont présentés, car ils sont empoisonnés. » -Que feriez-vous ? Voudriez-vous les prendre ? Assurément, -vous refuseriez d’y toucher. Eh bien ! vous ne -devez pas davantage porter à vos lèvres cette coupe -d’impureté, si douce et agréable que vous en paraisse la -liqueur qu’elle contient, car cette liqueur est un poison -pour votre corps et pour votre âme.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="i"><i>Perturbation qu’apporte la luxure dans les régions de -l’âme.</i></p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>« L’onanisme ou masturbation ou branlement à l’aide -de la main s’appelle aussi pollution ; c’est un vice honteux -qui exerce de grands ravages parmi la jeunesse -actuelle et qui est assez connu de tout le monde ».</p> - -<p>I. <i>Masturbation chez les hommes.</i> — Ce vice provient -quelquefois, chez les enfants, d’une cause intrinsèque, -à savoir, d’un système nerveux ou des prédispositions -des organes de la génération. Les enfants de cette catégorie -contractent ce vice sans qu’on puisse l’attribuer à -aucune cause apparente ou à la suite d’attouchements -qu’ils pratiquent sur eux-mêmes. D’autres fois le vice -est dû à une cause extrinsèque, par exemple, lorsque -ces enfants sont touchés, masturbés par d’autres enfants, -par des femmes et même par leurs mères, oh ! impudeur -maudite ! lorsqu’elles veulent arrêter leurs larmes, -quand ils pleurent ; et elles excitent de cette manière -chez les enfants ce goût funeste. D’autres fois encore -le vice est amené par des attouchements mutuels, les -enfants se prenant de passion pour d’autres enfants.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>II. <i>Masturbation chez les femmes.</i> — L’humeur qui -provient des pollutions, chez les femmes, est tout à fait -différente du sperme produit par l’homme, car elle ne -coopère en aucune façon à la conception. — Ce vice, -chez les femmes, est une offense à Dieu, une injure pour -la femme elle-même et pour la société. Celles qui y -sont adonnées s’éloignent du commerce des hommes et -ne se marient pas. — Ce vice, chez les femmes, est tout -particulièrement libidineux et leur occasionne une -grande faiblesse sous un double rapport, par la déperdition -de l’humeur et par l’ébranlement qu’il imprime au -système nerveux, comme cela peut se remarquer chez -les enfants qui ne sécrètent point de sperme. — Les -femmes deviennent sujettes à toutes les maladies et -meurent misérablement, suivant ce principe médical : -« <i>L’homme périt par les mêmes organes qui servent à -sa reproduction.</i> » Les filles, même celles de l’âge le -plus tendre, qui se livrent à ces actions honteuses, -peuvent laisser échapper un flux d’humeur, d’après -l’axiome : « <i>Où existe le stimulant, là se produit l’écoulement.</i> »</p> - - - - -<h3>CHAPITRE III</h3> - -<p class="drap small">CONSEILS AU CONFESSEUR SUR LA CONDUITE QU’IL DOIT TENIR A -L’ÉGARD DE CEUX QUI SONT ADONNÉS AU VICE ET PARTICULIÈREMENT -A L’ÉGARD DES FEMMES QUI SE LIVRENT A LA MASTURBATION.</p> - - -<p>Le confesseur devra leur parler avec douceur et affabilité ; -il engagera sa pénitente à lui révéler sans rien -lui cacher tout ce qui charge sa conscience. Il l’écoutera -avec calme ; il évitera de montrer de la curiosité et de -témoigner le désir d’apprendre ces sortes d’impuretés ; -il ne manifestera pas son étonnement au sujet des choses -qui lui sont révélées, quelque abominables qu’elles puissent -être. Du reste, je puis dire au confesseur qu’on ne -lui apprendra rien de nouveau, puisque nos livres contiennent -tous les cas imaginables, et il en connaît beaucoup -plus sur la matière que sa pénitente. Cette -manière de procéder les encouragera à faire des aveux.</p> - -<p>Le confesseur n’interrogera pas tout d’abord sur le -fait principal, mais seulement sur les accessoires. Au -lieu de questionner sur le péché que la pénitente aura -commis, et qu’elle n’ose pas expliquer, il lui dira : -Combien de fois l’avez-vous commis ? Si la pénitente -hésite à répondre, et si au milieu de la surprise qu’elle -éprouve, elle laisse connaître qu’elle a en effet commis -le péché, le confesseur lui demandera si elle l’a commis -un nombre de fois beaucoup plus grand qu’elle ne l’avait -cru. Alors la pénitente voyant son vice deviné, elle -dira combien de fois elle a péché. Le confesseur n’attendra -pas qu’elle ait achevé de s’expliquer sur le nombre -et la gravité des péchés, il lui parlera comme s’il voulait -trouver une excuse à ces fautes et lui dira : Assurément -vous n’auriez pas fait de telles choses si vous n’y -aviez été sollicitée par d’autres personnes. La réponse -fera connaître si la pénitente a des complices. Le confesseur -sait ainsi qu’elle a péché contre la pureté et -que le péché a été commis avec une autre personne. Il -lui sera facile de demander ensuite avec quelle personne -la chose s’est faite, et d’amener la pénitente à s’expliquer -sur la nature et le nombre de péchés commis -contre la pureté.</p> - - - - -<h3>CHAPITRE IV</h3> - -<p class="c small">EXHORTATIONS AUX FORNICATEURS.</p> - - -<p>Ah ! mon frère, songez combien le vice de l’impureté -mérite d’être maudit, puisque non seulement il fait condamner -aux peines de l’enfer celui qui le commet, mais -encore, celui qui en est infecté devient l’esclave du -démon et l’instrument de la perdition d’autres âmes, -comme vous en avez fait l’expérience. Vous voyez que -l’ennemi du genre humain s’est servi de vous pour -entraîner au péché et à sa perte cette malheureuse -femme qui est à vos côtés.</p> - -<p>Dites-moi, femme, avez-vous péché contre l’impureté -quand vous étiez jeune fille ? — Je ne sais pas au juste, -je crois que non. — Eh bien, malheureuse ! voyez quel -gros péché vous avez commis. Il vous a fait perdre la -grâce, l’honneur, les biens de ce monde et les trésors de -l’éternité ; peut-être que, bientôt, vous vous livrerez à -une vie coupable, et le démon se servira de vous comme -d’un appât, pour pousser les âmes dans les enfers. Car -c’est ce qui arrive à beaucoup de femmes ; après être -tombées dans le péché, elles s’abandonnent à tous les -excès d’une vie dissolue : vous aurez à répondre au tribunal -de Dieu des péchés que vous aurez commis et de -ceux que vous aurez fait commettre. Quel scandale vous -avez donné ! C’est de vous que Jésus-Christ a voulu -parler quand il a dit : il eût été préférable qu’on lui eût -attaché une meule de moulin au cou et qu’on l’eût précipité -au fond de la mer.</p> - -<p><i>Excuse.</i> — Mon père, la personne avec laquelle j’ai -péché était une femme publique. — Ah ! mon frère, -la qualité de la femme ne peut être invoquée pour -excuse, pas plus que vous ne pourriez vous justifier -d’avoir frappé à coups de couteau une personne en -prétextant qu’elle était déjà atteinte de plusieurs blessures.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Pendant que Her et Onan se livraient au péché d’impureté, -ils furent frappés de mort dans le lit où ils -étaient couchés, aux côtés de leurs femmes. (Dans l’écriture -sainte, <i>Nombre XXV</i>.) Pendant qu’un homme forniquait -vilainement avec une femme, survient au même -lieu un prêtre nommé Finées. Le ministre de Dieu, -dans un accès de saint zèle, se jeta sur les coupables, le -poignard à la main, et les tua sur l’heure. Dieu -se montra satisfait de cette action, approuva la conduite -de Finées, l’en récompensa et pardonna à son -peuple.</p> - -<p>Vous voyez, mon frère, d’après ce passage de l’Écriture, -quelle haine ce péché inspire à Dieu. Notre-Seigneur -veut qu’il soit puni en ce monde ; et, à défaut de -vengeurs comme Finées, notre Dieu se charge lui-même -du châtiment des coupables. Je vais vous raconter un -autre fait qui eut lieu dans un village de la Catalogne, -et dont je puis vous garantir l’authenticité : Un homme -et une femme, qui voulaient forniquer en secret, s’étaient -donné rendez-vous dans la maison d’une maquerelle où -ils avaient pris une chambre dans laquelle ils s’étaient -renfermés. Comme ils y étaient depuis une heure et -plus, la maquerelle alla frapper à la porte et leur cria du -dehors qu’il était temps de partir. Ne recevant pas de -réponse elle se retira, mais elle revint à la charge une -deuxième fois, puis une troisième fois sans plus de -succès ; elle commença alors de craindre qu’un malheur -fût arrivé et alla prévenir l’alcade du village pour lui -dire qu’un homme et une femme s’étaient présentés dans -sa maison pour lui demander une chambre, ayant à -traiter d’une affaire très importante, qu’ils s’étaient -renfermés dans la pièce qu’elle avait mise à leur disposition, -et qu’après un assez long espace de temps, ne les -voyant pas sortir, elle les avait appelés et que n’ayant -pas reçu de réponse ni entendu aucun bruit de l’intérieur -de la chambre, elle avait craint qu’il ne fût arrivé quelque -malheur et qu’elle s’était empressée de venir l’instruire -de ce qui s’était passé chez elle. A l’instant, -l’alcade se rendit à la maison de la maquerelle, et, ayant -été conduit jusqu’à la porte de la chambre, il appela à -haute voix en ordonnant qu’on ouvrît ; ne recevant pas -de réponse, il commanda qu’on forçât la serrure. La porte -étant ouverte, on se précipita dans la pièce et voilà le -spectacle qui s’offrit aux yeux des assistants : Dieu tout -puissant ! Les deux infortunés entièrement nus, noirs -comme les démons, à l’état de cadavres, étaient étendus -sur le lit, dans la posture où ils se trouvaient au moment -où ils avaient forniqué !… Leurs âmes étaient déjà aux -enfers !… Vous voyez par là, mon frère, comment Dieu -punit les fornicateurs !</p> - - - - -<h3>CHAPITRE V</h3> - -<p class="c small">EXHORTATIONS AUX ADULTÈRES</p> - - -<p>L’adultère, dit Job, est un délit énorme et une grande -iniquité, c’est un feu qui dévore ceux qui l’allument -imprudemment. L’adultère amène à sa suite des malheurs -sans nombre pendant la vie et pousse les âmes -dans les flammes de l’enfer.</p> - -<p>Ah ! mon frère, l’adultère est un si grand péché, que -Dieu commandait aux Hébreux de tuer à coups de pierres -ceux qui s’en rendraient coupables.</p> - -<p>Chez les Gentils, on leur infligeait les peines suivantes : -On brûlait la femme vive et au-dessus du bûcher -on élevait une potence où l’on attachait l’homme ; il était -pendu. Les Grecs coupaient le nez à la femme qui consentait -à l’adultère.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Ah ! femme, si on vous appliquait la peine en usage -chez les Grecs ! Si vous deviez aller dans la rue après -avoir eu le nez coupé ! Quelle honte, quelle humiliation -ce serait pour vous ! Assurément vous préféreriez mourir -que d’en être réduite à cette extrémité. Cependant -voilà le châtiment que vous avez encouru.</p> - - - - -<h3>CHAPITRE VI</h3> - -<p class="c small">EXHORTATIONS AUX SODOMISTES, AUX HOMMES ET AUX FEMMES QUI -COMMETTENT LE PÉCHÉ DE SODOME</p> - - -<p>On donne le nom de sodomie au péché que commettaient -les habitants de la ville de Sodome et que Dieu -punit d’une façon terrible. Il fit tomber sur eux une pluie -de feu et de soufre et les brûla vivants ; ils passèrent -ensuite du feu matériel au feu éternel de l’enfer.</p> - -<p>Certains auteurs assurent que Notre-Seigneur Jésus-Christ -a une telle horreur de ce péché, que la nuit où il -naquit, à Bethléem, il tua tous les sodomistes.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Au nom de Dieu, mon frère, ma sœur, ne commettez -pas un péché si infâme : Dieu vous punirait dans ce -monde, parce que c’est un de ces péchés qui appellent la -vengeance de Notre-Seigneur ; ensuite il vous condamnerait, -après votre mort, aux peines éternelles de l’enfer.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - - - -<h3>CHAPITRE VII</h3> - -<p class="c small">EXHORTATIONS A CEUX QUI COMMETTENT LE PÉCHÉ DE BESTIALITÉ.</p> - - -<p>Quel délit épouvantable ! — Les hommes et les -femmes qui s’en rendent coupables se montrent pires -que les plus immondes parmi les animaux. — Ce péché -est désigné par le même mot dont on se sert pour -indiquer le commerce charnel avec le démon…</p> - -<p>Ah ! mon frère, si Dieu vous appliquait le châtiment -que vous avez mérité, où seriez-vous à cette heure ? — Dans -les enfers pour y brûler éternellement, accouplé -à ces bêtes infernales qui sont les démons. — Si vous -ne vous repentez de vos péchés, si vous ne faites pas -pénitence, Dieu vous enverra aux flammes de l’enfer, -accouplé aux démons pour toute l’éternité. — Il y aura -là des pleurs et des grincements de dents.</p> - - - - -<h3>CHAPITRE VIII</h3> - -<p class="c small">EXHORTATIONS AUX ONANISTES</p> - - -<p>Le péché d’Onan est un si vilain péché que Dieu Notre-Seigneur -le punit déjà dans ce monde. — Il est dit, -dans l’Écriture sainte, que Dieu frappa de mort subite -deux personnes mariées qui commettaient ce genre de -péché, et au moment même de la fornication…</p> - -<p>Au nom de Dieu ! mon frère, ne vous livrez pas à de -telles abominations ; n’employez pas de si affreux moyens -pour faire obstacle à l’ouvrage de Dieu. Rappelez-vous -que c’est pour procréer des enfants que vous vous êtes -marié.</p> - - -<p class="ugap"><i>Excuses.</i> — Premièrement. Pour ne pas avoir d’enfants.</p> - -<p>Quelle déplorable justification ! Si votre père eût agi -comme vous, il est bien certain que vous n’existeriez -pas. — Comment ! pour ne pas avoir d’enfants, c’est -ainsi que vous les tuez !</p> - -<p>Deuxièmement. Pour ne pas avoir autant d’enfants.</p> - -<p>Vous ne voulez avoir autant ou plus d’enfants ! Eh -bien, vous aurez un plus grand nombre de démons qui -vous tourmenteront dans les enfers.</p> - -<p>Troisièmement. Mon père, nous sommes pauvres, -ma femme et moi, comment pourrons-nous élever une -nombreuse famille ?</p> - -<p>Vous deviez penser à cela avant de vous marier. -Néanmoins ne tourmentez pas votre esprit pour cet objet. -Dieu vous viendra en aide.</p> - -<p>Quatrièmement. Mon père, si nous avons beaucoup -d’enfants, nous ne pourrons pas leur procurer une -éducation convenable.</p> - -<p>Faites ce que vous pourrez afin de donner une bonne -éducation à vos enfants, et Dieu se chargera du reste : -ne soyez pas effrayé à l’idée d’avoir beaucoup de filles -et de garçons à établir, la Providence viendra à votre -secours… Ce n’est pas le hasard qui amènera beaucoup -d’enfants dans une famille, c’est Dieu qui en a ainsi -décidé. — Combien y a-t-il de personnes qui s’emploient -de leur mieux et forniquent pour en avoir beaucoup et -n’en obtiennent que quelques-uns ou même n’en obtiennent -pas du tout ? Vous avoir accordé plus d’enfants qu’à -d’autres pères est la preuve que Dieu a plus de confiance -en vous que dans un autre. Si un roi donne à un -général un plus grand nombre de places de guerre à -garder qu’à un autre général, plus d’affaires à conduire -à un ministre qu’à un autre, plus de ses enfants à élever -et à instruire à un précepteur qu’à un autre ; n’est-ce -pas une preuve de sa plus grande confiance dans les uns -que dans les autres ? Donc, le Seigneur, en vous accordant -plus d’enfants qu’à d’autres pères, vous a donné -une preuve de la grande confiance qu’il a placée en -vous. Combien serait coupable le général honoré de la -confiance du roi, s’il détruisait les places mises sous sa -garde, moins une ou deux, sous prétexte qu’il garderait -mieux celles qu’il a conservées.</p> - -<p>Cinquièmement. Mon père, nous agissons de cette -manière, afin de pouvoir donner tous nos soins à un enfant -qui est tout jeune, et pour ne pas le mettre en nourrice.</p> - -<p>Il est prouvé qu’une femme nouvellement accouchée -peut être engrossée sans que cela nuise à sa santé : -mais en serait-il autrement, les choses ne s’en devraient -pas moins faire selon les règles.</p> - - -<p class="ugap"><i>Excuses de la femme.</i> — Mon père, je ne voudrais pas -faire l’acte charnel contrairement au précepte : c’est -mon mari qui veut que la chose se passe de cette manière.</p> - -<p>Si vous ne donnez pas réellement votre consentement -à cette action blâmable, si vous ne vous prêtez pas complaisamment -à ce délit, le péché ne retombe pas sur vous, -mais sur votre mari.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Nous sommes consentants à la chose, mon mari et -moi, parce que mes couches sont très laborieuses et me -causent de grandes souffrances.</p> - -<p>Vous souffrirez bien davantage dans les enfers où vous -irez, si vous ne vous amendez pas. Peut-être que les -douleurs que vous éprouvez sont le châtiment que vous -avez encouru pour des péchés de cette espèce ou d’une -autre nature que vous avez commis, ainsi qu’il est -arrivé à notre première mère Ève, que Dieu condamna -à enfanter avec douleur pour la punir d’avoir contrevenu -à ses ordres. Faites un retour sur vous-même, -madame ; songez qu’en continuant à agir comme vous le -faites, vous vous exposez à attirer sur vous, un jour ou -l’autre, les soupçons de votre mari, car vous pouvez -devenir enceinte, malgré tous les soins que vous apportez -pour éviter ce résultat. La chose est facile à se -produire, plus que vous ne vous le figurez. Alors, votre -mari, s’imaginant qu’il n’a point participé à la conception, -vous accusera d’infidélité ; il s’ensuivra des -disputes, des discordes ; ce sera l’un des châtiments que -vous aura attirés le péché que vous avez commis tant -de fois. Et, lors même que vous n’auriez pas à craindre -les soupçons de votre mari, il existe un autre danger, -c’est que l’enfant que vous mettrez au monde ne soit -estropié, difforme ou chétif, parce qu’il aura manqué, -au moment de la conception, une partie de la semence -qui eût été nécessaire à la consommation de l’acte. On -peut dire qu’une paire de bas ne fera jamais un aussi -bon service et n’aura une aussi longue durée que si -on avait employé pour sa fabrication tout le lin ou le coton -nécessaire.</p> - - -<p class="ugap"><i>Avertissement.</i> — La chose se fait quelquefois à l’insu -du mari, et la femme, à l’instigation du diable, use de -détestables artifices pour empêcher la conception. Tantôt -elle repousse le membre viril hors du vagin, au moment -de l’éjaculation, pour que le sperme ne s’introduise -pas dans la matrice ; tantôt elle cherche à arrêter -l’écoulement de sa propre semence en retenant sa respiration ; -d’autres fois, après le coït, elle retire le sperme -de la matrice avec un linge ou avec ses doigts ; ou bien -elle se lève du lit pour uriner, elle boit de l’eau, etc…</p> - -<p>Il convient d’avertir cette malheureuse et coupable -femme que toutes ces précautions, le plus souvent, -manqueront leur effet ; car si la nature l’a prédisposée -à la conception, il arrivera pour elle ce qui se produit -pour la poudre, qu’une seule étincelle suffit à allumer. -Une fois le feu mis à la poudre, rien ne peut arrêter la -combustion. Donc il faut renoncer à des moyens qui -n’aboutissent pas au résultat qu’on s’était proposé et -qui chargent l’âme de péchés.</p> - -<p>A la femme mariée qui met en usage ces pratiques -coupables, on dira : Sachez bien qu’en vous mariant, -vous avez accepté les obligations et les conséquences du -mariage, qui consistent : à rendre le devoir conjugal, -à mettre au monde peu ou beaucoup d’enfants, suivant -ce que Dieu en décidera, et au milieu des douleurs de -l’enfantement.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - - - -<h3>CHAPITRE IX</h3> - -<p class="c small">EXHORTATIONS AUX FEMMES QUI REFUSENT DE RENDRE LE DEVOIR -CONJUGAL A LEURS MARIS</p> - - -<p>« Considérez, ma très chère sœur, qu’un mari qui -chérit sa femme, et ressent pour elle une grande passion, -ne peut garder la continence. Vous êtes tenue, -sous peine de très grave péché, de lui ouvrir vos bras -et de donner toute satisfaction à ses sens. Pour me -faire comprendre de vous, je vais appuyer mon raisonnement -sur une comparaison : Si, par exemple, vous -vous trouviez prise d’un gros besoin et si, ayant -exprimé à votre mari le désir de satisfaire aux nécessités -de la nature, celui-ci vous engageait à remettre -la chose au lendemain ou à huit jours de là, vous -vous diriez assurément que votre mari est un imprudent -ou un imbécile, qu’il vous est absolument impossible -d’attendre au lendemain, et vous iriez déposer -votre « <i>merda</i> » dans un lieu quelconque. La situation -dans laquelle se trouve votre mari est tout à fait semblable -à celle qui se produirait dans ma comparaison ; -et si vous refusez de le recevoir, il ira répandre son -sperme dans un autre vase que le vôtre, et vous porterez -le péché de son incontinence. Les femmes, très -souvent, s’exposent, par des imprudences, à perdre -l’affection de leurs maris. Elles se lamentent parfois -de ce que les hommes fréquentent d’autres femmes, -ont des maîtresses, et viennent leur rapporter leurs -souillures… Il eût été facile d’éviter ces désagréments -en ne refusant pas de rendre le devoir conjugal quand -il était demandé. »</p> - - -<p class="ugap"><i>Autre exhortation.</i> — Si vous achetez un vase, un -plat, etc… et que vous en preniez possession, vous vous -en servez quand il vous convient ; il est devenu votre -propriété et a cessé d’appartenir à celui qui vous l’a -vendu. Il en est de même des choses qui ont trait au -mariage. Lorsque vous vous êtes mariée, vous avez fait -un contrat avec votre mari ; celui-ci vous a cédé sa personne, -et vous lui avez cédé votre corps ; alors la personne -de votre mari est à vous et votre corps lui appartient ; -chacun de vous a le droit de se servir du corps de l’autre, -mais d’une façon licite et raisonnable. Vouloir se soustraire -à cette obligation serait vouloir commettre une -injustice qui entraînerait des dissensions et qui deviendrait -l’occasion de péchés.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="ugap"><i>Avertissement.</i> — Le confesseur doit savoir que si le -mari de sa pénitente est onaniste, c’est-à-dire s’il répand -le sperme hors du vase naturel, celle-ci est tenue d’employer -les moyens que lui dictent la prudence et la charité -pour l’amener à s’amender. Mais si le mari refuse de -s’amender et si la femme craint qu’il persiste dans ses -agissements, comme la chose est présumable, celle-ci -peut néanmoins rendre le devoir conjugal, à la condition -de ne pas se complaire dans le crime de son mari, -d’après la réponse de la sacrée congrégation de la Pénitence, -du 23 avril 1832.</p> - - - - -<h3>QUESTIONNAIRE<br /> -<span class="small">A L’USAGE DES CONFESSEURS</span><br /> -<i>Pour interroger les jeunes filles qui ne savent pas ou qui n’osent -pas faire l’aveu de leurs péchés d’impureté.</i></h3> - - -<p class="c small">PÉCHÉS QUE LES JEUNES FILLES COMMETTENT HABITUELLEMENT -DANS CETTE MATIÈRE</p> - - -<p class="c">I</p> - -<p>1. — En se livrant à la masturbation, regardant leurs -parties sexuelles et faisant des attouchements sur elles-mêmes.</p> - -<p>2. — En caressant légèrement avec la paume de la -main la partie supérieure de la matrice.</p> - -<p>3. — En touchant du doigt le clitoris à l’intérieur du -vase, etc.</p> - -<p>4. — En introduisant le doigt dans le vagin.</p> - -<p>5. — En introduisant dans le vagin un morceau de -bois arrondi, etc… ou tout autre objet figurant le -membre viril…</p> - -<p>6. — En appuyant les parties sexuelles contre les -pieds d’une table ou sur l’arête d’un mur, pour exciter -la pollution ; ou en les frottant contre la chaise sur -laquelle la jeune fille est assise ; ou en s’asseyant à -terre et appuyant le bout du pied sur le vase ; ou encore -en croisant les cuisses et exerçant une pression sur la -matrice, et en faisant des mouvements sur elle-même -pour produire des sensations vénériennes, etc…</p> - -<p>Tous les moyens pour arriver à la masturbation étant -de même nature, il n’y a pas nécessité absolue de faire -s’expliquer les pénitentes pour savoir si elles ont procédé -d’une façon ou d’une autre, car le confesseur pourrait -ne pas en obtenir la vérité, la honte pouvant arrêter -leurs aveux. Alors il résulterait de cette cause une -mauvaise confession.</p> - - -<p class="c">II</p> - -<p>En se faisant des attouchements, une jeune fille avec -une autre, ou plusieurs jeunes filles entre elles. En se -livrant à la sodomie entre jeunes filles ; parfois les -sœurs entre elles, surtout si elles couchent dans le -même lit, une appliquant le pied, la cuisse ou la jambe -de l’autre sur ses parties sexuelles, etc… et provoquant -ainsi la pollution.</p> - - -<p class="c">III</p> - -<p>En se faisant mutuellement des attouchements, de -fille à garçon, aux parties sexuelles. Parfois, en essayant -de forniquer d’une manière imparfaite.</p> - - -<p class="c">IV</p> - -<p>1. — Bestialité. En appliquant la matrice sur un -animal quelconque, et en se frottant contre lui pour -amener la pollution.</p> - -<p>2. — En introduisant dans le vase le bec d’un poulet -ou d’une poule. Ou bien en mettant de la salive ou du -pain dans la matrice et en attirant un chien pour faire -lécher les parties pudiques par l’animal. Ou encore, en -masturbant un chien pour faire raidir sa verge et -l’introduire dans son vase.</p> - -<div class="chapter"></div> - - -<h2 class="nobreak" id="ch6">MŒCHIALOGIE</h2> - -<p class="c large">COURS DE LUXURE</p> - -<p class="c">TRAITÉ<br /> -<span class="small">DES PÉCHÉS CONTRE LES SIXIÈME ET NEUVIÈME COMMANDEMENTS -DU DÉCALOGUE<br /> -ET</span><br /> -<span class="large">DE TOUTES LES QUESTIONS MATRIMONIALES</span><br /> -<span class="small">QUI S’Y RATTACHENT DIRECTEMENT OU INDIRECTEMENT</span></p> - -<p class="c"><span class="small">PAR</span><br /> -<span class="large">LE PÈRE DEBREYNE</span><br /> -Trappiste</p> - -<p class="c"><i>(Ce livre est exclusivement destiné au clergé)</i></p> - -<div class="break"></div> - -<p class="c xlarge top4em">MŒCHIALOGIE<a id="FNanchor_1" href="#Footnote_1" class="fnanchor">[1]</a></p> - -<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1" href="#FNanchor_1"><span class="label">[1]</span></a> Ce mot vient du substantif latin <i>mœchia</i> qui veut dire : -luxure, fornication, concubinage, et du substantif grec <i>logos</i>, qui -veut dire : discours, science, traité. <i>Mœchialogie</i> signifie donc : -Cours de luxure ou Science de la fornication.</p> -</div> -<p class="c">COURS DE LUXURE</p> - - - - -<h3>RÉFLEXIONS PRÉLIMINAIRES<br /> -<span class="small">SUR LE PÉCHÉ DE LUXURE EN GÉNÉRAL</span></h3> - - -<p>On entend par luxure tout péché contraire à la chasteté : -à la chasteté est opposée la luxure, qui est un -appétit ou un usage désordonné des plaisirs vénériens -ou, tout simplement, un appétit désordonné de la délectation -vénérienne.</p> - -<p>Tout péché de luxure ou de délectation charnelle est -mortel de sa nature : il n’admet pas de légèreté de -matière, du moins quand il est directement opposé à la -chasteté… La raison elle-même sanctionne cette immuable -vérité ; la délectation vénérienne n’a été accordée -que pour la seule propagation du genre humain ; donc -toute interversion de cette délectation est, de sa nature, -un grave désordre et par conséquent un péché mortel.</p> - -<p>Nous avons dit que le péché de luxure n’admet pas -de légèreté en la matière. On sent assez que, sous ce -rapport, il ne peut être question ici des péchés de -luxure consommés. Nous ne parlons donc que de la -délectation charnelle, libidineuse, qui suivant le langage -des théologiens se fait sentir dans les parties vénériennes, -et vient du mouvement des esprits qui servent -à la génération. « C’est une opinion probable qu’il -n’y a que péché véniel dans un baiser donné en vue de -la délectation charnelle et sensible qui l’accompagne, -exclus le danger d’un consentement ultérieur et de la -pollution. »</p> - -<p>La délectation organique est celle qui, disent les docteurs, -a lieu sans aucun mouvement déréglé, qui, sans -aucune commotion du sens génital, vient de la seule -proportion de l’objet avec le sens ou de la conformité -de l’objet vu ou touché avec l’organe de la vue ou du -tact.</p> - -<p>D’où il suit, comme dit Billuart<a id="FNanchor_2" href="#Footnote_2" class="fnanchor">[2]</a>, que celui-là ne -pèche que véniellement, qui regarde une belle femme, ou -touche sa main ou son visage en vue précisément de la -délectation purement organique ou sensuelle. La délectation -organique peut encore avoir lieu dans un baiser -donné à un bel enfant…</p> - -<div class="footnote"><p><a id="Footnote_2" href="#FNanchor_2"><span class="label">[2]</span></a> Le R.-P. Charles-René Billuart est un célèbre théologien -et prédicateur, né en 1685, mort en 1757. Il était provincial de -l’Ordre des Dominicains, c’est-à-dire le chef des dominicains de -France.</p> -</div> -<p>… De la délectation sensuelle à la vénérienne, surtout -dans le sens du tact ou de la vue, il n’y a qu’un pas, dit -Billuart.</p> - -<p>D’autres théologiens, entre autres saint Liguori, prétendent, -avec quelque modification pourtant, qu’il n’y a pas -légèreté de matière dans la délectation sensible ou naturelle, -si, par exemple, on se délecte au contact d’une -main de femme, comme à celui d’une chose douce, d’une -rose, d’une étoffe de soie, ou autres choses semblables… -La raison en est que les attouchements d’une jeune fille -ou d’un jeune homme, en tant qu’ils délectent les sens, -tendent naturellement à la pollution… parce que, à -cause de la corruption de la nature, il est moralement -impossible d’éprouver cette délectation naturelle, sans -que la délectation charnelle et vénérienne soit ressentie, -surtout par les personnes aptes à la copulation, et surtout -si ces actes sont accompagnés de quelque affection -et complaisance…</p> - -<div class="chapter"></div> - -<h3>PREMIÈRE PARTIE<br /> -<span class="small">DE LA LUXURE CONSOMMÉE ET NON CONSOMMÉE</span></h3> - - -<p>La luxure est consommée lorsqu’elle va jusqu’à l’effusion -du sperme ; non consommée, quand elle reste en -deçà.</p> - - -<h4>CHAPITRE PREMIER<br /> -<span class="small">DE LA LUXURE CONSOMMÉE</span></h4> - -<p>Les péchés de luxure consommée se divisent en péchés -contre la nature et en péchés suivant la nature, ce qui -fera la matière de deux articles.</p> - - -<p class="c">ARTICLE PREMIER</p> - -<p class="c small">DU PÉCHÉ DE LUXURE CONTRE NATURE</p> - -<p>Ce péché est appelé contre nature, parce qu’il consiste -dans l’effusion du sperme en dehors de tout coït propre -à la génération, ou autrement, parce qu’il est opposé à -la loi à laquelle la nature a destiné le sperme humain. -Il est de trois espèces :</p> - -<ul><li>La pollution ;</li> -<li>La sodomie ;</li> -<li>La bestialité.</li></ul> -<p>De là, encore trois paragraphes.</p> - - -<p class="c">§ I</p> - -<p class="c small">DE LA POLLUTION EN GÉNÉRAL</p> - -<p>Ce que les théologiens entendent par <i>pollution</i>, c’est -la <i>masturbation</i>, <i>l’onanisme solitaire</i>, <i>l’incontinence secrète</i>, -<i>les mollities</i>, etc., c’est-à-dire l’effusion du sperme -en dehors du vase — (de la partie sexuelle de la femme).</p> - -<p>La semence humaine, ou sperme, est une humeur visqueuse, -épaisse, d’une odeur <i lang="la" xml:lang="la">sui generis</i> assez connue.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>On divise la masturbation, l’onanisme solitaire ou la -pollution :</p> - -<p>1<sup>o</sup> En masturbation simple et <i>qualifiée</i>, comme disent -les théologiens, ou plutôt composée puisqu’elle renferme -une double malice ;</p> - -<p>2<sup>o</sup> En masturbation volontaire ou involontaire ;</p> - -<p>3<sup>o</sup> En masturbation volontaire directe ou en soi, et en -volontaire indirecte ou volontaire dans sa cause.</p> - -<p>La masturbation simple est celle qui n’a pas une autre -malice qui s’y adjoint, comme lorsque quelqu’un, sans -être attaché par aucun lien personnel, souille son corps -en se complaisant dans sa propre délectation.</p> - -<p>La masturbation est dite qualifiée, quand elle renferme -une double malice de la part de l’objet pensé ou -désiré, ou de la part du masturbé ou de celle du masturbant : -1<sup>o</sup> De la part de l’objet pensé, la masturbation -revêt la malice de l’adultère, de l’inceste, du stupre, du -sacrilège, etc., selon que le masturbant pense à une -femme mariée, à une parente, à une vierge, ou à une -personne consacrée à Dieu, etc… 2<sup>o</sup> De la part du masturbé -ou du masturbant, si par exemple il est marié ou -consacré à Dieu par vœu ou par la réception des ordres -sacrés : car il faut expliquer les conditions de la personne -masturbée ou masturbante, comme ajoutant au -péché des malices spécifiquement différentes. Il faut -aussi de toute nécessité déclarer en confession les circonstances -susdites, parce qu’elles changent l’espèce du -péché et ajoutent à sa malice…</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c large"><i>Section première</i></p> - -<p class="c xsmall">L’ONANISME SOLITAIRE. — LA MASTURBATION VOLONTAIRE EN -SOI OU DIRECTEMENT VOULUE</p> - -<p>C’est un péché mortel, de sa nature et contre la -nature. L’action d’Onan qui répandait son sperme à -terre est déclarée détestable dans la Sainte-Écriture.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Il est une espèce de souillure manuelle qu’on pourrait -appeler incomplète, nerveuse, sèche, en tout point semblable, -pour la forme extérieure, si l’on peut parler ainsi, -à la masturbation proprement dite, mais avec cette différence -qu’elle ne va pas jusqu’à l’éjaculation.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c large"><i>Section deuxième</i></p> - -<p class="c xsmall">DE LA POLLUTION VOLONTAIRE DANS SA CAUSE OU -INDIRECTEMENT VOULUE</p> - -<p>Cette sorte de pollution reconnaît deux causes : l’une -prochaine et l’autre éloignée.</p> - -<p>La cause prochaine est celle qui, par sa nature, porte -directement à la masturbation, comme par exemple, de -regarder ses propres organes génitaux ou ceux des -autres, de proférer des paroles obscènes, de se complaire -dans des pensées honteuses, etc…</p> - -<p>La cause éloignée n’est pas de nature à produire directement -la masturbation, elle ne l’occasionne que par -accident et contre l’intention des personnes. Ces sortes -de causes sont ordinairement un excès dans le boire et -le manger, l’équitation, l’étude de matières érotiques, -<i>l’audition des confessions</i>, etc.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Il est cependant permis d’étudier les matières vénériennes -en vue de l’enseignement ou de la distraction, -d’entendre les confessions des femmes, de converser -avec elles utilement, honnêtement et sagement, de les -visiter avec gravité et décence, et pour des motifs d’une -urgente convenance, ou même de les embrasser dans le -monde selon les mœurs du pays, d’aller à cheval pour -son utilité, de se coucher d’une certaine manière quand -on ne peut pas dormir autrement, d’user modérément de -la boisson ou d’aliments chauds, ou prescrits pour la -santé, ou d’un usage habituel, de servir les malades, de -les mettre dans le bain, d’exercer la profession de chirurgien -ou de sage-femme, etc…, quand même on pourrait -prévoir que la pollution doit s’en suivre, pourvu -qu’on ne se la propose pas, et qu’on ait le ferme propos -de n’y pas consentir, avec l’espérance fondée de persévérer -dans cette résolution ; ce qui se reconnaît dans -l’espèce par les expériences déjà faites, soit au défaut -de la crainte du péché, soit à la fragilité personnelle et -à la propension au mal, ou à d’autres circonstances -semblables.</p> - - -<p class="c large"><i>Section troisième</i></p> - -<p class="c xsmall">DE LA POLLUTION NOCTURNE</p> - -<p>La pollution nocturne est celle qui survient pendant -le sommeil de la nuit… Si le sommeil est imparfait, -elle peut être semi-volontaire et par conséquent péché -véniel ; si le sommeil est parfait, la pollution est tout à -fait involontaire et par conséquent exempte de toute -faute.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Voici comment Billuart s’exprime à ce sujet :</p> - -<p>« La pollution nocturne est ou n’est pas péché, selon -la condition de la cause dans laquelle elle a dû ou pu -être prévue. Si la cause n’est pas coupable, la pollution -ne sera pas non plus coupable : si la cause est véniellement -coupable, elle sera vénielle : si la cause est mortelle, -elle sera mortelle. » (<i lang="la" xml:lang="la">Dissertatio</i> IV, art. 13.)</p> - -<p>Maintenant, quelle est la règle à suivre ou la conduite -à tenir, lorsqu’une pollution préparée, imminente -ou commencée pendant le sommeil, on s’éveille avant -que l’éjaculation se soit produite ?…</p> - -<p>Personne n’est tenu (pourvu cependant qu’il n’y ait -pas danger de consentement au plaisir, et qu’on ne le -provoque pas volontairement) d’empêcher une pollution -spontanée, ou déjà commencée, dans le sommeil ; mais -on peut pour cause de santé laisser la nature se soulager ; -car ce n’est pas procurer, mais souffrir l’écoulement -d’un liquide qui, d’ailleurs corrompu, nuirait à la -santé.</p> - -<p>Quand la pollution commence dans le sommeil, dit -saint Liguori, et que l’émission a lieu dans le demi-sommeil, -dans ce cas, si on éprouve quelque délectation, -non pleinement voulue, on ne pèche que véniellement -comme le remarquent les pères de l’Église. Mais quand -l’émission commence dans le sommeil, et est consommée -en pleine veille, dans ce cas (pourvu qu’il n’y ait pas -consentement dans la délectation, ou danger prochain -de consentement d’après l’expérience du passé), on n’est -pas tenu de l’empêcher ; soit parce qu’il est très difficile -d’arrêter l’écoulement du sperme une fois sorti des -reins, comme disent généralement de nombreux théologiens ; -soit parce que personne n’est tenu d’empêcher -l’éjaculation en s’exposant au danger d’une maladie provenant -de la corruption du fluide.</p> - -<p>Voici l’opinion du R. P. Sanchez :</p> - -<p>Quand la pollution est un flux naturel et a commencé -pendant le sommeil, il sera permis de ne pas l’empêcher, -à cause du danger de mort, parce que ce n’est pas -procurer, mais souffrir l’éjaculation du sperme, que le -patient n’empêche pas, de peur que cette humeur corrompue -ne nuise à sa santé.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Voici, maintenant, l’opinion d’un théologien fort sage -et fort prudent :</p> - -<p>La pollution commencée dans le sommeil ne peut -être continuée dans l’état de veille, d’après beaucoup de -théologiens, contre un assez grand nombre d’autres qui -disent qu’à cause des inconvénients pouvant provenir -de son interruption, on peut en permettre simplement -la continuation en élevant son cœur à Dieu. C’est l’avis -de <i>Gerson</i>, de <i>Billuart</i>, etc…, parce que, disent-ils, -outre les inconvénients et les indispositions qui en -résulteraient pour le corps, la pollution commencée -pendant le sommeil n’est plus soumise à la volonté. -Mais cette raison n’emporte pas l’assentiment. Je ne -serais de l’avis de ces théologiens que dans le cas, -rare, où il y aurait danger d’en ressentir une grave -indisposition, et sans danger de consentement en une -matière si délicate ; peut-être d’ailleurs ne suffirait-il -pas de n’y pas consentir, si en même temps on ne -cherchait à l’empêcher par quelque effort, par exemple, -en retenant l’éjaculation, en cherchant dans son lit un -endroit frais, en sortant du lit ; de même si la pollution -arrive dans l’état de veille.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Nous terminons cette question par l’extrait suivant -de Billuart :</p> - -<p>Il est certain : 1<sup>o</sup> Qu’il y a péché mortel à jouir de la -pollution nocturne, ou de la désirer pour le plaisir, -parce qu’alors l’objet est mortellement mauvais, puisque -la délectation vénérienne ne doit tendre de sa nature -qu’à la seule génération dans l’acte conjugal.</p> - -<p>Il est certain : 2<sup>o</sup> Que le désir efficace de la pollution, -c’est-à-dire celui qui la cause, ou en vertu duquel on -emploie les moyens propres à l’occasionner, est également -péché mortel, parce qu’alors elle devient volontaire -et ne reste pas purement naturelle.</p> - -<p>Il est certain : 3<sup>o</sup> Qu’il est permis de jouir de l’effet -bon de la pollution, comme de la santé ou de la cessation -de la tentation qu’elle cause, ainsi que de désirer -cet effet, parce que cet objet est bon. Pour la même -raison, il est permis de se réjouir de ce que la pollution -a eu lieu sans péché et purement naturellement.</p> - - -<p class="c large"><i>Section quatrième</i></p> - -<p class="c xsmall">DE LA POLLUTION DIURNE</p> - -<p>La pollution (ou masturbation) diurne est celle qui a -lieu pendant le jour, ou plus généralement et plus -exactement dans l’état de veille.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p><i>La distillation</i> est une excrétion uréthrale ; une -espèce de <i>blennorrhée</i> connue par les anciens sous le -nom impropre de <i lang="la" xml:lang="la">gonorrhea benigna</i> (chaudepisse -bénigne). La matière de la distillation est tout à fait -différente du vrai sperme, et ne renferme aucun animalcule -microscopique. Cette matière visqueuse est la -matière que peuvent rendre les impubères et les eunuques, -soit par la masturbation, soit par la stimulation -mentale, au moins pour ces derniers.</p> - -<p>Il existe une différence immense entre la distillation -et la pollution.</p> - -<p>Voici ce que, sur cette question, dit saint Liguori :</p> - -<p>« Si cette distillation a lieu avec une notable agitation -des esprits, sans doute elle est un péché mortel, -parce qu’une telle agitation est un commencement de -pollution. Il en est de même si la distillation s’opère en -grande quantité, parce qu’une distillation aussi considérable -ne peut avoir lieu sans une notable rébellion de -la chair ; d’où il suit que de même qu’on pèche gravement -en procurant une notable agitation, on pèche -gravement aussi en procurant une grande distillation. -Par conséquent, nous sommes tenus, sous une grave -obligation, d’éviter non seulement directement, mais -encore indirectement, ces sortes de distillation, en évitant -toutes les causes qui influent prochainement sur -elles… Mais si la distillation s’opère en petite quantité, -sans délectation et sans agitation, alors on peut la permettre -sans péché, comme dit le R. P. <i>Cajetan</i>, etc… et -les autres communément ; parce qu’on ne doit pas plus se -soucier de ce flux que de l’émission de quelque autre -sécrétion dont la nature a l’habitude de se soulager. »</p> - - -<p class="c large"><i>Section cinquième</i></p> - -<p class="c xsmall">DES MOUVEMENTS DÉRÉGLÉS</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Page 52 : — Souvent il ne convient pas de s’y -opposer par un effort positif ; car alors l’imagination -s’enflamme par cet effort même, et par sympathie excite -encore davantage les esprits génitaux ; il est donc plus -sûr d’invoquer tranquillement Dieu, la bonne Vierge, -l’ange gardien, de prier son patron et les autres saints, -de fuir les objets dangereux, de détourner tranquillement -sa pensée des images obscènes, de la tourner -ailleurs, et de s’appliquer sérieusement à d’autres occupations -surtout extérieures.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Page 53 : « <i lang="la" xml:lang="la">Quæritur an manere…</i> » — On demande si -rester indifférent à l’égard des mouvements de la concupiscence -involontaires, sans les approuver ni les -désapprouver, est un péché et quelle espèce de péché ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> — 1<sup>o</sup> Tous les théologiens sont d’avis qu’une -telle indifférence est au moins un péché véniel, parce -que l’esprit est tenu au moins de s’opposer aux mouvements -désordonnés de la concupiscence.</p> - -<p>2<sup>o</sup> <i>Sanchez</i>, <i>saint Liguori</i>, l. V, n<sup>o</sup> 6, et beaucoup -d’autres disent que ce péché, en dehors du péril prochain -de la pollution, n’est que véniel ; car, disent-ils, -les mouvements désordonnés doivent être réprimés, -parce qu’il est à craindre qu’ils ne mènent à la pollution, -ou qu’ils n’entraînent le consentement de la volonté -à la délectation vénérienne ; donc si ce danger n’existe -pas ou s’il est éloigné, il n’y a qu’une obligation légère -de l’éviter. Mais ils soutiennent qu’il y a obligation -sous peine de péché mortel de résister positivement au -moins par un acte de déplaisance, s’il y a danger prochain -de tomber dans une pollution, ou de consentir à -la délectation vénérienne.</p> - -<p>D’autres, plus communément, enseignent que l’indifférence -avec pleine advertance touchant les mouvements -désordonnés, même légers, est un péché mortel, tant à -cause de leur propre désordre qu’à cause du danger d’y -consentir. C’est l’avis des R. P. <i>Valentina</i>, <i>Lessius</i>, etc…</p> - - -<p class="c large"><i>Section sixième</i></p> - -<p class="c xsmall">DE LA CONDUITE A TENIR ENVERS LES MASTURBATEURS -OU LES ONANISTES</p> - -<p>Ce chapitre de la <i>Mœchialogie</i> du P. Debreyne n’est, -à peu de chose près, que la reproduction du <a href="#bouvier-c3-p5">§ V, -chap. III</a> du <i>Manuel des confesseurs</i>, par Mgr Bouvier. -Ayant, à sa place, cité ce paragraphe, nous y renvoyons -nos lecteurs.</p> - - -<p class="c large"><i>Section septième</i></p> - -<p class="c xsmall">DE LA MASTURBATION CONSIDÉRÉE DANS LE SEXE FÉMININ</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>La plupart des théologiens, des moralistes, des -casuistes mentionnent à peine la masturbation chez la -femme comme désordre possible. Une foule de traités -<i lang="la" xml:lang="la">ex professo</i> sur le sixième commandement n’en disent -pas un mot. <i>Est-il étonnant de voir, après cela, tant de -jeunes prêtres très ignorants sur cette matière ?</i></p> - -<p>Nous distinguons dans les femmes trois espèces ou -plutôt trois formes de masturbation :</p> - -<ul><li>1<sup>o</sup> <i>La masturbation du clitoris</i> ;</li> -<li>2<sup>o</sup> <i>La masturbation vaginale</i> ;</li> -<li>3<sup>o</sup> <i>La masturbation utérine</i>.</li></ul> -<p>1<sup>o</sup> La première forme ou le <i>clitorisme</i>, comme on dit, -est le mode ordinaire. Cette masturbation se fait surtout -à l’aide du petit organe qui s’appelle le <i>clitoris</i>, et -qui, selon les médecins, est le siège ou le principal -organe de la jouissance vénérienne ou de la volupté -charnelle. Il est situé à la partie supérieure et au milieu -de la vulve, c’est-à-dire du <i lang="la" xml:lang="la">pudendum</i>. Ce petit organe, -par suite d’un éréthisme fréquent et presque continuel -venant de l’écoulement ou d’une disposition native, -peut croître en de telles proportions, qu’il simule quelquefois -le membre viril. C’est de là qu’aux temps d’ignorance, -est née la fausse croyance aux hermaphrodites. -C’est ainsi que des femmes perdues et de mœurs corrompues -s’efforcent d’usurper quelquefois ou plutôt -d’imiter le rôle exclusivement réservé à l’homme.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>On doit rattacher à la première forme de masturbation -(page 67) : celle qui d’ordinaire se fait, non par un -attouchement manuel, mais par un mouvement volontaire -quelconque du corps, soit par son extension complète, -on seulement par celle des jambes, ou la compression -des cuisses l’une sur l’autre, etc…</p> - -<p>2<sup>o</sup> La seconde espèce ou la masturbation vaginale, -moins fréquente que la précédente, indique généralement -une plus grande corruption de l’imagination, -parce que ce genre de masturbation se fait par l’introduction -ou des doigts ou de quelques instruments adaptés, -que les suggestions diaboliques ne cessent de fournir -à la passion libidineuse (autrement dits : godemichés).</p> - -<p>3<sup>o</sup> La troisième et dernière espèce ou l’utérine, beaucoup -plus rare que les autres, mais très grave, très -nuisible à la santé, surtout désordonnée et par conséquent -la plus coupable et peccamineuse, en raison du -degré de malice des circonstances plus ou moins aggravantes. -Voici comment elle procède : un chatouillement -ou irritation prolongée est produit au col de l’utérus -(c’est-à-dire à la partie inférieure de la matrice qui se -trouve à l’extrémité supérieure du vagin) à l’aide des -doigts ou de certains autres instruments.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Terminons ce chapitre par quelques mots sur la conduite -du confesseur à l’égard des personnes excessivement -timides ou qu’une fausse honte empêche de -s’expliquer suffisamment sur cette matière.</p> - -<p>Le confesseur doit d’abord montrer un air doux, -facile et bienveillant. Il engagera les jeunes personnes -à dire avec simplicité tout ce qu’elles savent sur le -point en question. Il se composera convenablement afin -de ne pas paraître ému ou étonné de rien, et ne pas -avoir l’air d’écouter avec trop d’intérêt ou de curiosité. -Le confesseur pourrait même dire qu’il a entendu là-dessus -plus qu’on ne pourra lui en apprendre… Pour -découvrir la mauvaise habitude, il ne faut jamais -paraître en douter. N’interrogez donc pas sur le point -principal ou le fond de la chose, mais sur l’accessoire -ou quelqu’une de ses circonstances. Au lieu de questionner -les jeunes filles sur tel péché qu’on craint qu’elles -ne cachent, on doit leur faire dire combien de fois elles -l’ont commis : hésitent-elles à répondre ? on leur demandera -un nombre considérable, invraisemblable, au-dessus -du véritable, afin de les enhardir à en avouer de -suite un nombre moindre… Mais, un autre point que -nous croyons important, et l’expérience l’a déjà prouvé, -c’est que le confesseur ait soin de donner à certaines -personnes du sexe, mariées ou non, mais grossières et -plus ou moins privées d’éducation, une courte explication -sur l’origine des connaissances pratiques qu’il -possède sur les matières du sixième commandement. Il -sera bon, par exemple, de dire qu’il a appris toutes ces -choses dans les livres des médecins ou des médecins -eux-mêmes, afin d’écarter de leur esprit toute idée de -surprise ou de soupçon sur la manière dont lui est -venue la connaissance de ces détails qu’elles s’imaginent -devoir être tout à fait étrangers aux prêtres.</p> - - -<p class="c large"><i>Section huitième</i></p> - -<p class="c xsmall">DE LA MASTURBATION DIURNE ET NOCTURNE -DANS LE SEXE FÉMININ</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Il est permis à celui qui éprouve une grande démangeaison -dans les parties honteuses, dit saint Liguori, -de la faire cesser par l’attouchement, quand même il -s’ensuivrait une pollution. Et, citant une foule d’auteurs -à l’appui de sa thèse, il continue : « Peut-être direz-vous -qu’il peut arriver que ce prurit provienne de -l’ardeur même de la passion libidineuse, d’où il suivrait -que l’apaisement du prurit par la friction serait une -espèce de délectation vénérienne. On répond qu’il est -plus raisonnable de croire qu’un tel prurit, quand il -est très désagréable, vient plutôt de l’âcreté du sang -que de l’ardeur de la luxure. Au moins dans le doute -reste la liberté de se débarrasser de cette incommodité -par un attouchement licite en soi, puisqu’on peut licitement -faire cesser au moyen de l’attouchement une -démangeaison corporelle ; s’il arrive une pollution, elle -arrive sans danger de consentement, par accident et -involontairement, et par conséquent sans péché. Pour -que l’on fût tenu de s’abstenir de cet attouchement, il -faudrait avoir la certitude que le prurit est un effet de -la luxure. Du reste, le <i>R. P. Lacroix</i> avertit sagement -ceux qui aiment la chasteté de s’abstenir, autant du -moins qu’il est moralement possible, de ces sortes d’attouchement. » -(Liv. III, n<sup>o</sup> 483.)</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>« Il est permis à celui qui éprouve une démangeaison -très incommode, dans les parties honteuses, de la faire -cesser par l’attouchement, quand même la pollution s’ensuivrait. » -(Mgr Gousset, archevêque de Reims.)</p> - - -<p class="c">§ II</p> - -<p class="c small">DE LA SODOMIE</p> - -<p>Ce crime horrible est défini par saint Thomas : -l’accouplement du mâle avec le mâle, de la femelle avec -la femelle.</p> - -<p>D’où il faut conclure que le mâle s’accouplant avec la -femelle, dans <i>un vase</i> ou <i>récipient non légitime</i>, ne commet -nullement une sodomie, parce que le sexe est légitime ; -au contraire, une femelle qui s’accouple avec une -femelle <i>dans le vase naturel</i> commet une sodomie, parce -que le sexe est illégitime. D’où il faut conclure avec -saint Thomas que toute la malice de la sodomie vient -de l’accouplement du même sexe, et non de l’accouplement -illégitime de deux sexes différents, du sexe illégitime -et non du vase illégitime d’un sexe légitime. Ce -dernier crime, selon ce saint docteur, n’est pas une -sodomie, mais seulement un mode illégitime d’accouplement.</p> - -<p>Mais comme chez la plupart des théologiens l’usage a -prévalu de regarder comme une <i>sodomie imparfaite</i> cet -accouplement illégitime (dans l’anus) entre deux sexes -différents, nous nous conformerons à l’usage.</p> - -<p>Donc l’accouplement de l’homme avec la femme dans -le vase qui n’est pas légitime est une sodomie imparfaite, -distincte de la sodomie parfaite, qui est l’accouplement -du mâle avec le mâle, de la femelle avec la -femelle. (Ainsi, ce que les débauchés appellent 69 est -beaucoup moins coupable entre homme et femme qu’entre -deux individus du même sexe.)</p> - -<p>Il n’importe pas dans quel vase ou dans quelle partie -du corps mâles ou femelles s’accouplent entre eux, -puisque la malice de la sodomie consiste dans la recherche -d’un sexe illégitime, et qu’elle est complète ou parfaite -en son genre, quel que soit le vase ou la partie du corps -d’un même sexe auquel s’applique le corps par voie -d’accouplement ; mais s’il n’y avait que l’application de -la main, du pied, etc., aux organes d’une autre personne, -cela ne serait point réputé sodomie, parce que ce -ne serait pas un véritable accouplement, ni physique -ou matériel, ni moral ou effectif.</p> - -<p>Pour la sodomie imparfaite il suffit que le mâle et la -femelle s’accouplent autrement qu’avec les instruments -naturels ou les organes légitimes, avec interversion des -parties (en faisant par derrière ce qu’on doit faire par -devant), et dans la recherche d’une fin mauvaise de -l’accouplement.</p> - -<p>Il faut déclarer en confession de quelle nature a été -la sodomie, si elle a été accomplie avec une personne -mariée, consacrée à Dieu ou consanguine ; parce que, -alors, s’y ajoute la malice de l’adultère, du sacrilège ou -de l’inceste.</p> - -<p>D’après le même saint Liguori : « Il n’est pas nécessaire -en confession d’expliquer si la pollution a eu lieu -dans l’intérieur ou à l’extérieur du vase ; il suffit de confesser : -<i>j’ai péché avec un enfant</i>, pour que le confesseur -juge qu’il y a eu sodomie avec pollution. On doit -cependant expliquer s’il n’y a pas eu pollution. Il serait -plus clair de dire : <i>j’ai couché avec un enfant</i>, en ajoutant -la circonstance de pollution ou de non-pollution. Si -l’effusion du sperme dans le vase était possible, il y -aurait alors sodomie parfaite, consommée et complète ; -si elle a lieu hors du vase, elle n’est qu’imparfaite et non -complète, selon quelques-uns.</p> - -<p>Quant à ce qui touche aux enfants, puisque nous en -parlons, aujourd’hui ce crime horrible exerce très souvent -sa fureur sur eux ; d’où on l’appelle généralement -<i>pédérastie</i>.</p> - - -<p class="c">§ III</p> - -<p class="c small">DE LA BESTIALITÉ</p> - -<p>La bestialité, selon saint Thomas, est l’accouplement -avec un individu d’une autre espèce, ou avec une bête. -Ce péché est ce qu’il y a de plus horrible et il est plus -grave que la sodomie, parce que dans la bestialité on -n’a égard ni au vase légitime, ni au sexe, ni à l’espèce -requise. Aussi Joseph a-t-il accusé ses frères du dernier -des crimes, en disant, comme l’interprète la glose, qu’ils -s’accouplaient avec leurs brebis. Cet abominable crime -est ainsi désigné dans le <i>Lévitique</i> : <i>Celui qui se sera -accouplé avec une jument ou une brebis sera puni de -mort ; tuez aussi la brebis</i>, etc… Autrefois ceux qui ne -rougissaient pas de commettre ce crime abominable -étaient brûlés avec la bête.</p> - -<p>D’après beaucoup de théologiens, Bonacina, Billuart, -etc., il n’est pas nécessaire de déclarer l’espèce -ou la variété de bêtes, parce que cette circonstance ne -change pas l’espèce du péché et ne l’aggrave pas beaucoup. -La malice de ce péché vient de l’espèce désordonnée -et illégitime.</p> - -<p>« La raison, dit saint Liguori, en est que toute la -malice de ce crime consiste dans le coït avec une autre -espèce, d’où il suit que la différence de sexe est tout à -fait accidentelle et n’entraîne aucune différence dans le -genre du péché. Les attouchements impudiques avec -une bête, quoiqu’ils ne soient pas proprement des -péchés de bestialité, ont cependant une certaine turpitude -spéciale, comme dit le R. P. Elbel, au moins -vénielle » (lib. III, n. 474).</p> - -<p>Sur ce sujet, selon l’occasion, il faut interroger les -paysans et surtout les bergers et gardeurs de troupeaux.</p> - - -<p class="c">ARTICLE SECOND</p> - -<p class="c small">DES PÉCHÉS DE LUXURE OU D’IMPURETÉ -SUIVANT LA NATURE</p> - -<p>Ces péchés sont :</p> - -<ul><li>La simple fornication ;</li> -<li>Le rapt ;</li> -<li>L’adultère ;</li> -<li>L’inceste ;</li> -<li>Le sacrilège.</li></ul> -<p>Ce qui fera la matière de six paragraphes.</p> - - -<p class="c">§ I</p> - -<p class="c small">DE LA FORNICATION SIMPLE</p> - -<p>La fornication, au sens large, est un accouplement -quelconque en dehors du mariage ; ou, dans un sens plus -strict : la fornication simple est l’accouplement d’un -homme libre avec une femme libre déjà déflorée, avec le -consentement mutuel : 1<sup>o</sup> <i>d’un homme libre avec une -femme libre</i>, c’est-à-dire, selon <i>Billuart</i>, de personnes -libres non seulement du lien du mariage, mais encore -de parenté mutuelle ou d’affinité aux degrés prohibés, -du vœu de continence, de l’ordre sacré ou de la -violence ; 2<sup>o</sup> <i>déjà déflorée</i>, pour distinguer la simple -fornication du stupre ; 3<sup>o</sup> <i>avec le consentement mutuel</i>, -pour la distinguer du rapt.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>La fornication d’un tuteur avec sa pupille le rend -beaucoup plus coupable puisqu’il remplit les fonctions -de père, et qu’à ce titre il est tenu de s’occuper de ses -intérêts, non seulement temporels, mais encore spirituels ; -il y a donc là une circonstance aggravante, qu’il -faut déclarer en confession.</p> - -<p>L’accouplement avec une femme mariée n’est pas une -fornication simple, puisqu’il n’a pas lieu avec une femme -complètement libre, et qu’il implique le péché d’injustice -à l’égard du mari dont il viole le droit ; de là une -circonstance qui doit toujours être déclarée en confession.</p> - -<p>« La fornication d’un chrétien avec une infidèle est, -d’après l’opinion universelle, plus grave qu’avec une -catholique, tant à cause du mépris de notre religion qui -en est la suite, qu’à cause du danger de la mauvaise -éducation des enfants et de l’abandon de la vraie foi, -qui résultent facilement d’un trop grand amour pour une -infidèle. Selon quelques-uns, cette circonstance change -l’espèce (<i>Bailly</i>). » L’accouplement avec un eunuque -implique une malice spéciale, parce que, en l’absence -d’un véritable sperme fécondant, la véritable fin est -manquée, la nature est frustrée ; il n’y a plus dès lors -simple fornication, mais péché contre nature.</p> - -<p>Selon <i>Billuart</i>, « celui qui par déplaisir et haine du -péché interrompt un accouplement fornicateur, même -avec effusion de sperme en dehors du vase, fait bien et y -est tenu, parce qu’il n’y a pas d’instant où l’on ne soit -tenu de faire cesser un péché actuel. La perte du sperme -qui s’ensuit a lieu alors par accident et contre la -volonté, et il y a une cause légitime de la permettre. -Celui qui persévérant dans l’amour du péché interrompt -un accouplement commencé, avec effusion hors du vase -par crainte d’infamie ou par quelque autre motif humain, -commet un double péché, celui de fornication commencée -et celui de pollution. » (<i>Dissertation VI, art. II.</i>)</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>La prostitution est l’accouplement avec une femme -prête à se livrer au premier venu, publique et généralement -vénale.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>« L’homme, selon Sylvius et autres, dit Billuart, ne -paraît pas tenu de déclarer en confession s’il a forniqué -avec une prostituée ou une autre femme, pourvu qu’il -déclare le nombre ; parce que, disent-ils, cette circonstance -n’est pas notablement aggravante, peut-être parce -que l’acte en lui-même est génératif, et que c’est seulement -par accident, par suite de la condition de la personne -que la génération est empêchée, comme dans le -cas où on forniquerait avec une vieille, ou une femme -stérile. Quelques-uns cependant prétendent que le fornicateur -est tenu de déclarer la circonstance de la prostitution, -parce que, disent-ils, dans une telle fornication, -on n’empêche pas seulement le bien des enfants à naître, -mais on empêche encore qu’il en naisse. Cette dernière -opinion est la plus sûre. »</p> - -<p>Il ne sera peut-être pas hors de propos de parler ici -d’un certain moyen employé par quelques-uns, quand -ils approchent des prostituées et peut-être aussi des -autres femmes, pour se garantir de la maladie syphilitique. -Cette invention ignorée de quelques confesseurs, -en protégeant de la contagion morbide, est nécessairement -en même temps un obstacle à la conception ou à la -génération, quand même l’accouplement semble être -extérieurement normal et s’accomplit sans que l’un ou -l’autre se retire. — Cet obstacle est souvent employé de -la part de la femme, qui n’a en vue que d’empêcher la -conception, puisque ce moyen ne la garantit aucunement -de la contagion.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>On peut demander aux fornicateurs, au moins à ceux -qui paraissent ou passent pour tout à fait corrompus, -s’ils ne se sont pas servi d’un moyen secret pour empêcher -la conception ; et surtout si l’homme n’a pas -cherché à éviter la contagion et par quel moyen. Il faut -que l’on sache qu’il ne s’agit pas ici de l’onanisme proprement -dit, où, comme il arrive si souvent et si misérablement -dans l’acte conjugal, l’homme se retire avant -l’effusion du sperme.</p> - -<p>Quant aux autres empêchements connus des femmes, -comme d’uriner après le coït, et autres efforts pour -rejeter le sperme, on doit les regarder généralement -comme vains et inutiles ; cependant elles sont gravement -coupables, puisqu’elles se proposent une fin mauvaise, -celle d’empêcher la conception.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Il faut demander aux fornicateurs : si avant l’accouplement, -ils l’ont désiré avec délectation ; s’ils ont entraîné -leur complice au crime ; s’ils lui ont promis mariage ; -s’ils n’ont pas promis par serment, et fait la même promesse -à plusieurs ; s’ils ont péché par habitude avec -scandale ; combien de fois ils ont renouvelé le crime ; si, -l’acte consommé, ils se sont livrés à d’autres turpitudes ; -s’ils n’ont rien fait pour empêcher la conception.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Si le pénitent, dit <i>Collet</i>, ne parle que du fait de -l’accouplement, il faut l’interroger sur son état et celui -de sa complice, s’il est marié, si sa complice est mariée, -s’ils sont consanguins ou parents par affinité, etc…</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">§ II</p> - -<p class="c small">DU STUPRE ET DU VIOL</p> - -<p>Le stupre est l’accouplement illicite avec une vierge. -Quelques-uns veulent qu’il faut que cet accouplement -soit violent, de telle sorte que si la vierge consent, il n’y -a plus de stupre ; d’après eux ce n’est pas une espèce -particulière de luxure, et il ne se distingue pas de la -simple fornication. C’est l’avis de Sanchez, Lessius, -Malderus et plusieurs autres ; d’après eux, le stupre est -toujours <i>la défloration violente d’une vierge</i>.</p> - -<p>Sous le nom de vierge on n’entend pas ici une personne -qui n’ait jamais péché contre la chasteté, mais -celle qui n’a pas encore eu d’accouplement avec une -autre. Il ne s’agit donc pas ici de la virginité comme -vertu, mais simplement comme état d’intégrité.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Le clergé gallican, année 1708, a condamné cette proposition : -<i>Suzanne exposée à l’infamie et à la mort aurait -pu se conduire négativement et laisser s’accomplir le viol, -pourvu qu’elle n’y eût point consenti par un acte intérieur, -et l’eût détesté et exécré</i>, comme téméraire, scandaleuse, -offensant les oreilles pieuses, erronée et contraire -à la loi de Dieu. Donc il n’est jamais permis à une -femme, même dans la crainte de la mort, de rester passive -et de permettre le viol ; parce que dans ce cas la passivité -et l’immobilité sont une certaine coopération, et -doivent toujours être considérées dans la pratique comme -un acte volontaire.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Le stupre même volontaire est un péché de luxure -spécial. Et puisque le Concile de Trente a défini (sess. 14, -can. 7) qu’il est nécessaire de droit divin de déclarer en -confession <i>les circonstances qui changent l’espèce du -péché</i>, il faut résoudre cette question de pratique continuelle, -si ceux qui sont coupables de stupre volontaire, -soit de fait, soit en désir ou en délectation, sont tenus -de déclarer la circonstance de la virginité. Les théologiens -l’affirment le plus communément, et regardent -cette nécessité comme une conséquence de ce principe -une fois admis.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p><i>Billuart</i> et d’après lui, dit <i>Bouvier</i>, <i>Wiggers</i>, <i>Boulart</i> -et <i>Daelmen</i> prétendent que la circonstance de la virginité -dans un stupre volontaire ajoute une malice spéciale -à la simple fornication, mais seulement une malice -vénielle, qu’il n’est pas nécessaire de déclarer en confession.</p> - - -<p class="c">§ III</p> - -<p class="c small">DU RAPT</p> - -<p>Le rapt, selon quelques théologiens, est la violence -faite à une personne ou à ses parents, en vue de la satisfaction -d’une passion libidineuse, ou, comme l’indique -le mot, l’enlèvement violent d’une personne d’un lieu -dans un autre, pour satisfaire sa passion ou contracter -mariage avec elle.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Tout rapt n’a pas la même gravité. Voici, selon -Collet, la gradation de gravité dans les rapts de femmes : -le péché le plus grave est le rapt d’une religieuse, puis -celui d’une femme qui a fait un simple vœu de chasteté. -Vient ensuite le rapt d’une consanguine ou parente par -affinité ; enfin celui d’une femme mariée, d’une vierge, -d’une veuve et d’une prostituée. Sylvius ajoute que le -péché sera beaucoup plus grave si un mâle enlève un -mâle, une femelle, une femelle en vue d’un abominable -libertinage, etc.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>La fornication avec une femme endormie ou ivre, ou -avec une jeune fille n’ayant pas l’usage de sa raison, ou -n’ayant aucune connaissance de ce crime, peut se ramener -au rapt, quoiqu’il n’y ait pas rapt proprement dit, mais -plutôt tromperie.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Il faut rechercher maintenant comment doit se conduire -une femme soumise à la violence, pour ne pas -pécher devant Dieu. Billuart répond en ces termes : -1<sup>o</sup> elle ne doit pas consentir intérieurement à la délectation, -mais la repousser positivement ; 2<sup>o</sup> extérieurement -elle doit résister positivement au séducteur par tous les -efforts et mouvements du corps : coups de poing, soufflets, -cris, s’il y a quelque espoir de secours ; en un mot, -par tout ce qu’elle peut faire moralement et raisonnablement, -autrement si elle ne fait pas tout ce qu’elle -peut et doit pour l’empêcher, elle est censée consentir.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p><i>Billuart</i> demande encore si elle doit crier au péril de -sa vie ou de sa réputation. Il répond : si elle espère -qu’avec le secours de Dieu elle pourra ne pas consentir -intérieurement au plaisir vénérien, ce qui, je l’avoue, est -très difficile, je pense qu’elle n’y est pas tenue, pourvu -toutefois qu’elle résiste extérieurement de tout son -possible à celui qui lui fait violence.</p> - - -<p class="c">§ IV</p> - -<p class="c small">DE L’ADULTÈRE</p> - -<p>L’adultère est l’entrée dans un lit étranger, ou la -violence du lit d’autrui. Il peut être commis de trois -manières : 1<sup>o</sup> entre un homme marié et une femme libre ; -2<sup>o</sup> entre un homme libre et une femme mariée ; 3<sup>o</sup> entre -un homme marié et une femme mariée.</p> - -<p>L’adultère est une espèce de luxure distincte des -autres et un péché mortel très grave.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>L’adultère double, c’est-à-dire l’accouplement illicite -d’un homme marié avec une femme mariée, est plus -grave que l’adultère simple, puisque le premier viole -deux droits, tandis que le second n’en viole qu’un ; -l’adultère d’une femme mariée avec un homme libre est -plus grave que celui d’un homme marié avec une femme -libre, pour des raisons à tous évidentes et connues. Il -faut donc nécessairement déclarer en confession les -diverses circonstances de l’adultère.</p> - -<p>L’adultère accompli du consentement du mari reste -cependant un véritable adultère, malgré le fameux -axiome : <i>Il n’y a point d’injustice à l’égard de celui qui -sait et veut…</i> Avant le pape Innocent XI, on disait : -« Le coït avec une femme mariée, du consentement -de son mari, n’est pas un adultère ; et alors il suffit de -dire en confession qu’on a forniqué. »</p> - -<p>Mais ce pape a déclaré que le consentement du mari -ne légitimait pas la chose.</p> - -<p>… Le confesseur doit interroger les adultères sur les -points suivants : 1<sup>o</sup> Sont-ils mariés tous les deux ? -2<sup>o</sup> Ont-ils lapidé les biens du mari innocent ? 3<sup>o</sup> Ont-ils -l’habitude de l’adultère ? 4<sup>o</sup> La femme adultère a-t-elle -conçu ou a-t-elle pu concevoir ? 5<sup>o</sup> Est-il né des enfants ? -6<sup>o</sup> Les enfants sont-ils nourris des biens du mari comme -s’ils étaient légitimes ? 7<sup>o</sup> Les enfants de l’adultère ont-ils -partagé avec les enfants légitimes l’héritage qui ne -leur était pas dû ? 8<sup>o</sup> Doivent-ils le partager ? 9<sup>o</sup> Enfin -est-il certain ou douteux à qui appartiennent les -enfants ? Etc…</p> - - -<p class="c">§ V</p> - -<p class="c small">DE L’INCESTE</p> - -<p>L’inceste est l’accouplement illicite avec une consanguine -ou parente par affinité aux degrés prohibés, tels -que sont tous les degrés de consanguinité et d’affinité -par suite d’un mariage ou convenu ou consommé jusqu’au -quatrième degré inclusivement, ou d’affinité par suite -d’une union illégitime jusqu’au second degré inclusivement. -(<i>Concile de Trente.</i>)</p> - -<p>Selon <i>Billuart</i>, sous ce mot d’accouplement considéré -comme acte principal (<i lang="la" xml:lang="la">concubitus</i>), il faut comprendre -les baisers, les attouchements, les regards, et autres -actes tendant à l’accouplement, et par conséquent appartenant -à l’inceste, comme ils appartiennent à l’adultère -avec une femme mariée, à la fornication avec une femme -libre.</p> - -<p>« Quoique tous les incestes soient de la même espèce, -écrit <i>Billuart</i>, les uns cependant sont plus graves que -les autres ; ainsi l’inceste est plus grave avec une consanguine -qu’avec une parente par affinité ; plus grave -au premier qu’au second degré, soit de consanguinité, -soit d’affinité. De même, il est plus grave et très grave -en ligne droite, soit de consanguinité, soit d’affinité, -qu’en ligne collatérale ; plus grave, par exemple, avec la -mère qu’avec la sœur ; aussi, d’après l’opinion la plus -commune touchant la déclaration des circonstances -notablement aggravantes, il ne suffit pas de dire en confession : -j’ai commis un inceste ; mais on doit dire si -c’est avec une consanguine ou une parente par affinité -au premier ou au second degré de la ligne droite ou -collatérale, parce que ces circonstances sont notablement -aggravantes. Quant aux degrés plus éloignés de la -ligne collatérale, je pense avec les RR. PP. Ledesma, -de la Cruz, Sporer et plusieurs autres, qu’il n’est pas -besoin d’interroger le pénitent, parce que cette circonstance -ne paraît pas notablement aggravante. »</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Quelques théologiens prétendent que le péché d’un -confesseur avec sa pénitente doit être ramené à l’inceste ; -d’autres, en plus grand nombre, le nient.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Les actes impudiques entre personnes du même sexe, -unies par les liens de consanguinité ou d’affinité, emportent -la malice de l’inceste, et cette circonstance doit -être déclarée en confession.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">§ VI</p> - -<p class="c small">DU SACRILÈGE</p> - -<p>Le sacrilège charnel, ou en tant que péché de luxure, -est la violation d’une chose sacrée par un acte vénérien -ou charnel. Le sacrilège charnel n’est pas seulement un -péché contre la chasteté, mais encore contre l’honneur -de Dieu, à cause de la pollution d’une chose sacrée.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>… Le sacrilège charnel est commis par la copulation -ou l’effusion volontaire quelconque du sperme humain -dans le lieu saint. Par le mot de <i>lieu saint</i> on entend, -d’après les théologiens, tout lieu bénit par l’évêque et -destiné aux offices divins, depuis le toit intérieur jusqu’au -pavé ; on y comprend aussi les cimetières. Ne -sont pas réputés lieu sacré : la sacristie, l’atrium, la tour -ou clocher, ni les oratoires privés, à moins qu’ils n’aient -été élevés par l’autorité de l’évêque, comme dans les -hôpitaux, collèges et séminaires, parce qu’alors on les -considère comme de vraies églises. N’est pas non plus -réputé lieu sacré un oratoire privé non consacré ou bénit, -quand même l’évêque aurait permis d’y célébrer la -messe, parce que, malgré cela, il peut, selon la volonté -du maître, être rendu à des usages profanes ; ni les bâtiments -d’un monastère, les cloîtres, les officines et cellules -des moines, etc.</p> - -<p>Il est difficile cependant de concevoir que les actes -vénériens accomplis dans des oratoires privés où est -célébré le saint sacrifice de la messe n’en revêtent pas -une malice spéciale. La raison et la foi indiquent assez -à tout chrétien qu’une telle circonstance doit toujours -être déclarée en confession. C’est l’avis du R. P. Concina -et de Mgr Bouvier.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Quant à la malice des péchés de luxure commis dans -le lieu saint, regards, entretiens obscènes, baisers, -attouchements, même sans qu’il y ait danger prochain -de pollution, nous pensons qu’à cause du respect dû au -lieu saint et par conséquent à Dieu, il faut déclarer en -confession la circonstance du lieu saint. C’est le parti -le plus sûr.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Quant aux objets sacrés, distincts des personnes et -des lieux saints, et consacrés au culte divin, comme : -vases sacrés, linges, etc…, il est certain que, abuser de -ces objets pour la luxure, que prendre l’huile sainte ou -la sainte Eucharistie dans un dessein de luxure superstitieuse, -c’est un horrible sacrilège.</p> - -<p>Quelques théologiens ont dit qu’un prêtre portant sur -lui la divine Eucharistie ne commet pas de sacrilège en -péchant intérieurement ou extérieurement contre la -chasteté, pourvu que ce ne soit pas en mépris du sacrement. -Mais d’autres très communément disent qu’il est coupable -de sacrilège, parce qu’on doit traiter saintement -les choses saintes ; or, le prêtre, dans ce cas, ne traite -pas saintement, mais d’une façon infâme le saint des -saints.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<h4>CHAPITRE II<br /> -<span class="small">DE LA LUXURE NON CONSOMMÉE</span></h4> - -<p>La luxure non consommée est celle qui ne va pas -jusqu’à la pollution ou l’évacuation du sperme. Elle -comprend tous les actes peccamineux intérieurs et extérieurs -sur soi-même ou sur d’autres contre la chasteté, -sous le nom d’impudicité qui exclut du royaume de -Dieu.</p> - -<p>Dans ce chapitre seront exposés les sujets suivants : -<i>De la délectation morose, pensées, désirs, joie, attouchements, -baisers, embrassements, regards, peintures et -sculptures obscènes ou indécentes, parures des femmes, -paroles, chants, lectures, livres obscènes, danses, spectacles, -jeux scéniques et autres choses semblables.</i></p> - - -<p class="c">ARTICLE PREMIER</p> - -<p class="c small">DES PENSÉES, DES DÉSIRS, DE LA JOIE OU DE LA -COMPLAISANCE ET DE LA -DÉLECTATION MOROSE EN MATIÈRE DE LUXURE</p> - - -<p class="c">§ I</p> - -<p class="c xsmall">DES PENSÉES</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>En matière de luxure ou d’impureté, on doit ordinairement -regarder comme coupables de fautes graves -les personnes qui, sans raison ou nécessité, donnent -accès en elles à des pensées ou à des actions déshonnêtes.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">§ II</p> - -<p class="c xsmall">DES DÉSIRS, DE LA JOIE OU DE LA COMPLAISANCE</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Le désir emprunte son espèce à l’acte extérieur auquel -il tend. Ainsi, si l’on désire l’accouplement avec une -femme libre, ce désir prend la malice de la fornication ; -avec une femme mariée, celle de l’adultère ; avec une -femme consacrée à Dieu, celle du sacrilège. Si le désir -tend à des espèces de luxure imparfaite, il prend leur -malice spéciale, comme celle du tact, du regard, etc… -Toutes ces circonstances doivent être déclarées en confession.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">§ III</p> - -<p class="c xsmall">DE LA DÉLECTATION MOROSE</p> - -<p>La délectation morose est la libre complaisance dans -une chose mauvaise, offerte comme présente par l’imagination, -sans désir de la faire ; par exemple, si quelqu’un -s’imagine forniquer, et que, sans avoir l’intention d’accomplir -l’acte, il se complaise dans la représentation de -cet acte.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>La délectation morose emprunte nécessairement son -espèce à l’objet prochain auquel elle a rapport, et aux -conditions de cet objet ; autrement, on ne pécherait pas -davantage en se représentant l’acte du coït que celui -d’un simple baiser ; ce qui est absurde.</p> - -<p>« Donc, ajoute <i>Collet</i>, la délectation emprunte son -espèce à ses objets ; et de même que le coït diffère spécifiquement -du baiser, de même la complaisance dans l’un -diffère de la complaisance dans l’autre. Ainsi, les pénitents, -de même qu’ils sont tenus de déclarer s’ils sont -allés jusqu’au désir, ou s’ils se sont arrêtés dans la pure -délectation ; de même ils sont tenus de déclarer si cette -délectation a eu pour objet l’attouchement ou le coït, le -coït simple, ou accompagné de circonstances qui l’aggravent. -Aussi, quand une mauvaise confession doit -être recommencée, le directeur doit s’appliquer à ce que -ce qui a été imprudemment omis dans la première confession -soit soigneusement expliqué dans la seconde. -C’est l’opinion la plus commune des théologiens, et -dont on ne saurait s’écarter sans danger dans une matière -si importante et où il s’agit de la validité du sacrement. » -A l’appui de cette opinion, on peut encore citer -ces paroles de <i>saint Thomas</i> : <i>La délectation dans une -action et cette action même se rapportent au même genre -de péché.</i></p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Est-il permis aux fiancés et veufs de se délecter à -l’idée du coït futur ou passé ? Le <i>R. P. Busembaum</i> -répond que cela est permis, pourvu que la délectation -vienne de l’appétit rationnel et non de l’appétit charnel. -Mais il a raison d’ajouter qu’en pratique, dit saint Liguori, -il est difficile de l’admettre, parce que la plupart -du temps la délectation charnelle est jointe à la rationnelle.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Si les fiancés, dit Billuart, se délectent charnellement -du coït futur, qui leur est représenté par l’imagination, -ils pèchent mortellement. Ils peuvent seulement se -réjouir dans la pensée qu’ils pourront un jour exercer -légitimement l’acte conjugal, soit en vue de recouvrer -la santé, ou d’avoir une condition temporelle meilleure, -ou de jouir du plaisir permis dans les limites du mariage ; -de même aussi le veuf et la veuve peuvent se -réjouir de l’avoir exercé, abstraction faite de toute commotion -volontaire.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">ARTICLE DEUXIÈME</p> - -<p class="c small">DES ATTOUCHEMENTS, DES BAISERS -ET DES EMBRASSEMENTS</p> - - -<p class="c">§ I</p> - -<p class="c xsmall">DES ATTOUCHEMENTS</p> - -<p>Tout attouchement déshonnête, ou exercé avec une -intention libidineuse sur soi ou sur autrui, est un péché -mortel, tant pour celui qui touche que pour celui qui -souffre l’attouchement volontairement et libidineusement, -surtout si l’attouchement a lieu dans les parties -vénériennes et voisines, même par-dessus les vêtements, -même par jeu, légèreté, curiosité, ou sans cause juste -et raisonnable, surtout entre personnes adultes, parce -que de tels attouchements sont toujours libidineux, ou -au moins emportent un grand danger de luxure et de -pollution.</p> - -<p>L’attouchement du sein des femmes, surtout plus -grandes et pubères, doit être considéré comme péché -mortel, s’il a lieu directement et avec délectation -morose.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>D’après <i>Billuart</i>, une femme qui, même sans passion -libidineuse, se laisse toucher dans les parties honteuses -ou voisines, même aux seins, pèche mortellement ; parce -que non seulement toucher ainsi, mais être touché, -influe beaucoup sur le sens vénérien. Si une femme est -touchée dans les parties déshonnêtes, elle doit, par tous -les moyens moralement possibles, repousser, détourner, -même violemment, la main qui la touche.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Toucher ses propres parties, dit <i>Busembaum</i> avec -beaucoup d’autres, par légèreté ou curiosité, n’est pas -en soi péché mortel, pourvu qu’il n’y ait pas délectation -ou danger de délectation, et que l’attouchement ait lieu -en passant et qu’il ne soit pas réitéré, car alors il y -aurait danger. On ne peut donc excuser du péché mortel -ceux qui toucheraient leurs propres parties sous l’influence -d’une commotion vénérienne et sans cause légitime.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Il faut remarquer cependant que les attouchements -faits pour apaiser tout d’un coup les accès d’hystérie ou -de passion hystérique, maladie dont sont affectées les -femmes et surtout les jeunes filles, sont illicites et très -peccamineux.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>L’attouchement des parties honnêtes, même entre -personnes du même sexe, s’ils sont faits par affection -libidineuse et avec consentement à cette affection, sont -des péchés mortels, parce qu’ils tendent par leur nature -à l’impudicité, qui exclut du royaume des cieux, selon -<i>S. Paul</i>, <span class="sc">Galat. et Ephes.</span></p> - -<p>Cependant les attouchements qui se font par légèreté, -jeu, curiosité et autre cause semblable, sur les parties -honnêtes d’une autre personne, même d’un sexe différent, -sans grave danger de libertinage, ne dépassent pas -le péché véniel. C’est l’avis de <i>Sanchez</i>.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>D’après <i>Billuart</i>, les attouchements des parties génitales -des bêtes de grande espèce sont des péchés mortels, -même par jeu, légèreté ou curiosité, et même sans -affection libidineuse, parce que de tels attouchements -émeuvent notablement l’appétit vénérien.</p> - -<p>Quant aux animaux plus petits, ajoute <i>Billuart</i>, -comme les chiens, les chats, etc., toucher leurs parties -génitales par légèreté, jeu, curiosité, ne semble pas -exciter gravement la nature et, par conséquent, n’est -pas mortel.</p> - -<p>Quoi qu’il en soit, de toutes ces espèces d’attouchements, -il faut s’abstenir avec soin ; c’est le plus sûr.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">§ II</p> - -<p class="c xsmall">DES BAISERS ET DES EMBRASSEMENTS</p> - -<p>Les baisers et les embrassements dans les parties -honnêtes et honnêtement donnés, quand ils sont donnés -et reçus selon les habitudes du pays, pour cause de -devoirs d’urbanité, d’amitié, de bienveillance ou de -réconciliation, avant le départ, au retour, quand même -il en surviendrait quelque délectation vénérienne, pourvu -qu’elle soit aussitôt réprimée, ne sont pas des péchés.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>On ne peut excuser du péché mortel le baiser de -bouche à bouche, s’il se prolonge avec délectation, et -surtout s’il est accompagné de l’introduction de la langue, -comme dit <i>Billuart</i> ; s’il se prolonge avec une vive -délectation, ou qu’il se répète plusieurs fois en mordillant -et suçant les lèvres, ou s’il est <i lang="la" xml:lang="la">colombinum</i>, en mettant -sa langue dans la bouche de l’autre, fait de cette -sorte, même par jeu ou par légèreté, ou même pour prouver -l’amitié, ce baiser semble influer gravement sur la commotion -charnelle, et, par conséquent, ne peut être excusé -de péché mortel. C’est aussi l’avis de <i>saint Liguori</i>. De -même, si les baisers sont faits à des parties insolites, -comme la poitrine, etc., on doit les regarder comme libidineux, -ou au moins comme entraînant un grand danger -de libertinage et, par conséquent, comme péchés mortels.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Quant aux longs embrassements avec compression -des corps, ils sont le plus souvent très libidineux, et -souvent accompagnés de violents mouvements désordonnés, -de la pensée et du désir du coït, et peut-être de -la pollution.</p> - -<p>Il faut donc interroger le pénitent qui déclare simplement -en confession des embrassements. Un auteur de -Saint-Flour assez récent dit très bien : « Remarquez que -souvent les jeunes gens ne savent pas (dans les baisers -et les embrassements) quel esprit les pousse ; que tout -cela est plein de dangers, et qu’il est difficile de les -excuser de péché mortel quand ils ont lieu entre personnes -déjà capables de libertinage. Aussi, pour ces -raisons, et quand même on n’ait point encore éprouvé -les jouissances vénériennes, il sera sage de différer -l’absolution pour ceux qui en ont l’habitude, surtout -lorsque l’on ignore la fragilité de l’autre. »</p> - -<p>Toutes les fois, selon <i>Collet</i>, que les baisers sont -accompagnés de délectation vénérienne, il faut déclarer -la circonstance de la personne, même innocente, à qui a -été donné le baiser ; si elle est liée par un vœu, ou consanguine, -ou alliée ou mariée, parce que, dit-il, l’acte -honteux implique la malice du coït auquel il tend de sa -nature. Il est certain cependant que très souvent on ne -songe pas au coït.</p> - - -<p class="c">ARTICLE TROISIÈME</p> - -<p class="c small">DES REGARDS</p> - -<p>… Les regards libidineux avec délectation vénérienne, -sur notre sexe ou l’autre, sont toujours mortels : tout -homme qui verra une femme pour la désirer a déjà commis -l’adultère dans son cœur. (<i>Matth.</i> 5, 28.) Sont toujours -libidineux et, par conséquent, mortels, les regards -moroses des parties déshonnêtes entre personnes de différent -sexe, à moins qu’il n’y ait nécessité.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Les regards des parties déshonnêtes du même sexe -ou de son propre corps, s’ils ne sont pas prolongés et -accompagnés de délectation morose, mais s’ils ont lieu -seulement par simple curiosité et légèreté, ne doivent -pas être considérés comme mortels, parce qu’ils n’excitent -pas beaucoup, par eux-mêmes, à la luxure.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Les confesseurs doivent surtout engager les jeunes -gens à ne pas se baigner ensemble, sans couvrir leurs -parties secrètes de caleçons de bain, à cause des nombreuses -impuretés qui ont coutume de se commettre en -pleine nudité, et à cause des regards des personnes présentes -ou des passants et surtout des personnes d’un -autre sexe.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Regarder par simple curiosité ou légèreté les parties -génitales et le coït des bêtes n’est pas péché mortel, -parce que généralement ces regards n’entraînent pas un -grave danger.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Regarder des peintures obscènes, dit <i>saint Liguori</i>, -seulement par curiosité, n’est pas péché mortel, s’il n’y -a ni délectation honteuse, ni danger de l’éprouver. Mais, -en pratique, on peut difficilement excuser du péché -mortel celui qui regarde complaisamment les parties -vénériennes d’une femme en peinture, parce qu’il lui -sera difficile d’échapper à la délectation honteuse, ou au -moins à un danger probable de l’éprouver… à moins de -regarder très peu de temps et à une grande distance.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">ARTICLE QUATRIÈME</p> - -<p class="c small">DE L’AJUSTEMENT ET DES PARURES DES FEMMES</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>… La parure du corps peut avoir quatre fins : 1<sup>o</sup> protéger -le corps contre les injures de l’air ; 2<sup>o</sup> couvrir les -parties honteuses de la nature ; 3<sup>o</sup> observer la décence -de l’état selon les habitudes du pays ; 4<sup>o</sup> entretenir ou -augmenter la beauté. La première est de nécessité corporelle. -La seconde, de nécessité spirituelle. La troisième, -de convenance et conforme à la raison, parce que -la saine raison veut que tout homme se présente honorablement -dans la vie publique et honore son état, en -observant les convenances dictées par les mœurs de son -pays. Reste une difficulté à l’égard de la quatrième, -c’est-à-dire à l’égard de la parure des femmes, dont il -faut parler spécialement, tant à cause de la grande -propension des femmes à ce genre de péché ou au grave -désordre qui en résulte, qu’à cause de leur grande et -naturelle vanité et futilité dans l’usage des ornements -vains et superflus.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Avoir la tête découverte et les cheveux nattés, selon -la coutume reçue, n’est point un péché ou n’est qu’un -péché véniel, pour les mêmes raisons ; il en serait autrement -de ceux qui introduiraient une mode, ou agiraient -ainsi avec une mauvaise intention.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Quant aux femmes qui prennent des habits d’homme, -ou réciproquement des hommes qui s’habillent en femme, -ils pèchent mortellement s’ils agissent ainsi avec l’intention -ou le grave danger de libertinage, ou avec un -notable scandale.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Les femmes qui découvrent immodestement leur poitrine -de manière à montrer le milieu de leurs seins nu, -ne peuvent être excusées en aucune façon, dit Billuart, -parce qu’une pareille nudité n’est pas peu provocatrice, -et tient plus à la luxure qu’à la beauté. Il faut dire à -peu près la même chose, ajoute le même auteur, de -celles qui recouvrent leurs seins d’un tissu transparent -qui permet de les voir à travers.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Que faut-il penser des femmes qui usent de quelque -moyen artificiel ou corset, pour accentuer davantage -les protubérances de leur corps, les augmenter ou les -simuler de quelque façon ? Quelques confesseurs exigent -que de tels corsages soient recouverts d’un ample <i>mancillari</i>, -comme dit <i>Martial</i> (mouchoir de cou, fichu, -châle). Ce remède nous semble plutôt favoriser le mal -que le détruire. Et, en outre de cette façon, les femmes -n’atteignent nullement leur but. Il semble préférable de -faire usage de ce mancillaire, en rejetant tous les intermédiaires -artificiels, comme ne convenant en aucune -façon à des femmes chrétiennes. De cette façon ce qui -fait défaut ne serait pas remarqué, la chasteté ne sera -pas blessée et le salut des âmes ne courra aucun -danger.</p> - - -<p class="c">ARTICLE CINQUIÈME</p> - -<p class="c small">DES PAROLES ET DES DISCOURS DÉSHONNÊTES -DES CHANSONS -ET DES LIVRES OBSCÈNES</p> - - -<p class="c">§ I</p> - -<p class="c xsmall">DES PAROLES, DES DISCOURS ET DES CHANSONS DÉSHONNÊTES -OU OBSCÈNES</p> - -<p>Tenir des propos déshonnêtes par légèreté ou par -jeu n’est pas mortel en soi, dit <i>saint Liguori</i>, à moins -que ceux qui les entendent ne soient assez faibles d’esprit -pour s’en scandaliser, ou que les propos ne soient par -trop lascifs.</p> - -<p>Aussi des auteurs cités par saint Liguori remarquent -que les dictons honteux proférés par les moissonneurs, -vendangeurs, ne sont pas mortels, parce qu’ils sont dits -et entendus d’une manière lubrique, mais sans qu’ils -émeuvent.</p> - - -<p class="c">§ II</p> - -<p class="c xsmall">DES LIVRES OBSCÈNES</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Je ne voudrais pas affirmer que ceux-là pèchent mortellement, -qui par simple curiosité lisent des livres -obscènes, si à cause de leur âge avancé, de leur complexion -froide ou de l’habitude qu’ils ont de s’occuper -de matières vénériennes, ils n’encourent pas un grave -danger.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Ceux qui composent ces livres, même non gravement -obscènes, souvent pèchent mortellement, parce -qu’ils sont pour beaucoup, sans raison suffisante, une -occasion de ruine ; le péché de ceux qui les vendent -paraît moins grand ; puisque, comme nous l’avons dit, -beaucoup peuvent les lire sans péché ou au moins sans -péché mortel, par conséquent ils ne pèchent pas du tout -ou ils ne pèchent que véniellement en les achetant ; -donc le libraire qui les garde dans sa boutique et les -vend à ceux qui les lui demandent ne doit pas être -inquiété.</p> - - -<p class="c">ARTICLE SIXIÈME</p> - -<p class="c small">DES DANSES ET DES BALS</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>La danse est licite de sa nature, pourvu qu’elle ait -lieu entre séculiers, entre personnes honnêtes et d’une -façon honnête, c’est-à-dire sans gestes déshonnêtes. -Quand les saints Pères les blâment vivement, ils parlent -des danses honteuses ou de leur abus.</p> - -<p>Quelquefois, dit <i>Origène</i>, le diable lutte avec l’homme -par la vue des femmes, quelquefois par l’attouchement ; -dans les danses, il lutte avec l’homme par tous ces -moyens à la fois. Car c’est là qu’elles paraissent avec -tous leurs ornements, qu’elles se font entendre avec -leurs chants, leurs éclats de rire, leurs propos, qu’on -les touche de la main, et que le diable combat fortement -et remporte la victoire.</p> - -<p>Dans ces bals, c’est le diable qui danse, dit <i>saint -Chrysostome</i>.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">ARTICLE SEPTIÈME</p> - -<p class="c small">DES SPECTACLES ET DES REPRÉSENTATIONS SCÉNIQUES</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Au théâtre, c’est le rire, la turpitude, la pompe diabolique, -la perte de temps, l’excitation de la concupiscence, -la méditation de l’adultère, le gymnase de la -prostitution (<i>S. Chrysostome</i>, <i>H. 42</i>, in <i>Act.</i>).</p> - -<p>— Dans les spectacles, dit <i>Salvien</i>, il y a comme une -apostasie de la foi et une prévarication mortelle contre -ses symboles et les sacrements célestes. Quel est, en -effet, le premier engagement du baptême salutaire des -chrétiens, sinon de renoncer au démon, à ses pompes, -à ses spectacles et à ses œuvres ?</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Je ne pourrais, en aucune façon, excuser de péché -mortel un jeune homme qui, sans nécessité, voudrait -par simple curiosité assister à des comédies de ce genre -(notablement obscènes) à moins qu’il ne fût très timoré, -et qu’il n’ait plusieurs fois fait l’expérience de n’avoir -jamais péché mortellement en y assistant.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>« Assister à des spectacles notablement obscènes pour -le plaisir qui en résulte est évidemment un péché -mortel ; mais si c’est seulement pour la curiosité et la -simple récréation, sans danger de consentement à la -délectation vénérienne, quelques-uns pensent qu’il n’y -a que péché véniel ; mais cette décision est un peu relâchée -et on doit le considérer comme péché mortel, tant -à cause du péril et du scandale qu’à cause de la coopération -à une action mortellement mauvaise. »</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>« Je n’absoudrais pas : 1<sup>o</sup> les acteurs et actrices à l’article -de la mort, à moins qu’ils ne renoncent à leur -profession ; 2<sup>o</sup> les poètes qui composent des pièces -pleines d’amours illicites, pour être représentées au -théâtre ; 3<sup>o</sup> ceux qui concourent prochainement aux -représentations théâtrales, comme les servantes qui -habillent les actrices, ou ceux qui font profession de -vendre, de louer ou de fabriquer des habits uniquement -destinés à cet usage ; 4<sup>o</sup> ceux qui, en assistant aux -représentations théâtrales, donnent un grave scandale, -comme seraient des personnes bien connues pour leurs -vertus chrétiennes, à moins qu’il n’y ait grave nécessité ; -5<sup>o</sup> ceux qui à cause d’une circonstance personnelle -encourent un grave danger de luxure ; 6<sup>o</sup> ceux -enfin qui sans cause raisonnable assistent ordinairement -à ces spectacles, quand même ils ne courraient -pas un grave danger, ou ne donneraient pas le scandale, -parce qu’une telle habitude ne peut se concilier -avec une vie chrétienne. »</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">ARTICLE HUITIÈME</p> - -<p class="c small">QUELQUES MOTS SUR LA MANIÈRE D’INTERROGER -LES PÉNITENTS -SUR LE SIXIÈME COMMANDEMENT</p> - -<p>… Comme le confesseur est un médecin et un juge, -il faut qu’il connaisse les péchés de son pénitent pour -appliquer les remèdes convenables à ses maux… Par -conséquent, si les pénitents ne découvrent pas leurs -péchés, le confesseur doit les interroger, surtout quand -ils lui paraissent ignorants ou grossiers, ou quand il -les voit timides, honteux, embarrassés, et tout cela -arrive fort souvent en cette difficile et honteuse matière. -Il faut donc alors venir à leur secours et les aider… -Il est arrivé que des personnes ont croupi pendant toute -leur vie dans des péchés d’impureté parce que les confesseurs -avaient négligé de leur faire des questions sur -le sixième commandement…</p> - -<p>Le confesseur, quand il interroge un pénitent, lui -demandera s’il n’a point eu de pensées déshonnêtes, des -mouvements ou des plaisirs charnels… Si le pénitent -dit avoir eu des pensées déshonnêtes ou avoir ressenti -des plaisirs charnels, le confesseur lui demandera si -ces pensées ou ces plaisirs ne l’ont point porté à faire -quelque action déshonnête ; s’il avoue en avoir fait quelqu’une, -le confesseur, sans en spécifier aucune, lui -demandera quelle était cette action et de quelle manière -et avec qui il l’a faite.</p> - -<p>Le confesseur doit s’enquérir de la condition du pénitent -et de celle de la personne avec laquelle il a péché, -si l’un ou l’autre est engagé dans le mariage ou lié par -des vœux de chasteté, ou par quelque ordre sacré… -Le confesseur ne doit pas oublier de demander au pénitent -si la personne avec laquelle il a péché demeure -avec lui…</p> - -<p>… On peut, par exemple, parler ainsi au pénitent : -N’auriez-vous pas eu, par hasard, quelques pensées -déshonnêtes ou contre la chasteté ? Oui… Ces pensées -vous ont-elles occupé longtemps ? Vous y êtes-vous -arrêté volontairement et avec complaisance ? Sur quel -objet se portaient-elles ? N’avez-vous pas eu, alors, -quelques mauvais désirs, de faire, par exemple, ce à -quoi vous pensiez, soit à votre égard, soit à l’égard -d’une autre personne ? Était-ce une personne de l’autre -sexe, mariée ou non, parente, alliée ou non, etc. ? Avez-vous -vu cette personne, lui avez-vous parlé ? Vos pensées -ont-elles été suivies de regards, d’attouchements déshonnêtes ? -Tout cela a-t-il été suivi de quelque effet -sensible ? Quel était cet effet ? Était-il fâcheux ? En avez-vous -eu de la peine ?</p> - -<p>Pour savoir si des jeunes gens, plus ou moins pubères, -se sont touchés jusqu’à la pollution, sans les exposer, -dans leur heureuse ignorance, à soupçonner ou à -apprendre quelque chose, on peut leur demander combien -de temps et dans quelle fin ils se sont touchés ; -s’ils ont éprouvé quelques mouvements dans leur corps, -et pendant combien de temps ; si après l’attouchement -il ne leur est pas arrivé quelque chose d’insolite et de -honteux ; s’ils n’ont pas éprouvé un plaisir beaucoup -plus grand dans leur corps à la fin des attouchements -qu’au commencement ; si alors, quand, à la fin, ils ont -ressenti une grande délectation charnelle, tous les mouvements -du corps ont cessé avec les attouchements ; -s’ils ne se sont pas sentis mouillés, etc., etc. Il faut -demander aux jeunes filles qui avouent s’être touchées, -si elles n’ont pas essayé d’apaiser quelque prurit, et si -ce prurit a cessé au moment où elles ressentaient un vif -plaisir ; si alors les attouchements avaient cessé, etc…</p> - -<div class="chapter"></div> - -<h3>SECONDE PARTIE<br /> -<span class="small">DU DEVOIR DES ÉPOUX</span></h3> - - -<p>Cette seconde partie sera partagée en deux chapitres. -Le premier sera consacré à l’examen de l’empêchement -du mariage pour cause d’impuissance. Le second traitera -des obligations spéciales des époux.</p> - - -<h4>CHAPITRE PREMIER</h4> - - -<p class="c">§ I</p> - -<p class="c xsmall">DE L’EMPÊCHEMENT DU MARIAGE PAR IMPUISSANCE</p> - -<p>L’impuissance est l’incapacité de consommer le mariage, -c’est-à-dire d’avoir un coït qui, par lui-même, -suffise à la génération.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c xsmall">IMPUISSANCES PERPÉTUELLE ET TEMPORAIRE, NATURELLE -ET ACCIDENTELLE CHEZ L’HOMME</p> - -<p>Trois causes produisent cette impuissance :</p> - -<p>1<sup>o</sup> <i>L’absence complète et absolue du pénis</i>, de telle sorte -qu’il n’y ait pas même la plus petite extrémité du -membre viril, qui puisse répandre la semence même -dans les parties génitales extérieures de la femme…</p> - -<p>2<sup>o</sup> <i>L’atrophie de la vessie</i> ;</p> - -<p>3<sup>o</sup> <i>L’absence des deux testicules</i>.</p> - - -<p class="c xsmall">IMPUISSANCES PERPÉTUELLE ET TEMPORAIRE, NATURELLE -ET ACCIDENTELLE CHEZ LA FEMME</p> - -<p>Les causes d’impuissance chez la femme sont :</p> - -<p>L’absence de l’utérus, du vagin, l’oblitération naturelle, -congénitale et complète de ce dernier ou son -excessive étroitesse résultant d’un vice de conformation -des os du bassin.</p> - -<p><i>Le P. Debreyne, docteur en médecine et professeur à -la Faculté de Paris, avant d’entrer dans les ordres, se -complaît ici dans de savantes dissertations sur toutes les -causes d’impuissance : dissertations dont nous n’avons -pas à nous occuper, car elles relèvent toutes exclusivement -de la science médicale.</i></p> - -<p>Le paragraphe II de ce chapitre est consacré aux -<i>hermaphrodites</i> : ce paragraphe, lui aussi, n’est qu’une -dissertation médicale.</p> - - -<h4>CHAPITRE II<br /> -<span class="small">DES DEVOIRS CONJUGAUX OU DES OBLIGATIONS DES ÉPOUX</span></h4> - -<p>Ce chapitre sera partagé en trois articles :</p> - -<p>Le premier aura pour objet la <i>pétition</i> et la <i>reddition</i> -du devoir conjugal ;</p> - -<p>Le second sera consacré à l’examen de l’usage du -mariage, des circonstances de l’acte conjugal et des -péchés qu’y commettent les époux ;</p> - -<p>Le troisième article, enfin, traitera de la conduite du -confesseur à l’égard des personnes mariées et de celles -qui se disposent à entrer dans le mariage.</p> - - -<p class="c">ARTICLE PREMIER</p> - -<p class="c small">DE LA PÉTITION ET DE LA REDDITION DU DEVOIR -CONJUGAL</p> - -<p class="c"><i>Réflexions préliminaires.</i></p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>L’homme doit rendre son devoir à la femme, et réciproquement -l’épouse à l’époux ; la femme n’a pas la -possession de son corps, mais l’homme ; de même l’homme -n’a pas la possession de son corps, mais la femme. (<i>Saint -Paul.</i>)</p> - -<p>Qu’ils ne se le refusent pas l’un à l’autre, de peur de -tomber dans de damnables corruptions, par la tentation -de Satan, à cause de l’incontinence de tous les deux ou -de l’un seulement d’entre eux. (<i>Saint Augustin.</i>)</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">§ I</p> - -<p class="c xsmall">DE LA PÉTITION DU DEVOIR ILLICITE OU DE CEUX QUI PÈCHENT -MORTELLEMENT EN L’EXIGEANT</p> - -<p>Un époux qui sait avec certitude que son mariage est -nul par un empêchement dirimant quelconque, comme -par exemple un empêchement d’affinité provenant d’un -commerce criminel, ne peut, par aucun motif, ni demander, -ni même rendre le devoir conjugal, parce qu’il commettrait -une véritable fornication mortelle.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>L’époux qui doute prudemment et raisonnablement -de la validité de son mariage ne peut demander le devoir -jusqu’à ce que, après un mûr examen, il ait déposé son -doute et formé sa conscience.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Celui, dit <i>Billuart</i>, qui, après le mariage consommé, -a fait vœu de religion ou d’embrasser les saints ordres -peut demander et rendre le devoir, parce que par ce -vœu il n’a contracté que l’obligation de prendre les -ordres ou d’entrer en religion, s’il survit. Mais aussitôt -après la mort de son conjoint, il est tenu d’accomplir -son vœu. Mais s’il a fait ces vœux avant la consommation -du mariage, il est tenu de le remplir avant la consommation, -puisqu’il le peut licitement d’après l’hypothèse. -S’il consomme le mariage, il pèche mortellement -une première fois, mais ensuite il peut demander et -rendre le devoir pour les raisons alléguées.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">§ II</p> - -<p class="c xsmall">DE CEUX QUI PÈCHENT VÉNIELLEMENT EN EXIGEANT -LE DEVOIR CONJUGAL.</p> - -<p>1<sup>o</sup> Plusieurs théologiens, d’après l’autorité de saint -Thomas, regardent comme une faute mortelle l’usage du -coït pendant que la femme a ses règles.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Nous ne pouvons croire, cependant, malgré la grande -autorité de saint Thomas, que l’acte conjugal exercé -pendant l’époque des règles soit un péché mortel. Il -faudrait pour cela qu’il fût prouvé expérimentalement et -physiologiquement que cet acte est essentiellement infécond -ou contraire à la conception.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>2<sup>o</sup> La grande majorité des théologiens affirme que la -pétition conjugale, dans l’état de grossesse, n’est qu’une -faute vénielle, pourvu qu’il n’y ait point danger d’avortement. -Mais ce danger est souvent très difficile à connaître -ou à apprécier. Voici du reste, sur ce point, -l’énoncé général de la science (<i>suit une longue dissertation -technique et médicale</i>).</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>3<sup>o</sup> <i>On demande</i> si la pétition conjugale est permise les -jours de fête, le dimanche et un jour de communion.</p> - -<p>Saint Thomas répond :</p> - -<p>L’acte matrimonial, quoique exempt du péché, cependant -comme il abaisse la raison à cause de la délectation -charnelle, rend l’homme inapte aux choses spirituelles ; -il n’est donc pas permis de demander le devoir les jours -où l’on doit plus particulièrement vaquer aux choses -spirituelles… Ces jours-là on peut employer d’autres -moyens pour réprimer la concupiscence, comme la -prière, et beaucoup d’autres moyens de ce genre, -employés par ceux qui gardent la continence perpétuelle.</p> - -<p>Mais Sanchez est d’un sentiment contraire, et avec -lui de nombreux théologiens, parce que, disent-ils, la -pétition conjugale n’est défendue aux jours précités par -aucun droit divin ou ecclésiastique.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p><i>On demande</i> si celui qui a éprouvé une contamination -nocturne peut communier le jour suivant.</p> - -<p>Voici ce que répond saint Grégoire et sa décision sert -de base à la pratique des confesseurs.</p> - -<p>« Ou l’éjaculation provient d’un superflu de la nature -et de faiblesse, et alors n’est pas du tout coupable ; ou -d’un usage excessif des aliments, et alors elle est un -péché véniel ; ou d’une pensée précédente, et alors elle -peut être mortelle. Dans le premier cas, cette illusion -n’est pas à craindre ; dans le second, elle n’empêche pas -de recevoir le sacrement ou de célébrer les mystères, -s’il y a quelque motif de le faire, comme par exemple, -la circonstance d’une fête ou d’un dimanche ; mais dans -le troisième cas, on doit, à cause d’une telle pollution, -s’abstenir ce jour-là des saints mystères, dit saint Grégoire ; -cependant, si la pollution n’a pas été mortelle -dans sa cause, ou si le prêtre vraiment repentant en a -été absous, et qu’il ait quelque raison de le faire, il -pourra célébrer. »</p> - - -<p class="c">§ III</p> - -<p class="c xsmall">DE LA REDDITION DU DEVOIR CONJUGAL ET DES RAISONS QUI EN -DISPENSENT LÉGITIMEMENT</p> - -<p>Le devoir doit être rendu sous peine de péché mortel -toutes les fois qu’il est raisonnablement, sérieusement -et légitimement demandé, soit expressément, soit tacitement, -parce qu’il n’importe pas, dit saint Thomas, si -on le demande par paroles ou par signes. Si donc une -partie s’aperçoit que sa partie le demande tacitement, -ou est en danger d’incontinence, elle est tenue de la -prévenir.</p> - -<p>Voici les raisons qui excusent ou empêchent de le -rendre.</p> - -<p>1<sup>o</sup> L’époux qui est moralement certain de la nullité de -son mariage ne peut rendre le devoir à sa partie.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>2<sup>o</sup> Si l’époux qui demande le devoir est dans un état -de démence ou d’aliénation mentale, il n’y a point d’obligation -à le rendre, parce qu’une telle demande n’est -point un acte humain. Si la folie présentait des intervalles -de lucidité, le devoir devrait alors être rendu, à -moins que l’usage du mariage n’augmentât la maladie.</p> - -<p>Quant à l’époux qui a perdu l’usage de la raison par -l’ivresse, il n’y a nulle obligation à lui obéir.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Sanchez dit que le devoir ne doit pas être rendu à une -femme folle et furieuse, à cause de l’avortement qu’on -a toujours à craindre, à moins, ajoute-t-il, qu’elle ne -soit reconnue stérile.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>3<sup>o</sup> L’époux qui ne peut rendre le devoir sans exposer -gravement sa santé n’y est pas tenu, car, dit l’axiome : -il faut d’abord vivre et se bien porter, et <i>saint Thomas</i> -ajoute : l’homme est tenu de rendre le devoir à sa femme -pour tout ce qui tend à la génération ; sauf cependant -avant tout la santé de la personne.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>La femme ne pourrait se refuser à rendre le devoir à -cause des grandes douleurs ou des difficultés de l’accouchement. -Si néanmoins, d’après le jugement ou la -décision des hommes de l’art, ou d’après l’expérience de -la femme, l’accouchement ne pouvait pas se faire sans -danger pour la vie, elle est dans ce cas dispensée de rendre -le devoir conjugal.</p> - -<p>4<sup>o</sup> La femme n’est pas tenue à la reddition conjugale -pendant l’époque des règles…</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>— Il pourra quelquefois, dit <i>Sanchez</i>, y avoir péché -mortel, si le coït devait produire une grave maladie ou -une notable aggravation de maladie, comme disent saint -Antonin et Sanchez…, etc. On doit craindre ce même -danger, comme dit Ronc…, si le coït a lieu aussitôt -après l’accouchement, c’est-à-dire le jour même ou le -suivant, ainsi qu’un médecin fort expérimenté me l’a -assuré.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>La femme n’est pas tenue de rendre le devoir en temps -d’écoulement menstruel ou d’accouchement, à moins -qu’elle n’ait raison de craindre que son mari n’encoure -le danger d’incontinence ; cependant si par ses prières -elle ne peut l’en dissuader, finalement elle doit le rendre, -parce qu’il y a toujours à craindre le danger d’incontinence, -ou une querelle, ou quelque autre inconvénient. -C’est l’avis de <i>saint Bonaventure</i> et de beaucoup d’autres -<i>d’après Sanchez</i>.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Qu’on doit excuser de l’obligation de rendre le devoir, -dit <i>Sanchez</i>, une mère allaitant son enfant, et assez -pauvre pour ne pas pouvoir payer une nourrice, et qui -sait que ses mamelles seront à sec si elle conçoit de nouveau, -ou que son lait sera très pernicieux à son enfant.</p> - -<p>5<sup>o</sup> L’époux n’est pas tenu de rendre le devoir à sa -partie qui, par le fait d’un adultère, aurait perdu le -droit de le demander.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>6<sup>o</sup> Une des parties n’est pas tenue de rendre le devoir -lorsqu’il est demandé d’une manière contraire à l’honnête -exigence de la raison.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>7<sup>o</sup> Il n’est pas permis de refuser le devoir, dans la -crainte d’avoir trop d’enfants…</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Tel n’est pas cependant l’avis de <i>Sanchez</i>.</p> - -<p>… — J’avouerai cependant, écrit-il, qu’il n’y a pas péché -mortel à refuser le devoir pour ce motif, quand il n’y a -pas danger d’incontinence dans l’autre époux, et que les -parents ne peuvent nourrir tant d’enfants. En effet, un -grand inconvénient excuse de l’obligation de payer les -autres dettes de justice, et personne n’est tenu de restituer -à son grand détriment. En outre, l’époux n’est pas -tenu de rendre le devoir, s’il y a crainte probable de -danger ou de détriment pour les enfants déjà nés ; -danger qui serait cependant vraisemblable, si des parents -destitués des moyens de nourrir plus d’enfants augmentaient -leur famille… Bien plus il n’y aura pas même -faute vénielle à refuser le devoir dans ce cas. (<i>Liv. IX, -disp. 25, n<sup>o</sup> 3</i>.)</p> - -<p>Nous croyons que cet avis de Sanchez n’est pas sûr -dans la pratique.</p> - - -<p class="c">§ IV</p> - -<p class="c xsmall">DES ÉPOUX QUI PÈCHENT MORTELLEMENT EN RENDANT LE DEVOIR -CONJUGAL</p> - -<p>1<sup>o</sup> On pèche mortellement à rendre le devoir conjugal -lorsque la pétition se fait dans un lieu sacré ou public, -ou devant les enfants et domestiques (ce qui n’arrive -guère), ou avec danger d’avortement, ou grave danger -pour la santé de l’un ou de l’autre, ou avec le danger -évident de répandre le sperme hors du vase, quand le -coït pourrait se faire autrement ; ou en s’accouplant -d’une façon hors nature, sodomique, etc. Il est certain -que dans tous ces cas, celui qui rend le devoir pèche -aussi mortellement, parce qu’il participe au crime et en -contracte la malice.</p> - -<p>2<sup>o</sup> Ce serait également une faute mortelle que de -rendre le devoir à la partie atteinte d’une impuissance -perpétuelle.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>3<sup>o</sup> … Si l’homme était tellement décrépit, etc. (<i>suit -une citation de Bouvier, que nos lecteurs trouveront <a href="#decrepit">à sa -place</a> dans nos extraits des <span class="sc">Diaconales</span>.</i>)</p> - -<p>4<sup>o</sup> On demande si l’on peut, sans péché mortel, rendre -le devoir à celui qui le demande, bien qu’il ait fait -vœu de chasteté ou qu’il se propose un but criminel.</p> - -<p>Les uns prétendent qu’il y a péché mortel… les -autres, au contraire, prétendent, — et c’est le plus grand -nombre, — que la partie peut rendre le devoir.</p> - - -<p class="c">§ V</p> - -<p class="c xsmall">DES ÉPOUX QUI PÈCHENT VÉNIELLEMENT EN RENDANT LE DEVOIR</p> - -<p>Quand l’usage du mariage est péché véniel pour -l’époux qui demande le devoir par exemple, comme -parce qu’il le demande pour le seul plaisir, il semble -qu’il y a quelque faute à le rendre, s’il n’y a aucune -raison de le faire, parce qu’alors on fournit la matière -d’un péché véniel ; mais une pétition absolue est une -raison suffisante et légitimant la reddition ; car il est à -craindre que le refus ne fasse naître des rixes, haines, -scandales, péril de pécher gravement, etc…</p> - - -<p class="c">ARTICLE DEUXIÈME</p> - -<p class="c small">DE L’USAGE DU MARIAGE, DES CIRCONSTANCES -DE L’ACTE CONJUGAL -ET DES PÉCHÉS QU’Y COMMETTENT LES ÉPOUX</p> - - -<p class="c">§ I</p> - -<p class="c xsmall">DE L’USAGE DU MARIAGE ET DES PÉCHÉS VÉNIELS QU’Y COMMETTENT -LES ÉPOUX QUANT AUX MOTIFS</p> - -<p>1<sup>o</sup> L’acte conjugal exercé pour le seul plaisir est -exempt de toute faute même vénielle.</p> - -<p>2<sup>o</sup> L’usage du mariage est-il permis pour éviter l’incontinence ?</p> - -<p>Tous les théologiens conviennent qu’il est permis de -rendre le devoir à l’époux qui le demande, sans autre -raison que celle d’éviter l’incontinence.</p> - -<p>« A cause de la fornication, que chacun ait son épouse, -et chaque femme son mari… Ne vous trompez pas l’un -l’autre, si ce n’est par un consentement mutuel pour un -temps, pour vaquer à l’oraison, et retournez-y de nouveau, -de peur que Satan ne vous tente à cause de votre -incontinence ; je dis cela par indulgence, et non par -commandement, car je voudrais que vous fussiez tous -comme moi. » (I Corinth. 4.)</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>L’époux qui désire que l’acte conjugal soit stérile -pèche selon l’opinion de tous les théologiens, mais seulement -d’une manière vénielle.</p> - -<p>Cependant <i>Sœttler</i> s’exprime ainsi :</p> - -<p>Si quelqu’un désire n’avoir pas d’enfants, d’après un -grand nombre de théologiens il pèche mortellement, -parce que ce désir répugne gravement à la fin du mariage… -Selon d’autres beaucoup plus nombreux, ce -désir, si on s’arrête là, s’il est purement spéculatif, et -si l’on ne fait rien pour empêcher la génération, est -seulement véniel, mais dangereux, dit Vernier, comme -tendant au péché mortel.</p> - -<p>Tout peut donc se résumer en ces quatre paroles de -<i>Collet</i> : « La copulation exercée pour toute autre fin que -celle de la génération ou de la justice est toujours un -péché. » Cette proposition est d’ailleurs fondée sur ce -passage de <i>saint Augustin</i> :</p> - -<p>« Le coït nécessaire pour la génération n’est pas coupable… -Mais celui qui va au delà de cette nécessité -n’obéit plus à la raison, mais au libertinage. Et cependant -ne pas l’exiger, mais le rendre à son époux, de -peur qu’il ne pèche gravement en forniquant, est une -nécessité pour la personne conjugale. » (<i>Manuel des -bons époux.</i>)</p> - - -<p class="c">§ II</p> - -<p class="c xsmall">DES CIRCONSTANCES OU L’USAGE DU MARIAGE EST GÉNÉRALEMENT -PÉCHÉ MORTEL QUANT A L’ACTE, -CONFORMÉMENT A L’OPINION DE TOUS LES THÉOLOGIENS</p> - -<p>1<sup>o</sup> D’après tous les théologiens, il y a péché mortel si -quant à la position le coït n’est pas naturel, et s’il y a -grave danger d’effusion en dehors du vase, soit en demandant, -soit en rendant le devoir : « Mais, en dehors -de ce danger, demander ainsi ou rendre le devoir sans -nécessité est un péché seulement véniel, parce qu’une -telle inversion n’est pas essentielle et n’est pas opposée -à la génération. Cependant elle doit être sévèrement -blâmée. S’il y a nécessité d’agir ainsi, comme par exemple -à cause de la grossesse, ou parce que le corps ne peut -souffrir une autre position, il n’y aura aucun péché, -pourvu qu’il n’y ait pas danger probable d’effusion en -dehors du vase. »</p> - -<p>2<sup>o</sup> Les époux pèchent mortellement, quand, comme -nous le verrons mieux plus bas, ils excitent volontairement -une semblable effusion, ou même commencent -d’une façon sodomitique le coït avec l’intention de le -consommer selon les règles ; car un tel acte, désordonné, -tendant de soi à l’effusion hors du vase, doit être considéré -comme une sodomie commencée. C’est l’avis de -<i>Sanchez</i>, <i>S. Liguori</i>, <i>Bouvier</i> et beaucoup d’autres. Il -faut ajouter que généralement les époux pèchent mortellement, -s’ils ne rougissent pas d’exercer des actes -très honteux et répugnant gravement à la nature et à -l’honnêteté (tels que la masturbation labiale, etc.)</p> - -<p>3<sup>o</sup> De même pèchent mortellement les époux qui de -quelque façon que ce soit empêchent la génération, ou -s’exposent, comme dit <i>Collet</i>, au danger de rejeter le -fœtus par voie d’avortement, ou de le blesser gravement.</p> - -<p>4<sup>o</sup> L’homme pèche mortellement, dit encore le savant -<i>Collet</i>, quand il se retire et ne consomme pas l’évacuation -de la semence dans le vase. De même la femme si elle -élimine à dessein la semence ou s’efforce de l’éliminer, -ou répand à dessein sa propre semence.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p><i>Saint Antonin</i>, <i>saint Liguori</i>, etc., etc., affirment qu’il -n’y a pas péché mortel, si la copulation une fois commencée, -les époux arrêtent l’effusion, c’est-à-dire, si -avant l’effusion, l’homme se retire du consentement de -la femme, pourvu qu’il n’y ait pas danger d’effusion au -dehors du vase, ou de pollution chez l’un ou l’autre -époux. Plusieurs autres, comme les RR. PP. <i>Navarre</i>, -<i>Ledesma</i>, <i>Azor</i>, etc., pensent qu’il y a alors péché -mortel, parce qu’on empêche la génération pour laquelle -la copulation est faite, et qu’ainsi l’acte conjugal est -frustré de sa fin essentielle, qui est la génération.</p> - -<p>Saint Liguori demande au cas où l’homme a déjà -éjaculé : si la femme pèche en se retirant ou si l’homme -pèche mortellement en n’attendant pas la sémination de -la femme.</p> - -<p>Voici notre réponse : la quasi-spermatisation de la -femme ne paraissant pas nécessaire à la génération, -nous ne voyons pas trop la solidité des raisons qu’on -apporte en faveur du péché mortel, parce que la matière -qui forme la spermatisation de la femme n’est point une -véritable semence, mais de simples mucosités vaginales -et utérines… La femme, d’après tous les physiologistes -modernes de l’Europe et du monde entier, est incapable -d’une véritable sécrétion séminale ou spermatique ; elle -n’a point d’organe spécial pour cela. Elle fournit seulement -l’ovule ou le germe qui vient de l’ovaire, plus ordinairement -une certaine quantité de mucosités ou d’humeurs -lubréfiantes, qui sont l’effet de l’organisme -érotique et qui sont propres à faciliter ou à compléter -l’acte conjugal, mais qui ne paraissent pas du tout essentielles -à la fécondation.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>De ce fait d’union sexuelle accomplie du côté de la -femme avec dégoût, répugnance, une sorte d’horreur, -malaise et souffrance physique, il s’ensuit que, dans ces -cas de coïts froids et insensibles, il n’y a point de sémination -prolifique dans le sens que l’entendent les théologiens, -parce que, dans un tel acte, il est physiologiquement -impossible qu’une effusion de sperme s’accomplisse -sans sensation érotique ou voluptueuse de la part de la -femme, comme du côté de l’homme. Donc la sémination -féminine n’est pas nécessaire à la conception, puisque -celle-ci peut s’accomplir sans elle par le seul fait de la -sémination virile.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Les théologiens <i>demandent</i> :</p> - -<p>Est-il permis à la femme, quand l’homme s’est retiré -après la sémination, de s’exciter aussitôt elle-même par -des attouchements à sa propre éjaculation pour se procurer -un soulagement nécessaire ?</p> - -<p><i>Réponse</i> : Nous pensons que cela n’est pas permis à la -femme, parce que cette action solitaire n’a plus aucun -but physiologique dans l’ordre de la procréation ni -aucune relation avec l’acte conjugal, et que ce serait une -véritable masturbation. Quant au soulagement ou au -besoin à satisfaire, nous n’y voyons d’autre remède -que la prolongation de l’acte ou un autre acte plus complet -et plus normal. Les théologiens qui pensent comme -nous apportent pour raison que la semence de la femme -n’est pas nécessaire à la génération, et que cette effusion -de la femme, étant un acte séparé, ne fait plus une seule -chair avec l’homme. <i>Saint Liguori</i> ajoute : Si on le -permettait aux femmes, il faudrait aussi le permettre -aux hommes, dans le cas où la femme se retirerait après -sa sémination, et où l’homme resterait en état d’irritation. -(Livr. 6, n<sup>o</sup> 219.)</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>« Quoique la semence de la femme, dit <i>Sanchez</i>, ne -soit pas nécessaire à la génération, cependant elle aide -beaucoup à la rendre plus facile… Il n’est pas nécessaire -que les deux époux sèment ensemble. C’est pourquoi -pendant que l’homme sème, il n’est pas du tout tenu à -attendre l’effusion de la femme. La preuve en est que -Galien et d’autres enseignent que la semence de la -femme n’est pas nécessaire, et ne concourt pas activement -à la génération, etc. » Un grand nombre d’auteurs -sont ici cités enseignant tout ce que Sanchez vient -d’établir, à savoir que la semence de la femme n’est -pas nécessaire à la génération… <i>Sanchez</i> ajoute : « et -beaucoup d’autres, et toute l’école des théologiens (<i>excepté -les disciples de Scot</i>) »… Ce qui le prouve encore, c’est -que d’après l’expérience les femmes conçoivent même -malgré elles, en recevant dans le bain la semence virile -(ce qui est fabuleux et faux) ; car alors elles ne sèment -en aucune façon, autrement elles ne pourraient pas ressentir -une très grande délectation vénérienne… Donc, -puisque la génération a lieu sans cette semence, même -lorsque la sémination a lieu après le coït, il n’y a aucun -précepte qui oblige à semer en même temps. On ne peut -faire valoir contre cette conclusion que cette sémination -simultanée est plus favorable à la génération. Parce que -les époux ne sont pas tenus à choisir la voie la plus convenable -et la plus favorable à la génération, mais il leur -suffit de ne point s’y opposer.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Les époux pèchent mortellement, s’ils s’accouplent -avec une affection adultère et fornicatrice, c’est-à-dire, -si l’homme en voyant son épouse désire et ait l’intention -de s’accoupler avec une autre femme qu’il se représente ; -il en est de même de l’épouse, quand elle songe à un -autre homme. Tous les deux commettent l’adultère dans -leur cœur. Il n’y a rien de plus honteux, dit saint -Jérôme, que d’aimer une épouse comme une adultère. -De même ils pèchent mortellement s’ils exercent le coït -pour une fin gravement mauvaise, par exemple, pour -faire mourir la femme en couches.</p> - -<p>Les époux pèchent encore mortellement s’ils se -livrent au coït devant témoins, à cause du grand scandale ; -ils doivent donc prendre garde que d’autres personnes -ne couchent dans leur chambre. Les pauvres et -les paysans qui n’ont souvent qu’une seule chambre à -coucher pour eux, leurs enfants et leurs domestiques, -doivent veiller attentivement, le jour et la nuit, à ce que, -en usant de leurs droits, ils ne soient pas pour les autres -une occasion de scandale.</p> - - -<p class="c">§ III</p> - -<p class="c xsmall">DES ATTOUCHEMENTS ENTRE ÉPOUX</p> - -<p>1<sup>o</sup> … Tous baisers, attouchements, embrassements, -regards, entretiens obscènes entre époux, en dehors du -danger de pollution et dans les limites de l’honnêteté -naturelle, sont licites, s’ils se font dans l’intention du -coït ; ce ne sont que des péchés véniels, si l’on s’y -arrête, sans se proposer le coït. J’ai dit : <i>dans les limites -de l’honnêteté naturelle</i>, parce que cette indulgence n’est -donnée aux époux, qu’en tant que les actes susdits sont -ordonnés selon la nature et la droite raison en vue d’un -coït naturel et humain ; et ils sont plus ou moins peccamineux -selon qu’ils s’écartent plus ou moins de ces -limites. Les époux transgressent gravement ces limites -quand ils commettent quelque acte sodomique, ou en agissant -avec le danger de la pollution ; hors de ces deux -cas, quelque honteux que soient les actes, ils ne paraissent -pas excéder le péché véniel (<i>De la luxure</i>, dissert. 6, -art. 19).</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>En dehors de ces deux cas, tous les actes honteux ne -semblent pas excéder le péché véniel, dit aussi Sanchez.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Les actes tendant à un coït légitime, sans danger de -pollution, sont sans aucun doute licites, ce sont comme -les accessoires du coït ; la copule étant licite, ils ne -peuvent être illicites. Si cependant ils se faisaient en -vue d’une plus grande délectation, quoique tendant au -coït, ce serait des péchés véniels, à cause de la fin véniellement -mauvaise. Mais s’ils étaient gravement opposés -à la droite raison, quoique faits en vue du coït, ils -seraient des péchés mortels ; car des époux chrétiens ne -doivent pas agir comme le cheval et le mulet qui n’ont -pas d’intelligence (Ps. 31, 11) ; mais chacun doit posséder -son vase dans la sanctification et l’honneur, non -dans la passion du désir, comme les païens qui ignorent -Dieu (1<sup>re</sup> épître aux Thessal. 4, 4).</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>D’après l’opinion la plus commune et la plus vraie, -dit <i>saint Liguori</i>, il n’y a pas péché mortel dans les -attouchements et regards déshonnêtes entre époux pour -le seul plaisir, sans rapport à la copule, pourvu qu’il -n’y ait pas danger de pollution. « La raison en est que -l’état conjugal, de même qu’il légitime la copule, légitime -aussi ces actes et regards ; car autrement, la société -entre époux étant si étroite, et comme ils ne peuvent si -souvent s’accoupler, ils seraient exposés à de continuels -dangers, si de tels actes étaient gravement illicites. »</p> - -<p>De tout ce qui précède, il résulte que les attouchements -exercés entre époux sont péchés mortels s’ils sont -accompagnés du danger prochain de pollution, car cette -contamination corporelle n’est pas moins criminelle chez -les gens mariés qu’elle ne l’est dans les personnes libres.</p> - -<p>2<sup>o</sup> Maintenant, toute la question controversée par les -théologiens se réduit à ceci : les actions déshonnêtes -sans danger prochain de contamination corporelle et sans -intention ni relation à l’acte conjugal sont-elles entre -époux péché mortel ou véniel ?</p> - -<p>Plusieurs auteurs, entre autres saint Antonin, Sylvester -et quelques autres auteurs encore cités par -Sanchez affirment qu’il y a péché mortel parce qu’elles -tendent essentiellement à la pollution, par cela seul -qu’elles ne se rapportent pas à l’acte conjugal ; car, -ajoutent-ils, tout acte vénérien qui ne se rapporte pas à -l’acte conjugal est péché mortel.</p> - -<p>Suivant Sanchez, Busembaum, saint Liguori, Layman, -Bonacina, Lessius, Sporer, Diana et un grand -nombre d’auteurs cités par saint Liguori et Sanchez, -enfin, suivant l’opinion commune, les actions déshonnêtes -comme attouchements, regards, etc., entre époux, -sans relation à l’acte conjugal et aussi sans danger prochain -de pollution ne sont que des fautes vénielles, -parce que, pouvant être exemptes de péché si elles -étaient rapportées à leur fin légitime, qui est l’acte -conjugal, elles ne deviennent péché mortel que par le -manque de cette fin légitime.</p> - -<p>Il faut pourtant faire ici une distinction : c’est qu’il -faut regarder comme cause du danger prochain de pollution, -ou même comme une pollution commencée, les -actes considérablement, énormément déshonnêtes ou -infâmes, mentionnés ci-dessus, soit, comme dit <i>Sottler</i>, -parce que de tels actes sont ordinairement accompagnés -du danger de pollution ; soit parce qu’ils répugnent -singulièrement à la nature raisonnable, et qu’ils ne -peuvent être rapportés en soi à la copule, et que pour cela -ils ne semblent pas pouvoir être excusés de faute grave -à cause de l’état de mariage.</p> - -<p>C’est avec raison que <i>M. Rousselot</i>, le commentateur -de Sottler, a fait la remarque suivante : « L’expérience -prouve que les pécheurs ne se résignent à avouer ces -attouchements qu’avec beaucoup de peine, et s’ils les -taisent par honte, en sont beaucoup plus tourmentés. -Donc les époux considèrent naturellement ces attouchements -comme déshonorant grandement la créature raisonnable. »</p> - -<p>Tout ce que nous avons dit sur cette matière peut se -résumer en ce seul passage de saint <i>Liguori</i> :</p> - -<p>— Je pense qu’il est plus probable que les actes -honteux entre époux avec danger de pollution, soit en -demandant le devoir, soit en le rendant, sont mortels ; à -moins que les époux ne les fassent pour s’exciter à une -copule prochaine, parce qu’ayant droit à la copule ils ont -aussi droit à de pareils actes, quand même une pollution -accidentelle précéderait la copule. Mais je pense -que des attouchements même pudiques sont des péchés -mortels, s’ils se font avec danger de pollution, par -exemple, avec la langue, sur le pénis ou sur le clitoris, -vu que, dans ce cas, l’attouchement s’exerce -pour la seule volupté ; il en serait autrement si c’était -pour un grave motif, comme par exemple s’il y avait un -motif urgent de donner des signes d’affection pour -réchauffer le mutuel amour, ou si un des conjoints voulait -empêcher l’autre de soupçonner qu’il aime quelque -autre personne. (<i>Liv. <small>VI</small>, n<sup>o</sup> 934.</i>)</p> - -<p>3<sup>o</sup> Quant aux attouchements et regards sur son propre -corps, libidineux et déshonnêtes, sans danger de pollution -en l’absence du conjoint, ou dans un temps ou un -lieu où le coït ne peut avoir lieu, d’après Sanchez et -d’autres qu’il cite, il n’y a que péché véniel, parce que -ces actes, disent-ils, sont secondaires et tendent au coït -licite, quoiqu’ils n’atteignent pas leur fin légitime.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>L’opinion contraire nous paraît plus sûre et doit être -maintenue dans la pratique parce que l’époux, dit saint -Liguori, n’a pas droit sur son propre corps <i lang="la" xml:lang="la">per se</i>, mais -seulement <i>par accident</i>, en tant seulement qu’il puisse -se disposer à la copule ; d’où il suit que la copule n’étant -pas possible alors, les attouchements sur lui-même sont -tout à fait illicites ; et parce que l’attouchement des parties -génitales, quand il a lieu <i>morosement</i> et avec commotion -des esprits, tend de soi à la pollution et en -entraîne le prochain danger. (<i>S. Liguori, l. <small>VI</small></i>, n<sup>o</sup> 936.)</p> - - -<p class="c">§ IV</p> - -<p class="c xsmall">DU PÉCHÉ D’ONAN ET DE L’ONANISME EN GÉNÉRAL</p> - -<p>Tout le monde sait que l’onanisme conjugal, aujourd’hui -l’écueil, le fléau, la désolation du mariage, est le -crime d’Onan : « <i>Il répandait à terre son sperme pour -n’avoir pas d’enfants</i>, » dit la <i>Genèse</i>.</p> - -<p>Établissons maintenant quelques propositions certaines -et admises par tous les théologiens :</p> - -<p>1<sup>o</sup> Un homme qui imite la conduite d’Onan, par quelque -motif que ce soit, commet un crime énorme, et est -incapable d’absolution tant qu’il persévère dans sa mauvaise -habitude.</p> - -<p>2<sup>o</sup> La femme qui engage son mari à en agir ainsi ou -qui consent à cette action injurieuse à la nature et contraire -à la fin du mariage, ou qui, enfin, à plus forte -raison s’oppose elle-même à l’accomplissement de l’acte -conjugal, commet également un péché mortel, et, comme -son mari, elle est indigne d’absolution tant qu’elle demeure -dans cette criminelle habitude.</p> - -<p>3<sup>o</sup> La loi de charité impose à la femme le devoir de -faire tout ce qui dépend d’elle pour empêcher que son -mari, qu’elle sait être disposé à mal faire, ne fasse -l’action détestable d’Onan.</p> - -<p>4<sup>o</sup> La femme est tenue de rendre le devoir si son mari, -dûment averti, promet de consommer l’acte conjugal -de la manière qu’il y est obligé, si toutefois cette promesse -est faite sérieusement et que la femme puisse -juger prudemment que tout se passera de la manière -ordinaire et normale.</p> - -<p>Maintenant, la difficulté est de savoir si la femme -peut, en sûreté de conscience, rendre le devoir lorsqu’elle -est assurée par l’expérience que, malgré ses -avertissements, ses prières et toutes ses instances possibles, -son mari coïtera à la manière d’Onan.</p> - -<p>A cet égard, quatre opinions se sont établies : la première -est celle des théologiens qui soutiennent que la -femme ne peut rendre le devoir même pour éviter la -mort :</p> - -<p>1<sup>o</sup> Parce que, disent-ils, l’action du mari étant essentiellement -mauvaise, la femme participera à son péché -dont elle fournit l’occasion prochaine ; 2<sup>o</sup> parce que le -mari ne se propose pas de faire un acte conjugal, mais -de se servir du ministère de sa femme pour s’exposer à -la souillure ou à la contamination criminelle ; 3<sup>o</sup> parce -que si le mari demandait à sa femme son concours pour -un acte sodomique, elle devrait s’y refuser, même au -péril de sa vie ; 4<sup>o</sup> parce qu’enfin la femme coopère -aussi directement au crime de son mari qu’un homme -participe au larcin d’un voleur en tenant le sac pour y -recevoir les objets volés. — Ainsi pensent <i>Hubert</i>, les -rédacteurs des <i>Conférences d’Angers</i> et des <i>Conférences -de Paris</i>, <i>Collet</i>, avec plusieurs docteurs de la Sorbonne, -<i>Bailly</i>, <i>Vernier</i>, etc.</p> - -<p>Cette opinion, il faut l’avouer, paraît fortement -établie ; elle est fort grave et de nature à faire beaucoup -d’impression sur les esprits. Les confesseurs qui la suivent -refusent constamment l’absolution à toutes les -femmes qui dans de pareilles circonstances rendent le -devoir à leurs maris. Mais voici les raisons qu’on peut -lui opposer :</p> - -<p>1<sup>o</sup> La femme, dit-on, en obéissant à son mari participe -au péché dont elle fournit l’occasion. — A cela, -<i>on peut répondre</i> que la femme fait une chose permise, -qu’elle use de son droit, dont elle ne doit pas être privée -par la dépravation et la corruption de son mari…, que -sans consentir à l’action détestable de son mari elle ne -fait que se prêter passivement, par devoir et par obéissance -conjugale, à un acte qui, de sa part, est dans -l’ordre naturel…</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>2<sup>o</sup> On dit encore : le mari, dans cette hypothèse, ne -demande point un acte conjugal, mais seulement la -coopération de sa femme à une action criminelle. — On -<i>peut répondre</i> que cela n’est pas rigoureusement exact, -car la souillure, dans ce cas, n’est pas une véritable -<i>masturbation</i> ; car <i>la spermatisation externe</i> peut, par -une circonstance heureuse, produire quelquefois un -heureux effet, en ce sens qu’elle ne sera pas alors complètement -extra-vaginale…</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>3<sup>o</sup> On prétend que le cas dont il s’agit n’est en réalité -qu’un acte sodomique, et que, par conséquent, la femme -ne peut y consentir, même pour éviter la mort. — <i>On -peut répondre</i> à cela qu’un acte sodomique est toujours -<i>nécessairement</i> stérile et que vouloir confondre une -action naturelle et permise à la femme avec un acte de -sodomie, c’est confondre les termes, changer l’acception -des mots et le moyen assuré de ne plus s’entendre sur -rien…</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>4<sup>o</sup> On dit que la femme coopère au crime de son -mari de même que le complice participe au vol en tenant -le sac pour y recevoir les objets volés. — <i>On peut répondre</i> -qu’il n’y a ici aucune espèce de parité, car la -femme use de son droit de justice, et celui qui favorise -le vol n’a, à cet effet, aucun droit ni aucun titre légitimes…</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Saint Liguori affirme que la femme, dans ces circonstances, -doit non seulement rendre le devoir, mais même -qu’elle y est obligée.</p> - -<p>— « Il semble, dit-il, plus probable que l’épouse non -seulement peut rendre le devoir, mais qu’elle y est tenue. -La raison en est que la faute étant du côté de celui qui -demande, puisqu’il a droit à la copule, l’autre ne peut -sans injustice le lui refuser, si elle ne peut en paroles le -détourner de cette faute ; et alors il est évident qu’en le -rendant elle ne coopère pas, même matériellement, à son -péché, puisqu’elle ne coopère pas à la sémination en -dehors du vase, mais seulement au commencement d’un -coït licite en lui-même pour tous les deux. (<i>Liv. <small>VI</small>, -n<sup>o</sup> 947.</i>) »</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>— Une pieuse épouse peut-elle se laisser approcher -de son mari quand elle sait par expérience que son mari -se conduit comme Onan… surtout si l’épouse en refusant -s’expose au danger de sévices, ou craint que son -mari ne voie des prostituées ?</p> - -<p>La <i>Sacrée Pénitencerie</i> a répondu le 23 avril 1822 : -Dans le cas proposé, la femme de son côté ne faisant -rien contre nature et laissant faire une action licite, -toute la malice de l’acte venant de celle du mari, qui au -lieu de consommer l’acte se retire et répand sa semence -hors du vase ; alors, si la femme, après les admonestations -voulues, n’obtient rien, et que le mari insiste en -la menaçant de coups ou de la mort, ou d’autres graves -sévices, elle pourra (selon de graves théologiens) se -laisser faire sans péché ; car alors elle ne fait que permettre -le péché de son mari, et cela pour un grave motif -qui l’excuse, parce que la charité, qui l’obligerait à l’en -empêcher, n’oblige pas avec un si grand inconvénient.</p> - -<p>— Berthe a un mari qu’elle sait par une constante -expérience être onaniste. Elle a essayé en vain tous les -moyens pour le détourner d’un si affreux crime ; bien -plus, elle est menacée probablement des plus graves -dangers, qu’elle ne pourrait éviter qu’en fuyant de la -maison de son mari, si elle ne permet pas au moins -quelquefois l’abus du mariage.</p> - -<p>La <i>Sacrée Pénitencerie</i>, aux dates des 15 novembre -1816 et 1<sup>er</sup> février 1823, a répondu :</p> - -<p>De graves et austères théologiens sont d’avis que -l’épouse peut rendre le devoir à son mari si son refus -doit la faire maltraiter par lui et qu’elle ait à craindre -quelque grave inconvénient ; car, disent-ils, dans ce -cas, l’épouse n’est pas censée coopérer formellement au -péché de son mari, mais seulement le permettre pour une -cause juste et raisonnable. Il faut cependant l’avertir de -ne pas cesser d’inviter prudemment son mari à éviter -cette turpitude.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">CONSULTATION<br /> -<span class="small">SUR CERTAINES PROPOSITIONS TOUCHANT L’ONANISME</span></p> - -<p>On demande au Saint-Siège quelle note théologique -il faut appliquer aux trois propositions suivantes :</p> - -<p>1<sup>o</sup> Pour des raisons honnêtes les époux peuvent user -du mariage à la façon d’Onan.</p> - -<p>2<sup>o</sup> Il est probable que cet usage du mariage n’est pas -défendu par le droit naturel.</p> - -<p>3<sup>o</sup> Il ne convient jamais d’interroger sur ce sujet les -époux de l’un et de l’autre sexe, quand même on aurait -raison de craindre que les époux n’abusent du mariage.</p> - - -<p class="c"><i>Réponse, 4 mai 1851.</i></p> - -<p>A la première : cette proposition est scandaleuse, -erronée et contraire au droit naturel.</p> - -<p>A la deuxième : cette proposition est scandaleuse, -erronée, et d’ailleurs implicitement condamnée par le -pape Innocent IX, proposition 49<sup>e</sup>. (La pollution n’est -pas défendue de droit naturel, d’où il suit que si Dieu -ne l’avait pas interdite elle serait souvent bonne, et -quelquefois obligatoire sous peine de péché mortel.)</p> - -<p>A la troisième : proposition fausse, trop relâchée et -dangereuse en pratique.</p> - -<p class="sign"><span class="sc">Angelus Argenti</span>,<br /> -<span class="small">Notaire de la Sainte Inquisition romaine universelle.</span></p> - - -<p class="c">ARTICLE TROISIÈME</p> - -<p class="c small">DE LA CONDUITE DES CONFESSEURS A L’ÉGARD -DES PERSONNES MARIÉES -ET DE CELLES QUI SE DISPOSENT -A ENTRER DANS L’ÉTAT DE MARIAGE</p> - -<p>Un confesseur ne saurait trop se pénétrer de la connaissance -des nombreuses et difficiles obligations des -époux, qui ont été exposées dans le cours de cet ouvrage. -Il faut surtout qu’il les leur représente et les -leur inculque suivant l’occasion et le besoin. Il doit se -rappeler que les fautes les plus graves et les plus ordinaires -des personnes mariées sont les refus injustes du -devoir conjugal, l’empêchement ou l’obstacle que l’on -apporte volontairement à la génération par les actes -onaniques, sodomiques et quelques autres pratiques -secrètes plus rares et connues seulement de quelques -femmes et de quelques hommes profondément corrompus : -manœuvres sataniques d’autant plus difficiles -à découvrir que tout se passe à l’extérieur comme dans -l’état ordinaire et normal. Le peu de mots qu’il nous a -été possible de dire sur ces infernales inventions doit -suffire aux confesseurs pour les mettre sur la voie de -l’investigation.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Les confesseurs devront se rappeler que les gens -mariés des deux sexes pèchent encore plus souvent -qu’on ne pense de la manière que pèchent les personnes -libres : la masturbation solitaire ne leur est pas toujours -inconnue, ou ils ne l’ont pas complètement oubliée. Il est -donc du devoir d’un sage confesseur de chercher avec -soin à découvrir les nombreuses et hideuses plaies de -toutes les âmes plongées dans la matière et souvent -même dans la plus infecte corruption. A cet effet, il lui -sera souvent nécessaire de faire des interrogations -indispensables…</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Quant à l’abominable crime d’onanisme qui se répand -partout dans ces malheureux temps, et dont se souillent -si honteusement les époux, surtout plus jeunes, que le -confesseur leur demande s’ils n’ont aucun remords au -sujet de l’acte conjugal, et s’ils ne craignent pas -d’avoir trop d’enfants, si dans le coït ils n’ont rien fait -pour empêcher la génération, s’ils n’ont rien commis de -honteux en dehors de l’acte, etc… Qu’il ajoute qu’il lui -est pénible de faire de telles questions et de toucher de -telles matières, mais que cela est nécessaire, pour qu’ils -sachent ce qui leur est permis ou non ; autrement il leur -arriverait de commettre très souvent de très graves -fautes par une ignorance inexcusable. Beaucoup, en -effet, comme nous l’avons déjà dit, s’imaginent faussement -que dans le mariage tout leur est permis, et qui, -par des péchés que peut-être ils regardent comme légers, -encourent la damnation éternelle.</p> - -<p>« Le vice d’onanisme découvert, le confesseur ne -peut absoudre le coupable, qu’à condition qu’il se -repente de son péché, et ait le ferme propos de ne plus -pécher à l’avenir. S’il est incorrigible, le confesseur -doit lui refuser l’absolution.</p> - -<p>» Quant à la femme qui induit son mari à cette action, -ou y consent, ou qui se retire elle-même, malgré son -mari, le confesseur ne peut l’absoudre que dans le cas -d’une vraie douleur et du ferme propos. Si elle en a l’habitude, -on ne peut l’absoudre en aucune façon. C’est -pourquoi il faut interroger à ce sujet les femmes qui -sont cause que leurs maris se souillent de l’onanisme, -et il faut les avertir sérieusement qu’elles sont tenues -par la loi de la charité à les détourner de ce -crime. Cependant dans le doute si le mari averti agira -bien ou mal, la femme peut rendre le devoir, bien plus, -elle y est tenue ; car dans le doute un droit certain ne -peut être refusé. » (M. Rousselot.)</p> - -<p>Chez certaines femmes on peut s’y prendre de la manière -suivante : on feint d’entrer dans quelques détails -relatifs aux enfants de la pénitente, car très souvent ce -sont les femmes elles-mêmes qui ne veulent pas la fin du -mariage ; on l’interroge sur la manière dont elle les -élève et s’ils le sont chrétiennement, etc. — On ajoute -ensuite : « Vous seriez sans doute heureuse si Dieu -vous en donnait encore d’autres pour les élever de même, -afin qu’il vous procurassent de nouvelles et abondantes -consolations ? » Souvent à ces derniers mots il leur -échappe cet aveu involontaire : « <i>Ah ! mon Dieu, j’en ai -déjà bien assez !</i> — Cette réponse vous instruit suffisamment -et vous dispense d’en dire davantage.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Il est du devoir des confesseurs de dire aux personnes -qui sont sur le point de contracter mariage les -graves obligations du nouvel état qu’elles vont embrasser. -Il sera bon de leur dire que le mariage n’a pas été institué -au profit de la passion grossière de la chair, mais -pour donner à Dieu et à l’Église des enfants qui deviennent -un jour des saints et des habitants du ciel. — On -peut ajouter qu’un très grand nombre d’époux s’abusent, -se font illusion sur l’état de mariage et se persuadent -faussement que tout leur est permis, s’y conduisent -comme des êtres sans raison et s’abandonnent sans frein -et sans mesure à l’entraînement de leur passion, et -qu’ainsi, ils commettent un grand nombre de péchés et -se perdront très probablement.</p> - -<p>Pour leur éviter un aussi grand malheur dans l’autre -vie et d’abord tous les maux de celle-ci qui y conduisent, -il faut que le confesseur ait grand soin de leur -inculquer cette grave et capitale vérité, savoir : que tout -ce qui conduit à la fin du mariage, tout ce qui est dans -l’ordre de la procréation et de la génération des enfants -est permis ; tout ce qui est contre cette fin de la génération -est illicite ou défendu sous peine de péché mortel ; -enfin tout ce qui n’est ni suivant ni contre cette fin, par -exemple les baisers, les étreintes et tant d’autres familiarités -conjugales sont ou péchés véniels, lorsqu’ils -sont uniquement faits dans un but voluptueux, ou n’entraînent -pas péché lorsqu’ils proviennent d’une affection -mutuelle ou du simple désir d’entretenir ou réchauffer -l’amour conjugal, à condition toutefois qu’il n’y ait pas -péril de pollution. Tout donc peut se résumer sous -cette courte formule : ce qui se fait pour la fin est permis, -contre la fin est péché mortel ; ni pour ni contre la fin -est ou péché véniel ou nul péché.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Le confesseur doit encore interroger les époux au -sujet des attouchements impudiques ou autres infamies -qu’ils commettent souvent entre eux. Il peut commencer -ainsi : « N’avez-vous rien fait avec votre conjoint -en dehors des choses permises par le mariage, -c’est-à-dire des choses nécessaires à la génération ? » S’il -répond qu’il y a eu quelque chose de tel, il faut demander -en quoi il consiste, et l’amener à déclarer enfin s’il y a eu -des attouchements ou des exercices honteux ; il faut -demander s’il y a eu pollution, ou danger de la souffrir -ou de la procurer.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<div class="chapter"></div> - -<h2 class="nobreak" id="ch7"><span class="large">COMPENDIUM</span><br /> -<span class="small">ABRÉGÉ</span><br /> -CONTENANT LA SOLUTION<br /> -<span class="xsmall">DE</span><br /> -TOUS LES CAS DE CONSCIENCE<br /> -<span class="small">SUIVANT</span><br /> -LA DOCTRINE DES CONCILES</h2> - -<div class="break"></div> - -<p class="c xlarge top4em">COMPENDIUM</p> - - -<p>Le <i>Compendium</i> est le petit guide de poche des confesseurs. -Tous les cas de conscience possibles et imaginables y -sont mis en scène au moyen de personnages fictifs, et résolus -suivant la doctrine des conciles.</p> - -<p>Nous ne citerons que quelques extraits du chapitre : <i>Devoir -conjugal</i>.</p> - - -<p class="c large">DEVOIR CONJUGAL</p> - -<p>Il est très important qu’un confesseur soit instruit -minutieusement de cette matière, sur laquelle une infinité -de personnes grossières, ou emportées par leurs -passions, commettent quelquefois de grands crimes. -Car, quoique l’usage du mariage soit licite, il ne l’est -pourtant qu’en observant en amour conjugal les prescriptions -formelles de l’Église. Les époux doivent se -régler sur la fin pour laquelle le mariage a été institué, -qui est d’avoir des enfants, ou de s’acquitter de la justice -qu’on se doit réciproquement entre mari et femme ; -ces deux seuls motifs peuvent excuser de péché. Il en -est un troisième : celui de trouver un remède à la concupiscence ; -mais celui-là n’est pas exempt de toute -sorte de péché ; tel est l’avis de saint Augustin, saint -Fulgence, saint Grégoire, saint Bonaventure et saint -Thomas.</p> - -<p>Au reste, celui des époux qui est requis par l’autre de -lui rendre le devoir conjugal est absolument obligé de -lui obéir sous peine de péché, à moins que son refus ne -soit fondé sur une cause légitime.</p> - -<p>Nous dirons quelles sont les causes légitimes du -refus.</p> - -<hr /> - - -<p>Apollinaire ayant été marié un samedi soir, et ne -pouvant par conséquent recevoir la bénédiction nuptiale -que le lendemain à la messe, il a exigé de sa femme le -devoir le même jour du mariage. A-t-il péché en -cela ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> S’il n’y a pas eu de scandale, il n’y a qu’un -simple péché véniel. Tel est l’avis du Concile de Trente. -(Sess. 24 ; c. 1).</p> - -<hr /> - - -<p>Héraclide, d’un tempérament fort enclin à la lubricité, -veut coïter à tout moment avec sa femme. Il invoque la -pureté de ses intentions ; car, s’il ne coïtait avec sa -femme, il serait obligé d’aller coïter ailleurs. Pèche-t-il -en demandant, plus souvent que de raison, le devoir à -sa femme ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> On est très partagé sur cette question. Beaucoup -de théologiens disent que cela est innocent. Mais -les saints Augustin, Léon, Thomas, etc., soutiennent -qu’il y a là une faute vénielle. Cependant, comme -l’Église n’a encore rien décidé là-dessus et qu’on peut -faire beaucoup de mal en voulant obtenir un bien trop -difficile, il convient de ne pas aisément troubler les -fidèles sur ce point ; mais le confesseur les exhortera à -se contenir ou à mieux régler leurs passions.</p> - -<hr /> - - -<p>Maurice n’a d’autre intention que de se procurer du -plaisir, en demandant à tout propos le devoir à sa -femme. Pèche-t-il en cela ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> Cela ne fait pas de doute, puisque l’on ne -peut user du mariage que dans le but d’avoir des enfants -ou pour exercer la justice envers sa partie. Il n’est pas -plus permis de coïter, même avec sa femme, que de -manger et boire, pour le seul plaisir. (Arrêt d’Innocent -XI.)</p> - -<hr /> - - -<p>Albert, en jouissant de sa femme, le fait par raison -de santé. Pèche-t-il ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> Il y a là une faute vénielle, parce que c’en -est une d’user du mariage pour une fin pour laquelle -Dieu ne l’a pas institué. (S. Thomas.)</p> - -<hr /> - - -<p>Dunstan a coutume d’exiger le devoir chaque dimanche -matin avant d’aller à la messe. Pèche-t-il en cela ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> Il est évident que la volupté du coït n’est -pas faite pour prédisposer l’homme aux choses saintes ; -cependant, il n’y a pas là de péché mortel ; mais le péché -est véniel, et même très caractérisé. Il devient mortel, -si le mari, en jouissant, pense à mépriser la sainteté du -dimanche.</p> - -<p>Si le mari doit non seulement entendre la messe, mais -encore communier, il pèche mortellement en jouissant -de sa femme.</p> - -<p>Si c’est la femme qui doit communier et que les propositions -voluptueuses soient venues de son mari, elle n’a, -après le coït, aucun péché sur la conscience ; mais il y -a à cela une condition expresse : c’est que rien de cette -action ne lui restera dans la pensée ni dans les sens, et -encore faut-il qu’elle ait un grand désir de recevoir -Notre-Seigneur ou qu’elle ne puisse s’en abstenir sans -être remarquée.</p> - -<hr /> - - -<p>Gabrielle, fortement sollicitée par Paulin son mari à -lui rendre le devoir, le lui a refusé, parce qu’elle savait -qu’il péchait mortellement en le lui demandant. Cette -raison suffit-elle pour excuser son refus ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> Si le péché de Paulin venait de quelque circonstance -qui rendît l’acte conjugal illicite, comme s’il -le voulait exiger dans une église ou dans un lieu public, -ou encore si Gabrielle savait que Paulin retirerait son -membre au moment de l’effusion de la semence, elle -n’était ni obligée ni ne pouvait en sûreté de conscience -lui rendre le devoir conjugal. Par contre, si la circonstance -du péché de Paulin ne regardait que sa personne -même, comme s’il avait une intention criminelle secrète -en le demandant, et que d’ailleurs il ne fût pas déchu -de son droit, sa femme était obligée de le lui rendre. -(Sylvius, quest. 64).</p> - -<hr /> - - -<p>Georges demande le devoir à sa femme, tandis que -celle-ci a ses règles. Pèche-t-il mortellement ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> Oui, s’il sait que sa femme a ses règles. D’où -il résulte qu’il est du devoir d’une femme de toujours -informer son mari du moment où ses menstrues lui -viennent.</p> - -<hr /> - - -<p>Alfred, à la suite d’excès vénériens dont il a du reste -reçu l’absolution et dont il se repent, a contracté une -maladie qui, guérie incomplètement, lui a laissé un -écoulement. Cet écoulement ne présente aucun danger -de contagion. Alfred peut-il sans péché exiger le devoir -de sa femme ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> Le cas est particulièrement délicat. Il est -certain que l’écoulement, dont est affligé Alfred, n’a -aucun rapport avec la semence et n’est nullement prolifique. -Alfred commet donc un péché mortel (S. Thomas). -Cependant, s’il a demandé le coït en agissant sous l’empire -d’un besoin irrésistible et pour s’éviter d’aller forniquer -avec une autre femme, il n’y a pas péché.</p> - -<hr /> - - -<p>Évrard et sa femme se trouvent dans la nécessité de -demeurer longtemps dans une église, pendant un temps -de guerre. Évrard se voit dans un danger évident d’incontinence ; -il croit pouvoir exiger de sa femme le -devoir. L’a-t-il pu sans péché mortel ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> Selon l’opinion la plus probable, il a péché -mortellement, et la femme aussi en lui obéissant, parce -qu’ils ont violé par une telle action, quoique licite d’ailleurs, -le respect qui est dû à Dieu et au lieu saint qui -est particulièrement consacré à son culte. Et certes, si -des époux qui se trouvent séparés les uns des autres -par des emplois, des maladies, la prison, l’exil, etc., -sont obligés sous peine de péché mortel de garder la -continence, pourquoi n’y seront-ils pas obligés sous la -même peine, lorsqu’ils se trouveront dans un lieu saint -pendant quelques jours seulement ou quelques semaines ? -et cela dans un temps de larmes, de pénitence et de -prières auquel, selon les anciens canons, les époux -chrétiens doivent s’abstenir de l’usage du mariage ! -(S. Antonin, les RR. PP. Soto et Navarre).</p> - -<hr /> - - -<p>Aline a fait vœu de continence du consentement de -Bertrand son mari. Bertrand peut-il dans la suite exiger -d’elle le devoir conjugal sans péché mortel ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> Ou Bertrand, en consentant au vœu d’Aline, -a eu l’intention positive de renoncer pour toujours au -droit qu’il avait de lui demander le devoir ; ou il n’a pas -eu cette intention. Dans le premier cas, il ne peut sans -péché mortel exiger le devoir. Dans le second, il peut -l’exiger. (R. P. Navarre, <i>Man.</i> c. 16).</p> - -<hr /> - - -<p>Eugénie, femme de Théodore, a trouvé, après la mort -de sa sœur, des lettres d’amourettes que Théodore avait -écrites à cette dernière avant son mariage. Les termes -libres de cette correspondance lui donnent un violent -soupçon d’un commerce criminel entre eux. Sachant -qu’en ce cas son mariage serait nul, elle doute s’il ne -l’est pas, et ce doute la trouble chaque fois que Théodore -jouit d’elle. Peut-elle malgré cela lui rendre le -devoir ou même l’exiger sans péché mortel ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> En général, si le doute est léger et mal -fondé, on n’y doit avoir aucun égard. S’il est juste, sans -aller jusqu’à la certitude, celui des deux époux qui en -est agité peut rendre le devoir, mais il ne le peut exiger. -Si la chose approche si fort l’évidence qu’il la croie -certaine, il ne peut en conscience ni le rendre ni le -demander ; et s’il n’a pas de preuves suffisantes pour -obtenir une sentence de séparation, il doit garder une -parfaite continence, sans jamais user du mariage, quand -même on voudrait l’y contraindre (Innocent III, <i lang="la" xml:lang="la">De -sent. excomm.</i>, ch. 44). Cependant, afin de ne pas se -tromper sur une matière si difficile et si importante, le -plus sûr parti est d’expliquer minutieusement le fait à -son confesseur, et même au besoin de lui communiquer -la correspondance qui a fait naître les soupçons.</p> - -<hr /> - - -<p>Bélonie peut-elle refuser le devoir, par cela seul -qu’elle a une fort grande répugnance à le rendre ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> L’apôtre a décidé cette question (1<sup>re</sup> lettre -aux Corint., v. 7) par ces sages paroles : Que le mari -rende à sa femme ce qui lui est dû, et que la femme en -fasse autant vis-à-vis de son mari ; le corps du mari -appartient à la femme, et le corps de l’épouse à l’époux. -D’où S. Antonin et tous les autres pères de l’Église concluent -qu’un des conjoints ne peut, sans pécher mortellement -contre la justice et la foi solennellement donnée, -refuser le devoir à l’autre, quand celui-ci le lui demande -sérieusement ; car alors il se rend coupable des incontinences -et de l’adultère de son conjoint. Ce serait autre -chose si le mari ne demandait ce qui lui est dû que -comme une marque d’amitié et en faisant assez comprendre -par son visage ou par ses gestes qu’il s’en soucie -peu ; ce serait encore une autre question si le mari -était un emporté ne laissant à Bélonie aucun repos -(R. P. Sylvius).</p> - -<hr /> - - -<p>Blaisine, qui n’ose demander catégoriquement le -devoir à son mari, lui fait comprendre par ses regards, -par ses caresses, par son attitude, qu’elle le désire. -Jacques, qui le voit bien, est-il obligé en conscience de -le lui rendre ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> Il en est de Jacques comme d’un débiteur -qui sait que son créancier souffre, quoiqu’il n’ose par -bonté ou timidité lui réclamer son dû. Comme donc le -débiteur est tenu en ce cas de payer son créancier, quand -il le peut, de même Jacques doit rendre le devoir à Blaisine, -si cela lui est possible.</p> - -<p>Il n’en est pas ainsi de la femme, à parler généralement ; -parce que, dit S. Thomas, les hommes n’agissent -pas avec la même discrétion pour demander le devoir à -leurs femmes. Cependant, comme il y a des maris que -l’inégalité des conditions, la fierté de leurs femmes, une -timidité naturelle, mettent dans le cas de Blaisine, -leurs épouses sont obligées de se rendre à leurs désirs, -quoique tacites et indirects.</p> - -<hr /> - - -<p>Joséphine a un mari fort lubrique, qui veut quelquefois -l’obliger à lui rendre le devoir, quoiqu’elle soit notablement -malade. Y est-elle obligée, de peur qu’il ne -tombe dans l’incontinence ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> Une femme n’est obligée, ni par justice, ni -par charité, de se prêter dans un cas pareil, et il y a de -l’inhumanité à l’exiger. Mais elle ne peut s’en dispenser -pour éviter les incommodités de la grossesse et de l’enfantement. -Ce sont des maux attachés à son état.</p> - -<hr /> - - -<p>Jeanne veut nourrir son enfant. Son mari exige le -devoir. Elle demande si elle peut le refuser pendant -qu’elle allaite l’enfant.</p> - -<p><i>Réponse.</i> Une femme qui connaît, par expérience, -qu’en coïtant avec jouissance dans ce temps-là son lait -se corrompt et devient notablement dommageable à son -enfant, ou qu’elle cesse d’en avoir suffisamment pour le -nourrir, peut sans péché refuser le devoir à son mari, -et celui-ci ne peut par contre le lui demander sans offenser -Dieu. Néanmoins, s’il se trouve dans le péril d’incontinence, -la femme doit, si elle en a les moyens, -mettre son enfant en nourrice afin de pourvoir par elle-même -aux besoins voluptueux de son mari. Que si à -cause de sa pauvreté elle ne peut faire nourrir son -enfant par une autre, elle refusera de coïter parce que -son mari n’a pas le droit d’exiger le devoir aux dépens -de la vie ou de la santé de son enfant. Tous ces détails -devront donc être donnés minutieusement par la femme -au confesseur, afin qu’il se prononce sur le cas et qu’il -lui indique comment elle aura à se comporter.</p> - -<hr /> - - -<p>Éléonore s’étant trouvée dans un danger évident de -mort dans ses couches précédentes, les médecins et chirurgiens -lui ont déclaré qu’elle ne pourrait plus avoir -d’enfants sans mourir. Est-elle, nonobstant cela, obligée -de rendre le devoir à son mari Étienne qui le demande -comme un droit de rigueur ; et surtout si elle -sait qu’il est déjà tombé dans l’incontinence, à cause du -refus qu’elle lui a fait ? On lui a dit qu’elle y est tenue, -parce qu’on est obligé d’exposer sa propre vie corporelle -pour le salut de son prochain.</p> - -<p><i>Réponse.</i> — La charité ne permet pas à Étienne de -demander le devoir en ce cas, et Éléonore ne peut ni ne -doit le rendre, parce que, n’étant pas maîtresse de sa -vie, elle ne peut sans péché s’exposer à un danger visible -de la perdre. Au reste, on n’est obligé d’exposer sa -vie pour le salut du prochain, que quand il est dans une -nécessité extrême. Or, Étienne n’est pas réduit par le -refus de sa femme à une nécessité extrême, parce qu’il -peut trouver d’autres remèdes à son incontinence, entre -lesquels la prière est le principal.</p> - -<p>Il pourra arriver encore que, pour concilier tout, -Éléonore acceptera de procurer de la jouissance à Étienne -par un de ces moyens que la nature réprouve et en vertu -desquels l’effusion de la semence sera sans risque de -grossesse, comme la masturbation labiale ou l’accomplissement -de l’acte vénérien entre les seins, sous le -bras, dans les cheveux, etc. Bien qu’il soit évident que, -dans ce cas, les époux ne se sont pas adonnés, par -pure malice, à ces actes contre nature, ils n’en auront -pas moins commis le péché, puisque c’est pécher mortellement -qu’user du mariage contre la fin pour laquelle -Dieu l’a créé. Toutefois, s’il lui est bien démontré -qu’Étienne ne peut absolument pas refréner ses besoins -charnels et qu’Eléonore d’autre part est certaine -de la mort en cas de grossesse, le confesseur pourra -absoudre les deux époux. (Voir St-Augustin. Livre II -<i lang="la" xml:lang="la">de conjugiis adult.</i>, chap. 10.)</p> - -<hr /> - - -<p>Fernand a coutume de demander le devoir à Laure sa -femme, quand il est ivre. Est-elle tenue de le lui accorder ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> Si Fernand est tellement ivre qu’il ait -perdu l’usage de la raison, Laure n’est pas obligée à lui -rendre le devoir, parce qu’alors il ne le demande pas -d’une manière humaine (<i lang="la" xml:lang="la">humano modo</i>). Cependant, si -le refus de Laure exposait Fernand à un danger évident -d’incontinence, la femme, de l’avis du R. P. Sylvius, -serait pour lors obligée par le précepte de la charité à -obéir à son mari. On peut raisonner à peu près de même -d’un homme furieux ou insensé, ainsi que l’enseigne le -même théologien (<i lang="la" xml:lang="la">Suppl. quæst. 69, Art. 1</i>).</p> - -<hr /> - - -<p>Adrien, qui a fort peu de bien, se voyant déjà chargé -de six enfants, quoique sa femme soit encore jeune, a -refusé plusieurs fois le devoir à sa femme de peur -d’être hors d’état de nourrir tant d’enfants. Pèche-t-il ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> Puisqu’il y a un Dieu qui nourrit les oiseaux -et qui n’abandonne point ceux qui mettent en lui -leur confiance, la crainte d’avoir trop d’enfants ne peut -dispenser un mari de rendre le devoir à sa femme, lorsqu’elle -le lui demande formellement, ou même d’une -manière indirecte et interprétative.</p> - -<hr /> - - -<p>Henri a été nominalement frappé d’excommunication -majeure. Sa femme demande si elle est obligée de lui -rendre le devoir ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> Dans aucun cas ni sous aucun prétexte, -elle ne doit, elle, provoquer son mari à l’acte vénérien. -Quant à se prêter à ses exigences, les opinions des théologiens -sont partagées. S. Augustin pense que la femme -d’un impie frappé directement et personnellement d’excommunication -majeure doit se séparer tout à fait de -son mari et par conséquent lui refuser le devoir conjugal. -S. Bonaventure et S. Thomas pensent au contraire -que la censure ne dispense pas des devoirs imposés -par la loi naturelle. La question n’a été encore tranchée -par aucun concile. Innocent III a proposé un -moyen terme : la femme d’un homme atteint nominalement -d’excommunication majeure doit rendre le devoir à son -mari quand il l’exige d’une façon formelle ; mais elle ne -peut, sans tomber dans le péché, participer au plaisir de -l’acte vénérien, c’est-à-dire qu’elle doit le subir d’une -manière complètement passive et, par tous ses efforts, dégager -son esprit de l’accouplement auquel elle n’a pu se -soustraire. (<i lang="la" xml:lang="la">De Sent. excomm.</i>, ch. 31).</p> - -<hr /> - - -<p>Julie, catholique, a épousé Baptistin, calviniste, avec -stipulation expresse qu’il lui serait loisible de faire baptiser -et élever dans l’Église catholique les enfants qui -naîtraient de leur mariage. Cependant, Baptistin a fait -baptiser le premier au Prêche et le fait élever dans l’hérésie. -Julie demande si elle ne peut pas refuser à l’avenir -le devoir, pour n’avoir pas le déplaisir de mettre au -monde d’autres enfants qui seront un jour des hérétiques -et par conséquent des réprouvés ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> Julie doit se plaindre fortement à Baptistin -de sa mauvaise foi. S’il promet sérieusement de se -corriger, elle fera une nouvelle épreuve. Mais, s’il lui -déclare qu’il ne veut pas tenir sa promesse, ou que la -lui ayant renouvelée, il continue à la violer, Julie est -en droit de refuser le devoir à Baptistin, pour la raison -marquée dans l’exposé.</p> - -<div class="chapter"></div> - -<h2 class="nobreak" id="ch8">LES DIACONALES</h2> - -<p class="c">MANUEL DES CONFESSEURS</p> - -<p class="c"><span class="xsmall">PAR</span><br /> -<b class="large">Mgr BOUVIER</b><br /> -Évêque du Mans<a id="FNanchor_3" href="#Footnote_3" class="fnanchor">[3]</a></p> - -<div class="footnote"><p><a id="Footnote_3" href="#FNanchor_3"><span class="label">[3]</span></a> Sur la page en regard du titre on lit :</p> - -<p class="c xsmall">AVIS ESSENTIEL</p> - -<p>Toute demande de cet ouvrage doit être accompagnée d’une -autorisation de M. le supérieur du grand séminaire du diocèse -ou du vicaire général ; sans cette formalité indispensable il ne sera -délivré aucun exemplaire.</p> -</div> -<div class="break"></div> - -<p class="c xlarge top4em">LES DIACONALES</p> - -<p class="c">MANUEL DES CONFESSEURS</p> - - - - -<h3>CHAPITRE PREMIER<br /> -<span class="small">DE LA LUXURE EN GÉNÉRAL</span></h3> - - -<p>La luxure, qui tire son nom du mot luxer, est ainsi -appelée parce que le propre de ce vice est de relâcher, de -détruire les forces de l’âme et du corps : aussi l’appelle-t-on -quelquefois dissolution ; et on dit de ceux qui -se livrent avec passion aux jouissances de l’amour, -qu’ils sont dissolus. On définit la luxure ainsi : l’appétit -désordonné aux plaisirs vénériens.</p> - -<p>Ces plaisirs sont appelés <i>vénériens</i> parce qu’ils ont -pour but la génération à laquelle les païens faisaient -présider la déesse Vénus.</p> - - - - -<h3>CHAPITRE II<br /> -<span class="small">DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE LUXURE NATURELLE CONSOMMÉE</span></h3> - - -<p>La luxure est naturelle lorsqu’elle n’est pas en opposition -avec la propagation du genre humain. — L’union -des deux sexes en dehors du mariage est donc un acte -purement charnel, à la condition d’être pratiqué d’une -manière propre à la génération. Cet acte est accompli -par le fait de l’écoulement de la matière séminale de -l’homme dans l’intérieur des parties sexuelles de la -femme.</p> - -<p>On compte six espèces de luxure :</p> - -<ul><li><i>La fornication</i>,</li> -<li><i>Le stupre</i>,</li> -<li><i>Le rapt</i>,</li> -<li><i>L’adultère</i>,</li> -<li><i>L’inceste</i>,</li> -<li><i>Le sacrilège</i>.</li></ul> - -<h4>ARTICLE PREMIER<br /> -<span class="small">DE LA FORNICATION</span></h4> - -<p>La fornication est l’union intime et d’un consentement -mutuel d’un homme libre et d’une femme libre, mais -ayant déjà perdu sa virginité…</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Il y a trois sortes de fornication : <i>la fornication simple</i>, -<i>le concubinage</i>, <i>la prostitution</i>.</p> - - -<p class="c">§ I</p> - -<p class="c xsmall">DE LA FORNICATION SIMPLE</p> - -<p>La fornication simple est celle qui résulte d’un commerce -passager avec une ou plusieurs femmes.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">§ II</p> - -<p class="c xsmall">DU CONCUBINAGE</p> - -<p>Le concubinage est le commerce d’un homme libre -avec une femme libre, et qui, demeurant soit dans la -même maison, soit dans des maisons séparées, vivent -ensemble.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">§ III</p> - -<p class="c xsmall">DE LA PROSTITUTION</p> - -<p>La prostitution est un métier ou un acte : comme métier, -c’est la condition d’une femme prête à recevoir le -premier venu et ordinairement pour de l’argent ; comme -fait, c’est l’union charnelle d’un homme avec une telle -femme, ou d’une telle femme avec l’homme qui se présente -pour forniquer.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<h4>ARTICLE DEUXIÈME<br /> -<span class="small">DU STUPRE</span></h4> - -<p>On appelle généralement stupre toute union charnelle -illicite. Ainsi, dans le <i>Lévitique</i>, verset 21, chap. 9, et -dans les <i>Nombres</i>, verset 5, chap. 13, — l’union charnelle -de la fille d’un prêtre et l’adultère sont qualifiés de -la même manière. Si quelqu’un accomplit l’acte charnel -en employant la violence, il tombe, — pour notre diocèse, — dans -un cas réservé.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Le stupre est qualifié par beaucoup de théologiens -<i>violence</i>, et mieux, par d’autres, <i>défloration illicite d’une -vierge</i>.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<h4>ARTICLE TROISIÈME<br /> -<span class="small">DU RAPT</span></h4> - -<p>Le rapt, par sa nature, est une <i>violence</i> faite à <i>toute -personne</i> ou à ses parents dans le but d’assouvir la -passion.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Le rapt diffère de l’adultère parce que l’adultère viole -la justice d’une autre manière que le rapt. De même le -viol d’une jeune fille ivre ou endormie constitue un -grave péché contre la justice ; ce n’est pas un rapt mais -une tromperie ; il en est de même de la corruption sans -violence d’une personne qui n’a pas l’usage de la raison -ou qui ignore ce genre de péché.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p><i>On demande</i> ce que doit faire une femme prise de force -afin de ne pas être coupable envers Dieu.</p> - -<p><i>Réponse.</i> 1<sup>o</sup> Elle doit intérieurement repousser toute -participation au plaisir, quelle que soit d’ailleurs la violence -extérieure qui lui est faite, sans quoi elle pécherait -mortellement.</p> - -<p>2<sup>o</sup> Elle doit se défendre de toutes ses forces avec ses -pieds, ses mains, ses ongles, ses dents et tous autres -instruments, mais de manière à ne pas tuer ou gravement -mutiler l’agresseur. Beaucoup de théologiens pensent -que la vie et les principaux membres sont plus précieux -que l’honneur qu’ils supposent ici n’être que matériellement -atteint. Beaucoup d’autres, cependant, soutiennent -l’opinion contraire par des raisons puisées -dans notre <i>Théologie morale</i>, T. 5, p. 392, 4<sup>e</sup> édit.</p> - -<p>3<sup>o</sup> Si elle espère qu’il puisse lui être porté secours elle -doit crier et invoquer l’assistance d’autrui ; car si elle -n’oppose pas les résistances qui paraissent en son pouvoir, -elle semble consentir.</p> - -<p>Or, il vaudrait mille fois mieux mourir que de céder -à un pareil danger. Aussi, une jeune fille qui se trouve -dans cette extrémité, craignant, avec raison, de consentir -aux sensations vénériennes, est-elle tenue de crier, -même au péril évident de sa vie, et alors elle est martyre -de la chasteté. C’est ce que décident généralement les -auteurs contre ce petit nombre de probabilistes. Mais le -danger prochain de consentement écarté, il est généralement -admis que la jeune fille n’est pas tenue de crier -au péril de sa vie et de sa réputation, parce que la vie -et la réputation sont des biens de l’ordre le plus élevé. -Mais il est presque impossible, comme le dit <i>Billuart</i>, -t. 13, p. 368, que le danger n’existe pas.</p> - - -<h4>ARTICLE QUATRIÈME<br /> -<span class="small">DE L’ADULTÈRE</span></h4> - -<p>L’adultère, comme son nom l’indique, dit saint Thomas, -consiste à entrer dans le lit d’autrui. Il peut être -commis de trois manières :</p> - -<ul><li>1<sup>o</sup> Entre un homme marié et une femme libre ;</li> -<li>2<sup>o</sup> Entre un homme libre et une femme mariée ;</li> -<li>3<sup>o</sup> Entre un homme marié et la femme d’un autre.</li></ul> -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p><i>On demande</i> : Si une femme qui se livre au coït avec un -autre homme, son mari consentant, commet un adultère.</p> - -<p><i>Réponse.</i> Quelques probabilistes se sont prononcés -pour la négative ; ils ont au moins prétendu que dans ce -cas il n’était pas nécessaire de déclarer en confession la -circonstance d’adultère. Mais Innocent XI a condamné -la proposition suivante :</p> - -<p><i>L’union charnelle avec une femme mariée, du consentement -du mari, ne constitue pas un adultère ; il suffit donc -de dire en confession que l’on a forniqué.</i></p> - -<p>Cette décision du souverain pontife est basée sur une -raison évidente. En effet, le mari, par la force même du -contrat et de la raison qui a présidé à l’institution du -mariage, a le droit de se servir de sa femme selon l’ordre -de la propagation de l’espèce, mais il ne peut ni la -céder, ni la prêter, ni la louer à un autre sous peine de -pécher contre l’essence du mariage ; son consentement -ne peut donc enlever en rien à la malice de l’adultère.</p> - - -<h4>ARTICLE CINQUIÈME<br /> -<span class="small">DE L’INCESTE</span></h4> - -<p>L’inceste est l’union charnelle entre parents par consanguinité -ou par alliance aux degrés prohibés.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Les théologiens ne sont pas d’accord sur le point de -savoir s’il y a une seule ou plusieurs espèces d’inceste. -Un grand nombre prétendent qu’ils sont de différentes -espèces parce qu’il y a une malice spéciale dans l’union -charnelle entre parents par consanguinité qu’on ne -trouve pas lorsqu’elle a lieu entre parents par alliance. -Lorsqu’il s’agit du coït d’un fils avec sa mère ou d’un -père avec sa fille l’inceste est encore différent de l’inceste -entre parents d’un degré plus éloigné de consanguinité -ou d’affinité. C’est ainsi que pense <i>Concina</i> qui -dit, T. 15, p. 282, que cette opinion est la plus ordinaire -et la plus probable.</p> - -<p>Cependant l’opinion contraire nous paraît plus probable -et plus ordinaire ; tous les incestes, en effet, sont -contraires à la même vertu : le respect dû à ses parents. -Ils diffèrent donc par leur plus ou moins de gravité, mais -non par une malice particulière ; ils sont de la même -espèce.</p> - -<p>Quoi qu’il en soit de cette controverse au point de vue -spéculatif, il est certain que l’obligation existe de déclarer -en confession si l’inceste a eu lieu entre parents par -alliance ou par consanguinité, en ligne directe ou collatérale -et à quel degré : sans cela, la malice de cet acte -ne serait pas suffisamment dévoilée. A qui persuaderait-on, -en effet, que l’union charnelle d’un fils avec sa -mère, d’un frère avec sa sœur, etc., est suffisamment -déclarée sous la dénomination générale d’inceste ? On -doit donc déclarer les divers degrés auxquels le mariage -est prohibé.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<h4>ARTICLE SIXIÈME<br /> -<span class="small">DU SACRILÈGE</span></h4> - -<p>Le sacrilège, en tant que péché de luxure, est la profanation -d’une chose sacrée par l’acte charnel. Il constitue, -indubitablement, une espèce de luxure à part, -car, outre le péché contre la chasteté, il renferme évidemment -quelque chose de contraire au respect dû à -Dieu.</p> - -<p>Par <i>chose sacrée</i> on entend une personne consacrée à -Dieu, un lieu destiné au culte et tous autres objets spécialement -consacrés.</p> - -<p>On entend par <i>lieu consacré au culte</i> ou <i>lieu sacré</i> -celui que l’autorité publique a destiné à la célébration -des offices divins ou à la sépulture des fidèles ; tels sont -les églises et les cimetières bénits.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Tout acte vénérien accompli volontairement, même -d’une manière cachée, dans un lieu sacré, entraîne la -malice du sacrilège, attendu, suivant l’opinion générale, -que c’est une irrévérence envers le lieu saint et envers -Dieu.</p> - -<p>Le lieu saint se trouverait souillé par la publicité de -cet acte et par l’écoulement de la matière séminale, -quoiqu’elle ne fût pas répandue sur le pavé. <i>Décret</i>, -Tit. 68, ch. 3, et de la <i>Consécr.</i>, Tit. 1, ch. 20. — Ce n’est -cependant pas par la publicité que le lieu est souillé, -mais c’est par elle que la profanation est connue et -l’usage en est interdit jusqu’à la purification. — <i>Billuart</i>, -T. 13, p. 404.</p> - -<p>Beaucoup d’auteurs prétendent que les regards, les -baisers, les discours déshonnêtes et les attouchements -impurs dans le lieu sacré, même sans danger prochain -d’éjaculation, entraînent la malice du sacrilège, tant à -cause du respect dû à Dieu qu’à cause du danger d’éjaculation -qui en est inséparable. D’autres appuient l’opinion -contraire sur l’axiome suivant : Il ne faut pas -aggraver ce qui a un caractère odieux. Et, d’ailleurs, -c’est seulement par l’écoulement de la matière séminale -que le lieu sacré se trouve souillé. Il résulte de cette -diversité même d’opinions entre les savants que la circonstance -du lieu sacré doit être dévoilée, surtout si l’acte -est par trop honteux, comme de regarder ou de toucher -les parties vénériennes.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>L’union charnelle même légitime entre époux, accomplie -sans nécessité dans un lieu sacré, entraîne la malice -du sacrilège ; les auteurs s’accordent généralement -sur ce point. D’après <i>Dist.</i> 68, c. 3. Si cependant cet -acte est accompli dans le lieu sacré par pure nécessité, -comme lorsque deux époux y sont détenus en temps de -guerre et qu’ils sont en danger prochain d’incontinence -s’ils ne pratiquent pas le coït, le lieu n’est pas souillé et -les époux ne pèchent pas, disent un grand nombre de -théologiens ; car l’Église n’est pas censée prohiber un -acte en soi licite dans une pareille circonstance.</p> - -<p>Mais l’opinion la plus ordinaire, et nous la partageons, -est que l’union charnelle entre époux est, dans -ce cas, illicite et sacrilège, parce qu’il est impossible que -la nécessité soit telle que l’Église fléchisse sur la sévérité -d’une loi qui a eu pour but le respect dû à Dieu. -Chacun, d’ailleurs, par la prière, le jeûne et autres -moyens peut calmer les aiguillons de la chair, comme il -serait tenu de le faire si sa <i>moitié</i> était absente, malade -ou décédée. C’est cette seule opinion qu’il faut admettre -dans la pratique. Voy. <i>Billuart</i>, T. 13, p. 406, et <i>saint -Liguori</i>, c. 3, n<sup>o</sup> 458.</p> - -<p>Par <i>choses sacrées</i> on entend tous les objets autres -que personnes et lieux qui sont consacrés au culte divin, -comme les ornements et les vases sacrés. Il est certain -que c’est un honteux sacrilège d’abuser de ces choses -pour commettre des actes honteux, comme de se servir -superstitieusement de l’eau bénite, des saintes huiles ou -de l’eucharistie dans un but de luxure, et d’en frotter -les parties sexuelles.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Le prêtre qui, en administrant les sacrements, en célébrant -la sainte messe, ou revêtu des ornements sacrés -pour la célébrer, ou même en descendant de l’autel, se -procure une éjaculation volontaire ou se délecte dans -les plaisirs vénériens, ne peut être excusé d’un double -sacrilège. <i>Saint Liguori</i>, c. 3, n<sup>o</sup> 463.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<h4>APPENDICE<br /> -<span class="small">DES CLERCS QUI EXCITENT A DES PASSIONS HONTEUSES</span></h4> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Plusieurs souverains pontifes ont ordonné aux pénitents -que leurs confesseurs porteraient à des actions -déshonnêtes de les dénoncer au tribunal de l’Inquisition -ou aux évêques du lieu : nous citerons Paul IV, 6 avril -1564 ; Clément VIII, 3 décembre 1592, et Paul V, 1608.</p> - -<p>Enfin Benoît XIV, par sa constitution, le <i>Sacrement -de pénitence</i> du 1<sup>er</sup> juin 1741, ordonna :</p> - -<p>1<sup>o</sup> De dénoncer et de punir, selon les circonstances, -tous ceux qui, en confession ou à l’occasion de la confession, -par paroles, signes, mouvements, attouchement, -écrits à lire, pendant ou après la confession, -auraient excité à des actions honteuses ou tenu des -propos déshonnêtes ;</p> - -<p>2<sup>o</sup> D’avertir les prêtres chargés d’entendre les confessions -qu’ils sont tenus d’exiger de leurs pénitents la -dénonciation de ceux qui, de quelque façon que ce soit, -les auraient excités à des actions honteuses ;</p> - -<p>3<sup>o</sup> Il défendit de dénoncer comme coupables les confesseurs -innocents ou de les faire dénoncer par d’autres -et se réserva, pour lui et ses successeurs, le cas d’une -si exécrable turpitude, à moins que le confesseur ne fût -à l’article de la mort ;</p> - -<p>4<sup>o</sup> Il déclara que les prêtres qui se seraient souillés -d’un crime aussi infâme ne pourraient jamais absoudre -leurs complices, même en temps de jubilé, à moins que -ce ne fût à l’article de la mort et prononça l’excommunication -majeure réservée au Saint-Siège contre celui -qui oserait le faire.</p> - -<p><i>Ces diverses constitutions pontificales n’ont jamais été -publiées en France, c’est pourquoi elles n’obligent pas -strictement</i>, à moins de statuts diocésains spéciaux.</p> - - - - -<h3>CHAPITRE III<br /> -DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE LUXURE CONSOMMÉE -CONTRE NATURE.</h3> - - -<p>La luxure consommée contre nature consiste dans -l’effusion de la matière séminale d’une façon contraire à -la génération, soit en dehors de l’union charnelle, soit -dans cette union.</p> - -<p>On en compte trois espèces différentes :</p> - -<p>Les plaisirs voluptueux ou pollution ;</p> - -<p>La sodomie ;</p> - -<p>La bestialité.</p> - - -<h4>ARTICLE PREMIER<br /> -<span class="small">DE LA POLLUTION</span></h4> - -<p>La pollution qu’on appelle aussi plaisir voluptueux -ou incontinence secrète consiste dans l’effusion de la -semence en dehors de toute union charnelle.</p> - -<p>La semence est une humeur ou sécrétion gluante que -le Créateur a destinée à la génération et à la conservation -de l’espèce : elle diffère donc essentiellement de -l’urine qui est formée par la sécrétion des aliments et -que la nature, pour se soulager, rejette comme les -excréments.</p> - -<p>Il y a trois sortes de pollutions :</p> - -<p>1<sup>o</sup> La pollution simple et qualifiée ;</p> - -<p>2<sup>o</sup> La pollution volontaire ou involontaire ;</p> - -<p>3<sup>o</sup> La pollution volontaire en soi ou dans sa cause.</p> - -<p>La pollution est <i>simple</i> quand il ne vient pas s’y -ajouter une malice étrangère, par exemple, lorsque -quelqu’un dégagé de tout lien avec un homme ou avec -une femme trouve son plaisir dans la masturbation.</p> - -<p>On la dit <i>qualifiée</i> lorsqu’à sa propre malice vient s’y -ajouter une autre, soit de la part de l’objet auquel on -pense, soit de la part de celui sur lequel on pratique ou -de celui qui pratique la masturbation :</p> - -<p>1<sup>o</sup> La masturbation revêt la malice de l’adultère, de -l’inceste, du stupre, du sacrilège, de la bestialité ou de -la sodomie, selon que celui qui s’y adonne pense à une -femme mariée, à sa parente, etc. Ainsi commettrait un -horrible sacrilège celui qui porterait des désirs de concupiscence -sur la bienheureuse Vierge en se livrant à -la masturbation devant sa statue ;</p> - -<p>2<sup>o</sup> De la part de celui sur lequel on pratique la masturbation, -s’il est marié ou consacré à Dieu par un vœu -ou par les ordres sacrés ;</p> - -<p>3<sup>o</sup> De la part de celui qui pratique la masturbation, -si, par exemple, c’est un religieux ou un prêtre.</p> - -<p>Toutes ces circonstances doivent nécessairement être -dévoilées en confession parce qu’elles changent la -nature du péché.</p> - -<p>La pollution volontaire est celle qu’on pratique directement -ou dont on recherche volontairement la cause. -Elle est involontaire lorsqu’elle se produit sans la -coopération de la volonté soit à l’état de veille, soit -pendant le sommeil.</p> - -<p>Comme la pollution tout à fait involontaire ne peut -être un péché, nous n’en parlerons pas ici, en tant que -péché.</p> - -<p>C’est pourquoi nous traiterons :</p> - -<p>1<sup>o</sup> De la pollution volontaire en soi ;</p> - -<p>2<sup>o</sup> De la pollution volontaire dans sa cause ;</p> - -<p>3<sup>o</sup> De la pollution nocturne ;</p> - -<p>4<sup>o</sup> Des mouvements désordonnés ;</p> - -<p>5<sup>o</sup> De la conduite des confesseurs à l’égard de ceux -qui ont l’habitude de se livrer à la pollution.</p> - - -<p class="c">§ I</p> - -<p class="c xsmall">DE LA POLLUTION VOLONTAIRE EN SOI.</p> - -<p>Plusieurs probabilistes ont prétendu, avec <i>Caramuel</i>, -que la masturbation n’était pas défendue par la loi -naturelle ; que l’éjection de la semence pouvait être -comparée à un excès de sang, de lait, d’urine et de sucre -et que, par conséquent, si ce n’étaient les prohibitions -de la loi positive, il serait permis de provoquer l’éjaculation -comme utile à la santé toutes les fois que la -nature le demanderait. En cela ils sont contraires à -l’opinion de tous les théologiens.</p> - -<p><span class="sc">Proposition.</span> — <i>La masturbation considérée en elle-même -est un grave péché contre nature.</i></p> - -<p>Cette proposition est conforme à l’Écriture sainte, à -l’autorité d’Innocent XI, à l’opinion unanime des théologiens -et de la raison.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Il a été certainement dans l’esprit du Créateur -d’affecter la semence humaine et l’acte vénérien tout -entier à la procréation et à la perpétuité de l’espèce. S’il -était permis de se livrer une fois à la masturbation, il -n’y aurait pas de raison pour n’y pas revenir, et c’est -ce qu’on ne peut admettre. De plus, on est exposé par -le plaisir qui est inséparable de la masturbation, au -danger d’en contracter l’habitude ; et nous établirons -plus loin que c’est une grave faute de se livrer à la -masturbation à cause des fâcheux résultats qu’elle -entraîne…</p> - -<p>… D’où on doit conclure, qu’il n’est jamais permis de -provoquer directement l’éjaculation même quand il s’agit -de conserver la santé ou la vie, car, pratiquée même -dans ce but, la fornication est un acte illicite ; et la -comparaison faite par Caramuel de la semence humaine -avec le sang, le lait, l’urine et la sueur, n’a pas de -valeur, puisque la destination de l’une est tout à fait -différente de celle des autres. On ne doit pas non plus -se baser sur ce qu’il est quelquefois permis de pratiquer -la saignée ou d’amputer un membre et même les vases -spermatiques, — le phallus et les testicules, — car le -sang et les membres sont subordonnés à la santé de -l’individu et peuvent être enlevés dans le but de lui -conserver la vie ; le sperme, au contraire, n’a pas été -créé en faveur de l’individu mais bien pour la conservation -de l’espèce. Du reste, une saignée ou une amputation -ne peuvent entraîner aucun danger, et on ne -saurait en dire autant de la masturbation.</p> - - -<p class="c">§ II</p> - -<p class="c xsmall">DE LA POLLUTION VOLONTAIRE DANS SA CAUSE.</p> - -<p>On distingue ordinairement deux causes de pollution : -une prochaine et une éloignée. Les causes prochaines -tendent par elles-mêmes à l’éjaculation, comme les -attouchements des parties génitales sur soi ou sur -autrui, les regards que l’on porte sur elles, les paroles -obscènes ou amoureuses, et les pensées honteuses.</p> - -<p>Les causes éloignées influent d’une manière moins -directe sur la pollution : ce sont les excès dans le boire -et le manger, l’étude des questions vénériennes, la confession, -etc.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Il est certain :</p> - -<p>1<sup>o</sup> Que celui qui, volontairement, même pour un -instant, sans intention et pour une cause accidentelle se -complaît dans la masturbation, pèche mortellement. -C’est ce que personne ne niera.</p> - -<p>2<sup>o</sup> Il en est de même de celui qui fait une action -influant directement sur l’éjaculation, en touchant ou -regardant amoureusement sur soi ou sur autrui les -parties qui doivent rester voilées et qui paraît désirer -l’éjaculation qui peut en résulter, ne chercherait-il pas -à la provoquer ; c’est de toute évidence.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>3<sup>o</sup> En cas de grave nécessité, l’action qui tend à un -but légitime ne fournit pas matière à pécher… Ainsi ne -pèche pas le chirurgien qui, pour guérir une infirmité -ou faire un accouchement, touche ou regarde les parties -pudiques d’une femme et qui, à cette occasion, éprouve -les effets de la masturbation, pourvu cependant qu’il n’y -consente pas, s’exposerait-il même au danger du consentement. -Mais, il serait obligé de renoncer à son art -s’il tombait fréquemment dans ce danger ; car la nécessité -de son propre salut doit l’emporter sur toutes les -autres.</p> - -<p>4<sup>o</sup> Ne pèche pas celui qui, pour son utilité ou celle -d’autrui, fait une action qu’il sait être de nature à -amener l’éjaculation… Aussi, est-il permis d’étudier, -dans un but honnête, les <i>choses</i> vénériennes, d’entendre -les confessions de femmes, de converser avec elles d’une -manière utile et honnête, de leur rendre visite et de les -embrasser à la manière des parents…</p> - -<p>5<sup>o</sup> On pèche mortellement en faisant une action véniellement -mauvaise si elle influe sur la pollution d’une -manière prochaine : cela résulte de ce qui vient d’être -dit. Ainsi, celui qui est trop sensible aux aiguillons de -la chair, qui éjacule lorsque ses regards se portent sur -certaines parties du corps d’une femme, ou lorsqu’il -touche ses mains ou s’il presse ses doigts, ou s’il cause -avec elle ou quand il l’embrasse d’une manière honnête -mais sans motif, ou lorsqu’il assiste à des bals, celui-là -devra s’abstenir de ces actions sous peine de péché -mortel.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">§ III</p> - -<p class="c xsmall">DE LA POLLUTION NOCTURNE</p> - -<p>Par pollution nocturne on entend l’éjaculation qui se -produit pendant le sommeil. Si le sommeil est imparfait, -l’éjaculation peut être semi-volontaire, et le péché, par -conséquent, véniel. L’éjaculation n’étant nullement -volontaire dans le sommeil parfait ne peut entraîner de -péché ; car, dans ce cas, elle ne peut être mauvaise que -dans sa cause.</p> - -<p>Il est certain que celui ou celle qui a préparé une -cause dans l’intention de provoquer l’éjaculation pendant -le sommeil, en prenant certaines positions dans son -lit, ou par des attouchements voluptueux, ou par des -lectures de roman, pèche mortellement.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p><i>On demande</i> : 1<sup>o</sup> Ce que doit faire celui qui, en -s’éveillant, s’aperçoit qu’il est sur le point d’éjaculer ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> Il doit élever son esprit vers Dieu, l’invoquer, -faire le signe de la croix, s’abstenir de provoquer -l’écoulement de la semence, renoncer au plaisir -voluptueux ; pourvu qu’il agisse ainsi, il peut se considérer -comme exempt de péché, et il n’est pas tenu de -contenir l’impétuosité de la nature ; car déjà la sécrétion -des humeurs s’est faite dans les vases spermatiques ; il -est nécessaire que l’éjaculation se fasse immédiatement -ou plus tard, sans quoi le sperme venu des reins se -corromprait au détriment de la santé.</p> - -<p><i>On demande</i> : 2<sup>o</sup> S’il est permis de se réjouir de -l’éjaculation lorsqu’elle se produit dégagée de tout péché, -en tant qu’elle décharge la nature, ou de la désirer à ce -point de vue ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> Les auteurs enseignent généralement qu’il -est permis de se réjouir des bons effets de la pollution -involontaire qui se produit soit pendant le sommeil, -soit pendant la veille. Car, sous ce rapport, elle opère -un bon résultat.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p><i>On demande</i> : 3<sup>o</sup> Ce que l’on doit penser de la <i>distillation -du sperme</i> ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> — La distillation est l’écoulement qui se -fait goutte à goutte, et sans mouvements de concupiscence, -d’une semence imparfaite ou autre humeur muqueuse. -Si elle se produit sans plaisir vénérien, comme -il arrive quelquefois à cause de la faiblesse des organes -ou des chatouillements provenant d’un prurit insupportable, -il ne faut pas, disent <i>Cajetan</i> et les théologiens en -général, s’en occuper plus que de la sueur.</p> - - -<p class="c">§ IV</p> - -<p class="c xsmall">DES MOUVEMENTS DÉSORDONNÉS</p> - -<p>Ces mouvements consistent en certaines commotions -des parties génitales qui disposent plus ou moins à -l’éjaculation ; ils peuvent être graves ou légers ; graves -lorsqu’ils sont accompagnés d’un danger prochain d’éjaculation ; -légers dans le cas contraire.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p><i>On demande</i> : Si celui qui reste indifférent aux -mouvements voluptueux qui se produisent en dehors de -sa volonté, qui ne les approuve ni ne les désapprouve, -commet un péché et quelle en est la gravité ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> Tout le monde est d’accord pour reconnaître -qu’une pareille indifférence est un péché véniel, -car l’esprit est tenu d’éprouver de la répugnance pour -les mouvements voluptueux désordonnés.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c" id="bouvier-c3-p5">§ V</p> - -<p class="c xsmall">DE LA CONDUITE DES CONFESSEURS A L’ÉGARD DE CEUX -QUI SE LIVRENT A LA MASTURBATION</p> - -<p>Il n’y a pas de vice plus nuisible sous tous les rapports -aux jeunes gens et aux jeunes filles que l’habitude -de se livrer à la pollution, c’est-à-dire, de se masturber.</p> - -<p>En effet, ceux qui ont pris cette mauvaise habitude -tombent dans l’endurcissement, l’hébétement, le dégoût -de la vertu et le mépris de la religion.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Voici le moyen pour le confesseur de découvrir si son -pénitent se livre à la masturbation : d’abord interroger -le pénitent sur les pensées, les paroles déshonnêtes, les -nudités devant d’autres personnes et les attouchements -sur soi ou sur d’autres, ou ce qu’il a permis à d’autres -de lui faire. S’il n’est pas encore arrivé à l’âge de -puberté, il ne doit pas être interrogé sur la masturbation ; -car il n’est pas probable qu’il l’ait pratiquée, à moins -qu’il ne paraisse très corrompu. Mais s’il est pubère, -qu’il ait pratiqué des attouchements impudiques avec -d’autres personnes et surtout qu’il ait couché avec des -enfants plus âgés que lui, il est moralement certain qu’il -y a eu éjaculation, et il est suffisamment clair que la -masturbation s’est faite.</p> - -<p>Le confesseur peut cependant dire prudemment :</p> - -<p><i>Avez-vous ressenti des mouvements dans le corps (ou -dans la chair) ? — Avez-vous éprouvé dans les parties -secrètes une agréable délectation après laquelle les mouvements -se sont calmés ?</i></p> - -<p>Si le pénitent répond oui, il est raisonnable de penser -qu’il s’est masturbé ; car les mouvements violents suivis -d’un plaisir semblable indiquent d’une manière certaine -que l’éjaculation s’est produite, qu’il s’agisse de l’un ou -de l’autre sexe.</p> - -<p>L’écoulement est toujours extérieur chez les mâles ; -mais l’éjaculation ne se produit pas de la même manière -chez les femmes, puisqu’il est probable aujourd’hui que -les femmes ne répandent pas de sperme. Cependant, à -la suite de mouvements désordonnés, il y a souvent écoulement -intérieur, et rarement extérieur, d’une espèce -d’humeur muqueuse. Pendant que cet écoulement a lieu, -se produisent des sensations extrêmement agréables, -qu’on désigne plus particulièrement sous le nom de -<i>jouissance</i>.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<h4>ARTICLE DEUXIÈME<br /> -<span class="small">DE LA SODOMIE</span></h4> - -<p>Saint Thomas, 2. 2, q. 154, art. 11, définit ainsi cette -monstrueuse corruption qui tire son nom des habitants -de Sodome : <i>Accouplement entre deux personnes du -même sexe, par exemple d’un homme avec un homme, ou -d’une femme avec une femme</i>.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Peu importe le <i>vase</i> dans lequel pratiquent le coït, les -mâles entre eux ou les femmes entre elles, que ce soit -dans le vase de devant ou dans celui de derrière, — dans -la matrice ou dans l’anus — ou sur une autre partie du -corps, puisque la malice de la sodomie consiste dans -l’affection pour le sexe <i>interdit</i>, et que, dans son genre, -elle est complète, par l’application en manière d’union -charnelle, des parties génitales sur une partie du corps -d’une personne du même sexe. Il n’y a cependant pas -sodomie, parce qu’il n’y a pas union charnelle, lorsqu’on -applique seulement les mains, les pieds ou la bouche -sur les parties génitales d’un autre, — homme ou femme — l’éjaculation -se produirait-elle des deux côtés.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Il y a une autre espèce de sodomie qui consiste dans -l’union charnelle entre personnes de différents sexes, -mais hors du <i>vase</i> naturel : dans la partie de derrière, -c’est-à-dire dans l’anus, ou dans la bouche, entre les -seins, entre les jambes ou les cuisses, etc. Quoique ce -genre d’infamie ne tombe pas sous les peines portées -contre la sodomie proprement dite, il n’en est pas moins -certain que cet acte contre nature constitue un crime -énorme et, dans notre diocèse, c’est un cas réservé.</p> - - -<h4>ARTICLE TROISIÈME<br /> -<span class="small">DE LA BESTIALITÉ</span></h4> - -<p>La bestialité résulte de l’accomplissement des actes -vénériens avec des êtres appartenant à l’animalité, -c’est-à-dire avec des animaux, des bêtes.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Quelle que soit l’espèce à laquelle appartienne l’animal, -le péché ne change pas de nature, et la différence -des sexes ne l’aggrave pas beaucoup, parce que sa malice -vient de ce qu’il est contre nature. Il n’est donc pas -nécessaire de faire connaître en confession l’espèce, le -sexe et les autres qualités des bêtes, mais il faut dire si -le péché a été accompli par l’écoulement de la semence -ou s’il y a eu seulement essai. Dans notre diocèse, l’un -et l’autre de ces cas sont réservés.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - - - -<h3>CHAPITRE IV<br /> -DES PÉCHÉS DE LUXURE NON CONSOMMÉE</h3> - - -<p>La luxure non consommée est celle qui n’arrive pas -jusqu’à l’écoulement de la semence. A cette espèce se -rapportent : la délectation <i>morose</i> ou contemplative, -les baisers, les attouchements et regards impudiques, -la parure des femmes, les peintures et sculptures indécentes, -les paroles déshonnêtes, les danses, bals et -spectacles. Nous traiterons rapidement ces divers sujets -au point de vue pratique.</p> - - -<h4>ARTICLE PREMIER<br /> -<span class="small">DE LA DÉLECTATION MOROSE</span></h4> - -<p>Sous ce titre sont comprises toutes les pensées mauvaises -en fait de luxure, à savoir : le désir, le plaisir et -la délectation morose ou contemplative.</p> - -<p>Le désir est un acte de la volonté qui a pour objet une -action mauvaise comme la fornication, ou qui a pour -but d’arriver à l’accomplissement de cette action.</p> - -<p>Le plaisir, au contraire, se rapporte au passé : c’est -la délectation dans le souvenir d’une mauvaise action, -comme, par exemple, quand on évoque le souvenir d’un -acte charnel déjà accompli, ou de mauvais propos qui -ont été tenus.</p> - -<p>La fornication morose ou contemplative n’est autre -chose que le ressouvenir d’une action mauvaise que -l’imagination nous représente comme réelle, mais sans -désir de l’accomplir ; par exemple, lorsqu’on s’imagine -qu’on se livre à la fornication.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p><i>On demande</i> : s’il est permis aux personnes mariées et -veuves de prendre plaisir à la pensée de l’acte charnel — le -coït — à venir ou passé ?</p> - -<p><i>Réponse</i> : 1<sup>o</sup> Les fiancés et les veufs ne pèchent pas -en pensant que le plaisir est attaché à ces actes, ni en -prévoyant qu’ils éprouveront ce plaisir ou en se souvenant -qu’ils l’ont éprouvé ; car il est évident que cette notion -n’est pas le plaisir dans l’acte vénérien.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p><i>Réponse</i> : 2<sup>o</sup> Pèchent mortellement les personnes -fiancées, ou les personnes veuves, qui donnent leur -consentement à la délectation charnelle que produit en -elles la prévision de l’acte futur ou le souvenir de l’acte -passé ; car elles se figurent l’acte charnel comme s’accomplissant -actuellement et elles y prennent volontairement -plaisir. Or, l’acte charnel s’accomplissant actuellement -est, à leur égard, une fornication, puisqu’elles -ne sont pas mariées.</p> - -<p><i>Réponse</i> : 3<sup>o</sup> L’époux qui, en l’absence de son -épouse, prend plaisir à l’acte charnel comme s’accomplissant -actuellement, commet probablement un péché -mortel, surtout si les esprits génitaux en sont gravement -agités, non pas précisément parce qu’il consent à -une chose qui lui est défendue, mais parce qu’il s’expose -ordinairement à un grave danger d’éjaculation.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<h4>ARTICLE DEUXIÈME<br /> -<span class="small">DES BAISERS, DES ATTOUCHEMENTS, DES REGARDS -IMPUDIQUES ET DE LA PARURE DES FEMMES</span></h4> - -<p>Nous ferons observer qu’il ne s’agit pas ici des baisers, -attouchements, etc., entre personnes mariées, mais -entre personnes libres : nous parlerons ailleurs des personnes -mariées.</p> - - -<p class="c">§ I</p> - -<p class="c xsmall">DES BAISERS</p> - -<p>1<sup>o</sup> Les baisers sur les parties honnêtes du corps, -comme la main et la joue, ne sont pas mauvais de leur -nature, même entre personnes de sexe différent : cela -est conforme à l’opinion générale et à la pratique -partout admise dans le monde.</p> - -<p>D’où il suit : 1<sup>o</sup> Qu’on ne trouve aucune espèce de mal -dans les baisers que les enfants incapables de passions -sont dans l’habitude d’échanger.</p> - -<p>2<sup>o</sup> Qu’il n’y a pas de péché dans les baisers que donnent -aux enfants qui leur sont confiés les mères, les -nourrices, etc.</p> - -<p>3<sup>o</sup> Ni, ordinairement du moins, dans ceux que d’autres -personnes, hommes ou femmes, donnent aux enfants en -bas âge de l’un ou l’autre sexe.</p> - -<p>4<sup>o</sup> Les baisers même honnêtes, motivés par la passion, -donnés ou reçus, entre personnes du même sexe ou de -sexe différent, sont des péchés mortels. Mais les baisers -sur les parties inusitées du corps, par exemple sur la -poitrine, sur les seins, ou à la mode des colombes en -introduisant la langue dans la bouche d’une autre personne, -sont présumés avoir la passion pour mobile, ou -du moins mettent dans un grave danger d’y succomber -et pour cette raison, ne peuvent être excusés de péché -mortel.</p> - -<p>5<sup>o</sup> Il est certain qu’on doit regarder comme péchés -mortels les baisers, mêmes honnêtes, qui mettent dans -le danger prochain de pollution ou de mouvements de -violente passion, à moins que, par hasard, il n’y ait de -graves raisons de les donner ou de les permettre ; car -c’est pécher mortellement que de s’exposer au danger -sans nécessité.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">§ II</p> - -<p class="c xsmall">DES ATTOUCHEMENTS IMPUDIQUES</p> - -<p>1<sup>o</sup> Je suppose des attouchements faits sur soi ou -sur d’autres sans intentions lubriques ; car alors ce -seraient des péchés mortels.</p> - -<p>2<sup>o</sup> Si ces attouchements sont faits par pure nécessité, -comme pour soigner des infirmités, ce ne sont nullement -des péchés, mettraient-ils en mouvement les esprits -génitaux et exciteraient-ils la pollution, pourvu qu’il n’y -ait pas consentement ; cela résulte de ce que nous avons -dit plus haut en parlant de la pollution.</p> - -<p>3<sup>o</sup> On ne saurait excuser du péché mortel ceux qui, -sans cause légitime, se livrent à des attouchements -honteux sur des personnes de l’un ou l’autre sexe, à -cause du danger évident de la commotion des esprits et -de la pollution.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>4<sup>o</sup> Une femme pécherait mortellement si, même sans -être dominée par la passion, elle permettait des attouchements -sur ses parties pudiques ou sur celles qui les -avoisinent, sur les cuisses ou bien sur les seins ; car -alors elle s’exposerait évidemment au danger vénérien -et participerait, en plus, à la passion d’autrui ; elle -devrait repousser aussitôt l’agresseur, le réprimander, -le frapper, repousser violemment la main, le fuir ou -crier si elle pouvait compter sur du secours. <i>Billuart</i>, -t. 13, p. 473.</p> - -<p>5<sup>o</sup> Celui qui se complaît <i>sans motif</i> dans les attouchements -des parties vénériennes commet un péché véniel -ou mortel, suivant le danger qu’il court de ne pas s’arrêter -là. En effet, le danger n’est pas le même pour tout -le monde ; chez beaucoup de personnes, les sens sont -ébranlés par les moindres attouchements qui les mettent -dans le danger prochain de pollution ; d’autres ont l’insensibilité -du bois et de la pierre. Ces derniers, donc, -ne sont point tenus à une aussi grande vigilance que -ceux qui sont plus portés aux actes vénériens.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>6<sup>o</sup> On ne doit pas regarder comme constituant des -péchés mortels les attouchements faits, en jouant ou -par légèreté, sur les parties honnêtes d’une autre personne, -soit du même sexe, soit de sexe différent, lorsqu’il -n’y a pas grave danger d’exciter les passions.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Mais au contraire, le jeune homme qui attire une -jeune fille sur ses genoux, l’y retient assise ou l’étreint -en l’embrassant, commet, du moins ordinairement, un -péché mortel, et on ne peut pas davantage excuser d’un -semblable péché la femme qui s’y prête volontiers.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>7<sup>o</sup> C’est un péché mortel, rentrant dans la catégorie -de la bestialité, de toucher, d’une manière lascive, les -parties génitales des animaux. C’est encore un péché -mortel de les manier par curiosité, par plaisanterie ou -légèreté, jusqu’à l’écoulement de la semence, non pas -à cause de la déperdition de la semence de la bête, mais -parce que cette action excite fortement les passions de -celui qui s’y livre. Voy. <i>S. Liguori, l. 3, n<sup>o</sup> 420</i>, <i>Collet</i>, -<i>Billuart</i> et beaucoup d’autres.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">§ III</p> - -<p class="c xsmall">DES REGARDS IMPUDIQUES</p> - -<p>L’expérience prouve que les regards influent moins -sur l’acte vénérien que les attouchements ; il est certain -cependant que ce sont très souvent des péchés mortels -ou véniels, suivant l’intention, le consentement ou le -danger qui en résulte.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Ne pèchent peut-être pas mortellement, même ceux -ou celles qui se regardent entre eux à l’état de nudité -et qui n’ont pas atteint l’âge de puberté, parce que de -pareilles passions n’existent pas encore chez eux. On -devrait autrement décider s’ils couraient un grave -danger.</p> - -<p>Pèche mortellement celui qui se complaît à regarder -ses propres parties pudiques, car il est presque impossible -que ces regards ne fassent pas naître chez lui des -mouvements lubriques. Il en serait autrement s’il les -regardait par pure curiosité, et surtout s’il y avait lieu -de présumer qu’il n’a pas couru un grave danger. Il n’y -aurait pas de péché si, tout danger de lubricité écarté -d’ailleurs, ces regards étaient nécessaires ou utiles.</p> - -<p>C’est un péché mortel de regarder complaisamment — <i lang="la" xml:lang="la">morosè</i> — les -seins nus d’une belle femme, à cause du -danger inséparable de ces regards.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Ce n’est pas un péché mortel de regarder, par simple -curiosité, les parties génitales des animaux ou d’assister -à leur coït ; car il n’en résulte pas, d’ordinaire, un grave -danger.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">§ IV</p> - -<p class="c xsmall">DE LA PARURE DES FEMMES</p> - -<p><i>S. Thomas, 22, q. 169, art. 2</i>, <i>Sylvius, t. 3, p. 871</i>, -<i>Pontas</i>, <i>Collet</i>, <i>Billuart</i>, <i>etc.</i>, donnent un traité spécial -sur la parure des femmes.</p> - -<p>Les soins du corps peuvent être étudiés sous un quadruple -point de vue :</p> - -<p>1<sup>o</sup> Le protéger contre les injures de l’air ;</p> - -<p>2<sup>o</sup> Couvrir les parties pudiques ;</p> - -<p>3<sup>o</sup> Conserver, selon la mode, la décence qui convient -à son état ;</p> - -<p>4<sup>o</sup> Augmenter sa beauté et plaire à autrui.</p> - -<p>Les premier et deuxième aspects de la question sont -nécessaires ; le troisième est convenable et licite, car il -est conforme à la raison que chacun conserve, selon la -mode, la décence qui convient à son état. Nous parlerons -donc de la parure considérée du quatrième point -de vue.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>C’est évidemment un péché mortel de prendre les -vêtements d’un autre sexe avec des intentions ou grave -danger de lubricité, ou lorsqu’il en résulte un grand -scandale. Il n’y a point de péché lorsqu’on les prend -par nécessité, par exemple, pour se cacher ou parce -qu’on n’en a pas d’autres, pourvu qu’il n’en résulte ni -scandale ni danger.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Ceux qui, dans les réunions publiques, portent des -vêtements étrangers et bizarres et des masques peuvent -rarement être excusés de péché mortel à cause de l’inconvenance, -du danger et du scandale qui en résultent. -Sont également coupables de péché mortel ceux qui -confectionnent ou vendent ces vêtements ou ces masques -pour servir uniquement à un pareil usage. Il n’en est -pas ainsi de ceux qui regardent les personnes masquées -et s’en amusent, à moins que sous un autre rapport, -comme clercs par exemple, ils ne donnent matière -à scandale.</p> - -<p>8<sup>o</sup> C’est un péché mortel, pour une femme, de se -découvrir les seins ou de les laisser voir sous une étoffe -trop transparente ; car c’est là une grave provocation à -la lubricité, dit Sylvius, <i>t. 3, p. 872</i>. Par contre, ce -n’est pas un péché mortel de découvrir un peu la gorge -en se conformant à la mode, lorsque c’est sans mauvaises -intentions et qu’il n’en résulte aucun danger ; -c’est la décision de <i>S. Antoine</i>, de <i>Sylvius</i>, de <i>S. Liguori, -l. 2, n<sup>o</sup> 55</i>, etc.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<h4>ARTICLE TROISIÈME<br /> -<span class="small">DES DISCOURS DÉSHONNÊTES, DES LIVRES OBSCÈNES, -DES DANSES OU DES BALS ET DES SPECTACLES</span></h4> - - -<p class="c">§ I</p> - -<p class="c xsmall">DES DISCOURS DÉSHONNÊTES</p> - -<p>Les discours déshonnêtes de leur nature ne sont pas -mauvais en soi comme le prouve l’exemple des médecins, -des théologiens, des confesseurs, etc., qui, sans -pécher, peuvent traiter les sujets honteux.</p> - -<p>Il y a péché mortel, au contraire, dans toute parole -obscène et dans de simples équivoques lancées dans un -but de lubricité ou de délectation charnelle volontaire, -ou bien faisant courir à soi-même ou aux autres un -grave danger de consentement. Bien plus, ces péchés -s’aggravent en raison du nombre de personnes qui -écoutent et auxquelles ils sont nuisibles. Cela est de -toute évidence, d’après ce que nous venons de dire.</p> - -<p>Ce serait, par conséquent, un péché mortel de parler -d’une manière gravement obscène, de prononcer le nom -des parties pudiques de l’autre sexe, de parler du coït -et des modes du coït, le ferait-on sans délectation, par -légèreté, pour exciter le rire : car ces propos sont de -nature à provoquer des mouvements lubriques, <i>surtout</i> -chez les personnes <i>non mariées</i> et encore jeunes, selon -ces paroles de <i>S. Paul</i> aux <i>Corinth.</i>, I, <i>Épit. 15</i>, 33 : <i>Les -mauvais discours corrompent les bonnes mœurs.</i></p> - -<p>Ce n’est pas un péché mortel de tenir des discours légèrement -obscènes et équivoques sous le frivole prétexte -du besoin de parler, ou de les tenir en plaisantant, -à moins que ceux qui les entendent ne soient assez faibles -pour en être scandalisés.</p> - -<p>Les entretiens sur des sujets voluptueux, dans des -lieux écartés, entre des personnes de sexe différent, surtout -s’ils se prolongent et se répètent souvent, sont très -dangereux et le signe du naufrage prochain de la chasteté ; -on doit donc les éviter avec soin quoiqu’on ne -puisse pas toujours les considérer comme des péchés -mortels.</p> - -<p>Les jeunes confesseurs doivent éviter, avec le plus -grand soin d’exciter une trop vive sensibilité chez les -jeunes filles ou les femmes et de s’en faire aimer.</p> - -<p>Nous conseillons surtout aux jeunes confesseurs de -ne jamais retenir les jeunes femmes auprès d’eux, de ne -pas les visiter, de ne pas parler familièrement avec elles, -et, à plus forte raison de ne pas les embrasser et de -ne pas les introduire dans leur chambre.</p> - - - - -<h3>SUPPLÉMENT AU TRAITÉ DU MARIAGE</h3> - - -<p>Il existe des questions nombreuses d’une grave importance -et sur lesquelles on est appelé à se prononcer -chaque jour, concernant le traité du mariage, et que la -prudence ne permet pas d’exposer dans un cours public -de théologie. Les prêtres qui sont à la veille d’être revêtus -des redoutables fonctions de directeur des âmes -ne devant pas ignorer ces questions, nous avons l’habitude -de les exposer et de les développer devant nos diacres. -On peut ramener ces questions à deux principales, -savoir :</p> - -<p>1<sup>o</sup> De l’empêchement par impuissance ;</p> - -<p>2<sup>o</sup> Du devoir conjugal.</p> - - - - -<h3>PREMIÈRE QUESTION<br /> -<span class="small">DE L’EMPÊCHEMENT PAR IMPUISSANCE</span></h3> - - -<p>L’essence du mariage est l’acte charnel consommé et -accompli — le <i>coït</i>. — Le mariage est consommé par l’écoulement -de la semence de l’homme, ou <i>sperme</i>, dans le -vase naturel de la femme — le vagin — ou par l’accouplement -de l’homme et de la femme, — le membre viril introduit -dans la matrice — de telle manière qu’ils ne forment -qu’une seule et même chair, selon ces paroles de la -Genèse : <i>Et ils seront deux dans une même chair.</i></p> - -<p>Toutes les fois que le membre viril devenu rigide a -pénétré dans le vagin, et que l’écoulement de la semence -de l’homme a eu lieu, le mariage est réputé consommé, -abstraction faite d’un écoulement analogue chez -la femme, chose que d’ailleurs on ne peut pas reconnaître -positivement et qui, d’après beaucoup de personnes, -n’est absolument nécessaire ni à la conception ni à l’accomplissement -de l’acte conjugal. L’impuissance n’est -donc pas autre chose que l’impossibilité de consommer -le mariage dans les conditions plus haut exposées.</p> - -<p>Par conséquent, ceux qui n’ont qu’un testicule ne -sont pas impuissants, car ils peuvent introduire leur -membre dans le vagin d’une femme et répandre la semence -prolifique. On ne doit pas non plus regarder -comme impuissants les vieillards même décrépits. On a -vu, en effet, des centenaires avoir des enfants de leur -commerce avec de très jeunes filles.</p> - -<p>Les femmes stériles ne sont pas, pour ce motif, impuissantes ; -car il peut arriver que l’introduction du -membre viril ait lieu et qu’elles reçoivent la semence de -l’homme sans la retenir ou que toute autre cause les -empêche de concevoir. Lorsque l’écoulement de la semence -a lieu dans le vase naturel, — c’est-à-dire dans -la matrice, — l’acte conjugal est accompli et l’impuissance -n’existe pas, quoique, par suite de circonstances -accidentelles, la conception n’ait pas lieu. Sont au contraire -réellement impuissants les vieillards trop faibles -pour introduire leur membre dans le vagin d’une femme, -ou tellement décrépits que, chez eux, l’éjaculation ne -puisse plus se manifester. Il en est de même de ceux -auxquels manquent les deux testicules ou qui, par accident, -ont eu les testicules broyés, parce qu’ils ne peuvent -produire la semence prolifique.</p> - -<p>On constate plusieurs espèces d’impuissance :</p> - -<p>L’impuissance naturelle est celle qui provient d’une -cause naturelle et intrinsèque ; chez l’homme, par -exemple, une froideur invincible qui s’oppose à une érection -suffisante, une trop grande surexcitation qui occasionne -l’écoulement de la semence avant que l’acte charnel -ait pu s’accomplir, ou bien l’absence de la verge ou -des testicules ; chez la femme, le rétrécissement des parties -génitales, qui s’oppose à l’introduction du membre -viril, ce qui se rencontre chez beaucoup de femmes.</p> - -<p>L’impuissance absolue est celle qui rend une personne -impuissante à l’égard de toute autre ; c’est le cas -d’un homme privé de ses deux testicules ou qui est d’un -tempérament absolument froid.</p> - -<p>L’impuissance relative diffère de l’impuissance absolue -en ce qu’elle se rapporte à telle ou telle personne et -non à la généralité ; une femme, par exemple, peut avoir -le vagin trop étroit pour le membre viril de son mari et -non pour celui d’un autre homme ; enfin, un homme peut -se trouver sous l’influence d’un maléfice ou éprouver de -la froideur pour une jeune fille et non pour une autre.</p> - -<p>L’impuissance perpétuelle est celle dont on ne guérit -pas avec le temps, pour laquelle se trouvent sans effet -les remèdes naturels et licites.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p><i>On demande</i> : Si un homme et une femme, bien instruits -de leur commune impuissance ou de celle de l’un -d’eux, peuvent contracter mariage avec l’intention de se -prêter un mutuel secours et de rester toujours dans la -chasteté.</p> - -<p><i>Réponse</i> : <i>Sanchez, l. 7. disp. 97, n<sup>o</sup> 13</i>, et beaucoup d’autres -théologiens qu’il cite affirment que le mariage est -licite dans ce cas, et ils appuient leur opinion des preuves -suivantes : ceux qui ont contracté mariage, quoique -atteints d’une pareille infirmité, peuvent habiter ensemble -comme frère et sœur, en évitant le danger de -tomber dans le péché ; si donc ils pensent raisonnablement -que ce danger n’est pas à craindre, ils peuvent s’épouser -en vue de s’aider mutuellement, malgré la connaissance -qu’ils ont de leur impuissance. C’est ainsi que -la bienheureuse Vierge et S. Joseph contractèrent un -vrai mariage avec l’intention formelle de se conserver -chastes et de ne pas user du coït.</p> - -<p><i>On demande</i> : Ce que doit faire une femme qui sait positivement -que son mari est impuissant et qui a un enfant -des œuvres d’un autre homme, lorsque son mari, -qui se croit le père de cet enfant, veut user de ses -droits conjugaux.</p> - -<p><i>Réponse</i> : Il faut d’abord s’assurer si la femme ne considère -pas comme certaine une impuissance qui est tout au -plus douteuse ; mais en supposant que l’impuissance soit -certaine, elle ne doit autoriser aucune licence, devrait-elle -s’exposer à de grands désagréments en repoussant son -mari, car elle ferait des actes intrinsèquement mauvais ; -dans cette fâcheuse hypothèse, elle doit s’y prendre de -son mieux pour persuader à son mari qu’il doit, dorénavant, -vivre dans la continence sous prétexte, par -exemple, qu’il est vieux ou qu’un seul enfant suffit à leur -bonheur, et en affirmant qu’elle a en horreur l’acte conjugal, -etc. Si un jour le mari vient à partager cette -manière de voir, elle pourra lui parler en ces termes : -<i>Afin de ne pas succomber à la tentation et pour ne pas -être détournés de notre résolution, faisons ensemble vœu -de continence perpétuelle.</i> Si le mari consent à faire ce -vœu, la femme pourra se considérer comme étant à l’abri -de nouvelles sollicitations ; elle pourra repousser ses -caresses, s’il voulait encore user des licences conjugales, -et cela sans donner lieu à aucun soupçon de sa part ; -elle donnera pour prétexte à ses refus leur double vœu. -La femme ne doit pas oublier qu’elle est tenue de réparer -le préjudice qu’elle a causé à son mari ou à ses héritiers, -en introduisant un bâtard dans la famille, ainsi -que nous l’avons dit dans le traité de la restitution.</p> - -<p><i>On demande</i> : quelle est la conduite à tenir lorsqu’on ne -sait pas d’une manière positive si l’impuissance est temporaire -ou si elle est perpétuelle.</p> - -<p><i>Réponse</i> : Il s’agit de l’impuissance naturelle et intrinsèque -ou bien de l’impuissance par maléfices. Dans le -premier cas, à moins qu’il ne s’agisse d’un défaut de -conformation ou de l’absence d’une partie essentielle -des organes de la génération, il appartient uniquement -aux médecins de se prononcer sur la nature et la durée -de cette impuissance, dont les signes principaux sont -chez l’homme :</p> - -<p>1<sup>o</sup> La difformité des parties génitales, de la verge, -par exemple son volume trop grand ou trop petit ;</p> - -<p>2<sup>o</sup> Une insensibilité absolue mettant empêchement à -l’écoulement de la semence prolifique ;</p> - -<p>3<sup>o</sup> Une aversion naturelle pour tout commerce charnel -et pour tout acte vénérien ;</p> - -<p>4<sup>o</sup> Une mauvaise conformation des testicules.</p> - -<p>Cette impuissance se reconnaît chez la femme :</p> - -<p>1<sup>o</sup> Lorsque l’utérus ou vagin est trop étroit ou complètement -fermé ;</p> - -<p>2<sup>o</sup> Lorsqu’il est mal placé ou que la matrice se trouve -dans une position anormale.</p> - -<p>Les canonistes, et surtout les évêques, ont à se prononcer -sur l’impuissance qui provient des maléfices et -qu’on reconnaît à certains indices :</p> - -<p>1<sup>o</sup> Lorsque la femme, qui d’ailleurs aime son mari, ne -peut supporter son approche croyant qu’il ne pourra pas -se livrer avec elle à l’acte conjugal ;</p> - -<p>2<sup>o</sup> Lorsque deux époux, au moment de se livrer au -coït, sont subitement pris d’une haine violente l’un pour -l’autre, quoiqu’ils s’aiment d’ailleurs ;</p> - -<p>3<sup>o</sup> Lorsqu’un mari, qui n’est pas impuissant avec les -autres femmes, ne peut accomplir le coït avec la sienne, -quoiqu’elle n’ait pas le vagin trop étroit et qu’elle n’oppose -pas de résistance à l’accomplissement de l’acte conjugal.</p> - -<p>Quoi qu’en disent certaines personnes dont <i>l’opinion</i> — suivant -St Thomas, <i>Suppl., q. 58, art. 2</i> — <i>a sa source -dans l’infidélité ou l’incrédulité</i>, il est certain que l’impuissance -peut provenir d’un maléfice. C’est ce que supposent -de nombreux conciles et presque tous les rituels, -et c’est ce que reconnaissent tous les théologiens.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p><i>On demande</i> : Quelles sont les précautions dont le -confesseur doit user à l’égard des époux et quels sont -les conseils qu’il doit leur donner.</p> - -<p>Il doit examiner avec une extrême attention si l’impuissance, -qu’on attribue à une cause naturelle, ne provient -pas d’un excès de passion ou d’autres causes dont -on peut prévenir les effets ; car alors il faudrait employer -des remèdes naturels pour combattre l’impuissance ; -les médecins indiquent et prescrivent certains -remèdes pour cet objet. Il existe plusieurs causes -naturelles qui éloignent l’homme du coït et qu’on peut -faire disparaître avec ou sans le secours des médecins, -par exemple la difformité de la femme, son haleine -puante, la négligence dans ses vêtements et sa toilette, -le dégoût qu’elle inspire à son mari, le mépris dont elle -est l’objet, etc. En effet, la beauté et les autres qualités -qui rendent une femme aimable sont des excitants très -puissants pour l’accomplissement de l’acte conjugal. -Dans ce cas, un confesseur prudent doit surtout leur -conseiller d’agir, avec bonne foi et des intentions pures, -sans passions désordonnées, sans haine, sans tiédeur, en -écartant tout sentiment d’inimitié ou de dégoût ; il doit -les engager à se prêter aux positions les plus propices -pour accomplir l’acte charnel ; il doit conseiller à la -femme de prendre plus de soin de sa toilette, de se -montrer aimable pour son mari, de chercher à exciter -ses sens par des caresses et par des parures licites, -enfin de s’ingénier à trouver les moyens, suivant les -paroles de l’apôtre lui-même, <i>de plaire à son mari</i>.</p> - -<p><i>On demande</i> : Si une femme, qui est impuissante parce -qu’elle a le vagin trop étroit, est tenue de consentir à ce -qu’on fasse une incision à la matrice lorsque les médecins -déclarent que cette opération la mettra en état -d’accomplir l’acte conjugal.</p> - -<p>Tous les théologiens déclarent que la femme n’est pas -obligée de se soumettre à cette opération, lorsqu’il doit -en résulter un gros danger pour sa vie.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p><i>On demande</i> : Si le mariage est valide lorsque la femme, -affligée d’un rétrécissement, a été, par son commerce -avec un autre homme, rendue capable de se livrer à -l’acte conjugal.</p> - -<p><i>Réponse</i> : L’opinion la plus ordinaire est que le -mariage est valide, car on doit juger alors que l’impuissance -n’était pas permanente ; cependant, si la femme -avait le vagin tellement étroit à l’égard de son mari que -ce dernier n’eût jamais pu la connaître en usant des -moyens naturels et licites, l’impuissance devrait, dans -ce cas, être considérée comme respectivement permanente ; -dans cette hypothèse, le mariage serait nul : or, -il est évident que la femme ne doit pas faire disparaître -ce cas de nullité, par son commerce avec un autre -homme ; mais les époux peuvent contracter, devant -l’Église, un nouveau mariage d’un consentement mutuel, -après que la femme a été rendue capable de se -livrer à l’acte conjugal avec son mari, à la suite de fornications -avec un autre homme.</p> - -<p><i>On demande</i> : Si on peut abandonner à leur bonne -foi des époux atteints d’une impuissance permanente, -qui ignorent la nullité de leur mariage et qui, après -trois ans passés, essaient encore et sans succès, d’accomplir -l’acte conjugal.</p> - -<p>S’il était établi qu’ils sont dans la bonne foi et qu’un -avertissement resterait sans effet, il serait peut-être -convenable de les laisser dans l’ignorance ; car dans ce -cas on tolérerait un moindre mal, c’est-à-dire un péché -matériel pour en éviter un plus grand, c’est-à-dire un -péché formel. Il paraît peu probable que deux époux -croient toujours de bonne foi qu’il leur est permis de -tenter un acte qu’ils n’accomplissent jamais et qu’ils ne -peuvent pas accomplir. Mais il peut arriver que l’ignorance -dans laquelle ils sont à cet égard devienne une -excuse, sinon de tout péché, du moins du péché mortel. -C’est pourquoi nous pensons qu’on doit les avertir et -les détourner du péché ; mais il est ordinairement plus -prudent de leur laisser ignorer la gravité du péché.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<div class="chapter"></div> - -<h3>SECONDE QUESTION<br /> -<span class="small">DU DEVOIR CONJUGAL</span></h3> - - -<p>Nous divisons cette seconde question en trois chapitres : -Le premier traitera du devoir conjugal demandé -et rendu ;</p> - -<p>Le deuxième, de l’usage du mariage ;</p> - -<p>Le troisième, de la conduite des confesseurs à l’égard -des personnes mariées.</p> - - -<h4>CHAPITRE PREMIER<br /> -<span class="small">DU DEVOIR CONJUGAL DEMANDÉ ET RENDU</span></h4> - -<p>Nous diviserons le présent chapitre en trois articles :</p> - -<p>Dans le premier nous traiterons de l’acte conjugal -considéré en soi ;</p> - -<p>Dans le second, du devoir conjugal demandé ;</p> - -<p>Et dans le troisième, du devoir conjugal rendu.</p> - - -<p class="c">ARTICLE PREMIER<br /> -<span class="small">DE L’ACTE CONJUGAL CONSIDÉRÉ EN SOI</span></p> - -<p>Nous avons prouvé, dans le traité du mariage, contre -plusieurs hérétiques, que le mariage considéré en -soi était bon et honnête.</p> - -<p>Donc, si on rencontre quelque difficulté dans la matière, -c’est au sujet du coït pratiqué uniquement par -passion ou pour prévenir l’incontinence.</p> - - -<p class="c">§ I<br /> -<span class="xsmall">DU COIT PRATIQUÉ UNIQUEMENT PAR PASSION</span></p> - -<p>C’est un péché de se livrer à l’acte conjugal dans le -seul but de se procurer du plaisir, mais le péché est -seulement véniel. La preuve que le coït entre époux -constitue un péché résulte : 1<sup>o</sup> De l’autorité d’Innocent -XI, qui condamna, en 1679, la proposition suivante, -qui avait pour objet de le déclarer licite : <i>L’acte -conjugal pratiqué pour le seul plaisir qu’il procure est -exempt de tout péché, même véniel.</i></p> - - -<p class="c">§ II<br /> -<span class="xsmall">DE L’ACTE CONJUGAL PRATIQUÉ DANS LE BUT -DE PRÉVENIR L’INCONTINENCE</span></p> - -<p><i>On demande</i> : Si c’est un péché de demander le devoir -conjugal dans le seul but de prévenir l’incontinence et -quelle espèce de péché a été commis. Les théologiens -sont divisés : beaucoup d’entre eux, prétendent qu’il n’y -a pas de péché dans le coït entre époux.</p> - -<p>Mais beaucoup d’autres prétendent que c’est un péché -véniel de se livrer à l’acte conjugal pour éviter l’incontinence.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p><i>On demande</i> : S’il est permis d’user du mariage par -motif de santé.</p> - -<p><i>Réponse</i> : Il est certain qu’il n’est permis ni de -contracter mariage ni d’en user uniquement dans le but -de conserver ou de recouvrer la santé ; car une semblable -fin est étrangère au mariage : on commettrait -donc un péché véniel en pratiquant l’acte conjugal pour -cette raison-là, car il serait dépourvu d’un but légitime. -C’est l’opinion de <i>S. Thomas, Suppl., q. 94, art. 5, sur -la 4<sup>e</sup></i>, et celle des théologiens en général. Mais il n’y a -pas de péché à contracter mariage et à user de l’acte -conjugal en se proposant le soulagement de la nature et -la conservation de la santé.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">ARTICLE DEUXIÈME<br /> -<span class="small">DE LA DEMANDE DU DEVOIR</span></p> - -<p>Les époux ne sont pas tenus de demander le devoir -conjugal pour eux-mêmes ; car personne n’est tenu d’user -de son droit. Ils y sont cependant quelquefois tenus -d’une manière accidentelle, savoir :</p> - -<p>1<sup>o</sup> Lorsqu’il est nécessaire d’avoir des enfants pour -prévenir de graves préjudices que pourraient en éprouver -la religion ou la république ; c’est de toute évidence.</p> - -<p>2<sup>o</sup> Si l’un des époux, l’épouse principalement, fait -connaître à certains signes le désir d’user du remède -que la pudeur l’empêche de demander, l’autre époux -doit prévenir le désir, et c’est plutôt, dans ce cas, rendre -le devoir implicitement demandé que le demander réellement.</p> - -<p>Mais il existe des cas nombreux dans lesquels il n’est -pas permis de demander le devoir, sous peine de péché -mortel ou véniel : nous allons traiter cette matière dans -un double paragraphe.</p> - - -<p class="c">§ I<br /> -<span class="xsmall">DE CEUX QUI PÈCHENT MORTELLEMENT EN EXIGEANT -LE DEVOIR CONJUGAL</span></p> - -<p>L’époux pèche mortellement en exigeant le devoir -conjugal dans les cas suivants :</p> - -<p>1<sup>o</sup> S’il a fait vœu de chasteté avant ou après le mariage : -car il est tenu, par la force même de son vœu, -de s’abstenir de tout acte vénérien qui ne lui est pas -commandé par un juste motif. C’est ainsi établi par les -<i>Décrétales, l. 3, tit. 32, c. 12</i>. Mais il est tenu de rendre -le devoir lorsque son conjoint le demande ; en effet, ou il -a fait son vœu après avoir contracté mariage et alors il -n’a pu aliéner les droits de son conjoint ; ou le vœu est -antérieur au mariage, et il a commis un grave péché en -se mariant, mais il n’a pas moins donné à son conjoint -ce qu’il avait promis à Dieu, et l’époux qui n’avait pas -connaissance de ce vœu a acquis ses droits conjugaux ; -il peut donc user de ses droits sans que l’autre époux -puisse opposer des refus. C’est l’opinion de tous les -théologiens.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>2<sup>o</sup> L’époux qui aurait un commerce charnel, naturel -et complet avec une personne parente de son conjoint, -par consanguinité, au premier ou au second degré, perdrait -le droit de demander le devoir conjugal et commettrait -un péché mortel en l’exigeant ; car il aurait -établi l’affinité entre lui et son conjoint ; on appelle -cette affinité empêchement survenant à un mariage contracté -d’une manière valide.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Celui qui sait d’une manière certaine que son mariage -est nul, pour cause d’un empêchement d’affinité provenant -d’un commerce illicite, par exemple, ne peut demander -ni rendre le devoir conjugal sous quelque prétexte -que ce soit, car il commettrait positivement un -péché de fornication : la raison l’indique clairement, et -les <i>Décrétales, l. 5, tit. 39, chap. 44</i>, sont très explicites -sur ce point.</p> - -<p>Mais s’il a contracté mariage en doutant de sa validité, -ou si, l’ayant contracté, il doute de cette même -validité, il doit rejeter ces doutes comme des scrupules, -et il peut demander le devoir conjugal, s’il vient à -s’apercevoir que ces doutes ne sont fondés sur aucune -raison.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">§ II<br /> -<span class="xsmall">DE CEUX QUI PÈCHENT VÉNIELLEMENT EN EXIGEANT -LE DEVOIR CONJUGAL</span></p> - -<p>1. Quelques théologiens, dont <i>saint Liguori, l. 6, -n<sup>o</sup> 915</i>, cite l’autorité, prétendent, après <i>saint Thomas</i>, -que c’est un péché mortel de pratiquer le coït avec sa -femme pendant le temps des menstrues, c’est-à-dire de -l’écoulement du sang qui se produit ordinairement -chaque mois chez les femmes capables de devenir enceintes, -à cause du préjudice causé à l’espèce, et de la -défense divine portée dans le Lévitique, 20, 18 ; mais -d’autres enseignent plus ordinairement que c’est bien là -un péché à cause de l’indécence qui en résulte ; ils accordent -qu’il n’est que véniel, car le coït pratiqué à l’époque -des menstrues ne nuit nullement ou du moins nuit bien -peu à la propagation de l’espèce.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>C’est pour cela que si l’écoulement, qui ne dure pas -ordinairement au delà de deux ou trois jours, était de -trop longue durée et presque continuel, comme cela -arrive quelquefois, le mari pourrait, sans pécher, demander -le devoir conjugal, car il serait très désagréable -pour lui de toujours s’abstenir du coït.</p> - -<p>Selon l’opinion générale, la femme qui rend le devoir -conjugal pendant le temps du flux ordinaire ne commet -pas de péché ; bien plus, elle est tenue de le rendre si -son mari n’adhère pas à des observations faites avec -douceur, à moins qu’il ne dût en résulter un grave préjudice -pour sa santé, comme cela arrive d’ordinaire -lorsque le flux est abondant.</p> - -<p>Ce qui vient d’être dit du temps des menstrues s’applique -également au temps de la grossesse et du flux de -l’enfantement. Voy. <i>saint Liguori, l. 6</i>.</p> - -<p class="ugap">2. Ce n’est pas un péché mortel de demander le devoir -conjugal pendant le temps de la grossesse, pourvu qu’il -n’y ait pas danger d’avortement ; c’est l’opinion très -ordinaire des théologiens, et c’est la conséquence de ce -que nous avons dit au sujet de la demande du devoir -ayant pour but d’éviter l’incontinence. Comme le fœtus -humain se trouve tellement enveloppé dans la matrice -que la semence de l’homme ne peut le toucher, on ne -peut pas facilement présumer le danger d’avortement, -et on ne doit pas tracasser les pénitents sur ce point par -des interrogations importunes.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>3. Saint Charles conseille aux personnes mariées de -s’abstenir, d’un consentement mutuel, de l’acte conjugal -les jours de fêtes solennelles, les jours de dimanche, -les jours de jeûne et les jours où ils ont reçu ou doivent -recevoir la sainte Eucharistie : c’est conforme aux statuts -de plusieurs rituels et, en particulier, de celui du -Mans, p. 140. Plusieurs théologiens, cités par <i>Sanchez</i> -et <i>saint Liguori</i>, pensent que la demande de devoir pendant -les jours dont nous venons de parler, et principalement -celui où on doit recevoir la sainte Eucharistie, -n’est pas exempte de péché mortel, à moins qu’elle ne -soit excusée par des motifs raisonnables comme une -tentation grave ; car le plaisir charnel distrait notablement -l’âme des choses spirituelles dont on doit s’occuper -dans ces jours-là.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Tous les théologiens disent avec saint François de -Sales, — <i>Introduction à la vie dévote, 2<sup>e</sup> partie, chap. 20</i>, — que -la femme qui, le jour où elle a reçu ou doit recevoir -la sainte Eucharistie, rend le devoir que demande -son mari, ne commet pas de péché ; bien plus, qu’elle -est tenue de le rendre si son époux ne veut pas céder à -ses prières.</p> - -<p>A cette occasion, les théologiens se demandent si celui -qui a éprouvé la pollution pendant le sommeil peut recevoir -la sainte Eucharistie. Ils répondent avec saint Grégoire -le Grand, dans sa lettre au sublime Augustin, -apôtre de la Grande-Bretagne, rapportée dans le Décret, -<i>part. 1<sup>re</sup>, dist. 6, chap. 1</i>, en faisant la distinction suivante : -Ou cette pollution provient d’un excès de force -ou de la faiblesse, et, dans ce cas, il n’y a pas le moindre -péché ; ou bien elle provient de certains excès dans -l’usage des aliments, et c’est alors un péché véniel ; elle -peut encore être le résultat des pensées qui l’ont précédée, -et elle peut, dans ce cas, constituer un péché mortel. -Dans le premier cas, on ne doit éprouver aucun -scrupule ; dans le second, elle n’empêche pas de recevoir -le sacrement ou de célébrer les saints mystères si -on y est engagé par quelque motif d’excuse, comme la -circonstance d’un jour de fête ou de dimanche ; mais -dans la troisième, nous dit saint Augustin, <i>on doit s’abstenir -de participer ce jour-là au saint mystère à cause -d’une telle pollution</i>.</p> - - -<p class="c">ARTICLE TROISIÈME<br /> -<span class="small">DE L’OBLIGATION DE RENDRE LE DEVOIR CONJUGAL</span></p> - -<p>Nous avons à parler :</p> - -<p>1<sup>o</sup> De l’obligation de rendre le devoir conjugal ;</p> - -<p>2<sup>o</sup> Des raisons qui dispensent de le rendre ;</p> - -<p>3<sup>o</sup> De ceux qui pèchent mortellement en le rendant ;</p> - -<p>4<sup>o</sup> De ceux qui commettent le péché d’Onan ;</p> - -<p>5<sup>o</sup> De ceux qui pèchent véniellement en rendant le -devoir.</p> - - -<p class="c">§ I<br /> -<span class="xsmall">DE L’OBLIGATION DE RENDRE LE DEVOIR CONJUGAL</span></p> - -<p>L’Écriture sainte et la raison imposent à chacun des -époux la stricte obligation de rendre le devoir conjugal -à l’autre lorsque la demande lui en est faite d’une manière -<i>expresse ou tacite</i> :</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>D’où il résulte : 1<sup>o</sup> que c’est un péché mortel de refuser, -même une fois, sans motif légitime, de rendre le -devoir à l’époux qui le demande avec raison et instance ; -mais si celui qui le demande acceptait facilement les -motifs de refus et qu’il n’en résultât point de danger -d’incontinence, il n’y aurait nul péché, ou, du moins, le -péché ne serait pas mortel, à refuser une fois et même -deux fois de se prêter aux désirs de son conjoint.</p> - -<p class="ugap">2<sup>o</sup> L’un des époux ne peut pas, lorsque l’autre s’y -oppose, faire une longue absence à moins d’absolue nécessité ; -car une pareille absence équivaudrait au refus -de rendre le devoir conjugal et la justice en serait gravement -blessée.</p> - - -<p class="c">§ II<br /> -<span class="xsmall">DES RAISONS QUI DISPENSENT DE RENDRE LE DEVOIR CONJUGAL</span></p> - -<p>De même qu’un motif légitime dispense quelquefois -de la restitution, une raison légitime dispense aussi de -rendre le devoir conjugal. On compte plusieurs de ces -raisons, savoir :</p> - -<p>1. Si l’époux qui demande le devoir n’est pas en possession -de lui-même : si, par exemple, il est dans la démence -ou s’il est ivre, il n’y a pas d’obligation pour le -conjoint de lui rendre le devoir, car ce serait céder à la -demande d’une brute. Cependant, si l’homme qui demande, -étant dans cet état, est capable de consommer -l’acte conjugal, la femme doit se rendre à ses désirs ; -bien plus, elle est tenue de le faire si elle a des raisons -de craindre qu’ayant repoussé son mari, celui-ci ne -tombe dans l’incontinence ou ne se livre à d’autres -femmes.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>2. Celui qui ne peut rendre le devoir conjugal sans -grave danger pour sa santé en est dispensé ; car il est -préférable d’exister et d’être bien portant que de rendre -le devoir. Il faut en dire de même lorsqu’il y a grave -danger de nuire à la propagation de l’espèce.</p> - -<p>Par conséquent : 1<sup>o</sup> il n’y a pas d’obligation de rendre -le devoir à un mari atteint d’une maladie contagieuse, -comme une maladie vénérienne, la peste, la lèpre, etc. -Cependant, Alexandre III dit qu’il faut rendre le devoir -à un lépreux, mais <i>Sanchez, l. 9, disp. 24, n<sup>o</sup> 17</i>, <i>saint -Liguori, l. 6, n<sup>o</sup> 930</i>, et beaucoup d’autres qu’ils citent, -enseignent que cela s’entend ainsi pour le cas où, en -rendant le devoir, on ne se mettrait pas dans le danger -de contracter la lèpre ; car il répugne d’admettre qu’un -époux soit tenu de s’exposer à un pareil danger.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>3. L’époux n’est pas tenu de rendre le devoir à celui -qui a perdu le droit de le demander en commettant un -adultère ; car on ne doit plus fidélité à celui qui a violé -ses promesses : mais s’il était lui-même coupable d’adultère, -il ne pourrait pas refuser le devoir, car les injures -se trouveraient compensées.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>4. On n’est pas tenu de rendre le devoir conjugal à -celui qui le demande trop fréquemment, plusieurs fois -dans la même nuit, par exemple ; car l’abus est contraire -à la raison et peut modifier d’une manière fâcheuse -l’état de santé de l’un et de l’autre conjoint. La femme -doit cependant, autant que la chose est en son pouvoir, -dit <i>Sanchez, l. 9, disp. 2, n<sup>o</sup> 12</i>, se prêter aux désirs -libidineux de son mari, lorsqu’il éprouve de violents -aiguillons de la chair.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>5. La femme n’est pas tenue de rendre le devoir conjugal -pendant le flux de ses menstrues ou celui qui -accompagne ses couches, à moins qu’elle n’ait quelque -motif de craindre que son mari tombe dans l’incontinence ; -si cependant elle ne peut, par ses prières, le détourner -de l’acte conjugal, elle doit rendre le devoir, car -il y a toujours à craindre le danger d’incontinence, les -disputes ou autres désagréments. C’est l’opinion de -<i>saint Bonaventure</i> et de beaucoup d’autres que cite <i>Sanchez, -l. 9, disp. 21, n<sup>o</sup> 16</i>.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>6. Il n’est pas permis de refuser le devoir conjugal -dans la crainte d’avoir un trop grand nombre d’enfants. -Cependant, pour le cas où les parents n’auraient pas les -moyens de nourrir selon leur condition une famille trop -nombreuse, <i>Sanchez, l. 19, disp. 25, n<sup>o</sup> 3</i>, et plusieurs -autres théologiens pensent qu’il serait permis de refuser -le devoir, pourvu qu’il n’y eût pas danger d’incontinence.</p> - - -<p class="c">§ III<br /> -<span class="xsmall">DE CEUX QUI PÈCHENT MORTELLEMENT EN RENDANT LE DEVOIR -CONJUGAL</span></p> - -<p>I. Si l’époux qui réclame de son conjoint le devoir -commettait un péché mortel en le demandant au milieu -de circonstances extraordinaires tenant à l’acte lui-même, -par exemple, en le demandant dans un lieu -public ou sacré, ou avec grave danger d’avortement, ou -au détriment de sa propre santé ou de celle de son -époux, ou au risque évident de répandre la semence -hors du vase naturel, alors qu’il aurait pu pratiquer le -coït d’une autre manière, il est certain que celui qui -rendrait le devoir dans ces circonstances pécherait aussi -mortellement ; car il participerait à ce crime et en revêtirait -la malice.</p> - -<p class="ugap" id="decrepit">II. Si l’homme était tellement décrépit ou débile qu’il -ne pût pas accomplir l’acte charnel et qu’il n’eût pas -espoir de l’accomplir, il pécherait mortellement en exigeant -le devoir conjugal, car il ferait un acte contraire -à la nature, et, par la même raison, la femme pécherait -mortellement en le demandant. Mais si l’homme accomplissait -de temps en temps l’acte charnel, quoiqu’il lui -arrivât souvent de ne pas pouvoir l’accomplir, la femme -pourrait rendre le devoir et même serait tenue de le -rendre, car dans le doute d’un bon résultat le mari ne -pourrait pas se priver de son droit : le mari lui-même, -dans ce cas, fait un acte licite en demandant le devoir -lorsqu’il a quelque raison d’espérer qu’il arrivera à consommer -l’acte charnel ; et s’il répand la semence hors -du vase naturel, cet accident ne peut pas lui être imputé -à péché. Mais il doit certainement s’abstenir lorsqu’il -n’y a pas espoir d’arriver à l’accomplissement de cet -acte, l’éjaculation. Voy. <i>Sanchez, l. 19, disp. 17, n<sup>o</sup> 24</i>, -<i>S. Liguori, l. 6, n<sup>o</sup> 954, d. 2</i>, et beaucoup d’autres théologiens -dont ils rapportent l’autorité.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">§ IV<br /> -<span class="xsmall">DE CEUX QUI COMMETTENT LE PÉCHÉ D’ONAN</span></p> - -<p>Ce péché a lieu lorsque l’homme retire son membre -après l’avoir fait pénétrer dans le vagin afin de répandre -sa semence hors du vase naturel de la femme et dans le -but d’empêcher la génération. Il tire son nom d’<i>Onan</i>, -second fils du patriarche Judas, qui fut forcé d’épouser -Thamar, veuve de son frère Her, mort sans postérité, -afin de perpétuer la race de son frère : <i>Onan sachant -que les enfants qui naîtraient de la femme de son frère -ne seraient pas considérés comme étant les siens, répandait -la semence par terre pour ne pas donner naissance à -des enfants qui porteraient le nom de son frère.</i> (<i>Gen.</i> -38, 9.)</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Il est certain : 1<sup>o</sup> que l’homme qui agit ainsi, quelle -que soit la raison de sa conduite, pèche mortellement, -à moins que sa bonne foi ne l’excuse ; il ne peut être -absous à moins qu’il ne se repente de sa faute et qu’il -ne prenne la ferme résolution de ne plus tomber dans -le péché : car il est évident qu’il a commis une énormité -contre le but du mariage ; <i>c’est pourquoi Dieu l’a -frappé (Onan), parce qu’il avait commis une action détestable</i>.</p> - -<p>Il est certain : 2<sup>o</sup> par la même raison, que la femme -qui engage le mari à agir ainsi ou qui consent à cette -action détestable, ou, à plus forte raison, qui fait sortir -de son vagin le membre viril contre le gré de son mari, -avant que l’écoulement de la semence ait eu lieu, commet -un péché mortel et est tout à fait indigne de l’absolution. -Les femmes, très souvent, en accomplissant -l’acte charnel, au moment de l’éjaculation, font sortir le -membre viril du vagin, ou se prêtent complaisamment -à la même manœuvre de la part de l’homme, pour éviter -d’être engrossées.</p> - -<p>Il est certain : 3<sup>o</sup> que la femme, ordinairement du -moins, est tenue d’avertir son mari, et de le détourner, -selon son pouvoir, de cette action perverse ; la charité -l’y oblige.</p> - -<p>Il est certain : 4<sup>o</sup> que la femme peut et doit rendre le -devoir conjugal si, averti par elle, le mari promet de -compléter l’acte par l’éjaculation dans la matrice, et s’il -est fidèle à sa promesse au moins quelques fois ; car sur -le doute de l’abus qu’il peut faire de son droit, elle ne -peut pas se refuser au coït ; mais c’est aussi son devoir -de réprimander son mari quand celui-ci retire le membre -viril du vagin avant l’éjaculation ; si elle ne protestait -pas contre cette action, elle commettrait un péché -mortel.</p> - -<p>La difficulté consiste donc maintenant à décider si, -en sûreté de conscience, elle peut rendre le devoir conjugal -lorsqu’elle sait, d’une manière certaine, que son -mari retirera son membre du vagin avant l’éjaculation, -lorsqu’elle ne peut douter que ses prières ni ses avertissements -ne parviendront pas à le détourner de sa -résolution.</p> - -<p>Beaucoup de théologiens prétendent que, dans ce cas, -la femme doit se refuser à rendre le devoir, même pour -éviter la mort dont elle serait menacée :</p> - -<p>1<sup>o</sup> Parce que le mari, en retirant son membre du -vagin, commet une action essentiellement mauvaise, et -que la femme participerait à sa malice en se rendant à -sa demande ;</p> - -<p>2<sup>o</sup> Parce que l’homme, dans l’hypothèse, ne demande -pas l’acte conjugal, mais réclame de sa femme ses complaisances -pour introduire le membre viril dans les parties -sexuelles et pour s’exciter à la pollution ;</p> - -<p>3<sup>o</sup> Parce que si le mari exigeait de sa femme sa participation -à un acte sodomique, celle-ci ne pourrait y -consentir pour aucun motif, même pour éviter la mort : -or, dans le cas supposé, la demande du mari se réduit -à l’acte sodomique, puisque le parfait accomplissement -de l’acte conjugal en est exclu. Voy. <i>Habert, t. 7, p. 745</i>, -<i>Collator</i>, de Paris, <i>t. 4, p. 348</i>, plusieurs docteurs de la -Sorbonne cités par <i>Collet, t. 16, p. 244</i> ; <i>Collator Andeg., -sur les États, t. 3</i>, dernière partie ; <i>Bailly</i>, <i>etc.</i></p> - -<p>Beaucoup d’autres enseignent que la femme qui -acquiesce à la demande de son mari, et qui se prête à -l’acte conjugal dans la position ordinaire, est exempte -de tout péché, si elle désapprouve entièrement la conduite -de son mari, car elle fait une chose licite et use -d’un droit qui lui appartient.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>La femme ne pèche pas, dans ces circonstances, en -rendant le devoir conjugal, pourvu qu’elle soit excusée par -de graves raisons ; or les raisons sont réputées graves :</p> - -<p>1<sup>o</sup> Lorsqu’elle doit craindre la mort, des coups ou -des injures grossières ; la réponse de la sacrée congrégation -de la Pénitence, et la raison indiquant clairement -qu’il doit en être ainsi.</p> - -<p>2<sup>o</sup> Lorsque la femme a lieu de craindre que son mari -n’introduise une concubine sous le toit conjugal et ne -vive maritalement avec elle ; car il n’y a pas de femme -sensée qui ne préfère supporter toute espèce de sévices -plutôt que d’assister, dans sa propre maison, à un commerce -aussi injurieux pour elle.</p> - -<p>3<sup>o</sup> Le mari n’entretiendrait-il pas une concubine sous -le toit conjugal, s’il était à craindre qu’il n’entretînt -ailleurs des relations avec une femme, ou qu’il ne fréquentât -des courtisanes, il nous paraît que l’épouse -aurait des motifs d’excuse légitime, quoique la sacrée -congrégation de la Pénitence n’ait pas répondu sur ce -point ; car une pareille conduite de la part du mari -occasionnerait à celle-ci de graves désagréments, tels -que disputes, dissensions, dissipation du bien commun, -scandales, etc.</p> - -<p>4<sup>o</sup> Il faut remarquer, cependant, que la gravité de -ces désagréments doit être appréciée selon les circonstances -de personnes.</p> - -<p>Ce qui est réputé léger à l’égard d’une femme peut -être très grave à l’égard d’une autre ; ainsi les rixes -passagères, les dissensions, et même les coups, ont peu -d’importance dans les familles de paysans ; mais cette -nature de sévices serait intolérable pour une femme -timide, ayant une certaine éducation et habituée aux -bonnes manières d’une société raffinée.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>5<sup>o</sup> La femme peut également rendre le devoir conjugal -quand elle sait, d’une manière certaine, que son mari, -irrité par son refus, blasphémera contre Dieu et contre -la religion, qu’il proférera des injures contre son confesseur -et les prêtres en général, et qu’il prononcera des -paroles scandaleuses devant ses domestiques et ses -enfants ; car en voulant prévenir un péché elle serait -cause qu’il en serait commis d’autres aussi graves ou -même plus graves : elle n’aboutirait donc à aucun -résultat favorable par sa résistance, et elle s’attirerait -inutilement de graves désagréments.</p> - -<p>6<sup>o</sup> La crainte du divorce, de la séparation, de la honte -ou d’un scandale grave serait, à plus forte raison, suffisante -pour se rendre aux désirs de son mari.</p> - -<p>7<sup>o</sup> Il n’est pas nécessaire que la femme persiste dans -son refus de se prêter au coït jusqu’à ce qu’elle ait -éprouvé les violences, les injures et les autres désagréments -dont nous avons parlé plus haut ; car il lui arriverait -souvent, dans ce cas, de ne pas parvenir à détourner -le mal déjà fait, en rendant ou offrant le -devoir conjugal, et, d’ailleurs, elle n’est pas tenue de -subir ces mauvais traitements pour empêcher son mari de -commettre un péché : il suffit donc que ses craintes de mauvais -traitements ne soient pas dépourvues de fondement.</p> - -<p>8<sup>o</sup> La femme n’est pas davantage tenue d’avertir -son mari chaque fois qu’il demande le devoir conjugal -avec l’intention de retirer son membre du vagin avant -l’accomplissement de l’acte charnel, lorsqu’elle sait par -expérience qu’elle n’obtiendra aucune satisfaction. Elle -doit cependant, du moins quelquefois, montrer qu’elle -ne donne pas son consentement au crime de son mari. -Elle doit, surtout, prendre soigneusement garde de ne -pas y donner un consentement tacite, par crainte d’avoir -des enfants, ou pour tout autre motif. Elle doit être -dans la disposition de mourir plutôt que de s’opposer à -la génération lorsque c’est de sa volonté que dépend le -fait de l’éjaculation.</p> - -<p>Dans tous ces cas, il est permis à la femme tout ce qui -lui serait permis si le mari accomplissait l’acte conjugal -selon les règles.</p> - -<p>Nos principes exposés plus haut sont maintenant -admis d’une manière générale. Néanmoins il y a encore -beaucoup de questions inquiétantes que nous avons -exposées au souverain pontife, dans l’année qui vient -de s’écouler, de la manière suivante :</p> - -<blockquote> -<p class="ind"><span class="sc">Bienheureux Père</span>,</p> - -<p class="i">L’évêque du Mans, se prosternant aux pieds de Votre Sainteté, -vous expose humblement ce qui suit :</p> - -<p class="i">On ne trouve presque pas de jeunes époux qui veuillent avoir -une trop nombreuse famille, et ils ne peuvent cependant pas, -raisonnablement, s’abstenir de l’acte conjugal.</p> - -<p class="i">Ils se sentent ordinairement très offensés lorsque leurs confesseurs -les interrogent sur la manière dont ils usent des droits -matrimoniaux ; on n’obtient pas, par les avertissements, qu’ils -se modèrent dans l’exercice de l’acte conjugal, et ils ne peuvent -se déterminer à trop augmenter le nombre de leurs -enfants.</p> - -<p class="i">Aux murmures de leurs confesseurs, ils opposent l’abandon -des sacrements de pénitence et de l’Eucharistie, donnant ainsi -de mauvais exemples à leurs enfants, à leurs domestiques et -aux autres chrétiens ; la religion en éprouve un préjudice considérable.</p> - -<p class="i">Le nombre des personnes qui s’approchent du tribunal -diminue d’année en année, dans beaucoup d’endroits, et c’est -surtout pour cette raison-là, de l’aveu d’un grand nombre de -curés qui se distinguent par leur piété, leur science et leur -expérience.</p> - -<p class="i">Quelle était donc la conduite des confesseurs d’autrefois ? -disent beaucoup de personnes. Chaque mariage ne produisait -pas, généralement, un plus grand nombre d’enfants qu’il -n’en produit aujourd’hui. Les époux n’étaient pas plus chastes -et néanmoins ils ne manquaient pas au précepte de la confession -pascale.</p> - -<p class="i">Tout le monde reconnaît que l’infidélité d’un époux entraîne -de très graves péchés. Or, c’est à peine si on peut persuader -à quelques personnes qu’elles sont tenues, sous peine de -péché mortel, de rester parfaitement chastes dans le mariage, -ou de courir le risque d’engendrer un grand nombre d’enfants.</p> - -<p class="i">Le susdit évêque du Mans, prévoyant les grands maux qui -peuvent résulter d’une semblable manière d’agir, sollicite, dans -sa douleur, de votre Béatitude, une réponse aux questions suivantes :</p> - -<p class="i">1<sup>o</sup> Les époux qui usent du mariage de manière à empêcher -la conception commettent-ils un acte en soi mortel ?</p> - -<p class="i">2<sup>o</sup> Cet acte étant considéré comme mortel en soi, peut-on -considérer les époux qui ne s’en accusent pas comme étant dans -une bonne foi qui les excuse d’une grave faute ?</p> - -<p class="i">3<sup>o</sup> Doit-on approuver la conduite des confesseurs qui, -pour ne pas blesser les personnes mariées, s’abstiennent de les -interroger sur la manière dont ils usent du mariage ?</p> - - -<p class="c">RÉPONSE</p> - -<p class="i">La sacrée congrégation de la Pénitence, après avoir mûrement -examiné les questions qui lui sont posées, répond à la -première :</p> - -<p class="i">Lorsque tout ce qu’il y a de contraire aux règles, dans l’acte -conjugal, provient de la malice du mari qui, au lieu de consommer -cet acte, retire son membre du vagin et répand sa -semence hors du vase naturel, la femme peut, si après les avertissements -qu’elle est tenue de donner et qui demeurent sans -résultat, son mari insiste en la menaçant de coups et de la -mort, se prêter passivement à ses désirs et sans pécher (comme -l’enseignent les théologiens dont les décisions font autorité), à la -condition que, dans ces circonstances, elle permettra simplement -le péché de son mari, et cela par un grave motif d’excuse, -car la charité qui lui commande de s’opposer à la conduite de -son mari, n’oblige pas lorsqu’il doit en résulter de semblables -inconvénients.</p> - -<p class="i">La sacrée congrégation répond à la 2<sup>me</sup> et à la 3<sup>me</sup> question : -que le susdit confesseur se rappelle cet adage : — On -doit traiter saintement les choses saintes ; — qu’il pèse bien ce -que dit saint Alphonse de Liguori, cet homme savant et très -expert dans la matière, dans sa pratique des confesseurs, -§ 4, n<sup>o</sup> 7 :</p> - -<p class="i">Le confesseur n’est pas tenu, ordinairement, de parler des -péchés que les époux commettent relativement au devoir conjugal, -et il n’est pas convenable de poser des questions sur -cette matière, si ce n’est à la femme, pour lui demander, le -plus modérément possible, si elle a rendu le devoir… Il doit -garder le silence sur tout le reste, à moins qu’on ne lui pose -des questions ; — qu’il ne manque d’ailleurs pas de consulter -les autres auteurs approuvés.</p> - -<p class="ind small">Donné à Rome, le 8 juin 1842.</p> -</blockquote> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>Deux questions nous embarrassaient encore, nous les -avons soumises à la Sacrée-Pénitencerie.</p> - -<p><i>On demande</i> : 1<sup>o</sup> Pèchent-ils mortellement ceux qui -coïtent à la manière d’Onan ou le membre viril enfermé -dans un fourreau défendu, vulgairement appelé capote -anglaise — (<i lang="la" xml:lang="la">qui coeunt onanastice vel condomistice, id -est intendo nefario instrumento quod vulgo dicetur condom</i> -14<sup>o</sup> éd. p. 187.) ?</p> - -<p><i>Réponse</i> : C’est crime que de se servir d’un pareil -fourreau ; le péché est mortel.</p> - -<p><i>On demande</i> : La femme sachant que son mari pour -coïter recouvre toujours son membre viril d’une capote -anglaise, doit-elle se prêter au coït ?</p> - -<p><i>Réponse.</i> — Non, elle se rendrait complice d’un crime -abominable et commettrait un péché mortel.</p> - -<p>(<i>Décisions</i> rendues par le pape et le collège des cardinaux, -le <i>8 juin 1842</i> et le <i>25 mai 1851</i>.)</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>L’épouse doit donc, par tous les moyens en son pouvoir, -les caresses, toute espèce de marques d’amour, les -prières et les exhortations, amener son mari à accomplir -l’acte conjugal selon les règles, ou le décider à s’en abstenir -complètement et à vivre d’une manière chrétienne ; -l’expérience prouve que plusieurs femmes sont parvenues -à vaincre la résistance de leurs maris en s’attachant -ainsi à gagner leurs bonnes grâces.</p> - -<p><i>On demande</i> : 1<sup>o</sup> Si l’épouse peut demander le devoir -à son mari lorsqu’elle sait qu’il en abusera.</p> - -<p><i>Réponse.</i> — Plusieurs théologiens affirment que la -femme peut demander le devoir conjugal et ne fait -qu’user de son droit. C’est l’opinion de <i>Pontius</i>, de -<i>Tamburini</i>, de <i>Sporer</i>, etc. Mais d’autres, comme cela -résulte de ce que nous avons dit, exigent une raison -qui lui permette de demander le devoir d’une manière -licite, car sans cela elle donnerait à son mari une occasion -prochaine de péché ; mais c’est à peine si cette raison -peut se présenter, alors qu’elle peut trouver d’autres -moyens de surmonter les tentations. Mais étant posée -une cause grave de fait, par exemple, la difficulté de -surmonter la tentation, elle ne pécherait nullement ; -car il est permis de demander, avec des intentions droites -et pour de graves raisons, une chose bonne en soi à -celui qui peut l’accorder.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p><i>On demande</i> : 2<sup>o</sup> Si le mari peut répandre la semence -hors du vase de la femme, lorsque les médecins ont -déclaré que la femme ne peut pas enfanter sans un -danger de mort évident ?</p> - -<p>Nous répondons négativement avec tous les théologiens, -parce que l’éjaculation hors des parties sexuelles -de la femme est une action contre nature et détestable. -Il faut accomplir l’acte si le danger de mort n’est pas -très probable, ou il faut s’en abstenir complètement, si -le danger est moralement certain. Dans ce cas, les -époux n’ont pas d’autre moyen de salut que la continence. -Leur condition est déplorable, mais on ne saurait -la changer. Alors, ces malheureux époux doivent -s’abstenir de coucher dans le même lit, afin de rester -plus facilement dans la continence et de pouvoir vivre -saintement.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">§ V<br /> -<span class="xsmall">DE CEUX QUI PÈCHENT VÉNIELLEMENT EN RENDANT LE DEVOIR</span></p> - -<p>1<sup>o</sup> Lorsque celui des époux qui a demandé le devoir -commet un péché véniel en se livrant à l’acte conjugal, -par exemple, lorsqu’il l’a demandé en vue seulement -du plaisir vénérien, il paraît y avoir certain péché à le -rendre, pour le conjoint, lorsqu’il n’existe pas de motif -d’excuse, car on fournit ainsi matière à péché véniel. -Mais lorsque la demande est formelle, celui qui rend le -devoir est suffisamment excusé ; car il doit craindre, en -refusant, d’exciter des rixes, des haines, des scandales, -et de donner naissance au danger de plus graves péchés.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p><i>On demande</i> : 1<sup>o</sup> Si une femme qui n’a encore mis -au monde que des enfants morts peut, néanmoins, -demander ou rendre le devoir conjugal ?</p> - -<p><i>Réponse</i> : <i>Sanchez, l. 7 disp. 102 n<sup>o</sup> 8</i>, <i>S. Liguori, -l. 6, n<sup>o</sup> 953</i>, et beaucoup d’autres disent que cette femme -ne pèche ni en rendant ni en demandant le devoir, -car : 1<sup>o</sup> elle fait une chose en soi licite et à laquelle -elle a droit, tandis que la mort du fœtus est le résultat -d’un accident et ne peut lui être imputée ; 2<sup>o</sup> il vaut -mieux donner naissance à un être humain avec un péché -originel que de le laisser dans le néant, comme Sanchez -essaie de le démontrer dans ses savantes dissertations.</p> - -<p><i>On demande</i> : 2<sup>o</sup> Si la femme qui, de l’avis des médecins, -ne peut pas accoucher sans un danger de mort -évident, est tenue de rendre le devoir conjugal à son -mari lorsqu’il le demande avec instance.</p> - -<p><i>Réponse</i> : Nous avons déjà prouvé que le mari, dans -ce cas, ne peut demander le devoir pour quelque motif -que ce soit ; la femme ne peut donc pas davantage le -rendre, car elle ne peut disposer de sa vie. Mais le -péché n’est mortel que si le danger est manifeste.</p> - - -<h4>CHAPITRE II<br /> -<span class="small">DE L’USAGE DU MARIAGE</span></h4> - -<p>Nous examinerons dans ce chapitre :</p> - -<p>1<sup>o</sup> Quand les époux tombent dans le péché en usant -du mariage ;</p> - -<p>2<sup>o</sup> Ce qu’il faut décider des attouchements voluptueux -et réciproques.</p> - - -<p class="c">ARTICLE PREMIER<br /> -<span class="small">QUAND LES ÉPOUX PÈCHENT EN USANT DU MARIAGE</span></p> - -<p>1<sup>o</sup> Les époux commettent un péché mortel, non seulement -lorsque leur union charnelle a lieu hors du <i>vase</i> -naturel, ou que, par des moyens adroits, ils répandent -la semence hors de ce vase, mais encore lorsqu’ils préludent -à l’acte vénérien dans le vase qui ne lui est pas -destiné, par exemple, en introduisant le membre viril -dans l’anus de la femme, avec l’intention de terminer la -jouissance dans la matrice ; car ils prennent ainsi un -moyen qui s’écarte des voies naturelles, et comme cet -acte tend, par lui-même, à faire répandre la semence -hors du vagin, cette pratique n’est pas autre chose -qu’une véritable sodomie. Voy. <i>Sanchez, l. 9, disp. 17, -n<sup>o</sup> 4</i>, <i>S. Liguori, l. 6, n<sup>o</sup> 916</i>, et beaucoup d’autres dont -ils rapportent les décisions.</p> - -<p>2<sup>o</sup> D’après l’opinion générale, c’est un péché mortel, -tant de demander que de rendre le devoir conjugal, lorsqu’on -ne doit pas l’accomplir dans la position naturelle, -mais en se plaçant de côté pour la copulation, parce qu’il -y a danger de répandre la semence hors du vase : la -raison en est évidente. Mais si ce danger n’est pas à -craindre, c’est seulement un péché véniel de demander -ou de rendre le devoir conjugal de cette manière, si elle -ne s’écarte que légèrement de la position naturelle, car -une pareille inversion n’est pas essentiellement contre -nature, étant admis qu’elle ne s’oppose pas à la génération. -On doit cependant la blâmer sévèrement, surtout -si l’homme, pour augmenter ses jouissances, prend sa -femme par derrière, à la mode des animaux, ou s’il se -place sous elle, en intervertissant les rôles : cette inversion -est souvent le signe de concupiscences mortellement -mauvaises chez celui qui ne sait pas se contenter -des moyens ordinaires de pratiquer le coït.</p> - -<p>Mais lorsqu’il y a nécessité d’en agir ainsi, à l’époque -de la grossesse, par exemple, ou parce qu’on ne peut -supporter d’autres positions, il n’y a nul péché à prendre -ces diverses postures, pourvu qu’il n’y ait pas danger -de répandre la semence hors du vase.</p> - -<p>3<sup>o</sup> Pèchent mortellement les époux qui se livrent à des -actes obscènes et qui répugnent à la pudeur naturelle, -et surtout ceux qui pratiquent l’union charnelle dans un -vase autre que celui qui est destiné à cet acte ; c’est ce -qui arrive lorsque la femme prend dans sa bouche le -membre viril de son mari, ou le place entre ses seins, -ou l’introduit dans son anus, etc., etc. ; on ne peut jamais -s’appuyer sur les licences du mariage pour excuser -de pareilles lubricités.</p> - -<p>4<sup>o</sup> Pèchent mortellement les personnes mariées qui -pratiquent l’acte conjugal d’une manière qui s’oppose à -la génération, par exemple si l’homme répand sa semence -hors du vase, comme nous l’avons dit, s’il s’oppose -à l’écoulement complet de la semence, si la femme -rejette le sperme ou fait des efforts pour le rejeter, si -elle reste passive afin d’empêcher la conception, etc. -<i>Saint Antoine</i>, <i>Sanchez</i> et beaucoup d’autres cités par -<i>saint Liguori, l. 6, n<sup>o</sup> 918</i>, prétendent qu’il n’y a pas de -péché lorsque le mari, du consentement de sa femme, -retire son membre du vagin, avant l’écoulement de la -semence, afin de ne pas donner naissance à des enfants, -à la condition, cependant, que ni le mari ni la femme ne -tomberont dans le danger de pollution. Cependant, <i>Navarrus</i>, -<i>Sylvestre</i>, <i>Ledesma</i>, <i>Azor</i> et beaucoup d’autres -pensent avec raison que, dans ce cas, le péché est mortel, -tant à cause du danger de pollution dans lequel se -trouve toujours le mari, qu’en raison de l’injure grave -faite à la nature en laissant l’acte conjugal imparfait. -C’est cette dernière opinion seulement qu’on doit suivre -dans la pratique.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>5<sup>o</sup> Les époux pèchent encore mortellement dans l’accomplissement -de l’acte conjugal, s’ils ont des désirs -adultères, c’est-à-dire s’ils se figurent que c’est une -autre personne qui est présente et s’ils prennent volontairement -plaisir en pensant que c’est avec cette personne -que le commerce a lieu. Il en est de même lorsqu’ils -accomplissent l’acte conjugal dans un but mortellement -mauvais, par exemple, si l’homme demande ou rend le -devoir conjugal avec le désir que sa femme meure dans -les douleurs de l’enfantement.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<p class="c">ARTICLE DEUXIÈME<br /> -<span class="xsmall">DES ATTOUCHEMENTS ENTRE ÉPOUX</span></p> - -<p>1<sup>o</sup> Les attouchements voluptueux qui ont pour but de -parvenir à l’acte charnel légitime sont, sans aucun -doute, licites, à la condition de ne pas entraîner le -danger de pollution ; ils sont, en effet, comme les accessoires -de cet acte : ils ne peuvent donc être défendus.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>2<sup>o</sup> Les attouchements entre époux sont des péchés -mortels lorsqu’il en résulte un danger de pollution : car -la masturbation n’est pas plus permise aux personnes -mariées qu’à celles qui ne le sont pas ; on ne peut donc -pas davantage les excuser de se mettre volontairement -dans le danger de pollution. Mais les embrassements et -les autres attouchements honnêtes que les personnes -mariées ont l’habitude de se faire pour entretenir un -amour mutuel ne sont pas des péchés lorsqu’ils ne mettent -pas dans le danger de pollution.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p>On ne doit pas regarder les époux comme coupables -de péché mortel lorsqu’ils affirment, de bonne foi, que -leurs sens ne sont pas ébranlés ou qu’il n’y a pas danger -probable de pollution, ce qui est assez ordinaire pour -les personnes mariées depuis longtemps et accoutumées -aux actes vénériens. Nous ne saurions blâmer en aucune -façon une épouse pieuse qui, par timidité, ou par crainte -d’irriter son mari, ou dans le but de conserver la paix -dans le ménage, permettrait des attouchements libidineux, -affirmant d’ailleurs qu’ils ne produisent chez elle -aucun mouvement désordonné, ou que, du moins, ces -mouvements sont légers.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> -<p><i>Sanchez, l. 9, disp. 44, n<sup>o</sup> 15</i>, et plusieurs autres avec -lui, disent que l’époux qui, en l’absence de son conjoint, -prend plaisir à se livrer à des attouchements sur lui-même -ou à porter ses regards sur ses parties sexuelles, -mais sans qu’il y ait danger de pollution, commet seulement -un péché véniel, parce qu’il fait des actes secondaires -qui tendent à l’acte principal licite en soi, c’est-à-dire -à l’union charnelle, mais qui, dans ce cas, sont -sans nécessité. Ils sont d’avis qu’il faut en dire autant -de la délectation dans l’acte conjugal qu’on se représente -comme s’accomplissant.</p> - -<p>D’autres, au contraire, plus ordinairement, comme -<i>Layman</i>, <i>Diana</i>, <i>Sporer</i>, <i>Vasquez</i>, <i>saint Liguori</i>, etc., -peu suspects d’une trop grande sévérité, donnent comme -probable que c’est un péché mortel, tant parce que -l’époux n’a le droit de disposer de son corps qu’accidentellement -et, selon l’ordre, pour accomplir l’acte charnel, -qu’en raison de la tendance de ces attouchements à -la pollution et du danger prochain qui en est inséparable, -lorsqu’on s’y arrête et qu’ils produisent une commotion -dans les esprits.</p> - -<div class="dots"><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b><b>. -</b><b>.</b><b>.</b><b>.</b></div> - -<h4>CHAPITRE III<br /> -<span class="small">DE LA CONDUITE DES CONFESSEURS A L’ÉGARD DES PERSONNES -MARIÉES</span></h4> - -<p>Le confesseur doit avoir soin de les faire revenir au -tribunal sacré peu de temps après que le mariage aura -été contracté, et alors il développera les règles exposées -plus haut sur l’obligation de rendre le devoir conjugal, -sur l’époque à laquelle il faut le rendre et le demander, -sur la manière dont le coït doit être pratiqué pendant -les menstrues, la grossesse, etc.</p> - -<p>L’expérience prouve que beaucoup de personnes mariées -ne déclarent pas les péchés commis dans le mariage, -à moins qu’elles ne soient interrogées là-dessus. -Or, le confesseur peut les interroger de la manière suivante -sur les choses permises entre époux : Avez-vous -quelque chose à avouer qui répugne à votre conscience ? -Si elles répondent négativement et qu’elles paraissent -suffisamment instruites et d’ailleurs timorées, il ne sera -pas nécessaire d’aller plus loin. Mais si elles paraissent -ignorantes et que leur sincérité soit suspecte, le confesseur -devra insister. Il demandera au pénitent s’il a -refusé à son conjoint de lui rendre le devoir conjugal : -si le pénitent ne comprend pas cette manière de parler, -le confesseur peut lui demander : avez-vous refusé -l’acte que l’on fait pour avoir des enfants, le coït ? S’il -répond qu’il a refusé, il faut savoir pour quelle raison, -et on jugera à ses réponses si le péché est mortel ou -s’il n’y a pas de péché.</p> - -<p>Le confesseur doit généralement s’enquérir auprès -du pénitent s’il s’est livré à des actes déshonnêtes contre -la sainteté du mariage. Si le pénitent répond affirmativement, -il convient de lui faire dire en quoi consistent -ses infractions, de peur de lui enseigner ce qu’il ignore ; -et on ne devra pas d’abord l’accuser à la légère de péché -mortel.</p> - - -<p class="c xsmall gap">FIN DES CITATIONS.</p> - -<div class="chapter"></div> - -<h2 class="nobreak" id="ch9">MORALITÉ A TIRER<br /> -<span class="xsmall">DES</span><br /> -<span class="small">IMMORALITÉS DES CONFESSEURS</span></h2> - - -<p>Toutes les citations qu’on vient de lire sont parfaitement -authentiques. Tels sont les ouvrages que l’on donne à -étudier dans les séminaires à des jeunes gens à qui l’on fait -en même temps prêter serment de chasteté.</p> - -<p>Nous en appelons à la conscience de tous les honnêtes -gens : est-ce que cet enseignement n’est pas tout ce qu’on -peut imaginer de plus ignoble ? Est-ce qu’il peut sortir des -séminaires autre chose que des brutes affolées par de sales -passions ?</p> - -<p>Que chaque républicain, après avoir parcouru cet ouvrage, -transcrive, signe et adresse à son député la pétition suivante :</p> - -<blockquote> -<p class="ind">« Citoyen député,</p> - -<p>« Le soussigné a l’honneur de prier la Chambre, par votre -intermédiaire, de vouloir bien, au plus tôt et par mesure de -salubrité publique, supprimer les séminaires, et assimiler -au délit d’excitation à la débauche l’exercice de la -confession. »</p> -</blockquote> - -<p>Si cette pétition parvient à la Chambre par milliers -d’exemplaires, nos députés se verront dans l’obligation -d’accomplir à bref délai une réforme que les bonnes mœurs -exigent impérieusement.</p> - -<p class="sign">L. T.</p> - -<div class="chapter"></div> - -<h2 class="nobreak">TABLE DES MATIÈRES</h2> - - -<table summary=""> -<tr><td class="drap"><span class="sc">Dédicace</span></td> -<td class="bot"><div class="r"><a href="#ch1"><small>V</small></a></div></td></tr> -<tr><td class="drap"><span class="sc">La Confession et les Confesseurs</span></td> -<td class="bot"><div class="r"><a href="#ch2">9</a></div></td></tr> -<tr><td class="drap">Examen de conscience</td> -<td class="bot"><div class="r"><a href="#ch3">22</a></div></td></tr> -<tr><td class="drap">Le Journal du Presbytère</td> -<td class="bot"><div class="r"><a href="#ch4">45</a></div></td></tr> -<tr><td colspan="2" class="c gap small">APPENDICE</td></tr> -<tr><td class="drap">Pieuses exhortations</td> -<td class="bot"><div class="r"><a href="#ch5">57</a></div></td></tr> -<tr><td class="drap">Mœchialogie, cours de luxure</td> -<td class="bot"><div class="r"><a href="#ch6">77</a></div></td></tr> -<tr><td class="drap">Compendium</td> -<td class="bot"><div class="r"><a href="#ch7">145</a></div></td></tr> -<tr><td class="drap">Les Diaconales</td> -<td class="bot"><div class="r"><a href="#ch8">157</a></div></td></tr> -<tr><td class="drap">Moralité des immoralités</td> -<td class="bot"><div class="r"><a href="#ch9">213</a></div></td></tr> -</table> - -<p class="c gap xsmall">Paris. — Charles <span class="sc">Unsinger</span>, imprimeur, 83, rue du Bac.</p> - -<div class="break"></div> - -<p class="c top4em"><b>PRINCIPAUX OUVRAGES EN DÉPÔT</b><br /> -<span class="xsmall">A LA</span><br /> -<b class="large sans-serif">LIBRAIRIE ANTI-CLÉRICALE</b><br /> -26 et 35, rue des Écoles, Paris</p> - - -<table summary=""> -<tr><td class="drap"><b>Le Péché de Sœur Cunégonde</b>, par <span class="sc">Hector -France</span>. Un volume.</td> -<td class="bot w4"><b>3</b> fr. <span class="cent"><b>50</b></span></td></tr> -<tr><td class="drap"><b>La Morale des Jésuites</b>, par -<span class="sc">Paul Bert</span>. Un volume.</td> -<td class="bot w4"><b>3</b> fr. <span class="cent"><b>50</b></span></td></tr> -<tr><td class="drap"><b>Le Livre qu’il ne faut pas Faire Lire</b>, -recueil authentique de la pornographie religieuse, -contenant in-extenso, entre autres -pièces curieuses, <i>Le Cantique des Cantiques</i> -de Salomon. Un volume.</td> -<td class="bot w4"><b>1</b> fr. <span class="cent"><b>50</b></span></td></tr> -<tr><td class="drap"><b>Moines et Comédiennes</b>, par -<span class="sc">Hortense Roland</span>. Un volume.</td> -<td class="bot w4"><b>3</b> fr. <span class="cent"><b>50</b></span></td></tr> -<tr><td class="drap"><b>Par la Grâce du Saint-Esprit</b>, roman -comique, par <span class="sc">Léo Taxil</span> et F. <span class="sc">La Font</span>. Un volume.</td> -<td class="bot w4"><b>1</b> fr. <span class="cent"><b>50</b></span></td></tr> -<tr><td class="drap"><b>Gros-Jean et son Curé</b>, dialogues anti-cléricaux, -pleins d’esprit et de bon sens, par <span class="sc">Roussel</span>, -de Méry, avec nombreux dessins comiques -d’<span class="sc">Alfred Lepetit</span>. Beau volume.</td> -<td class="bot w4"><b>4</b> fr. <span class="cent"><b>50</b></span></td></tr> -<tr><td class="drap"><b>L’Alcôve du Cardinal</b>, par -<span class="sc">Vindex</span>. Un volume.</td> -<td class="bot w4"><b>3</b> fr. <span class="cent"> »</span></td></tr> -<tr><td class="drap"><b>Le Couvent de Gomorrhe</b>, ou les mœurs -horribles des cloîtres dévoilées, par <span class="sc">Jacques -Souffrance</span>. Un volume.</td> -<td class="bot w4"><b>1</b> fr. <span class="cent"><b>50</b></span></td></tr> -<tr><td class="drap"><b>La Guerre des Dieux</b>, par -<span class="sc">Parny</span>. Un volume.</td> -<td class="bot w4"><b>1</b> fr. <span class="cent"><b>50</b></span></td></tr> -<tr><td class="drap"><b>La Vie de Jésus</b>, par <span class="sc">Léo Taxil</span>, ouvrage -excessivement beau, avec près de 500 dessins -comiques, par <span class="sc">Pépin</span>. Un magnifique volume.</td> -<td class="bot w4"><b>3</b> fr. <span class="cent"> »</span></td></tr> -<tr><td class="drap"><b>Le Moine Incestueux</b>, par E. -<span class="sc">Ploërt</span> Un volume.</td> -<td class="bot w4"><b>1</b> fr. <span class="cent"><b>50</b></span></td></tr> -<tr><td class="drap"><b>La Religieuse</b>, par -<span class="sc">Diderot</span>. Un volume.</td> -<td class="bot w4"><b>1</b> fr. <span class="cent"><b>50</b></span></td></tr> -<tr><td class="drap"><b>Les Bijoux Indiscrets</b>, par -<span class="sc">Diderot</span>. Un volume.</td> -<td class="bot w4"><b>1</b> fr. <span class="cent"><b>50</b></span></td></tr> -<tr><td class="drap"><b>Le Capucin Enflammé</b>, par le R. P. <span class="sc">Alleluia</span>, -de l’Ordre de la Sainte-Rigolade. Un volume.</td> -<td class="bot w4"><b>1</b> fr. <span class="cent"><b>50</b></span></td></tr> -</table> - -<p class="gap">Joindre à toute commande le prix du volume et le montant des -frais de port. — Le <b>Catalogue complet</b> est envoyé <i>gratis</i> -à toute personne qui en fait la demande par lettre affranchie.</p> - - -<p class="c gap xsmall">Paris. — Typ. Ch. <span class="sc">Unsinger</span>, 83, rue du Bac.</p> - -<div style='display:block; margin-top:4em'>*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK LA CONFESSION ET LES CONFESSEURS ***</div> -<div style='text-align:left'> - -<div style='display:block; margin:1em 0'> -Updated editions will replace the previous one—the old editions will -be renamed. -</div> - -<div style='display:block; margin:1em 0'> -Creating the works from print editions not protected by U.S. copyright -law means that no one owns a United States copyright in these works, -so the Foundation (and you!) can copy and distribute it in the United -States without permission and without paying copyright -royalties. Special rules, set forth in the General Terms of Use part -of this license, apply to copying and distributing Project -Gutenberg™ electronic works to protect the PROJECT GUTENBERG™ -concept and trademark. 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Redistribution is subject to the trademark -license, especially commercial redistribution. -</div> - -<div style='margin:0.83em 0; font-size:1.1em; text-align:center'>START: FULL LICENSE<br /> -<span style='font-size:smaller'>THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE<br /> -PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK</span> -</div> - -<div style='display:block; margin:1em 0'> -To protect the Project Gutenberg™ mission of promoting the free -distribution of electronic works, by using or distributing this work -(or any other work associated in any way with the phrase “Project -Gutenberg”), you agree to comply with all the terms of the Full -Project Gutenberg™ License available with this file or online at -www.gutenberg.org/license. -</div> - -<div style='display:block; font-size:1.1em; margin:1em 0; font-weight:bold'> -Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg™ electronic works -</div> - -<div style='display:block; margin:1em 0'> -1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg™ -electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to -and accept all the terms of this license and intellectual property -(trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all -the terms of this agreement, you must cease using and return or -destroy all copies of Project Gutenberg™ electronic works in your -possession. If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a -Project Gutenberg™ electronic work and you do not agree to be bound -by the terms of this agreement, you may obtain a refund from the person -or entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8. -</div> - -<div style='display:block; margin:1em 0'> -1.B. “Project Gutenberg” is a registered trademark. It may only be -used on or associated in any way with an electronic work by people who -agree to be bound by the terms of this agreement. 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Information about the Mission of Project Gutenberg™ -</div> - -<div style='display:block; margin:1em 0'> -Project Gutenberg™ is synonymous with the free distribution of -electronic works in formats readable by the widest variety of -computers including obsolete, old, middle-aged and new computers. It -exists because of the efforts of hundreds of volunteers and donations -from people in all walks of life. -</div> - -<div style='display:block; margin:1em 0'> -Volunteers and financial support to provide volunteers with the -assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg™’s -goals and ensuring that the Project Gutenberg™ collection will -remain freely available for generations to come. In 2001, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure -and permanent future for Project Gutenberg™ and future -generations. To learn more about the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation and how your efforts and donations can help, see -Sections 3 and 4 and the Foundation information page at www.gutenberg.org. -</div> - -<div style='display:block; font-size:1.1em; margin:1em 0; font-weight:bold'> -Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation -</div> - -<div style='display:block; margin:1em 0'> -The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non-profit -501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the -state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal -Revenue Service. The Foundation’s EIN or federal tax identification -number is 64-6221541. Contributions to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation are tax deductible to the full extent permitted by -U.S. federal laws and your state’s laws. -</div> - -<div style='display:block; margin:1em 0'> -The Foundation’s business office is located at 809 North 1500 West, -Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887. Email contact links and up -to date contact information can be found at the Foundation’s website -and official page at www.gutenberg.org/contact -</div> - -<div style='display:block; font-size:1.1em; margin:1em 0; font-weight:bold'> -Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation -</div> - -<div style='display:block; margin:1em 0'> -Project Gutenberg™ depends upon and cannot survive without widespread -public support and donations to carry out its mission of -increasing the number of public domain and licensed works that can be -freely distributed in machine-readable form accessible by the widest -array of equipment including outdated equipment. Many small donations -($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt -status with the IRS. -</div> - -<div style='display:block; margin:1em 0'> -The Foundation is committed to complying with the laws regulating -charities and charitable donations in all 50 states of the United -States. Compliance requirements are not uniform and it takes a -considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up -with these requirements. 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Thus, we do not -necessarily keep eBooks in compliance with any particular paper -edition. -</div> - -<div style='display:block; margin:1em 0'> -Most people start at our website which has the main PG search -facility: <a href="https://www.gutenberg.org">www.gutenberg.org</a>. -</div> - -<div style='display:block; margin:1em 0'> -This website includes information about Project Gutenberg™, -including how to make donations to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to -subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks. -</div> - -</div> - -</body> -</html> diff --git a/old/64935-h/images/cover.jpg b/old/64935-h/images/cover.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index 1fd4ef4..0000000 --- a/old/64935-h/images/cover.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/64935-h/images/lt.png b/old/64935-h/images/lt.png Binary files differdeleted file mode 100644 index 1fb1937..0000000 --- a/old/64935-h/images/lt.png +++ /dev/null |
